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UN MURMURE DANS L’ÂME : LE SILENCE DE DIEU

29 octobre, 2018

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Jésus est la pleine expression du cœur de Dieu Père

UN MURMURE DANS L’ÂME : LE SILENCE DE DIEU

Le silence est souvent le « lieu » où Dieu nous attend, pour que nous soyons capables de l’écouter, lui, plutôt que d’entendre le bruit de notre propre voix.

LA LUMIÈRE DE LA FOI
4 juin 2018

Opus Dei – Un murmure dans l’âme : le silence de Dieu
Le livre de l’Exode rapporte que Dieu est apparu à Moïse au mont Sinaï dans l’éclat de sa gloire : toute la montagne tremblait violemment. Moïse parlait et Dieu lui répondait dans le tonnerre et les éclairs (Ex 19, 16-22). Le peuple tout entier écoutait, fort impressionné par le pouvoir et la majesté de Dieu. Même si d’autres théophanies semblables ont marqué l’histoire d’Israël[1], la plupart du temps Dieu s’est manifesté à son peuple par d’autres voies : non pas dans un éclat de lumière, mais dans le silence, dans l’obscurité.
Quelques siècles après Moïse, le prophète Elie, fuyant la reine Jézabel, emprunte une nouvelle fois sous l’impulsion de Dieu le chemin de la montagne sainte. Caché dans une grotte, le prophète contemple les mêmes signes que dans la théophanie de l’Exode : le tremblement de terre, l’ouragan, le feu. Or, Dieu n’y était pas. Après le feu, l’écrivain sacré dit qu’il y eut « le son d’un silence subtil ». Élie, se voilant le visage avec son manteau, est sorti à la rencontre de Dieu. C’est alors que Dieu lui a parlé (cf. 1 R 19, 9-18). Le texte hébreu dit littéralement qu’il entendit « le bruit ou la voix d’un silence (demama) subtil ».
LA DIFFICULTÉ À SAISIR LA PROXIMITÉ DE DIEU, SPÉCIALEMENT DANS LES SITUATIONS DIFFICILES DE LA VIE, EST UNE EXPÉRIENCE COMMUNE AUX CROYANTS ET AUX NON-CROYANTS, MÊME SI ELLE PREND DES FORMES DIVERSES CHEZ LES UNS ET LES AUTRES.
La version grecque des Septante et la Vulgate ont traduit « un murmure doux », probablement pour éviter la contradiction apparente entre bruit et voix d’une part et silence de l’autre. Or ce que le mot demama signifie est précisément le silence. Par ce mot, l’auteur sacré suggère donc que le silence n’est pas vide mais rempli de la présence divine. « Le silence protège le mystère »[2], le mystère de Dieu. L’Écriture nous invite à entrer dans ce silence si nous voulons rencontrer Dieu.
Comme le murmure que nous entendons venant de lui est subtil !
Cependant, cette façon de parler de la part de Dieu présente des difficultés pour nous. Les psaumes l’affirment clairement : « Ô Dieu, ne reste pas muet, plus de repos, plus de silence, ô Dieu ! » (Ps 83, 2). « Pourquoi caches-tu ta face ? » (Ps 44, 25). Que les païens ne disent : “Où est leur Dieu?”» (Ps 115, 2). Par le biais du texte sacré, Dieu met ces questions sur nos lèvres et dans notre cœur : il veut que nous les lui adressions et que nous les méditions dans la forge de la prière, car elles sont importantes. D’un côté, elles concernent directement la voie par laquelle il se révèle habituellement, sa logique : elles nous aident à chercher son visage, elles nous apprennent à écouter sa voix. De l’autre, elles montrent que la difficulté à saisir la proximité de Dieu, spécialement dans les situations difficiles de la vie, est une expérience commune aux croyants et aux non-croyants, même si elle prend des formes diverses chez les uns et les autres. La foi et la vie de la grâce ne rendent pas Dieu évident ; le croyant peut expérimenter lui aussi l’absence apparente de Dieu.« CELUI QUI POSSÈDE EN VÉRITÉ LA PAROLE DE JÉSUS PEUT ENTENDRE MÊME SON SILENCE, AFIN D’ÊTRE PARFAIT, AFIN D’AGIR PAR SA PAROLE ET DE SE FAIRE CONNAÎTRE PAR SON SILENCE » (SAINT IGNACE D’ANTIOCHE)
Pourquoi Dieu se tait-il ? Souvent, les Écritures nous présentent son silence, son éloignement, comme une conséquence de l’infidélité de l’homme. C’est ainsi qu’il le dit dans le Deutéronome : « Ce peuple est sur le point de se prostituer en suivant des dieux du pays étranger où il va pénétrer. Il m’abandonnera et rompra l’alliance que j’ai conclue avec lui. […] Et moi, oui, je cacherai ma face en ce jour, à cause de tout le mal qu’il aura fait, en se tournant vers d’autres dieux. » (Dt 31, 16-18). Le péché, l’idolâtrie est comme un voile qui recouvre Dieu et nous empêche de le voir, comme un bruit qui le rend inaudible. Dieu attend alors avec patience, derrière cet écran que nous interposons entre lui et nous, en guettant le moment opportun de venir à notre rencontre ? « Je n’aurai plus pour vous un visage sévère, car je suis miséricordieux » (Jr 3, 12).
Dieu ne se tait donc pas. C’est plutôt nous qui l’empêchons de parler ou qui ne l’écoutons pas, parce qu’il y a trop de bruit dans notre vie. « Il n’existe pas seulement la surdité physique, qui isole l’homme en grande partie de la vie sociale. Il existe également un affaiblissement de la capacité auditive à l’égard de Dieu, dont nous souffrons particulièrement à notre époque. Tout simplement, nous n’arrivons plus à l’entendre, trop de fréquences différentes parasitent nos oreilles. Ce que l’on dit de lui nous semble préscientifique, et ne semble plus adapté à notre temps. Avec l’affaiblissement de la capacité auditive ou même la surdité à l’égard de Dieu, nous perdons naturellement également notre capacité de parler avec lui ou à lui. De cette façon, toutefois, nous perdons une perception décisive. Nos sens intérieurs courent le danger de s’éteindre. Avec la disparition de cette perception, l’étendue de notre rapport avec la réalité en général est également limitée de façon drastique et dangereuse. »[3]
Cela dit, parfois il ne s’agit pas de la surdité humaine à l’égard de Dieu ; on dirait plutôt que Dieu n’écoute pas, qu’il demeure passif. Le livre de Job, par exemple, montre que les prières du juste dans l’adversité peuvent rester quelque temps sans réponse de sa part. « Nous n’en saisissons qu’un faible écho » (Jb 26, 14). L’expérience quotidienne de tous montre aussi à quel point le besoin de recevoir un mot ou une aide de Dieu se trouve comme en suspens. La miséricorde de Dieu, dont les Écritures et la catéchèse chrétienne parlent tant, peut être difficile à percevoir pour celui qui traverse des circonstances douloureuses, marquées par la maladie ou l’injustice, dans lesquelles même ses prières semblent n’obtenir aucune réponse. Pourquoi Dieu n’écoute-t-il pas ? Pourquoi, s’il est un Père, ne me vient-il pas en aide, alors qu’il pourrait le faire ? « L’éloignement de Dieu, l’obscurité et les doutes sur lui, sont de nos jours plus intenses que jamais ; même nous, qui nous efforçons d’être de bons croyants, nous avons souvent la sensation qu’en réalité Dieu nous a échappé des mains. Ne nous demandons-nous pas fréquemment s’il est toujours submergé dans l’immense silence de ce monde ? N’avons-nous pas parfois l’impression que, après une longue réflexion, nous n’avons que des mots, alors que la réalité de Dieu se trouve plus lointaine que jamais ?[4]
Au cœur de la Révélation, plus encore que dans n’importe quelle expérience, nous trouvons l’histoire de Jésus qui nous fait entrer plus profondément dans le mystère du silence de Dieu. Jésus, le vrai juste, le serviteur fidèle, le Fils bien-aimé, n’a pas été épargné des tourments de la passion et de la Croix. En réponse à sa prière à Gethsémani un ange a été envoyé pour le réconforter mais non pour le délivrer de sa torture imminente. Nous sommes aussi surpris par le fait que Jésus a repris sur la Croix quelques mots du psaume 22 : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné, insoucieux de me sauver, malgré les mots que je rugis ? » (Ps 22, 2). Que celui qui n’a pas connu le péché (2 Co 5, 21) ait fait une telle expérience de la souffrance met bien en évidence que la douleur marquant parfois dramatiquement la vie des hommes ne doit pas être interprétée comme un signe de réprobation de la part de Dieu, pas plus que son silence comme une absence ou un éloignement.
Dieu se fait connaître par son silence
En passant à côté d’un aveugle-né, les apôtres posent une question qui révèle une mentalité assez répandue à l’époque : « Qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » (Jn 9, 1). De nos jours, une telle question semblerait assez étrange mais, tout bien considéré, elle n’est pas tellement éloignée de la pensée actuelle qui voit dans la souffrance, quelle qu’elle soit, une sorte de destin aveugle face auquel seule la résignation est possible une fois que toutes les tentatives pour l’éviter ont échoué. Jésus corrige les apôtres : « Ni lui ni ses parents n’ont péché, mais c’est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu » (Jn 9, 3). Dieu demeure parfois en silence, apparemment inactif et indifférent à notre sort, parce qu’il veut se frayer un chemin dans notre âme. Ainsi seulement, nous pouvons comprendre par exemple qu’il ait permis la souffrance de saint Joseph dans son incertitude sur la maternité inattendue de Marie (cf. Mt 1, 18-20), alors qu’il aurait pu tout « programmer » différemment. Dieu préparait saint Joseph à quelque chose de grand. Il « ne trouble jamais la joie de ses enfants que pour leur en préparer une plus grande et plus sûre »[5]
DIEU DEMEURE PARFOIS EN SILENCE, APPAREMMENT INACTIF ET INDIFFÉRENT À NOTRE SORT, PARCE QU’IL VEUT SE FRAYER UN CHEMIN DANS NOTRE ÂME
Saint Ignace d’Antioche écrit que « celui qui possède en vérité la parole de Jésus peut entendre même son silence, afin d’être parfait, afin d’agir par sa parole et de se faire connaître par son silence »[6]. Le silence de Dieu est souvent pour l’homme le « lieu », la possibilité et la prémisse pour écouter Dieu au lieu de s’écouter soi-même. Sans la voix silencieuse de Dieu dans la prière, « le “moi” humain finit par se fermer sur lui-même, et la conscience, qui devrait être l’écho de cette voix de Dieu, risque de se réduire au reflet du moi, si bien que le dialogue intérieur devient un monologue en donnant lieu à mille autojustifications »[7]. En y pensant calmement, si Dieu parlait et intervenait constamment dans notre vie pour résoudre nos problèmes, ne faudrait-il pas admettre que nous banaliserions facilement sa présence ? Que nous finirions, comme les deux fils de la parabole (cf. Lc 15, 11-32), par préférer nos intérêts à la joie de vivre avec lui ?
« Le silence est capable de creuser un espace intérieur au plus profond de nous-mêmes, pour y faire habiter Dieu, pour que sa Parole demeure en nous, pour que l’amour pour lui s’enracine dans notre esprit et notre cœur, et anime notre vie »[8]. Grâce à ses recherches et à une prière confiante dans les difficultés, l’homme se libère de l’autosuffisance, met en action ses ressources intérieures et voit se renforcer ses relations de communion avec les autres. Le silence de Dieu, le fait qu’il n’intervient pas toujours rapidement pour résoudre nos affaires selon nos préférences, réveille le dynamisme de la liberté humaine, appelle l’homme à prendre bien en main sa vie ou celle des autres, ainsi que leurs besoins concrets. C’est pourquoi la foi est « la force, qui en silence et sans bruit change le monde et le transforme en Royaume de Dieu, c’est la foi et l’expression de la foi, c’est la prière. […] Dieu ne peut pas changer les choses sans notre conversion, et notre véritable conversion commence avec le “cri” de l’âme, qui implore le pardon et le salut »[9].
Dans les enseignements de Jésus, la prière apparaît comme un dialogue filial entre l’homme et le Père du Ciel, dans lequel la demande occupe une place très importante (cf. Lc 11, 5-11 ; Mt 7, 7-11). L’enfant sait que son Père l’écoute toujours, mais ce qui lui est garanti est moins une porte de sortie pour sa souffrance ou sa maladie que le don de l’Esprit Saint (Lc 11, 13). La réponse de Dieu pour venir en aide à l’homme est le Don de l’Esprit-Amour. Cela peut nous sembler insuffisant, mais c’est un don bien plus précieux et fondamental que toute solution humaine à nos problèmes. C’est un don qui doit être accueilli dans la foi filiale qui n’élimine pas l’effort personnel à l’heure de faire face aux difficultés. Avec Dieu, les « vallées obscures » que nous devons parfois traverser ne s’éclairent pas automatiquement ; nous devons poursuivre le chemin, peut-être avec peur mais dans la confiance : « Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi » (Ps 22, 4).
SI DIEU PARLAIT ET INTERVENAIT CONSTAMMENT DANS NOTRE VIE POUR RÉSOUDRE NOS PROBLÈMES, NE FAUDRAIT-IL PAS ADMETTRE QUE NOUS BANALISERIONS FACILEMENT SA PRÉSENCE ?
Les modalités de l’action de Dieu, éveillant la détermination et la confiance en l’homme, peuvent se reconnaître à la façon dont il s’est révélé dans l’histoire. Pensons à Abraham. Il quitte son pays et se met en route vers une terre inconnue, en se fiant à la promesse divine, sans savoir où Dieu voulait le conduire (cf. Gn 12, 1-4). Pensons aussi à la confiance du peuple d’Israël dans le salut de Dieu, y compris lorsque tous les espoirs humains semblaient s’effondrer (cf. Est 4, 17a-17kk) ; ou à la fuite sereine de la Sainte Famille en Égypte (cf. Mt 2, 13-15), lorsque Dieu semble se soumettre aux caprices d’un roitelet… En ce sens, se figurer que la foi était plus facile pour les témoins de la vie de Jésus ne correspond pas à la réalité, étant donné qu’eux aussi ont dû prendre la décision sérieuse de croire ou de ne pas croire en lui, de reconnaître en lui la présence et l’action de Dieu[10]. De nombreux passages du Nouveau Testament montrent clairement qu’une telle décision n’était pas évidente[11].
Hier comme aujourd’hui, même si la Révélation de Dieu offre d’authentiques signes de crédibilité, le voile de l’inaccessibilité de Dieu ne se lève pas complètement et ses silences continuent de défier l’homme. « L’existence humaine est un chemin de foi et, en tant que tel, avance davantage dans l’ombre que dans la lumière, non sans moments d’obscurité, mais également d’intenses ténèbres. Tant que nous nous trouvons ici-bas, notre relation avec Dieu a lieu davantage dans l’écoute que dans la vision »[12]. Tout cela n’est pas uniquement la manifestation du fait que Dieu sera toujours plus grand que notre intelligence, mais aussi la conséquence d’une logique faite d’appels et de réponses, de dons gratuits et de tâches, selon laquelle il entend conduire notre histoire : l’histoire universelle et l’histoire personnelle de chacun. Au bout du compte, un lien réciproque existe entre la façon dont Dieu se révèle et la liberté de l’homme, créé à son image. La Révélation de Dieu demeure dans un clair-obscur permettant à la liberté de faire son choix, celui de s’ouvrir à lui ou de se refermer sur son autosuffisance. Dieu est « un Roi avec un cœur de chair comme le nôtre ; l’auteur de l’univers et de chacune de ses créatures, qui n’impose pas sa domination mais mendie un peu d’amour en nous montrant en silence les plaies de ses mains »[13]
L’ombre du silence
Dans sa prière sur la Croix — « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » (Mt 27, 46 — Jésus « « fait sien ce cri de l’humanité qui souffre de l’apparente absence de Dieu et porte ce cri au cœur du Père. En priant ainsi dans cette ultime solitude avec toute l’humanité, Il nous ouvre le cœur de Dieu »[14]. En effet, après les lamentations, le psaume avec lequel Jésus adresse sa clameur au Père ouvre la voie à un horizon d’espérance (cf. Ps 22, 20-32)[15]; un horizon qu’il a sous les yeux, même au milieu de son agonie. « Entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23, 46), dit-il au Père avant d’expirer. Jésus sait que le don de sa vie ne tombe pas dans le vide, qu’il va changer l’histoire pour toujours, même s’il semble que le mal et la mort ont le dernier mot. Son silence sur la Croix l’emporte sur les cris de ceux qui le condamnent. « Voici que je fais toutes choses nouvelles » (Ap 21, 5).
JÉSUS SAIT QUE LE DON DE SA VIE NE TOMBE PAS DANS LE VIDE, QU’IL VA CHANGER L’HISTOIRE POUR TOUJOURS, MÊME S’IL SEMBLE QUE LE MAL ET LA MORT ONT LE DERNIER MOT
« La foi signifie aussi croire en lui, croire qu’il nous aime vraiment, qu’il est vivant, qu’il est capable d’intervenir mystérieusement, qu’il ne nous abandonne pas, qu’il tire le bien du mal par sa puissance et sa créativité infinie. C’est croire qu’il marche victorieux dans l’histoire […] que le Règne de Dieu est déjà présent dans le monde, et qu’il se développe çà et là, de diverses manières »[16]. Par ses silences, Dieu fait grandir chez les siens la foi et l’espérance : il les fait « nouveaux » et, avec eux, « il fait toutes choses nouvelles ». Il revient donc à chacun et à chacune de répondre au doux silence de Dieu par un silence attentif, un silence qui écoute, afin de découvrir « la façon mystérieuse dont le Seigneur agit » dans notre cœur, et « quelle est l’ombre, […] quel est le style de l’Esprit Saint pour couvrir notre mystère. Cette ombre en nous, dans notre vie, s’appelle silence. Le silence est précisément l’ombre qui couvre le mystère de notre relation avec le Seigneur, de notre sainteté et de nos péchés »[17]

Marco Vanzini – Carlos Ayxelá

LA PAIX ET L’ESPÉRANCE

4 octobre, 2018

http://nouvl.evangelisation.free.fr/leblanc_paix_et_esperance.htm

imm diario

(image pour La paix de Christ)

LA PAIX ET L’ESPÉRANCE

Paulette Leblanc

(Je ne connais pas du tout l’auteur, cela me semble intéressant)

De plus en plus de français réfléchissent sur la paix, et beaucoup ne savent plus quoi penser.… Pourtant le constat des événements actuels est inévitable. On ne peut pas nier l’évidence et la question qui se pose inévitablement est : Comment peut-on espérer encore et en faisant quoi ? De plus en plus de jeunes cherchent à manifester leur indignation, mais il me semble que c’est très insuffisant : il faut aller au fond des choses et ne pas craindre de dire la vérité. J’étais une scientifique, mais depuis 20 ans que je suis en retraite, il y a bien des choses que je ne peux suivre que très vaguement. Il en est ainsi pour ce qui concerne la mécanique quantique et la théorie des cordes. Or parfois, le Seigneur nous envoie des intuitions, des éclairages inattendus qui nous conduisent à la véritable espérance et à l’amour.
Les lignes qui suivent ont besoin d’être précisées, mais mon émerveillement est tel que je dois vous le partager ; certes, il est encore mal exprimé, mais nos amis lecteurs auront une suite… Je ne vous donne aujourd’hui que quelques aperçus d’une réflexion qui m’étonne encore et dont je dois vous faire bénéficier :
L’Ancien Testament prépare le Nouveau. Et le Nouveau Testament révèle la paix, le pardon, la justice, la volonté d’amour de Dieu qui n’est que bonheur et que les apôtres, rappelant les paroles de Jésus appellent les Béatitudes. Avec Jésus, tout est amour ; avec les vrais chrétiens aussi. Partout, dans le monde, et depuis Jésus, ce sont les chrétiens qui, par amour et pour répondre à son appel : « Allez dans le monde enseignez, enseignez, faites des disciples… » ont créé et continuent à créer, des écoles, des dispensaires, des hôpitaux… Pourtant, ce sont toujours les chrétiens que l’on persécute… Pourquoi ?
Les persécutions, Jésus les a expérimentées le premier. Et Il nous a avertis : « Comme ils M’ont persécutés, ils vous persécuteront. » Pourquoi persécute-t-on seulement ceux qui font le bien ? Et pourquoi certains persécutés abjurent-ils leur foi pour aller vers les persécuteurs ? Par peur ? Par désespoir ? Par crainte d’être tués ce qui est toujours très courant ? Probablement. Alors, presque insensiblement, de nombreux chrétiens s’éloignent de leur foi et se mettent à vivre et à penser comme les païens. C’est ce qui arriva au début du christianisme, et l’apôtre Jacques ne craignit pas de dénoncer ces fautes en des termes durs mais pleins de vérité, car jamais on ne doit renoncer à l’amour et à la paix du cœur.
La paix du cœur, c’est la paix de Jésus, la paix qu’Il nous donne, sa paix qu’Il nous a laissée. Aimez-vous les uns les autres répète sans cesse Jésus. Mais pourquoi tant de personnes ne connaissent-elles pas la paix du cœur ? Réfléchissons un peu.

*****
La paix du cœur est toujours difficile à obtenir à cause de nos péchés. Le monde est dur, et spontanément nous nous révoltons, nous nous fâchons, nous essayons de raisonner, mais nos constats nous déconcertent. Et nous jugeons, sévèrement. Et comme rien ne change, surtout dans un monde sans Dieu, c’est la révolte, la haine, la jalousie, et la guerre. Pourtant notre cœur souffre, car Dieu n’est pas aimé.
Dieu n’est pas aimé! C’est cela qui brise mon cœur. À cela il faut ajouter les nombreuses erreurs que des responsables de notre Église ont commises. Et cela tout au long des siècles. Mais pourquoi ? Il me semble que la raison principale de ces erreurs, c’est que l’on a oublié que Dieu doit être le Premier servi.
Les hommes sont les œuvres de Dieu, précieuses à son cœur, mais fragiles vue leur complexité. Cela Dieu le sait, mais l’homme ne le sait pas tant qu’il n’a pas pris conscience de cette fragilité. Aussi Dieu donne-t-Il à Adam une première consigne : ne pas manger le fruit d’un arbre. La faiblesse d’Adam et d’Ève va bientôt se révéler à eux-mêmes : trompés par Satan ils vont manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Désormais ils mourront ; et les anges vont les chasser du paradis terrestre ; mais Dieu ne les abandonnera pas malgré les apparences : les hommes, en effet, doivent absolument connaître leur faiblesse humaine liée à leur condition d’êtres de chair et d’esprit.
Les différentes mythologies se rejoignent toutes : loi de Dieu d’abord ; puis le péché par excès de désir : on veut toujours plus. Et toujours sous-jacents : la jalousie et le rejet de la Loi. Les hommes rejettent la Loi et tombent dans le malheur et dans la mort. C’est alors que l’on détecte l’importance vitale de la Loi de Dieu et de la pureté du cœur. Au fond, Jésus fin psychologue et grand philosophe, a compris tout cela et l’a exprimé dans les béatitudes qui sont en fait les résultats de l’application de la Loi de Dieu. Jésus parle deux fois du bonheur de ceux que l’on persécute et insiste en disant “Heureux les miséricordieux !” Or, les miséricordieux, ce sont ceux qui ont souffert à cause des autres, mais qui pardonnent comme Dieu pardonne, car Dieu aime.
Résumons-nous :
Dieu seul EST. Dieu seul sait ce qu’Il a fait. Dieu seul connaît et pour éduquer les hommes libres très fragiles car matière et esprit, Il donne sa Loi, son mode d’emploi de la création. Il y a entre Dieu et les hommes une unité incroyable. Dieu est et Il fait ; et les hommes sont en Dieu, dans sa Pensée divine qui est Amour. Dieu veut que les hommes L’aiment et pour cela Il les fait libres. Les hommes libres et capables d’aimer, libres et en Dieu venant de Dieu. Cela nous ne pouvons même pas l’imaginer et encore moins le comprendre. Dieu est trop grand et éternel.
Aujourd’hui, il n’est pas facile, lorsqu’on est trop clairvoyant de garder son espérance intacte. Et sans le vouloir, j’écris un mot sur un papier : l’union à Dieu d’abord. S’unir à Dieu, c’est écouter Dieu, L’entendre, Le trouver, Le rencontrer, L’adorer, L’aimer, vivre avec Lui. Mais qui est Dieu ? Il nous est absolument impossible de “dire” Dieu, car nous ne Le “voyons”, nous ne Le “pensons” qu’avec notre humanité qui n’a rien à voir avec la divinité.
Dieu est au-delà du présent humain. Dieu EST Présent et Éternel, et ce qui est passé ou est aujourd’hui ou sera demain pour nous, est constamment présent pour Dieu, car il n’y a pas de temps pour Dieu, le temps étant aussi une créature. Dieu ! Qui est Dieu ? Je tremble, et mon esprit défaille ; je ne sais pas. Je suis en Dieu, je baigne en Dieu et pourtant je ne Le connais pas, mais je Le cherche… Dieu seul me guide. Et curieusement j’ai comme peur, et pourtant je désire Dieu, j’aime Dieu car il y a Jésus qui est à ma portée. Bien que Dieu, Jésus est “à ma taille”, et dans mon temps, car Incarné, il est dans le temps tout en étant hors du temps. Ce mystère nous ne pourrons jamais le comprendre car nous sommes dedans.
Ainsi, chaque homme, créature de Dieu, en Dieu, impuissant et totalement dépendant de Lui, chaque homme n’a qu’un seul moyen de rencontrer et d’aimer Dieu : observer ses commandements d’amour. Je dois écouter Dieu, tendre l’oreille de mon cœur et entendre Jésus nous dire : “Aimez-vous les uns les autres.” Jésus ne cesse de nous parler pour nous ramener à la paix, sa paix, celle qu’Il nous donne.
Quand on n’aime pas, c’est Babel. Toute l’histoire des hommes tourne autour de Babel qu’ils ne cessent de reconstruire. Car l’histoire de tous les peuples anciens nous montre les hommes se combattre, et quand ils ne combattent plus, c’est pour reconstruire Babel. Et nous, nous qui vivons au XXIème siècle, nous agissons de la même façon. Prenons quelques exemples : au XIXème siècle, voici la franc-maçonnerie gouvernant “les lumières” et conduisant à la Révolution qui met en évidence deux catégories d’hommes : d’une part les riches, cultivés, instruits, travailleurs généralement, mais, ayant perdu Dieu, et devenus les exploiteurs des autres. Ces autres, les exploités sont les pauvres, délaissés, livrés à eux-mêmes et à leurs instincts : paresse, vices, abandon, et manipulables à souhait. Il était facile alors à la classe riche d’utiliser ces pauvres gens pour accomplir les tâches ignobles que les études sur la Révolution française nous révèlent de plus en plus. Raison principale : tous avaient abandonné Dieu.
Ensuite on assiste à la même chose avec la révolution industrielle. Nouveaux enrichissements et nouvelles exploitations. Et de nos jours nous avons assisté aux désastres du communisme et du nazisme : horribles tours de Babel qui se sont effondrées elles aussi. Aujourd’hui nous vivons les crises du socialisme et du libéralisme: Babel s’effondre encore. Et la cause est toujours la même : Dieu a été chassé, et les chrétiens sont toujours persécutés. Et quand il n’y a plus Dieu, il n’y a plus d’amour, et le péché règne. C’est comme si l’on assistait à la permanence du péché originel.
Pourquoi tout cela ? Pourquoi Dieu laisse-t-il faire ? Pourtant Il savait, de toute éternité, ce qui allait arriver ; alors ? C’est que Dieu veut être aimé et Il nous laisse libres de répondre à son amour, seule condition de notre bonheur. Il laisse notre liberté Le choisir, Lui et sa sainte Volonté, donc le bonheur, ou le refus de sa Loi qui conduit au malheur. Mais Dieu ne peut pas détruire sa création, car l’Amour est aussi pardon et miséricorde. Dieu pardonnera, mais en attendant, que de souffrances pour tous les hommes…
Et voici l’essentiel :
Feuilletant une revue, je lis, dans un article concernant les particules constituant la matière, quelques lignes sur la théorie des cordes, théorie qui vise à unifier la description du monde de l’infiniment petit : celui des particules élémentaires, et le monde de l’infiniment grand : celui des galaxies ou des amas de galaxies. Ces lignes m’ont bouleversée car elles rejoignent plus ou moins mon intuition profonde concernant la constitution de la matière et sa place en Dieu. Voici : “Selon cette théorie, il n’y aurait pas mille et une sorte de particules élémentaires dans l’univers : il n’y en aurait qu’une. Cette particule fondamentale serait une corde vibrante, analogue à celle d’un violon, dont les harmoniques – ses différents modes de vibration – constitueraient toutes les particules que nous connaissons, ainsi que d’autres qui n’ont pas encore été détectées. Autrement dit : toute la matière pourrait être décrite par une corde unique présentant une infinité de modes de vibration.”
Ainsi, il existerait une unité complète entre Dieu et sa création, entre la substance de Dieu et ce qui constitue notre matière. Dieu Est et Il est UN. Et la base de ce qui nous constitue est également un. La création baigne en Dieu. De sa propre substance Dieu crée la matière par conséquent nous aussi. Et Il veut que nous L’aimions ; donc, ayant pris ce qui vient de Lui pour nous fabriquer, Dieu nous fait libres pour que nous puissions L’aimer. C’est très clair. Mais alors le péché ? Dieu le permet car nous sommes libres. Mais ceux qui pêchent sont toujours de Dieu, et forcément ils reviendront à Dieu grâce à sa miséricorde et à la capacité qu’Il nous a donnée, de demander pardon. D’où la naissance de notre espérance. Reste notre esprit qui “meut” notre matière. Et là il faut encore revenir à la science moderne qui détecte constamment des forces nouvelles dans ce que nous appelions autrefois “le vide”, le vide physique qui n’existerait donc pas. Ces forces que nos savants ne savent pas encore préciser, sont-elles, en réalité l’Esprit de Dieu ?
Incontestablement la science moderne nous rapproche de plus en plus de Dieu. Elle nous fait comprendre la réalité fondamentale de la Présence de Jésus dans son Eucharistie. La nature de la matière est toujours la même quelles que soient ses apparences. Ainsi Jésus peut changer de formes, mais c’est toujours Lui qui est présent. Ses “cordes” invisibles vibrent toujours pour nous, même si nous, nous ne voyons qu’une hostie consacrée. Ces choses, encore très nouvelles, sont difficiles à exprimer. Mais ce qui est certain, c’est que la science moderne fortifie notre foi et fait naître notre espérance. Et elle nous fait comprendre mieux nos liens avec notre Créateur. Oui, dans notre monde, nous sommes obligés de constater les immenses dégâts commis par le péché des hommes. Ce redoutable constat est obligatoire, on ne peut pas le nier, mais voici que la science moderne nous conduit à l’espérance, tant que nous sommes sur la terre.

Paulette Leblanc

LE PARADIS DE DIEU EST LE COEUR DE L’HOMME

27 septembre, 2018

http://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20010717_alfonso-liguori_fr.html

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Fête des archanges 29 septembre

LE PARADIS DE DIEU EST LE COEUR DE L’HOMME

« Deliciae meae esse cum filiis hominum (Prov. VII,31). Le paradis de Dieu est, pour ainsi dire, le coeur de l’homme.
Dieu vous aime? Aimez-le. (…)

Prenez l’habitude de lui parler seul à seul, familièrement, avec confiance et amour, comme à un ami, le plus cher que vous ayez et qui vous aime le plus.
Et si c’est une grande erreur, comme on a dit, de traiter Dieu avec méfiance (…), c’est une erreur encore plus grande de penser que converser avec Dieu ne soit qu’ennui et amertume.
Non, ce n’est pas vrai : Non… habet amaritudinem conversatio illius, nec taedium convictus illius (parce que sa compagnie ne porte pas d’amertume, ni douleur sa convivence) (Sag. VIII, 16). Demandez-le aux âmes qui l’aiment d’un amour vrai et elles vous diront que dans les peines de leurs vies, elles ne trouvent de soulagement plus grand et plus vrai que dans la conversation amoureuse avec Dieu.
On ne vous demande pas encore une application mentale continue, telle que vous deviez oublier toutes vos affaires et vos divertissements.
Mais l’on vous demande que, sans délaisser vos occupations, vous fassiez envers Dieu ce que vous faites envers ceux qui vous aiment et que vous aimez.
Votre Dieu est toujours auprès de vous, bien plus, il est en vous: In ipso… vivimus, et movemur, et sumus (Actes XVII, 28).
Il n’y a pas de portier, si vous désirez lui parler; au contraire, Dieu aime que vous vous confiez à Lui.
Parlez-Lui de vos affaires, de vos projets, de vos peines, de vos peurs, et de tout ce qui vous appartient.
Faites-le surtout, comme je vous l’ai dit, en confiance et le coeur ouvert, parce que Dieu n’a pas coutume de parler à l’âme qui ne lui parle pas; en effet celle-ci, peu habituée à lui parler, comprendrait bien peu s’Il s’adressait à elle.
Dieu sans attendre que vous alliez à Lui, vous devance et se présente à vous, lorsque vous desirez son amour, portant alors les grâces et les remèdes dont vous avez besoin. Il attend seulement que vous lui parliez, pour vous montrer qu’il est proche de vous, prêt à vous écouter et à vous consoler (…)
Notre Dieu habite en haut des cieux, mais il ne dédaigne pas passer jour et nuit avec ses enfants fidèles et il leur fait partager ses divines consolations, dont une seule surpasse tous les délices de ce monde, et seul celui qui ne les a jamais goûtées, ne les désire pas. Gustate et videte quoniam suavis est Dominus (Ps XXXIII,9). »
Des “Oeuvres ascétiques” de St. Alphonse Marie de Ligure (CSSR, Rome 1933, Vol I, pp. 316-318).

Prière
O mon Jésus, aie pitié de moi. Je t’offre mon coeur ingrat, mais repenti. Oui, mon Rédempteur, je me repens surtout de t’avoir méprisé. Je m’en repens et je t’aime de toute mon âme.
Oui, mon Sauveur, mon Dieu, je t’aime, je t’aime. Ou plutôt, que ce soit toi qui me rappelles toujours combien tu as souffert pour moi, afin que je n’oublie plus de t’aimer. (de St. Alphonse M. de Ligure)

CHANTEZ AU SEIGNEUR UN CHANT NOUVEAU – SAINT AUGUSTIN, ÉVÊQUE

25 septembre, 2018

http://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20010508_agostino-vescovo_fr.html

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CHANTEZ AU SEIGNEUR UN CHANT NOUVEAU – SAINT AUGUSTIN, ÉVÊQUE

« Nous sommes invités à chanter au Seigneur un chant nouveau. L’homme nouveau connaît ce chant nouveau. Le chant est affaire de joie, et si nous y réfléchissons plus attentivement, il est affaire d’amour. Donc, celui qui sait aimer la vie nouvelle sait chanter le chant nouveau. Qu’est-ce que la vie nouvelle ? Nous y sommes invités à cause du chant nouveau. Car tout appartient au même royaume: l’homme nouveau, le chant nouveau, le testament nouveau. Donc l’homme nouveau chantera le chant nouveau et appartiendra au testament nouveau.
Chacun aime, mais on doit chercher quel est l’objet de cet amour. Par conséquent, on ne nous demande pas de renoncer à l’amour, mais de choisir ce que nous devons aimer. Mais que pourrons-nous choisir, si d’abord nous ne sommes choisis ? Écoutez l’Apôtre Jean : Nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier. Cherche comment l’homme peut aimer Dieu, et tu ne trouveras absolument rien d’autre que ceci : c’est Dieu le premier qui l’a aimé. Celui que nous avons aimé s’est donné lui-même, il s’est donné pour que nous ayons de quoi aimer. Qu’a-t’il donné pour que nous ayons de quoi aimer? Sachez plus clairement en écoutant l’Apôtre Paul, qui dit: L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs. D’où cela vient-il? de nous? de qui donc ? Par l’Esprit Saint qui nous a été donné.
Puisque nous avons une telle garantie, aimons Dieu de par Dieu. Écoutez cette parole plus explicite de saint Jean : Dieu est amour. Celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. Il ne suffit pas de dire : L’amour vient de Dieu. Mais qui d’entre nous oserait dire comme saint Jean : Dieu est amour ? Celui qui a dit cela savait ce qu’il avait en lui.
Dieu se donne à nous plus parfaitement. Aimez-moi, dit-il, et vous me possèderez; car vous ne pouvez m’aimer sans me posséder.
Ô mes frères! Ô mes fils! Enfants de l’Église catholique! Plantation sainte et céleste! Vous qui êtes régénérés dans le Christ et qui avez reçu la naissance d’en haut, écoutez-moi, ou plutôt écoutez par ma voix : Chantez au Seigneur un chant nouveau! Et bien, dis-tu, je chante! Tu chantes, oui, tu chantes, je l’entends. Mais il ne faut pas que ta vie porte témoignage contre tes paroles.
Chantez avec la voix, chantez avec le cœur, chantez avec la bouche, chantez par toute votre vie: Chantez au Seigneur un chant nouveau. Vous cherchez comment chanter celui que vous aimez? Car, sans aucun doute, tu veux chanter celui que tu aimes. Tu cherches quelles louanges lui chanter? Vous avez entendu: Chantez au Seigneur un chant nouveau. Vous cherchez où sont ses louanges? Sa louange est dans l’assemblée des fidèles. La louange de celui que l’on veut chanter, c’est le chanteur lui-même. Vous voulez dire les louanges de Dieu? Soyez ce que vous dites. Vous êtes sa louange, si vous vivez selon le bien. »

Des Homélies de saint Augustin, évêque (Serm. 34, 1-3.5-6; CCL 41, 424-426)

Prière
Seigneur, tu ouvres ton Royaume à ceux qui renaissent de l’eau et de l’Esprit : fais croître en eux la grâce pour que, déjà purifiés de leurs fautes, ils ne rendent vaine aucune de tes promesses. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen

Préparé par le Département de Théologie Spirituelle de
L’Université Pontificale de la Sainte-Croix

MÉDITATION DU VENDREDI SAINT (2014)

29 mars, 2018

http://www.chemindamourverslepere.com/archive/2014/04/18/meditation-du-vendredi-saint-5349629.html

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Église orthodoxe-grecque du Saint-Sépulcre, Jérusalem

MÉDITATION DU VENDREDI SAINT (2014)

« L’âme de Jésus avait une soif aussi ardente des âmes, que son corps de l’eau du puits. Sa pensée s’étendait sur tous les siècles à venir, et il désirait avec ardeur multiplier la multitude des âmes rachetées. Hélas ! nous pouvons mesurer approximativement le tourment de la soif physique ; mais nous n’avons pas même une ombre qui puisse nous donner une idée de la réalité du tourment qu’endurait son âme. Si l’amour du Créateur pour les créatures qu’il a tirées du néant ne ressemble à aucun amour des anges ni des hommes, si l’espèce en est unique, si le degré en dépasse la portée de notre intelligence, ainsi en est-il de l’amour spirituel pour les âmes que renferme l’âme du Sauveur du monde. L’amour sauveur reste sans terme de comparaison, comme l’amour créateur. [...] Le tourment de cette soif était incomparablement bien plus cruel que celui de l’autre soif. Marie le vit, et cette vue même la transporta aussitôt, pour ainsi dire, dans un monde nouveau et inconnu de douleurs. Elle vit que cette seconde soif serait presque aussi peu satisfaite que l’autre. Elle vit comment, à ce moment, Jésus contemplait dans son âme la procession sans fin des hommes qui s’avançaient chaque jour, sans interruption, d’une aurore à l’autre, en portant avec eux dans l’enfer le caractère du baptême et le sceau du précieux sang de leur Rédempteur. Voyez ! maintenant même, alors que le Sauveur est mourant de soif, le larron impénitent ne veut pas lui donner à boire son âme souillée ! Ainsi allait-il en être à jamais. Marie voyait tout cela. [...] Comme lui elle avait soif des âmes, et son cœur défaillait en voyant que la soif de Jésus ne serait pas étanchée. Ô malheureux enfants que nous sommes ! Combien de nos âmes n’avons-nous pas tenues éloignées, qui ce jour-là auraient consolé la Mère et le Fils ! »

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Tableau de Pierre Paul Rubens (Source)

« Il ne faut pas que nous quittions la croix. Nous ne devons pas descendre du Calvaire avant d’être crucifiés, et que la croix et nous soyons devenus inséparables. Mais le Calvaire est le grand théâtre de l’impatience humaine. Beaucoup ont le courage de gravir la colline, portant bravement leur croix sur leurs épaules. Mais, quand ils arrivent au sommet, ils posent leur croix à terre et descendent dans la cité pour prendre part au reste de la fête avec le peuple. Quelques-uns se laissent dépouiller, mais ils se retirent alors, refusant de se laisser attacher à la croix. D’autres y sont cloués, mais se détachent avant l’élévation de la croix. Quelques-uns supportent le choc de l’élévation, puis descendent de la croix avant que les trois heures soient passées ; ceux-ci dès la première heure, ceux-là dans la seconde, d’autres, hélas ! au moment même où la troisième heure est près de sa fin. Hélas ! le monde est plein des déserteurs du Calvaire, et il en est tellement plein que la grâce prudente ou dédaigneuse semble peu s’inquiéter de les arrêter. Car la grâce ne crucifie nul homme malgré lui ; elle laisse ce travail au monde et il le fait traîtreusement ou tyranniquement. [...] Nous voulons bien que notre sanctification ressemble à une opération douloureuse, mais nous désirons que cette opération soit de courte durée ; nous ne pouvons attendre, si elle vient sous la forme d’une guérison graduelle… [...]

C’est seulement à l’aide de la grâce du silence que les saints portent de si lourdes croix. Une croix pour laquelle nous avons reçu de la sympathie, est bien plus lourde qu’elle ne l’était auparavant, ou il peut arriver que la sympathie nous ait énervés de telle sorte que le poids semble plus grand et la plaie plus douloureuse sur nos épaules. Le silence est l’atmosphère propre de la croix, comme le secret natal. Les meilleures croix sont secrètes, et nous pouvons être silencieux sous celles qui ne sont pas secrètes. Le silence crée réellement pour nous une sorte de secret, même en public. Car du moins nous pouvons cacher combien nous souffrons, si nous ne pouvons cacher tout à fait que nous souffrons. [...] D’une manière ou d’une autre, la sympathie humaine profane les opérations de la grâce. Elle mêle un élément avilissant à ce qui est divin : le Saint-Esprit s’en éloigne parce que c’est une chose qui « venant de la terre, est tout terrestre. » Le consolateur ne donne ses meilleures consolations qu’aux cœurs inconsolables… »

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« Mais il y a une vraie consolation, profondément cachée, il est vrai, et cependant à notre portée, dans ce renoncement à toute consolation humaine. C’est dans les ténèbres de la nature que nous trouvons réellement le voisinage de Jésus. C’est lorsque les créatures sont absentes que nous sommes soutenus dans l’embrassement sensible du Créateur. Les créatures apportent l’obscurité avec elles, partout où elles s’introduisent. Elles nous gênent toujours, interceptent les grâces, cachent Dieu, nous privent des consolations spirituelles, nous rendent languissants et irritables. Elles remplissent tellement nos sens extérieurs, que les sens intérieurs de nos âmes sont incapables d’agir. Nous désirons souvent que notre vie soit plus divine. Mais elle l’est en réalité plus que nous ne le croyons. C’est la douleur qui nous révèle cela… [...] Nous sommes avec Dieu, notre Créateur, notre Sauveur. il est tout à nous ; il est tel que nous l’a fait l’éloignement des créatures. Il était toujours là, toujours le même dans nos âmes ; seulement il était éclipsé par le faux éclat des créatures. Il paraît enfin dans la nuit comme les étoiles. La lune blanche du midi ne nous séduit pas par sa beauté, c’est seulement dans la nuit qu’elle nous charme. De même c’est l’obscurité d’un Calvaire spirituel qui répand sur nos âmes la douce clarté de notre admirable Sauveur. »

R.P. F.W. Faber (1814-1863), Le pied de la Croix ou les douleurs de Marie (ch. VI), Quatrième édition, Paris, Ambroise Bray, 1862.

 

LA SAINTETÉ: PROFESSEUR ALEXIS OSSIPOV

5 mars, 2018

https://orthodoxologie.blogspot.it/2010/02/alexis-ossipov-theologien-russe-de-quoi.html

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LA SAINTETÉ: PROFESSEUR ALEXIS OSSIPOV

Théologien russe

De quoi a besoin une personne pour devenir un saint et pourquoi l’Église ne peut-elle jamais reconnaître une personne comme sainte alors que la personne est encore vivante? Ces questions sont la pierre angulaire de la vie spirituelle chrétienne. Alexis Ossipov, professeur à l’académie spirituelle de Moscou et théologien de renom, va répondre à ces questions.
Comme nous le savons par l’Évangile, la première personne qui soit jamais entrée au ciel a été le larron (Luc 23:39-43), un voleur dont les mains étaient couvertes de sang. Il s’agit d’un fait étonnant sans équivalent dans aucune autre religion du monde. Alors, pourquoi l’homme a-t-il été sauvé?
L’Évangile est très clair à ce sujet. L’auteur du méfait a été sauvé parce qu’il s’est rendu compte que sa vie était pleine d’immondices, parce qu’il a senti qu’il n’était pas digne d’être sauvé, et à cause de son repentir sincère devant le Sauveur. Le larron était pleinement conscient et n’avait absolument aucun doute qu’il ne pouvait pas être là où l’homme sur la croix allait être. C’est pourquoi il a prononcé ces paroles, si incroyablement humbles dans son agonie terrible, en s’adressant au Christ, « Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras dans Ton royaume » (Luc 23:42). Il n’a pas demandé le soulagement de la douleur ou la miséricorde, mais il a demandé au Seigneur de se souvenir de lui dans le lieu où il pensait qu’il ne serait jamais. C’est ce qui était suffisant pour être sauvé. En effet, comme le dit le Psaume, « un cœur brisé et contrit, ô Dieu, Tu ne le mépriseras pas » (Ps. 51:17). La vie d’un saint commence par faire attention à sa propre vie morale, à son état intérieur. Il faudrait comparer ses sentiments et ses aspirations avec les Commandements de l’Évangile, et la manière dont le Christ a agi. Cela révèle un tout nouveau monde à l’intérieur du cœur d’une personne, un monde étrange et inconnu qui souvent ne paraît pas très bon.
D’une part, nous sommes absolument sûrs que nous sommes gentils, intelligents, honnêtes, etc En un mot, que nous sommes bons et justes. C’est pourquoi il ne nous vient jamais à l’esprit que nous pourrions aboutir en dehors du Royaume des Cieux. Au contraire, nous pensons que nous allons certainement être là, au moins quelque part dans un « coin » du Ciel. Il se peut que je ne sois pas un grand saint, comme je me le dis souvent, mais je suis encore un croyant, un chrétien orthodoxe, je vais à l’église, je confesse mes péchés, et je reçois la Communion… Comment ne pas être sauvé? Je n’ai jamais tué ou volé, ou trompé mon épouse, ou violé les lois, de quoi d’autre ai-je besoin? Je me sens comme un saint légitime. J’ai juste besoin d’être canonisé, pendant que je suis encore en vie.
Mais d’un autre côté, si nous prêtons attention à nos paroles, à nos souhaits, à nos sentiments et nos attitudes à l’égard des amis et des ennemis, et si l’on compare tout cela avec ce que notre conscience nous dit et à ce que dit l’Evangile, nous commençons à voir les choses très différemment. Il s’avère que je ne puis m’empêcher de juger, d’envier, de me vanter, de trop manger, etc… Il y a tellement de choses je ne puis m’empêcher de faire, que je ne peux plus me voir comme une « bonne personne ». Même si je fais quelque chose de bien, c’est parce que je suis prétentieux ou calculateur. J’entends le grand nombre de péchés à la confession publique et je me rends compte que 99% des péchés de cette liste sont mes péchés. C’est-à-dire que je vois que je n’arrive pas à respecter les normes énoncées dans l’Evangile.
Peut-on devenir un saint déjà de son vivant? Pour répondre à cette question, nous devons comprendre que la sainteté, cela consiste à avoir le Saint-Esprit, un état qui peut changer souvent tout au long de la vie d’une personne, car Dieu seul ne connaît pas de changement. Ce n’est pas un oiseau que nous pouvons prendre et enfermer dans une cage afin qu’il ne puisse s’échapper. Mais cela consiste à surveiller son « vieil homme », à être vigilant dans le cœur et l’esprit, comme si nous étions les défenseurs d’une forteresse assiégée. Si les gardes de la forteresse font preuve de négligence, toute l’armée peut perdre la bataille. De même, il y eut des cas dans l’histoire du christianisme, où certains ascètes atteignirent les dons de prophétie ou de miracles, mais perdirent la concentration de leurs pensées et de leurs sentiments. En conséquence, ils ne furent plus capables de voir leurs « ennemis intérieurs », et de bien réfléchir à leurs réalisations, et beaucoup de ces personnes moururent spirituellement. Il y eut d’autres qui ne s’élevèrent dans leur sainteté dessus de la pureté d’un enfant. Saint Ignace (Bryanchaninov) citait saint Macaire le Grand qui a écrit qu’il y avait des âmes qui avaient reçu la grâce de Dieu, mais étant spirituellement inexpérimentées, comme des enfants, elles étaient tombées en s’éloignant de la sagesse qui est nécessaire pour un ascète véritable. Dans de nombreux monastères de tels startsy étaient appelés « saints mais non expérimentés », et les autres moines étaient réservés et prudents quand il s’agissait de les consulter.
C’est seulement en réalisant que nous sommes incapables de vaincre nos passions et nos péchés par nous-mêmes que nous pouvons obtenir l’humilité. C’est le début de la vie spirituelle juste. Car cela seulement nous fait perdre nos illusions sur nous-mêmes, révélant le véritable état de nos âmes, qui est si loin de la pureté de l’Évangile. Cela rend une personne en mesure de chercher le Sauveur, de se tourner vers le Christ. SaintPierre Damascène a déclaré: « Le premier signe que l’âme commence à s’améliorer, c’est quand on voit ses péchés innombrables comme le sable de la mer ». Je dois répéter que ce n’est que le commencement du chemin vers la sainteté. Mais s’il n’y a pas de commencement, il n’y a pas de suite.

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d’après
UNPLEASANT DIAGNOSIS. The First Step to Sainthood.

QU’EST-CE QUE LE « DON DES LARMES » ? (interview)

27 février, 2018

http://croire.la-croix.com/Definitions/Lexique/Vie-spirituelle/Qu-est-ce-que-le-don-des-larmes

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Les larmes de Dieu

QU’EST-CE QUE LE « DON DES LARMES » ? (interview)

Les larmes, c’est d’abord un signe de faiblesse, de souffrance, que l’on cache. Pourtant, la spiritualité médiévale parlait du « don des larmes »… De quoi s’agit-il ? La réponse d’Anne Lécu, religieuse, médecin en prison, auteur de l’essai Des larmes (Cerf).

Les larmes ont-elles toujours la même signification ?
A. L. : Cela dépend des époques. Aujourd’hui, on pleure parfois pour des bêtises, et certains pleurent de joie. Les larmes vont de la tristesse à la joie, et comme Marie Madeleine quand Jésus l’appelle par son nom, on peut passer en un même moment d’un état à l’autre. Le rire a quelque chose de mécanique, tandis que les larmes dessinent une continuité dans la gamme des sentiments.

Vous dites dans votre livre que les larmes sont une sécrétion du corps. Est-ce que c’est à traiter, à soigner ?
A. L. : C’est la question. Aujourd’hui on a tendance à vouloir tout médicaliser, et on peut avoir la tentation de se dire qu’il faut supprimer les larmes, qui sont un signe de souffrance. C’est parfois le cas, mais pas toujours. Pour moi, les larmes sont d’abord un débordement, qui manifeste un excès de quelque chose. Ce qui m’intéresse, c’est ce qu’elles disent de la personne qui pleure, ce qu’elle-même a à entendre de ses propres larmes. On est souvent débordé par ses larmes. Il m’arrive de pleurer alors que je ne le voudrais pas.

Nos larmes sont très liées à ce qui nous arrive, à notre vie personnelle, psychologique ?
A. L. : A notre existence, à notre histoire, à notre passé, à notre manière d’être… Certains pleurent plus que d’autres, qui n’arrivent pas à extérioriser leur souffrance, et qui en souffrent et le disent. J’ai le souvenir d’une personne en prison qui était couverte de grosses plaques suintantes, et qui me disait : « Mon corps qui suinte, c’est mon âme qui pleure. » Il n’arrivait pas à pleurer. C’est plus triste finalement de ne pas arriver à pleurer, que de trop pleurer.

Dans les Ecritures, et même dans l’Ancien Testament, on pleure beaucoup.
A. L. : C’est parce que la Bible raconte notre histoire. Un frère dominicain que je connais dit qu’elle raconte ce qui se passe autour de nous dans un rayon de 5 m. Elle raconte donc forcément les émotions des gens, leurs conflits, leurs joies…
Les larmes de la Bible disent-elles quelque chose de particulier ?
A. L. : Elles disent que Dieu s’incarne dans nos vies, dans nos échecs, dans nos joies, dans nos rencontres…

Parce que Dieu a un rapport avec nos larmes ?
A. L. : Je le crois vraiment. Je crois que Dieu lui-même pleure. Le Christ pleure dans l’Evangile. Jésus s’est fait l’un de nous, aussi j’ai l’impression que nos larmes sont incluses dans les siennes. Il les porte. Quand il pleure, il pleure une fois pour toutes les larmes de tout le monde. Et si Dieu pleure, oui, il y a un rapport entre Dieu et les larmes. Les auteurs du Moyen-Age ne s’y sont pas trompés, puisqu’ils parlent du « don » des larmes.

Qu’est-ce c’est que ce fameux « don des larmes » ?
A. L. : Cela dit d’abord que les larmes sont à recevoir comme un cadeau. Elles sont un cadeau parce qu’elles signifient la présence de quelqu’un. Je pense que l’on ne pleure pas quand on est vraiment seul. Si l’on pleure et qu’on est seul, c’est qu’on pleure devant quelqu’un. Ce quelqu’un peut être Dieu, ce peut être aussi celui auquel on pense et qui s’est absenté ou qui est mort, mais qui est présent sous forme d’absence, si je puis dire. Celui qui est absolument déserté par ses proches ne pleure pas. Nous en avons tous fait l’expérience, quand nous sommes en présence d’une personne de confiance, nous nous mettons à pleurer. Un ami arrive, on se lâche et on se met à pleurer. Les larmes sont donc le signe d’une présence, c’est pourquoi elles sont un cadeau.

Cela veut dire qu’on pleure pour rien ?
A. L. : Ce n’est pas la question. Quand on relit les écrits des auteurs médiévaux, on trouve des larmes de contrition : on regrette ce qu’on a fait.

Les grands saints pleurent beaucoup sur leurs péchés.
A. L. : Sans aller chercher les grands saints, nous savons bien nous-mêmes que quand on a fait quelque chose qu’on aurait préféré ne pas faire et qu’on a blessé quelqu’un qu’on aime, les larmes, au moment où on les verse, sont une forme de libération.

Dans les récits de conversion aussi, de grandes larmes sont versées.
A. L. : Je pense que les larmes de conversion disent encore autre chose. Elles arrivent quand quelque chose dans notre vie est plus grand que nous-mêmes, quand notre vie est touchée par une transcendance. Les larmes de conversion sont des larmes de joie. Sans être de grands saints, et même peut-être hors de la foi, tout le monde peut faire cette expérience, quand on est devant une œuvre d’art qui nous émeut par exemple. Celui qui est amoureux et pleure de joie d’être dans les bras de sa compagne fait la même expérience, il est touché par plus grand que lui.

Cela aussi, on peut l’appeler « le don des larmes » ?
A. L. : Bien sûr ! C’est un cadeau ! Que nous le vivions ou non dans la foi, je pense que tout ce que nous vivons concerne Dieu. Sinon, Dieu ne s’est pas incarné en Jésus Christ.

Est-ce que c’est un don gratuit ?
A. L. : Oui, je crois qu’avec les larmes, on est dans le contraire de l’utile. On les verse quand on ne les cherche pas… Elles peuvent couler de colère, de fatigue, elles peuvent couler abondamment à des moments où l’on n’arrive pas à les retenir, parfois même on ne se rend pas compte qu’on pleure. Elles nous arrivent sans qu’on en ait la maîtrise, et quand on en a la maîtrise, on ne pleure plus ! J’aime parler de cadeau, parce qu’il nous arrive à tous de recevoir la présence de l’autre comme un cadeau. Et ça, c’est la présence de Dieu.

Ignace de Loyola, François d’Assise pleuraient abondamment…
A. L. : Saint Dominique aussi, qui pleurait la nuit parce que le sort des pécheurs l’inquiétait beaucoup. Dans la journée, il essayait d’être joyeux avec ceux qui étaient joyeux, et de pleurer avec ceux qui pleuraient. Ce qui est une belle image de la qualité de présence que nous pouvons avoir les uns pour les autres.
Et de la qualité des larmes aussi…
A. L. : C’est la même chose !

Quand on se sent débordé par ses larmes, sans raison particulière, que faut-il faire ?
A. L. : Rien.

On voit beaucoup de gens qui pleurent à la messe. A l’Eucharistie par exemple.
A. L. : Oui, et si vous leur posez la question, ils vous diront qu’ils sont très contents d’avoir pleuré.

Il y a donc un bienfait des larmes ?
A. L. : J’en suis sûre. Les médiévaux disaient qu’elles lavaient les yeux, elles avaient donc un rôle purificateur. Je crois vraiment que les larmes lavent les yeux. Quand on a la vue troublée par les larmes, on voit des choses qu’on ne verrait pas les yeux secs. C’est une antidote à la transparence.

C’est le médecin qui parle, là ?
A. L. : Non, c’est quelqu’un qui est exaspéré par la transparence ambiante. On imagine aujourd’hui qu’il faudrait tout savoir sur tout le monde, dans le milieu de la prison notamment, et que quand on saurait tout, on pourrait faire des choses pour les gens. Voir, ce serait savoir et donc pouvoir. Je pense que c’est une pure illusion, et je revendique l’opacité. Accepter de ne pas savoir, c’est la première des choses pour entrer en relation avec quelqu’un.

On pleure beaucoup en prison ?
A. L. : On pleure beaucoup et on se cache pour pleurer, par pudeur d’abord. En prison, on est toujours surveillé. On se cache donc aussi par crainte que l’on croie que vous ne vouliez vous suicider, et qu’on vous réveille du coup toutes les deux heures pour être sûr que vous dormez. Il m’est arrivé de recevoir une femme venue pleurer dans mon bureau parce qu’elle ne pouvait pas se permettre de pleurer dans le couloir. Les larmes, ça permet garder entre soi et les autres un certain mystère.

Propos recueillis par Sophie de Villeneuve

LA VRAIE BEAUTÉ DE JÉSUS

6 novembre, 2017

https://www.disciples-de-christ.org/fr/jesus-ce-celebre-inconnu/la-vraie-beaute-de-jesus

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Christ l’Époux

LA VRAIE BEAUTÉ DE JÉSUS

Par Joël Chédru le mardi, 11 décembre 2012.

Une petite fille, qui était assise sur les genoux de sa mamy lui posa cette question pour le moins surprenante : « Mamy, pourquoi ton visage est tout rayé ? » Bien sûr, cette réflexion d’une enfant peut faire sourire. Cette mamy d’un âge très avancé avait un visage sillonné de rides. Sans vouloir vexer qui que ce soit, nous savons très bien que la vieillesse n’embellit personne. Mais, comme l’a dit quelqu’un : « La vraie beauté, c’est celle du cœur ! »
La Bible dit : « Recherchez plutôt la beauté de l’être intérieur, la parure impérissable d’un esprit doux et paisible, qui est d’une grande valeur aux yeux de Dieu » (1 Pierre 3/4 Français courant).
Au gré de leur imagination, bien des artistes ont représenté Jésus au visage rayonnant d’une grande beauté. Mais aucun texte de l’Ecriture, qui est la vérité, ne nous laisse entendre cela. La Bible ne nous dit rien concernant l’aspect physique de Jésus, si ce n’est cette prophétie d’Esaïe qui nous le révèle tel qu’il est apparu à ses contemporains : « Il n’avait ni beauté ni éclat pour attirer nos regards et son aspect n’avait rien pour nous plaire » (53/2).
La Bible dit : « Il a paru comme un simple homme » (Philippiens 2/8). Voici ce qui est écrit sur ses contemporains, ceux qui habitaient à Nazareth où Jésus avait été élevé, et qui connaissaient bien sa famille : « Quand ils l’entendirent, ils étaient étonnés et disaient : D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? N’est-ce pas le fils du charpentier ? N’est-ce pas Marie qui est sa mère ? Jacques, Joseph, Simon et Jude ne sont-ils pas ses frères ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? » (Marc 6/3). C’était un homme parmi les hommes, un Juif parmi les Juifs.
Ce n’est pas en compagnie de l’aristocratie et des grands de ce monde que l’on trouve le Fils de Dieu, mais plutôt au milieu de la souffrance et de la détresse humaines. Alors qu’il se trouve dans la synagogue de Nazareth le jour du sabbat, il se lève pour faire la lecture d’un passage des Ecritures :
« Ayant déroulé le livre du prophète Esaïe, il trouva l’endroit où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé ; pour proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur » (Luc 4/17-19).
Dans le Psaume 45, qui est reconnu comme un Psaume messianique, à cause de sa description prophétique du Messie, et qui entrevoit le futur avènement du Roi des rois, du Messie d’Israël, Chef de l’Eglise et Sauveur du monde, nous lisons ces paroles : « Tu es le plus beau des fils de l’homme » (45/3).
Sa véritable beauté ne résidait pas dans son aspect physique, extérieur et visible de tous, mais dans sa véritable identité, dans sa nature, dans son caractère, dans sa sagesse, dans la noblesse de ses sentiments, dans sa grandeur d’âme, dans les paroles de grâce qui sortaient de sa bouche.
La beauté est par définition ce qui éveille un plaisir admiratif. On parlera de la beauté d’un paysage, d’un tableau, d’une œuvre d’art. La beauté, c’est aussi ce qui éveille l’admiration par ses qualités morales et intellectuelles. On parlera de la beauté d’un sentiment, d’un geste, d’une âme. Cette beauté évoque aussi une idée de noblesse, de supériorité morale. C’est en cela que Jésus est « le plus beau des fils de l’homme. »

« Il est saint, innocent, irréprochable, parfait »
(Hébreux 7/26-28).

LA CRÉATION

30 octobre, 2017

http://enseignementsbibliques.over-blog.com/2017/07/la-creation.html

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LA CRÉATION

Publié le 19 juillet 2017 par Pierre-Yves

La création
Dès la première ligne de la Genèse, nous lisons ceci : « Au commencement Dieu créa les cieux et la terre ».
Dieu est le commencement de toutes choses. Pour créer le monde et tout ce qui nous entoure, il fallait que Dieu existe déjà. La bible ne nous parle pas de sa naissance, car chose incroyable, Dieu existe de toute éternité. Lorsque tout était néant, et qu’il n’y avait pas d’autres formes de vie, Dieu était déjà là. C’est une réalité qui nous dépasse, mais sur laquelle nous allons revenir dans un prochain article.

Par le pouvoir de sa parole, Dieu a créé le ciel, la terre, et tout ce qu’ils renferment, et chose étonnante, il a caché des indices partout dans la création pour nous aider à remonter jusqu’à lui.
Ainsi, de même qu’il est possible d’authentifier une œuvre d’art grâce à certaines techniques d’analyse, de même nous pouvons aujourd’hui identifier le Dieu créateur en contemplant l’ensemble de sa création. Il a marqué de son empreinte l’œuvre de ses mains.
D’après le psalmiste, « Les cieux racontent la gloire de Dieu, Et l’étendue manifeste l’œuvre de ses mains ». Psaumes 19 v. 2
L’immensité du ciel qui s’étend à perte de vue, est un langage qui nous parle, et nous révèle la gloire de Dieu, et son infini grandeur.
Au crépuscule, l’horizon se teinte de rouge, de mauve, et de rose, comme une fête de feux d’artifices, avant de retomber finalement dans la nuance.
La voûte céleste est comme un écran géant sur lequel est projeté le spectacle époustouflant des boules nuageuses bleu-gris qui s’étendent parfois sur plusieurs kilomètres.
La nuit, le ciel change de robe, et s’illumine de milliers d’étoiles pour nous offrir un spectacle hors du commun.
Ces différentes mises en scènes de l’étendue céleste, manifestent la gloire d’un Dieu, artiste créateur, qui sait mélanger les styles avec goût, et avec élégance.
En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Romains 1 v. 20
Dieu a laissé suffisamment d’indices dans l’ensemble de sa création pour nous permettre de voir à l’œil nu sa gloire qui s’étend à perte de vue.
Il y a une parfaite coordination des cycles, des époques, et des saisons. Le soleil sait à quelle heure se lever, et se coucher, les oiseaux savent à quel moment migrer. Chaque chose arrive en son temps, la faune et la flore obéissent à des lois invisibles, et cette harmonie dans l’univers rend possible la vie sur terre. Ecclésiaste 3 v. 11
Il fait toute chose bonne en son temps.
La beauté de la flore sauvage avec son assortiment de couleurs, la diversité des espèces animales, et la variété du monde végétal. Dieu a dessiné les contours, composé les couleurs, et intégré la multiplicité pour réaliser cette toile vivante, et de grandeur nature que nous pouvons admirer partout autour de nous.
L’abondance du sol et les ressources inépuisables de notre planète nous renseignent sur la richesse d’un Dieu qui donne avec largesse. Aggée 2 v. 8
L’argent est à moi, et l’or est à moi, dit l’Éternel des armées
Malgré pourtant, l’usure du temps, ainsi que les dérèglements et les perturbations climatiques, malgré le déséquilibre de l’écosystème, qui sont les conséquences du péché de l’homme, la terre n’a rien perdu de sa beauté.
Vue de l’espace, notre planète apparaît toute bleue, avec ses continents entourés d’eau. En effet, les océans, les mers, les lacs, les fleuves, et les rivières recouvrent environ 75 % de la surface totale du globe.
Malgré sa taille infime par rapport au reste de l’univers, la planète bleue est l’objet d’une attention particulière de la part du Dieu de la création.
L’immensité de l’univers et les milliards d’étoiles de notre galaxie, révèlent un Dieu créateur, dont l’infini sagesse ne font aucun doute.
D’un bout à l’autre de la bible, Dieu se révèle comme le créateur de toutes choses.
Apocalypse 4 v. 11 : Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l’honneur et la puissance ; car tu as créé toutes choses, et c’est par ta volonté qu’elles existent et qu’elles ont été créées.
Colossiens 1 v. 16 : Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui.

LA PATIENCE, LA PERSÉVÉRANCE ET LA FOI

2 octobre, 2017

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LA PATIENCE, LA PERSÉVÉRANCE ET LA FOI

Un texte de Eric-Elisée Kouakou

La patience, la persévérance et la foi sont trois vertus qui si elles abondent dans votre vie, feront de vous un homme fait, une femme faite, affermi(e) et prêt(e) à toute bonne oeuvre pour le Seigneur.
La patience, la persévérance et la foi. Voici trois vertus fondamentales dans la vie du véritable chrétien, distinctes mais indissociables l’une de l’autre.

QUE SONT-ELLES ?a
La patience, tout d’abord peut être définie comme l’attitude qui consiste à attendre calmement la réalisation d’une chose. La patience semble dans un premier temps faire allusion à une attitude paisible mais souvent on peut aussi croire qu’elle signifie « absence d’activité ».
Mais imaginez-vous un individu qui soutienne sans faiblir un lourd poids et qui le soutienne longtemps. Même si apparemment aucun geste n’est fait, il est clair qu’il y a grand effort qui est réalisé pour soutenir tout l’ensemble. Il en va de même pour la patience. Extérieurement donc on pourrait croire qu’elle consiste à ne pas agir, mais en réalité la patience est une action, l’action de retenir, l’action de soutenir, l’action de tenir le coup. La patience est donc une force et non pas une faiblesse. Lorsque Dieu nous demande d’attendre le temps de quelque chose ne croyons pas que nos actions pourraient faire mieux et plus rapidement. Car Lui seul sait pourquoi il le demande ainsi. Le chemin peut sembler plus long mais c’est le plus sûr.
La patience c’est donc attendre sans se relâcher mais tout en étant prêt pour l’heure et la circonstance du Seigneur!
La persévérance ne s’oppose pas à la patience mais la complète. Tandis que la patience semblait nous faire comprendre : attends, ne bouge pas, la persévérance elle nous dit : continue ton effort!
La persévérance c’est en réalité le fait de continuer un effort jugé difficile, le continuer malgré une opposition, malgré quelque chose de contraire censé nous faire arrêter notre effort. La persévérance est donc en rapport avec un dépassement de soi pour dépasser un obstacle qui se dresse sur notre chemin et qui légitimement devrait nous faire arrêter notre course. La persévérance permet donc un dépassement de nos limites.
On ne parle de persévérance que lorsqu’il y a effort et on ne parle d’effort que lorsqu’il y a difficulté, limite ou opposition. Ainsi la persévérance n’a de sens que par rapport à une activité contraire à la nôtre. Si Jésus te dit « persévère » c’est parce qu’il y a problème, opposition. On ne parle pas de persévérance s’il n’y a pas problème.

Actes 1 : 14
14 Tous d’un commun accord persévéraient dans la prière, avec les femmes, et Marie, mère de Jésus, et avec les frères de Jésus.
Colossiens 4 : 2
2 Persévérez dans la prière, veillez-y avec actions de grâces.
Par exemple, ces deux versets veulent nous signifier que quoi qu’on dise prier n’est pas toujours aussi évident et facile à faire. Mais indépendamment des circonstances, il s’agit de persévérer, c’est-à-dire continuer malgré la difficulté.

C’est notamment par la persévérance qu’on obtient l’accomplissement des promesses :
Hébreux 6 : 12
12 en sorte que vous ne vous relâchiez point, et que vous imitiez ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses.
Comme dit plus haut, la patience et la persévérance ne s’opposent pas, comme on pourrait le croire de prime abord en pensant aux notions de passivité et activité. Mais nous l’avons dit, la patience n’est pas la passivité, c’est plutôt une attente dynamique. La patience et la persévérance plutôt se complètent.
On peut persévérer tout en étant patient. Par exemple, persévérer dans un effort tout en étant patient quant à la réalisation de la pleine promesse de Dieu !
En réalité, ces deux vertus sont deux produits de la foi et c’est parce qu’on croit qu’on est patient et c’est parce qu’on croit qu’on est persévérant. C’est la foi donc qui les relie entre elles.
La foi est enfin une forme d’illumination de notre esprit et de notre coeur qui nous fait avoir une direction et une conviction fermes vers un but fixé. C’est une détermination, une confiance et une assurance vers un but fixé.
La patience, la persévérance et la foi sont trois vertus qui si elles abondent dans votre vie, feront de vous un homme fait, une femme faite, affermi(e) et prêt(e) à toute bonne oeuvre pour le Seigneur. Reliées entre elles, elles consolident et fortifient notre vie chrétienne.

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