Archive pour la catégorie 'biblique'

SBF La Parole de Dieu: De la lecture liturgique à la lecture personnelle de l’Ecriture (Frédéric Manns, ofm)

11 février, 2012

http://www.custodiaterrasanta.com/SBF-La-Parole-de-Dieu-De-la.html

SBF La Parole de Dieu: De la lecture liturgique à la lecture personnelle de l’Ecriture

10/01/2009

La communauté de Taizé a décidé de faire imprimer et de distribuer un million de Bibles en chinois pendant l’année 2009. Fr. Alois Loser, le prieur de la communauté, a diffusé cette nouvelle le 28 décembre lors de la clôture de la 31° assemblée européenne des jeunes. C’est la version du Studium Biblicum Franciscanum de Hong Kong qui sera imprimée. C’est là sans doute un des fruits du synode sur l’Ecriture qui nous encourage à reprendre notre réflexion sur la Parole de Dieu.

Index:
Dieu se révèle à l’homme
L’Église des premiers siècles lit la Bible
Quelques grands interprètes de la Bible
La “lectio divina” naît dans les monastères
La Bible imprimée : chrétiens et protestants se divisent
Un défi pour le futur : Lire la Bible en Église

Le christianisme n’est pas une religion du Livre, mais une religion de la révélation de Dieu, un Dieu qui parle et fait alliance avec les hommes. C’est cependant grâce au texte que le chrétien entre en relation avec Dieu, un Dieu qui s’intéresse à l’histoire des hommes.
L’Evangile de Luc se conclut sur la scène des disciples d’Emmaüs. Deux hommes quittent Jérusalem après la mort de Jésus et rentrent chez eux. Ils sont déçus parce qu’ils espéraient que Jésus serait celui qui délivrerait Israël des Romains. Jésus les rejoint sur la route et « ouvrit pour eux les Ecritures ». Il explique, commente et interprète. Jésus part de Moïse, des prophètes et des autres écrits. L’exégète est Jésus, Dieu fait homme, mort et ressuscité.
Dans la suite du récit, les deux hommes font halte au village d’Emmaüs. Jésus prend le pain et le distribue. « Alors, leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent », dit Luc. En d’autres mots l’eucharistie est le haut lieu de réception et de compréhension des Ecritures. Le Livre est une nourriture. Il renferme la parole, une parole appelée à s’épanouir à l’intérieur des esprits et des corps.
Le principe d’interprétation du texte ne doit pas dépendre seulement de la critique historique ou de la subjectivité de l’interprète. Il doit s’ancrer dans la tradition de l’Eglise. C’est la lecture christologique qui rend raison de la richesse de l’Ecriture. Sinon le lecteur risque de tomber dans l’arbitraire subjectif ou dans le fanatisme fondamentaliste.
Vatican II a relié fortement la Bible, la parole de Dieu, la tradition et le magistère : l’Eglise reconnaît ainsi qu’il y a une source unique, la révélation de Dieu, qui passe à travers des canaux multiples, qu’on ne peut isoler les uns des autres. C’est pourquoi l’Eglise encourage à lire et à méditer la parole de Dieu, comme l’a fait le dernier synode des évêques à Rome, en octobre. La Bible est sur la place publique. Il ne faut pas la séparer de sa source, qui est le Dieu vivant. Il faut la recevoir pour la mettre en pratique.

L’Église des premiers siècles lit la Bible
Aux premiers siècles de notre ère, pour les communautés chrétiennes naissantes, les « Ecritures » désignent la Bible hébraïque et il n’est pas question de leur adjoindre un deuxième livre.
Des écrits sur Jésus apparaissent très tôt. Les lettres de l’apôtre Paul sont les textes les plus anciens. L’ancien persécuteur des chrétiens se met à proclamer le kérygme : « Le Christ est mort pour nous et il est ressuscité pour notre justification ». Celui qui reçoit le baptême obtient le pardon de ses péchés. Paul avait cependant mis en garde les chrétiens de Corinthe: « La lettre tue, l’esprit vivifie ».
Les quatre Evangiles furent rédigés après avoir connu une période de tradition orale. Leur origine est liturgique. Mais le noyau de ces écrits accompagnant les enseignements itinérants des apôtres et des prophètes, n’est que l’ombre portée de l’événement fondateur: la mort et la résurrection de Jésus.
Pour les jeunes Eglises chrétiennes, la question de la sélection des témoignages les plus fiables sur Jésus émerge seulement au courant du IIe siècle, quand l’éclatement doctrinal se profile. La montée en puissance du christianisme sur le pourtour méditerranéen s’accompagne en effet d’une floraison de doctrines entâchées par des philosophies ésotériques venues de Grèce, d’Iran ou d’Egypte, comme la gnose – un mot grec signifiant « connaissance ».
En quelques décennies, les courants gnostiques déferlent sur le christianisme oriental. Ils se caractérisent par une opposition entre le monde matériel, voué à la perdition, et le monde spirituel, objet d’une connaissance supérieure et réservé à une petite élite. Pour les désavouer, Irénée de Lyon recourt, à la fin du IIe siècle, à la notion de « tradition »: est considéré comme vrai ce qui a été reçu directement des apôtres et conservé intact dans les Eglises fondées par les apôtres, en particulier celle de Rome.
Irénée de Lyon fait ainsi remonter les quatre Evangiles à des apôtres directs (Matthieu et Jean) ou à leurs compagnons (Marc et Luc) et montre que les quatre textes proclament différemment la même chose. Le quatuor sonne juste, sans dissonance. Pourquoi quatre? Parce qu’il y a quatre points cardinaux, répond, imperturbable, Irénée. La réponse ne convainc visiblement pas des chrétiens qui manipulent, à cette époque, près d’une quinzaine d’Evangiles. Citons le célèbre Evangile de Thomas, déterré en Egypte en 1945 et titré « Paroles cachées de Jésus écrites par Thomas ».

Quelques grands interprètes de la Bible
C’est dans ce contexte polémique que s’impose la nécessité d’opérer un tri et de déterminer une règle qui définit les textes lui appartenant de droit. Ainsi naît l’idée d’un canon des Ecritures. Loin des bibliothèques gnostiques, les écrits chrétiens sont d’abord des paroles proclamées, à des fins d’enseignement ou de célébration.
Les siècles suivants vont alors faire apparaître un nouveau personnage, banal pour nous modernes, mais révolutionnaire pour l’Antiquité tardive: le lecteur privé des Ecritures.
Origène, à Césarée maritime, établit la première école biblique. Après avoir résout les problèmes de critique textuelle, il écrit ses commentaires allégoriques dont certains se rapprochent du midrash juif. A Bethléhem Jérôme traduit la Bible en latin, la Vulgate, et revient au texte hébreu, alors qu’Augustin d’Hippone préférait la traduction grecque des Septante.
Augustin qui vit à Milan est en recherche de la vérité. Déçu de tout, lassé des philosophes et de leurs contradictions, il se rend à l’église pour entendre les sermons de l’évêque Ambroise. Fasciné par cet homme pieux, Augustin se glisse ensuite dans son bureau, dont la porte est toujours ouverte. Et là, Ambroise, qui ne pensait pas être vu, lit un livre à voix basse. Pourquoi cette scène bouleverse-t-elle à ce point Augustin ? Simplement parce qu’elle le fait basculer dans un monde neuf, qui est encore aujourd’hui le nôtre: celui du livre comme compagnon intime, miroir de l’âme et ami de la solitude. La Bible chrétienne, dont les contours commencent alors à se dessiner, est le premier livre à jouer ce rôle en Occident. Le monde gréco-romain était un monde d’orateurs, formé à l’art de la rhétorique; le monde chrétien va devenir un monde de lecteurs. Le livre devient le lieu même où se joue la vie spirituelle.
La “lectio divina” naît dans les monastères
C’est du côté des premiers moines, au Ve siècle, que la pratique de la lectio divina, ou « lecture des textes divins », va se répandre, au point de devenir l’un des piliers de la vie monastique, avec le travail manuel et la prière du choeur. D’abord liturgique et public, le rapport au livre devient personnel. Il s’agit de lire la Bible comme une parole qui m’est adressée, à moi et à nul autre, à l’instant même où je la lis. Devenu un manuscrit copié à la plume d’oie dans le silence du scriptorium, le livre n’est plus une simple suite de propositions dédiées à l’enseignement, mais le lieu même où la vie spirituelle se joue. Dans les hermitages de Cappadoce les moines apprennent par cœur les Psaumes et les Evangiles pour les ruminer jour et nuit. Dans le désert de Juda Cariton, Sabbas et Eythyme fondent des laures où les moines travaillent et méditent les Ecritures durant la semaine et se retrouvent pour la liturgie dominicale.
A la fin du XIIe siècle, le prieur de la grande Chartreuse Guigues II fait de la lecture silencieuse le « premier barreau de l’échelle qui monte au ciel ». Il rédige en 1150 L’Echelle du moine, où il distingue quatre étapes dans la vie du moine : lecture, méditation, prière et contemplation. La lecture signifie cependant la recherche du sens littéral du texte.
Plus tard, François d’Assise veut que l’Evangile vécu au quotidien soit l’unique règle des Frères Mineurs, ce qui exige une méditation constante des saintes Ecritures. L’Institution du tiers ordre pour les laïcs met à la disposition du peuple chrétien les Evangiles. Mais les livres sont chers. Jusqu’à la Renaissance, la Bible existe principalement pour les clercs des monastères et des universités. Pour le peuple, elle se transmet par la liturgie qui la met en scène, la prédication qui l’explique et l’art qui la représente. Ainsi, les cathédrales avec leurs sculptures colorées, sont une Bible de pierre.
La lecture monastique commence cependant à ébranler la pierre des cathédrales. Peu à peu, la relation personnelle au livre saint remet en question les intermédiaires institutionnels. Une brèche apparaît, dans laquelle entreront au XVIe siècle les mouvements de réforme de l’Eglise.

La Bible imprimée : chrétiens et protestants se divisent
Le premier livre à sortir des presses de Gutenberg à Strasbourg en 1455 est la Bible. Gutenberg préfère imprimer sur papier plutôt que sur parchemin, ce qui lui permet d’abaisser considérablement le poids du livre. La technique devient ainsi l’alliée des humanistes et des réformés, pareillement soucieux de démocratiser l’accès à la Bible, en l’arrachant à la prédiction et à la liturgie. Malgré tout la Bible reste coûteuse et volumineuse. Cependant, la révolution est en marche. Elle fera du livre saint un objet malléable, offert à toutes les lectures et à toutes les interprétations.
« Sola fides » s’écrie alors Luther, court-circuitant la hiérarchie ecclésiale et son clergé. Pour le moine allemand la foi à l’intérieur du coeur ne doit avoir pour seul répondant, à l’extérieur, que le livre saint, lisible par tous.
Joignant le geste à la parole, l’initiateur de la Réforme traduit la Bible latine dans une langue allemande encore en formation, mais qu’il veut la plus proche possible de celle qui est utilisée par le peuple. Il poursuit ainsi un mouvement inauguré aux XIIe et XIIIe siècles, avec les premières traductions de la Bible en français. A l’époque, leur diffusion n’avait pas dépassé le cercle des familles royales. Cette fois, par l’imprimerie, le mouvement s’accélère et le public s’élargit.
Mais cette Bible des humanistes et des réformés n’est sans doute qu’un rêve: celui d’un accès simple et direct à une Parole divine qui illuminerait le lecteur aussitôt qu’il la découvrirait. Eloignée d’une lecture spirituelle qui dissimulait ses aspérités, la Bible apparaît à l’époque moderne comme un texte embarrassant: les contradictions historiques sautent aux yeux des fins lettrés que sont Baruch Spinoza (1632-1677) et surtout Richard Simon (1638-1712), auteur du grand ouvrage Histoire critique du Vieux Testament (1678). Simon, prêtre catholique, compare les différentes versions disponibles, révise les traductions et discute l’attribution des premiers textes de la Bible à Moïse. Il entend cependant laisser l’Ecriture à sa dimension divine, limitant l’objet et la portée de sa critique savante.

Un défi pour le futur : Lire la Bible en Église
Les mutations que le rapport au livre saint a connues au cours des siècles ne sont donc pas pour autant des fractures. Avec Internet commence une nouvelle mutation : la Bible est maintenant à la disposition de tous les navigateurs en toutes les langues du monde et avec des centaines de commentaires. C’est maintenant la lecture personnelle qui renvoie à une lecture plus communautaire. La dialectique poursuit son chemin : dans un premier temps de la lecture collective à la lecture personnelle, puis de la lecture personnelle à la lecture communautaire. Pour le chrétien de 2009, il s’agit plutôt d’intégrer sans les opposer ces trois usages du livre qui en ont bouleversé la réception: la lecture collective, la lecture personnelle et la lecture critique. Le recours à la lectio divina prôné par le synode devrait permettre de réaliser ce défi. Vatican II a rappelé que la hiérarchie institutionnelle est soumise à la parole de Dieu qui la jugera.
L’Orient a soif aujourd’hui de la parole de Dieu. La Bible qui est une vraie nourriture sera capable d’apaiser la faim des populations chinoises et asiatiques grâce à la générosité de la communauté de Taizé. L’Esprit qui parle au cœur des lecteurs leur permettra de saisir la richesse de la parole de Dieu. Les communautés chrétiennes auront pour tâche d’expliquer le texte millénaire qui est parole de Dieu pour aujourd’hui.

Frédéric Manns, ofm

Uniquement pour l’amour (Traduction Google)

6 février, 2012

http://www.stpauls.it/madre/1003md/1003md01.htm

MARIANO DE LA MENSUELLE EN LIGNE: LA MÈRE DE DIEU

Éditorial Mars 3, 2010

de MADI DRELLO

(Traduction Google)

Uniquement pour l’amour

«L’homme juste qui vit par la foi est semblable à une vigne chargée de raisins: étend autour de lui le parfum de ses vertus et l’abondance de ses œuvres. » C’est ainsi que le Curé d’Ars, en pensant aux innombrables personnes dans la vie sainte de l’Église, mais cette définition semble particulièrement adaptée pour Saint-Joseph, homme de Dieu qui était en mesure de répondre avec générosité à l’Ange du Seigneur.

Le calme. Peut-être qu’il a raison dans le silence, l’obscurité, sa grandeur, ce qui suggère un arbre en hiver, apparemment sec et aride, mais intérieurement vivante et active dans la préparation des fruits de l’été. Jean-Paul II, comme il a souligné sa capacité contemplative: « ., Mais vous permettra de découvrir dans ses actions, enseveli dans le silence, une aura de contemplation profonde » « Les Evangiles parlent exclusivement de ce que Joseph » a fait

Et c’est précisément l’absence de mots qui vient un « éloquence », qui le met en contact avec son Seigneur et lui permettant d’agir comme vous l’indiquez. Bien sûr, cela est une ordonnance qui vient, le mystère, mais ce qui est plus grand que sa façon à ce que soutient et est liée à celle de Marie, sa fiancée!

Le rêveur. Quatre fois Dieu lui parle dans les rêves et Joseph, le rêveur, même si choqué et hésitant, ne demande pas d’explications, peut reconnaître les mots qui viennent d’en haut, les accepte et que vous commencez avec détermination sur le chemin que le Seigneur a toujours été chemin pour lui, peut-être pas au courant de combien il était important d’être sa disponibilité dans l’histoire du salut. Est tout simplement en harmonie avec le Tout-Puissant, qui a conduit son peuple vers la Terre promise; s’insérer dans les rêves de Dieu, parce qu’il a appris dans sa vie de Juif pieux pour ne pas craindre les grandes choses qui peuvent arriver à plus petite. Rêver seul peut être une illusion, mais rêver en compagnie de l’Eternel est le commencement d’une réalité extraordinaire.

Le père. « Il a été choisi par le Père comme un gardien fidèle de la nutrition et de ses plus grands trésors, son fils et son épouse, et de réaliser cette tâche avec la plus grande diligence. » Saint Bernardin de Sienne est d’indiquer l’élection spéciale de Joseph, ajoutant qu’en effet, Dieu a accordé tous les dons nécessaires à sa mission. Il est sans doute la présence de Dieu en lui, mais cette force intérieure ne limite pas la taille d’un homme qui a su vaincre la peur, de plus en vrai père de Jésus, même si elle est un parent. Fondamentalement Joseph a choisi l’amour au lieu de la production, accomplissant ainsi la promesse ancienne.

Le droit. Joseph est un jeune homme au cœur pur et un grand amour, mais c’est aussi un homme courageux qui risque d’être humiliés publiquement, et pourtant qui prend les décisions qu’il estime juste, après tout, en dépit de ne pas comprendre, repose sur une impulsion avec le Mystère. En lui, la conscience de Juif selon la loi entre en conflit avec le plus profond de la justice, y compris celle de la bonté, de la foi mûre, la vraie charité. Dans son histoire est confirmé par les mots de Simone Weil: «La vie du croyant en lui, c’est compréhensible que si il ya quelque chose d’incompréhensible. »

Madi Drello

ROMAINS – Le Seigneur est notre justice

25 janvier, 2012

http://www.waters-of-life.net/index.php?n=French.BkNt06RoCh045

ROMAINS – Le Seigneur est notre justice

Etudes de l`épître de Paul aux Romains

PARTIE 1 – La justice divine condamne tous les pecheurs et elle justifie et sanctifie tous ceux qui croient en Jésus-Christ (Romains 1:18 – 8:39)
D – La puissance de Dieu nous libère de la puissance du péché (Romains 6:1 – 8:27)
8. Les trois gémissements uniques (Romains 8:18-27)

ROMAINS 8:18-22
18 J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. 19 Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. 20 Car la création a été soumise à la vanité, -non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise, – 21 avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. 22 Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement.
Paul ne fut pas satisfait par sa foi et son amour pour Dieu, mais il alla à plus que cela, à notre espérance en Dieu. Attends-tu l’apparition de la gloire de Dieu? Est-ce cela le but de ta vie? Ne te sois pas satisfait que de résoudre tes petits problèmes, parce que le but de Dieu est la rédemption du monde entier. Attend le plus grand don de Dieu qui consiste en le renouvellement de toute la création.
Les animaux souffrent, et l’herbe disparaît. Et malheur à l’homme qui entraîne des souffrances pour le bétail. As-tu remarqué comment les yeux des animaux se ferment et s’enveloppent de la tristesse? Cela arrive parce qu’elles sont éphémères, et leur manque de la joie, ainsi les signes de la solitude et de la détresse apparaissent sur elles. Les animaux sont tous impatients à l’apparition de la gloire des fils de Dieu, parce que lors de la venue du Seigneur ses enfants nés de son Esprit et seront libérés du corps de leur souffrance, et sa gloire paraît en eux. Et puis, toutes les créatures survivent aussi. A ce moment, aucun animal ne sera rétif, aucun moustique ne pique un homme endormi, parce que le Christ nous a promis une totale paix sur la terre qui sera réalisé par la seconde venue du Christ avec tous ses saints et ses anges. L’attends-tu avec impatience?
La nature souffre depuis la chute de l’homme dans le péché, parce que la fonction de l’homme, et tout ce qui est sous son autorité, a été corrompu par sa corruption. Paul explique ce fait pour nous, en comparant la nature à une mère qui souffre sous la peine de l’accouchement jusqu’à ce que le Fils de Dieu vienne à nous, car il souffre avec nous et avec tous les animaux. Il veut venir le plus tôt possible pour le salut de tous.

ROMAINS 8:23-25
23 Et ce n’est pas elle seulement; mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. 24 Car c’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance: ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore? 25 Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.
Les Fils de Dieu gémissent dans ce monde par la puissance de l’Esprit du Seigneur dans leur for intérieur, en demandant l’accomplissement de leur filiation. Nous avons été rachetés par la foi, mais nous serons rachetés complètement. Nous tenons aujourd’hui une partie de la perfection en nous, mais nous nous attendons à la perfection complète. L’espérance certaine et la reconnaissance d’avance pour la gloire à venir sont les caractéristiques fondamentales de la vie spirituelle en nous. Nous ne soupirons pas après l’or et la convoitise, mais nous voulons apercevoir Dieu le Père et le Fils et l’Esprit Saint. Aspires-tu à voir ton Père? Attends-tu la communion du Christ ton rédempteur? N’oubliez pas que ton corps mortel se brûlera dans la présence de la splendeur de Dieu, et tu deviendras une lumière éternelle dans sa lumière. Cela est le désir des saints, parce que leur vie couverte en Dieu apparaîtra bientôt. Elle ne remplit pas le cœur seulement, mais leur corps tourmentés, malades et mortels seront aussi changés et glorifiés. Nous avons tous besoin beaucoup de patience et de protection en attendant sur cette terre, parce que la technologie et la science tentent de briser notre espérance par la création d’un paradis éphémère dans ce monde précaire. Le Saint-Esprit seul est les arrhes de la gloire à venir.

ROMAINS 8:26-27
26 De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables; 27 et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints.
L’Esprit Saint lui-même souffre dans nos corps faibles, et déplore sur notre incapacité, et souffre à cause de nos prières avares, et gémit à cause de nos connaissances incomplètes, et se rend attristé à cause de notre amour limité, et s’étonne à cause de notre force souffrante. L’esprit de Dieu lui-même prie et intercède en faveur des croyants, même s’ils ne prient pas. Il intercède en leur faveur par des soupires spirituels conformément à la prière du Seigneur, qui est la prière du Saint-Esprit elle-même. Soumis-toi à l’école de cette prière, et tu seras libéré de ta prière égoïste et poussé par une tempête de reconnaissance et de supplication pour le bien de l’amour. Tu prieras avec sagesse et plaisir et force, parce que c’est l’Esprit du Seigneur qui prie en toi, jour et nuit, pour sauver l’univers entier. Quand seras-tu impliqué dans sa supplication au Père céleste, en priant et rendant grâce de tout ton cœur?

PRIERE:
Père Saint, pardonne-nous nos prières paresseuses et égoïstes, et guide-nous à sanctifier ton saint nom, afin de glorifier la rédemption du Christ avec toute notre existence, et nous travaillons humblement dans la puissance de ton Esprit. Enseigne-nous, ô Seigneur, à réaliser l’espérance de l’Esprit et à prier comme il le veut, et à désirer ta présence et la venue de ton Fils dans une grande gloire, afin que toute la création survive avec tous ceux qui vivent avec l’espérance dans notre pays.

SCANDALE E FOLIE

18 janvier, 2012

http://www.spiritualite2000.com/page-805.php

SCANDALE E FOLIE

Septembre 2003

Jacques Sylvestre, o.p.

Année B. La Croix Glorieuse 14 septembre 2003

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 3, 16-17

Nul n’est monté au ciel hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est au ciel. Comme Moïse éleva le serpent au désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme afin que tout homme qui croit ait par lui la vie éternelle. Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.

Commentaire :
Paul écrivait aux Philippiens : « Je vous en conjure par tout ce qu’il peut y avoir d’appel pressant dans le Christ, de persuasion dans l’Amour, de communion dans l’Esprit, de tendresse compatissante, mettez le comble à ma joie par l’accord de vos sentiments… Ayez entre vous les mêmes sentiments qui furent dans le Christ Jésus : Lui de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort et à la mort sur une croix ! Aussi Dieu l’a-t-il exalté et lui a t–il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu’il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » (Phil. 2 : 1-11) Le même Paul confiait aux chrétiens de Galates : « Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ qui a fait du monde un crucifié pour moi et de moi un crucifié pour le monde. » (Ga 5 : 14)
Pareille exultation ne permet pas d’oublier que l’apôtre vivait malgré tout dans un environnement hostile à la croix de Jésus : « Devenez à l’envi mes imitateurs et fixez vos regards sur ceux qui se conduisent comme vous en avez en nous un exemple. Car il en est beaucoup, je vous l’ai dit souvent et vous le redis aujourd’hui avec larmes, qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Leur fin sera la perdition ; ils ont pour dieux leur ventre et mettent leur gloire dans leur honte. Ils n’apprécient que les choses de la terre. Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux, d’où nous attendons ardemment comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ, qui transformera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire, avec cette force qu’il a de pouvoir se soumettre tout l’Univers. » (Phil. 3 : 17-19) Aux Corinthiens, après l’expérience décevante de l’agora d’Athènes (Ac. 17 : 23 +), Paul partageait ses craintes : « Le Christ ne m’a pas envoyé baptiser, mais annoncer l’Évangile, mais sans recourir à la sagesse du langage, pour que ne soit pas réduite à néant la croix du Christ. Le langage de la croix est en effet folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu…
Puisque le monde, par le moyen de la sagesse, n’a point reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie du message qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants. Oui, tandis que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse, nous prêchons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, Juifs comme Grecs, c’est le Christ puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. » (1 Cos. 1 : 17-25)
Ainsi s’est accompli la mission de Jésus : « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour le monde soit sauvé par lui. » Mais notre univers chrétien fait peu à peu disparaître toute trace de mort, et celle du Christ sur la croix n’échappe point à ce bûché. Seuls nos clochers en proclament encore la réalité et non moins les innombrables croix de nos cimetières. Qui pourrait en effet s’opposer à la substitution du Christ en croix par le Christ ressuscité et montant au ciel ? Le malheur est que nous oublions le prix payé pour ce salut et que loin d’améliorer notre situation, le nombre de victimes de la violence et des passions humaines ne cessent d’augmenter. Encore, si cela était de nature à nous convaincre de partager la foi de l’apôtre Paul : « Je trouve ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps qui est l’Église. » (Col. 1 : 24)
Une moniale demandait un jour le pourquoi de ces grandes croix dépouillées du corps du Christ, le « corpus «. « Pour rappeler à chacun, lui fut-il répondu, la dure réalité à laquelle sont confrontés ceux et celles qui ne croient plus à la croix du Christ venu non pour condamner l’homme mais le sauver. » Ce qui était folie pour les Grecs et scandale pour les Juifs le demeure plus que jamais pour les hommes de notre temps : « Ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. »
Croix de clocher, croix de cimetières, croix de nos maisons, croix de tempérance dans nos églises, elle demeure glorieuse cette croix malgré son ignominie, car elle est signe incontestable de la victoire remportée par Jésus au nom de toute l’humanité. « Par ce signe tu vaincras ! » avait, selon la légende, entendu Vercingétorix à la veille d’une bataille, ce qui l’avait amené à la conversion.

Le Serviteur verra une descendance (Is 52,13 – 55,13)

10 janvier, 2012

http://www.bible-service.net/site/777.html

Le Serviteur verra une descendance (Is 52,13 – 55,13)

Le Serviteur sera haut placé

La manière dont Dieu décrit le sort de  » son serviteur  » au v. 52,13 ( » il sera haut placé, élevé, exalté « ) ne peut pas manquer de surprendre le lecteur. En effet, les adjectifs  » haut « ,  » élevé  » et  » exalté  » (ram et nisa’) avaient été utilisés pour dénoncer l’orgueil des chefs qui se glorifient eux-mêmes (2,12-15) dans l’oubli du seul vrai Roi qui apparaissait au voyant dans le temple assis sur un trône  » haut  » et  » élevé  » (6,1).
La surprise du lecteur correspond d’ailleurs à celle des foules d’abord horrifiées (52,14) puis émerveillées (52,15). Or la méprise des foules au sujet du serviteur vient de ce qu’elles jugent l’homme à son apparence. Tout ceci rappelle en fait le récit de l’onction de David par le prophète Samuel. Ce dernier, voyant Éliav et sa  » haute  » taille, le prend pour le messie de YHWH, mais Dieu lui dit :  » Ne considère pas son apparence ni sa haute taille… les hommes voient ce qui saute aux yeux mais YHWH voit le cœur  » (2 Sm 16,7). Le parallèle entre l’élection de David et l’exaltation du serviteur s’enrichit encore d’un détail lexical. Le mot étrange qui sert à décrire l’apparence du serviteur ( » une corruption  » d’homme : mishha) est très proche en hébreu de celui par lequel Samuel, dans son erreur, qualifie Éliav :  » le messie – mashiah – de YHWH  » (1 Sm 16,6). Le rédacteur a donc une nouvelle fois recours à l’ironie pour battre en brèche le credo messianique traditionnel : YHWH en la matière fait du neuf et les rois en restent bouche close !

Le fondateur d’une nouvelle dynastie
C’est alors que le groupe du  » nous  » entre en scène, confessant lui aussi sa méprise :  » Il avait ni aspect, ni prestance tels que nous le remarquions, ni apparence telle que nous le recherchions  » (53,2). Pourtant  » racine sortant d’une terre aride « , le serviteur ne rappelle-t-il pas la  » racine de Jessé qui sera érigée, en ce jour-là, en étendard des peuples  » (11,10) ? En outre, comme le rejeton de Jessé, le Serviteur fait resplendir la justice.
Son sort évoque aussi celui d’Ézéchias lors de sa maladie : comme lui, il est  » rejeté par sa génération « ,  » retranché de la terre des vivants  » (53,8 cf. 38,11). Mais tandis qu’Ézéchias était surtout préoccupé de son sort et de celui de sa descendance, le serviteur porte celui du peuple. À cet égard, il est éclairant de lire le chant en regard de la diatribe qui ouvre le livre (1,1-9) :  » maladie « ,  » blessure « ,  » péché « ,  » révolte « , tous les maux du peuple énumérés dans cette diatribe sont maintenant endossés par le serviteur. Pourtant il ne se trouve en lui ni cette  » violence  » si caractéristique des fils d’Adam (Gn 6,11-13), ni la  » fraude  » dont font preuve Jacob et ses fils (Gn 27,35 ; 34,13).
C’est pourquoi, contrairement à ce qui arrive à Ézéchias, figure royale imparfaite, le serviteur se voit assurer par Dieu non seulement  » une prolongation de ses jours  » mais aussi  » une descendance « . Les fondements d’une nouvelle dynastie sont ainsi posés en remplacement de la dynastie davidique incapable de mettre en œuvre le plan de YHWH.

Sion et les fils-serviteurs
Sion est invitée à accueillir cette nouvelle dynastie dans la joie (54,1). Ézéchias se lamentait, comparant Jérusalem assiégée à une femme en travail :  » Des fils se présentent à la sortie du sein maternel et il n’y a pas de force pour enfanter  » (37,3). Le groupe du  » nous  » confessait :  » Nous avons été dans les douleurs mais nous avons enfanté du vent  » (26,18). Ici,  » celle qui n’a pas enfanté… qui n’a pas été dans les douleurs  » est invitée à accueillir  » une descendance  » si nombreuse qu’elle doit  » élargir l’espace de sa tente et distendre les toiles de ses demeures « .
La paire  » tente, demeure  » évoque l’époque précédant la construction du premier temple à propos de laquelle YHWH déclarait par la bouche du prophète Nathan :  » Est-ce toi qui me bâtiras une maison pour que j’y habite ?… jusqu’à ce jour, j’ai cheminé sous une tente et à l’abri d’une demeure  » (2 Sm 7,6). La situation est ici la même que lorsque Nathan rendit visite à David : on parle certes de construire (54,12), mais ce qui compte c’est d’abord d’établir une maison de chair, une dynastie.
Comme au ch. 50, YHWH se présente comme l’époux de Sion : un temps il l’avait abandonnée, mais il veut maintenant renouveler son alliance avec elle. Il est le père de ses fils et, paradoxalement, ces  » fils  » sont aussi la descendance promise au Serviteur puisque pour la première fois dans le livre le mot  » serviteurs  » apparaît au pluriel pour les désigner (54,17). Enfin, ces fils sont des  » disciples « , comme le Serviteur (50,4) et comme ceux en qui le prophète avait  » enfermé l’attestation  » et  » scellé l’instruction  » (8,16). Mais qu’en est-il du groupe du  » nous  » constitué autour du prophète au ch. 8 ?

Renouvellement de l’alliance
C’est précisément au groupe du  » nous  » – groupe qui inclut les disciples, les serviteurs et même, potentiellement, les lecteurs – que s’adresse l’invitation de YHWH :  » O vous tous qui êtes assoiffés venez vers les eaux !  » Et voici que ces invités deviennent les destinataires inattendus d’un renouvellement radical des promesses faites à David ( » ta maison et ta royauté seront stables pour toujours  » [2 Sm 7,16]) :  » Je conclurai avec vous une alliance de toujours, selon les bienfaits stables accordés à David  » (Is 55,3).
Ainsi une réponse commence à être donnée à la douloureuse question de la fidélité de YHWH à ses promesses, et le lecteur découvre combien  » les pensées (de YHWH) sont hautes par rapport aux pensées (des hommes)  » (55,8). Bien que la maison de David se soit révélée incapable de servir le plan de YHWH, celui-ci réussit néanmoins à être fidèle. En effet, rien n’empêche que la maison du Serviteur puisse inclure celle de David (c’est bien pourquoi Sion est invitée à élargir l’espace de sa tente). Il est jusqu’au lecteur qui est convié à en faire partie puisque l’exhortation faite ici à  » rechercher YHWH  » (55,6) redouble celle présente dans le diptyque d’ouverture de la seconde partie :  » Cherchez dans le livre de YHWH et lisez !  » (34,16).

La fidélité de Dieu se lit à travers les  » signes « 
Se retournant, le lecteur peut effectivement retracer tout le développement de la question davidique à travers les occurrences du mot  » signe  » :
• Is-7,11.14 : Achaz refuse de demander un signe, il en est donné un à la maison de David : l’annonce de l’enfantement de l’Emmanuel.
• Is-37,30 : des signes sont donnés à Ézéchias indiquant la délivrance de la ville et sa guérison miraculeuse, mais lorsqu’il demande un signe pour monter à la maison de YHWH (38,22), il ne lui est fait aucune réponse si ce n’est la venue des Babyloniens.
• Is-55,13 : la descendance d’Israël procure à YHWH un  » nom  » et cela constitue  » un signe perpétuel qui ne sera jamais retranché « .

Maintenant que la nouvelle dynastie est ainsi solidement établie, il peut à nouveau être question du temple (qui avait disparu du livre depuis le faux pas d’Ézéchias) selon l’ordre de priorités que Dieu avait déjà imposé à David (2 Sm 7).

Dominique Janthial, Cahier Évangile n° 142 (décembre 2007) pages 42-44

Lc 2 : les anges de Noël (biblique, texte et commentaire)

5 janvier, 2012

http://www.bible-service.net/site/533.html

Lc 2 : les anges de Noël

(LE TEXTE)

2, 1 Or, en ce temps-là, parut un décret de César Auguste pour faire recenser le monde entier. 2 Ce premier recensement eut lieu à l’époque où Quirinius était gouverneur de Syrie.
3 Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville; 4 Joseph aussi monta de la ville de Nazareth en Galilée à la ville de David qui s’appelle Béthléem en Judée, parce qu’il était de la famille et de la descendance de David, 5 pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte.
6 Or, pendant qu’ils étaient là, le jour où elle devait accoucher arriva; 7 elle accoucha de son fils premier-né, l’emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle d’hôtes.
8 Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau. 9 Un ange du Seigneur se présenta devant eux, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d’une grande crainte. 10 L’ange leur dit :  »Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : 11 Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur; 12 et voici le signe qui vous est donné: vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ».
13 Tout à coup il y eut avec l’ange l’armée céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu et disait : 14  »Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés ».
15 Or, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, les bergers se dirent entre eux:  »Allons donc jusqu’à Béthléem et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître ». 16 Ils y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire.
17 Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant. 18 Et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers. 19 Quant à Marie, elle retenait tous ces événements en en cherchant le sens. 20 Puis les bergers s’en retournèrent, chantant la gloire et les louanges de Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, en accord avec ce qui leur avait été annoncé.

Au fil du texte de Lc 2

(COMMENTAIRE)

L’enfant, les bergers et les anges
Voici donc le récit de la naissance de Jésus. La naissance elle-même occupe peu de place dans le texte. Elle est évoquée en un seul verset : Marie accouche d’un bébé, l’emmaillote et le couche dans une mangeoire. C’est tout.
Extrême sobriété, pas un mot de trop. Rien de spectaculaire : une mère et son bébé. On aimerait en savoir un peu plus. Où sont les autres personnages ? Où est Joseph ? Que fait-il ? L’auteur ne s’y intéresse pas. Il est pressé de nous emmener ailleurs, là où se déroule l’essentiel de son récit.
La scène principale se passe en effet dans un lieu indéterminé, mais à quelque distance de l’endroit qui a vu naître Jésus. Comme dans un théâtre, la scène s’éclaire d’une lumière venue d’en haut.

L’ange du Seigneur
Un Ange du Seigneur apparaît à des bergers. L’apparition de l’Ange du Seigneur n’est pas une nouveauté dans la Bible. Tout se déroule en effet selon un schéma classique : l’Ange du Seigneur arrive subitement, sa venue suscite le trouble, le messager divin annonce la naissance d’un enfant et il donne un signe. Luc connaît bien la Bible et les interventions de l’Ange du Seigneur.
Dans l’évangile de Luc c’est la troisième apparition de l’Ange du Seigneur. Il s’est déjà adressé à Zacharie, dans le Temple de Jérusalem, et à Marie dans sa maison de Nazareth. Dans les deux cas il s’agissait de Gabriel celui qui, dans le livre de Daniel, annonçait la venue du temps du salut. Ici, l’Ange du Seigneur n’est pas nommé pas plus que les destinataires du message. Ce sont des bergers anonymes.

L’enfant est pour vous
Le récit comporte une nouveauté. Tout ne se déroule pas selon le schéma convenu. L’annonce de la naissance, cette fois-ci, n’est pas destinée à de futurs parents, mais à des tiers. « Il ‘vous’ est né », dit l’Ange. Dieu donne cet enfant aux bergers, mais également à tout un peuple qui sera comblé de joie à l’annonce de la bonne nouvelle.
L’enfant, par ailleurs, n’est plus à venir, il est déjà là : « Il vous est né aujourd’hui », dit l’Ange. Nous entendons pour la première fois ce mot si important dans l’évangile de Luc que nous retrouverons lors du baptême de Jésus, lors de sa prédication inaugurale à Nazareth, lors de sa visite à Zachée et sur la croix, adressée à un des deux bandits : le mot « aujourd’hui ». Le temps du salut n’est plus à venir. Il est là, inauguré par la naissance de Jésus.

Les titres royaux
Le messager divin attribue maintenant l’enfant qui vient de naître une surabondance de titre royaux. Il est Christ, Seigneur et Sauveur.
Christ : c’est la traduction grecque du mot « Messie » qui désigne le roi attendu par le peuple juif issu de la descendance de David. Jésus justement est né dans le même village que David, à Béthléem.
Seigneur : autre terme royal utilisé pour désigner l’empereur. Mais c’est aussi le terme utilisé par la Bible grecque pour désigner Dieu.
Sauveur : encore un titre royal ou impérial. Les potentats de l’époque aimaient s’attribuer ce titre. Ils voulaient qu’on les appelle « bienfaiteurs » ou « sauveurs » de leur peuple. C’est également le mot que le livre des Juges emploie pour désigner les personnages providentiels que Dieu envoyait pour sauver son peuple en péril. C’est enfin un des mots qui désigne Dieu lui-même. Marie l’a employé dans son Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit s’est rempli d’allégresse à cause de Dieu, mon Sauveur. »

Le hérault du roi
Dans le récit de Luc, l’Ange du Seigneur apparaît comme un hérault qui parcourt le royaume pour énumérer les titres d’un l’enfant royal destiné à monter sur le trône. Le texte n’indique pas le lieu où apparaît l’Ange. Il précise seulement que c’est « dans le même pays », celui de Marie et de Joseph, le descendant de David. Il s’adresse à la population du pays, qui attend un roi envoyé par Dieu. Ce roi vient de naître. Les bergers, qui font partie des basses classes de la société, sont les premiers à en être avertis. C’est normal, le roi vient plus particulièrement pour eux. Plus tard le Seigneur Jésus dira : « Heureux, vous les pauvres : le Royaume de Dieu est à vous. » et également : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout petits. »

Une intrigue qui se noue
Le lecteur de l’évangile est intrigué par cette déclaration solennelle. Que signifient tous ces titres ? Comment l’enfant va-t-il régner ? À la manière de César Auguste et de son représentant Quirinius que le texte vient d’évoquer ? À la manière du roi David, ancêtre de Joseph ? Comment va-t-il monter sur le trône ?
D’une façon plus pratique, le lecteur se demande comment les bergers vont trouver l’enfant. L’Ange du Seigneur ne répond à aucune de ces questions, mais, comme dans tous les autres récits d’annonces de naissances, il donne un signe. Il parle d’un enfant couché dans une crèche. Le signe donné par l’Ange est ambigu. Il semble en totale contradiction avec le message qui vient d’être donné. Comment la pauvreté et la faiblesse de l’enfant peuvent-elles être des signes royaux ?
Placé au début de l’évangile, ce message angélique joue un grand rôle. Il intrigue et invite à lire la suite du texte. Quelle va être la destinée de cet enfant royal couché dans une mangeoire ? La lecture de l’évangile, et plus particulièrement le récit de la longue marche de Jésus vers Jérusalem permettra petit à petit de comprendre le paradoxe. Mais le sens ultime de la royauté de Jésus ne pourra être comprise qu’après sa mort et sa résurrection.

Le choeur de l’armée céleste
Le récit continue avec l’arrivée d’un groupe nombreux qui occupe tout l’espace : l’armée céleste . Son rôle est semblable à celui d’un choeur dans un théâtre antique qui intervient à la fin d’une scène pour en tirer la leçon. L’armée céleste chante la louange de Dieu et la paix pour « les hommes de bienveillance ». Nouvelle expression ambiguë. De quelle bienveillance s’agit-il ? De celle des hommes ou de celle de Dieu ? S’agit-il des hommes de bonne volonté (selon les traductions anciennes) ou des hommes objets de la bonne volonté de Dieu (selon les traductions récentes) ? Pour formuler les choses différemment : Qu’est-ce qui est premier : la bonne disposition du coeur des hommes pour accueillir le salut de Dieu ou l’amour gratuit de Dieu pour les hommes ? Autres questions : de quels hommes s’agit-il ? Du peuple élu, objet de la promesse ou de tous les hommes de la terre ? Et enfin : en quoi consiste cette paix ? Est-elle intérieure ou extérieure, pour aujourd’hui ou pour demain ?
La suite de l’évangile apportera progressivement des réponses à ces questions. Comme le message de l’Ange du Seigneur, le chant de l’armée céleste s’adresse au lecteur pour susciter son intérêt. Il formule les questions essentielles, celles que la communauté chrétienne des origines se pose, celles qui continuent à se poser à notre foi.

Les nouveaux « anges »
Quand les anges sont partis, les bergers, qui jusqu’à présent semblaient figés comme des santons, s’animent à leur tour. Ils s’encouragent mutuellement et vont voir ce qui vient de s’accomplir. Ils y vont en hâte et annoncent ce qui leur a été révélé. Ceux qui les entendent sont étonnés. Nous retrouverons ce même étonnement chez Pierre, à la fin de l’évangile, quand, au matin de Pâque, les femmes lui transmettront le message des anges.
Les bergers maintenant s’en retournent pleins de joie. Ils ont pu constater que les paroles de Dieu se réalisaient. Ils sont devenus des « anges » à leur tour, c’est-à-dire des messagers et des célébrants. Comme l’Ange du Seigneur, ils ont annoncé un message de bonheur. Comme l’armée céleste, ils chantent maintenant les louanges de Dieu. Ils préfigurent le rôle de la communauté chrétienne chargée d’annoncer à tous les hommes la bienveillance de Dieu qui s’exerce par le Seigneur Jésus, notre seul Sauveur.

Joseph STRICHER
Article paru dans Les Dossiers de la Bible n° 70 (novembre 1997) p. 4-6

Un astre à l’orient, lecture de Mt 2 (Bible-Service site)

3 janvier, 2012

http://www.bible-service.net/site/574.html

Un astre à l’orient, lecture de Mt 2

La visite des mages fait partie de ces épisodes évangéliques sur lesquels l’imaginaire chrétien s’est enflammé. Il est vrai que le récit de Matthieu s’y prête : des mages orientaux guidés par un astre mystérieux, un roi cruel face à un enfant sans défense… Le récit a des allures de conte. Mais il vaut moins par les rêves qu’il alimente que par la foi qu’il renouvelle. Lecture.
L’histoire qui nous occupe commence avec l’arrivée des mages et se conclut par leur retour. On sait qu’elle a une suite dramatique, le « massacre des innocents », mais il est impossible de l’étudier ici.

Une enquête
Ce qui forme l’unité des v. 1 à 12, c’est d’abord le voyage des mages. Un voyage en forme d’enquête qui passe par Jérusalem (v.1-8) pour aboutir à une maison de Bethléem (v.9-12). Deux endroits reliés par la même intrigue. A Jérusalem, les mages cherchent le « roi des Juifs qui vient de naître » ; ils rencontrent bien un roi, mais ce n’est pas le bon puisqu’il s’agit d’Hérode ! A Bethléem, orientés conjointement par les Écritures et par l’astre, ils s’inclinent enfin devant « l’enfant avec Marie sa mère ». La question posée à Jérusalem trouve sa réponse à Bethléem.
Entre temps, Matthieu a joué d’une sorte de suspense. Le lecteur sait où est né Jésus. Il sait aussi – grâce au chapitre 1 – qu’il est de la lignée royale de David. L’intérêt de la lecture est alors d’observer comment les mages, qui ignorent tout cela et qui semblent s’égarer près du but, vont trouver le vrai roi. Or, en chemin, ils vont être aidés par Hérode (eh oui !), les Écritures… et l’astre.

L’ange du Seigneur

Hérode
Curieux personnage ! Son titre royal est affirmé aux v. 2 et 3. D’où le trouble qui s’empare de lui et de la ville entière devant la question : « Où est le roi des Juifs ? » Il ne met en doute ni la demande des mages ni l’existence de l’astre apparu dans le ciel. Au contraire, il engage immédiatement une recherche ; en traduisant « roi des juifs » par « Messie », il montre d’ailleurs qu’il a compris, mieux que les mages, de qui il s’agissait. Ses consignes finales installent cependant comme un malaise : celui qui règne à Jérusalem irait s’incliner devant le Messie de Bethléem ? Alors pourquoi une entrevue secrète ? Certes Hérode se conduit en maître : il s’agite, commande, trame on ne sait quoi. Mais ce pouvoir paraît au fond bien fragile. Sa royauté, il ne la tient ni des Écritures, ni des astres. Suprême ironie : c’est grâce à lui que les mages vont connaître les Écritures et reprendre la route.

Les Écritures
Les grands-prêtres et les scribes y trouvent un passage prophétique. Hérode ne discute pas. Pour lui, comme pour les anciens rois d’Israël, ce que dit un prophète est Parole de Dieu. Il donne donc l’information aux mages et ceux-ci repartent dans la bonne direction. Retenons bien ceci : sans les Écritures, les mages ne pouvaient repartir. Au sens fort, elles donnent à leur chemin une orientation décisive. Confirmée par l’astre.

L’astre
Si les Écritures suffisaient, Hérode n’aurait pas eu besoin des mages comme éclaireurs. L’astre est nécessaire. Mais curieusement il n’est utile que pour ceux qui ont déjà su le voir et en apprécier la valeur (cf. v. 2 et 9). Quand Hérode interroge à son sujet, nous en déduisons que lui-même ne l’a pas vu. Mener les voyageurs à l’enfant de Bethléem est une action conjointe et des Écritures et du signe céleste.
Au terme de l’enquête, le signe céleste laisse place à « l’enfant avec Marie sa mère ». Ceux-ci remplissent tout le regard des mages qui peuvent alors se prosterner et offrir ce qu’ils ont de plus beau.
Au terme de l’enquête, des païens, partis sur un signe ambigu, ont su trouver Dieu, au contraire des héritiers de l’histoire de l’Alliance, rois, prêtres et scribes d’Israël – qui avaient pourtant tous les éléments en main.
Et l’intérêt du récit rebondit. Il ne s’agit pas seulement d’une merveilleuse histoire à suspense. Il s’agit d’un interrogation : nous, lecteurs chrétiens, qui sommes à la croisée du monde païen et de l’héritage juif, sommes-nous capables de suivre les mages sur les chemins de la foi ?

Un astre à son lever
Partons du contraste entre ce qui se passe à Jérusalem dans la première partie du récit (v. 1-8) et ce qui se passe à Bethléem dans la deuxième partie (v.9-12).
À Jérusalem, Hérode et toute la ville étaient « troublés » par la demande des mages ; à Bethléem, ceux-ci éprouvent « une très grande joie » devant l’astre qui les guide. A Jérusalem, le roi Hérode ne cessait de s’agiter et de parler ; à Bethléem, l’enfant ne fait rien d’autre que recevoir l’hommage des païens. D’un côté le tumulte et l’inquiétude, de l’autre la joie et le silence.
Dès que l’astre s’arrête, le temps est comme suspendu. Qu’est-ce que Matthieu décrit ? La vue de l’astre qui comble de joie, puis la vue de l’enfant et de sa mère qui appelle un hommage.
Et si Matthieu proposait un itinéraire à son lecteur ? Prendre la route avec les mages, quitter le tumulte de Jérusalem pour la joie de Bethléem. Quitter Hérode pour le Messie. Et s’arrêter le temps qu’il faudra.
Être croyant, ce n’est pas seulement savoir des choses sur Dieu. Les scribes et les grands prêtres savaient ce qu’il en était des rapports entre le Messie et Bethléem. Ils n’ont pas reconnu Jésus pour autant. Ils le rejetteront et le crucifieront. Dès le début de l’Évangile, le lecteur, lui, sait qui est Jésus, sa double origine, à la fois divine et royale. Il connaît le lieu de sa naissance. Mais que faire de ce savoir ? L’histoire des mages devient alors exemplaire.
À la fin de la rencontre avec Hérode, les mages en savent autant que le lecteur. Redisons-le : pour la foi, la connaissance des Écritures est une réalité incontournable. Le détour par Jérusalem était nécessaire pour que les mages païens entendent les mots du Livre de l’Alliance, même prononcés par des scribes insensibles, même murmurés par un Hérode hypocrite. Qu’ils n’aient pas tout compris importe moins que l’orientation donnée alors à leur itinéraire.
Néanmoins, les Écritures seules ne suffisent pas. Il leur fallait retrouver ce qui les avait mis en route, « l’astre vu à l’Orient » – ou bien, selon une autre traduction possible, « l’astre à son lever ». Or en lui-même un astre est ambigu. Que ne fait-on pas dire au soleil, à la lune et aux étoiles ! Matthieu est clair : dès qu’il a montré l’enfant, le signe céleste devient inutile et il n’en parle plus. Le seul astre qui reste, celui qui guide, qui précède et réjouit les hommes, c’est désormais l’enfant de Bethléem, « Emmanuel », Dieu-avec-nous.
Par un chemin où ne manquent ni les ambiguïtés, ni les errements, ni l’ignorance, les mages nous conduisent vers le seul vrai roi de l’univers.
Par un chemin où se vérifie la qualité de notre foi, Matthieu nous conduit vers celui qui a promis qu’il serait toujours avec nous (Mt 28,20) et qui, au coeur du quotidien, s’identifie avec les plus démunis (Mt 25,31s).
La violence toujours menace, celle des puissants, celle des savants. Mais, astre des astres, c’est lui Jésus qui désormais nous guide et nous réconforte. Il nous ouvre les Écritures et nous fait entendre la voix du Dieu de l’Alliance. Par lui, les Écritures nous procurent de la joie. C’est lui que nous retrouvons dans le visage de tout homme pauvre, étranger, nu, malade ou prisonnier… Qu’avons-nous à lui offrir ?

Jusqu’à la fin du monde, il est l’astre né à l’Orient.

Gérard BILLON
Article paru dans Les Dossiers de la Bible n° 75 (novembre 1998) p. 5-7

LA SAINTE FAMILLE DE NAZARETH (Biblique)

29 décembre, 2011

http://leon.paillot.pagesperso-orange.fr/BBB06%20sainte%20famille.htm

LA SAINTE FAMILLE DE NAZARETH

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2, 22-40

Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur selon ce qui est écrit dans la loi : « Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur ». Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.
Or il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était en lui. l’Esprit lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l’Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l’enfant Jésus pour accomplir les rites de la loi qui le concernaient. Syméon prit l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître , tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qu’on disait de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre. »
Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l’âge de quatre-vingt quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S’approchant d’eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.
oOo
La fête des grands-parents
J’ai toujours envie de dire, en lisant ce passage d’Évangile, que la fête de la Sainte Famille, c’est la fête des grands-pères et des grands-mères.
Je me souviens : il y a quelques années, alors que mon père était très âgé, il avait pris l’habitude de s’asseoir sur le radiateur de la cuisine. Et quand son petit-fils, qui à cette époque avait moins de deux ans, arrivait à la maison, l’enfant courait vers lui et se blottissait dans ses bras. Et ils restaient ainsi pendant des heures, à se regarder, sans rien se dire, le grand-père et son petit-fils. Il y avait comme une espèce de connivence entre le vieillard et l’enfant. Cette connivence, cette complicité, nous avons pu souvent la constater, entre grands-parents et petits-enfants. Heureux les enfants qui auront eu la chance, dans leur vie, de vivre avec un grand-père, une grand-mère, un vieux couple. Que se passe-t-il entre eux ? Je n’en sais rien. Mais il ne m’est pas indifférent de voir que lorsque Joseph et Marie vont présenter l’enfant Jésus au Temple, quarante jours après sa naissance, comme le voulait la loi juive, ce ne sont pas des prêtres, ce ne sont pas des personnages officiels de la société religieuse de l’époque qui viennent accueillir Jésus : c’est un grand-père et une grand-mère. Des vieillards qui vont dire une chose extraordinaire, une chose très importante, à Marie et à Joseph : cet enfant, il ne vous appartient pas. Il n’appartient même pas au peuple juif. Il est là pour le salut de toute l’humanité. C’est comme s’ils disaient à Marie : « Tu viens de mettre au monde un enfant. Il te reste le plus difficile à faire. Il faut que tu le donnes au monde. »

Un rite important
Et pourtant, Marie et Joseph viennent au Temple pour faire un geste important. J’ai toujours regretté, personnellement, que dans notre liturgie chrétienne, il n’y ait pas une célébration semblable à celle de la Présentation au Temple. Le baptême, ce n’est pas la même chose. La Présentation au Temple, cela voulait dire : « Mon Dieu, cet enfant, c’est toi qui nous l’as donné. Eh bien, nous te le rendons. Nous savons que nous n’en sommes pas propriétaires. Nous savons qu’il y aura pour nous autre chose à faire qu’à tracer des plans, qu’à faire des projets pour son avenir. Notre enfant, à tes yeux de Père, c’est déjà une personne libre. »
En cette fête de la Sainte Famille, essayons de nous redire cela, nous parents, éducateurs, et vous, jeunes et enfants : tout enfant est un don de Dieu, il appartient à Dieu ; et par conséquent, il est indispensable de se respecter mutuellement, parents et enfants.
L’enfant n’appartient pas à ses parents. Il est un don de Dieu. Il faut sans cesse le répéter. J’ai été frappé, il y a un certain temps, par une remarque du cardinal Lustiger, qui disait : « Aujourd’hui, les Occidentaux se « payent » des enfants comme on se paye une auto. » Il voulait dire par là que, dans nos civilisations contemporaines, l’enfant n’est pas voulu pour lui-même, mais pour le couple qui le « commande », parce qu’il lui est plus ou moins nécessaire. Combien de fois n’ai-je pas entendu cette réflexion, de la part des couples : « Oui, un enfant, il faut bien en avoir un, parce qu’autrement c’est trop triste, la vie, surtout quand on vieillit ! »

Votre enfant : une richesse
Si, dans une civilisation rurale, l’enfant est considéré comme une bénédiction, il n’en est plus de même dans une civilisation urbaine. Dans toutes les civilisations rurales, en effet, l’enfant est considéré comme une richesse, sur le plan économique. Si vous avez des origines terriennes, vous savez bien que, très jeune, un enfant, à la campagne, aide ses parents. Il travaille. Il va conduire les bêtes aux champs. Il sait attacher les vaches à l’écurie, il sait traire. Très jeune, il se rend utile. Et deux bras de plus, dans une ferme, ça compte. Cela a marqué la conscience de milliers de générations pour qui l’enfant est une bénédiction de Dieu et la famille nombreuse une richesse. Par contre, dans notre civilisation urbaine, à ne considérer que le plan économique, l’enfant n’est pas une richesse, mais une ruine. Un enfant, ça coûte cher. Quand il est petit déjà, mais surtout quand il grandit. Ca coûte de plus en plus cher. Et il y a d’autres difficultés, qui ne sont pas d’ordre économique. Les difficultés du temps présent, l’avenir professionnel des jeunes, de plus en plus aléatoire. On comprend l’inquiétude des parents. Il y a encore plus ! Davantage qu’un conflit de générations (qui a toujours existé), des ruptures, entre parents et enfants. Des systèmes de valeurs qui ne peuvent plus être transmis. Alors, dans ce contexte, voir l’enfant « comme un don de Dieu », c’est plus difficile qu’autrefois. Et pourtant, il y a des chrétiens qui font des enfants, dans cette époque où l’on peut les faire quand on veut, librement, volontairement, en connaissance de cause. Ils accueillent l’enfant, et la famille, même nombreuse, comme un don et une bénédiction de Dieu. Heureux sont-ils, ceux-là !
L’enfant n’est pas notre propriété. C’est difficile à concevoir, et surtout à vivre. On fait des projets, comme Joseph et Marie ont dû faire des projets pour l’avenir de leur enfant. Il a fallu que ce soit un étranger à la famille Syméon, qui vienne leur dire : « Attention ! La vie se chargera bien de détruire ces projets que vous faites. » Si vous ne pouvez pas considérer votre enfant comme votre propriété, c’est parce qu’aux yeux de Dieu, tout enfant, comme Jésus, a un destin exceptionnel. E c’est à vous, parents, de leur faire prendre conscience qu’ils ont une place dans la société, un rôle irremplaçable à jouer, et cela dès leur première enfance. Mais ce n’est pas vous qui devez programmer. C’est à eux de découvrir, dans la prière et dans leur vie, quelle est la volonté de Dieu sur eux. C’est tout.
Vous le savez bien : un type de relation trop autoritaire se termine toujours par des relations de force et par quelque chose qui casse. Un type de relation « laisser-faire », « laisser-aller », c’est encore pire. Ce que nous savons, par contre, c’est qu’un type de relation où règne le respect de l’autre, parce que nous sommes tous enfants de Dieu, parce que nous sommes tous, parents et enfants, un don de Dieu au monde, cela réussit. Frères et sœurs, à quelques jours du Nouvel An, je vous souhaite, à vous, à vos familles, à toutes les familles, une bonne année, vécue dans la confiance en un avenir heureux.

Jésus selon St Jean

12 décembre, 2011

du site:

http://www.bible-service.net/site/520.html

Jésus selon St Jean

On ne rentre pas toujours facilement dans l’Evangile de Jean. Il y a un ton, un vocabulaire, une lente et insensible progression de la pensée, certains élans philosophiques qui déroutent plus d’un lecteur. Mais personne n’en sort comme il y est entré, car il aura découvert Celui qui est venu du Père, celui qui est le Verbe qui s’est fait chair.
C’est un petit exercice plein de saveur que de rassembler en deux ou trois traits ce qui fait l’originalité d’un évangéliste parlant de Jésus. Appliqué à Jean, il donne des résultats éclairants, car il démontre l’exceptionnelle richesse du Jésus que Jean annonce.
Le mot d’exceptionnel est ambigu et demande à être expliqué : n’allons pas croire qu’il y a davantage d’informations, de références scripturaires, d’apports théologiques chez Jean. Non, la richesse n’est pas là, même si elle est peut-être aussi là.
Si cette richesse est exceptionnelle, c’est parce qu’elle pousse à une contemplation silencieuse. Tant les chemins qu’elle ouvre sont larges, profonds, inépuisables. Tant elle comble l’attente de Dieu qui réside en chacun. Tant elle suscite la foi du lecteur.
 »Il a habité parmi les hommes »
Un mot, un seul, permet de qualifier cet évangile. C’est un mot difficile ; il appartient plus au vocabulaire théologique qu’à celui de la Bible ; mais il est trop éclairant pour que l’on s’en prive : l’Incarnation. Tout l’évangile de Jean ne fait que développer et mettre en œuvre l’affirmation du prologue :
 »Et le Verbe s’est fait chair
et il a habité parmi nous,
et nous avons contemplé sa gloire. » 1,14
Page après page, Jean montre comment le Fils de Dieu a  »habité parmi les hommes » : aucun autre évangile n’est aussi précis en faits historiques, circonstances relatées avec précision, détails concrets (la piscine des cinq portiques, les doigts dans les plaies des mains et du côté, certains noms tel que Malchus, le serviteur du grand-prêtre), autant de façons de montrer que l’Incarnation s’est vraiment faite, et comment elle s’est faite.
Le Christ de majesté
Jean appelle Jésus le  »Verbe », en grec le  »logos », c’est à dire la Parole de Dieu. L’Ancien Testament utilise souvent ce mot pour dire l’activité créatrice de Dieu. Ce titre permet à l’évangéliste de montrer que Jésus existait en Dieu avant le commencement du monde, qu’il est Dieu lui-même.
Jean se sert du mot dans une double intention. D’une part il veut montrer que la venue du Verbe est un événement aussi important que la création du monde. D’autre part, il invite à voir que Jésus recrée le monde. C’est lui le Dieu créateur, celui qui fait toutes choses nouvelles. Jean appuie sa démonstration en étalant le début du ministère de Jésus sur une  »semaine inaugurale » (1,19 – 2,12). C’est une évocation du récit de la création du monde, en sept jours.
Il souligne la solennité de la venue de Jésus par l’image du ciel ouvert, chère à l’Ancien Testament.  »En vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au dessus du Fils de l’homme. » (1, 51) L’échelle de Jacob est dressée. Le lecteur est invité à en gravir les échelons, à se rapprocher de Dieu par une vie spirituelle digne de l’événement.
Il faut reconnaître que la solennité johannique rend parfois le Christ impressionnant, presque distant, aux paroles radicales et toujours exigeantes. Par contre, quand il ajoute ses propres commentaires, Jean souligne davantage la proximité de Jésus.
Le maître du désir
 »Que cherchez-vous ? » : dans l’évangile de Jean, Jésus entre en scène en questionnant. Ses premières paroles sont incisives. Elles s’adressent aux deux disciples qui sont au bord du fleuve, en compagnie de Jean le Baptiste. La même question reviendra plusieurs fois dans l’évangile.
Au moment de son arrestation, à deux reprises, Jésus pose la question :  »Qui cherchez-vous ? » (18,4 ; 7). Il en fait de même pour Marie de Magdala (20, 15). Mais le  »que ? » est devenu  »qui ? ». La réponse est  »Jésus ». Jean nous présente Jésus comme celui qui sait débusquer le désir de ceux qu’il rencontre, mais aussi comme l’aboutissement du désir. C’est lui l’objet du désir des personnages de l’évangile.
De toutes façons, le Jésus de Jean est quelqu’un qui questionne souvent :  »Que me veux-tu, femme ? » (2, 4). Ou bien  »Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ? » (3, 9). Et aussi :  »Qu’est-ce que la vérité ? » (18, 38)
Si Jésus questionne ainsi, c’est que le champ du questionnement, selon lui, est vaste. Il répond volontiers aux grandes questions de l’homme. Par exemple :  »Je suis le chemin, la vérité, et la vie” “Qui vient à moi n’aura plus jamais soif ».  »Je suis la résurrection et la vie. »
Pas de Jésus sans le Père
Plus que le Jésus des autres évangélistes, celui de Jean est envoyé par le Père et il vit du lien qu’il entretient avec lui. “Je vis par le Père » (6, 57) Il ne fait rien que ce que dit le Père, et  »Celui qui l’a vu a vu le Père ». Le Père est si présent dans cet évangile que Jean ose identifier le Dieu d’Israël avec Jésus :  »Avant qu’Abraham fut, Je suis. » (8, 58).
Enfin, l’évangile se conclut par l’affirmation la plus forte de tous les évangiles de la divinité de Jésus :  »Mon Seigneur et mon Dieu » (20, 28), dit par Thomas, celui qui a mis ses doigts dans les plaies, qui a donc vérifié la réalité de l’Incarnation, de la Passion, de la Résurrection. La proposition du Prologue sur la divinité de Jésus est confirmée par Thomas, figure du témoin.
Pas de Jésus sans un témoin
Pour l’auteur du 4ème évangile, Jésus est le compagnon de toute sa vie. En effet, celui que nous appelons Jean a écrit plus tard que les trois autres évangélistes, à l’extrême fin du 1er siècle. Il a longuement médité les gestes et les paroles de Jésus. Il ne met jamais en scène Jésus seul, mais avec le témoin,  »qui a vu et qui a cru ». Il faut bien comprendre le sens d’une telle association. Jean ne veut pas décrire une amitié exceptionnelle, il n’a pas de complaisance particulière pour lui-même. Mais il sait que Jésus a suscité le témoignage de ceux qui l’ont côtoyé et qui ont cru en lui. Jésus ressuscité continue à susciter le témoignage des croyants. Il est présent à travers ses témoins. L’évangéliste montre que, sans témoins, Jésus est impuissant. Il dessine donc une place fondamentale au témoin. Le lecteur de Jean est actif ou il n’est pas.
Celui qui donne l’Esprit à notre esprit
Jean est attentif à mettre en valeur le don de l’Esprit fait pas Jésus. On retrouve là une application précise de son projet : raconter l’Incarnation du Verbe de Dieu, en tous ses points d’impact. En nous quittant, Jésus donne l’Esprit, qui parle à notre esprit. Jésus est vraiment incarné, puisqu’il reste présent par l’Esprit. L’Esprit est un paraclet, c’est à dire un défenseur. L’Incarnation de Jésus est donc le moyen du salut. Ainsi la boucle est bouclée. Jean a dit tout ce qu’il voulait dire sur Jésus.

III dimanche d’Avent B – commentaire biblique

10 décembre, 2011

du site:

http://www.bible-service.net/site/380.html

III dimanche d’Avent B – commentaire biblique

Isaïe 61,1-2.10-11
Pour le prophète, une bonne nouvelle vient balayer toutes les peurs et redonner courage : le Seigneur Dieu vient guérir, délivrer, libérer, pacifier son peuple. Ses auditeurs ont besoin de la recevoir : ils se trouvent dans la précarité, la misère, les affrontements, les pleurs. Cette bonne nouvelle est aussi sûre que la germination des semences. Le Seigneur vient faire germer la justice. Pour prendre une comparaison, ce sera comme une grande fête, un grand mariage où chacune revêt sa plus belle robe, chacun son plus beau costume, pour célébrer comme il se doit l’événement. Le prophète ose parler de “ vêtements de salut ”, car c’est de “ salut ” qu’il veut parler ! Ce sera du bonheur, que du bonheur, et toutes les nations le constateront. “ Je tressaille de joie dans le Seigneur… ” : le Magnificat de Marie durant son “ avent ” rejoint le cri de joie du prophète et de tous les croyants.

• Cantique (Luc 1,46-50,53-54)
Le tissu actuel du Magnificat de Marie entremêle des fils et des couleurs de passages bibliques où des croyants ne peuvent se retenir de chanter, de sauter de joie, parce qu’ils ont expérimenté que leur Seigneur Dieu est proche, passionné et aimant. Puissant, il ne fréquente guère les riches qui sont déjà comblés ; au contraire, il se tourne vers les plus pauvres, les affamés, qui ont besoin de lui. Plus même : Dieu vient vers nous pour construire des relations d’amitié et nous faire profiter à plein de son Souffle et de sa vie. Il est Sauveur. “… Exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ” : tout est dit. Pour l’évangéliste qui reprend le cantique du Magnificat, la joie de Marie rassemble, représente, célèbre la joie des comblés de Dieu, de l’humanité que Dieu aime. C’est une louange, un alléluia.

 1 Thessaloniciens 5,16-24
Dès son arrivée à Corinthe, au printemps 51, au cours de son deuxième voyage, Paul écrit aux Thessaloniciens qu’il a laissés, voici quelques mois, en proie à la persécution. Il veut les conforter et les encourager.
À la fin de sa lettre, il donne quelques avis sur la vie en communauté, ce sont de précieux conseils pour attendre la parousie du Seigneur :
- 1. Joie, prière, action de grâce. C’est un point très important puisque telle est la « volonté du Seigneur » (ce mot très fort pour Paul est rendu un peu faiblement par « ce que Dieu attend de vous »). Pour Paul, la joie est une qualité sur laquelle il revient souvent : elle peut coexister avec les tribulations (2 Corinthiens 6,10 ; 8,2 ; Philippiens 1,18) car elle est le fruit de l’Esprit (Galates 5,22 ; Romains 14,17).
- 2. Accueillir les charismatiques qui parlent en prophètes, avec sympathie mais sans naïveté, avec discernement, en rejetant tout ce qui conduit au mal (cf. 1 Corinthiens 14,1-5).
- 3. Vivre dans la paix et l’espérance. Cela ne devrait poser aucune difficulté car « Dieu est fidèle ».

• Jean 1,6-8.19-28
L’importance du Baptiste ne se discute pas chez les premiers chrétiens. Est-ce parce que Jésus, avant de se lancer sans sa propre entreprise missionnaire, avait commencé par fréquenter ce prêcheur influent ? Les évangiles laissent entendre cependant que peu à peu il a fallu préciser la place du Baptiste, voire le remettre à sa place ! Les premiers missionnaires chrétiens se sont peut-être trouvés, dans les années qui ont suivi les événements de Pâques, en concurrence avec des missionnaires  de Jean. En tout cas on constate que le rôle du Baptiste diffère selon les évangiles. Ainsi le quatrième évangile omet d’évoquer le baptême de Jésus par le Baptiste. Il tient à affirmer que le Baptiste n’est pas le Messie, ni Élie, ni le grand Prophète : “ Ce n’est pas moi ”. Pour l’évangéliste, le rôle du Baptiste se borne uniquement à “ témoigner ” : “ cet homme n’était pas la lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage ”. Il vient seulement préparer le chemin du Seigneur. Il n’est même pas digne de défaire la courroie de la sandale de celui qui vient après lui. Il est clair que pour l’évangéliste, il ne faut pas se tromper. Tout grand qu’il ait été, ce n’est pas le Baptiste qu’il faut suivre
… 

1...2728293031...44