Archive pour la catégorie 'PAPE FRANÇOIS – hOMÉLIE DU JOUR'

PAPE FRANÇOIS – HYMNE À LA JOIE

4 septembre, 2017

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soyez joyeux

PAPE FRANÇOIS – HYMNE À LA JOIE

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Lundi 23 mai 2016

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 22 du 2 juin 2016)

« La carte d’identité du chrétien est la joie » : l’« étonnement » face à la « grandeur de Dieu », à son « amour », au « salut » qu’il a donnés à l’humanité, ne peut que conduire le croyant à une joie que même les croix de la vie ne peuvent érafler, car dans l’épreuve aussi existe « la certitude que Jésus est avec nous ». La méditation du Pape François a été un véritable hymne à la joie. L’inspiration est venue de la liturgie du jour. Le Souverain Pontife a en particulier voulu relire l’incipit du passage de la première Lettre de Pierre (1, 3-9) qui — a-t-il dit — en raison de son « ton d’exultation », de sa « joie », de la manière de l’apôtre d’intervenir « de toute sa force » rappelle le début « de l’Oratorio de Noël de Bach ». Ce sont des mots dans lesquels on perçoit « l’étonnement devant la grandeur de Dieu », devant la « régénération que le Seigneur — “en Jésus Christ et pour Jésus Christ” — a faite en nous ». Et c’est « un étonnement plein d’allégresse, de joie » : immédiatement après, on trouve le mot-clé dans le texte de la lettre, c’est-à-dire : « C’est pourquoi vous êtes comblés de joie ». La joie dont parle l’apôtre est durable. Voilà pourquoi il ajoute dans l’épître que, même si pendant quelques temps, on est obligé d’être « affligés par les épreuves », cette joie du début « ne sera pas ôtée ». En effet, celle-ci naît de « ce que Dieu a fait en nous : il nous a régénérés dans le Christ et nous a donné une espérance ». À partir de tout cela, on comprend que la joie est vraiment la « vertu du chrétien ». Un chrétien « est un homme et une femme qui a la joie dans son cœur ». Encore plus : « Il n’existe pas de chrétien sans joie ». C’est pourquoi « la carte d’identité du chrétien est la joie, la joie de l’Evangile, la joie d’avoir été élus par Jésus, sauvés par Jésus, régénérés par Jésus ; la joie de cette espérance que Jésus nous attend ». Et également « dans les croix et les souffrances de cette vie », le chrétien vit cette joie, en l’exprimant d’une autre manière, c’est-à-dire avec la « paix » qui vient de la « certitude que Jésus nous accompagne, qu’il est avec nous ». Servant de contrepoint à cet hymne à la joie, la liturgie du jour propose « un autre mot », celui qui est lié à l’épisode de l’Évangile de Marc (10, 17-27) dans lequel on raconte l’histoire du jeune « qui s’était approché de Jésus pour le suivre ». Jésus fait la proposition suivante à ce jeune : « Une seule chose te manque : va, ce que tu as, vends-le et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens, suis-moi » ; mais à ces mots, il « s’assombrit et il s’en alla contristé ». Ce jeune « n’a pas été capable d’ouvrir son cœur à la joie et il a choisi la tristesse ». Mais pourquoi ? La réponse est claire : « Car il avait de grands biens. Il était attaché à ses biens ». Du reste, Jésus avait averti « que l’on ne peut pas servir deux maîtres : ou tu sers le Seigneur ou tu sers les richesses ». En revenant sur ce thème, déjà affronté dans une homélie il y a quelques jours, le Pape a expliqué : « Les richesses ne sont pas mauvaises en elles-mêmes », ce qui est mauvais, c’est de « servir la richesse ». Et la tâche de chacun est d’aider les gens « à trouver Jésus, à ôter cette tristesse, afin qu’ils puissent se réjouir de l’Évangile, qu’ils puissent avoir cette joie qui est propre à l’Évangile ». François a encore voulu approfondir ce concept central et lier la joie à l’étonnement qui naît — comme le rappelle saint Pierre dans sa lettre — « devant la révélation, devant l’amour de Dieu, devant les émotions de l’Esprit Saint ». C’est pourquoi on peut bien dire que « le chrétien est un homme, une femme d’étonnement ». C’est pourquoi « nous demandons aujourd’hui au Seigneur qu’il nous donne d’être étonnés devant lui, devant les nombreuses richesses spirituelles qu’il nous a données ; et qu’avec cet étonnement, il nous donne la joie, la joie de notre vie et de vivre avec la paix dans notre cœur les nombreuses difficultés ; et qu’il nous garde de rechercher le bonheur dans tant de choses qui, à la fin, nous attristent : elles promettent beaucoup, mais elles ne nous donneront rien ! ». Voilà la conclusion : « Rappelez-vous bien : un chrétien est un homme et une femme de joie dans le Seigneur, un homme et une femme d’étonnement ».

 

PAPE FRANÇOIS – UNE LUMIÈRE DOUCE, HUMBLE ET PLEINE D’AMOUR (2013)

27 juillet, 2017

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hibiscus

Hibiscus

PAPE FRANÇOIS – UNE LUMIÈRE DOUCE, HUMBLE ET PLEINE D’AMOUR

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 3 septembre 2013

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 36 du 5 septembre 2013)

L’humilité, la douceur, l’amour, l’expérience de la croix sont les moyens à travers lesquels le Seigneur vainc le mal. Et la lumière que Jésus a apportée dans le monde vainc la cécité de l’homme, souvent aveuglé par la fausse lumière du monde, plus puissante mais trompeuse. C’est à nous de savoir discerner quelle lumière vient de Dieu. Tel est le sens de la réflexion proposée par le Pape François au cours de la Messe célébrée mardi 3 septembre.
En commentant la première lecture, le Saint-Père s’est arrêté sur la « belle parole » que saint Paul adresse aux Thessaloniciens : « Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres… tous vous êtes des fils de la lumière, des fils du jour. Nous ne sommes pas de la nuit, des ténèbres » (1 Th 5, 1-6.9-11). Ce que veut dire l’apôtre, a expliqué le Pape, est clai: « L’identité chrétienne est une identité de lumière, et non pas de ténèbres ». Et Jésus a apporté cette lumière dans le monde. « Saint Jean — a précisé le Pape François — dans le premier chapitre de son Évangile nous dit “la lumière est descendue dans le monde”, lui, Jésus ». Une lumière que « le monde n’a pas appréciée », mais qui, toutefois, « nous sauve des ténèbres, des ténèbres du péché ». Aujourd’hui, a poursuivi le Pape, on pense qu’il est possible d’obtenir cette lumière qui déchire les ténèbres à travers de nombreuses découvertes scientifiques et autres inventions de l’homme, grâce auxquelles « on peut tout connaître, on peut posséder une science sur tout ». Mais « la lumière de Jésus — a averti le Pape François — est une autre chose ».
Mais comment se présente la lumière que nous offre Jésus ? Nous pouvons la reconnaître — a expliqué le Saint-Père — parce que c’est une lumière humble. Ce n’est pas une lumière qui s’impose, elle est humble. C’est une lumière douce, qui a la force de la douceur ; c’est une lumière qui parle au cœur et c’est également une lumière qui offre la croix. Si nous, dans notre lumière intérieure, nous sommes des hommes doux, nous entendons la voix de Jésus dans le cœur et nous regardons sans peur la croix dans la lumière de Jésus ». Mais si, au contraire, nous nous laissons aveugler par une lumière qui nous rend sûrs de nous, orgueilleux, et nous conduit à regarder les autres de haut, à les mépriser avec arrogance, il est certain que nous ne nous trouvons pas en présence de la « lumière de Jésus ». C’est au contraire « la lumière du diable travesti en Jésus — a dit l’Évêque de Rome — en ange de lumière. Nous devons toujours faire la distinction ; là où se trouve Jésus se trouve toujours l’humilité, la douceur, l’amour et la croix. Il a parcouru le premier ce chemin de lumière. Nous devons aller derrière lui sans peur », parce que « Jésus a la force et l’autorité de nous donner cette lumière ». « Demandons au Seigneur — a exhorté le Pape François en concluant — de nous donner aujourd’hui la grâce de sa lumière et de nous enseigner à reconnaître lorsqu’une lumière est sa lumière et lorsqu’il s’agit d’une lumière artificielle utilisée par l’ennemi pour nous tromper ».

PAPE FRANÇOIS – NOUS AVONS TOUS UN ANGE (2014)

6 juillet, 2017

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PAPE FRANÇOIS – NOUS AVONS TOUS UN ANGE (2014)

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MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Jeudi 2 octobre 2014

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 42 du 16 octobre 2014)

Nous avons tous un ange toujours à nos côtés, qui ne nous laisse jamais seuls et nous aide à ne pas nous tromper de route. Et si nous savons être comme des enfants, nous réussirons à éviter la tentation de nous suffire à nous-mêmes, qui conduit à l’orgueil et à un carriérisme exaspéré. C’est justement le rôle décisif des anges gardiens dans la vie des chrétiens que le Pape François a rappelé, le jour de leur fête. Ce sont deux images — l’ange et l’enfant — que «l’Eglise nous fait voir dans la liturgie d’aujourd’hui». Le Livre de l’Exode (23, 20-23a), notamment, nous propose «l’image de l’ange», que «le Seigneur donne à son peuple pour l’aider sur son chemin». Le Seigneur donne une indication claire à son peuple: «Vas, tu feras ce que je te dis. Tu marcheras dans ta vie, mais je te donnerai une aide qui te rappellera continuellement ce que tu dois faire». Et ainsi «il dit à son peuple quelle doit être l’attitude avec l’ange». La première recommandation est: «Aie du respect pour sa présence». Puis: «Ecoute sa voix et ne te rebelle pas contre lui». Ainsi en plus de «respecter» il faut aussi savoir «écouter» et «ne pas se rebeller». Au fond «c’est cette attitude docile, mais non spécifique, de l’obéissance due au père, qui est le propre de l’obéissance du fils». Il s’agit en substance de «cette obéissance de la sagesse, cette obéissance d’écouter les conseils et de choisir le mieux selon les conseils». Et il faut «avoir le cœur ouvert pour demander et écouter des conseils». Le passage de l’Evangile de Matthieu (18,1-5.10) propose en revanche la seconde image, celle de l’enfant. «Les disciples se disputaient pour savoir qui était le plus grand parmi eux. Il y avait une dispute interne: le carriérisme. Ces hommes qui sont les premiers évêques avaient cette tentation du carriérisme» et ils disaient entre eux: «Je veux devenir plus grand que toi!». A ce propos: «Ce n’est pas un bon exemple que les premiers évêques aient fait cela, mais c’est la réalité». Pour sa part, «Jésus leur enseigne la véritable attitude»: il appelle à lui un enfant, il le place au milieu d’eux — rapporte Matthieu — et ce faisant il indique expressément «la docilité, le besoin de conseil, le besoin d’aide, parce que l’enfant est précisément le signe du besoin d’aide, de docilité pour aller de l’avant». «Telle est la route» et non celle d’établir «qui est le plus grand». En réalité, a répété le Pape en rappelant les paroles de Jésus, «sera le plus grand» celui qui deviendra comme un enfant. «Nous tous, selon la tradition de l’Eglise, nous avons un ange avec nous, qui nous protège, nous fait sentir les choses». Du reste, «combien de fois avons-nous entendu: “Mais, là… tu devrais faire comme ça… cela ne va pas… fais attention!”». C’est justement «la voix de notre compagnon de voyage». Et nous pouvons être «sûrs qu’il nous accompagnera jusqu’à la fin de notre vie avec ses conseils». Pour cela, il faut «faire entendre sa voix, ne nous rebellons pas». En réalité, «personne ne marche seul et aucun d’entre nous ne peut penser qu’il est seul: ce compagnon est toujours là». A ces interrogations, «nous pouvons répondre aujourd’hui»: chacun de nous peut le faire pour vérifier «quelle est sa relation avec cet ange que le Seigneur a envoyé pour me protéger et m’accompagner sur le chemin, et qui voit toujours le visage du Père qui est dans les cieux».

PAPE FRANÇOIS – UNE LUMIÈRE DOUCE, HUMBLE ET PLEINE D’AMOUR (2013)

20 juin, 2017

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PAPE FRANÇOIS – UNE LUMIÈRE DOUCE, HUMBLE ET PLEINE D’AMOUR (2013)

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 3 septembre 2013

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 36 du 5 septembre 2013)

L’humilité, la douceur, l’amour, l’expérience de la croix sont les moyens à travers lesquels le Seigneur vainc le mal. Et la lumière que Jésus a apportée dans le monde vainc la cécité de l’homme, souvent aveuglé par la fausse lumière du monde, plus puissante mais trompeuse. C’est à nous de savoir discerner quelle lumière vient de Dieu. Tel est le sens de la réflexion proposée par le Pape François au cours de la Messe célébrée mardi 3 septembre.
En commentant la première lecture, le Saint-Père s’est arrêté sur la « belle parole » que saint Paul adresse aux Thessaloniciens : « Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres… tous vous êtes des fils de la lumière, des fils du jour. Nous ne sommes pas de la nuit, des ténèbres » (1 Th 5, 1-6.9-11). Ce que veut dire l’apôtre, a expliqué le Pape, est clai: « L’identité chrétienne est une identité de lumière, et non pas de ténèbres ». Et Jésus a apporté cette lumière dans le monde. « Saint Jean — a précisé le Pape François — dans le premier chapitre de son Évangile nous dit “la lumière est descendue dans le monde”, lui, Jésus ». Une lumière que « le monde n’a pas appréciée », mais qui, toutefois, « nous sauve des ténèbres, des ténèbres du péché ». Aujourd’hui, a poursuivi le Pape, on pense qu’il est possible d’obtenir cette lumière qui déchire les ténèbres à travers de nombreuses découvertes scientifiques et autres inventions de l’homme, grâce auxquelles « on peut tout connaître, on peut posséder une science sur tout ». Mais « la lumière de Jésus — a averti le Pape François — est une autre chose ».
Mais comment se présente la lumière que nous offre Jésus ? Nous pouvons la reconnaître — a expliqué le Saint-Père — parce que c’est une lumière humble. Ce n’est pas une lumière qui s’impose, elle est humble. C’est une lumière douce, qui a la force de la douceur ; c’est une lumière qui parle au cœur et c’est également une lumière qui offre la croix. Si nous, dans notre lumière intérieure, nous sommes des hommes doux, nous entendons la voix de Jésus dans le cœur et nous regardons sans peur la croix dans la lumière de Jésus ». Mais si, au contraire, nous nous laissons aveugler par une lumière qui nous rend sûrs de nous, orgueilleux, et nous conduit à regarder les autres de haut, à les mépriser avec arrogance, il est certain que nous ne nous trouvons pas en présence de la « lumière de Jésus ». C’est au contraire « la lumière du diable travesti en Jésus — a dit l’Évêque de Rome — en ange de lumière. Nous devons toujours faire la distinction ; là où se trouve Jésus se trouve toujours l’humilité, la douceur, l’amour et la croix. Il a parcouru le premier ce chemin de lumière. Nous devons aller derrière lui sans peur », parce que « Jésus a la force et l’autorité de nous donner cette lumière ». « Demandons au Seigneur — a exhorté le Pape François en concluant — de nous donner aujourd’hui la grâce de sa lumière et de nous enseigner à reconnaître lorsqu’une lumière est sa lumière et lorsqu’il s’agit d’une lumière artificielle utilisée par l’ennemi pour nous tromper ».

PAPE FRANÇOIS (La première, selon les Evangiles, vit Jésus ressuscité: Marie Madeleine)

25 mai, 2017

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PAPE FRANÇOIS (La première, selon les Evangiles, vit Jésus ressuscité: Marie Madeleine)

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 17 mai 2017

Chers frères et sœurs, bonjour!

Ces dernières semaines, notre réflexion se déroule, pour ainsi dire, dans l’orbite du mystère pascal. Nous rencontrons aujourd’hui celle qui la première, selon les Evangiles, vit Jésus ressuscité: Marie Madeleine. Le repos du samedi s’était conclu depuis peu. Le jour de la passion, il n’y avait pas eu le temps de terminer les rites funèbres; c’est pourquoi, en cette aube pleine de tristesse, les femmes se rendent à la tombe de Jésus avec les onguents parfumés. C’est elle qui arrive la première: Marie de Magdala, l’une des disciples qui avaient accompagné Jésus jusqu’en Galilée, se mettant au service de l’Eglise naissante. Dans son trajet vers le sépulcre se reflète la fidélité de tant de femmes qui fréquentent pendant tant d’années les allées des cimetières, en souvenir de quelqu’un qui n’est plus là. Pas même la mort ne brise les liens les plus authentiques: certaines personnes continuent à aimer, même si la personne aimée s’en est allée pour toujours.
L’Evangile (cf. Jn 20, 1-2.11-18) décrit Madeleine, en soulignant immédiatement que ce n’était pas une femme qui s’enthousiasmait facilement. En effet, après la première visite au sépulcre, elle revient déçue dans le lieu où les disciples se cachaient; elle rapporte que la pierre a été déplacée de l’entrée du sépulcre, et sa première hypothèse est la plus simple que l’on puisse formuler: quelqu’un doit avoir fait disparaître le corps de Jésus. Ainsi, la première annonce que Marie apporte n’est pas celle de la résurrection, mais d’un vol que des inconnus ont commis, alors que Jérusalem tout entière dormait.
Les Evangiles racontent ensuite un deuxième voyage de Madeleine vers le sépulcre de Jésus. Elle était têtue! Elle est allée, elle est revenue… parce qu’elle n’était pas convaincue! Cette fois, son pas est lent, très lourd. Marie souffre doublement: tout d’abord de la mort de Jésus, et ensuite, de la disparition inexplicable de son corps.
C’est alors qu’elle est penchée près de la tombe, les yeux remplis de larmes, que Dieu la surprend de la manière la plus inattendue. L’évangéliste Jean souligne combien son aveuglement est persistant: elle ne s’aperçoit pas de la présence de deux anges qui l’interrogent, elle n’a aucun soupçon en voyant l’homme derrière elle, qu’elle pense être le gardien du jardin. Et en revanche, elle découvre l’événement le plus bouleversant de l’histoire humaine lorsque finalement elle est appelée par son nom: «Marie!» (v. 16).
Comme il est beau de penser que la première apparition du Ressuscité — selon les Evangiles — a eu lieu d’une manière aussi personnelle! Il y a quelqu’un qui nous connaît, qui voit notre souffrance et notre déception, et qui s’émeut pour nous et nous appelle par notre nom. C’est une loi que nous trouvons gravée dans beaucoup de pages de l’Evangile. Autour de Jésus se trouvent de nombreuses personnes qui cherchent Dieu; mais la réalité la plus prodigieuse est que, bien avant, c’est tout d’abord Dieu qui se préoccupe pour notre vie, qui veut la relever, et pour ce faire, il nous appelle par notre nom, en reconnaissant le visage personnel de chacun. Chaque homme est une histoire d’amour que Dieu écrit sur cette terre. Chacun de nous est une histoire d’amour de Dieu. Dieu appelle chacun de nous par son propre nom: il nous connaît par notre nom, il nous regarde, il nous attend, il nous pardonne, il a de la patience avec nous. Est-ce vrai ou n’est-ce pas vrai? Chacun de nous fait cette expérience.
Et Jésus l’appelle: «Marie!»: la révolution de sa vie, la révolution destinée à transformer l’existence de chaque homme et femme, commence par un nom qui retentit dans le jardin du sépulcre vide. Les Evangiles nous décrivent le bonheur de Marie: la résurrection de Jésus n’est pas une joie donnée au compte-goutte, mais une cascade qui renverse toute la vie. L’existence chrétienne n’est pas tissée de doux bonheurs, mais de vagues qui emportent tout. Essayez de penser vous aussi, en cet instant, avec le bagage de déceptions, et d’échecs que chacun de nous porte dans son cœur, qu’il y a un Dieu proche de nous qui nous appelle par notre nom et nous dit: «Relève-toi, arrête de pleurer, car je suis venu te libérer!». Cela est beau.
Jésus n’est pas quelqu’un qui s’adapte au monde, en tolérant que dans celui-ci se poursuivent la mort, la tristesse, la haine, la destruction morale des personnes… Notre Dieu n’est pas inerte, mais notre Dieu — je me permets le mot — est un rêveur: il rêve de la transformation du monde, et il l’a réalisée dans le mystère de la Résurrection.
Marie voudrait embrasser son Seigneur, mais Lui est désormais tourné vers le Père céleste, alors qu’elle est invitée à apporter l’annonce à ses frères. Et ainsi, cette femme qui, avant de rencontrer Jésus, était en proie au malin (cf. Lc 8, 2), est à présent devenue apôtre de la nouvelle et plus grande espérance. Que son intercession nous aide à vivre nous aussi cette expérience: à l’heure des pleurs, et à l’heure de l’abandon, entendre Jésus Ressuscité qui nous appelle par notre nom, et avec le cœur plein de joie aller annoncer: «J’ai vu le Seigneur!» (v. 18). J’ai changé de vie parce que j’ai vu le Seigneur! A présent, je suis différent d’avant, je suis une autre personne. J’ai changé parce que j’ai vu le Seigneur. Cela est notre force et cela est notre espérance. Merci.

 

PAPE FRANÇOIS – LA PRIÈRE DE LOUANGE

25 avril, 2017

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PAPE FRANÇOIS – LA PRIÈRE DE LOUANGE

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 28 janvier 2014

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 7 du 13 février 2014)

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la danse de Miriam

Difficile de justifier qui a honte de chanter la louange du Seigneur, alors qu’il se laisse ensuite aller à exulter bruyamment pour un but marqué par son équipe préférée. Tel est le sens de l’homélie de la Messe célébrée dans la chapelle Sainte-Marthe. Le Pape François s’est arrêté sur la description de la fête improvisée par David pour le retour de l’arche d’alliance telle que racontée dans la première lecture de la liturgie du jour (2 Samuel 6, 12-15 .17-19). Louer Dieu « est totalement gratuit », a-t-il dit. « Nous ne demandons pas, nous ne remercions pas. Nous louons : tu es grand. “Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit…”. De tout cœur nous disons ces mots. C’est aussi un acte de justice, parce qu’il est grand, il est notre Dieu. Pensons à une belle question que nous pouvons nous poser aujourd’hui : “Comment va ma prière de louange aujourd’hui ? Sais-je louer le Seigneur ? Ou lorsque je prie le Gloria ou le Sanctus je le fais uniquement avec la bouche et pas avec tout le cœur ? Que me dit David en dansant ? Et Sarah qui danse de joie ? Quand David entre en ville, une autre chose commence : une fête. La joie de la louange qui porte à la joie de la fête ». Une fête qui s’élargit ensuite à la famille, « chacun — c’est l’image proposée par le Pape — chez lui à manger le pain, à faire la fête ». Mais quand David rentre au Palais, il doit affronter les reproches et le mépris de Michal, la fille du roi Saul : « “Mais n’as-tu pas honte de ce que tu as fait ? Comment faire cette chose, danser devant tout le monde, toi le roi ? N’as-tu pas honte ?”. Moi je me demande combien de fois nous méprisons dans nos cœurs des personnes bonnes, des gens de bien qui louent le Seigneur » ainsi, de façon spontanée, comme cela leur vient, sans suivre des attitudes formelles. Mais dans la Bible, a rappelé le Pape, on lit « que Michal est restée stérile toute sa vie pour cela. Que veut dire la Parole de Dieu ici ? Que la joie, que la prière de louange nous rend féconds. Sarah dansait au grand moment de sa fécondité à quatre-vingt-dix ans ! La fécondité offre la louange au Seigneur ». L’homme et la femme qui louent le Seigneur, qui prient en louant le Seigneur — et quand ils le font ils sont heureux de le dire — et qui se ré- jouissent « quand ils chantent le Sanctus lors de la Messe » sont un homme et une femme féconds. En revanche, a ajouté le Pape, ceux qui « s’enferment dans la formalité d’une prière froide, mesurée », ainsi, ils finissent peut-être comme Michal, dans la stérilité de sa formalité. Pensons et imaginons David qui danse de toutes ses forces devant le Seigneur. Pensons qu’il est beau de faire une prière de louange.

PAPE FRANÇOIS – JÉSUS REGARDE CHACUN DE NOUS

13 février, 2017

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PAPE FRANÇOIS – JÉSUS REGARDE CHACUN DE NOUS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 31 janvier 2017

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°006 du 9 février 2017)

Jésus ne regarde pas les «statistiques», mais il fait attention à «chacun de nous». Un par un. L’«émerveillement de la rencontre avec Jésus», cet émerveillement qui saisit celui qui le regarde et qui se rend compte que le Seigneur avait déjà «le regard fixé» sur lui, a été décrit par le Pape François. Le «regard» a précisément été le fil conducteur de la méditation. Le Pape s’est penché sur l’Evangile du jour (Marc, 5 21-43) pour voir «ce que fait Jésus». La caractéristique la plus évidente est que «Jésus est toujours au milieu de la foule». C’est une foule qui enveloppe Jésus, qui «le presse». Et lui, «il est resté là». Les gens le cherchaient: les gens avaient les yeux fixés sur lui et lui avait les yeux fixés sur les gens». On pourrait objecter: Jésus tournait le regard «sur les gens, sur la multitude», en revanche non: «sur chacun!». Car c’est précisément là que se trouve la «particularité du regard de Jésus. Il ne massifie pas les gens: Jésus regarde chacun». On en trouve la preuve à plusieurs reprises dans les récits évangéliques. Dans l’Evangile du jour, par exemple, on lit que Jésus demande: «Qui m’a touché?», alors qu’«il était au milieu de ces gens, qui le pressaient». Cela semble étrange, au point que les disciples eux-mêmes «lui disaient: “Mais vois la foule qui se presse autour de toi!”». «Quelqu’un ma touché!». En effet, «au milieu de cette foule, Jésus s’aperçut de la petite vieille qui l’avait touché. Et il la guérit». Il y avait «beaucoup de gens», mais il prêta attention précisément à elle, «une femme, une petite vieille». Le récit évangélique se poursuit par l’épisode de Jaïre, à qui on annonce que sa fille est morte. Jésus le rassure: «Ne crains pas! Aie seulement foi!», de même qu’auparavant il avait dit à la femme: «Ta foi t’as sauvée!». Dans cette situation également, Jésus se retrouve au milieu de la foule, avec «beaucoup de gens qui pleuraient». Jésus leur dit: «Soyez tranquilles, la petite fille dort». Et Jésus entre et «ressuscite la petite fille». Ce qui saute aux yeux est que Jésus, dans cette agitation, avec «les femmes qui hurlaient et pleuraient», se soucie de dire «au père et à la mère: “Donnez-lui à manger!”». C’est l’attention au «petit», c’est «le regard de Jésus sur le petit. Mais n’avait-il rien d’autre dont se soucier? Non, juste de cela». Le Pape a poursuivi ses exemples en citant l’épisode de Naïm. Là aussi, «il y avait la foule qui le suivait». Et Jésus «voit qu’un cortège funèbre sort: un jeune homme, fils unique d’une mère veuve». Encore une fois, le Seigneur s’aperçoit du «petit». Au milieu de tant de gens, «il va, il arrête le cortège, il ressuscite le jeune garçon et le remet à sa mère». Et une autre fois, à Jéricho. Quand Jésus entre dans la ville, il y a la foule qui «crie: “Vive le Seigneur! Vive Jésus! Vive le Messie!”. Il y a beaucoup de vacarme… Un aveugle se met lui aussi à crier; et lui, Jésus, avec tout le vacarme qu’il y avait là, entend l’aveugle». Le Seigneur «s’aperçoit du petit, de l’aveugle». Tout cela pour dire que «le regard de Jésus va du grand au petit». Le Pape a rappelé que l’auteur de la Lettre aux hébreux suggère «de courir avec persévérance, en gardant le regard fixé sur Jésus». Et cela me fait ressentir «un grand émerveillement. C’est l’émerveillement de la rencontre avec Jésus »

PAPE FRANÇOIS – L’AUBERGISTE ÉTONNÉ

23 janvier, 2017

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PAPE FRANÇOIS – L’AUBERGISTE ÉTONNÉ

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi, 10 janvier 2017

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°003 du 19 janvier 2017)

Pourquoi Jésus enseignait-il avec une autorité qui « étonnait » et conquérait, alors qu’en revanche, les scribes et les docteurs de la loi pouvaient seulement imposer les lois, mais « ils n’entraient pas dans le cœur du peuple »? La méditation du Pape François a été entièrement axée sur les différences entre l’« autorité réelle » de l’un, par rapport à l’ « autorité formelle » des autres. Une confrontation significative et éloquente, qui conduit à réfléchir sur le façon dont celui qui est appelé à « enseigner la vérité » peut tomber dans la tentation du « cléricalisme », au lieu de suivre la route de la « proximité aux personnes ». Le Pape s’est inspiré d’une parole tirée de l’Évangile du jour (Marc 1, 21-28), dans lequel « il est dit que les gens étaient étonnés ». Pourquoi cet « étonnement »? « A cause de la manière dont Jésus enseignait. En effet, il leur enseignait comme quelqu’un qui fait autorité et non comme les scribes, c’est-à-dire les docteurs de la loi ». Tous ces gens, en effet, enseignaient, « mais ils n’entraient pas dans le cœur du peuple » et donc ne faisait pas « autorité ». Le thème de l’autorité est récurrent dans l’Évangile. Celle de Jésus, en particulier, se retrouve « très souvent remise en question » précisément par les docteurs de la loi, par les pharisiens, par les prêtres et les scribes : « Mais avec quelle autorité fais-tu cela ? ». Au fond de la question, il y a « le problème de l’autorité formelle et de l’autorité réelle ». Alors que les scribes et les pharisiens « avaient une autorité formelle », Jésus « avait une autorité réelle ». Mais « non parce qu’il était un séducteur ». En effet, s’il est vrai que Jésus apportait un « enseignement nouveau », il est également vrai que « Jésus lui-même dit qu’il enseignait la loi jusqu’à son dernier point ». La nouveauté par rapport aux docteurs de la loi était que « Jésus enseignait la Vérité, mais avec autorité ». Il est alors important de comprendre « où est la différence de cette autorité ». Le Pape a cherché à l’éclaircir en expliquant ses caractéristiques. « Tout d’abord, l’autorité de Jésus était une autorité humble : Jésus enseignait avec humilité ». Il avait une dimension de « service ». Donc, Jésus « servait les gens, expliquait les choses pour que les gens comprennent bien : il était au service des gens. Il avait une attitude de serviteur, et cela lui donnait de l’autorité ». Au contraire, les docteurs de la loi « avaient une psychologie de princes », et ils pensaient : « Nous sommes les maîtres, les princes et nous vous enseignons. Ce n’est pas un service : nous commandons, vous obéissez ». Une deuxième « attitude de l’autorité de Jésus » « était la proximité ». Il « n’était pas allergique aux gens : toucher les lépreux, les malades ne le dégoûtait pas ». Et « cette façon d’être proches des gens donne de l’autorité ». La comparaison avec les docteurs, les scribes et les prêtres est évidente : eux « s’éloignaient des gens, dans leur cœur ils méprisaient les gens, ils aimaient se distinguer, en se promenant sur les places bien habillés ». Ces docteurs « avaient une psychologie cléricaliste : ils enseignaient avec une autorité cléricaliste ». Jésus en revanche « était très proche des gens » et cela lui donnait de l’autorité. En reprenant le fil du discours, François a résumé les caractéristiques de l’autorité de Jésus et a rappelé qu’en premier lieu « le chef est celui qui sert ». En deuxième lieu, il y a la « proximité ». Et enfin, il y a une « troisième différence » par rapport aux docteurs de la loi : la « cohérence ». Jésus « était cohérent, il vivait ce qu’il prêchait ». Et c’est celle-ci, a ajouté le Pape en se référant également à notre époque, « l’autorité que ressent le peuple de Dieu ». Une autorité qui étonne et qui conquiert. Pour bien faire comprendre ce concept, le Pape, en conclusion de son homélie, a également rappelé la parabole du bon samaritain. Dans celle-ci, « il y a un quatrième personnage : l’aubergiste », qui — tel est le lien avec toute la méditation du Pape — a été étonné ; pas tellement étonné devant les blessures de ce pauvre homme, car il savait que sur ce chemin, sur cette route il y avait des brigands », ni par l’attitude du prêtre et du lévite, « parce qu’il les connaissait. Et ils savait quelle était leur façon de faire ». L’aubergiste est « étonné par ce samaritain » dont il ne comprenait pas le choix. Il pensait peut-être : « Mais il est fou! Mais c’est aussi un étranger, il n’est pas juif, c’est un pécheur… Mais il est fou, je ne comprends pas! ». Cela « est l’étonnement », le même « étonnement que les gens » devant Jésus, « parce que son autorité était une autorité humble, de service, c’était une autorité proche des gens et c’était une autorité cohérente ».

 

PAPE FRANÇOIS (…Rachel, la femme de Jacob et la mère de Joseph et Benjamin)

16 janvier, 2017

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2017/documents/papa-francesco_20170104_udienza-generale.html

PAPE FRANÇOIS (…Rachel, la femme de Jacob et la mère de Joseph et Benjamin)

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi, 4 janvier 2017

Chers frères et sœurs, bonjour!

Dans la catéchèse d’aujourd’hui je voudrais contempler avec vous une figure de femme qui nous parle de l’espérance vécue dans les pleurs. L’espérance vécue dans les pleurs. Il s’agit de Rachel, la femme de Jacob et la mère de Joseph et Benjamin, celle qui, comme nous raconte le livre de la Genèse, meurt en donnant le jour à son deuxième enfant, c’est-à-dire Benjamin
Le prophète Jérémie fait référence à Rachel en s’adressant aux Israélites en exil pour les consoler, avec des paroles pleines d’émotion et de poésie ; c’est-à-dire qu’il évoque les pleurs de Rachel mais qu’il donne de l’espérance :

Le Seigneur dit ainsi :
« A Rama,
une voix se fait entendre,
une plainte amère ;
c’est Rachel qui pleure ses fils.
Elle ne veut pas
être consolée pour ses fils,
car ils ne sont plus » (Jr 31, 15).

Dans ces versets, Jérémie présente cette femme de son peuple, la grande matriarche de sa tribu, dans une réalité de douleur et de pleurs, mais en même temps qu’une perspective de vie impensable. Rachel, qui dans le récit de la Génèse était morte en accouchant et avait assumé cette mort pour que son fils puisse vivre, maintenant présentée, en revanche, par le prophète comme vivante à Rama, là où se rassemblaient les déportés, pleure pour ses enfants qui d’une certaine façon sont morts en partant en exil ; des enfants qui, comme elle le dit elle-même, « ne sont plus », ils ont disparu pour toujours.
Et Rachel ne veut pas être consolée pour cela. Son refus exprime la profondeur de sa douleur et l’amertume de ses pleurs. Devant la tragédie de la perte de ses enfants, une mère ne peut pas accepter de paroles ou de gestes de consolation, qui sont toujours inadaptés, jamais en mesure d’adoucir la douleur d’une blessure qui ne peut pas et ne veut pas être cicatrisée. Une douleur proportionnelle à l’amour.
Chaque mère sait tout cela ; et elles sont nombreuses, aujourd’hui aussi, les mères qui pleurent, qui ne se résignent pas à la perte d’un enfant, inconsolables devant une mort impossible à accepter. Rachel porte en elle la douleur de toutes les mères du monde, de chaque époque, et les larmes de chaque être humain qui pleure des pertes irréparables.
Ce refus de Rachel qui ne veut pas être consolée, nous enseigne également la grande délicatesse qui nous est demandée devant la douleur d’autrui. Pour parler d’espérance à celui qui est désespéré, il faut partager son désespoir ; pour essuyer une larme sur le visage de celui qui souffre, il faut unir nos pleurs aux siens. Ce n’est qu’ainsi que nos paroles peuvent être réellement capables de donner un peu d’espérance. Et si je ne peux pas donner une telle parole, avec les pleurs, avec la douleur, mieux vaut le silence ; la caresse, le geste, sans aucune parole.
Et Dieu, avec sa délicatesse et son amour, répond aux pleurs de Rachel par des paroles véritables, pas fausses ; en effet, le texte de Jérémie se poursuit ainsi :

Le Seigneur dit — il répond à ces pleurs :
« Cesse ta plainte,
sèche tes yeux!
Car il est une compensation
pour ta peine
oracle de Yahvé
ils vont revenir du pays ennemi.
Il y a donc espoir pour ton avenir
oracle de Yahvé ils vont revenir, tes fils, sur leur territoire » (Jr 31, 16-17).

Précisément à cause des pleurs de la mère, il y a encore de l’espérance pour ses enfants, qui recommenceront à vivre. Cette femme, qui avait accepté de mourir au moment de son accouchement, pour que son fils puisse vivre, grâce à ses pleurs est à présent début d’une vie nouvelle pour ses enfants exilés, prisonniers, loin de leur patrie. A la douleur et aux pleurs amers de Rachel, le Seigneur répond par une promesse qui, à présent, peut être pour elle un motif de véritable consolation : le peuple pourra revenir d’exil et vivre dans la foi, librement, sa relation avec Dieu. Les larmes ont engendré l’espérance. Et cela n’est pas facile à comprendre, mais c’est vrai. Très souvent, dans notre vie, les larmes sèment l’espérance, ce sont des semences d’espérance.
Comme nous le savons, ce texte de Jérémie est ensuite repris par l’évangéliste Matthieu et appliqué au massacre des innocents (cf. 2, 16-18). Un texte qui nous met face à la tragédie du massacre d’êtres humains sans défense, à l’horreur du pouvoir qui méprise et supprime la vie. Les enfants de Bethléem moururent à cause de Jésus. Et Lui, Agneau innocent, devait ensuite mourir, à son tour, pour nous tous. Le Fils de Dieu est entré dans la douleur de hommes. Il ne faut pas oublier cela. Quand quelqu’un s’adresse à moi et me pose des questions difficiles, par exemple : « Dites-moi, père : pourquoi les enfants souffrent-ils? », vraiment, je ne sais pas quoi répondre. Je dis seulement : « Regarde le Crucifié : Dieu nous a donné son Fils, Il a souffert, et peut-être trouveras-tu là une réponse ». Mais des réponses d’ici [le Pape indique sa tête] il n’y en a pas. Uniquement regarder l’amour de Dieu qui donne son Fils qui offre sa vie pour nous, peut nous indiquer un certain chemin de consolation. Et c’est pour cela que nous disons que le Fils de l’homme est entré dans la douleur des hommes ; il a partagé et a accueilli la mort ; sa Parole est définitivement une parole de consolation, parce qu’elle naît des pleurs.
Et sur la croix ce sera Lui, le Fils mourant, qui donnera une nouvelle fécondité à sa mère, en lui confiant le disciple Jean et en faisant d’elle la mère du peuple des croyants. La mort est vaincue, et c’est ainsi que s’accomplit la prophétie de Jérémie. Les larmes de Marie elles aussi, comme celles de Rachel, ont engendré l’espérance et une vie nouvelle. Merci.
Hier sont parvenues du Brésil les nouvelles dramatiques du massacre qui a eu lieu dans la prison de Manaus, où un affrontement très violent entre bandes rivales a causé des dizaines de morts. J’exprime ma douleur et ma préoccupation pour ce qui est arrivé. J’invite à prier pour les défunts, pour leurs familles, pour tous les détenus de cette prison et pour ceux qui y travaillent. Et je renouvelle l’appel afin que les instituts pénitentiaires soient des lieux de rééducation et de réinsertion sociale, et que les conditions de vie des détenus soient dignes de personnes humaines. Je vous invite à prier pour ces détenus morts et vivants, et également pour tous les détenus du monde, afin que les prisons servent à réinsérer et ne soient pas surpeuplées ; qu’elles soient des lieux de réinsertion. Prions la Vierge, Mère des détenus : Je vous salue Marie…
Frères et sœurs, le prophète Jérémie nous présente Rachel, l’ancêtre du peuple de Dieu, comme un modèle d’espérance dans les larmes. Rachel a perdu pour toujours ses enfants, ils « ne sont plus ». Elle représente la souffrance de toutes les mères du monde et de tous les temps, les larmes de tous ceux qui vivent une perte irréparable. Rachel refuse d’être consolée, refus qui exprime l’amertume de ses larmes et la profondeur de sa souffrance. De fait, pour parler d’espérance à une personne désespérée il faut d’abord partager sa souffrance et s’unir à ses larmes. Le Seigneur répond à celles de Rachel par une promesse qui, maintenant, peut être la cause d’une vraie consolation : le peuple reviendra d’exil et vivra, libre dans la foi. Saint Matthieu applique ce texte de Jérémie à la persécution des innocents, tués à cause de Jésus. Le Fils de Dieu est entré dans la douleur des hommes, il l’a portée jusqu’au bout. Née dans les larmes, sa parole est pour toujours parole de consolation. Les pleurs de Marie également, comme ceux de Rachel, ont suscité l’espérance et la vie nouvelle.
Je salue cordialement les pèlerins de langue française. La lumière de Noël éclaire désormais toute notre existence. Même si la vie est parfois difficile et les difficultés et les inquiétudes ne manquent pas, je forme le vœu que le Seigneur Jésus vous garde tout au long de cette année dans l’espérance de la foi et qu’il vous accorde la vraie joie des enfants de Dieu. Que Dieu vous bénisse.

 

PAPE FRANÇOIS – 21. LA MISÉRICORDE HUMBLE PRIÈRE OBTENUE ( CF. LC 18,9-14 )

8 juin, 2016

http://w2.vatican.va/content/francesco/it/audiences/2016/documents/papa-francesco_20160601_udienza-generale.html

PAPE FRANÇOIS – 21. LA MISÉRICORDE HUMBLE PRIÈRE OBTENUE ( CF. LC 18,9-14 )

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 1er juin 2016

Chers frères et sœurs, bonjour !

Mercredi dernier, nous avons écouté la parabole du juge et de la veuve sur la nécessité de prier avec persévérance. Aujourd’hui, avec une autre parabole, Jésus veut nous enseigner quel est l’attitude juste pour prier et invoquer la miséricorde du Père ; comment on doit prier; l’attitude juste pour prier. C’est la parabole du pharisien et du publicain (cf. Lc 18, 9-14). Les deux protagonistes montent au temple pour prier, mais agissent de façons très difféentes, obtenant des résultats opposés. Le pharisien prie et « se tenait debout » (v. 11) et utilise beaucoup de paroles. Sa prière est certes une prière d’action de grâce adressée à Dieu, mais en réalité, c’est un étalage de ses mérites, avec un sentiment de supériorité envers les « autres hommes », qualifiés de « voleurs, injustes, adultères », comme par exemple — et il montre l’autre qui était là — « ce publicain » (v. 11). Mais c’est précisément là qu’est le problème : ce pharisien prie Dieu, mais en vérité il se tourne vers lui-même. Il prie lui-même ! Au lieu d’avoir devant les yeux le Seigneur, il a un miroir. Bien que se trouvant dans le temple, il ne ressent pas la nécessité de se prosterner devant la majesté de Dieu; il se tient debout, il se sent sûr, comme s’il était le maître du temple ! Il énumère les bonnes œuvres commises : il est irrépréhensible, il observe la Loi au-delà de ce qui est dû ; jeûne « deux fois par semaine » et paie la « dîme » de tout ce qu’il possède. En somme, plus que prier, le pharisien se complaît de sa propre observance des préceptes. Et pourtant, son attitude et ses paroles sont éloignées de la façon d’agir et de parler de Dieu, qui aime tous les hommes et ne méprise pas les pécheurs. Au contraire, ce pharisien méprise les pécheurs, même quand il montre l’autre qui est là. En somme, le pharisien, qui se considère juste, néglige le commandement le plus important: l’amour pour Dieu et pour son prochain. Il ne suffit donc pas de nous demander combien nous prions, nous devons aussi nous demander comment nous prions, ou mieux, comment est notre cœur : il est important de l’examiner pour juger les pensées, les sentiments et extirper l’arrogance et l’hypocrisie. Mais moi, je me demande : peut-on prier avec arrogance ? Non. Peut-on prier avec hypocrisie ? Non. Nous devons uniquement prier en nous plaçant devant Dieu tels que nous sommes. Non pas comme le pharisien qui priait avec arrogance et hypocrisie. Nous sommes tous pris par la frénésie du rythme quotidien, souvent à la merci de sensations, étourdis, confus. ll est nécessaire d’apprendre à retrouver le chemin vers notre cœur, retrouver la valeur de l’intimité et du silence, parce que c’est là que Dieu nous rencontre et nous parle. Ce n’est qu’à partir de là que nous pouvons, à notre tour, rencontrer les autres et parler avec eux. Le pharisien s’est mis en route vers le temple, il est sûr de lui, mais il ne s’aperçoit pas qu’il a égaré le chemin de son cœur. Le publicain en revanche — l’autre — se présente au temple l’âme humble et repentie : « se tenant à distance, il n’osait même pas lever les yeux vers le ciel; mais il se frappait la poitrine » (v. 13). Sa prière est très brève, elle n’est pas aussi longue que celle du pharisien : « Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ». Rien de plus. Quelle belle prière ! En effet, les collecteurs d’impôts — appelés précisément, « publicains » — étaient considérés comme des personnes impures, soumises aux dominateurs étrangers, ils étaient mal vus des gens et associés en général aux « pécheurs ». La parabole enseigne que l’on est juste ou pécheur non pas en raison de son appartenance sociale, mais selon sa façon de se comporter envers Dieu et de se comporter envers ses frères. Les gestes de pénitence et les quelques paroles simples du publicain témoignent de sa conscience en ce qui concerne sa misérable condition. Sa prière est essentielle. Il agit en personne humble, sûr uniquement d’être un pécheur qui a besoin de pitié. Si le pharisien ne demandait rien parce qu’il avait déjà tout, le publicain ne peut que mendier la miséricorde de Dieu. Et cela est beau : mendier la miséricorde de Dieu ! Se présentant « les mains vides », le cœur nu et se reconnaissant pécheur, le publicain nous montre à tous la condition nécessaire pour recevoir le pardon du Seigneur. À la fin, c’est précisément lui, si méprisé, qui devient une icône du véritable croyant. Jésus conclut la parabole par une phrase : « Je vous le déclare : quand ce dernier — c’est-à-dire le publicain — redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé » (v. 14). De ces deux hommes, lequel est corrompu ? Le pharisien. Le pharisien est précisément l’icône du corrompu qui fait semblant de prier, mais qui n’arrive qu’à se pavaner devant un miroir. C’est un corrompu qui fait semblant de prier. Ainsi, dans la vie, celui qui se croit juste et juge les autres et les méprise, est un corrompu et un hypocrite. L’orgueil compromet toute bonne action, vide la prière, éloigne de Dieu et des autres. Si Dieu privilégie l’humilité, ce n’est pas pour nous avilir : l’humilité est plutôt la condition nécessaire pour être relevés par Lui, afin de faire l’expérience de la miséricorde qui comble nos vides. Si la prière de l’orgueilleux n’atteint pas le cœur de Dieu, l’humilité du misérable l’ouvre pleinement. Dieu a une faiblesse : la faiblesse des humbles. Devant un cœur humble, Dieu ouvre entièrement son cœur. C’est cette humilité que la Vierge Marie exprime dans le cantique du Magnificat : « Il s’est penché sur son humble servante [...] Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent » (Lc 1, 48-50). Qu’elle, qui est notre Mère, nous aide à prier avec le cœur humble. Et nous, répétons trois fois cette belle prière : « Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ».

 

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