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PAR SAINT AUGUSTIN: PSAUME 7: LE SILENCE DE JÉSUS-CHRIST

5 juin, 2013

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PAR SAINT AUGUSTIN

PSAUME 7: LE SILENCE DE JÉSUS-CHRIST

Ce psaume est le chant de l’âme arrivée à la perfection, et à qui la foi découvre les mystères de la passion inconnus aux Juifs et aux pécheurs actuels. Elle comprend la patience silencieuse de Jésus à l’égard de Judas; et pourquoi, lui qui était juste, a voulu souffrir.
PSAUME DE DAVID QU’IL CHANTA AU SEIGNEUR, POUR LES PAROLES DE CHUSI, FILS DE GÉMINI.
1. Il est facile de connaître par l’histoire du second livre des Rois, ce qui donna occasion à cette prophétie. Elle nous apprend que Chusi ami du roi David, passa dans les rangs d’Absalon révolté contre son père, afin de reconnaître ses desseins, et de rapporter à David toutes les trames que ce fils ourdissait contre lui avec Achitopel, qui avait trahi l’amitié du père, pour soutenir de tous les conseils qu’il pourrait donner, la révolte du fils. Mais dans ce psaume, il faut envisager l’histoire, moins en elle-même, que comme un voile jeté par le Prophète sur un grand mystère; levons donc ce voile (II Cor. III, 16) si nous avons passé au Christ. Cherchons d’abord quel sens peuvent avoir les noms; car on n’a pas manqué d’interprètes pour les étudier, non plus à la lettre et d’une manière charnelle, mais dans un sens figuré, et pour nous dire que Chusi signifie Silence, Gémini, la Droite, et Achitopel, la Ruine du frère; dénominations qui ramènent une seconde fois sous nos yeux ce traître Judas, figuré ainsi par Absalon dont le nom signifie Paix de son père. David, en effet, eut toujours des sentiments de paix pour ce fils au coeur plein d’artifices et de rébellion, ainsi qu’il a été dit au psaume troisième (Enarrat. in Ps. III, n.1). De même que dans 1’Evangile nous voyons Jésus-Christ donner le nom de fils à ses disciples (Matt. IX, 15), nous le voyons aussi les appeler ses frères. Après sa résurrection, le Seigneur dit en effet: « Allez, et annoncez à mes frères (Jean, XX, 17)». Saint Paul appelle Jésus-Christ le premier-né de tant de frères (Rom. VIII, 29). On peut donc désigner la ruine du disciple qui le trahit, sous le nom de ruine du frère, selon le sens que nous avons donné au nom d’Achitopel. Chusi, qui signifie Silence, désigne très-bien ce silence que Notre Seigneur opposait aux perfidies de ses ennemis, ce profond mystère qui a frappé de cécité une partie d’Israël, alors qu’ils persécutaient le Seigneur, jusqu’à ce que la multitude des nations entrât dans l’Eglise, et qu’ensuite tout Israël fût sauvé. Aussi l’Apôtre, abordant ces secrètes profondeurs, ce redoutable silence, s’écrie, comme frappé d’horreur à la vue de ces mystères: « O profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! combien sont impénétrables ses jugements; et ses voies incompréhensibles! qui connaît les desseins de Dieu, et qui est entré dans ses conseils (Rom. XI, 33, 34)? » L’Apôtre nous fait donc moins connaître ce profond silence, qu’il ne le recommande à notre admiration. C’est à la faveur de ce silence, que le Seigneur, dérobant le mystère sacré de sa passion, a fait entrer dans les vues de sa providence miséricordieuse, la ruine volontaire du frère, le crime détestable du traître, afin que la mort d’un seul homme, que se proposait le perfide Judas, devînt, par la sagesse ineffable du Sauveur, le salut de tous les hommes.
Ce psaume est donc le chant d’une âme parfaite et déjà digne de connaître le secret de Dieu. Elle chante: « Pour les paroles de Chusi », paroles de ce silence qu’elle a mérité de connaître. C’est en effet un silence et un secret pour les infidèles et les persécuteurs du Christ; pour ceux au contraire à qui Jésus-Christ a. dit: « Je ne vous appellerai plus mes serviteurs, parce que le serviteur ne sait ce que fait son maître; mais je vous appellerai mes amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père (Jean, XV, 15) », pour (147) ces amis du Christ il n’y a plus de silence, mais les paroles du silence, ou la raison de ce mystère du Christ que Dieu leur a donné de pénétrer et de connaître. Ce silence, ou Chusi, est appelé fils de Gémini ou de la droite. Car il ne fallait pas dérober aux saints ce qu’il a fait pour eux, et pourtant « notre gauche», est-il dit, «ne doit point savoir ce que fait notre droite (Matt. VI, 3) ». L’âme parfaite, qui a compris ce secret, chante alors cette prophétie: « Pour les paroles de Chusi », ou pour la découverte de ce mystère, que Dieu, qui est la droite, lui a fait connaître par une faveur spéciale: de là vient que ce silence est appelé fils de la droite, ou Chusi, fils de Gémini.
2. « Seigneur, mon Dieu, mon espoir est en vous, sauvez-moi de tous ceux qui me persécutent, et délivrez-moi (Ps. VII, 2) ». Toute guerre, toute hostilité contre les vices est surmontée, et l’âme parfaite n’ayant plus à combattre que la jalousie du démon, s’écrie: «Sauvez-moi de tous ceux qui me persécutent, et délivrez-moi, de peur que comme un lion, il ne ravisse mon âme (Ibid. 3) ». Car saint Pierre nous dit que « le démon notre ennemi, rôde autour de nous, comme un lion rugissant, cherchant quelqu’un à dévorer (I Pierre, V, 8) ». Aussi le Prophète, après avoir dit au pluriel ! «Sauvez-moi de tous ceux qui me persécutent », reprend ensuite le singulier, en disant: « De peur qu’il ne ravisse mon âme, comme un lion », non pas: « Qu’ils ne ravissent», car il n’ignore pas l’ennemi qui reste à vaincre, le redoutable adversaire de toute âme parfaite. Et que je ne trouve ni rédempteur, ni sauveur »; c’est-à-dire, de peur qu’il ne ravisse mon âme, tandis que vous ne la rachetez et ne la sauvez point; puisqu’il nous ravit, si Dieu ne nous rachète et nous sauve.
3. Ce qui nous montre que ce langage est celui de l’âme parfaite, qui n’a plus à redouter que les piéges si artificieux du démon, c’est le verset suivant: « Seigneur mon Dieu, si j’ai fait cela (Ps VII, 4)». Qu’est-ce à dire: e Cela? s S’il ne nomme aucun péché, les voudrait-il désigner tous? Si nous rejetons une telle interprétation, rattachons alors cette expression à ce qui suit; et comme si nous demandions au Prophète ce qu’il entend par « cela, istud », il nous répondra: « Si l’iniquité est dans mes mains ». Mais il nous montre qu’il entend parler de tout péché, puisqu’il dit: « Si j’ai rendu le mal pour le mal (Ps. VII, 5) », parole qui n’est vraie que dans la bouche des parfaits. Le Seigneur nous dit en effet: « Soyez parfaits, comme votre Père du ciel, qui fait luire son soleil sur les bons et sur les méchants, qui donne la pluie aux justes et aux criminels (Matt. V, 45, 48) ». Celui-là donc est parfait qui
ne rend pas le mal pour le mal. L’âme parfaite prie donc « pour les paroles de Chusi, fils de Gérnini », ou pour la connaissance de ce profond secret, de ce silence que garda Jésus-Christ pour nous sauver, dans sa bonté miséricordieuse, en souffrant avec tant de patience les perfidies de celui qui le trahissait. Comme si le Sauveur lui découvrait les raisons de ce silence et lui disait: « Pour toi, qui étais impie et pécheur, et pour laver dans mon sang tes iniquités, j’ai mis le plus grand silence, et une longanimité invincible à souffrir près de moi un traître; n’apprendras-tu pas, à mon exemple, à ne point rendre le mal pour le mal? » Cette âme, considérant et comprenant ce que le Sauveur a fait pour elle, et s’animant par son exemple à marcher vers la perfection, dit à Dieu: « Si j’ai rendu le mal pour le mal», si je n’ai point suivi dans mes actes vos saintes leçons, « que je tombe sans gloire sous les efforts de mes ennemis ». Il a raison de ne pas dire: « Si j’ai tiré vengeance du mal qu’ils me faisaient », mais bien, «qu’ils me rendaient», puisqu’on ne peut rendre que quand on a reçu quelque chose. Or, il y a plus de patience à épargner celui qui nous rend le mal pour les bienfaits qu’il a reçus de nous, que s’il voulait nous nuire, sans nous être aucunement redevable. « Si donc j’ai tiré vengeance du mal qu’ils me rendaient»; c’est-à-dire, si je ne vous ai point imité dans ce silence, ou plutôt dans cette patience dont vous avez usé à mon égard, que je tombe sans gloire sous les efforts de mes ennemi ». Il y a une vaine jactance chez l’homme qui, tout homme qu’il est, veut se venger d’un autre. Il cherche à vaincre un adversaire, et lui-même est à l’intérieur vaincu par le démon; la joie qu’il ressent d’avoir été comme invincible, lui enlève tout mérite. Le Prophète sait donc bien ce qui rend la victoire plus glorieuse, et ce que nous rendra notre Père qui voit dans le secret (Id. VI, 6). Pour ne pas tirer vengeance de ceux (147) qui lui rendent le mal, il cherche à vaincre sa colère, et non son ennemi: instruit qu’il est de ces paroles de l’Ecriture: « il y a plus de gloire à vaincre sa colère, qu’à prendre une ville (Prov. XVI, 32, suiv. les LXX.) ». Si donc «j’ai tiré vengeance de ceux qui me rendaient le mal, que je tombe sans gloire sous la main de mes ennemis (Ps. VII, 5)». Il paraît en venir à l’imprécation, qui est le plus grave des serments pour tout homme qui s’écrie: « Mort à moi si je suis coupable ». Mais autre est l’imprécation dans la bouche d’un homme qui fait serment, et autre, dans le sens d’un prophète, qui annonce les malheurs dont sera infailliblement frappé l’homme qui tire vengeance du mai qu’on lui rend, mais ne les appelle ni sur lui, ni sur d’autres par ses imprécations.
4. « Que mon ennemi poursuive mon âme, et qu’il l’atteigne Id. 6) ». Il parle une seconde fois de son ennemi au singulier, et nous montre de plus en plus celui qu’il représentait but à l’heure sous l’aspect d’un lion; cet ennemi qui poursuit l’âme et s’en rend maître, s’il parvient à la séduire. Les hommes peuvent sévir jusqu’à tuer le corps, mais cette mort extérieure ne leur assujettit point notre âme, au lieu que le diable possède les âmes qu’il atteint dans ses poursuites. « Qu’il foule ma vie sur la terre », c’est-à-dire qu’il fasse de ma vie une boue qui lui serve de pâture. Car cet ennemi n’est pas seulement appelé lion, mais encore serpent; et Dieu lui a dit: «Tu mangeras la terre», quand il disait à l’homme pécheur: « Tu es terre et tu re« tourneras dans la terre (Gen. III, 14, 19) ». « Qu’il traîne ma gloire dans la poussière »; dans cette poussière que le vent soulève de la surface de la terre (Ps. I, 4): car la vaine et puérile jactance de l’orgueilleux, n’est qu’une enflure et n’a rien de solide; c’est un nuage de poussière chassé par le vent. Le Prophète veut avec raison une gloire plus solide qui ne se réduise pas en poussière, nous qui subsiste dans la conscience et devant Dieu, qui ne souffre point la jactance. « Que celui qui se glorifie», est-il dit, « ne le fasse que dans le Seigneur (I Cor. I, 31) ». Cette stabilité se réduit en poussière quand l’homme, dédaignant le secret de la conscience, où Dieu seul nous approuve, cherche les applaudissements des hommes. De là cette autre parole de l’Ecriture: « Dieu brisera les os de ceux qui veulent plaire aux hommes (Ps. LII, 6) ». Mais celui qui connaît pour l’avoir appris ou éprouvé, dans quel ordre il fait surmonter nos vices, sait bien que celui de la vaine gloire est le seul, ou du moins le plus à craindre pour les parfaits. C’est le premier ou l’âme soit tombée, c’est le dernier qu’elle peut vaincre. « Car le commencement de tout péché, c’est l’orgueil », et « le commencement de l’orgueil chez l’homme, c’est de se séparer de Dieu (Eccli. X, 14, 15)
5. « Levez-vous, Seigneur, dans votre colère (Ps. VII, 7)». Comment cet homme que nous disions parfait, vient-il exciter Dieu à la colère? et la perfection ne serait-elle pas plutôt en celui qui dit: « Seigneur, ne leur imputez point ce crime (Act. VII, 59)?» Mais est-ce bien sur les hommes que tombe cette imprécation du Prophète, et ne serait-ce point contre le diable et contre ses anges qui ont en leur possession le pécheur et l’impie? C’est donc par un sentiment de pitié et non de colère, que l’on demande au Dieu qui justifie l’impie (Rom. IV, 5) d’arracher cette proie au démon. Car justifier l’impie c’est le taire passer de l’impiété à la justice, et changer cet héritage du démon en temple de Dieu. Et comme c’est châtier quelqu’un, que lui arracher une proie qu’il veut garder en son pouvoir, le Prophète appelle colère de Dieu, ce châtiment qu’il exerce contre le démon, eu lui arrachant ceux qu’il possède. « Levez-vous donc, Seigneur, dans votre colère ». « Levez-vous», montrez-vous, dit-il, expression figurée, mais ordinaire dans le langage humain, comme si Dieu dormait quand il nous dérobe ses desseins. « Signalez votre puissance dans les régions de mes ennemis».Le Prophète appelle région, ce qui est sous la puissance du démon, et il veut que Dieu y règne, c’est-à-dire qu’il y soit honoré et glorifié plutôt que noire ennemi, par la justification de l’impie, et ses chants de triomphe. « Levez-vous, Seigneur, mon Dieu, selon la « loi que vous avez portée (Ps. VII, 7) », c’est-à-dire, montrez-vous humble, puisque vous recommandez l’humilité; accomplissez vous-même avant nous votre précepte, afin que votre exemple détruise l’orgueil, et que nous ne soyons pas au pouvoir du démon qui souffla l’orgueil contre vos préceptes, en disant: « Mangez, et vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux (Gen. III, 5)». (148)
6. « Et l’assemblée des peuples vous environnera (Ps. VII, 8) ». Cette assemblée des peuples peut s’entendre des peuples qui ont cru, ou des peuples persécuteurs, car l’humilité de notre Sauveur a obtenu ce double effet: les persécuteurs l’ont environné parce qu’ils méprisaient cette humilité, et c’est d’eux qu’il est dit: « A quoi bon ces frémissements des nations, et ces vains complots chez les peuples (Id. II, 1)? » Ceux qui ont cru en vertu de cette humilité, l’ont environné, et ont fait dire avec, beaucoup de vérité, « qu’une partie des Juifs sont tombés dans l’aveuglement, afin que la multitude des nations entrât dans l’Eglise (Rom. XI, 25)». Et ailleurs: « Demande-moi, et je te «donnerai les nations en héritage, et jusqu’aux confins de la terre pour ta possession (Ps. II, 8)». « Et en sa faveur, remontez en haut», c’est-à-dire, en faveur de cette multitude; et nous savons que le Seigneur l’a fait par sa résurrection et son ascension. Ayant obtenu cette gloire, il a donné le Saint-Esprit qui ne pouvait descendre avant que Jésus fût glorifié, selon cette parole de l’Evangile: « Le Saint-Esprit n’était point encore descendu, parce que Jésus n’était pas encore entré dans sa gloire (Rom. XI, 25) ». Donc après s’être élevé au ciel en faveur de la multitude des peuples, il envoya l’Esprit-Saint, dont les prédicateurs de l’Evangile étaient remplis, quand, à leur tour, ils remplissaient d’églises l’univers entier.
7. Ces paroles: « Levez-vous, Seigneur, dans votre colère, planez au-dessus des régions de mes ennemis (Ps. VII, 7) », peuvent encore s’entendre ainsi: Levez-vous dans votre colère, et que mes ennemis ne vous comprennent point, alors « exaltare, soyez au-dessus», signifierait: Elevez-vous à une telle hauteur que vous soyez incompréhensible; ce qui a rapport au silence de tout à l’heure. Un autre psaume a dit à propos de cette élévation: « Il est monté au-dessus des Chérubins, et il a « pris son vol et s’est dérobé dans les ténèbres (Id. XVII, 11, 12) ». Cette élévation vous cachait à ceux que leurs crimes empêchaient de vous connaître, et qui vous ont crucifié; et voilà que l’assemblée des fidèles vous environnera. C’est à son humilité que le Seigneur doit d’être élevé; c’est-à-dire incompris. Tel serait le sens de: « Elevez-vous selon la loi que vous avez portée (Ps. VII, 7) », c’est-à-dire, dans votre humiliation apparente soyez tellement élevé que mes ennemis ne vous comprennent point. Car les pécheurs sont les ennemis du juste, et les impies de l’homme pieux. « Et les peuples vous environneront en foule (Id. 8)»; car ce qui porte à vous crucifier ceux qui ne vous connaissent pas, fera que les nations croiront en vous, et ainsi les peuples vous adoreront en foule. Mais si tel est vraiment le sens du verset suivant, il faut plutôt nous attrister à cause de l’effet que nous en ressentons dès ici-bas, que nous réjouir de l’avoir compris. Il porte, eu effet: « Et à cause d’elle remontez en haut (Ibid.)»; c’est-à-dire, à cause de ces hommes dont la foule encombre vos églises, remontez bien haut, ou cessez d’être connu. Qu’est-ce à dire: « A cause de cette foule? » sinon, parce qu’elle doit, vous offenser, et ainsi justifier cette, parole: « Pensez-vous que le Fils de l’homme, revenant sur la terre, y trouvera de la foi (Luc, XVIII, 8)? » Il est dit encore, à propos des faux prophètes ou des hérétiques: « A cause de leur iniquité, la charité se refroidira chez un grand nombre (Matt. XXIV, 12) ». Or, quand au sein de l’Eglise, ou dans la société des peuples et des nations que le nom du Christ a si complètement envahis, le crime débordera avec cette fureur que nous lui voyons en grande partie déjà, n’est-ce point alors que se fera sentir la disette de la parole, annoncée par un autre prophète (Amos, VIII, 11)? N’est-ce point à cause de cette congrégation qui, à force de crimes, éloigné de ses yeux la lumière de la vérité, que Dieu remonte en haut, de manière que la vraie foi, pure de tout alliage d’opinions perverses, ne se trouve plus nulle part, sinon dans le petit nombre dont il est dit: « bienheureux celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé (Matt. X, 22)? ». C’est donc à bon droit qu’il est dit: « Et à cause de cette assemblée, remontez en haut ». Retirez-vous dans vos secrètes profondeurs, justement à cause de cette assemblée des peuples qui portent votre nom, sans accomplir vos oeuvres.
8. Que l’on adopte la première explication, ou cette dernière, ou toute autre de valeur égale, et mémé supérieure, le Prophète n’a pas moins raison de dire que «le Seigneur juge les peuplés (Ps. VII, 9) ». Si non entend par s’élever en haut, qu’il est ressuscité pour monter (149) au ciel, on peut dire fort bien que « le Seigneur juge les peuples », puisqu’il en descendra pour juger les vivants et les morts. S’il remonte dans les hauteurs, parce que le péché fait perdre aux fidèles l’intelligence de la vérité, comme il est dit à propos de son avènement: « Pensez-vous que le Fils de l’homme venant en ce monde y trouvera de la foi (Luc, XVIII, 8)? » « Le Seigneur juge encore les peuples ». Mais quel Seigneur, sinon Jésus-Christ? « Car le Père ne juge personne; il a donné au Fils le pouvoir de juger (Jean, V, 22) ». Voyez alors comme cette âme si parfaite en sa prière, s’émeut peu du jour du jugement, et avec quelle sécurité de désir elle dit à Dieu dans sa ferveur: «Que votre règne arrive (Matt. VI, 10 », puis: « Jugez-moi, Seigneur, selon votre justice (Ps. VII, 9) ». Dans le psaume précédent, c’était un infirme qui priait, sollicitant le secours de Dieu bien plus qu’il ne faisait valoir ses propres mérites, car le Fils de Dieu est venu pour appeler à la pénitence tous les pécheurs (Luc, V; 32). Aussi disait-il: « Sauvez-moi, Seigneur, à cause de votre miséricorde (Ps. VII, 5) », et non à cause de mes mérites. Maintenant que docile à l’appel de Dieu, il a gardé les préceptes qu’il a reçus, il ose bien dire: « Jugez-moi, Seigneur, selon ma justice, et selon mon innocence d’en haut (Id. VII, 9). » La véritable innocence est de ne pas nuire, même à ses ennemis. Il peut donc demander à être jugé selon son innocence, celui qui a pu dire en toute vérité « Si j’ai tiré vengeance de celui qui me rendait le mal (Id. 5) ». Cette expression « d’en haut, super me », doit s’appliquer à sa justice aussi bien qu’à son innocence, et alors il dirait: « Jugez-moi, Seigneur, selon ma justice et selon mon innocence, justice et innocence d’en haut »; expression qui nous montre que l’âme n’a point en elle-même la justice et l’innocence, et qu’elle les reçoit de la lumière dont il plaît à Dieu de nous éclairer. Aussi dit-elle dans un autre psaume: « C’est vous, Seigneur, qui faites briller mon flambeau (Ps. XVII, 29) ». Et il est dit de Jean: « Qu’il n’était point la lumière, mais qu’il rendait témoignage à la lumière (II Jean, I, 8), qu’il était une torche enflammée et brillante (Id. V, 35) ».Cette lumière donc, à laquelle nos âmes s’illuminent comme des flambeaux, ne brille point d’un éclat d’emprunt, mais d’un éclat qui lui est propre et qui est la vérité. « Jugez-moi donc », est-il dit, « selon ma justice et selon mon innocence d’en haut », comme si la torche allumée et brillante disait: Jugez-moi selon cette splendeur d’en haut, c’est-à-dire qui n’est point moi-même, et dont je brille néanmoins, quand vous m’avez allumée.
9. « Que la malice des pécheurs se consomme (Ps. VII, 10) ». Cette consommation est ici le comble, d’après cette parole de l’Apocalypse: « Que celui qui est juste le devienne plus encore, et que l’homme souillé se souille davantage (Apoc. XXII, 11) ». L’iniquité paraît consommée dans ceux qui crucifièrent le Fils de Dieu, mais elle est plus grande chez ceux qui refusent de vivre saintement, qui haïssent les lois de la vérité, pour lesquelles a été crucifié ce même Fils de Dieu. Que la malice donc des pécheurs se consomme, dit le Prophète, qu’elle s’élève jusqu’à son comble et qu’elle appelle ainsi votre juste jugement. Toutefois, non seulement il est dit Que l’homme souillé se souille encore; mais il est dit aussi: Que le juste devienne plus juste; c’est pourquoi le Prophète poursuit en disant: « Et vous dirigerez le juste, ô Dieu qui sondez les cœurs et les reins (Ps. VII, 10) ». Mais comment le juste peut. il être dirigé, sinon d’une manière occulte? puisque les mêmes actions que les hommes admiraient dans les premiers temps du christianisme, quand les puissances du siècle mettaient les saints sous le pressoir de la persécution, ces actions, aujourd’hui que le nom chrétien est arrivé à l’apogée de sa gloire, servent à développer l’hypocrisie ou la dissimulation chez des hommes qui sont chrétiens de nom, pour plaire aux hommes plutôt qu’à Dieu? Dans cette confusion de pratiques hypocrites, comment le juste peut-il être dirigé, sinon par le Dieu qui sonde les reins et les coeurs, qui voit nos pensées, désignées ici sous l’expression de coeur, et nos plaisirs, que désignent les reins? Le Prophète a raison d’attribuer à nos reins le plaisir que nous font éprouver les biens temporels; c’est en effet la partie inférieure de l’homme, et comme le siège de cette voluptueuse et charnelle génération, qui perpétue la race humaine, et nous donne cette vie calamiteuse dont les joies sont mensongères. Donc, ce Dieu qui sonde les coeurs et voit qu’ils sont (150) où est notre trésor (Matt. VI, 21), qui sonde les reins, et voit que loin de nous arrêter au sang et à la chair (Gal. I, 16), nous mettons nos délices dans le Seigneur, ce même Dieu dirige le juste dans cette conscience même, où il est présent, où l’oeil de l’homme ne pénètre point, mais seulement l’oeil de celui qui connaît l’objet de nos pensées et de nos plaisirs. Car le but de nos soucis est le plaisir, et nul dans ses soins et dans ses pensées ne se propose que d’y parvenir. Dieu qui sonde les coeurs voit nos soucis, et il en voit le but ou le plaisir, lui qui sonde aussi nos reins; et quand il verra que nos soucis, loin de s’arrêter à la convoitise de la chair, à la convoitise des yeux, ou à l’ambition mondaine, choses qui passent comme l’ombre (I Jean, II, 16, 17), s’élèvent jusqu’aux joies éternelles que ne trouble aucune vicissitude, ce Dieu qui sonde les reins et les coeurs conduit le juste par la voie droite, Telle oeuvre que nous faisons, peut être connue des hommes, si elle consiste en paroles ou en actes extérieurs; mais notre intention en la faisant, et le but qui nous pousse à la faire, ne sont connus que de Dieu qui sonde les reins et les coeurs.
10. « J’attends un juste secours du Seigneur, qui sauve les hommes au cœur droit (Ps. VII, 11) ». La médecine a une double tâche, d’abord de guérir la maladie, ensuite de conserver la santé. C’est dans le premier but qu’un malade disait dans le psaume précédent: « Ayez pitié de moi, Seigneur, parce que je suis faible (Id. VI, 3) ». En vue du second but, nous trouvons dans le psaume qui nous occupe: « Si l’iniquité souille mes mains, que je tombe justement sous les efforts de mes ennemis (Id. VII, 4, 5) ». Dans le premier cas, le malade implore sa guérison, et dans le second, l’homme en santé demande à n’être point malade. L’un s’écrie donc: « Sauvez-moi dans votre miséricorde (Id. VII, 5) »; et l’autre: « Jugez-moi, Seigneur, selon ma justice ». Le premier demande le remède qui le guérira, le second le préservatif contre la maladie. Aussi le premier dit-il: Sauvez-moi, Seigneur, dans votre miséricorde, et le second: J’attends un secours juste du Seigneur, qui sauve l’homme au cœur droit. Dans l’un comme dans l’autre cas, c’est la miséricorde qui nous sauve: dans le premier, en nous faisant passer de la maladie à la santé; dans le second, en nous maintenant en santé. Il y a dans le premier un secours de miséricorde, puisqu’il n’y a nul mérite chez le pécheur qui désire seulement être justifié par la foi en celui qui justifie l’impie (Rom. IV, 5): dans le second, un secours de justice, car il est accordé à celui qui est déjà justifié. Que ce pécheur alors qui disait: Je suis infirme, dise maintenant: Sauvez-moi, Seigneur, dans votre miséricorde; et que le juste qui pouvait dire: Si j’ai tiré vengeance de ceux qui me rendaient le mal, dise maintenant: J’attends un juste jugement du Seigneur qui sauve l’homme au coeur droit. Car si Dieu nous donne le remède qui guérit notre maladie, combien plus nous donnera-t-il le moyen de conserver la santé? Car si Jésus-Christ est mort pour nous quand nous étions pécheurs, maintenant que nous sommes justifiés, nous serons, à plus forte raison, délivrés par lui de la colère du Seigneur (Id. V, 8, 9).
11. « J’attends un juste secours du Seigneur, « qui sauve l’homme au coeur droits. Le Dieu qui sonde les reins et les coeurs, donne aussi la droiture au juste; et par un juste secours il sauve ceux qui ont le coeur droit. Toutefois, il ne donne pas le salut à ceux qui ont la droiture dans le coeur et dans les reins, de la même manière qu’il sonde les reins et les coeurs. Dans le coeur, en effet, siègent les pensées: mauvaises, quand il est dépravé; bonnes, quand il est droit; mais aux reins appartiennent les plaisirs condamnables qui ont quelque chose de bas et de terrestre, tandis qu’un plaisir pur n’est plus dans les reins, mais dans le coeur. Aussi ne peut-on pas dire: La droiture des reins, comme on dit: La droiture du coeur; car où est la pensée, là aussi est la jouissance: cette droiture ne peut avoir lieu que si nous pensons aux choses divines et éternelles. Aussi le Prophète s’écriait-il: «Vous avez mis la joie dans mon coeurs, après avoir dit: « La lumière de votre face est empreinte sur nous (Ps. IV, 7) ». Ce n’est point le coeur, en effet, mais bien les reins qui trouvent une certaine jouissance dans cette joie folle et délirante que nous causent de vaines imaginations, quand les fantômes des choses temporelles, que se forme notre esprit, le bercent d’un espoir vain et passager; tous ces fantômes nous viennent d’en bas, ou des choses terrestres et charnelles. De là vient que Dieu, (151) sondant les coeurs et les reins, et voyant le coeur occupé de pensées droites, les reins sevrés de toute volupté, donne un juste secours à ce coeur droit qui sait allier à des pensées pures d’irréprochables délices. Aussi, après avoir dit dans un autre psaume: « Jusque dans la nuit mes reins m’ont tourment », le Prophète parlait du secours divin, et s’écriait: « J’avais toujours le Seigneur présent devant moi, parce qu’il est à ma droite, et je ne serai point ébranlé (Ps. XV, 7, 8) », marquant ainsi que ses reins lui ont seulement suggéré, mais non causé la volupté, qui l’eût ébranlé, s’il l’avait ressentie. Il dit donc: « Le Seigneur est à ma droite, et je ne serai point ébranlé »; puis il ajoute: « Aussi mon coeur a-t-il tressailli de joie (Id. 9) ». Les reins ont bien pu le tourmenter, mais non lui donner la joie. Ce n’est donc point dans les reins qu’il a senti la joie, mais dans ce coeur qui lui a montré que Dieu le soutiendrait contre les suggestions de ses reins.
12. « Dieu est un juge équitable, il est fort et patient (Id. VII, 12) ». Quel est ce Dieu juge, sinon le Seigneur qui juge les peuples? Il est juste, car il rendra à chacun selon ses œuvres (Matt. XVI, 27); il est fort, puisque nonobstant sa toute-puissance, il a enduré pour notre salut les persécutions des méchants; il est patient, puisqu’il n’a point livré ses bourreaux au supplice, aussitôt après sa résurrection, mais il a différé afin qu’ils pussent détester cette impiété, et se sauver; il diffère encore aujourd’hui, réservant le supplice éternel pour le dernier jugement, et chaque jour appelant les pécheurs au repentir. « Il n’appelle point chaque jour sa colère ». Cette expression: « Appeler sa colère », est plus significative que se mettre en colère, et nous la trouvons dans la version grecque (Me orge epogon); elle nous montre que cette colère, qui le porte au châtiment, n’est point en lui-même, mais dans les sentiments de ses ministres qui obéissent aux lois de la vérité: ce sont eux qui ordonnent aux ministres inférieurs, appelés anges de colère, de châtier le péché. Ceux-ci, à leur tour, éprouvent, en châtiant les hommes, la satisfaction, non de la justice, mais de la méchanceté. « Dieu donc n’appelle point chaque jour sa colère »; c’est-à-dire, ne convoque point chaque jour les ministres de ses vengeances. Maintenant, sa patience nous invite au repentir; mais au dernier jour, quand les hommes, par leur dureté et l’impénitence de leur coeur, se seront amassé un « trésor de colère pour le jour où se révélera la colère et le juste jugement de Dieu (Rom. II, 5) », alors il brandira son glaive.
13. « Si vous ne retournez à lui »,dit le Prophète, « il brandira son glaive (Ps. VII, 13) ». On peut dire de Jésus-Christ, qu’il est le glaive de Dieu, glaive à deux tranchants, framée qu’il n’a point brandie à son premier avènement, mais qu’il a tenue cachée dans le fourreau de son humilité; mais au second avènement, quand il viendra juger les vivants et les morts, les éclairs de cette framée brilleront de tout l’éclat de sa splendeur, pour illuminer les justes, et jeter les impies dans l’effroi. D’autres versions, au lieu de: « Brandira son glaive », portent: « Fera briller sa framée »: expression qui s’applique fort bien, selon moi, à cette splendeur de Jésus-Christ, au dernier avènement; car en parlant au nom de Jésus-Christ même, le psalmiste a dit ailleurs: « Seigneur, délivrez mon âme des mains de l’impie, et votre glaive des ennemis de votre puissance (Id. XVI, 13, 14) ». « Il a tendu son arc et l’a préparé ». Il ne faut point négliger ce changement de temps dans les verbes: il est dit au futur que Dieu brandira son épée»; et au passé, qu’il a tendu son arc », et le discours continue au passé.
14. « Il a mis en lui l’instrument de la mort: il a fabriqué ses flèches avec des charbons ardents (Id. VII, 14) ». Dans cet arc, je verrais volontiers les saintes Ecritures, où la force du Nouveau Testament, pareille à un nerf, a fait fléchir et a dompté la raideur de l’Ancien. Cet arc a lancé comme des flèches; les Apôtres ou les saints prédicateurs. Ces flèches que Dieu a fabriquées avec le charbon ardent, embrasent de l’amour divin ceux, qu’elles ont frappés. De quelle autre flèche serait blessée l’âme qui chante ainsi: « Conduisez-moi dans les lieux où se garde le vin, établissez-moi dans les parfums, environnez-moi de miel, parce que l’amour m’a blessée (Cant. II, 4, suiv. les LXX.)?» De quelle autre flèche peut être embrasé celui qui veut revenir à Dieu, qui quitte le chemin de l’exil, qui implore du secours, contre les langues menteuses, et s’entend dire: « Que vous donner? comment vous secourir (152) contre les langues menteuses? les flèches du vainqueur sont aiguës; ce sont des charbons ardents (Ps. CXIX, 3,4)? » c’est-à-dire, si vous en étiez atteint, vous brûleriez d’un tel amour du royaume de Dieu, que vous dédaigneriez tous ceux. qui vous résisteraient, et qui tâcheraient de vous détourner de votre dessein: vous vous ririez de leurs persécutions et vous diriez: « Qui me séparera de l’amour de Jésus-Christ? L’affliction, les angoisses, la faim, la nudité, les périls, la persécution ou le glaive? J’ai la certitude », poursuit l’Apôtre, « que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les choses présentes, ni les choses futures, ni les vertus, ni ce qu’il y a de plus haut, ni ce qu’il y a de plus profond, ni aucune autre créature, ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ Notre Seigneur (Rom. VIII, 35-39). » C’est ainsi qu’il a fabriqué ses flèches avec des charbons ardents. Car la version grecque porte: « Ses flèches sont fabriquées au moyen de charbons ardents », quand, presque toujours, nous lisons dans la version latine. « Ses flèches sont ardentes »; mais que les flèches brûlent, ou qu’elles allument le feu, ce qui leur serait impossible si elles n’étaient brûlantes, le sens est le même.
15. Le Prophète ne parle pas seulement de flèches que le Seigneur a préparées pour son arc, mais encore d’instruments de mort et l’on peut se demander, si des instruments de mort ne désigneraient point les hérétiques, car, eux aussi, s’élancent du même arc du Seigneur, ou des saintes Ecritures, non pour enflammer les âmes, de la charité, mais pour les tuer de leurs poisons ce qui n’arrive qu’à celles qui l’ont mérité par leurs crimes: et cette décision est encore l’oeuvre de la divine Providence, non qu’elle porte les hommes au péché, mais parce qu’elle dispose des pécheurs dans l’ordre de sa sagesse. Le péché leur fait lire les Ecritures avec mauvaise intention, et le sens dépravé qu’ils sont forcés d’y donner, devient le châtiment du péché, et leur mort funeste devient comme un aiguillon, qui stimule les enfants de l’Eglise catholique, les tire de l’assoupissement et leur fait comprendre les saintes Ecritures. « Il faut, en effet, qu’il y ait des hérésies », dit l’Apôtre, « afin qu’on reconnaisse ceux d’entre vous, dont la vertu est éprouvée (I Cor. XI, 19) »; c’est-à-dire, afin qu’on les reconnaisse parmi les hommes, car ils sont connus de Dieu. Ces flèches, ces instruments-de mort, ne seraient-ils point préparés pour l’extermination des infidèles, et Dieu ne les aurait-il pas faites brûlantes, ou avec des charbons ardents, afin d’embraser les fidèles? Car elle n’est point mensongère, cette parole de l’Apôtre.: « Aux uns nous sommes une odeur de vie pour la vie, et aux autres une s odeur de mort pour la mort; et qui est propre à ce ministère (II Cor. II, 16)? » Il n’est donc pas étonnant que les mêmes Apôtres soient des instruments de mort pour ceux qui les ont persécutés, et des flèches de feu pour embraser les coeurs de ceux qui ont cru.
16. Après en avoir agi de la sorte, Dieu fera voir l’équité de ce jugement, dont le Prophète nous parle de manière à nous faire comprendre que le supplice de chacun sera dans son péché, et le châtiment dans son injustice même; et à nous prémunir contre cette pensée qu’il y aurait dans ce calme profond de Dieu, dans sa lumière ineffable, un désir de punir les crimes: toutefois il les dispose avec tant de sagesse, que cette joie même que goûtait l’homme dans son péché, devient un instrument de vengeance pour le Seigneur qui châtie. Voilà, dit le Prophète, « qu’il a enfanté l’injustice (Ps. VII, 15)». Mais qu’avait-il conçu pour enfanter ainsi l’injustice? « Il avait conçu le travail (Gen. III, 17) », ce travail dont il est écrit: « Tu mangeras ton pain dans le labeur »; et ailleurs: « Venez à moi, vous tous qui travaillez, et qui êtes chargés; mon joug est doux, et mon fardeau léger (Matt. XI, 28, 30)». Car le labeur pénible ne finira point pour l’homme, tant qu’il n’aimera point ce qu’on ne pourra lui enlever malgré lui. En effet, tant que nous aimons ce qui peut nous échapper malgré notre volonté, nous subirons le travail et la peine: étroitement resserrés dans les difficultés de cette vie où chacun, pour posséder ces biens, s’efforce tantôt d’en prévenir un autre, tantôt de les extorquer au possesseur, nous ne pouvons les acquérir que par d’injustes combinaisons. Il est donc bien, il est parfaitement dans l’ordre que l’homme enfante l’injustice après avoir conçu le travail. Que peut-il enfanter, sinon ce qu’il a porté dans son sein, bien qu’il n’enfante (153) pas ce qu’il a conçu? Car le sujet à la naissance n’est plus celui de la conception: concevoir se dit d’un germe, mais c’est l’être que ce germe a formé, qui arrive à la naissance. Le travail est donc le germe de l’iniquité; et concevoir le travail, c’est concevoir le péché, ce premier péché qui nous sépare de Dieu (Eccli. X, 14). Il a donc porté l’injustice, celui qui avait conçu le travail, et « il a mis au monde l’iniquité ». Et comme l’iniquité c’est l’injustice, il a fait éclore ce qu’il avait porté. Que dit-il ensuite?
17. « Il a ouvert une fosse, il l’a creusée (Ps. VII, 16)». Ouvrir une fosse dans les affaires terrestres, aussi bien que dans la terre, c’est préparer un piége où puisse tomber celui que veut tromper l’homme injuste. Le pécheur ouvre cette fosse, quand il ouvre son âme aux suggestions des terrestres convoitises; il la creuse, quand il y donne son adhésion et s’occupe d’ourdir la fraude. Mais comment serait-il possible que l’iniquité blessât l’homme juste qu’elle attaque, avant d’avoir blessé le coeur injuste qui la commet? Un voleur, par exemple, reçoit de l’avarice une blessure, quand il cherche à endommager le bien d’autrui. Qui serait assez aveugle pour ne pas voir la distance qui sépare ces deux hommes, dont l’un subit la perte de son argent, l’autre de son innocence? « Ce dernier donc tombera dans la fosse qu’il aura creusée »; comme le psalmiste l’a dit encore ailleurs: « Le Seigneur se fait connaître dans ses jugements, et le pécheur s’est pris lui-même dans les oeuvres de ses mains (Id. IX, 17) ».
18. « Son travail pèsera sur lui, et son iniquité retombera sur sa tête (Jean, XVIII, 34) ». C’est lui qui n’a pas voulu fuir le péché; mais il s’en est rendu volontairement l’esclave, selon cette parole du Seigneur: « Tout pécheur devient l’esclave du péché ». Son péché donc sera sur lui, puisque lui-même s’est soumis au péché; dès lors qu’il n’a pu dire à Dieu, comme toute âme droite et innocente: « C’est vous qui êtes ma gloire et qui élevez ma tête (Ps. III, 4) », c’est donc lui qui sera abaissé, de manière que l’iniquité le dominera et descendra sur lui: elle sera pour lui un poids très-lourd, et l’empêchera de prendre son essor vers le repos des saints. Voilà ce qui arrive chez le pécheur, quand l’âme est esclave, et que les passions dominent.
19. « Je confesserai le Seigneur selon sa justice (Ps. III, 18) ». Cette confession n’est point l’aveu des pécheurs; car celui qui parle ainsi disait plus haut avec beaucoup de vérité: « Si vous trouvez l’iniquité dans mes mains (Id. VII, 18) ». C’est donc un témoignage rendu à la justice de Dieu; comme s’il disait: Vraiment, Seigneur, vous êtes juste, et quand vous protégez les bons de manière à les éclairer par vous-même, et quand, par votre sagesse, le pécheur trouve son châtiment dans sa propre malice, et non dans votre volonté. Cette confession élève la gloire du Seigneur bien au-dessus des blasphèmes des impies, qui veulent des excuses pour leurs crimes, et refusent de les attribuer à leur faute, c’est-à-dire qu’ils ne veulent point que la culpabilité soit coupable. Ils accusent de leurs péchés, ou la fortune ou le destin, ou le démon auquel notre Créateur a voulu que nous pussions résister, ou même une nature qui ne viendrait point de Dieu; ils s’égarent en de misérables fluctuations, plutôt que de mériter de Dieu leur pardon par un aveu sincère. Car il n’y a de pardon possible que pour celui qui dit: J’ai péché. Or, celui qui comprend que Dieu, dans sa sagesse, rend à chacune des âmes ce qu’elle a mérité, sans déroger aucunement à la beauté de l’univers, loue Dieu dans toutes ses oeuvres; et ce témoignage ne vient pas des pécheurs, mais des justes. Ce n’est point avouer des fautes que de dire au Seigneur: « Je vous confesse, Seigneur du ciel et de la terre, parce que vous avez dérobé ces mystères aux savants, pour les révéler aux petits (Matt. XI, 25)». De même, nous lisons dans l’Ecclésiastique: « Confessez le Seigneur dans toutes sas oeuvres. Et voici ce que vous direz dans vos confessions: Tous les ouvrages du Seigneur proclament sa sagesse (Eccli. XXIX, 19, 20)». Donc, cette confession dont parle ici David, consiste à comprendre, avec le secours de Dieu et une piété sincère, comment le Seigneur, qui récompense les justes, et qui châtie les méchants, par ce double effet de sa justice, maintient toute créature qu’il a faite et qu’il gouverne, dans une admirable beauté, que peu d’hommes comprennent. Il s’écrie donc: « Je confesserai le Seigneur selon sa justice », comme le ferait celui qui a compris que le Seigneur n’a point fait les ténèbres, quoiqu’il en dispose avec sagesse. Dieu dit en effet: « Que la (154) lumière soit faite, et la lumière fut (Gen. I, 3) »; mais il ne dit pas: Que les ténèbres soient, et les ténèbres furent faites; et toutefois il les a réglées, puisqu’il est dit « qu’il sépara la lumière des ténèbres, qu’il donna le nom de jour à la lumière, et celui de nuit aux ténèbres (Id. 4, 5) ». Il y a donc cette différence qu’il fit l’un et le régla; et qu’il ne fit pas l’autre, bien qu’il la réglât néanmoins. Que les ténèbres figurent le péché, c’est ce que nous apprend ce mot d’un Prophète: « Et vos ténèbres seront pour vous le soleil (Isa. LVIII, 10) »; et cette parole de saint Jean: « Celui-là est dans les ténèbres qui a de la haine contre son frère (I Jean, II, 11). »; et surtout celle-ci de saint Paul: « Dépouillons-nous des oeuvres ténébreuses, pour revêtir les armes de la lumière (Rom. XIII, 12) ». Ce n’est pas qu’il y ait une nature ténébreuse; car toute nature existe nécessairement comme nature. Mais exister, c’est le propre de la lumière, tandis que ne pas exister, est le propre des ténèbres. Donc, abandonner celui qui nous a créés pour nous incliner vers ce néant d’où nous avons été tirés, c’est nous couvrir des ténèbres du péché; ce n’est point périr tout à fait, mais descendre au dernier rang. Aussi, quand le Prophète a dit: « Je confesserai devant le Seigneur » a-t-il soin d’ajouter, pour ne point nous laisser croire à un aveu de ses fautes: « Et je chanterai le nom du Seigneur Très-Haut (Ps. VII, 18) ». Or, chanter est le propre de la joie, tandis que le repentir de nos fautes accuse la douleur.

20. On pourrait appliquer ce psaume à la personne de l’Homme-Dieu, en rapportant à notre nature infirme, qu’il avait daigné revêtir, tout ce qui est dit à notre confusion.

DIMANCHE 26 MAI : COMMENTAIRES DE MARIE NOËLLE THABUT – PREMIERE LECTURE – Proverbes 8, 22-31

24 mai, 2013

http://www.eglise.catholique.fr/foi-et-vie-chretienne/commentaires-de-marie-noelle-thabut.html

DIMANCHE 26 MAI : COMMENTAIRES DE MARIE NOËLLE THABUT

PREMIERE LECTURE – Proverbes 8, 22-31

Ecoutez ce que déclare la Sagesse :
22 « Le SEIGNEUR m’a faite pour lui au commencement de son action,
 avant ses oeuvres les plus anciennes.
23 Avant les siècles, j’ai été fondée,
 dès le commencement, avant l’apparition de la terre.
24 Quand les abîmes n’existaient pas encore,
 qu’il n’y avait pas encore les sources jaillissantes,
 je fus enfantée.
25 Avant que les montagnes ne soient fixées,
 avant les collines, je fus enfantée.
26 Alors que Dieu n’avait fait ni la terre, ni les champs,
 ni l’argile primitive du monde,
27 lorsqu’il affermissait les cieux, j’étais là.
 Lorsqu’il traçait l’horizon à la surface de l’abîme,
28 chargeait de puissance les nuages dans les hauteurs
 et maîtrisait les sources de l’abîme ;
29 lorsqu’il imposait à la mer ses limites,
 pour que les eaux n’en franchissent pas les rivages,
 lorsqu’il établissait les fondements de la terre,
30 j’étais à ses côtés comme un maître d’oeuvre.
 J’y trouvais mes délices jour après jour,
 jouant devant lui à tout instant,
31 jouant sur toute la terre,
 et trouvant mes délices avec les fils des hommes. »

Pour les hommes de la Bible, il ne fait pas de doute que Dieu conduit le monde avec sagesse ! « Tu as fait toutes choses avec sagesse » dit le psaume 104 (103) que nous avons chanté pour la Pentecôte. C’est même tellement une évidence qu’on en arrive à écrire des discours entiers sur ce sujet. C’est le cas du texte que nous venons de lire : il s’agit d’une véritable prédication sur le thème : « Mes frères, n’engagez pas vos vies sur des fausses pistes. Dieu seul connaît ce qui est bon pour l’homme ; conformez-vous à l’ordre des choses qu’il a établi depuis les origines du monde, c’est le seul moyen d’être heureux. »
 Pour donner plus de poids à sa prédication, l’auteur fait parler la sagesse elle-même comme si elle était une personne. Mais ne nous y trompons pas : ce n’est qu’un artifice littéraire ; la preuve, c’est qu’au chapitre suivant, Dame Folie parle aussi.
 Pour l’instant donc, c’est Dame Sagesse qui se présente à nous : première remarque, elle ne parle pas d’elle toute seule… elle ne parle d’elle qu’en fonction de Dieu, comme s’ils étaient inséparables. « Le SEIGNEUR m’a faite POUR LUI au commencement de son action… Avant les siècles, j’ai été fondée (sous-entendu par Dieu)… Quand les abîmes n’existaient pas encore, je fus enfantée (sous-entendu par Dieu)… Lorsque Dieu établissait les fondements de la terre, j’étais là à ses côtés… » Donc entre Dieu et la Sagesse existe une relation de très forte intimité… La foi juive au Dieu unique n’a jamais envisagé un Dieu-Trinité : mais il semble bien ici, que, sans abandonner l’unicité de Dieu, elle pressent qu’au sein même du Dieu UN, il y a un mystère de dialogue et de communion.
 Deuxième remarque : « AVANT » est le mot qui revient le plus souvent dans ce passage ! « Le SEIGNEUR m’a faite AVANT ses oeuvres les plus anciennes… AVANT les siècles, j’ai été fondée … DES LE COMMENCEMENT, AVANT l’apparition de la terre. Quand les abîmes n’existaient PAS ENCORE, qu’il n’y avait PAS ENCORE les sources jaillissantes, je fus enfantée. AVANT que les montagnes ne soient fixées, AVANT les collines, je fus enfantée. Alors que Dieu n’avait fait ni la terre, ni les champs, ni l’argile primitive du monde, lorsqu’il affermissait les cieux, J’ETAIS LA … » C’est clair : le leitmotiv est bien : « J’étais là de toute éternité, AVANT toute création »… Il y a donc là une insistance très forte sur l’antériorité de celle qui se prénomme la Sagesse par rapport à toute création.
 Troisième remarque, la Sagesse joue un rôle dans la Création : « Lorsque Dieu imposait à la mer ses limites, pour que les eaux n’en franchissent pas les rivages, lorsqu’il établissait les fondements de la terre, j’étais à ses côtés, comme un maître d’oeuvre ». Pour une oeuvre si belle qu’elle engendre une véritable jubilation : « J’y trouvais mes délices jour après jour, jouant devant lui à tout instant, jouant sur toute la terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes. » La Sagesse est auprès de Dieu et « elle trouve ses délices » auprès de Dieu… elle est auprès de nous… et « elle trouve ses délices » auprès de nous. On entend là comme un écho du refrain de la Genèse : « Dieu vit que cela était bon » ; plus encore, au sixième jour, tout de suite après la création de l’homme qui était comme le couronnement de toute son oeuvre, « Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voilà, c’était très bon ! » (Gn 1, 31).
 Du coup, ce texte nous révèle un aspect particulier et éminemment positif de la foi d’Israël : la Sagesse éternelle a présidé à toute l’oeuvre de Création : l’insistance du texte est très forte là-dessus ; on peut en déduire deux choses : premièrement, depuis l’aube du monde, l’humanité et le cosmos baignent dans la Sagesse de Dieu. Deuxièmement, le monde créé n’est donc pas désordonné puisque la Sagesse en est le maître d’oeuvre. Cela devrait nous engager à ne jamais perdre confiance. Enfin, c’est bien la folie de la foi d’oser croire que Dieu est sans cesse présent à la vie des hommes, et plus encore qu’il trouve ses délices en notre compagnie… C’est une folie, mais le fait est là : si Dieu continue inlassablement de proposer son Alliance d’amour, c’est bien parce qu’il « trouve jour après jour ses délices avec les fils des hommes ».
 Reste une question : pourquoi ce texte nous est-il proposé pour la fête de la Trinité ? Pas une fois on n’entend parler de Trinité dans ces lignes, ni même des mots Père, Fils et Esprit.
 En ce qui concerne le Livre des Proverbes, cela n’a rien d’étonnant puisque quand il a été écrit, il n’était pas question de Trinité : non seulement, le mot n’existait pas, mais l’idée même de Trinité n’effleurait personne. Au début, pour le peuple élu, la première urgence était de s’attacher au Dieu Unique ; d’où la lutte farouche de tous les prophètes contre l’idolâtrie et le polythéisme parce que la vocation de ce peuple est précisément d’être témoin du Dieu unique ; n’oublions pas cette phrase du livre du Deutéronome : « A toi, il t’a été donné de voir, pour que tu saches que c’est le SEIGNEUR qui est Dieu ; il n’y en a pas d’autre que lui. »
 Première étape, donc, découvrir que Dieu est UN ; pas question de parler de plusieurs personnes divines ! Plus tard seulement, les croyants apprendront que ce Dieu unique n’est pas pour autant solitaire, il est Trinité. Ce mystère de la vie trinitaire n’a commencé à être deviné que dans la méditation du Nouveau Testament, après la résurrection du Christ. A ce moment-là, quand les Apôtres et les écrivains du Nouveau Testament ont commencé à entrevoir ce mystère, ils se sont mis à scruter les Ecritures et ils ont donc fait ce qu’on appelle une relecture ; et en particulier, ils ont relu les lignes que nous venons d’entendre et qui parlent de la Sagesse de Dieu et ils y ont lu en filigrane la personne du Christ.
 Saint Jean, par exemple, écrira : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu… » et vous savez combien cette expression en grec dit une communion très profonde, un dialogue d’amour ininterrompu. Le livre des Proverbes, lui, n’en était pas encore là.
 ——————-
 Complément
 Irénée et Théophile d’Antioche ont identifié la Sagesse avec l’Esprit, tandis qu’Origène l’identifiait avec le Fils. C’est cette deuxième interprétation qui a finalement été retenue par la théologie.

L’ESPRIT SAINT : L’ASPECT FÉMININ DE LA DIVINITÉ

8 mai, 2013

http://www.pistissophia.org/fr/L_Esprit_Saint_/l_esprit_saint_.html

L’ESPRIT SAINT : L’ASPECT FÉMININ DE LA DIVINITÉ

Abrégé : Il y a actuellement beaucoup d’entretien « des issues féminines, » en particulier dans des contextes sociaux et politiques. Cette conscience de croissance des sujets genre-connexes n’était pas quelque chose ignorée par l’église tôt et les auteurs des textes religieux antiques. Comme nous voyons en cet article par Dr. Hurtak, la notion de la féminité a joué un rôle extrêmement important et significatif dans le système de pensée et de croyance des auteurs intertestamental.  Loin d’être les avocats patriarcaux dominateurs pendant qu’ils sont souvent dépeints, des résultats plus récents indiquent une sensibilité et une appréciation innées pour l’aspect féminin de la divinité qu’a été précédemment suspecté. Pour cette raison, cet article particulier devient une contribution signicative et perspicace à la discussion courante du rôle de la femelle dans des temps modernes.  Une fois de plus nous trouvons une histoire riche et profonde remodelant le futur même pendant qu’elle dévoile avant nos yeux.
Une nouvelle réponse à l’ »image » de l’esprit saint se dessine tranquillement en cercles savants dans le monde entier, comme résultat de nouveaux résultats en mer morte Scriptures, le petit cheval copte Hammadi et les textes intertestamental des mystiques juives ont trouvé côte à côte les écritures de l’église chrétienne tôt.  Les disciples identifient l’esprit saint comme « véhicule femelle » pour l’épanchement d’un enseignement plus élevé et d’une renaissance spirituelle. L’esprit saint joue des rôles divers dans Judeo – traditions chrétiennes : agissant dans la création, donnant la sagesse, et inspirant des prophètes de vieux testament.  Dans le nouveau testament elle est la présence de Dieu dans le monde et d’une puissance dans la naissance et la vie de Jésus.
L’esprit saint est devenu bien établi en tant qu’élément d’un circumincession, d’un associé dans la trinité avec le père et du fils après que les polémiques doctrinales de la 4ème ANNONCE en retard de siècle aient solidifié la position de l’église occidentale.  Bien que toutes les églises chrétiennes acceptent l’union de trois personnes dans une divinité, l’église orientale, en particulier les communautés du Grec, Éthiopien, Arménien, et Russe, ne solidifient pas une union forte des personnalités, mais voient les figures uniquement différenciées, mais toujours dans l’union. D’ailleurs, l’église orientale place l’esprit saint en tant que deuxième personne de la trinité avec le Christ comme troisièmement, tandis que l’église occidentale place le fils avant l’esprit saint. Dans le vieux testament et les rouleaux de mer morte l’esprit saint a été connu en tant que le Ruach ou Ruach ha Kodesh (psaume 51:11). Dans le nouveau testament comme Pneuma (Romans 8:9).  L’esprit saint n’a pas été rendu en tant que « fantôme saint » jusqu’à l’aspect de la version de roi James de 1611 protestants de la bible.  Pour la plupart, Ruach ou Pneuma ont été considérés la force ou la présence spirituelle de Dieu. La puissance de cette force peut être vue dans l’église chrétienne comme « cadeaux de l’esprit » (particulièrement dans des langues d’aujourd’hui parlant Pentecostals). L’esprit saint était également une source pour des conseils divins et comme édredon laissé dans un organe.
De même dans la pensée hébreue Ruach ha Kodesh a été considéré une voix envoyée de sur la haute pour parler au prophète.  Ainsi, dans la langue de vieux testament des prophètes, elle est l’esprit divin de la sanctification et de la créativité laissées dans un organe et est considérée en tant qu’ayant une puissance féminine. « lui » car une référence à l’esprit a été employée en théologie pour assortir le pronom pour Dieu, pourtant le ruach hébreu de mot est un nom de genre féminin. Ainsi, se rapportant à l’esprit saint en tant que « elle » a une certaine justification linguistique. Dénotant l’esprit comme principe féminin, le principe créateur de la vie, marques sentent quand vu l’aspect de trinité où le père plus l’esprit mène à la prolongation divine de Sonship divin.
L’esprit ne s’appelle pas « lui » malgré le fait que le pneuma dans le Grec est un nom neutre.  La doctrine d’église considère l’esprit saint comme une personne, pas une force comme le magnétisme.  Les écritures des pères catholiques, en fait, préservent la vision de l’esprit encapsulant l’ »peoplehood du Christ » en tant que jeune mariée ou comme « église de mère. »  Tous les deux sont des aspects féminins du divin.  Dans l’église orientale, l’esprit a été toujours considéré comme avoir une nature féminine.  Elle était la vie – porteur de la foi.  Clément d’Alexandrie déclare que « elle » est une jeune mariée laissée dans un organe. Parmi les communautés d’église orientale il n’y en a aucun plus clair au sujet de l’aspect féminin de l’esprit saint comme corpus du Copte-Gnostics. Un tel document enregistre que Jésus dit, « a néanmoins fait ma mère, l’esprit saint, me prend par un de mes poils et me porte loin à la grande montagne Tabor [ en Galilée ]. »
Le 3ème rouleau de siècle de christianisme copte mystique, les actes de Thomas, fait un exposé graphique des voyages du Thomas d’apôtre en Inde, et contient des prières appelant l’esprit saint en tant que « la mère de toute la création » et « mère compatissante, » entre d’autres titres.  Les écritures chrétiennes coptes les plus profondes lient certainement l’ »esprit de l’esprit » manifesté par le Christ à tous les croyants comme « esprit de la mère divine. » Les plus significatives sont les nouvelles découvertes de manuscrit des décennies récentes qui ont démontré que les chrétiens premiers qu’ont précédemment pensé ont considéré l’esprit saint comme la mère de Jésus.
Un texte est l’evangile de Thomas qui fait partie des textes nouvellement découverts de Hammadi de petit cheval (découverts 1945-1947).  Les la plupart se composent temps à peu près identique comme evangiles bibliques dans la 1ère et 2ème ANNONCE de siècle.  En cet evangile, Jésus déclare que ses disciples doivent détester leurs parents terrestres (comme en Luc 14:26) mais aimer le père et la mère comme le fait il, « pour ma mère (m’a donné la fausseté), mais (ma) mère vraie m’ait donné la vie. »  Dans une autre découverte de Hammadi de petit cheval, le livre secret de James, Jésus se rapporte en tant que « fils de l’esprit saint. »  Ces deux énonciations n’identifient pas l’esprit saint comme véhicule enfantant de Jésus, mais plus d’un disciple les a interprétées pour vouloir dire que l’esprit saint maternel est prévu.
Jusqu’ici en théologie traditionnelle occidentale, les voix préconisant un esprit saint féminin sont dispersées et subtiles.  Mais pour elles, c’est une vue theologically défendable et accompagnée des avantages psychologiques, sociologiques, et scientifiques d’identifier « le nouveau supernature » se développant dans de vastes changements de conscience se produisant de l’évolution humaine.
Le théologien allemand Jürgen Moltmann, un penseur bien connu dans le Protestantisme de grande ligne, dit que le « monotheism est monarchism. » Il dit que une idée traditionnelle de la puissance absolue de Dieu « fournit généralement la justification pour la domination terrestre » – - – des empereurs et des despotes de l’histoire aux 20èmes dictateurs de siècle.  Moltmann plaide pour une nouvelle appréciation des « personnes » de la trinité et du modèle de la communauté ou de famille qu’elle présente pour des relations humaines.
Selon professeur Neil Q. Hamilton à a dessiné l’école d’université de la théologie, l’evangile de John nous montre comment « l’esprit saint commence à exécuter un rôle enfantant pour nous qui est acceptation, amour et s’inquiéter sans conditions. »  Dieu nous commence alors au parent en modes de père et de mère.
Un disciple catholique, Franz Mayr, un professeur de philosophie à l’université de Portland, favorise également l’identification de l’esprit saint comme féminine. Il affirme que l’unité traditionnelle de Dieu ne devrait pas être arrosée vers le bas afin des disciples pour accepter le côté féminin de Dieu.  Mayr, qui a étudié sous le théologien allemand Karl Rahner de renommée, a indiqué qu’il est venu à sa vue pendant son étude des écritures de la rue Augustine (ANNONCE 354-430) qui ont vu qu’un nombre significatif de premiers chrétiens doit avoir accepté un aspect féminin de l’esprit saint tels que le père d’église influent de l’Afrique du nord a châtié cette vue.  La rue Augustine a réclamé que l’acceptation de l’esprit saint en tant que « mère du fils de Dieu et du épouse-époux du père » était simplement des perspectives païennes.  Mais Mayr affirme qu’augustine « a sauté au-dessus de l’aspect social et maternel de Dieu, » que Mayr pense est meilleur vu dans l’esprit saint, le Ruach divin ha Kodesh. Rue Jerome, un contemporain d’Augustine, et deux pères d’église d’une période plus tôt, cléments d’Alexandrie et d’Origen, cité de l’evangile pseudopigraphic des Hébreux, qui ont dépeint l’esprit saint comme « chiffre de mère. »
Un 14ème fresque de siècle dans un petit sud-est d’église catholique de Munich, Allemagne dépeint un esprit femelle en tant qu’élément de la trinité sainte, selon Leonard Swidler d’université de temple.  La femme et deux figures barbues la flanquant semblent être enveloppées dans un manteau simple et être associées à leurs moitiés inférieures montrant une union de vieux et nouveaux corps de naissance et de renaissance.
En conclusion, nous vivons à la fois des découvertes profondes et révélatoires de l’archéologie et des textes spirituels antiques qui indiquent le chemin au futur. On a dit que le Christ, lui-même, a les disciples féminins comme révélé dans la littérature gnostique et les résultats archéologiques récents de premiers tombeaux chrétiens en Italie. Un commencement a été fait pour reprendre « l’esprit » du Ruach trouvé dans la montagne des textes nouvellement découverts de pré-Chrétien et des textes Copte-Égyptiens de l’église tôt.  Il devient clair en examinant de nouveau les 100 premières années du christianisme qui un christianisme plus tôt était plus près « de l’esprit féminin » du vieux testament, du Ruach ou du Shekinah aimé.  Le Shekinah, distinct du Ruach, a été vu comme présence divine laissée dans un organe qui a activé la « naissance des miracles » ou art de l’auto-portrait oint.   En conséquence, la croissance du christianisme traditionnel a fait des ajustements alternatifs de la position originale de la « naissance des cadeaux » pendant que la chrétienté compromettait pour le privilège de devenir un établissement.
Les nouvelles directions des études spirituelles et scientifiques prouvent qu’il est maintenant possible que l’esprit saint, Ruach ha Kodesh, peut être aussi féminin dépeint que la présence laissée dans un organe de Dieu, le Shekinah, consolidant et apportant aux âmes de naissance pour le royaume. Perspicacités spirituelles enregistrées dans le livre de la connaissance : Les clefs d’Enoch nous rappellent soigneusement que nous sommes disposés à comprendre que juste comme le vieux testament était l’âge du père, le nouveau testament l’âge du fils, ainsi cet prochain âge où des cadeaux sont versés en avant sera l’âge de l’esprit saint.  Cependant, les clefs nous indiquent également que la trinité divine est au delà des formes anthropomorphes de mâle et de femelle.  Ici nos propres natures masculines ou féminines sont seulement des symboles de la manifestation divine et de la notre vie dans l’univers.  Et ci-dessus nous comprenons qui nous vraiment, pendant que nous mâle et femelle faisons notre propre préparation pour la renaissance de notre « Christed Overself, » sommes unifiés comme peoplehood de lumière, la « jeune mariée, » pour venir du « jeune marié » – - le Christ.

 1993 J. J. Hurtak, PhD

LA LIBERTÉ CHRÉTIENNE

8 mai, 2013

http://www.bibleenligne.com/Lectures_bibliques/Mensuel/ME/06/La%20liberte%20chretienne.htm

LA LIBERTÉ CHRÉTIENNE

Nous trouvons dans la Parole trois cas où il est question d’observer des jours (Romains 14: 5; Colossiens 2: 16; Galates 4: 10), c’est-à-dire, pour envisager les choses d’une manière plus générale, de vouloir introduire dans le christianisme des habitudes cérémonielles. Il est intéressant de comprendre ce qui a poussé les croyants en question à agir ainsi, et ensuite de faire le point chacun personnellement sur ce qui motive nos «habitudes chrétiennes», afin de ne pas être enlacés par elles et de jouir pleinement de la liberté dans laquelle nous avons été placés par Christ (Galates 5: 1).

Retour au judaïsme
Le cas des Galates est le plus sérieux des trois. Ils voulaient introduire, dans leur christianisme, la circoncision, et avec elle, l’observation de jours (Galates 6: 12). En le faisant, ils se plaçaient sur le terrain de la religion humaine et des œuvres légales. Quel mal y avait-il à reprendre les signes extérieurs du judaïsme? En leur écrivant, l’apôtre démontre que la loi fait un tout indissociable; d’ailleurs la circoncision était une condition essentielle pour faire partie du peuple de Dieu. C’est pourquoi celui qui retournait à la circoncision s’engageait sur le terrain de la loi, sur lequel Christ ne pouvait lui profiter de rien. «Le judaïsme était une religion humaine ordonnée de Dieu, et en y revenant lorsque l’ordonnance de Dieu n’était plus en vigueur, ils ne faisaient que retourner au paganisme d’où ils avaient été appelés pour avoir part avec Christ aux choses célestes» (J.N.D.). Aujourd’hui encore on s’efforce d’éveiller des sentiments religieux dans les cœurs et de couvrir la pauvreté intérieure et le manque de puissance par une apparence de piété. Tout cela a une belle apparence aux yeux des hommes, mais en réalité éloigne le cœur de Christ et nourrit le moi. «La pénétration de l’esprit légal au milieu des chrétiens ne doit pas être mise sur un autre pied qu’un manquement moral grave» (J.N.D.). L’un comme l’autre sont du levain qui contamine la pâte tout entière (cf. 1 Corinthiens 5: 6; Galates 5: 9).

Observation de jours
On retrouve aussi l’observation de jours chez les Colossiens, mais ce n’est pas dans le même état d’esprit, leur mobile est différent. Ils étaient disposés à s’assujettir à des règles, ayant égard à l’homme comme vivant dans le monde. L’apôtre leur fait comprendre que nous sommes morts avec Christ, sans user de la même sévérité qu’avec les Galates; il les suit en grâce, tout en leur indiquant le danger qu’ils courent. Si nous sommes morts avec Christ, nous devons vivre sur la terre comme ressuscités avec lui. Il n’y avait pas d’esprit légal chez les Colossiens, mais ils comprenaient mal la position chrétienne; ou du moins leur vie n’était pas en rapport avec celle-ci.
À Rome aussi, certains croyants observaient des jours et n’étaient pas libres de manger de tout. Il n’y avait pas chez eux le désir de se replacer sous la loi, mais des difficultés à se dégager d’elle. C’était un problème de conscience. L’apôtre s’adresse à ceux qui avaient complètement abandonné le paganisme et jouissaient librement de leur christianisme, pour les inviter à respecter la conscience des frères faibles.

Qu’est-ce que la liberté chrétienne?
Ces exemples pris dans la Parole nous montrent que des pratiques identiques, dans un contexte différent et avec un état d’esprit différent, ne doivent pas être mises sur un même pied.
Le légalisme détruit la liberté chrétienne: c’est le désir charnel de légiférer et de dominer sur les âmes en leur imposant des pratiques religieuses. L’apparence est sauve, mais la vraie sainteté ne peut se développer dans un tel état de choses. «Ce n’est que là où la grâce selon la pensée de Dieu est comprise, qu’il y aura un joyeux accroissement de l’homme intérieur, une transformation en l’image de Celui que nous pouvons contempler à face découverte, à la droite de Dieu» (R.B.). La liberté chrétienne ne peut donc exister qu’en dehors de l’esprit légal. Elle consiste à ne plus être obligé de faire ce qui plaît à la chair, mais à pouvoir faire ce qui caractérise le nouvel homme, ce qui est de Christ et ce par quoi Dieu est glorifié. Il s’agit d’être pénétré, par la Parole, de notre position en Christ et d’avoir une vie pratique correspondante, et non de se permettre quelque insoumission que ce soit au Seigneur et à sa Parole. Il s’agit d’être libéré de tout ce dont la conscience se ferait inutilement une obligation, et non d’accoutumer sa conscience à toutes sortes de choses qui ont leur origine en la chair.
Au lieu d’insouciance et de légèreté, la liberté conduit à la justice et à la sainteté pratiques; au lieu d’égoïsme et d’insensibilité, elle réveille un amour désintéressé par lequel la foi opère. En aucun cas la liberté ne doit être «une occasion pour la chair» (Galates 5: 13), ni «un voile pour la méchanceté» (1 Pierre 2: 16). Elle ne consiste pas à élargir le chemin, mais à le laisser tel que Christ nous l’a tracé.

Qu’est-ce qui entrave la jouissance de cette liberté?
Le christianisme nous délivre de l’observation de jours et de distinctions entre des aliments (1 Timothée 4: 4), nous rendant célestes en Christ (Colossiens 3: 1-3). Méconnaître cela, ou ne le connaître qu’intellectuellement, peut empêcher d’entrer dans une pleine liberté: on ressent le besoin de règles, qui ont bien une apparence de sagesse, mais qui, sans qu’on s’en rende compte, tendent à produire une satisfaction charnelle.
Il est possible que nous ayons reçu une éducation qui rende notre conscience portée à se faire beaucoup de scrupules dans un domaine ou dans un autre. Nous ne devons jamais agir contre elle, ce ne serait pas agir sur un principe de foi (Romains 14: 23). Toutefois elle n’est pas un guide absolu. L’apôtre s’attachait à avoir «une conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes» (Actes des Apôtres 24: 16), mais, n’ayant rien sur la conscience, il n’était pas pour autant «justifié», c’est-à-dire sûr d’avoir bien fait (1 Corinthiens 4: 4). Dieu nous instruit et éclaire notre conscience par sa Parole. Lui seul peut nous libérer, par sa Parole, de tout ce dont nous nous ferions une obligation par conscience envers lui, à cause de notre ignorance. Cette absence de liberté peut en revanche dégénérer en légalisme si, au lieu d’en être progressivement dégagés, nous prescrivons aux autres, comme devoir, ce que notre conscience nous dicte.

Une conscience délicate
Il est essentiel pour notre vie chrétienne de cultiver une conscience délicate, en nous tenant sous le regard du Seigneur et en nous jugeant nous-mêmes. C’est autre chose d’avoir une conscience «cérémonielle», qui entrave la jouissance de notre liberté. Cependant, ayant une conscience en bon état, c’est-à-dire sensible, si même, par éducation, elle garde un côté cérémoniel, l’Esprit Saint nous libérera progressivement. Il est remarquable de constater, à travers les Actes des Apôtres, que Paul a eu beaucoup de mal à se dégager des rites judaïques, et qu’ensuite il a pu écrire sur la liberté chrétienne tout en exhortant à avoir beaucoup de délicatesse envers les «faibles» (Actes des Apôtres 20: 16; 21, 24).
Être consciencieux ne suffit donc pas pour jouir de la liberté chrétienne, il faut avoir «les sens exercés à discerner le bien et le mal» par une nourriture solide (Hébreux 5: 14). Connaissant ce qui glorifie le Seigneur, nous l’accomplirons avec une conscience pure, librement et joyeusement (1 Corinthiens 10: 31).

Limites de la liberté
Un problème de conscience se posait chez les Corinthiens relativement à la consommation des choses sacrifiées aux idoles. Il aurait été très simple, pour éviter qu’ils n’aillent trop loin, de leur enseigner qu’ils n’avaient pas à y toucher. Conduit par l’Esprit, écrivant sous l’inspiration divine, l’apôtre leur indique ce qu’est la vraie limite de leur liberté à cet égard.
Il fait la différence entre — d’une part acheter des viandes sacrifiées aux idoles, vendues à la boucherie (1 Corinthiens 10: 25), manger au restaurant du temple d’idoles (1 Corinthiens 8: 10), répondre à l’invitation d’un païen à participer à un repas où de telles viandes sont servies (1 Corinthiens 10: 27) — et d’autre part s’associer à la fête païenne après le sacrifice, ou au sacrifice lui-même.
En résumé, nous pouvons user des choses qui nous permettent de vivre dans la mesure où nous pouvons rendre grâce et où nous le faisons pour la gloire de Dieu.
Aujourd’hui nous constatons que, à cause de notre manque de spiritualité et de notre faiblesse, nous sommes parfois incapables de discerner et de distinguer ces différences. Faut-il, pour y pallier, limiter la liberté chrétienne de peur de tomber? Certainement pas; l’Esprit Saint demeure en nous et «lorsqu’il y a de la droiture dans l’âme, la grâce opérera toujours une séparation du mal beaucoup plus complète que ne saurait le faire un esprit légal» (R.B.).

Comment vivre collectivement dans cette liberté?
Nous aimons naturellement que les autres aient les mêmes convictions que nous, agissent selon les mêmes principes que nous. S’il s’agit d’obéir à la Parole, c’est un désir bien légitime, mais en ce qui concerne le domaine qui nous occupe, il ne doit pas en être ainsi! Combien nous avons besoin que le Saint Esprit forme nos cœurs par les exhortations de Romains 14 et 1 Corinthiens 8 afin que nous soyons conduits dans le «vrai chemin» (Esdras 8: 21)!
Résumons les exhortations que la Parole nous donne concernant la réalisation collective de la liberté chrétienne:
- Respecter la conscience du «faible» et le respecter lui-même. Se permettre d’agir contre la conscience de son frère la «blesserait» (1 Corinthiens 8: 12), et s’il était ainsi amené à agir contre elle, elle serait souillée (Tite 1: 15), puisque en faisant ainsi il n’agirait pas sur un principe de foi (Romains 14: 23). Ce serait pécher contre Christ (1 Corinthiens 8: 12), détruire «celui pour lequel Christ est mort», ne pas marcher selon l’amour (Romains 14: 15).
- Recevoir le «faible»: il ne faut pas le considérer comme étant en mauvais état, ni comme faisant partie d’une classe de frères que l’on n’estime pas beaucoup à cause de ses pratiques. Ce manque de liberté est une infirmité que l’on doit «porter» en étant prêts à renoncer à notre liberté.
- Ne pas juger le «fort», car Dieu l’a reçu. Il est si facile de porter un jugement sur les actes d’autrui; pensons qu’ils peuvent avoir été faits «ayant égard au Seigneur». Le faible pourrait empêcher les autres de jouir de la liberté, estimant que l’on blesse sa conscience, et par là imposer à tous sa pensée… aussi l’exhortation qui lui revient est-elle de ne pas juger.

Les principes du royaume de Dieu
Ces exhortations font apparaître quelques vérités bien importantes, que nous voulons souligner avant de terminer:
- «Le royaume de Dieu n’est pas manger et boire»: ces questions de liberté par rapport aux choses du monde ne concernent pas les choses spirituelles, qui sont «nos» richesses. «Toutes choses sont permises, mais toutes choses n’édifient pas» (1 Corinthiens 10: 23). Pour cette raison il devrait être très facile pour nous de renoncer à en user. Veillons de toute manière à ne pas gaspiller notre temps à ces choses permises, mais qui n’édifient pas: Que de temps à jamais perdu dans notre «civilisation de loisirs»!
- Le royaume de Dieu est «justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint» (Romains 14: 17). En recherchant plutôt ces choses nous réaliserons ce qui est «vraiment la vie» (1 Timothée 6: 19).
- Chacun est responsable pour lui-même devant Dieu. Si nous devons rendre compte pour nous-mêmes, marchons avec notre propre foi, avec nos propres jambes (Romains 14: 4).
- Tout ce que nous faisons doit être fait sur un principe de foi. Nous n’avons donc pas besoin d’un directeur de conscience humain; tout doit être le résultat d’exercices personnels devant Dieu. Nous ne devons pas non plus hésiter à marcher à contre-courant, si notre conscience l’exige.
Que personne ne voie dans les considérations qui précèdent une porte ouverte pour marcher dans un chemin d’indépendance et de propre volonté! Nous n’avons nullement la pensée de favoriser un tel état d’esprit qui est condamné par la Parole du Seigneur. «Garde ton cœur plus que tout ce que l’on garde, car de lui sont les issues de la vie» (Proverbes 4: 23). Que de questions disparaîtraient si nos cœurs étaient en bon état! Nous n’aurions pas de peine à renoncer à nos libertés ni à accepter que d’autres agissent autrement. Nous regarderions tout par rapport à la gloire du Seigneur, le légalisme n’aurait aucune place et il y aurait paix entre nous et édification mutuelle.

Marc Ruel

UNE ÉGLISE VIVANTE QUI SE CONSTITUE PEU À PEU

7 mai, 2013

http://www.bible-service.net/extranet/current/pages/1381.html

UNE ÉGLISE VIVANTE QUI SE CONSTITUE PEU À PEU

THÉOLOGIE

COMMENCER
À lire les Actes des Apôtres, on découvre une Église vivante qui se constitue peu à peu comme communauté…
À lire les Actes des Apôtres, on découvre une Église vivante qui se constitue peu à peu comme communauté. Non pas un groupe replié sur lui-même, fermé, mais au contraire une communauté ouverte, qui veut partager ce qu’elle a de plus précieux, qui annonce sans réserve Celui qui est au cœur de sa foi. Une communauté qui célèbre les louanges de Dieu pour ce qu’il a fait en Jésus son serviteur, une communauté qui veut vivre de l’Esprit de son Seigneur et maître, Jésus de Nazareth.

Un peuple de témoins
« Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres » nous dit Luc (Ac 2,42). Quel est donc cet enseignement des apôtres qui retient l’attention des nouveaux croyants ? C’est précisément le témoignage qu’ils rendent à Jésus, annonçant sa résurrection, son mystère pascal et le salut qui est en lui : « cet homme que vous avez livré et supprimé en le faisant crucifier par la main de impies, Dieu l’a ressuscité  en le délivrant des douleurs de la mort » (Ac 2,23-24), déclare Pierre au jour de la Pentecôte. Et les apôtres sont eux-mêmes les « témoins de la résurrection de Jésus », comme le dit Pierre au moment de l’élection de Matthias comme douzième apôtre, pour compléter le groupe défait par la trahison de Judas (Ac 1,22).
Et leur témoignage concerne Jésus, vivante Parole de Dieu, messie promis et manifesté pour la délivrance de son peuple : « C’est lui la pierre que, vous, les bâtisseurs, aviez mise au rebut et qui est devenue la pierre angulaire. Il n’y a aucun salut ailleurs qu’en lui ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom offert aux hommes qui soit nécessaire à notre salut », dit encore l’apôtre Pierre après la guérison de l’infirme de la Belle Porte du Temple (Ac 4,11-12).
Aujourd’hui encore, l’Église est ce peuple rassemblé par la Parole qui est le Christ. C’est le sens même du mot grec « ekklesia » qui signifie « assemblée » et que traduit notre mot « Église ». Et chaque dimanche, à l’eucharistie, nous commençons par nous rassembler pour écouter la Parole, pour entendre son message, actualisé par l’homélie d’un diacre ou d’un prêtre, qui prolonge ainsi l’enseignement des apôtres, car l’un et l’autre sont liés au ministère de l’Évêque, successeur des apôtres.
C’est ainsi que l’Église se constitue comme le peuple des témoins de Jésus, le peuple de prophètes qui répand dans le monde et pour lui la Bonne Nouvelle du ressuscité. L’Église découvre alors que, depuis le jour de la Pentecôte, elle « existe pour évangéliser » (Paul VI, Annoncer l’Évangile aux hommes de ce temps n°14, 1975). 

Un peuple de frères et de sœurs
« ils étaient assidus à la communion fraternelle », dit Luc. L’insistance de Luc est grande dans les Actes des Apôtres sur cette fraternité nouvelle qui constitue la communauté chrétienne : « Ils mettaient tout en commun » (2, 44), « ils vendaient leurs propriétés et leurs biens pour en partager le prix entre tous, selon les besoins de chacun » (2,45), « nul ne considérait comme sa propriété l’un quelconque de ses biens, ils mettaient tout en commun » (4,32).
Cette fraternité ne se fonde pas seulement dans un désir solidaire de partage, elle se fonde en Jésus lui-même. En révélant à ses disciples que Dieu est Père, son Père et leur Père (Jn 20,17), Jésus leur découvre qu’ils sont tous frères et que Dieu ne fait pas de différence entre les êtres humains (Ac 10,34). Le baptême qui plonge les croyants dans la mort et la résurrection de Jésus fait donc d’eux des fils mais aussi des frères, qui doivent vivre de l’amour même de Jésus, selon sa parole : « Je vous donne un commandement nouveau :  aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres. » (Jn 13,34-35)
L’Église du Christ ne cesse pas de vivre cette dimension du service, de la « diaconie », comme le cœur de son être. Au XXe siècle, elle a redécouvert avec le concile Vatican II la grandeur du sacerdoce commun des fidèles, qui lie tous les baptisés en un seul corps, en une seule fraternité, avant de poser les différences qui la structurent : « si donc, dans l’Église, tous ne marchent pas par le même chemin, tous, cependant, sont appelés à la sainteté et ont reçu à titre égal la foi qui introduit dans la justice de Dieu. Même si certains, par la volonté du Christ, sont institués docteurs, dispensateurs des mystères et pasteurs pour le bien des autres, cependant, quant à la dignité et à l’activité commune à tous les fidèles dans l’édification du corps du Christ, il règne entre tous une véritable égalité » (Vatican II, constitution Lumen Gentium, n°32). Cette fraternité, fondée en Jésus, le Fils qui nous fait fils avec lui, l’Église se doit de l’annoncer et la vivre dans de vraies communautés qui mettent en œuvre le sens du partage, entre ses membres mais aussi avec tous ceux qui sont démunis.

Un peuple de prêtres
« Ils étaient assidus à la fraction du pain et aux prières ». La fraction du pain dont parle St Luc, c’est le geste de Jésus devant les pèlerins d’Emmaüs, c’est le signe de reconnaissance du Ressuscité (Lc 24,35). Désormais, chaque dimanche, la communauté chrétienne célèbre le repas du Seigneur, manifestant ainsi qu’il est vivant et que c’est lui qui préside la communauté des siens. Très vite, les chrétiens, grâce à St Paul, prendront conscience qu’ils sont ensemble le corps du Christ ressuscité, animé par son Esprit.
En célébrant le repas du Seigneur, l’Église fait donc mémoire du mystère pascal de Jésus, elle offre sa vie donnée une fois pour toutes pour la réconciliation des hommes avec Dieu. Et même si les chrétiens de Jérusalem fréquentent encore assidûment le Temple pour les prières quotidiennes, le culte nouveau s’est tourné désormais vers Jésus lui-même. C’est lui, grand prêtre de l’alliance nouvelle, qui fait participer tout son peuple à son sacerdoce saint en même temps qu’il appelle certains au sacerdoce ministériel, comme prêtres, pour le service du peuple sacerdotal (Lumen Gentium, n°10). Ainsi l’Église est-elle le peuple de Dieu, un peuple de prêtres, de priants, chargé de chanter la louange du Seigneur, chargé aussi d’intercéder en faveur de tous les hommes par le nom de Jésus.
L’eucharistie, l’action de grâce de Jésus à son Père, apparaît ainsi le lieu « source » de l’Église en même temps que le « sommet de son action », selon la formule du Père Henri de Lubac. Née de l’eau et du sang qui coulent du côté ouvert de Jésus en croix (Jn 19,34), l’Église devient vraiment le corps du Christ, le corps dont Jésus Ressuscité est la tête et c’est de lui qu’elle reçoit toute sa vie, dans le pain de la Parole et dans le pain eucharistique. Nourris par cette vie, les chrétiens peuvent alors devenir eux-mêmes louange et action de grâce au Père, à la suite de Jésus et avec lui, ils peuvent s’offrir eux-mêmes en « sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu », selon la recommandation de St Paul (Rm 12, 1).
Communauté de la Parole, du partage et de la prière, peuple qui vit le témoignage, le service et la communion, telle nous apparaît l’Église au commencement de son histoire. C’est toujours à cette source du ministère de Jésus lui-même qu’elle puise aujourd’hui encore sa vie, pour annoncer aux hommes de ce temps la Bonne Nouvelle de Jésus, pour célébrer en son nom l’action de grâce de l’alliance nouvelle et éternelle, pour aimer comme il nous a aimés, pour servir comme lui.

DIMANCHE 5 MAI : COMMENTAIRES DE MARIE NOËLLE THABUT – PREMIERE LECTURE – Actes 15, 1-2. 22-29

3 mai, 2013

http://www.eglise.catholique.fr/foi-et-vie-chretienne/commentaires-de-marie-noelle-thabut.html

DIMANCHE 5 MAI : COMMENTAIRES DE MARIE NOËLLE THABUT

PREMIERE LECTURE – Actes 15, 1-2. 22-29
1 Certaines gens venus de Judée
 voulaient endoctriner les frères d’Antioche
 en leur disant :
 « Si vous ne recevez pas la circoncision
 selon la loi de Moïse,
 vous ne pouvez pas être sauvés. »
2 Cela provoqua un conflit et des discussions assez graves
 entre ces gens-là et Paul et Barnabé.
 Alors on décida que Paul et Barnabé,
 avec quelques autres frères,
 monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens
 pour discuter de cette question.
22 Finalement, les Apôtres et les Anciens
 décidèrent, avec toute l’Eglise,
 de choisir parmi eux
 des hommes qu’ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé.
 C’étaient des hommes
 qui avaient de l’autorité parmi les frères ;
 Jude (appelé aussi Barsabbas), et Silas.
23 Voici la lettre qu’ils leur confièrent :
 « Les Apôtres et les Anciens saluent fraternellement
 les païens convertis, leurs frères,
 qui résident à Antioche, en Syrie et en Cilicie.
24 Nous avons appris que quelques-uns des nôtres,
 sans aucun mandat de notre part,
 sont allés tenir des propos
 qui ont jeté chez vous le trouble et le désarroi.
25 Nous avons décidé à l’unanimité
 de choisir des hommes que nous enverrions chez vous,
 avec nos frères bien-aimés Barnabé et Paul,
26 qui ont consacré leur vie
 à la cause de Notre Seigneur Jésus-Christ.
27 Nous vous envoyons donc Jude et Silas
 qui vous confirmeront de vive voix ce qui suit :
28 L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé
 de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations
 que celles-ci, qui s’imposent :
29 vous abstenir de manger
 des aliments offerts aux idoles,
 du sang, ou de la viande non saignée,
 et vous abstenir des unions illégitimes.
 En évitant cela, vous agirez bien.
 Courage ! »

Nous avons déjà entendu parler de la communauté d’Antioche de Syrie dans les textes des dimanches précédents… aujourd’hui, nous la trouvons affrontée à une crise grave : on est vers l’an 50 de notre ère ; dès le début, à Antioche, il y a eu des chrétiens d’origine juive et des chrétiens d’origine païenne ; mais peu à peu, entre eux, la cohabitation est devenue de plus en plus difficile : leurs modes de vie sont trop différents. Non seulement, les chrétiens d’origine juive sont circoncis et considèrent comme des païens ceux qui ne le sont pas ; mais plus grave encore, tout les oppose dans la vie quotidienne, à cause de la multiplicité des pratiques juives auxquelles les chrétiens d’origine païenne n’ont aucune envie de s’astreindre : de nombreuses règles de purification, d’ablutions et surtout des règles très strictes concernant la nourriture.
 Et voilà qu’un jour des Chrétiens d’origine juive sont venus tout exprès de Jérusalem pour envenimer la querelle en expliquant qu’on ne doit admettre au baptême chrétien que des Juifs ; concrètement, les païens sont priés de se faire Juifs d’abord, (circoncision comprise) avant de devenir Chrétiens.
 Derrière cette querelle, il y a au moins trois enjeux : premièrement, faut-il viser l’uniformité ? Pour vivre l’unité, la communion, faut-il avoir les mêmes idées, les mêmes rites, les mêmes pratiques ?
 Le deuxième enjeu est une question de fidélité : tous ces chrétiens, de toutes origines, souhaitent rester fidèles à Jésus-Christ, c’est évident !… Mais, concrètement, en quoi consiste la fidélité à Jésus-Christ ? Jésus-Christ lui-même était juif et circoncis : cela veut-il dire que pour devenir Chrétien il faut d’abord devenir Juif comme lui ?
 Il est vrai aussi que les tout premiers Chrétiens sont tous des Juifs. Puisque les apôtres choisis par le Christ étaient tous juifs… et même, pour aller plus loin, ils étaient tous originaires de Galilée… On ne va pas restreindre l’annonce de l’Evangile aux Galiléens pour autant… c’est une évidence !
On ne va pas la restreindre aux Juifs de naissance, non plus… d’ailleurs, la question est déjà tranchée à Antioche. Certains chrétiens sont d’origine païenne, on l’a déjà vu. Mais ces chrétiens d’origine païenne, peut-être faudrait-il les initier d’abord au judaïsme pour ensuite en faire des Chrétiens ? Concrètement, cela veut dire qu’on accepterait de baptiser des païens, mais à condition qu’ils adhèrent d’abord à la religion juive et qu’ils se fassent circoncire.
 Oui, mais on peut tenir un autre raisonnement : Jésus-Christ a agi de telle manière, dans les circonstances où il se trouvait ; dans d’autres circonstances, il aurait agi différemment ; par exemple, lui qui était galiléen s’est entouré de Galiléens, mais ce n’est pas une condition pour devenir Chrétien.
 La décision prise à l’époque, à Jérusalem, nous venons de le lire, adoptera cette deuxième façon de voir : être fidèle à Jésus-Christ ne veut pas dire forcément reproduire un modèle figé. Pour le dire autrement, fidélité n’est pas répétition : quand on étudie l’histoire de l’Eglise, on est émerveillé justement de la faculté d’adaptation qu’elle a su déployer pour rester fidèle à son Seigneur à travers les fluctuations de l’histoire !
 Enfin, il y a un troisième enjeu, plus grave encore : le salut est-il donné par Dieu sans conditions, oui ou non ? « Si vous ne recevez pas la circoncision, vous ne pouvez pas être sauvés », c’est ce qu’on commence à entendre dire à Antioche : cela voudrait dire que Dieu lui-même ne peut pas sauver des non-Juifs… cela voudrait dire que c’est nous qui décidons à la place de Dieu qui peut ou ne peut pas être sauvé… cela voudrait dire enfin que la foi en Jésus-Christ ne suffit pas ? Mais pourtant Jésus lui-même a bien dit « celui qui croira et sera baptisé sera sauvé » ; il n’a pas ajouté qu’il fallait en plus être Juif pratiquant et circoncis… et puis, par définition, la grâce, c’est gratuit ! Nous ne pouvons pas ajouter par nous-mêmes des conditions à la grâce de Dieu.
 On sait la fin de l’histoire ; les Apôtres prennent une double décision : les Chrétiens d’origine juive ne doivent pas imposer la circoncision et les pratiques juives aux Chrétiens d’origine païenne ; mais de l’autre côté, les Chrétiens d’origine païenne, par respect pour leurs frères d’origine juive, s’abstiendront de ce qui pourrait troubler la vie commune, en particulier pour les repas. Il est très intéressant de remarquer qu’on n’impose à la communauté chrétienne que les règles qui permettent de maintenir la communion fraternelle. C’est certainement la meilleure manière d’être vraiment fidèle à Jésus-Christ : lui qui a dit « c’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on vous reconnaîtra pour mes disciples » (Jn 13, 35).
 ———————–
 Compléments
 Ces questions autour de la circoncision et des pratiques de la loi juive peuvent paraître d’un autre âge : sommes-nous vraiment concernés ?
 Oui, car la question de fond autour de la grâce est toujours d’actualité ; nous avons toujours besoin de nous réentendre dire que la grâce est gratuite : c’est le sens même de ce mot ! Cela veut dire que Dieu ne fait jamais de comptes avec nous !

LE SEPTIÈME JOUR

1 mai, 2013

http://www.bible-service.net/extranet/current/pages/1338.html

LE SEPTIÈME JOUR

L’Ancien Testament est traversé par une ambivalence qui rejaillit dans le Nouveau…
L’Ancien Testament est traversé par une ambivalence qui rejaillit dans le Nouveau : le travail est signe de la grandeur de l’être humain, mais il est aussi un des lieux majeurs de l’exploitation, de la domination et de l’asservissement. Dans cette tension, quelle est la place du sabbat ?
De manière générale, la Bible considère le travail comme la tâche normale de l’homme, voulue par Dieu, donc sainte et belle. Créé à l’image de Dieu, l’être humain est établi dans le jardin d’Éden « pour le cultiver et le garder » (Gn 2, 15). Travailler est même un des grands commandements divins « Tu travailleras six jours faisant tout ton ouvrage… » (Ex 20, 9). A l’inverse, parce que la création divine est comme prolongée par le travail humain, l’oisiveté et la paresse sont sévèrement blâmées. Elles éloignent de Dieu en même temps qu’elles conduisent à une misère certaine (cf. encadré).

LA DURETÉ DU TRAVAIL
Mais le travail est pénible et l’on s’interroge : s’il reflète la grandeur de l’être humain appelé à poursuivre la création divine, comment expliquer qu’il soit source de fatigues et de maux de toutes sortes ? Dans un langage qui s’apparente à celui des mythes, le deuxième récit de la création y voit une des conséquences du péché des hommes (Gn 3, 17-19). Outre le souci d’expliquer pourquoi le travail est trop souvent pénible alors que la création venant de Dieu est bonne, on perçoit ici la prise de conscience de la dure nécessité du travail pour vivre et survivre. Maintes pages de la Bible se font l’écho de ce drame qui semble toucher l’humanité dans ce qu’elle a de plus noble. C’est Job qui gémit après le « temps de corvée que le mortel vit sur terre » (Jb 7, 1ss) ou Qohélet qui considère l’importance du travail des hommes pour conclure amèrement à sa vanité (Qo 2, 22-23).
À ce constat, il faut ajouter les conditions de travail inhumaines auxquelles sont soumis les esclaves, les prisonniers de guerre, sans oublier l’exploitation dont sont victimes les plus pauvres (Jr 22, 13 ; Dt 24, 14-15). On reconnaît alors que le travail s’inscrit à l’intérieur d’institutions sociales marquées par la violence et l’injustice. S’il demande à être libéré de sa pénibilité naturelle, le travail doit donc être libéré des conditions injustes qui l’accompagnent souvent.
À cause de cela – ou à cause de l’influence de la culture grecque ? –, le travail manuel est présenté dans les derniers livres de l’Ancien Testament comme une activité subalterne. Ainsi, bien qu’il reconnaisse qu’il n’y aurait pas eu de villes à habiter s’il n’y avait pas eu d’artisans (38, 32), et que le travail manuel est nécessaire pour vivre (7, 15 etc.), Ben Sirac proclame la supériorité des scribes sur les artisans (38, 24-26).

JACQUES ET JÉSUS
De Jacques, on retiendra une terrible diatribe à l’encontre des riches qui exploitent leurs salariés (Jc 5, 4). De Jésus, on retiendra que ses paraboles sont généralement empruntées au monde du travail, qu’il s’agisse des semailles, des moissons, des vendanges ou des ouvriers attendant sur la place du village qu’on vienne les embaucher. Néanmoins, Jésus semble prendre ses distances par rapport à une certaine conception du travail : c’est l’épisode où Jésus met en garde Marthe contre le danger de l’activisme (Lc 10, 38-42) ; c’est l’invitation à ne pas faire de la nourriture ou du vêtement le seul horizon de sa vie (Lc 12, 22-32). Reste que l’on ne voit jamais Jésus travailler des ses mains, pas plus d’ailleurs que ses disciples qui abandonnent leur travail pour le suivre. C’est sans doute le signe que Jésus considère l’annonce de l’Évangile comme un  travail.

PAUL
Différemment de Jésus, Paul est fier de travailler de ses mains (1Th 2, 9 ; 1Co 4, 12), au point d’ailleurs de demander aux Thessaloniciens de l’imiter. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce choix : annoncer l’Évangile gratuitement en n’étant à la charge de personne (1Co 9, 18) ; rendre l’annonce de l’Évangile proche des réalités de ceux qui travaillent ; proposer une vision positive du travail. Dans un contexte où le travail manuel était souvent méprisé, parce que contraire à une « vie honorable », Paul voulait sans doute montrer que le travail n’est pas un signe d’esclavage ou un motif de honte mais un témoignage d’ »honnêteté » (cf.1Th 4, 11-12).
Face à des chrétiens qui prenaient prétexte des enseignements évangéliques ou de l’attente du retour du Christ pour ne rien faire, la deuxième lettre aux Thessaloniciens insistera sur la nécessité de gagner sa vie en travaillant, car « qui ne veut pas travailler ne doit pas non plus manger » (2Th 3, 6-12). C’était une manière de rappeler que l’attente du retour du Christ n’exclut pas un véritablement engagement dans le monde.

ET LE SABBAT ?
C’est un des aspects les plus étonnants de la Bible : aussi important soit-il, le travail des hommes est régulé par le sabbat et le devoir, un jour par semaine, de cesser, toute activité : « … le septième jour, c’est le sabbat du Seigneur ton Dieu » (Ex 20, 10). En s’arrêtant de travailler pour se consacrer à Dieu, les hommes se rappellent en effet qu’ils ne sont pas la mesure de toutes choses, mais seulement l’image de Celui à qui appartient l’univers et tout ce qui l’habite. En s’arrêtant, ils ne laissent pas prendre aux pièges du productivisme ou de l’efficacité. Ils reconnaissent  que leur œuvre est limitée et que le travail n’a de valeur que s’il est fécondé par la rencontre de Dieu ou que s’il est habité par la gratuité, la beauté, l’amour tout simplement. C’est plus que jamais d’actualité.

SBEV. Pierre Debergé

DIMANCHE 28 AVRIL : COMMENTAIRES DE MARIE NOËLLE THABUT – DEUXIEME LECTURE – Apocalypse 21, 1-5a

26 avril, 2013

http://www.eglise.catholique.fr/foi-et-vie-chretienne/commentaires-de-marie-noelle-thabut.html

DIMANCHE 28 AVRIL : COMMENTAIRES DE MARIE NOËLLE THABUT

DEUXIEME LECTURE – Apocalypse 21, 1-5a
Moi, Jean,
1 j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle,
 car le premier ciel et la première terre avaient disparu,
 et il n’y avait plus de mer.
2 Et j’ai vu descendre du ciel, d’auprès de Dieu,
 la cité sainte, la Jérusalem nouvelle,
 toute prête, comme une fiancée parée pour son époux.
3 Et j’ai entendu la voix puissante
 qui venait du Trône divin ;
 elle disait :
 « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ;
 il demeurera avec eux,
 et ils seront son peuple,
 Dieu lui-même sera avec eux.
4 Il essuiera toute larme de leurs yeux,
 et la mort n’existera plus ;
 et il n’y aura plus de pleurs, de cris, ni de tristesse ;
 car la première création aura disparu. »
5 Alors celui qui siégeait sur le Trône déclara :
 « Voici que je fais toutes choses nouvelles. »

« Voici que je fais toutes choses nouvelles » : ciel nouveau, terre nouvelle, Jérusalem nouvelle ; voilà notre avenir, nous dit Saint Jean, notre « à-venir » en deux mots, ce qui vient. Finies les larmes, la mort, finis les pleurs, les cris, la tristesse… c’est du passé : premier ciel, première terre ont disparu. Autrement dit, le passé est passé, FINI. Evidemment Jean anticipe ; il nous a bien prévenus : son livre est un livre de visions, il révèle l’avenir pour donner le courage d’affronter le présent.
 Premier ciel, première terre, cela nous renvoie au récit biblique de la Création ; donc pour aborder ce passage de l’Apocalypse, il faut ouvrir le livre de la Genèse. Le premier chapitre présentait la Création, ce que l’Apocalypse appelle « la première création » comme tout entière bonne : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait. Voilà, c’était très bon. » (Gn 1, 31). Et pourtant, nous faisons chaque jour l’expérience des pleurs, des cris, de la tristesse, de la mort, comme dit encore l’Apocalypse. Et c’est la suite du livre de la Genèse, le récit du fruit défendu, qui nous dit ce qui pervertit la bonté de la Création ; il nous dit que la racine de toutes nos souffrances est dans la faille qui s’est creusée entre Dieu et l’humanité : ce soupçon originel qui ruine sans merci l’Alliance proposée… soupçon qui pousse l’humanité à prendre des chemins qui ne lui réservent que des échecs.
 Tout au long de l’histoire biblique, le peuple élu s’est entendu rappeler par les prophètes dans la voie de l’Alliance : la seule voie du vrai bonheur, c’est que Dieu habite vraiment parmi nous… que nous soyons son peuple, qu’il soit notre Dieu, que l’Alliance soit restaurée sans faille, comme un dialogue d’amour, comme des fiançailles… c’est la soif d’Israël tout au long de son histoire. Et des textes prophétiques innombrables annoncent très exactement ce que l’auteur de l’Apocalypse voit désormais réalisé ; le prophète Isaïe, par exemple : « Oui, je vais créer un ciel nouveau et une terre nouvelle… on ne se souviendra plus du passé, il ne reviendra plus à l’esprit… Exultez sans fin, réjouissez-vous de ce que je vais créer… Car je crée une Jérusalem de joie, un peuple d’allégresse. Je retrouverai mon allégresse en Jérusalem, ma joie en mon peuple. On n’y entendra plus de cris ni de pleurs… On n’y verra plus de nouveau-né emporté en quelques jours, ni d’homme qui ne parvienne pas au bout de sa vieillesse. » (Is 65, 17-20).
 Symboliquement, ce renouvellement de toutes choses est représenté par la disparition de la mer : Israël n’est pas un peuple de marins, c’est clair ! Rappelons-nous aussi que la Création de l’univers est réfléchie dans la Bible à partir de la création du peuple élu ; or cette naissance du peuple extirpé à l’esclavage en Egypte, a été une victoire sur la mer : Dieu a fait apparaître la terre ferme pour le passage de son peuple ; le peuple sauvé a traversé à pied sec, et les forces du mal, les forces de l’esclavage, de l’oppression ont été englouties… Plus tard, cette fois dans le Nouveau Testament, au cours de sa vie terrestre, le Fils de Dieu fait homme a manifesté sa victoire sur le mal, sur les forces de l’abîme en marchant sur la mer…
 Désormais la victoire est totale, suggère l’Apocalypse : la mer a disparu ! Et avec elle, toute forme de mal : toute forme de souffrance, de larmes, de cris, de mort. Ce que l’humanité attend, sans toujours le savoir, ce que l’univers tout entier attend, c’est l’accomplissement de ce grand projet que Dieu forme depuis la création du monde : instaurer avec l’humanité une Alliance sans ombre, un dialogue d’amour. Le thème des noces de Dieu avec l’humanité nous paraît toujours audacieux, mais il est très présent dans la Bible dès l’Ancien Testament, chez les prophètes Osée ou Isaïe, par exemple, et dans le Cantique des Cantiques. Il est présent aussi dans le Nouveau Testament, à commencer par le récit des noces de Cana, pour ne citer que lui. Et dans notre texte de l’Apocalypse, on réentend cette promesse sous deux formes : d’abord, dans l’image de la Jérusalem nouvelle, « toute prête, comme une fiancée parée pour son époux » ; et ensuite dans l’expression « Dieu avec eux » : le mot « avec » ici est très fort, il dit l’Alliance de l’amour, l’Alliance d’un couple. « Et j’ai entendu la voix puissante qui venait du Trône divin ; elle disait : Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront son peuple, Dieu lui-même sera avec eux. » Tous ceux qui, parmi nous, portent le merveilleux prénom d’Emmanuel (qui signifie littéralement « Dieu avec nous ») sont des rappels vivants des promesses de Dieu…
 Et voici que la Jérusalem nouvelle « descend d’auprès de Dieu ». Le centre de la nouvelle Création porte le nom de la ville sainte qui, depuis tant de siècles, symbolise l’attente du peuple élu : le nom même de Jérusalem signifie « Ville de la justice et de la paix »… Et, en même temps, cette nouvelle cité « descend d’auprès de Dieu », et elle est dite « nouvelle » : ce qui veut dire qu’elle n’est pas seulement oeuvre humaine. Cela signifie que le Royaume de Dieu que nous attendons et auquel nous essayons de travailler est à la fois en continuité ET en rupture avec cette terre : voilà de quoi galvaniser notre énergie ! Nous sommes invités tout simplement à collaborer avec Dieu. Notre oeuvre sur cette terre contribue au renouvellement de la Création, car l’intervention de Dieu transfigurera nos efforts.

 Complément
 On entend résonner ici les paroles de Paul : « Les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire qui doit être révélée en nous. Car la Création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu… elle garde l’espérance, car elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet : la Création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement. » (Rm 8, 19-22).

LES MÉDITATIONS – EVANGILE SELON ST MARC, CHAPITRE 16, 15-20 (Evangile du jour)

25 avril, 2013

http://viechretienne.catholique.org/meditation/45953-l-039-annonce-de-l-039-evangile

LES MÉDITATIONS

L’ANNONCE DE L’EVANGILE

EVANGILE SELON ST MARC, CHAPITRE 16, 15-20

Jésus ressuscité dit aux onze Apôtres : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils chasseront les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau ; ils prendront des serpents dans leurs mains, et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »

Prière d’introduction
Seigneur, je suis encore marqué de la joie de Pâques. Montre-moi aujourd’hui les fruits que cette joie peut produire en moi.

Demande
Que l’Esprit Saint agisse en moi, pour que j’aie un cœur d’apôtre.

Points de réflexion

1. L’Église envoyée. Quel beau texte pour l’Année de la foi ! Les dernières lignes de l’évangile selon saint Marc sont les dernières paroles de Jésus, avant de monter au Ciel ; elles sont aussi la description de l’Église primitive, premier groupe des croyants. L’évangile selon saint Marc décrit les situations de manière vivante et active. Pour lui, l’Église primitive, c’est le groupe des personnes qui vont dans le monde entier, pour proclamer l’Évangile à toutes les nations ; ce sont les croyants qui s’en vont prêcher en tout lieu, le Seigneur agissant avec eux et confirmant la Parole par les signes qui l’accompagnent. Quel grand défi, à chaque fois que nous relisons ce texte ! Si l’on faisait une enquête dans la rue pour demander ce que veut dire être chrétien, les gens répondraient peut-être qu’un chrétien est celui qui va à la messe le dimanche, a des positions éthiques sur des sujets déterminés et pratique la charité. Et tout cela est bien vrai ! Mais la description, que nous en fait saint Marc dans son évangile, ajoute comme caractéristique fondamentale le dynamisme apostolique.
2. «  Le Seigneur agissant avec eux ». Recevoir la mission de prêcher le Christ et sa Parole peut faire peur. En serai-je capable ? L’évangile nous rassure sur un point : nous ne sommes pas tout seuls, le Seigneur agit avec ses apôtres. Nous sommes appelés à renouveler notre foi en la vérité de l’action de Dieu, à travers nous, pour notre mission. A travers un sourire, une parole, un acte de charité, c’est le Christ qui sourit, parle et agit. Nous sommes ses instruments, ses envoyés. Le Christ, qui veut agir en nous, a besoin de notre humilité, de notre silence intérieur, de notre écoute.
3. L’exemple des disciples. C’est aujourd’hui la fête de saint Marc. Le jeune Marc a accompagné Pierre, écoutant ses récits et descriptions de la vie de Jésus. Il a aussi secondé Paul dans ses voyages missionnaires. Si son rôle a été plus caché que celui des deux Apôtres, sa plume nous a transmis un Visage très particulier de Jésus-Christ. Les uns sont prophètes, les autres évangélistes, les autres guérissent… Que chacun d’entre nous trouve et prenne dans l’Église la place qui lui a été préparée, selon ce que le Seigneur attend de lui ou d’elle.

Dialogue avec le Christ
Seigneur, est-il possible que Tu m’appelles, moi aussi, à témoigner de Toi et à transmettre Ta Parole ? Comme Moïse, je voudrais dire que je ne sais pas parler. Mais c’est sur Toi que je m’appuie, en Toi que je mets toute ma confiance. Toi, Tu sais agir avec moi, aide-moi, Seigneur.

Résolution
Parler du Christ aujourd’hui (il va en donner l’occasion !)

EVANGILE SELON MARC – INFORMATIONS (étude) AVANCÉES

25 avril, 2013

http://mb-soft.com/believe/tfs/mark.htm

EVANGILE SELON MARC

INFORMATIONS AVANCÉES

(Je vais juste par le chapitre III)

III. Langue originale, VOCABULAIRE, ET STYLE
Il a toujours été l’opinion commune que le second évangile a été écrit en grec, et il n’ya aucune raison solide de douter de la justesse de cette vue. Nous apprenons de Juvénal (sam., III, 60 sq;. VI, 187 sqq) et Martial (Epig., XIV, 58) que le grec a été très largement parlé à Rome au premier siècle. Diverses influences étaient à l’œuvre pour diffuser la langue dans la capitale de l’Empire. «En effet, il y avait une double tendance qui embrassaient à des cours une fois aux deux extrémités de l’échelle sociale. D’une part parmi les esclaves et les classes commerciales, il y avait des essaims d’Orientaux grecs et de langue grecque. D’autre part dans les grades supérieurs c’était la mode de parler grec, les enfants ont appris par les infirmières qu’elle grecques et dans la vie, après l’utilisation de celui-ci a été réalisée à la hauteur de l’affectation »(Sanday et Headlam,« Romains », p. LII). Nous savons, aussi, qu’il était en grec écrit saint Paul aux Romains, et de Rome Saint-Clément a écrit à l’Eglise de Corinthe dans la même langue. Il est vrai que certains manuscrits cursifs grecs du Xe siècle ou plus tard parler de l’Evangile comme second écrit en latin (egrathe Romaisti fr Rome, mais peu de preuves et à la fin de ce genre, qui est probablement seulement une déduction sur le fait que l’Evangile a été écrit à Rome, peut être autorisé sur le poids. semble tout aussi improbable l’opinion de Blass (Philol. de l’Gosp., 196 sqq.) que l’Evangile a été écrit en araméen. Les arguments avancés par Blass (cf. aussi Allen dans  » . Expositor « , 6e série, I, 436 sqq) montrent simplement tout au plus que Marc peut-être pensé en araméen;. et, naturellement, son simple, familier grecs révèle une grande partie de la teinte natif araméenne Blass exhorte en effet que les diverses lectures dans les manuscrits de Marc, et les variations de citations patristiques de l’Evangile, sont des reliques de différentes traductions d’un original araméen, mais les cas, il invoque à l’appui de cette situation sont assez concluants. Un original araméen est absolument incompatible avec le témoignage de Papias, qui contraste évidemment le travail de l’interprète de Pierre avec le travail en araméen de Matthieu. Elle est incompatible, aussi, avec le témoignage de tous les autres Pères, qui représentent l’Evangile comme écrit par l’interprète de Pierre pour les chrétiens de Rome.
Le vocabulaire de l’Évangile Seconde embrasse 1330 mots distincts, dont 60 sont des noms propres. Quatre-vingts mots, à l’exclusion des noms propres, on ne trouve pas ailleurs dans le Nouveau Testament, ce qui, cependant, est un petit nombre en comparaison avec plus de 250 mots particuliers dans l’Evangile de saint Luc. Des mots de Saint-Marc, 150 sont partagés que par les deux autres synoptiques, 15 sont partagés que par Saint-Jean (Evangile), et 12 autres par l’un ou l’autre des Synoptiques et de saint Jean. Bien que les mots trouvés, mais une fois dans le Nouveau Testament (hapax Apax) ne sont pas assez nombreux dans le second évangile, ils sont souvent remarquables, nous nous réunissons avec des mots rares tard grecs tels que (Eiten, paidiothen, avec des expressions familières comme (kenturion, xestes , spekoulator), et avec translittérations tels que Korban, Taleitha koum, Effata, rabbounei (cf. Swete, op. cit., p. XLVII). Parmi les mots propres à Saint-Marc près d’un quart sont des non-classiques, tandis que parmi celles particulières à saint Matthieu ou à Saint-Luc, la proportion de non-classique des mots n’est que d’environ un septième (cf. Hawkins, « Hor. Synopt. », 171). Dans l’ensemble, le vocabulaire du second évangile points à l’écrivain comme un étranger qui connaissait bien le grec familier, mais un étranger relative à l’utilisation de la langue littéraire.
Style de Saint-Marc est clair, direct, concis, pittoresque et, si parfois un peu rudes. Il fait un usage très fréquent des participes, aime le présent historique, de la narration directe, des doubles négations, de l’utilisation abondante de adverbes de définir et de mettre l’accent ses expressions. Il varie son temps du très librement, parfois pour faire ressortir les différentes nuances de sens (VII, 35; XV, 44), parfois apparemment pour donner vie à un dialogue (IX, 34; XI, 27). Le style est souvent la plus comprimée, beaucoup étant transmis en quelques mots (i, 13, 27; xii, 38-40), mais au adverbes d’autres temps et synonymes et même les répétitions sont utilisées pour accentuer l’impression et la colorent l’image. Des clauses sont généralement enchaînées dans la manière la plus simple par Kai; n’est pas utilisé de moitié aussi souvent que dans Matthieu ou Luc, tandis que oun survient seulement cinq fois dans l’Évangile tout entier. Latinismes sont rencontré plus fréquemment que dans les autres Evangiles, mais cela ne prouve pas que Marc a écrit en latin ou même compris la langue. Cela prouve simplement qu’il était familier avec le grec commun de l’Empire romain, qui librement adopté mots latins et, dans une certaine mesure, la phraséologie latine (cf. Blass, «Philol. Gosp de l’. », 211 sq), en effet ces familiarité avec ce qu’on pourrait appeler romains grecs confirment fortement l’idée traditionnelle que Marc était un «interprète», qui a passé quelque temps à Rome.
IV. ÉTAT DE TEXTE ET L’INTÉGRITÉ
Le texte de l’Evangile Deuxièmement, comme d’ailleurs de tous les évangiles, est parfaitement attestée. Elle est contenue dans tous les manuscrits primaires Unical, C, cependant, ne pas avoir le texte complet, dans tous les unicals plus importantes plus tard, dans la grande masse des cursives; dans toutes les anciennes versions:.. Latin (deux Vet Il en ses meilleurs manuscrits, et Vulg), syriaque (Pesh., Curet, Sin, Harcl Palest,), copte (Memph. et THEB), l’arménien, le gothique, et l’éthiopien;…… et il est largement attestée par patristique citations. Certains problèmes textuels, cependant, demeurent, par exemple, si Gerasenon ou Gergesenon est à lire dans v, 1, eporei ou epoiei dans vi, 20, et si les difficultés autou, attestée par B, Aleph, A, L, ou autes sont pour être lu dans vi, 20. Mais le grand problème textuel de l’Evangile concerne l’authenticité de ces douze derniers versets. Trois conclusions de l’Evangile sont connus: la conclusion de long, comme dans nos Bibles, des versets contenant 9-20, la courte se terminant par le verset 8 (ephoboumto Gar), et une forme intermédiaire qui (avec quelques légères variations) fonctionne comme suit: « Et ils ont immédiatement fait connaître tout ce qui avait été commandé à ceux de Pierre. Et après cela, Jésus Lui-même leur apparut, et à travers les envoya de l’Est à l’Ouest de la proclamation sainte et incorruptible du salut éternel. » Maintenant cette troisième forme peut être rejetée à la fois. Quatre manuscrits Unical, datant du VIIe au IXe siècle, il donne, en effet, après xvi, 9, mais chacun d’eux fait aussi référence à la plus longue se termine comme une alternative (pour détails cf. Swete, op. Cit., Pp . CV-CVII). Il se distingue également dans la marge du manuscrit cursif 274, en marge de l’Harclean syriaque et de deux manuscrits de la version Memphitic et, dans quelques manuscrits de l’Éthiopien qu’il tient entre le verset 8, et la conclusion ordinaire. Une seule autorité, la k Vieux latin, il donne seul (dans un rendu très corrompu), sans aucune référence à la forme plus longue. Ces éléments de preuve, surtout lorsque comparée à celle des deux autres terminaisons, ne peut avoir aucun poids, et en fait, aucun érudit qui concerne cette conclusion intermédiaires comme ayant tous les titres à l’acceptation.
Nous pouvons passer, ensuite, d’examiner comment le cas se situe entre la conclusion de long et le court, c’est à dire entre accepter XVI, 9-20, comme une partie authentique de l’Evangile d’origine, ou de faire la fin originale avec xvi, 8. En faveur de la Eusèbe se termine court (« Quaest. Ad Marin. ») Est appelé à dire que l’apologie pourrait se débarrasser de toute difficulté découlant de la comparaison de Matt. XXVIII, 1, avec Marc, xvi, 9, en ce qui concerne l’heure de la résurrection du Christ, en faisant remarquer que le passage au début de Marc avec le verset 9 n’est pas contenue dans tous les manuscrits de l’Évangile. L’historien passe ensuite sur lui-même à dire que dans presque tous les manuscrits de Marc, au moins, dans les précis (schedon fr apasi tois antigraphois… Ta M’goun akribe, l’Evangile se termine avec xvi, 8.
Il est vrai, Eusèbe donne une deuxième réponse, qui pourrait faire l’apologiste, et qui suppose l’authenticité du passage contesté, et il dit que cette réponse-ci pourrait être faite par celui «qui n’a pas osé mettre de côté quelque chose qui a été trouvé en aucune manière dans l’écriture Evangile « . Mais tout le passage montre assez clairement que Eusèbe était enclin à rejeter tout ce qui suit XVI, 8. Il est communément admis, aussi, qu’il ne s’applique pas ses canons aux versets litigieux, ce qui montre clairement qu’il n’a pas les considérer comme une partie du texte original (voir, cependant, Scriv. « Introd.», II, 1894, 339). Saint Jérôme dit aussi dans un seul endroit («Ad. Hedib. ») Que le passage manquait dans presque tous les manuscrits grecs (omnibus Græciæ libris capitule poene hoc in fine habentibus non), mais il cite d’ailleurs (« Commentaire. Matt . « ; » Ad Hedib »), et, comme nous le savons, il a incorporé dans la Vulgate.. Il est clair que tout le passage, où Jérôme fait la déclaration sur les versets litigieux étant absent de manuscrits grecs, est emprunté presque textuellement par Eusèbe, et on peut douter si sa déclaration ajoute vraiment aucune valeur probante indépendante à la déclaration d’Eusèbe. Il semble plus probable aussi que Victor d’Antioche, le premier commentateur de l’Évangile Deuxièmement, considéré XVI, 8, que la conclusion.
Si on ajoute à cela que l’Évangile se termine par XVI, 8, dans les deux plus anciens manuscrits grecs, B et Aleph, dans le péché. Syriaque et en quelques manuscrits éthiopiens, et que le manuscrit cursif 22 et quelques manuscrits arméniens indiquent doute quant à la vraie fin est au verset 8 ou le verset 20, nous avons mentionné toutes les preuves qui peuvent être invoquées en faveur de la conclusion de courte . La preuve externe en faveur de la longue, ou ordinaire, la conclusion est extrêmement forte. Le passage se trouve dans toutes les grandes unicals sauf B et Aleph – en A, C, (D), E, ​​F, G, H, K, M, (N), S, U, V, X, gamma, delta , (Pi, Sigma), Omega, Beth – dans tous les cursives, dans tous les manuscrits latins (. OL et Vulg) sauf k, dans toutes les versions sauf le syriaque (Sinaï dans le Pesh, Curet, Harcl… , Palest.), dans les manuscrits coptes, gothique, et la plupart des Arméniens.
Il est cité ou fait allusion, dans le quatrième siècle, par Aphraate, le tableau syriaque de chanoines, Macaire Magnes, Didyme, les Actes des Apôtres syriaques, Léonce, le Pseudo-Éphrem, Cyrille de Jérusalem, Épiphane, Ambroise, Augustin, et Chrysostome, dans le troisième siècle, par Hippolyte, Vincentius, les « Actes de Pilate», les «Constitutions apostoliques», et probablement par Celse, dans le second, par Irénée plus explicitement que la fin de l’évangile de Marc («In fine autem Evangelii ACI Marcus et quidem Dominus Jesus », etc – Marc XVI, 19), par Tatien dans le » Diatessaron « , et très probablement par Justin (« Apol I « , 45) et Hermas (Pasteur, IX, xxv, 2. ). Par ailleurs, dans le quatrième siècle certainement, et probablement dans le troisième, le passage a été utilisé dans la liturgie de l’Église grecque, une preuve suffisante que ce qui était sans aucun doute divertir quant à son authenticité. Ainsi, si l’authenticité du passage devaient être jugés par des preuves externes seuls, il pouvait difficilement y avoir aucun doute à ce sujet.
Beaucoup a été fait le silence de certains Père troisième et quatrième siècle, leur silence soit interprété comme signifiant qu’ils ne savaient pas le passage ou l’a rejeté. Ainsi Tertullien, SS. Cyprien, Athanase, Basile le Grand, Grégoire de Nazianze, et Cyrille d’Alexandrie sont appelé. Dans le cas de Tertullien et de Cyprien il ya place pour quelques doutes, car ils pourraient assez naturellement à attendre d’avoir cité ou fait allusion à Marc, XVI, 16 ans, si elles l’ont reçu, mais le passage ne peut guère avoir été inconnus à Athanase ( 298-373), car il a été reçu par Didyme (309-394), son contemporain à Alexandrie (PG, XXXIX, 687), ni de Basile, voyant qu’il a été reçu par son jeune frère Grégoire de Nysse (PG, XLVI, 652 ), ni à Grégoire de Nazianze, car il était connu pour son jeune frère Cæsarius (PG, XXXVIII, 1178), et quant à Cyrille d’Alexandrie, il cite réellement à partir de Nestorius (PG, LXXVI, 85). Les seules difficultés sérieuses sont créés par son omission dans B et Aleph et par les déclarations d’Eusèbe et de Jérôme.
Mais Tischendorf prouvé jusqu’à la démonstration (Proleg., p. xx, 1 ss.) Que les deux fameux manuscrits ne sont pas ici deux témoins indépendants, parce que le scribe de B copie la feuille dans Aleph sur lequel se trouve notre passage. Par ailleurs, dans les deux manuscrits, le scribe, bien que concluant avec le verset 8, trahit quelque chose de plus que les connaissances suivie soit dans son archétype ou dans d’autres manuscrits, dans B, contrairement à son habitude, il laisse plus d’une colonne vacant après le verset 8, et au verset 8 Aleph est suivie par un complexe d’arabesques, comme se rencontre nulle part ailleurs dans l’ensemble du manuscrit, en montrant que le scribe était au courant de l’existence d’une conclusion dont il voulait délibérément à exclure (cf. Cornely, « Introd. », iii, 96-99; Salmon,« Introd », 144-48).. Ainsi, les deux manuscrits témoignent de l’existence d’une conclusion, après le verset 8, où ils omettent. Que B et Aleph sont deux des cinquante manuscrits qui Constantin a commandé Eusèbe d’avoir des copies pour sa nouvelle capitale nous ne pouvons pas être sûr, mais en tout cas, ils ont été écrits à une époque où l’autorité d’Eusèbe a été primordiale dans la critique biblique, et probablement leur l’autorité est l’autorité, mais d’Eusèbe. La vraie difficulté, par conséquent, contre le passage, à partir de preuves externes, se réduit à ce Eusèbe et saint Jérôme dire sur son omission dans de nombreux manuscrits grecs, et ceux-ci, comme Eusèbe dit, les précise.
Mais quel que soit l’explication de cette omission, il faut se rappeler que, comme nous l’avons vu précédemment, les versets litigieux étaient largement connues et ont reçu bien avant l’époque d’Eusèbe. Dean Burgon, tout en soutenant pour l’authenticité de ces versets, a suggéré que l’omission auraient pu venir au sujet comme suit. Une des leçons ancienne église s’est terminée avec Marc, xvi, 8 et Burgon suggéré que le telos, qui se situerait à la fin de ces leçons, peut-être trompé certains scribe qui avait devant lui une copie des quatre Evangiles dans laquelle Marc se dernier, et dont la dernière feuille, contenant des versets litigieux, était absente. Compte tenu d’une copie tels défectueux, et en supposant qu’il est tombé dans les mains de scribes ignorants, l’erreur pourrait facilement se propager. D’autres ont suggéré que l’omission est sans doute d’être tracée à Alexandrie. Cette Eglise a mis fin au jeûne du Carême et a commencé la célébration de Pâques, à minuit, contrairement à la coutume de la plupart des Eglises, qui ont attendu pour le chant du coq (cf. Denys d’Alexandrie dans PG, X, 1272 sq.) Maintenant Marc, xvi, 9: «Mais il se lever tôt », etc, pourraient facilement être prises pour favoriser la pratique des autres Églises, et il est suggéré que les Alexandrins peuvent avoir omis le verset 9 et ce qui suit à partir de leur lectionnaires, et à partir de ces omission pourrait passer dans les manuscrits de l’Évangile.
Qu’il y ait une force dans ces suggestions, ils soulignent en tout cas les moyens par lesquels il était possible que le passage, bien réelle, doit avoir été absent d’un certain nombre de manuscrits à l’époque d’Eusèbe, tandis que, sur l’autre et, si les versets n’ont pas été écrites par saint Mar, il est extrêmement difficile de comprendre comment ils auraient pu être si largement reçue dans le deuxième siècle pour être accepté par Tatien et Irénée, et probablement par Justin et Hermas, et trouver une place dans Les anciennes versions latines et syriaques.
Lorsque nous nous tournons vers les éléments internes, le nombre, et plus encore le caractère, des particularités est certes frappante. Les mots ou expressions suivants se produisent nulle part ailleurs dans l’Evangile: prote sabbaton (v. 9), ne se trouve pas encore dans le Nouveau Testament, au lieu de te [s] mia [s] [tonnes] sabbaton (v. 2), utilisé ekeinos absolue (10, 11, 20), poreuomai (10, 12, 15), theaomai (11, 14), apisteo (11, 16), les méta tauta et eteros (12), et une salle d’parakoloutheo onomati (17), ho kurios (19, 20), pantachou, sunergeo, bebaioo, epakoloutheo (20). Au lieu de la connexion d’habitude par kai et une occasionnelle de, nous avons de méta tauta (12), husteron [de] (14), les hommes ho oun (19), ekeinoi de (20). Ensuite, il est instamment demandé que le sujet du verset 9 n’a pas été mentionnée immédiatement avant; que Marie-Madeleine semble maintenant être introduit pour la première fois, mais en fait elle a été mentionné trois fois dans les seize versets précédents; qu’aucune référence n’est faite d’une apparition du Seigneur en Galilée, bien que cela était à prévoir en vue du message du verset 7. Comparativement peu d’importance attachée à ces trois derniers points, pour le sujet du verset 9 est suffisamment évident d’après le contexte, la référence à la Madeleine comme la femme sur qui le Christ avait chassé sept démons est explicable ici, comme montrant l’amour miséricordieux du Seigneur pour celui qui auparavant avait été si misérable, et la mention d’une apparition en Galilée n’était guère nécessaire.
L’important étant de prouver, comme ce passage ne, que le Christ était vraiment ressuscité des morts, et que ses apôtres, presque contre leur volonté, ont été obligés de croire le fait. Mais, même quand cela est dit, la force cumulée de la preuve contre l’origine du passage Marcan est considérable. Quelques explications peuvent en effet être proposés sur presque tous les points (cf. Knabenbauer, « Comm. De Marc. », 445-47), mais elle est le fait que dans le court espace de douze versets tant de points nécessitent des explications qui fait la force de la preuve. Il n’ya rien d’étrange à propos de l’utilisation, dans un passage comme celui-ci, de nombreux mots rares qu’il auteur. Seulement dans le dernier caractère est utilisé apisteo par saint Luc aussi (Luc 24:11, 41), eteros est utilisé une seule fois dans l’Evangile de Saint Jean (XIX, 37), et parakoloutheo n’est utilisé qu’une seule fois par saint Luc (i , 3). Par ailleurs, dans d’autres passages de Saint-Marc utilise beaucoup de mots qui ne figurent pas dans l’Évangile en dehors du passage particulier. Au cours des dix versets, Marc, IV, 20-29, l’auteur a constaté quatorze mots (quinze, si phanerousthai du xvi, 12, soit ne pas Marcan) qui n’existent nulle part ailleurs dans l’Evangile. Mais, comme l’a dit, c’est la combinaison de tant de caractéristiques particulières, non seulement du vocabulaire, mais de la matière et de la construction, qui laisse place à aucun doute quant à la paternité Marcan des versets.
En pesant les preuves internes, cependant, compte doit être de prendre de l’improbabilité de la conclusion de l’évangéliste au verset 8. En dehors de l’invraisemblance de sa fin avec la gar Participe, il n’aurait jamais volontairement fermer son compte sur les «bonnes nouvelles» (I, 1) avec la note de la terreur attribué au xvi, 8, à certains des disciples du Christ. Ne pouvait pas non un évangéliste, surtout un disciple de saint Pierre, volontairement conclure son Evangile, sans mentionner quelque apparence du Seigneur ressuscité (Actes 1:22; 10:37-41). Si, alors, Marc conclu avec le verset 8, il doit avoir été parce qu’il est mort ou a été interrompu avant qu’il ait pu écrire plus. Points de la tradition Mais pour sa vie sur l’Evangile, après a été achevée, car il le représente comme apportant le travail avec lui en Egypte ou en tant que de le remettre aux chrétiens de Rome qui avait demandé pour lui. Il n’est pas facile de comprendre comment, si il vivait, il aurait pu être interrompue pour être efficacement empêchée d’ajouter, tôt ou tard, même une courte conclusion. Non beaucoup de minutes auraient été nécessaires pour écrire un tel passage comme XVI, 9-20, et même si c’était son désir, comme Zahn suggère sans raison (Introd., II, 479), d’ajouter quelques portions considérables pour le travail, il est encore inconcevable comment il aurait pu soit distribué lui-même ou ses amis a permis de la faire circuler, sans lui fournir au moins une conclusion temporaire et provisoire. En toute hypothèse, alors, XVI, 8, semble une fin impossible, et nous sommes forcés de conclure soit que la vraie fin est perdu ou que nous l’avons dans les versets litigieux. Maintenant, il n’est pas facile de voir comment il aurait pu être perdu. Zahn affirme qu’il n’a jamais été établie ni fait probable que même une seule phrase complète du Nouveau Testament a totalement disparu du texte transmis par l’Église (Introd., II, 477). En l’espèce, si la vraie fin ont été perdus pendant la durée de vie de Marc, la question à la fois se produit: Pourquoi n’at-il pas le remplacer? Et il est difficile de comprendre comment il pourrait avoir été perdu après sa mort, car avant cette date, sauf si il est mort en quelques jours de l’achèvement de l’Evangile, il doit avoir été copié, et il est peu probable que les mêmes versets pourraient ont disparu de plusieurs copies.
On verra de cette enquête sur la question qu’il n’y a aucune justification pour l’énoncé confiant de Zahn: «Il peut être considéré comme l’un des plus certaines des conclusions de critique, que les mots ephobounto gar, XVI, 8, sont les derniers mots dans le livre ont été écrits par l’auteur lui-même « (Introd., II, 467). Quelle que soit la réalité, il n’est pas du tout certain que Marc n’a pas écrit les versets litigieux. C’est peut-être qu’il n’a pas, qu’ils sont de la plume d’un autre écrivain inspiré, et ont été annexées à l’Evangile dans le premier siècle ou au début de la seconde. Un manuscrit arménien, écrit en AD 986, les attribue à un prêtre nommé Ariston, qui peut être le même avec le Aristion prêtre, cité par Papias comme un contemporain de Saint-Jean en Asie. Catholiques ne sont pas liés à tenir que les versets ont été écrits par Saint-Marc. Mais ils sont l’Ecriture canonique, par le Concile de Trente (Sess. IV), dans la définition que toutes les parties des Livres Saints doivent être reçus comme sacrés et canoniques, avait surtout en vue les parties contestées de l’Évangile, dont le présent conclusion de Marc est un (cf. Theiner, « Acta gen. Conc. Trid. », I, 71 sq). Ainsi, celui qui a écrit les couplets, ils sont inspirés, et doit être reçu comme tel par tous les catholiques.
LIEU ET DATE DE V. COMPOSITION
Il est certain que l’Evangile a été écrit à Rome. Saint Jean Chrysostome parle en effet de l’Egypte comme le lieu de composition (« Hom. I. sur Matt. », 3), mais il a probablement mal compris Eusèbe, qui affirme que Marc a été envoyé en Egypte et a prêché l’Evangile n’y lequel il avait écrit ( « Hist. Eccl. », II, XVI). Quelques rares savants modernes ont adopté la suggestion de Richard Simon (« Hist. Crit. Texte du du NT», 1689, 107) que l’évangéliste peut avoir publié à la fois une romaine et une édition égyptienne de l’Evangile. Mais cette vue est suffisamment réfutée par le silence des Pères de l’Alexandrin. D’autres avis, comme celle de l’Evangile a été écrit en Asie Mineure ou à Antioche syrienne, ne sont pas dignes d’aucune considération.
La date de l’Evangile est incertain. La preuve externe n’est pas décisif, et les internes n’aide pas beaucoup. Saint Clément d’Alexandrie, Origène, Eusèbe, Tertullien et Saint Jérôme signifie qu’il a été écrit avant la mort de Saint-Pierre. La souscription de nombreux états manuscrits tard Unical et cursive qu’il a été écrit dans le dixième ou douzième année après l’Ascension (AD 38-40). La «Chronique pascale » qu’il assigne à AD 40, et la « Chronique » d’Eusèbe à la troisième année de Claudius (AD 43). Peut-être ces dates précoce peut être seulement une déduction de la tradition que Pierre est venu à Rome en l’an deux de Claudius, AD 42 (cf. Eusèbe, II, xiv. « Hist Eccl.. »;. Jr, « De Vir. Ill « , i). Saint Irénée, d’autre part, semble placer la composition de l’Évangile après la mort de Pierre et Paul (méta de dix exodon Touton – « .. Adv Haer », III, i). Papias, aussi, en affirmant que Marc a écrit en fonction de son souvenir des discours de Pierre, a été interprétée comme signifiant que Pierre était mort. Ceci, cependant, ne suit pas nécessairement des paroles de Papias, pour Peter aurait été absent de Rome. Par ailleurs, Clément d’Alexandrie (Eusèbe, « Hist. Eccl. », VI, xiv) semble dire que Pierre était vivant et à Rome à l’époque a écrit Marc, mais il a donné l’évangéliste aucune aide dans son travail. Il est laissé, par conséquent, le témoignage de saint Irénée contre celle de tous les autres témoins au début, et il est un fait intéressant que la plupart des savants d’aujourd’hui rationaliste et protestante préfère suivre Irénée et d’accepter la date plus tard pour l’évangile de Marc, mais Ils rejettent presque à l’unanimité le témoignage de la sainte, donné dans le même contexte et soutenu par toute l’antiquité, en faveur de la priorité de l’évangile de Matthieu au-Marc. Diverses tentatives ont été faites pour expliquer le passage dans Irénée, afin de le mettre en accord avec les autorités d’autres précoce (voir, par exemple, Cornely, « Introd. », Iii, 76-78; Patrizi, «De Evang. », I, 38), mais à l’auteur du présent article, ils apparaissent échoue si le texte existant doit être considérée comme correcte. Il semble beaucoup plus raisonnable, cependant, de croire que Irénée s’est trompé que toutes les autres autorités sont dans l’erreur, et donc la preuve externe serait montrer que Marc a écrit avant la mort de Pierre (AD 64 ou 67).
De la preuve interne, nous pouvons conclure que l’Evangile a été écrit avant l’an 70, car il n’y a aucune allusion à la destruction du Temple de Jérusalem, comme cela peut naturellement s’attendre compte tenu de la prédiction dans XIII, 2, si cet événement avait déjà eu lieu. D’autre part, si XVI, 20: «Mais ils vont de suite prêcher partout», se de la plume de Saint-Marc, l’Evangile ne peut bien avoir été écrite avant la clôture du premier voyage apostolique de saint Paul (AD 49 ou 50 ), car il est vu d’Actes, XIV, 26; XV, 3, que seul avait alors la conversion des païens commencé sur une grande échelle. Bien sûr, il est possible que les précédents à ce les apôtres avaient prêché loin parmi les Juifs dispersés, mais, dans l’ensemble, il semble plus probable que le dernier verset de l’Evangile, se produisant dans un ouvrage destiné aux lecteurs européens, ne peut pas avoir été écrit avant l’arrivée de saint Paul en Europe (AD 50-51). Prendre les preuves externes et internes ainsi, nous pouvons conclure que la date de l’Évangile se situe probablement entre 50 et 67 après JC.
VI. DESTINATION ET LE BUT
Tradition représente l’Evangile comme écrit principalement pour les chrétiens romains (voir ci-dessus, II), et la preuve interne, si elle n’est pas tout à prouver la véracité de ce point de vue, est tout à fait en accord avec elle. La langue et les coutumes des Juifs sont supposés être inconnus à au moins quelques-uns des lecteurs. Ainsi des termes comme Boanerges (III, 17), Korban (VII, 11), Ephphatha (VII, 34) sont interprétés; coutumes juives sont expliqués afin d’illustrer le récit (VII, 3-4; XIV, 12); de la situation des Mont des Oliviers en relation avec le Temple est souligné (XIII, 3), la généalogie du Christ est omis, et l’Ancien Testament est cité une seule fois (i, 2-3; xv, 28 ans, est omis par B, Aleph, A, C, D, X). Par ailleurs, la preuve, dans la mesure où il va, les points aux lecteurs romains. Pilate et son bureau sont censés être connus (15h01 – cf Matthieu 27:2;. Luc 03:01); d’autres pièces sont réduits à leur valeur en monnaie romaine (XII, 42); Simon de Cyrène est dit être le père d’Alexandre et de Rufus (XV, 21), un fait sans importance en soi, mais probablement parce que mentionnés Rufus était connu pour les chrétiens romains (Romains 16:13), et enfin, latinismes, ou des utilisations de vulgaires grec, tels que doit avoir été particulièrement fréquente dans une ville cosmopolite comme Rome, se produisent plus fréquemment que dans les autres Evangiles (v, 9, 15, vi, 37; XV, 39, 44; etc.)
Le second évangile n’a pas de déclaration, de son but est que l’on trouve dans les troisième et quatrième (1,1-3 Luc; Jean 20:31). Les critiques de Tübingen temps il considéré comme une «tendance» écrit, composé dans le but de la médiation entre les parties et de concilier pétrinien et Pauline dans l’Église primitive. Les rationalistes autres y ont vu une tentative d’apaiser la déception des chrétiens face au retard de la Venue du Christ, et ont jugé que son objet était d’exposer la vie terrestre du Seigneur de manière à montrer qu’en dehors de son retour glorieux, il avait suffisamment attestée le caractère messianique de sa mission. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir recours à des rationalistes à apprendre dans le but de l’Evangile. Le témoin Pères qu’il a été écrit pour mettre en forme permanente pour l’Eglise romaine les discours de saint Pierre, ni de raison d’en douter. Et l’Evangile lui-même montre assez clairement que Marc voulait dire, par la sélection, il fait des discours de Pierre, pour prouver aux chrétiens de Rome, et plus encore peut-être pour ceux qui pourraient penser des chrétiens deviennent, que Jésus était le Fils de Dieu Tout-Puissant. À cette fin, au lieu de citer la prophétie, comme Matthew fait pour prouver que Jésus était le Messie, il expose dans la langue puissance graphique du Christ sur toute la nature, comme en témoigne par ses miracles. La note dominante de tout l’Evangile retentit dans le tout premier verset: «Le commencement de l’évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu» (les mots «Fils de Dieu » sont retirés du texte par Westcott et Hort, mais très mal .. – cf Knabenb, « .. Comm en Marc », 23), et le but principal de l’évangéliste à travers semble être de prouver la vérité de ce titre et du verdict du centurion: «En effet, cet homme était (le fils) de Dieu »(XV, 39).
VII. RELATION AVEC MATTHIEU ET LUC
Les trois évangiles synoptiques couvrent une large mesure le même terrain. Marc, cependant, n’a rien correspondant aux deux premiers chapitres de Matthieu ou les deux premiers de Luc, très peu pour représenter la plupart des longs discours du Christ dans Matthieu, et peut-être rien de parallèle à la longue section dans Luc, IX, 51 -XVIII, 14. D’autre part, il a très peu qui ne se trouve dans l’une ou l’autre des deux autres synoptiques, la quantité de matière qui est propre à l’Evangile Deuxièmement, si tout cela était mis ensemble, s’élevant seulement à moins de soixante versets. Dans l’arrangement de la question commune aux trois évangiles diffèrent très sensiblement à l’endroit où Hérode Antipas est dit avoir entendu parler de la renommée de Jésus (Matthieu 13:58; Marc 04:13, Luc 09:06). À partir de ce point de l’ordre des événements est pratiquement la même dans les trois, sauf que Matthieu (xxvi, 10) semble dire que Jésus purifia le temple le jour de son entrée triomphale à Jérusalem et maudit le figuier que le jour suivant , tandis que Marc assigne deux événements pour le jour suivant, et les lieux de la malédiction du figuier avant la purification du Temple, et, tandis que Matthew semble dire que l’effet de la malédiction et l’étonnement des disciples là-dessus immédiatement suivi. Marc dit que c’était seulement le jour suivant, les disciples ont vu que l’arbre était desséchée par les racines (Matthieu 21:12-20; Marc 11:11-21).
Il est souvent dit, aussi, qui part Luc de l’arrangement de Marc en plaçant la divulgation de ce traître, après l’institution de l’Eucharistie, mais il semble que certains, le traître a été renvoyé à plusieurs reprises au cours de la Cène, cette différence peut être plus apparente que réelle (Marc 14:18-24, Luc 22:19-23). Et non seulement il ya cet accord considérable quant au sujet et arrangement, mais dans de nombreux passages, certains d’une longueur considérable, il ya coïncidence des mots et des phrases qu’il est impossible de croire que les comptes soient totalement indépendants. D’autre part, aux côtés de cette coïncidence, il est étrange et fréquemment des divergences récurrentes. «Que tout passage commun aux trois Synoptiques être mis à l’épreuve les phénomènes présentés sera beaucoup comme suit: d’abord, peut-être, nous aurons trois, cinq, ou plusieurs mots identiques; alors autant totalement distinctes, puis deux clauses ou. plus exprimé dans les mêmes termes, mais différentes dans le but, puis une clause contenue dans un ou deux, et non dans le troisième, puis plusieurs mots identiques, puis une clause ou deux, non seulement totalement distinctes, mais apparemment incompatibles, et ainsi de suite; avec des récurrences de l’arbitraire et mêmes altérations anormales, des coïncidences, et les transpositions.
La question se pose alors, comment allons-nous expliquer cette relation très remarquable des trois évangiles à l’autre, et, en particulier, pour notre but actuel, comment pouvons-nous expliquer la relation de Marc des deux autres? Pour une discussion complète de ce problème le plus important littéraires voir synoptiques. Il peut à peine être abordé ici, mais ne peut pas être totalement passée sous silence. Au départ peut être mis de côté, de l’avis de l’auteur, la théorie de la dépendance commune aux trois évangiles sur la tradition orale, pour, sauf sous une forme très modifiée, elle est incapable à elle seule d’expliquer tous les phénomènes à être comptabilisées pour. Il semble impossible que la tradition orale pouvait rendre compte de la similitude extraordinaire entre, par exemple, Marc, II, 10-11, et ses parallèles. Dépendance littéraire ou connexion d’un certain type doit être admis, et les questions, quelle est la nature de cette dépendance ou connexion? Marc ne dépendent Matthieu, ou sur les deux Matthieu et Luc, ou était-ce avant et utilisés dans les deux, ou sont tous les trois, peut-être, reliés par leur dépendance commune sur des documents antérieurs ou par une combinaison de certaines de ces causes? En réponse, il est à noter, en premier lieu, que toutes les traditions précoce représente l’Évangile de saint Matthieu que la première communication écrite, et cela doit être compris de notre présent Matthieu, pour Eusèbe, avec le travail de Papias avant lui, avait aucun doute que c’était notre présent Matthieu dont Papias censé avoir été écrit en hébreu (araméen). L’ordre des évangiles, selon les Pères et les premiers écrivains qui se réfèrent à ce sujet, a été Matthieu, Marc, Luc, Jean. Clément d’Alexandrie est le seul à qui signifie que Luc a écrit avant Marc (Eusèbe, « Hist. Eccl. », VI, XIV, dans PG, XX, 552), et pas un seul écrivain antique a estimé que Marc a écrit avant Matthieu. Saint Augustin, en supposant que la priorité de Matthieu, a tenté de rendre compte des relations entre les deux premiers Evangiles en estimant que le second est un recueil de la première (Matthaeum secutus tanquam breviator pedisequus et – « De Consens Evang..», Je , ii). Mais, dès que l’étude sérieuse du problème synoptique a commencé, on a vu que ce point de vue ne pouvait pas expliquer les faits, et il a été abandonné. La dépendance de l’évangile de Marc sur Matthieu cependant, mais pas à la manière d’un recueil, est toujours farouchement défendu. Zahn estime que l’Evangile deuxième est dépendante de la Matthieu araméen ainsi que sur les discours de Peter pour sa matière, et, dans une certaine mesure, par son ordre, et que le Matthieu grec est à son tour dépend de Marc pour sa phraséologie. Alors, trop, Besler («Einleitung in das NT», 1889) et Bonaccorsi (« I Tre primi Vangeli », 1904). On verra tout de suite que ce point de vue est conforme à la tradition en ce qui concerne la priorité de Matthieu, et il explique aussi les similitudes dans les deux premiers évangiles. Sa principale faiblesse semble à l’auteur de se situer dans son incapacité à expliquer certains des omissions Marc. Il est très difficile de voir, par exemple, pourquoi, si Saint-Marc avait le premier évangile devant lui, il a omis toute référence à la guérison du serviteur du centurion (Matthieu 8:5-13). Ce miracle, en raison de sa relation à un officier romain, aurait dû avoir un intérêt tout particulier pour les lecteurs romains, et il est extrêmement difficile de rendre compte de son omission par saint Marc, s’il avait l’Évangile de saint Matthieu avant lui. Encore une fois, saint Matthieu raconte que lorsque, après l’alimentation des cinq mille hommes, Jésus était venu, les disciples, marchant sur l’eau, ceux qui étaient dans le bateau »est venu et l’adoraient, en disant: Tu es en effet [le] Fils de Dieu « (Matthieu 14:33). Maintenant, le rapport de Marc de l’incident est: «Et il monta vers eux dans la barque, et le vent cessa, et ils furent très étonnés en eux-mêmes: car ils ne comprirent pas sur la multiplication des pains, mais leur cœur était aveuglé» (Marc 6 :51-52). Ainsi Marc ne fait aucune référence à l’adoration, ni à la confession frappante des disciples que Jésus était [le] Fils de Dieu. Comment pouvons-nous compte de cela, s’il avait le rapport de Matthieu devant lui? Une fois de plus, Matthieu raconte que, à l’occasion de la confession de Pierre du Christ près de Césarée de Philippe, Pierre lui dit: «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Matthieu 16:16). Mais le rapport de Marc de cette magnifique confession est simplement: «Pierre, répondant lui dit: Tu es le Christ» (Marc 8:29). Il semble impossible d’expliquer l’omission d’ici les mots: «le Fils du Dieu vivant», des mots qui font la gloire particulière de cette confession, si Marc fait usage de l’Evangile d’abord. Il semblerait donc que le point de vue qui rend le second évangile dépend du Premier n’est pas satisfaisante. L’opinion qui prévaut à l’heure actuelle parmi les érudits protestants et non pas un peu de catholiques, en Amérique et en Angleterre ainsi qu’en Allemagne, c’est que l’Evangile de saint Marc est antérieur à saint Matthieu, et utilisé en elle, ainsi que de Saint-Luc. Ainsi Gigot écrit: «L’Evangile selon Marc a été écrit en premier et utilisée par les deux autres synoptiques» («The New York Review», septembre-décembre 1907.). De même Bacon, Yale Divinity School: «Il semble que le matériel récit de Matthieu est tout simplement celui de Marc transféré à former un cadre pour les masses de discours». . . « Nous trouvons la preuve ici positifs de la dépendance par notre Matthieu sur notre marque» (Introd. au NT, 1905, 186-89). Allen, de l’art. « Matthieu » dans « The International Critical Commentary », parle de la priorité de la deuxième pour les deux autres évangiles synoptiques comme «le seul résultat solide de la critique littéraire», et de Burkitt dans « L’Histoire Evangile » (1907), 37 ans, écrit : «Nous sommes obligés de conclure que Marc contient l’ensemble d’un document qui Matthieu et Luc ont utilisé de manière indépendante, et, en outre, que Marc contient très peu de chose à côté de cette conclusion est extrêmement important, c’est la contribution d’un solide constitué par l’. bourse d’études du XIXe siècle vers la solution du problème synoptique ». Voir aussi Hawkins, « horae Synopt. » (1899), 122; Salmond au Hast, III, 261. « Dict de la Bible. »; Plummer, « Evangile de Matthieu » (1909), p. xi; Stanton, «Les évangiles comme des documents historiques » (1909), 30-37; Jackson, « Essais Cambridge biblique » (1909), 455.
Pourtant, malgré la large acceptation de cette théorie a gagné, on peut douter si elle peut nous permettre d’expliquer tous les phénomènes des deux premiers, les Évangiles; Orr, « La Résurrection de Jésus » (1908), 61-72, n’a pas pense qu’il peut, ni ne Zahn (Introd., II, 601-17), dont certains des arguments contre elle n’ont pas encore été aux prises avec. Il offre en effet une explication toute prête des similitudes dans le langage entre les deux évangiles, mais le fait la théorie de Zahn de la dépendance de la Grèce lors de Matthieu Marc. Il contribue également à expliquer l’ordre des deux évangiles, et pour tenir compte de certaines omissions dans Matthieu (cf. notamment Allen, op. Cit., Pp XXXI-XXXIV). Mais elle laisse beaucoup de différences inexpliquées. Pourquoi, par exemple, devrait Matthieu, s’il avait l’évangile de Marc, avant lui, omettent référence au fait singulier enregistré par Marc que le Christ dans le désert était avec les bêtes sauvages (Marc 1:13)? Pourquoi devrait-il omettre (Matthieu 4:17) du résumé de Marc de la première prédication du Christ, « Repentez-vous et croyez à l’Evangile» (Marc 1:15), les mots très importants « croire à l’Evangile », qui ont été si appropriée à la occasion? Pourquoi devrait-il (IV, 21) omettent OLIGON et tautologiquement ajouter « deux frères » à Marc, I, 19, ou l’échec (IV, 22) à mentionner «les mercenaires» avec lesquels les fils de Zébédée quitté leur père dans le bateau (Marc 1:20), surtout depuis que, comme le remarque Zahn, la mention aurait aidé à sauver leur désertion de leur père à l’apparence d’être piété filiale. Pourquoi, encore, doit-il omettre VIII, 28-34, le fait curieux que, bien que l’Gadarene démoniaque, après sa guérison voulu suivre dans la compagnie de Jésus, il n’a pas été autorisé, mais a dit de rentrer chez eux et annoncer à ses amis ce grand choses que le Seigneur avait fait pour lui (Marc 5:18-19). Comment est-il que Matthieu a aucune référence à l’obole de la veuve et y toucher Christ commentaires (Marc 12:41-44) ni le nombre de porcs (Matthieu 8:3-34; Marc 5:13), ni le désaccord des témoins qui ont comparu contre le Christ? (Matthieu 26:60; 14:56 Marc, 59).

Il est sûrement étrange aussi, s’il avait l’évangile de Marc, avant lui, qu’il semble représenter de façon si différente au moment de la visite des femmes au tombeau, la situation de l’ange qui leur apparut et le but pour lequel ils sont venus (Matthieu 28:1-6; Marc 16:1-6). Encore une fois, même si nous admettons que Matthieu est le regroupement dans les chapitres VIII et IX, il est difficile de voir quelque raison satisfaisante pourquoi, s’il avait l’évangile de Marc, avant lui, il devrait donc disposer de ce compte Marcan des premiers Christ miracles enregistrés non seulement comme d’omettre le premier en tout, mais pour rendre la troisième et la seconde avec Marc respectivement la première et la troisième avec lui-même (Matthieu 8:1-15; Marc 1:23-31; 40-45). Allen effet. (Op. cit., P. XV-XVI) tente une explication de cette étrange omission et une inversion dans le huitième chapitre de Matthieu, mais il n’est pas convaincante. Pour voir d’autres difficultés Zahn, « Introd.», II, 616-617. Dans l’ensemble, alors, il apparaît prématuré de considérer cette théorie de la priorité de Marc comme définitivement établi, surtout quand on se rappelle qu’il est opposé à toutes les preuves au début de la priorité de Matthieu. La question est encore sub judice, et malgré l’immense travail qui lui sont dévolues, enquête patiente supplémentaire est nécessaire.
Il peut éventuellement être que la solution des relations particulières entre Matthieu et Marc se trouve ni dans la dépendance de deux sur la tradition orale, ni dans la dépendance soit sur l’autre, mais dans l’utilisation par un ou deux documents précédents. Si on peut supposer, et Luc, I, 1, donne terrain pour la supposition, que Matthieu a eu accès à un document écrit sans doute en araméen, incarnant la tradition pétrinien, il peut avoir combiné avec l’un ou de plusieurs autres documents, contenant principalement du Christ discours, pour former son Évangile araméen. Mais la tradition pétrinienne mêmes, peut-être dans une forme grecque, aurait été connu pour Marc a également, pour les autorités au début à peine nous obligent à tenir qu’il n’a pas fait usage des documents pré-existants. Papias (apud Eus, «il» III, 39;. PG XX, 297) parle de lui comme écrire certaines choses comme il les rappeler, et si Clément d’Alexandrie (ap. Eus, «il» VI, 14;. PG XX, 552) représente les Romains comme en pensant qu’il pouvait tout écrire de mémoire, il n’est pas du tout suivi ce qu’il faisait. Supposons donc que Matthieu incarné la tradition de Pierre dans son évangile araméen, et que Marc la suite utilisé, il ou plutôt une forme grecque de cela un peu différent, combinant avec lui des réminiscences de discours de Pierre. Si, en plus de cela, on suppose que le traducteur grec de Matthieu pour avoir fait usage de notre marque présents pour sa phraséologie, nous avons un moyen possible de la comptabilité pour les similitudes et les différences de nos deux premiers évangiles, et nous sommes libres au en même temps à accepter le point de vue traditionnel en ce qui concerne la priorité de Matthieu. Luc pourrait alors être tenu d’avoir utilisé nos Marc présents ou peut-être une forme antérieure de la tradition pétrinienne, se combinant avec une source ou des sources dont il n’appartient pas au présent article à envisager.
Bien sûr, l’existence de documents au début, comme ici, sont censés, ne peuvent pas être directement prouvée, sauf si la bêche devraient chance de les divulguer, mais il n’est pas du tout improbable. Il est raisonnable de penser que pas beaucoup d’années écoulées après la mort du Christ avant les tentatives ont été faites pour mettre en forme écrite des compte de ses paroles et ses œuvres. Luc nous dit que de nombreuses tentatives avaient été faites avant qu’il n’écrive et ne nécessite aucun effort pour croire que la forme pétrinien de l’Evangile avait été commis à l’écriture, avant les Apôtres séparés; qu’il a disparu par la suite ne serait pas merveilleux, voyant qu’il est inscrit dans les Evangiles. Il est à peine nécessaire d’ajouter que l’utilisation de documents plus tôt par un auteur inspiré est assez intelligible. Grace ne dispense pas de la nature, ni, en règle générale, l’inspiration avec ordinaires, des moyens naturels. L’auteur du second livre des Macchabées états distinctement que son livre est un abrégé d’un travail antérieur (2 Maccabées 02:24, 27), et saint Luc nous dit que, avant d’entreprendre d’écrire son évangile qu’il avait demandé diligence en toutes choses depuis le début (Luc 1:1).
Il n’ya aucune raison, par conséquent, pourquoi les catholiques devraient être timide d’admettre, si nécessaire, la dépendance des évangélistes d’inspiration sur des documents antérieurs, et, compte tenu des difficultés contre les autres théories, il est bon de garder cette possibilité à l’esprit dans tente de rendre compte des relations énigmatique de Marc pour les deux autres synoptiques.

Publication d’informations écrites par J. Macrory. Transcrit par Ernie Stefanik. L’Encyclopédie catholique, tome IX. Publié 1910. New York: Robert Appleton Société. Nihil obstat, Octobre 1, 1910. Remy Lafort, Censeur. Imprimatur. + John M. Farley, Archevêque de New York

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