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Jésus Visage de la miséricorde du Père. Au fil de l’évangile selon St Luc. » par Benoît Nouvel

23 mai, 2008

du site: 

http://bcrpau.free.fr/index.php/content/view/96/56/

Jésus Visage de la miséricorde du Père. Au fil de l’évangile selon St Luc. » par Benoît Nouvel

17-05-2007 JESUS VISAGE DE LA MISERICORDE DU PERE
Au fil des pages de l’évangile selon St Luc 
 

Conférence donnée le lundi 4 mai 2007 à Ste Thérèse de Pau

par Benoît Nouvel

« Des épaules voûtées par l’inquiétude, mais courbées aussi en un geste de tendresse. Un visage grave, des mains qui se posent avec douceur sur un fils perdu et retrouvé ». Paul Baudiquey, en contemplant le tableau de Rembrandt sur le retour du Prodigue, dit que « C’est le premier portrait « grandeur nature » pour lequel Dieu lui-même ait jamais pris la pose (…) C’est en contemplant ce tableau que j’entends le mieux la parabole, que j’entre plus avant dans les chemins de la miséricorde. ».

Entrer dans les chemins de la miséricorde, nous donner à voir le Visage du Père qui se révèle dans celui du Fils, telle est la Bonne Nouvelle offerte par Saint-Luc. Au fil des pages de son évangile, vous qui l’avez parcouru tout au long de cette année, certaines scènes restent gravées dans nos mémoires : ce fils perdu et retrouvé, bien sûr ; ce bon samaritain, ému de compassion pour l’homme tombé aux mains des brigands, le Christ touché par les larmes d’une veuve ou attablé avec les pauvres et les pécheurs.

A l’arrière-plan de ces scènes de lumière, on peut distinguer d’autres personnages aux regards soupçonneux, fermés à la misère de leurs frères. De l’annonce joyeuse de la miséricorde attendue par Israël au pardon donné par le Christ en croix, l’évangile de Luc déploie un chemin de pâque. La miséricorde de Dieu se manifeste dans une histoire faite d’ombres et de lumières, notre histoire de pécheurs. Jusqu’à ses dernières paroles, remplies de confiance et de bonté, sur la croix. Le sommet de la révélation de l’amour miséricordieux.

è

Avec vous, au fil des pages de l’Evangile de Luc, je voudrais parcourir ce chemin de Miséricorde, contempler ce Visage de tendresse. J’ai retenu sept passages :

  • le Christ enfant, éclat de la miséricorde du Père, chanté par Zacharie et Marie

  • Jésus touché par la veuve de Naïn et qui rend la vie à son fils

  • Jésus invité chez Simon, accueillant la pécheresse pardonnée et aimante (c’était votre troisième texte pour une réunion de groupe)

  • puis Jésus qui raconte à un légiste la Parabole du Bon Samaritain

  • aux pharisiens et aux scribes, la ou les trois Paraboles de la Miséricorde (le récit du Fils perdu et retrouvé était votre cinquième texte pour une réunion de groupe)

  • la rencontre entre Jésus et Zachée

  • les trois dernières paroles de Jésus sur la croix

1. « Il a fait éclater sa Miséricorde » : Benedictus et Magnificat (1,46-55 ; 67-79) Le Seigneur a « fait éclater sa miséricorde » (1,58). Voilà la bonne nouvelle qui se propage dès les premières pages de l’Evangile, et fait naître la joie. Le mot « miséricorde » revient avec insistance, et le plus souvent, ce sont les témoins de l’incarnation qui la chantent.
C’est l’accomplissement d’une longue histoire, « l’alliance sainte » dont parle Zacharie, où Dieu n’a cessé de manifester sa miséricorde. Le fameux « hésed », mot hébreu qui parcourt toute la Bible.

Psaume 118,1 : « Rendez grâce au seigneur car il est bon, car éternel est son amour ! »
Psaume 136,1 : « Eternel est son amour ! » « Sa fidélité est pour toujours ! ».

L’autre mot hébreu, « rahamîm », suggère le sentiment d’amour bienveillant qui provient des entrailles mêmes de Dieu : un Dieu qui porte l’humanité en ses entrailles comme une mère, ou comme le père de la parabole accueille le fils prodigue en son sein. Un amour infini, viscéral, déployé tout au long de l’histoire biblique et qui s’incarne, à la plénitude des temps, dans les entrailles de deux femmes : Elizabeth la stérile ; et surtout Marie, qui va concevoir et enfanter « le Seigneur sauve ». Des entrailles de miséricorde de notre Dieu advient pour le monde une nouveauté absolue : un enfant nous est né, un sauveur nous est donné. Il sera le visage de la miséricorde infinie du Père. Du Dieu qui n’est qu’Amour, ce Dieu dont Thérèse de l’enfant Jésus disait : «Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit… je l’aime!… car Il n’est qu’amour et miséricorde!» ; ce « Dieu fondu en charité » comme aimait à le dire Saint-Michel Garicoïts que nous fêterons demain.

Ecoutons des extraits de ces deux chants, que la liturgie nous propose matin et soir, celui d’un homme Zacharie, le père de Jean-Baptiste, celui d’une femme, Marie, mère de Jésus. Nous le ferons en faisant résonner différentes traductions.

Le Bénédictus, Lc 1, 68-79:

Zacharie chante l’action de Dieu dans l’histoire ; évoquant la visite de Jésus Sauveur, lumière d’en haut, et Jean-Baptiste, précurseur et prophète, venu préparer ses chemins.

Ecoutons d’abord la traduction littérale de l’ensemble :

Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il visité son peuple, accompli sa libération (68) (…)
Il a manifesté sa miséricorde envers nos pères et s’est rappelé de son alliance sainte (72) (…
)
Pour donner à son peuple la connaissance du Salut dans le pardon des péchés
(77)
Grâce aux entrailles de miséricorde de notre Dieu
(78)
par lesquelles nous visitera l’astre levant venu d’en haut (78) (…
)
Pour guider nos pas sur le chemin de la Paix » (79)

Arrêtons-nous sur les différentes traductions où se trouvent le mot miséricorde : – au v.72 :

FBJ « Ainsi fait-il miséricorde à nos pères, ainsi se souvient-il de son alliance sainte »
TOB « Il a montré sa bonté envers nos pères et s’est rappelé son alliance sainte »

BLit « amour qu’il montre envers nos pères, mémoire de son alliance sainte »

- au v.78 :

FBJ
« grâce aux sentiments de miséricorde de notre Dieu, dans lesquels nous a visités l’Astre d’en haut »
TOB « C’est l’effet de la bonté profonde de notre Dieu: grâce à elle nous a visités l’astre levant venu d’en haut »
.
BLit « grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut »

Le Magnificat, Lc 1,50.54 :

Dans ce chant qui est « pour ainsi dire le portrait de son âme, entièrement brodé des fils de l’Ecriture Sainte », Marie chante le Seigneur qui est le sujet de tous les verbes. Il est désigné comme Sauveur (v.47), Puissant, Saint (v.49) et Miséricordieux (v.50.54)

Ecoutons le dans son entier, dans la traduction liturgique :Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !

Son amour s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leur trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais.

Ecoutons maintenant les versets où se trouvent le mot miséricorde : – v.50 :
FBJ « sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. »

TOB « Sa bonté s’étend de génération en génération sur ceux qui le craignent. »

BLit « Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. »

- v.54 :
FBJ « Il est venu en aide à Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde »

TOB « Il est venu en aide à Israël son serviteur en souvenir de sa bonté »

BLit « Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour »

C’était la nouvelle que se transmettait déjà l’entourage d’Elizabeth après l’annonce de la naissance inespérée de Jean-Baptiste : Lc 1,58

FBJ Ses voisins et ses proches apprirent que le Seigneur avait fait éclater sa miséricorde à son égard, et ils s’en réjouissaient avec elle.
TOB Ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur l’avait comblée de sa bonté et ils se réjouissaient avec elle.

Une invitation pour nous aussi à chanter la miséricorde de Dieu matin et soir. « Misericordias Domini, in aeternum cantabo », dit le psaume 88 ou le refrain de Taizé, que Jean-Paul II aimait aussi à reprendre.

du Card. Carlo Maria Martini : a la recherche des signes

21 mai, 2008

du site:

http://www.ndweb.org/ecrit/martini/martini.htm

du Card. Carlo Maria Martini

A LA RECHERCHE DES SIGNES

L’évangile de Jean nous fait contempler Marie-Madeleine qui reconnaît graduellement Jésus (Jn 20, 11-18). Marie-Madeleine apparaît comme le personnage le plus décidé, acharné dans la recherche des signes, et à travers les signes, de la présence du Seigneur. En lisant le passage, on voit que se répète et s’accentue cette attitude de Jésus que nous constatons déjà avec Nicodème, la Samaritaine, le paralysé et l’aveugle-né : je veux dire son amabilité, cette façon de s’approcher comme un ami et de poser des questions sur la situation présente : « Que cherchez-vous?  » avait demandé Jésus aux premiers dis-ciples (Jn 1,38); et maintenant à Madeleine :  » Pourquoi pleures-tu ? Que cherches-tu ?  » Jésus l’interroge en partant de la situation où elle se trouve, pour l’éclairer sur ce qu’elle doit comprendre d’elle-même. Ensuite il se manifeste.

Pourquoi Jean nous représente-t-il cette reconnaissance graduelle chez Madeleine, qui ne reconnaît pas Jésus du premier coup mais seulement par la suite? On peut donner des explications psychologiques; mais l’enseignement que Jean veut nous donner est analogue à celui de Luc dans l’épisode des dis-ciples d’Emmaüs : le Seigneur ressuscité veut éveiller dans l’Eglise la foi comme valeur première; graduellement, patiem-ment, en se rendant sensible au coeur, il ouvre les âmes à la confiance, et de là ensuite vient la possibilité de reconnaître que c’est lui.

Nous pouvons, à ce sujet, faire réflexion sur notre situation de chercheurs de signes de la présence de Dieu dans notre vie. En nous examinant nous-mêmes au miroir de ce récit de l’apparition de Jésus à Marie-Madeleine, nous pourrions dire que nous aussi nous devrions être certains, par la force de la foi, d’avoir le Seigneur tout près de nous, et qu’il suffit d’ouvrir les yeux pour le reconnaître dans la situa-tion présente, là où le Seigneur a prolongé et étendu son incarnation.

Souvent nous disons Si les choses étaient autre-ment, si j’étais plus intelligent, si j’avais plus de temps pour prier, si ma communauté était composée autrement… Mais Jean nous dit : Là où tu es le Seigneur est présent près de toi, et tu peux activement le reconnaître présent par ta foi et par ta charité. C’est pourquoi l’enseignement principal que nous pouvons puiser dans ce récit évangélique est proprement celui de savoir, pour ainsi dire, conjuguer la présence du Verbe incarné à tous les temps et à tous les modes que Jean nous fait voir. Alors nous pourrons le trouver proche de nous et ainsi jouir de l’immense joie de celui qui voit une situation apparemment enténébrée se transformer par l’intérieur, de manière inattendue, en vertu de la présence du Seigneur cru-cifié pour nous et pour nous ressuscité.

Carlo Martini sj, archevêque de Milan
 » Voici votre roi « , Les Editions du Cerf, collection Epiphanie, Paris, 1981, p. 186-187

18 Le temple de Dieu [Éph. 2:22 ; 1 Cor. 3:16, 17 ; Exode 15 — Les croyants ensemble, une habitation de Dieu par l’Esprit]

19 mai, 2008

du site: 

http://www.bibliquest.org/

18 Le temple de Dieu [Éph. 2:22 ; 1 Cor. 3:16, 17 ; Exode 15 — Les croyants ensemble, une habitation de Dieu par l’Esprit]

«En qui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par lEsprit» (Éph. 2:22).

«Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que lEsprit de Dieu habite en vous ? Si quelquun corrompt le temple de Dieu, Dieu le détruira, car le temple de Dieu est saint, et tels vous êtes» (1 Cor. 3:16, 17).

Nous avons vu dans le chapitre précédent que, le jour de la Pentecôte, le Saint Esprit a baptisé les croyants en un seul corps, le corps de Christ dont le Seigneur glorifié dans le ciel est la tête (Éph. 1:20-23). Dans les versets cités ci-dessus, nous trouvons une autre vérité : Les croyants forment ensemble le temple de Dieu : une habitation de Dieu par lEsprit.Il ne faut pas s

éparer ces vérités lune de lautre. Ce sont deux côtés dune seule et même chose. Toutes deux soccupent de lassemblée, mais la considèrent de côtés différents (voir par exemple Éph. 1:22 : «Lassemblée, qui est son corps» et 1 Tim. 3:15 : «La maison de Dieu, qui est lassemblée du Dieu vivant»). Comme nous lavons déjà dit, le christianisme est caractérisé par le double fait quil a au ciel un Seigneur glorifié et que le Saint Esprit habite sur la terre. Le corps de Christ présente surtout notre communion avec Christ Lui-même, comme tête de lassemblée dans le ciel. Toutefois le Saint Esprit ne considère pas lassemblée seulement de cette manière, mais aussi comme habitation de Dieu par lEsprit. Et cest ce quelle est comme habitation du Saint Esprit sur la terre. Nous voyons ainsi la position actuelle de lassemblée sur la terre. Ces deux côtés de la vérité confirment que lassemblée nexistait pas avant le jour de la Pentecôte.

Il ny avait rien de tel que le corps de Christ ou que lhabitation de Dieu par lEsprit avant que le péché ait été jugé à la croix et que le Saint Esprit soit descendu sur la terre pour former lassemblée. Cela est dune importance pratique incommensurable pour le coeur qui a saisi ces vérités. Malheureusement beaucoup de croyants pensent que lassemblée a existé déjà avant le jour de la Pentecôte, et même depuis Adam. Si toutefois ils sondaient la parole de Dieu, ils verraient que cette pensée est erronée.L

’épître aux Éphésiens parle seulement à des chrétiens. Elle est adressée aux «fidèles dans le Christ Jésus». Et le Saint Esprit veut justement prouver que le système juif a été mis de côté et que quelque chose de nouveau a été introduit à sa place. La croix de Christ a montré que lhomme était mort dans ses fautes et dans ses péchés ; là, il ny avait pas de différence entre Juifs et nations. Si tout est grâce, il ne peut pas y avoir de privilèges naturels. Une distinction, basée sur des privilèges terrestres, ne peut alors pas subsister. Cest pourquoi il est dit que par sa mort Christ a aboli la séparation et que tous ceux qui croient dentre les nations ont été approchés par son sang. Ils sont purifiés par son sang, réconciliés avec Dieu par sa croix ; il ny a plus aucune différence et ils sont constitués en lui en un nouvel homme, en assemblée, quelle soit considérée comme corps de Christ ou comme habitation de Dieu par lEsprit. Dans le fondement sur lequel lassemblée est construite on ne peut plus trouver de différence entre Juifs et païens, bien que Dieu lait lui-même instituée dans les jours précédents et lait confirmée.

Certes nous trouvons lassemblée dans divers types de lAncien Testament, par exemple comme l’épouse en Ève (cf. Éph. 5:31, 32) et comme temple de Dieu. Mais la vérité même concernant lassemblée, lEkklesia, n’était pas révélée. C’était un mystère qui na été révélé que par les apôtres et prophètes du Nouveau Testament (Éph. 3:5). Et nous ne trouvons pas une seule allusion à lassemblée, comme corps de Christ, unie à sa tête céleste.Les ap

ôtres et prophètes ont posé le fondement. Nous voyons par Éph. 3:5 quil sagit des prophètes du Nouveau Testament et non pas de lAncien Testament. Dailleurs les termes mêmes excluent cette interprétation. Les apôtres sont nommés dabord, et ils sont vus avec les prophètes, comme un groupe. Il ny a quun article pour les deux, comme en grec.

Quand ce fondement a-t-il été posé ? Lorsque lhomme a péché ? Non, quatre mille ans plus tard, lorsque Christ est venu, est mort pour le péché, est ressuscité dentre les morts puis est monté au ciel. En Éph. 2:21 nous lisons que «tout l’édifice, bien ajusté ensemble, croît pour être un temple saint dans le Seigneur». Un jour, l’édifice sera achevé dans la gloire, lorsque, sur la nouvelle terre, lhabitation de Dieu sera avec les hommes (Apoc. 21:3). Ce nest toutefois pas seulement un édifice à venir. Cest aussi la maison de Dieu : «en qui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par lEsprit» ; «Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu ?»É

ph. 2 place devant nous, dans les premiers versets, l’état entièrement corrompu de lhomme. Ensuite nous trouvons la rédemption et en vertu de celle-ci la précieuse vérité que Dieu veut habiter avec nous. Nous ne voyons nulle part dans les Saintes Écritures que Dieu habite avec les hommes, sinon après que la rédemption a été révélée. Il en est ainsi même dans les types de lAncien Testament. Dieu na habité ni avant ni après la chute avec Adam, Hénoc, Noé ou Abraham. N’étaient-ils pas des croyants, possédant la vie de Dieu ? Certes ! Et pourtant ce nest quen Ex. 15 quil est parlé dune habitation de Dieu avec les hommes. Dès le chap. 25 de lExode, nous trouvons comment la tente est dressée. Ce nest quaprès que la rédemption a été complètement révélée quil a pu être parlé, en vertu de cette oeuvre, dune «habitation de Dieu» sur la terre. Et en fait, nous navons nulle part dans lAncien Testament une image aussi complète de la rédemption que dans les chap. 12 à 15 de lExode.

Dans les premiers chapitres de lExode, nous trouvons, comme en Éph. 2, le triste état du peuple. Ensuite nous avons le juste jugement de Dieu et le sang sur les poteaux des portes, qui met à labri du jugement. Puis au chap. 14 nous voyons le passage de la mer Rouge, dans laquelle le Pharaon et son armée furent détruits, tandis quIsraël, sauvé, atteignait lautre rive, délivré de ses ennemis. Tout cela est une image de la mort et de la résurrection. À ce moment seulement le peuple est délivré ; cest pourquoi aussi ce nest qualors quil est parlé de rédemption. L’Écriture Sainte ne dit pas dune personne, quelle est sauvée ou quelle possède le salut, quand elle est convertie et a ainsi la vie de Dieu. Ce nest que lorsquelle connaît laffranchissement en Christ (tel quil est présenté dans les Romains du chap. 5:12 au chap. 8 compris), quelle peut dire avec toute certitude quelle est morte et ressuscitée avec Christ, quelle est sauvée. Et ce nest quavec des hommes sauvés que Dieu peut habiter. De lautre côté de la mer Rouge, Israël, à la fois à labri du jugement de Dieu et libéré de l’Égypte, put chanter le cantique de la délivrance. Pour la première fois il est alors parlé, dans la Bible, de chanter, pour la première fois aussi il est parlé de délivrance, pour la première fois il est fait mention dune habitation de Dieu et pour la première fois la sainteté de Dieu est présentée. Ce sont des choses très importantes et pleines de signification. Lhabitation «de Dieu par lEsprit» est fondée sur la rédemption, et la sainteté de Dieu est en rapport très étroit avec Son temple ici-bas «un temple saint dans le Seigneur» (Éph. 2:21), «car le temple de Dieu est saint» (1 Cor. 3:17). Et quest-ce qui fait de lassemblée un temple de Dieu ? La présence du Saint Esprit seule.Ce ne sont pas seulement des r

évélations, mais des faits, qui nous invitent sérieusement à la sainteté. Le christianisme ne consiste pas seulement en principes (dogmes), mais en faits. Et ces faits forment la base de la doctrine. Il sagit dune Personne, dun homme qui vécut réellement, naquit ici-bas, fut manifesté dans ce monde, qui mourut, ressuscita et monta au ciel. Et cette Personne na pas seulement fait connaître la vérité, mais elle est elle-même la vérité. Et maintenant que le Seigneur est au ciel, une autre vraie Personne divine, le Saint Esprit, est descendu sur la terre, et il est la puissance par laquelle on apprend à connaître le Seigneur glorifié. Est-ce une réalité vivante pour nous ? ou seulement une connaissance ? Par exemple, dans nos réunions, sur qui nos yeux sont-ils dirigés ? sur des frères ou sur Christ par le Saint Esprit, cette Personne divine qui est au milieu de nous ? Sommes-nous conscients de la signification inestimable de ce fait ?

Ce nest pas notre foi, ou la possession de la vie de Dieu qui nous constitue en assemblée de Dieu. Les saints de lAncien Testament les possédaient aussi. Mais seule la présence du Saint Esprit fait de nous le temple de Dieu (1 Cor. 3:16). Que des hommes, qui ne possédaient pas la vie de Dieu, sy soient introduits naltère pas cette vérité. Il est triste que, du fait de notre si faible capacité de discernement, des hommes qui ne sont pas nés de nouveau, ont été reçus dans lassemblée. Toutefois le fait demeure que Dieu habite dans Sa maison, et cest une consolation glorieuse pour nous qui vivons dans un temps de ruine. Nous pouvons compter que le Saint Esprit habite encore aujourdhui au milieu de nous.Il en r

ésulte dautre part une grande responsabilité. Elle est placée devant nos yeux en 1 Cor. 3. Le fondement de la maison a été posé, mais nous devons édifier dessus. Et comment construisons-nous ? On peut le faire avec de lor, de largent et des pierres précieuses, matériaux pouvant supporter le jugement de Dieu. Mais on peut bâtir avec du bois, du foin, du chaume, qui tous seront détruits par le jugement. Oui, même le temple de Dieu, qui est saint, peut être corrompu.

Ne devons-nous pas reconnaître avec humiliation, que cela est arrivé ? Est-ce que le fondement, Jésus Christ lui-même (1 Cor. 3:11) na pas été attaqué, démantelé, réduit en ruine ? Des doctrines attentatoires à sa Personne et à son oeuvre surgissent dans lassemblée. Nous trouvons le résultat dans lesquisse prophétique, donnée par lapôtre Paul dans sa dernière épître (2 Tim. 2). Il parle de personnes qui se sont écartées de la vérité. «Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont siens, et : Quil se retire de liniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur. Or, dans une grande maison, il ny a pas seulement des vases dor et dargent, mais aussi de bois et de terre ; et les uns à honneur, les autres à déshonneur. Si donc quelquun se purifie de ceux-ci, il sera un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne oeuvre».

Tel est l’état qui caractérise l’époque actuelle. Nous avons une grande maison, avec des vases à honneur et dautres à déshonneur. Et que doit faire celui qui invoque le nom du Seigneur ? Il doit se retirer de liniquité et se séparer des vases à déshonneur pour être un vase à honneur, utile au maître, préparé pour toute bonne oeuvre. Il ne peut pas renier la confession de Son nom, car ce serait abandonner la seule position sur la terre qui est bonne. Mais nous avons à nous séparer de tout ce qui est en contradiction avec Sa volonté. Rester en communion avec un mal connu est la même chose que dire que Christ a communion avec Bélial. Peu importe quil sagisse dun mal moral ou doctrinal. Parfois aussi par indifférence on nie la présence du Saint Esprit dans lassemblée, ou on empêche son action. Si des personnes invoquent le nom du Seigneur et le lient avec le péché, ce sont des vases à déshonneur dont le croyant est tenu de se séparer. Cest un principe chrétien établi et fondamental quil ny a aucune circonstance autorisant un croyant à avoir communion avec quelque chose de contraire à la volonté de Dieu. Nous sommes certes appelés à user de patience, mais jamais à l’égard du mal. Et ce nest pas limportance du mal, mais le support intentionnel dun mal manifeste qui nuit au caractère du temple de Dieu et le détruit.

« Et le cœur du peuple se découragea en chemin »

12 mai, 2008

du site:

http://www.bibliquest.org/PF/PF-at04-Le_coeur_du_peuple_se_decouragea_ME1942.htm

« Et le cœur du peuple se découragea en chemin »

Nombres 21:4

Paul Fuzier

Table des matières :

1 Découragement à la fin du chemin

2 Ressources du commencement

3 Discipline pour ramener les cœurs

4 Application au temps actuel

4.1 Les raisons du découragement

4.2 Les ressources contre le découragement

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest. ME 1942 p. 322

1 Découragement à la fin du chemin

La scène de Nombres 21:4-9 a souvent illustré la présentation de l’Évangile. Le Seigneur lui-même a dit à Nicodème : « Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi il faut que le fils de lhomme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais quil ait la vie éternelle » (Jean 3:14-15). Mais nous désirerions considérer ce récit à un autre point de vue, en faisant une application aux circonstances du croyant. Dams le livre des Nombres nous voyons le peuple dIsraël en marche et en lutte au milieu du désert. Cest le livre du désert et, à ce titre, il est rempli dinstructions pour nous, pèlerins en voyage au travers du désert de ce monde. 1 Corinthiens 10, qui fait aussi allusion à cette scène, nous rappelle que « toutes ces choses leur arrivèrent comme types et elles ont été écrites pour nous servir davertissement, à nous que les fins des siècles ont atteints ».

À quel moment du voyage le cœur du peuple se décourage-t-il en chemin ? Tout à la fin ! En route depuis trente-neuf ans, ils étaient à la veille datteindre enfin le pays de la promesse. Le but si proche aurait dû être un stimulant pour eux. Tout au contraire, ils sont découragés Pourquoi cela ? « Il ny a pas de pain et il ny a pas deau et notre âme est dégoûtée de ce pain misérable ». Sanas doute, cheminer dans un désert aride sans pain et sans eau, ce serait bien décourageant, car il serait impossible darriver au bout du voyage. Mais Celui qui les a mis en route na-t-il pas fourni toutes les ressources nécessaires ? Comment les choses se sont-elles passées quand il a fallu « sortir vers le désert » ?

2 Ressources du commencement

Au chap. 15 de lExode, nous voyons le peuple se mettre en chemin, après avoir traversé la Mer Rouge. Tout aussitôt, l’Éternel leur donne la manne (chap. 16) et leau du Rocher (chapitre 17). Il pourvoit à tout nourriture et rafraîchissement dès les premiers pas dans le désert. Quelle saveur a cette nourriture excellente : « le goût dun gâteau au miel » ! La douceur en est éprouvée et conduit le peuple à jouir du repos, le sabbat lui étant donné non comme un commandement de la loi dont il nest pas encore question mais comme un privilège, sur le pied de la rédemption accomplie (Deut. 5:15). Comment parler de repos à ce peuple tout au début de son voyage ? oui, il pourra en jouir au milieu des sables brûlants du désert, sil se nourrit chaque jour de la manne. Puis, leau coule du rocher qui a été frappé une fois, source de rafraîchissement toujours nouvelle.

Ces ressources ne sont-elles plus là au terme du pèlerinage ? Elles sont les mêmes ! Elles nont jamais manqué et le peuple vient encore une fois de lexpérimenter à Meriba où les eaux ont coulé abondamment du rocher bien que Moïse lait frappé, et par deux fois, au lieu de lui parler (Nomb. 20:7-13). Mais le peuple ne sempare pas de ces ressources, suffisantes pour aller jusquau bout ; il nen jouit plus parce quil ny trouve plus la nourriture de son âme. Aussi, le cœur découragé, il parle contre Dieu et contre Moïse. Il en arrive à ce point parce quil a abandonné les ressources divines ou na pas su les apprécier à leur juste valeur. Sérieux enseignement pour tous les temps !

3 Discipline pour ramener les cœurs

L’Éternel envoie alors les serpents. Cest la conséquence de leur état, mais aussi cest pour en manifester la cause. Cest un châtiment de Dieu, agissant dans son gouvernement, mais en même temps, semble-t-il, un effet de sa grâce ; car il veut ramener les cœurs vers Lui et, pour cela, il est nécessaire que dabord Il conduise le peuple à discerner la véritable cause des murmures et du découragement. Tout cela, cest l’œuvre de lennemi, « le serpent ancien » (Apoc. 20:2), celui qui dès le commencement a conduit lhomme à douter de Dieu et de son amour. Nest-ce pas le but de toute discipline de nous amener à discerner et à juger la cause profonde de notre état, la racine du mal ? Par son moyen, dans le cœur et la conscience, un travail est produit qui conduit à dire : « Nous avons péché ». Cest le chemin de la restauration et de la bénédiction. Par la prière, le cœur se tourne ensuite vers Dieu. Dieu répondra certainement, mais comment le fera-t-Il ? Va-t-Il retirer sa main, ôter les serpents ? Non, Il a par devers lui quelque chose de plus excellent encore. Il présente un objet aux regards de la foi et quiconque le regardera vivra. Sur celui qui le regardera lennemi aura perdu son pouvoir. Triomphe de la foi !

Alors le peuple peut se remettre en route. Nous le voyons aller, dans les versets qui suivent, d’étape en étape, de victoire en victoire. Il nest plus question maintenant de découragement et de murmures : Israël chante un cantique ! Cest la joie et lallégresse. « Monte, puits ! » : une source précieuse de rafraîchissement est là pour ceux qui ont considéré lobjet placé devant eux !

4 Application au temps actuel

4.1 Les raisons du découragement

Quelle illustration des choses qui nous concernent ! Nous aussi, nous sommes arrivés au terme du voyage, tout à la veille dentrer dans la Canaan céleste. Nest-il pas vrai que, si près du but, nous sommes souvent découragés ? Nest-il pas vrai quil y a tant de choses qui nous conduisent ainsi à murmurer, dans les temps actuels surtout ? Et cela, parce que nous perdons de vue que les ressources de notre Dieu pour le temps du pèlerinage demeurent les mêmes jusqu’à la fin : la manne type de Celui qui a dit : « Moi je suis le pain de vie. Celui qui vient à Moi naura jamais faim ; et celui qui croit en Moi naura jamais soif » (Jean 6:35) et leau du rocher, type du Saint Esprit. Christ nest plus la nourriture qui rassasie nos âmes, le Saint Esprit nest plus cette « fontaine deau jaillissant en vie éternelle », puissance intérieure qui nous rafraîchit et nous conduit à exprimer adoration et reconnaissance. Sans doute, nul noserait parler de « pain misérable », mais narrive-t-il pas que notre vie pratique traduise ce que taisent nos lèvres ? Pas de pain, pas deau ! Pas de repos non plus. Nous nen jouissons pas, non parce que nous sommes dans un monde agité et inquiet, mais parce que nous ne nous nourrissons pas de Christ chaque jour. Ce sont alors le découragement et les murmures, car les deux vont généralement de pair. Tel est le résultat du travail de lennemi qui a voilé à nos yeux la personne adorable de Celui en qui nous avons tout, qui a entravé en nous la libre action du Saint Esprit.

4.2 Les ressources contre le découragement

Notre Dieu nous aime trop pour nous laisser dans cet état. Il permet alors l’épreuve qui nous conduira à discerner lactivité de ladversaire. Mais surtout Il la dispense pour nous ramener à Lui en nous présentant Christ comme tout à nouveau. Le chemin du recouvrement cest quand, dans lhumiliation et le jugement de nous-mêmes, nous pouvons dire : « Nous avons péché ». Peut-être Dieu n’éloignera-t-Il pas ce quIl a dû envoyer en discipline et puis lennemi, le serpent ancien, sera toujours là. Mais Il présentera un objet, une Personne aux regards de notre foi.

Pas de pain ? Contemplez Christ, nourrissez-vous de Lui. Quiconque le regardera vivra. « Celui qui mangera ce pain vivra éternellement » (Jean 6:58). Cest le pain qui donne la vie et qui en est aussi laliment chez tous ceux qui la possèdent.Pas d

eau ? Voyez Celui qui a été frappé à la croix. « Si quelquun a soif, quil vienne à Moi et quil boive. Celui qui croit en Moi, selon ce qua dit l’Écriture, des fleuves deau vive couleront de son ventre (Or il disait cela de lEsprit quallaient recevoir ceux qui croyaient en lui ; car lEsprit n’était pas encore, parce que Jésus navait pas encore été glorifié) » (Jean 7:37-39).

Découragés ? « Courons avec patience la course qui est devant nous, fixant les yeux sur Jésus, le Chef et le consommateur de la foi, lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu. Car considérez Celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même, afin que vous ne soyez pas las, étant découragés dans vos âmes » (Héb. 12:1-3).Nous pourrons alors reprendre la route pour les derniers pas du voyage. Si près darriver, il y aura pourtant encore des luttes et des combats, mais la victoire est assurée pour la foi. Cest une foi triomphante ! Murmures et découragement feront place à lallégresse et à la joie. Le cantique s’élèvera, au milieu du désert aride : « Monte, puits ! » Et nos âmes désaltérées jouiront de Celui qui sera notre bonheur pour l’éternité.

Lecture du livre des Actes des Apôtres (10, 34 a. 37-43)

10 avril, 2008

Lecture du livre des Actes des Apôtres (10, 34 a. 37-43) dans biblique 20080323_v

Lecture du livre des Actes des Apôtres (10, 34 a. 37-43)

Quand Pierre arriva à Césarée chez un centurion de l’armée romaine, il prit la parole :  » Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu l’a consacré par l’Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui. Et nous, les Apôtres, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l’ont fait mourir en le pendant au bois du supplice. Et voici que Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se montrer non pas à tout le peuple, mais seulement aux témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. Il nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que Dieu l’a choisi comme Juge des vivants et des morts. C’est à lui que tous les prophètes rendent ce témoignage : Tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés.

http://www.evangile-et-peinture.org/index.php?op=edito

Les pleurs de Marie de Magdala

29 mars, 2008

du site: 

http://www.bible-service.net/site/415.html

 

Les pleurs de Marie de Magdala

 Jn 20
 

 

Marie de Magdala pleure et ne reconnaît pas l’homme qu’elle cherche en celui qui lui parle. Étonnant et mystérieux chapitre 20 de l’évangile de Jean ! Relisons-le, lentement, pour redécouvrir l’amour qui brûle en cette femme, et pour redécouvrir, avec elle, notre identité d’envoyé(e) par le Christ.

À la différence des évangiles synoptiques, celui de Jean aime à mettre en scène, face à Jésus le révélateur, non seulement des aveugles ou des paralytiques anonymes, mais des hommes et des femmes désignés par leur prénom : Nicodème, Lazare, Simon-Pierre, Marthe ou Marie… Il y a, dans la façon d’écrire de Jean, un art de raconter des histoires de personnages au destin à la fois complexe et inachevé. La rencontre avec Jésus produit à chaque fois, un effet décisif que le lecteur perçoit, et qu’il est conduit à prolonger en remplissant les « blancs » laissés par le narrateur. Cela se vérifie dans l’histoire de Marie de Magdala, venue au tombeau à la recherche du corps de Jésus. 

Le pur désir 

Pourquoi Marie de Magdala vient-elle seule au tombeau, tandis que la nuit s’achève, en ce premier jour d’une semaine qui a changé la face du monde ? L’habileté de l’évangéliste se manifeste par plusieurs traits. D’abord, il centre son récit sur un seul personnage : Marie de Magdala. Il connaît la tradition que rapportent les autres évangélistes selon laquelle elles étaient plusieurs à avoir fait ce déplacement, après la fin du sabbat. Il a d’ailleurs conservé une cicatrice de cette tradition dans la parole de Marie aux deux apôtres : « On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l’a mis. » (v. 2). Fidèle à un procédé d’écriture avec lequel le cinéma nous a familiarisés, il a fait un gros plan sur Marie de Magdala dont l’expérience humaine et spirituelle prend valeur exemplaire.

De plus, Marie n’a pas de tâche concrète à remplir, elle vient sans objectif déclaré. Dans les synoptiques au contraire les femmes ont une mission à remplir : embaumer le corps de Jésus, onction des morts pour entrer pleinement dans la paix de Dieu. Dans l’évangile de Jean, cela a été fait par Joseph d’Arimathie et Nicodème dès la descente de la croix (Jn 19,40). La venue de Marie, seule, dans une gratuité totale, ouvre un espace à la lecture. Jean construit ainsi une figure admirable, portée par le désir et l’amour absolu. Elle est ici l’amante qui veut conduire son deuil jusqu’au bout, dans une quête obstinée de la dépouille de son bien-aimé. 

L’intuition de la femme 

Habituellement les visites aux morts se déroulent dans le calme et le silence. Le temps s’arrête. L’expérience de Marie est tout autre. En voyant « que la pierre a été enlevée », au lieu d’aller au bout de sa plongée dans le monde des morts comme prévu, elle s’éloigne du tombeau et court avertir deux disciples : le corps du Seigneur a disparu, le tombeau est vide. Son mouvement devient contagieux, entraînant dans sa course Pierre et le disciple que Jésus aimait (v. 3-4). Tous les trois courent, pauvre trio humain ignorant qu’ils sont face à la Trinité divine, plus forte que la mort : le Dieu Père ressuscitant son fils par la puissance de l’Esprit. Chacun des trois retourne vers le tombeau, pour y être affronté à l’irruption de la Vie dans le monde de la mort. Marie, la première à découvrir le tombeau ouvert, sera aussi la première à rencontrer son Seigneur vivant.

Pressent-elle que l’impossible pourrait advenir ? Sa lenteur à lire les signes (y compris la présence des deux anges et celle de Jésus lui-même) laisserait entendre le contraire (v. 11-15) mais sa quête insistante fait entrevoir en elle une intuition cachée : « Il me semble que, sous le couvert de son inquiétude, quant à l’absence du corps, filtre, en elle, mais très profonde, une source. Obscure. Celle même qui tient captive pour l’instant, sa mémoire : l’idée, la vague idée, comme un oiseau aveugle, de la résurrection qui vient heurter sa préoccupation du corps disparu » (Georges Haldas).

Sa rencontre avec Jésus est étrange. Dans sa hâte de pouvoir toucher pour la dernière fois le corps du bien aimé, Marie est comme aveuglée. Elle ne voit pas les signes du mystère qui se donnent pourtant à voir : les anges qui sont habituellement les messagers de Dieu, et même Jésus qu’elle ne reconnaît pas et qu’elle prend pour un jardinier. C’est peut-être l’aveuglement de l’amour. Il faut que retentisse la voix de Jésus : « Myriam » pour qu’elle accueille enfin pleinement le mystère : « Rabbouni ! » Sa quête du cadavre peut alors prendre fin, il lui faut désormais apprendre à vivre une autre relation avec Jésus : « Ne me retiens pas » ou, plus littéralement, « Cesse de me toucher » (v. 17). 

Marie, l’une d’entre nous 

Par sa façon d’écrire, Jean accorde une place importante au lecteur et à la lectrice. Chacun peut, à partir des ouvertures du texte, se reconnaître dans l’expérience de cette femme et la prolonger. Pour ma part, j’aime voir en Marie de Magdala, la croyante idéale, éblouie par le maître dont elle a tant reçu et qu’elle a accompagné dans une fidélité sans faille. Lecteur parfois naïf des évangiles, mais en même temps restant toujours exégète marqué par la critique, je me refuse à fusionner en une seule figure toutes les Marie, en y rajoutant même la pécheresse anonyme de Luc. Il me suffit de me reconnaître dans Marie de Magdala, telle que Jean la raconte. Elle est alors pour moi, quelqu’un qui m’apprend à dépasser l’univers transitoire de la vision pour entrer résolument dans l’attitude de l’écoute. Je suis invité à m’inspirer de Marie, entrant à sa suite dans le temps de l’Église qui commence. Comme elle, qui, au matin de Pâque, a dû abandonner la relation physique avec Jésus, je suis invité à rencontrer le Seigneur dans l’obéissance à sa parole. Moi aussi il m’appelle par mon nom et m’envoie annoncer qu’il est devenu « le Prince de la Vie ». 

Alain MARCHADOUR. Article extrait des Dossiers de la Bible n° 92 (2002) : Marie Madeleine, femme et apôtre, p. 10-11 

 

 

 

 



 


Le pur désir 

 

 


 


Le pur désir 

 


 


Pourquoi Marie de Magdala vient-elle seule au tombeau, tandis que la nuit s’achève, en ce premier jour d’une semaine qui a changé la face du monde ? L’habileté de l’évangéliste se manifeste par plusieurs traits. D’abord, il centre son récit sur un seul personnage : Marie de Magdala. Il connaît la tradition que rapportent les autres évangélistes selon laquelle elles étaient plusieurs à avoir fait ce déplacement, après la fin du sabbat. Il a d’ailleurs conservé une cicatrice de cette tradition dans la parole de Marie aux deux apôtres : « On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l’a mis. » (v. 2). Fidèle à un procédé d’écriture avec lequel le cinéma nous a familiarisés, il a fait un gros plan sur Marie de Magdala dont l’expérience humaine et spirituelle prend valeur exemplaire.

De plus, Marie n’a pas de tâche concrète à remplir, elle vient sans objectif déclaré. Dans les synoptiques au contraire les femmes ont une mission à remplir : embaumer le corps de Jésus, onction des morts pour entrer pleinement dans la paix de Dieu. Dans l’évangile de Jean, cela a été fait par Joseph d’Arimathie et Nicodème dès la descente de la croix (Jn 19,40). La venue de Marie, seule, dans une gratuité totale, ouvre un espace à la lecture. Jean construit ainsi une figure admirable, portée par le désir et l’amour absolu. Elle est ici l’amante qui veut conduire son deuil jusqu’au bout, dans une quête obstinée de la dépouille de son bien-aimé. 

 


 


L’intuition de la femme 

 


 


Habituellement les visites aux morts se déroulent dans le calme et le silence. Le temps s’arrête. L’expérience de Marie est tout autre. En voyant « que la pierre a été enlevée », au lieu d’aller au bout de sa plongée dans le monde des morts comme prévu, elle s’éloigne du tombeau et court avertir deux disciples : le corps du Seigneur a disparu, le tombeau est vide. Son mouvement devient contagieux, entraînant dans sa course Pierre et le disciple que Jésus aimait (v. 3-4). Tous les trois courent, pauvre trio humain ignorant qu’ils sont face à la Trinité divine, plus forte que la mort : le Dieu Père ressuscitant son fils par la puissance de l’Esprit. Chacun des trois retourne vers le tombeau, pour y être affronté à l’irruption de la Vie dans le monde de la mort. Marie, la première à découvrir le tombeau ouvert, sera aussi la première à rencontrer son Seigneur vivant.

Pressent-elle que l’impossible pourrait advenir ? Sa lenteur à lire les signes (y compris la présence des deux anges et celle de Jésus lui-même) laisserait entendre le contraire (v. 11-15) mais sa quête insistante fait entrevoir en elle une intuition cachée : « Il me semble que, sous le couvert de son inquiétude, quant à l’absence du corps, filtre, en elle, mais très profonde, une source. Obscure. Celle même qui tient captive pour l’instant, sa mémoire : l’idée, la vague idée, comme un oiseau aveugle, de la résurrection qui vient heurter sa préoccupation du corps disparu » (Georges Haldas).

Sa rencontre avec Jésus est étrange. Dans sa hâte de pouvoir toucher pour la dernière fois le corps du bien aimé, Marie est comme aveuglée. Elle ne voit pas les signes du mystère qui se donnent pourtant à voir : les anges qui sont habituellement les messagers de Dieu, et même Jésus qu’elle ne reconnaît pas et qu’elle prend pour un jardinier. C’est peut-être l’aveuglement de l’amour. Il faut que retentisse la voix de Jésus : « Myriam » pour qu’elle accueille enfin pleinement le mystère : « Rabbouni ! » Sa quête du cadavre peut alors prendre fin, il lui faut désormais apprendre à vivre une autre relation avec Jésus : « Ne me retiens pas » ou, plus littéralement, « Cesse de me toucher » (v. 17). 

 


 


Marie, l’une d’entre nous 

 


 


Par sa façon d’écrire, Jean accorde une place importante au lecteur et à la lectrice. Chacun peut, à partir des ouvertures du texte, se reconnaître dans l’expérience de cette femme et la prolonger. Pour ma part, j’aime voir en Marie de Magdala, la croyante idéale, éblouie par le maître dont elle a tant reçu et qu’elle a accompagné dans une fidélité sans faille. Lecteur parfois naïf des évangiles, mais en même temps restant toujours exégète marqué par la critique, je me refuse à fusionner en une seule figure toutes les Marie, en y rajoutant même la pécheresse anonyme de Luc. Il me suffit de me reconnaître dans Marie de Magdala, telle que Jean la raconte. Elle est alors pour moi, quelqu’un qui m’apprend à dépasser l’univers transitoire de la vision pour entrer résolument dans l’attitude de l’écoute. Je suis invité à m’inspirer de Marie, entrant à sa suite dans le temps de l’Église qui commence. Comme elle, qui, au matin de Pâque, a dû abandonner la relation physique avec Jésus, je suis invité à rencontrer le Seigneur dans l’obéissance à sa parole. Moi aussi il m’appelle par mon nom et m’envoie annoncer qu’il est devenu « le Prince de la Vie ».

Alain MARCHADOUR. Article extrait des Dossiers de la Bible n° 92 (2002) : Marie Madeleine, femme et apôtre, p. 10-11 

 

La Transfiguration (17, 1-9)

16 février, 2008

du site:

http://www.bible-service.net/site/591.html

La Transfiguration (17, 1-9)
[2e dimanche A de Carême et fête de la Transfiguration]

L’épisode de la Transfiguration échappe au fil de la lecture continue. La tradition liturgique le réserve au 2e dimanche de Carême, pour anticiper la victoire de Pâques, ainsi qu’à à la fête du 6 août.

Après l’annonce de la loi de la croix dans la vie de l’Église (16, 24), la scène apporte aux croyants la certitude d’un dénouement lumineux. Plus directement, le récit s’enchaîne avec une parole énigmatique : « Il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venant dans sa royauté » (16, 28). Ainsi placé, le verset éclaire la Transfiguration comme une révélation de la gloire du « Fils de l’homme ».Lecture d’ensemble. L’introduction (v. 1) campe les personnages, les trois disciples qui accompagneront Jésus dans l’épreuve de Gethsémani (26, 37), et le lieu : « la haute montagne » où Dieu va glorifier son Fils s’oppose à la « très haute montagne » où le diable offrait à Jésus « tous les royaumes du monde » (4, 8). L’épisode se ré

partit alors en deux temps.

- C’est d’abord l’aspect visuel, la transfiguration proprement dite, l’apparition de Moïse et Élie et la réaction de Pierre (v. 2-4).- C’est ensuite l’émission de la voix céleste et les réactions des trois té

moins (v. 5-6).

En conclusion, Jésus touche les disciples, comme pour les ramener ici-bas (v. 7-8). La liturgie ajoute la consigne de silence (v. 9) qui introduit le débat sur le discours d’Élie (17, 9-13). On saisit que les disciples ont eu une « vision », typique des apocalypses, leur révélant le Fils de l’homme.Au fil du texte. 1. La convention symbolique fondamentale du récit évoque Moïse au Sinaï, avec l’apparition de la gloire divine « après six jours » (Ex 24, 16), lui qui bé¬néficia aussi d’une transfiguration (Ex 24, 29). La nuée même (Mt 17, 5) rappelle la présence de Dieu au Sinaï (Ex 19, 9 ; 34, 5). Ajoutons le motif des « tentes » (v. 4), demeures é

ternelles des justes (Ps 118, 15 ; Ap 7, 15).

2. La transfiguration fait de Jésus un personnage céleste : « Son visage brilla comme le soleil » (v. 3). Il est l’avant-garde des justes qui « resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père » (13, 43).3. La tradition juive ornait de multiples traits les personnages de Moïse et Élie. Matthieu voit sans doute en eux la Loi et les Prophètes, et leur apparition atteste que Jé

sus accomplit leur mission (voir 5, 17).

4. La voix céleste fait écho à la proclamation du baptême de Jésus (3, 17). Elle ajoute : « Écoutez-le », c’est-à-dire l’ordre donné par Dieu lorsqu’il promettait de « susciter » un nouveau Moïse (Dt 18, 15).

Le paradoxe des Béatitudes: Un bonheur paradoxal

4 février, 2008

du site: 

http://www.bible-service.net/site/523.html

 

Le paradoxe des Béatitudes

Un bonheur paradoxal

St Matthieu : Mt 4,23 – 5,12

Selon Matthieu, c’est le début du premier discours de Jésus. La série des Béatitudes est donc un commencement. Un commencement au même titre que d’autres commencements dans la Bible ?

La parole de Dieu est au commencement de toute la création (Gn 1). Elle dit et fait ce qu’elle dit, mais ce n’est pas une béatitude. Et cependant, à la fin de chaque étape de la création, Dieu voit que tout cela est bon…

 D’une montagne à l’autre


 

Autre commencement majeur : le don de la Loi, l’alliance du Sinaï (Ex 19-24). Cela se passe sur la montagne et, pour la conclusion de l’alliance, Moïse est assis pour un repas avec 70 des anciens d’Israël : cela ressemble un peu à Jésus assis sur la montagne avec ses 12 disciples. Les premières phrases de l’alliance du Sinaï, ce sont les Dix Paroles (le Décalogue, Ex 20). Elles commencent par un tout petit récit :  »…je t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude » qui rappelle à tout Israël les merveilles de l’Exode. Mais il s’agit d’autre chose sur la montagne avec Jésus : non le récit des merveilles du passé, mais la déclaration des béatitudes. C’est une autre manière de faire naître un peuple, une manière qui s’adresse à tous, pas seulement à Israël libéré par YHWH (Le Seigneur).

 



Une joie inouïe 

 


 

Suivons le fil du texte de Mathieu. Le mot  »heureux » revient neuf fois. Une liste à neuf termes, cela paraît une liste incomplète (rappelons-nous les Dix Paroles !). Mais la liste des béatitudes s’achève par l’injonction du v. 12 :  »Soyez dans la joie et l’allégresse… » Ainsi est explicité le mot  »heureux » : ceux et celles que Jésus déclare heureux, répondront à cette déclaration en se tenant dans la joie et l’allégresse. Paradoxe des béatitudes : ceux et celles que Jésus déclare heureux ne se croyaient sans doute pas tels ! Mais que Jésus le leur déclare et cela engendre en eux une joie inouïe.

Notons que les deux dernières déclarations de Jésus (v. 11-12) diffèrent des précédentes. Elles s’adressent à un  »vous » :  »Heureux êtes-vous lorsque… » Alors qu’il paraissait s’adresser à la foule, Jésus se tourne-t-il maintenant vers quelques-uns en particulier ? Difficile à savoir. L’important, c’est qu’en s’adressant à quelques-uns ( »vous »), Jésus parle aussi de lui :  »…à cause de moi ». Le secret des déclarations de Jésus tient dans la relation entre lui et ceux à qui il parle. Si les béatitudes parlent à tout homme et lui disent qu’il a vocation – paradoxale – à être heureux, la joie et l’allégresse qui couronnent ce paradoxe sont le fruit de la relation à Jésus :  »…à cause de moi ». 

 


 


Un avenir ouvert 

 


 

L’ensemble des huit premières béatitudes (v. 3-10) est délimité par la mention du Royaume des cieux (v 3.10), introduit par un verbe au présent :  »…à eux est le Royaume des cieux » alors que toutes les autres (v. 4-9) emploient un verbe au futur :  »ils hériteront… seront consolés… etc. » Les béatitudes sont des déclarations qui valent pour le présent :  »Le Royaume des cieux (ou de Dieu) est parmi vous » ne cessera de proclamer Jésus sur les routes de Galilée. Et cette présence du Royaume dans notre présent nous ouvre un avenir : hériter, être consolé, être rassasié…

Les béatitudes sont formulées de manière constante :  »Heureux ceux qui… ». Ceux qui sont déclarés heureux sont caractérisés par un adjectif (par un état) : pauvre en esprit, doux, affligé, pur de cœur, ou bien par un verbe (par une action) : avoir faim et soif, faire miséricorde, faire la paix, être persécuté. Cette manière de formuler les choses rappelle, par contraste, les malédictions proclamées autrefois par les prophètes :  »Malheur à ceux qui… » (cf. par ex. Am 5,18 et 6,1 ou la liste de sept malédictions en Is 5,8-25 et 10,1-4). À leurs contemporains stigmatisés ainsi pour leurs injustices, les prophètes annoncent pour conséquence un grand malheur. Au fond, les béatitudes ont quelque chose de prophétique. A ceci près que le prophète Jésus n’annonce pas un malheur mais plutôt une manière paradoxale de vivre ce qui nous apparaît comme malheur, à savoir être persécuté à cause de lui ! Il est possible de vivre toute notre vie avec l’allégresse au cœur à cause de lui et avec lui, si nous nous attachons à lui pour apprendre de lui comment vivre ce paradoxe. 

 


 


La justice du Royaume 

 


 

De qui parle Jésus ? Les quatre premières béatitudes s’adressent à des personnes qui vivent manifestement un manque : être pauvre (ou humble, voire humilié), être doux (sans violence ?), être affligé, avoir faim et soif… de justice ! Le manque fondamental, en fait, est celui de la justice et il donne sens à tous les autres.

Les quatre béatitudes suivantes restent dans la thématique de la justice, mais cette fois au niveau d’un  »engagement » : faire miséricorde, être pur de cœur, faire la paix, être persécuté à cause du combat pour la justice. Sous différentes facettes, on peut dire que les béatitudes déclarent heureux ceux et celles pour qui la justice (du Royaume, cf. Mt 5,20) est un enjeu majeur. Si les prophètes dénonçaient ceux qui pratiquaient l’injustice, Jésus déclare heureux ceux qui placent au centre de leur vie le souci de la justice.

Dans cette perspective, il faut noter enfin que Jésus parle très concrètement : de l’esprit (ou du souffle), du cœur, d’avoir faim et soif, du regard (et des pleurs). Le paradoxe par lequel Jésus déclare heureux ceux et celles qui ne se pensaient pas tels, mais qui sont concernés par la justice, touche au plus intime de notre être. Car ce paradoxe a quelque chose à voir avec la relation à Dieu : voir Dieu (v. 8), être appelé fils de Dieu (v. 9). En faisant confiance aux déclarations des béatitudes, à la suite de Jésus qui nous ouvre ce chemin, ce qui nous est promis n’est rien de moins que la joie et l’allégresse d’une relation filiale avec Dieu. 

 

La Bible juive

22 janvier, 2008

du site: 

http://www.bible-service.net/site/016.html

La Bible juive

Dans sa préface à l’œuvre de son grand-père, l’éditeur grec du livre de ben Sira (appelé aussi Siracide ou Ecclésiastique) écrit ceci vers 130 av. J.-C. :  » Mon grand-père, qui s’était adonné par dessus tout à la lecture de la Loi, des Prophètes et des autres livres de nos pères, et qui y avait acquis une grande maîtrise, fut amené à écrire lui aussi sur l’instruction et la sagesse, afin que ceux qui aiment le savoir, s’étant familiarisés avec ces sujets, progressent encore davantage dans la vie selon la Loi. »

Cette préface à un livre que les rabbins vénèrent sans l’avoir retenu dans leur  »canon » nous renseigne sur le fait qu’au 2e siècle avant notre ère, il existait une répartition des saintes écritures en 3 recueils : la Loi (en hébreu  »Torah ») les Prophètes (en hébreu  »Neviim ») et les autres livres (ou Écrits, en hébreu  »Ketouvim »). Cette tripartition sera réaffirmée à la fin du 1er siècle lorsque des rabbins réunis dans la ville de Yavneh (Jamnia), à 40 kms à l’ouest de Jérusalem, fixeront la liste des livres  »inspirés » par Dieu.

La Loi ou Torah

comprend 5 livres nommés par le premier mot du livre :
- Berechit (Au commencement)
- Chemot (Les Noms)
- Wayiqra (Et il dit)
- Bamidbar (Dans le désert)
- Debarim (Les paroles)

Ces titres correspondent à Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome. La base de la relation d’alliance entre YaHWeH (Le Seigneur) et le peuple d’Israël y est consignée et mise sous l’autorité de Moïse. La Torah évoque la naissance du monde et du peuple et donne les commandements pour vivre.

Les Prophètes ou Neviim sont divisés en deux parties de 4 livres chacune :
- les 4  »prophètes premiers » : Josué, Juges, 1 et 2 Samuel, 1 et 2 Rois
- les 4  »prophètes derniers » : Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, les Douze ; les Douze regroupe les livres de Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie.

Tous ces livres, les premiers plus historiques, les derniers rapportant des paroles prophétiques, nous font suivre les infidélités du peuple au cours de l’histoire et les efforts des prophètes pour restaurer l’alliance.

Les Écrits ou Ketouvim comprennent 11 livres.
Au début, les Psaumes, les Proverbes et le livre de Job.
Ensuite, 5 livres poétiques lus lors des fêtes d’Israël : Ruth, Cantique des Cantiques, Qohélet, Lamentations, Esther.
Enfin 3 livres divers : Daniel, Esdras + Néhémie, 1 et 2 Chroniques.

Ils invitent à méditer, de manière multiforme, la relation d’alliance inscrite au cœur de l’existence.

La tradition rabbinique a désigné cet ensemble de 24 livres par les initiales des trois recueils : TNK (prononcer Tanakh).

Le « Notre Père », l’invocation commune des juifs et des chrétiens

17 janvier, 2008

du site:

http://www.zenit.org/article-17062?l=french

17-01-2008

Le « Notre Père », l’invocation commune des juifs et des chrétiens

XIX Journée mondiale pour le dialogue entre juifs et catholiques

ROME, Jeudi 17 janvier 2008 (ZENIT.org) – « Tu ne prononceras pas le nom du Seigneur ton Dieu à faux » (Exode 20, 7) : tel est le thème de la XIXe Journée mondiale pour l’approfondissement et le développement du dialogue entre catholiques et juifs, célébrée ce jeudi.

Cette journée, née en 1990 à l’initiative de la Conférence épiscopale italienne et coordonnée avec les responsables et les représentants du monde juif, est également célébrée en Europe depuis 1998, l’année de la rencontre œcuménique de Graz (Autriche), en prélude à la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (18-25 janvier).

L’Eglise catholique entend ainsi répondre à une exigence : avoir une meilleure compréhension de soi à travers la connaissance de ses origines et souligner, par un geste, son souci de dialogue et de fraternité envers le peuple juif.

Depuis 2005, le thème général de cette Journée s’appuie sur un programme de réflexion, étalé sur dix ans, dont l’objectif consiste à méditer sur les « Dix paroles » ou « Décalogue » révélées à Moïse sur le Mont Sinaï.

Pour accompagner cette Journée et illustrer ses enjeux au plan ecclésiologique et œcuménique, un document a été rédigé, signé par Mgr Vincenzo Paglia, président de la Commission épiscopale de la Conférence épiscopale italienne pour l’œcuménisme et le dialogue, et par le rabbin Giuseppe Laras, président du tribunal rabbinique de Milan et du nord de l’Italie.

Le texte rappelle que « les préceptes donnés au Sinaï, et en particulier les dix commandements où tout apparaît comme résumé et unifié, sont donnés à l’homme pour sa sanctification et dans le contexte de l’Alliance de salut ».

« Ceci implique que ‘pour l’homme’ la foi, l’alliance, le culte et l’éthique personnelle et sociale sont radicalement unis devant Dieu », poursuit le texte.

Dans un des commandements, celui que l’on trouve en troisième position, selon l’ordre traditionnel suivi par les juifs, mais aussi par les chrétiens orthodoxes et protestants, il est dit en particulier : « Tu ne prononceras pas le nom du Seigneur ton Dieu à faux. Car le Seigneur ne laisse pas impuni celui qui prononce son nom à faux. »

« Ce commandement, explique le texte, interdit tout usage inconvenant du nom de Dieu pour des maisons mauvaises ou futiles », ce Dieu que l’on invoque d’abord sous le nom d’Avinu (Is 63, 16), « Notre Père » (Mt 6, 9), « l’invocation la plus simple et la plus profonde que la Bible révèle au croyant juif et chrétien ».

« Ce saint nom, invoqué et béni sous la forme d’une prière ardente et confiante, s’élève du cœur des fils et des filles, jusqu’au Père de tous les hommes. Elle lui est adressée chaque jour dans la Birkat ha-Torà (‘Bénédiction de la Torà’) juive et dans le Notre Père chrétien ».

En même temps Dieu, par son « nom saint et aimant », exprime la relation qui lie le Christ Rédempteur à ses fils.

« De cette révélation fondamentale que Dieu est le Créateur et notre Père à tous (cf. Ml 2, 10), poursuit le texte, est née la certitude de Son amour éternel qui s’exprime dans une Alliance irrévocable, dont les ‘Dix Paroles’ constituent le sceau éthique pour la conduite du peuple de Dieu, fils et filles du Très Haut ».

« Le respect, la vénération, l’adoration, l’amour envers Dieu, lit-on encore dans le texte, s’expriment sous forme de prière et de louanges, personnelles et communautaires, spécialement dans la liturgie juive familiale et synagogale, à laquelle Jésus lui-même prenait généralement part, et dans laquelle, après lui, l’Eglise puisa pour développer les trésors de sa propre liturgie ».

« Ainsi en proclamant et en écoutant la Parole de Dieu, en récitant et en chantant les Psaumes et les hymnes, les chrétiens peuvent encore aujourd’hui apprendre à bénéficier de ces mêmes trésors spirituels qui constituent et nourrissent la vie de foi et de fidélité des juifs aux dons de la grâce divine » conclut le texte.

Mirko Testa

 

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