Archive pour la catégorie 'PAPE FRANÇOIS'

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – …l’hospitalité réservée par les habitants de Malte à saint Paul et à ses compagnons de voyage,

29 janvier, 2020

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Vitrail – Notte Dame de Paris

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – …l’hospitalité réservée par les habitants de Malte à saint Paul et à ses compagnons de voyage,

Salle Paul VI
Mercredi 22 janvier 2020

Chers frères et sœurs, bonjour!

La catéchèse d’aujourd’hui est liée à la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Le thème de cette année, qui est celui de l’hospitalité, a été développé par les communautés de Malte et Gozo, à partir du passage des Actes des Apôtres qui raconte l’hospitalité réservée par les habitants de Malte à saint Paul et à ses compagnons de voyage, naufragés avec lui. C’est précisément à cet épisode que je faisais référence dans la catéchèse d’il y a deux semaines.
Repartons donc de l’expérience dramatique de ce naufrage. Le navire sur lequel voyage Paul est à la merci des éléments. Ils sont en mer depuis quatorze jours, à la dérive, et étant donné que ni le soleil, ni les étoiles ne sont visibles, les voyageurs se sentent désorientés, perdus. Sous eux, la mer heurte violemment le navire et ils craignent que celui-ci ne se brise sous la force des vagues. D’en-haut, ils sont fouettés par le vent et par la pluie. La force de la mer et de la tempête est terriblement puissante et indifférente au destin des passagers: il y a avait plus de 260 personnes!
Mais Paul, qui sait qu’il n’en est pas ainsi, parle. La foi lui dit que sa vie est entre les mains de Dieu, qui a ressuscité Jésus d’entre les morts, et qui l’a appelé, lui Paul, pour apporter l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre. Sa foi lui dit également que Dieu, selon ce que Jésus lui a révélé, est un Père aimant. C’est pourquoi Paul s’adresse à ses compagnons de voyage et, inspiré par la foi, leur annonce que Dieu ne permettra pas qu’un cheveu de leur tête ne soit perdu.
Cette prophétie se réalise quand le navire échoue sur la côte de Malte et que tous les passagers rejoignent sains et saufs la terre ferme. Et là, ils font l’expérience de quelque chose de nouveau. En contraste avec la violence brutale de la mer en tempête, ils reçoivent le témoignage de la «rare humanité» des habitants de l’île. Ces personnes, des étrangers pour eux, se révèlent attentives à leurs besoins. Elles allument un feu pour qu’ils se réchauffent, elles leur offrent un abri contre la pluie et de la nourriture. Même si elles n’ont pas encore reçu la Bonne Nouvelle du Christ, elles manifestent l’amour de Dieu à travers des actes concrets de gentillesse. En effet, l’hospitalité spontanée et les gestes attentifs communiquent quelque chose de l’amour de Dieu. Et l’hospitalité des habitants de l’île de Malte est récompensée par les miracles de guérison que Dieu opère sur l’île à travers Paul. Donc, si la population de Malte fut un signe de la Providence de Dieu pour l’apôtre, il fut lui aussi un témoin de l’amour miséricordieux de Dieu pour eux.
Très chers amis, l’hospitalité est importante; et c’est également une vertu œcuménique importante. Elle signifie tout d’abord reconnaître que les autres chrétiens sont vraiment nos frères et nos sœurs en Christ. Nous sommes frères. Certains diront: «Mais celui-ci est protestant, celui-là est orthodoxe…». Oui, mais nous sommes frères dans le Christ. Ce n’est pas un acte de générosité à sens unique, car quand nous recevons d’autres chrétiens, nous les accueillons comme un don qui nous est fait. Comme les Maltais — de braves personnes ces Maltais — nous sommes récompensés, parce que nous recevons ce que l’Esprit Saint a semé chez ces frères et sœurs, et cela devient un don également pour nous, parce que l’Esprit Saint sème lui aussi ses grâces partout. Accueillir les chrétiens d’une autre tradition signifie tour d’abord montrer l’amour de Dieu à leur égard, parce que ce sont des enfants de Dieu — nos frères —, et en outre cela signifie accueillir ce que Dieu a accompli dans leur vie. L’hospitalité œcuménique demande la disponibilité à écouter les autres, en prêtant attention à leurs histoires personnelles de foi et à l’histoire de leur communauté, une communauté de foi avec une tradition différente de la nôtre. L’hospitalité œcuménique comporte le désir de connaître l’expérience que d’autres chrétiens font de Dieu et l’attente de recevoir les dons spirituels qui en dérivent. Et cela est une grâce, découvrir cela est une grâce. Je pense aux temps passés, à ma terre par exemple. Quand certains missionnaires évangéliques venaient, un petit groupe de catholiques allait brûler leurs tentes. Il ne faut pas faire cela: ce n’est pas chrétien. Nous sommes frères, nous sommes tous frères et nous devons nous accueillir mutuellement.
Aujourd’hui, la mer sur laquelle Paul et ses compagnons firent naufrage est encore une fois un lieu dangereux pour la vie d’autres personnes qui naviguent. Dans le monde entier, des hommes et des femmes migrants affrontent des voyages risqués pour fuir la violence, pour fuir la guerre, pour fuir la pauvreté. Comme Paul et ses compagnons, ils font l’expérience de l’indifférence, de l’hostilité du désert, des fleuves, des mers… Très souvent, on ne les laisse pas débarquer dans les ports. Mais, hélas, ils rencontrent parfois également l’hostilité bien pire des hommes. Ils sont exploités par des trafiquants criminels: aujourd’hui! Ils sont traités comme des numéros et comme une menace par certains gouvernants: aujourd’hui! Parfois, le manque d’hospitalité les rejette comme une vague vers la pauvreté ou les dangers qu’ils ont fuis.
En tant que chrétiens, nous devons travailler ensemble pour montrer aux migrants l’amour de Dieu révélé par Jésus Christ. Nous pouvons et nous devons témoigner qu’il n’y a pas seulement l’hostilité et l’indifférence, mais que chaque personne est précieuse pour Dieu et aimée par Lui. Les divisions qui existent encore entre nous, nous empêchent d’être pleinement le signe de l’amour de Dieu pour le monde, qui est notre vocation et notre mission. Travailler ensemble pour vivre l’hospitalité œcuménique, en particulier à l’égard de ceux dont la vie est la plus vulnérable, nous rendra tous, nous qui sommes chrétiens — protestants, orthodoxes, catholiques, tous les chrétiens —, des êtres humains meilleurs, des disciples meilleurs et un peuple chrétien plus uni. Cela nous rapprochera davantage de l’unité, qui est la volonté de Dieu pour nous.

PAPE FRANÇOIS – Tout l’Evangile dans un passage – 8 octobre 2018

20 janvier, 2020

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Début de l’évangile de Luc

PAPE FRANÇOIS – Tout l’Evangile dans un passage – 8 octobre 2018

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°043 du 25 octobre 2018)

C’est avec l’invitation à ne pas être des «fonctionnaires» — ceux qui passent toujours leur chemin en disant «cela ne me concerne pas» — mais «de vrais chrétiens, prêts à se salir les mains et ouverts aux surprises», que le Pape a reproposé l’essence de la parabole du bon samaritain. Car «là est contenu tout l’Evangile», a-t-il expliqué, en rappelant que «chacun de nous est l’homme blessé», alors que «le samaritain est Jésus» qui «a pris soin de nous, qui a payé pour nous et a dit à son Eglise: “S’il y a besoin de plus, paye toi-même, et à mon retour, je payerai”».
En faisant référence au passage évangélique de Luc (10, 25-37), François a immédiatement fait remarquer que «le docteur de la loi voulait mettre Jésus à l’épreuve et lui a tendu un piège». Mais «Jésus a réaffirmé la loi: “Tu aimeras ton Dieu et ton prochain comme toi-même”». Celui qui ne passa pas son chemin devant le samaritain blessé est «un samaritain, qui était en voyage: “en passant à côté de lui, il le vit et en eut compassion”». Peut-être «a-t-il pensé: “Pauvre malheureux, peut-être mourra-t-il d’une hémorragie”». Mais un samaritain, «était un pécheur, excommunié du peuple d’Israël». Pourtant, c’est précisément «le plus pécheur qui “eut compassion”». Peut-être, «était-ce un commerçant qui était en voyage pour ses affaires, et il ne regarda pas l’heure, il ne pensa pas au sang». Mais, comme on le lit dans l’Evangile, «il s’approcha de lui — il descendit de l’âne — il pansa ses blessures, en y versant de l’huile et du vin». Concrètement, «il se salit les mains, il se salit les vêtements» et, poursuit le passage évangélique, «il le chargea ensuite sur sa monture et le porta dans une auberge». Il était «tout taché de sang», mais c’est précisément dans ces conditions que le samaritain prit soin du blessé.
Le samaritain «n’était pas un fonctionnaire, c’était un homme avec un cœur, un homme avec le cœur ouvert». On lit dans l’Evangile de Luc: «Le jour suivant, il prit deux deniers et les donna à l’aubergiste, en disant: “Prends soin de lui; ce que tu dépenseras en plus, je te le paierai à mon retour”».
Probablement, à cette occasion, «l’aubergiste eut un doute: “Quand ces deux derniers seront finis, qu’est-ce que je ferai?”». Mais le samaritain «a payé deux deniers» et l’aubergiste à dû penser que, une fois fini les deux deniers, il aurait payé de sa poche en attendant qu’il revienne. C’est «le doute de quelqu’un qui vit un témoignage, de quelqu’un d’ouvert aux surprises de Dieu, comme ce samaritain qui jamais n’aurait imaginé que sur la route il aurait trouvé une personne de ce genre. Mais il était ouvert aux surprises».
«Tous les deux n’étaient pas des fonctionnaires» a insisté le Pape: «“Tu es chrétien? Tu es chrétienne?” — “Oui, oui, oui, je vais à la Messe le dimanche et je cherche à faire ce qui est juste”». «“Mais es-tu ouvert, es-tu ouverte aux surprises de Dieu ou es-tu un fonctionnaire, fermé?”».
«Les chrétiens fonctionnaires sont ceux qui ne sont pas ouverts aux surprises de Dieu, ceux qui savent beaucoup de choses sur Dieu, mais qui ne rencontrent pas Dieu. Ceux qui ne sont jamais émerveillés par un témoignage. Qui sont même incapables de rendre témoignage».
Donc, «telle est la question: suis-je ouvert ou suis-je un fonctionnaire enfermé dans mes principes?». Et c’est «une belle question à nous poser aujourd’hui, nous tous. Nous tous, laïcs et pasteurs. Tous».
«Mais il y autre chose que l’on peut peut-être expliquer plus avant, en d’autres occasions: certains théologiens d’autrefois disaient que dans ce passage est contenu tout l’Evangile. Chacun de nous est l’homme qui est là, blessé, et le samaritain est Jésus. Et il a guéri nos blessures. Il s’est approché. Il a pris soin de nous. Il a payé pour nous. Et il a dit à son Eglise: “Mais s’il y a besoin de plus, paye toi-même, et à mon retour, je payerai”». Il est donc important de bien y penser, parce que «dans ce passage, il y a tout l’Evangile».

 

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – … un navire qui conduit Paul prisonnier de Césarée vers Rome (cf. Ac 27, 1–28,16)

15 janvier, 2020

http://www.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2020/documents/papa-francesco_20200108_udienza-generale.html

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Saint Paul a Malta

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – … un navire qui conduit Paul prisonnier de Césarée vers Rome (cf. Ac 27, 1–28,16)

Salle Paul VI
Mercredi 8 janvier 2020

Chers frères et sœurs, bonjour!

Le livre des Actes des apôtres, dans la partie finale, raconte que l’Evangile poursuit sa course non seulement sur la terre mais aussi sur la mer, sur un navire qui conduit Paul prisonnier de Césarée vers Rome (cf. Ac 27, 1–28,16), au cœur de l’empire, pour que se réalise la parole du Ressuscité: «Vous serez alors mes témoins […] jusqu’aux extrémités de la terre» (Ac 1, 8). Lisez le livre des Actes des apôtres et vous verrez que l’Evangile, avec la force de l’Esprit Saint, arrive à tous les peuples, devient universel. Prenez-le. Lisez-le.
La navigation se heurte dès le début à des conditions défavorables. Le voyage devient dangereux. Paul conseille de ne pas poursuivre la navigation, mais le centurion ne l’écoute pas et se fie au timonier et à l’armateur. Le voyage continue et un vent tellement furieux se déchaîne que l’équipage perd le contrôle et laisse le navire aller à la dérive.
Quand la mort semble désormais proche et que le désespoir envahit tout le monde, Paul intervient et rassure ses compagnons, en disant ce que nous avons entendu: «Cette nuit en effet m’est apparu un ange du Dieu auquel j’appartiens et que je sers, et il m’a dit: “Sois sans crainte, Paul. Il faut que tu comparaisses devant César, et voici que Dieu t’accorde la vie de tous ceux qui naviguent avec toi”» (Ac 27, 23-24). Même dans l’épreuve, Paul ne cesse d’être le gardien de la vie des autres et l’animateur de leur espérance.
Luc nous montre ainsi que le dessein qui guide Paul vers Rome sauve non seulement l’apôtre, mais également ses compagnons de voyage et le naufrage, de situation de malheur, se transforme en opportunité providentielle pour l’annonce de l’Evangile.
Le naufrage est suivi par l’abordage sur l’île de Malte, dont les habitants font preuve d’un accueil plein d’attentions. Les Maltais sont de braves personnes, ils sont doux, ils sont accueillants déjà depuis cette époque. Il pleut et il fait froid et ils allument un feu pour garantir aux naufragés un peu de chaleur et de réconfort. Ici aussi, Paul, en vrai disciple du Christ, propose son service pour nourrir le feu avec quelques branches. Au cours de cette action, il est mordu par une vipère, mais cela n’aura pas de conséquence: les gens, en voyant cela, disent: «Mais cet homme doit être un grand malfaiteur, car il se sauve d’un naufrage et il finit mordu par une vipère!». Ils attendaient le moment où il serait tombé mort, mais il ne subit aucune conséquence et on le prend même — au lieu d’un malfaiteur — pour une divinité. En réalité, ce bienfait vient du Seigneur ressuscité qui l’assiste, selon la promesse faite avant de monter au ciel et adressée aux croyants: «Ils saisiront des serpents, et s’ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera pas de mal; ils imposeront les mains aux infirmes et ceux-ci seront guéris» (Mc 16, 18). L’histoire dit que, depuis ce moment, il n’y a pas de vipères à Malte: c’est la bénédiction de Dieu pour l’accueil de ce peuple si bon.
En effet, le séjour à Malte devient pour Paul l’occasion propice pour donner «chair» à la parole qu’il annonce et exercer ainsi un ministère de compassion dans la guérison des malades. Et c’est une loi de l’Evangile: quand un croyant fait l’expérience du salut, il ne la garde pas pour lui, mais il la met en circulation. «Le bien tend toujours à se communiquer. Chaque expérience authentique de vérité et de beauté cherche par elle-même son expansion, et chaque personne qui vit une profonde libération acquiert une plus grande sensibilité devant les besoins des autres» (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 9). Un chrétien «éprouvé» peut certainement être plus proche de quelqu’un qui souffre, parce qu’il sait ce qu’est la souffrance et ouvre son cœur et le rend sensible à la solidarité envers les autres.
Paul nous enseigne à vivre les épreuves en nous serrant autour du Christ, pour mûrir la «conviction que Dieu peut agir en toutes circonstances, même au milieu des échecs apparents» et la «certitude que celui qui se donne et s’en remet à Dieu par amour sera certainement fécond» (ibid., n. 279). L’amour est toujours fécond, l’amour pour Dieu est toujours fécond, et si tu te laisses saisir par le Seigneur et que tu reçois les dons du Seigneur, cela te permettra de les donner aux autres. L’amour pour Dieu va toujours au-delà.
Demandons aujourd’hui au Seigneur de nous aider à vivre chaque épreuve en étant soutenus par l’énergie de la foi; et à être sensibles aux nombreux naufragés de l’histoire qui abordent épuisés sur nos côtes, pour que nous aussi nous sachions les accueillir avec cet amour fraternel qui vient de la rencontre avec Jésus. C’est cela qui sauve du gel de l’indifférence et de l’inhumanité.
Je salue cordialement les pèlerins de langue française et souhaite, à chacun et à chacune, une année riche en grâces du Seigneur. En particulier, demandons à Dieu de nous aider à vivre nos épreuves dans la foi. Et soyons sensibles aux souffrances de ceux qui viennent à notre rencontre sachant les accueillir de cet amour qui procède de notre rencontre avec Jésus. Que Dieu vous bénisse.

* * *

Parmi vous se trouve un groupe venant d’Australie: je voudrais demander à tous de prier le Seigneur pour qu’il aide la population en ce moment difficile, avec ces incendies si puissants. Je suis proche du peuple de l’Australie.

 

PAPE FRANÇOIS -17 janvier 2019 -Vaincre la dureté des cœurs

8 janvier, 2020

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2019/documents/papa-francesco-cotidie_20190117_durete-coeurs.html

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Murillo, La Sainte Famille

PAPE FRANÇOIS -17 janvier 2019 -Vaincre la dureté des cœurs

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°004 du 22 janvier 2019)

C’est contre les fermetures pusillanimes et craintives, l’idéologie têtue obstinée et rebelle et la double vie de compromis entre tentation et séduction que le Pape a mis en garde, en relançant l’engagement à «ne pas glisser vers un cœur pervers». Mais à «croître» avec la parole de Dieu, ouverts «à l’activité de l’Esprit Saint».
Le point de départ de la méditation est venu de la «première lecture: l’auteur de la lettre aux Hébreux (3, 7-14) nous envoie un message: c’est un avertissement très clair: “Attention, mes frères, que l’on ne trouve en aucun d’entre vous un cœur pervers et sans foi qui s’éloigne du Dieu vivant”».
«Il y a trois mots qui peuvent nous aider à comprendre ce que veut dire ce théologien». «Le premier mot» est «“dur”, dureté de cœur; le second mot qu’il utilise est “obstination”, c’est précisément “obstination”». Et «le troisième mot est “séduction”». Donc, «trois mots qui peuvent nous aider à voir si mon cœur glisse vers ce qu’il appelle le cœur pervers».
Le Pape a affronté avant tout la question de la «dureté du cœur», en constatant que «Jésus avait trouvé partout des gens qui étaient fermés à son message». En réalité, «la dureté du cœur peut avoir lieu dans notre vie pour de nombreuses raisons, de nombreux motifs: par exemple une forte douleur, pensons aux disciples d’Emmaüs: ils étaient fermés». Et «la douleur rend dur, les coups durcissent la peau». Mais «Thomas aussi, l’apôtre, ne voulait pas entendre d’histoires: “Nous avons vu le Seigneur! — “Oui, oui, mais je ne touche pas je ne crois pas, je n’y crois pas”». Un discours «clair» d’un «cœur dur à cause de la souffrance». A ce propos, «nous pouvons nous demander: est-ce que j’ai le cœur dur, est-ce que j’ai le cœur fermé?». François a rappelé que «l’on grandit toujours avec les épreuves, avec les difficultés, on grandit comme nous grandissons tous enfants: nous apprenons à marcher en tombant». Voilà la signification du mot «dureté». Et la même chose vaut pour la «fermeture», qui est l’attitude des «pusillanimes». Et «la pusillanimité est une attitude mauvaise chez un croyant, il lui manque le courage de vivre, il se ferme, il est pusillanime».
«Le second mot est “obstination”», «obstination et être rebelle vont de pair» et sont les attitudes propres de «ceux qui» disent «non, je crois cela et je pense cela». C’est précisément «l’accusation qu’Etienne lance à ceux qui le lapideront: “obstinés”». En pratique, «ce sont ceux qui ne veulent rien entendre de différent de ce qu’ils pensent, ils sont fermés mais dans leur propre pensée et ne sont pas ouverts à l’Esprit Saint: ce sont les idéologues». Du reste, «l’idéologie est une obstination». Et «la parole de Dieu, la grâce de l’Esprit Saint n’est pas une idéologie: c’est la vie qui te fait croître, aller de l’avant». En revanche, «l’obstination est également orgueil, prétention». «Mais est-ce que j’ai un cœur têtu?». « Est-ce que je suis capable d’écouter les autres personnes et si je ne suis pas de leur avis, dire “moi je pense ceci”? Est-ce que je suis capable de dialoguer?».
«Le troisième mot est “séduction”». «Le cœur faible doit s’apercevoir qu’il y a quelqu’un qui veut entrer et dominer son cœur». «C’est notre lutte quotidienne contre les tentations, contre les séductions». Mais «le diable n’est pas stupide, il est très intelligent, plus que tous les théologiens: c’est un grand théologien le diable, mais sans foi, avec la haine». Et «lui sait comment entrer dans le cœur des gens et comment proposer les choses». Précisément «comme il l’a fait avec Eve». Il «le sait: c’est un grand séducteur».
Et nos tentations viennent de là: le cœur pervers est celui qui se laisse aller à la séduction et la séduction le conduit à l’obstination, à la fermeture et à tant d’autres choses». Et «que peut-il arriver quand on est séduits par le diable? Avec les durs, la pusillanimité; avec les obstinés et les rebelles, l’idéologie; et avec la séduction, ou bien tu te convertis et tu changes de vie, ou tu essaies de faire des compromis».
En conclusion, ont été reproposées les paroles et le contenu du passage de la lettre aux Hébreux: «Veillez, frères, à ce qu’en aucun de vous ne se trouve un cœur pervers, un cœur durci, qui te conduit à la pusillanimité; un cœur obstiné qui te conduit à la rébellion, qui te conduit à l’idéologie; un cœur séduit, esclave de la séduction, qui te conduit à un christianisme de compromis». Pour cette raison, «demandons à l’Esprit Saint qu’il nous illumine pour ne pas avoir un cœur pervers».

 

PAPE FRANÇOIS – Le ministère est un don, pas une fonction ou un contrat de travail – 19 septembre 2019

4 décembre, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2019/documents/papa-francesco-cotidie_20190919_ministere-don.html

9 Pour te rappeler Que chaque jour Est un cadeau de Dieu .

PAPE FRANÇOIS – Le ministère est un don, pas une fonction ou un contrat de travail – 19 septembre 2019

(Sur le site du Vatican il n’y a toujours pas de catéchèse d’aujourd’hui traduite en français)

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°040 du 1er octobre 2019)

Le ministère ordonné est un don du Seigneur, «qui nous a regardés et nous a dit “Suis-moi”», avant d’être un service, et certainement pas «une fonction» ou «un contrat de travail». Le Pape François a invité tout le monde à réfléchir sur la première lettre de saint Paul à Timothée, proposée par la liturgie, en l’axant sur le mot «don», sur le ministère comme don à contempler, suivant le conseil de Paul à un jeune disciple: «Ne néglige pas le don de la grâce en toi». «Ce n’est pas un contrat de travail “Je dois faire”, l’agir est au deuxième plan; je dois recevoir le don et le conserver comme un don et tout naît de là, dans la contemplation du don». Quand nous oublions cela «nous nous approprions du don et le transformons en fonction, on perd le cœur du ministère, on perd le regard de Jésus qui nous a tous regardés et nous a dit: “Suis-moi”, on perd la gratuité».
Il met donc en garde contre un risque: «De ce manque de contemplation du don, du ministère comme don, naissent toutes les déviations que nous connaissons, des plus affreuses, qui sont terribles, à celles plus quotidiennes, qui nous font concentrer notre ministère sur nous-mêmes et non sur la gratitude du don et sur l’amour envers Celui qui nous a fait ce don, le don du ministère».
Un don, rappelle le Pape en citant l’apôtre Paul, «conféré au moyen d’une parole prophétique par l’imposition des mains de la part des prêtres» et qui vaut pour les évêques, mais aussi «pour tous les prêtres» car «il a été un don de la communauté presbytérale». François souligne donc «l’importance de la contemplation du ministère comme don et non comme fonction». Faisons ce que nous pouvons avec bonne volonté, intelligence, «aussi avec ruse», mais toujours pour conserver ce don, «pour ne pas le négliger».
Oublier la centralité d’un don est quelque chose d’humain, et François donne l’exemple du pharisien qui, dans l’Evangile de Luc, accueille Jésus dans sa maison, en négligeant «de nombreuses règles d’accueil», en négligeant les dons. Jésus le lui fait remarquer, en indiquant la femme qui donne tout ce que l’hôte a oublié: l’eau pour les pieds, alors qu’elle «m’a baigné les pieds de ses larmes et les a séchés avec ses cheveux», le baiser d’accueil, «elle, en revanche, depuis que je suis entré n’a pas cessé de m’embrasser les pieds», et l’onction de la tête avec l’huile.
«Il y a cet homme qui était bon, un bon pharisien, mais il avait oublié le don de la courtoisie, le don de la coexistence, qui est aussi un don». «On oublie toujours les dons quand il y a un intérêt derrière, quand je veux faire cela, faire, faire… Nous les prêtres, nous tous devons faire des choses et la première tâche est d’annoncer l’Evangile, mais il faut conserver le centre, la source, d’où naît cette mission, qui est précisément le don que nous avons reçu gratuitement du Seigneur».
La prière finale au Seigneur est pour «qu’il nous aide à conserver le don, à voir notre ministère tout d’abord comme un don, ensuite comme un service», pour ne pas l’abîmer «et ne pas devenir des ministres entrepreneurs, affairistes», et tant d’autres choses qui éloignent de la contemplation du don et du Seigneur». Une grâce que le Pape demande pour tous.

 

PAPE FRANÇOIS – L’Ange et l’enfant – 2 octobre 2015

1 octobre, 2019

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PAPE FRANÇOIS – L’Ange et l’enfant – 2 octobre 2015

MÉDITATION MATINALE
EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 41 du 8 octobre 2015)

Pour ne jamais nous laisser seuls, Dieu a placé à côté de chacun de nous un ange gardien qui nous soutient, nous défend, nous accompagne dans la vie. C’est à nous de savoir accueillir sa présence en écoutant les conseils, avec la docilité d’un enfant, pour demeurer sur la bonne voie vers le paradis, forts de la sagesse populaire qui nous rappelle que le diable « fait les casseroles mais pas les couvercles ». C’est précisément à la mission d’« ambassadeurs de Dieu » des saints anges gardiens, le jour de leur mémoire liturgique, que François a consacré l’homélie de la Messe. Pour sa réflexion, le Pape est parti de la prière eucharistique iv, parce qu’« il y a une phrase qui nous fait réfléchir ». En effet, « nous disons au Seigneur : “Quand, par sa désobéissance, l’homme a perdu ton amitié, tu ne l’as pas abandonné” ». Et alors, « nous pensons au moment où Adam a été chassé du paradis : le Seigneur n’a pas dit “arrange-toi comme tu peux !”, il ne l’a pas laissé seul ». Du reste, Dieu « a toujours envoyé des aides : dans ce cas, on parle de l’aide des anges ». Le Pape a souligné qu’« aujourd’hui, la liturgie nous fait réfléchir sur cela, et aussi sur une forme particulière de compagnie, d’aide que le Seigneur nous a donnée à tous : les anges gardiens ». Chacun de nous « en a un; il en a un qui l’accompagne ». Et précisément « dans la prière, au début de la Messe, nous avons demandé la grâce que sur le chemin de la vie, nous soyons soutenus par son aide pour ensuite nous réjouir, avec eux, au ciel ». L’ange gardien « est toujours avec nous et cela est une réalité : c’est comme un ambassadeur de Dieu avec nous ». Ainsi, « quand, par exemple, nous commettons une méchanceté et que nous pensons » être seuls, nous devons nous rappeler qu’il n’en est rien, parce qu’« il est là ». D’où l’importance d’« avoir du respect pour sa présence » et d’« écouter sa voix, parce qu’il nous conseille ». C’est pourquoi, « quand nous entendons cette inspiration “Mais fais cela… c’est mieux… Il ne faut pas faire cela… ” », le bon conseil est de l’écouter et de ne pas se rebeller à l’ange gardien. « Mon nom est en lui », Et « il nous conseille, nous accompagne, marche avec nous au nom de Dieu ». C’est toujours le livre de l’Exode qui indique la meilleure attitude : « Si tu écoutes sa voix et tu fais ce que je te dirai, je serai l’ennemi de tes ennemis et l’adversaire de tes adversaires ». Mais « qu’est-ce que cela veut dire ? » . La réponse de Dieu est claire : « Je serai ton défenseur, mais je serai toujours là pour te défendre, te protéger. “Moi !” dit le Seigneur, mais parce que tu as écouté les conseils, l’inspiration de l’ange ». Dieu nous envoie l’ange pour nous libérer, pour éloigner la crainte, pour nous éloigner du malheur ». Il « demande seulement de l’écouter, de le respecter »; donc « seulement cela : respect et écoute ». Et « ce respect et cette écoute à l’égard de ce compagnon de route s’appelle docilité : le chrétien doit être docile à l’Esprit Saint », mais « la docilité à l’Esprit Saint commence par cette docilité aux conseils de ce compagnon de route ». C’est l’icône de l’enfant que Jésus choisit « quand il veut dire comment doit être un chrétien ». Ces paroles de Jésus signifient « que la docilité à l’égard de ce compagnon de route nous fait devenir comme des enfants : sans orgueil, il nous rend humbles; il nous rend petits; non pas suffisants comme celui qui est orgueilleux et vaniteux. Non, comme un enfant ! ». C’est « précisément cela la docilité qui nous rend grands et qui nous porte au ciel ». En concluant sa méditation, François a demandé au Seigneur « la grâce de cette docilité, d’écouter la voix de ce compagnon, de cet ambassadeur de Dieu qui est à nos côtés en son nom », afin que nous puissions être « soutenus par son aide, toujours en chemin ».

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – 12 juin 2019 – le livre des Actes des apôtres

20 juin, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2019/documents/papa-francesco_20190612_udienza-generale.html

fr luca evangelista

Luc l’évangéliste

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – 12 juin 2019 – le livre des Actes des apôtres

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous avons commencé un parcours de catéchèses qui suivra le «voyage»: le voyage de l’Evangile raconté par le livre des Actes des apôtres, parce que ce livre fait certainement voir le voyage de l’Evangile, comment l’Evangile est allé au-delà, au-delà… Tout part de la résurrection du Christ. Celle-ci, en effet, n’est pas un événement parmi tant d’autres, mais elle est la source de la vie nouvelle. Les disciples le savent et — obéissants au commandement de Jésus — ils demeurent unis, concordes et persévérants dans la prière. Ils se rassemblent autour de Marie, la Mère, et se préparent à recevoir la puissance de Dieu non pas de façon passive, mais en consolidant la communion entre eux.
Cette première communauté était formée de plus ou moins 120 frères et sœurs, un nombre qui comporte le 12, emblématique pour Israël, parce qu’il représente les douze tribus, et emblématique pour l’Eglise, en raison des douze apôtres choisis par Jésus. Mais à présent, après les douloureux événements de la Passion, les apôtres du Seigneur ne sont plus douze, mais onze. L’un d’eux, Judas, n’est plus là: il s’est donné la mort, écrasé par le remords.
Il avait déjà commencé à se séparer de la communion avec le Seigneur et avec les autres, à agir seul, à s’isoler, à s’attacher à l’argent, en allant jusqu’à instrumentaliser les pauvres, à perdre de vue l’horizon de la gratuité et du don de soi, jusqu’à permettre au virus de l’orgueil d’infecter son esprit et son cœur en le transformant d’«ami» (Mt 26, 50) en ennemi et en «guide des gens qui ont arrêté Jésus» (Ac 1, 17). Judas avait reçu la grande grâce de faire partie du groupe des intimes de Jésus et de participer à son ministère, mais à un certain point, il a voulu «sauver» lui-même sa propre vie avec le résultat de la perdre (cf. Lc 9, 24). Il a cessé d’appartenir avec le cœur à Jésus et s’est placé en dehors de la communion avec Lui et avec les siens. Il a cessé d’être disciple et s’est placé au-dessus du Maître. Il l’a vendu et avec le «salaire de son délit», il a acheté un terrain, qui n’a pas produit de fruit, mais qui a été imprégné de son sang (cf Ac 1, 18-19).
Si Judas a préféré la mort à la vie (cf. Dt 30, 19; Si 15, 17) et a suivi l’exemple des impies dont la vie est comme l’obscurité et va à sa perte (cf. Pr 4, 19; Ps 1, 6), les Onze suivent en revanche la vie, la bénédiction, deviennent responsables en la faisant confluer à leur tour dans l’histoire, de génération en génération, du peuple d’Israël à l’Eglise.
L’évangéliste Luc nous fait voir que face à l’abandon de l’un des Douze, qui a créé une blessure au corps communautaire, il est nécessaire que sa charge passe à un autre. Et qui pourrait l’assumer? Pierre indique la condition: le nouveau membre doit être un disciple de Jésus depuis le début, c’est-à-dire depuis le baptême dans le Jourdain, jusqu’à la fin, c’est-à-dire à l’ascension au Ciel (cf. Ac 1, 21-22). Il faut reconstituer le groupe des Douze. C’est à ce moment que s’inaugure la pratique du discernement communautaire, qui consiste à voir la réalité avec les yeux de Dieu, dans l’optique de l’unité et de la communion.
Il y a deux candidats: Joseph Barsabbas et Matthias. Alors, toute la communauté prie ainsi: «Toi, Seigneur, qui connais tous les cœurs, désigne lequel des deux tu as choisi pour qu’il prenne [...] la place que Judas a désertée» (Ac 1, 24-25). Et le sort veut que le Seigneur indique Matthias, qui est associé aux Onze. Ainsi se reconstitue le corps des Douze, signe de la communion, et la communion l’emporte sur les divisions, sur l’isolement, sur la mentalité qui absolutise l’espace du privé, signe que la communion est le premier témoignage que les apôtres offrent. Jésus l’avait dit: «A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l’amour les uns pour les autres» (Jn 13, 35).
Les Douze manifestent dans les Actes des apôtres le style du Seigneur. Ce sont les témoins accrédités de l’œuvre de salut du Christ et ils ne manifestent pas au monde leur présumée perfection mais, à travers la grâce de l’unité, ils font ressortir un Autre qui vit désormais de façon nouvelle au milieu de son peuple. Et qui est celui-ci? C’est le Seigneur Jésus. Les apôtres choisissent de vivre sous la seigneurie du Ressuscité dans l’unité entre les frères, qui devient l’unique atmosphère possible de l’authentique don de soi.
Nous aussi, nous avons besoin de redécouvrir la beauté de témoigner du Ressuscité, en sortant des attitudes auto-référentielles, en renonçant à retenir les dons de Dieu et en ne cédant pas à la médiocrité. La réunification du collège apostolique montre que dans l’adn de la communauté chrétienne, il y a l’unité et la liberté de soi, qui permettent de ne pas craindre la diversité, de ne pas s’attacher aux choses et aux dons et de devenir martyres, c’est-à-dire témoins lumineux du Dieu vivant et œuvrant dans l’histoire.

 

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – le Livre des Actes des apôtres

5 juin, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2019/documents/papa-francesco_20190529_udienza-generale.html

en fr discesa dello spirto santo sugli apostoli

descente du Saint-Esprit sur les apôtres

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – le Livre des Actes des apôtres

Place Saint Pierre

Mercredi 29 mai 2019

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous commençons aujourd’hui un parcours de catéchèses à travers le Livre des Actes des apôtres. Ce livre biblique, écrit par l’évangéliste saint Luc, nous parle du voyage — d’un voyage: mais de quel voyage? Du voyage de l’Evangile dans le monde et il nous montre la merveilleuse alliance entre la Parole de Dieu et l’Esprit Saint qui inaugure le temps de l’évangélisation. Les protagonistes des Actes sont précisément un «couple» vivant et efficace: la Parole et l’Esprit.
Dieu «envoie sa parole sur la terre» et «rapide, son verbe la parcourt» — dit le Psaume (147, 4). La Parole de Dieu court, elle est dynamique, elle irrigue chaque terrain dans lequel elle tombe. Et quelle est sa force? Saint Luc dit que la parole humaine devient efficace non pas grâce à la rhétorique, qui est l’art de bien parler, mais grâce à l’Esprit Saint, qui est la dýnamis de Dieu, la dynamique de Dieu, sa force, qui a le pouvoir de purifier la parole, de la rendre porteuse de vie. Par exemple, dans la Bible, il y a des histoires, des paroles humaines; mais quelle est la différence entre la Bible et un livre d’histoire? Les paroles de la Bible sont prises par l’Esprit Saint, qui donne une force très grande, une force différente et nous aide afin que cette parole soit semence de sainteté, semence de vie, soit efficace. Quand l’Esprit visite la parole humaine, celle-ci devient dynamique, comme de la «dynamite», c’est-à-dire capable d’enflammer les cœurs et de faire sauter les schémas, les résistances et les murs de division, en ouvrant de nouvelles voies et en élargissant les frontières du peuple de Dieu. Et nous verrons cela dans le parcours de ces catéchèses, dans le livre des Actes des apôtres.
Celui qui donne une sonorité vibrante et un caractère incisif à notre parole humaine, si fragile, capable même de mentir et de se soustraire à ses responsabilités, est uniquement l’Esprit Saint, au moyen duquel le Fils de Dieu a été engendré; l’Esprit qui l’a oint et soutenu dans la mission; l’Esprit grâce auquel il a choisi ses apôtres et qui a assuré à leur annonce la persévérance et la fécondité, comme il les assure aujourd’hui aussi à notre annonce.
L’Evangile se conclut par la résurrection et l’ascension de Jésus, et la trame narrative des Actes des apôtres part précisément de là, de la surabondance de la vie du Ressuscité transfusée dans son Eglise. Saint Luc nous dit que Jésus «s’est présenté vivant après sa Passion; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu» (Ac 1, 3). Le Ressuscité, Jésus ressuscité accompli des gestes très humains, comme partager le repas avec les siens, et il les invite à vivre confiants l’attente de l’accomplissement de la promesse du Père: «C’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés» (Ac 1, 5).
Le baptême dans l’Esprit Saint, en effet, est l’expérience qui nous permet d’entrer dans une communion personnelle avec Dieu et de participer à sa volonté salvifique universelle, en acquérant les dons de la parrhésie, le courage, c’est-à-dire la capacité de prononcer une parole «de fils de Dieu», non seulement en tant qu’hommes, mais en tant que fils de Dieu: une parole claire, libre, efficace, pleine d’amour pour le Christ et pour ses frères.
Il ne faut donc pas lutter pour gagner ou mériter le don de Dieu. Tout est donné gratuitement et en temps voulu. Le Seigneur donne tout gratuitement. Le salut ne s’achète pas: c’est un don gratuit. Face à la préoccupation de connaître à l’avance le temps où s’accompliront les événements qu’il a annoncés, Jésus répond aux siens: «Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre» (Ac 1, 7-8).
Le Ressuscité invite les siens à ne pas vivre avec anxiété le présent, mais à former une alliance avec le temps, à savoir attendre le déroulement d’une histoire sacrée qui ne s’est pas interrompue mais qui avance, qui avance toujours; à savoir attendre les «pas de Dieu», Seigneur du temps et de l’espace. Le Ressuscité invite les siens à ne pas «fabriquer» seuls la mission, mais à attendre que ce soit le Père qui dynamise leur cœur avec son Esprit, pour pouvoir participer à un témoignage missionnaire capable d’irradier de Jérusalem à la Samarie et de franchir les frontières d’Israël pour atteindre les périphéries du monde.
Cette attente, les apôtres la vivent ensemble, la vivent comme une famille du Seigneur, dans la chambre haute ou cénacle, dont les murs sont encore témoins du don par lequel Jésus s’est remis aux siens dans l’Eucharistie. Et comment attendent-ils la force, la dýnamis de Dieu? En priant avec persévérance, comme s’ils n’étaient pas un grand nombre, mais un seul. En priant dans l’unité et avec persévérance. C’est en effet à travers la prière que l’on vainc la solitude, la tentation, le doute, et que le cœur s’ouvre à la communion. La présence des femmes et de Marie, la mère de Jésus, intensifie cette expérience: celles-ci ont été les premières à apprendre du Maître à témoigner de la fidélité de l’amour et de la force de la communion qui vainc toute peur.
Demandons nous aussi au Seigneur la patience d’attendre ses pas, de ne pas vouloir «fabriquer» nous-mêmes son œuvre et de demeurer dociles en priant, en invoquant l’Esprit et en cultivant l’art de la communion ecclésiale.
Je salue cordialement les personnes de langue française, en particulier les pèlerins du diocèse de Pontoise, accompagnés de leur Evêque, Monseigneur Stanislas Lalanne, ainsi que les jeunes venus de France et de Suisse, et les Ecoles de Charité et de Mission. A l’exemple des Apôtres et de Marie réunis au Cénacle, demandons au Seigneur la patience d’attendre ses pas, et de ne pas vouloir fabriquer nous-mêmes son œuvre. Qu’il nous aide à rester dociles en priant l’Esprit Saint et en cultivant l’art de la communion ecclésiale. Que Dieu vous bénisse.

 

PAPE FRANÇOIS – «NE NOUS SOUMETS PAS À LA TENTATION» (Mt 6, 13). 1er mai 2019

15 mai, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2019/documents/papa-francesco_20190501_udienza-generale.html

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le «Notre Père»

PAPE FRANÇOIS – «NE NOUS SOUMETS PAS À LA TENTATION» (Mt 6, 13). 1er mai 2019

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint Pierre

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous poursuivons la catéchèse sur le «Notre Père», en arrivant désormais à l’avant-dernière invocation: «Ne nous soumets pas à la tentation» (Mt 6, 13). Une autre version dit: «Ne nous laisse pas entrer en tentation». Le «Notre Père» commence de manière sereine: il nous fait souhaiter que le grand projet de Dieu puisse s’accomplir parmi nous. Ensuite, il jette un regard sur la vie, et nous fait demander ce dont nous avons besoin chaque jour: notre «pain quotidien». Puis la prière s’adresse à nos relations interpersonnelles, souvent entachées d’égoïsme: nous demandons le pardon et nous nous engageons à le donner. Mais c’est avec cette avant-dernière invocation que notre dialogue avec le Père céleste entre, pour ainsi dire, dans le vif du drame, c’est-à-dire sur le terrain de la confrontation entre notre liberté et les pièges du malin.

Comme on le sait, l’expression originale grecque contenue dans les Evangiles est difficile à rendre de manière exacte, et toutes les traductions modernes sont un peu «boiteuses». Nous pouvons cependant converger sur un élément de manière unanime: quelle que soit la manière dont on comprend le texte, nous devons exclure le fait que Dieu est le responsable des tentations qui pèsent sur le chemin de l’homme. Comme si Dieu lui-même était aux aguets pour tendre des pièges et des guets-apens à ses enfants. Une interprétation de ce genre est tout d’abord en contraste avec le texte lui-même, et elle est loin de l’image de Dieu que Jésus nous a révélée. N’oublions pas: le «Notre Père» commence par «Père». Et un père ne tend pas des pièges à ses enfants. Les chrétiens n’ont pas affaire avec un Dieu envieux, en compétition avec l’homme, ou qui s’amuse à le mettre à l’épreuve. Ce sont là les images de nombreuses divinités païennes. Nous lisons dans la lettre de Jacques apôtre: «Que nul, s’il est éprouvé, ne dise: “C’est Dieu qui m’éprouve”. Dieu en effet n’éprouve pas le mal, il n’éprouve non plus personne» (1, 13). C’est plutôt le contraire: le Père n’est pas l’auteur du mal, à aucun enfant qui demande un poisson il ne donne un serpent (cf. Lc 11, 11) — comme Jésus l’enseigne — et quand le mal se présente dans la vie de l’homme, il combat à ses côtés, pour qu’il puisse en être libéré. Un Dieu qui combat toujours pour nous, non contre nous. C’est le Père! C’est dans ce sens que nous prions le «Notre Père».

Ces deux moments — l’épreuve et la tentation — ont été mystérieusement présents dans la vie de Jésus lui-même. Dans cette expérience, le Fils de Dieu est entièrement devenu notre frère, d’une manière qui est presque un scandale. Et ce sont précisément ces passages évangéliques qui nous démontrent que les invocations les plus difficiles du «Notre Père», celles qui terminent le texte, ont déjà été exaucées: Dieu ne nous a pas laissés seuls, mais en Jésus, il se manifeste comme le «Dieu avec nous», jusqu’aux conséquences les plus extrêmes. Il est avec nous quand il nous donne la vie, il est avec nous au cours de la vie, il est avec nous dans la joie, il est avec nous dans les épreuves, il est avec nous dans la tristesse, il est avec nous dans les défaites, quand nous péchons, mais il est toujours avec nous, parce qu’il est Père et ne peut pas nous abandonner.

Si nous sommes tentés d’accomplir le mal, en refusant la fraternité avec les autres et en désirant un pouvoir absolu sur tout et tous, Jésus a déjà combattu cette tentation pour nous: les premières pages de l’Evangile en attestent. Immédiatement après avoir reçu le baptême de Jean, au milieu de la foule des pécheurs, Jésus se retire dans le désert et est tenté par satan. C’est ainsi que commence la vie publique de Jésus, par la tentation qui vient de Satan. Satan était présent. Beaucoup de gens disent: «Mais pourquoi parler du diable qui est une chose antique? Le diable n’existe pas». Mais regarde ce que t’enseigne l’Evangile: Jésus a été confronté au diable, il a été tenté par satan. Mais Jésus repousse toute tentation et il en sort victorieux. L’Evangile de Matthieu a une note intéressante qui termine le duel entre Jésus et l’Ennemi: «Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient» (4, 11).

Mais également au temps de l’épreuve suprême, Dieu ne nous laisse pas seuls. Quand Jésus se retire pour prier au Gethsémani, son cœur est envahi par une angoisse indicible — c’est ce qu’il dit aux disciples — et Il fait l’expérience de la solitude et de l’abandon. Seul, avec la responsabilité de tous les péchés du monde sur ses épaules; seul, avec une angoisse indicible. L’épreuve est tellement déchirante qu’il se produit quelque chose d’inattendu. Jésus ne mendie jamais d’amour pour lui-même, pourtant au cours de cette nuit, il sent son âme triste à en mourir, et alors il demande la proximité de ses amis: «Demeurez ici et veillez avec moi!» (Mt 26, 38). Comme nous le savons, les disciples, alourdis par une torpeur causée par la peur, s’endorment. Au moment de l’agonie, Dieu demande à l’homme de ne pas l’abandonner, et en revanche l’homme dort. Au moment où l’homme connaît son épreuve, Dieu en revanche veille. Dans les moments les plus durs de notre vie, dans les moments de plus grande souffrance, dans les moments les plus angoissants, Dieu veille avec nous, Dieu lutte avec nous, il est toujours proche de nous. Pourquoi? Parce qu’il est Père. C’est ainsi que nous avons commencé la prière: «Notre Père». Et un père n’abandonne jamais ses enfants. Cette nuit de douleur de Jésus, de lutte, est le dernier sceau de l’Incarnation: Dieu descend pour nous rencontrer dans nos abîmes et des les tribulations qui parsèment l’histoire.

C’est notre réconfort à l’heure de l’épreuve: savoir que cette vallée, depuis que Jésus l’a traversée, n’est plus désolée, mais qu’elle est bénie par la présence du Fils de Dieu. Lui ne nous abandonnera jamais!

Eloigne donc de nous, ô Dieu, le temps de l’épreuve et de la tentation. Mais quand ce temps arrivera pour nous, Notre Père, montre-nous que nous ne sommes pas seuls. Tu es le Père. Montre-nous que le Christ a déjà pris sur lui également le poids de cette croix. Montre-nous que Jésus nous appelle pour la porter avec Lui, en nous abandonnant avec confiance à ton amour de Père. Merci.

PAPE FRANÇOIS – Être pécheurs n’est pas un problème

6 mai, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2013/documents/papa-francesco-cotidie_20130517.html

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Hendrick ter Brugghen - la repentance de Pierre

PAPE FRANÇOIS – Être pécheurs n’est pas un problème

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Vendredi 17 mai 2013

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 21 du 23 mai 2013)

Être pécheurs n’est pas un problème ; ce qui l’est, c’est plutôt ne pas se repentir d’avoir péché, ne pas éprouver de honte pour ce que l’on a fait. Le Pape François a reparcouru dans son homélie du 17 mai l’histoire des rencontres de Pierre avec Jésus, en en proposant une lecture particulière. Jésus, a-t-il observé, « confie son troupeau à un pécheur », Pierre. « Pécheur, mais pas corrompu », a-t-il immédiatement précisé. Il est pire d’être corrompus que pécheurs. Le Pape a souligné le dialogue d’amour qui se développe entre Pierre et Jésus à travers leurs rencontres fréquentes après le premier « Suis-moi ! » lorsque son frère André l’a conduit à Jésus qui, après l’avoir regardé, dit : « “Mais tu es Simon ?” “A partir de maintenant, tu t’appelleras Céphas, ce qui signifie Pierre” ». Ce fut le début d’une mission, a-t-il expliqué, même si « Pierre n’avait rien compris, mais la mission existait ». Le Saint-Père a ensuite poursuivi la description des diverses rencontres entre le Seigneur et les disciples, jusqu’à ce que les regards de Jésus et de Pierre se croisent à nouveau après que ce dernier, comme l’avait prévu le Maître, l’a renié par trois fois. « Ce regard de Jésus, si beau, si beau ! Et Pierre pleure ». Telle « est l’histoire des rencontres » au cours desquelles Jésus façonne dans l’amour l’âme de Pierre. Pierre avait un cœur grand et cela « le conduit à une rencontre nouvelle avec Jésus, à la joie du pardon, ce soir-là, lorsqu’il a pleuré ». Le Seigneur ne revient pas sur ce qu’il avait promis, c’est-à-dire « “Tu es pierre”, et même à ce moment, il lui dit : “Pais mon troupeau” » et il confie son troupeau à un pécheur. Le Pape François a ensuite raconté un épisode de sa vie : « Un jour, j’ai entendu parler d’un prêtre, un bon curé qui travaillait bien ; il a été nommé évêque, mais il avait honte, car il ne se sentait pas digne, il avait un tourment spirituel. Il est allé voir son confesseur. Le confesseur l’a écouté, puis il lui a dit : “N’aie donc pas peur. Si Pierre, qui en a fait de belles, a été fait Pape, toi, ne t’inquiète pas !”. C’est parce que le Seigneur est ainsi. Il nous fait mûrir à travers de nombreuses rencontres avec lui, même avec nos faiblesses, quand nous le reconnaissons ; avec nos péchés ».

 

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