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HOMELIE DU PAPE FRANÇOIS  » LA RELATION AVEC DIEU EST GRATUITE, ELLE EST UNE RELATION D’AMITIÉ « 

9 juillet, 2020

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Tunis, baptistère, musée du Bardo

CELEBRATION MATINALE RETRANSMISE EN DIRECT
DEPUIS LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

HOMELIE DU PAPE FRANÇOIS

 » LA RELATION AVEC DIEU EST GRATUITE, ELLE EST UNE RELATION D’AMITIÉ  »

Vendredi 15 mai 2020

Introduction

C’est aujourd’hui la journée mondiale de la famille. Prions pour les familles, pour que grandisse dans les familles l’Esprit du Seigneur, l’esprit d’amour, de respect, de liberté.

Homélie
Dans le livre des Actes des apôtres, nous voyons que dans l’Eglise, au début, régnaient des temps de paix, on le dit très souvent: l’Eglise grandissait, dans la paix, et l’Esprit du Seigneur se diffusait (cf. Ac 9, 31); des temps de paix. Il y avait aussi des temps de persécution, à commencer par la persécution d’Etienne (cf. chap. 6-7), ensuite Paul le persécuteur, converti, puis lui aussi persécuté… Des temps de paix, des temps de persécution, et il y avait aussi des temps de trouble. Et c’est le thème de la première lecture d’aujourd’hui: un temps de trouble (cf. Ac 15, 22-31). «Nous avons appris que, sans mandat de notre part, – écrivent les apôtres aux chrétiens qui sont venus du paganisme – certaines gens venues de chez nous ont, par leurs propos, jeté le trouble parmi vous – jeté le trouble» (v. 24).
Que s’était-il passé? Ces chrétiens qui provenaient des païens avaient cru en Jésus Christ et reçu le baptême, et ils étaient heureux: ils avaient reçu l’Esprit Saint. Du paganisme au christianisme, sans aucune étape intermédiaire. En revanche, ceux qu’on appelait “les judaïsants”, soutenaient qu’on ne pouvait pas faire cela. Si quelqu’un était païen, il devait d’abord devenir juif, un bon juif, et ensuite devenir chrétien, pour être dans la ligne de l’élection du peuple de Dieu. Et ces chrétiens ne le comprenaient pas: “Mais comment, nous sommes des chrétiens de deuxième classe? On ne peut pas passer directement du paganisme au christianisme? La résurrection du Christ n’a-t-elle pas défait l’ancienne Loi, en la conduisant a une plénitude encore plus grande?”. Ils étaient troublés et il y avait beaucoup de discussions entre eux. Et ceux qui voulaient tout cela étaient des personnes avec des arguments pastoraux, des arguments théologiques, certains également moraux, ils soutenaient que non, on devait procéder ainsi! Et cela mettait en discussion la liberté de l’Esprit Saint, également la gratuité de la résurrection du Christ et de la grâce. Ils étaient méthodiques. Et également rigides.
A propos de ceux-ci, de leurs maîtres, des docteurs de la Loi, Jésus avait dit: “Malheur à vous, qui parcourez mers et continents pour gagner un prosélyte, et quand vous l’avez gagné vous le rendez digne de la géhenne deux fois plus que vous”. C’est plus ou moins ce que dit Jésus dans le chapitre 23 de Matthieu (cf. v. 15). Ces gens, qui étaient “idéologiques”, plus que “dogmatiques”, “idéologiques”, avaient réduit la Loi, le dogme à une idéologie: “Il faut faire cela, et cela, et cela…”. Une religion de prescriptions, et en agissant ainsi, ils enlevaient la liberté de l’Esprit. Et les gens qui les suivaient étaient des gens rigides, des gens qui ne se sentaient pas à leur aise, qui ne connaissaient pas la joie de l’Evangile. La perfection de la route pour suivre Jésus était la rigidité: “Il faut faire cela, cela, cela, cela…”. Ces gens, ces docteurs “manipulaient” les consciences des fidèles et les faisaient devenir rigides, ou bien ces derniers s’en allaient.
C’est pourquoi, je le répète très souvent et je dis que la rigidité n’appartient pas au bon Esprit, parce qu’elle remet en question la gratuité de la rédemption, la gratuité de la résurrection du Christ. C’est quelque chose d’ancien: au cours de l’histoire de l’Eglise, cela s’est répété. Pensons aux pélagiens, à ces… ces personnes rigides célèbres. Et de nos jours aussi, nous avons vu certaines organisations apostoliques qui semblaient vraiment bien organisées, qui travaillaient bien…, mais tous rigides, tous pareils les uns aux autres, et ensuite nous avons appris la corruption qu’il y avait à l’intérieur, également chez les fondateurs.
Là où il y a de la rigidité, il n’y a pas l’Esprit de Dieu, parce que l’Esprit de Dieu est liberté. Et ces gens voulaient avancer en enlevant la liberté de l’Esprit de Dieu et la gratuité de la rédemption: “Pour être justifié, tu dois faire cela, cela, cela cela…”. La justification est gratuite. La mort et la résurrection du Christ sont gratuites. On ne paye pas, on n’achète pas: c’est un don! Et ces derniers ne voulaient pas comprendre cela.
La route est belle [la manière de procéder]: les apôtres se réunissent lors d’un concile et, à la fin, ils écrivent une lettre qui dit ceci: «L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas vous imposer d’autres charges…» (Ac 15, 28), et ils donnent ces obligations plus morales, de bon sens: ne pas confondre le christianisme avec le paganisme, s’abstenir d’offrir des viandes aux idoles, etc. A la fin, ces chrétiens qui étaient troublés ont reçu la lettre alors qu’ils étaient réunis en assemblée et «quand lecture fut faite, ils se réjouirent de l’encouragement qu’elle apportait» (v. 31). Du trouble à la joie. L’esprit de la rigidité te conduit toujours au trouble: “Mais est-ce que j’ai bien fait cela? Est-ce que je ne l’ai pas bien fait?”. Le scrupule. L’esprit de la liberté évangélique te conduit à la joie, car c’est précisément ce qu’a fait Jésus avec sa résurrection: il a apporté la joie! La relation avec Dieu, la relation avec Jésus n’est pas une relation de ce genre, où “l’on fait des choses”: “Je fais cela et tu me donne ceci”. Une relation de ce genre, je dirais – que le Seigneur me pardonne – commerciale, non! Elle est gratuite, comme est gratuite la relation de Jésus avec les disciples. «Vous êtes mes amis» (Jn 15, 14). “Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle amis” (cf. v. 15). «Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis» (v. 16). C’est la gratuité.
Demandons au Seigneur qu’il nous aide à discerner les fruits de la gratuité évangélique de la rigidité non-évangélique, et qu’il nous libère de tout trouble de ceux qui placent la foi, la vie de la foi sous les prescriptions casuistiques, les prescriptions qui n’ont pas de sens. Je me réfère à ces prescriptions qui n’ont pas de sens, pas aux commandements. Qu’il nous libère de cet esprit de rigidité qui enlève la liberté.

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – 3 juin 2020 – (…dans la vie d’Abraham.)

10 juin, 2020

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fr uccelli-little

(La création des oiseaux)

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – 3 juin 2020 – (…dans la vie d’Abraham.)

Bibliothèque du palais apostolique
Mercredi 3 juin 2020

Chers frères et sœurs, bonjour!

Il y a une voix qui retentit à l’improviste dans la vie d’Abraham. Une voix qui l’invite à entreprendre un chemin qui semble absurde: une voix qui le pousse à se déraciner de sa patrie, des racines de sa famille, pour aller vers un nouvel avenir, un avenir différent. Et tout cela sur la base d’une promesse, dans laquelle il faut seulement avoir confiance. Et avoir confiance dans une promesse n’est pas facile, il faut du courage. Et Abraham eut confiance.
La Bible est muette sur le passé du premier patriarche. La logique des choses laisse supposer qu’il adorait d’autres divinités; peut-être était-ce un homme savant, habitué à scruter le ciel et les étoiles. En effet, le Seigneur lui promet que sa descendance sera nombreuse comme les étoiles qui constellent le ciel.
Et Abraham part. Il écoute la voix de Dieu et se fie à sa parole. Cela est important: il se fie de la parole de Dieu. Et avec son départ naît une nouvelle manière de concevoir la relation avec Dieu; c’est pour cette raison que le patriarche Abraham est présent dans les grandes traditions spirituelles juive, chrétienne et islamique comme le parfait homme de Dieu, capable de se soumettre à Lui, même quand sa volonté se révèle difficile, voire même incompréhensible.
Abraham est donc l’homme de la Parole. Quand Dieu parle, l’homme devient le récepteur de cette Parole et sa vie le lieu où celle-ci décide de s’incarner. Il s’agit d’une grande nouveauté dans le chemin religieux de l’homme: la vie du croyant commence à se concevoir comme vocation, c’est-à-dire comme appel, comme lieu où se réalise une promesse; et il n’agit pas tant dans le monde sous le poids d’une énigme, mais avec la force de cette promesse, qui un jour se réalisera. Et Abraham crut à la promesse de Dieu. Il crut et il partit, sans savoir où il allait — c’est ce que dit la Lettre aux hébreux (cf. 11, 8). Mais il eut confiance.
En lisant le livre de la Genèse, nous découvrons qu’Abraham vécut la prière dans la fidélité incessante à cette Parole, qui se présentait périodiquement sur son chemin. En synthèse, nous pouvons dire que dans la vie d’Abraham, la foi devient histoire. La foi devient histoire. Plus encore, Abraham, avec sa vie, avec son exemple, nous enseigne d’ailleurs ce chemin, cette route sur laquelle la foi se fait histoire. Dieu n’est plus seulement vu dans les phénomènes cosmiques, comme un Dieu lointain, qui peut susciter la terreur. Le Dieu d’Abraham devient «mon Dieu», le Dieu de mon histoire personnelle, qui guide mes pas, qui ne m’abandonne pas; le Dieu de mes jours, le compagnon de mes aventures; le Dieu Providence. Je me demande et je vous demande: avons-nous cette expérience de Dieu? «Mon Dieu», le Dieu qui m’accompagne, le Dieu de mon histoire personnelle, le Dieu qui guide mes pas, qui ne m’abandonne pas, le Dieu de mes jours? Avons-nous cette expérience? Réfléchissons-y un peu.
Cette expérience d’Abraham est témoignée également par l’un des textes les plus originaux de l’histoire de la spiritualité: le Mémorial de Blaise Pascal. Ce dernier commence ainsi: «Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix. Dieu de Jésus Christ». Ce mémorial, écrit sur un petit parchemin, et retrouvé après sa mort cousu à l’intérieur d’un vêtement du philosophe, n’exprime pas une réflexion intellectuelle qu’un homme savant comme lui peut concevoir sur Dieu, mais le sentiment vivant, expérimenté, de sa présence. Pascal note même le moment précis où il sentit cette réalité, l’ayant finalement rencontrée: le soir du 23 novembre 1654. Ce n’est pas le Dieu abstrait ou le Dieu cosmique, non. C’est le Dieu d’une personne, d’un appel, le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, le Dieu qui est certitude, qui est sentiment, qui est joie.
«La prière d’Abraham s’exprime d’abord par des actes: homme de silence, il construit, à chaque étape, un autel au Seigneur» (Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 2570). Abraham n’édifie pas un temple, mais il dissémine le chemin de pierres qui rappellent le passage de Dieu. Un Dieu surprenant, comme lorsqu’il lui rend visite dans la figure de trois hôtes, que lui et Sarah accueillent avec attention et qui leur annoncent la naissance de leur fils Isaac (cf. Gn 18, 1-15). Abraham avait cent ans, et sa femme quatre-vingt-dix, plus ou moins. Et ils crurent, ils eurent confiance en Dieu. Et Sarah, sa femme, conçut un enfant. A cet âge! Voilà qui est le Dieu d’Abraham, notre Dieu, qui nous accompagne.
Ainsi, Abraham devient un proche de Dieu, également capable de discuter avec Lui, mais toujours fidèle. Il parle avec Dieu et discute. Jusqu’à l’épreuve suprême, quand Dieu lui demande de sacrifier son propre fils Isaac, le fils de sa vieillesse, l’unique héritier. Abraham vit alors la foi comme un drame, comme marcher à tâtons dans la nuit, sous un ciel cette fois-ci privé d’étoiles. Et cela nous arrive très souvent à nous aussi, de marcher dans l’obscurité, mais avec la foi. Dieu lui-même arrêtera la main d’Abraham déjà prête à frapper, car il a vu sa disponibilité vraiment totale (cf. Gn 22, 1-19).
Frères et sœurs, apprenons d’Abraham, apprenons à prier avec foi: écouter le Seigneur, marcher, dialoguer jusqu’à discuter. N’ayons pas peur de discuter avec Dieu! Je vais même dire quelque chose qui pourra sembler une hérésie. Souvent, j’ai entendu des gens qui me disaient: «Vous savez, il m’est arrivé cela et je me suis mis en colère contre Dieu» — «Tu as eu le courage de te mettre en colère contre Dieu?» — «Oui, je me suis mis en colère» — «Mais il s’agit d’une forme de prière». Car seul un enfant est capable de se fâcher avec son père et ensuite de le rencontrer à nouveau. Apprenons d’Abraham à prier avec foi, à dialoguer, à discuter, mais toujours disposés à accueillir la parole de Dieu et à la mettre en pratique. Avec Dieu, nous apprenons à parler comme un enfant avec son père: à l’écouter, à répondre, à discuter. Mais en étant transparents, comme un enfant avec son père. C’est ainsi qu’Abraham nous enseigne à prier. Merci.

 

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – (…deuxième pas sur le chemin de catéchèse sur la prière) – 13 mai 2020

21 mai, 2020

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santuario la verna di san francesco

Chapelle ‘La Verna’ San Francesco

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – (…deuxième pas sur le chemin de catéchèse sur la prière) – 13 mai 2020

Bibliothèque du palais apostolique
Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous accomplissons aujourd’hui le deuxième pas sur le chemin de catéchèse sur la prière, commencé la semaine dernière.
La prière appartient à tous: aux hommes de chaque religion, et probablement aussi à ceux qui n’en professent aucune. La prière naît dans le secret de nous-mêmes, dans ce lieu intérieur que les autorités spirituelles appellent souvent le «cœur» (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, nn. 2562-2563). Ce qui prie en nous n’est donc pas quelque chose de périphérique, ce n’est pas l’une de nos facultés secondaires et marginales, mais c’est le mystère le plus intime de nous-mêmes. C’est ce mystère qui prie. Les émotions prient, mais on ne peut pas dire que la prière soit seulement une émotion. L’intelligence prie, mais prier n’est pas seulement un acte intellectuel. Le corps prie, mais on peut parler avec Dieu également en étant affecté par l’invalidité la plus grave. C’est donc tout l’homme qui prie, si son «cœur» prie.
La prière est un élan, c’est une invocation qui va au-delà de nous-mêmes: quelque chose qui naît au plus profond de notre personne et qui sort de nous-mêmes, parce qu’il ressent la nostalgie d’une rencontre. Cette nostalgie qui est plus qu’un besoin, plus qu’une nécessité: c’est un chemin. La prière est la voix d’un «moi» qui vacille, qui avance à tâtons, à la recherche d’un «Toi». La rencontre entre le «moi» et le «Toi» ne peut pas se faire avec des calculatrices: c’est une rencontre humaine et très souvent on avance à tâtons pour trouver le «Toi» que mon «moi» est en train de chercher.
La prière du chrétien naît en revanche d’une révélation: le «Toi» n’est pas resté enveloppé dans le mystère, mais il est entré en relation avec nous. Le christianisme est la religion qui célèbre sans cesse la «manifestation» de Dieu, c’est-à-dire son épiphanie. Les premières fêtes de l’année liturgique sont la célébration de ce Dieu qui ne reste pas caché, mais qui offre son amitié aux hommes. Dieu révèle sa gloire dans la pauvreté de Bethléem, dans la contemplation des Rois Mages, dans le baptême dans le Jourdain, dans le prodige des noces de Cana. L’Evangile de Jean conclut par une affirmation synthétique le grand hymne du Prologue: «Nul n’a jamais vu Dieu, le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître» (1, 18). C’est Jésus qui nous a révélé Dieu.
La prière du chrétien entre en relation avec le Dieu au visage très tendre, qui ne veut faire ressentir aucune peur aux hommes. C’est la première caractéristique de la prière chrétienne. Si les hommes étaient depuis toujours habitués à s’approcher de Dieu un peu intimidés, un peu effrayés par ce mystère fascinant et terrible, s’ils s’étaient habitués à le vénérer avec une attitude servile, semblable à celle d’un sujet qui ne veut pas manquer de respect à son seigneur, les chrétiens s’adressent en revanche à Lui en osant l’appeler d’une manière confidentielle par le nom de «Père». Jésus utilise même l’autre mot: «papa».
Le christianisme a banni du lien avec Dieu tout rapport «féodal». Dans le patrimoine de notre foi ne sont pas présentes des expressions comme «assujettissement», «esclavage» ou «vassalité»; mais des termes comme «alliance», «amitié», «promesse», «communion», «proximité». Dans son long discours d’adieu aux disciples, Jésus dit cela: «Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que fait son maître; je vous appelle amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi; mais c’est moi qui vous ai choisis et vous ai institués pour que vous alliez et portiez de fruit et un fruit qui demeure; alors tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera» (Jn 15, 15-16). Mais il s’agit d’un chèque en blanc: «Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, je vous l’accorde»!
Dieu est l’ami, l’allié, l’époux. Dans la prière on peut établir un rapport de confiance avec Lui, au point que dans le «Notre Père» Jésus nous a enseigné à lui adresser une série de demandes. Nous pouvons tout demander à Dieu, tout; tout expliquer, tout raconter. Peu importe si, dans la relation avec Dieu, nous nous sentons en faute: nous ne sommes pas de bons amis, nous ne sommes pas des enfants reconnaissants, nous ne sommes pas des époux fidèles. Il continue à nous aimer. C’est ce que Jésus démontre définitivement lors de la Dernière Cène, quand il dit: «Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, qui va être versé pour vous» (Lc 22, 20). Dans ce geste, Jésus anticipe au Cénacle le mystère de la Croix. Dieu est un allié fidèle: si les hommes cessent d’aimer, Lui continue cependant à aimer, même si l’amour le conduit au Calvaire. Dieu est toujours près de la porte de notre cœur et il attend que nous lui ouvrions. Et parfois, il frappe à notre cœur, mais il n’est pas envahissant: il attend. La patience de Dieu avec nous est la patience d’un père, de quelqu’un qui nous aime beaucoup. Je dirais que c’est à la fois la patience d’un père et d’une mère. Toujours proche de notre cœur, et quand il frappe, il le fait avec tendresse et avec beaucoup d’amour.
Essayons tous de prier ainsi, en entrant dans le mystère de l’Alliance. De nous mettre dans la prière entre les bras miséricordieux de Dieu, à nous sentir enveloppés par ce mystère de bonheur qu’est la vie trinitaire, à nous sentir comme des invités qui ne méritaient pas tant d’honneur. Et à répéter à Dieu, dans l’étonnement de la prière: est-il possible que tu ne connaisses que l’amour? Il ne connaît pas la haine. Il est haï, mais il ne connaît pas la haine. Il connaît seulement l’amour. Voilà quel est le Dieu que nous prions. C’est le cœur incandescent de toute prière chrétienne. Le Dieu d’amour, notre Père qui nous attend et nous accompagne.

Je salue cordialement les personnes de langue française.
Lorsque nous prions, efforçons-nous de nous adresser à Dieu avec confiance, comme un enfant s’adresse à son Père, chassant toute peur et toute distance. Il est toujours proche de nous, nous pouvons tout lui dire et tout lui demander.

Que Dieu vous bénisse !

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – « …aujourd’hui la 50e journée mondiale de la terre » (22.4.20)

29 avril, 2020

http://www.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2020/documents/papa-francesco_20200422_udienza-generale.html

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PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – « …aujourd’hui la 50e journée mondiale de la terre » (22.4.20)

Bibliothèque du palais apostolique
Mercredi 22 avril 2020

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous célébrons aujourd’hui la 50e journée mondiale de la terre. C’est une opportunité pour renouveler notre engagement à aimer notre maison commune et à prendre soin de celle-ci et des membres les plus vulnérables de notre famille. Comme cette pandémie tragique de coronavirus nous le démontre, ce n’est qu’ensemble et en prenant en charge les personnes les plus fragiles que nous pouvons vaincre les défis mondiaux. La Lettre encyclique Laudato si’ porte précisément ce sous-titre: «Sur la sauvegarde de la maison commune». Aujourd’hui, nous réfléchirons un peu ensemble sur cette responsabilité qui caractérise «notre passage sur cette terre» (LS, n. 160). Nous devons grandir dans la conscience de la sauvegarde de la maison commune.
Nous sommes faits de matière terrestre, et les fruits de la terre soutiennent notre vie. Mais, comme nous le rappelle le livre de la Genèse, nous ne sommes pas simplement «terrestres»: nous portons en nous également le souffle vital qui vient de Dieu (cf. Gn 2, 4-7). Nous vivons donc dans la maison commune comme une unique famille humaine et dans la biodiversité avec les autres créatures de Dieu. Comme imago Dei, image de Dieu, nous sommes appelés à avoir soin de toutes les créatures et à les respecter et à nourrir l’amour et la compassion pour nos frères et sœurs, en particulier les plus faibles, à l’imitation de l’amour de Dieu pour nous, manifesté dans son Fils Jésus, qui s’est fait homme pour partager cette situation avec nous et nous sauver.
A cause de l’égoïsme, nous avons manqué à notre responsabilité de gardiens et d’administrateurs de la terre. «Il suffit de regarder la réalité avec sincérité pour constater qu’il y a une grande détérioration de notre maison commune» (ibid., n. 61). Nous l’avons polluée, nous l’avons pillée, en mettant en danger notre propre vie. C’est pourquoi divers mouvements internationaux et locaux se sont formés pour éveiller les consciences. J’apprécie sincèrement ces initiatives, et il sera encore nécessaire que nos enfants descendent dans la rue pour nous enseigner ce qui est évident, c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’avenir pour nous si nous détruisons l’environnement qui nous soutient.
Nous avons failli à prendre soin de la terre, notre maison-jardin, et à prendre soin de nos frères. Nous avons péché contre la terre, contre notre prochain et, en définitive, contre le Créateur, le Père bon qui s’occupe de chacun et qui veut que nous vivions dans la communion et dans la prospérité. Et comment réagit la terre? Il y a un dicton espagnol qui est très clair sur cela, il dit la chose suivante: «Dieu pardonne toujours; nous, les hommes, pardonnons certaines fois et d’autres pas; la terre ne pardonne jamais». La terre ne pardonne pas: si nous avons détérioré la terre, la réponse sera très dure.
Comment pouvons-nous rétablir une relation harmonieuse avec la terre et le reste de l’humanité? Une relation harmonieuse… Très souvent, nous perdons la vision de l’harmonie: l’harmonie est l’œuvre de l’Esprit Saint. Comment pouvons-nous rétablir cette harmonie également dans la maison commune, dans la terre, également dans notre relation avec les gens, avec notre prochain, avec les plus pauvres? Nous avons besoin d’une nouvelle manière de regarder notre maison commune. Entendons-nous: celle-ci n’est pas une réserve de ressources à exploiter. Pour nous croyants, le monde naturel est l’«Evangile de la Création», qui exprime la puissance créatrice de Dieu qui a façonné la vie humaine et fait exister le monde avec ce qu’il contient pour soutenir l’humanité. Le récit biblique de la création se conclut ainsi: «Dieu vit tout ce qu’il avait fait: cela était très bon» (Gn 1, 31). Quand nous voyons ces tragédies naturelles qui sont la réponse de la terre à nos mauvais traitements, je me dit: «Si je demande maintenant au Seigneur ce qu’il en pense, je ne crois pas qu’il me dira que c’est une très bonne chose». C’est nous qui avons abîmé l’œuvre du Seigneur!
En célébrant aujourd’hui la journée mondiale de la terre, nous sommes appelés à retrouver le sens du respect sacré de la terre, car celle-ci n’est pas seulement notre maison, mais aussi la maison de Dieu. Cela fait naître en nous la conscience d’être sur une terre sacrée!
Chers frères et sœurs, «réveillons le sens esthétique et contemplatif que Dieu a mis en nous» (Exhort. ap. post-syn. Querida Amazonia, n. 56). La prophétie de la contemplation est quelque chose que nous apprenons en particulier des peuples originels, qui nous enseignent que nous ne pouvons pas prendre soin de la terre si nous ne l’aimons pas et ne la respectons pas. Ils ont cette sagesse du «bien vivre», pas au sens de prendre du bon temps, non: mais de vivre en harmonie avec la terre. Ils appellent cette harmonie «le bien vivre».
Dans le même temps, nous avons besoin d’une conversion écologique qui s’exprime à travers des actions concrètes. En tant que famille unique et interdépendante, nous avons besoin d’un projet partagé pour conjurer les menaces contre notre maison commune. «L’interdépendance nous oblige à penser à un monde unique, à un projet commun» (LS, n. 164). Nous sommes conscients de l’importance de collaborer en tant que communauté internationale pour la protection de notre maison commune. J’exhorte ceux qui détiennent l’autorité à guider le processus qui conduira à deux conférences internationales importantes: la cop15 sur la biodiversité à Kunming (Chine) et la cop26 sur les changements climatiques à Glasgow (Royaume-Uni). Ces deux rencontres sont très importantes.
Je voudrais encourager à organiser des interventions concertées également au niveau national et local. Il est bon de se réunir ensemble de toute condition sociale et de donner vie également à un mouvement populaire venant «de la base». La journée mondiale de la terre, que nous célébrons aujourd’hui, est née précisément ainsi. Chacun de nous peut apporter sa propre petite contribution: «Il ne faut pas penser que ces efforts ne vont pas changer le monde. Ces actions répandent dans la société un bien qui produit toujours des fruits au-delà de ce que l’on peut constater, parce qu’elles suscitent sur cette terre un bien qui tend à se répandre toujours, parfois de façon invisible» (LS, n. 212).
En ce temps pascal de renouveau, engageons-nous à aimer et à apprécier le magnifique don de la terre, notre maison commune, et à prendre soin de tous les membre de la famille humaine. Comme les frères et sœurs que nous sommes, supplions ensemble notre Père céleste: «Envoies ton esprit, renouvelle la face de la terre» (cf. Ps 104, 30).

Speaker :
Je salue cordialement les personnes de langue française.
En ce temps pascal de renouvellement, engageons-nous à aimer et apprécier le don magnifique de la terre, notre maison commune, et à prendre soin de tous les membres de la famille humaine. En ce temps d’incertitudes, je demande à Dieu de vous soutenir dans l’espérance, l’amour et la solidarité les uns envers les autres.
Que Dieu vous bénisse !

CHAPELLE DE CASA SANTA MARTA – POUR COMBIEN ILS SONT EN PREMIÈRE LIGNE POUR GARANTIR LES SERVICES

18 mars, 2020

http://w2.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200315_vicini-aglioperatori-inprimalinea.html

fr il-primo-piano-estremo-o-la-macro-del-germoglio-della-peonia-quasi-aspetta-per-fiorire-90492327

peonia macro

LA CÉLÉBRATION DU MATIN DIFFUSÉE EN DIRECT
DE LA CHAPELLE DE CASA SANTA MARTA

POUR COMBIEN ILS SONT EN PREMIÈRE LIGNE POUR GARANTIR LES SERVICES

L’invocation du Pape dans la messe le troisième dimanche du Carême

Dimanche 15 mars 2020

«Ce dimanche de Carême, nous prions tous ensemble pour les malades, pour les gens qui souffrent. Et aujourd’hui, je voudrais faire une prière spéciale avec vous tous pour les personnes qui, par leur travail, garantissent le fonctionnement de la société: les employés des pharmacies, des supermarchés, des transports, des policiers. Prions pour tous ceux qui travaillent pour que la vie sociale, la vie urbaine, puisse continuer en ce moment ». Avec ces mots, le pape François a commencé, dimanche 15 mars, dans la chapelle de la Casa Santa Marta, la célébration de la messe, retransmise en direct, faisant sentir sa proximité avec ceux qui travaillent en première ligne pour garantir les services essentiels et pour contrer la propagation de la pandémie.
Et avec les versets du Psaume 24 (15-16) comme antiphon d’entrée, le Pontife renforça encore sa prière initiale: «Mes yeux sont toujours tournés vers le Seigneur, car il libère mes pieds du piège. Tourne-toi vers moi et prends pitié, Seigneur, car je suis pauvre et seul ».
Pour la méditation dans l’homélie, centrée sur le courage de dire la vérité, François s’est inspiré de la rencontre entre Jésus et la Samaritaine, racontée par l’Évangile de Jean (4, 5-42) et proposée par la liturgie le troisième dimanche de l’époque du Carême.
« L’Evangile nous fait connaître un dialogue, un dialogue historique – ce n’est pas une parabole, c’est arrivé – d’une rencontre de Jésus avec une femme, avec un pécheur » a expliqué le Pape. Notant aussi que « c’est la première fois, en Evangile, que Jésus déclare son identité: et le déclare à un pécheur qui a eu le courage de lui dire la vérité ». En fait, elle reconnaît devant Jésus qu’elle avait cinq maris, mais ce qu’elle avait à ce moment n’était pas son mari.
La femme, « alors, avec le même argument – dit le Pontife – est allée annoncer Jésus: » viens, peut-être que ce sera le Messie parce qu’il m’a dit tout ce que j’ai fait «  ». Elle, a insisté le Pape, « ne va pas avec des arguments théologiques – comme il le voulait, peut-être, en dialogue avec Jésus: » Sur cette montagne « ou sur l’autre montagne – cela va avec sa vérité ». Et précisément « sa vérité – François relancé – est ce qui sanctifie, justifie, c’est ce que le Seigneur utilise, sa vérité, pour proclamer l’Évangile: on ne peut pas être disciple de Jésus sans sa propre vérité, ce que nous sommes « .
En bref, le Pape a précisé: « on ne peut être disciple de Jésus qu’avec les arguments: » Sur cette montagne « ou sur cette autre ». Au lieu de cela, la « femme a eu le courage de dialoguer avec Jésus parce que ces deux peuples ne dialoguaient pas entre eux. Il a eu le courage de s’intéresser à la proposition de Jésus, cette eau, parce qu’il savait qu’il avait soif ».
Et, en outre, le Pape a ajouté « qu’il avait le courage d’avouer ses faiblesses, ses péchés; au contraire, le courage d’utiliser son histoire comme une garantie qu’il était un prophète: « Il m’a dit tout ce que j’ai fait » ».
De plus, poursuit François, « le Seigneur veut toujours dialoguer avec transparence, sans cacher les choses, sans double intention: je suis comme ça et je parle avec le Seigneur, comme je suis, avec ma vérité ». Avec cette attitude, « de ma vérité, par la puissance du Saint-Esprit, je trouve la vérité: le Seigneur est le Sauveur, celui qui est venu pour me sauver et pour nous sauver ».
« Ce dialogue transparent entre Jésus et la femme – a expliqué le Pape – se termine par cette confession de la réalité messianique de Jésus et par la conversion de ce peuple »: cette image des champs « que le Seigneur a vu blanchir, qui venait de Lui parce que c’était le temps de la moisson ».
Le Pontife a conclu la méditation en l’invitant à demander au Seigneur de « nous donner la grâce de toujours prier avec la vérité, de se tourner vers le Seigneur avec ma vérité, pas avec la vérité des autres, pas avec les vérités distillées dans les arguments ». Tout comme la femme pécheresse présentée par Jean dans son Évangile qui reconnaît la vérité sur elle-même devant Jésus. Enfin, comme d’habitude, il confia sa prière à la Mère de Dieu, s’arrêtant devant l’image mariale dans la chapelle de Santa Marta.
L’archiprêtre cardinal Angelo Comastri a également parlé de l’épisode évangélique de la Samaritaine lors de la messe célébrée dans la basilique de San Pietro devant l’Angélus. Au début de la liturgie, le cardinal a invité tous les fidèles à reconnaître humblement leur condition de fragilité et de petitesse face à la menace de la pandémie, les exhortant à s’accrocher au « rocher » qu’est Dieu et à vivre selon ses commandements.

 

PAPE FRANCIS – Angelus -dimanche 15 mars 2020

15 mars, 2020

http://www.vatican.va/content/francesco/it/angelus/2020/documents/papa-francesco_angelus_20200315.htm

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(Une prière spéciale d’intercession à la Madonnine pour le diocèse milanais et tout le diocèse ambrosien: l’archevêque de Milan Mario Delpini)

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(Don Abbondio e le Card. Borromeo, par Le Fiancè, Manzoni)

PAPE FRANCIS – Angelus -dimanche 15 mars 2020

(traduction google de l’italien)

Bibliothèque du Palais apostolique

Chers frères et sœurs, bonjour!

La messe que l’archevêque célèbre dans la polyclinique pour les malades, les médecins, les infirmières et les bénévoles se termine actuellement à Milan. L’archevêque est proche de son peuple et également proche de Dieu dans la prière. Je me souviens de la photo de la semaine dernière: lui seul sur le toit du Duomo priant la Madone. Je voudrais également remercier tous les prêtres, la créativité des prêtres. Beaucoup de nouvelles viennent de Lombardie sur cette créativité. Certes, la Lombardie a été très affectée. Des prêtres qui pensent mille façons d’être proches du peuple, pour que le peuple ne se sente pas abandonné; des prêtres au zèle apostolique, qui ont bien compris qu’en temps de pandémie « Don Abbondio(1) » ne doit pas se faire. Merci beaucoup à vous prêtres.
Le passage évangélique de ce dimanche, le troisième du Carême, présente la rencontre de Jésus avec une Samaritaine (cf. Jn 4,5-42). Il est en route avec ses disciples et ils s’arrêtent dans un puits à Samarie. Les Samaritains étaient considérés comme des hérétiques par les Juifs et très méprisés comme des citoyens de seconde zone. Jésus est fatigué, il a soif. Une femme vient chercher de l’eau et il lui demande: « Donnez-moi à boire » (v. 7). Ainsi, brisant chaque barrière, un dialogue s’ouvre dans lequel il révèle à cette femme le mystère de l’eau vive , c’est-à-dire de l’Esprit Saint, un don de Dieu. En effet, à la surprise de la femme, Jésus répond: «Si vous connaissiez le don de Dieu et qui est celui qui vous dit: « Donnez-moi à boire! », Vous lui auriez demandé et il vous aurait donné de l’eau vive « (v. 10).
L’ eau est au cœur de ce dialogue . D’une part, l’eau comme élément essentiel à la vie, qui satisfait la soif du corps et soutient la vie. De l’autre, l’eau comme symbole de la grâce divine, qui donne la vie éternelle. Dans la tradition biblique, Dieu est la source d’eau vive – comme il est dit dans les psaumes, dans les prophètes -: s’éloigner de Dieu, source d’eau vive, et de sa loi entraîne la pire sécheresse. C’est l’expérience du peuple d’Israël dans le désert. Sur le long chemin de la liberté, elle, brûlée de soif, proteste contre Moïse et contre Dieu car il n’y a pas d’eau. Puis, à la demande de Dieu, Moïse fait couler l’eau d’un rocher, en signe de la providence de Dieu qui accompagne son peuple et lui donne la vie (cf. Ex 17, 17-7).
Et l’apôtre Paul interprète ce rocher comme un symbole du Christ. Ainsi, il dira: « Et le rocher est le Christ » (cf. 1 Co 10, 4). C’est la figure mystérieuse de sa présence parmi le peuple de Dieu qui marche. En fait, Christ est le Temple d’où, selon la vision des prophètes, le Saint-Esprit jaillit, c’est-à-dire l’eau vive qui purifie et donne la vie. Ceux qui ont soif de salut peuvent puiser librement auprès de Jésus, et le Saint-Esprit deviendra en lui une source de vie pleine et éternelle. La promesse de l’eau vive que Jésus a faite à la Samaritaine est devenue réalité lors de sa Pâques: « du sang et de l’eau » sont sortis de son côté transpercé ( Jn 19, 34). Le Christ, l’Agneau immolé et ressuscité, est la source d’où jaillit le Saint-Esprit qui pardonne les péchés et se régénère pour une vie nouvelle.
Ce don est également la source de témoignages. Comme la Samaritaine, quiconque rencontre Jésus vivant ressent le besoin d’en parler aux autres, afin que tout le monde vienne confesser que Jésus « est vraiment le sauveur du monde » ( Jn 4, 42), comme le disaient alors les compatriotes de la femme. Nous aussi, nés d’une nouvelle vie par le baptême, sommes appelés à témoigner de la vie et de l’espérance qui sont en nous. Si notre recherche et notre soif trouvent leur plein épanouissement en Christ, nous montrerons que le salut ne réside pas dans les « choses » de ce monde, qui finissent par produire la sécheresse, mais dans Celui qui nous a aimés et nous aime toujours: Jésus notre Sauveur, dans l’eau vive qu’Il nous offre.
Que la Très Sainte Vierge Marie nous aide à cultiver le désir du Christ, source d’eau vive, la seule qui puisse satisfaire la soif de vie et d’amour que nous portons dans nos cœurs.

 

Cardinale&DonAbbondio

PAPE FRANÇOIS – Dieu s’arrange pour entrer (12.6.17)

4 mars, 2020

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2017/documents/papa-francesco-cotidie_20170612_dieu-s-arrange-pour-entrer.html

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La vie de Jésus (cartoon)

PAPE FRANÇOIS – Dieu s’arrange pour entrer (12.6.17)

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Il suffit de maintenir la porte du cœur entrouverte et «Dieu s’arrange pour entrer», nous empêchant de rejoindre la foule des «in-miséricordieux»: un néologisme qui signifie ceux qui, privés de miséricorde, mettent en pratique les béatitudes à l’inverse. C’est précisément contre la tentation «narcissique de l’auto-référentialité» — le contraire de l’«altérité» chrétienne qui «est don et service» — que le Pape a voulu mettre en garde. En se référant au passage de la seconde lecture de saint Paul aux Corinthiens (1, 1-7), proposé par la liturgie comme première lecture, il a immédiatement souligné qu’en à peine «dix-neuf lignes, par huit fois, Paul parle de consolation, de nous laisser consoler pour consoler les autres». «L’expérience de la consolation, qui est une expérience spirituelle, a toujours besoin d’altérité pour être totale: personne ne peut se consoler soi-même, personne». Et «qui cherche à le faire, finit par se regarder dans le miroir». Mais «c’est la consolation truquée qui ne fait pas grandir, qui n’est pas une consolation parce qu’elle est fermée, il lui manque une altérité». «Dans l’Evangile, nous trouvons tant de personnes ainsi». «Par exemple les docteurs de la loi qui sont pleins de leur suffisance, fermés, et cela est “leur consolation” entre guillemets». Le Pape a voulu faire une référence explicite au «riche Epulon, qui vivait de fête en fête et avec cela, pensait être consolé». «La consolation, pour être vraie, pour être chrétienne, a besoin d’une altérité», parce que «la véritable consolation se reçoit». Et «c’est précisément le Seigneur, c’est Dieu qui nous console, c’est Dieu qui nous donne ce don: nous, avec le cœur ouvert, lui qui vient et nous donne». D’où le fait que «la consolation est un état de passage du don reçu au service donné», au point que «la véritable consolation a cette double altérité: elle est don et service». «Ainsi, si je laisse entrer la consolation du Seigneur comme don, c’est parce que j’ai besoin d’être consolé: je suis dans le besoin». En effet, «pour être consolé, il est nécessaire de reconnaître d’être dans le besoin: ce n’est qu’ainsi que le Seigneur vient, il nous console, et nous donne la mission de consoler les autres». «Un cœur ouvert, est un cœur heureux et dans l’Evangile, nous avons entendu qui sont les heureux, qui sont les bienheureux: les pauvres». Ainsi, «le cœur s’ouvre dans une attitude de pauvreté, de pauvreté d’esprit: ceux qui savent pleurer, ceux doux, la douceur du cœur; ceux qui sont assoiffés de justice, qui luttent pour la justice; ceux qui sont miséricordieux, qui font preuve de miséricorde à l’égard des autres; les purs de cœur; les artisans de paix et ceux qui sont persécutés à cause de la justice, par amour de la justice». Et «ainsi le cœur s’ouvre et le Seigneur vient avec le don de la consolation et la mission de consoler les autres». Mais il y a toutefois également ceux qui «ont un cœur fermé: ils ne suivent pas les béatitudes, en somme et «se sentent riches d’esprit, c’est-à-dire suffisants». Ce sont «ceux qui n’ont pas besoin de pleurer parce qu’ils se sentent justes; les violents qui ne savent pas ce qu’est la douceur; les injustes qui vivent de l’injustice et font l’injustice; ceux «in-miséricordieux», c’est-à-dire sans miséricorde, qui ne pardonnent jamais, qui n’ont jamais besoin de pardonner parce qu’ils ne sentent pas le besoin d’être pardonnés; ceux qui ont le cœur sale; les artisans de guerre, et non pas de paix; et ceux qui ne sont jamais critiqués ou persécutés parce qu’ils luttent pour la justice parce qu’ils ne se préoccupent pas des injustices des autres personnes: ceux-là sont fermés». Précisément devant cette inversion des béatitudes, «il nous fera du bien aujourd’hui de penser» à «comment est mon cœur? Est-il ouvert?». En rappelant que Dieu «nous demande seulement que la porte de notre cœur soit ouverte, ou tout au moins entrouverte, ainsi il s’arrange pour entrer».

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – …l’hospitalité réservée par les habitants de Malte à saint Paul et à ses compagnons de voyage,

29 janvier, 2020

http://www.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2020/documents/papa-francesco_20200122_udienza-generale.html

fr Vitrau Notre Dame de Paris

Vitrail – Notte Dame de Paris

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – …l’hospitalité réservée par les habitants de Malte à saint Paul et à ses compagnons de voyage,

Salle Paul VI
Mercredi 22 janvier 2020

Chers frères et sœurs, bonjour!

La catéchèse d’aujourd’hui est liée à la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Le thème de cette année, qui est celui de l’hospitalité, a été développé par les communautés de Malte et Gozo, à partir du passage des Actes des Apôtres qui raconte l’hospitalité réservée par les habitants de Malte à saint Paul et à ses compagnons de voyage, naufragés avec lui. C’est précisément à cet épisode que je faisais référence dans la catéchèse d’il y a deux semaines.
Repartons donc de l’expérience dramatique de ce naufrage. Le navire sur lequel voyage Paul est à la merci des éléments. Ils sont en mer depuis quatorze jours, à la dérive, et étant donné que ni le soleil, ni les étoiles ne sont visibles, les voyageurs se sentent désorientés, perdus. Sous eux, la mer heurte violemment le navire et ils craignent que celui-ci ne se brise sous la force des vagues. D’en-haut, ils sont fouettés par le vent et par la pluie. La force de la mer et de la tempête est terriblement puissante et indifférente au destin des passagers: il y a avait plus de 260 personnes!
Mais Paul, qui sait qu’il n’en est pas ainsi, parle. La foi lui dit que sa vie est entre les mains de Dieu, qui a ressuscité Jésus d’entre les morts, et qui l’a appelé, lui Paul, pour apporter l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre. Sa foi lui dit également que Dieu, selon ce que Jésus lui a révélé, est un Père aimant. C’est pourquoi Paul s’adresse à ses compagnons de voyage et, inspiré par la foi, leur annonce que Dieu ne permettra pas qu’un cheveu de leur tête ne soit perdu.
Cette prophétie se réalise quand le navire échoue sur la côte de Malte et que tous les passagers rejoignent sains et saufs la terre ferme. Et là, ils font l’expérience de quelque chose de nouveau. En contraste avec la violence brutale de la mer en tempête, ils reçoivent le témoignage de la «rare humanité» des habitants de l’île. Ces personnes, des étrangers pour eux, se révèlent attentives à leurs besoins. Elles allument un feu pour qu’ils se réchauffent, elles leur offrent un abri contre la pluie et de la nourriture. Même si elles n’ont pas encore reçu la Bonne Nouvelle du Christ, elles manifestent l’amour de Dieu à travers des actes concrets de gentillesse. En effet, l’hospitalité spontanée et les gestes attentifs communiquent quelque chose de l’amour de Dieu. Et l’hospitalité des habitants de l’île de Malte est récompensée par les miracles de guérison que Dieu opère sur l’île à travers Paul. Donc, si la population de Malte fut un signe de la Providence de Dieu pour l’apôtre, il fut lui aussi un témoin de l’amour miséricordieux de Dieu pour eux.
Très chers amis, l’hospitalité est importante; et c’est également une vertu œcuménique importante. Elle signifie tout d’abord reconnaître que les autres chrétiens sont vraiment nos frères et nos sœurs en Christ. Nous sommes frères. Certains diront: «Mais celui-ci est protestant, celui-là est orthodoxe…». Oui, mais nous sommes frères dans le Christ. Ce n’est pas un acte de générosité à sens unique, car quand nous recevons d’autres chrétiens, nous les accueillons comme un don qui nous est fait. Comme les Maltais — de braves personnes ces Maltais — nous sommes récompensés, parce que nous recevons ce que l’Esprit Saint a semé chez ces frères et sœurs, et cela devient un don également pour nous, parce que l’Esprit Saint sème lui aussi ses grâces partout. Accueillir les chrétiens d’une autre tradition signifie tour d’abord montrer l’amour de Dieu à leur égard, parce que ce sont des enfants de Dieu — nos frères —, et en outre cela signifie accueillir ce que Dieu a accompli dans leur vie. L’hospitalité œcuménique demande la disponibilité à écouter les autres, en prêtant attention à leurs histoires personnelles de foi et à l’histoire de leur communauté, une communauté de foi avec une tradition différente de la nôtre. L’hospitalité œcuménique comporte le désir de connaître l’expérience que d’autres chrétiens font de Dieu et l’attente de recevoir les dons spirituels qui en dérivent. Et cela est une grâce, découvrir cela est une grâce. Je pense aux temps passés, à ma terre par exemple. Quand certains missionnaires évangéliques venaient, un petit groupe de catholiques allait brûler leurs tentes. Il ne faut pas faire cela: ce n’est pas chrétien. Nous sommes frères, nous sommes tous frères et nous devons nous accueillir mutuellement.
Aujourd’hui, la mer sur laquelle Paul et ses compagnons firent naufrage est encore une fois un lieu dangereux pour la vie d’autres personnes qui naviguent. Dans le monde entier, des hommes et des femmes migrants affrontent des voyages risqués pour fuir la violence, pour fuir la guerre, pour fuir la pauvreté. Comme Paul et ses compagnons, ils font l’expérience de l’indifférence, de l’hostilité du désert, des fleuves, des mers… Très souvent, on ne les laisse pas débarquer dans les ports. Mais, hélas, ils rencontrent parfois également l’hostilité bien pire des hommes. Ils sont exploités par des trafiquants criminels: aujourd’hui! Ils sont traités comme des numéros et comme une menace par certains gouvernants: aujourd’hui! Parfois, le manque d’hospitalité les rejette comme une vague vers la pauvreté ou les dangers qu’ils ont fuis.
En tant que chrétiens, nous devons travailler ensemble pour montrer aux migrants l’amour de Dieu révélé par Jésus Christ. Nous pouvons et nous devons témoigner qu’il n’y a pas seulement l’hostilité et l’indifférence, mais que chaque personne est précieuse pour Dieu et aimée par Lui. Les divisions qui existent encore entre nous, nous empêchent d’être pleinement le signe de l’amour de Dieu pour le monde, qui est notre vocation et notre mission. Travailler ensemble pour vivre l’hospitalité œcuménique, en particulier à l’égard de ceux dont la vie est la plus vulnérable, nous rendra tous, nous qui sommes chrétiens — protestants, orthodoxes, catholiques, tous les chrétiens —, des êtres humains meilleurs, des disciples meilleurs et un peuple chrétien plus uni. Cela nous rapprochera davantage de l’unité, qui est la volonté de Dieu pour nous.

PAPE FRANÇOIS – Tout l’Evangile dans un passage – 8 octobre 2018

20 janvier, 2020

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2018/documents/papa-francesco-cotidie_20181008_tout-evangile-dans-un-passage.html

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Début de l’évangile de Luc

PAPE FRANÇOIS – Tout l’Evangile dans un passage – 8 octobre 2018

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°043 du 25 octobre 2018)

C’est avec l’invitation à ne pas être des «fonctionnaires» — ceux qui passent toujours leur chemin en disant «cela ne me concerne pas» — mais «de vrais chrétiens, prêts à se salir les mains et ouverts aux surprises», que le Pape a reproposé l’essence de la parabole du bon samaritain. Car «là est contenu tout l’Evangile», a-t-il expliqué, en rappelant que «chacun de nous est l’homme blessé», alors que «le samaritain est Jésus» qui «a pris soin de nous, qui a payé pour nous et a dit à son Eglise: “S’il y a besoin de plus, paye toi-même, et à mon retour, je payerai”».
En faisant référence au passage évangélique de Luc (10, 25-37), François a immédiatement fait remarquer que «le docteur de la loi voulait mettre Jésus à l’épreuve et lui a tendu un piège». Mais «Jésus a réaffirmé la loi: “Tu aimeras ton Dieu et ton prochain comme toi-même”». Celui qui ne passa pas son chemin devant le samaritain blessé est «un samaritain, qui était en voyage: “en passant à côté de lui, il le vit et en eut compassion”». Peut-être «a-t-il pensé: “Pauvre malheureux, peut-être mourra-t-il d’une hémorragie”». Mais un samaritain, «était un pécheur, excommunié du peuple d’Israël». Pourtant, c’est précisément «le plus pécheur qui “eut compassion”». Peut-être, «était-ce un commerçant qui était en voyage pour ses affaires, et il ne regarda pas l’heure, il ne pensa pas au sang». Mais, comme on le lit dans l’Evangile, «il s’approcha de lui — il descendit de l’âne — il pansa ses blessures, en y versant de l’huile et du vin». Concrètement, «il se salit les mains, il se salit les vêtements» et, poursuit le passage évangélique, «il le chargea ensuite sur sa monture et le porta dans une auberge». Il était «tout taché de sang», mais c’est précisément dans ces conditions que le samaritain prit soin du blessé.
Le samaritain «n’était pas un fonctionnaire, c’était un homme avec un cœur, un homme avec le cœur ouvert». On lit dans l’Evangile de Luc: «Le jour suivant, il prit deux deniers et les donna à l’aubergiste, en disant: “Prends soin de lui; ce que tu dépenseras en plus, je te le paierai à mon retour”».
Probablement, à cette occasion, «l’aubergiste eut un doute: “Quand ces deux derniers seront finis, qu’est-ce que je ferai?”». Mais le samaritain «a payé deux deniers» et l’aubergiste à dû penser que, une fois fini les deux deniers, il aurait payé de sa poche en attendant qu’il revienne. C’est «le doute de quelqu’un qui vit un témoignage, de quelqu’un d’ouvert aux surprises de Dieu, comme ce samaritain qui jamais n’aurait imaginé que sur la route il aurait trouvé une personne de ce genre. Mais il était ouvert aux surprises».
«Tous les deux n’étaient pas des fonctionnaires» a insisté le Pape: «“Tu es chrétien? Tu es chrétienne?” — “Oui, oui, oui, je vais à la Messe le dimanche et je cherche à faire ce qui est juste”». «“Mais es-tu ouvert, es-tu ouverte aux surprises de Dieu ou es-tu un fonctionnaire, fermé?”».
«Les chrétiens fonctionnaires sont ceux qui ne sont pas ouverts aux surprises de Dieu, ceux qui savent beaucoup de choses sur Dieu, mais qui ne rencontrent pas Dieu. Ceux qui ne sont jamais émerveillés par un témoignage. Qui sont même incapables de rendre témoignage».
Donc, «telle est la question: suis-je ouvert ou suis-je un fonctionnaire enfermé dans mes principes?». Et c’est «une belle question à nous poser aujourd’hui, nous tous. Nous tous, laïcs et pasteurs. Tous».
«Mais il y autre chose que l’on peut peut-être expliquer plus avant, en d’autres occasions: certains théologiens d’autrefois disaient que dans ce passage est contenu tout l’Evangile. Chacun de nous est l’homme qui est là, blessé, et le samaritain est Jésus. Et il a guéri nos blessures. Il s’est approché. Il a pris soin de nous. Il a payé pour nous. Et il a dit à son Eglise: “Mais s’il y a besoin de plus, paye toi-même, et à mon retour, je payerai”». Il est donc important de bien y penser, parce que «dans ce passage, il y a tout l’Evangile».

 

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – … un navire qui conduit Paul prisonnier de Césarée vers Rome (cf. Ac 27, 1–28,16)

15 janvier, 2020

http://www.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2020/documents/papa-francesco_20200108_udienza-generale.html

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Saint Paul a Malta

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – … un navire qui conduit Paul prisonnier de Césarée vers Rome (cf. Ac 27, 1–28,16)

Salle Paul VI
Mercredi 8 janvier 2020

Chers frères et sœurs, bonjour!

Le livre des Actes des apôtres, dans la partie finale, raconte que l’Evangile poursuit sa course non seulement sur la terre mais aussi sur la mer, sur un navire qui conduit Paul prisonnier de Césarée vers Rome (cf. Ac 27, 1–28,16), au cœur de l’empire, pour que se réalise la parole du Ressuscité: «Vous serez alors mes témoins […] jusqu’aux extrémités de la terre» (Ac 1, 8). Lisez le livre des Actes des apôtres et vous verrez que l’Evangile, avec la force de l’Esprit Saint, arrive à tous les peuples, devient universel. Prenez-le. Lisez-le.
La navigation se heurte dès le début à des conditions défavorables. Le voyage devient dangereux. Paul conseille de ne pas poursuivre la navigation, mais le centurion ne l’écoute pas et se fie au timonier et à l’armateur. Le voyage continue et un vent tellement furieux se déchaîne que l’équipage perd le contrôle et laisse le navire aller à la dérive.
Quand la mort semble désormais proche et que le désespoir envahit tout le monde, Paul intervient et rassure ses compagnons, en disant ce que nous avons entendu: «Cette nuit en effet m’est apparu un ange du Dieu auquel j’appartiens et que je sers, et il m’a dit: “Sois sans crainte, Paul. Il faut que tu comparaisses devant César, et voici que Dieu t’accorde la vie de tous ceux qui naviguent avec toi”» (Ac 27, 23-24). Même dans l’épreuve, Paul ne cesse d’être le gardien de la vie des autres et l’animateur de leur espérance.
Luc nous montre ainsi que le dessein qui guide Paul vers Rome sauve non seulement l’apôtre, mais également ses compagnons de voyage et le naufrage, de situation de malheur, se transforme en opportunité providentielle pour l’annonce de l’Evangile.
Le naufrage est suivi par l’abordage sur l’île de Malte, dont les habitants font preuve d’un accueil plein d’attentions. Les Maltais sont de braves personnes, ils sont doux, ils sont accueillants déjà depuis cette époque. Il pleut et il fait froid et ils allument un feu pour garantir aux naufragés un peu de chaleur et de réconfort. Ici aussi, Paul, en vrai disciple du Christ, propose son service pour nourrir le feu avec quelques branches. Au cours de cette action, il est mordu par une vipère, mais cela n’aura pas de conséquence: les gens, en voyant cela, disent: «Mais cet homme doit être un grand malfaiteur, car il se sauve d’un naufrage et il finit mordu par une vipère!». Ils attendaient le moment où il serait tombé mort, mais il ne subit aucune conséquence et on le prend même — au lieu d’un malfaiteur — pour une divinité. En réalité, ce bienfait vient du Seigneur ressuscité qui l’assiste, selon la promesse faite avant de monter au ciel et adressée aux croyants: «Ils saisiront des serpents, et s’ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera pas de mal; ils imposeront les mains aux infirmes et ceux-ci seront guéris» (Mc 16, 18). L’histoire dit que, depuis ce moment, il n’y a pas de vipères à Malte: c’est la bénédiction de Dieu pour l’accueil de ce peuple si bon.
En effet, le séjour à Malte devient pour Paul l’occasion propice pour donner «chair» à la parole qu’il annonce et exercer ainsi un ministère de compassion dans la guérison des malades. Et c’est une loi de l’Evangile: quand un croyant fait l’expérience du salut, il ne la garde pas pour lui, mais il la met en circulation. «Le bien tend toujours à se communiquer. Chaque expérience authentique de vérité et de beauté cherche par elle-même son expansion, et chaque personne qui vit une profonde libération acquiert une plus grande sensibilité devant les besoins des autres» (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 9). Un chrétien «éprouvé» peut certainement être plus proche de quelqu’un qui souffre, parce qu’il sait ce qu’est la souffrance et ouvre son cœur et le rend sensible à la solidarité envers les autres.
Paul nous enseigne à vivre les épreuves en nous serrant autour du Christ, pour mûrir la «conviction que Dieu peut agir en toutes circonstances, même au milieu des échecs apparents» et la «certitude que celui qui se donne et s’en remet à Dieu par amour sera certainement fécond» (ibid., n. 279). L’amour est toujours fécond, l’amour pour Dieu est toujours fécond, et si tu te laisses saisir par le Seigneur et que tu reçois les dons du Seigneur, cela te permettra de les donner aux autres. L’amour pour Dieu va toujours au-delà.
Demandons aujourd’hui au Seigneur de nous aider à vivre chaque épreuve en étant soutenus par l’énergie de la foi; et à être sensibles aux nombreux naufragés de l’histoire qui abordent épuisés sur nos côtes, pour que nous aussi nous sachions les accueillir avec cet amour fraternel qui vient de la rencontre avec Jésus. C’est cela qui sauve du gel de l’indifférence et de l’inhumanité.
Je salue cordialement les pèlerins de langue française et souhaite, à chacun et à chacune, une année riche en grâces du Seigneur. En particulier, demandons à Dieu de nous aider à vivre nos épreuves dans la foi. Et soyons sensibles aux souffrances de ceux qui viennent à notre rencontre sachant les accueillir de cet amour qui procède de notre rencontre avec Jésus. Que Dieu vous bénisse.

* * *

Parmi vous se trouve un groupe venant d’Australie: je voudrais demander à tous de prier le Seigneur pour qu’il aide la population en ce moment difficile, avec ces incendies si puissants. Je suis proche du peuple de l’Australie.

 

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