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APERCU DU LIVRE DE JOB (1) (prostestant)

27 mai, 2010

pour lire touts le commentaire au livre de Job su ce page du site:

http://www.bible-notes.org/articles-464-567-Job.html

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http://www.bible-notes.org/article-381-Meditations-suivies-Apercu-du-livre-de-Job-1.html

APERCU DU LIVRE DE JOB (1)
 
Introduction
I – LA FIDELITE DE JOB,  SON EPREUVE ET SA DETRESSE : chapitres 1 à 2
          1- Job et sa famille : 1 : 1-5
          2- La première intervention de Satan : 1 : 6-12
          3- Les premières épreuves de Job : 1 : 13-22
          4- La nouvelle et terrible épreuve de Job : 2 : 1-13
          5- La détresse de Job : 3 : 1-26

Introduction :
 
            Le livre de Job est un livre très ancien qui fait partie des livres de sagesse de la Bible, appelés aussi livres « poétiques », avec les Psaumes, les Proverbes, l’Ecclésiaste, le Cantique des cantiques et les Lamentations de Jérémie.
            La vie de Job se situe probablement à l’époque des patriarches, entre la vie d’Abraham et celle de Moïse. Toutefois les personnages du livre ne font pas partie du peuple d’Israël. Le pays d’Uts où se déroule la scène semble se situer au sud-est de la Palestine ; ce lieu est mentionné en rapport avec le peuple d’Edom (Lam. 4 : 21) et les noms d’Eliphaz et Théman sont donnés avec la descendance d’Edom (Gen. 36 : 10-11).
 
            L’enseignement que contient le livre de Job est valable pour tous les temps. Son inspiration divine est évidente ; d’autres écrivains bibliques mentionnent Job ou citent des paroles tirées de son livre (Ezé. 14 : 20 ; 1 Cor. 3 : 19 ; Jac. 5 : 11).
 
            Ce livre traite de la question de la souffrance permise par Dieu, mais infligée par Satan à un homme juste. Alors que les amis de Job sont incapables de trouver une explication à ce mystère, Dieu amène son serviteur à comprendre sa petitesse devant Lui, à se juger et à se repentir. La discipline dont Job a été l’objet n’était pas un châtiment mais Dieu l’a employée pour mettre en évidence la propre justice du patriarche, afin de l’amener à la vraie bénédiction.
            N’est-il pas remarquable que la Parole de Dieu consacre un livre entier à nous apprendre que la satisfaction de soi (33 : 9) doit faire place au jugement de soi-même, avant de s’abandonner à la grâce de Dieu (42 : 6) ?
            Job pensait que sa relation avec Dieu reposait sur son intégrité personnelle : il doit apprendre que l’homme n’est justifié que sur le principe de la grâce (33 : 24).
             A la fin du livre, le but du Seigneur (sa « fin » – Jac. 5 : 11) est atteint ; le propos de Dieu, accompli au travers de l’épreuve, s’achève, en apportant à Job une bénédiction surabondante (42 : 12-15). « Voici, nous disons bienheureux ceux qui endurent l’épreuve avec patience. Vous avez ouî parler de la patience de Job, et vous avez vu la fin du Seigneur, savoir que le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux (Jac. 5 : 11).
 
 
            Il est possible de subdiviser le livre de Job de la façon suivante :
 
                        1- La fidélité de Job, son épreuve et sa détresse (chapitres 1 à 2)
                        2- Les débats de Job et de ses amis (chapitres 3 à 26)
                        3- Le monologue de Job (chapitres 27 à 31)
                        4- Elihu et l’éducation divine (chapitres 32 à 37)
                        5- La réponse de l’Eternel et le repentir de Job (chapitres 38 à 42 : 6)
                        6- « La fin du Seigneur » (chapitre 42 : 7-17).
 
 
            « Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne oeuvre » (2 Tim. 3 : 16-17).
            « Toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance » (Rom. 15 : 4).
            Demandons à Dieu de nous enseigner pour notre profit (Es. 48 : 17) par la lecture de ce livre.
           
 
            Les commentaires qui suivent donnent un aperçu sur le livre de Job. Ils sont essentiellement tirés d’un ouvrage de G. André : « Job » (Juillet 1981).
 
 
 
 
 
I – LA FIDELITE DE JOB,  SON EPREUVE ET SA DETRESSE : chapitres 1 à 2
 
 
            1- Job et sa famille : 1 : 1-5
 
                        1.1 Le caractère de Job
 
                                   Quatre qualités sont relevées chez Job (v. 1) :
                                               – il était « parfait » c’était un homme intègre à qui rien ne manquait moralement parlant
                                               – il était « droit »
                                               – il craignait Dieu
                                               – il se retirait du mal.
 
                                   Sa connaissance de Dieu était assez limitée du fait déjà de l’époque à laquelle il vivait ; Il était pour lui le Créateur, Celui qui intervient dans la vie, à qui sont la puissance et la force ; mais Job ne le connaissait pas Lui-même, ni sa grâce.
                                   Job connaissait encore moins son propre coeur ; il était persuadé de sa perfection : « mon coeur ne me reproche aucun de mes jours » (27 : 6). Il avait une haute opinion de sa personne : « comme un prince je m’approcherai de Lui » (31 : 37).
                                   Sa foi était faible, mais réelle ; elle ira en s’affermissant peu à peu au cours du livre, pour triompher à la fin.
 
 
                        1.2 Un homme béni par Dieu
 
                                    Job était béni (v. 3) :
                                               – dans sa famille : il avait dix enfants 
                                               – dans ses biens : ses troupeaux étaient considérables, il avait un très grand nombre de serviteurs.
                                   Il était « plus grand que tous les fils de l’Orient » : cette expression désigne les habitants à l’Est du Jourdain (Gen. 29 : 1) qui avaient la réputation d’être sages (1 Rois 4 : 30)
 
 
                        1.3 L’engagement de Job
 
                                   A leur jour anniversaire, chacun des fils de Job invitait ses frères et soeurs dans sa maison pour boire et manger avec eux. Quand le festin était terminé, Job offrait des holocaustes pour ses enfants, craignant qu’ils n’aient péché ou maudit Dieu (v. 5). « Job faisait toujours ainsi » : ayant compris la nécessité de s’approcher de Dieu avec un sacrifice, le patriarche accomplissait fidèlement ce service ; mais, semble-t-il, il n’offrait pas de sacrifice pour lui-même.
 
 
 
            2- La première intervention de Satan : 1 : 6-12
           
                        Les fils de Dieu, les anges, viennent un jour se présenter devant l’Eternel ; Satan aussi vient au milieu d’eux. La scène est pour nous étrange et mystérieuse ; elle est un peu semblable à celle que l’on trouve dans la prophétie de Michée (1 Rois 22 : 19-22). Un certain parallèle se présente aussi avec celle du chapitre 6 d’Esaïe où la vision se déroule cependant dans le temple. L’apôtre Paul présente Dieu comme « seul Souverain », et il ajoute qu’Il « habite la lumière inaccessible, lequel aucun des hommes n’a vu ni ne peut voir » (1 Tim. 6 : 16). Les anges, qui sont des esprits, ont accès dans une mesure à la présence divine ; l’homme, poussière de la terre, ne le peut ; il a une nature différente de celle des anges, mais aussi de celle des rachetés ressuscités (Luc 20 : 34-36).
 
 
                        2.1 Satan l’adversaire
 
                                   Il est évident dans tous les passages qui parlent de Satan, qu’il a, comme les anges, une nature spirituelle. Le prophète Ezéchiel le présente sous la figure du roi de Tyr, comme « un chérubin oint » (Ezé. 28 : 11-17). Toutes ses qualités sont relevées ; il est précisé qu’il a été en Eden, le jardin de Dieu ; mais il n’est qu’une créature (v. 13, 15). Il fut parfait dans ses voies « jusqu’à ce que l’iniquité s’est trouvée en toi » (v. 15). Quelle iniquité ? – « Ton coeur s’est élevé pour ta beauté ». Toute la suffisance de celui qui est appelé astre brillant (Lucifer) est relevée en Esaïe 14 : « Je monterai… j’élèverai mon trône… je serai semblable au Très-haut » (v. 13-14) ; l’orgueil, voilà avant tout « la faute du diable » (1 Tim. 3 : 6), que l’homme est si prompt à imiter.
                                   Quel contraste avec le Seigneur Jésus qui « étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes » (Phil. 2 : 6-8).
 
                                   Le prophète poursuit : « On t’a fait descendre dans le shéol, au fond de la fosse… Je t’ai précipité de la montagne de Dieu comme une chose profane » (Es. 14 : 15 ; Ezéch. 28 : 16). Pourtant, si mystérieux que cela paraisse, Satan garde l’accès dans la présence de Dieu (Eph. 6 : 12), tout en se promenant « çà et là sur la terre » (Job 1 : 7) ; il reste doué d’un grand pouvoir, sans toutefois posséder l’omniprésence, réservée à Dieu seul.
 
                                   Sa puissance est grande ; « le dieu de ce siècle a aveuglé les pensées des incrédules » (2 Cor. 4 : 4) ; il est le « père » de ceux qui s’opposent à Jésus (Jean 8 : 44) ; par suite du péché, il a « le pouvoir de la mort ». Mais pour le croyant, Jésus, par la Croix, l’a rendu « impuissant » (Héb. 2 : 14). « Car les gages du péché, c’est la mort ; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur » (Rom. 6 : 23).
 
                                   Satan n’est pas maître des lois de la nature ; il n’a rien créé. Seul le Seigneur Jésus est à la fois le Créateur « soutenant toutes choses par la parole de sa puissance » (Héb. 1 : 3). Les hommes découvrent et utilisent les lois de la nature, mais ne peuvent les dominer. Le pouvoir de Satan dans le monde physique est donc limité par la « permission » de Dieu, selon qu’Il le juge bon, pour le bien des siens (2 Cor. 12 : 7).
 
                        2.2 La controverse
 
                                   Lorsque l’Eternel attire l’attention du diable sur Job, l’adversaire répond ironiquement : « Est-ce pour rien que Job craint Dieu ? » (v. 9). Tu l’as béni de toute manière, ce n’est pas étonnant qu’il te craigne, affirme-t-il en quelque sorte. Il ajoute : « Mais étends ta main et touche à tout ce qu’il a : tu verras s’il ne te maudit pas en face » (v. 11).
                                   L’Eternel permet alors à Satan de dépouiller Job de tous ses biens, mais lui interdit de porter la main sur lui-même.
                                   Satan sort de la présence de l’Eternel (v. 12).
 
                                   De fait, si c’est bien le diable qui frappe Job (2 : 7), c’est l’Eternel lui-même qui l’a commandé. Dieu a son but secret en agissant ainsi ; il faudra la longue et douloureuse expérience de tout le livre, l’intervention d’Elihu et de l’Eternel en personne, pour que le dessein divin soit révélé et que Job le saisisse.
 
 
 
            3- Les premières épreuves de Job : 1 : 13-22
           
                        3.1 Les coups successifs qui frappent Job
 
                                   Les boeufs, instruments de travail (Prov. 14 : 4), sont pris par les gens de Sheba ; les bergers sont mis à mort (v. 14-15).
                                    La foudre brûle les brebis qui fournissaient la nourriture et le vêtement ; leurs gardiens sont consumés (v. 16).
                                   Les chameaux, moyens de transport de base pour le commerce, sont enlevés par les Chaldéens ; les jeunes hommes sont frappés par l’épée (v. 17).
                                   Les fils et les filles, qui mangeaient et buvaient dans la maison de leur frère aîné, sont écrasés par son effondrement sous l’effet de la tempête (v. 18-19).
 
                                   Quatre coups terribles, simultanés, au milieu de la prospérité… et de la piété. N’y a-t-il pas de quoi être révolté ?
 
 
                        3.2 L’attitude de Job
 
                                   Job supporte l’épreuve avec dignité. Dans son deuil, il se lève, déchire sa robe, rase sa tête, se jette à terre et se prosterne (v. 20).
                                    Il reconnaît n’avoir rien apporté dans ce monde, et ne pouvoir rien en emporter. Il a reçu la bénédiction de la part de Dieu : « L’Eternel a donné, et l’Eternel a pris, que le nom de l’Eternel soit béni ! » (v. 21). Il estime n’avoir aucun droit, et accepte le désastre de la main de Dieu ; il ne Lui attribue rien d’inconvenant.
 
                                   Satan n’a rien gagné, Dieu est honoré ; mais si l’épreuve s’était arrêtée à ce moment-là, quel honneur pour Job : il n’aurait pas manqué de s’en prévaloir !
 
 
 
            4- La nouvelle et terrible épreuve de Job : 2 : 1-13
 
 
                        4.1 La deuxième intervention de Satan 
 
                                   L’Eternel poursuit son dessein. Lorsque Satan se présente de nouveau devant Lui, il ne peut plus prétendre que la piété de Job découle de sa prospérité. Cruellement il fait remarquer que les biens d’un homme ne sont rien en comparaison de sa vie. Il incite Dieu à toucher « à ses os et à sa chair » ; « tu verras s’il ne te maudit pas en face » (v. 5), dit-il !
                                   L’Eternel laisse alors dans la main de Satan la santé de Job, mais non sa vie.
 
 
                        4.2 Job frappé dans son corps par Satan
 
                                   Sorti de la présence divine, Satan frappe Job d’un ulcère malin, qui le tourmente jour et nuit (7 : 3), provoque de terribles démangeaisons (2 : 8) et couvre sa peau de vers, de croûtes, de suppuration (7 : 5) ; le pauvre homme va maigrir terriblement (16 : 8) ; son haleine deviendra odieuse, même à sa femme (19 : 17) ; il est délaissé par ses amis et sa famille (19 : 14-19) ; il est assis dans la cendre (2 : 8).
 
 
                        4.3 La femme de Job
 
                                   L’épouse de Job, loin de se montrer « l’aide qui lui correspond », met en doute la fermeté de son mari dans sa « perfection »; elle va jusqu’à lui conseiller le suicide (v. 9).
                                   Mais Job dit : « Tu parles comme parlerait une insensée » (v. 10) ; ne fallait-il pas recevoir de la part de Dieu non seulement le bien, mais aussi le mal ?
                                    A nouveau Job accepte l’épreuve de la main divine. Mais il n’en recherche devant la face de Dieu ni les motifs, ni le but.
 
 
                        4.4 Les trois amis
 
                                   Pleins de bonnes intentions, trois amis de Job se mettent en route et se concertent pour « venir le plaindre et le consoler ». Ils ignorent visiblement combien il est difficile d’apporter des paroles à propos à un frère dans l’épreuve. Quand ils voient Job, il ne le reconnaissent pas, et sont épouvantés à sa vue. Ils manifestent leur peine par les signes habituels à cette époque : ils pleurent, déchirent leurs vêtements, répandent de la poussière sur leurs têtes, mais ne savent que dire. Assis à terre, désolés, pendant sept jours et sept nuits ils sont là dans le silence, remuant leurs pensées qui, comme on le voit plus loin, arrivent à la conclusion que Job a dû terriblement pécher et commettre des fautes graves pour que Dieu le châtie ainsi.
 
                                   Devant ce silence chargé de reproches latents, Job n’en peut plus et sa douleur éclate.
 
 
            5- La détresse de Job : 3 : 1-26
 
 
                        5.1 Job maudit son jour
 
                                   Après ces sept épreuves successives depuis la perte de ses boeufs jusqu’au silence accusateur de ses amis, Job en vient à souhaiter n’être jamais né (v. 3-10). Voilà déjà un reproche indirect à Dieu qui lui a donné la vie.
                                   D’un seul homme il a pu être dit – et par le Seigneur lui-même – qu’il eût mieux valu qu’il ne fût pas né : c’est Judas (Marc 14 : 21).
                                   Devant la perspective terrible de ce qui l’attendait, Jésus dit : « Mon âme est troublée, et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ? » Il accepte pourtant pleinement la volonté du Père, comme il l’avait fait avant de venir sur la terre : « Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. Père, glorifie ton Nom » (Jean 12 : 27-28).
           
 
                        5.2 La mort, seule issue à l’angoisse
 
                                   Job désire ensuite avoir été mort-né (v. 10-12), ou de bénéficier maintenant du repos du sépulcre (v. 14-22). Il souligne sa misère (v. 24) ; son pressentiment ne l’avait pas trompé. Il avait pensé que sa prospérité ne durerait pas et se transformerait en désastre : « Ce que j’appréhendais m’est arrivé » (v. 25).
 
                                   Quatre fois dans ce chapitre, Job demande : pourquoi ? pourquoi ?, sans recevoir de réponse. Ses amis se chargeront d’en donner une, mais à leur manière.
                                   Quel contraste avec les psaumes 42 et 43, où par neuf fois l’âme dans la détresse pose la question : pourquoi ? Mais où le psalmiste souligne aussitôt l’attitude à prendre : « Attends-toi à Dieu ; car je le célébrerai encore ; sa face est le salut » (Ps. 42 : 5). Il reste confiant malgré tout dans ce Dieu fidèle qui donnera la délivrance : « Il est le salut de ma face et mon Dieu » (Ps. 42 : 11 ; 43 : 5).
 
                                   Le discours de Job se termine ainsi par l’expression de son angoisse. Il craignait de succomber à son épreuve, comme Paul lorsqu’il écrivait aux Corinthiens : « nous avons été excessivement chargés, au-delà de notre force, de sorte que nous avons désespéré même de vivre » ; mais l’apôtre recevra la délivrance en plaçant sa confiance en « Dieu qui ressuscite les morts » (2 Cor. 1 : 8-9).
                                   Plus tard, le divin remède à son amertume sera révélé à Job : la grâce de Dieu, celle dont le croyant est exhorté à ne pas laisser les autres en manquer. « Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté… veillant de peur que quelqu’un ne manque de la grâce de Dieu » (Héb. 12 : 15).

Dimanche de la Pentecôte (23 mai 2010) (exégèse)

22 mai, 2010

du site:

http://www.bible-service.net/site/432.html

Dimanche de la Pentecôte (23 mai 2010)

Nous célébrons ce dimanche le don de l’Esprit Saint aux disciples du Ressuscité, l’acte de naissance de ce qui deviendra l’Eglise. Quelque chose a commencé ce jour-là : les disciples se mettent à parler en langues et tous les comprennent (1° lecture). Mais attention, l’Esprit Saint n’agit pas seulement à l’extérieur de nous ; il nous est donné pour que nous devenions, comme le Christ, des fils de Dieu (2° lecture). Décidément, l’Esprit Saint renouvelle complètement la face de la terre, comme le chante le Psaume 103.

• Actes 2,1-11

St Luc, auteur de l’Evangile qui porte son nom, et des Actes des Apôtres, a le souci de souligner la continuité entre Jésus de Nazareth (Evangile) et le Ressuscité à l’œuvre par les disciples (Actes). Ainsi, tout comme il avait commencé son Evangile par le récit d’une naissance, celle de Jésus, il inaugure les Actes des Apôtres par un autre récit de naissance, celle de l’Eglise, “ quand arriva la Pentecôte ”.

Dans son récit, St Luc nous présente l’irruption de l’Esprit Saint sur les disciples comme une manifestation visible, bruyante, dérangeante, qui rappelle la manifestation de Dieu sur la Montagne du Sinaï, dans le Livre de l’Exode. Souvenons-nous que dans le judaïsme, la Pâque célébrait la sortie de l’esclavage en Egypte (récit dans l’Exode) et, au cinquantième jour de cette fête, on se rappelait le don de la Loi au Sinaï. St Luc, comme les premiers chrétiens, a eu le souci de montrer que Jésus-Christ accomplissait la première Alliance avec Moïse, tant dans la Pâque, devenue le passage de la mort à la vie, que dans la Pentecôte, don de l’Esprit Saint, “ le cinquantième jour après Pâques ”, précise le texte liturgique. La nouvelle Loi, ce ne sont plus des commandements de Dieu gravés sur des tables de pierre, mais le don de l’Esprit de Dieu. La Pentecôte, pour les chrétiens, fait le même “ bruit venant du ciel ”, comme l’éclair et le tonnerre au Sinaï : violent coup de vent sur la maison des disciples, langues de feu… Mais l’événement ne s’arrête pas à la maison des disciples ; il touche tous les peuples. L’Esprit Saint permet à tous les hommes de communiquer, d’entendre les merveilles de Dieu dans sa langue. Les quinze peuples cités balayent un espace qui va du Proche-Orient jusqu’à Rome, le monde entier en somme…

• Psaume 103

Ce psaume célèbre la création de Dieu, qui fait vivre toute chose par son souffle. Dans la langue hébraïque, un même mot désigne le souffle et l’esprit. L’Esprit de Dieu est le souffle créateur, qui refait sans cesse la création. Ce psaume chanté au jour de la Pentecôte rend témoignage au Dieu créateur, sans le souffle duquel personne ne peut vivre, ni l’Eglise, ni chaque croyant.

• Romains 8,8-17

La foi au Christ ressuscité nous fait participer aux fruits de la résurrection de Jésus ; le pardon des péchés est le don de l’Esprit : « Vous êtes devenus justes », non par nous-mêmes mais par le don de Dieu qui nous a réconciliés dans l’offrande du Christ en croix. Le don de l’Esprit est la face positive des fruits de la résurrection. En effet Dieu a ressuscité Jésus en le comblant de toute la force de l’Esprit et le Christ ressuscité nous communique à son tour l’Esprit qui nous fait vivre de sa vie.
On pourrait dire que la foi est la conscience certaine donnée par l’Esprit d’être des enfants de Dieu. Si nous le savons, nous sommes pleinement libres puisque seule nous importe la volonté de notre Père accomplie dans l’amour.
Le chant au Saint Esprit qui suit est une belle méditation sur les fruits de l’Esprit.

• Jean 14,15…26

Pas de récit de la Pentecôte dans l’évangile de Jean, mais l’évangéliste parle plusieurs fois de l’Esprit Saint qui sera donné aux disciples. Il porte un nom : le Paraclet. La liturgie traduit par “ le Défenseur ”. Jean situe cette promesse de don dans le discours d’adieux de Jésus, au moment de la Pâque. Les disciples étaient-ils désemparés par cette annonce du prochain départ de Jésus ? L’évangéliste ne le dit pas – à ce moment-là du moins. Mais Jésus promet en même temps de ne pas les abandonner, que le Père leur enverra un Défenseur. Le Défenseur sera le témoin de Jésus, celui qui interprétera son message devant ses ennemis, qui soutiendra ses disciples au moment opportun, tout comme le faisait Jésus lorsqu’il était avec eux. Plus encore, c’est cet Esprit-Défenseur qui leur fera se souvenir de tout ce que Jésus leur a dit. L’Esprit Saint, le Paraclet, est un autre Jésus, en quelque sorte. Il assure la présence de Jésus au milieu de ses disciples, de la communauté nouvelle qui naîtra de la Pentecôte. Après l’Ascension, Jésus ne se retire pas de l’histoire de l’humanité ; il instaure un nouveau mode de présence, toujours effectif.

Pentecôte

22 mai, 2010

du site:

http://paulissimo.dominicains.com/spip.php?article53&lang=fr

Pentecôte

Le texte qui nous intéresse ici est celui de Ac 2, 1-13. L’événement a lieu lors de la fête de Pentecôte, autrement dit lors d’une grande fête juive des moissons conduisant un grand nombre de pèlerins vers Jérusalem : le verset 5 traduit cette ambiance. Ambiance de fête et de communion : on remarquera une fois de plus l’abondance des emplois de l’adjectif « tout » ou « tous » dans nos versets (1, 2, 4, 5, 7, 12), qui marquent l’insistance sur l’unité et la communion.
Les disciples, représentés dans notre texte par un « ils » indéterminé et globalisant, sont rassemblés un même lieu : insistance sur la communion que, paradoxalement, le don des langues va rompre et recréer. Le phénomène du don des langues est décrit de manière apocalyptique : c’est en effet une manifestation de Dieu lui-même ; feu et vent sont donc au rendez-vous (Ex 3,2 ; 9,23 etc.). Sa description donne sans doute l’accent théologique dominant de nos versets : l’Esprit Saint individualise les personnes (« il s’en posa une sur chacun d’eux », v. 3) et les langues (« selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer », v. 4) tout en rassemblant, à partir d’une même expérience.
Le don de l’Esprit induit un phénomène particulier, qui est en fait double : celui de parler d’une part, en d’autres langues d’autre part, et très précisément, pour reprendre le texte grec, « hétéroglossie ». La première opération de l’Esprit est donc de délier les langues, de pousser à parler. Mais il ne s’agit pas ou plus de n’importe quelle parole : c’est celle que veut l’Esprit. Autrement dit, c’est Dieu qui parle par la bouche des disciples, et plus spécialement pour Luc, par celle des apôtres : de fait, la suite du livre des Actes sera pour une large part composée de discours. Et de quoi va-t-il s’agir par ces discours ? D’éclairer, d’interpréter pour les auditeurs les faits, les événements, nous dirions aujourd’hui les signes des temps, autrement dit les traces de la présence et de l’action de Dieu dans notre monde.

Excursus : Les signes des temps 
Peut-être peut-on rappeler ici que cette expression « signes des temps » est revenue à plusieurs reprises au Concile Vatican II, en particulier dans la constitution sur l’Église dans le monde de ce temps : « l’Église a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Évangile, de telle sorte qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques » (4, §1).
Et encore : « Le peuple de Dieu s’efforce de discerner dans les événements, les exigences et les requêtes de notre temps, auxquels il participe avec d’autres hommes, quels sont les signes véritables de la présence ou du dessein de Dieu » (11, §1).
On comprend, à partir du texte des Actes, que cette lecture n’est pas tant le fruit de l’intelligence personnelle que d’une révélation et d’une plénitude d’Esprit Saint. 
Le deuxième effet de cette « plénification » par l’Esprit est donc de parler en d’autres langues. L’idée est à nouveau exprimée dans les versets 6, 8 et 11. S’agit-il bien d’hétéroglossie ou de glossolalie, autrement dit du « parler en langues » dont il sera question en 10,46 ou 19,6 et, bien sûr, longuement en 1 Co 12 ou 14 ? Ce qui peut conduire à s’interroger, c’est en particulier la remarque des gens alentour : « ils sont pleins de vin doux » (v. 13). Mais le frère Claude-Jean-Marie [1] trouve d’autres motifs de s’interroger :
Le texte n’affirme pas que les disciples aient parlé mède ou élamite ou quelque autre langue que ce soit, mais que les mèdes, élamites et autres les entendaient parler dans leur langue.
En outre, ils parlaient à plusieurs à la fois, devant une grande foule, et il ne pouvait donc s’agir que d’un brouhaha.
Pour notre auteur, il y a donc eu un phénomène classique de parler en langues, accompagné d’un miracle d’audition. Le frère Claude-Jean-Marie rappelle d’ailleurs que, dans la première lettre aux Corinthiens, le phénomène de glossolalie doit s’accompagner d’un charisme d’interprétation destiné à édifier l’assemblée (12, 10. 30 ; 14, 5. 13. 27-28).
À mon avis, comme souvent chez Luc, la discontinuité constatée doit plutôt être le signe d’un mixage de traditions diverses. Autrement dit, il est à la fois question de glossolalie et d’hétéroglossie. Claude-Jean-Marie a raison de constater que le texte évoque plutôt un phénomène de glossolalie, mais il n’en reste pas moins que Luc parle d’hétéroglossie : n’a-t-il pas une intention précise pour ce faire, pour réinterpréter l’événement ? Cette intention est claire : pour notre auteur, la Pentecôte est une reprise inversée de l’événement de Babel rapporté en Gn 11,1-9.
Ce texte étrange évoque à première lecture une sorte de vengeance de Dieu devant les entreprises des hommes : ceux-ci parlent une seule langue, et peuvent donc se permettre de se lancer dans la construction d’une tour qui va les rapprocher du ciel et de Dieu. Dieu alors se dit : « Allons ! Descendons ! Et là, confondons leur langage pour qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres » (Gn 11,7). Le résultat de l’initiative divine est la dispersion des hommes qui sont incapables de s’unir dans leur entreprise.
Ne nous appesantissons pas sur l’initiative divine : sa valeur a été fort bien expliquée par Marie Balmary dans son ouvrage Le Sacrifice interdit (Grasset, 1986) ; disons, en simplifaint à l’extrême, que la dispersion opérée par Dieu se fait en réalité au profit de l’homme, dans la mesure où elle restaure une différenciation menacée et pourtant porteuse de salut. Le texte des Actes évoque donc lui aussi une foule rassemblée, à partir de gens de toutes les nations, et un phénomène linguistique. Lorsqu’on le lit sur l’arrière-plan du récit de Babel, on comprend la nouveauté de la Pentecôte : ce qui fait l’unité des peuples, ce n’est plus l’identité de langue, et une initiative personnelle, mais le don de l’Esprit et la volonté de Dieu. Cette réinterprétation théologique est certainement l’œuvre de Luc : dans les Actes des Apôtres, il ne cesse en effet de manifester son souci de l’unité, et il en donne ici en quelque sorte la recette. Mais cette réinterprétation se laisse donc percevoir sur le plan littéraire, phénomène que l’on retrouvera dans le récit de la mise à mort d’Étienne.

notes:
[1] Prier en langues, Pneumathèque, 2004.

Les 150 Psaumes, un itinéraire spirituel

15 mai, 2010

du site:

http://biblio.domuni.org/articlesbible/saveur/saveur_a9.htm#P95_62519

Les 150 Psaumes, un itinéraire spirituel

Avec l’habitude de prier les Psaumes, on s’aperçoit que leur ordre n’est pas fortuit. Diverses sont les distributions psalmiques pour l’Office, mais celles qui privilégient une certaine continuité numérique s’avèrent, à l’expérience, plus à même de faire entrer dans le mystère qui se déploie du 1er au 150e.

Il faut bien avouer qu’une première lecture du livre des Psaumes laisse une impression de pêle-mêle : on passe d’un psaume d’appel au secours à un voisin qui n’est que d’apaisement (Ps 3 et 4), par exemple, ou bien d’une lamentation nationale (Ps 43) à un cantique nuptial messianique (Ps 44), ou encore d’un petit psaume qui chérit Jérusalem (Ps 86) au psaume le plus noir de tous qui s’achève sur la déréliction dans les ténèbres inextricables (Ps 87). On croirait que ces Louanges ont été numérotées au petit bonheur ou mélangées par erreur ; l’unité qui leur vient de leur auteur ou référence privilégiée, qui est David, le roi-chantre, ne semble qu’assez artificielle, même si le « bien-aimé » a su donner le ton de l’ensemble ; son éloge par Ben Sira nous émeut encore :

« Dans toutes ses œuvres, il rendit hommage
au Saint Très-Haut dans des paroles de gloire ;
de tout son cœur il chanta,
montrant son amour pour son Créateur.
Il établit devant l’autel des chantres,
pour émettre les chants les plus doux. » (47, 8-9)

Certes, on voit apparaître des groupes caractérisés, comme les Psaumes du Règne (de 92 à 100 sauf exception) ou les Psaumes graduels (119 à 133), mais la plupart des pièces se succèdent sans cohérence historique, thématique ou littéraire. Cependant, au-delà de cet aimable désordre de la vie, qui apparaît d’abord, une structure se dégage, aussi complexe et solide que la formule de la chlorophylle.

On sait que le Psautier est divisé en cinq livres (1-40 ; 41-71 ; 72-89 ; 90-105 ; 106-150) qui ne sont pas d’égale ampleur ni de semblable contenu ; ils s’achèvent par un Amen sonore, parfois répété, qui souligne la nature liturgique des psaumes. Il vient à l’esprit que ces cinq livrets pourraient être liés aux cinq rouleaux de la Torah, mais le parallélisme n’est pas très évident. Plus qu’une analyse fouillée repérant des liens savamment établis, c’est la longue pratique de la psalmodie qui a laissé percevoir aux croyants la progression spirituelle qu’offrent les 150 psaumes en leur continuité numérique, ou encore la construction de cette immense symphonie7b de l’âme et des âmes, qui se développe tout au long de ces chants, avec ses mouvements successifs et la reprise de ses thèmes.

Les commentateurs juifs ont su de longue date montrer la personnalité de chacun des cinq livres du Psautier. Dans ses Liminaires sur les Psaumes, qui sont un vrai joyau de finesse et de français, André Chouraqui nous le dit :

« L’exégèse hébraïque nous offre peut-être la clé du plan qui inspira la composition du Psautier lorsqu’elle suggère que la doctrine des cinq livres des Psaumes est la même que celle des cinq Livres de Moïse, dont ils constituent le commentaire symphonique. Une grande rigueur semble avoir présidé au classement des Psaumes à l’intérieur du Recueil , tel que nous le connaissons aujourd’hui. » « Le Premier Livre est presque entièrement consacré à nous décrire les péripéties de la guerre que le Réprouvé livre au Juste. » « Le Livre Deuxième nous introduit dans un univers dominé par des accents plus sereins. Non plus le drame de la guerre contre le Réprouvé, mais celui des exils de l’âme, nous enseignent les Docteurs. » « Les dix-sept Psaumes du Livre Troisième constituent la collection médiane, la plaque tournante du Psautier. Elle est massive, statique, une implacable méditation du passé dans l’attente des fins dernières. » « Avec le Quatrième Livre, le cap des sacrifices semble franchi ; nous pénétrons dans la joie sans mélange des puissances du Seigneur. »8i « Le Livre Cinquième nous fait gravir les derniers sommets de la montagne sainte [...] jusqu’aux tout-puissants accords de l’allegro final. »

Chez les Pères, saint Grégoire de Nysse est un des premiers à montrer cette progression spirituelle :

« Le Psautier est divisé en cinq parties, écrit-il en commentant le dernier psaume ; et nous avons remarqué qu’elles s’élèvent les unes au-dessus des autres en une suite régulière comme les degrés d’une échelle. Puis nous avons discerné, à partir de signes convenus, que les derniers mots de chaque section marquent comme un arrêt du discours, une cadence de la pensée ; ils délimitent ce qui précède par une expression de louange et d’action de grâces : « Béni soit le Seigneur dans les siècles des siècles : Amen, Amen. » Ces mots signifient une action de grâces qui dure éternellement, vu qu’on ne se contente pas de dire une seule fois « Amen », mais qu’on reprend une deuxième fois en signe de perpétuité dans l’action de grâces. Et en chacune des parties ainsi sectionnées, il nous a été donné d’observer un bien particulier d’où nous vient, par l’action divine, la béatitude. Parcourant à la suite et dans l’ordre chacun des biens examinés, notre âme se trouve toujours placée dans la direction d’un bien plus élevé, afin de parvenir un jour au suprême bonheur. Ce bonheur est la louange divine pleinement accomplie en tous les saints, selon ce que dit le psaume final : « Louez Dieu en ses saintes demeures. » »

Nous retrouvons tout l’élan spirituel – l’épectase, c’est-à-dire « l’extension » venue du désir intérieur – qui est au fond de la doctrine de saint Grégoire de Nysse : « Le bien obtenu est sans cesse plus grand que le bien précédent ; il ne met pas pour autant un terme à la quête, mais l’obtention d’un bien devient commencement d’une découverte de biens plus élevés pour ceux qui progressent. Celui qui monte ne s’arrête jamais, allant de commencement en commencement, et le commencement des biens toujours plus grands n’a jamais de fin. » Pour lui, la psalmodie apparaît comme le chant de l’âme qui ne cesse de monter vers Dieu, telle une alouette : elle « trouve toujours dans ce qu’elle a réalisé un nouvel élan pour voler plus haut. »

Parmi nos contemporains, Divo Barsotti a su expliciter avec délicatesse les montées de l’âme. Même si « parmi les derniers psaumes il en est de dramatiques où apparaît encore la souffrance, et peut-être le péché, on doit cependant reconnaître qu’il existe une progression vers la lumière. De l’expérience de la douleur, du péché et de la mort, l’homme s’avance, de psaume en psaume, vers la louange divine. Au centre, pour ainsi dire du psautier, se trouvent les psaumes de la royauté ; ensuite viennent les psaumes des pèlerinages ; et finalement les derniers psaumes ne sont plus qu’une louange. » Pour caractériser les étapes de ce cheminement de l’homme et de l’humanité, Divo Barsotti voit la nuit dans le premier livre des Psaumes ; le matin dans le second ; au troisième on arrive au plein midi ; le règne de Dieu, qui n’a pas de couchant, occupe le quatrième, tandis que le cinquième développe la louange que l’homme et l’univers, en Église, rendent à Dieu.

7° dimanche de Pâques (16 mai 2010) (commentaire biblique)

15 mai, 2010

du site:

http://www.bible-service.net/site/377.html

7° dimanche de Pâques (16 mai 2010)

Jésus a le souci de tous ses disciples. Juste avant la Pâque, il prie pour eux dans la grande prière sacerdotale, pour qu’ils restent unis (Évangile). L’unité, c’est aussi ce qui ressort de la première lecture, à travers Étienne qui, même dans l’épreuve, reste uni au Christ jusqu’à donner sa vie comme lui. Ainsi, Étienne, les disciples, tous peuvent laisser résonner la parole de l’Apocalypse : “ Moi que je viens sans tarder… ” (2° lecture). Le psaume vient parfaire le tableau du triomphe de Dieu sur toutes les forces de mort : Le Seigneur, le Très-Haut domine de haut tous les dieux… ”

• Actes 7,55-60

Étienne ou le premier martyr chrétien. Rappelons-nous d’abord le contexte : suite à la prédication efficace des apôtres, Les divers services à rendre à cette communauté nombreuse et diversifiée, avaient conduit les Apôtres à instaurer les diacres.  Étienne est l’un de ces diacres, qui ne se contente pas de servir aux tables, mais qui accomplit des miracles et des signes parmi le peuple.  Certains reçoivent son message, d’autres discutent avec lui mais ne peuvent résister à sa sagesse.  On suscite alors de fausses rumeurs contre lui – une autre dimension de la communication – on l’accuse faussement, et il doit se présenter devant le tribunal du Sanhédrin. C’est à ce moment que se déroule la scène.
Le mimétisme avec le procès, la condamnation, et la mort de Jésus est frappant. Les paroles qu’il prononce sont les paroles du Christ devant le Grand-prêtre. Il a la même vision que Jésus. Les spectateurs – tous témoins à charge comme au procès de Jésus – poussent des cris, contribuant à sa condamnation. La dernière parole d’Étienne est la dernière parole de Jésus sur la croix, sauf qu’elle est adressée à ce dernier : “ … reçois mon esprit… ”. L’auteur des Actes, en calquant le martyr d’Étienne sur celui de Jésus, témoigne que le vrai disciple peut subir le même rejet que son maître.
 
• Psaume 96

C’est une prière de louange destinée à célébrer le Seigneur, roi de l’univers. Le psalmiste, à travers ce chant, dit sa conviction que les dieux des étrangers ne sont que du vent, des nullités. Le Seigneur, le Très-Haut, les domine tous. Inutile alors de miser sa vie sur ces dieux qui sont incapables de rivaliser avec le Seigneur. Au contraire, se mettre sous sa protection, c’est bénéficier de ses dons : joie, justice, droit.

Apocalypse 22,12…20

Il serait bon, avant d’aborder ce texte, que l’équipe qui prépare la célébration lise ou se remette en mémoire Isaïe 55. Ici, c’est Jésus qui parle et accueille tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, ont vécu quelque chose de la signification du baptême ; tous ceux qui ont, parfois sans le savoir, ouvert leur cœur au grand pardon proclamé sur la croix de Jésus. Le jardin où resplendit l’arbre de vie leur est désormais ouvert. Et nous, qui sommes déjà désaltérés à la Parole de Dieu et avons goûté au pain de vie livré sur l’arbre de la croix, nous découvrirons dans la lumière ce qu’est vraiment la vie de Dieu.

• Jean 17,20-26

Évoquant tous ceux qui croiront en lui, Jésus prie pour leur unité. Pas n’importe laquelle, mais celle qui existe entre lui et le Père ! Veut-on savoir comment réaliser l’unité entre nous ? Contemplons la relation entre Jésus, le Fils, et le Père des cieux. Alors nous comprendrons que cette unité ne peut venir que de l’amour et qu’elle est d’abord un don (v.22). Mais tout don de Dieu, comme d’ailleurs ceux qui passent par les hommes tel le don de la vie, entraîne une responsabilité, une vocation, une fertilité, à la hauteur de ce don. Parce que tout ce qui a sa source dans l’amour divin vise toujours l’ensemble de l’humanité. L’unité des chrétiens n’est pas seulement un bien pour eux, mais le commencement de leur mission qui découle du don de l’amour unifiant.
« Je leur ai fait connaître ton nom » : ce nom, c’est d’abord « Père juste », c’est-à-dire loyal et miséricordieux. C’est aussi « l’amour » (1 Jean 4, 8). Jésus connaît ce nom car il en vient et il en est pénétré. Il l’a fait connaître par sa parole et par sa vie, et il se prépare à le faire connaître par sa passion et par sa mort. Il sait que nous n’aurons jamais fini d’en sonder la profondeur dans l’éblouissement, et c’est pourquoi il nous la fera connaître encore, désignant par là l’œuvre de l’Esprit dans les croyants. Enfin il nous inscrit dans cet amour : « Pour qu’ils aient en eux l’amour dont tu m’as aimé, et que moi aussi, je sois en eux. »

Une Parole pour aujourd’hui

Qu’il s’agisse du martyre d’Étienne ou de la prière de Jésus avant sa passion, nous nous trouvons devant ce qu’on pourrait appeler le réalisme de l’espérance. Ni la mort ni la violence ne sont cachées, oubliées. La foi et l’amour ne sont pas des illusions face à la mort mais des armes contre la mort ; c’est pourquoi on peut parler d’espérance. Et parce qu’il y a au fond de l’âme humaine une soif de rencontre et d’union, « Viens ! » reste le mot décisif. Il est prononcé par l’Esprit et l’Épouse ensemble… Nous devons être unis parce que nous sommes choisis pour proclamer avec l’Esprit l’amour nuptial de Dieu pour l’humanité.

• Jean 17,20-26

Dernier discours de Jésus, au moment de la Pâque. Pour l’évangéliste Jean, ces paroles sont comme le testament que Jésus laisse à ses disciples avant la Passion. Il prie. Il prie pour l’unité. Le mot ou ses dérivés reviennent fréquemment. Unité entre lui et son Père. Unité entre lui et ses disciples. Donc unité entre le Père et les hommes.

Mais Jean ne se contente pas de parler d’unité ; il introduit le thème de l’amour, condition pour réaliser cette unité. C’est en effet l’union entre les croyants qui donnera à tous de comprendre le mystère d’amour qui unit le Père et le Fils, et la relation du Christ avec ses disciples. L’unité entre ceux qui se réclament du Christ n’est donc pas qu’un bon sentiment. Elle est la condition pour amener le monde à croire que Dieu se donne à voir dans son Fils, et que la présence du Fils au milieu de ses disciples est le résultat de son amour. De son vivant, selon l’évangéliste, Jésus a été la gloire de Dieu qui s’est manifestée aux hommes. Maintenant, cette gloire habite dans la communauté des croyants.

Ascension du Seigneur (13 mai 2010) (commentaire biblique)

13 mai, 2010

du site:

http://www.bible-service.net/site/436.html

Ascension du Seigneur (13 mai 2010)

Dans le temps qui sépare le jour de Pâques de celui de la Pentecôte, l’Ascension marque la fin de la période de l’enseignement des Apôtres par le Ressuscité (Première lecture). Cette séparation, Luc en rend compte d’un autre point de vue, axé sur le rôle de Jérusalem (Évangile). Un chemin a été ouvert de façon définitive par le Christ qui, entrant dans le sanctuaire divin, a offert le sacrifice parfait qui est notre espérance (Deuxième lecture).

• Actes 1,1-11

Le tout début du livre des Actes des Apôtres fait écho à la toute fin de l’Évangile de Luc. Insistons sur le dernier enseignement de Jésus, merveilleusement trinitaire.

Il y a le Père, maître de l’histoire, qui est seul à connaître les délais et les dates fixés dans sa liberté souveraine. C’est lui qui a relevé Jésus d’entre les morts et c’est lui qui l’enlève du milieu des Apôtres, fixant la fin de la prédication du royaume de Dieu. À ce propos, relevons que la méprise concernant la royauté attire notre attention sur l’identité de l’Église, témoin et acteur du même royaume que celui annoncé par Jésus de Nazareth.

Il y a Jésus qui est l’auteur d’instructions sur le royaume de Dieu et qui a transmis la promesse venue du Père. En disparaissant, il ouvre une nouvelle ère de la prédication dont il trace par avance la progression géographique. Théophile, destinataire de l’œuvre de Luc ainsi que tous les lecteurs après lui, se situent dans la dernière étape, celle qui concerne les extrémités de la terre.

Il y a enfin l’Esprit Saint, objet de la promesse et force qui va constituer les Apôtres en témoins du Ressuscité. Sous son impulsion, ceux-ci annonceront sur les routes des hommes  Jésus le Christ, Fils de Dieu, Sauveur. De la même manière qu’il est venu sur Jésus après le baptême par Jean, ainsi l’Esprit descendra le jour de la Pentecôte sur les Apôtres – et, dans les deux cas, au cœur d’une prière.

La fin de l’histoire est annoncée. Comme au matin de Pâques, deux hommes en vêtements blancs apparaissent pour inviter les Apôtres à agir, prier, partir, parler. Le message pascal ne s’adresse pas aux nuages.

• Psaume 46

Dieu s’élève parmi les ovations. On a peut-être là l’écho d’une fête de l’intronisation de l’arche d’alliance à Jérusalem (voir David en 2 Samuel 6). Le Dieu d’Israël, quoique roi sur toute la terre, est d’abord présent au milieu des siens. Le psaume se prête bien à une relecture chrétienne. En la fête de l’Ascension, le Seigneur Jésus est intronisé dans la Jérusalem céleste. Mais, Seigneur universel, il reste présent par son Esprit.

• Hébreux 9,24-28 ; 10,19-23

L’Évangile nous montre le geste sacerdotal inhabituel de Jésus bénissant, avant d’être enlevé au ciel. Il y a un pont à faire avec la deuxième lecture de ce jour qui rappelle que seul le grand prêtre était habilité à rentrer dans le Temple de Jérusalem, chaque année au jour de l’Expiation, pour demander le pardon des péchés du peuple. « Au temps de l’accomplissement », avec l’Ascension, Jésus est entré dans le sanctuaire du ciel, définitivement, en attendant qu’un jour nous-mêmes puissions le rejoindre : « En entrant le premier dans le royaume, il donne aux membres de son corps l’espérance de le rejoindre un jour. » (Préface)

• Luc 24,46-53

La toute dernière fin de l’Évangile fait écho au début du livre des Actes des Apôtres. Mais les derniers mots de Jésus ressuscité ne sont pas les mêmes.

Rappelons d’abord, que, selon le récit évangélique, nous sommes encore dans la journée de Pâques qui, on le pressent, n’entre pas dans le calcul ordinaire du temps. Elle a commencé par la venue des femmes au tombeau, a continué sur le chemin d’Emmaüs et se prolonge par la présence du Ressuscité au milieu des Onze et leurs compagnons (v. 33). Celui-ci ouvre leur esprit à l’intelligence des Écritures. Lire les Écritures permet de comprendre que la mort de Jésus n’est pas un fait-divers tragique mais qu’elle s’inscrit dans l’histoire de l’Alliance, mystérieux plan divin qui parcourt la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes (v. 44, voir aussi v. 27).

L’histoire de l’Alliance n’est pas achevée. Jésus ressuscité en dévoile la prochaine étape : la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés, à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. Le salut a pris corps à Jérusalem, dans la tension instaurée entre la croix et le tombeau vide, et il ne peut être saisi que par les Écritures (juives). Jérusalem reste donc un pivot – et, comme un signe, c’est là, dans le Temple, que les disciples bénissent Dieu après avoir été bénis par Jésus. Mais le salut doit être diffusé. Il fait éclater les frontières géographiques. La force venue d’en-haut – l’Esprit Saint – constituera les disciples en témoins de cette histoire déjà écrite et néanmoins à écrire, ailleurs, plus loin

SAINT JEAN CHRYSOSTOME: LES APÔTRES BARNABÉ ET PAUL (ACTES XIV, 13-14.16)

12 mai, 2010

du site:

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/chrysostome/actes/actes31.htm

SAINT JEAN CHRYSOSTOME

HOMÉLIE XXXI. LES APÔTRES BARNABÉ ET PAUL, AYANT ENTENDU CELA, DÈCHIRÈRENT LEURS VÈTEMÉNTS, ET S’AVANÇANT AU MILIEU DE LA FOULE , ILS CRIÈRENT : — « AMIS, QUE FAITES-VOUS? NOUS NE SOMMES QUE DES HOMMES FAIBLES COMME VOUS ET NOUS VOUS AVERTISSONS DE QUITTER CES ILLUSIONS POUR VUS CONVERTIR AU DIEU VIVANT QUI A FAIT LE CIEL, LA TERRE ET LA MER, ET TOUT CE QU’ILS CONTIENNENT ». (CHAP. XIV, VERS. 13, 14, JUSQU’AU VERS. 26.)

ANALYSE. 1 et 2. Courage de saint Paul.

3 et 4. Que la tribulation a de grands avantages. — Comment l’on doit supporter les injures. — Portrait de l’homme en colère qui nous montre toute la laideur de cette hideuse passion.

1. Voyez quelle véhémence montrent partout les apôtres ! Ils déchirent leurs vêtements, ils s’élancent, ils crient: tout ce que l’enthousiasme des esprits faisait pour eux, ils le repoussent et en témoignent leur affliction. En effet, t’eût été pour eux un véritable deuil, une douleur inconsolable, d’être regardés comme des dieux et de fortifier l’idolâtrie qu’ils venaient renverser. Sans doute c’était un piège du démon. Mais ils en ont horreur; et que font-ils? « Nous ne sommes », disent-ils, «que des hommes faibles comme vous ». Ils détruisent le mal dès son origine; ils ne disent pas seulement: « Nous sommes des hommes », mais: « des hommes comme vous ». Pour ne pas être honorés comme des dieux, remarquez ce qu’ils ajoutent: « Nous vous avertissons de quitter ces illusions pour vous convertir au Dieu vivant qui a fait le ciel, la terre et la mer et tout ce qu’ils contiennent ». (Ps. CXLV, 6.) Observez qu’ils ne s’arrêtent pas à citer les prophètes ni à dire pourquoi le Créateur a laissé les gentils à eux-mêmes. « Dans les siècles passés, il a laissé marcher toutes les nations dans leurs voies (15) ». Il dit qu’il l’a permis, mais il ne dit pas encore pourquoi, et, pour aller au plus pressé, il ne prononce même pas le nom du Christ. « Néanmoins, il n’a point cessé de se manifester, en répandant sur nous des bienfaits célestes , en nous envoyant les pluies et les saisons favorables aux récoltes, nous donnant une nourriture abondante et remplissant nos coeurs de joie (16) ». Il ne cherche pas à aggraver leur fauté, mais il les engage à rie servir que Dieu. En effet, les apôtres savaient que, s’il faut s’efforcer de parler de Dieu d’une manière digne de lui, il est encore plus important d’être utile à ceux qui écoutent. Voyez comme il dissimule le blâme qu’ils méritent. En effet, il aurait pu leur reprocher de jouir de tant de biens sans connaître celui qui les leur prodiguait: cependant il ne le dit pas ouvertement, il le donne seulement à entendre. « C’est du ciel », dit-il, « que Dieu nous envoie les pluies ». David avait parlé de même: « L’abondance du froment, du vin et de l’huile a multiplié le peuple » (Ps. IV , 8) ; souvent, en parlant de la création, il revient sur ce sujet. Jérémie célèbre d’abord la Création , puis le bienfait providentiel des pluies ». (Jér. V, 24) D’après ces autorités, les apôtres ajoutent: « Dieu nous remplit de largesses et de joie ». C’est-à-dire, qu’il nourrit les hommes avec abondance, au lieu de leur donner le strict nécessaire. « Mais ils eurent beau parler, à peine purent-ils empêcher que le peuple ne leur sacrifiât (17) ». Voilà ce qu’il y eut de plus admirable chez eux : ils ne songèrent qu’à les détourner de leur folie.

« Plusieurs Juifs arrivèrent d’Antioche et d’Icone et gagnèrent le peuple; ils (153) lapidèrent Paul et le traînèrent hors de la ville , croyant qu’il était mort (18) ». Voilà l’œuvre du démon ! Les Juifs agissaient ainsi , non-seulement dans les villes , mais aussi dans les campagnes, et montraient autant d’ardeur à ruiner la prédication que les apôtres en mettaient à l’affermir. « Ils gagnèrent le peuple ; ils lapidèrent Paul et le traînèrent hors de la ville, croyant qu’il était mort». On reconnaît ici l’accomplissement de cette parole « Ma grâce te suffit, car ma force se montre tout entière dans la faiblesse »(II Cor. XII; 9); cela était plus grand que de guérir un boiteux. Les gentils les avaient regardés comme des dieux; mais, après avoir gagné le peuple , les Juifs le traînèrent hors de la ville. Si quelques habitants avaient admiré les apôtres , ïl est probable que tous n’avaient pas été du même avis: aussi vous voyez que, dans cette même ville où on les avait ainsi admirés, ils souffrent de cruels traitements. Pourquoi Dieu l’avait-il permis? c’est ce que Paul nous explique lui-même en disant: « Il ne faut pas que personne m’estime au-dessus de ce qu’il voit en moi, ou de ce qu’il entend dire de moi ». (II Cor. XII, 6.)

« Les disciples s’étant amassés autour de « lui, il se leva et rentra dans la ville (19) ». — Voyez quelle ardeur! voyez quel zèle fervent et enflammé ! Il revient dans la ville pour faire voir que, s’il la quittait, c’était pour répandre la parole de Dieu et pour éviter d’irriter personne. Cela faisait aux apôtres plus d’honneur que des miracles, et. eux-mêmes en étaient plus heureux. Car on ne dit pas qu’ils fussent satisfaits d’opérer des miracles , mais plutôt d’être jugés dignes de se voir méprisés pour la gloire du Seigneur; c’est ce qu’ils avaient appris par ces paroles du Christ: « Ne vous réjouissez pas parce que les démons vous sont soumis » (Luc , X, 20) ; leur véritable joie était de souffrir pour le Christ. Aussi revenaient-ils dans toutes les villes où ils avaient couru quelque danger. « Le lendemain , il partit avec Barnabé pour aller à Derbe. Après avoir annoncé l’Evangile dans cette ville et instruit plusieurs personnes , ils revinrent à Lystre, à Icone et à Antioche (20), fortifiant le courage des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi , et leur montrant qu’il faut passer par bien des tribulations pour a entrer dans le royaume de Dieu (21) ».

2. Tels étaient leurs discours et leurs enseignements. « Ils fortifiaient le courage des disciples », leur inspirant ainsi la constance et l’union, et les engageant à fuir toute occasion de péché. Grâce à l’accord qui s’établit entre les apôtres et leurs disciples, les uns parvinrent du premier coup aux prédications les plus persuasives, et les autres à comprendre la nécessité des souffrances et de la fermeté, ainsi qu’à rechercher moins les miracles que les épreuves. Aussi Paul disait-il: « Subissant les mêmes combats que j’ai soutenus, comme vous l’avez vu et entendu dire ». (Phil. I, 30.) Ils essuyaient de fréquentes persécutions ; partout ils étaient combattus, attaqués, lapidés. Aussi voyez quelles étaient leurs exhortations, et comme ils enseignaient à préférer les tribulations à toute chose. Voici encore une autre consolation qui leur était réservée : « Traversant la Pisidie, ils vinrent en Pamphylie, et ayant annoncé la parole du Seigneur à Perge, ils descendirent. à Attalie (23, 24) ». Car, pour ne pas laisser leurs disciples -se décourager en voyant ce que souffraient ceux qu’ils avaient d’abord regardés comme des dieux, ils vinrent près d’eux et les exhortèrent. Remarquez-le bien : Paul va d’abord à Derbe, pour laisser à la fureur populaire le temps de s’apaiser; puis il revient à Lyslre, à Icone et à Antioche, s’éloignant devant la. colère et revenant près du peuple apaisé. Vous voyez que la conduite des apôtres était dirigée non-seulement par la grâce divine, mais aussi par leur activité personnelle. « De là ils firent voile jusqu’à Antioche, d’où ils avaient été envoyés à la grâce de Dieu pour faire l’oeuvre qu’ils avaient accomplie (25) ». Pourquoi reviennent-ils à Antioche? Pour annoncer ce qu’ils avaient fait. Du reste la Providence dévoilait ainsi une grande oeuvre; c’est qu’il ne fallait pas craindre d’instruire les gentils. Voilà ce qu’ils viennent annoncer, pour que tout. le monde puisse le savoir. La Providence permet en même temps l’arrivée à Antioche de ceux qui s’opposaient à cette communication avec les gentils ;.mais les apôtres; partis de Jérusalem avec tant de courage, y reviennent avec une égale confiance; en même temps ils font preuve de soumission. En effet, s’ils avaient montré de l’indépendance en s’adressant aux gentils sans en.avoir reçu la mission, ils prouvent aussi leur obéissance en rendant compte de leurs travaux ; leur conduite n’est pas suspecte d’orgueil. C’était d’Antioche « qu’ils (154) avaient été envoyés à la grâce de Dieu » le Saint-Esprit l’avait ordonné, mais ce qui vient du Saint-Esprit vient aussi du Fils, car le Fils et le Saint-Esprit ont une même puissance et une même nature. « Après y être arrivés et avoir convoqué l’Eglise, ils racontèrent quelles grandes choses Dieu avait faites par eux, et comment il avait ouvert aux gentils la porte de la foi (26). Et ils demeurèrent là assez longtemps avec les disciples (27) » ; ils avaient raison, car c’était une grande ville qui avait besoin de docteurs.

Mais revenons à ce qui, précède. Ils avaient fait impression sur le peuple, en déchirant leurs habits, comme l’avait fait Josué, fils de Navé, quand son peuple fut vaincu. Ne croyez pas que cela fut indigne d’eux, ou inconvenant de leur part ; il n’en fallait pas moins- pour apaiser cet emportement, et pour éteindre cet incendie. Puisqu’ils ont dû avoir recours à de pareils moyens, nous ne devons reculer devant rien. Puisqu’ils ont à peine réussi de cette manière à convaincre le peuple, sans cela, que serait-il arrivé? S’ils avaient agi différemment, ils auraient passé pour des orgueilleux qui ne recherchent, que la gloire. Réfléchissez à la sage modération du langage des apôtres, ainsi étonnés et stupéfaits, quand il fallait réprimander le peuple. Il fut surtout retenu par ces paroles : « Nous sommes des hommes faibles comme vous, et nous vous avertissons de quitter ces illusions pour vous convertir à Dieu ». Cela voulait dire : nous ne sommes que des hommes, mais nous valons mieux que vos dieux, car ceux-là sont morts. Vous voyez que non-seulement ils indiquent les erreurs, mais ils enseignent la vérité ; tout cela, sans parler de choses invisibles. « Dieu », dit-il, « a fait le ciel et la terre et tout ce qui s’y trouve ». Il prend les siècles à témoin de ses paroles. O Juifs insensés ! Ils ont eu l’audace de séduire un peuple qui honorait ainsi les apôtres et de lapider Paul. Ils l’ont traîné hors de la ville, peut-être parce qu’ils le craignaient encore ! « Les apôtres prièrent en jeûnant, pour recommander leurs disciples au Seigneur». Cela montre qu’il faut jeûner dans les tentations. Ils ne parlent pas de ce qu’ils ont fait, mais de ce que Dieu a fait par eux; ils en parlent aussi simplement que de leurs épreuves. Ils n’étaient. pas conduits par le hasard, ni par le désir de se reposer, tuais par la providence du Saint-Esprit, afin d’affermir la prédication chez les gentils. Et pourquoi, direz-vous, n’ont-ils pas fait. de prêtres à Chypre ni à Samarie? Parce que Samarie était près des premiers apôtres, et Chypre près d’Antioche, où. la parole divine se multipliait; ils allaient où leur secours était le plus nécessaire, surtout pour les gentils qui lavaient besoin de tout apprendre. Ils arrivèrent pour enseigner, parce que le Saint-Esprit leur avait imposé cette mission. Admirez l’ardeur de Paul ! Il ne délibère pas pour savoir s’il doit parler aux gentils, mais il leur parle sans hésiter. Aussi disait-il : « Je n’ai pas pris conseil de la chair et du sang ». (Galat. 1, 16.)

3. En réalité, la tribulation est un grand bien et un bonheur pour une âme forte et courageuse. Combien ont été ainsi conduits vers la foi divine et ont brillé d’un éclat incomparable ? Aussi faut-il toujours avoir un grand zèle, une adresse parfaite et une âme préparée à la mort; car pour aller au royaume des cieux, il n’y a pas d’autre chemin que ce. lui de la croix. Ainsi ne nous flattons point. On ne peint supporter les fatigues de la guerre si l’on recherche les plaisirs, l’argent, si l’on montre de la bassesse ou de la lâcheté : à plus forte raison dans cette guerre ! Ne pensez-vous pas que c’est la plus terrible de toutes? « Il ne s’agit pas de combattre contre des hommes de sang et de chair ». (Eph. VI, 12.) L’ennemi vous poursuit aux repas, à la promenade, aux bains. Il ne vous fait trêve que pendant votre sommeil ; même alors il vous attaque souvent en vous envoyant des pensées impures et des songes voluptueux. Et nous, comme si l’objet de ces attaques ne valait pas la peine d’être défendu, nous ne montrons ni tempérance, ni vigilance, nous ne songeons point à la multitude des puissances qui nous menacent, nous ne réfléchissons pas que notre indifférence même est déjà une défaite, et au milieu de pareils dangers nous vivons comme dans les délices de la paix. Croyez-moi , ces périls sont aujourd’hui plus grands que ceux auxquels Paul a été en butte. On lui lançait des pierres; maintenant on lance des paroles qui font plus de mal que des pierres. Que faut-il faire alors? Ce qu’il a fait lui-même. Il n’eut point de haine pour ses ennemis, mais il rentra dans la ville hors de laquelle ils l’avaient traîné , afin de répandre ses bénédictions sur ceux qui l’avaient ainsi maltraité. De même, si vous avez à supporter un homme grossier et insolent, (155) vous pourrez dire avec raison que vous aussi avez été lapidé ! Et ne dites point : je n’ai fait de mal à personne ! Quel mal Paul avait-il fait pour être lapidé? Il leur annonçait le royaume des cieux, il les détournait de l’erreur, il les ramenait à Dieu; tout cela méritait des couronnes , des applaudissements , des bienfaits sans nombre, et non des pierres cependant, voilà comment il fut récompensé ! Quelle victoire est plus brillante? « Ils l’ont traîné », dit l’Ecriture : Vous aussi l’on vous a traîné, mais ne vous irritez pas et annoncez la parole de Dieu avec douceur. On vous a injurié? Taisez-vous, ou même, si vous le pouvez, répondez par des bénédictions, et, tout en annonçant la parole de Dieu, vous aurez en même temps enseigné la douceur et la bonté. Je sais que bien des personnes supportent plus facilement les blessures que les outrages, les plaies du corps que celles de l’âme; ruais ne nous affligeons pas et soulageons ceux qui s’affligent. Ne voyez-vous pas que les lutteurs, la tête meurtrie, les dents cassées, supportent leurs douleurs avec constance ? Pour vous il n’est pas besoin de grincer des dents ni de mordre. Songez à Notre-Seigneur et vous vous rappellerez les remèdes dont il dispose. Songez à Paul. Réfléchissez que vous, qui avez été frappé, vous êtes vainqueur, tandis que celui qui a frappé est vaincu ; cette pensée suffit pour tout guérir. On vous attaque; ne vous laissez pas entraîner , et vous avez fait votre devoir : demeurez ferme , et l’ennemi perd sa force. C’est une grande consolation de souffrir pour le Christ : autrement, vous ne prêchez pas le langage de la foi, mais celui de la sagesse humaine. Mais, direz-vous, plus je montrerai de douceur, plus l’on me persécutera. Ainsi, vous vous plaignez de ce qui doit augmenter votre récompense ? Mais , direz-vous, c’est un homme intraitable. Vous dites cela pour excuser votre faiblesse , car il sera bien plus intraitable , si vous vous vengez de lui. Si Dieu avait prévu que la vengeance pût rendre les méchants plus traitables, il vous aurait dit au contraire : Venge-toi. Mais il sait ce qui convient le mieux.

Ne faites pas de lois opposées à celles de Dieu; obéissez-lui. Vous ne valez pas mieux que Celui qui nous a créés. Il a dit : Supporte les injures ; et vous dites : Je rends les injures à celui qui me les fait, afin de le rendre plus traitable. Vous êtes donc plus sage que Dieu? Toutes ces paroles proviennent de la passion, de la dureté, de l’insolence, et sont contraires à la loi de Dieu. Ne faut-il pas lui obéir, quelque dommage que l’on souffre ? Quand Dieu a donné un ordre, nous ne devons jamais y contredire . « Une réponse soumise apaise la colère ». (Prov. XV, 4.) Mais il faut qu’elle soit soumise, bien loin d’être arrogante. Ce qui est bon pour l’un, l’est aussi pour l’autre; au contraire, si celui que vous voulez conduire au bien vous fait du mal; il s’en fait encore plus à lui-même. « Médecin; guéris-toi toi-même ». (Luc, IV, 23.)  Il a dit du mal de moi. — Faites son éloge. — II m’a injurié. — Parlez-lui poliment. — Il a cherché à me nuire. — Faites-lui du bien. Que votre conduite soit l’opposé de la sienne, pourvu que vous songiez à son salut et que vous ne cherchiez pas à vous venger. Mais, direz-vous, après avoir souvent profité de ma patience, il est devenu pire qu’il n’était. — C’est son affaire, ce n’est pas la vôtre. Voulez-vous savoir ce que Dieu a souffert ? On a renversé ses autels, on a tué ses prophètes, et il a tout supporté; ne pouvait-il pas faire tomber la foudre? Puis, après qu’il eut envoyé ses prophètes et qu’on les eut tués, il envoya son Fils lui-même. Ainsi, plus l’impiété se déchaînait, plus il multipliait ses bienfaits. Vous, de même, si vous rencontrez un homme emporté, soyez le premier à lui céder; son caractère a besoin, plus qu’un autre, d’être traité avec douceur. Plus l’offense est grossière, plus_ elle réclame de bonté de notre part : un malade a besoin qu’on lui passe tout; il en est de même pour l’homme en colère. Quand une bête s’emporte, tout le monde la fuit ; il en est de même pour l’homme en fureur. Ne croyez, pas que ce soit là une marque de respect : est-ce que nous rendons hommage aux bêtes féroces et aux fous, quand nous les évitons? Pas le moins du monde; c’est plutôt une marque de mépris et d’injure; ou plutôt, il n’y a ni mépris, ni injure, mais pitié et bonté. Ne voyez-vous pas que les matelots, quand le vent s’élève, carguent les voiles pour que le navire ne s’engloutisse point; ne voyez-vous pas que le cavalier, dont le cheval s’emporte, le laisse aller au lieu de l’arrêter, de peur que la force ne lui manque tout à coup?

4. Agissez de même. La colère est un feu, une flamme ardente qui ne demande qu’à tout dévorer ; ne lui donnez pas d’aliments, et (156) bientôt tous les ravages s’arrêteront. La colère n’a pas de force par elle-même, si mien ne la nourrit. Autrement, rien ne peut vous excuser. Cet homme a perdu la raison, il ne sait plus ce qu’il fait : vous qui le voyez, qui appréciez ce spectacle et qui n’en devenez pas plus sage quelle indulgence méritez-vous ? Celui qui, arrivant dans un festin, verrait dès le vestibule les inconvenances d’un homme. ivre, puis ensuite tomberait aussi dans le même état, ne serait-il pas bien moins pardonnable après cet exemple? Ici il en est de même. Ne croyons pas nous excuser, en disant : Je n’ai pas commencé. Ce qui nous accuse, c’est justement que la vue de notre adversaire ne nous a pas rendus plus sages. C’est comme si un meurtrier disait : D’autres ont frappé avant moi. Il en est d’autant plus coupable, s’il a vu commettre des assassinats, et s’il n’a pas eu horreur d’en commettre lui-même.

Après avoir vu un homme abattu et épuisé par l’ivresse, vomir, rouler des yeux hagards, souiller la table et faire fuir ses voisins, si vous tombez dans le même état, n’en serez-vous pas plus coupable? Tel est aussi l’homme en colère: plus que celui qui.vomit il a les veines gonflées, les yeux enflammés, le coeur agité : il vomit des paroles plus impures que les déjections de l’ivrogne et qui ne sont pas mieux digérées, car sa rage ne lé permet pas. De même.que chez l’un l’excès de liquide soulève l’estomac et en fait tout sortir; de .même chez l’autre, une ardeur excessive soulève l’âme et ne lui permet pas de cacher ce qu’il faudrait taire : ce qui est bon ou mauvais à dire s’échappe pêle-mêle et le salit plus que ceux qui l’entendent. Fuyons donc.las gens en colère aussi bien que ceux qui vomissent. Que faut-il faire alors? Jeter de la cendre sur le vomissement et appeler tout bas les chiens pour qu’ils le mangent. Je, sais que je vous dégoûte, mais je voudrais que vous vous fussiez dégoûtés en le voyant et que vous n’eussiez pas envie d’en rire. L’homme qui injurie est plus immonde que « le chien qui revient à son vomissement » . Je ne ferais pas cette comparaison s’il ne vomissait qu’une fois, mais puisqu’il rejette encore les mêmes infamies, il semble qu’il les ait avalées de nouveau. Qu’y a-t-il de plus abominable, de plus impur que cette bouche qui avale de pareilles choses? Est-ce la nature qui l’y engage? non sans doute, rien n’est plus contraire à la nature.

Pourquoi cela? Parce qu’il n’est pas conforme, mais opposé à notre nature, d’injurier sans raison : ce n’est plus le langage d’un homme, mais celui d’une bête ou d’un fou. C’est une maladie qui répugne autant à notre nature qu’une maladie du corps. Or, si notre nature est obligée de supporter ce qui lui est contraire, elle se détruit peu à peu, tandis qu’elle subsiste si tout lui est conforme. J’aimerais mieux, me trouver à table près de quelqu’un qui mangerait de la boue. que. près d’un homme qui parlerait ainsi. Né voyez-vous pas les pourceaux manger des excréments? On peut dire que ces gens-là en font autant. Quoi de, plus dégoûtant que leurs paroles injurieuses? Ils n’ont garde dé prononcer un mot honnête et convenable, mais ils font et ils disent tout ce qu’il y a de honteux et d’indécent : ce qu’il y a de pis, c’est que le déshonneur qu’ils veulent jeter sur les autres rejaillit sur eux, et cette intention même prouve «ils se déshonorent. Je laisse de côté les calomnies : mais supposons qu’une courtisane célèbre ou. tout autre personnage trop connu se dispute avec quelqu’un, et qu’on échange des injures mutuelles. De quel côté viennent les paroles offensantes? On ne dit au premier que ce qui est su de tout le monde, et il n’en est pas de même pour le second : par conséquent, la réputation de l’un n’a rien à en craindre et celle de l’autre en souffre, beaucoup. Supposez. encore qu’un homme ait commis des fautes cachées :connues seulement d’un homme grossier qui, après avoir gardé quelque temps le silence, finit par l’injurier; eh bien ! l’offense- retombe plutôt sur l’offenseur. Comment cela ? Il a divulgué une mauvaise action, et donné en même temps une mauvaise opinion de sa véracité : s’il y a eu un meurtre de commis, lui dira-t-on, il fallait tout dire. Aussi tout le monde se détourne de lui avec horreur comme si ce n’était pas un homme; mais une bête sauvage et cruelle; on est moins indulgent pour lui que pour celui qu’il accuse. Nous ressentons moins d’éloignement pour ceux qui ont des infirmités que pour celui qui les dévoile quand on voudrait les dissimuler. Celui-là n’offense pas seulement la personne dont il parle , cette offense rejaillit sur lui-même ainsi que sur l’humanité : il a blessé ceux qui l’écoutaient, il n’a donc fait que du mal. Paul dit à ce sujet : .« Que vos discours soient bons et (157) édifiants, afin d’inspirer la piété à ceux qui vous écoutent ». (Eph. IV, 29.) Veillons à ce que notre langue ne dise que du bien, afin qu’on nous recherche et qu’on nous aime. Cependant, on est arrivé à cet excès de perversité, que bien des gens se glorifient de ce dont ils devraient rougir. Il y en a qui vous menacent ainsi : Prenez garde à ce que je dirai de vous. Ce sont là des paroles dignes d’une femme, et encore d’une vieille ivre et ignoble, d’une coureuse de rues, d’une entremetteuse. Il n’y a rien de plus honteux que ces paroles, et de plus indigne d’un homme; il semble réduit à la faiblesse d’une femme, s’il met sa force dans sa langue et son orgueil dans les injures, comme les histrions des foires, les baladins, les parasites et les flatteurs. Celui qui se vante d’un pareil talent ressemble plus à un pourceau qu’à un homme. Vous devriez vous cacher, vous. devriez, si quelqu’un raconte ce que vous avez dit, rougir devant ce cruel témoignage de votre lâcheté; loin de là, vous répétez partout vos propos injurieux. Songez que vous ne pouvez rien contre ceux que vous attaquez ainsi.

Aussi, je vous en conjure, en pensant à cette perversité dont bien des gens se glorifient, cherchons à amender, à corriger cette extravagance; écartons de notre ville ces réunions où l’injure a tant de part, veillons sur notre langage et évitons toute mauvaise parole, afin que nous puissions, purifiés de nos péchés, nous concilier la bienveillance d’en-haut et mériter la clémence de Dieu, par la grâce et la pitié de son Fils unique, auquel, ainsi qu’au Père et au Saint-Esprit, gloire, puissance et honneur, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

6° dimanche de Pâques (9 mai 2010) (biblique)

8 mai, 2010

du site:

http://www.bible-service.net/site/375.html

6° dimanche de Pâques (9 mai 2010)

La Bonne Nouvelle se répand. Il faudra résoudre le conflit entre les Apôtres et les Juifs de Judée (1° lecture), mais les portes de l’Eglise s’ouvrent largement aux païens. Ainsi, plus besoin de circoncision, ni plus besoin de Temple, puisque c’est Dieu lui-même qui appelle tous les hommes à venir dans son Temple saint, la Jérusalem céleste (2° lecture). Le psaume rassemble ces paroles d’espérance en invitant tous les peuples à louer le Seigneur. Enfin, l’Evangile abonde dans ce sens, en affirmant que le Christ et le Père habiteront en tout homme qui les aimera et restera fidèle à leur parole (Evangile)

• Actes 15,1…29

Au départ de la décision importante qui émerge à la fin de notre passage, on trouve une question conflictuelle dont l’origine vient des nombreux païens qui se convertissent au christianisme : faut-il, pour devenir chrétien, passer d’abord par le judaïsme, et donc par la circoncision ? Des frères de l’Eglise de Judée, berceau du christianisme naissant, ont leur réponse : “ sans aucun doute ! ” Derrière ces points de vue, on sent une tension entre les communautés. Qui va résoudre ce problème ? Les Apôtres et les Anciens de Jérusalem, Paul et Barnabé étant les représentants de l’Eglise d’Antioche. La résolution de ce conflit passe par l’autorité. Premier argument : les frères de Judée qui sont à la source du conflit ne disposaient d’aucun mandat. Ensuite, il y a un éloge appuyé de Paul et Barnabé, “ qui ont consacré leur vie à la cause de notre Seigneur… ”. Puis vient la décision, qui aura autorité, puisque l’Esprit Saint y a été mêlé : Non, il n’est pas nécessaire de devenir Juif pour être chrétien. Et même si elle est assortie de quelques obligations, elle ouvre les portes de l’Evangile au monde païen. La Bonne nouvelle va pouvoir s’étendre “ jusqu’aux extrémités de la terre ”. La résolution de ce conflit est venue d’une Assemblée réunie, de l’écoute d’avis autorisés, et du recours à l’Esprit Saint.

• Psaume 66

Il est rare que Dieu rie ou sourie. C’est le cas dans ce psaume qui invite à la louange du Seigneur. Si au départ cette louange semble avoir pour cause l’abondance des biens reçus du Seigneur pour vivre, le psalmiste a bien compris que l’attention affectueuse de Dieu pour les hommes embrasse des horizons plus vastes que cela. La bénédiction du Seigneur fait certes produire des fruits sur la terre, mais elle touche également les hommes de tous pays, de toute race et de toute culture, bref la terre entière. Tout est dans la main du Seigneur, lui qui conduit peuples et nations.

Apocalypse 21,10…23

Regardons ensemble cette belle image qui nous permet d’une part de mieux comprendre la deuxième lecture, et d’autre part rend impossible une dichotomie entre l’Ancien et le Nouveau Testament : la nouvelle Jérusalem est percée de portes, et ces portes sont les noms des 12 patriarches de la première Alliance ; passer par la première alliance, connaître la Loi et les prophètes est un itinéraire non facultatif pour arriver à la cité sainte. Cependant il y a deux « mais » : il n’y a plus de Temple, centre nerveux et religieux essentiel de l’ancien Israël ; et surtout les véritables fondations ne sont plus les tribus, mais les Apôtres. La circoncision cesse d’être la fondation ou le pilier de la nouvelle communauté chrétienne.

• Jean 14,23-29

Les propos qu’on lit dans l’Evangile de Jean ce dimanche sont la réponse de Jésus à la question d’un des apôtres, Jude : “ Seigneur, pour quelle raison vas-tu te manifester à nous, et non pas au monde ? Cette question amène Jésus à préciser les conditions de sa venue avec le Père, et leur présence à tous deux auprès des disciples. C’est simple, finalement : il suffit d’accueillir sa Parole et de la garder. Ainsi, les disciples seront unis à lui et au père, rassemblés par l’amour qui les unit.

Dans un deuxième développement, l’évangéliste parle du départ de Jésus vers le Père. Et celui-ci, en échange, enverra l’Esprit (le Paraclet), le Défenseur. Voilà une conviction de foi forte : Jésus, une fois parti, ne laissera pas ses disciples seuls. Plus encore, c’est cet Esprit qui fera se souvenir les disciples de tout ce que Jésus leur a dit. Ils comprendront par conséquent le sens des événements autour de la mort et de la résurrection.

Nous sommes toujours, dans l’évangile de Jean, dans le discours testamentaire de Jésus. Ces discours, habituellement, se terminaient par une parole de paix. Ici, Jésus en fait don. Mais c’est sa paix à lui, la paix des derniers temps, cette paix qui fera suite aux grands bouleversements produits par la venue définitive du Royaume de Dieu.

4° dimanche de Pâques (25 avril 2010), commentaire biblique pour Actes 13, 14…52

24 avril, 2010

du site:

http://www.bible-service.net/site/433.html

4° dimanche de Pâques (25 avril 2010)

COMMENTAIRE BIBLIQUE POUR  ACTES 13,14…52

Au cours de son premier voyage en compagnie de Barnabé, Paul arrive à Antioche de Pisidie, au cœur de l’actuelle Turquie. Comme tout juif pratiquant, il se rend à la synagogue le jour du sabbat. En signe d’accueil, on lui donne la parole. Parcourant à grands pas l’histoire de l’Alliance, il affirme : Nous vous annonçons cette Bonne Nouvelle : la promesse que Dieu a faite à nos pères, il l’a entièrement accomplie pour nous, leurs enfants, en ressuscitant Jésus (v. 32-33 ; ce passage précède celui qui est proposé aujourd’hui par le lectionnaire).

Son discours a du succès auprès des juifs, des convertis au judaïsme et des païens. Tous sont rassemblés le sabbat suivant pour écouter Paul. Certains juifs voient alors d’un très mauvais œil l’afflux des païens. Ils montent une cabale contre les Apôtres dans laquelle ils entraînent des notables et des dames influentes (petit détail qui sonne juste quand on se rappelle que Luc est l’écrivain le plus féministe du Nouveau Testament).

C’est dans ce contexte qu’il faut entendre la déclaration de Paul : Nous nous tournons vers les païens. Placée exactement au milieu du livre des Actes des Apôtres, cette phrase annonce le nouveau terrain d’activité apostolique. Il ne s’agit pas d’un rejet du judaïsme, mais d’une continuité de fond qui est rupture avec les réflexes exclusivistes. Pour preuve, le texte du prophète Isaïe (appelé ici commandement) cité par Paul. L’expression lumière des nations y désigne le peuple d’Israël choisi par Dieu pour que le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre (Is 49,6). Jésus le Christ d’une part et, de l’autre, la communauté qui se réclame de lui accomplissent cette vocation, quitte à être persécutés par ceux qui n’entrent pas dans le projet divin et qui veulent accaparer pour eux-mêmes un salut destiné à tous.

• Psaume 99

La première strophe, par sa tonalité universaliste, prolonge à la fois le texte d’Isaïe interprété par Paul et la joie des nouveaux disciples. La deuxième célèbre le Dieu de l’Alliance considéré implicitement comme un berger dont la troisième énumère les qualités.

dimanche de Pâques (18 avril 2010) (biblique)

17 avril, 2010

du site:

http://www.bible-service.net/site/378.html

dimanche de Pâques (18 avril 2010)

« Le filet plein de gros poissons ». Cent cinquante trois, cela représente la totalité des espèces connues de l’époque. Ainsi Jésus vise à rassembler toute l’humanité. Contemplons aujourd’hui comme un phénomène unique et mystérieux, la diversité et l’universalité de l’Église de Jésus, hommes et femmes arrachés aux « abîmes », invités à fraterniser sous la conduite du bon Pasteur.

• Apocalypse 5,11-14

Apparition d’un nouveau personnage, l’Agneau qui devient la figure dominante de l’Apocalypse. Il est présenté sous deux traits : « debout » en Ressuscité et « comme immolé », portant les traces de son passage par la mort. L’acclamation des anges est centrée sur l’Agneau immolé, prenant le relais des Vivants qui représentent la Création, et des Anciens qui symbolisent le peuple de Dieu. Les sept attributs énoncés signifient la plénitude du pouvoir de l’Agneau.

Liturgie puissante qui convie l’ensemble de la création à célébrer la victoire du Christ.

• Jean 21,1-19

Le chapitre 21 comprend trois épisodes : la manifestation de Jésus au lac, le colloque entre Jésus et Pierre, la confrontation de Pierre et Jean. Ce chapitre est un ajout. Il a un contenu ecclésial, probablement l’œuvre d’anciens qui ont recueilli, après la mort de Jean, des éléments de la tradition johannique. Pierre occupe le centre du chapitre. C’est la vie de l’Église qui est au cœur des débats, sa structuration.

• Versets 1-14 : manifestation de Jésus près du lac. Dans l’épreuve (nuit de pêche stérile) le Seigneur se fait proche. Ils sont sept, dont deux anonymes. Le premier est Simon ; c’est un indice de l’importance de Pierre. Au bout de la nuit la persévérance est récompensée, le Seigneur « se tenait là », il y était déjà, peut-être même dans la nuit : c’est le sens du verbe grec. Jésus se manifeste par deux signes à méditer : Jésus récompense, par une pêche abondante, la constance de celui qui suit ses instructions. Jésus se manifeste aux siens avec son habituelle bonté.

• Versets 14-19 : le colloque entre Jésus et Pierre. Triple question de Jésus et triple mission. La charge pastorale que Jésus donne à Pierre se fonde sur un rapport d’intimité filiale, sur la confiance. Les caractéristiques du bon Pasteur sont maintenant appliquées à Pierre : l’Église a Pierre pour pasteur. Cette charge de pasteur est fondée sur l’amour et la capacité de donner sa vie.

Une Parole pour aujourd’hui

Nous pouvons développer le thème de la proximité du Seigneur. Nous connaissons des « nuits » longues et pénibles, le travail pesant et sans résultat. Mais le Seigneur se tient là, sur le rivage. Ouvrons les yeux, recevons ses instructions. Il agit en ami, avec bonté, avec générosité, tout comme à Cana au début.

Avec le texte des Actes et l’Évangile on peut chercher à déterminer quelle est la condition fondamentale du disciple : le disciple est un envoyé, il est témoin de la Bonne nouvelle, il prolonge le ministère de Jésus par l’amour et le service.

La mission s’enracine dans une relation personnelle de confiance avec le Seigneur. C’est le sens du dialogue de Jésus et Pierre : « M’aimes-tu ? » La mission n’est pas de l’ordre d’un activisme, d’un contrat mais d’un rayonnement et d’une émanation. Paul utilisera des termes comme ambassadeur, bonne odeur du Christ, temples de l’Esprit.

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