Archive pour la catégorie 'Pape Jean Paul II'

Prière du Pape Jean Paul II à Notre Dame de Guadalupe

13 décembre, 2011

du site:

http://www.sancta.org/jp2pray_f.html

Prière du Pape Jean Paul II à Notre Dame de Guadalupe

O Vierge Immaculée, Mère de Dieu et Mère de l’Eglise, qui, de cet endroit, rèvèles ta clémence et ta compassion envers tous ceux qui te demandent ta protection, écoute la prière que nous t’adressons avec une confiance filiale et présente la à ton Fils Jésus, notre seul Rédempteur.
Mère de Miséricorde, qui nous enseignes le sacrifice caché et silencieux, à Toi qui viens à la rencontre des pécheurs que nous sommes, nous consacrons en ce jour tout notre être et tout notre amour. Nous Te consacrons aussi notre vie, notre travail, nos joies, nos faiblesses et nos peines. Accorde la paix, la justice et la prospérité à nos peuples; car nous confions à tes soins, tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes, O Notre Dame et Notre Mère. Nous voulons être entièrement à Toi et marcher avec Toi le long du chemin de la complète fidélité à Jésus-Christ en Son Eglise: Que ta main aimante nous tienne toujours.
Vierge de Guadalupe, Mère des Amériques, nous te prions pour tous les Evêques, qu’ils conduisent les fidèles dans le chemin d’une vie chrétienne intense, une vie d’amour, et d’humble service de Dieu et des âmes. Regarde l’immense récolte et intercède auprès du Seigneur afin qu’Il inspire à tout le peuple de Dieu une soif de sainteté et accorde d’abondantes vocations de prêtres et de religieux, forts dans la foi et qui soient des apôtres zélés des mystères de Dieu.
Accorde à nos familles la grâce d’aimer et de respecter la vie à ses débuts, avec le même amour que celui avec lequel tu conçus en ton sein la vie du Fils de Dieu. Bienheureuse Vierge Marie, protège nos familles, afin qu’elles soient toujours unies et bénis l’éducation de nos enfants.
Notre Espérance, jette sur nous un regard de compassion, apprends nous à aller sans cesse à Jésus et, si nous tombons, aide nous à nous relever à nouveau, à retourner vers Lui par la confession de nos fautes et nos péchés dans le Sacrement de la Réconciliation qui donne la paix à l’âme.
Nous t’implorons accorde nous un grand amour pour tous les saints Sacrements qui sont comme les signes que Ton Fils a laissés sur la terre.
Ainsi, Très Sainte Mère, avec la paix de Dieu dans notre conscience, nos coeurs, libres du mal et de la haine. Pourront nous donner toute la vraie joie et la vraie paix qui viennent de Ton Fils, Notre Seigneur Jesus-Christ, qui, avec Dieu le Père et le Saint Esprit, vit et règne dans les siècles des siècles.
Amen.

Sa Sainteté le Pape Jean Paul II
Mexico, Janvier 1979. Visitant sa Basilique lors de son premier voyage, comme Pape, hors du Vatican.

JEAN-PAUL II – AUDIENCE GÉNÉRALE 13.12.1978 (pour L’Avent)

5 décembre, 2011

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/audiences/1978/documents/hf_jp-ii_aud_19781213_fr.html
 
JEAN-PAUL II

AUDIENCE GÉNÉRALE

(pour L’Avent)

Mercredi 13 décembre 1978

1. Pour la troisième fois, en ces rencontres du mercredi, je reprends le thème de l’Avent, en suivant le rythme de la liturgie qui, d’une façon à la fois très simple et très profonde, nous introduit dans la vie de l’Église. Le IIe Concile du Vatican, qui nous a donné sur l’Église une doctrine riche et universelle, a aussi attiré notre attention sur la liturgie. Par elle, non seulement nous savons ce qu’est l’Église, mais, jour après jour, nous expérimentons ce dont elle vit. Nous aussi nous en vivons parce que nous sommes l’Église : « La liturgie… contribue au plus haut point à ce que les fidèles, par leur vie, expriment et manifestent aux autres le mystère du Christ et la nature authentique de la véritable Église. Car il appartient en propre à celle-ci d’être à la fois humaine et divine, visible et riche de réalités invisibles, fervente dans l’action et occupée à la contemplation, présente dans le monde, et pourtant étrangère. » (Const. « Sacrosanctum Concilium », 2.)
En ce moment l’Église vit l’Avent et nos rencontres du mercredi sont donc axées sur ce temps liturgique. Avent veut dire « venue ». Pour pénétrer la réalité de l’Avent, nous avons d’abord cherché à savoir qui vient et pour qui il vient. Nous avons alors parlé d’un Dieu qui se révèle en créant le monde, d’un Dieu créateur. Et mercredi dernier, nous avons parlé de l’homme. Aujourd’hui nous poursuivrons en cherchant à trouver une réponse plus complète à la question : pourquoi l’Avent ? Pourquoi Dieu vient-il ? Pourquoi veut-il venir vers l’homme ?
La liturgie de l’Avent est principalement fondée sur des textes des prophètes de l’Ancien Testament. Nous y entendons presque chaque jour le prophète Isaïe qui, dans l’histoire du peuple de Dieu de l’ancienne alliance, était un « interprète » particulier de la promesse que ce peuple avait depuis longtemps obtenue de Dieu en la personne de son premier père, Abraham. Comme tous les autres prophètes, et peut-être plus qu’eux, Isaïe affermissait chez ses contemporains la foi dans les promesses de Dieu confirmées par l’Alliance au pied du mont Sinaï. Il enseignait surtout la persévérance dans l’attente et la fidélité: « Peuple de Sion, le Seigneur viendra sauver les peuples et fera entendre sa voix majestueuse pour la joie de vos cœurs. ,» (cf. Is. 30, 19. 30.)
Lorsque le Christ était dans le monde, il s’est référé plusieurs fois aux paroles d’Isaïe, et il a dit clairement : « Aujourd’hui, cette Écriture est accomplie pour vous qui l’entendez. » (Lc 4, 21.)
2. La liturgie de l’Avent a un caractère historique. L’attente de la venue de l’Oint (le Messie) fut un processus historique. Elle a en effet imprégné toute l’histoire d’Israël, qui fut choisi précisément pour préparer la venue du Sauveur.
Cependant, nos considérations débordent, d’une certaine manière, le cadre de la liturgie quotidienne de l’Avent. Revenons donc à notre question fondamentale : pourquoi Dieu vient-il ? Est-ce parce qu’il veut venir à l’homme, à l’humanité ? Essayons d’apporter à ces questions des réponses satisfaisantes que nous chercherons dans les toutes premières origines, c’est-à-dire avant même que ne commence l’histoire du peuple élu. Cette année, notre attention est concentrée sur les premiers chapitres du livre de la Genèse. L’Avent « historique » ne saurait être compris sans une lecture et une analyse attentives de ces chapitres.
Lorsque nous nous interrogeons sur le pourquoi de l’Avent, nous devons donc relire attentivement tout le récit de la création du monde, et en particulier de la création de l’homme. Il est significatif, comme j’ai déjà eu l’occasion de le souligner, que chacun des jours de la création finit sur cette constatation : « Dieu vit que cela était bon » ; et, après la création de l’homme : « … il vit que cela était très bon ». Comme je l’ai déjà dit la semaine dernière, cette constatation s’unit à la bénédiction de la création, et surtout à une bénédiction explicite de l’homme.
Dans tout ce récit, nous avons devant nous un Dieu qui, selon l’expression de saint Paul, se réjouit de la vérité, du bien (cf. 1 Co 13, 6). Là où est la joie, qui naît du bien, là est l’amour. Et c’est seulement là où est l’amour qu’est la joie qui naît du bien. Dès ses premiers chapitres, le livre de la Genèse nous révèle que Dieu est amour (expression dont se servira saint Jean beaucoup plus tard). Il est amour parce qu’il se réjouit du bien. La création est donc un don authentique : là où il y a amour, il y a don.
Le livre de la Genèse nous parle du moment où le monde et l’homme ont commencé à exister. En interprétant cette existence, nous devons, comme saint Thomas d’Aquin, construire la philosophie de l’être qui en découle et dans laquelle sera exprimé l’ordre même de l’existence. Cependant, le livre de la Genèse parle de la création comme d’un don. Dieu qui crée le monde visible est donateur et l’homme est donataire. Il est celui pour lequel Dieu crée le monde visible, celui que Dieu, dès le commencement, introduit non seulement dans l’ordre de l’existence, mais dans l’ordre du don. Le fait que l’homme soit « image et ressemblance » de Dieu signifie notamment qu’il est en mesure de recevoir le don, qu’il est sensible à ce don et qu’il est capable de donner en retour. C’est pourquoi, dès le début, Dieu établit une alliance avec l’homme et avec lui seul. Le livre de la Genèse nous révèle non seulement l’ordre naturel de l’existence, mais en même temps, et dès le début, l’ordre surnaturel de la grâce. Nous ne pouvons parler de la grâce que si nous admettons la réalité de Dieu. Rappelons-nous ce que dit le catéchisme : la grâce est le don surnaturel de Dieu par lequel nous devenons enfants de Dieu et héritiers du ciel.
3. Mais, nous demanderons-nous, quel rapport tout cela a-t-il avec l’Avent ? Je réponds : l’Avent s’est profilé pour la première fois à l’horizon de l’histoire de l’homme lorsque Dieu s’est révélé comme celui qui se réjouit du bien, qui aime et qui donne. Dans ce don à l’homme, Dieu ne s’est pas limité à « lui donner » le monde visible — cela est bien clair dès le début — mais en donnant à l’homme le monde visible, Dieu veut aussi se donner lui-même à lui, de même que l’homme est capable de se donner, de faire le don de lui-même à un autre homme, de personne à personne. Dieu veut donc se donner à lui en l’admettant à participer à ses mystères et même à sa vie. Cela se réalise d’une façon tangible dans les relations entre mari et femme, entre parents et enfants. Et c’est pourquoi les prophètes se réfèrent très souvent à ces relations pour montrer la vraie image de Dieu.
L’ordre de la grâce n’est possible que « dans le monde des personnes ». Il concerne le don qui tend toujours à la formation et à la communion des personnes ; le livre de la Genèse nous présente en effet un tel don. La forme de cette « communion des personnes » y est esquissée dès le début. L’homme est appelé à la familiarité avec Dieu, à l’intimité et à l’amitié avec lui. Dieu veut être proche de lui. Il veut le faire participer à ses desseins, à sa vie. Il veut le réjouir de sa même joie (de son même Être).
C’est pour tout cela qu’est nécessaire la venue de Dieu et l’attente de l’homme, la disponibilité de l’homme.
Nous savons que le premier homme, qui bénéficiait de l’innocence originelle et d’une proximité particulière avec son Créateur, n’a pas fait preuve de cette disponibilité. Cette première alliance de Dieu avec l’homme a été interrompue. Mais pour sa part, Dieu n’a pas cessé de vouloir sauver l’homme. L’ordre de la grâce n’a pas été rompu, et c’est pourquoi l’Avent dure toujours.
La réalité de l’Avent a notamment été exprimée par saint Paul lorsqu’il a dit : « Dieu… veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1 Tm 2, 4.)
« Dieu veut… » C’est justement cela l’Avent, le fondement, de tout Avent.  

JEAN-PAUL II: L´AVENT C´EST ESPÉRER CONCRÈTEMENT EN UN DIEU QUI NOUS AIME

30 novembre, 2011

du site:

http://www.zenit.org/article-1832?l=french

JEAN-PAUL II: L´AVENT C´EST ESPÉRER CONCRÈTEMENT EN UN DIEU QUI NOUS AIME

Allocution du pape avant la prière de l´Angélus

CITE DU VATICAN, dimanche 2 décembre 2001 (ZENIT.org) – Alors que l´Eglise entrait ce dimanche dans la période de préparation à Noël, le temps de l´Avent, le pape a rappelé que cette période liturgique « n´est pas l´attente vaine d´un dieu sans visage » mais « la confiance concrète » en un Dieu qui nous aime. Au cours de son allocution aux fidèles réunis place Saint Pierre, Jean-Paul II a invité les chrétiens a approfondir « le mystère du Christ, mystère toujours nouveau », avant de réciter la prière de l´Angélus.

« Le Christ est l´Alfa et l´Oméga, le commencement et la fin », a-t-il expliqué. Grâce à lui, l´histoire de l´humanité avance comme un pèlerinage vers l´accomplissement du Royaume qu´il a Lui-même inauguré par son incarnation et sa victoire sur le péché et la mort ».

« L´Avent est pour cela synonyme d´espérance: non pas attente vaine d´un dieu sans visage, mais confiance concrète et certaine dans le retour de Celui qui est déjà venu nous visiter, « l´Epoux » qui par son sang a scellé avec l´humanité une alliance éternelle », a-t-il poursuivi. « C´est une espérance qui incite à la vigilance, vertu caractéristique de ce temps liturgique. Vigilance dans la prière animée par une attente vécue dans l´amour; vigilance dans le dynamisme de la charité concrète, conscients du fait que le Royaume de Dieu se fait plus proche là où les hommes apprennent à vivre en frères ».

Le pape a ensuite repris les paroles du prophète Isaïe, de la liturgie de ce dimanche, qui résument toute l´attente de l´Avent: « Il arrivera dans l´avenir, dit le Seigneur, que la montagne du temple du Seigneur sera placée à la tête des montagnes et dominera les collines. Toutes les nations afflueront vers elle, …/ De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances, des faucilles. / On ne lèvera plus l´épée nation contre nation, on ne s´entraînera plus pour la guerre (Is 2, 1-5) », des paroles qui contiennent une « promesse de paix plus actuelle que jamais pour l´humanité », a-t-il précisé.

Jean-Paul II a conclu en rappelant que samedi prochain l´Eglise fête l´Immaculée Conception. « Qu´elle nous guide sur ce chemin. Qu´elle aide tout homme et toute nation à tourner les yeux vers la « montagne du Seigneur », image du triomphe définitif du Christ et de l´avent de son Royaume de paix », a-t-il déclaré.

Jean Paul II, Audience Générale (2002): Jérusalem, mère de tous les peuples

11 novembre, 2011

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/audiences/2002/documents/hf_jp-ii_aud_20021113_fr.html

AUDIENCE GÉNÉRALE DE JEAN-PAUL II

Mercredi 13 novembre 2002

Jérusalem, mère de tous les peuples

Lecture: Ps 86, 1-4.6-7

1. Le chant à Jérusalem, cité de la paix et mère universelle, que nous venons d’entendre retentir, contraste malheureusement avec l’expérience historique que la ville est en train de vivre. Mais le rôle de la prière est de semer la confiance et d’engendrer l’espérance.
La perspective universelle du Psaume 86 peut faire penser à l’Hymne du Livre d’Isaïe, qui voit converger vers Sion toutes les nations pour écouter la Parole du Seigneur et redécouvrir la beauté de la paix, en forgeant les « épées en socs » et les « lances en serpes » (cf. 2, 2-5). En réalité, le Psaume se place dans une perspective très différente, celle d’un mouvement qui, au lieu de converger vers Sion, part de Sion; le Psalmiste voit en Sion l’origine de tous les peuples. Après avoir déclaré le primat de la ville sainte, non en raison de mérites historiques ou culturels, mais seulement en raison de l’amour que Dieu éprouve pour elle (cf. Ps 86, 1-3), le Psaume s’ouvre précisément à une célébration de cet universalisme qui fait de tous les peuples des frères.
2. Sion est chantée comme la mère de toute l’humanité et pas seulement d’Israël. Une telle affirmation est d’une audace extraordinaire. Le Psalmiste en est conscient et le fait remarquer: « Il parle de toi pour ta gloire, cité de Dieu » (v. 3). Comment se fait-il que la modeste capitale d’un petit pays puisse être présentée comme l’origine de peuples beaucoup plus puissants? Pourquoi Sion peut-elle avoir cette immense prétention? La réponse est apportée dans la même phrase: Sion est la mère de toute l’humanité, car elle est la « cité de Dieu »; elle se trouve donc à la base du projet de Dieu.
Tous les points cardinaux de la terre se trouvent en relation avec cette mère: Raab, c’est-à-dire l’Egypte, le grand état occidental; Babylone, la célèbre puissance orientale; Tyr, qui personnifie le peuple commerçant du nord, alors que l’Ethiopie représente le sud profond et la Palestine la région centrale, elle aussi fille de Sion.
Dans l’état civil spirituel de Jérusalem sont enregistrés tous les peuples de la terre: à trois reprises, on répète la formule « un tel y est né/tout homme y est né » (vv. 4.5.6.). C’est l’expression juridique officielle à travers laquelle on déclarait alors qu’une personne était native d’une ville déterminée et, comme telle, jouissait de la plénitude des droits civiques de ce peuple.
3. Il est suggestif d’observer que même les nations considérées comme hostiles montent à Jérusalem et y sont accueillies, non comme des étrangères, mais comme des « proches ». Le Psalmiste transforme même la procession de ces peuples vers Sion en un chant choral et en une danse joyeuse: ils retrouvent leurs « sources » (cf. v. 7) dans la cité de Dieu d’où s’écoule un courant d’eau vive qui féconde le monde entier, dans le sillage de ce que proclamaient les prophètes (cf. Ez 47, 1-12; Zc 13, 1; 14, 8; Ap 22, 1-2).
A Jérusalem, tous doivent découvrir leurs racines spirituelles, se sentir dans leur patrie, se retrouver comme des membres de la même famille, s’embrasser comme des frères, de retour dans leur maison.
4. Page d’un véritable dialogue interreligieux, le Psaume 86 recueille l’héritage universaliste des prophètes (cf. Is 56, 6-7; 60, 6-7; 66, 21; Jl 4, 10-11; Ml 1, 11 etc.) et anticipe la tradition chrétienne qui applique ce Psaume à la « Jérusalem d’en haut », dont saint Paul proclame qu’elle est « libre et est notre mère » et qu’elle a plus d’enfants que la Jérusalem terrestre (cf. Gal 4, 26-27). Le Livre de l’Apocalypse ne s’exprime pas différemment lorsqu’il chante « la Jérusalem qui descend du ciel, de chez Dieu » (21, 2.10).
Dans la lignée du Psaume 86, le Concile Vatican II voit lui aussi dans l’Eglise universelle le lieu où se sont réunis « tous les justes depuis Adam, depuis Abel le juste jusqu’au dernier élu ». Elle aura son « glorieux accomplissement à la fin des siècles » (Lumen gentium, n. 2).
5. Cette lecture ecclésiale du Psaume s’ouvre, dans la tradition chrétienne, à la relecture de celui-ci dans une optique mariologique. Pour le Psalmiste, Jérusalem était une véritable « métropole », c’est-à-dire une « ville-mère », à l’intérieur de laquelle le Seigneur lui-même était présent (cf. So 3, 14-18). Sous cette lumière, le christianisme chante Marie comme la Sion vivante, dans le sein de laquelle a été engendré le Verbe incarné et, par conséquent, sont régénérés les fils de Dieu. Les voix des Pères de l’Eglise – d’Ambroise de Milan à Athanase d’Alexandrie, de Maxime le Confesseur à Jean Damascène, de Chromace d’Aquilée à Germain de Constantinople – sont unanimes à propos de cette relecture chrétienne du Psaume 86.
Nous nous mettons à présent à l’écoute d’un maître de la tradition arménienne, Grégoire de Narek (950-1010 env.) qui, dans son Discours panégyrique de la Bienheureuse Vierge Marie, s’adresse ainsi à la Vierge: « En nous réfugiant sous ta très digne et puissante intercession, nous sommes protégés, ô sainte Génitrice de Dieu, en trouvant la restauration et le repos à l’ombre de ta protection comme à l’abri d’un mur bien fortifié: un mur décoré, élégamment enchassé de diamants très purs; un mur enveloppé de feu, et donc inexpugnable aux assauts des voleurs; un mur de flamme lançant des étincelles, inabordable et inaccessible aux cruels traîtres; un mur entouré de toutes parts, selon David, dont les fondations furent jetées par le Très-Haut (cf. Ps 86, 1.5); le mur puissant de la cité céleste, selon Paul (cf. Gal 4, 26; He 12, 22), où tu as accueilli chaque homme comme son habitant, car à travers la naissance corporelle de Dieu, tu as fait devenir fils de la Jérusalem d’en haut les fils de la Jérusalem terrestre. C’est pourquoi leurs lèvres bénissent ton sein virginal et tous te confessent comme l’habitation et le temple de Celui qui est de la même essence que le Père. C’est donc à juste titre que s’adapte à toi la parole du prophète: « Dieu est pour nous refuge et force, secours dans l’angoisse toujours offert » (cf. Ps 45, 2) » (Textes marials du premier millénaire, IV, Rome 1991, p. 589).

Jean Paul II: Edifier la civilisation de l’amour

20 octobre, 2011

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/audiences/1999/documents/hf_jp-ii_aud_15121999_fr.html

JEAN-PAUL II

AUDIENCE GÉNÉRALE

 Mercredi 15 décembre 1999

Edifier la civilisation de l’amour    

Lecture:  Jn 13, 34-35

1. « Se souvenant de la parole du Seigneur:  « En ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres » (Jn 13, 35), les chrétiens ne peuvent pas former de souhait plus vif que celui de rendre service aux hommes de leur temps » (Gaudium et spes, n. 93).
Cette tâche que le Concile Vatican II nous a confiée au terme de la Constitution pastorale sur « L’Eglise dans le monde de ce temps », répond au défi fascinant de construire un monde animé par la loi de l’amour, une civilisation de l’amour, « fondée sur les valeurs universelles de paix, de solidarité et de liberté, qui trouvent dans le Christ leur plein accomplissement » (Tertio millennion adveniente, n. 52).
A la base de cette civilisation, se trouve la reconnaissance de la souveraineté universelle de Dieu le Père en tant que source intarissable d’amour. C’est précisément sur l’acceptation de cette valeur fondamentale, que doit être effectué un examen sincère de fin de millénaire à l’occasion du grand Jubilé de l’An 2000, pour repartir avec plus d’entrain vers l’avenir qui nous attend.
Nous avons assisté au déclin d’idéologies qui ont vidé de références spirituelles un grand nombre de nos frères, mais les fruits néfastes d’un sécularisme qui engendre l’indifférence religieuse continuent à persister, en particulier dans les régions les plus développées. Une réponse valable à cette situation n’est certainement pas le retour à une vague religiosité, motivée par de fragiles instances compensatrices et par la recherche d’un équilibre psycho-cosmique, tel qu’il se révèle dans les nouveaux modèles religieux qui proclament une religiosité sans référence à un Dieu transcendant et personnel.
Il faut en revanche analyser avec attention les causes de la perte du sens de Dieu et reproposer avec courage l’annonce du visage du Père, révélé par Jésus-Christ dans la lumière de l’Esprit. Cette révélation n’affaiblit pas mais exalte la dignité de la personne humaine en tant qu’image du Dieu Amour.
2. La perte du sens de Dieu a coïncidé, ces dernières décennies, avec l’avancée d’une culture nihiliste qui appauvrit le sens de l’existence humaine et relativise même, dans le domaine éthique, les valeurs fondamentales de la famille et du respect de la vie. Tout cela se produit souvent de façon non apparente, mais au moyen, plus subtil, de l’indifférence qui fait passer pour normaux tous les comportements, de sorte qu’aucun problème moral n’apparaît plus. On exige paradoxalement que l’Etat reconnaisse en tant que « droits » de nombreux comportements qui attentent à la vie humaine, en particulier celle  qui  est  la  plus  faible  et sans défense.  Pour  ne  pas  parler  des immenses difficultés d’acceptation de l’autre s’il est différent, gênant, étranger, malade, handicapé. C’est précisément le refus toujours plus grand de l’autre, en tant qu’autre, qui interroge notre conscience de croyants. Comme je le disais dans l’Encyclique Evangelium vitae:  « Nous sommes face à une réalité plus vaste, que l’on peut considérer comme une véritable structure de péché, caractérisée par la prépondérance d’une culture contraire à la solidarité, qui se présente dans de nombreux cas comme une « culture de mort »" (n. 12).
3. Face à cette culture nécrophile, notre responsabilité de chrétiens s’exprime dans l’engagement de la « nouvelle évangélisation », dont l’un des fruits les plus importants est la civilisation de l’amour.
« L’Evangile, et donc l’évangélisation, ne s’identifient certes pas avec la culture, et sont indépendants à l’égard de toutes les cultures » (Evangelii nuntiandi, n. 20), toutefois, ils possèdent une force régénératrice qui peut influencer de façon positive les cultures. Le message chrétien n’humilie pas les cultures en détruisant leurs caractéristiques particulières, au contraire, il agit en elles de l’intérieur, en valorisant les potentialités originales que leur génie est capable d’exprimer. L’influence de l’Evangile sur la culture purifie et élève l’être humain, en faisant resplendir la beauté de la vie, l’harmonie de la coexistence pacifique, le génie que chaque peuple apporte à la communauté des hommes. Cette influence possède sa force dans l’amour qui n’impose pas mais qui propose, en s’appuyant sur la libre adhésion, dans une atmosphère de respect et d’accueil réciproque.
4. Le message d’amour qui est propre à l’Evangile donne vie à des modèles et à des valeurs humaines, comme la solidarité, l’aspiration à la liberté et à l’égalité, le respect pour le pluralisme des formes expressives. Le pivot de la civilisation de l’amour est la reconnaissance de la valeur de la personne humaine et, concrètement, de toutes les personnes humaines. La grande contribution du christianisme se reconnaît justement sur ce terrain. En effet, c’est précisément de la réflexion sur le mystère du Dieu trinitaire et sur la personne du Verbe fait chair que s’est progressivement formée la doctrine anthropologique de la personne comme être de relation. Cette précieuse acquisition a fait mûrir la conception d’un société qui établit dans la personne son point de départ et l’objectif à atteindre. La doctrine sociale de l’Eglise, sur laquelle l’esprit du Jubilé invite à reméditer, a contribué à fonder sur le droit de la personne les lois mêmes de la coexistence sociale. La vision chrétienne de l’être humain, comme image de Dieu, implique en effet que les droits de la personne s’imposent, de par leur nature, au respect de la société, qui ne les crée pas, mais les reconnaît seulement (cf. Gaudium et spes, n. 26).
5. L’Eglise est consciente que cette doctrine peut rester lettre morte si la vie sociale n’est pas animée par le souffle d’une authentique expérience religieuse, et en particulier par le témoignage chrétien sans cesse alimenté par l’action créatrice et assainissante de l’Esprit Saint. En effet, elle est consciente que la crise de la société et de l’homme contemporain est motivée en grande partie par la réduction de la dimension spirituelle spécifique de la personne humaine.
Le christianisme offre sa contribution à la construction d’un société à la mesure de l’homme, précisément en lui assurant une âme et en proclamant les exigences de la loi de Dieu, à laquelle chaque organisation et législation de la société doit s’ancrer, si elles désirent garantir la promotion de l’homme, la libération de tout type d’esclavage, le progrès authentique.
Cette contribution de l’Eglise passe surtout à travers le témoignage offert par les chrétiens, et en particulier par les laïcs, dans leur vie quotidienne. En effet, l’homme contemporain accueille le message de l’amour des témoins plus que des maîtres, et de ces derniers lorsqu’ils se présentent comme d’authentiques témoins (cf. Evangelium nuntiandi, n. 41). Tel est le défi à relever, pour que s’ouvrent de nouveaux horizons pour l’avenir du christianisme et de l’humanité elle-même.

Jean-Paul II : Prière du lundi 8 décembre 2003, en la fête de l’Immaculée Conception.

7 septembre, 2011

du site:

http://spiritualite-chretienne.com/Jean-Paul_2/prieres.html

Jean-Paul II

Prière du lundi 8 décembre 2003, en la fête de l’Immaculée Conception.

1. Reine de la paix, prie pour nous !
En la fête de ton Immaculée Conception
je reviens te vénérer, O Marie,
au pied de cette effigie, qui de la place d’Espagne permet
à ton regard maternel d’embrasser cette antique ville de Rome,
si chère à mes yeux.
Je suis venu ici, ce soir, te rendre l’hommage
de ma sincère dévotion. C’est un geste dans lequel s’unissent à moi
en cette Place, d’innombrables Romains,
dont l’affection m’a toujours accompagné
tout au long des années de mon service sur le Siège de Pierre.
Je suis ici avec eux pour commencer le cheminement
vers le cent cinquantième anniversaire du dogme
que nous célébrons aujourd’hui avec une joie filiale.

2. Reine de la paix, prie pour nous !
Notre regard se tourne vers toi avec une plus grande anxiété,
nous avons recours à toi avec une confiance plus insistante
en ces temps marqués par de nombreuses incertitudes et craintes
pour le destin présent et futur de notre Planète.
A Toi, prémices de l’humanité sauvée par le Christ,
finalement libérée de l’esclavage du mal et du péché,
nous élevons ensemble une supplication sincère et confiante :
entends le cri de douleur des victimes
des guerres et de tant de formes de violence,
qui ensanglantent la Terre.
Dissipe les ténèbres de la tristesse et de la solitude,
de la haine et de la vengeance.
Ouvre l’esprit et le cœur de tous à la confiance et au pardon !

3. Reine de la paix, prie pour nous !
Mère de miséricorde et d’espérance,
obtient pour les hommes et les femmes du troisième millénaire
le don précieux de la paix :
paix dans les cœurs et dans les familles, dans les communautés et entre les peuples ;
paix surtout pour les nations
où l’on continue chaque jour à combattre et à mourir.
Fait que tout être humain, de toutes les races et de toutes les cultures,
rencontre et accueille Jésus,
venu sur la Terre dans le mystère de Noël
pour nous donner « sa » paix.
Marie, Reine de la paix,
donne-nous le Christ, la vraie paix du monde !

Jean Paul II: Témoigner de Dieu le Père: la réponse chrétienne à l’athéisme (1999)

31 août, 2011

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/audiences/1999/documents/hf_jp-ii_aud_14041999_fr.html

JEAN-PAUL II

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 14 avril 1999

Témoigner de Dieu le Père: la réponse chrétienne à l’athéisme   

Lecture: Sg 13, 1.3.5

1. L’orientation religieuse de l’homme vient de sa nature même de créature, ce qui le pousse à aspirer à Dieu, par qui il est créé à sa propre image et ressemblance (cf. Gn 2, 17). Vatican II a enseigné que «l’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans cette vocation de l’homme à communier avec Dieu. Cette invitation que Dieu adresse à l’homme de dialoguer avec Lui commence avec l’existence humaine. Car, si l’homme existe, c’est que Dieu l’a créé par amour et, par amour, ne cesse de de lui donner l’être; et l’homme ne vit pleinement selon la vérité que s’il reconnaît librement cet amour et s’abandonne à son Créateur» (Gaudium et spes, n. 19).
La voie qui conduit les êtres humains à la connaissance de Dieu le Père est Jésus-Christ, le Verbe fait chair, qui vient à nous dans la force de l’Esprit Saint. Comme je l’ai souligné dans les précédentes catéchèses, une telle connaissance n’est authentique et complète que si elle ne se réduit pas à une acquisition de l’intellect seul, mais qu’elle concerne de façon vivante toute la personne humaine. Celle-ci doit offrir au Père une réponse de foi et d’amour, en ayant conscience que, avant de le connaître, nous avons déjà été quant à nous connus et aimés par Lui (cf. Ga 4, 9; 1 Co 13, 12; 1 Jn 4, 19).
Malheureusement, ce lien intime et vital avec Dieu, altéré par la faute de nos ancêtres dès le début de l’histoire, est vécu par l’homme de façon fragile et contradictoire, menacé par le doute et souvent interrompu par le péché. L’époque contemporaine a connu des formes particulièrement destructrices d’athéisme «théorique» et «pratique» (cf. Lettre encyclique Fides et ratio, nn. 46-47). Le sécularisme, en particulier, se révèle dangereux en raison de son indifférence à l’égard des questions ultimes et de la foi: il exprime de fait un modèle d’homme totalement détaché de la référence au Transcendant. L’athéisme «pratique» est ainsi une réalité concrète amère. S’il est vrai qu’il se manifeste surtout dans les civilisations les plus économiquement et techniquement avancées, ses effets s’étendent égale- ment aux situations et aux cultures qui commencent actuellement un processus de développement.
2.’Il faut se laisser guider par la Parole de Dieu pour déchiffrer cette situation du monde contemporain et répondre aux graves questions qu’elle pose.
En partant de l’Ecriture Sainte, on remarquera immédiatement qu’elle ne mentionne pas l’athéisme «théorique», alors qu’elle se soucie de repousser l’athéisme «pratique». Le Psalmiste qualifie de sot celui qui pense: «Non, plus de Dieu» (Ps 14, 1), et se comporte en conséquence: «Corrompues, abominables leurs actions; non, plus d’hon- nête homme» (ibid.). Dans un autre Psaume, celui qui est blâmé est «l’homme avide qui bénit méprise Yahvé, l’impie, arrogant, ne cherche point: « Pas de Dieu! » voilà toute sa pensée» (Ps 10, 4).
Plus que d’athéisme, la Bible parle d’impiété et d’idolâtrie. L’impie et l’idolâtre est celui qui préfère au vrai Dieu une série de produits humains, faussement considérés divins, vivants et agissants. A l’impuissance des idoles, et également de ceux qui les fabriquent, sont consacrés de longs réquisitoires prophétiques. Avec une véhémence dialectique, ceux-ci opposent à la vacuité et à l’ineptie des idoles fabriquées par l’homme, la puissance du Dieu créateur et auteur de prodiges (cf. Is 44, 9- 20; Jr 10, 1-16). Cette doctrine atteint son développement le plus ample dans le Livre de la sagesse (Cf. Sg 13-15), où est présentée la voie, qui sera ensuite évoquée par saint Paul (cf. Rm 1, 18-23), de la connaissance de Dieu à partir des choses créées. Etre «athées» signifie alors ne pas connaître la vraie nature de la réalité créée, mais la rendre absolue et, pour cela même, «l’idolâtrer», au lieu de la considérer comme une trace du Créateur et une voie qui conduit à Lui.
3. L’athéisme peut même devenir une forme d’idéologie intolérante, comme le révèle l’histoire. Les deux derniers siècles ont connu des courants d’athéisme théorique qui ont nié Dieu au nom d’une prétendue autonomie absolue, qu’elle soit de l’homme, de la nature ou de la science. C’est ce que souligne le Catéchisme de l’Eglise catholique: «L’athéisme se fonde souvent sur une fausse conception de l’autonomie humaine, poussée jusqu’au refus de toute dépendance à l’égard de Dieu» (n. 2126).
Cet athéisme systématique s’est imposé pendant des décennies en offrant l’illusion que, en éliminant Dieu, l’homme aurait été plus libre, tant psychologiquement que socialement. Les principales objections avancées, en particulier à l’égard de Dieu le Père, se fondent autour de l’idée que la religion constituerait pour les hommes une valeur de type compensatoire. Une fois écartée l’image du Père terrestre, l’homme adulte projeterait en Dieu l’exigence d’un père amplifié, dont il devrait à son tour s’affranchir parce qu’il empêcherait le processus de maturation des êtres humains.
Face aux formes d’athéisme et à leurs motivations idéologiques, quelle est l’attitude de l’Eglise? L’Eglise ne déprécie pas l’étude sérieuse des composantes psychologiques et sociologiques du phénomène religieux, mais elle refuse avec fermeté l’interprétation de la religiosité comme projection de la psychée humaine ou comme résultat des conditions sociologiques. En effet, l’expérience religieuse authentique n’est pas une expression d’infantilisme, mais une attitude mûre et noble d’accueil de Dieu, qui répond à l’exigence d’une signification globale de la vie et qui engage de façon responsable en vue d’une société meilleure.
4. Le Concile a reconnu que, dans la genèse de l’athéisme, les croyants ont pu jouer un rôle, n’ayant pas toujours manifesté de façon adéquate le visage de Dieu (cf. GS, n. 19; CEC, n. 2125).
Dans cette perspective, c’est précisément dans le témoignage du véritable visage de Dieu le Père que se trouve la réponse la plus convaincante à l’athéisme. Certes, cela n’exclut pas, mais exige également une présentation correcte des motifs d’ordre rationnel qui conduisent à la reconnaissance de Dieu. Malheureusement, ces raison sont souvent occultées par des conditionnements dus au péché et à de multiples circonstan- ces culturelles. C’est l’annonce de l’Evangile, resposant sur le témoignage d’une charité intelligente (cf. GS, n. 21), qui est alors la voie la plus efficace afin que les hommes puissent entrevoir la bonté de Dieu et progressivement en reconnaître le visage miséricordieux.

Jean Paul II [4 juin 1999] : Mémoire de la consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus

30 juin, 2011

du site:

http://www.adoperp.com/adoration/magistere/jeanpaul2/sacrecoeur_Bille.html

JEAN PAUL II

Mémoire de la consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus

Message à Mgr Louis-Marie Billé pour le 100e anniversaire de la consécration au Sacré-Cœur (4 juin 1999)

À MONSEIGNEUR LOUIS-MARIE BILLE, ARCHEVÊQUE DE LYON, PRÉSIDENT DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE

Au moment où de nombreux pèlerins s’apprêtent à célébrer solennellement à Paray-le-Monial la fête du Sacré-Cœur et à faire mémoire de la consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus, faite par le Pape Léon XIII il y a cent ans, je suis heureux, à travers vous, de leur adresser mes cordiales salutations et de m’unir par la prière à leur démarche spirituelle, ainsi qu’à celle de toutes les personnes qui font en ce jour un acte d’offrande au Sacré-Coeur.
À la suite de saint Jean Eudes, qui nous a appris à contempler Jésus lui-même, le cœur des coeurs, dans le cœur de Marie et à les faire aimer tous les deux, le culte rendu au Sacré-Cœur s’est répandu, notamment grâce à sainte Marguerite-Marie, religieuse de la Visitation à Paray-le-Monial. Le 11 Juin 1899, invitant tous les évêques à s’associer à sa démarche, Léon XII demandait au Seigneur d’être le Roi de tous les fidèles, ainsi que des hommes qui l’ont abandonné ou de ceux qui ne le connaissent pas, le suppliant de les amener à la Vérité et de les conduire vers Celui qui est la Vie. Dans l’Encyclique Annum sacrum, il avait exprimé sa compassion pour les hommes qui sont loin de Dieu et son désir de les confier au Christ Rédempteur.
L’Église ne cesse de contempler l’amour de Dieu, manifesté de manière sublime et particulière sur le Calvaire, lors de la passion du Christ, sacrifice qui est rendu sacramentellement présent à chaque Eucharistie. Du cœur très aimant de Jésus procèdent tous les sacrements, mais surtout le plus grand de tous, le sacrement d’amour, par lequel Jésus voulut être le compagnon de notre vie, la nourriture de nos âmes, sacrifice d’une valeur infinie  » (Saint Alphonse de Liguori, Méditation II sur le cœur aimant de Jésus à l’occasion de la neuvaine en préparation de la fête du Sacré-Cœur). Le Christ est un foyer brûlant d’amour qui appelle et qui apaise:  » Venez à moi […] car je suis doux et humble de cœur  » (Mt 11, 28-29).
Le cœur du Verbe incarné est le signe de l’amour par excellence; aussi ai-je personnellement souligné l’importance pour les fidèles de pénétrer le mystère de ce cœur débordant d’amour pour les hommes, qui contient un message d’une extraordinaire actualité (cf. Encyclique Redemptor hominis, 8). Comme l’écrivait Saint Claude La Colombière:  » Voici le Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné, jusqu’à s’épuiser et à se consumer afin de témoigner son amour  » (Écrits spirituels, 9).
À l’approche du troisième millénaire,  » l’amour du Christ nous presse  » (2 Co 5, 14), pour que nous fassions connaître et aimer le Sauveur, qui a versé son sang pour les hommes.  » Pour eux, je me consacre moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, consacrés dans la vérité  » (Jn 17, 19). J’encourage donc vivement les fidèles à adorer le Christ, présent dans le Saint-Sacrement de l’autel, le laissant guérir nos consciences, nous purifier, nous illuminer et nous unifier. Dans la rencontre avec Lui, les chrétiens puiseront la force pour leur vie spirituelle et pour leur mission dans le monde. En effet, dans le cœur à cœur avec le divin Maître, découvrant l’amour infini du Père, ils seront de vrais adorateurs en esprit et en vérité. Leur foi en sera ravivée; ils entreront dans le mystère de Dieu et seront profondément transformés par le Christ. Dans les épreuves et dans les joies, ils conformeront leur vie au mystère de la Croix et de la Résurrection du Sauveur (cf. Concile oecuménique Vatican II, Gaudium et spes, 10). Ils deviendront chaque jour davantage des fils dans le Fils. Alors, par eux, l’amour se répandra dans le cœur des hommes, pour que se construise le Corps du Christ qui est l’Église et que s’édifie aussi une société de justice, de paix et de fraternité. Ils seront des intercesseurs de l’humanité tout entière, car toute âme qui s’élève vers Dieu élève aussi le monde et contribue mystérieusement au salut gratuitement offert par notre Père des cieux.
J’invite donc tous les fidèles à poursuivre avec piété leur dévotion au culte du Sacré-Cœur de Jésus, en l’adaptant à notre temps, pour qu’ils ne cessent d’accueillir ses insondables richesses, qu’ils y répondent avec joie en aimant Dieu et leurs frères, trouvant ainsi la paix, entrant dans une démarche de réconciliation et affermissant leur espérance de vivre un jour en plénitude auprès de Dieu, dans la compagnie de tous les saints (cL Litanies du Sacré-Cœur). Il convient aussi de transmettre aux générations futures le désir de rencontrer le Seigneur, de fixer leur regard sur Lui, pour répondre à l’appel à la sainteté et pour découvrir leur mission spécifique dans l’Église et dans le monde, réalisant ainsi leur vocation baptismale (cf. Concile oecuménique Vatican Il, Lumen gentium, 10). En effet, la  » charité divine, don très précieux du Cœur du Christ et de son Esprit « , se communique aux hommes, pour qu’ils soient, à leur tour, des témoins de l’amour de Dieu (Pie XII, Encycl. Haurietis aquas, III).
Invoquant l’intercession de la Vierge Marie, Mère du Christ et de l’Église, à laquelle j’ai consacré les hommes et les nations le 13 mai 1982, je vous accorde bien volontiers la Bénédiction apostolique, ainsi qu’à tous les fidèles qui, à l’occasion de la fête du Sacré-Cœur, se rendront en pèlerinage à Paray-le-Monial ou qui participeront avec dévotion à une célébration liturgique ou à un autre moment de prière au Sacré-Cœur.

Jean-Paul II, du Vatican, le 4 juin 1999.

Pape Jean Paul II – Acte de confiance à Marie

23 mai, 2011

du site:

http://prierecatholique.free.fr/fiches/9jeanpaul2.html

PAPE JEAN PAUL II – PRIÈRE A MARIE

Acte de confiance à Marie

Voici le texte intégral de cet Acte de Confiance :

1. «Femme, voici ton Fils ! » (Jn 19, 26)
Tandis qu’arrive à son terme l’Année jubilaire,
au cours de laquelle Toi, ô Mère, tu nous as offert à nouveau Jésus,
le fruit béni de ton sein très pur,
le Verbe fait chair, le Rédempteur du monde,
ces paroles : « Femme, voici ton Fils ! » se font pour nous
particulièrement douces,
paroles qui nous renvoient à Toi, te constituant notre Mère.
En te confiant l’Apôtre Jean,
et avec lui les fils de l’Église, et même tous les hommes,
le Christ, loin d’atténuer son rôle exclusif de Sauveur du monde,
le confirmait.
Tu es la splendeur qui n’ôte rien à la lumière du Christ,
car tu existes en Lui et par Lui.
En Toi, tout est « fiat »: tu es l’Immaculée,
tu es transparence et plénitude de grâce.
Voici donc tes enfants rassemblés autour de Toi,
à l’aube du nouveau millénaire.
Aujourd’hui, par la voix du Successeur de Pierre,
à laquelle s’unit celle de nombreux Pasteurs
rassemblés ici de toutes les parties du monde,
l’Église cherche à se réfugier sous ta protection maternelle
et implore avec confiance ton intercession
face aux défis de l’avenir.
2. En cette année de grâce, de nombreuses personnes
ont vécu, et vivent actuellement,
la joie surabondante de la miséricorde
que le Père nous a donnée dans le Christ.
Dans les Églises particulières répandues à travers le monde,
et plus encore ici au centre de la chrétienté,
les catégories les plus diverses de personnes
ont accueilli ce don.
Ici même, l’enthousiasme des jeunes a retenti,
ici même, s’est élevé le cri implorant des malades.
Ici même, sont venus des prêtres et des religieux,
des artistes et des journalistes,
des travailleurs et des hommes de science,
des enfants et des adultes,
et tous ont reconnu dans ton Fils bien-aimé
le Verbe de Dieu, fait chair en ton sein.
Obtiens pour nous, ô Mère, par ton intercession,
que les fruits de cette Année ne soient pas perdus,
et que les germes de grâce se développent
jusqu’à la pleine mesure de la sainteté,
à laquelle nous sommes tous appelés.
3. Aujourd’hui, nous voulons te confier l’avenir qui nous attend,
te demandant de nous accompagner sur le chemin.
Nous sommes les hommes et les femmes d’une époque extraordinaire,
aussi exaltante que riche de contradictions.
Aujourd’hui, l’humanité possède des moyens de puissance inouïe :
elle peut faire de ce monde un jardin,
ou le réduire à un amas de cendres.
Elle a acquis des capacités extraordinaires d’intervention
sur les sources mêmes de la vie:
elle peut en user pour le bien, dans le cadre de la loi morale,
ou bien céder à l’orgueil aveugle
d’une science qui n’accepte pas de limite,
au point de bafouer le respect dû à tout être humain.
Aujourd’hui plus que jamais,
l’humanité est à une croisée de chemins.
Et, une fois encore, le salut est entièrement et seulement,
ô Vierge Sainte, dans ton Fils Jésus.
4. C’est pourquoi, ô Mère, comme l’Apôtre Jean,
nous voulons te recevoir chez nous (cf. Jn 19, 27),
pour que tu nous apprennes à nous conformer à ton Fils.
«Femme, voici tes fils !»
Nous sommes ici, devant toi,
pour confier à tes soins maternels
nous-mêmes, l’Église, le monde entier.
Implore pour nous ton Fils bien-aimé,
afin qu’il nous donne en abondance l’Esprit-Saint,
l’Esprit de vérité qui est source de vie.
Accueille-le pour nous et avec nous,
comme au temps de la première communauté de Jérusalem,
rassemblée autour de toi le jour de la Pentecôte (cf. Ac 1, 14).
Que l’Esprit ouvre les cœurs à la justice et à l’amour,
qu’il conduise les personnes et les nations à la compréhension réciproque
et à une ferme volonté de paix.
Nous te confions tous les hommes, à commencer par les plus faibles:
les enfants non encore venus au jour
et ceux qui sont nés dans des conditions de pauvreté et de souffrance,
les jeunes à la recherche de sens,
les personnes privées de travail
et celles qui sont éprouvées par la faim et la maladie.
Nous te confions les familles désagrégées,
les personnes âgées privées d’assistance
et tous ceux qui sont seuls et sans espérance.
5. O Mère, Toi qui connais les souffrances
et les espérances de l’Église et du monde,
assiste tes enfants dans les épreuves quotidiennes
que la vie réserve à chacun
et fais que, grâce aux efforts de tous,
les ténèbres ne l’emportent pas sur la lumière.
À toi, aurore du salut, nous confions
notre marche dans le nouveau millénaire,
afin que, sous ta conduite,
tous les hommes découvrent le Christ,
lumière du monde et unique Sauveur,
qui règne avec le Père et l’Esprit-Saint
pour les siècles des siècles. Amen. 

Jean Paul II, Audience Génerale, 9 mai 1979 – (sur le Thème du Bon Pasteur, ci-dessous la deuxième audience sur le Bon Pasteur)

15 mai, 2011

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/audiences/1979/documents/hf_jp-ii_aud_19790509_fr.html

JEAN-PAUL II

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 9 mai 1979

(sur le thème du Bon Pasteur, 1)

1. Pendant les quarante jours entre la Résurrection et l’Ascension, l’Église vit le mystère pascal en le méditant dans sa liturgie qui, pourrait-on dire, le reflète comme un prisme. Dans cette contemplation pascale de la liturgie, la figure du Bon Pasteur occupe une place particulière. Le quatrième dimanche de Pâques, nous relisons l’allégorie du Bon Pasteur au chapitre 10 de l’Évangile de saint Jean.
Dès les premiers mots, nous en voyons le sens pascal. Le Christ dit : « Je suis le Bon Pasteur. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. » (Jn 10, 11.) Nous savons que ces paroles ont reçu une nouvelle confirmation pendant la passion. Le Christ a offert sa vie sur la croix. Et il l’a fait avec amour. Il a surtout voulu correspondre à l’amour de son Père qui « a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 16). En accomplissant « ce commandement… reçu de son Père » (Jn 10, 18) et en révélant son amour, le Christ lui-même a connu d’une façon particulière cet amour du Père. Il le dit dans ce même discours : « Le Père m’aime parce que je donne ma vie, pour la reprendre ensuite. » (Jn 10, 17.) Le sacrifice du calvaire est surtout le don de lui-même, le don de sa vie qui, restant au pouvoir du Père, est rendue au Fils sous une forme nouvelle, splendide. Ainsi donc, la résurrection est le don de la vie rendue au Fils en récompense de son sacrifice. Le Christ en est conscient et il le dit dans l’allégorie du Bon Pasteur : « [ma vie] personne n’a pu me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner et le pouvoir de la reprendre » (Jn 10, 18).
Ces paroles se réfèrent évidemment à la résurrection et elles expriment toute la profondeur du mystère pascal.
2. Jésus est le Bon Pasteur parce qu’il donne sa vie au Père de cette manière : il l’offre en sacrifice pour ses brebis.
Nous nous trouvons ici devant une splendide et fascinante similitude qui était déjà si chère aux prophètes de l’Ancien Testament. Voici ce que dit Ezéchiel : « Ainsi parle le Seigneur Dieu : je vais chercher moi-même mon troupeau pour en prendre soin. Moi-même je ferai paître mon troupeau et je le ferai reposer. » (Ez 34, 11-15 ; cf. Jr 31, 30)
En reprenant cette image, Jésus a révélé un aspect de l’amour du Bon Pasteur que l’Ancien Testament ne pressentait pas encore : offrir sa vie pour ses brebis.
Dans son enseignement, nous le savons, Jésus se servait souvent de paraboles pour faire comprendre aux hommes, généralement simples et habitués à penser en images, la vérité divine qu’il annonçait. L’image du pasteur et du troupeau était familière à son auditoire et elle l’est toujours pour l’homme d’aujourd’hui. Même si la civilisation et la technique font des progrès fulgurants, cette image est encore et toujours actuelle dans notre réalité. Les bergers conduisent leurs troupeaux aux pâturages (comme par exemple dans les montagnes polonaises d’où je viens) et ils y passent l’été avec eux. Ils les accompagnent lorsqu’ils changent de pâturage. Ils font attention à ce qu’ils ne s’égarent pas et en particulier ils les défendent contre les animaux sauvages, comme nous le lisons dans l’Evangile : « Le loup s’empare des brebis et il les disperse. » (Cf. Jn 10, 12.)
Le Bon Pasteur, dans la parabole du Christ, est précisément celui qui, « voyant venir le loup », ne s’enfuit pas mais est prêt à exposer sa vie en luttant contre le prédateur pour qu’aucune de ses brebis ne se perde. S’il n’était pas prêt à agir ainsi il ne mériterait pas d’être appelé Bon Pasteur. Il serait un mercenaire, non un pasteur.
Tel est le discours allégorique de Jésus. Son sens essentiel c’est que « le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10 11). Dans le contexte des événements de la Semaine sainte, cela veut dire que Jésus, en mourant sur la croix, a offert sa vie pour tout homme et pour tous les hommes.
« Lui seul pouvait le faire ; lui seul pouvait porter le poids du monde entier, le poids d’un monde coupable, le fardeau du péché de l’homme, la dette accumulée du passé, du présent et de l’avenir, les souffrances que nous aurions dû mais que nous ne pouvions payer, « dans son propre corps, sur le bois de la croix » (1 P 2, 24), « par l’esprit éternel, s’offrant lui-même à Dieu comme une victime sans tache… pour servir le Dieu vivant » (He 9, 14). Voilà ce qu’a fait le Christ. Il a donné sa vie pour tous et c’est pourquoi on l’appelle le Bon Pasteur (card. J. H. Newman Parochial and Plain Sermons, 16, Londres 1899, p. 235). Par le sacrifice pascal, tous sont devenus son troupeau parce qu’à chacun il a assuré la vie divine et surnaturelle qui avait été perdue depuis la chute de l’homme à cause du péché originel. Lui seul pouvait la rendre à l’homme.
3. L’allégorie du Bon Pasteur et l’image des brebis qu’elle nous donne sont fondamentales pour comprendre ce qu’est l’Église et sa mission dans l’histoire de l’homme. L’Église ne doit pas seulement être un « troupeau » mais elle doit réaliser le mystère qui s’accomplit toujours entre le Christ et l’homme : le mystère du Bon Pasteur qui offre sa vie pour ses brebis. Saint Augustin dit : « Celui qui t’a cherchée le premier alors que tu le méprisais au lieu de le chercher te méprisera-t-il, ô brebis, si tu le cherches ? Commence donc à le chercher lui qui le premier t’a cherchée et t’a ramenée sur ses épaules. Fais que se réalisent ses paroles : les brebis qui sont à moi écoutent ma voix et elles me suivent. » (Enarrationes in Psalmos, Ps. LXIX, 6.)
L’Église, qui est le Peuple de Dieu, est en même temps une réalité historique et sociale où ce mystère se renouvelle et se réalise continuellement et de diverses manières. Différentes personnes ont une part active dans cette sollicitude pour le salut du monde, pour la sanctification du prochain qui est et ne cesse d’être la sollicitude propre du Christ crucifié et ressuscité. Telle est certainement, par exemple, la sollicitude des parents à l’égard de leurs enfants. Et même la sollicitude de tout chrétien, sans aucune différence, à l’égard de son prochain, de ses frères et de ses sœurs que Dieu met sur son chemin.
Cette sollicitude pastorale est évidemment d’une façon particulière la vocation des pasteurs : prêtres et évêques. Ils doivent d’une façon particulière avoir devant les yeux l’image du Bon Pasteur, méditer toutes les paroles du discours du Christ et y conformer leur vie.
Donnons encore une fois la parole à saint Augustin : « Que les bons pasteurs ne viennent pas à manquer ! Qu’ils ne manquent pas par notre faute et que la miséricorde divine ne cesse de les susciter et de les établir. Il est certain que s’il y a de bonnes brebis il y aura aussi de bons pasteurs. Ce sont en effet les bonnes brebis qui donnent les bons pasteurs. » (Sermones ad populum, I, Sermo XLIV, XIII, 30.)
4. Avec l’évangile du Bon Pasteur, la liturgie de l’Église retrace chaque année la vie et la mort de saint Stanislas, évêque de Cracovie. Dans le calendrier liturgique de l’Église universelle, sa fête tombe le 11 avril, date de son meurtre en 1079, par le roi Boleslas le Hardi. Mais, en Pologne, c’est le 8 mai qu’est célébrée la fête de celui qui est son patron principal.
Il y a cette année neuf cents ans, neuf siècles, qu’avec la liturgie nous pouvons redire qu’il a offert sa vie pour ses brebis (cf. Jn 10, 11). Et même si elle est si loin de nous dans le temps, sa mort ne cesse d’être un témoignage particulièrement éloquent.
Tout au long de leur histoire, mes compatriotes se sont unis spirituellement autour de la figure de saint Stanislas, surtout dans les périodes difficiles.
Cette année, qui est l’année du grand jubilé, en tant que premier Pape polonais et successeur — il y a encore peu de temps — de saint Stanislas sur le siège de Cracovie, je désire participer aux solennités en l’honneur du saint patron de la Pologne.
Avec tous ceux qui célèbrent cette solennité, nous voulons nous rapprocher de nouveau du Christ Bon Pasteur qui « donne sa vie pour ses brebis » afin qu’il soit notre force pour les siècles à venir et pour les nouvelles généra
tions.

1...7891011...13