Archive pour la catégorie 'PAPE FRANÇOIS – hOMÉLIE DU JOUR'

PAPE FRANÇOIS – DOUBLE CONFESSION

1 octobre, 2015

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2015/documents/papa-francesco-cotidie_20150903_double-confession.html

PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Jeudi 3 septembre 2015

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 37 du 10 septembre 2015)

DOUBLE CONFESSION

Seul qui est humble et sait reconnaître sa condition de pécheur est capable de laisser véritablement le Seigneur venir à sa rencontre. Les caractéristiques de la rencontre personnelle avec Jésus ont été au centre de la réflexion du Pape François. Dans son homélie, il est parti de l’Évangile du jour, celui de Luc (5, 1-11), dans lequel Pierre est invité à jeter les filets malgré une nuit de pêche infructueuse. Avant tout, Jésus allait sur les routes, « il passait la plupart de son temps sur les routes, avec les gens ; puis, en fin de soirée, il s’en allait seul pour prier ». Donc, il « rencontrait les gens », ils les cherchaient. Mais les gens, s’est demandé le Pape, comment rencontraient-ils Jésus ? Essentiellement de « deux manières ». L’une est précisément celle que l’on retrouve chez Pierre et qui est également la même « qu’avait le peuple ». Pierre, les apôtres, le peuple, manifestent « un sentiment d’émerveillement » et disent : « Mais, celui-ci parle avec autorité ». Au contraire, dans les Évangiles, on lit qu’il y avait « un autre groupe de personnes qui rencontrait Jésus » mais qui « ne laissaient pas l’émerveillement entrer dans leur cœur ». Ce sont les docteurs de la loi, qui écoutaient Jésus et faisaient leurs calculs : « Il est intelligent, c’est un homme qui dit la vérité, mais ces choses ne nous conviennent pas ». Concrètement, ils « prenaient leurs distances ». Il y avait ensuite aussi d’autres personnes « qui écoutaient Jésus », et c’étaient les « démons », comme cela ressort également du passage évangélique de la liturgie du mercredi 2 septembre, où il est écrit que Jésus « imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait, et même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant : “C’est toi le Fils de Dieu !” ». « Tant les démons, tant les docteurs de la loi, que les méchants pharisiens n’avaient pas la capacité de l’émerveillement, ils étaient enfermés dans leur suffisance, dans leur orgueil ». Au contraire, le peuple et Pierre avaient de l’émerveillement. « Quelle est la différence ? ». De fait, a-t-il expliqué, Pierre « confesse » ce que confessent les démons. « Quand Jésus, à Césarée de Philippe, demande : “Qui suis-je ?” », il répond : « Tu es le fils de Dieu, tu es le Messie ». Mais Pierre ajoute « une autre chose que ne disent pas les démons ». C’est-à-dire qu’il parle de lui-même et dit : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, parce que je suis pécheur ». Ni les pharisiens, ni les docteurs de la loi, ni les démons « ne peuvent dire cela », ils n’y parviennent pas. « Les démons arrivent à dire la vérité sur lui, mais sur eux ils ne disent rien », parce que « leur orgueil est si grand que cela les empêche de le dire ». D’où l’enseignement valable pour chacun : « L’incapacité de se reconnaître pécheurs nous éloigne de la véritable confession de Jésus Christ ». C’est précisément cela « la différence ». Le Pape a alors tourné son regard vers la réalité actuelle : « Dans nos paroisses également, dans nos sociétés, même parmi les personnes consacrées : combien de personnes sont capables de dire que Jésus est le Seigneur ? Beaucoup! ». Mais il est difficile d’entendre « dire sincèrement : “Je suis un pécheur, je suis une pécheresse” ». Probablement, « il est plus facile de le dire des autres, lorsque l’on bavarde » et que l’on montre du doigt : « Celui-ci, celui-là, cela oui… ». En cela, a souligné François, « nous sommes tous docteurs ». En revanche, « pour parvenir à une véritable rencontre avec Jésus, une double confession est nécessaire : “Tu es le Fils de Dieu, et moi je suis un pécheur” ». Mais pas « en théorie » : nous devons être honnêtes avec nous-mêmes et capables d’identifier nos erreurs et d’admettre : je suis pécheur « pour cela, pour cela, pour cela, et pour cela… ». À la lumière de tout cela, le Pape François a émis un vœu final : « Que le Seigneur nous donne la grâce de le rencontrer mais aussi de le laisser venir à notre rencontre ». La grâce, « si belle », de « l’émerveillement de la rencontre », mais aussi « la grâce d’avoir la double confession dans notre vie : “Je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu vivant. Je crois et je suis un pécheur” ».

PAPE FRANÇOIS – COMME DES ENFANTS DEVANT UN CADEAU

3 septembre, 2015

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2014/documents/papa-francesco-cotidie_20140520.html

(dédié à l’enfant mort sur une plage en Turquie, je n’ai pas le courage de mettre la photo)

PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 20 mai 2014

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 24 du 12 juin 2014)

COMME DES ENFANTS DEVANT UN CADEAU

La paix véritable est une personne: l’Esprit Saint. Et «c’est un don de Dieu» à accueillir et à conserver, précisément comme le fait «un enfant quand il reçoit un cadeau». Mais attention aux différentes «paix» que le monde offre, en proposant les fausses sécurités de l’argent, du pouvoir et de la vanité: ce ne sont que des «paix» apparentes et pas sûres. Et c’est précisément pour vivre la paix véritable que le Pape François a suggéré plusieurs conseils pratiques. Le point de départ de sa méditation a été les paroles du discours de congé de Jésus à ses disciples, telles qu’elles sont rapportées par Jean dans l’Evangile (14, 27-31): «Je vous laisse ma paix, c’est ma paix que je vous donne». Un type de paix qu’offre le monde, par exemple, est «la paix des richesses», qui conduit à penser: «Moi je suis en paix parce que j’ai tout arrangé, j’ai de quoi vivre pendant toute ma vie, je ne dois pas m’inquiéter!». Mais «ce n’est pas une paix définitive que celle que te donne l’argent». Du reste, n’oublions pas «que le métal rouille». Et il suffit «que la bourse s’effondre et tout ton argent disparaîtra», a-t-il encore dit pour souligner que la paix de l’argent «n’est pas une paix sûre» mais seulement «une paix superficielle et temporelle». Une autre paix que donne le monde «est celle du pouvoir». Et ainsi on arrive à penser: «J’ai du pouvoir, je suis sûr de moi, je commande cela, je suis respecté: je suis en paix». Mais «la paix du pouvoir ne fonctionne pas: un coup d’Etat te l’enlève immédiatement!». Un troisième type de paix «que donne le monde» est celle de la «vanité», qui fait dire à soi-même: «Je suis une personne estimée, j’ai beaucoup de valeur, je suis une personne que tout le monde respecte et quand je vais dans les réceptions chacun me salue». Mais celle-là non plus «n’est pas une paix définitive, car aujourd’hui tu es estimé et demain tu seras insulté!». Pour comprendre en revanche quelle est la paix authentique, il faut revenir aux paroles de Jésus: «Je vous laisse ma paix, c’est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne». Quelle est donc alors la paix que nous donne Jésus? «C’est une personne, c’est l’Esprit Saint». Devant ce grand don, quel est «notre travail»? Nous devons «conserver cette paix». Et «comment reçoit-on cette paix de l’Esprit Saint?». Deux réponses: tout d’abord «en recevant le baptême, parce que l’Esprit Saint vient, et également lors de la confirmation, parce que l’Esprit Saint vient». Et «celle-ci est la paix de l’Esprit Saint». C’est à nous «de le conserver, de ne pas l’emprisonner, de l’entendre, de lui demander de l’aide: il est en nous». Pour vérifier quelle paix nous vivons «nous pouvons nous poser quelques questions: Est-ce que je crois que l’Esprit Saint est en moi? Est-ce que je crois que le Seigneur me l’a donné? Est-ce que je le reçois comme un cadeau, comme un enfant reçoit un cadeau, avec le cœur ouvert? Est-ce que je sais conserver l’Esprit Saint qui est en moi et ne pas l’attrister?».

 

PAPE FRANÇOIS – TROIS STYLES DE VIE

24 juillet, 2015

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2015/documents/papa-francesco-cotidie_20150529_trois-styles-de-vie.html

PAPE FRANÇOIS – TROIS STYLES DE VIE

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Vendredi 29 mai 2015

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 25 du 18 juin 2015)

« Trois façons de vivre la vie ». Le Pape François les a indiquées en s’inspirant de l’extrait liturgique de l’Évangile de Marc (11, 11-25) qui propose justement trois attitudes liées à ces figures: celle « du figuier », celle des « affairistes du temple » et celle « de l’homme de foi ». Le figuier « représente la stérilité, c’est-à-dire une vie stérile, incapable de donner quoi que ce soit ». C’est-à-dire une vie qui ne porte pas de fruits, « incapable de faire le bien », car ce type d’homme « vit pour lui-même, tranquille, égoïste », il ne veut pas de « problèmes ». Dans l’extrait évangélique, Jésus maudit le figuier car il est stérile, « car il n’y a pas mis du sien pour donner des fruits », devenant ainsi le symbole de la « personne qui ne fait rien pour aider, qui vit uniquement pour lui-même, afin qu’il ne manque de rien ». Il y a ensuite une deuxième « façon de vivre la vie », et c’est celle « des exploiteurs, des affairistes dans le temple ». Ceux qui « exploitent également le lieu sacré de Dieu pour réaliser des affaires: ils échangent de l’argent, vendent les animaux pour le sacrifice, ils ont même parmi eux un syndicat pour se défendre. Cela était non seulement toléré, mais aussi permis par les prêtres du temple ». Pour mieux faire comprendre son propos, le Souverain Pontife a rappelé une autre scène, « très laide », racontée dans la Bible, qui décrit « ceux qui font de la religion une affaire » : c’est l’histoire du prêtre dont les enfants incitaient les gens à faire des offrandes et ils gagnaient beaucoup, même de la part des pauvres ». À leur égard, « Jésus ne mâche pas ses mots » et dit aux marchants du temple : « Ma maison sera appelée maison de prière, mais vous en avez fait une caverne de voleurs ! ». Un passage dur, sur lequel le Pape s’est arrêté : Les gens « se rendaient en pèlerinage là-bas pour demander la bénédiction du Seigneur, faire un sacrifice » mais là-bas « ces personnes étaient exploitées ». Les prêtres « n’enseignaient pas à prier, ils ne leur donnaient pas la catéchèse… C’était une caverne de voleurs ». Il leur importait peu qu’il s’agisse d’une vraie dévotion ou non. Il y a enfin la troisième typologie, et c’est celle que « conseille Jésus, à savoir la vie de la foi ». Pour la décrire, le Souverain Pontife a repris la lecture de l’Évangile de Marc et a rappelé le moment où les disciples virent le figuier desséché jusqu’à la racine « parce que Jésus l’avait maudit », Pierre lui dit : « Rabbi, regarde : le figuier que tu as maudit est desséché ! ». Et Jésus, se saisissant de l’occasion pour indiquer le bon « mode de vie » lui répondit : « Ayez foi en Dieu. Si quelqu’un dit à cette montagne : “Soulève-toi et jette-toi dans la mer”, et s’il n’hésite pas dans son cœur, mais croit que ce qu’il dit va arriver, cela lui sera accordé. Tout ce que vous demanderez par la prière, ayez foi et cela arrivera ». Par conséquent « il se passera exactement ce que nous demandons dans la foi: c’est « le mode de vie de la foi ». Certains pourraient demander : « Père, que dois-je faire pour cela ? ». Pour François, la réponse est simple : « Demande au Seigneur qu’il t’aide à faire de bonnes choses, mais avec la foi ». C’est simple, mais à « une seule condition », dictée par Jésus lui-même : « quand vous vous mettez à prier, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez. C’est l’unique condition pour que votre Père qui est aux cieux vous pardonne aussi vos fautes ». Vivre, ainsi, « la foi pour aider les autres, pour se rapprocher de Dieu », la foi « qui fait des miracles », tel est le troisième mode de vie suggéré. Le Souverain Pontife a pour cela résumé les trois voies possibles qui se présentent au chrétien : la première est celle de la « personne stérile » qui ne désire pas « donner des fruits dans la vie » et mène « une vie pratique, tranquille, sans problèmes et s’en va » : le mode de vie de celui qui ne se préoccupe pas de faire le bien. Il y a ensuite ceux « qui exploitent les autres, même dans la maison de Dieu, les exploiteurs, les affairistes du temple », ceux que Jésus « chasse » avec le fouet. Enfin, le mode de vie de celui qui a « confiance en Dieu » et sait que ce qui est demandé au Seigneur avec foi, « aura lieu ». En concluant, le Pape a invité tout le monde à demander au Seigneur — « dans le sacrifice de l’Eucharistie » — qu’il enseigne « à chacun d’entre nous, à l’Église », à ne jamais sombrer « dans la stérilité et dans l’affairisme ».

 

PAPE FRANÇOIS: UNE PORTE OUVERTE

5 mai, 2015

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2015/documents/papa-francesco-cotidie_20150310_porte-ouverte.html

PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 10 mars 2015

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 11 du 12 mars 2015)

UNE PORTE OUVERTE

« Demander pardon n’est pas simplement présenter ses excuses ». Ce n’est pas facile, de même qu’il « n’est pas facile de recevoir le pardon de Dieu : non pas parce qu’il ne veut pas nous le donner, mais parce que nous fermons la porte en ne pardonnant pas » les autres. Un élément supplémentaire a été ajouté à la réflexion sur le chemin pénitentiel qui caractérise le carême : le thème du pardon. La réflexion est partie du passage de la première lecture, tirée du Livre du prophète Daniel (3, 25.34-43), dans lequel on lit que le prophète Azaria « était dans l’épreuve et rappela l’épreuve de son peuple, qui était esclave ». Mais le peuple « n’était pas esclave par hasard : il était esclave parce qu’il avait abandonné la loi du Seigneur, parce qu’il avait péché ». Azaria ne dit pas au Seigneur : « Excuse-moi, nous nous sommes trompés ». En effet, « demander pardon est une autre chose, c’est autre chose que de présenter ses excuses ». Il s’agit de deux attitudes différentes : la première se limite à la présentation d’excuses, la deuxième implique de reconnaître avoir péché. Le péché, en effet, « n’est pas une simple erreur. Le péché est idolâtrie », c’est adorer les « nombreuses idoles que nous avons » : l’orgueil, la vanité, l’argent, le « moi-même », le bien-être. Voilà pourquoi Azaria ne présente pas simplement ses excuses, mais « demande pardon ». Le passage liturgique de l’Évangile de Matthieu (18, 21-35) a donc conduit à affronter l’autre face du pardon: du pardon demandé à Dieu au pardon donné à nos frères. Dans tous les cas, « rares sont les moments où l’on demande pardon ». Mais dans le passage proposé par la liturgie, Pierre demande au Seigneur quelle doit être la mesure de notre pardon : « Sept fois, seulement ? ». À l’apôtre « Jésus répond par un jeu de mots qui signifie “toujours” : soixante-dix fois sept, c’est-à-dire, tu dois pardonner toujours ». Ici, on parle de « pardonner », pas simplement de s’excuser pour une erreur commise : pardonner « à celui qui m’a offensé, qui m’a fait du mal, à celui qui par sa malveillance a blessé ma vie, mon cœur ». Voilà alors ma question pour chacun de nous : « Quelle est la mesure de mon pardon ? ». « Si je ne suis pas capable de pardonner, je ne suis pas capable de demander pardon ». C’est pourquoi « Jésus nous enseigne à prier ainsi, le Père : “Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés” ». Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? On peut imaginer le dialogue suivant avec un pénitent : « Mais, père, je me confesse, je vais me confesser… — Et que fais-tu avant de te confesser ? Eh bien, je pense aux mauvaises choses que j’ai faites — C’est bien — Puis je demande pardon au Seigneur et je promets de ne plus en faire…. — Bien. Et après, tu vas voir le prêtre ? ». Mais avant « il te manque une chose: tu as pardonné à ceux qui t’ont fait du mal ? ». Si la prière qui nous a été suggérée est « Pardonne-nous nos offenses comme nous les pardonnons aux autres », nous savons que « le pardon que Dieu te donnera » exige « le pardon que tu donnes aux autres ». En conclusion, on peut résumer ainsi la méditation : avant tout, « demander pardon n’est pas simplement présenter ses excuses », mais « c’est être conscients du péché, de l’idolâtrie que j’ai faite, des nombreuses idolâtries » ; dans un deuxième temps, « Dieu pardonne toujours, toujours », mais demande aussi que je le pardonne, parce que « si je ne pardonne pas », dans un certain sens, c’est comme si je fermais « la porte au pardon de Dieu ». Une porte que nous devons en revanche maintenir ouverte: laissons entrer le pardon de Dieu afin que nous puissions pardonner les autres.

PAPE FRANÇOIS: N’AYONS PAS PEUR DE LA JOIE (Sanctae Marthae, 2014)

4 avril, 2015

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2014/documents/papa-francesco-cotidie_20140424.html

PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Jeudi 24 avril 2014

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 20 du 15 mai 2014)

N’AYONS PAS PEUR DE LA JOIE

Il y a beaucoup de chrétiens qui ont « peur de la joie ». Des chrétiens « chauves-souris », comme les a qualifiés « avec un peu d’humour » le Pape François, qui ont toujours des « têtes d’enterrement » et se déplacent dans l’ombre au lieu de viser « à la lumière de la présence du Seigneur ». Le fil conducteur de la méditation proposée par le Pape a été justement le contraste des sentiments éprouvés par les apôtres après la résurrection du Seigneur : d’un côté, la joie de le penser ressuscité et, de l’autre, la peur de le voir à nouveau au milieu d’eux, d’entrer en contact réel avec le mystère. « Il y a un mot dans ce passage de l’Évangile (Luc 24, 35-48) qui nous explique bien ce qui s’était passé à ce moment-là ». En substance, les disciples « préféraient penser que Jésus était une idée, un fantôme, mais pas la réalité ». Et « tout le travail de Jésus était de faire comprendre qu’il était réalité : “Donnez-moi à manger, touchez-moi, c’est moi ! Un fantôme n’a pas de chair, n’a pas de corps, c’est moi !” ». En outre, « nous pensons que cela advient après que certains d’entre eux l’avaient vu pendant la journée : ils étaient sûrs qu’il était vivant. Que s’est-il passé ensuite, on ne sait pas… ». Le passage évangélique suggère, que « la peur de la joie est une maladie du chrétien ». Nous aussi « nous avons peur de la joie » et nous disons à nous-mêmes qu’« il vaut mieux penser : oui, Dieu existe, mais il est là-bas, Jésus est ressuscité, il est là-bas ! ». Comme pour dire : gardons « un peu de distance ». Et ainsi « nous avons peur de la proximité de Jésus, parce que cela nous donne de la joie ». Cette attitude explique aussi pourquoi il y a « tant de chrétiens d’enterrement », dont « la vie semble un enterrement continuel ». Des chrétiens qui « préfèrent la tristesse et non la joie ; ils se meuvent mieux non pas dans la lumière de la joie, mais dans les ombres ». Tout comme « ces animaux qui ne réussissent à sortir que la nuit mais qui à la lumière du jour ne voient rien. Comme les chauves-souris ! Et avec un peu de sens de l’humour, nous pouvons dire qu’il y a des “chrétiens chauves-souris”, qui préfèrent les ombres à la lumière de la présence du Seigneur ». « Nous avons peur de la joie et Jésus, avec sa résurrection, nous donne la joie : la joie d’être chrétien, la joie de le suivre de près, la joie d’aller sur les routes des béatitudes, la joie d’être avec lui ». C’est pourquoi il faut surmonter « la peur de la joie » et penser à combien de fois « nous ne sommes pas joyeux parce que nous avons peur ». Comme les disciples « avaient été battus par le mystère de la croix ». D’où leur peur. « Et là d’où je viens, il y a un proverbe qui dit : celui qui se brûle avec du lait bouillant, pleure quand il voit une vache ». Et ainsi, les disciples, « brûlés par le drame de la croix, ont dit : non, arrêtons-nous ici! Lui est au ciel, ça va très bien, il est ressuscité, mais qu’il ne vienne pas une autre fois ici parce que nous n’y arrivons pas ! ». Le Pape François a conclu sa méditation en invoquant le Seigneur afin qu’il « fasse avec nous tous ce qu’il a fait avec les disciples qui avaient peur de la joie: ouvrir notre esprit ». Et « qu’il nous fasse comprendre qu’il est une réalité vivante, qu’il a un corps, qu’il est avec nous et qu’il nous accompagne, qu’il a gagné : demandons au Seigneur la grâce de n’avoir pas peur de la joie ». 

PAPE FRANÇOIS: LA DOUCEUR, UNE VERTU UN PEU OUBLIÉE

19 février, 2015

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2013/documents/papa-francesco-cotidie_20130409.html

PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 9 avril 2013

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 16 du 18 avril 2013)

LA DOUCEUR, UNE VERTU UN PEU OUBLIÉE

« La tentation de commérer à propos des autres et de mal parler d’eux est toujours aux aguets. En famille aussi, entre amis et dans la paroisse, où les dames du catéchisme se chamaillent avec celles de la Caritas ». Ce sont des « tentations quotidiennes » — « ennemies de la douceur » et de l’unité entre les personnes et au sein de la communauté chrétienne — « qui arrivent à tous, même à moi ».

C’est précisément contre cette attitude que le Pape François a mis en garde au cours de la célébration de la Messe du mardi 9 avril, dans la chapelle de la Domus Sanctae Marthae. Le Pape a indiqué la voie de la douceur évangélique pour laisser à l’Esprit la possibilité d’œuvrer et de nous régénérer à une « vie nouvelle », faite d’unité et d’amour. « Demandons la grâce », a-t-il dit, de « ne juger personne » et d’apprendre à « ne pas commérer » sur le dos des autres— ce serait « vraiment un grand pas en avant » — en nous efforçant de « faire preuve de charité les uns envers les autres », « de respect » et en laissant avec douceur « la place à l’autre ». « Dans la prière au début de la Messe — a dit le Pape dans son homélie— nous avons demandé au Seigneur que, par la force de Jésus ressuscité, il manifeste au monde la plénitude de la vie nouvelle. Après la résurrection de Jésus, commence une vie nouvelle ! C’est ce que Jésus a dit à Nicodème. Il dut “naître d’en haut”, commencer». Nicodème — a expliqué le Pape François en référence au passage évangélique de saint Jean (3, 7-15) — « est un érudit. Un peu auparavant, dans l’Évangile, il avait répondu à Jésus : mais comment un homme peut-il naître à nouveau, retourner dans le sein de sa mère et naître à nouveau ? Jésus parlait d’une autre dimension : “naître d’en haut”, naître de l’Esprit. C’est une nouvelle naissance, c’est la vie nouvelle, la puissance, la beauté de la vie nouvelle que nous avons demandée dans la prière. C’est la vie nouvelle que nous avons reçue dans le baptême, mais qui doit se développer ». « La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme. Une seule âme, un seul cœur : l’unité, cette unité, cette unanimité, cette harmonie des sentiments dans l’amour, l’amour réciproque. Penser que “les autres sont meilleurs que moi” : c’est beau, non ? ». « Mais la réalité nous dit qu’après le baptême, cela ne vient pas automatiquement. C’est un travail à faire sur le chemin de la vie, c’est un travail à faire par l’Esprit en nous et c’est une fidélité à l’Esprit de notre part ». Et « cette douceur dans la communauté est une vertu un peu oubliée. Être doux, laisser la place à l’autre. Il y a tant d’ennemis de la douceur, à commencer par les commérages, n’est-ce pas ? Lorsque l’on préfère commérer, commérer sur l’autre, dire du mal de l’autre. Ce sont des choses quotidiennes qui arrivent à tous, même à moi ». « Ce sont des tentations du malin — a-t-il ensuite poursuivi — qui ne veut pas que l’Esprit vienne à nous et fasse cette paix, cette douceur dans les communautés chrétiennes. Nous allons à la paroisse, et les dames du catéchisme se chamaillent avec celles de la Caritas ». Et « il y a toujours ces conflits. Même en famille ou dans le quartier. Et même entre amis. Et cela, ce n’est pas la vie nouvelle. Lorsque vient l’Esprit et qu’il nous fait naître à une vie nouvelle, il nous rend doux, charitables. Il ne faut juger personne : l’unique Juge est le Seigneur ». Voilà alors la suggestion de « ne rien dire. Et si je dois dire quelque chose, je lui dis à lui, à elle : mais pas à tout le quartier. Seulement à celui qui peut résoudre la situation ». « Cela — a conclu le Pape François — n’est qu’un petit pas dans la vie nouvelle, mais c’est un pas quotidien ».

 

PAPE FRANÇOIS – INSTRUCTIONS POUR LES MOMENTS SOMBRES

10 février, 2015

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2014/documents/papa-francesco-cotidie_20140203.html

PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Lundi 3 février 2014

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 8 du 20 février 2014)

INSTRUCTIONS POUR LES MOMENTS SOMBRES

Dans les moments difficiles de la vie il ne faut pas « négocier Dieu » en utilisant les autres pour se sauver soi-même : l’attitude juste est de faire pénitence, en reconnaissant ses péchés et en s’en remettant au Seigneur, sans céder à la tentation de « se faire justice de ses propres mains ». Le Pape François a reproposé le témoignage du roi David, « saint et pécheur », au « moment sombre » de la fuite de Jérusalem à cause de la trahison de son fils Absalon. Au terme de la célébration, le jour de la mémoire liturgique de Saint Blaise, deux prêtres ont donné au Pape puis à toutes les personnes présentes la traditionnelle bénédiction avec deux cierges posés sur la gorge en forme de croix. Pour sa méditation, le Pape s’est appuyé sur la première lecture, tirée du second livre de Samuel (15, 13-14.30 ; 16, 5-13a). « Nous avons entendu — a-t-il dit — l’histoire de ce moment si triste de David, quand il a dû fuir parce que son fils l’a trahi ». « Dans les mauvais moments de la vie — a noté le Pape — il arrive que, peut-être, dans le désespoir on cherche à se défendre comme l’on peut », même « en utilisant Dieu et les personnes ». En revanche, David nous montre que sa « première attitude » est précisément « celle ne pas utiliser Dieu et son peuple ». La seconde est une « attitude pénitentielle », que David assume tandis qu’il fuit de Jérusalem. On lit dans le passage du livre de Samuel : « Il gravissait en pleurant » la montagne « et il marchait la tête voilée et les pieds nus ». Mais, a commenté le Pape, « pensez à ce que signifie gravir la montagne pieds nus ». Il s’agit d’« un chemin pénitentiel ». Peut-être, a poursuivi le Pape, David, à ce moment-là, « dans son cœur » pensait à « toutes les mauvaises choses » et aux « nombreux péchés qu’il avait commis ». Et probablement se disait-il à lui-même : « Mais moi je ne suis pas innocent ! Il n’est pas juste que mon fils me fasse cela, mais moi je ne suis pas saint ! ». Avec cet esprit, David « choisit la pénitence : il pleure, il fait pénitence ». Et cette montagne qu’il gravit, a encore souligné le Pape, « nous fait penser à la montée de Jésus. Lui aussi, dans la douleur et les pieds nus, avec sa croix, gravissait la montagne ». David vit donc une « attitude pénitentielle ». Quand, en revanche, a dit le Pape, « il nous arrive une chose de ce genre dans notre vie, nous cherchons toujours — c’est un instinct que nous avons — de nous justifier ». Au contraire, « David ne se justifie pas. Il est réaliste. Il essaie de sauver l’arche de Dieu, son peuple. Et il fait pénitence » en gravissant la montagne. Le long de son chemin pénitentiel, le roi rencontre un homme du nom de Shiméï, qui « lançait des pierres » contre lui et contre ceux qui l’accompagnaient. C’est « un ennemi » qui maudissait et « proférait des insultes » contre David. Ainsi Abishaï, « un des amis de David » propose-t-il au Roi de le capturer et de le tuer : « Celui-ci est un chien crevé » lui-dit avec le langage de son temps et pour souligner combien Shiméï était « une personne mauvaise ». Mais David l’en empêche et « au lieu de choisir la vengeance contre tant d’insultes, il choisit de s’en remettre à Dieu ». On lit en effet dans le texte biblique : « Voyez : le fils qui est sorti de mes entrailles en veut à ma vie. À plus forte raison maintenant ce Benjaminite — ce Shiméï ! Laissez-le maudire, si le Seigneur le lui a commandé. Peut-être le Seigneur considérera-t-il ma misère et me rendra-t-il le bien au lieu de sa malédiction d’aujourd’hui ». Voici la troisième attitude : David « s’en remet au Seigneur ». Justement « ces trois attitudes de David dans le moment d’obscurité, au moment de l’épreuve, peuvent tous nous aider » lorsque nous nous trouvons dans des situations difficiles. Il ne faut pas « négocier notre appartenance ». 

PAPE FRANCOIS: UNE BELLE LUTTE

3 novembre, 2014

http://w2.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2014/documents/papa-francesco-cotidie_20141030_una-lotta-bellissima.html

(Google traduction de l’italien)

PAPE FRANCOIS

MEDITATION DU MATIN dans la chapelle de Résidence Sainte-Marthe

UNE BELLE LUTTE

Thursday, 30 Octobre, 2014

(De: L’Osservatore Romano .., éd jour, année CLIV, 249, Ven 31/10/2014)

La vie chrétienne est « une milice » et qu’il faut « force et courage » à « résister » aux tentations du diable et « annoncer » la vérité. Mais cette « lutte est belle», car «quand Dieu gagne à chaque étape de notre vie, nous donne de la joie, un grand bonheur. » En réfléchissant sur les paroles de Paul dans sa lettre aux Ephésiens (6: 10-20) et le «langage militaire » utilisée par lui, Francis pape, la messe célébrée à Santa Marta Thursday, Octobre 30, a parlé de ce que les théologiens ont défini  » combat spirituel: pour avancer dans la vie spirituelle que vous avez à battre. « 
Nous avons besoin de «force et courage», a déclaré le pape, tout d’abord, parce qu’il est pas un « simple rencontre » mais une « bataille continue » contre le « prince des ténèbres ». Il est de ce débat houleux, le Pape a dit, qui a été appelé depuis le catéchisme, dans lequel « nous avons appris que les ennemis de la vie chrétienne sont trois: le diable, le monde et la chair. » Ceci est la lutte quotidienne contre la «mondanité» et contre «l’envie, la luxure, la gourmandise, l’orgueil, l’orgueil, la jalousie,« toutes les passions »que sont les blessures du péché originel. »
Certains pourraient alors se demander: «Mais le salut que Jésus nous donne est libre? ». Oui, répondit Francis, « mais vous devez le défendre. » Et, comme Paul écrit, pour ce faire, nous devons «revêtir l’armure de Dieu», car «vous ne pouvez pas penser à une vie spirituelle, une vie chrétienne » sans « résister à la tentation, sans une lutte contre le diable. »
Et à penser – il a trouvé Francis – « . Que le diable était un mythe, une image, une idée, l’idée du mal» qui nous voulait croire Au lieu de cela, « le diable existe et nous devons le combattre. » Le Saint Paul nous le rappelle, «la parole de Dieu dit, » mais il semble que «nous ne sommes pas convaincus » de cette réalité.
Mais, comme il est cette «armure de Dieu»? Un peu sur lui pour fournir l’Apôtre: «Tenez bon, donc, soyez endurants, autour de sa taille la vérité. » Donc, vous devez d’abord la vérité, parce que «le diable est un menteur, est le père de menteurs »; Puis Paul continue, porter « la cuirasse de la justice »: en fait, dit l’évêque de Rome, « on ne peut pas être chrétien sans travailler continuellement pour être juste. »
Et encore: «Les pieds, chaussés et prêts à répandre l’Evangile de la paix. » En effet, «le chrétien est un homme ou une femme de paix » et ne pas avoir la « paix dans nos cœurs:« Il ya quelque chose de mal en lui: il est la paix que « vous donne la force de se battre. »
Enfin, nous lisons dans la Lettre aux Ephésiens: « Tenez toujours le bouclier de la foi. » Sur ce détail porté le Pape: «Une chose qui aiderait serait trop demander: Comment est ma foi? Je crois ou ne crois pas? Ou je suppose un peu oui et un peu non? Je suis un peu banal et un peu croyant? « . Quand nous récitons le Credo, nous ne le faisons que les «mots»? Nous sommes conscients, a demandé à François, que «sans la foi, vous ne pouvez pas aller de l’avant, vous ne pouvez pas défendre le salut de Jésus? ».
Se référant à l’évangile de Jean, chapitre neuf, quand Jésus guérit le garçon ne voulait pas croire que les Pharisiens étaient aveugles, le Pape a souligné que Jésus n’a pas demandé au garçon, «Êtes-vous heureux? Êtes-vous heureux? Avez-vous vu que je suis bon? », Mais« Est-ce que vous croyez au Fils de l’Homme? Vous avez la foi? « . Et il est même question que répond « à nous tous les jours. » Une question incontournable car «si notre foi est faible, le diable va nous vaincre. »
Le bouclier de la foi est non seulement «nous défendre, mais nous donne aussi la vie. » Et avec cela, dit Paul, nous pouvons «éteindre tous les traits enflammés du malin. » Le diable en fait « pas jeter sur nous des fleurs », mais « flèches enflammées, poison, pour tuer. »
L’armure du chrétien, a poursuivi le pape, est également composé de  » casque du salut »,« l’épée de l’Esprit »et la prière. Le Saint Paul nous rappelle: «en tout temps, je vous prie. » Et il a réitéré le Pape: « Priez, priez. » Vous ne pouvez pas, en effet, « de poursuivre une vie chrétienne sans surveillance. »
Ceci est la raison pour laquelle la vie chrétienne peut être considéré comme une «milice». Mais il est dit le pape, «un beau combat », car il nous donne «la joie que le Seigneur nous a gagné avec son gratuité du salut. » Pourtant, dit-il, nous sommes tous «un peu« paresseux »et« nous laisser poursuivre passions, de toutes les tentations « . Mais même si « nous sommes des pécheurs, » nous ne devons pas perdre cœur », parce que le Seigneur est avec nous, qui nous a tout donné, » et nous « gagner encore cette petite étape aujourd’hui,« notre combat quotidien avec la «grâce de force, le courage, la prière, et de regarder la joie. « 

 

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS – 3 DÉCEMBRE 2013

3 décembre, 2013

http://www.zenit.org/fr/articles/le-plus-beau-des-cadeaux-c-est-de-rencontrer-jesus

ROME, 3 DÉCEMBRE 2013 (ZENIT.ORG) PAPE FRANÇOIS

« La vie est une marche pour rencontrer Jésus » et personne n’en est exclu, même les pécheurs, car « le plus beau des cadeaux c’est la rencontre avec Jésus », souligne le pape François. L’évêque de Rome s’est rendu en visite pastorale à la paroisse Saint-Cyrille d’Alexandrie, dans le secteur Est du diocèse de Rome, pour le premier dimanche de l’Avent, 1er décembre 2013. Après avoir rencontré des malades et divers groupes de la paroisse, le pape a célébré la messe, au cours de laquelle il a administré le sacrement de confirmation à neuf jeunes garçons (cf. Zenit du 1er décembre 2013).

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Dans la première lecture, nous avons entendu que le prophète Isaïe nous parle d’une marche, et dit qu’à la fin de cette marche, la montagne du Temple du Seigneur sera placée à la tête des montagnes. Et cela, pour nous dire que notre vie est une marche : nous devons passer par cette marche pour arriver  à la montagne du Seigneur, à la rencontre avec Jésus. La chose la plus importante qui puisse arriver à une personne est de rencontrer Jésus : cette rencontre avec Jésus qui nous aime, qui nous a sauvés, qui a donné sa vie pour nous. Rencontrer Jésus. Et nous marchons pour rencontrer Jésus. Nous pouvons nous demander : Mais quand est-ce que je rencontre Jésus ? Seulement à la fin ? Non, non ! Nous le rencontrons tous les jours. Mais comment ? Dans la prière, quand vous priez vous rencontrez Jésus. Quand vous faites la communion, vous rencontrez Jésus, dans les sacrements. Quand vous amenez votre enfant pour le faire baptiser, vous rencontrez Jésus, vous trouvez Jésus. Et vous, aujourd’hui, vous qui recevez la Confirmation, vous rencontrerez vous aussi Jésus ; et puis vous le rencontrerez dans la Communion. «  Et ensuite, Père, après la Confirmation, adieu ! », car ils disent que la Confirmation s’appelle « le sacrement de l’adieu ». C’est vrai ou pas ? Après la Confirmation on ne va jamais à l’église : c’est vrai ou pas ?… C’est comme ça… ! Mais après la Confirmation, toute la vie est une rencontre avec Jésus : dans la prière, quand nous allons à la messe, et quand nous faisons de bonnes actions, quand nous visitons les malades, quand nous aidons un pauvre, quand nous pensons aux autres, quand nous ne sommes pas égoïstes, quand nous sommes aimables … dans toutes ces choses nous rencontrons toujours Jésus. Et le chemin de la vie c’est précisément cela : marcher pour rencontrer Jésus. Et aujourd’hui, pour moi aussi cela est une joie de venir vous trouver, car tous ensemble, aujourd’hui, lors de la messe nous rencontrerons Jésus, et faisons un bout de chemin ensemble. Rappelez-vous : la vie est une marche. C’est une marche. Une marche pour rencontrer Jésus. A la fin, et toujours. Une marche où nous ne rencontrons pas Jésus n’est pas un cheminement chrétien. Le propre du chrétien est de toujours rencontrer Jésus, se laisser regarder par Jésus, car Jésus nous regarde avec amour, nous aime tant, nous aime vraiment et nous regarde toujours. Rencontrer Jésus c’est aussi vous laisser regarder par Lui. « Mais, père, vous savez – pourrait me dire quelqu’un – vous savez que ce chemin pour moi n’est pas un bon chemin, car je suis tellement pécheur, j’ai fait tant de péchés … comment puis-je rencontrer Jésus? ». Mais vous savez que les personnes  que Jésus recherchait le plus étaient les plus pécheurs; et il est réprimandé pour cela, et les gens – les personnes qui se croyaient justes – disaient: mais celui-là, celui-là, n’est pas un vrai prophète, regardez quelle belle compagnie il a ! Il était avec les pécheurs … Et Lui disait: Je suis venu pour ceux qui ont besoin de santé, besoin de guérison, et Jésus guérit nos péchés. Et sur le chemin nous aussi – tous les pécheurs, tous, tous, nous sommes des pécheurs – quand nous nous trompons, quand nous commettons un péché, Jésus vient et nous pardonne. Et ce pardon que nous recevons dans la Confession est une rencontre avec Jésus. Nous rencontrons toujours Jésus. Et nous avançons dans la vie comme cela, comme dit le prophète, vers la montagne, jusqu’au jour où il y aura la rencontre définitive, où nous pourrons voir ce si beau regard de Jésus, si beau. La vie chrétienne c’est cela: marcher, avancer, unis, comme des frères, en s’aimant les uns les autres. Rencontrer Jésus. Vous êtes d’accord, vous, les Neuf ? Voulez-vous rencontrer Jésus dans votre vie ? Oui ? Cela est important dans la vie chrétienne. Vous aujourd’hui, avec le sceau de l’Esprit Saint, vous aurez plus de force pour cette marche, pour rencontrer Jésus. Soyez courageux, n’ayez pas peur! La vie est ce cheminement. Et le plus beau des cadeaux c’est cette rencontre avec Jésus. Allez, courage! Et maintenant continuons par le sacrement de la Confirmation.

Traduction de Zenit, Océane Le Gall

PAPE FRANÇOIS : LA PRIÈRE OBTIENT DES MIRACLES

21 mai, 2013

http://www.zenit.org/fr/articles/la-priere-obtient-des-miracles

LA PRIÈRE OBTIENT DES MIRACLES

HOMÉLIE DU MATIN

Rome, 20 mai 2013 (Zenit.org) Anne Kurian

« Les miracles existent encore », et le chrétien les obtient par « une prière courageuse », une prière de « lutte », a dit le pape en substance, devant les employés de Radio Vatican, lors de la messe de ce 20 mai 2013.
Le pape a médité sur l’Evangile du jour, où Jésus se lamente de l’incrédulité des disciples, qui ne parviennent pas à guérir un enfant possédé : « Tout est possible pour celui qui croit », dit-il (Mc 9,14-29).

Une prière « courageuse »
Pour le pape, cette « incrédulité », c’est « le cœur qui ne s’ouvre pas, le cœur fermé, le cœur qui veut tout avoir sous contrôle », c’est-à-dire le cœur qui ne « donne pas le contrôle des choses à Jésus ». Tout croyant a « une part d’incrédulité en lui », a-t-il fait observer.
« Rien ne peut faire sortir cette espèce-là, sauf la prière », explique aussi Jésus dans l’Evangile. C’est donc « par une prière forte, une prière humble et forte, que Jésus peut faire le miracle ». En d’autres termes, a précisé le pape, « la prière pour demander un miracle, pour demander une action extraordinaire, doit être une prière impliquée », qui « implique » celui qui intercède.
Cette prière « courageuse », a expliqué le pape François, n’est pas « une prière de politesse », comme lorsqu’on dit : « je prierai pour toi » et qui se réduit finalement à « un Notre Père, un Je vous salue Marie » et puis « on oublie ».
« Non, a-t-il poursuivi, [il faut] une prière courageuse, comme celle d’Abraham qui luttait avec le Seigneur pour sauver la cité, comme celle de Moïse qui avait les mains levées et se fatiguait, en priant le Seigneur ; comme celle de tant de personnes, de tant de personnes qui ont la foi et qui prient avec la foi, prient, prient. »

Une prière « de lutte »
 Le pape a raconté une anecdote arrivée en Argentine : une enfant de 7 ans était malade et les médecins ne lui donnaient plus que quelques heures à vivre. Le père, « homme de foi », est « devenu comme fou et dans cette folie » a pris un autobus pour le sanctuaire marial de Lujan, à 70 km.
« Arrivé à 9h du soir, tout était fermé. Et il a commencé à prier la Vierge, les mains sur la grille en fer. Et il priait, il priait, il pleurait, il priait … et il resté là toute la nuit. Mais cet homme luttait : il luttait avec Dieu, pour la guérison de son enfant. A 6h du matin, il a repris le bus et est arrivé à l’hôpital à 9h. Il a trouvé sa femme en larmes. Et il a pensé au pire : « Mais que s’est-il passé ? ». « Les docteurs m’ont dit que la fièvre était tombée, qu’elle respire bien, qu’il n’y a rien ! Elle sortira dans deux jours, mais ils ne savent pas ce qui s’est passé ! ».
« Ceci arrive encore, non ? Les miracles existent encore ! », a poursuivi le pape. Mais pour obtenir des miracles, il faut prier « avec le cœur » : « une prière courageuse, qui lutte pour arriver à ce miracle ».
En résumé, « la prière fait des miracles, mais nous devons croire ! », a insisté le pape, invitant à « prier avec le coeur » à l’intention de ceux « qui souffrent dans les guerres, pour tous les réfugiés, tous les drames actuels », mais aussi à réciter cette prière : « Je crois, Seigneur, aide mon incrédulité ».

(20 mai 2013)

123