Archive pour la catégorie 'Judaisme: Fête'

LE PREMIER SENS DE HANOUKA: LA FÊTE DE LA LUMIÈRE UNIVERSELLE (2015 Décembre 7-14)

9 décembre, 2015

http://libertejuive.me/2015/11/12/hanouka-universel/

LE PREMIER SENS DE HANOUKA: LA FÊTE DE LA LUMIÈRE UNIVERSELLE (2015 Décembre 7-14)

En ce jour de Roch Hodech Kislev, voici un petit article sur Hanouka sorti de mes tiroirs et toujours d’actualité…

Mois pour tout le monde (traduction de Google de l’hébreu)

Hanouka, entre toutes les fêtes, illustre l’attachement du peuple juif à sa tradition, une tradition de vie, porteuse de vie, adaptée à nos vies. Absente de la Bible, à peine évoquée dans la michna, Hanouka nous apparaît pour la première fois dans le Talmud. Une braïta (source tanaïtique), citée dans le traité chabat du Talmud babylonien (21b) présente le lien entre la célébration et l’allumage de bougies. Hanouka est, selon le talmud lui-même, originé dans un phénomène naturel impressionnant : le raccourcissement des jours. Il est essentiel de se mettre dans la peau des générations précédentes. L’amoindrissement de la luminosité et du temps d’exposition au soleil nous influence tous, parfois de façon imperceptible ou subliminale. Il nous est facile aujourd’hui, pour peu que nous en prenions conscience, d’allumer une lampe ou une bougie. La situation était toute autre dans le passé. L’absence de l’électricité rendait l’éclairage très difficile, très fragile et très peu confortable. La lumière vacillante des bougies elle-même constituait un luxe. Le Talmud va jusqu’à poser la question du choix à opérer si on ne dispose pas de l’argent nécessaire pour se procurer à la fois les bougies de Hanouka et le vin du kidouch du chabat ! Lorsque petit à petit, dans notre univers physique, dans notre univers familial, dans notre univers personnel, la lumière diminue, il est important d’en prendre conscience. C’est le premier message de Hanouka. Cette prise de conscience, pourtant, peut faire peur. Le talmud fait remonter cette première angoisse à Adam Harichon, le premier humain. Voyant les jours raccourcir, torturé de culpabilité face à la faute qui l’avait chassé du jardin d’Eden, Adam vit sa fin venir. Il s’imagina disparaître dans l’obscurité, poursuivi par la faute de la consommation du fruit de l’arbre de la connaissance. Il entreprit alors, nous dit le Talmud, de jeûner et de prier. Quand vint l’époque du mois de tévèt, il observa le rallongement des jours, il se dit qu’il s’agissait du fonctionnement normal du monde, et se consacré à huit jours de fête (avoda zara 8a). C’est avec la renaissance des jours qu’Adam pu reprendre sa vie. C’est ainsi que naquit la fête. La première origine de la fête serait liée à la nature, et à son influence sur nos sentiments et comportement. Allumer les lumières de Hanouka permet de nous situer en harmonie avec la nature, sans nous laisser dominer par elle, de ne pas laisser nos jours se raccourcir et notre univers se réduire comme une peau de chagrin. Au contraire, connaître la nature nous permet d’anticiper son cours et de nous prémunir de ses atteintes, de nous nourrir de ses offrandes. Dans ce premier sens, Hanouka est une fête universelle, c’est la fête des lumières, accompagnée par les guirlandes laïques et chrétiennes qui accompagnent elles-aussi l’obscurité de l’hiver…. Hanouka a également un sens spécifique à l’identité juive, nous l’évoquerons dans les prochains jours.

JUDAÏSME ET FÊTES JUIVES , YOM KIPPOUR, JOUR DU GRAND PARDON – (EN 2015 LE 23 SEPTEMBRE)

22 septembre, 2015

http://loicjerusalem.jimdo.com/juda%C3%AFsme-et-f%C3%AAtes-juives/yom-kippour/

JUDAÏSME ET FÊTES JUIVES , YOM KIPPOUR, JOUR DU GRAND PARDON – (EN 2015 LE 23 SEPTEMBRE)

Yom Kippour
(Source : un-echo-israel ; 09/07)
Loïc Le Méhauté

Dans la Bible
Les références bibliques de cette fête sont les livres du Lévitique (16. 29-34 ; 23. 27-32), et des Nombres (29. 7-11).
Ce jour est le jour annuel des expiations, d’où son nom hébreu « Yom ha-Kippourim » : « Le dixième jour de ce septième mois, ce sera le jour des expiations : vous aurez une sainte convocation (Miqra’qodesh), vous humilierez vos âmes, et vous offrirez à l’Éternel des sacrifices consumés par le feu. Vous ne ferez aucun ouvrage ce jour-là, car c’est le jour des expiations, où doit être faite pour vous l’expiation devant l’Éternel, votre Dieu [...]. Ce sera pour vous un shabbat, un jour de repos, et vous humilierez vos âmes ; dès le soir du neuvième jour jusqu’au soir suivant, vous célébrerez votre shabbat. » (Lv 23. 27-32). « C’est ici pour vous une loi perpétuelle : au septième mois, le dixième jour du mois, vous humilierez vos âmes, vous ne ferez aucun ouvrage, ni l’indigène, ni l’étranger qui séjourne au milieu de vous. Car en ce jour on fera l’expiation pour vous, afin de vous purifier : vous serez purifiés de tous vos péchés devant l’Éternel. Ce sera pour vous un shabbat, un jour de repos, et vous humilierez vos âmes. C’est une loi perpétuelle [...]. Il se fera une fois chaque année l’expiation pour les enfants d’Israël, à cause de leurs péchés. » (Lv 16. 29-34).
Dans le Temple, ce jour-là, on offrait en dehors des sacrifices perpétuels, quelques sacrifices spéciaux dont un bouc pour le sacrifice d’expiation : « Vous offrirez en holocauste, d’une agréable odeur à l’Éternel, un jeune taureau, un bélier, et sept agneaux d’un an sans défaut. Vous y joindrez l’offrande de fleur de farine pétrie à l’huile, trois dixièmes pour le taureau, deux dixièmes pour le bélier, et un dixième pour chacun de sept agneaux. Vous offriez un bouc en sacrifice d’expiation, outre le sacrifice des expiations, l’holocauste perpétuel et l’offrande, et les libations ordinaires. » (Nb 29. 11).
Dans ces trois textes sont regroupées les observances de ce jour très saint :
- Sainte convocation : Miqra’qodesh,
- Shabbat : vous ne ferez aucun ouvrage,
- Vous humilierez vos âmes : par le jeûne.
C’est le jour des expiations pour les enfants d’Israël : Yom ha-Kippourim.
Quand le Temple existait un sacrifice d’expiation était offert : un bouc expiatoire.

Dans le chapitre 16 du Lévitique nous avons la description de la présentation d’Aaron dans le Saint des Saints. Après s’être purifié et sanctifié il rentrait dans la présence de Dieu devant le propitiatoire. La première fois il y rentrait pour son expiation et celle de sa maison et la seconde fois pour l’expiation de toute l’assemblée d’Israël : « Il égorgera son taureau expiatoire. Il prendra un brasier plein de charbons ardents ôtés de dessus l’autel devant l’Éternel, et de deux poignées de parfum odoriférant en poudre ; il portera ces choses au delà du voile [...]. Il prendra le sang du taureau, et il fera l’aspersion avec son doigt sur le devant du propitiatoire vers l’orient [...]. Il égorgera le bouc expiatoire pour le peuple, et il portera le sang au delà du voile. Il fera avec ce sang comme il a fait avec le sang du taureau, il en fera l’aspersion sur le propitiatoire et devant le propitiatoire. » (Lv 19. 11-15).
A l’époque du Temple, cette rencontre de Dieu avec son représentant dans le Saint des Saints était la chose la plus sainte et la plus redoutable. Le Grand Prêtre (Cohen Gadol) devait respecter les ordonnances reçues par Moïse concernant sa sanctification et le rituel des sacrifices. Nous en avons un exemple tragique dans le récit de la mort des deux fils d’Aaron qui apportèrent devant l’Éternel du feu étranger : « Les fils d’Aaron, Nadab et Abihu, prirent chacun un brasier, y mirent du feu, et posèrent du parfum dessus ; ils apportèrent devant l’Éternel du feu étranger, ce qu’il ne leur avait point ordonné. Alors le feu sortit de devant l’Éternel, et les consuma : ils moururent devant l’Éternel. Moïse dit à Aaron : C’est ce que l’Éternel a déclaré, lorsqu’il a dit : Je serai sanctifié par ceux qui s’approchent de moi, et je serai glorifié en présence de tout le peuple. » (Lv 10. 1-2).
L’Alliance du Sinaï fut scellée dans le sang, au pied de la montagne : « Moïse, écrivit toutes les paroles de l’Éternel. Puis il se leva de bon matin ; il bâtit un autel au pied de la montagne [...]. Moïse prit la moitié du sang, qu’il mit dans des bassins, et il répandit l’autre moitié sur l’autel. Il prit le livre de l’alliance, et le lut en présence du peuple ; ils dirent : Nous ferons tout ce que l’Éternel a dit et nous obéirons. Moïse prit le sang, et il le répandit sur le peuple, en disant : Voici le sang de l’alliance que l’Éternel a faite avec vous selon toutes ces paroles. » (Ex 24. 4-8).
Ce concept biblique des sacrifices pour la rémission des péchés réside dans ce passage : « Car l’âme de la chair est dans le sang. Je vous l’ai donné sur l’autel, afin qu’il servit d’expiation pour vos âmes, car c’est par l’âme que le sang fait l’expiation » (Lv. 17. 11). C’est ce que nous dit l’épître aux Hébreux : « Et presque tout d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon. » (Hé 9. 22). Le sacrifice d’un animal, sacrifice d’expiation n’était qu’une offrande de substitution au sacrifice que chacun devait faire de lui-même.
Aujourd’hui, n’ayant plus de Temple ni de sacrifices d’expiations, il est considéré que la repentance et le jeûne suffisent pour effacer le péché du peuple.

Dans la tradition
Les Sages ont considéré que depuis la disparition des sacrifices, dans le Temple de Jérusalem, l’expiation pour les péchés est obtenue par Dieu lui-même. Le Midrash (Yalkut Shimoni) illustre ce point d’une façon pittoresque : « On demanda à la sagesse : ‘qu’elle est la punition pour le pécheur ?’ Elle a répondu : ‘Le mal persécutera la pécheur.’ La même question fut posée à la Prophétie et sa réponse fut : ‘L’âme qui pêche mourra.’ On a demandé à la Torah, qui répondit : ‘S’il apporte un sacrifice d’expiation, il sera pardonné.’ Quand on a demandé à Dieu, il dit : ‘Qu’il se repente et son péché lui sera pardonné.’ »
Le rabbin Yehouda ha-Nassi, le compilateur de la Mishna, va jusqu’à dire que la puissance de Kippour est telle que le jour lui-même purifie les péchés sans autres demandes de la part de l’homme. Il est évident que d’autres Sages ne sont pas d’accord avec lui. Il est considéré que si seulement une personne se repent il est purifié de ses péchés le Jour du Kippour.
La Bible met l’accent sur la repentance et c’est un thème principal des écrits prophétiques. Le livre entier de Jonas est consacré à la repentance. La possibilité de se repentir est ouverte à chaque homme : « La justice du juste ne le sauvera pas au jour de sa transgression ; et le méchant ne tombera pas par sa méchanceté le jour où il s’en détournera [...] » (Ez 33. 12).
La vraie repentance consiste en trois points principaux : le regret de son passé ; la résolution de ne pas répéter son péché dans le futur ; et de le confesser. Les sages considèrent que la repentance est réelle si le pêcheur ne répète pas son péché quand l’occasion de pécher se représente dans les mêmes circonstances.
Les sages (Yoma 86a-b) ont divisé la repentance en trois catégories : repentance par la souffrance ; repentance par la crainte ; et repentance par amour pour Dieu. Celle-ci a plus de mérite que les autres.
Comme nous l’avons vu dans les pages précédentes la repentance commence entre l’homme et son semblable. Le soir de Kippour, chaque membre de la congrégation se demande pardon pour tous les tords commis intentionnellement ou non.
Si le Jour de Kippour est une expérience personnelle, chaque homme luttant avec sa conscience, c’est aussi une journée importante sur la sphère nationale. Dans le Temple, le Grand Prêtre se tenait devant pour le peuple et intercédait pour le péché de tous. Yom Kippour est le jour quand Moïse est descendu du mont Sinaï avec les nouvelles Tables de la Loi après avoir obtenu le pardon en faveur du peuple d’Israël qui avait péché par le Veau d’or. Les Sages nous rapportent la tradition du deuxième Temple, d’attacher un fil de laine rouge à la porte du Temple. Si les sacrifices d’expiation pour le peuple étaient agrées par Dieu le fil devenait blanc.
Bien que la Bible ne développe pas le caractère pénitentiel de ce jour, d’autres textes bibliques insistent sur l’importance du jeûne (Ps 35. 13 ; Es 58. 3-5), et les Sages prescrivirent pour ce jour un jeûne complet. Le jeûne n’est pas seulement pour affliger notre âme mais un moyen pour transcender la limitation de notre corps physique. Cinq interdictions sont faites pour ce jour : jeûne total de nourriture et de boisson pendant 25 heures, abstention de bain, interdiction de porter des chaussures en cuir et abstention de relations conjugales. Ces interdictions ne s’appliquent pas aux personnes malades ou âgées, aux femmes enceintes et aux enfants. Ceux-ci seront tenus d’observer que le port des chaussures en toile ; ce n’est qu’à l’approche de la majorité qu’on les habitue peu à peu au jeûne.
On porte des vêtements blanc en signe de fête et pendant les prières on s’enveloppe du châle de prière comme d’un linceul, pour s’imaginer sa propre mort et comprendre l’impératif de la conversion (Teshuva) : la vie, le pardon. Il y a une sorte de dichotomie dans le Jour du Kippour : il est demandé d’humilier son âme et en même temps il est fait l’expiation pour les enfants d’Israël. S’humilier nous afflige mais en revanche le pardon qui nous purifie .nous remplit de joie.
Un bain rituel est souvent pratiqué la veille de Kippour ; cette purification est justifiée d’une part par la sainteté du jour, d’autre part par la Teshuva.
C’est un devoir que de manger et boire à satiété en signe de joie de voir arriver le moment du pardon et également pour supporter le jeûne et les prières du Kippour.
On commence la fête avant l’heure et par conséquent le repas doit finir 3/4 d’heure avant le coucher du soleil. Après la bénédiction du repas et la récitation du Psaume 126, on procède à l’allumage des bougies comme aux jours de fêtes, puis les parents bénissent leurs enfants avant de se rendre à la synagogue.

Le Jour de Kippour et le shofar
La Torah n’ordonne pas de sonner du shofar pendant le Jour de Kippour à l’exception de l’année du jubilé (Lv 25. 8-10). Mais depuis le Moyen Âge, c’est devenu une coutume que d’en sonner pour annoncer la fin du jeûne. Cette sonnerie n’a aucune signification liturgique.
A la fin du service religieux du Yom Kippour, la prière du Kaddish est récitée par le Hazzan et l’on sonne du shofar. Dans certaines communautés juives, un simple coup est sonné, tandis que dans d’autres l’on sonne le téqi’ah, shevarim, teru’ah, téqi’ah.
Plusieurs raisons sont invoquées pour sonner du shofar. La sonnerie nous rappelle l’année du Jubilé : « le dixième jour du septième mois, tu feras retentir les sons éclatants du shofar ; le jour des expiations, vous sonnerez de la trompette dans tout votre pays [...]. La cinquantième année sera pour vous le jubilé (yovel) » (Lv 25. 9), quand tout bien retournait à son propriétaire, ou chacun retournait dans son héritage, et que les esclaves étaient libérés. C’est une allusion au retour du peuple juif sur sa terre. C’est aussi une allusion au verset : « Dieu monte au milieu des cris de triomphe, l’Éternel s’avance au son de la trompette » (Ps 47. 6), quand Dieu descendit sur le mont Sinaï.
Au début du XXe siècle il était de coutume de sonner du shofar au Mur Occidental, malgré les interdictions des Britanniques, sur lesquels la Waqf musulmane faisait pression.
Quand la Vieille Ville de Jérusalem fut prise par les Forces de défenses israéliennes (Tsahal) en 1967, le rabbin S. Goren, alors grand chapelain des Armées, sonna du shofar au Mur Occidental symbolisant par cet acte le début de la Rédemption d’Israël.

La liturgie
L’office des cinq différentes prières dure environ treize heures. Ces prières sont : la veille au soir, Kol Nidré et arvit ; le matin, Shaharit et Moussaf ; l’après-midi, Minhah ; le soir, Né’ilah. L’office est celui du Shabbat et des Fêtes, outre ce qui est propre à Kippour.
Les prières du soir de Kippour commencent tôt et continuent tard le soir. La liturgie du Kippour commence par le chant Kol Nidré (Tous les Vœux), qui est une demande de pardon pour tous les vœux ou promesses énoncés par erreur. Par cette déclaration on proclame nuls et non avenus tous les vœux faits entre l’homme et Dieu : « Tous les vœux que nous pourrions faire depuis ce jour de Kippour jusqu’à celui de l’année prochaine, toute interdiction ou sentence d’anathème que nous prononcerions contre nous-mêmes, toute privation ou renonciation que, par simple parole, par vœux ou par serment, nous pourrions nous imposer, nous les rétractons d’avance ; qu’ils soient tous déclarés non valides, annulés, dissous, nuls et non avenus [...]. » (Livre des Prières).
Une des grandes prières de Kippour est la confession des péchés, nécessité pour la repentance, Teshuvah. Dans le Temple c’était le Grand Prêtre qui faisait la confession en posant ses deux mains sur le bouc. Aujourd’hui la confession doit être récitée par chaque participant. On confesse tous les péchés, même ceux que l’on n’a pas commis, car chacun est responsable de tous.
Le service se termine par la prière Anenou, Réponds-nous : « Réponds-nous, Seigneur, réponds-nous. Réponds-nous, notre Père, réponds-nous. Réponds-nous, notre Créateur, réponds-nous [...]. »
Aux services du matin et du midi, en plus des prières, on fait la lecture de la Torah (Lv 16 et 18 ; Nb 29. 7-11) et de la Haftarah (Is 57. 14 à 58. 14, et Jonas), et une prière pour les morts.
Le service Moussaf est caractérisé par le Seder ha-Avodah (l’ordonnance du service), qui fait mémoire du service du Grand Prêtre au Temple le jour de Kippour, seul jour où il rentrait dans le saint des Saints. Les détails du Seder ha-Avodah ont été préservés dans la Mishna, (Yoma 1,5) sur la base de Lévitique 16. Lorsque les prêtres et le peuple entendaient le Grand Prêtre prononcer le Nom ineffable, glorieux et redoutable, ils s’agenouillaient, se prosternaient et tombaient la face contre terre en disant : « Béni le Nom glorieux de son règne à jamais ! »
La liturgie du Yom Kippour comporte un office de clôture, Né’ilah, qui n’a pas d’équivalent dans l’année liturgique juive. Lorsque le jour de Kippour s’achève, le jugement tombe et le livre est scellé où seuls ceux qui ont fait Teshuvah sont inscrits. Ce soir on dit : « Scelle-nous au livre de Vie. » L’on supplie encore une dernière fois l’Éternel : « Ouvre-nous les portes des cieux au moment où les portails se ferment ! Car le jour décline, il va disparaître et le soleil se coucher. Entrons dans tes portails. » Cette supplication fait peut être référence aux portes du Temples qui se fermaient à l’heure où le soleil couchant jette ses derniers rayons sur les cimes des arbres. La cérémonie se termine à l’apparition des trois premières étoiles, peu de temps après la fermeture des portes du Temple.
L’office culmine et s’achève quand toute l’assemblée proclame : « Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est UN » (Dt 6. 4) ; « Béni le Nom glorieux de son règne à jamais. Le Seigneur, c’est lui qui est Dieu » (1 R 18. 39).

HANOUCCA – FÊTE DES LUMIÈRES

17 décembre, 2014

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hanoucca

HANOUCCA – FÊTE DES LUMIÈRES

Nom officiel Hag HaHanoukka (חג החנוכה « Fête de l’Édification »)
Autre(s) nom(s) Fête des Lumières
Signification Fête joyeuse commémorant la victoire militaire et spirituelle des Juifs de Judée sur les armées séleucides et l’hellénisation.
Commence le 25 kislev
Finit le 2 ou 3 tevet
Date 2014 coucher de soleil, 16 décembre – coucher de soleil, 24 décembre
Observances Allumer la hanoukkia, jouer avec des draydels (sevivon), manger des latkes de pomme de terre) ou des soufganiyot.

Hanoucca (hébreu חג החנוכה Hag HaHanoukka, « Fête de l’Édification » ou « de l’Encénie ») est une fête juive d’institution rabbinique, commémorant la réinauguration de l’autel des offrandes dans le second Temple de Jérusalem, lors de son retour au culte judaïque, trois ans après son interdiction par Antiochus IV des Séleucides.
Elle marque une importante victoire militaire des Maccabées et symbolise la résistance spirituelle du judaïsme à l’assimilation grecque.
Selon la tradition rabbinique, au cours de cette consécration se produit le miracle de la fiole d’huile, permettant aux prêtres du Temple de faire brûler pendant huit jours une quantité d’huile à peine suffisante pour une journée.
Elle est célébrée à partir du 25 kislev (qui correspond, selon les années, aux mois de novembre ou décembre dans le calendrier grégorien) et dure huit jours, jusqu’au 2 ou 3 tevet (en fonction de la longueur de kislev, mois de 29 ou 30 jours).
Les pratiques et coutumes qui s’y rattachent sont liées au miracle de la fiole d’huile, en particulier l’allumage du chandelier à neuf branches de Hanoucca pendant les huit jours de la fête et la consommation de friandises à base d’huile d’olive (latkes, soufganiyot, etc.). On y joue aussi avec des toupies à quatre faces.

Hanoucca dans les sources juives
Juda Maccabée face à l’armée de Nicanor
La réinauguration du Temple, célébrée à Hanoucca, se place dans le contexte de la révolte des Maccabées. Un récit en a été compilé dans le premier livre des Maccabées par un auteur proche des événements (et selon certains historiens modernes, orienté idéologiquement)1. Ce livre n’a pas été inclus dans la Bible hébraïque mais il l’est dans la Septante.
Selon ce récit, à la suite de nombreuses persécutions menées par le pouvoir séleucide contre l’étude de la Torah2 et les Juifs qui souhaitent observer leur Loi, un prêtre juif, Mattathias l’Hasmonéen, fils de Yohanan, prend la tête d’une insurrection. Il désigne son fils Juda Maccabée comme successeur.
Après trois ans de lutte, « le vingt-cinquième jour du […] mois de kislev de la cent quarante-huitième année, […] ils firent la dédicace de l’autel pendant huit jours, et ils offrirent des holocaustes avec joie, et un sacrifice d’action de grâce et de louange. […] Alors Juda, avec ses frères et toute l’assemblée d’Israël, ordonna que le jour de la dédicace de l’autel serait célébré en son temps, d’année en année, pendant huit jours, à partir du vingt-cinquième jour du mois de kislev, avec joie et allégresse3. »
Cette victoire ne constitue qu’un épisode de la révolte. Elle se poursuit vingt ans avant que les Juifs ne retrouvent une indépendance de fait1.
Livres de la période tannaïtique[modifier
On apprend de la Mishna que le rite de Hanoucca est connu et que son importance est reconnue à l’époque de sa rédaction :
du fait de Hanoucca, des émissaires sont dépêchés de Jérusalem aux communautés de la Diaspora pour leur annoncer la néoménie de Kislev4 ;
on lit une section biblique particulière au cours de la fête5;
on ne peut y décréter de jeûne public6 ;
si un chameau chargé de lin passe dans le domaine public et que son chargement provoque un incendie dans une boutique au contact d’une lampe placée à l’extérieur, le propriétaire du magasin est responsable des dommages causés sauf, dit Rabbi Yehouda, s’il s’agit d’une lampe de Hanoucca7.
Cependant, à la différence des autres fêtes, y compris celle de Pourim, également instituée par les rabbins, aucun traité mishnaïque ne se consacre à Hanoucca en particulier.
Certains expliquent l’omission par des motifs historico-politiques : méfiance des Pharisiens vis-à-vis des autorités romaines, particulièrement après la révolte de Bar Kokhba8 ou répugnance de l’auteur de la Mishna, Juda Hanassi, à glorifier les haut-faits d’une dynastie qui avait usurpé à ses yeux la place de la maison de David9.
D’autres suggèrent que les règles de la fête étaient parfaitement connues à l’époque de la Mishna10 ou étaient déjà détaillées dans d’autres livres11.
Hanoucca et les faits qui s’y rattachent sont en effet abondamment évoqués dans d’autres œuvres contemporaines de l’élaboration ou de la composition de la Mishna. Les plus connues de celles-ci sont :
la Meguilat Taanit qui consigne les jours fastes commémorant les victoires maccabéennes ;
la Meguilat Antiochos qui sera pour de nombreux Juifs la source de référence sur les faits12 ;
le deuxième livre des Macchabées, compilation d’une histoire en cinq volumes de la révolte des Maccabées attribuée au Juif hellénisé Jason de Cyrène13.

Les « saints Macchabées »
Ces sources font une part assez large au merveilleux et au martyrologe : on y exalte les Juifs mis à mort pour avoir refusé de transgresser, dont les plus célèbres sont Hanna et ses sept fils14. D’autre part, les Maccabées ne sont plus de simples agents de la volonté divine qui parviennent à la victoire par leur génie militaire : Dieu lui-même leur assure la victoire, selon leurs mérites.
Par ailleurs, Dieu produit des miracles qui éclairent et réchauffent le cœur des hommes :
selon II Maccabées, on demande de célébrer le 25 kislev le miracle du feu (dont le récit évoque quelque peu celui du miracle de la fiole d’huile). Lors de la restauration de l’autel du Temple au temps de Néhémie, ce dernier envoya chercher le feu sacré, que les prêtres, avant l’exil de Babylone, avaient caché dans un puits sec et profond ; mais ayant trouvé, à la place du feu, un liquide épais et gras, semblable à de l’huile15, il la fit répandre sur l’autel ; le bois qui avait été arrosé de ce liquide s’enflamma aussitôt lorsque le soleil commença à paraître. Néhémie et ses compagnons nommèrent ce liquide « nephtar » qui se traduit : purification16.
selon la Meguilat Taanit, les Maccabées parvenus dans le Temple n’y auraient trouvé qu’une petite flasque d’huile consacrée, à peine suffisante pour alimenter la Menora pendant un jour ; cette flasque aurait miraculeusement duré huit jours, le temps d’en fabriquer une autre17. C’est sur ce miracle de la fiole d’huile que fait fond le judaïsme rabbinique, plus que sur la victoire militaire.
Parallèlement, Flavius Josèphe, qui dit descendre de Jonathan Maccabée18, fait découvrir l’histoire de la « Fête des Lumières » au monde romain19, en suivant largement le premier livre des Maccabées.
Une référence à la fête dans les Évangiles suggère sa popularité un siècle plus tôt, au temps de Jésus de Nazareth20. Elle y est appelée « Fête de la Dédicace » bien que les termes de « renouvellement » ou d’« encénie » soient plus appropriés21.

Hanoucca dans le Talmud
Le Talmud comprend de nombreux récits (aggadot) sur la fête de Hanoucca, ses protagonistes et leurs descendants.
Certaines traditions du Talmud ressemblent à celles de II Macchabées, d’autres s’en distinguent, par le rejet de l’hellénisation et de l’hellénisme (contrairement aux Juifs hellénisés et aux descendants des Hasmonéens eux-mêmes).
Le Talmud attribue ainsi l’un des revers militaires majeurs des Hasmonéens à un vieux Juif hellénisé qui les aurait persuadés d’apporter des porcs en offrande et d’étudier la sagesse grecque22.
Les divers aspects pratiques de Hanoucca sont couverts dans le second chapitre du traité Chabbat23, à l’occasion d’une discussion sur les luminaires autres que celui de chabbat.
La seule prescription de Hanoucca est, selon une baraïta (enseignement oral non retenu par la Mishna) d’allumer un luminaire chez soi, du fait du miracle de la fiole d’huile.
Cependant, il existe diverses façons de procéder :
certains allument une lumière chaque soir par foyer (ner ish oubeïto) ;
il est plus beau d’allumer une lumière chaque soir par membre du foyer ;
le summum de la beauté (mehadrin min hamehadrin) est de varier le nombre de lumières chaque soir, mais là aussi, il y a deux opinions :
l’école de Shammaï, se fondant sur les offrandes de Souccot où le nombre de bêtes diminue journellement, propose de commencer avec huit lumières pour terminer avec une,
l’école de Hillel est d’avis d’allumer par ordre croissant, car il faut s’élever en sainteté. Cette opinion a été adoptée par la Loi juive24.
Après une longue discussion sur le statut de ces lumières, les Sages concluent qu’elles sont sacrées et ne peuvent servir à des usages profanes, comme l’éclairage de la maison. Pour cette raison, il faut veiller à ce qu’elles ne soient pas confondues avec les luminaires du foyer (ce qui a peu de chances de se produire de nos jours, avec l’éclairage électrique, lorsqu’il est fonctionnel).
Une autre règle concernant l’allumage est de placer le chandelier de Hanoucca devant la porte d’entrée ou, si l’on n’habite pas au rez-de-chaussée, à une fenêtre donnant sur la rue, pour autant que cela ne comporte pas de risque. Selon Rachi, cela suscite l’interrogation des passants et en leur en fournissant la raison, on contribue à « publier le miracle » (pirsoumei nissa) de la fiole d’huile25.
Le martyrologe de Hanoucca est l’occasion pour le Talmud de se pencher sur les options de yehareg vèal yaavor (mourir plutôt qu’enfreindre) et de pikkouah nefesh (enfreindre plutôt que mourir) ainsi que sur leurs limitations26.

(Notes et d’autres informations sur le site)

Rabbi Shalom Gold sounds the shofar in Jerusalem.

24 septembre, 2014
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LE NOUVEL AN JUIF – ROSH HASHANA

24 septembre, 2014

http://www.massorti.com/Le-nouvel-an-juif

LE NOUVEL AN JUIF – ROSH HASHANA

Quelques explications -

Rosh Hashana c’est quoi ? En savoir un peu plus sur le nouvel an juif.

Rosh Hashana est le nouvel an juif, l’expression Rosh Hashana veut littéralement dire tête de l’année. Rosh Hashana est toujours à la fin de l’été, début de l’automne, le 1er du mois de Tishri dans le calendrier hébraïque, le mois le plus chargé de fêtes juives puisqu’il cumule Rosh Hashana, Yom Kippour et Soukkot.
Rosh Hashana est une fête à la fois joyeuse, marquée par un kiddoush et des repas en famille, mais aussi austère du fait d’une longue liturgie emprunte de grande solennité mettant l’accent sur la culpabilité humaine et le jugement de Dieu. On résout cette contradiction entre joie et gravité en affirmant que notre confiance dans le jugement de Dieu nous rend joyeux.
Le rite principal de Rosh Hashana est la sonnerie du Shofar durant l’office du matin, à la synagogue. Le shofar est une corne de bélier de laquelle on extrait une série de sons bien définis à leur longueur : Tekya, shevarim et teroua. On agence ces différents sons, pas moins d’une centaine, afin d’exprimer les différentes combinaisons possibles entre les différents rythmes.
Le moment de la sonnerie du shofar est considéré comme un des plus solennels de l’année juive, celui qui sonne s’appelle le Baal Tekya et doit être très concentré, l’assemblée se recueille particulièrement pour écouter ces sonneries.
Sur le plan de la Halakha, Rosh Hashana est un Yom Tov, un jour de fête chômé durant lequel aucun travail ne doit être exécuté. On applique les mêmes interdits que pour shabbat à l’exception de la cuisson des repas et de la possibilité de porter.
Depuis l’époque talmudique, à cause de doutes sur l’exactitude du calendrier, on respecte deux jours de Rosh Hashana, y compris en Israël. Mais à l’origine, il n’y avait qu’un jour de Rosh Hashana (les communautés réformées sont revenues à un seul jour, mais ni les communautés massorti, ni les communautés orthodoxes).
Si Rosh Hashana tombe un samedi, on ne sonne pas de Shofar par respect du Shabbat et on ne sonne que le jour suivant.
Dans la Bible, cette fête ne s’appelle pas Rosh Hashana, mais Yom Teroua, jours des sonneries, et sa signification originelle n’est pas explicitée.
Il semble que la coutume de compter les années à partir de ce jour soit tardive et on n’en trouve aucune trace avant la Mishna au 3e siècle. Celle-ci se souvient d’ailleurs d’une pratique de commencer l’année à partir du 1er Nissan, au printemps, ce qui est également signalé dans d’autres sources comme le livre des Macchabées. Dans la tradition rabbinique, c’est le 1er Tishri qui l’emporte et qui est considéré comme le jour anniversaire du monde et le jour de son jugement annuel.
Mais les rabbins, qui aiment la complication, ont recensé pas moins de quatre Rosh Hashana ! un pour les années, un autre pour les mois, un troisième pour les arbres et un quatrième pour les animaux. Pour ce qui concerne les arbres et les animaux, le sens était fiscal et il s’agissait d’avoir une date de référence en vue des dons au temple. De nos jours, le nouvel an des arbres (Tou beshevat) est devenu une sorte de fête écologique, occasion de manger des fruits et de planter des arbres. Du fait que les années sont comptées à partir de Tishri, alors que les mois le sont à partir de Nissan, on obtient ce résultat étrange que si Rosh Hashana est le 1er Tishri, Tishri est le 7e mois !
Dans le calendrier juif nous entrons cette année dans l’an 5773 à dater de la création du monde.
L’idée de compter à partir de la création du monde est apparue tardivement dans le judaïsme, en fait pour se démarquer du compte chrétien à partir de Jésus. Ce compte est symbolique et repose sur un calcul à partir des récits bibliques. Il n’a donc aucune valeur scientifique ou historique. Par contre, il est intéressant de constater que le judaïsme prend pour référence un évènement par nature universel et une époque où les Juifs n’existaient pas encore.
Rosh Hashana est relié à Yom Kippour qui survient 10 jours plus tard, le 10 Tishri. Rosh Hashana est considéré comme le jour de jugement (yom hadin) et Kippour comme le jour du pardon. Entre les deux, il y a les jours de pénitence (de teshouva), moment de délibération céleste durant lequel l’homme doit revenir à de meilleures résolutions. L’idée centrale de Rosh Hashana est donc que nous devons faire Teshouva.
La Teshouva est une notion qui mérite explication : il s’agit littéralement de donner réponse. Comme si notre conscience nous interrogeait et qu’il fallait lui répondre, c’est-à-dire la calmer en revenant à de meilleures résolutions.
On dit de quelqu’un qui est devenu pratiquant qu’il a fait Teshouva, mais ce n’est pas tout à fait le sens de ce terme. Il ne s’agit pas tant de pratique religieuse que d’éthique. Nous devons travailler vraiment sur nous même pour faire Teshouva et pas seulement nous fondre dans un moule religieux, même si celui-ci est bien sûr là pour nous aider à être meilleurs.
L’idée de la teshouva est centrale pour la pensée juive, c’est le fait que l’humain n’est pas enfermé dans un déterminisme inéluctable et soumis à des forces insurmontables, au contraire, l’humain peut se surpasser et devenir meilleur, il peut se changer et changer le monde. Rien n’est écrit une fois pour toute et si on insiste fortement sur la culpabilité, elle n’est pas écrasante, mais responsabilité par rapport à nos actes qui peuvent tous être améliorés.
Sur la base de la Mishna, Maimonide a codifié les lois de la Teshouva. Il explique entre autre que le véritable maitre de la Teshouva est celui qui se retrouve dans les mêmes conditions que celles où il a échoué par le passé, mais résiste et ne faute plus. Cette non récidive exige une véritable révolution intérieure et une grande maitrise de soi.
Même si on n’atteint pas le niveau très élevé du « Baal Teshouva », nous devons profiter des grandes solennités de Tishri, Rosh Hashana et Kippour pour commencer ce retour et ébranler nos mauvaises habitudes. C’est donc nos murailles intérieures que vient faire tomber la sonnerie du shofar, tout comme le shofar servit à faire tomber les murailles de Jéricho dans le récit biblique.
Il va de soi qu’un véritable et complet processus de Teshouva ne peut se faire du jour au lendemain. Mais une prise de conscience est possible et à partir de celle-ci un long travail sur soi peut commencer. C’est pourquoi le calendrier des fêtes s’étale sur plusieurs jours et surtout que ce cycle de Teshouva est repris d’années en années.
Dès avant Rosh Hashana on récite tôt le matin les selikhot qui sont des prières implorant le pardon. Les séfarades commencent les selikhot au début du mois d’Elloul et les ashkénazes la semaine précédent Rosh Hashana. On continue ces slikhot jusqu’à Kippour. Ces poèmes liturgiques, dont certains sont admirables, constituent également le cœur du rituel de Kippour. Dès le début du mois d’Elloul on sonne brièvement du shofar chaque matin.
Le shofar de Rosh Hashana rappelle également le bélier sacrifié par Abraham à la place de son fils Isaac. La lecture biblique principale à Rosh Hashana est le récit de la ligature d’Isaac, akédat Yitsh’ak, qui représente de la part d’Abraham comme de son fils Isaac, lié sur l’autel du sacrifice, la brisure parfaite de l’égo et la soumission à la souveraineté divine.
Cette souveraineté divine est particulièrement mise en avant dans la liturgie de Rosh hashana et l’on insiste sur le fait que Dieu est roi de l’univers, melekh !
A Rosh Hashana, on insiste également sur l’importance de la Tefila, la prière et son influence positive sur l’âme humaine. La liturgie juive atteint alors son sommet, et les compositions musicales qui l’accompagnent sont particulièrement grandioses. Pour un Hazan, un chantre de synagogue, Rosh Hashana et Kippour sont des occasions incomparables d’exercer son art.
On parle aussi beaucoup de Tsedaka, la charité ou plus précisément le fait de soutenir les autres, même modestement. Il s’agit donc aussi de reconstruire un tissu social déliquescent et de mettre l’accent sur la solidarité.
On dit qu’à chaque Rosh Hashana, Dieu fait le bilan du monde. Celui-ci serait trop coupable pour ne pas mériter d’être détruit et chaque individu trop plein de défauts pour mériter de vivre, mais la miséricorde sauve tout. Il faut donc se souvenir de notre petitesse et assumer nos faiblesses. La sonnerie du Shofar vient ainsi briser notre cœur et notre orgueil. C’est alors que l’on peut revenir à de meilleures dispositions et demander pardon.
Dans le Talmud, on dit de façon imagée qu’à Rosh Hashana, un grand registre céleste est ouvert dans le ciel, Dieu fait les comptes et prend note… Celui qui aura assez de mérites sera inscrit directement dans le « Livre de la vie », le méchant sera inscrit dans le « Livre de la mort » et le moyen devra attendre le verdict positif de Yom Kippour. D’où l’expression « soyez inscrit dans le livre de la vie » « גמר חתימה טובה » qu’on se souhaite les uns aux autres.
Sur les cartes de vœux de bonne année, on emploie aussi diverses formules traditionnelles en allusion à cet examen de passage, mais le souhait le plus courant reste tout simplement « שנה טובה » « bonne année ».
La coutume de la pomme dans le miel marque le premier repas de l’année, c’est-à-dire le soir de Rosh Hashana. On l’accompagne du souhait : « que cette année soit bonne et douce ». C’est une coutume ashkénaze, mais il en existe beaucoup d’autres : on mange de la tête de poisson en ce souhaitant d’être à la tête et non à la queue… on mange aussi des grenades en se souhaitant avoir autant de mérites que la grenade a de grains… En Afrique du Nord, certains font même un véritable « seder de Rosh Hashana », cela consiste à manger une série de mets à portée symbolique accompagnés d’une formule adéquate faisant un jeu de mot sur le nom ou la forme de l’aliment.
L’après midi de Rosh Hashana, on fait le Tashlikh. Il s’agit d’aller au bord d’une source d’eau, lac ou rivière et de réciter des versets faisant allusion à l’eau purificatrice et au fait que nos fautes doivent disparaitre dans l’abîme. C’est une coutume relativement ressente, datant du 16e siècle, devenue très populaire et on voit dans toutes les grandes villes des groupes de Juifs venir ensemble « jeter leur fautes aux poissons »…
Il est intéressant de voir qu’une fête sans signification connue dans la Bible et qui n’avait peut-être au départ qu’une valeur administrative, s’est chargée au cours des siècles d’un sens de plus en plus fort, de coutumes de plus en plus riches et surtout d’une dimension morale essentielle.
Rosh Hashana est donc un jour joyeux, mais aussi grave et l’occasion de penser à se renouveler et à s’améliorer. Cela passe par la confiance en nos capacités à être meilleurs et par l’idée que l’homme se façonne toute sa vie pour chercher à être digne de se présenter devant son créateur avec humilité mais aussi fierté du chemin parcouru.

Yeshaya Dalsace

LES RENDEZ-VOUS DE L’ANNÉE JUIVE / CHAVOUOTH

4 juin, 2014

http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=536

LES RENDEZ-VOUS DE L’ANNÉE JUIVE / CHAVOUOTH

Quelques réflexions sur des particularismes de la fête de Chavouot…

L’ABSENCE DE SYMBOLE
Pourquoi, contrairement aux autres fêtes, Chavouot est-elle dépourvue de tout symbole ? Pessa’h possède la Matsa, Roch Hachana le Chofar, Yom Kipour le jeûne, Souccot le bouquet de fête et la Soucca, et Chavouot, la fête parmi le fêtes, qui commémore le jour ou la Torah fut donnée au peuple juif, serait dénuée de tout symbole?
Le symbole a toujours quelque ressemblance avec l’objet qu’il doit représenter. A l’instar de D.ieu qui l’a transmise, la Torah est unique en son genre. Aucune image, aucune représentation de D.ieu ne doivent être faites. De même il n’existe pas de symbole pour la Torah. L’absence de toute représentation symbolique à Chavouot fait allusion à l’unité et au particularisme de la Torah. Ce fait en lui-même s’oppose à toutes les tentatives consistant à comparer la Torah à une oeuvre humaine.

CENTRALITE DE LA LOI ORALE
Dans la Bible nous ne trouvons nulle part mentionné le fait que Chavouot est la fête de la Promulgation de la Loi. C’est la Loi orale, appelée  » Torah ché-beal pè « , qui le porte à notre connaissance. Chavouot nous fournit par ailleurs encore une autre preuve de l’importance de cette dernière. Laquelle ?
L’existence d’un juif issu de cette souche est donc une preuve de plus pour l’authenticité et la véracité de la Loi Orale.
Le deuxième jour de Chavouot, nous lisons l’histoire de la généalogie du roi David, car c’est le jour anniversaire de sa naissance et de sa mort. La Meguilat Ruth nous apprend que David descend de Ruth, une Moabite. Quelle coïncidence étonnante! La plus noble famille en Israël, la dynastie royale de David, est issue de souche païenne! Or la Torah nous enseigne: « Un Ammonite ou un Moabite n’entrera pas dans la Communauté de l’Éternel » (Deutéronome, 23,4). Selon l’interprétation littérale de ce texte, l’accès au Judaïsme aurait donc été interdit à Ruth. Par conséquent un descendant d’une Moabite, devenue juive à l’encontre de cette loi, n’aurait jamais pu revêtir la dignité royale. Mais la Loi orale précise que seule la conversion des hommes moabites et ammonites est interdite. Ruth pouvait donc devenir juive et donner naissance à la maison royale de David.
L’existence d’un juif issu de cette souche est donc une preuve de plus pour l’authenticité et la véracité de la Loi Orale. Porter atteinte à celle-ci aurait eu pour conséquence l’impossibilité pour les descendants de Ruth d’occuper le trône. L’histoire de Ruth lue à Chavouot, fête de la Promulgation de la Torah, est un symbole vivant à travers les siècles de l’importance capitale de la Loi Orale.

UNE INTERPRETATION DE L’ORIGINE DE L’ETOILE DE DAVID
Certaines parties du Talmud traitent de la réception de la Loi au Sinaï. (Chabbat, 87). On y trouve un passage susceptible de nous donner une interprétation de l’origine obscure de l’étoile de David.
Ce sont Israël et la Torah, inséparablement liés l’un à l’autre, comme le corps et l’âme, la Torah étant l’âme du peuple.
On nous y rapporte en effet la parole d’un Sage de Galilée: « Béni soit l’Eternel qui transmit la lumière de sa triple parole (Pentateuque, Prophètes, Hagiographes) aux trois parties du peuple (Cohen, Lévi, Israël) le 3éme mois (Sivan) par le 3ème enfant (Moïse, troisième enfant de Yo’heved) « . Indépendamment d’une explication plus profonde de cette parole, on en déduit que le peuple juif ainsi que la Torah, peuvent être considérés comme étant divisés en trois parties. Le  » Maguène-David  » est-il autre chose que deux triangles étroitement enlacés ? Ce sont Israël et la Torah, inséparablement liés l’un à l’autre, comme le corps et l’âme, la Torah étant l’âme du peuple. Ce signe est à juste titre le « bouclier » de chaque roi juif, voire de tout Juif, aussi longtemps qu’il reconnaît faire partie de cette nation et accepte de recevoir en lui, son âme, la Torah.

CHAVOUOT, LA FÊTE DE JACOB
Les fêtes de pelerinage, excepté Chavouot, ont toutes leur ‘Hol Hamoed (demi-fête). Pourquoi ?
Jacob a voué 14 années de sa vie à l’étude exclusive de la Torah auprès de Sem et Eber. C’est lui qui représente la  » Torah « .
Les motifs en sont expliqués dans une parole profonde citée par le Zohar au sujet des fêtes de pélerinage. Selon le Traité des Pères (1,2) notre monde repose sur trois piliers:  » Torah, Avodah, Guemilout ‘Hassadim » (l’étude, le Culte divin, la Charité). Ces trois piliers sont également représentés par nos trois patriarches : la  » Guemilout ‘Hassadim », c’est-à-dire l’altruisme, l’amour du prochain, trouve toute son expression dans le caractère d’Abraham. Malgré la chaleur torride il attend les voyageurs inconnus pour remplir envers eux les devoirs de l’hospitalité. Le sacrifice d’Isaac, c’est la  » Avodah « ; c’est le dévouement pour D.ieu qu’Isaac a manifesté par son sacrifice volontaire; il restera toujours un exemple incomparable de l’homme au service de son D.ieu. Enfin, d’après la tradition, Jacob  » assis dans les tentes » dans le chemin qui sépare- Beérchèva de ‘Haran, a voué 14 années de sa vie à l’étude exclusive de la Torah auprès de Sem et Eber. C’est lui qui représente la  » Torah « .
De même pour les trois fêtes de pélérinage : Pessa’h, qui tire son nom de l’agneau pascal, fait allusion à Isaac. Chavouot, la fête de la Torah se rattache à Jacob. Enfin, Soucot, la fête célébrée par l’humanité entière, se rapporte à Abraham.
Mais, on pourrait objecter qu’Isaac n’était pas le fils unique d’Abraham. II y avait aussi Ismaël et les fils de Ketoura. Par ailleurs, Isaac était aussi le père d’Esaü, or, c’est uniquement Jacob qui est l’héritier spirirituel de la maison d’Abraham.
Si donc Pessah et Soucot, ces fêtes rappelant Isaac et Abraham, ont à côté de leur jours fériés aussi le ‘Hol Hamoed, c’est une allusion à ceux de leurs descendants dont le caractère n’était pas empreint de sainteté. Par contre, Chavouot, la fête de Jacob, ne connaît pas de ‘Hol Hamoed, car Jacob a transmis son héritage spirituel à tous ses enfants sans exception.

HANOUKA 2013 – FÊTE DES LUMIÈRES OU FÊTE DE LA DÉDICACE

28 novembre, 2013

http://www.rosee.org/rosee/page34.html 

HANOUKA

FÊTE DES LUMIÈRES OU FÊTE DE LA DÉDICACE

Elle se situe entre le 25 Kislev et le 2 Tébet. (Novembre, Décembre). Pour l’année 2009, elle aura lieu du 12 au 19 décembre (du 2 au 9 décembre pour 2010). C’est une fête mineure parce qu’elle ne figure pas dans la Torah. Elle est née de l’histoire même du peuple Juif. Cette fête dure 8 jours et commémore la victoire d’une poignée de juifs sur les puissantes forces militaires syriennes, événements qui se sont déroulés au 2eme siècle avant Jésus-Christ et sont relatés dans les livres apocryphes de 1 et 2 Maccabées. LES RITES : On allume tous les soirs de cette fête la Ménorah, une sorte de chandelier à 9 branches (non de 7 branches comme le chandelier d’or du Tabernacle ou du Temple.) Parents et enfants chantent des psaumes pour célébrer la joie de la Hanouka. C’est aussi la coutume d’offrir aux enfants des toupies ornées des initiales : NGHC (Ness-Gadol-Haya-Cham) qui signifie : ce fût un grand miracle. SIGNIFICATIONS SPIRITUELLES : Il est fait allusion à cette fête dans l’Evangile de Jean 10 :22-23. Toutes ces fêtes d’Israël ont un caractère symbolique. Elles ont toujours pour but de nous montrer une vision du ministère du Messie, si bien réalisé en, et par Jésus-Christ. Il se dépeint lui-même comme celui qui conduira son peuple en sûreté dans la lumière de Dieu. Rappelons-nous que cette fête est appelée la fête des lumières. Notre époque se dit éclairée bien qu’elle soit envahie par les ténèbres. Au milieu des embûches de toutes sortes que notre soi-disant civilisation dresse autour de nous, en face de toute cette mécanisation qui nous entoure dans le noir tunnel de la vie dans lequel nous nous débattons et trébuchons sans cesse, nous soupirons après la lumière. La lumière dissipe les craintes et les anxiétés ! Nous avons tous besoin de lumière, elle est pour nous une nécessité vitale, elle est aussi une nécessité spirituelle. Elle représente la supériorité de l’Esprit sur la chair, de l’intelligence sur la sottise. La fête de la Hanouka est le Symbole de la victoire de la lumière sur les ténèbres, de la puissance du vrai Dieu sur les faux dieux. VICTOIRE D’ISRAÊL: Hanouka commémore la lutte des Juifs contre les troupes syriennes, de 168 à 165 avant l’ère chrétienne. Leur victoire finale et l’inauguration du Temple purifié. Les Juifs étaient sous la domination du roi de Syrie. Un grand nombre de Juifs influencés par des idées nouvelles de l’époque avait adopté la culture Grecque et adoptèrent aussi les coutumes des Syriens. Deux ans après avoir pillé le Temple, les Syriens envahirent de nouveau Jérusalem. La ville entière fut ravagée par le feu, les femmes et les enfants furent emmenés en captivité. Le Temple fût profané. Antiochus donna l’ordre de mettre un terme aux holocaustes et libations. Furent interdites : l’observation du sabbat, la pratique de la circoncision, la lecture de la Thora et la célébration de toutes les fêtes. Une statue de Zeus fût érigée dans la cour du temple et une truie (animal impur pour les juifs) fut sacrifiée sur l’autel des holocaustes. C’était « l’abomination du dévastateur » prédite par Daniel 11:31. Les Israélites de tendance hellénistes se soumirent aux ordonnances royales tandis que les juifs pieux préférèrent mourir plutôt que de profaner la sainte alliance conclue avec Dieu. Un sursaut d’énergie les secoua et, à l’appel du grand prêtre Mattathias et de ses fils, ils entreprirent de chasser l’ennemi afin de rétablir le culte du Dieu unique. LE CHANDELIER ALLUME :  Par une série de victoire qui tiennent du miracles, les juifs chassèrent les Syriens hors de leur pays. Le temple profané fut purifié et le sacrifice quotidien rétabli. Quand vint le moment de rallumer les lumières du chandelier à 7 branches, on ne pu retrouver qu’une seule petite cruche d’huile consacrée. La quantité d’huile contenue dans cette cruche était à peine suffisante pour assurer 24 heures de lumière. Or, 8 jours étaient nécessaire pour préparer l’huile pure, obtenue par la première goutte de chaque olive pressée. Par un miracle de Dieu (relaté dans le talmud) la lumière produite par l’huile de la petite cruche dura 8 jours, le temps indispensable à la préparation de la nouvelle huile. C’est pour cette raison que la fête de la Hanouka dure 8 jours. Tous les soirs de cette fête, chaque famille juive prend soin d’allumer et de placer bien en vue, près d’une fenêtre un lampadaire, «la hanoukia», chandelier avec 8 branches plus une, «le serviteur», pour allumer les huit autres. Toutes ces lumières cependant finissent par s’éteindre, or, une lumière plus éclatante a resplendi sur notre terre et brillera à jamais d’une clarté incomparable dans les cœurs de tous ceux qui l’auront choisie pour illuminer leur vie. Cette lumière est la véritable lumière qui éclaire tout homme soucieux de sortir des ténèbres du monde. CONCLUSION : Dans le livre de l’Apocalypse 22:16 Jésus se désigne comme l’étoile du matin car Il a apporté toute la lumière spirituelle par laquelle nous sommes sauvés. Je suis la lumière du monde, nous dit Jésus, celui qui me suis ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. Jn.8:12

HANOUKA… LA DÉLIVRANCE ET LA LUMIÈRE C’est l’hiver, le mois de kislev est déjà avancé, bientôt les collines de Judée seront enneigées, comme souvent à pareille époque. En l’ an 165 av.J-C., ce 25 Kislev va rester gravé dans l’histoire du peuple d’ Israël. Depuis plusieurs mois, le pays a été bouleversé. Les occupants syriens ne cessent d’oppresser les Juifs; ils leur ont imposé une culture étrangère, et de nombreux Juifs ne parlent plus désormais que le grec; ils oublient l’ hébreu de leurs ancêtres, et certains ont même renié les lois de Moïse. Les lâches ! Mais un certain nombre d’entre eux reste cependant fidèle au Dieu d’Israël; ils continuent d’espérer en lui, ils se souviennent comment Il a délivré leur peuple de l’esclavage de l’Egypte. Ils savent que le Tout-Puissant n’a jamais abandonné son peuple, même lorsqu’il fut emmené captif à Babylone, quatre siècles plus tôt. Le retour des enfants d’ Israël sur la terre promise n’a t-il pas montré que le Seigneur manifeste sa bonté, son pardon, son amour envers ceux qui se tournent vers Lui pour obtenir le salut ? Eh bien ! Le Dieu d’Israël ne change pas ! Il nous accordera la victoire, clament les fils du grand-prêtre Matthatias, le chef de file des résistants: ils combattent avec acharnement le parti du grand-prêtre Ménélas, qui a pactisé avec l’ennemi. Tout va mal, depuis la mort d’Alexandre survenue deux siècles auparavant. Le jeune conquérant n’a pas laissé d’héritier et ses deux principaux généraux ? Plotémée et Séleucus, se sont partagés l’empire. Ils se sont lancés ensuite dans une série de combats fratricides: chaque dynastie veut récupérer la part de l’empire qui échappe à son autorité. Les Séleucides règnent sur la Syrie, la Mésopotamie, l’Iran et depuis peu, ils ont repris la Palestine (198 av.J-C.) aux Plotémées, qui demeurent souverains sur l’ Egypte. Vers l’an 175, Antiochus IV a succédé à son père, Séleucus IV; il règne à Antioche. C’est un roi impudent, qui veut imposer aux Juifs des coutumes abominables. Matthatias, s’il n’est qu’un humble prêtre d’un village de Judée, ne veut pas se résigner: il est au contraire décidé, avec l’aide de ses cinq fils, à éliminer ce roi sacrilège qui veut anéantir la foi juive. La coupe déborde: Antiochus IV n’a t-il pas osé, ces derniers temps (vers 167 av. J-C.) dresser une statue de Zeus dans le temple ? Il a même offert des porcs sur l’autel consacré au Dieu d’Israël ! Ne serait-il pas celui dont le prophète Daniel avait annoncé la venue et le sacrilège ? A n’en pas douter, il faut se dresser contre un tel profanateur et le chasser pour toujours: le temple doit être à nouveau consacré au Seigneur, pour que le peuple d’Israël puisse adorer son Dieu que nul ne peut voir ni représenter.  Hélas, Matthatias est mort, l’an passé, après qu’il eut combattu avec courage et commandé une petite troupe de résistants, malgré sa vieillesse. C’est son troisième fils, Judas, qui a pris la relève. On le surnomme le « Macchabée »: n’est-il pas semblable au marteau qui sert à tailler la pierre ? Il enfoncera les armées ennemies ! Les opérations lancées contre les occupants et les collaborateurs se sont multipliées depuis que Judas mène les troupes. Ils se rapprochent de Jérusalem. Antichus IV est parti en guerre contre la Perse; Lysias; le gouverneur de Judée, est alors plus vulnérable. Judas s’enhardit et lance ses troupes à l’assaut de la capitale.  En l’an 165, en ce mois de Kislev, il reprend enfin la ville et le temple: la joie éclate au milieu du peuple d’Israël! Chacun s’affaire bientôt pour nettoyer le Temple, et l’on s’apprête à rétablir le culte interrompu depuis trois ans. Le matin du 25 Kislev, le grand-prêtre entre dans le temple et accomplit les rites ordonnés par Moïse. Tous les fidèles du Dieu d’Israël sont présents pour cette dédicace solennelle.  Mais le prêtre chargé de rallumer la Ménorah, le chandelier à sept branches a l’air embarrassé. Il se retourne et contemple encore une petite jarre d’huile posée à ses pieds, presque vide. Comment n’y avait-il pas pensé plus tôt ? L’huile va manquer pour entretenir les lampes pendant les huit jours que va durer cette inauguration. Que faire ? Impossible d’en fabriquer sur l’heure, il faut utiliser une huile spéciale dont la confection ne prend pas moins de huit jours, selon la recette indiquée par Moïse! Le sacrificateur ne peut cependant reculer, il verse l’huile dans les lampes et les allumes aussitôt, au son des instruments de musique qui accompagnent les psaumes chantés par ses compagnons. Huit jours durant, il s’étonnera de voir toujours la même quantité d’huile au fond de la jarre, comme si elle ne diminuait pas !                                   . Au temps fixé par Dieu, en Israël, le Messie est né. Il est la véritable Lumière qui en venant dans le monde, éclaire tout homme. Il est la Parole de Dieu et le monde a été créé par elle Jean 1:6-13. A tous ceux qui l’ont reconnu et le suivent, Jésus dit : Que votre lumière rayonne au milieu des hommes… portant la Parole de vie. La Ménorah : c’est aujourd’hui les disciples du Christ répandus dans toutes les nations. Soyons donc des flambeaux dans ce monde. Puissions nous être des ambassadeurs suppliants les hommes de se réconcilier avec Dieu, 2 Corinthiens 5:20, car Nous portons ce trésor dans des vases de terre afin que cette puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous. 2 Corinthiens 4:7 Les Juifs messianiques qui pratiquent cette coutume voient aussi dans ce symbole la lumière dispensée par le Messie en qui ils ont cru, et que Siméon avait contemplé dans le temple, alors qu’il tenait un enfant dans ses bras. Ce nouveau-né n’était pas seulement le fils de sa jeune mère, Marie, qui était à ses cotés. Siméon avait compris et proclamé, dans ce même temple de Jérusalem autrefois reconquis par Judas et son armée, que Jésus était bien cette « lumière qui éclaire les nations, la gloire d Israël son peuple » : il inaugurait une fête qui dure encore pour ceux qui, par la foi en ce Messie, retrouvent le chemin de la communion avec le Dieu d’ Israël…

Frédéric BAUDIN

LA FÊTE DES TABERNACLES – LES NATIONS MONTERONT CHAQUE ANNÉE POUR SE PROSTERNER DEVANT LE ROI

17 septembre, 2013

http://fr.icej.org/la-f%C3%AAte-des-tabernacles

LA FÊTE DES TABERNACLES

LES NATIONS MONTERONT CHAQUE ANNÉE POUR SE PROSTERNER DEVANT LE ROI

THÈME : LE TEMPS DE LA MOISSON

DATE : 20 – 25 SEPTEMBRE 2013

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La Fête des Tabernacles dans les Ecritures

« Tous ceux qui resteront de toutes les nations venues contre Jérusalem monteront chaque année pour se prosterner devant le Roi, l’Eternel des armées, et pour célébrer la fête des Tabernacles. » (Zacharie 14.16)
La Bible décrit la Fête des Tabernacles comme la troisième des trois fêtes annuelles que le peuple  d’Israël doit aller célébrer à Jérusalem. Pendant cette Fête, ie peuple se souvient des 40 années passées dans le désert tout en se réjouissant des récoltes de l’année. Par tradition, le peuple juif identifie la Fête des Tabernacles avec la venue du Messie ; il accueille la participation des non-Juifs, en accord avec la parole prophétique de Zacharie 14 selon laquelle toutes les nations devront monter à Jérusalem pour célébrer la Fête des Tabernacles.
En Jean 7, nous lisons que « Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s’écria : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein ». Pour les chrétiens, la Fête est avant tout une célébration joyeuse, mais aussi un temps destiné à approfondir leur relation et leur marche avec Dieu. La célébration chrétienne est bien connue pour la splendeur de ses présentations et pour les puissants moments de louange et d’adoration, conduits par une équipe internationale de chanteurs, de musiciens et de danseurs talentueux.
Depuis sa création, en 1980, la célébration chrétienne de la Fête des Tabernacles, organisée par l’Ambassade Chrétienne Internationale de Jérusalem est devenue un élément central et vital de notre ministère de consolation envers le peuple d’Israël (Esaïe 40.1). Les pèlerins viennent de nombreuses nations pour adorer l’Eternel, prier pour la paix de Jérusalem et bénir Israël en ce temps où le peuple juif se rassemble sur sa terre. Nous croyons que cette célébration annuelle honore le Seigneur en anticipant le temps où les paroles annoncées par Zacharie s’accompliront.
Pendant les sept jours de la Fête, un programme quotidien de séminaires et d’enseignements est offert, et chaque soirée se termine par un temps d’adoration. Ces célébrations du soir sont particulièrement prisées pour la solennité de la musique et de la danse. Une chorale et un orchestre composés de membres de plusieurs nationalités conduisent l’auditoire dans un temps de louange et d’adoration. Des gens qui se sont rassemblés de quatre coins du globe unissent alors leur cœur pour glorifier Dieu et pour prier pour l’avènement de Son Royaume – en Israël, et sur la terre entière. Plusieurs autres manifestions ont lieu, y compris une soirée spéciale à laquelle sont invités des Israéliens. Les pèlerins ont aussi maintes occasions de manifester leur amour au peuple d’Israël de manière concrète et de prier pour la paix de Jérusalem.
Le nombre moyen de participants qui montent à Jérusalem chaque année pour se tenir aux côtés d’Israël (quel que soit le climat politique du moment) s’élève à 5.000 chrétiens d’une centaine de pays. Cette célébration est devenue l’évènement touristique annuel le plus grand et le plus populaire d’Israël. Il se déroule dans le Centre international de congrès de Jérusalem et dans d’autres lieux de la ville.
Que se passe-t-il à la Fête des Tabernacles ?
La Fête débute généralement par une célébration de louange en plein air. Pendant le reste de la semaine, des enseignements approfondis et équilibrés sont apportés chaque matin par des orateurs reconnus et de talent. Ces séminaires cherchent à communiquer une révélation élargie de la vérité et sont devenus chaque année une tribune pour l’expression de ce qui se passe en vérité, de Jérusalem vers les nations. Des thèmes variés sont présentés avec un accent particulier sur les perspectives prophétiques pour Israël et l’Eglise et sur l’eschatologie.
La louange et l’adoration sont conduites par une équipe internationale de chanteurs, de musiciens et de danseurs. Des invités spéciaux de la communauté juive interviennent régulièrement lors des célébrations du soir. La musique et l’adoration des célébrations de la Fête à Jérusalem ont eu une influence majeure dans le monde chrétien pour la compréhension de l’« adoration davidique ».
La Parole de Dieu est prêchée tous les soirs. Elle est centrale dans toutes les célébrations du soir.
Des occasions de prier avec des croyants du monde entier qui aiment Israël sont une partie vitale du programme de la Fête. Des marches de prière sur des lieux stratégiques de la cité sont devenues traditionnelles pendant la Fête. La possibilité de couvrir Jérusalem de prière fervente en accord les uns avec les autres est un privilège que les participants de la Fête prennent au sérieux. Cela donne aux nations l’occasion d’être littéralement des « sentinelles sur les murailles de Jérusalem ».

La célébration en plein air
La Fête des Tabernacles commence généralement par une célébration de louange en plein air après le partage d’un grand pique-nique sous la pleine lune.

Les célébrations du soir
Les participants sont entraînés par une chorale et un orchestre internationaux à offrir des chants de joie et de reconnaissance aux Seigneur, lors d’une magnifique présentation théâtrale accompagnée de danses d’adoration.

Les séminaires du matin
Les séminaires ont lieu toute la semaine de la conférence, avec un accent particulier mis sur les perspectives prophétiques pour Israël et sur la fin des temps. Entre les sessions, les participants peuvent visiter les stands dans le hall du Centre de congrès, où des artisans israéliens et internationaux présentent leurs produits.

La marche de Jérusalem
Les participants de la Fête se joignent aux marcheurs israéliens lors de la Marche de Jérusalem, vêtus de leurs costumes nationaux et déployant des bannières manifestant leur amour pour Israël à travers les rues du centre ville.

La soirée de Sainte Cène
La soirée de Sainte Cène est un moment d’une beauté particulière et d’une grande portée spirituelle au cours duquel l’adoration est plus profonde, alors que les pèlerins de différents pays partagent le pain et le vin et se consacrent tout à nouveau au service du Seigneur. Pour beaucoup, c’est l’évènement qui couronne la Fête.

Notre invitation personnelle…
A l’Ambassade Chrétienne, nous vous invitons chaleureusement à monter à Jérusalem pour la prochaine Fête des Tabernacles. Nous espérons qu’elle vous permettra d’en apprendre plus long sur Israël, son peuple et son histoire et de recevoir des éclairages nouveaux sur le rôle central que joue Israël dans  la destinée de ce monde. Mais avant tout, nous croyons que l’observance de cette Fête et votre réponse à l’injonction biblique seront une source de bénédiction pour vous-même, votre famille et votre nation.

Que vous prévoyiez de venir en Israël seul ou en groupe, nous serons très heureux de vous aider autant que nous le pourrons. Peut-être aimeriez-vous conduire vous-même un groupe à la Fête ; Il n’y a pas de meilleur moment que la Fête des Tabernacles pour venir en Israël car vous pourrez à la fois faire du tourisme et participer à une conférence d’une semaine avec des soirées de glorieuse adoration.

HISTOIRES SUR YOM KIPPOUR

17 septembre, 2013

http://www.daf-hagueoula.org/Fetes/Tichri/hiskip.htm

(Pour 2013,  la fête était le 13 et 14 Septembre, a été superposée à la fête de la Sainte-Croix 14, et a la dimanche, alors j’ai mis quelque chose aujourd’hui, articole du 2008)

HISTOIRES SUR YOM KIPPOUR

Comment se Préparer

L’Autre – La Clé du Service de D-ieu
Un Père Oublié
Une Joyeuse Confession

Comment se Préparer
Un ’Hassid demanda, la veille de Kippour, à son maître Rabbi Lévi-Yits’hak de Berditchev : « Quelle Kavana – intention profonde – faut-il avoir au moment où nous mettons le Talith juste avant de prononcer le Kol Nidré ? Pouvez-vous me donner, mon maître, matière à méditer en ce moment si particulier. »

Rabbi Lévi-Yits’hak lui répondit : « Tu as raison, c’est un moment important. Vois-tu à cet instant précis la synagogue est pleine de fidèles. Alors, veille seulement à ne pas frapper avec les Tsitsith ton voisin en mettant ton Talith. Voilà ce à quoi il faut penser. »

L’Autre – La Clé du Service de D-ieu
Une année, dans l’après-midi de Kippour, Rabbi Chnéour-Zalman interrompit sa prière et quitta la synagogue, laissant derrière lui des fidèles stupéfiés de le voir partir.
Le Rabbi se dirigea vers la forêt. Là, il ramassa du bois sec et il le porta dans une masure qui étaient aux portes de la ville. Il frappa à la porte et il entra.
Une fois à l’intérieur, le Rabbi alluma un feu et l’alimenta avec les branches qu’il avait apportées. Puis, il prépara une soupe et la servit, cuillère après cuillère, à une femme qui venait d’accoucher.
C’est seulement après que le Tsaddik rejoignit sa communauté pour la fin de l’office.

Un Père Oublié
Rabbi Chalom Dov Ber de Loubavitch vint, la veille de Kippour, demander pardon à sa mère – Rebbetzin Rivka – pour n’avoir pas écouté son conseil dans une affaire familiale.
La Rebbetzin lui dit : «  Un paysan décida d’aller passer Kippour en ville. Il souhaita que sa famille se joigne à lui. Lorsqu’il était prêt à partir, ses enfants étaient encore en train de préparer leurs bagages. Il leur proposa alors : ‘Je vais prendre la route ; j’irai doucement ; je vous attendrai près de tel arbre sur le chemin. Lorsque vous me rejoindrez, nous poursuivrons ensemble notre voyage.’ Ils acceptèrent et le père se mit en route. Lorsqu’il atteignit l’arbre, il s’assit à l’ombre et se mit à attendre. Fatigué et la vodka qu’il avait bu avant son départ aidant, il tomba dans un sommeil profond. Entre temps les enfants prirent la route, à leur tour, ils passèrent devant l’arbre sans s’arrêter et ils poursuivirent leur chemin jusqu’à destination. Ils avaient oublié leur père.  
Peu de temps avant la tombée de la nuit, le paysan se réveilla. Il réalisa que ses enfants l’avaient oublié et qu’il n’avait plus le temps d’arriver en ville avant l’entrée de Kippour. Il se résigna donc à passer la fête sous cet arbre.
Le pauvre homme leva les yeux vers le Ciel et s’exclama : ‘ Maître de l’Univers ! Mes enfants m’ont oublié et Tu vois, je les pardonne. Toi aussi, pardonne à tes enfants même s’ils T’ont oublié !’ »
La Rebbetzin conclut : « Mon fils ! Que D-ieu nous pardonne à tous autant que je te pardonne ! »

Une Joyeuse Confession
Au cours d’un de ses nombreux voyages, le Baal Chem Tov arriva la veille de Roch-Hachanna dans un village. Il rencontra les responsables de la petite communauté, et il leur demanda s’il pouvait diriger les offices des Yamim Noraïm – les jours de Roch-Hachanna et Kippour. Les villageois répondirent que c’était leur Rav local qui avait ce privilège et que pour rien au monde ils étaient prêts à manquer cela.
« Tiens ! Et comment cet homme conduit-il l’office ? Qu’est-ce que ses prières ont de si particulier ? » demanda le Tsaddik d’un air curieux.
Les Juifs répondirent alors que leur Rabbin avait pour coutume d’accompagner le long Vidouï – confession du Al ‘Heth – d’une joyeuse mélodie.

Le Baal Chem Tov demanda de rencontrer cet homme pour lui demander la raison de cette étonnante coutume.
« N’est-ce pas plutôt un passage triste que celui d’énoncer devant D-ieu nos iniquités ! » s’étonna le Tsaddik auprès du Rabbin.
« Permettez-moi de vous répondre par une parabole. » répondit le Rav. « Supposons que le plus bas des sujets du roi –  dont la mission est de  nettoyer les gouttières du palais – ait beaucoup d’estime pour son souverain, ne chanterait-il pas tout au long de son travail pour exprimer la joie et sa fierté d’avoir le privilège de le servir même dans des actes les plus simples. »
Le Baal Chem Tov dit alors au Rav : « Si c’est bien cela que vous avez à l’esprit pendant votre prière, permettez-moi d’être des vôtres pendant ces jours si particuliers. »

ROSH HASHANA 2013, LES RITES DU NOUVEL AN JUIF

4 septembre, 2013

http://suite101.fr/article/rosh-hashana-2011-les-rites-du-nouvel-an-juif-a13410

ROSH HASHANA 2013, LES RITES DU NOUVEL AN JUIF

En 2013, le Nouvel An juif débute le 4 septembre. Retour sur les célébrations, traditions et rites de la nouvelle année dans le judaïsme.

Le premier et deuxième jour du mois de Tichri, septième mois du calendrier hébraïque, est célébré le Nouvel An juif ou Rosh Hashana, également appelé « fête des trompettes » : le Shofar, corne de bélier, sonne dès la prière du matin à la synagogue, en souvenir de l’épisode biblique au cours duquel Abraham sacrifia un animal à la place de son fils Isaac. Il pourra sonner près de cent fois, les sons longs alternant avec les sons courts, évoquant les sanglots du repentir pour les uns, la mise en alerte, la « convocation » pour les autres.

Que signifie le Nouvel An juif ?
Passage à la nouvelle année, Rosh Hashana est aussi le jour du jugement de la Création et du couronnement de Dieu comme Roi de l’Univers. Il s’agit d’une fête plus solennelle que joyeuse qui ouvrira, en septembre 2013, l’an 5774 du calendrier hébraïque.
Le 4 septembre au soir, un premier « Seder » ou repas cacher, véritable festin dans les communautés sépharades, marquera le début des festivités du Nouvel An. Un deuxième repas en marquera la fin le lendemain. Le troisième jour est en principe un jour de jeûne. Les deux premiers jours sont des jours chômés pour les communautés juives, qui se consacrent exclusivement à cette célébration afin de se souhaiter la bonne année (Shana Tova) dans le respect des rites.
Selon la tradition, de grands événements se sont produits à Rosh Hashana : la création du monde, la naissance des patriarches Abraham, Isaac, Jacob, les destructions du Temple, la conception d’enfants issus de femmes stériles de la Bible, la libération de Joseph des prisons égyptiennes, la fin du travail forcé des Hébreux sous le joug des Egyptiens… et un jour le Jugement Dernier, et la résurrection des morts.

Loin de la Saint-Sylvestre, une fête grave et solennelle
Les communautés sont invitées, à l’occasion de la nouvelle année, à faire le bilan de l’année écoulée, et à faire pénitence dans l’attente de Yom Kipour, le « Grand Pardon », célébré dix jours plus tard : dix jours pour les « moyens », la catégorie de personnes se situant entre les justes et les mécréants, pour faire le point sur leurs actions, reconnaître leurs torts et prendre de nouvelles résolutions pour l’année qui commence !
Les cérémonies à la synagogue sont empreintes de solennité et se déroulent sous le signe du blanc, symbole de pureté : les étoffes enveloppant les rouleaux de la Torah, la tenture de l’armoire sainte et du pupitre sont blanches. Un fidèle sonnera le shofar à plusieurs reprises, afin d’éveiller les consciences et de les inviter au repentir. Les poèmes spécialement composés et prières liturgiques sont d’une grande richesse.
Plus populaire, la cérémonie du Tashlikh : on vide ses poches dans un cours d’eau le premier jour de la fête en fin d’après-midi, comme pour se délester de ses péchés et de ses fautes au fond de la mer. On peut aussi, à titre symbolique, secouer son mouchoir au-dessus de l’eau ou y jeter une pierre.

Les autres noms du Nouvel An
Entre célébration de la nouvelle année et repentance, les fêtes du Nouvel An empruntent aussi d’autres noms : « Yom Terou’a », ou Jour de la Sonnerie, en référence au Shofar, dont la solennité appelle à l’introspection et au bilan de ses actions. « Yom HaDin » ou Jour du Jugement, car la repentance de l’humanité prépare au pardon du Créateur, Yom Kipour, célébré 10 jours plus tard. Puis, « Yom HaZikaron » ou Jour du souvenir du sacrifice avorté d’Abraham.

Enfin, « Rosh Hashana », littéralement «Tête de l’année ».

Le repas, ou Seder
Un grand festin marque le début des célébrations du Nouvel An. A chacun des mets cacher, sa bénédiction, car tous proviennent de la terre, de l’arbre, ou sont d’origine animale. Il est d’usage de commencer le repas par des légumes et fruits nouveaux, comme les dattes de l’année, pour marquer le début d’un nouveau cycle. Le miel est présent à table, pour adoucir l’année à venir. On sert des pommes, éventuellement trempées dans le miel, pour que la famille bénéficie d’une année paisible (il s’agit du seul rite alimentaire obligatoire dans les communautés ashkénazes) . Pour la prospérité, grenades et pois sont associés au menu. On bénit une tête de poisson, qui inscrit Israël en « tête des nations ».Selon les régions et diasporas, d’autres aliments entrent dans la composition du repas, coing, citrouille, jujube, citronnelle, épinards, blettes, poireaux… et graines de sésame qui enroberont les pommes au miel.
Le repas s’accompagne de bénédictions dont celle de Chéhé’Héyanou, qui remercie le Créateur pour les fruits nouveaux que l’arbre procure, pour avoir permis à chacun de naître et vivre jusqu’à ce jour et pour quérir son aide pour continuer à croître sans péché.

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