Archive pour la catégorie 'PAPE FRANÇOIS'

PAPE FRANÇOIS – HYMNE À LA JOIE

4 septembre, 2017

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2016/documents/papa-francesco-cotidie_20160523_hymne-a-la-joie.html

pens e it

soyez joyeux

PAPE FRANÇOIS – HYMNE À LA JOIE

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Lundi 23 mai 2016

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 22 du 2 juin 2016)

« La carte d’identité du chrétien est la joie » : l’« étonnement » face à la « grandeur de Dieu », à son « amour », au « salut » qu’il a donnés à l’humanité, ne peut que conduire le croyant à une joie que même les croix de la vie ne peuvent érafler, car dans l’épreuve aussi existe « la certitude que Jésus est avec nous ». La méditation du Pape François a été un véritable hymne à la joie. L’inspiration est venue de la liturgie du jour. Le Souverain Pontife a en particulier voulu relire l’incipit du passage de la première Lettre de Pierre (1, 3-9) qui — a-t-il dit — en raison de son « ton d’exultation », de sa « joie », de la manière de l’apôtre d’intervenir « de toute sa force » rappelle le début « de l’Oratorio de Noël de Bach ». Ce sont des mots dans lesquels on perçoit « l’étonnement devant la grandeur de Dieu », devant la « régénération que le Seigneur — “en Jésus Christ et pour Jésus Christ” — a faite en nous ». Et c’est « un étonnement plein d’allégresse, de joie » : immédiatement après, on trouve le mot-clé dans le texte de la lettre, c’est-à-dire : « C’est pourquoi vous êtes comblés de joie ». La joie dont parle l’apôtre est durable. Voilà pourquoi il ajoute dans l’épître que, même si pendant quelques temps, on est obligé d’être « affligés par les épreuves », cette joie du début « ne sera pas ôtée ». En effet, celle-ci naît de « ce que Dieu a fait en nous : il nous a régénérés dans le Christ et nous a donné une espérance ». À partir de tout cela, on comprend que la joie est vraiment la « vertu du chrétien ». Un chrétien « est un homme et une femme qui a la joie dans son cœur ». Encore plus : « Il n’existe pas de chrétien sans joie ». C’est pourquoi « la carte d’identité du chrétien est la joie, la joie de l’Evangile, la joie d’avoir été élus par Jésus, sauvés par Jésus, régénérés par Jésus ; la joie de cette espérance que Jésus nous attend ». Et également « dans les croix et les souffrances de cette vie », le chrétien vit cette joie, en l’exprimant d’une autre manière, c’est-à-dire avec la « paix » qui vient de la « certitude que Jésus nous accompagne, qu’il est avec nous ». Servant de contrepoint à cet hymne à la joie, la liturgie du jour propose « un autre mot », celui qui est lié à l’épisode de l’Évangile de Marc (10, 17-27) dans lequel on raconte l’histoire du jeune « qui s’était approché de Jésus pour le suivre ». Jésus fait la proposition suivante à ce jeune : « Une seule chose te manque : va, ce que tu as, vends-le et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens, suis-moi » ; mais à ces mots, il « s’assombrit et il s’en alla contristé ». Ce jeune « n’a pas été capable d’ouvrir son cœur à la joie et il a choisi la tristesse ». Mais pourquoi ? La réponse est claire : « Car il avait de grands biens. Il était attaché à ses biens ». Du reste, Jésus avait averti « que l’on ne peut pas servir deux maîtres : ou tu sers le Seigneur ou tu sers les richesses ». En revenant sur ce thème, déjà affronté dans une homélie il y a quelques jours, le Pape a expliqué : « Les richesses ne sont pas mauvaises en elles-mêmes », ce qui est mauvais, c’est de « servir la richesse ». Et la tâche de chacun est d’aider les gens « à trouver Jésus, à ôter cette tristesse, afin qu’ils puissent se réjouir de l’Évangile, qu’ils puissent avoir cette joie qui est propre à l’Évangile ». François a encore voulu approfondir ce concept central et lier la joie à l’étonnement qui naît — comme le rappelle saint Pierre dans sa lettre — « devant la révélation, devant l’amour de Dieu, devant les émotions de l’Esprit Saint ». C’est pourquoi on peut bien dire que « le chrétien est un homme, une femme d’étonnement ». C’est pourquoi « nous demandons aujourd’hui au Seigneur qu’il nous donne d’être étonnés devant lui, devant les nombreuses richesses spirituelles qu’il nous a données ; et qu’avec cet étonnement, il nous donne la joie, la joie de notre vie et de vivre avec la paix dans notre cœur les nombreuses difficultés ; et qu’il nous garde de rechercher le bonheur dans tant de choses qui, à la fin, nous attristent : elles promettent beaucoup, mais elles ne nous donneront rien ! ». Voilà la conclusion : « Rappelez-vous bien : un chrétien est un homme et une femme de joie dans le Seigneur, un homme et une femme d’étonnement ».

 

PAPE FRANÇOIS – CHRISTIAN HOPE – 31. « VOICI, JE RENDS TOUT NOUVEAU » (ACTES 21: 5).

30 août, 2017

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2017/documents/papa-francesco_20170823_udienza-generale.html

la mia e fr - Copia

Révélation, les sept anges

PAPE FRANÇOIS – CHRISTIAN HOPE – 31. « VOICI, JE RENDS TOUT NOUVEAU » (ACTES 21: 5).

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 23 août 2017

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous avons écouté la Parole de Dieu dans le livre de l’Apocalypse, et elle dit: «Voici, je fais l’univers nouveau» (21, 5). L’espérance chrétienne se fonde sur la foi en Dieu qui crée toujours des nouveautés dans la vie de l’homme, il crée des nouveautés dans l’histoire, il crée des nouveautés dans l’univers. Notre Dieu est le Dieu qui crée la nouveauté, parce que c’est le Dieu des surprises.
Il n’est pas chrétien de marcher le regard tourné vers le bas — comme le font les cochons: ils avancent toujours ainsi — sans lever les yeux vers l’horizon. Comme si tout notre chemin finissait ici, en l’espace de quelques mètres de parcours; comme si dans notre vie, il n’y avait aucune destination ni aucune escale, et que nous étions contraints à errer éternellement, sans rien qui justifie nos nombreux efforts. Cela n’est pas chrétien.
Les pages finales de la Bible nous montrent l’horizon ultime du chemin du croyant: la Jérusalem du Ciel, la Jérusalem céleste. Elle est imaginée avant tout comme une demeure immense, où Dieu accueillera tous les hommes pour habiter définitivement avec eux (Ap 21, 3). Et cela est notre espérance. Et que fera Dieu, quand nous serons enfin avec Lui? Il fera preuve d’une tendresse infinie à notre égard, comme un père qui accueille ses enfants qui ont longtemps peiné et souffert. Jean, dans l’Apocalypse, prophétise: «Voici la demeure de Dieu avec les hommes! Il essuiera toute larme de leurs yeux: de mort, il n’y en aura plus; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’en est allé [...] Voici, je fais l’univers nouveau!» (21, 3-5). Le Dieu de la nouveauté!
Essayez de réfléchir à ce passage de l’Ecriture Sainte non pas de façon abstraite, mais après avoir lu une nouvelle actuelle, après avoir regardé le journal télévisé ou la couverture des journaux, où il y a tant de tragédies, où l’on rapporte des nouvelles tristes auxquelles tous risquent de s’habituer. Et j’ai salué certaines personnes de Barcelone: que de nouvelles tristes nous parviennent de là! J’ai salué des gens du Congo, et combien de nouvelles tristes nous parviennent de là! Et combien d’autres: Pour ne citer que deux pays dont vous provenez… Essayez de penser aux visages des enfants effrayés par la guerre, aux pleurs des mères, aux rêves brisés de nombreux jeunes, aux réfugiés qui affrontent des voyages terribles, et sont si souvent exploités… Malheureusement, la vie, c’est également cela. On a parfois envie de dire que c’est surtout cela.
Peut-être. Mais il y a un Père qui pleure avec nous; il y a un Père qui verse des larmes de pitié infinie envers ses enfants. Nous avons un Père qui sait pleurer, qui pleure avec nous. Un père qui attend pour nous consoler, parce qu’il connaît nos souffrances et nous a préparé un avenir différent. Telle est la grande vision de l’espérance chrétienne, qui enveloppe tous les jours de notre existence, et qui veut nous soulager.
Dieu n’a pas voulu nos vies par erreur, en s’obligeant, ainsi que nous, à de pénibles nuits d’angoisse. Au contraire, il nous a créés parce qu’il nous veut heureux. C’est notre Père et si nous, ici, faisons l’expérience d’une vie qui n’est pas celle qu’Il a voulu pour nous, Jésus nous garantit que Dieu lui-même accomplit son rachat. Il œuvre pour nous racheter.
Nous croyons et nous savons que la mort et la haine ne sont pas les dernières paroles prononcées sur la parabole de l’existence humaine. Etre chrétiens implique une nouvelle perspective: un regard plein d’espérance. Certains croient que la vie détient tous ses bonheurs dans la jeunesse et dans le passé et que vivre est un lent déclin. D’autres encore considèrent que nos joies ne sont qu’épisodiques et passagères, et que dans la vie des hommes est inscrit le non-sens. Ceux qui, devant tant de catastrophes, disent: «Mais la vie n’a pas de sens. Notre chemin est le non-sens». Mais nous, chrétiens, ne croyons pas cela. Nous croyons en revanche que dans l’horizon de l’homme, il existe un soleil qui illumine pour toujours. Nous croyons que nos jours les plus beaux doivent encore arriver. Nous sommes davantage des personnes de printemps que d’automne. J’aimerais demander à présent — que chacun réponde dans son cœur, en silence, mais qu’il réponde —: «Est-ce que je suis un homme, une femme, un garçon, une fille de printemps ou d’automne? Mon âme est-elle de printemps ou d’automne? Que chacun réponde. Nous percevons les bourgeons d’un monde nouveau plutôt que les feuilles jaunies sur les branches. Nous ne nous berçons pas de nostalgie, de regrets et de plaintes: nous savons que Dieu veut que nous soyons les héritiers d’une promesse et d’inlassables cultivateurs de rêves. N’oubliez pas cette question: «Suis-je une personne de printemps ou d’automne?». De printemps, qui attend la fleur, qui attend le fruit, qui attend le soleil qui est Jésus, ou d’automne, qui a toujours le visage tourné vers le bas, aigri et, comme je l’ai dit parfois, le visage des piments au vinaigre.
Le chrétien sait que le Royaume de Dieu, sa Seigneurie d’amour croît comme un grand champ de blé, même si au milieu, se trouve l’ivraie. Il y a toujours des problèmes, il y a les commérages, il y a les guerres, il y a les maladies… Il y a des problèmes. Mais le grain croît, et à la fin, le mal sera éliminé. L’avenir ne nous appartient pas, mais nous savons que Jésus Christ est la plus grande grâce de la vie: il est le baiser de Dieu qui nous attend à la fin, mais qui nous accompagne dès à présent et nous réconforte sur le chemin. Il nous conduit à la grande «demeure» de Dieu avec les hommes (cf. Ap 21, 3), avec nos nombreux autres frères et sœurs, et nous apporterons à Dieu le souvenir des jours vécus ici-bas. Et il sera beau de découvrir en cet instant que rien ne s’est perdu, aucun sourire, aucune larme. Même si notre vie a été longue, il nous semblera l’avoir vécue dans un souffle. Et que la création ne s’est pas arrêtée au sixième jour de la Genèse, mais qu’elle s’est poursuivie, inlassable, parce que Dieu s’est toujours préoccupé de nous. Jusqu’au jour où tout s’accomplira, au matin où les larmes seront séchées, à l’instant même où Dieu prononcera son ultime parole de bénédiction: «Voici — dit le Seigneur —, je fais l’univers nouveau» (v. 5). Oui, notre Père est le Dieu des nouveautés et des surprises. Et ce jour-là, nous serons véritablement heureux, et nous pleurerons. Oui: mais nous pleurerons de joie.

 

PAPE FRANÇOIS AUDIENCE GÉNÉRALE (Lc 7,49)

23 août, 2017

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2017/documents/papa-francesco_20170809_udienza-generale.html

en e fr - Copia

Cesarea Marittima (l’ancien port)

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 9 août 2017

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous avons entendu la réaction des hôtes de Simon le pharisien: «Qui est-il celui-là qui va jusqu’à remettre les péchés?» (Lc 7, 49). Jésus vient d’accomplir un acte scandaleux. Une femme de la ville, connue de tous comme une pécheresse, est entrée dans la maison de Simon, s’est agenouillée aux pieds de Jésus et a versé de l’huile parfumée sur ses pieds. Tous ceux qui étaient présents à table murmurent: si Jésus est un prophète, il ne devrait pas accepter des gestes de ce genre d’une femme comme celle-ci. Ces femmes qui, les pauvres, ne servaient qu’à être rencontrées en cachette, également par les chefs, ou à être lapidées. Selon la mentalité de l’époque, entre le saint et le pécheur, entre le pur et l’impur la séparation devait être nette.
Mais l’attitude de Jésus est différente. Dès le début de son ministère en Galilée, Il s’approche des lépreux, des possédés, de tous les malades et des exclus. Un comportement de ce genre n’était pas du tout habituel, et cette sympathie de Jésus pour les exclus, les «intouchables», sera d’ailleurs l’une des choses qui déconcerteront le plus ses contemporains. Là où il y a une personne qui souffre, Jésus la prend en charge, et cette souffrance devient la sienne. Jésus ne prêche pas que la condition de peine doit être supportée avec héroïsme, à la manière des philosophes stoïques. Jésus partage la douleur humaine, et quand il la rencontre, du plus profond de lui-même jaillit cette attitude qui caractérise le christianisme: la miséricorde. Devant la douleur humaine, Jésus ressent la miséricorde; le cœur de Jésus est miséricordieux. Jésus éprouve de la compassion. Littéralement: Jésus sent ses entrailles frémir. Combien de fois dans les Evangiles rencontrons-nous des réactions de ce genre. Le cœur du Christ incarne et révèle le cœur de Dieu, qui, là où se trouve un homme ou une femme qui souffre, veut sa guérison, sa libération, sa vie en plénitude.
C’est pour cette raison que Jésus ouvre ses bras aux pécheurs. Que de gens poursuivent aujourd’hui encore une vie d’erreur, parce qu’ils ne trouvent personne qui soit disponible à le regarder ou à la regarder de manière différente, avec les yeux, ou mieux, avec le cœur de Dieu, c’est-à-dire à les regarder avec espérance. Jésus voit, en revanche, une possibilité de résurrection également chez celui qui a accumulé tant de mauvais choix. Jésus est toujours là, avec le cœur ouvert; il ouvre cette miséricorde qu’il a dans le cœur; il pardonne, il embrasse, il comprend, il s’approche: Jésus est ainsi!
Nous oublions parfois que pour Jésus, il ne s’est pas agi d’un amour facile, à moindre frais. Les Evangiles enregistrent les premières réactions négatives à l’égard de Jésus précisément lorsqu’il pardonna les péchés d’un homme (cf. Mc 2, 1-12). C’était un homme qui souffrait doublement: parce qu’il ne pouvait pas marcher et parce qu’il se sentait «dans l’erreur». Et Jésus comprend que la deuxième douleur est plus grande que la première, au point qu’il l’accueille immédiatement par une annonce de libération: «Mon enfant, tes péchés sont remis» (v. 5). Il libère de ce sentiment d’oppression de se sentir dans l’erreur. C’est alors que certain scribes — ceux qui se croient parfaits: je pense aux nombreux catholiques qui se croient parfaits et méprisent les autres… cela est triste … —, certains scribes qui étaient présents, sont scandalisés par ces paroles de Jésus, qui retentissent comme un blasphème, car Dieu seul peut pardonner les péchés.
Nous qui sommes habitués à faire l’expérience du pardon des péchés peut-être «à trop bon marché», devrions quelquefois nous rappeler combien nous avons coûté à l’amour de Dieu. Chacun de nous a coûté assez cher: la vie de Jésus! Mais Lui l’aurait donné ne serait-ce que pour un seul d’entre nous. Jésus n’est pas mis en croix parce qu’il guérit les malades, parce qu’il prêche la charité, parce qu’il proclame les béatitudes. Le Fils de Dieu est surtout mis en Croix parce qu’il pardonne les péchés, parce qu’il veut la libération totale, définitive du cœur de l’homme. Parce qu’il n’accepte pas que l’être humain consume toute son existence avec ce «tatouage» indélébile, avec la pensée de ne pas pouvoir être accueilli par le cœur miséricordieux de Dieu. Et c’est avec ces sentiments que Jésus va à la rencontre des pécheurs, que nous sommes tous.
Ainsi, les pécheurs sont pardonnés. Ils ne sont pas seulement rassérénés au niveau psychologique, parce que libérés du sentiment de culpabilité. Jésus fait beaucoup plus: il offre aux personnes qui sont dans l’erreur l’espérance d’une vie nouvelle. «Mais, Seigneur, je suis une loque» – «Regarde devant toi et je te ferai un cœur nouveau». Telle est l’espérance que nous donne Jésus. Une vie marquée par l’amour. Matthieu le publicain devient apôtre du Christ: Matthieu qui est un traître de sa patrie, qui exploite les personnes. Zacchée, riche corrompu — celui-là avait certainement un diplôme en pots de vin — de Jéricho, se transforme en bienfaiteur des pauvres. La femme de Samarie, qui a eu cinq maris et qui vit à présent avec un autre, s’entend promettre une «eau vive» qui pourra toujours jaillir en elle (cf. Jn 4, 14). Ainsi Jésus change les cœurs; il fait cela avec nous tous.
Cela nous fait du bien de penser que Dieu n’a pas choisi comme matière première pour former son Eglise les personnes qui ne commettent jamais d’erreur. L’Eglise est un peuple de pécheurs qui font l’expérience de la miséricorde et du pardon de Dieu. Pierre a compris plus de vérités sur lui-même lors du chant du coq, qu’à l’occasion de ses élans de générosité, qui lui gonflaient la poitrine, le faisant se sentir supérieur aux autres.
Frères et sœurs, nous sommes tous de pauvres pécheurs, qui avons besoin de la miséricorde de Dieu qui a la force de nous transformer et de nous redonner l’espérance, et cela chaque jour. Et il le fait! Et aux personnes qui ont compris cette vérité de base, Dieu offre la plus belle mission du monde, c’est-à-dire l’amour pour nos frères et sœurs, et l’annonce d’une miséricorde qu’Il ne nie à personne. Et cela est notre espérance. Allons de l’avant avec cette confiance dans le pardon, dans l’amour miséricordieux de Jésus.

PAPE FRANÇOIS – UNE LUMIÈRE DOUCE, HUMBLE ET PLEINE D’AMOUR (2013)

27 juillet, 2017

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2013/documents/papa-francesco-cotidie_20130903.html

hibiscus

Hibiscus

PAPE FRANÇOIS – UNE LUMIÈRE DOUCE, HUMBLE ET PLEINE D’AMOUR

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 3 septembre 2013

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 36 du 5 septembre 2013)

L’humilité, la douceur, l’amour, l’expérience de la croix sont les moyens à travers lesquels le Seigneur vainc le mal. Et la lumière que Jésus a apportée dans le monde vainc la cécité de l’homme, souvent aveuglé par la fausse lumière du monde, plus puissante mais trompeuse. C’est à nous de savoir discerner quelle lumière vient de Dieu. Tel est le sens de la réflexion proposée par le Pape François au cours de la Messe célébrée mardi 3 septembre.
En commentant la première lecture, le Saint-Père s’est arrêté sur la « belle parole » que saint Paul adresse aux Thessaloniciens : « Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres… tous vous êtes des fils de la lumière, des fils du jour. Nous ne sommes pas de la nuit, des ténèbres » (1 Th 5, 1-6.9-11). Ce que veut dire l’apôtre, a expliqué le Pape, est clai: « L’identité chrétienne est une identité de lumière, et non pas de ténèbres ». Et Jésus a apporté cette lumière dans le monde. « Saint Jean — a précisé le Pape François — dans le premier chapitre de son Évangile nous dit “la lumière est descendue dans le monde”, lui, Jésus ». Une lumière que « le monde n’a pas appréciée », mais qui, toutefois, « nous sauve des ténèbres, des ténèbres du péché ». Aujourd’hui, a poursuivi le Pape, on pense qu’il est possible d’obtenir cette lumière qui déchire les ténèbres à travers de nombreuses découvertes scientifiques et autres inventions de l’homme, grâce auxquelles « on peut tout connaître, on peut posséder une science sur tout ». Mais « la lumière de Jésus — a averti le Pape François — est une autre chose ».
Mais comment se présente la lumière que nous offre Jésus ? Nous pouvons la reconnaître — a expliqué le Saint-Père — parce que c’est une lumière humble. Ce n’est pas une lumière qui s’impose, elle est humble. C’est une lumière douce, qui a la force de la douceur ; c’est une lumière qui parle au cœur et c’est également une lumière qui offre la croix. Si nous, dans notre lumière intérieure, nous sommes des hommes doux, nous entendons la voix de Jésus dans le cœur et nous regardons sans peur la croix dans la lumière de Jésus ». Mais si, au contraire, nous nous laissons aveugler par une lumière qui nous rend sûrs de nous, orgueilleux, et nous conduit à regarder les autres de haut, à les mépriser avec arrogance, il est certain que nous ne nous trouvons pas en présence de la « lumière de Jésus ». C’est au contraire « la lumière du diable travesti en Jésus — a dit l’Évêque de Rome — en ange de lumière. Nous devons toujours faire la distinction ; là où se trouve Jésus se trouve toujours l’humilité, la douceur, l’amour et la croix. Il a parcouru le premier ce chemin de lumière. Nous devons aller derrière lui sans peur », parce que « Jésus a la force et l’autorité de nous donner cette lumière ». « Demandons au Seigneur — a exhorté le Pape François en concluant — de nous donner aujourd’hui la grâce de sa lumière et de nous enseigner à reconnaître lorsqu’une lumière est sa lumière et lorsqu’il s’agit d’une lumière artificielle utilisée par l’ennemi pour nous tromper ».

PAPE FRANÇOIS – NOUS AVONS TOUS UN ANGE (2014)

6 juillet, 2017

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2014/documents/papa-francesco-cotidie_20141002.html

PAPE FRANÇOIS – NOUS AVONS TOUS UN ANGE (2014)

fr ange

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Jeudi 2 octobre 2014

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 42 du 16 octobre 2014)

Nous avons tous un ange toujours à nos côtés, qui ne nous laisse jamais seuls et nous aide à ne pas nous tromper de route. Et si nous savons être comme des enfants, nous réussirons à éviter la tentation de nous suffire à nous-mêmes, qui conduit à l’orgueil et à un carriérisme exaspéré. C’est justement le rôle décisif des anges gardiens dans la vie des chrétiens que le Pape François a rappelé, le jour de leur fête. Ce sont deux images — l’ange et l’enfant — que «l’Eglise nous fait voir dans la liturgie d’aujourd’hui». Le Livre de l’Exode (23, 20-23a), notamment, nous propose «l’image de l’ange», que «le Seigneur donne à son peuple pour l’aider sur son chemin». Le Seigneur donne une indication claire à son peuple: «Vas, tu feras ce que je te dis. Tu marcheras dans ta vie, mais je te donnerai une aide qui te rappellera continuellement ce que tu dois faire». Et ainsi «il dit à son peuple quelle doit être l’attitude avec l’ange». La première recommandation est: «Aie du respect pour sa présence». Puis: «Ecoute sa voix et ne te rebelle pas contre lui». Ainsi en plus de «respecter» il faut aussi savoir «écouter» et «ne pas se rebeller». Au fond «c’est cette attitude docile, mais non spécifique, de l’obéissance due au père, qui est le propre de l’obéissance du fils». Il s’agit en substance de «cette obéissance de la sagesse, cette obéissance d’écouter les conseils et de choisir le mieux selon les conseils». Et il faut «avoir le cœur ouvert pour demander et écouter des conseils». Le passage de l’Evangile de Matthieu (18,1-5.10) propose en revanche la seconde image, celle de l’enfant. «Les disciples se disputaient pour savoir qui était le plus grand parmi eux. Il y avait une dispute interne: le carriérisme. Ces hommes qui sont les premiers évêques avaient cette tentation du carriérisme» et ils disaient entre eux: «Je veux devenir plus grand que toi!». A ce propos: «Ce n’est pas un bon exemple que les premiers évêques aient fait cela, mais c’est la réalité». Pour sa part, «Jésus leur enseigne la véritable attitude»: il appelle à lui un enfant, il le place au milieu d’eux — rapporte Matthieu — et ce faisant il indique expressément «la docilité, le besoin de conseil, le besoin d’aide, parce que l’enfant est précisément le signe du besoin d’aide, de docilité pour aller de l’avant». «Telle est la route» et non celle d’établir «qui est le plus grand». En réalité, a répété le Pape en rappelant les paroles de Jésus, «sera le plus grand» celui qui deviendra comme un enfant. «Nous tous, selon la tradition de l’Eglise, nous avons un ange avec nous, qui nous protège, nous fait sentir les choses». Du reste, «combien de fois avons-nous entendu: “Mais, là… tu devrais faire comme ça… cela ne va pas… fais attention!”». C’est justement «la voix de notre compagnon de voyage». Et nous pouvons être «sûrs qu’il nous accompagnera jusqu’à la fin de notre vie avec ses conseils». Pour cela, il faut «faire entendre sa voix, ne nous rebellons pas». En réalité, «personne ne marche seul et aucun d’entre nous ne peut penser qu’il est seul: ce compagnon est toujours là». A ces interrogations, «nous pouvons répondre aujourd’hui»: chacun de nous peut le faire pour vérifier «quelle est sa relation avec cet ange que le Seigneur a envoyé pour me protéger et m’accompagner sur le chemin, et qui voit toujours le visage du Père qui est dans les cieux».

PAPE FRANÇOIS – UNE LUMIÈRE DOUCE, HUMBLE ET PLEINE D’AMOUR (2013)

20 juin, 2017

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2013/documents/papa-francesco-cotidie_20130903.html

la mia e fr RICHES HEURES ADMIRABLE LARGE - Copia

image d’un Bréviaire

PAPE FRANÇOIS – UNE LUMIÈRE DOUCE, HUMBLE ET PLEINE D’AMOUR (2013)

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 3 septembre 2013

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 36 du 5 septembre 2013)

L’humilité, la douceur, l’amour, l’expérience de la croix sont les moyens à travers lesquels le Seigneur vainc le mal. Et la lumière que Jésus a apportée dans le monde vainc la cécité de l’homme, souvent aveuglé par la fausse lumière du monde, plus puissante mais trompeuse. C’est à nous de savoir discerner quelle lumière vient de Dieu. Tel est le sens de la réflexion proposée par le Pape François au cours de la Messe célébrée mardi 3 septembre.
En commentant la première lecture, le Saint-Père s’est arrêté sur la « belle parole » que saint Paul adresse aux Thessaloniciens : « Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres… tous vous êtes des fils de la lumière, des fils du jour. Nous ne sommes pas de la nuit, des ténèbres » (1 Th 5, 1-6.9-11). Ce que veut dire l’apôtre, a expliqué le Pape, est clai: « L’identité chrétienne est une identité de lumière, et non pas de ténèbres ». Et Jésus a apporté cette lumière dans le monde. « Saint Jean — a précisé le Pape François — dans le premier chapitre de son Évangile nous dit “la lumière est descendue dans le monde”, lui, Jésus ». Une lumière que « le monde n’a pas appréciée », mais qui, toutefois, « nous sauve des ténèbres, des ténèbres du péché ». Aujourd’hui, a poursuivi le Pape, on pense qu’il est possible d’obtenir cette lumière qui déchire les ténèbres à travers de nombreuses découvertes scientifiques et autres inventions de l’homme, grâce auxquelles « on peut tout connaître, on peut posséder une science sur tout ». Mais « la lumière de Jésus — a averti le Pape François — est une autre chose ».
Mais comment se présente la lumière que nous offre Jésus ? Nous pouvons la reconnaître — a expliqué le Saint-Père — parce que c’est une lumière humble. Ce n’est pas une lumière qui s’impose, elle est humble. C’est une lumière douce, qui a la force de la douceur ; c’est une lumière qui parle au cœur et c’est également une lumière qui offre la croix. Si nous, dans notre lumière intérieure, nous sommes des hommes doux, nous entendons la voix de Jésus dans le cœur et nous regardons sans peur la croix dans la lumière de Jésus ». Mais si, au contraire, nous nous laissons aveugler par une lumière qui nous rend sûrs de nous, orgueilleux, et nous conduit à regarder les autres de haut, à les mépriser avec arrogance, il est certain que nous ne nous trouvons pas en présence de la « lumière de Jésus ». C’est au contraire « la lumière du diable travesti en Jésus — a dit l’Évêque de Rome — en ange de lumière. Nous devons toujours faire la distinction ; là où se trouve Jésus se trouve toujours l’humilité, la douceur, l’amour et la croix. Il a parcouru le premier ce chemin de lumière. Nous devons aller derrière lui sans peur », parce que « Jésus a la force et l’autorité de nous donner cette lumière ». « Demandons au Seigneur — a exhorté le Pape François en concluant — de nous donner aujourd’hui la grâce de sa lumière et de nous enseigner à reconnaître lorsqu’une lumière est sa lumière et lorsqu’il s’agit d’une lumière artificielle utilisée par l’ennemi pour nous tromper ».

MESSE EN LA SOLENNITÉ DE PENTECÔTE – HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

4 juin, 2017

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/homilies/2017/documents/papa-francesco_20170604_omelia-pentecoste.html

circo_massimo_in_migliaia_per_papa_francesco_640_ori_crop_master__0x0_640x360

Le pape à la veille de la Pentecôte, Rome Circus Maximus

MESSE EN LA SOLENNITÉ DE PENTECÔTE – HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Place Saint-Pierre

Dimanche 4 juin 2017

Se conclut aujourd’hui le temps de Pâques, cinquante jours qui, de la Résurrection de Jésus à la Pentecôte, sont marqués de manière spéciale par la présence de l’Esprit Saint. C’est lui, en effet, le Don pascal par excellence. C’est l’Esprit créateur, qui réalise toujours des choses nouvelles. Deux nouveautés nous sont montrées dans les Lectures d’aujourd’hui : dans la première, l’Esprit fait des disciples un peuple nouveau ; dans l’Évangile, il crée dans les disciples un cœur nouveau.
Un peuple nouveau. Le jour de Pentecôte, l’Esprit est descendu du ciel, sous forme de « langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa sur chacun […]. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues » (Ac 2, 3-4). La Parole de Dieu décrit ainsi l’action de l’Esprit, qui se pose d’abord sur chacun et ensuite met tous en communication. Il fait à chacun un don et réunit tous dans l’unité. En d’autres termes, le même Esprit crée la diversité et l’unité et, ainsi, façonne un peuple nouveau, diversifié et uni : l’Église universelle. D’abord, avec imagination et de manière imprévisible, il crée la diversité ; à chaque époque, en effet, il fait fleurir des charismes nouveaux et variés. Ensuite, le même Esprit réalise l’unité : il relie, réunit, recompose l’harmonie : « Par sa présence et son action, il réunit dans l’unité les esprits qui sont distincts les uns des autres et séparés » (Cyrille d’Alexandrie, Commentaire sur l’évangile de Jean, XI, 11). En sorte qu’il y ait l’unité vraie, celle selon Dieu, qui n’est pas uniformité, mais unité dans la différence.
Pour réaliser cela, il convient de nous aider à éviter deux tentations récurrentes. La première, c’est celle de chercher la diversité sans l’unité. Cela arrive quand on veut se distinguer, quand on crée des coalitions et des partis, quand on se raidit sur des positions qui excluent, quand on s’enferme dans des particularismes propres, jugeant peut-être qu’on est meilleur ou qu’on a toujours raison. Ce sont les soi-disant ‘‘gardiens de la vérité’’. Alors, on choisit la partie, non le tout, l’appartenance à ceci ou à cela avant l’appartenance à l’Église ; on devient des ‘‘supporters’’ qui prennent parti plutôt que des frères et sœurs dans le même Esprit ; des chrétiens ‘‘de droite ou de gauche’’ avant d’être de Jésus ; des gardiens inflexibles du passé ou des avant-gardistes de l’avenir avant d’être des enfants humbles et reconnaissants de l’Église. Ainsi, il y a la diversité sans l’unité. La tentation opposée est en revanche celle de chercher l’unité sans la diversité. Cependant, ainsi, l’unité devient uniformité, obligation de faire tout ensemble et tout pareil, de penser tous toujours de la même manière. De cette façon, l’unité finit par être homologation et il n’y a plus de liberté. Mais, dit saint Paul, « là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté » (2 Co 3, 17).
Notre prière à l’Esprit Saint, c’est alors de demander la grâce d’accueillir son unité, un regard qui embrasse et aime, au-delà des préférences personnelles, son Église, notre Église ; de prendre en charge l’unité de tous, de mettre fin aux bavardages qui sèment la division et aux envies qui empoisonnent, car être des hommes et des femmes d’Église signifie être des hommes et des femmes de communion ; c’est de demander également un cœur qui sente l’Église notre mère et notre maison : la maison accueillante et ouverte, où on partage la joie multiforme de l’Esprit Saint.
Et venons-en à la seconde nouveauté : un cœur nouveau. Jésus Ressuscité, en apparaissant pour la première fois aux siens, dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis » (Jn 20, 22-23). Jésus ne condamne pas les siens, qui l’avaient abandonné et renié durant la passion, mais il leur donne l’Esprit du pardon. L’Esprit est le premier don du Ressuscité et il est donné avant tout pour pardonner les péchés. Voilà le commencement de l’Église, voilà la colle qui nous maintient ensemble, le ciment qui unit les briques de la maison : le pardon. Car, le pardon est le don à la puissance n, c’est le plus grand amour, celui qui garde uni malgré tout, qui empêche de s’effondrer, qui renforce et consolide. Le pardon libère le cœur et permet de recommencer : le pardon donne l’espérance ; sans pardon l’Église ne s’édifie pas.
L’Esprit du pardon, qui résout tout dans la concorde, nous pousse à refuser d’autres voies : celles hâtives de celui qui juge, celles sans issue de celui qui ferme toutes les portes, celles à sens unique de celui qui critique les autres. L’Esprit nous exhorte, au contraire, à parcourir la voie à double sens du pardon reçu et du pardon donné, de la miséricorde divine qui se fait amour du prochain, de la charité comme « unique critère selon lequel tout doit être fait ou ne pas être fait, changé ou pas changé » (Isaac de l’Étoile, Discours 31). Demandons la grâce de rendre toujours plus beau le visage de notre Mère l’Église en nous renouvelant par le pardon et en nous corrigeant nous-mêmes : ce n’est qu’alors que nous pourrons corriger les autres dans la charité.
Demandons-le à l’Esprit Saint, feu d’amour qui brûle dans l’Église et en nous, même si souvent nous le couvrons de la cendre de nos péchés : ‘‘Esprit de Dieu, Seigneur qui te trouves dans mon cœur et dans le cœur de l’Église, toi qui conduis l’Église, façonne-la dans la diversité, viens ! Pour vivre, nous avons besoin de Toi comme de l’eau : descends encore sur nous et enseigne-nous l’unité, renouvelle nos cœurs et enseigne-nous à aimer comme tu nous aimes, à pardonner comme tu nous pardonnes ! Amen’’.

 

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE (l’expérience des deux disciples d’Emmaüs)

31 mai, 2017

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2017/documents/papa-francesco_20170524_udienza-generale.html

pensieri ed fr - Copia

Emmaus

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE (l’expérience des deux disciples d’Emmaüs)

Mercredi 24 mai 2017

Chers frères et sœurs, bonjour!

Je voudrais m’arrêter aujourd’hui sur l’expérience des deux disciples d’Emmaüs, dont parle l’Evangile de Luc (cf. 24, 13-35). Imaginons la scène: deux hommes marchent déçus, tristes, convaincus de laisser derrière eux l’amertume d’une vie qui a mal fini. Avant cette Pâque, ils étaient pleins d’enthousiasme: convaincus que ces jours auraient été décisifs pour leurs attentes et pour l’espérance de tout le peuple. Jésus, auquel ils avaient confié leur vie, semblait finalement arrivé à la bataille décisive: à présent, il allait manifester sa puissance, après une longue période de préparation et de vie cachée. Voilà ce qu’ils attendaient. Mais il n’en fut pas ainsi.
Les deux pèlerins cultivaient une espérance uniquement humaine, qui à présent se brisait. Cette croix élevée sur le Calvaire était le signe le plus éloquent d’un échec qu’ils n’avaient pas prévu. Si ce Jésus était véritablement selon le cœur de Dieu, ils devaient en conclure que Dieu était désarmé, sans défense entre les mains des violents, incapable d’opposer de résistance au mal.
Ainsi, le matin de ce dimanche, ces deux hommes fuient Jérusalem. Ils ont encore dans les yeux les événements de la passion, la mort de Jésus; et leur âme est tourmentée par le souvenir de ces pénibles événements, au cours du repos forcé du sabbat. Cette fête de Pâques, qui devait entonner le chant de la libération, s’était en revanche transformée dans le plus douloureux jour de leur vie. Ils quittent Jérusalem pour aller ailleurs, dans un village tranquille. Ils ont tout l’air de personnes occupées à effacer un souvenir cuisant. Ils sont donc sur la route et marchent, tristes. Ce cadre — la route — était déjà important dans les récits des Evangiles; à présent, il le deviendra encore plus, au moment où l’on commence à raconter l’histoire de l’Eglise.
La rencontre de Jésus avec ces deux disciples semble être entièrement fortuite: elle ressemble à l’une des innombrables croisées de chemins qui se présentent dans la vie. Les deux disciples marchent, pensifs, et un inconnu marche à côté d’eux d’eux. C’est Jésus; mais leurs yeux ne sont pas en mesure de le reconnaître. Et alors, Jésus commence sa «thérapie de l’espérance». Ce qui a lieu sur cette route est une thérapie de l’espérance. Qui la fait? Jésus.
Avant tout, il demande et écoute: notre Dieu n’est pas un Dieu envahissant. Même s’il connaît déjà le motif de la déception de ces deux hommes, il leur laisse le temps de pouvoir sonder en profondeur l’amertume qui les a gagnés. Il en découle une confession qui est un refrain de l’existence humaine: «Nous espérions, mais… Nous espérions, mais…» (v. 21). Combien de tristesses, combien d’échecs y a-t-il dans la vie de toute personne! Au fond, nous sommes tous un peu comme ces deux disciples. Combien de fois dans la vie avons-nous espéré, combien de fois nous sommes-nous retrouvés à terre, déçus. Mais Jésus marche avec toutes les personnes découragées qui avancent tête basse. Et en marchant avec elles, de manière discrète, il réussit à redonner espoir.
Jéus leur parle avant tout à travers les Ecritures. Celui qui prend en main le livre de Dieu ne trouvera pas des récits d’héroïsme facile, de foudroyantes campagnes de conquête. La véritable espérance n’est jamais à bas prix: elle passe toujours à travers des échecs. L’espérance de celui qui ne souffre pas n’est sans doute pas une espérance. Dieu n’aime pas être aimé comme on aimerait un conquérant qui entraîne son peuple vers la victoire en anéantissant ses ennemis dans le sang. Notre Dieu est une faible lueur qui brille un jour de froid et de vent, et pour autant que sa présence puisse sembler fragile dans ce monde, Il a choisi la place que nous dédaignons tous.
Puis Jésus répète pour les deux disciples le geste central de toute Eucharistie: il prend le pain, le bénit, le rompt, et le donne. N’y a-t-il pas dans cette série de gestes toute l’histoire de Jésus? Et n’y a-t-il pas dans toute Eucharistie également le signe de ce que doit être l’Eglise? Jésus nous prend, nous bénit, «rompt» notre vie — parce qu’il n’y a pas d’amour sans sacrifice — et l’offre aux autres, l’offre à tous.
C’est une rencontre rapide que celle de Jésus avec les deux disciples d’Emmaüs. Mais elle renferme tout le destin de l’Eglise. Elle nous raconte que la communauté chrétienne n’a pas été enfermée dans une citadelle fortifiée, mais qu’elle marche sur son élément le plus vital, c’est-à-dire la route. Et là, elle rencontre les personnes, avec leurs espérances et leurs déceptions, parfois lourdes. L’Eglise écoute les histoires de tous, telles qu’elles ressortent de l’écrin de la conscience personnelle: pour ensuite offrir la Parole de vie, le témoignage de l’amour de Dieu, amour fidèle jusqu’au bout. Et alors, le cœur des personnes recommence à brûler d’espérance.
Nous tous, dans notre vie, avons eu des moments difficiles, sombres; des moments au cours desquels nous marchions tristes, pensifs, sans horizons, avec uniquement un mur devant nous. Et Jésus est toujours à nos côtés pour nous donner l’espérance, pour réchauffer notre cœur et dire: «Va de l’avant. Je suis avec toi. Va de l’avant». Le secret de la route qui conduit à Emmaüs est entièrement là: même si les apparences semblent contraires, nous continuons à être aimés, et Dieu ne cessera jamais de nous aimer. Dieu marchera toujours avec nous, toujours, même dans les moments les plus douloureux, dans les moments les plus sombres, même dans les moments d’échec: le Seigneur est là. Et c’est notre espérance. Allons de l’avant avec cette espérance! Parce qu’il est à nos côtés et marche avec nous, toujours!

De France: Groupe de pèlerins du diocèse de Blois; paroisse Saint-Dominique, de Paris; paroisse de Talence; groupe catéchuménat fraternités monastiques de Jérusalem, de Paris; groupe de l’institut de Genech; lycée Saint-Joseph, de Chateaubriand; lycée Blanche de Castille, de Nantes; groupe catholique du palais de justice, de Paris; communauté de l’Arche «Les trois fontaines», d’Ambleteuse; école de charité et de mission pour couples, de Chaville, Vannes, Clermont-Ferrand, Saint-Quentin-en-Yvelines, Le Ban Saint-Martin, Toulon, Nice, Lille, Toulouse; groupe de pèlerins de l’Ile Maurice; groupe de pèlerins de Chatou.

De Belgique: Collège Saint-Louis, de Bruges.

PAPE FRANÇOIS (La première, selon les Evangiles, vit Jésus ressuscité: Marie Madeleine)

25 mai, 2017

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2017/documents/papa-francesco_20170517_udienza-generale.html

en e paolo La Magdalena penitente. Paradas - Copia

 

PAPE FRANÇOIS (La première, selon les Evangiles, vit Jésus ressuscité: Marie Madeleine)

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 17 mai 2017

Chers frères et sœurs, bonjour!

Ces dernières semaines, notre réflexion se déroule, pour ainsi dire, dans l’orbite du mystère pascal. Nous rencontrons aujourd’hui celle qui la première, selon les Evangiles, vit Jésus ressuscité: Marie Madeleine. Le repos du samedi s’était conclu depuis peu. Le jour de la passion, il n’y avait pas eu le temps de terminer les rites funèbres; c’est pourquoi, en cette aube pleine de tristesse, les femmes se rendent à la tombe de Jésus avec les onguents parfumés. C’est elle qui arrive la première: Marie de Magdala, l’une des disciples qui avaient accompagné Jésus jusqu’en Galilée, se mettant au service de l’Eglise naissante. Dans son trajet vers le sépulcre se reflète la fidélité de tant de femmes qui fréquentent pendant tant d’années les allées des cimetières, en souvenir de quelqu’un qui n’est plus là. Pas même la mort ne brise les liens les plus authentiques: certaines personnes continuent à aimer, même si la personne aimée s’en est allée pour toujours.
L’Evangile (cf. Jn 20, 1-2.11-18) décrit Madeleine, en soulignant immédiatement que ce n’était pas une femme qui s’enthousiasmait facilement. En effet, après la première visite au sépulcre, elle revient déçue dans le lieu où les disciples se cachaient; elle rapporte que la pierre a été déplacée de l’entrée du sépulcre, et sa première hypothèse est la plus simple que l’on puisse formuler: quelqu’un doit avoir fait disparaître le corps de Jésus. Ainsi, la première annonce que Marie apporte n’est pas celle de la résurrection, mais d’un vol que des inconnus ont commis, alors que Jérusalem tout entière dormait.
Les Evangiles racontent ensuite un deuxième voyage de Madeleine vers le sépulcre de Jésus. Elle était têtue! Elle est allée, elle est revenue… parce qu’elle n’était pas convaincue! Cette fois, son pas est lent, très lourd. Marie souffre doublement: tout d’abord de la mort de Jésus, et ensuite, de la disparition inexplicable de son corps.
C’est alors qu’elle est penchée près de la tombe, les yeux remplis de larmes, que Dieu la surprend de la manière la plus inattendue. L’évangéliste Jean souligne combien son aveuglement est persistant: elle ne s’aperçoit pas de la présence de deux anges qui l’interrogent, elle n’a aucun soupçon en voyant l’homme derrière elle, qu’elle pense être le gardien du jardin. Et en revanche, elle découvre l’événement le plus bouleversant de l’histoire humaine lorsque finalement elle est appelée par son nom: «Marie!» (v. 16).
Comme il est beau de penser que la première apparition du Ressuscité — selon les Evangiles — a eu lieu d’une manière aussi personnelle! Il y a quelqu’un qui nous connaît, qui voit notre souffrance et notre déception, et qui s’émeut pour nous et nous appelle par notre nom. C’est une loi que nous trouvons gravée dans beaucoup de pages de l’Evangile. Autour de Jésus se trouvent de nombreuses personnes qui cherchent Dieu; mais la réalité la plus prodigieuse est que, bien avant, c’est tout d’abord Dieu qui se préoccupe pour notre vie, qui veut la relever, et pour ce faire, il nous appelle par notre nom, en reconnaissant le visage personnel de chacun. Chaque homme est une histoire d’amour que Dieu écrit sur cette terre. Chacun de nous est une histoire d’amour de Dieu. Dieu appelle chacun de nous par son propre nom: il nous connaît par notre nom, il nous regarde, il nous attend, il nous pardonne, il a de la patience avec nous. Est-ce vrai ou n’est-ce pas vrai? Chacun de nous fait cette expérience.
Et Jésus l’appelle: «Marie!»: la révolution de sa vie, la révolution destinée à transformer l’existence de chaque homme et femme, commence par un nom qui retentit dans le jardin du sépulcre vide. Les Evangiles nous décrivent le bonheur de Marie: la résurrection de Jésus n’est pas une joie donnée au compte-goutte, mais une cascade qui renverse toute la vie. L’existence chrétienne n’est pas tissée de doux bonheurs, mais de vagues qui emportent tout. Essayez de penser vous aussi, en cet instant, avec le bagage de déceptions, et d’échecs que chacun de nous porte dans son cœur, qu’il y a un Dieu proche de nous qui nous appelle par notre nom et nous dit: «Relève-toi, arrête de pleurer, car je suis venu te libérer!». Cela est beau.
Jésus n’est pas quelqu’un qui s’adapte au monde, en tolérant que dans celui-ci se poursuivent la mort, la tristesse, la haine, la destruction morale des personnes… Notre Dieu n’est pas inerte, mais notre Dieu — je me permets le mot — est un rêveur: il rêve de la transformation du monde, et il l’a réalisée dans le mystère de la Résurrection.
Marie voudrait embrasser son Seigneur, mais Lui est désormais tourné vers le Père céleste, alors qu’elle est invitée à apporter l’annonce à ses frères. Et ainsi, cette femme qui, avant de rencontrer Jésus, était en proie au malin (cf. Lc 8, 2), est à présent devenue apôtre de la nouvelle et plus grande espérance. Que son intercession nous aide à vivre nous aussi cette expérience: à l’heure des pleurs, et à l’heure de l’abandon, entendre Jésus Ressuscité qui nous appelle par notre nom, et avec le cœur plein de joie aller annoncer: «J’ai vu le Seigneur!» (v. 18). J’ai changé de vie parce que j’ai vu le Seigneur! A présent, je suis différent d’avant, je suis une autre personne. J’ai changé parce que j’ai vu le Seigneur. Cela est notre force et cela est notre espérance. Merci.

 

PAPE FRANÇOIS – MARIE, MÈRE DE L’ESPÉRANCE.

17 mai, 2017

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2017/documents/papa-francesco_20170510_udienza-generale.html

PAPE FRANÇOIS – MARIE, MÈRE DE L’ESPÉRANCE.

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 10 mai 2017

Chers frères et sœurs, bonjour!

Le long de notre itinéraire de catéchèse sur l’espérance chrétienne, nous nous tournons aujourd’hui vers Marie, Mère de l’espérance. Marie a traversé plus d’une nuit sur son chemin de mère. Dès sa première apparition dans l’histoire des Evangiles, sa figure se distingue comme s’il s’agissait du personnage d’un drame. Il n’était pas facile de répondre par un «oui» à l’invitation de l’ange: pourtant, femme encore dans la fleur de la jeunesse, elle répond avec courage, bien qu’elle ne sache rien du destin qui l’attend. A cet instant, Marie nous apparaît comme l’une des nombreuses mères de notre monde, courageuses jusqu’à l’extrême, quand il s’agit d’accueillir dans leur sein l’histoire d’un homme nouveau qui naît.
Ce «oui» est le premier passage d’une longue liste d’obéissances — une longue liste d’obéissances! — qui accompagneront son itinéraire de mère. Ainsi, Marie apparaît dans les Evangiles comme une femme silencieuse, qui souvent, ne comprend pas tout ce qui se passe autour d’elle, mais qui médite chaque parole et chaque événement dans son cœur.
Cette disposition laisse apparaître un très bel aspect de la psychologie de Marie: ce n’est pas une femme qui déprime devant les incertitudes de la vie, en particulier quand rien ne semble aller comme il faut. Ce n’est pas non plus une femme qui proteste avec violence, qui se lamente du destin de la vie qui nous révèle souvent un visage hostile. C’est en revanche une femme qui écoute: n’oubliez pas qu’il y a toujours un grand rapport entre l’espérance et l’écoute, et Marie est une femme qui écoute. Marie accueille l’existence de la façon dont elle se présente à nous, avec ses jours heureux, mais également avec ses tragédies que nous voudrions ne jamais avoir croisées. Jusqu’à la nuit suprême de Marie, quand son Fils est cloué au bois de la croix.
Jusqu’à ce jour, Marie avait presque disparu de la trame des Evangiles: les écrivains sacrés laissent entrevoir cette lente éclipse de sa présence, son silence devant le mystère d’un Fils qui obéit au Père. Mais Marie réapparaît précisément au moment crucial: quand une bonne partie des amis se sont enfuis par peur. Les mères ne trahissent pas, et à cet instant, au pied de la croix, aucun de nous ne peut dire quelle a été la passion la plus cruelle: si c’est celle d’un homme innocent qui meurt sur le bois de la croix, ou l’agonie d’une mère qui accompagne les derniers instants de la vie de son fils. Les Evangiles sont laconiques et extrêmement discrets. Ils enregistrent par un simple verbe la présence de la Mère: elle «se tenait» (Jn 19, 25), Elle se tenait. Ils ne disent rien de sa réaction: si elle pleurait, si elle ne pleurait pas… rien; pas même une esquisse de description de sa douleur: l’imagination de poètes et de peintres allait ensuite se déverser sur ces détails, nous offrant des images qui sont entrées dans l’histoire de l’art et de la littérature. Mais les Evangiles disent seulement: elle «se tenait». Elle se tenait là, au moment le plus terrible, au moment le plus cruel, et souffrait avec son fils. «Elle se tenait». Marie «se tenait», simplement elle était là. La voici de nouveau, la jeune femme de Nazareth, les cheveux désormais gris à cause du temps qui passe, encore aux prises avec un Dieu qui doit être uniquement embrassé, et avec une vie qui est arrivée au seuil de l’obscurité la plus épaisse. Marie «se tenait» dans l’obscurité la plus épaisse, mais elle «se tenait». Elle n’est pas partie. Marie est là, fidèlement présente, chaque fois qu’il faut tenir une bougie allumée dans un lieu de brume et de brouillard. Elle ne connaît pas même le destin de résurrection que son Fils ouvrait à cet instant pour tous les hommes: elle était là par fidélité au projet de Dieu dont elle s’est proclamée la servante le premier jour de sa vocation, mais également en raison de son instinct de mère qui souffre simplement, chaque fois qu’il y a un enfant qui traverse une passion. Les souffrances des mères: nous avons tous connu des femmes fortes, qui ont affronté tant de souffrances de leurs enfants!
Nous la retrouverons au premier jour de l’Eglise, elle, mère d’espérance, au milieu de cette communauté de disciples si fragiles: l’un avait renié, de nombreux autres avaient fui, tous avaient eu peur (cf. Ac 1, 14). Mais elle se tenait simplement là, de la façon la plus normale, comme si c’était une chose entièrement naturelle: dans la première Eglise enveloppée par la lumière de la Résurrection, mais également par les tremblement des premiers pas qu’elle devait accomplir dans le monde.
Pour cela, nous l’aimons tous comme une Mère. Nous ne sommes pas orphelins: nous avons une Mère au ciel, qui est la Sainte Mère de Dieu. Afin qu’elle nous enseigne la vertu de l’attente, même quand tout apparaît privé de sens: elle semble confiante dans le mystère de Dieu, même quand il semble s’éclipser à cause du mal du monde. Que dans les moments de difficultés, Marie, la Mère que Jésus nous a offerte à tous, puisse toujours soutenir nos pas, puisse toujours dire à notre cœur: «Lève-toi! Regarde de l’avant, regarde l’horizon», parce qu’Elle est Mère de l’espérance. Merci.

12345...18