Archive pour la catégorie 'prière (sur la)'

Les dix clés de la prière – n. 2: Prier au nom de Jésus

4 mars, 2010

du site:

http://jerusalem.cef.fr/index.php/fraternites/prier-dans-la-ville/prier-au-nom-de-jesus

Les dix clés de la prière:

n. 2.

Prier au nom de Jésus

La deuxième clef de la prière nous conduit à prier au nom de Jésus. Nous nous heurtons souvent, dans nos oraisons, au sentiment de n’être pas entendus ou mal exaucés. Nous demandons sans recevoir ; nous cherchons sans trouver ; et nous frappons à la porte sans qu’on nous ouvre (Mt 7,7-8 ; 13,13-15). C’est que, là aussi, nous butons sur une impasse. Vous demandez et vous ne recevez pas parce que vous demandez mal, nous dit saint Jacques (4,3). Il faut nous adresser, pour pouvoir passer, au Christ notre pâque (1 Co 5,7).

Nous chercherions en effet volontiers toute une série de chemins détournés et plus ou moins spécieux pour nous conduire à grand renfort de techniques ou de sensations à on ne sait trop quelle impression euphorisante ou méditation transcendentale. La réponse de Jésus est ferme et limpide. Entrez par la porte étroite. Car large et aisé est le chemin qui mène à la perdition et il en est beaucoup qui le prennent. Mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie et il en est peu qui le trouvent (Mt 7,13-14). Ce chemin existe pourtant et cette porte est connue. L’un et l’autre ont pour nom Jésus qui a justement dit : Je suis la Porte (Jn 10,9) et Je suis le chemin (14,6). Voilà par où, par qui, la prière doit également passer. C’est bien le Christ aussi qui en a la clef (Mt 16,18 ; Ap 1,18).

Jusqu’ici vous n’avez rien demandé en mon nom, nous est-il reproché. Demandez et vous recevrez, et votre joie sera parfaite (Jn 16,24). Voilà ce qu’il ne faut, en second, jamais oublier. Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, pour que le Père soit glorifié dans le Fils (14,13). Car le Père ne peut rien refuser à quiconque le prie au nom du Bien-aimé. Qui a le Fils a la vie et qui n’a pas le Fils n’a pas la vie (1 Jn 5,12). Mais prions-nous réellement au nom du Christ ?

Pour prier comme il faut, il ne suffit pas d’être attentif, fervent, généreux, zélé ou persévérant. Il faut prier au nom du Fils de Dieu (1 Jn 5,1.10.13). Nous demander constamment si ce que nous disons, recherchons ou attendons dans notre prière, c’est bien au nom de Jésus que nous le faisons. C’est-à-dire conformément à ses commandements et selon la volonté du Père (Mt 6,10) ; cette volonté dont Jésus était lui-même entièrement nourri (Jn 4,34). «Demande- toi à chaque instant ce que ferait Jésus et fais-le, écrit frère Charles. C’est ta seule règle, mais ta règle absolue.» Comment ne pas être exaucé en effet, quand on est comme un fils dans le Fils, sous le regard du Père ? «Parle, Seigneur, en mon cœur, dit Guigues le Chartreux, pour que mon cœur te parle.»

Si oui, alors nous pouvons être sûrs que notre prière «passera» et sera entendue. Si vous demandez quelque chose en mon nom, nous dit le Christ, je le ferai. Et il ajoute : Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements et je prierai moi-même le Père (Jn 14,14-15). Voilà la clef ! En priant en lui, nous prions à travers lui. Nous devenons fils dans le Fils. Notre prière rejoint la sienne et la sienne se fait la nôtre. Ce n’est plus nous qui prions, c’est Jésus qui prie en nous (Ga 2,20). Comment ne serions-nous pas entendus ? Par la prière, nous découvrons, dans sa plénitude radieuse, la Divinité venue rejoindre dans la chair notre propre humanité pour la transfigurer (Ph 3,20-21). Comment le Père qui lui-même nous aime, parce que nous aimons son Fils (Jn 16,27) en qui alors, nous aussi, nous sommes un (14,20-21), ne nous accorderait-il pas toute faveur ?

Nous prions alors véritablement au nom de Jésus. Nous prions comme Jésus. Nous prions Jésus, le grand prêtre compréhensif et compatissant, capable de venir en aide à ceux qui sont éprouvés. Nous prions celui qui ne peut que nous exaucer car il a tout goûté de notre condition humaine en devenant en tout semblable à nous (He 2,17-18). Nous prions en disant : «Jésus». Et c’est la suprême prière. Car il est autant revêtu de toute-puissance divine qu’habité d’une infinie bonté pour ceux qu’il n’a pas honte de nommer ses frères, car le sanctificateur et les sanctifiés forment un seul tout (2,11). Alors, par ce seul nom nous sommes sauvés (Ph 2,10). Car il est la porte, celui qui est aussi notre clef, au terme de la route.

Une vocation, prier dans la ville: Les dix clés de la prière

3 mars, 2010

du site:

http://jerusalem.cef.fr/index.php/fraternites/prier-dans-la-ville/la-priere-nous-habite

Une vocation : prier dans la ville
Les dix clés de la prière

1er

Nul d’entre nous ne sait prier comme il faut (Rm 8,26). L’apôtre Paul, pourtant expert dans l’art de la contemplation, puisqu’il fut ravi jusqu’au troisième ciel (1 Co 12,2) est le premier à le reconnaître. Mais Jésus nous en a montré la possibilité, par son exemple, et nous en a indiqué la manière, par son enseignement.

Depuis tant et tant de générations que ses disciples essaient de l’imiter, un certain nombre de lois se sont détachées et précisées. Elles ont peu à peu actualisé et comme concrétisé les enseignements de l’Évangile à ce propos. Enseignements qu’au long des siècles, nombre de maîtres spirituels ont confirmés et maintes expériences vécues ont enrichis. Elles nous ouvrent une à une, aujourd’hui, les portes du domaine intérieur de la contemplation.

1re partie: La prière nous habite

La première vérité dont il importe ici de prendre conscience est que la prière nous habite déjà. Il en est en effet de la prière comme de cette loi de sainteté donnée par Dieu et qui n’est ni au-delà de nos moyens ni hors de notre atteinte. Et c’est le Seigneur en personne qui nous révèle où elle est cachée : Elle n’est pas dans les cieux, qu’il te faille dire : Qui montera pour nous aux cieux nous la chercher, que nous l’entendions pour la mettre en pratique ? Elle n’est pas au-delà des mers, qu’il te faille dire : Qui ira pour nous au-delà des mers nous la chercher, que nous l’entendions pour la mettre en pratique ? Car la Parole est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur pour que tu la mettes en pratique (Dt 30,11-14). Ainsi de la prière, qui est dialogue entre l’homme et Dieu, à partir de la Parole donnée à l’homme par Dieu.

Peut-être n’y avions-nous encore jamais pensé. Pourtant la réalité est bien celle-là. Nous portons en nous, inscrit en notre être, le souffle même de Dieu, insufflé en notre poitrine depuis le commencement (Gn 2,7). C’est la plus belle grâce de notre création divine. Dès l’origine, en effet, cet être vivant que nous sommes est, ontologiquement peut-on dire, de manière constitutive, un être priant, puisqu’il a été fait âme vivante (1 Co 15,45), marqué au plus profond de lui par le sceau de l’image et de la ressemblance (Gn 1,26).

Avec la grâce de l’Incarnation rédemptrice, ce même Esprit a été répandu à profusion dans nos cœurs (Rm 5,5). Plus merveilleusement encore, nous en possédons les prémices et nous en portons la marque (Ep 1,13-14). C’est lui qui nous anime puisqu’il est notre vie (Rm 8,13). Et puisque l’Esprit est notre vie, la première clef de la prière consiste donc à le laisser nous faire agir (Ga 5,25), lui qui, le premier, et comme spontanément, si nous ne le contristons pas, nous conduit au chemin de la contemplation.

Il nous faut donc commencer par rejoindre la prière qui réside en nous. En reconnaître l’antériorité et la trace. Ne pas l’empêcher de monter. La libérer, par notre foi en sa Présence et notre docilité à ses appels. Pour bien prier, il faut commencer par écouter en soi l’Esprit de Dieu prier à l’adresse du Père des cieux (Ga 4,6) et nous faire dire de Jésus et à Jésus qu’il est Seigneur, en nous introduisant au plus profond de l’intimité divine (1 Co 12,3). Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous (Mt 10,20).

Qu’importent dès lors notre faiblesse, notre lourdeur, notre manque de savoir-faire. Ce n’est pas en butant obstinément contre cet état de fait que nous parviendrons à passer. Non ! Au milieu de ce mur épais, une porte a été pratiquée et nous en avons déjà la clef. Nous ne savons que faire pour prier comme il convient ; mais le problème n’est pas là. L’Esprit lui-même intercède pour nous en des murmures ineffables (Rm 8,26). On peut le suivre dans ce dédale et le Père entend notre Abba filial (8,15).

Rejoignons donc d’abord la prière même de Dieu. Car Dieu, en nous, est déjà en prière ! Jésus lui-même nous en a fait la bouleversante révélation : Si quelqu’un m’aime, mon Père l’aimera et nous viendrons chez lui et nous ferons chez lui notre prière (Jn 14,23). Cela n’est pas une affaire de connaissance ou de technique, mais de consentement et de foi. «L’âme qui possède la Sagesse, porte en elle-même comme l’éclat de la lumière éternelle et le reflet de la majesté de Dieu ; et, de même qu’intérieurement elle est pénétrée de la grâce du Seigneur, de même, à l’extérieur, elle répand l’émanation de la splendeur et de l’amour de Dieu» (Guillaume de Saint-Thierry, Traité sur l’Amour de Dieu).

Nous devons donc avant toutes choses prier dans l’Esprit Saint (Jude 20). C’est lui qui est le maître d’œuvre de notre prière. Puisque l’Esprit de Dieu habite en nous (Rm 8,1) et que le Père ne peut nous le refuser si nous le lui demandons (Lc 11,13). Et que le Fils en personne prie le Père de nous le donner pour être avec nous à jamais (Jn 14,16). Vivons donc à l’écoute de cet hôte intérieur, soyons ductiles à ses désirs (Jc 4,5), attentifs à sa présence, consentant à ses appels (Jn 16,13). Il vient lui-même en personne, au secours de notre incapacité native, dans la douceur ineffable de ses murmures (Rm 8,26). N’éteignons pas son action (1 Th 5,19). Et nous prierons déjà en Lui en le laissant, le premier, prier en nous (1 Jn 3,24 ; 4,19).

«Le Père, dit saint Basile, demande les fruits de ce dont il a déposé le germe en nous.» Laissons d’abord pousser la semence jetée par Dieu dans le champ de notre âme (1 Co 3,9). Que notre prière commence donc par une invocation à l’Esprit Saint, comme nous le faisons trois fois par jour au début de nos trois liturgies (Veni Creator ou Veni Sancte, le matin ; Roi du ciel Consolateur ou À la troisième heure du jour, à midi ; Feu et Lumière, le soir) et nous aurons déjà en main la première clef de la prière qui est, ni plus ni moins, l’Esprit Saint.

Macaire le Grand : Sur la prière

1 mars, 2010

du site:

http://www.orthodoxa.org/FR/orthodoxie/textespatristiques/Macairelegrand01.htm

SUR LA PRIERE
Macaire le Grand

Citation des « Cent cinquante homélies spirituelles ».
18. La persévérance dans la prière est le fondement de tout bon effort et la cime où s’accomplissent les oeuvres droites. C’est par elle, quand nous appelons Dieu à tendre une main secourable, que nous acquérons les autres vertus. C’est dans la prière en effet qu’est donné à ceux qui en sont jugés dignes de communier à l’énergie mystique et de rencontrer l’état de sainteté qui, par l’ineffable amour du Seigneur, tourne vers Dieu également l’intelligence elle-même. Il est dit : « Tu as donné la joie à mon cœur ». Et le Seigneur lui-même : « Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous ». Que le Royaume de Dieu soit au dedans, qu’est-ce que cela peut signifier d’autre que ceci : la joie céleste de l’Esprit marque clairement de son empreinte les âmes qui en sont dignes ? Car les âmes qui, par la communion efficace de l’Esprit, sont dignes d’une telle grâce reçoivent les arrhes et les prémices de la réjouissance, de la joie, du bonheur que donne l’Esprit, et auquel ont part les saints dans la lumière éternelle au cœur du Royaume du Christ. C’est là, nous le savons, ce qu’a montré l’Apôtre divin. Il dit en effet : « Il nous console dans notre affliction, afin que par la consolation que nous mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler ceux qui sont dans la détresse ». Mais également : « Mon cœur et ma chair crient de joie vers le Dieu vivant », et : « Comme de graisse et de moelle mon âme sera rassasiée ». De même les versets qui s’accordent à ceux-ci veulent dire la même chose, et font allusion à la joie et à la consolation efficaces de l’Esprit.
19. De même que l’œuvre de la prière est plus grande que les autres, de même celui qui est épris d’amour pour elle doit se donner plus de peine et de souci afin de ne pas se faire voler à son insu par le vice. Car en ceux qui visent un plus grand bien, le malin attaque avec de plus grands efforts. Un tel homme aura ainsi besoin d’une grande vigilance et d’une grande sobriété pour porter davantage encore les fruits de l’amour et de l’humilité, de la simplicité et de la bonté, et enfin du discernement, en persévérant chaque jour dans la prière. Ces fruits lui rendront manifestes son propre progrès et sa propre croissance dans les choses de Dieu, et ils inviteront les autres à éprouver la même ferveur.
20. L’Apôtre divin lui-même enseigne qu’il faut prier continuellement et persévérer dans la prière. Et le Seigneur l’a dit : « Combien plus Dieu fera-t-il justice à ceux qui l’appellent nuit et jour » et : « Veillez et priez ». Il faut donc « toujours prier et ne pas se lasser ». De même que celui qui persévère dans la prière a choisi une oeuvre plus fondamentale, de même il lui faut mener un grand combat et soutenir un effort continu, car à la persévérance dans la prière s’opposent les nombreux obstacles du vice : le sommeil, l’acédie, la pesanteur du corps, l’égarement des pensées, l’agitation de l’intelligence, le relâchement, et les autres oeuvres mauvaises. Puis viennent les afflictions, les soulèvements des esprits du mal eux-mêmes, qui nous combattent et nous résistent avec acharnement et empêchent d’approcher Dieu l’âme qui sans relâche le recherche en vérité.
22. Si l’humilité et l’amour, la simplicité et la bonté, ne règlent pas le bon ordre de notre prière, une telle prière, qui serait plutôt l’apparence de la prière, ne peut guère nous aider. Et nous ne disons pas cela de la seule prière, mais de tout effort et de toute peine, de la virginité, du jeûne, de la veille, de la psalmodie, du service, de tout travail fait avec attention pour l’amour de la vertu. Si nous ne nous attachons pas à voir en nous-mêmes les fruits de l’amour, de la paix, de la joie, de la simplicité, de l’humilité, mais aussi de la douceur, de la candeur, de la foi telle qu’elle doit être, de la patience et de la bienveillance, les peines que nous nous donnons ne nous servent à rien. Car nous acceptons de supporter les peines pour profiter des fruits. Mais si l’on ne trouve pas en nous les fruits de l’amour, notre travail est tout à fait vain. De tels hommes ne diffèrent en rien des cinq vierges folles. Celles-ci n’avaient pas dès maintenant dans leur cœur l’huile spirituelle : l’énergie des vertus dont nous avons parlé, cette énergie que donne l’Esprit. Aussi furent-elles appelées folles et rejetées lamentablement hors du lieu des noces royales, sans recevoir en partage le fruit des peines de la virginité. En effet, quand on cultive la vigne, on prodigue à l’avance tous ses soins et toute sa peine dans l’espoir d’obtenir des fruits, mais si l’on n’a pas récolté de fruits, le travail s’avère aléatoire. De même si nous ne voyons pas en nous, grâce à l’énergie de l’Esprit, les fruits de l’amour, de la paix, de la joie et des autres vertus que l’Apôtre a énumérées, et si nous ne nous attachons pas à reconnaître cette grâce en toute certitude et par la perception spirituelle, l’effort de la virginité, de la prière, de la psalmodie, du jeûne et de la veille est manifestement vain. Car ces peines et ces efforts de l’âme et du corps doivent s’accomplir, nous l’avons dit, dans l’espérance des fruits spirituels. Porter les fruits des vertus est une jouissance spirituelle, accompagnée d’un plaisir incorruptible, que l’Esprit suscite secrètement dans !es cœurs fidèles et humbles. Qu’ainsi les peines et les efforts soient considérés pour ce qu’ils sont, comme des peines et des efforts, et que les fruits soient considérés comme des fruits. Mais si quelqu’un, par manque de connaissance, pense que son travail et son effort sont des fruits de l’Esprit, qu’il n’ignore pas qu’il se console et se trompe lui-même, et que dans son état il est privé des fruits réellement grands, les fruits de l’Esprit.
24. Ceux qui ne peuvent pas encore – parce qu’ils sont des enfants s’adonner jusqu’au bout à l’œuvre de la prière, doivent accepter de servi leurs frères avec piété, foi et crainte de Dieu. Car ils sont au service d’un commandement de Dieu et d’une oeuvre spirituelle. Mais qu’ils n’attende pas des hommes un salaire, ou un honneur, et un remerciement. Qu’ils ne se permettent aucun murmure, ni orgueil, ni négligence, ni relâchement, à de ne pas souiller et corrompre une telle Couvre bonne, mais qu’ils s’efforcent cent bien plutôt de la rendre agréable à Dieu par la piété, la crainte et la joie.
25. Le Seigneur est descendu parmi les hommes – ô la miséricorde divine à notre égard ! – avec tant d’amour et de bonté, cherchant à ne pas laisser d’œuvre bonne sans aucun salaire, mais à mener tous les êtres des plus petites aux plus grandes vertus, pour ne priver personne de récompense, n’aurait-on donné qu’un verre d’eau fraîche. Car il a dit: « Quiconque donnera à boire un seul verre d’eau fraîche à l’un de ces petits, parce qu’il est Mon disciple, en vérité Je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense ». Et encore : « Dans la mesure où vous avez fait cela à l’un d’eux, c’est à Moi que vous l’avez fait ». Seulement, qu’on fasse un tel geste pour l’amour de Dieu, et non pour une gloire humaine. Car il a ajouté : « parce qu’il est Mon disciple », c’est-à-dire : dans la crainte et l’amour du Christ. Blâmant en effet ceux qui poursuivent le bien ostensiblement, et donnant à sa parole la force d’une sentence ferme, le Seigneur en vient à dire : « En vérité Je vous le dis, ils ont reçu leur récompense ».

Colomban, abbé de Luxueil : Blesse-nous de ton amour

21 janvier, 2010

du site:

http://www.patristique.org/Colomban-abbe-de-Luxueil-Blesse

Colomban, abbé de Luxueil : Blesse-nous de ton amour

vendredi 5 juin 2009, par Luc Fritz

Saint Colomban (543 ?-615) était un moine irlandais qui vint en France vers 585. Il fonda plusieurs monastères, dont celui de Luxueil dans les Vosges. Persécuté parce qu’il dénonçait les moeurs de la cour de Bourgogne, il se réfugia en Italie où il fonda le monastère de Bobbio en 614. Il y mourut l’année suivante.

Frères, suivons notre vocation.

À la source de la vie nous sommes appelés par la vie ; cette source est non seulement source de l’eau vive, mais de la vie éternelle, source de lumière et de clarté. D’elle en effet viennent toutes choses : sagesse, vie et lumière éternelle.

L’auteur de la vie est la source de la vie, le créateur de la lumière est la source de la clarté. Aussi, sans regard pour les réalités visibles, cherchons par-delà le monde présent, au plus haut des cieux, la source de l’eau vive, comme des poissons intelligents et bien perspicaces. Là nous pourrons boire l’eau vive qui jaillit pour la vie éternelle.

Veuille me faire parvenir jusqu’à cette source,
Dieu de miséricorde, Seigneur de bonté,
et que là je puisse boire, moi aussi,
avec ceux qui ont soif de toi,
au courant vivant de la source vive de l’eau vive.

Qu’alors, comblé de bonheur par cette grande fraîcheur, je me surpasse et demeure toujours près d’elle, en disant : « Qu’elle est bonne, la source de l’eau vive ; elle ne manque jamais de l’eau qui jaillit pour la vie éternelle ! »

Ô Seigneur,
tu es, toi,
cette source qui est toujours et toujours à désirer,
et à laquelle il nous est toujours permis
et toujours nécessaire de puiser.

Donne-nous toujours, Seigneur Jésus, cette eau, pour qu’en nous aussi
elle devienne source d’eau qui jaillit pour la vie éternelle.
C’est vrai : je te demande beaucoup, qui le nierait ?
Mais toi, Roi de gloire,
tu sais donner de grandes choses,
et tu les as promises.
Rien de plus grand que toi,
et c’est toi-même que tu nous donnes,
c’est toi qui t’es donné pour nous.

Aussi est-ce toi que nous demandons,
afin de connaître ce que nous aimons,
car nous ne désirons rien recevoir d’autre que toi.
Tu es notre tout :
notre vie,
notre lumière et notre salut,
notre nourriture et notre boisson,
notre Dieu.

Inspire nos cœurs, je t’en prie,
ô notre Jésus,
par le souffle de ton Esprit,
blesse nos âmes de ton amour,
afin que chacun de nous puisse dire en vérité :
Montre-moi celui que mon cœur aime,
car j’ai été blessé de ton amour.

Je souhaite que ces blessures soient en moi, Seigneur.

Heureuse l’âme que l’amour blesse de la sorte :
celle qui recherche la source,
celle qui boit
et qui pourtant ne cesse d’avoir toujours soif tout en buvant,
ni de toujours puiser par son désir,
ni de toujours boire dans sa soif.
C’est ainsi que toujours elle cherche en aimant,
car elle trouve la guérison dans sa blessure.

De cette blessure salutaire,
que Jésus Christ, notre Dieu et notre Seigneur,
bon médecin de notre salut,
veuille nous blesser jusqu’au fond de l’âme.

À lui, comme au Père et à l’Esprit Saint,
appartient l’unité pour les siècles des siècles.
Amen.

Croître dans la prière … l’équipe de Célébrer les Heures

14 janvier, 2010

du site:

http://www.spiritualite2000.com/Archives/celebrer/celebrer01-3.htm

Croître dans la prière

par Denis Gagnon, o.p. et l’équipe de Célébrer les Heures

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L’Office des lectures représente un lieu privilégié de formation spirituelle et de croissance dans la foi. À celles et ceux qui le pratiquent, il permet de fréquenter de nombreux auteurs inspirés et inspirants. Voici quelques suggestions, réflexions et références pour essayer de tirer les meilleurs fruits possibles de cette heure.

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     On raconte que le pape Paul VI s’inquiétait de la vie spirituelle des prêtres. Il s’en serait ouvert au Consilium qui travaillait à la réforme de la liturgie des Heures. Il semble que le pape souhaitait que l’Office des lectures paraisse le plus vite possible. Il voyait dans cette heure de l’Office divin, avec ses lectures bibliques et patristiques, un bon moyen de revitaliser le clergé.

      Que l’anecdote soit vraie ou non, peu importe. L’idée est juste. Il est vrai que la liturgie en général est une source importante de la formation permanente. Et l’Office des lectures, un lieu privilégié pour se faire.

Un lieu de croissance dans la foi
      Attention! Il faut voir la formation permanente dans son sens le plus large possible. Elle n’est pas seulement un lieu d’apprentissage de connaissances. Mais aussi et surtout un lieu pour nourrir la foi, un lieu pour préciser notre identité comme baptisés, disciples du Christ, membres de l’Église. La liturgie travaille à créer en nous une mentalité ou favorise celle qui s’est créée en nous au fil des ans, par nos rencontres et nos pratiques chrétiennes. Vous êtes-vous déjà demandé ce que vous seriez devenu, quelle personnalité vous auriez maintenant si vous aviez vécu dans un monde complètement étranger au christianisme? Si nous insistons sur certaines valeurs plutôt que d’autres, c’est parce que l’Évangile nous a influencés. La vie de l’Église et notre éducation religieuse tiennent une grande place dans nos options, nos priorités, dans toute ce que nous sommes.

Les psaumes

      Prenons un exemple: les psaumes. La personne qui prie chaque jour en utilisant les psaumes finit par penser et prier à la manière des psaumes. L’esprit qui se dégage de ces 150 prières la rejoint profondément, à la manière de l’étude d’une langue. Lentement, jour après jour, à force de dire, elle finit par épouser la mentalité, la passion des psaumes. Imperceptiblement, mais profondément, comme une deuxième nature. Les causes des psaumes deviennent les siennes. Leur attachement à Dieu l’interpelle et l’entraîne dans l’expression de sa foi.

      Le travail d’influence des psaumes sur notre vie spirituelle peut être plus efficace si nous consacrons du temps à étudier ces prières. Dans bon nombre de bibles, les notes en bas de page et les références en marge offrent des renseignements qui aident à comprendre les psaumes. Parfois, ces notes renvoient à des pages d’évangile qui peuvent nous éclairer. Il existe de bons commentaires des psaumes, du plus simple comme les commentaires de Noël Quesson (50 psaumes pour tous les jours. Jalons pour la prière et la méditation quotidienne, Limoges, Droguet – Ardant, 2 tomes, 1978, 342 p. et 1979, 338 p.), d’Armand Desautels (La Prière du Christ et de l’Église, Lac Beauport, Éditions Anne Sigier, 1980, 249 p.), jusqu’à des ouvrages plus costauds comme ceux de Marc Girard (Les psaumes. Analyse structurelle et interprétation, Montréal/Paris, Bellarmin/Cerf, trois tomes, 1984, 412 p.; 1994, 624 p. et 1994, 564 p.) .

      Se plonger dans ces études n’est pas du temps perdu. La grosse brique de Robert Michaud, Les psaumes. Adaptation de l’oeuvre en trois volumes de Gianfranco Ravasi (Montréal, Éditions Paulines, 1993), propose des commentaires facilement abordables tout en étant assez serrés. On regrette beaucoup qu’il n’y ait pas d’équivalent récent au Guide du psautier de la «Bible de Jérusalem» rédigé par Joseph Gelineau et Didier Rimaud (Paris, Cerf, 1962, 249 p.) Ce petit ouvrage avait l’avantage de proposer des fiches très précises sur chaque psaume (étude de vocabulaire, utilisation liturgique, etc.) et des tables très fouillées,

Les lectures
      Les psaumes ne sont pas les seuls éléments de l’Office des lectures. Les lectures bibliques et spirituelles sont les éléments les plus importants. La répartition des lectures bibliques nous permet de lire de grandes parties des livres de la Bible, et en lecture semi-continue. Pendant quelques jours, parfois quelques semaines, nous baignons dans une lettre de Paul ou dans les oracles du prophète Isaïe. Cela nous offre l’occasion d’apprivoiser une section des Écritures. Notre méditation s’en nourrit, la prière aussi.

      Nous pouvons en profier pour étudier la section en question. La célébration de l’Office des lectures n’est sans doute pas le bon moment pour nous mettre à l’étude, bible et crayon en main. Mais avant ou après la célébration, rien ne nous empêche de lire ou de relire l’introduction que nous donne notre édition de la Bible ou notre édition de l’Office des lectures elle-même. Il est aussi possible de consulter les notes en bas de page ou les références en marge dans notre bible. Nous pouvons poursuivre en étudiant un Cahiers Évangile (Paris, Cerf) sur le livre biblique que nous avons lu, ou nous plonger résolument dans un ouvrage plus étoffé. Parfois, les livres historiques nous embêtent. Pourquoi ne pas prendre la peine de lire un ouvrage sur l’histoire d’Israël? (Voir par exemple Damien Noël, Les origines d’Israël, Cahiers Évangile, no 99, Paris, Cerf, 1997, 67 p.; Id. Au temps des rois d’Israël et de Juda, Cahiers Évangile no 109, Paris, Cerf, 1999, 67 p.)

      La même chose peut se faire à propos des lectures tirées des oeuvres des Pères de l’Église ou des auteurs spirituels. Saint Augustin est l’auteur le plus utilisé par le lectionnaire patristique de la liturgie des Heures. Que savons-nous de ce docteur de l’Église? Le livre de Peter Brown, La vie de saint Augustin, (Paris, Seuil, 1971, 536 p.) peut être une très bonne introduction, de meme que celui de Goulven Madec, Le Dieu d’Augustin (coll. «Philosophie et théologie», Paris, Cerf, 1998, 214 p.). Avons-nous déjà lu ses Confessions? Ou ses commentaires des psaumes (voir A.-M. Besnard, Saint Augustin. Prier Dieu. Les Psaumes, coll. «Chrétiens de tous les temps», no 3, Paris, Cerf, 1964, 208 p.)? Avons-nous déjà mis le nez dans une biographie de saint Jérôme ou une étude des homélies de saint Grégoire le Grand? Les Éditions du Cerf publient une excellente collection des Pères de l’Églises, les «Sources chrétiennes». Parfois, nous trouvons aride ou hermétique une page ou l’autre d’un auteur ancien. Cette page restera aride ou hermétique si nous ne prenons pas la peine d’aller plus loin qu’une simple lecture du texte.

      Quelques outils à consulter: Lectionnaire monastique de l’Office divin à l’usage de l’Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, en six volumes, Solesmes/Paris, Abbaye de Solesmes/Cerf; les fiches de lecture de l’Abbaye d’Orval; la collection «Connaissance des Pères» chez Desclée de Brouwer; la collection «Les Pères dans la foi», Paris, Desclée de Brouwer; la collection «Foi vivante», Paris, Cerf; Lectures pour chaque jour de l’année, Paris, Cerf/Desclée/Desclée de Brouwer/Mame, 1977; Lectures pour toutes circonstances, textes choisis et présentés sous la direction de André Mandouze et Jean-Pierre Bagot, en six volumes, coll. «Langages des Hommes/Parole de Dieu», Paris, Cerf/Droguet et Ardant, 1977; Les 4 saisons. Prières pour chaque jour de l’année, Paris, Desclée/Mame, 4 tomes, 1976-1977; Jean-René Bouchet, Lectionnaire pour les dimanches et pour les fêtes. Lectionnaire patristique dominicain. Paris, Éditions du Cerf, 1994, 574 p.; Auguste Berz, Te rencontrer pour chaque jour…, 2 volumes; Paul-Émile Vachon, À coeur de semaine l’Évangile, Sainte-Foy, Éditions Anne Sigier, 4 tomes, 1982-1983-1984-1985; René Bernard, Cent jours avec toi, Montréal, Éditions Paulines, 1988, 247 p.

      Pouvons-nous faire davantage? Sans aucun doute. Les livres officiels proposent un choix de lectures réparties sur une année. À la fin des livres, on propose aussi une répartition sur deux ans. Cela permet une lecture plus abondante des Sainte Écritures. Rien ne nous interdit une répartition différente. Certains «pratiquants» de l’Office des lectures suivent les plans de lecture publiés par les sociétés bibliques; nous en offrons un exemple dans le présent numéro de CÉLÉBRER LES HEURES (no 29, printemps 2001). D’autres prennent leur temps et lisent leur bible à petite dose, d’un couvert à l’autre. Autant que faire ce peut, il est bon cependant de respecter les temps liturgiques en lisant plutôt les Actes des apôtres au temps pascal et Jérémie durant le carême, et ainsi de suite.

      Quant à la lecture spirituelle, ce serait respecter l’esprit de l’Office des lectures que de lire en lecture continue un bon ouvrage d’un auteur spirituel comme Charles de Foucauld, Madeleine Delbrel, Henri Nouwen, André Louf ou Maurice Zundel. La collection «L’Expérience de Dieu» publiée chez Fides peut aussi être une bonne source de référence, comme les collection «Les écrits des saints» (Namur, Éditions du Soleil Levant), «Saints de tous les temps» (Paris, Beauchesne) ou «Petite Vie» (Paris, Desclée de Brouwer). Le livre de Jean-Pierre Foucher (dir.), Poésie liturgique. Orient. Occident (Paris, Mame, 1963, 330 p.) offre d’autres types de textes. En alternance avec la lecture patristique, un extrait d’un de ces textes pourra donner une couleur contemporaine à la célébration de l’Office des lectures.

      Tous ne célèbrent pas l’Office des lectures. C’est dommage car plusieurs hymnes de cette Heure sont d’une grande qualité poétique et théologique (par exemple: Voici la nuit; En toute vie; Pour que l’homme soit; Dieu que nul oeil). Elles pourraient trouver place dans l’Office du matin ou l’Office du soir.

      Voilà donc quelques propositions pour profiter au maximum de l’Office de lectures. Peu importe les choix, l’important est de favoriser la prière et la croissance dans la foi. Dans ce lent travail de mûrissement, «le Christ est toujours là auprès de son Église…  présent dans sa parole, et c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures.» (Vatican II, Constitution sur la liturgie, no 7, Paris, Cerf, 1966, tome I, p.133)

Apprends-nous à prier : Présence de Dieu (2008)

10 novembre, 2009

du site:

http://www.assumpta.fr/article.php3?id_article=907

Apprends-nous à prier : Présence de Dieu (2008)

La première chose à faire pour la méditation, c’est de se pénétrer très profondément, très vivement de la présence de Dieu. C’est là le fondement de la méditation. Dieu est présent partout , mais de trois manières différentes. La première, c’est sa présence en tout lieu. Dieu est l’être infini. Nous sommes plongés en lui. Pour nous, c’est une vérité douce et forte dont il est bon de nous pénétrer. Nul ne peut se soustraire ni se détourner. Il remplit et pénètre tout, même le pécheur : c’est de Dieu qu’il tient l’être, c’est devant Dieu qu’il agit, c’est devant Dieu qu’il pèche !

Nous sommes en Dieu comme une éponge est dans la mer. L’éponge est toute entourée et pénétrée jusqu’à la fibre la plus intime. La comparaison pèche, parce que Dieu nous pénètre à la façon d’un être intelligent, souverainement sage, souverainement bon, qui voit tout ce que nous sommes. Ce qui nous pénètre, c’est sa lumière. Dieu est présent dans sa créature avec la perfection de son être. Il voit tout, connaît tout, et nous pénètre jusqu’à la dernière fibre.

Une autre présence de Dieu convient mieux à l’oraison, c’est la présence de grâce et d’amour qui résulte de l’état surnaturel auquel nous avons été élevés par le baptême. Nous connaissons les mystères du cœur de Dieu, depuis que notre Seigneur est descendu sur la terre et que nous avons été par lui établis dans la grâce. “Si quelqu’un m’aime… nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui [1]”. La sainte Trinité établit en nous une présence de connais-sance et d’amour. Voilà ce que l’on a par la grâce du baptême et des sacrements, ce que l’on perd lorsque l’on s’en éloigne.

L’amour d’un Dieu ! Y avons-nous jamais bien réfléchi ? Nous avons besoin d’amour, c’est naturel, mais être aimé d’un Dieu, que c’est grand ! Recueillons-nous au plus intime de nous-mêmes, là où nous pouvons être seul à seul avec Dieu. Là, répondons par l’amour, l’adoration, la louange : “Nous te louons, nous t’adorons, nous te bénissons” à cet amour, qui, du côté de Dieu, a pour fin de nous conformer à notre Seigneur Jésus Christ, “ Nous viendrons chez lui, et nous irons demeurer auprès de lui”. Si la sainte Trinité vient résider dans notre âme, c’est pour y former d’autres Jésus Christ.

Si Dieu nous appelle à la prière, c’est par amour. L’Evangile est rempli d’invitations à prier : “Demandez vous obtiendrez, frappez, la porte vous sera ouverte”… Voulez-vous du pain, insistez, importunez. Les biens que notre Seigneur désire nous donner, sont les biens les plus grands. Il veut se donner lui-même de plus en plus, nous donner ses grâces et ses vertus. Comme il habite au-dedans de nous, il nous invite à y entrer, à l’écouter et à lui parler.

La présence de Dieu au-dedans de nous, est une présence de connaissance aussi bien que d’amour. Dieu nous connaît alors comme le pasteur connaît ses brebis, comme le père connaît ses enfants, non pas seulement par sa sagesse infinie, mais par une adoption particulière. Nous, de notre côté, nous le connaissons tout autrement que par l’intelligence. Nous avons des lumières sur lui, sur sa sainteté, sur ses desseins, sur ses volontés, sur tout ce qui peut lui plaire ou lui déplaire en nous.

Nous avons besoin de lui, lui n’a pas besoin de nous. Pourquoi Dieu désire-t-il avec passion que la créature sortie de ses mains revienne à lui par la connaissance et par l’amour ? Pourquoi, sinon parce qu’il l’aime ? C’est là le fondement de l’oraison : être persuadés que Dieu nous aime. Il n’y a pas sujet d’en douter, quand on regarde le crucifix. Recueillons-nous, exposons-nous aux rayons du soleil de justice, unissons-nous à Dieu au plus intime de nous-mêmes, en nous laissant purifier selon toute la lumière que nous en recevrons.

Enfin, Jésus Christ habite dans nos tabernacles. Il y est avec son corps, son âme, sa divinité, son cœur sacré, ses plaies qu’il offre à Dieu pour nous. Il nous regarde, il nous aime, il nous attend.

Sainte MArie-Eugénie de Jésus
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption
D’après une instruction de chapitre du 28 septembre 1884

Méditons les Mystères Lumineux

15 octobre, 2009

du site:

http://saintmichelnantua.com/Meditons-les-Mysteres-Lumineux.html

Méditons les Mystères Lumineux

Père Pierre Le Bourgeois  18 mai               

 Dans ce deuxième cycle des mystères du Rosaire, nous découvrons Jésus « Lumière » qui vient éclairer les nations. Ces mystères, que le Pape nous donne comme cadeau pour ses vingt-cinq ans de pontificat, nous révèlent le fait que toute la vie du Christ est une Lumière qui nous illumine. En effet, le Royaume est désormais présent dans la personne de Jésus. Alors, laissons-nous éclairer par Jésus afin de nous-même éclairer nos frères à la suite du Seigneur.

Baptême au Jourdain : Matthieu 3, 13-17

Le Seigneur se fait l’un de nous à tel point qu’Il est confondu dans la foule, ceux qui sont là ne peuvent pas encore le reconnaître. Toute justice s’accomplit au moment où Jésus descend dans l’eau. En d’autres termes, par son baptême, Jean-Baptiste et Jésus donnent une réponse juste à la volonté de Dieu. Il y a une dimension de salut qui nous est ici révélé. En effet, l’Innocent qu’est Jésus se fait « péché » pour nous (cf 1Co 5, 21).
Nous retrouvons cela dans plusieurs symboles. Il y a en premier lieu l’eau. Rafraîchissante et purifiante, l’eau est vraiment le symbole de la vie de la grâce qui nous est donnée d’une manière tout à fait gratuite. Deuxièmement, il y a la colombe qui descend sur Jésus alors que celui-ci remonte de l’eau. Elle représente directement le Saint Esprit et son rôle vis-à-vis de Jésus. La colombe est la manifestation de Dieu qui est proche et agit avec douceur en couvrant de son Amour Jésus, le Fils bien-aimé, ainsi que toute l’humanité. Troisièmement, il y a la voix du Père qui parle à Son Peuple et présente son Fils à ceux qui sont présents mais aussi à chacun d’entre nous. Ces trois symboles nous montrent que Jésus est vraiment le Messie qui vient sauver l’humanité. Oui, vraiment le Ciel s’est ouvert et Dieu – Père, Fils et Saint Esprit – nous est révélé. De plus, Jésus, le Fils bien-aimé du Père, est investi de sa mission : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur ».
Cet événement doit illuminer notre vie de disciple du Christ. Nous avons reçu la grâce du baptême qui a fait de nous des enfants de Dieu. La présence douce et proche de l’Esprit Saint est pour chacun. La voix du Père nous révèle à chacun qui nous sommes. En d’autres termes, le Ciel s’ouvre pour nous. Demandons à la Vierge Marie de nous aider à retrouver la grâce et la beauté de notre baptême.

Noces de Cana : Jean 2, 1-12

L’Évangile nous le dit bien, ce mystère de Lumière est le premier signe qu’a fait Jésus dans sa vie publique. Ce signe nous montre que le Christ est le Messie. Par ce geste Jésus atteste la vérité de l’accomplissement des Promesses faites par Dieu. Cet accomplissement se fait dans et par la personne même du Christ. Tout au long de l’Évangile, les différentes guérisons ou libérations d’un esprit mauvais manifestent cette réalité de l’accomplissement. Jésus change l’eau en vin suite à l’intervention de sa Mère. Par cet acte, non seulement Il nous révèle la saveur de la Nouvelle Alliance qui sera scellée dans son sang, mais, de plus, Il ouvre à la Foi le cœur de ses disciples. Il est important de remarquer que ce miracle s’accomplit au court d’un repas de noce. Ces noces sont celles de l’Agneau de Dieu auxquelles nous sommes appelés à participer. C’est pourquoi, elles rappellent les noces que le Seigneur veut avoir avec chacun d’entre nous. Ainsi, cette alliance que Jésus scelle en son sang et qui donne de la saveur à toute vie, cette alliance est pour tout homme car le maître du repas c’est vraiment le Christ.
À l’origine de cet événement se trouve la Vierge Marie. Elle nous engage à nous tourner vers Jésus puisque tout ce qu’Il nous dira, il nous faut l’accomplir. Ce mystère de Lumière nous montre que Marie nous conduit en vérité à Jésus.

Annonce du Royaume de Dieu et invitation à la conversion : Matthieu 4, 12-17. 23-25

Nous sommes véritablement ici dans un mystère de lumière. En effet, la prédication de Jésus est préparée par une citation du prophète Isaïe qui dit clairement que le Peuple qui se tenait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Cette lumière, c’est Jésus Lui-même. En sa personne subsiste le Royaume des Cieux qui, par Jésus, se fait proche de chacun d’entre nous. Ces mots résonnent non seulement à nos oreilles mais aussi à notre cœur. Si le Royaume s’approche de nous, alors il nous faut nous tourner vers lui. C’est cela la démarche de conversion. En effet, se convertir, c’est entendre la Parole de Dieu, se laisser éclairer par elle, et faire un acte de foi qui transforme notre vie. Cela nous conduira à la guérison des cœurs puisque la Parole de Dieu est une parole vivante et agissante.
Demandons à la Vierge Marie de nous aider à entendre et à accueillir ce qui nous est dit de la part du Seigneur. Ainsi, comme elle nous accueillerons le Royaume de Dieu et nous laisserons Jésus agir au cœur de notre vie, pour qu’Il puisse agir en nous et par nous au cœur du monde.

Transfiguration : Matthieu 17, 1-8

Si l’ensemble de la vie du Christ est mystère de Lumière, la Transfiguration est vraiment un des sommets de la révélation de la Lumière divine qui vient nous éclairer en la personne même du Fils de Dieu. En effet, dans l’événement de la Transfiguration, la gloire de la divinité se montre aux disciples en resplendissant sur le visage du Christ. Celui-ci est accompagné de Moïse et d’Élie, c’est-à-dire de la Loi et des Prophètes qui ont, l’un comme l’autre, préparé et aidé le Peuple de l’Alliance à accueillir le Messie. Ainsi, chacun d’entre nous, nous sommes appelés à nous laisser guider par l’Écriture Sainte afin d’accueillir dans la foi Jésus, unique Rédempteur de l’homme.
Dans la Transfiguration, en montrant à ses disciples sa Gloire divine, Jésus voulait préparer leur cœur à vivre l’événement douloureux de la Passion. De plus, la Voix du Père donne aux disciples de reconnaître le Fils de Dieu pour qu’ils L’écoutent. La Foi des disciples est affermie. Ils sont appelés à marcher à la suite du Christ, afin d’avoir part avec Lui à la joie de la résurrection et à une vie transfigurée par l’Esprit Saint.
Ce qui est vécu par les disciples, nous sommes appelés à le méditer pour en vivre nous aussi. En d’autres termes, Jésus fonde notre Foi, Il l’enracine dans la contemplation de la Gloire de sa divinité. En écoutant le Seigneur, nous mettrons nos pas dans ceux de la Vierge Marie et nous avancerons sur le chemin de la Foi. C’est alors que nous serons transfigurés par l’Esprit Saint. Cette transfiguration nous donnera de vivre pleinement notre vie de disciple du Christ.

Don de l’Eucharistie : Matthieu 26, 26-29

N’y a-t-il pas de plus grand Amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ? Dans l’institution de l’Eucharistie, Jésus se donne sacramentellement en nourriture pour que tout homme ait la Vie. Vraiment, le Seigneur se donne jusqu’au bout.
En méditant sur ce don de l’Eucharistie, nous sommes au cœur de notre vie de Foi. En effet, le Concile Vatican II nous l’a rappelé, l’Eucharistie est « la source et le sommet de la vie chrétienne ». Source : parce que nous pouvons aller puiser dans le Cœur du Christ qui s’abandonne entre les mains du Père manifestant ainsi l’infinie grandeur de son Amour pour chacun ; Sommet : parce que nous participons à cette offrande du Fils en entrant nous-même dans cette démarche d’abandon en disant avec Jésus : « Entre tes mains, Père, je remets mon esprit ».
Avec Marie, recevons ce mystère de Lumière. La méditation du don que le Seigneur fait de l’Eucharistie à son Église nous permettra d’entrer toujours plus avant dans l’offrande de nos vies pour la Gloire de Dieu et le Salut du monde.

La prière chrétienne, bonheur sur la terre, par le card. Schönborn

2 octobre, 2009

du site:

http://www.zenit.org/article-22144?l=french

La prière chrétienne, bonheur sur la terre, par le card. Schönborn

ROME, Jeudi 1er Octobre 2009 (ZENIT.org) – La prière « est un bonheur » et pourtant le grand combat de la vie du prêtre – et du baptisé – c’est le combat pour la prière, fait observer le cardinal Schönborn : il invite les prêtres à revenir à la prière dans la « confiance » et en prenant garde aux pièges de la solitude et des moyens de communications mangeurs de temps.

Le cardinal Christoph Schönborn, o.p., archevêque de Vienne, a donné, le 30 septembre, sa troisième méditation pour la retraite sacerdotale internationale à Ars, dans le cadre de l’année sacerdotale, sur le thème : « Prière et combat spirituel ».

Le prédicateur a rappelé que pour le curé d’Ars, celui qui prie se trouve « comme un poisson dans l’eau ». La prière était pour lui comme « un bain d’amour dans lequel l’homme se plonge ». Il n’a cessé de « parler du bonheur de la prière » en disant : « Comme on est heureux quand on prie ! », « parler à Dieu est si grand, si puissant ». Les paroissiens notaient sur son visage un « rayonnement de bonheur ». C’est, a dit l’archevêque, en présence de la relique du cœur du saint Curé d’Ars présent dans l’église souterraine de Notre-Dame de la miséricorde une invitation « à retrouver le bonheur de la prière ».

Pourquoi fuir un tel bonheur ?

« Si c’est vraiment un tel bonheur, pourquoi fuyons-nous un tel bonheur ? » s’est demandé le cardinal viennois.

Il a mentionné la crise qui a frappé l’Eglise et notamment la vie religieuse après le concile Vatican II, une vie religieuse dans laquelle il s’est engagé à 18 ans, dans l’Ordre de Saint Dominique. Il y voit comme une « vague de tsunami », survenue après le concile, provoquant « une mise en cause de la prière », on pensait qu’il fallait plus « d’action », changer « des structures considérées comme dépassées, injustes »…

Le cardinal a fait observer que lorsque l’on néglige la prière, la vie religieuse ou sacerdotale revêt une certaine « grisaille », elle « perd son goût », on est même tenté de quitter la vie religieuse : « c’est le drame de beaucoup de ma génération, car avec l’abandon de la prière, la vie de foi perdait sa saveur ». Aujourd’hui, certes, « la crise aiguë de l’après concile est passée, mais le danger de perdre le gout de Dieu en négligeant la prière reste un vrai danger », a-t-il expliqué.

Un roc de prière

« Le combat de la prière, c’est le combat de la vie tout court ! » et de citer l’exemple du pape Jean-Paul II : « C’est un immense privilège d’avoir connu le roc de la prière qu’était Jean-Paul II : qu’il intercède pour réveiller en nous ici, à Ars, le goût, le désir, la joie et l’endurance de la prière ».

« La prière, c’est un geste de l’homme tout court, dans toutes les religions. Mais ce qui rend la prière chrétienne unique c’est que c’est la prière de Jésus : le Fils a prié le Père avec un coeur humain. Il est pour ainsi dire le lieu de la Rencontre et, pour nous les prêtres, ce Cœur de Jésus constitue pour ainsi dire notre coin de prière, ce lieu secret où notre vie de serviteur du Christ, d’ami de Jésus trouve sa place ».

« Maître, où demeures-tu ? » demandent les disciples André et Jean à Jésus qui répond : « Venez et voyez ». « J’aime ce récit de la rencontre d’André et Jean avec Jésus : cette simple question prend une signification profonde, pas seulement celle de la demande d’une adresse. C’était environ la 10e heure – 4 h de l’après midi -. Jean a pu y trouver exprimée la quête de cette autre demeure, de cette demeure où Jésus demeure toujours : le cœur du Père le « kolpos tou Patrou » comme le dit le Prologue de saint Jean ».

« N’est-ce pas en contemplant son maître qui prie que le disciple apprend à prier, dit le Catéchisme : il faut regarder Jésus prier ! » a ajouté le cardinal Schönborn avant de faire observer la tentation de chercher ailleurs des méthodes de prière : « J’ai un grand respect pour des formes de méditation sans image. Mais il y a une chose que je n’arrive pas à comprendre : comment cela peut-il se faire dans une prière chrétienne ? Comment prier sans chercher le visage de Jésus, le regarder agir, guérir, souffrir, mourir, ressusciter : c’est impossible pour la prière chrétienne ».

« Prier, a souligné l’archevêque, c’est surtout rejoindre Jésus en ces longues heures de prière silencieuse, le matin, le soir, la nuit, à l’agonie ou lors de sa prière ultime sur la Croix ».

Anita S. Bourdin

Le rosaire

23 mai, 2009

du site:

http://maranatha.mmic.net/My%20Documents/MARANATHA.HTML/Emmerick-Rosaire.html

Le rosaire

Comme les propagateurs des lumières portaient une haine toute spéciale à la dévotion du rosaire, l’importance de cette dévotion lui fut montrée dans une vision d’un sens très profond. « Je vis, dit-elle, le rosaire de Marie avec tous ses mystères. Un pieux ermite avait imaginé cette manière d’honorer la Mère de Dieu et lui avait tressé, en toute simplicité, des guirlandes de fleurs et de plantes. Il avait une rare intelligence de la signification de toutes les plantes et de toutes les fleurs; ses guirlandes avaient un sens symbolique de plus en plus profond. Alors, la Sainte Vierge ayant demandé à son Fils une grâce pour lui, il lui donna le rosaire. » Après cela Anne Catherine fit la description du rosaire; mais il fut impossible au Pèlerin de reproduire ses paroles, elle-même, à l’état de veille, ne pouvant bien exprimer ce qu’elle avait vu. Elle vit le rosaire entouré de trois rangées de feuilles dentelées de diverses couleurs, sur lesquelles tous les mystères de l’Église contenus dans l’Ancien et le Nouveau Testament étaient représentés en figures transparentes. Au centre du rosaire se tenait Marie avec l’enfant Jésus. d’un côté elle était entourée d’anges, de l’autre de vierges qui se donnaient la main. Tout avait là sa signification et indiquait par la couleur, la matière et les attributs, l’essence la plus intime des choses. Alors elle décrivit chacune des perles du rosaire et commença par la croix de corail sur laquelle on récite le Credo. Cette croix sortait d’un fruit qui ressemblait au fruit de l’arbre de la science. Elle était travaillée à jour, d’une couleur particulière et couverte de petits clous. Dans l’intérieur était l’image d’un jeune homme, de la main duquel sortait un cep de vigne s’étendant vers les branches de la croix sur lesquelles étaient assises d’autres figures qui suçaient les grains de raisin. Les divers grains du rosaire étaient reliés entre eux par des rayons de couleurs variées formant des anneaux et semblables à des racines, conformément à leur signification naturelle et mystique. Chaque Pater était entouré d’une guirlande de fleurs particulières. Du milieu de cette guirlande sortait une fleur dans laquelle apparaissaient un des mystères joyeux ou douloureux de la sainte Vierge. Les divers Ave Maria étaient des étoiles formées de certaines pierres précieuses sur lesquelles les patriarches et les ancêtres de Marie étaient figurés dans des scènes qui se rapportaient à la préparation de l’Incarnation et de la Rédemption. Ainsi, ce rosaire embrassait le ciel et la terre, Dieu, la nature, l’histoire, la restauration de toutes choses et de l’homme par le Rédempteur qui est né de Marie; et chaque figure, chaque matière, chaque couleur, suivant sa signification essentielle, était employée à l’accomplissement de cette œuvre d’art divine. Quelque indescriptible que fût ce rosaire, à raison du sens profond qu’il présentait, la description qu’en faisait la voyante était touchante et pleine de naïveté. Tremblante de joie, elle allait d’une feuille à l’autre, d’une figure à l’autre et décrivait tout avec la promptitude inquiète et joyeuse d’un enfant plein de vivacité. « Ceci est la rosaire, disait-elle, tel que la Mère de Dieu l’a donné aux hommes comme la dévotion qui lui plaît le plus. Peu l’ont dit de cette manière. Il a été aussi montré à saint Dominique par Marie. Sur la terre, il a été tellement sali et souillé de poussière que Marie l’a recouvert de son voile, comme d’un nuage à travers lequel il brille. Il faut une grande grâce, beaucoup de simplicité et de piété pour le comprendre encore. Il est voilé et tenu à distance; on ne peut s’en rapprocher que par la pratique et la méditation. »

Anne Catherine Emmerick, Vie de la célèbre mystique, Téqui, tome 3, page 162.

L’origine de la prière de l’Angelus

13 janvier, 2009

du  site:

http://www.interbible.org/interBible/source/lampe/2004/lampe_041022.htm

L’origine de la prière de l’Angelus
 

Quelle est l’origine de la prière de l’Angelus? Était-ce pour lutter contre les Turcs à la chute de Constantinople en 1453? (Idalie) 

Je ne suis pas certain. Voici ce que j’ai trouvé. L’histoire de la prière de l’Angelus n’est pas claire. Il semble que c’est l’Angelus du soir qui a d’abord fait son apparition, puis qu’on lui aie ajouté ceux du matin et de midi. La pratique de réciter trois Ave le soir semble s’être généralisée en Europe dans la première moitié du XIVe siècle. Le témoignage le plus ancien serait de 1307. Il y a peut-être des allusions chez Grégoire IX et au Tyrol en 1239, ou dans un décret du chapitre général des franciscains en 1263 ou 1269. Si l’on veut remonter plus loin encore, on lit dans les Regularis Concordia, une règle monastique composée par saint Æthelwold de Winchester vers 975 que certaines prières, appelées les tres orationes, se récitent après l’Office des Complies, de même que le matin avant l’Office de Prime. Il y a des exemples semblables dans d’autres monastères d’Allemagne ou de France. De même que la prière du rosaire avec ses 150 Ave s’est répandue auprès des laïcs comme parallèle aux 150 psaumes récités par les moines, il est possible que la récitation des trois Ave de l’Angelus au son de la cloche des Offices divins monastiques ait été une manière de populariser la prière chez les laïcs. Si l’Angelus du soir, au son de la cloche des Complies, s’est répandu en premier, il aurait vite été suivi de la récitation le matin.

     En dernière analyse, même si la prière de l’Angelus avait été instituée pour commémorer une victoire militaire, ça ne changerait pas grand chose à ce que la prière est devenue ensuite dans la piété des fidèles. C’est cela qui est important.

Hervé Tremblay, OP
Collège dominicains de philosophie et de théologie, Ottawa

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