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par Jean Lévêque: L’Esprit pour un temps de crise

6 octobre, 2008

du professeur je traduis quelques études du français au italien pour mon blog sur Saint Paul, je vous propose un de son étude;

 par Jean Lévêque, carme, de la Province de Paris:

http://perso.jean-leveque.mageos.com/index.htm

L’Esprit pour un temps de crise

Depuis quelques années on a analysé de bien des manières le désarroi qui s’empare des chrétiens devant les tensions nouvelles apparues dans le monde et dans l’Église ; et le besoin se fait sentir maintenant de dépasser le stade des constats, plus ou moins moroses, pour aborder l’aujourd’hui de l’Église avec l’humble « fierté de l’espérance » (Hb 3,6). À titre de jalon sur ce chemin de l’espérance, les pages qui suivent voudraient simplement placer dans le même champ d’une visée de foi et mettre en résonance l’un avec l’autre quatre thèmes du Nouveau Testament : le temps, le monde, l’Église et l’esprit.

1. Temps chrétien et repérage prophétique

L’aujourd’hui de l’Église et du chrétien, entre les deux avènements du Christ dans l’humilité et dans la gloire, nous situe constamment entre ce qui est donné par Dieu et ce qui est projeté par lui pour le bonheur de l’homme. Chaque moment du temps de l’Église1 relie de manière toujours neuve le déjà et le pas encore, et participe donc à la fois de la réussite et de l’inachèvement de l’histoire du salut. Mais précisément, puisque le salut est une histoire qui se déploie, aucune étape du temps chrétien ne peut se comprendre isolément : chaque moment ne prend vraiment sens pour nous que par un double regard sur l’origine et sur la fin. Cela, d’ailleurs, s’est vérifié dès l’ancienne alliance, car les prophètes, dont le rôle principal était de lire le présent à la lumière de la parole de Dieu, ont toujours fait le point, pour la navigation du peuple d’Israël, en dirigeant leur regard à la fois vers les événements fondateurs et vers le jour du Seigneur, qui restait objet d’espérance.

Il ne s’agissait pas, pour les prophètes, de se réfugier dans les souvenirs du passé ou de fuir vers l’avenir insaisissable, mais bel et bien de valoriser le présent, de redonner toute sa densité à l’aujourd’hui du peuple de Dieu en repérant les énergies divines qui le traversaient. De même, si nous essayons, sans cesser d’avancer, de saisir la loi du mouvement qui nous emporte, il ne suffit pas de disséquer nos expériences d’Église ou de groupe, ou d’opérer une coupe verticale dans la vie présente de l’Église en déplorant à chaque niveau des misères ou des insuffisances. Ces analyses, certes, sont requises et souvent urgentes, mais il faut en même temps consentir à un double repérage, rétrospectif et prospectif. Rétrospectif, car nous avons, aujourd’hui encore, à ressaisir nos événements fondateurs : la période constituante de l’Église, toute cette gangue d’expériences et de témoignages qui adhère directement à l’événement-Christ. Prospectif, car nous pouvons prolonger, par le pointillé de l’espérance, les lignes de force du salut déjà présent dans le Christ ressuscité

Double visée, qui permet un double effort d’enracinement dans les réalités du salut et d’invention missionnaire. Double référence au passé et à l’avenir, qui exorcise à la fois la prétention d’être nous-mêmes un point de départ absolu et l’illusion de trouver avant la Parousie du Seigneur, un point d’arrivée et de repos définitif 2.

2. L’Esprit de Jésus et le temps des chrétiens

La communauté de Jésus, sûre de l’alliance nouvelle que Dieu a passée avec elle, nomadise donc encore vers la promesse. Mais le Christ pourvoit à l’accompagnement de son peuple : l’Esprit-Paraclet est donné à l’Église pour le temps de la crise, et parce que le temps de l’Église sera toujours un temps de crise.

Notre langue française a donné au mot crise une nuance assez négative : il s’agit presque toujours d’une phase grave et plus ou moins inquiétante dans l’évolution des choses, des événements ou des idées. Mais à l’échelle de l’histoire du monde ou d’une personne, bien des crises jouent en fait un rôle éminemment constructif. Avant d’être une phase dangereuse, la crise est un moment décisif 3. Si l’on garde en mémoire ce double aspect, on se trouve de plain-pied avec le vocabulaire johannique. Dans l’Évangile de Jean, en effet, le mot krisis désigne parfois le jugement prononcé sur les hommes, mais avant tout et plus profondément il renvoie à un moment crucial, à un moment de discernement et de décision existentielle, à un « jugement » provoqué en l’homme par Jésus et son message. La krisis est alors la discrimination de la lumière et des ténèbres ; par elle se dessine et s’épaissit la frontière mouvante entre l’assentiment et le refus, qui passe à travers le monde, à travers l’Église à travers chaque communauté et chaque cœur de croyant 4.

Le discours des adieux y insiste : le Paraclet viendra, et vient sans cesse, parce que la communauté de Jésus vit le temps de l’affrontement, parce que sans lui le temps de l’Église serait le temps des orphelins (Jn 14,18), et parce que l’heure est là, pour la femme, où elle doit enfanter dans la douleur l’homme nouveau qui sera d’elle mais ne sera plus elle (Jn 16,21). Le Paraclet vient, lorsque l’Heure de Jésus est accomplie, pour que le temps de l’épreuve et de l’adversité soit vécu pleinement comme le moment (kaïros) du salut, et pour que chaque journée de l’Église réalise la conjonction du projet de l’homme et du projet de Dieu.

En même temps qu’il confère à l’aujourd’hui chrétien toute sa densité de salut, et même pour valoriser pleinement le présent de l’Église l’Esprit Paraclet relie vitalement le chrétien au Christ qui est venu et qui viendra.

D’une part il est l’Esprit du souvenir : « L’Esprit Saint. que le Père enverra en mon nom, disait Jésus, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit » (Jn 14,26) ; « il recevra de ce qui est à moi et il vous le communiquera » (16,14). Mais c’est le même Esprit qui annonce « les choses à venir » (16,13).Le chrétien du XXème siècle n’est donc pas plus éloigné de Jésus que ceux de l’âge apostolique, car le Paraclet habite en lui comme il habitait les témoins oculaires de la vie du Seigneur. En rappelant les paroles de Jésus et en leur donnant un sens toujours inédit, l’Esprit guide chaque génération et lui permet d’affronter et de mettre à profit 5 des situations toujours nouvelles.

Ainsi, dans la mesure même où l’Église vit de l’Esprit de Jésus, elle peut rester fidèle à la fois à ses racines et à sa mission, à ses certitudes et au devoir d’inventer, à l’originel et à l’original. Car c’est l’Esprit Saint qui assure la cohérence entre le passé, le présent et l’avenir du chrétien et du monde. Il remplit lui-même divinement la triple fonction qu’il confiait autrefois aux prophètes et dont il investit maintenant son peuple prophétique : fonction d’anamnèse (souvenir), fonction d’actualisation, et fonction de prospective. Tout ce qui se vit dans l’Église, dans le monde, dans une communauté ou dans un cœur d’homme sous le signe de l’Esprit est donc toujours à la fois souvenance, saisie et promesse, à la fois mémorial, fécondité et prophétie 6 ; et lui-même, l’Esprit Paraclet, nous est présenté par Jésus à la fois comme don et comme promesse; promesse toujours tenue, et don toujours promis.

Au cœur du temps chrétien qui est le temps de la décision, l’Esprit nous restitue donc l’horizon de notre espérance en nous ramenant sans cesse au Christ de notre foi; et parce qu’il continue l’œuvre de Jésus, toute son action, en l’homme et entre les hommes, est marquée du dynamisme de la vérité et de la vie.

Parce qu’il est l’Esprit de vérité, l’Esprit de Jésus se joint à notre esprit pour nous faire reconnaître les dons que Dieu nous a faits, pour nous faire demander ce qu’il faut et crier : « Abba, Père » 7. C’est lui qui nous fait lire, décoder et interpréter les signes de notre temps, qui nous fait discerner, en fils, où se situe l’œuvre du Père, et nous fait découvrir, dans le monde, toutes les « préparations évangéliques 8 » déjà authentifiées par son sceau.

Parce qu’il est l’Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus (Rm 8,1), le Paraclet agit constamment, dans le temps du salut, comme force de cohésion et comme force d’expansion universelle.

C’est lui qui maintient abaissées les barrières que le Christ, notre paix, a abattues une fois pour toutes (Ep 2,14). C’est lui qui distribue les charismes « en vue de bâtir le Corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité que réalisent la foi et la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à la taille du Christ en sa plénitude » (Ep 4,13). C’est l’Esprit qui opère l’unité et qui, en même temps, crée les différences (non pas les oppositions), afin de mettre en œuvre, dans l’Église et le monde, cette « sagesse aux multiples couleurs » qui est le secret du Père (Ep 3,10). Grâce à lui les frères chrétiens, qui se savent porteurs d’un message d’harmonie, acceptent que la vie soit dissonante et s’attellent humblement, sans précipitation ni angoisse, à résoudre en Jésus Christ les tensions et les désaccords.

Tout en resserrant le lien de la paix entre les frères, l’Esprit relance chaque jour la communauté de Jésus sur le chemin de l’Exode, et, pour assurer l’expansion universelle de l’Évangile, il diversifie à l’infini l’agir chrétien, les inventions missionnaires, les approches du mystère et les cheminements personnels. Dieu, en effet, ne connaît pour l’homme aucun modèle préétabli, hormis Jésus Christ, son Image parfaite ; et son amour est assez puissant pour rejoindre chacun comme s’il était l’unique, au milieu d’une multitude de frères. C’est d’ailleurs dans l’Unique que chacun est regardé, appelé et glorifié : chaque croyant habité par l’Esprit est une variation nouvelle et irremplaçable sur l’unique thème du Fils de Dieu, et par cette nouveauté du chrétien l’Esprit veut aller au-devant des besoins nouveaux qui surgissent dans le monde.

Les choses de l’Esprit forment ainsi un univers en expansion. Chaque fruit porté pour le Royaume devient semence pour les moissons à venir, selon une loi de croissance qui échappe à toute prospective humaine et qui ne peut se dire qu’avec les mots du paradoxe chrétien.

3. « Voici maintenant le moment favorable »

Si la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement, le chrétien, parce qu’il possède les prémices de l’Esprit, sait que chaque moment de l’histoire est riche de la présence active de Dieu, et même « en pleine période de détresse » il continue « d’accueillir la Parole avec la joie de l’Esprit Saint » (1 Th 1,6).

Souvent l’instant que vit l’Église porte le signe de ce que Saint Paul appelait « la tribulation Il apparaît comme une alternance douloureuse de clarté et d’opacité, d’enthousiasmes et de désillusions, comme une sorte de malaise complexe fait de solitude, d’insécurité, d’incompréhensions, de mutismes ou d’effervescences incontrôlées. La réponse du Nouveau Testament à ces incertitudes et ces ambivalences, c’est l’invitation au réalisme évangélique et à une sagesse chrétienne l0 qui accepte d’entrer dans la folie de Dieu 11. Il n’est pas possible de ne pas éprouver une certaine crainte de l’inconnu, mais il est possible, dans la foi, de reconnaître aujourd’hui le temps de la visite, le passage du Seigneur, et l’appel à passer avec lui de ce monde au Père qui aime le monde.

Dans toute conjoncture le sage chrétien discernera donc toujours le temps de l’envoi et du témoignage : « Lorsque viendra le Paraclet que je vous enverrai d’auprès du Père, disait Jésus, il rendra témoignage de moi ; et vous aussi, vous témoignerez » (Jn 15,26). .Et quand bien même notre témoignage resterait marqué de notre faiblesse, nous savons qu’il n’est pas séparable du témoignage de l’Esprit, et que le Paraclet, lui, pourra toujours témoigner à travers notre pauvreté.

L’aujourd’hui de l’Église doit aussi être pour nous le temps de la liberté créatrice, car c’est le temps où travaille l’Esprit, avec force et douceur; or « là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Co 3,17). Parce qu’elle est reçue de Dieu, la liberté du chrétien est entièrement vouée à l’œuvre de Dieu ; elle a pour moteur le désir de construire et pour loi l’exigence de construire le Corps du Christ sur la terre.

Le temps présent sera toujours pour le disciple de Jésus le temps de l’espérance, et nous savons, même si nous n’en avons pas toujours l’évidence ou le sentiment, que l’espérance ne décevra pas le monde et que nous sommes vraiment les messagers d’une bonne nouvelle, parce que l’amour est là, déjà agissant dans nos cœurs et que l’Esprit est là, qui l’apporte et qui nous donne de l’accueillir (cf. Rm 5,5). Aujourd’hui plus que jamais, les vraies premières lignes de l’Église, ce sont les avant-postes de l’espérance, ce sont les hommes et les communautés qui acceptent d’en vivre et d’en témoigner.

Enfin l’aujourd’hui de l’Église est pour nous tous, où que nous vivions, le temps du service, mieux : le temps où il nous faut inscrire notre témoignage dans la ligne de la mission du Serviteur. Mais le Christ a prévenu tous ceux qui veulent le suivre : le serviteur n’est pas au-dessus du maître, ni l’envoyé mieux partagé que celui qui l’envoie (Mt 10,24). Dès lors, quoi d’étonnant si nous connaissons à certaines heures de la vie ecclésiale l’insécurité qui a été pendant des mois le lot de l’Envoyé de Dieu ? L’identification au Christ, Serviteur de Yahweh, qui était si présente à la conscience apostolique de Paul, peut encore éclairer de l’intérieur notre destinée de témoins de Jésus ; et l’appel du Christ, qui nous fait entrer chaque jour plus avant dans son mystère de mort pour la vie, demeure pour nous comme pour Paul le critère spirituel le plus sûr pour le discernement de nos vraies impasses et de nos vraies joies.

Comme l’expliquait Paul aux Corinthiens : « Puisque nous sommes à l’œuvre avec le Christ », il s’agit de « ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu. Car Dieu dit : au moment favorable je t’exauce ; au jour du salut je viens à ton secours. Voici maintenant le moment favorable, voici maintenant le jour du salut ». Il s’agit dès lors « de nous présenter en vérité comme serviteurs de Dieu, par une grande persévérance dans les détresses, les contraintes, les angoisses (), par l’Esprit Saint, l’amour sans calcul, la parole de vérité ; dans la célébrité comme dans le mépris, tenus pour imposteurs et pourtant véridiques, inconnus, et pourtant bien connus (de Dieu) ; attristés, mais toujours joyeux ; pauvres, nous qui pouvons faire tant de riches ; n’ayant rien dans les mains, nous qui possédons tout » (2 Co 6,1-10).

NOTES

1. Le Nouveau Testament emploie souvent le mot kaïros qui signifie surtout : moment favorable. Pour ce thème important, consulter la grande Concordance française du NT, p. 520-521.

2 P. Ricœur, dans son ouvrage philosophique De l’interprétation, a exploré ce double mouvement, mais au niveau de la destinée personnelle de l’homme. L’être humain ne peut rejoindre vraiment sa liberté que sil accepte à la fois de revenir aux sources de son histoire affective et de viser une fin qui le sollicite et le dépasse. « Archéologie du sujet » et « téléologie du sujet » : l’homme libre est à la jonction de ces deux mouvements.

3. C’est bien ce que suggère l’étymologie : krisis désigne avant tout l’acte ou la faculté de distinguer, de choisir, de décider.

4. On trouvera les références à l’Évangile johannique dans la Concordance française au mot juger, p. 272-273.

5. Col 4,5.

6. De cela l’Eucharistie est un exemple frappant : mémorial de la passion et de la résurrection du Sauveur, elle actualise pour nous ce mystère de Jésus Christ et prophétise le repas éternel dans le Royaume.

7. Rm 8,26.15.

8. Cf. Concile Vatican II, Lumen Gentium, n° 16 : « À ceux-là mêmes qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance expresse de Dieu, mais travaillent, non sans la grâce divine, à avoir une voie droite, la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires à leur salut En effet, tout ce qui chez eux, peut se trouver de bon et de vrai, l’Église le considère comme une préparation évangélique et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie ».

L’expression même de « préparation évangélique » est le titre d’un ouvrage d’Eusèbe de Césarée au IVe siècle.

9. Thlipsis, cf. Rm 2,9; 5,3; 8,35; 12,12; 1 Co 7,28; 2 Co 1,4.8; 2,4; 4,17; 6,4; 7,4; 8,2.13; Ep 3,13; Ph 1,17; 4,14; Col 1,24; 1 Th 1,6; 3,3.7; 2 Th 1,4.6.

10. Cf. Mt 23,34.

11. Cf. 1 Co 1,20-30; 2,1-13; 3,19; 12,8; 2 Co 1,12.

XXVII DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – COMMENTAIRE BIBLIQUE

4 octobre, 2008

XXVII DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

COMMENTAIRE DU SITE « BIBLE SERVICE »:

http://www.bible-service.net/site/433.html

27° dimanche du Temps ordinaire (5 octobre 2008)

Jésus invite ses disciples à faire fructifier la vigne qui leur est confiée. Il s’appuie sur une image largement utilisée par les prophètes et principalement par le prophète Isaïe : Je chanterai pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Visite cette vigne, protège-là, dit le psaume. Demandons au Seigneur de bénir sa vigne qui est l’Eglise. Puissions-nous y être de bons ouvriers.

Isaïe 5,1-7

À l’époque du prophète, on chantait le chant de la vigne à l’occasion d’un mariage. La femme était comparée à une vigne fructueuse, comblée d’affection et de soin par son mari. Chez le prophète, le vigneron c’est Dieu et la vigne “ la maison d’Israël ”. Entre les deux, il y a une histoire d’amour qui commence bien, mais qui se prolonge dans la déception. La vigne ne répond pas à l’amour et à l’attente du vigneron. Elle ne produit que de la piquette. Le vigneron intente un procès à sa vigne en prenant la population de Jérusalem comme juge. Mais cette population est juge et partie. Pouvais-je faire plus pour vous, demande Dieu ? Sans attendre, celui-ci annonce une sentence de punition. Il abandonne le peuple au sort qu’il a mérité et laisse l’ennemi envahir le pays. L’amour de Dieu pour son peuple n’est pas payé de retour. La maison d’Israël s’est détournée de Dieu et commet “ l’iniquité ”. On y entend “ des cris de détresse ”. Ne mettant pas en pratique la Loi du Seigneur, c’est le Seigneur lui-même que le peuple rejette. Convertissez-vous, sinon Dieu à son tour va vous rejeter, dit le prophète.XXVII DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE - COMMENTAIRE BIBLIQUE dans biblique Image241
 
Psaume 79

Le psaume reprend l’image de la vigne. Dans la première strophe, le poète rappelle le passé. Dieu a créé son peuple et il lui a donné une terre pour qu’il puisse y vivre en paix. La vigne a été plantée avec soin et elle a prospéré. Mais maintenant cette vigne est dévastée. Le poète traduit la douleur du peuple devant le désastre qui a frappé le pays. L’ennemi, représenté sous des traits bestiaux, a vaincu les armées du roi et il ravage le pays. Reviens ! Ce cri monte vers Dieu. Sans son assistance, le peuple ne peut se redresser. Mais celui qui a planté la vigne peut la sauver à condition que cette vigne veuille bien de l’intervention de Dieu et qu’elle ait la force de se tourner vers son Sauveur. Le peuple n’est peut-être plus capable de ce sursaut. Mais Dieu peut le réveiller et l’orienter dans le bon sens. Fais-nous revenir, demande le poète. Si les deux retours se conjuguent, celui de Dieu vers son peuple et celui du peuple vers son Dieu, l’alliance sera rétablie et le peuple sera sauvé.

Philipppiens 4,6-9

À la fin de sa lettre, l’apôtre donne ses derniers conseils aux chrétiens de Philippes. Après les avoir encouragés à être toujours “ dans la joie du Seigneur ”, la joie donnée par la présence du Seigneur dans le monde, Paul leur donne l’assurance qu’ils peuvent vivre dans la paix de Dieu, révélée dans le Christ. Cette paix, qui touche en profondeur la personne, dans son intelligence et dans son cśur, opère une véritable réconciliation de l’homme avec Dieu. De ce fait, rien de ce qui touche le monde n’est un obstacle à la foi au Christ : au contraire, c’est à travers leurs rapports aux autres et au monde que les Chrétiens doivent vivre leur attachement au Christ. Ce que les Philippiens ont “ appris, reçu, vu et entendu ” de Paul, c’est l’Évangile qu’il leur a transmis, la Bonne Nouvelle que la paix de Dieu leur a été donnée en Jésus Christ.

Matthieu 21,33-43

S’adressant aux responsables religieux du peuple et aux bons pratiquants, Jésus reprend la célèbre parabole de la vigne du prophète Isaïe et la transforme en allégorie. Il retrace les différentes étapes de l’histoire sainte. Dieu fonde son peuple en le libérant de l’esclavage d’Égypte et en lui donnant la terre promise. Il fait alliance avec son peuple et le laisse libre de sa destinée. Il attend que son peuple réponde à son amour, mais ce n’est pas le cas. Dieu est déçu. Le peuple oublie ses bienfaits et se tourne vers les idoles. Quand Dieu lui envoie des prophètes, ces derniers sont mal accueillis. Certains sont maltraités, d’autres sont tués. Dieu envoie alors son propre fils, qui est tué en dehors des murs de la ville. Ceux qui se comportent aussi misérablement méritent d’être puni, disent les interlocuteurs de Jésus. Cette punition viendra sur vous, réplique Jésus. Quand Matthieu écrit son évangile, la ville de Jérusalem et son Temple sont démolis. La communauté chrétienne lit ces événements dramatiques comme la punition de Dieu pour ceux qui n’ont pas accueilli ses envoyés et plus particulièrement son propre fils. Elle ne parle pas d’une rupture de l’Alliance. Dieu est fidèle et ne révoque pas ses promesses. Mais l’Alliance est repartie sur des bases nouvelles. Sa pierre angulaire est le Christ. Celui-ci donne consistance et cohésion à la communauté chrétienne qui ouvre ses portes aux juifs et aux païens et qui s’efforce de produire de bons fruits.

Page à lire : Paul, une vie donnée

1 octobre, 2008

je vous présente ce teste tiré en tant d’un site d’études bibliques, on agit de San Paul, en tant que ce site, même j’étudie quelque chose, ce que j’ai oublié ou ce que je ne connais pas assez ; en plus je cherche à traduire en italien, au moins, quelque chose pour mon Blog sur Saint Paul, du site :

http://www.bible-service.net/site/556.html

Page à lire : Paul, une vie donnée

Il ne fait aucun doute que la rencontre du Christ sur la route de Damas a bouleversé la vie de Paul. À travers le Christ qu’il persécutait, et qui s’offrait à lui, Paul a découvert, en effet, le vrai visage du Dieu qu’il avait toujours cherché. En se reconnaissant aimé et sauvé par celui-là même qu’il persécutait, il a fait, comme nul autre, l’expérience de la grâce de Dieu.

De cette expérience dé
couleront l’attachement de Paul à la personne du Christ et un changement radical de vie. Lui, le pharisien zélé et persécuteur de la foi chrétienne, il abandonnera ses certitudes et ses quêtes passées pour saisir Celui qui l’a un jour saisi : Jésus le Christ. Car rien d’autre ne comptera plus désormais pour lui (cf. Ph 3,8-9). Parce qu’il a été rejoint sur sa route par l’amour rédempteur de Dieu (Ga 2,20), il a découvert que tout ce qu’il considérait jusqu’alors comme des avantages (naissance dans le peuple de la promesse, appartenance au courant pharisien, connaissance et observances des préceptes de la Loi, etc ), tout cela n’était rien au regard de la connaissance de Jésus-Christ mort et ressuscité. Alors qu’il courait après un salut incertain, à la mesure de ses efforts et de son orgueil, il a compris que la Loi de Moïse ne pouvait plus être la référence première de son existence. Il a aussi compris que Dieu, en ressuscitant Jésus, avait eu raison de l’usage que l’on faisait de la Loi. Bref, le Dieu dont il a fait l’expérience sur le chemin de Damas n’est plus le Dieu de la Loi, mais le Dieu du Crucifié.

Ce renversement de l’image de Dieu éclaire la compréhension que Paul aura désormais de la croix comme un des lieux majeurs de la Révélation divine (1 Co 1,18-31). A la lumière de la croix, Paul saisira, en effet, que la toute-puissance de Dieu se donne à voir dans la fragilité la plus extrême. Mieux, il comprendra que, loin d’être tyrannique et solitaire, Dieu se fait solidaire de chaque être humain, en l’accueillant et en l’aimant pour lui-même, indépendamment de ses mérites ou de son péché, de son appartenance ethnique ou de son sexe, de son rôle dans la société ou dans la communauté religieuse.

Comme nous le verrons, située au cœur de l’Évangile proclamé Paul, cette découverte peut expliquer le fait que Paul se soit efforcé de mener ensemble travail missionnaire et travail manuel, ainsi que la manière dont il affrontera les échecs et les épreuves liés à son apostolat.

Renversé sur le chemin de Damas

De tous les évé
nements de sa vie mouvementée, Paul ne retiendra comme fondamental que celui de sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas.

Sur les circonstances précises de cette rencontre avec le Christ, Paul, à la différence de Luc (cf. Ac 9, 22 et 26), est très discret. Il évoque en 1 Co 15,8-10 une apparition personnelle du Ressuscité, mais il nen fait le récit que dans la seule lettre aux Galates. Paul envoie cette lettre vers l’an 56 ou 57. Il vient d’apprendre que les Galates, peuplade dAsie Mineure, ont délaissé l’Évangile qu’il leur avait annoncé et qu’ils sont retournés à leurs pratiques passées. Pire, poussés par des judaïsants, ils semblent mettre en cause son autorité apostolique. Devant la gravité da la situation, Paul écrit. Il raconte comment, sur le chemin de Damas, de pharisien-persécuteur de l’Église, il est devenu apôtre du Christ :  » Vous avez entendu parler de mon Comportement naguère dans le judaïsme, avec quelle frénésie, je persécutais l’Église de Dieu, surpassant la plupart de ceux de mon âge et de ma race par mon zèle débordant pour les traditions de mes pères. Mais, lorsque Celui qui m’a mis à part depuis le sein de ma mère et m’a appelé par sa grâce, a jugé bon de révéler en moi son Fils afin que je l’annonce parmi les païens, aussitôt, loin de reCourir à aucun Conseil humain ou de monter à Jérusalem auprès de ceux qui étaient apôtres avant moi, je suis parti pour l’Arabie…  » (Ga 1,13-17).

 » Il a jugé bon de révéler en moi son Fils  »

Un mot est à souligner : révéler. Plus que celui de conversion, il résume bien la nature profonde de la rencontre de Paul avec le Christ : c’est une révélation émanant du libre choix de Dieu. Pour lui,  »Dieu a ôté le voile qui l’empêchait de voir sa gloire sur le visage du Christ Jésus » (P.Bony). Il lui a donné de comprendre que celui qu’il persécutait n’était pas, comme il le croyait, maudit de Dieu, mais qu’il était son Fils, un Fils parfaitement obéissant qu’il a élevé au rang de Seigneur de l’univers (Ph 2,8-11).

En rencontrant le Christ sur le chemin de Damas, Paul s’est vu révéler le sens profond de la croix comme lieu de l’amour extrême de Dieu et manifestation de sa toute-puissance. Dans cette rencontre avec Celui qui  »l’avait aimé et s’était livré pour lui » (Ga 2,20), il a compris que la Loi de Moïse ne pouvait pas lui donner le salut auquel il aspirait de toute son énergie. Il a pris conscience de la vacuité de tout ce qu’il recherchait jusqu’alors :  » Toutes ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai considérées comme une perte à cause du Christ. » (Ph 3,7). Enfin, parce qu’il lui a été révélé que la Passion était l’expression parfaite de l’amour du Christ pour son Père et pour l’humanité, c’est en elle qu’il a décidé de ne jamais cesser de le chercher :  » J’ai décidé de ne rien savoir parmi vous sinon Jésus Christ et Jésus Christ crucifié  » (1 Co 2,2 cf. Ga 2,20).

 » Afin que je l’annonce parmi les païens  »

À la grâce de la révélation sur le chemin de Damas s’en ajoute une seconde : celle de l’ annonce. Paul lui-même le reconnaît : par sa grâce, Dieu l’a mis à part dès le sein de sa mère pour l’envoyer annoncer son Fils (Ga 1,16). S’il est devenu croyant et apôtre, Paul le doit donc à la pure et gratuite initiative de Dieu qui lui a révélé son Fils et l’a appelé à témoigner, lui, l » avorton  » (1 Co 15,8). La mission qui lui a été confiée n’est liée ni à sa décision personnelle, ni à une quelconque initiative humaine, et encore moins à sa formation ou à son comportement. Elle est un don gratuit de Dieu. De ce don, Paul ne cessera de s’émerveiller :  » Car je suis le plus petit des apôtres, moi qui ne suis pas digne d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Église de Dieu. Mais ce que je suis, je le dois à la grâce de Dieu, et sa grâce à mon égard n’a pas été vaine. Au contraire, j’ai travaillé plus qu’eux tous : non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi  » (1 Co 15,9-10).

Une fois encore, il faut noter l’insistance de Paul sur la grâce, trois fois nommée dans ces deux versets. Car cette expérience fondatrice de la grâce divine totalement imméritée est à l’origine de la manière dont Paul percevra son ministère apostolique : il est un don de Dieu dans lequel la puissance divine celle-là même qui avait ressuscité Jésus-Christ s’est déployée, lui communiquant une force qui le rend désormais capable de toutes les audaces. Toute sa vie, Paul sera traversé par cette tension entre la grandeur de la mission qui lui a été confiée et sa faiblesse qu’il ne cesse d’expérimenter, entre le trésor précieux qu’il a reçu et le  » vase d’argile  » qu’il est (2 Co 4,7).

Cette tension, comme il l’écrira souvent, lui évitera de s’enorgueillir. Elle le conduira à creuser le mystère de la puissance de Dieu qui donne toute sa mesure dans la faiblesse reconnue de ses ministres :  » Mais il m’a déclaré : ‘Ma grâce te suffit ; ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse’. Aussi mettrai-je mon orgueil bien plus dans mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ  » (2 Co 12,9).

Pierre Debergé, Cahier Évangile n° 126 (décembre 2003) pages 8-10

commentaire du site « Bible service à les lectures de la messe de demain 28 Septembre

27 septembre, 2008

commentaire du site « Bible service à les lectures de la messe de demain, lien:

http://www.bible-service.net/site/378.html

Ézéchiel 18,25-28

Suite au prophète Jérémie, le prophète Ézéchiel développe la notion de la responsabilité personnelle face à Dieu. Jusqu’à présent la foi d’Israël était collective. Dans le cadre de la théologie de l’Alliance, Israël méditait et célébrait les relations de Dieu avec son peuple. Quand il y avait des événements graves comme l’invasion du pays par les troupes ennemies, la prise de Jérusalem ou la destruction du Temple il les interprétait comme une juste punition de Dieu contre un peuple qui n’avait pas respecté les clauses de l’Alliance.

Mais les gens disaient :  » La génération de nos pères et celle d’avant était au moins aussi coupable que nous. Pourquoi la punition est-elle tombée sur nous ? Est-il normal que les dents des enfants soient agacés parce que leurs parents ont mangé des raisins verts ? Dieu n’est pas juste.  » Le prophète Ézéchiel invite son auditoire à ne pas éluder ses propres responsabilités et à ne pas rejeter les fautes sur la génération précédente.

Et il pousse la réflexion plus loin en abordant la responsabilité personnelle de chaque croyant. Que chacun se regarde lui-même avant de s’en prendre à Dieu. Personnel ne veut pas dire individuel. On ne vit pas sa foi tout seul. Le prophète invite à la vie fraternelle. Que chacun pratique  » le droit et la justice « .

Philipppiens 2,1-11

Paul vient d’exhorter la communauté de Philippes à mener une vie digne du Christ et à tenir bon dans la foi malgré les épreuves. De même que lui, du fond de sa prison, témoigne de l’Évangile, les Philippiens doivent s’engager personnellement et accepter les souffrances inhérentes à la proclamation du Christ. Toute leur existence doit devenir témoignage de leur amour pour leur Seigneur. C’est ainsi que les sentiments d’unité, de compassion, d’humilité, de respect qui doivent les habiter ne prennent leur véritable sens que dans la contemplation du mystère du Christ mort sur la croix et ressuscité, exalté à la droite de Dieu.

L’hymne, une confession de foi sans doute antérieure à Paul, met en lumière le mouvement de dépossession de soi du Fils par amour pour son Père et le mouvement d’élévation que le Père donne au Fils en reconnaissance de cet amour qui ramène à lui toute l’humanité.

C’est dans le comportement du Christ vis-à-vis de son Père, exemplaire pour les croyants, que les rapports au sein de la communauté trouvent leur sens et leur fondement.commentaire du site
 
Psaume 24

Les mots  » voies « ,  » route  » et  » chemin  » ainsi que les verbes  » enseigner  » et  » diriger  » encadrent le texte. Un croyant demande à Dieu de lui indiquer la bonne route afin de marcher droit sur les chemins de la vie. L’enseignement qu’il souhaite n’est pas quelque chose d’abstrait mais une sagesse pratique qui lui permet d’échapper aux pièges du mal. Le Dieu en qui il met sa confiance est le Dieu qui sauve. Bien qu’il se reconnaisse pécheur, il demande à Dieu de ne pas l’oublier. Il en appelle à sa  » tendresse  » et à son  » amour  » qui sont  » de toujours « . Il évoque sa bonté et sa droiture, deux autres caractéristiques divines. Image225 dans liturgie
 
Matthieu 21,28-32

À l’approche de la passion, Jésus s’adresse à l’aristocratie religieuse et laïque du Temple qui complote contre lui pour le faire mourir. À l’aide d’une parabole, il leur pose une question limpide à laquelle les interlocuteurs répondent aisément. Comme d’habitude, la parabole est habilement composée. Elle montre l’insolence du premier fils qui s’oppose à son père :  » Je ne veux pas « . Et l’obséquiosité du second :  » Oui, Seigneur « . Il est rare qu’on parle ainsi à son père. Or le premier fils se repent. Il ne change pas simplement d’avis, mais entreprend une démarche de conversion qui se traduit en actes. Le second fils, au contraire, montre qu’il n’aime son Seigneur de père qu’en parole. Ses actes dévoilent ses vraies relations avec son père. Il ne l’aime pas.

Les interlocuteurs de Jésus, qui ont répondu correctement à sa question, se sentent-ils concernés par la parabole ? Peut-être pas. Jésus entreprend alors d’éclairer leur comportement avec des paroles qui font mouche. Il dévoile leur attachement factice à Dieu qui contraste avec la démarche sincère des pécheurs. Ceux-ci ne se considèrent pas comme des justes mais ils se laissent ajuster par Dieu. Dieu leur donne la première place dans son Royaume, au détriment des chefs du peuple qui pratiquent une religion de façade. On comprend la stupeur et la fureur des interlocuteurs de Jésus. Ils feront tout pour se débarrasser de lui. Le prophète a dit la vérité, il doit être exécuté, comme dit la chanson.

25° dimanche du Temps ordinaire (commentaire biblique)

21 septembre, 2008

du site: 

http://www.bible-service.net/site/377.html

25° dimanche du Temps ordinaire (21 septembre 2008)

Dieu est toujours prêt à nous embaucher ! Il a besoin de nous ! Quelle que soit l’heure à laquelle nous acceptons de travailler avec lui pour faire fructifier sa vigne, le même accueil généreux nous est réservé. Telle est, fondée sur la bonté du Maître de la vigne la justice du Royaume qui nous est promise. 


Philipppiens 1,20-24.27

Lorsqu’il écrit aux habitants de la ville de Philippes, en Macédoine, Paul est prisonnier. Mais, loin de faire obstacle à la diffusion de l’Évangile, cette incarcération renforce son désir d’annoncer le Christ. Attendant sans doute un jugement et ses conséquences de vie ou de mort, il sait qu’il n’a rien d’autre à faire que de rendre compte de sa foi. Où qu’il soit, il reste le témoin de la Bonne Nouvelle : toute sa personne comme telle témoigne de la grandeur du Christ.

S’il dit  » Pour moi, vivre c’est le Christ « , c’est que sa vie est tout entière livrée à la découverte du Christ et au partage de cette découverte avec tous ceux qu’il rencontre ; c’est aussi qu’il a acquis la certitude qu’en mourant il sera avec le Seigneur, dans un face-à-face désiré.

Pourtant, le plus urgent et le meilleur pour la communauté est qu’il reste en vie pour continuer à proclamer le Christ. Ainsi, en choisissant le bien de la communauté, Paul ne renonce pas à ce qui est, pour lui, fondamental :  » être avec le Christ « .

Il se tourne alors vers la communauté pour l’interpeller directement : elle doit avoir une conduite digne de la Bonne Nouvelle, en conformité avec la parole annoncée, selon l’exemple de l’engagement de Paul. 25° dimanche du Temps ordinaire (commentaire biblique) dans biblique Image206
Image207 dans liturgie
Matthieu 20,1-16

Cette parabole des  » ouvriers de la dernière heure  » est le dernier enseignement sur le Royaume que Jésus donne à ses disciples avant d’entrer, peu après, à Jérusalem. Faisant suite à son affirmation que  » beaucoup de premiers seront derniers et beaucoup de derniers premiers « , elle en est l’illustration concrète comme le confirme la reprise du même propos, au v. 16.

Conformément au genre littéraire de la parabole, l’histoire est à la fois banale et insolite : d’un côté, l’embauche des ouvriers à la saison des vendanges pour un salaire journalier minimum ou laissé au bon vouloir du patron, de l’autre, un cas choquant d’injustice sociale.

À la justice sociale revendiquée par les premiers ouvriers, sur fond de jalousie :  » ils n’ont fait qu’une heure et tu les traites comme nous ! « , se substitue une autre justice, venue du c

śur de Dieu pour manifester sa tendresse envers les pécheurs. C’est cette justice-là que l’égalité de traitement pour tous met en lumière. Comme le fils aîné de la parabole de l’enfant prodigue, les ouvriers de la première heure sont invités à comprendre qu’en accueillant les  » petits « , Dieu ne leur enlève rien de l’amour qu’il a pour eux.Image206
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Une Parole pour aujourd’hui

Nous pouvons entendre l’appel du prophète Isaïe à  » chercher le Seigneur  » au-delà de nos habitudes et nos certitudes, dans des  » pensées qui ne sont pas nos pensées  » et des  » chemins qui ne sont pas nos chemins « , ainsi que l’appel de l’apôtre Paul à mener  » une vie digne de l’Évangile du Christ  » comme une sérieuse invitation à relire notre vie. La  » conversion  » à laquelle ils nous exhortent l’un et l’autre n’est pas faite de culpabilité ni de volontarisme mais de la confiance mise en la  » Bonne Nouvelle du Christ  » : celle du pardon et de la tendresse de Dieu.

On trouvera l’introduction à la première lecture (Isaïe 55,6-9), et au Psaume 144(145)2-3,8-9,17-18, dans la revue Célébrer n° 361 (juillet-août 2008). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en śuvre

signifié des mots: Alléluia, Hosanna

2 septembre, 2008

du site:

http://www.interbible.org/interBible/ecritures/mots/2008/mots_080509.html

signifié des mots:

Alléluia

Hébreu : halelou-iah
Grec : hallelouïa

Alléluia est un mot hébreu qui vient du verbe hillel qui veut dire louer et du suffixe iah qui est une abréviation de Yahvé. Donc, alléluia se traduit habituellement par louer le Seigneur, mais aussi par adorer le Seigneur, célébrer le Seigneur ou confesser le Seigneur.

     L’acclamation alléluia est fréquente dans les psaumes. À l’occasion, elle introduit la prière au début du psaume, d’autres fois on la retrouve à la fin pour la conclure. Il exprime toujours un sentiment de joie vers le Seigneur.

Alléluia, vive le Seigneur!
Acclamez Dieu dans son temple,
acclamez-le sous la puissante voûte de son ciel!
Acclamez-le pour ses exploits,
acclamez-le pour sa grandeur infinie!
Acclamez-le en sonnant du cor,
acclamez-le aux accords de la harpe et de la lyre .
Acclamez-le en dansant au rythme des tambourins,
acclamez-le avec la guitare, avec la flûte à bec.
Acclamez-le avec les cymbales sonores,
acclamez-le avec les cymbales éclatantes.
Que tout ce qui respire acclame le Seigneur!
Alléluia, vive le Seigneur!
(Ps 150)

     L’Apocalypse est le seul endroit où l’on retrouve alléluia dans le Nouveau Testament. Au chapitre 19, les élus célèbrent Dieu et la venue de son règne par l’acclamation de l’alléluia. (Ap 19,1-6)     Alléluia est un des cinq mots hébreu/araméen qui n’ont pas été traduits puisqu’ils appartenaient à la liturgie des premiers chrétiens. Les autres sont abba, amen, hosanna et maranatha. La liturgie chrétienne utilise abondamment l’alléluia. Par exemple, c’est en chantant alléluia qu’on acclame la lecture de l’évangile. La joie de l’alléluia exprime bien celle de la bonne nouvelle de la résurrection de Jésus Christ.

Alléluia, Alléluia, le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité! Alléluia!

Hosanna

Araméen : Hocha-na
Hébreux : Hochi’ah-na
Grec : Hosanna

Hosanna Seigneur, hosanna la victoire
Hosanna Seigneur, hosanna le triomphe
(Ps 118,25)

Hosanna vient du verbe hébreu hochi’a qui se traduit par sauver, donner le salut, donner la victoire. On récitait ce psaume à voix haute à la fête de Pâque, à la fête des tentes et à d’autres occasions. Hosanna devient l’acclamation populaire lors des jours de fêtes et des processions. Il est une prière de supplication demandant l’aide permanente de Dieu ou un cri de louange.

     Le septième jour de la fête des tentes, lors d’une procession avec des rameaux à la main, on chantait des litanies avec « hosanna » comme refrain.

     Le Psaume 118 se comprend comme une prière messianique pour les Juifs, comme plus tard pour les chrétiens. Ce cri du hosanna porte donc en lui l’attente messianique.

     Dans le Nouveau Testament, « hosanna » se retrouve dans le récit de l’entrée de Jésus à Jérusalem. (Mt 21,9

; Mc 11,9; Jn 12,13). Ces trois évangiles citent le psaume 118,26 pour l’appliquer à Jésus, le messie entrant à Jérusalem : « Hosanna, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ». Ils continuent avec d’autres louanges à saveurs messianiques : « Hosanna au fils de David » (Mt 21,9); « Hosanna au plus haut des cieux » (Mc 11,10).     La liturgie des premiers chrétiens a préservé ce mot dans sa langue d’origine tout comme

abba, alléluia, amen et maranatha. Encore aujourd’hui, on retrouve le hosanna dans la prière du sanctus récité lors des célébrations eucharistiques. Cette expression est particulièrement importante lors du dimanche des rameaux, célébrant l’entrée de Jésus à Jérusalem.

Sébastien Doane

Bibliste, Lavac (Quebec)

 

psaume 83 (84) – photo d’un ami français

11 août, 2008

psaume 83 (84) - photo d'un ami français dans biblique

photo d’un ami français, Patrick, du « Maurienne » Savoia

http://flickr.com/photos/pjfb/2750834160/

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Psaume 83 (84)

Tendus vers le sanctuaire de Dieu en Sion

 Du maître de chœur. Sur la… de Gat. Des fils de Coré. Psaume.


2  De quel amour sont aimées tes demeures,
Seigneur, Dieu de l’univers ! 
3  Mon âme s’épuise à désirer
les parvis du Seigneur ; *
mon coeur et ma chair sont un cri
vers le Dieu vivant ! 
4  L’oiseau lui-même s’est trouvé une maison,
et l’hirondelle, un nid pour abriter sa couvée :
tes autels, Seigneur de l’univers,
mon Roi et mon Dieu ! 
5  Heureux les habitants de ta maison :
ils pourront te chanter encore !
 
6  Heureux les hommes dont tu es la force :
des chemins s’ouvrent dans leur coeur ! 
7  Quand ils traversent la vallée de la soif,
ils la changent en source ; *
de quelles bénédictions la revêtent
les pluies de printemps ! 
8  Ils vont de hauteur en hauteur,
ils se présentent devant Dieu à Sion. 
9  Seigneur, Dieu de l’univers, entends ma prière ;
écoute, Dieu de Jacob.
 
10  Dieu, vois notre bouclier,
regarde le visage de ton messie. 
11  Oui, un jour dans tes parvis
en vaut plus que mille.
J’ai choisi de me tenir sur le seuil,
dans la maison de mon Dieu, *
plutôt que d’habiter
parmi les infidèles. 
12  Le Seigneur Dieu est un soleil,
il est un bouclier ; *
le Seigneur donne la grâce,
il donne la gloire.
Jamais il ne refuse le bonheur
à ceux qui vont sans reproche. 
13  Seigneur, Dieu de l’univers,
heureux qui espère en toi !

Rencontre avec Jacques Fontaine, l’initiateur de la Bible sur le terrain

20 juillet, 2008

du site: 

http://www.zenit.org/article-18496?l=french

Rencontre avec Jacques Fontaine, l’initiateur de la Bible sur le terrain

Par Agnès Staes

ROME, Vendredi 18 juillet 2008 (ZENIT.org) – A l’occasion du 60e anniversaire de l’ordination sacerdotale du P. Jacques Fontaine, dominicain français, ce 18 juillet 2008, Agnès Staes propose, dans les colonnes de « Un écho d’Israël », cette rencontre avec l’initiateur de la fameuse « Bible sur le terrain » (BST). « Tanti auguri, Père Jacques ! », comme disent les Romains.

Chaque semaine, en effet, Agnès Staes a ce qu’elle appelle « la chance de lire avec une ou deux autres personnes la Bible en hébreu avec le père Jacques Fontaine, dominicain ». Il s’agit d’une lecture suivie,

à haute voix, qui permet d’entendre la « musique » du texte, ce qui forme l’ « oreille » et donne l’intuition de ce dont il s’agit, avant même parfois de pouvoir traduire mot à mot. Les étudiants passés à Jérusalem qui ont eu ce même privilège ne souhaitent qu’une chose : transmettre à leur tour cette façon unique de lire l’Ecriture Sainte.

Né à Roubaix il y a 86 ans, le P. Fontaine est une figure bien connue à Jérusalem. Il a plusieurs cordes à son arc.

« J’ai rejoint les 4 premiers à Jaffa » confie-t-il à Agnès Staes, « c’était Yohanan Elihaï, Jean Roger (mort en 1979), Joseph Stiassny (mort en 2007) et Bruno Hussar (mort en 1996). Nous sommes montés ensemble à Jérusalem. Nous nous sommes installés chez les Lazaristes, rue Agron. » C’était en 1960.

Ainsi, il a participé à la fondation de la maison Saint-Isaïe et fut le premier compagnon du père Bruno Hussar, également dominicain, qui fonda par la suite Nevé Shalom. Deux ans plus tard, le père Marcel Dubois, dominicain lui aussi (mort en 2007), les rejoignit ; c’est lui qui aida le père Jacques, qui avait été très malade en France, à trouver sa place. Le trio souhaitait « assurer une présence chrétienne dans le milieu israélien, aider les catholiques de langue hébraïque et commencer des études juives ».Le p

ère Jacques étudia l’hébreu dans un oulpan – école d’hébreu pour les nouveaux immigrés – , fréquenta l’université hébraïque. Après la guerre des Six jours, il fit l’École des guides, puis commença à explorer le pays, la Bible en main. Par la suite, son emploi du temps se répartit en deux temps : l’été, il était sur la route, d’abord avec une jeep à huit places, puis deux et trois jeeps, et avec l’évolution du pays, de la demande… ce sera en bus. Ce sera l’initiative de « la Bible sur le terrain » qui prendra naissance. L’hiver, avec un petit groupe qui pouvait compter jusqu’à 10 personnes, c’était la lecture de la Bible en hébreu, 5 heures par jour, avec une liturgie associée. « A force de répétition dit-il régulièrement, le vocabulaire entre et on se met à penser comme la Bible ».

Le sigle « BST » résumait les deux : « Bible sur le terrain » en été et « Bible sous terre » en hiver. Il fit avec Abouna Schmueloff, né à Méa Shéarim et devenu curé melkite de Jish (Gush Halav), un enregistrement de toute la Bible en hébreu, ce qui permet aux gens de l’entendre (l’écouter) et de se la mettre dans l’oreille. Ces cassettes ont fait le tour du monde !

Après plus de 40 ans avec le P. Fontaine, cette expérience de la « Bible sur le terrain », la BST, continue aujourd’hui avec l’aide du diocèse de Paris, notamment le P. Henri de Villefranche et le P. Michel Gueguen. Mais laissons le P. Jacques nous en parler.

Agnès Staes – Père Jacques, quelle a été votre intuition pour fonder la Bible sur le terrain ?

P. Jacques Fontaine - Je n’étais pas capable comme Marcel de faire de la philosophie, alors je me suis lancé dans la Bible. Marcel est parti enseigner la philosophie à l’université, Bruno a fondé Neve Shalom et moi j’ai fait l’école des guides. J’ai même reçu le 2ème prix de Teddy Kollek à l’école des guides ! Assez rapidement j’en ai eu marre des programmes des agences. Avec la maison St Isaïe, nous avions une certaine autonomie.

Agnès Staes – « La terre sainte est plus intéressante que les lieux saints », c’est un peu votre adage ?

P. Jacques Fontaine - Oui, dans les lieux saints, les gens qui arrivent pour la première fois sont un peu paralysés par d’autres choses que l’essentiel : les vêtements (couleurs, formes des chapeaux), les bougies, les heures où certains hurlent pour faire connaître qu’ils sont bien là. Alors j’ai repris l’idée des pères de l’Eglise : revenir à la Bible. C’est la Terre Sainte qui est intéressante.

Agnès Staes – Comment avez-vous pensé à la Bible sur le terrain ?

P. Jacques Fontaine - C’est un parcours qui s’est fait à force de répétition. Après la guerre des Six jours, nous étions comme dans l’euphorie. Avec la jeep nous pouvions circuler depuis Sharm el Cheikh jusqu’à l’Hermon en passant par la Judée-Samarie par des pistes non macadamisées. J’ai commencé avec Jacques Bernard, un bon mécanicien, dans la jeep, et nous lisions les textes proposés par les lieux. Petit à petit s’est mis en place une visite de la Terre sainte qui retrace la pédagogie divine. Dieu prend les hommes où ils en sont et les fait cheminer jusqu’à la plénitude des temps. On se joint au cortège que nous raconte l’épître aux Hébreux. C’est la procession des croyants depuis Abraham… qui se mettent en route par la foi vers la cité dont Dieu est l’architecte et le fondateur.

Au début, je faisais 4 circuits par an, en jeep d’abord. Puis les frontières se rétrécissant, les circuits ont été conçus avec de plus en plus de marche. Je voulais aussi que ceux qui n’avaient pas beaucoup d’argent puissent aussi y participer, nous logions à la belle étoile, entre Pâques et Soukkot la pluie est inexistante ici.

Agnès Staes – Comment avez-vous trouvé votre pédagogie ?

P. Jacques Fontaine - Pour moi, il y avait une triple progression. La première était la découverte du pays, de la géographie. C’est un si petit pays avec tellement de contraste. Si vous allez de l’Hermon où en mai, juin vous pouvez encore trouver de la neige, à la Méditerranée, en passant par la mer Morte, le lieu le plus bas du monde, en traversant le désert puis la Galilée, que de diversité !

La seconde progression est l’histoire sainte expérimentée. Mon but était de faire expérimenter aux gens que l’histoire sainte (ce qu’on appelle l’Economie du salut) est notre propre histoire. Au nom du Père était dans le désert, au nom du Fils en Galilée et au nom du Saint Esprit à Jérusalem. Tout se concentre à Jérusalem pour rejaillir sur l’universel.

La troisième progression est celle d’un groupe qui se laisse recréer par la Parole de Dieu. Au cours des jours qui passent, les partages devenaient de plus en plus riches, chacun étant appelé à s’exprimer. Bien souvent, même après, les groupes continuaient de cheminer ensemble, de vivre leur expérience au rythme de la liturgie.

Agnès Staes – Qu’est ce qui était essentiel pour vous ?

P. Jacques Fontaine - La découverte du pays nous amenait de la mer Rouge au mont Hermon dans la Bible. Deux montagnes où se passe une théophanie sont essentielles : la théophanie au Sinaï, et celle de la Transfiguration. Sur ces deux montagnes, la Parole retentit et ça rebondit à Jérusalem, lieu que Dieu a choisi pour faire habiter son Nom.

On lisait l’histoire sainte dans son ensemble. Grâce au père Congar qui m’a fait connaître le théologien O.Cullman, j’ai découvert une chose qui me parait essentielle. L’histoire sainte est comparable au cœur humain qui fonctionne par systole et diastole. Toute l’humanité se désagrège et après cela se contracte. Je vous explique : au retour de Babylone, ça se rétrécit, on ne parle plus que de la tribu de Juda, et cela se concentre à Jérusalem. Deux titres prophétiques vont apparaître, le serviteur d’Isaïe en particulier le serviteur souffrant d’Is 52.13-53.12 et le Fils de l’homme dans Dn 6-7. On ne sait pas trop si c’est une collectivité ou une personnalité. Jésus s’est approprié ces deux noms. Tout se contracte en la personne de Jésus qui concentre en sa personne la nature divine et la nature humaine. A partir de Jésus se déclenche la diastole, c’est très important pour notre foi chrétienne, le voile se déchire quand le Christ meurt sur la croix. L’épître aux Hébreux s’étend là-dessus. Jésus obtient le pardon des péchés, non comme le Grand Prêtre qui devait revenir chaque année, mais une fois pour toute. Jésus est le point de départ d’une nouvelle création. Cela se déclenche à la Pentecôte : tout est à vous, vous êtes au Christ et le Christ est à Dieu. C’est l’étape de la diastole : le monde se récapitule, tout se récapitule dans le Christ qui accomplit les Ecritures au centre de l’histoire. Se déclenche alors la prédication des Ecritures : celui que vous avez transpercé, Dieu l’a ressuscité, nous en sommes témoins. Ceux qui croient sont incorporés au Christ par le baptême dans le corps mystique du Christ qui s’étend jusqu’à la plénitude des temps.

Agnès Staes – C’est presque un cours de théologie que vous nous faites ?

P. Jacques Fontaine - En fait, le pèlerinage progressait dans la prise de conscience de cela. En 15 jours, la proximité avec la Parole, l’histoire sainte, et notre appartenance à cette histoire, recentraient la vie de chacun. Chaque jour se construit sur le précédent et prépare le suivant jusqu’à ce qu’on arrive à ce gros point d’interrogation, c’est-à-dire à la cuvette de Jérusalem où des montagnes l’entourent. Là on attend quelque chose qui ne peut que descendre du ciel. On se réunit alors dans la contemplation d’un mystère et d’une attente. Tout cela est inscrit dans le paysage. On s’intéresse au mystère de Jérusalem, on communie dans ce mystère de l’attente. La Promenade (Hass Sherover), d’où l’on a une vue panoramique de la ville de David, du Temple et du Mont des Oliviers, mériterait de devenir un lieu saint pour tout le monde.

C’est ainsi que l’on découvre le dessein de Dieu qui est notre histoire, notre histoire personnelle et l’histoire de l’Eglise.

Après cela, on partait de Jérusalem sans jamais la quitter. Les gens avaient découvert que cette histoire était la leur, ils avaient trouvé des compagnons de route, David, Jérémie, Zacharie … et avec eux ils s’acheminaient vers la cité dont Dieu est le fondateur et l’architecte.

Proclamation du grand commandement

11 juin, 2008

du site:

http://www.bible-service.net/site/754.html

Proclamation du grand commandement
 
Et maintenant, Israël, qu’est-ce que YHWH ton Dieu attend de toi ? Il attend seulement que tu craignes YHWH ton Dieu en suivant tous ses chemins, en aimant et en servant YHWH ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, en gardant les commandements de YHWH et les lois que je te donne aujourd’hui, pour ton bonheur. (10, 12-13) 

Israël est interpellé. Le peuple des douze tribus, à l’union politique encore bien lâche en ces temps qui suivaient la prise du pays, trouvait son unité dans la foi. Alliance était proclamée par YHWH avec le peuple des douze tribus. Mais Israël ne pouvait être interpellé qu’à l’occasion des fêtes de pèlerinage, lorsque des représentants de toutes les tribus se rencontraient auprès d’un sanctuaire pour des célébrations cultuelles. Dans le culte de l’alliance, Israël devient réalité. Là, dans cet aujourd’hui cultuel qui annule le temps, lui sont annoncées les anciennes exigences de l’alliance avec YHWH. Pour de telles fêtes, Israël se rassemble et demande bénédiction. Il cherche ce qui est bon, ce qui est  » bonheur « . Il sait ce qui est bonheur pour lui. Le lecteur pourra le lui rappeler par une question. Écouter, observer les exigences de YHWH. Obéissance est exigée. Celle-ci est simple. Elle n’est pas attention portée sur toutes les prescriptions, du moins pas en premier lieu : il ne s’agit que d’une seule chose ; laquelle donc ?


Craindre YHWH

Le texte donne un premier énoncé :  » Craindre YHWH ton Dieu « . Les deux parties de cette formulation sont importantes. Crainte de YHWH qualifie, dans l’ancien Orient, ce que nous désignons habituellement par  » foi  » ou  » religion « . Elle est orientation de l’être sur le mystère divin. Crainte ne s’oppose pas à amour, la suite de la phrase le montre. Crainte inclut amour, désigne la situation devant Dieu. Pour nommer cet état embrassant toute l’existence, on a choisi ce mot : l’oriental savait bien mieux que nous, combien grand et étranger à nous est le mystère divin. Il savait que Dieu, lorsque l’homme en fait l’expérience, apparaît toujours comme l’Autre ; devant lui l’homme prend peur. La crainte de Dieu ne doit cependant pas en Israël se diriger sur le divin de façon vague, ni sur les nombreux dieux auxquels on croyait alors, mais sur l’unique Dieu. Son nom est YHWH, il est  » Dieu d’Israël « . Voilà qui renvoie à une pensée dominée par l’alliance. L’alliance avec Dieu se laisse dire en la courte formule : qu’Israël devienne peuple de YHWH et YHWH sera Dieu d’Israël. Dans la foi, Israël doit s’orienter vers le Dieu qui fait alliance, YHWH. C’est tout ce que Dieu exige de lui.

En une seconde série d’énoncés est développé ce que signifie la crainte de YHWH. Il s’agit de suivre ses voies. La route est un symbole primitif de l’existence humaine. L’homme parcourt un chemin. Il s’agit de prendre le bon. Pour Israël, c’est le chemin de YHWH. Mieux, toutes les voies sont siennes. Nombreuses sont les possibilités du salut, car l’appel de Dieu n’est pas uniforme. Pour chaque situation, il y a un chemin particulier. Qu’Israël suive donc la voie de YHWH. Il aimera Dieu alors. Cet amour n’est pas sentiment, mais fidélité et don. Dans le milieu politique où s’origine la pensée de l’alliance, le mot amour pouvait être utilisé pour qualifier les relations de vassalité du roitelet à l’égard du roi. Le contrat demandait d’aimer son suzerain ; en ses lettres, le vassal assurait ce dernier de son amour. YHWH de même demande à son peuple vassal, Israël, de l’aimer.

L’amour devient service. Ces termes datent, eux aussi de l’ère politique de la vassalité. S’agissant de Dieu, s’y associe immédiatement l’idée d’un service divin, cultuel. En lui s’exprime l’amour d’Israël pour son Dieu. Le service qu’Israël doit à YHWH n’est pas seulement extérieur, il est rendu  » de tout (son) cœur, de tout (son) être « . Cette expression aussi, connue par les contrats politiques et la correspondance diplomatique, est reportée ici dans le domaine religieux. Voilà qu’est explicité ce que signifie pour Israël, craindre son Dieu.

Cette seule et unique exigence de YHWH, on ne peut la remplir que si l’on est disposé à  » garder les commandements de YHWH et les lois « . L’unique commandement engendre beaucoup de préceptes. Et par ailleurs, les nombreux préceptes ne servent que l’unique commandement : garder Israël dans la crainte de YHWH.


Oui, à YHWH ton Dieu appartiennent les cieux et les cieux des cieux, la terre et tout ce qui s’y trouve. Or c’est à tes pères seulement que YHWH s’est attaché pour les aimer; et après eux, c’est leur descendance, c’est-à-dire vous, qu’il a choisis entre tous les peuples comme on le constate aujourd’hui. (10,14-15) 

Après la loi, la motivation. Dieu est toujours premier. S’il demande quelque chose à l’homme, c’est qu’auparavant déjà, il l’avait gratifié. D’abord, il le sauve ; ensuite, il demande et, au fond, il ne demande rien du tout, si ce n’est de rester sous la mouvance de ce salut. La grâce porte chaque commandement. L’exigence de Dieu peut toujours être motivée, car elle renvoie à son agir prévenant. Ainsi en est-il dans notre texte du grand commandement. Ces motivations suivent, nous l’avons déjà noté, le déroulement de l’histoire du salut. En 10, 14, elles commencent par l’amour de Dieu à l’égard des patriarches. Dieu demande l’amour d’Israël, parce qu’il avait déjà aimé ses ancêtres.

Alors que l’amour demandé à Israël visait davantage l’obéissance que le sentiment – l’exigence de Dieu était donc formulée en termes plus voilés – ici où l’on parle de l’amour de Dieu pour les ancêtres d’Israël, une autre expression est ajoutée. Elle désigne le sentiment, l’intimité, l’attachement :  » YHWH s’est attaché à tes pères « . On voudrait presque parler d’un Dieu amoureux. Et ceci advint longtemps avant qu’Israël ne fût appelé à rendre cet amour.

Norbert Lohfink,
Cahier Évangile n° 140 (juin 2007) pages 14-16.

LE CIEL ET SES HABITANTS

27 mai, 2008

du site: 

http://456-bible.123-bible.com/livres1/moody_ciel.htm#Chapitre_2

LE CIEL ET SES HABITANTS

Aucun habitant ne dira : Je suis malade. Le peuple de Jérusalem reçoit le pardon de ses iniquités. (Esaïe 33:24.)

Ceux qui vivront dans le ciel formeront une société choisie ; l’Ecriture ne laisse aucun doute à cet égard. Ce monde a plusieurs genres d’aristocraties, mais là-haut il n’y aura que celle de la sainteté. Le plus humble sur la terre sera le plus élevé dans le paradis : « Ainsi parle le Très-Haut, dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint : J’habite dans les lieux élevés et dans la sainteté, mais je suis avec l’homme contrit et humilié. » (Esa 47) Impossible de s’exprimer plus clairement ! Quiconque n’a pas un coeur contrit et humble, n’habitera jamais dans le lieu saint et élevé où Dieu demeure.

Ce qui doit rendre aux chrétiens le ciel désirable , c’est de savoir qu’ils y trouveront le Seigneur ainsi que tous leurs bien-aimés. Qu’est-ce qui rend la maison paternelle si attrayante? Est-ce parce qu’elle est belle? parce qu’elle est entourée de fraîches pelouses ou de beaux arbres ? parce qu’elle est ornée de superbes tableaux et meublée avec luxe ? Non ! ce qui la rend chère, c’est que nos bien-aimés y habitent.

Je me souviens, après une absence, d’être revenu chez moi pour voir ma vénérée mère. Je voulais lui faire une surprise et je me glissai furtivement dans la maison à son insu. Je parcourus toutes les chambres, mais je ne trouvai pas ma bien-aimée mère : Où est-elle? demandai-je à l’un des membres de la famille. On me répondit qu’elle était partie et, dès ce moment, ma vieille demeure n’eut plus de charme pour moi. C’était la présence de cette mère qui me la rendait si agréable ; c’est la présence de ceux que nous aimons qui embellit notre intérieur ; elle embellira aussi pour nous le ciel. Christ est dans le ciel, le Père y est aussi ; un grand, grand nombre de ceux qui nous ont été chers ici-bas y sont, et bientôt nous y serons avec eux.

Nous voyons dans Matthieu 18:10, que les anges s’y trouvent : « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits ! est-il écrit, car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. »

« Leurs anges voient la face de mon Père ! »

Nous serons en bonne compagnie là-haut, non seulement avec ceux qui ont été rachetés, mais aussi avec ceux qui n’ont jamais été perdus, qui n’ont jamais connu le péché, qui ne savent ce qu’est la désobéissance et qui ont obéi depuis le jour de la création.

Dans Luc 1, nous lisons que Zacharie mit en doute la parole de l’ange Gabriel, descendu du ciel tout exprès pour lui dire que le précurseur du Messie naîtrait de lui. Alors l’ange répondit à ce doute par cette déclaration : « Je suis Gabriel qui me tiens en la présence de Dieu ! » C’est glorieux de pouvoir affirmer cela !

On a dit que trois choses nous surprendraient à notre entrée dans le ciel: d’abord d’y rencontrer bien des gens que nous ne nous attendions nullement à trouver là; en second lieu, de ne pas en voir d’autres que nous pensions y trouver ; et enfin, ce qui nous étonnera le plus, de nous y trouver nous-même.

Une pauvre femme disait un jour à Rowland Hill que le chemin qui conduit au ciel était court, simple et facile. Trois pas seulement : sortir de soi, être en Christ, entrer dans la gloire. Mais la route est plus courte encore : sortir de soi et être en Christ, c’est vivre déjà là-haut. De même qu’un homme mort ne pourrait hériter d’une propriété, aussi une âme morte ne saurait hériter du ciel ; il faut donc que nos âmes soient tout d’abord ressuscitées avec Christ.

Quant aux chrétiens que nous espérons rencontrer dans les cieux, nous voyons, d’après l’Ecriture, qu’ils seront de goûts et de caractères divers. Il n’y a pas là-haut une seule demeure, mais plusieurs demeures ; pas une seule porte, mais plusieurs : trois au nord, trois à l’est, trois à l’ouest et trois au midi. Les pèlerins lassés y entreront revenant de diverses écoles théologiques, ayant appartenu à des Eglises opposées, à des positions sociales différentes, ayant des caractères dissemblables, des manières diverses d’exprimer leur foi et leurs espérances, et convertis par des moyens variés, par différents textes des Ecritures. Ils se rencontreront tous ensemble , « non sans surprise, » sur les bords du fleuve de vie. Sur les rives de ce fleuve; ils trouveront un arbre portant douze fruits, non pas continuellement des fruits de même espèce, mais douze espèces de fruits appropriés aux- besoins de chacun; il y en aura pour ceux qui ont souffert avec patience, pour ceux qui ont activement travaillé, pour les esprits raisonneurs humbles et sanctifiés, pour ceux des justes arrivés enfin à la perfection. Les feuilles de cet arbre ne seront pas pour la guérison d’une seule Eglise et d’un seul peuple, mais de toutes les nations et pour ceux-là mêmes qui, parmi ces nations, ont le moins entendu parler du Seigneur, mais dont les coeurs affamés et altérés de justice, auront besoin d’être rassasiés.

Un de nos éminents théologiens contemporains raconte ce fait : « Lorsque j’étais un jeune garçon, je me représentais le ciel sous la forme d’une cité brillante entourée de murs, avec des dômes et des clochers, et qui n’avait pour habitants que des anges vêtus de blanc, de vrais étrangers pour moi. A cette époque je perdis un petit frère et, dès lors, je me figurais que le ciel était toujours la même grande ville avec des murs, des dômes et des clochers , où habitaient une multitude d’anges inconnus avec le cher petit camarade que je connaissais si bien. Puis, un autre de mes frères mourut; puis des amis dont le nombre s’accrut considérablement dans le ciel. Mais ce ne fut que lorsque j’eus envoyé un de mes propres enfants à Dieu, son Père céleste, que je compris un peu mieux ce qu’était ce séjour béni. Un second partit, ensuite un troisième, puis un quatrième et, dès lors, j’eus tant d’êtres chers là-haut , que je ne pensai plus aux murs, aux dômes ni aux clochers, mais à ceux qui habitaient la cité céleste. Et maintenant, un si grand nombre de mes bien-aimés y sont montés, qu’il me semble parfois que j’en ai plus là-haut que sur la terre. »

je m’arrête ici, mais le teste continue

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