Archive pour la catégorie 'biblique'

Commentaire de Gn 18

2 août, 2010

du site:

http://www.bible-service.net/site/506.html

(1er lecture du dimanche 25 juillet) le texte biblique sur:

http://www.bible-service.net/site/505.html

Commentaire de Gn 18

Les Églises d’Orient ont donné à Gn 18 le titre de  »Philoxénie d’Abraham », autrement dit l’amour de l’étranger. C’est bien d’amour qu’il s’agit lorsqu’Abraham prend soin du corps de ses hôtes – Dieu sans qu’il le sache – et lorsque, presque au même moment, dans le corps de Sara s’annonce l’enfant inespéré…

Le récit de Gn 18, 1-15, disent les historiens, fut composé en plusieurs étapes. Dans une version ancienne, l’intrigue a du porter sur l’hospitalité du patriarche. Mais le texte actuel, mis en forme au 6e ou 5e av. J.-C., pendant ou après l’exil, est devenue une scène d’Annonciation.

Quand Dieu prend corps
 » Je vais faire de toi une grande nation  » (Gn 12, 2), la promesse du Seigneur à Abram devait se jouer d’un obstacle, une douleur : la stérilité de Saraï. Longuement, le récit a exploré diverses pistes : l’héritier sera-t-il Lot, Ismaël ou le fidèle intendant ? Il a navigué au milieu des dangers : Saraï chez Pharaon, Lot préférant la richesse de Sodome, Agar servante-maîtresse… Puis le Seigneur a scellé son alliance avec Abram : nouveaux noms (Abraham, Sara), nouveau rite (la circoncision). Alors seulement, quand ne reste plus que la longue attente, Dieu prend corps et apparaît.

Le corps donné à Dieu par les peintres d’icônes est celui… des anges ! Andreï Roublev, au début du 15e siècle, en a figuré trois, aux couleurs transparentes, évocation douce et lumineuse de la Trinité. Cette splendeur ne doit pas masquer la lettre du récit biblique où c’est incognito, comme de simples  »hommes », que se présente le Seigneur. Seul le lecteur, dès le début, est informé de leur identité. L’un des ressorts de l’intrigue est donc la question : Abraham va-t-il reconnaître ses visiteurs et comment ? Or Dieu se contente d’acquiescer au vieillard qui se démène (d’après Gn 17, 24, il a 99 ans !). Il le laisse préparer un repas et – cas unique dans la Bible – il mange ce qui lui est offert avec tant d’humanité.

Le jour et la nuit
Lorsqu’enfin le Seigneur parle, c’est pour s’inquiéter de Sara. À moins que la question soit de pure forme, le lecteur s’étonne, habitué à considérer Dieu comme omniscient : d’ailleurs celui-ci n’ignore pas le nom et la stérilité de Sara ! Le ressort de l’intrigue se déplace : Abraham n’a pas reconnu Dieu, mais Sara, comment va-t-elle réagir devant ces gens qui la connaissent si bien et qui promettent l’inouï ? Peu à peu, un dialogue s’instaure, aux modalités complexes : rire intérieur de la femme, mais perçu à l’extérieur (!), question par Abraham interposé ( »Pourquoi ce rire de Sara ?… »), promesse réaffirmée, dialogue resserré du Seigneur et de Sara qui émerge enfin, tremblante, au statut de partenaire, dans une relation  »je-tu » :  »Si, tu as ri ». Elle est dans la tente, mais c’est comme si Dieu la tirait hors de l’ombre de son mari, en plein soleil. Elle existe. Elle va donner le jour.

Sans se faire reconnaître, le Seigneur a permis à Abraham de montrer beaucoup d’amour et Sara, qui se dit  »usée », est rendue capable d’en déployer davantage. Le corps d’Isaac s’annonce, fruit de la promesse divine, fruit aussi d’un amour humain au-delà de l’acte d’amour.

L’histoire est belle. Trop ? Elle se détache sur fond d’effondrements :  »un hurlement est monté de Sodome et de Gomorrhe » (Gn 18, 20) La  »philoxénie » d’Abraham contre la  »xénophobie » des villes où Lot a choisi de prospérer. Ici, sous l’arbre, en plein jour, on lave les pieds des voyageurs et on leur prépare un repas (18, 1-8). Là, dans la ville, la nuit, on cherche à les violer en fracassant les portes (19, 1-10) : la violence se retourne alors sur les violents,  »pluie de soufre et de feu » et disparition de tout  »jusqu’à la flore » ( 19, 24-25).

Salve d’avenir
Dans la Bible, récits de vocation et récits d’annonciation sont des formes littéraires apparentées : dans une situation grave, le Seigneur – ou son messager – apparaît à son élu(e) et l’interpelle : celui-ci (celle-ci) prend peur ou résiste, puis, devant l’insistance divine, accepte la mission. La  »vocation » d’Abram, en Gn 12, 1-5, ne correspond qu’imparfaitement à ce schéma tant est concise la narration. Avec l’accueil, par Abraham, de l’autre-étranger et, par Sara, de l’autre-enfant (dépositaire de la mission de bénédiction universelle), elle se déploie. Et Isaïe, pendant l’exil, va souligner que c’est bien d’un homme et d’une femme, ensemble, que le peuple de Dieu est issu :  »regardez le rocher où je vous ai sculptés et le creux dans le puits dont je vous ai extraits, regardez Abraham votre père, Sara qui accoucha de vous… » (Is 51, 1-2).  »Devant l’effondrement des preuves, le poète répond par une salve d’avenir » disait René Char. L’histoire d’Abraham et de Sara est une salve d’avenir.

© Gérard BILLON. Article paru dans Le Monde la Bible n° 140  »Abraham, patriarche de trois religions » (Bayard-Presse, janv.-fév. 2002), p. 72

N.B. : sur ce récit célèbre, on méditera l’icône de Roublev. On relira aussi les 3 pages que Paul Beauchamp a consacrées à “ Abraham : la vie, la mort ” dans son ouvrage Cinquante Portraits Bibliques, Le Seuil 2000, p. 25-27

19 juillet, 2010

du site:

http://www.spiritualite2000.com/Emmaus/Croire/croire8.htm

Croire 8 : Le mystère de la création

De cette vue d’ensemble que nous avons vu jusqu’à maintenant sur Dieu le Père en tant que créateur, découlent les divers points particuliers de la foi chrétienne en la création.

l. La liberté de la création. Beaucoup de gens croient que le monde est le produit du hasard, d’un destin aveugle ou d’une quelconque nécessité logique; la foi chrétienne, pour sa part, professe que ce monde est voulu, créé, aimé, approuvé par Dieu.

Il procède de la volonté libre, de la bonté et de l’amour de Dieu; celui-ci, sans y être contraint d’aucune manière, par une décision totalement libre, a voulu faire participer les créatures à son être. Car c’est toi qui créas toutes choses; tu as voulu qu’elles soient, et elles furent créées (Ap 4,11). Dieu aurait été Dieu et pleinement heureux même sans le monde; il n’avait pas besoin de nous ni du monde, mais il nous a voulus, nous et le monde. Nous pouvons donc nous dire que tout ce qui existe, en particulier nous-mêmes, existe parce que Dieu a dit: je veux que tu sois; tu es là parce que je te veux, parce que je t’aime. Parce que Dieu est bon, nous existons (Augustin).

2. L’ordre dans la création. La Bible déclare à plusieurs reprises que Dieu dit … et cela fut. Dans le livre de la Sagesse, nous lisons: Tu as fait l’univers par ta parole (Sg 9,1; cf. Jn 1,3; Rm 4,17). Si le langage humain est capable de signifier quelque chose, si l’existence des créatures a un sens, c’est parce que Dieu a tout créé par sa parole. C’est par sa parole que Dieu sépare le cosmos du chaos, la lumière des ténèbres, le ciel de la terre. Dans la même perspective, la Bible dit que Dieu a créé toutes ses œuvres avec sagesse (cf. PS 104,24; Pr 8,27). Ainsi le monde n’est-il pas, pour le chrétien, l’expression d’une puissance de vie irrationnelle et désordonnée; il est, au contraire, rationnellement ordonné. Tu as tout disposé avec mesure, nombre et poids (Sg 11,20). Le monde est la réalisation des idées divines. Comment pourrait- on expliquer l’ordre merveilleux du monde, que la science ne cesse de redécouvrir, autrement que par un Esprit ordonnant tout? Dans sa recherche et sa réflexion, l’homme peut suivre à la trace et retrouver le dessein créateur de Dieu. Croire en Dieu, le Créateur, c’est affirmer que le monde a un sens et est pétri de rationalité.

3. La bonté de la création. Le récit biblique de la création répète sans cesse que Dieu a fait toute chose bonne (cf. Gn 1,4.10.12.18.21.31). Ce refrain signifie que tout vient de la bonté de Dieu et y participe. Partant de cette vérité, l’Eglise ancienne a dû s’opposer à la gnose. Ce système, très répandu dans l’Antiquité, rejetait le monde matériel comme mauvais et répudiait le Dieu créateur de l’Ancien Testament. Au Moyen Age également, l’Eglise a dû défendre la bonté de la création contre les représentations pessimistes des cathares et d’autres sectes dualistes (cf. DS 800; 1333; 3002; FC 29; 248; 253). Professer que la création est bonne dans toutes ses parties, c’est enlever tout fondement aux fausses ascèses, à la fuite hors du monde et au mépris du monde, au scepticisme et au pessimisme. C’est une bonne nouvelle pour notre civilisation qui s’interroge avec un mélange d’espoir et d’angoisse sur l’évolution actuelle du monde (GS 4).

4. L’essence de la création. En dépit de quelques concordances, la Bible parle de la création autrement que les mythes des autres religions de l’Antiquité, qui racontent le combat de Dieu contre les puissances du chaos ou les luttes des dieux entre eux. D’après la Bible, Dieu crée sans effort et d’une manière souveraine. Il crée autrement que les hommes, qui travaillent toujours une matière préexistante et ne font que la recréer et la transformer. Dans le cas de Dieu, il n’est jamais question d’une matière préexistante. C’est pourquoi Dieu n’est pas un démiurge (architecte du monde). Pour exprimer l’irréductible originalité de l’action créatrice de Dieu, l’Ecriture (cf. 2 M 7,28; Rm 4,17) et la doctrine de l’Eglise (cf. DS 800; 3025; FC 29; 259) parlent de création à partir du néant. Cela ne veut pas dire que le néant serait la matière dont le monde est fait, et que le monde serait donc, en fin de compte, une réalité vaine. Au contraire, l’absence de tout matériau préexistant est clairement affirmée. Positivement, on veut dire par là que Dieu seul est le fondement exclusif du monde, que celui-ci dépend pleinement de lui et, en tout ce qu’il est, participe à l’être de Dieu. Pour un monde qui éprouvait et qui éprouve encore de l’angoisse devant les forces anonymes et les puissances surhumaines du destin, c’est là une certitude réconfortante: tout ce que nous sommes, tout ce que nous possédons, tout ce qui existe, est un don de Dieu, dont il nous faut rendre grâce.

5. L’autonomie de la création. Dépendant totalement de Dieu, le monde est par nature tout à fait différent de Dieu, qui ne dépend en aucune façon de quoi que ce soit. Paradoxalement, cette dépendance totale confère à la créature une relative autonomie devant Dieu. Tirée du néant, elle reçoit de Dieu une dignité qui lui est propre. Le fait d’être créé n’est pas un abaissement ou une humiliation; c’est devenir capable, grâce à Dieu, d’exister en vue de Dieu. C’est pourquoi le deuxième concile du Vatican parle d’une autonomie bien comprise du monde et de ses différents domaines (cf. GS 36,41,56,76; AA 7). Cela signifie que la culture, les sciences, l’économie, la politique et les autres aspects de la réalité possèdent une autonomie relative, une vérité, une bonté, un ordre et des lois propres. L’homme doit respecter la dignité propre des créatures et leurs rythmes propres. Il ne doit pas en faire n’importe quoi. Le chrétien doit se comporter dans le monde et à tous les niveaux de la réalité d’une manière objectivement juste. Il découvre concrètement la volonté de Dieu dans l’organisation et les structures du monde et à travers elles. L »’autonomie bien comprise dont parle le concile doit être distinguée de la prétention à une autonomie absolue du monde par rapport à Dieu. Cette conception, propre au sécularisme moderne, est inconciliable avec la foi en la création du monde.

6. Le sens de la création. Précisément en raison de son autonomie, la création, qui est tout entière l’œuvre de Dieu, existe tout entière pour lui, pour sa gloire et sa louange. Le sens premier de la création est la glorification de Dieu. Cette idée revient constamment dans les psaumes:

Seigneur, notre Seigneur,
que ton nom est magnifique
par toute la terre!
Mieux que les cieux, elle chante ta splendeur (PS 8,2).
Les cieux racontent la gloire de Dieu,
le firmament proclame l’œuvre de ses mains (PS 19,2).

Dans le cantique des trois jeunes gens que le roi Nabuchodonosor fit jeter dans la fournaise, parce qu’ils refusaient d’adorer une idole qu’il avait érigée, toute la création, ciel et terre, soleil et lune, étoiles du ciel, pluie et rosée, éclairs et nuées, tout ce qui existe est appelé à glorifier Dieu: Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur: célébrez-le et exaltez-le à jamais (Dn 3,57). Nous retrouvons sans cesse, dans l’histoire de la piété chrétienne, la louange de Dieu à partir de la création. L’exemple le plus connu est le Cantique du soleil, dû à saint François d’Assise, qui l’a composé à la louange et à l’honneur de Dieu lorsqu’il était malade à Saint-Damien:

Très-Haut, tout-puissant, bon Seigneur,
à toi sont les louanges, la gloire
et l’honneur et toute bénédiction.
A toi seul, Très-Haut, ils conviennent,
et nul homme n’est digne de prononcer ton nom.
Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement monseigneur frère soleil,
qui donne le jour et par qui tu nous éclaires.
Il est beau et rayonnant avec une grande splendeur;
de toi, Très-Haut, il est le symbole
(traduction Alexandre Masseron).

De la même façon, François parle à la lune, aux étoiles, au vent, à l’eau précieuse et chaste, au feu, à la terre, aux fleurs et à l’herbe, mais aussi à la maladie, à la tribulation et à la mort. Il entretient un rapport vraiment fraternel avec toutes les autres créatures et c’est pourquoi il les appelle frères et sœurs.

Dire que le sens premier du monde est la glorification de Dieu, ce n’est pas imaginer un Dieu égoïste et narcissique. La gloire de Dieu est la gloire de son amour. L’honneur de Dieu est aussi le salut des hommes. La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant (lrénée de Lyon). La création sert également à faire le bonheur des créatures, qui ont la possibilité de participer à la gloire de Dieu et qui trouvent précisément dans la glorification de Dieu leur achèvement suprême. L’homme ne trouve pas son achèvement suprême dans l’avoir et la jouissance, mais dans la fête et la célébration, dans l’action de grâce, la louange et la glorification. L’eucharistie, l’action de grâce, dans laquelle le pain et le vin sont impliqués comme représentant toute la création, est par conséquent le lieu où se révèle le sens du monde. Elle est en quelque sorte une liturgie cosmique, qui anticipe l’achèvement final de l’homme. Paul a très bien exprimé la manière dont tout doit s’ordonner: Tout est à vous, mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu (l Co 3,22-23).

(Cet article est tirée du Catéchisme allemand pour adultes. La foi de l’église, Centurion / Cerf, 1987)

« Bienheureux les doux, parce qu’ils possèderont la terre. » (Matth., V, 4)

9 juillet, 2010

du site:

http://www.foi-et-contemplation.net/themes/Esprit-Saint/Saint-Esprit-Vie-Chretienne-beatitude-douceur.php

Saint-Esprit dans la Vie Chrétienne

Chapitre VI
La Béatitude de la Douceur

« Bienheureux les doux, parce qu’ils possèderont la terre. » (Matth., V, 4)

L’activité du don de Piété se traduit par l’inspiration de la douceur. Nous allons voir comment se fait le raccord entre le don de Piété et la béatitude de la douceur. C’est dans les relations avec les hommes que la douceur trouve son emploi. On peut être doux et on doit l’être, d’abord intérieurement, mais cette vertu s’épanche ensuite sur autrui.

I. – Justice, piété et douceur

Par quoi sont réglées les relations avec le prochain ? D’abord par la vertu de justice qui s’établit entre le doit et l’avoir, qui fait l’égalisation entre les dettes et les droits, et met ainsi la paix. Quand nous avons reçu ce qui nous était dû, nous sommes en paix avec l’homme qui nous devait. L’homme, né sociable, a besoin de la justice, qui lui permet d’entretenir des relations, entre commerçants par exemple, par des échanges mutuels. Cette vertu est extrêmement utile pour que les rapports soient bons, et on constate qu’ils peuvent être excellents entre gens qui vivent dans sa pratique. Néanmoins, cette justice a quelque chose, non pas d’injuste, mais de raide en ce qu’elle ne tient pas compte des personnes; elle regarde uniquement ce qui est dû de part et d’autre, elle fait l’égalisation entre les choses. Aussi ceux qui sont payés n’en ont aucune reconnaissance, il s’agit d’une chose convenue.

Dans ces conditions les relations sociales ne vont pas très loin, et nous voyons les classes divisées, encore que chacune reçoive son dû, parce que derrière les relations de justice, il n’y a pas de relations personnelles. Si, anciennement, on trouvait de vieux serviteurs attachés aux famille, c’est qu’il y avait plus de charité, et par conséquent plus d’attention aux personnes.

Le don de Piété va donner d’en haut un secours pour venir en aide à la pauvre justice qui, au point de vue de la paix, est si limitée, si impuissante. La Piété nous fait voir, sentir en Dieu, le Père. Mais il n’est pas difficile de s’apercevoir que ce Père est un Père commun; non pas notre Père à nous individuellement, mais notre Père à tous. Notre-Seigneur a voulu que, lorsque nous prions, nous ne disions pas : mon Père, comme il disait, lui, Fils unique, mais : notre Père, tous ensemble; le Pater est une prière essentiellement collective, Celui donc qui a le sens de cette paternité regarde l’humanité comme une grande famille dont les membres sont liés entre eux par le lien le plus étroit, celui du premier degré : enfants d’un même Père, ils sont, non pas cousins, mais frères. C’est exact, et c’est pourquoi l’Église se sert de ce mot : le prochain, car on ne peut pas être plus proche.

Or, il est clair que nos relations s’attendriront, si nous voyons un frère en ceux qui ont affaire à nous, que nous rencontrons autour de nous. Une douceur, une familiarité se répandra dans toutes les relations humaines : comme la douceur règne au fond, malgré toutes les petites algarades fraternelles, entre les frères d’une même famille, unis sous l’autorité du père et de la mère. Le rayonnement naturel de la piété que nous avons envers le Père s’étend aux enfants. L’humanité est ainsi animée par la douceur des uns vis-à-vis des autres. Et c’est par là que s’annonce la solution de la question sociale. Quand on aura compris, saisi à fond, expérimenté, goûté la paternité divine et la filiation commune dans le Père, les conflits violents disparaîtront entre les nations comme entre les diverses classes de la société.

Ne voyons-nous pas dans les premiers chrétiens cet esprit de fraternité : ils ne faisaient qu’un cœur et qu’une âme; les païens étonnés disaient : « Voyez comme ils s’aiment. » Et Dieu a conservé dans les instituts religieux comme un foyer où demeure ce culte, qui n’existe plus dans le monde; ils représentent au fond ce qu’était la communauté primitive.

C’est dans le sentiment vif de la paternité céleste que nous trouvons l’amour de la fraternité. Un batelier corse, ayant vu chasser de la côte de pauvres bateliers étrangers, exprimait ainsi son indignation : « Est-ce bien d’affamer des hommes qui ont besoin de manger ? Est-ce que ce ne sont pas des corps de Dieu comme nous ? » Cet homme, sans s’en douter, traduisait le mot de saint Paul : « Les nations diverses ne forment qu’un seul corps en Dieu. (Eph., III, 6) » Comme nous disons : confrères, saint Paul dit : « concorporales », des corps différents dans un seul corps.

L’humanité forme une famille sur laquelle se repose le regard du Père céleste. L’amour du Père s’étend sur tous les hommes. « Il fait luire son soleil sur les bons et sur les méchants. (Matth., V, 45) » Au point de vue surnaturel, il a dessein de les sauver tous — quoique néanmoins il y en ait qui lui échappent. Il leur en donne le moyen, il veut en faire ses enfants préférés, participant à sa nature, communiant à sa propre vie. Toute l’humanité est une seule famille, comme une seule pâte humaine. Entre tous les membres doit régner la douceur. Ce sera d’abord dans les cœurs, les mœurs de chacun — la colère, l’indignation, les sentiments violents — étant contenues. Puis dans les procédés, par les marques de bonté les uns pour les autres.

Ainsi la Piété nous donne le sens de la Paternité divine, et au bout de l’inspiration de la piété se trouve la douceur. Le raccord est lucide.

II. – la douceur, acte du don de piété en Notre-Seigneur

Cet esprit de douceur, nous le trouvons en sa plénitude en Notre-Seigneur. Personne en piété n’a atteint un tel degré; personne n’a été plus fils; mais voyons comme sa piété, son sentiment profond de la paternité divine, se tourne en douceur infinie : « Apprenez de moi que je suis doux », dit-il (Matth., XI, 29). S’il a un commandement qui lui est propre, son commandement, c’est la charité : « Aimez-vous les uns les autres. » Sa leçon personnelle, son exemple, c’est la douceur : Apprenez de mon exemple, de ma personne, de moi, de ce que je dis, de ce que je fais. Il suffit de le regarder pour avoir cette impression de douceur : c’est sa leçon, bien personnelle. Sans doute Notre-Seigneur a été juste, le zèle de son Père le dévorait, et quand, dans le temple, il a pris un fouet, il faisait œuvre de justice. Mais en dehors de ces relations avec ces âmes méchantes qu’étaient les Pharisiens et les Scribes, avec le reste des hommes nous le voyons d’une douceur infinie. S’il a pu dire : « Qui m’accusera de péché ? (Jean, VIII, 46) », il peut dire de même : « Apprenez de moi que je suis doux », en face de ceux qui le connaissaient le mieux; ils ne pourront rien lui reprocher. Dès son entrée dans la vie publique, à sa première manifestation dans la synagogue de Nazareth, il dit ces paroles : « L’Esprit de Dieu est sur moi »… à cause de cela « il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur blessé, rendre la vue aux aveugles, racheter les captifs (Luc, IV, 18) ». C’est parce que l’Esprit de Dieu est sur lui, qu’il a cette douceur. Saint Matthieu constatant cette douceur lui applique ces paroles d’Isaïe : « Voici mon fils… on n’entendra pas sa voix… Il ne criera pas… Il n’éteindra pas la mèche qui fume encore… Il n’achèvera pas le roseau brisé. (Isaïe, XLIII, 1-4 ; Matth., XII, 17-21) ».

Saint Paul a ressenti cette même douceur du Christ vis-à-vis de lui, alors qu’il était encore impie, et il pense qu’il a été traité ainsi pour qu’il soit un modèle de ce que sera la patience de Dieu dans la formation des élus à venir. Sa suprême imprécation était : « Je vous en supplie, par la mansuétude du Christ. » Le Christ donne une impression de douceur. Il est une apparition de douceur. Non seulement sa vie est en harmonie avec ce qu’il était lui-même, mais il veut former des doux. « Je vous, envoie, dit-il, comme des agneaux au milieu des loups. (Luc, X, 3) » Lui-même avait été ainsi salué par Jean-Baptiste : « Voici l’Agneau de. Dieu. (Jean, I, 29, 36) » Il envoie ses apôtres sans armes, sans apparat, pour conquérir le monde par la douceur. Et en effet, s’ils sont forts dans l’affirmation de la vérité, quand il s’agit de leur personne, les disciples se laissent, comme saint Etienne, conduire à la mort « avec douceur ». « Seigneur, s’écria-t-il, ne leur imputez pas ce péché. (Act., VII, 59) » On croit entendre l’écho de la Croix : « Mon Père, pardonnez-leur. » C’est pourquoi Notre-Seigneur ne peut sentir l’indignation chez ses Apôtres. Jean et Jacques veulent appeler le feu du ciel sur les villes coupables de ne pas les avoir reçus. Il les raille et les nomme désormais « fils du tonnerre (Luc, IX, 54 ; Marc, III, 17) ».

Dans l’Évangile, nous trouvons donc la marque de la douceur partout. Cela se comprend. Notre-Seigneur, dans sa divinité même, dans son âme humaine, voyait le Père face à face. Il avait d’ailleurs en lui l’inspiration du Saint-Esprit qui donnait à son âme humaine le sentiment de la paternité. C’est donc avec une intention extrêmement douce que envoyé par le Père, il accomplissait cette mission de réconciliation des enfants avec leur Père. Il voyait en nous des frères, des enfants du Père, et c’est avec ce sentiment très doux qu’il se consacrait à les sauver.

III. – La pratique de la douceur

La douceur de Notre-Seigneur est un modèle que nous devons imiter. Bien souvent cependant nous trouvons dans les personnes pieuses une méconnaissance véritable de cette douceur évangélique. Dans les âmes dévotes, nous rencontrons une sévérité, une amertume, un zèle peut-être, mais amer, une indignation… Tout le contraire de l’esprit de douceur. Et ces personnes sont « pieuses », elles ne manqueraient pas une seule dévotion; Mais leur piété se change en venin; ce n’est pas une vraie piété. La vraie piété doit s’attendrir dans la vue de la paternité de Dieu, puis reverser sur les autres quelque chose de son attendrissement. Si elle n’est pas douce, c’est qu’elle ne va pas jusqu’au cœur, de la religion.

La religion n’est pas un ensemble de pratiques; elle ne s’arrête pas aux objets: elle est dominée par la pensée du Père qui est au ciel. La vraie piété se traduit par quelque chose de doux, de compatissant, de bon pour les autres; elle exige au dedans des sentiments, des pensées, un ensemble de vie intérieure doux, dans une possession de soi-même qui réprime l’indignation, l’impatience, la colère.

Si nous sommes fidèles à l’esprit de Piété qui nous pousse à la douceur, nous réformerons notre intérieur en nous possédant pour réprimer les poussées de la nature : « La mansuétude fait les personnes qui sont maîtresses d’elles-mêmes », dit saint Thomas (II II, q. CLVII, a. 4).

Il ne faut pas suivre les instincts, les pensées qui traversent l’imagination, qui nous représentent le prochain sous son aspect ingrat. Nous devons savoir réprimer un premier mouvement d’antipathie, d’animosité, de violence, d’indignation, de colère, d’impatience…, mouvements qui se produisent dans les âmes qui ont des passions, et toutes en ont. Mettons de l’ordre dans notre intérieur en y faisant régner la mansuétude, la douceur qui est l’application de ce don de piété dont nous sommes pourvus. Les personnes qui, tout en étant dévotes, ont conservé tout un ensemble de sentiments naturels ou mauvais qui les excitent contre le prochain, ont en elles un foyer antifraternel, et c’est pourquoi, malgré leurs pratiques religieuses, elles exhalent leur mauvais fond qui est resté dessous ce revêtement de piété.

Il faut que notre piété corrige d’abord l’intérieur. Notre Seigneur dit que l’extérieur n’a pas d’importance, que « c’est du dedans que sortent les pensées mauvaises, les mauvais sentiments (Matth., XV, 11) » et le reste. Nous ne serons pas doux envers les autres sans cette calme possession de nous-mêmes.

Le don de Piété, en nous inspirant la mansuétude, a donc pour premier effet de détruire ces mauvais foyers d’aigreur et d’amertume et met à leur place des sentiments doux, remplis de bonté envers tous, pour que d’un bon foyer sorte un bon rayonnement.

Quand le Saint-Esprit a suavement accompli cette pacification intérieure, il nous pousse à être vis-à-vis des autres, extérieurement, par notre visage, notre abord, notre allure, nos paroles, comme à l’intérieur, des doux.

Le programme de saint Paul était « vaincre le mal par le bien (Rom., XII, 21) ». L’échelle de la douceur est, en effet, la rencontre du mal. Nous triomphons du mal par notre douceur en étant « comme des agneaux au milieu des loups ». Saint Pierre disait : « Soyez soumis à toute créatures (I Pierre, II, 13). » Si nous n’abordons pas les autres comme des maîtres qui veulent dominer, si nous mettons dans nos rapports quelque chose de respectueux, de soumis, nous disposerons le prochain à la même attitude.

Écoutez encore cette autre parole : « Regardez-vous les uns les autres comme étant supérieurs les uns aux autres réciproquement (Philipp., II, 3). » Alors nous aurons de la considération, des égards, de l’amitié. Lorsqu’on s’adresse aux hommes du peuple, on est porté à les tenir à distance, à leur parler avec une certaine condescendance, et on ne réussit pas à gagner leur sympathie. Il faut s’imprégner de cette vérité que nous sommes tous les membres d’une même famille : le Saint-Esprit nous inspirera cette conviction et la parfaite douceur avec laquelle nous devons aborder tous nos frères comme des enfants du Père céleste.

« Portez les fardeaux les uns des autres (Galat., VI, 2). » Nous sommes compagnons de tâche, chacun; avec notre fardeau: pour les uns, souffrances intérieures ou extérieures; pour d’autres, travail difficile; sachons entrer dans l’intérieur des autres, porter leurs peines. Faisons-le auprès de ceux auxquels va notre apostolat. Faisons-le au-dedans de nos familles. C’est là surtout que nous rencontrons des frères et des sœurs. Ayons cet esprit de fraternité qui y doit être avoué et officiel. Vis-à-vis de ce premier prochain, exerçons cet esprit de douceur qui nous vient de l’inspiration du don de Piété, puisque nous allons vers un même Père qui veut notre bien à tous, dans un même amour.

Si nous faisons ces choses, nous posséderons la terre. C’est la grande ambition: Avoir de l’influence, gouverner les consciences, jouir de l’approbation des hommes, posséder les cœurs. Le grand moyen, c’est la douceur. Les Apôtres n’en ont pas connu d’autre, et ils ont réussi d’une manière efficace, le Saint-Esprit était derrière eux. La douceur inspirée par la piété est toute-puissante. Si nous voulons posséder la petite terre de notre communauté, ou cette autre terre qu’est le terrain de notre apostolat, ou encore l’opinion de notre ville, employons la douceur, c’est le moyen efficace. Elle nous donnera, non seulement la terre d’ici-bas, mais l’autre qui nous attend là-haut. La «Piété», avec la douceur qu’elle communique, est utile à tout; elle a la promesse de la vie présente, la terre, et de la vie future, le ciel.

Ceux donc qui auront réfréné leurs passions intérieures par la douceur qui jaillit de l’Esprit de Piété, ayant le culte de la paternité céleste et vivant dans la fraternité, en répandant la douceur autour d’eux, auront dès maintenant la terre des âmes et plus tard la terre des vivants. Car leur piété a la double promesse de la vie présente et de la vie future.

Textes bibliques commentés: Romains 8, 18-27 (La creation en attente)

28 juin, 2010

du site:

http://www.taize.fr/fr_article170.html?date=2008-03-01

Textes bibliques commentés

Ces courtes méditations bibliques sont proposées pour soutenir une recherche de Dieu au cœur de la vie quotidienne. Il s’agit de prendre un moment pour lire en silence le texte biblique suggéré, accompagné du bref commentaire et des questions. On peut se réunir ensuite en petits groupes de trois à dix personnes chez l’un ou l’autre des participants pour un bref partage de ce que chacun a découvert, avec éventuellement un temps de prière.

2008 mars

Romains 8, 18-27 : La Création en attente

J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise, avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière gémit et souffre les douleurs de l’enfantement. Et ce n’est pas elle seulement ; mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous gémissons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. Car c’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance : ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore ? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.
De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables ; et celui qui sonde les coeurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints. (Romains 8, 18-27)Dans ce texte, saint Paul nous dépeint une image de la création en attente de sa libération : elle est en train de « gémir ». Cette description d’un univers blessé, entravé dans son fonctionnement, semble bien rejoindre la réalité du monde tel que nous le connaissons : que de misères et d’injustices, de désirs inassouvis, de richesses gaspillées, de fausses pistes…
Mais le message de l’apôtre va bien au-delà de la simple constatation d’une situation malheureuse. C’est en fait une bonne nouvelle, car l’aspiration de la création est décrite en termes de douleurs d’enfantement. Pour ceux qui savent déchiffrer le langage de Dieu, les gémissements sont porteurs d’espérance.
Plus important encore, ce texte nous renseigne sur la place des croyants dans cet univers, de ceux qui vivent de l’Esprit de Dieu. Loin de les sortir d’un monde marqué par l’insatisfaction, la présence en eux de l’Esprit les fait vivre davantage en solidarité avec le reste du créé. Leurs soupirs, la voix de l’Esprit en eux, se confond avec ceux de la création en attente. Plus encore, ces gémissements sont prière, l’expression d’un dialogue à l’intérieur même de Dieu. Dès lors, pourquoi s’inquiéter de ne pas savoir prier convenablement ? Par son Fils et son Esprit, Dieu s’est identifié avec sa création à un point tel que le cri du cœur meurtri de la créature se transforme en moteur de sa libération. Nos pauvres balbutiements deviennent le langage de Dieu. Notre soif de plénitude traduit une espérance authentique, qui ne peut être déçue (Romains 5, 5).
 Est-ce que l’espérance joue un rôle dans ma vie ? Quelles réalités me permettant d’espérer est-ce que je vois autour de moi ?
 Dans quelle mesure ma foi me rend plus solidaire des souffrances de la famille humaine, des « gémissements de la création » ?
 En quoi les paroles de saint Paul à la fin du texte m’aident à comprendre la prière chrétienne ?

Le grain de blé (Mc 4,26-29)

17 juin, 2010

du site:

http://www.addlaciotat.com/messages/01-LeGrainDeBle.pdf

Le grain de blé

Marc 4/26 à 29: « Il en est du royaume de Dieu comme quand un homme jette de la semence en terre; qu’il dorme ou qu’il veille, nuit et jour, la semence germe et croît sans qu’il sache comment. La terre produit d’elle-même, d’abord l’herbe, puis l’épi, puis le grain tout formé dans l’épi; et, dès que le fruit est mûr, on y met la faucille, car la moisson est là. »

Avez-vous déjà tenu dans votre main une graine?

C’est une chose si petite et si insignifiante qu’on ne réalise pas bien qu’elle porte en elle la vie. A première vue, elle semble morte, d’ailleurs si vous la gardez dans un sachet des jours, des semaines, des mois, rien ne se passera. Pourtant si vous la mettez en terre, elle poussera certainement…Ce petit grain contient un embryon vivant qui, placé en terre germera, formera des racines, une tige, des feuilles…

C’est le miracle de la vie!

Certaines graines, telles celles du saule, ne sont capables de se développer, qu’un court moment après être tombées de l’arbre qui les a produites. Au contraire, d’autres sont viables pendant des années. Par exemple, des graines du lotus ont germé 3 000 ans après avoir été produites.

Dans le Psaumes 65,/9-10, David a dit: « Tu visites la terre et tu lui donnes l’abondance, Tu la combles de richesses; Le ruisseau de Dieu est plein d’eau; Tu prépares le blé, quand tu la fertilises ainsi. En arrosant ses sillons, en aplanissant ses mottes, Tu la détrempes par des pluies, tu bénis son germe. »

Si Dieu prend soin de la végétation, à combien plus forte raison, il prend soin de ses enfants.

Matthieu 6/30: « Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi? »

L’image du grain de blé est une parabole forte donnée par Jésus pour illustrer la vie des hommes. Comme cette graine, avant qu’elle ne soit en terre, nous étions morts quoi que vivants. Notre vie était stérile, ne portant aucun fruit aux yeux de Dieu. Pourtant Dieu a créé chaque être humain afin qu’il vive, afin que sa vie Zoé (La vie de Dieu en grec) coule en lui, afin qu’il croisse dans la grâce et porte du fruit à la gloire de Dieu. Dieu a mis en l’homme tout ce qu’il fallait pour cela, tout comme il a mis dans la graine toute la puissance de la vie Bios (la vie au sens biologique en grec). Dieu nous a donné le souffle de vie et il nous a aussi pourvu d’une conscience et de la possibilité de communier (communiquer) avec lui, de le louer, de recevoir sa vie, ses pensées et ses bénédictions. Combien de temps avons-nous négligé cela? Beaucoup d’entre nous ont vécu loin de Dieu pendant des années, avant de rencontrer Jésus Christ. Cette rencontre a, en quelque sorte, permis que nous soyons jetés en terre. Dieu s’est fait pour nous semeur.

1. Ensevelis avec Christ.

Romains 6,4-5: « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection… »

Comprenez-vous ce que nous apporte la mort de Christ?

Jésus est mort pour nous donner la vie. Par la foi, nous devons mourir avec lui, être ensevelis avec lui. Cette mort concerne notre vieille nature pécheresse, notre ancienne vie sans Christ. Comme le grain de blé doit être enseveli pour germer et porter du fruit, nous devons de la même façon, par la foi, être ensevelis avec Christ pour revivre en nouveauté de vie. Cet ensevelissement consiste concrètement dans un renoncement à certaines choses. Mourir à soi-même c’est vivre dans la pleine dimension de la volonté du Christ en acceptant ses projets pour notre vie comme meilleur que les nôtres. C’est aussi accepter de laisser derrière soi son passé en passant par une guérison de ce qui doit l’être tout en ne s’appuyant plus sur nos propres assurances humaines. Mais c’est aussi vivre dans un présent ou la foi prend une place prépondérante.

Pour que notre nouvelle naissance soit vraie et effective, il faut d’abord être mort à soi-même. Comment parler de nouvelle naissance s’il n’y a pas aussi de mort?

1 Corinthiens 15,22: « Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ… »

Jean 12/24: « En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. »

Celui qui ne meurt pas au péché et à la chair, c’est-à-dire dont le corps et l’âme règnent encore sur toute sa vie, ne verra pas le royaume de Dieu.

Romains 8/13: « Si vous vivez selon la chair, vous mourrez; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. »

Beaucoup, même parmi ceux qui se réclament de Christ, ne veulent pas mourir à eux-mêmes, ils ne veulent pas changer, ni délaisser leurs péchés. En quelque sorte, ils sont comme des graines desséchées qui ne seraient jamais mises en terre. A quoi bon, contenir la vie en soi si ce n’est pas pour

qu’elle germe, qu’elle croisse et porte du fruit? Souhaitez-vous rester des graines?

Matthieu 10/39: « Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera. » Certains découvrent Christ, s’approchent de lui mais ne le laissent jamais se saisir de leur vie pour les ensevelir avec lui dans sa mort. C’est pourquoi, ils se sentent seuls, stériles et inutiles. Ils ne se sentent pas bien ni dans l’église, ni dans le monde. C’est la définition du chrétien mondain et charnel qui est attiré par le monde et ses péchés, il est en lutte avec sa chair. Mais il est aussi attiré par l’église, en lutte avec sa conscience. Cette situation ne peut durer! Il faut faire un choix! Matthieu 6,24: « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. » Une graine posée à peine sur la terre ne peut germer et porter du fruit, elle doit être ensevelie complètement. Pour revivre en Christ et pour la vie éternelle, Christ réclame 100% de nous-même. Tout notre être doit mourir et être enseveli, sinon cela ne sert à rien. Celui qui comprend l’avantage de mourir à soi même ne peut désirer conserver sa vie passée. Désirez-vous conserver votre vieille nature au point de manquer le ciel éternel? Aimez-vous tellement votre péché que vous refusez la vie de Christ?Angoissez-vous tellement pour votre avenir que vous ne laissez pas la foi agir librement? La nature elle-même porte en elle le désir inconscient de mourir pour renaître. Le gland entre en terre pour renaître en chêne. La chenille entre dans sa chrysalide pour renaître papillon. C’est le cycle et le miracle de la vie! Dieu veut échanger notre vieux manteau souillé par un vêtement blanc, il veut nous donner sa

vie en abondance en échange d’une petite vie éphémère et misérable. Que ferons-nous? Quel sera notre choix? Je ne parle pas ici de choisir entre Christ et Satan, ni entre les ténèbres et la lumière, je parle de choix entre notre vie et celle de Christ. Une vie de résurrection possible si nous acceptons de mourir au péché et à notre chair. Christ veut régner sur notre vie et il ne peut le faire que si nous mourrons avec lui et ressuscitons en lui. Comprenez-vous cela?

2. Ressuscités avec Christ.

Si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, la vie divine ne peut germer en lui. La terre où nous sommes ensevelis c’est Christ, Christ est notre terre, notre nourriture, notre refuge, celui qui nous abreuve et nous fait grandir…

Esaïe 61,11: « Car, comme la terre fait éclore son germe, Et comme un jardin fait pousser ses semences, Ainsi le Seigneur, l’Eternel, fera germer le salut et la louange… » Avec confiance, êtes-vous prêts à vous abandonner en Christ afin qu’il soit tout pour vous? Abandonné en terre, le grain de blé reçoit les richesses de la terre, de l’eau, du soleil pour germer et croître. En vous abandonnant avec foi, entre les mains de Christ, en vous ensevelissant tout entier en lui, vous découvrirez que Christ est tout pour vous! Il sera votre refuge, votre endroit sûr et caché, votre sécurité, votre paix. Le roi David avait fait cette découverte, c’est pourquoi il a dit au Psaumes 142:5: « Eternel! Tu es mon refuge, Mon partage sur la terre des vivants. » Christ sera la terre dans laquelle nos racines s’enfonceront, un sol riche, fertile et solide pour fonder notre vie. L’apôtre Paul l’a dit, dans Colossiens 2/6: « Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, marchez en lui, étant enracinés et fondés en lui… » Lentement et sûrement, comme un grain de blé germe en terre, nous sentirons la vie de Christ en nous qui nous fera germer, croître, nous développer. Comme le grain de blé a besoin des sels minéraux et d’eau nous avons besoin d’être nourris et abreuver par Christ pour grandir en lui, pour développer notre vie nouvelle.

Jean 6,51: »Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. »

Jean 7,37: « Jésus, se tenant debout, s’écria: Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. »

En Christ nous avons tout ce qui est nécessaire pour vivre la vie nouvelle qu’il nous donne. Avez-vous remarqué que les plants sortant de terre croissent vers la lumière, comme attirés par elle? Christ, en vérité est aussi notre lumière. La lumière qui nous attire vers le ciel et nous donne la vie, la lumière qui nous fait sortir des ténèbres. Oui, la nouvelle naissance nous fait sortir des ténèbres!

Jean 8,12: « Jésus dit: Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. »

Comme la sève monte dans l’épi pour le nourrir, la vie triomphante de Christ se répand en nous, elle doit envahir tout notre être: corps, âme et esprit, afin que nous grandissions, nous épanouissions et arrivions à maturité. La croissance ne doit pas être rapide afin que notre vie ne soit pas fragile (tige frêle) et qu’elle ne se brise pas au moindre vent. N’oublions jamais que Dieu fait toutes choses belles en son temps. (Ecclésiaste 3,11) Celui qui s’abandonne en Christ lui laisse le temps d’accomplir son oeuvre parfaitement. Si vous ne vous abandonnez pas totalement vous serez comme un épi sec et rabougri, dont la croissance n’a pas été optimal. Souvenez-vous de ces versets:

Jérémie 17,8: « Béni soit l’homme qui se confie dans l’Eternel, Et dont l’Eternel est l’espérance! Il est comme un arbre planté près des eaux, Et qui étend ses racines vers le courant; Il n’aperçoit point la chaleur quand elle vient, Et son feuillage reste vert; Dans l’année de la sécheresse, il n’a point de crainte, Et il ne cesse de porter du fruit. »

3. La moisson:

Apocalypse 14,14: « Je regardai, et voici, il y avait une nuée blanche, et sur la nuée était assis quelqu’un qui ressemblait à un fils d’homme, ayant sur sa tête une couronne d’or, et dans sa main une faucille tranchante. Et un autre ange sortit du temple, criant d’une voix forte à celui qui était assis sur la nuée: Lance ta faucille, et moissonne; car l’heure de moissonner est venue, la moisson de la terre est mûre. Celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre. Et la terre fut moissonnée. » Après que le grain de blé ait été jeté en terre, après avoir été enraciné, après avoir bénéficié des richesses de la terre et de l’eau, de la lumière, après qu’il ait grandi et soit devenu un épimûre, arrive le temps de la moisson.

Le bel épi est soudain arraché à la terre dans laquelle il a grandi. Il se sentait fort, épanoui, enraciné, plein de soleil et de sève, le voilà soudain couché au sol, dépourvu de ses racines, fauché. Tout le monde veut ressembler à ce bel épi robuste et mûr. Pourtant il ne peut demeurer planté là éternellement. S’il demeurait ainsi trop longtemps, il finirait par faner, mourir et pourrir sur

pied.

Matthieu 13,30: « A l’époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Arrachez d’abord l’ivraie, et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier. » Il arrive un temps, où les moissonneurs font le tri entre l’ivraie et les gerbes de blé. Le tri ne se fait pas avant. Dans l’Eglise poussent toutes sortes d’herbes: de l’ivraie, du beau blé robuste et aussi du blé chétif et rabougri. Le sol est le même, le soleil, l’eau… Dieu donne la même chose équitablement à tous, mais c’est à nous de nous servir, de nous nourrir, de nous abreuver, de croître… Selon ce que nous voulons devenir. C’est chaque jour que nous construisons notre avenir et notre éternité. Certains seront perdus, d’autres sauvés et d’autres sauvés de justesse, comme à travers le feu. Le blé n’est pas fait pour demeurer dans son champ, sa place c’est dans le grenier de Dieu. Le blé qui prend place dans le grenier de Dieu est celui qui sera réutilisé entre les mains de Dieu pour l’éternité.

L’ivraie elle, est brûlée. Dieu s’en débarrasse parce qu’elle n’est utile à rien.

L’ivraie est une graminée envahissante dans les céréales et dont les graines sont toxiques et provoquent une sorte d’ivresse, d’où son nom. Dans la bible le nom grec de l’ivraie est « zizanion » duquel vient le mot zizanie! D’où l’expression de semer la zizanie…!

4. Les gerbes de blé:

L’épi robuste, épanoui, ce bel épi qui a grandi est soudain fauché, couché, abaissé. Rien ne sert de se glorifier de quoi que ce soit, ni de notre force, ni de notre croissance… Nous ne sommes que des grains de blés, qui ont bénéficié de la vie de Christ. Tout vient de lui, sans lui nous ne sommes rien, qu’un grain stérile, inutile…

1 Corinthiens 4,7: « Car qui est-ce qui te distingue? Qu’as-tu que tu n’aies reçu? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l’avais pas reçu? » Tôt ou tard, nous serons retranchés de la terre où nous avons grandi. Tôt où tard, nous serons fauchés, couchés comme toutes les herbes ayant poussé. Tôt ou tard, les moissonneurs vont lier les gerbes entre elles, car l’épi n’est pas seul, dans son champ il y des milliers d’autres épis. Les moissonneurs vont lier les gerbes entre elles. Une gerbe est un « bouquet » d’épis. Les moissonneurs ne lieront pas les épis entre eux mais les gerbes entre elles. Faites-vous la différence? Une gerbe c’est comme une église locale. Lier les gerbes c’est rassembler toutes les églises, tout le peuple de Dieu ensemble. Croyez moi pour avoir le droit d’être lié de la sorte, pour avoir droit d’entrer dans le grenier de Dieu, il faut avoir eu un certain comportement dans le champ, en tant qu’épi! Pour être lié avec l’église universelle il faut d’abord avoir été lié dans son coeur avec les autres croyants par des cordages d’amour. Corde du pardon, de l’humilité et de la douceur…Il faut avoir été rempli de l’amour de Christ, de cet amour qui ne critique pas, qui ne juge pas, qui est patient, plein de bonté; qui n’est point envieux; qui ne se vante point, ne s’enfle point d’orgueil, ne fait rien de malhonnête, ne cherche point sont intérêt, ne s’irrite point, ne soupçonne point le mal, ne se réjouit point de l’injustice, mais qui se réjouit de la vérité; qui excuse tout, croit tout, espère tout et supporte tout.

Colossiens 3/14: « Par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de l’amour, qui est le lien de la perfection. »

Revêtu de cet amour fraternel et divin, tu te réjouiras dans cette immense gerbe de chrétiens et les autres se réjouiront avec toi.

Conclusion:

Notre fruit est pour Christ, notre vie est pour Christ car c’est lui qui nous a sauvé de notre vie misérable et stérile. C’est lui qui est mort pour que nous mourions avec lui par la foi, c’est lui qui nous a offert la vie de résurrection, c’est lui qui nous a donné la nourriture, l’eau, la lumière et une terre pour nous épanouir (au sens physique comme au sens spirituel)… Si vous devez vous souvenir d’une chose de ce message, souvenez vous que Christ est tout pour vous. Si vous le laissez régner en vous, vous régnerez avec lui pour l’éternité. Car vous l’avez bien compris votre sort est meilleur que celui du grain de blé qui est engrangé dans le grenier du moissonneur. Votre avenir c’est l’éternité avec celui qui est tout en vous et pour vous, votre sauveur et seigneur Jésus Christ.

APERCU DU LIVRE DE JOB (1) (prostestant)

27 mai, 2010

pour lire touts le commentaire au livre de Job su ce page du site:

http://www.bible-notes.org/articles-464-567-Job.html

ce teste ici:

http://www.bible-notes.org/article-381-Meditations-suivies-Apercu-du-livre-de-Job-1.html

APERCU DU LIVRE DE JOB (1)
 
Introduction
I – LA FIDELITE DE JOB,  SON EPREUVE ET SA DETRESSE : chapitres 1 à 2
          1- Job et sa famille : 1 : 1-5
          2- La première intervention de Satan : 1 : 6-12
          3- Les premières épreuves de Job : 1 : 13-22
          4- La nouvelle et terrible épreuve de Job : 2 : 1-13
          5- La détresse de Job : 3 : 1-26

Introduction :
 
            Le livre de Job est un livre très ancien qui fait partie des livres de sagesse de la Bible, appelés aussi livres « poétiques », avec les Psaumes, les Proverbes, l’Ecclésiaste, le Cantique des cantiques et les Lamentations de Jérémie.
            La vie de Job se situe probablement à l’époque des patriarches, entre la vie d’Abraham et celle de Moïse. Toutefois les personnages du livre ne font pas partie du peuple d’Israël. Le pays d’Uts où se déroule la scène semble se situer au sud-est de la Palestine ; ce lieu est mentionné en rapport avec le peuple d’Edom (Lam. 4 : 21) et les noms d’Eliphaz et Théman sont donnés avec la descendance d’Edom (Gen. 36 : 10-11).
 
            L’enseignement que contient le livre de Job est valable pour tous les temps. Son inspiration divine est évidente ; d’autres écrivains bibliques mentionnent Job ou citent des paroles tirées de son livre (Ezé. 14 : 20 ; 1 Cor. 3 : 19 ; Jac. 5 : 11).
 
            Ce livre traite de la question de la souffrance permise par Dieu, mais infligée par Satan à un homme juste. Alors que les amis de Job sont incapables de trouver une explication à ce mystère, Dieu amène son serviteur à comprendre sa petitesse devant Lui, à se juger et à se repentir. La discipline dont Job a été l’objet n’était pas un châtiment mais Dieu l’a employée pour mettre en évidence la propre justice du patriarche, afin de l’amener à la vraie bénédiction.
            N’est-il pas remarquable que la Parole de Dieu consacre un livre entier à nous apprendre que la satisfaction de soi (33 : 9) doit faire place au jugement de soi-même, avant de s’abandonner à la grâce de Dieu (42 : 6) ?
            Job pensait que sa relation avec Dieu reposait sur son intégrité personnelle : il doit apprendre que l’homme n’est justifié que sur le principe de la grâce (33 : 24).
             A la fin du livre, le but du Seigneur (sa « fin » – Jac. 5 : 11) est atteint ; le propos de Dieu, accompli au travers de l’épreuve, s’achève, en apportant à Job une bénédiction surabondante (42 : 12-15). « Voici, nous disons bienheureux ceux qui endurent l’épreuve avec patience. Vous avez ouî parler de la patience de Job, et vous avez vu la fin du Seigneur, savoir que le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux (Jac. 5 : 11).
 
 
            Il est possible de subdiviser le livre de Job de la façon suivante :
 
                        1- La fidélité de Job, son épreuve et sa détresse (chapitres 1 à 2)
                        2- Les débats de Job et de ses amis (chapitres 3 à 26)
                        3- Le monologue de Job (chapitres 27 à 31)
                        4- Elihu et l’éducation divine (chapitres 32 à 37)
                        5- La réponse de l’Eternel et le repentir de Job (chapitres 38 à 42 : 6)
                        6- « La fin du Seigneur » (chapitre 42 : 7-17).
 
 
            « Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne oeuvre » (2 Tim. 3 : 16-17).
            « Toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance » (Rom. 15 : 4).
            Demandons à Dieu de nous enseigner pour notre profit (Es. 48 : 17) par la lecture de ce livre.
           
 
            Les commentaires qui suivent donnent un aperçu sur le livre de Job. Ils sont essentiellement tirés d’un ouvrage de G. André : « Job » (Juillet 1981).
 
 
 
 
 
I – LA FIDELITE DE JOB,  SON EPREUVE ET SA DETRESSE : chapitres 1 à 2
 
 
            1- Job et sa famille : 1 : 1-5
 
                        1.1 Le caractère de Job
 
                                   Quatre qualités sont relevées chez Job (v. 1) :
                                               – il était « parfait » c’était un homme intègre à qui rien ne manquait moralement parlant
                                               – il était « droit »
                                               – il craignait Dieu
                                               – il se retirait du mal.
 
                                   Sa connaissance de Dieu était assez limitée du fait déjà de l’époque à laquelle il vivait ; Il était pour lui le Créateur, Celui qui intervient dans la vie, à qui sont la puissance et la force ; mais Job ne le connaissait pas Lui-même, ni sa grâce.
                                   Job connaissait encore moins son propre coeur ; il était persuadé de sa perfection : « mon coeur ne me reproche aucun de mes jours » (27 : 6). Il avait une haute opinion de sa personne : « comme un prince je m’approcherai de Lui » (31 : 37).
                                   Sa foi était faible, mais réelle ; elle ira en s’affermissant peu à peu au cours du livre, pour triompher à la fin.
 
 
                        1.2 Un homme béni par Dieu
 
                                    Job était béni (v. 3) :
                                               – dans sa famille : il avait dix enfants 
                                               – dans ses biens : ses troupeaux étaient considérables, il avait un très grand nombre de serviteurs.
                                   Il était « plus grand que tous les fils de l’Orient » : cette expression désigne les habitants à l’Est du Jourdain (Gen. 29 : 1) qui avaient la réputation d’être sages (1 Rois 4 : 30)
 
 
                        1.3 L’engagement de Job
 
                                   A leur jour anniversaire, chacun des fils de Job invitait ses frères et soeurs dans sa maison pour boire et manger avec eux. Quand le festin était terminé, Job offrait des holocaustes pour ses enfants, craignant qu’ils n’aient péché ou maudit Dieu (v. 5). « Job faisait toujours ainsi » : ayant compris la nécessité de s’approcher de Dieu avec un sacrifice, le patriarche accomplissait fidèlement ce service ; mais, semble-t-il, il n’offrait pas de sacrifice pour lui-même.
 
 
 
            2- La première intervention de Satan : 1 : 6-12
           
                        Les fils de Dieu, les anges, viennent un jour se présenter devant l’Eternel ; Satan aussi vient au milieu d’eux. La scène est pour nous étrange et mystérieuse ; elle est un peu semblable à celle que l’on trouve dans la prophétie de Michée (1 Rois 22 : 19-22). Un certain parallèle se présente aussi avec celle du chapitre 6 d’Esaïe où la vision se déroule cependant dans le temple. L’apôtre Paul présente Dieu comme « seul Souverain », et il ajoute qu’Il « habite la lumière inaccessible, lequel aucun des hommes n’a vu ni ne peut voir » (1 Tim. 6 : 16). Les anges, qui sont des esprits, ont accès dans une mesure à la présence divine ; l’homme, poussière de la terre, ne le peut ; il a une nature différente de celle des anges, mais aussi de celle des rachetés ressuscités (Luc 20 : 34-36).
 
 
                        2.1 Satan l’adversaire
 
                                   Il est évident dans tous les passages qui parlent de Satan, qu’il a, comme les anges, une nature spirituelle. Le prophète Ezéchiel le présente sous la figure du roi de Tyr, comme « un chérubin oint » (Ezé. 28 : 11-17). Toutes ses qualités sont relevées ; il est précisé qu’il a été en Eden, le jardin de Dieu ; mais il n’est qu’une créature (v. 13, 15). Il fut parfait dans ses voies « jusqu’à ce que l’iniquité s’est trouvée en toi » (v. 15). Quelle iniquité ? – « Ton coeur s’est élevé pour ta beauté ». Toute la suffisance de celui qui est appelé astre brillant (Lucifer) est relevée en Esaïe 14 : « Je monterai… j’élèverai mon trône… je serai semblable au Très-haut » (v. 13-14) ; l’orgueil, voilà avant tout « la faute du diable » (1 Tim. 3 : 6), que l’homme est si prompt à imiter.
                                   Quel contraste avec le Seigneur Jésus qui « étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes » (Phil. 2 : 6-8).
 
                                   Le prophète poursuit : « On t’a fait descendre dans le shéol, au fond de la fosse… Je t’ai précipité de la montagne de Dieu comme une chose profane » (Es. 14 : 15 ; Ezéch. 28 : 16). Pourtant, si mystérieux que cela paraisse, Satan garde l’accès dans la présence de Dieu (Eph. 6 : 12), tout en se promenant « çà et là sur la terre » (Job 1 : 7) ; il reste doué d’un grand pouvoir, sans toutefois posséder l’omniprésence, réservée à Dieu seul.
 
                                   Sa puissance est grande ; « le dieu de ce siècle a aveuglé les pensées des incrédules » (2 Cor. 4 : 4) ; il est le « père » de ceux qui s’opposent à Jésus (Jean 8 : 44) ; par suite du péché, il a « le pouvoir de la mort ». Mais pour le croyant, Jésus, par la Croix, l’a rendu « impuissant » (Héb. 2 : 14). « Car les gages du péché, c’est la mort ; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur » (Rom. 6 : 23).
 
                                   Satan n’est pas maître des lois de la nature ; il n’a rien créé. Seul le Seigneur Jésus est à la fois le Créateur « soutenant toutes choses par la parole de sa puissance » (Héb. 1 : 3). Les hommes découvrent et utilisent les lois de la nature, mais ne peuvent les dominer. Le pouvoir de Satan dans le monde physique est donc limité par la « permission » de Dieu, selon qu’Il le juge bon, pour le bien des siens (2 Cor. 12 : 7).
 
                        2.2 La controverse
 
                                   Lorsque l’Eternel attire l’attention du diable sur Job, l’adversaire répond ironiquement : « Est-ce pour rien que Job craint Dieu ? » (v. 9). Tu l’as béni de toute manière, ce n’est pas étonnant qu’il te craigne, affirme-t-il en quelque sorte. Il ajoute : « Mais étends ta main et touche à tout ce qu’il a : tu verras s’il ne te maudit pas en face » (v. 11).
                                   L’Eternel permet alors à Satan de dépouiller Job de tous ses biens, mais lui interdit de porter la main sur lui-même.
                                   Satan sort de la présence de l’Eternel (v. 12).
 
                                   De fait, si c’est bien le diable qui frappe Job (2 : 7), c’est l’Eternel lui-même qui l’a commandé. Dieu a son but secret en agissant ainsi ; il faudra la longue et douloureuse expérience de tout le livre, l’intervention d’Elihu et de l’Eternel en personne, pour que le dessein divin soit révélé et que Job le saisisse.
 
 
 
            3- Les premières épreuves de Job : 1 : 13-22
           
                        3.1 Les coups successifs qui frappent Job
 
                                   Les boeufs, instruments de travail (Prov. 14 : 4), sont pris par les gens de Sheba ; les bergers sont mis à mort (v. 14-15).
                                    La foudre brûle les brebis qui fournissaient la nourriture et le vêtement ; leurs gardiens sont consumés (v. 16).
                                   Les chameaux, moyens de transport de base pour le commerce, sont enlevés par les Chaldéens ; les jeunes hommes sont frappés par l’épée (v. 17).
                                   Les fils et les filles, qui mangeaient et buvaient dans la maison de leur frère aîné, sont écrasés par son effondrement sous l’effet de la tempête (v. 18-19).
 
                                   Quatre coups terribles, simultanés, au milieu de la prospérité… et de la piété. N’y a-t-il pas de quoi être révolté ?
 
 
                        3.2 L’attitude de Job
 
                                   Job supporte l’épreuve avec dignité. Dans son deuil, il se lève, déchire sa robe, rase sa tête, se jette à terre et se prosterne (v. 20).
                                    Il reconnaît n’avoir rien apporté dans ce monde, et ne pouvoir rien en emporter. Il a reçu la bénédiction de la part de Dieu : « L’Eternel a donné, et l’Eternel a pris, que le nom de l’Eternel soit béni ! » (v. 21). Il estime n’avoir aucun droit, et accepte le désastre de la main de Dieu ; il ne Lui attribue rien d’inconvenant.
 
                                   Satan n’a rien gagné, Dieu est honoré ; mais si l’épreuve s’était arrêtée à ce moment-là, quel honneur pour Job : il n’aurait pas manqué de s’en prévaloir !
 
 
 
            4- La nouvelle et terrible épreuve de Job : 2 : 1-13
 
 
                        4.1 La deuxième intervention de Satan 
 
                                   L’Eternel poursuit son dessein. Lorsque Satan se présente de nouveau devant Lui, il ne peut plus prétendre que la piété de Job découle de sa prospérité. Cruellement il fait remarquer que les biens d’un homme ne sont rien en comparaison de sa vie. Il incite Dieu à toucher « à ses os et à sa chair » ; « tu verras s’il ne te maudit pas en face » (v. 5), dit-il !
                                   L’Eternel laisse alors dans la main de Satan la santé de Job, mais non sa vie.
 
 
                        4.2 Job frappé dans son corps par Satan
 
                                   Sorti de la présence divine, Satan frappe Job d’un ulcère malin, qui le tourmente jour et nuit (7 : 3), provoque de terribles démangeaisons (2 : 8) et couvre sa peau de vers, de croûtes, de suppuration (7 : 5) ; le pauvre homme va maigrir terriblement (16 : 8) ; son haleine deviendra odieuse, même à sa femme (19 : 17) ; il est délaissé par ses amis et sa famille (19 : 14-19) ; il est assis dans la cendre (2 : 8).
 
 
                        4.3 La femme de Job
 
                                   L’épouse de Job, loin de se montrer « l’aide qui lui correspond », met en doute la fermeté de son mari dans sa « perfection »; elle va jusqu’à lui conseiller le suicide (v. 9).
                                   Mais Job dit : « Tu parles comme parlerait une insensée » (v. 10) ; ne fallait-il pas recevoir de la part de Dieu non seulement le bien, mais aussi le mal ?
                                    A nouveau Job accepte l’épreuve de la main divine. Mais il n’en recherche devant la face de Dieu ni les motifs, ni le but.
 
 
                        4.4 Les trois amis
 
                                   Pleins de bonnes intentions, trois amis de Job se mettent en route et se concertent pour « venir le plaindre et le consoler ». Ils ignorent visiblement combien il est difficile d’apporter des paroles à propos à un frère dans l’épreuve. Quand ils voient Job, il ne le reconnaissent pas, et sont épouvantés à sa vue. Ils manifestent leur peine par les signes habituels à cette époque : ils pleurent, déchirent leurs vêtements, répandent de la poussière sur leurs têtes, mais ne savent que dire. Assis à terre, désolés, pendant sept jours et sept nuits ils sont là dans le silence, remuant leurs pensées qui, comme on le voit plus loin, arrivent à la conclusion que Job a dû terriblement pécher et commettre des fautes graves pour que Dieu le châtie ainsi.
 
                                   Devant ce silence chargé de reproches latents, Job n’en peut plus et sa douleur éclate.
 
 
            5- La détresse de Job : 3 : 1-26
 
 
                        5.1 Job maudit son jour
 
                                   Après ces sept épreuves successives depuis la perte de ses boeufs jusqu’au silence accusateur de ses amis, Job en vient à souhaiter n’être jamais né (v. 3-10). Voilà déjà un reproche indirect à Dieu qui lui a donné la vie.
                                   D’un seul homme il a pu être dit – et par le Seigneur lui-même – qu’il eût mieux valu qu’il ne fût pas né : c’est Judas (Marc 14 : 21).
                                   Devant la perspective terrible de ce qui l’attendait, Jésus dit : « Mon âme est troublée, et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ? » Il accepte pourtant pleinement la volonté du Père, comme il l’avait fait avant de venir sur la terre : « Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. Père, glorifie ton Nom » (Jean 12 : 27-28).
           
 
                        5.2 La mort, seule issue à l’angoisse
 
                                   Job désire ensuite avoir été mort-né (v. 10-12), ou de bénéficier maintenant du repos du sépulcre (v. 14-22). Il souligne sa misère (v. 24) ; son pressentiment ne l’avait pas trompé. Il avait pensé que sa prospérité ne durerait pas et se transformerait en désastre : « Ce que j’appréhendais m’est arrivé » (v. 25).
 
                                   Quatre fois dans ce chapitre, Job demande : pourquoi ? pourquoi ?, sans recevoir de réponse. Ses amis se chargeront d’en donner une, mais à leur manière.
                                   Quel contraste avec les psaumes 42 et 43, où par neuf fois l’âme dans la détresse pose la question : pourquoi ? Mais où le psalmiste souligne aussitôt l’attitude à prendre : « Attends-toi à Dieu ; car je le célébrerai encore ; sa face est le salut » (Ps. 42 : 5). Il reste confiant malgré tout dans ce Dieu fidèle qui donnera la délivrance : « Il est le salut de ma face et mon Dieu » (Ps. 42 : 11 ; 43 : 5).
 
                                   Le discours de Job se termine ainsi par l’expression de son angoisse. Il craignait de succomber à son épreuve, comme Paul lorsqu’il écrivait aux Corinthiens : « nous avons été excessivement chargés, au-delà de notre force, de sorte que nous avons désespéré même de vivre » ; mais l’apôtre recevra la délivrance en plaçant sa confiance en « Dieu qui ressuscite les morts » (2 Cor. 1 : 8-9).
                                   Plus tard, le divin remède à son amertume sera révélé à Job : la grâce de Dieu, celle dont le croyant est exhorté à ne pas laisser les autres en manquer. « Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté… veillant de peur que quelqu’un ne manque de la grâce de Dieu » (Héb. 12 : 15).

Dimanche de la Pentecôte (23 mai 2010) (exégèse)

22 mai, 2010

du site:

http://www.bible-service.net/site/432.html

Dimanche de la Pentecôte (23 mai 2010)

Nous célébrons ce dimanche le don de l’Esprit Saint aux disciples du Ressuscité, l’acte de naissance de ce qui deviendra l’Eglise. Quelque chose a commencé ce jour-là : les disciples se mettent à parler en langues et tous les comprennent (1° lecture). Mais attention, l’Esprit Saint n’agit pas seulement à l’extérieur de nous ; il nous est donné pour que nous devenions, comme le Christ, des fils de Dieu (2° lecture). Décidément, l’Esprit Saint renouvelle complètement la face de la terre, comme le chante le Psaume 103.

• Actes 2,1-11

St Luc, auteur de l’Evangile qui porte son nom, et des Actes des Apôtres, a le souci de souligner la continuité entre Jésus de Nazareth (Evangile) et le Ressuscité à l’œuvre par les disciples (Actes). Ainsi, tout comme il avait commencé son Evangile par le récit d’une naissance, celle de Jésus, il inaugure les Actes des Apôtres par un autre récit de naissance, celle de l’Eglise, “ quand arriva la Pentecôte ”.

Dans son récit, St Luc nous présente l’irruption de l’Esprit Saint sur les disciples comme une manifestation visible, bruyante, dérangeante, qui rappelle la manifestation de Dieu sur la Montagne du Sinaï, dans le Livre de l’Exode. Souvenons-nous que dans le judaïsme, la Pâque célébrait la sortie de l’esclavage en Egypte (récit dans l’Exode) et, au cinquantième jour de cette fête, on se rappelait le don de la Loi au Sinaï. St Luc, comme les premiers chrétiens, a eu le souci de montrer que Jésus-Christ accomplissait la première Alliance avec Moïse, tant dans la Pâque, devenue le passage de la mort à la vie, que dans la Pentecôte, don de l’Esprit Saint, “ le cinquantième jour après Pâques ”, précise le texte liturgique. La nouvelle Loi, ce ne sont plus des commandements de Dieu gravés sur des tables de pierre, mais le don de l’Esprit de Dieu. La Pentecôte, pour les chrétiens, fait le même “ bruit venant du ciel ”, comme l’éclair et le tonnerre au Sinaï : violent coup de vent sur la maison des disciples, langues de feu… Mais l’événement ne s’arrête pas à la maison des disciples ; il touche tous les peuples. L’Esprit Saint permet à tous les hommes de communiquer, d’entendre les merveilles de Dieu dans sa langue. Les quinze peuples cités balayent un espace qui va du Proche-Orient jusqu’à Rome, le monde entier en somme…

• Psaume 103

Ce psaume célèbre la création de Dieu, qui fait vivre toute chose par son souffle. Dans la langue hébraïque, un même mot désigne le souffle et l’esprit. L’Esprit de Dieu est le souffle créateur, qui refait sans cesse la création. Ce psaume chanté au jour de la Pentecôte rend témoignage au Dieu créateur, sans le souffle duquel personne ne peut vivre, ni l’Eglise, ni chaque croyant.

• Romains 8,8-17

La foi au Christ ressuscité nous fait participer aux fruits de la résurrection de Jésus ; le pardon des péchés est le don de l’Esprit : « Vous êtes devenus justes », non par nous-mêmes mais par le don de Dieu qui nous a réconciliés dans l’offrande du Christ en croix. Le don de l’Esprit est la face positive des fruits de la résurrection. En effet Dieu a ressuscité Jésus en le comblant de toute la force de l’Esprit et le Christ ressuscité nous communique à son tour l’Esprit qui nous fait vivre de sa vie.
On pourrait dire que la foi est la conscience certaine donnée par l’Esprit d’être des enfants de Dieu. Si nous le savons, nous sommes pleinement libres puisque seule nous importe la volonté de notre Père accomplie dans l’amour.
Le chant au Saint Esprit qui suit est une belle méditation sur les fruits de l’Esprit.

• Jean 14,15…26

Pas de récit de la Pentecôte dans l’évangile de Jean, mais l’évangéliste parle plusieurs fois de l’Esprit Saint qui sera donné aux disciples. Il porte un nom : le Paraclet. La liturgie traduit par “ le Défenseur ”. Jean situe cette promesse de don dans le discours d’adieux de Jésus, au moment de la Pâque. Les disciples étaient-ils désemparés par cette annonce du prochain départ de Jésus ? L’évangéliste ne le dit pas – à ce moment-là du moins. Mais Jésus promet en même temps de ne pas les abandonner, que le Père leur enverra un Défenseur. Le Défenseur sera le témoin de Jésus, celui qui interprétera son message devant ses ennemis, qui soutiendra ses disciples au moment opportun, tout comme le faisait Jésus lorsqu’il était avec eux. Plus encore, c’est cet Esprit-Défenseur qui leur fera se souvenir de tout ce que Jésus leur a dit. L’Esprit Saint, le Paraclet, est un autre Jésus, en quelque sorte. Il assure la présence de Jésus au milieu de ses disciples, de la communauté nouvelle qui naîtra de la Pentecôte. Après l’Ascension, Jésus ne se retire pas de l’histoire de l’humanité ; il instaure un nouveau mode de présence, toujours effectif.

Pentecôte

22 mai, 2010

du site:

http://paulissimo.dominicains.com/spip.php?article53&lang=fr

Pentecôte

Le texte qui nous intéresse ici est celui de Ac 2, 1-13. L’événement a lieu lors de la fête de Pentecôte, autrement dit lors d’une grande fête juive des moissons conduisant un grand nombre de pèlerins vers Jérusalem : le verset 5 traduit cette ambiance. Ambiance de fête et de communion : on remarquera une fois de plus l’abondance des emplois de l’adjectif « tout » ou « tous » dans nos versets (1, 2, 4, 5, 7, 12), qui marquent l’insistance sur l’unité et la communion.
Les disciples, représentés dans notre texte par un « ils » indéterminé et globalisant, sont rassemblés un même lieu : insistance sur la communion que, paradoxalement, le don des langues va rompre et recréer. Le phénomène du don des langues est décrit de manière apocalyptique : c’est en effet une manifestation de Dieu lui-même ; feu et vent sont donc au rendez-vous (Ex 3,2 ; 9,23 etc.). Sa description donne sans doute l’accent théologique dominant de nos versets : l’Esprit Saint individualise les personnes (« il s’en posa une sur chacun d’eux », v. 3) et les langues (« selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer », v. 4) tout en rassemblant, à partir d’une même expérience.
Le don de l’Esprit induit un phénomène particulier, qui est en fait double : celui de parler d’une part, en d’autres langues d’autre part, et très précisément, pour reprendre le texte grec, « hétéroglossie ». La première opération de l’Esprit est donc de délier les langues, de pousser à parler. Mais il ne s’agit pas ou plus de n’importe quelle parole : c’est celle que veut l’Esprit. Autrement dit, c’est Dieu qui parle par la bouche des disciples, et plus spécialement pour Luc, par celle des apôtres : de fait, la suite du livre des Actes sera pour une large part composée de discours. Et de quoi va-t-il s’agir par ces discours ? D’éclairer, d’interpréter pour les auditeurs les faits, les événements, nous dirions aujourd’hui les signes des temps, autrement dit les traces de la présence et de l’action de Dieu dans notre monde.

Excursus : Les signes des temps 
Peut-être peut-on rappeler ici que cette expression « signes des temps » est revenue à plusieurs reprises au Concile Vatican II, en particulier dans la constitution sur l’Église dans le monde de ce temps : « l’Église a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Évangile, de telle sorte qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques » (4, §1).
Et encore : « Le peuple de Dieu s’efforce de discerner dans les événements, les exigences et les requêtes de notre temps, auxquels il participe avec d’autres hommes, quels sont les signes véritables de la présence ou du dessein de Dieu » (11, §1).
On comprend, à partir du texte des Actes, que cette lecture n’est pas tant le fruit de l’intelligence personnelle que d’une révélation et d’une plénitude d’Esprit Saint. 
Le deuxième effet de cette « plénification » par l’Esprit est donc de parler en d’autres langues. L’idée est à nouveau exprimée dans les versets 6, 8 et 11. S’agit-il bien d’hétéroglossie ou de glossolalie, autrement dit du « parler en langues » dont il sera question en 10,46 ou 19,6 et, bien sûr, longuement en 1 Co 12 ou 14 ? Ce qui peut conduire à s’interroger, c’est en particulier la remarque des gens alentour : « ils sont pleins de vin doux » (v. 13). Mais le frère Claude-Jean-Marie [1] trouve d’autres motifs de s’interroger :
Le texte n’affirme pas que les disciples aient parlé mède ou élamite ou quelque autre langue que ce soit, mais que les mèdes, élamites et autres les entendaient parler dans leur langue.
En outre, ils parlaient à plusieurs à la fois, devant une grande foule, et il ne pouvait donc s’agir que d’un brouhaha.
Pour notre auteur, il y a donc eu un phénomène classique de parler en langues, accompagné d’un miracle d’audition. Le frère Claude-Jean-Marie rappelle d’ailleurs que, dans la première lettre aux Corinthiens, le phénomène de glossolalie doit s’accompagner d’un charisme d’interprétation destiné à édifier l’assemblée (12, 10. 30 ; 14, 5. 13. 27-28).
À mon avis, comme souvent chez Luc, la discontinuité constatée doit plutôt être le signe d’un mixage de traditions diverses. Autrement dit, il est à la fois question de glossolalie et d’hétéroglossie. Claude-Jean-Marie a raison de constater que le texte évoque plutôt un phénomène de glossolalie, mais il n’en reste pas moins que Luc parle d’hétéroglossie : n’a-t-il pas une intention précise pour ce faire, pour réinterpréter l’événement ? Cette intention est claire : pour notre auteur, la Pentecôte est une reprise inversée de l’événement de Babel rapporté en Gn 11,1-9.
Ce texte étrange évoque à première lecture une sorte de vengeance de Dieu devant les entreprises des hommes : ceux-ci parlent une seule langue, et peuvent donc se permettre de se lancer dans la construction d’une tour qui va les rapprocher du ciel et de Dieu. Dieu alors se dit : « Allons ! Descendons ! Et là, confondons leur langage pour qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres » (Gn 11,7). Le résultat de l’initiative divine est la dispersion des hommes qui sont incapables de s’unir dans leur entreprise.
Ne nous appesantissons pas sur l’initiative divine : sa valeur a été fort bien expliquée par Marie Balmary dans son ouvrage Le Sacrifice interdit (Grasset, 1986) ; disons, en simplifaint à l’extrême, que la dispersion opérée par Dieu se fait en réalité au profit de l’homme, dans la mesure où elle restaure une différenciation menacée et pourtant porteuse de salut. Le texte des Actes évoque donc lui aussi une foule rassemblée, à partir de gens de toutes les nations, et un phénomène linguistique. Lorsqu’on le lit sur l’arrière-plan du récit de Babel, on comprend la nouveauté de la Pentecôte : ce qui fait l’unité des peuples, ce n’est plus l’identité de langue, et une initiative personnelle, mais le don de l’Esprit et la volonté de Dieu. Cette réinterprétation théologique est certainement l’œuvre de Luc : dans les Actes des Apôtres, il ne cesse en effet de manifester son souci de l’unité, et il en donne ici en quelque sorte la recette. Mais cette réinterprétation se laisse donc percevoir sur le plan littéraire, phénomène que l’on retrouvera dans le récit de la mise à mort d’Étienne.

notes:
[1] Prier en langues, Pneumathèque, 2004.

Les 150 Psaumes, un itinéraire spirituel

15 mai, 2010

du site:

http://biblio.domuni.org/articlesbible/saveur/saveur_a9.htm#P95_62519

Les 150 Psaumes, un itinéraire spirituel

Avec l’habitude de prier les Psaumes, on s’aperçoit que leur ordre n’est pas fortuit. Diverses sont les distributions psalmiques pour l’Office, mais celles qui privilégient une certaine continuité numérique s’avèrent, à l’expérience, plus à même de faire entrer dans le mystère qui se déploie du 1er au 150e.

Il faut bien avouer qu’une première lecture du livre des Psaumes laisse une impression de pêle-mêle : on passe d’un psaume d’appel au secours à un voisin qui n’est que d’apaisement (Ps 3 et 4), par exemple, ou bien d’une lamentation nationale (Ps 43) à un cantique nuptial messianique (Ps 44), ou encore d’un petit psaume qui chérit Jérusalem (Ps 86) au psaume le plus noir de tous qui s’achève sur la déréliction dans les ténèbres inextricables (Ps 87). On croirait que ces Louanges ont été numérotées au petit bonheur ou mélangées par erreur ; l’unité qui leur vient de leur auteur ou référence privilégiée, qui est David, le roi-chantre, ne semble qu’assez artificielle, même si le « bien-aimé » a su donner le ton de l’ensemble ; son éloge par Ben Sira nous émeut encore :

« Dans toutes ses œuvres, il rendit hommage
au Saint Très-Haut dans des paroles de gloire ;
de tout son cœur il chanta,
montrant son amour pour son Créateur.
Il établit devant l’autel des chantres,
pour émettre les chants les plus doux. » (47, 8-9)

Certes, on voit apparaître des groupes caractérisés, comme les Psaumes du Règne (de 92 à 100 sauf exception) ou les Psaumes graduels (119 à 133), mais la plupart des pièces se succèdent sans cohérence historique, thématique ou littéraire. Cependant, au-delà de cet aimable désordre de la vie, qui apparaît d’abord, une structure se dégage, aussi complexe et solide que la formule de la chlorophylle.

On sait que le Psautier est divisé en cinq livres (1-40 ; 41-71 ; 72-89 ; 90-105 ; 106-150) qui ne sont pas d’égale ampleur ni de semblable contenu ; ils s’achèvent par un Amen sonore, parfois répété, qui souligne la nature liturgique des psaumes. Il vient à l’esprit que ces cinq livrets pourraient être liés aux cinq rouleaux de la Torah, mais le parallélisme n’est pas très évident. Plus qu’une analyse fouillée repérant des liens savamment établis, c’est la longue pratique de la psalmodie qui a laissé percevoir aux croyants la progression spirituelle qu’offrent les 150 psaumes en leur continuité numérique, ou encore la construction de cette immense symphonie7b de l’âme et des âmes, qui se développe tout au long de ces chants, avec ses mouvements successifs et la reprise de ses thèmes.

Les commentateurs juifs ont su de longue date montrer la personnalité de chacun des cinq livres du Psautier. Dans ses Liminaires sur les Psaumes, qui sont un vrai joyau de finesse et de français, André Chouraqui nous le dit :

« L’exégèse hébraïque nous offre peut-être la clé du plan qui inspira la composition du Psautier lorsqu’elle suggère que la doctrine des cinq livres des Psaumes est la même que celle des cinq Livres de Moïse, dont ils constituent le commentaire symphonique. Une grande rigueur semble avoir présidé au classement des Psaumes à l’intérieur du Recueil , tel que nous le connaissons aujourd’hui. » « Le Premier Livre est presque entièrement consacré à nous décrire les péripéties de la guerre que le Réprouvé livre au Juste. » « Le Livre Deuxième nous introduit dans un univers dominé par des accents plus sereins. Non plus le drame de la guerre contre le Réprouvé, mais celui des exils de l’âme, nous enseignent les Docteurs. » « Les dix-sept Psaumes du Livre Troisième constituent la collection médiane, la plaque tournante du Psautier. Elle est massive, statique, une implacable méditation du passé dans l’attente des fins dernières. » « Avec le Quatrième Livre, le cap des sacrifices semble franchi ; nous pénétrons dans la joie sans mélange des puissances du Seigneur. »8i « Le Livre Cinquième nous fait gravir les derniers sommets de la montagne sainte [...] jusqu’aux tout-puissants accords de l’allegro final. »

Chez les Pères, saint Grégoire de Nysse est un des premiers à montrer cette progression spirituelle :

« Le Psautier est divisé en cinq parties, écrit-il en commentant le dernier psaume ; et nous avons remarqué qu’elles s’élèvent les unes au-dessus des autres en une suite régulière comme les degrés d’une échelle. Puis nous avons discerné, à partir de signes convenus, que les derniers mots de chaque section marquent comme un arrêt du discours, une cadence de la pensée ; ils délimitent ce qui précède par une expression de louange et d’action de grâces : « Béni soit le Seigneur dans les siècles des siècles : Amen, Amen. » Ces mots signifient une action de grâces qui dure éternellement, vu qu’on ne se contente pas de dire une seule fois « Amen », mais qu’on reprend une deuxième fois en signe de perpétuité dans l’action de grâces. Et en chacune des parties ainsi sectionnées, il nous a été donné d’observer un bien particulier d’où nous vient, par l’action divine, la béatitude. Parcourant à la suite et dans l’ordre chacun des biens examinés, notre âme se trouve toujours placée dans la direction d’un bien plus élevé, afin de parvenir un jour au suprême bonheur. Ce bonheur est la louange divine pleinement accomplie en tous les saints, selon ce que dit le psaume final : « Louez Dieu en ses saintes demeures. » »

Nous retrouvons tout l’élan spirituel – l’épectase, c’est-à-dire « l’extension » venue du désir intérieur – qui est au fond de la doctrine de saint Grégoire de Nysse : « Le bien obtenu est sans cesse plus grand que le bien précédent ; il ne met pas pour autant un terme à la quête, mais l’obtention d’un bien devient commencement d’une découverte de biens plus élevés pour ceux qui progressent. Celui qui monte ne s’arrête jamais, allant de commencement en commencement, et le commencement des biens toujours plus grands n’a jamais de fin. » Pour lui, la psalmodie apparaît comme le chant de l’âme qui ne cesse de monter vers Dieu, telle une alouette : elle « trouve toujours dans ce qu’elle a réalisé un nouvel élan pour voler plus haut. »

Parmi nos contemporains, Divo Barsotti a su expliciter avec délicatesse les montées de l’âme. Même si « parmi les derniers psaumes il en est de dramatiques où apparaît encore la souffrance, et peut-être le péché, on doit cependant reconnaître qu’il existe une progression vers la lumière. De l’expérience de la douleur, du péché et de la mort, l’homme s’avance, de psaume en psaume, vers la louange divine. Au centre, pour ainsi dire du psautier, se trouvent les psaumes de la royauté ; ensuite viennent les psaumes des pèlerinages ; et finalement les derniers psaumes ne sont plus qu’une louange. » Pour caractériser les étapes de ce cheminement de l’homme et de l’humanité, Divo Barsotti voit la nuit dans le premier livre des Psaumes ; le matin dans le second ; au troisième on arrive au plein midi ; le règne de Dieu, qui n’a pas de couchant, occupe le quatrième, tandis que le cinquième développe la louange que l’homme et l’univers, en Église, rendent à Dieu.

7° dimanche de Pâques (16 mai 2010) (commentaire biblique)

15 mai, 2010

du site:

http://www.bible-service.net/site/377.html

7° dimanche de Pâques (16 mai 2010)

Jésus a le souci de tous ses disciples. Juste avant la Pâque, il prie pour eux dans la grande prière sacerdotale, pour qu’ils restent unis (Évangile). L’unité, c’est aussi ce qui ressort de la première lecture, à travers Étienne qui, même dans l’épreuve, reste uni au Christ jusqu’à donner sa vie comme lui. Ainsi, Étienne, les disciples, tous peuvent laisser résonner la parole de l’Apocalypse : “ Moi que je viens sans tarder… ” (2° lecture). Le psaume vient parfaire le tableau du triomphe de Dieu sur toutes les forces de mort : Le Seigneur, le Très-Haut domine de haut tous les dieux… ”

• Actes 7,55-60

Étienne ou le premier martyr chrétien. Rappelons-nous d’abord le contexte : suite à la prédication efficace des apôtres, Les divers services à rendre à cette communauté nombreuse et diversifiée, avaient conduit les Apôtres à instaurer les diacres.  Étienne est l’un de ces diacres, qui ne se contente pas de servir aux tables, mais qui accomplit des miracles et des signes parmi le peuple.  Certains reçoivent son message, d’autres discutent avec lui mais ne peuvent résister à sa sagesse.  On suscite alors de fausses rumeurs contre lui – une autre dimension de la communication – on l’accuse faussement, et il doit se présenter devant le tribunal du Sanhédrin. C’est à ce moment que se déroule la scène.
Le mimétisme avec le procès, la condamnation, et la mort de Jésus est frappant. Les paroles qu’il prononce sont les paroles du Christ devant le Grand-prêtre. Il a la même vision que Jésus. Les spectateurs – tous témoins à charge comme au procès de Jésus – poussent des cris, contribuant à sa condamnation. La dernière parole d’Étienne est la dernière parole de Jésus sur la croix, sauf qu’elle est adressée à ce dernier : “ … reçois mon esprit… ”. L’auteur des Actes, en calquant le martyr d’Étienne sur celui de Jésus, témoigne que le vrai disciple peut subir le même rejet que son maître.
 
• Psaume 96

C’est une prière de louange destinée à célébrer le Seigneur, roi de l’univers. Le psalmiste, à travers ce chant, dit sa conviction que les dieux des étrangers ne sont que du vent, des nullités. Le Seigneur, le Très-Haut, les domine tous. Inutile alors de miser sa vie sur ces dieux qui sont incapables de rivaliser avec le Seigneur. Au contraire, se mettre sous sa protection, c’est bénéficier de ses dons : joie, justice, droit.

Apocalypse 22,12…20

Il serait bon, avant d’aborder ce texte, que l’équipe qui prépare la célébration lise ou se remette en mémoire Isaïe 55. Ici, c’est Jésus qui parle et accueille tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, ont vécu quelque chose de la signification du baptême ; tous ceux qui ont, parfois sans le savoir, ouvert leur cœur au grand pardon proclamé sur la croix de Jésus. Le jardin où resplendit l’arbre de vie leur est désormais ouvert. Et nous, qui sommes déjà désaltérés à la Parole de Dieu et avons goûté au pain de vie livré sur l’arbre de la croix, nous découvrirons dans la lumière ce qu’est vraiment la vie de Dieu.

• Jean 17,20-26

Évoquant tous ceux qui croiront en lui, Jésus prie pour leur unité. Pas n’importe laquelle, mais celle qui existe entre lui et le Père ! Veut-on savoir comment réaliser l’unité entre nous ? Contemplons la relation entre Jésus, le Fils, et le Père des cieux. Alors nous comprendrons que cette unité ne peut venir que de l’amour et qu’elle est d’abord un don (v.22). Mais tout don de Dieu, comme d’ailleurs ceux qui passent par les hommes tel le don de la vie, entraîne une responsabilité, une vocation, une fertilité, à la hauteur de ce don. Parce que tout ce qui a sa source dans l’amour divin vise toujours l’ensemble de l’humanité. L’unité des chrétiens n’est pas seulement un bien pour eux, mais le commencement de leur mission qui découle du don de l’amour unifiant.
« Je leur ai fait connaître ton nom » : ce nom, c’est d’abord « Père juste », c’est-à-dire loyal et miséricordieux. C’est aussi « l’amour » (1 Jean 4, 8). Jésus connaît ce nom car il en vient et il en est pénétré. Il l’a fait connaître par sa parole et par sa vie, et il se prépare à le faire connaître par sa passion et par sa mort. Il sait que nous n’aurons jamais fini d’en sonder la profondeur dans l’éblouissement, et c’est pourquoi il nous la fera connaître encore, désignant par là l’œuvre de l’Esprit dans les croyants. Enfin il nous inscrit dans cet amour : « Pour qu’ils aient en eux l’amour dont tu m’as aimé, et que moi aussi, je sois en eux. »

Une Parole pour aujourd’hui

Qu’il s’agisse du martyre d’Étienne ou de la prière de Jésus avant sa passion, nous nous trouvons devant ce qu’on pourrait appeler le réalisme de l’espérance. Ni la mort ni la violence ne sont cachées, oubliées. La foi et l’amour ne sont pas des illusions face à la mort mais des armes contre la mort ; c’est pourquoi on peut parler d’espérance. Et parce qu’il y a au fond de l’âme humaine une soif de rencontre et d’union, « Viens ! » reste le mot décisif. Il est prononcé par l’Esprit et l’Épouse ensemble… Nous devons être unis parce que nous sommes choisis pour proclamer avec l’Esprit l’amour nuptial de Dieu pour l’humanité.

• Jean 17,20-26

Dernier discours de Jésus, au moment de la Pâque. Pour l’évangéliste Jean, ces paroles sont comme le testament que Jésus laisse à ses disciples avant la Passion. Il prie. Il prie pour l’unité. Le mot ou ses dérivés reviennent fréquemment. Unité entre lui et son Père. Unité entre lui et ses disciples. Donc unité entre le Père et les hommes.

Mais Jean ne se contente pas de parler d’unité ; il introduit le thème de l’amour, condition pour réaliser cette unité. C’est en effet l’union entre les croyants qui donnera à tous de comprendre le mystère d’amour qui unit le Père et le Fils, et la relation du Christ avec ses disciples. L’unité entre ceux qui se réclament du Christ n’est donc pas qu’un bon sentiment. Elle est la condition pour amener le monde à croire que Dieu se donne à voir dans son Fils, et que la présence du Fils au milieu de ses disciples est le résultat de son amour. De son vivant, selon l’évangéliste, Jésus a été la gloire de Dieu qui s’est manifestée aux hommes. Maintenant, cette gloire habite dans la communauté des croyants.

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