Archive pour la catégorie ''

HOMÉLIE POUR LE 6E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « HEUREUX ÊTES-VOUS… »

15 février, 2019

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-6e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-Heureux-etes-vous_a879.html

pensieri e it

HOMÉLIE POUR LE 6E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « HEUREUX ÊTES-VOUS… »

En préparant cette homélie sur les béatitudes, j’ai demandé à des amis qu’est-ce qu’ils diraient sur ce texte archiconnu des évangiles. Plusieurs réponses ont surgies. L’une des personnes présentes s’est contenté de dire « Il faut toutes les pratiquer ».
J’ai été surpris de cette réponse, mais, en relisant l’Exhortation du pape François sur la sainteté, j’ai entendu la même chose. En effet, le pape François y présente les béatitudes comme la carte d’identité du chrétien. « Donc, écrit le pape, si quelqu’un d’entre nous se pose cette question, ‘comment fait-on pour parvenir à être un bon chrétien ?’ la réponse est simple : il faut mettre en œuvre, chacun à sa manière, ce que Jésus déclare dans le sermon des béatitudes » (n. 63)
Ce n’est pas surprenant car ce que Jésus déclare dans les béatitudes c’est ce qu’il vit. Les béatitudes ne sont pas un enseignement théorique, mais la façon de vivre sa foi. On en est bien loin parfois, hélas! mais je vais profiter de cette lecture qui vient d’être faite dans la version qu’en donne saint Luc pour partager avec vous quelques réflexions sur chacune des béatitudes et des avertissements que donne Jésus.

I – Considérations générales
Saint Luc présente quatre béatitudes qui commencent par « Heureux… » et cinq avertissements qui commencent par « Vous êtes malheureux si… » Cette présentation vise la vie concrète des gens. Elle les rejoint sur le terrain. Saint Luc veut que la vie des gens soit changée ou améliorée maintenant. Saint Luc mise sur une motivation déjà là. Il s’adresse au disciple de Jésus qui a décidé de prendre son message au sérieux. Il rappelle donc les points où Jésus a mis l’accent pour la vie de ses disciples.
Lorsque qu’on entend les neuf phrases qui font partie de cet exposé que saint Luc met dans la bouche de Jésus, on reconnait l’essentiel du message de Jésus. On n’est pas surpris qu’il se tourne dans cet enseignement vers les pauvres, les démunis, les laissés pour compte et qu’il renvoie les riches les mains vides, car « ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades, dira-t-il. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs ». (Marc 2, 17)
Passons maintenant à la méditation de chacune des observations de Jésus. Pour la première je me contenterai de citer le pape François dans son Exhortation sur la sainteté.
II – Commentaires de chaque admonition
Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous
« Le mot “heureux” ou “bienheureux”, devient synonyme de “saint”, parce qu’il exprime le fait que la personne qui est fidèle à Dieu et qui vit sa Parole atteint, dans le don de soi, le vrai bonheur » dit le pape François (n. 64). Pour le pape François, la première béatitude nous invite « à une existence austère et dépouillée. De cette façon, [Jésus] nous appelle à partager la vie des plus pauvres, la vie que les Apôtres ont menée, et en définitive à nous configurer à Jésus qui, étant riche, ‘s’est fait pauvre’ (2 Co 8, 9). Être pauvre de cœur, c’est cela la sainteté ! » (n. 70)
Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés.
Les faims et les soifs humaines ne sont pas seulement matérielles, bien qu’elles soient très présentes aujourd’hui où de nombreuses personnes n’ont pas ce qu’il faut pour survivre, les faims et les soifs humaines sont aussi d’ordre spirituel. Toute personne a besoin d’être reconnue dans sa dignité de personne par tous et partout. Trop de personnes sont encore dépouillées de leur dignité dans diverses circonstances et détruites littéralement. Jésus invite à les soutenir pour qu’elles sortes de ces situations aberrantes et soient prises en charge. C’est ainsi qu’elles commenceront à goûter la vie et pourront en être rassasiés un jour.
Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
Cette béatitude a été mal comprise bien souvent. On la lisait comme si elle était une médaille et son envers, comme si la vie était un balancier où tout est blanc ou noir alors qu’elle connaît des peines parfois très grandes mais aussi des joies de toutes sortes. Les peines et les joies heureusement se côtoient et ainsi la personne peut aller toujours plus loin sans se laisser abattre
Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme.
Cette béatitude s’adresse surtout aux premiers chrétiens pour qui écrivait saint Luc et qui étaient déjà l’objet de la persécution des autorités romaines. Luc leur rappelle ici que Jésus les a assurés qu’ils ne seront jamais laissés seuls et abandonnés. Il leur a garanti sa présence vivante continuelle. Cette présence nous la connaissons, c’est celle de Jésus Ressuscité qui continue de vivre avec ses disciples en les entraînant avec lui vers le Père.
Nous passons maintenant aux cinq admonitions suivantes qui sont comme des avertissements incontournables et des mises en garde à prendre au sérieux pour toute personne qui veut suivre Jésus dans sa vie concrète.
Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation !
Le résultat des richesses mal reçues et mal utilisées c’est l’enfermement du cœur, l’isolement dans son monde et dans son moi. Cet isolement peut créer une forme de bien-être, mais celui-ci sera passager et toujours incomplet. Le vrai bien-être, la vraie consolation, réside dans l’intimité avec Celui qui est notre Seigneur et notre Sauveur.
Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim !
Il s’agit ici de la même dynamique que celle que j’ai décrite pour la richesse. Il s’agit d’un enfermement sur soi qui ne satisfait aucunement les faims humaines. L’abondance matérielle ne peut se substituer à la faim spirituelle qui ne peut être comblée que par Dieu lui-même en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être (Actes 17, 28), car il est le souverain bien et l’éternelle nourriture dont nous avons besoin.
Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
Rire et pleurer : des situations bien fréquentes dans les vies humaines. Ce que cette admonition m’inspire c’est de me poser la question de savoir qu’est-ce qu’Il y a derrière les rires, car Jésus ne condamne sûrement pas la vie épanouie ou les rires devant un enfant qui fait ses premiers pas. De quels rires s’agit-il ici? N’est-ce pas ces rires qui masquent le sérieux de la vie et des choix de vie et qui empêchent l’âme de s’élever vers Celui qui en est l’auteur et de l’en remercier?
Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous !
Cet avertissement est une mise en garde très pratique. Il est toujours facile de céder à l’éloge et à la flatterie et ainsi de dévier des buts qu’on s’est donné en décidant de suivre Jésus. Il est important de se rappeler que son message n’est pas modelé par les aspirations du monde ambiant, ce que le pape François appelle l’ « esprit mondain ». Il ne faut pas avoir peur d’être à contre-courant.

Conclusion
Voilà en quelques mots, non pas une explication des paroles de Jésus, mais une invitation à les méditer par vous-mêmes, à les intégrer, selon vos possibilités – « chacun à sa manière » dit le pape François – dans vos vies. J’avoue que je suis toujours dérouté, mais aussi interpellé par la lecture de ce texte fondamental des évangiles.
Lorsqu’on le proclame au cours d’une Eucharistie comme on l’a fait ce matin, il prend un sens encore plus profond car il décrit la vie de Celui qui l’a donnée pour nous, qui a vécu pauvre, méprisé, dépouillé et que le Père a ressuscité « d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis » comme saint Paul le note dans la deuxième lecture, pour le faire asseoir à sa droite et en faire le Seigneur de nos vies .
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « LAISSANT TOUT, ILS LE SUIVIRENT »

8 février, 2019

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-5e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-Laissant-tout-ils-le-suivirent_a878.html

imm ciottoli  frpesca miracolosa 01 - Copia

pêche miraculeuse

HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « LAISSANT TOUT, ILS LE SUIVIRENT »

Les ados d’aujourd’hui comme ceux d’hier se demandent tous un jour ou l’autre ce qu’ils feront daans la vie. C’est une question qu’ils porteront pendant de nombreuses années pour certains et certaines. Pour d’autres la voie est toute tracée. Leur choix ne les préoccupe pas. Ils suivront les traces d’un père ou d’une mère. Ils se lanceront dans un domaine qui les passionne déjà. Pour plusieurs, le chemin sera plus long. Il se fera à travers des hauts et des bas. Des essais et des échecs. C’est la vie dira-t-on… Nous sommes ici sur le terrain du choix d’un travail ou d’une profession.
Il en va ainsi pour la personne croyante qui désire décuvrir son chemin, sa vocation car, comme le dit le Concile Vatican II, chacun et chacune a un appel personnel de Dieu à vivre, une vocation personnelle (Constitution sur l’Église nos 40 et 41), ce que le pape François décrit ainsi : « Ce qui importe, écrit-il, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même, ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui (cf. 1 Co 12, 7) et qu’il ne s’épuise pas en cherchant à imiter quelque chose qui n’a pas été pensé pour lui. » (Exhortation Gaudete et Exsultate sur la sainteté n. 11)
Nous avons dans les trois textes des lectures d’aujourd’hui trois récits de vocations qui ont été vécues par des personnes comme nous qui ont été l’objet d’un choix particulier de Dieu. À cause de circonstances particulières, le chemin déjà poursuivi a pris pour elles une direction nouvelle et inattendue. C’est ce qui est arrivé à Isaïe, à saint Paul et aux apôtres Pierre, Jacques et Jean.

I – La vocation du prophète Isaïe
Commençons par Isaïe. Quelle description flamboyante que celle de la vocation du prophète Isaïe! On sait qu’il a vécu au temps du roi Ozias (ou Aazrias) vers 760 avant Jésus-Christ. Il était un juif pieux, dévoué pour les autres et sa vie se déroulait paisiblement. C’est alors qu’est survenu ce moment de rencontre avec Dieu où il entend un appel qu’il ne peut refuser.
Le cadre de cet appel le situe au service de son peuple que Dieu veut stimuler pour qu’il vive mieux l’Alliance conclue avec Abraham. Il sera comme le tisonnier qui ranime la flamme. Il devra parler haut et fort au nom de Dieu, une mission qu’il n’avait jamais entrevue, une mission pour laquelle il se sent démuni.
Et pourtant le Seigneur l’a choisi. Comme plusieurs autres avant lui , notamment le prophète Samuel (cf. Samuel 3, 9-10) sa réponse sera « Me voici : envoie-moi ! »
Sa vie aura basculé pour toujours. Il sera un des quatre grands prophètes de l’Ancien Testament qui sont, en plus de lui, Jérémie, Ézéchiel et Daniel.

II – Le cas de saint Paul
La deuxième vocation particulière qui nous est présentée aujourd’hui est celle de saint Paul comme prédicateur de l’Évangile, un ministère qu’il a rempli pendant de nombreuses années autour de la Méditerranée avant d’être amené à Rome comme prisonnier et d’y être mis à mort.
Son histoire que vous connaissez commence avec une implication comme jeune juif pharisien consacré à l’étude de la Loi et des Écritures Saintes. Il semble y avoir pris beaucoup de plaisir. Et c’est pour défendre cette Loi qu’il devient persécuteur des juifs convertis au message de Jésus, les chrétiens, qui apportent le message d’une Loi Nouvelle reçue d’un certain Jésus de Nazareth. Puis c’est la rencontre de ce Jésus sur le chemin de Damas. Il en sera transformé pour le restant de sa vie. Il deviendra l’apôtre des païens et il passera son temps désormais à annoncer la Bonne Nouvelle reçue en Jésus, son Évangile qui devient sa seule raison de vivre cf. I Corinthiens 9, 16, Philippiens 3, 3-8.
Il sera le plus grand des évangélisateurs, des missionnaires de la religion chrétienne qui nous inspire encore aujourd’hui par ses lettres que nous lisons à chaque dimanche. Humblement mais fièrement, il revendique le nom d’Apôtre au même titre que les Douze choisis par Jésus. La deuxième lecture que nous venons d’entendre en témoigne : « Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu. Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et sa grâce, venant en moi, n’a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi ».

III – Les apôtres Pierre, Jacques et Jean
Venons maintenant à l’évangile qui nous raconte un appel particulier pour les trois apôtres dont il est question dans ce récit de la pêche miraculeuse que nous venons d’entendre. Ce sont Pierre qui s’appelait Simon avant que Jésus le nomme Pierre pour signifier qu’il est le roc sur lequel les autres pourront s’appuyer et les deux frères, Jacques et Jean, remplis d’énergie dont le surnom était « Boanergès » (Marc 3, 17) qui veut dire « fils du tonnerre ».
Ces trois pêcheurs se connaissent depuis longtemps. Ils œuvrent ensemble et se donnent la main pour leur métier. Ils ont déjà rencontré Jésus auparavant en fréquentant Jean-Baptiste. Ils ont décidé de suivre Jésus tout en continuant leur métier. La belle-mère de Pierre a été guérie par Jésus qui fréquentait la maison de Pierre à Capharnaüm. Ce ne sont donc pas des étrangers pour Jésus. Ils sont déjà des gens qui ont choisi de le suivre. Ils ont une totale confiance en lui et sur sa parole ils relancent leurs filets : « Maître, dit Pierre, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Tout surpris, Ils ramènent plein de poissons. Pour Jésus cette pêche miraculeuse est le signe de ce qu’il attend d’eux. Il dit alors à Pierre « « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » », Jésus renvoie ainsi Pierre, Jacques et Jean à l’image de leur métier, mais il en change la teneur. Ils parcourrons la mer du monde pour y rencontrer les gens de toutes nations, de toutes cultures et de tous pays et leur annoncer la Bonne Nouvelle.
Ce qui se passe dans cet épisode de la pêche miraculeuse est un virage majeur que prend leur vie qui ne sera plus jamais la même : leur vocation désormais sera celle d’être apôtres, protagonistes et diffuseurs du message de Jésus. « Et, laissant tout, ils le suivirent ».
Ce qu’ils ont fait avec cœur puisqu’après la Pentecôte ils sont partis chacun de son côté et ils ont jeté les bases de l’Église que nous connaissons aujourd’hui. Ils sont vénérés par tous les chrétiens comme les piliers de l’Église. C’est leur témoignage de la Résurrection de Jésus qu’ils avaient suivi sur les routes de Galilée qui allumera la foi de leurs compatriotes puis des générations subséquentes. L’Évangile grâce à eux et à leurs successeurs se répandra dans le monde entier selon le souhait de leur Maître « « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création ». (Marc 16, 15)

Conclusion
Ces trois récits présentent des vocations spéciales, qui peuvent nous inspirer nous aussi dans la découverte de notre vocation personnelle. Comme Isaïe, Paul, Pierre, Jacques et Jean nous pouvons être ou devenir des personnes qui répondent avec empressement à des appels clairs de Dieu dans nos vies. Ces appels ne sont peut-être pas aussi éclatants que ceux d’Isaïe, de Paul ou de Pierre, Jacques et Jean, mais ils sont bien là. Si on prend le temps d’écouter la voix de l’Esprit en nous, nous découvrirons comment vivre aujourd’hui dans l’amour de Dieu avec confiance et avec conviction. Point n’est besoin de quitter son emploi ou de laisser son foyer. Il suffit de vivre l’instant présent sous le regard de Dieu.
Pour ce faire, je vous conseille, une pratique qui consiste à répéter une ou des phrases qui nous inspirent comme « À toi Seigneur, la gloire, l’honneur et la louange » ou encore la prière dite la prière de Jésus « Seigneur Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur » ou encore « Je te rends grâce, Seigneur, pour telle personne que je viens de rencontrer, pour le soleil qui brille aujourd’hui, pour… etc. »
Que notre messe soit pour nous une action de grâces pour ce que Dieu fait en nous et un moment où nous lui redisons notre disponibilité pour le servir de la façon qu’il a prévue pour nous. « Seigneur me voici! »
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec
5 février 2019
_______________________

2 FÉVRIER – PRÉSENTATION DU SEIGNEUR

1 février, 2019

https://justmehomely.wordpress.com/2012/03/19/february-2-presentation-of-the-lord/

per fr_Beato_Angelico_presentazione_al _tempio

Beato Angelico

2 FÉVRIER – PRÉSENTATION DU SEIGNEUR

(traduction Google de l’anglais)

MAL 3: 1-4; HE 2: 14-18; LUC 2: 22-40 (2: 22-32)

La présentation au temple

Nous célébrons chaque année la fête des mères (tous les 2 e dimanche de mai) et la Fête des Pères (tous les 3 e dimanche de Juin). Mais pourquoi n’avons-nous pas la fête des parents où nous célébrons père et mère ensemble en couple?
Nous célébrons aujourd’hui la fête de la présentation du Seigneur dans le temple. Et pour moi, cela peut être une bonne journée pour se concentrer sur les deux parents ensemble. À l’image de Joseph et de Marie présentant Jésus au Temple, nous avons un merveilleux modèle de mari et femme unis pour pratiquer la foi et élever leur enfant dans la foi. Dans l’évangile d’aujourd’hui, les deux parents de Jésus, ensemble, ils font le long voyage jusqu’à Jérusalem pour présenter leur enfant premier-né au Temple, comme le veut la loi de Dieu. La loi de Moïse exige que chaque premier-né du peuple d’Israël soit offert à Dieu, car Dieu avait tué le premier-né des Égyptiens, mais avait épargné ceux des Israélites lorsqu’il avait libéré Israël de l’esclavage. Chaque premier-né des Israélites était donc un mémorial de ce grand événement de l’histoire d’Israël.
Je suis sûr que c’est la première fois que l’enfant Jésus entre dans son temple. Et sa présence dans le temple fait une différence en particulier sur Siméon et Anna. C’est parce que sa présence vaut la peine de mourir. Il suffit de regarder Siméon, il était prêt à mourir non pas à cause de la vieillesse, mais à cause de sa rencontre avec Jésus qui a simplement complété et satisfait toutes ses aspirations. Pour Siméon, seul Jésus satisfait.
J’ai lu l’histoire d’un jeune garçon aussi vilain que possible. Il avait déjà été transféré d’une école à l’autre pour l’aider dans les interventions formatrices offertes par les différentes écoles, mais en vain. Finalement, ses parents l’ont transféré dans une école catholique. Et voilà que le garçon a changé le premier jour. Quand on lui a demandé pourquoi son attitude avait soudainement changé, le garçon a répondu: «Quand j’ai vu cet homme cloué sur la croix sur tous les murs de ma nouvelle école, j’ai compris que c’était vraiment une affaire. C’était comme si on me disait toujours: ‘Sois sage ou autre…’ ‘
Quoi qu’il en soit, la présence du Christ crucifié a changé le garçon, mais pour une mauvaise raison. Mais si Dieu est toujours devant nous ou présent en nous, cela ferait-il une grande différence sur la façon dont nous faisons les choses?
En réalité, nous ne célébrons pas seulement la fête de la présentation du Seigneur. En célébrant cette fête, nous célébrons également deux autres occasions: la purification de la Bienheureuse Vierge Marie et la Candelaria. En cette fête de la présentation, nous célébrons également la purification de la Bienheureuse Vierge Marie. En réalité, elle n’est pas soumise à la loi de purification, mais la dévotion et le zèle d’honorer Dieu par toutes les observances prescrites par Sa loi ont incité Marie à accomplir cet acte de religion. La loi de Moïse stipulait qu’après l’accouchement, une femme devait rester pendant un certain temps, elle était dite impure par la loi, période pendant laquelle elle ne devait pas apparaître en public. Ce terme était de quarante jours après la naissance d’un fils, et le double de ce temps pour une fille. Quand le terme a expiré, la mère devait apporter au Temple un agneau et un jeune pigeon ou tourterelle en guise d’offrande à Dieu. Ceux-ci étant sacrifiés au Dieu Tout-Puissant par le prêtre, elle fut purifiée de l’impureté légale et rétablie dans ses privilèges antérieurs. Une colombe était requise de tous comme offrande pour le péché, riche ou pauvre; mais comme les dépenses d’un agneau étaient peut-être trop élevées pour les pauvres, ceux-ci ont été autorisés à lui substituer une seconde colombe. Les Écritures nous ont dit que tel était le cas de la Sainte Famille (v. 24).
Nous célébrons également la fête de la Candelaria lors de la célébration de la présentation du Seigneur. Les bougies sont bénies en ce jour commémorant les paroles de Saint Siméon concernant Christ. Siméon appelle Jésus la Lumière et chante de joie: «Mes yeux ont vu ton salut que tu as préparé à la vue de tous les peuples, une lumière pour la révélation des nations et la gloire de ton peuple Israël» (vv. 30-32). . Dans le passé, les bougies étaient bénies et portées en procession, ce qui signifiait l’entrée de Jésus en tant que lumière du monde. La lumière est symbolisée par les bougies que nous utilisons à la messe, en particulier la bougie de Pâques, la bougie de Noël et la bougie de baptême. Toutes ces bougies représentent l’amour, la chaleur et la joie du Christ. Nous sommes aussi appelés à être les bougies du Christ.
Nous commémorons aujourd’hui trois grands événements: la Présentation du Seigneur, la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie et la Candelaria. Soyons plus comme Siméon et Anna. Soyons joyeux et annonçons au monde que Jésus-Christ est la lumière qui éclaire nos vies. Efforçons-nous également d’imiter l’humilité de la Mère de Dieu toujours bénie, en nous rappelant que l’humilité est la voie qui mène à une paix durable et nous rapproche de Dieu, qui donne sa grâce aux humbles.

HOMÉLIE POUR LE 4E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « MAIS LUI ALLAIT SON CHEMIN »

31 janvier, 2019

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-4e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-Mais-lui-allait-son-chemin_a877.html

imm ciottoli e fr

le prophète Elie et la veuve de Sarepta

HOMÉLIE POUR LE 4E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « MAIS LUI ALLAIT SON CHEMIN »

Jérémie 1, 4-5.17-19, I Corinthiens 12, 31-13,13 et Luc 4, 21-30.

C’est l’évangile de Luc qui nous accompagnera tout au cours de cette année pour les dimanches du temps ordinaire car, comme vous le savez, le choix des lectures des évangiles dominicaux en cette année liturgique qu’on désigne comme l’« Année C » nous réfère à l’évangile de Luc. Pour l’« Année A » on utilise celui de Mathieu et pour l’« Année B » celui de Marc.
Saint Luc développe son exposé en empruntant le thème de la route, des déplacements de Jésus. Il structure son évangile en suivant Jésus sur les chemins de la Palestine. Il présente trois grands périples de Jésus avec ses apôtres. Ce matin commence le premier de ces périples qui se passe dans sa Galilée natale (4, 14 – 9, 51), les autres seront sa montée vers Jérusalem en trois étapes (9, 51 – 13, 21) puis son entrée et son enseignement dans la Ville Sainte avant la Passion (13, 22 – 21, 38).

I – Le message et le messager
Le passage de l’évangile de saint Luc que je viens de lire prend place au tout début du parcours de la vie publique de Jésus. Intentionnellement, saint Luc le situe à Nazareth où Jésus a grandi, alors que saint Marc le situe plus tard dans le ministère de Jésus (cf. Marc 6,1-6a).
Les deux visites diffèrent beaucoup. Celle de saint Luc, placée dès le début de la prédication et du ministère de Jésus, est tragique et se termine presque par une tentative d’assassinat. Celle de saint Marc, après la tempête apaisée, sera plus anodine.
De quoi est-il question ici ? Pour saint Luc, la mise en scène qu’il utilise lui permet de situer les réactions non seulement au message que Jésus apporte, mais au messager qu’il est. Et on voit que ses concitoyens entendant son message sont prêts à tirer sur le messager, comme on dit.
Et pourtant Jésus se situe dans la foulée des prophètes qui l’ont précédé. On peut lui appliquer ce qui est dit de Jérémie dans la première lecture : « Je t’ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations ». Jésus est conscient qu’il avance lui aussi sur un chemin rempli d’embûches. Sa visite à Nazareth est comme un test.

II – Les destinataires du message
Comment vont réagir les destinataires du message de Jésus, de la Bonne Nouvelle de Dieu pour son peuple ?
Dans un premier temps, on voit que les gens sont touchés par les paroles de Jésus qui se situent dans la foulée de l’Alliance de Dieu avec son peuple, une Alliance qui offre un salut qui n’est la propriété de personne, mais qui est pour tous ceux et celles qui veulent bien le recevoir.
Saint Luc qui a peut-être des informations particulières sur les réactions des concitoyens de Jésus à Nazareth – car il dit au début de son évangile qu’il a fait des recherches personnelles avant de l’écrire (cf. Luc 1, 3 « après avoir recueilli avec précision des informations ») – note que « tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche ».
Mais à mesure que Jésus parle, un mouvement de refus se dessine. Il ne peut être comme les prophètes. Il est un simple ouvrier, un artisan que les gens de son village connaissent bien. Ils manifestent alors leur opposition à son discours, à sa prédication : « À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. »
Ils seraient peut-être prêts à accepter le message mais ils ne veulent rien savoir du messager. Or dans le plan de Dieu, le message c’est aussi le messager, pas moyen de séparer l’un de l’autre. Jésus annonce la Bonne nouvelle et il est la Bonne Nouvelle.

III – Nos lenteurs et nos fermetures
Ces réactions des gens de Nazareth sont très éclairantes pour nous aujourd’hui. Ce qui est en cause ici c’est la foi. Les gens de Nazareth ne veulent pas faire le pas nécessaire pour accueillir le message, la Bonne Nouvelle ou l’Évangile qui est le terme grec pour dire Bonne Nouvelle (note: le mot« évangile » est emprunté au grec ancien e?a??????? / euaggélion qui se traduit littéralement par « bonne nouvelle »).
Pourquoi? Parce qu’ils la réduisent à des enseignements seulement, à des lois et des préceptes comme ils sont habitués de le faire avec leurs Écritures. Or la Loi Nouvelle qu’annonce Jésus est au-delà des normes et des obligations auxquels ils sont habitués, elle est la Loi de l’Amour. Les disciples de saint Jean le comprendront très bien lorsqu’ils écriront dans une lettre qui nous a été conservée : « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui… ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés » (I Jean 4, 8-10).
Voilà l’essentiel du message de Jésus. Pour le recevoir, il faut accepter de se laisser dépouiller de ses fermetures et de ses sécurités. Il faut prendre le risque de la foi. Il faut sortir de ses certitudes pour faire confiance à quelqu’un qui nous aime, un Dieu bon et miséricordieux qui ne saurait nous écraser car il nous regarde tous et toutes comme ses enfants.
L’amour si bellement décrit par saint Paul dans la deuxième lecture prend ses racines dans cet amour infini de Dieu qui nous aime. « S’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. etc. »
Devant la contestation violente des gens de Nazareth, Jésus, rempli de l’Esprit de Dieu, s’élève au-dessus de leurs réactions mesquines. Il les met de côté ostensiblement en fendant la foule d’un pas assuré et il va son chemin. « Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin ».
C’est sur d’autres routes qu’il continuera sa prédication jusqu’à celle du Calvaire où la Croix l’attend.

Conclusion
Le Dieu Amour prêché par Jésus attend de nous une réponse de foi et de confiance malgré les incertitudes et les questionnements. Même lorsque nous sommes déroutés, nous pouvons regarder Jésus qui sera notre modèle, notre frère, notre ami tout en demeurant notre Seigneur et notre Maître.
Que cette célébration eucharistique nous renouvelle dans notre adhésion de foi à Jésus, messager de la Bonne Nouvelle qui est lui-même. Ressuscité et bien vivant, il est présent dans tous les rassemblements dominicaux comme le nôtre qui se tiennent dans le monde entier.
Unissons-nous à nos frères et sœurs qui, en ce moment, comme nous, font mémoire de la présence vivifiante du Seigneur Ressuscité en partageant son Corps et son Sang sous les espèces Pain et du Vin.

Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

HOMÉLIE POUR LE 3E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE ANNÉE C : « IL PRIT LE LIVRE »

24 janvier, 2019

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-3e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-Annee-C-Il-prit-le-livre_a876.html

fr

« Aujourd’hui cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie. »

HOMÉLIE POUR LE 3E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE ANNÉE C : « IL PRIT LE LIVRE »

Textes: Néhémie 8, 2-4a.5-6.8-10, 1 Corinthiens 12, 12-30 et Luc 1, 1-4 ; 4, 14-21.

Les lectures d’aujourd’hui sont d’une telle richesse qu’on souhaiterait pouvoir reprendre chacune pour elle-même et la commenter longuement. Comme elles sont été choisies pour accompagner notre liturgie de ce dimanche, essayons d’en voir les applications qui s’en dégagent pour nous et notre assemblée. Notre fil conducteur sera le livre ouvert.

I – Une lecture qui surprend
Lorsque Jésus ouvre le livre à la synagogue, il lit un passage des plus importants qui décrit par avance sa mission avec les mots du prophète Isaïe. « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur ». On s’imagine facilement tout l’émoi qu’il a ressenti en prononçant ces paroles. Il ne pouvait pas ne pas en être touché à ce moment-là.
Saint Luc continue de nous faire suivre Jésus sur les chemins de Galilée. Celui-ci s’est éloigné de sa famille et il a commencé à prêcher la Bonne Nouvelle. Il a été baptisé par Jean-Baptiste comme on l’a célébré l’avant-dernier dimanche. Il a déjà appelé quelques disciples et les foules le suivent pour l’entendre et pour lui présenter leurs maladies car il opère de nombreuses guérisons. Il fait déjà figure de personnage hors norme. Il revient dans son village.
Le texte d’Isaïe qu’il lit s’applique à lui parfaitement. Les gens ne sont pas sans se rendre compte qu’ils sont devant quelque chose de nouveau et d’inédit. Avec Jésus il se passe quelque chose de spécial. Il est déjà celui qui libère les pauvres, qui fait voir les aveugles, qui fait entendre les sourds, comme le proclame Isaïe.
Jésus en ouvrant le livre s’inscrit dans une histoire et recueille un héritage. Sa mission en est une qui rejoint les attentes de son peuple. Il n’est plus seulement le fils du village. Il est le porteur du salut pour son peuple et pour l’humanité. Il en est maintenant très conscient. Tous ont les yeux fixés sur lui. Il n’hésite pas et il plonge. Il leur dit : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre ». Voilà!
Cet épisode que saint Luc nous raconte campe dès les débuts de la prédication de Jésus un personnage rempli d’assurance, décidé à accomplir la volonté de Dieu sur lui quelle qu’en soit l’issue. Il vit dans l’aujourd’hui de Dieu.

II – La célébration d’Esdras
La première lecture nous présente un temps fort de cet aujourd’hui de Dieu lors du retour des juifs de leur exil à Babylone (vers 459 avant Jésus-Christ). C’est un des leurs, Esdras qui se charge d’en faire la célébration qui nous est rapportée avec plein de détails. Nous avons ici un autre moment charnière de l’histoire du salut où dans le livre ouvert comme à Nazareth se rencontrent les espoirs et les attentes d’un peuple, son héritage et son avenir.
Le prêtre et scribe Esdras dresse un podium pour que la proclamation de la Parole de Dieu retrouvée dans le livre de la Parole de Dieu (le livre de la Loi) soit entendue de tout le monde. L’ouverture du livre de la Parole de Dieu est tout un cérémonial. Le livre est ouvert en grande pompe pour que les personnes se laissent rejoindre par ce qu’elles entendront. « Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout. Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit :  » Amen ! Amen ! » ».
Dans cette célébration, c’est l’ouverture à la Parole de Dieu qui est ce qui est le plus important. Esdras lit un passage dans le livre de la Loi (de la Parole de Dieu), puis les Lévites (ses assistants) traduisent, donnent le sens, et l’on peut comprendre.
Traduire, donner le sens et comprendre, trois mots qui s’appliquent encore aujourd’hui à notre lecture de la Parole de Dieu. Car celle-ci n’est pas une lettre morte, mais une parole vivante qui contient toujours des choses nouvelles. Comme au temps d’Esdras, la Parole de Dieu est notre album de famille qui contient les récits des événements importants de l’histoire de la rencontre de Dieu avec l’humanité à travers de grands témoins de ces rencontres comme Abraham, Moïse, David et les prophètes de l’Ancien Testament. Ils sont suivis du précurseur de Jésus, Jean-Baptiste, puis des apôtres avec au premier rang saint Pierre et saint Paul dont on a conservé de nombreuses lettres que nous lisons encore aujourd’hui à la messe. Ces lettres s’ajoutent aux autres écrits du Nouveau Testament notamment les évangiles qui rapportent les faits et gestes de Jésus qu’on a recueillis après sa Résurrection.
Tous ces récits et ces textes sont pour nous les sources principales de notre foi. C’est pourquoi, il est important de se le dire et de se le redire souvent, de les ouvrir et de les écouter dans la foi.

III – Le Corps Mystique
La meilleure façon de le faire est de se rassembler ensemble pour, comme au temps d’Esdras et de Jésus, entendre la Parole de Dieu ensemble. Celle-ci a une force particulière lorsqu’elle est proclamée et célébrée en communauté. Les juifs le faisaient à la synagogue comme on le voit dans la scène qui nous est racontée par saint Luc ce matin. Les premiers chrétiens, eux, le faisaient en se réunissant dans les maisons des uns et des autres et même parfois dans les catacombes (des lieux de sépulture souterrains où ils ensevelissaient leurs morts dont plusieurs peuvent encore être visitées à Rome).
Encore de nos jours, le livre de la Parole de Dieu, continue de rassembler. Dans nos célébrations on porte ce livre avec respect, on le montre à l’assemblée, on le baise. La liturgie nous en fournit des extraits bien choisis à chaque dimanche dans cette partie de la messe qu’on appelle la Liturgie de la Parole.
C’est dans l’écoute de la Parole de Dieu que se forme et que vit ce corps dont parle saint Paul qui est l’assemblée des personnes croyantes, l’Église. La Parole de Dieu rassemble et nourrit chaque membre du Corps mystique du Christ qui est l’Église où tous sont sur un pied d’égalité et ont la même importance. « [Dieu] a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres. Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie ».

Conclusion
Frères et sœurs, que ces scènes du livre ouvert des Écritures, de la Parole de Dieu soient pour nous une invitation à nous tourner toujours de plus en plus vers Jésus, Parole de Dieu incarnée. Comme le dit le début de la Lettre aux Hébreux c’est toujours par Lui que Dieu parle aujourd’hui comme alors : « À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes ».
« En ces jours où nous sommes »… Jésus, le Fils du Père est bien au milieu de nous ce matin par sa Parole et par le Pain et le Vin consacrés. Accueillons-le avec un cœur aimant et avec une foi totale.

Amen !
Mgr Hermann Giguère P. H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

CONVERSION DE SAINT PAUL – HOMÉLIE – 25 JANVIER

23 janvier, 2019

http://www.saint-martin-arlon.be/homelies-2009/796-homelie-du-dimanche-25-janvier-2009-conversion-de-saint-paul

conversion 1

Conversion de Saint Paul

HOMÉLIE DU DIMANCHE 25 JANVIER – CONVERSION DE SAINT PAUL

En cette fête de la conversion de saint Paul, c’est Paul lui-même qui nous raconte, ce matin, sa conversion. Il nous dit, dans la première lecture : « Comme j’étais en route et que j’approchais de Damas, vers midi, une grande lumière venant du ciel m’enveloppa soudain. Je tombais sur le sol, et j’entendis une voix qui me disait : ‘‘Saul, Saul, pourquoi me persécuter’’ ?» Ac.22,6.

Il faut se dire que toute véritable conversion commence toujours par une initiative de Dieu. C’est lui qui vient nous chercher dans le concret de notre vie, (dans le concret) de notre quotidien, sur nos chemins vers Damas.
Et souvent, la première chose que Dieu doit faire pour nous aider à nous convertir, à ouvrir nos yeux sur ce qui est essentiel, c’est, finalement, de nous les fermer tout un temps. Voilà pourquoi, il est important pour Dieu, quelque part, de nous ‘‘désarçonner’’, c’est-à-dire de venir nous secouer du haut de nos certitudes, là où nous sommes cramponnés et totalement centrés sur nous-mêmes. Et cela, il va le faire par des événements qui nous déstabilisent, et à la suite desquels nous nous retrouvons parfois les fesses par terre, c’est vrai, c’est le cas de le dire.
Je ne crois pas non plus que ce soit un hasard si Paul, dans le récit de sa conversion, a choisi de mettre en évidence ce qui pourrait ne sembler qu’un détail. Il dira, en effet : « vers midi, une grande lumière venant du ciel m’enveloppa ».
Ce ‘‘midi’’, c’est bien plus qu’un indicateur de temps chronologique. Sur le chemin de la vie, c’est plutôt un indicateur d’ordre existentiel. Il nous renvoie à une étape très précise de vie, caractérisée bien souvent par toute une série de remises en question. C’est cette fameuse crise du milieu de vie, cette crise de la quarantaine.
Il y a, en effet, des moments charnières dans la vie, où nous sommes plus sensibles à cette remise en question.
Il est intéressant de voir qu’on appelle souvent ces moments : ‘‘crises’’, parce qu’ils nous secouent, dans ce qui jusque-là était pour nous des repères, des évidences.
On a parlé de la crise des 40 ans, mais avant celle-ci, qui ne se souvient plus de sa crise d’adolescence? Et même si vous l’avez oubliée, allez demander à vos parents, je crois qu’eux sont loin de l’avoir oubliée. (Ils en ont bavé)
Ce sont les deux crises majeures dont on parle le plus souvent. Mais n’oublions pas une troisième crise, qui peut survenir, plus tard. Elle aussi, comme les deux autres, peut nous déstabiliser très sérieusement ; par exemple lorsque le temps de la retraite arrive, ou que l’on fait l’expérience de la vieillesse, de la séparation du conjoint, de la maladie…
Et bien, qu’elle arrive avant les 15 ans, ou entre les 35-45 ans, ou après les 65 ans, cette étape peut être vécue comme un moment très riche et très beau. Elle ne devient une vraie crise, au sens négatif du terme, avec tout son caractère dramatique et désespérant, que si on n’arrive pas à faire le deuil de l’étape de vie précédente.
C’est pourquoi il faut bien comprendre, que tourner la page ne veut pas dire arracher la page !
Trop souvent, je rencontre des personnes qui traversent l’une ou l’autre de ces crises majeures et qui sont confrontées à une tentation très dangereuse : celle de vouloir tout arrêter et de tout recommencer à zéro. Cela peut commencer tout simplement par un changement de coiffure, un changement de voiture, un changement de fréquentations, pour en arriver à un changement radical de travail, un changement de pays, voir même un changement de partenaire, par le divorce.
Comprenons que si arracher la page précédente est de l’ordre de la rupture, tourner la page est de l’ordre de la continuité, de l’évolution, de la maturité.
Prenez l’exemple de notre fameuse chrysalide. A un moment donné, elle aussi passe par une crise de croissance. Elle doit choisir de rester toute sa vie une chrysalide, en assumant le risque d’étouffer dans une carapace qui ne sait plus la contenir, ou bien passer à autre chose.
Toute la question est de savoir vers où aller. Pour cette chrysalide, vouloir devenir un oiseau serait de l’ordre de la rupture, tandis que devenir un papillon est de l’ordre de la continuité. Quelle est la différence entre les deux choix ? Les deux ouvrent sur un changement, mais seul le deuxième, celui de l’évolution et de la maturité, respecte profondément la chrysalide dans ce qu’elle est au plus intime d’elle-même.
C’est la même chose pour saint Paul. À un moment donné, lui aussi est confronté à une remise en question très sérieuse. C’est le jour où il doit reconnaître qu’il porte en lui plus de questions que de réponses : « Qui es-tu, Seigneur ? » et plus loin : « Que dois-je faire ? ».
C’est seulement à ce moment là que pour Paul s’ouvre la possibilité de la vraie conversion, celle qui ‘‘décoiffe’’ !
Et il ne fera pas sa petite crise d’ado, en claquant la porte et en allant vendre des kebabs dans une friterie de Jérusalem. Non. Il ne rejettera pas toute son éducation pharisienne et sa culture romaine, mais il les intégrera profondément et il s’en servira pour les mettre au service de sa vraie vocation : l’amour pour les païens, pour les lointains.
Ce n’est pas lui, Paul, qui a changé, mais son regard ! À partir de ce moment, son critère ultime ne sera plus la règle, la Loi, mais l’amour. La règle sera toujours là, mais elle retrouvera sa juste place dans sa vie, comme moyen de tenir sur la durée et non pas comme but d’une vie.
Et s’il y a des ruptures inévitables à faire, dans notre vie, des distances à prendre, ce n’est que pour nous permettre de retrouver notre vraie identité, notre vraie place dans la vie. Non pas pour nous coller dessus encore un autre masque, pour nous cacher derrière une autre identité ou pour nous protéger derrière une autre carapace.
Je souhaite pour nous tous dans cette remise en question, mais à plus forte raison pour ceux qui se reconnaissent dans cette étape de croissance qui est la crise, que cette phase de conversion les ouvre sur un temps de discernement. Que cette crise personnelle, tant au niveau du cœur, qu’à celui de l’argent, du travail, de la santé, ou de la conscience ne nous décourage pas. Peut-être que le Seigneur n’est pas si loin et qu’il nous attend pour ouvrir, devant nous, un nouvel horizon.
Mais surtout ne laissons pas ou ne laissons plus notre argent, notre pouvoir, notre plaisir, notre esprit de contradiction, notre sensualité, ou notre colère être le moteur de notre vie et décider pour nous, à notre place.
Que nous sachions tourner la page, oui, mais sans l’arracher.
Et que le Seigneur mette toujours sur notre chemin des ‘‘Ananie’’, c’est-à-dire ces témoins inspirés de son amour et capables de nous écouter en profondeur et de nous encourager à oser faire des choix d’authenticité, qui nous respectent.

Abbé Pietro CASTRONOVO – Vicaire de Saint-Martin

HOMÉLIE POUR LE 2E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C : « FAITES TOUT CE QU’IL VOUS DIRA »

18 janvier, 2019

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-2e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-Faites-tout-ce-qu-il-vous-dira_a875.html

fr nozze di cana pinacoteca nazionale di bologna

Mariage à Cana, Pinacothèque nationale de Bologne

HOMÉLIE POUR LE 2E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C : « FAITES TOUT CE QU’IL VOUS DIRA »

Textes: Isaïe 62, 1-5, I Corinthiens 12, 4-11 et Jean 2, 1-11.

Il y a quelque temps un de mes neveux a fait son mariage à la manière hindoue à cause de son épouse et des parents de celle-ci qui le désiraient ardemment.
Ce fut une célébration grandiose qui dura deux jours. Toute une fête. Il ne s’agissait pas seulement de l’échange de consentements, mais il s’agissait d’un événement social pour la famille, les amis et amies et les personnes invitées.

I – Les noces de Cana
Je pense qu’il s’agit de quelque chose de semblable aux noces de Cana. Jésus s’y présente au mariage d’une connaissance avec sa mère Marie. C’est tout un évènement pour les personnes invitées et pour les gens de Cana.
Ce n’est pas pour rien que le premier miracle de Jésus se joue dans ce contexte. Saint Jean veut lui donner un relief et une publicité qui attirent l’attention, car il est le signe que Jésus se laisse arracher à sa vie antérieure pour aller vers ce que saint Jean appelle son Heure c’est-à-dire la réalisation de sa mission sur la terre.
Ce miracle est donc le signe du don que Jésus fera lorsque cette Heure sera venue où ce ne sera plus du vin qui coulera mais son sang versé pour le salut du monde.

II – Le rôle de Marie, mère de Jésus
Dans ce premier miracle de Jésus que raconte saint Jean, celui-ci a voulu donner à la mère de Jésus, Marie, une place particulière. Ses paroles nous interpellent ainsi que la réponse de Jésus.
« Ils n’ont plus de vin » dit Marie. Elle l’a remarqué comme toute personne habituée à recevoir de la visite à la maison. Elle le constate et le dit à Jésus en sollicitant implicitement qu’il fasse quelque chose. Elle ne le demande pas carrément, mais elle fait état de la situation. Jésus semble indifférent : « Femme que me veux-tu? » et pourtant la suite de la scène montre qu’il est touché par cette constatation de sa mère. Celle-ci, connaissant bien Jésus et sachant qu’il s’est désormais lancé dans sa mission d’annoncer la Bonne nouvelle, dit aux serveurs : « Faites tout ce qu’il vous dira ».
Cette indication de Marie a traversé les siècles Elle nous est répétée encore aujourd’hui. C’est le message principal de cette scène unique dans les évangiles où l’on voit Marie et Jésus en interaction.
Marie qui est aussi notre mère nous dit la même chose à chaque fois que nous nous tournons vers elle : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Rendue dans la gloire du ciel avec son Fils, elle ne cesse de nous soutenir par son intercession pour réaliser ce que Jésus désire pour nous.

III- Le rassemblement dominical
Ce miracle qui a lieu dans un grand rassemblement est aussi le signe du rassemblement que nous avons en communauté à chaque dimanche dans la célébration de l’Eucharistie.
L’Eucharistie est le signe que nous sommes membres d’une communauté, d’un corps où chaque personne l’enrichit par ses dons comme dit saint Paul dans la deuxième lecture : « Les dons de la grâce sont variés, écrit saint Paul aux fidèles de Corinthe, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous ». Par la suite, saint Paul fait une énumération détaillée de ce qu’il a pu observer chez les Corinthiens et dans les autres communautés qu’il a fondées. Cette liste peut nous être encore bien utile aujourd’hui.
Un baptisé n’est pas un être isolé dans sa recherche et dans sa foi. Il est solidaire de tous ceux et celles qui comme lui cherchent et croient en Jésus. Il le manifeste, en particulier, par le signe de l’Eucharistie qui est le sacrement où Jésus se donne à nous, le sacrement qui rappelle sa Mort et sa Résurrection et qui nous rassemble dans son amour.
Comme le mariage de Cana, le rassemblement des baptisés est un rassemblement social, mais il est aussi un échange, la rencontre de l’Église, Épouse du Christ, avec son Époux, le Christ lui-même. Il est une fête pour les fidèles qui s’y retrouvent et il est, comme le dira saint Paul, l’annonce du Royaume à venir (I Corinthiens 11, 26), des noces éternelles dans la gloire du Père.

Conclusion
Nous avons parcouru rapidement cette belle scène des noces de Cana. Retenons la conclusion qu’en tire saint Jean : « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit… Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. »
Jésus continue de manifester sa gloire dans chaque Eucharistie et aussi dans notre monde de diverses façons, mais plus particulièrement à travers les pauvres qui sont aussi sa présence parmi nous. Comme ses disciples, croyons en lui et il nous le rendra de mille manières en faisant déborder nos outres de bon vin. C’est ce que je nous souhaite à toutes et à tous.
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Séminaire de Québec
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval

 

HOMÉLIE POUR LE BAPTÊME DU SEIGNEUR ANNÉE C : « TOI, TU ES MON FILS BIEN-AIMÉ »

11 janvier, 2019

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-Bapteme-du-Seigneur-Annee-C-Toi-tu-es-mon-Fils-bien-aime_a874.html

imm Battesimofr

HOMÉLIE POUR LE BAPTÊME DU SEIGNEUR ANNÉE C : « TOI, TU ES MON FILS BIEN-AIMÉ »

Nous avons vécu dimanche dernier la fête de l’Épiphanie. Aujourd’hui avec la solennité du Baptême du Seigneur, nous célébrons une théophanie (du grec théos – Dieu et phanein – éclairer) c’est-à-dire une manifestation de Dieu, une illumination ou un éclairage sur ce qu’il fait pour nous.
I – La prédication de Jean-Baptiste
Cette scène se produit au désert où prêche Jean-Baptiste qui est celui qu’annonce le prophète Isaïe que nous avons entendu dans la première lecture lorsqu’il dit : « Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu ».
C’est la mission de Jean-Baptiste de préparer le chemin du Seigneur, de tracer une route pour notre Dieu qui vient sauver son Peuple en lui envoyant son Fils Bien-Aimé, que le prophète Isaïe dans ses enseignements appelle « Emmanuel » ce qui veut dire « Dieu-avec-nous » (Isaïe 7, 1). Jean-Baptiste a été consacré dès sa naissance pour cette mission de préparation du chemin du Seigneur.
Devenu adulte, il s’isole dans les déserts autour de Jérusalem qui bordent le fleuve le Jourdain. On nous le présente ailleurs dans l’évangile comme quelqu’un de détaché de lui-même tout entier à sa mission, se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage vêtu de poil de chameaux avec une ceinture de cuir autour des reins (Marc 1, 6) à l’écoute des signes que Dieu lui fait. Il est bien conscient qu’il doit attendre Celui que Dieu envoie et qui n’est pas lui-même : « Il est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales ».
Le désert où il vit est le lieu de toutes les possibilités. C’est à travers le désert que Dieu a fait cheminer son Peuple pour l’amener à la Terre promise et c’est dans le désert que Jean-Baptiste appelle à la conversion. Éloignés de la vie ordinaire, les gens qui le rejoignent se laissent interpeller. Ils ne sont pas surpris de son enseignement car, comme lui, ils attendent Celui qui doit venir.
Pour vivre cette attente, un geste important leur est proposé par Jean-Baptiste : le baptême.
II – Un geste de conversion : le baptême
Le baptême de Jean consiste à inviter les gens à entrer dans l’eau du Jourdain qui est versée sur les personnes acceptant ainsi de se laisser purifier par Dieu pour rendre leur attente de Celui qui vient dégagée des égoïsmes, des orgueils et des vanités qui risquent de les enfermer dans leur satisfaction de faire partie du Peuple élu. Le baptême de Jean-Baptiste est un geste de conversion.
Jean-Baptiste en reprenant les paroles d’Isaïe invite au changement d’attitudes, à la « métanoia », à un nouveau départ : « Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée ! »
Ce message de conversion retentit avec force, car Jean-Baptiste dans sa vie dépouillée est l’image parfaite du juif croyant qui n’a pas d’autre attente que celle de voir l’Envoyé de son Seigneur, le Messie attendu. Vivant à une époque où Israël est sous la domination de Rome, il ne cherche pas de chef militaire ou politique. Il s’inscrit dans le message des prophètes d’Israël qui annoncent la venue d’un Messie-Serviteur qui transforme l’histoire d’Israël.
Et au moment où il donne le baptême à Jésus qui s’est mêlé simplement aux personnes présentes, le choix de Dieu retentit. Des paroles se font entendre, et un signe matériel sous la forme d’une colombe se produit.
Le voilà le Messie-Serviteur, l’Élu de Dieu.
III – La théophanie
Cet agencement du récit de saint Luc s’appelle une théophanie, une manifestation de Dieu, comme nous l’avons dit en commençant. Ce qui était un baptême parmi d’autres devient un événement qui marquera la vie de Jésus de façon indélébile. Au sortir de son baptême, il prend conscience qu’il est particulièrement aimé de Dieu. Il fait partie des personnes que Jean baptise, mais il s’en distingue par cette attention que lui porte Dieu et qu’exprime, dans le récit de saint Luc, une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie ».
Cette voix n’est pas faite de sons uniquement, elle exprime une réalité fondamentale dans la mission de Jésus. L’image de la colombe renvoie à l’Esprit Saint qui en est la source. Ainsi dans cette théophanie, Jésus sort de l’ombre car il est Celui qui doit venir, le Fils même de Dieu qu’il appellera son Père car il y a entre Dieu et lui un lien unique comme celui d’un père qui regarde son fils : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ». Cette révélation se complète dans l’affirmation qui l’accompagne « en toi, je trouve ma joie ». Cette joie c’est le débordement de l’amour de Dieu, cet amour par lequel Dieu s’aime lui-même et ce qui extérieur à lui qu’on appelle « agapè » ou « charité ». Cet « agapè » remplira totalement Jésus au point qu’il dira avant de mourir : « Il n’y a pas de plus grand amour de que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». (Jean 15, 13)
Les disciples de saint Paul avaient bien compris le sens de la mission de Jésus et le texte de la Lettre à Tite en donne un résumé saisissant en mettant notre baptême en relation avec le baptême de Jésus. Je me contenterai de relire la fin de ce passage que nous fournit la deuxième lecture ce matin et qui est on ne peut plus clair. Voici ce passage : « Lorsque Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et son amour pour les hommes, il nous a sauvés, non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous en abondance, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle. »
Voilà où aboutit la mission de Jésus qui s’inaugure aujourd’hui par son baptême dans le Jourdain : « nous rendre justes par la grâce de Dieu et nous faire devenir héritiers de la vie éternelle ».

Conclusion
Dans chaque Eucharistie nous nous unissions de façon réelle à Jésus dans sa mission que nous partageons. Baptisés en Lui, avec Lui nous vivons tout entiers pour Dieu. La célébration de sa Mort et de sa Résurrection sous les signes du Pain et du Vin consacrés est une proclamation qu’il est toujours vivant. Nous en témoignons aujourd’hui, chacun et chacune à notre façon dans nos vies quotidiennes, par une foi renouvelée et agissante « jusqu’à ce qu’il vienne » comme dit saint Paul (I Corinthiens 11, 26).
Amen!

Mgr Hermann Giguère P. H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

HOMÉLIE POUR L’ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR OU FÊTE DES ROIS « LUMIÈRE DES NATIONS »

5 janvier, 2019

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-l-Epiphanie-du-Seigneur-ou-Fete-des-Rois-Lumiere-des-nations_a873.html

imm pens e fr - Copia

HOMÉLIE POUR L’ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR OU FÊTE DES ROIS « LUMIÈRE DES NATIONS »

Solennité de l’Épiphanie du Seigneur le 6 janvier 2019 Textes: Isaïe 60-1-6, Éphésiens 3, 2-3a.5-6 et Mathieu 2, 1-12.

La fête d’aujourd’hui prolonge celle de Noël. Elle nous parle encore de la manifestation de Dieu dans le monde par la venue parmi nous de son Fils bien-aimé sous les traits d’un enfant. Trois personnages partis de loin sont venus l’adorer et lui offrir des présents. Ce sont les mages que la tradition a appelé les « Rois mages » dont saint Mathieu nous raconte la visite dans le texte de l’évangile qui vient d’être lu.
Plusieurs éléments de ce récit peuvent retenir notre attention avec profit, J’ai choisi l’étoile, le but du voyage des mages et les présents. Nous sommes nous aussi comme ces mages. Ils nous représentent bien. Commençons par l’étoile.

I – L’étoile
J’ai lu que des scientifiques ont cherché à découvrir ce qui s’était passé avec cette étoile que les mages ont vue. Il se peut disent certains que c’était le passage d’une comète qui laissait une trace visible dans le ciel. Peut-être! Toutefois, saint Mathieu donne à cette étoile un rôle bien particulier qui n’est pas une explication astronomique.
Premièrement, l’étoile des mages apparaît de façon subite et elle sort ceux qui l’observent de leur vie ordinaire. Elle est un signal qui les appelle à quelque chose de nouveau. Deuxièmement cette étoile des mages pour saint Mathieu indique le chemin à suivre pour entrer dans cette nouveauté qui apparaît sans savoir exactement où cela conduira. Et enfin, l’étoile des mages échappe à leurs regards à certains moments et elle disparaît totalement une fois qu’il sont arrivés à leur but.
Ces trois fonctions de l’étoile des mages : signal, chemin et guide s’appliquent très bien à nous aujourd’hui qui, comme les mages, cherchons à reconnaître l’action et la présence de Dieu dans nos vies.
Comme l’étoile des mages, Dieu apparait souvent de façon impromptue et subite dans nos vies. Il nous donne un signal. Et il nous mène hors des sentiers battus. Il nous provoque à sortir de nos habitudes pour aller vers des nouveautés où il nous attend. Soyons des personnes attentives aux signes de sa présence. En deuxième lieu, dans notre chemin de vie, comme les mages, nous avancerons avec confiance car notre route est remplie de la lumière de Dieu, de son amour et ainsi nous sommes conduits à la bonne destination. Troisièmement, pour nous aussi, comme il est arrivé aux mages, l’étoile de la présence de Dieu disparaîtra, se cachera parfois. Après avoir reçu des lumières, nous passerons à travers des moments de questionnement, de purification de notre foi. La présence de Dieu nous semblera disparue, puis tout à coup elle reviendra nous éclairer de nouveau. Comme les mages continuons notre chemin et soyons persévérants.

II – Le but du voyage des mages
Ce beau récit de la visite des mages, par ses détails nombreux et ses rebondissements, peut nous faire oublier que le personnage principal de ce récit ce ne sont pas les mages, mais Jésus lui-même dans sa mission pour le monde.
En effet, c’est la découverte de l’Enfant-Jésus qui qui est le but de leur voyage. Resplendit dans l’enfant qu’ils vénèrent le Sauveur du monde. Cet enfant est la lumière des nations. Tout petit à Bethléem dans les bras de sa maman il porte le poids du monde qu’il vient sauver et ramener à Dieu. Son nom Jésus veut dire « Sauveur ».
Les trois mages venus de loin symbolisent les nations qui recevront le message de Jésus qui n’est pas venu seulement pour les brebis d’Israël mais pour toutes les nations. Le salut est offert à toute personne qui croit en Jésus car, comme dit saint Paul dans la deuxième lecture tirée de sa Lettre aux Éphésiens « toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile ».
Cette universalité du salut offert à toutes les nations est ce qui est célébré lorsque nous désignons cette fête d’aujourd’hui comme une « épiphanie ». Ce terme « épiphanie » vient du grec et il veut dire briller (phainein) sur (épi). La fête de l’Épiphanie est une apparition, une révélation, une manifestation de Dieu. La Jérusalem de la première lecture est l’image de cette manifestation de Dieu qui se continue : « Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore » proclame le prophète. On comprend que cette manifestation rende ceux et celles qui la vivent remplis de joie comme dans le cas des mages qui manifestent celle-ci par leurs présents.

III – Les présents
Venons-en maintenant aux présents des mages que la tradition a retenu comme des dons précieux et qui sont d’un symbolisme très riche pour nous.
L’or. C’est ce qui, en nous, a été reçu de Dieu, c’est notre vie, nos capacités personnelles, nos talents et nos ressources. C’est tout notre être, car comme Dieu le dit à chacun et chacune d’entre nous : « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime ». (cf. Isaïe 43, 4) Nous sommes pour Dieu des personnes remplies de richesses de toutes sortes qu’il a déposées en nous de toute éternité. Voilà notre or.
L’encens. Cette image de l’encens qui parfume les lieux où il est employé et qui monte vers le ciel représente notre cœur, nos sentiments, notre amour, notre foi, notre espérance qui rayonnent autour de nous. Ceux et celles qui nous voient et nous rencontrent peuvent les percevoir et en rendre gloire à Dieu.
La myrrhe qui est une préparation qui sert à l’embaumement des corps nous rappelle que nos corps sont une demeure de Dieu, un temple de l’Esprit Saint et qu’après notre mort, ils revivront un jour dans la résurrection finale avec le Christ. Cette préparation qu’est la myrrhe est aussi un symbole de la mort de Jésus par laquelle nous sommes sauvés.

Conclusion
Comment vivre cette épiphanie que les mages ont vécue si ce n’est en faisant comme eux et… en retournant chez nous ? En effet, nos eucharisties nous invitent, après la rencontre avec le Christ à la messe, à sortir et à reprendre notre vie de tous les jours en y cherchant la présence de Jésus. Il se manifestera comme c’est arrivé pour les mages, soyons-en sûrs.
Ses manifestations ne seront pas des manifestations de gloire. Elles seront désarçonnantes. Elles se feront dans la faiblesse comme celle de l’enfant que les mages adorent. « Je suis venu, dira Jésus plus tard, pour servir. Je ne suis pas un Sauveur qui affiche sa puissance, mais je suis un Sauveur humble venant vers vous avec humilité pour tous et toutes et spécialement pour les pauvres et les petits qui m’accueillent » (cf. Mathieu 20, 28).
Que ces pensées mûrissenet en nous en ce jour de l’Épiphanie, une fête merveilleuse qui nous permet de retourner vers nos occupations remplis de la joie d’avoir rencontré le Sauveur de nos vies dans l’enfant que nous avons vénéré à Noël et que nous vénérons de nouveau avec les mages en ce jour.
Amen!

Mgr Hermann Giguère P. H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

HOMÉLIE POUR LA FÊTE DE SAINTE MARIE, MÈRE DE DIEU, LE 1ER JANVIER, LE JOUR DE L’AN ANNÉE C « QUE DIEU NOUS PRENNE EN GRÂCE ET QU’IL NOUS BÉNISSE! »

31 décembre, 2018

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-la-fete-de-Sainte-Marie-Mere-de-Dieu-le-1er-janvier-le-Jour-de-l-An-Annee-C-Que-Dieu-nous-prenne-en_a872.html

Marie Mère de dieu fr

 Marie, Mère de Dieu, Icône russe, ce type d’icône a un nom, mais je ne m’en souviens pas.

HOMÉLIE POUR LA FÊTE DE SAINTE MARIE, MÈRE DE DIEU, LE 1ER JANVIER, LE JOUR DE L’AN ANNÉE C « QUE DIEU NOUS PRENNE EN GRÂCE ET QU’IL NOUS BÉNISSE! »

1 janvier 2019 Année C Textes: Nombres 6, 22-27, Galates 4, 4-7 et Luc 2, 16-21. 

Trois sujets pour commencer notre nouvelle année. Premièrement : des vœux, deuxièmement : la fête de Marie, Mère de Dieu et troisièmement : la Journée Mondiale de la Paix. Un mot sur chacun de ces sujets.

I – Les vœux pour la nouvelle année
Les vœux que je veux vous faire cette année se modèlent sur la première lecture et je vous dis « Que le Seigneur vous bénisse et vous garde ! Que le Seigneur fasse briller sur vous son visage, qu’il vous prenne en grâce ! ».
Mes vœux se veulent une bénédiction pour vous et tous ceux et celles que vous aimez, pour ceux et celles qui sont ici, pour ceux et celles qui sont loin, pour ceux et celles qui en ont besoin et qui luttent, pour qui la nouvelle année est loin de changer leur situation parfois miséreuse et pour ceux et celles qui sont dans le besoin d’amour ou de ressources matérielles.
Si je mets mes vœux sous le signe de la bénédiction, c’est parce que j’implore sur vous la bénédiction de Dieu. Et qu’est-ce que la bénédiction? La bénédiction est toujours une reconnaissance que c’est Dieu qui est à l’œuvre comme au début du livre de la Genèse dans la création. « Il y eut un soir, il y eut un matin. Et Dieu vit que cela était bon ». La bénédiction c’est du bien qui sort de Dieu et qui rejoint ceux et celles qu’il a créés humains, êtres vivants et êtres inanimés.
Je souhaite que cette année nous rende de plus en plus conscients que ce que nous sommes nous le tenons de Dieu. Ainsi la bénédiction de Dieu nous incite à tout retourner à Dieu dans l’action de grâces. Je suis béni de Dieu et je bénis Dieu. Voilà le coeur de toute bénédiction et celui de mes vœux cette année.
Recevez ma bénédiction car je vous désire de plus en plus près de celui qui est toute bénédiction et je vous désire des hommes et des femmes de louange et d’action de grâces.
Bien sûr les revers ou les moments difficiles ne nous seront pas épargnés mais ils ne pourront avec la bénédiction de Dieu nous enlever la joie de le reconnaitre et de le louer. Bonne et Heureuse Année!

II – La fête de Marie, Mère de Dieu
Dans ce chemin que sera la nouvelle année pour nous, Marie que nous fêtons aujourd’hui sous le titre de Mère de Dieu, sera celle qui nous conduit et nous ramène toujours vers son Fils Jésus.
Saint Bernard (1090-1153) ce grand docteur de l’Église qui était aussi un grand dévot de Marie utilisait une image pour décrire le rôle qui est le sien dans la vie des chrétiens. Il la présentait comme un aqueduc qui est un conduit qui amène l’eau pour les besoins de toutes sortes. Marie, disait-il, est comme un aqueduc. Mère de Dieu, elle porte et donne Jésus, son fils comme une eau vivifiante qu’elle nous transmet dans toutes les circonstances de notre vie.
Ce rôle de Mère, d’intercession et d’intermédiaire a été bien mis en évidence par saint Jean lors de son récit des noces de Cana (Jean, 2,1-11) où il rapporte ce que Marie dit aux serviteurs qui constatent qu’il n’y a plus de vin : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Et le miracle des urnes remplies de nouveau à pleine capacité de bon vin se produit faisant les invités s’exclamer « On sert d’abord le meilleur vin, mais ici c’est le meilleur qui est pour la fin! ».
Comme un aqueduc, un canal, Marie est pour toute personne baptisée la guide et la lumière qui non seulement nous mène à Jésus, mais elle est aussi, comme Mère de Dieu, celle qui nous donne Jésus. Elle l’a donné une fois à Bethléhem en le mettant au monde, elle continue de le donner à chaque jour à tous ceux et celles qui se confient à elle. Marie a retenu tous les événements entourant la naissance de Jésus de façon spéciale comme le dit l’Évangile et elle les méditait dans son cœur. Elle peut ainsi nous aider à les faire nôtres et à les approfondir sans cesse nous aussi.
A son exemple, méditons les mystères de la vie du Christ (voir l’énumération plus bas) en récitant, si possible à chaque jour, le chapelet ou prenons la résolution de dire au moins quelques « Je vous salue Marie » le soir avant de nous endormir.

III – La Journée Mondiale de la Paix
Le troisième thème de réflexion qui nous est proposé ce matin par le pape est celui de la paix. Comme à chaque année, le pape nous remet une lettre où il nous invite à rechercher par divers moyens que la paix s’instaure de plus en plus dans le monde. Vous comme moi, nous constatons que notre monde en a bien besoin. Les conflits sont monnaie courante dans nos vies, dans nos familles dans nos patries, dans le monde. Mais, ils ne doivent pas prendre le pas sur cette volonté au cœur de toute personne de vivre dans la paix pour pouvoir s’épanouir et se révéler.
Le pape François écrit à l’occasion de cette 52e Journée Mondiale de la Paix, le 1er janvier 2018 : « Il n’y a pas de paix sans confiance mutuelle. Et la confiance a pour première condition le respect de la parole donnée ». Et à partir de là, il développe le thème de cette année qui est : « La bonne politique au service de la paix ».
Même si le thème semble s’adresser uniquement aux personnes qui gouvernent, le pape montre que le service de la paix demande une attitude de dialogue et de respect qui est nécessaire dans toutes les situations et à tous les niveaux politique, social, familial, professionnel. Il cite saint Jean XXIII qui a souvent rappelé la dignité des personnes et il écrit « Nous sommes donc appelés à apporter et à annoncer la paix comme la bonne nouvelle d’un avenir où chaque être vivant sera considéré dans sa dignité et dans ses droits. »

Conclusion
Au début de cette nouvelle année, que la bénédiction du Seigneur descende sur vous et y demeure à jamais et qu’il fasse de vous des gens renouvelés dans leur cœur et dans leur esprit pour sa plus grande gloire.
Amen!

Mgr Hermann Giguère P. H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec
27 décembre 2018

 

12345...69