Archive pour la catégorie 'fête de Marie'

12 DÉCEMBRE – NOTRE-DAME DE GUADALUPE (1531) (12 DÉCEMBRE MF)

12 décembre, 2016

http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/saints/12-decembre-notre-dame-de-guadalupe-1531

12 DÉCEMBRE – NOTRE-DAME DE GUADALUPE (1531) (12 DÉCEMBRE MF)

12 DÉCEMBRE – NOTRE-DAME DE GUADALUPE (1531) (12 DÉCEMBRE MF)  dans fête de Marie mexico_guadalupebig

Contenu
Souvenez-vous, ô très gracieuse Vierge Marie de Guadalupe, que lors de vos apparitions célestes sur la colline de Tepeyac, vous avez promis de montrer votre compassion et votre pitié envers tous ceux qui, vous aimant et ayant confiance en vous, ont recours à votre aide et vous implorent dans leurs besoins et leur détresse.
Vous avez promis d’écouter nos supplications, de sécher nos larmes et de nous apporter soulagement et consolation. On n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance et réclamé votre secours, pour le bien commun ou pour leur propre détresse, aient été abandonnés de vous.
Animés d’une pareille confiance, nous venons vers vous, ô Marie, toujours Vierge, Mère de Dieu. Gémissant sous le poids de nos péchés, nous nous prosternons en votre auguste présence, certains que vous accomplirez vos promesses miséricordieuses. Nous sommes pleins de confiance que, si nous nous mettons sous votre ombre et votre protection, rien ne pourra nous troubler ou nous affliger, et nous ne craindrons aucune maladie, aucun malheur et aucune peine.
Vous avez décidé de demeurer parmi nous à travers votre image admirable, vous qui êtes notre mère, notre salut et notre vie. Nous nous plaçons sous votre maternelle protection et ayant recours à vous dans tous nos besoins, nous ne demandons rien d’autre. O Sainte Mère de Dieu, ne rejetez pas nos prières mais dans votre miséricorde, daignez nous exaucer. Amen.
Mesoamerica, le « Nouveau Monde », 1521 : la capitale de la civilisation Aztèque tombe sous les forces armées de Cortez. Moins de 20 ans plus tard, neuf millions d’habitants qui avaient professé pendant des siècles une religion polythéiste et prônant des sacrifices humains les plus cruels, sont convertis au christianisme. Qu’est-ce qui s’est passé en ces temps-là pour qu’il y ait une conversion aussi incroyable et sans précédent historique ?

Chronologie des évènements
Le samedi 9 décembre 1531, un Indien du nom de Juan Diego (voir au 9 décembre) se rend à Mexico. Comme il passe au pied du Tepeyac, la plus haute des collines qui entourent la ville, une musique céleste l’at­tire vers le sommet, où il aperçoit une Dame incomparablement belle et radieuse de bonté : « Juan, mon fils bien-aimé, où vas-tu ? – Ma­dame, je vais à Mexico entendre la messe en l’honneur de la Vierge. – Ta dévotion m’est agréable ; je suis cette Vierge, Mère de Dieu. Je désire que l’on me bâtisse ici un temple magnifique d’où je répandrai mes faveurs et ferai voir ma compassion envers tous ceux qui m’invoqueront avec confiance. Va trouver l’évêque de Mexico pour l’instruire de ma volonté. »
Juan Diego se hâte de transmettre le message, mais le prélat le prend pour un illuminé et le congédie. Le 12 décembre, pressé de trouver un prêtre à Mexico pour administrer les derniers sacrements à son oncle gravement malade, Diego passe rapidement devant la col­line, quand il se trouve en présence de la Vierge : « Ton oncle est guéri, va en haut de la colline cueillir des roses que tu donneras à l’évêque de Mexico. » Ce n’était pas la saison des fleurs et jamais la roche nue du Tepeyac n’avait produit de roses. Il en cueille une brassée et, les tenant cachées sous son manteau, il s’achemine vers l’évêché. Introduit devant le prélat, il ouvre son tilma (poncho) : les roses se répandent sur le sol tandis que l’image de l’Apparition s’imprime sur le tissu.
Le tilma est un vêtement de pauvre qualité fait à base de cactus qui aurait dû se détériorer en 20 ans.
Tous tombent à ge­noux et l’évêque de Mexico se rend sur la colline de Tepeyac, où jaillit une source qui continue à opérer des guérisons miraculeuses. La Reine du Ciel se montre une cinquième fois à Juan Diego et lui donne son nom : On m’appellera Notre-Dame de Guadalupe.

Le premier sanctuaire sera érigé en 1533.

Pourquoi le nom « Guadalupe »?
» Puis l’oncle témoigna de ce que c’était vrai qu’à cette occasion il fut guéri et qu’il l’avait vue de la même manière que son neveu, apprenant d’Elle qu’elle l’avait envoyé à Mexico pour voir l’évêque. La Dame lui dit aussi que, lorsqu’il irait voir l’évêque, il devrait lui révéler ce qu’il avait vu et lui expliquer de quelle façon Elle l’avait guéri miraculeusement et qu’Elle voulait être appelée La toujours vierge Sainte Marie de Guadalupe et que son image bénie soit aussi ainsi connue. « (Nican Mopohua)
Pourquoi la Vierge Marie apparaissant à un Indien au Mexique récemment conquis et lui parlant en Nahuatl se nommerait-elle « de Guadalupe », un nom Espagnol ? Voulait-elle être appelée de Guadalupe à cause de la statue de Notre Dame de Guadalupe à Estremadura en Espagne ?
Dans toutes les apparitions de la Bienheureuse Vierge Marie elle s’est identifiée comme la Vierge Marie et comme Mère de Dieu ou d’autres titres, et par la suite elle fut toujours habituellement connue à travers le nom du lieu ou de la région où elle apparaissait (Lourdes, Fatima)
Donc pourquoi Marie, apparaissant à un Indien dans un Mexique récemment envahi et s’adressant dans la langue du pays, veut-elle être appelée du nom Espagnol de Guadalupe ?
Voulait-elle parler de la mystérieuse statue de Notre Dame de Guadalupe, qui fut donnée par le Pape Grégoire le Grand à l’évêque de Séville, fut égarée pendant 600 ans et fut retrouvée en 1326 par un bouvier nommé Gil Cordero qui fut guidé par une apparition de Notre Dame ? La statue fut appelée de Guadalupe parce que le village près du lieu où elle fut retrouvée s’appelait Guadalupe.
L’origine du nom Guadalupe a toujours été matière à controverse. Il y a néanmoins, une croyance qui veut que ce nom fut retenu en raison de la traduction du Nahuatl à l’espagnol des mots employés par la Vierge pendant l’apparition à Juan Bernardino, l’oncle souffrant de Juan Diego.
La croyance veut que Notre Dame employa le mot Aztèque Nahuatl coatlaxopeuh qui se prononce « quatlasupe » et dont le son ressemble étrangement au mot Espagnol Guadalupe. Coa veut dire serpent, tla étant une syllabe accrochée à coa et voulant dire « le« , alors que xopeuh veut dire écraser ou piétiner. Peut-être que Notre Dame a voulu se nommer « celle qui écrase le serpent. »
Nous devons nous rappeler que chaque année les Aztèques offraient au moins 20,000 hommes, femmes et enfants en sacrifice humain à leurs dieux féroces et assoiffés de sang. En 1487, durant une longue cérémonie qui dura 4 jours lors de la consécration d’un nouveau temple à Tenochtitlan, quelque 80,000 captifs furent tués en sacrifice humain.
Certainement, dans ce cas, Elle écrasa le serpent, en 1541, un prêtre franciscain, un des premiers historiens de la Nouvelle Espagne “Motolinia” écrit que quelque neuf millions d’Aztèques se sont convertis au Christianisme.
Aujourd’hui, après 480 ans, le tilma ne montre aucun signe de détérioration et défie toutes les explications scientifiques de son origine. Les scienti­fiques ont décelé divers phénomènes inexplicables (nature de l’image non peinte, œil de la Vierge, etc.). Selon ces scientifiques on peut voir dans les deux yeux, et là où normalement se reflète une image dans un oeil humain vivant, plusieurs formes qui, lorsqu’elles sont analysées en profondeur, correspondent à la forme et à la taille des personnes humaines qui se trouvaient en face de l’image en 1531.
Sur l’image, Marie porte en elle l’Enfant-Dieu.
Notre-Dame de Guadalupe a été choisie comme sainte patronne par les deux Amériques et pour les enfants à naître.

Chaque année, une foule, estimée à dix millions de personnes, la visite, faisant de l’église de la Cité de Mexico, le sanctuaire catholique le plus populaire dans le monde après le Vatican.

SOLENNITÉ DE L’IMMACULÉE CONCEPTION – HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

6 décembre, 2016

https://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/homilies/1979/documents/hf_jp-ii_hom_19791208_immaculate-conception.html

SOLENNITÉ DE L’IMMACULÉE CONCEPTION

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

Basilique Sainte-Marie-Majeure

Samedi 8 décembre 1979

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, … dans le Christ. C’est ainsi qu’il nous a choisis, dès avant la création du monde pour être saints et immaculés en sa présence » (Ep 1, 3-4).
Dans ce passage de son Épître aux Éphésiens, saint Paul trace l’image de l’Avent. Et il s’agit de cet Avent éternel qui trouve son origine en Dieu lui-même « dès avant la création du monde », car déjà la « création du monde » fut le premier pas de la venue de Dieu à l’homme, le premier acte de l’Avent. En effet tout le monde visible a été créé pour l’homme comme l’atteste le livre de la Genèse. Le début de l’Avent en Dieu est son éternel projet de création du monde et de l’homme, un projet né de l’amour. Cet amour est manifesté par l’éternel choix de l’homme en le Christ, Verbe incarné. « …Il nous a élu en lui, dès avant la création pour être saints et immaculés en sa présence. »
Marie est présente dans cet éternel Avent. Parmi tous les hommes que le Père a élu dans le Christ, Marie l’a été de manière toute particulière et exceptionnelle parce qu’elle a été élue dans le Christ pour être la Mère du Christ. Et ainsi, mieux que n’importe lequel parmi les hommes « prédestinés par le Père » à la dignité de « fils et filles adoptifs de Dieu » Marie a été prédestinée de manière tout à fait spéciale « à la louange de gloire de sa grâce » dont le Père « nous a gratifiés dans son Fils bien-aimé » (cf. Ep 1, 6).
La gloire sublime de sa grâce toute spéciale devait être sa divine maternité : Mère du Verbe Éternel ! Dans le Christ elle a reçu également la grâce de l’Immaculée Conception. De cette manière, Marie est insérée dans ce premier Avent éternel de la Parole, prédisposé par l’amour du Père pour la création et pour l’homme.
2. Le deuxième Avent a un caractère historique. Il s’accomplit dans le temps entre la chute du premier homme et la venue du Rédempteur. La liturgie d’aujourd’hui nous parle également de cet Avent et nous montre comment Marie y est insérée dès les origines. En effet, quand s’est manifesté le premier péché, avec la honte inattendue de nos premiers parents, alors également Dieu révéla pour la première fois le Rédempteur du monde, annonçant aussi sa Mère. Il l’a fait en disant les paroles dans lesquelles la tradition voit « le proto Évangile » c’est-à-dire comme l’embryon et la « pré-annonce » de l’Évangile lui-même, de la Bonne Nouvelle.
Voici ces paroles : « J’établirai une inimitié entre toi et la femme, entre ta race et sa race : celle-ci t’écrasera ta tête, et, toi, tu la viseras au talon » (Gn 3, 15).
Ce sont des paroles mystérieuses. Tout archaïques qu’elles soient, elles révèlent le futur de l’humanité et de l’Église. Ce futur est vu dans la perspective d’une lutte entre l’Esprit des ténèbres, celui qui est « menteur et père du mensonge » (Jn 8, 44) et le Fils de la femme qui doit venir parmi les hommes comme « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14, 6).
C’est ainsi que dès les origines Marie est présente dans ce deuxième Avent historique. Elle a été promise, en même temps que son Fils, rédempteur du monde. Et attendue également avec lui. Le Messie-Emmanuel (« Dieu avec nous ») est attendu comme Fils de la Femme, Fils de l’Immaculée.
3. La venue du Christ ne constitue pas seulement l’accomplissement du deuxième Avent : elle constitue également, en même temps, la révélation du troisième Avent, de l’Avent définitif. Par l’ange Gabriel que Dieu lui avait envoyé à Nazareth, Marie entendit les paroles suivantes :
« Voici que tu concevras et enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et on l’appellera Fils du Très-Haut… ; il régnera sur la maison de Jacob à jamais et son règne n’aura jamais de fin » (Lc 1, 31-33).
Marie est le commencement du troisième Avent parce qu’elle a mis au monde celui qui réalisera ce choix éternel dont il nous a été donné lecture dans l’épître aux Éphésiens. En le réalisant, il en fera le fait culminant de l’histoire de l’humanité. Il lui donnera la forme concrète de l’Évangile, de l’eucharistie, de la Parole et des sacrements. Et ainsi ce choix éternel pénétrera la vie des âmes humaines et la vie de cette communauté particulière qui se nomme l’Église.
L’histoire de la famille humaine et l’histoire de chaque homme mûriront par l’opération de Jésus-Christ, à la mesure des fils et des filles d’adoption. « C’est en lui encore que nous sommes devenus les héritiers désignés d’avance selon le plan préétabli de celui qui mène toutes choses au gré de sa volonté » (Ep 1, 11).
Marie est l’origine de ce troisième Avent, et elle s’y maintient en permanence, toujours présente (comme l’a si merveilleusement exprimé le Concile Vatican II au huitième chapitre de la Constitution sur l’Église Lumen Gentium). De même que le deuxième Avent nous rapproche de celle dont le Fils devait « écraser la tête du serpent », ainsi le troisième Avent nous éloigne d’elle tout en nous permettant de demeurer sans cesse en présence du Fils, tout proches d’elle. Cet Avent n’est autre que l’attente de l’accomplissement définitif des temps : il est simultanément le temps de la lutte et des contrastes, poursuivant ainsi la prévision originelle : « J’établirai une inimitié entre toi et la femme… » (Gn 3, 15).
La différence consiste dans le fait que nous connaissons déjà le nom de la femme. Elle est l’Immaculée Conception. On la connaît pour sa virginité et pour sa maternité. Elle est la Mère du Christ et de l’Église, Mère de Dieu et des hommes : Marie de notre Avent.

 

TOUT EST UN DON GRATUIT DE DIEU – PAPE FRANÇOIS

18 septembre, 2016

https://fr.zenit.org/articles/tout-est-un-don-gratuit-de-dieu/

TOUT EST UN DON GRATUIT DE DIEU – PAPE FRANÇOIS

Angélus de l’Immaculée Conception de Marie (texte intégral)

8 DÉCEMBRE 2014 -ANITA BOURDIN – PAPE FRANÇOIS « Tout est un don gratuit de Dieu », explique le pape François, à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception de Marie, à l’angélus de midi, place Saint-)Pierre, devant desd dizaines de milliers de visiteurs, ce lundi, 8 décembre, jour férié en Italie et au Vatican. « A nous aussi il est demandé d’écouter Dieu qui nous parle et d’accueillir sa volonté », a insisté le pape, soulignant qu’en Marie l’être » l’emporte sur le « faire »: celui qui agit en premier c’est Dieu. Et son action vis-à-vis de Marie c’est de la « préserver » du péché, tandis que les croyants dans le Christ, eux sont « sauvés » du péché. Mais c’est le même « don gratuit de Dieu ». Et qui reçoit gratuitement doit « donner gratuitement », insiste le pape: il faut donc laisser l’Esprit Saint « faire de nous un don pour les autres ». Voici notre traduction intégrale des paroles prononcées par le pape en italien avant et après la prière de l’angélus. A.B.

Paroles du pape avant l’angélus Chers frères et soeurs, bonjour! Bonne fête! Le message de la fête d’aujourd’hui, de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, peut se résumer par ces mots: « tout est un don gratuit de Dieu, tout est grâce, tout est don de son amour pour nous. L’Ange Gabriel appelle Marie « pleine de grâce » (Lc 1,28): il n’y a p as en elle de place pour le péché, parce que Dieu l’a choisie depuis toujours comme Mère de Jésus et il l’a préservée de la faute originelle. Et Marie répond à la grâce et s’abandonne en disant à l’ange: « Qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1,38). Elle ne dit pas: « Je ferai selon ta parole »: non! Mais « Qu’il me soit fait… ». Et le Verbe s’est fait chair dans son sein. A nous aussi il est demandé d’écouter Dieu qui nous parle et d’accueillir sa volonté; selon la logique évangélique rien n’est plus efficace et fécond que d’écouter et accueillir la Parole du Seigneur, qui vient de l’Evangile, de la Bible. Le Seigneur nous parle toujours! L’attitude de Marie de Nazareth nous montre que « l’être » vient avant le « faire » et qu’il convient de laisser Dieu faire pour être vraiment tels qu’Il nous veut. C’est Lui qui fait en nous tant de merveilles. Marie est réceptive, mais non pas passive. De même que, physiquement, elle reçoit la puissance de l’Esprit Saint et donne ensuite chair et sang au Fils de Dieu qui se forme en elle, de même, au plan spirituel, elle accueille la grâce et correspond à elle par la foi. C’est pourquoi saint Augustin affirme que la Vierge a « conçu d’abord dans son coeur et ensuite dans son sein » (Discours, 215, 4). Elle a conçu la foi d’abord et le Seigneur ensuite. Ce mystère de l’accueil de la grâce qui, en Marie, par un privilège unique, était sans l’obstacle du péché, est une possibilité pour tous. Saint Paul ouvre en effet sa Lettre aux Ephésiens par des paroles de louange: « Béni soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis par toute bénédiction spirituelle au ciel dans le Christ » (Ep 1,3). De même que Marie est saluée par sainte Elisabeth comme « bénie entre les femmes » (Lc 1,42), de même, nous aussi nous avons été depuis toujours « bénis » , c’est-à-dire « aimés », et pour cela « choisis avant la création du monde pour être saints et immaculés » (Ep 1,4). Marie a été « préservée » tandis que nous nous avons été « sauvés » grâce au baptême et à la foi. Mais tous, elle et nous, « par le Christ », « à la louange de gloire de sa grâce » (Ep 1, 6), cette grâce dont l’Immaculée a été comblée en plénitude. Face à l’amour, face à la miséricorde, à la grâce divine conservée dans nos coeurs, il n’y a qu’une conséquence qui s’impose: la gratuité. Personne ne peut acheter le salut! Le salut est un don gratuit du Seigneur, un don gratuit de Dieu, qui vient en nous, et habite en nous. De même que nous avons reçu gratuitement, de même, nous sommes appelés à donner gratuitement (cf. Mt 10,8); à l’imitation de Marie, qui, immédiatement après avoir accueilli l’annonce de l’ange, va partager le don de la fécondité avec sa parente Elisabeth. Parce que, si tout nous a été donné, tout doit être redonné. De quelle façon? En laissant l’Esprit Saint faire de nous un don pour les autres. L’Esprit est un don pour nous, et nous, avec la force de l’Esprit, nous devons être un don pour les autres, et laisser l’Esprit Saint nous faire devenir des instruments d’accueil, des instruments de réconciliation, des instruments de pardon. Si notre existence se laisse transformer par la grâce du Seigneur, afin que la grâce du Seigneur nous transforme, nous ne pourrons pas garder pour nous la lumière qui vient de son visage, mais nous la laisserons passer afin qu’elle éclaire les autres. Apprenons de Marie qui a constamment tenu son regard fixé sur son Fils, et son visage est devenu « le visage qui ressemble le plus au Christ » (Dante, Paradis, XXXII, 87). Et nous nous adressons à elle maintenant par la prière qui rappelle l’annonce de l’ange.

L’ange dit à Marie …

Après l’angélus

Chers frères et soeurs, Je vous salue avec affection, spécialement les familles te les groupes paroissiaux. Je salue les fidèles de Rocca di Papa, le curé, les marathonètes, les cyclistes, et je bénis de tout coeur leur flambeau. Je salue le groupe de Felline (Lecce), l’association “Completamente tuoi” et les jeunes de Carugate. En cette fête de l’Immaculée Conception, l’Action catholique italienne vit le renouvellement des adhésions. J’adresse une pensée spéciale à toutes les associations diocésaines et paroissiales. Que la Vierge Immaculée bénisse l’Action catholique et en fasse toujours plus une école de sainteté et de service généreux de l’Eglise et du monde. Cet après-midi, je me rendrai à Sainte-Marie-Majeure, pour saluer Marie « Salut du Peuple Romain » et ensuite place d’Espagne pour renouveler l’hommage et la prière traditionnels aux pieds du monument à l’Immaculée. Ce sera un après-midi complètement dédié à à la Vierge Marie. Je vous demande de vous unir à moi spirituellement dans ce pèlerinage qui exprime notre dévotion filiale à notre Mère céleste. Et n’oubliez pas: le salut est gratuit. Nous avons reçu cette gratuité, cette grâce de Dieu et nous devons la donner; nous avons reçu le don et nous devons le redonner aux autres. N’oubliez pas cela! Je vous souhaite à tous une nonne fête et un bon cheminement de l’Avent, avec la Vierge Marie pour guide. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au-revoir!

(c) Traduction de Zenit, Anita Bourdin

Angélus de l’Immaculée Conception de Marie (texte intégral)

8 DÉCEMBRE 2014 -ANITA BOURDIN – PAPE FRANÇOIS « Tout est un don gratuit de Dieu », explique le pape François, à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception de Marie, à l’angélus de midi, place Saint-)Pierre, devant desd dizaines de milliers de visiteurs, ce lundi, 8 décembre, jour férié en Italie et au Vatican. « A nous aussi il est demandé d’écouter Dieu qui nous parle et d’accueillir sa volonté », a insisté le pape, soulignant qu’en Marie l’être » l’emporte sur le « faire »: celui qui agit en premier c’est Dieu. Et son action vis-à-vis de Marie c’est de la « préserver » du péché, tandis que les croyants dans le Christ, eux sont « sauvés » du péché. Mais c’est le même « don gratuit de Dieu ». Et qui reçoit gratuitement doit « donner gratuitement », insiste le pape: il faut donc laisser l’Esprit Saint « faire de nous un don pour les autres ». Voici notre traduction intégrale des paroles prononcées par le pape en italien avant et après la prière de l’angélus. A.B.

Paroles du pape avant l’angélus Chers frères et soeurs, bonjour! Bonne fête! Le message de la fête d’aujourd’hui, de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, peut se résumer par ces mots: « tout est un don gratuit de Dieu, tout est grâce, tout est don de son amour pour nous. L’Ange Gabriel appelle Marie « pleine de grâce » (Lc 1,28): il n’y a p as en elle de place pour le péché, parce que Dieu l’a choisie depuis toujours comme Mère de Jésus et il l’a préservée de la faute originelle. Et Marie répond à la grâce et s’abandonne en disant à l’ange: « Qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1,38). Elle ne dit pas: « Je ferai selon ta parole »: non! Mais « Qu’il me soit fait… ». Et le Verbe s’est fait chair dans son sein. A nous aussi il est demandé d’écouter Dieu qui nous parle et d’accueillir sa volonté; selon la logique évangélique rien n’est plus efficace et fécond que d’écouter et accueillir la Parole du Seigneur, qui vient de l’Evangile, de la Bible. Le Seigneur nous parle toujours! L’attitude de Marie de Nazareth nous montre que « l’être » vient avant le « faire » et qu’il convient de laisser Dieu faire pour être vraiment tels qu’Il nous veut. C’est Lui qui fait en nous tant de merveilles. Marie est réceptive, mais non pas passive. De même que, physiquement, elle reçoit la puissance de l’Esprit Saint et donne ensuite chair et sang au Fils de Dieu qui se forme en elle, de même, au plan spirituel, elle accueille la grâce et correspond à elle par la foi. C’est pourquoi saint Augustin affirme que la Vierge a « conçu d’abord dans son coeur et ensuite dans son sein » (Discours, 215, 4). Elle a conçu la foi d’abord et le Seigneur ensuite. Ce mystère de l’accueil de la grâce qui, en Marie, par un privilège unique, était sans l’obstacle du péché, est une possibilité pour tous. Saint Paul ouvre en effet sa Lettre aux Ephésiens par des paroles de louange: « Béni soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis par toute bénédiction spirituelle au ciel dans le Christ » (Ep 1,3). De même que Marie est saluée par sainte Elisabeth comme « bénie entre les femmes » (Lc 1,42), de même, nous aussi nous avons été depuis toujours « bénis » , c’est-à-dire « aimés », et pour cela « choisis avant la création du monde pour être saints et immaculés » (Ep 1,4). Marie a été « préservée » tandis que nous nous avons été « sauvés » grâce au baptême et à la foi. Mais tous, elle et nous, « par le Christ », « à la louange de gloire de sa grâce » (Ep 1, 6), cette grâce dont l’Immaculée a été comblée en plénitude. Face à l’amour, face à la miséricorde, à la grâce divine conservée dans nos coeurs, il n’y a qu’une conséquence qui s’impose: la gratuité. Personne ne peut acheter le salut! Le salut est un don gratuit du Seigneur, un don gratuit de Dieu, qui vient en nous, et habite en nous. De même que nous avons reçu gratuitement, de même, nous sommes appelés à donner gratuitement (cf. Mt 10,8); à l’imitation de Marie, qui, immédiatement après avoir accueilli l’annonce de l’ange, va partager le don de la fécondité avec sa parente Elisabeth. Parce que, si tout nous a été donné, tout doit être redonné. De quelle façon? En laissant l’Esprit Saint faire de nous un don pour les autres. L’Esprit est un don pour nous, et nous, avec la force de l’Esprit, nous devons être un don pour les autres, et laisser l’Esprit Saint nous faire devenir des instruments d’accueil, des instruments de réconciliation, des instruments de pardon. Si notre existence se laisse transformer par la grâce du Seigneur, afin que la grâce du Seigneur nous transforme, nous ne pourrons pas garder pour nous la lumière qui vient de son visage, mais nous la laisserons passer afin qu’elle éclaire les autres. Apprenons de Marie qui a constamment tenu son regard fixé sur son Fils, et son visage est devenu « le visage qui ressemble le plus au Christ » (Dante, Paradis, XXXII, 87). Et nous nous adressons à elle maintenant par la prière qui rappelle l’annonce de l’ange.

L’ange dit à Marie …

Après l’angélus

Chers frères et soeurs, Je vous salue avec affection, spécialement les familles te les groupes paroissiaux. Je salue les fidèles de Rocca di Papa, le curé, les marathonètes, les cyclistes, et je bénis de tout coeur leur flambeau. Je salue le groupe de Felline (Lecce), l’association “Completamente tuoi” et les jeunes de Carugate. En cette fête de l’Immaculée Conception, l’Action catholique italienne vit le renouvellement des adhésions. J’adresse une pensée spéciale à toutes les associations diocésaines et paroissiales. Que la Vierge Immaculée bénisse l’Action catholique et en fasse toujours plus une école de sainteté et de service généreux de l’Eglise et du monde. Cet après-midi, je me rendrai à Sainte-Marie-Majeure, pour saluer Marie « Salut du Peuple Romain » et ensuite place d’Espagne pour renouveler l’hommage et la prière traditionnels aux pieds du monument à l’Immaculée. Ce sera un après-midi complètement dédié à à la Vierge Marie. Je vous demande de vous unir à moi spirituellement dans ce pèlerinage qui exprime notre dévotion filiale à notre Mère céleste. Et n’oubliez pas: le salut est gratuit. Nous avons reçu cette gratuité, cette grâce de Dieu et nous devons la donner; nous avons reçu le don et nous devons le redonner aux autres. N’oubliez pas cela! Je vous souhaite à tous une nonne fête et un bon cheminement de l’Avent, avec la Vierge Marie pour guide. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au-revoir!

(c) Traduction de Zenit, Anita Bourdin

ACTE DE CONSÉCRATION À MARIE – JEAN-PAUL II

7 septembre, 2016

http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/homilies/2000/documents/hf_jp-ii_hom_20001008_act-entrustment-mary.html

JUBILÉ DES ÉVÊQUES

ACTE DE CONSÉCRATION À MARIE – JEAN-PAUL II

Dimanche 8 octobre 2000

1 «Femme, voici ton fils» (Jn 19, 26)! Tandis qu’arrive à son terme l’Année jubilaire, au cours de laquelle Toi, ô Mère, tu nous as offert à nouveau Jésus, le fruit béni de ton sein très pur, le Verbe fait chair, le Rédempteur du monde, ces paroles: « Femme, voici ton fils ! » se font pour nous particulièrement douces, paroles qui nous renvoient à Toi, te constituant notre Mère. En te confiant l’Apôtre Jean, et avec lui les fils de l’Église, et même tous les hommes, le Christ, loin d’atténuer son rôle exclusif de Sauveur du monde, le confirmait. Tu es la splendeur qui n’ôte rien à la lumière du Christ, car tu existes en Lui et par Lui. En Toi, tout est « fiat »: tu es l’Immaculée, tu es transparence et plénitude de grâce. Voici donc tes enfants rassemblés autour de Toi, à l’aube du nouveau millénaire. Aujourd’hui, par la voix du Successeur de Pierre, à laquelle s’unit celle de nombreux Pasteurs rassemblés ici de toutes les parties du monde, l’Église cherche à se réfugier sous ta protection maternelle et implore avec confiance ton intercession face aux défis de l’avenir.

2 En cette année de grâce, de nombreuses personnes ont vécu, et vivent actuellement, la joie surabondante de la miséricorde que le Père nous a donnée dans le Christ. Dans les Églises particulières répandues à travers le monde, et plus encore ici au centre de la chrétienté, les catégories les plus diverses de personnes ont accueilli ce don. Ici même, l’enthousiasme des jeunes a retenti, ici même, s’est élevé le cri implorant des malades. Ici même, sont venus des prêtres et des religieux, des artistes et des journalistes, des travailleurs et des hommes de science, des enfants et des adultes, et tous ont reconnu dans ton Fils bien-aimé le Verbe de Dieu, fait chair en ton sein. Obtiens pour nous, ô Mère, par ton intercession, que les fruits de cette Année ne soient pas perdus, et que les germes de grâce se développent jusqu’à la pleine mesure de la sainteté, à laquelle nous sommes tous appelés.

3 Aujourd’hui, nous voulons te confier l’avenir qui nous attend, te demandant de nous accompagner sur le chemin. Nous sommes les hommes et les femmes d’une époque extraordinaire, aussi exaltante que riche de contradictions. Aujourd’hui, l’humanité possède des moyens de puissance inouïe: elle peut faire de ce monde un jardin, ou le réduire à un amas de cendres. Elle a acquis des capacités extraordinaires d’intervention sur les sources mêmes de la vie: elle peut en user pour le bien, dans le cadre de la loi morale, ou bien céder à l’orgueil aveugle d’une science qui n’accepte pas de limite, au point de bafouer le respect dû à tout être humain. Aujourd’hui plus que jamais, l’humanité est à une croisée de chemins. Et, une fois encore, le salut est entièrement et seulement, ô Vierge Sainte, dans ton Fils Jésus.

4 C’est pourquoi, ô Mère, comme l’Apôtre Jean, nous voulons te recevoir chez nous (cf. Jn 19, 27), pour que tu nous apprennes à nous conformer à ton Fils. «Femme, voici tes fils!» Nous sommes ici, devant toi, pour confier à tes soins maternels nous-mêmes, l’Église, le monde entier. Implore pour nous ton Fils bien-aimé, afin qu’il nous donne en abondance l’Esprit Saint, l’Esprit de vérité qui est source de vie. Accueille-le pour nous et avec nous, comme au temps de la première communauté de Jérusalem, rassemblée autour de toi le jour de la Pentecôte (cf. Ac 1, 14). Que l’Esprit ouvre les cœurs à la justice et à l’amour, qu’il conduise les personnes et les nations à la compréhension réciproque et à une ferme volonté de paix. Nous te confions tous les hommes, à commencer par les plus faibles: les enfants non encore venus au jour et ceux qui sont nés dans des conditions de pauvreté et de souffrance, les jeunes à la recherche de sens, les personnes privées de travail et celles qui sont éprouvées par la faim et la maladie. Nous te confions les familles désagrégées, les personnes âgées privées d’assistance et tous ceux qui sont seuls et sans espérance.

5 Ô Mère, Toi qui connais les souffrances et les espérances de l’Église et du monde, assiste tes enfants dans les épreuves quotidiennes que la vie réserve à chacun et fais que, grâce aux efforts de tous, les ténèbres ne l’emportent pas sur la lumière. À toi, aurore du salut, nous confions notre marche dans le nouveau millénaire, afin que, sous ta conduite, tous les hommes découvrent le Christ, lumière du monde et unique Sauveur, qui règne avec le Père et l’Esprit Saint pour les siècles des siècles. Amen.

MÉDITATION SUR LA FÊTE DE LA LA DORMITION DE LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU AVEC LE PÈRE LEV GILLET

13 août, 2016

http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/La-Dormition-de-la-tres-sainte-Mere-de-Dieu-dans-la-tradition-hagiographique_a354.html?com

( Plusieurs autres écrits très belles et intéressantes sur la Dormition de Marie , sur le même blog et le même lien )

MÉDITATION SUR LA FÊTE DE LA LA DORMITION DE LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU AVEC LE PÈRE LEV GILLET

La troisième des grandes fêtes d’été est la commémoration de la mort de la Bienheureuse Vierge Marie, appelée en langage liturgique la  » Dormition  » de Notre-Dame [64]. C’est, du point de vue liturgique, la plus importante des fêtes de la Vierge. Elle est précédée par un jeûne de deux semaines, le  » Carême de la Mère de Dieu « , analogue à celui qui précède la fête de Saint Pierre et Saint Paul ; ce carême commence le 1er août et dure jusqu’au 14 août inclus. La fête elle-même a lieu le 15 août(*).

Beaucoup de traits de cette fête sont empruntés à d’autres fêtes de la Vierge. Ainsi l’évangile de matines est celui qui relate la visite de Marie à Élisabeth (Lc 1, 39-56). L’épître (Ph 2, 5-11) et l’évangile (Lc 10, 38-43 – 11, 27-28) de la liturgie sont ceux que nous lisons le 8 septembre, le jour de la Nativité de Marie ; nous prions nos lecteurs de se reporter à ce que nous avons déjà dit de ces textes [65]. On remarquera que les portions de l’Écriture lues le 15 août ne font aucune allusion à la mort de la Sainte Vierge. C’est dans les chants des vêpres et des matines qu’il faut chercher la signification particulière que l’Église attribue à la fête du 15 août.

Cette signification est double. Elle se trouve exactement exprimée dans cette phrase chantée aux vêpres :  » La source de vie est mise au sépulcre et son tombeau devient l’échelle du ciel « . La première partie de la phrase –  » la source de vie est mise au sépulcre  » – indique que nous commémorons la mort de la très sainte Vierge. Si nous célébrons pieusement, chaque année, les anniversaires de la mort du Précurseur, des apôtres et des martyrs, à plus forte raison célébrons-nous la mort de la Mère de Dieu, qui est aussi notre mère, et qui dépasse en sainteté et en gloire tous les élus [66]. Mais la fête du 15 août est plus que la commémoraison de la mort de Marie. La deuxième partie de la phrase dit :  » … et son tombeau devient l’échelle du ciel « . La tombe de quiconque est mort dans le Christ est, d’une certaine manière, une échelle qui conduit au ciel. Cependant le cas de Marie est exceptionnel. Les textes liturgiques que nous chantons impliquent autre chose :  » Ouvrez larges vos portes et… accueillez la Mère de la lumière intarrissable… Car, en ce jour, le ciel ouvre son sein pour la recevoir… Les anges chantent ta très sainte Dormition… que nous fêtons avec foi… Que tout fils de la terre tressaille en esprit… et célébre dans la joie la vénérable Assomption de la Mère de Dieu « . On le voit, il ne s’agit pas seulement de la réception de l’âme de Marie dans le ciel. Quoique la fête du 15 août ne porte pas, dans le calendrier liturgique byzantin, le nom de fête de l’Assomption (comme c’est le cas dans l’Église latine), nos textes expriment la croyance en l’assomption corporelle de Marie. Selon cette croyance, le corps de Marie n’a pas connu la corruption qui suit la mort ; il n’est pas resté dans le tombeau ; Marie ressuscitée a été transportée au ciel par les anges (l’Assomption diffère de l’Ascension en ce que le Christ s’est élevé lui-même au ciel).

L’Assomption de Marie est située en dehors – et au-dessus – de l’histoire. La croyance en l’Assomption ne s’appuie ni sur un récit biblique, ni sur des témoignages historiques scientifiquement recevables [67]. Elle n’a été l’objet d’aucune définition dogmatique. L’Église n’a, jusqu’ici, imposé à aucun fidèle d’affirmer le fait de l’Assomption corporelle de Marie. Mais, si l’affirmation (intérieure ou extérieure) n’est pas exigée par l’Église, on peut dire que la conscience orthodoxe considérerait la négation active de l’Assomption non seulement comme une témérité, mais comme un blasphème. D’ailleurs, comment nier un fait qui n’est susceptible d’aucune vérification historique ? La croyance en l’Assomption ne se fonde pas sur des preuves documentaires. La conscience catholique, éclairée par le Saint-Esprit, s’est peu-à-peu persuadée que, si  » le salaire du péché, c’est la mort (Rm 6,23) « , Marie a dû remporter sur la mort une victoire spéciale [69]. Ainsi que Jésus (et toutes proportions gardées), elle a été glorifiée dans son corps. C’est cette glorification de la toute pure et toute sainte Mère de Dieu dans son âme et dans sa chair – et non point tel ou tel symbolisme matériel et telles ou telles circonstances historiques – qui constitue l’objet de la fête du 15 août.

L’Assomption est la fête, non seulement de Marie, mais de toute la nature humaine. Car, en Marie, la nature humaine a atteint sa fin. Une semaine après le début de l’année liturgique nous célébrons la naissance de la très Sainte Vierge. Deux semaines avant la fin de l’année liturgique, nous célébrons la mort et la glorification de Marie. Ainsi, associé et subordonné au cycle de la vie de Jésus, le cycle de la vie de Marie manifeste le destin et le développement d’une nature humaine entièrement fidèle à Dieu. Avec Marie, c’est le genre humain qui est emporté et reçu au ciel. Marie a des privilèges qui ne peuvent pas être les nôtres. Mais ce parfait épanouissement de la grâce en Marie, que nous admirons le 15 août, nous suggère quelle pourrait être la ligne de développement d’une âme qui s’appliquerait à faire fructifier en elle-même les grands dons reçus au cours de l’année liturgique, – le don de Noël, le don de Pâques, le don de la Pentecôte.

NOTES [64] Les origines de cette fête sot assez obscures. Elle était, en Palestine, célébrée le 15 août dès avant l’an 500. Les Égyptiens la célébraient aussi, mais le 18 janvier. L’observance du 18 janvier passa d’Égypte en Gaule au IV e siècle. Parmi les Grecs, les uns suivaient l’usage palestiniens, les autres l’usage égyptien. Au VII e siècle, l’empereur byzantin Maurice fixa définitivement la fête au 15 août.

ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE – HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

11 août, 2016

http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/homilies/2011/documents/hf_ben-xvi_hom_20110815_assunzione.html

MESSE EN LA SOLENNITÉ DE L’ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE

HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

Église paroissiale San Tommaso da Villanova, Castel Gandolfo

Lundi 15 août 2011

Chers frères et sœurs,

Nous sommes réunis une fois de plus pour célébrer l’une des fêtes les plus antiques et les plus aimées dédiées à la Très Sainte Vierge Marie: la fête de son Assomption à la gloire du Ciel, corps et âme, c’est-à-dire de tout son être humain, dans l’intégrité de sa personne. Ainsi nous est donnée la grâce de renouveler notre amour à Marie, de l’admirer et de la louer pour les «grandes choses» que le Tout-Puissant a faites pour Elle et a opérées en Elle. En contemplant la Vierge Marie, une autre grâce nous est donnée: celle de pouvoir voir également notre vie en profondeur. Oui, car notre existence quotidienne elle aussi, avec ses problèmes et ses espérances, reçoit une lumière de la Mère de Dieu, de son parcours spirituel, de son destin de gloire: un chemin et un objectif qui peuvent et qui doivent devenir, d’une certaine façon, notre même chemin et notre même objectif. Nous nous laissons guider par les passages de l’Ecriture Sainte que nous propose la liturgie d’aujourd’hui. Je voudrais m’arrêter en particulier sur une image que nous trouvons dans la première lecture, tirée de l’Apocalypse, et à laquelle fait écho l’Evangile de Luc: c’est-à-dire celle de l’arche. Dans la première lecture, nous avons entendu: «Alors s’ouvrit le temple de Dieu, dans le ciel, et son arche d’alliance apparut, dans le temple» (Ap 11, 19). Quelle est la signification de l’arche? Qu’est-ce qui apparaît? Pour l’Ancien Testament, elle est le symbole de la présence de Dieu parmi son peuple. Mais désormais, le symbole a laissé la place à la réalité. Ainsi, le Nouveau Testament nous dit que la véritable arche de l’alliance est une personne vivante et concrète: c’est la Vierge Marie. Dieu n’habite pas un meuble, Dieu réside dans une personne, dans un cœur: Marie, Celle qui a porté dans son sein le Fils éternel de Dieu fait homme, Jésus, notre Seigneur et Sauveur. Dans l’arche — comme nous le savons — étaient conservées les deux tables de la loi de Moïse, qui manifestaient la volonté de Dieu de conserver l’alliance avec son peuple, en indiquant les conditions pour être fidèles au pacte de Dieu, pour être conformes à la volonté de Dieu et ainsi, également, à notre vérité profonde. Marie est l’arche de l’alliance car elle a accueilli en elle Jésus; elle a accueilli en elle la Parole vivante, tout le contenu de la volonté de Dieu, de la vérité de Dieu; elle a accueilli en elle Celui qui est l’alliance nouvelle et éternelle, qui a culminé dans le don de son corps et de son sang: un corps et un sang reçus de Marie. C’est donc à juste titre que la piété chrétienne, dans les litanies en l’honneur de la Vierge, s’adresse à Elle en l’invoquant comme Foederis Arca, c’est-à-dire «arche de l’alliance», arche de la présence de Dieu, arche de l’alliance d’amour que Dieu a voulu établir de façon définitive avec toute l’humanité dans le Christ. Le passage de l’Apocalypse veut indiquer un autre aspect important de la réalité de Marie. Arche vivante de l’alliance, Elle possède un destin de gloire extraordinaire, car elle est unie de façon si étroite au Fils qu’elle a accueilli dans la foi et engendré dans la chair, qu’elle en partage pleinement la gloire au ciel. C’est ce que nous suggèrent les paroles que nous avons entendues: «Un signe grandiose apparut au ciel: une Femme! Le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête; elle est enceinte… la Femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations…» (12, 1-2; 5). La grandeur de Marie, Mère de Dieu pleine de grâce, pleinement docile à l’action de l’Esprit Saint, vit déjà dans le Ciel de Dieu de toute sa personne, corps et âme. Saint Jean Damascène, en se référant à ce mystère, affirme dans une homélie célèbre: «Aujourd’hui la sainte et l’unique Vierge est amenée au temple céleste… Aujourd’hui l’arche sacrée et vivante du Dieu vivant, celle qui a porté dans son sein son Auteur, se repose dans le temple du Seigneur non fait de main d’homme…» (Deuxième homélie sur la dormition, 2, PG 96, 723) et poursuit: «Il fallait que celle qui avait donné asile au Verbe divin dans son sein, vînt habiter dans les tabernacles de son Fils… Il fallait que l’Epouse que le Père s’était choisie vînt habiter au ciel la demeure nuptiale» (ibid., 14, PG 96, 742). Aujourd’hui, l’Eglise chante l’amour immense de Dieu pour sa créature: elle l’a choisie comme véritable «arche de l’alliance», comme Celle qui continue à engendrer et à donner le Christ Sauveur à l’humanité, comme Celle qui partage au Ciel la plénitude de la gloire et jouit du bonheur même de Dieu et, dans le même temps, nous invite également à devenir, de notre modeste façon, une «arche» dans laquelle est présente la Parole de Dieu, qui est transformée et vivifiée par sa présence, lieu de la présence de Dieu, afin que les hommes puissent rencontrer dans l’autre homme la proximité de Dieu et vivre ainsi en communion avec Dieu et connaître la réalité du Ciel. L’Evangile de Luc que nous venons d’écouter (cf. Lc 1, 39-56), nous montre cette arche vivante, qu’est Marie, en mouvement: ayant quitté sa maison de Nazareth, Marie se met en route vers la montagne pour rejoindre en hâte une ville de Juda et se rendre à la maison de Zacharie et Elisabeth. Il me semble important de souligner l’expression «en hâte»: les choses de Dieu méritent qu’on se hâte; je dirais même que les seules choses au monde qui méritent que l’on se hâte sont précisément celles de Dieu, qui revêtent un caractère de véritable urgence pour notre vie. Alors Marie entre dans cette maison de Zacharie et Elisabeth, mais elle n’y entre pas seule. Elle y entre en portant dans son sein son fils, qui est Dieu lui-même fait homme. Il est certain qu’on l’attendait, ainsi que son aide, dans cette maison, mais l’évangéliste nous fait comprendre que cette attente renvoie à une autre, plus profonde. Zacharie, Elisabeth et le petit Jean-Baptiste sont, en effet, le symbole de tous les justes d’Israël, dont le cœur, riche d’espérance, attend la venue du Messie sauveur. Et c’est l’Esprit Saint qui ouvre les yeux d’Elisabeth et qui lui fait reconnaître en Marie la véritable arche de l’alliance, la Mère de Dieu, qui vient lui rendre visite. Et ainsi, la parente âgée l’accueille en poussant «un grand cri»: «Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein! Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur?» (Lc 1, 42-43). C’est le même Esprit Saint qui, devant Celle qui porte le Dieu fait homme, ouvre le cœur de Jean-Baptiste dans le sein d’Elisabeth. Elisabeth s’exclame: «Car, vois-tu, dès l’instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en mon sein» (v. 44). Ici, l’évangéliste Luc utilise le terme «skirtan», c’est-à-dire «sautiller», le même terme que nous trouvons dans l’une des plus anciennes traductions grecques de l’Ancien Testament pour décrire la danse du Roi David devant l’arche sainte qui est enfin revenue dans sa patrie (2 S 6, 16). Dans le sein de sa mère, Jean-Baptiste danse devant l’arche de l’Alliance, comme David; et il reconnaît ainsi: Marie est la nouvelle arche de l’alliance, devant laquelle le cœur exulte de joie, la Mère de Dieu présente dans le monde, qui ne garde pas pour elle cette divine présence, mais l’offre en partageant la grâce de Dieu. Et ainsi — comme le dit la prière — Marie est réellement «causa nostrae laetitiae», l’«arche» dans laquelle le Sauveur est réellement parmi nous. Chers frères! Nous parlons de Marie mais, dans un certain sens, nous parlons également de nous, de chacun de nous: nous aussi sommes les destinataires de l’amour immense que Dieu a réservé — certes, de façon absolument unique et irremplaçable — à Marie. En cette solennité de l’Assomption, tournons notre regard vers Marie: Elle nous ouvre à l’espérance, à un avenir plein de joie, et nous enseigne la voie pour y parvenir: accueillir dans la foi son Fils; ne jamais perdre l’amitié avec Lui, mais nous laisser illuminer et guider par sa parole; le suivre chaque jour, même dans les moments où nous sentons que nos croix deviennent lourdes. Marie, l’arche de l’alliance qui est dans le sanctuaire du Ciel, nous indique avec une clarté lumineuse que nous sommes en chemin vers notre véritable Maison, la communion de joie et de paix avec Dieu. Amen!

31 MAI – FÊTE DE LA VISITATION

30 mai, 2016

http://missel.free.fr/Sanctoral/05/31.php

31 MAI – FÊTE DE LA VISITATION

Sommaire :   L’Esprit Saint dans le récit de la visitation   Homélie sur l’Evangile de Luc

L’Esprit Saint dans le récit de la visitation 1. Les textes évangéliques révèlent clairement la vérité sur l’Esprit Saint dans la description de certains moments de la vie et de la mission du Christ. Nous avons déjà réfléchi sur la conception virginale et sur la naissance de Jésus de Marie par l’œuvre de l’Esprit Saint. D’autres pages de l’Évangile de l’enfance méritent toute notre attention car elles mettent particulièrement en relief l’action de l’Esprit Saint. L’une de ces pages est certainement celle où l’évangéliste Luc raconte la visite de Marie à Elisabeth. Nous lisons qu’en ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda (I 39). On considère généralement qu’il s’agit de la localité de Aïn-Karim, à six kilomètres à l’ouest de Jérusalem. Marie s’y rend pour être aux côtés de sa parente Elisabeth, plus âgée qu’elle. Elle s’y rend à la suite de l’Annonciation, dont la Visitation devient presque un complément. En effet, l’Ange avait dit à Marie : Et voici qu’Elisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu’on appelait la stérile ; car rien n’est impossible à Dieu. (Luc I 36-37). Marie partit en hâte pour se rendre chez Elisabeth, certainement poussée par un besoin intérieur, afin de manifester son affection, comme à une sœur, en ce mois de grossesse avancée. Un sentiment de solidarité féminine naît dans son cœur sensible et bon, solidarité propre à cette circonstance. Mais l’expérience d’une communion toute particulière entre elle et Elisabeth à la suite de l’annonce faite par l’ange, se rattache probablement à ce contexte psychologique : le fils qu’attend Elisabeth sera, en effet, le précurseur de Jésus et celui qui le baptisera dans le Jourdain. 2. Cette communion d’esprit explique pourquoi l’évangéliste Luc s’empresse de mettre en lumière l’action de l’Esprit Saint dans la rencontre entre les deux futures mères : Marie entra chez Zacharie et salua Elisabeth. Et il advint, dès qu’Elisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l’enfant tressaillit dans son sein et Elisabeth fut remplie d’Esprit Saint (I 40-41). Cette action de l’Esprit Saint, vécue par Elisabeth d’une manière particulièrement profonde au moment de sa rencontre avec Marie, se rattache au destin mystérieux de l’enfant qu’elle porte dans son sein. Zacharie, le père de l’enfant, en recevant l’annonce de la naissance de son fils au cours de son service sacerdotal dans le temple, s’était entendu dire : il sera rempli d’Esprit Saint dès le sein de sa mère. (Luc I 15). Au moment de la Visitation, quand Marie franchit le seuil de la maison d’Elisabeth, (et avec elle, Celui qui est déjà le fruit de ses entrailles), la présence de l’Esprit Saint est ressentie par Elisabeth d’une manière expérimentale. Elle le témoigne elle-même dans son salut à la jeune mère qui est venue lui rendre visite. 3. Selon l’Évangile de Luc, en effet, Elisabeth poussa un grand cri et dit : Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? Car vois-tu, dès l’instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en mon sein. Oui, bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! (I 42-45). En peu de mots, l’évangéliste nous révèle le tressaillement joyeux d’Elisabeth, ainsi que celui de l’enfant dans son sein, l’intuition, tout au moins confuse, de l’identité messianique de l’enfant que porte Marie, la reconnaissance de la foi de Marie dans la révélation que le Seigneur lui a faite. Luc utilise dès cette page le titre divin de Seigneur, non seulement pour parler de Dieu qui révèle et promet (les paroles du Seigneur), mais également du fils de Marie, Jésus, auquel dans le Nouveau Testament, le titre est attribué surtout comme ressuscité (cf. Actes II 36 ; Philippiens II 11). Ici il doit encore naître. Mais Elisabeth perçoit, autant que Marie, sa grandeur messianique. 4. Cela signifie qu’Elisabeth, remplie d’Esprit Saint, est introduite dans la profondeur du mystère de la venue du Messie. L’Esprit Saint opère en elle cette illumination particulière, qui s’exprime dans le salut adressé à Marie. Elisabeth parle comme si elle avait participé à l’Annonciation de Nazareth et comme si elle en avait été témoin. Elle définit par ses paroles l’essence même du mystère qui à ce moment-là s’est opéré en Marie ; en disant la mère de mon Seigneur vient à moi, elle appelle, mon Seigneur l’enfant que Marie attend depuis peu de temps. Ensuite, elle proclame Marie bénie entre les femmes et elle ajoute : bienheureuse celle qui a cru, comme si elle voulait faire allusion au comportement de la servante du Seigneur, qui répondit à l’ange par son fiat : qu’il m’advienne selon ta parole ! (Luc I 38). 5. Le texte du Luc manifeste sa conviction que l’action du Saint-Esprit illumine et inspire aussi bien Marie qu’Elisabeth. De même que l’Esprit a fait pressentir à Marie le mystère de la maternité messianique qui s’est réalisée dans la virginité, il donne à Elisabeth la capacité de découvrir Celui que Marie porte dans son sein et ce qu’elle est appelée à être dans l’économie du salut : la Mère du Seigneur. Il lui donne ainsi ce transport intérieur qui la pousse à proclamer cette découverte dans un grand cri (Luc I 42), avec cet enthousiasme et cette joie qui sont également le fruit de l’Esprit Saint. La mère du futur prédicateur et baptiste du Jourdain attribue cette joie à l’enfant qu’elle attend depuis six mois : l’enfant a tressailli d’allégresse en mon sein. Mais le fils et la mère se trouvent unis dans une sorte de symbiose spirituelle, c’est pourquoi la joie de l’enfant est transmise à celle qui l’a conçu, et voici : Elisabeth laisse éclater le cri qui exprime la joie qui l’unit profondément à son fils, comme le témoigne Luc. 6. Toujours selon le récit de Luc, un chant d’allégresse jaillit du cœur de Marie, le Magnificat, dans lequel elle exprime elle aussi sa joie : mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur (I 47). Elevée comme elle l’était au culte de la Parole de Dieu qu’elle connaissait par la lecture et la méditation de la Sainte Écriture, Marie sentit monter à ce moment-là, du plus profond de son âme, les versets du Cantique d’Anne, mère de Samuel (cf. I Samuel II 1-10) et d’autres paroles de l’Ancien Testament, pour laisser libre cours aux sentiments de la fille de Sion, qui trouvait en elle la plus grande réalisation. C’est ce qu’a bien compris l’évangéliste Luc d’après les confidences reçues directement ou indirectement de Marie. L’une de celles-ci devait être la joie qui unit les deux mères lors de cette rencontre, comme manifestation du fruit de l’amour vibrant dans leur cœur. Il s’agissait de l’Esprit-Amour trinitaire, qui se révélait au seuil de la plénitude du temps (Galates IV 4), inaugurée dans le mystère de l’Incarnation du Verbe. A ce moment bienheureux, ce que Paul dira plus tard se réalisait déjà : le fruit de l’Esprit Saint… est charité, joie, paix (Galates V 22).

Allocution de S.S. Jean-Paul II, au cours de l’audience générale hebdomadaire du 13 juin 1990

Homélie sur l’Evangile de Luc Les meilleurs vont vers les moins bons, pour leur procurer quelque avantage par leur venue. Ainsi, le Sauveur vient près de Jean pour sanctifier son baptême ; et dès que Marie eut entendu l’ange lui annoncer qu’elle allait concevoir le Sauveur et que sa cousine Elisabeth était enceinte, elle partit, se rendit en hâte vers le haut pays et entra dans la maison d’Elisabeth. Car Jésus, dans le sein de Marie, se hâtait de sanctifier Jean, encore dans le sein de sa mère. Avant l’arrivée de Marie et son salut, l’enfant n’avait pas tressailli dans le sein de sa mère ; mais dès que Marie eut prononcé la parole que le Fils de Dieu, dans son sein maternel, lui avait suggérée, l’enfant tressaillit de joie et, dès lors, de son précurseur, Jésus fit un prophète. Marie, tout à fait digne d’être mère du Fils de Dieu, devait, après son entretien avec l’ange, gravir la montagne et demeurer sur les sommets. D’où ces mots : « En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers le haut pays. » Il lui fallait aussi, parce qu’elle était active et pleine de sollicitude se hâter avec zèle et, remplie de l’Esprit-Saint, être conduite sur les sommets et protégée par la puissance divine, qui l’avait déjà couverte de son ombre. Elle vint donc « dans une ville de Juda ; elle entra chez Zacharie et salua Elisabeth. Or, dès qu’Elisabeth eut entendu la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son sein et Elisabeth fut remplie du Saint-Esprit.[1] » C’est pourquoi il n’est pas douteux que, si Elisabeth fut alors remplie du Saint-Esprit ce fut à cause de son fils. Car ce n’est pas la mère qui, la première, a mérité le Saint-Esprit ; mais lorsque Jean, encore enfermé dans son sein, eut reçu le Saint-Esprit, alors, Elisabeth, après la sanctification de son fils, fut remplie du Saint-Esprit. Tu pourras le croire, si tu as remarqué une chose semblable à propos du Sauveur… Car Marie fut remplie du Saint-Esprit, quand elle commença à avoir le Sauveur en son sein. En effet, dès qu’elle eut reçu l’Esprit Saint, créateur du corps du Seigneur, et que le Fils de Dieu eut commencé à être dans son sein, Marie aussi fut remplie de l’Esprit-Saint. « Alors Elisabeth poussa un grand cri et dit : Tu es bénie entre les femmes.[2] » Si la naissance du Sauveur n’avait pas été céleste et bienheureuse, si elle n’avait pas eu quelque chose de divin et de supérieur à l’humanité, jamais sa doctrine ne se serait répandue sur toute la terre. S’il y avait eu dans le sein de Marie un homme au lieu du Fils de Dieu, comment pourrait-on expliquer, au temps du Christ comme maintenant, des guérisons de maladies de toutes sortes, non seulement physiques, mais encore morales ?… Avant Jean, Elisabeth prophétise ; avant la naissance du Seigneur notre Sauveur, Marie prophétise. Et de même que le péché a commencé par une femme pour atteindre ensuite l’homme, de même le salut a débuté par des femmes, pour que les autres, oubliant la faiblesse de leur sexe, imitent la vie et la conduite des saintes, surtout de celles que l’Evangile nous décrit maintenant. Voyons donc la prophétie de la Vierge. « Mon âme magnifie le Seigneur, dit-elle, et mon esprit exalte en Dieu mon Sauveur.[3] » Deux principes, l’âme et l’esprit, s’acquittent d’une double louange. L’âme célèbre le Seigneur, l’esprit célèbre Dieu, non pas que la louange du Seigneur soit différente de celle de Dieu, mais parce que Dieu est aussi Seigneur et que le Seigneur est également Dieu. On me demande comment l’ame magnifie (c’est-à-dire agrandit) le Seigneur. Car, si le Seigneur ne peut être ni augmenté ni diminué, s’il est ce qu’il est, comment Marie peut-elle dire maintenant : « Mon âme magnifie le Seigneur » ? Si je considère que le Seigneur notre Sauveur est « l’image du Dieu invisible[4] », si je vois mon âme faite « à l’image du créateur[5] », afin d’être l’image de l’image (car mon âme n’est pas exactement l’image de Dieu, mais elle a éte créée à la ressemblance de la première image) alors voici ce que je comprendrai : à la manière de ceux dont le métier est de peindre des images et d’utiliser leur art à reproduire un seul modèle, le visage d’un roi par exemple, chacun de nous donne à son âme l’image du Christ ; il en trace une image plus ou moins grande, délavée ou ternie, ou, au contraire, claire et lumineuse, ressemblant au modèle. Donc, lorsque j’aurai agrandi l’image de l’image, c’est-à-dire mon âme, lorsque je l’aurai « magnifiée » par mes actions, mes pensées et mes paroles, alors l’image de Dieu grandira et le Seigneur lui-même sera « magnifié » dans mon âme qui en est l’image. De même que le Seigneur grandit dans cette image que nous sommes de lui, de méme, si nous tombons dans le peché, il diminue et décroît… Voilà pourquoi l’âme de Marie magnifie d’abord le Seigneur et ensuite « son esprit exulte en Dieu. » En effet, si nous n’avons pas grandi auparavant, nous ne pouvons exulter. « Parce que, dit-elle, il a jeté les yeux sur l’humilité de sa servante.[6] » Quelle est cette humilité de Marie que le Seigneur a regardée ? Qu’avait d’humble et de bas la mère du Sauveur qui portait en elle le Fils de Dieu ? « Il a jeté les yeux sur l’humilité de sa servante », cela veut dire à peu près : il a jeté les yeux sur la justice de sa servante, sur sa tempérance, sur sa force et sur sa sagesse. D’ailleurs, il est naturel que Dieu regarde les vertus. On me dira peut-être : Je comprends que Dieu regarde la justice et la sagesse de sa servante ; mais il n’est pas évident qu’il fasse attention à son humilité. Celui qui cherche à comprendre doit remarquer que précisement l’humilité est designée dans les Ecritures comme l’une des vertus. Du reste, le Sauveur déclare : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez soulagement pour vos âmes.[7] » « Désormais toutes les générations me diront bienheureuse.[8] » Si je comprends dans le sens le plus simple les mots « toutes les générations », je l’interprète des croyants. Mais si je réfléchis plus profondément, je remarque qu’il vaut bien mieux ajouter : « car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses.[9] » En effet, puisque « tout homme qui s’abaisse sera élevé[10] », Dieu qui a regardé l’humilité de la bienheureuse Marie, a naturellement le Tout-Puissant fait pour elle de grandes choses. « Et sa miséricorde s’étend d’âge en âge.[11] » La miséricorde de Dieu s’étend non pas sur une, deux, trois, ni même cinq genérations, mais éternellement, d’âge en âge. « Pour ceux qui le craignent, il a déployé la force de son bras.[12] » Si, malgré ta faiblesse, tu approches du Seigneur dans la crainte, tu pourras entendre sa promesse en réponse à ta crainte. Quelle est cette promesse ? Il se fait, dit Marie, la force de ceux qui le craignent. La force ou la puissance est une qualité royale… Si donc tu crains Dieu, il te donne sa force et sa puissance, il te donne son Royaume, afin que, soumis au Roi des rois, tu possèdes le Royaume des Cieux, dans le Christ Jésus. « Marie demeura avec Elisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.[13] » S’il a suffi de la venue de Marie chez Elisabeth et de sa salutation pour que l’enfant tressaille de joie et qu’Elisabeth, remplie de l’Esprit-Saint, prophétise ce que rapporte l’Evangile, si une seule heure a apporté de si grandes transformations, il nous reste à imaginer quels progrès Jean a réalisés pendant les trois mois du séjour de Marie près d’Elisabeth. Si en un instant le petit enfant a tressailli et, pourrait-on dire, bondi de joie, et si Elisabeth a été remplie de l’Esprit Saint, il est anormal que, pendant trois mois, ni Jean, ni Elisabeth n’aient pas réalisé de progrès au voisinage de la mère du Seigneur et en la présence du Sauveur lui-même.

 

LA SAINTE RENCONTRE OU PRÉSENTATION DU CHRIST AU TEMPLE

1 février, 2016

http://www.spiritualite-orthodoxe.net/sainte_rencontre_orthodoxie.html

LA SAINTE RENCONTRE OU PRÉSENTATION DU CHRIST AU TEMPLE

Tropaire de la fête: Ton 1: Réjouis-toi, Pleine de grâce, Mère de Dieu et Vierge! De toi a resplendi le Soleil de justice, Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres. Et toi, juste vieillard Siméon sois dans la joie! Car tu as reçu dans tes bras le Libérateur de nos âmes, Celui qui nous donne la Résurrection

Sainte Rencontre Sainte Rencontre -Collection Ourmedia On nomme aussi la fête « la sainte rencontre » ou « hypapanthe » du grec «aller au-devant». La fête est appelée également la chandeleur car elle se fêtait à la lumière des chandelles pour exprimer le témoignage de Siméon sur Jésus-Christ: « lumière pour la révélation aux nations ». On la nomme aussi la fête de la Purification parce que, quarante jours après la naissance du Seigneur, la Vierge vint au Temple se purifier, selon la loi de Moïse. Jésus fut présenté au Temple par Marie et Joseph, il rencontra le vieillard Siméon et la prophétesse Anne qui se trouvaient alors dans le Temple. La Sainte Rencontre est celle de Dieu et de son peuple, elle préfigure la rencontre liturgique. « Chaque âme devrait être un Temple de Dieu, où Marie apporte Jésus. Et chacun de nous, comme Siméon, devrait prendre l’enfant dans ses bras et dire au Père: «Mes yeux ont vu ton salut». La prière de Siméon, «laisse ton serviteur s’en aller en paix», ne signifie pas seulement que celui qui a vu Jésus et l’a tenu dans ses bras peut maintenant quitter cette vie, mourir en paix. Elle signifie encore pour nous que, ayant vu et touché le Sauveur, nous sommes délivrés de la servitude du péché et nous pou­vons nous éloigner en paix du royaume du mal. » Extrait de : L’An de grâce du Seigneur, Père Lev Gillet, Editions du Cerf.

La présentation de Jésus au Temple Homélie par S.B. Patriarche Daniel Trois grandes vérités L’Église a fait correspondre le texte de l’Évangile Luc 2:21-36 à la fête nommés la Présentation du Seigneur Jésus-Christ au Temple. Ce texte évangélique nous expose trois grandes vérités: Tout d’abord que les gens ont attendu avec foi pendant des siècles l’arrivée du Messie, dans l’espérance et avec beaucoup de patience. Deuxièmement, l’Évangile nous explique que le juste Siméon a prédit que l’Enfant en bas âge Jésus qui était amené au Temple était « pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, et comme un signe qui provoquera la contradiction « . Et il dit à la Mère de Dieu que « une épée te transpercera – de sorte que soient révélés les raisonnements de beaucoup « . Le juste Siméon prophétise donc sur le Mystère de la Croix du Christ et de Sa Passion, mais aussi sur Sa mère, la Vierge Marie, qui verra son Fils crucifié et tué. Troisièmement, l’Évangile nous montre que nous préparons notre rencontre avec Dieu par le jeûne et la prière. Ceci est l’enseignement que Sainte Anne la prophétesse exprime le mieux. Elle représente les gens Justes qui sont proches de l’Église, qui nuit et jour jeûnent et prient.

Comment l’Esprit saint inspire les justes L’Évangile est très utile spirituellement pour ceux désirant comprendre comment l’Esprit Saint, qui a inspiré le juste Siméon et la prophétesse Anne à attendre pendant des dizaines d’années l’arrivée du Messie, peut aussi agir dans l’âme des fidèles qui patientent pour que s’accomplisse la promesse de salut, de l’union de l’homme avec Dieu. Ainsi, le juste Siméon est nommé « le Destinataire de Dieu « dans le calendrier de notre Église. Il nous montre comment nous pouvons être les destinataires de Dieu aussi. Nous voyons que l’Évangile selon Saint Luc décrit ce serviteur du Temple comme un homme juste, craignant Dieu. Le mot « juste » dans l’Ancien Testament n’était pas appliqué à la justice humaine, mais plutôt à l’homme qui obéit aux paroles de Dieu et accomplit Sa volonté dans sa vie, qui a compris que la parole de Dieu est un guide pour la vie de l’homme. C’est pourquoi les Psaumes disent: « Dieu, j’ai obéi à vos paroles », à savoir aux conseils pour améliorer la vie de l’homme de Dieu. Le Juste est un homme dont la foi est forte et qui vit selon la volonté de Dieu. L’homme fidèle est l’homme Juste. L’homme pieux est aussi l’homme Juste dans les Saintes Écritures. C’est pourquoi le juste Siméon avait l’habitude de passer son temps dans la prière obéissant aux paroles de Dieu et à ses commandements. La tradition de l’Église dit qu’il était un des 70 hommes sages qui ont contribué à la traduction de la sainte Écriture. Cependant, il était aussi un serviteur du Temple qui attendait l’arrivée du Messie, le Christ de Dieu. L’Évangile ne nous dit pas quel âge il avait, mais seulement qu’il était très vieux. Ainsi, nous voyons qu’il vit parce que l’Esprit saint lui a dit qu’il ne mourrait pas jusqu’à ce qu’il ait vu le Christ Notre Seigneur, qu’il ne décéderait pas avant qu’il n’ait rencontré le Dieu-Homme, c’est à dire le Fils de Dieu qui a s’est fait homme par amour pour les hommes. Nous voyons comment la promesse se concrétise pour le juste Siméon , comment l’espérance devient communion ou rencontre avec Dieu.

Les élus qui attendent le Seigneur mais rien du monde Saint Siméon Saint Siméon le juste – Image de la collection Ourmedia Le juste de l’Ancien Testament n’attend pas quelque chose, mais quelqu’un: « le juste Siméon et la prophétesse Anne représentent tous les élus qui attendent le Seigneur, comme le Psaume 40 dit: « j’ai attendu patiemment le Seigneur ». Le Juste de l’Ancien Testament, est représenté par Siméon en raison de sa patience, sa piété, sa foi et son espérance et parce qu’il n’attendait pas quelque chose, mais Quelqu’un: « J’ai attendu patiemment le Seigneur ». Il n’attendait pas que lui sont donné quelque chose de mieux dans ce monde. Ils n’attendait pas un avantage, des dons de Dieu mais Dieu Lui-même, qui est la source de vie et de tous les dons. Ainsi, « j’ai attendu patiemment le Seigneur » signifie que j’attendais pour le rencontrer ». C’est pourquoi quand la promesse de l’Esprit saint se concrétise, le juste Siméon reçoit dans ses bras affaiblis par le temps Celui qui porte l’Univers entier, toutes les galaxies, Dieu le Créateur du ciel et de la terre, comme un enfant en bas âge. Il dit : « Maintenant, Maître, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, celui que tu as préparé devant tous les peuples, lumière pour la révélation aux nations et gloire de ton peuple, Israël ». Comme l’Évangile selon Saint Luc le dit, dès le moment où il a rencontré Dieu il l’a glorifié et a dit: « Maintenant, Maître, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix « . Le juste Siméon prophétise sur la Croix Nous voyons ici que le juste Siméon est un Prophète aussi. Il voit l’avenir de cet enfant qu’il reçoit dans ses bras. Il sait qu’Il est le Sauveur. Jeshoua signifie que Dieu sauve, Jésus signifie que Dieu sauve. « Car mes yeux ont vu ton salut » signifie Celui par qui le salut vient.  » Celui que tu as préparé devant tous les peuples » signifie que Christ, le Seigneur, n’est pas venu seulement pour les gens d’Israël, mais pour toutes les nations. C’est pourquoi il ajoute « devant tous les peuples » ou « lumière pour la révélation aux nations ». Alors il ajoute « et gloire de ton peuple, Israël ». Et il bénit le justes Joseph et la Vierge Marie, la Mère de l’Enfant en bas âge Jésus. Alors, après qu’il eu béni Dieu, il bénit aussi ceux considérés comme les parents de l’enfant. Le juste Joseph était le père adoptif de Jésus, mais la Mère de Dieu était la mère qui a donné naissance. Il les bénit et ensuite il prophétisa que cet Enfant « est pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, et comme un signe qui provoquera la contradiction » et « une épée te transpercera (la Mère de Dieu) – de sorte que soient révélés les raisonnements de beaucoup », à savoir l’épée de la peine, de la souffrance d’une mère qui voit son Fils crucifié et mourir sur la croix. Le juste Siméon associe « la Gloire d’Israël » à la Croix de la Passion, parce que Christ a été condamné, qu’il a été crucifié et qu’il est mort pour les hommes, pour lesquels il est venu. Ainsi, nous voyons dans le juste Siméon un prophète qui lie la gloire et la Croix ensemble parce que la gloire ne peut pas être atteinte sans porter la Croix. La gloire appartient à la Résurrection, mais la Résurrection a été atteinte par la Croix. Ainsi, le juste Siméon représente, comme nous avons déjà dit, la période d’attente des justes et des prophètes de l’Ancien Testament. C’est pourquoi les mots prononcés dans le Temple de Jérusalem font partie des Vêpres Orthodoxes. À la fin de cette office il est dit « Et maintenant Seigneur, tu peux laisser aller en paix ton serviteur, parce que mes yeux ont vu le salut qui vient de toi… », montrant que les Vêpres symbolisent la période d’attente du Messie. Les Matines symbolisent l’aube de l’arrivée de Jésus, Sa Nativité à Bethléem, Son enfance et Sa jeunesse, non connues par les gens jusqu’à Son baptême; tandis que le début de Son économie dans le monde est représentée par la Divine Liturgie. Ainsi, nous voyons une relation entre notre culte et l’histoire du salut. Le culte Orthodoxe représente le temps béni à travers l’attente, la prière et le jeûne.

La prophétesse Anne La prophétesse Anne était une femme qui restait dans le Temple et la prière, comme l’Évangile dit, la nuit et le jour, non jour et nuit. Ainsi, les veilles ont été faites particulièrement la nuit, car tandis que les autres se reposent l’homme fidèle prie. Il se repose dans la prière, dans la communion avec Dieu qui donne le vrai repos à l’homme. Nous voyons dans cette prophétesse, la fille de Fanuel de la nation d’Asher, une représentation de toutes les femmes fidèles, qui prient et jeûnent dans le silence et font beaucoup de bien à l’Église par la prière. Anne se joint à l’éloge que le juste Siméon fait à l’Enfant Jésus, parce que l’Évangile dit qu’elle a aussi parlé de l’Enfant Jésus et du salut qu’Israël attendait. Il est très intéressant que l’Évangéliste Saint Luc révèle son âge, alors qu’il ne le fait pas pour Siméon. Il dit qu’elle a vécu seulement sept ans avec son mari avant qu’il ne meurt, qu’elle ne s’est jamais remariée et qu’elle est alors une veuve âgée de 84. Cette explication est très intéressante parce qu’il montre que la prophétesse Anne était fidèle tant à son mari qu’à Dieu. Elle a tellement aimé son mari que lorsqu’elle est devenue veuve elle n’en a jamais pris un autre, mais a voulu consacrer toute sa vie à Dieu par le jeûne et la prière. Par le Primat de l’Église Orthodoxe roumaine, le Patriarche Daniel, 2 février 2013. © Traduit de l’anglais au français par Spiritualité Orthodoxe © .

Luc 2:21-36. Jésus est présenté dans le temple 21 Quand huit jours furent accomplis, il fut circoncis et on lui donna le nom de Jésus, celui que l’ange avait indiqué avant sa conception. 22 Et, quand les jours de leur purification furent accomplis selon la loi de Moïse, ils l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur – 23 suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur : Tout mâle né le premier de sa mère sera consacré au Seigneur – 24 et pour offrir en sacrifice une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes, selon ce qui est dit dans la loi du Seigneur. Syméon et l’enfant Jésus 25 Or il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit saint était sur lui. 26 Il avait été divinement averti, par l’Esprit saint, qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. 27 Il vint au temple, poussé par l’Esprit. Et, comme les parents apportaient l’enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qui était en usage d’après la loi, 28 il le prit dans ses bras, bénit Dieu et dit : 29 Maintenant, Maître, tu laisses ton esclave s’en aller en paix selon ta parole. 30 Car mes yeux ont vu ton salut, 31 celui que tu as préparé devant tous les peuples, 32 lumière pour la révélation aux nations et gloire de ton peuple, Israël. 33 Son père et sa mère s’étonnaient de ce qu’on disait de lui. 34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : Celui-ci est là pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, et comme un signe qui provoquera la contradiction 35 – et, toi-même, une épée te transpercera – de sorte que soient révélés les raisonnements de beaucoup. Anne, la prophétesse 36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge. Après avoir vécu sept ans avec son mari depuis sa virginité, 37 elle était restée veuve ; âgée de quatre-vingt-quatre ans, elle ne s’éloignait pas du temple et prenait part au culte, nuit et jour, par des jeûnes et des prières. 38 Elle aussi survint à ce moment même ; elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la rédemption de Jérusalem. 39 Lorsqu’ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. 40 Or l’enfant grandissait et devenait fort ; il était rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

 

FÊTE DE LA PRÉSENTATION DU SEIGNEUR 2013 – HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

1 février, 2016

http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/homilies/2013/documents/hf_ben-xvi_hom_20130202_vita-consacrata.html

MESSE AVEC LES MEMBRES DES INSTITUTS DE VIE CONSACRÉE ET DES SOCIÉTÉS DE VIE APOSTOLIQUE EN LA FÊTE DE LA PRÉSENTATION DU SEIGNEUR – XVIIe JOURNÉE DE LA VIE CONSACRÉE

HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

Basilique vaticane

Samedi 2 février 2013

Chers frères et sœurs !

Dans son récit de l’enfance de Jésus, saint Luc souligne que Marie et Joseph étaient fidèles à la loi du Seigneur. Avec une profonde dévotion, ils accomplissent tout ce qui est prescrit après la naissance d’un garçon premier-né. Il s’agit de deux prescriptions très anciennes : l’une concerne la mère et l’autre l’enfant nouveau-né. Pour la femme, il est prescrit de s’abstenir des pratiques rituelles pendant quarante jours, et d’offrir ensuite un double sacrifice : un agneau en holocauste, et un pigeon ou une tourterelle pour le péché ; mais si la femme est pauvre, elle peut offrir deux tourterelles ou deux pigeons (cf. Lv 12, 1-8). Saint Luc précise que Marie et Joseph offrirent le sacrifice des pauvres (cf. 2, 24), pour souligner que Jésus est né dans une famille de gens simples, humble mais très croyante : une famille appartenant aux pauvres d’Israël, qui forment le véritable peuple de Dieu. Pour le fils premier-né, qui, selon la loi de Moïse, est la propriété de Dieu, le rachat était en revanche prescrit et établi au moyen de l’offre de cinq sicles, à payer à un prêtre n’importe où. Ceci pour faire éternellement mémoire du fait qu’au temps de l’Exode, Dieu épargna les premiers-nés des juifs (cf. Ex 13, 11-16). Il est important d’observer que pour ces deux actes — la purification de la mère et le rachat de l’enfant — il n’était pas nécessaire d’aller au Temple. Pourtant, Marie et Joseph veulent tout accomplir à Jérusalem, et saint Luc montre comment toute la scène converge vers le Temple, et se concentre ensuite sur Jésus qui y entre. Et voici que, précisément à travers les prescriptions de la Loi, l’événement principal devient un autre, c’est-à-dire la « présentation » de Jésus au Temple de Dieu, qui signifie l’acte d’offrir le Fils du Très-Haut au Père qui l’a envoyé (cf Lc 1, 32.35). Ce récit de l’évangéliste trouve un écho dans les paroles du prophète Malachie que nous avons entendues au début de la première lecture : « “Voici que je vais envoyer mon messager, pour qu’il fraye un chemin devant moi. Et soudain il entrera dans son sanctuaire, le Seigneur que vous cherchez ; et l’Ange de l’alliance que vous désirez, le voici qui vient !” dit le Seigneur… Il purifiera les fils de Lévi… et ils deviendront pour le Seigneur ceux qui présentent l’offrande selon la justice » (3, 1.3). Il est clair qu’on ne parle pas ici d’un enfant, et pourtant, cette parole trouve un accomplissement en Jésus, parce que « soudain », grâce à la foi de ses parents, Il a été amené au Temple ; et dans l’acte de sa « présentation », ou de son « offrande » personnelle à Dieu le Père, transparaît clairement le thème du sacrifice et du sacerdoce, comme dans le passage du prophète. L’enfant Jésus, qui est tout de suite présenté au Temple, est le même qui, une fois adulte, purifiera le Temple (cf. Jn 2, 13-22 ; Mc 11, 15, 19) et surtout, fera de lui-même le sacrifice et le prêtre suprême de la Nouvelle Alliance. Telle est également la perspective de la Lettre aux Hébreux, dont un passage a été proclamé dans la deuxième lecture, de sorte que le thème du nouveau sacerdoce est renforcé : un sacerdoce — celui inauguré par Jésus — qui est existentiel : « Car du fait qu’il a lui-même souffert par l’épreuve, il est capable de venir en aide à ceux qui sont éprouvés » (He 2, 18). Et ainsi, nous trouvons également le thème de la souffrance, très accentué dans le passage de l’Évangile, lorsque Syméon prononce sa prophétie sur l’Enfant et sur la Mère : « Vois ! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, et toi-même [Marie], une épée te transpercera l’âme ! » (Lc 2, 34-35). Le « salut » que Jésus apporte à son peuple, et qu’il incarne en lui-même, passe par la croix, par la mort violente qu’Il vaincra et transformera avec le sacrifice de la vie par amour. Ce sacrifice est déjà entièrement annoncé dans le geste de présentation au Temple, un geste certainement motivé par les traditions de l’Ancienne Alliance, mais intimement animé par la plénitude de la foi et de l’amour qui correspond à la plénitude des temps, à la présence de Dieu et de son Saint Esprit en Jésus. L’Esprit, en effet, plane sur toute la scène de la Présentation de Jésus au Temple, en particulier sur la figure de Syméon, mais également d’Anne. C’est l’Esprit « Paraclet », qui apporte le « réconfort » d’Israël et anime les pas et les cœurs de ceux qui l’attendent. C’est l’Esprit qui suggère les paroles prophétiques de Syméon et d’Anne, paroles de bénédiction, de louange à Dieu, de foi dans son Consacré, d’action de grâce parce que finalement nos yeux peuvent voir et nos bras embrasser « son salut » (cf. 2, 30). « Lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël » (2, 32) : c’est ainsi que Syméon définit le Messie du Seigneur, au terme de son chant de bénédiction. Le thème de la lumière, qui fait écho au premier et au second poème du Serviteur du Seigneur dans le Deutéro-Isaïe (cf. Is 42, 6 ; 49, 6), est fortement présent dans cette liturgie. En effet, elle s’est ouverte par une procession à laquelle ont participé les supérieurs généraux et les supérieures générales des Instituts de vie consacrée ici représentés, qui ont porté des cierges allumés. Ce signe, propre à la tradition liturgique de cette fête, est très expressif. Il manifeste la beauté et la valeur de la vie consacrée comme reflet de la lumière du Christ ; un signe qui rappelle l’entrée de Marie dans le Temple : la Vierge Marie, la Consacrée par excellence, portait dans ses bras la Lumière même, le Verbe fait chair, venu dissiper les ténèbres de ce monde avec l’amour de Dieu. Chers frères et sœurs consacrés, vous avez tous été représentés dans ce pèlerinage symbolique qui, en l’Année de la foi, exprime encore plus votre rassemblement dans l’Église, pour être confirmés dans la foi et renouveler le don de vous-mêmes à Dieu. A chacun de vous et à vos Instituts, j’adresse avec affection mes salutations les plus cordiales et je vous remercie de votre présence. Dans la lumière du Christ, à travers les multiples charismes de vie contemplative et apostolique, vous coopérez à la vie et à la mission de l’Église dans le monde. Dans cet esprit de reconnaissance et de communion, je voudrais vous adresser trois invitations, afin que vous puissiez entrer pleinement dans cette « porte de la foi » qui est toujours ouverte pour nous (cf. Lettre apost. Porta fidei, n. 1). Je vous invite en premier lieu à alimenter une foi capable d’illuminer votre vocation. Je vous exhorte pour cela à vous rappeler, comme dans un pèlerinage intérieur, du « premier amour » par lequel Seigneur Jésus Christ a réchauffé votre cœur, non par nostalgie, mais pour alimenter cette flamme. Et pour cela, il faut demeurer avec Lui, dans le silence de l’adoration ; et ainsi, réveiller la volonté et la joie d’en partager la vie, les choix, l’obéissance de la foi, la béatitude des pauvres, la nature radicale de l’amour. À partir toujours à nouveau de cette rencontre d’amour, vous quittez tout pour être avec Lui et vous placer comme Lui au service de Dieu et des frères (cf. Exhort. apost. Vita consecrata, n. 1). En second lieu, je vous invite à une foi qui sache reconnaître la sagesse de la faiblesse. Dans les joies et dans peines du temps présent, quand la dureté et le poids de la croix se font sentir, ne doutez pas que la kénose du Christ est déjà victoire pascale. Précisément dans la limite et dans la faiblesse humaine, nous sommes appelés à vivre la conformation au Christ dans une orientation radicale qui anticipe, dans la mesure possible du temps, la perfection eschatologique (ibid., nn. 16). Dans les sociétés de l’efficacité et de la réussite, votre vie marquée par la « minorité » et par la faiblesse des petits, par l’empathie avec ceux qui n’ont pas de voix, devient un signe évangélique de contradiction. Enfin, je vous invite à renouveler la foi qui fait de vous des pèlerins vers l’avenir. De par sa nature, la vie consacrée est un pèlerinage de l’esprit, à la recherche d’un Visage qui parfois se manifeste et parfois se voile, i>«« Faciem tuam, Domine, requiram » (Ps 26, 8). Que cela soit le désir constant de votre cœur, le critère fondamental qui guide votre chemin, tant dans les petites étapes quotidiennes que dans les décisions les plus importantes. Ne vous unissez pas aux prophètes de malheur qui proclament la fin ou le non sens de la vie consacrée dans l’Eglise de nos jours ; mais revêtez-vous plutôt de Jésus Christ et revêtez les armes de lumière — comme exhorte saint Paul (cf. Rm 13, 11-14) — en demeurant éveillés et vigilants. Saint Chromace d’Aquilée écrivait : « Puisse le Seigneur éloigner de nous ce péril, afin que jamais nous ne nous laissions appesantir par le sommeil de l’infidélité ; mais qu’il nous accorde sa grâce et sa miséricorde, afin que nous puissions toujours veiller en Lui étant fidèles. En effet, notre fidélité peut veiller dans le Christ » (Sermon/i> 32, 4). Chers frères et sœurs, la joie de la vie consacrée passe nécessairement par la participation à la Croix du Christ. Il en a été ainsi pour la Très Sainte Vierge Marie. Sa souffrance est la souffrance du cœur qui ne fait qu’un avec le Cœur du Fils de Dieu, transpercé par amour. Que de cette blessure jaillisse la lumière de Dieu, et qu’également des souffrances, des sacrifices, du don d’eux-mêmes que les personnes consacrées vivent par amour de Dieu et des autres, rayonne la même lumière qui évangélise les nations. En cette Fête, je souhaite en particulier à vous, personnes consacrées, que votre vie ait toujours le goût de la parrhésie évangélique, afin qu’en vous, la Bonne nouvelle soit vécue, témoignée, annoncée et resplendisse comme Parole de vérité (cf. Lettre apost. Porta fidei, 6). Amen.

NOTRE-DAME DE GUADALUPE – LES APPARITIONS ET LE MIRACLE 12.12. (M.O)

10 décembre, 2015

  http://www.sancta.org/nican_f.html

NOTRE-DAME DE GUADALUPE – LES APPARITIONS ET LE MIRACLE 12.12. (M.O)

Nican MopohuaRose Tout récit sur les apparitions de Notre Dame de Guadalupe est inspiré du Nican Mopohua, ou Huei Tlamahuitzoltica, écrit en Hahuatl, la langue Aztèque, par l’écrivain Indien Antonio Valeriano autour de la moitié du XVIe siècle. Malheureusement l’origine de son ouvrage n’a jamais été connu. Une première copie fut publiée en Nahuatl par Luis Lasso de la Vega en 1649. Une copie de la couverture est ci-contre.

Voici la traduction française du récit:

Dix ans après la prise de Mexico, la guerre prit fin et la paix régna parmi le peuple; de cette façon la foi commença à éclore, le discernement du vrai Dieu pour qui nous vivons. En ce temps là, en l’année quinze cent trente et un, dans les premiers jours du mois de décembre, vivait un pauvre Indien appelé Juan Diego, connu comme étant un natif de Cuautitlan. A certains égards, , il appartenait spirituellement à Tlatilolco.

PREMIERE APPARITION Un samedi, tout juste avant l’aube, il était en route pour le culte divin et pour ses propres affaires. Lorsqu’il arriva au pied de la colline connu sous le nom de Tepeyacac, le jour parut et il entendit chanter sur la colline, comme un chant de différents beaux oiseaux. Occasionellement la voix des chanteurs s’arrêtait et il semblait que l’écho répondit. Le chant, très doux et délicieux, était plus beau que celui du coyoltotol, du tzintizcan et d’autres beaux oiseaux. Juan Diego s’arrêta pour voir et se dit à lui-même “Par chance, suis-je digne de ce que j’entends? Peut-être suis-je en train de rêver? Suis-je réveillé? Où suis-je? Peux-être suis-je dans ce paradis terrestre dont nous parlaient nos ancêtres? Peut-être suis-je maintenant au ciel?” Il regardait vers l’est, vers le haut de la colline d’où venait ce précieux chant céleste; puis, subitement le chant s’arrêta et le silence régna. Il entendit alors une voix venant de la colline qui lui disait “Juanito, Juan Dieguito” Il s’aventura alors vers l’endroit où on l’appelait. Il n’était pas le moindrement effrayé; au contraire, il jubilait. Il grimpa alors la colline pour voir d’où on l’appelait. Quand il atteignit le sommet il vit une Dame qui s’y tenait debout et qui lui dit de s’avancer. S’approchant d’elle, il s’émerveilla de sa grandeur surhumaine; ses vêtements brillaient comme le soleil; la falaise sur laquelle reposaient ses pieds étincelait de lumière comme entourée d’un bracelet de pierres précieuses, et la terre resplendissait comme un arc en ciel. Les mezquites, nopales et autres mauvaises herbes qui poussent à cet endroit, paraissaient comme des émeraudes, leurs feuillages comme des turquoises, leurs branches et leurs épines brillaient comme de l’or. Il s’inclina devant elle et entendit sa parole, douce et courtoise, comme quelqu’un qui vous charme et vous enchante profondément. Elle lui dit : “Juanito, le plus humble de mes fils, où vas-tu?” Il lui répondit “Madame et enfant, Je dois atteindre ton “église à Mexico, Tlatilolco, afin de poursuivre les choses divines qui nous sont enseignées et données par nos prêtres et nos délégués et Notre Seigneur. Elle lui parla alors ainsi: “Sache et comprends bien, le plus humble de mes fils, que je suis la toujours vierge Sainte Marie, Mère du Vrai Dieu pour qui nous existons, du Créateur de toutes choses, Seigneur du ciel et de la terre. J’aimerais qu’une église soit érigée ici, rapidement, afin que je puisse vous montrer et vous donner mon amour, ma compassion, mon aide et ma protection, parce que je suis votre mère miséricordieuse, à vous, à tous les habitants de cette terre et à tous ceux qui m’aiment, m’invoquent et ont confiance en moi. J’écoute leurs lamentations et je remédie à leurs misères, leurs détresses et leurs peines. Afin d’accomplir ce qu’exige ma clémence , va au palais de l’évêque de Mexico et tu lui diras que je manifeste un grand désir qu’ici, sur cette plaine, une église soit construite en mon honneur; tu lui raconteras dans les moindres détails tout ce que tu as vu et admiré et ce que tu as entendu. Sois assuré que je te serai extrêmement reconnaissante et que je te récompenserai, parce que je te rendrai heureux et digne de récompense pour les efforts et la fatigue que tu vas endurer pour cette mission. Voilà, tu as entendu mes instructions, mon humble fils, va et fais tous tes efforts.” A cet instant, il s’inclina devant elle et dit “ Madame, Je vais obéir à tes instructions; maintenant je dois te quitter, moi, ton humble serviteur: Il descendit alors afin de s’acquitter de sa tâche et prit l’allée qui mène tout droit à Mexico.

DEUXIEME APPARITION Ayant pénétré dans la ville,il se rendit directement et sans délais, au palais épiscopal ou venait d’être nommé un nouveau prélat, le Père Juan de Zumarraga, un Religieux Franciscain. A son arrivée, il essaya de le voir; il plaida auprès des serviteurs afin qu’ils annoncent sa visite, et après une longue attente il fut informé que l’évêque avait ordonné de le faire entrer. En entrant, il s’inclina et s’agenouillant devant l’évêque il lui transmit le message de la Dame du ciel. Il lui raconta aussi tout ce qu’il avait admiré, vu et entendu. Après avoir écouté son bavardage et son message l’évêque trouva cela incroyable; il lui dit alors:” Tu repartiras, mon fils et je t’écouterai à mon gré. Je reprendrai tout depuis le début et refléchirai sur les voeux et les désirs pour lesquels tu es venu.” Il s’en alla et paraissait triste car le message n’avait pas été accompli sous toutes ses formes. Il rentra le même jour. Il revint directement au haut de la colline et rencontra la Dame du ciel qui l’attendait à la même place où il l’avait vue la première fois. La voyant, il se prosterna devant elle et lui dit “Madame, la plus petite de mes filles, mon Enfant, j’a été là où tu m’as envoyé afin de me conformer à tes instructions. Avec beaucoup de difficultés j’ai pénétré dans le bureau du prélat. Je l’ai vu et lui a fait part de ton message, comme tu me l’avais commandé. Il m’a reçu bienveillamment et m’a écouté attentivement mais sa réponse laissait entendre qu’il ne me croyait pas. Il m’a dit “Tu reviendras et je t’entendrai à mon gré. Je reprendrai tout depuis le début et réfléchirai sur le voeu et le désir qui t’ont amené.” J’ai parfaitement compris de par la façon dont il m’a répondu qu’il pensait que ton désir d’avoir une église qui te soit consacrée est une invention de ma part, et que ce n’est pas ton ordre, aussi je te supplie fortement, Madame, de confier l’accomplissement de ton message à quelqu’un d’important , de connu qui inspire le respect et l’estime, afin qu’on le croie; parce que je ne suis rien, je suis une petite ficelle, une minuscule échelle, une queue, une feuille et toi, mon Enfant la plus petite de mes enfants, ma Dame, tu m’as envoyé à une place que je ne fréquente jamais ni ne m’y repose. Je t’en prie , pardonne moi ce grand desagrément et ne sois pas irritée, Madame. La Vierge Marie répondit:” Ecoute, ô le moindre de mes fils, tu dois comprendre que j’ai de nombreux serviteurs et messagers à qui je peux confier l’accomplissement de mon message et l’excécution de mon désir, mais c’est toi précisémenet que je sollicite et demande de m’aider afin que par ta médiation mon voeu soit accompli. Je t’implore ardemment, toi le moindre de mes fils, et avec fermeté je t’ordonne d’aller demain voir l’évêque. Tu y vas en mon nom et tu lui fais connaitre mon voeu intégral selon lequel je lui demande de commencer la construction d’une église. Et dis-lui aussi que c’est Moi, en personne, la toujours-vierge, Sainte Marie, Mère de Dieu qui t’ai envoyé” Juan Diego répondit: “Madame, mon Enfant, je ne veux pas te faire de la peine. Joyeusement et de plein gré j’obéirai à tes instructions. Sous aucune condition je ne manquerai de le faire; j’irai accomplir ton désir car non seulemnt le chemin est pénible mais peut-être que je ne serai pas écouté avec plaisir, ou si on m’écoute on ne me croira peut-être pas. Demain après-midi, au coucher du soleil, je reviendrai te porter la réponse de ton message au prélat. Je prends maintenant congé de toi, le plus petite de mes enfants, mon Enfant et Madame. Repose-toi entre-temps” Il s’en alla se reposer chez lui.

TROISIEME APPARITION Le jour suivant, il quitta la maison avant l’aube, et prit le chemin de Tlatilolco, afin d’être instruit des choses divines et d’être présent à l’appel, après quoi il irait voir le prélat. Vers dix heures, rapidement, après avoir assisté à la Messe et avoir inscrit sa présence, il s’en alla quand la foule se fut dispersée. Sur l’heure JuanDiego se rendit au palais de l’évêque. A peine fut-il arrivé qu’il essaya ardemment de voir l’évêque. Après encore beaucoup de difficultés il parvint à le voir. Il s’agenouilla à ses pieds. Il s’attrista et pleura pendant qu’il exposait les instructions de la Dame du ciel demandant à Dieu de lui accorder qu’on croie à son message et au voeu de l’Immaculée pour qu’un temple soit construit là où Elle le voulait. L’évêque, afin de se rassurer, lui posa beaucoup de questions, lui demandant où il l’avait vue et comment elle était. Il décrivit le tout à la perfection à l’évêque. Malgré les explications précises de son apparence et de tout ce qu’il avait vu et admiré, qui en soi indiquait qu’elle était la toujours-vierge Sainte Mère du Sauveur, Notre Seigneur Jésus-Christ, il ne lui accorda néanmoins aucun crédit lui disant que pour sa requête il lui fallait faire ce qui lui était demandé mais de plus qu’un signe était nécessaire afin qu’il puisse croire qu’il était vraiment envoyé par une Dame du ciel. Juan Diego dit alors à l’évêque “Monseigneur,écoutez! Quel doit être le signe que vous demandez? Car j’irai le demander à la Dame du ciel qui m’a envoyé vers vous.” L’évêque voyant qu’il acceptait sans aucun doute et ne se rétractait pas, le renvoya. Il ordonna immédiatement à quelques personnes de son entourage, en qui il pouvait avoir confiance, de le suivre et de surveiller où il allait, qui il voyait et avec qui il parlait. Ceux qui le suivirent le perdirent de vue alors qu’ils traversaient la ravine près du pont de Tepeyac. Ils cherchèrent partout mais ne purent le retrouver. Ils revinrent donc non seulement parce qu’ils étaient fatigués mais aussi parce que leurs desseins avaient été déjoués, et cela les avait mis en colère. Et c’est ce qu’ils racontèrent à l’évêque. Pour l’influençer afin qu’il ne crut pas en Juan Diego, ils dirent à l’évêque que Juan Diego le trompait et inventait ce qu’il racontait ou qu’il avait seulement rêvé ce qu’il racontait et demandait. Finalement ils s’arrangèrent pour que, si jamais il retournait, il fût retenu et durement puni afin qu’ il cessât de mentir et de tromper. Entre temps, Juan Diego était avec la Bienheureuse Vierge lui rapportant la réponse de Monseigneur l’évêque. La Dame, après l’avoir écouté, lui dit:”Très bien, mon petit, tu repartiras la-bas demain, afin de porter à l’évêque le signe qu’il a demandé. Avec cela il te croira et dans son regard il n’y aura ni doute ni soupçon. Et sache, mon petit, que je te récompenserai pour ta sollicitude, tes efforts et ta fatigue à mon égard. Je t’attendrai ici demain.”

QUATRIEME APPARITION C’est le jour suivant, un lundi, que Juan Diego devait porter un signe pour qu’on le croie, mais il n’y revint pas parce que, en rentrant chez lui, son oncle, Juan Bernardo, était tombé malade et son état était grave. Il appela d’abord un docteur qui l’aida mais c’était trop tard, son état s’empirait. A la tombée de la nuit son oncle lui demanda d’aller à l’aube à Tlatilolco et de ramener un prêtre pour le préparer et entendre sa confession car il était certain qu’il allait mourir et qu’il ne se lèverait plus ni ne guérirait. Le mardi, avant l’aube, Juan Diego partit de sa maison pour Tlatilolco pour ramener un prêtre et comme il s’approchait de la route qui rejoint la pente qui mène au sommet de la colline de Tepeyac, vers l’ouest, et où il avait l’habitude de traverser la route, il se dit “ Si je continue ce chemin, la Dame va sûrement me voir, et je pourrais être retenu afin que je puisse porter le signe au prélat comme convenu; mais notre premier souci est d’aller rapidement appeler un prêtre car mon oncle l’attend certainement” il fit donc le tour de la colline afin qu’il ne puisse être vu par elle qui voit bien partout. Il la vit descendre du haut de la colline et regarder vers là où ils s’étaient . rencontrés précédemment. Elle s’approcha de lui au bas de la colline et lui dit” “Qu’y a-t-il, le moindre de mes fils? Où vas-tu?” Etait-il affligé ou honteux ou effrayé? Il s’inclina devant elle. Il la salua, disant:” Mon Enfant, la plus tendre de mes filles, Madame, que Dieu veuille que tu sois satisfaite. Comment vas-tu ce matin? Est-ce que ta santé est bonne, Madame et mon Enfant? Je vais te faire de la peine. Sache, mon enfant, qu’un des tes serviteurs , mon oncle, est très malade, Il a attrapé la peste et est sur le point de mourir. Je dois me hâter vers ta maison à Mexico afin d’appeler un de tes prêtres, aimé de Dieu, pour qu’il entende sa confession et lui donne l’absolution car, depuis notre naissance, nous sommes venus au monde pour nous préserver des oeuvres de la mort. Mais si je pars, je reviendrai ici rapidement afin d’aller porter ton message. Madame, mon Enfant, pardonne moi, sois patiente avec moi pour le moment. Je ne te decevrai pas, la plus petite des mes filles. Demain je viendrai en toute hâte. Après avoir écouté les paroles de Juan Diego, la Très Sainte Vierge répondit: ”Ecoute moi et comprends bien, le moindre de mes fils, rien ne doit t’effrayer ou te peiner. Que ton coeur ne soit pas troublé. N’aies pas peur de cette maladie, ni d’aucune autre maladie ou angoisse. Ne suis-je pas là, moi qui suis ta Mère? N’es-tu pas sous ma protection? Ne suis-je pas ta santé? Ne reposes-tu pas heureux en mon sein? Que desires-tu de plus? Ne sois pas malheureux ou troublé par quoi que ce soit. Ne sois affligé pas la maladie de ton oncle, il n’en mourra pas. Sois assuré qu’il est maintenant guéri”. (Et à ce moment son oncle fut guéri comme il devait l’apprendre par la suite) Quand Juan Diego entendit ces mots de la Dame du ciel, il était grandement consolé. Il était heureux. Il la supplia de l’excuser afin qu’il aille voir l’évêque et lui porter le signe ou la preuve afin qu’on le croie. La Dame du ciel lui ordonna de grimper au haut de la colline où ils s’étaient précédemment rencontrés. Elle lui dit: « Grimpe, ô le moindre de mes fils , jusqu’au haut de la colline; là où tu m’as vue et où je t’ai donné des instructions, tu verras différentes fleurs. Coupe les, cueille les, rassembles les et puis viens les porter devant moi.” Juan Diego grimpa sur la colline immédiatement, et comme il atteignait le sommet il fut stupéfait; de voir qu’une telle variété de merveilleux rosiers de Castille étaient en floraison bien avant la saison où les roses devraient bourgeonner car hors de saison elles gèleraient. Elles étaient parfumées et recouvertes des gouttes de rosée de la nuit qui ressemblaient à des perles précieuses. Il commença immédiatement à les cueillir. Il les assembla et les plaça dans son tilma. Le haut de la colline n’était pas une place où pourrait fleurir n’importe quelle fleur car il y avait beaucoup de rochers, de ronces, d’épines, de nopales et de mezquites. Occasionellement de l’herbe poussait mais c’était au mois de décembre quand la végétation n’était pas gelée. Il descendit la colline immédiatement et porta les différentes roses qu’il avait cueillies à la Dame du ciel qui, en les voyant les prit entre ses mains et les plaça à nouveau dans son tilma, lui disant : « ô toi, le moindre de mes fils , cette variété de roses est une preuve et un signe que tu porteras à l’évêque. Tu lui diras en mon nom qu’il y verra là mon voeu et qu’il doit s’y conformer. Tu es mon ambassadeur, le plus digne de ma confiance. Je te l’ordonne rigoureusement de ne déplier ton manteau qu’en présence de l’évêque et de lui montrer ce que tu portes. Tu lui raconteras bien tout; tu lui diras que je t’ai ordonné de grimper au haut de la colline et de cueillir les fleurs; et aussi tout ce que tu as vu et admiré afin que tu puisses persuader le prélat d’accorder son soutien à ma demande qu’une église soit construite.” Après les conseils de la Dame du ciel, il prit le chemin qui mène directement à Mexico, heureux et sûr du succès, portant avec beaucoup de précaution le contenu de son tilma afin que rien ne s’échappe de ses mains et s’enivrant du parfum de cette variété de belles fleurs.

LE MIRACLE DE L’IMAGE Quand il arriva au palais épiscopal, le majordome vint à sa rencontre ainsi que d’autres serviteurs du prélat..Il les supplia de dire à l’évêque qu’il voulait le voir, mais personne ne voulait le faire, ils faisaient semblant de ne pas l’entendre, probablemenet parce qu’il était trop tôt ou parce qu’ils le connaisaient comme étant un importun et qu’il les harcelait; de plus, leurs collègues leur avaient raconté qu’ils l’avaient perdu de vue quand ils l’avaient suivi. Il attendit longtemps. Quand ils virent qu’il avait attendu longtemps debout, abattu, ne faisant rien, attendant d’ête appelé et paraissant avoir quelquechose dans son tilma, ils s’approchèrent de lui afin de savoir ce qu’il portait. Juan Diego voyant qu’il ne pouvait cacher ce qu’il portait et sachant qu’il serait molesté, bousculé, lacéré, ouvrit un peu son tilma là où se trouvaient les fleurs. En voyant cette variété de roses de Castille hors saison, ils furent complètement stupéfaits parce qu’elles étaient si fraiches, en pleine floraison, si parfumées et si belles. Ils essayèrent de s’en emparer et de tirer quelques unes mais ne réussirent à aucune des trois fois qu’ils osèrent le faire. Ils ne réussirent pas parce qu’à chaque fois qu’ils essayaient de les prendre, ils ne purent voir les fleurs réelles. A la place elles paraissaient peintes, imprimées ou cousues sur la toile. Ils allèrent alors dire à l’évêque ce qu’ils avaient vu l’informant que l’Indien qui était venu à plusieurs reprises voulait le voir et qu’il avait sûrement une raison pour l’avoir attendu avec anxiété si lontemps et être si désireux de le voir. En entendant cela l’évêque comprit qu’il avait apporté la preuve pour confimer ses dires afin qu’il se conformât à la requête de l’Indien. Il ordonna de le faire entrer immédiatement. Dès son entrée Juan Diego s’agenouilla devant lui comme à l’accoutumée et raconta à nouveau ce qu’il avait vu et admiré ainsi que le message. Il lui dit” Monseigneur, j’ai fait ce que tu as commandé, je suis allé dire à mon Ama, ma Dame du ciel, Sainte Marie, précieuse mère de Dieu que tu as demandé un signe et une preuve afin que tu puisses croire qu’il faut construire une église là où elle l’a demandé; je lui ai aussi dit que je t’avais donné ma parole que je rapporterais un signe et une preuve de son désir comme tu l’as demandé. Elle se montra condescendante et agréa à ta requête . Tôt ce matin elle m’a envoyé te voir à nouveau; je lui demandais une fois encore le signe afin que tu puisses me croire et elle me dit qu’elle me le donnerait et elle s’y conforma. Elle m’envoya au haut de la colline, là où j’avais l’habitude de la voir, pour cueillir une variété de roses de Castille. Après les avoir cueillies je les lui ai portées, elle les a prises de sa main et les a placées dans mon vêtement afin que je te les porte et te les donne en personne. Même si je savais que le haut de la colline n’était pas un endroit où pousseraient des fleurs car il y a beaucoup de rochers, de ronces, d’épines, de nopales et de mezquites, j’avais encore des doutes. Quand je me suis approché du haut de la colline, je vis que j’étais au paradis où il y avait une variété d’exquises roses de Castille, couvertes de brillante rosée et je les ai cueillies immédiatement. Elle m’a dit que je devais te les porter et je me suis exécuté afin que tu puisses voir en elles le signe que tu m’a demandé et te conformer à son voeu; aussi et mon message soient crédibles. Voilà. Reçois les.” Il déplia son vêtement blanc où il avait mis les fleurs et quand toutes les différentes variétés de roses de Castille tombèrent à terre apparut soudain le dessin de la précieuse Image de la toujours vierge Sainte Marie, Mère de Dieu, comme on la voit aujourd’hui dans l’église de Tepeyac, nommé Guadalupe. Quand l’évêque vit l’image, lui et tous ceux présents tombèrent à genoux. On l’admira beaucoup. Ils se levèrent pour la voir, ils tremblèrent et, avec tristesse, ils démontrèrent qu’ils la contemplaient avec leur coeur et leur esprit. L’évêque, avec des larmes de tristesse, pria et implora son pardon pour n’avoir pas accompli son voeu et sa requête. Quand il se releva, il détacha du cou de Juan Diego le vêtement sur lequel apparaissait l’Image de la Dame du ciel. Il le prit et le plaça dans sa chapelle. Juan Diego demeura un jour supplémentaire à l’évêché à la requête de l’évêque. Le jour suivant l’évêque lui dit: Montre nous où la Dame du ciel désire qu’une église soit construite” Et il invita immédiatement tous ceux présents à s’y rendre.

APPARITION A JUAN BERNARDINO Après que Juan Diego eut montré l’endroit où la dame du ciel voulait que son église soit construite, il demanda la permission de prendre congé. Il voulait rentrer chez lui pour voir son oncle Juan Bernardino qui était gravement malade quand il l’avait quitté pour aller à Tlatilolco appeler un prêtre afin d’entendre sa confession et lui donner l’absolution. La Dame du ciel lui avait dit que son oncle était guéri. Mais ils ne le laissèrent pas partir seul et l’accompagnèrent jusqu’à chez lui. Comme ils arrivèrent, ils virent que son oncle était heureux et en bonne santé. Il était très stupéfait de voir son neveu ainsi accompagné et honoré, et demandait la raison d’un tel honneur. Son neveu répondit que lorsqu’il partit chercher le prêtre pour entendre sa confession et lui donner l’absolution, la Dame du ciel lui apparut à Tepeyac lui disant de ne pas être triste, que son oncle allait bien, ce qui l’a consolé . Elle l’a envoyé à Mexico voir l’évêque afin que ce dernier lui construise une maison à Tepeyac. L’oncle témoigna de ce que c’était vrai qu’à cette occasion il fut guéri et qu’il l’avait vue de la même manière que son neveu, apprenant d’Elle qu’elle l’avait envoyé à Mexico pour voir l’évêque. La Dame lui dit aussi que, lorsqu’il irait voir l’évêque, il devrait lui révéler ce qu’il avait vu et lui expliquer de quelle façon Elle l’avait guéri miraculeusement et qu’Elle voulait être appelée La toujours vierge Sainte Marie de Guadalupe et que son image bénie soit aussi ainsi connue Juan Bernardino fut conduit en la présence de l’évêque afin qu’il l’en informe et lui donne un témoignage; son neveu et lui furent les invités de l’évêque chez lui jusqu’à ce que l’église consacrée à la Reine de Tepeyac soit construite là où Juan Diego l’avait vue. L’évêque transféra l’image sacrée de la belle dame du ciel de sa chapelle privée à l’église principale afin que tout le peuple puisse voir l’image bénie et l’admirer . La cité tout entière était sous le coup d’une grande émotion. Tous vinrent la voir , admirer l’image pieuse et prier. Ils s’émerveillèrent de son apparition dans ce divin miracle car aucune personne humaine de ce monde n’avait peint cette image précieuse.

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