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MARIE DANS LA PLUS ANCIENNE PRIÈRE EUCHARISTIQUE (TRADITION APOSTOLIQUE)

10 décembre, 2014

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MARIE DANS LA PLUS ANCIENNE PRIÈRE EUCHARISTIQUE (TRADITION APOSTOLIQUE)

Introduction
La « Tradition Apostolique » contient la plus ancienne anaphore eucharistique connue jusqu’à présent. Cette prière magnifique fascine les spécialistes de la liturgie, sans doute à cause de l’antiquité du texte, de sa théologie archaïque, de l’influence qu’elle a exercée sur la structure et sur les contenus des autres prières eucharistiques, de l’aura de mystère qui l’entoure, car nous ignorons qui est l’auteur (elle fut attribuée un certain temps à Hyppolite de Rome), l’endroit de composition, l’origine (Alexandrine?, Romaine?) la date précise, certainement très ancienne :
L’écrit date du premier quart du 3° siècle (c’est à dire avant 225), le texte écrit transmet une tradition qui remonte probablement beaucoup plus tôt encore ; l’original grec est perdu, nous en avons des traductions latines, coptes, arabes, éthiopiennes…
A cette époque la création de l’anaphore est encore libre, l’auteur de la tradition apostolique a écrit ce beau texte comme une proposition et non pas déjà comme une norme fixe.
En 1970 cette anaphore est entrée dans le « Missale Romanum » comme Prière eucharistique II.
1) L’anaphore eucharistique de la Tradition Apostolique
Le passage de la liturgie juive à la liturgie chrétienne fut progressif.
Le genre littéraire de l’anaphore eucharistique de la tradition apostolique est la Berakah, et le Birkat hamazon, la prière juive qui fait le mémorial des événements de la libération que Dieu a accomplie ; (sans un événement de salut, il n’y a pas de liturgie) et rend grâce pour les biens de la création.
Mais l’anaphore s’éloigne de ces modèles : elle remercie immédiatement le Seigneur pour avoir envoyé dans le monde son fils bien-aimé Jésus Christ comme sauveur et rédempteur : dans le Christ toute l’histoire du salut est assumée. Il y a seulement une référence la création : « par lui [le Verbe] tu as créé toutes les choses. »
Cette prière est inspirée des homélies pascales de la liturgie de la nuit de Pâques (dans son double sens de passion de l’Agneau pascal mis à mort et dans le sens de passage vers le Père et vers la gloire), à commencer par le célèbre « Perì Pascha » de Méliton de Sardes au 2e siècle.
C’est une prière trinitaire, elle s’adresse au Père, par le Christ, avec le saint Esprit : « Nous te rendons grâces, o Dieu, par ton Enfant bien-aimé Jésus-Christ (…) afin que nous te louions et glorifiions par ton Enfant Jésus-Christ, par qui à toi gloire et honneur avec le Saint-Esprit dans Amen. »
La prière exprime une réalité sur Jésus (christologie) : Jésus est le fils bien-aimé du Père, comme cela fut manifesté lors de son baptême au Jourdain et lors de sa transfiguration.
La prière exprime sa mission de salut (sotériologie).
La prière exprime le « dessein du Père » et l’union du Père et du Fils : le Père et le Fils sont « inséparables ». L’idée de messager souligne que le Christ est envoyé du Père (Jn 5), et qu’il accomplit le salut qui est le dessein du Père. Le Christ « est ton Verbe inséparable par qui tu as tout créé » la prière s’inspire du Prologue de saint Jean (Jn 1). Le Christ est appelé « enfant », en latin « puer », en grec « pais » qui signifie aussi serviteur, comme dans les poèmes du serviteur du livre d’Isa?e.
Dieu sauve à travers sa solidarité avec nous, parce qu’il s’est fait homme.
Jésus est la manifestation du Père « s’est manifesté comme ton Fils », cette manifestation a été donnée sur la croix et dans la Résurrection.
Voici le texte ancien:
Nous te rendons grâces, ò Dieu, pour ton Enfant bien-aimé Jésus-Christ, que tu nous as envoyé en ces derniers temps (comme) sauveur, rédempteur et messager de ton dessein , qui lui est ton Verbe inséparable par qui tu as tout créé et que, dans ton bon plaisir, tu as envoyé du ciel dans le sein d’une vierge et qui ayant été conçu, s’est incarné et s’est manifesté comme ton Fils, né de l’Esprit-Saint et de la Vierge.
C’est lui qui, accomplissant ta volonté et t’acquérant un peuple saint, a étendu les mains tandis qu’il souffrait pour délivrer de la souffrance ceux qui ont confiance en toi.
Tandis qu’il se livrait à la souffrance volontaire, pour détruire la mort et rompre les chaînes du diable, fouler aux pieds l’enfer, amener les justes à la lumière, fixer la règle (de foi ?) et manifester la résurrection, prenant du pain, il te rendit grâces et dit : Prenez, mangez, ceci est mon corps qui est rompu pour vous.
De même le calice, en disant : Ceci est mon sang qui est répandu pour vous. Quand vous faites ceci, faites-le en mémoire de moi.
Nous souvenant donc de sa mort et de sa résurrection, nous t’offrons ce pain et ce calice, en te rendant grâces de ce que tu nous as jugés dignes de nous tenir devant toi et de te servir comme prêtres.
Et nous te demandons d’envoyer ton Esprit-Saint sur l’oblation de la sainte Église. En (les) rassemblant, donne à tous ceux qui participent à tes saints (mystères) (d’y participer) pour être remplis de l’Esprit-Saint, pour l’affermissement de (leur) foi dans la vérité, afin que nous te louions et glorifiions par ton Enfant Jésus-Christ, par qui à toi gloire et honneur avec le Saint-Esprit dans ta sainte Eglise, maintenant et dans les siècles des siècles, Amen. »
(Anaphore eucharistique, Tradition Apostolique,
texte français par B.BOTTE, SC 11 bis, Cerf 1968, pp. 49-53)
2) Marie dans l’anaphore eucharistique de la tradition apostolique
Dans l’ « action de grâce », la Vierge est mentionnée deux fois (mais ne sont pas mentionnés ni les anges ni les patriarches ni les prophètes, les apôtres ou les martyrs) :
Nous te rendons grâces, ò Dieu, par ton Enfant bien-aimé Jésus-Christ, que tu nous as envoyé en ces derniers temps (comme) sauveur, rédempteur et messager de ton dessein , qui lui est ton Verbe inséparable par qui tu as tout créé et que, dans ton bon plaisir, tu as envoyé du ciel dans le sein d’une vierge et qui ayant été conçu, s’est incarné et s’est manifesté comme ton Fils, né de l’Esprit-Saint et de la Vierge.
- « les derniers temps » sont ceux où Dieu a envoyé sur la terre son  » Enfant bien-aimé « , son « Verbe inséparable » pour qu’il se fasse homme.
L’expression « derniers temps » il est à rapprocher de Gal 4,4 (« Quand advint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme »), et avec la grande tradition de saint Jean, où le Fils est « envoyé par le Père ». Le temps où Jésus est venu est non seulement le dernier temps au sens chronologique, mais aussi au sens qualitatif : c’est la « plénitude du temps », expression qui désigne l’accomplissement définitif de l’époque préparatoire et le début d’une nouvelle époque qui donne le sens et la valeur à toute l’histoire.
-  » que tu nous as envoyé [...], tu as envoyé du ciel dans le sein d’une vierge »: l’Incarnation est un envoi: il y en a un qui envoie, le Père, l’autre est envoyé, le Fils, cette prière est antidote du modalisme (contre lequel Tertullien aussi a lutté).
L’envoi a un parcours de kénose : du ciel, c’est-à-dire Dieu, dans le sein d’une vierge, de la lumière incréée vers l’obscurité. Et le but est le salut du genre humain.
- L’expression « dans le sein d’une vierge » atteste la foi de l’Église en l’humanité réelle du Christ contre la tendance du docétisme à réduire le corps du Seigneur à une simple apparence Dieu ne fait pas semblant de visiter son peuple, mais il s’incarne dans le sein de la vierge ; le fait inouï d’une « vierge » qui conçoit et enfante (cf. Is 7, l4 ; Mt l, 23 ; Lc 1,27. 31) n’est pas l’œuvre de l’homme mais de l’Esprit de Dieu (cf. Lc 1,35) ; l’expression « vierge » fait aussi allusion à la perfection morale de Marie.
- « ayant été conçu dans le sein » («in utero habitus») : nous retrouvons affirmée la réalité de l’Incarnation, mais considérée non pas tant comme la descente du Verbe dans le sein de Marie que comme son séjour dans le ventre de la Vierge.
- « né de l’Esprit Saint et de la Vierge ». Même formule que dans la liturgie du baptême dont la Tradition Apostolique fournit un des textes les plus anciens: « Crois-tu au Christ Jésus, Fils de Dieu, né de l’Esprit Saint de la Vierge Marie [...] mort, et qui le troisième jour est ressuscité ? » (Tradition Apostolique 21). On pose cette question avant d’immerger le candidat dans les eaux des fonts baptismaux parce que la conception-naissance virginale du Christ, le Fils de Dieu, appartient au noyau central de la foi.
Le motif de la mention de Marie dans la prière eucharistique n’est pas de vénérer la Mère du Seigneur mais de glorifier Dieu pour le don de Jésus, son Fils, né par la Vierge.
Cependant, cette mention, dans un contexte fortement liturgique, met en relief la fonction essentielle que Marie a eu dans l’histoire du salut : elle est la mère vierge du Christ, Verbe de Dieu, sauveur de l’homme.
Cette mention archaïque de la Vierge sera désormais un élément présent dans chaque prière eucharistique, en prenant progressivement plus de relief.
Du point de vue liturgique, il n’est pas hors de propos d’affirmer que la vénération à la Mère du Seigneur a commencé près de l’autel du Seigneur et des fonts baptismaux.
Bibliographie :
Ignazio CALABUIG, Il culto di Maria in occidente, In Pontificio Istituto Liturgico sant’Anselmo, Scientia Liturgica, sotto la direzione di A.J. CHUPUNGCO, vol V, Piemme 1998. p. 270
C. GIRAUDO. La struttura letteraria della preghiera eucaristica. Saggio sulla genesi letteraria di una forma. Roma, Pontificio Istituto Biblico, 1981, (Analecta Biblica 92). Cap. VII / II. L’anafora della Tradizione apostolica, pp. 290-295.
C. GIRAUDO. Eucaristia per la Chiesa. Prospettive teologiche sull’eucaristia a partire dalla «lex orandi» Roma – Brescia I E. P .U .G . Morcelliana, 1989, pp. 410-411.

Breynaert (Françoise Breynaert)

REDÉCOUVRIR L’EUCHARISTIE (BIBLIQUE)

1 septembre, 2014

http://nouvl.evangelisation.free.fr/eucharistie_1_06.htm

REDÉCOUVRIR L’EUCHARISTIE (BIBLIQUE)

L’EUCHARISTIE DANS LES ACTES DES APÔTRES
Curieusement il y a relativement peu des choses sur la vie de Jésus, et l’Eucharistie, dans les Actes des Apôtres. On note une apparition de Jésus ressuscité, au cours d’un repas, probablement le dernier pris en présence du Ressuscité: “Au cours d’un repas, Jésus leur ordonna de ne pas quitter Jérusalem mais d’y attendre l’accomplissement de la promesse du Père…” (Actes 1, 4)
Puis, dès après l’Ascension, la vie des premiers disciples de Jésus s’organise, tout en continuant à respecter la Loi juive: “Après l’Ascension, ils retournèrent à Jérusalem, au Mont dit des Oliviers, qui est près de Jérusalem, à la distance qu’il est permis de parcourir le jour du Sabbat.”(Actes 1, 12)
On trouve aussi quelques références à des repas qui semblent être des repas eucharistiques, sans toutefois le préciser: “Chaque jour, ils étaient, d’un même cœur, assidus au Temple; ils rompaient le pain dans leurs maisons et prenaient leur nourriture dans la joie et la simplicité de cœur, louant Dieu et ayant la faveur de tout le peuple. Et le Seigneur augmentait chaque jour le nombre de ceux qui étaient sauvés.” (Actes 2, 46 et 47)
Plus tard, le Repas du Seigneur prendra des aspects plus formels sous le nom de Fraction du pain. On peut lire, au chapître 20 des Actes des Apôtres, au cours du récit de la guérison (ou résurrection?) d’un jeune homme tombé d’une fenêtre d’un premier étage de la maison: “Le premier jour de la semaine, comme nous étions réunis pour rompre le pain, Paul qui devait partir le lendemain, s’entrenait avec eux et prolongea l’entretien jusqu’au milieu de la nuit…” Un jeune homme, assis sur le rebord de la fenêtre s’endormit, et tomba. “Paul descendit, prit le jeune homme dans ses bras et dit: ‘Cessez ce tapage! Il est bien vivant.’ Puis il remonta, rompit le pain et mangea.” (Actes 20, 7 et 10-11)

L’EUCHARISTIE DANS LES ÉPÎTRES ET L’APOCALYPSE
REMARQUE PRÉLIMINAIRE
Lorsque Saint Paul écrit ses lettres, il semble que la Fraction du Pain se soit généralisée. Paul ne rappelle l’institution de l’Eucharistie que pour inciter les Corinthiens à respecter le Corps du Seigneur Jésus, ressuscité, présent dans le pain et le vin, et à inciter ces mêmes Corinthiens à plus de retenue et de charité lorsqu’ils célèbrent la Fraction du pain. Que les riches respectent les pauvres qui ont moins ou qui manquent même du nécessaire. Que les repas habituels se fassent dans les maisons particulières, et pas dans la Maison de Dieu.
On remarquera aussi l’insistance de l’Apôtre sur le sujet de la Résurrection. Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi. Si le Christ n’est pas ressuscité, la Fraction du Pain est inutile: le pain fractionné et offert reste du pain. Si le Christ n’est pas ressuscité, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes… et c’est pour rien que nous sommes persécutés, que nous donnons notre vie pour le Christ…

I
LA RÉSURRECTION, ASSURANCE ET CERTITUDE DE L’EUCHARISTIE
I-1-Jésus est vraiment ressuscité
La Résurrection est la base, le fondement de toute notre foi; aussi Saint Paul insiste-t-il beaucoup sur la Résurrection de Jésus. On peut lire dans l’Épitre aux Romains: “Nous savons que le Christ ressuscité des morts ne meurt plus, et que la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Sa mort a été une mort au péché une fois pour toutes, et sa vie est une vie pour Dieu…” (Romains 6, 9-10)[1]
“Vous, de même, mes frères, vous avez été mis à mort à l’égard de la Loi par le Corps du Christ, pour appartenir à un autre, à Celui qui est ressuscité d’entre les morts, afin de porter des fruits pour Dieu.” (Romains 7, 4)
“Si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité le Christ Jésus d’entre les morts rendra la vie aussi à vos corps mortels par l’action de son Esprit qui habite en vous.” (Romains 8, 11)
“Si tu professes de bouche que Jésus est Seigneur et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé.” (Romains 10, 9)
“Car le Christ est mort et a repris vie pour être le Seigneur des morts et des vivants.” (Romains 14, 9)
Oui, le Christ est vraiment ressuscité: c’est la foi de Paul. La Résurrection du christ est le gage de notre propre résurrection. Certes, notre corps mourra, mais il ressuscitera; c’est pourquoi nous devons respecter notre corps et l’alimenter correctement. Écoutons les conseils de Saint Paul aux Corinthiens: “Les aliments sont pour le ventre, et le ventre pour les aliments, et Dieu détruira l’un comme les autres. Mais le corps n’est pas fait pour la fornication; il est pour le Seigneur, et le Seigneur est pour le corps. Et Dieu qui a ressuscité le Seigneur nous ressuscitera nous aussi, par sa puissance.” (I Cor 6, 13 et 14)[2]
Saint Paul n’invente pas une doctrine nouvelle; il transmet ce qu’il a lui-même reçu: “ Je vous ai, en effet, transmis en premier lieu ce que j’ai moi-même reçu: le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures; il a été enseveli et il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures… Ensuite il est apparu à Jacques puis à tous les apôtres. En tout dernier lieu, il m’est apparu à moi aussi, comme à l’avorton.” (I Cor 15, 3-8)
I-2-Si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine, et nous sommes les plus malheureux des hommes
“Si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est sans objet, sans objet aussi votre foi. Bien plus, nous sommes de faux témoins de Dieu, car nous avons attesté contre Dieu qu’il a ressuscité le Christ… Car enfin, si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés. Alors aussi ceux qui sont morts dans le Christ ont péri. Si c’est pour cette vie seulement que nous avons mis notre espoir dans le Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes. En fait, le Christ est bien ressuscité des morts, prémices de ceux qui sont morts.” (I Cor 15, 14-20)
De toutes ces affirmations, Saint Paul a des preuves: ”Et nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. Quiconque confesse que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et Lui en Dieu. Et nous, nous avons reconnu l’amour de Dieu pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour, et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. (1 Jean 4, 14-16)
Dans l’Apocalypse, c’est Jésus Lui-même qui se présente comme le Vivant, éternellement vivant: “À cette vue je tombai comme mort à ses pieds. Mais il posa sur moi sa droite en disant: ‘Ne crains rien; je suis le Premier et le Dernier, et le Vivant; j’étais mort et me voici vivant pour les siècles des siècles, et je détiens les clefs de la mort et de l’abîme.’” (Apocalypse 1, 17-18)
Jean conclut: “Ainsi parle le Premier et le Dernier, Celui qui était mort et qui a repris vie”.(Apocalypse 2, 8)
I-3-Les persécutions
“Sois fidèle jusqu’à la mort et je te donnerai la couronne de vie.” ajoute le Vivant.(Apocalypse 2, 10) Les persécutions ne manquèrent pas, en effet, pour les chrétiens, dès la primitive Église. Lorsqu’il vivait encore au milieu de ses disciples, Jésus les avait prévenus: “On vous livrera à la souffrance, on vous fera mourir, vous serez haïs de tous les peuples, à cause de mon nom.” (Mat 24, 9-13)
Très vite les disciples ont expérimenté ces paroles de Jésus, et Paul n’hésite pas à écrire aux Romains: “Qui condamnera? Le Christ Jésus qui est mort! Que dis-je, qui est ressuscité, qui est à la droite de Dieu, qui intercède pour nous? Qui nous séparera de l’amour du Christ? la tribulation? l’angoisse? la persécution? la faim? la nudité? le péril, le glaive? Comme il est écrit: À cause de toi nous sommes mis à mort tout le long du jour; on nous regarde comme des brebis destinées à l’abattoir. Mais en tout cela nous sommes plus que vainqueurs, grâce à celui qui nous a aimés.” (Romains 8, 34-37)
“Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en victimes vivantes, saintes, agréables à Dieu; tel est le culte que la raison vous demande.” (Romains 12, 1)
Pour Saint Paul, il ne faut pas séparer les persécutions de la Résurrection du Seigneur qui est la garantie de notre propre résurrection: “Si c’est dans des vues humaines que j’ai combattu contre les bêtes à Éphèse, quel avantage m’en revient-il? Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons, buvons, car demain nous mourrons.” (I Cor 15, 32)
“Nous portons constamment dans notre corps les souffrances de la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps.” (2 Cor 4, 10)[3] Mais tout de suite Saint Paul ajoute: ”Nous savons que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus et nous placera avec vous près de lui.” (2 Cor 4, 14)
Saint Paul va encore plus loin et déclare que nous devons nous réjouir d’être associés aux souffrances du Christ, car, grâce à elles, nous serons également associés à sa Résurrection: “Je me réjouis maintenant des souffrances que j’endure pour vous, et ce qui manque aux épreuves du Christ, je le complète dans ma chair, pour son corps qui est l’Église.” (Col 1, 24)[4]
Nous devons même en rendre grâce: “Rendez grâce en toutes circonstances, car telle est à votre égard la volonté de Dieu dans le Christ Jésus. (1 Thes 5, 38)[5]
De son côté, Jean nous assure: “Ne vous étonnez pas mes frères si le monde vous hait. Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères; celui qui n’aime pas demeure dans la mort.” (1 Jean 3, 13-14) ”Et voici à quoi nous avons connu l’amour: Jésus a livré sa vie pour nous, et nous devons, nous aussi, livrer notre vie pour nos frères.” (1 Jean 3, 16)
I-4-Le sacerdoce
I-4-1-Le sacerdoce du Christ

Le Christ est le Prêtre suprême, le grand Prêtre selon l’ordre de Melchisédech. Curieusement, c’est avec du pain et du vin offerts à Dieu que Melchisédech se manifesta à Abraham. C’est d’abord sa personne humaine tout entière que Jésus offre en sacrifice au Père, en rémission de nos péchés, avant de se donner à ses disciples sous les apparences du pain et du vin.
Melchisédech est mort, comme tous les hommes, mais le Christ ressuscité demeure vivant et prêtre pour l’éternité. “Mais, Lui, le Christ, qui demeure pour l’éternité, possède un sacerdoce qui ne passe pas. D’où il résulte qu’il peut sauver d’une façon définitive ceux qui vont à Dieu par lui, car il est toujours vivant… C’est bien là le Grand-Prêtre qu’il nous fallait… élevé au-dessus des cieux. Il n’a pas besoin, comme les autres grands-prêtres, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, et ensuite pour ceux du peuple; car cela, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même.” (Heb 7, 24-27)[6]
“Jésus, renonçant au bonheur qui lui était offert, a enduré la croix sans en regarder l’ignominie, et s’est assis à la droite du trône de Dieu.” (Heb 12, 2) Oui, “Nous avons un Grand-Prêtre qui est allé s’asseoir dans les cieux à la droite du trône de la Majesté, en qualité de ministre du sanctuaire et du tabernacle véritable, dressé par le Seigneur et non par un homme.” (Heb 8, 1 et 2)
I-4-2-Le sacerdoce des prêtres
Avant d’aller librement vers sa Passion, Jésus crée l’Eucharistie, et c’est sous les apparences du pain et du vin, devenus sa chair et son sang, qu’Il restera avec nous jusqu’à la fin du monde. Cependant Jésus ne sera réellement présent que dans le pain et le vin spécialement consacrés, au cours d’une cérémonie eucharistique, par les prêtres, successeurs des apôtres et spécialement ordonnés pour accomplir cette mission, ce sacerdoce.
La mission sacerdotale des prêtres du Christ est très grande, aussi ont-ils droit à la fois à tout notre respect et à notre assistance. Saint Paul le demande expressément: ”Nous vous demandons, frères, d’avoir des égards pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur et qui vous reprennent. Témoignez-leur une charité toute spéciale en raison de leur labeur…” (1 Thes 5, 32)
I-4-3-Le sacerdoce de tous les chrétiens
Les prêtres du Christ ont une mission sacerdotale spéciale: rendre le Christ réellement présent sous les apparences du pain et du vin. Tous les membres du peuple de Dieu, pierres vivantes destinées à entrer dans la construction de l’Église, Corps mystique du Christ, participent également du sacerdoce du Christ. Dans sa première lettre aux communautés chrétiennes, Saint Pierre révèle que nous sommes tous les pierres vivantes du Corps mystique du Christ, sacerdoce royal:
“Comme des enfants nouveaux-nés, soyez avides du pur lait spirituel, afin qu’il vous fasse grandir pour le salut, si toutefois vous avez goûté combien le Seigneur est bon. Allez à lui, il est la pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse aux yeux de Dieu. Vous aussi… devenez les matériaux de l’édifice spirituel, pour former un sacerdoce saint et offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus-Christ… Vous, vous êtes la race élue, le sacerdoce royal.” (1 Pierre 2, 2-5)

[1] La Lettre aux Romains a probablement été écrite vers 56 ou 57
[2] La première épître aux Corinthiens a été écrite vers 55 ou 56
[3] La 2ème lettre aux Corinthiens a été écrite vers la fin de 56 ou en 57
[4] La Lettre aux Colossiens a été écrite vers 61 ou 62
[5] La 1ère lettre aux Thessaloniciens a été écrite vers 50 ou début de 51
[6] La Lettre aux Hébreux a été écrite vers 68

JEAN-PAUL II ET LE CORPUS CHRISTI

19 juin, 2014

http://www.comunitanext.org/2012/06/giovanni-paolo-iie-il-corpus-domini/

(Traduction Google de l’italien)

JEAN-PAUL II ET LE CORPUS CHRISTI

Fr Mariusz Frukacz

6 juin 2012

CZESTOCHOWA (ZENIT.org) – Une journée à la solennité du Corpus Domini, une célébration qui le bienheureux Jean-Paul II était très proche. L’argument Zenit a interviewé Mgr Stanislaw Nowak, archevêque de Czestochowa.
Votre Excellence, comme le rappelle le jour où Jean-Paul II a renouvelé la tradition de la procession du Corpus Christi à Rome?
Mgr Stanislaw Nowak: Je me souviens toujours comment vous avez parlé à Cracovie premiers jours du pontificat de Jean-Paul II et ce qui s’est passé à Rome après l’élection du cardinal Wojtyla sur le trône de Saint-Pierre.
Surtout, n’oubliez pas que nous avons parlé tellement que Jean-Paul II aurait renouvelé la procession du Corpus Christi à Rome. Il a été dit que le Saint-Père a voulu faire ce geste parce qu’il aimait infiniment procession, qui était également très impliqué comme évêque de Cracovie.
Il faut dire, en effet, que, comme l’archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla a attribué une grande importance à la procession du Corpus Christi comme une «profession de foi en Dieu sur la route», le centre de la ville. Il avait souffert beaucoup quand, dans l’époque du communisme, a été interrompu dans la grande tradition de Cracovie – datant d’avant la Seconde Guerre mondiale – pour effectuer la procession eucharistique sur la place principale de la ville.
Le grand archevêque de Cracovie, son prédécesseur, Adam Sapieha, il a dirigé la procession de la place principale, avec le Saint-Sacrement dans les rues du centre historique. Pendant l’ère communiste dure, malheureusement, il n’a pas été possible d’organiser tout cela: la procession a eu lieu seulement sur la colline du château de Wawel et il a été interdit d’aller dans les rues de la ville.
Comme cardinal, alors, Karol Wojtyla a lutté tellement de choses à apporter la procession du Corpus Christi dans les rues.
Pourquoi, alors, la procession du Corpus Christi dans les rues de la ville était si important pour le cardinal Wojtyla?
Mgr Stanislaw Nowak: En Pologne, il y avait la grande tradition des quatre autels lors de la procession du Corpus Christi et le public comme un cardinal de Cracovie, le Bienheureux Jean-Paul II a prêché la parole de Dieu avec beaucoup d’intérêt dans chacun des quatre autels.
Il a parlé de la liberté, exigeant le respect de l’État aux traditions catholiques et la restauration de la Faculté de théologie de Cracovie. La procession du Corpus Christi, puis, à l’époque de Jean-Paul II était, d’une part, une grande confession de la foi et de l’autre, une référence à l’autorité de l’Etat à rétablir la justice en Pologne.
À la lumière de cela, nous pouvons dire qu’il existe une relation intéressante entre le renouvellement de la procession du Corpus Christi à Rome et Cracovie. Quand puis-Cardinal Karol Wojtyla a été élu pape, le renouvellement et la célébration de la première procession à Rome, dans le même temps, les autorités communistes ont donné la permission cha la procession du Corpus Christi est revenu sur la place principale de Cracovie. Et que, pour nous, Polonais a été une grande joie.
* Évêque Stanislaw Nowak est né le 11 Juillet 1935 à Jeziorzany. Ordonné prêtre 22 Juin, 1958 par l’archevêque de Cracovie Eugeniusz Baziak, il a commencé son ministère pastoral de l’archidiocèse de Cracovie – comme vicaire – dans Choczni près de Wadowice, dans Ludzmierz et Rogoznik Podhale.
Dans les années 1963-1979 a été le directeur spirituel du séminaire de Cracovie et dans le même temps, il a continué ses études en théologie, spécialisée dans les années 1967-1971 à l’Institut catholique de Paris.
Depuis 1971, il a été, ensuite, chargé de cours à la chaire de théologie de la vie intérieure de la Faculté de théologie de Cracovie pontifical et, depuis 1981, la Faculté de théologie de l’Académie pontificale de théologie. Dans les années 1984-1992, Mgr. Nowak était le quatrième évêque ordinaire du diocèse de Czestochowa et, depuis 1992, est le premier métropolite de Czestochowa.
Pendant mes études à Rome pour trois fois, j’ai pu participer à la procession du Corpus Christi, dirigé par Jean-Paul II, en 2001-2003, puis dans la dernière période de son grand pontificat.
Le Saint-Père était déjà un homme qui avait eu une grande misère; Dans le même temps, cependant, était un homme de la puissance spirituelle extraordinaire, et c’est pourquoi je peux dire que, lors de la procession du Corpus Christi, le bienheureux Jean-Paul II a donné un grand témoignage de l’amour du Christ présent dans le Saint Sacrement.
Je me souviens d’une fois que je suis très proche de Saint-Père et immédiatement senti sa grande foi et l’amour profond qui brillait de lui. Quand il a regardé Christ était vraiment une expérience unique, parce qu’il aimait vraiment le Christ, il a apporté avec lui à la fin, avec sa croix, quand, en dépit de la souffrance, conduit la procession du Corpus Christi.
Cette procession, en fait, était une expérience profonde pour moi, une leçon de foi, d’amour et d’humilité. Je crois que lorsque Jean-Paul II a suivi le Christ dans les rues de la ville éternelle, la basilique Saint-Jean de Latran à la basilique de Santa Maria Maggiore, a enseigné à tous à tourner notre regard vers le Christ, puis d’apprendre à regarder avec amour, mais aussi avec humilité et la paix, dans le cœur de chaque personne que nous rencontrons sur le chemin de notre vie.
La solennité du Corpus Domini datant de 1264, par le pape Urbain IV institua la fête « afin que le peuple chrétien à redécouvrir la valeur du mystère eucharistique. » Après plus de 700 ans, la tradition se poursuit sans interruption: Benoît XVI, en fait, présidera, ce jeudi, la messe dans le cimetière de Saint-Jean de Latran, puis conduire la procession du corps de Christ à la basilique de Santa Maria Maggiore.
« Un moment important pour la foi des chrétiens et pour la vie de l’Eglise du diocèse de Rome », a déclaré le cardinal-vicaire Agostino Vallini. Surtout occasion « de remercier le Seigneur pour le don précieux de l’Eucharistie, de témoigner publiquement notre foi et l’unité de l’Eglise de Rome autour de son évêque. »
En vue de cet événement, ZENIT a rencontré le Père Joseph Midili, O. Carm., Directeur de l’Office liturgique du Vicariat de Rome, qui nous a parlé de l’histoire et la signification de cette fête où «l’Eglise apparaît comme un seul corps et unifiée. « 
****
Le Corpus Christi célèbre l’Eucharistie, le cœur de la foi chrétienne. Quelle est la signification de cette fête?
Père Midili: Eucharistie signifie action de grâces. Chaque jour – surtout le dimanche – l’Église se rassemble pour célébrer les saints mystères et en rendant grâce au Père pour le don de son Fils, qu’il a offert sa vie en sacrifice pour nous et méritait salut. La solennité du Corps et du Sang du Seigneur est l’occasion liturgique un merci tout spécial. La communauté chrétienne se rassemble pour être conscient que seule l’Eucharistie est la source et sommet de toute sa vie. Chaque acte de foi, toute forme de piété, la dévotion, toute forme de charité authentique ne peut pas être séparé depuis ce sacrement, qui est constitutive de la chrétienne.
À quand remonte la naissance de cet anniversaire?
Père Midili: Solennité du Corps et du Sang du Seigneur a été institué en 1264 par le pape Urbain IV, parce que les gens chrétiens peuvent participer avec une dévotion particulière à la Sainte Messe et procession, et ainsi de témoigner de la foi en Jésus, qui a souhaité rester présent dans le les espèces du pain et du vin consacrés. Au fil des siècles, cette fête a été le point de la dévotion eucharistique la plus élevée, car il réunit le culte consacré à l’événement d’origine est essentiel que la célébration de la messe
La célébration du Corpus Christi à Saint-Jean de Latran est entré dans la tradition du diocèse de Rome avec le pape Jean-Paul II. Pourquoi le bienheureux Pape voulait lui donner une si grande
importance?
Père Midili: Depuis 1979, le pape Jean-Paul II à Rome voulait la solennité du Corps et du Sang du Seigneur est célébrée le jeudi, parce que leur Jeudi Saint, Jésus a appelé ses disciples et pendant le dîner a institué la nouvelle et éternelle sacrifice, la fête de mariage d’amour. Alors que dans la soirée du Jeudi Saint, nous revivons le mystère du Christ qui s’offre dans le pain rompu et le vin versé dans la célébration du Corpus Christi ce mystère est proposé à l’adoration et la méditation du peuple de Dieu
Le Pape a voulu célébrer dans la cathédrale de Rome, ainsi que tous les prêtres et les fidèles de la ville, parce que l’Eucharistie est un mystère de communion avec Dieu, mais aussi entre les gens. La meilleure image de l’Eglise, en effet, est celui qui est autour de l’évêque, de célébrer les mystères divins, manger et buvez le Corps et le Sang du Seigneur, rendre grâce, et le témoignage de sorte ours à la communion et de l’amour que Jésus a enseigné.
Quel est le sens de la célébration de cette fête sur la place devant la basilique de Saint-Jean?
Père Midili: Piazza S. Giovanni est en même temps le cimetière de la basilique cathédrale de Rome, mais il est également le site d’événements publics pour la ville et l’Italie; est souvent utilisé pour des concerts, des événements politiques et, malheureusement, des affrontements; est l’agora de l’ancienne. Il est devenu un symbole de notre pays, est une cour carré.
Célébrer la messe dans un lieu si important pour la fête de l’Eucharistie confirme que Jésus est au milieu de son peuple dans tous les domaines de la vie. Avec sa présence, il sanctifie le quotidien, voir et soigner la souffrance, c’est un signe d’espérance pour tous. Jésus n’est pas loin de nous et de nos vies, mais il est toujours présent, a attiré près. Nous le rencontrons dans le pain consacré et l’Eucharistie célébré. Il vient à notre rencontre.
Corpus Christi est un moment crucial pour le peuple chrétien. Surtout le cortège, conduit par le Saint-Père, est un événement de grand impact dont l’idée centrale est que «le Christ marche parmi nous » ….
Père Midili: La messe et la procession de la solennité du Corps et du Sang du Seigneur sont un événement unique, qui se manifeste l’Eglise en tant qu’Eglise. C’est la fête de la communauté rassemblée. Les croyants se réunissent pour célébrer le sacrifice du Christ et la célébration d’action de grâce à Dieu pour tout ce qu’ils ont reçu. La meilleure image de l’Eglise est celle qui rassemble autour de son évêque pour célébrer les saints mystères, manger et buvez le Corps et le Sang du Seigneur, rendre grâce, et le témoignage de sorte ours à la communion et de l’amour que Jésus nous a enseigné.
L’adoration est la poursuite de l’Eucharistie témoignage de l’amour et la foi en Jésus, l’extension de l’action de grâce après chaque sainte Communion. La procession est le chemin de disciple. Une fois de plus l’Eglise est identifié avec les gens sur le chemin, à la suite de son maître. Il répète l’expérience des disciples d’Emmaüs, qui se déplacent d’un tronçon de route avec Jésus pour l’écouter tout en les instruisant. Dans la procession eucharistique sur la communauté de marcher avec Jésus, mais ne le reconnaît plus et rompt le pain. Nous reconnaissons le Maître présent dans le pain.

Fr Mariusz Frukacz

6 juin 2012

CZESTOCHOWA (ZENIT.org) – Une journée à la solennité du Corpus Domini, une célébration qui le bienheureux Jean-Paul II était très proche. L’argument Zenit a interviewé Mgr Stanislaw Nowak, archevêque de Czestochowa.
Votre Excellence, comme le rappelle le jour où Jean-Paul II a renouvelé la tradition de la procession du Corpus Christi à Rome?
Mgr Stanislaw Nowak: Je me souviens toujours comment vous avez parlé à Cracovie premiers jours du pontificat de Jean-Paul II et ce qui s’est passé à Rome après l’élection du cardinal Wojtyla sur le trône de Saint-Pierre.
Surtout, n’oubliez pas que nous avons parlé tellement que Jean-Paul II aurait renouvelé la procession du Corpus Christi à Rome. Il a été dit que le Saint-Père a voulu faire ce geste parce qu’il aimait infiniment procession, qui était également très impliqué comme évêque de Cracovie.
Il faut dire, en effet, que, comme l’archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla a attribué une grande importance à la procession du Corpus Christi comme une «profession de foi en Dieu sur la route», le centre de la ville. Il avait souffert beaucoup quand, dans l’époque du communisme, a été interrompu dans la grande tradition de Cracovie – datant d’avant la Seconde Guerre mondiale – pour effectuer la procession eucharistique sur la place principale de la ville.
Le grand archevêque de Cracovie, son prédécesseur, Adam Sapieha, il a dirigé la procession de la place principale, avec le Saint-Sacrement dans les rues du centre historique. Pendant l’ère communiste dure, malheureusement, il n’a pas été possible d’organiser tout cela: la procession a eu lieu seulement sur la colline du château de Wawel et il a été interdit d’aller dans les rues de la ville.
Comme cardinal, alors, Karol Wojtyla a lutté tellement de choses à apporter la procession du Corpus Christi dans les rues.
Pourquoi, alors, la procession du Corpus Christi dans les rues de la ville était si important pour le cardinal Wojtyla?
Mgr Stanislaw Nowak: En Pologne, il y avait la grande tradition des quatre autels lors de la procession du Corpus Christi et le public comme un cardinal de Cracovie, le Bienheureux Jean-Paul II a prêché la parole de Dieu avec beaucoup d’intérêt dans chacun des quatre autels.
Il a parlé de la liberté, exigeant le respect de l’État aux traditions catholiques et la restauration de la Faculté de théologie de Cracovie. La procession du Corpus Christi, puis, à l’époque de Jean-Paul II était, d’une part, une grande confession de la foi et de l’autre, une référence à l’autorité de l’Etat à rétablir la justice en Pologne.
À la lumière de cela, nous pouvons dire qu’il existe une relation intéressante entre le renouvellement de la procession du Corpus Christi à Rome et Cracovie. Quand puis-Cardinal Karol Wojtyla a été élu pape, le renouvellement et la célébration de la première procession à Rome, dans le même temps, les autorités communistes ont donné la permission cha la procession du Corpus Christi est revenu sur la place principale de Cracovie. Et que, pour nous, Polonais a été une grande joie.
* Évêque Stanislaw Nowak est né le 11 Juillet 1935 à Jeziorzany. Ordonné prêtre 22 Juin, 1958 par l’archevêque de Cracovie Eugeniusz Baziak, il a commencé son ministère pastoral de l’archidiocèse de Cracovie – comme vicaire – dans Choczni près de Wadowice, dans Ludzmierz et Rogoznik Podhale.
Dans les années 1963-1979 a été le directeur spirituel du séminaire de Cracovie et dans le même temps, il a continué ses études en théologie, spécialisée dans les années 1967-1971 à l’Institut catholique de Paris.
Depuis 1971, il a été, ensuite, chargé de cours à la chaire de théologie de la vie intérieure de la Faculté de théologie de Cracovie pontifical et, depuis 1981, la Faculté de théologie de l’Académie pontificale de théologie. Dans les années 1984-1992, Mgr. Nowak était le quatrième évêque ordinaire du diocèse de Czestochowa et, depuis 1992, est le premier métropolite de Czestochowa.
Pendant mes études à Rome pour trois fois, j’ai pu participer à la procession du Corpus Christi, dirigé par Jean-Paul II, en 2001-2003, puis dans la dernière période de son grand pontificat.
Le Saint-Père était déjà un homme qui avait eu une grande misère; Dans le même temps, cependant, était un homme de la puissance spirituelle extraordinaire, et c’est pourquoi je peux dire que, lors de la procession du Corpus Christi, le bienheureux Jean-Paul II a donné un grand témoignage de l’amour du Christ présent dans le Saint Sacrement.
Je me souviens d’une fois que je suis très proche de Saint-Père et immédiatement senti sa grande foi et l’amour profond qui brillait de lui. Quand il a regardé Christ était vraiment une expérience unique, parce qu’il aimait vraiment le Christ, il a apporté avec lui à la fin, avec sa croix, quand, en dépit de la souffrance, conduit la procession du Corpus Christi.
Cette procession, en fait, était une expérience profonde pour moi, une leçon de foi, d’amour et d’humilité. Je crois que lorsque Jean-Paul II a suivi le Christ dans les rues de la ville éternelle, la basilique Saint-Jean de Latran à la basilique de Santa Maria Maggiore, a enseigné à tous à tourner notre regard vers le Christ, puis d’apprendre à regarder avec amour, mais aussi avec humilité et la paix, dans le cœur de chaque personne que nous rencontrons sur le chemin de notre vie.
La solennité du Corpus Domini datant de 1264, par le pape Urbain IV institua la fête « afin que le peuple chrétien à redécouvrir la valeur du mystère eucharistique. » Après plus de 700 ans, la tradition se poursuit sans interruption: Benoît XVI, en fait, présidera, ce jeudi, la messe dans le cimetière de Saint-Jean de Latran, puis conduire la procession du corps de Christ à la basilique de Santa Maria Maggiore.
« Un moment important pour la foi des chrétiens et pour la vie de l’Eglise du diocèse de Rome », a déclaré le cardinal-vicaire Agostino Vallini. Surtout occasion « de remercier le Seigneur pour le don précieux de l’Eucharistie, de témoigner publiquement notre foi et l’unité de l’Eglise de Rome autour de son évêque. »
En vue de cet événement, ZENIT a rencontré le Père Joseph Midili, O. Carm., Directeur de l’Office liturgique du Vicariat de Rome, qui nous a parlé de l’histoire et la signification de cette fête où «l’Eglise apparaît comme un seul corps et unifiée. « 
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Le Corpus Christi célèbre l’Eucharistie, le cœur de la foi chrétienne. Quelle est la signification de cette fête?
Père Midili: Eucharistie signifie action de grâces. Chaque jour – surtout le dimanche – l’Église se rassemble pour célébrer les saints mystères et en rendant grâce au Père pour le don de son Fils, qu’il a offert sa vie en sacrifice pour nous et méritait salut. La solennité du Corps et du Sang du Seigneur est l’occasion liturgique un merci tout spécial. La communauté chrétienne se rassemble pour être conscient que seule l’Eucharistie est la source et sommet de toute sa vie. Chaque acte de foi, toute forme de piété, la dévotion, toute forme de charité authentique ne peut pas être séparé depuis ce sacrement, qui est constitutive de la chrétienne.
À quand remonte la naissance de cet anniversaire?
Père Midili: Solennité du Corps et du Sang du Seigneur a été institué en 1264 par le pape Urbain IV, parce que les gens chrétiens peuvent participer avec une dévotion particulière à la Sainte Messe et procession, et ainsi de témoigner de la foi en Jésus, qui a souhaité rester présent dans le les espèces du pain et du vin consacrés. Au fil des siècles, cette fête a été le point de la dévotion eucharistique la plus élevée, car il réunit le culte consacré à l’événement d’origine est essentiel que la célébration de la messe
La célébration du Corpus Christi à Saint-Jean de Latran est entré dans la tradition du diocèse de Rome avec le pape Jean-Paul II. Pourquoi le bienheureux Pape voulait lui donner une si grande
importance?
Père Midili: Depuis 1979, le pape Jean-Paul II à Rome voulait la solennité du Corps et du Sang du Seigneur est célébrée le jeudi, parce que leur Jeudi Saint, Jésus a appelé ses disciples et pendant le dîner a institué la nouvelle et éternelle sacrifice, la fête de mariage d’amour. Alors que dans la soirée du Jeudi Saint, nous revivons le mystère du Christ qui s’offre dans le pain rompu et le vin versé dans la célébration du Corpus Christi ce mystère est proposé à l’adoration et la méditation du peuple de Dieu
Le Pape a voulu célébrer dans la cathédrale de Rome, ainsi que tous les prêtres et les fidèles de la ville, parce que l’Eucharistie est un mystère de communion avec Dieu, mais aussi entre les gens. La meilleure image de l’Eglise, en effet, est celui qui est autour de l’évêque, de célébrer les mystères divins, manger et buvez le Corps et le Sang du Seigneur, rendre grâce, et le témoignage de sorte ours à la communion et de l’amour que Jésus a enseigné.
Quel est le sens de la célébration de cette fête sur la place devant la basilique de Saint-Jean?
Père Midili: Piazza S. Giovanni est en même temps le cimetière de la basilique cathédrale de Rome, mais il est également le site d’événements publics pour la ville et l’Italie; est souvent utilisé pour des concerts, des événements politiques et, malheureusement, des affrontements; est l’agora de l’ancienne. Il est devenu un symbole de notre pays, est une cour carré.
Célébrer la messe dans un lieu si important pour la fête de l’Eucharistie confirme que Jésus est au milieu de son peuple dans tous les domaines de la vie. Avec sa présence, il sanctifie le quotidien, voir et soigner la souffrance, c’est un signe d’espérance pour tous. Jésus n’est pas loin de nous et de nos vies, mais il est toujours présent, a attiré près. Nous le rencontrons dans le pain consacré et l’Eucharistie célébré. Il vient à notre rencontre.
Corpus Christi est un moment crucial pour le peuple chrétien. Surtout le cortège, conduit par le Saint-Père, est un événement de grand impact dont l’idée centrale est que «le Christ marche parmi nous » ….
Père Midili: La messe et la procession de la solennité du Corps et du Sang du Seigneur sont un événement unique, qui se manifeste l’Eglise en tant qu’Eglise. C’est la fête de la communauté rassemblée. Les croyants se réunissent pour célébrer le sacrifice du Christ et la célébration d’action de grâce à Dieu pour tout ce qu’ils ont reçu. La meilleure image de l’Eglise est celle qui rassemble autour de son évêque pour célébrer les saints mystères, manger et buvez le Corps et le Sang du Seigneur, rendre grâce, et le témoignage de sorte ours à la communion et de l’amour que Jésus nous a enseigné.
L’adoration est la poursuite de l’Eucharistie témoignage de l’amour et la foi en Jésus, l’extension de l’action de grâce après chaque sainte Communion. La procession est le chemin de disciple. Une fois de plus l’Eglise est identifié avec les gens sur le chemin, à la suite de son maître. Il répète l’expérience des disciples d’Emmaüs, qui se déplacent d’un tronçon de route avec Jésus pour l’écouter tout en les instruisant. Dans la procession eucharistique sur la communauté de marcher avec Jésus, mais ne le reconnaît plus et rompt le pain. Nous reconnaissons le Maître présent dans le pain.

L’ASSEMBLÉE, CORPS DE CHRIST.

18 juin, 2014

http://www.bible-notes.org/article-128-l-assemblee-corps-de-christ.html

L’ASSEMBLÉE, CORPS DE CHRIST.

« Car de même que le corps est un et qu’il y a plusieurs membres, mais que tous les membres quoiqu’ils soient plusieurs, sont un seul corps, ainsi aussi est le Christ… Or vous êtes le corps de Christ, et ses membres chacun en particulier » (1 Cor. 12 : 12, 27).

Rappelons ici quelques vérités simples, mais fondamentales, en rapport avec notre place dans l’Assemblée, ou l’Eglise, qui est, comme vous le savez, l’ensemble de tous les croyants actuels.
Du jour où nous sommes enfants de Dieu, nous faisons partie de cette Assemblée.
Unis, dans les liens de la vie nouvelle, à Christ glorifié, nous sommes membres de son corps. Quelqu’un qui n’est pas né de nouveau n’y a aucune part : il faut la vie.
Peut-être ne nous sommes-nous pas arrêtés suffisamment sur la force de cette expression : l’Assemblée, qui est son CORPS (Eph. 1 : 23) ? L’unité des chrétiens est quelque chose d’unique. La matière inanimée ne saurait en fournir l’image ; aussi, quand l’Assemblée est comparée à un édifice, les pierres qui le constituent sont-elles qualifiées de vivantes (1 Pier. 2 : 5). L’idée du troupeau sous la conduite du seul Berger ne suffit pas ; ni même celle de la famille, si réelle et si précieuse que soit l’unité des enfants sous le regard du Père. Christ étant le premier-né entre plusieurs frères (Rom. 8 : 29), l’Assemblée est le corps de Christ : toutes les parties d’un corps sont animées d’une même et unique vie. « Nous qui sommes plusieurs, sommes un seul corps en Christ, et chacun individuellement membres l’un de l’autre » (Rom. 12 : 5). Christ, la Tête glorifiée, est le principe et le centre ; le Saint Esprit, présent et agissant dans l’Assemblée, unit à lui tous les membres du corps.
La diversité de ces membres est très grande, et non seulement elle n’altère pas l’unité du corps, mais elle en est la condition même, car ainsi toutes les fonctions peuvent s’accomplir, « comme dans un seul corps nous avons plusieurs membres et que tous les membres n’ont pas la même fonction » (Rom. 12 : 4). Il en résulte, pour le dire en passant, que nous n’avons pas à poursuivre une unité superficielle ou à copier – c’est un travers fréquent – tel frère que nous estimons particulièrement. Imitons la foi, la fidélité, imitons le bien, mais gardons chacun sa place et le caractère que le Seigneur nous assigne. Sachons discerner la volonté de Dieu pour servir là où il nous veut, et comme il nous veut. Diversité dans l’unité, telle est l’harmonie d’un corps vivant.
Tous les membres sont indispensables. C’est ce qu’enseigne l’important message de 1 Cor. 12 : 14-25. Aux yeux des hommes les services sont différents en dignité, on les hiérarchise plus ou moins ouvertement, mais seule compte, pour le Seigneur, la façon dont on remplit la tâche départie pour lui. Ce qu’il confie à l’un de ses rachetés, il ne le confie pas à un autre. « Prends garde au service que tu as reçu dans le Seigneur, afin que tu l’accomplisses » (Col. 4 : 17).
Or, rendons-nous bien compte que, le corps étant un, le comportement de chacun de ses membres influe sur le corps tout entier, et que, réciproquement, l’état général du corps retentit sur l’état de chacune de ses parties. « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est glorifié, tous les membres se réjouissent avec lui » (1 Cor. 13 : 26). La santé du corps dont nous faisons partie ne nous importerait-elle pas ? Même si nous n’avons pas conscience de cette solidarité, elle existe. Toute négligence, tout manquement, toute interruption de notre communion avec le Seigneur, sont autant de pertes, non seulement pour nous, mais pour tous ; la ruine de l’Eglise est faite de la multitude de nos défaillances individuelles. Et songeons aussi qu’une victoire de notre foi, une prière dans le secret, tel exercice pénible, mais non sans fruit, que le Seigneur nous dispense, telle leçon apprise humblement sous son regard, représentent autant de bienfaits pour le Corps.
De là découle une responsabilité sérieuse pour chacun. « Vous êtes le corps de Christ, et ses membres chacun en particulier » (1 Cor. 13 : 27). Le chrétien ne peut pas se renfermer égoïstement dans sa propre vie intérieure et dire : J’ai mon Seigneur ; que les autres marchent à leur guise, cela ne m’intéresse pas. Une telle pensée est contraire à la nouvelle nature (1 Jean 5 : 1-2), contraire aux précieux enseignements du Seigneur en Jean 13-16, comme à ceux qu’il nous a communiqués par le Saint Esprit dans les épîtres. Cette tendance, trop commune, hélas, renferme un principe d’orgueil et d’incrédulité. Elle est pleine de dangers. Quand Elie dit : « Je suis resté, moi seul… », le découragement l’accable. « Prends mon âme, dit-il à l’Eternel, car je ne suis pas meilleur que mes pères » (1 Rois 19 : 4, 14). Avait-il donc pu penser être meilleur que les autres ? Il ne savait rien, d’autre part, des sept mille hommes que Dieu s’était réservés (v. 18). Il ne connaissait pas l’étendue de la grâce divine !
Ayons donc à coeur l’Assemblée, son bien, ses intérêts, sa bonne marche, son ordre, l’activité de l’amour au milieu d’elle. Nous vivons dans un temps de ruine, où le Seigneur connaît ceux qui sont siens, mais il a des siens dans les lieux les plus divers ; que notre pensée ne les oublie pas devant lui ; souvenons-nous que nous sommes solidaires de tous, connus et inconnus. Il reste que, partout où le Seigneur rassemble des croyants autour de lui, ceux-ci ont le privilège et le devoir d’obéir aux enseignements de la Parole qui se rapportent à cette vie collective (lire entre autres Rom. 12 ; 1 Cor. 12, 13, 14 ; Eph. 4). Suivre là-dessus l’enseignement des hommes aboutit à un conformisme religieux formaliste et mort ; suivre chacun sa propre pensée engendre l’anarchie de ces temps en Israël durant lesquels « chacun faisait ce qui était bon à ses yeux » (Jug. 17-21). Il faut, ensemble, tenir ferme le Chef, la Tête glorifiée, Christ qui est notre vie cachée en Dieu (Col. 2 : 19 ; 3 : 1-2) et garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix (Eph. 4 : 3).
Il s’agit de questions vitales, d’un objet capital pour nos affections. Est-ce pour rien que cette pensée du « corps » se lie de façon si expressive et touchante à celle de l’épouse, corps de Christ, selon Eph. 5 : 23-33 ? L’amour est au coeur même du « grand mystère » relatif à Christ et à l’Assemblée.
Elle est son assemblée ; il l’a aimée et s’est livré lui-même pour elle ; sa joie sera de se la présenter à lui-même glorieuse ; il la nourrit et la chérit.
Elle est l’assemblée de Dieu, laquelle il a acquise par le sang de son propre Fils (Act. 20 : 28).
N’aimerions-nous pas ce que Christ aime, ce que Dieu aime ? Serions-nous indifférents à ce qui a été payé d’un si grand prix ?

LE MYSTÈRE DE L’ÉGLISE ET DE L’EUCHARISTIE À LA LUMIÈRE DU MYSTÈRE DE LA SAINTE TRINITÉ

17 juin, 2014

http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/chrstuni/ch_orthodox_docs/rc_pc_chrstuni_doc_19820706_munich_fr.html

COMMISSION MIXTE INTERNATIONALE DE DIALOGUE THÉOLOGIQUE
ENTRE L’ÉGLISE CATHOLIQUE ROMAINE ET L’ÉGLISE ORTHODOXE

IIème RÉUNION PLÉNIÈRE

Munich, 30 juin – 6 juillet 1982

LE MYSTÈRE DE L’ÉGLISE ET DE L’EUCHARISTIE À LA LUMIÈRE DU MYSTÈRE DE LA SAINTE TRINITÉ
(cfr. Communiqué, p. 64 supra)

Fidèle au mandat reçu à Rhodes, ce rapport aborde le mystère de l’Église par un seul de ses aspects, mais un aspect particulièrement important dans la perspective sacramentelle de l’Église, à savoir le mystère de l’Église et de l’Eucharistie à la lumière du Mystère de la Sainte Trinité. En effet, on demandait de partir de ce que nous avons en commun et, en le développant, d’aborder de l’ intérieur et progressivement tous les points sur lesquels nous ne sommes pas en accord.
En rédigeant ce document, nous entendons montrer que ce faisant, nous exprimons ensemble une foi qui est la continuation de celle des apôtres.
Ce document marque la première étape de cet effort pour réaliser le programme de la commission préparatoire approuvé lors de la première réunion de la commission de dialogue.
Puisqu’il s’agit d’une première étape, abordant le mystère de l’Église par un seul de ses aspects, bien des points n’y sont pas encore traités. Ils le seront dans les étapes suivantes, telles qu’elles sont prévues dans le programme mentionné ci-dessus.

I
1. Le Christ, Fils de Dieu incarné, mort et ressuscité, est le seul qui a vaincu le péché et la mort. Parler de la nature sacramentelle du mystère du Christ, c’est donc évoquer la possibilité donnée à l’homme et, à travers lui, au cosmos, de faire l’expérience de la nouvelle création, Royaume de Dieu, hic et nunc, par les réalités sensibles et créées. Tel est le mode (tropos) dans lequel l’unique Personne et l’unique événement du Christ existent et opèrent dans l’histoire depuis la Pentecôte et jusqu’à la Parousie. Cependant, la vie éternelle, que Dieu a donnée au monde dans l’événement du Christ, son Fils éternel, est portée dans des vases d’argile. Elle n’est donnée encore qu’en avant-goût, comme arrhes.
2. A la dernière Cène, le Christ a affirmé qu’il donnait son Corps aux disciples pour la vie de la multitude, dans l’Eucharistie. Ce don y est fait par Dieu au monde, mais sous forme sacramentelle. A partir de ce moment, l’Eucharistie existe comme sacrement du Christ lui-même. Elle devient l’avant-goût de la vie éternelle, le remède d’immortalité, le signe du Royaume à venir. Le sacrement de l’événement du Christ passe ainsi dans le sacrement de l’Eucharistie. Sacrement qui nous incorpore pleinement au Christ.
3. L’incarnation du Fils de Dieu, sa mort et sa résurrection ont été réalisées dès le départ selon la volonté du Père, dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, qui procède éternellement du Père et se manifeste par le Fils, a préparé l’événement du Christ et il l’a réalisé pleinement dans la résurrection. Le Christ, qui est le Sacrement par excellence, donné par le Père pour le monde, continue de se donner pour la multitude, dans l’Esprit, le seul qui vivifie (Jean, 6). Le sacrement du Christ est aussi une réalité qui ne peut exister que dans l’Esprit.
4. L’Église et l’Eucharistie:
a) Bien que les Evangélistes, dans le récit de la Cène, se taisent sur l’action de l’Esprit, il était pourtant conjoint plus que jamais au Fils incarné pour l’accomplissement de l’oeuvre du Père. Il n’est pas encore donné, reçu comme Personne, par les disciples (Jean 7, 39). Mais quand Jésus est glorifié, alors l’Esprit lui aussi se répand et se manifeste. Le Seigneur Jésus entre dans la gloire du Père et, en même temps, par l’effusion de l’Esprit, dans son tropos sacramentel en ce monde-ci. La Pentecôte, achèvement du mystère pascal, inaugure du même coup, les derniers temps. L’Eucharistie et l’Église, Corps du Christ crucifié et ressuscité, deviennent lieu des énergies de l’Esprit Saint.
b) Les croyants sont baptisés dans l’Esprit au nom de la Sainte Trinité pour former un seul corps (cf. 1 Cor 12,13) Quand l’Église célèbre l’Eucharistie, elle réalise «ce qu’elle est», Corps du Christ (1 Cor 10,17). Par le baptême et la chrismation, en effet, les membres du Christ sont joints par l’Esprit, greffés sur le Christ. Mais par l’Eucharistie, l’événement pascal se dilate en Église. L’Église devient ce qu’elle est appelée à être de par le baptême et la chrismation. Par la communion au Corps et au Sang du Christ, les fidèles croissent en cette divinisation mystérieuse qui accomplit leur demeure dans le Fils et le Père, par l’Esprit.
c) Ainsi, d’une part, l’Église célèbre l’Eucharistie comme expression, en ce temps-ci, de la liturgie céleste. Mais, d’autre part, l’Eucharistie édifie l’Église, en ce sens que par elle l’Esprit du Christ ressuscité façonne l’Église en Corps du Christ. C’est pourquoi l’Eucharistie est en vérité le Sacrement de l’Église, à la fois comme sacrement du don total que le Seigneur fait lui-même aux siens et comme manifestation et croissance du Corps du Christ, l’Église. L’Église pérégrinante célèbre l’Eucharistie sur la terre jusqu’à ce que son Seigneur vienne remettre la Royauté à Dieu le Père, afin que Dieu soit tout en tous. Elle anticipe ainsi le jugement du monde et sa transfiguration finale.
5. La mission de l’Esprit demeure conjointe à celle du Fils. La célébration de l’Eucharistie révèle les énergies divines manifestées par l’Esprit à l’oeuvre dans le Corps du Christ:
a) L’Esprit prépare la venue du Christ en l’annonçant par les Prophètes, en guidant vers lui l’histoire du peuple élu en le faisant concevoir de la Vierge Marie, en ouvrant les coeurs à sa Parole.
b) L’Esprit manifeste le Christ dans son oeuvre de Sauveur, l’Evangile qu’il est lui-même. La célébration eucharistique est l’Anamnèse (le Mémorial): vraiment, mais sacramentellement, aujourd’hui, l’Ephapax est et advient. La célébration de l’Eucharistie est le kairos par excellence du mystère.
c) L’Esprit transforme les Dons sacrés dans le Corps et le Sang du Christ (metabolè), pour que s’accomplisse la croissance du Corps qui est l’Église. En ce sens, la célébration entière est une épiclèse, qui s’explicite davantage à certains moments. L’Église est perpétuellement en état d’épiclèse.
d) L’Esprit met en communion avec le Corps du Christ ceux qui participent au même pain et au même calice. A partir de là, l’Église manifeste ce qu’elle est: le sacrement de la koinônia trinitaire, la «demeure de Dieu avec les hommes» (cf. Ap 21,4).
L’Esprit en actualisant ce que le Christ a fait une fois pour toutes — l’événement du mystère — l’accomplit en nous tous. Cette relation au mystère, plus évidente dans l’Eucharistie, se retrouve dans les autres sacrements, tous des actes de l’Esprit. C’est pourquoi l’Eucharistie est le centre de la vie sacramentelle.
6. La célébration eucharistique prise en son ensemble rend présent le mystère trinitaire de l’Église. On y passe de l’audition de la Parole, culminant dans la proclamation de l’Evangile — annonce apostolique de la Parole faite chair — à l’action de grâce envers le Père, au mémorial du sacrifice du Christ et à la communion en celui-ci grâce à la prière épiclétique faite dans la foi. Car, dans l’Eucharistie, l’épiclèse n’est pas uniquement une invocation pour la transformation sacramentelle du pain et de la coupe. Elle est aussi une prière pour le plein effet de la communion de tous au mystère révélé par le Fils.
De cette manière, la présence de l’Esprit lui-même s’étend par le partage du sacrement de la Parole faite chair, à tout le corps de l’Église. Sans vouloir encore résoudre les difficultés suscitées entre l’Orient et l’Occident au sujet de la relation entre le Fils et l’Esprit, nous pouvons déjà dire ensemble que cet Esprit qui procède du Père (Jean 15,26), comme de la seule source dans la Trinité, et qui est devenu l’Esprit de notre filiation (Rom 8,15) car il est aussi l’Esprit du Fils (Gal 4,6), nous est communiqué, particulièrement dans l’Eucharistie, par ce Fils sur lequel il repose, dans le temps et dans l’éternité (Jean 1,32).
C’est pourquoi le mystère eucharistique s’accomplit dans la prière qui conjoint les paroles par lesquelles la Parole faite chair a institué le sacrement et l’épiclèse dans laquelle l’Église mue par la foi, supplie le Père, par le Fils, d’envoyer l’Esprit pour que dans l’unique oblation du Fils incarné tout soit consommé dans l’unité. Par l’Eucharistie, les croyants s’unissent au Christ, qui s’offre au Père avec eux, et reçoivent le pouvoir de s’offrir en esprit de sacrifice les uns aux autres comme le Christ lui-même s’est offert au Père pour la multitude, se donnant ainsi aux hommes.
Cette consommation dans l’unité, accomplie inséparablement par le Fils et l’Esprit, agissant dans la référence au Père et à son dessein, est l’Église en sa plénitude.

II
1. En se référant au Nouveau Testament, on remarquera d’abord que l’Église désigne une réalité «locale». L’Église existe dans l’histoire comme Église locale. Pour une région, on parle plutôt des Églises, au pluriel. Il s’agit toujours de l’Église de Dieu, mais dans un lieu.
Or l’Église qui existe dans un lieu n’est pas formée, radicalement, par les personnes s’ajoutant pour la constituer. Il existe une «Jérusalem d’en haut», qui «descend de chez Dieu», une communion fondatrice de la communauté elle-même. L’Église est constituée par un don gratuit, celui de la nouvelle création.
Il est cependant clair que l’Église «qui est en» tel lieu se manifeste comme telle lorsqu’elle est «assemblée». Cette assemblée elle-même dont les éléments et les exigences sont indiqués par le Nouveau Testament, est pleinement telle lorsqu’elle est synaxe eucharistique. En effet, quand l’Église locale célèbre l’Eucharistie, l’événement advenu «une fois pour toutes» est actualisé et manifesté. Dans l’Église locale, il n’y a alors ni homme ni femme, ni esclave ni homme libre, ni juif ni grec. Une nouvelle unité se trouve communiquée, qui surmonte les divisions et restaure la communion dans l’unique Corps du Christ. Cette unité transcende l’unité psychologique, raciale, socio-politique ou culturelle. Elle est la «communion de l’Esprit Saint» rassemblant les enfants de Dieu dispersés. La nouveauté du baptême et de la chrismation porte alors tout son fruit. Et par la puissance du Corps et du Sang du Seigneur, rempli de l’Esprit Saint, le péché, qui ne cesse d’assaillir les chrétiens, faisant obstacle au dynamisme de «la vie pour Dieu dans le Christ Jésus» reçu au baptême, est guéri. Ceci vaut aussi du péché de division, dont toutes les formes contredisent le dessein de Dieu.
L’un des textes majeurs à rappeler est 1 Cor. 10, 15-17: un seul Pain, un seul Calice, un seul Corps du Christ dans la pluralité des membres. Ce mystère de l’unité dans l’amour de plusieurs personnes constitue proprement la nouveauté de la koinônia trinitaire communiquée aux hommes, dans l’Église, par l’Eucharistie. Tel est le but de l’oeuvre salvifique du Christ, répandue dans les derniers temps, depuis la Pentecôte.
C’est pourquoi l’Église trouve son modèle, son origine et sa fin dans le mystère du Dieu un en trois Personnes. Bien plus, l’Eucharistie ainsi comprise à la lumière du mystère trinitaire constitue le critère pour le fonctionnement de la vie ecclésiale en son entier. Les éléments institutionnels ne doivent être qu’un reflet visible de la réalité mystérique.
2. Le déroulement de la célébration eucharistique de l’Église locale montre comment la koinônia s’actualise dans l’Église célébrant l’Eucharistie. Dans la célébration de l’Eucharistie par la communauté entourant activement l’évêque ou le presbytre en communion avec lui, on relève les aspects suivants, intérieurs l’un à l’autre, même si tel ou tel moment de la célébration accentue particulièrement tel ou tel aspect.
La koinônia est eschatologique. Elle est la nouveauté qui vient dans les derniers temps. C’est pourquoi tout commence, dans l’Eucharistie comme dans la vie de l’Église, par la conversion et la réconciliation. L’Eucharistie présuppose la repentance (métanoia) et la confession (exomologèse), qui trouvent ailleurs leur expression sacramentelle propre. Mais l’Eucharistie remet et guérit aussi les péchés, puisqu’elle est le Sacrement de l’amour divinisant du Père, par le Fils, dans l’Esprit Saint.
Mais cette koinônia est également kérygmatique. Cela se vérifie dans la synaxe non seulement parce que la célébration «annonce» l’événement du mystère, mais aussi parce qu’elle l’actualise aujourd’hui dans l’Esprit. Cela implique l’annonce de la Parole à l’assemblée et la réponse de foi de tous. Ainsi s’actualise la Communion de l’assemblée dans le kérygme, donc l’unité dans la foi. L’orthodoxie est inhérante à la koinônia eucharistique. Cette orthodoxie s’exprime le plus clairement par la proclamation du symbole de la foi qui est le condensé de la tradition apostolique dont l’évêque est le témoin en vertu de sa succession. Ainsi l’Eucharistie est-elle indissociablement, Sacrement et Parole puis-qu’en elle c’est le Verbe incarné qui sanctifie dans l’Esprit. C’est pourquoi la liturgie tout entière, et non seulement la lecture des Saintes Ecritures, constitue une proclamation de la Parole sous forme de doxologie et de prière. Inversement, la parole proclamée est la Parole faite chair, et devenue sacramentelle.
La koinônia est à la fois ministérielle et pneumatique. C’est pourquoi l’Eucharistie en est la manifestation par excellence. Toute l’assemblée, chacun à son rang, est «liturge» de la koinônia, et elle ne l’est que par l’Esprit Saint. Tout en étant don du Dieu trinitaire, la koinônia est aussi réponse des hommes. Ceux-ci, dans la foi qui vient de l’Esprit et de la Parole, mettent en oeuvre la vocation et la mission reçues au baptême: devenir, chacun à son rang, membres vivants du Corps du Christ.
3. Le ministère de l’évêque ne s’épuise pas dans une fonction tactique ou pragmatique (parce qu’il faut bien un président), mais c’est une fonction organique. L’évêque, reçoit le don de la grâce épiscopale (1 Tim 4,14) dans le sacrement de la consécration, accomplie par les évêques qui ont eux-mêmes reçu ce don, grâce à l’existence d’une succession ininterrompue des chirotonies épiscopales, en commençant par les saints apôtres. Par le sacrement de l’ordination, l’Esprit du Seigneur «confère» à l’évêque, non pas juridiquement, comme une pure transmission du pouvoir, mais sacramentellement, l’exousia de Serviteur que le Fils a reçu du Père et qu’il a humainement accueilli par son consentement dans sa Passion.
La fonction de l’évêque est étroitement liée à l’assemblée eucharistique qu’il préside. L’unité eucharistique de l’Église locale implique la communion entre celui qui préside et le peuple auquel il livre la Parole du Salut et les dons eucharistiés. D’ailleurs, le ministre est aussi celui qui «reçoit» de son Église, fidèle à la tradition, cette parole qu’il transmet. Et la grande intercession qu’il fait monter vers le Père n’est autre que celle de son Église tout entière avec lui. Pas plus que celle-ci ne peut être coupée de son évêque, l’évêque ne peut être séparé de son Église.
L’évêque se tient au coeur de l’Église locale comme ministre de l’Esprit pour discerner les charismes et veiller à ce qu’ils s’exercent dans la concorde, en vue du bien de tous, dans la fidélité à la tradition apostolique. Il se situe au service des initiatives de l’Esprit pour que rien ne les empêche de contribuer à l’édification de la koinônia. Il est ministre d’unité, serviteur du Christ Seigneur, dont la mission est de «rassembler dans l’unité les enfants de Dieu». Et puisque l’Église est édifiée par l’Eucharistie, il est celui qui, revêtu de la grâce du ministère sacerdotal, préside à celui-ci.
Mais cette présidence doit être comprise. L’évêque préside à l’oblation qui est celle de sa communauté tout entière. Consacrant les dons pour qu’ils deviennent le Corps et le Sang que la communauté offre, il célèbre non seulement pour elle ni seulement avec elle et en elle, mais par elle. Il apparaît alors comme ministre du Christ faisant l’unité de son Corps, créant la communion par son corps. L’union de la communauté avec lui est d’abord de l’ordre du Mystérion, non primordialement de l’ordre juridique. C’est cette union exprimée dans l’Eucharistie qui se prolonge et s’actualise dans l’ensemble des relations «pastorales» du magistère, gouvernement, vie sacramentelle. La communauté ecclésiale est ainsi appelée à être l’ébauche d’une communauté humaine renouvelée.
4. Il y a communion profonde entre l’évêque et la communauté dont l’Esprit lui confère la responsabilité pour l’Église de Dieu. L’ancienne tradition l’évoquait, avec bonheur, par l’image des noces. Mais cette communion se situe à l’intérieur de la communion avec la communauté apostolique.
Dans la tradition ancienne (dont fait foi notamment la Tradition apostolique d’Hippolyte), l’évêque élu par le peuple — qui se porte garant de sa foi apostolique, en conformité avec ce que l’Église locale confesse — reçoit la grâce ministérielle du Christ par l’Esprit dans la prière de l’assemblée et par l’imposition des mains (chirotonia) des évêques voisins, témoins de la foi de leur propre Eglise. Son charisme, venant directement de l’Esprit, lui est donné dans l’apostolicité de son Église (reliée à la foi de la communauté apostolique) et dans celle des autres Églises représentées par leur évêque. Par là, son ministère s’insère dans la catholicité de l’Église de Dieu.
La succession apostolique dit donc plus qu’une pure transmission de pouvoirs. Elle est succession dans une Eglise, témoin de la foi apostolique, en communion avec les autres Églises, témoins de la même foi apostolique. La sedes (la cathedra) joue un rôle capital dans l’insertion de l’évêque au coeur de l’apostolicité ecclésiale. D’autre part, une fois ordonné, l’évêque devient dans son Église le garant de l’apostolicité, celui qui la représente au sein de la communion des Églises, son lien avec les autres Églises. C’est pourquoi, dans son Église, toute Eucharistie ne peut se célébrer en vérité que présidée par lui ou par un presbytre en communion avec lui. Sa mention dans l’anaphore est essentielle.
Par le ministère des presbytres, chargés de présider à la vie et à la célébration eucharistique des communautés qui leur sont confiés, celles-ci croissent dans la communion avec toutes les communautés dont l’évêque a la responsabilité première. Dans la situation actuelle, le diocèse lui-même est une communion de communautés eucharistiques. L’une des fonctions essentielles des presbytres est de les relier à l’Eucharistie de l’évêque et de les nourrir à la foi apostolique dont l’évêque est le témoin et le garant. Ils doivent aussi veiller à ce que, nourris du Corps et du Sang de celui qui a livré sa vie pour ses frères, les chrétiens soient des témoins authentiques de l’amour fraternel, dans le sacrifice réciproque nourri du sacrifice du Christ. En effet, selon la parole de l’apôtre, «si quelqu’un voit son frère dans le besoin et lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui?». L’Eucharistie détermine la manière chrétienne de vivre le mystére pascal du Christ et le don de Pentecôte. Grâce à elle s’opère une profonde transformation de l’existence humaine toujours confrontée à la tentation et à la souffrance.

III
1. Le Corps du Christ est unique. Il n’existe donc qu’une Église de Dieu. L’identité d’une assemblée eucharistique avec une autre, vient de ce que toutes, avec la même foi, célèbrent le même mémorial, que toutes par la manducation du même corps et la participation au même calice deviennent le même et unique Corps du Christ auquel elles ont été intégrées par le même baptême. S’il y a multiplicité de célébrations, il n’y a qu’un seul et unique mystère célébré auquel on participe. En outre, quand le fidèle communie au Corps et au Sang du Seigneur, il ne reçoit pas une partie du Christ, mais le Christ total.
De même, l’Église locale qui célèbre l’Eucharistie autour de l’évêque n’est pas une section du Corps du Christ. La multiplicité des synaxes locales ne divise pas l’Église, mais au contraire en manifeste sacramentellement l’unité. Comme la communauté des apôtres rassemblés autour du Christ, chaque assemblée Eucharistique est en vérité la Sainte Église de Dieu, le Corps du Christ, en communion avec la première communauté des disciples et toutes celles qui par le monde célèbrent et ont célébré le Mémorial du Seigneur. Elle est aussi en communion avec l’assemblée des saints dans le ciel qu’évoque chaque célébration.
2. Loin d’exclure la diversité sur la pluralité, la koinônia la suppose et elle guérit les blessures de la division, transcendant celle-ci dans l’unité.
Puisque le Christ est un pour la multitude, ainsi dans l’Église, qui est son Corps, l’un et le plusieurs, l’universel et le local, sont nécessairement simultanés. Plus profondément encore, parce que le Dieu un et unique est la communion de trois Personnes, l’Église une et unique est communion de plusieurs communautés, et l’Église locale communion de personnes. L’Église une et unique s’identifie à la koinônia des Églises. Unité et multiplicité apparaissent à ce point liées que l’une ne saurait exister sans l’autre. C’est cette relation constitutive de l’Église que les institutions rendent visibles et, pourrait-on dire historicisent.
3. Puisque l’Église catholique se manifeste dans la synaxe de l’Église locale, deux conditions surtout doivent être réalisées pour que l’Église locale qui célèbre l’Eucharistie soit en vérité dans la communion ecclésiale.
a) En effet, l’identité du mystère de l’Église vécu dans l’Église locale avec le Mystère de l’Église vécu par l’Église primitive — catholicité dans le temps — est fondamentale. L’Église est apostolique parce que fondée et sans cesse soutenue dans le Mystère du Salut révélé en Jésus Christ, transmis dans l’Esprit par ceux qui furent ses témoins, les apôtres. Ses membres seront jugés par le Christ et les apôtres (cf. Luc 22,30).
b) La reconnaissance mutuelle, aujourd’hui, entre cette Église locale et les autres Églises, est elle aussi capitale. Chacun doit reconnaître dans les autres, à travers les particularités locales, l’identité du Mystère de l’Église. Il s’agit d’une reconnaissance mutuelle de catholicité comme communion dans l’intégrité du mystère. Cette reconnaissance s’accomplit d’abord au plan régional. La communion dans un même patriarcat ou dans quelque autre forme d’unité régionale, est d’abord une manifestation de la vie de l’Esprit dans une même culture ou de mêmes conditions historiques. Elle implique également l’unité du témoignage et appelle l’exercice de la correction fraternelle dans l’humilité.
Cette communion à l’intérieur d’une même région doit se dépasser dans la communion entre Églises soeurs.
Mais cette reconnaissance mutuelle n’est vraie qu’aux conditions, exprimées dans l’Anaphore de Saint Jean Chrysostome et les premières anaphores antiochiennes. L’une est la communion dans le même kérygme, donc la même foi. Déjà contenue dans le baptême, cette exigence s’explicite dans la célébration eucharistique. Mais il faut en outre la volonté de la communion dans l’agapé et dans la diaconie, non en paroles seulement, mais en actes.
Tant permanence à travers l’histoire que reconnaissance mutuelle sont particulièrement évoquées lors de la synaxe eucharistique par la mention des Saints au Canon et aux dyptiques celle des responsables d’Église. On comprend ainsi pourquoi ces derniers sont signes de l’unité catholique dans la communion eucharistique, responsables, chacun à son plan, du maintien de la communion dans la symphonie universelle des Églises et leur fidélité commune à la tradition apostolique.
4. On retrouve donc entre ces Églises les liens de communion que le Nouveau Testament présente: communion dans la foi, dans l’espérance et dans l’amour, communion dans les sacrements, communion dans la diversité des charismes, communion dans la réconciliation, communion dans le ministère. De cette communion, l’agent est l’Esprit du Seigneur ressuscité. De par lui, l’Église universelle, catholique, intègre la diversité ou la pluralité en en faisant un de ses éléments essentiels. Cette catholicité représente l’accomplissement de la prière du chapitre 17 de l’Evangile selon Jean, reprise dans les épiclèses eucharistiques.
Le rattachement à la communion apostolique relie l’ensemble des évêques assurant l’épiskopé des Églises locales au collège des apôtres. Ils forment eux aussi un collège enraciné par l’Esprit dans le «une fois pour toutes» du groupe apostolique, témoin unique de la foi. Ceci signifie non seulement qu’ils doivent être unis entre eux par la foi, la charité, la mission, la réconciliation mais aussi qu’ils communient dans la même responsabilité et le même service de l’Église. Parce que dans son Église locale l’Église une et unique s’accomplit, chaque évêque ne peut séparer le souci de son Église du souci de l’Église universelle. Et lorsque par le sacrement de l’ordination, il reçoit le charisme de l’Esprit pour l’épiskopé d’une Église locale, la sienne, il reçoit du fait même le charisme de l’Esprit pour l’épiskopé de toute l’Église.
Dans le peuple de Dieu, il l’exerce en communion avec tous les évêques hic et nunc et charge d’Églises et en communion avec la tradition vivante que les évêques du passé ont transmise. La présence d’évêques de sièges voisins à son ordination épiscopale «sacramentalise» et actualise cette communion. Elle produit une osmose de sa sollicitude pour la communauté locale et du souci de l’Église répandue par toute la terre. L’épiskopé de l’Église universelle se trouve confiée, par l’Esprit à l’ensemble des évêques locaux, en communion les uns avec les autres. Cette communion s’exprime traditionnellement dans la pratique conciliaire. Nous aurons à examiner ultérieurement la manière dont celle-ci est conçue et réalisée, dans les perspectives de ce que nous venons de préciser.

 

QUELLE EST L’ORIGINE DE LA FÊTE-DIEU ?

17 juin, 2014

http://www.fr.josemariaescriva.info/article/quelle-est-lorigine-de-la-feate-dieu

QUELLE EST L’ORIGINE DE LA FÊTE-DIEU ?

Mots: Eucharistie

La solennité de la Fête-Dieu fut instaurée au XIIIème siècle, dans un contexte historique et culturel précis, afin que la foi du Peuple de Dieu en Jésus-Christ vivant et réellement présent dans le Très Saint Sacrement de l’Eucharistie soit ouvertement déclarée.

Benoît XVI en parle ainsi :
A l’âge de seize ans, sainte Julienne de Cornillon eut une première vision, qui se répéta ensuite plusieurs fois dans ses adorations eucharistiques. La vision présentait la lune dans toute sa splendeur, dont le diamètre était traversé par une bande noire. Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Eglise sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace: c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement.[…]
Jacques Pantaléon de Troyes, qui avait connu la sainte au cours de son ministère d’archidiacre à Liège, fut lui aussi conquis à la bonne cause de la fête du Corpus Domini. Ce fut précisément lui, devenu Pape sous le nom d’Urbain IV, qui institua en 1264 la solennité du Corpus Domini comme fête de précepte pour l’Eglise universelle, le jeudi suivant la Pentecôte.

Jusqu’à la fin du monde
Détail du reliquaire qui contient le corporal avec les gouttes de sang du miracle eucharistique de 1263 à Bolsène. Il se trouve à la cathédrale d’Orvieto, en Italie.
Dans la Bulle d’institution, intitulée Transiturus de hoc mundo (11 août 1264), le Pape Urbain évoque à nouveau très discrètement, les expériences mystiques de Julienne, soutenant leur authenticité, et il écrit: «Bien que l’Eucharistie soit chaque jour solennellement célébrée, nous considérons juste que, au moins une fois par an, l’on en honore la mémoire de manière plus solennelle. En effet, les autres choses dont nous faisons mémoire, nous les saisissons avec l’esprit et avec l’intelligence, mais nous n’obtenons pas pour autant leur présence réelle. En revanche, dans cette commémoration sacramentelle du Christ, bien que sous une autre forme, Jésus Christ est présent avec nous dans sa propre substance. En effet, alors qu’il allait monter au ciel, il dit: “Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde” (Mt 28, 20)».
Le Pape lui-même voulut donner l’exemple, en célébrant la solennité du Corpus Domini à Orvieto, la ville où il demeurait alors. C’est précisément sur son ordre que, dans la cathédrale de la ville l’on conservait — et l’on conserve encore — le célèbre corporal portant les traces du miracle eucharistique qui avait eu lieu l’année précédente, en 1263 à Bolsène.
Un prêtre, alors qu’il consacrait le pain et le vin, avait été saisi de doutes profonds sur la présence réelle du Corps et du Sang du Christ dans le sacrement de l’Eucharistie. Miraculeusement quelques gouttes de sang commencèrent à jaillir de l’hostie consacrée, confirmant de cette manière ce que notre foi professe.

Des textes touchants
Urbain IV demanda à l’un des plus grands théologiens de l’histoire, saint Thomas d’Aquin — qui a cette époque accompagnait le Pape et se trouvait à Orvieto —, de composer les textes de l’office liturgique de cette grande fête. Ces derniers, encore en usage aujourd’hui dans l’Eglise, sont des chefs-d’œuvre, dans lesquels se fondent la théologie et la poésie. Ce sont des textes qui font vibrer les cordes du cœur pour exprimer la louange et la gratitude au Très Saint Sacrement, alors que l’intelligence, pénétrant avec émerveillement dans le mystère, reconnaît dans l’Eucharistie la présence vivante et véritable de Jésus, de son Sacrifice d’amour qui nous réconcilie avec le Père, et nous donne le salut. […]

Un « printemps eucharistique »
Je voudrais affirmer avec joie qu’il y a aujourd’hui dans l’Eglise un «printemps eucharistique»: combien de personnes demeurent en silence devant le Tabernacle, pour s’entretenir en une conversation d’amour avec Jésus! Il est réconfortant de savoir que beaucoup de groupes de jeunes ont redécouvert la beauté de prier en adoration devant le Très Saint Sacrement. Je pense par exemple à notre adoration eucharistique à Hyde Park, à Londres. Je prie afin que ce «printemps eucharistique» se répande toujours davantage dans toutes les paroisses, en particulier en Belgique, la patrie de sainte Julienne. Le vénérable Jean-Paul II, dans l’encyclique Ecclesia de Eucharistia, constatait que «dans beaucoup d’endroits, l’adoration du Saint-Sacrement a une large place chaque jour et devient source inépuisable de sainteté. La pieuse participation des fidèles à la procession du Saint-Sacrement lors de la solennité du Corps et du Sang du Christ est une grâce du Seigneur qui remplit de joie chaque année ceux qui y participent. On pourrait mentionner ici d’autres signes positifs de foi et d’amour eucharistiques» (n. 10).
En nous souvenant de sainte Julienne de Cornillon renouvelons nous aussi la foi dans la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Comme nous l’enseigne le Compendium du catéchisme de l’Eglise catholique, «Jésus Christ est présent dans l’Eucharistie d’une façon unique et incomparable. Il est présent en effet de manière vraie, réelle, substantielle: avec son Corps et son Sang, avec son Âme et sa divinité. Dans l’Eucharistie, est donc présent de manière sacramentelle, c’est-à-dire sous les espèces du pain et du vin, le Christ tout entier, Dieu et homme» (n. 282).
Chers amis, la fidélité à la rencontre avec le Christ eucharistique dans la Messe dominicale est essentielle pour le chemin de foi, mais essayons aussi d’aller fréquemment rendre visite au Seigneur présent dans le Tabernacle! En regardant en adoration l’Hostie consacrée, nous rencontrons le don de l’amour de Dieu, nous rencontrons la Passion et la Croix de Jésus, ainsi que sa Résurrection.

Source de joie

C’est précisément à travers notre regard d’adoration que le Seigneur nous attire à lui dans son mystère, pour nous transformer comme il transforme le pain et le vin. Les saints ont toujours trouvé force, consolation et joie dans la rencontre eucharistique. Avec les paroles de l’hymne eucharistique, Adoro te devote nous répétons devant le Seigneur, présent dans le Très Saint-Sacrement: «Fais que, toujours davantage, en toi je croie, je place mon espérance, je t’aime!». Merci.

SAINT JOSEPH SERA INVOQUÉ À CHAQUE MESSE – DÉCRET DE LA CONGRÉGATION ROMAINE

19 juin, 2013

http://www.zenit.org/fr/articles/saint-joseph-sera-invoque-a-chaque-messe

SAINT JOSEPH SERA INVOQUÉ À CHAQUE MESSE

DÉCRET DE LA CONGRÉGATION ROMAINE

Rome, 19 juin 2013 (Zenit.org)

Le nom de saint Joseph est désormais intégré dans le canon de la messe, indique ce décret de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements, en date du 1er mai 2013, en la fête de saint Joseph travailleur, et publié ce 19 juin 2013 par le Saint-Siège.
La Congrégation décrète « que le nom de Saint Joseph, Epoux de la Vierge Marie, soit désormais ajouté aux Prières eucharistiques II, III et IV de la troisième édition typique du Missel Romain, après le nom de la Bienheureuse Marie toujours Vierge ».

DECRET

Antonio Card. Cañizares Llovera
Prefet
Arthur Roche
Archevêque secrétaire

Placé à la tête de la Famille du Seigneur, saint Joseph de Nazareth a accompli avec générosité la mission reçue de la grâce dans l’économie du salut en tenant lieu de père à Jésus. En adhérant pleinement au mystère salvifique de l’humanité, qui en était à ses débuts, il est devenu un modèle exemplaire de cette généreuse humilité que la foi chrétienne exalte au plus haut point, et un témoin de ces vertus communes, humaines et simples, qui sont nécessaires pour que les hommes deviennent de vertueux et authentiques disciples du Christ. C’est en mettant en œuvre ces mêmes vertus que cet homme juste, qui prit soin de la Mère de Dieu avec amour, et se dédia avec un joyeux dévouement à l’éducation de Jésus Christ, est devenu le gardien des trésors les plus précieux de Dieu le Père, et le soutien du Corps mystique, c’est-à-dire de l’Eglise, lui que le peuple de Dieu n’a cessé de vénérer tout au long des siècles.
Dans l’Eglise catholique, les fidèles ont toujours manifesté d’une manière ininterrompue une grande dévotion envers saint Joseph, honorant solennellement et constamment la mémoire de l’Epoux très chaste de la Mère de Dieu et du Patron céleste de toute l’Eglise, tant et si bien que, durant le très saint Concile Œcuménique Vatican II, le Bienheureux Jean XXIII prit la décision d’ajouter son nom dans le très vénérable Canon Romain. Ayant présent à l’esprit la communion des saints, qui nous accompagnent dans le cours du temps comme pèlerins en ce monde pour nous conduire au Christ et nous unir à lui, le Souverain Pontife Benoît XVI a bien voulu accueillir et approuver les vœux très pieux, formulés par écrit, en provenance de multiples lieux, une décision qui a été confirmée récemment par le Souverain Pontife François.
Ainsi, au vu de ce qui précède, cette Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, en vertu des facultés concédées par le Souverain Pontife François, décrète très volontiers que le nom de Saint Joseph, Epoux de la Vierge Marie, soit désormais ajouté aux Prières eucharistiques II, III et IV de la troisième édition typique du Missel Romain, après le nom de la Bienheureuse Marie toujours Vierge comme suit : dans la Prière eucharistique II: «ut cum beáta Dei Genetríce Vírgine María, beáto Ioseph, eius Sponso, beátis Apóstolis»; dans la Prière eucharistique III: «cum beatíssima Vírgine, Dei Genetríce, María, cum beáto Ioseph, eius Sponso, cum beátis Apóstolis»; dans la Prière eucharistique IV: «cum beáta Vírgine, Dei Genetríce, María, cum beáto Ioseph, eius Sponso, cum Apóstolis».
Pour les textes rédigés en lange latine, on doit utiliser dès maintenant ceux qui sont mentionnés ci-dessus et font partie dorénavant à l’édition typique. La Congrégation pourvoira dans l’avenir aux traductions dans les langues modernes occidentales les plus répandues; celles qui seront rédigées dans les autres langues devront être préparées, selon les normes du droit, par la Conférence des Evêques, puis approuvées par le Siège Apostolique, c’est-à-dire par ce Dicastère.
Nonobstant toute chose contraire.
Du siège de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, le 1er mai 2013, mémoire de saint Joseph, travailleur.

 [Texte original: Latin, traduction officielle]

MARIE DANS LA PLUS ANCIENNE PRIÈRE EUCHARISTIQUE

3 juin, 2013

http://www.mariedenazareth.com/15630.0.html?&L=0

MARIE DANS LA PLUS ANCIENNE PRIÈRE EUCHARISTIQUE

Introduction

La « Tradition Apostolique » contient la plus ancienne anaphore eucharistique connue jusqu’à présent. Cette prière magnifique fascine les spécialistes de la liturgie, sans doute à cause de l’antiquité du texte, de sa théologie archaïque, de l’influence qu’elle a exercée sur la structure et sur les contenus des autres prières eucharistiques, de l’aura de mystère qui l’entoure, car nous ignorons qui est l’auteur (elle fut attribuée un certain temps à Hyppolite de Rome), l’endroit de composition, l’origine (Alexandrine?, Romaine?) la date précise, certainement très ancienne :
L’écrit date du premier quart du 3e siècle (c’est à dire avant 225), le texte écrit transmet une tradition qui remonte probablement beaucoup plus tôt encore ; l’original grec est perdu, nous en avons des traductions latines, coptes, arabes, éthiopiennes…
A cette époque la création de l’anaphore est encore libre, l’auteur de la tradition apostolique a écrit ce beau texte comme une proposition et non pas déjà comme une norme fixe.

En 1970 cette anaphore est entrée dans le « Missale Romanum » comme Prière eucharistique II.

1) L’anaphore eucharistique de la Tradition Apostolique
Le passage de la liturgie juive à la liturgie chrétienne fut progressif.
Le genre littéraire de l’anaphore eucharistique de la tradition apostolique est la Berakah, et le Birkat hamazon, la prière juive qui fait le mémorial des événements de la libération que Dieu a accomplie ; (sans un événement de salut, il n’y a pas de liturgie) et rend grâce pour les biens de la création.
Mais l’anaphore s’éloigne de ces modèles : elle remercie immédiatement le Seigneur pour avoir envoyé dans le monde son fils bien-aimé Jésus Christ comme sauveur et rédempteur : dans le Christ toute l’histoire du salut est assumée. Il y a seulement une référence la création : « par lui [le Verbe] tu as créé toutes les choses. »
 Cette prière est inspirée des homélies pascales de la liturgie de la nuit de Pâques (dans son double sens de passion de l’Agneau pascal mis à mort et dans le sens de passage vers le Père et vers la gloire), à commencer par le célèbre « Perì Pascha » de Méliton de Sardes au 2e siècle.
 C’est une prière trinitaire, elle s’adresse au Père, par le Christ, avec le saint Esprit : « Nous te rendons grâces, o Dieu, par ton Enfant bien-aimé Jésus-Christ (…) afin que nous te louions et glorifiions par ton Enfant Jésus-Christ, par qui à toi gloire et honneur avec le Saint-Esprit dans Amen. »
 La prière exprime une réalité sur Jésus (christologie) : Jésus est le fils bien-aimé du Père, comme cela fut manifesté lors de son baptême au Jourdain et lors de sa transfiguration.
La prière exprime sa mission de salut (sotériologie).
La prière exprime le « dessein du Père » et l’union du Père et du Fils : le Père et le Fils sont « inséparables ». L’idée de messager souligne que le Christ est envoyé du Père (Jn 5), et qu’il accomplit le salut qui est le dessein du Père. Le Christ « est ton Verbe inséparable par qui tu as tout créé » la prière s’inspire du Prologue de saint Jean (Jn 1). Le Christ est appelé « enfant », en latin « puer », en grec « pais » qui signifie aussi serviteur, comme dans les poèmes du serviteur du livre d’Isaїe.
Dieu sauve à travers sa solidarité avec nous, parce qu’il s’est fait homme.
Jésus est la manifestation du Père « s’est manifesté comme ton Fils », cette manifestation a été donnée sur la croix et dans la Résurrection.

Voici le texte ancien:
Nous te rendons grâces, ò Dieu, pour ton Enfant bien-aimé Jésus-Christ, que tu nous as envoyé en ces derniers temps (comme) sauveur, rédempteur et messager de ton dessein , qui lui est ton Verbe inséparable par qui tu as tout créé et que, dans ton bon plaisir, tu as envoyé du ciel dans le sein d’une vierge et qui ayant été conçu, s’est incarné et s’est manifesté comme ton Fils, né de l’Esprit-Saint et de la Vierge.
C’est lui qui, accomplissant ta volonté et t’acquérant un peuple saint, a étendu les mains tandis qu’il souffrait pour délivrer de la souffrance ceux qui ont confiance en toi.
 Tandis qu’il se livrait à la souffrance volontaire, pour détruire la mort et rompre les chaînes du diable, fouler aux pieds l’enfer, amener les justes à la lumière, fixer la règle (de foi ?) et manifester la résurrection, prenant du pain, il te rendit grâces et dit : Prenez, mangez, ceci est mon corps qui est rompu pour vous.
De même le calice, en disant : Ceci est mon sang qui est répandu pour vous. Quand vous faites ceci, faites-le en mémoire de moi.
 Nous souvenant donc de sa mort et de sa résurrection, nous t’offrons ce pain et ce calice, en te rendant grâces de ce que tu nous as jugés dignes de nous tenir devant toi et de te servir comme prêtres.
Et nous te demandons d’envoyer ton Esprit-Saint sur l’oblation de la sainte Église. En (les) rassemblant, donne à tous ceux qui participent à tes saints (mystères) (d’y participer) pour être remplis de l’Esprit-Saint, pour l’affermissement de (leur) foi dans la vérité, afin que nous te louions et glorifiions par ton Enfant Jésus-Christ, par qui à toi gloire et honneur avec le Saint-Esprit dans ta sainte Eglise, maintenant et dans les siècles des siècles, Amen. »
(Anaphore eucharistique, Tradition Apostolique,
texte français par B.BOTTE, SC 11 bis, Cerf 1968, pp. 49-53)

2) Marie dans l’anaphore eucharistique de la tradition apostolique
Dans l’ « action de grâce », la Vierge est mentionnée deux fois (mais ne sont pas mentionnés ni les anges ni les patriarches ni les prophètes, les apôtres ou les martyrs) :

Nous te rendons grâces, ò Dieu, par ton Enfant bien-aimé Jésus-Christ, que tu nous as envoyé en ces derniers temps (comme) sauveur, rédempteur et messager de ton dessein , qui lui est ton Verbe inséparable par qui tu as tout créé et que, dans ton bon plaisir, tu as envoyé du ciel dans le sein d’une vierge et qui ayant été conçu, s’est incarné et s’est manifesté comme ton Fils, né de l’Esprit-Saint et de la Vierge.
 - « les derniers temps » sont ceux où Dieu a envoyé sur la terre son  » Enfant bien-aimé « , son « Verbe inséparable » pour qu’il se fasse homme.
L’expression « derniers temps » il est à rapprocher de Gal 4,4 (« Quand advint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme »), et avec la grande tradition de saint Jean, où le Fils est « envoyé par le Père ». Le temps où Jésus est venu est non seulement le dernier temps au sens chronologique, mais aussi au sens qualitatif : c’est la « plénitude du temps », expression qui désigne l’accomplissement définitif de l’époque préparatoire et le début d’une nouvelle époque qui donne le sens et la valeur à toute l’histoire.
 -  » que tu nous as envoyé [...], tu as envoyé du ciel dans le sein d’une vierge »: l’Incarnation est un envoi: il y en a un qui envoie, le Père, l’autre est envoyé, le Fils, cette prière est antidote du modalisme (contre lequel Tertullien aussi a lutté).
L’envoi a un parcours de kénose : du ciel, c’est-à-dire Dieu, dans le sein d’une vierge, de la lumière incréée vers l’obscurité. Et le but est le salut du genre humain.
 - L’expression « dans le sein d’une vierge » atteste la foi de l’Église en l’humanité réelle du Christ contre la tendance du docétisme à réduire le corps du Seigneur à une simple apparence Dieu ne fait pas semblant de visiter son peuple, mais il s’incarne dans le sein de la vierge ; le fait inouï d’une « vierge » qui conçoit et enfante (cf. Is 7, l4 ; Mt l, 23 ; Lc 1,27. 31) n’est pas l’œuvre de l’homme mais de l’Esprit de Dieu (cf. Lc 1,35) ; l’expression « vierge » fait aussi allusion à la perfection morale de Marie.
 - « ayant été conçu dans le sein » («in utero habitus») : nous retrouvons affirmée la réalité de l’Incarnation, mais considérée non pas tant comme la descente du Verbe dans le sein de Marie que comme son séjour dans le ventre de la Vierge.
 - « né de l’Esprit Saint et de la Vierge ». Même formule que dans la liturgie du baptême dont la Tradition Apostolique fournit un des textes les plus anciens: « Crois-tu au Christ Jésus, Fils de Dieu, né de l’Esprit Saint de la Vierge Marie [...] mort, et qui le troisième jour est ressuscité ? » (Tradition Apostolique 21). On pose cette question avant d’immerger le candidat dans les eaux des fonts baptismaux parce que la conception-naissance virginale du Christ, le Fils de Dieu, appartient au noyau central de la foi.
  Le motif de la mention de Marie dans la prière eucharistique n’est pas de vénérer la Mère du Seigneur mais de glorifier Dieu pour le don de Jésus, son Fils, né par la Vierge.
Cependant, cette mention, dans un contexte fortement liturgique, met en relief la fonction essentielle que Marie a eu dans l’histoire du salut : elle est la mère vierge du Christ, Verbe de Dieu, sauveur de l’homme.
Cette mention archaïque de la Vierge sera désormais un élément présent dans chaque prière eucharistique, en prenant progressivement plus de relief.
Du point de vue liturgique, il n’est pas hors de propos d’affirmer que la vénération à la Mère du Seigneur a commencé près de l’autel du Seigneur et des fonts baptismaux.

Bibliographie :
Ignazio CALABUIG, Il culto di Maria in occidente, In Pontificio Istituto Liturgico sant’Anselmo, Scientia Liturgica, sotto la direzione di A.J. CHUPUNGCO, vol V, Piemme 1998. p. 270
C. GIRAUDO. La struttura letteraria della preghiera eucaristica. Saggio sulla genesi letteraria di una forma. Roma, Pontificio Istituto Biblico, 1981, (Analecta Biblica 92). Cap. VII / II. L’anafora della Tradizione apostolica, pp. 290-295.
C. GIRAUDO. Eucaristia per la Chiesa. Prospettive teologiche sull’eucaristia a partire dalla «lex orandi» Roma – Brescia I E. P .U .G . Morcelliana, 1989, pp. 410-411.

F. Breynaert

L’EUCHARISTIE FAIT DU BAPTISÉ UN « TÉMOIN » (L’exemple de S. Antoine de Padoue…)

13 juin, 2012

http://www.zenit.org/article-31118?l=french

L’EUCHARISTIE FAIT DU BAPTISÉ UN « TÉMOIN »

L’exemple de S. Antoine de Padoue, par le card. Maradiaga

Anne Kurian

DUBLIN, mercredi 13 juin 2012 (ZENIT.org) – L’eucharistie rend « témoin » car elle a une action « transformative » chez celui qui y participe, affirme le cardinal Maradiaga.
Le cardinal Oscar Andrés Rodríguez-Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa au Honduras, a en effet prononcé l’homélie de la messe internationale, ce mercredi 13 juin, en la fête de saint Antoine de Padoue, dans le cadre du Congrès eucharistique international de Dublin (10-17 juin 2012).
Le cardinal s’est appuyé sur l’exemple et l’enseignement de saint Antoine de Padoue, qui « a vécu une relation personnelle intime et passionnée avec l’eucharistie ».
L’eucharistie, a-t-il notamment rappelé, est « un don d’amour qui ne sera pleinement compris que dans l’éternité », c’est « un don du Seigneur », duquel le prêtre « n’est pas le propriétaire mais le servant ».
L’Eucharistie rend témoin
Le repas du Seigneur, a souligné le cardinal, n’est pas seulement une « réunion de communauté », c’est aussi un « mémorial du sacrifice rédempteur du Christ ».
Citant saint Paul, il a rappelé que « celui qui mange de ce pain et boit à cette coupe, proclame la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il revienne », c’est-à-dire que celui qui y prend part, est « uni au mystère de la mort du Seigneur et devient son ‘missionnaire’. »
Il y a en effet, a-t-il expliqué, « une relation profonde entre célébrer l’Eucharistie et proclamer le Christ » : « Entrer dans la communion avec lui signifie, en même temps, être transformé en missionnaire de l’évènement que la célébration réalise. »
Parce que « l’eucharistie est le réel sacrement de la présence du Christ », a-t-il poursuivi, alors « il est inévitable que l’eucharistie ait une action transformative dans le cœur de celui qui la vit ». Ceux qui « participent à la table du Christ » deviennent des « instruments vivants de sa présence aimante, miséricordieuse, qui donne la paix ».
La participation à l’eucharistie, a précisé le cardinal, implique de rendre le mystère « contemporain à toute époque ». Les saints d’ailleurs, « révèlent ou manifestent le Christ » chacun « d’une façon unique dans leur contexte particulier ».
Redonner la place centrale
Pour saint Antoine, a poursuivi le cardinal, « annoncer le Christ c’est le comprendre et l’expliquer à travers le mystère de l’Eucharistie », en « vivant à chaque instant son union avec le Christ vivant et présent dans le Sacrement ».
La « dévotion personnelle » est « la façon la plus convaincante de prêcher ce que l’on croit »: que Jésus est présent dans le sacrement car « l’eucharistie, célébrée et adorée, est le commencement de la configuration au Christ », a affirmé le cardinal.
En ce sens, a-t-il rapporté, saint Antoine disait « il s‘épuise en vain à répandre la doctrine chrétienne, celui qui la contredit par son action ». Il passait d’ailleurs « de longues heures de contemplation et de profond silence amoureux en la présence de Jésus, devant le Tabernacle ».
Aujourd’hui, a constaté le cardinal, l’eucharistique est confrontée à « la pratique de l’indifférence ». Elle est « ignorée » et « n’occupe pas une importante place pour la grande majorité des gens », qui font penser aux Israélites au désert : « Nous sommes dégoûtés de ce pain misérable ». (Nb 21,5)
C’est pourquoi le cardinal a invité les chrétiens à donner à l’eucharistie « une place plus centrale dans leurs vies » afin de « porter du fruit en amour et solidarité ».
Saint Antoine et la mule
« La puissance et l’abondance des miracles » dans la vie de saint Antoine, ont leur source « dans sa vie eucharistique profonde », a estimé le cardinal par ailleurs, illustrant son propos par l’histoire miraculeuse de saint Antoine et la mule.
« Un jour à Rimini, a raconté le cardinal, saint Antoine fut pris à parti par un leader de l’hérésie des patarins – un mouvement réformiste né dans le nord de l’Italie qui réfutait la présence réelle – appelé Bonvillo : « Si tu veux que je croie à ce mystère, tu devras faire ce miracle: J’ai une mule. Je vais la priver de nourriture durant trois jours consécutifs. Nous nous retrouverons alors, je viendrai avec de l’orge et toi avec le sacrement. Si la mule reste indifférente au fourrage et va s’agenouiller et adorer ‘ton pain’, alors je l’adorerai moi aussi. » »
« Saint Antoine accepta le défi, a poursuivi le cardinal, et il s’en alla pour implorer l’aide de Dieu par la prière, le jeûne et les pénitences. Au bout de trois jours, il revint sur la place publique, portant en ses mains un ostensoir avec le Corps du Christ. Une grande foule était réunie, impatiente de connaître le résultat de ce défi extraordinaire ».
Saint Antoine fit face à l’animal affamé, et lui dit: “Au nom du Seigneur que, malgré mon indignité, je porte dans mes mains, je t’ordonne de venir et de montrer ta vénération à ton créateur, afin que la malveillance des hérétiques puisse être confondue et que tous comprennent la vérité de ce très Saint Sacrement que les prêtres donnent à l’autel et par lequel toutes les créatures sont sujettes à leur créateur”.
« Tandis que saint Antoine parlait, a précisé le cardinal, Bonvillo jetait de l’orge à la mule afin qu’elle le mange, mais la mule ne prêtait pas attention à la nourriture. Elle s’avança pas à pas et s’agenouilla respectueusement sur les deux genoux devant le saint qui avait élevé l’hostie et elle resta dans cette position jusqu’à ce que saint Antoine lui ait donné la permission de se lever. »
« Bonvillo tint sa promesse et se convertit de tout son cœur à la foi catholique », a conclu le cardinal, et « les hérétiques abjurèrent leurs erreurs » tandis que saint Antoine, « après avoir donné la bénédiction du Saint Sacrement au milieu des ovations, porta l’ostensoir en procession à l’Eglise où il rendit grâce à Dieu pour le miracle et la conversion de tant de frères ».
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