PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE- GENÉRALE – 21 août 2019 (La communauté chrétienne naît de l’effusion surabondante de l’Esprit Saint…)

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PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE- GENÉRALE – 21 août 2019 (La communauté chrétienne naît de l’effusion surabondante de l’Esprit Saint…)

Salle Paul VI
Mercredi 21 août 2019

Chers frères et sœurs, bonjour!

La communauté chrétienne naît de l’effusion surabondante de l’Esprit Saint et croît grâce au ferment du partage entre frères et sœurs dans le Christ. Il existe un dynamisme de solidarité qui édifie l’Eglise en tant que famille de Dieu, où l’expérience de la koinonia est centrale. Que veut dire ce mot étrange? C’est un mot grec qui signifie «mettre en communion», «mettre en commun», être comme une communauté, pas isolés. C’est l’expérience de la première communauté chrétienne, c’est-à-dire mettre en commun, «partager», «communiquer, participer», ne pas s’isoler. Dans l’Eglise des origines, cette koinonia, cette communauté se réfère avant tout à la participation au Corps et au Sang du Christ. Pour cette raison, quand nous faisons la communion nous disons «nous nous communiquons», nous entrons en communion avec Jésus et de cette communion avec Jésus nous arrivons à la communion avec nos frères et sœurs. Et cette communion avec le Corps et le Sang du Christ qui se fait dans la Messe se traduit en union fraternelle, et donc également par ce qui est plus difficile pour nous: mettre en commun les biens et recueillir de l’argent pour la collecte en faveur de l’Eglise Mère de Jérusalem (cf. Rm 12, 13; 2 Co 8–9) et des autres Eglises. Si vous voulez savoir si vous êtes de bons chrétiens, vous devez prier, essayer de vous approcher de la communion, du sacrement de la réconciliation. Mais ce signal que ton cœur s’est converti, c’est quand la conversion arrive aux poches, combien elle touche ton propre intérêt: c’est là que l’on voit si l’on est généreux avec les autres, si l’on aide les plus faibles, les plus pauvres: Quand la conversion arrive là, soyez certains qu’il s’agit d’une vraie conversion. Si elle ne reste que dans les mots, ce n’est pas une bonne conversion.
La vie eucharistique, les prières, la prédication des apôtres et l’expérience de la communion (cf. Ac 2, 42) font des croyants une multitude de personnes qui ont — dit le Livre des Actes des apôtres — ont «un seul cœur et une seule âme» et qui ne considèrent pas ce qu’ils possèdent comme leur propriété, mais mettent tout en commun (cf. Ac 4, 32). Il s’agit d’un modèle de vie si fort, qui nous aide à être généreux et pas avares. Pour cette raison, «nul n’était dans le besoin; car tous ceux qui possédaient — dit le Livre — des terres ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de la vente et le déposaient aux pieds des apôtres. On distribuait alors à chacun suivant ses besoins» (Ac 4, 34-35). L’Eglise a toujours eu ce geste des chrétiens qui se dépouillaient des choses qu’ils avaient en plus, des choses qui n’étaient pas nécessaires pour les donner à ceux qui avaient besoin. Et pas seulement de l’argent: également du temps. Combien de chrétiens — vous, par exemple, ici en Italie — combien de chrétiens font du bénévolat! Mais cela est très beau! C’est une communion, partager mon temps avec les autres, pour aider ceux qui en ont besoin. C’est cela, le bénévolat, les œuvres de charité, les visites aux malades; il faut toujours partager avec les autres, et ne pas chercher seulement son propre intérêt.
La communauté, ou koinonia, devient de cette façon le nouveau type de relation entre les disciples du Seigneur. Les chrétiens font l’expérience d’une nouvelle modalité d’être entre eux, de se comporter. Et c’est la modalité proprement chrétienne, au point que les païens regardaient les chrétiens et disaient: «Regardez comme ils s’aiment!». L’amour était la modalité. Mais pas un amour en paroles, pas un amour feint: l’amour des œuvres, s’aider les uns les autres, l’amour concret, le caractère concret de l’amour. Le lien avec le Christ instaure un lien entre frères qui converge et s’exprime également dans la communion des biens matériels. Oui, cette modalité d’être ensemble, cet amour de cette façon arrive jusqu’aux poches, arrive à se dépouiller également de l’obstacle de l’argent pour le donner aux autres, en allant contre son propre intérêt. Etre membres du corps de Christ rend les croyants coresponsables les uns des autres. Etre croyants en Jésus nous rend tous coresponsables les uns des autres. «Mais regarde celui-ci, le problème qu’il a: cela ne m’intéresse pas, ça le regarde». Non, parmi les chrétiens, nous ne pouvons pas dire: «Le pauvre, il a un problème à la maison, il traverse cette difficulté familiale». Mais moi, je dois prier, je l’emporte avec moi, je ne suis pas indifférent». C’est cela être chrétien. C’est pourquoi les forts soutiennent les faibles (cf. Rm 15, 1) et personne ne fait l’expérience de l’indigence qui humilie et défigure la dignité humaine, car ils vivent cette communauté: avoir le cœur en commun. Ils s’aiment. C’est le signal: l’amour concret.
Jacques, Pierre et Jean, qui sont les trois apôtres comme les «piliers» de l’Eglise de Jérusalem, établissent dans la communion que Paul et Barnabé évangélisent les païens tandis qu’eux évangéliseront les juifs, et demandent seulement, à Paul et Barnabé, quelle est la condition: ne pas oublier les pauvres, rappeler les pauvres (cf. Ga 2, 9-10). Non seulement les pauvres matériels, mais aussi les pauvres spirituels, les gens qui ont des problèmes et ont besoin de notre proximité. Un chrétien part toujours de lui-même, de son propre cœur, et s’approche des autres comme Jésus s’est approché de nous. Telle est la première communauté chrétienne.
Un exemple concret de partage et de communion des biens nous vient du témoignage de Barnabé: il possède un champ et le vend pour en verser le produit aux apôtres (cf. Ac 4, 36-37). Mais à côté de son exemple positif, en apparaît un autre, tristement négatif: Ananie et sa femme Saphire, ayant vendu un terrain, décident de n’en remettre qu’une partie aux apôtres et de garder l’autre pour eux (cf. Ac 5, 1-2). Cette tromperie interrompt la chaîne du partage gratuit, le partage serein et désintéressé et les conséquences sont tragiques, fatales (Ac 5, 5.10). L’apôtre Pierre démasque l’attitude incorrecte d’Ananie et de sa femme et lui dit: «Pourquoi satan a-t-il rempli ton cœur, que tu mentes à l’Esprit Saint et détournes une partie du prix du champ? [...] Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu» (Ac 5, 3-4). Nous pourrions dire qu’Ananie a menti à Dieu à cause d’une conscience isolée, d’une conscience hypocrite, c’est-à-dire à cause d’une appartenance ecclésiale «négociée», partiale et opportuniste. L’hypocrisie est le pire ennemi de cette communauté chrétienne, de cet amour chrétien: faire semblant de s’aimer mais ne rechercher que son propre intérêt.
Manquer de sincérité dans le partage, en effet, ou manquer de sincérité dans l’amour, signifie cultiver l’hypocrisie, s’éloigner de la vérité, devenir égoïstes, éteindre le feu de la communion et se destiner au gel de la mort intérieure. Celui qui se comporte de cette façon traverse l’Eglise en touriste. Il y a beaucoup de touristes dans l’Eglise qui sont toujours de passage, mais n’entrent jamais dans l’Eglise: c’est le tourisme spirituel qui leur fait croire qu’ils sont chrétiens, alors qu’ils ne sont que des touristes de catacombes. Non, nous ne devons pas être des touristes dans l’Eglise, mais frères les uns des autres. Une vie fondée uniquement sur le fait de tirer profit et avantage des situations au détriment des autres, provoque inévitablement la mort intérieure. Et combien de personnes se disent proches de l’Eglise, amis des prêtres, des évêques, alors qu’elles ne cherchent que leur propre intérêt. Voilà les hypocrisies qui détruisent l’Eglise!

Que le Seigneur — je le demande pour nous tous — répande sur nous son Esprit de tendresse, qui surmonte toute hypocrisie et met en circulation cette vérité qui nourrit la solidarité chrétienne, qui, loin d’être une activité d’assistance sociale, est l’expression incontournable de la nature de l’Eglise, mère très tendre de tous, en particulier des plus pauvres.

VENDREDI SAINT : TEXTE DE MÉDITATION PROPOSÉS PAR LE PÈRE JOSÉ

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VENDREDI SAINT : TEXTE DE MÉDITATION PROPOSÉS PAR LE PÈRE JOSÉ

10 avril 2020

Prions et méditons le chemin de Croix et la passion du Christ selon saint Matthieu.

Trois croix du Calvaire

Mes frères et soeurs,

La croix est le symbole de la foi chrétienne. Nous en décorons nos églises, certaines personnes ont un autocollant d’une croix sur leur voiture, beaucoup portent une croix comme bijoux. La croix est si importante dans la vie quotidienne que nous n’y portons même pas d’attention. Et dans de nombreux cas, nous avons oublié ce que cela représente.
Il y a des années, j’ai entendu une chanson à ce sujet: « J’avais une croix dans ma poche comme signe .Une chaîne autour de mon cou pour la montrer aux autres. Mais ensuite j’ai aperçu l’arbre cruel du Calvaire. Et maintenant, cette croix me dit tellement des choses. »
Je crois que parfois, nous ne réalisons pas la douleur, l’agonie et la cruauté de la croix où Jésus est mort. Jésus a été crucifié, non pas dans une cathédrale entre deux bougies, mais sur une croix entre deux voleurs. La croix était un moyen de torture, d’humiliation et de mort. Au Calvaire, il y avait trois croix sur cette colline et trois hommes condamnés à mort. Il y a eu une croix de rachat, il y a eu une croix de rejet et il y a eu une croix de réception. Une croix porte un homme mourant pour le péché (rédemption); une croix porte un homme mourant dans le péché (rejet); sur la 3ème croix un homme mourant au péché (repentance). Les actions des deux hommes qui étaient de chaque côté de Jésus représentent les actions et l’état d’esprit de chaque personne d’aujourd’hui. Avez-vous rejeté la rédemption venue par Jésus ? Ou avez-vous reçu la rédemption venue par Jésus? Frères, chaque croix sur le calvaire porte un message.
D’abord, la croix du rejet. Nous lisons dans l’évangile: “L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! “ Pareillement, en ce moment de pandémie certains disent de même: “Si tu es le Christ, sauve-nous.” Ce malfaiteur n’était pas désolé ou repenti de ses péchés, il était concentré sur ses propres problèmes. Cet homme était concentré sur les choses temporaires ou terrestres au lieu de penser à l’éternité . Cet homme ne s’intéressait à rien d’autre qu’à lui-même, à ses propres problèmes et à sa propre douleur. Il ne méritait pas le salut mais l’occasion était là. C’est une photo de quelqu’un qui meurt sans espérance! Il n’a pas bien compris la parole de Jésus:“le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.” Au contraire, il dit quelque chose de très intéressant à Jésus: “Si tu es le Christ, sauve-toi toi-même, et nous aussi “ De toute évidence, nous voyons le doute dans la phrase « Si tu es le Christ”. Le voleur sur la croix du rejet a écouté la foule. Il a entendu les dirigeants crier: “Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu” Peut-être que cet homme sur la croix du rejet a écouté les soldats. Nous lisons dans l’évangile: “Les soldats aussi se moquaient de lui. S’approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée, ils lui disaient : «Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même”. Cet homme a bien entendu ces paroles et les a répétées. “Si tu es le Christ, sauve-toi toi-même, et nous aussi “
Deuxièmement, la croix de réception. Nous lisons dans l’évangile:” L’un des malfaiteurs suspendus à la croix l’injuriait : N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! Mais l’autre lui fit de vifs reproches : Tu n’as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. Et il disait : Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne. Jésus lui répondit : Amen, je te le déclare : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis.” C’est l’une des plus belles histoires de la Bible et elle illustre la simplicité du salut. Cet homme n’avait pas de diplôme en théologie. Il a simplement fait confiance à Jésus et il a crié pour lui au Sauveur. Et, c’est ainsi que ses paroles : “Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne », sont devenues une vraie prière d’intercession. Il semble qu’il y a un changement apparent dans le coeur de cet homme, qu’est-ce qui l’a conduit à ce changement? À mon avis, la réponse se trouve dans les paroles de Jésus: “Père, pardonne-leur; car ils ne savent pas ce qu’ils font”. Je ne peux pas le prouver, mais je crois fermement que quelque chose, à propos de cette déclaration, a parlé à ce pécheur et cela l’a aidé à voir Jésus, le sauveur. En vérité qu’il avait une perspective éternelle.
Troisièmement, la croix de rédemption: “Depuis la sixième heure jusqu’à la neuvième heure il y eut des ténèbres sur toute la terre. Et vers la neuvième heure, Jésus cria : Eli, Eli, lema sabachthani ? c’est-à-dire: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Quelques-uns de ceux qui étaient là l’entendirent ; ils disaient : En voilà un qui appelle Elie. Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge, qu’il remplit de vinaigre ; il la fixa à un roseau pour lui donner à boire. Mais les autres dirent : Laisse, voyons si Elie va venir le sauver.” “Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit.” Qu’est-ce qui a été accompli? Nous lisons st Marc 1:14-15, “Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.” « Tout est accompli » redira Jésus élevé sur le bois de la croix. L’oeuvre de Jésus à la croix est parfaite et achevée. » Il n’y a rien à y ajouter, ni rien à en retrancher » (Ecc. 3. 14). « Tout est accompli », cela signifie aussi qu’il n’y a plus rien à ajouter. « Il n’y a pas à rajouter de souffrances sur la souffrance, ni de paroles après les paroles ». Pour nous, tout est là, tout reste à vivre. Tout a été dit et fait. Reste à y entrer, à le vivre dans sa chair, à le transmettre. C’est la rédemption, par l’expiation du Christ, pour le péché humain. Nous avons été délivrés de nos péchés par le précieux sang de Jésus. Éphésiens 1: 7 dit que “ par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes.” C’est pour cela que nous disons:”Nous t’adorons au Christ et nous te bénissons Parce que tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.” Jésus fit tout cela pour que nous puissions être rachetés! Jésus a payé le prix de nos péchés! Il est venu mourir pour que nous puissions vivre! Mais nous avons un choix à faire… Sommes-nous comme le mauvais larron sur la croix et nous détournons-nous du Rédempteur? Ou sommes-nous comme le bon larron sur la croix de la réception?
Frères, dans ses dernières paroles “Je remets mon esprit entre tes mains”, Jésus nous révèle que l’âme est immortelle et que l’âme remonte vers Dieu après sa mort. La première des deux paroles d’Étienne lapidé rappelle d’une façon frappante la dernière des sept paroles du Seigneur sur la croix: « Et ils lapidaient Étienne qui priait et disait : Seigneur Jésus, reçois mon esprit » (Actes 7:59). En rappelant ses paroles, disons ou chantons la prière datant du XIV° siècle qui a été largement répandue par sa mention dans les Exercices Spirituels de saint Ignace de Loyola.

Âme du Christ, sanctifie-moi !
Corps du Christ, sauve-moi !
Sang du Christ, enivre-moi !
Eau du côté du Christ, lave-moi !

Passion du Christ, fortifie-moi !
O bon Jésus, exauce-moi !
Dans tes blessures, cache-moi !
Ne permets pas que je sois séparé de toi !

De l’ennemi, défends-moi !
A ma mort, appelle-moi !
Ordonne-moi de venir à toi
pour qu’avec les saints, je te loue
dans les siècles des siècles !
Ainsi soit-il !

HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE B « ALLONS AILLEURS » TEXTES : JOB 7, 1-4.6-7, 1 CORINTHIENS 9, 16-19.22-23 ET MARC 1, 29-39.

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HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE B « ALLONS AILLEURS »
TEXTES : JOB 7, 1-4.6-7, 1 CORINTHIENS 9, 16-19.22-23 ET MARC 1, 29-39.

Pour décrire le déroulement de nos journées, en s’amusant on utilise parfois une formule un peu caricaturale, mais assez juste par ailleurs, et on dit avec une pointe d’humour : ma vie quotidienne c’est « métro, boulot, dodo ».
Dans l’évangile de ce jour on a le portrait d’une journée typique de Jésus que je résumerais, de façon plus sérieuse, avec une autre formule : « les trois P pour Présence, Prière et Parole ». Pendant tout le ministère public de Jésus ses journées seront vécues la plupart du temps sur ce modèle avec des variantes bien sûr, mais en retenant toujours ces trois priorités : présence, prière et parole.

I – Présence
Commençons par la présence. Il s’agit ici d’une présence de Jésus à la vie ordinaire des gens. Il vit avec ses disciples au fil des jours. Ici, on le voit s’arrêter avec eux dans la famille de deux d’entre eux, Simon – qui est un autre nom de saint Pierre – et André, son frère, les premiers qui l’ont suivi. Ils arrivent à l’Improviste et la maîtresse de maison – la belle-mère de Simon-Pierre – fait de la fièvre. Elle se désole de ne pouvoir s‘occuper d’eux. Jésus est touché et il s’approche simplement, lui prend la main et la fait se lever. La fièvre la quitte. Aussitôt elle est sur ses pieds.
Ce beau geste de Jésus n’est nullement une geste isolé. Devant des gens démunis et/ou mal pris, il apporte son aide. Ici, il libère cette femme de sa fièvre. Il le fait dans le cadre d’une proximité et d’une chaleur familiales. Il veut ainsi être présent à la vie et aux préoccupations de ceux et celles qu’il fréquente. Les gens le comprennent bien et saint Marc nous dit qu’ils courent après lui. « La ville entière se pressait à sa porte ».
Est-ce que nous prenons la peine de consacrer du temps à ceux et à celles que nous aimons? Est-ce que nous écoutons les peines de nos proches? Est-ce que les problèmes de notre monde comme celui des réfugiés ou celui de la pandémie de la coronavirus Covid-19 nous rejoignent ? Est-ce que nous regardons nos frères et sœurs humains comme des fils et des filles de Dieu, comme Jésus Christ lui-même parmi nous ainsi que nous y invite l’évangile de saint Mathieu que vous connaissez bien ? Saint Mathieu fait dire à Jésus au jour du jugement « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! » (Mathieu 25, 35-36).
À partir de cet épisode de la guérison de la belle-mère de Simon-Pierre, retenons que Jésus n’est pas sur un nuage, il est à côté de moi, présent dans ma vie de chaque jour et toujours prêt à me sortir de mes maux. Il apporte paix et joie dans la vie de ceux et celles qui veulent bien l’accueillir comme la belle-mère de Simon-Pierre.

II – Prière
La présence aux autres ne peut se vivre en vase clos. Elle suppose une ouverture. Cette ouverture où la puiser ? La réponse que nous donne Jésus, par son exemple ici, est celle de la prière. Bien avant l’aube, il se rend dans un endroit désert pour prier. « Le lendemain, écrit saint Marc, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait ».
Quelle est sa prière ? L’évangile d’aujourd’hui ne donne pas de précision, mais nous savons par d’autres passages des évangiles que dans sa prière Jésus ne cessait de s’écrier « Abba, Père ». Il nous a laissé l’essentiel de sa prière dans le fameux et traditionnel Notre Père que nous récitons à chaque messe. Il l’a transmis de vive voix à ses apôtres comme nous le raconte l’évangile de saint Mathieu : « Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. ». (Mathieu 6, 9).
On peut penser aussi que sa prière était remplie d’abandon à la volonté de son Père. On le voit bien dans cette phrase qui nous est restée de sa prière au jardin des Oliviers avant qu’il soit livré par Judas : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne » (Luc 22, 42). C’est aussi la même prière d’abandon qu’il fait sur la croix lorsque crie : « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23, 46).
Vous voyez que les journées de Jésus ne se passaient pas sans ces moments de pause et de répit consacrés à la prière dans le brouhaha des activités.
Ne pourrions-nous pas, nous aussi dans notre « métro, boulot, dodo » prendre le temps de faire des pauses, d’utiliser une partie du temps de nos déplacements dans des moyens de transport public pour prier le chapelet ou lire sur notre téléphone intelligent un passage de l’Écriture et le méditer ? Au volant de notre voiture, sans perdre l’attention nécessaire à une conduite prudente, pourquoi ne pas écouter une musique qui élève notre esprit et notre cœur ou répéter une invocation comme celle du pèlerin russe « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur » ou une autre selon nos inspirations personnelles ?

III – Parole
Présence, prière, et comme troisième priorité des journées de Jésus nous décelons celle de la parole.
C’est bien normal me direz-vous. Jésus a consacré sa vie publique à la prédication. Vous avez raison. Dans son évangile saint Marc raconte la prédication de Jésus à partir de son baptême par Jean-Baptiste jusqu’à sa mort et sa résurrection. Il ne veut pas faire une biographie de Jésus. Avec les apôtres qui ont connu Jésus et les membres des premières communautés chrétiennes il veut nous aider à conserver le message de Jésus pour mieux le transmettre. Ces communautés dont il fait partie ne se considèrent pas comme des bénéficiaires favorisés et refermés sur eux-mêmes. Elles ont retenu qu’elles sont envoyées pour témoigner du message de Jésus, de sa parole : « Allons ailleurs dans les villages voisins, disait Jésus, afin que là aussi je proclame l’Évangile; car c’est pour cela que je suis sorti ».
Concernant le ministère de la prédication de Jésus, revenons à la première partie de l’évangile que nous venons de lire. Jésus, après la guérison de la belle-mère de Simon-Pierre, multiplie les signes de l’origine divine de sa prédication, de son message qui marque la venue des temps nouveaux : guérisons des malades et expulsions de beaucoup de démons qu’il empêche de parler de lui, car ce qui est important pour lui ce ne sont pas ces guérisons et ces expulsions en elles-mêmes, c’est la main de Dieu qui est à l’œuvre dans ces gestes.
Il est difficile pour nous, dans une civilisation de l’immédiateté à travers les médias sociaux, de comprendre l’impact de ce ministère de guérison de Jésus dont saint Marc a conservé plusieurs exemples et sur lequel il revient souvent pour marquer le rayonnement du message de Jésus. Si saint Marc le fait c’est pour montrer que la parole, la prédication de Jésus, est une œuvre de l’Esprit et que la Bonne nouvelle c’est Jésus lui-même.

Conclusion
« Présence, prière, parole » tel fut le « métro, boulot, dodo » de Jésus. Ces trois temps : présence, prière, parole peuvent aussi se vivre par chacun et chacune dans sa condition de vie. Ils reflèteront notre identité chrétienne. Ils feront de nous des évangélisateurs et des évangélisatrices, des disciples-missionnaires. C’est saint Paul qui disait dans la deuxième lecture : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ». Nous ne sommes pas des saint Paul, mais nous pouvons témoigner de la Bonne Nouvelle qui nous fait vivre, de la présence du Christ ressuscité. Saint Paul y a consacré toute sa vie à la suite d’un appel particulier. Nous, nous pouvons le faire à notre façon en écoutant les appels que l’Esprit Saint met en nous et en essayant d’y répondre le mieux possible.
Que cette célébration eucharistique dominicale fasse de nous des disciples de plus en plus fascinés par Jésus et qu’elle nous soutienne par sa présence particulière dans le Pain et le Vin qui sont la nourriture qu’il nous a laissée pour accomplir cette mission d’annoncer l’Évangile, la Bonne Nouvelle, jusqu’aux extrémités de la terre.
Amen !

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – 27 janvier 2021 – 22. La prière avec les Saintes Ecritures

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PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – 27 janvier 2021 – 22. La prière avec les Saintes Ecritures

Bibliothèque du palais apostolique

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Chers frères et sœurs, bonjour!

Je voudrais aujourd’hui m’arrêter sur la prière que nous pouvons faire à partir d’un passage de la Bible. Les paroles de l’Ecriture Sainte n’ont pas été écrites pour rester emprisonnées sur du papyrus, sur du parchemin ou sur du papier, mais pour être accueillies par une personne qui prie, en les faisant germer dans son cœur. La parole de Dieu va au cœur. Le Catéchisme affirme: «La prière doit accompagner la lecture de la Sainte Ecriture – la Bible ne peut pas être lue comme un roman –-, pour que se noue un dialogue entre Dieu et l’homme» (n. 2653). La prière te porte ainsi, car elle est un dialogue avec Dieu. Ce verset de la Bible a été écrit également pour moi, il y a tant de siècles, pour m’apporter une parole de Dieu. Il a été écrit pour chacun de nous. Cette expérience arrive à tous les croyants: un passage de l’Ecriture, écouté déjà tant de fois, un jour à l’improviste me parle et éclaire une situation que je suis en train de vivre. Mais il faut que moi, ce jour-là, je sois là, au rendez-vous avec cette Parole, que je sois là, à l’écoute de la Parole. Tous les jours, Dieu passe et jette une semence dans le terrain de notre vie. Nous ne savons pas si, aujourd’hui, il trouvera un sol aride, des ronces, ou bien un bon terreau, qui fera grandir ce bourgeon (cf. Mc 4,3-9). Cela dépend de nous, de notre prière, du cœur ouvert avec lequel nous nous approchons des Ecritures pour qu’elles deviennent pour nous Parole vivante de Dieu. Dieu passe, sans cesse, à travers l’Ecriture. Et reprenant ce que j’ai dit la semaine dernière et que disait saint Augustin: «J’ai peur du Seigneur quand il passe». Pourquoi as-tu peur? J’ai peur de ne pas l’écouter, de ne pas m’apercevoir qu’il est le Seigneur.
A travers la prière a lieu comme une nouvelle incarnation du Verbe. Et c’est nous qui sommes les “tabernacles” où les paroles de Dieu veulent être accueillies et conservées, pour pouvoir visiter le monde. C’est pourquoi nous devons nous approcher de la Bible sans deuxième intention, sans l’instrumentaliser. Le croyant ne cherche pas dans les Saintes Ecritures le soutien pour sa propre vision philosophique ou morale, mais parce qu’il espère une rencontre; il sait que celles-ci, ces paroles, ont été écrites dans l’Esprit Saint, et que c’est donc dans ce même Esprit qu’elles doivent être accueillies, qu’elles doivent être comprises, pour que la rencontre se réalise.
Cela m’agace un peu quand j’entends des chrétiens qui récitent des versets de la Bible comme des perroquets. «Oh, oui, le Seigneur dit ceci…, il veut cela…». Mais toi, as-tu rencontré le Seigneur, ce verset? Ce n’est pas seulement un problème de mémoire: c’est un problème de la mémoire du cœur, celle qui t’ouvre à la rencontre avec le Seigneur. Et ce mot, ce verset, te conduit à la rencontre avec le Seigneur.
Nous lisons donc les Ecritures pour que celles-ci “nous lisent”. Et c’est une grâce de pouvoir se reconnaître dans un personnage ou l’autre, dans cette situation-là ou dans celle-ci. La Bible n’est pas écrite pour une humanité générique, mais pour nous, pour moi, pour toi, pour des hommes et des femmes en chair et en os, des hommes et des femmes qui ont un prénom et un nom, comme moi, comme toi. Et la Parole de Dieu, imprégnée d’Esprit Saint, lorsqu’elle est accueillie avec un cœur ouvert, ne laisse pas les choses comme avant, jamais, elle change quelque chose. C’est la grâce et la force de la Parole de Dieu.
La tradition chrétienne est riche d’expériences et de réflexions sur la prière avec l’Ecriture Sainte. La méthode de la “lectio divina” s’est en particulier affirmée, née dans le domaine monastique, mais désormais également pratiquée par les chrétiens qui fréquentent les paroisses. Il s’agit tout d’abord de lire le passage biblique avec attention, plus encore, je dirais avec “obéissance” au texte, pour comprendre ce qu’il signifie en lui-même. Ensuite, on entre en dialogue avec l’Ecriture, de sorte que ces paroles deviennent un motif de méditation et d’oraison: toujours en adhérant au texte, je commence à m’interroger sur ce qu’il “me dit”. C’est un passage délicat: il ne faut pas glisser dans des interprétations subjectives, mais s’insérer dans le sillage vivant de la Tradition, qui unit chacun de nous à l’Ecriture Sainte. Et le dernier pas de la lectio divina est la contemplation. Dans celui-ci, les paroles et les pensées laissent placent à l’amour, comme entre des amoureux à qui il suffit parfois de se regarder en silence. Le texte biblique reste, mais comme un miroir, comme une icône à contempler. Et c’est ainsi que le dialogue a lieu.
A travers la prière, la Parole de Dieu vient habiter en nous et nous habitons en elle. La Parole inspire de bonnes intentions et soutient l’action; elle nous donne la force, elle nous donne la sérénité, et même quand elle nous met en crise, elle nous apporte la paix. Dans les journées “mauvaises” et confuses, elle assure à notre cœur un noyau de confiance et d’amour qui le protège des attaques du malin.
Ainsi, la Parole de Dieu – je me permets d’utiliser cette expression: se fait chair – chez ceux qui l’accueillent dans la prière. Dans certains textes antiques, apparaît l’intuition que les chrétiens s’identifient tellement avec la Parole que, même si toutes les Bibles du monde brûlaient, on pourrait encore en sauver le “calque” à travers l’empreinte qu’elle a laissée dans la vie des saints. Il s’agit-là d’une belle expression.
La vie chrétienne est à la fois une œuvre d’obéissance et de créativité. Un bon chrétien doit être obéissant, mais il doit être créatif. Obéissant, parce qu’il écoute le Parole de Dieu; créatif, parce qu’il a l’Esprit en lui qui le pousse à la pratiquer, à la poursuivre. Jésus le dit à la fin d’un de ses discours prononcés en parabole, en utilisant cette comparaison: «Ainsi donc tout scribe devenu disciple du Royaume des Cieux est semblable à un propriétaire qui tire de son trésor – le cœur – du neuf et du vieux» (Mt 13,52). Les Saintes Ecritures sont un trésor inépuisable. Que le Seigneur accorde à nous tous d’y puiser toujours davantage, à travers la prière. Merci.

Je salue cordialement les personnes de langue française.

Je vous invite à lire et à prier chaque jour quelque versets de la Parole de Dieu, pour donner force, sérénité et paix à votre vie. Et que Dieu vous bénisse !

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – 20 janvier 2021 – La prière pour l’unité des chrétiens

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PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – 20 janvier 2021 – La prière pour l’unité des chrétiens

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(Atti 28,1)

Chers frères et sœurs, bonjour!

Dans cette catéchèse, je m’arrêterai sur la prière pour l’unité des chrétiens. En effet, la semaine qui va du 18 au 25 janvier est consacrée en particulier à cela, à invoquer de Dieu le don de l’unité pour dépasser le scandale des divisions entre les croyants en Jésus. Celui-ci, après la Dernière Cène, a prié pour les siens, «pour que tous soient un» (Jn 17,21). C’est sa prière avant la Passion, nous pourrions dire son testament spirituel. Remarquons cependant que le Seigneur n’a pas commandé l’unité aux disciples. Il ne leur a même pas tenu un discours pour en motiver l’exigence. Non, il a prié le Père pour nous, pour que nous soyons un. Cela signifie que nous ne sommes pas suffisants à nous seuls, avec nos forces, pour réaliser l’unité. L’unité est avant tout un don, c’est une grâce à demander par la prière.
Chacun de nous en a besoin. En effet, nous nous apercevons que nous ne sommes même pas capables de sauvegarder l’unité en nous-mêmes. L’apôtre Paul ressentait également en lui un conflit déchirant: vouloir le bien et être enclin au mal (cf. Rm 7,19). Il avait ainsi saisi que la racine de nombreuses divisions qui sont autour de nous – entre les personnes, en famille, dans la société, entre les peuples et aussi entre les croyants – est en nous. Le Concile Vatican II affirme que «les déséquilibres qui travaillent le monde moderne sont liés à un déséquilibre plus fondamental qui prend racine dans le cœur même de l’homme. C’est en l’homme lui-même, en effet, que de nombreux éléments se combattent. […] En somme, c’est en lui-même qu’il souffre d’une division, et c’est de là que naissent au sein de la société tant et de si grandes discordes» (Gaudium et spes, n. 10). La solution aux divisions n’est donc pas de s’opposer à quelqu’un, car la discorde engendre la discorde. Le vrai remède commence en demandant à Dieu la paix, la réconciliation, l’unité.
Cela vaut tout d’abord pour les chrétiens: l’unité ne peut venir que comme fruit de la prière. Les efforts diplomatiques et les dialogues académiques ne suffisent pas. Jésus le savait et il nous a ouvert la voie, en priant. Notre prière pour l’unité est, ainsi, une humble mais confiante participation à la prière du Seigneur, qui a promis que chaque prière faite en son nom sera écoutée par le Père (cf. Jn 15, 7). Nous pouvons alors nous demander: “Est-ce que je prie pour l’unité?”. C’est la volonté de Jésus, mais si nous passons en revue les intentions pour lesquelles nous prions, nous nous apercevrons probablement d’avoir prié peu, peut-être jamais, pour l’unité des chrétiens. C’est pourtant de celle-ci que dépend la foi dans le monde; en effet, le Seigneur a demandé l’unité entre nous «pour que le monde croie» (Jn 17,21). Le monde ne croira pas parce que nous le convaincrons par de bons arguments, mais il croira si nous aurons témoigné de l’amour qui nous unit et nous rend proche de tous.
En ce temps de grave malaise, la prière est encore davantage nécessaire pour que l’unité prévale sur les conflits. Il est urgent de mettre de côté les particularismes pour favoriser le bien commun, et c’est pourquoi notre bon exemple est fondamental: il est essentiel que les chrétiens poursuivent le chemin vers la pleine unité, visible. Au cours des dernières décennies, grâce à Dieu, de nombreux pas en avant ont été accomplis, mais il faut persévérer dans l’amour et dans la prière, sans perdre confiance et sans se lasser. C’est un parcours que l’Esprit Saint a suscité dans l’Eglise, chez les chrétiens et en nous tous, et sur lequel nous ne reviendrons plus en arrière. Toujours de l’avant !
Prier signifie lutter pour l’unité. Oui, lutter, car notre ennemi, le diable, comme le dit la parole elle-même, est le diviseur. Jésus demande l’unité dans l’Esprit Saint, de faire l’unité. Le diable divise toujours, parce que diviser lui est profitable. Il insinue la division, partout et de toutes les façons, alors que l’Esprit Saint fait toujours converger vers l’unité. Le diable, en général, ne nous tente pas à propos de la haute théologie, mais sur la faiblesse de nos frères. Il est astucieux: il agrandit les erreurs et les défauts des autres, il sème la discorde, il provoque la critique et crée des factions. La voie de Dieu est une autre: il nous prend tels que nous sommes, il nous aime beaucoup, mais il nous aime comme nous sommes et nous prend comme nous sommes; il nous prend différents, il nous prend pécheurs, et il nous pousse toujours à l’unité. Nous pouvons le vérifier sur nous-mêmes et nous demander si, dans les lieux dans lesquels nous vivons, nous alimentons la conflictualité ou si nous luttons pour faire grandir l’unité avec les instruments que Dieu nous a donnés: la prière et l’amour. En revanche, on alimente la conflictualité par le commérage, toujours, en disant du mal des autres. Le commérage est l’arme la plus simple que le diable possède pour diviser la communauté chrétienne, pour diviser la famille, pour diviser les amis, pour diviser toujours. L’Esprit Saint nous inspire l’unité.
Le thème de cette Semaine de prière concerne précisément l’amour: “Demeurez dans mon amour et vous porterez du fruit en abondance” (cf. Jn 15,5-9). La racine de la communion est l’amour du Christ, qui nous fait dépasser les préjugés pour voir dans l’autre un frère et une sœur qu’il faut toujours aimer. Alors nous découvrons que les chrétiens d’autres confessions, avec leurs traditions, avec leur histoire, sont des dons de Dieu, sont des dons présents sur les territoires de nos communautés diocésaines et paroissiales. Commençons à prier pour eux et, quand cela est possible, avec eux. Nous apprendrons ainsi à les aimer et à les apprécier. La prière, rappelle le Concile, est l’âme de tout le mouvement œcuménique (cf. Unitatis redintegratio, n. 8). Que la prière soit donc le point de départ pour aider Jésus à réaliser son rêve: que tous soient un.

Je salue cordialement les personnes de langue française. En cette semaine de prière pour l’unité, je vous invite à prier pour les chrétiens des autres confessions, et, lorsque cela est possible, à prier avec eux. Ainsi nous apprendrons à les aimer et à les apprécier. Et que Dieu vous bénisse !

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – 16 décembre 2020 – Catéchèse sur la prière – 19. Prière d’intercession

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PAPE FRANÇOIS - AUDIENCE GÉNÉRALE – 16 décembre 2020 – Catéchèse sur la prière – 19. Prière d’intercession

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(traduction Google de l’italien)

Bibliothèque du Palais apostolique

Chers frères et sœurs, bonjour!

Ceux qui prient ne laissent jamais le monde derrière eux. Si la prière ne recueille pas les joies et les peines, les espoirs et les angoisses de l’humanité, elle devient une activité «décorative», une attitude superficielle, théâtrale, une attitude intime. Nous avons tous besoin d’intériorité: nous replier dans un espace et un temps dédiés à notre relation avec Dieu, mais cela ne veut pas dire échapper à la réalité. Dans la prière, Dieu « nous prend, nous bénit, puis nous brise et nous donne », pour la faim de tous. Chaque chrétien est appelé à devenir, entre les mains de Dieu, le pain rompu et partagé. Autrement dit, une prière concrète, qui n’est pas une évasion.
Ainsi des hommes et des femmes de prière en quête de solitude et de silence, pour ne pas être ennuyés, mais pour mieux écouter la voix de Dieu.Ils se retirent parfois du monde, dans l’intimité de leur chambre, comme le recommande Jésus (cf. Mt6,6), mais, où qu’ils soient, ils gardent toujours la porte de leur cœur grande ouverte: une porte ouverte pour ceux qui prient sans savoir qu’ils prient; pour ceux qui ne prient pas du tout mais portent en eux un cri étouffé, une invocation cachée; pour ceux qui se sont trompés et se sont égarés … N’importe qui peut frapper à la porte d’une personne priant et trouver en elle un cœur compatissant, qui prie sans exclure personne. La prière est notre cœur et notre voix, et elle devient le cœur et la voix de nombreuses personnes qui ne savent pas prier ou ne prient pas, ou ne veulent pas prier ou sont incapables de prier: nous sommes le cœur et la voix de ces personnes qui se lèvent à Jésus, il s’élève vers le Père, comme intercesseurs. Dans la solitude, celui qui prie – à la fois la solitude de long temps et la solitude d’une demi-heure pour prier – se sépare de tout et de chacun pour trouver tout et chacun en Dieu. Ainsi, la personne priant pour le monde entier, portant sur ses épaules douleurs et péchés. Priez pour chacun et chacun: c’est comme si c’était une « antenne » de Dieu dans ce monde. En chaque pauvre qui frappe à la porte, en chaque personne qui a perdu le sens des choses, celui qui prie voit le visage du Christ.
Le Catéchisme écrit: «Intercéder, demander en faveur d’un autre […] est la prérogative d’un cœur en accord avec la miséricorde de Dieu» ( n. 2635 ). C’est beau. Quand nous prions, nous sommes en harmonie avec la miséricorde de Dieu: miséricorde envers nos péchés – qui nous est miséricordieux – mais aussi miséricorde envers tous ceux qui ont demandé à prier pour eux, pour qui nous voulons prier en harmonie avec le cœur de Dieu C’est la vraie prière. En harmonie avec la miséricorde de Dieu, ce cœur miséricordieux. «Au temps de l’Église, l’intercession chrétienne participe à celle du Christ: elle est une expression de la communion des saints» ( ibid . ). Que signifie le fait que vous participez à l’intercession du Christ lorsque j’intercède pour quelqu’un ou que je prie pour quelqu’un? Parce que le Christ est intercesseur devant le Père, il prie pour nous et prie en montrant au Père les blessures de ses mains; parce que Jésus physiquement, avec son corps, se tient devant le Père. Jésus est notre intercesseur, et prier, c’est faire quelque chose comme Jésus: intercéder en Jésus auprès du Père, pour les autres. Et c’est très beau.
L’homme est au cœur de la prière. Simplement mec. Celui qui n’aime pas son frère ne prie pas sérieusement. On peut dire: dans un esprit de haine, on ne peut pas prier; dans un esprit d’indifférence, on ne peut pas prier. La prière seule est donnée dans un esprit d’amour. Celui qui n’aime pas fait semblant de prier, ou il pense prier, mais il ne prie pas, car l’esprit même qu’est l’amour manque. Dans l’Église, ceux qui connaissent la tristesse ou la joie de l’autre vont plus loin que ceux qui enquêtent sur les «systèmes maximaux». Pour cette raison, il y a une expérience de l’humain dans chaque prière, parce que les gens, même s’ils peuvent commettre des erreurs, ne doivent jamais être rejetés ou rejetés.
Lorsqu’un croyant, animé par le Saint-Esprit, prie pour les pécheurs, il ne fait pas de choix, il ne prononce pas de jugements de condamnation: il prie pour tous. Et il prie aussi pour lui-même. À ce moment-là, il sait qu’il n’est même pas trop différent des personnes pour lesquelles il prie: il se sent pécheur, parmi les pécheurs, et prie pour tous. La leçon de la parabole du pharisien et du publicain est toujours en vie et en cours ( cf.Lk 18 : 9-14): nous ne sommes pas mieux que quiconque, nous sommes tous frères dans une communauté de fragilité, de la souffrance et en étant pécheurs. C’est pourquoi une prière que nous pouvons adresser à Dieu est celle-ci: «Seigneur, personne qui vit avant toi n’est juste (cf. Ps143,2) – cela est dit dans un psaume: « Seigneur, personne qui vit avant toi n’est juste », aucun de nous: nous sommes tous pécheurs -, nous sommes tous débiteurs qui ont une affaire inachevée; il n’y a personne qui soit parfait à vos yeux. Seigneur, ayez pitié de nous! ». Et avec cet esprit, la prière est féconde, car nous allons humblement devant Dieu pour prier pour tous. Au lieu de cela, le pharisien a superbement prié: «Merci, Seigneur, parce que je ne suis pas comme ces pécheurs; J’ai raison, je fais toujours … « . Ce n’est pas une prière: c’est regarder dans le miroir, sa propre réalité, se regarder dans le miroir fait d’orgueil.
Le monde continue grâce à cette chaîne de prières qui intercèdent, et qui sont pour la plupart inconnues… mais pas à Dieu! Il y a beaucoup de chrétiens inconnus qui, en temps de persécution, ont pu répéter les paroles de notre Seigneur: « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » ( Lc 23 , 34).
Le bon berger reste fidèle même face à l’observation du péché de son propre peuple: le bon berger continue à être père même lorsque ses enfants s’en vont et l’abandonnent. Il persévère au service du berger même envers ceux qui l’amènent à se salir les mains; il ne ferme pas son cœur à ceux qui l’ont peut-être fait souffrir.
L’Église, dans tous ses membres, a pour mission de pratiquer la prière d’intercession, intercède pour les autres. En particulier, toute personne placée dans un rôle de responsabilité a le devoir: parents, éducateurs, ministres ordonnés, supérieurs de communauté… Comme Abraham et Moïse, ils doivent parfois «défendre» devant Dieu les personnes qui leur sont confiées. En réalité, il s’agit de les regarder avec les yeux et le cœur de Dieu, avec sa propre compassion et sa tendresse invincibles. Priez tendrement pour les autres.
Frères et sœurs, nous sommes tous les feuilles du même arbre: chaque détachement nous rappelle la grande piété que nous devons cultiver, dans la prière, les uns pour les autres. Prions les uns pour les autres: cela nous fera du bien et cela fera du bien à tous. Merci!

HOMÉLIE POUR LE 3E DIMANCHE DE L’AVENT ANNÉE B « LE TÉMOIGNAGE DE JEAN-BAPTISTE » TEXTES : ISAÏE, 60, 1-2.19-28, I THESSALONICIENS 5, 16-24 ET JEAN, 1, 6-8.19-28.

https://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-3e-dimanche-de-l-Avent-Annee-B-Le-temoignage-de-Jean-Baptiste_a982.html

HOMÉLIE POUR LE 3E DIMANCHE DE L’AVENT ANNÉE B « LE TÉMOIGNAGE DE JEAN-BAPTISTE »
TEXTES : ISAÏE, 60, 1-2.19-28, I THESSALONICIENS 5, 16-24 ET JEAN, 1, 6-8.19-28.

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Nous retrouvons ce matin Jean-Baptiste un grand prophète qui a précédé Jésus. On le surnomme le Précurseur. Il était le cousin de Jésus et c’est vers lui que Jésus est allé pour se faire baptiser au Jourdain. Jean-Baptiste l’a reconnu alors comme Celui qu’on attendait, comme l’Envoyé de Dieu.
Dans notre préparation à Noël en ce 3e dimanche de l’Avent la liturgie nous met devant les yeux ce témoignage de Jean-Baptiste tel que présenté par l’évangile de saint Jean. Et la façon de le faire est des plus intéressantes.

I – Lumière née de la Lumière
Dans la lecture de l’évangile de ce jour on a intentionnellement unit deux passages du début de l’évangile de saint Jean. Ainsi le témoignage de Jean-Baptiste est situé sur un registre qui lui donne une couleur particulière. Jean-Baptiste est le témoin de la Lumière.
Celui dont il annonce la venue, dont il prépare les voies – comme le souhaitait le prophète Isaïe : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert » – porte en lui quelque chose d’unique, de divin, de transcendant, d’autre. Il est la Lumière née de la Lumière comme le dit si bien le Symbole de Nicée-Constantinople que je cite : « Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu ».
Il ne faut pas restreindre ce terme de « Lumière » ici à une invitation morale, un motif d’action ou une inspiration dans les choix. La « Lumière » dont parle saint Jean ici est à l’origine du monde, elle est Dieu lui-même qui s’est manifesté en Jésus, le Fils unique de Dieu qui s’est fait homme, qui s’est incarné.
Cette présentation de Jean-Baptiste qui « est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui » reflète la foi des premières communautés chrétiennes et la nôtre. Jean-Baptiste a entrevu la réalité du salut se réalisant en Jésus. Nous recevons son témoignage confirmé par celui des apôtres après la résurrection qui proclament « Jésus est Seigneur » et nous affirmons aujourd’hui notre foi en celui qui est la « Lumière du monde ». Jean-Baptiste en est le témoin privilégié.

II – Jean-Baptiste le Précurseur
C »est pour cette raison qu’on lui a donné à juste titre le surnom de « Précurseur ». Son attitude est bien décrite lorsqu’il dit qu’il n’est pas digne de délier la courroie de la chaussure de Celui qui vient : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale ».
L’attitude de Jean-Baptiste se caractérise par l’accueil et l’ouverture. Il précède – c’est ce que veut dire le mot « Précurseur » – Celui qui doit venir. Il invite à se débarrasser de ce qui empêcherait un accueil bienvenu et chaleureux. « Redressez le chemin du Seigneur » proclame-t-il. Concrètement notre réponse à son appel pourrait cette année se traduire durant le temps de l’Avent par une démarche de pénitence en allant recevoir le Sacrement de la Réconciliation. Malgré la pandémie de la Covid-19 plusieurs paroisses offrent un accès au Sacrement de la Réconciliation avec les précautions sanitaires appropriées. Vous ne regretterez pas d’avoir fait la démarche de la Réconciliation, du Pardon.
Le mouvement de préparation à Noël amène à sortir de nous-mêmes pour accueillir le Tout Autre qui s’incarne en Jésus. L’accès à la Lumière commence en sachant reconnaître le Don de Dieu dans l’Enfant de la crèche dont nous célébrerons la naissance à Noël. Dieu se fait l’un de nous. Le Verbe se fait chair, dira saint Jean.

III – Application
Dans le temps de l’Avent cherchons à renouveler notre foi et notre attente de la vraie Lumière. Nous la voulons présente en nous et dans toute notre vie, mais nous savons que ce n’est pas nous qui apportons la Lumière. Nous recevons les rayons de cette Lumière à travers Jésus.
Ce rayonnement de la Lumière de Dieu est présent dans le monde. Nous ne le voyons pas toujours, mais il est là. Croyons-le. L’Esprit de Dieu est toujours à l’oeuvre. Comme Jean-Baptiste nous sommes invités à rendre témoignage à la lumière : « Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière. »
Je souhaite que nous devenions tous et toutes des Jean-Baptiste dans le monde d’aujourd’hui.

Conclusion
En ce dimanche de la joie que célèbre saint Paul dans la deuxième lecture, nous pouvons laisser celle-ci déborder en tout temps nous nourrissant de la prière et de l’action de grâces comme il le suggère. : « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance ». Le prophète Isaïe le souhaitait déjà en écrivant ce que nous avons lu dans la première lecture : « Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu… Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations.».
Le don de la joie traduit une présence qui nous habite. Cette présence est au-delà des signes et des mots. Elle est invisible comme la lumière qui passe à travers la vitre de la fenêtre. Nous sommes invités à devenir de plus en plus comme la vitre de la fenêtre, clairs et purs, pour laisser passer toute la Lumière…avec la grâce de Dieu.
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – 9 DÉCEMBRE 2020 – CATÉCHÈSE – 18. LA PRIÈRE DE DEMANDE

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PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – 9 DÉCEMBRE 2020 – CATÉCHÈSE – 18. LA PRIÈRE DEfr

 

Bibliothèque du palais apostolique

Chers frères et sœur, bonjour!

Nous poursuivons nos réflexions sur la prière. La prière chrétienne est pleinement humaine – nous prions comme des personnes humaines, comme nous le sommes –, elle comprend la louange et la supplique. En effet, quand Jésus a enseigné à ses disciples à prier, il l’a fait avec le « Notre Père », afin que nous nous plaçions avec Dieu dans une relation de confiance filiale et que nous lui adressions toutes nos demandes. Nous implorons Dieu pour les dons les plus grands: la sanctification de son nom parmi les hommes, l’avènement de son règne, la réalisation de sa volonté de bien à l’égard du monde. Le Catéchisme rappelle: «Il y a une hiérarchie dans les demandes : d’abord le Royaume, ensuite ce qui est nécessaire pour l’accueillir et pour coopérer à sa venue» (n. 2632). Mais dans le “Notre Père” nous prions également pour les dons plus simples, pour les dons de tous les jours, comme le “pain quotidien” – qui signifie également la santé, une maison, un travail, les choses de tous les jours; et cela veut aussi dire pour l’Eucharistie, nécessaire pour la vie en Christ –; de même que nous prions pour le pardon des péchés – qui est une chose quotidienne; nous avons toujours besoin de pardon – ensuite pour la paix dans nos relations; et, enfin, pour qu’Il nous aide dans les tentations et qu’il nous libère du mal.
Demander, supplier. Cela est très humain. Ecoutons encore le Catéchisme: «C’est par la prière de demande que nous traduisons la conscience de notre relation à Dieu : créatures, nous ne sommes ni notre origine, ni maître des adversités, ni notre fin ultime, mais aussi, pécheurs, nous savons, comme chrétiens, que nous nous détournons de notre Père. La demande est déjà un retour vers Lui» (n. 2629).
Si quelqu’un se sent mal parce qu’il a fait de mauvaises choses – c’est un pécheur – quand il prie le Notre Père, il se rapproche déjà du Seigneur. Parfois nous pouvons croire que nous n’avons besoin de rien, que nous nous suffisons à nous-mêmes et que nous vivons dans l’autosuffisance complète. Parfois cela arrive! Mais tôt ou tard, cette illusion s’évanouit. L’être humain est une invocation, qui parfois devient un cri, souvent retenu. L’âme ressemble à une terre desséchée, assoiffée, comme le dit le Psaume (cf. Ps 63, 2). Nous faisons tous l’expérience, à un moment ou l’autre de notre existence, du temps de la mélancolie ou de la solitude. La Bible n’a pas honte de montrer la condition humaine marquée par la maladie, par les injustices, par la trahison des amis, ou par les menaces des ennemis. Il semble parfois que tout s’effondre, que la vie vécue jusqu’à présent a été vaine. Et dans ces situations apparemment sans débouché, il y a une unique issue: le cri, la prière: «Seigneur, aide-moi!». La prière ouvre des soupiraux de lumière dans les ténèbres les plus sombres. «Seigneur, aide-moi!». Cela ouvre la route, ouvre le chemin.
Nous les êtres humains, nous partageons cette invocation d’aide avec toute la création. Nous ne sommes pas les seuls à “prier” dans cet univers infini: chaque fragment de la création porte inscrit le désir de Dieu. Et saint Paul l’a exprimé de cette manière. Il dit ce qui suit: «Nous le savons en effet, toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement. Et non pas elle seule : nous-mêmes qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons nous aussi intérieurement» (Rm 8, 22-24). En nous retentit le gémissement multiforme des créatures: des arbres, des rochers, des animaux … Chaque chose aspire à un accomplissement. Tertullien a écrit: «Chaque être créé prie, les animaux et les fauves prient et s’agenouillent; quand ils sortent des étables ou des tanières, ils lèvent la tête vers le ciel et ne restent pas la bouche fermée, ils font retentir leur cri selon leurs habitudes. Et les oiseaux aussi, dès qu’ils prennent leur envol, s’élèvent vers le ciel et ouvrent leurs ailes comme si c’était des mains en forme de croix, en gazouillant quelque chose qui ressemble à une prière » (De oratione, XXIX). Il s’agit d’une expression poétique pour faire un commentaire à ce que saint Paul dit, « que toute la création gémit, prie». Mais nous sommes les seuls à prier de manière consciente, à savoir que nous nous adressons au Père et à entrer en dialogue avec le Père.
Nous ne devons donc pas nous scandaliser si nous sentons le besoin de prier, ne pas avoir honte. Et surtout, quand nous sommes dans le besoin, demander. En parlant d’un homme malhonnête qui doit faire ses comptes avec son maître, Jésus dit cela: “Demander, j’ai honte”. Et beaucoup d’entre nous éprouvent ce sentiment: nous avons honte de demander; de demander de l’aide, de demander quelque chose à quelqu’un pour nous aider à faire, à arriver à ce but, et aussi honte de demander à Dieu. Il ne faut pas avoir honte de prier et de dire: “Seigneur, j’ai besoin de cela”, “Seigneur, je suis en difficulté”, “Aide-moi!”. C’est le cri du cœur vers Dieu qui est Père. Et nous devons apprendre à le faire également dans les moments heureux; rendre grâce à Dieu pour chaque chose qui nous a été donnée, et ne rien considérer comme évident ou dû: tout est grâce. Le Seigneur nous donne toujours, toujours, et tout est grâce, tout. La grâce de Dieu. Cependant, n’étouffons pas la supplique qui naît en nous spontanément. La prière de demande va de pair avec l’acceptation de notre limite et de notre condition de créature. On peut aussi ne pas arriver à croire en Dieu, mais il est difficile de ne pas croire dans la prière: celle-ci existe simplement; elle se présente à nous comme un cri; et nous avons tous affaire avec cette voix intérieure qui peut peut-être se taire pendant longtemps, mais qui un jour se réveille et crie.
Frère et sœurs, nous savons que Dieu répondra. Il n’y a pas d’orant dans le Livre des Psaumes qui élève sa lamentation et qui ne soit pas écouté. Dieu répond toujours: aujourd’hui, demain, mais il répond toujours, d’une manière ou d’une autre. Il répond toujours. La Bible le répète un nombre infini de fois : Dieu écoute le cri de celui qui l’invoque. Même nos demandes balbutiantes, celles qui sont restées au fond de notre cœur, que nous avons honte d’exprimer, le Père les écoute et il veut nous donner son Esprit Saint, qui anime chaque prière et transforme chaque chose. C’est une question de patience, toujours, de supporter l’attente. A présent, nous sommes dans le temps de l’Avent, un temps typique d’attente pour Noël. Nous sommes en attente. On le voit bien. Mais toute notre vie est également en attente. Et la prière est toujours en attente, parce que nous savons que le Seigneur répondra. Même la mort tremble quand un chrétien prie, car elle sait que chaque orant a un allié plus fort qu’elle: le Seigneur Ressuscité. La mort a déjà été vaincue dans le Christ, et le jour viendra où tout sera définitif, et elle ne se moquera plus de notre vie et de notre bonheur. Apprenons à être dans l’attente du Seigneur. Le Seigneur vient nous rendre visite, pas seulement pendant ces grandes fêtes – Noël, Pâques -, le Seigneur nous rend visite chaque jour dans l’intimité de notre cœur si nous sommes dans l’attente. Et très souvent, nous ne nous rendons pas compte que le Seigneur est proche, qu’il frappe à notre porte et nous le laissons passer. “J’ai peur de Dieu quand il passe; j’ai peur qu’il passe et de ne pas m’en apercevoir”, disait saint Augustin. Et le Seigneur passe, le Seigneur vient, le Seigneur frappe. Mais si tu as les oreilles pleines d’autres bruits, tu n’entendras pas l’appel du Seigneur.

Frères et sœurs, être dans l’attente: voilà ce qu’est la prière!

Je salue cordialement les personnes de langue française. Hier nous avons célébré la solennité de l’Immaculée Conception. Apprenons de la Vierge Marie à nous tourner avec confiance vers son Fils Jésus, et confions-lui toutes nos demandes pour qu’elle les lui présente. Que Dieu vous bénisse !

HOMMAGE DU PAPE BENOÎT À L’IMMACULÉE SUR LA PLACE D’ESPAGNE – 8 décembre 2007

http://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/speeches/2007/december/documents/hf_ben-xvi_spe_20071208_immacolata.html

HOMMAGE DU PAPE BENOÎT À L’IMMACULÉE SUR LA PLACE D’ESPAGNE – 8 décembre 2007

Solennité de l’Immaculée Conception

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MURILLO

Chers frères et sœurs,

En ce rendez-vous devenu désormais traditionnel, nous nous retrouvons ici, sur la Place d’Espagne, pour offrir notre hommage floréal à la Vierge, le jour où toute l’Eglise célèbre la fête de son Immaculée Conception. Dans le sillage de mes Prédécesseurs, je m’unis moi aussi à vous, chers fidèles de Rome, pour faire halte avec affection et un amour filial aux pieds de Marie, qui veille désormais depuis cent cinquante ans sur notre ville du haut de cette colonne. Le geste d’aujourd’hui est donc un geste de foi et de dévotion que notre communauté chrétienne répète d’année en année, comme pour réaffirmer son engagement de fidélité envers Celle qui, dans toutes les circonstances de la vie quotidienne, nous assure de son aide et de sa protection maternelle.
Cette manifestation religieuse est dans le même temps une occasion pour offrir à ceux qui vivent à Rome, ou qui y passent quelques jours en tant que pèlerins et touristes, l’opportunité de se sentir, malgré la diversité des cultures, une unique famille qui se rassemble autour d’une Mère qui a partagé les fatigues quotidiennes de chaque femme et mère de famille. Une mère cependant tout à fait particulière, choisie par Dieu pour une mission unique et mystérieuse, celle d’engendrer à la vie terrestre le Verbe éternel du Père, venu dans le monde pout le salut de tous les hommes. Et Marie, Immaculée dans sa conception – ainsi la vénérons-nous aujourd’hui avec une pieuse reconnaissance -, a parcouru son pèlerinage terrestre soutenue par une foi intrépide, une espérance inébranlable et un amour humble et sans limites, en suivant les traces de son fils Jésus. Elle a été à ses côtés avec une sollicitude maternelle de sa naissance au Calvaire, où elle assisté à sa crucifixion pétrifiée par la douleur, mais inébranlable dans son espérance. Elle a ensuite fait l’expérience de la joie de la résurrection, à l’aube du troisième jour, du jour nouveau, lorsque le Crucifié a quitté son tombeau remportant pour toujours et de manière définitive la victoire sur le pouvoir du péché et de la mort.
Marie, dans le sein virginal de laquelle Dieu s’est fait homme, est notre Mère! En effet, du haut de la croix Jésus, avant de parvenir à l’accomplissement de son sacrifice, nous l’a donnée comme mère et nous a confiés à Elle comme ses fils. Mystère de miséricorde et d’amour, don qui enrichit l’Eglise d’une maternité spirituelle féconde. Aujourd’hui, chers frères et sœurs, nous tournons en particulier notre regard vers Elle et, en implorant son aide, nous nous disposons à mettre à profit chacun de ses enseignements maternels. Notre Mère céleste ne nous invite-t-elle pas à fuir le mal et à accomplir le bien en suivant docilement la loi divine inscrite dans le cœur de chaque chrétien? Elle qui a conservé l’espérance au plus fort de l’épreuve, ne nous demande-t-elle pas de ne pas perdre courage lorsque la souffrance et la mort frappent à la porte de nos maisons? Ne nous demande-t-elle pas d’envisager notre avenir avec confiance? La Vierge Immaculée ne nous exhorte-t-elle pas à être frères les uns des autres, tous réunis par l’engagement de construire ensemble un monde plus juste, solidaire et pacifique?
Oui, chers amis! Encore une fois, en ce jour solennel, l’Eglise indique Marie au monde comme le signe d’une espérance certaine et d’une victoire définitive du bien sur le mal. Celle que nous invoquons comme « pleine de grâce » nous rappelle que nous sommes tous frères et que Dieu est notre Créateur et notre Père. Sans Lui, ou encore pire contre Lui, nous les hommes, nous ne pourrons jamais trouver la route qui conduit à l’amour, nous ne pourrons jamais vaincre le pouvoir de la haine et de la violence, nous ne pourrons jamais construire une paix stable.
Que les hommes de toutes les nations et les cultures accueillent ce message de lumière et d’espérance: qu’ils l’accueillent comme un don des mains de Marie, Mère de l’humanité tout entière. Si la vie est un chemin, et que ce chemin devient souvent sombre, dur et difficile, quelle étoile pourra l’illuminer? Dans mon Encyclique Spe salvi, rendue publique au début de l’Avent, j’ai écrit que l’Eglise regarde Marie et l’invoque comme « étoile de l’espérance (n. 49). Dans notre voyage commun sur la mer de l’histoire, nous avons besoin de « lumières d’espérance », c’est-à-dire de personnes qui tirent la lumière du Christ « et qui offrent ainsi une orientation pour notre traversée » (ibid.). Et qui peut, mieux que Marie, être pour nous « Etoile d’espérance »? Par son « oui », par le don généreux de la liberté reçue du Créateur, Elle a permis à l’espérance des millénaires de devenir réalité, d’entrer dans ce monde et dans son histoire. A travers Elle, Dieu s’est fait chair, il est devenu l’un d’entre nous, il a dressé sa tente parmi nous.
C’est pourquoi, animés par une confiance filiale, nous lui disons: « Enseigne-nous, Marie, à croire, à espérer et à aimer avec Toi; indique-nous la voie qui conduit à la paix, la voie vers le royaume de Jésus. Toi, Etoile de l’espérance, qui nous attend avec impatience dans la lumière impérissable de la Patrie éternelle, brille sur nous et guide-nous à travers les événements de chaque jour, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen! »

Je m’associe aux pèlerins rassemblés dans les sanctuaires mariaux de Lourdes et de Fourvière pour honorer la Vierge Marie, en cette Année jubilaire du 150 anniversaire des apparitions de Notre-Dame à sainte Bernadette. Grâce à leur confiance en Marie et à son exemple, ils deviendront de véritables disciples du Sauveur. Par les pèlerinages, ils donnent de nombreux visages d’Eglise aux personnes qui sont en recherche et qui viennent visiter les sanctuaires. Dans leur chemin spirituel, ils sont appelés à déployer la grâce de leur Baptême, à se nourrir de l’Eucharistie, à puiser dans la prière la force pour le témoignage et la solidarité avec tous leurs frères en humanité. Puissent les sanctuaires développer leur vocation à la prière et à l’accueil des personnes qui veulent, notamment par le sacrement du Pardon, retrouver le chemin de Dieu. J’adresse aussi mes vœux cordiaux à toutes les personnes, notamment les jeunes, qui célèbrent dans la joie la fête de l’Immaculée Conception, évoquant particulièrement les illuminations de la métropole lyonnaise. Je demande à la Vierge Marie de veiller sur les habitants de Lyon et de Lourdes, et je leur accorde à tous, ainsi qu’aux pèlerins qui s’associent aux cérémonies, une affectueuse Bénédiction apostolique.

 

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – 2 décembre 2020 – Catéchèse – 17. La bénédiction

http://www.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2020/documents/papa-francesco_20201202_udienza-generale.html

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – 2 décembre 2020 – Catéchèse – 17. La bénédiction

Bibliothèque du palais apostolique

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Chers frères et sœurs, bonjour!

Aujourd’hui, nous nous arrêtons sur une dimension essentielle de la prière: la bénédiction. Nous continuons les réflexions sur la prière. Dans les récits de la création (cf. Gn 1-2) Dieu bénit sans cesse la vie, toujours. Il bénit les animaux (1, 22), il bénit l’homme et la femme (1, 28), enfin il bénit le sabbat, jour du repos et de la jouissance de toute la création (2, 3). C’est Dieu qui bénit. Dans les premières pages de la Bible, c’est une répétition incessante de bénédictions. Dieu bénit, mais les hommes aussi bénissent, et très vite on découvre que la bénédiction possède une force spéciale, qui accompagne pendant toute sa vie celui qui la reçoit, et qui dispose le cœur de l’homme à se laisser changer par Dieu (Conc. Oecum. Vat. II, Const. Sacrosanctum Concilium, n. 61).
Au début du monde, il y a donc Dieu qui “dit-bien”, bien-dit [bénir : du latin benedicere, littéralement dire du bien], dit-bien. Il voit que chaque œuvre de ses mains est bonne et belle, et quand il arrive à l’homme, et que la création s’accomplit, il reconnaît qu’elle est «très bonne» (Gn 1, 31). Peu après, cette beauté que Dieu a imprimée dans son œuvre s’altérera, et l’être humain deviendra une créature dégénérée, capable de diffuser dans le monde le mal et la mort; mais rien ne pourra jamais effacer la première empreinte de Dieu, une empreinte de bonté que Dieu a placée dans le monde, dans la nature humaine, en nous tous: la capacité de bénir et le fait d’être bénis. Dieu ne s’est pas trompé avec la création et pas davantage avec la création de l’homme. L’espérance du monde réside entièrement dans la bénédiction de Dieu: Il continue à nous aimer, Lui le premier, comme le dit le poète Péguy,[1] continue à espérer notre bien.
La grande bénédiction de Dieu est Jésus Christ, c’est le grand don Dieu, son Fils. C’est une bénédiction pour toute l’humanité, c’est une bénédiction qui nous a tous sauvés. Il est la Parole éternelle avec laquelle le Père nous a bénis «alors que nous étions encore pécheurs» (Rm 5, 8) dit saint Paul: Parole faite chair et offerte pour nous sur la croix.
Saint Paul proclame avec émotion le dessein d’amour de Dieu et il dit ainsi: «Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ. C’est ainsi qu’Il nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour, déterminant d’avance que nous serions pour Lui des fils adoptifs par Jésus Christ. Tel fut le bon plaisir de sa volonté, à la louange de gloire de sa grâce, dont Il nous a gratifiés dans le Bien-aimé» (Ep 1, 3-6). Il n’y a pas de péché qui puisse effacer complètement l’image du Christ présent en chacun de nous. Aucun péché ne peut effacer cette image que Dieu nous a donnée. L’image du Christ. Il peut la défigurer, mais pas la soustraire à la miséricorde de Dieu. Un pécheur peut rester dans ses erreurs pendant très longtemps, mais Dieu patiente jusqu’au bout, en espérant qu’à la fin ce cœur s’ouvre et change. Dieu est comme un bon père et comme une bonne mère, Lui aussi est une bonne mère: ils ne cessent jamais d’aimer leur enfant, pour autant qu’il puisse se tromper, toujours. Il me vient à l’esprit les nombreuses fois où j’ai vu des gens faire la queue pour entrer dans une prison. Tant de mères faisant la queue pour entrer et voir leur fils détenu: elles ne cessent pas d’aimer leur fils et elles savent que les gens qui passent en bus pensent: «Ah, c’est la mère d’un détenu». Pourtant elles n’ont pas honte de cela, ou plutôt, elles ont honte mais elles vont de l’avant, parce que leur fils est plus important que la honte. De même, nous sommes plus importants pour Dieu que tous les péchés que nous pouvons commettre, car Il est père, il est mère, il est amour pur, Il nous a bénis pour toujours. Et il ne cessera jamais de nous bénir.
Une expérience forte est de lire ces textes bibliques de bénédiction dans une prison, ou dans une communauté de réinsertion. Faire sentir à ces personnes qu’elles restent bénies malgré leurs graves erreurs, que le Père céleste continue à vouloir leur bien et à espérer qu’elles s’ouvrent finalement au bien. Même si leurs parents les plus proches les ont abandonnées, parce qu’ils les jugent désormais irrécupérables, pour Dieu ce sont toujours ses enfants. Dieu ne peut pas effacer en nous l’image du fils, chacun de nous est fils, est fille. On voit parfois des miracles se produire: des hommes et des femmes qui renaissent. Car ils trouvent cette bénédiction qui les a oints comme fils. Car la grâce de Dieu change la vie: elle nous prend comme nous sommes, mais elle ne nous laisse jamais comme nous sommes.
Pensons par exemple à ce qu’a fait Jésus avec Zachée (cf. Lc 19, 1-10). Tous voyaient le mal en lui; Jésus, en revanche, y aperçoit une lueur de bien, et de là, de sa curiosité de voir Jésus, il fait passer la miséricorde qui sauve. C’est ainsi qu’a d’abord changé le cœur de Zachée et ensuite sa vie. Dans les personnes rejetées et refusées, Jésus voyait la bénédiction indélébile du Père. Zachée est un pécheur public, il a fait beaucoup de mauvaises choses, mais Jésus voyait ce signe indélébile de la bénédiction du Père, d’où sa compassion. Cette phrase qui revient si souvent dans l’Evangile, «il en eut compassion», et cette compassion le conduit à l’aider et à changer son cœur. Plus encore, il est arrivé à s’identifier lui-même avec chaque personne dans le besoin (cf. Mt 25, 31-46). Dans le passage du «protocole» final selon lequel nous serons tous jugés, Matthieu25, Jésus dit: «J’avais faim, j’étais nu, j’étais en prison, j’étais à l’hôpital, j’étais là…».
A Dieu qui bénit, nous répondons nous aussi en bénissant – Dieu nous a enseigné à bénir et nous devons bénir – : c’est la prière de louange, d’adoration, d’action de grâce. Le Catéchisme écrit: «La prière de bénédiction est la réponse de l’homme aux dons de Dieu: parce que Dieu bénit, le cœur de l’homme peut bénir en retour Celui qui est la source de toute bénédiction» (n. 2626). La prière est joie et reconnaissance. Dieu n’a pas attendu que nous nous convertissions pour commencer à nous aimer, mais Il l’a fait bien avant, quand nous étions encore dans le péché.
Nous ne pouvons pas seulement bénir ce Dieu qui nous bénit, nous devons tout bénir en Lui, tous les gens, bénir Dieu et bénir nos frères, bénir le monde: c’est la racine de la douceur chrétienne, la capacité de se sentir bénis et la capacité de bénir. Si nous faisions tous ainsi, les guerres n’existeraient sûrement pas. Ce monde a besoin de bénédiction et nous pouvons donner la bénédiction et recevoir la bénédiction. Le Père nous aime. Et il ne nous reste que la joie de le bénir et la joie de lui rendre grâce, et d’apprendre de Lui à ne pas maudire, mais à bénir. Et à présent, juste un mot pour les gens qui sont habitués à maudire, les gens qui ont toujours dans leur bouche, également dans leur cœur, une mauvaise parole, une malédiction. Chacun de nous peut se demander: est-ce que j’ai cette habitude de maudire ainsi? Et demander au Seigneur la grâce de changer cette habitude, car nous avons un cœur béni et d’un cœur béni ne peut pas sortir la malédiction. Que le Seigneur nous enseigne à ne jamais maudire, mais à bénir.

[1] Le porche du mystère de la deuxième vertu, première éd. 1911.

Je salue cordialement les personnes de langue française.
Frères et sœurs, en ce temps de l’Avent, apprenons de la Vierge Marie, à être porteurs d’une parole de bénédiction pour ceux qui souffrent et qui ont perdu toute espérance.
Que Dieu vous bénisse !

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