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HOMÉLIE POUR LA FÊTE DE SAINTE MARIE, MÈRE DE DIEU, LE 1ER JANVIER 2018,

29 décembre, 2017

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ID.HodiLivre.99

SAINTE MARIE, MÈRE DE DIEU

HOMÉLIE POUR LA FÊTE DE SAINTE MARIE, MÈRE DE DIEU, LE 1ER JANVIER 2018,

le Jour de l’An et Journée mondiale pour la paix

Homélie pour la fête de Sainte Marie, Mère de Dieu, le Jour de l’An 1 janvier 2018 Année B « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme » par Mgr Hermann Giguère P.H. du Séminaire de Québec. Textes: Nombres 6, 22-27, Galates 4, 4-7 et Luc 2, 16-21.

Cette fête d’obligation au Canada qui est une mémoire dans les autres pays ouvre trois pistes à notre méditation : le titre de Mère de Dieu donné à la Vierge Marie, le 50e anniversaire de la Journée internationale pour la paix et la bénédiction et les vœux du Jour de l’An.

I- Marie Mère de Dieu
« Marie, Mère de Dieu » : ce titre donné à Marie a été l’objet d’une longue réflexion. C’est un concile œcuménique, le concile de Nicée en 431, qui consacre définitivement le titre de Mère de Dieu (Theotoxos en grec) donné à Marie. Tout le mystère de la maternité divine réside dans la phrase de saint Paul dans la deuxième lecture : « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme ».
Cette phrase résume de façon concise les deux facettes de la maternité de Marie : « né d’une femme » et « Dieu a envoyé son Fils ».
Né d’une femme, Jésus est pleinement humain. Il a été porté par sa mère comme tous les enfants. Elle l’a mis au monde puis avec saint Joseph elle l’a nourri, élevé et éduqué comme un bon Juif attaché à l’Alliance de Dieu avec son peuple choisi et portant dans sa chair le signe de cette appartenance : la circoncision qui était d’ailleurs fêtée autrefois le premier janvier. Jésus est donc pleinement humain dans son corps, dans sa chair, dans son esprit et Marie est sa mère bénie entre toutes les femmes.
Ce qui la distingue des autres mères de la terre, c’est qu’elle a porté en elle celui qui est le Fils de Dieu, car, comme le dit si bien saint Paul « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme ». C’est notre foi et nous reconnaissons le Fils de Dieu dans l’enfant de Marie. C’est pourquoi, on peut la vénérer comme la Mère de Dieu, non pas qu’elle ait engendré Dieu, mais parce qu’elle a engendré Celui qui a été reconnu comme le Fils de Dieu envoyé par son Père pour le salut du monde.
Voilà un petit résumé pour expliquer le sens de cette fête de Marie Mère de Dieu fixée au premier janvier de chaque année depuis la réforme liturgique du Concile Vatican II.

II – La journée pour la paix
Cette fête de Marie, Mère de Dieu, se conjugue avec la Journée mondiale pour la paix proclamée en 1967 par le pape Paul VI. Cette journée placée au tout début de l’année se veut un rappel pour toute l’année. Nos années ne peuvent se passer sans avoir comme horizon, partagé par des millions de personnes, celui de la paix universelle. Dans le message du pape François pour la Journée mondiale pour la paix en 2018 celui-ci écrit « Que la paix soit sur toutes les personnes et toutes les nations de la terre ! » Et il consacre son message à tous « ceux qui souffrent le plus de son absence. Parmi ceux-ci, que je porte dans mes pensées et dans ma prière, je veux une fois encore rappeler les plus de 250 millions de migrants dans le monde, dont 22 millions et demi sont des réfugiés ».
Dans les familles ou dans les communautés chrétiennes les tensions dégénèrent souvent en affrontements. Les sentiments de rejets, de refus, de fermeture s’installent alors au détriment d’un climat d’écoute et de compréhension. La paix disparaît. Il nous revient de travailler à être et à devenir selon la belle expression de saint François d’Assise des instruments de paix comme le dit cette prière qui lui est attribuée et que je récite avec vous ce matin en vous demandant de la faire vôtre :

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie ».

III – Les vœux pour la Nouvelle Année
Passons maintenant au troisième point de mon homélie celui de la bénédiction et des vœux pour la Nouvelle Année. Chaque nouvelle année ouvre un espace où se bâtit non seulement un avenir mais où se vit notre vie présente.
Celle-ci est marquée par les années passées ou par les années à venir dépendant de nos âges. L’aîné se prend à faire le point et à revenir sur ce qu’a été sa vie. Il la revoit avec joie et avec peine parfois. Mais il sait qu’elle n’est pas terminée. Il la chérit et il la reçoit de Dieu comme un cadeau qu’il lui remettra le moment voulu. Les plus jeunes, enfants, ados, hommes et femmes d’âge mur sont remplis d’énergie, de projets, de rêves et ils sont souvent emportés dans un tourbillon d’activités. Ils feront bien au cours de la prochaine année de s’asseoir et de tenter de faire un bilan de temps à autre.
Ce n’est peut-être pas aujourd’hui même que ce conseil peut se mettre en pratique, mais il fait partie de mes souhaits pour la Nouvelle Année. Pourquoi ne pas décider de se donner du temps cette année pour vivre notre vie non pas toujours à la course mais en y ménageant des moments de pause et de paix avec ses proches, avec ses enfants, avec de nouvelles connaissances etc.? Vous verrez que si vous vous donnez la peine de mettre un peu de bonne volonté, c’est réalisable même si c’est difficile de le faire. Mais cela vaut la peine d’essayer. Et vous ne le regretterez pas.

Conclusion
En terminant, je vous bénis avec ces mots de la première lecture : « Que le Seigneur vous bénisse et vous garde ! Que le Seigneur fasse briller sur vous son visage, qu’il se penche vers vous ! Que le Seigneur tourne vers vous son visage, qu’il vous apporte la paix ! »
Et je complète en faisant le geste du signe de la Croix sur chacun et chacune de vous : « Que Dieu Tout-Puissant vous bénisse au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. Amen!»

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec
28 décembre 2017

NOTRE DAME DE GUADALUPE – 12 DICEMBRE (MF)

11 décembre, 2017

https://notredamedesanges.wordpress.com/2014/10/14/notre-dame-de-guadalupe/

imm en e fr - Copia

(le texte est long et je ne mets pas des parties, qui sont quand même très belles et intéressantes)

NOTRE DAME DE GUADALUPE – 12 DICEMBRE (MF) 

Publié le 14 octobre 2014 par François-Xavie

Le contexte historique
(cette partie ne le met pas )

II. L’Apparition

NOTRE DAME APPARAIT
Le samedi 9 décembre 1531, Juan Diego, un indien aztèque de 56 ans baptisé en 1525 était veuf et avait un esprit simple, voire presque enfantin. Il s’en allait à pied, tôt le matin à Tlaltelolco distant de 15 kms, assister chez les Franciscains à la Messe en l’honneur de la Vierge.
Le jour se levait sur la colline de Tepeyac dont il s’approchait lorsqu’il entendit, venant d’un point invisible, un chant d’une multitude d’oiseaux, une musique telle qu’il n’en avait jamais entendue de semblable. Enveloppé d’harmonies célestes, il s’arrêta stupéfait, cherchant à découvrir leur provenance. Son regard se porta au-delà de la colline sur les couleurs éclatantes du soleil levant qu’il ne voyait pas et il entendit une voix qui dominait la musique : «Juanito, Juan Dieguito». Il avança pour obéir à la voix qui l’appelait par son nom avec l’affection d’une mère pour son enfant. Sans hésiter, il gravit la colline au sommet de laquelle il vit une jeune femme d’une beauté merveilleuse.
Notre Dame était là, paisible !
Elle était là, debout, paisible, qui lui faisait signe. Comme il s’en approchait, émerveillé par ce qu’il voyait et entendait, une telle joie s’empara de lui qu’il ne put faire autrement que s’agenouiller et lui sourire.
Elle était enveloppée d’une lumière qui faisait pâlir le soleil, une lumière qui donnait à l’aride et rocailleuse colline des tons merveilleux. Les feuilles des plantes étincelaient comme des émeraudes ; les tiges et les épines, comme de l’or. Puis la colline se couronna de pierres aux couleurs de l’arc-en-ciel, comme si un feu intérieur les irradiait. La Dame se tenait là, au-dessus de la colline métamorphosée ; elle était d’une telle beauté que Juan Diego en eut le souffle coupé. Ses vêtements, aussi, brillaient de cette même lueur surnaturelle, mais lumière et couleurs disparaissaient devant la splendeur de son visage jeune et la douceur de son regard. Un sourire d’amour et de compassion accueillit Juan Diego qui s’approchait.
– Juanito, mon cher enfant où allez-vous ? demanda-t-elle.
– Ma Dame et mon enfant, répondit-il dans son dialecte, je vais à la Messe à l’église et étudier et apprendre les divins mystères que nous enseigne le prêtre.
-Je veux que tu saches avec certitude, mon cher fils, que je suis la parfaite et toujours Vierge Marie, Mère du vrai Dieu, de qui provient toute vie, le Seigneur de toutes choses, créateur du ciel et de la terre. J’ai un immense désir que l’on construise, en mon honneur, un temple dans lequel je manifesterai mon amour, ma compassion et ma protection. Je suis votre mère pleine de pitié et d’amour pour vous et tous ceux qui m’aiment, me font confiance et recourent à moi. J’écouterai leurs plaintes et je soulagerai leur affliction et leurs souffrances
Notre Dame s’est identifiée par les cinq privilèges que Dieu lui a conférés :
– son Immaculée Conception,
– sa perpétuelle Virginité,
– sa Maternité de Dieu
– sa Maternité de l’Eglise,
– son Assomption.
Juan écoutait attentivement les instructions de la Dame : – Pour que je puisse manifester tout mon amour, allez maintenant chez l’évêque, à Mexico, et dites-lui que je vous envoie lui faire connaître le grand désir que j’ai de voir construire, ici, un temple qui me soit dédié. Dites-lui exactement ce que vous avez vu et entendu et sachez que je vous en serai reconnaissante et vous récompenserai. Vous verrez que ce dérangement en vaut la peine. Maintenant que vous avez entendu ce que je souhaite, allez, mon fils, et faites de votre mieux.
Juan s’inclina et dit : – C’est avec joie, très cher Dame, que je m’en vais faire ce que vous demandez. Avec votre permission, je vais prendre congé.
Sans attendre de voir ce que devenait la Dame, il fit demi-tour, descendit la colline en courant, arriva sur la route et entra dans la ville. Là, il frappa au portail de la maison qu’habitait Mgr Zumarraga, évêque de Mexico.
UNE GRANDE MISSION
Il était tôt et personne, à l’intérieur, ne pouvait se douter de l’importance de sa mission. Il attendit donc patiemment qu’on voulût bien le laisser entrer.
Juan s’agenouillant devant l’évêque, transmit avec soin la demande de la Dame. Il dit qu’il était envoyé par la Mère très belle de Dieu qui lui était apparue, à l’aube, sur la colline de Tepeyac et lui avait demandé de faire part de son désir à l’évêque. Il parla de l’étrange musique, des couleurs lumineuses et de la Dame à la voix si douce qui avait demandé qu’on lui construise un temple. Elle l’avait envoyé le dire à l’évêque et c’est ce qu’il faisait, rapportant tous ses mots, ainsi qu’elle l’avait demandé.
L’évêque écoutait attentivement, hochant la tête, comme s’il sympathisait avec ce pauvre indien qui racontait un rêve étrange et fantastique. Cela ressemblait à une histoire d’aztèque à propos de la déesse de la fertilité dont le temple était à Tepeyac… Mais à quoi pensait donc ce pauvre homme qui avait l’air sincère pour venir à une heure si matinale raconter ses rêves et, en plus, à l’évêque…?
L’évêque essaya de le confondre, mais l’indien n’en changeait pas le moindre détail. Il était sûr de ce qu’il avait vu et entendu et il transmettait le message qu’on lui avait confié. Le prélat, curieux malgré tout d’en connaître davantage sur Juan, le congédia en disant :
«Je réfléchirai à ce que vous m’avez dit. Revenez dans quelques jours».
Juan fut très surpris de voir que l’évêque ne s’empresse pas de répondre au souhait de la Dame. Comment lui, un homme d’Eglise, pouvait-il réagir ainsi face à la Mère de Dieu, pensait-il amèrement ? Quelle foi avait-il donc au fond de son cœur ?
Désespéré, il retourna sur la colline, craignant que son échec ne blesse la Dame, tout en espérant vivement qu’elle comprendrait. Peut-être n’était-il pas le messager voulu… Après tout, il n’était qu’un pauvre indien incapable de choisir les mots qu’il fallait pour impressionner un évêque. Il allait demander à la Dame de choisir quelqu’un de plus digne et de plus influent pour remplir cette mission.
La Dame l’attendait !
Tout en réfléchissant activement, il se rendait vers la colline de Tepeyac lorsque, tout à coup, levant les yeux, il aperçut la merveilleuse lumière. La Dame était là. Il courut à Elle, et tomba à genoux éprouvant maintenant une paix qui effaçait toutes ses appréhensions.
« Ma très douce Dame, dit-il avec tendresse, je vous ai obéi et suis allé chez l’évêque ; je l’ai vu non sans difficulté et lui ai fait votre commission exactement comme vous l’aviez demandé… Il m’a reçu gentiment, m’a écouté avec attention, mais à la façon dont il m’a répondu, j’ai bien vu qu’il ne me croyait pas. Il m’a dit : – Il faudra revenir, mon fils, lorsque j’aurai le temps d’écouter votre histoire. Je réfléchirai à ce que vous m’avez dit et prendrai en considération la sincérité qui vous a conduit jusqu’ici. Très chère Dame, je vois bien qu’il s’imagine que votre souhait d’avoir un temple ici est une histoire que j’invente. Je vous prie, envoyez, pour en faire part, quelqu’un de plus connu et de plus respecté, afin qu’on puisse le croire. Je ne suis qu’un modeste indien que vous avez envoyé en haut lieu comme messager. Aussi ne m’a-t-on pas cru et je n’ai pu que vous causer une grande déception.»
Juan inclina la tête avec déférence en attendant la réponse de la Dame.
Elle lui répondit : «Mon très cher fils, vous devez comprendre qu’il y en a beaucoup de plus nobles à qui j’aurais pu confier mon message et pourtant, c’est vous que je veux pour accomplir cette mission. C’est grâce à vous que mon projet aboutira. Retournez demain chez l’évêque, parlez-lui en mon nom et dites-lui que je désire qu’il entreprenne cette construction. Dites-lui que c’est moi, en personne, la Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu qui vous envoie».
Juan sentit son courage revenir et, rassuré quant à la mission répondit :
«Très douce Dame, je ne vous ferai pas davantage de peine et c’est avec joie que je vais à nouveau transmettre votre vœu. L’évêque ne m’écoutera peut-être pas ou, s’il le fait, peut-être ne me croira-t-il pas, mais je viendrai demain après-midi vous apporter sa réponse. Si vous le permettez, je vais prendre congé. Demeurez en paix jusqu’à ce que je revienne.»
Nouvelle visite à l’évêque
Tôt, le dimanche matin, Juan Diego s’en fut à la messe à Tlaltelolco puis se rendit chez l’évêque qui le reçut de nouveau après une longue attente.
Eclatant en sanglots, il raconta qu’il s’était entretenu une seconde fois avec la Mère de Dieu et qu’elle l’avait supplié d’intercéder auprès de lui pour qu’il fasse construire un temple sur la colline de Tepeyac. «Vraiment, c’était la Mère de Jésus-Christ qui m’envoie», ajouta-t-il.
Cette fois, l’évêque plus compréhensif posa de nombreuses questions à Juan. Non qu’il prît le consciencieux aztèque pour un affabulateur, mais peut être espérait-il quelque preuve. «Mon fils, ce que vous dites m’intéresse. Peut-être pourriez-vous m’apporter un signe de la Dame comme preuve tangible de sa Maternité Divine et du désir qu’elle a de ce temple sur la colline.»
Juan promit d’apporter ce signe et demanda à l’évêque quel était celui qu’il souhaiterait.
Surpris, celui-ci ne lui répondit pas, mais il appela deux membres de son Conseil et leur parla en castillan, langue que Juan ne pouvait comprendre. Il leur demanda d’observer l’Indien et de le suivre jusqu’à l’endroit où il prétendait avoir ses visions pour lui faire un rapport détaillé de tout ce qu’ils verraient et entendraient.
Puis l’évêque congédia Juan.
Les conseillers le suivirent jusqu’à un petit ruisseau au pied de la colline et là, il disparut soudain. Furieux, ils le cherchèrent en vain et décidèrent qu’ils avaient à faire à un fraudeur ou un sorcier. De retour à l’évêché, ils déclarèrent qu’on ne pouvait pas faire confiance à l’indien.
Troisième visite de la Dame
Entre temps, ce dernier avait gravi la colline où l’attendait la belle Dame. Quand il lui fit part de la requête de l’évêque, Elle le rassura en disant : «Qu’il en soit ainsi, mon fils, revenez demain matin chercher le signe qu’il réclame. Quand il l’aura, il vous croira et ne mettra plus en doute votre bonne foi. Sachez que je vous récompenserai de toutes vos peines. Je vous attendrai demain, ici, à l’aube».
En rentrant chez lui, ce soir-là Juan trouva son oncle Juan Barnardino, malade et fiévreux. Fort ennuyé de le voir dans cet état, il passa toute la journée suivante du lundi à le soigner et ne put se rendre à Tepeyac pour revoir la Dame.
Malgré les soins du neveu et les médicaments qu’il lui administrait, I’oncle qui allait plus mal et qui craignait de mourir, demanda à Juan de se lever à l’aube et d’aller au Monastère de Santiago Tlaltelolco chercher un prêtre pour lui donner les derniers sacrements.
Au lever du jour, le mardi 12 décembre, Juan approchait donc de la colline de Tepeyac. Il se disait avec tristesse qu’il n’avait pas tenu la promesse faite à la Vierge Marie tout en estimant que soigner son oncle était un devoir qui primait tous les autres. Mais, s’il prenait un raccourci, la Dame, pensait-il, ne le verrait peut-être pas…
Quatrième visite de la Dame
Il avançait sur le chemin rocailleux lorsqu’il fut soudain arrêté par la Dame qui l’interpellait affectueusement…
«Où allez-vous, mon cher fils. Qu’est-ce qui vous ennuie ?».
Couvert de confusion et craignant de l’avoir déçue, Juan expliqua la mission urgente d’aller chercher un prêtre pour donner les derniers sacrements à son oncle en ajoutant :
«Dès que j’aurai accompli mon devoir, je reviendrai pour transmettre votre message. Pardonnez-moi, ma Dame, soyez patiente, je ne vous mens pas. Demain, je ferai ce que vous désirez. »
Tandis qu’il parlait, Elle le regardait avec une affectueuse compassion et semblait comprendre ses difficultés sans qu’il ait besoin de les expliquer. Elle lui répondit : «Mon cher petit, écoutez ce que je vais vous dire et laissez-le pénétrer dans votre cœur : ne laissez jamais quoi que ce soit vous décourager, vous déprimer. Que rien n’altère votre cœur ni votre comportement. Ne redoutez, non plus, ni la maladie, ni les contrariétés, ni l’inquiétude, ni la douleur. Ne suis-je pas ici, moi votre Mère ? N’êtes-vous pas sous mon ombre et ma protection ? Ne suis-je pas votre fontaine de vie ? N’êtes-vous pas dans les plis de mon manteau, au creux de mes bras ? Que vous faut-il de plus ? Ne soyez pas affligé par la maladie de votre oncle, parce qu’il ne va pas en mourir maintenant. Je vous assure qu’il va guérir.»
En entendant : «Je vous assure qu’il va guérir» Juan se sentit rassuré sur le sort de son oncle. Si la Reine du Ciel disait que tout allait bien, il ne voulait pas la questionner. Il renouvela son offre de porter à l’évêque le signe qu’elle désignerait.
«Eh bien, mon fils, reprit-elle, allez jusqu’au sommet de la colline où vous m’avez vue pour la première fois. Vous y cueillerez les roses qui y poussent et apportez-les moi.»
Ce simple geste exigeait un acte de foi pour cet homme de la terre qui savait qu’à cette saison il n’y avait plus de fleurs, surtout pas de roses et que rien ne poussait sur cette colline.
Juan se hâta de gravir la colline et, à sa grande surprise, il se trouva devant de belles roses telles qu’il n’en avait jamais vu. Il les cueillit et les mit dans son poncho. Puis il les apporta à la Reine du Ciel qui les prit et, de ses mains, les arrangea dans le manteau.
«Mon cher fils, lui dit-elle, ces roses sont le signe que vous devez donner à l’évêque. Dites-lui, de ma part, qu’il doit y voir ma volonté et s’y conformer. Vous êtes mon ambassadeur et vous êtes digne de ma confiance. Lorsque vous arriverez chez l’évêque, dépliez votre poncho, mais seulement en sa présence, et montrez-lui ce que vous portez. Dites-lui ce que vous avez vu et entendu, sans omettre quoi que ce soit. Dites-lui que je vous ai envoyé au sommet de la colline et que vous y avez cueilli ces fleurs. Répétez-lui toute l’histoire pour qu’il vous croie et fasse construire le temple que je demande avec instance.»
Puis, la Dame congédia Juan qui, tout heureux, courut jusqu’à l’évêché, serrant dans son poncho les roses dont il admirait de temps à autre la beauté et le parfum. Il mettait tous ses soins à protéger le précieux fardeau, le signe qui allait prouver à l’évêque la véracité de son histoire.
III. Le Miracle
Quand il arriva au palais épiscopal, le majordome vint à sa rencontre ainsi que d’autres serviteurs du prélat. Il les supplia de dire à l’évêque qu’il voulait le voir, mais personne ne voulait le faire, ils faisaient semblant de ne pas l’entendre, probablement parce qu’il était trop tôt ou parce qu’ils le connaissaient comme étant un importun et qu’il les harcelait; de plus, leurs collègues leur avaient raconté qu’ils l’avaient perdu de vue quand ils l’avaient suivi.
Il attendit longtemps. Quand ils virent qu’il avait attendu longtemps debout, abattu, ne faisant rien, attendant d’être appelé et paraissant avoir quelque chose dans son tilma, ils s’approchèrent de lui afin de savoir ce qu’il portait.
Juan Diego voyant qu’il ne pouvait cacher ce qu’il portait et sachant qu’il serait molesté, bousculé, lacéré, ouvrit un peu son tilma là où se trouvaient les fleurs. En voyant cette variété de roses de Castille hors saison, ils furent complètement stupéfaits parce qu’elles étaient si fraiches, en pleine floraison, si parfumées et si belles. Ils essayèrent de s’en emparer et de tirer quelques-unes mais ne réussirent à aucune des trois fois qu’ils osèrent le faire.
Ils ne réussirent pas parce qu’à chaque fois qu’ils essayaient de les prendre, ils ne purent voir les fleurs réelles. A la place elles paraissaient peintes, imprimées ou cousues sur la toile.
Ils allèrent alors dire à l’évêque ce qu’ils avaient vu l’informant que l’Indien qui était venu à plusieurs reprises voulait le voir et qu’il avait sûrement une raison pour l’avoir attendu avec anxiété si longtemps et être si désireux de le voir. En entendant cela l’évêque comprit qu’il avait apporté la preuve pour confirmer ses dires afin qu’il se conformât à la requête de l’Indien. Il ordonna de le faire entrer immédiatement. Dès son entrée Juan Diego s’agenouilla devant lui comme à l’accoutumée et raconta à nouveau ce qu’il avait vu et admiré ainsi que le message.
Il lui dit : « Monseigneur, j’ai fait ce que tu as commandé, je suis allé dire à mon Ama, ma Dame du ciel, Sainte Marie, précieuse Mère de Dieu que tu as demandé un signe et une preuve afin que tu puisses croire qu’il faut construire une église là où elle l’a demandé; je lui ai aussi dit que je t’avais donné ma parole que je rapporterais un signe et une preuve de son désir comme tu l’as demandé. Elle se montra condescendante et agréa à ta requête. Tôt ce matin elle m’a envoyé te voir à nouveau; je lui demandais une fois encore le signe afin que tu puisses me croire et elle me dit qu’elle me le donnerait et elle s’y conforma.
Elle m’envoya au haut de la colline, là où j’avais l’habitude de la voir, pour cueillir une variété de roses de Castille. Après les avoir cueillies je les lui ai portées, elle les a prises de sa main et les a placées dans mon vêtement afin que je te les porte et te les donne en personne.
Même si je savais que le haut de la colline n’était pas un endroit où pousseraient des fleurs car il y a beaucoup de rochers, de ronces, d’épines, de nopales et de mezquites, j’avais encore des doutes. Quand je me suis approché du haut de la colline, je vis que j’étais au paradis où il y avait une variété d’exquises roses de Castille, couvertes de brillante rosée et je les ai cueillies immédiatement. Elle m’a dit que je devais te les porter et je me suis exécuté afin que tu puisses voir en elles le signe que tu m’as demandé et te conformer à son vœu; aussi et mon message soient crédibles. Voilà. Reçois-les. »
Il déplia son vêtement blanc où il avait mis les fleurs et quand toutes les différentes variétés de roses de Castille tombèrent à terre apparut soudain le dessin de la précieuse Image de la toujours vierge Sainte Marie, Mère de Dieu, comme on la voit aujourd’hui dans l’église de Tepeyac, nommé Guadalupe.
la-virgen-de-guadalupe-estampada-en-la-tilma-de-juan-diegoQuand l’évêque vit l’image, lui et tous ceux présents tombèrent à genoux. On l’admira beaucoup. Ils se levèrent pour la voir, ils tremblèrent et, avec tristesse, ils démontrèrent qu’ils la contemplaient avec leur cœur et leur esprit. L’évêque, avec des larmes de tristesse, pria et implora son pardon pour n’avoir pas accompli son vœu et sa requête. Quand il se releva, il détacha du cou de Juan Diego le vêtement sur lequel apparaissait l’Image de la Dame du ciel. Il le prit et le plaça dans sa chapelle. Juan Diego demeura un jour supplémentaire à l’évêché à la requête de l’évêque.
Le jour suivant l’évêque lui dit:
« Montre nous où la Dame du ciel désire qu’une église soit construite”
Et il invita immédiatement tous ceux présents à s’y rendre.

(lire ce qui suit sur l’image miraculeuse, très importante et très belle)
IV. L’image miraculeuse de Notre-Dame de Guadalupe

BELLE FÊTE DU SAINT NOM DE MARIE ! – 12 SEPTEMBRE 2017

12 septembre, 2017

https://www.mariereine.com/belle-fete-du-saint-nom-de-marie/

fr

BELLE FÊTE DU SAINT NOM DE MARIE ! – 12 SEPTEMBRE 2017

12 septembre : Mémoire facultative du Saint Nom de Marie (Sanctissimi Nominis Mariæ)

Ce Nom vénérable était déjà honoré depuis longtemps par un culte spécial dans quelques parties du monde chrétien, lorsqu’une insigne victoire* fut remportée à Vienne en Autriche, par le secours de la Sainte Vierge Marie, sur le cruel sultan des Turcs, qui menaçait avec insulte de soumettre les peuples chrétiens à sa tyrannie mahométane.
Après une fête accordée en 1683 par Sa Sainteté le Pape Innocent XI en action de grâce, Sa Sainteté le Pape Innocent XIII voulu perpétuer la mémoire d’un tel bienfait en ordonnant que cette fête soit célébrée chaque année dans l’Église universelle en 1721. Le Pape Saint Pie X fixa la fête au 12 septembre lors de la réforme du Bréviaire romain.
Il était bien juste que le nom de Marie trouvât sa place, dans nos fêtes catholiques, à côté du nom de Jésus ; le nom de Marie est un nom glorieux, un nom tout aimable, un nom salutaire. Les saints se sont essayés à l’envi à retracer les merveilles du nom de Marie. La première gloire de ce nom béni, c’est qu’il fut inspiré par Dieu aux parents de la Vierge naissante et que l’archange Gabriel le prononça d’une voix pleine de respect ; et depuis, toutes les générations chrétiennes le redisent à chaque instant du jour: « Je vous salue Marie… »

+ LITANIE du Saint Nom de MARIE
Seigneur, ayez pitié de nous. –> Seigneur, ayez pitié de nous
Jésus-Christ, ayez pitié de nous. –> Jésus-Christ, ayez pitié de nous
Seigneur, ayez pitié de nous. –> Seigneur, ayez pitié de nous

Fils de Marie, –> écoutez-nous.
Fils de Marie, –> exaucez-nous.

Père céleste, dont Marie est la fille, –> ayez pitié de nous.
Verbe éternel, dont Marie est la Mère, –> ayez pitié de nous.
Saint-Esprit, dont Marie est l’épouse, –> ayez pitié de nous.
Trinité divine, dont Marie est la Servante, –> ayez pitié de nous.

Mère du Dieu vivant, –> priez pour nous
Marie, fille de la Lumière éternelle, –> priez pour nous
Marie, notre lumière, –> priez pour nous
Marie, notre sœur, –> priez pour nous
Marie, fleur de Jessé, –> priez pour nous
Marie, la question des rois, –> priez pour nous
Marie, la bien-aimée de Dieu, –> priez pour nous
Marie, vierge immaculée, –> priez pour nous
Marie, très juste, –> priez pour nous
Marie, de la lumière dans les ténèbres, –> priez pour nous
Marie, notre repos sûr, –> priez pour nous
Marie, maison de Dieu, –> priez pour nous
Marie, sanctuaire du Seigneur, –> priez pour nous
Marie, autel de la divinité, –> priez pour nous
Marie, vierge mère, –> priez pour nous
Marie, qui englobe Dieu votre enfant, –> priez pour nous
Marie, repose avec la Sagesse éternelle, –> priez pour nous
Marie, océan d’amertume, –> priez pour nous
Marie, étoile de la mer, –> priez pour nous
Marie, qui avez souffert avec votre Fils unique, –> priez pour nous
Marie, percée par une épée de douleur, –> priez pour nous
Marie, déchirée par une cruelle blessure, –> priez pour nous
Marie, triste jusqu’à la mort, –> priez pour nous
Marie, privée de toute consolation, –> priez pour nous
Marie, soumis à la loi de Dieu, –> priez pour nous
Marie, debout par la Croix de Jésus, –> priez pour nous
Marie, Notre-Dame, –> priez pour nous
Marie, notre Reine, –> priez pour nous
Marie, Reine de la gloire, –> priez pour nous
Marie, gloire de l’Eglise triomphante, –> priez pour nous
Marie, bienheureuse Reine, –> priez pour nous
Marie, Avocate de l’Eglise militante, –> priez pour nous
Marie, Reine de miséricorde, –> priez pour nous
Marie, Consolatrice de l’Eglise souffrante, –> priez pour nous
Marie, au-dessus des anges, ,–> priez pour nous
Marie, couronnée de douze étoiles, –> priez pour nous
Marie, brillante comme le soleil, –> priez pour nous
Marie, distinguée au dessus de tout, –> priez pour nous
Marie, assise près de Jésus, –> priez pour nous
Marie, notre espoir, –> priez pour nous
Marie, notre douceur, –> priez pour nous
Marie, la gloire de Jérusalem, –> priez pour nous
Marie, la joie d’Israël, –> priez pour nous
Marie, l’honneur de notre peuple, –> priez pour nous

Agneau de Dieu, qui enlevez les péchés du monde,–> pardonnez nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui enlevez les péchés du monde, –> exaucez nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui enlevez les péchés du monde, –> ayez pitié de nous.

Fils de Marie, –> écoute nous
Fils de Marie, –> exauce nous.

Prions : O Dieu tout-puissant, qui bénissez vos serviteurs sincèrement désireux de se placer à l’ombre du Nom et de la protection de la Très Sainte Vierge Marie, nous vous en supplions, que par son intercession, nous soyons délivré de tout mal sur la terre et que nous puissions arriver aux joies éternelles dans le ciel, par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

QUE LE SAINT NOM DE MARIE NOUS BENISSE TOUS !

Thierry Fourchaud

« Le Nom seul de Marie met en fuite tous les démons »
(Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l’Eglise)
* Le calendrier romain de l’an 2002 (Editio tertia) a en effet réinscrit la fête en l’honneur du Saint Nom de Marie à cette date. La fête était très chère au Souverain Pontife Jean-Paul II. Elle est liée à l’histoire de la Pologne et de l’Europe, comme en témoignent les fresques de la « Chapelle polonaise » de la basilique de la Sainte Maison de Lorette. Elles représentent en effet la victoire du roi de Pologne, Jan Sobieski, Vienne, sur les troupes turques.
Un siècle après la défaite de Lépante (1571), les turcs tentaient de passer en Europe occidentale par voie de terre. Mahomet IV avait remis l’étendard de Mahomet à Kara Mustapha au début de 1683, en lui faisant jurer de le défendre au prix de sa vie si nécessaire. Le grand vizir était fort de 300.000 hommes et se promettait de prendre Belgrade, Buda, Vienne, de déboucher en Italie et d’arriver à Rome, à l’autel de saint Pierre.
En août 1683, le Capucin italien et grand mystique, Marco d’Aviano, que Jean-Paul II vient de béatifier, était nommé grand aumônier de toutes les armées chrétiennes. C’est lui qui redonna courage à Vienne et réussit à convaincre le roi de Pologne de venir secourir la ville avec ses 40.000 hommes. La ville était assiégée depuis le 14 juillet et sa reddition était une question d’heures. Le rapport de force n’était pas en faveur des troupes chrétiennes, mais Vienne se confiait à l’intercession de la Vierge et l’image de la Vierge était sur tous les étendards. Sur le Kahlenberg qui domine la ville au nord, le P. Marco célébra la messe, servie par le roi Sobieski devant l’armée disposée en demi-cercle. Le Capucin prédit une victoire inouïe. Et au lieu de terminer en disant les paroles liturgiques : « Ite missa est », il cria : « Ioannes vinces ! » « Jan vaincra » !
La bataille commença à l’aube du 11 septembre. Un soleil splendide éclairait les deux armées dont dépendait le sort de l’Europe. Les cloches de la ville sonnaient depuis le matin. Les femmes et les enfants priaient dans les églises, implorant l’aide de la Vierge Marie. Et le soir, l’étendard du grand vizir était tombé aux mains de Sobieski. Le lendemain, il fit son entrée dans la ville en liesse, et vint assister à la messe et au Te Deum en l’église de la Vierge de Lorette à laquelle il attribuait la victoire.

ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE – HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

14 août, 2017

https://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/homilies/2005/documents/hf_ben-xvi_hom_20050815_assunzione-maria.html

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MESSE EN LA SOLENNITÉ DE L’ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE

HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

Paroisse pontificale « San Tommaso da Villanova », Castel Gandolfo
Lundi 15 août 2005

Chers frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce, chers frères et soeurs,

Avant tout, un cordial salut à vous tous. C’est pour moi une grande joie de célébrer la Messe le jour de l’Assomption dans cette belle église paroissiale. Je salue le Cardinal Sodano, l’Evêque d’Albano, tous les prêtres, le Maire et vous tous. Merci de votre présence. La fête de l’Assomption est un jour de joie. Dieu a vaincu. L’amour a vaincu. La vie a vaincu. On a vu que l’amour est plus fort que la mort. Que Dieu possède la véritable force et que sa force est bonté et amour.
Marie a été élevée au ciel corps et âme: même pour le corps, il y a une place en Dieu. Le ciel n’est plus pour nous un domaine très éloigné et inconnu. Dans le ciel, nous avons une mère. C’est la Mère de Dieu, la Mère du Fils de Dieu, c’est notre Mère. Lui-même l’a dit. Il en a fait notre Mère, lorsqu’il a dit au disciple et à nous tous: « Voici ta Mère! ». Dans le ciel, nous avons une Mère. Le ciel s’est ouvert, le ciel a un coeur.
Dans l’Evangile, nous avons entendu le Magnificat, cette grande poésie qui s’est élevée des lèvres, et plus encore du coeur de Marie, inspirée par l’Esprit Saint. Dans ce chant merveilleux se reflète toute l’âme, toute la personnalité de Marie. Nous pouvons dire que son chant est un portrait, une véritable icône de Marie, dans laquelle nous pouvons la voir exactement telle qu’elle est. Je voudrais souligner uniquement deux points de ce grand chant. Celui-ci commence par la parole « Magnificat »: mon âme « magnifie » le Seigneur, c’est-à-dire « proclame la grandeur » du Seigneur. Marie désire que Dieu soit grand dans le monde, soit grand dans sa vie, soit présent parmi nous tous. Elle n’a pas peur que Dieu puisse être un « concurrent » dans notre vie, qu’il puisse ôter quelque chose de notre liberté, de notre espace vital, par sa grandeur. Elle sait que si Dieu est grand, nous aussi, nous sommes grands. Notre vie n’est pas opprimée, mais est élevée et élargie: ce n’est qu’alors qu’elle devient grande dans la splendeur de Dieu.
Le fait que nos ancêtres pensaient le contraire, constitua le noyau du péché originel. Ils craignaient que si Dieu avait été trop grand, il aurait ôté quelque chose à leur vie. Ils pensaient devoir mettre Dieu de côté pour avoir de la place pour eux-mêmes. Telle a été également la grande tentation de l’époque moderne, des trois ou quatre derniers siècles. On a toujours plus pensé et dit: « Mais ce Dieu ne nous laisse pas notre liberté, il rend étroit l’espace de notre vie avec tous ses commandements. Dieu doit donc disparaître; nous voulons être autonomes, indépendants. Sans ce Dieu, nous serons nous-mêmes des dieux, et nous ferons ce que nous voulons ». Telle était également la pensée du fils prodigue, qui ne comprit pas que, précisément en vertu du fait d’être dans la maison du père, il était « libre ». Il partit dans des pays lointains et consuma la substance de sa vie. A la fin, il comprit que, précisément parce qu’il s’était éloigné du père, au lieu d’être libre, il était devenu esclave; il comprit que ce n’est qu’en retournant à la maison du Père qu’il pouvait être véritablement libre, dans toute la splendeur de la vie. Il en est de même à l’époque moderne. Avant, on pensait et on croyait que, ayant mis Dieu de côté et étant autonomes, en suivant uniquement nos idées, notre volonté, nous serions devenus réellement libres, nous aurions pu faire ce que nous voulions sans que personne ne nous donne aucun ordre. Mais là où Dieu disparaît, l’homme ne devient pas plus grand; il perd au contraire sa dignité divine, il perd la splendeur de Dieu sur son visage. A la fin, il n’apparaît plus que le produit d’une évolution aveugle, et, en tant que tel, il peut être usé et abusé. C’est précisément ce que l’expérience de notre époque a confirmé.
Ce n’est que si Dieu est grand que l’homme est également grand. Avec Marie, nous devons commencer à comprendre cela. Nous ne devons pas nous éloigner de Dieu, mais rendre Dieu présent; faire en sorte qu’Il soit grand dans notre vie; ainsi, nous aussi, nous devenons divins; toute la splendeur de la dignité divine nous appartient alors. Appliquons cela à notre vie. Il est important que Dieu soit grand parmi nous, dans la vie publique et dans la vie privée. Dans la vie publique, il est important que Dieu soit présent, par exemple, à travers la Croix, dans les édifices publics, que Dieu soit présent dans notre vie commune, car ce n’est que si Dieu est présent que nous pouvons suivre une orientation, une route commune; autrement, les différences deviennent inconciliables, car il n’existe pas de reconnaissance de notre dignité commune. Rendons Dieu grand dans la vie publique et dans la vie privée. Cela veut dire laisser chaque jour un espace à Dieu dans notre vie, en commençant le matin par la prière, puis en réservant du temps à Dieu, en consacrant le dimanche à Dieu. Nous ne perdons pas notre temps libre si nous l’offrons à Dieu. Si Dieu entre dans notre temps, tout notre temps devient plus grand, plus ample, plus riche.
Une seconde observation. Cette poésie de Marie – le Magnificat – est entièrement originale; toutefois, elle est, dans le même temps, un « tissu » composé à partir de « fils » de l’Ancien Testament, à partir de la Parole de Dieu. Et ainsi, nous voyons que Marie était, pour ainsi dire, « chez elle » dans la Parole de Dieu, elle vivait de la Parole de Dieu, elle était pénétrée de la Parole de Dieu. Dans la mesure où elle parlait avec les paroles de Dieu, elle pensait avec les paroles de Dieu, ses pensées étaient les pensées de Dieu. Ses paroles étaient les paroles de Dieu. Elle était pénétrée par la lumière divine et c’est la raison pour laquelle elle était aussi resplendissante, aussi bonne, aussi rayonnante, d’amour et de bonté. Marie vit de la Parole de Dieu, elle est imprégnée de la Parole de Dieu. Et le fait d’être plongée dans la Parole de Dieu, le fait que la Parole de Dieu lui est totalement familière, lui confère également la lumière intérieure de la sagesse. Celui qui pense avec Dieu pense bien, et celui qui parle avec Dieu parle bien. Il possède des critères de jugement valables pour toutes les choses du monde. Il devient savant, sage, et, dans le même temps, bon; il devient également fort et courageux, grâce à la force de Dieu qui résiste au mal et promeut le bien dans le monde.
Et ainsi, Marie parle avec nous, elle nous parle, elle nous invite à connaître la Parole de Dieu, à aimer la Parole de Dieu à vivre avec la Parole de Dieu et à penser avec la Parole de Dieu. Et nous pouvons le faire de façons très diverses: en lisant l’Ecriture Sainte, en particulier en participant à la Liturgie, dans laquelle, au cours de l’année, la Sainte Eglise nous présente tout le livre de l’Ecriture Sainte. Elle l’ouvre à notre vie et le rend présent dans notre vie. Mais je pense également au « Compendium du Catéchisme de l’Eglise catholique », que nous avons récemment publié, et dans lequel la Parole de Dieu est appliquée à notre vie, interprète la réalité de notre vie, nous aide à entrer dans le grand « temple » de la Parole de Dieu, à apprendre à l’aimer et à être, comme Marie, pénétrés par cette Parole. Ainsi la vie devient lumineuse et nous possédons un critère de base pour notre jugement, nous recevons en même temps la bonté et la force.
Marie est élevée corps et âme à la gloire du ciel et avec Dieu et en Dieu, elle est Reine du ciel et de la terre. Est-elle si éloignée de nous? Bien au contraire. Précisément parce qu’elle est avec Dieu et en Dieu, elle est très proche de chacun de nous. Lorsqu’elle était sur terre, elle ne pouvait être proche que de quelques personnes. Etant en Dieu, qui est proche de nous, qui est même « à l’intérieur » de nous tous, Marie participe à cette proximité de Dieu. Etant en Dieu et avec Dieu, elle est proche de chacun de nous, elle connaît notre coeur, elle peut entendre nos prières, elle peut nous aider par sa bonté maternelle et elle nous est donnée – comme le dit le Seigneur, – précisément comme « mère », à laquelle nous pouvons nous adresser à tout moment. Elle nous écoute toujours, elle est toujours proche de nous, et, étant la Mère du Fils, elle participe de la puissance du Fils, de sa bonté. Nous pouvons toujours confier toute notre vie à cette Mère, qui est proche de tous.
Rendons grâce au Seigneur, en ce jour de fête, pour le don de la Mère et prions Marie, afin qu’elle nous aide à trouver le bon chemin chaque jour. Amen.

 

12 DÉCEMBRE – NOTRE-DAME DE GUADALUPE (1531) (12 DÉCEMBRE MF)

12 décembre, 2016

http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/saints/12-decembre-notre-dame-de-guadalupe-1531

12 DÉCEMBRE – NOTRE-DAME DE GUADALUPE (1531) (12 DÉCEMBRE MF)

12 DÉCEMBRE – NOTRE-DAME DE GUADALUPE (1531) (12 DÉCEMBRE MF)  dans fête de Marie mexico_guadalupebig

Contenu
Souvenez-vous, ô très gracieuse Vierge Marie de Guadalupe, que lors de vos apparitions célestes sur la colline de Tepeyac, vous avez promis de montrer votre compassion et votre pitié envers tous ceux qui, vous aimant et ayant confiance en vous, ont recours à votre aide et vous implorent dans leurs besoins et leur détresse.
Vous avez promis d’écouter nos supplications, de sécher nos larmes et de nous apporter soulagement et consolation. On n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance et réclamé votre secours, pour le bien commun ou pour leur propre détresse, aient été abandonnés de vous.
Animés d’une pareille confiance, nous venons vers vous, ô Marie, toujours Vierge, Mère de Dieu. Gémissant sous le poids de nos péchés, nous nous prosternons en votre auguste présence, certains que vous accomplirez vos promesses miséricordieuses. Nous sommes pleins de confiance que, si nous nous mettons sous votre ombre et votre protection, rien ne pourra nous troubler ou nous affliger, et nous ne craindrons aucune maladie, aucun malheur et aucune peine.
Vous avez décidé de demeurer parmi nous à travers votre image admirable, vous qui êtes notre mère, notre salut et notre vie. Nous nous plaçons sous votre maternelle protection et ayant recours à vous dans tous nos besoins, nous ne demandons rien d’autre. O Sainte Mère de Dieu, ne rejetez pas nos prières mais dans votre miséricorde, daignez nous exaucer. Amen.
Mesoamerica, le « Nouveau Monde », 1521 : la capitale de la civilisation Aztèque tombe sous les forces armées de Cortez. Moins de 20 ans plus tard, neuf millions d’habitants qui avaient professé pendant des siècles une religion polythéiste et prônant des sacrifices humains les plus cruels, sont convertis au christianisme. Qu’est-ce qui s’est passé en ces temps-là pour qu’il y ait une conversion aussi incroyable et sans précédent historique ?

Chronologie des évènements
Le samedi 9 décembre 1531, un Indien du nom de Juan Diego (voir au 9 décembre) se rend à Mexico. Comme il passe au pied du Tepeyac, la plus haute des collines qui entourent la ville, une musique céleste l’at­tire vers le sommet, où il aperçoit une Dame incomparablement belle et radieuse de bonté : « Juan, mon fils bien-aimé, où vas-tu ? – Ma­dame, je vais à Mexico entendre la messe en l’honneur de la Vierge. – Ta dévotion m’est agréable ; je suis cette Vierge, Mère de Dieu. Je désire que l’on me bâtisse ici un temple magnifique d’où je répandrai mes faveurs et ferai voir ma compassion envers tous ceux qui m’invoqueront avec confiance. Va trouver l’évêque de Mexico pour l’instruire de ma volonté. »
Juan Diego se hâte de transmettre le message, mais le prélat le prend pour un illuminé et le congédie. Le 12 décembre, pressé de trouver un prêtre à Mexico pour administrer les derniers sacrements à son oncle gravement malade, Diego passe rapidement devant la col­line, quand il se trouve en présence de la Vierge : « Ton oncle est guéri, va en haut de la colline cueillir des roses que tu donneras à l’évêque de Mexico. » Ce n’était pas la saison des fleurs et jamais la roche nue du Tepeyac n’avait produit de roses. Il en cueille une brassée et, les tenant cachées sous son manteau, il s’achemine vers l’évêché. Introduit devant le prélat, il ouvre son tilma (poncho) : les roses se répandent sur le sol tandis que l’image de l’Apparition s’imprime sur le tissu.
Le tilma est un vêtement de pauvre qualité fait à base de cactus qui aurait dû se détériorer en 20 ans.
Tous tombent à ge­noux et l’évêque de Mexico se rend sur la colline de Tepeyac, où jaillit une source qui continue à opérer des guérisons miraculeuses. La Reine du Ciel se montre une cinquième fois à Juan Diego et lui donne son nom : On m’appellera Notre-Dame de Guadalupe.

Le premier sanctuaire sera érigé en 1533.

Pourquoi le nom « Guadalupe »?
» Puis l’oncle témoigna de ce que c’était vrai qu’à cette occasion il fut guéri et qu’il l’avait vue de la même manière que son neveu, apprenant d’Elle qu’elle l’avait envoyé à Mexico pour voir l’évêque. La Dame lui dit aussi que, lorsqu’il irait voir l’évêque, il devrait lui révéler ce qu’il avait vu et lui expliquer de quelle façon Elle l’avait guéri miraculeusement et qu’Elle voulait être appelée La toujours vierge Sainte Marie de Guadalupe et que son image bénie soit aussi ainsi connue. « (Nican Mopohua)
Pourquoi la Vierge Marie apparaissant à un Indien au Mexique récemment conquis et lui parlant en Nahuatl se nommerait-elle « de Guadalupe », un nom Espagnol ? Voulait-elle être appelée de Guadalupe à cause de la statue de Notre Dame de Guadalupe à Estremadura en Espagne ?
Dans toutes les apparitions de la Bienheureuse Vierge Marie elle s’est identifiée comme la Vierge Marie et comme Mère de Dieu ou d’autres titres, et par la suite elle fut toujours habituellement connue à travers le nom du lieu ou de la région où elle apparaissait (Lourdes, Fatima)
Donc pourquoi Marie, apparaissant à un Indien dans un Mexique récemment envahi et s’adressant dans la langue du pays, veut-elle être appelée du nom Espagnol de Guadalupe ?
Voulait-elle parler de la mystérieuse statue de Notre Dame de Guadalupe, qui fut donnée par le Pape Grégoire le Grand à l’évêque de Séville, fut égarée pendant 600 ans et fut retrouvée en 1326 par un bouvier nommé Gil Cordero qui fut guidé par une apparition de Notre Dame ? La statue fut appelée de Guadalupe parce que le village près du lieu où elle fut retrouvée s’appelait Guadalupe.
L’origine du nom Guadalupe a toujours été matière à controverse. Il y a néanmoins, une croyance qui veut que ce nom fut retenu en raison de la traduction du Nahuatl à l’espagnol des mots employés par la Vierge pendant l’apparition à Juan Bernardino, l’oncle souffrant de Juan Diego.
La croyance veut que Notre Dame employa le mot Aztèque Nahuatl coatlaxopeuh qui se prononce « quatlasupe » et dont le son ressemble étrangement au mot Espagnol Guadalupe. Coa veut dire serpent, tla étant une syllabe accrochée à coa et voulant dire « le« , alors que xopeuh veut dire écraser ou piétiner. Peut-être que Notre Dame a voulu se nommer « celle qui écrase le serpent. »
Nous devons nous rappeler que chaque année les Aztèques offraient au moins 20,000 hommes, femmes et enfants en sacrifice humain à leurs dieux féroces et assoiffés de sang. En 1487, durant une longue cérémonie qui dura 4 jours lors de la consécration d’un nouveau temple à Tenochtitlan, quelque 80,000 captifs furent tués en sacrifice humain.
Certainement, dans ce cas, Elle écrasa le serpent, en 1541, un prêtre franciscain, un des premiers historiens de la Nouvelle Espagne “Motolinia” écrit que quelque neuf millions d’Aztèques se sont convertis au Christianisme.
Aujourd’hui, après 480 ans, le tilma ne montre aucun signe de détérioration et défie toutes les explications scientifiques de son origine. Les scienti­fiques ont décelé divers phénomènes inexplicables (nature de l’image non peinte, œil de la Vierge, etc.). Selon ces scientifiques on peut voir dans les deux yeux, et là où normalement se reflète une image dans un oeil humain vivant, plusieurs formes qui, lorsqu’elles sont analysées en profondeur, correspondent à la forme et à la taille des personnes humaines qui se trouvaient en face de l’image en 1531.
Sur l’image, Marie porte en elle l’Enfant-Dieu.
Notre-Dame de Guadalupe a été choisie comme sainte patronne par les deux Amériques et pour les enfants à naître.

Chaque année, une foule, estimée à dix millions de personnes, la visite, faisant de l’église de la Cité de Mexico, le sanctuaire catholique le plus populaire dans le monde après le Vatican.

SOLENNITÉ DE L’IMMACULÉE CONCEPTION – HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

6 décembre, 2016

https://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/homilies/1979/documents/hf_jp-ii_hom_19791208_immaculate-conception.html

SOLENNITÉ DE L’IMMACULÉE CONCEPTION

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

Basilique Sainte-Marie-Majeure

Samedi 8 décembre 1979

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, … dans le Christ. C’est ainsi qu’il nous a choisis, dès avant la création du monde pour être saints et immaculés en sa présence » (Ep 1, 3-4).
Dans ce passage de son Épître aux Éphésiens, saint Paul trace l’image de l’Avent. Et il s’agit de cet Avent éternel qui trouve son origine en Dieu lui-même « dès avant la création du monde », car déjà la « création du monde » fut le premier pas de la venue de Dieu à l’homme, le premier acte de l’Avent. En effet tout le monde visible a été créé pour l’homme comme l’atteste le livre de la Genèse. Le début de l’Avent en Dieu est son éternel projet de création du monde et de l’homme, un projet né de l’amour. Cet amour est manifesté par l’éternel choix de l’homme en le Christ, Verbe incarné. « …Il nous a élu en lui, dès avant la création pour être saints et immaculés en sa présence. »
Marie est présente dans cet éternel Avent. Parmi tous les hommes que le Père a élu dans le Christ, Marie l’a été de manière toute particulière et exceptionnelle parce qu’elle a été élue dans le Christ pour être la Mère du Christ. Et ainsi, mieux que n’importe lequel parmi les hommes « prédestinés par le Père » à la dignité de « fils et filles adoptifs de Dieu » Marie a été prédestinée de manière tout à fait spéciale « à la louange de gloire de sa grâce » dont le Père « nous a gratifiés dans son Fils bien-aimé » (cf. Ep 1, 6).
La gloire sublime de sa grâce toute spéciale devait être sa divine maternité : Mère du Verbe Éternel ! Dans le Christ elle a reçu également la grâce de l’Immaculée Conception. De cette manière, Marie est insérée dans ce premier Avent éternel de la Parole, prédisposé par l’amour du Père pour la création et pour l’homme.
2. Le deuxième Avent a un caractère historique. Il s’accomplit dans le temps entre la chute du premier homme et la venue du Rédempteur. La liturgie d’aujourd’hui nous parle également de cet Avent et nous montre comment Marie y est insérée dès les origines. En effet, quand s’est manifesté le premier péché, avec la honte inattendue de nos premiers parents, alors également Dieu révéla pour la première fois le Rédempteur du monde, annonçant aussi sa Mère. Il l’a fait en disant les paroles dans lesquelles la tradition voit « le proto Évangile » c’est-à-dire comme l’embryon et la « pré-annonce » de l’Évangile lui-même, de la Bonne Nouvelle.
Voici ces paroles : « J’établirai une inimitié entre toi et la femme, entre ta race et sa race : celle-ci t’écrasera ta tête, et, toi, tu la viseras au talon » (Gn 3, 15).
Ce sont des paroles mystérieuses. Tout archaïques qu’elles soient, elles révèlent le futur de l’humanité et de l’Église. Ce futur est vu dans la perspective d’une lutte entre l’Esprit des ténèbres, celui qui est « menteur et père du mensonge » (Jn 8, 44) et le Fils de la femme qui doit venir parmi les hommes comme « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14, 6).
C’est ainsi que dès les origines Marie est présente dans ce deuxième Avent historique. Elle a été promise, en même temps que son Fils, rédempteur du monde. Et attendue également avec lui. Le Messie-Emmanuel (« Dieu avec nous ») est attendu comme Fils de la Femme, Fils de l’Immaculée.
3. La venue du Christ ne constitue pas seulement l’accomplissement du deuxième Avent : elle constitue également, en même temps, la révélation du troisième Avent, de l’Avent définitif. Par l’ange Gabriel que Dieu lui avait envoyé à Nazareth, Marie entendit les paroles suivantes :
« Voici que tu concevras et enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et on l’appellera Fils du Très-Haut… ; il régnera sur la maison de Jacob à jamais et son règne n’aura jamais de fin » (Lc 1, 31-33).
Marie est le commencement du troisième Avent parce qu’elle a mis au monde celui qui réalisera ce choix éternel dont il nous a été donné lecture dans l’épître aux Éphésiens. En le réalisant, il en fera le fait culminant de l’histoire de l’humanité. Il lui donnera la forme concrète de l’Évangile, de l’eucharistie, de la Parole et des sacrements. Et ainsi ce choix éternel pénétrera la vie des âmes humaines et la vie de cette communauté particulière qui se nomme l’Église.
L’histoire de la famille humaine et l’histoire de chaque homme mûriront par l’opération de Jésus-Christ, à la mesure des fils et des filles d’adoption. « C’est en lui encore que nous sommes devenus les héritiers désignés d’avance selon le plan préétabli de celui qui mène toutes choses au gré de sa volonté » (Ep 1, 11).
Marie est l’origine de ce troisième Avent, et elle s’y maintient en permanence, toujours présente (comme l’a si merveilleusement exprimé le Concile Vatican II au huitième chapitre de la Constitution sur l’Église Lumen Gentium). De même que le deuxième Avent nous rapproche de celle dont le Fils devait « écraser la tête du serpent », ainsi le troisième Avent nous éloigne d’elle tout en nous permettant de demeurer sans cesse en présence du Fils, tout proches d’elle. Cet Avent n’est autre que l’attente de l’accomplissement définitif des temps : il est simultanément le temps de la lutte et des contrastes, poursuivant ainsi la prévision originelle : « J’établirai une inimitié entre toi et la femme… » (Gn 3, 15).
La différence consiste dans le fait que nous connaissons déjà le nom de la femme. Elle est l’Immaculée Conception. On la connaît pour sa virginité et pour sa maternité. Elle est la Mère du Christ et de l’Église, Mère de Dieu et des hommes : Marie de notre Avent.

 

TOUT EST UN DON GRATUIT DE DIEU – PAPE FRANÇOIS

18 septembre, 2016

https://fr.zenit.org/articles/tout-est-un-don-gratuit-de-dieu/

TOUT EST UN DON GRATUIT DE DIEU – PAPE FRANÇOIS

Angélus de l’Immaculée Conception de Marie (texte intégral)

8 DÉCEMBRE 2014 -ANITA BOURDIN – PAPE FRANÇOIS « Tout est un don gratuit de Dieu », explique le pape François, à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception de Marie, à l’angélus de midi, place Saint-)Pierre, devant desd dizaines de milliers de visiteurs, ce lundi, 8 décembre, jour férié en Italie et au Vatican. « A nous aussi il est demandé d’écouter Dieu qui nous parle et d’accueillir sa volonté », a insisté le pape, soulignant qu’en Marie l’être » l’emporte sur le « faire »: celui qui agit en premier c’est Dieu. Et son action vis-à-vis de Marie c’est de la « préserver » du péché, tandis que les croyants dans le Christ, eux sont « sauvés » du péché. Mais c’est le même « don gratuit de Dieu ». Et qui reçoit gratuitement doit « donner gratuitement », insiste le pape: il faut donc laisser l’Esprit Saint « faire de nous un don pour les autres ». Voici notre traduction intégrale des paroles prononcées par le pape en italien avant et après la prière de l’angélus. A.B.

Paroles du pape avant l’angélus Chers frères et soeurs, bonjour! Bonne fête! Le message de la fête d’aujourd’hui, de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, peut se résumer par ces mots: « tout est un don gratuit de Dieu, tout est grâce, tout est don de son amour pour nous. L’Ange Gabriel appelle Marie « pleine de grâce » (Lc 1,28): il n’y a p as en elle de place pour le péché, parce que Dieu l’a choisie depuis toujours comme Mère de Jésus et il l’a préservée de la faute originelle. Et Marie répond à la grâce et s’abandonne en disant à l’ange: « Qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1,38). Elle ne dit pas: « Je ferai selon ta parole »: non! Mais « Qu’il me soit fait… ». Et le Verbe s’est fait chair dans son sein. A nous aussi il est demandé d’écouter Dieu qui nous parle et d’accueillir sa volonté; selon la logique évangélique rien n’est plus efficace et fécond que d’écouter et accueillir la Parole du Seigneur, qui vient de l’Evangile, de la Bible. Le Seigneur nous parle toujours! L’attitude de Marie de Nazareth nous montre que « l’être » vient avant le « faire » et qu’il convient de laisser Dieu faire pour être vraiment tels qu’Il nous veut. C’est Lui qui fait en nous tant de merveilles. Marie est réceptive, mais non pas passive. De même que, physiquement, elle reçoit la puissance de l’Esprit Saint et donne ensuite chair et sang au Fils de Dieu qui se forme en elle, de même, au plan spirituel, elle accueille la grâce et correspond à elle par la foi. C’est pourquoi saint Augustin affirme que la Vierge a « conçu d’abord dans son coeur et ensuite dans son sein » (Discours, 215, 4). Elle a conçu la foi d’abord et le Seigneur ensuite. Ce mystère de l’accueil de la grâce qui, en Marie, par un privilège unique, était sans l’obstacle du péché, est une possibilité pour tous. Saint Paul ouvre en effet sa Lettre aux Ephésiens par des paroles de louange: « Béni soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis par toute bénédiction spirituelle au ciel dans le Christ » (Ep 1,3). De même que Marie est saluée par sainte Elisabeth comme « bénie entre les femmes » (Lc 1,42), de même, nous aussi nous avons été depuis toujours « bénis » , c’est-à-dire « aimés », et pour cela « choisis avant la création du monde pour être saints et immaculés » (Ep 1,4). Marie a été « préservée » tandis que nous nous avons été « sauvés » grâce au baptême et à la foi. Mais tous, elle et nous, « par le Christ », « à la louange de gloire de sa grâce » (Ep 1, 6), cette grâce dont l’Immaculée a été comblée en plénitude. Face à l’amour, face à la miséricorde, à la grâce divine conservée dans nos coeurs, il n’y a qu’une conséquence qui s’impose: la gratuité. Personne ne peut acheter le salut! Le salut est un don gratuit du Seigneur, un don gratuit de Dieu, qui vient en nous, et habite en nous. De même que nous avons reçu gratuitement, de même, nous sommes appelés à donner gratuitement (cf. Mt 10,8); à l’imitation de Marie, qui, immédiatement après avoir accueilli l’annonce de l’ange, va partager le don de la fécondité avec sa parente Elisabeth. Parce que, si tout nous a été donné, tout doit être redonné. De quelle façon? En laissant l’Esprit Saint faire de nous un don pour les autres. L’Esprit est un don pour nous, et nous, avec la force de l’Esprit, nous devons être un don pour les autres, et laisser l’Esprit Saint nous faire devenir des instruments d’accueil, des instruments de réconciliation, des instruments de pardon. Si notre existence se laisse transformer par la grâce du Seigneur, afin que la grâce du Seigneur nous transforme, nous ne pourrons pas garder pour nous la lumière qui vient de son visage, mais nous la laisserons passer afin qu’elle éclaire les autres. Apprenons de Marie qui a constamment tenu son regard fixé sur son Fils, et son visage est devenu « le visage qui ressemble le plus au Christ » (Dante, Paradis, XXXII, 87). Et nous nous adressons à elle maintenant par la prière qui rappelle l’annonce de l’ange.

L’ange dit à Marie …

Après l’angélus

Chers frères et soeurs, Je vous salue avec affection, spécialement les familles te les groupes paroissiaux. Je salue les fidèles de Rocca di Papa, le curé, les marathonètes, les cyclistes, et je bénis de tout coeur leur flambeau. Je salue le groupe de Felline (Lecce), l’association “Completamente tuoi” et les jeunes de Carugate. En cette fête de l’Immaculée Conception, l’Action catholique italienne vit le renouvellement des adhésions. J’adresse une pensée spéciale à toutes les associations diocésaines et paroissiales. Que la Vierge Immaculée bénisse l’Action catholique et en fasse toujours plus une école de sainteté et de service généreux de l’Eglise et du monde. Cet après-midi, je me rendrai à Sainte-Marie-Majeure, pour saluer Marie « Salut du Peuple Romain » et ensuite place d’Espagne pour renouveler l’hommage et la prière traditionnels aux pieds du monument à l’Immaculée. Ce sera un après-midi complètement dédié à à la Vierge Marie. Je vous demande de vous unir à moi spirituellement dans ce pèlerinage qui exprime notre dévotion filiale à notre Mère céleste. Et n’oubliez pas: le salut est gratuit. Nous avons reçu cette gratuité, cette grâce de Dieu et nous devons la donner; nous avons reçu le don et nous devons le redonner aux autres. N’oubliez pas cela! Je vous souhaite à tous une nonne fête et un bon cheminement de l’Avent, avec la Vierge Marie pour guide. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au-revoir!

(c) Traduction de Zenit, Anita Bourdin

Angélus de l’Immaculée Conception de Marie (texte intégral)

8 DÉCEMBRE 2014 -ANITA BOURDIN – PAPE FRANÇOIS « Tout est un don gratuit de Dieu », explique le pape François, à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception de Marie, à l’angélus de midi, place Saint-)Pierre, devant desd dizaines de milliers de visiteurs, ce lundi, 8 décembre, jour férié en Italie et au Vatican. « A nous aussi il est demandé d’écouter Dieu qui nous parle et d’accueillir sa volonté », a insisté le pape, soulignant qu’en Marie l’être » l’emporte sur le « faire »: celui qui agit en premier c’est Dieu. Et son action vis-à-vis de Marie c’est de la « préserver » du péché, tandis que les croyants dans le Christ, eux sont « sauvés » du péché. Mais c’est le même « don gratuit de Dieu ». Et qui reçoit gratuitement doit « donner gratuitement », insiste le pape: il faut donc laisser l’Esprit Saint « faire de nous un don pour les autres ». Voici notre traduction intégrale des paroles prononcées par le pape en italien avant et après la prière de l’angélus. A.B.

Paroles du pape avant l’angélus Chers frères et soeurs, bonjour! Bonne fête! Le message de la fête d’aujourd’hui, de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, peut se résumer par ces mots: « tout est un don gratuit de Dieu, tout est grâce, tout est don de son amour pour nous. L’Ange Gabriel appelle Marie « pleine de grâce » (Lc 1,28): il n’y a p as en elle de place pour le péché, parce que Dieu l’a choisie depuis toujours comme Mère de Jésus et il l’a préservée de la faute originelle. Et Marie répond à la grâce et s’abandonne en disant à l’ange: « Qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1,38). Elle ne dit pas: « Je ferai selon ta parole »: non! Mais « Qu’il me soit fait… ». Et le Verbe s’est fait chair dans son sein. A nous aussi il est demandé d’écouter Dieu qui nous parle et d’accueillir sa volonté; selon la logique évangélique rien n’est plus efficace et fécond que d’écouter et accueillir la Parole du Seigneur, qui vient de l’Evangile, de la Bible. Le Seigneur nous parle toujours! L’attitude de Marie de Nazareth nous montre que « l’être » vient avant le « faire » et qu’il convient de laisser Dieu faire pour être vraiment tels qu’Il nous veut. C’est Lui qui fait en nous tant de merveilles. Marie est réceptive, mais non pas passive. De même que, physiquement, elle reçoit la puissance de l’Esprit Saint et donne ensuite chair et sang au Fils de Dieu qui se forme en elle, de même, au plan spirituel, elle accueille la grâce et correspond à elle par la foi. C’est pourquoi saint Augustin affirme que la Vierge a « conçu d’abord dans son coeur et ensuite dans son sein » (Discours, 215, 4). Elle a conçu la foi d’abord et le Seigneur ensuite. Ce mystère de l’accueil de la grâce qui, en Marie, par un privilège unique, était sans l’obstacle du péché, est une possibilité pour tous. Saint Paul ouvre en effet sa Lettre aux Ephésiens par des paroles de louange: « Béni soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis par toute bénédiction spirituelle au ciel dans le Christ » (Ep 1,3). De même que Marie est saluée par sainte Elisabeth comme « bénie entre les femmes » (Lc 1,42), de même, nous aussi nous avons été depuis toujours « bénis » , c’est-à-dire « aimés », et pour cela « choisis avant la création du monde pour être saints et immaculés » (Ep 1,4). Marie a été « préservée » tandis que nous nous avons été « sauvés » grâce au baptême et à la foi. Mais tous, elle et nous, « par le Christ », « à la louange de gloire de sa grâce » (Ep 1, 6), cette grâce dont l’Immaculée a été comblée en plénitude. Face à l’amour, face à la miséricorde, à la grâce divine conservée dans nos coeurs, il n’y a qu’une conséquence qui s’impose: la gratuité. Personne ne peut acheter le salut! Le salut est un don gratuit du Seigneur, un don gratuit de Dieu, qui vient en nous, et habite en nous. De même que nous avons reçu gratuitement, de même, nous sommes appelés à donner gratuitement (cf. Mt 10,8); à l’imitation de Marie, qui, immédiatement après avoir accueilli l’annonce de l’ange, va partager le don de la fécondité avec sa parente Elisabeth. Parce que, si tout nous a été donné, tout doit être redonné. De quelle façon? En laissant l’Esprit Saint faire de nous un don pour les autres. L’Esprit est un don pour nous, et nous, avec la force de l’Esprit, nous devons être un don pour les autres, et laisser l’Esprit Saint nous faire devenir des instruments d’accueil, des instruments de réconciliation, des instruments de pardon. Si notre existence se laisse transformer par la grâce du Seigneur, afin que la grâce du Seigneur nous transforme, nous ne pourrons pas garder pour nous la lumière qui vient de son visage, mais nous la laisserons passer afin qu’elle éclaire les autres. Apprenons de Marie qui a constamment tenu son regard fixé sur son Fils, et son visage est devenu « le visage qui ressemble le plus au Christ » (Dante, Paradis, XXXII, 87). Et nous nous adressons à elle maintenant par la prière qui rappelle l’annonce de l’ange.

L’ange dit à Marie …

Après l’angélus

Chers frères et soeurs, Je vous salue avec affection, spécialement les familles te les groupes paroissiaux. Je salue les fidèles de Rocca di Papa, le curé, les marathonètes, les cyclistes, et je bénis de tout coeur leur flambeau. Je salue le groupe de Felline (Lecce), l’association “Completamente tuoi” et les jeunes de Carugate. En cette fête de l’Immaculée Conception, l’Action catholique italienne vit le renouvellement des adhésions. J’adresse une pensée spéciale à toutes les associations diocésaines et paroissiales. Que la Vierge Immaculée bénisse l’Action catholique et en fasse toujours plus une école de sainteté et de service généreux de l’Eglise et du monde. Cet après-midi, je me rendrai à Sainte-Marie-Majeure, pour saluer Marie « Salut du Peuple Romain » et ensuite place d’Espagne pour renouveler l’hommage et la prière traditionnels aux pieds du monument à l’Immaculée. Ce sera un après-midi complètement dédié à à la Vierge Marie. Je vous demande de vous unir à moi spirituellement dans ce pèlerinage qui exprime notre dévotion filiale à notre Mère céleste. Et n’oubliez pas: le salut est gratuit. Nous avons reçu cette gratuité, cette grâce de Dieu et nous devons la donner; nous avons reçu le don et nous devons le redonner aux autres. N’oubliez pas cela! Je vous souhaite à tous une nonne fête et un bon cheminement de l’Avent, avec la Vierge Marie pour guide. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au-revoir!

(c) Traduction de Zenit, Anita Bourdin

ACTE DE CONSÉCRATION À MARIE – JEAN-PAUL II

7 septembre, 2016

http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/homilies/2000/documents/hf_jp-ii_hom_20001008_act-entrustment-mary.html

JUBILÉ DES ÉVÊQUES

ACTE DE CONSÉCRATION À MARIE – JEAN-PAUL II

Dimanche 8 octobre 2000

1 «Femme, voici ton fils» (Jn 19, 26)! Tandis qu’arrive à son terme l’Année jubilaire, au cours de laquelle Toi, ô Mère, tu nous as offert à nouveau Jésus, le fruit béni de ton sein très pur, le Verbe fait chair, le Rédempteur du monde, ces paroles: « Femme, voici ton fils ! » se font pour nous particulièrement douces, paroles qui nous renvoient à Toi, te constituant notre Mère. En te confiant l’Apôtre Jean, et avec lui les fils de l’Église, et même tous les hommes, le Christ, loin d’atténuer son rôle exclusif de Sauveur du monde, le confirmait. Tu es la splendeur qui n’ôte rien à la lumière du Christ, car tu existes en Lui et par Lui. En Toi, tout est « fiat »: tu es l’Immaculée, tu es transparence et plénitude de grâce. Voici donc tes enfants rassemblés autour de Toi, à l’aube du nouveau millénaire. Aujourd’hui, par la voix du Successeur de Pierre, à laquelle s’unit celle de nombreux Pasteurs rassemblés ici de toutes les parties du monde, l’Église cherche à se réfugier sous ta protection maternelle et implore avec confiance ton intercession face aux défis de l’avenir.

2 En cette année de grâce, de nombreuses personnes ont vécu, et vivent actuellement, la joie surabondante de la miséricorde que le Père nous a donnée dans le Christ. Dans les Églises particulières répandues à travers le monde, et plus encore ici au centre de la chrétienté, les catégories les plus diverses de personnes ont accueilli ce don. Ici même, l’enthousiasme des jeunes a retenti, ici même, s’est élevé le cri implorant des malades. Ici même, sont venus des prêtres et des religieux, des artistes et des journalistes, des travailleurs et des hommes de science, des enfants et des adultes, et tous ont reconnu dans ton Fils bien-aimé le Verbe de Dieu, fait chair en ton sein. Obtiens pour nous, ô Mère, par ton intercession, que les fruits de cette Année ne soient pas perdus, et que les germes de grâce se développent jusqu’à la pleine mesure de la sainteté, à laquelle nous sommes tous appelés.

3 Aujourd’hui, nous voulons te confier l’avenir qui nous attend, te demandant de nous accompagner sur le chemin. Nous sommes les hommes et les femmes d’une époque extraordinaire, aussi exaltante que riche de contradictions. Aujourd’hui, l’humanité possède des moyens de puissance inouïe: elle peut faire de ce monde un jardin, ou le réduire à un amas de cendres. Elle a acquis des capacités extraordinaires d’intervention sur les sources mêmes de la vie: elle peut en user pour le bien, dans le cadre de la loi morale, ou bien céder à l’orgueil aveugle d’une science qui n’accepte pas de limite, au point de bafouer le respect dû à tout être humain. Aujourd’hui plus que jamais, l’humanité est à une croisée de chemins. Et, une fois encore, le salut est entièrement et seulement, ô Vierge Sainte, dans ton Fils Jésus.

4 C’est pourquoi, ô Mère, comme l’Apôtre Jean, nous voulons te recevoir chez nous (cf. Jn 19, 27), pour que tu nous apprennes à nous conformer à ton Fils. «Femme, voici tes fils!» Nous sommes ici, devant toi, pour confier à tes soins maternels nous-mêmes, l’Église, le monde entier. Implore pour nous ton Fils bien-aimé, afin qu’il nous donne en abondance l’Esprit Saint, l’Esprit de vérité qui est source de vie. Accueille-le pour nous et avec nous, comme au temps de la première communauté de Jérusalem, rassemblée autour de toi le jour de la Pentecôte (cf. Ac 1, 14). Que l’Esprit ouvre les cœurs à la justice et à l’amour, qu’il conduise les personnes et les nations à la compréhension réciproque et à une ferme volonté de paix. Nous te confions tous les hommes, à commencer par les plus faibles: les enfants non encore venus au jour et ceux qui sont nés dans des conditions de pauvreté et de souffrance, les jeunes à la recherche de sens, les personnes privées de travail et celles qui sont éprouvées par la faim et la maladie. Nous te confions les familles désagrégées, les personnes âgées privées d’assistance et tous ceux qui sont seuls et sans espérance.

5 Ô Mère, Toi qui connais les souffrances et les espérances de l’Église et du monde, assiste tes enfants dans les épreuves quotidiennes que la vie réserve à chacun et fais que, grâce aux efforts de tous, les ténèbres ne l’emportent pas sur la lumière. À toi, aurore du salut, nous confions notre marche dans le nouveau millénaire, afin que, sous ta conduite, tous les hommes découvrent le Christ, lumière du monde et unique Sauveur, qui règne avec le Père et l’Esprit Saint pour les siècles des siècles. Amen.

MÉDITATION SUR LA FÊTE DE LA LA DORMITION DE LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU AVEC LE PÈRE LEV GILLET

13 août, 2016

http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/La-Dormition-de-la-tres-sainte-Mere-de-Dieu-dans-la-tradition-hagiographique_a354.html?com

( Plusieurs autres écrits très belles et intéressantes sur la Dormition de Marie , sur le même blog et le même lien )

MÉDITATION SUR LA FÊTE DE LA LA DORMITION DE LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU AVEC LE PÈRE LEV GILLET

La troisième des grandes fêtes d’été est la commémoration de la mort de la Bienheureuse Vierge Marie, appelée en langage liturgique la  » Dormition  » de Notre-Dame [64]. C’est, du point de vue liturgique, la plus importante des fêtes de la Vierge. Elle est précédée par un jeûne de deux semaines, le  » Carême de la Mère de Dieu « , analogue à celui qui précède la fête de Saint Pierre et Saint Paul ; ce carême commence le 1er août et dure jusqu’au 14 août inclus. La fête elle-même a lieu le 15 août(*).

Beaucoup de traits de cette fête sont empruntés à d’autres fêtes de la Vierge. Ainsi l’évangile de matines est celui qui relate la visite de Marie à Élisabeth (Lc 1, 39-56). L’épître (Ph 2, 5-11) et l’évangile (Lc 10, 38-43 – 11, 27-28) de la liturgie sont ceux que nous lisons le 8 septembre, le jour de la Nativité de Marie ; nous prions nos lecteurs de se reporter à ce que nous avons déjà dit de ces textes [65]. On remarquera que les portions de l’Écriture lues le 15 août ne font aucune allusion à la mort de la Sainte Vierge. C’est dans les chants des vêpres et des matines qu’il faut chercher la signification particulière que l’Église attribue à la fête du 15 août.

Cette signification est double. Elle se trouve exactement exprimée dans cette phrase chantée aux vêpres :  » La source de vie est mise au sépulcre et son tombeau devient l’échelle du ciel « . La première partie de la phrase –  » la source de vie est mise au sépulcre  » – indique que nous commémorons la mort de la très sainte Vierge. Si nous célébrons pieusement, chaque année, les anniversaires de la mort du Précurseur, des apôtres et des martyrs, à plus forte raison célébrons-nous la mort de la Mère de Dieu, qui est aussi notre mère, et qui dépasse en sainteté et en gloire tous les élus [66]. Mais la fête du 15 août est plus que la commémoraison de la mort de Marie. La deuxième partie de la phrase dit :  » … et son tombeau devient l’échelle du ciel « . La tombe de quiconque est mort dans le Christ est, d’une certaine manière, une échelle qui conduit au ciel. Cependant le cas de Marie est exceptionnel. Les textes liturgiques que nous chantons impliquent autre chose :  » Ouvrez larges vos portes et… accueillez la Mère de la lumière intarrissable… Car, en ce jour, le ciel ouvre son sein pour la recevoir… Les anges chantent ta très sainte Dormition… que nous fêtons avec foi… Que tout fils de la terre tressaille en esprit… et célébre dans la joie la vénérable Assomption de la Mère de Dieu « . On le voit, il ne s’agit pas seulement de la réception de l’âme de Marie dans le ciel. Quoique la fête du 15 août ne porte pas, dans le calendrier liturgique byzantin, le nom de fête de l’Assomption (comme c’est le cas dans l’Église latine), nos textes expriment la croyance en l’assomption corporelle de Marie. Selon cette croyance, le corps de Marie n’a pas connu la corruption qui suit la mort ; il n’est pas resté dans le tombeau ; Marie ressuscitée a été transportée au ciel par les anges (l’Assomption diffère de l’Ascension en ce que le Christ s’est élevé lui-même au ciel).

L’Assomption de Marie est située en dehors – et au-dessus – de l’histoire. La croyance en l’Assomption ne s’appuie ni sur un récit biblique, ni sur des témoignages historiques scientifiquement recevables [67]. Elle n’a été l’objet d’aucune définition dogmatique. L’Église n’a, jusqu’ici, imposé à aucun fidèle d’affirmer le fait de l’Assomption corporelle de Marie. Mais, si l’affirmation (intérieure ou extérieure) n’est pas exigée par l’Église, on peut dire que la conscience orthodoxe considérerait la négation active de l’Assomption non seulement comme une témérité, mais comme un blasphème. D’ailleurs, comment nier un fait qui n’est susceptible d’aucune vérification historique ? La croyance en l’Assomption ne se fonde pas sur des preuves documentaires. La conscience catholique, éclairée par le Saint-Esprit, s’est peu-à-peu persuadée que, si  » le salaire du péché, c’est la mort (Rm 6,23) « , Marie a dû remporter sur la mort une victoire spéciale [69]. Ainsi que Jésus (et toutes proportions gardées), elle a été glorifiée dans son corps. C’est cette glorification de la toute pure et toute sainte Mère de Dieu dans son âme et dans sa chair – et non point tel ou tel symbolisme matériel et telles ou telles circonstances historiques – qui constitue l’objet de la fête du 15 août.

L’Assomption est la fête, non seulement de Marie, mais de toute la nature humaine. Car, en Marie, la nature humaine a atteint sa fin. Une semaine après le début de l’année liturgique nous célébrons la naissance de la très Sainte Vierge. Deux semaines avant la fin de l’année liturgique, nous célébrons la mort et la glorification de Marie. Ainsi, associé et subordonné au cycle de la vie de Jésus, le cycle de la vie de Marie manifeste le destin et le développement d’une nature humaine entièrement fidèle à Dieu. Avec Marie, c’est le genre humain qui est emporté et reçu au ciel. Marie a des privilèges qui ne peuvent pas être les nôtres. Mais ce parfait épanouissement de la grâce en Marie, que nous admirons le 15 août, nous suggère quelle pourrait être la ligne de développement d’une âme qui s’appliquerait à faire fructifier en elle-même les grands dons reçus au cours de l’année liturgique, – le don de Noël, le don de Pâques, le don de la Pentecôte.

NOTES [64] Les origines de cette fête sot assez obscures. Elle était, en Palestine, célébrée le 15 août dès avant l’an 500. Les Égyptiens la célébraient aussi, mais le 18 janvier. L’observance du 18 janvier passa d’Égypte en Gaule au IV e siècle. Parmi les Grecs, les uns suivaient l’usage palestiniens, les autres l’usage égyptien. Au VII e siècle, l’empereur byzantin Maurice fixa définitivement la fête au 15 août.

ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE – HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

11 août, 2016

http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/homilies/2011/documents/hf_ben-xvi_hom_20110815_assunzione.html

MESSE EN LA SOLENNITÉ DE L’ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE

HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

Église paroissiale San Tommaso da Villanova, Castel Gandolfo

Lundi 15 août 2011

Chers frères et sœurs,

Nous sommes réunis une fois de plus pour célébrer l’une des fêtes les plus antiques et les plus aimées dédiées à la Très Sainte Vierge Marie: la fête de son Assomption à la gloire du Ciel, corps et âme, c’est-à-dire de tout son être humain, dans l’intégrité de sa personne. Ainsi nous est donnée la grâce de renouveler notre amour à Marie, de l’admirer et de la louer pour les «grandes choses» que le Tout-Puissant a faites pour Elle et a opérées en Elle. En contemplant la Vierge Marie, une autre grâce nous est donnée: celle de pouvoir voir également notre vie en profondeur. Oui, car notre existence quotidienne elle aussi, avec ses problèmes et ses espérances, reçoit une lumière de la Mère de Dieu, de son parcours spirituel, de son destin de gloire: un chemin et un objectif qui peuvent et qui doivent devenir, d’une certaine façon, notre même chemin et notre même objectif. Nous nous laissons guider par les passages de l’Ecriture Sainte que nous propose la liturgie d’aujourd’hui. Je voudrais m’arrêter en particulier sur une image que nous trouvons dans la première lecture, tirée de l’Apocalypse, et à laquelle fait écho l’Evangile de Luc: c’est-à-dire celle de l’arche. Dans la première lecture, nous avons entendu: «Alors s’ouvrit le temple de Dieu, dans le ciel, et son arche d’alliance apparut, dans le temple» (Ap 11, 19). Quelle est la signification de l’arche? Qu’est-ce qui apparaît? Pour l’Ancien Testament, elle est le symbole de la présence de Dieu parmi son peuple. Mais désormais, le symbole a laissé la place à la réalité. Ainsi, le Nouveau Testament nous dit que la véritable arche de l’alliance est une personne vivante et concrète: c’est la Vierge Marie. Dieu n’habite pas un meuble, Dieu réside dans une personne, dans un cœur: Marie, Celle qui a porté dans son sein le Fils éternel de Dieu fait homme, Jésus, notre Seigneur et Sauveur. Dans l’arche — comme nous le savons — étaient conservées les deux tables de la loi de Moïse, qui manifestaient la volonté de Dieu de conserver l’alliance avec son peuple, en indiquant les conditions pour être fidèles au pacte de Dieu, pour être conformes à la volonté de Dieu et ainsi, également, à notre vérité profonde. Marie est l’arche de l’alliance car elle a accueilli en elle Jésus; elle a accueilli en elle la Parole vivante, tout le contenu de la volonté de Dieu, de la vérité de Dieu; elle a accueilli en elle Celui qui est l’alliance nouvelle et éternelle, qui a culminé dans le don de son corps et de son sang: un corps et un sang reçus de Marie. C’est donc à juste titre que la piété chrétienne, dans les litanies en l’honneur de la Vierge, s’adresse à Elle en l’invoquant comme Foederis Arca, c’est-à-dire «arche de l’alliance», arche de la présence de Dieu, arche de l’alliance d’amour que Dieu a voulu établir de façon définitive avec toute l’humanité dans le Christ. Le passage de l’Apocalypse veut indiquer un autre aspect important de la réalité de Marie. Arche vivante de l’alliance, Elle possède un destin de gloire extraordinaire, car elle est unie de façon si étroite au Fils qu’elle a accueilli dans la foi et engendré dans la chair, qu’elle en partage pleinement la gloire au ciel. C’est ce que nous suggèrent les paroles que nous avons entendues: «Un signe grandiose apparut au ciel: une Femme! Le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête; elle est enceinte… la Femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations…» (12, 1-2; 5). La grandeur de Marie, Mère de Dieu pleine de grâce, pleinement docile à l’action de l’Esprit Saint, vit déjà dans le Ciel de Dieu de toute sa personne, corps et âme. Saint Jean Damascène, en se référant à ce mystère, affirme dans une homélie célèbre: «Aujourd’hui la sainte et l’unique Vierge est amenée au temple céleste… Aujourd’hui l’arche sacrée et vivante du Dieu vivant, celle qui a porté dans son sein son Auteur, se repose dans le temple du Seigneur non fait de main d’homme…» (Deuxième homélie sur la dormition, 2, PG 96, 723) et poursuit: «Il fallait que celle qui avait donné asile au Verbe divin dans son sein, vînt habiter dans les tabernacles de son Fils… Il fallait que l’Epouse que le Père s’était choisie vînt habiter au ciel la demeure nuptiale» (ibid., 14, PG 96, 742). Aujourd’hui, l’Eglise chante l’amour immense de Dieu pour sa créature: elle l’a choisie comme véritable «arche de l’alliance», comme Celle qui continue à engendrer et à donner le Christ Sauveur à l’humanité, comme Celle qui partage au Ciel la plénitude de la gloire et jouit du bonheur même de Dieu et, dans le même temps, nous invite également à devenir, de notre modeste façon, une «arche» dans laquelle est présente la Parole de Dieu, qui est transformée et vivifiée par sa présence, lieu de la présence de Dieu, afin que les hommes puissent rencontrer dans l’autre homme la proximité de Dieu et vivre ainsi en communion avec Dieu et connaître la réalité du Ciel. L’Evangile de Luc que nous venons d’écouter (cf. Lc 1, 39-56), nous montre cette arche vivante, qu’est Marie, en mouvement: ayant quitté sa maison de Nazareth, Marie se met en route vers la montagne pour rejoindre en hâte une ville de Juda et se rendre à la maison de Zacharie et Elisabeth. Il me semble important de souligner l’expression «en hâte»: les choses de Dieu méritent qu’on se hâte; je dirais même que les seules choses au monde qui méritent que l’on se hâte sont précisément celles de Dieu, qui revêtent un caractère de véritable urgence pour notre vie. Alors Marie entre dans cette maison de Zacharie et Elisabeth, mais elle n’y entre pas seule. Elle y entre en portant dans son sein son fils, qui est Dieu lui-même fait homme. Il est certain qu’on l’attendait, ainsi que son aide, dans cette maison, mais l’évangéliste nous fait comprendre que cette attente renvoie à une autre, plus profonde. Zacharie, Elisabeth et le petit Jean-Baptiste sont, en effet, le symbole de tous les justes d’Israël, dont le cœur, riche d’espérance, attend la venue du Messie sauveur. Et c’est l’Esprit Saint qui ouvre les yeux d’Elisabeth et qui lui fait reconnaître en Marie la véritable arche de l’alliance, la Mère de Dieu, qui vient lui rendre visite. Et ainsi, la parente âgée l’accueille en poussant «un grand cri»: «Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein! Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur?» (Lc 1, 42-43). C’est le même Esprit Saint qui, devant Celle qui porte le Dieu fait homme, ouvre le cœur de Jean-Baptiste dans le sein d’Elisabeth. Elisabeth s’exclame: «Car, vois-tu, dès l’instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en mon sein» (v. 44). Ici, l’évangéliste Luc utilise le terme «skirtan», c’est-à-dire «sautiller», le même terme que nous trouvons dans l’une des plus anciennes traductions grecques de l’Ancien Testament pour décrire la danse du Roi David devant l’arche sainte qui est enfin revenue dans sa patrie (2 S 6, 16). Dans le sein de sa mère, Jean-Baptiste danse devant l’arche de l’Alliance, comme David; et il reconnaît ainsi: Marie est la nouvelle arche de l’alliance, devant laquelle le cœur exulte de joie, la Mère de Dieu présente dans le monde, qui ne garde pas pour elle cette divine présence, mais l’offre en partageant la grâce de Dieu. Et ainsi — comme le dit la prière — Marie est réellement «causa nostrae laetitiae», l’«arche» dans laquelle le Sauveur est réellement parmi nous. Chers frères! Nous parlons de Marie mais, dans un certain sens, nous parlons également de nous, de chacun de nous: nous aussi sommes les destinataires de l’amour immense que Dieu a réservé — certes, de façon absolument unique et irremplaçable — à Marie. En cette solennité de l’Assomption, tournons notre regard vers Marie: Elle nous ouvre à l’espérance, à un avenir plein de joie, et nous enseigne la voie pour y parvenir: accueillir dans la foi son Fils; ne jamais perdre l’amitié avec Lui, mais nous laisser illuminer et guider par sa parole; le suivre chaque jour, même dans les moments où nous sentons que nos croix deviennent lourdes. Marie, l’arche de l’alliance qui est dans le sanctuaire du Ciel, nous indique avec une clarté lumineuse que nous sommes en chemin vers notre véritable Maison, la communion de joie et de paix avec Dieu. Amen!

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