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Homélie pour le 24 décembre – Ferie de l’Avent

24 décembre, 2009

du site:

http://www.homelies.fr/

jeudi 24 décembre 2009

Famille de saint Joseph Décembre 2009  
Homélie – Messe  

La composition du « Cantique de Zacharie » est analogue à celle du « Magnificat » de Marie. Mais là où la Vierge rend grâce pour les merveilles que le Puissant fit pour elle, le dernier prêtre de la première Alliance, père du dernier prophète, fait monter un hymne d’action de grâce pour ce que Dieu a réalisé pour les fils d’Abraham tout au long de leur histoire.
« Rempli de l’Esprit Saint », Zacharie résume en un seul verset l’œuvre du « Dieu d’Israël » : « il a visité son peuple pour accomplir sa libération ». Depuis le péché des origines, Dieu cherche l’homme et ne cesse de multiplier ses efforts pour se rapprocher de lui. Il le visite par ses prophètes afin qu’il ne se décourage pas et persévère dans l’espérance du jour béni de sa venue. Car le Très-Haut a décidé « de nous délivrer de nos adversaires, des mains de tous nos ennemis » en nous « montrant sa miséricorde ». Dieu ne s’était-il pas engagé par serment avec Abraham notre père dans la foi et avec sa descendance à jamais ? Or après le long cheminement de l’attente, voilà qu’avec la naissance de ce « petit enfant, qu’on appellera prophète du Très-Haut », le temps de l’accomplissement est enfin arrivé. C’est à lui en effet qu’il appartient de « marcher devant le Seigneur pour lui préparer le chemin », pour désigner « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29).
Même si nous sommes encore dans la nuit, ou plutôt : si le jour commence à peine à déchirer les ténèbres, nous ne sommes plus seuls. Nous croyons que Jésus notre Bon Berger marche à nos côtés. Il est cette « force qui nous sauve que le Père a fait lever dans la maison de Joseph, fils de David. Il est l’« Amen » de Dieu, l’accomplissement de la promesse, le sceau de l’Alliance, le gage de la fidélité du Tout-Puissant. Au moment où nous nous apprêtons à découvrir avec les Mages « l’astre venu nous visiter », n’oublions pas de lui préparer nos cadeaux. A défaut d’or, d’encens, ou de myrrhe, offrons-lui notre action de grâce pour toutes les interventions victorieuses par lesquelles il nous a déjà manifesté la tendresse de son Cœur. Certes les visitations de Dieu sont en général très discrètes, car « lorsque passe sa gloire, il nous abrite de sa main jusqu’à ce qu’il soit passé. Puis il retire sa main et nous ne le voyons que de dos, car son visage, personne ne peut le voir » (Ex 33, 22-23). Mais nous devinons sa présence à l’onction de paix qui marque son passage.

« Marie, toi qui “gardais toutes les paroles-événements de Dieu et les méditais dans ton cœur” (Lc 2, 19), aide-moi à faire mémoire des visitations du Seigneur dans ma vie, de ses interventions salvifiques en ma faveur. Donne-moi de me souvenir des libérations, des guérisons et des résurrections qu’il a accomplies dans la discrétion de sa tendresse miséricordieuse, afin que je puisse “célébrer sans crainte un culte devant lui, dans la piété et la justice, tout au long de mes jours”, “chantant sans fin son amour, et annonçant d’âge en âge sa fidélité” (Ps 88) ».

Père Joseph-Marie 

A l´approche de Noël, redécouvrir l´empressement joyeux de croire (Homélie)

19 décembre, 2009

du site:

http://www.zenit.org/article-23015?l=french

A l´approche de Noël, redécouvrir l´empressement joyeux de croire

Homélie du dimanche 20 décembre, par le P. Laurent Le Boulc´h

ROME, Vendredi 18 décembre 2009 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le commentaire de l’Evangile du dimanche 20 décembre, proposé par le P. Laurent Le Boulc’h.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 39-45)
En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

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A quelques jours de Noël, c’est une course frénétique dans les rues. Les foules se pressent pour faire les derniers achats. On s’agite dans tous les sens.

L’Evangile de ce quatrième dimanche de l’Avent évoque lui aussi une course. « Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée », raconte Luc. On l’imagine, Marie, transportée de joie, toute portée par l’élan de sa rencontre avec l’ange de l’annonciation, pressée de partager l’événement avec Elisabeth, sa vieille cousine. Marie, saisie d’un empressement joyeux !

On se dit alors que cet empressement joyeux de Marie n’a pas grand chose à voir avec l’empressement stressant des gens aujourd’hui. La course de nos rues n’a pas la même légèreté. Elle n’a pas le même allant ni le même idéal !

Il y a dans l’évangile de Luc d’autres récits d’empressement que celui de Marie dans la montagne de Judée. Tenez, dans le récit de la nativité que nous allons lire bientôt dans la nuit de Noël, il est dit aussi des bergers que, suite à l’invitation des anges, ils partirent en hâte vers l’étable de la nativité. Luc raconte aussi la course de Pierre vers le tombeau de Jésus après qu’il ait entendu l’annonce extraordinaire des femmes au matin de Pâques.

A chaque fois, il est question d’une annonce, une Bonne nouvelle apportée par des anges ou par des femmes. C’est l’annonce d’une naissance ou d’une renaissance. La naissance et la renaissance de Jésus. Tous ceux qui accueillent cette nouvelle sont saisis d’un empressement joyeux.

Cet empressement joyeux, nous l’avons tous plus ou moins éprouvé dans notre vie. Ce jour là, une bonne nouvelle a retenti et nous nous sommes mis à courir joyeusement la partager avec nos amis. « Ecoutez-moi, j’ai une grande nouvelle à vous annoncer ! »

Je pense à des fiancés qui veulent déclarer à leur entourage leur amour, à des malades qui viennent de savoir qu’ils sont guéris, des frères séparés qui se sont réconciliés, un ami lointain qui s’en revient, un autre qui vient d’être accepté à un examen…

Je pense aussi à la découverte quelques fois bouleversante de Dieu. L’expérience première de ceux qui découvrent ou re-découvrent la foi. Ils ouvrent de grands yeux. Ils s’étonnent de ne pas avoir entendu cela plus tôt. Ils y trouvent un nouveau goût à vivre. Ils sont saisis par l’élan joyeux que donne la rencontre du Christ.

Notre vie actuelle dans notre société se laisse souvent grisée par d’autres empressements : courses effrénées et dérisoires à la consommation ; courses à la gloire ou à l’argent qui, au bout du compte, rendent assez tristes ; courses sans but, sans véritable idéal. Notre monde a besoin de connaître d’autres empressements.

Ce désir se manifeste quelques fois d’une manière surprenante. Je pense à l’accueil phénoménal, débordant toutes les prévisions, que le film de Jean-Pierre Jeunet « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » a reçu – C’était en 2001 déjà !- Histoire toute simple d’Amélie d’une jeune fille qui, sortant de sa coquille, se laisse gagner par un empressement joyeux. Cet empressement joyeux d’Amélie, débordant de sollicitude et de désir de vivre, a touché des millions d’hommes et de femmes comme l’expression de leur désir profond à retrouver l’amour de la vie ou l’amour dans la vie.

Nous sommes, la plupart d’entre nous, des vieux croyants. La lune de miel des commencements de la foi peut nous paraître bien loin. Certains, peut-être, ne se souviennent même pas d’avoir connu un jour un réel enthousiasme à croire. Plus que d’autres alors, nous sommes menacés, si nous n’y prenons pas garde, par la routine, l’usure de la foi, le manque de fraîcheur. Comment retrouver ou découvrir l’empressement joyeux de croire dans notre vie ?

L’empressement joyeux, tel celui de Marie, naît toujours de cette disponibilité, cette fraîcheur d’enfance, qui donne d’accueillir, sans arrière pensée, une Bonne Nouvelle.

A quelques jours de Noël désormais, il n’y aura pas pour nous de plus belle préparation à la fête que d’apprendre ainsi à nous montrer tout disposés, dans un coeur à neuf, à la rencontre de Celui qui vient. Accueillir sa Parole d’Evangile, recevoir humblement son amour qui se donne en chaque eucharistie, s’éveiller à la visitation de nos frères quand ils passent à nos côtés… A la suite de Marie, pour mieux célébrer Noël, laissons-nous gagner par l’empressement joyeux de la foi en l’amour qui naît au cœur de celui qui médite dans sa vie l’Evangile de Jésus.

Il vient le Christ en notre humanité. Il vient donner chair à l’amour de Dieu en chacune de nos vies d’hommes pour peu que nous l’accueillons vraiment. Il vient sauver l’amour en nos vies et nous communiquer son empressement joyeux.

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Le P. Laurent Le Boulc’h est curé de la paroisse de Lannion (France) et modérateur de la paroisse de Pleumeur Bodou, secrétaire général du conseil presbytéral du diocèse de Saint Brieuc et Tréguier (Côtes d’Armor – France).

Homélie pour l’Immaculée Conception de la Vierge Marie

8 décembre, 2009

du site:

http://www.homelies.fr/homelie,immaculee.conception.de.la.vierge.marie,2622.html

Immaculée Conception de la Vierge Marie

mardi 8 décembre 2009

Famille de saint Joseph
   
Homélie

A la plénitude des temps Dieu a envoyé son Fils. Pour lui façonner un corps, il a voulu la libre coopération d’une femme, qu’il choisit de toute éternité pour être sa Mère. Celle-ci, une jeune juive de Nazareth en Galilée, « une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David », s’appelait « Marie » (Lc 12, 27). Ainsi, la promesse faite à Eve après le péché originel d’avoir une descendance victorieuse du Malin et d’être la mère des vivants (cf. Gn 3, 15.20) allait s’accomplir. Avec Marie apparaissait l’aube d’une genèse nouvelle. La grâce originelle refleurissait. La terre de notre humanité allait bientôt pouvoir à nouveau donner un fruit de vie.
En cette fête de l’Immaculée conception, au cœur de ce temps de l’Avent, prenons Marie avec nous sur la route qui nous conduira jusqu’à l’humble grotte de Bethléem. Marie en son immaculée conception est l’image anticipée de l’Eglise que Dieu a voulue « sans tache, ni ride, mais sainte et immaculée » (Ep 5, 26-27). Que son intercession maternelle nous obtienne de recevoir dans un cœur pur Celui qui « a aimé l’Eglise et s’est livré pour elle » (Ep 5, 25), Celui qui est venu épouser la terre de notre humanité pour nous sauver et nous rendre participant de sa divinité.
Frère Elie
 

Prendre au sérieux l’incarnation

28 novembre, 2009

du site:

http://www.dominicains.fr/fre/menu/nav_magazine/reflexion/liturgie/l_avent_noel_et_l_epiphanie/prendre_au_serieux_l_incarnation

Prendre au sérieux l’incarnation

La liturgie de l’Avent nous fait vivre à la fois une préparation à la célébration de Noël, et une entrée dans l’espérance de la seconde venue du Sauveur à la fin des temps.

Elle nous situe dans le passé, le présent et l’avenir. En annonçant à la fois la naissance de Jésus, la venue des temps messianiques et le retour du Seigneur, la Parole de Dieu nous oblige à découvrir le sens chrétien du temps : Le Christ vient à nous aujourd’hui et l’histoire de salut s’effectue dans notre propre histoire.

Quand l’Eglise reprend à son compte les textes prophétiques ou psalmiques, elle ne les applique pas du dehors aux circonstances présentes; elle reconnaît que ces prophéties, ces psaumes ne trouvent leur totale réalité que dans le Christ et, maintenant, dans son Eglise.

Vivre l’avent implique une conversion

Chaque année l’Eglise nous met en situation vitale d’espérance en nous invitant à vivre l’Incarnation comme un « aujourd’hui ». Mais il est impossible d’entrer dans cette attitude, en vérité, sans la reconnaissance sincère de ce que nous sommes et de ce que nous nous sommes appelés à être.

L’Église – et chacun de nous en elle – doit avoir le courage d’affronter la réalité de son état, reconnaître les résistances que rencontre l’accueil de l’Evangile, afin d’aviver en soi le dynamisme de l’espérance. De ce point de vue, il est intéressant d’être attentifs aux attitudes des croyants que les textes bibliques nous présentent.

Durant l’Avent, en effet, nous relisons l’histoire du Salut en faisant route commune avec

Trois personnages-clés liés à l’avènement de Jésus

¦ Isaïe , avec sa vision grandiose de la venue du Seigneur (cf. les premières lectures des années A. et B des dimanches de l’Avent)
¦ Jean Baptiste, qui rappelle que la venue du Seigneur suppose accueil de notre part ; car le comportement de Jésus peut être déroutant et contredire nos convictions les plus évidentes (cf. les évangiles des 2ème et 3ème dimanches des années A, B, C)
¦ Marie, qui est la première et la figure par excellence des croyants du Nouveau Testament, accueille avec une foi active le don de Dieu et la puissance de l’Esprit (cf. les évangiles du 4ème dimanche des années B et C)

Autant de cheminements qui éclairent bien des aspects de nos propres cheminements. Une méditation chrétienne pendant l’Avent pourrait, avec fruits, se centrer sur ces personnages. Ils nous conduisent tous au Christ.

Comme le dit la seconde Préface de l’Avent :

Celui que tous les prophètes avaient chanté,
celui que la Vierge attendait avec amour,
celui dont Jean Baptiste a proclamé la venue
et révélé la présence au milieu des hommes.
C’est lui qui nous donne la joie d’entrer déjà dans le mystère de Noël,
pour qu’il nous trouve, quand il viendra, vigilants dans la prière
et remplis d’allégresse..

1er Dimanche de l’Avent. Année C

27 novembre, 2009

du site:

http://www.spiritualite2000.com/Archives/parole/Cycle_C/avent1-c.htm

1er Dimanche de l’Avent. Année C

Vigilance

par Jacques Sylvestre, o.p.

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (21,25-28, 34-36)
«Jésus parlait à ses disciples de sa venue : «Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.

«Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre coeur ne s’alourdisse dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste. Comme un filet, il s’abattra sur tous les hommes de la terre. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d’échapper à tout ce qui doit arriver et de paraître debout devant le Fils de l »homme.»

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Commentaire

Dans les versets précédents, l’évangéliste Luc énumérait quelques épisodes dont il devait être       témoin. Ici, son regard quitte ces perspectives historiques pour se porter vers la Fin des temps annoncée en signes cosmiques. Ces signes sont, dans les apocalypses, le décor classique du jugement final. Ils proviennent des tableaux prophétiques de la victoire de Dieu sur les mauvais anges et les divinités d’Assur et de Babylone. Mais, en vrai, ni l’auteur ni même Jésus ne pensent à un réel combat contre les dieux païens ; ce sont de vieilles images de la tradition exprimant tout simplement une intervention définitive de Dieu sur un monde qu’il veut libérer de tout mal. «Je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle. Et je vis la Cité sainte, la Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel de chez Dieu ; elle s’était faite belle, comme une jeune mariée parée pour son époux. J’entendis alors une voix clamer, du trône : « Voici le demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple et lui, Dieu-avec-eux  sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux ; de mort, il n’y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’en est allé ».(Apocalypse 21:1-4)

Dans les apocalypses juives, révélations concernant la fin des temps, on trouvait une série d’épisodes complexes : résurrection, jugement, salut des élus, châtiment des méchants et l’établissement d’un monde nouveau, la Jérusalem céleste.  Ici tout est condensé dans l’événement triomphal : la venue du Fils de l’homme, l’annonce qui en est faite et  un appel à l’espérance, car malgré  l’aspect  redoutable de tous ces événements, les fidèles de Jésus n’ont rien à craindre, ces événements  manifestent la victoire et la domination  de leur Maître, leur délivrance. La condition est qu’il soient vigilants.

Vigilance, amour et joie
La vigilance doit nous habiter, enseignait saint Grégoire, et elle serait bien médiocre et fragile si elle n’était habitée que par la crainte ou la peur de voir s’écrouler un jour ce monde visible dans lequel nous vivons. « Pleurer à cause de la destruction du monde est le propre de ceux qui ont enfoncé les racines de leur coeur dans l’amour de ce monde et qui ne recherchent pas la vie qui doit venir après et n’en soupçonnent même pas l’existence »… (1ère homélie sur les évangiles).

Également indigne d’un coeur fidèle, qui ne se maintiendrait en éveil que par crainte du face à face avec le Christ. (saint Augustin : Sur le psaume 47.1). « Nous l’aimons, mais nous craignons qu’il vienne ! L’aimons-nous vraiment ? » (S. Augustin, Psaume 95.14).  Seul l’amour et le désir du Christ peuvent nous garder vigilants. « Je veux vous voir exempts de soucis », écrivait Paul aux Corinthiens (1:7,32)

La vigilance du Chrétien est la vigilance du coeur qui aime, du coeur dont l’amour et le désir souhaitent ardemment la venue du Règne de Dieu. Elle implique également la liberté du coeur, la libération de tout souci. La mesure de notre désir de la venue du Christ est la mesure de notre amour réel pour lui, Nous serons d’autant plus vigilants que notre désir de le voir sera plus grand et que notre Amour pour lui sera vrai. Ainsi, loin d’être source de crainte, la venue du Seigneur sera une cause de joie dans le coeur du fidèle. Seul l’« ami du monde » ne peut se réjouir de voir approcher la fin du monde, la fin de ce monde.

Ne pas être absents de ce monde.
Qu’impliquent à vrai dire ces fondements et caractères de la vigilance chrétienne, et ce, dans notre vie quotidienne ? Le danger ne serait-il pas, que tourné vers l’événement qui peut d’un moment à l’autre abolir notre univers, de provoquer un oubli de cette terre et de sa vie de chaque jour ? Certains ont tiré semblables conclusions des paroles du Christ. La seconde lettre de Paul aux Thessaloniciens constitue comme une mise en garde aux frères et aux soeurs « qui se laissent agiter l’esprit et alarmer par des paroles prophétiques, des propos ou des lettres données comme venant de nous et qui feraient penser que le Jour de Seigneur est déjà là ».  Il ajoutait : « Nous vous prescrivons au nom du Seigneur Jésus Christ de vous tenir à distance de tout frère qui vit dans l’oisiveté et ne se conforme pas à la tradition que vous avez reçue de nous »:La pensée de la venue du Christ ne doit pas pousser les chrétiens vers le désert ni les retirer du monde. Désirer la venue du Christ, s’est concrètement obéir à ses commandements, oublier le vieil homme pour nous tourner résolument vers les biens promis par le Christ.

Demeurer éveillé, être vigilant, enseignait s. Grégoire (13e homélie sur les évangiles) exige à la fois de contempler la vérité et d’agir courageusement sans jamais se lasser. « Celui qui veille, c’est celui qui par ses oeuvres garde ce qu’il croit ; celui qui veille, c’est celui qui repousse loin de lui les ténèbres de la torpeur et de la négligence ». Il ajoutait :« Frères très chers, appliquez-vous de toutes vos forces à penser à ce jour ; amendez vos vies, changez vos moeurs, résistez aux maux qui vous tentent, remportez  la victoire, expiez par vos larmes les péchés ceux que vous avez commis»(1ère homélie sur évangiles).

Une autre parabole des évangiles décrit l’attitude de la vigilance recommandée en ce temps de l’Avent : le fidèle serviteur qui attend le retour de son maître. Il sait qu’il devra rendre compte des biens que le Maître lui a confiés, aussi demeure-t-il dans une vigilante attente et met tout son zèle à bien administrer les biens qu’il lui a laissés en gérance.  « Administre comme il faut ce que tu as reçu mission  de Dieu d’administrer et de dispenser. Des richesses t’ont été confiées, administre-les bien. L’enseignement de la parole t’a été confié ? Dispense-le bien. Tu peux te gagner les âmes de ceux qui t’écoutent. Fais-le avec diligence. Nombreuses sont les formes d’une saine administration». (15e catéchèse de s.Cyrille).

C’est Jean Chrysostome qui enseignait :« Celui qui administre les biens de l’Église, ne peut dépenser au hasard et selon ses caprices car ce qu’il a reçu de vous, vous l’avez donné pour l’entretien des pauvres. Vous ne pouvez davantage user ainsi pour vous-mêmes de vos biens. Tout ce que vous possédez vous aurait-il été transmis par vos ancêtres, tout cependant appartient à Dieu… Écoutons donc, nous tous qui nous livrons aux plaisirs de la table, qui dépensons en repas somptueux un argent qui n’est pas à nous, mais aux pauvres. N’allez pas vous imaginez qu’il est à vous parce que la miséricorde, dans ses inépuisables inventions, vous a prescrit d’en fait part aux autres comme si c’était une chose qui vous appartenait » (77e homélie).

C’est dire avec tous ces enseignements de nos Pères dans la foi que, comme chrétien, nous ne pouvons vivre l’attente de la divine rencontre en oubliant notre engagement terrestre.  Nous vivons dans un monde dont nous sommes comptables et au milieu des hommes dont nous sommes responsables. Voilà ce que veut dire en somme être vigilants dans la vérité, la paix et l’amour.

dimanche 22 novembre 2009, Christ Roi: Homélie

21 novembre, 2009

du site:

http://www.homelies.fr/homelie,christ-roi,2607.html

Christ-Roi

dimanche 22 novembre 2009

Famille de saint Joseph

 Homélie – Messe  
 
 La liturgie de dimanche dernier avait introduit, par la bouche de Jésus, la figure du Fils de l’homme venant sur les nuées. En ce dimanche où nous célébrons le Christ-Roi, nous la retrouvons dans le livre de Daniel, dans son sens premier. Le « fils d’homme » qu’il décrit est en effet un homme, vraiment un homme. Mais nous comprenons aussitôt que sa royauté n’est en rien comparable à celles que l’histoire nous a présentées. D’abord parce que cette royauté n’aura pas de fin, ce qui est inédit et impossible aux rois qui ne seraient que des hommes. Ensuite, parce que le « fils d’homme » est amené à Dieu, représenté par un Vieillard. Il reçoit alors la gloire et la puissance de Dieu même ! Assurément, notre roi n’est pas un roi comme les autres. A contempler de si belles images, nous aurions tôt fait de réagir comme les sujets de royaumes terrestres le feraient : en manifestant une simple exaltation. Mais notre Seigneur n’est pas seulement un homme, il est le « fils de l’homme ». Il ne vit pas son couronnement comme l’aboutissement d’un chemin individuel, car c’est en tant qu’il récapitule toute humanité que le Christ est couronné. Le Christ nous donne de partager sa gloire.

C’est pourquoi le psaume royal est entonné. Le psaume que nous avons chanté est en effet celui qui accompagnait le roi d’Israël jusqu’à son trône, au jour de son couronnement. Ce chant est une réponse de foi et d’action de grâce pour la Parole reçue. Oui, le Seigneur s’est vêtu de magnificence, la sainteté emplit sa maison. Or, il a choisi d’habiter chez nous et il est le « fils de l’homme ». Notre terre reçoit ainsi la stabilité à laquelle elle aspire et l’humanité est couronnée de la gloire de Dieu. Jour de joie et de fête.

Il n’est donc pas question de nous contenter d’une simple exaltation. Notre cœur doit exulter en Dieu notre sauveur. Tous, nous le verrons venir sur les nuées, même nous qui l’avons transpercé, car il fait miséricorde à qui accueille le don de son amour. Nous qui étions ses ennemis, il nous a réconciliés avec lui et il nous fait entrer dans son règne de paix, la paix qui ne connaît pas de fin.

Nous rencontrons ainsi le premier défi de la royauté de notre Seigneur Jésus. La réconciliation est offerte, mais il nous faut l’accepter. L’accepter pleinement. Ne pas nous risquer, devant de telles manifestations de gloire et de majesté, de nous résigner en face d’un plus puissant. Notre Seigneur n’impose pas son royaume par la force, il n’emploie aucune forme de contrainte pour venir à nous. Ce qu’il nous a acquis est la liberté de le choisir et de l’aimer ; il nous appartient donc de les employer et d’entrer dans sa paix. C’est ce à quoi la deuxième lecture nous invitait quand elle disait : « que la grâce et la paix vous soient données, de la part de Jésus-Christ ». La grâce est donnée, il faut la saisir quand elle se présente. Puissions-nous reconnaître et choisir cette paix que notre cœur désire avec tant d’ardeur.

Certes, du chemin reste à faire. La question de Pilate résonne au cœur de notre liturgie, nous ne pouvons l’ignorer : « alors tu es roi ? ». Mais comment en douterions-nous, après la méditation de ces lectures ? Tout simplement en oubliant que la royauté de Jésus-Christ n’est pas de ce monde. Il nous faut la questionner et nous remettre en cause pour la découvrir. Quand nous cherchons spontanément la force des chevaux, le roi d’humilité nous surprend et vient à nous monté sur un âne. Voilà pourquoi nous célébrons notre roi en méditant sa Passion : dans ces moments tragiques, Jésus nous a montré quel roi il est, quelle est la loi de son royaume. Elle est celle du don de soi.

Jésus n’a en effet rien retenu pour lui. Le Fils n’a pas retenu le rang qui l’égalait à Dieu. Il a pris la condition de l’homme, il s’est fait serviteur parce qu’il est venu pour servir. Il est venu pour rendre témoignage à la vérité qu’il a vu et entendue auprès du Père. Il est le « témoin fidèle » de la vérité, il est lui-même le chemin qui conduit à la vérité. Notre roi est le chemin qui nous ramène à la maison du Père.

Ainsi, en choisissant de n’être compté pour rien, Jésus nous enseigne comment il fait monter l’humanité sur son trône. Ce n’est pas par la force qu’il établit la justice, mais par sa douceur et son humilité qu’il nous rend justes. Il n’est pas seulement le chemin, il est la vérité. La vérité de ce qu’est l’homme, la vérité de ce qu’est Dieu. La vérité qui rend libre. C’est pourquoi ceux qui recherchent la maison du Père écoutent sa voix. C’est pourquoi ceux qui célèbrent aujourd’hui le roi de l’univers s’engagent à ne rien retenir pour eux-mêmes, eux non plus. Ils s’engagent à suivre leur roi sur le chemin de la vérité, sur le chemin du don de soi.

Seigneur, en ce jour où nous magnifions ta grandeur, où nous sommes tellement heureux de dire notre action de grâce, donne-nous d’abandonner toutes nos vérités, mesquines et tristes, pour embrasser la vérité, l’unique, la tienne. Viens régner dans nos cœurs, viens y fonder la paix que toi seul peut donner. Nous voulons vivre selon la loi de ton royaume, accueille-nous dans ta miséricorde, grave-la en nos cœurs par le feu de ton Esprit. Apprends-nous à ne rien retenir pour nous-mêmes, que Dieu puisse prendre toute la place en nos âmes. Nous t’acclamons et nous te choisissons, toi notre Seigneur et sauveur, toi « l’alpha et l’oméga, celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant ».
Frère Dominique 

33e dimanche du Temps Ordinaire – Homélie Messe

14 novembre, 2009

du site:

http://www.homelies.fr/homelie,33e.dimanche.du.temps.ordinaire,2600.html

33e dimanche du Temps Ordinaire

dimanche 15 novembre 2009

Famille de saint Joseph

Homélie Messe  

La plus terrible pauvreté, la plus grande misère, n’est-elle pas l’ignorance de Dieu, qui nous prive du sens de notre existence, et nous condamne à nous mobiliser jour après jour pour une vie appelée à sombrer dans le néant ?
Les esprits forts ne manquent pas pour affirmer à qui veut l’entendre que l’état d’enfance de l’humanité est dépassé, et que l’heure est venue pour l’homme d’affirmer enfin son autonomie absolue. Ni Dieu ni loi, de quelque nature qu’elle soit : exit la loi morale, exit les commandements d’un Dieu qui n’existe pas, exit la culpabilité, les tabous, toutes les entraves à la liberté.
Mais voilà qu’après un temps d’euphorie et d’exaltation, ce petit Prométhée qui essaye de s’élever jusqu’au ciel pour s’emparer du trône de Dieu, est en train de s’écraser lamentablement sur terre. Qui ne voit que la soi-disant libération des mœurs ne conduit qu’à l’aliénation aux passions débridées, que le relativisme éthique étouffe tout idéal, et que l’athéisme conduit au désespoir, comme le confirme le nombre sans cesse grandissant de suicides ?
Hélas, l’homme contemporain est trop orgueilleux pour avouer son erreur, revenir de son errance, et se convertir au Dieu de tendresse qui lui tend les bras ouverts de sa miséricorde. Pourtant, comme nous le rappelle la liturgie de ce dernier dimanche de l’année, il n’y a pas une minute à perdre : les temps sont courts : le Seigneur est proche. Au temps de la patience et du pardon succèdera celui de la justice, lorsque nos œuvres seront révélées au grand jour et que seuls échapperont au jugement ceux qui humblement lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercés.
D’aucun ne manquent pas d’ironiser, « accusant le Seigneur de retard » ; mais ne nous y trompons pas : « devant le Seigneur, un jour est comme mille, et mille ans sont comme un jour ; il ne retarde pas l’accomplissement de ce qu’il a promis, mais il use de patience envers nous, voulant que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir » (2 P 3, 8-9). Au jour et à l’heure fixés, que « nul ne connait, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père », « on verra le Fils de l’homme venir sur les nuées avec grande puissance et grande gloire » ; « en ce temps-là viendra le salut pour tous ceux dont le nom se trouvera dans le livre de Dieu », mais ceux qui auront refusé le pardon offert en Jésus-Christ, « s’éveilleront pour la honte et la déchéance éternelles » (1ère lect.).
Sommes-nous en train de réactiver un genre littéraire suranné, largement utilisé par les prédicateurs d’un autre âge, et qui consiste à faire trembler de peur les pauvres fidèles afin d’étouffer leur joie de vivre, et de les amener à une soumission inconditionnelle aux clercs ? Pas du tout : la Parole de Dieu n’a guère changé, même si les styles de prédication ont évolué. Nous ne prêchons pas un Dieu terrible ni une religion de la peur, mais nous avertissons nos contemporains des malheurs qu’ils sont eux-mêmes en train de déclencher par leur mépris de la loi naturelle. De nos jours, les médias ne cessent de nous mettre en garde : si nous continuons à transgresser les lois de la biosphère, nous allons gravement hypothéquer l’avenir de la planète. Et pourquoi donc ce qui est vrai dans le domaine des lois naturelles de l’écologie, ne se vérifierait-il pas dans le domaine de la loi morale naturelle ? Hélas, il n’est pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre : nos contemporains se bouchent les oreilles à la voix de leur conscience, croyant pouvoir impunément transgresser les lois élémentaires de la vie naturelle. Le pape Benoît XVI le rappelait vigoureusement dans sa dernière Lettre encyclique :
« La dégradation de l’environnement est en effet étroitement liée à la culture qui façonne la communauté humaine : quand l’ »écologie humaine » est respectée dans la société, l’écologie proprement dite en tire aussi avantage. Le point déterminant est la tenue morale de la société dans son ensemble. Si le droit à la vie et à la mort naturelle n’est pas respecté ; si la conception, la gestation et la naissance de l’homme sont rendues artificielles ; si des embryons humains sont sacrifiés pour la recherche, la conscience commune finit par perdre le concept d’écologie humaine et, avec lui, celui d’écologie environnementale. Exiger des nouvelles générations le respect du milieu naturel devient une contradiction, quand l’éducation et les lois ne les aident pas à se respecter elles-mêmes. Le livre de la nature est unique et indivisible, qu’il s’agisse de l’environnement comme de la vie, de la sexualité, du mariage, de la famille, des relations sociales, en un mot du développement humain intégral. Les devoirs que nous avons vis-à-vis de l’environnement sont liés aux devoirs que nous avons envers la personne considérée en elle-même et dans sa relation avec les autres. On ne peut exiger les uns et piétiner les autres. C’est là une grave antinomie de la mentalité et de la praxis actuelle qui avilit la personne, bouleverse l’environnement et détériore la société » (n° 51).

Qu’ajouter de plus, sinon un tout aussi vibrant appel à la conversion, à commencer par nous-mêmes ; car il n’est jamais trop tard. Nous le croyons : « Jésus-Christ, après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu. Par son sacrifice unique, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qui reçoivent de lui la sainteté » (2nd lect.).
Les commandements de Dieu et de l’Eglise ne sont pas une ingérence dans notre vie privée personnelle, une menace pour notre autonomie, une aliénation de notre liberté ; mais au contraire les préceptes – qui interprètent la Parole de Dieu de manière à ce que nous puissions la mettre en pratique – sont des indications précieuses pour nous aider à découvrir le chemin d’une vie authentiquement humaine, d’une vie conforme au dessein de Dieu sur nous – dessein qui nous est révélé précisément par la loi naturelle inscrite dans notre humanité, confirmée et complétée par la révélation surnaturelle. Obéir à la loi naturelle, c’est obéir à notre propre humanité, c’est entrer plus avant dans notre propre vérité, et par le fait même, libérer notre libre-arbitre des aliénations que font peser sur elle les idéologies qui se succèdent et se contredisent de génération en génération : « le ciel et la terre passeront, seules les paroles de Jésus ne passeront pas ».
Que l’Esprit Saint nous accorde l’intelligence spirituelle de notre pèlerinage sur cette terre, de sorte que nous puissions discerner toutes choses sur l’horizon de notre destinée éternelle. Nous pourrons alors prier avec le psalmiste :
« Seigneur mon partage et ma coupe, de toi dépend mon sort.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable.
Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance :
Tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption.
Mon Dieu, j’ai fait de toi mon refuge. Tu m’apprends le chemin de la vie :
Devant ta face débordement de joie ! A ta droite, éternité de délices ! » (Ps 15).

Père Joseph-Marie
 

Dédicace de la basilique du Latran, lundi 9 novembre 2009 – homélie

9 novembre, 2009

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http://www.homelies.fr/

Dédicace de la basilique du Latran

lundi 9 novembre 2009

Famille de saint Joseph

Homélie – Messe  

Le Concile a valorisé l’image biblique de l’Eglise Peuple de Dieu, peuple pèlerin en marche vers la demeure du Père, sous la conduite du Christ Bon Berger, et cheminant sous la nuée de l’Esprit. Mais cette image, qui répond à la question « Qu’est-ce que l’Eglise ? », risque d’évoquer unilatéralement la dimension institutionnelle, tant il est vrai qu’une foule ne devient un peuple que par sa structuration interne. Il faut donc la compléter par d’autres images, qui répondent à l’interrogation : « Qui est l’Eglise ? », afin de souligner le caractère personnel de « l’Epouse » du Christ (Ap 21, 9 ; Ep 5, 23). St Paul nous a familiarisés avec l’image de l’Eglise « Corps du Christ » (1 Co 12, 27), qui se rattache à celle que Jésus lui-même suggère dans l’Evangile de ce jour : l’Eglise « Temple de Dieu ». Certes l’évangéliste précise que « le Temple dont parlait Notre Seigneur, c’était son corps » ; mais St Paul élargit l’interprétation en précisant que Christ constitue les fondations du Temple, sur lesquelles les apôtres construisent « la demeure de Dieu parmi les hommes » (Ap 21, 3), dont les croyants sont les « pierres vivantes » (1 P 2, 5). La source de vie que le prophète Ezéchiel voit jaillir du Temple de Dieu (Ez 47, 1-12), et qui assainit les eaux de la Mer Morte, représente le cœur transpercé du Christ crucifié d’où jaillit l’Esprit Saint (Jn 19, 34). Cette source est désormais confiée à l’Eglise, qui a reçu mission d’abreuver tous ceux qui ont soif de la vraie vie. Nous aussi, sachons entendre l’appel du Christ (Jn 7, 37), et venons nous abreuver aux sources vives du salut (Ap 7, 17) qu’il nous offre dans son Cœur eucharistique. Nous comprendrons alors que l’institution ecclésiale – tant décriée ! – n’a d’autre finalité que de transmettre, de génération en génération, l’institution eucharistique, afin de nous permettre de recevoir le Corps et le Sang du Fils de Dieu fait chair, en qui nous avons la vie (Jn 6, 54).

Père Joseph-Marie  

dimanche 8 novembre 2009, Homélie

7 novembre, 2009

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http://www.homelies.fr/messe,32e.dimanche.du.temps.ordinaire,3070.html

32e dimanche du Temps Ordinaire

dimanche 8 novembre 2009

Famille de saint Joseph

Homélie – Messe 

La première lecture de ce dimanche nous raconte l’épisode du prophète Elie et de la veuve de Sarepta. Cette femme, qui en tant que veuve a déjà bien peu, n’hésite pas à sacrifier la seule nourriture qui lui reste, à elle et à son fils, pour Elie, confiante dans la Parole du Seigneur qui lui est parvenue par la bouche de son prophète : « N’aie pas peur… car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra, jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre. »
L’évangile met devant nos yeux une autre veuve, venue déposer dans le trésor du Temple deux piécettes, tout ce qu’elle possède. Seul Jésus remarque le geste discret de cette femme et déclare à son sujet : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde. Car tous, ils ont pris de leur superflu, mais, elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre ».
Ces deux veuves nous enseignent que le don s’affranchit des limites du raisonnable. La pauvre veuve de l’évangile aurait fort bien pu « partager » avec Dieu, c’est-à-dire lui offrir une piécette et garder l’autre pour elle. Vu la précarité de sa condition, c’eût déjà été bien davantage que « donner de son superflu ». Pourtant, tel n’est pas son choix : « Elle donne tout, tout ce qu’elle a pour vivre ».
Donner c’est s’abandonner totalement, faire confiance sans même penser que l’on recevra quelque chose en retour. Donner, ce n’est pas marchander pour retirer de la satisfaction ou de la reconnaissance. Voilà pourquoi le vrai don s’accompagne de la discrétion, j’irai même jusqu’à dire du silence. Donner c’est en fin de compte entrer dans le mouvement de la gratuité de la charité divine telle que nous la voyons manifestée dans la vie de notre Seigneur Jésus Christ jusque dans sa mort sur la croix.
La radicalité du geste de ces deux veuves peut nous paraître excessif. Peut-être parce que nous ne nous sentons pas capables d’en faire autant. Mais en attendant de pouvoir tout donner, si nous commencions par partager notre nécessaire avec nos frères et avec Dieu.
Le partage de notre nécessaire ne concerne d’ailleurs pas seulement ce qui touche au domaine matériel. Par exemple, nous pouvons nous interroger : Savons-nous offrir à Dieu les moments de notre journée les plus féconds ? Normalement, Dieu ne devrait-il pas être le premier et le mieux servi ? De la même façon par rapport à nos frères et sœurs. Savons-nous à tout instant du jour nous tenir dans une véritable disponibilité de cœur pour répondre à celui ou celle qui viendra solliciter notre écoute ou notre attention ?
Au cours des premiers siècles de l’Eglise, le partage des biens avec les plus démunis était un devoir prioritaire pour les baptisés qui témoignaient par là de leur foi vivante par la charité. Les textes de ce dimanche sont sans doute l’occasion de réveiller en nous la conscience que le partage est une dimension essentielle de notre vie chrétienne parce qu’il atteste de la crédibilité de ce que nous confessons et parce qu’il est le lieu où l’amour sauveur de Dieu révélé dans le don de Jésus sur la Croix peut continuer à se répandre en nous et autour de nous.
Ce dernier point est très important. Notre générosité ne sera une vraie générosité que si elle émane de la générosité même de notre Seigneur. Générosité de Jésus qui s’est offert une fois pour toutes en sacrifice de rédemption pour tous les hommes, comme nous le rappelle la deuxième lecture. Générosité de Jésus dont personne n’est exclu. Générosité de Jésus qui, comme grand prêtre, continue dans sa condition glorieuse d’intercéder pour chacun de nous. Générosité de Jésus qui viendra à la fin des temps comme sauveur qui a détruit le péché et a instauré la vie nouvelle.

« Seigneur, nous nous sentons bien peu capables de générosité. Mais nous voulons prendre appui sur ta propre générosité qui a triomphé une fois pour toutes du péché. C’est elle que nous voulons avec l’assistance de ton Esprit de charité laisser transparaître en chacune de nos paroles, en chacun de nos actes. Alors tous pourront découvrir combien tu les aimes et combien ton amour les comble au-delà de tout ce qu’ils pourraient espérer ou même imaginer. »
Frère Elie

Tous les saints – dimanche 1er novembre 2009 – Homélie

31 octobre, 2009

du site:

http://www.homelies.fr/homelie,tous.les.saints,2587.html

Tous les saints – dimanche 1er novembre 2009

Famille de saint Joseph

Homélie
Messe  

Si une foule de 144.000 personnes nous accueille là-haut, nous risquons d’être impressionnés ! D’autant plus qu’il s’agit d’un chiffre symbolique – 12, le nombre de tribus d’Israël ; multiplié par 12, le nombre d’apôtres ; multiplié par 1000, le chiffre de l’infini – signifiant une multitude innombrable. Voilà une armée dont les puissants de la terre rêveraient disposer !
L’enseignement que Jésus donne sur la montagne devrait cependant nous rassurer : dans cette « foule immense, que nul ne peut dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues » (1ère lect.), tous sans exception, sont pauvres de cœurs, doux, compatissant, affamés de justice, miséricordieux, purs, pacifiques ; tous ont été de l’une ou l’autre manière persécutés pour leur foi en leur Maître doux et humble, auquel ils se sont laissés totalement configurer. C’est pourquoi ils sont « enfants de Dieu » ; ils participent à la sainteté de « celui qui les a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière » (1 P 2, 9). Désormais ils lui sont devenus « semblables », maintenant « qu’ils le voient tel qu’il est » (2nd lect.).

Mais comment cela peut-il se faire ? Dieu seul est « Saint » : ce terme exprime le cœur même de son mystère, qui demeure ineffable et inaccessible à l’homme. Comment des créatures marquées par le péché pourraient-elles entrer « en communion avec la nature divine » (2 P 1, 4) ? L’Ange de l’Apocalypse nous répond : les 144.000 « ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l’Agneau » (1ère lect.). Voilà pourquoi ils exultent, et se tenant « debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main, ils proclament d’une voix forte : « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l’Agneau ! »».

Fort heureusement, bien des visages de ce comité d’accueil ne nous seront pas inconnus : nos proches, parents et amis, se feront une joie de nous accueillir au nom du Seigneur et de nous introduire dans cette célébration éternelle à laquelle nous sommes conviés depuis toute éternité. Car nous aussi, Dieu « nous a choisis dans le Christ, dès avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables sous son regard, dans l’amour » (Ep 1, 4). Depuis toujours, le Père a résolu de rassembler tous ses enfants en un seul Corps, dont son Fils serait la Tête, afin que nous puissions participer à sa vie.

La grâce de sainteté est donc en quelque sorte « organique » : nous participons à la sainteté du Corps ecclésial du Christ ; ou encore : à la sainteté de son Epouse, qu’il a voulu « rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie ; il a voulu se la présenter à lui-même, cette Eglise, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut ; il la voulait sainte et irréprochable » (Ep 5, 26-28). Comme l’écrit Saint Pierre, le Christ a fait de nous « la race élue, la communauté sacerdotale du roi, la nation sainte, le peuple que Dieu s’est acquis, pour que nous proclamions les hauts faits de celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière » (1 P 2, 9). Tous ceux qui ont mis leur foi dans le Seigneur, forment déjà une unique famille avec ceux dont la mort inévitable nous a séparés pour peu de temps.

À l’origine de l’Église, la « communion des saints » désignait l’ensemble de ceux qui avaient part aux réalités saintes et sanctifiantes, que sont l’Eucharistie et les sacrements. Cependant, cette communion de vie dans l’Esprit du Dieu vivant ne nous unit pas seulement au Christ Jésus et entre nous, mais elle nous unit également à tous ceux qui nous ont précédés et qui partagent désormais la vie du Ressuscité. « Il a plu à Dieu, enseigne le concile Vatican II, que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément, hors de tout lien mutuel » (Lumen Gentium, 9).
Et tout comme dans une grande famille unie par le lien de l’amour, les mérites de l’un rejaillissent sur tous les autres ; ou plutôt les mérites de tous sont mis en commun pour le plus grand bien de chacun. En premier bien sûr les mérites infinis de Notre-Seigneur Jésus lui-même, auxquels s’unissent les mérites de la Vierge Marie et de tous les saints, petits ou grands, connus ou inconnus, canonisés ou ignorés. Tous ensemble – oui : nous aussi, dans la mesure où nous vivons dans l’obéissance de la foi – nous rassemblons cet héritage familial – dans lequel nous venons en réalité puiser bien davantage que nous n’y déposons !

A cette initiative divine doit bien sûr correspondre une réponse proportionnée : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mc 5, 48), ne craint pas de nous ordonner Jésus. C’est donc que c’est possible ; précisément en puisant dans le trésor des mérites de sa Passion victorieuse auxquels se sont ajoutés les mérites de tous les saints et saintes de l’histoire, que nous fêtons aujourd’hui. Et c’est en nous appuyant sur leur aide, que nous aussi nous pourrons produire des œuvres méritoires, qui s’ajouteront aux leurs, pour les générations présentes et à venir.

Quelle est belle notre Eglise dans cette solidarité mystique bien concrète ! « Tout homme qui fonde son espérance sur le Christ et sur son Eglise, se rend pur comme lui-même est pur » (2nd lect.). En ce jour béni, encourageons-nous donc mutuellement sur le chemin de la sainteté, puisque le Père nous attend. Certes, « dès maintenant nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement » ; aussi hâtons-nous : « purifions nos cœurs, gardons nos mains innocentes, ne livrons pas nos âmes aux idoles pour obtenir du Seigneur la bénédiction, de Dieu notre Sauveur la justice » (Ps 23[24]). « Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra », entouré « d’une foule immense, que nul ne pourra dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues » (1ère lect.), « nous le verrons tel qu’il est » (2nd lect.). « Recherchons donc sa face, gravissons la Sainte montagne » des Béatitudes où le Seigneur nous révèle son visage de sainteté sous les traits du pauvre de cœur, de l’affamé et assoiffé de justice, du cœur doux et pur, de l’artisan de paix et du persécuté pour la justice. Contemplons le visage de notre Dieu ; car c’est en le contemplant longuement tel qu’il se donne à voir dans les Ecritures, « que nous lui deviendrons semblables » (cf. 2nd lect.) et que nous participerons à sa sainteté.

Père Joseph-Marie
 

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