Archive pour la catégorie 'PAPE FRANÇOIS – hOMÉLIE DU JOUR'

PAPE FRANÇOIS – L’Ange et l’enfant – 2 octobre 2015

1 octobre, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2015/documents/papa-francesco-cotidie_20151002_l-ange-et-l-enfant.html

fr e pens

PAPE FRANÇOIS – L’Ange et l’enfant – 2 octobre 2015

MÉDITATION MATINALE
EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 41 du 8 octobre 2015)

Pour ne jamais nous laisser seuls, Dieu a placé à côté de chacun de nous un ange gardien qui nous soutient, nous défend, nous accompagne dans la vie. C’est à nous de savoir accueillir sa présence en écoutant les conseils, avec la docilité d’un enfant, pour demeurer sur la bonne voie vers le paradis, forts de la sagesse populaire qui nous rappelle que le diable « fait les casseroles mais pas les couvercles ». C’est précisément à la mission d’« ambassadeurs de Dieu » des saints anges gardiens, le jour de leur mémoire liturgique, que François a consacré l’homélie de la Messe. Pour sa réflexion, le Pape est parti de la prière eucharistique iv, parce qu’« il y a une phrase qui nous fait réfléchir ». En effet, « nous disons au Seigneur : “Quand, par sa désobéissance, l’homme a perdu ton amitié, tu ne l’as pas abandonné” ». Et alors, « nous pensons au moment où Adam a été chassé du paradis : le Seigneur n’a pas dit “arrange-toi comme tu peux !”, il ne l’a pas laissé seul ». Du reste, Dieu « a toujours envoyé des aides : dans ce cas, on parle de l’aide des anges ». Le Pape a souligné qu’« aujourd’hui, la liturgie nous fait réfléchir sur cela, et aussi sur une forme particulière de compagnie, d’aide que le Seigneur nous a donnée à tous : les anges gardiens ». Chacun de nous « en a un; il en a un qui l’accompagne ». Et précisément « dans la prière, au début de la Messe, nous avons demandé la grâce que sur le chemin de la vie, nous soyons soutenus par son aide pour ensuite nous réjouir, avec eux, au ciel ». L’ange gardien « est toujours avec nous et cela est une réalité : c’est comme un ambassadeur de Dieu avec nous ». Ainsi, « quand, par exemple, nous commettons une méchanceté et que nous pensons » être seuls, nous devons nous rappeler qu’il n’en est rien, parce qu’« il est là ». D’où l’importance d’« avoir du respect pour sa présence » et d’« écouter sa voix, parce qu’il nous conseille ». C’est pourquoi, « quand nous entendons cette inspiration “Mais fais cela… c’est mieux… Il ne faut pas faire cela… ” », le bon conseil est de l’écouter et de ne pas se rebeller à l’ange gardien. « Mon nom est en lui », Et « il nous conseille, nous accompagne, marche avec nous au nom de Dieu ». C’est toujours le livre de l’Exode qui indique la meilleure attitude : « Si tu écoutes sa voix et tu fais ce que je te dirai, je serai l’ennemi de tes ennemis et l’adversaire de tes adversaires ». Mais « qu’est-ce que cela veut dire ? » . La réponse de Dieu est claire : « Je serai ton défenseur, mais je serai toujours là pour te défendre, te protéger. “Moi !” dit le Seigneur, mais parce que tu as écouté les conseils, l’inspiration de l’ange ». Dieu nous envoie l’ange pour nous libérer, pour éloigner la crainte, pour nous éloigner du malheur ». Il « demande seulement de l’écouter, de le respecter »; donc « seulement cela : respect et écoute ». Et « ce respect et cette écoute à l’égard de ce compagnon de route s’appelle docilité : le chrétien doit être docile à l’Esprit Saint », mais « la docilité à l’Esprit Saint commence par cette docilité aux conseils de ce compagnon de route ». C’est l’icône de l’enfant que Jésus choisit « quand il veut dire comment doit être un chrétien ». Ces paroles de Jésus signifient « que la docilité à l’égard de ce compagnon de route nous fait devenir comme des enfants : sans orgueil, il nous rend humbles; il nous rend petits; non pas suffisants comme celui qui est orgueilleux et vaniteux. Non, comme un enfant ! ». C’est « précisément cela la docilité qui nous rend grands et qui nous porte au ciel ». En concluant sa méditation, François a demandé au Seigneur « la grâce de cette docilité, d’écouter la voix de ce compagnon, de cet ambassadeur de Dieu qui est à nos côtés en son nom », afin que nous puissions être « soutenus par son aide, toujours en chemin ».

PAPE FRANÇOIS – Être pécheurs n’est pas un problème

6 mai, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2013/documents/papa-francesco-cotidie_20130517.html

?????

Hendrick ter Brugghen - la repentance de Pierre

PAPE FRANÇOIS – Être pécheurs n’est pas un problème

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Vendredi 17 mai 2013

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 21 du 23 mai 2013)

Être pécheurs n’est pas un problème ; ce qui l’est, c’est plutôt ne pas se repentir d’avoir péché, ne pas éprouver de honte pour ce que l’on a fait. Le Pape François a reparcouru dans son homélie du 17 mai l’histoire des rencontres de Pierre avec Jésus, en en proposant une lecture particulière. Jésus, a-t-il observé, « confie son troupeau à un pécheur », Pierre. « Pécheur, mais pas corrompu », a-t-il immédiatement précisé. Il est pire d’être corrompus que pécheurs. Le Pape a souligné le dialogue d’amour qui se développe entre Pierre et Jésus à travers leurs rencontres fréquentes après le premier « Suis-moi ! » lorsque son frère André l’a conduit à Jésus qui, après l’avoir regardé, dit : « “Mais tu es Simon ?” “A partir de maintenant, tu t’appelleras Céphas, ce qui signifie Pierre” ». Ce fut le début d’une mission, a-t-il expliqué, même si « Pierre n’avait rien compris, mais la mission existait ». Le Saint-Père a ensuite poursuivi la description des diverses rencontres entre le Seigneur et les disciples, jusqu’à ce que les regards de Jésus et de Pierre se croisent à nouveau après que ce dernier, comme l’avait prévu le Maître, l’a renié par trois fois. « Ce regard de Jésus, si beau, si beau ! Et Pierre pleure ». Telle « est l’histoire des rencontres » au cours desquelles Jésus façonne dans l’amour l’âme de Pierre. Pierre avait un cœur grand et cela « le conduit à une rencontre nouvelle avec Jésus, à la joie du pardon, ce soir-là, lorsqu’il a pleuré ». Le Seigneur ne revient pas sur ce qu’il avait promis, c’est-à-dire « “Tu es pierre”, et même à ce moment, il lui dit : “Pais mon troupeau” » et il confie son troupeau à un pécheur. Le Pape François a ensuite raconté un épisode de sa vie : « Un jour, j’ai entendu parler d’un prêtre, un bon curé qui travaillait bien ; il a été nommé évêque, mais il avait honte, car il ne se sentait pas digne, il avait un tourment spirituel. Il est allé voir son confesseur. Le confesseur l’a écouté, puis il lui a dit : “N’aie donc pas peur. Si Pierre, qui en a fait de belles, a été fait Pape, toi, ne t’inquiète pas !”. C’est parce que le Seigneur est ainsi. Il nous fait mûrir à travers de nombreuses rencontres avec lui, même avec nos faiblesses, quand nous le reconnaissons ; avec nos péchés ».

 

PAPE FRANÇOIS – Joseph le rêveur (2017) – pour le premier mai 2019

30 avril, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2017/documents/papa-francesco-cotidie_20170320_joseph-le-reveur.html

la mia e fr - Copia

Saint Joseph le travailleur

PAPE FRANÇOIS – Joseph le rêveur (2017) – pour le premier mai 2019

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Lundi 20 mars 2017

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°013 du 30 mars 2017)

En la solennité liturgique de saint Joseph — reportée cette année d’un jour en raison de sa concomitance avec le troisième dimanche de Carême — le Pape François a célébré la Messe à Sainte-Marthe en s’arrêtant précisément sur la figure du saint Patron de l’Eglise universelle. En lui, le Pape a indiqué le modèle de l’«homme juste», de l’«homme capable de rêver», de «protéger» et «de réaliser» le «rêve de Dieu» sur l’homme. C’est pourquoi il l’a proposé comme exemple pour tous et de manière particulière pour les jeunes, auxquels Joseph enseigne à ne jamais perdre «la capacité de rêver, de risquer» et d’assumer des «tâches difficiles». La méditation de François s’est inspirée de la liturgie de la parole qui parle de «descendance, d’héritage, de paternité, de filiation, de stabilité»: ce sont toutes des expressions, a-t-il fait remarquer, «qui sont une promesse mais qui, ensuite, se concentrent en un homme, en un homme qui ne parle pas, il ne dit pas un seul mot, un homme dont on dit seulement qu’il était juste. Et ensuite, un homme que nous voyons agir comme un homme obéissant». Joseph précisément. Un homme «dont nous ne savons pas même l’âge» et qui «porte sur ses épaules toutes ces promesses de descendance, d’héritage, de paternité, de filiation, de stabilité du peuple». Une grande responsabilité qui cependant, comme on le lit dans l’évangile de Matthieu (1, 16.18-21.24), se retrouve entièrement concentrée «dans un rêve». Apparemment, tout cela semble «trop subtil», trop fragile. Pourtant, il s’agit précisément du «style de Dieu», dans lequel Joseph se retrouve pleinement: lui, un «rêveur», est capable «d’accepter cette tâche, cette tâche difficile». Ainsi, il accueille «la promesse de Dieu et la réalise en silence avec force, il la réalise pour que ce que Dieu veut soit accompli». Voilà donc tracée «la figure de Joseph: l’homme caché, l’homme du silence, l’homme qui sert de père adoptif; l’homme qui possède la plus grande autorité à ce moment-là, sans la faire voir». Un homme qui pourrait «nous dire tant de choses», pourtant «il ne parle pas», qui pourrait «commander», puisqu’il commande sur le Fils de Dieu, pourtant «il obéit». A lui, à son cœur, Dieu confie des «choses faibles»: en effet, «une promesse est faible», de même qu’est faible «un enfant», mais aussi «une jeune fille, à propos de laquelle il a eu un doute». «Toutes ces faiblesses», Joseph «les prend en main, les prend dans son cœur et les assume comme l’on assume les faiblesses, avec tendresse, avec tant de tendresse, la tendresse avec laquelle on prend un enfant dans les bras». Voilà pourquoi «j’aime penser à Joseph comme au gardien des faiblesses», également «de nos faiblesses». En effet, il «est capable de faire naître tant de belles choses de nos faiblesses, de nos péchés». Il «est le gardien des faiblesses pour qu’elles deviennent solides dans la foi». C’est une tâche fondamentale que Joseph «a reçue en rêve», parce qu’il était «un homme capable de rêver». Il est donc non seulement «le gardien de nos faiblesses, mais nous pouvons également dire qu’il est le gardien du rêve de Dieu: le rêve de notre Père, le rêve de Dieu, de la rédemption, de nous sauver tous, de cette recréation, lui est confié». En conclusion, une intercession particulière: «Qu’il donne aux jeunes — parce qu’il était jeune — la capacité de rêver, de risquer et d’assumer les tâches difficiles qu’ils ont vues dans leurs rêves». Et pour finir, qu’il donne à tous les chrétiens «la fidélité qui généralement grandit dans une attitude juste, qui grandit dans le silence et qui grandit dans la tendresse qui est capable de protéger ses propres faiblesses et celles des autres».

 

PAPE FRANÇOIS – Chrétiens en trompe-l’œil – 7 novembre 2014

13 février, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2014/documents/papa-francesco-cotidie_20141107.html

imm fr serafini e cherubini

les séraphins (il me semble)

PAPE FRANÇOIS – Chrétiens en trompe-l’œil – 7 novembre 2014

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 47 du 20 novembre 2014)

Il y a en circulation des personnes qui n’ont que le prénom de chrétien, mais dont le nom de famille est « mondain ». Ce sont « des païens avec deux touches de peinture », pourtant ils semblent chrétiens quand on les croise à la Messe chaque dimanche ; en réalité ils ont glissé peu à peu dans la tentation de la « médiocrité », au point de considérer « avec orgueil et superbe » les choses terrestres, mais pas « la croix du Christ ». Et c’est précisément contre cette tentation que le Pape a mis en garde. Pour sa méditation, il a rappelé un passage de la lettre de Paul aux Philippiens (3, 17-4,1). Dans le texte on comprend bien que Paul avait déjà parlé de ce problème en diverses autres occasions, car il ajoute : « Je vous l’ai déjà dit plusieurs fois et, à présent, avec les larmes aux yeux je vous le répète. Ceux-ci se comportent en ennemis de la croix du Christ. Imitez ceux-là, mais pas ceux-ci ! ». En substance, ce sont « des chrétiens mondains, des chrétiens de nom, avec deux ou trois choses chrétiennes, mais rien de plus ». Ce sont « des chrétiens païens ». Ils ont « un nom chrétien, mais une vie païenne » ou, pour le dire d’une autre manière, « des païens avec deux touches de peinture du christianisme : ainsi, ils apparaissent comme des chrétiens, mais ils sont païens ». Le Pape a voulu préciser que « ces personnes, nos frères », n’existaient pas qu’à l’époque de Paul. Aujourd’hui aussi « il y en a beaucoup ». C’est précisément parce que ce n’est pas une question circonscrite aux Philippiens de l’époque de Paul, que le Pape a proposé une série d’interrogations concrètes à se poser à soi-même pour un examen de conscience : « À ce point, chacun de nous — moi aussi ! — doit se demander : est-ce que j’ai quelque chose de ces personnes ? Est-ce que j’ai quelque chose de mondain en moi ? Quelque chose de païen ? J’aime me vanter ? J’aime l’argent ? J’aime l’orgueil, la superbe ? Où ai-je mes racines, c’est-à-dire d’où suis-je citoyen ? Du ciel ou de la terre ? Du monde ou de l’esprit mondain ? ». En effet, a-t-il expliqué en citant encore Paul, « notre citoyenneté est dans les cieux et là nous attendons, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ ». Mais la citoyenneté des ennemis de la croix ? L’apôtre répond que « leur sort final sera la perdition ». Donc, a précisé le Pape, « ces chrétiens avec une touche de peinture finiront mal ». Et il est important de regarder vers la fin de manière à observer « où te conduit cette citoyenneté que tu as dans le cœur » : la « citoyenneté mondaine à la ruine ; celle de la croix du Christ à la rencontre avec lui », qui « est si belle ! ». Mais comment se rendre compte si l’on glisse vers la mondanité, vers la citoyenneté mondaine ? François a tout d’abord souligné qu’il s’agit d’« un processus qui se fait en nous ». Il s’agit d’« une tentation : on glisse vers la mondanité ». Les signes pour comprendre ce vers quoi nous allons « sont dans ton cœur : si tu aimes et si tu es attaché à l’argent, à la vanité et à l’orgueil, tu prends la mauvaise route ; si tu cherches à aimer Dieu, à servir les autres, si tu es doux, si tu es humble, si tu es le serviteur des autres, tu prends la bonne route ». Et ainsi « ta carte de citoyenneté est bonne : c’est celle du ciel ». En revanche, « l’autre est une citoyenneté qui te portera malheur ». C’est précisément « ce que Jésus demandait tant, dans la conversation qu’il avait avec ses disciples, au Père : il demandait de les sauver de l’esprit du monde, de cette mondanité qui conduit à la perdition ». C’est pourquoi « le conseil de Paul » est de demander aujourd’hui la grâce de rester « solides dans le Seigneur et dans l’exemple de la croix du Christ : humilité, pauvreté, douceur, service aux autres, adoration, prière ».

 

PAPE FRANÇOIS – Avec l’Évangile en poche – 9 janvier 2017

10 janvier, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2017/documents/papa-francesco-cotidie_20170109_avec-evangile-en-poche.html

fr 649px-Affresco_dell'aspetto_antico_della_basilica_costantiniana_di_san_pietro_nel_IV_secolo - Copia

fresque de l’ancienne basilique constantinienne

PAPE FRANÇOIS – Avec l’Évangile en poche – 9 janvier 2017

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°003 du 19 janvier 2017)

« Connaître et reconnaître Jésus, l’adorer, le suivre » : ce n’est qu’ainsi que le Seigneur sera véritablement « le centre de notre vie ». Et pour faire cela, il existe des petits gestes à la portée de tous : avoir toujours avec soi une édition de poche de l’Évangile pour pouvoir facilement le lire chaque jour, avec la récitation de brèves prières d’adoration comme le Gloria, en faisant bien attention toutefois à ne pas répéter les mots « comme des perroquets ». Telles sont les caractéristiques de la « simplicité de la vie chrétienne » : en effet, il ne sert à rien d’avoir recours à des « choses étranges ou difficiles ». Le temps liturgique que nous venons de vivre « avait au centre l’attente de Jésus puis la venue de Jésus : la naissance et les mystères de la naissance jusqu’au baptême ». Ainsi, « aujourd’hui commence un nouveau temps liturgique et l’Église nous fait voir au centre de ce commencement également Jésus : Jésus comme la première et la dernière parole du Père ». Et « cela est le centre de notre vie : Jésus Christ qui se manifeste, se fait voir, et nous sommes invités à le connaître, à le reconnaître dans la vie, dans les nombreuses circonstances de la vie ». Dans cette perspective, il est opportun de se poser une « question : le centre de ma vie est-il Jésus Christ? Quel est mon rapport avec Jésus Christ? ». « Avant tout, la première attitude est de connaître et reconnaître Jésus ; chercher comment était Jésus : est-ce que cela m’intéresse? ». Il s’agit d’« une question que nous devons tous nous poser : est-ce que cela m’intéresse de connaître Jésus ou peut-être cela m’intéresse plus de connaître le feuilleton télé ou les commérages ou les ambitions ou encore de connaître la vie des autres ? ». En somme, il faut « connaître Jésus pour pouvoir le reconnaître ». Et « pour connaître Jésus il y a la prière, l’Esprit Saint, oui » ; mais un bon système consiste à « prendre l’Évangile chaque jour » et en « lire tous les jours un passage : c’est l’unique façon de connaître Jésus », de savoir « ce qu’il a fait, ce qu’il a dit ». Il est fondamental « de lire l’histoire de Jésus : oui, l’Évangile est l’histoire de Jésus, la vie de Jésus, c’est Jésus lui-même, c’est l’Esprit Saint qui nous fait voir Jésus là ». Pour cette raison, François a voulu renouveler son conseil : « S’il vous plaît, faites cela ! Tous les jours. Cela est la semence. C’est l’Esprit Saint qui fait germer et croître la semence ». Si le premier devoir est celui de « reconnaître Jésus, connaître Jésus », le deuxième devoir est d’« adorer Jésus, c’est Dieu! ». Il faut « adorer Jésus ». Mais la vraie question est si nous adorons Jésus. « Nous pensons à deux façons d’adorer Jésus ». Il y a « la prière d’adoration en silence : “Tu es Dieu, tu es le Fils de Dieu, je t’adore” ». Cela est « adorer Jésus ». Mais ensuite, nous devons également « ôter de notre cœur les autres choses que nous “adorons”, qui nous intéressent davantage ». Il ne doit y avoir « que Dieu ». A ce propos, le Pape n’a pas manqué d’offrir une autre suggestion pratique : « Il y a une petite prière que nous récitons, le Gloria, mais souvent, nous le récitons de façon mécanique, comme des perroquets ». Au contraire, « cette prière est adoration, gloire : j’adore le Père, le Fils et le Saint-Esprit ». Voilà alors la suggestion du Pape d’« adorer, avec des petites prières, avec le silence devant la grandeur de Dieu, adorer Jésus et dire : Tu es l’unique, tu est le début et la fin et je veux rester avec toi toute la vie, toute l’éternité. Tu es l’unique ». Et ainsi également « chasser les choses qui m’empêchent d’adorer Jésus ». « Le troisième devoir que je vous suggère pour avoir Jésus au centre de notre vie est ce que nous dit l’Évangile d’aujourd’hui : suivre Jésus ». Quand le Seigneur « voit Pierre et André qui travaillaient, ils étaient pêcheurs, il leur dit : “Suivez-moi” ». Nous devons donc « suivre Jésus, les choses qu’il nous a enseignées, les choses que nous trouvons tous les jours quand nous lisons ce passage de l’Évangile ». Et demander : « Seigneur, que veux-tu que je fasse? Montre-moi le chemin ». En conclusion, François a répété que l’essentiel est de garder toujours « Jésus au centre ». Et « cela signifie connaître, reconnaître Jésus, adorer et suivre Jésus : la vie chrétienne est très simple, mais nous avons besoin de la grâce de l’Esprit Saint afin qu’il éveille en nous cette volonté de connaître Jésus, d’adorer Jésus et de suivre Jésus ».

 

PAPE FRANÇOIS – Se préparer à la consolation – 25 septembre 2017

11 décembre, 2018

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2017/documents/papa-francesco-cotidie_20170925_se-preparer-a-la-consolation.html

jn_10_11-18_je-connais-mes

La brebis perdue (évangile d’aujourd’hui)

PAPE FRANÇOIS – Se préparer à la consolation – 25 septembre 2017

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 040 du 5 octobre 2017)

Personne n’est exclu de la rencontre avec le Seigneur: Dieu «passe» dans la vie de chacun et chaque chrétien est appelé à être «en tension vers cette rencontre» pour la reconnaître et accueillir sa paix. C’est un message d’espérance et de joie qui a été lancé par le Pape, mais c’est également une invitation à sortir de sa torpeur, à ne pas être des chrétiens «fermés». L’inspiration pour sa réflexion est venue de la première lecture du jour (Es 1, 1-6) qui «raconte le moment où le peuple d’Israël est libéré de l’exil». Ce qui est décrit dans l’Ecriture est «une visite du Seigneur: le Seigneur visita son peuple et le reconduisit à Jérusalem». Et le Pape s’est précisément arrêté sur le mot «visite»: un mot «important dans l’histoire du salut». On le retrouve, par exemple, quand «Joseph dit à ses frères en Egypte: “Dieu, assurément, viendra vous visiter. Portez mes os avec vous”». Chaque fois que l’on parle de «libération, chaque action de rédemption de Dieu, est une visite: le Seigneur visite son peuple». Et «à l’époque de Jésus» aussi, lorsque «les personnes qui étaient guéries et libérées des démons, disaient: “Le Seigneur a visité son peuple”». Voilà alors l’enseignement pour chaque homme: «Quand le Seigneur nous visite, il nous donne la joie, c’est-à-dire qu’il nous conduit à un état de consolation», il donne «la consolation spirituelle». Une consolation qui «non seulement a lieu de notre temps», mais qui «est un état dans la vie spirituelle de chaque chrétien». C’est sur celle-ci que la méditation a été articulée, en trois points: «attendre la consolation», puis «reconnaître la consolation, car il y a de faux prophètes qui semblent nous consoler et qui en revanche nous trompent», et «conserver la consolation». Tout d’abord, il faut «être ouverts à la visite de Dieu», car «le Seigneur visite chacun de nous; il cherche chacun de nous et le rencontre». Il peut y avoir «des moments plus faibles, des moments plus forts dans cette rencontre, mais le Seigneur nous fera toujours sentir sa présence, toujours, d’une manière ou d’une autre». Et il a ajouté, «quand il vient avec la consolation spirituelle, le Seigneur nous remplit de joie» comme cela a eu lieu avec les israélites. Il faut donc «attendre cette joie, attendre cette visite», et pas, comme le pensent tant de chrétiens, attendre passivement. Mais «comment faut-il attendre cette consolation?». La réponse est: «Avec cette vertu humble, la plus humble de toutes: l’espérance. J’espère que le Seigneur me visitera avec sa consolation». Il faut «demander au Seigneur qu’il se fasse voir, qu’il se laisse rencontrer». Il faut «se préparer». Se préparer avec «espérance», même si l’on pense avoir une «petite» espérance, car celle-ci «très souvent», cette espérance «est forte quand elle est cachée comme la braise sous la cendre». Le deuxième point est «reconnaître la consolation». En effet, «la consolation du Seigneur n’est pas une joie commune, n’est pas une joie que l’on peut acheter». La consolation du Seigneur «est autre chose». On la reconnaît: «elle touche à l’intérieur, elle anime et développe la charité, la foi, l’espérance et elle conduit également à pleurer pour les péchés» et à «pleurer avec Jésus» quand nous contemplons sa passion. La «vraie consolation» «élève l’âme aux choses du ciel, aux choses de Dieu et apaise également l’âme dans la paix du Seigneur». On ne peut pas la confondre avec le «divertissement». C’est pourquoi il faut reconnaître la consolation «quand elle vient». Et quand elle vient, «rendre grâce au Seigneur». Il y a enfin un troisième point: «conserver la consolation». Car s’il est vrai que la «consolation est forte», il est également vrai «qu’elle ne se conserve pas aussi forte — il s’agit d’un moment — mais elle laisse ses traces». C’est ainsi qu’entre en jeu le fait de faire «mémoire». Comme le fit le peuple d’Israël quand il fut libéré. Et ensuite, quand «passe ce moment fort» de la rencontre et de la consolation, «que reste-t-il? La paix», qui est précisément «le dernier niveau de consolation». Un état que l’on reconnaît; on dit, en effet: «Regarde: un homme de paix, une femme de paix. D’où le souhait de conclusion: «Que le Seigneur nous donne cette grâce: attendre la consolation spirituelle et conserver la consolation».

 

PAPE FRANÇOIS – La menace du commérage (2.9.13)

3 septembre, 2018

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2013/documents/papa-francesco-cotidie_20130902.html

imm fr conscience et coeur dans la bible

conscience et coeur dans la bible

PAPE FRANÇOIS – La menace du commérage (2.9.13)

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Lundi 2 septembre 2013

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 36 du 5 septembre 2013)

La langue, les commérages, les ragots sont des armes qui chaque jour assaillent la communauté humaine, en semant envie, jalousie et avidité du pouvoir. Avec elles, on peut en arriver à tuer une personne. C’est pourquoi parler de paix signifie aussi penser à tout le mal que l’on peut faire avec la langue.
C’est une profonde réflexion que propose le Pape François dans l’homélie de la Messe célébrée dans la chapelle de la Domus Sanctae Marthae, tradition reprise lundi 2 septembre.
Le Pape s’est inspiré du récit du retour de Jésus à Nazareth, tel qu’il est proposé par Luc (4, 16-30) dans un passage de l’Évangile parmi les plus « dramatiques », dans lequel — a dit le Pape — « on peut voir comment est notre âme » et comment le vent peut la faire tourner d’un côté à l’autre. À Nazareth, a expliqué le Pape, « tous attendaient Jésus. Ils voulaient le trouver. Et lui est allé trouver les siens. Pour la première fois, il revenait dans son village. Et eux l’attendaient parce qu’ils avaient entendu tout ce que Jésus avait fait à Capharnaüm, les miracles. Et quand commence la cérémonie, comme d’habitude, ils demandent à l’hôte de lire le livre. Jésus le fait et lit le livre du prophète Isaïe, qui était un peu la prophétie à son propos et c’est pourquoi il conclut la lecture en disant “Aujourd’hui s’accomplit cette écriture que vous avez écoutée” ».
La première réaction, a expliqué le Pape, a été très belle, tout le monde a apprécié. Mais ensuite, dans l’âme de certains, a commencé à s’insinuer le ver de l’envie et on a commencé à dire « Mais où a-t-il étudié celui-là ? N’est-ce pas le fils de Joseph ? Et nous connaissons toute sa parentèle. Mais dans quelle université a-t-il étudié ? ». Et ils ont commencé à prétendre qu’il fasse un miracle : ce n’est qu’alors qu’ils croiraient. « Ceux-là — a précisé le Pape — voulaient du spectacle : “Fais un miracle et nous croirons en toi”. Mais Jésus n’est pas un artiste ».
Jésus ne fit pas de miracles à Nazareth. Il souligna au contraire le peu de foi de qui demandait du « spectacle ». Et eux, a noté le Pape François, « sont rentrés dans une grande colère, ils se sont levés et ils poussaient Jésus jusqu’au mont pour le jeter et le tuer ». Ce qui avait commencé dans la joie menaçait de se conclure par un crime, l’assassinat de Jésus « par jalousie, par envie ». Mais il ne s’agit pas seulement d’un événement qui a deux mille ans, a souligné l’Évêque de Rome. « Cela arrive tous les jours — a-t-il dit — dans notre cœur, dans nos communautés » chaque fois que l’on accueille quelqu’un en parlant bien de lui le premier jour et puis de moins en moins jusqu’à arriver aux commérages presque jusqu’à l’« écorcher ». Celui qui, dans une communauté, cancane contre un frère finit par « vouloir le tuer », a souligné le Pape. « L’apôtre Jean — a rappelé le Saint-Père — dans la première lettre, chapitre 3, verset 15, nous dit cela : celui qui hait son frère dans son cœur est un assassin ». Et le Pape a immédiatement ajouté : « Nous sommes habitués aux commérages, aux ragots » et souvent nous transformons nos communautés et même notre famille en un « enfer » où se manifeste cette forme de criminalité qui conduit à « tuer son frère et sa sœur avec sa langue ».
« La Bible — a poursuivi le Pape — dit que le diable est entré dans le monde par jalousie. Une communauté, une famille peut être détruite par cette jalousie qu’enseigne le diable dans le cœur et fait que l’un parle mal de l’autre ». Et, se référant à ce qui advient ces derniers jours, il a souligné qu’il faut penser aussi à nos armes quotidiennes : « la langue, les commérages, les ragots ».
Ainsi, comment construire une communauté, s’est demandé le Pape ? De la manière « dont est construit le ciel » a-t-il répondu ; de la manière dont l’annonce la Parole de Dieu : « Vient la voix de l’archange, le son de la trompette de Dieu, le jour de la résurrection. Et il dit ensuite : et ainsi serons-nous pour toujours avec le Seigneur ». Donc « pour qu’il y ait la paix dans une communauté, dans une famille, dans un pays, dans le monde, nous devons commencer par être avec le Seigneur ». Et là où se trouve le Seigneur, il n’y a pas d’envie, il n’y a pas de criminalité, il n’y a pas de jalousies. Il y a la fraternité. Demandons cela au Seigneur : ne jamais tuer notre prochain avec notre langue et être avec le Seigneur comme nous tous serons au ciel ».

PAPE FRANÇOIS AUDIENCE 7.12.16 – (…thème de l’espérance chrétienne. Isaïe (40, 1-2.3-5).

30 août, 2018

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2016/documents/papa-francesco_20161207_udienza-generale.html

imm fr confort eduard Munch

Consolation, Eduard Munch

PAPE FRANÇOIS AUDIENCE 7.12.16 – (…thème de l’espérance chrétienne. Isaïe (40, 1-2.3-5).

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi, 7 décembre 2016

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous commençons aujourd’hui une nouvelle série de catéchèses sur le thème de l’espérance chrétienne. C’est très important, parce que l’espérance ne déçoit pas. L’optimisme déçoit, l’espérance non! Nous en avons tant besoin, en ces temps qui paraissent obscurs, dans lesquels nous sommes parfois égarés devant le mal et la violence qui nous entourent, devant la douleur de tant de nos frères. Il faut de l’espérance! Nous nous sentons égarés et même un peu découragés, parce que nous sommes impuissants et il nous semble que cette obscurité ne finira jamais.
Mais il ne faut pas laisser l’espérance nous abandonner, parce que Dieu, avec son amour, marche avec nous. « J’espère, parce que Dieu est à mes côtés » : cela, nous pouvons tous le dire. Chacun de nous peut dire : « J’espère, j’ai de l’espérance, parce que Dieu marche à mes côtés ». Il marche et me tient par la main. Dieu ne nous laisse pas seuls. Le Seigneur Jésus a vaincu le mal et nous a ouvert la voix de la vie.
C’est pourquoi, en particulier en ce temps de l’Avent, qui est le temps de l’attente, au cours duquel nous nous préparons à accueillir une fois de plus le mystère réconfortant de l’Incarnation et la lumière de Noël, il est important de réfléchir sur l’espérance. Laissons le Seigneur nous enseigner ce que signifie espérer. Ecoutons donc les paroles de l’Ecriture Sainte, en commençant par le prophète Isaïe, le grand prophète de l’Avent, le grand messager de l’espérance.
Dans la deuxième partie de son livre, Isaïe s’adresse au peuple avec une annonce de consolation :

« Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu,
Parlez au cœur de Jérusalem
et criez-lui que son service est accompli,
que sa faute est expiée [...] ».
Une voix crie :
« Dans le désert, frayez le chemin de Yahvé ;
dans la steppe, aplanissez une route pour notre Dieu.
Que toute vallée soit comblée,
toute montagne et toute colline abaissées,
que les lieux accidentés se changent en plaine
et les escarpements en large vallée ;
alors la gloire de Yahvé se révélera
et toute chair, d’un coup, la verra,
car la bouche de Yahvé a parlé » (40, 1-2.3-5).

Dieu le Père console en suscitant des consolateurs, auxquels il demande de réconforter le peuple, ses fils, en annonçant que leur épreuve est terminée, que leur douleur est finie et que leur péché a été pardonné. C’est cela qui guérit le cœur affligé et effrayé. C’est pourquoi le prophète demande de préparer la voie au Seigneur, en s’ouvrant à ses dons et à son salut.
La consolation, pour le peuple, commence avec la possibilité de marcher sur la voie de Dieu, une voie nouvelle, rendue droite et pouvant être parcourue, une voie à préparer dans le désert, afin de pouvoir le traverser et de revenir dans sa patrie. Parce que le peuple auquel le prophète s’adresse vivait la tragédie de l’exil à Babylone, et à présent, en revanche, il s’entend dire qu’il pourra retourner sur sa terre, à travers une route rendue commode et large, sans vallée ni montagne qui rendent le chemin fatigant, une route aplanie dans le désert. Préparer cette route veut donc dire préparer un chemin de salut et de libération de tout obstacle et empêchement.
L’exil avait été un moment dramatique dans l’histoire d’Israël, quand le peuple avait tout perdu. Le peuple avait perdu sa patrie, sa liberté, sa dignité, et aussi sa confiance en Dieu. Il se sentait abandonné et sans espérance. Au contraire, voici l’appel du prophète qui rouvre le cœur à la foi. Le désert est un lieu dans lequel il est difficile de vivre, mais c’est précisément là que l’on pourra à présent marcher pour retourner non seulement dans sa patrie, mais revenir à Dieu, et recommencer à espérer et à sourire. Quand nous sommes dans l’obscurité, dans les difficultés, nous n’avons pas envie de sourire, et c’est précisément l’espérance qui nous enseigne à sourire pour trouver cette route qui conduit à Dieu. L’une des premières choses qui arrivent aux personnes qui se détachent de Dieu est que ce sont des personnes sans sourire. Peut-être sont-elles capables d’éclats de rire, elles en font l’un après l’autre, une blague, un éclat de rire… Mais il manque le sourire! Seule l’espérance donne le sourire : c’est le sourire de l’espérance de trouver Dieu.
La vie est souvent un désert, il est difficile de marcher dans la vie, mais si nous nous confions à Dieu, elle peut devenir belle et large comme une autoroute. Il suffit de ne jamais perdre l’espérance, il suffit de continuer à croire, toujours, malgré tout. Quand nous trouvons devant un enfant, peut-être pouvons-nous avoir beaucoup de problèmes et de difficultés, mais nous avons en nous le sourire, parce que nous sommes face à l’espérance : un enfant est une espérance! Et ainsi, nous devons savoir voir dans la vie le chemin de l’espérance qui nous conduit à trouver Dieu, Dieu qui s’est fait Enfant pour nous. Et cela nous fera sourire, cela nous donnera tout!
Ces paroles d’Isaïe sont ensuite précisément utilisées par Jean-Baptiste dans sa prédication qui invitait à la conversion. Il disait : « Voix de celui qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur » (Mt 3, 3). C’est une voix qui crie là où il semble que personne ne puisse écouter — mais qui peut écouter dans le désert? —, qui crie dans l’égarement dû à la crise de la foi. Nous ne pouvons pas nier que le monde d’aujourd’hui vit une crise de la foi. On dit : « Je crois en Dieu, je suis chrétien » — « Je suis de cette religion… ». Mais ta vie est bien loin d’être chrétienne ; elle est bien loin de Dieu! La religion, la foi, est tombée dans une expression : « Est-ce que je crois? » — « Oui! ». Mais ici, il s’agit de revenir à Dieu, de convertir le cœur à Dieu et d’aller sur cette route pour le trouver. Il nous attend. Telle est la prédication de Jean-Baptiste : préparer. Préparer la rencontre avec cet Enfant qui nous redonnera le sourire. Quand Jean-Baptiste annonce la venue de Jésus, c’est comme si les Israélites étaient encore en exil, parce qu’ils sont sous la domination romaine, qui les rend étrangers dans leur propre patrie, gouvernés par des occupants puissants qui décident de leurs vies. Mais la véritable histoire n’est pas celle faite par les puissants, mais celle faite par Dieu avec ses petits. La véritable histoire — celle qui restera pour l’éternité — est celle qu’écrit Dieu avec ses petits : Dieu avec Marie, Dieu avec Jésus, Dieu avec Joseph, Dieu avec les petits. Ces petits et simples que nous trouvons autour de Jésus qui naît : Zacharie et Elisabeth, âgés et frappés par la stérilité, Marie, jeune fille vierge promise en mariage à Joseph, les pasteurs, qui étaient méprisés et qui ne comptaient pas. Ce sont les petits, rendus grands par leur foi, les petits qui savent continuer à espérer. Et l’espérance est la vertu des petits. Les grands, les satisfaits, ne connaissent pas l’espérance ; ils ne savent pas ce que c’est.
Ce sont eux, les petits avec Dieu, avec Jésus, qui transforment le désert de l’exil, de la solitude désespérée, de la souffrance, en une route aplanie sur laquelle marcher pour aller à la rencontre de la gloire du Seigneur. Et nous venons au fait : laissons-nous enseigner l’espérance. Attendons avec confiance la venue du Seigneur, et quel que soit le désert de nos vies — chacun sait dans quel désert il marche — il deviendra un jardin fleuri. L’espérance ne déçoit pas!
Frères et sœurs, nous commençons une nouvelle série de catéchèses sur le thème de l’espérance chrétienne. En ce temps de l’Avent, temps de l’attente, il est particulièrement important de réfléchir sur l’espérance. Dans son Livre, le prophète Isaïe adresse au peuple une annonce de consolation : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu ». Dieu le Père console en suscitant des consolateurs à qui il demande d’encourager le peuple. Pour cela le prophète invite à préparer le chemin du Seigneur, en s’ouvrant à ses dons de salut. La consolation commence par la possibilité de marcher sur le chemin de Dieu, un chemin à préparer dans le désert pour pouvoir retourner chez soi, un chemin de salut et de libération. Le désert est un lieu où il est difficile de vivre, mais on peut y marcher non seulement pour revenir chez soi, mais pour revenir à Dieu, espérer et sourire. La vie est souvent un désert, mais si nous nous confions à Dieu, elle peut devenir une autoroute belle et large. Il suffit de ne jamais perdre l’espérance, de continuer à croire, toujours, malgré tout. Et, comme nous le montrent ceux qui entourent Jésus à sa naissance, ce sont les petits, rendus grands par leur foi, qui savent continuer à espérer. Laissons-nous donc enseigner l’espérance, attendons avec confiance la venue du Seigneur et quel que soit le désert de nos vies, il deviendra un jardin florissant.

Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier le collège Saint-Régis Saint-Michel, du Puy-en-Velay, et les membres du « service d’optimisation des homélies ». A la veille de la solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, demandons-lui de nous aider à marcher dans l’espérance à la rencontre de son Fils et à accueillir avec joie sa venue. Que Dieu vous bénisse!

PAPE FRANÇOIS – L’ANGE ET L’ENFANT

18 juillet, 2018

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2015/documents/papa-francesco-cotidie_20151002_l-ange-et-l-enfant.html

imm fr (2)

PAPE FRANÇOIS – L’ANGE ET L’ENFANT

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Vendredi 2 octobre 2015

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 41 du 8 octobre 2015)

Pour ne jamais nous laisser seuls, Dieu a placé à côté de chacun de nous un ange gardien qui nous soutient, nous défend, nous accompagne dans la vie. C’est à nous de savoir accueillir sa présence en écoutant les conseils, avec la docilité d’un enfant, pour demeurer sur la bonne voie vers le paradis, forts de la sagesse populaire qui nous rappelle que le diable « fait les casseroles mais pas les couvercles ». C’est précisément à la mission d’« ambassadeurs de Dieu » des saints anges gardiens, le jour de leur mémoire liturgique, que François a consacré l’homélie de la Messe. Pour sa réflexion, le Pape est parti de la prière eucharistique iv, parce qu’« il y a une phrase qui nous fait réfléchir ». En effet, « nous disons au Seigneur : “Quand, par sa désobéissance, l’homme a perdu ton amitié, tu ne l’as pas abandonné” ». Et alors, « nous pensons au moment où Adam a été chassé du paradis : le Seigneur n’a pas dit “arrange-toi comme tu peux !”, il ne l’a pas laissé seul ». Du reste, Dieu « a toujours envoyé des aides : dans ce cas, on parle de l’aide des anges ». Le Pape a souligné qu’« aujourd’hui, la liturgie nous fait réfléchir sur cela, et aussi sur une forme particulière de compagnie, d’aide que le Seigneur nous a donnée à tous : les anges gardiens ». Chacun de nous « en a un; il en a un qui l’accompagne ». Et précisément « dans la prière, au début de la Messe, nous avons demandé la grâce que sur le chemin de la vie, nous soyons soutenus par son aide pour ensuite nous réjouir, avec eux, au ciel ». L’ange gardien « est toujours avec nous et cela est une réalité : c’est comme un ambassadeur de Dieu avec nous ». Ainsi, « quand, par exemple, nous commettons une méchanceté et que nous pensons » être seuls, nous devons nous rappeler qu’il n’en est rien, parce qu’« il est là ». D’où l’importance d’« avoir du respect pour sa présence » et d’« écouter sa voix, parce qu’il nous conseille ». C’est pourquoi, « quand nous entendons cette inspiration “Mais fais cela… c’est mieux… Il ne faut pas faire cela… ” », le bon conseil est de l’écouter et de ne pas se rebeller à l’ange gardien. « Mon nom est en lui », Et « il nous conseille, nous accompagne, marche avec nous au nom de Dieu ». C’est toujours le livre de l’Exode qui indique la meilleure attitude : « Si tu écoutes sa voix et tu fais ce que je te dirai, je serai l’ennemi de tes ennemis et l’adversaire de tes adversaires ». Mais « qu’est-ce que cela veut dire ? » . La réponse de Dieu est claire : « Je serai ton défenseur, mais je serai toujours là pour te défendre, te protéger. “Moi !” dit le Seigneur, mais parce que tu as écouté les conseils, l’inspiration de l’ange ». Dieu nous envoie l’ange pour nous libérer, pour éloigner la crainte, pour nous éloigner du malheur ». Il « demande seulement de l’écouter, de le respecter »; donc « seulement cela : respect et écoute ». Et « ce respect et cette écoute à l’égard de ce compagnon de route s’appelle docilité : le chrétien doit être docile à l’Esprit Saint », mais « la docilité à l’Esprit Saint commence par cette docilité aux conseils de ce compagnon de route ». C’est l’icône de l’enfant que Jésus choisit « quand il veut dire comment doit être un chrétien ». Ces paroles de Jésus signifient « que la docilité à l’égard de ce compagnon de route nous fait devenir comme des enfants : sans orgueil, il nous rend humbles; il nous rend petits; non pas suffisants comme celui qui est orgueilleux et vaniteux. Non, comme un enfant ! ». C’est « précisément cela la docilité qui nous rend grands et qui nous porte au ciel ». En concluant sa méditation, François a demandé au Seigneur « la grâce de cette docilité, d’écouter la voix de ce compagnon, de cet ambassadeur de Dieu qui est à nos côtés en son nom », afin que nous puissions être « soutenus par son aide, toujours en chemin ».

 

PAPE FRANÇOIS – PETITE ET GRANDE BEAUTÉ

9 juillet, 2018

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2015/documents/papa-francesco-cotidie_20151113_petite-et-grande-beaute.html

imm fr airone cenerino bibbias di corso d'este

Héron cendré (Bible)

PAPE FRANÇOIS – PETITE ET GRANDE BEAUTÉ

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Vendredi 13 novembre 2015

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 48 du 26 novembre 2015)

« Ne jamais sombrer dans l’idolâtrie des immanences et dans l’idolâtrie des habitudes » et viser au contraire « toujours plus loin: de l’immanence regarder la transcendance et des habitudes regarder l’habitude finale, qui sera la contemplation de la gloire de Dieu ». Avec la certitude que si « la vie est belle, le crépuscule aussi sera très beau ». Telles sont les recommandations, pour ne pas sombrer dans ces deux idolâtries, suggérées par le Pape, qui s’est inspiré du psaume 18, proposé par la liturgie. Dans cette prière, « nous avons répété: “les cieux narrent la gloire de Dieu”: sa gloire, sa beauté, l’unique beauté qui demeure pour toujours ». Au contraire, « les deux lectures — aussi bien celle du livre de la Sagesse (13, 1-9), que celle de l’Évangile (Lc 17, 26-37) — nous parlent de gloires humaines, même d’idolâtrie ». En particulier, « la première lecture parle de la beauté de la création : elle est belle ! Dieu a fait de belles choses ! ». Mais immédiatement, « il souligne l’erreur, la faute de ces gens qui, dans ces belles choses, n’ont pas été capables de regarder au-delà, c’est-à-dire vers la transcendance ». Oui, ce sont sans aucun doute des choses « belles en elles-mêmes, elles ont leur autonomie de beauté dans ce cas », mais ces hommes « n’ont pas reconnu que cette beauté est une marque d’une autre beauté plus grande qui nous attend ». C’est la « beauté de Dieu ». Cependant, on lit dans le livre de la Sagesse que ces hommes « fascinés » par la beauté des « choses créées par Dieu ont fini par les prendre pour des “dieux”. C’est précisément “l’idolâtrie de l’immanence” ». Ils ont pensé que « ces choses sont sans au-delà et qu’elles sont si belles que ce sont des dieux », justement. Mais ainsi, « ils se sont attachés à cette idolâtrie ; ils sont frappés de stupeur par leur pouvoir et leur énergie ». Sans penser, au contraire, « à la grande supériorité de leur souverain, parce que Celui qui les a créées est principe et auteur de la beauté ». « C’est une idolâtrie que de regarder les nombreuses beautés sans penser qu’il y aura un crépuscule », mais « le crépuscule aussi a sa beauté ». Et nous courons tous « le danger » d’avoir « cette idolâtrie d’être attachés aux beautés d’ici-bas, sans la transcendance ». C’est justement « l’idolâtrie de l’immanence: nous croyons que les choses sont comme elles sont, qu’elles sont presque divines, qu’elles ne finiront jamais ». Et « nous oublions le crépuscule ». « L’autre idolâtrie est celle des habitudes ». Dans l’extrait évangélique du jour, « Jésus, en parlant du dernier jour, précisément du crépuscule, dit : “Et comme il advint aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il encore aux jours du Fils de l’homme : On mangeait, on buvait, on prenait femme ou mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche” ». En somme, « tout est habituel, la vie est ainsi : nous vivons ainsi, sans penser au déclin de cette façon de vivre ». Mais « cela aussi est une idolâtrie : être attaché aux habitudes, sans penser que cela prendra fin ». Et « l’Église nous fait regarder la fin de ces choses ». Ainsi, « même les habitudes peuvent être pensées comme des dieux ». Donc, « l’idolâtrie » consiste à penser que « la vie est ainsi », au point d’avancer par habitude. Et « de même que la beauté finira dans une autre beauté, notre habitude finira dans une éternité, dans une autre habitude. Mais il y a Dieu ! ». Voilà alors que « l’Église nous prépare, cette semaine, à la fin de l’année liturgique et nous fait penser précisément à la fin des choses créées ». Oui, « elles seront transformées, mais il y a un conseil que Jésus nous donne dans cet Évangile d’aujourd’hui : “Ne pas revenir en arrière, ne pas regarder en arrière” ». Et « prendre l’exemple de la femme de Lot ».

 

1234