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ABRAHAM, Ami de Dieu; De l’autre côté du fleuve (Gen. 11:27-30)

12 juin, 2012

http://www.bibliquest.org/HS/HS-Abraham.htm#TM3

ABRAHAM, Ami de Dieu

De l’autre côté du fleuve (Gen. 11:27-30)

Pour comprendre l’histoire d’Abraham et en tirer profit, il faut connaître le caractère du monde dans lequel vivait le patriarche et duquel il fut appelé à sortir.

2.1 L’arrière-plan de sa vie
En décrivant l’époque qui a précédé le déluge, l’apôtre Pierre parle du «monde d’alors». L’apôtre Paul évoque le «présent siècle mauvais» (Gal. 1:4) ; puis le «monde habité à venir» : le «monde millénaire» (Héb. 2:5). Il y a donc le monde qui était alors, le monde qui est maintenant et le monde à venir.
Le monde d’avant le déluge fut ruiné à la chute et sombra dans l’iniquité. Dieu supporta la méchanceté croissante des hommes pendant mille six cent cinquante ans, jusqu’au moment où, le monde entier s’étant corrompu devant lui et se trouvant rempli de violence, le jugement tomba et «le monde d’alors fut détruit, étant submergé par de l’eau» (2 Pierre 3:6).
Le monde de maintenant a commencé après le déluge. Il est caractérisé par des éléments tout à fait nouveaux. Le gouvernement a été introduit afin que, par la grâce de Dieu, la méchanceté ne demeure pas impunie. L’homme a reçu la responsabilité de réprimer le mal en exerçant le jugement sur le méchant. Dieu dit à Noé : «Qui aura versé le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé». Mais de même que l’homme encore dans l’innocence était tombé et avait ruiné le monde d’avant le déluge, il faillit dans le gouvernement et ruina le monde présent. Chaque fois que l’homme est placé sur le terrain de la responsabilité, il manque, et cela dès le commencement de son histoire. Noé qui avait été établi dans une position d’autorité ne sut pas se gouverner lui-même. Il s’enivra et devint un objet de moquerie pour son fils. D’une manière générale ces choses ont, hélas, toujours caractérisé le gouvernement de ce monde. Ceux qui reçoivent l’autorité ne savent pas en user, et ceux qui sont dans l’opposition se moquent des manquements des gouvernants. Nous voyons en outre qu’avec le temps, les hommes se servent du gouvernement pour s’élever à leurs propres yeux et agir indépendamment de Dieu. Ils disent : «Bâtissons-nous une ville.., et faisons-nous un nom». Après peu de temps, le monde devint apostat et tomba dans l’idolâtrie ; nous lisons : «Ainsi dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : Vos pères, Térakh, père d’Abraham et père de Nakhor, ont habité anciennement au-delà du fleuve, et ils ont servi d’autres dieux» (Josué 24:2).
Pour contenir la méchanceté de l’homme, le monde a été divisé en différentes familles, avec des nationalités distinctes et des langues diverses.
Tel a été le commencement et tel est le caractère de ce présent siècle mauvais qui mûrit rapidement pour le jugement ; un monde dans lequel le gouvernement est institué par Dieu, mais un monde ruiné par les mains des hommes qui agissent indépendamment de Dieu, s’élèvent à leurs propres yeux, finissent par abandonner Dieu et par tomber dans l’idolâtrie.

2.2 Le tournant de sa vie
Pendant plus de quatre cents ans, Dieu a supporté ce monde ; mais alors, le Dieu de gloire apparaît à un homme sur la terre et commence à agir selon un principe tout à fait nouveau : l’appel souverain de Dieu. Ce principe nouveau ne met pas de côté le gouvernement de ce monde ; il ne s’agit pas d’améliorer ou de réformer celui-ci, ni de reprendre sa méchanceté. Le monde est laissé dans l’état où il est, mais ce principe affirme le droit suprême de Dieu sur un individu, élu par la grâce souveraine et appelé à sortir du monde.
Nous ne pouvons sous-estimer l’importance de cette grande vérité, quand nous voyons, dans le Nouveau Testament, qu’elle demeure la base selon laquelle Dieu agit aujourd’hui. L’Église est composée uniquement d’individus appelés par grâce. L’apôtre Paul dit expressément que Dieu non seulement «nous a sauvés», mais aussi qu’il «nous a appelés» ; et que cet appel est «un saint appel… selon son propre dessein» (2 Tim. 1:9). Dans son épître aux Romains, il nous rappelle que les croyants sont «ceux qui sont appelés selon son propos» (Rom. 8:28). Aussi, lorsqu’il écrit aux croyants hébreux, l’apôtre s’adresse à eux comme «participants à l’appel céleste» (Héb. 3:1). L’apôtre Pierre nous dit que nous avons été «appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière», et il ajoute que le Dieu de toute grâce nous «a appelés à sa gloire éternelle» (1 Pierre 2:9 ; 5:10).
Il est donc évident que les croyants sont non seulement «sauvés», mais aussi «appelés». Le premier souci d’une âme anxieuse est naturellement le même que celui du geôlier de Philippes autrefois : «Que faut-il que je fasse pour être sauvé ?» Après avoir trouvé le salut par la foi en Christ et en son œuvre accomplie, nous nous contentons trop souvent de la certitude que nos péchés sont pardonnés, et que nous sommes à l’abri du jugement, sauvés de l’enfer. Nous sommes lents à discerner que le même évangile qui nous apporte la bonne nouvelle du salut proclame l’appel de Dieu à la gloire de Christ. L’apôtre ne dit pas seulement aux croyants de Thessalonique : «Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut» ; mais il ajoute immédiatement : «Il vous a appelés par notre évangile, pour que vous obteniez la gloire de notre Seigneur Jésus Christ» (2 Thess. 2:13, 14).
Ces différents passages montrent clairement que si Dieu nous appelle, c’est qu’il désire satisfaire le propos de son cœur. Cet «appel» inclut que nous sommes retirés d’un monde plongé dans les ténèbres, ou qui vit dans l’ignorance de Dieu, pour être introduits dans la merveilleuse lumière de tout ce que Dieu s’est proposé pour Christ dans un autre monde. De plus, si nous sommes appelés, c’est afin d’obtenir la gloire de notre Seigneur Jésus Christ. Le prix de l’appel céleste, c’est être avec Christ et semblable à lui.

2.3 L’intérêt de sa vie pour nous
Voilà donc quelques-unes des précieuses vérités qui se rattachent à l’appel de Dieu et qui sont illustrées dans la vie d’Abraham. L’importance pratique de ce récit réside en ceci : la grande vérité de l’appel de Dieu nous y est présentée non pas dans un exposé doctrinal, mais telle qu’elle a été vécue par un homme ayant les mêmes passions que nous, dont l’histoire par conséquent est accessible à chacun.

3 L’appel de Dieu (Gen. 11:31 à 12:3)
La première partie de la vie d’Abraham illustre le chemin de la foi qui répond à l’appel de Dieu, les obstacles qui se dressent sur ce chemin, la foi qui s’y engage, et les bénédictions, de même que les manquements, les tentations et les conflits que le croyant y rencontre.

3.1 Le caractère de l’appel
3.1.1 Un appel divin
Le caractère béni de l’appel de Dieu est la première grande vérité placée devant nous au début de l’histoire d’Abraham. Par le discours d’Étienne rapporté en Actes 7, nous apprenons que «le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham, lorsqu’il était en Mésopotamie». Nous voyons ici ce qui distingue cet appel de tous les autres : il vient de Dieu, du Dieu de gloire. Dans ce monde avec ses villes et ses tours s’élevant jusqu’aux cieux, il n’y a rien qui parle de Dieu ; on n’y trouve que ce qui exalte et déploie la gloire de l’homme. L’expression «le Dieu de gloire» nous parle d’une autre scène dans laquelle il n’y a rien de l’homme, mais où tout révèle Dieu. Et ce Dieu, dans sa grâce magnifique, apparaît à un homme qui vivait dans un monde éloigné de Lui et plongé dans l’idolâtrie. C’est donc la gloire de Celui qui apparaît à Abraham qui confère toute son importance à l’appel, et qui donne à la foi l’autorité et la puissance pour y répondre.

3.1.2 Un appel qui met à part
Deuxièmement, nous apprenons que l’appel conduit à la séparation. La parole adressée à Abraham est celle-ci : «Va-t’en de ton pays, et de ta parenté, et de la maison de ton père». Il ne lui est pas dit de rester dans la ville d’Ur et de s’occuper de la méchanceté de l’homme, ni de chercher à améliorer la condition sociale de celui-ci ou à réformer sa vie domestique ; il ne lui est pas non plus demandé d’essayer d’organiser un monde meilleur, plus beau. Il est appelé à en sortir, sous toutes ses formes. Abraham doit quitter le monde politique : «ton pays», le monde social : «ta parenté», et le monde familial : «la maison de ton père».
Aujourd’hui, l’appel n’est pas moins précis. Le monde qui nous entoure a la forme de la piété, mais il en a renié la puissance ; c’est le monde de la chrétienté corrompue. Et l’épître qui nous dit que nous sommes participants à l’appel céleste nous exhorte à nous séparer de la corruption de ce monde. Nous sommes appelés à sortir «vers lui [Jésus] hors du camp, portant son opprobre» (Héb. 13:13). Cela ne signifie pas que nous ayons à mépriser le gouvernement qui a été établi par Dieu. Nous ne pouvons pas négliger les liens de famille : ils ont été établis par Dieu. Nous ne devons pas cesser d’être courtois et aimables et d’accomplir le bien envers tous selon que nous en avons l’occasion. Mais, comme croyants, nous devons nous abstenir de participer aux activités politiques du monde, à sa vie sociale et à tout ce en quoi les membres inconvertis de nos familles trouvent leur plaisir sans Dieu. Il ne nous est pas demandé de réformer le monde ni de chercher à améliorer son état, mais d’en sortir. L’exhortation de 2 Corinthiens 6:17, 18 garde toute son actualité : «Sortez du milieu d’eux, et soyez séparés, dit le Seigneur, et ne touchez pas à ce qui est impur, et moi, je vous recevrai» ; «et je vous serai pour père, et vous, vous me serez pour fils et pour filles, dit le Seigneur, le Tout-Puissant».

3.1.3 Un appel réconfortant
Troisièmement, si l’appel de Dieu sépare Abraham de ce monde, c’est pour l’introduire dans un autre monde, «le pays», dit Dieu, «que je te montrerai». Si le Dieu de gloire apparaît à Abraham, c’est afin de l’introduire dans Sa propre gloire. Ainsi le merveilleux discours d’Étienne qui commence par l’apparition du Dieu de gloire à un homme sur la terre, se termine par celle d’un Homme au ciel, dans la gloire de Dieu. À la fin de son discours, Étienne, les yeux fixés sur le ciel, voit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu ; et il dit : «Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu».
Considérant Christ dans la gloire, nous voyons le magnifique propos du cœur de Dieu lorsqu’il nous appelle à sortir de ce monde. Il nous a appelés à la gloire, pour être semblables à Christ et avec lui dans une sphère où tout parle de Dieu et de l’amour infini de son cœur.
Dieu ne dit pas à Abraham : «Si tu réponds à mon appel, je te mettrai immédiatement en possession du pays», mais : «Je te montrerai» le pays. Pareillement, si nous répondons à son appel, Dieu nous accorde, comme à Étienne, de voir le Roi dans sa beauté et de contempler le pays lointain. Nous levons les yeux et nous voyons Christ dans la gloire.

3.1.4 Un appel bénéfique
Quatrièmement, il y a présentement une grande bénédiction pour celui qui répond à l’appel. Dieu dit à Abraham, séparé de ce monde mauvais : «Je te ferai devenir une grande nation, et je te bénirai, et je rendrai ton nom grand». Les hommes de ce monde cherchent à se faire un grand nom ; ils disent : «Faisons-nous un nom». Mais à l’homme séparé, Dieu dit : «Je te bénirai, et je rendrai ton nom grand».
Les penchants de notre cœur naturel nous poussent toujours à essayer de nous faire un nom, et la chair se saisira de n’importe quoi, même des choses de Dieu, pour nous élever à nos propres yeux. Cette tendance s’est aussi manifestée parmi les disciples du Seigneur qui disputaient entre eux pour savoir lequel serait le plus grand.
La dispersion des hommes à Babel et les divisions survenues dans la chrétienté, comme aussi les disputes entre enfants de Dieu ont toutes la même origine : la vanité de la chair qui veut s’exalter.
La pensée qui a été dans le Seigneur Jésus a été de s’anéantir lui-même : «C’est pourquoi aussi Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom». Dieu a exalté son Nom : et à celui qui a cette pensée d’humilité et qui le suit hors du camp en réponse à son appel, Dieu dit : «Je rendrai ton nom grand». Dans la gloire du ciel, Dieu peut faire au croyant un nom infiniment plus grand que nous ne pourrions le faire pour nous-mêmes dans ce présent siècle mauvais.
Confessons honnêtement que le motif véritable qui retient plusieurs dans une fausse position est le désir secret d’être grands ; de ce fait, ils se détournent de l’humble sentier qui mène à l’écart du monde religieux actuel. Ne voyons-nous pas dans l’Écriture, et dans l’expérience de la vie quotidienne aussi, que ceux qui ont été spirituellement grands parmi le peuple de Dieu ont toujours été des hommes séparés, des hommes qui ont répondu à l’appel de Dieu ; tandis que tout écart de ce chemin de séparation conduit à une perte de poids moral et de toute vraie grandeur spirituelle au milieu du peuple de Dieu ?

3.1.5 Un appel enrichissant
Cinquièmement, Dieu ajoute : «Tu seras une bénédiction». Dans le sentier de la séparation, non seulement Abraham lui-même serait béni, mais il deviendrait une bénédiction pour d’autres. Pesons bien ces mots. Que de fois un croyant conserve une association qu’il sait ne pas être selon la parole de Dieu, prétextant être plus utile aux autres ainsi qu’en se séparant. Pourtant, Dieu ne dit pas à Abraham : «Si tu t’arrêtes à Ur des Chaldéens, ou à mi-chemin à Charan, tu seras une bénédiction» ; mais c’est quand il répond à l’appel de Dieu, qu’il lui est dit : «Tu seras une bénédiction».

3.1.6 Un appel protecteur
Sixièmement, Dieu dit encore à Abraham que, séparé, il jouirait des soins et de la protection de Dieu. Il aurait certes à rencontrer l’opposition et les épreuves, car il demeure toujours vrai que «celui qui se retire du mal devient une proie» (És. 59:15) ; mais Dieu dit à l’homme séparé : «Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront». Celui qui marche dans la séparation est préservé de bien des épreuves qui frappent le croyant resté associé au monde. La bonté de l’Éternel a sauvé Lot du destin de Sodome, mais cet homme a tout perdu dans sa fâcheuse association : femme, enfants, richesse et nom.

3.1.7 Un appel efficace
Septièmement, Abraham apprend que, s’il agissait avec foi en la parole de Dieu, toutes les familles de la terre seraient bénies en lui. Nous connaissons l’usage que l’Esprit de Dieu fait de cette promesse. Il dit : «Or l’Écriture, prévoyant que Dieu justifierait les nations sur le principe de la foi, a d’abord annoncé la bonne nouvelle à Abraham : «En toi toutes les nations seront bénies» (Gal. 3:8). Abraham n’a pas réalisé — il ne pouvait pas réaliser — la portée du principe de la foi par lequel il agissait en répondant à l’appel de Dieu, mais Dieu savait que c’était le seul chemin de la bénédiction pour toutes les familles de la terre. Aujourd’hui, dans notre faible mesure, Dieu seul peut connaître à l’avance l’étendue et la portée des bénédictions produites par la foi simple et entière d’une âme qui répond à l’appel de Dieu.

La souffrance à travers la Bible

29 mai, 2012

http://www.lueur.org/textes/souffrance-dans-la-bible.html

La souffrance à travers la Bible

Serge Soulie

Type de texte : Etudes Bibliques.  Thème : La souffrance.  Source : Aimer & Servir (UEMP), www.lueur.org
La souffrance tient une place considérable dans l’Ecriture. Elle est présente dans tous les livres de la Bible. Les récits les plus connus et servant de support à la foi de bien des chrétiens touchent de près ou de loin à la souffrance humaine : Abraham, Caïn, Job, les prophètes, avec un point culminant à Golgotha, sans oublier les souffrances à venir de l’Apocalypse.
Toutefois l’Ecriture ne donne aucune explication rationnelle et définitive de la souffrance. Les livres de la Bible ne permettent pas de dégager sur ce sujet un traité précis et exhaustif. Ils présentent la souffrance telle qu’elle est vécue dans la vie quotidienne par les humains, les renvoyant à leur relation à Dieu.
Si dans le langage actuel, le mot souffrance évoque la douleur physique du malade ou du blessé, dans l’Ecriture, ce mot a une signification beaucoup plus profonde et existentielle. Bien que présente sous toutes ses formes : douleur de l’enfantement (Gn 3.16, Jn 16.4) ; douleur de la maladie (Jb 7.5, Ps 120.4) ; douleur des martyrs (Mt 27.7 et suivants, Ac 5.41). L’accent n’est jamais mis sur la douleur physique mais sur ce qui entoure cette souffrance. Le psalmiste souffre mais le récit décrit l’étrangeté de son comportement. Oh Dieu, ne te dérobe pas ; j’erre çà et là dans mon chagrin et je m’agite à cause de la voix de l’ennemi (Ps 55.1-3).
Le prophète Jérémie s’interroge sur la cause de la souffrance : Pourquoi ma plaie est-elle douloureuse ? Serais-tu pour moi comme une source trompeuse ? (Jr 15.18). Jésus agonise dans la douleur et le texte insiste sur les sacrificateurs qui se moquent et les brigands qui l’injurient (Mt 27.39 et suivants).
La souffrance est liée au mépris, à la calomnie, à l’abandon, à la haine ou à l’endurcissement des hommes. Loin d’être une simple douleur physique, elle a un caractère spirituel: elle est une humiliation devant Dieu, un signe de sa réprobation et de sa colère : Dieu humilie les hommes dans leur coeur par la souffrance. Ils sont amoindris par leur malheur et la souffrance (Ps 107.39). Je dis à Dieu : ne me condamne pas, dis moi pourquoi tu me prends à partie ? (Jb 10.2). Au contraire, dans les épîtres Paul se glorifie de ses infirmités : Dieu m’a mis une écharde dans la chair (2 Co 12.7), C’est pourquoi je me plais dans les outrages, les calamités, les persécutions, les détresses, car quand je suis faible, c’est alors que je suis fort (2 Co 12.10).
C’est bien parce que dans tous ces textes et d’autres encore – tous les récits de la passion – la souffrance a un caractère spirituel que son contraire ne sera pas tant la santé et le bien être que la consolation et la réhabilitation par la grâce de Dieu.

Le sens de la souffrance
Si, dans l’Ecriture, c’est d’abord le sens spirituel et théologique de la souffrance qui nous est révélé, nous sommes alors en droit de nous demander quel est ce sens. N’est-ce pas d’ailleurs la question essentielle que nos contemporains se posent dans l’épreuve : « Mais enfin qu’est-ce que j’ai pu faire au bon Dieu pour souffrir de la sorte ? »
« Mais enfin
qu’est-ce que j’ai pu faire
au bon Dieu
pour souffrir de la sorte ? »
Remarquons tout d’abord que la souffrance dans le livre de la Genèse n’apparaît qu’après la chute : il dit à la femme j’augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur (Gn 3.16). La création originelle est donc bonne, harmonieuse bien ordonnée, libre de toute souffrance. Le monde nouveau, objet de l’espérance de l’ancien comme du nouveau Testament est aussi un monde où la souffrance n’existe pas. Nous lisons dans Esaïe : Les anciennes souffrances seront oubliées… Je ferai de Jérusalem mon allégresse et de mon peuple ma joie ; on n’y entendra plus de bruit de pleurs et de bruit de cris… (Es 65.18-19). L’apôtre Jean, dans l’Apocalypse voit un nouveau ciel et une nouvelle terre où il n’y aura plus mort, ni deuil, ni lamentation, ni douleur. Les choses anciennes auront disparu (Ap 21.1-4).

Autrement dit la souffrance n’est pas une fatalité, elle est liée à la condition de l’homme pécheur. Elle est un des signes du désordre qu’introduit dans la création l’attitude de l’homme. Dans un langage plus théologique, nous dirons qu’elle est la conséquence de la révolte de l’homme contre Dieu. Elle montre l’emprise du péché sur l’homme, nul ne lui échappe. Le péché n’est pas simplement une succession de comportements ou d’actes que l’humain pourrait éviter ou réparer, le péché est un état dans lequel l’homme se trouve et contre lequel il ne peut rien . Il fait partie de la condition humaine et Jésus-Christ, pour entrer dans cette condition humaine, devra lui aussi souffrir (He 2.14-18). La souffrance est inévitable. Et la tentation de l’homme sera de croire que, pouvant arrêter le péché, il va pouvoir arrêter la souffrance. C’est le cri du désespéré : « je n’ai pas tué, je n’ai pas volé, je n’ai pas commis d’adultère… alors pourquoi est-ce que je souffre ? ».
L’Ancien Testament présente les malheurs comme des punitions collectives que Dieu envoie au peuple infidèle . Voir par exemple les deux premiers chapitres du livre d’Amos. Les prophètes interprètent l’histoire d’Israël et des nations en ce sens. Mais pour eux la punition douloureuse garde la valeur d’un appel à la repentance. Ce n’est pas une vengeance divine, c’est une invitation au changement.
Dans le Deutéronome (Dt 28), dans certains Psaumes (Ps 49, Ps 52), dans les Proverbes, la souffrance apparaît comme une punition définitive réservée aux méchants. Dans le bas judaïsme et dans l’eschatologie du Nouveau Testament, elle est devenue une punition définitive après la mort sous la figure du lieu de tourment qu’est l’enfer (Lc 16.24, Ap 20.10).
Mais, inversement, dans le livre de Job, l’auteur s’élève contre cette idée que l’homme souffre en fonction de ses péchés. La justice divine n’est pas liée aux mérites humains. En réponse à ses amis défendant cette thèse, Job clame son innocence. Pour lui, la justice de Dieu est bien au dessus de tous nos doutes et reste mystérieuse jusqu’au jour où notre âme comprendra. Le livre des Lamentations fait entendre une note analogue : Il faut savoir écouter le silence de Dieu (Lm 3.26).
L’enseignement de Jésus prolonge la découverte de Job. Certains iront jusqu’à dire que Job, par ses souffrances préfigure la vie de Jésus, le serviteur souffrant. Le Fils de l’homme ne discute pas l’origine de la souffrance. Ses réponses sont souveraines : C’est un ennemi qui a fait cela (Matthieu 13/28) ou encore : Ce n’est pas la volonté de mon Père (Mt 18.14). Dans les réponses de Jésus la justice de Dieu apparaît comme bonne et si elle s’exerçait à notre égard, quel serait notre sort ? Ceux sur qui est tombée la tour de Siloé ne sont pas plus pécheurs que les autres, tout comme les parents de l’aveugle né.

Ce n’est pas
par hasard
que nous souffrons
Pour le disciple du Christ, l’affliction vient de l’opposition entre l’idéal auquel il s’efforce de se conformer et la réalité du monde. En voulant servir son maître, il se heurte à l’opposition des hommes (Mt 24.9). N’est-ce pas pour la même raison que Jésus a été dans la douleur ? Il vit pleinement le projet de Dieu pour l’homme. C’est insupportable aux hommes qui veulent un Dieu et non quelqu’un qui leur révèle la plénitude de l’humanité. Jésus ne souffre pas comme un héros ou comme un martyr ; il souffre parce qu’il ose aller jusqu’aux limites de l’humain ; il ne refuse pas ces limites puisqu’elles lui ont été demandées par son père. Lui le Fils de l’Homme se comporte en Fils de Dieu.
Ceux qui, aujourd’hui, sous prétexte de regarder aux hommes, refusent le Christ font fausse route car, qui, d’autre que Jésus, est allé jusqu’au bout de son humanité ? Et ceux qui, aujourd’hui, sous prétexte de sainteté voudraient regarder à Dieu et à Dieu seul, font aussi fausse route car la passion de Dieu c’est l’homme dans son humanité totale, toujours visée, jamais atteinte. De nos jours, dans un souci de rendre gloire à Dieu – quel que soit son nom -, beaucoup font périr l’homme. C’est un double chemin de folie puisque, détruisant l’humanité, ils s’éloignent à tout jamais de Dieu.
L’apôtre Paul ira jusqu’à dire que l’homme participe à la souffrance du Christ et que nous souffrons parce que nous sommes cohéritiers de Christ. C’est le chemin qui a été tracé.

Aujourd’hui, que pouvons-nous dire de la souffrance ?
La souffrance traduit notre histoire personnelle

Ce n’est pas par hasard que nous souffrons. La souffrance, qu’elle soit corporelle ou psychique, traduit notre vécu, le vécu personnel comme le vécu social. Ne dit-on pas que telle maladie ou telle douleur est à la mode ? La souffrance est l’expression involontaire de l’homme dans un environnement donné. Elle a quelque chose à voir avec l’existence. Elle est à la fois une réaction aux stimuli externes et internes à notre personne et un état qui dure aussi longtemps que dure la vie. Il y a comme « une douleur d’exister » en chaque être humain. Cette douleur peut avoir des manifestations très différentes et nous nous tromperions si nous la percevions seulement sous la forme du spleen ou de l’état dépressif. Chez Lacan – un des plus grand psychanalystes après Freud – la douleur corporelle peut-être un symptôme, c’est-à-dire la satisfaction substitutive d’une pulsion refoulée ; elle est la forme la plus pure de la jouissance, autrement dit le moyen par lequel le corps s’éprouve, se force et se défend. Et il cite en exemple les maux de tête ou les douleurs lombaires mais nous pourrions citer bien d’autres maladies, y compris certains cancers, des maladies dites virales ou encore les conduites addictives perçues encore trop souvent comme des vices.
La souffrance nous amène à reconsidérer notre façon de vivre
La souffrance est une tension dans la vie quotidienne. Au fur et à mesure, toute l’activité s’organise autour d’elle. Elle capte toute l’énergie du souffrant comme de ceux qui l’entourent. Elle favorise le développement extravagant du moi qui se laisse réduire le plus souvent à l’organe attaqué : le malade ne parle plus que de la partie dont il souffre. Comme l’état amoureux, elle sépare ce qui était lié et établit de nouveaux liens. C’est par exemple le cas des parents qui se séparent après le décès de l’un de leurs enfants au profit de liaisons sans lendemains ; plus positivement, c’est l’exemple de Job qui se sépare de ses amis pour de nouveaux destins. La souffrance conduit l’individu à reconsidérer son passé, son existence. Elle invite à une nouvelle organisation de la vie personnelle. Elle oblige à redéfinir les relations aux autres. Bref, elle interpelle celui qui, sans elle, serait peut-être resté sourd.
La souffrance contribue à la constitution du Moi
La douleur nous permet de constituer le MOI car, par elle, nous nous représentons le corps. Or dans le cours de la vie, tout Etre a l’occasion d’investir à tour de rôle – pour de petites ou de grandes douleurs – les différentes parties du corps. C’est à partir de ces perceptions sensorielles et d’autres représentations se formant dans le psychisme que le Moi naîtra .Ainsi, par touches successives, se construit l’Etre dans sa plus profonde humanité. N’est-ce pas la raison pour laquelle il est dit que Le Christ devait souffrir, lui qui devait aller jusqu’aux limites de la condition humaine ? Et aujourd’hui, lorsque nous affirmons avec les Ecritures que Christ est mort pour nous, nous ne disons pas qu’il a souffert à notre place et que nous ne devons plus souffrir du tout, nous disons qu’il nous entraîne dans les profondeurs de l’humanité, celle pour laquelle nous avons été faits. Dans le livre de la Genèse , il est dit que Dieu fit l’homme à son image et à sa ressemblance (Gn 1.26). Et puis, un verset plus loin, nous ne retrouvons plus que l’image. Si l’on rejette l’hypothèse selon laquelle la perte de la ressemblance est uniquement une affaire de copiste peu attentionné, nous pouvons penser qu’étant déjà, par la naissance, à l’image de Dieu, Jésus-Christ nous entraîne sur le chemin de la ressemblance, ressemblance à l’homme tel que le créateur l’a voulu et programmé. Jésus nous entraîne dans la réalisation de ce programme. L’Apôtre Paul dira que nous sommes participants à la souffrance de Christ pour la réalisation de cette Bonne Nouvelle.
La souffrance structure la personnalité
A côté de la douleur corporelle, il existe une souffrance psychique que nous pourrions appeler « douleur de la séparation ». La vie de tout humain est faite de ruptures. Celles-ci entraînent des pertes et des abandons de l’objet (personne ou chose) aimé. Ces séparations sont douloureuses – même momentanées -. Il suffit de regarder le jeune enfant pleurer dans la cour de l’école lorsque la mère s’absente. Les éviter serait pour l’humain se condamner à ne pas grandir en restant fixé à des stades infantiles. Heureux celui qui n’a pas réussi à les éviter. Ruptures et séparations, malgré la douleur qu’elles entraînent, permettent à la personnalité de se structurer. En langage plus théologique, nous dirons qu’elles permettent à l’homme de se présenter par son nom devant Dieu. Rappelons ici un épisode amusant des Evangiles : celui de Jésus enfant s’échappant dans le temple – donc devant Dieu – au grand désespoir des parents qui ne veulent pas le lâcher. Nous pourrions aussi rappeler l’histoire d’Abraham qui sut entendre l’appel et s’arracher à son pays, sa patrie et la maison de son père pour devenir un homme, et quel homme ! En quittant son pays, il a prophétisé avec ses pieds en ce sens qu’il a mis en route un avenir tout à fait différent de celui qu’il aurait connu s’il était resté à Ur en Chaldée. Mais aurait-il pu partir sans déchirement alors que n’existait aucun espoir de retour étant donné les moyens de communication de l’époque ? C’est parce qu’il a su aller de rive en rive dans une marche en avant à l’écoute de l’Appel, que d’Abram il est devenu ABRAHAM, autrement dit qu’il est né de nouveau. De la douleur naît un être nouveau. Cette douleur due à la séparation ne peut être évitée, elle peut simplement être accompagnée. L’accouchement ne se fait pas sans douleur.

Pour conclure
Que l’on nous comprenne bien. Nous ne faisons pas l’apologie de la douleur. Comme nous l’avons dit au début, le message biblique ne dit rien sur la douleur elle-même, il insiste sur le sens et l’interpellation qu’elle constitue. La souffrance est inscrite dans l’humanité même. Cela ne signifie pas que nous ne devons pas la calmer lors des crises aiguës. Mais nous ne pouvons pas l’ignorer et faire comme si elle n’était pas car elle est appel à la vie. Que l’homme choisisse de souffrir à la manière masochiste ou qu’il cherche à éviter la souffrance, il ne peut que se laisser interpeller par elle.

Ascension du Seigneur, solennité, Jean Tauler : « Pour aller où je m’en vais, vous savez le chemin » (Jn 14,4)

18 mai, 2012

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20120518

Ascension du Seigneur, solennité

Commentaire du jour

Jean Tauler (v. 1300-1361), dominicain à Strasbourg
Sermon 20, 3ème pour l’Ascension (trad. Cerf, 1991, p. 149 rev.)
« Pour aller où je m’en vais, vous savez le chemin » (Jn 14,4)

      « Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel »… Les membres du Corps du Christ doivent suivre leur chef, leur tête, qui est monté aujourd’hui. Il nous a précédés, pour nous préparer une place (Jn 14,2), à nous qui le suivons, de sorte que nous puissions dire avec la fiancée du Cantique des Cantiques : « Entraîne-moi après toi » (1,4)…
      Voulons-nous le suivre ? Nous devons aussi considérer le chemin qu’il nous a montré pendant trente-trois ans : chemin de pauvreté, de dénuement, parfois très amers. Il nous faut suivre tout à fait le même chemin si nous voulons parvenir, avec lui, au-dessus de tous les cieux. Quand même tous les maîtres seraient morts et tous les livres brûlés, nous trouverions toujours, en sa sainte vie, un enseignement suffisant, car c’est lui-même qui est la voie et pas un autre (Jn 14,6). Suivons-le donc.
      De même que l’aimant attire le fer, ainsi le Christ aimable attire à lui tous les cœurs qu’il a touchés. Le fer touché par la force de l’aimant est élevé au-dessus de sa manière naturelle, il monte en le suivant, quoique ce soit contraire à sa nature. Il n’a plus de repos jusqu’à ce qu’il se soit élevé au-dessus de lui-même. C’est ainsi que tous ceux qui sont touchés au fond de leur cœur par le Christ ne retiennent plus ni la joie ni la souffrance. Ils sont élevés au-dessus d’eux-mêmes jusqu’à lui…
      Quand on n’est pas touché, il ne faut pas l’imputer à Dieu. Dieu touche, pousse, avertit et désire également tous les hommes, il veut également tous les hommes, mais son action, son avertissement et ses dons sont reçus et acceptés d’une façon bien inégale… Nous aimons et nous recherchons autre chose que lui, voilà pourquoi les dons que Dieu offre sans cesse à chaque homme restent parfois inutiles… Nous ne pouvons sortir de cet état d’âme qu’avec un zèle courageux et décidé et avec une prière bien sincère, intérieure et persévérante.

Psaume 103

15 mai, 2012

http://www.levangile.com/Bible-Annotee-Psaumes-103.htm

LE LIVRE DE PSAUME

Chapitre 103

1 De David. Mon âme, bénis l’Éternel, Et que tout ce qui est en moi bénisse le nom de sa sainteté !
2 Mon âme, bénis l’Éternel, Et n’oublie aucun de ses bienfaits !
3 C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, Qui guérit toutes tes infirmités,
4 Qui retire ta vie de la fosse, Qui te couronne de bonté et de compassion,
5 Qui rassasie ta bouche de biens ; Ta jeunesse se renouvelle comme l’aigle.
6 L’Eternel fait justice ; Il fait droit à tous ceux à qui l’on fait tort.
7 Il a fait connaître ses voies à Moise, Aux enfants d’Israël ses hauts faits.
8 L’Eternel est compatissant et miséricordieux, Lent à la colère et abondant en grâce.
9 Il ne conteste pas à perpétuité Et ne garde pas sa colère à toujours.
10 Il ne nous a pas fait selon nos péchés Et ne nous a pas rendu selon nos iniquités.
11 Car autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant est grande sa bonté sur ceux qui le craignent.
12 Autant, l’orient est éloigné de l’occident, Autant il a éloigné de nous nos transgressions.
13 Comme un père est ému de compassion envers ses enfants, L’Eternel est ému de compassion envers ceux qui le craignent ;
14 Car il sait de quoi nous sommes faits, Il se souvient que nous ne sommes que poudre.
15 L’homme mortel ! ses jours sont comme l’herbe ; Comme une fleur des champs, il fleurit…
16 Un souffle passe sur lui, il n’est plus, Et son lieu ne le reconnaît plus.
17 Mais la grâce de l’Éternel est d’éternité en éternité Sur ceux qui le craignent ; Et sa justice sur les enfants de leurs enfants,
18 Pour ceux qui gardent son alliance Et qui se souviennent de ses commandements Pour les accomplir.
19 L’Eternel a établi son trône dans les cieux, Et son règne domine sur toutes choses.
20 Bénissez l’Éternel, vous ses anges, puissants en force, Qui exécutez sa parole, En obéissant à la voix de sa parole !
21 Bénissez l’Éternel, vous toutes ses armées, Qui êtes ses ministres, et qui faites sa volonté !
22 Bénissez l’Éternel, vous toutes ses œuvres, Dans tous les lieux de son empire ! Mon âme, bénis l’Éternel !

Mon âme, bénis l’Éternel ! Le Dieu de la grâce.
Ce psaume, que l’on pourrait appeler un évangile anticipé, est une proclamation de la grâce divine dans toute sa richesse. Fait à remarquer, c’est dans le sol même de la loi mosaïque que ce message évangélique plonge ses racines. Il est tout entier contenu en germe dans le nom même de l’Éternel, tel qu’il fut déployé en quelque sorte aux yeux de Moïse, dans la vision qu’il eut en Horeb :
L’Eternel, l’Éternel, Dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère et abondant en grâce et en vérité, qui conserve sa grâce à mille générations, qui pardonne le crime, la défection et le péché (Exode 34.6-7).
Cette grâce divine, le psalmiste en a éprouvé les effets pour ce qui le concerne lui-même (versets 1 à 5) ; il la voit présider aux origines et à l’histoire de son peuple (versets 6 à 10) ; il la contemple en elle-même dans sa hauteur, sa profondeur, avec ses infinies compassions (versets 11 à 14) ; l’homme passe, mais elle subsiste à toujours (versets 15 à 18) ; l’univers entier ne vit que par elle ; aussi le psalmiste invite-t-il, en terminant, tous les êtres créés, dans tous les domaines de l’univers, à se joindre à lui, pour bénir l’Éternel (versets 19 à 22).
La tradition, ainsi que l’indique la suscription, attribue ce psaume à David. On y trouve certaines formes grammaticales de l’ancien chaldéen, mais qui n’ont pénétré dans l’hébreu qu’à l’époque, postérieure à l’exil, où l’araméen tendait à devenir la langue populaire des Juifs. Il faudrait donc admettre, dans le cas où le psaume serait de David, qu’il a subi, à travers les siècles, quelques modifications, tout extérieures du reste, et ne portant que sur la terminaison de certains mots, ce qui n’a rien d’improbable, pour un cantique devenu populaire et qu’une génération après l’autre aimait à réciter.

Verset 1
1 à 5
Les bienfaits accordés aux fidèles.
Mon âme… et tout ce qui est en moi : toutes les forces et toutes les capacités de mon être. Comparez Deutéronome 6.5 : Tu aimeras l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force.
Le nom de sa sainteté : son nom saint, auquel ne peut se comparer aucun autre nom.
Verset 3
C’est lui qui pardonne… premier bienfait, qui ouvre la porte à tous les autres.
Qui guérit toutes tes infirmités : qui répare toutes les brèches résultant directement ou indirectement du péché, les faiblesses et les dispositions maladives de l’âme, comme celles du corps. Le prince de cette guérison est déjà là dans le pardon ; ses effets s’étendent à la vie entière et même au-delà.
Qui retire (hébreu : qui rachète) ta vie de la fosse. Le croyant de l’ancienne alliance pense ici à la délivrance d’une mort prématurée (Psaumes 102.25) ; pour le chrétien, cette parole, tout en s’appliquant aux nombreuses délivrances de l’existence actuelle, prend une portée plus lointaine et infiniment plus grande ; la vraie délivrance de la fosse, est la résurrection. Ce verset convient tout spécialement aux circonstances de la vie de David, qui, après avoir, en tant d’occasions, échappé à la mort, a reçu une couronne dans laquelle il pouvait voir un signe éclatant de la bonté et de la compassion de l’Éternel.
Verset 5
Ta bouche. Ce sens du mot hébreu adi est très contesté. Les uns, le rattachant à un verbe qui signifie tirer, revêtir, traduisent : ta parure ; d’après eux, ce mot désignerait d’une manière figurée ce que l’homme a de plus précieux, son âme, appelée ailleurs : ma gloire (Psaumes 67.9) ; d’autres, partant d’une étymologie différente, adoptent le sens d’âge, vieillesse ; notre, traduction, conforme à celle des Septante, remonte à un mot arabe signifiant joues. Comparez, pour le sens, Psaumes 81.11.
Comme l’aigle, cet oiseau royal, au vol élevé et soutenu, dont le plumage se renouvelle chaque année, et qui semble ainsi rajeunir constamment. Comparez Esaïe 40.31. L’Eternel est la force du fidèle, force qui, loin de s’épuiser, se renouvelle de jour en jour et le maintient jeune, dans la foi et l’espérance, jusque dans la blanche vieillesse (Psaumes 92.15).
Dans le présent, Dieu renouvelle ton cœur, en le régénérant ; dans l’avenir, il renouvelle ton corps, en le ressuscitant ; le déclin de ta force est la promesse de forces nouvelles, ta vieillesse, le précurseur de la jeunesse, éternelle ; tu t’élèves, radieux d’espérance, et, comme l’aigle tu montes vers les cieux (L. Meyer).

Verset 6
6 à 10
La grâce divine déployée envers Israël.
A tous ceux à qui l’on fait tort. La réalité, souvent si triste, semble démentir ce qui vient d’être dit. Mais l’histoire d ‘Israël est là pour montrer que pour le peuple de Dieu, il n’y a pas d’oppression qui n’aboutisse à une délivrance. Le psalmiste pense spécialement ici à la sortie d’Egypte (verset 7).
Verset 7
Il a fait connaître à Moïse, non seulement par révélation, mais en les lui faisant expérimenter, ses voies : la manière dont il agit, conformément à ce qu’il est : lent à la colère, etc. (verset 8). Moïse avait demandé : Fais-moi connaître tes voies. (Exode 33.13) Tout le récit d’Exode chapitres 33 et 34 est évidemment présent à l’esprit du psalmiste.
Verset 8
Comparez Exode 34.6 et suivants. La grande révélation par laquelle Dieu, pour manifester à Moïse sa gloire, fit passer devant lui toute sa bonté, est devenue en quelque sorte le symbole de la foi d’Israël. Les paroles divines citées ici le sont aussi Psaumes 86.15 ; 145.8 ; Joël 2.13 ; Néhémie 9.17 etc.
Verset 9
Il ne conteste pas à perpétuité. Quand enfin il doit reprendre et juger, sa colère ne dure qu’un moment (Psaumes 30.6 ; 78.38 ; Esaïe 57.16), et même ses jugements ne sont pas proportionnés à la grandeur de l’offense (verset 10).

Verset 11
11 à 14
L’infinie grandeur de la grâce divine. Les compassions divines.

Après avoir considéré les effets de la grâce divine dans sa propre expérience et dans celle d’Israël, le psalmiste en vient à la considérer en elle-même, et le contraste qu’il a constaté entre la gravité du péché de l’homme et la modération du châtiment divin (verset 10) semble lui dévoiler des perspectives infinies, où plonge son gard.
Autant les cieux sont élevés… Il en est de la grâce de Dieu comme de la hauteur des cieux, qui ne se peut mesurer ; comme les cieux également, elle couvre et embrasse la terre entière dans son immensité.
Autant est grande…, littéralement : autant est puissante sa gratuité. Toutefois elle ne manifeste sa puissance et son efficace qu’en ceux et pour ceux qui le craignent, pénétrés du sentiment de leur petitesse et de leur indignité.
Regarde le ciel ; partout, de tous côtés, il enveloppe la terre ; il n’existe pas une parcelle de terre qui n’en soit recouverte. Quand le ciel cessera de recouvrir la terre, alors Dieu cessera de protéger ceux qui le craignent (Saint Augustin).
Esaïe parle aussi de la distance entre le ciel et la terre, pour faire ressortir le contraste entre les pensées égoïstes de l’homme et les pensées miséricordieuses de l’Éternel (Esaïe 55.7-9).
Verset 12
Autant l’orient est… Peux-tu, quand tu marches vers l’orient, rencontrer l’occident, quand tu marches vers Jésus, rencontrer la condamnation ? (L. Meyer.)
Verset 13
Comme un père… Après avoir rappelé tout ce qu’il y a de plus grand dans la création, pour dépeindre l’amour de Dieu, le psalmiste parle de ce qu’il y a de plus intime dans notre cœur, de cette émotion profonde et puissante qui s’empare du cœur d’un père, à la vue de la faiblesse ou de la souffrance de son enfant. Celui qui a fait le cœur du père n’aimerait-il pas ? (Comparez Psaumes 94.9) En Jésus-Christ, ce qui, sous l’ancienne alliance, n’était encore qu’une image est devenu réalité. Dieu n’est plus pour nous comme un Père, il est devenu notre Père (Matthieu 5.48 ; 6.6).
Verset 14
De quoi nous sommes faits. L’amour de Dieu apparaît, ici dans ce qu’il a d’absolument, gratuit. Il n’y a rien qui provoque Dieu à nous supporter patiemment, sinon notre misère : ce qu’il nous faut noter avec soin, non seulement pour dompter l’orgueil de notre cœur, mais aussi afin que notre indignité n’empêche point notre confiance (Calvin).

Verset 15
15 à 18
La gloire de l’homme passe, mais là grâce de l’Éternel demeure à toujours.
Comme l’herbe. Comparez Psaumes 90.5 ; Esaïe 40.7.
Il fleurit. Il y a pour lui un moment de fraîcheur et d’éclat, où il peut s’imaginer être quelque chose.
Verset 16
Un souffle… Ce qu’il y a de plus léger suffit pour le faire disparaître.
Son lieu ne le reconnaît plus, tant il est promptement remplacé et quelle qu’ait été l’importance apparente de sa vie et de ses prétentions.
Verset 17
Mais la grâce… Elle est aussi durable que tout le reste est passager ; elle offre ainsi à l’homme le point d’appui inébranlable sur lequel il peut se reposer.
Sur ceux qui le craignent : mais ceux qui ne le craignent pas ne peuvent en être l’objet.
Et sa, justice… Sa fidélité à accomplir ses promesses s’étend jusqu’aux générations les plus reculées de ceux qui le craignent (Exode 20.6 ; 34.7).
Verset 18
Pour ceux qui gardent son alliance… L’amour ne serait plus qu’une force aveugle, inintelligente, dépourvue surtout de sainteté, s’il ne tenait pas compte de la position de foi ou d’incrédulité, d’obéissance ou de révolte que l’homme prend vis-à-vis de Dieu.

Verset 19
19 à 21
Appel à toutes les créatures.
Dans les cieux. La terre, si vaste qu’elle soit, n’est qu’une partie, et même la moindre, de l’empire immense du Dieu créateur.
Verset 20
Anges, puissants en force… : archanges, sous les ordres desquels sont les armées (verset 21) innombrables d’êtres spirituels et de forces matérielles, dont chacun a sa place et sa fonction dans l’univers.
En obéissant… On pourrait traduire aussi : en écoutant. Il suffit aux anges d’entendre un ordre divin, pour l’exécuter aussitôt.
Verset 21
Bénissez… Pas une créature qui ne soit invitée à prendre part à ce concert d’adoration. Le cercle de cette louange universelle s’élargit de plus en plus, mais pour se concentrer, en dernier lieu, avec une intensité nouvelle, dans l’âme du psalmiste, de laquelle était sorti le premier mot d’adoration : Mon âme, bénis l’Éternel !

L’Amour dans la Bible – Citations sur l’amour dans la Bible

11 mai, 2012

http://www.amour.ro/spiritualite/amour-bible.php

L’Amour dans la Bible

Citations sur l’amour dans la Bible

Jean 13
34. Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.
35. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres.

Jean 15
12. C’est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés.
13. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.

Romains 12
9. Que la charité soit sans hypocrisie. Ayez le mal en horreur; attachez-vous fortement au bien.
10. Par amour fraternel, soyez pleins d’affection les uns pour les autres; par honneur, usez de prévenances réciproques.

Romains 13
8. Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres; car celui qui aime les autres a accompli la loi.
9. En effet, les commandements: Tu ne commettras point d’adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point, et ceux qu’il peut encore y avoir, se résument dans cette parole: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
10. L’amour ne fait point de mal au prochain: l’amour est donc l’accomplissement de la loi.

Corinthiens 13
1. Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit.
2. Et quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien.
3. Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien.
4. La charité est patiente, elle est pleine de bonté; la charité n’est point envieuse; la charité ne se vante point, elle ne s’enfle point d’orgueil,
5. elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s’irrite point, elle ne soupçonne point le mal,
6. elle ne se réjouit point de l’injustice, mais elle se réjouit de la vérité;
7. elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout.
8. La charité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra.
9. Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie,
10. mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra.
11. Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant.
12. Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu.
13. Maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l’espérance, la charité; mais la plus grande de ces choses, c’est la charité.

Colossiens 3
12. Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience.
13. Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi.
14. Mais par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection.

Thessalonicien 4
9. Pour ce qui est de l’amour fraternel, vous n’avez pas besoin qu’on vous en écrive; car vous avez vous-mêmes appris de Dieu à vous aimer les uns les autres,
10. et c’est aussi ce que vous faites envers tous les frères dans la Macédoine entière. Mais nous vous exhortons, frères, à abonder toujours plus dans cet amour,

1 Pierre 1
22. Ayant purifié vos âmes en obéissant à la vérité pour avoir un amour fraternel sincère, aimez-vous ardemment les uns les autres, de tout votre coeur,

1 Jean 3
23. Et c’est ici son commandement: que nous croyions au nom de son Fils Jésus Christ, et que nous nous aimions les uns les autres, selon le commandement qu’il nous a donné.

1 Jean 4
7. Bien-aimés, aimons nous les uns les autres; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu.
8. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour.
9. L’amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui.
10. Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés.
11. Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres.
12. Personne n’a jamais vu Dieu; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous.
13. Nous connaissons que nous demeurons en lui, et qu’il demeure en nous, en ce qu’il nous a donné de son Esprit.
14. Et nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé le Fils comme Sauveur du monde.
15. Celui qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu.
16. Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.
17. Tel il est, tels nous sommes aussi dans ce monde: c’est en cela que l’amour est parfait en nous, afin que nous ayons de l’assurance au jour du jugement.
18. La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour.
19. Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier.
20. Si quelqu’un dit: J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas?
21. Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.

Hébreux 13
1. Persévérez dans l’amour fraternel.

Exode 3. Moïse (4) L’être de Dieu est un être-avec : « Je serai avec toi. »

26 avril, 2012

http://clamans.hautetfort.com/archive/2009/11/02/moise-4-l-etre-de-dieu-est-un-etre-avec-je-serai-avec-toi.html

Exode 3. Moïse (4) L’être de Dieu est un être-avec : « Je serai avec toi. »

(Prédications prononcées dans une paroisse de l’Eglise Evangélique Réformée du Canton de Vaud)

11.10.2009

Moïse (4) L’être de Dieu est un être-avec : « Je serai avec toi. »
Ex 3 : 9-15
Deuxième lecture biblique, dans l’Evangile de Jean, Jésus révèle son identité de diverses manières :

Je suis le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra pour toujours. (Jn 6:51)
Je suis la lumière du monde. Celui qui me suis aura la lumière de la vie. (Jn 8:12)
Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. (Jn 10:11)
Je suis la résurrection et la vie.  Celui qui croit en moi vivra même s’il meurt. (Jn 11:25)
Je suis la vigne, mon Père est le vigneron, vous êtes les sarments. Celui qui demeure uni à moi porte beaucoup de fruit. (Jn 15:1+5)
Je suis la porte. Celui qui entre par moi sera sauvé. (Jn 10:9)
Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, vous reconnaîtrez que « je suis celui que je suis ». (Jn 8:28)

Chères paroissiennes, chers paroissiens,
Moïse est devant le buisson ardent, ce buisson du désert du Sinaï, qui brûle, mais ne se consumme pas. Dieu a interpellé Moïse, lui a dit qu’il avait vu la situation d’esclavage des fils d’Israël en Egypte et qu’il veut les délivrer. Et Dieu mobilise maintenant Moïse : « Je t’envoie maintenant vers le Pharaon ! Va, et fais sortir d’Egypte, Israël, mon peuple ! » (Ex 3:10) Mais Moïse a peur, il se sent incapable, la tâche est trop grande, il ne sent pas à la hauteur.
L’appel de Dieu nous prend toujours au dépourvu, par surprise, et combien d’excuses ne trouvons-nous pas pour y échapper. La réponse de Dieu est intéressante. Il ne dit pas : « Tu … Tu es capable; tu n’as rien à craindre; tu peux le faire… Non ! Dieu répond à Moïse en disant « Je… Je serai avec toi » (Ex 3:12).
Et à la question de Moïse : « C’est de la part de qui ? » Quand les Israélites me demanderont qui m’envoie, quel nom devrais-je dire ? » (Ex 3:13). Dieu répond aussi en « Je » Dis-leur « JE SUIS » m’a envoyé. Mon nom est « JE SUIS. » Je suis celui que je suis, ou Je suis celui qui suis. Là se trouve la révélation du nom de Dieu, celui que les juifs s’interdisent de prononcer, le tétragramme, c’est-à-dire les quatre lettre YHWH qui forment le nom sacré de Dieu.
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« Je suis », « je serai », ce qui a conduit à le traduire aussi par « l’Eternel » comme dans le Ps 23 : « L’Eternel est mon berger. » L’Eternel, l’Existant, l’Etant, l’Etre. On peut donc voir Dieu comme le fondement, la fondation de tout ce qui existe, de notre être à nous aussi. C’est lui qui nous fait exister, être, qui nous fait vivre.
Cette révélation à Moïse se passe dans un contexte historique et géographique précis. Moïse est en exil, les fils d’Israël souffrent en Egypte où ils sont maltraités. Et là, Dieu se révèle à Moïse dans un but précis : aller au secours de son peuple, intervenir en leur faveur.
L’être de Dieu n’est pas hors du temps, hors de l’espace, dans une éternité immuable et inaccessible. L’être de Dieu est un être-avec : « Je serai avec toi. » Comme Esaïe le dira plus tard : « Emmanuel », Dieu avec nous (Es 7:14).
Si Dieu est le fondement de l’être, il est aussi dans l’action. C’est un Dieu qui entend nos plaintes, qui voit nos situations, qui comprend ce que nous vivons et qui envoie un intervenant pour délivrer son peuple. Dieu mandate Moïse pour intervenir auprès de Pharaon pour qu’il laisse sortir d’Egypte son peuple bien-aimé. Nous connaissons la suite de l’histoire, la délivrance et l’installation en terre promise.
Sautons encore quelques siècles, jusqu’au temps de Jésus. L’évangéliste Jean nous rapport des paroles de Jésus disant :
Je suis le pain de vie
Je suis la lumière du monde
Je suis le bon berger
Je suis la résurrection et la vie
Je suis la vigne
Je suis la porte de l’enclos
et encore :
Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, vous reconnaîtrez que « je suis celui que je suis. »
Très clairement, l’évangéliste Jean fait référence à ce récit du Sinaï pour nous dire que ce Jésus est bien Dieu lui-même. L’apôtre Paul — avant Jean — ne faisait rien d’autre lorsqu’il disait que le Christ est « l’image même de Dieu » (1 Co 4:4) et que ce qu’il prêche c’est « Jésus-Christ comme Seigneur » (1 Co 4:5).
Dire « Jésus-Christ est le Seigneur » c’est affirmer que Jésus-Christ est Dieu, qu’il est le Dieu qui s’est révélé à Moïse dans le désert. Dans le Dieu qui se révèle à Moïse dans le tétragramme, Jésus-Christ est déjà présent (c’est le sens de la Trinité).
Le Nouveau Testament est la continuation de la révélation à Moïse dans le désert. Jésus est le vrai visage de Dieu. Lorsque nous découvrons la personne de Jésus dans les évangiles, dans les lettres du Nouveau Testament, nous approchons de Dieu, nous découvrons Dieu lui-même.
L’évangéliste Jean ne peut être plus explicite lorsqu’il rapporte les paroles de Jésus : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14:9). Nous n’avons pas besoin d’aller dans le désert, de monter sur le Sinaï, Dieu s’offre à nous en Jésus-Christ, dans sa Parole. Il est là — tout proche — à notre portée. Et nous pouvons le mettre à la portée de tous, de nos enfants, de notre famille.
Dieu a appelé Moïse pour une tâche de délivrance. Dieu a assuré Moïse de sa présence auprès de lui pour réaliser cette tâche. Dieu nous appelle aussi pour communiquer autour de nous, à nos enfants, la bonne nouvelle de Jésus. Jésus est Dieu avec nous, dans nos vies comme nourriture (le pain descendu du ciel), comme lumière, comme guide, comme vie, comme joie, comme accueil. Laissons-nous imprégner de cette révélation de Dieu et marchons confiants dans la vie.
Amen

Jean-Marie Thévoz, 2009

SBF La Parole de Dieu: Bible ou Bibliothèque ?

24 avril, 2012

http://www.custodiaterrasanta.com/SBF-La-Parole-de-Dieu-Bible-ou.html

SBF La Parole de Dieu: Bible ou Bibliothèque ?

Critique textuelle
Critique des sources
L’hypothèse des documents du Pentateuque
Moult hypothèses
Trois versions de la Bible

La lectio divina est avant tout une lectio. Elle doit s’ouvrir au sens littéraire du texte. Comme pour tout texte ancien, différentes étapes sont requises de la part du lecteur.
Critique textuelle
Le contenu de la Bible est sans doute le plus invariable, le plus fidèle, de tous les écrits connus. Un exemple tiré de la critique textuelle suffit à le démontrer. Jusqu’en 1947, mis à part le Codex Sinaiticus (daté entre 300 et 350 après J.-C.) et le Codex Vaticanus (daté de l’an 350 après J.-C.), rédigés en grec, les plus anciennes copies de la Bible hébraïque dont nous disposions remontaient aux alentours de l’an 900 après J.-C. Tel le codex d’Aleppo exposé au musée du livre à Jérusalem.
La plus ancienne copie complète de la Bible hébraïque, le codex de Leningrad, est, elle, datée de l’an 1008. La découverte des manuscrits de la Mer Morte en 1947 a permis à la recherche biblique d’effectuer un bond de plusieurs siècles en arrière, puisque la plupart des manuscrits du désert de Juda rédigés en hébreu, remontaient au II ou I siècle avant J.-C. Leur contenu s’est avéré grosso modo identique à celui du Codex de Leningrad. Mille deux cents ans de fidélité, malgré des changements de détails. Le niveau de crédibilité des copistes juifs venait attester une tradition solide, qui s’appuyait sur un art de l’écriture et un respect du texte. Bien que nous n’ayons toujours pas à ce jour de manuscrit hébreu complet de l’Ancien Testament antérieur au XIe siècle de notre ère, les rouleaux de la mer Morte démontrent que l’on peut s’y fier de manière certaine.
Pour la Bible nous possédons des manuscrits plus nombreux et plus anciens que pour les autres grands classiques de l’Antiquité, ceux d’Homère ou de César, par exemple. Mais la question essentielle demeure : pourquoi et comment ces textes ont-ils été écrits? Combien de générations ont ajouté leurs propres chapitres à la grande épopée? La Bible a sa propre histoire, qui mérite d’être relatée.
Pour le Nouveau Testament qui rassemble les Evangiles, les Actes des Apôtres, les Epîtres et l’Apocalypse les chercheurs disposent de 5 300 manuscrits grecs complets, de 13 000 autres fragmentaires, et de 9 000 autres documents. Le plus ancien fragment à la disposition des exégètes est une copie de l’Evangile de Jean, datée de l’an 125 : le papyrus Rylands, conservé à Manchester en Angleterre. Parmi les papyri les plus anciens du Nouveau Testament, il faut aussi citer les papyri Chester Beatty, écrits en grec et datant du IIIe siècle. Ces documents, qui reprennent des passages des Evangiles, des Actes des Apôtres et des lettres de Paul, ont été découverts en 1928 à Deir el-Medineh, en Egypte, avec d’autres fragments de l’Ancien Testament. Ils étaient cachés dans une tombe, entre les soubassements d’une pyramide et la voûte d’une chapelle. La tradition orale raconte qu’ils auraient été vendus par des trafiquants d’antiquités avant d’échouer entre les mains d’un collectionneur américain, Chester Beatty. Celui-ci en en fit l’acquisition en novembre 1931. Les papyri sont aujourd’hui exposés dans un musée de Dublin, en Irlande. Ils sont les Vestiges d’une longue histoire qui commença il y a deux mille ans et qui est loin d’avoir révélé tous ses secrets.
Ajoutez à cela le résultat des fouilles archéologiques de l’Ophel qui finalement ont permis de retrouver des restes remontant à la période de David et vous aurez la certitude que la Bible n’a pas inventé l’histoire.
Critique des sources
Pendant des siècles, on a enseigné que Moïse était l’auteur des cinq premiers livres de la Bible. Dès les premières lignes de la Genèse, le lecteur curieux est intrigué. D’où ce récit provient-il? La critique moderne a permis d’en apprendre beaucoup plus. Le 3 décembre 1872, en effet, l’assyriologue anglais G. Smith pulvérisait des siècles de certitudes: il découvrait en Mésopotamie une série de tablettes racontant la même histoire que le récit biblique du Déluge. De plus, cette source mésopotamienne – l’épopée de Gilgamesh – datait de la fin du II millénaire, et avait probablement inspiré la Genèse, nettement postérieure.
L’hypothèse des documents du Pentateuque
A partir de là, la critique littéraire a permis de tirer certaines conclusions. De proche en proche, il s’est avéré que les scribes auxquels nous devons le Pentateuque ont assemblé des documents écrits provenant de traditions plus anciennes. C’est l’hypothèse documentaire, élaborée à la fin du XIX siècle, et qui a connu un grand succès entre les années 1950 et 1970. Selon cette hypothèse, il y aurait eu au départ quatre documents : un premier, dit « yahviste », un deuxième, dit « élohiste », le document « deutéronomiste », et le document sacerdotal.
Aujourd’hui les exégètes pensent qu’on ne peut pas conférer à ce découpage documentaire une valeur scientifique. Certains experts considèrent, par exemple, que le yahviste et l’élohiste ne font qu’un. Comme l’expliquait J. Bottéro, expert des religions sémitiques: « C’est chimère d’espérer voir chacun des quatre documents parfaitement abstrait des autres et rendu à sa teneur originelle intégrale » (Naissance de Dieu : la Bible et l’historien, Paris 1986). Aujourd’hui ce sont les légendes cultuelles attachées aux différents sanctuaires que les experts scrutent plus volontiers pour expliquer l’origine des documents.
Moult hypothèses
L’existence de doublets dans le Pentateuque confirme la pluralité des récits originels, voire leurs contradictions. Yahvé demande par exemple à Noé de faire entrer les animaux dans l’arche à raison de « deux de chaque espèce » (Gn 6,19), et, plus loin, « sept paires de tous les animaux purs » (Gn 7,3). Enfin, tout ce qui concerne Abraham dans la Genèse provient des sources les plus récentes qui composent ce livre.
Pour ce qui est de la cohérence historique, J. Bottéro souligne certaines impossibilités. « Comment Isaïe, entre 760 et 700 avant notre ère, a-t-il pu connaître par son nom, puisqu’il le mentionne à deux reprises et dans un contexte qui ne laisse pas le moindre doute (Is 44, 28, et Is 45, 1), le roi Cyrus, fondateur de l’empire perse deux siècles plus tard (- 558 à – 528)? » J. Bottéro surenchérit: « On est bien obligé de refuser au prophète Isaïe la paternité des ‘oracles de Babylone’ (Is 13,1-14, 23), puisqu’ils impliquent une situation politique ultérieure de deux siècles ». Que reste-t-il, alors, d’Isaïe, d’autant qu’une autre théorie envisage l’existence d’un « second Isaïe » – nom de code d’un glorieux inconnu – auquel on attribue les chapitres 40 à 55 du livre d’Isaïe?
Ce ne sont là que quelques éléments choisis dans un océan d’interrogations. De toutes ces réflexions il ressort que le récit de la Création est un texte liturgique qui ne peut être accepté de façon littérale, et que la doctrine de l’évolution n’est en rien contradictoire avec la version biblique.
L’Ancien Testament, on le voit, est une véritable bibliothèque étalée sur au moins huit siècles de rédaction. Il faudrait encore évoquer des passages entiers du livre de Daniel (Dn 24 à 27) ultérieurement insérés, certains psaumes trop rapidement attribués à David, le livre de Samuel, fait de pièces et de morceaux rassemblés sur quatre siècles au moins.
De cet ensemble de remises en question jaillit pourtant une unité extraordinaire. Pour l’essentiel, l’Ancien Testament est sans doute achevé à l’époque de l’exil à Babylone, aux alentours de l’an 590 avant Jésus-Christ. Il apparaît que les juifs, privés de leur Temple et de leur liturgie, éprouvaient probablement le besoin de disposer d’un texte.
Trois versions de la Bible
Mais l’unité s’arrête là. A partir du retour en Israël, un grand nombre de juifs émigrent en Egypte. Une forte diaspora se concentre à Alexandrie, et y joue un rôle prépondérant. Peu à peu, ces juifs assimilés perdent l’usage de l’hébreu et adoptent la langue grecque à la suite de la conquête de l’Egypte par Alexandre (vers 330 av. J.-C.). Ayant oublié l’hébreu, au milieu du II siècle avant Jésus-Christ, ils éprouvent le besoin de traduire la Bible en grec.
Ainsi naît la Septante, achevée vers 130 avant Jésus-Christ. Le fossé culturel entre juifs de Palestine et juifs d’Egypte se creuse. Ces derniers ajoutent en effet à la Septante des livres postérieurs que leurs frères de Jérusalem ne considèrent pas comme inspirés: Judith, Tobie, les Maccabées, la Sagesse, l’Ecclésiastique. D’où la constitution d’un autre livre saint. Cette différence se perpétue jusqu’à nos jours: pour l’Ancien Testament, les protestants ainsi que les juifs reconnaissent le seul canon de Jérusalem, tandis que les catholiques ont conservé les livres et suppléments proposés par la Septante (nommés « deutérocanoniques », c’est-à-dire « du deuxième canon »). A cela s’ajoute le fait que la plupart des livres deutérocanoniques ne nous sont connus qu’en grec, et non en hébreu.
Dans les synagogues de Palestine l’hébreu était également en perte de vitesse au retour de l’exil. Il fallait traduire la Bible pour l’auditoire qui parle araméen. De là naquirent les targumim ou la traduction araméenne de la Bible qui a intégré de nombreuses traditions orales. Depuis la découverte du targum Néofiti dans la bibliothèque vaticane les experts s’intéressent de nouveau à cette version liturgique juive.
Au terme d’une longue aventure, juifs et catholiques se retrouvent avec la même Bible en main. La Bible grecque qui fut longtemps celle des chrétiens, est un témoin intéressant de la diaspora juive d’Alexandrie. Avec St Jérôme l’Eglise revint à la veritas hebraica. Bible grecque et Bible hébraïque sont toutes deux inspirées, car l’inspiration est un charisme mis à la disposition des communautés croyantes.
« La parole de Dieu demeure toujours », affirmait le prophète Isaïe. Un livre qui a inspiré des artistes, des musiciens et des poètes de tout pays durant des siècles, mérite attention. La parole de Dieu ne peut pas être enchaînée. Les régimes totalitaires l’ont appris à leurs dépens. Efficace, cette parole réalise ce qu’elle annonce comme la pluie féconde la terre.

Jésus dans l’Ancien Testament

23 avril, 2012

http://www.lueur.org/textes/jesus-ancien-testament.html

Jésus dans l’Ancien Testament

Luc Bernicot

Type de texte : Etudes Bibliques. Thème : Jésus-Christ. Source : Lueur, www.lueur.org

« Existant en forme de Dieu, il n’a pas regardé son égalité avec Dieu comme une proie à arracher, mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes, et il a paru comme un vrai homme, …. »
(Philippiens 2:6-7)
« Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. »
(Colossiens 1:16-17)
Tous les chrétiens croient en la naissance surnaturelle de Jésus-Christ de la Vierge Marie, en sa mort sur la croix et en sa résurrection des morts. Mais tous ont-ils bien conscience que la conception de Jésus dans le ventre de Marie n’a rien de commun avec la conception de chacun d’entre nous? Nous sommes en effet tous des créations, alors que Jésus est le Créateur. Jésus n’a pas été créé neuf mois avant sa naissance, mais il existait depuis l’éternité, et a toujours été à la source de toute chose; sa conception dans le ventre de Marie était une incarnation du Fils de Dieu dans une chair humaine, mais en aucun cas la création d’un être nouveau. Jésus a simplement accepté de suivre pendant son séjour sur terre l’ensemble du cheminement d’un être humain ordinaire, de la conception à la mort.
Puisque Jésus était déjà à l’œuvre dans l’univers avant de venir sur la terre, nous pourrions nous attendre à ce que l’Ancien Testament parle de Lui; en fait l’Ancien Testament parle constamment de Jésus-Christ, qui se manifestait avec Dieu le Père et avec le Saint-Esprit. Même si les hommes et les femmes de l’Ancien Testament n’avaient pas eu une révélation claire de qui est Jésus, nous pouvons aujourd’hui discerner, à la lumière du Nouveau Testament, de très nombreux passages de l’Ancien Testament qui parlent de Lui. Les prophètes qui ont écrit l’Ancien Testament étaient inspirés par le Saint-Esprit, et n’ont pas toujours compris la puissance de la révélation qu’ils transmettaient. La Nouvelle Alliance nous permet de mieux comprendre la réalité de la présence de Jésus-Christ dans les textes de l’Ancienne Alliance.
Nous allons étudier 3 passages de l’Ancien Testament dans lesquels la présence de Jésus est merveilleusement discernable aujourd’hui.

1 – La création de l’univers
« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. … Dieu dit: Que la lumière soit … Dieu dit: Qu’il y ait une étendue entre les eaux, … Dieu dit: Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. … Dieu dit: Qu’il y ait des luminaires dans l’étendue du ciel, pour séparer le jour d’avec la nuit; … Dieu dit: Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre … Dieu dit: Que la terre produise des animaux vivants selon leur espèce, du bétail, des reptiles et des animaux terrestres, selon leur espèce. … Puis Dieu dit: Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, … »
(Genèse 1)
Ces versets, que nous trouvons dans le premier chapitre de la Genèse, sont expliqués par ceux du premier chapitre de l’Evangile de Jean: « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. … Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » (Jean 1:1-3; 14) Le Nouveau Testament (Jean) explique l’Ancien (Genèse). Chaque fois que Dieu parlait (Dieu dit: …), c’était Jésus qui était à l’œuvre, puisque Jésus est la parole de Dieu. Jésus-Christ était présent à la création de l’univers, Il est à l’origine de cette création et cette création est pour Lui. (Colossiens 1:16)

2 – La Sagesse
« [Moi, la sagesse,] j’ai été établie depuis l’éternité, dès le commencement, avant l’origine de la terre. … Lorsqu’Il [l’Eternel] disposa les cieux, j’étais là; lorsqu’Il traça un cercle à la surface de l’abîme, lorsqu’Il fixa les nuages en haut, et que les sources de l’abîme jaillirent avec force, lorsqu’Il donna une limite à la mer, pour que les eaux n’en franchissent pas les bords, lorsqu’Il posa les fondements de la terre, j’étais à l’œuvre auprès de Lui, et je faisais tous les jours Ses délices, jouant sans cesse en Sa présence, jouant sur le globe de Sa terre, et trouvant mon bonheur parmi les fils de l’homme. »
(Proverbes 8:23; 27-31)
Dans ce passage écrit par le roi Salomon, la Sagesse s’exprime comme une personne, et nous notons deux informations importantes qui nous sont données à son propos:
- la Sagesse fait tous les jours les délices de Dieu
- la Sagesse trouve son bonheur parmi les humains
Comment ne pas reconnaître en cette Sagesse personnifiée le Seigneur Jésus? Il faut lire l’ensemble du discours de la Sagesse (Proverbes 8:1 à 9:12) pour avoir une vision complète de la puissante révélation qui a été donnée à Salomon; il est même question du pain et du vin (9:5), c’est à dire du corps et du sang de Jésus!
Juste après, dans un court passage (Proverbes 9: 13-18), la folie, opposée à la sagesse, s’exprime à son tour; il est aisé d’y reconnaître la voix du diable.

3 – Abraham
« Alors l’ange de l’Eternel l’appela des cieux, et dit, Abraham! Abraham! Et il répondit: Me voici! L’ange dit: N’avance pas ta main sur l’enfant, et ne lui fais rien; car je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. Abraham leva les yeux, et vit derrière lui un bélier retenu dans un buisson par les cornes; et Abraham alla prendre le bélier, et l’offrit en holocauste à la place de son fils. »
(Genèse 22:11-13)
Vous connaissez bien ce récit qui montre la foi d’Abraham mise à l’épreuve et Abraham vainqueur de cette épreuve. Sa foi était tellement grande qu’il pensait que Dieu ressusciterait Isaac (lire Hébreux 11:17-19). Ce texte parle bien-sûr de Jésus. Abraham allait sacrifier son fils unique, et ces évènements prophétiques annonçaient le sacrifice du Fils unique de Dieu, qui allait arriver plusieurs siècles plus tard. Abraham n’a peut-être pas eu la même connaissance de Jésus-Christ que celle au bénéfice de laquelle nous sommes aujourd’hui, mais, on peut tout de même penser qu’Abraham a eu, dès ce moment, une révélation de la compréhension de l’évènement prophétique qu’il a vécu, et donc une révélation de Jésus. En effet, Jésus lui-même a déclaré: « Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour, et il l’a vu, et il s’est réjoui. » (Jean 8:56)
Nous avons donc présenté trois passages de l’Ancien Testament qui parlent de Jésus, mais en réalité ceux-ci sont innombrables. Nous voudrions vous encourager à lire l’Ancien Testament et à rechercher ces trésors cachés, les textes qui parlent de Jésus, alors que Celui-ci ne s’était pas encore montré dans le monde

LE PSAUME 23

22 mars, 2012

http://www.hebrascriptur.com/Ps/23c.html

LE PSAUME 23

Lire ce qui est écrit

Le Psaume 23 est sans doute l’un des plus beaux témoignages de la vie mystique, qui s’épanouit quand elle s’appuie sur une totale confiance en Dieu. Le roi David y exprime toute la joie, la sécurité, la liberté, le bonheur qu’il éprouve, en se laissant entièrement guider
La lecture du texte ne présente aucune difficulté, à l’exception d’un seul mot, dans le dernier verset, le mot hébreu weshaveti, que la quasi-totalité des témoins traduisent par « je demeurerai » ou « j’habite », lecture qui prête pour le moins à discussion. En effet, pour justifier cette lecture, il faut ajouter la lettre yod en seconde position du mot qui devient weyashaveti, ou encore changer la vocalisation weshaveti indiquée par les massorètes en weshiveti, afin de rattacher le mot, dans un cas comme dans l’autre, à la racine yashab (demeurer) au lieu de la racine shoub (retourner).
On trouve ces lectures altérées chez des témoins 
aussi anciens que les textes grecs des Septante (3ème siècle avant notre ère), ou les versions Syriaques, contemporaines des massorètes. Mais ces interprétations ne s’appuient sur aucun manuscrit hébreu connu.
Pourquoi ces témoins, suivis en cela par la quasi-totalité des traducteurs modernes, ont-ils refusé de lire ce que la Tradition, ou au moins une Tradition — les massorètes — a transmis, weshaveti, « je reviens » ? pourquoi ont-ils retenu cette lecture injustifiée : « je demeure » ?
La critique textuelle et l’exégèse traditionnelle ont coutume de retenir pour hypothèse principale — explicite ou inconsciente — que les textes nous rapportent la pensée de leurs auteurs, et qu’ils véhiculent avec eux toutes les déformations d’une transmission multi-séculaire. Il résulte de cette position que le sens logique le plus probable prend toujours le pas sur la littéralité transmise : si le texte n’offre pas un sens immédiat assez clair, alors on rectifie le texte, pour atteindre la leçon compréhensible la plus facile, et retrouver ainsi — croit-on — la pensée originelle des rédacteurs, que les aléas de la transmission avaient corrompue. C’est bien le cas ici. À suivre la lettre, on ne voit pas du tout de quel endroit David « reviendrait » (lecture littérale), puisque rien, mais vraiment rien ne l’évoque dans les versets qui précèdent ; en revanche, à rectifier la lecture en « je demeure », on comprend mieux que David se réjouisse à la perspective des beaux jours qu’il a devant lui, guidé par Yhwh.
Le principe de telles corrections n’est pas acceptable.
Tout d’abord, en raison des traditions orales. Car ces traditions orales sont à l’origine des versions vocalisées que les massorètes ont fixées par l’écriture, sans modifier l’Écriture, conformément à leur mission. La mission première d’Israël, en effet, n’est-elle pas de transmettre ? — et non d’interpréter. N’oublions pas que des générations de scribes se sont vu refuser des rouleaux entiers pour un iota en trop ou en moins, ce qui montre à quel point la transmission de la lettre prime sur le sens — et d’ailleurs, quel sens ? combien de lectures en Israël pour un même verset ?
Certes, des erreurs ont traversé le crible, et il existe des versions différentes sur beaucoup de textes. Mais la majorité des manuscrits concordants permet en général de reconnaître la lettre, et d’écarter la plus grande partie des erreurs. C’est le cas ici. Il faut suivre la lettre transmise, même si elle nous paraît obscure.
Plus radicalement, quand on cherche à comprendre, comme ici, le sens d’une pièce qui fait partie d’un ensemble, on doit l’observer dans son contexte. Il est indispensable de prendre du recul, de s’élever pour apercevoir depuis le ciel les structures enveloppantes, et découvrir ainsi quelle place logique occupe la pièce étudiée dans cet ensemble qui la contient.
C’est ainsi que nous allons trouver en dehors du Psaume 23, ce que nous n’avons pas trouvé dans les cinq premiers versets, pour expliquer le sixième ; c’est ainsi que nous allons comprendre à quel « retour » David fait allusion. Le Psautier n’est pas une collection de textes alignés par le hasard et indépendants les uns des autres. David vient de vivre les psaumes précédents, et de manière plus immédiate : le Psaume 22. C’est dans ce psaume qu’il retrouve, dans une vision mystique survenant après un long processus de purification, l’intimité divine qu’il avait perdue en recherchant son bonheur ailleurs qu’en Yhwh. À la fin du Psaume 22 David est revenu à la maison de Yhwh, comme Jacob était revenu sain et sauf à la maison de son père, après de longues épreuves (Gen 28, 21).
Il est donc capital, dans cette conclusion du Psaume 23, de ne pas s’éloigner du texte écrit en conservant la racine shoub, retourner, car cette racine est celle du mot teshouvah, la conversion, le retournement, c’est-à-dire le retour à Dieu, que David vient de vivre au Psaume 22 et qui est à la base de toute vie spirituelle.
Il sera nécessaire d’approfondir l’exégèse du Psaume 22 pour comprendre comment on aboutit à un tel bonheur au Psaume 23. Le lecteur est invité, s’il nous a suivis jusque là, à cette découverte dans une étude consacrée à ce sujet .

Note
sur la racine shoub
Un certain nombre de témoins signalent cependant le rattachement à la racine shoub, « retourner », en indiquant (dans leurs notes) la forme du futur « je retournerai » ou « je reviendrai ». Or la forme écrite ici n’est pas la forme inaccomplie de l’hébreu, celle que l’on traduit presque toujours par un futur, mais la forme accomplie précédée d’un waw conversif à laquelle correspond en général beaucoup mieux le présent ou le conditionnel d’une subordonnée. Cette facilité consistant à traduire systématiquement par un futur la forme de l’accompli avec waw conversif, a pour résultat, sur le mot qui nous intéresse ici, de rendre la situation encore plus difficile à comprendre. David se trouve dans une situation neuve, survenue à la fin du psaume précédent, et dont il découvre le caractère universel d’une loi divine : tout est merveilleux « quand je reviens » à la maison de Yhwh. Au contraire, le futur « je reviendrai » renvoie à l’on ne sait quoi, ce qui conduit à chercher des explications. Ainsi, un témoin en vient-il à s’interroger : peut-être le psalmiste est-il un prêtre ou un lévite en exil à Babylone ?…  L’éloignement du texte écrit a rendu l’interprétation très aléatoire.

Les massorètes
sont les rabbins qui transmirent la Bible hébraïque à partir du VIème siècle de notre ère. Afin de préserver la lettre du texte dans les copies successives, ils annotèrent celui-ci. À côté du texte uniquement composé de consonnes, ils ajoutèrent des signes de vocalisation (voyelles à lire) et de prosodie (cantilation, ponctuation), ainsi que des remarques marginales, véritables statistiques destinées à vérifier la bonne transcription des textes (massorah).
Avec les massorètes, est née ce qu’on appelle aujourd’hui la critique textuelle, dont l’objet est de publier, à partir de toutes les sources connues (les manuscrits), une édition critique de la Bible hébraïque. Aujourd’hui, l’édition critique la plus complète, reconnue par la majorité des biblistes, est la Biblia Hebraica Stuttgartensia. C’est à cette édition que nous faisons généralement référence, sans pour autant négliger d’autres sources, notamment en cas de désaccord.Les Septante
Traduction de la Bible hébraïque en langue grecque, réalisée au IIIème siècle avant J.C. à Alexandrie, par soixante-dix (ou soixante-douze) sages de la diaspora d’Israël, d’où son nom de Septante. Cette traduction de la Bible est indifféremment appelée “ la Septante ” ou “ les Septante ”, et souvent notée LXX.
par Yhwh.

PSAUME – 136 (137), 1 – 6 – texte et commentaires

16 mars, 2012

http://www.eglise.catholique.fr/foi-et-vie-chretienne/commentaires-de-marie-noelle-thabut.html

PSAUME – 136 (137), 1 – 6

1Au bord des fleuves de Babylone 
 nous étions assis et nous pleurions,
 nous souvenant de Sion ;
2 aux saules des alentours 
 nous avions pendu nos harpes.
3 C’est là que nos vainqueurs 
 nous demandèrent des chansons, 
 et nos bourreaux, des airs joyeux :
 « Chantez-nous, disaient-ils, 
 quelque chant de Sion. »
4 Comment chanterions-nous 
 un chant du SEIGNEUR 
 sur une terre étrangère ?
5 Si je t’oublie, Jérusalem,
 que ma main droite m’oublie !
6 Je veux que ma langue 
 s’attache à mon palais 
 si je perds ton souvenir, 
 si je n’élève Jérusalem, 
 au sommet de ma joie.

Ce psaume parle au passé : c’est donc qu’on est de retour ; effectivement, après le retour de l’Exil à Babylone, on a pris l’habitude de célébrer chaque année une journée de deuil et de pénitence à la date anniversaire de la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor ; au cours d’une célébration pénitentielle, dans le Temple enfin reconstruit, on se souvient de cette période terrible : « Au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion ». Tous les exilés du monde peuvent se reconnaître dans cette plainte ; les larmes du souvenir, d’abord, sur une terre étrangère ; les noms de la ville aimée, Sion, Jérusalem, reviennent à chaque strophe. Pire, cette « terre étrangère » est hostile, narquoise et le mal du pays se mêle à l’humiliation : « Nos vainqueurs nous demandèrent des chansons, et nos bourreaux, des airs joyeux : chantez-nous, disaient-ils, quelque chant de Sion. » L’un des grands plaisirs du vainqueur est parfois d’humilier les vaincus, on le sait bien : le chagrin même des victimes devient un spectacle pour la joie des bourreaux. Plus grave encore, ces chants de Sion, que les Babyloniens réclament, ce sont les psaumes des pèlerinages : ces chants qui ont accompagné tant de fois la marche fervente de tout un peuple vers le Temple de Jérusalem. Ce serait un véritable parjure de chanter ces chants-là devant des païens : « Comment chanterions-nous un chant du Seigneur sur une terre étrangère ? »
 Sion, Jérusalem, ce n’est pas seulement la mère-patrie : c’est d’abord et avant tout la Ville Sainte, la Ville de Dieu. C’est lui qui l’a choisie : David venait de conquérir la citadelle des Jébusites, avec l’intention d’y installer sa capitale ; choix militaire et politique, d’abord ; c’était sur une hauteur, la colline de Sion ; et il y a fait transporter l’Arche au cours d’une grande fête. Puis Dieu a fait dire à David, par le prophète Gad, d’acheter le champ d’Arauna le Jébusite, sur une autre colline, un peu plus au Nord ; et c’est là que, plus tard, Salomon construira le Temple. Quand on cite Sion ou Jérusalem, dans les psaumes, il ne s’agit pas d’une précision géographique, on vise l’ensemble de la ville, en tant qu’elle est le lieu de Dieu, le lieu qu’il a choisi pour habiter au milieu de son peuple, « Lui que les cieux des cieux ne peuvent contenir » comme disait Salomon (1 R 8, 27). Parce qu’elle est la ville de Dieu, Jérusalem ne peut rester dans l’oubli ; un jour ou l’autre, on en est sûrs, elle sera relevée de ses ruines. On ne doit pas, on ne peut pas oublier Jérusalem, parce qu’on sait que Dieu lui-même ne peut pas l’oublier : comment oublierait-il la promesse faite à Salomon ? « Cette Maison que tu as bâtie (dit Dieu), je l’ai consacrée afin d’y mettre mon Nom à jamais ; mes yeux et mon coeur y resteront toujours. » (1 R 9, 7).
 Et, dans les périodes difficiles, les prophètes alimentent cette espérance : « Sion disait : le SEIGNEUR m’a abandonnée, mon SEIGNEUR m’a oubliée! La femme oublie-t-elle son nourrisson, oublie-t-elle de montrer sa tendresse à l’enfant de sa chair ? Même si celles-là oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas ! Voici que, sur mes paumes, je t’ai gravée, que tes murailles sont constamment sous ma vue. » (Isaïe 49, 14-16). Au passage, on peut noter que ces murailles, dont parle Isaïe (pendant l’Exil à Babylone), n’existent plus, elles ont été rasées. Et, justement, le prophète n’hésite pas à affirmer « elles sont constamment sous ma vue. »
 Car, pour les croyants, l’espérance est plus forte que tout ; le mot « souvenir » revient plusieurs fois dans le psaume : « Nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion … je veux que ma langue s’attache à mon palais, si je perds ton souvenir ». Ce souvenir comporte des regrets, bien sûr, mais il est aussi et surtout le souvenir des promesses de Dieu et c’est cette mémoire qui a permis de tenir debout jusqu’au jour du retour. (Comme un grand amour, ou une grande foi, donne la force de surmonter les pires épreuves). Il faut résolument oublier la catastrophe pour se tourner vers l’avenir : « Ne vous souvenez plus des premiers événements, ne ressassez plus les faits d’autrefois. Voici que, moi, dit Dieu, je vais faire du neuf, qui déjà bourgeonne ; ne le reconnaîtrez-vous pas ? » (Isaïe 43, 18-19).
 Les larmes que l’on verse sur les bords des fleuves de Babylone, ce sont aussi celles du remords ; il faut que Dieu nous sauve surtout de nous-mêmes. Parce que le pire ennemi de l’homme, c’est lui-même, qui prend sans cesse de fausses pistes. Ce psaume, nous l’avons dit, était chanté au cours d’une célébration pénitentielle ; car on sait bien que les malheurs passés ne sont pas le fruit du hasard : si les habitants de Jérusalem ont connu toutes les horreurs de la guerre, de la déportation, de l’Exil, des travaux forcés imposés par le vainqueur, ils savent qu’ils le doivent à leur conduite insensée, à leurs divisions intérieures, à leurs prétentions politiques… Il a suffi que Dieu les laisse suivre leurs mauvaises pentes. Mais, désormais, on se retourne vers lui, et Dieu promet un nouvel avenir. Dieu va faire revenir son peuple, Dieu va pardonner à son peuple.
 Et le destin futur de Jérusalem est bien plus beau que le passé ! Vous connaissez la prophétie très imagée de Baruch : « Jérusalem, quitte ta robe de souffrance et d’infortune et revêts pour toujours la belle parure de la gloire de Dieu. Couvre-toi du manteau de la justice, celle qui vient de Dieu, et mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Eternel ; car Dieu va montrer ta splendeur à toute la terre qui est sous le ciel ». Et Isaïe affirme que c’est là que se rassembleront toutes les nations quand viendra la fin de l’histoire humaine : « Le SEIGNEUR, le tout-puissant va donner, sur cette montagne, un festin pour tous les peuples, un festin de viandes grasses et de vins vieux, de viandes grasses succulentes et de vins vieux décantés. Il fera disparaître sur cette montagne le voile tendu sur tous les peuples, l’enduit plaqué sur toutes les nations. Il fera disparaître la mort pour toujours. Le SEIGNEUR Dieu essuiera les larmes sur tous les visages et dans tout le pays il enlèvera la honte de son peuple. Il l’a dit, lui, le SEIGNEUR. On dira ce jour-là : c’est lui notre Dieu, nous avons espéré en lui et il nous délivre. C’est le SEIGNEUR en qui nous avons espéré. Exultons, jubilons, puisqu’il nous sauve. » (Isaïe 25, 6).

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