Archive pour la catégorie 'Sainte Famille de Nazareth'

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II – DIMANCHE DE LA SAINTE FAMILLE, LE 31 DÉCEMBRE 1978

29 décembre, 2016

https://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/homilies/1978/documents/hf_jp-ii_hom_19781231_chiesa-gesu.html

TE DEUM D’ACTION DE GRÂCE DE FIN D’ANNÉE

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II – DIMANCHE DE LA SAINTE FAMILLE, LE 31 DÉCEMBRE 1978

(le 1978 était l’année C, je pense)

Eglise du « Gesù », Rome

Très chers frères et sœurs,

Je veux avant tout vous saluer tous, vous qui êtes venus ici, Romains ou non, pour célébrer religieusement la fin de l’année 1978. Je salue cordialement le Cardinal-vicaire, mes frères évêques, les représentants des autorités civiles, les prêtres, les religieuses, les religieux, particulièrement ceux de la Compagnie de Jésus, avec leur Père général.
1. Ce dimanche dans l’octave de Noël unit dans la célébration liturgique la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. La naissance d’un enfant marque toujours le début d’une famille. La naissance de Jésus à Bethléem a marqué le début de cette famille unique et exceptionnelle dans l’histoire de l’humanité. Dans cette famille est venu au monde, a grandi et a été formé le Fils de Dieu, conçu et né de la Vierge-Mère, et qui en même temps a été dès le début confié aux soins authentiquement paternels de Joseph, le charpentier de Nazareth. Devant la loi juive, celui-ci était l’époux de Marie, et devant l’Esprit-Saint il fut son digne époux et — vraiment et paternellement — le protecteur du mystère maternel de son épouse.
La famille de Nazareth, que l’Église met devant les yeux de toutes les familles, surtout dans la liturgie d’aujourd’hui, constitue effectivement le point de référence culminant pour la sainteté de toute famille humaine. L’histoire de cette famille est rapportée d’une façon très concise dans l’Évangile. Nous en connaissons tout juste quelques événements. Mais ce que nous en savons nous suffit pour pouvoir en insérer les moments fondamentaux dans la vie de toute famille et pour faire apparaître la dimension à laquelle sont appelés tous ceux qui vivent la vie de famille : pères, mères, enfants. L’Évangile montre avec beaucoup de clarté l’aspect éducatif de la famille : « ll revint à Nazareth et il leur était soumis. » (Lc 2, 51.) Pour les jeunes générations, cette « soumission » est nécessaire, dans l’obéissance, la disposition à accepter les exemples mûris de la famille et de son comportement humain. C’est ainsi qu’était « soumis » Jésus lui-même. Et c’est cette « soumission », cette disposition de l’enfant à accepter les exemples du comportement humain qui doivent servir de mesure aux parents dans toute leur conduite. C’est le point particulièrement délicat de leur responsabilité de parents, de leur responsabilité devant l’homme, devant ce petit homme appelé à grandir qui leur est confié par Dieu. Ils doivent aussi avoir présent à l’esprit tout ce qui s’est passé dans la vie de la famille de Nazareth lorsque Jésus avait douze ans. C’est-à-dire qu’ils doivent éduquer leur enfant non seulement pour eux, mais pour lui, pour les tâches qu’il devra assumer par la suite. Lorsqu’il avait douze ans, Jésus a répondu à Marie et à Joseph : « Ne saviez-vous pas que je dois m’occuper des choses de mon Père ? » (Lc 2, 49.)
2. Les problèmes humains les plus profonds sont liés à la famille. Elle constitue pour l’homme la communauté première, fondamentale et irremplaçable. « Cette mission d’être la cellule première et vitale de la société, la famille l’a reçue de Dieu », dit le IIe Concile du Vatican (Décr. Apostolicam actuositatem, 11). De cela aussi l’Église veut donner un témoignage particulier pendant l’octave de Noël avec la fête de la Sainte Famille. Elle veut rappeler qu’à la famille sont liées des valeurs fondamentales qu’on ne peut violer sans dommages incalculables de nature morale. Les considérations matérielles et le point de vue « économique et social » l’emportent souvent sur les principes de la morale chrétienne et même humaine. Il ne suffit pas alors d’exprimer seulement des regrets. ll faut défendre ces valeurs fondamentales avec ténacité et fermeté, parce que leur violation apporte des maux incalculables à la société et, en dernière analyse, à l’homme. L’expérience des différentes nations dans l’histoire de l’humanité, comme notre expérience contemporaine, peuvent servir d’arguments pour réaffirmer cette douloureuse vérité que, dans la sphère fondamentale de la vie humaine où le rôle de la famille est décisif, il est facile de détruire les valeurs essentielles, mais il est très difficile de les reconstruire.
De quelles valeurs s’agit-il ? Pour donner une réponse satisfaisante à cette question il faudrait indiquer la hiérarchie et tout un ensemble de valeurs qui se définissent et se conditionnent réciproquement. Mais, voulant nous exprimer d’une façon concise, nous dirons qu’il s’agit ici de deux valeurs fondamentales qui entrent rigoureusement dans le contexte de ce que nous appelons « l’amour conjugal ». La première, c’est la valeur de la personne, qui s’exprime dans l’absolue fidélité réciproque, jusqu’à la mort : fidélité du mari à sa femme et fidélité de la femme à son mari. La conséquence de cette affirmation de la valeur de la personne, qui s’exprime dans la relation réciproque entre mari et femme, doit aussi être le respect de la valeur personnelle de la nouvelle vie, c’est-à-dire de l’enfant, depuis le premier instant de sa conception.
L’Église ne peut jamais se dispenser de l’obligation de sauvegarder ces deux valeurs fondamentales, liées à la vocation de la famille. Leur sauvegarde a été confiée à l’Église par le Christ d’une façon qui ne laisse subsister aucun doute. En même temps, l’évidence de ces valeurs — humainement parlant — fait que l’Église, en les défendant, se fait porte-parole de l’authentique dignité de l’homme, du bien de la personne, de la famille, des nations. Tout en gardant notre respect pour tous ceux qui pensent autrement, il est difficile de reconnaître, d’un point de vue objectif et impartial, que correspond à la vraie dignité humaine le comportement de quiconque trahit la fidélité conjugale ou permet que soit anéantie, détruite, la vie conçue dans le sein maternel. En conséquence, on ne peut considérer que les programmes qui suggèrent, facilitent, admettent un tel comportement, servent le bien objectif de l’homme, le bien moral, qu’ils contribuent à rendre la vie humaine vraiment plus humaine, vraiment plus digne de l’homme, qu’ils servent à construire une société meilleure.
3. Ce dimanche est aussi le dernier jour de l’année 1978. Nous sommes réunis ici, en cette liturgie, pour remercier Dieu de tout le bien qu’il nous a donné et de celui qu’il nous a permis de faire pendant cette année qui s’achève, et pour lui demander pardon de tout ce qui, étant contraire au bien, est aussi contraire à sa sainte volonté.
Permettez que dans cette action de grâce et cette demande de pardon je prenne encore pour critère la famille, mais cette fois-ci dans un sens plus large. Dieu étant Père, le critère de la famille a aussi cette dimension : il se réfère à toutes les communautés humaines, aux sociétés, aux nations, aux pays ; il se réfère à l’Église et à l’humanité.
Au terme de cette année, remercions Dieu de tout ce par quoi — dans les différents domaines de la vie terrestre — les hommes, qui ont un même père, deviennent encore plus « famille », c’est-à-dire plus frères et sœurs. En même temps, demandons pardon de tout ce qui est étranger à cette fraternité humaine, de ce qui détruit l’unité de la famille humaine, la menace, l’entrave.
C’est pourquoi, ayant toujours devant les yeux mon grand prédécesseur Paul VI et le très cher Pape Jean-Paul Ier, moi leur successeur en l’année de la mort de l’un et de l’autre, je dis aujourd’hui : « Notre Père qui es aux cieux, accepte-nous en ce dernier jour de l’année 1978 dans le Christ-Jésus, ton Fils éternel, et en lui, guide-nous en avant, vers l’avenir. Vers l’avenir que toi-même désires, Dieu de l’amour, Dieu de la vérité, Dieu de la vie. »
C’est avec cette prière sur les lèvres que moi, successeur des deux Papes morts cette année, je franchis avec vous la frontière qui, dans quelques heures, séparera l’année 1978 de l’année 1979.

Sainte Anne et Saint Joachim L’origine humaine de Jésus. – 26 juillet

25 juillet, 2009

du site:

http://vallee-aisne60.cef.fr/?lang=fr

Paroisse Vallée de l’Aisne Oise

Du dimanche 26 juillet 2009 à 00:00 au lundi 27 juillet 2009 à 00:00
Fête des saints. Juillet : Sainte Anne et Saint Joachim

0726. Sainte Anne et Saint Joachim L’origine humaine de Jésus.

« À vous, il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux ». Cette parole de l’Évangile s’adresse à chacun de nous qui connaissons Marie, la mère de Jésus. Anne et Joachim, parents de la Vierge Marie, sont la dernière préparation à la venue de Jésus. Le Sage du premier testament regarde les patriarches vertueux et généreux. Anne et Joachim sont de ceux là. La Parole de Dieu donne aussi la généalogie de Jésus dans laquelle il y a beaucoup de brisures, de ruptures, de lieux douloureux et difficiles. Cependant tout reprend sens dans le mystère de Marie. Dieu respecte profondément les lois de la nature. Il est à la fois d’une liberté totale par rapport à ces lois, Il est souverainement libre de tous les conditionnements de la nature.

Tout l’univers préparait la venue de Jésus, et au cœur de l’univers, l’homme et la femme dans leur mystère.Sainte Anne et saint Joachim n’étaient pas immaculés, ils étaient pécheurs tout comme nous. Quand nous fêtons sainte Anne et saint Joachim, nous pouvons, faire un petit retour en arrière. C’est l’histoire de l’humanité à la fois glorieuse, et douloureuse, en vue de la venue de la petite Marie, la mère de Jésus. Dieu prépare d’une manière admirable la venue de son Fils. Tout l’univers matériel prépare la venue de Jésus. Ainsi toute la création est une merveilleuse préparation à la venue de Jésus et de Marie. Non seulement toute la création prépare la venue de Jésus, mais le sommet de la création, « l’homme et la femme », dans leur mystère sont participants de cette venue. L’Esprit Saint est à l’œuvre dés l’origine. Tout ce que nous sommes est repris dans le Christ.

« Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez, heureuses les oreilles qui entendent ce que vous entendez ».En fêtant sainte Anne et saint Joachim nous contemplons la manière dont Dieu conduit chacune de nos vies. Nous chantions l’harmonie merveilleuse de la nature et de la grâce. Nous prions que Dieu guérisse les déchirures et les brisures de l’humanité. Au cœur de cette création, nous portons une vie étonnante sous le regard de Dieu. En participant au mystère pascal, nous avons compris comment Dieu se donne à nous, « nos yeux sont heureux », nos oreilles jubilent de ce qu’elles entendent.Quand nous célébrons l’Eucharistie, tout est récapitulé dans le Christ. En effet Jésus est venu pour chacun d’entre nous. « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ; heureuses les oreilles qui entendent ce que vous entendez ».

28 décembre fête de la Saint Famille – évangile et commentaire

27 décembre, 2008

du site:

http://missel.free.fr/Annee_B/noel/ste_famille_3.html

Evangile

Sainte-Famille

Suite du saint Évangile de notre Seigneur
Jésus-Christ selon Saint Luc (II 22-40).

Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem[1] pour le présenter au Seigneur[2], selon ce qui est écrit dans la Loi : « Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.[3] » Ils venaient aussi présenter en offrande la sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : « un couple de tourterelles ou deux petites colombes.[4] »

Or, il y avait à Jérusalem[5] un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël[6], et l’Esprit Saint était sur lui[7]. L’Esprit lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur[8]. Poussé par l’Esprit, Syméon vint au Temple[9].

Les parents y entraient avec l’enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. Syméon prit l’enfant dans ses bras[10], et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix[11], selon ta parole[12]. Car mes yeux ont vu ton salut[13], que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple[14]. » Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qu’on disait de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie, sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division[15]. – Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée[16]. – Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre[17]. »

Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser[18]. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l’âge de quatre-vingt-quatre ans[19]. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S’approchant d’eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem[20].

Lorsqu’ils eurent accompli tout[21] ce que prescrivait la loi du Seigneur[22], ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant grandissait et se fortifiait[23], tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

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[1] C’est un petit enfant, et il est l’Ancien des jours. C’est un enfant âgé de quarate jours, et il est antérieur à tous les siècles ; c’est un enfant qu’on allaite, et c’est lui qui a fait les siècles, et qui donne à tout être vivant sa nourriture ; c’est un enfant qui pleure, et c’est lui qui donne au monde toutes ses joies ; c’est un petit enfant enveloppé de langes, et c’est lui qui me délivre des liens du péché ; il repose dans les bras de sa mère et il demeure dans le sein de son Père. Je vois un enfant et je reconnais en lui mon Dieu. je vois un enfant qui vient de Bethléem à Jérusalem et qui ne quitte pas la Jérusalem céleste. Je vois un enfant qui, sur terre, dans le Temple, offre une hostie selon la prescription de la Loi, et qui dans le ciel reçoit toutes le hosties qu’offre la religion (…) Il est à la fois le don et le temple ; à la fois le pontife et l’autel (…) c’est le même qui offre et le même qui est offert, victime du monde entier (…) Il est à la fois l’agneau et le feu du sacrifice, il est à la fois l’holocauste et le glaive spirituel qui immole la victime (…) Il est à la fois la Loi et celui qui accomplit la Loi (saint Cyrille de Jérusalem : « Oratio in occursum Domini et Salvatoris Jesu Christ, et in Symeonem qui Deum suscepit », IV, V & XII).

[2] Il n’avait pas besoin d’être présenté à Dieu puisqu’il était toujours présent à Dieu ; mais toutes ces choses étaient faites pour nous. De même qu’il s’est fait homme, non pour lui, mais pour nous, afin que nous devenions des dieux, de même, il est offert pour nous, afin de nous apprendre à nous offrir nous-mêmes (saint Athanase : « De sabattis et circumcisione »).

[3] La présentation au Temple est l’application du principe des prémices aux hommes et aux animaux : « tout ce qui ouvre le sein » doit être donné à Dieu (le premier-né peut être fils unique, Zacharie, XII 10). Mais, tandis que l’animal est sacrifié (Exode, XIII 15), l’enfant est racheté au prix de cinq sicles (Nombres, III 47). Certains savants ont pensé qu’il y eut a l’origine des sacrifices d’enfants, mais la Loi mosaïque est précise (Exode, XIII 13) : Yahvé refuse tout sacrifice humain (Genèse, XXII 12). Ce don rappelle le souvenir de la nuit où Yahvé fit périr tous les premiers-nés d’Égypte ; ceux des Hébreux ayant été préservés, ils lui appartiennent ; plus tard, ce sera l’ensemble des Lévites qui seront consacrés à Dieu au lieu des premiers-nés de toutes les tribus (Nombres, III 12), mais la nécessité du rachat demeure. Ainsi s’explique la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem : premier-né de la Vierge, il est racheté par une offrande qui est celle des pauvres (Lévitique, V 7).

[4] La tourterelle est un symbole de douceur (Psaume LXXIV 19) Avec la colombe, c’est le seul oiseau pouvant être offert en sacrifice : un couple était prescrit pour le sacrifice de purification pour la mère (Lévitique XII).

[5] L’on était donc dans la ville sainte, dans le temple où gravitait toute l’histoire d’lsraël et où convergeaient les espérances fondées sur les anciennes promesses et prophéties (Jean-Paul II : audience générale du 20 juin 1990).

[6] C’etait bien là le juste parfait, car il attendait le salut non pas seulement pour lui, mais pour tout son peuple (saint Ambroise : commentaire de l’évangile selon saint Luc, II 58).

[7] Cet homme, qui attendait la « consolation d’Israël », c’est-à-dire le Messie, avait été spécialement préparé par l’Esprit Saint à la rencontre avec « Celui qui devait venir. » Nous lisons en effet que l’Esprit Saint reposait sur lui, c’est-à-dire agissait en lui de façon habituelle, et « il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. » Selon le texte de saint Luc, cette attente du Messie, débordant de désir, d’espoir et de l’intime conviction qu’il lui aurait été concédé de le voir de ses propres yeux, est un indice de l’action de l’Esprit Saint, qui inspire, éclaire et fait agir. En effet, le jour où Marie et Joseph amenèrent Jésus au Temple, Syméon s’y rendit aussi, « poussé, comme le dit saint Luc, par l’Esprit. » L’inspiration de l’Esprit Saint lui annonce non seulement la rencontre avec le Messie, lui suggère non seulement d’aller au Temple, mais le fait agir et l’y conduit presque ; et une fois arrivé au Temple, lui permet de reconnaîre dans l’enfant Jésus, fils de Marie, celui qu’il attendait (Jean-Paul II : audience générale du 20 juin 1990).

[8] Syméon est à la fois le premier et le dernier. Le dernier à avoir vécu sous le régime de la Loi, le premier sous celui de la grâce. Juif soumis aux observances, il était chrétien par son action de grâce. Sa formation en avait un légiste, sa connaissance de Dieu en fit son messager. Syméon, dont l’histoire nous a été lue récemment, avait été retiré de l’impiété pharisaïque, comme une rose cueillie parmi les épines. Pour avoir été favorisé du don de la grâce, il avait acquis la réputation d’être le premier. Syméon était parvenu à un si haut degré de justice que pendant sa vie corporelle, Dieu lui fit cette révélation : il n’achèverait pas cette vie temporelle avant d’avoir serré dans ses bras de chair la Vie éternelle, Jésus Christ notre Seigneur (Timothée de Jérusalem : « Discours sur Syméon »).

[9] Heureuse rencontre ! mais qui n’est pas fortuite. Heureuse rencontre de venir au Temple au moment que Joseph et Marie y portaient l’Enfant ! C’est pour cela que les anciens Pères grecs ont appelé ce mystère la rencontre. Mais la rencontre parmi les hommes paraît au dehors comme un effet du hasard : il n’y a point de hasard, tout est gouverné par une sagesse dont l’infinie capacité embrasse jusqu’aux moindres circonstances. Mais surtout l’heureuse rencontre de Siméon avec Jésus porté dans le Temple par ses parents, est dirigée par un ordre spécial de Dieu (…) Siméon cherchait Jésus, mais plutôt et premièrement Jésus le cherchait, et voulait encore plus se donner à lui que Siméon ne voulait le recevoir (Bossuet : Elévations sur l’Evangile, XVIII° semaine, 7° élévation).

[10] Toi aussi, si tu veux tenir Jésus et le serrer dans tes mains, fais tous tes efforts pour te laisser guider par l’Esprit et pour venir au temple de Dieu. Voici que tu te tiens maintenant dans le temple du Seigneur Jésus, c’est-à-dire dans son Église? temple construit de pierres vivantes (I Pierre II 5). Or tu te tiens dans le temple du Seigneur quand ta vie et ta conduite méritent vraiment d’être appelées d’Eglise (Origène : Homélie sur l’évangile selon saint Luc, XV 3).

[11] Siméon représentait la Loi, et c’est pourquoi il devait s’en aller en même temps que la Loi. IL représentait la Loi recevant le Sauveur et remerciant Dieu du rôle qu’il lui avait donné (saint Grégoire de Nysse : « De occursu Domini »).

[12] Le juste Syméon, qui dès avant l’Incarnation aspirait à voir le Seigneur, l’a donc vu dans son Incarnation, il l’a reconnu et l’a pris dans ses bras. Et il a supplié le Maître de l’univers, devenu enfant en la condition de serviteur, d’être délivré de la prison de son corps, en disant à haute voix ces paroles que tu as entendues récemment :« Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole, car me yeux ont vu ton salut ». Je l’ai vu, laissez-moi m’en aller, ne me gardez pas ici; permettez-moi de m’en aller dans la paix, ne me laissez pas dans la tristesse. Je l’ai vu, permettez-moi de partir. J’ai vu votre gloire, les anges danser, les archanges vous glorifier, la création exulter. J’ai vu le passage unique reliant le ciel à la terre. Maintenant, permettez-moi de m’en aller, ne me gardez pas ici. Ne me laissez pas voir l’insolence de mes compagnons juifs envers vous, la couronne d’épines que l’on tresse, l’esclave qui vous gifle, la lance qui s’approche de vous. Ne me laissez pas voir le soleil s’obscurcir, la lune décroître, les éléments s’altérer. Ne me laissez pas vous voir brisé sur la croix. Ne me laissez pas voir les rochers se fendre, le voile du Temple se déchirer. Car les éléments mêmes ne seront pas capables de supporter ce défi et ils prendront part aux souffrances du Seigneur (Timothée de Jérusalem : « Discours sur Syniéon »).

[13] Syméon, c’est certain, était aussi une lampe allumée et brillante qui rendait témoignage à la lumière. Rempli de l’Esprit et poussé par l’Esprit, il était venu au Temple pour accueillir votre amour, ô mon Dieu, au milieu de votre Temple, pour proclamer que Jésus est cet amour et la lumière de votre peuple (le bienheureux Guerric d’Igny : sermon pour la fête de la Purification de la bienheureuse Vierge Marie, 2).

[14] Le « Nunc dimittis » que la liturgie nous fait répéter chaque jour aux complies, quand le sens du temps qui passe se fait particulièrement sentir. Les paroles si touchantes de Syméon, désormais sur le point de « s’en aller en paix », ouvrent la porte à l’espérance toujours nouvelle du salut, qui s’exauce dans le Christ : « Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » Il s’agit d’une annonce de l’évangélisation universelle, signe précurseur du salut qui vient de Jérusalem, d’Israël, mais par l’œuvre du Messie-Sauveur, attendu par son peuple et par tous les peuples L’on était donc dans la ville sainte, dans le temple où gravitait toute l’histoire d’lsraël et où convergeaient les espérances fondées sur les anciennes promesses et prophéties (Jean-Paul II : audience générale du 20 juin 1990).

[15] Mais quoi ! tout à l’heure il annonçait le salut apporté à tous, et voici que maintenant il parle de ruine et résurrection ! Oui, le salut, comme il l’a dit, a été présenté devant tous les peuples; s’il y a ruine et résurrection pour beaucoup, cela dépend de leur volonté : le dessein de Dieu c’est le salut et la déification de tous; qu’en face de ce dessein, il y ait ruine ou élévation, cela dépend de la volonté des hommes, de ceux qui croient et de ceux qui ne croient pas. Oui, après l’Incarnation, la ruine sera plus complète qu’avant, et le châtiment plus grave, surtout pour Israël. La résistance aux enseignements du Sauveur et à une économie si miséricordieuse y conduisait fatalement. Et déjà, Siméon annonçait, non pas seulement la ruine spirituelle, mais la ruine temporelle de la malheureuse cité. Mais une résurrection est aussi annoncée : ce sera une résurrection que Jésus-Christ apportera à toits ceux qui sont sous le joug de la Loi, et qu’il conduira à la liberté, il apportera la résurrection à tous ceux qui voudront prendre part au mystère de sa sépulture et qu’il conduira à une vie nouvelle (saint Grégoire de Nysse : « Discours catéchétique »).

[16] Paroles effroyables pour une mère ! Je vous prie, messieurs, de les bien entendre. Il est vrai que ce bon vieillard ne lui propose rien en particulier de tous les travaux de son Fils, mais ne vous persuadez pas que ce soit pour épargner sa douleur : au contraire, c’est ce qui la porte au dernier excès, en ce que, ne lui disant rien en particulier, il lui laisse à appréhender toutes choses. Car est-il rien de plus rude ni de plus affreux que cette cruelle suspension d’une âme menacée d’un mal extrême, sans qu’on lui explique ce que c’est. C’est là que cette pauvre âme confuse, étonnée, pressée et attaquée de toutes parts, qui ne voit de toutes parts que des glaives pendant sur sa tête, qui ne sait de quel côté elle se doit mettre en garde, meurt en un moment de mille morts. C’est là que la crainte, toujours ingénieuse à se tourmenter elle-même, ne pouvant savoir sa destinée, ni le mal qu’on lui prépare, va parcourant tous les maux pour faire son supplice de tous si bien qu’elle souffre toute la douleur que donne une prévoyance assurée, avec toute cette inquiétude importune, toute l’angoisse et l’anxiété qu’apporte une frayeur toujours tremblante et qui ne sait à quoi se résoudre (…) Tel est l’état de la Sainte Vierge, et c’est ainsi qu’on la traite. O Dieu, qu’on ménage peu sa douleur ! Pourquoi la frappez-vous de tant d’endroits ? Ou ne lui dites rien de son mal, pour ne la tourmenter point par la prévoyance ; ou dites-lui tout son mal, pour lui en ôter du moins la surprise. Chrétiens, il n’en sera pas de la sorte. On lui annoncera son mal de bonne heure, afin qu’elle le sente longtemps ; on ne lui dira pas ce que c’est, de peur d’ôter à la douleur la secousse violente que la surprise y ajoute. Ce qu’elle a ouï confusément du bon Siméon, ce qui a déchiré le coeur et ému tourtes les entrailles de cette mère, elle le verra sur la croix plus horrible, plus épouvantable, qu’elle n’avait pu se l’imaginer. O prévoyance, ô surprise, ô ciel, ô terre, ô nature, étonnez-vous de cette circonstance ! Ce qu’on lui prédit lui fait tout craindre ; ce qu’on exécute lui fait tout sentir : voyez cependant sa tranquillité par le miracle de son silence. Sa crainte n’est pas curieuse, sa douleur n’est pas impatiente. Ni elle ne s’informe de l’avenir, ni elle ne se plaint du mal présent ; et elle nous apprend par cet exemple les deux actes de résignation par lesquels nous nous devons immoler à Dieu: se préparer de loin à tout ce qu’il veut, se soumettre humblement à tout ce qu’il fait (J.-B. Bossuet : sermon pour la Purification de la Sainte Vierge, prêché au cours du Carême du Louvre, le 2 février 1662).

[17] Les paroles prophétiques de Syméon annoncent non seulement la venue du Sauveur dans le monde, sa présence en Israël, mais aussi son sacrifice rédempteur. Cette seconde partie de la prophétie est directement adressée à Marie : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » L’on ne peut pas ne pas penser à l’Esprit Saint comme à l’inspirateur de cette prophétie de la Passion du Christ comme moyen par lequel il opérera le salut. Il est particulièrement significatif que Syméon parle des futures souffrances du Christ en pensant au cœur de la Mère, associée à son Fils dans l’endurance des contradictions d’Israël et du monde entier. Sans nommer le sacrifice du Calvaire, Syméon le désigne indirectement en faisant porter sa prophétie sur le cœur de Marie, dont l’âme sera transpercée par une épée, Marie qui aura part aux souffrances de son Fils. Les paroles inspirées de Syméon prennent même une plus grande importance si elles sont considérées dans le contexte global de l’Evangile de l’enfance de Jésus, décrit par saint Luc, parce qu’elles relient toute cette période de vie à l’action particulière de l’Esprit Saint. L’on comprend mieux ainsi cette observation de l’évangéliste au sujet de l’émerveillement de Marie et de loseph devant ces événements et ces paroles : « Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui » (Jean-Paul II : audience générale du 20 juin 1990).

[18] Aser est l’une des douze tribus d’Israël dont l’ancêtre éponyme était fils de Jacob et de Zilpa (Genèse XXX 12-13). Son territoire s’étendait au nord-ouest de la Palestine, le long de la côte méditerranéenne, depuis le Carmel jusqu aux confins de la Phénicie.

[19] Ainsi donc, autour de cet enfant viennent se grouper tous les âges. toutes les conditions, accompagnés de tous les miracles, pour fortifier notre foi. Une vierge enfante, une stérile devient mère, un muet parle, Elisabeth prophétise, un enfant dans le sein de .sa mère tressaille, une veuve rend témoignage, un juste est dans l’attente (… ) Syméon avait prophétisé, une femme mariée avait prophétisé, une vierge avait prophétisé, il fallait qu’une veuve prophétisât pour que toute condition rendît son témoignage (saint Ambroise commentaire de l’évangile selon saint Luc, II 58 & 62).

[20] L’Esprit Saint, qui agit en Syméon, est présent et exerce aussi son action en tous ceux qui, comme ce saint vieillard, ont de tout temps adhéré à Dieu et cru à ses promesses. Saint Luc nous offre un autre exemple de cette réalité, de ce mystère : la « prophétesse Anne », qui dès sa jeunesse, étant restée veuve, « ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. » Elle était donc une femme consacrée à Dieu et particulièrement capable, à la lumière de son Esprit, d’en saisir les desseins et d’en interpréter les ordres : c’est en ce sens qu’elle était « prophétesse. » Saint Luc ne parle pas d’une façon explicite d’une action particulière de l’Esprit Saint en elle. Il l’associe cependant à Syméon, que ce soit pour louer Dieu, que ce soit pour parler de Jésus : « Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. » Comme Syméon, elle aussi avait sans aucun doute été poussée par l’Esprit Saint à aller au-devant de Jésus (Jean-Paul II : audience générale du 20 juin 1990).

[21] Ne devait-elle pas se dire à elle-même : Qu’ai-je besoin de purification ? Pourquoi ne pas m’abstenir d’entrer dans le temple, étant devenue le temple de Dieu, ayant enfanté celui qui est le maître du temple ? Que peut me faire la pureté légale, à moi qui, enfanta celui qui est la source de la pureté, suis arrivée à la pureté parfaite ? Non, ô Vierge, vous n’avez pas besoin de purification (…) Mais soyez au milieu des femmes comme l’une d’elles, de même que votre Fils a voulu être au milieu des pécheurs comme l’un d’eux (…) Offrez donc votre Fils, ô Vierge sainte (saint Bernard : troisième sermon pour la Purification, 2).

[22] Dieu, le législateur, se soumettait, comme un homme, à ses propres lois. C’est ce qu’enseigne saint Paul (Galates, IV 3-5) : « Nous aussi quand nous étions enfants nous étions soumis aux éléments du monde. Mais, lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils ; né d’une femme, il a été sujet de la Loi, pour racheter ceux qui étaient sujets de la Loi. » Donc, le Christ a racheté de la malédiction de la Loi ceux qui en étaient les sujets, mais qui ne l’observaient pas. De quelle manière les a-t-il rachetés ? En accomplissant cette loi ; autrement dit, afin d’effacer la transgression dont Adam s’était rendu coupable, il s’est montré obéissant et docile, à notre place, envers Dieu le Père. Car il est écrit : « De même que tous sont devenus pécheurs parce qu’un seul homme a désobéi, de même tous deviendront justes parce qu’un seul homme a obéi » (Romains, V18). Avec nous il a courbé la tête devant la loi, selon le plan divin de l’Incarnation, car il « devait accomplir parfaitement ce qui est juste. » Après avoir pris pleinement la forme de serviteur, précisément parce que sa condition humaine le rangeait au nombre de ceux qui portent le joug, il a payé aux percepteurs le montant de l’impôt, alors que par nature, et en tant que Fils, il en était dispensé. Donc, lorsque tu le vois observer la loi, ne sois pas choqué, ne mets pas au rang des serviteurs celui qui est libre, mais mesure par la pensée la profondeur d’une telle économie. Donc, lorsque fut venu le huitième jour, où l’on obéissait à la loi en accomplissant la circoncision, il reçut son nom, celui de Jésus, qui se traduit par « Salut du peuple. » Car c’est ainsi que Dieu le Père voulut que son Fils fût nommé après être né de la femme, selon la chair. C’est alors, certes, que le salut s’est surtout réalisé, non pour un seul peuple, mais pour beaucoup, pour toutes les nations, pour la terre entière (saint Cyrille d’Alexandrie : Homélie XII).

[23] Et maintenant que cet enfant grandisse dans vos coeurs. Vous avez commencé à croire ? Il est né de vous. Mais le Christ n’est pas demauré à l’état d’enfant : il a grandit sans jamais connaître le déclin : il faut que votre foi grandisse, qu’elle soit forte, et que jamais elle ne connaisse la vieillesse ; et ainsi vous appartiendrez au Christ (saint Augustin : sermon CCCLXX, 4)