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Introduction à Job

27 septembre, 2010

la première lecture de cette semaine est tirée par le livre de Giobbe…je ne connais pas l’ auteur de ce commentaire, mais cette introduction semble bon, du site:

http://www.lueur.org/bible/commentaire/annotee-neuchatel/introduction/job.html

Commentaires Bibliques

La Bible Annotée Neuchâtel

Introduction à Job

I – Contenu du livre
Le livre de Job se divise en trois parties de fort inégales longueurs. La première, le prologue (chapitres 1 et 2), expose la situation et met le lecteur à même de comprendre les discours qui vont suivre : Job, que Dieu lui-même déclare parfaitement juste, est accusé par Satan de ne l’être que par intérêt ; Dieu autorise Satan à mettre son serviteur à l’épreuve. Une première série de maux n’ayant pu ébranler la piété de Job, Satan est autorisé à le frapper dans sa santé. Mais Job demeure fidèle à son Dieu.
Trois amis, qui viennent le consoler, sont tellement saisis par le spectacle qui s’offre à leurs yeux, qu’ils gardent pour eux leurs pensées ; la droiture de Job leur est suspecte, mais ils ne veulent pas le dire pour ne pas ajouter l’affliction à l’affligé. Au bout de sept jours, Job éclate en lamentations (chapitre 3), ce qui oblige les amis à parler. Ainsi s’engage un entretien qui remplit les vingt-trois chapitres suivants (4 à 21). Trois fois les amis prennent la parole, accusant Job toujours plus expressément d’avoir commis des péchés exceptionnels comme les maux dont il est frappé. Job répond à chacun d’eux et n’arrive pas à se sentir coupable. Au troisième tour, le dernier des amis renonce à prendre la parole ; Job répond à Bildad (chapitre 26), puis, ses interlocuteurs restant muets, il constate sa victoire et termine en traçant le tableau de sa piété et de son ancienne grandeur (chapitres 27 à 31). Alors surgit un nouveau personnage, le jeune Elihu, qui ne s’est pas permis de prendre la parole jusqu’à ce que les personnage, plus âgés eussent achevé de parler (23.4-16), et qui soutient une thèse qui n’avait pas encore été mise en avant : les justes eux-mêmes sont appelés à souffrir pour être préservés de l’orgueil (chapitres 32 à 37). Puis Dieu prend la parole. Sans daigner se justifier, il expose la supériorité de sa puissance et de sa sagesse. Dès l’abord, Job se déclare vaincu (39.36-38) ; enfin, après un dernier discours de l’Eternel, il s’humilie complètement (42.1-6). Jusqu’ici s’étend la seconde partie du livre, tout entière en vers et ne renfermant que des discours.
Avec 42.7, commence la troisième partie, l’épilogue, qui est en prose, comme le prologue. Dieu condamne les trois amis et rend à Job famille et prospérité.

II – Caractère du livre
Le livre de Job est admirable à tous les points de vue. Le poème est composé avec un art infini. Nous disons le poème. Il est vrai que le génie sémitique ne connaît pas la fiction pure ; la tradition avait conservé le souvenir d’un homme du nom de Job, célèbre par sa piété et ses malheurs (Ezéchiel 14.14,20). Mais c’est là tout ce que nous savons de ce personnage. Tout le surplus dans notre livre est la mise en oeuvre poétique de ce fond traditionnel.
Les scribes qui ont formé le Canon de l’Ancien Testament ont bien senti la chose, puisqu’ils n’ont placé notre livre ni dans la Loi, ni dans les Prophètes (ces derniers comprenant aussi les livres historiques), mais dans les Ecrits (Ketoubim), c’est-à-dire les livres qu’on ne pouvait ranger dans les catégories précédentes.
Le caractère poétique de ce livre ne ressort pas seulement du style et de la symétrie des discours ; il se montre aussi dans le prologue et l’épilogue ; la scène qui se passe dans le ciel, évidemment fictive dans sa forme, quoiqu’elle n’en corresponde pas moins à une réalité super-sensible, la régularité avec laquelle les catastrophes fondent sur Job, la correspondance entre les nombres du dernier chapitre et ceux du premier, en sont des indices suffisants. L’art se voit aussi dans la manière dont le seul vrai motif des maux dont Job est frappé coup sur coup, reste caché, tant à lui-même qu’à ses amis. Les descriptions sont des chefs-d’oeuvre, ainsi celles des mines (chapitre 28), de l’âne sauvage, du cheval (chapitre 29), de l’hippopotame, du crocodile (chapitres 40 et 41).
Quel est l’enseignement qui ressort du livre de Job ? Car c’est un poème didactique, c’est-à-dire renfermant une instruction. Ce n’est pas de la souffrance en général qu’il s’agit, mais de la souffrance, en apparence imméritée, du juste. Job est déclaré juste dès le commencement ; Dieu l’appelle son serviteur et le signale à l’attention de Satan comme faisant honneur à son Dieu. Les accusations des amis tombent à faux ; ils représentent la théorie, admise couramment et encore trop répandue aujourd’hui, d’après laquelle toute souffrance quelconque est une punition et prouve chez le malheureux l’existence d’un péché particulier (Jean 9.2). Certes il y a des maux qui sont des châtiments ; la Bible en fournit assez d’exemples. Mais cela n’explique pas tous les cas. Il est des afflictions qui atteignent le juste sans qu’on puisse trouver dans sa conduite des fautes qui en soient la cause directe. Ce sont ces cas-là que notre livre veut expliquer.
Aussi Dieu blâme-t-il les amis, et à la fin du livre Job est-il invité à intercéder pour eux (42.7-9). Et si Dieu adresse des reproches à Job, ils ne portent pas sur les affirmations réitérées de son innocence, mais bien sur les jugements inconsidérés que, exaspéré par les accusations téméraires de ses amis, il s’est permis à l’endroit du gouvernement divin du monde.
Ce qui montre que le poète approuve le témoignage que Job se rend à lui-même, c’est la manière dont il présente la fin de l’entretien : dans la troisième passe d’armes le second ami, Bildad, ne prononce qu’un très petit discours assez insignifiant, (25.2-6) ; et le troisième se tait, apparemment parce qu’il n’a plus rien à dire (23.3).
On s’est étonné parfois de ce que le livre se termine par une récompense purement terrestre : pour toute réparation Job recouvre la santé, obtient des richesses au double et devient de nouveau père d’une nombreuse et belle famille. L’auteur savait aussi bien que nous que la naissance d’un enfant ne fait pas oublier ceux qui ont été repris. Mais, vivant sous l’ancienne alliance, il a voulu dire simplement que Dieu dans cette lutte a donné raison à son serviteur, et que, malgré ses intempérances de langage, l’épreuve est terminée à l’honneur de Dieu et de Job lui-même. Nous savons, nous chrétiens, que la vie future sera la compensation des maux de cette terre ; mais nous le savons par Jésus-Christ qui a mis en évidence la vie et l’immortalité en détruisant la mort (2 Timothée 1.10), et qui est devenu par sa résurrection les prémices de ceux qui sont morts (1 Corinthiens 15.20). Job ne pouvait compter sur cette vie bienheureuse qui ne lui avait pas encore été révélée (Job 14.12 ; 16.22 ; 17.13-16). Le célèbre passage 19.25-27 montre le plus haut point jusqu’auquel peut s’élever la foi, même sans la révélation de la vie future, par la simple connaissance que l’homme naturel peut avoir du caractère de Dieu (Romains 1.19-20). Ainsi l’épilogue ne donne pas la solution absolument définitive, qui dépassait la mesure de lumière accordée à l’époque de Job. Il fait seulement constater qu’il y a une solution provisoire. Comparez Psaumes 116.2-6.

III – L’époque et l’auteur
Nous ne savons rien de l’auteur du livre de Job, ni du temps dans lequel cet ouvrage a été composé ; nous en sommes réduits sur ces deux points à des suppositions. On a remarqué depuis longtemps que l’écrivain évite toute allusion à l’histoire d’Israël et à la législation mosaïque ; le nom même de Jéhova, l’Eternel, le Dieu d’Israël, n’est pas mis dans la bouche de Job et de ses amis, sauf une fois, comme par inadvertance (12.9). Pour désigner Dieu, ils se servent presque toujours du nom d’Eloah, qui se trouve rarement dans les autres livres de la Bible. Ce sont là des traits fort extraordinaires chez un écrivain juif ; ils dénotent une intention. L’auteur a voulu évidemment dégager le sujet qu’il allait traiter de tout caractère national et lui donner une portée universelle, humanitaire.
On a pensé à l’époque de Moïse. « Une foule de traits, dit Renan, qui au reste ne partage pas cette manière de voir, dénotent une connaissance parfaite de l’Egypte, où l’auteur semble avoir voyagé. La description du crocodile et de l’hippopotame est d’une telle vivacité, qu’on est porté à y voir un reflet direct de l’épouvante que l’auteur éprouva devant ces monstres. Il est question ailleurs des pyramides, du papyrus, des barques de jonc, etc. »1
Mais comment, admettre chez un fidèle cette ignorance évidemment intentionnelle des institutions théocratiques, à l’époque même de leur promulgation ? Puis la connaissance approfondie que l’auteur possède de tous les domaines de la vie civile, politique, industrielle, conduit-elle à songer à un temps où les Israélites étaient des nomades ? Ce n’est ni en Egypte, ni dans le désert, ni pendant la conquête de Canaan, ni sous les Juges, qu’on se représente en Israël un homme capable de composer une oeuvre littéraire aussi profonde et aussi parfaite. Indiquons aussi, avec M. F. Godet, comme militant contre l’époque de Moïse, « l’absence des archaïsmes qui distinguent les livres du Pentateuque et qui en font un corps à part dans l’ensemble de la littérature hébraïque, et le développement très considérable de la réflexion philosophique que suppose un pareil écrit. Le livre de Job n’est rien moins qu’un traité de théodicée (justification du gouvernement divin). L’être incriminé, en réalité, ce n’est pas Job c’est Dieu. Ce qui est en cause, ce n’est pas seulement la vertu de Job c’est en même temps, et encore plus, la justice divine. Il s’agit dans ce livre de rechercher comment cette perfection peut se concilier avec le sort de l’affligé innocent. Or, de pareilles questions n’ont pas pu se traiter à toute heure. » 2
On s’est jeté dans un autre extrême : on a pensé à l’époque de l’exil. Ce seraient la captivité de Babylone et les souffrances du peuple élu qui auraient inspiré le poète. Tandis que l’auteur d’Esaïe chapitres 40 à 6 relevait les courages abattus par les magnifiques promesses messianiques que nous connaissons, un poète, inspiré lui aussi, creusait dans la solitude le problème de la souffrance. Sans doute, l’exil était une punition méritée ; ce châtiment était annoncé d’avance par les prophètes ; il était inévitable. Mais un noyau pieux, innocent, pur, subissait cette honte avec la majorité coupable. Et que de dénis de justice, d’extorsions, de haines ! Le pays était possédé par des étrangers (15.19) ; l’impie et le violent triomphaient. En méditant sur cette situation, le poète voyait son horizon s’élargir : ce n’était plus la souffrance d’un peuple particulier qui le faisait songer ; il étudiait désormais le problème de la souffrance du juste en général. Ne trouve-t-on pas, dans plusieurs passages des discours, des traces de cette préoccupation ? Les interlocuteurs, Job en particulier, semblent par moments oublier leur individualité ; ainsi 9.25, où Job dit n’avoir pas vu le bonheur, tandis que nous savons qu’il a joui de la plus grande prospérité. A plusieurs reprises des pluriels inattendus donnent à penser que Job d’un côté, les amis de l’autre, ne sont que les représentants de certaines catégories de personnes (18.2-3 ; 19.11). « Job, dit Châteaubriand dans le Génie du Christianisme, est la figure de l’humanité souffrante, et l’écrivain inspiré a trouvé des soupirs pour exprimer tous les maux partagés entre la race humaine. » Ce caractère universel ferait de Job un type, imparfait sans doute, et cependant réel, de Jésus-Christ. Le Sauveur, bien plus juste encore que le héros de notre livre, souffre comme représentant de l’humanité. Comme Job, il subit les accusations de ses contemporains aveuglés par les préjugés (Esaïe 53.3-4) ; comme lui, il intercède pour ceux qui l’ont abreuvé d’injures.
Nous avons tenu à donner libre parole à l’opinion qui, aujourd’hui, paraît la plus répandue parmi les théologiens. Mais, pour plusieurs raisons, il nous est impossible de nous y ranger.
1°) Nous accordons volontiers que, si le livre de Job avait été bien compris des contemporains du Messie, ils se seraient plus facilement réconciliés avec l’idée d’un roi souffrant et battu de Dieu. Mais les souffrances de Job diffèrent absolument de celles du Messie, elles n’ont rien d’expiatoire. Il suffit de lire le chapitre 53 d’Esaïe pour sentir la différence entre ces deux espèces de souffrances.
2°) Au temps de la captivité, le noyau fidèle du peuple était bien loin de lever orgueilleusement la tête en affirmant son innocence ; qu’on lise les confessions de péché d’Esdras et de Néhémie, et celle de Daniel (chapitre 9). Rien ne ressemble moins au langage hautain de Job.
3°) Et qui, dans l’opinion qui nous occupe, devraient représenter les amis de Job ? On ne pourrait y voir que les représentants des peuples païens, qui accablaient, les Juifs captifs de leurs mépris. Mais comment accepter cette explication plus que forcée ? Car le monothéisme des amis de Job et leur idée élevée de la justice parfaite de Dieu est précisément l’opposé du paganisme, c’est cette idée même qui les fait tomber dans la faute dont ils se rendent coupables envers Job.
4°) Au temps de l’exil, les liaisons intellectuelles d’Israël n’étaient plus avec les Fils de l’Orient et les Thémanites, mais bien avec la Perse, puis avec la Grèce. « On chercherait vainement, dit Renan, dans le judaïsme sévère de cette époque une place pour une oeuvre aussi franche d’allure, remplie d’un parfum aussi fort de la vie nomade, et supposant une aussi grande largeur d’esprit. Les hardies apostrophes et les protestations énergiques de Job auraient passé, aux yeux des contemporains d’Esdras et de Néhémie, pour des blasphèmes…La langue enfin du livre de Job a une fermeté, une beauté qu’on chercherait vainement dans les écrits d’un âge où la langue hébraïque n’était plus parlée, au moins dans sa pureté, et était devenue le partage des scribes et des lettrés. »3 Puis Renan passe à développer la pensée qu’à ses yeux Jérémie 20.14 et suivants, cite Job 3.3 et suivants, et 10.18. Pour ce qui est des passages cités plus haut (15.19 ; 9.25), nous renvoyons, pour la fixation de leur sens et de leur portée, à nos notes.
N’y a-t-il donc pas, entre Moïse et les temps de l’exil, une époque où se peut comprendre la composition d’un écrit tel que celui qui nous occupe ?
« Sous l’influence du génie de Salomon s’était formée à sa cour une école de sagesse ou de philosophie morale. Tandis que les institutions lévitiques fonctionnaient régulièrement et que les ordonnances mosaïques imprimaient de plus en plus leur sceau à la vie populaire, les esprits d’élite, à la tête desquels se trouvait le monarque lui-même, sentaient le besoin de pénétrer plus avant dans la. connaissance des choses divines et humaines…Dans ce cercle on humanisait le judaïsme. N’est-ce point de là qu’est sorti ce monumental livre de Job, dans lequel la pensée sémitique paraît avoir pris en tous sens ses plus vastes proportions ?…L’ignorance même où nous sommes du nom de l’auteur ne se conçoit qu’à une époque où un tel génie se perdait au milieu d’une pléïade de sages, ses pairs, non moins distingués que lui, et était éclipsé par l’éclat du monarque qui surpassait tout ce qui l’entourait ? »4
On objecte que l’époque paisible et heureuse de Salomon n’était pas favorable à l’étude du problème de la souffrance et ne devait pas y conduire naturellement. Mais qui peut dire l’influence de la loi des contrastes ? Bien de plus sentimental que la littérature française de la fin du XVIIIme siècle. L’idylle a souvent fleuri dans les époques les plus tourmentées. Qu’est-ce qui empêche que, parmi les sages qui vivaient à la cour de Salomon et dont les entretiens faisaient le délassement intellectuel du monarque, les Héman, les Ethan, les Calcol, les Darda, l’énigme de la souffrance des justes n’ait été un jour soulevée ? Ce n’est pas seulement après l’exil qu’il a commencé à y avoir ici-bas des innocents souffrants, dont le sort pouvait provoquer les spéculations des penseurs.

IV – Intégrité du livre
Il nous reste à dire un mot de l’intégrité de notre livre. Plusieurs estiment que les discours d’Elihu (chapitres 32 à 37) troublent l’harmonie de ce magnifique poème, si artistement construit ; ce nouvel interlocuteur est inconnu ; il n’a pas figuré parmi les « amis » ; personne dans la suite ne tient compte de ce qu’il a dit. Job ne lui répond pas ; Dieu ne le mentionne ni en bien, ni en mal, quand il fait la part de chacun des acteurs de ce drame ; enfin, chose plus grave, que dit-il, après tout ? Les idées qu’il énonce ne sont pas neuves : Eliphaz déjà, dans son premier discours, a parlé dans le même sens (5.17). Les discours d’Elihu sont donc, dit-on, un essai de solution donné par un lecteur bénévole que l’absence d’explication, dans les discours de Dieu et dans l’épilogue, ne satisfaisait pas.
Nous estimons au contraire qu’Elihu énonce une pensée nouvelle et bien distincte de celles qu’avaient présentées les trois amis ; il n’approuve point ces derniers, mais il justifie Dieu autant qu’un homme pieux pouvait le faire sans connaître la scène céleste du prologue. Dans 5.17, Eliphaz proclame heureux celui que Dieu châtie, et il conseille à Job de ne pas mépriser la correction du Puissant. Le point de vue d’Elihu est tout autre.
Nous l’avons indiqué déjà dans le bref exposé que nous avons donné du contenu de notre livre : à côté de la souffrance-châtiment (les trois amis) et de la souffrance par solidarité (Eliphaz, dans 4.12-16, il y a la souffrance dispensée par amour, comme l’écharde envoyée à saint Paul pour le maintenir dans l’humilité malgré l’excellence de ses révéla tions (Elihu, 33.14-29). Il est vrai qu’il y a une quatrième espèce de souffrance encore, celle qui fournit à la créature l’occasion de donner raison à Dieu contre l’adversaire par la fidélité qu’elle déploie dans des maux mêmes qu’elle ne comprend pas. Mais c’était là le secret de Dieu et de l’auteur.5 Que Dieu approuve Elihu, c’est ce qui résulte du fait que Job n’est point appelé à intercéder en sa faveur. Mais qu’il y ait une vérité supérieure encore à celle qu’Elihu a proclamée, c’est ce que montre l’épilogue. Dieu ne fait pas connaître cette vérité-là par des paroles, comme s’il avait à se justifier ; il parle par des faits. Pour nous donc, les six chapitres qui reproduisent les discours d’Elihu sont une partie intégrante et essentielle du poème. D’ailleurs la jalousie extrême avec laquelle les Juifs gardaient les produits de leur littérature sacrée ne nous permet guère de nous représenter une pareille intercalation réussissant à jouir de la confiance de tous et s’introduisant sans protestation dans un poème excellent, qu’elle ne fait, dit-on, que de gâter.

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1Le livre de Job, 3e édition, page XXVI.
2Etudes bibliques, Ancien Testament, pages 2,15-216.
3Le livre de Job, page XXXI.
4F. Godet, Etudes bibliques, Ancien Testament, page 217 et suivantes. Voir un peu plus loin, page 219, une hypothèse relative à la détermination de l’auteur de notre livre.
« Quand donc, demanderons-nous, un pont si large a-t-il été jeté sur l’abîme qui séparait Israël des autres peuples, qu’à l’époque du glorieux règne du roi le moins hébreu de tous les rois juifs, alors que les vaisseaux de Salomon cinglaient de la mer Rouge aux rivages de Tharsis, et que ses marchands conduisaient leurs caravanes jusque, dans l’intérieur de l’Orient ? Quand le regard de l’Israélite s’est-il porté aussi loin jusqu’au moment de la captivité ? Quand a-t-il embrassé, avec autant d’espace, autant de connaissances dans tous les domaines de l’art et de la nature ? L’antique bénédiction, qui d’Abraham devait s’étendre sur toutes les nations, n’a jamais semblé plus près qu’alors de toucher à sa réalisation. » (J. Sandoz, Revue chrétienne, 1859, page 99.)
5« La souffrance est la suprême éducatrice de l’homme moral. Dieu fait plus que la permettre ; il la veut, il la dispense et la mesure suivant les besoins de ceux qu’il afflige. Il permet que le malheur atteigne l’homme pieux, même dans ses meilleurs moments, au milieu de ses plus sincères efforts vers la sainteté…Mais le but de Dieu n’est pas la souffrance pour elle-même. C’est la foi du juste qu’il faut éprouver…» (J. Sandoz, article cité, page 107.)

26° dimanche du Temps ordinaire (26 septembre 2010) (bible-service site)

25 septembre, 2010

du site:

http://www.bible-service.net/site/432.html

26° dimanche du Temps ordinaire (26 septembre 2010)

La parole de Dieu de ce dimanche met en perspective les riches et les pauvres. Le prophète Amos (1° lecture) critique violemment ces riches qui ne pensent qu’à manger et à boire, sans aucune attention aux pauvres et au devenir du peuple. Contre cette attitude, le Seigneur déclare heureux les pauvres (psaume). L’évangile de Luc, quant à lui, fait l’éloge de la pauvreté et critique les richesses qui aveuglent. Paul (2° lecture) dépeint le portrait du juste responsable.

• Amos 6,1…7
Attention, les richesses peuvent provoquer des aveuglements ! Tel est en substance le message du prophète Amos, que nous avons déjà lu dimanche dernier (25° dimanche). Ce dimanche, le prophète se fait plus incisif. Les mots sont durs. Les riches sont “ couchés sur des lits d’ivoire, vautrés sur leurs divans… ” On imagine très bien le spectacle. Ils sont insouciants, se sentent en sécurité, protégés par leur opulence. Mais les excès de cette “ bande de vautrés ” les empêchent de voir la menace d’invasion qui approche, ni le danger de déportation qui guette l’ensemble du peuple. Les bruits de guerre devraient les inciter à plus de retenue et les rendre plus solidaires du reste du peuple, pour revenir à Dieu avant qu’il ne soit trop tard. Sinon, ils seront les premiers déportés loin de leur terre.

• Psaume 145
C’est un psaume de louange, qui contient une béatitude : Heureux…. Cette prière est comme le prolongement inversé du passage d’Amos (1° lecture). L’homme déclaré heureux est celui qui trouve sa protection, non pas dans les richesses, mais dans le Seigneur. Cet homme-là n’a rien à craindre. Cet homme, c’est l’enchaîné, l’aveugle, l’accablé, le juste, l’étranger, la veuve et l’orphelin, bref tous ceux qui sont mis an ban de la société. Ce sont ces pauvres-là que le Seigneur aime, tandis qu’il égare les pas du méchant.

1 Timothée 6,11-16
L’auteur des lettres pastorales est lucide sur le danger des richesses mais il encourage les riches à faire un bon usage de leurs biens. Ce qui est en cause c’est bien la vie éternelle, comme dans l’Évangile.
Il s’agit aussi de se battre pour la foi, c’est-à-dire de marcher sur les pas de Jésus, le témoin fidèle. À partir du verset 13, dans une adjuration solennelle, les affirmations de la profession de foi sont posées : Dieu est celui qui donne vie à toutes choses. Le Christ a rendu son témoignage devant Ponce Pilate (Jean 18, 37). Il reviendra au temps fixé, pour sa manifestation dans la gloire.
Le tout se termine par une doxologie typiquement liturgique : c’est une acclamation qui attribue à Dieu honneur et puissance. Dans une affirmation de foi monothéiste, Dieu est présenté comme l’unique Souverain qui habite la lumière inaccessible et que personne ne peut voir. Mais heureusement, le Christ est le révélateur du Père.

• Luc 16,19-31
L’Évangile de dimanche dernier rappelait le danger des richesses et qu’il n’est pas possible de servir deux maîtres à la fois : Dieu et l’Argent.  L’Évangile d’aujourd’hui nous rappelle que les possessions matérielles, et surtout la façon dont nous pouvons les accumuler, les utiliser, les protéger, peuvent engendrer des injustices. 
Un aspect important de récit évangélique – et cela est le cas de presque toutes les paraboles de Jésus – est qu’il nous confronte simplement aux faits, et que nous – comme les auditeurs immédiats de Jésus – devons déduire des leçons et des règles de vie de ces faits eux-mêmes.  L’Évangile nous livre les faits bruts et laisse à chacun de nous d’en tirer les conclusions pour sa propre vie, et nous tous ensemble, pour la société qui est la nôtre.
Les faits racontés sont simples, à la limite de la caricature : il y avait un riche et un pauvre et ils ne sont pas qualifiés (ni bons ni mauvais).  Cela est secondaire.  L’Évangile nous dit simplement comment ils se conduisirent l’un en présence de l’autre durant leur vie. Un détail intéressant à noter est que le pauvre a un nom ; il est une personne ; il s’appelle Lazare. Quant au riche, il n’est pas nommé.  Il représente tous ceux qui se sont laissé enfermer par leur avoir. Les prophètes – comme Amos – avaient parlé fortement contre l’oppression des pauvres et l’avaient condamnée.  L’attitude de Jésus est différente.  Il s’adresse dans cette parabole directement aux Pharisiens et se place en quelque sorte sur leur terrain.  Le riche n’est pas décrit comme quelqu’un qui commet l’oppression et l’injustice.  Il est tout simplement riche et il jouit de ses richesses, sans se poser aucune question.  Le pauvre est tout simplement pauvre.  Il ne demande rien, même s’il aimerait bien manger de quelque chose qui tombe de la table du riche.
Vient ensuite le renversement des rôles, après la mort de l’un et de l’autre.  Le pauvre, qui gisait par terre, est emporté par les anges dans le sein d’Abraham, c’est-à-dire au ciel.  Quant au riche, qui reposait sur des divans somptueux pour manger, il est tout simplement mis en terre.  Il n’était pas méchant, mais il a vécu toute sa vie dans l’inconscience.  Il s’est lié aux réalités d’ici-bas qui l’ont totalement absorbé, et il y reste après sa mort.  Il en souffre terriblement, maintenant, et voudrait épargner cette souffrance à ses frères, en leur envoyant des messagers.  Ce serait inutile, lui répond Abraham.  Ils ont Moïse et les prophètes et ils ne comprennent pas. Le message est simple : pour comprendre la volonté de Dieu, il suffit de lire l’Ecriture, de la comprendre et de la mettre en pratique.

Les femmes de la Bible portent l’intuition de Dieu

21 septembre, 2010

du site:

http://www.croire.com/article/index.jsp?docId=2198371&rubId=238

8 mars: Journée internationale de la femme

Les femmes de la Bible portent l’intuition de Dieu

Voici une bonne occasion d’ aller fureter du côté de la Bible et placer discrètement en lumière quelques beaux portraits de ces femmes extraordinaires de la Bible
Clair-obscur

On dit que la Bible est rude avec les femmes. Le jugement est trop dur. Dans une société où la femme avait effectivement peu de droit pour beaucoup de devoirs, la Bible a sculpté des portraits d’exception, avec cette intuition majeure : magnifiques, tenaces, parfois fourbes ou astucieuses, ces femmes sont souvent étonnamment ajustées au projet de Dieu.
Elles veillent sur lui comme sur un nouveau né, elles ouvrent large l’espace de Dieu au pays des hommes.

Ouvrant ces portraits, il faut bien parler d’Eve! Beaucoup, pour parler d’elle, ont des mots au parfum de pomme acide. Eve ne mérite peut-être pas tout cela. Quand elle apparaît, ils sont deux à chercher tant bien que mal les chemins de Dieu, l’oreille encore si mal affinée à sa voix…
On retiendra qu’Eve est nommée, au terme du récit de la Genèse, « mère des vivants » (Gn 3). Car c’est toujours de vie que parle la Bible.

La Genèse voit alors défiler de grandes figures, avec lesquelles nous parcourons les premiers sables bibliques, étonnés. Ainsi Sarah, déjà vieille, rit de ce qu’elle entend de l’étranger qui passe et dans lequel le lecteur reconnaît l’ange de Dieu.
Il parle de naissance alors qu’elle se sent toute sèche, trop vieille pour rouvrir le chapitre des imprévus et de la vie. Elle rit. Et l’enfant qui naîtra d’elle, puisqu’elle enfantera, s’appellera l’enfant du rire, selon le jeu de mots hébreu qui entoure le nom d’Isaac (Gn 18).

Tenaces pour veiller sur la vie.

Puis vient Rébecca, qui entre dans l’histoire d’Isaac par la porte du courage et de la fidélité à l’accueil, au respect de l’étranger de passage, à la vie. Elle ne ménage pas sa peine au bord du puits, pour les chameaux de l’étranger qui arrive.
Bien lui en prend, car c’était pour lui le signe attendu. Et il la ramène vers Isaac, son maître, qui désirait une femme prête à un grand rêve, à une histoire où Dieu aurait sa place. Rébecca épouse Isaac.(Gn 24). 
Bien sûr on se souvient de sa rouerie quand Jacob devenu vieux et rendu aveugle par l’âge, doit donner sa bénédiction à l’aîné, Esaü. Elle, de ces deux jumeaux terribles, semble préférer Jacob, et l’aide à obtenir la bénédiction paternelle qui échappe à Esaü. Celui-ci pleure de s’être fait ainsi ravir la bénédiction de l’aîné. Ainsi Rébecca aide son fils Jacob, l’assoiffé de bénédiction et de Dieu !…(Gn 27).

Mais traversons ainsi le temps, et voici Myriam, qui aime tellement chanter qu’elle emporte tout le monde dans son chant. Le temps a passé depuis Rébecca. Le peuple a connu la servitude d’Egypte. Et si Myriam entreprend de chanter son étonnement pour Dieu, c’est que le peuple a traversé la mer sous la conduite de Moïse, son frère (Ex 15).
Son chant est le premier grand, immense cantique du peuple de la Bible, au Dieu qui fait franchir la mort.

Franchissons les siècles. Et l’on aimerait ne pas oublier Rahab, la prostituée de Jéricho, qui a l’oreille fine à la « parole du Seigneur » (Jos 2) ! Rahab, la merveilleuse païenne qui ouvre ainsi les portes de Jéricho aux envoyés de Dieu, pour que le peuple qu’il aime entre en terre promise

Ruth a une histoire différente. Elle est du pays de Moab. Elle est étrangère et a épousé un fils du pays de Juda venu par là, mais a connu très vite le veuvage. Par fidélité à sa belle-mère, ou peut-être par amour pour son amour qui n’est plus, elle vient au pays de Juda.
La Bible dit avec gratitude et presque tendresse sa fidélité à la Parole de Dieu ! Parvenue au pays de Juda, elle ira errer en pauvresse sur les champs moissonnés par Booz, pour y glaner. Elle glanera gros, puisque Booz la remarque et la choisit pour en faire sa femme.
D’eux naîtront Jessé et sa lignée, l’arbre de Jessé, l’arbre généalogique de David et… du Messie. La tradition juive chantera la foi de Ruth — mais de quelle nature est-elle exactement ? —, devenue ainsi en sa ténacité et sa fidélité, l’ancêtre du Messie.(cf. livre de Ruth).

Et il nous faut aller plus loin vers le Nord, aux confins de la terre du Liban, un siècle plus tard peut-être. Comment ne pas évoquer en effet cette autre figure merveilleuse, de la femme que rencontre le prophète Elie au temps de la sécheresse et de la famine. On ne sait rien d‘elle, pas même son nom, juste sa peine, elle que l’on appelle simplement la veuve de Sarepta. Elie lui demande à manger et, alors que ce sont ses dernières ressources avant de mourir, elle et son fils, elle donne son reste de farine et d’huile.
Comme si elle pressentait que l’identité même de Dieu est résurrection, vie plus grande, plus forte que la mort, et qu’avec ce Dieu là au cœur, on peut donner (1 R 17) !

On comprend, à regarder la vie de ces femmes trempées au rythme de Dieu, que les prophètes aient aimé comparer Jérusalem à une femme. Une femme dévoyée quand c’est le péché qui emporte le cœur de Jérusalem. Une veuve dévorée par le chagrin au temps de l’Exil, une femme resplendissante de beauté au temps où Dieu ramène son peuple des terres du mal et de l’Exil.

L’accueil de Dieu sans réserves

Marie, dans le Nouveau Testament, sera cette grâce venue du ciel et habitant au pays des hommes. Une disponibilité intégrale à la Parole, au point qu’en elle la Parole venue de Dieu se fait chair. Et l’humanité passe de façon nouvelle aux saisons de Dieu, ouvrant le temps pour chaque homme, chaque être, d’un enfantement.

D’autres femmes splendides traversent avec discrétion les évangiles, le temps de semer la vie, d’accueillir le pardon, de renaître, d’aimer. On pense à toutes ces Marie dont les visages se sont fondus, au fil de la tradition, avec celui de Madeleine, celle dont on dit tout aujourd’hui, au rythme des films et des romans. Elle a simplement laissé saisir sa vie pour que s’y inscrive, avec le pardon, la résurrection de Jésus.

Il est des êtres de lumière qui éveillent ainsi l’humanité et la sauvent. On reconnaîtra en eux la parole de Dieu, énoncée sans ombre, au cœur de notre histoire.

Jacques Nieuviarts 

LA SANCTIFICATION UN ORDRE DE DIEU

1 septembre, 2010

du site:

http://mission-chretienne-66.over-blog.org/article-la-sanctification-un-ordre-de-dieu-39611189.html

LA SANCTIFICATION UN ORDRE DE DIEU

Héb 12 ; 14 Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le seigneur.
1 Thessaloniciens 4 ; 3 Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification, c’est que vous vous absteniez de l’impudicité.
1 Thessaloniciens 4 ; 7 Car Dieu ne vous a pas appelés à l’impureté, mais à la sanctification.  
Dieu dit à Moïse dans le livre du Lévitique19 ; 2  :
« Parle à toute l’assemblée des enfants d’Israël, et tu leur diras: Soyez saints, car je suis saint, moi, l’Eternel, votre Dieu. »
_ Et il dit encore toujours dans l’ Evitique : 20 ; 26 « Vous serez saints pour moi, car je suis saint, moi, l’Eternel; je vous ai séparés des peuples, afin que vous soyez à moi. »
_ Et l’auteur de l’épître aux hébreux rappelle les même parole de Dieu 1467 ans plus tard « Sans la sanctification nul ne verra le seigneur ».
La sanctification c’est une consécration qui résulte du choix d’un camp. Une séparation pour Dieu et les lois de son Royaume, par l’abandon des ennemis de Dieu et de leurs lois.. Elle désigne une mise à part pour Dieu.
La sanctification est donc une lutte pour rendre inutile le monde et les choses du monde.  Jésus dit : « Vous êtes dans le monde mais vous n’êtes pas du monde. » _1 Jean 2:15 « N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui .»;
La foi amène à la connaissance du Dieu qui nous réconcilie avec lui par Jésus-Christ, en nous justifiant à la croix.
Paul dit dans 1 Cor 1 ; 30 « C’est par Dieu que vous êtes en Jésus Christ, lequel de par Dieu a été fait pour nous sagesse, justice, sanctification et rédemption »
2 Corinthiens :7 . 1 Ayant donc de telles promesses, bien-aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit, en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu.
La sanctification n’est pas quelque chose d’acquis une fois pour toutes, mais une disposition du cœur à cultiver en permanence.
2 Thessaloniciens :2 .13  Pour nous, frères bien-aimés du Seigneur, nous devons à votre sujet rendre continuellement grâces à Dieu, parce que Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, par la sanctification de l’Esprit et par la foi en la vérité.
1 Pierre 1 ; 2 et qui sont élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l’Esprit, afin qu’ils deviennent obéissants, et qu’ils participent à l’aspersion du sang de Jésus-Christ.  Comment parvenir à la sanctification
Si l’on veut plaire à Dieu il y a une marche à suivre ; lisons  Phil 4 ; 8-9
Pour être un disciple de Jésus Christ il faut beaucoup de courage et de volonté. Paul écrit que ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus Christ seront persécutés II Tim 3 ; 12

Jean-Baptiste y a laissé sa tête !

, Paul dit aussi :: J’ai été crucifié avec Christ, et si je vis ce n’est plus moi qui vit c’est Christ qui vit en moi, et si je vis dans la chair, je vis dans la foi au fils de Dieu Gal 2 ; 20.
Paul dans Actes14 ; 22, c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le Royaume de Dieu.
Paul donne aussi quelques conseils et la marche à suivre :
Romain 12 ; 1-3 Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.
Jean 15 ; 4-5  Nous devons rester attaché au cep pour porter du fruit
Romain 12 ; 1-3 Offrir son corps en sacrifice. c’est-à-dire :
> Ne pas se conformer au monde.
> Être transformé par le renouvellement de l’esprit.
> N’avoir pas de soi-même une trop haute opinion.
> Chercher à connaître la volonté de Dieu.
Jacques 1 ; 5. Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée, mais qu’il la demande sans douter.
La chair (qui est sujette au péché) et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu. Il nous faut donc mourir à ce qui fait mourir le corps, cet à dire le péché. Il est peu probable que nous y parvenions par nos propres forces. Nous devons demander à Jésus de nous y aider.
Dieu peut permettre quelques épreuves pour nous épurer, nous purifier, nous amener à l’obéissance acceptée de cœur.  
Jacques 1 ; 3-4 dit : « sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien. »

La compromission avec la vérité. 

Cette compromission qui fait de nous des chrétiens tièdes avec une foi faible et chancelante, des œcuménistes qui sont inexorablement conduits par leur philosophie au syncrétisme et par voie de conséquence au culte de Satan par Dieu lui-même. C’est ce que dit Paul 2 Thess 2:11  Aussi Dieu leur envoie-t-il une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge.
2 Thessalon  2:11  kai dia touto pemqei autoiv o yeov energeian planhv eiv to pisteusai autouv tw qeudei
Demandez l’opuscule gratuit TOUT JOYEUX EN ENFER de Henri Darnès. Manipuler les Ecritures c’est se mettre avec Satan
             Dieu n’aime pas les cœurs partagés ou tièdes.
            Si Dieu est notre Dieu alors marchons avec lui et aimons-le non pour les bénédictions qu’il nous accorde mais pour ce qu’il est même si tout ne va pas comme on voudrait.
           Si Dieu est notre Dieu marchons avec lui et détachons nous de ce monde et de ce qui appartient à ce monde. On ne peut pas servir deux maîtres à la fois. Si notre espérance est pour le Royaume demandons à l’Esprit de Dieu de régner en nous, pour être aptes à laisser derrière nous ce qui est de l’ancienne vie sans Jésus.
           Et nous avons vu que Dieu n’oblige personne, mais notre intérêt est de rechercher la vérité et sa justice. Il sort de l’égarement ceux qui le cherchent de toutes leurs forces et qui aiment son Royaume. Pour cela il les instruit près des eaux paisibles, loin de l’agitation du monde. Il les modèle dans sa main comme un potier son ouvrage, il les garde de l’adversité. A ceux qui refusent de le connaître,il donne un esprit d’égarement, donnant ainsi à ceux qui le rejettent, la possibilité d’être encore plus éloignés de sa personne, puisque c’est leur désir.
Pierre écrit 2 Pierre 3:17  Vous donc, bien-aimés, qui êtes avertis, tenez-vous sur vos gardes, de peur qu’entraînés par l’égarement des impies, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté.
    C’est quand on est debout qu’il faut faire attention de ne pas tomber. On devient comme Job, l’âme à abattre, celle qui est mise à l’épreuve. Ceux qui se contentent de religion à la doctrine laxiste sous prétexte d’irénisme, ne sont pas debout, ils ont le cœur partagé. Ils sont bercés dans leurs rêveries. Alors attention !
Si notre cœur est partagé c’est que nous ne sommes pas à 100% pour Dieu, c’est donc que nous sommes tièdes, et que dit Dieu au sujet des tièdes ?
« Je les vomirai de ma bouche » Apo 3 ; 16.
Le salut éternel nous amènera dans l’autre vie, au règne avec Christ étant héritiers du Royaume de Dieu. Mais pour tout de suite, connaître Dieu change la vie comme écrit en : Actes 26:18 afin que tu leur ouvres les yeux, pour qu’ils passent des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu, pour qu’ils reçoivent, par la foi en moi, le pardon des péchés et l’héritage avec les sanctifiés.
Comme le dit Paul : Colossiens 1 ; 12 Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière, qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour,
Et précise  1 Pierre 1 ; 4-5 pour un héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir, lequel vous est réservé dans les cieux, à vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps!  

  NOUS AVONS UN FUTUR EXTRAORDINAIRE :  

Daniel 7 ; 18 Mais les saints du Très-Haut recevront le Royaume, et ils posséderont le Royaume éternellement, d’éternité en éternité.
Apocalypse 2 ; 26 A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu’à la fin mes œuvres, je donnerai autorité sur les nations. Il les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d’argile, ainsi que moi-même j’en ai reçu le pouvoir de mon Père.
Apocalypse 3 ; 21. Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises!
Ayons à cœur de rechercher la sanctification sans laquelle nul ne pourra voir le Seigneur.
Continuer dans le péché c’est s’assurer d’être rejeté par Dieu ! Courons vers le but qui est l’élection par la sanctification afin que Dieu nous accueille favorablement un jour qui de toute façon, est très proche . 

21° dimanche du Temps ordinaire (22 août 2010) (bible-service site)

21 août, 2010

du site:

http://www.bible-service.net/site/379.html

21° dimanche du Temps ordinaire (22 août 2010)

Il semble y avoir comme une contradiction dans la Parole de Dieu de ce dimanche : le prophète Isaïe (1° lecture) et le psaume invitent tous les peuples à se réjouir devant la gloire du Seigneur qui sauve tous les hommes; mais Jésus, dans l’évangile du jour, semble limiter le nombre des sauvés : ceux qui passeront par la porte étroite ! Mais une lecture attentive balaie cette contradiction apparente : ce ne sont pas les plus proches nécessairement qui seront sauvés, mais le monde entier viendra à l’appel du Seigneur pour entrer dans le Royaume.

• Isaïe 66, 18-21

Ce sont pratiquement les derniers mots du livre du prophète Isaïe que nous lisons ce dimanche. La troisième partie du livre date de la fin du long exil à Babylone, vraisemblablement après le retour sur la terre des ancêtres. Le peuple est habité à la fois par des sentiments de joie et des désillusions. Joie, car après la dispersion, vient le temps du rassemblement. Avec le Seigneur comme maître d’œuvre de cette convergence vers Jérusalem, “ la montagne sainte ” du Seigneur, non seulement du peuple d’Israël mais également de tous les peuples. C’est donc bien une “ bonne nouvelle ” que le prophète est chargé de communiquer au peuple. Mais aussi désillusions, car tout n’est pas comme le peuple l’avait rêvé : d’autres peuples habitent la terre d’Israël, et retrouver son identité de peuple de Dieu n’est pas simple.
Alors, le peuple reçoit une mission : celle d’annoncer à tous les peuples la gloire de Dieu, les merveilles qu’il réalise pour son propre peuple, et qu’il veut élargir à tous. Cette volonté du Seigneur fait éclater les anciennes barrières, qui tenaient les nations païennes à distance de Jérusalem et du Temple… et donc du Seigneur. C’est la notion même d’élection (peuple choisi) qui se trouve bouleversée : le peuple d’Israël demeure le peuple élu, mais il est choisi pour que tous les peuples se rassemblent. Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus renouvellera cette promesse de rassemblement de toutes les nations.

• Psaume 116

Ce psaume est le plus court de tous les psaumes, mais il n’en est pas moins une belle prière de louange envers le Seigneur. Quel est le motif de cette louange ? Le psalmiste évoque l’amour fort du Seigneur pour “ nous ”, c’est-à-dire le peuple d’Israël. Non seulement le Seigneur aime son peuple, mais à travers lui, désire aimer tous les peuples. La “ fidélité éternelle du Seigneur ” louée par le psalmiste est un autre nom pour dire l’Alliance que Dieu a scellée. Avec son peuple, oui, mais par-delà son peuple, avec toutes les nations. Cette belle prière prolonge le message d’espérance d’Isaïe, en première lecture.

• Hébreux 12,5…13

Ce passage fait suite à la deuxième lecture du dimanche précédent. Il prolonge les appels à l’endurance dans les épreuves, à l’exemple du Christ Jésus. L’accent est mis ici sur les paroles de réconfort qu’apporte l’Écriture. Le passage du livre des Proverbes cité (3,11-12) invoque la pédagogie des pères de la terre pour faire comprendre celle du Père des cieux. Plus que les premiers, il aime ses enfants. C’est par amour qu’il les amène à se corriger. Il veut faire partager sa sainteté (Hébreux 12,10) et non écraser. Il veut redonner vigueur, faciliter notre marche en nivelant notre route, selon la citation de Proverbes 4,26.

• Luc 13, 22-30

Tout ce récit tourne autour de cette question: “ N’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés? ” La réponse ne doit pas oublier que cette question est posée alors que Jésus “ marche vers Jérusalem ”, le lieu de son destin. Jésus répond de deux manières. D’abord, il déplace la question : le salut n’est pas une question de nombre, mais de désir fort, voire de combat (efforcez-vousÊ!). Ensuite, il faut se dépêcher, car la porte ne va pas rester ouverte longtemps; le maître de maison (Jésus) va la refermer. Inutile de tergiverser. C’est maintenant ou jamaisÊ! Jésus s’adresse là aux croyants d’Israël, qui hésitent. A leur place, enseigne-t-il , on viendra des quatre points cardinaux pour prendre place au festin du Royaume. Ainsi, chacun peut être sauvé. Il suffit d’accepter ce don de Dieu, que l’on vienne d’Israël ou des nations païennes. La venue du Royaume de Dieu entraîne vraiment un renversement des valeurs humaines et religieuses : “ les premiers seront les derniers… 

Si Dieu est miséricordieux, pourquoi la Bible contient-elle des menaces? ?

20 août, 2010

du site:

http://www.taize.fr/fr_article4815.html

Si Dieu est miséricordieux, pourquoi la Bible contient-elle des menaces? ?

La Bible nous dessine le portrait d’un Dieu qui est Amour et qui veut pour les humains une vie surabondante. Si cette certitude vient à nous grâce au Christ Jésus, elle se trouve déjà en filigrane dans les Écritures d’Israël. La Bible commence par le récit de la création, mettant en scène un Dieu qui, loin de garder ses biens jalousement pour lui, désire tout partager avec les autres êtres qu’il appelle à l’existence. Nous trouvons par la suite le cœur de la foi d’Israël, l’épopée de Dieu qui libère un groupe d’esclaves et en fait son peuple à lui, appelé à être, par la qualité de leur vie ensemble, un signe de sa présence et de sa compassion au milieu de sa création.

Même plus : Dieu ne renonce jamais à son projet d’amour. Quand son peuple s’éloigne de lui, il continue à chercher le moyen de le remettre sur le bon chemin. Toujours prêt à pardonner, à la différence des humains (voir Isaïe 55, 6-9), il se révèle comme « ?le Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d’amour et de vérité? » (Psaume 86, 15). Si l’on décrit Dieu comme « ?lent à la colère? », peut-il se mettre quand même en colère? ? Lors de la traversée du désert, nous lisons à plusieurs reprises que « ?la colère du Seigneur s’enflamma contre son peuple? » désobéissant (Nombres 11,33? ; cf. 11, 1? ; 12, 9). En outre, dans les livres prophétiques, nous voyons parfois les hommes de Dieu s’insurger contre les fautes du peuple avec verve et même un certain emportement. Or, de nos jours, on voit mal comment les menaces et la colère pourraient aller de pair avec un Dieu de tendresse et de pardon.

Il ne faut pas, cependant, voir « ?la colère de Dieu? » et son pardon comme diamétralement opposés, mais plutôt comme les deux faces d’une seule et même réalité. La notion de « ?colère? », appliquée à Dieu, veut souligner le fait que son amour ne saurait rien tolérer qui fasse obstacle à la vie ou la détruise, en bref ce qu’on appelle le mal. Si Dieu aime véritablement, il ne peut rester indifférent en voyant cet amour bafoué, rejeté, car ce serait alors se résigner au fait que va échouer le dessein de donner la vie en plénitude.

Quand la Bible nous présente des paroles apparemment dures, elles sont à interpréter comme le cri du cœur – de Dieu ou de son porte-parole – indiquant les conséquences du rejet d’un amour toujours offert. Loin de contredire l’amour, ce qu’on appelle « ?la colère de Dieu? » est paradoxalement une expression de cet amour, mis provisoirement en échec par la liberté humaine. Mais alors la question se pose : si Dieu est Amour, cet amour ne doit-il pas à la fin vaincre toutes les résistances? ? Le vrai problème n’est pas tant de savoir s’il y a de la colère en Dieu, mais comment cette colère peut être efficace, éliminant le mal sans faire violence à la liberté de son vis-à-vis.

L’Évangile permet-il de résoudre le dilemme d’un amour refusé? ?
La vision biblique de Dieu semble nous placer devant un dilemme : d’un côté Dieu ne peut qu’aimer, de l’autre il ne peut tolérer le mal. Dans le langage de la Bible, l’amour divin semble voué à se dédoubler en miséricorde et en colère, sans que l’une ne puisse jamais recouvrir totalement l’autre.

C’est l’expérience des prophètes qui indique une issue à ce dilemme. D’abord celle d’Osée, lui qui est obligé d’épouser une femme infidèle. Blessé par l’infidélité de son épouse, le prophète la menace, mais il se rend vite compte qu’à cause de son amour pour elle, en lui faisant mal il se ferait autant – si ce n’est plus – de mal à lui-même. Il saisit ainsi que ce que les humains éprouvent comme la colère divine n’est en fait que la face extérieure de la souffrance qu’a Dieu de voir son amour rejeté.

Le prophète Jérémie poursuit dans cette ligne. Face au refus du peuple d’écouter les mises en garde qu’il doit proclamer au nom de Dieu, Jérémie est écartelé en sa propre chair par l’opposition entre les deux : « ?Que mes yeux versent des larmes, jour et nuit sans tarir, car d’une grande blessure est blessée la vierge fille de mon peuple? » (14, 17). Il devient, par sa douleur intérieure, le trait d’union entre ses compatriotes et son Dieu. Encore un pas, et nous arrivons à la figure mystérieuse du Serviteur du Seigneur (Isaïe 53). Tout comme Jérémie, cet homme innocent, l’envoyé de Dieu, prend sur lui la souffrance inavouée des coupables, mais en plus, cette souffrance assumée permet leur guérison. C’est comme si le pardon pouvait seulement arriver à son but s’il ne tombe pas d’en haut mais passe par le bas, s’il s’exprime par une solidarité vécue avec les faiseurs de mal, jusqu’au bout.

Cette évolution nous donne la clef pour comprendre le sort de Jésus : « ?Le Christ a souffert pour vous […] lui qui n’a pas commis de faute? ; lui qui insulté ne rendait pas l’insulte, souffrant ne menaçait pas, mais s’en remettait à Celui qui juge avec justice? ; lui qui, sur le bois, a porté lui-même nos fautes dans son corps, afin que, morts à nos fautes, nous vivions pour la justice? ; lui dont la meurtrissure vous a guéris? » (1 Pierre 2,21-24).

Dans le don de la vie du Christ, nous entrevoyons ainsi ce que saint Jean, dans un raccourci saisissant, appelle « ?la colère de l’Agneau? » (Apocalypse 6, 16). Si la « ?colère divine? » est un autre nom pour la passion d’un amour refusé, cet amour peut être efficace uniquement s’il assume pleinement les conséquences d’un tel refus. La colère doit donc se muer en souffrance par solidarité, s’identifiant ainsi à l’extrême de la miséricorde. N’offrant aucune résistance au mal, le Christ l’engouffre dans un abîme de bonté. La mort perd son aiguillon (voir 1 Corinthiens 15, 54-57) pour devenir un chemin vers la Vie.

Si Dieu est miséricordieux, pourquoi la Bible contient-elle des menaces? ?
La Bible nous dessine le portrait d’un Dieu qui est Amour et qui veut pour les humains une vie surabondante. Si cette certitude vient à nous grâce au Christ Jésus, elle se trouve déjà en filigrane dans les Écritures d’Israël. La Bible commence par le récit de la création, mettant en scène un Dieu qui, loin de garder ses biens jalousement pour lui, désire tout partager avec les autres êtres qu’il appelle à l’existence. Nous trouvons par la suite le cœur de la foi d’Israël, l’épopée de Dieu qui libère un groupe d’esclaves et en fait son peuple à lui, appelé à être, par la qualité de leur vie ensemble, un signe de sa présence et de sa compassion au milieu de sa création.

Même plus : Dieu ne renonce jamais à son projet d’amour. Quand son peuple s’éloigne de lui, il continue à chercher le moyen de le remettre sur le bon chemin. Toujours prêt à pardonner, à la différence des humains (voir Isaïe 55, 6-9), il se révèle comme « ?le Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d’amour et de vérité? » (Psaume 86, 15). Si l’on décrit Dieu comme « ?lent à la colère? », peut-il se mettre quand même en colère? ? Lors de la traversée du désert, nous lisons à plusieurs reprises que « ?la colère du Seigneur s’enflamma contre son peuple? » désobéissant (Nombres 11,33? ; cf. 11, 1? ; 12, 9). En outre, dans les livres prophétiques, nous voyons parfois les hommes de Dieu s’insurger contre les fautes du peuple avec verve et même un certain emportement. Or, de nos jours, on voit mal comment les menaces et la colère pourraient aller de pair avec un Dieu de tendresse et de pardon.

Il ne faut pas, cependant, voir « ?la colère de Dieu? » et son pardon comme diamétralement opposés, mais plutôt comme les deux faces d’une seule et même réalité. La notion de « ?colère? », appliquée à Dieu, veut souligner le fait que son amour ne saurait rien tolérer qui fasse obstacle à la vie ou la détruise, en bref ce qu’on appelle le mal. Si Dieu aime véritablement, il ne peut rester indifférent en voyant cet amour bafoué, rejeté, car ce serait alors se résigner au fait que va échouer le dessein de donner la vie en plénitude.

Quand la Bible nous présente des paroles apparemment dures, elles sont à interpréter comme le cri du cœur – de Dieu ou de son porte-parole – indiquant les conséquences du rejet d’un amour toujours offert. Loin de contredire l’amour, ce qu’on appelle « ?la colère de Dieu? » est paradoxalement une expression de cet amour, mis provisoirement en échec par la liberté humaine. Mais alors la question se pose : si Dieu est Amour, cet amour ne doit-il pas à la fin vaincre toutes les résistances? ? Le vrai problème n’est pas tant de savoir s’il y a de la colère en Dieu, mais comment cette colère peut être efficace, éliminant le mal sans faire violence à la liberté de son vis-à-vis.

L’Évangile permet-il de résoudre le dilemme d’un amour refusé? ?
La vision biblique de Dieu semble nous placer devant un dilemme : d’un côté Dieu ne peut qu’aimer, de l’autre il ne peut tolérer le mal. Dans le langage de la Bible, l’amour divin semble voué à se dédoubler en miséricorde et en colère, sans que l’une ne puisse jamais recouvrir totalement l’autre.

C’est l’expérience des prophètes qui indique une issue à ce dilemme. D’abord celle d’Osée, lui qui est obligé d’épouser une femme infidèle. Blessé par l’infidélité de son épouse, le prophète la menace, mais il se rend vite compte qu’à cause de son amour pour elle, en lui faisant mal il se ferait autant – si ce n’est plus – de mal à lui-même. Il saisit ainsi que ce que les humains éprouvent comme la colère divine n’est en fait que la face extérieure de la souffrance qu’a Dieu de voir son amour rejeté.

Le prophète Jérémie poursuit dans cette ligne. Face au refus du peuple d’écouter les mises en garde qu’il doit proclamer au nom de Dieu, Jérémie est écartelé en sa propre chair par l’opposition entre les deux : « ?Que mes yeux versent des larmes, jour et nuit sans tarir, car d’une grande blessure est blessée la vierge fille de mon peuple? » (14, 17). Il devient, par sa douleur intérieure, le trait d’union entre ses compatriotes et son Dieu. Encore un pas, et nous arrivons à la figure mystérieuse du Serviteur du Seigneur (Isaïe 53). Tout comme Jérémie, cet homme innocent, l’envoyé de Dieu, prend sur lui la souffrance inavouée des coupables, mais en plus, cette souffrance assumée permet leur guérison. C’est comme si le pardon pouvait seulement arriver à son but s’il ne tombe pas d’en haut mais passe par le bas, s’il s’exprime par une solidarité vécue avec les faiseurs de mal, jusqu’au bout.

Cette évolution nous donne la clef pour comprendre le sort de Jésus : « ?Le Christ a souffert pour vous […] lui qui n’a pas commis de faute? ; lui qui insulté ne rendait pas l’insulte, souffrant ne menaçait pas, mais s’en remettait à Celui qui juge avec justice? ; lui qui, sur le bois, a porté lui-même nos fautes dans son corps, afin que, morts à nos fautes, nous vivions pour la justice? ; lui dont la meurtrissure vous a guéris? » (1 Pierre 2,21-24).

Dans le don de la vie du Christ, nous entrevoyons ainsi ce que saint Jean, dans un raccourci saisissant, appelle « ?la colère de l’Agneau? » (Apocalypse 6, 16). Si la « ?colère divine? » est un autre nom pour la passion d’un amour refusé, cet amour peut être efficace uniquement s’il assume pleinement les conséquences d’un tel refus. La colère doit donc se muer en souffrance par solidarité, s’identifiant ainsi à l’extrême de la miséricorde. N’offrant aucune résistance au mal, le Christ l’engouffre dans un abîme de bonté. La mort perd son aiguillon (voir 1 Corinthiens 15, 54-57) pour devenir un chemin vers la Vie.

Dernière mise à jour : 26 mai 2007

Commentaire de Gn 18

2 août, 2010

du site:

http://www.bible-service.net/site/506.html

(1er lecture du dimanche 25 juillet) le texte biblique sur:

http://www.bible-service.net/site/505.html

Commentaire de Gn 18

Les Églises d’Orient ont donné à Gn 18 le titre de  »Philoxénie d’Abraham », autrement dit l’amour de l’étranger. C’est bien d’amour qu’il s’agit lorsqu’Abraham prend soin du corps de ses hôtes – Dieu sans qu’il le sache – et lorsque, presque au même moment, dans le corps de Sara s’annonce l’enfant inespéré…

Le récit de Gn 18, 1-15, disent les historiens, fut composé en plusieurs étapes. Dans une version ancienne, l’intrigue a du porter sur l’hospitalité du patriarche. Mais le texte actuel, mis en forme au 6e ou 5e av. J.-C., pendant ou après l’exil, est devenue une scène d’Annonciation.

Quand Dieu prend corps
 » Je vais faire de toi une grande nation  » (Gn 12, 2), la promesse du Seigneur à Abram devait se jouer d’un obstacle, une douleur : la stérilité de Saraï. Longuement, le récit a exploré diverses pistes : l’héritier sera-t-il Lot, Ismaël ou le fidèle intendant ? Il a navigué au milieu des dangers : Saraï chez Pharaon, Lot préférant la richesse de Sodome, Agar servante-maîtresse… Puis le Seigneur a scellé son alliance avec Abram : nouveaux noms (Abraham, Sara), nouveau rite (la circoncision). Alors seulement, quand ne reste plus que la longue attente, Dieu prend corps et apparaît.

Le corps donné à Dieu par les peintres d’icônes est celui… des anges ! Andreï Roublev, au début du 15e siècle, en a figuré trois, aux couleurs transparentes, évocation douce et lumineuse de la Trinité. Cette splendeur ne doit pas masquer la lettre du récit biblique où c’est incognito, comme de simples  »hommes », que se présente le Seigneur. Seul le lecteur, dès le début, est informé de leur identité. L’un des ressorts de l’intrigue est donc la question : Abraham va-t-il reconnaître ses visiteurs et comment ? Or Dieu se contente d’acquiescer au vieillard qui se démène (d’après Gn 17, 24, il a 99 ans !). Il le laisse préparer un repas et – cas unique dans la Bible – il mange ce qui lui est offert avec tant d’humanité.

Le jour et la nuit
Lorsqu’enfin le Seigneur parle, c’est pour s’inquiéter de Sara. À moins que la question soit de pure forme, le lecteur s’étonne, habitué à considérer Dieu comme omniscient : d’ailleurs celui-ci n’ignore pas le nom et la stérilité de Sara ! Le ressort de l’intrigue se déplace : Abraham n’a pas reconnu Dieu, mais Sara, comment va-t-elle réagir devant ces gens qui la connaissent si bien et qui promettent l’inouï ? Peu à peu, un dialogue s’instaure, aux modalités complexes : rire intérieur de la femme, mais perçu à l’extérieur (!), question par Abraham interposé ( »Pourquoi ce rire de Sara ?… »), promesse réaffirmée, dialogue resserré du Seigneur et de Sara qui émerge enfin, tremblante, au statut de partenaire, dans une relation  »je-tu » :  »Si, tu as ri ». Elle est dans la tente, mais c’est comme si Dieu la tirait hors de l’ombre de son mari, en plein soleil. Elle existe. Elle va donner le jour.

Sans se faire reconnaître, le Seigneur a permis à Abraham de montrer beaucoup d’amour et Sara, qui se dit  »usée », est rendue capable d’en déployer davantage. Le corps d’Isaac s’annonce, fruit de la promesse divine, fruit aussi d’un amour humain au-delà de l’acte d’amour.

L’histoire est belle. Trop ? Elle se détache sur fond d’effondrements :  »un hurlement est monté de Sodome et de Gomorrhe » (Gn 18, 20) La  »philoxénie » d’Abraham contre la  »xénophobie » des villes où Lot a choisi de prospérer. Ici, sous l’arbre, en plein jour, on lave les pieds des voyageurs et on leur prépare un repas (18, 1-8). Là, dans la ville, la nuit, on cherche à les violer en fracassant les portes (19, 1-10) : la violence se retourne alors sur les violents,  »pluie de soufre et de feu » et disparition de tout  »jusqu’à la flore » ( 19, 24-25).

Salve d’avenir
Dans la Bible, récits de vocation et récits d’annonciation sont des formes littéraires apparentées : dans une situation grave, le Seigneur – ou son messager – apparaît à son élu(e) et l’interpelle : celui-ci (celle-ci) prend peur ou résiste, puis, devant l’insistance divine, accepte la mission. La  »vocation » d’Abram, en Gn 12, 1-5, ne correspond qu’imparfaitement à ce schéma tant est concise la narration. Avec l’accueil, par Abraham, de l’autre-étranger et, par Sara, de l’autre-enfant (dépositaire de la mission de bénédiction universelle), elle se déploie. Et Isaïe, pendant l’exil, va souligner que c’est bien d’un homme et d’une femme, ensemble, que le peuple de Dieu est issu :  »regardez le rocher où je vous ai sculptés et le creux dans le puits dont je vous ai extraits, regardez Abraham votre père, Sara qui accoucha de vous… » (Is 51, 1-2).  »Devant l’effondrement des preuves, le poète répond par une salve d’avenir » disait René Char. L’histoire d’Abraham et de Sara est une salve d’avenir.

© Gérard BILLON. Article paru dans Le Monde la Bible n° 140  »Abraham, patriarche de trois religions » (Bayard-Presse, janv.-fév. 2002), p. 72

N.B. : sur ce récit célèbre, on méditera l’icône de Roublev. On relira aussi les 3 pages que Paul Beauchamp a consacrées à “ Abraham : la vie, la mort ” dans son ouvrage Cinquante Portraits Bibliques, Le Seuil 2000, p. 25-27

19 juillet, 2010

du site:

http://www.spiritualite2000.com/Emmaus/Croire/croire8.htm

Croire 8 : Le mystère de la création

De cette vue d’ensemble que nous avons vu jusqu’à maintenant sur Dieu le Père en tant que créateur, découlent les divers points particuliers de la foi chrétienne en la création.

l. La liberté de la création. Beaucoup de gens croient que le monde est le produit du hasard, d’un destin aveugle ou d’une quelconque nécessité logique; la foi chrétienne, pour sa part, professe que ce monde est voulu, créé, aimé, approuvé par Dieu.

Il procède de la volonté libre, de la bonté et de l’amour de Dieu; celui-ci, sans y être contraint d’aucune manière, par une décision totalement libre, a voulu faire participer les créatures à son être. Car c’est toi qui créas toutes choses; tu as voulu qu’elles soient, et elles furent créées (Ap 4,11). Dieu aurait été Dieu et pleinement heureux même sans le monde; il n’avait pas besoin de nous ni du monde, mais il nous a voulus, nous et le monde. Nous pouvons donc nous dire que tout ce qui existe, en particulier nous-mêmes, existe parce que Dieu a dit: je veux que tu sois; tu es là parce que je te veux, parce que je t’aime. Parce que Dieu est bon, nous existons (Augustin).

2. L’ordre dans la création. La Bible déclare à plusieurs reprises que Dieu dit … et cela fut. Dans le livre de la Sagesse, nous lisons: Tu as fait l’univers par ta parole (Sg 9,1; cf. Jn 1,3; Rm 4,17). Si le langage humain est capable de signifier quelque chose, si l’existence des créatures a un sens, c’est parce que Dieu a tout créé par sa parole. C’est par sa parole que Dieu sépare le cosmos du chaos, la lumière des ténèbres, le ciel de la terre. Dans la même perspective, la Bible dit que Dieu a créé toutes ses œuvres avec sagesse (cf. PS 104,24; Pr 8,27). Ainsi le monde n’est-il pas, pour le chrétien, l’expression d’une puissance de vie irrationnelle et désordonnée; il est, au contraire, rationnellement ordonné. Tu as tout disposé avec mesure, nombre et poids (Sg 11,20). Le monde est la réalisation des idées divines. Comment pourrait- on expliquer l’ordre merveilleux du monde, que la science ne cesse de redécouvrir, autrement que par un Esprit ordonnant tout? Dans sa recherche et sa réflexion, l’homme peut suivre à la trace et retrouver le dessein créateur de Dieu. Croire en Dieu, le Créateur, c’est affirmer que le monde a un sens et est pétri de rationalité.

3. La bonté de la création. Le récit biblique de la création répète sans cesse que Dieu a fait toute chose bonne (cf. Gn 1,4.10.12.18.21.31). Ce refrain signifie que tout vient de la bonté de Dieu et y participe. Partant de cette vérité, l’Eglise ancienne a dû s’opposer à la gnose. Ce système, très répandu dans l’Antiquité, rejetait le monde matériel comme mauvais et répudiait le Dieu créateur de l’Ancien Testament. Au Moyen Age également, l’Eglise a dû défendre la bonté de la création contre les représentations pessimistes des cathares et d’autres sectes dualistes (cf. DS 800; 1333; 3002; FC 29; 248; 253). Professer que la création est bonne dans toutes ses parties, c’est enlever tout fondement aux fausses ascèses, à la fuite hors du monde et au mépris du monde, au scepticisme et au pessimisme. C’est une bonne nouvelle pour notre civilisation qui s’interroge avec un mélange d’espoir et d’angoisse sur l’évolution actuelle du monde (GS 4).

4. L’essence de la création. En dépit de quelques concordances, la Bible parle de la création autrement que les mythes des autres religions de l’Antiquité, qui racontent le combat de Dieu contre les puissances du chaos ou les luttes des dieux entre eux. D’après la Bible, Dieu crée sans effort et d’une manière souveraine. Il crée autrement que les hommes, qui travaillent toujours une matière préexistante et ne font que la recréer et la transformer. Dans le cas de Dieu, il n’est jamais question d’une matière préexistante. C’est pourquoi Dieu n’est pas un démiurge (architecte du monde). Pour exprimer l’irréductible originalité de l’action créatrice de Dieu, l’Ecriture (cf. 2 M 7,28; Rm 4,17) et la doctrine de l’Eglise (cf. DS 800; 3025; FC 29; 259) parlent de création à partir du néant. Cela ne veut pas dire que le néant serait la matière dont le monde est fait, et que le monde serait donc, en fin de compte, une réalité vaine. Au contraire, l’absence de tout matériau préexistant est clairement affirmée. Positivement, on veut dire par là que Dieu seul est le fondement exclusif du monde, que celui-ci dépend pleinement de lui et, en tout ce qu’il est, participe à l’être de Dieu. Pour un monde qui éprouvait et qui éprouve encore de l’angoisse devant les forces anonymes et les puissances surhumaines du destin, c’est là une certitude réconfortante: tout ce que nous sommes, tout ce que nous possédons, tout ce qui existe, est un don de Dieu, dont il nous faut rendre grâce.

5. L’autonomie de la création. Dépendant totalement de Dieu, le monde est par nature tout à fait différent de Dieu, qui ne dépend en aucune façon de quoi que ce soit. Paradoxalement, cette dépendance totale confère à la créature une relative autonomie devant Dieu. Tirée du néant, elle reçoit de Dieu une dignité qui lui est propre. Le fait d’être créé n’est pas un abaissement ou une humiliation; c’est devenir capable, grâce à Dieu, d’exister en vue de Dieu. C’est pourquoi le deuxième concile du Vatican parle d’une autonomie bien comprise du monde et de ses différents domaines (cf. GS 36,41,56,76; AA 7). Cela signifie que la culture, les sciences, l’économie, la politique et les autres aspects de la réalité possèdent une autonomie relative, une vérité, une bonté, un ordre et des lois propres. L’homme doit respecter la dignité propre des créatures et leurs rythmes propres. Il ne doit pas en faire n’importe quoi. Le chrétien doit se comporter dans le monde et à tous les niveaux de la réalité d’une manière objectivement juste. Il découvre concrètement la volonté de Dieu dans l’organisation et les structures du monde et à travers elles. L »’autonomie bien comprise dont parle le concile doit être distinguée de la prétention à une autonomie absolue du monde par rapport à Dieu. Cette conception, propre au sécularisme moderne, est inconciliable avec la foi en la création du monde.

6. Le sens de la création. Précisément en raison de son autonomie, la création, qui est tout entière l’œuvre de Dieu, existe tout entière pour lui, pour sa gloire et sa louange. Le sens premier de la création est la glorification de Dieu. Cette idée revient constamment dans les psaumes:

Seigneur, notre Seigneur,
que ton nom est magnifique
par toute la terre!
Mieux que les cieux, elle chante ta splendeur (PS 8,2).
Les cieux racontent la gloire de Dieu,
le firmament proclame l’œuvre de ses mains (PS 19,2).

Dans le cantique des trois jeunes gens que le roi Nabuchodonosor fit jeter dans la fournaise, parce qu’ils refusaient d’adorer une idole qu’il avait érigée, toute la création, ciel et terre, soleil et lune, étoiles du ciel, pluie et rosée, éclairs et nuées, tout ce qui existe est appelé à glorifier Dieu: Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur: célébrez-le et exaltez-le à jamais (Dn 3,57). Nous retrouvons sans cesse, dans l’histoire de la piété chrétienne, la louange de Dieu à partir de la création. L’exemple le plus connu est le Cantique du soleil, dû à saint François d’Assise, qui l’a composé à la louange et à l’honneur de Dieu lorsqu’il était malade à Saint-Damien:

Très-Haut, tout-puissant, bon Seigneur,
à toi sont les louanges, la gloire
et l’honneur et toute bénédiction.
A toi seul, Très-Haut, ils conviennent,
et nul homme n’est digne de prononcer ton nom.
Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement monseigneur frère soleil,
qui donne le jour et par qui tu nous éclaires.
Il est beau et rayonnant avec une grande splendeur;
de toi, Très-Haut, il est le symbole
(traduction Alexandre Masseron).

De la même façon, François parle à la lune, aux étoiles, au vent, à l’eau précieuse et chaste, au feu, à la terre, aux fleurs et à l’herbe, mais aussi à la maladie, à la tribulation et à la mort. Il entretient un rapport vraiment fraternel avec toutes les autres créatures et c’est pourquoi il les appelle frères et sœurs.

Dire que le sens premier du monde est la glorification de Dieu, ce n’est pas imaginer un Dieu égoïste et narcissique. La gloire de Dieu est la gloire de son amour. L’honneur de Dieu est aussi le salut des hommes. La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant (lrénée de Lyon). La création sert également à faire le bonheur des créatures, qui ont la possibilité de participer à la gloire de Dieu et qui trouvent précisément dans la glorification de Dieu leur achèvement suprême. L’homme ne trouve pas son achèvement suprême dans l’avoir et la jouissance, mais dans la fête et la célébration, dans l’action de grâce, la louange et la glorification. L’eucharistie, l’action de grâce, dans laquelle le pain et le vin sont impliqués comme représentant toute la création, est par conséquent le lieu où se révèle le sens du monde. Elle est en quelque sorte une liturgie cosmique, qui anticipe l’achèvement final de l’homme. Paul a très bien exprimé la manière dont tout doit s’ordonner: Tout est à vous, mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu (l Co 3,22-23).

(Cet article est tirée du Catéchisme allemand pour adultes. La foi de l’église, Centurion / Cerf, 1987)

« Bienheureux les doux, parce qu’ils possèderont la terre. » (Matth., V, 4)

9 juillet, 2010

du site:

http://www.foi-et-contemplation.net/themes/Esprit-Saint/Saint-Esprit-Vie-Chretienne-beatitude-douceur.php

Saint-Esprit dans la Vie Chrétienne

Chapitre VI
La Béatitude de la Douceur

« Bienheureux les doux, parce qu’ils possèderont la terre. » (Matth., V, 4)

L’activité du don de Piété se traduit par l’inspiration de la douceur. Nous allons voir comment se fait le raccord entre le don de Piété et la béatitude de la douceur. C’est dans les relations avec les hommes que la douceur trouve son emploi. On peut être doux et on doit l’être, d’abord intérieurement, mais cette vertu s’épanche ensuite sur autrui.

I. – Justice, piété et douceur

Par quoi sont réglées les relations avec le prochain ? D’abord par la vertu de justice qui s’établit entre le doit et l’avoir, qui fait l’égalisation entre les dettes et les droits, et met ainsi la paix. Quand nous avons reçu ce qui nous était dû, nous sommes en paix avec l’homme qui nous devait. L’homme, né sociable, a besoin de la justice, qui lui permet d’entretenir des relations, entre commerçants par exemple, par des échanges mutuels. Cette vertu est extrêmement utile pour que les rapports soient bons, et on constate qu’ils peuvent être excellents entre gens qui vivent dans sa pratique. Néanmoins, cette justice a quelque chose, non pas d’injuste, mais de raide en ce qu’elle ne tient pas compte des personnes; elle regarde uniquement ce qui est dû de part et d’autre, elle fait l’égalisation entre les choses. Aussi ceux qui sont payés n’en ont aucune reconnaissance, il s’agit d’une chose convenue.

Dans ces conditions les relations sociales ne vont pas très loin, et nous voyons les classes divisées, encore que chacune reçoive son dû, parce que derrière les relations de justice, il n’y a pas de relations personnelles. Si, anciennement, on trouvait de vieux serviteurs attachés aux famille, c’est qu’il y avait plus de charité, et par conséquent plus d’attention aux personnes.

Le don de Piété va donner d’en haut un secours pour venir en aide à la pauvre justice qui, au point de vue de la paix, est si limitée, si impuissante. La Piété nous fait voir, sentir en Dieu, le Père. Mais il n’est pas difficile de s’apercevoir que ce Père est un Père commun; non pas notre Père à nous individuellement, mais notre Père à tous. Notre-Seigneur a voulu que, lorsque nous prions, nous ne disions pas : mon Père, comme il disait, lui, Fils unique, mais : notre Père, tous ensemble; le Pater est une prière essentiellement collective, Celui donc qui a le sens de cette paternité regarde l’humanité comme une grande famille dont les membres sont liés entre eux par le lien le plus étroit, celui du premier degré : enfants d’un même Père, ils sont, non pas cousins, mais frères. C’est exact, et c’est pourquoi l’Église se sert de ce mot : le prochain, car on ne peut pas être plus proche.

Or, il est clair que nos relations s’attendriront, si nous voyons un frère en ceux qui ont affaire à nous, que nous rencontrons autour de nous. Une douceur, une familiarité se répandra dans toutes les relations humaines : comme la douceur règne au fond, malgré toutes les petites algarades fraternelles, entre les frères d’une même famille, unis sous l’autorité du père et de la mère. Le rayonnement naturel de la piété que nous avons envers le Père s’étend aux enfants. L’humanité est ainsi animée par la douceur des uns vis-à-vis des autres. Et c’est par là que s’annonce la solution de la question sociale. Quand on aura compris, saisi à fond, expérimenté, goûté la paternité divine et la filiation commune dans le Père, les conflits violents disparaîtront entre les nations comme entre les diverses classes de la société.

Ne voyons-nous pas dans les premiers chrétiens cet esprit de fraternité : ils ne faisaient qu’un cœur et qu’une âme; les païens étonnés disaient : « Voyez comme ils s’aiment. » Et Dieu a conservé dans les instituts religieux comme un foyer où demeure ce culte, qui n’existe plus dans le monde; ils représentent au fond ce qu’était la communauté primitive.

C’est dans le sentiment vif de la paternité céleste que nous trouvons l’amour de la fraternité. Un batelier corse, ayant vu chasser de la côte de pauvres bateliers étrangers, exprimait ainsi son indignation : « Est-ce bien d’affamer des hommes qui ont besoin de manger ? Est-ce que ce ne sont pas des corps de Dieu comme nous ? » Cet homme, sans s’en douter, traduisait le mot de saint Paul : « Les nations diverses ne forment qu’un seul corps en Dieu. (Eph., III, 6) » Comme nous disons : confrères, saint Paul dit : « concorporales », des corps différents dans un seul corps.

L’humanité forme une famille sur laquelle se repose le regard du Père céleste. L’amour du Père s’étend sur tous les hommes. « Il fait luire son soleil sur les bons et sur les méchants. (Matth., V, 45) » Au point de vue surnaturel, il a dessein de les sauver tous — quoique néanmoins il y en ait qui lui échappent. Il leur en donne le moyen, il veut en faire ses enfants préférés, participant à sa nature, communiant à sa propre vie. Toute l’humanité est une seule famille, comme une seule pâte humaine. Entre tous les membres doit régner la douceur. Ce sera d’abord dans les cœurs, les mœurs de chacun — la colère, l’indignation, les sentiments violents — étant contenues. Puis dans les procédés, par les marques de bonté les uns pour les autres.

Ainsi la Piété nous donne le sens de la Paternité divine, et au bout de l’inspiration de la piété se trouve la douceur. Le raccord est lucide.

II. – la douceur, acte du don de piété en Notre-Seigneur

Cet esprit de douceur, nous le trouvons en sa plénitude en Notre-Seigneur. Personne en piété n’a atteint un tel degré; personne n’a été plus fils; mais voyons comme sa piété, son sentiment profond de la paternité divine, se tourne en douceur infinie : « Apprenez de moi que je suis doux », dit-il (Matth., XI, 29). S’il a un commandement qui lui est propre, son commandement, c’est la charité : « Aimez-vous les uns les autres. » Sa leçon personnelle, son exemple, c’est la douceur : Apprenez de mon exemple, de ma personne, de moi, de ce que je dis, de ce que je fais. Il suffit de le regarder pour avoir cette impression de douceur : c’est sa leçon, bien personnelle. Sans doute Notre-Seigneur a été juste, le zèle de son Père le dévorait, et quand, dans le temple, il a pris un fouet, il faisait œuvre de justice. Mais en dehors de ces relations avec ces âmes méchantes qu’étaient les Pharisiens et les Scribes, avec le reste des hommes nous le voyons d’une douceur infinie. S’il a pu dire : « Qui m’accusera de péché ? (Jean, VIII, 46) », il peut dire de même : « Apprenez de moi que je suis doux », en face de ceux qui le connaissaient le mieux; ils ne pourront rien lui reprocher. Dès son entrée dans la vie publique, à sa première manifestation dans la synagogue de Nazareth, il dit ces paroles : « L’Esprit de Dieu est sur moi »… à cause de cela « il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur blessé, rendre la vue aux aveugles, racheter les captifs (Luc, IV, 18) ». C’est parce que l’Esprit de Dieu est sur lui, qu’il a cette douceur. Saint Matthieu constatant cette douceur lui applique ces paroles d’Isaïe : « Voici mon fils… on n’entendra pas sa voix… Il ne criera pas… Il n’éteindra pas la mèche qui fume encore… Il n’achèvera pas le roseau brisé. (Isaïe, XLIII, 1-4 ; Matth., XII, 17-21) ».

Saint Paul a ressenti cette même douceur du Christ vis-à-vis de lui, alors qu’il était encore impie, et il pense qu’il a été traité ainsi pour qu’il soit un modèle de ce que sera la patience de Dieu dans la formation des élus à venir. Sa suprême imprécation était : « Je vous en supplie, par la mansuétude du Christ. » Le Christ donne une impression de douceur. Il est une apparition de douceur. Non seulement sa vie est en harmonie avec ce qu’il était lui-même, mais il veut former des doux. « Je vous, envoie, dit-il, comme des agneaux au milieu des loups. (Luc, X, 3) » Lui-même avait été ainsi salué par Jean-Baptiste : « Voici l’Agneau de. Dieu. (Jean, I, 29, 36) » Il envoie ses apôtres sans armes, sans apparat, pour conquérir le monde par la douceur. Et en effet, s’ils sont forts dans l’affirmation de la vérité, quand il s’agit de leur personne, les disciples se laissent, comme saint Etienne, conduire à la mort « avec douceur ». « Seigneur, s’écria-t-il, ne leur imputez pas ce péché. (Act., VII, 59) » On croit entendre l’écho de la Croix : « Mon Père, pardonnez-leur. » C’est pourquoi Notre-Seigneur ne peut sentir l’indignation chez ses Apôtres. Jean et Jacques veulent appeler le feu du ciel sur les villes coupables de ne pas les avoir reçus. Il les raille et les nomme désormais « fils du tonnerre (Luc, IX, 54 ; Marc, III, 17) ».

Dans l’Évangile, nous trouvons donc la marque de la douceur partout. Cela se comprend. Notre-Seigneur, dans sa divinité même, dans son âme humaine, voyait le Père face à face. Il avait d’ailleurs en lui l’inspiration du Saint-Esprit qui donnait à son âme humaine le sentiment de la paternité. C’est donc avec une intention extrêmement douce que envoyé par le Père, il accomplissait cette mission de réconciliation des enfants avec leur Père. Il voyait en nous des frères, des enfants du Père, et c’est avec ce sentiment très doux qu’il se consacrait à les sauver.

III. – La pratique de la douceur

La douceur de Notre-Seigneur est un modèle que nous devons imiter. Bien souvent cependant nous trouvons dans les personnes pieuses une méconnaissance véritable de cette douceur évangélique. Dans les âmes dévotes, nous rencontrons une sévérité, une amertume, un zèle peut-être, mais amer, une indignation… Tout le contraire de l’esprit de douceur. Et ces personnes sont « pieuses », elles ne manqueraient pas une seule dévotion; Mais leur piété se change en venin; ce n’est pas une vraie piété. La vraie piété doit s’attendrir dans la vue de la paternité de Dieu, puis reverser sur les autres quelque chose de son attendrissement. Si elle n’est pas douce, c’est qu’elle ne va pas jusqu’au cœur, de la religion.

La religion n’est pas un ensemble de pratiques; elle ne s’arrête pas aux objets: elle est dominée par la pensée du Père qui est au ciel. La vraie piété se traduit par quelque chose de doux, de compatissant, de bon pour les autres; elle exige au dedans des sentiments, des pensées, un ensemble de vie intérieure doux, dans une possession de soi-même qui réprime l’indignation, l’impatience, la colère.

Si nous sommes fidèles à l’esprit de Piété qui nous pousse à la douceur, nous réformerons notre intérieur en nous possédant pour réprimer les poussées de la nature : « La mansuétude fait les personnes qui sont maîtresses d’elles-mêmes », dit saint Thomas (II II, q. CLVII, a. 4).

Il ne faut pas suivre les instincts, les pensées qui traversent l’imagination, qui nous représentent le prochain sous son aspect ingrat. Nous devons savoir réprimer un premier mouvement d’antipathie, d’animosité, de violence, d’indignation, de colère, d’impatience…, mouvements qui se produisent dans les âmes qui ont des passions, et toutes en ont. Mettons de l’ordre dans notre intérieur en y faisant régner la mansuétude, la douceur qui est l’application de ce don de piété dont nous sommes pourvus. Les personnes qui, tout en étant dévotes, ont conservé tout un ensemble de sentiments naturels ou mauvais qui les excitent contre le prochain, ont en elles un foyer antifraternel, et c’est pourquoi, malgré leurs pratiques religieuses, elles exhalent leur mauvais fond qui est resté dessous ce revêtement de piété.

Il faut que notre piété corrige d’abord l’intérieur. Notre Seigneur dit que l’extérieur n’a pas d’importance, que « c’est du dedans que sortent les pensées mauvaises, les mauvais sentiments (Matth., XV, 11) » et le reste. Nous ne serons pas doux envers les autres sans cette calme possession de nous-mêmes.

Le don de Piété, en nous inspirant la mansuétude, a donc pour premier effet de détruire ces mauvais foyers d’aigreur et d’amertume et met à leur place des sentiments doux, remplis de bonté envers tous, pour que d’un bon foyer sorte un bon rayonnement.

Quand le Saint-Esprit a suavement accompli cette pacification intérieure, il nous pousse à être vis-à-vis des autres, extérieurement, par notre visage, notre abord, notre allure, nos paroles, comme à l’intérieur, des doux.

Le programme de saint Paul était « vaincre le mal par le bien (Rom., XII, 21) ». L’échelle de la douceur est, en effet, la rencontre du mal. Nous triomphons du mal par notre douceur en étant « comme des agneaux au milieu des loups ». Saint Pierre disait : « Soyez soumis à toute créatures (I Pierre, II, 13). » Si nous n’abordons pas les autres comme des maîtres qui veulent dominer, si nous mettons dans nos rapports quelque chose de respectueux, de soumis, nous disposerons le prochain à la même attitude.

Écoutez encore cette autre parole : « Regardez-vous les uns les autres comme étant supérieurs les uns aux autres réciproquement (Philipp., II, 3). » Alors nous aurons de la considération, des égards, de l’amitié. Lorsqu’on s’adresse aux hommes du peuple, on est porté à les tenir à distance, à leur parler avec une certaine condescendance, et on ne réussit pas à gagner leur sympathie. Il faut s’imprégner de cette vérité que nous sommes tous les membres d’une même famille : le Saint-Esprit nous inspirera cette conviction et la parfaite douceur avec laquelle nous devons aborder tous nos frères comme des enfants du Père céleste.

« Portez les fardeaux les uns des autres (Galat., VI, 2). » Nous sommes compagnons de tâche, chacun; avec notre fardeau: pour les uns, souffrances intérieures ou extérieures; pour d’autres, travail difficile; sachons entrer dans l’intérieur des autres, porter leurs peines. Faisons-le auprès de ceux auxquels va notre apostolat. Faisons-le au-dedans de nos familles. C’est là surtout que nous rencontrons des frères et des sœurs. Ayons cet esprit de fraternité qui y doit être avoué et officiel. Vis-à-vis de ce premier prochain, exerçons cet esprit de douceur qui nous vient de l’inspiration du don de Piété, puisque nous allons vers un même Père qui veut notre bien à tous, dans un même amour.

Si nous faisons ces choses, nous posséderons la terre. C’est la grande ambition: Avoir de l’influence, gouverner les consciences, jouir de l’approbation des hommes, posséder les cœurs. Le grand moyen, c’est la douceur. Les Apôtres n’en ont pas connu d’autre, et ils ont réussi d’une manière efficace, le Saint-Esprit était derrière eux. La douceur inspirée par la piété est toute-puissante. Si nous voulons posséder la petite terre de notre communauté, ou cette autre terre qu’est le terrain de notre apostolat, ou encore l’opinion de notre ville, employons la douceur, c’est le moyen efficace. Elle nous donnera, non seulement la terre d’ici-bas, mais l’autre qui nous attend là-haut. La «Piété», avec la douceur qu’elle communique, est utile à tout; elle a la promesse de la vie présente, la terre, et de la vie future, le ciel.

Ceux donc qui auront réfréné leurs passions intérieures par la douceur qui jaillit de l’Esprit de Piété, ayant le culte de la paternité céleste et vivant dans la fraternité, en répandant la douceur autour d’eux, auront dès maintenant la terre des âmes et plus tard la terre des vivants. Car leur piété a la double promesse de la vie présente et de la vie future.

Textes bibliques commentés: Romains 8, 18-27 (La creation en attente)

28 juin, 2010

du site:

http://www.taize.fr/fr_article170.html?date=2008-03-01

Textes bibliques commentés

Ces courtes méditations bibliques sont proposées pour soutenir une recherche de Dieu au cœur de la vie quotidienne. Il s’agit de prendre un moment pour lire en silence le texte biblique suggéré, accompagné du bref commentaire et des questions. On peut se réunir ensuite en petits groupes de trois à dix personnes chez l’un ou l’autre des participants pour un bref partage de ce que chacun a découvert, avec éventuellement un temps de prière.

2008 mars

Romains 8, 18-27 : La Création en attente

J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise, avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière gémit et souffre les douleurs de l’enfantement. Et ce n’est pas elle seulement ; mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous gémissons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. Car c’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance : ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore ? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.
De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables ; et celui qui sonde les coeurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints. (Romains 8, 18-27)Dans ce texte, saint Paul nous dépeint une image de la création en attente de sa libération : elle est en train de « gémir ». Cette description d’un univers blessé, entravé dans son fonctionnement, semble bien rejoindre la réalité du monde tel que nous le connaissons : que de misères et d’injustices, de désirs inassouvis, de richesses gaspillées, de fausses pistes…
Mais le message de l’apôtre va bien au-delà de la simple constatation d’une situation malheureuse. C’est en fait une bonne nouvelle, car l’aspiration de la création est décrite en termes de douleurs d’enfantement. Pour ceux qui savent déchiffrer le langage de Dieu, les gémissements sont porteurs d’espérance.
Plus important encore, ce texte nous renseigne sur la place des croyants dans cet univers, de ceux qui vivent de l’Esprit de Dieu. Loin de les sortir d’un monde marqué par l’insatisfaction, la présence en eux de l’Esprit les fait vivre davantage en solidarité avec le reste du créé. Leurs soupirs, la voix de l’Esprit en eux, se confond avec ceux de la création en attente. Plus encore, ces gémissements sont prière, l’expression d’un dialogue à l’intérieur même de Dieu. Dès lors, pourquoi s’inquiéter de ne pas savoir prier convenablement ? Par son Fils et son Esprit, Dieu s’est identifié avec sa création à un point tel que le cri du cœur meurtri de la créature se transforme en moteur de sa libération. Nos pauvres balbutiements deviennent le langage de Dieu. Notre soif de plénitude traduit une espérance authentique, qui ne peut être déçue (Romains 5, 5).
 Est-ce que l’espérance joue un rôle dans ma vie ? Quelles réalités me permettant d’espérer est-ce que je vois autour de moi ?
 Dans quelle mesure ma foi me rend plus solidaire des souffrances de la famille humaine, des « gémissements de la création » ?
 En quoi les paroles de saint Paul à la fin du texte m’aident à comprendre la prière chrétienne ?

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