Archive pour la catégorie 'Saint Paul'

Luc raconte Paul : Aux portes de Damas

29 janvier, 2009

du site:

http://www.bible-service.net/site/495.html

Commentaire : Luc raconte Paul

Aux portes de Damas

Le récit autobiographique de Paul dans la lettre aux Galates est assez elliptique et fortement théologique. En racontant le parcours de Paul, l’auteur des Actes des Apôtres donne plus de détails. Mais, nouvelle étrangeté : la conversion de Paul est si importante qu’elle est racontée trois fois… de manière différente !

Dans le livre des Actes des Apôtres il y a trois récits de la conversion de Paul. Le premier (Ac 9) est fait par le narrateur, les deux autres (Ac 22 et 26) par Paul lui-même. Ces trois récits relatent la même intervention de Dieu sur le chemin de Damas, mais comportent un certain nombre de divergences. Que disent ces trois récits ? Leur répétition montre tout d’abord l’importance que l’auteur accorde à la conversion de Paul. Leurs divergences sont autant de clins d’œil adressés au lecteur et d’invitations à en chercher le sens. Avec son génie de conteur, Luc nous invite à entrer progressivement dans le mystère de la conversion de Paul.

À l’approche de Damas

Le premier récit de conversion (Ac 9) relate l’aller-retour de Saul (le nom de Paul au début du récit) de Jérusalem à Damas. Mandaté par le grand prêtre, Saul arrive devant Damas en persécuteur sanguinaire. Mais, aux portes de la ville le Seigneur l’attend. Le lieu a une certaine importance. Il est en effet un endroit symbolique, un lieu de passage mais aussi de jugement. Les rois grecs, quand ils visitaient leur royaume, s’arrêtaient aux portes des villes pour écouter les doléances de leurs sujets et leur rendre justice. Ce n’est pas pour rien que, dans l’œuvre de Luc, beaucoup de choses se passent aux portes des villes. Jésus ressuscite un jeune homme aux portes de Naïn, il guérit un aveugle aux portes de Jéricho, il pleure sur Jérusalem à l’approche de la ville…

L’épisode de la porte de Damas est bien une scène de jugement. Saul en effet rencontre le Seigneur, qui est à la fois le juge et la victime et qui lui demande des comptes. L’interrogatoire est bref et la sentence immédiate. Elle révèle la vraie nature du persécuteur : il est aveugle. Cependant elle n’écrase pas le condamné. Elle le relève au contraire et lui indique le chemin de la conversion. Saul doit faire confiance à une communauté :  »On te dira ce que tu dois faire ». Les témoins de la scène ne voient personne mais entendent la voix. Saul, lui, a-t-il vu le ressuscité ? Pour le moment nous ne le savons pas.

Terrassé par le Seigneur et aveuglé par sa lumière, Saul entre maintenant dans la ville, conduit par la main de ses compagnons. Il en sortira ballotté dans un panier le long des remparts de la ville.

Il est l’instrument choisi

La deuxième intervention divine se passe chez un disciple de Jésus, Ananie, à qui le Seigneur communique son projet sur Saul :  »Cet homme est l’instrument que je me suis choisi pour répondre de mon Nom devant les nations païennes, les rois et les Israélites. » Nous lecteurs, nous assistons à cette scène et nous savons maintenant à quoi Saul est destiné. Mais comment Saul va-t-il le savoir ? Par Ananie, en principe, qui devrait logiquement lui communiquer le message divin. Mais Ananie ne le fait pas.

Observons bien ce qui se passe. Ananie va trouver Saul dans la maison de Judas. Il lui impose les mains et le guérit, mais il ne transmet pas le message reçu. Nous sommes donc dans une situation étrange : les lecteurs savent quelque chose que le héros principal de cette histoire ignore. Cet effet littéraire n’est pas gratuit. Il montre que Saul n’est pas une simple marionnette entre les mains de Dieu. Ce dernier a un projet sur Saul, mais il ne lui impose pas. Il lui laisse du temps pour qu’il le découvre par lui-même.

Il a vu le Seigneur

Saul se rend maintenant à Jérusalem. Il quitte le groupe de disciples qui l’ont accueilli pour la première fois pour rencontrer le groupe des apôtres. Une boucle est bouclée. Paul est revenu à son point de départ, mais il ne fréquente plus les mêmes personnes. De l’entourage du grand prêtre, il est passé dans le cercle des chrétiens.

Quand il se présente à Jérusalem Barnabas dit aux apôtres que Saul  »a vu le Seigneur qui lui a parlé ». Le narrateur de cette histoire s’efface donc devant un membre de la communauté chrétienne et lui laisse le soin d’interpréter l’événement du chemin de Damas et de révéler aux apôtres, et aussi à nous les lecteurs, que Saul a bien vu le Seigneur ressuscité. Les apparitions du Seigneur ne sont pas d’abord un fait observable par un historien. Ils sont d’abord l’objet d’un témoignage de croyant.

Mettez-moi Saul à part pour une œuvre

Au chapitre 13 des Actes, Saul est à Antioche. L’Esprit Saint demande à la communauté de le mettre à part, avec Barnabé, pour  »une œuvre » qu’il ne définit pas. Nous avons le même phénomène littéraire que plus haut. Nous, lecteurs, savons à quoi Saul est destiné, mais Saul ne le sait toujours pas. Il va donc de synagogue en synagogue annoncer Jésus ressuscité. Devant l’opposition des Juifs, il décide de se tourner vers les païens. Apparemment il a décidé cela par lui-même, en accord avec Barnabas. Il a enfin découvert ce à quoi il était destiné. L’Esprit Saint lui a laissé le temps. Au retour de mission il rend compte à la communauté de  »l’œuvre » qu’il vient d’accomplir :  »Ouvrir aux païens les portes de la foi » (Ac 14,27).

Sous la forme du récit Luc vient de nous montrer comment Dieu avait un projet sur Paul mais n’a pas tiré les ficelles. Il l’a laissé trouver par lui-même son chemin. Initiative humaine et plan de Dieu peuvent faire bon ménage.

Deuxième récit de conversion

Le deuxième récit de conversion (Ac 22) est fait par Paul lui-même dans le Temple de Jérusalem. Devant la foule juive, il raconte les événements du chemin de Damas. À part quelques variantes secondaires, Paul reprend les mêmes éléments que nous avons déjà entendus. Mais il apporte deux précisions. Ananie d’abord transmet le message à Paul qui doit être témoin du Christ  »devant tous les hommes », donc également devant les païens. Et Paul raconte ensuite qu’il a eu une vision dans le Temple de Jérusalem au cours de laquelle le Seigneur lui a dit :  »Va, c’est au loin, vers les nations païennes, que je vais, moi, t’envoyer . »

Le lecteur apprend donc par la bouche de Paul des choses qu’il ne savait pas. Ainsi Paul n’a pas décidé par lui-même de passer aux païens. Il a été encouragé par le Seigneur en personne. Et cette vision s’est déroulée au Temple. On remarque la portée symbolique de ce lieu.

Troisième récit de conversion

Alors qu’il est en captivité à Césarée, la ville païenne, Paul raconte une troisième fois sa conversion. Ses interlocuteurs sont des descendants d’Hérode le Grand ainsi que le gouverneur romain Festus. Il y a de nouvelles variantes. Cette fois-ci il n’est plus question de la cécité temporaire de Paul ni du rôle d’Ananie. Plus question non plus de l’extase du Temple. Mais Paul parle de la rencontre avec le Nom de Jésus. Paul qui combattait ce Nom par tous les moyens l’a rencontré sur sa route, en travers de son chemin. Le Seigneur a parlé à Paul et lui dit :
 »Je t’ai destiné à être serviteur et témoin de la vision où tu viens de me voir ….Je t’envoie vers le peuple et les nations païennes pour leur ouvrir les yeux, les détourner des ténèbres vers la lumière… afin qu’ils reçoivent le pardon des péchés et une part d’héritage avec les sanctifiés, par la foi en moi » (Ac 26,14-18).

Maintenant tout est dit. Le narrateur du livre des Actes des Apôtres a laissé Paul faire lui-même le bilan de sa vie. La conversion et la vocation de l’ancien persécuteur forment un tout. Appartenant tout entier au Christ, il témoigne devant les Juifs et les païens. Ce que le Seigneur a annoncé à Ananie s’est accompli :  »Cet homme est un instrument que je me suis choisi pour répondre de mon nom devant les nations païennes, les rois et les Israélites » (Ac 9,15).

Homélie de Benoît XVI : Solennité de la conversion de saint Paul

27 janvier, 2009

du site:

http://www.zenit.org/article-19969?l=french

Homélie de Benoît XVI : Solennité de la conversion de saint Paul

Conclusion de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

ROME, Lundi 26 janvier 2009 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de l’homélie que le pape Benoît XVI a prononcée dimanche 25 janvier, solennité de la conversion de saint Paul, dans la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, en conclusion de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

*  *  *

Chers frères et sœurs,

C’est à chaque fois une grande joie de nous retrouver auprès du sépulcre de l’apôtre Paul, en la mémoire liturgique de sa Conversion, pour conclure la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Je vous salue tous avec affection. Je salue de manière particulière le cardinal Cordero Lanza di Montezemolo, l’abbé et la communauté des moines qui nous accueillent. Je salue également le cardinal Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Avec lui, je salue les cardinaux présents, les évêques et les pasteurs des différentes Eglises et communautés ecclésiales, réunis ici ce soir. Une parole de reconnaissance spéciale va à ceux qui ont collaboré à la préparation des documents pour la prière, en vivant en première personne l’exercice de la réflexion et de la confrontation dans l’écoute les uns des autres et, tous ensemble, de la Parole de Dieu.

La conversion de saint Paul nous offre le modèle et nous indique la voie pour aller vers la pleine unité. L’unité demande en effet une conversion : de la division à la communion, de l’unité blessée à l’unité rétablie et pleine. Cette conversion est un don du Christ ressuscité, comme cela eut lieu pour saint Paul. Nous l’avons entendu dans les paroles mêmes de l’apôtre, dans la lecture qui vient d’être proclamée : « Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu » (1 Co 15, 10). Le Seigneur, le même qui appela Saul sur le chemin de Damas, s’adresse aux membres de son Eglise – qui est une et sainte – et, appelant chacun par son nom, il demande : pourquoi m’as-tu divisé ? Pourquoi as-tu blessé l’unité de mon corps ? La conversion implique deux dimensions. Lors de la première étape, on identifie et on reconnaît les fautes à la lumière du Christ, et cette reconnaissance devient douleur et repentir, désir d’un nouveau début. Lors de la deuxième étape, on reconnaît que ce nouveau chemin ne peut pas venir de nous-mêmes. Il consiste à se laisser saisir par le Christ. Comme le dit saint Paul : « …je poursuis ma course pour saisir tout cela, comme j’ai moi-même été saisi par le Christ » (Ph 3, 12). La conversion exige notre oui, elle exige ma « course » ; ce n’est pas, en dernière analyse, une activité personnelle, mais un don, le fait de se laisser former par le Christ ; elle est mort et résurrection. C’est pourquoi saint Paul ne dit pas : « Je me suis converti », mais il dit « j’ai cessé de vivre » (Ga 2, 19), je suis une nouvelle créature. En réalité, la conversion de saint Paul ne fut pas un passage de l’immoralité à la moralité, d’une foi erronée à une foi correcte, mais elle fut le fait d’être conquis par l’amour du Christ : le renoncement à sa propre perfection, elle fut l’humilité de celui qui se met sans réserve au service du Christ pour ses frères. Et ce n’est que dans ce renoncement à nous-mêmes, dans cette conformité au Christ que nous sommes unis également entre nous, que nous devenons « un » dans le Christ. C’est la communion avec le Christ ressuscité qui nous donne l’unité.

Nous pouvons observer une analogie intéressante avec la dynamique de la conversion de saint Paul, également en méditant sur le texte biblique du prophète Ezéchiel (37, 15-28) choisi cette année comme base de notre prière. Dans celui-ci, en effet, est présenté le geste symbolique des deux morceaux de bois réunis en un seul dans la main du prophète, qui par ce geste représente l’action future de Dieu. C’est la deuxième partie du chapitre 37, qui dans la première partie contient la célèbre vision des os desséchés et de la résurrection d’Israël, effectuée par l’Esprit de Dieu. Comment ne pas remarquer que le signe prophétique de la réunification du peuple d’Israël est placé après le grand symbole des os desséchés vivifiés par l’Esprit ? Il en découle un schéma théologique semblable à celui de la conversion de saint Paul : à la première place se trouve la puissance de Dieu qui, avec son Esprit, accomplit la résurrection comme une nouvelle création. Ce Dieu, qui est le Créateur et qui est en mesure de ressusciter les morts, est également capable de reconduire à l’unité le peuple divisé en deux. Paul – comme Ezéchiel et plus que lui – devient un instrument élu de la prédication de l’unité conquise par Jésus à travers la croix et la résurrection : l’unité entre les juifs et les païens, pour former un seul peuple nouveau. La résurrection du Christ étend le périmètre de l’unité : non seulement l’unité des tribus d’Israël, mais l’unité des juifs et des païens (cf. Ep 2 ; Jn 10, 16) ; l’unification de l’humanité dispersée par le péché et encore plus l’unité de tous les croyants dans le Christ.

Nous devons le choix de ce passage du prophète Ezéchiel à nos frères de Corée, qui se sont sentis profondément interpellés par cette page biblique, aussi bien en tant que Coréens, qu’en tant que chrétiens. Dans la division du peuple juif en deux royaumes, ils se sont reflétés comme des fils d’une unique terre, que les événements politiques ont séparés, une partie au nord et une partie au sud. Et leur expérience humaine les a aidés à mieux comprendre le drame de la division entre chrétiens. A présent, à la lumière de cette Parole de Dieu que nos frères coréens ont choisie et proposée à tous, apparaît une vérité pleine d’espérance : Dieu promet à son peuple une nouvelle unité, qui doit être signe et instrument de réconciliation et de paix, également au niveau historique, pour toutes les nations. L’unité que Dieu donne à son Eglise, et pour laquelle nous prions, est naturellement la communion au sens spirituel, dans la foi et dans la charité ; mais nous savons que cette unité dans le Christ est un ferment de fraternité également sur le plan social, dans les relations entre les nations et pour toute la famille humaine. C’est le levain du Royaume de Dieu qui fait croître toute la pâte (cf. Mt 13, 33). Dans ce sens, la prière que nous élevons en ces jours, qui se réfère au prophète Ezéchiel, s’est également faite intercession pour les différentes situations de conflit qui à l’heure actuelle frappent l’humanité. Là où les paroles humaines deviennent impuissantes, car le fracas tragique de la violence et des armes domine, la force prophétique de la Parole de Dieu est présente et nous répète que la paix est possible, et que nous devons être des instruments de réconciliation et de paix. C’est pourquoi notre prière pour l’unité et pour la paix demande toujours d’être soutenue par des gestes courageux de réconciliation entre nous chrétiens. Je pense encore à la Terre Sainte : comme il est important que les fidèles qui vivent là, ainsi que les pèlerins qui s’y rendent, offrent à tous le témoignage que la diversité des rites et des traditions ne devrait pas constituer un obstacle au respect mutuel et à la charité fraternelle. Dans les diversités légitimes de positions, nous devons chercher l’unité dans la foi, dans notre « oui » fondamental au Christ et à son unique Eglise. Et ainsi les différences ne seront plus un obstacle qui nous sépare, mais une richesse dans la multiplicité des expressions de la foi commune.

Je voudrais conclure ma réflexion en faisant référence à un événement que les plus âgés parmi nous n’ont certainement pas oublié. Le 25 janvier 1959, il y a exactement cinquante ans, le bienheureux pape Jean XXIII manifesta pour la première fois en ce lieu sa volonté de convoquer « un concile œcuménique pour l’Eglise universelle » (AAS LI [1959], p. 68). Il fit cette annonce aux Pères cardinaux, dans la Salle du chapitre du monastère de Saint-Paul, après avoir célébré la messe solennelle dans la basilique. De cette décision providentielle, suggérée à mon vénéré prédécesseur, selon sa ferme conviction, par l’Esprit Saint, a également dérivé une contribution fondamentale à l’œcuménisme, synthétisée dans le Décret Unitatis redintegratio. On y lit notamment : « Il n’y a pas de véritable œcuménisme sans conversion intérieure. En effet, c’est du renouveau de l’âme (cf. Ep 4, 23), du renoncement à soi-même et d’une libre effusion de charité que partent et mûrissent les désirs de l’unité » (n. 7). L’attitude de conversion intérieure dans le Christ, de renouveau spirituel, de charité accrue envers les autres chrétiens a donné lieu à une nouvelle situation dans les relations œcuméniques. Les fruits des dialogues théologiques, avec leurs convergences et avec l’identification plus précise des divergences qui demeurent encore, incitent à poursuivre courageusement dans deux directions : dans l’accueil de ce qui a été positivement atteint et dans un engagement renouvelé vers l’avenir. De façon opportune, le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, que je remercie pour le service qu’il rend à la cause de l’unité de tous les disciples du Seigneur, a récemment réfléchi sur l’accueil et sur l’avenir du dialogue œcuménique. Cette réflexion, si elle souhaite d’une part valoriser à juste titre ce qui a été acquis, entend de l’autre trouver de nouvelles voies pour la poursuite des relations entre les Eglises et les communautés ecclésiales dans le contexte actuel. L’horizon de la pleine unité reste ouvert devant nous. Il s’agit d’une tâche ardue, mais enthousiasmante pour les chrétiens qui veulent vivre en harmonie avec la prière du Seigneur : « Que tous soient un, pour que le monde croie » (Jn 17, 21). Le Concile nous a exposé que « ce projet sacré, la réconciliation de tous les chrétiens dans l’unité d’une seule et unique Eglise du Christ, dépasse les forces et les capacités humaines » (UR, n. 24). Confiants dans la prière du Seigneur Jésus Christ, et encouragés par les pas significatifs accomplis par le mouvement œcuménique, nous invoquons avec foi l’Esprit Saint, pour qu’il continue à illuminer et à guider notre chemin. Que, du ciel, l’apôtre Paul nous encourage et nous assiste, lui qui s’est tant dépensé et a tant souffert pour l’unité du corps mystique du Christ ; que la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’unité de l’Eglise nous accompagne et nous soutienne.

SAINT PAUL, LE PASSIONNÉ, LE FOU DU CHRIST

24 janvier, 2009

du site:

http://www.dieu-parmi-nous.com/NIC/Conversion.de.Paul.pdf

SAINT PAUL, LE PASSIONNÉ, LE FOU DU CHRIST

Conversion de saint Paul, 25 janvier

La conversion de Paul* de Tarse, ce juif convaincu, fervent disciple de Moïse et des grands serviteurs de Dieu au sein du judaïsme, est un modèle pour chacun de nous, même s’il lui a fallu en tomber en bas de son cheval alors qu’il persécutait des chrétiens ! Sa conversion est tellement importante qu’on la fête spécialement le 25 janvier. Elle est là, juste un mois après Noël, jour pour jour, comme une célébration renouvelée de la naissance de Dieu fait homme. La vraie fête de saint Paul* est à la fin du mois de juin. L’adhésion de Paul au Christ est en effet tellement riche et profonde qu’elle regroupe aujourd’hui tous les chrétiens durant la Semaine annuelle de prières pour l’Unité qui a lieu chaque année à la fin du mois de janvier pour honorer cette conversion exemplaire et phénoménale à la fois. Les chrétiens se rassemblent depuis près d’un siècle pour demander à Dieu d’arriver un jour à ce que nous soyons tous unis comme l’a tant souhaité Jésus lui-même. C’est ce que nous rapporte dans son évangile saint Jean, dans l’une des plus belles pages de l’histoire humaine. Le Fils de Dieu s’adresse à son Père la veille de sa Passion* : « Je prie pour que tous soient un, Père, qu’ils soient unis à nous, comme toi tu es en moi et moi en toi.. Qu’ils soient un pour que le monde croie que tu m’as envoyé ». Or, c’est terrible ce qui nous est arrivé à nous chrétiens depuis quelques siècles en dépit de cette admirable prière de Jésus. Nous sommes tellement divisés que j’ai entendu dire qu’il y aurait maintenant plus de 32,000 Églises chrétiennes différentes.et séparées. Mais heureusement, notre Église catholique, quant à elle, en dépit des soubresauts qu’elle éprouve, demeure unie. Elle comprend même une vingtaine d’Églises unies au pape, l’évêque de Rome, successeur de Pierre*. Ces Églises conservent pour ainsi dire leur autonomie sous la juridiction d’un patriarche. Certains patriarches sont parfois nommés cardinaux Nous n’y
pensons pas assez et presque tout le monde l’ignore.

Je vous mentionne donc quelques-unes de ces Églises où il fait bon aller de temps à autres pour y communier, nous latins, avec nos frères unis: l’Église Chaldéenne catholique d’Irak, l’Église Maronite et l’Église Melkite du Moyen-Orient, l’Église Arménienne catholique, les Églises Syro-Malabar et Syro-Malankar de l’Inde, et beaucoup d’Églises importantes commel’Église Ukrainienne catholique de rite byzantin. Ces Églises unies à notre Église latinepréfigurent, avec toutes les autres Églises unies autour de l’évêque de Rome, l’union à venir des anciennes Églises apostoliques et de la grande Église Orthodoxe.

N’oublions jamais que nos frères Orthodoxes non unis à Rome demeurent toujours unis entre eux; leurs Églises dites autocéphales, ou nationales, étant fidèles les unes aux autres, fidèles à une tradition tout à fait semblable à celle des catholiques et qui s’exprime en particulier par leur attachement au Patriarche oecuménique qui a son siège au coeur de la Grande Orthodoxie, à Constantinople, ville maintenant musulmane depuis le XVe siècle sous le nom d’Istambul, dans ce pays devenu musulman à plus de 99%. Nous formons, nous catholiques, plus de la moitié des chrétiens du monde. Ce qui nous unit, c’est tout d’abord évidemment le Christ lui-même. Mais nous attachons aussi beaucoup d’importance à ces paroles de Jésus à l’Apôtre Pierre : « Pierre, tu es Pierre et sur cette pîerreje bâtirai mon Église, et les forces de l’enfer ne l’emporteront jamais contre elle ».

Pour nous, Pierre* est et demeure le premier pasteur de l’Église universelle, le premier pape, celui auquel le Christ a dit : « Sois le berger de mes brebis ». Notre coeur de chrétiens est toujours meurtri en voyant tous nos frères souvent si fervents et ardents qui n’arrivent pas à saisir combien nous les aimons et combien nous voudrions tant être tous ensemble, égaux et fraternels comme Jésus l’a souhaité.

La Semaine de prières pour l’unité, fondée en France par l’abbé Paul Couturier*, permet aux uns et aux autres de se mieux connaître en priant ensemble, comme Jésus l’a demandé à son Père il y a près de deux mille ans. N’oublions jamais que la connaissance fervente engendre
l’amour réciproque.
Saint Paul* a admirablement parlé de l’unité au chapitre 4 de sa très belle lettre adressée aux habitants de la ville d’Éphèse. On sent chez saint Paul tout le feu que le Christ est venu porter sur la terre. Son âme est brûlante de ce feu qui nous émeut toujours après deux millénaires : « Nous parviendrons tous ensemble à l’unité de notre foi et de notre
connaissance du Fils de Dieu. Nous deviendrons des adultes dont le développement atteindra à la stature parfaite du Christ. Alors, nous ne serons plus des enfants, emportés par les vagues et poussés çà et là par n’importe quel vent d’enseignement répandu par des hommes trompeurs, qui entraînent les autres dans l’erreur par les ruses qu’ils inventent.

Au contraire, en proclamant la vérité avec amour, nous grandirons en tout vers le Christ qui est la tête. C’est grâce à lui que les différentes parties du corps sont solidement assemblées et que le corps entier est bien uni par toutes les jointures dont il est pourvu. Ainsi, lorsque chaque partie agit comme elle doit, le corps entier grandit et se développe par l’amour ».

Comme tous ceux qui aiment saint Paul l’ont dit et répété, la personne de ce très grand saint, ses enseignements et son désir fantastique de communiquer sa foi sont extrêmement attachants. Tout nous émerveille chez ce juif miraculeusement converti. C’est saint Luc qui nous raconte dans les Actes des Apôtres cette conversion très étonnante que l’on retrouve dans la vie de nombreux autres chrétiens au cours des siècles. Ce sont des conversions subites comme celle d’Alphonse Ratisbonne au XIXe siècle, d’André Frossard au XXe siècle.

On trouve celle de saint Paul au chapitre 9 des Actes des Apôtres. C’est tellement spécial
que, comme le dit bien Joseph Holzner dans son admirable « Paul de Tarse », à la page 47 : «La critique, hostile au surnaturel, essaie d’expliquer la conversion de saint Paul et sa nouvelle
conception du Christ de façon exclusivement psychologique».
Or Holzner, après avoir contredit cette opinion réductrice, reprend de façon magistrale le récit de saint Luc dans les Actes: « De lui-même saint Paul ne serait jamais devenu chrétien » écrit Holzner. Il s’approchait de Damas où il devait commettre un nouveau crime. Mais l’heure de son revirement était proche. Les yeux de Saul commençaient à lui faire mal… C’est alors que se produisit l’événement inouï, que personne n’expliquera jamais. Soudain une lumière céleste resplendit autour de lui. Les chevaux se cabrent, se jettent sur le côté… L’arc enflammé se referme au-dessus de lui. Dans cette apparition de feu il voit une face, celle d’un « homme céleste » (1 Cor. 15, 48).

Un regard se pose sur lui, un regard d’éternité où se mêlent la sévérité et la tristesse, la noblesse et la douceur. Sous ce regard de feu, toute résistance s’évanouit. Et une voix lui parle dans la langue de ses pères (Actes, 26, 14) : « Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? En un éclair il comprend : Ma cause est perdue ! « Qui es-tu, Seigneur ? » Voici que tombe le mot libérateur : « Je suis Jésus ! » et puis comme un doux reproche : « Que tu persécutes ! » À cet instant, le visage transfiguré du Christ lui apparaît comme couvert de sang et de blessures, sillonné de lignes rouges. Le sang des martyrs qu’il avait répandu coulait de cette face goutte à goutte… Alors jaillit du plus profond de son être une source, dont les flots inondèrent son âme de cette « lumière dans laquelle resplendit la connaissance de la gloire de Dieu imprimée sur la face du Christ » (2 Cor. 4, 6).

La lumière de la foi brillait en lui. Une force mystérieuse faisait irruption dans son âme; une vie nouvelle commençait. Il entrait dans un monde supérieur. (…) Saint Paul n’aura jamais le moindre doute au sujet de ce qu’il a vécu pendant ces quelques instants. Sa conviction demeurera inébranlable : il avait réellement vu le Ressuscité et il lui avait parlé. … Quand Paul
se relève, il est disciple de Jésus pour toujours. De cette bonté du Christ à son égard, Paul tirera immédiatement une conclusion : ce qui importe, ce n’est pas de vouloir, ni de courir, c’est uniquement la miséricorde de Dieu (Rom. 9, 16)….
Le fait que le Christ ressuscité lui soit apparu, non pas sous les traits de celui qui châtie et qui venge, mais avec une face empreinte de miséricorde et de bonté (Tit. 3, 5), confirme saint Paul dans l’idée que la colère de Dieu contre les hommes s’est transformée en amour, grâce au Crucifié. »

Sources : J. Holzner, « Paul de Tarse », Alsatia, réédité par Pierre Téqui, 1997.

M. Villain, « L’abbé Paul Couturier », Casterman, 1964.

25 janvier – Conversion de Saint Paul

24 janvier, 2009

du site:
http://missel.free.fr/Sanctoral/01/25.php

25 janvier

Conversion de St Paul
Evêque et docteur de l’Eglise

Sur la route de Damas, à la tête d’une troupe de fanatiques, chemine un homme de trente ans, qu’on appelle alors Saul (plus exactement Shaoul). Juif de race, grec de fréquentation, et politiquement romain, il a bénéficié de trois cultures, il connait le grec, l’araméen et l’hébreu. Il revendique une double citoyenneté, celle de Tarse1 et celle de Rome. A Tarse, sa ville natale, il n’a fréquenté que les écoles de grammaire, puis il est allé chercher à Jérusalem sa culture supérieure à l’école de Gamaliel2. Moins tolérant que son maître il s’est vite mué en persécuteur des chrétiens. On le voit garder les vêtements de ceux qui lapident Etienne, ravager l’Eglise de Jérusalem et obtenir un mandat officiel pour engager des poursuites contre les chrétiens de Damas.

Avant de parvenir à Damas, Saul rencontre le Christ et sa destinée en est toute changée. De ce grand événement, nous possédons trois récits inspirés : saint Paul rapporte lui-même les faits dans son discours apologétique aux Juifs de Jérusalem et dans son éloquente plaidoirie devant le roi Agrippa ; saint Luc raconte cet épisode au début des Actes des Apôtres.

 Ainsi, Saul voit apparaître dans la gloire le Christ ressuscité. Saul n’est pas un incroyant qui découvre Dieu, ni un pécheur qui veut se libérer de ses fautes, de ses négligences ou de son indifférence. S’il se convertit, c’est plus par un dépassement de sa foi première que par une répudiation de ses erreurs, qu’un retour à l’innocence perdue. Il croyait à la Loi et aux prophètes, il croyait que les promesses divines se réaliseraient et que le Messie viendrait. Dans sa conversion, il apprend et accepte, pour en faire la règle de sa vie, que Alais il ne croyait pas en Jésus! Il n’avait pas saisi que Jésus est le véritable accomplissement des prophéties, le propre Fils de Dieu, le Sauveur du monde, le ressuscité du matin de Pâques. Passer du judaïsme au christianisme n’était donc pas renier le passé religieux d’Israël mais le retrouver transfiguré dans ses providentiels achèvements.

On ne saurait trop insister sur le caractère personnel de ce brusque face à face. Saul signale la soudaine irruption d’une lumière qui dépasse l’éclat du plein midi et qui l’enveloppe ainsi que son escorte. Un choc violent les renverse tous à terre, tandis qu’ils entendent le son d’une voix. Mais la lumière et le langage demeurent indistincts pour son entourage. Lui seul voit quelqu’un dans la gloire et perçoit nettement le message qui lui est exclusivement destiné. Celui qui interpelle si familièrement son adversaire montre qu’il a pénétré jusqu’à ses intentions les plus secrètes : c’est le Christ qu’il poursuit et qu’il atteint dans les chrétiens : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes. »

La formulation de l’identité s’accompagne d’une invitation à la docilité : il est temps de mettre fin aux égarements d’une âme que vient stimuler l’aiguillon de la grâce. Saul n’hésitera pas à se livrer sur-le-champ en s’écriant : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse? »

Trois faits semblent avoir particulièrement impressionné l’âme de saint Paul au chemin de Damas : la vie du Christ dans la gloire, sa présence mystérieuse dans ses fidèles, et son retour anticipé. Le Christ est donc simultanément le personnage transcendant du ciel, de l’histoire et de l’apocalypse. Sous l’effet de la lumière intérieure qui l’éclaire soudain sur la portée des Ecritures, Saul voit dans le Christ l’aboutissement de l’Ancien Testament et la réalisation des prophéties. Saul sait maintenant que les longues préparations sont terminées : l’humanité se trouve désormais engagée dans cette période qu’il désignera par « la plénitude des temps »

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1 Tarse (l’actuelle Tarsus en Turquie) est une ville de Cilicie plane. Située sur les rives du Cydnos, près d’un lac relié à la mer par un canal, Tarse fut, au deuxième millénaire, la capitale du royaume de Kizzuwatna ; dominée par les Hittites, puis annexée à l’empire assyrien au VIII° siècle, elle fut ruinée par Sennachérib en 696 à la suite d’une révolte. Après la conquête d’Alexandre, Tarse fit partie de l’empire séleucide. On sait qu’elle se révolta, en même temps que Mallos, parce qu’Antiochus IV Epiphane en avait donné les revenus à sa concubine Antiochis (II Maccabées, IV 30). A l’époque romaine, Tarse qui est la métropole de la province de Cilicie, abritait une importante communauté juive.

2 Gamaliel était un pharisien très influent, « docteur de la Loi, respecté de tout le peuple » (Actes des Apôtres, V 34). Chef d’une école rabbinique, il fut le maître de saint Paul (Actes des Apôtres, XXII 3). Gamaliel était partisan de l’enseignement de Hillel qui représentait dans l’interprétation de la Loi le courant le plus libéral ; ainsi autorisait-il à épouser une femme sur l’avis de décès du mari rapporté par un seul témoin. Gamaliel était membre du Sanhédrin lors de l’arrestation des Apôtres (Actes des Apôtres, V 34), et c’est grâce à son intervention prudente et lucide, qu’ils échappèrent à la condamnation capitale. Il mourut en 70.

La Lettre aux Hébreux

13 janvier, 2009

du site:

http://www.interbible.org/interBible/ecritures/bfc/introductions/nt_introductions/i_hebreux.htm

La Lettre aux Hébreux
 

Quiconque lit attentivement ce texte a l’impression de se trouver devant une prédication ou un discours plutôt que devant une lettre à proprement parler. Certes, les tout derniers versets du chapitre 13, avec les salutations qu’ils contiennent, font penser à la conclusion d’une lettre. Mais le début ne comporte aucun renseignement sur l’auteur ou les destinataires de cet écrit. Il est possible, mais non certain, que cette « lettre » ait été envoyée d’Italie (13.24). Elle s’adresse en tout cas à des chrétiens exposés à l’impopularité et à une opposition croissante, au point que ceux-ci sont tentés d’abandonner la foi chrétienne. L’auteur les encourage à demeurer fermes dans cette foi, en leur démontrant la supériorité de la personne et de l’oeuvre du Christ pour tout ce qui touche au salut.

     Dès le début, la lettre affirme que Dieu s’est révélé définitivement à nous en la personne de son Fils Jésus-Christ (1.1-3). On peut distinguer deux parties principales dans cet exposé entrecoupé d’appels pressants: – La première partie (1.4-10.18) met en évidence la grandeur suprême du Christ: il est non seulement supérieur aux prophètes (1.1-3), mais encore aux anges (1.4-2.18), à Moïse et à Josué (3.1-4.13); en tant que grand-prêtre unique de la nouvelle alliance, il est supérieur aux grands-prêtres de l’ancienne alliance (4.14-7.28); son sacrifice accompli une fois pour toutes est supérieur aux nombreux sacrifices de l’ancien Israël (8.1-10.18). – La deuxième partie (10.19-13.19) encourage d’abord les auditeurs à persévérer dans la foi (10.19-39). C’est là qu’on trouve le célèbre passage sur l’exemple des croyants de l’Ancien Testament (chap. 11), puis l’invitation à garder les regards fixés sur Jésus-Christ, pour supporter l’opposition comme lui (12.1-11). Après quelques dernières recommandations et des avertissements (12.12-13.19), l’auteur achève par une bénédiction et des salutations (13.20-25).

     Pour aider ses lecteurs à surmonter leur découragement, l’auteur ne se contente pas de paroles réconfortantes. Il évoque avec réalisme la difficile condition des chrétiens dans le monde et précise le but de l’oeuvre du Christ: par sa mort, il a rendu possible ce qu’aucun sacrifice ne pouvait accomplir. Les lecteurs sont invités alors à prendre place dans la grande foule des témoins de Jésus-Christ, l’auteur d’un salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent.

Prière à Saint Paul (1)

12 janvier, 2009

du site:

http://www.anneesaintpaul.fr/kt/prieres_saintpaul.pdf

PROPOSITIONS DE PRIERES

Prière à Saint Paul (1)

A la suite de Paul,

Nous te rendons grâce, Dieu notre Père.

Par le baptême, tu nous sauves,

tu fais de nous des vivants

avec Jésus ressuscité.

Nous te rendons grâce pour l’Eglise :

Elle est le corps dont nous sommes les membres.

Nous te rendons grâce pour ton Esprit :

Qu’il porte en nous beaucoup de fruits,

pour que nous soyons des témoins de Jésus

à l’école, à la maison,

au milieu des autres,

partout où nous vivons.

Saint Paul (sur la charité)

28 novembre, 2008

du site:

http://biblio.domuni.org/cours/theologie/charite/charite_1-08.htm#P69_14209

B – Saint Paul

Il n’y a pas d’épître de S. Paul qui n’ait son mot sur la charité ; mais dans la plupart, la charité est un thème plus ou moins développé, plusieurs fois repris. Je note seulement quelques grands points caractéristiques :

Dès la 1 aux Thaloniciens, apparaît la triade : “ l’activité de votre foi, le labeur de votre charité, la constance de votre espérance, [6] qui sont l’œuvre de N.S. Jésus-Christ ” (1, 3 ; 5, 8). Qu’est-ce que cette charité ?

1. C’est d’abord l’amour dont Dieu nous aime, amour qui est au principe de toute l’économie du salut, c’est-à-dire de tout le grand dessein qui n’a été révélé pleinement que dans le Christ.

“ Béni soit Dieu le Père de N.S.J.C. qui nous a bénis et comblés de bienfaits spirituels, aux cieux dans le Christ. C’est ainsi qu’il nous a élus en lui, dès avant la création du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour, déterminant d’avance que nous serions pour lui des fils adoptifs par J.C. Ainsi lui a-t-il plu de vouloir, afin que fût louée la splendeur de la grâce dont il nous a favorisés dans le Bien-Aimé ” (Ep 1, 3-6).

Du côté de Dieu, l’agapè est le principe d’une libéralité toute gratuite, qui se manifeste dans toute la série des bienfaits divins, jusqu’aux plus éclatants : le Christ, Fils de Dieu, livré à la mort pour nous, est, pour ainsi dire, la preuve objective de cet amour, dont par ailleurs le gage nous est intérieurement donné par le Saint-Esprit :

“ L’espérance ne déçoit point, parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous fut donné. C’est en effet alors que nous étions sans force, c’est alors, au temps fixé, que le Christ est mort pour des impies : – à peine en effet voudrait-on mourir pour un homme juste ; pour un homme de bien, oui, peut-être osera-t-on mourir – mais la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous ” (Rm 5, 5-8).

Cet Esprit, présence active de l’amour de Dieu en nous, nous assimile au Christ, fils comme lui et héritiers :

“ La preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba ! Père ! Aussi n’es-tu plus un esclave, mais un fils ; fils et donc héritier de par Dieu ” (Ga 4, 6-7).

2. La charité, c’est donc aussi l’amour dont nous aimons Dieu précisément comme un Père. Car si l’Esprit répand dans nos cœurs l’amour dont Dieu nous aime, et réalise la présence active dans notre cœur, il y suscite notre réponse, amour filial qui nous fait invoquer le Père et nous met en communion intime avec lui, faisant qu’en définitive tout ne peut tourner qu’à notre bien :

“ La science enfle, c’est la charité qui édifie. Si quelqu’un s’imagine connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comme il faut connaître ; mais si quelqu’un aime Dieu (agapan ton théon), celui-là est connu de Dieu ”, i. e. en termes bibliques, est aimé de Dieu, est connu de lui comme ami (I Co 8, 1b-3).

“ Et nous savons qu’avec ceux qui l’aiment (tois agapôsin ton théon), Dieu collabore en tout pour leur bien, avec ceux qu’il a élus selon son dessein éternel. Car ceux que d’avance il a discernés, il les a aussi prédestinés à reproduire l’image de son Fils, afin qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères ” (Rm 8, 28-29).

3. Et voilà pourquoi la même charité est aussi l’amour dont nous aimons nos frères, amour qui s’apprend à l’école de Dieu :

“ Sur l’amour fraternel, vous n’avez pas besoin qu’on vous écrive (philadelphias), car vous avez personnellement appris de Dieu à vous aimer les uns les autres (eis to agapan allélous) ” (1 Th 4, 9).

Il le faut bien, car c’est encore un grand mystère que cette charité [7] fraternelle, celui même de l’édification de l’Église, c’est-à-dire du Corps du Christ, dont précisément l’agapè est le lien. Ici, il faudrait trop citer ; c’est comme vous le savez, un des apports les plus personnels de S. Paul, un des grands centres de sa pensée ; là où S. Jean mettra en avant l’exemple du Christ, et son commandement nouveau, S. Paul invoque le mystère du Christ et de l’Église. Quelques textes suffiront à évoquer ce thème particulièrement étudié aujourd’hui :

“ Mais vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandissons de toutes manières vers Celui qui est la tête, le Christ, dont le corps entier reçoit concorde et cohésion par toutes sortes de jointures qui le nourrissent et l’actionnent selon le rôle de chaque partie, opérant ainsi sa croissance et se construisant lui-même, dans la charité ” (Ep 4, 15-16).

C’est bien une nouvelle cité, c’est la maison de Dieu, qui se construit ainsi et qui appelle des rapports tout nouveaux, un amour, une amitié, caractéristique de cette société-là :

“ Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu. Car la construction que vous êtes a pour fondation les apôtres et les prophètes et pour pierre d’angle, le Christ Jésus lui-même ” (Ep 2, 19-20).

Jusque-là, il y avait le peuple de Dieu, Israël, et les Nations ;: mais le Christ “ a tué la Haine ”, surmonté cette division, réunissant les deux peuples en un seul, c’est-à-dire appelant tous les hommes, Juifs, Grecs et barbares (Ep 2, 14-17). Aussi la grande et essentielle chose est-elle l’amour :

“ Aussi, je vous en conjure par tout ce qu’il peut y avoir d’appel pressant dans le Christ, de persuasion dans l’amour, de communion dans l’Esprit, de tendresse compatissante, mettez le comble à ma joie en restant bien unis : nourrissez le même amour, ne soyez qu’une seule âme, pensez tous de même ; n’accordez rien à l’esprit de parti, rien à la vaine gloire, mais que chacun par l’humilité estime les autres supérieurs à soi ; ne recherchez pas individuellement vos propres intérêts, mais que plutôt chacun songe à ceux des autres. Ayez entre vous les mêmes sentiments qui furent dans le Christ Jésus ” (Ph 2, 1-5). “ Et puis, par-dessus tout, la charité en laquelle se noue la perfection. Avec cela que la paix du Christ règne dans vos cœurs : tel est bien le terme de l’appel qui vous a rassemblés en un même corps ” (Col 3, 14-15).

Je ne m’arrête pas au grand texte célèbre, l’hymne à la charité (1 Co 13). Il est trop connu pour qu’en parler en général soit bien utile et une étude détaillée nous entraînerait trop loin ; vous la ferez vous-même et, en tout cas, je la laisse à vos cours d’exégèse. Vous savez qu’on a discuté sur le point de savoir s’il s’agit là d’autre chose que de la charité fraternelle. Il s’agit d’elle, bien sûr, directement ; mais si on l’entendait d’une simple attitude morale, on resterait très évidemment bien en deçà du texte de S. Paul ; ici encore, c’est bien le mystère de la charité qui est présent, explicitement proposé par un de ses côtés, mais impliquant toutes ses dimensions et sa profondeur. Cette charité qui dépasse tous les charismes, elle est le lien de la perfection, le lien de tout le Corps qui est l’Église, elle est la “ voie ” (une voie qui les dépasse toutes – 1 Co 12, 31) enseignée par le Christ et par où nous imitons Dieu.

“ Oui, cherchez à imiter Dieu, comme ses enfants bien-aimés, et suivez la voie de l’amour (peripateite in agapè), à l’exemple du Christ qui vous a aimés et s’est livré pour nous, s’offrant à Dieu en sacrifice d’agréable odeur ” (Ep 5, 1-2).

[8] Et cette idée de sacrifice a arraché à S. Paul une expression qui fera problème et dont l’influence a été grande dans la réflexion chrétienne :

“ Je souhaiterais d’être moi-même anathème, séparé du Christ pour mes frères, ceux de ma race selon la chair… ” (Rm 9, 3).

Et enfin, cette charité, dans son rôle d’union et d’assimilation au Christ et par là de la communion de tous les fidèles, a un sacrement :

“ La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? Au moment qu’il n’y a qu’un pain, à nous tous nous ne formons qu’un corps, car tous nous avons part à ce pain unique ” ( 1 Co 10, 16-17).

Dédicace de Saint Pierre Saint Paul (une prière émouvant, pour moi)

25 septembre, 2008

È une prière que j

ai trouvé sur le site : « La Fraternité de Jerusalem », cette prière me semble vraiment très belle et émouvant et, pour un fois, je vous en prie de la lire, pour Saint Pierre e Paul e, aussi, un peu pour moi, parce que les apôtre Pierre et Paul sont « mon amour » :

http://jerusalem.cef.fr/pages/24homelies/index.php?hid=205

Dédicace de Saint Pierre Saint Paul

Frère Pierre-Marie

Rien «dans la vie», comme on dit,
ne prédisposait ces deux hommes
que la liturgie rapproche aujourd’hui dans une même fête,
à se rencontrer
et moins encore à œuvrer ensemble.
Un point commun cependant, au départ :
tous deux sont de race juive.
Un grand point commun à l’arrivée :
tous deux meurent en apôtres de Jésus Christ.

*

Le premier s’appelle Simon
du nom du second fils de l’ancêtre Jacob.
Le second porte le nom de Saül
comme le premier roi concédé par Dieu au peuple d’Israël.

Simon est un pêcheur de Bethsaïde
et passe le plus clair de son temps
sur les eaux du lac de Tibériade.
C’est un Galiléen, plongé au cœur de cette terre,
carrefour des nations païennes.
Viens à ma suite, je ferai de toi un pêcheur d’hommes.
Laissant là l’épervier, il part aussitôt à la suite de Jésus.
Il devient son disciple.
Quelques temps après, au terme de toute une nuit en prière,
sur les flancs de la montagne, Jésus l’appelle à nouveau
et le place en tête des Douze,
et il reçoit alors comme eux le nom d’apôtre.

De même que celui qui vous a appelés est saint,
écrira-t-il un jour dans sa première lettre
aux étrangers de la diaspora,
devenez saints vous aussi dans toute votre conduite (1,17).
Prêchant le premier d’exemple,
en bon pasteur et modèle du troupeau de Dieu (3,2),
le disciple Simon, l’apôtre Pierre
deviendra, tout simplement : saint Pierre.

Quel itinéraire :
la Galilée, la Samarie, Jérusalem,
avec cette nuit mémorable et terrible,
celle de l’agonie de son Seigneur,
où, voulant marcher, lui aussi, à sa suite,
sur les eaux de la mort,
il prend peur tout à coup, car le vent avait tourné,
une fois encore,
et était devenu contraire (Mt 14,24.30).
Et puis le matin radieux du saint Jour de Pâques.
Le vent fou d’amour, redevenu favorable cette fois,
au plein feu du Jour de Pentecôte (Ac 2,2.47).
Jérusalem encore, Joppé, Césarée Maritime,
Antioche et Rome enfin.
Il sera donc : saint Pierre de Rome.
À l’endroit même de son martyre, on bâtira une église
sous le vocable et à la mémoire de son nom.
Vous donc, comme des pierres vivantes,
prêtez-vous à l’édification d’un édifice spirituel (1 P 2,5).

*

— Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ?
— Qui donc es-tu, Seigneur ?
— Je suis Jésus que tu persécutes (Ac 9,4-5).
Alors, ce circoncis du huitième jour, de la race d’Israël,
de la tribu de Benjamin, Hébreu, fils d’Hébreu,
quant à la Loi un Pharisien, quant au zèle un persécuteur de l’Église,
quant à la justice que peut donner la Loi,
un homme irréprochable,
se relève (Ph 3,5-6).
Aveuglé de lumière, terrassé en sa chair,
ébranlé en ses certitudes, et se reconnaissant enfin
le premier des pécheurs (1 Tm 1,15) !
Deux ans au désert, Jérusalem, Antioche, Chypre…
La Cilicie, la Galatie, la Lydie, la Mysie, la Macédoine….
Éphèse, Philippes, Thessalonique, Athènes, Corinthe…
Tout le nord du Bassin méditerranéen parcouru
en de multiples voyages missionnaires
et, pour finir, pour lui aussi, la ville de Rome.
Il y mourra également martyr du Christ.

*

Près de la colline vaticane,
à l’emplacement du cirque de Néron,
l’apôtre Pierre est crucifié.
Sur la route d’Ostie, hors des remparts,
l’apôtre Paul est décapité.

Nous fêtons aujourd’hui, frères et sœurs,
la Dédicace de ces deux églises,
dressées au cœur de la capitale de l’Empire,
devenue la ville d’où l’évêque de Rome, le Pape
préside à la charité de toutes les Églises :
la Basilique de Saint-Pierre-de-Rome
et la Basilique de Saint-Paul-hors-les-murs.

Donnés de tout cœur à l’annonce de l’Évangile
voici ces deux hommes que tout aurait pu séparer,
à jamais unis dans le don de leur sang.
De leur sang venant féconder la terre de la ville
la plus païenne du monde,
pour en faire le berceau, après Jérusalem où l’Église est née,
de toute la chrétienté !

*

Frères et sœurs,
louons Pierre et Paul
pour l’exemple inoubliable de leurs vies.
Nous aussi, malgré tant de diversités, d’itinéraires multiples,
nous voici profondément unis
par la même foi en Jésus Christ,
le Sauveur de tous les hommes,
et l’appartenance à son Église universelle
par laquelle il a plu à Dieu de faire passer le salut.

Quelle grâce d’appartenir à cette Jérusalem nouvelle
où tout ensemble fait corps !
Le salut vient des Juifs,
avait dit Jésus à une femme païenne de Samarie.
À présent, avec Pierre et Paul, nous pouvons le redire :
Nous sommes tous fils de Dieu par la foi au Christ Jésus.
Vous tous en effet, baptisés en Christ,
vous avez revêtu le Christ.
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre,
ni homme ni femme, car tous vous ne faites qu’un
dans le Christ (Ga 3,27-28).
Mais si vous appartenez au Christ,
vous êtes donc de la descendance d’Abraham,
héritiers selon la promesse.
Vraiment les dons et les appels de Dieu
sont sans repentance et ses promesses
de toujours à toujours !

Comme le dit l’oraison de la messe
de cette fête de la Dédicace,
nous pouvons refaire cette prière :
«Garde ton Église, Seigneur,
sous la protection des apôtres Pierre et Paul.
Puisqu’elle reçut par eux,
la première annonce de l’Évangile,
qu’elle en reçoive jusqu’à la fin des temps
la grâce dont elle a besoin pour grandir !»

Saint Pierre et saint Paul de Rome,
priez avec nous ! priez pour nous !

Saint Paul, homme de prière

10 juin, 2008

 (quelque chose de Saint Paul), du site:

http://www.esprit-et-vie.com/article.php3?id_article=650

Saint Paul, homme de prière

P. Paul Bony

Paris, Éd. de l’Atelier, coll. « Vivre, Croire, Célébrer, Recherches », 2003.

Esprit et Vie n°94 – novembre 2003 –

Le sous-titre, Originalité d’une prière d’Apôtre, dit bien l’angle d’approche spécifique de la prière paulinienne. Après tout, on pouvait s’y attendre, tellement la vocation apostolique de Paul est déterminante de son existence chrétienne. « Une conviction sous-tend les pages qui suivent : en lisant Paul, nous découvrons une prière apostolique spécifique, non point un supplément d’âme s’ajoutant à l’apostolat, mais une action qui fait partie intégrante du service de l’Évangile et, en cela, digne d’intérêt pour quiconque a aujourd’hui, d’une manière ou d’une autre, mission de servir la parole de Dieu » (p. 14).

L’auteur procède par l’analyse de textes-clés, à partir desquels il élabore quelques propositions de synthèse sur la prière apostolique. Plutôt que de suivre les quatre chapitres de l’ouvrage – où alternent, dans un plan qui pourrait être plus cohérent : analyse de textes pauliniens, rappel de l’enracinement biblique et juif de la prière paulinienne, synthèses provisoires et nouvelle analyse de texte -, cherchons à rendre compte des points de vue majeurs qui traversent tout le livre.

1. Une remarque préliminaire : Paul ne livre pas sa prière elle-même, mais ce qu’elle lui a permis de reconnaître de l’œuvre de Dieu à travers son ministère (d’où l’action de grâces) et ce qu’elle lui désigne maintenant comme progrès à attendre et favoriser dans l’existence des communautés qu’il a évangélisées (d’où la supplication). Paul ne nous livre pas sa prière en direct, cela reste le secret de son intimité avec Dieu, mais des comptes-rendus de sa prière : ce qu’il est profitable d’en communiquer à ses destinataires. Il ne dit pas : « Je te rends grâces, Dieu, pour l’Évangile qu’ils ont reçu » (je-tu-ils), mais : « Je rends grâces à Dieu pour l’Évangile que vous avez reçu » (je-lui-vous). C’est pourquoi le « compte-rendu » de prière tourne facilement à l’enseignement et anticipe en début de lettre, de manière allusive, ce qui en constituera les grandes préoccupations.

2. En effet les deux pôles de la prière apostolique, action de grâces et supplication, sont enracinés dans les événements et les situations du ministère apostolique et des communautés. On peut le vérifier dans l’analyse de Ph 1 et de Rm 1 : dans un cas, la participation active des Philippiens à la grâce apostolique de Paul dès les débuts de l’Évangile ; dans l’autre, l’accueil de l’Évangile chez les Romains, parmi les nations, mais en communion avec la foi judéo-chrétienne des origines. La prière de l’Apôtre n’est pas une addition externe au ministère ; elle est « un acte de justice » qui fait droit à la reconnaissance de « la justice de Dieu », laquelle est à l’origine de l’Évangile et de sa fécondité spirituelle, bien plus qui en est la substance même, ce qui fait que la prière d’action de grâces est encore l’annonce de la grâce. La prière de l’Apôtre est aussi discernement et accueil de ce que Dieu veut continuer de faire dans les communautés comme dans le ministère apostolique. Elle maintient ministère et communauté sous l’horizon du Jour du Christ. Elle désenclave les réalisations présentes de leurs limites et entretient l’espérance. Ainsi l’action de grâces pour le passé et la supplication dans le présent espèrent déboucher sur la louange de Dieu lors de l’avenir eschatologique, lourd « de ce fruit de justice » que nous aurons porté par le Christ Jésus ».

3. Dans la prière de l’Apôtre s’opère un acte de discernement qui relève de la dimension prophétique du ministère apostolique. Ce point de vue est fortement et judicieusement mis en valeur par Claude Tassin : « Disons que l’expérience de Paul fait de la prière un lieu de discernement prophétique de l’agir chrétien » (p. 14). En effet, Paul est conscient de la dimension prophétique de son apostolat : il est apôtre à la manière des prophètes. En annonçant l’Évangile, il discerne l’œuvre de Dieu dans l’histoire. En conséquence, il appelle à la conversion. Et comme les prophètes, il intercède pour le peuple dont il est chargé, afin qu’il parvienne à la plénitude du salut. Ce discernement prophétique, recherché dans la prière, est en premier lieu l’apanage de l’Apôtre, mais il est aussi partagé par l’ensemble des croyants, qui sont en mesure de s’exhorter et de s’entraîner mutuellement dans la fidélité à l’Évangile. De cette prière de la communauté, Paul souhaite bénéficier lui aussi pour le discernement et l’accomplissement de sa mission. L’intercession n’est pas à sens unique, elle est mutuelle, même si elle n’est pas symétrique.

4. Ce que Jeremias disait de Jésus : « Jésus et ses disciples sont issus d’un peuple qui savait prier », est aussi vrai de Paul. Claude Tassin n’a pas de peine à relier les démarches de la prière apostolique non seulement à la responsabilité prophétique, mais plus largement aux grands axes de la prière biblique et juive, spécialement des Psaumes : louange, action de grâces, cris de détresse. C’est bien cela que Paul reprend, bien que ce ne soit pas dans le même ordre : on va de l’action de grâces à la louange en passant par la supplication pour traverser la crise qui va du salut pascal au salut final. Cette trajectoire est bien visible dans le compte-rendu de la prière en Ph 1, 3-11. Au passage, Claude Tassin remarque comment Jésus, dans la parabole du pharisien et du publicain, à la différence de l’inflation des « bénédictions » et de l’action de grâces dans les confréries pharisiennes, donne l’avantage à la prière de demande, parce qu’elle maintient l’orant dans l’humilité de l’accueil et dans l’ouverture au don futur de Dieu. Paul, en tout cas, ne s’arrête jamais à l’action de grâces, si « juste » lui paraît-elle et nécessaire, mais il y joint toujours la prière de demande qui interdit la satisfaction des gens arrivés.

5. Claude Tassin aborde en finale le texte bref mais significatif de Rm 8, 26-30 sur l’intercession de l’Esprit. Celle-ci concerne tous les croyants et pas seulement l’Apôtre. Mais ne livrerait-elle pas la clé de toute prière chrétienne à commencer par la prière apostolique ? En effet, l’intercession de l’Esprit ne vise rien d’autre que le discernement et l’accomplissement ultime de l’Évangile annoncé et reçu. N’est-ce pas justement cela même qui est l’objet de la prière apostolique, en ce qu’elle a de plus spécifique, à l’image de l’intercession prophétique ? Constatant la figure exceptionnelle de l’Esprit dans ce texte de Rm 8, comme « super-intercesseur », Claude Tassin en cherche justement l’explication et l’origine dans le rôle que joue l’Esprit, selon la tradition juive, chez les prophètes, pour discerner l’œuvre de Dieu et pour en rendre grâces – ce que Luc a repris dans son Évangile et dans les Actes (voir Zacharie, Syméon, la communauté primitive de Jérusalem). L’Esprit est à la fois celui qui permet de relire les événements présents à la lumière des Écritures, et celui qui est reçu de Dieu comme fruit de la prière, pour rendre les bénéficiaires à nouveau capables de l’annonce. Paul, quant à lui, intériorise fortement ce rôle de l’Esprit. Il n’est pas le destinataire de la prière, il en est l’inspirateur. Il est celui qui ajuste, qui « met au point » le désir des croyants, pour les conformer au dessein de Dieu : les configurer au Christ, les conduire ainsi à la gloire eschatologique. L’intercession de l’Esprit est la visée même de l’Esprit au cœur des enfants de Dieu. Elle est la seule intercession qui puisse correspondre à la vérité et à la profondeur de l’Évangile.

Ce parcours paulinien met bien en valeur l’unité intérieure du ministère de l’Évangile et la prière de ceux qui le portent. Rien d’artificiel dans leur rapport, mais justesse et justice. Cela est important à redire aujourd’hui, à l’encontre de toute dichotomie entre vie spirituelle et vie apostolique. On pourrait seulement demander si cette dimension prophétique de la prière apostolique rend compte de toute la richesse spirituelle de la prière paulinienne. Mais l’auteur nous avait prévenus de son angle d’approche. On ne peut lui reprocher de ne pas avoir tout dit. Heureusement ! D’autant plus que ce qu’il dit est déjà d’une grande richesse. Sans minimiser la dimension contemplative inhérente à la relecture de l’œuvre de Dieu dans l’annonce de l’Évangile et dans la fondation des communautés, on peut se demander, quand on lit l’ouvrage d’Alan Segal, Paul le converti (qui fera l’objet d’une importante présentation dans un prochain numéro d’Esprit et Vie), s’il ne faudrait pas faire droit aussi à la dimension « apocalyptique » et « mystique » de la prière de l’Apôtre Paul. Même s’il ne veut pas faire état de son rapt au troisième ciel pour fonder l’authenticité de son apostolat et s’il se hâte de « crucifier » cette élévation par l’évocation de ses handicaps et de ses faiblesses, Paul laisse entrevoir qu’il a connu une vie de prière peu commune, dans laquelle vie en Christ et vie dans l’Esprit ont fait de lui l’émule des plus grands mystiques : le voile de Moïse est tombé. « Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, comme de par le Seigneur, qui est l’Esprit » (2 Co 3, 18).

gracebow, Rm 5,17 – je ne trouve pas la traduction de gracebow je ne comprends pas la mot, Romains 5 parle de la chute dell’homme et de la grâce de Christ; quelqu’un peut traduire? s’il vous plait

4 juin, 2008

gracebow, Rm 5,17 -  je ne trouve pas la traduction de gracebow je ne comprends pas la mot, Romains 5 parle de la chute dell'homme et de la grâce de Christ; quelqu'un peut traduire? s'il vous plait  dans images sacrée 20%20MONSMART%20GRACEBOW%20ROM%205%2017

http://www.artbible.net/Jesuschrist_fr.htm

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