Archive pour la catégorie 'ICONES'

QU’EST-CE QU’UNE ICÔNE. (UNE PRIÈRE EN COULEURS)

17 mars, 2015

http://jean.duplan.pagesperso-orange.fr/3.htm#6

QU’EST-CE QU’UNE ICÔNE. (UNE PRIÈRE EN COULEURS)

Un sujet qui a maintes fois été traité par de nombreuses personnes. Je vais essayer de traduire ce que j’ai pu retenir de toutes ces lectures.
Icône vient d’un mot grec « Eikon » (Eikon) qui signifie : image, ressemblant, figuratif, similitude.
Pour les chrétiens orientaux, ce mot a un sens beaucoup plus restrictif. Il ne se rapporte qu’aux images Saintes du Christ, des Saints, des scènes bibliques.
L’Icône serait donc une image pieuse ? Non ! L’Icône n’est pas seulement une image pieuse, elle a une valeur spirituelle, une valeur liturgique, elle obéit à tout un art de la symbolique où les réalités de la foi sont figurées.
Aussi ne peut-on pas regarder une icône comme l’on regarderait un tableau impressionniste, uniquement en seul objet d’art. Il faut faire l’effort de la replacer dans son contexte, dans la vie spirituelle de ceux qui lui offrent un culte. Les iconodules, les Chrétiens.
C’est un art chrétien, une théologie visuelle, une catéchèse par l’image.
L’icône chante par ses moyens propres la gloire de Dieu.
L’icône est une vision de la foi. Elle est un support pour la prière. La contemplation orante traverse, pour ainsi dire, l’icône et ne s’arrête qu’au contenu visuel qu’elle traduit.
Cet art des premiers Chrétiens n’est pas sorti de rien, il est le résultat d’une évolution qui s’est produite au contact des cultures des régions de l’ancien monde :

En Palestine le judaïsme,
En Grèce l’hellénisme,
En Rome l’esprit romain et sa conception de l’image.

À la fin du II e siècle apparaissent des symboles d’une inspiration typiquement chrétienne : Multiplication des pains comme représentation du banquet eucharistique. Adoration des mages comme symbole de l’admission des païens à la foi. Résurrection de Lazare. La vigne mystère de Dieu dans les baptisés. Le poisson, symbole le plus important.
Le début de la chrétienté est profondément imprégné par l’Ancien Testament. Celui-ci tout au long de son histoire est une lutte contre les idoles sous forme de sculptures, d’images, bien entendu, les fausses images, en l’attente de la vraie Image.
L’interdiction du Pentateuque : « Tu n’auras pas d’autres dieux que moi. Tu ne feras aucune image sculptée, rien qui ressemble à ce qui est dans les cieux, là-haut ou sur la terre ici-bas ou dans les eaux, au-dessous de la terre », pourraient sembler condamner les Icônes. Mais l’Exode 20,23 et Deutéronome 27,15 semblent aussi limiter cette interdiction à la seule représentation de dieux sous forme d’idole et au culte qu’on leur rendait.
En effet, on trouve dans l’Ancien Testament la demande de la représentation d’un serpent d’airain, les ordonnances concernant la représentation des chérubins de l’Arche d’Alliance. Ézéchiel (597 avant J.C) mentionne des palmiers ornant le Temple en plus des chérubins à face d’homme et de lion.
La loi de l’Ancien Testament prohibait les images car elles ne pouvaient pas traduire la pureté du Dieu invisible.
On peut cependant lire dans la Genèse 1 : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance ». Dieu créa l’homme à son image.
Malheureusement avec le péché d’Adam, l’homme s’est dangereusement écarté de la ressemblance initiale avec Dieu pour s’enfoncer dans la dissemblance. Par contre, les Anges ont gardé intacte leur nature de seconde lumière ce qui pourrait expliquer leur représentation sur l’Arche.
Ainsi avant la naissance de Jésus, l’incarnation du Verbe, par crainte d’idolâtrie, toute expression céleste est limitée au monde des Anges.
Tout ce passé a certainement incité les premiers Chrétiens à ne rester que dans le symbolisme, du moins pour certaines communautés. La vénération des Images remonterait cependant à l’époque des apôtres. Un texte apocryphe relate que le portrait de Saint-Jean était exposé dans la maison d’un disciple.
Ce texte apocryphe, partie de la Bible dont l’authenticité n’a pas été établie, est rejetée par l’Église Chrétienne. Ce texte n’aurait pas tendance à nous surprendre, sachant que cette période, fortement imprégnée d’hellénisme, avait de très bons artistes.
Les artistes, les peintres ont toujours aimé représenter ce qu’ils voyaient. Saint
Luc, considéré comme le patron des médecins et des peintres, aurait peint le visage de la Vierge (I e siècle). Il aurait donc la paternité d’une icône de la Vierge dite Madone de Saint Luc. Cet original qui aurait servi de modèle aurait été détruit au XV e siècle. Un panneau de Sainte Marie Majeure de Rome en serait la copie. Que ce modèle, le prototype, soit attribué à Saint Luc est aussi apocryphe. Une copie de celui-ci, la Vierge de Cambrai a un troublant témoignage.
Relisons « la Tête d’Obsidienne » de Malraux ou le texte revu et corrigé de la « Corde et les Souris » et arrêtons-nous quelques instants sur l’échange de propos entre Malraux et Picasso. Nous y découvrons que Bernadette, celle de Lourdes, n’a jamais voulu reconnaître la physionomie de Marie dans les expressions que les fabricants ont données aux statues de N.D. de Lourdes. Un jour qu’elle s’en plaignait à un éminent religieux, celui-ci, possédant un album des madones les plus connues, le lui fit voir. Elle s’arrêta sur ce qui lui parut le plus ressemblant : N.D. de Cambrai ! La conclusion de Picasso fut : « Que les byzantins l’aient inventée c’est étonnant tout de même ».
Le prototype est-il vraiment apocryphe ?
L’Incarnation, le Christ délivre les hommes de la mythologie et des idoles non pas négativement en supprimant l’image, mais positivement en révélant la vraie nature humaine de Dieu. Image visible de l’invisible. Dieu révèle son visage humain, la Parole devient objet de contemplation : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez », « celui qui m’a vu, a vu le Père ».
C’est à partir de l’Incarnation que les artistes chrétiens commenceront à représenter d’abord les martyrs et ensuite le Christ. Les plus anciennes icônes concernent les stylites ; ces ermites, qui vivaient sur des colonnes, jeûnant et priant, étaient plus ou moins assimilés à des anges

« L’AMOUR QUI EMBRASSE » PAR NICOLAS P. PAPAS

25 août, 2014

http://www.iconsexplained.com/iec/iecf_citation_serge_boulgakov.htm#citation

« L’AMOUR QUI EMBRASSE » PAR NICOLAS P. PAPAS

Ré-imprimé avec permission, courtoisie Nicholas Papas

Traduit de l’anglais par P.W. de Ruyter avec l’aide d’un moine

L’icône « Plus spacieux que les Cieux » occupe une place très en vue dans une église orthodoxe, peut-être parce qu’elle exprime quelques unes de nos croyances essentielles au centre de notre Foi, principalement la volonté de notre Mère, l’Église, de nous recevoir avec ses bras grand-
ouverts qui nous attendent.
L’icône est souvent connue par son nom grec « Platytera Ton Ouranon », ou tout simplement « Platytera ». Dans la plupart des églises orthodoxes, on la retrouve à une place la mettant bien en évidence — en position haute dans l’abside — et souvent ses proportions énormes mettent toutes les autres icônes dans l’ombre. Ceci peut donner une impression un peu étrange à un visiteur non-orthodoxe. Ses grandes dimensions peuvent d’ailleurs causer un dilemme même chez les orthodoxes. Comment se peut-il, dans une église chrétienne, lieu où la vie tourne autour du Christ, qu’une image de Sa mère semble tout dominer? En réalité, il y a une image du Christ, le Tout-Puissant, reproduite à une place d’honneur : sur le plafond [ou dans le dôme, si le bâtiment de l'église en a un]. Deuxièmement, le Christ se trouve au centre du Platytera, sur les genoux de Marie.
Cela nous montre une équilibre dans la perspective, de l’Église, de la place et du rôle de Marie. Elle est essentielle et significative en raison de sa relation avec le Christ. Le Christ n’aurait pas pu naître sans son libre consentement. Elle est rendue significative par Celui qu’elle a porté. Elle fournit le trône. Elle est à l’arrière-plan. Ces caractéristiques révèlent son humilité, et paradoxalement l’icône la glorifie à sa manière propre, à cause de cela.
Elle est significative pour nous comme exemple de ce qui peut résulter d’une soumission libre à la bonté de Dieu. Elle est indispensable parce que, sans elle, la naissance du Christ n’aurait pas eu avoir lieu. La position architecturale de la Platytera nous enseigne clairement qu’elle est la personne par laquelle le ciel et la terre sont unis, parce que la peinture murale est l’endroit où le plafond et le plancher se rencontrent. Son icône « unit » l’icône du Christ représentée au plafond à nous qui sommes debout sur le plancher.
Une chose remarquable s’est passée avec la venu de l’Esprit Saint à la Pentecôte: Dieu révéla à l’humanité que chacun a la capacité que Dieu demeure dans son intérieur. Cela représentait un concept radicalement différent pour les Juifs de cette époque qui voyaient le trône de Dieu comme une structure physique, le Temple à Jérusalem. Maintenant, tous les croyants pouvaient être comme Marie — la première et la plus belle exemple que le corps physique de chaque croyant « est un temple de l’Esprit Saint » (1 Corinthiens 6:19). En raison du fait que Marie est cet exemple premier et parfait de « temple », la sagesse du choix de l’emplacement de la Platytera s’avère confirmée. Dans une même manière la Pentecôte portait les gens à repenser leur croyance concernant la demeure exacte de Dieu. D’une façon concrète, il nous faut prendre conscience de cette question : comment Dieu vit-il en nous, les croyants?
Dans cette icône les mains de Marie sont ouvertes et tendues. C’est une attitude de prière. Nous pouvons voir clairement qu’elle prie toujours pour nous, comme la bonne mère qu’elle est. En même temps nous pouvons voir dans ses bras ouverts une invitation qui signifie son désir intense de nous laisser embrasser par elle. Dans un sens spirituel, personne ne peut nous embrasser plus parfaitement qu’elle. En tant que Marie est une image de « l’Église », nous pouvons voir comment nous sommes « embrassés ».
Comme chaque bonne mère, notre Mère l’Église voit tous nos besoins. Et avec l’Église, nos besoins les plus profonds et les plus vrais sont finalement comblés. Elle nous donne à manger avec le « Pain de Vie » (Jean 6:35), elle nous habille avec une « vêtement de salut » et un « manteau de justice » (Isaïe 61:10), elle nous lave de nos péchés (Actes 22:16) avec « l’eau qui régénère », elle nous donne à boire de la « Source de Vie », elle nous abrite « sous l’ombre » des Ses ailes (Psaume 17:8), et elle nous donne une place pour trouver du « repos pour nos âmes ». Notre bonne Mère qui nous aime inconditionnellement est toujours prête et elle nous attend. Dans la superbe image de la Platytera elle se montre prête à nous embrasser. C’est une image précise et véridique qui nous montre le mystère merveilleux de la volonté intense mais patiente de Dieu de nous donner l’amour inconditionnel. Il y a un message simple dans l’image de Marie « Platytera »: viens et laisse-toi embrasser par l’amour parfait. »