Archive pour la catégorie 'PAPE FRANÇOIS – hOMÉLIE DU JOUR'

PAPE FRANÇOIS – Dieu s’arrange pour entrer (12.6.17)

4 mars, 2020

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La vie de Jésus (cartoon)

PAPE FRANÇOIS – Dieu s’arrange pour entrer (12.6.17)

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Il suffit de maintenir la porte du cœur entrouverte et «Dieu s’arrange pour entrer», nous empêchant de rejoindre la foule des «in-miséricordieux»: un néologisme qui signifie ceux qui, privés de miséricorde, mettent en pratique les béatitudes à l’inverse. C’est précisément contre la tentation «narcissique de l’auto-référentialité» — le contraire de l’«altérité» chrétienne qui «est don et service» — que le Pape a voulu mettre en garde. En se référant au passage de la seconde lecture de saint Paul aux Corinthiens (1, 1-7), proposé par la liturgie comme première lecture, il a immédiatement souligné qu’en à peine «dix-neuf lignes, par huit fois, Paul parle de consolation, de nous laisser consoler pour consoler les autres». «L’expérience de la consolation, qui est une expérience spirituelle, a toujours besoin d’altérité pour être totale: personne ne peut se consoler soi-même, personne». Et «qui cherche à le faire, finit par se regarder dans le miroir». Mais «c’est la consolation truquée qui ne fait pas grandir, qui n’est pas une consolation parce qu’elle est fermée, il lui manque une altérité». «Dans l’Evangile, nous trouvons tant de personnes ainsi». «Par exemple les docteurs de la loi qui sont pleins de leur suffisance, fermés, et cela est “leur consolation” entre guillemets». Le Pape a voulu faire une référence explicite au «riche Epulon, qui vivait de fête en fête et avec cela, pensait être consolé». «La consolation, pour être vraie, pour être chrétienne, a besoin d’une altérité», parce que «la véritable consolation se reçoit». Et «c’est précisément le Seigneur, c’est Dieu qui nous console, c’est Dieu qui nous donne ce don: nous, avec le cœur ouvert, lui qui vient et nous donne». D’où le fait que «la consolation est un état de passage du don reçu au service donné», au point que «la véritable consolation a cette double altérité: elle est don et service». «Ainsi, si je laisse entrer la consolation du Seigneur comme don, c’est parce que j’ai besoin d’être consolé: je suis dans le besoin». En effet, «pour être consolé, il est nécessaire de reconnaître d’être dans le besoin: ce n’est qu’ainsi que le Seigneur vient, il nous console, et nous donne la mission de consoler les autres». «Un cœur ouvert, est un cœur heureux et dans l’Evangile, nous avons entendu qui sont les heureux, qui sont les bienheureux: les pauvres». Ainsi, «le cœur s’ouvre dans une attitude de pauvreté, de pauvreté d’esprit: ceux qui savent pleurer, ceux doux, la douceur du cœur; ceux qui sont assoiffés de justice, qui luttent pour la justice; ceux qui sont miséricordieux, qui font preuve de miséricorde à l’égard des autres; les purs de cœur; les artisans de paix et ceux qui sont persécutés à cause de la justice, par amour de la justice». Et «ainsi le cœur s’ouvre et le Seigneur vient avec le don de la consolation et la mission de consoler les autres». Mais il y a toutefois également ceux qui «ont un cœur fermé: ils ne suivent pas les béatitudes, en somme et «se sentent riches d’esprit, c’est-à-dire suffisants». Ce sont «ceux qui n’ont pas besoin de pleurer parce qu’ils se sentent justes; les violents qui ne savent pas ce qu’est la douceur; les injustes qui vivent de l’injustice et font l’injustice; ceux «in-miséricordieux», c’est-à-dire sans miséricorde, qui ne pardonnent jamais, qui n’ont jamais besoin de pardonner parce qu’ils ne sentent pas le besoin d’être pardonnés; ceux qui ont le cœur sale; les artisans de guerre, et non pas de paix; et ceux qui ne sont jamais critiqués ou persécutés parce qu’ils luttent pour la justice parce qu’ils ne se préoccupent pas des injustices des autres personnes: ceux-là sont fermés». Précisément devant cette inversion des béatitudes, «il nous fera du bien aujourd’hui de penser» à «comment est mon cœur? Est-il ouvert?». En rappelant que Dieu «nous demande seulement que la porte de notre cœur soit ouverte, ou tout au moins entrouverte, ainsi il s’arrange pour entrer».

PAPE FRANÇOIS – Tout l’Evangile dans un passage – 8 octobre 2018

20 janvier, 2020

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Début de l’évangile de Luc

PAPE FRANÇOIS – Tout l’Evangile dans un passage – 8 octobre 2018

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°043 du 25 octobre 2018)

C’est avec l’invitation à ne pas être des «fonctionnaires» — ceux qui passent toujours leur chemin en disant «cela ne me concerne pas» — mais «de vrais chrétiens, prêts à se salir les mains et ouverts aux surprises», que le Pape a reproposé l’essence de la parabole du bon samaritain. Car «là est contenu tout l’Evangile», a-t-il expliqué, en rappelant que «chacun de nous est l’homme blessé», alors que «le samaritain est Jésus» qui «a pris soin de nous, qui a payé pour nous et a dit à son Eglise: “S’il y a besoin de plus, paye toi-même, et à mon retour, je payerai”».
En faisant référence au passage évangélique de Luc (10, 25-37), François a immédiatement fait remarquer que «le docteur de la loi voulait mettre Jésus à l’épreuve et lui a tendu un piège». Mais «Jésus a réaffirmé la loi: “Tu aimeras ton Dieu et ton prochain comme toi-même”». Celui qui ne passa pas son chemin devant le samaritain blessé est «un samaritain, qui était en voyage: “en passant à côté de lui, il le vit et en eut compassion”». Peut-être «a-t-il pensé: “Pauvre malheureux, peut-être mourra-t-il d’une hémorragie”». Mais un samaritain, «était un pécheur, excommunié du peuple d’Israël». Pourtant, c’est précisément «le plus pécheur qui “eut compassion”». Peut-être, «était-ce un commerçant qui était en voyage pour ses affaires, et il ne regarda pas l’heure, il ne pensa pas au sang». Mais, comme on le lit dans l’Evangile, «il s’approcha de lui — il descendit de l’âne — il pansa ses blessures, en y versant de l’huile et du vin». Concrètement, «il se salit les mains, il se salit les vêtements» et, poursuit le passage évangélique, «il le chargea ensuite sur sa monture et le porta dans une auberge». Il était «tout taché de sang», mais c’est précisément dans ces conditions que le samaritain prit soin du blessé.
Le samaritain «n’était pas un fonctionnaire, c’était un homme avec un cœur, un homme avec le cœur ouvert». On lit dans l’Evangile de Luc: «Le jour suivant, il prit deux deniers et les donna à l’aubergiste, en disant: “Prends soin de lui; ce que tu dépenseras en plus, je te le paierai à mon retour”».
Probablement, à cette occasion, «l’aubergiste eut un doute: “Quand ces deux derniers seront finis, qu’est-ce que je ferai?”». Mais le samaritain «a payé deux deniers» et l’aubergiste à dû penser que, une fois fini les deux deniers, il aurait payé de sa poche en attendant qu’il revienne. C’est «le doute de quelqu’un qui vit un témoignage, de quelqu’un d’ouvert aux surprises de Dieu, comme ce samaritain qui jamais n’aurait imaginé que sur la route il aurait trouvé une personne de ce genre. Mais il était ouvert aux surprises».
«Tous les deux n’étaient pas des fonctionnaires» a insisté le Pape: «“Tu es chrétien? Tu es chrétienne?” — “Oui, oui, oui, je vais à la Messe le dimanche et je cherche à faire ce qui est juste”». «“Mais es-tu ouvert, es-tu ouverte aux surprises de Dieu ou es-tu un fonctionnaire, fermé?”».
«Les chrétiens fonctionnaires sont ceux qui ne sont pas ouverts aux surprises de Dieu, ceux qui savent beaucoup de choses sur Dieu, mais qui ne rencontrent pas Dieu. Ceux qui ne sont jamais émerveillés par un témoignage. Qui sont même incapables de rendre témoignage».
Donc, «telle est la question: suis-je ouvert ou suis-je un fonctionnaire enfermé dans mes principes?». Et c’est «une belle question à nous poser aujourd’hui, nous tous. Nous tous, laïcs et pasteurs. Tous».
«Mais il y autre chose que l’on peut peut-être expliquer plus avant, en d’autres occasions: certains théologiens d’autrefois disaient que dans ce passage est contenu tout l’Evangile. Chacun de nous est l’homme qui est là, blessé, et le samaritain est Jésus. Et il a guéri nos blessures. Il s’est approché. Il a pris soin de nous. Il a payé pour nous. Et il a dit à son Eglise: “Mais s’il y a besoin de plus, paye toi-même, et à mon retour, je payerai”». Il est donc important de bien y penser, parce que «dans ce passage, il y a tout l’Evangile».

 

PAPE FRANÇOIS -17 janvier 2019 -Vaincre la dureté des cœurs

8 janvier, 2020

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Murillo, La Sainte Famille

PAPE FRANÇOIS -17 janvier 2019 -Vaincre la dureté des cœurs

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°004 du 22 janvier 2019)

C’est contre les fermetures pusillanimes et craintives, l’idéologie têtue obstinée et rebelle et la double vie de compromis entre tentation et séduction que le Pape a mis en garde, en relançant l’engagement à «ne pas glisser vers un cœur pervers». Mais à «croître» avec la parole de Dieu, ouverts «à l’activité de l’Esprit Saint».
Le point de départ de la méditation est venu de la «première lecture: l’auteur de la lettre aux Hébreux (3, 7-14) nous envoie un message: c’est un avertissement très clair: “Attention, mes frères, que l’on ne trouve en aucun d’entre vous un cœur pervers et sans foi qui s’éloigne du Dieu vivant”».
«Il y a trois mots qui peuvent nous aider à comprendre ce que veut dire ce théologien». «Le premier mot» est «“dur”, dureté de cœur; le second mot qu’il utilise est “obstination”, c’est précisément “obstination”». Et «le troisième mot est “séduction”». Donc, «trois mots qui peuvent nous aider à voir si mon cœur glisse vers ce qu’il appelle le cœur pervers».
Le Pape a affronté avant tout la question de la «dureté du cœur», en constatant que «Jésus avait trouvé partout des gens qui étaient fermés à son message». En réalité, «la dureté du cœur peut avoir lieu dans notre vie pour de nombreuses raisons, de nombreux motifs: par exemple une forte douleur, pensons aux disciples d’Emmaüs: ils étaient fermés». Et «la douleur rend dur, les coups durcissent la peau». Mais «Thomas aussi, l’apôtre, ne voulait pas entendre d’histoires: “Nous avons vu le Seigneur! — “Oui, oui, mais je ne touche pas je ne crois pas, je n’y crois pas”». Un discours «clair» d’un «cœur dur à cause de la souffrance». A ce propos, «nous pouvons nous demander: est-ce que j’ai le cœur dur, est-ce que j’ai le cœur fermé?». François a rappelé que «l’on grandit toujours avec les épreuves, avec les difficultés, on grandit comme nous grandissons tous enfants: nous apprenons à marcher en tombant». Voilà la signification du mot «dureté». Et la même chose vaut pour la «fermeture», qui est l’attitude des «pusillanimes». Et «la pusillanimité est une attitude mauvaise chez un croyant, il lui manque le courage de vivre, il se ferme, il est pusillanime».
«Le second mot est “obstination”», «obstination et être rebelle vont de pair» et sont les attitudes propres de «ceux qui» disent «non, je crois cela et je pense cela». C’est précisément «l’accusation qu’Etienne lance à ceux qui le lapideront: “obstinés”». En pratique, «ce sont ceux qui ne veulent rien entendre de différent de ce qu’ils pensent, ils sont fermés mais dans leur propre pensée et ne sont pas ouverts à l’Esprit Saint: ce sont les idéologues». Du reste, «l’idéologie est une obstination». Et «la parole de Dieu, la grâce de l’Esprit Saint n’est pas une idéologie: c’est la vie qui te fait croître, aller de l’avant». En revanche, «l’obstination est également orgueil, prétention». «Mais est-ce que j’ai un cœur têtu?». « Est-ce que je suis capable d’écouter les autres personnes et si je ne suis pas de leur avis, dire “moi je pense ceci”? Est-ce que je suis capable de dialoguer?».
«Le troisième mot est “séduction”». «Le cœur faible doit s’apercevoir qu’il y a quelqu’un qui veut entrer et dominer son cœur». «C’est notre lutte quotidienne contre les tentations, contre les séductions». Mais «le diable n’est pas stupide, il est très intelligent, plus que tous les théologiens: c’est un grand théologien le diable, mais sans foi, avec la haine». Et «lui sait comment entrer dans le cœur des gens et comment proposer les choses». Précisément «comme il l’a fait avec Eve». Il «le sait: c’est un grand séducteur».
Et nos tentations viennent de là: le cœur pervers est celui qui se laisse aller à la séduction et la séduction le conduit à l’obstination, à la fermeture et à tant d’autres choses». Et «que peut-il arriver quand on est séduits par le diable? Avec les durs, la pusillanimité; avec les obstinés et les rebelles, l’idéologie; et avec la séduction, ou bien tu te convertis et tu changes de vie, ou tu essaies de faire des compromis».
En conclusion, ont été reproposées les paroles et le contenu du passage de la lettre aux Hébreux: «Veillez, frères, à ce qu’en aucun de vous ne se trouve un cœur pervers, un cœur durci, qui te conduit à la pusillanimité; un cœur obstiné qui te conduit à la rébellion, qui te conduit à l’idéologie; un cœur séduit, esclave de la séduction, qui te conduit à un christianisme de compromis». Pour cette raison, «demandons à l’Esprit Saint qu’il nous illumine pour ne pas avoir un cœur pervers».

 

PAPE FRANÇOIS – Le ministère est un don, pas une fonction ou un contrat de travail – 19 septembre 2019

4 décembre, 2019

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9 Pour te rappeler Que chaque jour Est un cadeau de Dieu .

PAPE FRANÇOIS – Le ministère est un don, pas une fonction ou un contrat de travail – 19 septembre 2019

(Sur le site du Vatican il n’y a toujours pas de catéchèse d’aujourd’hui traduite en français)

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°040 du 1er octobre 2019)

Le ministère ordonné est un don du Seigneur, «qui nous a regardés et nous a dit “Suis-moi”», avant d’être un service, et certainement pas «une fonction» ou «un contrat de travail». Le Pape François a invité tout le monde à réfléchir sur la première lettre de saint Paul à Timothée, proposée par la liturgie, en l’axant sur le mot «don», sur le ministère comme don à contempler, suivant le conseil de Paul à un jeune disciple: «Ne néglige pas le don de la grâce en toi». «Ce n’est pas un contrat de travail “Je dois faire”, l’agir est au deuxième plan; je dois recevoir le don et le conserver comme un don et tout naît de là, dans la contemplation du don». Quand nous oublions cela «nous nous approprions du don et le transformons en fonction, on perd le cœur du ministère, on perd le regard de Jésus qui nous a tous regardés et nous a dit: “Suis-moi”, on perd la gratuité».
Il met donc en garde contre un risque: «De ce manque de contemplation du don, du ministère comme don, naissent toutes les déviations que nous connaissons, des plus affreuses, qui sont terribles, à celles plus quotidiennes, qui nous font concentrer notre ministère sur nous-mêmes et non sur la gratitude du don et sur l’amour envers Celui qui nous a fait ce don, le don du ministère».
Un don, rappelle le Pape en citant l’apôtre Paul, «conféré au moyen d’une parole prophétique par l’imposition des mains de la part des prêtres» et qui vaut pour les évêques, mais aussi «pour tous les prêtres» car «il a été un don de la communauté presbytérale». François souligne donc «l’importance de la contemplation du ministère comme don et non comme fonction». Faisons ce que nous pouvons avec bonne volonté, intelligence, «aussi avec ruse», mais toujours pour conserver ce don, «pour ne pas le négliger».
Oublier la centralité d’un don est quelque chose d’humain, et François donne l’exemple du pharisien qui, dans l’Evangile de Luc, accueille Jésus dans sa maison, en négligeant «de nombreuses règles d’accueil», en négligeant les dons. Jésus le lui fait remarquer, en indiquant la femme qui donne tout ce que l’hôte a oublié: l’eau pour les pieds, alors qu’elle «m’a baigné les pieds de ses larmes et les a séchés avec ses cheveux», le baiser d’accueil, «elle, en revanche, depuis que je suis entré n’a pas cessé de m’embrasser les pieds», et l’onction de la tête avec l’huile.
«Il y a cet homme qui était bon, un bon pharisien, mais il avait oublié le don de la courtoisie, le don de la coexistence, qui est aussi un don». «On oublie toujours les dons quand il y a un intérêt derrière, quand je veux faire cela, faire, faire… Nous les prêtres, nous tous devons faire des choses et la première tâche est d’annoncer l’Evangile, mais il faut conserver le centre, la source, d’où naît cette mission, qui est précisément le don que nous avons reçu gratuitement du Seigneur».
La prière finale au Seigneur est pour «qu’il nous aide à conserver le don, à voir notre ministère tout d’abord comme un don, ensuite comme un service», pour ne pas l’abîmer «et ne pas devenir des ministres entrepreneurs, affairistes», et tant d’autres choses qui éloignent de la contemplation du don et du Seigneur». Une grâce que le Pape demande pour tous.

 

PAPE FRANÇOIS – L’Ange et l’enfant – 2 octobre 2015

1 octobre, 2019

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PAPE FRANÇOIS – L’Ange et l’enfant – 2 octobre 2015

MÉDITATION MATINALE
EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 41 du 8 octobre 2015)

Pour ne jamais nous laisser seuls, Dieu a placé à côté de chacun de nous un ange gardien qui nous soutient, nous défend, nous accompagne dans la vie. C’est à nous de savoir accueillir sa présence en écoutant les conseils, avec la docilité d’un enfant, pour demeurer sur la bonne voie vers le paradis, forts de la sagesse populaire qui nous rappelle que le diable « fait les casseroles mais pas les couvercles ». C’est précisément à la mission d’« ambassadeurs de Dieu » des saints anges gardiens, le jour de leur mémoire liturgique, que François a consacré l’homélie de la Messe. Pour sa réflexion, le Pape est parti de la prière eucharistique iv, parce qu’« il y a une phrase qui nous fait réfléchir ». En effet, « nous disons au Seigneur : “Quand, par sa désobéissance, l’homme a perdu ton amitié, tu ne l’as pas abandonné” ». Et alors, « nous pensons au moment où Adam a été chassé du paradis : le Seigneur n’a pas dit “arrange-toi comme tu peux !”, il ne l’a pas laissé seul ». Du reste, Dieu « a toujours envoyé des aides : dans ce cas, on parle de l’aide des anges ». Le Pape a souligné qu’« aujourd’hui, la liturgie nous fait réfléchir sur cela, et aussi sur une forme particulière de compagnie, d’aide que le Seigneur nous a donnée à tous : les anges gardiens ». Chacun de nous « en a un; il en a un qui l’accompagne ». Et précisément « dans la prière, au début de la Messe, nous avons demandé la grâce que sur le chemin de la vie, nous soyons soutenus par son aide pour ensuite nous réjouir, avec eux, au ciel ». L’ange gardien « est toujours avec nous et cela est une réalité : c’est comme un ambassadeur de Dieu avec nous ». Ainsi, « quand, par exemple, nous commettons une méchanceté et que nous pensons » être seuls, nous devons nous rappeler qu’il n’en est rien, parce qu’« il est là ». D’où l’importance d’« avoir du respect pour sa présence » et d’« écouter sa voix, parce qu’il nous conseille ». C’est pourquoi, « quand nous entendons cette inspiration “Mais fais cela… c’est mieux… Il ne faut pas faire cela… ” », le bon conseil est de l’écouter et de ne pas se rebeller à l’ange gardien. « Mon nom est en lui », Et « il nous conseille, nous accompagne, marche avec nous au nom de Dieu ». C’est toujours le livre de l’Exode qui indique la meilleure attitude : « Si tu écoutes sa voix et tu fais ce que je te dirai, je serai l’ennemi de tes ennemis et l’adversaire de tes adversaires ». Mais « qu’est-ce que cela veut dire ? » . La réponse de Dieu est claire : « Je serai ton défenseur, mais je serai toujours là pour te défendre, te protéger. “Moi !” dit le Seigneur, mais parce que tu as écouté les conseils, l’inspiration de l’ange ». Dieu nous envoie l’ange pour nous libérer, pour éloigner la crainte, pour nous éloigner du malheur ». Il « demande seulement de l’écouter, de le respecter »; donc « seulement cela : respect et écoute ». Et « ce respect et cette écoute à l’égard de ce compagnon de route s’appelle docilité : le chrétien doit être docile à l’Esprit Saint », mais « la docilité à l’Esprit Saint commence par cette docilité aux conseils de ce compagnon de route ». C’est l’icône de l’enfant que Jésus choisit « quand il veut dire comment doit être un chrétien ». Ces paroles de Jésus signifient « que la docilité à l’égard de ce compagnon de route nous fait devenir comme des enfants : sans orgueil, il nous rend humbles; il nous rend petits; non pas suffisants comme celui qui est orgueilleux et vaniteux. Non, comme un enfant ! ». C’est « précisément cela la docilité qui nous rend grands et qui nous porte au ciel ». En concluant sa méditation, François a demandé au Seigneur « la grâce de cette docilité, d’écouter la voix de ce compagnon, de cet ambassadeur de Dieu qui est à nos côtés en son nom », afin que nous puissions être « soutenus par son aide, toujours en chemin ».

PAPE FRANÇOIS – Être pécheurs n’est pas un problème

6 mai, 2019

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Hendrick ter Brugghen - la repentance de Pierre

PAPE FRANÇOIS – Être pécheurs n’est pas un problème

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Vendredi 17 mai 2013

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 21 du 23 mai 2013)

Être pécheurs n’est pas un problème ; ce qui l’est, c’est plutôt ne pas se repentir d’avoir péché, ne pas éprouver de honte pour ce que l’on a fait. Le Pape François a reparcouru dans son homélie du 17 mai l’histoire des rencontres de Pierre avec Jésus, en en proposant une lecture particulière. Jésus, a-t-il observé, « confie son troupeau à un pécheur », Pierre. « Pécheur, mais pas corrompu », a-t-il immédiatement précisé. Il est pire d’être corrompus que pécheurs. Le Pape a souligné le dialogue d’amour qui se développe entre Pierre et Jésus à travers leurs rencontres fréquentes après le premier « Suis-moi ! » lorsque son frère André l’a conduit à Jésus qui, après l’avoir regardé, dit : « “Mais tu es Simon ?” “A partir de maintenant, tu t’appelleras Céphas, ce qui signifie Pierre” ». Ce fut le début d’une mission, a-t-il expliqué, même si « Pierre n’avait rien compris, mais la mission existait ». Le Saint-Père a ensuite poursuivi la description des diverses rencontres entre le Seigneur et les disciples, jusqu’à ce que les regards de Jésus et de Pierre se croisent à nouveau après que ce dernier, comme l’avait prévu le Maître, l’a renié par trois fois. « Ce regard de Jésus, si beau, si beau ! Et Pierre pleure ». Telle « est l’histoire des rencontres » au cours desquelles Jésus façonne dans l’amour l’âme de Pierre. Pierre avait un cœur grand et cela « le conduit à une rencontre nouvelle avec Jésus, à la joie du pardon, ce soir-là, lorsqu’il a pleuré ». Le Seigneur ne revient pas sur ce qu’il avait promis, c’est-à-dire « “Tu es pierre”, et même à ce moment, il lui dit : “Pais mon troupeau” » et il confie son troupeau à un pécheur. Le Pape François a ensuite raconté un épisode de sa vie : « Un jour, j’ai entendu parler d’un prêtre, un bon curé qui travaillait bien ; il a été nommé évêque, mais il avait honte, car il ne se sentait pas digne, il avait un tourment spirituel. Il est allé voir son confesseur. Le confesseur l’a écouté, puis il lui a dit : “N’aie donc pas peur. Si Pierre, qui en a fait de belles, a été fait Pape, toi, ne t’inquiète pas !”. C’est parce que le Seigneur est ainsi. Il nous fait mûrir à travers de nombreuses rencontres avec lui, même avec nos faiblesses, quand nous le reconnaissons ; avec nos péchés ».

 

PAPE FRANÇOIS – Joseph le rêveur (2017) – pour le premier mai 2019

30 avril, 2019

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Saint Joseph le travailleur

PAPE FRANÇOIS – Joseph le rêveur (2017) – pour le premier mai 2019

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Lundi 20 mars 2017

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°013 du 30 mars 2017)

En la solennité liturgique de saint Joseph — reportée cette année d’un jour en raison de sa concomitance avec le troisième dimanche de Carême — le Pape François a célébré la Messe à Sainte-Marthe en s’arrêtant précisément sur la figure du saint Patron de l’Eglise universelle. En lui, le Pape a indiqué le modèle de l’«homme juste», de l’«homme capable de rêver», de «protéger» et «de réaliser» le «rêve de Dieu» sur l’homme. C’est pourquoi il l’a proposé comme exemple pour tous et de manière particulière pour les jeunes, auxquels Joseph enseigne à ne jamais perdre «la capacité de rêver, de risquer» et d’assumer des «tâches difficiles». La méditation de François s’est inspirée de la liturgie de la parole qui parle de «descendance, d’héritage, de paternité, de filiation, de stabilité»: ce sont toutes des expressions, a-t-il fait remarquer, «qui sont une promesse mais qui, ensuite, se concentrent en un homme, en un homme qui ne parle pas, il ne dit pas un seul mot, un homme dont on dit seulement qu’il était juste. Et ensuite, un homme que nous voyons agir comme un homme obéissant». Joseph précisément. Un homme «dont nous ne savons pas même l’âge» et qui «porte sur ses épaules toutes ces promesses de descendance, d’héritage, de paternité, de filiation, de stabilité du peuple». Une grande responsabilité qui cependant, comme on le lit dans l’évangile de Matthieu (1, 16.18-21.24), se retrouve entièrement concentrée «dans un rêve». Apparemment, tout cela semble «trop subtil», trop fragile. Pourtant, il s’agit précisément du «style de Dieu», dans lequel Joseph se retrouve pleinement: lui, un «rêveur», est capable «d’accepter cette tâche, cette tâche difficile». Ainsi, il accueille «la promesse de Dieu et la réalise en silence avec force, il la réalise pour que ce que Dieu veut soit accompli». Voilà donc tracée «la figure de Joseph: l’homme caché, l’homme du silence, l’homme qui sert de père adoptif; l’homme qui possède la plus grande autorité à ce moment-là, sans la faire voir». Un homme qui pourrait «nous dire tant de choses», pourtant «il ne parle pas», qui pourrait «commander», puisqu’il commande sur le Fils de Dieu, pourtant «il obéit». A lui, à son cœur, Dieu confie des «choses faibles»: en effet, «une promesse est faible», de même qu’est faible «un enfant», mais aussi «une jeune fille, à propos de laquelle il a eu un doute». «Toutes ces faiblesses», Joseph «les prend en main, les prend dans son cœur et les assume comme l’on assume les faiblesses, avec tendresse, avec tant de tendresse, la tendresse avec laquelle on prend un enfant dans les bras». Voilà pourquoi «j’aime penser à Joseph comme au gardien des faiblesses», également «de nos faiblesses». En effet, il «est capable de faire naître tant de belles choses de nos faiblesses, de nos péchés». Il «est le gardien des faiblesses pour qu’elles deviennent solides dans la foi». C’est une tâche fondamentale que Joseph «a reçue en rêve», parce qu’il était «un homme capable de rêver». Il est donc non seulement «le gardien de nos faiblesses, mais nous pouvons également dire qu’il est le gardien du rêve de Dieu: le rêve de notre Père, le rêve de Dieu, de la rédemption, de nous sauver tous, de cette recréation, lui est confié». En conclusion, une intercession particulière: «Qu’il donne aux jeunes — parce qu’il était jeune — la capacité de rêver, de risquer et d’assumer les tâches difficiles qu’ils ont vues dans leurs rêves». Et pour finir, qu’il donne à tous les chrétiens «la fidélité qui généralement grandit dans une attitude juste, qui grandit dans le silence et qui grandit dans la tendresse qui est capable de protéger ses propres faiblesses et celles des autres».

 

PAPE FRANÇOIS – Chrétiens en trompe-l’œil – 7 novembre 2014

13 février, 2019

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imm fr serafini e cherubini

les séraphins (il me semble)

PAPE FRANÇOIS – Chrétiens en trompe-l’œil – 7 novembre 2014

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 47 du 20 novembre 2014)

Il y a en circulation des personnes qui n’ont que le prénom de chrétien, mais dont le nom de famille est « mondain ». Ce sont « des païens avec deux touches de peinture », pourtant ils semblent chrétiens quand on les croise à la Messe chaque dimanche ; en réalité ils ont glissé peu à peu dans la tentation de la « médiocrité », au point de considérer « avec orgueil et superbe » les choses terrestres, mais pas « la croix du Christ ». Et c’est précisément contre cette tentation que le Pape a mis en garde. Pour sa méditation, il a rappelé un passage de la lettre de Paul aux Philippiens (3, 17-4,1). Dans le texte on comprend bien que Paul avait déjà parlé de ce problème en diverses autres occasions, car il ajoute : « Je vous l’ai déjà dit plusieurs fois et, à présent, avec les larmes aux yeux je vous le répète. Ceux-ci se comportent en ennemis de la croix du Christ. Imitez ceux-là, mais pas ceux-ci ! ». En substance, ce sont « des chrétiens mondains, des chrétiens de nom, avec deux ou trois choses chrétiennes, mais rien de plus ». Ce sont « des chrétiens païens ». Ils ont « un nom chrétien, mais une vie païenne » ou, pour le dire d’une autre manière, « des païens avec deux touches de peinture du christianisme : ainsi, ils apparaissent comme des chrétiens, mais ils sont païens ». Le Pape a voulu préciser que « ces personnes, nos frères », n’existaient pas qu’à l’époque de Paul. Aujourd’hui aussi « il y en a beaucoup ». C’est précisément parce que ce n’est pas une question circonscrite aux Philippiens de l’époque de Paul, que le Pape a proposé une série d’interrogations concrètes à se poser à soi-même pour un examen de conscience : « À ce point, chacun de nous — moi aussi ! — doit se demander : est-ce que j’ai quelque chose de ces personnes ? Est-ce que j’ai quelque chose de mondain en moi ? Quelque chose de païen ? J’aime me vanter ? J’aime l’argent ? J’aime l’orgueil, la superbe ? Où ai-je mes racines, c’est-à-dire d’où suis-je citoyen ? Du ciel ou de la terre ? Du monde ou de l’esprit mondain ? ». En effet, a-t-il expliqué en citant encore Paul, « notre citoyenneté est dans les cieux et là nous attendons, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ ». Mais la citoyenneté des ennemis de la croix ? L’apôtre répond que « leur sort final sera la perdition ». Donc, a précisé le Pape, « ces chrétiens avec une touche de peinture finiront mal ». Et il est important de regarder vers la fin de manière à observer « où te conduit cette citoyenneté que tu as dans le cœur » : la « citoyenneté mondaine à la ruine ; celle de la croix du Christ à la rencontre avec lui », qui « est si belle ! ». Mais comment se rendre compte si l’on glisse vers la mondanité, vers la citoyenneté mondaine ? François a tout d’abord souligné qu’il s’agit d’« un processus qui se fait en nous ». Il s’agit d’« une tentation : on glisse vers la mondanité ». Les signes pour comprendre ce vers quoi nous allons « sont dans ton cœur : si tu aimes et si tu es attaché à l’argent, à la vanité et à l’orgueil, tu prends la mauvaise route ; si tu cherches à aimer Dieu, à servir les autres, si tu es doux, si tu es humble, si tu es le serviteur des autres, tu prends la bonne route ». Et ainsi « ta carte de citoyenneté est bonne : c’est celle du ciel ». En revanche, « l’autre est une citoyenneté qui te portera malheur ». C’est précisément « ce que Jésus demandait tant, dans la conversation qu’il avait avec ses disciples, au Père : il demandait de les sauver de l’esprit du monde, de cette mondanité qui conduit à la perdition ». C’est pourquoi « le conseil de Paul » est de demander aujourd’hui la grâce de rester « solides dans le Seigneur et dans l’exemple de la croix du Christ : humilité, pauvreté, douceur, service aux autres, adoration, prière ».

 

PAPE FRANÇOIS – Avec l’Évangile en poche – 9 janvier 2017

10 janvier, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2017/documents/papa-francesco-cotidie_20170109_avec-evangile-en-poche.html

fr 649px-Affresco_dell'aspetto_antico_della_basilica_costantiniana_di_san_pietro_nel_IV_secolo - Copia

fresque de l’ancienne basilique constantinienne

PAPE FRANÇOIS – Avec l’Évangile en poche – 9 janvier 2017

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°003 du 19 janvier 2017)

« Connaître et reconnaître Jésus, l’adorer, le suivre » : ce n’est qu’ainsi que le Seigneur sera véritablement « le centre de notre vie ». Et pour faire cela, il existe des petits gestes à la portée de tous : avoir toujours avec soi une édition de poche de l’Évangile pour pouvoir facilement le lire chaque jour, avec la récitation de brèves prières d’adoration comme le Gloria, en faisant bien attention toutefois à ne pas répéter les mots « comme des perroquets ». Telles sont les caractéristiques de la « simplicité de la vie chrétienne » : en effet, il ne sert à rien d’avoir recours à des « choses étranges ou difficiles ». Le temps liturgique que nous venons de vivre « avait au centre l’attente de Jésus puis la venue de Jésus : la naissance et les mystères de la naissance jusqu’au baptême ». Ainsi, « aujourd’hui commence un nouveau temps liturgique et l’Église nous fait voir au centre de ce commencement également Jésus : Jésus comme la première et la dernière parole du Père ». Et « cela est le centre de notre vie : Jésus Christ qui se manifeste, se fait voir, et nous sommes invités à le connaître, à le reconnaître dans la vie, dans les nombreuses circonstances de la vie ». Dans cette perspective, il est opportun de se poser une « question : le centre de ma vie est-il Jésus Christ? Quel est mon rapport avec Jésus Christ? ». « Avant tout, la première attitude est de connaître et reconnaître Jésus ; chercher comment était Jésus : est-ce que cela m’intéresse? ». Il s’agit d’« une question que nous devons tous nous poser : est-ce que cela m’intéresse de connaître Jésus ou peut-être cela m’intéresse plus de connaître le feuilleton télé ou les commérages ou les ambitions ou encore de connaître la vie des autres ? ». En somme, il faut « connaître Jésus pour pouvoir le reconnaître ». Et « pour connaître Jésus il y a la prière, l’Esprit Saint, oui » ; mais un bon système consiste à « prendre l’Évangile chaque jour » et en « lire tous les jours un passage : c’est l’unique façon de connaître Jésus », de savoir « ce qu’il a fait, ce qu’il a dit ». Il est fondamental « de lire l’histoire de Jésus : oui, l’Évangile est l’histoire de Jésus, la vie de Jésus, c’est Jésus lui-même, c’est l’Esprit Saint qui nous fait voir Jésus là ». Pour cette raison, François a voulu renouveler son conseil : « S’il vous plaît, faites cela ! Tous les jours. Cela est la semence. C’est l’Esprit Saint qui fait germer et croître la semence ». Si le premier devoir est celui de « reconnaître Jésus, connaître Jésus », le deuxième devoir est d’« adorer Jésus, c’est Dieu! ». Il faut « adorer Jésus ». Mais la vraie question est si nous adorons Jésus. « Nous pensons à deux façons d’adorer Jésus ». Il y a « la prière d’adoration en silence : “Tu es Dieu, tu es le Fils de Dieu, je t’adore” ». Cela est « adorer Jésus ». Mais ensuite, nous devons également « ôter de notre cœur les autres choses que nous “adorons”, qui nous intéressent davantage ». Il ne doit y avoir « que Dieu ». A ce propos, le Pape n’a pas manqué d’offrir une autre suggestion pratique : « Il y a une petite prière que nous récitons, le Gloria, mais souvent, nous le récitons de façon mécanique, comme des perroquets ». Au contraire, « cette prière est adoration, gloire : j’adore le Père, le Fils et le Saint-Esprit ». Voilà alors la suggestion du Pape d’« adorer, avec des petites prières, avec le silence devant la grandeur de Dieu, adorer Jésus et dire : Tu es l’unique, tu est le début et la fin et je veux rester avec toi toute la vie, toute l’éternité. Tu es l’unique ». Et ainsi également « chasser les choses qui m’empêchent d’adorer Jésus ». « Le troisième devoir que je vous suggère pour avoir Jésus au centre de notre vie est ce que nous dit l’Évangile d’aujourd’hui : suivre Jésus ». Quand le Seigneur « voit Pierre et André qui travaillaient, ils étaient pêcheurs, il leur dit : “Suivez-moi” ». Nous devons donc « suivre Jésus, les choses qu’il nous a enseignées, les choses que nous trouvons tous les jours quand nous lisons ce passage de l’Évangile ». Et demander : « Seigneur, que veux-tu que je fasse? Montre-moi le chemin ». En conclusion, François a répété que l’essentiel est de garder toujours « Jésus au centre ». Et « cela signifie connaître, reconnaître Jésus, adorer et suivre Jésus : la vie chrétienne est très simple, mais nous avons besoin de la grâce de l’Esprit Saint afin qu’il éveille en nous cette volonté de connaître Jésus, d’adorer Jésus et de suivre Jésus ».

 

PAPE FRANÇOIS – Se préparer à la consolation – 25 septembre 2017

11 décembre, 2018

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2017/documents/papa-francesco-cotidie_20170925_se-preparer-a-la-consolation.html

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La brebis perdue (évangile d’aujourd’hui)

PAPE FRANÇOIS – Se préparer à la consolation – 25 septembre 2017

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 040 du 5 octobre 2017)

Personne n’est exclu de la rencontre avec le Seigneur: Dieu «passe» dans la vie de chacun et chaque chrétien est appelé à être «en tension vers cette rencontre» pour la reconnaître et accueillir sa paix. C’est un message d’espérance et de joie qui a été lancé par le Pape, mais c’est également une invitation à sortir de sa torpeur, à ne pas être des chrétiens «fermés». L’inspiration pour sa réflexion est venue de la première lecture du jour (Es 1, 1-6) qui «raconte le moment où le peuple d’Israël est libéré de l’exil». Ce qui est décrit dans l’Ecriture est «une visite du Seigneur: le Seigneur visita son peuple et le reconduisit à Jérusalem». Et le Pape s’est précisément arrêté sur le mot «visite»: un mot «important dans l’histoire du salut». On le retrouve, par exemple, quand «Joseph dit à ses frères en Egypte: “Dieu, assurément, viendra vous visiter. Portez mes os avec vous”». Chaque fois que l’on parle de «libération, chaque action de rédemption de Dieu, est une visite: le Seigneur visite son peuple». Et «à l’époque de Jésus» aussi, lorsque «les personnes qui étaient guéries et libérées des démons, disaient: “Le Seigneur a visité son peuple”». Voilà alors l’enseignement pour chaque homme: «Quand le Seigneur nous visite, il nous donne la joie, c’est-à-dire qu’il nous conduit à un état de consolation», il donne «la consolation spirituelle». Une consolation qui «non seulement a lieu de notre temps», mais qui «est un état dans la vie spirituelle de chaque chrétien». C’est sur celle-ci que la méditation a été articulée, en trois points: «attendre la consolation», puis «reconnaître la consolation, car il y a de faux prophètes qui semblent nous consoler et qui en revanche nous trompent», et «conserver la consolation». Tout d’abord, il faut «être ouverts à la visite de Dieu», car «le Seigneur visite chacun de nous; il cherche chacun de nous et le rencontre». Il peut y avoir «des moments plus faibles, des moments plus forts dans cette rencontre, mais le Seigneur nous fera toujours sentir sa présence, toujours, d’une manière ou d’une autre». Et il a ajouté, «quand il vient avec la consolation spirituelle, le Seigneur nous remplit de joie» comme cela a eu lieu avec les israélites. Il faut donc «attendre cette joie, attendre cette visite», et pas, comme le pensent tant de chrétiens, attendre passivement. Mais «comment faut-il attendre cette consolation?». La réponse est: «Avec cette vertu humble, la plus humble de toutes: l’espérance. J’espère que le Seigneur me visitera avec sa consolation». Il faut «demander au Seigneur qu’il se fasse voir, qu’il se laisse rencontrer». Il faut «se préparer». Se préparer avec «espérance», même si l’on pense avoir une «petite» espérance, car celle-ci «très souvent», cette espérance «est forte quand elle est cachée comme la braise sous la cendre». Le deuxième point est «reconnaître la consolation». En effet, «la consolation du Seigneur n’est pas une joie commune, n’est pas une joie que l’on peut acheter». La consolation du Seigneur «est autre chose». On la reconnaît: «elle touche à l’intérieur, elle anime et développe la charité, la foi, l’espérance et elle conduit également à pleurer pour les péchés» et à «pleurer avec Jésus» quand nous contemplons sa passion. La «vraie consolation» «élève l’âme aux choses du ciel, aux choses de Dieu et apaise également l’âme dans la paix du Seigneur». On ne peut pas la confondre avec le «divertissement». C’est pourquoi il faut reconnaître la consolation «quand elle vient». Et quand elle vient, «rendre grâce au Seigneur». Il y a enfin un troisième point: «conserver la consolation». Car s’il est vrai que la «consolation est forte», il est également vrai «qu’elle ne se conserve pas aussi forte — il s’agit d’un moment — mais elle laisse ses traces». C’est ainsi qu’entre en jeu le fait de faire «mémoire». Comme le fit le peuple d’Israël quand il fut libéré. Et ensuite, quand «passe ce moment fort» de la rencontre et de la consolation, «que reste-t-il? La paix», qui est précisément «le dernier niveau de consolation». Un état que l’on reconnaît; on dit, en effet: «Regarde: un homme de paix, une femme de paix. D’où le souhait de conclusion: «Que le Seigneur nous donne cette grâce: attendre la consolation spirituelle et conserver la consolation».

 

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