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Père Frédéric Manns: Bethléem – Réflexions

2 janvier, 2009

du site:

http://198.62.75.5/www1/ofm/sites/TSbtmanns2.html

Bethléem – Réflexions

Frédéric Manns, ofm

« Maison du pain » : telle serait selon Jérôme l’étymologie populaire du terme Bethléem. Dans un village ignoré, loin des agitations impériales de la forteresse romaine située non loin de là et connue sous le nom de l’Hérodion, paraît un enfant qui dans la fragilité de sa venue met un terme à l’attente inquiète d’Israël. Sur la tige de Jessé une fleur vient d’éclore.
 
Jésus n’est pas l’homme divin que la mythologie grecque célébrait dans sa quête de sagesse. Il n’est pas non plus le symbole de l’humanité exaltée au point de devenir Dieu. Il est Dieu qui se fait homme. Le scandale chrétien est l’humanisation de Dieu, sa kénose, son humilité.
 
Le message d’un Dieu qui s’humilie est déjà contenu dans les évangiles de l’enfance. Tandis que l’Evangile de Marc s’ouvre sur la proclamation du Règne de Dieu, Matthieu et Luc ont senti le besoin d’insister sur le mystère de l’Incarnation de Dieu. Le Dieu qui se fait homme vient accomplir les Ecritures d’Israël: « Si tu pouvais déchirer les cieux et descendre ». Un Dieu qui partage la condition de l’homme, qui souffre avec son peuple, qui intervient pour le libérer, voilà une nouveauté surprenante, mais déjà annoncée par les Ecritures.
 
La Bible avait célébré l’efficacité de la Parole qui fut l’instrument de la création du monde. « Par sa Parole les cieux ont été faits ». Cette parole n’était autre que la Sagesse de Dieu. Ben Sira est arrivé à cette conclusion après de longues méditations. Le Nouveau Testament qui accomplit l’Ancien Testament en le dépassant, affirme dans le Prologue de l’Evangile de Jean: « Le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous ». La Parole devient une personne en qui la gloire de Dieu se manifeste. Bethléem, la cité du roi David, accueille ce message révélé aux petits et non pas aux sages. La Sagesse a dressé sa tente au milieu des hommes. Dieu se révèle comme l’Emmanuel, un Dieu avec les hommes.
 
Les Pères de l’Eglise frappés par une telle nouveauté ont commenté bien des fois cet événement. Une bonne nouvelle de cette envergure ne peut être que chantée, car elle réjouit le coeur. Elle ouvre les portes à une espérance illimitée. Irénée de Lyon, héritier de la tradition johannique, célèbre la nouveauté absolue de l’incarnation. Dieu fait toutes choses nouvelles. La naissance du Verbe fait craquer l’écorce de vétusté du monde. Tout ce qui est vieux et usé recule devant la naissance de Jésus. Celui qui vient de Dieu apporte avec lui toute la nouveauté. « Cieux nouveaux, terre nouvelle », avait annoncé le prophète Isaïe. C’est dire que la naissance de l’enfant de Bethléem a une dimension cosmique. Toute la création attend la libération, puisqu’elle a été soumise au péché.
 
En s’incarnant la Parole de Dieu se fait ce que nous sommes pour que nous devenions ce qu’elle est. La terre est transformée en cieux au moment de l’incarnation par celui qui devient le « laboureur de Dieu », selon l’expression de Clément d’Alexandrie. Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu, répéteront les Pères de l’Eglise. Il s’est fait pauvre pour nous enrichir. Il s’est fait petit pour nous permettre de grandir.
 
L’incarnation du Fils de Dieu signifie la vocation de l’homme à être divinisé. Fils de Dieu, nous le sommes réellement, affirme Saint Jean dans sa première lettre. Reconnaître cette dignité, c’est renoncer à proclamer l’absurdité du monde. La condition humaine a été tellement ennoblie qu’une étincelle divine resplendit en chaque créature. L’Esprit de Dieu qui a couvert Marie de son ombre est encore capable de répéter le même miracle.
 
Les maîtres spirituels, en méditant le mystère du Verbe incarné, ont souvent parlé du Verbe abrégé. La parole longue de l’Ancien Testament qui a inspiré les prophètes s’abrège dans l’enfant qui naît à Bethléem. Et cette parole demande à naître dans le coeur des croyants. Saint François en conclura que le prédicateur doit faire une parole brève, puisque le Christ est la parole brève du Père, celle qui résume la Loi et les Prophètes. Le Christ, parole brève, résume son enseignement en un seul commandement: celui de l’amour. Il suffit que le prédicateur centre son homélie sur ce thème fondateur.
 
Noël évoque une triple naissance: la naissance du Fils unique engendré par le Père céleste dans l’essence divine, celle qui s’accomplit à Bethléem par une mère qui dans sa fécondité garde l’absolue pureté; et celle par laquelle Dieu naît chez ceux qui l’accueillent. C’est dire que la symphonie de Noël reste inachevée tant que le coeur des croyants reste fermé.
 
La Parole qui s’incarne demande de bannir tout ce qui est désincarné, rétréci et étriqué. Elle n’est plus simplement objet d’étude et d’approfondissements intellectuels. Etant devenue une personne, elle exige adoration, contemplation et respect. Plonger dans ce mystère c’est dilater son coeur et son regard pour éviter de se recroqueviller dans un repli frileux devant les possibilités étonnantes de notre monde.
 
Rappeler l’incarnation en tête des Evangiles c’est redire l’originalité de la pensée chrétienne. Le Fils de Dieu qui partage la condition de l’homme est l’Adam nouveau, celui qui réalise pleinement la vocation de l’homme. Il est la Sagesse de Dieu annoncée dans l’Ancien Testament qui établit sa demeure parmi les hommes. Il est l’Emmanuel qui souffre et se réjouit avec l’humanité et la ramène vers le Père. A partir de Noël tout s’achemine sous la poussée de l’amour vers la Face du Père. Le temps est déjà enveloppé par l’éternité, parce que l’éternité s’est engagée dans le temps. La nuit du monde se transforme progressivement en clarté.
 
Le Fils de Dieu lorsqu’il devient fils de la terre se laisse contenir en un point de l’espace et du temps. Bien plus il se laisse conditionner par une langue et une culture. En réalité, c’est lui qui contient l’univers. Il ne veut pas s’approprier à travers son corps le monde comme une proie, mais il le fait corps d’unité, chair cosmique et eucharistique. En lui le monde devient corporéité spirituelle, il est vivifié par l’Esprit.
 
Le judaïsme et l’Islam refusent l’incarnation du Fils de Dieu en raison de la transcendance de Dieu. Un Dieu ne peut se mêler à sa créature qu’au risque de perdre sa divinité, affirment-ils. Le christianisme proclame que Dieu aime les hommes au point de devenir homme. L’incarnation n’est pas une humiliation de la raison de l’homme, mais la reconnaissance de la vraie dignité de l’homme. Elle est la finalité de la création : tout a été créé pour lui, affirme saint Paul. Origène, dans son Commentaire de l’Evangile de Matthieu 14,7 rappelait que le corps du Christ n’est pas quelque chose à côté de l’Eglise qui est son corps. Dieu ne les a pas unis comme deux, mais en une seule chair, défendant que l’homme sépare l’Eglise et Dieu. D’une façon invisible le mystère de l’incarnation se prolonge dans l’Eglise.
 
La vie que Dieu a communiquée est une irradiation de son amour trinitaire. Le but de l’incarnation du Fils de Dieu a été de rendre possible la communion avec Dieu et entre les hommes. Un Dieu qui ne serait pas Trinité ne serait ni amour ni partage. Or ce partage commence à Noël et signifie le salut.
 
Faire étape à Bethléem, c’est pour Jean Paul II fêter la rencontre du Christ eucharistique qui est la maison du pain de vie. C’est aussi préparer l’humanité pour le retour du retour en gloire du Fils de Dieu.
 
Non loin de là au camp palestinien de Deheishe le pape en saluant les réfugiés qui depuis la guerre de 1948 connaissent une situation de précarité rend hommage à la dignité de tout homme. C’est une même logique qui le pousse à vénérer l’enfant de la crèche et le pauvre sans défense. Les réfugiés du monde entier connaissent une condition difficile qui fut celle de la sainte famille lorsqu’elle dut fuir en Egypte pour échapper à la colère d’Hérode. Il est urgent pour les chrétiens de déchiffrer les signes d’un autre monde qui commence à germer dans le nôtre.

L’enfant, les bergers et les anges

30 décembre, 2008

Au fil du texte de Lc 2, du site:

http://www.bible-service.net/site/533.html

L’enfant, les bergers et les anges

Voici donc le récit de la naissance de Jésus. La naissance elle-même occupe peu de place dans le texte. Elle est évoquée en un seul verset : Marie accouche d’un bébé, l’emmaillote et le couche dans une mangeoire. C’est tout.

Extrême sobriété, pas un mot de trop. Rien de spectaculaire : une mère et son bébé. On aimerait en savoir un peu plus. Où sont les autres personnages ? Où est Joseph ? Que fait-il ? L’auteur ne s’y intéresse pas. Il est pressé de nous emmener ailleurs, là où se déroule l’essentiel de son récit.

La scène principale se passe en effet dans un lieu indéterminé, mais à quelque distance de l’endroit qui a vu naître Jésus. Comme dans un théâtre, la scène s’éclaire d’une lumière venue d’en haut.

L’ange du Seigneur

Un Ange du Seigneur apparaît à des bergers. L’apparition de l’Ange du Seigneur n’est pas une nouveauté dans la Bible. Tout se déroule en effet selon un schéma classique : l’Ange du Seigneur arrive subitement, sa venue suscite le trouble, le messager divin annonce la naissance d’un enfant et il donne un signe. Luc connaît bien la Bible et les interventions de l’Ange du Seigneur.

Dans l’évangile de Luc c’est la troisième apparition de l’Ange du Seigneur. Il s’est déjà adressé à Zacharie, dans le Temple de Jérusalem, et à Marie dans sa maison de Nazareth. Dans les deux cas il s’agissait de Gabriel celui qui, dans le livre de Daniel, annonçait la venue du temps du salut. Ici, l’Ange du Seigneur n’est pas nommé pas plus que les destinataires du message. Ce sont des bergers anonymes.

L’enfant est pour vous

Le récit comporte une nouveauté. Tout ne se déroule pas selon le schéma convenu. L’annonce de la naissance, cette fois-ci, n’est pas destinée à de futurs parents, mais à des tiers. « Il ‘vous’ est né », dit l’Ange. Dieu donne cet enfant aux bergers, mais également à tout un peuple qui sera comblé de joie à l’annonce de la bonne nouvelle.

L’enfant, par ailleurs, n’est plus à venir, il est déjà là : « Il vous est né aujourd’hui », dit l’Ange. Nous entendons pour la première fois ce mot si important dans l’évangile de Luc que nous retrouverons lors du baptême de Jésus, lors de sa prédication inaugurale à Nazareth, lors de sa visite à Zachée et sur la croix, adressée à un des deux bandits : le mot « aujourd’hui ». Le temps du salut n’est plus à venir. Il est là, inauguré par la naissance de Jésus.

Les titres royaux

Le messager divin attribue maintenant l’enfant qui vient de naître une surabondance de titre royaux. Il est Christ, Seigneur et Sauveur.

Christ : c’est la traduction grecque du mot « Messie » qui désigne le roi attendu par le peuple juif issu de la descendance de David. Jésus justement est né dans le même village que David, à Béthléem.

Seigneur : autre terme royal utilisé pour désigner l’empereur. Mais c’est aussi le terme utilisé par la Bible grecque pour désigner Dieu.

Sauveur : encore un titre royal ou impérial. Les potentats de l’époque aimaient s’attribuer ce titre. Ils voulaient qu’on les appelle « bienfaiteurs » ou « sauveurs » de leur peuple. C’est également le mot que le livre des Juges emploie pour désigner les personnages providentiels que Dieu envoyait pour sauver son peuple en péril. C’est enfin un des mots qui désigne Dieu lui-même. Marie l’a employé dans son Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit s’est rempli d’allégresse à cause de Dieu, mon Sauveur. »

Le hérault du roi

Dans le récit de Luc, l’Ange du Seigneur apparaît comme un hérault qui parcourt le royaume pour énumérer les titres d’un l’enfant royal destiné à monter sur le trône. Le texte n’indique pas le lieu où apparaît l’Ange. Il précise seulement que c’est « dans le même pays », celui de Marie et de Joseph, le descendant de David. Il s’adresse à la population du pays, qui attend un roi envoyé par Dieu. Ce roi vient de naître. Les bergers, qui font partie des basses classes de la société, sont les premiers à en être avertis. C’est normal, le roi vient plus particulièrement pour eux. Plus tard le Seigneur Jésus dira : « Heureux, vous les pauvres : le Royaume de Dieu est à vous. » et également : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout petits. »

Une intrigue qui se noue

Le lecteur de l’évangile est intrigué par cette déclaration solennelle. Que signifient tous ces titres ? Comment l’enfant va-t-il régner ? À la manière de César Auguste et de son représentant Quirinius que le texte vient d’évoquer ? À la manière du roi David, ancêtre de Joseph ? Comment va-t-il monter sur le trône ?

D’une façon plus pratique, le lecteur se demande comment les bergers vont trouver l’enfant. L’Ange du Seigneur ne répond à aucune de ces questions, mais, comme dans tous les autres récits d’annonces de naissances, il donne un signe. Il parle d’un enfant couché dans une crèche. Le signe donné par l’Ange est ambigu. Il semble en totale contradiction avec le message qui vient d’être donné. Comment la pauvreté et la faiblesse de l’enfant peuvent-elles être des signes royaux ?

Placé au début de l’évangile, ce message angélique joue un grand rôle. Il intrigue et invite à lire la suite du texte. Quelle va être la destinée de cet enfant royal couché dans une mangeoire ? La lecture de l’évangile, et plus particulièrement le récit de la longue marche de Jésus vers Jérusalem permettra petit à petit de comprendre le paradoxe. Mais le sens ultime de la royauté de Jésus ne pourra être comprise qu’après sa mort et sa résurrection.

Le choeur de l’armée céleste

Le récit continue avec l’arrivée d’un groupe nombreux qui occupe tout l’espace : l’armée céleste . Son rôle est semblable à celui d’un choeur dans un théâtre antique qui intervient à la fin d’une scène pour en tirer la leçon. L’armée céleste chante la louange de Dieu et la paix pour « les hommes de bienveillance ». Nouvelle expression ambiguë. De quelle bienveillance s’agit-il ? De celle des hommes ou de celle de Dieu ? S’agit-il des hommes de bonne volonté (selon les traductions anciennes) ou des hommes objets de la bonne volonté de Dieu (selon les traductions récentes) ? Pour formuler les choses différemment : Qu’est-ce qui est premier : la bonne disposition du coeur des hommes pour accueillir le salut de Dieu ou l’amour gratuit de Dieu pour les hommes ? Autres questions : de quels hommes s’agit-il ? Du peuple élu, objet de la promesse ou de tous les hommes de la terre ? Et enfin : en quoi consiste cette paix ? Est-elle intérieure ou extérieure, pour aujourd’hui ou pour demain ?

La suite de l’évangile apportera progressivement des réponses à ces questions. Comme le message de l’Ange du Seigneur, le chant de l’armée céleste s’adresse au lecteur pour susciter son intérêt. Il formule les questions essentielles, celles que la communauté chrétienne des origines se pose, celles qui continuent à se poser à notre foi.

Les nouveaux « anges »

Quand les anges sont partis, les bergers, qui jusqu’à présent semblaient figés comme des santons, s’animent à leur tour. Ils s’encouragent mutuellement et vont voir ce qui vient de s’accomplir. Ils y vont en hâte et annoncent ce qui leur a été révélé. Ceux qui les entendent sont étonnés. Nous retrouverons ce même étonnement chez Pierre, à la fin de l’évangile, quand, au matin de Pâque, les femmes lui transmettront le message des anges.

Les bergers maintenant s’en retournent pleins de joie. Ils ont pu constater que les paroles de Dieu se réalisaient. Ils sont devenus des « anges » à leur tour, c’est-à-dire des messagers et des célébrants. Comme l’Ange du Seigneur, ils ont annoncé un message de bonheur. Comme l’armée céleste, ils chantent maintenant les louanges de Dieu. Ils préfigurent le rôle de la communauté chrétienne chargée d’annoncer à tous les hommes la bienveillance de Dieu qui s’exerce par le Seigneur Jésus, notre seul Sauveur.

Joseph STRICHER

1er dimanche de l’Avent, commentaire biblique (30 novembre 2008)

1 décembre, 2008

du site:

http://www.bible-service.net/site/436.html

1er dimanche de l’Avent (30 novembre 2008)

Au début de ce temps de l’Avent, différentes voix de la première Alliance invitent le Seigneur à se pencher sur son peuple et à venir le sauver. Reviens, pour l’amour de tes serviteurs et des tribus qui t’appartiennent, dit le prophète Isaïe. Réveille ta vaillance et viens nous sauver, chante le psaume.

Les textes du Nouveau Testament font écho à ces demandes. Le Seigneur est déjà venu, dit Paul : La venue du Seigneur s’est réalisée en notre Seigneur Jésus-Christ. Il reviendra à la fin des temps, complète l’évangile de Marc. L’essentiel est d’être prêt à l’accueillir ; Veillez donc car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra.
 
   
Isaïe 63,16… 64,7
   

D’une grande beauté en ce qui concerne la forme, d’une grande spiritualité en ce qui concerne le fond, cet oracle est la supplication d’un peuple qui s’adresse à Dieu comme à son père : Reviens pour l’amour de tes serviteurs et des tribus qui t’appartiennent, ô Dieu, notre Père et notre Sauveur. La force et la véhémence de cette demande viennent de la situation désespérée du peuple. La déportation à Babylone est terminée. Suite à l’édit de Cyrus de 537 av. J.C., un premier groupe de déportés est rentré à la maison. Cris de joie, fêtes et danses. Et puis déception. Ceux qui rentrent se heurtent à ceux qui sont restés et qui ne veulent plus restituer les terres aux anciens propriétaires. Il n’y a pas assez d’argent ni assez de volonté commune pour redresser les remparts et pour reconstruire le Temple. Dieu ne peut pas être indifférent à tout cela, pense le prophète. Il se tourne vers Dieu et lui demande d’intervenir. Reviens, Seigneur, déchire les cieux et viens nous visiter !

Le prophète tient un langage de vérité. Inutile de se voiler la face et de plaider non coupable. Ce qui nous arrive, on l’a mérité, dit-il. Le peuple s’est souillé par ses trop nombreux péchés. Il est comme une plante flétrie. C’est lui qui doit se convertir et non pas Dieu. Encore faut-il qu’il se remette entre les mains de Dieu et se laisse remodeler par lui.

Avec la naissance de Jésus, la prophétie d’Isaïe s’accomplit. Les cieux se déchirent et Dieu vient à la rencontre des hommes. Avec son fils Jésus, il manifeste qu’il est Père pour tous les hommes. Relevons la belle image du Dieu potier qui rappelle les premières pages de la Bible et la création d’Adam.
 
   
Psaume 70
   

Le psaume prolonge le texte d’Isaïe et introduit au temps de l’Avent. Le peuple de Dieu se tourne vers le Seigneur et se place sous sa protection. Il se compare lui-même à un troupeau, à une vigne, à un fils préféré. Il n’invoque pas ses mérites, mais, reconnaît ses fautes. Il s’est éloigné de Dieu, mais il ne le fera plus. C’est promis. Le troupeau, la vigne, le fils doivent leur vie, leur protection et leur prospérité à leur Berger, de leur Vigneron, de leur Père.

À Noël, Dieu exauce cette prière. Il écoute son peuple, revient vers lui et vient même habiter au milieu de lui en la personne de son Fils bien-aimé Jésus-Christ.

l Corinthiens 1,3-9
   

La communauté de Corinthe est une communauté chrétienne type, comblée des dons de Dieu : les richesses de la Parole et de la connaissance. Aucun don spirituel ne lui manque. Qu’en fera-t-elle ? La suite de l’épître amènera à poser cette question. Pour l’instant, comme entrée en matière, l’apôtre se contente de dire à ses nouveaux chrétiens qu’ils ont tout ce qu’il faut pour tenir car Dieu est fidèle ; et le “ car ”, ici, est important : la fidélité des chrétiens n’est pas une vertu à acquérir à la force des poignets, elle s’enracine dans la fidélité première de Dieu. 
   
Marc 13,33-37
   

Ce texte est tiré d’un discours apocalyptique de Jésus. Dans ce genre de littérature, on attend la fin des temps et la venue du “ jour du Seigneur ”. Dieu reviendra mettre de l’ordre sur la terre, punir les méchants et récompensera les bons. C’est un jour redoutable où se manifestera “ la colère ” de Dieu. Dans notre liturgie d’avant le Concile, on avait mis ce thème en valeur. “ Jour de colère que ce jour-là ”, chantions-nous dans la messe des défunts. Mais cette lecture des textes bibliques était abusive. Trop fondamentaliste, elle prenait le texte à la lettre et en faussait quelque peu le sens. Jésus ne joue pas sur les sentiments de peur. Il ne profère aucune menace, mais il appelle à la vigilance. Il n’invite pas à spéculer sur la date du retour du Seigneur, mais de se comporter de telle manière que l’on soit toujours prêt à accueillir le Seigneur quand il reviendra.

Saint Paul:  » Vous (…) c’est à la liberté que vous avez été appelés  » (Ga 5, 13).

28 novembre, 2008

du site:

http://paroledevie.free.fr/adultes/pdv0707.pdf

PAROLE DE VIE DE JUILLET 2007

 » Vous (…) c’est à la liberté que vous avez été appelés  » (Ga 5, 13).

Dans les années 50, Paul se rend en Galatie, une région située au centre de l’Asie mineure, qui correspond à la Turquie actuelle. Là, étaient nées des communautés de chrétiens qui avaient embrassé la foi avec beaucoup d’enthousiasme. À la prédication de Paul qui leur présentait Jésus crucifié et ressuscité, ils avaient reçu le baptême, revêtant ainsi le Christ et recevant la liberté des enfants de Dieu. L’apôtre lui-même reconnaît leur progression dans cette voie (cf. Ga 5,7). Et voilà que, tout à coup, ces chrétiens se mettent à chercher ailleurs leur liberté. Paul s’étonne qu’ils aient si vite tourné le dos au Christ. Et il leur adresse une invitation pressante à retrouver cette liberté que le Christ leur avait donnée.

 » Vous (…) c’est à la liberté que vous avez été appelés.  »

À quelle liberté suis-je appelé ? Ne puis-je pas faire tout ce que je veux ?  » Jamais personne ne nous a réduits en esclavage  » disaient à Jésus ses contemporains quand il affirmait que la vérité qu’il leur apportait les rendrait libres.  » Celui qui commet le péché est esclave du péché » avait répondu Jésus (NOTA 1). Il existe un esclavage subtil, fruit du péché, qui oppresse le coeur humain. Nous en connaissons bien les nombreuses manifestations : le repliement sur soi, l’attachement aux biens matériels, la recherche du plaisir, l’orgueil, la colère… Nous ne sommes pas capables de nous dégager par nous-mêmes de cet esclavage. La liberté est un don de Jésus : il nous a libérés en se faisant notre serviteur et en donnant sa vie pour chacun de nous. D’où cette invitation à être cohérents avec cette liberté qu’il nous a donnée. Elle ne consiste pas tant à avoir  » la possibilité de choisir entre le bien et le mal, mais à nous diriger toujours davantage vers le bien « . C’est ce que Chiara Lubich déclarait à des jeunes.  » J’ai constaté que le bien libère et que le mal rend esclave. Donc pour être libre il faut aimer. Car c’est notre moi qui nous rend esclaves. Quand au contraire on est attentif aux autres, ou à la volonté de Dieu en accomplissant nos devoirs, on ne pense plus à soi, on est libéré de soi-même.  » (NOTA 2)

 » Vous (…) c’est à la liberté que vous avez été appelés.  »

Comment vivre alors cette Parole de vie ? Après avoir rappelé que nous sommes appelés à la liberté, Paul explique qu’elle consiste à nous mettre  » au service les uns des autres « ,  » par l’amour « ,  » car la loi tout entière trouve son accomplissement en cette seule phrase : Tu aimeras ton prochain comme toi-même  » (NOTA 3). Là est le paradoxe de l’amour : quand nous nous plaçons par amour au service des autres, et quand, renonçant à nos tendances égoïstes, nous nous oublions nous-mêmes et sommes attentifs aux besoins des autres, alors nous sommes libres. Nous sommes appelés à la liberté de l’amour : nous sommes libres d’aimer ! Oui, pour être libres, il faut aimer.

 » Vous (…) c’est à la liberté que vous avez été appelés.  »

L’évêque François-Xavier Nguyen Van Thuan, emprisonné pour sa foi, resta 13 années en prison. Il se sentait pourtant encore libre car il lui restait toujours la possibilité d’aimer au moins ses geôliers.  » Quand je fus mis en quartier d’isolement – raconte-t-il – je fus confié à cinq gardiens : à tour de rôle, deux d’entre eux étaient toujours avec moi. Leurs chefs leur avaient dit : « Nous vous remplacerons tous les quinze jours par un autre groupe, pour que vous ne soyez pas ‘contaminés’ par cet évêque. » Par la suite ils ont décidé : « Nous ne vous changerons plus : autrement cet évêque contaminera tous les gardiens ». Au début les gardes ne m’adressaient pas la parole. Ils répondaient seulement par oui et par non. C’était vraiment triste. (…) Ils évitaient de parler avec moi. Une nuit, une pensée m’est venue : « François, tu es encore très riche, car tu as l’amour du Christ dans le coeur ; aime-les comme Jésus t’a aimé ». Le lendemain je me suis mis à les aimer encore plus, à aimer Jésus en eux, leur souriant, leur disant des mots aimables. J’ai commencé à raconter des histoires sur mes voyages à l’étranger (…). Peu à peu nous sommes devenus amis. Ils ont voulu
apprendre les langues étrangères : le français, l’anglais… Mes gardiens sont
devenus mes élèves ! « 4

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Fabio CIARDI et Gabriella FALLACARA

La Parole de Vie est extraite des textes du dimanche 1er juillet 2007.
Le mois prochain :  » Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les
regards fixés sur celui qui est l’initiateur de la foi et qui la mène à son
accomplissement, Jésus.  » (He 12, 1-2) Traduction selon la TOB (Traduction
Oecuménique de la Bible). Selon l’édition collective des Éditeurs de liturgie :  » Nous
courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui
est à l’origine et au terme de la foi.  »

NOTE

1 Cf. Jn 8, 31-34.
2 Réponses aux questions des jeunes, Paleur de Rome, 20 mai 1995.
3 Cf. Ga 5, 13-14.
4 F.X. Nguyen Van Thuan, Témoins de l’espérance, Nouvelle Cité 2000, p. 98.

Saint Paul (sur la charité)

28 novembre, 2008

du site:

http://biblio.domuni.org/cours/theologie/charite/charite_1-08.htm#P69_14209

B – Saint Paul

Il n’y a pas d’épître de S. Paul qui n’ait son mot sur la charité ; mais dans la plupart, la charité est un thème plus ou moins développé, plusieurs fois repris. Je note seulement quelques grands points caractéristiques :

Dès la 1 aux Thaloniciens, apparaît la triade : “ l’activité de votre foi, le labeur de votre charité, la constance de votre espérance, [6] qui sont l’œuvre de N.S. Jésus-Christ ” (1, 3 ; 5, 8). Qu’est-ce que cette charité ?

1. C’est d’abord l’amour dont Dieu nous aime, amour qui est au principe de toute l’économie du salut, c’est-à-dire de tout le grand dessein qui n’a été révélé pleinement que dans le Christ.

“ Béni soit Dieu le Père de N.S.J.C. qui nous a bénis et comblés de bienfaits spirituels, aux cieux dans le Christ. C’est ainsi qu’il nous a élus en lui, dès avant la création du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour, déterminant d’avance que nous serions pour lui des fils adoptifs par J.C. Ainsi lui a-t-il plu de vouloir, afin que fût louée la splendeur de la grâce dont il nous a favorisés dans le Bien-Aimé ” (Ep 1, 3-6).

Du côté de Dieu, l’agapè est le principe d’une libéralité toute gratuite, qui se manifeste dans toute la série des bienfaits divins, jusqu’aux plus éclatants : le Christ, Fils de Dieu, livré à la mort pour nous, est, pour ainsi dire, la preuve objective de cet amour, dont par ailleurs le gage nous est intérieurement donné par le Saint-Esprit :

“ L’espérance ne déçoit point, parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous fut donné. C’est en effet alors que nous étions sans force, c’est alors, au temps fixé, que le Christ est mort pour des impies : – à peine en effet voudrait-on mourir pour un homme juste ; pour un homme de bien, oui, peut-être osera-t-on mourir – mais la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous ” (Rm 5, 5-8).

Cet Esprit, présence active de l’amour de Dieu en nous, nous assimile au Christ, fils comme lui et héritiers :

“ La preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba ! Père ! Aussi n’es-tu plus un esclave, mais un fils ; fils et donc héritier de par Dieu ” (Ga 4, 6-7).

2. La charité, c’est donc aussi l’amour dont nous aimons Dieu précisément comme un Père. Car si l’Esprit répand dans nos cœurs l’amour dont Dieu nous aime, et réalise la présence active dans notre cœur, il y suscite notre réponse, amour filial qui nous fait invoquer le Père et nous met en communion intime avec lui, faisant qu’en définitive tout ne peut tourner qu’à notre bien :

“ La science enfle, c’est la charité qui édifie. Si quelqu’un s’imagine connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comme il faut connaître ; mais si quelqu’un aime Dieu (agapan ton théon), celui-là est connu de Dieu ”, i. e. en termes bibliques, est aimé de Dieu, est connu de lui comme ami (I Co 8, 1b-3).

“ Et nous savons qu’avec ceux qui l’aiment (tois agapôsin ton théon), Dieu collabore en tout pour leur bien, avec ceux qu’il a élus selon son dessein éternel. Car ceux que d’avance il a discernés, il les a aussi prédestinés à reproduire l’image de son Fils, afin qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères ” (Rm 8, 28-29).

3. Et voilà pourquoi la même charité est aussi l’amour dont nous aimons nos frères, amour qui s’apprend à l’école de Dieu :

“ Sur l’amour fraternel, vous n’avez pas besoin qu’on vous écrive (philadelphias), car vous avez personnellement appris de Dieu à vous aimer les uns les autres (eis to agapan allélous) ” (1 Th 4, 9).

Il le faut bien, car c’est encore un grand mystère que cette charité [7] fraternelle, celui même de l’édification de l’Église, c’est-à-dire du Corps du Christ, dont précisément l’agapè est le lien. Ici, il faudrait trop citer ; c’est comme vous le savez, un des apports les plus personnels de S. Paul, un des grands centres de sa pensée ; là où S. Jean mettra en avant l’exemple du Christ, et son commandement nouveau, S. Paul invoque le mystère du Christ et de l’Église. Quelques textes suffiront à évoquer ce thème particulièrement étudié aujourd’hui :

“ Mais vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandissons de toutes manières vers Celui qui est la tête, le Christ, dont le corps entier reçoit concorde et cohésion par toutes sortes de jointures qui le nourrissent et l’actionnent selon le rôle de chaque partie, opérant ainsi sa croissance et se construisant lui-même, dans la charité ” (Ep 4, 15-16).

C’est bien une nouvelle cité, c’est la maison de Dieu, qui se construit ainsi et qui appelle des rapports tout nouveaux, un amour, une amitié, caractéristique de cette société-là :

“ Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu. Car la construction que vous êtes a pour fondation les apôtres et les prophètes et pour pierre d’angle, le Christ Jésus lui-même ” (Ep 2, 19-20).

Jusque-là, il y avait le peuple de Dieu, Israël, et les Nations ;: mais le Christ “ a tué la Haine ”, surmonté cette division, réunissant les deux peuples en un seul, c’est-à-dire appelant tous les hommes, Juifs, Grecs et barbares (Ep 2, 14-17). Aussi la grande et essentielle chose est-elle l’amour :

“ Aussi, je vous en conjure par tout ce qu’il peut y avoir d’appel pressant dans le Christ, de persuasion dans l’amour, de communion dans l’Esprit, de tendresse compatissante, mettez le comble à ma joie en restant bien unis : nourrissez le même amour, ne soyez qu’une seule âme, pensez tous de même ; n’accordez rien à l’esprit de parti, rien à la vaine gloire, mais que chacun par l’humilité estime les autres supérieurs à soi ; ne recherchez pas individuellement vos propres intérêts, mais que plutôt chacun songe à ceux des autres. Ayez entre vous les mêmes sentiments qui furent dans le Christ Jésus ” (Ph 2, 1-5). “ Et puis, par-dessus tout, la charité en laquelle se noue la perfection. Avec cela que la paix du Christ règne dans vos cœurs : tel est bien le terme de l’appel qui vous a rassemblés en un même corps ” (Col 3, 14-15).

Je ne m’arrête pas au grand texte célèbre, l’hymne à la charité (1 Co 13). Il est trop connu pour qu’en parler en général soit bien utile et une étude détaillée nous entraînerait trop loin ; vous la ferez vous-même et, en tout cas, je la laisse à vos cours d’exégèse. Vous savez qu’on a discuté sur le point de savoir s’il s’agit là d’autre chose que de la charité fraternelle. Il s’agit d’elle, bien sûr, directement ; mais si on l’entendait d’une simple attitude morale, on resterait très évidemment bien en deçà du texte de S. Paul ; ici encore, c’est bien le mystère de la charité qui est présent, explicitement proposé par un de ses côtés, mais impliquant toutes ses dimensions et sa profondeur. Cette charité qui dépasse tous les charismes, elle est le lien de la perfection, le lien de tout le Corps qui est l’Église, elle est la “ voie ” (une voie qui les dépasse toutes – 1 Co 12, 31) enseignée par le Christ et par où nous imitons Dieu.

“ Oui, cherchez à imiter Dieu, comme ses enfants bien-aimés, et suivez la voie de l’amour (peripateite in agapè), à l’exemple du Christ qui vous a aimés et s’est livré pour nous, s’offrant à Dieu en sacrifice d’agréable odeur ” (Ep 5, 1-2).

[8] Et cette idée de sacrifice a arraché à S. Paul une expression qui fera problème et dont l’influence a été grande dans la réflexion chrétienne :

“ Je souhaiterais d’être moi-même anathème, séparé du Christ pour mes frères, ceux de ma race selon la chair… ” (Rm 9, 3).

Et enfin, cette charité, dans son rôle d’union et d’assimilation au Christ et par là de la communion de tous les fidèles, a un sacrement :

“ La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? Au moment qu’il n’y a qu’un pain, à nous tous nous ne formons qu’un corps, car tous nous avons part à ce pain unique ” ( 1 Co 10, 16-17).

Le Christ, Roi de l’Univers (Dimanche 23 novembre 2008) biblique

23 novembre, 2008

du site:

http://www.bible-service.net/site/179.html

Le Christ, Roi de l’Univers (Dimanche 23 novembre 2008)

Dans l’évangile, le Fils de l’homme revient en gloire pour juger l’humanité. Il est présenté comme un bon roi, qui demande à chacun de ses sujets de rendre compte de son comportement envers les  » petits  » et comme un berger qui sépare les brebis des chèvres. Cette image du berger est une image biblique employée aussi bien par le prophète Ezéchiel que par le psaume. Faisant allusion à la fin des temps, Paul parle d’une récapitulation de toutes choses dans le Christ. Nouvel Adam, il détruit les puissances de mort et remet l’humanité entre les mains du Père.

 Ézéchiel 34,11-12.15-17
   

Par la bouche du prophète Ézéchiel, le Seigneur annonce sa sollicitude pour son peuple. Alors que ses chefs terrestres l’ont conduit vers la catastrophe, Dieu se comportera envers lui comme un bon berger qui veille sur son troupeau. Avec Dieu, rien à craindre. Il évitera la dispersion du troupeau. Il prendra soin des plus faibles. Il établira la justice. L’évangile de ce jour reprend cette image du bon pasteur qui prend soin de toutes ses brebis et plus particulièrement des plus faibles. Le Fils de l’homme venu en gloire demande à celles et à ceux qui ont tout accaparé de rendre compte de leur conduite.
   
Psaume 22
   

Le psaume est en harmonie avec le texte d’Ézéchiel. Le Seigneur est comparé à un bon berger et le croyant à une brebis qui lui fait confiance. Au début du psaume, la brebis est dans un endroit idyllique pour des pays chauds : des prés d’herbe fraîche et des eaux tranquilles. Le bon berger a su y conduire son troupeau car il sait ce dont les brebis ont besoin. Il connaît les bons chemins. Avec lui, même sur les ravins de la mort, il n’y a pas de danger. Pourquoi le bon berger se comporte-t-il ainsi ? Parce qu’il est bon tout simplement. Il le fait  » pour l’honneur de son nom.  » Changement de tonalité dans les deux dernières strophes. Après les gras pâturages, nous sommes maintenant à une table où le Seigneur accueille ses invités. Il le fait à la manière orientale avec du parfum versé sur la tête et une coupe débordante disposée dans la main de l’invité. À la fin du psaume, le lieu d’accueil se précise. Il s’agit du Temple, la maison du Seigneur. Le pèlerin est tellement heureux se d’y rendre qu’il voudrait rester définitivement dans  » la maison du Seigneur « .

1 Corinthiens 15,20-26.28
   

Encore une bonne nouvelle en ce dernier dimanche de l’année liturgique, Paul affirme que notre résurrection, à la suite du Christ, est l’avenir heureux qui nous attend (cf. le psaume). La résurrection de Jésus est première certes, mais elle promet et inclut la nôtre. La fin de toutes choses est envisagée avec des images très rassurantes : tous revivront, toutes les puissances du mal seront détruites, tous les ennemis seront vaincus, la mort sera anéantie ; ce sera la victoire du Roi Messie et la réussite totale pour Dieu et pour l’homme :  » Dieu sera tout en tous  » ; Dieu régnera enfin comme Père ; avec Jésus nous vivrons comme des fils, obéissants et libres.
 
   
Matthieu 25,31-46

Dans ce texte, propre à l’évangile de Matthieu, on retrouve la célèbre image du bon pasteur. Employée par les prophètes et par les psaumes, elle décrit Dieu qui s’occupe de son peuple, qui lui procure la nourriture et qui le défend contre ses ennemis. Cette image est appliquée au Seigneur Jésus qui revient rassembler les hommes et les juger à la fin des temps. Le jugement porte sur la conduite fraternelle et le souci des plus pauvres. Jésus invite donc ses disciples à prendre soin des défavorisés de la vie. Celui qui leur donnera à manger et à boire, qui les vêtira, les soignera, les visitera et aura de la compassion pour eux sera un vrai disciple de Jésus et méritera d’être récompensé. Celui qui ne se comportera pas ainsi n’aura pas de place à la table du Père. Les disciples de Jésus ne sont pas pris au dépourvus. Ceux qui l’ont rencontré sur les routes de Galilée ont entendu clairement son message d’amour et ont pu observer son comportement. Les autres disciples, ceux des premières communautés chrétiennes jusqu’aux chrétiens d’aujourd’hui, connaissent également ce message évangélique. Tout disciple de Jésus sait qu’on ne peut dissocier l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Comment alors peuvent-ils dire au Fils de l’homme :  » On ne savait pas  » ? C’est impossible. Ils savaient.

Devant cette difficulté, le lecteur est amené considérer la parabole sous un autre angle. Il faut remarquer que le discours du Roi/Fils de l’homme s’adresse  » à toutes les nations.  » Le Christ ne s’adresse pas seulement à ses disciples mais à tous les êtres humains, ceux de tous les temps. Il ne se préoccupe que de leur comportement humain ou inhumain. Ceux qui ont vu en tout homme un frère en humanité sont heureusement surpris de découvrir qu’ils étaient proches du Christ sans même le savoir. Les autres découvrent, un peu tard, que leur attachement au Christ était factice. Ils l’ont servi en mots mais pas en actes. Ayant méprisé les  » petits « , ils n’ont pas vu qu’ils rejetaient le Christ lui-même et qu’ils s’excluaient de ce fait de son Royaume.

Figures mariales de l’Ancien Testament

5 novembre, 2008

du site:

http://campus.udayton.edu/mary/resources/french/elementspour.html

 

 Éléments pour une réflexion sur la relation
de l’Ancien Testament à Marie 

Figures mariales de l’Ancien Testament 

Éléments pour une réflexion sur la relation 

de l’Ancien Testament à Marie

 

 1. En étudiant l’Ancien Testament, les mariologues commencent par interpréter les textes dans leur contexte historique. Il importe de connaître les dates, les lieux et les auteurs des écrits. Une étude du milieu social et anthropologique aide à la compréhension des textes. 

2. Il est aussi important de parvenir à saisir la perspective théologique de chaque livre. Cela aide à envisager la personne de Marie en tant que fille d’Israël. Les livres de l’Ancien Testament constituent les Écritures qui lui étaient familières. 

3. Il importe de connaître la place et le rôle des femmes dans l’Ancien Testament pour comprendre la situation de Marie en tant que juive du premier siècle de notre ère. 

4. Certains thèmes, motifs ou figures de l’Ancien Testament recevront une interprétation et une dimension mariales. Ainsi en est-il, par exemple, de la Fille de Sion, de Jérusalem, de l’Arche d’Alliance, d’Ève ou des matriarches d’Israël. 

5. Certains textes du Nouveau Testament reprennent ou citent des textes de l’Ancien Testament. Une réflexion théologique sur les passages de l’Ancien Testament appliqués à Marie par les Évangiles s’impose. Le Magnificat, entre autres, comprend beaucoup de références aux Psaumes, aux Prophètes et au Pentateuque. 

6. Des textes de l’Ancien Testament sont considérés comme fondamentaux dans de nombreuses études mariales. C’est le cas, par exemple, de Genèse 3,15 (la victoire de la Femme sur le Serpent), de Isaïe 7,14 (la « vierge » qui concevra), des versets du Cantique des Cantiques, ainsi que des louanges de la Sagesse dans les livres des Proverbes et de la Sagesse. 

7. La littérature chrétienne des débuts, aussi bien apostolique que post-apostolique, et la littérature patristique jusqu’à et y compris Jean Damascène sont des témoins de valeur de la première pensée chrétienne sur Marie. Souvent, les auteurs concernés, théologiens et pasteurs, développent des idées et intuitions mariales basées sur l’Ancien Testament, comme celle de la « Nouvelle Ève », thème essential du premier mariologue, Irénée. 

8. Les premiers conciles font référence à Marie et utilisent des textes de l’Ancien Testament pour parler d’elle. Il s’agit là du début de l’enseignement du magistère qui aboutira aux dogmes marials. Il y a quatre dogmes concernant Marie : l’Immaculée Conception, la Virginité Perpétuelle, la Maternité Divine (Theotokos) et l’Assomption. Cet enseignement part des textes du Nouveau Testament et se poursuit jusqu’à l’époque moderne, en 1950. La recherche théologique nécessaire à la présentation de ces dogmes en des termes contemporains demeure la tâche du théologien marial. 

9. Les écrits rabbiniques peuvent aussi aider à la compréhension des textes de l’Ancien Testament appliqués à Marie. Ils aident l’étudiant à relire les textes à la lumière de la réflexion juive et, souvent, à en retirer des aperçus pertinents. Cela revient à découvrir ce que la Tradition transmet tant pour la communauté juive que pour la communauté chrétienne. 

10. Finalement, l’apport de l’esthétique, inspirée de l’Ancien Testament et exprimée à travers la poésie, l’art, l’iconographie, la narration et le commentaire, aide les chercheurs à goûter le rôle de Marie dans la pensée judéo-chrétienne. 

11. Vu qu’il y a plus de quarante références à Marie dans le Coran, une autre perspective d’étude réside dans la recherche des sources et de l’arrière-fond des textes islamiques sur Marie. Certains semblent provenir de l’Ancien Testament, d’autres du Nouveau Testament ou encore des écrits apocryphes. 

12. Un autre domaine d’investigation est exploré par les quelques travaux de doctorat effectués sur les textes employés dans Lumen Gentium en référence à Marie et à l’Ancien Testament. Il convient de relire le chapitre huit de Lumen Gentium lorsqu’on commence un projet ou une recherche mariale. En lien avec cela et puisqu’il s’agit des Écritures, il est utile de relire le décret de Vatican II sur la Révélation divine. Cela offre une bonne perspective sur le lien entre Écriture et Tradition au sein de l’Église. 

13. Un grand trésor marial offert à l’étude est constitué des Messes en l’honneur de la Vierge Marie. Elles comportent quantité de textes de l’Ancien Testament lus en clef mariale. Les notes introductrices et les préfaces des messes fournissent d’excellentes réflexions théologiques et pastorales sur les mystères du Christ et leur relation à Marie. 

 

La mer et la Bible

29 octobre, 2008

du site: 

http://www.interbible.org/interBible/ecritures/symboles/2008/sym_081010.html

La mer et la Bible

Quel est la symbolique de la mer dans la Bible? (Sylvie)

Le peuple hébreu provient du désert. Il na quun contacte limité avec la mer. Dans le Nouveau Testament, on voit bien que la pêche était quand même une activité importante. Toutefois, les Hébreux de la Bible nont jamais développé le commerce maritime ou une flotte de guerre contrairement aux peuples qui lentourent. Une preuve de ce contacte limité est que le mot hébreu « yam » décrit à la fois la mer, un lac et un fleuve. Pourtant, la Bible évoque la mer à plusieurs reprises et développe toute une symbolique pour en parler. Dabord, la mer fait partie de la création. Dès le début de la Genèse on en parle ainsi :

Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. La terre était sans forme et vide, et l’obscurité couvrait l’océan primitif. Le souffle de Dieu se déplaçait à la surface de l’eau. (Gn 1, 1-2)

Dieu dit encore : « Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un lieu unique pour que le continent paraisse ! » Et cela se réalisa. Dieu nomma le continent terre et la masse des eaux mer, et il constata que c’était une bonne chose. (Gn 1,9-10)

Dieu dit encore : « Que les eaux grouillent d’une foule d’êtres vivants, et que les oiseaux s’envolent dans le ciel au-dessus de la terre ! » Dieu créa les grands monstres marins et toutes les espèces d’animaux qui se faufilent et grouillent dans l’eau, de même que toutes les espèces d’oiseaux. Et il constata que c’était une bonne chose. (Gn 1,20-21)

La mer et tout ce quelle contient est créé par Dieu qui dit que cest une bonne chose. La Bible commence avec une façon positive de parler de la mer. On peut remarquer quon y retrouve des grands monstres marins, mais ils proviennent de Dieu qui dit quils sont une bonne chose.

Assez rapidement, le côté terrifiant de la mer est évoqué dans le livre de la Genèse avec le récit du déluge qui détruit humains et animaux. Plus loin dans la Bible, les psaumes reprennent cette symbolique négative de la mer et lassocie avec la mort.

Sauve-moi, ô Dieu, car les eaux me sont entrées jusqu’à l’âme Je suis entré dans labîme des eaux et le flot me submergeTire-moi du bourbier, que je nenfonce, que j’échappe à mes adversaires, à labîme des eaux! (Ps 69 2-3.15)

Des profondeurs, je crie vers toi Seigneur : Seigneur écoute mon appel. (Ps 130,1)

La mer est même associée au mal et aux créatures maléfiques. Dabord, dans un récit raconté en Mc 5,1-20; Mt 8,28-34 et Lc 8,26-39, Jésus chasse les démons dune personne, ceux-ci entrèrent dans des porcs qui se jetèrent pour se noyer dans la mer. La mer semble bien le lieu des forces du mal. Le symbole ultime du mal, la bête de lapocalypse (chapitre 13) surgit aussi de la mer.

Pour montrer qui est Jésus, le récit de la tempête apaisé (Mc 4,35-41; Mt 8,18-27; Lc 8,22-25) nous montre bien que Jésus est maître de la mer. Il est capable de calmer la tempête en mer se qui montre que symboliquement, Jésus est plus fort que les forces du mal.

Même le rituel du baptême dimmersion pratiqué par les premiers chrétiens reprend la double symbolique positive et négative de leau. Paul dit bien : « Ignorez-vous que nous tous, baptisés en Jésus Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés? Par le baptême, en sa mort, nous avons donc été ensevelis avec lui, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions nous aussi une vie nouvelle » (Rm 6,3-4). La plongée dans leau symbolise la plongée dans la mort avec le Christ, la sortie de leau, la naissance à la vie nouvelle avec le Ressuscité.

La prochaine fois que vous aller nager dans la mer ou voguer sur la mer quelle réaction monte en vous? Est-ce que vous craignez les profondeurs de labîme? Ou au contraire, est-ce que vous rendez grâce à Dieu pour sa création?

Sébastien Doane

Bibliste, Laval (Québec)

COMMENTAIRE À LA LITURGIE DU DIMANCHE XXIX DU TEMPS ORDINAIRE,

18 octobre, 2008

COMMENTAIRE À LA LITURGIE DU DIMANCHE XXIX DU TEMPS ORDINAIRE, PAR:

BIBLE SERVICE:

http://www.bible-service.net/site/435.html

29° dimanche du Temps ordinaire (19 octobre 2008)

Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Cette phrase célèbre de Jésus reconnaît l’autonomie du pouvoir temporel par rapport au pouvoir religieux, mais elle affirme en même temps la seigneurie universelle de Dieu. Je suis le Seigneur, il n’y en a pas d’autre, dit Dieu dans le livre d’Isaïe. Rendez au Seigneur la gloire et la puissance, conclut le psaume.
 
Isaïe 45,1.4-6

À l’époque du prophète, les habitants de Jérusalem étaient traumatisés par la faillite de la royauté, la chute de la ville et la déportation d’une partie de la population à Babylone. Ils pensaient que Dieu avait oublié ses engagements antérieurs et les avait abandonnés. Pire que cela, certains doutaient de Dieu et disaient même qu’il a été vaincu par un dieu plus fort que lui. Le prophète se situe à contre-courant et voit des signes positifs dans les bouleversements qui secouent la région. Il salue l’arrivée au pouvoir du roi Cyrus, qui vient de s’emparer de Babylone et de toute la région. Il y voit un signe d’espérance. Effectivement, par un édit qui porte son nom, Cyrus permettra aux exilés de rentrer chez eux. Chose étonnante, le prophète décerne à ce roi païen le titre de messie. Il considère que Cyrus est  » consacré  » par le Seigneur. Pour le prophète, ce roi païen n’aurait pas de pouvoir si Dieu ne le lui avait donné. Dieu est le maître du monde, il dirige l’histoire des hommes. Il permet à Cyrus de régner sur la région et d’inaugurer une nouvelle politique, beaucoup plus libérale pour la population déportée. La domination de Cyrus sur la région sert les intérêts de Dieu, mais aussi ceux de son peuple Israël.
COMMENTAIRE À LA LITURGIE DU DIMANCHE XXIX DU TEMPS ORDINAIRE,  dans biblique Image305
Psaume 95

Ce psaume est un psaume du règne. Il célèbre en effet la Seigneurie universelle de Dieu. Les croyants sont invités à libérer leur enthousiasme et à proclamer hautement les merveilles de Dieu. Qu’ils s’adressent directement à lui pour chanter sa grandeur. Qu’ils s’adressent également au monde entier pour proclamer sa royauté universelle.1 Thessaloniciens 1,1-5

Le trio apostolique dans la jubilation de l’anamnèse :  » À tout instant nous rendons grâce… Sans cesse nous nous souvenons…  » Motif de cette ferveur : cette foi qui est en active – pas en souci de confortable quiétude, cette charité qui se donne dans la peine, qui ne recule pas à se dépense, cette espérance qui tient bon en dépit des turbulences, désagréments et incertitude du présent. Bref, des chrétiens qui prennent au sérieux l’Incarnation du Dieu-avec-nous, et du même coup, ce qu’in Ruusbroec appelait  » la vie commune « . La piété, la dévotion, c’est bien – c’est même très bien – mais l’Évangile ne saurait demeurer simple parole, discours : qu’il ait prise sur notre chair, qu’il envahisse, voire chamboule le vivant que je suis avec  » puissance « , traversé alors de ce  » souffle saint  » qui aère et revigore : là est  » la certitude absolue « parce qu’éprouvée, expérimentée, mieux qu’en n’importe quel discours ! Image318 dans commentaire à la Sacrée Écriture pour le jour courant
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Matthieu 22,15-21

À l’époque de Jésus, le peuple juif était divisé sur la question de l’impôt. Un seul groupe, qu’on appellera par la suite les zélotes, refuse toute compromission avec la puissance occupante. Ce groupe déclenchera une insurrection armée contre Rome, qui sera noyée dans le sang et se terminera par la chute de Jérusalem. Les hérodiens, eux, collaborent avec la puissance occupante et payent l’impôt. Les pharisiens se compromettent moins avec Rome, mais ils considéraient que tout pouvoir, y compris celui des rois et des empereurs païens, vient de Dieu. Ils acceptent donc de payer l’impôt. Les hérodiens et les pharisiens, pour une fois unis alors qu’ils se détestent d’habitude, savent ce qu’il faut faire avec l’impôt. Cherchant à piéger Jésus, ils font semblant de lui demander un conseil. Si Jésus répond oui à leur question, ses adversaires l’accuseront de compromission et de collaboration et Jésus perdra son aura de prophète de Dieu. S’il répond non, il sera dénoncé comme séditieux. Jésus voit le piège et ne s’y laisse pas enfermer. Bien au contraire, il le retourne contre ses adversaires. Les invitant à montrer ce qu’ils ont en poche, il les invite à contempler l’effigie de l’empereur qu’ils portent sur eux. Les pharisiens qui prônent la stricte observance des lois de Moïse portent donc sur eux une image de l’empereur  » Tibère César, fils du divin Auguste « . Ils contreviennent donc à la Loi du Sinaï qui dit :  » Tu ne feras pas d’idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre  » (Ex 20,4). Puisqu’ils portent sur eux une image de l’empereur divinisé, qu’ils rendent donc à l’empereur ce qui lui appartient. Mais qu’ils rendent également à Dieu ce qui lui appartient, c’est-à-dire tout. Jésus n’établit pas une séparation étanche entre le domaine temporel et le domaine spirituel. Dieu n’est pas cantonné dans le spirituel. Son pouvoir n’entre pas en concurrence avec celui de César, lui seul mérite une allégeance absolue. Cela n’implique pas un mépris des autorités terrestres. Jésus n’a prêché ni la soumission ni la révolte. Sa mission est d’un autre ordre.

11 octobre, 2008

DU SITE BIBLE SERVICE:

http://www.bible-service.net/site/434.html

commentaire à la liturgie de la dimanche – XXVIII du Temps ordinaire (12 octobre 2008)

Les textes de ce jour parlent de repas de fête. Le prophète Isaïe évoque un repas de noce où Dieu accueille l’humanité. Cette image est reprise dans le psaume : Tu prépares la table pour moi, dit le croyant à Dieu. Dans l’évangile, Jésus raconte la parabole d’un roi qui célèbre les noces de son fils. Il invite tout le monde à la fête, mais tout le monde ne s’en montre pas digne.

Méditons la belle phrase de Paul : Dieu subvient magnifiquement à tous vos besoins.


Isaïe 25,6-9

Le texte est de style apocalyptique. Le poète décrit une intervention divine qui se produira  » ce jour-là « . Le jour du Seigneur, maintes fois évoqué par les prophètes, consiste en un grand rassemblement de tous les peuples sur  » la montagne de Dieu « . La promesse faire à Abraham se réalise :  » En toi seront bénies toutes les nations de la terre « . Dieu offre des viandes savoureuses. C’est beau un repas de fête au cours duquel les convives peuvent se repaître de mets succulents et d’amitié partagée. Au cours du repas est célébrée la défaite de la mort. Introduite dans le monde par nos premiers parents, elle a recouvert de son voile de deuil toutes les nations. Sa défaite inaugure un nouveau paradis où Dieu convoque l’humanité.  dans biblique Image273
 
Psaume 22

Le psaume décrit la joie d’un croyant en mettant en scène une brebis qui a un berger extraordinaire et un homme invité à un repas de fête. Le berger conduit son troupeau vers un endroit idyllique dans un pays chaud : un pré d’herbe fraîche. La brebis, qui n’aurait pas trouvé d’elle-même cet endroit, s’y repose. Quand la halte est finie, le berger conduit vers un autre endroit tout aussi idyllique : les eaux tranquilles. Il y a des endroits dangereux où la mort rôde, mais Dieu est un guide et un sauveur. Il est toujours là. Fidèle à son alliance, il n’abandonne pas son peuple ni aucun de ses sujets. Pourquoi fait-il tout cela ? Parce qu’il est Dieu, tout simplement. Il le fait  » pour l’honneur de son nom « . Le psaume présente ensuite le Seigneur comme un hôte qui accueille somptueusement ses invités : exubérance des mets, des boissons, des parfums. Le croyant dit sa joie de marcher tous les jours sous le regard du Seigneur. Image273 dans commentaire à la Sacrée Écriture pour le jour courant
 
Philipppiens 4,12-14.19-20

Paul vient de dire aux Philippiens combien sa joie est grande dans le Seigneur à cause du bon accueil qu’ils lui ont réservé et de l’aide qu’ils lui ont apportée, le dispensant de devoir travailler pour se nourrir. Contrairement à son habitude, il a accepté cette aide, comme un signe de leur profonde adhésion à l’Évangile. Mais il ne souhaite pas que ce soutien matériel devienne une obligation pour eux : il sait vivre de peu et être en même temps dans l’abondance. Sûr que Dieu n’abandonnera pas ceux qui se confient à lui, il associe la communauté de Philippes à la doxologie qui conclut cette dernière partie, exhortative, de sa lettre.Image273
 
Matthieu 22,1-14

Par rapport à Luc, Matthieu transforme l’invitation à un banquet en invitation au mariage du fils du roi. Le thème de l’union nuptiale entre Dieu et son peuple est un thème de l’Ancien Testament et, par ailleurs, Matthieu a déjà présenté Jésus comme l’Époux de ces noces attendues (9, 15). Nous disposons donc des clés de compréhension de la parabole.

Comme dans la parabole des vignerons, par deux fois, des serviteurs sont envoyés vers les invités ; de même, la double ambassade se solde par un meurtre, cette fois, celui des serviteurs. Car les temps ont changé : à présent, c’est le temps des noces et du banquet du Royaume prophétisé par Isaïe. Les serviteurs ne sont plus les prophètes anciens mais les missionnaires envoyés par Jésus au monde juif. À la différence de Luc qui détaille les fausses excuses, Matthieu constate simplement que les invités n’ont pas voulu venir ou n’ont pas tenu compte de l’invitation.

Les représailles du roi évoquent la destruction de Jérusalem en 70 que Matthieu interprète comme la sanction divine du refus d’accueillir l’Évangile. S’y ajoute le verdict que les invités n’en étaient pas  » dignes  » : ils n’ont pas su reconnaître la générosité de l’offre.

Ceux que les serviteurs ramènent ensuite sont  » les mauvais comme les bons « , c’est-à-dire le tout venant, sans critère d’appartenance au peuple élu. Mais l’un d’eux n’a pas le vêtement (la disposition d’esprit et de c

śur) qui convient et il est, lui aussi, durement châtié. L’avertissement s’adresse ici aux chrétiens qui ne doivent pas trop vite se croire à l’abri du jugement ! Image273
 
Une Parole pour aujourd’hui

 » Être rassasié et avoir faim, avoir tout ce qu’il faut et manquer de tout « .
Aujourd’hui, peut-être plus que jamais dans nos sociétés de consommation, on peut être rassasié de biens matériels et avoir faim de sens pour sa vie, avoir tout ce qui est nécessaire pour vivre confortablement et manquer néanmoins de l’essentiel.

Mais on peut aussi, comme Paul, être rassasié de l’essentiel, l’amour du Christ, et avoir faim de nourriture matérielle, avoir tout ce qu’il faut en étant comblé de la grâce de Dieu et manquer de tout sur le plan matériel.

Ou bien encore, éprouver d’autant plus intensément l’infinie distance qui nous sépare de Dieu que nous nous reconnaissons comblés par son amour.

On trouvera l’introduction à la première lecture (Isaïe 25,6-9), et au Psaume 22(23),1-2b,2c-3,4,5,6, dans la revue Célébrer n° 361 (juillet-août 2008). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en śuvre.

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