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SOLENNITÉ DE L’ASSOMPTION DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE – JEAN PAUL II 2001

14 août, 2014

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SOLENNITÉ DE L’ASSOMPTION DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II

Mercredi 15 août 2001

1. « Le dernier ennemi détruit, c’est la Mort » (1 Co 15, 26).

Les paroles de Paul, qui viennent de retentir au cours de la deuxième lecture, nous aident à comprendre le sens de la solennité que nous célébrons aujourd’hui. En Marie, élevée au ciel au terme de sa vie terrestre, resplendit la victoire définitive du Christ sur la mort, entrée dans le monde à cause du péché d’Adam. C’est le Christ, le « nouvel » Adam, qui a vaincu la mort, en s’offrant en sacrifice sur le Calvaire, dans un geste d’amour obéissant au Père. Il nous a ainsi sauvés de l’esclavage du péché et du mal. Dans le triomphe de la Vierge, l’Eglise contemple Celle que le Père a choisie comme vraie Mère de son Fils unique, en l’associant intimement au dessein salvifique de la Rédemption.
C’est pour cela que Marie, comme le montre bien la liturgie, est un signe réconfortant pour notre espérance. En la contemplant, enlevée dans l’exultation de la foule des anges, l’histoire humaine tout entière, avec ses lumières et ses ombres, s’ouvre à la perspective de la béatitude éternelle. Si l’expérience quotidienne nous permet de nous rendre compte que le pèlerinage terrestre est placé sous le signe de l’incertitude et de la lutte, la Vierge élevée dans la gloire du Paradis nous assure que le secours divin ne nous fera jamais défaut.

2. « Un signe grandiose apparut au ciel: une Femme! Le soleil l’enveloppe » (Ap 12,1).
Contemplons Marie, très chers frères et soeurs ici rassemblés en ce jour si cher à la dévotion du peuple chrétien. Je vous salue avec une grande affection. Je salue en particulier M. le Cardinal Angelo Sodano, le premier de mes collaborateurs, ainsi que l’Evêque d’Albano et son Auxiliaire, en les remerciant de leur présence courtoise. Je salue en outre le curé, ainsi que les prêtres qui l’aident dans sa tâche, les religieux et les religieuses et tous les fidèles présents, en particulier les consacrés salésiens, la communauté de Castel Gandolfo et celle des Villas pontificales. J’étends ma pensée aux pèlerins des différents groupes linguistiques qui ont voulu s’unir à notre célébration. Je souhaite à chacun de vivre dans la joie la solennité de ce jour, qui est riche d’occasions de méditation.
Un grand signe apparaît pour nous dans le ciel aujourd’hui: la Vierge Mère! L’auteur sacré du livre de l’Apocalypse nous en parle à travers un langage prophétique dans la première lecture. Quel prodige extraordinaire se trouve devant nos yeux stupéfaits! Habitués à fixer les réalités de la terre, nous sommes invités à regarder vers le Haut: vers le ciel, qui est notre Patrie définitive, où la Très Sainte Vierge nous attend.
L’homme moderne, peut-être plus encore que par le passé, est pris par des intérêts et des préoccupations matérielles. Il recherche la sécurité et, souvent, il fait l’expérience de la solitude et de l’angoisse. Et que dire ensuite de l’énigme de la mort? L’Assomption de Marie est un événement qui nous touche de près justement parce que l’homme est destiné à mourir. Mais la mort n’est pas le dernier mot. Elle est – comme nous l’affirme le mystère de l’Assomption de la Vierge – le passage vers la vie à la rencontre de l’Amour. Elle est le passage vers la béatitude céleste réservée à ceux qui oeuvrent pour la vérité et la justice et s’efforcent de suivre le Christ.
3. « Désormais toutes les générations me diront bienheureuse » (Lc 1, 48). Ainsi s’exprime la Mère du Christ lorsqu’elle rencontre sa parente âgée, Elisabeth. L’Evangile nous a reproposé, il y a peu, le Magnificat que l’Eglise chante chaque jour. C’est la réponse de la Madone aux paroles prophétiques de sainte Elisabeth: « Bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur » (Lc 1, 45).
En Marie, la promesse se fait réalité: Bienheureuse est la Mère et bienheureux serons-nous, nous, ses fils, si, comme elle, nous écoutons et nous mettons en pratique la Parole du Seigneur.
Puisse la solennité de ce jour ouvrir notre coeur à cette perspective supérieure de l’existence. Que la Vierge, que nous contemplons aujourd’hui resplendissante à la droite du Fils, aide l’homme d’aujourd’hui à vivre en croyant « en l’accomplissement de la Parole du Seigneur ».
4. « Aujourd’hui, les fils de l’Eglise sur la terre célèbrent dans la joie le passage de la Vierge à la cité divine, la Jérusalem céleste » (Laudes et hymni, VI). C’est ce que chante la liturgie arménienne aujourd’hui. Je fais miennes ces paroles, en pensant au pèlerinage apostolique au Kazakhstan et en Arménie que j’accomplirai, si Dieu le veut, dans un peu plus d’un mois. Je Te confie, Marie, l’issue de cette nouvelle étape de mon service de l’Eglise et du monde. Je Te demande d’aider les croyants à être les sentinelles de l’espérance qui ne déçoit pas, et à proclamer sans cesse que le Christ est vainqueur du mal et de la mort. Illumine, ô Femme fidèle, l’humanité de notre temps afin qu’elle comprenne que la vie de tout homme ne finit pas dans une poignée de poussière, mais est appelée à un destin d’éternel bonheur.

Marie, qui es la « joie du ciel et de la terre », veille et prie pour nous et pour le monde entier, maintenant et toujours. Amen!

AUDIENCE GÉNÉRALE DE JEAN-PAUL II : PS 146, 1.4-7.11

11 août, 2014

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AUDIENCE GÉNÉRALE DE JEAN-PAUL II

Mercredi 23 juillet 2003

PUISSANCE ET BONTÉ DU SEIGNEUR

LECTURE: PS 146, 1.4-7.11

1. Le Psaume qui vient d’être chanté est la première partie d’une composition qui comprend également le Psaume 147, qui suit, et que l’original hébreu a conservé dans son unité. Ce sont l’ancienne version grecque et la version latine qui ont divisé le cantique en deux Psaumes distincts.
Le Psaume commence par une invitation à louer Dieu, puis énumère une longue série de motifs de louange, tous exprimés au présent. Il s’agit d’activités de Dieu considérées comme caractéristiques et toujours actuelles; elles sont cependant de genres très divers: certaines concernent les interventions de Dieu dans l’existence humaine (cf. Ps 146, 3.6.11) et en particulier en faveur de Jérusalem et d’Israël (cf. v. 2); d’autres concernent l’univers créé (cf. v. 4) et plus particulièrement la terre avec sa végétation et les animaux (cf. vv. 8-9).
En disant, à la fin, de qui le Seigneur est satisfait, le Psaume nous invite à une double attitude: de crainte religieuse et de confiance (cf. v. 11) Nous ne sommes pas abandonnés à nous-mêmes ou aux énergies cosmiques, mais nous sommes toujours entre les mains du Seigneur pour son projet de salut.
2. Après l’invitation joyeuse à la louange (cf. v. 1), le Psaume se déploie en deux mouvements poétiques et spirituels. Dans le premier (cf. vv. 2-6), est introduite avant tout l’action historique de Dieu, sous l’image d’un bâtisseur qui reconstruit Jérusalem revenue à la vie après l’exil de Babylone (cf. v. 2). Mais ce grand artisan qu’est le Seigneur se révèle également comme un père qui se penche sur les blessures intérieures et physiques, présentes chez son peuple humilié et opprimé (cf. v. 3).
Faisons place à saint Augustin qui, dans le Commentaire au Psaume 146 fait à Carthage en 412, commentait la phrase « Le Seigneur guérit les coeurs brisés » de la manière suivante: « Celui qui n’a pas le coeur brisé n’est pas guéri… Qui sont ceux qui ont le coeur brisé? Les humbles. Et ceux qui ne l’ont pas? Les orgueilleux. Quoi qu’il en soit, le coeur brisé est guéri, le coeur gonflé d’orgueil est abaissé à terre. Et même, selon toute probabilité, s’il est abaissé à terre, c’est pour pouvoir être redressé, pour pouvoir être guéri… « Il guérit les coeurs brisés et bande leurs blessures »… En d’autres termes, il guérit ceux qui ont le coeur humble, ceux qui confessent, qui se punissent, qui se jugent avec sévérité pour pouvoir faire l’expérience de sa miséricorde. Voilà ceux qu’il guérit. La santé parfaite ne sera toutefois atteinte qu’au terme de l’état mortel présent, lorsque notre être corruptible se sera revêtu d’incorruptibilité et que notre être mortel se sera revêtu d’immortalité » (5-8: Commentaires sur les Psaumes, IV, Rome, 1977, pp. 772-779).
3. Mais l’oeuvre de Dieu ne se manifeste pas seulement en guérissant son peuple de ses souffrances. Lui qui entoure de tendresse et d’attention les pauvres, s’élève en juge sévère à l’égard des impies (cf. v. 6). Le Seigneur de l’histoire n’est pas indifférent face à la fureur des tyrans qui croient être les seuls juges de l’histoire humaine; Dieu abaisse jusqu’à terre ceux qui défient le ciel par leur orgueil (cf. 1 S 2, 7-8; Lc 51-53).
L’action de Dieu ne se limite pourtant pas à la domination sur l’histoire; il est également le roi de la création, l’univers tout entier répond à son appel de Créateur. Il peut non seulement compter le nombre infini d’étoiles, mais il est également en mesure de donner un nom à chacune d’elles, définissant ainsi sa nature et sa caractéristique (cf. Ps 146, 4).
Le prophète Isaïe chantait déjà: « Levez les yeux là-haut et voyez: qui a créé ces astres? Il déploie leur armée en bon ordre, il les appelle tous par leur nom » (40, 26). Les « armées » du Seigneur sont donc les étoiles. Le prophète Baruch poursuivait ainsi: « Les étoiles brillent à leur poste, joyeuses; les appelle-t-il, elles répondent: Nous voici! elles brillent avec joie pour leur créateur » (3, 34-35).
4. Après une nouvelle invitation joyeuse à la louange (cf. Ps 146, 7), voici que s’ouvre le deuxième mouvement du Psaume 146 (cf. vv. 7-11). Celui-ci met encore en scène l’action créatrice de Dieu dans le cosmos. Dans un paysage souvent aride comme peut l’être le paysage oriental, le premier signe de l’amour divin est la pluie qui féconde la terre (cf. v. 8). Par ce moyen, le Seigneur organise un festin pour les animaux. Il se préoccupe même de donner de la nourriture aux plus modestes êtres vivants, comme les petits corbeaux qui crient de faim (cf. v. 9). Jésus nous invitera à regarder « les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit! » (Mt 6, 26; cf. également Lc 12, 24 avec une référence explicite aux « corbeaux »).
Mais une fois de plus, l’attention passe de la création à l’existence humaine. Et ainsi, le Psaume se conclut en montrant le Seigneur qui se penche sur celui qui est juste et humble (cf. Ps 146, 10-11), comme il était déjà apparu dans la première partie de l’hymne (cf. v. 6). A travers deux symboles de puissance, le cheval et le « jarret de l’homme » qui court, est définie l’attitude divine, qui ne se laisse pas conquérir ou intimider par la force. Une fois de plus, la logique du Seigneur ignore l’orgueil ou l’arrogance du pouvoir, mais prend le parti de ceux qui sont fidèles et « espèrent son amour » (v. 11), c’est-à-dire qui se laissent entièrement guider par Dieu dans leur action et leur pensée, dans leur programme et dans leur vie quotidienne elle-même.
L’orant doit lui aussi se placer parmi ces derniers, en fondant son espérance sur la grâce du Seigneur, assuré d’être enveloppé par le manteau de l’amour divin; « L’oeil de Yahvé est sur ceux qui le craignent, sur ceux qui espèrent son amour, pour préserver leur âme de la mort et les faire vivre au temps de la famine… en lui la joie de notre coeur, en son nom de sainteté notre foi » (Ps 32, 18-19.21).

JEAN-PAUL II, PAPE DE LA PAIX

28 juillet, 2014

http://www.revue-projet.com/articles/2004-1-jean-paul-ii-pape-de-la-paix/

JEAN-PAUL II, PAPE DE LA PAIX

Par Christian Mellon

SOMMAIRE DE L’ARTICLE
Contre la guer­re, mais pas pacifiste–
Le droit international, garant de la paix

Jean-Paul II, pape de la paix : l’expression pourrait étonner. N’est-ce pas plutôt le nom de Jean XXIII qui vient spontanément à l’esprit quand on parle du « pape de la paix », à cause surtout de sa célèbre encyclique Pacem in Terris (1963), dont nous venons de célébrer le quarantième anniversaire ? Et le nom du pape actuel n’est-il pas associé, d’ordinaire, à la défense des droits de l’homme plutôt qu’à celle de la paix ?
Ses enseignements ont mis en évidence, chacun à leur manière, l’étroite connexion de ces deux thématiques. Pour des héritiers de la tradition biblique, le mot « paix » ne signifie jamais la seule absence de guerre. Et Jean-Paul II n’a cessé de développer des thèmes qui constituent tous, à des degrés divers, des fondements ou des conditions de possibilité de la véritable paix : justice, droits de l’homme, pardon, liberté, respect de la dignité humaine, vérité, etc. Quant aux droits de l’homme, il prolonge sur ce point une ouverture que l’on doit à Jean XXIII : s’il a souvent développé ce thème – notamment dans les nombreux discours qu’il a prononcés, dans les années 80, dans des pays où ces droits étaient notoirement violés – et s’il en a exposé les fondements chrétiens (dès sa première encyclique, Redemptor Hominis, 1979), c’est bien à Pacem in Terris que les catholiques se réfèrent comme au premier document « magistériel » reconnaissant sans réticence les droits de l’homme. Dans son message du 1er janvier 2003, le pape actuel redit toute l’importance, y compris pour aujourd’hui, de ce qu’avait écrit son prédécesseur en 1963.
En 1982, au moment où le débat sur les euromissiles divise profondément les esprits, y compris parmi les chrétiens, Jean-Paul II déclare toujours pertinente la position de « tolérance provisoire » accordée en 1965 à la dissuasion nucléaire par le Concile. Mais il garde comme objectif le désarmement nucléaire total, pour le jour où les conditions politiques le rendront possible : « Promettons à nos frères en humanité de travailler sans nous lasser au désarmement et à la condamnation de toutes les armes atomiques » (Discours à Hiroshima, 25 février 1981, Documentation catholique n° 181). Avec la fin de la guerre froide, cet objectif redevient actuel. Il tient devant les évêques du Japon, en 1995 des propos que l’on peut ainsi résumer : les armes nucléaires ne sont plus à domestiquer ou à tolérer provisoirement, mais à supprimer totalement. Ce n’est pas sans son accord que, en octobre 1993, le délégué du Saint-Siège à l’Onu, Mgr Renato Martino (devenu depuis Cardinal et président du conseil pontifical Justice et Paix) déclare devant l’Assemblée générale : « La dissuasion nucléaire constitue un obstacle au désarmement nucléaire authentique. Elle assure une hégémonie inacceptable sur les nations sans armes nucléaires » [1].

CONTRE LA GUERRE, MAIS PAS PACIFISTE
En février-mars 2003, Jean Paul II s’opposait à la décision américaine d’abattre par les armes le régime irakien. Son affirmation ne relèvait pas d’un refus de principe de tout usage des armes, ce qui serait en contradiction avec le catéchisme de l’Eglise catholique, publié sous son pontificat. La guerre n’est jamais une bonne solution, c’est toujours un « échec de l’humanité », « une aventure sans retour »). Pourtant, dans certaines situations dramatiques, il faut agir pour « désarmer un agresseur ». Ainsi au corps diplomatique, le 16 janvier 1993, au moment où fait rage la purification ethnique en Bosnie : « Une fois que toutes les possibilités offertes par les négociations diplomatiques, les processus prévus par les conventions et les organisations internationales, ont été mis en œuvre et que, malgré cela, des populations civiles sont en train de succomber sous les coups d’un injuste agresseur, les Etats n’ont plus le « droit à l’indifférence ». Il semble bien que leur devoir soit de désarmer cet agresseur, si tous les autres moyens se sont avérés inefficaces. Les principes de la souveraineté des États et de la non-ingérence dans leurs affaires internes – qui gardent toute leur valeur – ne sauraient toutefois constituer un paravent derrière lequel on pourrait torturer et assassiner » ( Documentation catholique, n° 2066). Ces formules ne sont pas de circonstance : il les reprendra presque mot pour mot dans son message du 1er janvier 2000.

LE DROIT INTERNATIONAL, GARANT DE LA PAIX
Le respect des droits de l’homme – à commencer par le droit de ne pas être massacré – justifie donc parfois, voire exige le recours à la force militaire. Mais un recours qui doit absolument être encadré par l’éthique et le droit : Jean-Paul II s’inscrit dans la longue tradition des moralistes chrétiens qui ont voulu limiter, en les enserrant dans un ensemble de conditions strictes et précises, ces recours aux armes que l’on ne pouvait délégitimer de manière absolue. C’est sur le non respect de ces critères que se fonde son opposition aux deux guerres d’Irak : celle de 1991, parce qu’elle violait le principe de « proportionnalité » (« le recours à la force pour une cause juste n’est admissible que si celui-ci est proportionnel au résultat que l’on veut obtenir et en soupesant bien les conséquences de l’action militaire »), celle de 2003, parce qu’elle a été décidée unilatéralement, sous un prétexte de « guerre préventive » qui constitue une extension indue de la notion de légitime défense (admise, elle, par l’Eglise. Cf. Gaudium et Spes, 79,4) et au mépris du droit international.
Ce dernier point est sans doute le plus déterminant : Jean-Paul II semble convaincu que l’existence de l’Onu – dont la Charte proscrit la guerre, sauf le cas de légitime défense immédiate – représente une avancée de grande importance vers un monde où les conflits seraient réglés pacifiquement. Sans aller jusqu’à reprendre la formule audacieuse de Jean XXIII, appelant de ses vœux l’avènement d’une « autorité publique de compétence universelle » ( Pacem in terris, 137), Jean-Paul II mise sur les institutions internationales, si imparfaites soient-elles, pour défendre les droits des peuples faibles contre l’aventurisme unilatéral des forts. Ce n’est pas un hasard si, dix mois après la guerre d’Irak, il choisit de consacrer l’essentiel de son message du 1er janvier 2004 à une apologie du droit international et de l’Onu. Un chiffre significatif : en 1978, lorsque Karol Wojtyla accède au pontificat, le Saint-Siège entretient des relations diplomatiques avec 84 Etats; aujourd’hui, avec 172. Voilà un pape qui croit aux vertus de la diplomatie.

1 / Voir C. Mellon, « Ethique de la dissuasion nucléaire : l’Eglise catholique a changé », in Défense nationale, août-septembre 2000, pp 12-19.

 

HOMÉLIE PAPE JEAN-PAUL II – LE PATRIARCHE ABRAHAM (2000)

9 juillet, 2014

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HOMÉLIE PAPE JEAN-PAUL II – LE PATRIARCHE ABRAHAM

Mercredi 23 février 2000

1. « Je suis Yahvé qui t’ai fait sortir d’Ur des Chaldéens, pour te donner ce pays en possession [...] Ce jour-là Yahvé conclut une alliance avec Abraham en ces termes: « A ta postérité je donne ce pays, du Fleuve d’Egypte jusqu’au Grand Fleuve, le fleuve d’Euphrate » (Gn 15, 7.18).

Avant que Moïse n’entendit sur le Mont Sinaï les célèbres paroles de Yahvé: « Je suis Yahvé, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude » (Ex 20, 2), le Patriarche Abraham avait déjà entendu d’autres paroles: « Je suis Yahvé, ton Dieu, qui t’ai fait sortir d’Ur des Chaldéens ». Nous devons donc nous tourner par la pensée vers ce lieu important dans l’histoire du Peuple de Dieu, pour y chercher les prémisses de l’alliance de Dieu avec l’homme. Voilà pourquoi, en cette année du grand Jubilé, alors que nous retournons le coeur ouvert aux débuts de l’alliance de Dieu avec l’humanité, notre regard se tourne vers Abraham, vers le lieu où il entendit l’appel de Dieu et où il répondit à celui-ci avec l’obéissance de la foi. En même temps que nous, les juifs et les musulmans se tournent eux aussi vers la figure d’Abraham comme vers un modèle de soumission inconditionnée à la volonté de Dieu. (cf. Nostra aetate, n. 3).
L’auteur de la Lettre aux Hébreux écrit: « Par la foi, Abraham obéit à l’appel de partir vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit ne sachant où il allait » (11, 8). Voilà: Abraham appelé par l’Apôtre Paul « notre Père dans la foi » (cf. Rm 4, 11-16), crut à Dieu, se fia à Lui qui l’appelait. Il crut à la promesse. Dieu dit à Abraham: « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai. Je ferai de toi un grand peuple, je te bénirai, je magnifierai ton nom; sois une bénédiction. [...] Par toi se béniront tous les clans de la terre » (Gn 12, 1-3). Peut-être sommes-nous en train de parler de l’itinéraire d’une des multiples migrations typiques d’une époque où l’élevage des troupeaux était une forme fondamentale de la vie économique? C’est probable. Certainement, mais cependant, il ne s’agit pas seulement de cela. Dans l’histoire d’Abraham, à partir duquel commença l’histoire du salut, nous pouvons déjà percevoir une autre signification de l’appel et de la promesse. La terre, vers laquelle se dirige l’homme guidé par la voix de Dieu, n’appartient pas exclusivement à la géographie de ce monde. Abraham, le croyant qui accueille l’invitation de Dieu, est celui qui se dirige dans la direction d’une terre promise qui ne se trouve pas ici bas.
2. Nous lisons dans la Lettre aux Hébreux: « Par la foi, Abraham, mis à l’épreuve, a offert Isaac, et c’est son fils unique qu’il offrait en sacrifice, lui qui était le dépositaire des promesses, lui à qui il avait été dit: C’est par Isaac que tu auras une postérité » (11, 17-18). Voilà l’apogée de la foi d’Abraham. Abraham est mis à l’épreuve par ce Dieu en qui il avait placé sa confiance, par ce Dieu duquel il avait reçu la promesse concernant un avenir lointain: « C’est par Isaac que tu auras une postérité » (He 11, 18). Il est cependant appelé à offrir précisément Isaac en sacrifice à Dieu, son fils unique, à qui étaient liées toutes ses espérances, du reste conformes à la promesse divine. Comment pourra s’accomplir la promesse que Dieu lui a faite d’une nombreuse descendance, si Isaac, l’unique fils, devra être offert en sacrifice?
Grâce à la foi, Abraham sort victorieux de cette épreuve, une épreuve dramatique qui mettait directement en question sa foi. « Dieu, pensait-il, – écrit l’auteur de la Lettre aux Hébreux – est capable même de ressusciter les morts » (11, 19). En cet instant humainement tragique, où il était désormais prêt à infliger le coup mortel à son fils, Abraham ne cessa pas de croire. Au contraire, sa foi dans la promesse de Dieu atteint son sommet. Il pensait: « Dieu est capable même de ressusciter les morts » (He 11, 19). Ainsi pensait ce père éprouvé, humainement parlant, au-delà de toute mesure. Et sa foi, son total abandon en Dieu, ne le déçut pas. Il est écrit: « C’est pour cela qu’il recouvra son fils ». Il recouvra Isaac, car il crut à Dieu jusqu’au bout et de façon inconditionnée.
L’Auteur de la Lettre semble exprimer quelque chose de plus: toute l’expérience d’Abraham lui apparaît une analogie de l’événement salvifique de la mort et de la résurrection du Christ. Cet homme, placé à l’origine de notre foi, fait partie du dessein divin éternel. Selon une tradition, le lieu où Abraham fut sur le point de sacrifier son propre fils, est le même sur lequel un autre père, le Père éternel, devait accepter l’offrande de son Fils unique, Jésus-Christ. Le sacrifice d’Abraham apparaît ainsi comme une annonce prophétique du sacrifice du Christ. « Car Dieu – écrit saint Jean – a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (3, 16). Le Patriarche Abraham, notre père dans la foi, sans le savoir, introduit d’une certaine façon tous les croyants dans le dessein éternel de Dieu, dans lequel se réalise la rédemption du monde.
3. Un jour le Christ affirma: « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham existât, Je Suis » (Jn 8, 58), et ces paroles provoquèrent l’émerveillement des auditeurs qui objectèrent: « Tu n’as pas cinquante ans et tu as vu Abraham? » (Jn 8, 57). Ceux qui réagissaient ainsi, raisonnaient de façon purement humaine, et c’est pourquoi ils n’acceptèrent pas ce que le Christ disait: « Es-tu donc plus grand qu’Abraham, notre Père, qui est mort? Les prophètes aussi sont morts. Qui prétends-tu être? » (Jn 8, 53). Jésus leur répliqua: « Abraham, votre père exulta à la pen-sée qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu et fut dans la joie » (Jn 8, 56). La vocation d’Abraham apparaît complètement orientée vers le jour dont parle le Christ. Là, les calculs humains ne sont pas valables; il faut appliquer la mesure de Dieu. Ce n’est qu’alors que nous pouvons comprendre la juste signification de l’obéissance d’Abraham, qui « en espérant contre tout espérance, crut » (Rm 4, 18). Il espéra devenir le père de nombreuses nations, et aujourd’hui il se réjouit certainement avec nous, car la promesse de Dieu s’accomplit au cours des siècles, de génération en génération.
Avoir cru, en espérant contre toute espérance, « lui fut compté comme justice » (Rm 4, 22), non seulement pour lui, mais également pour nous tous, ses descendants dans la foi. Nous « qui croyons en celui qui ressuscita d’entre les morts Jésus notre Seigneur » (Rm 4, 24), mis à mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification (cf. Rm 4, 25). Cela, Abraham ne le savait pas; toutefois grâce à l’obéissance de la foi, Abraham se dirige vers l’accomplissement de toutes les promesses divines, animé par l’espérance qu’elles se seraient réalisées. Et existe-t-il plus grande promesse que celle qui s’est accomplie dans le mystère pascal du Christ? Dans la foi d’Abraham, Dieu tout-puissant a véritablement établi une alliance éternelle avec le genre humain, et l’accomplissement définitif de celle-ci est Jésus-Christ. Le Fils unique du Père, de sa même substance, s’est fait Homme pour nous introduire, à travers l’humiliation de la Croix et la gloire de la résurrection, dans la terre de salut que Dieu, riche de miséricorde, a promis à l’humanité dès le début.
4. Le modèle inimitable du peuple racheté, en marche vers l’accomplissement de cette promesse universelle, est Marie, « celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur » (Lc 1, 45).
Fille d’Abraham selon la foi, outre que selon la chair, Marie en partagea en première personne l’expérience. Elle aussi, comme Abraham, accepta l’immolation du Fils, mais alors que le sacrifice effectif d’Isaac ne fut pas demandé à Abraham, le Christ but le calice de la souffrance jusqu’à la dernière goutte. Et Marie participa personnellement à l’épreuve de son Fils, croyant et espérant, debout à côté de la croix (cf. Jn 19, 25).
C’était l’épilogue d’une longue attente. Formée dans la méditation des pages prophétiques, Marie savait ce qui l’attendait et en exaltant la miséricorde de Dieu, fidèle à son peuple de génération en génération, elle exprimait sa propre adhésion à son dessein de salut; elle exprimait en particulier son « oui » à l’événement central de ce dessein, le sacrifice de cet Enfant qu’elle portait dans son sein. Comme Abraham, elle acceptait le sacrifice de son Fils.
Aujourd’hui, nous unissons notre voix à la sienne, et avec Elle, la Vierge Fille de Sion, nous proclamons que Dieu s’est rappelé de sa miséricorde, « selon qu’il l’avait annoncé à nos pères – en faveur d’Abraham et de sa postérité à jamais » (Lc 1, 55).

DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II LORS DE LA VISITE AU PARLEMENT EUROPÉEN* (1988)

2 juillet, 2014

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/speeches/1988/october/documents/hf_jp-ii_spe_19881011_european-parliament_fr.html

DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II LORS DE LA VISITE AU PARLEMENT EUROPÉEN*

PÈLERINAGE APOSTOLIQUE EN FRANCE

Palais d’Europe – Strasbourg (France)

Mardi, 11 octobre 1988

Mr President,
Ladies and Gentlemen,

1. First of all, permit me to say how much I appreciate the words of welcome and consideration which you have been good enough to express in my regard. I wish to thank you most warmly, Mr President, for having personally renewed the invitation, first extended in 1980, to come and address this prestigious Assembly. The hope which I expressed more than three years ago before the representatives of the European Institutions is now being realized, and I am very conscious of the importance of my present meeting with the representatives of the twelve countries which make up the European Community, that is to say, the representatives of some three hundred and thirty million citizens who have entrusted to you the mandate of directing their common destinies.
Now that your Assembly, which has been the centre of European integration since the beginnings of the European Coal and Steel Community and the signing of the Treaty of Rome, is elected by direct universal suffrage and, consequently, enjoys increased prestige and authority, it rightly appears to your compatriots as the institution that will guide their future as a democratic community of countries, desirous of integrating their economy more closely, of harmonizing their legislations on a number of points, and of offering all their citizens greater freedom in the perspective of mutual cooperation and cultural enrichment.
Our encounter takes place at a special moment in the history of this continent when after a long journey, not without difficulties, we stand at the beginning of new and decisive stages which, with the coming into force of the Single European Act will hasten the process of integration which has been patiently conducted during recent decades.
2. Depuis la fin de la dernière guerre mondiale, le Saint-Siège n’a pas cessé d’encourager la construction de l’Europe. Certes, l’Eglise a pour mission de faire connaître à tous les hommes leur salut en Jésus-Christ, quelles que soient les conditions de leur histoire présente, car il n’y a jamais de préalable à cette tâche. Aussi, sans sortir de la compétence qui est la sienne, considère-t-elle comme son devoir d’éclairer et d’accompagner les initiatives développées par les peuples qui vont dans le sens des valeurs et des principes qu’elle se doit de proclamer, attentive aux signes des temps qui invitent à traduire dans les réalités changeantes de l’existence les requêtes permanentes de l’Evangile.
Comment l’Eglise pourrait-elle se désintéresser de la construction de l’Europe, elle qui est implantée depuis des siècles dans les peuples qui la composent et les a un jour portés sur les fonts baptismaux, peuples pour qui la foi chrétienne est et demeure l’un des éléments de leur identité culturelle?
3. L’Europe d’aujourd’hui peut certainement accueillir comme un signe des temps l’état de paix et de coopération définitivement installé entre ses Etats membres, qui pendant des siècles avaient épuisé leurs forces à se faire la guerre et à rechercher l’hégémonie les uns sur les autres.
Signe des temps encore, la sensibilité accrue aux droits de l’homme et à la valeur de la démocratie, dont votre Assemblée est l’expression et veut aussi être le garant. Cette adhésion est d’ailleurs toujours à confirmer pour que prévale en toutes circonstances le respect du droit et de la dignité de la personne humaine.
Signe des temps aussi, croyons-nous, le fait que cette partie de l’Europe, qui a jusqu’ici tant investi dans le domaine de sa coopération économique, soit de plus en plus intensément à la recherche de son âme, et d’un souffle capable d’assurer sa cohésion spirituelle. Sur ce point, me semble-t-il, l’Europe que vous représentez se trouve au seuil d’une nouvelle étape de sa croissance, tant pour elle-même que dans sa relation avec le reste du monde.
4. L’«Acte unique», qui entrera en vigueur à la fin de 1992, va hâter le processus de l’intégration européenne. Une structure politique commune, émanation de la libre volonté des citoyens européens, loin de mettre en péril l’identité des peuples de la Communauté, sera plus à même de garantir plus équitablement les droits, notamment culturels, de toutes ses régions. Ces peuples européens unis n’accepteront pas la domination d’une nation ou d’une culture sur d’autres, mais soutiendront le droit égal pour toutes d’enrichir les autres de leur différence.
Les empires du passé ont tous failli, qui tentaient d’établir leur prépondérance par la force de coercition et la politique d’assimilation. Votre Europe sera celle de la libre association de tous ses peuples et de la mise en commun des multiples richesses de sa diversité.
5. D’autres nations pourront certainement rejoindre celles qui aujourd’hui sont ici représentées. Mon vœu de Pasteur suprême de l’Eglise universelle, venu de l’Europe de l’Est et qui connaît les aspirations des peuples slaves, cet autre «poumon» de notre même patrie européenne, mon vœu est que l’Europe, se donnant souverainement des institutions libres, puisse un jour se déployer aux dimensions que lui ont données la géographie et plus encore l’histoire. Comment ne le souhaiterais-je pas, puisque la culture inspirée par la foi chrétienne a profondément marqué l’histoire de tous les peuples de notre unique Europe, grecs et latins, germaniques et slaves, malgré toutes les vicissitudes et par-delà les systèmes sociaux et les idéologies?
6. Les nations européennes se sont toutes distinguées dans leur histoire par leur ouverture sur le monde et les échanges vitaux qu’elles ont établis avec les peuples d’autres continents. Nul n’imagine qu’une Europe unie puisse s’enfermer dans son égoïsme. Parlant d’une seule voix, unissant ses forces, elle sera en mesure, plus encore que par le passé, de consacrer ressources et énergies nouvelles a la grande tâche du développement des pays du tiers-monde, spécialement ceux qui entretiennent déjà avec elle des liens traditionnels. La «Convention de Lomé», qui a donné lieu à une coopération institutionnalisée entre des membres de votre Assemblée et des représentants de soixante-six pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, est à bien des égards exemplaire. La coopération européenne sera d’autant plus crédible et fructueuse qu’elle se poursuivra, sans arrière-pensée de domination, avec l’intention d’aider les pays pauvres à prendre en charge leur propre destin.
II
7. Monsieur le Président, le message de l’Eglise concerne Dieu et la destinée ultime de l’homme, questions qui ont au plus haut point imprègne la culture européenne. En vérité, comment pourrions-nous concevoir l’Europe privée de cette dimension transcendante?
Depuis que, sur le sol européen, se sont développés, à l’époque moderne, les courants de pensée qui ont peu à peu écarté Dieu de la compréhension du monde et de l’homme, deux visions opposées alimentent une tension constante entre le point de vue des croyants et celui des tenants d’un humanisme agnostique et parfois même «athée».
Les premiers, considèrent que l’obéissance à Dieu est la source de la vraie liberté, qui n’est jamais liberté arbitraire et sans but, mais liberté pour la vérité et le bien, ces deux grandeurs se situant toujours au-delà de la capacité des hommes de se les approprier complètement.
Sur le plan éthique, cette attitude fondamentale se traduit par l’acceptation de principes et de normes de comportement s’imposant à la raison ou découlant de l’autorité de la Parole de Dieu, dont l’homme, individuellement ou collectivement, ne peut disposer à sa guise, au gré des modes ou de ses intérêts changeants.
8. La deuxième attitude est celle qui, ayant supprimé toute subordination de la créature à Dieu, ou à un ordre transcendant de la vérité et du bien, considère l’homme en lui-même comme le principe et la fin de toutes choses, et la société, avec ses lois, ses normes, ses réalisations, comme son œuvre absolument souveraine. L’éthique n’a alors d’autre fondement que le consensus social, et la liberté individuelle d’autre frein que celui que la société estime devoir imposer pour la sauvegarde de celle d’autrui.
Chez certains, la liberté civile et politique, jadis conquise par un renversement de l’ordre ancien fondé sur la foi religieuse, est encore conçue comme allant de pair avec la marginalisation, voire la suppression de la religion, dans laquelle on a tendance à voir un système d’aliénation. Pour certains croyants, en sens inverse, une vie conforme à la foi ne serait possible que par un retour à cet ordre ancien, d’ailleurs souvent idéalisé. Ces deux attitudes antagonistes n’apportent pas de solution compatible avec le message chrétien et le génie de l’Europe. Car, lorsque règne la liberté civile et que se trouve pleinement garantie la liberté religieuse, la foi ne peut que gagner en vigueur en relevant le défi que lui adresse l’incroyance, et l’athéisme ne peut que mesurer ses limites devant le défi que lui adresse la foi. Devant cette diversité des points de vue, la fonction la plus élevée de la loi est de garantir également à tous les citoyens le droit de vivre en accord avec leur conscience et de ne pas contredire les normes de l’ordre moral naturel reconnues par la raison.
9. A ce point, il me paraît important de rappeler que c’est dans l’humus du christianisme que l’Europe moderne a puisé le principe – souvent perdu de vue pendant les siècles de «chrétienté» – qui gouverne le plus fondamentalement sa vie publique: je veux dire le principe, proclamé pour la première fois par le Christ, de la distinction de «ce qui est à César» et de «ce qui est à Dieu»[1].
Cette distinction essentielle entre la sphère de l’aménagement du cadre extérieur de la cité terrestre et celle de l’autonomie des personnes s’éclaire à partir de la nature respective de la communauté politique à laquelle appartiennent nécessairement tous les citoyens et de la communauté religieuse à laquelle adhérent librement les croyants.
Après le Christ, il n’est plus possible d’idolâtrer la société comme grandeur collective dévoratrice de la personne humaine et de son destin irréductible. La société, l’Etat, le pouvoir politique appartiennent au cadre changeant et toujours perfectible de ce monde. Nul projet de société ne pourra jamais établir le Royaume de Dieu, c’est-à-dire la perfection eschatologique, sur la terre. Les messianismes politiques débouchent le plus souvent sur les pires tyrannies. Les structures que les sociétés se donnent ne valent jamais d’une façon définitive; elles ne peuvent pas non plus procurer par elles-mêmes tous les biens auxquels l’homme aspire. En particulier, elles ne peuvent se substituer à la conscience de l’homme ni à sa quête de la vérité et de l’absolu.
La vie publique, le bon ordre de l’Etat reposent sur la vertu des citoyens, qui invite à subordonner les intérêts individuels au bien commun, à ne se donner et à ne reconnaître pour loi que ce qui est objectivement juste et bon. Déjà les anciens Grecs avaient découvert qu’il n’y a pas de démocratie sans assujettissement de tous à la loi, et pas de loi qui ne soit fondée sur une norme transcendante du vrai et du juste.
Dire qu’il revient à la communauté religieuse, et non à l’Etat, de gérer «ce qui est à Dieu», revient à poser une limite salutaire au pouvoir des hommes, et cette limite est celle du domaine de la conscience, des fins dernières, du sens ultime de l’existence, de l’ouverture sur l’absolu, de la tension vers un achèvement jamais atteint, qui stimule les efforts et inspire les choix justes. Toutes les familles de pensée de notre vieux continent devraient réfléchir à quelles sombres perspectives pourrait conduire l’exclusion de Dieu de la vie publique, de Dieu comme ultime instance de l’éthique et garantie suprême contre tous les abus du pouvoir de l’homme sur l’homme.
10. Notre histoire européenne montre abondamment combien souvent la frontière entre «ce qui est à César» et «ce qui est à Dieu» a été franchie dans les deux sens. La chrétienté latine médiévale – pour ne mentionner qu’elle –, qui pourtant a théoriquement élaboré, en reprenant la grande tradition d’Aristote, la conception naturelle de l’Etat, n’a pas toujours échappé à la tentation intégriste d’exclure de la communauté temporelle ceux qui ne professaient pas la vraie foi. L’intégrisme religieux, sans distinction entre la sphère de la foi et celle de la vie civile, aujourd’hui encore pratiqué sous d’autres cieux, paraît incompatible avec le génie propre de l’Europe tel que l’a façonné le message chrétien.
Mais c’est d’ailleurs que sont venues, en notre temps, les plus grandes menaces, lorsque des idéologies ont absolutisé la société elle-même ou un groupe dominant, au mépris de la personne humaine et de sa liberté. Là où l’homme ne prend plus appui sur une grandeur qui le transcende, il risque de se livrer au pouvoir sans frein de l’arbitraire et des pseudo-absolus qui le détruisent.

III
11. D’autres continents connaissent aujourd’hui une symbiose plus ou moins profonde entre la foi chrétienne et la culture, qui est pleine de promesse. Mais, depuis bientôt deux millénaires, l’Europe offre un exemple très significatif de la fécondité culturelle du christianisme qui, de par sa nature, ne peut être relégué dans la sphère privée. Le christianisme, en effet, a vocation de profession publique et de présence active dans tous les domaines de la vie. Aussi mon devoir est-il de souligner avec force que si le substrat religieux et chrétien de ce continent devait en venir à être marginalisé dans son rôle d’inspirateur de l’éthique et dans son efficacité sociale, c’est non seulement tout l’héritage du passé européen qui serait nié, mais c’est encore un avenir digne de l’homme européen – je dis de tout homme européen, croyant ou incroyant – qui serait gravement compromis.
12. En terminant, j’évoquerai trois domaines où il me semble que l’Europe intégrée de demain, ouverte vers l’Est du continent, généreuse envers l’autre hémisphère, devrait reprendre un rôle de phare dans la civilisation mondiale:
– D’abord, réconcilier l’homme avec la création, en veillant à préserver l’intégrité de la nature, sa faune et sa flore, son air et ses fleuves, ses subtiles équilibres, ses ressources limitées, sa beauté qui loue la gloire du Créateur.
– Ensuite, réconcilier l’homme avec son semblable, en s’acceptant les uns les autres entre Européens de diverses traditions culturelles ou familles de pensée, en étant accueillant à l’étranger et au réfugié, en s’ouvrant aux richesses spirituelles des peuples des autres continents.
– Enfin, réconcilier l’homme avec lui-même: oui, travailler à reconstituer une vision intégrée et complète de l’homme et du monde, à l’encontre des cultures du soupçon et de la déshumanisation, une vision où la science, la capacité technique et l’art n’excluent pas mais appellent la foi en Dieu.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, en répondant à votre invitation de m’adresser à votre illustre Assemblée, j’avais devant les yeux les millions d’hommes et de femmes européens que vous représentez. C’est à vous que ceux-ci ont confié la grande tâche de maintenir et de développer les valeurs humaines – culturelles et spirituelles – qui correspondent à l’héritage de l’Europe et qui seront la meilleure sauvegarde de son identité, de sa liberté et de son progrès. Je prie Dieu de vous inspirer et de vous fortifier dans ce grand dessein.

————————————————–
[1] Cfr. Matth. 22, 21.
*AAS 81 (1988), p. 695-701.
Insegnamenti di Giovanni Paolo II, vol. XI, 3 pp. 1171-1179.
L’Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n. 43 pp. 16, 17, 18.
La Documentation Catholique n.1971 pp.1043-1046.

 

JEAN-PAUL II ET LE CORPUS CHRISTI

19 juin, 2014

http://www.comunitanext.org/2012/06/giovanni-paolo-iie-il-corpus-domini/

(Traduction Google de l’italien)

JEAN-PAUL II ET LE CORPUS CHRISTI

Fr Mariusz Frukacz

6 juin 2012

CZESTOCHOWA (ZENIT.org) – Une journée à la solennité du Corpus Domini, une célébration qui le bienheureux Jean-Paul II était très proche. L’argument Zenit a interviewé Mgr Stanislaw Nowak, archevêque de Czestochowa.
Votre Excellence, comme le rappelle le jour où Jean-Paul II a renouvelé la tradition de la procession du Corpus Christi à Rome?
Mgr Stanislaw Nowak: Je me souviens toujours comment vous avez parlé à Cracovie premiers jours du pontificat de Jean-Paul II et ce qui s’est passé à Rome après l’élection du cardinal Wojtyla sur le trône de Saint-Pierre.
Surtout, n’oubliez pas que nous avons parlé tellement que Jean-Paul II aurait renouvelé la procession du Corpus Christi à Rome. Il a été dit que le Saint-Père a voulu faire ce geste parce qu’il aimait infiniment procession, qui était également très impliqué comme évêque de Cracovie.
Il faut dire, en effet, que, comme l’archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla a attribué une grande importance à la procession du Corpus Christi comme une «profession de foi en Dieu sur la route», le centre de la ville. Il avait souffert beaucoup quand, dans l’époque du communisme, a été interrompu dans la grande tradition de Cracovie – datant d’avant la Seconde Guerre mondiale – pour effectuer la procession eucharistique sur la place principale de la ville.
Le grand archevêque de Cracovie, son prédécesseur, Adam Sapieha, il a dirigé la procession de la place principale, avec le Saint-Sacrement dans les rues du centre historique. Pendant l’ère communiste dure, malheureusement, il n’a pas été possible d’organiser tout cela: la procession a eu lieu seulement sur la colline du château de Wawel et il a été interdit d’aller dans les rues de la ville.
Comme cardinal, alors, Karol Wojtyla a lutté tellement de choses à apporter la procession du Corpus Christi dans les rues.
Pourquoi, alors, la procession du Corpus Christi dans les rues de la ville était si important pour le cardinal Wojtyla?
Mgr Stanislaw Nowak: En Pologne, il y avait la grande tradition des quatre autels lors de la procession du Corpus Christi et le public comme un cardinal de Cracovie, le Bienheureux Jean-Paul II a prêché la parole de Dieu avec beaucoup d’intérêt dans chacun des quatre autels.
Il a parlé de la liberté, exigeant le respect de l’État aux traditions catholiques et la restauration de la Faculté de théologie de Cracovie. La procession du Corpus Christi, puis, à l’époque de Jean-Paul II était, d’une part, une grande confession de la foi et de l’autre, une référence à l’autorité de l’Etat à rétablir la justice en Pologne.
À la lumière de cela, nous pouvons dire qu’il existe une relation intéressante entre le renouvellement de la procession du Corpus Christi à Rome et Cracovie. Quand puis-Cardinal Karol Wojtyla a été élu pape, le renouvellement et la célébration de la première procession à Rome, dans le même temps, les autorités communistes ont donné la permission cha la procession du Corpus Christi est revenu sur la place principale de Cracovie. Et que, pour nous, Polonais a été une grande joie.
* Évêque Stanislaw Nowak est né le 11 Juillet 1935 à Jeziorzany. Ordonné prêtre 22 Juin, 1958 par l’archevêque de Cracovie Eugeniusz Baziak, il a commencé son ministère pastoral de l’archidiocèse de Cracovie – comme vicaire – dans Choczni près de Wadowice, dans Ludzmierz et Rogoznik Podhale.
Dans les années 1963-1979 a été le directeur spirituel du séminaire de Cracovie et dans le même temps, il a continué ses études en théologie, spécialisée dans les années 1967-1971 à l’Institut catholique de Paris.
Depuis 1971, il a été, ensuite, chargé de cours à la chaire de théologie de la vie intérieure de la Faculté de théologie de Cracovie pontifical et, depuis 1981, la Faculté de théologie de l’Académie pontificale de théologie. Dans les années 1984-1992, Mgr. Nowak était le quatrième évêque ordinaire du diocèse de Czestochowa et, depuis 1992, est le premier métropolite de Czestochowa.
Pendant mes études à Rome pour trois fois, j’ai pu participer à la procession du Corpus Christi, dirigé par Jean-Paul II, en 2001-2003, puis dans la dernière période de son grand pontificat.
Le Saint-Père était déjà un homme qui avait eu une grande misère; Dans le même temps, cependant, était un homme de la puissance spirituelle extraordinaire, et c’est pourquoi je peux dire que, lors de la procession du Corpus Christi, le bienheureux Jean-Paul II a donné un grand témoignage de l’amour du Christ présent dans le Saint Sacrement.
Je me souviens d’une fois que je suis très proche de Saint-Père et immédiatement senti sa grande foi et l’amour profond qui brillait de lui. Quand il a regardé Christ était vraiment une expérience unique, parce qu’il aimait vraiment le Christ, il a apporté avec lui à la fin, avec sa croix, quand, en dépit de la souffrance, conduit la procession du Corpus Christi.
Cette procession, en fait, était une expérience profonde pour moi, une leçon de foi, d’amour et d’humilité. Je crois que lorsque Jean-Paul II a suivi le Christ dans les rues de la ville éternelle, la basilique Saint-Jean de Latran à la basilique de Santa Maria Maggiore, a enseigné à tous à tourner notre regard vers le Christ, puis d’apprendre à regarder avec amour, mais aussi avec humilité et la paix, dans le cœur de chaque personne que nous rencontrons sur le chemin de notre vie.
La solennité du Corpus Domini datant de 1264, par le pape Urbain IV institua la fête « afin que le peuple chrétien à redécouvrir la valeur du mystère eucharistique. » Après plus de 700 ans, la tradition se poursuit sans interruption: Benoît XVI, en fait, présidera, ce jeudi, la messe dans le cimetière de Saint-Jean de Latran, puis conduire la procession du corps de Christ à la basilique de Santa Maria Maggiore.
« Un moment important pour la foi des chrétiens et pour la vie de l’Eglise du diocèse de Rome », a déclaré le cardinal-vicaire Agostino Vallini. Surtout occasion « de remercier le Seigneur pour le don précieux de l’Eucharistie, de témoigner publiquement notre foi et l’unité de l’Eglise de Rome autour de son évêque. »
En vue de cet événement, ZENIT a rencontré le Père Joseph Midili, O. Carm., Directeur de l’Office liturgique du Vicariat de Rome, qui nous a parlé de l’histoire et la signification de cette fête où «l’Eglise apparaît comme un seul corps et unifiée. « 
****
Le Corpus Christi célèbre l’Eucharistie, le cœur de la foi chrétienne. Quelle est la signification de cette fête?
Père Midili: Eucharistie signifie action de grâces. Chaque jour – surtout le dimanche – l’Église se rassemble pour célébrer les saints mystères et en rendant grâce au Père pour le don de son Fils, qu’il a offert sa vie en sacrifice pour nous et méritait salut. La solennité du Corps et du Sang du Seigneur est l’occasion liturgique un merci tout spécial. La communauté chrétienne se rassemble pour être conscient que seule l’Eucharistie est la source et sommet de toute sa vie. Chaque acte de foi, toute forme de piété, la dévotion, toute forme de charité authentique ne peut pas être séparé depuis ce sacrement, qui est constitutive de la chrétienne.
À quand remonte la naissance de cet anniversaire?
Père Midili: Solennité du Corps et du Sang du Seigneur a été institué en 1264 par le pape Urbain IV, parce que les gens chrétiens peuvent participer avec une dévotion particulière à la Sainte Messe et procession, et ainsi de témoigner de la foi en Jésus, qui a souhaité rester présent dans le les espèces du pain et du vin consacrés. Au fil des siècles, cette fête a été le point de la dévotion eucharistique la plus élevée, car il réunit le culte consacré à l’événement d’origine est essentiel que la célébration de la messe
La célébration du Corpus Christi à Saint-Jean de Latran est entré dans la tradition du diocèse de Rome avec le pape Jean-Paul II. Pourquoi le bienheureux Pape voulait lui donner une si grande
importance?
Père Midili: Depuis 1979, le pape Jean-Paul II à Rome voulait la solennité du Corps et du Sang du Seigneur est célébrée le jeudi, parce que leur Jeudi Saint, Jésus a appelé ses disciples et pendant le dîner a institué la nouvelle et éternelle sacrifice, la fête de mariage d’amour. Alors que dans la soirée du Jeudi Saint, nous revivons le mystère du Christ qui s’offre dans le pain rompu et le vin versé dans la célébration du Corpus Christi ce mystère est proposé à l’adoration et la méditation du peuple de Dieu
Le Pape a voulu célébrer dans la cathédrale de Rome, ainsi que tous les prêtres et les fidèles de la ville, parce que l’Eucharistie est un mystère de communion avec Dieu, mais aussi entre les gens. La meilleure image de l’Eglise, en effet, est celui qui est autour de l’évêque, de célébrer les mystères divins, manger et buvez le Corps et le Sang du Seigneur, rendre grâce, et le témoignage de sorte ours à la communion et de l’amour que Jésus a enseigné.
Quel est le sens de la célébration de cette fête sur la place devant la basilique de Saint-Jean?
Père Midili: Piazza S. Giovanni est en même temps le cimetière de la basilique cathédrale de Rome, mais il est également le site d’événements publics pour la ville et l’Italie; est souvent utilisé pour des concerts, des événements politiques et, malheureusement, des affrontements; est l’agora de l’ancienne. Il est devenu un symbole de notre pays, est une cour carré.
Célébrer la messe dans un lieu si important pour la fête de l’Eucharistie confirme que Jésus est au milieu de son peuple dans tous les domaines de la vie. Avec sa présence, il sanctifie le quotidien, voir et soigner la souffrance, c’est un signe d’espérance pour tous. Jésus n’est pas loin de nous et de nos vies, mais il est toujours présent, a attiré près. Nous le rencontrons dans le pain consacré et l’Eucharistie célébré. Il vient à notre rencontre.
Corpus Christi est un moment crucial pour le peuple chrétien. Surtout le cortège, conduit par le Saint-Père, est un événement de grand impact dont l’idée centrale est que «le Christ marche parmi nous » ….
Père Midili: La messe et la procession de la solennité du Corps et du Sang du Seigneur sont un événement unique, qui se manifeste l’Eglise en tant qu’Eglise. C’est la fête de la communauté rassemblée. Les croyants se réunissent pour célébrer le sacrifice du Christ et la célébration d’action de grâce à Dieu pour tout ce qu’ils ont reçu. La meilleure image de l’Eglise est celle qui rassemble autour de son évêque pour célébrer les saints mystères, manger et buvez le Corps et le Sang du Seigneur, rendre grâce, et le témoignage de sorte ours à la communion et de l’amour que Jésus nous a enseigné.
L’adoration est la poursuite de l’Eucharistie témoignage de l’amour et la foi en Jésus, l’extension de l’action de grâce après chaque sainte Communion. La procession est le chemin de disciple. Une fois de plus l’Eglise est identifié avec les gens sur le chemin, à la suite de son maître. Il répète l’expérience des disciples d’Emmaüs, qui se déplacent d’un tronçon de route avec Jésus pour l’écouter tout en les instruisant. Dans la procession eucharistique sur la communauté de marcher avec Jésus, mais ne le reconnaît plus et rompt le pain. Nous reconnaissons le Maître présent dans le pain.

Fr Mariusz Frukacz

6 juin 2012

CZESTOCHOWA (ZENIT.org) – Une journée à la solennité du Corpus Domini, une célébration qui le bienheureux Jean-Paul II était très proche. L’argument Zenit a interviewé Mgr Stanislaw Nowak, archevêque de Czestochowa.
Votre Excellence, comme le rappelle le jour où Jean-Paul II a renouvelé la tradition de la procession du Corpus Christi à Rome?
Mgr Stanislaw Nowak: Je me souviens toujours comment vous avez parlé à Cracovie premiers jours du pontificat de Jean-Paul II et ce qui s’est passé à Rome après l’élection du cardinal Wojtyla sur le trône de Saint-Pierre.
Surtout, n’oubliez pas que nous avons parlé tellement que Jean-Paul II aurait renouvelé la procession du Corpus Christi à Rome. Il a été dit que le Saint-Père a voulu faire ce geste parce qu’il aimait infiniment procession, qui était également très impliqué comme évêque de Cracovie.
Il faut dire, en effet, que, comme l’archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla a attribué une grande importance à la procession du Corpus Christi comme une «profession de foi en Dieu sur la route», le centre de la ville. Il avait souffert beaucoup quand, dans l’époque du communisme, a été interrompu dans la grande tradition de Cracovie – datant d’avant la Seconde Guerre mondiale – pour effectuer la procession eucharistique sur la place principale de la ville.
Le grand archevêque de Cracovie, son prédécesseur, Adam Sapieha, il a dirigé la procession de la place principale, avec le Saint-Sacrement dans les rues du centre historique. Pendant l’ère communiste dure, malheureusement, il n’a pas été possible d’organiser tout cela: la procession a eu lieu seulement sur la colline du château de Wawel et il a été interdit d’aller dans les rues de la ville.
Comme cardinal, alors, Karol Wojtyla a lutté tellement de choses à apporter la procession du Corpus Christi dans les rues.
Pourquoi, alors, la procession du Corpus Christi dans les rues de la ville était si important pour le cardinal Wojtyla?
Mgr Stanislaw Nowak: En Pologne, il y avait la grande tradition des quatre autels lors de la procession du Corpus Christi et le public comme un cardinal de Cracovie, le Bienheureux Jean-Paul II a prêché la parole de Dieu avec beaucoup d’intérêt dans chacun des quatre autels.
Il a parlé de la liberté, exigeant le respect de l’État aux traditions catholiques et la restauration de la Faculté de théologie de Cracovie. La procession du Corpus Christi, puis, à l’époque de Jean-Paul II était, d’une part, une grande confession de la foi et de l’autre, une référence à l’autorité de l’Etat à rétablir la justice en Pologne.
À la lumière de cela, nous pouvons dire qu’il existe une relation intéressante entre le renouvellement de la procession du Corpus Christi à Rome et Cracovie. Quand puis-Cardinal Karol Wojtyla a été élu pape, le renouvellement et la célébration de la première procession à Rome, dans le même temps, les autorités communistes ont donné la permission cha la procession du Corpus Christi est revenu sur la place principale de Cracovie. Et que, pour nous, Polonais a été une grande joie.
* Évêque Stanislaw Nowak est né le 11 Juillet 1935 à Jeziorzany. Ordonné prêtre 22 Juin, 1958 par l’archevêque de Cracovie Eugeniusz Baziak, il a commencé son ministère pastoral de l’archidiocèse de Cracovie – comme vicaire – dans Choczni près de Wadowice, dans Ludzmierz et Rogoznik Podhale.
Dans les années 1963-1979 a été le directeur spirituel du séminaire de Cracovie et dans le même temps, il a continué ses études en théologie, spécialisée dans les années 1967-1971 à l’Institut catholique de Paris.
Depuis 1971, il a été, ensuite, chargé de cours à la chaire de théologie de la vie intérieure de la Faculté de théologie de Cracovie pontifical et, depuis 1981, la Faculté de théologie de l’Académie pontificale de théologie. Dans les années 1984-1992, Mgr. Nowak était le quatrième évêque ordinaire du diocèse de Czestochowa et, depuis 1992, est le premier métropolite de Czestochowa.
Pendant mes études à Rome pour trois fois, j’ai pu participer à la procession du Corpus Christi, dirigé par Jean-Paul II, en 2001-2003, puis dans la dernière période de son grand pontificat.
Le Saint-Père était déjà un homme qui avait eu une grande misère; Dans le même temps, cependant, était un homme de la puissance spirituelle extraordinaire, et c’est pourquoi je peux dire que, lors de la procession du Corpus Christi, le bienheureux Jean-Paul II a donné un grand témoignage de l’amour du Christ présent dans le Saint Sacrement.
Je me souviens d’une fois que je suis très proche de Saint-Père et immédiatement senti sa grande foi et l’amour profond qui brillait de lui. Quand il a regardé Christ était vraiment une expérience unique, parce qu’il aimait vraiment le Christ, il a apporté avec lui à la fin, avec sa croix, quand, en dépit de la souffrance, conduit la procession du Corpus Christi.
Cette procession, en fait, était une expérience profonde pour moi, une leçon de foi, d’amour et d’humilité. Je crois que lorsque Jean-Paul II a suivi le Christ dans les rues de la ville éternelle, la basilique Saint-Jean de Latran à la basilique de Santa Maria Maggiore, a enseigné à tous à tourner notre regard vers le Christ, puis d’apprendre à regarder avec amour, mais aussi avec humilité et la paix, dans le cœur de chaque personne que nous rencontrons sur le chemin de notre vie.
La solennité du Corpus Domini datant de 1264, par le pape Urbain IV institua la fête « afin que le peuple chrétien à redécouvrir la valeur du mystère eucharistique. » Après plus de 700 ans, la tradition se poursuit sans interruption: Benoît XVI, en fait, présidera, ce jeudi, la messe dans le cimetière de Saint-Jean de Latran, puis conduire la procession du corps de Christ à la basilique de Santa Maria Maggiore.
« Un moment important pour la foi des chrétiens et pour la vie de l’Eglise du diocèse de Rome », a déclaré le cardinal-vicaire Agostino Vallini. Surtout occasion « de remercier le Seigneur pour le don précieux de l’Eucharistie, de témoigner publiquement notre foi et l’unité de l’Eglise de Rome autour de son évêque. »
En vue de cet événement, ZENIT a rencontré le Père Joseph Midili, O. Carm., Directeur de l’Office liturgique du Vicariat de Rome, qui nous a parlé de l’histoire et la signification de cette fête où «l’Eglise apparaît comme un seul corps et unifiée. « 
****
Le Corpus Christi célèbre l’Eucharistie, le cœur de la foi chrétienne. Quelle est la signification de cette fête?
Père Midili: Eucharistie signifie action de grâces. Chaque jour – surtout le dimanche – l’Église se rassemble pour célébrer les saints mystères et en rendant grâce au Père pour le don de son Fils, qu’il a offert sa vie en sacrifice pour nous et méritait salut. La solennité du Corps et du Sang du Seigneur est l’occasion liturgique un merci tout spécial. La communauté chrétienne se rassemble pour être conscient que seule l’Eucharistie est la source et sommet de toute sa vie. Chaque acte de foi, toute forme de piété, la dévotion, toute forme de charité authentique ne peut pas être séparé depuis ce sacrement, qui est constitutive de la chrétienne.
À quand remonte la naissance de cet anniversaire?
Père Midili: Solennité du Corps et du Sang du Seigneur a été institué en 1264 par le pape Urbain IV, parce que les gens chrétiens peuvent participer avec une dévotion particulière à la Sainte Messe et procession, et ainsi de témoigner de la foi en Jésus, qui a souhaité rester présent dans le les espèces du pain et du vin consacrés. Au fil des siècles, cette fête a été le point de la dévotion eucharistique la plus élevée, car il réunit le culte consacré à l’événement d’origine est essentiel que la célébration de la messe
La célébration du Corpus Christi à Saint-Jean de Latran est entré dans la tradition du diocèse de Rome avec le pape Jean-Paul II. Pourquoi le bienheureux Pape voulait lui donner une si grande
importance?
Père Midili: Depuis 1979, le pape Jean-Paul II à Rome voulait la solennité du Corps et du Sang du Seigneur est célébrée le jeudi, parce que leur Jeudi Saint, Jésus a appelé ses disciples et pendant le dîner a institué la nouvelle et éternelle sacrifice, la fête de mariage d’amour. Alors que dans la soirée du Jeudi Saint, nous revivons le mystère du Christ qui s’offre dans le pain rompu et le vin versé dans la célébration du Corpus Christi ce mystère est proposé à l’adoration et la méditation du peuple de Dieu
Le Pape a voulu célébrer dans la cathédrale de Rome, ainsi que tous les prêtres et les fidèles de la ville, parce que l’Eucharistie est un mystère de communion avec Dieu, mais aussi entre les gens. La meilleure image de l’Eglise, en effet, est celui qui est autour de l’évêque, de célébrer les mystères divins, manger et buvez le Corps et le Sang du Seigneur, rendre grâce, et le témoignage de sorte ours à la communion et de l’amour que Jésus a enseigné.
Quel est le sens de la célébration de cette fête sur la place devant la basilique de Saint-Jean?
Père Midili: Piazza S. Giovanni est en même temps le cimetière de la basilique cathédrale de Rome, mais il est également le site d’événements publics pour la ville et l’Italie; est souvent utilisé pour des concerts, des événements politiques et, malheureusement, des affrontements; est l’agora de l’ancienne. Il est devenu un symbole de notre pays, est une cour carré.
Célébrer la messe dans un lieu si important pour la fête de l’Eucharistie confirme que Jésus est au milieu de son peuple dans tous les domaines de la vie. Avec sa présence, il sanctifie le quotidien, voir et soigner la souffrance, c’est un signe d’espérance pour tous. Jésus n’est pas loin de nous et de nos vies, mais il est toujours présent, a attiré près. Nous le rencontrons dans le pain consacré et l’Eucharistie célébré. Il vient à notre rencontre.
Corpus Christi est un moment crucial pour le peuple chrétien. Surtout le cortège, conduit par le Saint-Père, est un événement de grand impact dont l’idée centrale est que «le Christ marche parmi nous » ….
Père Midili: La messe et la procession de la solennité du Corps et du Sang du Seigneur sont un événement unique, qui se manifeste l’Eglise en tant qu’Eglise. C’est la fête de la communauté rassemblée. Les croyants se réunissent pour célébrer le sacrifice du Christ et la célébration d’action de grâce à Dieu pour tout ce qu’ils ont reçu. La meilleure image de l’Eglise est celle qui rassemble autour de son évêque pour célébrer les saints mystères, manger et buvez le Corps et le Sang du Seigneur, rendre grâce, et le témoignage de sorte ours à la communion et de l’amour que Jésus nous a enseigné.
L’adoration est la poursuite de l’Eucharistie témoignage de l’amour et la foi en Jésus, l’extension de l’action de grâce après chaque sainte Communion. La procession est le chemin de disciple. Une fois de plus l’Eglise est identifié avec les gens sur le chemin, à la suite de son maître. Il répète l’expérience des disciples d’Emmaüs, qui se déplacent d’un tronçon de route avec Jésus pour l’écouter tout en les instruisant. Dans la procession eucharistique sur la communauté de marcher avec Jésus, mais ne le reconnaît plus et rompt le pain. Nous reconnaissons le Maître présent dans le pain.

PRIÈRES DE JEAN-PAUL II

11 février, 2014

http://www.spiritualite-chretienne.com/Jean-Paul_2/prieres.html

PRIÈRES DE JEAN-PAUL II
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Dernier message de Jean-Paul II : La Miséricorde Divine
Acte d’abandon à la Miséricorde
Prière à la Sainte Famille
Prières à Marie
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Dernier message de Jean-Paul II : La Miséricorde Divine
Le joyeux Alléluia de Pâques résonne encore aujourd’hui. La page de l’Evangile d’aujourd’hui, de Saint Jean, souligne que le ressuscité, le soir de ce jour-là, est apparu aux apôtres et « leur a montré ses mains et son côté » (Jn 20, 20), c’est-à-dire les signes de sa douloureuse Passion, imprimés de façon indélébile dans son corps même après la Résurrection. Ses plaies glorieuses, qu’il a fait toucher à Thomas l’incrédule huit jours plus tard, révèlent la Miséricorde de Dieu, qui « a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils » (Jn 3, 16). Ce mystère d’amour est au centre de la liturgie d’aujourd’hui, en ce dimanche in Albis, dédié au culte de la Miséricorde Divine.
A l’humanité qui parfois semble perdue et dominée par le pouvoir du mal, de l’égoïsme et de la peur, le Seigneur ressuscité offre le don de son amour qui pardonne, réconcilie, et rouvre l’âme à l’espérance. C’est un amour qui convertit les cœurs et donne la paix. Combien le monde a besoin de comprendre et d’accueillir la Miséricorde Divine !
Seigneur, qui par ta mort et ta résurrection révèle l’amour du Père, nous croyons en toi et avec confiance nous te répétons aujourd’hui : « Jésus, j’ai confiance en toi. Aie miséricorde de nous et du monde entier ».
La solennité liturgique de l’Annonciation, que nous célébrerons demain, nous pousse à contempler avec les yeux de Marie, l’immense mystère de cet Amour Miséricordieux qui jaillit du Cœur du Christ. Puissions-nous, aidés par elle, comprendre le vrai sens de la joie pascale, qui se fonde sur cette certitude : celui que la Vierge a porté dans son sein, qui a souffert et qui est mort pour nous, est vraiment ressuscité. Alléluia !
Jean-Paul II
Message posthume pour le Dimanche 3 avril 2005, Fête de la Miséricorde Divine.

ACTE D’ABANDON À LA MISÉRICORDE
Seigneur, voilà plus de soixante-cinq ans que Tu m’as fait le don inestimable de la vie, et depuis ma naissance, Tu n’as cessé de me combler de tes grâces et de ton amour infini.
Au cours de toutes ces années se sont entremêlés de grandes joies, des épreuves, des succès, des échecs, des revers de santé, des deuils, comme cela arrive à tout le monde.
Avec ta grâce et ton secours, j’ai pu triompher de ces obstacles et avancer vers Toi.
Aujourd’hui, je me sens riche de mon expérience et de la grande consolation d’avoir été l’objet de ton amour.
Mon âme te chante sa reconnaissance.
Mais je rencontre quotidiennement dans mon entourage des personnes âgées que Tu éprouves fortement : elles sont paralysées, handicapées, impotentes et souvent n’ont plus la force de Te prier, d’autres ont perdu l’usage de leurs facultés mentales et ne peuvent plus T’atteindre à travers leur monde irréel. Je vois agir ces gens et je me dis : « Si c’était moi ? »
Alors, Seigneur, aujourd’hui même, tandis que je jouis de la possession de toutes mes facultés motrices et mentales, je T’offre à l’avance mon acceptation à ta sainte volonté, et dès maintenant je veux que si l’une ou l’autre de ces épreuves m’arrivait, elle puisse servir à ta gloire et au salut des âmes. Dès maintenant aussi, je Te demande de soutenir de ta grâce les personnes qui auraient la tâche ingrate de me venir en aide.
Si, un jour, la maladie devait envahir mon cerveau et anéantir ma lucidité, déjà, Seigneur, ma soumission est devant Toi et se poursuivra en une silencieuse adoration.
Si, un jour, un état d’inconscience prolongée devait me terrasser, je veux que chacune de ces heures que j’aurai à vivre soit une suite ininterrompue d’actions de grâce et que mon dernier soupir soit aussi un soupir d’amour. Mon âme, guidée à cet instant par la main de Marie, se présentera devant Toi pour chanter tes louanges éternellement.
Jean-Paul II
in Les Annales d’Ars – n° 269

PRIÈRE À LA SAINTE FAMILLE
O Sainte Famille de Nazareth, communauté d’amour de Jésus, Marie et Joseph, modèle et idéal de toute famille chrétienne, nous te confions nos familles.
Ouvre le cœur de chaque foyer domestique à la foi, à l’accueil de la parole de Dieu, au témoignage chrétien, pour qu’il devienne une source de nouvelles et saintes vocations.
Dispose l’esprit des parents, afin que, avec une prompte charité, un soin plein de sagesse et une tendre piété, ils soient pour leurs enfants des guides sûrs vers les biens spirituels et éternels.
Suscite dans l’esprit des jeunes une conscience droite et une volonté libre pour que, grandissant « en sagesse, en âge et en grâce », ils accueillent généreusement le don de la vocation divine.
Sainte Famille de Nazareth, fais que nous tous, en contemplant et en imitant la prière assidue, l’obéissance généreuse, la pauvreté digne et la pureté virginale vécues en ton sein, nous nous disposions à accomplir la volonté de Dieu et à accompagner avec une prévoyante délicatesse tous ceux qui, parmi nous, sont appelés à suivre de plus près le Seigneur Jésus, qui « s’est livré lui-même pour nous ».
Jean-Paul II
Rome, 26 décembre 1993

PRIÈRES À MARIE
Je te salue Marie, Femme pauvre et humble,
bénie du Très-Haut !
Vierge de l’espérance, prophétie des temps nouveaux,
nous nous associons à ton hymne de louange
pour célébrer les miséricordes du Seigneur,
pour annoncer la venue du Règne
et la libération totale de l’homme.
Je te salue Marie, humble servante du Seigneur,
glorieuse Mère du Christ !
Vierge fidèle, sainte demeure du Verbe,
enseigne-nous à persévérer dans l’écoute de la Parole,
à être dociles à la voix de l’Esprit,
attentifs à ses appels dans l’intimité de notre conscience
et à ses manifestations dans les événements de l’histoire.
Je te salue Marie, Femme de douleur,
Mère des vivants !
Vierge épouse auprès de la Croix, nouvelle Ève,
sois notre guide sur les routes du monde,
enseigne-nous à vivre et à répandre l’amour du Christ,
enseigne-nous à demeurer avec Toi
auprès des innombrables croix
sur lesquelles ton Fils est encore crucifié.
Je te salue Marie, Femme de foi,
première entre les disciples !
Vierge, Mère de l’Église, aide-nous à rendre
toujours compte de l’espérance qui est en nous,
ayant confiance en la bonté de l’homme
et en l’amour du Père.
Enseigne-nous à construire le monde, de l’intérieur :
dans la profondeur du silence et de l’oraison,
dans la joie de l’amour fraternel,
dans la fécondité irremplaçable de la Croix.
Sainte Marie, Mère des croyants,
Notre-Dame de Lourdes,
prie pour nous.
Amen.
Jean-Paul II
Prière de conclusion du chapelet, le samedi 14 août 2004, à Lourdes.

1. Reine de la paix, prie pour nous !
En la fête de ton Immaculée Conception
je reviens te vénérer, O Marie,
au pied de cette effigie, qui de la place d’Espagne permet
à ton regard maternel d’embrasser cette antique ville de Rome,
si chère à mes yeux.
Je suis venu ici, ce soir, te rendre l’hommage
de ma sincère dévotion. C’est un geste dans lequel s’unissent à moi
en cette Place, d’innombrables Romains,
dont l’affection m’a toujours accompagné
tout au long des années de mon service sur le Siège de Pierre.
Je suis ici avec eux pour commencer le cheminement
vers le cent cinquantième anniversaire du dogme
que nous célébrons aujourd’hui avec une joie filiale.
2. Reine de la paix, prie pour nous !
Notre regard se tourne vers toi avec une plus grande anxiété,
nous avons recours à toi avec une confiance plus insistante
en ces temps marqués par de nombreuses incertitudes et craintes
pour le destin présent et futur de notre Planète.
A Toi, prémices de l’humanité sauvée par le Christ,
finalement libérée de l’esclavage du mal et du péché,
nous élevons ensemble une supplication sincère et confiante :
entends le cri de douleur des victimes
des guerres et de tant de formes de violence,
qui ensanglantent la Terre.
Dissipe les ténèbres de la tristesse et de la solitude,
de la haine et de la vengeance.
Ouvre l’esprit et le cœur de tous à la confiance et au pardon !
3. Reine de la paix, prie pour nous !
Mère de miséricorde et d’espérance,
obtient pour les hommes et les femmes du troisième millénaire
le don précieux de la paix :
paix dans les cœurs et dans les familles, dans les communautés et entre les peuples ;
paix surtout pour les nations
où l’on continue chaque jour à combattre et à mourir.
Fait que tout être humain, de toutes les races et de toutes les cultures,
rencontre et accueille Jésus,
venu sur la Terre dans le mystère de Noël
pour nous donner « sa » paix.
Marie, Reine de la paix,
donne-nous le Christ, la vraie paix du monde !
Jean-Paul II
Prière du lundi 8 décembre 2003, en la fête de l’Immaculée Conception.

VIERGE MARIE, MÈRE DE L’EGLISE, SOIS LA MÈRE DE NOS FAMILLES.

Que grâce à ton aide maternelle, toute famille chrétienne puisse devenir vraiment une « petite Eglise », dans laquelle se reflète et revive le mystère de l’Eglise du Christ !
Toi qui es la servante du Seigneur, sois l’exemple de l’accueil humble et généreux de la volonté de Dieu !
Toi qui fus la Mère douloureuse au pied de la croix, sois là pour alléger les souffrances et essuyer les larmes de ceux qui sont affligés par les difficultés de leurs familles !
Que le Christ Seigneur, Roi de l’univers, Roi des familles, soit présent, comme à Cana, dans tout foyer chrétien, pour lui communiquer lumière, joie, sérénité et force.
Que toute famille sache apporter généreusement sa contribution à l’avènement de son règne dans le monde.
Au Christ, à toi Marie, nous confions nos familles.
Jean-Paul II
Prière dite le 15 août 1994, dans le cadre du pèlerinage national à Lourdes.

O MÈRE DE L’EGLISE,
Fais que l’Eglise vive dans la liberté et dans la paix pour accomplir sa mission de salut, et qu’à cette fin surgisse en elle une nouvelle maturité de foi et d’unité intérieure.
Nous te prions pour que, grâce à l’Esprit Saint, la foi s’approfondisse et s’affermisse dans tout le peuple chrétien, pour que la communion l’emporte sur tous les germes de division, pour que l’espérance soit ravivée chez ceux qui se découragent.
Nous te prions pour les vocations sacerdotales et religieuses, pour la vitalité de l’Eglise sur place et dans l’entraide missionnaire.
Réconcilie ceux qui sont dans le péché, guéris ceux qui sont dans la peine, relève ceux qui ont perdu l’espérance et la foi.
A ceux qui luttent dans le doute, montre la lumière du Christ.
Amen.
Jean-Paul II
Mai 1991

Vierge Marie, Mère du Christ et Mère de l’Eglise, avec joie et admiration, nous nous unissons à ton Magnificat : ton chant d’amour reconnaissant.
Avec Toi, nous rendons grâce à Dieu, dont « l’amour s’étend d’âge en âge », pour notre splendide vocation de baptisés.
Appelés par Dieu, chacun personnellement, à vivre en communion d’amour avec Lui, nous sommes envoyés pour rayonner la lumière du Christ.
Au seuil de ce nouveau millénaire, Lui seul donne un sens à notre vie. Son Amour nous permet d’avancer sur la route avec confiance.
Ton cœur de Mère se préoccupe sans cesse des nombreux dangers et des souffrances qui, souvent, nous écrasent.
Vierge courageuse, soutiens notre espérance et guide-nous pour que nous vivions toujours comme de véritables fils et filles de l’Eglise, appelés à établir sur la terre la civilisation de la Vérité et de l’Amour, selon le désir de Dieu et pour sa gloire.
Amen.
Jean-Paul II
1996

Notre Mère très sainte, en cette heure de nouvelle évangélisation, prie pour nous le Rédempteur de l’homme ; qu’il nous sauve du péché et de tout ce qui nous rend esclaves ; qu’il nous unisse par le lien de la fidélité à l’Eglise et aux pasteurs qui la guident.
Montre ton amour de Mère aux pauvres, à ceux qui souffrent et à ceux qui cherchent le règne de ton Fils.
Soutiens nos efforts pour construire le continent de l’espérance solidaire dans la vérité, la justice et l’amour.
Jean-Paul II
Chili, 4 avril 1987

 

MASSE POUR LA FÊTE DE L’IMMACULÉE CONCEPTION DE LA VIERGE MARIE – HOMÉLIE PAPE JEAN PAUL II

6 décembre, 2013

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/homilies/1995/documents/hf_jp-ii_hom_19951208_immacolata_it.html

( traduction Google de l’italien)

MASSE POUR LA FÊTE DE L’IMMACULÉE CONCEPTION DE LA VIERGE MARIE

Homélie DU PAPE JEAN PAUL II

Basilique de Santa Maria Maggiore – Vendredi 8 Décembre , 1995 

Une . «Alma Redemptoris Mater , quae porte crinières caeli perméable …  » .

« O sainte Mère du Rédempteur , porte du ciel , étoile de la mer , aider votre peuple qui cherche à se relever . Toi qui , en acceptant la salutation de l’ ange dans l’émerveillement de toute la création vous avez généré votre Créateur , mère toujours vierge , pitié de nous, pauvres pécheurs  » .

2 . Il est l’antienne mariale de l’Avent . L’Eglise continuera à chanter dans la liturgie au cours de la période de Noël. Non seulement les mots font allusion au mystère de l’Avent . Même la mélodie grégorienne reflète l’esprit , en jouant avec la valeur admirable musical génie et la signification du texte latin .  » Nature conçu …  » :  » Pour l’émerveillement de toute la création …  » . Les paroles de l’antienne expriment l’émerveillement de la foi qui accueille les nouvelles du mystère de Marie , Mère de Dieu , appelés à être un sujet d’étonnement Cet trouvé son expression dans les hymnes extatiques et élever, musique , beaux-arts , des bâtiments sacré . Cette basilique de Santa Maria Maggiore à Rome , n’est pas en soi une grande expression de la crainte devant le mystère de la foi de la Maternité divine et le mystère de l’Immaculée Conception ? De cet émerveillement écrit dans l’Encyclique Redemptoris Mater pour l’année mariale 1987 ( cf. n . 51 ) . C’est , d’abord, la crainte pour le mystère de Dieu , qui a réussi l’ abîme de la distance infinie qui sépare le Créateur de sa création: « Vous Quae genuisti , nature conçu , tuum sanctum Genitorem .  » La merveille du mystère du Verbe incarné est à la fois la crainte pour le mystère de la maternité de Marie et de son Immaculée Conception .  » Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique  » ( Jn 3, 16 ) . Cela a donné le mystère de l’Incarnation , et a confié à la Vierge Immaculée de Nazareth .  » Vous avez créé votre Créateur  » : la maternité virginale de Marie , dans un sens , contient en elle la raison de l’Immaculée Conception . Pour être un digne Mère du Verbe éternel , Marie ne pouvait être maîtrisé , même pour un instant à l’héritage du péché originel .  » Le assassiner d’Adam n’a pas sa place en vous,  » comme nous le chantons dans le  » Petit Office de la Sainte Vierge  » en polonais . 3 . C’est le mystère que l’Eglise de l’avènement projeté en arrière-plan . Droit dans le contexte de l’Avent résonne aussi avec une force particulière cette invocation adressée à Marie Immaculée : « Succurre tombante , surgere ici entretenu , populo .  » Vous entendez cette prière près de la voix d’innombrables générations d’hommes qui , après le péché originel , l’attente de la venue du Messie . Le regard des gens de Dieu , suivant les paroles du Livre de la Genèse , il se tourna vers celui qui avait pour générer le Messie , la Mère de l’Emmanuel . Que « Succurre tomber  » , les  » sauveteurs  » adressées à Marie, elle est à la fois la révélation de sa médiation notamment en ce qui concerne le Fils ? Il sera « celui qui vient » que l’homme va faire pour sauver l’homme . La foi de l’Eglise , donc , et les mêmes attentes humaines inconscientes , lient ce  » travail de secours  » aussi la Mère du Rédempteur , Marie. À bien des égards l’Église exprime sa foi et de l’espoir : Répète tous les jours  » voeux de l’ange  » , ce qui ajoute à leurs supplications : «Sainte Marie , Mère de Dieu , priez pour nous, pauvres pécheurs .  » Ils n’expriment pas ces mots , la même chose que dit l’antienne :  » Succurre tomber  » ? Priez pour nous quand nous péchons , quand nous tombons , quand nous mourons ,  » maintenant et à l’heure de notre mort .  » 4 . Dans l’Encyclique Redemptoris Mater parle , à cet égard , une grande «percée spirituelle» ( cf. n 52 . ) : Le tournant entre la chute et le relèvement de nouveau , entre la mort et la vie . Cette percée est un défi permanent à la conscience humaine : un défi pour toute la conscience historique de l’homme , invité à suivre le chemin de ne pas tomber , mais aussi incité à augmenter en cas de chute .  » Succurre tombante , surgere ici entretenu , populo  » : une prière qui nous pousse implicitement de ne pas poursuivre à l’automne . L’homme veut récupérer . L’humanité inquiète hausse confirme leur espoir avec optimisme confiant, la foi et la met en garde qui n’a pas été détruit jusqu’à la fin du péché originel , mais seulement affaibli . Juste l’homme , avec une telle nature , lève les yeux à cette attente avec l’Immaculée Conception , en tant que navigateur sur une mer orageuse regardant vers l’étoile , qui lui montre le chemin. 5 . Et Marie, Mère de l’Eglise , ne manque jamais de conduire le peuple de Dieu , qui le précède dans le chemin de la foi et de l’espérance . A la fin du deuxième millénaire , l’Esprit Saint a donné à l’Église un merveilleux printemps , donnant le Concile Vatican II . Il ya tout juste trente ans , le 8 Décembre 1965, le Pape Paul VI a conclu par une célébration solennelle sur la place Saint-Pierre , le grand événement ecclésial qui , avec le vent de l’Esprit , a donné une puissante impulsion à la barque de l’Eglise et continue aujourd’hui encore à pousser dans le vaste océan de l’histoire . Comme je l’ai fait avec un certain catéchèse récente , je vous invite tous à prendre la pleine méditation du Conseil de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l’Eglise , contenue dans le huitième chapitre de la Constitution Lumen gentium .  » Je pense à toi  » , en fait, et  » en la contemplant dans la lumière du Verbe fait homme , « la communauté ecclésiale  » pénètre avec respect plus avant dans le mystère de l’Incarnation et devient de plus en plus comme son conjoint» ( Lumen gentium , 65 ) . Alors que nous célébrons le sacrifice eucharistique , nous prions pour que l’Église , soutenue par la prière de la Sainte Vierge comme au Cénacle le jour de la Pentecôte , toujours fidèle au Christ et à tracciatale itinéraire , ce qui reflète l’image de son visage , apporter sa lumière à la fin extrémités de la terre .

Tombante Succurre , surgere ici entretenu , populo .

Amen !

LE DERNIER JOUR DE JEAN-PAUL II – LE TÉMOIGNAGE DE L’INFIRMIÈRE …

20 novembre, 2013

http://www.zenit.org/fr/articles/le-dernier-jour-de-jean-paul-ii

LE DERNIER JOUR DE JEAN-PAUL II

LE TÉMOIGNAGE DE L’INFIRMIÈRE QUI A ASSISTÉ LE PAPE JUSQU’À LA MORT

1 MAI 2011

ROME, Dimanche 1er mai 2011 (ZENIT.org) – « Ils m’ont appelée en fin de matinée. J’ai couru, j’avais peur de ne pas arriver à temps. Mais au contraire, lui m’a attendu. ‘Bonjour Sainteté, aujourd’hui il y a du soleil’, lui dis-je immédiatement. C’était une nouvelle qui le réjouissait à l’hôpital ».
C’est ainsi que Rita Megliorin, ancienne chef de salle du service de réanimation à la Polyclinique Gemelli de Rome se souvient de la matinée du 2 avril, quand elle fut appelée dans l’appartement pontifical au chevet de Jean-Paul II, le pape mourant.
« Je ne pensais pas qu’il me reconnaîtrait. Il m’a regardée. Non pas de son regard inquisiteur qu’il avait pour comprendre tout de suite son état de santé. C’était un regard doux qui m’a effleuré », ajoute Rita Megliorin.
« J’ai senti le besoin d’appuyer ma tête sur sa main, je me suis permis le luxe de recevoir sa dernière caresse en mettant sa main privée de force sur mon visage tandis qu’il fixait le cadre du Christ souffrant qui était suspendu au mur face à son lit ».
En entendant les chants sur la place, les prières, les acclamations des jeunes qui se faisaient toujours plus forts, l’infirmière demanda au cardinal Dziwisz si ces voix n’importunaient pas le pape. « Mais lui, m’emmenant vers la fenêtre me dit : ‘Rita, voici des enfants venus saluer leur père’ ».
En janvier 2005, quand les conditions de santé de Jean-Paul II se sont aggravées, Rita Megliorin raconte qu’un jour, en arrivant à l’hôpital pour prendre son service, tout en ignorant que le pape avait été hospitalisé, il lui fut demandé de se dépêcher et de rejoindre le 10e étage parce qu’il y avait là un ‘hôte de marque’.
« Pensez à un lieu où l’espace et le temps n’existent pas, et pensez seulement à beaucoup de lumière ». C’est cette même lumière qui a accompagné les journées du Souverain Pontife. « Durant ces mois-là, j’entrais chaque matin dans sa chambre et je le trouvais déjà réveillé : il priait depuis trois heures du matin. J’ouvrais les stores et en m’adressant à lui je lui disais : « Bonjour Sainteté. Aujourd’hui il y a du soleil ». Je m’approchais et il me bénissait. Je m’agenouillais, il me caressait le visage ».
C’était un rituel qui commençait les journées de Jean-Paul II. « Pour le reste, j’étais une infirmière inflexible et lui, un malade inflexible. Il voulait être mis au courant de tout, de la maladie, de sa gravité. S’il ne comprenait pas, il me regardait comme pour demander de lui expliquer mieux ».
« Il n’a jamais cessé d’étudier les problèmes de l’homme. Je me souviens des livres de génétique, par exemple, qu’il consultait et étudiait avec attention, même dans ces conditions ».
Il ne pas voulait pas se laisser abattre, il voulait vivre la grâce de la vie reçue : « Chaque jour nous nous disions que ‘tout problème a sa solution’ ». Et le pape le disait aussi, et surtout aux personnes qu’il rencontrait, pour lesquelles il éprouvait un amour paternel. « Et comme tous les pères, il avait une prédilection pour les plus faibles. Par exemple aux JMJ de Rome, à Tor Vergata, il salua les jeunes qui étaient placés au fond, considérant qu’ils n’auraient pas vu grand-chose. A l’hôpital aussi, il s’entretenait avec les plus humbles, et non pas avec les grands professeurs, il demandait des nouvelles de leurs familles, s’ils avaient des enfants à la maison ».
En rappelant les dernières hospitalisations, l’ancienne chef de salle ajouta : « Le pape a vécu des moments peut-être plus difficiles à la polyclinique », mais « assister les malades est un don, au moins pour celui qui croit en Dieu. Et donc, pour ceux qui n’ont pas la foi, c’est une expérience unique ».
Pour ceux qui comprennent pleinement le sens des propos de Rita Megliorin, les questions des nombreux journalistes venus écouter le témoignage de l’infirmière lors d’une conférence à l’université pontificale de la Santa Croce, vendredi 29 avril, sont choquantes.
Il y a ceux qui demandent si tel film sur la vie de Jean-Paul II est fidèle, notamment là où le film raconte les spasmes que le pape aurait eus avant de mourir. Des questions frappantes, oui, et même inopportunes, voire même d’un goût douteux.
Et en effet, l’infirmière demande combien de personnes dans la salle ont assisté à la perte d’un proche dans leurs bras : « Je ne peux pas répondre, explique-t-elle avec réticence. Ceux qui n’ont pas vécu ne peuvent pas comprendre ». Alors, « la mort a été un soulagement ? », insiste un autre. « La mort n’est jamais un soulagement – réplique-t-elle. Comme infirmière, je sais seulement qu’il y a une limite aux soins, au-delà desquels cela devient de l’acharnement thérapeutique ».Il est morbide de savoir si Jean-Paul II a suffoqué ou dégluti, s’il avait la force de manger, de boire ou de respirer. Tout cela, c’est violer l’intimité d’un corps, la sacralité d’une vie qui n’est plus. Cela ramène aux paroles du pape qui, au contraire, a « redonné sa dignité au malade », rappelle Rita Megliorin.
Dans la lettre apostolique « Salvifici doloris » de 1984, Jean-Paul II écrit que la douleur « est un thème universel qui accompagne l’homme sous toutes les longitudes et toutes les latitudes : en un sens, il est présent avec lui dans le monde ». Et pourtant, écrit encore le pape, « la souffrance semble appartenir à la transcendance de l’homme ; c’est un des points sur lesquels l’homme est en un sens ‘destiné’ à se dépasser lui-même, et il y est appelé d’une façon mystérieuse ».
Jean-Paul II, « durant les derniers moments de sa vie terrestre – conclut Rita Megliorin – a porté sa croix, et non seulement la sienne mais aussi celle de toutes les personnes souffrantes. Il l’a fait avec la joie qui naît de l’espérance de croire à un avenir meilleur. C’était même pour lui, je pense, l’espérance d’un aujourd’hui meilleur ».

Mariaelena Finessi

JEAN-PAUL II: LECTURE: GA 4, 4-7

23 octobre, 2013

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/audiences/2000/documents/hf_jp-ii_aud_20000920_fr.html

JEAN-PAUL II

AUDIENCE GÉNÉRALE

MERCREDI 20 SEPTEMBRE 2000

LECTURE:  GA 4, 4-7

1. Nous avons commencé cette rencontre sous le sceau trinitaire, défini de façon incisive et lumineuse par les paroles de l’Apôtre Paul dans l’Epître aux Galates (cf. 4, 4-7). Le Père, en communiquant l’Esprit Saint dans le coeur des croyants, réalise et révèle l’adoption filiale que le Christ a obtenue pour nous. En effet, l’Esprit « atteste que nous sommes des enfants de Dieu » (cf. Rm 8, 16). En nous tournant vers cette vérité, comme vers l’étoile polaire de la foi chrétienne, nous méditerons sur certains aspects existentiels de notre communion avec le Père, à travers le Fils et dans l’Esprit.
2. La façon typiquement chrétienne de considérer Dieu passe toujours à travers le Christ. Il est le Chemin, et personne ne va au Père si ce n’est grâce à Lui (cf. Jn 14, 6). A l’Apôtre Philippe qui l’implore:  « Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit », Jésus déclare:  « Qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 8-9). Le Christ, le Fils bien-aimé (cf. Mt 3, 17; 17, 5) est par excellence celui qui révèle le Père. Le véritable visage de Dieu ne nous est révélé que par celui « qui est dans le sein du Père ». L’expression originale grecque de l’Evangile de Jean (cf. 1, 18) indique une relation intime et dynamique d’essence, d’amour, de vie du Fils avec le Père. Cette relation du Verbe éternel, concerne la nature humaine qu’il a assumée dans l’Incarnation. C’est pourquoi, dans l’optique chrétienne l’expérience de Dieu ne peut jamais se réduire à un simple « sens du divin », et l’on ne peut pas considérer comme n’étant pas nécessaire la médiation de l’humanité du Christ, comme l’ont démontré les plus grands mystiques tels que saint Bernard, saint François d’Assise, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse d’Avila, et de nombreux disciples du Christ de notre époque, de Charles de Foucauld à sainte Thérèse Bénédicte de la Croix (Edith Stein).
3. Divers aspects du témoignage de Jésus à l’égard du Père se reflètent dans chaque expérience chrétienne authentique. Il a tout d’abord témoigné que le Père est à l’origine de son enseignement:  « Ma doctrine n’est pas de moi , mais de celui qui m’a envoyé » (Jn 7, 16). Ce qu’il a fait connaître est exactement ce qu’ »il a entendu » du Père (cf. Jn 8, 26; 15, 15; 17, 8.14). L’expérience chrétienne de Dieu ne peut donc se développer qu’en totale cohérence avec l’Evangile.
Le Christ a également témoigné avec efficacité de l’amour du Père. Dans la merveilleuse parabole du fils prodigue, Jésus présente le Père toujours en attente de l’homme pécheur qui revient entre ses bras. Dans l’Evangile de Jean, Il insiste sur le Père qui aime les hommes:  « Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16). Et aussi:  « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui » (Jn 14, 23). Celui qui fait vraiment l’expérience de l’amour de Dieu, ne peut que répéter avec une émotion toujours nouvelle l’exclamation de la première Lettre de Jean:  « Voyez quelle manifestation d’amour le Père nous a donnée pour que nous soyons appelés enfants de Dieu, et nous le sommes! » (1 Jn 3, 1). Dans cette lumière, nous pouvons nous adresser à Dieu avec l’invocation tendre, spontanée et intime:  Abba! Père. Elle se présente constamment sur les lèvres du fidèle qui se sent fils, comme nous le rappelle saint Paul dans le texte qui a ouvert notre rencontre (cf. Ga 4, 4-7).
4. Le Christ nous donne la vie même de Dieu, une vie qui franchit le temps et qui nous introduit dans le mystère du Père, dans sa joie et sa lumière infinie. L’évangéliste Jean en témoigne en transmettant les paroles sublimes de Jésus:  « Comme le Père en effet a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d’avoir aussi la vie en lui-même » (Jn 5, 26). « Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour [...] De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi » (Jn 6, 40.57).
Cette participation à la vie du Christ, qui fait de nous des « fils dans le Fils » est rendue possible par le don de l’Esprit. En effet, l’Apôtre nous présente le fait d’être fils de Dieu en étroite liaison avec l’Esprit Saint:  « En effet, tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu » (Rm 8, 14). L’Esprit nous met en relation avec le Christ et avec le Père. « Dans cet Esprit, qui est le Don éternel, le Dieu un et trine s’ouvre à l’homme, à l’esprit humain. Le souffle caché de l’Esprit divin fait que l’Esprit humain s’ouvre à son tour en face de Dieu qui s’ouvre à lui pour le sauver et le sanctifier [...] Dans la communion de grâce avec la Trinité s’élargit « l’espace vital » de l’homme, élevé au niveau surnaturel de la vie divine. L’homme vit en Dieu et de Dieu:  il vit « selon l’Esprit » et « désire ce qui est spirituel »" (Dominum et vivificantem, n. 58).
5. Au chrétien illuminé par la grâce de l’Esprit, Dieu apparaît véritablement avec son visage paternel. Il peut s’adresser à Lui avec la confiance dont sainte Thérèse de Lisieux témoigne dans  ce  passage  autobiographique  intense:  « Le petit oiseau voudrait voler vers ce brillant soleil qui charme ses yeux, il voudrait imiter les aigles ses frères qu’il voit s’élever jusqu’au foyer Divin de la Trinité Sainte [...] Hélas tout ce qu’il peut faire, c’est de soulever ses petites ailes, mais s’envoler, cela n’est pas en son petit pouvoir [...] Avec un audacieux abandon, il veut rester à fixer son Divin soleil; rien ne saurait l’effrayer, ni le vent, ni la pluie » (Manuscrits autobiographiques, Paris 1957, p. 231).

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