Archive pour la catégorie 'Orthodoxie'

L’ Eglise grecque orthodoxe

4 janvier, 2010

du site:

http://www.un-echo-israel.net/L-Eglise-grecque-orthodoxe

L’ Eglise grecque orthodoxe

lundi 23 mai 2005

En Israël, les Eglises orthodoxes sont au nombre de trois : L’Eglise grecque orthodoxe, l’Eglise russe orthodoxe et l’Eglise orthodoxe roumaine. Nous ne parlerons ici que l’Eglise grecque orthodoxe.

Données historiques générales :

En 330 l’empereur Constantin fonda la ville de Constantinople qui devint rapidement la « nouvelle Rome » et l’un des patriarcats les plus importants de la chrétienté. C’est dans cette Eglise que s’élabora le rite byzantin, le plus connu des rites orientaux. L’ensemble des Eglises orthodoxes reconnaît au patriarcat de Constantinople une primauté d’honneur. Les Eglises d’Alexandrie et d’Antioche perdirent après le concile de Calcédoine une partie de leurs fidèles opposée aux décisions du concile (451). Lors de ce concile fut érigé le patriarcat de Jérusalem. La communion entre l’Eglise de Rome et les Eglises d’Orient fut rompue lors du grand schisme de 1054. Durant des siècles, on considéra aussi bien du côté des orthodoxes que celui des catholiques que leurs différences furent d’insurmontables divergences. Il faudra attendre la rencontre du pape Paul VI et du patriarche de Constantinople Athénagoras en 1964 pour que les deux Eglises-sœurs se retrouvent.

L’évangélisation de la Russie au 9ème siècle fut scellée par le baptême de Vladimir, prince de Kiev en 988. Cette Eglise transféra plus tard son siège à Moscou où fut crée en 1589 un patriarcat autocéphale. L’Eglise russe orthodoxe est aujourd’hui la plus grande Eglise orthodoxe.

D’autres Eglises orthodoxes devinrent autonome au fil des siècles. L’archevêché de Chypre en 431, la Géorgie au 8ème siècle, la Macédoine et la Serbie au 11ème et 12ème siècles et l’archevêché du Sinaï en 1575. Le mouvement d’autonomisation s’est accéléré à l’époque moderne, sous la pression des nationalismes. Divers patriarcats furent créés ou restaurés comme les Eglises de Grèce (1833) ou de Roumanie (1925).

Bien que diverses par leurs juridictions, les Eglises orthodoxes sont profondément ancrées dans une même tradition spirituelle et liturgique. Elles constituent la plus grande chrétienté non catholique.

Quelques caractéristiques du rite Byzantin :

  Chaque peuple célèbre le rite byzantin dans sa langue, parfois sous une forme ancienne comme pour le russe (slavon) et le grec.
  La liturgie eucharistique est généralement la liturgie dite de Saint Jean Chrysostome. Celle de Saint Basile est célébrée dix fois par ans.
  Le calendrier liturgique orthodoxe comprend 12 fêtes dites de « Notre Seigneur ».
  L’invocation de la miséricorde de Dieu tient une place importante dans la prière publique.
  Si les fastes impériaux ont donné à la liturgie son allure solennelle , l’influence monastique lui a gardé son caractère mystique.

L’Eglise grecque orthodoxe en Terre Sainte

Le patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem se considère à juste titre l’Eglise-mère de Jérusalem dont l’évêque a reçu la dignité patriarcale lors du concile de Chalcédoine en 451. L’Eglise de Jérusalem lors du schisme avec Rome en 1054 prit parti pour Constantinople et les relations avec le siège de Pierre ne cessèrent de se détériorer.

Lorsque les Croisés conquirent Jérusalem en 1099, le patriarche de Jérusalem était déjà en exil. Les Croisés instaurèrent dans toute la Terre Sainte une hiérarchie latine et Rome nomma un patriarche latin pour remplacer l’orthodoxe. Le patriarcat orthodoxe de Jérusalem se déplaça à Constantinople et le titre fut conservé jusqu’à la restauration du siège à Jérusalem en 1845.

Depuis 1662, la gestion des intérêts grecs-orthodoxes en Terre Sainte est restée entre les mains de la Confrérie du Saint Sépulcre, désireuse de sauvegarder le statut de l’Eglise orthodoxe dans les lieux saints et de préserver le caractère hellénistique du patriarcat. Ainsi les prêtres arabes qui desservent les paroisses doivent être impérativement mariés pour qu’ils ne puissent pas accéder à l’épiscopat puisque seuls des célibataires peuvent être évêques.

Au cours des siècles, l’Eglise grecque orthodoxe a acquise de nombreuses propriétés et d’immenses terrains. Ainsi à Jérusalem, des quartiers entiers sont la propriété du patriarcat. C’est le plus grand propriétaire foncier d’Israël. Par exemple, la Knesset, la résidence du Chef de l’Etat ou encore la grande synagogue sont construits sur des terrains appartenant à l’Eglise grecque orthodoxe.

Avec les Arméniens et la Custodie de Terre Sainte, l’Eglise grecque orthodoxe est gardienne des Lieux Saints. Voir article sur le Statu Quo.

ACATHISTE A NOTRE TRES DOUX SEIGNEUR JESUS CHRIST

21 novembre, 2009

du site: 

http://pagesperso-orange.fr/stranitchka/VO02/ACATHISTE.html

PAGES ORTHODOXES

ACATHISTE  A  NOTRE TRES  DOUX  SEIGNEUR  JESUS  CHRIST 

KONDAKION 1
Chef des défenseurs et Seigneur, vainqueur de l’enfer, puisque Tu m’as délivré de la mort éternelle, je Te chante les louanges, moi qui suis Ta créature et Ton serviteur. Dans cette indicible compassion qui T’appartient, délivre moi de toute vicissitude, moi qui Te crie :
Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi !  
 

 IKOS 1
Créateur des Anges et Seigneur des Puissances ! Ouvre mon esprit embarrassé et ma langue pour la louange de Ton Nom très pur, comme Tu ouvris autrefois l’oreille et la langue du sourd-muet, que je T’adresse ces cris :
Jésus, tout merveilleux, étonnement des anges !
Jésus, tout puissant, délivrance des ancêtres !
Jésus, tout doux, exaltation des patriarches !
Jésus, tout glorieux, affermissement des rois !
Jésus, tout aimant, accomplissement des prophètes !
Jésus, tout admirable, force des martyrs !
Jésus, tout paisible, joie des moines !
Jésus, tout compatissant, douceur des prêtres !
Jésus, tout miséricordieux, abstinence des jeûneurs !
Jésus, tout tendre, réjouissance des saints !
Jésus, tout honorable, chasteté des vierges !
Jésus, tout éternel, salut des pécheurs !
Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi !  

KONDAKION 2
En voyant la veuve pleurer amèrement, ô Seigneur, Tu fus touché de compassion et Tu ressuscitas son fils mené au tombeau. De même, use de miséricorde envers moi, Ami de l’homme, et ressuscite mon âme  mortifiée par les péchés qui s’écrie : alléluia !

    IKOS 2
 Cherchant à connaître l’inconnaissable , Philippe demanda : Seigneur, montre nous le Père. Tu lui dis alors : J’ai été si longtemps avec vous et cependant vous n’avez pas su que Je suis dans le Père comme le Père est en moi  ?  Ainsi, ô inconcevable, je Te crie avec crainte :
Jésus, tout éternel Dieu !
Jésus, tout puissant Roi !
Jésus, patient Maître !
Jésus, tout miséricordieux Gardien !
Jésus, lave mes péchés !
Jésus, écarte mes iniquités !
Jésus, pardonne mon injustice !
Jésus, mon Espérance, ne m’abandonne pas !
Jésus, mon Secours, ne me rejette pas !
Jésus, mon Créateur, ne m’oublie pas !
Jésus, mon Pasteur, ne me perds pas !
Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi ! 

KONDAKION 3
Toi qui as revêtu de la puissance d’en Haut Tes apôtres qui résidaient à Jérusalem, ô Jésus, habille moi ausi, moi qui suis nu, dépouillé de toute bonne oeuvre, avec la chaleur de Ton Saint Esprit et accorde moi de Te chanter avec amour : Alléluia !
 
IKOS 3
Dans l’abondance de Ta miséricorde, ô Jésus, Toi qui as appelé les publicains, les pécheurs et les adultères, ne me dédaigne pas, moi qui suis de même, mais comme une précieuse myrrhe reçois ce chant :
Jésus, puissance invincible !
Jésus, infinie miséricorde !
Jésus, radieuse beauté !
Jésus, ineffable amour !
Jésus, Fils du Dieu vivant !
Jésus aie pitié de moi, pécheur !
Jésus, écoute moi, qui fus conçu dans l’iniquité !
Jésus, lave moi, qui suis né dans le péché !
Jésus, enseigne moi, qui suis indigne !
Jésus, illumine mon obscurité !
Jésus, purifie moi, qui suis souillé !
Jésus, relève moi, prodigue !
Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi !
 
 
 

KONDAKION 4
Pris dans la tempête intérieure du doute en pensée, Pierre sombrait. Mais Te voyant, ô Jésus, marcher sur les eaux en ta chair, il Te reconnut comme le vrai Dieu et, atteignant la main du salut, il dit : alléluia !
 
 

IKOS 4
Quand l’aveugle T’entendit passer sur le chemin, il s’écria : Jésus, fils de David, aie pitié de moi !  Et, l’appelant, Tu ouvris ses yeux.Illumine ainsi, dans Ta compassion, les yeux spirituels du coeur en moi qui crie vers Toi et dis :
Jésus, créateur des hauteurs !
Jésus, redempteur des inférieurs !
Jésus, vainqueur des enfers !
Jésus, embellissement de toute créature !
Jésus, consolateur de mon âme !
Jésus, illuminateur de mon esprit !
Jésus, allégresse de mon coeur !
Jésus, santé de mon corps !
Jésus, mon Sauveur, sauve moi !
Jésus, ma Lumière, illumine moi !
Jésus, délivre moi de tout tourment !
Jésus, sauve moi qui suis indigne !
Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi !
 

KONDAKION 5
De ton Sang répandu, comme autrefois Tu nous a rachetés de la malédiction de la loi, de même délivre des pièges dans lesquels le serpent nous empêtre par les passions charnelles, les suggestions lascives et les découragements malins, nous qui Te chantons : alléluia !
 
 

IKOS 5
Les enfants hébreux, voyant sous une forme humaine Celui qui a créé l’homme de sa main, et Le reconnaissant comme Seigneur,s’empressèrent de Lui faire honneur avec des rameaux et chantaient : hosanna ! .Et nous, nous T’offrons un chant, disant :
Jésus, vrai Dieu !
Jésus, fils de David !
Jésus, roi très glorieux
Jésus, agneau innocent !
Jésus, pasteur très admirable !
Jésus, gardien de mon enfance
Jésus, nourricier de ma jeunesse !
Jésus, éloge de ma vieillesse !
Jésus, espérance de ma mort !
Jésus, vie après ma mort !
Jésus, ma consolation à Ton Jugement
Jésus, mon désir, ne me couvre pas alors de honte !
Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi
 
 
 

KONDAKION 6
Prédicateur, prophétie des théophores et accomplissement des paroles, Jésus, Tu es apparu sur terre et Toi, l’ incontenable , Tu demeuras avec les hommes , Tu soulageas nos infirmités. C’est pourquoi, guéri par tes blessures, nous avons appris à chanter : alléluia !
 
 

IKOS 6
L’illumination de ta vérité a coloré l’univers et a dispersé l’illusion démoniaque car les idoles, ô notre Sauveur, ne supportant pas Ta force, s’écroulèrent. Nous qui avons reçu le salut, nous Te chantons :
Jésus, la vérité qui disperse l’illusion !
Jésus, la lumière qui surpasse toute luminosité !
Jésus, le roi qui l’emporte sur toute force !
Jésus, Dieu qui use constamment de miséricorde !
Jésus, pain de vie, rassasie l’affamé que je suis !
Jésus, source d’intelligence, abreuve l’assoiffé que je suis !
Jésus, vêtement d’allégresse, revêts moi qui suis nu !
Jésus, voile de joie, couvre moi l’indigne !
Jésus, donateur à ceux qui sollicitent, donne moi de pleurer sur mes péchés !
Jésus, découvreur de ceux qui cherchent, découvre mon âme !
Jésus, huissier de ceux qui frappent, ouvre mon misérable coeur !
Jésus, rédempteur des pécheurs, purifie moi de mes iniquités !
Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi !
 

KONDAKION 7
 Voulant dévoiler le mystère caché depuis des siècles, Tu fus mené comme une brebis à l’immolation, ô Jésus, et comme un agneau muet devant son tondeur. Mais comme Dieu, Tu ressuscitas des morts et montas en gloire aux cieux, nous emmenant , nous qui Te crions : alléluia !
 
 

IKOS 7
Nous montrant une créature admirable, le Créateur nous est apparu ; Il s’est incarné sans germe d’une vierge, a ressuscité du tombeau sans en rompre les scellés et s’est rendu en sa chair chez les apôtres, les portes étant closes. Ainsi, émerveillés, nous chantons :
Jésus, Verbe incontenable !
Jésus, Verbe inscrutable !
Jésus, Puissance incompréhensible !
Jésus, Sagesse inimaginable !
Jésus, Divinité indescriptible !
Jésus, Seigneurerie illimitée !
Jésus, Royaume invincible !
Jésus, Souveraineté infinie !
Jésus, Force suprême !
Jésus, Autorité éternelle !
Jésus, mon Créateur,aie compassion pour moi !
Jésus, mon Sauveur, sauve moi !
Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi !
 
 
 

  KONDAKION 8
Voyant Dieu étrangement fait homme, retirons nous du monde vain et portons notre esprit vers ce qui est divin . Car Dieu est descendu sur terre pour nous élever aux cieux, nous qui lui chantons : alléluia !
 
 

IKOS 8
Tu étais tout entier en bas et en haut, jamais Tu n’as reculé, ô Illimité, quand tu souffris volontairement pour nous, par Ta mort Tu mis à mort notre mort et par Ta résurrection Tu donnas la vie à ceux qui clament :
Jésus, douceur du coeur !
Jésus, force du corps !
Jésus, clarté de l’âme !
Jésus, célérité de l’esprit !
Jésus, joie de ma conscience !
Jésus, espoir certain !
Jésus, mémoire pré-éternelle !
Jésus, louange élevée !
Jésus, ma gloire exaltée !
Jésus, mon désir, ne me repousse pas !
Jésus, mon pasteur, cherche moi !
Jésus, mon Sauveur, sauve moi !
Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi !
 

KONDAKION 9
Toute la nature angélique glorifie sans cesse Ton Nom très saint, Jésus, clamant dans les cieux : Saint, Saint, Saint !  Et nous pécheurs nous chantons sur terre de nos voix frêles : alléluia !
 
 

IKOS 9
Nous voyons les diserts orateurs muets comme des poissons devant Toi, Jésus notre Sauveur, car incapables de dire comment Tu demeuras Dieu immuable et homme parfait. Mais nous, admirant le mystère nous chantons avec foi :
Jésus, Dieu prééternel !
Jésus, roi des régents !
Jésus, seigneur des souverains !
Jésus, juge des vivants et des morts !
Jésus, espoir des désespérés !
Jésus, consolation des affligés !
Jésus, gloire des pauvres !
Jésus, ne me juge pas selon mes oeuvres !
Jésus, purifie moi selon ta miséricorde !
 Jésus, débarasse moi de l’abattement !
Jésus, illumine les pensées de mon coeur !
Jésus, donne moi la mémoire de la mort !
Jésus, Fils de Dieu aie pitié de moi !
 
 
 

KONDAKION 10
Voulant sauver le monde, Orient des orients, Tu es venu dans le sombre occident de notre nature, et Tu T’es humilié jusqu’à la mort. C’est pourquoi Ton Nom est exalté au dessus de tout nom, et de toute race au ciel et sur terre Tu entends: alléluia !
 
 

IKOS 10
Roi prééternel, Consolateur, vrai Christ , purifie nous de toute souillure, com-me Tu as purifié les dix lépreux, et guéris nous comme Tu as guéri l’âme cupide de Zacchée le publicain, afin que nous Te chantions avec componction, disant :
Jésus, trésor incorruptible !
Jésus, richesse intarissable !
Jésus, nourriture solide !
Jésus, boisson inépuisable !
Jésus, vêtement des pauvres !
Jésus, défenseur des veuves !
Jésus, protecteur des orphelins !
Jésus, aide des laborieux !
Jésus, guide des voyageurs !
Jésus, pilote des navigateurs!
Jésus, apaisement des tempêtes!
Jésus,relève moi qui suis tombé !
Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi !
 

KONDAKION 11
Je T’offre, moi l’indigne, un hymne rempli de componction, et Te chante com-me la Cananéenne : Jésus, aie pitié de moi!  car ce n’est pas ma fille mais ma chair qui est possédé férocement par les passions et brûlée furieusement. Ainsi, donne la guérison à celui qui Te clame : alléluia !
 
 

IKOS 11
ô Flambeau donateur de lumière à ceux qui sont dans les ténèbres de l’ignorance, T’ayant d’abord persécuté , Paul prêta attention au pouvoir de la voix de la science divine et élucida la célérité de l’âme. De même, illumine les prunelles enténébrées de mon âme, moi qui Te crie :
Jésus, mon Roi tout fort !
Jésus, mon Dieu tout puissant !
Jésus, mon Seigneur tout immortel !
Jésus, mon Créateur tout glorieux !
Jésus, mon précepteur tout bon !
Jésus, mon pasteur tout compatissant !
Jésus, mon maître tout clément !
Jésus, mon Sauveur tout miséricordieux !
Jésus, illumine mes sens enténébrés par les passions !
Jésus, guéris mon corps encrouté par les péchés !
Jésus, purifie mon esprit des vaines pensées !
Jésus, préserve mon coeur des mauvais désirs !
Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi !
 
 
 

KONDAKION 12
Accorde moi la grâce, ô rédempteur de toute dette, Jésus, et accueille moi repentant, comme Tu as accueilli Pierre qui T’avait renié, appelle moi, qui suis abattu, comme Paul qui Te persécutait , et écoute moi qui Te clame : alléluia !
 
 

IKOS 12
Chantant Ton incarnation, tous nous Te magnifions et croyons avec Thomas que Tu es notre Seigneur et Dieu, qui es assis avec le Père et qui vas juger les vivants et les morts. Accorde moi alors de me tenir à Ta droite, moi qui clame :
Jésus, roi prééternel, aie pitié de moi !
Jésus, fleur parfumée, embaume moi !
Jésus, chaleur bien aimée, réchauffe moi !
Jésus, temple prééternel, abrite moi !
Jésus, habit lumineux, embellis moi !
Jésus, perle pure, auréole moi !
Jésus, pierre précieuse, illumine moi !
Jésus, soleil de justice, éclaire moi !
Jésus, lumière  sainte, resplendis en moi !
Jésus, débarrasse moi des maladies de l’âme et du corps !
Jésus, préserve moi de la main de la rebellion !
Jésus, délivre moi du feu inextinguible et des autres tourments éternels !
Jésus,  Fils de Dieu, aie pitié de moi !
 

KONDAKION 13
O très suave et compatissant Jésus, accueille maintenant cette modeste prière de nous, comme Tu as accueilli les deux oboles de la veuve et garde ton héritage des ennemis visibles et invisibles, de l’invasion étrangère, de l’infirmité , de la famine, de toute affliction comme de toute blessure mortelle, et préserve des tourments à venir tous ceux qui Te clament: alléluia ! alléluia ! alléluia !(trois fois)
 A nouveau IKOS 1 puis  KONDAKION 1 

Paul Evdokimov: L’art Moderne ou la Sophia Désaffectée

14 novembre, 2009

du site:

http://www.myriobiblos.gr/texts/french/contacts_evdokimov_moderne.html

Paul Evdokimov

L’art Moderne ou la Sophia Désaffectée

La théologie occidentale dès ses origines a manifesté une certaine indifférence dogmatique à la portée spirituelle de l’art sacré, à cette iconographie qui, malgré son long martyrologe, est tellement vénérée en Orient. Toutefois, providentiellement, l’art occidental fut en retard sur la pensée théologique et jusqu’au X??e siècle, il demeure fldèle a la Tradition commune tant à l’Orient qu’à l’Occident. Cette tradition unique vit pleinement dans le magnifique art roman, dans le miracle de la cathédrale de Chartres, dans la peinture italienne qui cultive encore la «maniera bizantina».

Mais à partir du X???e siècle, Giotto, Duccio, Cimabue, introduisent la facticité optique, la perspective, la profondeur, le jeu du clair-obscur, le trompe-l’oeil. Si l’art devient plus raffiné, plus réfléchi dans son élément immanent, il est moins porté a la saisie directe du transcendant (1). De récentes études découvrent même dans la vision de Fra Angelico une forte emprise de l’intellectualisme dominicain. En rompant avec les canons de la tradition, l’art n’est plus intégré au mystère liturgique. De plus en plus autonome et subjectif, il quitte sa «biosphère» céleste. Les vêtements des saints ne font plus sentir sous leurs plis les «corps spirituels» et même les anges apparaissent comme des êtres faits de chair et de sang. Les personnages sacrés se comportent exactement comme tout le monde, sont habillés et placés dans l’ambiance contemporaine à l’artiste. Encore un pas et le récit biblique, l’événement miraculeux n’est plus qu’une occasion pour exécuter savamment un portrait, une anatomie, un paysage. Le colloque de l’esprit à l’esprit s’estompe, la vision de la «flamme des choses» fait place a l’émotion, aux transports de l’âme, à l’attendrissement. Pour Maurice Denis, Leonard de Vinci est le précurseur des Christs genre Muncancsy, Tissot, et au terme de la même ligne émotionnelle, viendront les images actuelles du «Sacré Cœur». De même, quand un Crucifix, par s?n réalisme v?ulu, frappe le système nerveux, le mystère indicible de la Croix perd de sa puissance secrète, s’efface. Quand l’art oublie la langue sacrée des symboles et des présences et traite plastiquement de «sujets religieux», le souffle du Transcendant ne le traverse plus.

Passé le milieu du XVIe siècle, les grands stylistes comme Le Bernin, Le Brun, Mignard, Tiepolo, s’exercent sur des thèmes chrétiens avec une absence totale de sentiment religieux. Aujourd’hui l’art dit sacré qu’?n trouve dans les églises est le plus dépourvu de la dimension du sacré. Laissons la parole à un tbéologien: «Toute la controverse sur l’art sacré» qui fait rage en ce moment en Occident se meut sur un terrain et se débat dans une alternative qui sont également révélatrices de l’hétérogénéité complète entre les deux arts sacrés d’Orient et d’Occident. Plus exactement, ce qu’elle montre surtout, c’est que l’art religieux d’Occident, quelle que soit la conception qu’?n s’en fait, n’a absolument rien de sacré, au sens ?ù les icones sont sacrées. C’est un art foncièrement subjectif qui vise à exprimer le sentiment religieux… Tout illustre admirablement le fait que l’art religieux en Occident n’est pas incorporé à la liturgie et qu’?n n’a même plus la notion qu’il pourrait l’être… ?l n’y a plus, pour le moment, d’autel à Saint-Vital (Ravenne) ni d’objet liturgique en général. ?n y est pourtant évidemment dans une église, où tout attend les saints mystères. Dans nos meilleures et nos plus médiocres églises, à peu près depuis l’époque gothique, ?n peut bien célébrer la messe tous les jours, ?n y trouvera de quoi exciter ?u rabattre la dév?tion personnelle, mais rien ne diffère de l’atelier ?u du musée, n’y réunit dans le mystère les peintures ?u les sculptures qui occupent les murs.» (2) Avec la fin du XVIIIe siècle, l’art perd visiblement le lien organique entre le contenu et la forme et s’enfonce dans la nuit des ruptures. Certes, l’art demeure complexe, par bonheur il sauvegarde toutes les tendances, mais la prédominance de certaines modifie son visage. Nous suivrons uniquement l’évolution de celle qui s’achève dans l’abstraction pure.

***

Quand le «connaître» n’est plus une attitude d’adoration, une communion orante, la connaissance se sépare de la contemplation. ?n renonce à l’approfondissement de l’intériorité allant jusqu’à la rencontre du Transcendant et en Lui de toute la réalité frémissante de vie, au profit d’un «savoir pour pouvoir»a et de l’accroissement de ce pouvoir sur les choses de ce monde. Mais alors l’être se vide de son contenu essentiel, perd sa racine céleste, se dénature, se désacralise et la conscience ne découvre le «Dasein», l’être là, que pour le révéler «être pour la mort», enserré par le néant. ?n détruit le réel en dissociant ses éléments, en suscitant des discontinuités infranchissables. ?l ne reste plus à l’homme que la spiritualité de l’âme, foncièrement acosmique, ?u un moralisme de volonté qui, l’une et l’autre, lui interdisent l’atteinte transfigurante de la matière. Une philosophie essentialiste, avec ses substances closes, regies par le principe de causalité, ?u une pensée existentialiste avec ses présences sans profondeur ontologique, ne peuvent s’ouvrir au dynamisme énergétique des similitudes et des participations authentiquement divinisantes. La liturgie cosmique ne trouve plus de chantres car l’opacité des corps n’est pas ensemencée par la lumière thaborique et la gloire n’affleure plus dans une nature désaffectée.

L’art subit l’emprise des «dominantes» du monde et de sa sagesse, L’artiste, v?ué plus que jamais à la solitude, cherche une sorte de «sur-objet», de « sur-realité», car pour lui la réalité toute simple n’est plus directement exprimable. Héroïquement mais désespérément, il s’efforce de retrouver ce côté secret qu’?n a évincé des choses de ce m?nde. En voulant connaître l’objet sécularisé, ?n perd son mystère; mais la recherche par réaction, par désespoir, de ce mystère seul fait perdre la chose et conduit à l’abstraction docétiste, au jeu fantasmagorique des ombres sans corps.

***

?n peut dater approximativement la rupture avec le passé issu de la Renaissance et la naissance de l’art moderne de l’exposition chez Nadar en 1874. La peinture indépendante, foncièrement subjective, allant de l’inquiétude profonde de Cézanne à l’angoisse tragique de Van Gogh, montre un besoin de renouvellement qui cherche à manifester des états d’âme sans cesse insatisfaits. L’impressionisme et l’expressionisme transmettent les réactions subjectives de la rétine ?u du système nerveux de l’artiste. C’est une peinture du circonstanciel, de l’occasionnel interprété émotivement. L’objet émulsionné se disperse dans le plasma lumineux et chromatique. La technique de la touche divisée et juxtaposée poursuit les vibrations colorées de la lumière et cherche la synthèse dans la saisie de l’instant. Le cubisme, de son côté, décompose l’unité vivante en ses éléments géométriques et reconstruit le tableau cérébralement comme un problème mathématique. ?l abandonne les jeux de lumière et de couleur et analyse l’objet tel qu’il se présente à l’imagination, placé dans un espace réduit à deux dimensions ?u, au contraire, multi-dimensionnel comme l’atome des physiciens. Le surréalisme déréalise ce monde et lui en superpose un autre, inventé, en allant jusqu’à profiler une «aura sur-existentielle». L’art s’émancipe de tout «can?n», de toute règle; quand il est «théurgique», il’se jette dans des puissances magiques d’incantation, dans de fausses transcendances, véritables «fausses couches métaphysiques». C’est la vogue des masques nègres, le pouvoir transportant de la mescaline, les contrefaçons du faux symbolisme occulte, les compositions qui s’inspirent du béton armé, de l’atome et de la fusée, les images plastiques de la vitesse pure, la sculpture en fil de fer. L’énorme pression de l’univers «poisseux et étouffant» engendre la danse moderne, une marche endiablée mais qui ne conduit nulle part. C’est la terrible liberté de tout artiste de représenter le monde à l’image de son âme dévastée, allant jusqu’à la vision d’une immense latrine ?ù grouillent des monstres désarticulés. ?n surprend partout la discontinuité des rythmes saccadés, syncopés, la dissolution des formes et la disparition du contenu précis, du sujet du visage, du sens des paroles en poésie ?u de la mélodie dans la musique.

Pour la conscience moderne «à facettes», l’objet n’existe pas sous sa forme unique mais revêt de multiples aspects. Avant de disparaître, l’objet se cabre dans une ultime agonie, paraît tordu et convulsif. Enfin le contenu des choses et l’épiderme des visages se décomposent, tout est mis en pièces, atomisé, désintégré. La réalité ainsi perçue reflète une conscience elle-même déchirée et à son tour s’en pénètre. L’homme n’est plus maître des tendances anarchiques de la nature. ?l ne les ordonne plus par son esprit mais les enregistre et les aggrave par son refus d’intervenir. Jadis les choses questionnaient, comme en attente et l’artiste leur répondait en les faisant pleinement vivre sous son regard créateur, en leur rendant leur virginale innocence, en les faisant revenir «chez soi», vers leur candeur et leur ingénuité. L’artiste moderne, avant de regarder le monde, questionne son âme et applique aux choses sa vision «désintégrante», il se rend complice de l’antique rébellion qui veut se libérer avant tout du Sens et de tout principe normatif. Un pareil retour vers le chaos primordial accélère l’usure du temps et rétrécit l’être jusqu’à l’indigence du néant. La matière se dissout en perdant ses contours, elle est vue dans l’atome temporel dont ?n a chassé la durée, et donc le frémissement du visage vivant, la confiance du regard. Chacun de ses fragments commence à vivre d’une existence particulière. Le célèbre Saturne de Goya ronge la substance de l’homme. Au moment des convulsions de la fin du Moyen Age, par les brèches ouvertes alors, des souffles sulfureux se dégagent et portent le grouillement des désirs libérés, l’éternelle divagation des convoitises. Les puissances irrationnelles et démoniaques font irruption et déferlent à travers le monde. L’homme de Goya est guetté par les monstres qui émergent de son subconscient: chez B?sch, même le chemin paradisiaque prend la forme d’un long, d’un interminable tunnel obscur dont s’inspireront Kafka et Freud. La voie est ténébreuse, étouffante, très peu certaine quant à son issue. Mais l’homme, du point de vue picassiste et de sa «ligne de cruauté» n’est pas davantage rassurant. C’est ainsi probablement que les démons doivent voir le monde dans une optique occulte et hors de l’inaccessible image de Dieu.

Le nivellement universel effrite l’Unique, l’Idée, le Sacré et les remplace par la magie d’un mouvement tourbillonnant sur lui-même, décentré. Ce n’est plus l’éternité que le péché a fragmentée en temps, c’est le temps fragmenté en néant. L’enfer ne serait-il pas un fragment du temps subjectif étendu et figé éternellement, un rêve sans rêveur, le refuge ultime de l’inexistant? L’existence ultra-moderne ne connaît ni l’Avènement, ni l’accroissement de l’être, ni la succession progressive des événements, mais récèle une coexistence de brisures, des éclats qui se recouvrent l’un l’autre sans lieu ni suite ordonnée. La durée orientée fait place au simultanéisme, à l’instantanéisme, au futurisme, et se rétrécit en une pseudo-eschatologie du retour à l’élémentaire. A la limite un cadavre ne bouge pas, il s’étend. Déjà Dostoïevsky prophétisait que l’homme perdrait jusqu’à sa forme extérieure s’il perdait sa foi en l’Intégration divine. Jadis les grands Maîtres, en touchant à n’importe quelle parcelle de l’être, donnaient le sentiment de tenir entre leurs mains le monde palpitant de vie dans sa totalité. Maintenant sur des panneaux immenses le monde se rétrécit à la pauvreté de quelques fragments.

Regardons la célèbre Barbara de bronze de Jacques Lipchitz. Elle n’a pas d’épiderme, ce qu’?n voit correspond à un visage mais ne lui ressemble nullement. Le sculpteur s’est placé au dedans de Barbara et transmet des sensations internes. ?l transpose en image visuelle l’impression cénesthésique. L’enchevêtrement des fils, des nœuds, des promontoires et des creux doit nous révéler les sensations de Barbara qui vient à notre rencontre. Son intériorité est traduite sans aucune analogie avec la nature habituelle. C’est un art cérébral qui ne cherche pas un sens, ?u le mystère du destin, mais la fonction, le rapport, la dépendance. Ainsi le sculpteur Henry Moore s’occupe de la projection d’une substance dans une autre et se demande ce que devient le corps humain construit en pierre. Telle est aussi la peinture intra-atomique ?u la mystique corpusculaire de Salvador Dali ?u de Francis Picabia.

L’art n?n figuratif, informel, abstrait supprime tout support ontologique en niant tout objet concret. Ce n’est pas une pomme rouge mais la rougeur en elle-même, une tache colorée ?ù l’artiste projette une signification à lui seul comprehensible.

Schopenhauer disait que tous les arts ont une tendance secrète à la «musicalité». Or la musique, parmi les arts, est le seul qui ne présente aucune imitation des formes de ce monde. Malgré, ?u peut-être grâce à cette absence, Kandinsky, Malévitch, Kupka, Mondrian suivent le souhait de Mallarmé: «emprunter à la musique ses lois et ses pouvoirs». Violoncelliste d?ué, ?andinsky appelle ses esquisses «improvisations» et ses œuvres achevées «compositions». Kupka dessine «Fugue en deux c?uleurs» et «Chromatisme chaud». Paul Klee, musicien et compositeur, poursuit dans sa peinture des métamorphoses en perpétuelles germinations lyriques ?u explosives. Par contre le musicien Scriabine parlait de la «symphonie de lumière» et de sons suscitant des associations de couleurs. ?l était passionné par l’idée de la «lumière coulante» associée aux sons et se déroulant dans le temps. Survage, Béothy, Cahn, Valensi réalisent ce rêve sur des bandes cinématographiques et expérimentent sur des «rythmes colorés», Richter va jusqu’à faire des films abstraits.

La «musique concrète» élimine la mélodie, l’harmonie, le contrepoint. Tandis que selon Mozart le tout de la mélodie précède sa différenciation en parties, la fragmentation passe à la juxtaposition des sonorités isolées, à la discontinuité du genre de Stravinsky, enfin à la pure vibration et au chaos des bruits libérés. ?l est symptomatique que Boris Bilinsky, dans ses recherches de la «continuite des formes et des couleurs sans sujet», illustre justement Debussy et Ravel chez qui apparaissent déjà une mosaïque musicale, une suite de pièces sans la nécessité d’un lien organique.

Le peintre Tchourlandsky (avant de flnir sa vie dans une maison de santé) traduit avec ses «tableaux-sonates» sans sujet sa «sensibilité musicale du monde»z. Malévitch a senti en lui une mystique de la nuit ?ù le monde se recrée tel qu’il pourrait être. C’est le «minuit» mallarméen et sa «goutte de néant». Créateur du «suprématisme», Malévitch cherche l’intensité suprême de «l’absence». L’espace libéré de toute trame devient «un contenant sans dimension», sans composant spatial, une forme a priorique pure sans sujet ni objet. La diagonale chez lui traduit l’idée du mouvement dans la vacuité. C’est une abstraction épurée à l’extrême et trouvant son signe dans un carré noir sur fond blanc. ?l écrit «Die Gegen standlose Welt», «Le Monde de la n?n-représentation» et parle du monde de l’idéalité pure dépouillée de toute réalité représentable. François Kupka étudie la théologie, apprend l’hébreu pour lire la Bible et sert de médium dans des séances de spiritisme. Orphiste, il peint la «Fugue en rouge et bleu» et transpose ses expériences métaphysiques au moyen de signes géométriques et d’une affectivité abstraite. Le monde cérébral et idéal est opposé violemment au monde réél et perçu. Les plans verticaux repoussent le poids de l’espace.

Chez tous ces artistes, la peinture «n?n figurative» ne connaît que des proportions et des rapports constructifs, une pure rythmique des plans colorés, des lignes discursives et des valeurs plastiques. Kandinsky a exposé ce mysticisme exsangue dans son livre, très faible philosophiquement, intitulé «Du spirituel dans l’art». Mondrian, membre de la «Société de Théologie», calviniste hollandais, cherche le transcendental dans le strict rapport des lignes se rencontrant à angle droit. Chez Paul Klee, plus que chez les autres, ?n sent la soif de pénétrer la sphère prèmondiale, le tohû wà bohù, l’abîme sans forme ni contenu dont parle le début de la Bible, la potentialité pure et idéale. ?l pense que les artistes élus descendent jusqu’à ce lieu secret ?ù les puissances prémondiales nourrissent toute évolution possible. C’est que la forme actuelle, pour Klee, n’est pas le seul monde possible. ?n devine la tentation démiurgique de pressentir et d’imaginer un cosmos différent de celui que Dieu a créé. De même le surréalisme du type d’André Breton, de ?ax Ernst, de Picabia, force les portes de l’irrationnel par des « dépaysements systématiques» et la curiosité mise en appétit cherche le noyau secret des choses -«Ding an sich »- en abstraction des choses elles-mêmes. Or, St.Gregoire de Nazianze avertit: «Malheur à l’intelligence qui a regardé sournoisement les mystères de Dieu» (3).

Pour Iavlensky, ami de Kandinky, l’art exprime «la nostalgie de Dieu». La diagonale de Malévitch, ?u le mouvement des lignes qui se coupent à angle droit, s’arrêtent devant le carré, signe géométrique idéal de l’Absolu selon Mondrian. Chez les grands fondateurs de l’art abstrait, le désir de pénétrer derrière le voile du monde réél est visiblement de nature «théosophique», occulte. «Au palier supérieur, écrit Paul Klee, il y a le mystérieux». Nouvelle ère de la connaissance de Dieu? Peut-être, mais elle se place hors du Dieu incarné, c’est une connaissance de l’idéale et abstraite déité hors du Sujet divin…

Plus inquiétantes sont les formes de «l’existentialisme artistique». L’inconscient rêve de l’espace courbe et de la quatrième dimension. Mais la nature pourrait bien se venger en leurrant la curiosité des hommes. L’imagination enivrée de ses possibilités illimitées introduit l’hallucination et le délire pour aboutir à l’art brut de Dubuffet, à l’art primitif des malades mentaux, aux «cauchemars mystiques» de Hernandez, au bestiaire de ??pac, aux «bâtisseurs chimériques» de Giraud, au primitivisme absolu. ?n se rappelle la parole d’André Gide: «L’Art naît de contraintes et meurt de libertés». La violence sexuelle hante des peintres comme Goetz et Ossorio, ?u des sculpteurs comme Pevsner, Arp, Stahly, Etienne Martin. A côté des «collages» et de l’écriture automatique, l’illogisme de ?ax Ernst ?u de Dali marie l’exactitude photographique des objets avec le changement de leur fonction, par exemple «la montre liquide». Chez Pollok et toute l’éc?le américaine Action Painting l’automatisme de la vitesse a pour but d’exclure la conscience. Les couleurs sont jetées sur la toile sans la toucher pour éviter toute intention, même inconsciente.

Georges Mathieu, sur une estrade, dessine en état de transe aux sons de la musique concrète. Une immense toile -10 m2- est couverte en l’espace d’une heure. Les tubes sont éventrés et les couleurs en jaillissent et se projettent, pour ainsi dire, toutes seules, conformes à l’ambiance magique de transe. A la fin, l’artiste est dans un état de complète prostation. La spontanéité impulsive des entrailles côtoie le chaos pré-conscient. Par une profanation voulue, les grands panneaux récents de Bernard Buffet sont plus symptômatiques. Leur unique sujet montre des oiseaux monstrueux, avec un regard d’une immobilité cadavérique et qui piétinent, nu, le corps feminin. Tous les voiles, même anatomiques, sont arrachés, et les postures, très etudiées, touchent à la profanation ultime et obscène du mystère de l’être humain. Devant ces panneaux, avec leur odeur spécifique de putréfaction, ?n se rappelle un passage de l’Echelle de S. Jean Climaque: un saint «ayant vu la beauté feminine a pleuré de joie et a chanté le Créateur… Un tel homme est déjà ressuscité avant ?a Résurrection de tous».

Si l’?n veut imaginer la décoration murale de l’enfer, certain art d’aujourd’hui répond à cette tâche. Le «Rusé» biblique, que Luther traduit par «celui qui fronce le nez», a fait de son existence la profession amère de se moquer de l’être. ?n peut le faire même avec bonne conscience et goût, en artiste, imperceptiblement pour soi et les autres. ?l s’agit d’une résistance «à l’image et à la ressemblance de Dieu», bien plus, au Dieu «Philanthrope» tissant de sa lumière son visage humain. L’art abstrait, de par sa nature, n’a rien en lui pour connaître «la Parole qui s’est faite chair». Que peut-il dire sur ?’Eucharistie, la transfiguration du corps, la rèsurrection de la chair? Une lumière thaborique sans le Christ, la luminescence des saints sans les saints, c’est un rayon captif d’un miroir magique, signe infernal d’implénitude.

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Parmi les diverses approches philosophiques possibles, c’est la conception sophiologique qui est la plus apte à définir la nature de l’art abstrait. Selon cette doctrine dans son expression la plus classique, plus profond que l’aspect phénoménal, mobile et changeant de l’être, se trouve son fondement «idéal» au sens platonicien de ce terme. ?l est constitué par des principes idéaux, normatifs, qu’?n nomme aussi les logoi des choses et des êtres. Ce monde idéal, qui existe au-dessus de la forme temporelle et spatiale de l’être qu’il structure et pénètre, est appelé la Sophia (Sagesse) créée. Créée et terrestre, elle est à l’image de la Sophia céleste et incréée qui, selon l’enseignement patristique, réunit les idées de Dieu, ses volontés créatrices sur le monde. Les deux Sophias sont radicalement séparées sans aucune confusion possible. La réalité idéale, créée, ontologiquement inséparable des choses,. conditionne et structure l’unité concrète du monde, et lie le multiple en cosmos.

Toute connaissance consiste à remonter des choses empiriques à leur structure intelligible et à saisir leur unité. La présence de l’idéal dans une forme sensible, leur harmonie, conditionnent l’aspect esthétique de l’être que tout artiste lit et commente. Or, grâce à la liberté de son esprit, l’homme peut transgresser les normes, il peut même pervertir les rapports. C’est justement parce que sa liberté est la plus grande dans la sphère esthétique que la Beauté touche le cœur humain sans lien nécessaire avec le Bien et la Vérité. En cherchant ?’infini, l’éros humain peut s’arrêter à la Sophia créée, l’identifier avec Dieu, diviniser la nature. Bien plus, dans cette identification luciférienne, il peut se prendre lui-même pour la source du jaillissement cosmique, se prendre pour l’Inftni en se passant de Dieu.

Le côté idéal, intelligible, n’existe que pour fonder et unir le monde visible. Hors de sa «biosphère d’incarnation», l’idéal n’a ni sens, ni fin, ni raison d’exister. L’art justement est un système d’expressions, une langue particulière dont les élements se rapportent à la Sophia et l’expriment tout comme les paroles le font de la pensée. A l’opposé des signes conventionnels, les expressions artistiques portent leur contenu comme un message secret. A la limite, qui touche déjà l’icone, elles se rapprochent des symboles religieux qui sont un lieu où le symbolisé est toujours présent. En grec, les mots qui désignent le diable et le symbole ont la même racine, mais le diable sépare ce que le symbole lie. Un symbole est un pont qui lie le visible et l’invisible, le terrestre et le céleste, l’empirique et l’idéal et véhicule l’un dans l’autre.

Les iconoclastes croyaient très correctement aux symboles, mais à cause de leur conception «portraitiste» de l’art (imitation, copie), ils refusaient à l’icone le caractère symbolique et par conséquent ne croyaient pas à la présence du Modèle dans l’image. Ils n’arrivaient pas à saisir qu’à côté de la représentation visible d’une réalité visible (copie, portrait), il existe un tout autre art ?ù l’image présente le «visible de l’invisible» et ainsi se révèle symbole authentique. Ils auraient accepté plus volontiers l’art abstrait dans sa figuration géométrique, par exemple la croix ne portant pas le crucifié. Or, la ressemblance iconique s’oppose radicalement à tout ce qui est portrait et ne se rapporte qu’à l’hypostase (la personne) et à son corps céleste. C’est pourquoi l’icone d’un vivant est impossible et toute recherche d’une ressemblance charnelle, terrestre, est exclue. Dans l’iconosophie, l’hypostase «enhypostasie», s’approprie, n?n pas une substance cosmique (planche de bois, couleur) mais la ressemblance comme telle, la forme idéale, la f?gure céleste de l’hypostase assumant le corps transfiguré que représente l’icone.

Le Plerôme vers lequel tout est tendu actualisera la synthèse eschatologique «du terrestre et du céleste» (? Cor. l5/42-49). L’art l’anticipe prophétiquement; à travers l’imperfection actuelle, il profile la perfection, raconte le mystérieux de l’être. Mais s’il quitte la «biosphère d’incarnation» il change de nature et quand il refuse consciemment toute ressemblance, il s’enfonce dans l’abstrait.

?n sait que la philosophie mathématique cherche la pensée pure dépouillée de toute forme anthropomorphique. La science de plus en plus touche à des notions qui dépassent la capacité humaine de réception. L’art abstrait s’oppose violemment à l’art figuratif: «Je jure à la Nature que jamais plus je ne la représenterai!» déclare Kupka. Certes la chose sans contenu soghianiqne est plate et absurde comme les toiles de Fougeron et celles du «réalisme socialiste». Mais l’idéal sans la chose est aveugle et insignifiant. C’est comme si l’art s’exerçait sur des entéléchies d’Aristote qui auraient perdu le lieu de leur actualisation.

Du point de vue sophiologique il est évident que l’art abstrait (ab-trahere, tirer, extraire du réel) s’exerce sur la Sophia désaffectée, déviée de sa destination, pervertie dans son essence même, dans sa relation au réel, ce qui la prive de sa fin et la rend indéchiffrable car c’est la Sophia qui a perdu son corps. Dès lors, c’est une fausse magie de l’instant. Des fantômes peuvent toujours offrir une jouissance esthétique. Ils hantent les vestiges du monde fragmenté mais ne présentent qu’un bien maigre intérêt. Kandinsky ?u Paul Klee peuvent atteindre une grande musicalité tout simplement parce qu’ils ont du génie, mais l’homme qui regarde ces œuvres n’est jamais accueilli dans ce monde dévasté de toute présence et visage. L’œil peut écouter les voix du silence, l’absence colorée ne fait que distraire et lasser à la fin. Peut-?n entrer en communion, ébaucher un geste de tendresse pour une de ces femmes peintes par Picasso et que le P.Serge Boulgakov appelait «cadavres de la beauté», peut-?n ressentir le désir de prier devant le carré de Malévitch? L’art abstrait s’exerce sur l’arc-en-ciel retiré de son contexte cosmique. ?n peut admirer son spectre solaire, l’analyser et varier à l’infini ses couleurs, mais il ne réunit plus le ciel et la terre, ne dit rien d’essentiel à l’homme. Or l’arc-en-ciel n’est p?int un jeu de couleur, ni un objet esthétique; selon la Bible, il est le grand symbole de l’alliance entre Dieu et l’homme. Dans l’iconographie, l’arc-en-ciel supporte le corps du Christ-Pantocrator lors de sa venue glorieuse. L’abstractioa coupe les vibrations lumineuses de leur source, de l’Orient liturgique. Que peut-elle révèler à l’homme orant qui se prosterne devant ?’éclair fulgurant du visage divin et dit: «Dans la lumière nous connaîtrons toute lumière…» Le beau n’est pas seulement ce qui plaît; en plus d’une fête pour les yeux, il nourrit l’esprit et l’illumine.

Les expositions montrent que les formes modernes ne se survivent pas. Plus la forme est vide de contenu sensé et plus elle est illimitée dans ses combinaisons, dans ses «comment»; mais .dès qu’elle est appelée à dire «quoi», à révèler une «quiddité», une seule coïncide avec son contenu: c’est que l’illimité des expressions correspond au limité de l’âme. Par contre, l’illimité divin prend la seule et unique expression de l’Incarnation: «Par ?a nature, certes, ?u es illimité, mais ?u as v?ulu, Seigneur, Te limiter sous le voile de la chair». Dans l’unique visage du Christ, Dieu est présent et avec Lui tout l’humain. Le hiératisme des saints, leur immobilité iconographique presque rigide, ce limité extérieur de la forme dévoile l’illimité de leur esprit. De leur position frontale, sans aucun artifice, leur regard, tel le buisson ardent, nous brûle sans n?us consumer.

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Dans sa valeur propre de symbole, l’icone dépasse l’art, mais l’explique aussi. Nous pouvons admirer sans réserve les œuvres des grands Maîtres de tous les siècles et en faire le sommet de l’Art. L’Icone se tiendra un peu à part, comme la Bible se placera au-dessus de la littérature et de la poésie universelles. Sauf quelques exceptions, l’art tout court sera toujours formellement plus parfait que l’art des iconographes car ce dernier, justement, ne cherche pas cette perfection. Son excés même nuirait à l’icone,. risquerait de décentrer le regard intérieur de la révélation du Mystère, comme une poésie excessive et recherchée nuirait à la puissance de la parole biblique. La beauté d’une icone est dans un équilibre hiérarchique d’une extrême exigence. Au-dessous d’une certaine limite et immédiatement, ce n’est plus qu’un simple dessin; au-dessus et suivant le génie contemplatif de l’iconographe, l’icone elle-même impose et rayonne la stricte beauté conforme à son sujet.

Expressif, l’art peut exprimer des contenus différents. Libre, il peut coïncider avec l’icone -telle une toile de Rembrandt-, comme il peut s’éloigner de tout contenu religieux; à la limite, il peut passer à la fonction purement signitive ?u devenir objet esthétique seulement, art pour art, décoration, enfin changer sa nature et cesser d’être un art.

Le grand art figuratif nous apporte la vision transfigurante des Maîtres, ?l saisit la Sophia terrestre dans l’harmonie de ses deux aspects, réel et idéal, la chante et construit le Temple sophianique. Mais celui-ci, pour devenir chair transfigurée, théophanique, doit s’ouvrir consciemment, par la foi et la sainteté de l’homme à la lumière divine, à la Sagesse incrée. La Sophia créée n’est que le miroir ambigu, terni par la chute, de la Gloire et c’est pourquoi l’art lui-même reste profondément ambigu. Pour rencontrer la Beauté face a face, pour atteindre son rayonnement énergétique de grâce, il faut par une trans-ascendance, par un dépassement du sensible et de l’intelligible, franchir les portes secrètes du Temple et c’est l’Icone. Ce n’est plus l’invocation mais la Parousie, la Beauté vient à la rencontre de notre esprit n?n pas pour le ravir mais pour l’ouvrir à la proximité brûlante du Dieu personnel. C’est la descente de la Sagesse céleste qui fait de la Sophia terrestre son rayonnant réceptacle, le Buisson ardent. L’art de l’icone n’est pas autonome, il est inclus dans le Mystère liturgique et ruisselle des présences sacramentelles, ?l fait sienne une certaine «abstraction». Dans sa liberté de composition, il dispose à son gré les éléments de ce monde dans leur soumission totale au spirituel. ?l peut représenter la Vierge aux trois bras, faire marcher un martyr tenant entre ses mains sa propre tête, donner à un f?l en Christ les traits d’un chien, mettre le crâne d’Adam au pied de la Croix, personnifier le cosmos sous la figure d’un vieux roi et le Jourdain en celle d’un pêcheur, renverser la perspective et faire culminer dans un seul point tous les temps et tous les espaces. La lumière ici est plus que l’objet, elle sert de matière colorante pour l’icone, la fait luminescente par elle-même, ce qui rend inutile toute source de lumière, comme dans la Cité de l’Apocalypse.

Sans pouvoir le prouver, il est évident que l’art abstrait s’origine dans l’iconographie, dans les arabesques musulmanes, dans le transcendental. Saisir cette correspondance initiale, c’est raviver la mauvaise conscience réciproque. Certes la beauté fut universellement prostituée et la contemplation fut désacralisée. L’académisme de l’art, ainsi que l’académisme de la théologie et de la prédication, l’académisme de la vie chrétienne ?nt suscité une révolte juste et une recherche passionnée et combien tragique du vrai. Or, toute révolte porte en son cœur sa propre transcendance, l’enfer n’existe que par la lumière qui luit dans les ténèbres; l’espérance du contraire, la dialectique même de la métanoïa infernale constitue la pointe avancée de sa souffrance secrète. L’immense entreprise de démolition inhérente à l’art abstrait est une forme d’ascétisme, de purification, d’aération que nous devons reconnaître avec un respect tremblant. ?l répond à la pureté de l’âme, à la nostalgie de l’innocence perdue, au désir de trouver au moins un rayon ?u un éclat de couleur qui ne soit pas souillé par une figure complice et équivoque d’ici-bas. Son refus des formes de ce monde n’est-il pas, au plus profond de ses soifs, l’exigeance impérieuse du «tout autre». ?l crie l’impossibilité de vivre en artiste dans un monde athée et clos, de s’exercer sur les «natures mortes» qui ne sont plus matière de résurrection. C’est pourquoi l’art moderne est significatif. ?l a apporté la libération de tout préjugé, il a supprimé les ornements et les accessoires, il a démoli les horreurs de l’académisme des siècles récents, il a tué le mauvais goût du VIVe siècle et, en cela, il est rafraîchissant. La forme extérieure est défaite. Maisà~ ce niveau aucune évolution n’est plus possible, la clé des correspondances secrètes est perdue, la rupture entre le sacré transcendant divin et le religieux immanent humain est si radicale qu’?n ne peut plus simplement passer d’un plan à un autre. L’accès à la forme intérieure, «sophianique» et ouranienne, la contemplation par transparence de l’invisible dans le visible est barrée par l’ange à l’épée flamboyante. Seul le baptême de feu peut faire ressuciter l’art dans la lumière des derniers accomplissements (4).

L’arrêt de l’iconographie, dans son élan même, depuis le XVIIe siècle, porte une responsabilité écrasante pour le destin de l’art moderne. Par s?n impasse même, cet art exprime l’attente désespérée d’un miracle. Celui-ci, comme tout miracle, est imprévisible dans sa forme. ?l est peut-être dans le regard virginal d’un saint: dans une poignée d’humus, il voit la trace fulgurante de l’Esprit qui, jadis, de cette terre humide, a sculpté le visage du premier homme afin d’accueillir la lumière du regard divin.

L’iconosophie moderne est appelée plus que jamais à retrouver la puissance créatrice des anciens iconographes et à sortir de l’immobilisme de l’art des «copistes». Si le monde a perdu tout style comme expression de l’universel humain et de la communion spirituelle des âmes, l’image de Dieu aujourd’hui impose le sien afin d’interprêter notre temps à sa lumière. Fidèle à ses origines, mais parcelle de l’éon pentecostal, l’icone saura-t-elle fermer son cercle sacrè sur l’évangile de la Parousie et le visage humain du Dieu trinitaire? La liturgie nous enseigne aujourd’hui plus qu’hier que l’art se décompose n?n pas parce qu’il est enfant de son siècle, mais parce qu’il est réfractaire à ses fonctions sacerdotales: faire l’art théophanique, au cœur des espérances trompées et enterrées, poser l’icone, l’Ange de la Présence. En «robe bariolée» de toutes les couleurs, Beauté sophianique de l’Eglise, son visage est humain: Femme habillée de soleil, «joie de toutes les joies», «celle qui combat toute tristesse» et ruisselle de la tendresse sans déclin.
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NOTES

1. Le Christ byzantin, elkomenos, humili? et souffrant, gravit de lui-m?me la mont?e ultime en Seigneur de toutes choses. S.Jean Chrysostome le dit: «Je regarde le Christ crucifi? et je voie le Roi». Le M?tropolite Philar?te de Moscou precise: «Le P?te est l’amour qui crucifie, le Christ est l’amour crucifi?, l’Esprit.Sain est la puissance invincible de la Croix». Par contre, dans l’art occidental apr?s le XIIIe si?cle, J?sus, l’homme de douleurs, semble au c?ur m?me du dolorisme, ?tre aband?nn? par l’Esprit-Saint comme le Christ d’Andernach, de Cologne, le D?vot Christ de Perpignan. La recherche du r?alisme au XVe si?cle se jette encore plus dans l’image de la souffrance et de la mort et c’est le culte des cinq plaies, du Saint-Sang des instruments de la passion, le Christ abandonn? attendant son supplice, la Vierge de Piti? qu’aucune Colombe ne soutient dans sa blessure.
2. L. Bouyer, Les Catholiques occidentaux et la liturgie bvzantine in Dieu Vivant, No 2l.
3. Or. XXXI, 8. P.G. 36, 141 B.
4. Voir les admirables analyses de Weidl? dans son livre: Les Abeilles d’Arist?e.

LA MANNE DE LA TENDRESSE

13 novembre, 2009

 du site:

http://www.pagesorthodoxes.net/liturgie/liturgie.htm#manne

LA MANNE DE LA TENDRESSE

par Saint Nicolas Cabasilas

L’efficacité de l’Eucharistie consiste, pour ceux qui y prennent part à ce que rien ne leur manque. Conformément à sa promesse, nous demeurons en Christ en communiant à cette table et Christ demeure en nous, car il est écrit : Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui (Jn 6,57).Si Christ demeure en nous, de quoi avons-nous besoin ? Que nous manque-t-il ? Si nous demeurons en Christ, que pouvons-nous désirer de plus ? Il est notre hôte et notre demeure. Heureux sommes-nous d’être Sa maison ! Quelle joie d’être nous-mêmes la demeure d’un tel habitant !

Que manque-t-il à tant de bonheur ? Qu’ont-ils à voir avec le mal, ceux qui resplendissent d’une telle lumière ? Quel mal peut résister à tant de bien ? Plus rien ne peut demeurer ou venir assaillir notre cœur, quand Christ Se manifeste ainsi, en nous. Il nous entoure et pénètre le plus profond de nous-mêmes.

Il est notre refuge. Il nous enserre de tous côtés, pour qu’aucune des flèches qu’on nous lance ne nous atteigne. S’il trouve en nous quelque imperfection, il la repousse et l’expulse. Christ réside en notre demeure et l’emplit totalement de sa présence. Nous participons non à quelque chose de lui, mais à lui-même tout entier. Ce ne sont pas quelques rayons et un peu de lumière que nous recevons, mais bien le disque solaire lui-même. Ainsi, nous l’habitons et lui nous habite au point de ne former avec lui qu’un seul esprit. Immédiatement, âme, corps et toutes nos facultés deviennent  » spirituels « , car ils lui sont intimement unis. Notre âme est unie à son âme, notre corps à son corps et notre sang à son sang.

Le résultat ? C’est que le meilleur l’emporte sur l’inférieur et que le divin éclipse l’humain. Il se produit, alors, ce que Paul dit de la Résurrection : Ce qui est mortel est absorbé par la vie (2 Co 5,4). Plus loin, il ajoute : Si je vis, ce n’est plus moi, mais Christ qui vit en moi (Ga 2,20). Ô grandeur des mystères !

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L’homme de Dieu, Denys [auteur de plusieurs textes mystiques, fin V

 siècle], nous dit que les autres sacrements seraient incomplets et sans capacité de produire leurs propres effets, si on ne leur ajoutait le banquet sacré. Il est donc impossible que les efforts et la justice des hommes puissent les libérer du péché. Ils ne peuvent non plus leur en procurer les autres résultats. Lorsque les pécheurs se repentent de leurs fautes et les confessent aux prêtres, ils se sentent affranchis de tout châtiment de Dieu, leur juge. Ils ne peuvent, cependant, bénéficier pleinement de l’efficacité de cette confession qu’après s’être assis à la Table du banquet.

C’est pourquoi nous sommes baptisés une seule fois alors que nous approchons fréquemment de la Table. Étant hommes, en effet, nous offensons Dieu quotidiennement. Ceux qui veulent être délivrés du péché ont besoin de faire pénitence, il leur faut peiner et triompher du mal. Or, ils ne pourront obtenir cela qu’en y joignant le seul remède à opposer aux péchés des hommes.

Lorsque l’olivier sauvage a été greffé, le bon olivier l’assimile tout entier. Ses fruits ne sont plus alors ceux d’un olivier sauvage. Ainsi, la justice des hommes, par elle-même, ne sert à rien mais dès qu’ils sont unis au corps et au sang du Christ, en y communiant, ils en reçoivent aussitôt les plus grands bienfaits : la rémission des péchés et l’héritage du Royaume : ce sont les fruits de la justice de Christ. De même qu’à la sainte Table nous recevons le corps du Christ, corps puissant à vaincre, de même s’ensuit-il que notre justice se modèle en Christ.

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Ce mystère est une Lumière pour ceux qui ont déjà été purifiés. C’est un moyen de se purifier pour ceux qui le veulent. C’est une onction pour ceux qui engagent le combat contre le Mauvais et les passions. Les premiers n’ont plus qu’à recevoir la Lumière du monde, l’œil débarrassé de ses humeurs. Quant à ceux qui ont encore besoin d’être purifiés, de quel autre moyen peuvent-ils avoir besoin ? Car le sang du Fils de Dieu nous guérit de tout péché (1 Jn 1,7), selon le mot de Jean, le disciple bien-aimé du Christ. En ce qui concerne la victoire sur le Mauvais, qui ne sait que, seul, Christ l’a vaincu ? Son corps est dressé comme seul trophée de victoire sur le péché. Par son corps, Il est à même de secourir ceux qui luttent car c’est en ce corps qu’Il a lui-même souffert et triomphé quand Il fut tenté.

Voilà pourquoi nous avons toujours besoin de cette chair ! Voilà pourquoi nous participons à cette Table ! Ceci, afin que la loi de l’Esprit soit active en nous, et que la vie selon la chair n’ait plus de place et qu’elle ne puisse saisir aucune occasion pour retomber à terre, comme des corps pesants, privés de leur soutien. Pour toutes ces raisons, ce mystère eucharistique est parfait. Ceux qui y communient n’ont pas à chercher ailleurs ce qu’il fournit excellemment.

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Beaucoup s’étonnent : ce mystère qui est plus parfait que les autres semble être moins efficace que le baptême pour libérer du péché. Le baptême nous purifie sans effort de notre part, tandis que l’eucharistie exige notre labeur. Rien ne distingue ceux qui sont purifiés dans le baptême de ceux qui n’ont jamais été souillés. Alors que beaucoup qui communient au banquet eucharistique portent les traces du péché.

Dans les péchés commis, nous remarquons quatre éléments : celui qui a commis le péché, l’acte mauvais, la sanction encourue et l’inclination au mal ainsi introduite en l’âme. Spontanément, en se hâtant vers le baptême, le pécheur doit renoncer au péché. Le reste, la culpabilité et l’attirance pour le mal, est enlevé sans effort par la purification baptismale. Quant au pécheur lui-même, il meurt, pourrait-on dire, dans l’eau baptismale et c’est un homme nouveau que rend le bain.

Le coeur brisé et contrit parce que nous sommes pécheurs, nous recevons le Pain sacré. C’est lui qui libère de la sanction et de la faute, et qui lave notre coeur de son inclination au mal. L’eucharistie ne fait pas mourir le pécheur car elle n’a pas reçu la force de créer à nouveau ! Ainsi, l’eucharistie est sans effet sur un seul des éléments du péché : le pécheur lui-même. Elle lui permet de subsister non plus en tant que justiciable mais comme auteur de son péché. Certains même portent encore les signes de leur maladie et les cicatrices des anciennes blessures ; car ils ne s’en sont pas suffisamment souciés et leur préparation a été insuffisante pour recevoir l’énergie du remède. La purification de l’eucharistie diffère de celle du baptême, car elle ne noie pas le pécheur et ne le recrée pas. Elle purifie certes, en laissant vivre le pécheur et cette purification suppose un effort de sa part. Cela n’est pas dû au sacrement mais à la nature même des choses qui fait que les pécheurs sont purifiés au baptême en étant lavés et dans l’eucharistie, en étant nourris.

Ici, je voudrais parler de l’effort qui nous est demandé. Lors de notre baptême, nous étions dans un état informe et dépourvus de la force requise pour avancer vers le bien. Ce mystère réalise ses effets en nous, comme un don gratuit ! Il ne requiert rien de notre part, car nous ne pouvons rien apporter. La Table sainte, au contraire, est servie alors que nous sommes déjà formés. Nous vivons et nous sommes aptes à nous diriger nous-mêmes. L’eucharistie nous permet d’utiliser l’énergie et les armes qui nous ont été fournies. Grâce à elle, nous pouvons poursuivre le bien, sans y être obligés ou tirés. Nous nous élançons dès lors spontanément comme des athlètes exercés pour la course…

Maintenant que le Soleil s’est levé et que, par ses mystères, sa lumière éclate de toutes parts, rien ne doit retarder notre action et nos efforts. Nous devons manger notre pain à la sueur de notre visage (Gn 3,19). Ce pain, rompu pour nous (1 Co 11,24), est uniquement destiné aux seuls êtres raisonnables. Le Seigneur dit : Travaillez pour la nourriture qui demeure ((Jn 6,27), et par ses paroles, il nous ordonne de ne pas rester oisifs et inactifs, mais de venir à son banquet en travaillant. Paul est formel quand il écarte les paresseux de la table corruptible de cette vie : Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus (2 Th 3,10). Quelles oeuvres devons-nous produire si nous sommes invités à la Table sainte ?

Il nous faut être, personnellement, animés des dispositions requises, et d’abord nous purifier avant de participer à ce sacrement. Cela découle de ce que nous venons d’exposer. L’eucharistie n’est pas inférieure aux autres mystères. Elle l’emporte sur tous par son efficacité.

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Christ rend saints et justes ceux qui lui sont fortement unis. Il les instruit en leur apprenant ce qui est indispensable. Il exerce leur âme à la vertu, transformant en actes ce que le discernement leur fait percevoir, mais plus encore en devenant lui-même pour eux : sagesse, justice, sanctifications (1 Co 1,30).

Ainsi, les fidèles deviennent bienheureux et saints à cause du Bienheureux qui leur est uni. Par lui, eux qui étaient morts ressuscitent et ils deviennent sages, d’insensés qu’ils étaient. Ils sont saints, justes et fils de Dieu au lieu d’être impurs, pervers et esclaves. D’eux-mêmes, par leur nature ou leurs efforts, rien ne leur permettrait de s’attribuer ces titres. En fait, ils sont saints à cause de Celui qui est saint. Ils sont justes et sages à cause de Celui qui est juste et sage et qui demeure en eux. Voilà pourquoi nous devons vivre la vie nouvelle en Christ et faire preuve de droiture. Ce serait obligation impossible si nous n’étions rendus aptes spécialement pour cette vie nouvelle en Christ : Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême […] afin que nous vivions, nous aussi, dans une vie nouvelle (Rm 6.4).

Extrait de Daniel Coffigny,
Nicolas Cabasilas, La Vie en Christ,
Éditions du Cerf, 1993

 

SAINT SILOUANE L’ATHONITE: LE REPENTIRE

13 novembre, 2009

du site:

http://www.pagesorthodoxes.net/metanoia/silouane-repentir.htm

SAINT SILOUANE L’ATHONITE: LE REPENTIRE

Mon âme t’a connu, Seigneur, et j’annonce ta miséricorde à ton peuple. Peuples de la terre, ne vous laissez pas écraser par la dureté de la vie. Luttez seulement contre le péché et demandez l’aide du Seigneur ; il vous la donnera, car il est miséricordieux et nous aime.

Ô peuples de la terre ! C’est avec des larmes que j’écris ces lignes. Mon âme désire que vous connaissiez le Seigneur et que vous contempliez sa miséricorde et sa Gloire. J’ai soixante-douze ans ; je vais bientôt mourir et j’écris pour vous sur la miséricorde de Dieu que le Seigneur m’a donné de connaître par le Saint-Esprit ; et le Saint Esprit m’a appris à aimer tous les hommes. Oh ! que je voudrais vous placer sur une haute montagne pour que, de son sommet, vous, puissiez voir le Visage doux et miséricordieux du Seigneur, et que vos coeurs exultent de joie. Je vous dis la vérité : je ne trouve rien de bon en moi et j’ai commis de nombreux péchés, mais la grâce du Saint-Esprit les a effacés. Et je sais qu’à ceux qui luttent avec le péché, le Seigneur accorde non seulement le pardon, mais encore, la grâce du Saint-Esprit lui réjouit l’âme et lui donne une paix douce et profonde.

Ô Seigneur, tu aimes ta créature. Qui peut comprendre ton amour ou en goûter la douceur, si tu ne m’instruis pas toi-même par ton Esprit Saint !

Je te prie, Seigneur : répands sur les hommes la grâce du Saint-Esprit pour qu’ils puissent connaître ton amour. Réchauffe les coeurs abattus des hommes pour qu’ils te glorifient dans la joie et oublient les douleurs de la terre.

Ô Consolateur béni, je te le demande, les larmes aux yeux : console les âmes attristées des hommes. Donne à tous les peuples d’entendre ta voix leur disant avec douceur :  » Vos péchés vous sont pardonnés « . Oui, Seigneur, il est en ton pouvoir d’accompli des miracles, et il n’y a pas de plus grand miracle que d’aimer le pécheur dans sa chute. Il est facile d’aimer un saint : il en est digne. Oui, Seigneur, écoute la prière de la terre. Tous les peuples sont plongés dans la souffrance ; tous, ils sont abattus par le péché ; tous, ils sont privés de ta grâce et demeurent dans les ténèbres.

Ô peuples de toute la terre ! Invoquons le Seigneur, et notre prière sera exaucée, car le Seigneur se réjouit du repentir des hommes ; toutes les Puissances célestes nous attendent pour que, nous aussi, nous jouissions de la douceur de l’amour de Dieu et puissions voir la beauté de sa Face.

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Lorsque les hommes gardent la crainte de Dieu, la vie sur terre est paisible et douce. Mais, de nos jours, les hommes se sont mis à vivre à leur gré et selon leur propre raison, et ils ont délaissé les saints commandements. Ils pensent trouver la joie sur terre en se passant du Seigneur, ne sachant pas que seul le Seigneur est notre joie et que l’âme de l’homme ne trouve le bonheur que dans le Seigneur. Il réchauffe et vivifie l’âme comme le soleil réchauffe les fleurs des champs, et, comme le vent qui les berce, il leur donne la vie. Le Seigneur nous a tout donné pour que nous lui rendions Gloire. Mais le monde ne le comprend pas. Et comment pourrait-on comprendre ce qu’on n’a ni vu ni goûté ! Moi aussi, lorsque j’étais dans le monde, je pensais que là était le bonheur : jouir de la santé, être beau, riche et aimé des autres. Et j’en étais devenu vaniteux. Mais lorsque je connus le Seigneur par le Saint-Esprit, je me suis mis à regarder tout le bonheur du monde comme de la fumée que le vent emporte. Mais la grâce du Saint-Esprit réjouit l’âme et la remplit d’allégresse, et, dans une paix profonde, elle contemple le Seigneur, oubliant la terre.

Seigneur, fais que les hommes se tournent vers toi, pour que tous ils connaissent ton amour, et que, dans le Saint-Esprit, ils puissent voir ton doux visage ; que tous, déjà sur terre, ils jouissent de cette vision et, voyant comment tu es, deviennent semblables à toi.

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Gloire au Seigneur de ce qu’il nous a donné le repentir, et par le repentir nous serons tous sauvés, sans exception. Seuls ne seront pas sauvés ceux qui ne veulent pas se repentir : c’est en cela que je vois leur désespoir, et je pleure beaucoup par compassion pour eux. Ils n’ont pas connu par le Saint-Esprit combien est grande la miséricorde divine. Mais si toute âme connaissait le Seigneur, savait combien il nous aime, alors personne ne désespérerait et même ne murmurerait jamais. Toute âme qui a perdu la paix doit se repentir, et le Seigneur lui pardonnera ses péchés. Alors la joie et la paix régneront de nouveau dans l’âme. On n’a pas besoin d’autres témoins, car le Saint-Esprit lui-même témoigne que les péchés sont pardonnés. Voici un signe du pardon des péchés : si tu hais le péché, c’est que le Seigneur t’a pardonné tes péchés.

Et qu’attendrions-nous encore ! Que quelqu’un du haut des Cieux nous chante un chant céleste ! Mais au Ciel tout vit par Saint-Esprit, et sur terre le Seigneur nous a donné le même Saint-Esprit. Dans les églises, les services divins sont accomplis par Saint-Esprit ; dans les déserts, sur les montagnes, dans les cavernes et partout, les ascètes du Christ vivent par le Saint-Esprit ; et si nous le gardons, nous serons libres de toutes ténèbres, et la vie éternelle sera dans nos âmes dés ici-bas.

Si tous les hommes se repentaient et gardaient les commandements divins, alors le Paradis serait sur terre, car le  » Royaume Dieu est au-dedans de nous « . Le Royaume de Dieu, c’est le Saint-Esprit, et le Saint-Esprit est le même au Ciel et sur la terre.

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À celui qui se repent, le Seigneur donne le Paradis et le Royaume éternel, et il se donne lui-même. Dans sa grande miséricorde, il ne se souviendra pas de nos péchés, comme il ne s’est pas souvenu de ceux du larron crucifié a côté de lui.

Seigneur, grande est ta miséricorde. Qui saura te rendre grâce comme il convient, de nous avoir donné sur terre le Saint-Esprit ?

Seigneur, grande est ta justice. Tu as promis a tes Apôtres :  » Je ne vous laisserai pas orphelins « . Maintenant, en effet, nous expérimentons cette miséricorde, et notre âme sent que le Seigneur nous aime. Mais celui qui ne le sent pas, qu’il se repente et vive selon volonté de Dieu, et alors le Seigneur lui donnera sa grâce qui guidera son âme. Mais si tu vois un homme qui pèche, et que tu n’as pas de compassion pour lui, alors la grâce t’abandonnera.

Il nous a été commandé d’aimer ; l’amour du Christ a pitié de tous les hommes, et le Saint-Esprit apprend à l’âme à observer les commandements divins, et lui donne les forces pour accomplir le bien.

Esprit Saint, ne nous abandonne pas. Quand tu es avec nous, l’âme entend ta présence et elle trouve en Dieu sa béatitude, car tu nous enflammes d’amour pour Dieu.

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Le Seigneur a tant aimé les hommes qu’il les a sanctifiés par le Saint-Esprit et les a rendus semblables à lui. Le Seigneur est miséricordieux, et à nous aussi le Saint-Esprit donne le pouvoir d’être miséricordieux. Frères, humilions-nous et gagnons par le repentir un coeur compatissant. Alors nous verrons la Gloire du Seigneur , c’est par la grâce du Saint-Esprit que l’âme et l’esprit la connaissent.

Celui qui se repent vraiment est prêt a supporter toutes sortes de souffrances : faim et dénuement, froid et chaleur, maladie et pauvreté, mépris et persécution, injustice et calomnie, – car son âme s’élance vers le Seigneur dans une prière pure, oubliant ce qui est sur terre. Mais celui qui est attaché à ses biens et à l’argent ne pourra jamais avoir l’esprit pure en Dieu, parce que dans son âme se trouve cette constante préoccupation : que faire de cet argent ? S’il ne se repent pas sincèrement et ne s’afflige pas d’avoir offensé Dieu, il mourra dans sa passion sans avoir connu Dieu.

Lorsqu’on te prend ce que tu as, donne-le, car amour divin ne peut rien refuser ; mais celui qui n’a pas connu l’amour ne peut être miséricordieux, parce que la joie de l’Esprit Saint n’est pas dans son âme.

Si, par ses souffrances, le Seigneur nous a donné sur terre le Saint-Esprit de la part du Père, nous a donné son Corps et son Sang, il est évident qu’il nous donnera aussi tout le reste dont nous avons besoin. Abandonnons-nous à la volonté de Dieu ; nous verrons alors la Providence divine, et le Seigneur nous donnera même ce que nous n’attendons pas. Mais celui qui ne s’abandonne pas a la volonté de Dieu, ne pourra jamais voir sa Providence à notre égard.

N’allons pas nous affliger de la perte de nos biens : l’affaire n’en vaut pas la peine. C’est mon propre père qui m’a appris cela. Quand un malheur arrivait à la maison, il restait calme. Un jour, notre maison brûla et les gens disaient :  » Ivan Petrovitch, cet incendie t’a ruiné « . Mais, lui il répondait :  » Avec l’aide de Dieu, je m’en remettrai « . Un jour que nous longions notre champ, je lui dis :  » Regarde, on nous a volé des gerbes de blé « , et il me répondit : » Eh quoi ! mon petit, le Seigneur a fait pousser le blé pour nous ; nous en avons assez. Mais si quelqu’un vole, c’est qu’il a besoin de manger « . Il m’arrivait de lui dire :  » Tu donnes beaucoup d’aumônes, mais là-bas, ils vivent mieux que nous et donnent moins « . Mais il me répondait :  » Eh bien ! le Seigneur nous donnera ce qu’il faut.  » Et le Seigneur n’a pas déçu son espérance.

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Dès qu’un homme miséricordieux se repent, le Seigneur lui pardonne ses péchés. Celui qui est miséricordieux ne se souvient pas du mal. Même si on l’offense ou si on lui prend ce qui lui appartient, il reste calme, car il connaît la miséricorde du Seigneur; et cette miséricorde du Seigneur, personne ne peut nous en priver, car elle vient d’en haut, elle est auprès de Dieu.

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Tous les hommes chastes et humbles, obéissants, sobres et se repentant de leurs péchés sont montés aux Cieux ; ils voient notre Seigneur Jésus Christ dans la Gloire, entendent les hymnes des Chérubins et ne se souviennent plus de la terre. Mais nous, sur terre, nous sommes agités comme la poussière que soulève le vent, et notre esprit reste attaché aux choses terrestres.

Oh ! que mon esprit est faible ! Comme une petite bougie, un léger souffle suffit pour l’éteindre ; mais l’esprit des Saints était enflammé comme le Buisson ardent, et ne craignait aucun vent. Qui me donnera une ferveur telle que, ni le jour, ni la nuit, l’amour du Seigneur ne me laisse de repos ! L’amour du Seigneur est brûlant. Pour lui, les saints supportaient toutes les souffrances et obtenaient le pouvoir d’accomplir des miracles. Ils guérissaient les malades, ressuscitaient les morts, marchaient sur les eaux, étaient soulevés dans les airs à l’heure de la prière ; par leur prière, ils faisaient tomber la pluie du ciel. Mais moi, ce n’est que l’humilité et l’amour du Christ que je voudrais apprendre, afin de ne blesser personne et de prier pour tous les hommes comme pour moi-même.

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Malheur à moi ! Moi qui aime si peu Dieu, j’écris sur l’amour de Dieu. C’est pourquoi je suis triste et affligé comme Adam lorsqu’il fut chassé du Paradis ; je sanglote et je crie :

 » Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de ta créature tombée. Combien de fois m’as-tu donné ta grâce, mais à cause de ma vanité je ne l’ai pas gardée. Pourtant mon âme te connaît, toi, mon Créateur et mon Dieu. C’est pourquoi je te cherche en pleurant, comme Joseph qui pleurait son père Jacob sur la tombe de sa mère, lorsqu’il fut emmené comme esclave en Égypte.

 » Je t’offense par mes péchés, tu te retires de moi, et mon âme languit après toi.

 » Ô Esprit Saint, ne m’abandonne pas. Lorsque tu t’éloignes, de mauvaises pensées s’approchent de moi, et mon âme tout en larmes languit après toi.

 » Ô Toute-Sainte Souveraine, Mère de Dieu, tu vois ma tristesse : j’ai offensé le Seigneur et il m’a abandonné. Mais j’implore ta bonté : sauve-moi, moi qui suis une créature de Dieu tombée dans le péché ; sauve-moi, ton serviteur « .

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Si tu penses du mal d’autrui, c’est le signe qu’un esprit mauvais vit en toi et qu’il t’inspire ces mauvaises pensées contre les gens. Et si quelqu’un meurt sans se repentir et sans pardonner à son frère, alors son âme descendra là où séjourne l’esprit mauvais qui la domine.

Nous avons cette loi : si tu pardonnes, cela signifie que le Seigneur t’a pardonne ; mais si tu ne pardonnes pas à ton frère, cela signifie que ton péché demeure en toi.

Le Seigneur veut que nous aimions notre prochain. Si tu penses que le Seigneur l’aime, cela veut dire que l’amour du Seigneur est avec toi. Si tu penses que le Seigneur aime beaucoup sa créature, si, toi-même, tu as de la compassion pour toute créature et aimes tes ennemis, et si, en même temps, tu t’estimes le pire des hommes, cela indique que la grande grâce du Saint-Esprit est avec toi.

L’homme qui porte en lui le Saint-Esprit, même si ce n’est pas en plénitude, souffre pour tous les hommes jour et nuit ; son coeur est plein de compassion pour toute créature de Dieu et surtout pour les hommes qui ne connaissent pas Dieu ou s’opposent à lui, et qui, pour cette raison, iront dans le feu des tourments. Il prie pour eux jour et nuit, plus que pour lui-même, afin que tous se repentent et connaissent le Seigneur.
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Le Christ a prié pour ceux qui le crucifiaient :  » Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font « . Étienne, le premier diacre, priait pour ceux qui le lapidaient afin que le Seigneur ne leur compte pas ce péché. Et nous, si nous voulons garder la grâce, nous devons prier pour les ennemis. Si tu n’as pas de compassion pour le pécheur qui sera tourmenté dans le feu, c’est le signe que ce n’est pas la grâce du Saint-Esprit qui est en toi, mais bien un esprit mauvais ; et tant que tu es encore en vie, efforce-toi, par le repentir, de te libérer de lui.

Extrait de Starets Silouane : Moine du Mont Athos -
Vie – Doctrine – Écrits, par l’Archimandrite Sophrony
(Éditions Présence, Sisteron, 1973).

LA SOLITUDE, MALEDICTION OU GRACE ?

5 novembre, 2009

du site:

http://www.orthodoxa.org/FR/orthodoxie/societe/solitude.htm

LA SOLITUDE, MALEDICTION OU GRACE ?

par le Père Boris BOBRINSKOY

La méditation qui suit en forme d’Acathiste « pour ceux qui sont seuls » m’a interpellé et j’ai pensé bon de la communiquer aux lecteurs du Bulletin.
L’homme est un être de communion et de partage et le besoin d’aimer et d’être aimé est gravé au cœur même de l’existence. Le démon est ce «diviseur» (diabolos) qui contrecarre l’œuvre permanente de «réunion», de rassemblement de Dieu, car Jésus est venu «pour rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés» (Jn 1 1,52). Le lien de l’Esprit sera ce ciment qui nous reliera les uns aux autres comme les pierres précieuses de la Cité céleste, la Nouvelle Jérusalem. Eloignés du Père et orphelins sur une terre hostile, nous devenons étrangers les uns aux autres, frères ennemis, Caïn en puissance. C’est ainsi que nous nous immergeons dans la solitude qui pèse comme une malédiction, comme une fatalité insupportable, l’enfer ici sur terre.
Et pourtant, du fond de l’abîme, du puits de perdition, je crie vers Toi, Seigneur, j’appelle mes frères les hommes. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-Tu abandonné ? ». Le solitaire fait sien ce cri du Crucifié, et son cri atteint le marchepied du Trône du Père. Et Dieu essuiera toute larme de son visage.
Mais il y a une autre forme de solitude, celle de la destinée acceptée, du choix conscient et volontaire, issu d’une soif d’absolu, de face à face avec l’Unique, avec le Bien-Aimé. « Aussi, Je vais la séduire, la conduire au désert, et parler à son cœur » (Os 2, 16), dit le Seigneur à Israël. Toute vie chrétienne comporte, de manière souvent cachée et même ignorée, cette dimension de seul à seul, car pour devenir un être de communion et s’éveiller à l’amour, il faut non moins être unique, irréductible à la multitude. Tel est le secret de la personne qui ne peut se réduire ni se fondre dans la foule, mais qui, dans le silence de la nuit se laisse envahir par la Présence du Tout-Autre, de Celui qui vient d’ailleurs et qui nous arrache à notre finitude. La solitude devient alors un chemin de croix et de lumière, pour que mon « moi » meure et que ce ne soit plus moi qui vive, mais le Christ en moi. Alors la puissance de l’amour me pousse en dehors de mon enclos, à la rencontre de l’autre, surtout du pauvre et du solitaire. Et celui-ci devient proche, l’ennemi ami, l’étranger hôte à notre table. Notre cœur se dilate, nos bras s’étendent, à l’image de Celui qui, les bras étendus sur la Croix, a attiré tous les hommes à Lui.

Père BORIS

ACATHISTE POUR CEUX QUI SONT SEULS

Kondakion 1: 0 Jésus-Christ, chef vainqueur dans la guerre contre Satan, ressuscité hors du tombeau, viens Toi-même au secours de ceux qui T’invoquent avec larmes, courbés sous le joug de la solitude, et qui pourtant ne cessent de Te chanter: Alléluia
 
Ikos 1 : Toi qui diriges la cohorte des anges, pour les envoyer au service des hommes, pour en faire les messagers de la paix et de la joie ; Toi qui, du sein du ciel, suis le déroulement de toutes choses, souviens-Toi de ceux que le sort a placés dans la solitude et qui, dans la nuit qu’est leur vie, T’appellent avec leur âme Jésus, bannière de ceux qui espèrent, cuirasse de ceux qui croient ; Jésus, abri de ceux qui fuient Jésus ; bouclier de ceux qui craignent, aie pitié, Jésus, pour les solitaires.
 
Kondakion 2 : Agar autrefois chassée par le patriarche, pleurait avec son fils, ne trouvant point de puits. Tu envoyas ton ange et lui donnas à boire, et elle Te chantait : Alléluia.
 
lkos 2 : La raison est près de sombrer quand elle veut comprendre pourquoi il faut subir certaines destinées. Voici d’abord l’enfant privé de père. Toi qui as dit : je ne vous laisserai point orphelins, Jésus, n’oublie pas celui qui sentira toute sa longue vie le vide dans son cœur. C’est ainsi qu’il s’adresse à Toi : Jésus, remède des malades ; Jésus, force des faibles ; Jésus, pacificateur des tempêtes ; Jésus, défenseur des esclaves ; aie pitié, Jésus, pour les solitaires.
 
Kondakion 3 : Job, le puissant et riche seigneur, est dévasté par le souffle du diable. Cependant il demeure ferme et dit à l’Eternel malgré tout : Alléluia.
 
lkos 3 : Le plus triste spectacle que nous offre le monde, c’est la mère assistant à la mort de son fils. Consumé par la maladie ou frappé par la guerre, fusillé par l’ennemi ou écrasé sous la machine, lapidé pour sa foi comme Etienne, auréolé comme lui d’amour pour celui que nous supplions : Jésus, myrrhe dans la souffrance Jésus, baume des plaies ; Jésus, coussin où reposer sa tête ; Jésus, manteau où réchauffer son être aie pitié, Jésus, pour les solitaires.
 
Kondakion 4 : Jérémie le prophète, mélancoliquement médite sur la ruine de son pays natal. Il vit seul, entouré de railleurs, et pourtant clame : Alléluia.
 
Ikos 4 : Lourde est la vie pour la veuve ou le veuf. Pour eux, le jour n’a plus qu’une demi-lumière et les soirs sont difficiles, quand il faut, une fois de plus, coucher avec une ombre. Aussi, entends leurs voix, qui Te disent : Jésus, confident des incompris ; Jésus, raison de ceux qui manquent de conseil ; Jésus, gardien de ceux qui sont tentés ; Jésus, phare de ceux qui se noient ; aie pitié, Jésus, pour les solitaires.
 
Kondakion 5 : Jésus abandonné sur la croix, qu’est-ce ceci ? Jésus mourant, puis mort, puis mis dans un linceul, Jésus enseveli ! Oh ! crions, nous, fidèles, crions avec les saintes femmes : Alléluia.
 
Ikos 5 : Solitaire est l’apatride. En perdant sa patrie, il a perdu comme un nid tiède. Il doit, tel l’oiseau migrateur, toujours refaire ses bagages, toujours partir, toujours essayer de durer, mais l’existence est pour lui provisoire. Il n’attend plus rien que le Christ qu’il prie doucement ainsi : Jésus, bâton de route qui donne du courage ; Jésus, avocat des causes perdues ; Jésus, repas de l’affamé ; Jésus, boisson apaisant le mal du pays ; aie pitié, Jésus, pour les solitaires.
 
Kondakion 6 : Le Christ a connu l’amitié, mais aussi la trahison ; Il a connu l’amour spirituel, mais n’a jamais connu l’amour charnel. Il a connu la solitude humaine, mais Il n’était pas seul, car le Père était avec lui : Alléluia.
 
Ikos 6 : Elle est là ; c’est sa seule tâche. Elle file et songe ; elle tisse et aime ; elle coud et pleure. Son travail est vain. Ce qu’elle fait n’est pour personne. Son amour reste sans réponse ; sa capacité de donner déborde, certes, mais de misère et non de plénitude. Et parmi ses semblables la plus pauvre est cette femme qui vend son corps pour le plaisir parce que nul n’a voulu de son âme. Jésus, Toi qui as pardonné à la prostituée ; Jésus, Toi qui as conversé avec Marie ; Jésus, Toi qui as souri à ta mère Jésus, Toi qui as aimé Jean ; aie pitié, Jésus, pour les solitaires.
 
Kondakion 7 : Le Christ a guéri le paralytique, Il a ouvert les yeux des aveugles, Il a fait entendre les sourds, Il a purifié les lépreux. Nous chantons avec eux : Alléluia.
 
lkos 7 : Isolés par le mal incurable, le paralysé et l’infirme sont relégués loin de la société. Le temps pour eux s’écoule goutte à goutte. Dans le sanatorium, le tuberculeux tousse et tousse encore et meurt. Et le vieillard à l’hôpital espère en vain une visite. Ils T’implorent aveuglément : Jésus, à la voix si agréable à entendre ; Jésus, au visage si beau à voir ; Jésus, à la main au toucher si tendre Jésus, au nom si simple à prononcer; aie pitié, Jésus, pour les solitaires.
 
Kondakion 8 : Jean le Précurseur habita dans le désert, prêcha la repentance, fut conduit en prison, et à la fin fut décapité. Mais en voyant l’agneau porteur de nos Péchés, il s’écria : Alléluia.
 
lkos 8 : Le prisonnier dans sa cellule regarde avec angoisse vers le petit coin de ciel bleu qui lui reste. Tourmenté par les remords et banni de l’humanité, heureux s’il peut, du fond du désespoir, s’écrier vers le Seigneur : Jésus, Toi qui es venu sauver les pécheurs ; Jésus, Toi qui as ouvert au brigand l’accès du Paradis ; Jésus, Toi qui as brisé les verrous de l’enfer ; Jésus, Toi qui intercèdes pour tous auprès de Dieu aie pitié, Jésus, pour les solitaires.
 
Kondakion 9 : Remplis de l’Esprit, les apôtres parcourent la terre ; ils répandent l’Evangile et réunissent l’Eglise, chantant : Alléluia.
 
lkos 9 : Mais Tu les connais, Jésus, les vies de Tes serviteurs ! Que de luttes cachées ! En eux-mêmes, combien d’âpres discussions entre Ta volonté et leur volonté propre ! Que d’efforts pour surmonter tout désir de vengeance quand l’hostilité les entoure ! Quels travaux inouïs quand ils sont les premiers à porter Ton message dans un pays nouveau ! Pionniers poussés par l’Esprit, ils souffrent des douleurs indicibles de l’Esprit. Aussi souviens-Toi d’eux et de leurs prières ; Jésus, sagesse des fous pour Toi ; Jésus, pardon à ceux qui outragent ; Jésus, science des ignorants ; Jésus, joie de sauver des âmes ; aie pitié, Jésus, pour les solitaires.
 
Kondakion 10 : Jean à Patmos est retiré dans la caverne, et là, contemplant les mystères, apprend de Toi les dernières révélations ; émerveillés avec lui, chantons : Alléluia.
 
Ikos 10 : L’âme vierge fuit le monde, se cache dans la solitude, théologise et prie, dans un tête-à-tête avec Dieu. Le silence est son frère, et la paix s’établit dans le cœur qui loue avec attendrissement. Jésus, désiré de mon âme ; Jésus, aimé de mon esprit ; Jésus, trésor de ma vie ; Jésus, pourpre de mon être ; aie pitié, Jésus, pour les solitaires.
 
Kondakion 11 : Le Christ au tombeau repose. Trois jours et trois nuits, il dort, confiant en la délivrance de Pâques, où éclatera sa gloire : Alléluia.
 
Ikos 11 : Celui qui va mourir sent s’approfondir l’espace. Il entrevoit l’infinité des mondes. Le temps commence à s’effacer, et l’éternité à s’éclairer. Quittant la terre, l’âme s’envoie, éprouvant, à l’instant de la mort, une solitude totale ; délaissant en effet les siens et n’ayant pas touché encore l’héritage céleste. Destinés comme elle à mourir, disons de toute notre âme, disons : Jésus, sérénité de l’abandon entre Tes mains ; Jésus, consolation des endeuillés ; Jésus, certitude de la Résurrection ; aie pitié, Jésus, pour les solitaires.
 
Kondakion 12 : Il y aura, dans la suite des temps, un grand concours de tous les peuples, à Sion, la ville du grand Roi. Et l’Eglise servant le Christ avec les anges chantera : Alléluia.
 
Ikos 12 : Donne, Seigneur, aux solitaires, à ceux que leurs nations vomissent, à ceux que leurs douleurs éloignent des satisfaits, donne à tous ceux dont les souffrances sont doublées par la solitude, donne le repos dès ce monde, donne ta paix plus forte que le monde. Leur faisant découvrir en Toi le plus solitaire des hommes, donne-leur ta compagnie au long de leur chemin terrible. S’ils sont en croix, accorde-leur de se savoir crucifiés avec Toi ; et de même que le Père demeurait par amour avec Toi, parce que Tu lui obéissais, donne à Tes serviteurs mutilés dans leur âme de connaître eux aussi la solitude avec le Père, dans l’obéissance à leur Croix. Jésus sauveur, sauve-moi Jésus Roi, règne sur moi ; Jésus Maître, instruis-moi ; Jésus, Fils de l’Homme, sois un frère pour moi aie pitié, Jésus, pour les solitaires.
 
Kondakion 13 : Jésus, Fils de Dieu descendu dans le monde pour chercher la brebis perdue, pour la mettre sur Tes épaules et la ramener au bercail, entends et exauce notre plainte, à nous qui souffrons à mourir; délivrés de la souffrance, nous Te chanterons, unanimes, un exultant : Alléluia.

Bulletin de la Crypte N° 270 Février 1999
Communauté orthodoxe française de la Sainte Trinité

SAINT SILOUANE L’ATHONITE: L’AMOUR DES ENNEMIS

4 novembre, 2009

du site:

http://www.pagesorthodoxes.net/saints/silouane/silouane-amour.htm

SAINT SILOUANE L’ATHONITE: L’AMOUR DES ENNEMIS

Celui qui n’aime pas ses ennemis ne peut connaître le Seigneur
ni la douceur de l’Esprit Saint

Oh ! que la miséricorde de Dieu pour nous est immense !

Beaucoup d’hommes riches et puissants donneraient cher pour voir le Seigneur ou sa Très-Pure Mère ; pourtant, ce n’est pas à la richesse que Dieu se manifeste, mais à l’âme humble.

Et pour quoi l’argent ? Saint Spiridon transforma un serpent en or ; nous, nous n’avons besoin de rien, sauf du Seigneur : en lui est la plénitude de la vie.

Si le Seigneur ne nous a pas donné de connaître le secret de nombreuses choses de ce monde, c’est que nous n’en avions pas besoin. Nous ne pouvons pas, par notre seule intelligence, connaître toute la création.

Mais le Créateur du Ciel et de la terre et de tout ce qui existe nous accorde de le connaître par le Saint-Esprit. Dans le même Saint-Esprit nous connaissons la Mère de Dieu, les anges et les saints, et note esprit brûle d’amour pour eux.

Mais celui qui n’aime pas ses ennemis, ne peut connaître le Seigneur ni la douceur de l’Esprit Saint.

Saint-Esprit apprend à tant aimer les ennemis que l’on aura compassion d’eux comme de ses propres enfants.

Il y a des hommes qui souhaitent la damnation et les tourments dans le feu de l’enfer à leurs ennemis ou aux ennemis de l’Église. Ils pensent ainsi parce qu’ils n’ont pas appris du Saint-Esprit à aimer Dieu. Celui qui l’a appris, verse des larmes pour le monde entier.

Tu dis :  » C’est un criminel, qu’il aille donc brûler dans le feu de l’enfer.  » Mais je te demande :  » Si Dieu te donnait une bonne place dans le Paradis et que, de la, tu voies dans le feu celui auquel tu as souhaité les tourments, n’aurais-tu pas alors pitié de lui, quel qu’il soit, même s’il est un ennemi de l’Église ? « 

Ou bien aurais-tu un cœur de fer ? Mais dans le Paradis on n’a pas besoin de fer. Là, on a besoin de l’humilité et de l’amour du Christ, qui a compassion de tous.

Celui qui n’aime pas ses ennemis n’a pas la grâce de Dieu.

Seigneur, apprends-nous par ton Esprit Saint
à aimer nos ennemis et à prier pour eux avec des larmes.
Seigneur, répands l’Esprit Saint sur la terre
afin que tous les peuples te connaissent et apprennent ton amour.
Seigneur, comme tu as prié pour tes ennemis,
ainsi apprends-nous, à nous aussi, par l’Esprit Saint, à aimer nos ennemis.
Seigneur, tous les peuples sont l’œuvre de tes mains ; détourne-les de la haine
et du mal vers le repentir pour que, tous, ils connaissent ton amour.
Seigneur, tu as donné le commandement d’aimer les ennemis,
mais cela nous est difficile, à nous autres pécheurs, si ta grâce n’est pas avec nous.
Seigneur, répands ta grâce sur la terre ;
donne à tous les peuples de la terre de connaître ton amour,
de connaître que tu nous aimes comme une mère,
et plus qu’une mère : une mère peut oublier son enfant,
mais, toi, tu n’oublies jamais, car tu aimes sans mesure ta créature,
et l’amour ne peut oublier.
Seigneur miséricordieux, dans la richesse de ta bonté, sauve tous les peuples. (p. 259)

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 Si nous prenons l’habitude de prier de tout notre cœur
pour nos ennemis et de les aimer,
la paix demeurera toujours dans nos âmes

Gloire au Seigneur, car il ne nous a pas laissés orphelins, mais nous a envoyé sur la terre le Saint-Esprit. L’Esprit Saint enseigne à l’âme un profond amour pour les hommes et la compassion pour tous les égarés. Le Seigneur a eu pitié de ceux qui s’étaient perdus et a envoyé son Fils unique pour les sauver. Le Saint-Esprit enseigne cette même compassion pour ceux qui vont en enfer. Mais celui qui n’a pas reçu le Saint-Esprit ne désire pas prier pour ses ennemis.

Abba Paissios priait pour un de ses disciples qui avait rejeté le Christ, et, pendant qu’il priait, le Seigneur lui apparut et dit :  » Paissios, pour qui pries-tu ? Ne sais-tu pas qu’il m’a renié ?  » Mais le saint continuait d’avoir compassion de son disciple, et alors le Seigneur lui dit :  » Paissios, par ton amour tu t’es assimilé à moi. « 

C’est ainsi que nous trouvons la paix, et il n’y a pas d’autre voie.

Si un homme prie et jeûne beaucoup mais n’a pas d’amour pour les ennemis, il ne peut posséder la paix de l’âme. Et moi, je ne pourrais pas en parler si le Saint-Esprit ne m’avait pas enseigné cet amour.

Il faut reprendre son frère avec douceur et amour. On perd la paix même pour une seule pensée de vanité. S’élever au-dessus de son frère, juger quelqu’un, reprendre son frère sans douceur et sans amour, manger beaucoup ou prier avec mollesse, tout cela fait perdre la paix.

Si nous prenons l’habitude de prier de tout notre cœur pour nos ennemis et de les aimer, la paix demeurera toujours dans nos âmes mais si nous prenons en haine notre frère ou si nous le jugeons, notre esprit s’obscurcira, et nous perdrons la paix et notre confiante approche de Dieu. (p. 292)

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 C’est une grande œuvre devant Dieu que de prier
pour ceux qui nous offensent et qui nous font souffrir

Question : comment celui qui remplit une charge peut-il garder la paix quand ses subordonnés sont désobéissants ?

C’est dur et douloureux pour lui. Pour garder la paix, il doit se souvenir que, même si ses hommes ne sont pas obéissants, le Seigneur les aime malgré tout, qu’il est mort dans les souffrances pour leur salut, et qu’il faut donc prier pour eux avec ardeur. Alors le Seigneur donnera la prière à celui qui prie ; tu sauras par expérience comment l’esprit de celui qui prie s’approche de Dieu avec confiance et amour, et, bien que tu sois un homme pécheur, le Seigneur te donnera de goûter les fruits de la prière. Si tu prends l’habitude de prier ainsi pour tes subordonnés, ton âme connaîtra une profonde paix et un grand amour.

Question : comment un subordonné peut-il garder la paix de l’âme s’il a pour supérieur un homme violent et méchant ?

Un homme coléreux endure lui-même une grande souffrance provoquée par un esprit mauvais. Il subit ce tourment à cause de son orgueil ; le subordonné, quel qu’il soit, doit le savoir et prier pour l’âme malade de son supérieur. Le Seigneur voyant sa patience, lui accordera – au subordonné – le pardon de ses péchés et la prière incessante. C’est une grande œuvre devant Dieu que de prier pour ceux qui nous offensent et qui nous font souffrir. En retour, le Seigneur te donnera sa grâce, tu connaîtras le Seigneur par le Saint-Esprit et tu supporteras avec joie toutes les afflictions à cause de lui. Le Seigneur te donnera d’aimer le monde entier ; tu désireras ardemment le bien pour tous les hommes et tu prieras pour tous comme pour toi-même. (p. 294)

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 Le Seigneur nous a dit : Aimez vos ennemis,
et celui qui aime ses ennemis est semblable au Seigneur

Mais on ne peut aimer ses ennemis que par la grâce du Saint-Esprit. C’est pourquoi, dès

que quelqu’un t’a blessé, prie Dieu pour lui, et tu garderas la paix et la grâce divine. Mais si tu murmures contre ton supérieur et le critiques, tu deviendras toi-même irascible comme lui.

Nous ne pouvons pas avoir la paix si nous ne demandons pas de tout notre être au Seigneur de nous donner la force d’aimer tous les hommes. Le Seigneur savait que si nous n’aimions pas nos ennemis, nous n’aurions pas la paix dans l’âme ; et c’est pourquoi il nous a donné ce commandement :  » Aimez vos ennemis.  » Si nous n’aimons pas nos ennemis, notre âme ne se trouvera dans un certain calme que par moments ; mais si nous les aimons, la paix demeurera jour et nuit dans notre âme.

Veille dans ton âme à la paix donnée par la grâce de l’Esprit Saint ; ne la perds pas pour des futilités. Si tu donnes la paix à ton frère, le Seigneur te donnera incomparablement plus ; mais si tu causes de la peine à ton frère, alors, à coup sur, l’affliction s’abattra aussi sur ton âme.

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 Si tu pardonnes, cela signifie que le Seigneur t’a pardonné ;
mais si tu ne pardonnes pas à ton frère,
cela signifie que ton péché demeure en toi

Si tu penses du mal d’autrui, c’est le signe qu’un esprit mauvais vit en toi et qu’il t’inspire ces mauvaises pensées contre les gens. Et si quelqu’un meurt sans se repentir et sans pardonner à son frère, alors son âme descendra là où séjourne l’esprit mauvais qui la domine.

Nous avons cette loi : Si tu pardonnes, cela signifie que le Seigneur t’a pardonné ; mais si tu ne pardonnes pas à ton frère, cela signifie que ton péché demeure en toi.

Le Seigneur veut que nous aimions notre prochain. Si tu penses que le Seigneur l’aime, cela veut dite que l’amour du Seigneur est avec toi. Si tu penses que le Seigneur aime beaucoup sa créature, si, toi-même, tu as de la compassion pour toute créature et aimes tes ennemis, et si, en même temps, tu t’estimes le pire des hommes, cela indique que la grande grâce du Saint-Esprit est avec toi.

L’homme qui porte en lui le Saint-Esprit, même si ce n’est pas en plénitude, souffre pour tous les hommes jour et nuit ; son cœur est plein de compassion pour toute créature de Dieu et surtout pour les hommes qui ne connaissent pas Dieu ou s’opposent à lui, et qui, pour cette raison, iront dans le feu des tourments. Il prie pour eux jour et nuit, plus que pour lui-même, afin que tous se repentent et connaissent le Seigneur. (p.323)

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 Celui qui blâme les hommes mauvais
et ne prie pas pour eux
ne connaîtra jamais la grâce de Dieu

Bien des saints martyrs ont connu le Seigneur et son secours au milieu des supplices. Bien des moines accomplissent de grands exploits ascétiques et supportent de pénibles labeurs par amour du Seigneur ; eux aussi, ils ont connu le Seigneur et luttent pour vaincre les passions qui vivent en eux. Ils prient pour l’univers entier, et la grâce divine leur apprend à aimer les ennemis. Celui qui ne les aime pas ne peut pas connaître le Seigneur qui est mort sur la Croix pour ses ennemis. Il nous a laissé en lui-même un exemple à suivre et nous a donné le commandement d’aimer nos ennemis.

Le Seigneur est Amour. Il nous a commandé de nous aimer les uns les autres et d’aimer nos ennemis ; et le Saint-Esprit nous révèle amour.

L’âme qui n’a pas connu le Saint-Esprit ne comprend pas comment on peut aimer ses ennemis, et ne l’accepte pas. Mais le Seigneur a de la compassion pour tous les hommes, et celui qui veut être avec le Seigneur doit aimer ses ennemis.

Celui qui a connu le Seigneur par le Saint-Esprit devient semblable au Seigneur, comme l’a dit Jean le théologien : Nous serons semblables à lui, car nos le verrons tel qu’il est, et nous verrons sa Gloire.

Tu dis que nombreux sont ceux qui endurent toutes sortes de maux et ont à souffrir de la malice des hommes. Mais je te le demande, humilie-toi sous la forte main de Dieu, et alors la grâce t’instruira, et, toi-même, tu voudras souffrir par amour du Seigneur. Voilà ce que te révélera l’Esprit Saint que nous avons connu dans l’Église.

Mais celui qui blâme les hommes mauvais et ne prie pas pour eux ne connaîtra jamais la grâce de Dieu. (p. 326)

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Je supplie continuellement le Seigneur
de me donner l’amour des ennemis

Tu es bon, Seigneur.
Je rends grâce à ta miséricorde :
Tu as répandu sur moi ton Esprit Saint, et tu m’as donné de goûter ton amour pour moi
qui suis un si grand pécheur, et mon âme s’élance vers toi, Lumière inaccessible.

Qui pourrait te connaître, si toi, le Miséricordieux,
tu ne daignais pas te révéler à l’âme ?
Elle t’a vu et elle a reconnu son Créateur et son Dieu.
Mon âme désire insatiablement être toujours avec toi,
car tu l’as attirée vers toi par ton amour ; et mon âme a connu ton amour.

Tu vois, Seigneur, combien l’âme de l’homme est faible et pécheresse ;
mais toi, le Miséricordieux, tu donnes à l’âme la force de t’aimer.
L’âme craint de perdre l’humilité que les ennemis essaient de lui enlever,
car alors ta grâce abandonne l’âme.

Que donner en retour à mon Seigneur?

Je suis abominable, le Seigneur le sait ; mais j’aime humilier mon âme et aimer mon prochain, même quand il m’a offensé. Je supplie continuellement le Seigneur de me donner l’amour des ennemis. Par la miséricorde de Dieu, j’ai saisi ce qu’est l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Jour et nuit, je demande au Seigneur cet amour ; le Seigneur me donne des larmes et je pleure pour le monde entier, Mais si je juge quelqu’un ou le regarde de travers, les larmes tarissent et mon âme tombe dans l’abattement ; et, de nouveau, je commence à demander pardon au Seigneur, et le Seigneur miséricordieux me pardonne, à moi pécheur.

J’écris, frères, devant la Face de mon Dieu : humiliez vos cœurs et vous verrez déjà sur terre la miséricorde du Seigneur. Vous connaîtrez votre Créateur céleste, et votre âme ne se rassasiera pas d’aimer. (p. 332)

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 Force ton cœur à aimer tes ennemis ;
le Seigneur, voyant ta bonne intention, t’aidera en tout,
et l’expérience elle-même t’instruira

À moins de prier pour les ennemis, l’âme ne peut pas avoir de paix. L’âme à laquelle la grâce de Dieu a enseigné à prier, aime avec compassion toute créature, et tout particulièrement l’homme. Sur la Croix, le Seigneur a souffert pour les hommes, et son âme a été dans l’agonie pour chacun de nous.

Le Seigneur m’a appris l’amour des ennemis. Privés de la grâce divine, nous ne pouvons pas aimer les ennemis, mais l’Esprit Saint apprend à aimer ; et alors on aura de la compassion même pour les démons, car ils se sont détachés du bien, ils ont perdu l’humilité et l’amour de Dieu.

Je vous en supplie, faites un essai. Si quelqu’un vous offense, ou vous méprise, ou vous arrache ce qui vous appartient, ou persécute l’Église, priez le Seigneur en disant :  » Seigneur, nous sommes tous tes créatures ; aie pitié de tes serviteurs et tourne-les vers le repentir.  » Alors, tu porteras perceptiblement la grâce dans ton âme. Au commencement, force ton cœur à aimer tes ennemis ; le Seigneur, voyant ta bonne intention, t’aidera en tout, et l’expérience elle-même t’instruira. Mais celui qui pense du mal de ses ennemis, l’amour de Dieu n’est pas en lui, et il n’a pas connu Dieu.

Quand tu prieras pour tes ennemis, la paix viendra sur toi ; et tu aimeras tes ennemis, sache qu’une grande grâce divine vit en toi ; je ne dis pas qu’elle soit déjà parfaite, mais elle est suffisante pour

le salut. Si, par contre, tu injuries tes ennemis, c’est le signe qu’un esprit mauvais vit en toi et qu’il introduit dans ton cœur de mauvaises pensées ; car, comme l’a dit le Seigneur, c’est du cœur que jaillissent les bonnes ou les mauvaises pensées .

Un homme bon pense :  » Tout homme qui s’éloigne de la vérité va à sa perte « , et c’est pourquoi il a pitié de lui. Mais l’homme qui n’a pas appris du Saint-Esprit à aimer ne priera certes pas pour ses ennemis. Celui qui a appris du Saint-Esprit à aimer, souffrira toute sa vie pour ceux qui ne se sauvent pas ; il verse de nombreuses larmes pour les hommes, et la grâce divine lui donne la force d’aimer ses ennemis. Si tu ne les aimes pas, au moins ne les rabroue pas et ne les maudis pas ; et cela sera déjà un progrès. Mais si quelqu’un les maudit et les injurie, il est clair qu’un mauvais esprit vit en lui ; s’il ne se repent pas, à sa mort il ira là où demeurent les esprits mauvais. Puisse le Seigneur préserver toute âme d’un pareil malheur.

Comprenez, c’est si simple. Ils sont à plaindre ceux qui ne connaissent pas Dieu ou qui s’opposent à lui ; mon cœur souffre pour eux, et les larmes coulent de mes yeux. Nous pouvons clairement voir et le Paradis et les tourments nous avons connu cela par le Saint-Esprit. Et voici que le Seigneur lui-même a dit : Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous (Lc 17,21). Ainsi, c’est dès ici-bas que commence la vie éternelle ; et les tourments éternels, eux aussi, commencent dès ici-bas.

L’orgueil nous fait perdre la grâce et, en même temps qu’elle, l’amour pour Dieu et l’audace dans la prière ; l’âme est alors tourmentée par de mauvaises pensées et ne comprend pas qu’il faut s’humilier et qu’il faut aimer les ennemis, sans quoi on ne peut as plaire à Dieu.

Tu dis :  » L’ennemi persécute notre sainte Église. Comment pourrais-je donc l’aimer ?  » À cela, je te répondrai :  » Ta pauvre âme n’a pas connu Dieu ; elle n’a pas connu combien il nous aime et avec quel désir il attend que tous les hommes se repentent et soient sauvés. Le Seigneur est Amour ; il a donné sur terre le Saint-Esprit qui apprend à l’âme à aimer les ennemis et à prier pour eux afin qu’ils soient, eux aussi, sauvés. C’est cela, l’amour. Mais si on les juge d’après leurs actions, ils méritent un châtiment. « 

Gloire au Seigneur de ce qu’il nous aime tant et que, par le Saint-Esprit, il nous pardonne nos péchés et nous révèle ses mystères. (p. 344)

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 Nous devons agir avec bonté avec celui qui se perd,
et alors nous serons sauvés par la miséricorde de Dieu

Le Seigneur nous a commandé : Aimez vos ennemis (Mt 5,44) Mais comment peut-on les aimer, quand ils font le mal ? Ou comment aimer ceux qui persécutent la sainte Église ?

Lorsque le Seigneur marchait en direction de Jérusalem et que les Samaritains refusèrent de l’accueillir, Jean le Théologien et Jacques étaient prêts à faire descendre le feu du ciel et à les anéantir pour cela. Mais le Seigneur leur dit avec bonté : Je ne suis pas venu pour perdre les hommes, mais pour les sauver (Lc 9, 54-56). Ainsi, nous aussi, nous ne devons avoir qu’une seule pensée : que tous soient sauvés. L’âme a compassion des ennemis et prie pour eux, parce qu’ils se sont éloignés de la vérité et vont en enfer. Voilà ce qu’est l’amour pour les ennemis. Alors que Judas songeait à trahir le Seigneur, le Seigneur le reprit avec bonté ; nous aussi, nous devons agir avec bonté avec celui qui se perd, et alors nous serons sauvés par la miséricorde de Dieu. (p. 345)

Extraits des écrits de saint Silouane
dans le livre de l’Archimandrite Sophrony,
Starets Silouane : Moine du Mont Athos. Vie – Doctrine – Écrits.
Éditions Présence, Sisteron, 1995.
Reproduit avec l’autorisation des Éditions Présence.

EXALTATION DE LA SAINTE CROIX IN PAGES ORTHODOXES, LIEN

13 septembre, 2009

http://www.pagesorthodoxes.net/fetes/croix1.htm

EXALTATION DE LA SAINTE CROIX IN PAGES ORTHODOXES

Dormition de la Mère de Dieu (15 aout) (Ortodoxie)

11 août, 2009

du site:

http://www.orthodoxworld.ru/fr/feasts/9/index.htm

GRANDES FÊTE LITURGIQUES (ORTODOXIE)

Dormition de la Mère de Dieu (15 aout)
 
 La troisième des grandes fêtes d’été est la commémoration de la mort de la Bienheureuse Vierge Marie, appelée en langage liturgique la  » Dormition  » de Notre-Dame. C’est, du point de vue liturgique, la plus importante des fêtes de la Vierge. Elle est précédée par un jeûne de deux semaines, le  » Carême de la Mère de Dieu « , analogue à celui qui précède la fête de Saint Pierre et Saint Paul ; ce carême commence le 1er août et dure jusqu’au 14 août inclus. La fête elle-même a lieu le 15 août.
Beaucoup de traits de cette fête sont empruntés à d’autres fêtes de la Vierge. Ainsi l’évangile de matines est celui qui relate la visite de Marie à Élisabeth (Lc 1, 39-56). L’épître (Ph 2, 5-11) et l’évangile (Lc 10, 38-43 – 11, 27-28) de la liturgie sont ceux que nous lisons le 8 septembre, le jour de la Nativité de Marie ; nous prions nos lecteurs de se reporter à ce que nous avons déjà dit de ces textes. On remarquera que les portions de l’Écriture lues le 15 août ne font aucune allusion à la mort de la Sainte Vierge. C’est dans les chants des vêpres et des matines qu’il faut chercher la signification particulière que l’Église attribue à la fête du 15 août.
Cette signification est double. Elle se trouve exactement exprimée dans cette phrase chantée aux vêpres :  » La source de vie est mise au sépulcre et son tombeau devient l’échelle du ciel « . La première partie de la phrase –  » la source de vie est mise au sépulcre  » – indique que nous commémorons la mort de la très sainte Vierge. Si nous célébrons pieusement, chaque année, les anniversaires de la mort du Précurseur, des apôtres et des martyrs, à plus forte raison célébrons-nous la mort de la Mère de Dieu, qui est aussi notre mère, et qui dépasse en sainteté et en gloire tous les élus. Mais la fête du 15 août est plus que la commémoraison de la mort de Marie. La deuxième partie de la phrase dit :  » … et son tombeau devient l’échelle du ciel « . La tombe de quiconque est mort dans le Christ est, d’une certaine manière, une échelle qui conduit au ciel. Cependant le cas de Marie est exceptionnel. Les textes liturgiques que nous chantons impliquent autre chose :  » Ouvrez larges vos portes et… accueillez la Mère de la lumière intarrissable… Car, en ce jour, le ciel ouvre son sein pour la recevoir… Les anges chantent ta très sainte Dormition… que nous fêtons avec foi… Que tout fils de la terre tressaille en esprit… et célébre dans la joie la vénérable Assomption de la Mère de Dieu « . On le voit, il ne s’agit pas seulement de la réception de l’âme de Marie dans le ciel. Quoique la fête du 15 août ne porte pas, dans le calendrier liturgique byzantin, le nom de fête de l’Assomption (comme c’est le cas dans l’Église latine), nos textes expriment la croyance en l’assomption corporelle de Marie. Selon cette croyance, le corps de Marie n’a pas connu la corruption qui suit la mort ; il n’est pas resté dans le tombeau ; Marie ressuscitée a été transportée au ciel par les anges (l’Assomption diffère de l’Ascension en ce que le Christ s’est élevé lui-même au ciel).
L’Assomption de Marie est située en dehors – et au-dessus – de l’histoire. La croyance en l’Assomption ne s’appuie ni sur un récit biblique, ni sur des témoignages historiques scientifiquement recevables. Elle n’a été l’objet d’aucune définition dogmatique. L’Église n’a, jusqu’ici, imposé à aucun fidèle d’affirmer le fait de l’Assomption corporelle de Marie. Mais, si l’affirmation (intérieure ou extérieure) n’est pas exigée par l’Église, on peut dire que la conscience orthodoxe considérerait la négation active de l’Assomption non seulement comme une témérité, mais comme un blasphème. D’ailleurs, comment nier un fait qui n’est susceptible d’aucune vérification historique ? La croyance en l’Assomption ne se fonde pas sur des preuves documentaires. La conscience catholique, éclairée par le Saint-Esprit, s’est peu-à-peu persuadée que, si  » le salaire du péché, c’est la mort (Rm 6,23) « , Marie a dû remporter sur la mort une victoire spéciale. Ainsi que Jésus (et toutes proportions gardées), elle a été glorifiée dans son corps. C’est cette glorification de la toute pure et toute sainte Mère de Dieu dans son âme et dans sa chair – et non point tel ou tel symbolisme matériel et telles ou telles circonstances historiques – qui constitue l’objet de la fête du 15 août.
L’Assomption est la fête, non seulement de Marie, mais de toute la nature humaine. Car, en Marie, la nature humaine a atteint sa fin. Une semaine après le début de l’année liturgique nous célébrons la naissance de la très Sainte Vierge. Deux semaines avant la fin de l’année liturgique, nous célébrons la mort et la glorification de Marie. Ainsi, associé et subordonné au cycle de la vie de Jésus, le cycle de la vie de Marie manifeste le destin et le développement d’une nature humaine entièrement fidèle à Dieu. Avec Marie, c’est le genre humain qui est emporté et reçu au ciel. Marie a des privilèges qui ne peuvent pas être les nôtres. Mais ce parfait épanouissement de la grâce en Marie, que nous admirons le 15 août, nous suggère quelle pourrait être la ligne de développement d’une âme qui s’appliquerait à faire fructifier en elle-même les grands dons reçus au cours de l’année liturgique, – le don de Noël, le don de Pâques, le don de la Pentecôte.

La Grande Panaghia, (au « Viege du Signe »)

7 août, 2009

La Grande Panaghia, (au

http://digilander.libero.it/bianco14/02.html

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