Archive pour la catégorie 'Shoah'

Suicide sur le fil de fer barbelé, (sur le site d’une école)

27 janvier, 2015

 Suicide sur le fil de fer barbelé,  (sur le site d'une école) dans images 20612

http://portalescuola.altervista.org/blog/27-gennaio-giorno-della-memoria-2012/

MÉMOIRE JUIVE ET ÉDUCATION – A VIE QUOTIDIENNE DANS LE CAMP D’AUSCHWIT

27 janvier, 2015

http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/matin.htm#2

(Il ya des notes sous la forme de liens)

MÉMOIRE JUIVE ET ÉDUCATION – A VIE QUOTIDIENNE DANS LE CAMP D’AUSCHWITZ.

Il est difficile de se rendre compte de ce qu’était la vie quotidienne dans le camp d’Auschwitz. Voici le témoignage de Charlotte Delbo sur seulement un moment de cette vie : le lever et l’appel du matin:

LE MATIN
Du bord de l’obscurité une voix criait « Aufstehen (1) ». De l’obscurité une voix en écho criait «Stavache », et il y avait un remuement noir d’où chacune tirait ses membres. Nous n’avions qu’à trouver nos chaussures pour sauter en bas. Sur celles qui ne surgissaient pas assez vite des couvertures, la lanière sifflait et cinglait. La lanière, à la main de la stubhova (2) debout dans l’allée, volait jusqu’au troisième étage, volait jusqu’au milieu des carrés, fouettait les visages, les jambes endolories de sommeil. Quand tout remuait et bougeait, quand les couvertures partout se secouaient et se pliaient, on entendait un bruit de métal qui s’entrechoque, la vapeur brouillait le clignotement de la bougie au centre de l’obscurité,on découvrait les bidons pour servir le thé. Et celles qui venaient d’entrer s’appuyaient au mur, la respiration accélérée, aidant leur coeur de la main sur la poitrine. Elles revenaient des cuisines qui étaient loin, loin quand on porte un bidon énorme dont les poignées tranchent les paumes. Loin dans la neige, dans le verglas ou dans la boue où on avance de trois pas, reculant de deux, avançant et reculant, tombant et se relevant et retombant sous la charge trop lourde à des bras sans force. Lorsqu’elles ont repris baleine, elles disent : « II fait froid ce matin, plus froid que cette nuit.» Elles disent « ce matin ». Il est pleine nuit, passé trois heures à peine.
Le thé fume en odeur écœurante. Les stubhovas (2) le servent chichement à nos soifs de fièvre. Elles en gardent la plus grande part pour leur toilette. C’est la meilleure utilisation qu’on en puisse faire, certes, et le désir nous vient de nous laver nous aussi dans une bonne eau chaude. Nous ne nous sommes pas lavées depuis notre arrivée, pas même les mains à l’eau froide. Nous prenons le thé dans nos gamelles qui sentent la soupe de la veille. Il n’y a pas d’eau pour les gamelles non plus. Prendre son thé, c’est l’emporter de haute lutte, dans une mêlée de coups de bâton, de coups de coude, de coups de poing, de hurlements. Dévorées par la soif et la fièvre, nous tourbillonnons dans la mêlée. Nous buvons debout, bousculées par celles qui craignent de n’être pas servies et par celles qui veulent sortir, parce qu’elles doivent sortir tout de suite, dès qu’elles sont debout il faut qu’elles sortent tout de suite. Le sifflet siffle le dernier coup. Alles raus. (3)
La porte est ouverte aux étoiles. Chaque matin il n’a jamais fait aussi froid. Chaque matin on a l’impression que si on l’a supporté jusqu’ici, maintenant c’est trop, on ne peut plus. Au seuil des étoiles on hésite, on voudrait reculer. Alors les bâtons, les lanières et les hurlements se déchaînent. Les premières près de la porte sont projetées dans le froid. Du fond du block, sous les bâtons, une poussée projette tout le monde dans le froid.
Dehors, c’est la terre à découvert, des tas de pierres, des tas de terre, autant d’obstacles à contourner, des fossés à éviter, avec le verglas, la boue ou la neige et les excréments de la nuit. Dehors, le froid saisit, saisit jusqu’aux os. Nous sommes transpercées de froid. En lames glacées. Dehors, la nuit est claire de froid. Les ombres de lune sont bleues sur le verglas ou sur la neige.
C’est l’appel. Tous les blocks (4) rendent leurs ombres. Avec des mouvements gourds de froid et de fatigue une foule titube vers la Lagerstrasse (5). La foule s’ordonne par rangs de cinq dans une confusion de cris et de coups. Il faut longtemps pour que se rangent toutes ces ombres qui perdent pied dans le verglas, dans la boue ou dans la neige, toutes ces ombres qui se cherchent et se rapprochent pour être au vent glacé de moindre prise possible.
Puis le silence s’établit.
Le cou dans les épaules, le thorax rentré, chacune met ses mains sous les bras de celle qui est devant elle. Au premier rang, elles ne peuvent le faire, on les relaie. Dos contre poitrine, nous nous tenons serrées, et tout en établissant ainsi pour toutes une même circulation, un même réseau sanguin, nous sommes toutes glacées. Anéanties par le froid. Les pieds, qui restent extrémités lointaines et séparées, cessent d’exister. Les godasses étaient encore mouillées de la neige ou de la boue d’hier, de tous les hiers. Elles ne sèchent jamais.
Il faudra rester des heures immobiles dans le froid et dans le vent. Nous ne parlons pas. Les paroles glacent sur nos lèvres. Le froid frappe de stupeur tout un peuple de femmes qui restent debout immobiles. Dans la nuit. Dans le froid. Dans le vent.
Nous restons debout immobiles et l’admirable est que nous restions debout. Pourquoi ? Personne ne pense « à quoi bon » ou bien ne le dit pas. A la limite de nos forces, nous restons debout. [...]
C’est l’appel du matin. Le ciel se colore lentement à l’est. Une gerbe de flammes s’y répand, des flammes glacées, et l’ombre qui noie nos ombres se dissout peu à peu et de ces ombres se modèlent les visages. Tous ces visages sont violacés et livides, s’accentuent en violacé et en livide à proportion de la clarté qui gagne le ciel et on distingue maintenant ceux que la mort a touchés cette nuit, qu’elle enlèvera ce soir. Car la mort se peint sur le visage, s’y plaque implacablement et il n’est pas besoin que nos regards se rencontrent pour que nous comprenions toutes en regardant Suzanne Rose qu’elle va mourir, en regardant Mounette qu’elle va mourir. La mort est marquée à la peau collée aux pommettes, à la peau collée aux orbites, à la peau collée aux maxillaires. Et nous savons qu’il ne servirait de rien à présent d’évoquer leur maison ou leur fils ou leur mère. Il est trop tard. Nous ne pouvons plus rien pour elles.
L’ombre se dissout un peu plus. Les aboiements des chiens se rapprochent. Ce sont les SS qui arrivent. Les blockhovas crient « Silence !» dans leurs langues impossibles. Le froid mord aux mains qui sortent de sous les bras. Quinze mille femmes se mettent au garde-à-vous.
Les SS passent — grandes dans la pèlerine noire, les bottes, le haut capuchon noir. Elles passent et comptent. Et cela dure longtemps.
Quand elles sont passées, chacune remet ses mains aux creux des aisselles de l’autre, les toux jusque-là contenues s’exhalent et les blockhovas crient « Silence! » [...]. Il faut attendre encore, attendre le jour.
L’ombre se dissout. Le ciel s’embrase. On voit maintenant passer d’hallucinants cortèges. [...] Ce sont les mortes de la nuit qu’on sort des revirs (6) pour les porter à la morgue. Elles sont nues sur un brancard de branches grossièrement assemblées, un brancard trop court. Les jambes — les tibias — pendent avec les pieds au bout, maigres et nus. La tête pend de l’autre côté, osseuse et rasée. Une couverture en loques est jetée au milieu. Quatre prisonnières tiennent chacune une poignée du brancard et c’est vrai qu’on s’en va les pieds devant, c’était toujours dans ce sens-là qu’elles les portaient. Elles
marchent péniblement dans la neige ou dans la boue, vont jeter le cadavre sur le tas près du 25 (7), reviennent la civière vide à peine moins lourde et passent de nouveau avec un autre cadavre. C’est tous les jours leur travail de tout le jour.
Je les regarde passer et je me raidis. Tout à l’heure je cédais à la mort. A chaque aube, la tentation. Quand passe la civière, je me raidis. Je veux mourir mais pas passer sur la petite civière. Pas passer sur la petite civière avec les jambes qui pendent et la tête qui pend, nue sous la couverture en loques. Je ne veux pas passer sur la petite civière. (6) revir ou Revier : infirmerie du camp, en réalité plutôt un mouroir.
La mort me rassure : je ne le sentirais pas. « Tu n’as pas peur du crématoire (8), alors pourquoi? » [...]. La répugnance l’emporte. Je ne veux pas passer sur la petite civière.
[...]
L’ombre se dissout tout à fait. Il fait plus froid. [...] Le rouge du ciel s’éteint et tout le ciel blêmit et au loin du ciel blême apparaissent les corbeaux qui fondent noirs sur le camp, en vols épais. Nous attendons la fin de l’appel. Nous attendons la fin de l’appel pour partir au travail.

Charlotte Delbo, rescapée d’Auschwitz,
Auschwitz et après, tome I, Aucun de nous ne reviendra,
Editions de Minuit, 1970

PAPE BENOÎT XVI – VISITE AU CAMP DE CONCENTRATION D’AUSCHWITZ (28 mai 2006)

15 octobre, 2014

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2006/may/documents/hf_ben-xvi_spe_20060528_auschwitz-birkenau_fr.html

VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE BENOÎT XVI EN POLOGNE

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI

VISITE AU CAMP DE CONCENTRATION D’AUSCHWITZ

Auschwitz-Birkenau 28 mai 2006

Prendre la parole dans ce lieu d’horreur, d’accumulation de crimes contre Dieu et contre l’homme, lieu qui est sans égal au cours de l’histoire, est presque impossible – et particulièrement difficile et opprimant pour un chrétien, pour un Pape qui vient d’Allemagne. Dans un lieu comme celui-ci, les paroles manquent; en réalité, il ne peut y avoir qu’un silence effrayé – un silence qui est un cri intérieur vers Dieu: Pourquoi, Seigneur, es-tu resté silencieux? Pourquoi as-tu pu tolérer tout cela? C’est dans cette attitude de silence que nous nous inclinons au plus profond de notre être, face à l’innombrable foule de tous ceux qui ont souffert et qui ont été mis à mort; toutefois, ce silence devient ensuite une demande de pardon et de réconciliation, formulée à haute voix, un cri au Dieu vivant, afin de ne plus jamais permettre une chose semblable.
Il y a vingt-sept ans, le 7 juin 1979, le Pape Jean-Paul II était ici; il disait alors: « Je viens ici aujourd’hui en pèlerin. On sait que je suis venu ici bien des fois… Tant de fois! Et bien des fois, je suis descendu dans la cellule où Maximilien Kolbe est mort, et je me suis arrêté devant le mur de la mort et je suis passé entre les ruines des fours crématoires de Birkenau. Je ne pouvais pas ne pas venir ici comme Pape ». Le Pape Jean-Paul II était ici comme fils du peuple qui, avec le peuple juif, dut souffrir le plus en ce lieu et, en général, au cours de la guerre: « Six millions de Polonais ont perdu la vie au cours de la Seconde Guerre mondiale: le cinquième de la nation », rappela alors le Pape (cf. ibid.). C’est ici qu’il éleva ensuite l’avertissement solennel au respect des droits de l’homme et des nations qu’avaient élevé avant lui ses prédécesseurs Jean XXIII et Paul VI, et il ajouta: « Celui qui prononce ces paroles [...] est le fils de la nation qui a subi de la part des autres, au cours de son histoire, de multiples vicissitudes. Il ne le dit pas pour accuser, mais pour rappeler. Il parle au nom de toutes les nations dont les droits sont violés et oubliés… » (cf. Ibid.).
Le Pape Jean-Paul II était venu ici comme un fils du peuple polonais. Aujourd’hui, je suis ici comme fils du peuple allemand, et c’est précisément pourquoi je dois et je peux dire comme lui: je ne pouvais pas ne pas venir ici. Je devais venir. C’était et c’est un devoir face à la vérité et au droit de ceux qui ont souffert, un devoir devant Dieu d’être ici, en tant que Successeur de Jean-Paul II et en tant que fils du peuple allemand – fils du peuple dans lequel un groupe de criminels arriva au pouvoir au moyen de promesses mensongères, au nom de perspectives de grandeur, au nom de l’honneur retrouvé de la nation et de son importance, par des perspectives de bien-être, mais également par la force de la terreur et de l’intimidation, de sorte que notre peuple a pu être utilisé et abusé comme instrument de leur soif de destruction et de domination. Non, je ne pouvais pas ne pas venir ici. Le 7 juin 1979, je me trouvais ici comme Archevêque de Munich-Freising parmi les nombreux Evêques qui accompagnaient le Pape, qui l’écoutaient et qui priaient avec lui. En 1980, je suis ensuite revenu une fois de plus dans ce lieu de l’horreur avec une délégation d’Evêques allemands, bouleversé par tant de mal et plein de reconnaissance parce que sur ces ténèbres avait brillé l’étoile de la réconciliation. Telle est encore la raison pour laquelle je suis ici aujourd’hui: pour implorer la grâce de la réconciliation – avant tout de Dieu, qui seul peut ouvrir et purifier nos coeurs; puis des hommes qui ont souffert, et enfin la grâce de la réconciliation pour tous ceux qui, en cette heure de notre histoire, souffrent à nouveau à cause du pouvoir de la haine et de la violence fomentée par la haine.
Combien de questions nous envahissent en ce lieu! La même question revient toujours à nouveau: Où était Dieu en ces jours-là? Pourquoi s’est-il tu? Comment a-t-il pu tolérer cet excès de destruction, ce triomphe du mal? Les paroles du Psaume 44, la lamentation d’Israël qui souffre, nous viennent à l’esprit: « …Tu nous broyas au séjour des chacals, nous couvrant de l’ombre de la mort [...] C’est pour toi qu’on nous massacre tout le jour, qu’on nous traite en moutons d’abattoir. Lève-toi, pourquoi dors-tu, Seigneur? Réveille-toi, ne rejette pas jusqu’à la fin: Pourquoi caches-tu ta face, oublies-tu notre oppression, notre misère? Car notre âme est effondrée en la poussière, notre ventre est collé à la terre. Debout, viens à notre aide, rachète-nous en raison de ton amour! » (Ps 44, 20.23-27). Ce cri d’angoisse que, dans la souffrance, Israël élève à Dieu dans des périodes d’extrême difficulté, est en même temps le cri d’appel à l’aide de tous ceux qui, au cours de l’histoire – hier, aujourd’hui et demain – souffrent pour l’amour de Dieu, pour l’amour de la vérité et du bien; et ils sont nombreux, aujourd’hui encore.
Nous ne sommes pas en mesure de scruter le secret de Dieu – nous ne voyons que des fragments, et ce serait une erreur que de vouloir juger Dieu et l’histoire. Nous ne défendrions pas l’homme dans ce cas, mais nous ne contribuerions qu’à sa destruction. Non – en définitive, nous devons continuer à élever vers Dieu ce cri humble mais persistant: Réveille-toi! N’oublie pas ta créature, l’homme! Et notre cri vers Dieu doit être en même temps un cri qui pénètre notre coeur lui-même, afin que s’éveille en nous la présence cachée de Dieu – afin que la force qu’il a déposée dans nos coeurs ne soit pas recouverte et étouffée en nous par la boue de l’égoïsme, de la peur des hommes, de l’indifférence et de l’opportunisme. Elevons ce cri vers Dieu, adressons-le à notre coeur lui-même, précisément en cette heure sur laquelle pèsent de nouveaux dangers, dans laquelle semblent naître à nouveau du coeur des hommes toutes les forces obscures: d’une part, l’abus du nom de Dieu pour justifier la violence aveugle contre des personnes innocentes; de l’autre, le cynisme qui ne connaît pas Dieu et qui bafoue la foi en Lui. Nous élevons un cri vers Dieu, afin qu’il pousse les hommes à se repentir, en sorte qu’ils reconnaissent que la violence n’engendre pas la paix, mais ne fait que susciter une autre violence – une spirale de destructions, dans laquelle tous, en fin de compte, ne peuvent être que perdants. Le Dieu auquel nous croyons est un Dieu de la raison – d’une raison, cependant, qui n’est certainement pas une mathématique neutre de l’univers, mais qui ne fait qu’un avec l’amour, avec le bien. Nous prions Dieu et nous élevons un cri vers les hommes afin que cette raison, la raison de l’amour et de la reconnaissance de la force de la réconciliation et de la paix, prévale sur les menaces qui nous entourent de l’irrationalité ou d’une fausse raison, détachée de Dieu.
Le lieu où nous nous trouvons est un lieu de la mémoire, c’est le lieu de la Shoah. Le passé n’est jamais uniquement le passé. Il nous concerne et nous indique les chemins à ne pas suivre et ceux à suivre. Comme Jean-Paul II, j’ai parcouru le chemin le long des stèles qui rappellent, en différentes langues, les victimes de ce lieu: ce sont des stèles en biélorusse, en tchèque, en allemand, en français, en grec, en hébreu, en croate, en italien, en yiddish, en hongrois, en hollandais, en norvégien, en polonais, en russe, en rom, en roumain, en slovaque, en serbe, en ukrainien, en hébreu hispanique et en anglais. Toutes ces stèles commémoratives nous parlent de souffrance humaine, nous laissent entrevoir le cynisme de ce pouvoir qui traitait les hommes comme des objets, ne les reconnaissant pas comme des personnes, dans lesquelles se reflète l’image de Dieu. Certaines stèles invitent à une commémoration particulière. Celle en hébreu par exemple. Les potentats du Troisième Reich voulaient écraser le peuple juif tout entier; l’éliminer du nombre des peuples de la terre. Alors, les paroles du Psaume: « On nous massacre tout le jour, on nous traite en moutons d’abattoir » se vérifièrent de façon terrible. Au fond, ces criminels violents, au moyen de l’anéantissement de ce peuple, entendaient tuer ce Dieu qui appela Abraham, et qui, parlant sur le Sinaï, établit les critères d’orientation de l’humanité, qui demeurent éternellement valables. Si ce peuple, par le seul fait d’exister, témoigne de ce Dieu qui a parlé à l’homme et qui l’a pris en charge, alors ce Dieu devait finalement mourir et son pouvoir n’appartenir qu’à l’homme – à ceux qui se considéraient comme les puissants et qui avaient su devenir les maîtres du monde. Avec la destruction d’Israël, avec la Shoah, ils voulaient, en fin de compte, extirper également la racine sur laquelle se fonde la foi chrétienne, en la remplaçant définitivement par la foi fabriquée par soi-même, la foi dans le pouvoir de l’homme, du plus fort. Il y a ensuite la stèle en polonais: on voulait avant tout, dans un premier temps, effacer l’élite culturelle et éliminer ainsi le peuple comme sujet historique autonome, pour le réduire, dans la mesure où il continuait d’exister, à un peuple d’esclaves. Une autre stèle, qui invite particulièrement à réfléchir est celle qui est écrite dans la langue des Sinti et des Roms. Ici aussi, on voulait faire disparaître un peuple entier qui vit en migrant parmi les autres peuples. Il figurait au nombre des éléments inutiles de l’histoire universelle, dans une idéologie où ne devait compter désormais que ce dont on pouvait mesurer l’utilité; tout le reste, selon leur conception, était catalogué comme lebensunwertes Leben – une vie indigne d’être vécue. Il y a ensuite la stèle en russe, qui évoque le nombre immense de vies sacrifiées parmi les soldats russes dans la lutte contre le régime de la terreur national-socialiste; toutefois, dans le même temps, elle nous fait réfléchir sur la tragique double signification de leur mission: ils ont libéré les peuples d’une dictature mais tout en soumettant ces mêmes peuples à une nouvelle dictature, celle de Staline et de l’idéologie communiste. Toutes les autres stèles dans les nombreuses langues européennes nous parlent elles aussi de la souffrance des hommes du continent tout entier; elles toucheraient profondément notre coeur, si nous ne faisions pas mémoire des victimes de façon globale, mais si nous pouvions au contraire voir le visage de chacune des personnes qui ont terminé leur vie ici dans les ténèbres de la terreur. J’ai ressenti comme un profond devoir de m’arrêter de façon particulière également devant la stèle en langue allemande. De là apparaît devant nous le visage d’Edith Stein, Thérèse Bénédicte de la Croix: juive et allemande, disparue, avec sa soeur, dans l’horreur de la nuit du camp de concentration allemand-nazi; comme chrétienne et juive, elle accepta de mourir avec son peuple et pour son peuple. Les Allemands qui furent alors déportés à Auschwitz-Birkenau et qui sont morts ici étaient considérés comme Abschaum der Nation – déchet de la nation. Mais aujourd’hui, nous les reconnaissons en revanche avec gratitude comme les témoins de la vérité et du bien, qui, même au sein de notre peuple, n’avaient pas disparu. Remercions ces personnes, car elles ne se sont pas soumises au pouvoir du mal, et elles apparaissent à présent devant nous comme des lumières dans une nuit de ténèbres. Avec profond respect et gratitude, nous nous inclinons devant tous ceux qui, comme les trois jeunes face à la menace des fournaises de Babylone, surent répondre: « Seul notre Dieu est capable de nous délivrer. Mais s’il ne le fait pas, sache, ô roi, que nous ne servirons pas ton Dieu ni n’adorerons la statue d’or que tu as élevée » (cf. Dn 3, 17 sq.).
Oui, derrière ces stèles se cache le destin d’innombrables êtres humains. Ceux-ci ébranlent notre mémoire, ébranlent notre coeur. Ils ne veulent pas provoquer la haine en nous: ils nous démontrent au contraire combien l’oeuvre de la haine est terrible. Ils veulent conduire la raison à reconnaître le mal comme mal et à le rejeter; ils veulent susciter en nous le courage du bien, de la résistance contre le mal. Ils veulent nous conduire à ces sentiments qui s’expriment dans les paroles que Sophocle fait prononcer à Antigone, face à l’horreur qui l’entoure: « Je ne suis pas ici pour haïr avec toi, mais pour aimer avec toi ».
Grâce à Dieu, avec la purification de la mémoire à laquelle nous pousse ce lieu d’horreur, se développent autour de ce lieu même de multiples initiatives qui veulent mettre un terme au mal et conférer une force au bien. Il y a quelques instants, j’ai pu bénir le Centre pour le Dialogue et la Prière. Tout près d’ici se déroule la vie cachée des soeurs carmélites, qui se savent particulièrement unies au mystère de la croix du Christ et qui nous rappellent la foi des chrétiens, qui affirme que Dieu lui-même est descendu dans l’enfer de la souffrance et souffre avec nous. A Oswiecim se trouve le Centre Saint-Maximilien et le Centre international de Formation sur Auschwitz et l’Holocauste. Il y a également la Maison internationale pour les Rencontres de la Jeunesse. Auprès de l’une des anciennes Maisons de Prière se trouve le Centre juif. Enfin, l’Académie pour les Droits de l’Homme est en cours de réalisation. Nous pouvons ainsi espérer que du lieu de l’horreur naisse et croisse une réflexion constructive et que le souvenir aide à résister au mal et à faire triompher l’amour.
L’humanité a traversé à Auschwitz-Birkenau un « ravin de la mort ». C’est pourquoi je voudrais, précisément en ce lieu, conclure par une prière de confiance – avec un Psaume d’Israël qui est également une prière de tous les chrétiens: « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi; ton bâton me guide et me rassure [...] J’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours » (Ps 23, 1-4. 6).

NOUS PRES – LES LIEUX DE DÉPORTATION DES JUIFS DE ROME.

15 octobre, 2014

http://www.gliscritti.it/approf/shoa/sh_pic/mostra.htm

(traduction Google de l’italien)

NOUS PRES

LES LIEUX DE DÉPORTATION DES JUIFS DE ROME.

Exposition de photos par Francesco Rosa et Luca Servo

(Voir les photos sur le site, le texte, cependant, il se lit bien)

L’exposition de photos Près de nous. Les lieux de la déportation des juifs de Rome, retrace l’histoire de cet événement a eu lieu sous les yeux de la ville.
Le spectacle, créé au sein du Centre Culturel Due Pini, poursuivi par la Commission pour le dialogue avec le judaïsme du diocèse de Rome et le Centre culturel de l’Aréopage, et, enfin, les écrits du centre culturel, qui sont maintenant déposés à la documents photographiques, présente aujourd’hui des images de lieux qui ont vu la déportation des Juifs de Rome. Les photos ont été prises par des photographes Francesco Rosa et Luca Servo. Les textes accompagnant les photos sont prises à partir du livre de Fausto Coen 16 Octobre 1943.La grand raid des juifs de Rome, Giuntina, Florence, 1993.
La plaque du Collège militaire le long du Tibre rappelle les deux nuits passées par les juifs romains à cet endroit avant de partir pour Auschwitz
Kappler a pris de sa propre initiative l’extorsion de 50 kilos d’or pour les juifs romains.
Le projet s’avère actes intelligents et infâmes et dans des directions différentes. Tout d’abord Kappler croiront les Juifs romains qu’ils ne veulent pas plus et de les laisser dans cette illusion tragique qui vous permettra de réaliser que blitz surprenant que Himmler aurait aimé à 1 Octobre, mais que le refus de soutenir militaire par Kesselring avait rendu impossible pour cette date. Deuxièmement Kappler donner l’exécuteur le plan matériel (qui sera Dannecker) tout le temps nécessaire pour organiser la méthode et des garanties de succès courriers grand … Dimanche, 26 Septembre à 10 heures Dr Gennaro Hood, chef de service de la police Race Rome, informé le Dr Dante Almansi, président de l’Union des communautés juives italiennes, et l’avocat Ugo Foa, président de la Communauté juive de Rome, qui, au 18 de ce même dimanche a dû aller à Villa Volkonsky où les attendait dans son bureau «La politique de sécurité » lieutenant-colonel Herbert Kappler pour les communications importantes … Alors Foa dit que la réunion avec Kappler: « changeant tout à coup le ton et l’accent, que ses yeux sont devenus forte et dure, a prononcé le discours suivant à ses interlocuteurs: Vous et vos coreligionnaires ont la nationalité italienne, mais cela importe peu pour moi. Nous allons considérer que les Juifs allemands, et en conséquence, nos ennemis. Ou, pour être plus clair, nous le considérons comme un groupe à l’écart, mais pas isolé, le pire des ennemis contre lesquels nous nous battons. Et en tant que tel nous vous traitons. Mais je ne suis pas votre vie ou vos enfants que vous prendrez si vous acquitter de nos demandes. Et votre or nous voulons donner de nouvelles armes dans notre pays. Dans les 36 heures, vous aurez à versarmene 50 kg. Si vous versez y aura pas de mal. Sinon deux cents d’entre vous seront capturés et déportés en Allemagne à la frontière russe ou autrement rendues inoffensives … « 
Trente-six heures: donc la livraison devait avoir lieu dans les 12 du 28 Septembre.
Dans la longue ligne qui se déplaçait dans pendant 36 heures sur le trottoir qui longe le Tibre Cenci, où, à côté des bureaux principaux sont situés Synagogue communauté, il y avait les riches et les pauvres, les intellectuels et les commerçants, les artisans et les vendeurs, les gens instruits et sans défense , bien habillé ou éliminés. Certains sont allés avec lui paquets d’une certaine taille, beaucoup plus petits que les autres rouleaux. La renonciation d’un anneau mince, une paire de boucles d’oreilles portées, une vieille broche ou un petit bracelet, exposé au Temple que pour les fêtes de Roch Hachana (Nouvel An) et Yom Kippour (Jour du Grand Pardon), était pour les pauvres, une blessure douloureuse. Ils étaient des objets qui rappelaient minyan, mariage, Milot, les naissances, les personnes disparues. Ces objets ont été numérisés des moments heureux. Ce tas d’or avait été un témoin muet de sa propre histoire de famille … Dans cette longue ligne, il y avait seulement les Juifs. Il y avait des gens à qui Kappler avait rien demandé, mais ils ont voulu exprimer leur solidarité à une minorité en danger et délit. Ils avaient les mêmes « hommes justes » qui cinq ans plus tôt, en 1938, avaient montré leur solidarité avec les Juifs touchés par les lois injustes et racistes que la propagande fasciste avait montré grand mépris comme «piétistes». Et parmi eux, ne manquaient pas dans les 36 heures dans la longue lignée même des prêtres … Le Saint-Siège ne ??savaient officieusement au président de la Communauté où il n’était pas possible d’atteindre 50 livres dans l’ensemble de la période couvre le montant manquant. La Communauté aurait retourné « quand – rappelez-vous Foa – avait été capable de le faire … ». Il s’agissait d’un prêt, pas un don, mais à laquelle il n’était pas nécessaire d’avoir recours, comme les heures passées étonnamment augmenté le nombre de soumissionnaires. Dans tous les cas, la disponibilité du Vatican a levé la Communauté du cauchemar de ne pas atteindre les réductions imposées par Kappler.
Tibre Cenci, en face de la synagogue de Rome
La livraison de l’or devait avoir lieu à la Villa Volkonsky mais pas encore dans la Via Tasso, dans la construction non. 155 qui n’avaient pas encore quitté le lieu de torture et de terreur, mais au moins formellement, « l’Office de l’emploi des travailleurs ‘italien pour l’Allemagne » … À 16 heures, dans la Via Tasso Kappler n’a pas apparaître. Il n’avait pas voulu descendre dans les petites formalités de recevoir la médaille d’or qu’il avait extorqué. Il devait être remplacé par un officier subalterne, le capitaine Kurt Schutz, qui a été immédiatement façons suspectes et arrogants. Le Schutz avait fait assister par un orfèvre romain, dont il n’a jamais su le nom, et un autre officier SS envoyé de Berlin avec un courrier spécial. La pesée a été fait avec un équilibre du taux de £ 5. Chaque poids a été enregistrée simultanément par Dante Almansi et par un officier allemand, qui étaient aux deux extrémités de la table. A la fin de l’opération, tandis que Almansi avait marqué dix pesé, le capitaine a subi Schutz a déclaré qu’il y avait neuf pesé. Les protestations de tous les Juifs présentent encore plus irrité le capitaine qui est également opposée à celle qui était la meilleure façon de dissoudre tout doute: c’est, répétez l’opération. Enfin, face à l’insistance répétée sur le côté juif, le capitaine donna l’ordre de répéter Schutz pesé. Il a dû se rendre à la réalité: les livres étaient seulement 50 et les Juifs n’étaient pas les tricheurs.
Le bâtiment à 155 Via Tasso, à proximité de Saint-Jean de Latran, la prison de la SS, avec les fonctionnalités de Windows qui a gardé la bouche de loup à voir à l’extérieur. Aujourd’hui, il abrite le Musée de la Résistance romaine
(Quelques jours plus tard) l’ensemble du complexe de bâtiments qui composent les bureaux principaux du Temple et de la Communauté a été entouré par un cordon de SS. Chaque sortie a été bloquée et les employés ont reçu l’ordre de ne pas bouger de leur siège. Immédiatement après un groupe d’officiers allemands et sous-officiers dont certains spécialistes de la langue hébraïque « … a commencé une recherche approfondie de l’ensemble du bâtiment du dôme de la synagogue arrive à l’Oratoire du rite espagnol et le sous-sol » … Malgré le raid n’avait pas conduit à la découverte de « documents secrets », une grande quantité de cartes a également été prise en forçant armoires et les tiroirs quand ils n’ont pas été immédiatement trouvé les clés.
Parmi les documents ont également été pris rôles des contribuables qui seront, à la fin de la guerre, au centre du débat et de la controverse. Alors que les dossiers personnels de l’état et de la famille feuilles conjugales ont été prudemment fait en sorte de ces rôles que considérés comme des documents fiscaux ont été laissés dans le bureau sans tenir compte du fait qu’ils portaient aussi l’identité et l’adresse des contribuables … Le matin du 30 Septembre, Nouvel An selon le calendrier juif, deux officiers allemands revenaient au Tibre Cenci ce temps d’inspecter les bibliothèques de la deuxième et troisième étage. Orientalistes étaient deux, dont une avec le grade de capitaine avaient professeur de langue qualifié dans un lycée juif de Berlin. Le lendemain, 1er Octobre, les deux revenaient d’examiner plus attentivement les volumes exprimant souvent étonnement et l’admiration, et la prise de notes.
Eichmann a alors décidé d’envoyer à Rome pour le « Judenrazzia » Theo Dannecker, un expert de son choix, rapporteur sur les affaires juives »qui avaient débuté les rafles de Juifs à Paris … ». Dannecker, de ne pas attirer l’attention, à regarder son siège à Via Tasso, mais pas dans une modeste pension via Po. Quelques jours plus tard sont venus aussi son département spécial, composé de quatorze et trente officiers et soldats du rang de la SS dans partie venait de formation spécialisée dans la « régénération anti-juif » sur le front de l’Est, l’infâme « Einsatzgruppen ».
À 23 heures, le vendredi 15 conjoints Sternberg – Monteldi, les Juifs qui étaient venus de Trieste et avaient pris résidence à Rome à l’hôtel Victoria, en dépit d’être équipé d’un passeport suisse ont été arrêtés par les SS et soumis à des interrogatoires. Comme aucun document justifiant qu’ils étaient Juifs, ni leurs noms figurent sur une des listes de Dannecker. C’est impossible de déterminer comment leur présence avait été signalée à la SS … Le grand raid a commencé autour de 5,30. Nous avons participé à une centaine de ces 365 hommes (dont 9 officiers et 30 sous-officiers) qui étaient le total des forces impliquées dans le « Judenoperation » … Les Allemands essayé de donner l’action brutale de la nature d’un «transfert». Ils voulaient un troupeau inconscient et ont essayé d’éviter une éruption cutanée, des attitudes hostiles, émeutes. Ils ont essayé d’éviter les obstacles et les revers qu’ils pourraient ralentir l’opération. Surtout voulu faire bientôt.
À cette fin, ils avaient livré à chaque commande est bilingue:
Ensemble, avec votre famille et d’autres juifs appartenant à votre maison, vous serez transféré.
Vous devez apporter de la nourriture pour au moins 8 jours, des cartes de rationnement, des cartes d’identité et des lunettes.
Vous pouvez emporter une mallette avec des effets personnels et de la literie, des couvertures, à l’exception., De l’argent et des bijoux.
Verrouillage de l’appartement et prendre la clé avec lui.
, Même dans les cas de maladie les plus graves, ils ne peuvent en aucun cas être laissés pour compte. Infirmary est dans le domaine.
Vingt minutes après la présentation de ce billet, la famille doit être prêt pour le départ.
Il voulait croire les victimes vers une destination finale. «Verrouillage de l’appartement et prendre la clé avec lui » laisse entendre un retour possible. « Les cartes de rationnement et l’identité » impliquaient une destination dans lequel ces documents pourraient servir. Mais pourquoi «malade aussi grave ne peut pas être laissé derrière»?
Via del Portico d’Ottavia, au cœur du quartier juif, qui était entouré à 05h30
Le SS allait de maison en maison, des familles entières surprend encore largement dans le sommeil. Lorsque les portes n’ont pas été ouvertes immédiatement abattu à coups de crosse ou forcée avec leviers de fer. Toutes les personnes prises ont été recueillies temporairement dans un espace qui se trouve juste au-delà de l’historique Portico d’Ottavia autour des vestiges du théâtre de Marcellus. La plupart des personnes arrêtées étaient des adultes, souvent âgés et très vieux plus souvent. Beaucoup de femmes, adolescents, enfants. Il n’a pas été fait aucune exception ni pour les personnes qui sont malades ou affaiblies, ni pour les femmes enceintes ou pour ceux qui ont encore des enfants à la mamelle. Pour tout le monde.
La pelouse en face du théâtre de Marcellus, où les Juifs furent raflés, avant d’être transporté dans un camion au Collège militaire
Aucune zone de la ville a été épargnée. Dans ceux de Trastevere, Testaccio et Monteverde, la plus proche de l’ancien ghetto, il y avait le plus grand nombre d’arrestations.
Ainsi que dans des maisons abandonnées Portico d’Ottavia dans le bourgeois et aristocratique Rome a été consommé la grande tragédie. Larmes ont été versées, répandre le désespoir, il a tenté évasions désespoir. Dans Via Brescia 29, les Allemands avaient approché le lit où il était veuve Tabet puntandole l’arme de Mme Sofia Soria lui demandant de se lever. Mme Sofia, qui était de 92, mort de peur. Elle était la prof mère-in-law. Victor Calo, médecin généraliste. La SS est revenue deux jours plus tard à l’enterrement des pauvres, dans l’espoir d’arrêter la famille. Le manque de compassion envers les aînés, les malades, les enfants semblait incompréhensible pour les témoins de ce jour-là. Giulio Anau se rappeler qu’un rapport, Benjamin Philipson, a été arrêté à son domicile sur la Via Flavia 84 en fauteuil roulant invalide, car pendant de nombreuses années souffrant de la maladie de Parkinson », entre l’indignation des personnes présentes, cependant, impuissants face à des mitrailleuses. … « .
A titre d’Adalberto, non loin de la Piazza Bologna, la SS n’a pas trouvé quelqu’un: seulement quatre ans – Ennio Lanternari – qui dormait dans le lit des grands-parents au moment absent. Le SS lui a pris, le bébé se réveille effrayé et se mit à pleurer. Pendant ce temps tombé grand-mère qui a été abandonné pour un moment pour acheter quelque chose. Ils lui et son petit-fils ont pris.
Une autre photo de la Portico d’Ottavia aujourd’hui. L’expulsion n’a pas été limitée à la zone du ghetto juif, mais a embrassé toute la ville
Settimio Calo a été sauvé. Bien qu’il ait quitté sa maison pour faire la queue pour les cigarettes. mais quand il est rentré chez lui, il ne trouva personne. Ni la femme ni les dix enfants, dont le plus âgé avait 21 ans et le plus jeune, Samuel, toujours allaitant, 4 mois. «Je me suis jeté contre la porte, je voulais rejoindre les autres, ne pas comprendre quoi que ce soit … alors je me suis assis et j’ai commencé à pleurer. J’ai vécu seulement parce que j’ai toujours espéré riaverne au moins un, peut-être Samuel. J’étais en vie et je veux juste être mort. « 
L’île Tibérine, à l’hôpital Fatebenefratelli, où de nombreux Juifs ont été sauvés par la population. Ils étaient habillés comme des médecins ou des patients et lui avaient sauvé la vie
L’Institut Église Jésus et de Marie, sur la Via Flaminia à la colline Fleming. Ici, comme dans beaucoup d’autres maisons religieuses, ont trouvé refuge des juifs, qui ont échappé capture
A 14 ans, le grand raid était terminée. J’ai été pris en 1259: 363 hommes, 689 femmes, 207 enfants. Les juifs de la vieille ville est de tous les autres ont été temporairement hébergés dans les locaux du Collège militaire, le bâtiment vaste et massive dans la Via della Lungara, dominé par le Janicule. Les hommes étaient séparés des femmes et des enfants. Divisé en groupes, ont été distribués dans les salles de classe, les couloirs, les salles et autres locaux de chance. Lorsque ces espaces ont été remplis, les gens étaient benportanti plus disposés sous le portique d’entrée. Toutes les taxes des salles de classe avaient été barricadées avec des planches de bois clouées.
Le pleurs incessants des femmes et des enfants, des ordres inintelligibles a constamment crié par les gardes, la pénombre, un assainissement inadéquat a créé beaucoup de tension et de confusion … dimanche à l’aube, après un examen attentif des cartes d’identité et d’autres documents, ont été libérés par les conjoints et les enfants issus de mariages mixtes, les colocataires et les employés non-juifs qui, au moment du raid étaient dans les maisons des personnes recherchées. En tout, 237 personnes. Un Wachsberger a été ordonné sur place pour prendre en charge les fonctions de l’interprète et traduit la décision de l’agent:
Ceux … qui ne sont pas juifs sont mis de côté. Si je trouve un Juif qui a déclaré ne pas être, dès que le mensonge sera découvert qui sera exécutée immédiatement …
Malgré la grave menace que sept Juifs étaient capables de s’intégrer dans le groupe de ceux qui ont été libérés. Je suis Joseph Durghello avec sa femme Bettina Pérouse et son fils Angelo; Enrico Mariani, Dina Angelo, Bianca Ravenne Levi et sa fille Piera De 1022 … malheureux, pas une seule personne était juive. Elle était un catholique qui n’abandonne pas un orphelin Juif mauvaise santé sous sa garde n’avait pas eu le courage de se déclarer juif et n’avait pas voulu suivre son destin. Ni l’enfant ni son généreux mécène sont de retour … Dans la nuit Marcella Di Veroli Pérouse, le neuvième mois de grossesse, elle a commencé à avoir des douleurs du travail. Les Allemands ne lui permettait pas de transférer à l’hôpital, qui a accepté que d’être appelé un médecin. La mère a été isolé dans le porche de l’Ordre militaire et a donné naissance à une petite fille. Marcella Pérouse avait 23 ans et qu’elle avait été arrêtée avec ses deux enfants âgés de 5 et 6 ans. Le mari Cesare Di Veroli avait réussi à échapper à la traîne.
Le Collège militaire, le long du Tibre, près de la prison de Regina Coeli, et à Saint-Pierre, où les Juifs ont été forcés de passer deux nuits entre le captage et le départ pour Auschwitz
Aucune mention de la grand raid est de toute évidence trouvé dans les journaux de l’époque. On peut en déduire que d’une, presque une «information bureaucratique de service», texte de présentation à l’air innocent du journal du 18 Octobre romaine. Qui j’ai informé les lecteurs que « le départ des officiers pour le Nord, maintenant fixé à 9, ne peut être faite à partir de la gare de Tiburtina. Il commence demain à partir de Termini « . La raison en est évidente. Un convoi très différent partait ce matin de l’époque romaine périphérique du port et pas de regards indiscrets serait un témoin du crime.
A l’aube, le lundi 18 Octobre, plus d’un millier de prisonniers ont été transférés du Collège militaire de camions à la gare de fret ferroviaire. Sur une voie d’évitement était quelques jours, un convoi composé de 18 wagons à bestiaux. Les personnes arrêtées ont toutes été entassés dans les voitures à 50 ou 60 sur chaque wagon dans un espace insuffisant. L’attente douloureuse des personnes arrêtées a duré six heures … Dans le bas de la rampe sur une voie d’évitement rettilineo- écrit Elsa Morante – stationné un train qui semblait longueur Ida exterminés. Le bruit venait de là. Ils étaient peut-être une douzaine de wagons à bestiaux … Ils n’avaient pas de fenêtre sauf une petite ouverture à la grille supérieure. Dans certains de ces réseaux ont été appuyé les deux mains embrayage ou un couple d’yeux.
La gare de Tiburtina, à partir de laquelle les juifs romains sont partis pour Auschwitz
Sur cet arrêt (Padoue), la dernière le sol italien, il est l’entrée dans son journal quotidien de la Croix-Rouge provinciale Lucie De Marchi, le jour du service.
À 12 heures … pas annoncé, s’arrêter à notre station centrale d’un train de internés juifs de Rome. Après de longues discussions, on nous donne la permission à la rescousse. A 13 wagons ouverts fermé pendant 28 heures! Dans chaque voiture sont entassés cinquantaine de personnes, enfants, femmes, vieillards, jeunes hommes et mature. Ne jamais montrer le hath plus horrible été offert à nos yeux. Et la bourgeoisie arraché de maisons, sans bagages, sans assistance, condamné à plus offensive de la promiscuité, de la faim et de la soif. Nous nous sentons désarmés et suffisante pour tous leurs besoins, paralysé par une miséricorde frémissante de révolte, par une sorte de terreur qui domine toutes les victimes, le personnel des chemins de fer, les spectateurs, les gens …
À 23 au vendredi 22 Octobre, après un incroyable voyage de 6 jours et 6 nuits, le train est arrivé à Auschwitz-Birkenau. Personne n’a été envoyée jusqu’à ce que le lendemain. Le convoi a été encore scellé et gardé toute la nuit … Formé sous les ordres criés sur la SS, un alignement fortuit, est venu le Dr Josef Mengele, dont la réputation sinistre est maintenant partie de l’histoire, mais il était un personnage totalement inconnue à la nouvelle arrivé. Sous sa direction, a commencé la sélection: les enfants, les vieux, les vieux, les malades et ceux qui avaient un chétif look ou malade (et les hommes avec des cheveux blancs, mais pas vieux) ont été alignés sur le droit de Mengele et ses aides. Ils étaient environ cinq.
À sa gauche, les hommes et les femmes jugées aptes à travailler.
Pendant ce temps était arrivé sur place le commandant du camp, Rudolf Hoess. Normalement Hoess n’a pas assisté à la sélection des prisonniers, mais dans les jours avant il y avait eu une grande curiosité de l’arrivée annoncée de Juifs italiens. Même les dirigeants du domaine, il avaient été infectés et ils voulaient y assister. Il a été le premier convoi d’Italiens qui sont arrivés à Auschwitz … Le commandant Hoess ordonné Wachsberger de traduire l’annonce que les femmes, les enfants, les malades ont été transférés sur des camions dans la «permanence» qui étaient près à environ 10 kilomètres. Mais même les personnes valides, qui se sentait fatigué et qu’il voulait obtenir sur ces camions, ils pourraient le faire.
Deux cent cinquante hommes et femmes ont quitté les rangs de la «valide» pour rejoindre les autres qui étaient déjà sur les véhicules.
Le voyage a été plutôt courte, chemin moins d’un kilomètre dans quelques minutes.
Le camion s’est arrêté devant les chambres à gaz. L’enlèvement a été immédiate … Wachsberger dit qu’il allait monter dans le camion, mais Mengele a arrêté parce qu’il avait encore besoin d’un interprète. Plus tard Wachsberger demandé le «docteur» (Mengele aimait discuter avec lui et semblait curieux Italie de Mussolini et surtout) parce qu’ils avaient laissé dans les camions aussi valables pour les hommes et les femmes. «Celui qui n’est pas capable de marcher dix kilomètres avant – fut la réponse – il n’est pas adapté pour faire le travail qui doit être fait dans ce domaine. » Mais la plupart ont été montés à bord sur des camions pour d’autres raisons. Sergio paix, par exemple, a été placé dans la ligne de ceux qui sont destinés à travailler. Il voulait monter sur le camion de rester avec son père et sa mère. Ne pas lui, ni la «paresse» ou de la fatigue, mais un sentiment qu’il n’avait jamais été aussi fort que maintenant trahi. Et comme il a fait beaucoup d’autres.
On peut se demander pourquoi les Allemands, cependant, de cette manière ont renoncé à une partie des hommes valides. La vraie raison est que, dans ces jours une rage épidémie de typhus à Auschwitz. La mise en place d’un nombre excessif de détenus a augmenté les chances que la contagion de se propager. Cela explique pourquoi dans le convoi du 23 Octobre, le pourcentage de ceux qui ont fini immédiatement dans les chambres à gaz était de 82% (839 sur 1022), le plus élevé jamais dans tout transport ultérieur des déportés d’Italie.
Sur la cinquantaine de femmes destinées à travailler un seul a survécu: Settimia Spizzichino. Puis il avait 22 ans et a été emmené avec sa mère et ses deux sœurs à travers la princesse. Seul son père avait sauvé du raid. Sur le sort des 49 camarades de classe qui ne sont plus en arrière de la Spizzichino pense que « … la neige, travaux lourds, une mauvaise alimentation, ont tous contribué à la décimation. » Settimia a été sauvé parce qu’il a commencé à un «bloc d’expériences» et «… a été aidé par une infirmière avec un bon coeur … ». Quand elle a été libérée, elle avait 24 ans et pesait 30 livres. Et «convaincu que ce qui lui a permis de résister a été particulièrement la pensée qu’il était revenu à raconter …

PAPE FRANÇOIS – VISITE AU MÉMORIAL DE YAD VASHEM

26 mai, 2014

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2014/may/documents/papa-francesco_20140526_terra-santa-memoriale-yad-vashem.html

PÈLERINAGE EN TERRE SAINTE À L’OCCASION DU 50e ANNIVERSAIRE DE LA RENCONTRE À JÉRUSALEM ENTRE LE PAPE PAUL VI ET LE PATRIARCHE ATHÉNAGORAS – (24-26 MAI 2014)

VISITE AU MÉMORIAL DE YAD VASHEM

DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS

Jérusalem, Lundi 26 mai 2014

‘‘Adam, où es-tu ?’’ (cf. Gn 3, 9).
Où es-tu, homme? Où es-tu passé ?
En ce lieu, mémorial de la Shoah, nous entendons résonner cette question de Dieu : ‘‘Adam, où es-tu ?’’.
En cette question il y a toute la douleur du Père qui a perdu son fils.
Le Père connaissait le risque de la liberté ; il savait que le fils aurait pu se perdre…mais peut-être, pas même le Père ne pouvait imaginer une telle chute, un tel abîme !
Ce cri : ‘‘Où te trouves-tu ?’’, ici, en face de la tragédie incommensurable de l’Holocauste, résonne comme une voix qui se perd dans un abîme sans fond…

Homme, qui es-tu ? Je ne te reconnais plus.
Qui es-tu, homme ? Qu’est-ce que tu es devenu ?
De quelle horreur as-tu été capable ?
Qu’est-ce qui t’a fait tomber si bas ?
Ce n’est pas la poussière du sol, dont tu es issu. La poussière du sol est une chose bonne, œuvre de mes mains.
Ce n’est pas l’haleine de vie que j’ai insufflée dans tes narines. Ce souffle vient de moi, c’est une chose très bonne (cf. Gn 2, 7).
Non, cet abîme ne peut pas être seulement ton œuvre, l’œuvre de tes mains, de ton cœur… Qui t’a corrompu ? Qui t’a défiguré ? Qui t’a inoculé la présomption de t’accaparer le bien et le mal ?
Qui t’a convaincu que tu étais dieu ? Non seulement tu as torturé et tué tes frères, mais encore tu les as offerts en sacrifice à toi-même, parce que tu t’es érigé en dieu.
Aujourd’hui, nous revenons écouter ici la voix de Dieu : ‘‘Adam, où es-tu ?’’.

Du sol s’élève un gémissement étouffé : Prends pitié de nous, Seigneur !
A toi, Seigneur notre Dieu, la justice, à nous le déshonneur au visage, la honte (cf. Ba 1, 15).
Un mal jamais survenu auparavant sous le ciel s’est abattu sur nous (cf. Ba 2, 2). Maintenant, Seigneur, écoute notre prière, écoute notre supplication, sauve-nous par ta miséricorde. Sauve-nous de cette monstruosité.
Seigneur tout-puissant, une âme dans l’angoisse crie vers toi. Écoute, Seigneur, prends pitié.
Nous avons péché contre toi. Tu règnes pour toujours (cf. Ba 3, 1-2).
Souviens-toi de nous dans ta miséricorde. Donne-nous la grâce d’avoir honte de ce que, comme hommes, nous avons été capables de faire, d’avoir honte de cette idolâtrie extrême, d’avoir déprécié et détruit notre chair, celle que tu as modelée à partir de la boue, celle que tu as vivifiée par ton haleine de vie.
Jamais plus, Seigneur, jamais plus !
‘‘Adam, où es-tu ?’’.
Nous voici, Seigneur, avec la honte de ce que l’homme, créé à ton image et à ta ressemblance, a été capable de faire.
Souviens-toi de nous dans ta miséricorde.

 

VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE BENOÎT XVI EN POLOGNE – DISCOURS DU PAPE VISITE AU AUSCHWITZ

12 octobre, 2013

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2006/may/documents/hf_ben-xvi_spe_20060528_auschwitz-birkenau_fr.html

VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE BENOÎT XVI EN POLOGNE

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI VISITE AU CAMP DE CONCENTRATION D’AUSCHWITZ

Auschwitz-Birkenau 28 mai 2006

Prendre la parole dans ce lieu d’horreur, d’accumulation de crimes contre Dieu et contre l’homme, lieu qui est sans égal au cours de l’histoire, est presque impossible – et particulièrement difficile et opprimant pour un chrétien, pour un Pape qui vient d’Allemagne. Dans un lieu comme celui-ci, les paroles manquent; en réalité, il ne peut y avoir qu’un silence effrayé – un silence qui est un cri intérieur vers Dieu:  Pourquoi, Seigneur, es-tu resté silencieux? Pourquoi as-tu pu tolérer tout cela? C’est dans cette attitude de silence que nous nous inclinons au plus profond de notre être, face à l’innombrable foule de tous ceux qui ont souffert et qui ont été mis à mort; toutefois, ce silence devient ensuite une demande de pardon et de réconciliation, formulée à haute voix, un cri au Dieu vivant, afin de ne plus jamais permettre une chose semblable.
Il y a vingt-sept ans, le 7 juin 1979, le Pape Jean-Paul II était ici; il disait alors:  « Je viens ici aujourd’hui en pèlerin. On sait que je suis venu ici bien des fois… Tant de fois! Et bien des fois, je  suis  descendu dans la cellule où Maximilien Kolbe est mort, et je me suis arrêté devant le mur de la mort et je suis passé entre les ruines des fours crématoires de Birkenau. Je ne pouvais pas ne pas venir ici comme Pape ». Le Pape Jean-Paul II était ici comme fils du peuple qui, avec le peuple juif, dut souffrir le plus en ce lieu et, en général, au cours de la guerre:  « Six millions de Polonais ont perdu la vie au cours de la Seconde Guerre mondiale:  le cinquième de la nation », rappela alors le Pape (cf. ibid.). C’est ici qu’il éleva ensuite l’avertissement solennel au respect des droits de l’homme et des nations qu’avaient élevé avant lui ses prédécesseurs Jean XXIII et Paul VI, et il ajouta:  « Celui qui prononce ces paroles [...] est le fils de la nation qui a subi de la part des autres, au cours de son histoire, de multiples vicissitudes. Il ne le dit pas pour accuser, mais pour rappeler. Il parle au nom de toutes les nations dont les droits sont violés et oubliés… » (cf. Ibid.).
Le Pape Jean-Paul II était venu ici comme un fils du peuple polonais. Aujourd’hui, je suis ici comme fils du peuple allemand, et c’est précisément pourquoi je dois et je peux dire comme lui:  je ne pouvais pas ne pas venir ici. Je devais venir. C’était et c’est un devoir face à la vérité et au droit de ceux qui ont souffert, un devoir devant Dieu d’être ici, en tant que Successeur de Jean-Paul II et en tant que fils du peuple allemand – fils du peuple dans lequel un groupe de criminels arriva au pouvoir au moyen de promesses mensongères, au nom de perspectives de grandeur, au nom de l’honneur retrouvé de la nation et de son importance, par des perspectives de bien-être, mais également par la force de la terreur et de l’intimidation, de sorte que notre peuple a pu être utilisé et abusé comme instrument de leur soif de destruction et de domination. Non, je ne pouvais pas ne pas venir ici. Le 7 juin 1979, je me trouvais ici comme Archevêque de Munich-Freising parmi les nombreux Evêques qui accompagnaient le Pape, qui l’écoutaient et qui priaient avec lui. En 1980, je suis ensuite revenu une fois de plus dans ce lieu de l’horreur avec une délégation d’Evêques allemands, bouleversé par tant de mal et plein de reconnaissance parce que sur ces ténèbres avait brillé l’étoile de la réconciliation. Telle est encore la raison pour laquelle je suis ici aujourd’hui:  pour implorer la grâce de la réconciliation – avant tout de Dieu, qui seul peut ouvrir et purifier nos coeurs; puis des hommes qui ont souffert, et enfin la grâce de la réconciliation pour tous ceux qui, en cette heure de notre histoire, souffrent à nouveau à cause du pouvoir de la haine et de la violence fomentée par la haine.
Combien de questions nous envahissent en ce lieu! La même question revient toujours à nouveau:  Où était Dieu en ces jours-là? Pourquoi s’est-il tu? Comment a-t-il pu tolérer cet excès de destruction, ce triomphe du mal? Les paroles du Psaume 44, la lamentation d’Israël qui souffre, nous viennent à l’esprit:  « …Tu nous broyas au séjour des chacals, nous couvrant de l’ombre de la mort [...] C’est pour toi qu’on nous massacre tout le jour, qu’on nous traite en moutons d’abattoir. Lève-toi, pourquoi dors-tu, Seigneur? Réveille-toi, ne rejette pas jusqu’à la fin:  Pourquoi caches-tu ta face, oublies-tu notre oppression, notre misère? Car notre âme est effondrée en la poussière, notre ventre est collé à la terre. Debout, viens à notre aide, rachète-nous en raison de ton amour! » (Ps 44, 20.23-27). Ce cri d’angoisse que, dans la souffrance, Israël élève à Dieu dans des périodes d’extrême difficulté, est en même temps le cri d’appel à l’aide de tous ceux qui, au cours de l’histoire – hier, aujourd’hui et demain – souffrent pour l’amour de Dieu, pour l’amour de la vérité et du bien; et ils sont nombreux, aujourd’hui encore.
Nous ne sommes pas en mesure de scruter  le secret de Dieu – nous ne voyons que des fragments, et ce serait une erreur que de vouloir juger Dieu et l’histoire. Nous ne défendrions pas l’homme dans ce cas, mais nous ne contribuerions qu’à sa destruction. Non – en définitive, nous devons continuer à élever vers Dieu ce cri humble mais persistant:  Réveille-toi! N’oublie pas ta créature, l’homme! Et notre cri vers Dieu doit être en même temps un cri qui pénètre notre coeur lui-même, afin que s’éveille en nous la présence cachée de Dieu – afin que la force qu’il a déposée dans nos coeurs ne soit pas recouverte et étouffée en nous par la boue de l’égoïsme, de la peur des hommes, de l’indifférence et de l’opportunisme. Elevons ce cri vers Dieu, adressons-le à notre coeur lui-même, précisément en cette heure sur laquelle pèsent de nouveaux dangers, dans laquelle semblent naître à nouveau du coeur des hommes toutes les forces obscures:  d’une part, l’abus du nom de Dieu pour justifier la violence aveugle contre des personnes innocentes; de l’autre, le cynisme qui ne connaît pas Dieu et qui bafoue la foi en Lui. Nous élevons un cri vers Dieu, afin qu’il pousse les hommes à se repentir, en sorte qu’ils reconnaissent que la violence n’engendre pas la paix, mais ne fait que susciter une autre violence – une spirale de destructions, dans laquelle tous, en fin de compte, ne peuvent être que  perdants. Le Dieu auquel nous croyons est un Dieu de la raison – d’une raison, cependant, qui n’est certainement pas une mathématique neutre de l’univers, mais qui ne fait qu’un avec l’amour, avec le bien. Nous prions Dieu et nous élevons un cri vers les hommes afin que cette raison, la raison de l’amour et de la reconnaissance de la force de la réconciliation et de la paix, prévale sur les menaces qui nous entourent de l’irrationalité ou d’une fausse raison, détachée de Dieu.
Le lieu où nous nous trouvons est un lieu de la mémoire, c’est le lieu de la Shoah. Le passé n’est jamais uniquement le passé. Il nous concerne et nous indique les chemins à ne pas suivre et ceux à suivre. Comme Jean-Paul II, j’ai parcouru le chemin le long des stèles qui rappellent, en différentes langues, les victimes de ce lieu:  ce sont des stèles en biélorusse, en tchèque, en allemand, en français, en grec, en hébreu, en croate, en italien, en yiddish, en hongrois, en hollandais, en norvégien, en polonais, en russe, en rom, en roumain, en slovaque, en serbe, en ukrainien, en hébreu hispanique et en anglais. Toutes ces stèles commémoratives nous parlent de souffrance humaine, nous laissent entrevoir le cynisme de ce pouvoir qui traitait les hommes comme des objets, ne les reconnaissant pas comme des personnes, dans lesquelles se reflète l’image de Dieu. Certaines stèles invitent à une commémoration particulière. Celle en hébreu par exemple. Les potentats du Troisième Reich voulaient écraser le peuple juif tout entier; l’éliminer du nombre des peuples de la terre. Alors, les paroles du Psaume:  « On nous massacre tout le jour, on nous traite en moutons d’abattoir » se vérifièrent de façon terrible. Au fond, ces criminels violents, au moyen de l’anéantissement de ce peuple, entendaient tuer ce Dieu qui appela Abraham, et qui, parlant sur le Sinaï, établit les critères d’orientation de l’humanité, qui demeurent éternellement valables. Si ce peuple, par le seul fait d’exister, témoigne de ce Dieu qui a parlé à l’homme et qui l’a pris en charge, alors ce Dieu devait finalement mourir et son pouvoir n’appartenir qu’à l’homme – à ceux qui se considéraient comme les puissants et qui avaient su devenir les maîtres du monde. Avec la destruction d’Israël, avec la Shoah, ils voulaient, en fin de compte, extirper également la racine sur laquelle se fonde la foi chrétienne, en la remplaçant définitivement par la foi fabriquée par soi-même, la foi dans le pouvoir de l’homme, du plus fort. Il y a ensuite la stèle en polonais:  on voulait avant tout, dans un premier temps, effacer l’élite culturelle et éliminer ainsi le peuple comme sujet historique autonome, pour le réduire, dans la mesure où il continuait d’exister, à un peuple d’esclaves. Une autre stèle, qui invite particulièrement à réfléchir est celle qui est écrite dans la langue des Sinti et des Roms. Ici aussi, on voulait faire disparaître un peuple entier qui vit en migrant parmi les autres peuples. Il figurait au nombre des éléments inutiles de l’histoire universelle, dans une idéologie où ne devait compter désormais que ce dont on pouvait mesurer l’utilité; tout le reste, selon leur conception, était catalogué comme lebensunwertes Leben – une vie indigne d’être vécue. Il y a ensuite la stèle en russe, qui évoque le nombre immense de vies sacrifiées parmi les soldats russes dans la lutte contre le régime de la terreur national-socialiste; toutefois, dans le même temps, elle nous fait réfléchir sur la tragique double signification de leur mission:  ils ont libéré les peuples d’une dictature mais tout en soumettant ces mêmes peuples à une nouvelle dictature, celle de Staline et de l’idéologie communiste. Toutes les autres stèles dans les nombreuses langues européennes nous parlent elles aussi de la souffrance des hommes du continent tout entier; elles toucheraient profondément notre coeur, si nous ne faisions pas mémoire des victimes de façon globale, mais si nous pouvions au contraire voir le visage de chacune des personnes qui ont terminé leur vie ici dans les ténèbres de la terreur. J’ai ressenti comme un profond devoir de m’arrêter de façon particulière également devant la stèle en langue allemande. De là apparaît devant nous le visage d’Edith Stein, Thérèse Bénédicte de la Croix:  juive et allemande, disparue, avec sa soeur, dans l’horreur de la nuit du camp de concentration allemand-nazi; comme chrétienne et juive, elle accepta de mourir avec son peuple et pour son peuple. Les Allemands qui furent alors déportés à Auschwitz-Birkenau et qui sont morts ici étaient considérés comme Abschaum der Nation – déchet de la nation. Mais aujourd’hui, nous les reconnaissons en revanche avec gratitude comme les témoins de la vérité et du bien, qui, même au sein de notre peuple, n’avaient pas disparu. Remercions ces personnes, car elles ne se sont pas soumises au pouvoir du mal, et elles apparaissent à présent devant nous comme des lumières dans une nuit de ténèbres. Avec profond respect et gratitude, nous nous inclinons devant tous ceux qui, comme les trois jeunes face à la menace des fournaises de Babylone, surent répondre:  « Seul notre Dieu est capable de nous délivrer. Mais s’il ne le fait pas, sache, ô roi, que nous ne servirons pas ton Dieu ni n’adorerons la statue d’or que tu as élevée » (cf. Dn 3, 17 sq.).
Oui, derrière ces stèles se cache le destin d’innombrables êtres humains. Ceux-ci  ébranlent  notre mémoire, ébranlent notre coeur. Ils ne veulent pas provoquer la haine en nous:  ils nous démontrent au contraire combien l’oeuvre de la haine est terrible. Ils veulent conduire la raison à reconnaître le mal comme mal et à le rejeter; ils veulent susciter en nous le courage du bien, de la résistance contre le mal. Ils veulent nous conduire à ces sentiments qui s’expriment dans les paroles que Sophocle fait prononcer à Antigone, face à l’horreur qui l’entoure:  « Je ne suis pas ici pour haïr avec toi, mais pour aimer avec toi ».
Grâce à Dieu, avec la purification de la mémoire à laquelle nous pousse ce lieu d’horreur, se développent autour de ce lieu même de multiples initiatives qui veulent mettre un terme au mal et conférer une force au bien. Il y a quelques instants, j’ai pu bénir le Centre pour le Dialogue et la Prière. Tout près d’ici se déroule la vie cachée des soeurs carmélites, qui se savent particulièrement unies au mystère de la croix du Christ et qui nous rappellent la foi des chrétiens,  qui  affirme  que Dieu lui-même est descendu dans l’enfer de la souffrance et souffre avec nous. A Oswiecim  se  trouve le Centre Saint-Maximilien et le Centre international de Formation sur Auschwitz et l’Holocauste. Il y a également la Maison internationale pour les Rencontres de la Jeunesse. Auprès de l’une des anciennes Maisons de Prière se trouve le Centre juif. Enfin, l’Académie pour les Droits de l’Homme est en cours de réalisation. Nous pouvons ainsi espérer que du lieu de l’horreur naisse et croisse une réflexion constructive et que le souvenir aide à résister au mal et à faire triompher l’amour.
L’humanité a traversé à Auschwitz-Birkenau un « ravin de la mort ». C’est pourquoi je voudrais, précisément en ce lieu, conclure par une prière de confiance – avec un Psaume d’Israël qui est également une prière de tous les chrétiens:  « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi; ton bâton me guide et me rassure [...] J’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours » (Ps 23, 1-4. 6).

« UN CHRÉTIEN NE PEUT PAS ÊTRE ANTISÉMITE ! » DÉCLARE LE PAPE FRANÇOIS – (70e anniversaire (1943-2013), le 16 octobre prochain, de la rafle des juifs de Rome)

12 octobre, 2013

http://www.zenit.org/fr/articles/un-chretien-ne-peut-pas-etre-antisemite-declare-le-pape-francois

« UN CHRÉTIEN NE PEUT PAS ÊTRE ANTISÉMITE ! » DÉCLARE LE PAPE FRANÇOIS - 

(70e  anniversaire (1943-2013), le 16 octobre prochain, de la rafle des juifs de Rome)

AUDIENCE À LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE ROME (TEXTE INTÉGRAL)

ROME, 11 OCTOBRE 2013 (ZENIT.ORG) PAPE FRANÇOIS

« C’est une contradiction qu’un chrétien soit antisémite. Ses racines sont un peu juives. Un chrétien ne peut pas être antisémite ! Que l’antisémitisme soit banni du cœur et de la vie de tout homme et de toute femme ! », déclare le pape François qui a reçu, ce vendredi matin, au Vatican, une trentaine de représentants de la Communauté juive de Rome.
Le pape invite à privilégier la culture de la rencontre et le dialogue de la vie pour développer des relations « d’amitié et de fraternité », « sans préjugés ni soupçons ». Il rappelle l’importance, pour la société, du socle commun des Dix commandements.
Il évoque aussi le 70e  anniversaire (1943-2013), le 16 octobre prochain, de la rafle des juifs de Rome, et de leur déportation au camp d’extermination d’Auschwitz, dont une seule femme reviendra, et quinze hommes. Il a pour cette occasion adressé un message spécifique à la Communauté juive de Rome.

Voici notre traduction intégrale du discours prononcé par le pape en italien.

Anita Bourdin

Discours du pape François

Chers amis de la communauté juive de Rome,

Shalom!

Je suis content de vous accueillir et d’avoir ainsi la possibilité d’approfondir et d’élargir la première rencontre que j’ai eue avec certains de vos représentants le 20 mars dernier. Je vous salue tous avec affection, en particulier le Grand Rabbin, le Dr Riccardo Di Segni, que je remercie des paroles qu’il m’a adressées. Egalement pour ce souvenir du courage de notre père Abraham lorsqu’il luttait avec le Seigneur pour sauver Sodome et Gomorrhe : « Et s’ils étaient trente, s’ils étaient vingt-cinq, et s’ils étaient vingt… » C’est bien une prière courageuse devant le Seigneur. Merci. Je salue aussi le président de la Communauté juive de Rome, le Dr Riccardo Pacifici, et le président de l’Union des communautés juives italiennes, le Dr Renzo Gattegna.
En tant qu’évêque de Rome, je sens particulièrement proche la vie de la Communauté juive de la Ville : je sais qu’avec plus de deux mille ans de présence ininterrompue, elle peut se vanter d’être la plus ancienne d’Europe occidentale. Depuis de nombreux siècles, donc, la Communauté juive et l’Eglise de Rome vivent ensemble dans cette ville, avec une histoire – nous le savons bien – qui a souvent été traversée par des incompréhensions et aussi d’authentiques injustices. Mais c’est une histoire qui, avec l’aide de Dieu, a désormais connu depuis de nombreuses décennies le développement de rapports amicaux et fraternels.
La réflexion du concile Vatican II a certainement contribué, côté catholique, à ce changement de mentalité, mais un apport non moindre est venu de la vie et de l’action, des deux côtés, d’hommes sages et généreux, capables de reconnaître l’appel du Seigneur, et de se mettre en marche avec courage sur des sentiers nouveaux de rencontre et de dialogue.
Paradoxalement, la tragédie commune de la guerre nous a enseigné à marcher ensemble. Dans quelques jours nous rappellerons le 70e  anniversaire de la déportation des juifs de Rome. Nous ferons mémoire et nous prierons pour tant de victimes innocentes de la barbarie humaine, pour leurs familles. Ce sera aussi l’occasion de garder notre attention toujours vigilante afin que, sous aucun prétexte, ne reprennent vie des formes d’intolérance et d’antisémitisme, à Rome et dans le reste du monde. Je l’ai dit d’autres fois, et j’aime à le répéter maintenant : c’est une contradiction qu’un chrétien soit antisémite. Ses racines sont un peu juives. Un chrétien ne peut pas être antisémite ! Que l’antisémitisme soit banni du cœur et de la vie de tout homme et de toute femme !
Cet anniversaire nous permettra aussi de rappeler comment, à l’heure des ténèbres, la communauté chrétienne de cette ville a su tendre la main au frère en difficulté. Nous savons comment de nombreux instituts religieux, des monastères et des basiliques papales elles-mêmes, interprétant la volonté du pape, ont ouvert leurs portes pour un accueil fraternel, et comment de nombreux chrétiens ordinaires ont offert l’aide qu’ils pouvaient donner, qu’elle fût petite ou grande.
Dans leur grande majorité, ils n’étaient certainement pas au courant de la nécessité de mettre à jour la compréhension chrétienne du judaïsme et peut-être connaissaient-ils bien peu de la vie même de la communauté juive. Mais ils eurent le courage de faire ce qui était à ce moment-là la chose juste : protéger le frère qui était en danger. J’aime à souligner cet aspect, parce que s’il est vrai qu’il est important d’approfondir, des deux côtés, la réflexion théologique par le dialogue, il est aussi vrai qu’il existe un dialogue vital, celui de l’expérience quotidienne, qui n’est pas moins fondamental. Et même, sans cela, sans une culture vraie et concrète de la rencontre, qui conduit à des relations authentiques, sans préjugés ni soupçons, l’engagement dans le domaine intellectuel ne servirait pas beaucoup. Ici aussi, comme j’aime à le souligner souvent, le Peuple de Dieu a son propre flair et il a l’intuition du sentier que Dieu lui demande de prendre. Dans ce cas, le sentier de l’amitié, de la proximité, de la fraternité.
J’espère contribuer, ici, à Rome, en tant qu’évêque, à cette proximité et à cette amitié, comme j’ai eu la grâce – parce que cela a été une grâce – de le faire avec la communauté juive de Buenos Aires. Parmi les nombreuses choses qui peuvent nous lier, il y a le témoignage à la vérité des Dix Paroles, le Décalogue, comme fondement solide et source de vie aussi pour notre société, si désorientée par un pluralisme extrême des choix et des orientations, et marquée par un relativisme qui conduit à ne plus avoir de points de référence solides et sûrs (cf. Benoît XVI, Discours à la synagogue de Rome, 17 janvier 2010, nn. 5-6).
Chers amis, je vous remercie de votre visite et j’invoque sur vous la protection et la bénédiction du Très-haut pour notre chemin commun d’amitié et de confiance. Puisse-t-Il, dans sa bienveillance, accorder à nos jours la paix. Merci.

Traduction de Zenit, Anita Bourdin

Beatrice Auricchio, Les enfants derrière fil de fer barbelé

26 janvier, 2013

 Beatrice Auricchio, Les enfants derrière fil de fer barbelé dans 27 Janvier : Le jour de la memoire

http://archiviofotobibliotecaminio.blogspot.it/2010/12/blog-post_6179.html

27 JANVIER: LE JOUR DE LA MEMOIRE: LES CHAMBRES A GAZ

26 janvier, 2013

http://shoah-solutionfinale.fr/chambgaz.htm

27 JANVIER: LE JOUR DE LA MEMOIRE

(Quoi que j’essaie de me souvenir de l’Holocauste est terrible et vous ne pouvez pas et ne doit pas éviter, en italien j’ai trouvé les histoires, les témoignages, les écrits de Primo Levi parnoi dobbiamo ricodare quello che è accaduto exemple, mais en français, je ne sais pas comment chercher, nous devons nous rappeler ce qui s’est passé)

LES CHAMBRES A GAZ

La « Solution finale » était le nom de code nazi pour la destruction délibérée, programmée, des Juifs d’Europe

Gazage : David Olère

Les chambres à gaz constituent un dispositif essentiel de l’univers concentrationnaire nazi. Lors de la Première Guerre mondiale, les Allemands avaient utilisé des gaz toxiques dans les combats ; mais, pour la première fois dans l’histoire, des civils non combattants sont systématiquement gazés dans des pièces spécialement construites et conçues à cet effet.
Le gazage des Juifs et d’autres civils a connu trois phases. En 1940-1941, les victimes étaient enfermées dans des camions, à l’intérieur desquels les gaz d’échappement étaient envoyés jusqu’à ce que la mort s’ensuive par suffocation. Cette méthode et des injections de substances mortelles furent utilisées contre les handicapés mentaux ou physiques, jusqu’à ce que cette politique cesse sous la pression des familles, des amis et des pasteurs. Quand il fallut utiliser contre les Juifs, les chefs des Einsatzgruppen se plaignirent de la lenteur de cette méthode et du fait que l’évacuation des corps était pénible pour les soldats.
On construisit donc dans un deuxième temps une chambre à gaz à Chelmno (Kulmof) qui, le 8 décembre 1941, devenait le premier centre opérationnel d’extermination.
La troisième phase vit la construction des énormes chambres à gaz d’Auschwitz, de Treblinka et des autres camps de la mort, en 1943.
Source : Alan.Berger. « Le livre noir de l’humanité ». Encyclopédie mondiale des génocides. Éditions Privat. 2001.

LES ASSASSINATS PAR GAZAGES, UN BILAN
Par l’Institut für Zeitgeschichte. Introduction à la version française.
Ce texte est la traduction de la version anglaise d’un résumé publié en 1992 par l’Institut für Zeitgeschichte de Munich, l’un des principaux centres de recherche historique allemand sur le régime nazi et le génocide. Les remarques entre [] sont dues au traducteur (Gilles Karmasyn).
Sur l’assassinat par gazage dans les camps d’extermination et de concentration sous le régime nazi.
Le meurtre systématique d’êtres humains par l’utilisation de gaz pendant le régime nazi fut employé à partir de janvier 1940 dans le cadre de l’opération dite d’« Euthanasie », l’extermination des « vies ne valant pas la peine d’être vécues » des handicapés, handicapés mentaux et malades en phase terminale. À partir de l’automne 1941 cette opération fut continuée sur une bien plus grande échelle par les pogromes entrepris par les Einsatzgruppen de la Police de Sécurité [Sicherheitspolizei, N.d.T.] du SD [Sicherheitsdienst, Service de Sécurité, N.d.T.], dans les territoires conquis, à l’aide des camions à gaz itinérants.
A partir de décembre 1941, on a commencé à utiliser dans le camp de Kulmhof (le nom polonais de Chelmno) des camions à gaz fixes pour l’assassinat des Juifs, puis à partir de début 1942, des chambres à gaz furent construites dans différents camps, ou des bâtiments existant furent transformés dans ce but [en chambres à gaz, N.d.T.]. [Il s'agit des camps de l'opération Reinhard, Belzec, Sobibor, Treblinka, mais aussi d'Auschwitz-Birkenau, N.d.T.]
Il nous faut distinguer entre les gazages de masse des Juifs dans les camps d’extermination construits à cet effet et les gazages à plus petite échelle dans des camps déjà existant (où des patients, des déportés réduits en esclavage, des prisonniers de guerre et des prisonniers politiques, entre autres, furent également victimes [des gazages, N.d.T.]).
Liste des différents camps d’extermination :
Kulmhof (ou Chelmno), dans ce qui était alors le Wartheland, où, entre décembre 1941 et l’automne 1942, puis de nouveau de mai à août 1944, eurent lieu des gazages par monoxyde de carbone contenu dans les gaz d’échappement émis par des moteurs [diesel, N.d.T.]. Au total, plus de 150 000 Juifs ainsi que 5000 Tziganes y furent assassinés.
Belzec (dans le district de Lublin qui faisait alors partie du Gouvernement général) : de mars à décembre 1942, d’abord dans trois puis, plus tard, dans six grandes chambres à gaz, environ 600 000 Juifs furent assassinés par gazages au monoxyde de carbone de gaz d’échappement émis par des moteurs.
Sobibor (dans le district de Lublin, dans le Gouvernement général), fut dotée en avril 1942 de trois chambres à gaz, puis en septembre de la même année de six chambres à gaz et fonctionna jusqu’en octobre 1943. Pendant cette période, au moins 200 000 Juifs y furent assassinés par gazages au monoxyde de carbone.
Treblinka (district de Warschau, dans le Gouvernement général) fut dotée de trois chambres à gaz en juillet 1942, puis de dix chambres à gaz supplémentaires plus grandes début septembre 1942. Jusqu’au démantèlement du camp, en novembre 1943, environ 700 000 Juifs y furent assassinés par gazages au monoxyde de carbone.
Majdanek (district de Lublin, Gouvernement général) : le camp de concentration qui existait depuis septembre 1941 fut transformé en camp d’extermination lorsque, entre avril 1942 et novembre 1943 des exécutions de masse y eurent lieu. Ces exécutions [par balles, N.d.T.] firent 24 000 victimes juives. En octobre 1942, deux chambres à gaz furent construites, auxquelles une troisième serait ajoutée plus tard. Au début les meurtres y furent accomplis au moyen de monoxyde de carbone, mais on utilisa bientôt le Zyklon B (un insecticide extrêmement toxique à base d’acide cyanhydrique). Jusqu’au démantèlement du camp, en mars 1944, environ 50 000 Juifs y furent gazés.
Auschwitz-Birkenau (en haute Silésie, partie polonaise annexée au Reich en 1939, au sud-est de Kattowitz) : le camp d’extermination de Birkenau fut établi dans la seconde moitié de 1941. Il était associé au camp de concentration d’Auschwitz, qui existait depuis mais 1940 [Ce premier camp était désigné Auschwitz I et Birkenau Auschwitz II, N.d.T.]. A partir de janvier 1942 on entreprit la construction de cinq chambres à gaz, puis à la fin juin 1943 on construisit quatre grandes chambres à gaz supplémentaires. Jusqu’en novembre 1944, plus d’un million de Juifs et au moins 4000 Tziganes y furent assassinés par gazages [à l'acide cyanhydrique émis par le Zyklon B, N.d.T.]

LISTE DES CAMPS DE CONCENTRATION OÙ DES CHAMBRES À GAZ FURENT INSTALLÉES ET UTILISÉES :
Mauthausen (au nord de l’Autriche) : à l’automne 1941 une chambre à gaz utilisant du Zyklon B fut opérationnelle. D’autre part, des gazages au monoxyde de carbone eurent lieu dans des camions à gaz qui étaient conduits entre Mauthausen et son camp annexe, Gusen. Au total, plus de 4000 personnes furent assassinées par gazages.
Neuengamme (au sud-est de Hambourg) : à partir de l’automne 1942, des gazages avec du Zyklon B eurent lieu dans un « Bunker » spécialement aménagé. Ils firent environ 450 victimes.
Sachsenhausen (dans la province de Brandeburg, au nord de Berlin) a été doté à la mi-mars 1943 d’une chambre à gaz qui fonctionnait avec du Zyklon B. Plusieurs milliers de personnes y furent assassinées. Un chiffre plus précis ne peut être déterminé.
Natzweiler (à Struthof, en Alsace) : une chambre à gaz y fut utilisée d’août 1943 à août 1944. Entre 120 et 200 personnes y furent assassinées avec du Zyklon B dans le but de disposer de leur squelette pour l’Institut anatomique de Strasbourg. Cet institut était alors dirigé par un Haumptsturmführer SS, le professeur August Hirt.
Stutthof (à l’est de Danzig) fut doté en juin 1944 d’une chambre à gaz dans laquelle plus de 1000 personnes furent assassinées avec du Zyklon B.
Ravensbrück (dans le Brandeburg, au nord de Berlin) : c’est en janvier 1945 qu’une chambre à gaz y fut installée. Le nombre de personnes qui y furent assassinées s’élève à au moins 2300.
Dachau (au nord de la Bavière, au nord est de Munich) : au moment de l’érection d’un nouveau crématoire en 1942, une chambre à gaz y fut également installée. Le docteur et Haumptsturmführer SS Rascher y entreprit des gazages expérimentaux en relation avec ses expériences médicales. Ceci est confirmé par les recherches les plus récentes (voir Gunther Kimmel, The Concentration Camp Dachau. A study of the Nazi crimes of violence in Bavaria in the NS-time, II, Martin Broszat et Elke Froehlich éditeurs, R. Oldenburg Press, Munich, 1979, p. 391). Aucune opération de gazage de plus grande envergure n’eut lieu à Dachau.
Les victimes des Einsatzgruppen de la Police de Sécurité [Sicherheitspolizei, N.d.T.] du SD à l’arrière du front russe furent en majorité des Juifs. Leur nombre est estimé au minimum à 900 000 victimes [de récentes recherches semblent démontrer que le nombre réel fut beaucoup plus élevé, notamment chez les Juifs d'Union soviétique. Voir Jeremy Noakes et Geoffrey Pridham, Nazism 1919-1945. A documentary reader, Exceter 1983-1988, p. 1208, cité par Tim Kirk, The Longman companion to Nazi Germany, Longman, 1995, p. 172. N.d.T.]
La différence entre le total des victimes par gazage citées dans la liste ci-dessus ajoutées au nombre de victimes des Einsatzgruppen et le nombre de total d’environ 6 millions de victimes des persécutions nazies contre les Juifs, provient du fait qu’un pourcentage élevé des victimes sont mortes des suites de mesures d’extermination indirectes comme « la destruction par le travail », les mauvais traitements, la faim, les épidémies et l’épuisement durant les transports, etc.
Environ 120 000 personnes ont été assassinées dans le cadre de l’opération nazie dite d’« Euthanasie »
Complément bibliographique à la version française:
On renverra pour toutes les questions abordées dans ce texte à l’ouvrage de Eugen Kogon, Herrmann Langbein, Adalbert Rückerl, Les chambres à gaz secret d’État, Seuil, Points Histoire, 1987.
L’ouvrage de Germaine Tillion, Ravensbrück, Seuil, 1988, contient des études détaillées des chambres à gaz de Ravensbrück, Mauthausen, Harteim, Dachau, et de la tentative de construction d’une chambre à gaz à Buchenwald (construction sabotée par les prisonniers, ce qui fait qu’il n’y eut pas de chambre à gaz à Buchenwald). Traduction copyright © Gilles Karmasyn 2000

DESCRIPTION D’ UNE « ACTION SPÉCIALE » : LE GAZAGE DES DÉTENUS
Journal personnel tenu par le docteur Johan Paul Kremer, professeur à l’Université de Munster, l’un des médecins affectés au camp d’Auschwitz-Birkenau.
2 Septembre 1942. Ce matin à 3 heures, j’ai assisté pour la première fois à une « action spéciale ». En comparaison, l’enfer de Dante, me paraît une comédie. Ce n’est pas pour rien qu’Auschwitz est appelé un camp d’extermination.
5 septembre 1942. Aujourd’hui, à midi, « action spéciale » dans le camp de concentration des femmes : les « Musulmanes » (A Auschwitz on appelait « Musulmans » les détenus parvenus au dernier degré de la misère psychologique). Le plus horrible de l’horrible. le Dr Thilo avait bien raison de me dire ce matin que nous trouvons ici dans l’anus mundi . Ce soir, vers 8 heures, j’ai assisté à une « action spéciale » de Hollandais. Tous les hommes tiennent à prendre part à ces opérations, à cause des rations spéciales qu’ils touchent à cette occasion : 1/5 de litre de schnapps, 5 cigarettes, 100 grammes de saucisson et pain.
Dans une autre partie de son témoignage, le Dr Kremer décrit l’ »action spéciale » du 2 septembre et d’autres opérations de gazage.
Cet assassinat en masse eut lieu hors du camp de Birkenau, dans de petites maisons situées dans la forêt. Les SS les appelaient bunker dans leur argot. Tous les médecins du service de santé du camp prenaient part à ces gazages, à tour de rôle. Ma participation à ces gazages qualifiées d’ »actions spéciales » consistait à me tenir prêt à intervenir à un endroit au voisinage du bunker…
J’ai suivi un convoi jusqu’au bunker. On conduisait les prisonniers d’abord à des baraquements , où ils se déshabillaient ; de là, ils se rendaient nus dans les chambres à gaz. La plupart du temps, les choses se passaient calmement, car les SS tranquillisaient les gens en leur disant qu’ils allaient au bain et à l’épouillage. Quand tous avaient été poussés dans une chambre à gaz, on fermait la porte, et un SS muni d’un masque à gaz jetait le contenu d’une boite à gaz par une ouverture pratiquée sur le mur du côté. Par cette ouverture, on percevait les cris et les lamentations des victimes, on entendait leur agonie. Mais cela était très court. Je pense que cela ne durait pas plus de quelques minutes, mais je ne suis pas en mesure de le préciser.
Source : Journal du Dr Kremer , publié dans K. Smolené , Auschwitz vu par les SS, Musée d’État d’Oswiecim, 1974, pp. 212-217.

COMMENT LES FEMMES ET LES ENFANTS ÉTAIENT CONDUITS AUX CHAMBRES A GAZ
Enfants juifs de Lotz ( Pologne ) en partance pour les camps d’extermination
Témoignage du commandant du camp d’Auschwitz
Dans cette ambiance inhabituelle, les enfants en bas âge se mettaient généralement à pleurnicher. Mais après avoir été consolés par leur mère ou par les hommes du commando, ils se calmaient et s’en allaient vers les chambres à gaz en jouant ou en se taquinant, un joujou dans les bras.
J’ai parfois observé des femmes conscientes de leur destin qui, une peur mortelle dans le regard, trouvaient encore la force de plaisanter avec leurs enfants et de les rassurer.
L’une d’elles s’approcha de moi en passant et chuchota, en me montrant ses quatre enfants qui se tenaient gentiment par la main pour aider le plus petit à avancer sur un terrain difficile :  » Comment pouvez-vous prendre la décision de tuer ces beaux petits enfants ? Vous n’avez donc pas de coeur. »
J’entendis aussi les paroles cinglantes d’un vieil homme qui se tenait tout près de moi ;  » Ce massacre des Juifs, l’Allemagne le paiera très cher. » Je lisais la haine dans ses yeux. Mais il entra calmement dans la chambre à gaz, sans se préoccuper des autres.
Source : Rudölf Höss, Le Commandant d’Auschwitz parle, Paris, Julliard, 1959, p 176.

A L’ OUVERTURE DES PORTES DES CHAMBRES A GAZ:LES CADAVRES
Témoignage du Dr Nyizli, médecin légiste hongrois, qui a assisté à un grand nombre de gazages, mais qui par chance a réussi à survivre.
Un tableau horrible s’offre alors aux yeux des spectateurs. Les cadavres ne sont pas couchés un peu partout en long et en large dans la salle, mais entassés en un amas de toute la hauteur de la pièce. L’explication réside dans le fait que le gaz inonde d’abord les couches inférieures de l’air et ne monte que lentement vers le plafond. C’est cela qui oblige les malheureux à se piétiner et à grimper les uns sur les autres. Quelques mètres plus haut, le gaz les atteint un plus tard. Quelle lutte désespérée pour la vie ! Cependant il ne s’agissait que d’un répit de deux ou trois minutes. S’ils avaient su réfléchir, ils auraient réalisé qu’ils piétinaient leurs enfants, leurs parents, leur femme. Mais ils ne peuvent réfléchir. Leurs gestes ne sont plus que des réflexes automatiques de l’instinct de conservation. Je remarque qu’en bas du tas de cadavres se trouvent les bébés , les enfants, les femmes et les vieillards ; au sommet, les plus forts. Leurs corps, qui portent de nombreuses égratignures, sont souvent enlacés. Le nez et la bouche saignants, le visage tuméfié et bleu, déformé, les rendent méconnaissables.
Source : Dr Miklos Nyiszli, Médecin à Auschwitz : souvenirs d’un médecin déporté, Paris, Julliard, 1961, pp. 57-58.

LES CHAMBRES A GAZ A AUSCHWITZ
Le Zyklon B, un poison foudroyant pour l’être humain.
À Auschwitz, les locaux de gazage faisaient partie des crématoires (on appelle alors « crématoire » un bâtiment incluant en un même lieu les salles de déshabillage, chambres à gaz et salles des fours). À Auschwitz il y a cinq crématoires appelés K I, K II, K III, K IV et K V (K I à Auschwitz I, les autres à Auschwitz II c’est-à-dire Birkenau). Les crématoriums diffèrent dans leur conception; les K II et K III ont leurs salle de déshabillage et chambre à gaz enterrées alors que les K IV et K V ont toutes leurs pièces constitutives en terre plein. En plus de ces Krematorium, il y avait dans le bois à la lisière extérieure du camp de Birkenau des chambres à gaz dans deux lieux appelés Bunker. Les deux Bunker ont été utilisés avant la construction des K II à V. Il s’agissait au départ de chaumières paysannes existant antérieurement au camp et appartenant à des paysans polonais qui en ont été expropriés. Ils ont ensuite été l’objet de travaux destinés à les adapter à leurs fonctions sur ordre de R. Höß le commandant du camp, qui tenait lui-même ses ordres de Himmler. La capacité de ces Bunker était bien inférieure à celle des crématoires. Les Bunker 1 et 2 ont cessé d’être utilisés lorsque les Krematorium ont été terminés. Le Bunker 1 (deux chambres à gaz) a alors été détruit. Le Bunker 2 (quatre chambres à gaz) en revanche a été conservé et remis en service lors des transports massifs de Juifs hongrois durant l’année 44 car les quatre crématoires n’y suffisaient pas. Pour certaines, les chambres à gaz prenaient l’apparence anodine de salles de douches pouvant contenir simultanément jusqu’à 3 000 personnes pour les K II et III et 2 000 pour les K IV et V.
Méthode
Une fois les portes fermées, un officier SS versait les cristaux de Zyklon B par des ouvertures dans le toit qu’il obturait ensuite par des dalles en béton (aux K I, K II et K III) ou par des lucarnes de bois en haut des murs (aux Bunkers et aux K IV et K V). Dans le premier cas, le produit tombait dans des colonnes creuses jalonnant la chambre d’où le gaz commençait à diffuser. La mort survenait progressivement après 6 à 20 minutes (variable selon la quantité de personnes dans la salle et la chaleur) de convulsions et d’étouffement. Après un délai qui était jugé convenable par un médecin SS regardant pour cela dans la pièce par un judas, on ouvrait les portes. Peu après, dans les crématoires équipés de ventilation, les cadavres étaient sortis de la chambre à gaz. Là, un Kommando était chargé de raser les cheveux des femmes et de récupérer les objets de valeur, y compris les dents en or. Ensuite, ces prisonniers devaient empiler les cadavres dans des monte-charges vers la salle des fours aux K II et III parce que les chambres à gaz y étaient au sous-sol.
Source : © Extrait d’un article sur les chambres à gaz

Le 19 avril 2012 (27 nissan dans le calendrier hébraïque) est la journée de commémoration de l’holocauste.

19 avril, 2012

http://www.lehelloco.fr/yom-hashoah-journee-de-commemoration-de-lholocauste/

Le 19 avril 2012 (27 nissan dans le calendrier hébraïque) est la journée de commémoration de l’holocauste.

6 millions de juifs ont été tués par la folie nazie. En ce jour de souvenir je repense à ce voyage fait avec des jeunes lycéens de Saint-Maur à Auschwitz en plein hiver 2009. Ce voyage au milieu de l’horreur m’a marqué à tout jamais. On ne peut imaginer les conditions d’horreur sans avoir été devant ces valises, ces chaussures, ces cheveux, ces bâtiments froids,…
La ville de Saint-Maur a été touchée dans sa chair, dans son coeur par cet holocauste. Je pense aujourd’hui aux familles qui ont été personnellement touchées et qui sont nombreuses dans notre ville. Je pense également à ces 18 enfants de l’orphelinat Beiss Yessoïmim du 30 rue Saint-Hilaire et aux 10 enfants et au personnel de la pension Zysman 57 rue Georges Clémenceau, enlevés dans la nuit du 21 au 22 juillet 44. Ils sont partis pour Drancy puis pour Auschwitz pour ne jamais revenir…
J’ai également une pensée pour nos amis de notre ville jumelle de Ramat Ha-Sharon qui aujourd’hui commémorent Yom HaShoah.

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