Archive pour la catégorie 'Pape Jean Paul II'

Jean Paul II à la Fondation « Dom Carlo Gnocchi »

25 octobre, 2009

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/speeches/2002/november/documents/hf_jp-ii_spe_20021130_don-carlo-gnocchi_fr.html

DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX PARTICIPANTS  AU PÈLERINAGE
DE LA FONDATION « DOM CARLO GNOCCHI »

Samedi 30 novembre 2002

Monsieur le Cardinal,
Chers frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce,
Très chers frères et soeurs!

1. C’est pour moi un motif de grande joie de vous accueillir aujourd’hui dans le contexte des célébrations pour le centenaire de la naissance de Dom Carlo Gnocchi, et pour le cinquantième anniversaire de la fondation qui naquit de son coeur d’éminent « prêtre éducateur et artisan de la charité », comme le définit le Cardinal Carlo Maria Martini, en ouvrant son procès en béatification, en 1987. Je vous remercie de votre visite, qui m’offre l’occasion de manifester ma sincère satisfaction pour le service digne d’éloges que vous rendez à ceux qui se trouvent en difficulté.

Je vous salue tous avec affection:  hôtes, dirigeants, agents, volontaires, ex-élèves et amis de la grande famille spirituelle de dom Carlo Gnocchi, sans oublier l’Association nationale des Chasseurs alpins qui est liée à la figure et à l’oeuvre de ce zélé prêtre. Je salue les représentants des Instituts religieux masculins et féminins créés par dom Gnocchi et le Président de la Fondation, Mgr Angelo Bazzari, que je remercie des pieux sentiments qu’il a voulu exprimer en votre nom. Je salue la jeune pensionnaire du Centre de Milan, qui s’est faite l’interprète de tous les hôtes  de la Fondation. J’adresse une pensée respectueuse au Maire de Milan et aux autres représentants des Autorités civiles et militaires, qui ont souhaité être présents à cette rencontre.

2. Le serviteur de Dieu dom Carlo Gnocchi, « père des petits mutilés », fut un éducateur des jeunes dès le début de son ministère sacerdotal. Il connut les horreurs de la Deuxième Guerre mondiale en tant qu’aumônier volontaire, tout d’abord sur le front grec-albanais et, ensuite, avec les Chasseurs alpins de la Division « Tridentine », au cours de la campagne de Russie. Il se prodigua avec une charité héroïque à l’égard des blessés et des mourants, et il mûrit le projet d’une grande oeuvre destinée aux pauvres, aux orphelins et aux laissés-pour-compte.

C’est ainsi que naquit la Fondation Pro Juventute, à travers laquelle il multiplia les initiatives sociales et apostoliques en faveur des nombreux orphelins de guerre et des petits mutilés, victimes de l’explosion de bombes de guerre. Sa générosité alla au-delà de la mort, qui eut lieu le 28 février 1956, à travers le don de ses deux cornées à des enfants non-voyants. Ce fut un geste précurseur, si l’on considère qu’en Italie, la greffe d’organes n’était pas encore réglementée par des mesures législatives.

3. Très chers frères et soeurs! Les célébrations jubilaires vous ont permis, au cours de cette année, d’approfondir encore davantage les raisons de votre engagement dans la société et dans l’Eglise. De la réhabilitation et de l’intégration sociale des petits mutilés de guerre, vous êtes aujourd’hui arrivés à gérer des activités diversifiées en faveur de jeunes, d’adultes et de personnes âgées qui ne sont pas autonomes. Répondant, en outre, aux nouveaux besoins qui naissent dans la société, vous avez ouvert vos maisons aux malades du cancer en phase terminale. Dans le même temps, vous n’avez pas oublié d’investir dans la recherche scientifique, en soignant la formation professionnelle des invalides, à travers des écoles et des cours dans diverses régions d’Italie.

4. « Rétablir la personne humaine » est le principe qui continue à vous inspirer, en fidélité à l’esprit de dom Carlo Gnocchi. Il était convaincu qu’il ne suffit pas d’assister le malade; il faut le « rétablir », en le soutenant à travers des thérapies adaptées propres à lui faire retrouver sa confiance en lui-même. Cela exige une mise à jour technique et professionnelle, mais bien plus encore un support humain constant et, en particulier, spirituel. « Partager la souffrance – aimait à répéter cet éminent pédagogue social – constitue le premier pas thérapeutique; le reste c’est l’amour qui l’accomplit ».

Et ce fut précisément l’amour le secret de toute sa vie. Dans chaque personne qui souffre, il voyait le Christ crucifié, et encore davantage s’il s’agissait d’individus fragiles, petits, sans défense. Il comprit que la lumière capable de donner un sens à la douleur innocente des enfants vient du mystère de la Croix. Chaque enfant mutilé représentait pour lui « une petite relique de la rédemption chrétienne et un signal qui anticipe la gloire pascale ».

5. Très chers frères et soeurs! Continuez à suivre les traces de cet inoubliable maître de vie. Comme lui, soyez de bons samaritains pour ceux qui frappent à la porte de vos maisons. Son message représente aujourd’hui une singulière prophétie de solidarité et de paix. En effet, en servant les derniers et les petits de façon désintéressée, l’on contribue à construire un monde plus accueillant et solidaire.

Presque tous vos centres de soin et de réhabilitation sont consacrés à la Vierge. Que ce soit Elle – la Mère de l’espérance à laquelle dom Gnocchi s’adressait avec une dévotion filiale – qui vous soutienne et vous guide vers de nouveaux objectifs de bien. Je vous assure de ma prière, alors que je vous bénis de tout coeur, vous qui êtes ici présents, ainsi que ceux qui composent la grande famille de la « Fondation dom Carlo Gnocchi ». 

Jean Paul II, Audience 1999: Le visage de Dieu le Père, aspiration de l’homme

12 août, 2009

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/audiences/1999/documents/hf_jp-ii_aud_13011999_fr.html

JEAN-PAUL II
AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 13 Janvier 1999   

Le visage de Dieu le Père, aspiration de l’homme

1. «Tu nous a faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est inquiet tant qu’il ne repose pas en toi» (Conf. 1, 1). Cette célèbre affirmation, qui ouvre les Confessions de saint Augustin, exprime de façon tangible le besoin irrésistible qui pousse l’homme à chercher le visage de Dieu. C’est une expérience attestée par les diverses traditions religieuses. «Depuis les temps les plus reculés — dit le Concile — jusqu’à aujour-d’hui, on trouve dans les différents peuples une certaine sensibilité à cette force cachée qui est présente au cours des choses et aux événements de la vie humaine, parfois même une reconnaissance de la Divinité suprême, ou encore du Père» (Nostra aetate, n. 2).

En réalité, de nombreuses prières de la littérature religieuse universelle expriment la conviction que l’Etre suprême peut être perçu et invoqué comme un père, auquel on parvient à travers l’expérience de l’attention affectueuse reçue du père terrestre. C’est précisément cette relation qui a suscité dans certains courants de l’athéisme contemporain le soupçon que l’idée même de Dieu est la projection de l’image paternelle. Un soupçon qui est, en réalité, infondé.

Toutefois, il est vrai que, en partant de son expérience, l’homme est parfois tenté d’imaginer la divinité sous des traits anthropomorphiques qui reflètent trop le monde humain. La recherche de Dieu procède ainsi «à tâtons», comme le dit Paul dans le discours aux Athéniens (cf. Ac 17, 27). Il faut donc avoir à l’esprit ce clair-obscur de l’expérience religieuse, en ayant conscience que seule la pleine révélation, dans laquelle Dieu se manifeste, peut dissiper les ombres et les équivoques et faire resplendir la lumière.

2. A l’exemple de Paul, qui précisément dans le discours aux Athéniens cite un vers du poète Aratus sur l’origine de l’homme (cf. Ac 17, 28), l’Eglise considère avec respect les tentatives que les diverses religions accomplissent pour saisir le visage de Dieu, en distinguant dans leurs croyances ce qui est acceptable de ce qui est incompatible avec la révélation chrétienne.

Dans cette optique, on doit considérer comme une intuition religieuse positive la perception de Dieu comme Père universel du monde et des hommes. En revanche, on ne peut pas accepter l’idée d’une divinité dominée par l’arbitraire et le caprice. Chez les grecs antiques, par exemple, le Bien, en tant qu’être suprême et divin, était également appelé père, mais le dieu Zeus manifestait sa paternité aussi bien à travers la bienveillance que la colère et la cruauté. Dans l’Odyssée, on peut lire: «Père Zeus, aucun n’est plus funeste que toi parmi les dieux: tu n’as aucune pitié des hommes, après les avoir engendrés et abandonnés au malheur et à des douleurs pénibles» (XX, 201-203).

Toutefois, l’exigence d’un Dieu supérieur à l’arbitraire et au caprice est également présent chez les grecs antiques, comme en témoigne, par exemple, l’«Hymne à Zeus» du poète Cléante. L’idée d’un père divin, prêt au don généreux de la vie et attentif à pourvoir aux biens nécessaires à l’existence, mais également sévère et ayant recours aux châtiments, pas toujours pour une raison évidente, est liée dans les sociétés antiques à l’institution du patriarcat et en transfère la conception traditionnelle sur le plan religieux.

3. En Israël, la reconnaissance de la paternité de Dieu est progresssive et sans cesse menacée par la tentation de l’idôlatrie que les prophètes dénoncent avec force: «Ils disent au bois: “Tu es mon Père!” et à la pierre: “Toi, tu m’as enfanté!”» (Jr 2, 27). En réalité, pour l’expérience religieuse biblique, la perception de Dieu en tant que Père est liée, plus qu’à son action créatrice, à son intervention historico-salvifique, à travers laquelle il établit avec Israël une relation particulière d’alliance. Dieu se plaint souvent que son amour paternel n’a pas trouvé une réponse adaptée: «Yahvé parle. J’ai élevé des enfants, je les ai faits grandir, mais ils se sont révoltés contre moi» (Is 1, 2).

La paternité de Dieu apparaît à Israël plus solide que celle humaine: «Si mon Père et ma mère m’abandonnent, Yahvé m’accueillera» (Ps 27, 10). Le Psalmiste qui a éprouvé cette douloureuse expérience d’abandon, et qui a trouvé en Dieu un père plus attentif que le père terrestre, nous indique la voie qu’il a parcourue pour parvenir à ce but: «De toi mon cœur a dit: Cherche sa face. C’est ta face Yahvé, que je cherche» (Ps 27, 8). Rechercher le visage de Dieu est un chemin nécessaire, qui doit être parcouru avec un cœur sincère et un engagement constant. Seul le cœur du juste peut se réjouir en recherchant la face du Seigneur (cf. Ps 105, 3sq.) et le visage paternel de Dieu peut donc resplendir sur lui (cf. Ps 119, 135; cf. également 31, 17; 67, 2; 80, 4.8.20). En observant la loi divine, l’on jouit également pleinement de la protection du Dieu de l’Alliance. La bénédiction dont Dieu gratifie son peuple, à travers la médiation sacerdotale d’Aaron, insiste précisément sur cette révélation lumineuse du visage de Dieu: «Que Yahvé fasse pour toi rayonner son visage et te fasse grâce! Que Yahvé te découvre sa face et t’apporte la paix!» (Nb 6, 25 sq.).

4. Depuis que Jésus est venu au monde, la recherche du visage de Dieu le Père a pris des proportions encore plus significatives. Dans son enseignement, Jésus, se fondant sur sa propre expérience de Fils, a confirmé la conception de Dieu comme père, qui est déjà définie dans l’Ancien Testament. Il l’a même constamment mise en évidence, il l’a vécue de façon intime et ineffable, et l’a proposée comme programme de vie pour celui qui veut obtenir le salut.

Jésus se présente surtout de façon absolument unique par rapport à la paternité divine, se manifestant comme «fils» et s’offrant comme l’unique voie pour parvenir au Père. A Philippe, qui lui demande: «Montre-nous le Père et cela nous suffit» (Jn 14, 8), il répond que le connaître, lui, signifie connaître le Père, car le Père, agit à travers lui (cf. Jn 14, 8-11). Donc, pour celui qui veut rencontrer le Père il est nécessaire de croire dans le Fils: à travers Lui, Dieu ne se limite pas à nous assurer une assistance paternelle attentive, mais il nous communique sa propre vie, en nous rendant «fils dans le Fils». C’est ce que souligne l’Apôtre Jean, avec une reconnaissance émue: «Voyez quelle manifestation d’amour le Père nous a donnée pour que nous soyons appelés enfants de Dieu; Et nous le sommes!» (1 Jn 3, 1). 

Jean Paul II: Hymne de victoire pour le passage de la Mer Rouge (lecture lundi, mardi 20/21 juillet)

20 juillet, 2009

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/audiences/2001/documents/hf_jp-ii_aud_20011121_fr.html

JEAN PAUL II

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 21 novembre 2001

Hymne de victoire pour le passage de la Mer Rouge

Lecture:  Ex 15, 1-4a.13.17

1. Cette hymne de victoire (cf. Ex 15, 1-18), proposée aux Laudes du samedi de la première semaine, nous reconduit à un moment-clé de l’histoire du  salut:   à  l’événement de l’Exode, lorsqu’Israël fut sauvé par Dieu d’une situation humainement sans espoir. Nous connaissons les faits:  après le long esclavage en Egypte, les Israélites désormais en marche vers la terre promise avaient été rejoints par l’armée du Pharaon, et rien ne pouvait empêcher qu’ils ne soient anéantis, si le Seigneur n’était pas intervenu de sa main puissante. L’hymne s’attarde à décrire l’arrogance des desseins de l’ennemi armé:  « Je poursuivrai, j’atteindrai, je partagerai le butin… » (Ex 15, 9).

Mais que peut même la plus grande armée face à la toute-puissance divine? Dieu commande à la mer de s’ouvrir pour laisser passer le peuple agressé et de se refermer au passage de ses agresseurs:  « Tu soufflas de ton haleine, la mer les recouvrit, ils s’enfoncèrent comme du plomb dans les eaux formidables » (Ex 15, 10).

Ce sont des images fortes, qui veulent donner la mesure de la grandeur de Dieu, alors qu’elles expriment l’émerveillement d’un peuple qui n’en croit presque pas ses yeux, et qui s’exprime à travers une seule voix dans un chant plein d’émotion:  « Yahvé est ma force et mon chant, à lui je dois mon salut.  Il  est  mon  Dieu,  je  le  célèbre, le Dieu de mon père et je l’exalte! » (Ex 15, 2)

2. Le Cantique ne parle pas seulement de la libération obtenue; il en indique également le but positif, qui n’est autre que l’entrée dans la demeure de Dieu pour vivre dans la communion avec Lui:  « Ta grâce a conduit ce peuple que tu as racheté, ta force l’a guidé vers  ta  sainte demeure » (Ex 15, 13). Ainsi  compris, cet événement fut non seulement à la base de l’alliance entre Dieu et son peuple, mais il devint comme le « symbole » de toute l’histoire du salut.  En  de  nombreuses  autres  occasions, Israël fera l’expérience de situations analogues, et l’Exode se réactualisera ponctuellement. Cet événement préfigure de façon particulière la grande  libération  que  le  Christ  réalisera à travers sa mort et sa résurrection.

C’est pourquoi notre hymne retentit à un titre particulier dans la liturgie de la Veillée pascale, pour illustrer avec l’intensité de ses images ce qui s’est accompli dans le Christ. En Lui, nous avons été sauvés non pas d’un oppresseur humain, mais de l’esclavage de Satan et du péché, qui depuis les origines, pèse sur le destin de l’humanité. Avec lui, l’humanité se remet en marche, sur le sentier qui reconduit à la maison du Père.

3. Cette libération, déjà accomplie dans le mystère et présente dans le Baptême comme une semence de vie destinée à croître, atteindra sa plénitude à la fin des temps, lorsque le Christ reviendra  en  gloire  et  « remettra  la royauté à Dieu le Père » (1 Co 15, 24). C’est précisément cet horizon final, eschatologique, que la Liturgie des Heures nous invite à considérer, en introduisant notre cantique par une citation de l’Apocalypse:  « Ceux qui ont triomphé de la Bête… ils chantent le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu » (Ap 15, 2.3).

A la fin des temps, se réalisera pleinement pour tous les rachetés ce que l’événement de l’Exode préfigurait et que la Pâque du Christ a accompli d’une façon définitive, mais ouverte à l’avenir. En effet, notre salut est réel et profond, mais il se trouve entre le « déjà » et le « pas encore » de la condition terrestre, comme nous le rappelle l’Apôre Paul:  « Car notre salut est objet d’espérance » (Rm 8, 24).

4. « Je chante pour Yahvé car il s’est couvert de gloire » (Ex 15, 1). En mettant sur nos lèvres ces paroles de l’antique hymne, la liturgie des Laudes nous invite à placer notre journée dans le grand horizon de l’histoire du salut. Telle est la façon chrétienne de percevoir le passage du temps. Dans les jours qui succèdent aux jours, il n’y pas une fatalité qui nous opprime, mais un dessein qui s’accomplit et que nos yeux doivent apprendre à lire, comme en filigrane.

Les Pères de l’Eglise étaient particulièrement sensibles à cette perspective historique et salvifique, eux qui aimaient lire les faits de l’Ancien Testament – du déluge de l’époque de Noé à l’appel d’Abraham, de la libération de l’Exode au retour des Israélites après l’exil de Babylone – comme des « préfigurations » d’événements futurs, reconnaissant à ces faits une valeur d’ »archétype »:  en ceux-ci étaient préannoncées les caractéristiques fondamentales qui devaient se répéter, d’une certaine façon,  tout  au  long  de  l’histoire  humaine.

5. Du reste, les prophètes avaient déjà relu les événements de l’histoire du salut, en montrant leur sens toujours actuel et en indiquant leur pleine réalisation dans l’avenir. C’est ainsi que, en méditant sur le mystère de l’alliance stipulée par Dieu avec Israël, ils en arrivent à parler d’une « nouvelle alliance » (Jr 31, 31; cf. Ez 36, 26-27), dans laquelle la loi de Dieu aurait été écrite dans le coeur même de l’homme. Il n’est pas difficile de voir dans cette prophétie la nouvelle alliance stipulée dans le sang du Christ et réalisée à travers le don de l’Esprit. En récitant cette hymne de victoire de l’ancien Exode à la lumière de l’Exode pascal, les fidèles peuvent vivre la joie de se sentir Eglise en pèlerinage dans le temps, vers la Jérusalem céleste.

6. Il s’agit donc de contempler avec un émerveillement toujours nouveau ce que Dieu a préparé pour son Peuple:  « Tu les amèneras et tu les planteras sur la montagne de ton héritage, lieu dont tu fis, Yahvé, ta résidence, sanc-tuaire, Seigneur, qu’ont préparé tes mains » (Ex 15, 17). L’hymne de victoire n’exprime pas le triomphe de l’homme, mais le triomphe de Dieu. Ce n’est pas un chant de guerre, c’est un chant d’amour.

En laissant nos journées s’imprégner de ce frémissement de louange des anciens Israélites, nous marchons sur les routes du monde, qui ne manquent pas de dangers, de risques et de souffrances, avec la certitude d’être enveloppés par le regard miséricordieux de Dieu:  rien ne peut résister à la puissance de son amour.

La Pentecôte, manifestation de l’Esprit Saint et naissance de l’Église (Pape Jean Paul II)

29 mai, 2009

du site:

http://www.generationjpii.org/article104.htm

La Pentecôte, manifestation de l’Esprit Saint et naissance de l’Église

Le site de la conférence des évêques de France explique le sens de la célébration

CITE DU VATICAN, Mercredi 4 juin 2003 (ZENIT.org) La Pentecôte célèbre le don de l’Esprit Saint aux apôtres : dimanche prochain, 8 juin 2003, les catholiques fêtent la Pentecôte.

La Pentecôte, manifestation de l’Esprit Saint et naissance de l’Église

La Pentecôte tire son nom du mot grec pentécostès qui veut dire « cinquante », parce qu’elle est célébrée 50 jours après Pâques. Elle célèbre le don de l’Esprit Saint aux apôtres.

Au cours de sa dernière rencontre avec les disciples, le Christ leur avait demandé d’aller enseigner et baptiser les hommes. Il avait précisé : « vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes des Apôtres, chapitre 1, verset 8).

Les Actes des Apôtres (chapitre 2, versets 1-13) racontent ensuite que les apôtres et Marie, mère du Christ, étaient tous ensemble réunis lorsqu’un souffle de vent les étreignit et que des langues de feu apparurent – dans la Bible, le vent et le feu sont les signes de la présence de Dieu -. C’est alors qu’ils surmontèrent leurs peurs et commencèrent à témoigner de la bonne nouvelle de la Résurrection.

Les Actes des Apôtres racontent aussi que, contre toute attente, les apôtres ont pu se faire comprendre de tous leurs interlocuteurs quelle que soit leur langue. Cet événement symbolise la portée universelle du message chrétien.

La Pentecôte a donné naissance à l’Église, qui rassemble tous les baptisés dans la foi chrétienne.

C’est l’une des grandes fêtes du calendrier liturgique chrétien. Cela explique qu’elle soit marquée par un jour de repos supplémentaire le lendemain, lundi.

La Pentecôte et le sacrement de confirmation

La confirmation est le sacrement du don de l’Esprit Saint. Son rapport étroit avec la Pentecôte explique qu’il soit souvent conféré au cours de ce temps liturgique.

Ce sacrement, donné par l’évêque après l’âge de raison, ne peut être reçu qu’une seule fois. Il parachève l’initiation chrétienne.

La Pentecôte et les charismes

Un charisme est un don (du grec charisma) de l’Esprit Saint. Ces charismes concernent aussi bien l’Église dans son ensemble, que chaque fidèle en particulier. Toute l’Église est donc charismatique par nature.

Cependant, le terme « charismatique » a été choisi tout particulièrement par un certain nombre de groupes chrétiens accordant une place essentielle à ce don de l’Esprit Saint. Ces mouvements et communautés charismatiques, dont l’émergence date des années 1970, sont une des composantes de l’Église catholique. Chacune a sa spécificité (catéchèse, animation liturgique, évangélisation dans la rue, accueil des pauvres et des marginaux, prière sur les malades).

Le site de la conférence des évêques de France (cf. www.cef.fr)

Jean Paul II, Regina Caeli, Lundi de Pâques, 21 avril 2003… est appelé « Lundi de l’Ange »

13 avril, 2009

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/angelus/2003/documents/hf_jp-ii_reg_20030421_fr.html

JEAN-PAUL II

REGINA CAELI

  Lundi de Pâques, 21 avril 2003 

1. Le lundi de Pâques est appelé « Lundi de l’Ange » en souvenir de ce qui eut lieu à l’aube de ce premier jour après le samedi. En effet, ce fut un ange qui réconforta les femmes qui, accourues au sépulcre, étaient stupéfaites et préoccupées après avoir trouvé le tombeau vide.

« Ne vous effrayez pas! [...] il est ressuscité, il n’est pas ici » (Mc 16, 6). Et il ajouta:  « Allez annoncer cette nouvelle aux Apôtres » (cf. ibid.).

Pour nous aussi, ces paroles de l’ange, que nous réécoutons toujours avec une profonde émotion, revêtent une grande valeur. En effet, si le Christ est ressuscité, tout change et la vie et l’histoire acquièrent un sens nouveau.

2. La liturgie d’aujourd’hui propose à notre méditation la prédication de l’Apôtre Pierre à la foule de Jérusalem. Celle-ci est centrée sur cette annonce:  « Dieu l’a ressuscité ce Jéus; nous en sommes tous témoins » (Ac 2, 32).

Avec simplicité et clarté, Pierre affirme que le Christ crucifié est vivant, est ressuscité et « nous en sommes tous témoins ». Depuis lors, l’Eglise ne cesse de proclamer cette même « bonne nouvelle ». Il est urgent que tous les hommes connaissent et rencontrent Jésus, crucifié et ressuscité, et qu’ils se laissent conquérir par Lui. A tous ceux qui l’accueillent, Il ouvre le coeur à cette joie véritable qui rend nouvelle, belle et riche d’espérance l’existence humaine.

3. Regina caeli, laetare, Alleluia! Marie, la Mère du Christ, qui a partagé avec Lui la dure épreuve de la passion, se réjouit de manière particulière de la joie pascale. Que Marie rende toujours plus vivante notre foi dans la résurrection du Seigneur et nous guide dans l’engagement de témoigner du message joyeux et fondamental de Pâques aux hommes et aux femmes du troisième millénaire.  

Regina caeli…

Jean Paul II, Saint Joseph 2001

18 mars, 2009

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/homilies/2001/documents/hf_jp-ii_hom_20010319_episcopal-ordination_fr.html

CHAPELLE PAPALE POUR L’ORDINATION DE 9 ÉVÊQUES
EN LA SOLENNITÉ DE SAINT JOSEPH

HOMÉLIE DE JEAN PAUL II

Lundi 19 mars 2001,
solennité de la Saint Joseph

1. « Voilà donc l’intendant fidèle, avisé, que le maître a établi sur ses gens » (cf. Lc 12, 42).
C’est ainsi que la liturgie nous présente aujourd’hui saint Joseph, Epoux de la Bienheureuse Vierge Marie et Gardien du Rédempteur. Lui, le serviteur fidèle et sage, a accueilli avec une docilité obéissante la volonté du Seigneur, qui lui a confié « sa » famille sur terre, afin qu’il en prenne soin avec un dévouement quotidien.

Saint Joseph persévéra dans cette mission avec fidélité et amour. C’est pourquoi l’Eglise nous le montre comme un modèle particulier de service au Christ et à son mystérieux dessein de salut. Et elle l’invoque comme patron spécial et protecteur de toute la famille des croyants. Joseph nous est aujourd’hui proposé de façon particulière, le jour de sa fête, comme le saint sous la protection efficace duquel la Divine Providence a voulu placer les personnes et le ministère de ceux qui sont appelés à être, au sein du peuple chrétien, des « pères » et des « gardiens ».

2. «  »Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela? Vois! ton père et moi nous te cherchons angoissés » [....] « Pourquoi donc me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père? »" (Lc 2, 48, 49).

Au cours de ce dialogue simple et familier entre la Mère et le Fils, que l’Evangile vient de nous proposer, se trouvent les éléments de la sainteté de Joseph. Ils répondent au dessein divin sur lui, qu’il sut assumer avec une admirable fidélité, en homme juste qu’il était.

« Ton père et moi nous te cherchons angoissés », dit Marie. « Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père », réplique Jésus. Ce sont précisément ces paroles du Fils qui nous aident à comprendre le mystère de la « paternité » de Joseph. En rappelant à ses parents la primauté de Celui qu’il appelle « Mon Père », Jésus révèle la vérité du rôle de Marie ainsi que de Joseph. Celui-ci est véritablement l’ »époux » de Marie et le « père » de Jésus, comme elle l’affirme lorsqu’elle dit:  « Ton père et moi nous te cherchons ». Mais son caractère sponsal et sa paternité est pleinement relative à celle de Dieu. Voilà de quelle façon Joseph de Nazareth est appelé à devenir, à son tour, le disciple de Jésus:  en consacrant son existence au service du Fils unique du Père et de la Vierge Marie, sa Mère.

Il s’agit d’une mission qu’il poursuit à l’égard de l’Eglise, Corps mystique du Christ, à laquelle il ne cesse d’accorder son assistance providentielle, comme il l’a fait pour l’humble famille de Nazareth.

3. Dans ce contexte, il est facile d’orienter notre regard vers ce qui constitue aujourd’hui le centre de notre célébration. Je vais imposer les mains à neuf prêtres, qui sont appelés à assumer la responsabilité d’évêques dans l’Eglise. L’Evêque joue dans la communauté chrétienne un rôle qui possède de nombreuses analogies avec celui de saint Joseph. La Préface de la solennité d’aujourd’hui le souligne de manière particulière, en indiquant Joseph comme « un serviteur sage et fidèle placé à la tête de la Sainte Famille, pour protéger comme un père le Fils de Dieu ». Les pasteurs de l’Eglise sont des « Pères » et des « gardiens » appelés à se comporter comme des « serviteurs » sages et fidèles. C’est à eux qu’est confié le soin quotidien du peuple chrétien qui, grâce à leur aide, peut avancer en sécurité sur le chemin de la perfection chrétienne.

Vénérés frères ordinands, l’Eglise se rassemble autour de vous et vous assure de sa prière, afin que vous puissiez accomplir avec une générosité fidèle, à l’image de saint Joseph, votre ministère pastoral. Ceux qui vous accompagnent en ce jour de fête vous assurent en particulier de leur prière:  vos familles, les prêtres, vos amis, ainsi que les communautés dont vous provenez et auxquelles vous êtes destinés.

4. Les ordinations épiscopales, que je confère généralement le jour de l’Epiphanie, ont été cette année repoussées en raison de la conclusion du grand Jubilé. J’ai ainsi l’opportunité d’accomplir ce rite en la fête d’aujourd’hui, si chère au peuple chrétien. Cela me permet de confier avec une insistance particulière chacun de vous à la protection permanente de saint Joseph, Patron de l’Eglise universelle.

Très chers amis, c’est avec un grand plaisir que je vous salue, et avec vous tous ceux qui s’unissent à votre joie. Je vous souhaite de tout coeur de poursuivre avec une générosité renouvelée le service que vous rendez déjà à la cause de l’Evangile.

5. A toi, Monseigneur Fernando Filoni, est confiée la mission de Nonce apostolique en Irak et en Jordanie, pour soutenir les communautés chrétiennes présentes dans ces terres:  je suis certain que tu sera pour eux un messager de paix et d’espérance. Toi, Monseigneur Henryk Józef Nowacki, après avoir longtemps travaillé à mes côtés, tu seras, en tant que Représentant du Siège apostolique en Slovaquie, un héraut diligent de l’Evangile dans ce pays d’antique tradition chrétienne. Et toi, Monseigneur Timothy Paul Broglio, à qui je suis reconnaissant de la fidèle coopération offerte au Cardinal-Secrétaire d’Etat, tu te rendras aux portes du continent américain en tant que Nonce en République dominicaine et Délégué apostolique à Porto-Rico:  sois parmi ces chères populations le témoin de l’affection du Successeur de Pierre.

A toi aussi, Monseigneur Domenico Sorrentino, je suis reconnaissant du service précieux accompli à la Secrétairerie d’Etat, et à présent, en te confiant la Prélature de Pompéi et son célèbre Sanctuaire marial, je place ton ministère sous le regard bénissant de la Vierge du Saint-Rosaire, en lui demandant de guider tes pas sur les traces de saint Paulin, Evêque de Nola, ta terre natale et gloire de la Campanie. Que la Très Sainte Vierge continue également à veiller sur tes pas, Mgr Tomasz Peta, appelé à prendre en charge l’Administration apostolique d’Astana, dans le Kazakhstan, où tu oeuvres déjà depuis plusieurs années avec un zèle apostolique louable.

Toi, Monseigneur Marcelo Sánchez Sorondo, tu poursuivras ton service apprécié de Chancelier de l’Académie pontificale des Sciences et de l’Académie des Sciences sociales, des institutions auxquelles j’attribue une grande importance pour le dialogue de l’Eglise avec le monde la culture. A toi, Monseigneur Marc Ouellet, j’ai voulu confier la charge de Secrétaire du Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, une tâche d’une importance particulière pour la très noble finalité qui l’inspire et pour les espérances renouvelées que la célébration de l’Année jubilaire a suscitées dans l’âme de nombreux chrétiens.

Et toi, Monseigneur Giampaolo Crepaldi, tu assumeras le rôle de Secrétaire du Conseil pontifical « Justice et Paix », en poursuivant avec de plus grandes responsabilités ton service déjà méritoire dans ce dicastère. Enfin, je t’embrasse avec affection, Monseigneur Djura Dzudzar, que j’ai choisi comme Auxiliaire de l’Eparque de Mukacheve en Transcarpatie, en Ukraine, un pays que d’ici peu, si Dieu le veut, j’aurai la joie de visiter et auquel j’envoie dès à présent un salut cordial et mes meilleurs voeux.

6. Très chers amis, comme saint Joseph, modèle et guide de votre ministère, aimez et servez l’Eglise. Imitez l’exemple de ce grand saint, ainsi que celui de son Epouse, Marie. S’il vous arrive parfois de rencontrer des difficultés et des obstacles, n’hésitez pas à accepter de souffrir avec le Christ au bénéfice de son Corps mystique (cf. Col 1, 24),  afin  qu’avec  Lui  vous  puissiez jouir d’une Eglise parfaitement belle, sans tache ni ride, sainte et immaculée (cf. Ep 5, 27). Le Seigneur, qui vous comblera de sa grâce, vous consacre aujourd’hui et vous envoie comme apôtres dans le monde. Conservez ses paroles gravées dans votre coeur:  « Je suis avec vous pour toujours » (Mt 28, 20) et n’ayez pas peur. Comme Marie, comme Joseph, ayez toujours confiance en Lui. Il a vaincu le monde.

11 février Notre Dame de Lourdes: Jean Paul II prière (Lourdes 1983)

11 février, 2009

MESSE À LA GROTTE DES APPARITIONS

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

Solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie
Lourdes (France)
Lundi, 15 août 1983

Prière âpres l’homélie

7. Belle Dame!
O Femme qui as le soleil pour manteau!
Reçois notre pèlerinage en cette année d’Avent du jubilé de la Rédemption.
Aide-nous, par la lumière de ce jubilé, à pénétrer ton mystère:
- le mystère de la Vierge Mère,
- le mystère de la Reine Servante,
- le mystère de la Toute puissance qui se fait suppliante.
Aide-nous à découvrir toujours plus pleinement, en ce mystère, le Christ, Rédempteur du monde, Rédempteur de l’homme.
Tu as le soleil pour manteau, le soleil de l’inscrutable Divinité, le soleil de l’impénétrable Trinité. “Pleine de grâce” jusqu’aux limites de l’Assomption au ciel!
Et en même temps…
pour nous qui vivons sur cette terre, pour nous, pauvres fils d’Eve en exil, tu as pour manteau le soleil du Christ depuis Bethléem et Nazareth, depuis Jérusalem et le Calvaire. Tu es revêtue du soleil de la Rédemption de l’homme et du monde par la croix et la Résurrection de ton Fils.
Fais que ce soleil resplendisse sans cesse pour nous sur cette terre!
Fais qu’il ne s’obscurcisse pas dans l’âme des hommes!
Fais qu’il éclaire les chemins terrestres de l’Eglise dont tu es la première figure!
Et que l’Eglise, en fixant le regard sur toi, Mère du Rédempteur, apprenne sans cesse elle-même à être mère!
Regarde! Voici ce que dit le livre de l’Apocalypse: “ Le Dragon se tenait devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance ”. 
O Mère qui, dans ton Assomption au ciel, as expérimenté la plénitude de la victoire sur la mort de l’âme et du corps, défends les fils et les filles de cette terre contre la mort de l’âme! O Mère de l’Eglise!
Devant l’humanité qui semble toujours fascinée par ce qui est temporel – et alors que la “ domination sur le monde ” cache la perspective du destin éternel de l’homme en Dieu -, sois toi-même un témoin de Dieu!
Toi, sa Mère.
Qui peut résister au témoignage d’une mère?
Toi qui es née pour les fatigues de cette terre: conçue de façon immaculée!
Toi qui es née pour la gloire du ciel! Montée au ciel!
Toi qui es revêtue du soleil de l’insondable Divinité, du soleil de l’impénétrable Trinité, remplie du Père, du Fils et de l’Esprit Saint!
Toi à qui la Trinité se donne comme un seul Dieu, le Dieu de la création et de la Révélation! Le Dieu de l’Alliance et de la Rédemption. Le Dieu du commencement et de la fin. L’alfa et l’oméga. Le Dieu-Vérité. Le Dieu-Amour. Le Dieu-Grâce. Le Dieu-Sainteté. Le Dieu qui surpasse tout et qui embrasse tout. Le Dieu qui est “ tout en tous ”.
Toi qui as pour manteau le soleil! Notre Mère! Sois le témoin de Dieu! . . .
- devant le monde du millénaire qui se termine.
- devant nous, fils d’Eve en exil,
sois le témoin de Dieu!
Amen.

Jean Paul II, homélie 2003 pour la fête du Baptême de Jesus (2003 année B)

10 janvier, 2009

pour la fête Baptema de Jesus, le 2003 était l’année B, je pense, du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/homilies/2003/documents/hf_jp-ii_hom_20030112_baptism-lord_fr.html

MESSE  DANS LA CHAPELLE SIXTINE
ET ADMINISTRATION DU SACREMENT DU BAPTÊME

HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II

Fête du Baptême du Seigneur
Dimanche 12 janvier 2003   

1. « Cherchez Yahvé pendant qu’il se laisse trouver, invoquez-le pendant qu’il est proche » (Is 55, 6).

Ces paroles, tirées de la deuxième partie du Livre d’Isaïe, retentissent en ce dimanche qui conclut le temps de Noël. Elles constituent une invitation à approfondir la signification que possède pour nous la fête d’aujourd’hui du Baptême du Seigneur.

Revenons en esprit sur les rives du Jourdain, où Jean-Baptiste administre un baptême de pénitence, en exhortant à la conversion. Jésus se présente lui aussi au Précurseur, transformant par sa présence ce geste de pénitence en une manifestation solennelle de sa divinité. A l’improviste, une voix retentit du ciel:  « Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur » (Mc 1, 11), et l’Esprit descend sur Jésus sous la forme d’une colombe.

En cet événement extraordinaire, Jean voit se réaliser ce qui avait été prédit à propos du Messie, né à Bethléem, adoré par les pasteurs et par les Rois Mages. C’est précisément Lui qui a été annoncé par les prophètes, le Fils bien-aimé du Père, que nous devons chercher alors qu’il se laisse trouver, et que nous devons invoquer alors qu’il est proche de nous.

A travers le Baptême, chaque chrétien le rencontre de manière personnelle:  il est inséré dans le mystère de sa mort et de sa résurrection, et il reçoit une vie nouvelle, qui est la vie même de Dieu. Quel grand don et quelle grande responsabilité!

2. La liturgie nous invite aujourd’hui à puiser « dans l’allégresse aux sources du salut » (Is 12, 3); elle nous exhorte à revivre notre Baptême, en rendant grâce pour les nombreux dons reçus.

C’est avec ces sentiments que je m’apprête, comme c’est désormais la tradition, à administrer le sacrement du Baptême à plusieurs nouveau-nés, dans cette merveilleuse Chapelle Sixtine, où le pinceau de grands artistes a représenté les moments essentiels de notre foi. Ces enfants provenant en grande partie d’Italie, mais aussi de Pologne et du Liban, sont au nombre de vingt-deux.

Je vous salue tous, chers frères et soeurs, qui avez voulu prendre part à cette célébration suggestive. Je vous salue en particulier avec une grande affection, chers parents, parrains et marraines, appelés à être pour ces petits enfants les premiers témoins du don fondamental de la foi. Le Seigneur vous confie, en tant que gardiens responsables, leur vie qui est si précieuse à ses yeux. Engagez-vous avec amour afin qu’ils grandissent « en sagesse, en taille et en grâce »; aidez-les à être fidèles à leur vocation.

Dans un instant, vous renouvellerez, également en leur nom, la promesse de lutter contre le mal et d’adhérer pleinement au Christ. Que votre existence soit toujours marquée par cet engagement généreux!

3. Soyez également conscients que le Seigneur vous demande une nouvelle et plus profonde collaboration:  c’est-à-dire qu’il vous confie la tâche quotidienne de les accompagner sur le chemin de la sainteté. Efforcez-vous d’être vous-mêmes des saints afin de guider vos enfants vers ce but élevé de la vie chrétienne. N’oubliez pas que, pour être saints, « il faut un christianisme qui se distingue avant tout dans l’art de la prière » (Lett. apost. Novo millennio ineunte, n. 32).

Que Marie, la Sainte Mère du Rédempteur, qui a accueilli avec une totale disponibilité le projet de Dieu, vous soutienne, en alimentant votre espérance et votre désir de servir fidèlement le Christ et son Eglise. Que la Madone aide en particulier ces enfants, afin qu’ils réalisent jusqu’au bout le projet que Dieu forme pour chacun d’eux. Qu’Elle aide les familles chrétiennes du monde entier à être d’authentiques « écoles de prière », dans lesquelles prier de façon unie constitue toujours plus le coeur et la source de toute activité! 

Jean Paul I – Le Seigneur Jésus « Premier-Né » de toute créature et « Premier-Né » d’entre les morts ( 24.11.04)

18 novembre, 2008

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/audiences/2004/documents/hf_jp-ii_aud_20041124_fr.html

JEAN-PAUL II

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 24 novembre 2004

Le Seigneur Jésus « Premier-Né » de toute créature et « Premier-Né » d’entre les morts
Lecture
: Col 1, 3.12.15-17

1. Le grand hymne christologique par lequel s’ouvre la Lettre aux Colossiens vient à présent de retentir. Dans celui-ci apparaît précisément la figure glorieuse du Christ, coeur de la liturgie et centre de toute la vie ecclésiale. Cependant, l’horizon de l’hymne s’élargit très vite à la création et à la rédemption, touchant tout être créé et l’histoire tout entière.

Dans ce chant, on retrouve le souffle de foi et de prière de l’antique communauté chrétienne et l’Apôtre en recueille la voix et le témoignage, tout en imprimant son sceau à l’hymne.

2. Après une introduction dans laquelle est rendue grâce au Père pour la rédemption (cf. vv. 12-14), deux strophes composent ce Cantique, que la Liturgie des Vêpres repropose chaque semaine. La première célèbre le Christ comme « Premier-Né de toute créature », c’est-à-dire engendré avant tout être, affirmant ainsi son éternité qui transcende l’espace et le temps (cf. vv. 15-18a). Il est l’ »image », l’ »icône » visible de ce Dieu qui demeure invisible dans son mystère. Telle avait été l’expérience de Moïse qui, dans son désir ardent de voir de ses yeux la réalité personnelle de Dieu, s’était entendu répondre: « Tu ne peux pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre » (Ex 33, 20; cf. également Jn 14, 8-9).

En revanche, le visage du Père Créateur de l’univers devient accessible dans le Christ, artisan de la réalité créée: « Car c’est en lui qu’ont été créées toutes choses… et tout subsiste en lui » (Col 1, 16-17). D’un côté, le Christ est donc supérieur aux réalités créées, mais, de l’autre, il est impliqué dans leur création. C’est pourquoi nous pouvons le voir comme l’ »image du Dieu invisible », devenu proche de nous à travers l’acte de création.

3. La louange en l’honneur du Christ se dirige, dans la deuxième strophe (cf. vv. 18b-20), vers un autre horizon: celui du salut, de la rédemption, de la régénération de l’humanité qu’il a créée mais qui, avec le péché, a sombré dans la mort.

Or, la « plénitude » de grâce et de l’Esprit Saint que le Père a placée dans le Fils fait en sorte qu’il puisse, en mourant et en ressuscitant, nous communiquer une vie nouvelle (cf. vv. 19-20).

4. Il est donc célébré comme « le Premier-Né d’entre les morts » (1, 18b). Grâce à sa « plénitude » divine, mais également son sang versé sur la « Croix », le Christ « réconcilie » et « pacifie » toutes les réalités, célestes et terrestres. Il les ramène ainsi à leur situation d’origine, en recréant l’harmonie originelle, voulue par Dieu selon son projet d’amour et de vie. Création et rédemption sont donc reliées entre elles comme les étapes d’un même événement de salut.

5. Selon notre habitude, nous laissons à présent la place à la méditation des grands maîtres de la foi, les Pères de l’Eglise. Ce sera l’un d’eux qui nous guidera dans la réflexion sur l’oeuvre rédemptrice accomplie par le Christ, dans son sang sacrificiel.

En commentant notre hymne, saint Jean Damascène, dans le Commentaire à la Lettre de saint Paul qui lui est attribué, écrit: « Saint Paul parle de « rédemption à travers son sang » (Ep 1, 7). Le sang du Seigneur, qui conduit les prisonniers de la mort à la vie, est en effet donné en rachat. Il n’était véritablement pas possible, pour ceux qui étaient sujets au règne de la mort, d’être libérés d’une autre façon, si ce n’est au moyen de celui qui a participé avec nous à la mort… De l’opération effectuée lors de sa venue, nous avons connu la nature de Dieu qui existait avant sa venue. C’est en effet l’oeuvre de Dieu d’avoir fait disparaître la mort, d’avoir rendu la vie et reconduit le monde à Dieu. C’est pourquoi il dit: « Il est l’Image du Dieu invisible » (Col 1, 15), pour manifester qu’il est Dieu, même s’il n’est pas le Père, mais l’image du Père, et qu’il a la même identité que lui, bien qu’il ne soit pas lui » (I libri della Bibbia interpretati dalla grande tradizione, Bologna 2000, pp. 18.23).

Jean Damascène conclut ensuite par un regard d’ensemble sur l’oeuvre salvifique du Christ: « La mort du Christ sauva et renouvela l’homme; et elle reconduisit les anges à la joie primitive, en raison des rachetés, et relia les réalités inférieures aux réalités supérieures… Elle apporta en effet la paix et fit disparaître l’inimitié. C’est pourquoi les anges disaient: « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre »" (ibid, p. 37).

solennité de la Toussaint, homélie di Jean Paul II (1er novembre 2000)

1 novembre, 2008

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/homilies/2000/documents/hf_jp-ii_hom_20001101_ognissanti_fr.html

 

 SOLENNITÉ DE LA TOUSSAINT 

CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE POUR LE 50ème ANNIVERSAIRE DE LA DÉFINITION DOGMATIQUE DE L’ASSOMPTION DE MARIE AU CIEL 

HOMÉLIE DU SAINT PÈRE JEAN PAUL II

 Mercredi 1er novembre 2000 


1. « Amen! Louange, gloire, sagesse, action de grâces, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles. Amen! » (Ap 7, 12).

Dans une attitude de profonde adoration pour la Très Sainte Trinité, nous nous unissons à tous les saints qui célèbrent éternellement la liturgie céleste pour répéter avec eux l’action de grâce à notre Dieu, pour les merveilles qu’il a accomplies dans l’histoire du salut.
Louange et action de grâces à Dieu pour avoir suscité dans l’Eglise une multitude immense de saints, que personne ne peut compter (cf. Ap 7, 9). Une multitude immense: non seulement les saints et les bienheureux que nous fêtons au cours de l’année liturgique, mais également les saints anonymes, que Lui seul connaît. Des mères et des pères de famille qui, en se dévouant quotidiennement à leur enfants, ont contribué de façon efficace à la croissance de l’Eglise et à l’édification de la société; des prêtres, des soeurs et des laïcs qui, comme des cierges allumés devant l’autel du Seigneur, se sont con-sumés dans le service envers leur prochain qui avait besoin d’aide matérielle et spirituelle; des missionnaires, hommes et femmes, qui ont tout quitté pour apporter l’annonce évangélique dans toutes les parties du monde. Et la liste pourrait se poursuivre encore. 


2. Louange et action de grâces à Dieu, en particulier pour la plus sainte des créatures, Marie, aimée du Père, bénie à cause de Jésus, fruit de son sein, sanctifiée et devenue une créature nouvelle sous l’action de l’Esprit Saint. Modèle de sainteté pour avoir mis sa vie à la disposition du Très-Haut, Elle « brille déjà comme un signe d’espérance assurée et de consolation devant le Peuple de Dieu en pèlerinage » (Lumen gentium, n. 68).

C’est précisément aujourd’hui le cinquantième anniversaire de l’acte solennel à travers lequel mon vénéré prédécesseur le Pape Pie XII, sur cette même place, définit le dogme de l’Assomption de Marie au ciel, corps et âme. Louons le Seigneur pour avoir glorifié sa mère, en l’associant à sa victoire sur le péché et sur la mort.

Aujourd’hui, ont voulu s’unir de façon particulière à notre louange les fidèles de Pompéi, qui sont venus nombreux en pèlerinage, conduits par l’Archevêque-Prélat du Sanctuaire, Mgr Francesco Saverio Toppi, et accompagnés par le Maire de la ville. Leur présence rappelle que ce fut précisément le bienheureux Bartolomeo Longo, fondateur de la nouvelle Pompéi, qui commença, en 1900, le mouvement qui promut la définition du dogme de l’Assomption. 


3. La liturgie d’aujourd’hui parle entièrement de sainteté. Cependant, pour savoir quelle est la voie de la sainteté, nous devons monter avec les Apôtres sur le Mont des Béatitudes, nous approcher de Jésus et nous mettre à l’écoute des paroles de vie qui sortent de sa bouche. Aujourd’hui aussi, il répète pour nous:

Bienheureux ceux qui ont une âme de pauvres, car le Royaume des cieux est à eux! Le divin Maître proclame « bienheureux » et, nous pourrions dire, « canonise » tout d’abord ceux qui ont une âme de pauvres, c’est-à-dire ceux qui ont le coeur libre de tout préjugé et conditionnement, et qui sont donc totalement ouverts à la volonté divine. L’adhésion totale et confiante à Dieu suppose le dépouillement et un détachement cohérent de soi-même.

Bienheureux les affligés! C’est non seulement la béatitude de ceux qui souffrent pour les nombreuses difficultés liées à la condition humaine mortelle, mais également de ceux qui acceptent avec courage les souffrances dérivant de la profession sincère de la morale évangélique.
Bienheureux les coeurs purs! Ceux qui sont proclamés bienheureux sont ceux qui ne se contentent pas de pureté extérieure ou rituelle, mais qui recherchent la rectitude intérieure absolue qui exclut tout mensonge ou duplicité.

Bienheureux les affamés et assoiffés de la justice! La justice humaine est déjà un but très élevé, qui ennoblit l’âme de celui qui le poursuit, mais la pensée de Jésus va vers une justice plus grande encore qui se trouve dans la recherche de la volonté salvifique de Dieu: c’est surtout celui qui a faim et soif de cette justice qui est bienheureux. En effet, Jésus dit: « C’est en faisant la volonté de mon Père qu’on entrera dans le Royaume des cieux » (cf. Mt 7, 21).

Bienheureux les miséricordieux! Bienheureux sont ceux qui vainquent la dureté de coeur et l’indifférence, pour reconnaître de façon concrète la primauté de l’amour plein de compassion, à l’exemple du bon Samaritain et, en dernière analyse, du Père « riche de miséricorde » (Ep 2, 4).

Bienheureux les artisans de paix! La paix, synthèse des biens messianiques, est une tâche exigeante. Dans un monde qui présente de terribles antagonismes et tant d’obstacles, il faut promouvoir une coexistence fraternelle inspirée par l’amour et le partage, en surmontant les inimitiés et les oppositions. Bienheureux ceux qui s’engagent dans cette très noble entreprise! 


4. Les saints ont pris ces paroles de Jésus au sérieux. Ils ont cru que le « bonheur » leur serait donné du fait qu’ils les traduisaient dans leur existence. Et ils ont fait l’expérience de leur vérité en étant confrontés quotidiennement aux faits: malgré les épreuves, les périodes sombres, les difficultés, les échecs, ils ont goûté ici bas la joie profonde de la communion avec le Christ. En Lui, ils ont découvert, présent dans le temps, le germe initial de la gloire future du Royaume de Dieu.

C’est ce que découvrit en particulier la Très Sainte Vierge Marie, qui vécut une communion unique avec le Verbe incarné, en se confiant sans réserve à son dessein salvifique. C’est pourquoi il lui fut donné d’écouter, à l’avance par rapport au « discours sur la montagne », la béatitude qui résume toutes les autres: « Bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur » (Lc 1, 45). 


5. La profondeur de la foi de la Vierge dans la Parole de Dieu apparaît avec clarté dans le cantique du Magnificat: « Mon âme exalte le Seigneur / et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur / parce qu’il a jeté les yeux sur l’abaissement de sa servante » (Lc 1, 46-48).

A travers ce chant, Marie montre ce qui a constitué le fondement de sa sainteté: sa profonde humilité. On peut se demander en quoi consistait cette humilité. Le « trouble » suscité en Elle par le salut de l’Ange: « Réjouis-toi comblée de grâce, le Seigneur est avec toi » (Lc 1, 28), est très éloquent à ce propos. Face au mystère de la grâce, à l’expérience d’une présence particulière de Dieu qui a posé son regard sur elle, Marie éprouve une impulsion naturelle d’humilité (littéralement d’ »abaissement »). C’est la réaction d’une personne qui a une pleine conscience de sa petitesse face à la grandeur de Dieu. Marie contemple dans la vérité sa personne, les autres, le monde.

La question suivante ne fut-elle pas un acte d’humilité: « Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme! » (Lc 1, 34). Elle venait d’entendre qu’elle devait concevoir et donner le jour à un Enfant, qui aurait régné sur le trône de David en tant que Fils du Très-Haut. Elle ne comprit certainement pas pleinement le mystère de cette décision divine, mais elle comprit qu’elle signifiait un changement total dans la réalité de sa vie. Toutefois, elle ne demanda pas: En sera-t-il vraiment ainsi? Cela doit-il se produire? Elle dit simplement: Comment cela sera-t-il? Sans émettre de doutes ni de réserves, elle accepta l’intervention divine qui changeait son existence. Sa question exprimait l’humilité de la foi, la disponibilité à placer sa vie au service du mystère divin, tout en étant incapable de comprendre comment cela se serait produit.

Cette humilité de l’esprit, cette pleine soumission dans la foi s’exprima de façon particulière dans son « fiat »: « Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole! » (Lc 1, 38). Grâce à l’humilité de Marie put s’accomplir ce qu’Elle devait ensuite chanter dans le Magnificat: « Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse, / car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses / Saint est son nom » (Lc 1, 48-49).

A la profondeur de l’humilité correspond la grandeur du don. Le Tout-Puissant fit pour Elle de « grandes choses » (cf. Lc 1, 49) et Elle sut les accepter avec gratitude et les transmettre à toutes les générations de croyants. Voilà le chemin vers le ciel suivi par Marie, Mère du Sauveur, qui a précédé sur cette voie tous les saints et les bienheureux de l’Eglise. 


6. Bienheureuse es-tu, Marie, élevée au ciel corps et âme! Pie XII définit cette vérité « à la gloire de Dieu tout-puissant…, en l’honneur de son Fils, roi immortel des siècles et vainqueur du péché et de la mort, à la plus grande gloire de sa Mère, à la joie et réjouissance de toute l’Eglise » (Const. apos. Munificentissimus Deus, AAS 42 [1950], 770).

Et nous, nous exultons ô Marie élevée au ciel dans la contemplation de ta personne glorifiée et devenue, dans le Christ ressuscité, la collaboratrice de l’Esprit pour communiquer la vie divine aux hommes. En Toi, nous voyons l’objectif de la sainteté à laquelle Dieu appelle tous les membres de l’Eglise. Dans ta vie de foi, nous apercevons la claire indication du chemin vers la maturité spirituelle et la sainteté chrétienne.

Avec Toi et avec tous les saints, nous glorifions Dieu Trinité, qui soutient notre pèlerinage terrestre et vit et règne dans les siècles des siècles. Amen.

1...910111213