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HOMÉLIES DU 1ER DIMANCHE DE CARÊME, B

16 février, 2018

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Jésus tenté par Satan

HOMÉLIES DU 1ER DIMANCHE DE CARÊME, B

Gn 9, 8-15 ; 1P 3, 18-22 ; Mc 1, 12-15

Retour aux racines de notre histoire, retour à la source du baptême, le carême est une chance à saisir, une épreuve à risquer. Cette quarantaine spirituelle n’est pas une mise à l’écart, mais bien une cure de santé, un bain de vérité, une redécouverte de l’essentiel. Une remise à neuf.
« Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». Opération retournement !… Se détourner des idoles et des chemins sans issue, fuir les mirages fascinants mais trompeurs, opérer un demi-tour et se trouver face à celui qui nous apprend à vivre. Une Bonne Nouvelle à recevoir dans la foi, à incarner dans le quotidien, à répandre autour de soi.
L’heure est au renouvellement de l’alliance conclue au baptême et qui nous rappelle les épousailles de Dieu avec la création tout entière après le drame du déluge. Promesse de bienveillance et de fidélité. C’est la fin des « hostilités ». L’arc « qui rassasie sa corde de flèches » (Hab 3, 9) sera pendu, inoffensif, au plafond du ciel. Souvenir et garantie, comme les ex-voto sur les murs du temple.
Miséricorde, pardon et patience de Dieu, offerts aussi au baptême pour qui accepte de « s’engager envers Dieu avec une conscience droite ». Guérison, liberté et salut, donnés à qui épouse le Christ, ses projets et sa destinée, pour participer ainsi à sa résurrection. Une alliance et le début d’une aventure d’amour.
Ni magie cependant, ni miracle, ni lune de miel quotidienne… Un pèlerinage où se côtoient la faiblesse et le pardon, l’enthousiasme et le découragement, la soumission et la révolte, l’exaltation des certitudes et le lancinement du doute. Un temps de combat, de foi et d’espérance, de tentation et de conversion.
Nous n’avons pas d’autre existence ni d’autre choix. Pardonnés et libérés par le baptême dans l’eau et dans l’esprit, plongés dans la mort du Christ et ressuscités avec lui, il nous faut encore chaque jour renouveler et vivre l’alliance, subir l’assaut d’un orgueil toujours renaissant, le chant troublant des sirènes, le charme enivrant des publicités du monde, l’attrait envoûtant des idoles de l’argent, du plaisir, du pouvoir.
Jésus n’a pas échappé à cette périlleuse aventure et aux pièges quotidiens de notre route. A peine baptisé, l’Esprit le pousse au désert, ce lieu traditionnel qui évoque le silence propice à la méditation, à la prière et au jeûne qui l’accompagne. Lieu évocateur aussi de la fidélité à Dieu et de l’affrontement avec l’esprit du mal qui hante l’endroit où l’on envoie le « bouc émissaire ». Parfaitement homme, le Christ n’a pas été épargné.’
Symbole et réalité, le carême s’offre à nous comme un temps de lucidité et de vérité, de prière et de purification. Au cœur de nos lassitudes et de nos médiocrités, voici une pressante invitation au retour à l’essentiel, un nouvel apprentissage de l’Evangile, une remise à neuf de l’alliance conclue au baptême.
Le carême n’est pas d’abord ni uniquement pénitence. Il est conversion jusqu’au changement de mode de vie. Il est une redécouverte du message évangélique, la chance de pouvoir re-choisir la route inaugurée au baptême. Se convertir et croire à la Bonne Nouvelle qu’est Jésus Christ, c’est infiniment plus et mieux qu’un ensemble de courageuses privations, un partage matériel généreux et un bienfaisant supplément de prière. Se convertir et croire, c’est oser confronter ses choix, ses options, son style de vie avec l’Evangile et opter pour de nouveaux comportements. Une opération vérité, un retournement qui peut faire mal, mais aussi l’épanouissante libération des démons de l’avoir et du pouvoir, qui nous font bien mal utiliser nos richesses.
Avec le psaume 24, la liturgie nous offre une belle prière : « Rappelle-toi Seigneur ta tendresse. Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse. Enseigne-moi tes voies. Fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. »
Aujourd’hui encore retentit l’appel à une vie renouvelée : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». Ecouterons-nous la voix du Seigneur ?

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)
1925 – 2008

HOMÉLIE DU MERCREDI DES CENDRES – « REVENEZ À MOI… »

13 février, 2018

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mercredi des cendres

HOMÉLIE DU MERCREDI DES CENDRES – « REVENEZ À MOI… »

Abbé Jean Compazieu| 27 février 2014

Textes bibliques : Lire

En ce mercredi des Cendres, nous entrons dans le temps du Carême. C’est une période de quarante jours qui nous prépare à la plus grande fête de l’année, celle de Pâques. Malheureusement, le carême semble se vider de plus en plus de son sens. Les médias nous parlent régulièrement du Carnaval ; mais le carême n’a pratiquement plus de visibilité. Et pourtant, nous avons tous un immense besoin de redonner du sens au Carême. Les Eglises sont appelées à lutter contre l’appauvrissement de la force de ces 40 jours. Quatre moyens nous sont proposés : la pénitence, le jeûne, l’aumône et la prière. C’est ainsi que le Seigneur retrouvera toute sa place au cœur de nos vies.
Le prophète Joël (1ère lecture) nous adresse un appel pressant : « Revenez à moi de tout votre cœur dans le jeûne, les larmes et le deuil ». Pour comprendre cet appel, il faut connaître la détresse du peuple auquel il s’adresse. La campagne de Judée est ravagée par la sècheresse et les criquets. Les gens sont complètement désemparés. C’est là que le prophète intervient de la part de Dieu. Il invite chacun à revenir vers le Seigneur. Cette conversion les amènera à reconnaître la tendresse, la miséricorde et la plénitude de l’amour qui est en Dieu.
Cet appel est toujours d’actualité. Nous vivons dans un monde qui oublie Dieu et se détourne de lui. On organise sa vie en dehors de lui. Ce Carême qui commence le mercredi des Cendres nous invite à revenir vers le Seigneur et à lui redonner la première place dans notre vie. En dehors de lui, nous allons à notre perte. Le grand message du Carême c’est que Dieu est amour. Il nous aime tous d’un amour passionné qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. C’est par amour pour nous que Dieu nous appelle tous à revenir à lui.
Le psaume 50 est précisément la prière de l’homme qui se reconnaît pécheur et qui se tourne vers le Seigneur. Il a compris que Dieu est plein de miséricorde. Son amour est bien plus grand que nos péchés. Saint Paul nous le dit à sa manière : « Là où le péché a abondé, la grâce (l’amour) a surabondé. C’est en nous jetant dans les bras du Seigneur que nous retrouvons la joie d’être pardonnés. Et du coup, nous retrouvons l’intimité avec notre Dieu. Tout au long de ce Carême, nous pourrons rendre grâce pour cette merveille qu’il réalise dans notre vie.
Dans la seconde lecture, saint Paul nous adresse un appel très fort à nous laisser réconcilier avec notre Dieu. Cette réconciliation n’est pas de notre initiative mais de celle de Dieu. C’est lui qui fait sans cesse le premier pas pour nous sortir de notre situation de péché. Il a tellement aimé le monde qu’il lui a envoyé son Fils. Sa mission c’est de nous ramener vers lui. Mais rien ne sera possible sans notre réponse personnelle. C’est pour cela que saint Paul nous invite à ne pas refuser cette réconciliation qui nous est offerte. Ce temps du carême nous est offert pour accueillir la miséricorde de Dieu.
L’Evangile nous montre ce que doit être une vie de convertis. Jésus nous invite à vivre « comme des justes ». Il s’agit pour nous de nous ajuster à la sainteté de Dieu. Jésus s’adresse à ceux qui prennent au sérieux les exigences de la loi de Moïse : la prière, le jeûne et le partage. Il n’est pas venu abolir cette loi mais l’accomplir. La loi est toujours là, mais si nous voulons être justes aux yeux de Dieu, nous avons à nous convertir et à changer de perspective.
Dans son Evangile, Jésus s’adresse à ceux qui cherchent à s’afficher en public. Ces derniers ont pour objectif d’être vus, admirés et applaudis. Certains en profitent même pour montrer qu’ils sont meilleurs que les autres. Rappelons-nous la prière du pharisien : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’ (Luc 18) Satisfait de lui-même, ce pharisien a ce qu’il cherche : la gloire qui vient des hommes.
Mais toi, le disciple, quand tu pries, quand tu partages, quand tu jeûnes, renonce à être bien vu, ne cherche pas à te faire admirer, ni à être applaudi : « Ton Père voit ce que tu fais dans le secret, il te le revaudra ». Ce que Dieu nous offre, c’est son amour gratuit. Ce qui fait la valeur de la prière, de l’aumône et du jeûne c’est l’amour que nous y mettons. L’aumône ouvre notre cœur et nos mains vers l’autre. La prière dirige notre cœur vers Dieu. Le jeûne nous aide à ne penser qu’à Dieu et à tendre notre main vers nos frères. L’idéal serait que pendant ce carême, nous posions un acte que seul notre Père connaîtra.
Contrairement à ce que nous entendons parfois, le Carême n’est pas un temps triste. Seul le péché est triste. Mais ces 40 jours nous sont donnés pour nous bruler au feu de l’amour qui est en Dieu. En revenant à lui, nous le supplions : nous lui demandons que ce Carême soit un temps de conversion qui nous tourne de plus en plus vers lui et vers les autres. Amen

Sources : revues Signes, Feu Nouveau, Dimanche en paroisse, Prions en Eglise, La Parole de Dieu pour chaque jour de 2014,

 

HOMÉLIE DU 6ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

9 février, 2018

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Jésus purifie un lépreux

HOMÉLIE DU 6ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Contaminés par l’Amour

En écoutant la première lecture, nous avons pu nous poser quelques questions : pourquoi des prescriptions aussi terribles face à la lèpre ? Pourquoi être obligé de porter des vêtements déchirés et de se présenter en tant qu’impur ? Il faut savoir que cette maladie était l’un des fléaux les plus redoutés du Moyen Orient. A l’époque, on ignorait la médecine et on ne voyait que la contagion. Il n’y avait d’autre solution que l’isolement. Le malade était donc « excommunié ». Il était exclu du camp ou de la cité.
Cette maladie redoutable était comme une image du péché, non par son origine mais par ses effets, la défiguration et la contagion. Nous, chrétiens, nous savons bien que l’image de Dieu en nous est abîmée par le péché. Il provoque une défiguration bien plus grave que celle de la lèpre. Notre complicité dans le péché est pire que la contagion de cette maladie. Il se propage bien plus vite.
Mais avec Jésus, le mal n’a pas le dernier mot. Il ne craint pas de braver les interdits en touchant le lépreux. Cette liberté qu’il prend a sa source dans son amour pour Dieu et pour le prochain. C’est un amour sans frontière qui ne craint pas de bousculer les règlements. C’est ainsi qu’un jour, Jésus guérit un infirme le jour du Sabbat. Il explique à tous que le Sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. C’est dans le même esprit que saint Augustin donne ce conseil : « Aime et fais ce que tu veux. » La liberté est servante de l’amour. C’est l’amour qui la rend authentique et vraie.
Quand l’amour n’est entravé par rien ni personne, c’est lui qui devient contagieux. Et c’est ce qui arrive. Non seulement Jésus n’est pas contaminé par la lèpre mais c’est lui qui contamine le lépreux. L’humanité de Jésus est porteuse de vie divine. Elle est instrument du salut. Sa sainteté agit dans toute la race humaine. En touchant le lépreux, il met sa chair saine en contact avec la chair pourrie de l’excommunié.
Du coup, c’est cette humanité qui est contaminée par la vie, la santé et la sainteté de Dieu. La contagion est inversée. Elle a joué dans le sens contraire. C’est la santé qui met en péril la maladie, la vie qui contamine la mort. L’amour l’emporte sur la haine. Voilà une bonne nouvelle pour nous aujourd’hui. Comme ce lépreux, nous pouvons nous approcher de Jésus et le supplier : « Seigneur, prends pitié ! » Et il sera toujours là pour nous dire : « Je le veux, sois purifié. »
On a dit que Jésus semble le premier étonné en découvrant la puissance de l’amour qui l’habite. Il demande impérativement au lépreux guéri de garder le secret. Mais nous savons bien qu’un secret c’est quelque chose qu’on ne dit qu’à une personne à la fois. Au bout d’un certain temps, tout le monde finit par le connaître. Si Jésus donne cette consigne c’est parce qu’il craint l’admiration des foules. Il ne veut pas qu’on le prenne pour un faiseur de miracles. Il ne cherche pas à faire du merveilleux pour en mettre plein la vue. Sa mission première c’est de « chercher et sauver ceux qui étaient perdus. »
L’homme a donc été purifié. Sa lèpre a disparu. Il ne sera plus un exclu. Son être profond est réorienté et réhabilité. Il ne lui reste plus qu’à rencontrer le prêtre pour être réintégré dans sa communauté. Le grand message de cet Évangile c’est un appel à nous laisser toucher par cet amour infini du Christ. Devant lui, nous nous reconnaissons défigurés par le péché. Mais il ne se lasse jamais de nous accueillir et de nous pardonner. Son amour pour nous dépasse infiniment tout ce que nous pouvons imaginer.
Saint Paul a passé une partie de sa vie à persécuter les chrétiens. Mais il s’est laissé toucher par lui sur le chemin de Damas. Il s’est efforcé de l’imiter. Avec lui, la bonne nouvelle a été annoncée à tous ceux qui étaient loin de Dieu. Les païens sont introduits dans la communauté au même titre que les autres. Comme Paul et bien d’autres après lui, nous avons à réorienter notre vie vers le Christ. Le Carême qui s’annonce pour mercredi prochain nous donnera l’occasion de nous mettre en chemin et de tomber à genoux. Nous ferons nôtre cette prière : « Si tu le veux, tu peux me purifier ». Oui, que toute notre vie soit imprégnée de ton amour afin que nous puissions le communiquer à tous. Amen
Sources : revues signes, Feu Nouveau, Dimanche en Paroisse, Panorama (Évangile médité), Homélies pour l’année B (Amédée Brunot), Homélies pour l’année liturgique B (Simon Faivre)

Jean Compazieu, prêtre de l’Aveyron ( 15/02/2015)

HOMÉLIE DU 5E DIMANCHE ORDINAIRE B

2 février, 2018

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Marc 1, 29-39, Jésus guérit les démoniaques

HOMÉLIE DU 5E DIMANCHE ORDINAIRE B

Jb 1-4, 6-7 ; 1 Co 9, 16-19, 22-23 ; Mc 1, 29-39

Monsieur X. était un homme heureux. Il avait tout pour l’être. Une femme charmante et exemplaire, des enfants très sains, bien élevés, généreux et même studieux.
Monsieur X. gérait des affaires en or. La famille ignorait les problèmes financiers, tout comme les ennuis de santé. Toute la maisonnée étant de surcroît très croyante et pratiquante, ce père de famille en concluait qu’ils étaient bénis de Dieu et recevaient la juste récompense de leurs vertus.
Hélas ! un jour, dans le ciel bleu, survint une tempête. Crise économique, faillite, chômage. Les comptes en rouge et les dettes accablantes. Désespérée, Madame claque la porte, les enfants s’égaillent dans la nature, les créanciers s’abattent comme des vautours sur tout ce qui est encore à prendre. Monsieur X. sombre dans la dépression et collectionne les maladies. Sa foi bascule et sa prière se transforme en cris de reproche, de doute, de colère et même de désespoir… Et cependant, tout finira par une bénédiction et une restauration.
Ce cas n’est pas unique. Chacun de nous en connaît de semblables. Celui que je viens d’évoquer est vieux de cinq siècles avant Jésus-Christ. Il s’agit d’un conte philosophique, qui reste d’actualité. C’est le « Livre de Job », cet homme qui, en définitive, « a bien parlé de Dieu ». L’ouvrage biblique consacré à Job est un livre existentiel, comme il en existe dans les autres cultures, pour répondre aux éternelles questions que pose la souffrance. Et surtout, ce problème lancinant et mystérieux de la souffrance de l’innocent et de la justice de Dieu. Une expérience humaine universelle, qui peut donc être la nôtre. Job, c’est l’être humain de tous les temps, « écrasé dans son corps, ravagé dans son âme, torturé dans son esprit », qui se demande : « Mais, qu’ai-je donc fait au Bon Dieu ? ».
Nombre de livres de nos bibliothèques racontent des expériences semblables… C’est une mère de famille qui proteste, crie sa douleur et laisse éclater sa souffrance et son désespoir, parce que sa fille a été fauchée par la maladie de Creutzfeldt-Jacob, via une hormone de croissance frelatée… C’est le Père Talec, écrivain et prédicateur français, dont le corps est devenu, dit-il, « une machine à faire mal ». Et cette maladie, longue, chronique et douloureuse, que Dieu permet et tolère, tout en restant impassible, il la ressent, dit-il, « comme une sorte de trahison ». Il va même jusqu’à bâtir son ouvrage sur la trame d’un procès à Dieu et titre son ouvrage « Dieu mis en examen » (Bayard/Centurion). Il reprend d’ailleurs à son compte les cris de Job : « Seigneur, je hurle vers toi et tu ne réponds pas. Je me tiens devant toi et ton regard me transperce. Tu t’es changé en bourreau pour moi et de ta poigne tu me brimes »(Jb 30, 20-21). Pierre Talec nous raconte sa bataille contre la maladie, le combat de la foi, le drame de l’espérance, jusqu’à la conclusion, qui est appel à la sérénité…
Il n’est pas facile de parler d’un Dieu qui sauve et d’un Christ « qui guérit toutes sortes de maladies et chasse beaucoup d’esprits mauvais », comme dit l’Evangile. En fait, il n’y a pas de réponse. Le mal est un mystère.
Ce qui est vrai aussi, c’est que Jésus n’aime pas la maladie et la souffrance, mais il est plein d’attention pour ceux qui souffrent. Il n’est pas pour autant un faiseur de miracles, dans le sens où nous l’entendons aujourd’hui. Jean les appelle toujours des signes. Ils ne sont pas à situer dans le monde du merveilleux. Ils sont avant tout des messages à traduire. Ils n’ont de sens que pour le croyant ou pour celui qui est disposé à croire. Quand Jésus va à la rencontre de ceux et celles qui souffrent, il les appelle à reconnaître que ce n’est pas lui seul qui guérit. Il y a aussi la foi qui anime ceux qui l’accueillent. « Va, ta foi t’a sauvé », redit souvent Jésus. Il prend la main, tout simplement, montrant ainsi, aux gens simples de son temps, que la maladie n’est pas une impureté rituelle, ni la punition imposée par Dieu pour payer une faute. Jésus libère de ce genre de carcan. C’est la foi qui sauve ! Le miracle est aussi en nous ! Et Jésus aujourd’hui continue encore à guérir les esprits, les cœurs et les corps. D’autant plus que l’être humain est « un », corps, âme, esprit. Il est même relié au cosmos, à la nature et à ses semblables. Un rayonnement spirituel intense, comme celui de Jésus, fait des merveilles. C’est un facteur de guérison.
Guérir, c’est aussi recréer des liens de qualité, car les bonnes relations sont guérissantes. Mais il est bon de se rappeler humblement que le Seigneur utilise aussi aujourd’hui la profession médicale et les médicaments pour guérir. Souvent, une guérison est progressive et s’accompagne d’un cheminement spirituel. Guérir, c’est aussi « assumer la maladie, se pardonner ce qui en a été la cause spirituelle, s’aimer suffisamment pour porter sur soi, et d’abord sur son corps, un nouveau regard ». La guérison de la belle-mère de Pierre n’est pas un miracle, c’est un signe. Jésus est celui qui libère, surtout les cœurs et les esprits, ce qui n’est pas sans influence sur les corps. De plus, toute guérison opérée par Jésus a une portée symbolique. Elle renvoie à une réalité cachée. La paralysie, la cécité, la surdité, la lèpre, signifient que, spirituellement, le péché nous bloque, nous rend aveugles, sourds, impurs.
Plus largement, la foi nous apprend à discerner dans la souffrance et les épreuves un sens. La souffrance peut être une école qui conduit à la guérison de l’orgueil et à une vie nouvelle, imprégnée d’humilité. Toute épreuve est une invitation pressante à sortir de soi-même, à regarder au-delà, pour s’ouvrir aux autres et à celui qui est l’Autre.
Les Job de tous les temps en témoignent. Les épreuves assumées peuvent rendre le cœur compatissant et transformer l’éprouvé lui-même en artisan de guérison. Nous avons tous, comme Jésus, à lutter « corps et âme contre le mal et la souffrance ». Et nous pouvons répéter et réinventer les paroles, les initiatives et les gestes de celui qui est toujours Bonne Nouvelle. Nous serons aussi Bonne Nouvelle… et la Parole de Dieu est toujours guérissante.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)
1925 – 2008

HOMÉLIE DU 4E DIMANCHE ORDINAIRE B

26 janvier, 2018

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L’exorcisme dans la synagogue de Capharnaüm

HOMÉLIE DU 4E DIMANCHE ORDINAIRE B

Dt 18, 15-20 ; 1 Co 7, 32-35 ; Mc 1, 21-28

Aujourd’hui, fidèle aux célébrations du jour du Seigneur, à Bruxelles comme à Montréal, Kinshasa, Londres ou Calcutta…, Jésus, Parole vivante de Dieu, est là dans nos églises pour enseigner. Cependant, sa prédication passe souvent inaperçue… Beaucoup même ne se contentent-ils pas d’arriver à l’Assemblée quand s’est refermé le livre de la Parole de Vie ? Jésus est trop peu une parole qu’on écoute et qu’on accueille avec amour et recueillement, pour communier à l’Esprit qui fait toute chose nouvelle.
Peut-être y aurait-il plus d’ambiance si, comme à la synagogue de Capharnaüm, une personne se mettait à hurler des invectives contre le corps du Christ qui est l’Eglise, la religion opium du peuple, ou un pape apostat responsable du « blasphème d’Assise » ?
Nous serions sans doute plus impressionnés et mieux convaincus si la voix du Christ pouvait se faire entendre comme un tonnerre et une menace, une vigoureuse interpellation, un ordre d’expulsion destiné aux esprits impurs, aux « souffles contaminés ».
C’est oublier un peu vite que la Parole de Dieu n’a rien perdu de sa puissance ni de son efficacité, et qu’elle agit généralement dans la zone intime des consciences, où les orages et les tempêtes, les conversions et les révolutions, se déroulent dans le plus grand silence.
Ce n’est d’ailleurs pas seulement « un homme tourmenté par un esprit mauvais » que l’on trouve dans nos liturgies dominicales. Ne sommes-nous pas tous quelque peu possédés par un ou plusieurs démons qu’il nous arrive même de dissimuler sous des masques de vertu ? Nos esprits mauvais ne sont pas toujours braillards. Ils n’en sont pas moins toujours sur la brèche et prompts sur la balle. Le démon de midi est bien peu de chose à côté des légions d’esprits mauvais qui portent ces noms, devenus familiers, d’orgueil et de vanité, passion de l’argent et du pouvoir, obsession sexuelle et cancer de l’égoïsme, intégrisme aveugle et dogmatisme persécuteur… « Ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient atteints ».
Cependant, aujourd’hui encore, dans les grandes ou modestes assemblées, le Christ délivre des possédés du démon et libère en eux l’Esprit retenu prisonnier.
L’important, c’est de nous exposer nus à la Parole active, efficace et créatrice, nous rendre vulnérables au feu purificateur, au regard de vérité, au glaive du Verbe qui se fait l’hôte des auditeurs attentifs. Sans route, les discours et témoignages du prophète de Nazareth peuplent notre mémoire. Mais l’enregistrement le plus fidèle n’est pas pour autant communion de cœur et d’esprit, signature d’une alliance, conversion de mentalité, ni engagement pour une aventure. Se référer à la mémoire n’est pas souvent excuse facile pour échapper au risque d’une révélation mobilisatrice ?
Le Christ se livre en Verbe et ce Jésus-Parole « m’expulse de ma place assise, de mes rôles établis, de mon masque de certitudes, de mes discours de façade, pour me forcer à moi-même » (Jean Debruynne). Mais cette expulsion ne se fait pas sans violences et sans cris. Il faut ce vide pour que le Père, le Fils et l’Esprit, s’établissent en notre demeure, en communion. Il faut être libérés des vieux ferments, des « lettres » et des peurs paralysantes, de la dictature des habitudes sclérosées et des « souffles contaminés », pour être à même d’accueillir et d’accepter un enseignement bon et nouveau. Seul celui qui est habité par la Parole peut vraiment communier au Pain partagé et au Corps du Christ qui est l’Eglise.
Rassemblés et enseignés, interpellés et délivrés, nous découvrirons la Parole proclamée avec autorité et nous reconnaîtrons dans le Verbe celui qui « commande même aux esprits mauvais ». Renouvelés, nous voici prêts à répandre la renommée de celui qui est lui-même la Bonne Nouvelle.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)
1925 – 2008

HOMÉLIE DU 3E DIMANCHE ORDINAIRE B

19 janvier, 2018

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Marc 1,14-20

HOMÉLIE DU 3E DIMANCHE ORDINAIRE B

Jon 3, 1-5, 10 ; 1 Co 7, 29-31 ; Mc 1, 14-20

Savez-vous que l’Irak correspond grosso modo à la Mésopotamie des temps bibliques. Au nord, à une centaine de kilomètres de la frontière turque, la grande ville de Mossoul est bâtie sur la rive droite du Tigre. De l’autre côté du fleuve, se trouve la ville de Ninive, qui a gardé très longtemps le titre de capitale des païens, que lui avait donné le peuple d’Israël.
C’est d’elle dont parle le livre de Jonas, qui nous raconte, non pas un combat du genre « tempête du désert », mais un combat missionnaire et spirituel, dont l’enseignement est d’une étonnante actualité. Il peut illustrer non seulement l’évangile d’aujourd’hui, mais aussi s’inscrire dans le cadre de la Semaine de prière pour l’Unité, en y ajoutant le dialogue interreligieux.
Le message de la liturgie de ce jour peut se résumer dans les trois invitations de Jésus : Convertissez-vous… Croyez à la Bonne Nouvelle… Venez derrière moi. Autrement dit : La Parole de Dieu annonce, mobilise et envoie. Elle nous fait changer de conduite. Elle nous réoriente constamment vers les seuls biens véritables et essentiels. Elle guérit aussi, et même ressuscite.
Malheureusement, on considère encore très souvent que l’appel des premiers disciples ne concerne que l’appel à la vocation sacerdotale ou religieuse. Dès lors, on pousse un soupir de soulagement… Ce n’est pas à nous que ce discours s’adresse. Or, c’est oublier que nous avons tous et chacun à être et constamment à devenir vraiment des disciples, des apôtres. Tout chrétien est appelé, non pas à applaudir le Christ, mais à l’écouter, le suivre et l’imiter. Non pas seulement à proclamer ou chanter sa foi en lui, son credo, mais devenir comme lui annonceur et témoin de l’Evangile. La simple appartenance n’est donc qu’une fausse assurance. Une fausse sécurité. Une illusion.
La première lecture nous a précisément montré à la fois le danger pour les croyants de sombrer dans la torpeur et la sécurité des certitudes et de l’efficacité des rites. Et par le fait même, la nécessité de se laisser constamment réveiller par l’appel à la conversion. Non pas seulement la conversion des mœurs, mais la conversion des idées, des croyances, des jugements.
L’histoire de Jonas est comparable à une fable de La Fontaine ou à une parabole du Nouveau Testament. Il ne s’agit pas d’une histoire vraie, mais d’un récit didactique sous une forme humoristique. Ce qui permet d’offrir un enseignement très important sans heurter les auditeurs directement concernés.
Jonas représente le peuple des croyants. Mais des croyants qui se prennent un peu pour des enfants uniques. Leur Dieu est à eux seuls. Ils sont donc fiers de leur privilège, rassurés d’être du bon côté de la barrière. Intimement persuadés d’être possesseurs de la vérité tout entière sur Dieu et sur toute chose. Comme si Dieu était prisonnier des idées que l’on se fait de lui !
C’est donc un Dieu qui est bien de leur côté, sur lequel ils peuvent toujours compter. Un Dieu qui pardonne. Par contre, il punit sévèrement et impitoyablement les païens quand il s’agit de rendre justice au peuple des croyants.
… C’est ainsi que Jonas est envoyé à Ninive, capitale de l’empire assyrien, c’est-à-dire des païens. Sa mission ? Annoncer aux habitants la malédiction de Dieu et leur prochain châtiment. Jonas se sent donc investi d’une mission de jugement et de condamnation contre tous ceux et celles qui ne pensent pas comme lui. Il est parfaitement sûr de sa théologie.
Or, dit la parabole, tout se déroule à l’envers. Les Ninivites vont se convertir, proclamer leur foi en Dieu qui lui, au lieu d’anéantir les ennemis d’Israël, va leur pardonner. Ce qui n’était pas prévu. D’où le dépit de Jonas :  » Il fut très contrarié et se mit en colère « , jusqu’à vouloir souhaiter la mort.
Le Dieu auquel il avait cru jusqu’ici était nationaliste et revanchard. En fait, il l’avait définitivement enfermé dans une définition à la mesure étroite de sa petite intelligence. Or, voici que Dieu se présente à lui comme tout autre. Non pas comme protecteur et vengeur de son peuple, un peuple élu, mais bien comme un père appelant tous ses enfants à la conversion et au repentir. Il met son pardon à la disposition de tous, sans exception. C’est la fin des privilèges. Et voilà que ces païens maudits se convertissent au premier appel, puis donnés en exemple aux croyants qui, eux, sont prisonniers de leur bonne conscience et particulièrement lents à vouloir se convertir.
Je vous conseille vivement de lire cette histoire en entier. Il n’y a que deux ou trois pages. Vous y verrez que tous les mécréants sont sympathiques : les marins païens du naufrage, le roi et les habitants de Ninive, et même les animaux, du ver de terre à la baleine.
Par contre, le seul croyant qui est mis en scène, et qui, de surcroît, est un prophète, est accablé de reproches, mais non sans humour. Ainsi, Yahwé-Dieu va jouer quelques bons tours à ce prédicateur désobéissant et rebelle, pour lui faire adopter une théologie plus ouverte. Il faudra également qu’il cesse de croire que les meilleurs disciples du Seigneur sont nécessairement ceux qui pensent comme lui.
Mine de rien, cette fable constitue un sommet de l’enseignement biblique. Jusque-là, en effet, la communauté des croyants était tentée de s’enfermer sur elle-même. Ce tout petit livre l’invite, au contraire, à un « œcuménisme », ou plutôt à un universalisme extraordinairement ouvert. Et qui appelle à une rude conversion.
Que ceux et celles qui ont des oreilles pour entendre, entendent, ajouterait Jésus. Moralité : c’est magnifique de servir Dieu à condition de ne pas le réduire à l’idée que l’on se fait de lui.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 – 2008

HOMÉLIE DU 2E DIMANCHE ORDINAIRE B

12 janvier, 2018

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Voici l'agneau de Dieu

Jean 1,36 -  Dierick Bouts – Ecce Agnus Dei

HOMÉLIE DU 2E DIMANCHE ORDINAIRE B

1 S 3, 3b-10.19 ; 1 Co 6, 13c-16a, 17-20 ; Jn 1, 35-42

Moi aussi, comme Samuel, j’entends régulièrement, des voix qui attirent mon attention, et m’invitent donc à réfléchir. Ces voix sont de deux sortes. Les unes sont intérieures, comme un souffle, un murmure, une inspiration. Les autres sont extérieures. Depuis une parole à peine audible, jusqu’aux bruits déchirants. Il ne s’agit pas pour autant de faits extraordinaires.
Il faut savoir que, dans les récits bibliques, ce que nous appelons la Parole de Dieu est en réalité une Parole sur Dieu. Une voix ou un événement. Aujourd’hui encore, la rencontre de quelqu’un, un témoignage, une lecture, une prédication, une épreuve, peuvent susciter une réflexion, une conversion, un engagement. C’est la réponse à un appel. Une vocation… Voyez, Samuel. La vieille tradition juive voulait maintenir et prouver qu’en Israël la royauté était sacrée. La meilleure preuve, c’est que Dieu l’a instaurée. D’où, l’histoire de ce petit garçon, consacré pour la vie à Yahwé et au Temple, à la suite d’un vœu de sa mère. Or, une nuit, Samuel a entendu une voix. Manifestement intérieure, spirituelle. L’enfant aura donc besoin du prêtre Eli pour l’interpréter. Mais le brave homme ne verra pas clair du premier coup. Ce n’est qu’à la troisième fois qu’il y percevra un appel du Seigneur.
Ces appels répétés, ces difficultés à comprendre et à répondre, signifient qu’il faut souvent du temps pour prendre conscience du sens et de l’authenticité d’un appel, et du temps pour prendre des décisions.
La suite montre bien le choix difficile que devra faire Samuel devenu homme. Soit, rester fidèle au vœu de sa mère qui rêvait, dirions-nous aujourd’hui, de le voir entrer au couvent. Soit, répondre à une vocation de type politique et révolutionnaire qui le séduisait. C’est la seconde qu’il choisira. Elle sera prophétique. Samuel deviendra l’instrument de l’instauration de la royauté en Israël. Il lui donnera son premier roi, Saül, et il sacrera plus tard, en cachette, le futur roi David, dont la lignée révélera Jésus le Messie.
Autre exemple : François d’Assise. Dans la chapelle de la Portioncule, explique l’un de ses biographes,  » Dieu lui a parlé à nouveau « . C’est-à-dire tout simplement par la voix du prêtre qui proclamait l’évangile du jour. (Comme moi, aujourd’hui). Le jeune homme, toujours en recherche, croit entendre pour la première fois :  » Allez et annoncez partout que le Royaume de Dieu est proche. Ce que vous avez reçu gratuitement, donnez-le gratuitement…  » (Mt 10)… Voilà ce que je veux, ce que je cherche, ce que je désire faire du fond du cœur, dira ce jeune bourgeois de 26 ans.
Il avait mis trois ans pour comprendre. Et déjà interprété plusieurs songes. Le premier l’avait confirmé dans une vocation de  » volontaire de guerre « . Un autre, qu’il valait mieux servir le Seigneur Dieu plutôt que le seigneur pape, chef des croisades. A la Portioncule, il répondait à un nouvel appel. Qui sera définitif, celui de missionnaire et de témoin de l’Evangile. Auparavant, il avait déjà été secoué par des interpellations : celles des événements, un an d’emprisonnement, la maladie, la rencontre d’un lépreux, les drames de la misère et d’autres choses encore.
Voyez maintenant dans l’évangile : Le déroulement très incarné de l’éclosion des premières vocations de disciples de Jésus…  » Vous cherchez quelque chose ? Passez chez moi, on pourra en parler – D’accord « . Et les deux jeunes gens sortiront de la rencontre enthousiasmés. Naturellement, l’un en parle à son frère qu’il va ensuite présenter à Jésus. Et cela continue.
Dans le cadre du mystère de l’incarnation, les appels de Dieu s’incarnent aussi dans l’ordinaire du quotidien. Tout parle de Dieu à qui veut bien regarder et tendre l’oreille. Je crois même que, sur tous les chemins du monde, même en allant chez le boucher, chez le coiffeur, ou en prenant le métro, on peut croiser Jésus qui va et qui vient, comme il allait et venait sur les bords du Jourdain.
On peut aussi passer près de lui sans le remarquer, sans l’entendre, sans l’écouter.  » Je l’ai déjà trouvé « , direz-vous. Certes ! Mais il peut encore appeler pour un service d’Eglise ou de la société. En lisant les journaux, en écoutant radio et télévision, il nous interpelle par les victimes d’un désastre, ou le dévouement de ceux et celles qui se portent au secours des victimes. Il y a les appels de la conscience, où l’on peut reconnaître des appels de Dieu. Il y a des vocations par appel direct, quand on est sollicité pour venir en aide à certaines détresses, pour assumer une responsabilité politique ou paroissiale, sociale ou religieuse, et même sacerdotale.
La vocation fondamentale est signifiée dans l’Eglise par le baptême. Les autres en découlent. Y compris les vocations sacerdotales ou religieuses. Oui, mais elles diminuent, direz-vous. Je ne crois pas pour autant que les appels du Christ soient moins nombreux ou moins convaincants. Par contre, nous oublions peut-être qu’il peut appeler autrement, et pour des problèmes nouveaux ou des méthodes qui ne sont pas traditionnelles. Peut-être manquons-nous de lucidité, d’audace et d’imagination. A trop regarder en arrière, on finit par être incapable de regarder en avant pour découvrir de nouveaux horizons. Comme l’a écrit un théologien : « Il nous faut savoir, tout simplement savoir, si nous voulons entendre Dieu, non pas là où nous avons envie de l’entendre, mais là où il parle vraiment « . (« Les traces de Dieu », Marcel Neusch, Cerf 2005).

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 – 2008

HOMÉLIE FÊTE DU BAPTÊME DE JÉSUS

5 janvier, 2018

http://preparonsdimanche.puiseralasource.org/?p=homelie&id=610H

en e fr guido reni - Copia

(Guido Reni)

OMÉLIE FÊTE DU BAPTÊME DE JÉSUS

Dimanche dernier, nous fêtions l’Épiphanie du Seigneur. A travers les mages, le Christ était manifesté au monde païen. Aujourd’hui, à l’occasion de son baptême, il est manifesté à Jean Baptiste et à tous ceux qui sont avec lui. Cette fête d’aujourd’hui nous parle d’abord de l’Esprit Saint. La Bible nous apprend qu’il intervient dans tous les grands événements de l’histoire du Salut : « Dès qu’il fut baptisé, les cieux s’ouvrirent. Il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui »… « La voix du Père se fit entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour, écoutez-le. »
Les textes bibliques qui précèdent l’Évangile nous préparent à accueillir son message. Nous avons entendu le prophète Isaïe : son message a été écrit pour des exilés. Après quarante ans d’exil, certains n’étaient pas très décidés à rentrer en Palestine. Isaïe leur annonce que la Parole de Dieu est efficace. La terre promise comblera tous leurs besoins. L’alliance entre Dieu et son peuple continuera. Mais pour que cette alliance soir possible, il faut une réponse effective de le part des hommes : « Prêtez l’oreille, écoutez, cherchez, que le mécréant revienne vers le Seigneur, mes pensées ne sont pas vos pensées… » C’est ainsi que le prophète nous prépare à accueillir les fruits du baptême.
Dans la seconde lecture, saint Jean nous parle de l’Esprit Saint, de l’eau et du sang. L’Esprit de Pentecôte témoigne de la condition divine du Christ. Du baptême jusqu’à la croix, nous découvrons en lui le Fils de Dieu. Il nous rejoint dans notre humanité. Comme le disait le pape Jean-Paul II, il est celui qui a donné les hommes à Dieu et Dieu aux hommes. Et dans l’Évangile de saint Jean, nous lisons que Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique.
L’Évangile de saint Marc nous rapporte l’événement du baptême de Jésus. Ce baptême donné par Jean Baptiste était un geste de pénitence. Ceux qui demandaient à le recevoir manifestaient qu’ils se reconnaissaient pécheurs. Ils étaient plongés dans les eux du Jourdain et en ressortaient purifiés. Cette démarche les engageait sur la route d’une véritable conversion. Or voilà que Jésus est là. Il se tient au milieu de tous ces gens qui demandent à Dieu de les apaiser. Bien sûr, lui, le Fils bien-aimé du Père n’avait pas de péché à se faire pardonner. Alors pourquoi demande-t-il à recevoir ce baptême de conversion ?
Certains répondent qu’il a voulu donner l’exemple. C’est sans doute bien, mais il nous faut aller plus loin. La démarche de Jésus a une signification unique. Il faut savoir que le mot « baptême » signifie « plonger ». Au jour de son baptême, Jésus, pur de tout péché, a été plongé dans l’eau du Jourdain. Il en est ressorti porteur de tout le péché du monde. Il l’a pris sur lui pour nous en libérer. Quant à nous, au jour de notre baptême, nous avons été immergés dans l’amour qui est en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Ce jour-là, Jésus nous a dit : « Tu es mon enfant bien-aimé. »
Jésus n’avait pas besoin de ce baptême donné par Jean Baptiste. Il n’avait pas de péché à se faire pardonner. Mais il a tenu à rejoindre tous les hommes pécheurs. Il a pris sur lui tous leurs péchés et toutes leurs misères. Avec nous, il porte sa croix et nous la portons avec lui. Notre vie peut être marquée par bien des faiblesses, des histoires tourmentées ou malheureuses. Mais le Seigneur est là. Il nous rejoint. Avec lui, c’est l’espérance qui renaît. La bonne nouvelle est annoncée aux pauvres, les pécheurs sont pardonnés, les malades sont guéris et relevés. Quand Jésus est là, plus rien ne peut être comme avant.
En recevant ce baptême, le Christ a manifesté sa complète solidarité avec le Père et sa généreuse docilité envers les pécheurs. Il nous rappelle que l’amour de Dieu et l’amour du prochain sont inséparables. On ne peut pas vivre en enfant de Dieu sans vivre ensemble comme des frères, solidaires les uns des autres. Le Christ nous donne le témoignage d’un amour passionné pour Dieu et pour l’humanité. Et c’est sur ce chemin qu’il veut nous conduire. Nous savons bien que ce n’est pas gagné. Dans notre vie, il peut y avoir des inclinations mauvaises qui nous éloignent de l’amour. Pensons à l’orgueil, l’égoïsme, la malhonnêteté. Mais le Seigneur est toujours là. Il ne se lasse jamais de nous offrir son pardon. Là où le péché a abondé, son amour a surabondé.
Depuis notre baptême, nous sommes habités par la présence du Christ en nous. Comme les apôtres, nous sommes invités à « rester avec lui » pour nous laisser enseigner. Cette rencontre avec lui ne peut que nous transformer. Comme les amis de Jésus, nous pourrons porter et diffuser la bonne nouvelle dans le monde d’aujourd’hui. C’est en vue de cette mission qui nous supplions le Seigneur : « Que ton Esprit repose sur nous comme il a reposé sur Jésus. Ainsi, en rencontrant nos frères et nos sœurs, nous apprendrons à te rencontrer toi-même. Amen

SOLENNITÉ DE L’ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR, HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

4 janvier, 2018

https://w2.vatican.va/content/francesco/fr/homilies/2015/documents/papa-francesco_20150106_omelia-epifania.html

pens e fr Andrea_della_robbia_(attr.),_adorazione_dei_magi,_01

Adoration des mages (Andrea della Robbia)

MESSE EN LA SOLENNITÉ DE L’ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Basilique vaticane

Mardi 6 janvier 2015

Cet Enfant, né à Bethléem de la Vierge Marie, est venu non seulement pour le peuple d’Israël, représenté par les bergers de Bethléem, mais aussi pour l’humanité entière, représentée aujourd’hui par les Mages, venant d’Orient. Et c’est justement sur les Mages et sur leur chemin à la recherche du Messie que l’Église nous invite aujourd’hui à méditer et prier.
Ces Mages venant d’Orient sont les premiers de cette grande procession dont nous a parlé le prophète Isaïe dans la première lecture (cf. 60, 1-6) : une procession qui depuis lors ne s’interrompt plus, et qui, à toutes les époques, reconnaît le message de l’étoile et trouve l’Enfant qui nous indique la tendresse de Dieu. Il y a toujours de nouvelles personnes qui sont éclairées par la lumière de l’étoile, qui trouvent le chemin et arrivent jusqu’à Lui.
Les Mages, selon la tradition, étaient des hommes sages : étudiant les astres, scrutant le ciel, dans un contexte culturel et de croyances qui attribuait aux étoiles des significations et des influences sur les événements humains. Les mages représentent les hommes et les femmes à la recherche de Dieu dans les religions et dans les philosophies du monde entier : une recherche qui n’a jamais de fin. Hommes et femmes en recherche.
Les Mages nous indiquent la route sur laquelle marcher dans notre vie. Ils cherchaient la véritable Lumière : « Lumen requirunt lumine », dit une hymne liturgique de l’Épiphanie, se référant justement à l’expérience des Mages ; « Lumen requirunt lumine ». En suivant une lumière ils cherchaient la lumière. Ils allaient à la recherche de Dieu. Après avoir vu le signe de l’étoile, ils l’ont interprété et se sont mis en chemin, ils ont fait un long voyage.
C’est l’Esprit Saint qui les a appelés et qui les a poussés à se mettre en chemin ; et sur ce chemin, aura lieu aussi leur rencontre personnelle avec le vrai Dieu.
Sur leur chemin, les Mages rencontrent beaucoup de difficultés. Quand ils arrivent à Jérusalem, ils vont au palais du roi, parce qu’ils tenaient pour évident que le nouveau roi serait né dans le palais royal. Là, ils perdent de vue l’étoile. Que de fois l’étoile se perd de vue ! Et ils rencontrent une tentation, mise là par le diable : c’est la tromperie d’Hérode. Le roi Hérode se montre intéressé par l’enfant, non pas pour l’adorer, mais bien pour l’éliminer. Hérode est l’homme de pouvoir, qui ne réussit à voir dans l’autre que le rival. Et au fond, il considère aussi Dieu comme un rival, même comme le rival le plus dangereux. Dans le palais, les Mages traversent un moment d’obscurité, de désolation, qu’ils réussissent à surmonter grâce aux suggestions de l’Esprit Saint, qui parle par les prophéties de l’Écriture Sainte. Elles indiquent que le Messie naîtra à Bethléem, la cité de David.
À ce point, ils reprennent le chemin et voient à nouveau l’étoile : l’évangéliste note qu’ils éprouvèrent « une très grande joie » (Mt 2, 10), une véritable consolation. Arrivés à Bethléem, ils trouvèrent « l’enfant avec Marie, sa mère » (Mt 2, 11). Après celle de Jérusalem, ce fut pour eux la seconde, la grande tentation : refuser cette petitesse. Et au contraire : « tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui », lui offrant leurs dons précieux et symboliques. C’est toujours la grâce de l’Esprit Saint qui les aide : cette grâce qui, par l’étoile, les avait appelés et guidés au long du chemin, maintenant les fait entrer dans le mystère. Cette étoile qui a accompagné leur chemin les fait entrer dans le mystère. Guidés par l’Esprit Saint, ils arrivent à reconnaître que les critères de Dieu sont très différents de ceux des hommes, que Dieu ne se manifeste pas dans la puissance de ce monde, mais s’adresse à nous dans l’humilité de son amour. L’amour de Dieu est grand, oui. L’amour de Dieu est puissant, oui. Mais l’amour de Dieu est humble, tellement humble ! Les Mages sont ainsi des modèles de conversion à la vraie foi parce qu’ils ont cru davantage dans la bonté de Dieu que dans l’apparente splendeur du pouvoir.
Et alors nous pouvons nous demander : quel est ce mystère dans lequel Dieu se cache ? Où puis-je le rencontrer ? Nous voyons autour de nous des guerres, l’exploitation des enfants, des tortures, des trafics d’armes, la traite des personnes…. Dans toutes ces réalités, dans tous ces frères et sœurs les plus petits qui souffrent à cause de ces situations, il y a Jésus (cf. Mt 25, 40.45). La crèche nous présente un chemin différent de celui rêvé par la mentalité mondaine : c’est le chemin de l’abaissement de Dieu, cette humilité de l’amour de Dieu qui s’abaisse, s’anéantit, sa gloire cachée dans la mangeoire de Bethléem, dans la croix sur le calvaire, dans le frère et dans la sœur qui souffrent.
Les mages sont entrés dans le mystère. Ils sont passés des calculs humains au mystère : et cela a été leur conversion. Et la nôtre ? Demandons au Seigneur qu’il nous accorde de vivre le même chemin de conversion vécu par les Mages. Qu’il nous défende et nous libère des tentations qui cachent l’étoile. Que nous éprouvions toujours l’inquiétude de nous demander : où est l’étoile ? quand – au milieu des tromperies mondaines – nous l’avons perdue de vue. Que nous apprenions à connaître de façon toujours plus nouvelle le mystère de Dieu, que nous ne nous scandalisions pas du “signe”, de l’indication, ce signe donné par les Anges : « un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire » (Lc 2, 12), et que nous ayons l’humilité de demander à la Mère, à notre Mère, qu’elle nous le montre. Que nous trouvions le courage de nous libérer de nos illusions, de nos présomptions, de nos “lumières”, et que nous cherchions ce courage dans l’humilité de la foi et que nous puissions rencontrer la Lumière, Lumen, comme l’ont fait les saints Mages. Puissions-nous entrer dans le mystère. Qu’il en soit ainsi.

 

HOMÉLIE POUR LA FÊTE DE SAINTE MARIE, MÈRE DE DIEU, LE 1ER JANVIER 2018,

29 décembre, 2017

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-la-fete-de-Sainte-Marie-Mere-de-Dieu-le-1er-janvier-2018-le-Jour-de-l-An-et-Journee-mondiale-pour-la_a807.html

ID.HodiLivre.99

SAINTE MARIE, MÈRE DE DIEU

HOMÉLIE POUR LA FÊTE DE SAINTE MARIE, MÈRE DE DIEU, LE 1ER JANVIER 2018,

le Jour de l’An et Journée mondiale pour la paix

Homélie pour la fête de Sainte Marie, Mère de Dieu, le Jour de l’An 1 janvier 2018 Année B « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme » par Mgr Hermann Giguère P.H. du Séminaire de Québec. Textes: Nombres 6, 22-27, Galates 4, 4-7 et Luc 2, 16-21.

Cette fête d’obligation au Canada qui est une mémoire dans les autres pays ouvre trois pistes à notre méditation : le titre de Mère de Dieu donné à la Vierge Marie, le 50e anniversaire de la Journée internationale pour la paix et la bénédiction et les vœux du Jour de l’An.

I- Marie Mère de Dieu
« Marie, Mère de Dieu » : ce titre donné à Marie a été l’objet d’une longue réflexion. C’est un concile œcuménique, le concile de Nicée en 431, qui consacre définitivement le titre de Mère de Dieu (Theotoxos en grec) donné à Marie. Tout le mystère de la maternité divine réside dans la phrase de saint Paul dans la deuxième lecture : « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme ».
Cette phrase résume de façon concise les deux facettes de la maternité de Marie : « né d’une femme » et « Dieu a envoyé son Fils ».
Né d’une femme, Jésus est pleinement humain. Il a été porté par sa mère comme tous les enfants. Elle l’a mis au monde puis avec saint Joseph elle l’a nourri, élevé et éduqué comme un bon Juif attaché à l’Alliance de Dieu avec son peuple choisi et portant dans sa chair le signe de cette appartenance : la circoncision qui était d’ailleurs fêtée autrefois le premier janvier. Jésus est donc pleinement humain dans son corps, dans sa chair, dans son esprit et Marie est sa mère bénie entre toutes les femmes.
Ce qui la distingue des autres mères de la terre, c’est qu’elle a porté en elle celui qui est le Fils de Dieu, car, comme le dit si bien saint Paul « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme ». C’est notre foi et nous reconnaissons le Fils de Dieu dans l’enfant de Marie. C’est pourquoi, on peut la vénérer comme la Mère de Dieu, non pas qu’elle ait engendré Dieu, mais parce qu’elle a engendré Celui qui a été reconnu comme le Fils de Dieu envoyé par son Père pour le salut du monde.
Voilà un petit résumé pour expliquer le sens de cette fête de Marie Mère de Dieu fixée au premier janvier de chaque année depuis la réforme liturgique du Concile Vatican II.

II – La journée pour la paix
Cette fête de Marie, Mère de Dieu, se conjugue avec la Journée mondiale pour la paix proclamée en 1967 par le pape Paul VI. Cette journée placée au tout début de l’année se veut un rappel pour toute l’année. Nos années ne peuvent se passer sans avoir comme horizon, partagé par des millions de personnes, celui de la paix universelle. Dans le message du pape François pour la Journée mondiale pour la paix en 2018 celui-ci écrit « Que la paix soit sur toutes les personnes et toutes les nations de la terre ! » Et il consacre son message à tous « ceux qui souffrent le plus de son absence. Parmi ceux-ci, que je porte dans mes pensées et dans ma prière, je veux une fois encore rappeler les plus de 250 millions de migrants dans le monde, dont 22 millions et demi sont des réfugiés ».
Dans les familles ou dans les communautés chrétiennes les tensions dégénèrent souvent en affrontements. Les sentiments de rejets, de refus, de fermeture s’installent alors au détriment d’un climat d’écoute et de compréhension. La paix disparaît. Il nous revient de travailler à être et à devenir selon la belle expression de saint François d’Assise des instruments de paix comme le dit cette prière qui lui est attribuée et que je récite avec vous ce matin en vous demandant de la faire vôtre :

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie ».

III – Les vœux pour la Nouvelle Année
Passons maintenant au troisième point de mon homélie celui de la bénédiction et des vœux pour la Nouvelle Année. Chaque nouvelle année ouvre un espace où se bâtit non seulement un avenir mais où se vit notre vie présente.
Celle-ci est marquée par les années passées ou par les années à venir dépendant de nos âges. L’aîné se prend à faire le point et à revenir sur ce qu’a été sa vie. Il la revoit avec joie et avec peine parfois. Mais il sait qu’elle n’est pas terminée. Il la chérit et il la reçoit de Dieu comme un cadeau qu’il lui remettra le moment voulu. Les plus jeunes, enfants, ados, hommes et femmes d’âge mur sont remplis d’énergie, de projets, de rêves et ils sont souvent emportés dans un tourbillon d’activités. Ils feront bien au cours de la prochaine année de s’asseoir et de tenter de faire un bilan de temps à autre.
Ce n’est peut-être pas aujourd’hui même que ce conseil peut se mettre en pratique, mais il fait partie de mes souhaits pour la Nouvelle Année. Pourquoi ne pas décider de se donner du temps cette année pour vivre notre vie non pas toujours à la course mais en y ménageant des moments de pause et de paix avec ses proches, avec ses enfants, avec de nouvelles connaissances etc.? Vous verrez que si vous vous donnez la peine de mettre un peu de bonne volonté, c’est réalisable même si c’est difficile de le faire. Mais cela vaut la peine d’essayer. Et vous ne le regretterez pas.

Conclusion
En terminant, je vous bénis avec ces mots de la première lecture : « Que le Seigneur vous bénisse et vous garde ! Que le Seigneur fasse briller sur vous son visage, qu’il se penche vers vous ! Que le Seigneur tourne vers vous son visage, qu’il vous apporte la paix ! »
Et je complète en faisant le geste du signe de la Croix sur chacun et chacune de vous : « Que Dieu Tout-Puissant vous bénisse au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. Amen!»

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec
28 décembre 2017

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