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Saint François d’Assisi – 17 septembre Impression des stigmates

16 septembre, 2009

sur le site il y a une Introduction e 5 considération, je mets seulement la troisième, mais est une belle chose lire tout les écrit, du site:

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Fdassise/Les_Stigmates.html

Saint François d’Assisi – 17 septembre Impression des stigmates

Troisième considération

De l’apparition du Séraphin et de l’impression des stigmates à Saint François.

Quant à la troisième considération, c’est-à-dire celle de l’apparition du Séraphin et de l’impression des Stigmates, il faut considérer que, la fête de la Croix de septembre (2) approchant, frère Léon alla une nuit, à I ‘heure accoutumée, pour dire les Matines avec saint François; comme il avait coutume, il dit, de la tête du pont: « Domine, labia mea aperies » (3), et saint François ne répondit pas; alors frère Léon ne s’en retourna pas, comme saint François le lui avait ordonné, mais, dans une bonne et sainte intention, il passa le pont et entra doucement dans sa cellule; ne l’y trouvant pas, il pensa qu’il était quelque part dans le bois, en prière. Aussi en sort-il et, à la lumière de la lune, s’en va-t-il doucement le chercher par le bois: finalement, il entend la voix de saint François, il s’approche et il le voit à genoux, la face et les mains levées vers le ciel, qui parlait ainsi, en ferveur d’esprit: « Qui es-tu, ô mon très doux Dieu ? et moi, que suis-je, ver très méprisable, et ton inutile serviteur ? » Et ces mêmes paroles, il les répétait toujours et ne disait rien d’autre.

Ce pourquoi frère Léon, fortement surpris de tout cela, leva les yeux et regarda vers le ciel; et, en regardant, il vit venir du ciel une flamme de feu, très belle et très brillante, qui descendit se poser sur la tête de saint François; et de ladite flamme il entendait sortir une voix qui parlait avec saint François; mais frère Léon ne comprenait pas les paroles. Entendant cela et se jugeant indigne de rester si près de ce saint lieu, où était cette admirable apparition, craignant encore d’offenser saint François ou de le troubler dans sa consolation, s’il était aperçu, il se retira doucement en arrière, et, se tenant à l’écart, il attendait pour voir la fin. Et, regardant attentivement, il voit saint François tendre trois fois la main vers la flamme; et finalement, après un long temps, il voit la flamme s’en retourner au ciel. Ce pourquoi il s’en va, tranquille et rempli de joie par cette vision, et s’en retourne à sa cellule.
Comme il s’en allait tranquillement, saint François l’entendit, au froissement des pieds sur les feuilles, et lui ordonna de l’atten dre et ne pas bouger. Alors frère Léon, obéissant, s’arrêta et l’attendit avec une telle peur que, d’après ce qu’il raconta ensuite à ses compagnons, il aurait mieux aimé que la terre l’engloutît, que d’attendre saint François, qu’il pensait être irrité contre lui; car il se gardait avec soin d’offenser sa paternité, de peur que, par sa faute, saint François ne le privât de sa compagnie. Saint François arriva donc à lui et lui demanda: « Qui es-tu ? » Frère Léon, tout tremblant, répondit: « Je suis frère Léon, mon père. » Saint François lui dit: « Pourquoi es-tu venu ici, frère petite brebis ? Ne t’ai-je pas dit de ne pas venir m’observer ? Au nom de la sainte obéissance, dis-moi si tu as vu ou entendu quelque chose. » Frère Léon répondit : « Père, je t’ai entendu parler et répéter plusieurs fois : « Qui es-tu, ô mon très doux Dieu ? et moi, que suis-je, ver très méprisable et ton inutile serviteur ? »

Alors frère Léon s’agenouilla devant saint François, se déclara coupable de la désobéissance qu’il avait commise contre son ordre, et lui demanda pardon avec beaucoup de larmes. Ensuite, il le pria dévotement de lui expliquer ces paroles qu’il avait entendues et de lui dire celles qu’il n’avait pas comprises. Alors saint François, voyant que Dieu avait révélé ou concédé de voir certaines choses à l’humble frère Léon, à cause de sa simplicité et de sa pureté, consentit à lui révéler et à lui expliquer ce qu’il demandait et il parla ainsi : « Sache, frère petite brebis de Jésus-Christ, que, pendant que je disais ces paroles que tu as entendues, il était à ce moment montré à mon âme deux lumières, l’une qui était celle de la révélation et de la connaissance du Créateur, l’autre celle de la connaissance de moi-même. Quand je disais: « Qui es-tu, ô mon très doux Dieu ? », j’étais alors dans une lumière de contemplation, dans laquelle je voyais l’abîme de l’infinie bonté, sagesse et puissance de Dieu; et quand je disais: « Qui suis-je ? etc. », j’étais dans une lumière de contemplation, dans laquelle je voyais la profondeur lamentable de mon abjection et misère, et c’est pour cela que je disais: « Qui es-tu, Seigneur d’infinie bonté, sagesse et puissance, qui daignes me visiter, moi qui ne suis qu’un méprisable et abominable ver ? » Et dans cette flamme que tu as vue était Dieu, qui me parlait sous cette forme comme il avait anciennement parlé à Moïse (4). Et parmi les autres choses qu’il me dit, il me demanda de lui faire trois dons, et je lui répondais: « Mon Seigneur, je suis tout à toi, tu sais bien que je n’ai rien d’autre que la tunique et la corde et les braies, et ces trois choses aussi sont à toi: que puis-je donc offrir ou donner à ta majesté ? »

Alors Dieu me dit: « Cherche dans ton sein et offre-moi ce que tu y trouveras, » Je cherchai et j’y trouvai une boule d’or, et je l’offris à Dieu; et je fis ainsi trois fois, selon que trois fois Dieu me le commanda; puis je m’agenouillai trois fois, et bénis et remerciai Dieu, qui m’avait donné quelque chose à lui offrir. Et aussitôt il me fut donné de comprendre que ces trois offrandes signifiaient la sainte obéissance, la très haute pauvreté et la très splendide chasteté, que Dieu, par sa grâce, m’a concédé d’observer si parfaitement que ma conscience ne me fait aucun reproche. Et de même que tu m’as vu mettre la main dans mon sein et offrir à Dieu ces trois vertus, représentées par ces trois boules d’or que Dieu avait déposées dans mon sein, ainsi Dieu a donné à mon âme cette vertu que je loue et le magnifie toujours, et de coeur et de bouche, pour tous les biens et pour toutes les grâces qu’il m’a concédées par sa très sainte bonté. Voilà les paroles que tu as entendues, et voilà pourquoi j’ai levé trois fois les mains comme tu l’as vu. Mais garde-toi bien, frère petite brebis, de recommencer à m’observer, et retourne à ta cellule avec la bénédiction de Dieu, et prends de moi un soin diligent, car d’ici peu de jours Dieu fera sur cette montagne des choses si grandes et si merveilleuses que le monde entier s’en émerveillera; car il fera certains choses nouvelles qu’il ne fit jamais à aucune créature en ce monde. » Cela dit, il se fit apporter le livre des Evangiles, parce que Dieu avait révélé à son âme qu’en ouvrant trois fois le livre des Evangiles, il lui serait montré ce qu’il plaisait à Dieu de faire de lui.

Dès qu’on eut apporté le livre, saint François se jeta en prière; sa prière terminée, il se fit trois fois ouvrir le livre, de la main de frère Léon, au nom de la sainte Trinité; et comme il plut à la divine volonté, les trois fois il se présenta toujours devant lui la Passion du Christ (5). Par quoi il lui fut donné à entendre que, comme il avait suivi le Christ dans les actes de sa vie, ainsi il devait le suivre et se conformer à lui, dans les afflictions et douleurs de la Passion, avant de quitter cette vie. Et à partir de ce moment saint François commença à goûter et à sentir plus abondamment la douceur de la divine contemplation et des divines visites. Parmi celles-ci il en eut une qui préparait immédiatement l’impression des Stigmates, sous cette forme. Le jour qui précède la fête de la Croix de septembre, comme saint François était en prière dans le secret de sa cellule, l’Ange de Dieu lui apparut et lui dit de la part de Dieu: « Je t’exhorte et t’avertis afin que tu prépares et disposes, humblement et en toute patience, à recevoir ce que Dieu voudra faire en toi. » Saint François répondit: « Je suis prêt à supporter patiemment tout ce que mon Seigneur me veut faire. » Et cela dit, l’Ange s’en alla. Arrive le jour suivant, c’est-à-dire le jour de la Croix (6), et saint François, le matin, de bonne heure avant le jour, se jette en prière devant la porte de sa cellule, la face tournée vers l’Orient, et il priait en ces termes: « Mon Seigneur Jésus-Christ, je te prie de m’accorder deux grâces avant que je meure: la première est que, durant ma vie, je sente dans mon âme et dans mon corps, autant qu’il est possible, cette douleur que toi, ô doux Jésus, tu as endurée à l’heure de ta très cruelle Passion; la seconde est que je sente dans mon coeur, autant qu’il est possible, cet amour sans mesure dont toi, Fils de Dieu, tu étais embrasé et qui te conduisait à endurer volontiers une telle Passion pour nous pécheurs, »

Il resta longtemps en cette prière et il comprit alors que Dieu l’exaucerait et que, autant qu’il serait possible à une simple créature, il lui serait concédé de sentir en une faible mesure les choses susdites, Ayant reçu cette promesse, saint François commença à contempler avec une très grande dévotion la Passion du Christ et son infinie charité, Et la ferveur de la dévotion croissait tellement en lui qu’il se transformait tout entier en Jésus, par amour et par compassion, Comme il était en cet état et qu’il s’enflammait dans cette contemplation, il vit, en cette même matinée, venir du ciel un Séraphin avec six ailes de feu resplendissantes; comme ce Séraphin, dans son vol rapide, s’approchait tellement de saint François qu’il pouvait le bien voir, il reconnut clairement qu’il avait en lui l’image d’un homme crucifié et que les ailes étaient disposées de telle sorte que deux se déployaient sur sa tête, deux se déployaient pour voler, et les deux autres couvraient tout son corps (7). En voyant cela, saint François fut fortement effrayé et, en même temps, rempli d’allégresse et de douleur mêlée d’étonnement, Il éprouvait une très grande allégresse de ce gracieux aspect du Christ, qui lui apparaissait avec tant de familiarité et qui le regardait si gracieusement: mais, d’autre part, en le voyant cloué sur la croix, il éprouvait une douleur, sans mesure, de compassion. Ensuite, il s’étonnait beaucoup d’une vision si surprenante et si insolite, car il savait bien que les douleurs de la Passion ne conviennent pas à l’immortalité d’un esprit séraphique.

Comme il restait dans cet étonnement, il lui fut révélé par celui qui apparaissait, que, par la divine providence, cette vision lui était montrée sous cette forme pour qu’il comprît que ce n’était pas par un martyre corporel, mais par un embrasement spirituel, qu’il devait être tout transformé à la ressemblance formelle du Christ crucifié. Pendant cette merveilleuse apparition, tout le mont Alverne semblait brûler d’une flamme très éclatante, qui resplendissait et qui illuminait toutes les montagnes et vallées des environs, comme si le soleil avait brillé sur la terre. Aussi des bergers qui veillaient par là, voyant le mont embrasé et enveloppé d’une telle lumière, eurent une très grande peur, comme ils le racontèrent ensuite aux frères, en affirmant que cette flamme avait duré sur le Mont Alverne l’espace d’une heure et plus( 8). De même, à la splendeur de cette lumière, qui resplendissait à travers les fenêtres dans les auberges des environs, certains muletiers, qui se rendaient en Romagne (9), se levèrent, croyant que le soleil était levé, sellèrent et chargèrent leurs bêtes, puis, quand ils furent en chemin, ils virent disparaître ladite lumière et se lever le soleil matériel. Dans ladite apparition séraphique, le Christ, qui apparaissait, parla à saint François de certaines choses secrètes et sublimes, que saint François ne voulut jamais, pendant sa vie, révéler à personne, mais qu’il révéla après sa mort, comme on le montrera plus loin (10).

Ces paroles furent les suivantes: « Sais-tu, dit le Christ, ce que j’ai fait ? Je t’ai donné les stigmates qui sont les marques de ma Passion, pour que tu sois mon gonfalonier. Et comme au jour de ma mort je suis descendu dans les Limbes et que j’en ai tiré toutes les âmes que j’y ai trouvées, par la vertu de mes Stigmates, de même je t’accorde que chaque année, au jour de ta mort, tu ailles au purgatoire, et que toutes les âmes de tes trois Ordres, c’est-à-dire des Mineurs, des Soeurs et des Continents( Il), et aussi des autres qui t’auront été très dévots, que tu y trouveras, tu les en tires, par la vertu de tes Stigmates, et les conduises à la gloire du paradis, pour que tu me sois conforme dans la mort, comme tu l’es dans la vie. » , Cette vision admirable disparaissant donc après un long espace de temps et ces paroles secrètes, laissa au coeur de saint François une ardeur sans mesure et une flamme d’amour divin, et laissa dans sa chair une merveilleuse I’image et empreinte de la Passion du Christ (12) : car aussitôt dans les mains et dans les pieds de saint François commencèrent à apparaître les marques des clous, de la manière  » qu’il venait de voir sur le corps de Jésus crucifié, qui lui était apparu sous la forme d’un Séraphin; et ainsi ses mains et ses pieds paraissaient cloués en leur milieu par des clous, dont les têtes, hors de la chair, se trouvaient dans les paumes des mains et sur la partie supérieure des pieds, et dont les pointes ressortaient sur le dos des mains et dans les plantes des pieds: ils paraissaient recourbés et rivés en sorte que, sous cette courbure, dans ce repli, qui tout entier faisait saillie sur la chair, on aurait pu facilement passer le doigt comme dans un anneau; et les têtes des clous étaient noires et rondes. De même, dans son côté droit il apparut la plaie d’un coup de lance, non cicatrisée, rouge et ensanglantée, qui dans la suite jetait souvent du sang de la sainte poitrine de saint François, et lui ensanglantait sa tunique et ses braies.

Aussi ses compagnons s’étant aperçus, avant de le savoir par lui, qu’il ne se découvrait ni les mains ni les pieds et qu’il ne pouvait poser à terre la plante des pieds, trouvant ensuite sa tunique et ses braies ensanglantées quand ils les lui lavaient, eurent la certitude qu’il avait manifestement empreinte, aux mains et aux pieds, et de même au côté, l’image et la ressemblance du Christ crucifié. Et bien qu’il s’ingéniât beaucoup à cacher et à dissimuler ces Stigmates glorieux, si clairement empreints dans sa chair, comme il voyait d’autre part qu’il pouvait mal les dissimuler à ses compagnons familiers, et comme il craignait néanmoins de dévoiler les secrets de Dieu, il tomba dans un grand doute: devait-il ou non révéler la vision séraphique et l’impression des Stigmates ? Finalement, par scrupule de conscience, il appela à lui quelques-uns de ses frères les plus familiers, et il leur demanda conseil, mais en leur soumettant son doute sous des formules générales et sans révéler le fait. Parmi ces frères, il y en avait un de grande sainteté, qui avait nom frère Illuminé (13) : celui-là, vraiment illuminé par Dieu, comprit que saint François devait avoir vu des choses merveilleuses, et lui répondit donc ainsi: « Frère François, sache que ce n’est pas seulement pour toi, mais aussi pour les autres, que Dieu te montre parfois ses secrets sacrés; c’est pourquoi tu as raison de craindre que, si tu tiens caché ce que Dieu t’a montré pour l’utilité d’autrui, tu ne mérites d’être blâmé. » Alors saint François, touché par ces paroles, leur rapporta toute la manière et la forme de la susdite vision, en ajoutant que le Christ, qui lui était apparu, lui avait dit certaines choses qu’il ne redirait jamais pendant sa vie (14).

Bien que ces plaies très saintes lui fissent venir au coeur une très grande allégresse, en tant qu’elles lui avaient été imprimées par le Christ, néanmoins elles lui donnaient, dans sa chair, dans les sensations de son corps, une souffrance intolérable. Ce pourquoi contraint par la nécessité, il choisit frère Léon, parmi les autres le plus simple et le plus pur, à qui il révéla tout: il lui laissait voir et toucher ses saintes plaies et les bander avec des linges pour calmer la douleur et recevoir le sang qui sortait et coulait desdites plaies. Ces bandages, lorsqu’il était malade, il laissait les changer souvent, tous les jours même, sauf du jeudi soir au samedi matin, parce qu’il ne voulait pas que, durant ce temps, la douleur de la Passion du Christ, qu’il supportait dans son corps, fût adoucie en quoi que ce soit par quelque médecine ou remède humain: car pendant ce temps Notre Sauveur Jésus-Christ avait été saisi, crucifié, mis à mort et enseveli pour nous. Il arriva parfois que, pendant que frère Léon lui changeait le bandage de la plaie du côté, saint François, sous le coup de la douleur qu’il éprouvait par l’enlèvement de cette bande ensanglantée, mit la main sur la poitrine de frère Léon; au toucher de ces mains sacrées, frère Léon sentait une telle douceur de dévotion en son coeur, qu’il s’en fallait de peu qu’il ne tombât à terre évanoui (15). Finalement, quant à cette troisième considération, saint François, ayant terminé le carême de saint Michel Archange, se disposa, par une divine révélation, à retourner à Sainte-Marie des Anges. Aussi appela-t-il à lui frère Massée et frère Ange, et après beaucoup de paroles et de saints enseignements, il leur recommanda, avec autant de force qu’il le put, cette sainte montagne, en leur disant qu’il lui fallait retourner avec frère Léon à Sainte-Marie des Anges. Et cela dit, il prit congé d’eux, les bénit au nom de Jésus crucifié, et leur tendit, pour condescendre à leurs prières, ses très saintes mains, ornées de ces glorieux Stigmates, à voir, à toucher et à baiser. Et, les laissant ainsi consolés, il les quitta et descendit de la montagne sainte.

A la louange du Christ. Amen.

NOTES

1- L’auteur développe, en y ajoutant des détails nouveaux, les chapitres 9, 37-70, et 3 8-10, des Actus; il fait aussi de nombreux emprunts à saint Bonaventure.

2. La fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, 14 septembre.

3. Voir plus haut, p. 1343, n. 14.

4. Cf. Ex 3 1-4 17,

5. L’origine de ce récit se trouve dans Thomas de Celano (I C 92-93). mais le nom de l’ermitage où le fait se passe n’y est pas donné et il n’y est pas question de frère Léon. c’est saint François lui-même qui ouvre le livre. L’auteur des Considérations s’inspire directement de saint Bonaventure (LM 13 2).

6. L’auteur des Considérations fixe avec précision au 14 septembre la stigmatisation de saint François; une révélation de 1282, que les Bollandistes considèrent comme fort suspecte, avait déjà indiqué cette date; cf. Acta Sanctorum, octobre, t. Il, p. 859 et s. Saint Bonaventure, I. c. 13 3, dit seulement : « … quodam mane circa festum ExaJtationis Sanctae Crucis…  » L’auteur des Actus 968, emploie la même expression. La prudence de saint Bonaventure nous oblige à n’accueillir qu’avec réserve l’indication donnée par l’auteur des Considérations. Voir plus loin, n. 12.

7. Le description est conforme à celle d’Isaïe, 6 2, en ce qui concerne le nombre et la disposition des ailes. – L’auteur des Considérations traduit presque littéralement saint Bonaventure (LM 13 3) ; cf. I C 94, et J C 4. L’allusion des Ac/us 9 68, à la stigmatisation est extraordinairement brève, et l’auteur renvoie à  » la Légende de saint François ».

8. Cf. Ac/us, 9 69. Mais l’épisode des muletiers, qui va suivre immédiatement, ne se rencontre pas dans les Ac/us. Par contre, on y lit. 9 70, cette réflexion:  » Pourquoi ces Stigmates sacrés furent-ils imprimés sur saint François, c’est ce qui n’est pas encore entièrement connu. Mais, comme il le disait lui-même à ses compagnons, la révélation de ce grand mystère est réservée à l’avenir. ), Ainsi que le fait remarquer le P. Bughetti, éd. citée, p. 216, n. 2, ce qui était  » l’avenir » pour l’auteur des Actus est le passé pour l’auteur des Considérations.

9. La route de Bibbiena à Bagno di Romagna par les Mandrioli passe à l’ouest de l’ Alverne, qui se trouve donc à l’est pour les voyageurs qui la suivent.

10. Voir p. 1259 et s.

11. Les Mineurs. !es Pauvres Dames ou Clarisses, le Tiers-Ordre.

12. La description qui va suivre est traduite presque littéralement de saint Bonaventure (LM 13 3).
Autres descriptions des Stigmates: dans la Lettre de frère Elie annonçant aux frères la mort de saint François, lettre écrite au mois d’octobre !226, P.S. Mencherini, Codice diplomatico »., p. 7 et s., avec une abondante bibliographie; – dans Thomas de Celano (I C 94-95 ; 3 C 4) dans la Légende dite des Trois Compagnons, 70, La meilleure étude critique sur les nombreux problèmes que soulèvent ces textes est, à mon avis, celle du P. M. Bi hl, O.F.M., publie dans AFH 3, 1910, p. 393 et s.

13. Frère Illuminé de Rieti avait été le compagnon de saint François pendant son voyage en Egypte; sur frère Illuminé, Biblioteca O,F.M., Biblioteca biobibliografica della Terra Santa et de l’Oriente francescano, t. 1, Quaracchi, 1906, p. 33, n. 3, 36 et s. Il est cité par Dante dans la Divine Comédie, Paradis, XII, 30.

14. L’auteur des Actus. 971. termine le chapitre consacré à l’Alverne et à la Stigmatisation, par cette note: ,( Frère Jacques de Massa a connu CCJ faits de la bouche de frère Léon, et frère Hugolin de Monte Santa Mariâ de la bouche dudit frère Jacques, et moi qui écris, de la bouche de frère Hugolin, homme entièrement digne de foi « .

15. Cf. Actus, 39 8-10.

Le grand pardon d’Assise, le 2 août

1 août, 2009

du site:

http://www.ofm-canada.org/fra/spiritualite/pardon.htm

Le grand pardon d’Assise, le 2 août

L’une des belles traditions franciscaines, qui fait partie de l’héritage, est celle de l’indulgence de la Portioncule, le 2 août. Cette tradition, remontant à l’an 1216, du vivant même de saint François, a son point de départ dans une toute petite chapelle d’Assise, Sainte-Marie-des-Anges, et possède l’incroyable pouvoir de nous faire entrer dans l’expérience du grand pardon donné par Dieu en toute gratuité.

L’histoire de cette Indulgence plénière
L’histoire du choix de la chapelle Sainte-Marie-de-la-Portioncule remonte à une histoire d’expulsion de la masure de Rivo-Torto. L’évêque n’avait rien à offrir à François, ni les chanoines de Saint-Rufin. François fut tiré d’embarras par les Bénédictins du mont Subasio, qui louèrent la petite chapelle aux frères moyennant une boîte de quelques kilos de poissons chaque année. Portioncule désigne une petite portion de terrain. C’est là que les premiers frères autour de François accentuèrent la dimension contemplative de leur vie : Depuis longtemps, ce lieu portait le nom prédestiné de Portioncule, non sans un dessein spécial de la Providence, car il devait échoir à des hommes qui désireraient ne rien posséder au monde. C’est ici que le Très-Haut nous a multipliés. C’est ici que la lumière de sa sagesse a éclairé le cœur de ses pauvres, ici que le feu de son amour a embrasé nos volontés. Ici que celui qui priera d’un cœur fervent obtiendra ce qu’il demande (1 Celano, 106).

À l’été 1216, le Pape Innocent III meurt à Pérouse. Deux jours après, le 18 juillet, est élu Honorius III, un vieillard malade qui donnait largement aux pauvres et avait une belle parenté spirituelle avec saint François. Quelques jours plus tard, le Petit Pauvre se rendit saluer le nouveau Pape avec frère Masseo, et lui adresser une demande : la même remise plénière des péchés que venait d’accorder le concile de Latran aux croisés de Terre Sainte. Cette indulgence était aussi accordée par extension à ceux qui, ne pouvant partir, soutenaient l’expédition de leurs aumônes. François revendiquait le droit des pauvres, en demandant qu’il n’y ait aucun sou ou oblation à débourser.

Très Saint-Père, dit François, il y a quelque temps je vous ai réparé une église en l’honneur de la Vierge mère du Christ. Je supplie d’y mettre, à l’occasion de sa dédicace, une indulgence sans oblation, c’est-à-dire l’offrande d’une somme proportionnée à la fortune de celui qui obtenait l’indulgence.

- Et de combien d’années veux-tu cette indulgence? dit Honorius sans s’apercevoir que tacitement il accordait déjà le premier point.

- Très Saint-Père, répondit François, ce ne sont pas des années que je demande à Votre Sainteté, mais ce sont des âmes. Je désirerais que tout homme qui entre dans cette église en se repentant de ses péchés, qui s’en est confessé et en a obtenu l’absolution, fût délié de toute faute et de tout châtiment depuis le jour de son baptême jusqu’au jour et à l’heure où il est entré dans cette église.

- Ce n’est pas la coutume de la curie romaine, répondit le Pape, d’accorder une pareille indulgence.

- Seigneur, répliqua François, ce que je demande, ce n’est pas moi qui vous le demande, mais celui de la part de qui je viens, le Seigneur Jésus-Christ.

Et cette fois le pape répondit aussitôt : Oui, je t’accorde cette indulgence.

Cet entretien avait pour témoins plusieurs cardinaux qui jusqu’alors avaient gardé le silence. Ils crurent que le nouvel élu manquait de connaissances en administration et lui dirent : Mais, Seigneur, si vous accordez à cet homme une pareille indulgence, vous détruisez celle de la croisade, et celle des sanctuaires apostoliques perdra toute valeur.

- Nous la lui avons donnée et octroyée, dit Honorius, nous ne pouvons revenir sur ce qui est fait ; mais nous la modifierons de façon à ce qu’elle ne s’étende qu’à un jour naturel. Dès maintenant, nous accordons que quiconque viendra et entrera dans cette église, bien repentant et après s’être confessé, soit absous de toute peine et de toute coulpe ; et nous voulons que cette indulgence soit valable chaque année, à perpétuité, seulement pendant une journée à partir des premières vêpres jusqu’aux vêpres du lendemain.

François était au comble de la joie et s’en allait sans attestation écrite, quand le pape le rappela pour lui dire de se munir de lettres patentes. François n’en voulut pas : Dieu saura bien lui-même mettre son œuvre en lumière.

Roland Bonenfant , ofm

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