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HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE A « SEIGNEUR, SI TU AVAIS ÉTÉ ICI… »

27 mars, 2020

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Van Gogh

Van Gogh, Résurrection de Lazare

HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE A « SEIGNEUR, SI TU AVAIS ÉTÉ ICI… »

Textes: Ezéchiel 37, 12-14, Romains 8, 8-11 et Jean 11, 1-45.

Le récit de la résurrection de Lazare est un des récits les plus spectaculaires de l’évangile avec celui de la tempête apaisée par Jésus (cf. Marc 4, 35- 41, Mathieu 8, 23-27, Luc 8, 22-25). Ces deux récits poursuivent le même but à savoir nous montrer que pour Jésus notre Seigneur et notre Sauveur les limites habituelles n’existent pas. La puissance de la grâce de Dieu qu’il apporte a monde franchit tous les obstacles. Il n’y a plus de barrières si la foi est au rendez-vous.
Voilà sommairement dit le message qu’on peut retenir de l’évangile de ce dimanche. Mais prenons le temps d’y regarder de plus près, si vous le voulez bien, car le récit de la résurrection de Lazare comporte pour nous aujourd,hui un enseignement très adapté à nos communautés chrétiennes.

I – Trop tard
Sans entrer dans les détails de ce récit, je retiens un point qui m’a frappé et qui est repris par divers auteurs aujourd’hui comme le Père Martin Werlen, ancien abbé d’Einsiedeln en Suisse (référence à la fin). Ce que j’ai retenu c’est que Jésus arrive trop tard sur les lieux. Marthe ne se gêne pas pour le lui faire remarquer : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » De son côté, Jésus ne se presse pas pour entrer en action : « Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : ‘‘Revenons en Judée’’. »
Cette mise en scène du récit n’est pas anodine. Elle nous fait penser au premier miracle de Jésus à Cana où Marie lui fait remarquer qu’il n’y a plus de vin… trop tard pour les invités qui en redemandent (cf. Jean 2, 8-10).
Ce thème du « trop tard » parcourt plusieurs récits des évangiles et il est riche d’enseignement pour nous. Dans tous le cas, il est associé à une démarche de foi dans le Dieu de l’impossible comme Jésus le dit a ses disciples incrédules : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. » (Marc 10, 27)
Tout est possible pour Dieu.

II – Une foi sans retenue
Le retard de Jésus à se rendre à Béthanie alors qu’on lui a annoncé la maladie de son ami Lazare prépare une venue qui sera l’occasion d’un message essentiel dans la vie des disciples. C’est dans la conversation avec Marthe qu’il ressort le mieux.
Celle-ci est peinée de la disparition de son frère et elle le dit simplement à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Et la conversation continue pour se terminer par une profession de foi de Marthe : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »
Nous y sommes. Dans cette réponse de Marthe nous avons une profession de foi absolue où elle s’en remet totalement à Dieu et reconnait en Jésus son Envoyé. Elle ne met aucune limite à sa foi. Elle ne pose pas de questions. Elle fait confiance à une personne. Cette personne est Jésus qu’on voit tout ému et qui pleure. Ses liens humains sont bien réels, mais il porte en lui la puissance de Dieu. C’est ainsi qu’il la manifestera pour ressusciter Lazare.
Pour Dieu, il n’est jamais trop tard.

III – Application
Ces quelques mots ont cherché dans ce récit un message adapté à notre Église aujourd’hui. Celui-ci touche surtout les Églises qui sont en perte de vitesse. On a l’habitude de dire qu’il est minuit moins cinq pour ces Églises et qu’il faut au plus vite se mettre à l’œuvre. Ce qu’on fait en inventant des moyens de rassemblement nouveaux, des techniques de leadership, des suivis bien planifiés etc. et pourtant le temps passe. Rien ne permet de l’arrêter.
N’est-on pas plutôt dans la situation où Jésus se retrouve avec Lazare ? Il est trop tard. Il n’est plus minuit moins cinq, mais minuit et cinq. C’est dans cette situation que le Dieu de l’impossible se révèle. Ce qui paraît mort, ne l’est pas vraiment, ce qui est passé n’est pas disparu, ce qui a rassemblé n’est pas mort. Ce qui manque c’est la foi en l’action toujours vivante du Dieu de l’impossible. C’est lorsque tout semble perdu, lorsqu’il est trop tard du point de vue de nos regards humains que la grâce de Dieu éclate sans retenue. Le prophète Ézéchiel nous le rappelle dans la première lecture : « Quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ».
Cet abandon confiant n’est pas du défaitisme. Il nous met sur la bonne voie, celle de la foi qui, non seulement s’exprime dans des rites ou des instituions, mais dans une relation personnelle avec celui en qui on met sa confiance. Cette relation personnelle se vivra en nous faisant sortir de nos étroitesses et de nos projets à courte vue. Cette relation personnelle sera une relation d’amour, de confiance et d’abandon. C’est une relation qui fait vivre comme le dit saint Paul dans la deuxième lecture : « Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous ».
Jésus a vécu profondément un abandon total à Dieu toute sa vie et ici devant le tombeau de Lazare de façon exceptionnelle la réponse de Dieu éclate devant tout le monde lorsque Lazare sort du tombeau. L’abandon total de Jésus se terminera sur la croix, mais alors que c’est trop tard pour la plupart de ses disciples, le matin de Pâques la situation est retournée. Il est ressuscité. Il a franchi les limites de la mort et il est vivant pour nous sauver.
Pourquoi ne pourrait-il pas aujourd’hui faire la même chose avec nos communautés chrétiennes, particulièrement celles qui sont démunies et appauvries de toutes sortes façons?

Conclusion
Ce récit de la résurrection de Lazare nous provoque à un surplus de foi dans une époque où se manifeste l’incroyance sous toutes ses formes et où même les personnes croyantes se laissent séduire par l’air ambiant.
Associons-nous de façon spéciale ce matin aux personnes qui se préparent au baptême, les catéchumènes. Normalement, elle serairent baptisées la Nuit de Pâques mais à cause de a crise du coronavirus qui a chamboulé leur préparation et qui limite les rassemblements, il en sera autrement cette année. L’évangile de la résurrection de Lazare préfigure ce que sera le baptême pour elles : le passage de la mort à la vie.
Pour elles comme pour nous, le « trop tard » nous permet d’aller avec confiance vers le Dieu qui peut tout. Le « minuit et cinq » se transforme en une résurrection semblable à celle de Lazare. C’est Lui, Jésus, Roi et le Maître, qui décide de relever ce qui est mort et de le transformer en vie éternelle.
Entrons avec joie dans ce monde de la vie en plénitude qui est commencée en nous par le baptême.
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

4ème dimanche de Carême – Laetare (Année A) (22/03/2020)

20 mars, 2020

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Miracolo del cieco nato

L’aveugle-né

4ème dimanche de Carême – Laetare (Année A) (22/03/2020)

(traduction google de l’italien)

Le miracle de la vie sociale restauré
père Antonio Rungi

L’évangile de ce quatrième dimanche de Carême, qui est défini comme la joie, nous parle précisément de la joie qu’un homme né aveugle a éprouvée, que Jésus guérit et guérit. Ce que cette personne a ressenti en recevant ce don de Dieu, c’est lui-même qui le raconte dans le passage de l’Évangile de Jean, qu’il emmène avec Jésus à Jérusalem à la piscine de Siloe. Jamais comme en ce moment nous n’avons besoin de lumière, pour espérer à la lumière de cette tragédie de l’épidémie de coronavirus avec laquelle nous luttons depuis des mois et nous ne pouvons pas gagner.
Dimanche dernier le thème de l’eau, aujourd’hui c’est le thème de la vue et de la lumière. Quant à l’eau comme à la lumière, ce sont des éléments naturels qui amènent chacun à réfléchir sur le thème de la grâce et de la sanctification personnelle.
La structure de la pièce est bien articulée. Cela part du fait que «Jésus de passage a vu un homme aveugle de naissance et ses disciples l’ont interrogé sur la responsabilité du péché. La cécité et toute autre maladie étaient considérées comme une punition de Dieu à la suite du péché. Et comment dire qui a péché aujourd’hui puisque nous sommes confrontés à une épidémie mondiale? Jésus répond à la question posée et dit: Lui et ses parents n’ont pas péché.  » Cette situation de privation de vision vise à rendre les œuvres de Dieu manifestes. Et en fait en redonnant vie au ciel, Jésus révèle sa toute-puissance et son égalité avec Dieu. Mais nous suivons tout le rituel de guérison de l’homme né aveugle: Jésus avant tout crachait sur le sol, faisait de la boue avec de la salive, étalait de la boue sur les yeux de l’aveugle. Elle lui a alors ordonné d’aller se laver dans la piscine de Sìloe. « 
Immédiatement, il a obéi et est allé se laver et à ce moment-là, il a retrouvé la vue. Les commentaires, les critiques et surtout les doutes ne manquaient pas envers l’ex-aveugle. Finalement, il explique ce qui s’est passé en reconnaissant à Jésus le miracle accompli: « L’homme qui s’appelle Jésus a fait de la boue, l’a enduit aux yeux et m’a dit: » Allez à Sìloe et lavez-vous! « . Je suis allé, me suis lavé et j’ai acheté la vue ».
Insatisfait de son témoignage, les parents de l’aveugle-né ont demandé, qui a confirmé qu’il ne l’avait pas vu depuis sa naissance. Ils ne savaient même pas ce qui s’était passé et comment il était entré en possession de la vue. Au terme d’une enquête menée par les pharisiens, ce qui s’était réellement passé a été confirmé par l’aveugle: il a finalement vu.
Face à la confirmation de ce qui s’était passé, les pharisiens l’ont insulté et à la fin de la discussion, ils l’ont chassé de la synagogue.
Jésus savait qu’ils l’avaient chassé et quand il l’a trouvé, il lui a dit: «Crois-tu au Fils de l’homme?». Il a répondu: « Qui est-ce, Seigneur, pourquoi est-ce que je crois en lui? » Jésus lui dit: « Tu l’as vu: c’est lui qui te parle. » Et il a dit: « Je crois, Seigneur! » Et il s’est prosterné devant lui. Alors Jésus a dit: « C’est par un jugement que je suis venu dans ce monde, afin que ceux qui ne voient pas, voient et ceux qui voient deviennent aveugles. » Certains des pharisiens qui étaient avec lui ont entendu ces mots et ont dit: « Sommes-nous aveugles aussi? » Jésus leur répondit: «Si vous étiez aveugle, vous n’auriez pas de péché; mais comme vous dites: « Nous voyons », votre péché demeure. « 
Nous sommes confrontés à la profession de foi faite par un miracle de l’amour tendre du Christ pour les plus faibles et les plus fragiles de l’humanité. L’aveugle-né qui reçoit la vue en cadeau représente tous ceux qui, par le baptême et la foi, acquièrent une vue plus importante et certainement plus incisive, qui est celle de la foi et de la grâce divine.
Dans le passage de la première lecture, parlant de l’élection du roi David, la venue du vrai et unique roi qui est le Christ Seigneur est préfigurée en lui. Des anticipations des siècles avant, qui créent dans le peuple de Dieu les attentes messianiques dont les textes sacrés nous parlent fréquemment. La narration de la consécration de David le Roi nous fait comprendre de nombreux aspects de la royauté du Christ et de sa mission parmi nous. «En ces jours-là, le Seigneur a dit à Samuel:« Remplis ta corne d’huile et va. Je vous envoie le Bethléemite de Jessé, car j’ai choisi un roi parmi ses enfants. » Samuel a fait ce que le Seigneur lui avait commandé. Comme toujours, Dieu intervient dans l’histoire de l’humanité pour diriger l’humanité elle-même vers le bien. David est choisi par le Seigneur, bien qu’il ne soit pas une grande personne humainement. Ainsi, « Samuel a pris la corne d’huile et l’a ointe parmi ses frères, et l’esprit du Seigneur a éclaté sur David à partir de ce jour. »
Dans la deuxième lecture d’aujourd’hui de la lettre de Saint Paul Apôtre aux Éphésiens, le grand missionnaire de la Passion du Christ, il nous rappelle qu ‘«autrefois nous étions ténèbres, nous sommes maintenant lumière dans le Seigneur. Par conséquent, nous devons nous comporter comme des enfants de lumière; maintenant le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité. La lumière réside dans cela, c’est-à-dire dans le bien qui s’accomplit sans rien attendre en retour, puisque le Seigneur recherche avec amour et prédilection les cœurs bons et généreux.
Essayez de comprendre ce qui plaît au Seigneur. Ne participez pas aux œuvres des ténèbres, qui ne portent pas de fruits, mais condamnez-les ouvertement. De ce qui est fait en secret par [ceux qui désobéissent à Dieu], il est honteux même de parler, tandis que toutes choses ouvertement condamnées sont révélées par la lumière: tout ce qui se manifeste est la lumière. C’est pourquoi il est dit: « Réveillez-vous, vous qui dormez, ressuscitez des morts et le Christ vous éclairera ».
C’est le miracle de la vie, de la lumière, de l’espérance. Ce miracle que nous demandons aussi au Seigneur pour nous en ce moment difficile que nous traversons en Italie et dans le monde. Nous le faisons en adressant cette belle prière au Seigneur.
Seigneur Jésus, nous sommes aveugles quand nous ne voyons ni la terre ni le ciel ni vous.
Nous passons par les miracles de la Création sans perturbation intérieure, sans nous émerveiller de ce que Tu as créé.
Nous fixons nos yeux sur le visage des gens sans ressentir leurs larmes cachées, indifférents comme nous le sommes à tout sentiment de bonté et de charité.
Nous ne connaissons même pas notre monde intérieur, incapable, comme nous, de jeter un regard courageux dans les profondeurs de notre âme, toujours agité par tant de choses qui ne vont pas.
Nous sommes aveugles quand nous croyons savoir, avoir tout sous contrôle, à travers la science et la technologie, nous considérer comme omnipotents et omniprésents, tandis que l’orgueil nous empêche de nous ouvrir à la vraie sagesse de votre lumière, qui est le principal moyen de vous rendre humble.
Seigneur, viens caresser nos yeux, comme tu l’as fait avec l’aveugle d’aujourd’hui.
Venez faire fleurir le miracle de la lumière dans la lourdeur de notre cœur et de notre histoire.
Venez ouvrir les yeux, car nous pouvons percevoir les secrets de votre sagesse lumineuse, qui vient du ciel, et qui se révèlera dans sa plénitude à la fin des temps,
quand nous contemplerons pour toujours la beauté transfigurante de ton visage, ou Dieu d’une lumière immense et d’une joie infinie. Amen.

HOMÉLIE POUR LE 3E DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE A « LA SAMARITAINE : L’EAU VIVE, IMAGE DU BAPTÊME»

14 mars, 2020

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HOMÉLIE POUR LE 3E DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE A « LA SAMARITAINE : L’EAU VIVE, IMAGE DU BAPTÊME»

Textes: Exode 17, 3-7, Romains 5, 1-2.5-8 et Jean 4, 5-42.

À partir du troisième dimanche du Carême cette année (année liturgique A), les lectures dominicales nous invitent à entrer dans un itinéraire baptismal. En effet du 3e au 5e dimanche du Carême on lit, dans l’évangile de saint Jean, les trois grands évangiles de l’initiation catéchuménale : la Samaritaine (Jean 4, 5-42); la guérison de l’aveugle-né (Jean 9, 1-41) ; la résurrection de Lazare (Jean 11, 1-45). Ces évangiles servent depuis les débuts de l’Église à la formation des futurs baptisés à Pâques. Ceux-ci sont appelés « catéchumènes » et sont de plus en plus en plus nombreux aujourdhui.
Même si nous sommes baptisés depuis longtemps, entrons dans l’itinéraire baptismal qui nous est proposé. Faisons comme les catéchumènes, écoutons et regardons la scène qui vient d’être racontée.

I – La scène du puits
Deux personnages sont au premier plan : Jésus et une femme, la Samaritaine.
Jésus est fatigué. Il s’assoit sur le bord d’un puits pour se reposer. Ses disciples s’en vont acheter des provisions. Il est seul. Le soleil le réchauffe. Il se laisse aller à ses pensées. Il ne se rend pas compte tout de suite de l’arrivée d’une femme.
Celle-ci dont on ne connait pas le nom vient puiser de l’eau pour sa maisonnée. Elle a un seau qu’elle désire descendre dans le puits. Mais la présence de Jésus la surprend et l’empêche de le faire. Ce qui la surprend encore plus c’est la question de Jésus « Donne-moi à boire ». Elle riposte sur le champ et lui dit : « Comment! Toi un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » Et Jésus de répondre : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ’Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive ».
Quel renversement ! Toute une réponse. La suite du dialogue de Jésus avec cette femme est pour l’évangéliste saint Jean une occasion de nous livrer une conversation qui aboutit à la révélation de la proximité particulière de Jésus avec Dieu. En effet, en réponse à la femme qui lui dit « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses», Jésus lui dit « Je le suis, moi qui te parle. »
Cette révélation tombe à point pour ceux et celles qui reçoivent le baptême. En effet, c’est par Jésus qu’est apportée et donnée aux personnes baptisées la vie nouvelle en Dieu, qui les fait passer de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière. Cette vie nouvelle reçue au baptême est symbolisée par l’eau du puits. Celle-ci est une image très parlante du sacrement du Baptême que recevront les catéchumènes adultes dans la Nuit pascale et que nous avons reçu à notre naissance, pour la plupart d’entre nous.
Que nous enseigne cette image de l’eau vive pour les futures personnes baptisées et pour les personnes baptisées que nous sommes ?

II- Les fruits du baptême
En premier lieu, le signe de l’eau qui est versée sur la tête dans le sacrement du Baptême nous aide à comprendre que la grâce de Dieu purifie le baptisé. C’est le propre de l’eau de laver, de nettoyer, de purifier. L’eau du Baptême purifie. « Les baptisés ont  » revêtu le Christ  » (Ga 3, 27). Par l’Esprit Saint, le Baptême est un bain qui purifie, sanctifie et justifie (cf. 1 Co 6, 11 ; 12, 13) » écrit le Catéchisme de l’Église catholique au numéro 1227. Le sacrement du Baptême vient nous purifier des péchés qui ont obscurci le regard de l’humanité et qui pèsent sur tous, même si nous n’en sommes pas les auteurs. Notre humanité a besoin d’être rétablie dans sa beauté originelle. C’est ce que fait le Baptême par lequel Dieu nous dit que nous sommes son enfant, qu’il nous aime et qu’il nous aimera toujours, car son amour est éternel. « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime » dit-il à chaque nouveau baptisé.
En deuxième lieu, le signe de l’eau invite à nous laisser remplir par la vie même de Dieu qui nous est donnée par le Baptême. Comme le dit Jésus à la Samaritaine « celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ». L’eau du Baptême étanche toutes les soifs. Notre vie est remplie de toutes sortes de soifs comme la soif d’être aimé, la soif d’être reconnu, la soif de pouvoir être utile dans le monde etc. et par-dessus tout la soif de Dieu. Certaines soifs cependant sont des pièges comme l’argent, la débauche, la rancune, l’envie etc. Jésus vient par l’eau du baptême combler les plus belles soifs qui sont dans les personnes. Par le Baptême, le chrétien est rempli de la grâce de Dieu. À la suite du Christ qui est passé de la mort à la vie, dans sa Passion et sa Résurrection, il entre dans une vie nouvelle. Il peut dire comme le fait saint Paul « Ma vie c’est le Christ » (Galates 2, 20).
La troisième chose à retenir du signe de l’eau vive que nous pouvons appliquer au Baptême à partir de la conversation de Jésus avec la Samaritaine, c’est que l’eau donnée par le Jésus est une eau « jaillissant en vie éternelle ». Elle est source de vie éternelle. Comme le dit saint Paul, par le Baptême le chrétien reçoit les prémices (les arrhes) de la vie éternelle (II Corinthiens 5, 5). La grâce de la vie nouvelle qui est reçue au Baptême est la vie éternelle déjà commencée. La vie nouvelle qu’apporte le baptême va bien au-delà de ce que l’on peut toucher du doigt. Il s’agit d’une transformation totale de notre être qui est un commencement jamais terminé. C’est la vie de Dieu qui s’actualise au jour le jour dans la personne baptisée que nous sommes, vivant pour Dieu comme le Christ et avec le Christ avant de le rencontrer dans la gloire céleste lorsque nous le verrons face à face comme dit saint Paul.
Voici trois beaux fruits du Baptême représentés par le signe de l’eau vive
- qui nous purifie et qui fait resplendir notre beauté d’enfant de Dieu (Tu as du prix à mes yeux)
- qui apaise les soifs d’amour de toutes sortes en nous unissant au Christ dans une vie nouvelle (Tu n’auras plus jamais soif)
- et qui est une vie éternelle déjà commencée ici-bas (Vous avez reçu les prémices de la vie éternelle).

III- Application
Comment laisser l’eau vive de notre Baptême produire tous ses fruits en nous ? Pour le faire, nous sommes invités à retenir l’enseignement qui se dégage de la première lecture car nous sommes un peu comme Moïse, remplis de doutes et d’hésitations. Le Seigneur nous dit comme il le dit à Moïse « Moi je serai là, devant toi, sur le rocher du mont Horeb. Tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau, et le peuple boira ».
L’eau vive est là. Elle peut sortir du rocher. Mais il est important de la désirer, de frapper le rocher. Comme la Samaritaine, disons à Jésus ce matin « Seigneur donne-moi à boire… Seigneur donne-moi de cette eau que je n’aie plus soif ».
Notre Carême est pour nous cette année un itinéraire baptismal. Nous sommes invités à renouveler nos engagements de personnes baptisées en affirmant notre foi en Jésus et en faisant de notre mieux pour le suivre selon nos vocations comme époux ou épouse, comme parents, comme enfants, comme bénévoles en pastorale, comme célibataires, comme travailleurs, comme responsables de services etc. Demandons au Seigneur que le chemin du Carême cette année soit pour nous un chemin de conversion et de renouveau dans notre vie de personne baptisée.

Conclusion
Que cette messe nous rapproche de Jésus qui nous a montré le chemin en donnant sa vie pour nous alors que nous étions pécheurs. Comme le dit saint Paul dans la deuxième lecture : « la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs ». Avec lui, par l’eau du Baptême, nous sommes morts au péché et ressuscités à une vie nouvelle d’amour, de joie, de paix, de partage et de don.
En terminant, dans ce temps où le virus COVID-19 se répand à une vitesse foudroyante je reprends les mots du Cardinal Turkson dans un message au nom du Saint-Père : « Prions Dieu le Père pour qu’il augmente notre foi, aide les malades à guérir et soutienne les professionnels de la santé dans leur mission. Engageons-nous pour éviter la stigmatisation de ceux qui sont touchés : la maladie ne connaît ni frontière ni couleur de peau ; en revanche elle parle une même langue…Nous réussirons ainsi à servir ceux qui souffrent, en les accompagnant le mieux possible et à être solidaires de ceux qui sont démunis, sans les juger». (Message du cardinal Peter Turkson, préfet du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral dans Zenit)
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

HOMÉLIE POUR LE 2E DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE A « LA TRANSFIGURATION DU SEIGNEUR : UNE LUMIÈRE DIVINE À L’OEUVRE »

6 mars, 2020

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HOMÉLIE POUR LE 2E DIMANCHE DU CARÊME ANNÉE A « LA TRANSFIGURATION DU SEIGNEUR : UNE LUMIÈRE DIVINE À L’OEUVRE »

Textes: Genèse 12, 1-4a, 2 Timothée 1, 8b-10 et Mathieu 17, 1-9.

I – Le terme « transfiguration »
Que veut dire le mot « transfiguration » qui n’est pas un mot de tous le jours dans nos conversations?
Pour y comprendre quelque chose partons d’un exemple qui nous permettra d’aller plus loin.
Vous avez certainement vu un de ces programmes à la télévision où l’on invite une personne à se laisser transformer dans son look ou à permettre à une équipe de remodeler sa résidence. Puis à la fin, on nous présente le résultat : une dame transformée, transfigurée. On nous montre l’avant et l’après. La même chose pour la résidence. Et toutes les personnes présentes s’exclament « C’est incroyable, c’est formidable ». Certaines personnes se mettent à pleurer. Elles n’en attendaient pas tant.
C’est un pauvre exemple qui peut nous aider à comprendre les réactions des apôtres qui sont témoins de la Transfiguration de Jésus. C’est extraordinaire. Il a complètement changé.
Mais, il y a ici chez Jésus quelque chose de plus qu’un remodelage de la personne. Il faut se rappeler que, si les apôtres ont gardé si vivant le souvenir de cette Transfiguration de Jésus, c’est que non seulement ils ont été témoins, mais qu’eux aussi ont été transformés.

II – L’expérience des apôtres
Par cette scène de la Transfiguration, saint Mathieu veut nous faire comprendre que les apôtres ont expérimenté dans leur chair la face divine de cet homme avec qui ils voyageaient, ils mangeaient. Ils ont senti qu’il y avait en lui plus que ce qu’ils voyaient tous les jours : une lumière divine, une source, une beauté à nulles autres pareilles, un quelque chose qu’aucun autre homme n’avait. Et ça, ils l’ont expérimenté, ils l’ont comme touché du doigt et ils ne peuvent pas l’oublier. C’est ce que veut exprimer ce récit de la Transfiguration de Jésus sur le Thabor.
Pour Pierre, Jacques et Jean qui représentent tous les autres apôtres et les disciples de Jésus qui suivront au cours des âges, Jésus n’est pas seulement un homme, mais il est aussi divin, rempli de la lumière divine, de la beauté divine qui resplendit en lui. Il achève la révélation de Dieu à l’humanité commencée avec Abraham ce que la première lecture rappelle en le désignant par son nom sémite Abram : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai ». C’est cette révélation qui se continue avec Moïse et se poursuit avec les prophètes. La présence de Moïse et d’Élie avec qui Jésus s’entretient dans le récit de la Transfiguration veut ainsi marquer la continuité du Dessein de Salut de Dieu sur l’humanité que Jésus accomplit totalement et définitivement, car il est la Parole de Dieu faite chair. Il est la révélation parfaite de Dieu à l’humanité.
Cette révélation de Dieu, cette lumière de Dieu, cette beauté de Dieu qui l’habite, Jésus ne veut pas les garder pour lui. Il veut les communiquer, les partager. Voilà la mission qu’il accomplit en prêchant, en guérissant, en allant jusqu’à mourir sur une croix. Jésus, la Lumière du monde, veut que celle-ci se répande et il la répand sur ceux et celles qui l’accueillent, qui le reconnaissent dans la foi comme l’envoyé du Père.

III- Application
Nous sommes de ceux-là et de celles-là. Par le baptême nous sommes devenus participants de la nature divine (II Pierre 1,4) frères et sœurs de Jésus par adoption. La lumière de Jésus est en nous, Elle est là et elle se répand autour de nous. « Vous êtes vous aussi la lumière du monde » nous dit Jésus dans le Discours sur la montagne de l’évangile de saint Mathieu (Mathieu 5, 14).
Comment « être la lumière du monde » ? En laissant la lumière de Dieu en nous passer à travers nos gestes, nos préoccupations, nos engagements. Si nous la reconnaissons en nous par la foi, elle nous transfigurera à notre tour, à notre insu même. Nous serons surpris d’entendre les gens dire : « Il ou elle a quelque chose de spécial. Quand je l’approche, elle ou lui, je me sens bien, je me sens meilleur. »
Hé oui! La lumière de Dieu passe de diverses façons. Elle peut resplendir comme un soleil qui envahit tout comme à la Transfiguration de Jésus, mais elle peut aussi transparaître dans des rayons plus minces et par intermittence. C’est toujours la même source lumineuse qui est à l’œuvre, Dieu lui-même par son Esprit et par ses dons.

Conclusion
Que cette Eucharistie nous aide de plus en plus à resplendir à notre façon comme Jésus qui n’a eu d’autre souci que d’aller vers les autres, d’aimer ses frères et sœurs en se donnant totalement, comme il le fait encore aujourd’hui dans cette Eucharistie où nous partageons son Corps et son Sang.
Amen!

Mgr Hermann Giguère P. H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

VI DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (ANNÉE A) (16/02/2020)

14 février, 2020

https://www.qumran2.net/parolenuove/commenti.php?mostra_id=47911

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Je n’ai pas trouvé où se trouve cette sculpture (je pense)

(traduction google de l’italien)

VI DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (ANNÉE A) (16/02/2020)

Christ accomplissement de l’ancienne loi
père Antonio Rungi

La parole de Dieu en ce sixième dimanche du temps ordinaire est pleine de réflexions et de stimuli qui peuvent aider à changer notre vie.
Dans le texte de Matthieu proclamé dans la liturgie de la parole de Dieu, Jésus parle de beaucoup de choses à ses disciples, leur indiquant ce qu’ils doivent faire pour être cohérents avec leur condition de croyants et de disciples, qui connaissent bien les textes bibliques. , la loi ancienne et qui sont prêts à l’intérieur pour achever un chemin de perfection de l’amour, du respect et de l’attention envers les autres et surtout envers les femmes.
Dans une culture comme la nôtre, ce passage de l’Évangile se fait en passant pour soutenir cette voie culturelle, morale, spirituelle, sociale, juridique qui accorde une attention maximale et promeut le respect des femmes dans tous les environnements, y compris ecclésiaux.
Commençons par ce que Jésus dit à propos de ce thème: « Vous avez compris qu’il était dit: » Vous ne commettrez pas d’adultère.  » Mais je vous le dis: quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. « 
Le respect de la femme part du cœur et de l’esprit de l’homme, c’est lui qui doit changer son attitude et son comportement envers un être humain, d’un sexe différent, qui mérite tout amour et respect, dans toutes ses situations personnelles.
Ce n’est pas un hasard si Jésus ajoute un autre dispositif de l’ancienne norme « Il a également été dit: » Quiconque divorce de sa femme, lui donne l’acte de répudiation « . Mais je vous le dis: quiconque divorce de sa femme, sauf dans le cas d’une union illégitime, l’expose à l’adultère, et quiconque épouse une femme divorcée commet l’adultère. « 
Nous comprenons l’importance du lien émotionnel et définitif entre un homme et une femme et en termes très explicites de la valeur du mariage.
La soi-disant clause du matin de l’autorisation de la répudiation et donc du divorce, selon ce que Moïse avait établi, ne trouve pas d’acceptation dans la morale et la pratique chrétiennes: le mariage est monogame et est définitif et unique.
Il n’y a pas d’alternative. Laisser une femme se souvenir de Jésus l’expose à l’adultère, c’est-à-dire la mettre dans une condition de fragilité sociale et morale, qui peut engendrer un comportement de la part d’autres hommes indignes d’être classés comme tels.
Jésus revendique donc un comportement de respect total envers une femme mariée ou liée sentimentalement à un homme ou libre de tout lien affectif.
Comme il est facile à comprendre, le problème est à la racine, c’est-à-dire à la base de certains choix qui sont faits dans le cadre de la vie conjugale et affective. Jésus ne légitime donc pas les divorces ou autres formes de coexistence entre homme et femme ou de toute autre nature, mais rappelle simplement la grandeur et la beauté d’une vie relationnelle, basée sur l’amour entre homme et femme qui est définitif et non occasionnel ou temporel.
La possibilité de quitter et de prendre facilement une femme ou un homme parce qu’on ne s’entend plus ne fait pas partie de la vision d’un mode de vie chrétien. Les ententes conjugales, affectives et familiales sautent parfois aux absurdités, à la jalousie et à la banalité de toutes sortes.
Aujourd’hui, nous sommes confrontés à des violences systématiques contre les femmes, des féminicides et des délits de toutes sortes à leur encontre.
Assez de cette destruction de la dignité de la femme et nous faisons de la place, dans notre culture, qui renvoie tant à la foi chrétienne, à l’accueil total de chaque homme et femme dans un projet d’amour qui part du respect et de la protection du mariage et la famille.
Les droits civils acquis au fil du temps, dans certains contextes culturels et politiques, n’ont rien à voir avec la dignité et le caractère sacré du mariage et de la famille, qui n’est pas un choix temporaire, ni un contrat civil temporaire, mais un choix définitif basé sur l’amour et le respect mutuel.
Aucune violence n’est légitimée, mais seulement un grand amour et respect, même dans des situations délicates caractérisées par certaines faiblesses et fragilités. Jésus revendique donc une attitude et un comportement différents envers les femmes et les familles.
L’éthique conjugale doit emprunter d’autres voies, celles que le Christ a tracées, qui sont les voies de l’amour et du partage, de l’acceptation et du respect.
Dans le texte de l’Évangile de ce dimanche, d’autres questions sont ensuite examinées et traitées, comme celle du meurtre.
Jésus se souvient: «Vous avez compris qu’il a été dit aux anciens:« Vous ne tuerez pas; quiconque tue doit être jugé.  » Mais je vous le dis: toute personne qui se fâche contre son frère devra être jugée. Celui qui dit alors à son frère: « Stupide » doit être soumis au Sanhédrin; et celui qui lui dira « Fou » sera destiné au feu de Geènna « .
Nous devons faire attention non seulement à ne pas lever la main pour tuer, mais aussi à utiliser la langue et la bouche, qui ne doivent pas offenser ou dénigrer les autres.
Certaines expressions que nous utilisons normalement dans notre langage quotidien adressé à d’autres personnes doivent disparaître de la bouche et surtout du cœur et de l’esprit de tout chrétien authentique.
Jésus aborde ensuite la question du pardon et de la réconciliation. En fait, cela nous rappelle comment se comporter en cas de conflits avec les gens, surtout si vous fréquentez le même environnement culte et liturgique: «Si donc vous présentez votre offre à l’autel et là vous vous souvenez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez-le là votre cadeau devant l’autel, allez d’abord vous réconcilier avec votre frère puis recommencez à offrir votre cadeau. Soyez rapidement d’accord avec votre adversaire pendant que vous marchez avec lui, afin que l’adversaire ne se rende pas au juge et le juge au garde, et vous soyez jeté en prison. En vérité, je vous le dis: vous ne sortirez de là que lorsque vous aurez payé le dernier centime! « .
Jésus demande donc un comportement qui réconcilie les parties et n’alimente pas un différend pendant des années, comme cela arrive souvent dans les différents tribunaux et dans les différentes situations sociales, politiques, économiques, législatives et pénales.
Parvenir à un accord entre les parties au conflit est toujours une étape de réconciliation, même si les accords signés sont souvent pires que les désaccords eux-mêmes. Il suffit de voir ce qui s’est passé dans l’histoire de l’humanité après les différents conflits locaux et mondiaux.
Derrière tout ce raisonnement de Jésus, il y a un message clair et précis qui est souligné par ses propres mots, cités au début de ce passage évangélique: «Ne croyez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes; Je ne suis pas venu pour abolir, mais pour donner pleinement satisfaction. En vérité, je vous le dis: jusqu’à ce que le ciel et la terre soient passés, pas un seul iota ou un seul tiret de la loi ne passera, sans que tout soit arrivé. Par conséquent, quiconque transgresse l’un de ces préceptes minimaux et enseigne aux autres à faire de même, sera considéré comme minimal dans le royaume des cieux. Ceux qui les observent et les enseignent, en revanche, seront considérés comme grands dans le royaume des cieux. Car je vous le dis, si votre justice ne dépasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. « 
Un avertissement explicite à la conversion, au renforcement de notre foi, à vivre la charité et l’amour dans la plénitude d’un cœur marqué par la passion et la résurrection de notre Seigneur.
Sur ce même ton s’articule la première lecture, tirée du livre de Siràcide: respect de la loi de Dieu, mais aussi liberté d’agir pour le bien ou le mal, pour la vie ou pour la mort. Rien n’est inconnu du Seigneur, mais tout est connu, mais de tous, même de ceux qui ne croient pas. «En fait, ses yeux sont sur ceux qui le craignent, il connaît toutes les œuvres des hommes. Personne n’a ordonné d’être méchant et personne n’a donné la permission de pécher.  » Si nous commettons des erreurs et des péchés, c’est uniquement et exclusivement une responsabilité personnelle et subjective. Nous ne pouvons pas toujours attribuer nos erreurs et nos erreurs aux autres, nous acquitter de nos responsabilités et ne pas prendre les décisions qui conduisent à faire le bien. Ainsi, comme le rappelle saint Paul Apôtre dans la deuxième lecture de ce dimanche, tirée de sa première lettre aux Corinthiens, il s’agit d’être sage et de développer une connaissance de soi et de Dieu, qui nous amène à ne pas commettre d’erreur dans la vie, à être fidèle et cohérent avec notre choix de foi, jusqu’au dernier moment de notre vie sur terre. Nous devons développer cette humilité d’esprit et de cœur qui nous amène à agir avec fidélité et cohérence envers notre choix de foi, effectué librement et consciemment.
L’orgueil et la domination ne favorisent pas, mais détruisent l’être humain, ils le mettent dans une condition de fragilité existentielle, que chaque mot et chaque conseil ne valent rien, si le cœur est fermé à Dieu et ne s’ouvre pas avec humilité à quoi Il nous communique en toutes circonstances, heureux ou triste dans notre vie. Il est toujours là et sera toujours pour toute l’humanité qui veut marcher vers l’éternité.

HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE A « SEL DE LA TERRE ET LUMIÈRE DU MONDE »

7 février, 2020

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HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE A « SEL DE LA TERRE ET LUMIÈRE DU MONDE »

Textes: Isaïe 58, 7-10, I Corinthiens 2, 1-5 et Mathieu 5, 13-16.

Dans ce passage du Discours de Jésus sur la montagne les disciples ont été accrochés par deux mots : « sel » et « lumière ». Ces deux mots se retrouvaient dans le thème de la Journée mondiale de la jeunesse tenue à Toronto (Canada) en 2002 « Vous êtes le Sel de la terre…vous êtes la Lumière du monde ». Ces deux mots ont été repris pour désigner la chaîne catholique de télévision canadienne (Sel+Lumière TV). C’est dire combien ces deux mots sont encore inspirateurs pour nous aujourd’hui comme pour les premiers chrétiens qui les ont conservés précieusement.

I – Un héritage transmis au cours des siècles
Un des moyens que les premiers chrétiens ont mis en place pour assurer la transmission de cet héritage se trouve dans la célébration liturgique du Baptême. Lors du baptême d’un enfant ou d’un adulte, comme il arrive de plus en plus souvent aujourd’hui, le célébrant, après le geste de verser l’eau sur le front de la personne qui est baptisée, remet aux parents, au parrain et à la marraine un cierge en disant lorsque c’est un enfant : « C’est à vous, ses parents, son parrain et sa marraine, que cette lumière est confiée. Veillez à l’entretenir pour que N., illuminé (e) par le Christ, avance dans la vie en enfant de lumière et persévère dans la foi. Ainsi, quand viendra le Seigneur, il (elle) pourra aller à sa rencontre dans le Royaume, avec tous les saints du ciel. » Et jusqu’au Concile Vatican II, on avait aussi, avant le geste du Baptême, celui de l’imposition de quelques grains de sel dans la bouche du futur baptisé pour rappeler ainsi qu’il avait à devenir le sel de la terre.
Les disciples de Jésus qui ont accepté cet héritage les invitant à être le sel de la terre et la lumière du monde ne l’ont pas fait pour leur propre gloire dans un esprit de vanité ou d’ostentation. Ils l’ont fait pour que Dieu soit ainsi glorifié par ceux et celles qui les entouraient. Aucune prétention de supériorité, mais une conscience de partager un don à nul autre pareil, celui d’être disciple de Jésus, frères et sœurs du Fils bien-aimé et de porter la Bonne Nouvelle que ce don ne leur est pas réservé, mais qu’il est proposé à tous et à toutes. Quelle belle mission!

II- Une invitation à accueillir l’action de l’Esprit
Le parcours de disciples qui sont « sel » et « lumière » ne peut se réaliser que s’ils sont convaincus qu’ils ne sont, eux ou elles, que les reflets de Celui qui est le « Vrai Sel » et la « Vraie Lumière ». Qu’ils se gardent de s’approprier ce qu’ils ont reçu. Qu’ils regardent celui qui s’est fait le Serviteur de tous. Qu’ils s’exercent à laver les pieds de leurs frères et sœurs comme leur Maître leur en a donné l’ordre le Jeudi Saint en disant après l’avoir fait à ses apôtres « Faites de même vous aussi » (Jean 13, 1-15).
La première lecture du prophète Isaïe met de l’avant cette dynamique du service lorsqu’il dit aux Hébreux : « Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, et ne déroge pas à ton semblable. Alors ta lumière jaillira comme l’aurore »
Ce chemin du service, qui rend les disciples « sel » et « lumière », à la suite de Jésus, se vit en s’appuyant non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de l’Esprit comme le dit saint Paul aux Corinthiens dans la 2e lecture. « Mon langage, ma proclamation de l’Évangile, n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre; mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient, pour que votre foi repose, non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. »

III – Une mission toujours actuelle
L’invitation de Jésus retenue par les premiers chrétiens est toujours actuelle. Dans notre monde de la modernité et de la post-modernité au Québec, on a besoin d’hommes et de femmes qui, sans orgueil ni vanité, auront le courage d’afficher leur choix de vie à la suite de Jésus. Ils le feront de diverses façons, selon leur milieu de vie et selon leur cultures, mais toujours, ils auront à cœur de témoigner du message reçu de Jésus qui se concentre comme le dit l’apôtre Jean dans le « Aimez-vous les uns les autres » (Jean 13, 34).
Leur engagement de foi derrière Jésus fera qu’ils seront de plus en plus le sel de la terre et la lumière du monde. C’est ce que je souhaite du plus profond de mon cœur. Des questions se poseront, comme celles du film Silence de Martin Scorcese sur les martyrs du Japon au XVIIe siècle. Jusqu’où aller ? Aller jusqu’au martyre ? Plusieurs de nos devanciers et devancières l’on fait. D’autres se sont contentés d’un témoignage au ras du sol dans une vie transformée par la présence vivifiante de l’Esprit de Dieu, d’autres se sont lancés dans des œuvres de toutes sortes ou des projets missionnaires. Les portes sont ouvertes aujourd’hui à toutes les initiatives car notre monde attend la manifestation de la gloire de Dieu qui lui offre la vraie vie et l’amour en plénitude.

Conclusion
J’aime bien un chant repris souvent dans nos célébrations liturgiques. C’est celui composé par Odette Vercruysse et interprété par John Littleton « Je cherche le visage » où on chante « Vous êtes le Corps du Christ Vous êtes le Sang du Christ. Vous êtes l’Amour du Christ. Alors! qu’avez-vous fait de Lui? » Je le transpose et je vous dis en terminant « Vous êtes le sel du Christ, vous êtes la lumière du Christ, alors qu’en avez-vous fait? »

Amen!

Mgr Hermann Giguère P. H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

HOMÉLIE POUR LA FÊTE DE LA PRÉSENTATION DU SEIGNEUR AU TEMPLE « MES YEUX ONT VU LE SALUT QUE TU PRÉPARAIS

31 janvier, 2020

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HOMÉLIE POUR LA FÊTE DE LA PRÉSENTATION DU SEIGNEUR AU TEMPLE « MES YEUX ONT VU LE SALUT QUE TU PRÉPARAIS »

Textes: Malachie 3, 1-4, Hébreux 2, 14-18 et Luc 2, 22-40.

Les textes proclamés il y un instant nous permettent de bien saisir le sens de cette fête de la Présentation du Seigneur au Temple qu’on appelle aussi la Présentation de Jésus au Temple en particulier le texte de Malachie qui en donne le sens profond. .

I- Une vie reçue, une vie donnée
Réécoutons ce texte. « Voici que j’envoie mon Messager pour qu’il prépare le chemin devant moi…le messager de l’Alliance le voici qui vient ». Le vieillard Siméon fait écho à ce texte dans son cantique « Nunc dimittis… » « …mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes et gloire d’Israël ton peuple.
Ces textes chantent la beauté de la mission de ce jeune enfant que les parents présentent au Temple. C’est cet enfant exceptionnel que l’auteur de la Lettre aux Hébreux (10, 5.7) met en scène lorsqu’il dit : « Tu n’as voulu ni sacrifice ni oblation ; mais tu m’as formé un corps… Voici, je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté». Et la volonté de Dieu c’est que toute l’Humanité soit sauvée : « que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2, 4). Le Père donne son Fils né de Marie pour le salut de tous. Il sera l’Agneau immolé (Jean 1, 9; Apocalypse 5, 12) pour la multitude, le Serviteur souffrant (Isaïe 42-53) qui est non seulement lumière des nations, mais qui offre sa vie en expiation pour le péché du monde.
Tel sera le destin de cet enfant que Marie et Joseph présentent au Temple. Sa vie est toute entière remise entre les mains du Père. Elle est reçue pour être donnée. Elle ne lui appartient pas comme un objet qu’on peut s’approprier. Il la reçoit et il la donne. Voilà ce qu’est le mystère de la Présentation du Seigneur.

II- Récipiendaires du don de Dieu
Ce mystère nous inspire encore aujourd’hui car nous sommes nous aussi des récipiendaires du don de Dieu. Cette vie qui est la nôtre ne nous appartient pas. Nous la recevons. Nous en sommes les dépositaires et notre plus beau cadeau sera de pouvoir dire un jour, de le dire déjà, « Père, je remets ma vie entre tes mains » (Luc, 23, 46) comme le fait la si belle prière de Charles de Foucauld « Mon Père, je m’abandonne à toi » (voir le texte à la fin). Oui, c’est alors la vraie Présentation qui est vécue.
Nous avons besoin, bien sûr, de nous entraîner à cette remise totale à Dieu. Et c’est vers Marie et Joseph que nous pouvons tourner notre regard aujourd’hui. Ils ont compris que cet enfant ne leur appartient pas. Ils l’ont reçu. Ils l’ont accueilli, En le présentant au Temple, ils reconnaissent en lui, « le messager désiré de l’Alliance », le Messie Sauveur,
Marie entend Syméon lui dire que son cœur sera transpercé. Le chemin à préparer devant le Seigneur demandera beaucoup à ceux et celles qui se mettront à l’écoute de ce messager. « Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent » (Luc 11, 28) dira-t-il dans sa prédication.
Vous voyez pourquoi de mystère de la Présentation de Jésus au Temple a été retenu comme point de référence fondamental pour la vie consacrée qui se veut une suite radicale du Christ à laquelle tous les baptisés sont invités, mais que certaines personnes s’engagent publiquement à poursuivre en se libérant le plus possible de ce qui peut la retarder ou l’obscurcir.

III- Un héritage à nul autre pareil
Avant de terminer, j’aimerais souligner comment cette fête nous plonge dans les racines judaïques du christianisme.
Marie et Joseph sont montés au Temple « au jour fixé…selon ce qui est écrit dans la Loi. ». Jésus est un fils d’Israël. Il baigne dans cet héritage. Les gestes de ses parents et les siens plus tard reprennent ceux de ses frères et sœurs juifs. Les psaumes nourrissent sa prière. Les bénédictions comme le « Shema Israël » – «Écoute, Israël » (Deutéronome 6, 4) qui est le texte principal de la liturgie juive qu’on récite le matin et soir accompagné de bénédictions font partie de sa vie quotidienne.
Nous partageons cet héritage encore aujourd’hui. L’Église a retenu les Psaumes comme sa prière officielle dans la Liturgie des Heures . L’agencement de notre célébration eucharistique se fait sous le mode de la bénédiction, de l’ «action de grâces », », de la « berakah ». La grande prière eucharistique est une « berakah » chrétienne où la Parole, le Pain et le Vin sont partagés en mémorial de la Pâque du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne.

Conclusion
Voilà. Cette fête de la Présentation du Seigneur, de Jésus au Temple comme vous le voyez va beaucoup plus loin que le symbole de la lumière qui en émane et qui l’a fait désigner comme la « chandeleur », la fête où on allume des chandelles. Mais à bien y penser, ces chandelles allumées ne sont-elles pas une image du Christ lui-même qui se laisse consumer pour éclairer et réchauffer l’humanité? Oui, nous avons besoin de laisser ce « Messager de l’Alliance » devenir lui-même l’Alliance Nouvelle qui s’adresse à toutes les nations, de tous les temps et de tous les lieux.
Que cette Eucharistie nous rende de plus en plus participants et participantes à ce projet d’amour d’un Dieu qui vient vers nous, qui nous donne la vie pour (comme le dit si bien une oraison de la liturgie quotidienne) pour, dis-je, qu’en offrant ce qu’il nous a donné, nous puissions le recevoir lui-même. Ce que je nous souhaite à toutes et à tous.
Amen!

Mgr Hermann Giguère P. H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

———-
Mon Père,

Je m’abandonne à toi,
fais de moi ce qu’il te plaira.

Quoi que tu fasses de moi,
je te remercie.

Je suis prêt à tout, j’accepte tout.
Pourvu que ta volonté
se fasse en moi, en toutes tes créatures,
je ne désire rien d’autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je t’aime,
et que ce m’est un besoin d’amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains, sans mesure,
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père.

Charles de Foucauld (1858-1916)

HOMÉLIE POUR LE 3E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (ANNÉE A) : « IL PROCLAMAIT L’ÉVANGILE DU ROYAUME »

24 janvier, 2020

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Initiale « M » représentant « La vocation de Pierre et André », fragment tiré de Corale (début du XVIe siècle), British Library. L’influence de Léonard de Vinci est reconnue dans le rendu du paysage en arrière-plan, et en particulier dans les éperons rocheux bleus.

HOMÉLIE POUR LE 3E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (ANNÉE A) : « IL PROCLAMAIT L’ÉVANGILE DU ROYAUME »

Textes: Isaïe 49, 3.5-6, I Corinthiens1, 1-3 et Mathieu 4, 12-23.

Vous connaissez les expressions « vie cachée » et « vie publique » pour désigner les deux étapes de la vie de Jésus. On souligne ainsi non seulement le cadre extérieur de sa vie mais aussi le fait que pendant trente ans, plus ou moins, sa divinité est restée cachée. Il était un habitant de Nazareth comme les autres, le fils du charpentier Joseph. À partir du moment où Jésus quitte Nazareth et s’en vient à Capharnaüm, il est mu par une motivation profonde de faire connaître qu’il n’est pas comme les autres, qu’il peut se dire le Fils de Dieu comme l’Esprit le lui a fait connaître lors de son baptême par Jean-Baptiste.
Ce sera le cœur de sa prédication : révéler à ses contemporains et à tous ceux et celles qui viendront plus tard l’amour qu’il partage avec Dieu son Père dans l’Esprit Saint pour ses enfants qui sont ses frères et ses soeurs, « héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ ». (Romains 5, 18)

I – Capharnaüm, le rendez-vous des nations
L’évangile d’aujourd’hui nous fait connaître l’endroit où Jésus a commencé sa vie publique, Le choix qu’il fait de s’installer à Capharnaüm est des plus intéressants. Cette ville qui aujourd’hui est en ruine, mais qu’on visite avec émotion, était au temps de Jésus un carrefour de commerce et d’échanges. Elle était très cosmopolite. On l’a appelée le « rendez-vous des nations ». Outre les juifs, des romains, des syriens, des habitants de la Cisjordanie, de Sion au Liban etc. y venaient pour commercer et certains s’y établissaient. Ce qui fait que nous sommes très loin de l’atmosphère qui régnait à Nazareth, petite bourgade juive où tout le monde se connaissait et où la vie se déroulait sur un rythme marqué par les fêtes juives. Capharnaüm vivait à un rythme différent.
Jésus en est conscient. Il veut porter le message qui est en lui à toutes les nations. Il se présentera comme Celui qui est attendu par Israël, le Messie, mais déjà, dans les débuts de sa prédication, son regard se porte plus loin, aux périphéries, vers les nations païennes.
Jésus commence à Capharnaüm une vie publique sous le signe de l’ouverture, des défis de la rencontre de la diversité et de l’annonce d’un Royaume différent des autres royaumes de la terre.
Voilà pour le portrait de Jésus qui nous est donné ce matin. D’ici Pâques, les évangiles des dimanches nous en révéleront encore beaucoup plus. Pour l’instant, contentons-nous de ce portrait mais sans oublier le reste de l’évangile qui vient d’être lu.

II – Les premiers appels
À ce portrait de Jésus, s’ajoute un geste remarquable qui nous est raconté dans la seconde partie de l’évangile. Il s’agit du récit de la vocation de Pierre et André et de Jean et Jacques, fils de Zébédée, quatre pêcheurs dont il fera des « pêcheurs d’hommes ».
Ce qui est à retenir ici, au-delà de l’appel auquel ces quatre premiers apôtres répondent avec empressement, c’est le fait que Jésus décide de les associer à sa mission dès le point de départ. Jésus au lieu de se lancer dans sa prédication seul sur les chemins de la Palestine se liera avec ces premiers apôtres qui seront accompagnés par la suite d’autres apôtres pour former le groupe des Douze, et aussi de femmes et de disciples qui vont le suivre tout au cours de son ministère.
Au lieu de choisir des gens instruits et savants, Jésus arrête son choix sur des petits, des pêcheurs, plus tard sur un collecteur d’impôt, Mathieu (Marc 2, 13-17), puis sur des amis de ceux-ci, même des pécheresses comme Marie-Madeleine ou Marie de Magdala (Luc 8, 2), des laissés pour compte. Il n’avait pas devant lui des gens exceptionnels. C’était du monde bien ordinaire qui l’entourait, mais ce qui est constant chez ces personnes c’est l’attachement à Jésus. Ils ont foi en lui. « À qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle ? » dira Pierre à Jésus un jour où presque tout le monde le quittait (Jean 6, 68). Ce choix de Jésus illustre déjà l’essentiel de sa mission qu’il résumera dans cette phrase : « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19, 10).

III – Le coaching de Jésus
Avec ses apôtres et ses disciples, que fera Jésus tout au cours de sa vie publique ? Il va les former petit à petit, en les surprenant bien souvent. Un de mes amis, jeune prêtre, a développé avec brio les méthodes de Jésus en les nommant du « coaching » et en expliquant que « coaching » vient du mot français « cocher ». Comme le cocher qui guide son attelage et le dirige dans la bonne direction, Jésus va « coacher » ses apôtres et ses disciples pendant trois ans. Il prendra le temps de les guider et de les diriger.
Nous avons beaucoup à apprendre sur ces façons de faire et c’est dans les évangiles qu’on voit le « coaching » de Jésus à l’œuvre.

Il le fait par l’enseignement qu’il donne à tous et qu’il explique en particulier aux disciples.
Il le fait par une convivialité de tous les instants.
Il le fait par des moments de feu comme lors de la Transfiguration.
Il le fait par une mort qui les décontenancera au plus point.

Toute cette démarche que les disciples vont vivre avec Jésus leur apparaîtra dans toute sa richesse après la résurrection. C’est ce qui arrive aux disciples d’Emmaüs qui, après avoir marché avec Jésus de Jérusalem à Emmaüs et l’avoir écouté leur expliquer les Écritures sans le reconnaître, voient leur yeux s’ouvrir en partageant le pain avec ce visiteur qu’il reconnaissent alors comme le Christ ressuscité (Luc 24, 13-35).

Conclusion
Recueillons aujourd’hui ces souvenirs des débuts de la vie publique de Jésus en nous laissant habiter par un désir de le suivre comme les premiers apôtres, de nous laisser « coacher » par lui. Demandons à l’Esprit Saint de renouveler notre ardeur et notre désir de témoigner de Jésus dans un monde qui a bien besoin de son message d’amour et de miséricorde.
En ce Dimanche de la Parole de Dieu que l’Esprit Saint fasse de nous des gens qui ont à coeur de porter la Parole de Dieu dans leurs familles, dans leurs milieux de travail et de loisirs et dans la société pour que le souhait du pape François la fin de sa Lettre apostolique ou Motu proprio se réalise : Que le Dimanche de la Parole de Dieu puisse faire grandir dans le peuple de Dieu la religiosité et l’assiduité familière avec les Saintes Écritures, comme l’auteur sacré l’enseignait déjà dans les temps anciens « Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique » (Deutéronome 30, 14).
Amen!

Mgr Hermann Giguère P. H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

HOMÉLIE POUR LE 2E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (ANNÉE A) : « UN TOURNANT DANS LA VIE D’UN JEUNE JUIF FERVENT »

17 janvier, 2020

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HOMÉLIE POUR LE 2E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (ANNÉE A) : « UN TOURNANT DANS LA VIE D’UN JEUNE JUIF FERVENT »

Textes: Isaïe 49, 3.5-6, I Corinthiens1, 1-3 et Jean 1, 29-34.

L’évangile de saint Jean ne raconte rien de la vie de Jésus avant sa rencontre avec son cousin Jean-Baptiste sur les bords du Jourdain. Ce qui nous est présenté aujourd’hui au début du récit de la vie et de la prédication de Jésus, c’est le moment où la vie de Jésus a pris un tournant qui sera sans retour en arrière et qui le mènera jusqu’à la Passion où il mourra sur la croix pour ressusciter trois jours plus tard.
Regardons d’un peu plus près ce qu’a été ce tournant fondamental dans la vie de Jésus

I – Un jeune juif comme les autres
Nous savons par les autres évangélistes, notamment, saint Luc, que Jésus a été élevé à Nazareth auprès de son père, Joseph, et de sa mère, Marie et avec la nombreuse parenté dont parlent les évangiles en plusieurs endroits.. C’est là, qu’après son adolescence dont saint Luc raconte un épisode, celui de la disparition et du recouvrement de Jésus au Temple de Jérusalem lors d’un pèlerinage (Luc 2, 41-50), il a grandi « en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes » (Luc 2, 52).
Il semblerait qu’il soit demeuré avec ses parents comme un bon enfant juif. Il exerçait le même métier que son père Joseph : le métier de charpentier (Marc 6, 3 et Mathieu 13, 55).
Qu’est-ce qui va l’amener à quitter Nazareth pour venir se faire baptiser par Jean-Baptiste? On peut penser qu’il s’agit d’une décision mûrement réfléchie. Jésus est vraisemblablement dans la trentaine. Ses perceptions de la religion juive qu’il connaît bien et qu’il pratique avec ferveur lui indiquent une voie qui le rejoint et qui éveille ce qui est déjà en lui par la main de Dieu. Il se sent destiné à autre chose qu’au métier de charpentier.
C’est pourquoi, on peut penser qu’après une bonne réflexion et un bon discernement, il décide, en ces jours où il entend parler de son cousin qui prêche sur les bords du Jourdain, de prendre son courage à deux mains, pourrait-on dire, et de se lancer sans filet de secours, de s’engager dans un tournant où il accepte d’avance de ne revenir en arrière pour aucune raison.
Nous avons donc devant nous un homme mûr, dans la trentaine, qui décide par lui-même de se manifester comme serviteur de Dieu. Il est enflammé par le désir de consacrer sa vie au service du Dieu de l’Alliance avec Abraham, du Dieu de son peuple, du Dieu qui remplit sa vie depuis toujours. Il le fait de son plein gré. C’est une décision humaine généreuse comme chez bien d’autres personnes avant lui.
Ce qui est différent ce sont les résultats immédiats de cette décision que l’évangile nous présente.

II – La manifestation de l’Esprit en Jésus
Réécoutons le témoignage de Jean-Baptiste : « Voici l’Agneau de Dieu … si je suis venu baptiser dans l’eau c’est pour qu’il soit manifesté à Israël… J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit ‘ Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint. Moi, j’ai vu et je rends témoignage que c’est lui le Fils de Dieu ».
« C’est lui le Fils de Dieu ». Le jeune juif de Nazareth, venu humblement se consacrer à Dieu, entend cette révélation extraordinaire. Il ne peut qu’en être bouleversé au plus haut point. Le tournant qui l’a amené sur les bords du Jourdain prend une direction qui lui donne un éclairage nouveau sur ce qu’il est et ce que Dieu attend de Lui. Ces mots résonnent pour lui comme quelque chose qu’il sentait en lui depuis longtemps. Ils sont une confirmation de ce qu’il vit dans son être profond.
Il ne s’agit plus d’un tournant comme un changement de carrière, il s’agit ici d’un tournant qui touche l’être même de la personne. Vous avez peut-être déjà vécu des situations un peu semblables. Par exemple, vous vous rapprochez d’une personne ou vous fréquentez un groupe, vous vous y engagez et hop ! vous avez la vocation, vous avez le feu sacré, vous êtes dans votre élément, vous êtes comblés. C’est un exemple, mais qui est encore bien loin de ce que Jésus vit sur les bords du Jourdain. Il n’est pas seulement comblé. Son être est profondément touché. Il l’est au point où il sera pour toujours consacré à faire la volonté de son Père et à la manifester à ses contemporains et au monde entier par ses disciples après la Pentecôte.
Comme le dit Jean-Baptiste, c’est lui le Fils de Dieu et nul ne pourra connaître le Père si ce n’est par lui (Jean 10, 30). En ce moment, tout est là, mais c’est au cours des années à venir que cette réalité se laissera mieux découvrir par Jésus et qu’elle le mènera sur les chemins de la Palestine pour annoncer l’amour de Dieu, son Père, pour l’humanité tout entière. Comme l’annonce le prophète Isaïe dans la première lecture en mettant les paroles suivantes dans la bouche du Seigneur : « Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre ».

III- Application
Après avoir médité sur la venue de Dieu à la crèche de Bethléem dans un enfant nouveau-né, nous sommes maintenant invités à regarder non plus un enfant, mais un homme adulte qui se lance dans un chemin inédit et qui décide d’aller jusqu’au bout sur ce chemin.
Le jeune juif de Nazareth s’est transformé en un homme qui se sent investi par l’Esprit d’une mission à nulle autre pareille : révéler au monde l’amour d’un Dieu Père qui amènera à leur achèvement les promesses de l’Alliance faite avec Abraham, Isaac et Jacob, avec le peuple d’Israël.
Son message risque de créer des peurs ou des oppositions. C’est ce qui se passera au cours des années de la vie publique et de la prédication de Jésus, comme nous le verrons dans les dimanches qui viennent, avant de culminer dans le drame de la Passion où l’Agneau sera immolé.
Nous sommes invités ce matin à fixer nos yeux sur Jésus, à le regarder avec attention dans ses gestes d’homme qui nous révèlent les attentes de Dieu sur lui et sur ceux et celles qui voudront bien le suivre.
L’appel à le suivre retentit encore de nos jours. Sommes-nous prêts nous aussi à prendre les tournants que Dieu nous prépare? Ils peuvent être de toutes sortes : réconciliation, pardon, acceptation d’une maladie, d’une diminution, de la mort, de l’incompréhension, de la venue d’un enfant, du départ de ses parents pour une résidence de personnes âgées etc.

Conclusion
Que le Corps et le Sang du Christ partagés en communauté nous rendent de plus en plus ouverts aux tournants que la vie nous amène. Soyons assurés que dans nos décisions de prendre les tournants qui se présentent dans nos vies, l’Esprit de Jésus sera toujours là et que notre abandon permettra à Dieu de transformer ce qui doit l’être et de faire grandir en nous celui ou celle qu’il a aimé de toute éternité, car, comme le dit si bien le prophète Isaïe dans la première lecture, c’est Lui qui nous a façonné de toute éternité .
Amen!

Mgr Hermann Giguère P. H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

HOMÉLIE POUR LE BAPTÊME DU SEIGNEUR ANNÉE A  » VOICI QUE LES CIEUX S’OUVRIRENT « 

11 janvier, 2020

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-Bapteme-du-Seigneur-Annee-A-Voici-que-les-cieux-s-ouvrirent_a932.html

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HOMÉLIE POUR LE BAPTÊME DU SEIGNEUR ANNÉE A  » VOICI QUE LES CIEUX S’OUVRIRENT « 

Textes: Isaïe 42, 1-4.6-7, Actes 10, 34-38 et Mathieu 3, 13-17.

Le récit du baptême de Jésus par saint Mathieu est un récit qui nous raconte une expérience très personnelle de Jésus. Celle-ci marque un moment important dans sa vie. Le récit de saint Mathieu est très différent de celui de saint Marc (1, 9-11) ou de saint Luc (3,21-22) qui eux font de cet événement une sorte de théophanie, une manifestation éclatante de la puissance de Dieu qui accrédite publiquement son Envoyé.

I – La perspective de saint Mathieu
Saint Mathieu, sans mettre de côté l’aspect inaugural du ministère de Jésus puisqu’il situe le Baptême de Jésus au tout début de son évangile, va nous faire entrer, cependant, dans l’expérience intérieure de Jésus à ce moment-là. Et on le comprend, car pour Jésus ce moment était attendu et, en même temps, redouté parce qu’il marquait un changement radical dans sa vie.
Pour nous faire une petite idée de ce que Jésus vit à ce moment-là, prenons quelques comparaisons bien imparfaites, mais assez évocatrices. Pensez à des moments de changements importants que vous avez vécus comme, par exemple, la naissance de votre premier enfant, la rencontre de votre âme sœur, la décision d’aller étudier en Europe ou de partir collaborer à un organisme d’aide international comme médecins ou avocats sans frontières, votre premier emploi, votre entrée en retraite etc.
Ce sont des comparaisons, mais elles nous mettent sur la bonne voie pour méditer cette scène du Baptême de Jésus telle que racontée par saint Mathieu.

II – Les effets de ce moment privilégié pour Jésus
En effet, saint Mathieu raconte la scène comme un souvenir que les disciples ont conservé. Ceux-xi ont décrit cette scène dans la lumière de la résurrection de Jésus qui illumine leur foi depuis la Pentecôte où ils ont compris le sens de sa vie et de son message. Dans notre scène, Jean-Baptiste passe au second plan. Il n’agit pas comme le Précurseur qui annonce la venue du Messie. Il agit plutôt comme un témoin qui respecte scrupuleusement la démarche de celui qui lui demande de le baptiser. C’est Jésus qui est au centre de la scène et non pas Jean-Baptiste.
Saint Mathieu à l’école des premiers disciples a retenu deux enseignements de ce baptême.
Le premier est exprimé par la vision des cieux ouverts et de l’Esprit qui descend sur Jésus : « Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui ». Jésus, à ce moment-là, apparaît comme celui qui porte en lui une puissance nouvelle qui dépasse les confins habituels de nos relations et de nos lieux d’appartenance pour entrer dans le monde autre où se tient Celui qui est le créateur et le maître de tout.
À cette vision des cieux ouverts et de la colombe qui représente l’Esprit, saint Mathieu ajoute une parole qui donne le sens de cet événement fondamental dans la vie de Jésus : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie ». Le Baptême de Jésus touche tout son être. Saint Mathieu nous montre ici que le fils de Marie et de Joseph réalise, dans ce moment d’intense émotion et de profond abandon à Dieu, que Dieu et lui sont un et qu’il peut et se doit de l’appeler son Père, ce qu’il fera dans toute sa prédication par la suite, car il est vraiment et réellement le Fils bien-aimé.

III – Application
Nous pouvons aujourd’hui nous laisser, nous aussi, habiter par cette présence de Dieu comme l’a fait Jésus. Comme Lui nous avons reçu le Baptême. Ce fut pour la plupart au moment de notre jeunesse ou de notre enfance. C’était une beau geste et une célébration liturgique, d’abord et avant tout, où se manifestait une présence et une grâce du Christ toute particulière nous faisant enfants de Dieu. En effet par le baptême nous sommes devenus, et nous le sommes toujours, de véritables enfants de Dieu (cf. I Jean 3, 1). Nous sommes entrés dans l’Église et nous avons été admis dans sa famille, pourrait-on dire.
Il reste qu’il y a un problème pour nous…presque toutes et tous. Ce baptême nous l’avons reçu alors que nous étions peu ou pas conscients des conséquences. Ce sont nos parents et nos parrains et marraines qui nous ont porté sur les fonds baptismaux. Il est bon de se rappeler cela et de se souvenir même de la date de notre baptême comme le suggère le pape François. Pourquoi ? Parce que cela nous donne l’occasion d’entrer maintenant – si ce n’est déjà fait – nous aussi dans la démarche de Jésus et de laisser l’Esprit nous prendre et nous rendre témoins pour la mission qui est la nôtre. Cette mission a toutes les variétés possibles. Elle n’est pas à sens unique et n’est pas limitée. L’Esprit souffle où il veut comme le dit saint Jean (cf. Jean 3, 8).
Nous sommes au début d’une nouvelle année, c’est le temps de laisser notre cœur et notre esprit préciser ce qui sera l’objet de nos efforts spéciaux. Pour ce faire il est bon de se concentrer dans la prière et dans la méditation personnelle comme Jésus l’a fait en allant vers Jean-Baptiste pour être baptisé.

Conclusion
À chaque Eucharistie, nous sommes invités à célébrer dans le signe du Pain et du Vin consacrés la venue de Jésus, le Fils bien-aimé, qui s’est donné pour nous et qui a fait de nous ses frères et ses sœurs.
Nous sommes dans une grand famille, celle du Corps du Christ, qui dépasse les horizons géographiques et sociaux. Ce matin, en ce jour du Baptême de Jésus, entrons comme Lui dans cette mission d’annoncer la Bonne Nouvelle au monde entier selon notre vocation et selon les inspirations que l’Esprit – qui est descendu sur nous au baptême – mettra dans notre coeur.
Que la grâce de Dieu nous soit en aide !

Amen!
Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

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