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HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE C « JE NE TE CONDAMNE PAS »

5 avril, 2019

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Jesus et la femme adultère

HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE C « JE NE TE CONDAMNE PAS »

Textes: Isaïe 43, 16-21, Philippiens 3, 8-14 et Jean 8, 1-11.

Cet épisode de la femme adultère est avec celui de la Samaritaine que Jésus rencontre au puits et à qui il demande à boire (Jean 4, 5-42) une des scènes les plus émouvantes de la prédication de Jésus que nous racontent les évangiles.
Le récit de la femme adultère que nous venons d’entendre est comme une photographie, un reportage sur le vif que les apôtres ont retenu et que saint Jean a inscrit dans son évangile.
Comme tous les événements de la vie de Jésus, il est pour nous riche d’enseignements. Sans prétention, j’en ai dégagé trois que je vous partage ce matin pour alimenter notre méditation en ce 5e dimanche du carême.
I – Une remarque bien appropriée
Le premier enseignement que je retiens est exprimé par la phrase « « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre ». C’est une application pratique de ce que Jésus a déjà proclamé lorsqu’il disait : « Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. » (Luc 6, 42). En d’autres termes il dit à ceux qui condamnent la femme : « Commencez par vous regarder avant de condamner l’autre ».
Cette remarque a toute sa valeur en tout temps. Il est très facile, en effet, d’avoir deux regards : un pour les autres, sévère et dur, et un autre pour nous, large et doux. Il faut être conscient de cette tendance naturelle et prendre le temps de se questionner dans nos attitudes vis-à-vis les autres. Il ne s’agit pas de nier ce qui est mal ou ce qui est incorrect. On ne se ferme pas les yeux sur le mal ou le péché, mais on reste toujours sensible aux personnes, à leur dignité, à leurs efforts, à leurs limites, à leurs histoires si différentes les unes des autres.
Voilà une première leçon que je voulais vous partager après avoir médité le fameux récit de la femme adultère. Chacune et chacun peut en faire son profit, je pense. Mais ce n’est pas tout. Il y a deux autres points que je voudrais ajouter.
II – Une invitation au discernement
Le deuxième point m’est suggéré par le geste unique de Jésus qui se penche par deux fois et qui écrit sur la terre. Ce qui m’a intéressé ici ce n’est pas d’imaginer les mots que Jésus a pu écrire ou les signes qu’il a peut-être dessinés. Non, je me suis mis plutôt dans la peau de Jésus et j’ai vu ces deux gestes comme des gestes de pause où il laisse du temps à ses interlocuteurs pour se ressaisir, pour mieux discerner.
Ces moments de pause de Jésus qui se penche pour écrire sur le sol veulent favoriser un questionnement chez ses interlocuteurs, outrés par cette femme qui a commis l’adultère. Il les invite à plus d’ouverture au lieu de se cantonner dans une position qui oublie la personne au profit d’une application stricte de la Loi. Leur recours à la Loi de Moïse est ainsi mis en question. Ils le font d’une façon trop légaliste pour Jésus. Celui-ci voit la situation avec un autre regard qui est celui de la miséricorde, lui qui a dit à ses disciples : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. » (Luc 6, 36-37)
Jésus sait, bien sûr, que cette femme a péché et que la loi de Moïse impose une punition claire pour ce genre de faute. Et pourtant, il ne se laisse pas aller comme ses interlocuteurs à une interprétation rigide et absolue de la loi. Il s’intéresse non seulement à la punition mais à la personne qui est devant lui et à sa capacité de faire face à sa situation. C’est ce qui explique sa réponse « Je ne te condamne pas ».
III- Une attitude d’accueil et de compassion
Cette réponse c’est le troisième point que je veux souligner. Le « Je ne te condamne pas » est une réponse qui reflète l’amour de Dieu qui sauve et qui pardonne. C’est la mission de Jésus d’en être le messager. « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades, dira-t-il un jour aux pharisiens qui lui reprochaient de manger avec les publicains et les pécheurs. Et il ajoutait : « Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » (Mathieu 9, 12-13) Devant cette femme accablée par ses accusateurs, Jésus ne se présente pas comme un juge extérieur, il regarde avec amour l’intérieur de la personne. D’autre part, son attitude d’accueil et de respect ne l’empêche pas d’inciter la personne à changer, à se prendre en main, à se convertir. Il le dit explicitement à la femme : « Va et ne pèche plus ».
On est justifié de retenir le comportement de Jésus dans cet épisode de la femme adultère comme un modèle de notre comportement avec nos frères et sœurs dans le pétrin. L’attitude à développer à la suite de Jésus c’est celle du respect et de l’amour pour les personnes qu’elles que soit leur situation de vie et leur histoire.
Je ne puis m’empêcher de citer le pape François dans son document sur le Synode sur la Famille publié en 2016 intitulé Amoris laetitia ( La joie de l’amour ) qui insiste pour dire que « la route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère ». (no 296) Déjà sur l’avion de retour de la Journée mondiale de la jeunesse tenue à Rio de Janeiro en 2013, il avait surpris le monde entier en répondant à un journaliste qui lui demandait ce qu’il pensait d’une personne qui est homosexuelle : « Qui suis-je pour la juger ? » Ce qui est, à tout fin pratique, une réponse calquée sur celle de Jésus à la femme adultère : « Je ne te condamne ».
L’Église à la suite de Jésus n’a pas à se lancer dans les condamnations, mais elle a à manifester la bonté et la miséricorde de Dieu. L’idéal évangélique et les invitations de Jésus gardent toute leur force. L’Église doit les rappeler et les proclamer, mais elle doit le faire en tenant compte des personnes d’abord. C’est ce qui est ressorti de la rencontre des présidents des conférences épiscopales sur les abus vis-à-vis les mineurs dans l’Église en février 2019 où on a mis au premier plan les personnes abusées alors qu’on avait eu tendance dans le passé à mettre en avant l’intérêt de l’Église institution et celui des personnes en autorité.

Conclusion
Comment arriver à cette attitude d’accueil et de respect pour les personnes dans leurs faiblesses et leurs pauvretés dont Jésus nous donne l’exemple ? Ce n’est pas facile. Nous y arriverons si, comme saint Paul, nous nous laissons saisir par le Christ comme il est dit dans la deuxième lecture. Il y a des choses qui sont possibles uniquement avec la grâce de Dieu. Cette grâce de Dieu est en nous et elle n’est pas vaine et inactive.
Les rencontres comme celle de Jésus avec la femme adultère ne nous manquerons pas. La société autour de nous porte les marques de blessures de toutes sortes, de recherches manquées, de pesanteurs difficiles à supporter. Il ne s’agit pas seulement de la société, mais il s’agit aussi de chacune et chacun d’entre nous qui portons, comme la femme adultère, le poids de nos propres limites, de notre péché et de nos pauvretés.
Que cette Eucharistie soit pour nous une rencontre unique avec Jésus comme le fut celle de la femme adultère avec lui. Il est présent parmi nous et il nous redit, qui que nous soyons : « Je ne te condamne pas. Va et ne pêche plus ».
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

HOMÉLIE POUR LE 4E DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE C « MON FILS QUE VOILÀ ÉTAIT MORT, ET IL EST REVENU À LA VIE »

29 mars, 2019

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le fils prodigue

HOMÉLIE POUR LE 4E DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE C « MON FILS QUE VOILÀ ÉTAIT MORT, ET IL EST REVENU À LA VIE »

Josué 5, 9a.10-12, 2 Corinthiens 5, 17-21 et Luc 15, 1-3.11-32.

Lors d’une retraite internationale à Assise, j’ai eu l’occasion de vivre une célébration du sacrement de la réconciliation tout à fait particulière. Cette célébration animée par des membres de la Communauté du Chemin Neuf m’avait marqué. S’inspirant de la parabole du fils prodigue ou mieux du père miséricordieux, le groupe a commencé par mimer sans paroles le récit de cette parabole archiconnue. Ils l’ont fait avec un art consommé. Par leurs gestes et leurs attitudes inspirés de la parabole, ils nous faisaient entrer petit à petit dans la démarche du sacrement de la réconciliation.
En effet, le sacrement de la réconciliation ou du pardon est à l’image de ces retrouvailles du fils prodigue avec son père. C’est donc en m’inspirant de la parabole de saint Luc que nous venons d’entendre, que je voudrais, ce matin, nous aider à entrer dans le sacrement de la réconciliation en rappelant et commentant brièvement les actes qui le constituent et que le Catéchisme de l’Église catholique appelle les actes du pénitent : la contrition, l’aveu ou la confession des fautes et la pénitence ou la satisfaction (no 1450).
Reprenons donc le récit de saint Luc pour approfondir la démarche de réconciliation que nous sommes invités à faire durant le temps du Carême. Commençons par la contrition.
I – La contrition
Le Catéchisme de l’Église catholique la définit ainsi : Elle est « une douleur de l’âme et une détestation du péché commis avec la résolution de ne plus pécher à l’avenir » (no 1451).
Regardons comment le fils prodigue vit cette attitude de contrition. Celui-ci commence par prendre conscience de sa situation. Il se regarde au moment où il a tout perdu et, alors, en lui naît le désir de revenir sur les gestes qu’il a fait. Il en est profondément attristé. « Alors il rentra en lui-même et se dit ‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !’ » Cette ouverture ici dans le cas du fils prodigue a un côté intéressé. Il voit ce qu’il a laissé et il se compare aux ouvriers de son père. C’est ce qu’on a appelé la « contrition imparfaite ».
L’attitude du fils prodigue, même si elle est intéressée, marque le début d’un retournement, d’une mise en marche. Et un tel ébranlement de la conscience peut amorcer une évolution intérieure qui permet d’aller plus loin que son intérêt et son profit personnel pour s’en remettre à l’amour désintéressé, ce qui est la « contrition parfaite » qui provient de l’amour de Dieu aimé plus que tout (cf. no 1452).
Nous avons là l’essentiel qui est au cœur de toute démarche pénitentielle de conversion. La personne est non seulement touchée par sa situation de refus ou de faute, mais elle est prête à mettre tout son cœur et ses efforts pour en sortir. Comment le faire ? En avouant et en confessant ses fautes.
II – L’aveu ou la confession
L’aveu ou la confession de ses péchés ou de ses fautes est le deuxième acte demandé à toute personne qui se présente au sacrement de la réconciliation. Dans le Catéchisme de l’Église catholique on cite cette belle phrase de saint Augustin pour décrire ce geste : « Le commencement des œuvres bonnes, c’est la confession des œuvres mauvaises. Tu fais la vérité et tu viens à la Lumière » (S. Augustin, ev. Jo. 12, 13).
Le fils prodigue vit cet aveu intensément tout d’abord dans son cœur avant la rencontre de son père. Il en fait une visualisation : « Je lui dirai : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers’ ». C’est là qu’on voit qu’il est important de s’arrêter de temps à autre pour relire sa vie et faire le point.
Une fois cette prise de conscience faite, le fils prodigue passe à l’acte. Il se lève et se met en marche. Il arrive non loin de la maison de son père qui l’aperçoit. Une fois devant lui, il tombe à genoux en se jetant dans ses bras et il confesse sa faute : « Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.’ »
Cet aveu ou confession dans la pratique actuelle du sacrement de la réconciliation porte sur les fautes graves, mais il porte aussi sur tout ce qui nous éloigne de notre vocation de disciple de Jésus. Rien de ce que nous vivons n’y échappe : vie sociale, personnelle, familiale, ecclésiale, spirituelle etc. L’examen de conscience, une pratique recommandée par les Exercices spirituels de saint Ignace, est très approprié pour nous permettre de faire ainsi le point dans nos vies et de mieux profiter de nos rencontres avec Dieu par l’intermédiaire du prêtre dans le sacrement de la réconciliation.
On peut le faire de diverses façons : à partir de textes de la Parole de Dieu comme celui des Béatitudes par exemple, à partir de nos conditions de vie et de nos obligations familiales ou professionnelles, à partir des commandements de Dieu etc. L’important c’est de le faire dans un climat de prière. Saint Ignace y insiste au no 43 des Exercices en présentant les cinq points de cet examen : rendre grâce à Dieu pour les bénédictions reçues, demander la grâce de connaître nos péchés et de les éradiquer, demander des comptes à l’âme des pensées, des mots et des actions, demander pardon à Dieu pour nos manquements, proposer de nous racheter par sa grâce.
III – La pénitence ou la satisfaction
Revenons au fils prodigue. Les paroles qu’il a longuement méditées sont à peine prononcées dans son aveu, sa confession, que son père lui manifeste un pardon total rempli de la joie de retrouver son fils qu’il avait perdu. « Mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé ».
C’est ce qui nous arrive à chaque fois que nous nous approchons du sacrement de la réconciliation. Dieu par le ministère du prêtre qui nous reçoit et nous écoute nous prend dans ses bras et nous revêt de la joie de nous retrouver près de lui dans des sentiments de regret et avec une volonté d’aller plus loin sur le chemin de la sainteté dans l’avenir .
Cette volonté d’aller plus loin nous incitera à corriger ce qu’il y a à corriger chez nous, à limiter les marques des fautes passées par une claire volonté de pénitence ou de satisfaction comme le dit le Catéchisme de L’Église catholique : « Relevé du péché, le pécheur doit encore recouvrer la pleine santé spirituelle ». (no 1459)
Cette étape de « recouvrement de la pleine santé spirituelle » nous renvoie à nos occupations quotidiennes avec un regard nouveau pour tenter avec la grâce de Dieu de devenir de plus en plus de dignes fils ou filles de Dieu.

Conclusion
Ce bref parcours de la parabole bien connue du fils prodigue ou du père miséricordieux en lien avec la démarche que nous faisons dans le sacrement de la réconciliation pourra, je l’espère, nous aider à mieux vivre ce sacrement en ce temps du Carême.
Qu’il soit toujours pour nous une rencontre où comme le fils prodigue nous nous jetons dans les bras de celui qui est notre Père miséricordieux. et qui nous invite chaque fois que nous nous approchons du sacrement de la réconciliation à célébrer avec lui cette rencontre.
Comme le fils prodigue l’a fait avec son père, dans cette Eucharistie ce matin, partageons avec notre Père miséricordieux le banquet qu’il a préparé pour nous où son Fils bien-aimé se donne à nous dans son Corps et dans son Sang pour que nous vivions de sa vie.
Et je vous souhaite une belle célébration du sacrement de la réconciliation si vous décidez de la faire en ce Carême 2019.
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

HOMÉLIE POUR LE 3E DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE C – DES VISITES INATTENDUES

22 mars, 2019

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Le figuier stérile

Le figuier stérile

HOMÉLIE POUR LE 3E DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE C – DES VISITES INATTENDUES

Textes: Exode 3, 1-8a.10.13-15, 1 Corinthiens 10, 1-6.10-12 et Luc 13, 1-9.

Vous est-il déjà arrivé dans votre vie de tous les jours un événement inattendu ? Je serais surpris que ce ne soit pas le cas. Ce peut être un accident comme dans le cas de la chute d’une tour dont parle l’Évangile ou de l’effondrement d’un toit sous le poids de la neige comme il est arrivé plusieurs fois cet hiver au Québec, ce peut être une rencontre qui change la vie comme dans le cas de Moïse, mais peu importe l’évènement, très souvent il ne s’agit pas de simples aléas, de simples coïncidences. Ces événements peuvent, sur un plan spirituel, se révéler comme des visites spéciales, des rencontres avec le Dieu de l’inattendu qui nous invite ainsi à aller plus loin.

I – La vocation de Moïse
C’est ce qui s’est produit avec Moïse dans l’épisode du buisson ardent que nous présente la première lecture. On y retrouve Moïse qui s’est enfui d’Égypte après avoir tué un égyptien. Il s’est installé au désert. Il fait paître les moutons de son beau-père. Il s’est créé une vie simple sans problème et se contente de filer des jours heureux.
Mais voilà que dans le déroulement de sa vie bien ordinaire, sans préparation spéciale, il est visité par Dieu. C’est cette visite qui nous a été racontée il y a un instant. Cette visite va changer la vie de Moïse pour toujours. Si Dieu l’a choisi depuis longtemps, Moïse, lui, ne le sait pas. Il est un bon Israélite vénérant le Dieu de ses pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Et voilà qu’il va être l’objet d’une révélation qui va changer la suite de l’histoire d’Israël. Le buisson en feu ne se consume pas. Une voix sort de celui-ci. « Moïse ! Moïse ! ». Le Dieu de ses pères l’appelle et Moïse répond : « Me voici ». Il reçoit la mission d’être le porte-parole de Dieu auprès de son peuple. « Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël ».
Pour réaliser sa mission, Moïse désire, à juste titre, connaître celui pour qui il va parler et donner sa vie. « Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? ». Et il entend une réponse qui donne le nom de son Dieu : « Je suis qui je suis ». Dieu se laisse chercher, il est celui qui est, « Je suis qui je suis » ou encore « Je serai qui je serai ». En d’autres mots, entre en relation avec moi et tu sauras qui je suis. C’est la rencontre avec Dieu qui est importante. Elle est ineffable. Les mots ne peuvent jamais bien l’exprimer.
Lee nom de Dieu donné à Moïse s’écrit dans une formule en quatre lettres : le « tétragramme sacré » en hébreu. Il est très difficile de le traduire exactement car nous n’avons pas les voyelles qui vont avec ces quatre lettres. Dans plusieurs traductions modernes de la Bible on a utilisé le terme « Yaweh » comme nom du Dieu de Moïse et d’Israël, mais la traduction liturgique est plus précise et donne le sens profond de cette révélation de Dieu à Moïse « Je suis qui je suis ».
C’est toute la richesse de l’image du buisson ardent que de nous permettre d’entrer dans un mouvement de relation avec Dieu, dans une dynamique de rencontre. Nous sommes tous et toutes un peu comme Moïse. Il est arrivé ou il arrivera que Dieu se fera présent à notre cœur. Il viendra déranger notre train-train quotidien avec une présence inattendue. Saurons-nous lui répondre « Me voici » comme Moïse? À chacun de se préparer à ces visites. Je connais quelqu’un, un ami, qui a fait cette rencontre en vivant un dépouillement de son intégrité physique dû à la maladie de Parkinson. Ces moments furent pour lui, disait-il, des moments d’intense remise à Dieu et il en est ressorti plus que jamais à l’écoute de la présence de Celui qui est la vie.

II – La vie courante et ses surprises
L’histoire de Moïse et celle de mon ami revêtent un caractère exceptionnel. Notre Dieu de l’inattendu se manifesterait-il uniquement ainsi ?
Hé bien non! L’évangile nous en donne deux exemples pris dans l’actualité du temps de Jésus : celui des galiléens massacrés par Pilate et celui des personnes tuées par la chute de la Tour de Siloé. « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? » demande Jésus et il répond « Eh bien, je vous dis : pas du tout ! ». Et les personnes tuées par la Tour de Siloé « Pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? » demande Jésus et il donne la même réponse « Eh bien, je vous dis : pas du tout ! ».
Mais remarquez la suite des réponses de Jésus. Elles nous invitent, comme dans le cas de Moïse, à la rencontre avec Dieu qui se manifeste dans ces événements inattendus. Jésus invite à avoir un coeur ouvert et des yeux prêts à voir les visites de Dieu. Il invite à la conversion. « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Cette invitation n’est pas une culpabilisation, mais une incitation à aller plus loin que ce qui est visible. La conversion est de cet ordre. Elle est un retournement du cœur, une manière de se mettre le cœur à la bonne place, pourrait-on dire. La conversion ouvre la porte à la reconnaissance de l’action de Dieu dans nos vies.
En effet, Dieu est toujours à l’œuvre, mais bien souvent nous ne le voyons pas ou nous ne prenons pas la peine d’y porter attention. Voilà pourquoi Dieu parfois nous fait des signes inattendus qui sont pour nous des chemins nouveaux qui s’ouvrent.

III – Application
Il nous revient d’entrer ou non dans ces chemins. Nous avons le choix de devenir comme le figuier stérile de l’évangile qui ne produit aucun fruit ou de nous mettre à l’oeuvre en sachant que le propriétaire qui est Dieu et le vigneron qui est Jésus nous laissent toujours la chance de bêcher et de cultiver notre jardin.
Toute vie humaine est parsemée de visites inattendues de Dieu. Ces visites ont commencées avec notre baptême. Elles se continuent à chaque dimanche dans l’Eucharistie. Elles s’expriment dans la prière. Elles se vivent dans la rencontre du pauvre, du prisonnier, du réfugié, de la personne exploitée, du démuni etc. qui sont Jésus parmi nous. « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli etc. » (Mathieu 25, 35).
Saint Paul ne dit pas autre chose lorsque, dans la deuxième lecture, il reprend l’image du Rocher d’où est sortie de l’eau dans l’Ancien Testament. Il fait une application directe de cette image à Jésus Ressuscité qu’il compare à ce rocher. En effet, la vie du Peuple de Dieu qui est l’Église et le Corps mystique du Christ est la vie même de Jésus. Il n’y pas d’autre vie pour le baptisé que d’être plongé dans la vie du Seigneur Ressuscité.

Conclusion
Frères et sœurs, buvons à ce Rocher qui est le Christ. Partageons entre nous les visites qu’il nous fait et qu’il fait dans notre monde. Demandons-lui de savoir les reconnaître et d’en témoigner.
Lorsque nous aurons accepté de nous laisser déranger, de nous laisser surprendre par le Dieu de l’inattendu au cœur de nos vies, nous ne serons plus jamais les mêmes personnes.
Peut-être que notre Carême 2019 est un moment de visite inattendue de Dieu dans notre vie ? Pourquoi pas?
Laissons la grâce de Dieu en nous ouvrir nos cœurs et nos yeux aux signes de sa présence toujours vivante dans notre monde et dans nos vies. Telle est la prière que je fais ce matin pour chacune et chacun d’entre nous.
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Lavail
Séminaire de Québec
19 mars 2019

HOMÉLIE POUR LE 2E DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE C « ILS PARLAIENT DE SON DÉPART QUI ALLAIT S’ACCOMPLIR À JÉRUSALEM »

15 mars, 2019

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HOMÉLIE POUR LE 2E DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE C « ILS PARLAIENT DE SON DÉPART QUI ALLAIT S’ACCOMPLIR À JÉRUSALEM »

Textes: Genèse 15, 5-12.17-18, Philippiens 3, 17 – 4, 1 et Luc 9, 28b-36.

La transfiguration de Jésus sur le mont Thabor représentée dans cette reproduction d’un tableau de Raphaël qui se trouve au Séminaire de Québec est le dernier tableau peint par Raphaël, commencé en 1518, inachevé de sa main en 1520, date de sa mort. (Crédits photo : H. Giguère)
La transfiguration de Jésus sur le mont Thabor représentée dans cette reproduction d’un tableau de Raphaël qui se trouve au Séminaire de Québec est le dernier tableau peint par Raphaël, commencé en 1518, inachevé de sa main en 1520, date de sa mort. (Crédits photo : H. Giguère)
Le récit de l’événement de la Transfiguration de Jésus revient à chaque année lors du 2e dimanche du Carême. Ce n’est pas sans raison. Après avoir rappelé le combat de Jésus au désert, la liturgie nous le présente glorieux et lumineux, rempli de la présence de Dieu. Ce choix est important car il met devant nos yeux Jésus qui se révèle comme le Fils bien-aimé de Dieu, son Envoyé, car Jésus accompli les promesses de Dieu et il réalise la Nouvelle Alliance avec lui. Sa place est au coeur de l’histoire du salut.
C’est pourquoi, la liturgie va nous rappeler dans les dimanches qui viennent quatre grands moments de l’histoire du salut tirés de l’Ancien Testament qui éclairent la mission de Jésus. Ce sont l’Alliance de Dieu avec Abraham, la révélation du nom de Dieu, la Pâque de l’entrée dans la Terre promise et le retour des exilés de Babylone. L’événement de la Transfiguration que nous raconte saint Luc les intègre de façon imagée par la présence de Moïse et d’Élie à côté de Jésus.
I – La scène de la Transfiguration
Saint Luc situe la scène de la Transfiguration sur une montagne qui n’est pas nommée, mais qu’on identifie aujourd’hui au Mont Thabor en Palestine. Ce n’est pas sans raison, car dans les Écritures la montagne est un symbole très présent pour marquer la proximité de Dieu. Elle est souvent le lieu où il se révèle comme lors de la remise des dix commandements à Moïse sur le mont Sinaï. Le décor choisi ici n’échappe pas à cette règle.
En montant avec Jésus sur la montagne les disciples Pierre, Jacques et Jean sont prêts intérieurement à une rencontre. Celle-ci sera au-delà de toutes leurs attentes. On le voit par leur réactions : émerveillées, éblouis, comblés de paix ils veulent seulement que ce moment s’éternise ; « Faisons trois tentes ». Ils réalisent aussi que celui qu’ils suivent depuis quelque temps n’est pas un jeune juif de Nazareth comme les autres. Non seulement, il est imprégné de l’histoire du peuple d’Israël comme ils le sont eux-mêmes, mais il se situe à un autre niveau où il prend le relais des grands prophètes qu’Élie représente.
L’éclat qu’ils perçoivent chez lui n’est pas seulement extérieur. La lumière qui les éblouit est celle d’une source intérieure. Ils ne peuvent en dire plus pour l’instant, mais ils resteront marqués à jamais par ce moment. Dans la seconde lettre attribuée à saint Pierre, on rappelle cet événement ainsi : « En effet, ce n’est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, mais c’est pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur. Car il a reçu de Dieu le Père l’honneur et la gloire quand, depuis la Gloire magnifique, lui parvint une voix qui disait : Celui-ci est mon Fils, mon bien-aimé ; en lui j’ai toute ma joie. Cette voix venant du ciel, nous l’avons nous-mêmes entendue quand nous étions avec lui sur la montagne sainte ». (2 Pi 1, 16-18)
Les témoins de l’événement de la Transfiguration ont retenu l’essentiel : Jésus est le Fils-bien aimé du Père qui le donne à ses enfants pour leur salut ce que proclame la voix qui se fait entendre « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! ». La Transfiguration annonce, écrit saint Luc, le départ de Jésus « qui allait s’accomplir à Jérusalem ». Son départ, c’est le moment de la remise de sa vie à son Père que fera Jésus sur le Calvaire à Jérusalem. La vie tout entière de Jésus est une marche vers ce moment majeur où il offre tout ce qu’il est pour le salut de toute l’humanité. Ce faisant, Jésus accomplit en plénitude l’Alliance que Dieu a commencée depuis les jours d’Abraham.
II – Une alliance inédite
Cette Alliance de Dieu avec Abraham nous est relatée dans la première lecture qui nous raconte le moment où Abraham prend conscience que son Dieu s’est lié à lui par pure gratuité et qu’il ne l’abandonnera jamais lui et sa descendance. La Nouvelle Alliance en Jésus viendra compléter et accomplir totalement l’Alliance déjà en oeuvre en lui donnant sa forme définitive dans l’offrande que Jésus fera de sa vie.
La description de l’Alliance de Dieu avec Abraham est faite en utilisant les usages d’une culture qui n’est plus la nôtre, mais elle est parlante. Dans la culture ancienne, le feu symbolise la présence de Dieu, et les offrandes sont le signe de ce que les personnes sont prêtes à apporter dans le geste d’alliance. Elles y mettent le plus beau et le meilleur de ce qu’elles ont et de ce qu’elles sont sans exiger de retour. Et alors la merveille se produit, le feu de l’amour de leur Dieu prend ce qui a été apporté et le transforme en un feu divin qui les habitera tous les jours de leurs vies. Le sommeil d’Abraham est une image de l’abandon et de l’accueil total de l’action de Dieu sans poser de questions. Abraham reçoit la présence de Dieu comme un don gratuit.
III- Application
Avec ces images du feu et de la lumière, les textes des lectures d’aujourd’hui veulent ouvrir nos cœurs à ce qui nous dépasse. Le chemin du Carême ne fait pas que rappeler le souvenir des évènements de la vie de Jésus, il nous fait entrer dans un monde au-delà de nos espoirs humains et toucher du doigt le mystère d‘un Dieu qui se fait proche de nous comme il l’a fait pour Abraham et pour Jésus. Ce n’est pas un Dieu inaccessible que révèle la lumière éblouissante de la Transfiguration. Au contraire, elle le montre bien incarné dans son Fils qui s’est fait l’un de nous, vrai Dieu et vrai homme. « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »
Que cette Eucharistie fasse de nous des personnes de plus en plus attentives à la parole et à la présence du Fils bien-aimé qui veut nous entraîner à sa suite dans ce temps du Carême qui nous est donné pour nous renouveler et nous préparer aux Jours Saints et à Pâques.
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec
12 mars 2019

HOMÉLIE POUR LE 1ER DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE C – LES TENTATIONS DE JÉSUS : COMBAT ET VICTOIRE

9 mars, 2019

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gesù tentato nel desertro - Copia

Jésus dans le désert

HOMÉLIE POUR LE 1ER DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE C – LES TENTATIONS DE JÉSUS : COMBAT ET VICTOIRE

extes: Deutéronome 26, 4-10, Romains 10, 8-13 et Luc 4, 1-13.

Ce carême commencé le Mercredi des Cendres est cette année un chemin de conversion et de pénitence qui nous est proposé. Après avoir entendu aujourd’hui le récit des tentations de Jésus, puis celui de sa Transfiguration dimanche prochain, les autres dimanches du Carême, nous écouterons et vivrons les récits de l’enfant prodigue ou mieux du père miséricordieux et celui de la femme adultère que Jésus accueille sans poser de questions.
Ce Carême 2019 nous est donné pour raviver notre foi et notre imitation de Jésus qui sera tout au long de cette période notre guide et notre inspiration. Nous le retrouvons ce matin dans un affrontement qui n’est pas banal. C’est la porte d’entrée d’un combat dans lequel nous sommes nous aussi partie prenante.

I – Un combat victorieux
Saint Luc décrit avec beaucoup de détails cet affrontement de Jésus avec le « diable », qu’on nomme aussi Satan, le Malin ou l’Adversaire. Il sort de l’ombre pour provoquer Jésus qui est sur le point de se lancer dans la prédication du Royaume de Dieu.
Cette scène relatée par saint Luc se déroule en trois temps et à chaque fois, c’est par une Parole de Dieu que Jésus terrasse l’Adversaire. Sa victoire répond à la chute d’Adam et Ève qui est racontée dans le livre de la Genèse dans le récit de la création. Dans ce récit de la Genèse, comme vous le savez, l’Adversaire, présenté sous la forme d’un serpent, fait tomber Adam et Ève qui ainsi sont touchés dans leur être même par ce qu’on a appelé le péché originel. Il s’agit d’une lourdeur, d’une pesanteur, d’une tendance à aller vers le bas et à se complaire dans son petit monde limité. Le péché originel représente ce que le Catéchisme de l’Église catholique appelle les conséquences dramatiques de cette première désobéissance où l’harmonie avec la création est rompue (nos 399 et 400).
Jésus apparait aujourd’hui dans le récit de saint Luc comme celui qui prend le contre-pied de cette situation de rupture qui écrase notre nature humaine. Il a assumé en lui cette nature. Par lui elle pourra se renouveler totalement et redevenir toute belle comme Dieu l’a créée aux origines, de nouveau unie à Dieu, l’harmonie avec la création sera rétablie.

II – Les tentations décrites par saint Luc
Chacune des tentations que saint Luc décrit touche un aspect de notre nature humaine qui a été touché plus profondément depuis le péché des origines.
La première faiblesse qui nous guette est celle de l’appropriation, des possessions qui nous rendent esclaves, représentée ici par la nourriture. Jésus refuse d’entrer dans cette voie et il oppose une fin de non-recevoir au tentateur. En refusant la proposition du diable, Jésus affirme que Dieu est son seul soutien. Jésus ne s’approprie en rien ce qu’il a reçu de Dieu mais il le fait grandir en se nourrissant de toute parole qui vient de Lui. « Il est écrit, répond-il à Satan, L’homme ne vit pas seulement de pain. »
Dans la deuxième partie de l’offensive de Satan, ce qui est touché c’est le pouvoir et la gloire sous toutes leurs formes. Il est bien difficile de savoir bien les utiliser. Les limites et les faiblesses ouvrent la porte à tous les excès. On n’a qu’à penser aux dérives d’Hitler dans la Shoah, l’extermination des juifs, ou encore de l’emprise des narcotrafiquants comme Pablo Escobar ou le mexicain El Chapo qui vient d’être condamné par une tribunal de New York lesquels, pour le progrès et le succès de leurs entreprises de drogue, ne reculaient devant aucun crime, assassinats en série et même des explosions dans des endroits où se trouvaient des enfants. Leur orgueil et leur appétit de pouvoir n’avaient aucune limite. Jésus ici condamne cet appétit déréglé et remet les choses à leur place en reprenant une autre parole de l’Écriture « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte ». Comme dans la première réponse, Jésus renverse son adversaire par la Parole de Dieu, une parole efficace et vivante.
Enfin, pour terminer son attaque le « diable » se fait sournois. Il ne propose plus à Jésus des choses extérieures comme la gloire ou les richesses, mais il mise sur la personne même de Jésus. Il lui propose de se hisser à un niveau où ce sera lui qui décidera de tout. C’est de bonne guerre avec tous les êtres humains car, comme Adam et Ève, ils veulent souvent prendre la place de Dieu. Et pourtant, toutes les créatures viennent de Dieu. Sans lui elles ne sont rien. Jésus le sait bien. Il désire être obéissant et entrer dans le plan de Dieu, non pas soumettre Dieu à sa volonté. C’est pourquoi il répond à Satan avec une autre phrase des Saintes Écritures « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

III – Application
Ce bref commentaire des tentations de Jésus décrites par saint Luc, nous invite à mettre de l’avant dans notre combat contre le mal notre foi en la victoire de Jésus sur les forces du mal et sur les ténèbres. Adam et Ève ont succombé à la tentation. Jésus, lui, triomphe de Satan. Le triomphe raconté ici n’est pas cependant totalement consommé. « Le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé ».
Toute la suite de la vie de Jésus jusqu’au Calvaire sera un combat continuel contre Satan. Sur son chemin, il rencontrera à tout bout de champ cet Adversaire qui prend diverses formes dont la plus fréquente sera incarnée par des adversaires humains : les fameux pharisiens et les scribes. Ils seront les porteurs d’une opposition continue qui se soldera finalement par la mise à mort de Jésus.
Cependant cette mise à mort, loin de marquer le triomphe du mal et des ténèbres, sera plutôt une victoire offerte à toute l’humanité. Les combats de Jésus ont été et sont nos combats. Nous sommes nous aussi menacés par les possessions, le pouvoir, la gloire, l’orgueil qui prennent de multiples formes. C’est en demandant à Dieu de nous entraîner derrière Jésus que nous participerons à sa victoire, que nous serons sauvés.
Saint Paul l’avait bien compris, c’est pourquoi il écrit aux fidèles de l’Église de Rome dans l’extrait de sa Lettre aux Romains que nous avons entendue dans la deuxième lecture : « En effet, si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé ».

Conclusion
Un autre Carême est commencé. Demandons au Seigneur de nous accompagner sur le chemin de conversion et de pénitence qui nous est offert cette année. Comme les anciens dont la première lecture rappelle le souvenir nous marchons dans la foi. Mais nous savons que Jésus a ouvert le chemin et qu’il nous attend près du Père dans la gloire du ciel.
Que notre Carême, selon le souhait du pape François dans son message de Carême 2019, aide à restaurer l’harmonie avec la création qui existait avant le péché et porte l’espérance du Christ à la création afin qu’« elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, puisse connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu » (cf. Romains 8,21).
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.javascript:void(0)
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

HOMÉLIE POUR LE 8E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « TROIS IMAGES OU PARABOLES »

1 mars, 2019

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-8e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-Trois-images-ou-paraboles_a881.html

pens e fr Brugel parabola dei ciechi

Brugel, Parabole des aveugles

HOMÉLIE POUR LE 8E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « TROIS IMAGES OU PARABOLES »

. Textes: Siracide 27, 4-7, 1 Corinthiens 15, 54-58 et Luc 6, 39-45.

Nous continuons à écouter les conseils de Jésus dans le Discours ou Sermon sur la montagne que saint Luc a retenus. Note: À la différence des autres évangélistes, saint Luc le situe « sur un terrain plat » cf.Luc 6,17. Ce matin saint Luc nous présente des images que Jésus utilisait pour enseigner à ses disciples et à ceux et à celles qui venaient l’entendre, car il leur parlait souvent ainsi. Les évangiles appellent ces images des paraboles. « Il leur disait en parabole… » écrit saint Luc ici. Les paraboles sont des images ou des histoires qui apportent un enseignement que Jésus veut que les gens comprennent et qu’ils retiennent.
Ce matin nous avons trois images ou paraboles : celle des deux aveugles, celle de la poutre et de la paille puis celle de l’arbre et de son fruit. Comment les comprendre et quoi en retenir?
On pense que saint Luc les utilisait pour enseigner les nouveaux baptisés lorsqu’il prêchait avec saint Paul. Je ne sais comment saint Luc les commentait. Mais je vais faire un peu comme lui ce matin. Je vais y aller de mon commentaire personnel pour nous qui sommes tous et toutes d’une certaine façon des nouveaux baptisés car nous n’avons jamais été au fond totalement de ce qu’on croit et du message de Jésus. Nous avons toujours à apprendre et à vivre des choses nouvelles.

I – Les aveugles
« Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ? » dit Jésus. Cette observation est on ne peut plus évidente. Elle est très parlante et porteuse de sens.
Tout d’abord, elle nous dit qu’on doit choisir qui on suit. Si on suit tout un chacun, celui ou celle qui parle le plus fort, celui ou celle qui ne veut que plaire à nos désirs, sans discernement, on risque de « tomber dans le trou » comme dit Jésus. La première leçon de cette petite parabole est donc une invitation au discernement. Dans nos vies, il est important de prendre le temps de s’arrêter un peu de temps à autre pour regarder où notre vie s’en va, pour laisser éclairer par lumière de l’Esprit de Dieu en nous. C’est dans la prière que se réalise ce temps d’arrêt qui favorise l’écoute.
L’autre enseignement de cette petite parabole est contenu dans la deuxième phrase : « Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais une fois bien formé, chacun sera comme son maître ». Toute personne qui se lance dans la vie et qui cherche à se réaliser a besoin de guides et de mentors comme on dit aujourd’hui. Encore là, il faut choisir un bon maitre. Lui il nous formera et alors nous pourrons aller de l’avant par nous-même. Bien entendu, saint Luc pense à Jésus comme ce Maître idéal. Si nous le suivons, il nous formera et nous pourrons par nous-même faire face aux aléas de la vie et avancer sans tomber dans les fossés et les ravins. Il sera lui-même notre chemin comme il le dit dans l’évangile de saint Jean « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». (Jean 14, 6)

II – La poutre et la paille
Passons maintenant à l’image de la poutre et de la paille. Cette image est très connue. Et elle est tellement bien choisie qu’elle n’a presque pas besoin d’explication. Tout le monde la comprend. Le message est le suivant « Avant de mettre les responsabilités sur autrui commence par te regarder ».
Cette invitation si elle était suivie éviterait bien des conflits dans les familles et les couples, dans les groupes de toutes sortes, n’est-ce pas? Elle est un gage de réalisme et de vérité dans son regard sur soi et sur les autres.
Nous avons tendance à minimiser nos travers et à grossir ceux des autres. La nature humaine est faite ainsi. Jésus nous met en garde. Cette image nous invite à mettre toujours dans notre regard sur les autres de la miséricorde et de la compassion comme le fait Dieu quand il nous regarde.
« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » rapporte saint Luc quelques versets avant le passage que nous venons de lire. Ce regard miséricordieux est encore plus nécessaire si nous sommes d’une façon ou de l’autre en position d’autorité comme les sont les parents, les enseignants, les pasteurs. Il est facile de se rabattre sans discernement sur des normes ou des règles sans regarder ce qu’il y dans le cœur des personnes.
Jésus nous invite ici ajuster notre regard sur la réalité des personnes en respectant leur dignité et leur originalité. Car les personnes ne sont pas toutes pareilles. Nous avons besoin d’en tenir compte dans nos jugements et nos contacts avec elles

III – L’arbre et son fruit
La troisième image, celle de l’arbre et de son fruit, me suggère de souligner, comme un jardinier que je suis dans mes temps libres, que les arbres fruitiers en particulier ont besoin de soins suivis et d’attention pour que leurs fruits soient beaux. Ce qui est important c’est cette attention à soigner l’arbre lui-même, car « c’est le fruit qui manifeste la qualité de l’arbre » comme le note si bien le passage du livre de Ben Sira le Sage lu dans la première lecture. Les fruits sont le résultat de ces soins. Plusieurs mettent la charrue devant les bœufs et ne pensent qu’aux fruits à récolter. Ils oublient de prendre soin de l’arbre qui porte les fruits
Cette leçon est très riche pour nous. Dans notre vie il est beaucoup mieux de laisser le Seigneur s’occuper des fruits, il fera sortir « du trésor de notre cœur qui est bon » comme le dit l’évangile. Quant à nous nous avons à mettre les efforts pour préparer le terreau où les arbres vont pousser. Comme de bons jardiniers nous ensemencerons, nous abriterons les pousses au besoin, nous couperons et émonderons l’arbre parfois, nous le nourrirons aussi avec soin. Cet arbre c’est notre vie et notre communauté chrétienne.

Conclusion
Vous voyez bien par mes commentaires que les images de Jésus retenues par saint Luc, ces trois petites paraboles, peuvent encore aujourd’hui entraîner des applications concrètes. En effet, les paroles de l’Évangile et des Écritures Saintes en général sont esprit et vie. Elles ne sont pas des paroles vaines mais des paroles qui peuvent nous inspirer si nous prenons la peine de les écouter et de les méditer.
Demandons au Seigneur de recevoir ces paroles aujourd’hui avec un cœur ouvert. Nourris par ces paroles de l’Écriture, nous pouvons maintenant nous tourner vers Celui qui est la Parole de Dieu incarnée présent parmi nous par son Corps et son Sang que nous vénérons dans le Pain et Vin consacrés.
Qu’il soit pour nous le Maître par qui nous nous laissons former afin de devenir à sa suite de plus en plus ajustés à la volonté de Dieu sur nous et sur notre communauté.

Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

HOMÉLIE POUR LE 7E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C : « LA RÈGLE D’OR »

22 février, 2019

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HOMÉLIE POUR LE 7E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C : « LA RÈGLE D’OR »

Textes: 1 Samuel 26, 2.7-9.12-13.22-23, 1 Corinthiens 15, 45-49 et Luc 6, 27-38.

Je ne sais si vous êtes comme moi. À chaque fois que j’entends le passage de l’évangile que je viens de lire, les images qui disent de présenter l’autre joue ou de donner son manteau ainsi que l’invitation à aimer ses ennemis m’accrochent et me dérangent même. Je me suis donc arrêté longuement pour relire et méditer ce passage.
En faisant cet effort, j’ai découvert que la série de recommandations de Jésus qui font partie de ce qu’on a appelé le Discours ou le Sermon sur la montagne et qui suivent la proclamation des béatitudes que nous avons méditée dimanche dernier est soutenue et s’appuie sur une règle précise qu’on a appelé la règle d’or. Commençons par celle-ci puis nous reviendrons aux invitations percutantes de Jésus.

I – La règle d’or
Cette règle d’or que Jésus reprend à son compte se trouvait déjà dans l’Ancien Testament (Tobie 4, 15) et dans les cultures profanes comme celle des Grecs. Elle s’énonce comme ceci. « Tu ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent ». Cette phrase a traversé les siècles et je l’ai entendue répétée souvent par mes parents qui y attachaient une grande importance dans l’éducation de leurs enfants.
Remarquez toutefois que Jésus ajoute ici quelque chose à la formulation traditionnelle. Il ne dit pas seulement « Tu ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent », mais il conseille d’être proactif et d’agir en conséquence : « Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux ». Jésus propose ainsi une règle de vie dynamique et active. Il ne s’agit plus seulement de trouver la bonne attitude, mais il s’agit de la vivre concrètement et de la répandre autour de soi.
Jésus explicitera à la fin du texte de saint Luc des occasions où on peut le faire : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et l’on vous donnera ». Cette liste n’est pas exhaustive. Elle demeure ouverte.
Voilà une règle de vie qu’on appelée à juste titre une règle d’or. Si tout le monde la mettait en pratique, les relations seraient complètement changées entre les personnes, entre les groupes, entre les nations, entre les états. Hélas, elle demeure, malgré sa beauté, un idéal jamais atteint.

II – L’idéal chrétien
Mais Jésus va plus loin dans l’idéal qu’il propose. C’est là que les images du soufflet sur la joue ou de la tunique ainsi que l’amour des ennemis nous interpellent.
Est-ce qu’on laisse tomber ces invitations comme des figures de style qui ne sont que des images ? Ou est-ce que ces invitations ont pour Jésus un sens relié à sa mission et, si oui, alors comment les mettre en pratique ?
S’en remettre purement et simplement aux figures de styles serait, je pense, priver les invitations de jésus de leur radicalité et de leur nouveauté. En effet, avec les invitations en cause, Jésus veut sortir ses disciples de la dynamique des relations communes et les inviter à se situer sur un autre registre dans leurs relations humaines comme il le fait lui-même lorsqu’il privilégie les petits, les pauvres, les personnes méprisées etc.
Ainsi le disciple de Jésus n’abandonnera jamais personne. Il sera prêt à aller au-delà de ce qui est requis et même de ce qui est juste et normal, car il sait que Dieu est présent dans ceux et celles qu’il rencontre. Ainsi l’ennemi ne peut être mis de côté ni le persécuteur. Le disciple est invité à aller plus loin que la réponse habituelle. Si nécessaire. Les images retenues sont là pour soutenir cette invitation. Voilà l’idéal chrétien, le code moral chrétien.
L’épisode raconté dans la première lecture où David épargne le roi Saül, alors qu’il est entre ses mains, nous est comme une préfiguration de ce que Jésus attend de ses disciples et il nous donne un avant-goût de l’idéal qu’ils sont appelés à vivre.
Un exemple plus près de nous est celui de saint Jean-Paul II qui est allé rencontrer celui qui avait tenté de l’assassiner le 13 mai 1981 pour lui apporter son pardon.

III – Application
Sommes-plus avancés après ces quelque mots de réflexion sur les invitations de ce matin ? Je l’espère car mes réflexions avaient pour but de pointer vers ce que les disciples de Jésus font et vivent dans leurs relations avec les autres. En effet, la loi fondamentale du Royaume de Dieu que Jésus est venu instaurer c’est l’amour fraternel, le « Aimez-vous les uns les autres » (cf. Jean 15, 12-13).
La règle d’or ne peut se séparer de cette règle fondamentale de l’amour des autres qui ouvre sur des exigences sans cesse à découvrir. Dans notre temps, les visages d’autrui sont connus de mille façons et, grâce aux réseaux sociaux et aux moyens de communication modernes, les chrétiens sont mis en face des besoins de toutes sortes qui surgissent un peu partout. Le pape François met au premier plan ceux des personnes réfugiées et démunies de toutes sortes.
La prière que je vous invite à faire est celle de demander à Dieu de purifier notre regard et de le transformer par sa grâce. Nous avons besoin de cette action de Dieu car sans lui nous ne pouvons arriver à vivre l’idéal du Royaume de Dieu, ni même à nous en approcher car nous sommes toujours de pauvres pécheurs.
Le pape François aime à demander aux fidèles de prier pour lui car il se reconnaît volontiers pécheur et ayant besoin de l’aide de Dieu en tout, pour lui et pour son ministère au service de l’Église. Ayons nous aussi, ce matin, la même humilité face aux invitations de Jésus et disons-lui du fond du cœur comme l’a fait l’apôtre Pierre : « Sans toi, Seigneur nous ne pouvons rien faire ». (cf. Jean 15, 4-5)

Conclusion
Le Discours ou Sermon sur la montagne que nous lisons ces dimanches-ci dans la présentation de saint Luc n’a pas vieilli. Il conserve toute son actualité pour nous. Les disciples de Jésus sont toujours, comme lui, en marche et les paroles de l’évangile de saint Luc nous interpellent sans cesse.
Nous trouvons dans l’Eucharistie la nourriture et le soutien pour nous accompagner dans cette marche à la suite de Jésus. Son Corps et son Sang sont l’aliment qu’Il nous faut pour continuer notre route. Approchons avec confiance pour recevoir le Corps du Christ au moment de la communion et disons-lui notre volonté de le suivre généreusement et d’être ainsi « à l’image de celui qui vient du ciel », comme le souhaite saint Paul à la fin de la deuxième lecture.

Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

HOMÉLIE POUR LE 6E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « HEUREUX ÊTES-VOUS… »

15 février, 2019

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-6e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-Heureux-etes-vous_a879.html

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HOMÉLIE POUR LE 6E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « HEUREUX ÊTES-VOUS… »

En préparant cette homélie sur les béatitudes, j’ai demandé à des amis qu’est-ce qu’ils diraient sur ce texte archiconnu des évangiles. Plusieurs réponses ont surgies. L’une des personnes présentes s’est contenté de dire « Il faut toutes les pratiquer ».
J’ai été surpris de cette réponse, mais, en relisant l’Exhortation du pape François sur la sainteté, j’ai entendu la même chose. En effet, le pape François y présente les béatitudes comme la carte d’identité du chrétien. « Donc, écrit le pape, si quelqu’un d’entre nous se pose cette question, ‘comment fait-on pour parvenir à être un bon chrétien ?’ la réponse est simple : il faut mettre en œuvre, chacun à sa manière, ce que Jésus déclare dans le sermon des béatitudes » (n. 63)
Ce n’est pas surprenant car ce que Jésus déclare dans les béatitudes c’est ce qu’il vit. Les béatitudes ne sont pas un enseignement théorique, mais la façon de vivre sa foi. On en est bien loin parfois, hélas! mais je vais profiter de cette lecture qui vient d’être faite dans la version qu’en donne saint Luc pour partager avec vous quelques réflexions sur chacune des béatitudes et des avertissements que donne Jésus.

I – Considérations générales
Saint Luc présente quatre béatitudes qui commencent par « Heureux… » et cinq avertissements qui commencent par « Vous êtes malheureux si… » Cette présentation vise la vie concrète des gens. Elle les rejoint sur le terrain. Saint Luc veut que la vie des gens soit changée ou améliorée maintenant. Saint Luc mise sur une motivation déjà là. Il s’adresse au disciple de Jésus qui a décidé de prendre son message au sérieux. Il rappelle donc les points où Jésus a mis l’accent pour la vie de ses disciples.
Lorsque qu’on entend les neuf phrases qui font partie de cet exposé que saint Luc met dans la bouche de Jésus, on reconnait l’essentiel du message de Jésus. On n’est pas surpris qu’il se tourne dans cet enseignement vers les pauvres, les démunis, les laissés pour compte et qu’il renvoie les riches les mains vides, car « ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades, dira-t-il. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs ». (Marc 2, 17)
Passons maintenant à la méditation de chacune des observations de Jésus. Pour la première je me contenterai de citer le pape François dans son Exhortation sur la sainteté.
II – Commentaires de chaque admonition
Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous
« Le mot “heureux” ou “bienheureux”, devient synonyme de “saint”, parce qu’il exprime le fait que la personne qui est fidèle à Dieu et qui vit sa Parole atteint, dans le don de soi, le vrai bonheur » dit le pape François (n. 64). Pour le pape François, la première béatitude nous invite « à une existence austère et dépouillée. De cette façon, [Jésus] nous appelle à partager la vie des plus pauvres, la vie que les Apôtres ont menée, et en définitive à nous configurer à Jésus qui, étant riche, ‘s’est fait pauvre’ (2 Co 8, 9). Être pauvre de cœur, c’est cela la sainteté ! » (n. 70)
Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés.
Les faims et les soifs humaines ne sont pas seulement matérielles, bien qu’elles soient très présentes aujourd’hui où de nombreuses personnes n’ont pas ce qu’il faut pour survivre, les faims et les soifs humaines sont aussi d’ordre spirituel. Toute personne a besoin d’être reconnue dans sa dignité de personne par tous et partout. Trop de personnes sont encore dépouillées de leur dignité dans diverses circonstances et détruites littéralement. Jésus invite à les soutenir pour qu’elles sortes de ces situations aberrantes et soient prises en charge. C’est ainsi qu’elles commenceront à goûter la vie et pourront en être rassasiés un jour.
Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
Cette béatitude a été mal comprise bien souvent. On la lisait comme si elle était une médaille et son envers, comme si la vie était un balancier où tout est blanc ou noir alors qu’elle connaît des peines parfois très grandes mais aussi des joies de toutes sortes. Les peines et les joies heureusement se côtoient et ainsi la personne peut aller toujours plus loin sans se laisser abattre
Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme.
Cette béatitude s’adresse surtout aux premiers chrétiens pour qui écrivait saint Luc et qui étaient déjà l’objet de la persécution des autorités romaines. Luc leur rappelle ici que Jésus les a assurés qu’ils ne seront jamais laissés seuls et abandonnés. Il leur a garanti sa présence vivante continuelle. Cette présence nous la connaissons, c’est celle de Jésus Ressuscité qui continue de vivre avec ses disciples en les entraînant avec lui vers le Père.
Nous passons maintenant aux cinq admonitions suivantes qui sont comme des avertissements incontournables et des mises en garde à prendre au sérieux pour toute personne qui veut suivre Jésus dans sa vie concrète.
Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation !
Le résultat des richesses mal reçues et mal utilisées c’est l’enfermement du cœur, l’isolement dans son monde et dans son moi. Cet isolement peut créer une forme de bien-être, mais celui-ci sera passager et toujours incomplet. Le vrai bien-être, la vraie consolation, réside dans l’intimité avec Celui qui est notre Seigneur et notre Sauveur.
Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim !
Il s’agit ici de la même dynamique que celle que j’ai décrite pour la richesse. Il s’agit d’un enfermement sur soi qui ne satisfait aucunement les faims humaines. L’abondance matérielle ne peut se substituer à la faim spirituelle qui ne peut être comblée que par Dieu lui-même en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être (Actes 17, 28), car il est le souverain bien et l’éternelle nourriture dont nous avons besoin.
Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
Rire et pleurer : des situations bien fréquentes dans les vies humaines. Ce que cette admonition m’inspire c’est de me poser la question de savoir qu’est-ce qu’Il y a derrière les rires, car Jésus ne condamne sûrement pas la vie épanouie ou les rires devant un enfant qui fait ses premiers pas. De quels rires s’agit-il ici? N’est-ce pas ces rires qui masquent le sérieux de la vie et des choix de vie et qui empêchent l’âme de s’élever vers Celui qui en est l’auteur et de l’en remercier?
Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous !
Cet avertissement est une mise en garde très pratique. Il est toujours facile de céder à l’éloge et à la flatterie et ainsi de dévier des buts qu’on s’est donné en décidant de suivre Jésus. Il est important de se rappeler que son message n’est pas modelé par les aspirations du monde ambiant, ce que le pape François appelle l’ « esprit mondain ». Il ne faut pas avoir peur d’être à contre-courant.

Conclusion
Voilà en quelques mots, non pas une explication des paroles de Jésus, mais une invitation à les méditer par vous-mêmes, à les intégrer, selon vos possibilités – « chacun à sa manière » dit le pape François – dans vos vies. J’avoue que je suis toujours dérouté, mais aussi interpellé par la lecture de ce texte fondamental des évangiles.
Lorsqu’on le proclame au cours d’une Eucharistie comme on l’a fait ce matin, il prend un sens encore plus profond car il décrit la vie de Celui qui l’a donnée pour nous, qui a vécu pauvre, méprisé, dépouillé et que le Père a ressuscité « d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis » comme saint Paul le note dans la deuxième lecture, pour le faire asseoir à sa droite et en faire le Seigneur de nos vies .
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « LAISSANT TOUT, ILS LE SUIVIRENT »

8 février, 2019

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HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « LAISSANT TOUT, ILS LE SUIVIRENT »

Les ados d’aujourd’hui comme ceux d’hier se demandent tous un jour ou l’autre ce qu’ils feront daans la vie. C’est une question qu’ils porteront pendant de nombreuses années pour certains et certaines. Pour d’autres la voie est toute tracée. Leur choix ne les préoccupe pas. Ils suivront les traces d’un père ou d’une mère. Ils se lanceront dans un domaine qui les passionne déjà. Pour plusieurs, le chemin sera plus long. Il se fera à travers des hauts et des bas. Des essais et des échecs. C’est la vie dira-t-on… Nous sommes ici sur le terrain du choix d’un travail ou d’une profession.
Il en va ainsi pour la personne croyante qui désire décuvrir son chemin, sa vocation car, comme le dit le Concile Vatican II, chacun et chacune a un appel personnel de Dieu à vivre, une vocation personnelle (Constitution sur l’Église nos 40 et 41), ce que le pape François décrit ainsi : « Ce qui importe, écrit-il, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même, ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui (cf. 1 Co 12, 7) et qu’il ne s’épuise pas en cherchant à imiter quelque chose qui n’a pas été pensé pour lui. » (Exhortation Gaudete et Exsultate sur la sainteté n. 11)
Nous avons dans les trois textes des lectures d’aujourd’hui trois récits de vocations qui ont été vécues par des personnes comme nous qui ont été l’objet d’un choix particulier de Dieu. À cause de circonstances particulières, le chemin déjà poursuivi a pris pour elles une direction nouvelle et inattendue. C’est ce qui est arrivé à Isaïe, à saint Paul et aux apôtres Pierre, Jacques et Jean.

I – La vocation du prophète Isaïe
Commençons par Isaïe. Quelle description flamboyante que celle de la vocation du prophète Isaïe! On sait qu’il a vécu au temps du roi Ozias (ou Aazrias) vers 760 avant Jésus-Christ. Il était un juif pieux, dévoué pour les autres et sa vie se déroulait paisiblement. C’est alors qu’est survenu ce moment de rencontre avec Dieu où il entend un appel qu’il ne peut refuser.
Le cadre de cet appel le situe au service de son peuple que Dieu veut stimuler pour qu’il vive mieux l’Alliance conclue avec Abraham. Il sera comme le tisonnier qui ranime la flamme. Il devra parler haut et fort au nom de Dieu, une mission qu’il n’avait jamais entrevue, une mission pour laquelle il se sent démuni.
Et pourtant le Seigneur l’a choisi. Comme plusieurs autres avant lui , notamment le prophète Samuel (cf. Samuel 3, 9-10) sa réponse sera « Me voici : envoie-moi ! »
Sa vie aura basculé pour toujours. Il sera un des quatre grands prophètes de l’Ancien Testament qui sont, en plus de lui, Jérémie, Ézéchiel et Daniel.

II – Le cas de saint Paul
La deuxième vocation particulière qui nous est présentée aujourd’hui est celle de saint Paul comme prédicateur de l’Évangile, un ministère qu’il a rempli pendant de nombreuses années autour de la Méditerranée avant d’être amené à Rome comme prisonnier et d’y être mis à mort.
Son histoire que vous connaissez commence avec une implication comme jeune juif pharisien consacré à l’étude de la Loi et des Écritures Saintes. Il semble y avoir pris beaucoup de plaisir. Et c’est pour défendre cette Loi qu’il devient persécuteur des juifs convertis au message de Jésus, les chrétiens, qui apportent le message d’une Loi Nouvelle reçue d’un certain Jésus de Nazareth. Puis c’est la rencontre de ce Jésus sur le chemin de Damas. Il en sera transformé pour le restant de sa vie. Il deviendra l’apôtre des païens et il passera son temps désormais à annoncer la Bonne Nouvelle reçue en Jésus, son Évangile qui devient sa seule raison de vivre cf. I Corinthiens 9, 16, Philippiens 3, 3-8.
Il sera le plus grand des évangélisateurs, des missionnaires de la religion chrétienne qui nous inspire encore aujourd’hui par ses lettres que nous lisons à chaque dimanche. Humblement mais fièrement, il revendique le nom d’Apôtre au même titre que les Douze choisis par Jésus. La deuxième lecture que nous venons d’entendre en témoigne : « Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu. Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et sa grâce, venant en moi, n’a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi ».

III – Les apôtres Pierre, Jacques et Jean
Venons maintenant à l’évangile qui nous raconte un appel particulier pour les trois apôtres dont il est question dans ce récit de la pêche miraculeuse que nous venons d’entendre. Ce sont Pierre qui s’appelait Simon avant que Jésus le nomme Pierre pour signifier qu’il est le roc sur lequel les autres pourront s’appuyer et les deux frères, Jacques et Jean, remplis d’énergie dont le surnom était « Boanergès » (Marc 3, 17) qui veut dire « fils du tonnerre ».
Ces trois pêcheurs se connaissent depuis longtemps. Ils œuvrent ensemble et se donnent la main pour leur métier. Ils ont déjà rencontré Jésus auparavant en fréquentant Jean-Baptiste. Ils ont décidé de suivre Jésus tout en continuant leur métier. La belle-mère de Pierre a été guérie par Jésus qui fréquentait la maison de Pierre à Capharnaüm. Ce ne sont donc pas des étrangers pour Jésus. Ils sont déjà des gens qui ont choisi de le suivre. Ils ont une totale confiance en lui et sur sa parole ils relancent leurs filets : « Maître, dit Pierre, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Tout surpris, Ils ramènent plein de poissons. Pour Jésus cette pêche miraculeuse est le signe de ce qu’il attend d’eux. Il dit alors à Pierre « « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » », Jésus renvoie ainsi Pierre, Jacques et Jean à l’image de leur métier, mais il en change la teneur. Ils parcourrons la mer du monde pour y rencontrer les gens de toutes nations, de toutes cultures et de tous pays et leur annoncer la Bonne Nouvelle.
Ce qui se passe dans cet épisode de la pêche miraculeuse est un virage majeur que prend leur vie qui ne sera plus jamais la même : leur vocation désormais sera celle d’être apôtres, protagonistes et diffuseurs du message de Jésus. « Et, laissant tout, ils le suivirent ».
Ce qu’ils ont fait avec cœur puisqu’après la Pentecôte ils sont partis chacun de son côté et ils ont jeté les bases de l’Église que nous connaissons aujourd’hui. Ils sont vénérés par tous les chrétiens comme les piliers de l’Église. C’est leur témoignage de la Résurrection de Jésus qu’ils avaient suivi sur les routes de Galilée qui allumera la foi de leurs compatriotes puis des générations subséquentes. L’Évangile grâce à eux et à leurs successeurs se répandra dans le monde entier selon le souhait de leur Maître « « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création ». (Marc 16, 15)

Conclusion
Ces trois récits présentent des vocations spéciales, qui peuvent nous inspirer nous aussi dans la découverte de notre vocation personnelle. Comme Isaïe, Paul, Pierre, Jacques et Jean nous pouvons être ou devenir des personnes qui répondent avec empressement à des appels clairs de Dieu dans nos vies. Ces appels ne sont peut-être pas aussi éclatants que ceux d’Isaïe, de Paul ou de Pierre, Jacques et Jean, mais ils sont bien là. Si on prend le temps d’écouter la voix de l’Esprit en nous, nous découvrirons comment vivre aujourd’hui dans l’amour de Dieu avec confiance et avec conviction. Point n’est besoin de quitter son emploi ou de laisser son foyer. Il suffit de vivre l’instant présent sous le regard de Dieu.
Pour ce faire, je vous conseille, une pratique qui consiste à répéter une ou des phrases qui nous inspirent comme « À toi Seigneur, la gloire, l’honneur et la louange » ou encore la prière dite la prière de Jésus « Seigneur Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur » ou encore « Je te rends grâce, Seigneur, pour telle personne que je viens de rencontrer, pour le soleil qui brille aujourd’hui, pour… etc. »
Que notre messe soit pour nous une action de grâces pour ce que Dieu fait en nous et un moment où nous lui redisons notre disponibilité pour le servir de la façon qu’il a prévue pour nous. « Seigneur me voici! »
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec
5 février 2019
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2 FÉVRIER – PRÉSENTATION DU SEIGNEUR

1 février, 2019

https://justmehomely.wordpress.com/2012/03/19/february-2-presentation-of-the-lord/

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Beato Angelico

2 FÉVRIER – PRÉSENTATION DU SEIGNEUR

(traduction Google de l’anglais)

MAL 3: 1-4; HE 2: 14-18; LUC 2: 22-40 (2: 22-32)

La présentation au temple

Nous célébrons chaque année la fête des mères (tous les 2 e dimanche de mai) et la Fête des Pères (tous les 3 e dimanche de Juin). Mais pourquoi n’avons-nous pas la fête des parents où nous célébrons père et mère ensemble en couple?
Nous célébrons aujourd’hui la fête de la présentation du Seigneur dans le temple. Et pour moi, cela peut être une bonne journée pour se concentrer sur les deux parents ensemble. À l’image de Joseph et de Marie présentant Jésus au Temple, nous avons un merveilleux modèle de mari et femme unis pour pratiquer la foi et élever leur enfant dans la foi. Dans l’évangile d’aujourd’hui, les deux parents de Jésus, ensemble, ils font le long voyage jusqu’à Jérusalem pour présenter leur enfant premier-né au Temple, comme le veut la loi de Dieu. La loi de Moïse exige que chaque premier-né du peuple d’Israël soit offert à Dieu, car Dieu avait tué le premier-né des Égyptiens, mais avait épargné ceux des Israélites lorsqu’il avait libéré Israël de l’esclavage. Chaque premier-né des Israélites était donc un mémorial de ce grand événement de l’histoire d’Israël.
Je suis sûr que c’est la première fois que l’enfant Jésus entre dans son temple. Et sa présence dans le temple fait une différence en particulier sur Siméon et Anna. C’est parce que sa présence vaut la peine de mourir. Il suffit de regarder Siméon, il était prêt à mourir non pas à cause de la vieillesse, mais à cause de sa rencontre avec Jésus qui a simplement complété et satisfait toutes ses aspirations. Pour Siméon, seul Jésus satisfait.
J’ai lu l’histoire d’un jeune garçon aussi vilain que possible. Il avait déjà été transféré d’une école à l’autre pour l’aider dans les interventions formatrices offertes par les différentes écoles, mais en vain. Finalement, ses parents l’ont transféré dans une école catholique. Et voilà que le garçon a changé le premier jour. Quand on lui a demandé pourquoi son attitude avait soudainement changé, le garçon a répondu: «Quand j’ai vu cet homme cloué sur la croix sur tous les murs de ma nouvelle école, j’ai compris que c’était vraiment une affaire. C’était comme si on me disait toujours: ‘Sois sage ou autre…’ ‘
Quoi qu’il en soit, la présence du Christ crucifié a changé le garçon, mais pour une mauvaise raison. Mais si Dieu est toujours devant nous ou présent en nous, cela ferait-il une grande différence sur la façon dont nous faisons les choses?
En réalité, nous ne célébrons pas seulement la fête de la présentation du Seigneur. En célébrant cette fête, nous célébrons également deux autres occasions: la purification de la Bienheureuse Vierge Marie et la Candelaria. En cette fête de la présentation, nous célébrons également la purification de la Bienheureuse Vierge Marie. En réalité, elle n’est pas soumise à la loi de purification, mais la dévotion et le zèle d’honorer Dieu par toutes les observances prescrites par Sa loi ont incité Marie à accomplir cet acte de religion. La loi de Moïse stipulait qu’après l’accouchement, une femme devait rester pendant un certain temps, elle était dite impure par la loi, période pendant laquelle elle ne devait pas apparaître en public. Ce terme était de quarante jours après la naissance d’un fils, et le double de ce temps pour une fille. Quand le terme a expiré, la mère devait apporter au Temple un agneau et un jeune pigeon ou tourterelle en guise d’offrande à Dieu. Ceux-ci étant sacrifiés au Dieu Tout-Puissant par le prêtre, elle fut purifiée de l’impureté légale et rétablie dans ses privilèges antérieurs. Une colombe était requise de tous comme offrande pour le péché, riche ou pauvre; mais comme les dépenses d’un agneau étaient peut-être trop élevées pour les pauvres, ceux-ci ont été autorisés à lui substituer une seconde colombe. Les Écritures nous ont dit que tel était le cas de la Sainte Famille (v. 24).
Nous célébrons également la fête de la Candelaria lors de la célébration de la présentation du Seigneur. Les bougies sont bénies en ce jour commémorant les paroles de Saint Siméon concernant Christ. Siméon appelle Jésus la Lumière et chante de joie: «Mes yeux ont vu ton salut que tu as préparé à la vue de tous les peuples, une lumière pour la révélation des nations et la gloire de ton peuple Israël» (vv. 30-32). . Dans le passé, les bougies étaient bénies et portées en procession, ce qui signifiait l’entrée de Jésus en tant que lumière du monde. La lumière est symbolisée par les bougies que nous utilisons à la messe, en particulier la bougie de Pâques, la bougie de Noël et la bougie de baptême. Toutes ces bougies représentent l’amour, la chaleur et la joie du Christ. Nous sommes aussi appelés à être les bougies du Christ.
Nous commémorons aujourd’hui trois grands événements: la Présentation du Seigneur, la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie et la Candelaria. Soyons plus comme Siméon et Anna. Soyons joyeux et annonçons au monde que Jésus-Christ est la lumière qui éclaire nos vies. Efforçons-nous également d’imiter l’humilité de la Mère de Dieu toujours bénie, en nous rappelant que l’humilité est la voie qui mène à une paix durable et nous rapproche de Dieu, qui donne sa grâce aux humbles.

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