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LE PSAUME 23

22 mars, 2012

http://www.hebrascriptur.com/Ps/23c.html

LE PSAUME 23

Lire ce qui est écrit

Le Psaume 23 est sans doute l’un des plus beaux témoignages de la vie mystique, qui s’épanouit quand elle s’appuie sur une totale confiance en Dieu. Le roi David y exprime toute la joie, la sécurité, la liberté, le bonheur qu’il éprouve, en se laissant entièrement guider
La lecture du texte ne présente aucune difficulté, à l’exception d’un seul mot, dans le dernier verset, le mot hébreu weshaveti, que la quasi-totalité des témoins traduisent par « je demeurerai » ou « j’habite », lecture qui prête pour le moins à discussion. En effet, pour justifier cette lecture, il faut ajouter la lettre yod en seconde position du mot qui devient weyashaveti, ou encore changer la vocalisation weshaveti indiquée par les massorètes en weshiveti, afin de rattacher le mot, dans un cas comme dans l’autre, à la racine yashab (demeurer) au lieu de la racine shoub (retourner).
On trouve ces lectures altérées chez des témoins 
aussi anciens que les textes grecs des Septante (3ème siècle avant notre ère), ou les versions Syriaques, contemporaines des massorètes. Mais ces interprétations ne s’appuient sur aucun manuscrit hébreu connu.
Pourquoi ces témoins, suivis en cela par la quasi-totalité des traducteurs modernes, ont-ils refusé de lire ce que la Tradition, ou au moins une Tradition — les massorètes — a transmis, weshaveti, « je reviens » ? pourquoi ont-ils retenu cette lecture injustifiée : « je demeure » ?
La critique textuelle et l’exégèse traditionnelle ont coutume de retenir pour hypothèse principale — explicite ou inconsciente — que les textes nous rapportent la pensée de leurs auteurs, et qu’ils véhiculent avec eux toutes les déformations d’une transmission multi-séculaire. Il résulte de cette position que le sens logique le plus probable prend toujours le pas sur la littéralité transmise : si le texte n’offre pas un sens immédiat assez clair, alors on rectifie le texte, pour atteindre la leçon compréhensible la plus facile, et retrouver ainsi — croit-on — la pensée originelle des rédacteurs, que les aléas de la transmission avaient corrompue. C’est bien le cas ici. À suivre la lettre, on ne voit pas du tout de quel endroit David « reviendrait » (lecture littérale), puisque rien, mais vraiment rien ne l’évoque dans les versets qui précèdent ; en revanche, à rectifier la lecture en « je demeure », on comprend mieux que David se réjouisse à la perspective des beaux jours qu’il a devant lui, guidé par Yhwh.
Le principe de telles corrections n’est pas acceptable.
Tout d’abord, en raison des traditions orales. Car ces traditions orales sont à l’origine des versions vocalisées que les massorètes ont fixées par l’écriture, sans modifier l’Écriture, conformément à leur mission. La mission première d’Israël, en effet, n’est-elle pas de transmettre ? — et non d’interpréter. N’oublions pas que des générations de scribes se sont vu refuser des rouleaux entiers pour un iota en trop ou en moins, ce qui montre à quel point la transmission de la lettre prime sur le sens — et d’ailleurs, quel sens ? combien de lectures en Israël pour un même verset ?
Certes, des erreurs ont traversé le crible, et il existe des versions différentes sur beaucoup de textes. Mais la majorité des manuscrits concordants permet en général de reconnaître la lettre, et d’écarter la plus grande partie des erreurs. C’est le cas ici. Il faut suivre la lettre transmise, même si elle nous paraît obscure.
Plus radicalement, quand on cherche à comprendre, comme ici, le sens d’une pièce qui fait partie d’un ensemble, on doit l’observer dans son contexte. Il est indispensable de prendre du recul, de s’élever pour apercevoir depuis le ciel les structures enveloppantes, et découvrir ainsi quelle place logique occupe la pièce étudiée dans cet ensemble qui la contient.
C’est ainsi que nous allons trouver en dehors du Psaume 23, ce que nous n’avons pas trouvé dans les cinq premiers versets, pour expliquer le sixième ; c’est ainsi que nous allons comprendre à quel « retour » David fait allusion. Le Psautier n’est pas une collection de textes alignés par le hasard et indépendants les uns des autres. David vient de vivre les psaumes précédents, et de manière plus immédiate : le Psaume 22. C’est dans ce psaume qu’il retrouve, dans une vision mystique survenant après un long processus de purification, l’intimité divine qu’il avait perdue en recherchant son bonheur ailleurs qu’en Yhwh. À la fin du Psaume 22 David est revenu à la maison de Yhwh, comme Jacob était revenu sain et sauf à la maison de son père, après de longues épreuves (Gen 28, 21).
Il est donc capital, dans cette conclusion du Psaume 23, de ne pas s’éloigner du texte écrit en conservant la racine shoub, retourner, car cette racine est celle du mot teshouvah, la conversion, le retournement, c’est-à-dire le retour à Dieu, que David vient de vivre au Psaume 22 et qui est à la base de toute vie spirituelle.
Il sera nécessaire d’approfondir l’exégèse du Psaume 22 pour comprendre comment on aboutit à un tel bonheur au Psaume 23. Le lecteur est invité, s’il nous a suivis jusque là, à cette découverte dans une étude consacrée à ce sujet .

Note
sur la racine shoub
Un certain nombre de témoins signalent cependant le rattachement à la racine shoub, « retourner », en indiquant (dans leurs notes) la forme du futur « je retournerai » ou « je reviendrai ». Or la forme écrite ici n’est pas la forme inaccomplie de l’hébreu, celle que l’on traduit presque toujours par un futur, mais la forme accomplie précédée d’un waw conversif à laquelle correspond en général beaucoup mieux le présent ou le conditionnel d’une subordonnée. Cette facilité consistant à traduire systématiquement par un futur la forme de l’accompli avec waw conversif, a pour résultat, sur le mot qui nous intéresse ici, de rendre la situation encore plus difficile à comprendre. David se trouve dans une situation neuve, survenue à la fin du psaume précédent, et dont il découvre le caractère universel d’une loi divine : tout est merveilleux « quand je reviens » à la maison de Yhwh. Au contraire, le futur « je reviendrai » renvoie à l’on ne sait quoi, ce qui conduit à chercher des explications. Ainsi, un témoin en vient-il à s’interroger : peut-être le psalmiste est-il un prêtre ou un lévite en exil à Babylone ?…  L’éloignement du texte écrit a rendu l’interprétation très aléatoire.

Les massorètes
sont les rabbins qui transmirent la Bible hébraïque à partir du VIème siècle de notre ère. Afin de préserver la lettre du texte dans les copies successives, ils annotèrent celui-ci. À côté du texte uniquement composé de consonnes, ils ajoutèrent des signes de vocalisation (voyelles à lire) et de prosodie (cantilation, ponctuation), ainsi que des remarques marginales, véritables statistiques destinées à vérifier la bonne transcription des textes (massorah).
Avec les massorètes, est née ce qu’on appelle aujourd’hui la critique textuelle, dont l’objet est de publier, à partir de toutes les sources connues (les manuscrits), une édition critique de la Bible hébraïque. Aujourd’hui, l’édition critique la plus complète, reconnue par la majorité des biblistes, est la Biblia Hebraica Stuttgartensia. C’est à cette édition que nous faisons généralement référence, sans pour autant négliger d’autres sources, notamment en cas de désaccord.Les Septante
Traduction de la Bible hébraïque en langue grecque, réalisée au IIIème siècle avant J.C. à Alexandrie, par soixante-dix (ou soixante-douze) sages de la diaspora d’Israël, d’où son nom de Septante. Cette traduction de la Bible est indifféremment appelée “ la Septante ” ou “ les Septante ”, et souvent notée LXX.
par Yhwh.

PSAUME – 136 (137), 1 – 6 – texte et commentaires

16 mars, 2012

http://www.eglise.catholique.fr/foi-et-vie-chretienne/commentaires-de-marie-noelle-thabut.html

PSAUME – 136 (137), 1 – 6

1Au bord des fleuves de Babylone 
 nous étions assis et nous pleurions,
 nous souvenant de Sion ;
2 aux saules des alentours 
 nous avions pendu nos harpes.
3 C’est là que nos vainqueurs 
 nous demandèrent des chansons, 
 et nos bourreaux, des airs joyeux :
 « Chantez-nous, disaient-ils, 
 quelque chant de Sion. »
4 Comment chanterions-nous 
 un chant du SEIGNEUR 
 sur une terre étrangère ?
5 Si je t’oublie, Jérusalem,
 que ma main droite m’oublie !
6 Je veux que ma langue 
 s’attache à mon palais 
 si je perds ton souvenir, 
 si je n’élève Jérusalem, 
 au sommet de ma joie.

Ce psaume parle au passé : c’est donc qu’on est de retour ; effectivement, après le retour de l’Exil à Babylone, on a pris l’habitude de célébrer chaque année une journée de deuil et de pénitence à la date anniversaire de la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor ; au cours d’une célébration pénitentielle, dans le Temple enfin reconstruit, on se souvient de cette période terrible : « Au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion ». Tous les exilés du monde peuvent se reconnaître dans cette plainte ; les larmes du souvenir, d’abord, sur une terre étrangère ; les noms de la ville aimée, Sion, Jérusalem, reviennent à chaque strophe. Pire, cette « terre étrangère » est hostile, narquoise et le mal du pays se mêle à l’humiliation : « Nos vainqueurs nous demandèrent des chansons, et nos bourreaux, des airs joyeux : chantez-nous, disaient-ils, quelque chant de Sion. » L’un des grands plaisirs du vainqueur est parfois d’humilier les vaincus, on le sait bien : le chagrin même des victimes devient un spectacle pour la joie des bourreaux. Plus grave encore, ces chants de Sion, que les Babyloniens réclament, ce sont les psaumes des pèlerinages : ces chants qui ont accompagné tant de fois la marche fervente de tout un peuple vers le Temple de Jérusalem. Ce serait un véritable parjure de chanter ces chants-là devant des païens : « Comment chanterions-nous un chant du Seigneur sur une terre étrangère ? »
 Sion, Jérusalem, ce n’est pas seulement la mère-patrie : c’est d’abord et avant tout la Ville Sainte, la Ville de Dieu. C’est lui qui l’a choisie : David venait de conquérir la citadelle des Jébusites, avec l’intention d’y installer sa capitale ; choix militaire et politique, d’abord ; c’était sur une hauteur, la colline de Sion ; et il y a fait transporter l’Arche au cours d’une grande fête. Puis Dieu a fait dire à David, par le prophète Gad, d’acheter le champ d’Arauna le Jébusite, sur une autre colline, un peu plus au Nord ; et c’est là que, plus tard, Salomon construira le Temple. Quand on cite Sion ou Jérusalem, dans les psaumes, il ne s’agit pas d’une précision géographique, on vise l’ensemble de la ville, en tant qu’elle est le lieu de Dieu, le lieu qu’il a choisi pour habiter au milieu de son peuple, « Lui que les cieux des cieux ne peuvent contenir » comme disait Salomon (1 R 8, 27). Parce qu’elle est la ville de Dieu, Jérusalem ne peut rester dans l’oubli ; un jour ou l’autre, on en est sûrs, elle sera relevée de ses ruines. On ne doit pas, on ne peut pas oublier Jérusalem, parce qu’on sait que Dieu lui-même ne peut pas l’oublier : comment oublierait-il la promesse faite à Salomon ? « Cette Maison que tu as bâtie (dit Dieu), je l’ai consacrée afin d’y mettre mon Nom à jamais ; mes yeux et mon coeur y resteront toujours. » (1 R 9, 7).
 Et, dans les périodes difficiles, les prophètes alimentent cette espérance : « Sion disait : le SEIGNEUR m’a abandonnée, mon SEIGNEUR m’a oubliée! La femme oublie-t-elle son nourrisson, oublie-t-elle de montrer sa tendresse à l’enfant de sa chair ? Même si celles-là oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas ! Voici que, sur mes paumes, je t’ai gravée, que tes murailles sont constamment sous ma vue. » (Isaïe 49, 14-16). Au passage, on peut noter que ces murailles, dont parle Isaïe (pendant l’Exil à Babylone), n’existent plus, elles ont été rasées. Et, justement, le prophète n’hésite pas à affirmer « elles sont constamment sous ma vue. »
 Car, pour les croyants, l’espérance est plus forte que tout ; le mot « souvenir » revient plusieurs fois dans le psaume : « Nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion … je veux que ma langue s’attache à mon palais, si je perds ton souvenir ». Ce souvenir comporte des regrets, bien sûr, mais il est aussi et surtout le souvenir des promesses de Dieu et c’est cette mémoire qui a permis de tenir debout jusqu’au jour du retour. (Comme un grand amour, ou une grande foi, donne la force de surmonter les pires épreuves). Il faut résolument oublier la catastrophe pour se tourner vers l’avenir : « Ne vous souvenez plus des premiers événements, ne ressassez plus les faits d’autrefois. Voici que, moi, dit Dieu, je vais faire du neuf, qui déjà bourgeonne ; ne le reconnaîtrez-vous pas ? » (Isaïe 43, 18-19).
 Les larmes que l’on verse sur les bords des fleuves de Babylone, ce sont aussi celles du remords ; il faut que Dieu nous sauve surtout de nous-mêmes. Parce que le pire ennemi de l’homme, c’est lui-même, qui prend sans cesse de fausses pistes. Ce psaume, nous l’avons dit, était chanté au cours d’une célébration pénitentielle ; car on sait bien que les malheurs passés ne sont pas le fruit du hasard : si les habitants de Jérusalem ont connu toutes les horreurs de la guerre, de la déportation, de l’Exil, des travaux forcés imposés par le vainqueur, ils savent qu’ils le doivent à leur conduite insensée, à leurs divisions intérieures, à leurs prétentions politiques… Il a suffi que Dieu les laisse suivre leurs mauvaises pentes. Mais, désormais, on se retourne vers lui, et Dieu promet un nouvel avenir. Dieu va faire revenir son peuple, Dieu va pardonner à son peuple.
 Et le destin futur de Jérusalem est bien plus beau que le passé ! Vous connaissez la prophétie très imagée de Baruch : « Jérusalem, quitte ta robe de souffrance et d’infortune et revêts pour toujours la belle parure de la gloire de Dieu. Couvre-toi du manteau de la justice, celle qui vient de Dieu, et mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Eternel ; car Dieu va montrer ta splendeur à toute la terre qui est sous le ciel ». Et Isaïe affirme que c’est là que se rassembleront toutes les nations quand viendra la fin de l’histoire humaine : « Le SEIGNEUR, le tout-puissant va donner, sur cette montagne, un festin pour tous les peuples, un festin de viandes grasses et de vins vieux, de viandes grasses succulentes et de vins vieux décantés. Il fera disparaître sur cette montagne le voile tendu sur tous les peuples, l’enduit plaqué sur toutes les nations. Il fera disparaître la mort pour toujours. Le SEIGNEUR Dieu essuiera les larmes sur tous les visages et dans tout le pays il enlèvera la honte de son peuple. Il l’a dit, lui, le SEIGNEUR. On dira ce jour-là : c’est lui notre Dieu, nous avons espéré en lui et il nous délivre. C’est le SEIGNEUR en qui nous avons espéré. Exultons, jubilons, puisqu’il nous sauve. » (Isaïe 25, 6).

commentaires sur la première lecture (Isaïe)

18 février, 2012

http://www.bible-service.net/site/432.html

commentaires sur la première lecture (Isaïe)

Isaïe 43,18-19.21-22.24-25

Dans la première lecture, le prophète Isaïe met dans la bouche de Dieu des paroles de fidélité à l’égard de l’engagement qu’il a pris envers son Peuple.  Dieu a aimé son peuple, il l’a éduqué patiemment ; et il n’y a pas d’amour authentique qui ne soit pas cohérent et donc fidèle à lui-même, quels que soient les péchés ou le manque de réciprocité de la personne aimée. Bien souvent le peuple a été infidèle, s’est tourné vers des idoles. Pire, le peuple est en exil, loin de sa terre, accablé. Mais le Seigneur ne l’abandonne pas. Il le fera revenir, le retour sera comme un nouvel exode. Dieu n’est pas rancunier : “ Je te pardonne tes révoltes – dit Dieu – à cause de moi-même, et je ne veux plus me souvenir de tes péchés. ”  “ À cause de moi-même ” : c’est là la cohérence absolue, qui fait que Dieu oublie même les offenses faites à son amour bafoué. Dieu ne libère pas son peuple pour le récompenser (de quoi ?). Il lui pardonne, il lui est fidèle “ à cause de lui ”. Voilà le socle de notre espérance !

« Un homme pauvre, méprisé » Ecclésiaste 9 :15

16 février, 2012

http://www.biible.fr/biible-share.jsp?url=http%3A%2F%2Fwww.croixsens.net%2Fjesus%2Fmeprise.php&title=Le+Seigneur+J%E9sus-Christ+sur+Croixsens.net+pour+une+nette+croissance

« Un homme pauvre, méprisé » Ecclésiaste 9 :15

En lisant le livre de l’Ecclésiaste avec attention, on trouve cette expression qui revient souvent, et qui est comme la clé du livre : « sous le soleil ».
En effet, le Saint Esprit ne considère ici que ce qui est « sous le soleil ». Il ne regarde rien au-delà de cette vie, ni félicité, ni malheur éternel. Une fois, il mentionne le « shéol », le lieu où vont les âmes après la mort, pour dire qu’il n’y a plus ce qui fait l’occupation de l’homme sur la terre, mais ne dit rien de ce qu’on y trouve. Il ne regarde pas plus loin que ce qui est « sous le soleil ». Le péché étant là, tout y est gâté, tout y est « vanité et poursuite du vent » (Ecc 2 :26).
Mais aussi, « sous le soleil », au milieu d’une telle scène, l’Ecclésiaste, qui était un sage, a trouvé une sagesse qui a été grande pour lui. Il dit :
« J’ai vu aussi cette sagesse sous le soleil et elle a été grande pour moi : il y avait une petite ville, et peu d’hommes dedans ; et un grand roi vint contre elle, et l’investit, et bâtit contre elle de grandes terrasses ; or il s’y trouva un homme pauvre et sage, qui délivra la ville par sa sagesse ; mais personne ne se souvint de cet homme pauvre. Et j’ai dit : Mieux vaut la sagesse que la force ; mais la sagesse du pauvre est méprisée, et ses paroles ne sont pas écoutées. Les paroles des sages sont écoutées dans la tranquillité plus que le cri de celui qui gouverne parmi les sots. Mieux vaut la sagesse que les instruments de guerre, et un seul pécheur détruit beaucoup de bien » (Ecc 9 :13-18).
Sous le soleil, où tout est vanité, la sagesse s’est vue, non dans ce qui est grand, ni dans ce qui est riche, mais chez un pauvre homme dont la sagesse a été plus puissante que les instruments de guerre.
Qui est ce pauvre méprisé ? Quel est cet oublié duquel personne ne se souvient, et dont les paroles ne sont pas écoutées ? Ne cherchons pas la réponse hors de la bonne Parole de Dieu. C’est elle qui répond à toutes les questions qui peuvent monter au coeur d’un homme, et voici ce qu’elle nous dit :
« Mais nous prêchons Christ crucifié, aux juifs occasion de chute, aux nations folie, mais à ceux qui sont appelés, et juifs et grecs, Christ la puissance de Dieu, et la sagesse de Dieu ; parce que la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et que la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes » (1 Corinthiens 1 :23-25).
« Il n’a ni forme, ni éclat ; quand nous le voyons, il n’a point d’apparence en lui pour nous le faire désirer. Il est méprisé et délaissé des hommes, hommes de douleurs, et sachant ce que c’est que la langueur, et comme quelqu’un de qui on cache sa face ; il est méprisé, et nous n’avons eu pour lui aucune estime » (Esaïe 53 :2-3).
« Je suis devenu un étranger à mes frères et un inconnu aux fils de ma mère » (Psaume 69 :8).
« Mais moi je suis un ver, et non point un homme, l’opprobre des hommes, et le méprisé du peuple » (Psaume 22 :6).
« Et moi je suis affligé et pauvre » (Psaume 40 :17).
« Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, comment, étant riche, il a vécu dans la pauvreté pour vous, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis » (2 Corinthiens 8 :9).
Ces quelques passages, et bien d’autres, que c’est du Seigneur Jésus qu’il est ainsi parlé. Il est « le pauvre » , « l’oublié », « le méprisé ». Il est encore cela aujourd’hui. Que fait-on de Lui, et qui écoute ses paroles ? Pourtant, Il parle comme jamais homme n’a parlé (Jean 7 :46).
Maintenant que nous connaissons « l’homme pauvre », il nous sera facile de désigner la petite ville. Puisque le Seigneur s’est trouvé en elle, il est évident que c’est Jérusalem. Petite, si on la compare aux grandes cités de ce monde, mais combien importante, vu qu’elle est la ville du grand Roi des rois.
C’est près de cette ville, sur le Calvaire, que s’est livrée la plus terrible lutte qui ait jamais eut lieu dans l’histoire du monde. Satan, ce grand roi, celui qui « gouverne parmi les sots », avec sa puissance, tous ses artifices, avec tous ses agents, s’est mis en guerre contre cette ville pour s’opposer au règne de Christ. Gigantesque conflit entre les ténèbres et la lumière, entre le mal et le bien, entre Satan et Christ ! Et le « pauvre », abandonné de tous, a remporté la victoire sur la croix, a délivré la ville, et triomphé de Satan et de la mort !
Qui comprendra jamais l’importance d’une telle victoire ? Quelle bénédiction sera répandue, dans peu de temps, sur le monde entier, quand Jérusalem sera à la tête des nations, quand elle sera un sujet de louange sur la terre, quand les nations verront sa justice et les rois de la terre sa gloire en Christ?
En attendant, et jusqu’à maintenant, les paroles du « pauvre » ne sont écoutées que d’un petit nombre. C’est dans la tranquillité, dans le recueillement qu’on les entend. Sa voix se fait entendre partout : c’est la voix de la sagesse ; mais qui l’écoute ? Bienheureux celui qui le fait ; il y trouve la vie et y acquiert faveur de la part de l’Eternel. Mais celui qui pèche contre Lui « fait tort à son âme, et tous ceux qui le haïssent aiment la mort. Avec Lui sont les richesses, les honneurs, les biens éclatants et la justice … les vrais biens » (Proverbes 8 :16-36).
Mais, hélas ! beaucoup préfèrent écouter « le cri de celui qui gouverne parmi les sots » (Ecc 9 :17), la voix même de Satan, qui est bruyante, folle ; voix qui se fait entendre partout, qui elle aussi appelle. Les insensés l’écoutent et ils ne savent pas qu’il y va de leur vie, que ceux qu’elle convie sont « dans les profondeurs du shéol ! » (Proverbes 9 :18).
Mieux vaut la sagesse que toute la puissance de Satan. Et un seul pécheur détruit, pour lui-même ; beaucoup de bien, se prive de bien des richesses et des fruits de la victoire de « l’homme pauvre ».
Cher lecteur, avez-vous considéré que « sous le soleil » tout est vanité ? Que le péché et Satan ont tout gâté ? Que dans un tel lieu, la « Sagesse », qui est Christ, a remporté la victoire sur le pire ennemi de l’homme ? Malgré le mépris dont on le couvre, sa voix s’adresse encore à vous, et veut votre bonheur ; écoutez-la, et fermez vos oreilles à la voix de celui qui, après avoir tout gâté sous le soleil, veut encore vous priver des richesses et des bénédictions qui sont dans le ciel.
Oh ! écoutez la voix de Celui qui s’est appauvri pour vous enrichir !

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Extrait du « Salut de Dieu » année 1921

La souffrance conteste une certaine image de Dieu

11 février, 2012

http://www.esprit-et-vie.com/breve.php3?id_breve=391

Jean-Louis Souletie

La souffrance conteste une certaine image de Dieu

Qui n’est pas confronté à l’énigme du mal, à l’angoisse devant la souffrance, au mystère de la mort ? Nous étouffons souvent, au fond de notre être, ces questions et nous laissons vivre en nous une certaine image de Dieu. Quand nous ne pouvons plus faire taire ces questions, l’image de Dieu que nous avons en nous est plus qu’interrogée. Un an après la tragédie des tsunamis, le P. Jean-Louis Souletie, théologien, nous aide à voir clair dans ces questions et dessine quelques traits du visage de Dieu, tel qu’il est révélé dans la Bible.
À la question de savoir si Dieu aurait pu empêcher les tsunamis et leurs victimes, il n’y a pas de réponse chrétienne. Aucune notion de Dieu ne correspond adéquatement à cette question en christianisme tant que l’on reste dans la justification de Dieu devant le mal. Car s’il l’avait pu, pourquoi ne l’a-t-il pas fait et est-il encore bon ? Et s’il ne l’avait pu, est-il encore Dieu, puissance de salut ? Ce dilemme est le propre de l’homme soumis à l’angoisse devant l’insensé, l’injustifiable qui le surprend et le pousse à interroger Dieu ou à décider qu’il n’existe pas. La foi discerne dans l’impossible réponse à cette question le chemin vers une clarté nouvelle qui n’interroge plus, mais reconnaît où est Dieu jusque dans le négatif de l’histoire et de la nature.
Les solutions dans l’histoire de la doctrine chrétienne ont été cherchées d’abord du côté d’un mal rival de Dieu (le manichéisme combattu par saint Augustin) puis du côté du mal lié à la structure de l’univers fini. On sait la solution de Teilhard de Chardin : « Le mal est un sous-produit inévitable, il apparaît comme une peine inséparable de la création [1] » comme ce désordre lié à la structure de l’univers. Dieu, selon le théologien, veut corriger cet appauvrissement par une volonté constante de salut de sa création qui ne laisse pas au mal le dernier mot. D’autre part, il conçoit la liberté humaine engagée contre le mal au côté de Dieu. Enfin, une solution a été cherchée du côté de la liberté de l’homme [2]. Bref, le mal physique comme celui des tsunamis, comporte un excès injustifiable qu’aucun Dieu ne vient justifier. Ni explication, ni interprétation ne convient ici. La révélation chrétienne fait entendre, dans l’ordre de la foi, comme en face de cet excès du mal, un autre excès que présente la folie de la croix.
L’irréductibilité du mal physique
Les tsunamis ont frappé en Asie du Sud-Est. Plus de deux cent mille morts. Un élan de générosité international et l’information médiatique se tait. Il ne reste que le silence et la souffrance des peuples victimes de ce cataclysme, des personnes et des familles qui sont altérées pour toujours, marquées par la mort innocente de leurs proches. Ces gens étaient au mauvais endroit au mauvais moment. Resurgit sans cesse l’énigme du mal, non plus celle d’un mal qui affecte l’homme coupable, mais celui qui altère l’homme souffrant. Se trouve posée ici, dans toute sa force de questionnement, l’irréductibilité du mal physique au mal moral. C’était d’ailleurs déjà le mensonge des amis de Job, dans la Bible, qui réduisaient la souffrance de Job à la faute (qu’il n’avait pas commise). Comme Abraham, Job souffre infiniment plus qu’il n’a fait souffrir. Dans le tsunami et quoiqu’il en soit des responsabilités des États et des scientifiques concernant la prévention de ce genre de catastrophe, l’épreuve du mal vient suspendre la morale (sans l’annuler) devant l’excès de souffrance produit par un tel événement.
La déliaison
Le mal vient d’abord surprendre l’homme en détruisant sa capacité à donner du sens à la vie, au monde, à l’histoire, à son identité. Il provoque une rupture du pacte symbolique qui assigne à chacun sa place dans le monde de la culture. Le temps semble s’arrêter. Il n’y a plus hier, ni demain, ni tout à l’heure. La vie ne semble pas avoir d’avenir ni le monde d’histoire. Le mal plonge dans l’instant où s’effondrent toutes les constructions du sujet pour soutenir son existence et pour s’inscrire dans une trajectoire cohérente. C’est alors la souffrance sans raison ni recours.
Délié de tout, le mal subi défie la compréhension et l’interprétation du monde et de la vie. Le mal vient alors déchirer toutes ces relations symboliques qui font l’humanité à travers ces liens qui la tissent. Et la réponse de solidarité internationale est à l’échelle de cette déliaison ; elle veut symboliquement remettre du lien là où toute relation a été dévastée par la souffrance. Face à l’énigme de cette violence destructrice de la symbolisation humaine, la réaction internationale réaffirme le lien qui unit toute l’humanité. C’est le même élan dans les réactions de la société civile aux prises d’otages, comme avec ces journalistes enlevés dont on affiche le portrait dans les capitales européennes et pour lesquels on signe des registres, on écrit des lettres, on rappelle à la radio par des voix médiatiques le lien qui unit chaque citoyen à eux qui sont victimes innocentes d’un mal qu’ils subissent.
La plainte, le récit et le silence
Aux premières heures de l’effroyable cataclysme, il y a la plainte des premiers témoins, les pleurs et les cris : « C’est effroyable » inlassablement répétés à travers ces paroles suffoquées. « Comment dire l’indicible ? », écrivait Primo Levi à propos des camps de la mort dans Si c’est un homme. Comment mettre en ordre des paroles quand nous submergent la peur, la fatigue, la mort, les cris, la solitude ? Pour les victimes des raz-de-marée en Asie, comment raconter la souffrance qu’apporte l’absence de ceux que la mer vient d’emporter sous leurs yeux, la blessure physique qui déchire leur chair pour toujours ? Les caméras des télévisions sont venues et elles ont enregistré les premiers témoignages encore remplis de la plainte devant l’horreur. Elles ont rendu compte et décrit la situation avec tout l’excès et le réalisme de ces paroles qui n’ont pas encore trouvé le chemin du récit. Avant de se taire bientôt, chassées par une actualité mondiale toujours nouvelle. Des articles viendront lentement par la suite pour raconter ce qui s’est passé. Des interviews tenteront un récit, des reportages aussi.
Pour vivre confronté à la souffrance, jaillit un besoin de récit mais celui-ci est long à venir car il y faut beaucoup d’artifice pour remettre de la cohérence dans des propos pleins de mal et de peur. Le récit vient réaliser comme une synthèse du temps. Il permet au narrateur de retrouver son identité. Il peut alors se réinsérer dans une histoire avec des personnages d’avant, d’aujourd’hui et de demain, la famille, des amis, des proches disparus ou heureusement retrouvés ou restés au loin. Après l’instant de l’horreur qui délie toute histoire vient le temps du récit, le temps commun de la préoccupation quotidienne où le lien se reforme entre les humains altérés pour toujours par le mal. Si pour de nombreux souffrants du mal innocents le récit a été une voie de salut, ainsi que le relate Sarah Kofman à propos des camps de la mort dans Paroles suffoquées [3], dans le moment où surgit la souffrance, le mal ne peut se raconter.
L’homme qui souffre voit le temps suspendu : nul avenir, disparition du passé et éternel recommencement de la souffrance. Nul avenir autre que la souffrance pour celui qui souffre comme Job. « Ce qui a été, sera ; et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera » (Qo 1, 9) et « Le Seigneur a fermé de toutes parts le sentier que je suivais et je ne puis plus passer » (Jb 29, 8). Souffrir, c’est semble-t-il souffrir sans fin. La mort elle-même apparaît comme la dernière possibilité. À Auschwitz, rappelle J. Améry, « nous n’avions pas peur de la mort alors même que des humains mouraient partout, mais la figure de la mort avait disparu [4] ». « L’enfer, commente J. Porée, n’a pas par hasard été conçu comme le lieu de la damnation éternelle. Plus impossible que la mort est l’impossibilité de mourir. À l’homme qui souffre, la mort n’apparaît pas comme la première possibilité mais comme la dernière possibilité. En destituant l’avenir de sa fonction constitutive, le mal destitue la mort de sa signification définitive [5]. »
Les ressources vives du sujet souffrant
Devant les énigmes du tourment injuste et innocent, l’être humain est saisi par la souffrance qui le prend tout entier en ignorant la séparation entre la matière et l’esprit. Le livre de Job mêle la description de la chair malade du serviteur de Dieu et les détresses de son cœur. Les prisonniers des camps de la mort parlent ainsi, identifiant leur douleur et leur corps, leur identité et leur corps : « Je suis deux pieds qui traînent l’un après l’autre et une tête qui pend… Je tomberai ou je ne tomberai pas ; si je tombe c’est le corps qui aura décidé. Moi, je ne sais pas. Ce que je sais c’est que je ne peux plus marcher, et je marche [6]… » Il arrive une étonnante proximité entre le dehors et le dedans, entre la présence à soi intérieure et la réalité extérieure qui fait souffrir. Mais dans cette description qui semble diminuer l’homme jusqu’à ce qu’il soit un automate, il ne semble pourtant pas que le sujet soit réduit à une chose. La souffrance ne détruit donc pas la liberté mais l’introduit dans une expérience paroxystique en la mettant au contact de ce qui n’est pas elle. Certains souffrent et font souffrir ; d’autres qui souffrent aussi s’ouvrent à la souffrance d’autrui, comme en témoignent les expériences limites de l’univers concentrationnaire.
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[1] Les directions de l’avenir, Œuvres t. XI, Paris, Éd du Seuil, 1973, p. 212.
[2] P. Ricœur, L’homme faillible. Finitude et culpabilité I, Paris, Éd. Aubier, 1960.
[3] Paris, Éd. Galilée, 1987, cité par Jérôme Porée, Le mal. Homme coupable, homme souffrant, Paris, Éd. Armand Colin, 2000.
[4] Par-delà le crime et le châtiment, Paris, Éd. Actes Sud, 1995, p. 45.
[5] Jérôme Porée, Le mal. Homme coupable, homme souffrant, Paris, Éd. Armand Colin, 2000, p. 152-153.
[6] R. Antelme, L’espèce humaine, Paris, Éd. Gallimard, 1957, p. 247.

SBF La Parole de Dieu: De la lecture liturgique à la lecture personnelle de l’Ecriture (Frédéric Manns, ofm)

11 février, 2012

http://www.custodiaterrasanta.com/SBF-La-Parole-de-Dieu-De-la.html

SBF La Parole de Dieu: De la lecture liturgique à la lecture personnelle de l’Ecriture

10/01/2009

La communauté de Taizé a décidé de faire imprimer et de distribuer un million de Bibles en chinois pendant l’année 2009. Fr. Alois Loser, le prieur de la communauté, a diffusé cette nouvelle le 28 décembre lors de la clôture de la 31° assemblée européenne des jeunes. C’est la version du Studium Biblicum Franciscanum de Hong Kong qui sera imprimée. C’est là sans doute un des fruits du synode sur l’Ecriture qui nous encourage à reprendre notre réflexion sur la Parole de Dieu.

Index:
Dieu se révèle à l’homme
L’Église des premiers siècles lit la Bible
Quelques grands interprètes de la Bible
La “lectio divina” naît dans les monastères
La Bible imprimée : chrétiens et protestants se divisent
Un défi pour le futur : Lire la Bible en Église

Le christianisme n’est pas une religion du Livre, mais une religion de la révélation de Dieu, un Dieu qui parle et fait alliance avec les hommes. C’est cependant grâce au texte que le chrétien entre en relation avec Dieu, un Dieu qui s’intéresse à l’histoire des hommes.
L’Evangile de Luc se conclut sur la scène des disciples d’Emmaüs. Deux hommes quittent Jérusalem après la mort de Jésus et rentrent chez eux. Ils sont déçus parce qu’ils espéraient que Jésus serait celui qui délivrerait Israël des Romains. Jésus les rejoint sur la route et « ouvrit pour eux les Ecritures ». Il explique, commente et interprète. Jésus part de Moïse, des prophètes et des autres écrits. L’exégète est Jésus, Dieu fait homme, mort et ressuscité.
Dans la suite du récit, les deux hommes font halte au village d’Emmaüs. Jésus prend le pain et le distribue. « Alors, leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent », dit Luc. En d’autres mots l’eucharistie est le haut lieu de réception et de compréhension des Ecritures. Le Livre est une nourriture. Il renferme la parole, une parole appelée à s’épanouir à l’intérieur des esprits et des corps.
Le principe d’interprétation du texte ne doit pas dépendre seulement de la critique historique ou de la subjectivité de l’interprète. Il doit s’ancrer dans la tradition de l’Eglise. C’est la lecture christologique qui rend raison de la richesse de l’Ecriture. Sinon le lecteur risque de tomber dans l’arbitraire subjectif ou dans le fanatisme fondamentaliste.
Vatican II a relié fortement la Bible, la parole de Dieu, la tradition et le magistère : l’Eglise reconnaît ainsi qu’il y a une source unique, la révélation de Dieu, qui passe à travers des canaux multiples, qu’on ne peut isoler les uns des autres. C’est pourquoi l’Eglise encourage à lire et à méditer la parole de Dieu, comme l’a fait le dernier synode des évêques à Rome, en octobre. La Bible est sur la place publique. Il ne faut pas la séparer de sa source, qui est le Dieu vivant. Il faut la recevoir pour la mettre en pratique.

L’Église des premiers siècles lit la Bible
Aux premiers siècles de notre ère, pour les communautés chrétiennes naissantes, les « Ecritures » désignent la Bible hébraïque et il n’est pas question de leur adjoindre un deuxième livre.
Des écrits sur Jésus apparaissent très tôt. Les lettres de l’apôtre Paul sont les textes les plus anciens. L’ancien persécuteur des chrétiens se met à proclamer le kérygme : « Le Christ est mort pour nous et il est ressuscité pour notre justification ». Celui qui reçoit le baptême obtient le pardon de ses péchés. Paul avait cependant mis en garde les chrétiens de Corinthe: « La lettre tue, l’esprit vivifie ».
Les quatre Evangiles furent rédigés après avoir connu une période de tradition orale. Leur origine est liturgique. Mais le noyau de ces écrits accompagnant les enseignements itinérants des apôtres et des prophètes, n’est que l’ombre portée de l’événement fondateur: la mort et la résurrection de Jésus.
Pour les jeunes Eglises chrétiennes, la question de la sélection des témoignages les plus fiables sur Jésus émerge seulement au courant du IIe siècle, quand l’éclatement doctrinal se profile. La montée en puissance du christianisme sur le pourtour méditerranéen s’accompagne en effet d’une floraison de doctrines entâchées par des philosophies ésotériques venues de Grèce, d’Iran ou d’Egypte, comme la gnose – un mot grec signifiant « connaissance ».
En quelques décennies, les courants gnostiques déferlent sur le christianisme oriental. Ils se caractérisent par une opposition entre le monde matériel, voué à la perdition, et le monde spirituel, objet d’une connaissance supérieure et réservé à une petite élite. Pour les désavouer, Irénée de Lyon recourt, à la fin du IIe siècle, à la notion de « tradition »: est considéré comme vrai ce qui a été reçu directement des apôtres et conservé intact dans les Eglises fondées par les apôtres, en particulier celle de Rome.
Irénée de Lyon fait ainsi remonter les quatre Evangiles à des apôtres directs (Matthieu et Jean) ou à leurs compagnons (Marc et Luc) et montre que les quatre textes proclament différemment la même chose. Le quatuor sonne juste, sans dissonance. Pourquoi quatre? Parce qu’il y a quatre points cardinaux, répond, imperturbable, Irénée. La réponse ne convainc visiblement pas des chrétiens qui manipulent, à cette époque, près d’une quinzaine d’Evangiles. Citons le célèbre Evangile de Thomas, déterré en Egypte en 1945 et titré « Paroles cachées de Jésus écrites par Thomas ».

Quelques grands interprètes de la Bible
C’est dans ce contexte polémique que s’impose la nécessité d’opérer un tri et de déterminer une règle qui définit les textes lui appartenant de droit. Ainsi naît l’idée d’un canon des Ecritures. Loin des bibliothèques gnostiques, les écrits chrétiens sont d’abord des paroles proclamées, à des fins d’enseignement ou de célébration.
Les siècles suivants vont alors faire apparaître un nouveau personnage, banal pour nous modernes, mais révolutionnaire pour l’Antiquité tardive: le lecteur privé des Ecritures.
Origène, à Césarée maritime, établit la première école biblique. Après avoir résout les problèmes de critique textuelle, il écrit ses commentaires allégoriques dont certains se rapprochent du midrash juif. A Bethléhem Jérôme traduit la Bible en latin, la Vulgate, et revient au texte hébreu, alors qu’Augustin d’Hippone préférait la traduction grecque des Septante.
Augustin qui vit à Milan est en recherche de la vérité. Déçu de tout, lassé des philosophes et de leurs contradictions, il se rend à l’église pour entendre les sermons de l’évêque Ambroise. Fasciné par cet homme pieux, Augustin se glisse ensuite dans son bureau, dont la porte est toujours ouverte. Et là, Ambroise, qui ne pensait pas être vu, lit un livre à voix basse. Pourquoi cette scène bouleverse-t-elle à ce point Augustin ? Simplement parce qu’elle le fait basculer dans un monde neuf, qui est encore aujourd’hui le nôtre: celui du livre comme compagnon intime, miroir de l’âme et ami de la solitude. La Bible chrétienne, dont les contours commencent alors à se dessiner, est le premier livre à jouer ce rôle en Occident. Le monde gréco-romain était un monde d’orateurs, formé à l’art de la rhétorique; le monde chrétien va devenir un monde de lecteurs. Le livre devient le lieu même où se joue la vie spirituelle.
La “lectio divina” naît dans les monastères
C’est du côté des premiers moines, au Ve siècle, que la pratique de la lectio divina, ou « lecture des textes divins », va se répandre, au point de devenir l’un des piliers de la vie monastique, avec le travail manuel et la prière du choeur. D’abord liturgique et public, le rapport au livre devient personnel. Il s’agit de lire la Bible comme une parole qui m’est adressée, à moi et à nul autre, à l’instant même où je la lis. Devenu un manuscrit copié à la plume d’oie dans le silence du scriptorium, le livre n’est plus une simple suite de propositions dédiées à l’enseignement, mais le lieu même où la vie spirituelle se joue. Dans les hermitages de Cappadoce les moines apprennent par cœur les Psaumes et les Evangiles pour les ruminer jour et nuit. Dans le désert de Juda Cariton, Sabbas et Eythyme fondent des laures où les moines travaillent et méditent les Ecritures durant la semaine et se retrouvent pour la liturgie dominicale.
A la fin du XIIe siècle, le prieur de la grande Chartreuse Guigues II fait de la lecture silencieuse le « premier barreau de l’échelle qui monte au ciel ». Il rédige en 1150 L’Echelle du moine, où il distingue quatre étapes dans la vie du moine : lecture, méditation, prière et contemplation. La lecture signifie cependant la recherche du sens littéral du texte.
Plus tard, François d’Assise veut que l’Evangile vécu au quotidien soit l’unique règle des Frères Mineurs, ce qui exige une méditation constante des saintes Ecritures. L’Institution du tiers ordre pour les laïcs met à la disposition du peuple chrétien les Evangiles. Mais les livres sont chers. Jusqu’à la Renaissance, la Bible existe principalement pour les clercs des monastères et des universités. Pour le peuple, elle se transmet par la liturgie qui la met en scène, la prédication qui l’explique et l’art qui la représente. Ainsi, les cathédrales avec leurs sculptures colorées, sont une Bible de pierre.
La lecture monastique commence cependant à ébranler la pierre des cathédrales. Peu à peu, la relation personnelle au livre saint remet en question les intermédiaires institutionnels. Une brèche apparaît, dans laquelle entreront au XVIe siècle les mouvements de réforme de l’Eglise.

La Bible imprimée : chrétiens et protestants se divisent
Le premier livre à sortir des presses de Gutenberg à Strasbourg en 1455 est la Bible. Gutenberg préfère imprimer sur papier plutôt que sur parchemin, ce qui lui permet d’abaisser considérablement le poids du livre. La technique devient ainsi l’alliée des humanistes et des réformés, pareillement soucieux de démocratiser l’accès à la Bible, en l’arrachant à la prédiction et à la liturgie. Malgré tout la Bible reste coûteuse et volumineuse. Cependant, la révolution est en marche. Elle fera du livre saint un objet malléable, offert à toutes les lectures et à toutes les interprétations.
« Sola fides » s’écrie alors Luther, court-circuitant la hiérarchie ecclésiale et son clergé. Pour le moine allemand la foi à l’intérieur du coeur ne doit avoir pour seul répondant, à l’extérieur, que le livre saint, lisible par tous.
Joignant le geste à la parole, l’initiateur de la Réforme traduit la Bible latine dans une langue allemande encore en formation, mais qu’il veut la plus proche possible de celle qui est utilisée par le peuple. Il poursuit ainsi un mouvement inauguré aux XIIe et XIIIe siècles, avec les premières traductions de la Bible en français. A l’époque, leur diffusion n’avait pas dépassé le cercle des familles royales. Cette fois, par l’imprimerie, le mouvement s’accélère et le public s’élargit.
Mais cette Bible des humanistes et des réformés n’est sans doute qu’un rêve: celui d’un accès simple et direct à une Parole divine qui illuminerait le lecteur aussitôt qu’il la découvrirait. Eloignée d’une lecture spirituelle qui dissimulait ses aspérités, la Bible apparaît à l’époque moderne comme un texte embarrassant: les contradictions historiques sautent aux yeux des fins lettrés que sont Baruch Spinoza (1632-1677) et surtout Richard Simon (1638-1712), auteur du grand ouvrage Histoire critique du Vieux Testament (1678). Simon, prêtre catholique, compare les différentes versions disponibles, révise les traductions et discute l’attribution des premiers textes de la Bible à Moïse. Il entend cependant laisser l’Ecriture à sa dimension divine, limitant l’objet et la portée de sa critique savante.

Un défi pour le futur : Lire la Bible en Église
Les mutations que le rapport au livre saint a connues au cours des siècles ne sont donc pas pour autant des fractures. Avec Internet commence une nouvelle mutation : la Bible est maintenant à la disposition de tous les navigateurs en toutes les langues du monde et avec des centaines de commentaires. C’est maintenant la lecture personnelle qui renvoie à une lecture plus communautaire. La dialectique poursuit son chemin : dans un premier temps de la lecture collective à la lecture personnelle, puis de la lecture personnelle à la lecture communautaire. Pour le chrétien de 2009, il s’agit plutôt d’intégrer sans les opposer ces trois usages du livre qui en ont bouleversé la réception: la lecture collective, la lecture personnelle et la lecture critique. Le recours à la lectio divina prôné par le synode devrait permettre de réaliser ce défi. Vatican II a rappelé que la hiérarchie institutionnelle est soumise à la parole de Dieu qui la jugera.
L’Orient a soif aujourd’hui de la parole de Dieu. La Bible qui est une vraie nourriture sera capable d’apaiser la faim des populations chinoises et asiatiques grâce à la générosité de la communauté de Taizé. L’Esprit qui parle au cœur des lecteurs leur permettra de saisir la richesse de la parole de Dieu. Les communautés chrétiennes auront pour tâche d’expliquer le texte millénaire qui est parole de Dieu pour aujourd’hui.

Frédéric Manns, ofm

Uniquement pour l’amour (Traduction Google)

6 février, 2012

http://www.stpauls.it/madre/1003md/1003md01.htm

MARIANO DE LA MENSUELLE EN LIGNE: LA MÈRE DE DIEU

Éditorial Mars 3, 2010

de MADI DRELLO

(Traduction Google)

Uniquement pour l’amour

«L’homme juste qui vit par la foi est semblable à une vigne chargée de raisins: étend autour de lui le parfum de ses vertus et l’abondance de ses œuvres. » C’est ainsi que le Curé d’Ars, en pensant aux innombrables personnes dans la vie sainte de l’Église, mais cette définition semble particulièrement adaptée pour Saint-Joseph, homme de Dieu qui était en mesure de répondre avec générosité à l’Ange du Seigneur.

Le calme. Peut-être qu’il a raison dans le silence, l’obscurité, sa grandeur, ce qui suggère un arbre en hiver, apparemment sec et aride, mais intérieurement vivante et active dans la préparation des fruits de l’été. Jean-Paul II, comme il a souligné sa capacité contemplative: « ., Mais vous permettra de découvrir dans ses actions, enseveli dans le silence, une aura de contemplation profonde » « Les Evangiles parlent exclusivement de ce que Joseph » a fait

Et c’est précisément l’absence de mots qui vient un « éloquence », qui le met en contact avec son Seigneur et lui permettant d’agir comme vous l’indiquez. Bien sûr, cela est une ordonnance qui vient, le mystère, mais ce qui est plus grand que sa façon à ce que soutient et est liée à celle de Marie, sa fiancée!

Le rêveur. Quatre fois Dieu lui parle dans les rêves et Joseph, le rêveur, même si choqué et hésitant, ne demande pas d’explications, peut reconnaître les mots qui viennent d’en haut, les accepte et que vous commencez avec détermination sur le chemin que le Seigneur a toujours été chemin pour lui, peut-être pas au courant de combien il était important d’être sa disponibilité dans l’histoire du salut. Est tout simplement en harmonie avec le Tout-Puissant, qui a conduit son peuple vers la Terre promise; s’insérer dans les rêves de Dieu, parce qu’il a appris dans sa vie de Juif pieux pour ne pas craindre les grandes choses qui peuvent arriver à plus petite. Rêver seul peut être une illusion, mais rêver en compagnie de l’Eternel est le commencement d’une réalité extraordinaire.

Le père. « Il a été choisi par le Père comme un gardien fidèle de la nutrition et de ses plus grands trésors, son fils et son épouse, et de réaliser cette tâche avec la plus grande diligence. » Saint Bernardin de Sienne est d’indiquer l’élection spéciale de Joseph, ajoutant qu’en effet, Dieu a accordé tous les dons nécessaires à sa mission. Il est sans doute la présence de Dieu en lui, mais cette force intérieure ne limite pas la taille d’un homme qui a su vaincre la peur, de plus en vrai père de Jésus, même si elle est un parent. Fondamentalement Joseph a choisi l’amour au lieu de la production, accomplissant ainsi la promesse ancienne.

Le droit. Joseph est un jeune homme au cœur pur et un grand amour, mais c’est aussi un homme courageux qui risque d’être humiliés publiquement, et pourtant qui prend les décisions qu’il estime juste, après tout, en dépit de ne pas comprendre, repose sur une impulsion avec le Mystère. En lui, la conscience de Juif selon la loi entre en conflit avec le plus profond de la justice, y compris celle de la bonté, de la foi mûre, la vraie charité. Dans son histoire est confirmé par les mots de Simone Weil: «La vie du croyant en lui, c’est compréhensible que si il ya quelque chose d’incompréhensible. »

Madi Drello

ROMAINS – Le Seigneur est notre justice

25 janvier, 2012

http://www.waters-of-life.net/index.php?n=French.BkNt06RoCh045

ROMAINS – Le Seigneur est notre justice

Etudes de l`épître de Paul aux Romains

PARTIE 1 – La justice divine condamne tous les pecheurs et elle justifie et sanctifie tous ceux qui croient en Jésus-Christ (Romains 1:18 – 8:39)
D – La puissance de Dieu nous libère de la puissance du péché (Romains 6:1 – 8:27)
8. Les trois gémissements uniques (Romains 8:18-27)

ROMAINS 8:18-22
18 J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. 19 Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. 20 Car la création a été soumise à la vanité, -non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise, – 21 avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. 22 Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement.
Paul ne fut pas satisfait par sa foi et son amour pour Dieu, mais il alla à plus que cela, à notre espérance en Dieu. Attends-tu l’apparition de la gloire de Dieu? Est-ce cela le but de ta vie? Ne te sois pas satisfait que de résoudre tes petits problèmes, parce que le but de Dieu est la rédemption du monde entier. Attend le plus grand don de Dieu qui consiste en le renouvellement de toute la création.
Les animaux souffrent, et l’herbe disparaît. Et malheur à l’homme qui entraîne des souffrances pour le bétail. As-tu remarqué comment les yeux des animaux se ferment et s’enveloppent de la tristesse? Cela arrive parce qu’elles sont éphémères, et leur manque de la joie, ainsi les signes de la solitude et de la détresse apparaissent sur elles. Les animaux sont tous impatients à l’apparition de la gloire des fils de Dieu, parce que lors de la venue du Seigneur ses enfants nés de son Esprit et seront libérés du corps de leur souffrance, et sa gloire paraît en eux. Et puis, toutes les créatures survivent aussi. A ce moment, aucun animal ne sera rétif, aucun moustique ne pique un homme endormi, parce que le Christ nous a promis une totale paix sur la terre qui sera réalisé par la seconde venue du Christ avec tous ses saints et ses anges. L’attends-tu avec impatience?
La nature souffre depuis la chute de l’homme dans le péché, parce que la fonction de l’homme, et tout ce qui est sous son autorité, a été corrompu par sa corruption. Paul explique ce fait pour nous, en comparant la nature à une mère qui souffre sous la peine de l’accouchement jusqu’à ce que le Fils de Dieu vienne à nous, car il souffre avec nous et avec tous les animaux. Il veut venir le plus tôt possible pour le salut de tous.

ROMAINS 8:23-25
23 Et ce n’est pas elle seulement; mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. 24 Car c’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance: ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore? 25 Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.
Les Fils de Dieu gémissent dans ce monde par la puissance de l’Esprit du Seigneur dans leur for intérieur, en demandant l’accomplissement de leur filiation. Nous avons été rachetés par la foi, mais nous serons rachetés complètement. Nous tenons aujourd’hui une partie de la perfection en nous, mais nous nous attendons à la perfection complète. L’espérance certaine et la reconnaissance d’avance pour la gloire à venir sont les caractéristiques fondamentales de la vie spirituelle en nous. Nous ne soupirons pas après l’or et la convoitise, mais nous voulons apercevoir Dieu le Père et le Fils et l’Esprit Saint. Aspires-tu à voir ton Père? Attends-tu la communion du Christ ton rédempteur? N’oubliez pas que ton corps mortel se brûlera dans la présence de la splendeur de Dieu, et tu deviendras une lumière éternelle dans sa lumière. Cela est le désir des saints, parce que leur vie couverte en Dieu apparaîtra bientôt. Elle ne remplit pas le cœur seulement, mais leur corps tourmentés, malades et mortels seront aussi changés et glorifiés. Nous avons tous besoin beaucoup de patience et de protection en attendant sur cette terre, parce que la technologie et la science tentent de briser notre espérance par la création d’un paradis éphémère dans ce monde précaire. Le Saint-Esprit seul est les arrhes de la gloire à venir.

ROMAINS 8:26-27
26 De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables; 27 et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints.
L’Esprit Saint lui-même souffre dans nos corps faibles, et déplore sur notre incapacité, et souffre à cause de nos prières avares, et gémit à cause de nos connaissances incomplètes, et se rend attristé à cause de notre amour limité, et s’étonne à cause de notre force souffrante. L’esprit de Dieu lui-même prie et intercède en faveur des croyants, même s’ils ne prient pas. Il intercède en leur faveur par des soupires spirituels conformément à la prière du Seigneur, qui est la prière du Saint-Esprit elle-même. Soumis-toi à l’école de cette prière, et tu seras libéré de ta prière égoïste et poussé par une tempête de reconnaissance et de supplication pour le bien de l’amour. Tu prieras avec sagesse et plaisir et force, parce que c’est l’Esprit du Seigneur qui prie en toi, jour et nuit, pour sauver l’univers entier. Quand seras-tu impliqué dans sa supplication au Père céleste, en priant et rendant grâce de tout ton cœur?

PRIERE:
Père Saint, pardonne-nous nos prières paresseuses et égoïstes, et guide-nous à sanctifier ton saint nom, afin de glorifier la rédemption du Christ avec toute notre existence, et nous travaillons humblement dans la puissance de ton Esprit. Enseigne-nous, ô Seigneur, à réaliser l’espérance de l’Esprit et à prier comme il le veut, et à désirer ta présence et la venue de ton Fils dans une grande gloire, afin que toute la création survive avec tous ceux qui vivent avec l’espérance dans notre pays.

SCANDALE E FOLIE

18 janvier, 2012

http://www.spiritualite2000.com/page-805.php

SCANDALE E FOLIE

Septembre 2003

Jacques Sylvestre, o.p.

Année B. La Croix Glorieuse 14 septembre 2003

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 3, 16-17

Nul n’est monté au ciel hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est au ciel. Comme Moïse éleva le serpent au désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme afin que tout homme qui croit ait par lui la vie éternelle. Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.

Commentaire :
Paul écrivait aux Philippiens : « Je vous en conjure par tout ce qu’il peut y avoir d’appel pressant dans le Christ, de persuasion dans l’Amour, de communion dans l’Esprit, de tendresse compatissante, mettez le comble à ma joie par l’accord de vos sentiments… Ayez entre vous les mêmes sentiments qui furent dans le Christ Jésus : Lui de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort et à la mort sur une croix ! Aussi Dieu l’a-t-il exalté et lui a t–il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu’il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » (Phil. 2 : 1-11) Le même Paul confiait aux chrétiens de Galates : « Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ qui a fait du monde un crucifié pour moi et de moi un crucifié pour le monde. » (Ga 5 : 14)
Pareille exultation ne permet pas d’oublier que l’apôtre vivait malgré tout dans un environnement hostile à la croix de Jésus : « Devenez à l’envi mes imitateurs et fixez vos regards sur ceux qui se conduisent comme vous en avez en nous un exemple. Car il en est beaucoup, je vous l’ai dit souvent et vous le redis aujourd’hui avec larmes, qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Leur fin sera la perdition ; ils ont pour dieux leur ventre et mettent leur gloire dans leur honte. Ils n’apprécient que les choses de la terre. Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux, d’où nous attendons ardemment comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ, qui transformera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire, avec cette force qu’il a de pouvoir se soumettre tout l’Univers. » (Phil. 3 : 17-19) Aux Corinthiens, après l’expérience décevante de l’agora d’Athènes (Ac. 17 : 23 +), Paul partageait ses craintes : « Le Christ ne m’a pas envoyé baptiser, mais annoncer l’Évangile, mais sans recourir à la sagesse du langage, pour que ne soit pas réduite à néant la croix du Christ. Le langage de la croix est en effet folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu…
Puisque le monde, par le moyen de la sagesse, n’a point reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie du message qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants. Oui, tandis que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse, nous prêchons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, Juifs comme Grecs, c’est le Christ puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. » (1 Cos. 1 : 17-25)
Ainsi s’est accompli la mission de Jésus : « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour le monde soit sauvé par lui. » Mais notre univers chrétien fait peu à peu disparaître toute trace de mort, et celle du Christ sur la croix n’échappe point à ce bûché. Seuls nos clochers en proclament encore la réalité et non moins les innombrables croix de nos cimetières. Qui pourrait en effet s’opposer à la substitution du Christ en croix par le Christ ressuscité et montant au ciel ? Le malheur est que nous oublions le prix payé pour ce salut et que loin d’améliorer notre situation, le nombre de victimes de la violence et des passions humaines ne cessent d’augmenter. Encore, si cela était de nature à nous convaincre de partager la foi de l’apôtre Paul : « Je trouve ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps qui est l’Église. » (Col. 1 : 24)
Une moniale demandait un jour le pourquoi de ces grandes croix dépouillées du corps du Christ, le « corpus «. « Pour rappeler à chacun, lui fut-il répondu, la dure réalité à laquelle sont confrontés ceux et celles qui ne croient plus à la croix du Christ venu non pour condamner l’homme mais le sauver. » Ce qui était folie pour les Grecs et scandale pour les Juifs le demeure plus que jamais pour les hommes de notre temps : « Ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. »
Croix de clocher, croix de cimetières, croix de nos maisons, croix de tempérance dans nos églises, elle demeure glorieuse cette croix malgré son ignominie, car elle est signe incontestable de la victoire remportée par Jésus au nom de toute l’humanité. « Par ce signe tu vaincras ! » avait, selon la légende, entendu Vercingétorix à la veille d’une bataille, ce qui l’avait amené à la conversion.

Le Serviteur verra une descendance (Is 52,13 – 55,13)

10 janvier, 2012

http://www.bible-service.net/site/777.html

Le Serviteur verra une descendance (Is 52,13 – 55,13)

Le Serviteur sera haut placé

La manière dont Dieu décrit le sort de  » son serviteur  » au v. 52,13 ( » il sera haut placé, élevé, exalté « ) ne peut pas manquer de surprendre le lecteur. En effet, les adjectifs  » haut « ,  » élevé  » et  » exalté  » (ram et nisa’) avaient été utilisés pour dénoncer l’orgueil des chefs qui se glorifient eux-mêmes (2,12-15) dans l’oubli du seul vrai Roi qui apparaissait au voyant dans le temple assis sur un trône  » haut  » et  » élevé  » (6,1).
La surprise du lecteur correspond d’ailleurs à celle des foules d’abord horrifiées (52,14) puis émerveillées (52,15). Or la méprise des foules au sujet du serviteur vient de ce qu’elles jugent l’homme à son apparence. Tout ceci rappelle en fait le récit de l’onction de David par le prophète Samuel. Ce dernier, voyant Éliav et sa  » haute  » taille, le prend pour le messie de YHWH, mais Dieu lui dit :  » Ne considère pas son apparence ni sa haute taille… les hommes voient ce qui saute aux yeux mais YHWH voit le cœur  » (2 Sm 16,7). Le parallèle entre l’élection de David et l’exaltation du serviteur s’enrichit encore d’un détail lexical. Le mot étrange qui sert à décrire l’apparence du serviteur ( » une corruption  » d’homme : mishha) est très proche en hébreu de celui par lequel Samuel, dans son erreur, qualifie Éliav :  » le messie – mashiah – de YHWH  » (1 Sm 16,6). Le rédacteur a donc une nouvelle fois recours à l’ironie pour battre en brèche le credo messianique traditionnel : YHWH en la matière fait du neuf et les rois en restent bouche close !

Le fondateur d’une nouvelle dynastie
C’est alors que le groupe du  » nous  » entre en scène, confessant lui aussi sa méprise :  » Il avait ni aspect, ni prestance tels que nous le remarquions, ni apparence telle que nous le recherchions  » (53,2). Pourtant  » racine sortant d’une terre aride « , le serviteur ne rappelle-t-il pas la  » racine de Jessé qui sera érigée, en ce jour-là, en étendard des peuples  » (11,10) ? En outre, comme le rejeton de Jessé, le Serviteur fait resplendir la justice.
Son sort évoque aussi celui d’Ézéchias lors de sa maladie : comme lui, il est  » rejeté par sa génération « ,  » retranché de la terre des vivants  » (53,8 cf. 38,11). Mais tandis qu’Ézéchias était surtout préoccupé de son sort et de celui de sa descendance, le serviteur porte celui du peuple. À cet égard, il est éclairant de lire le chant en regard de la diatribe qui ouvre le livre (1,1-9) :  » maladie « ,  » blessure « ,  » péché « ,  » révolte « , tous les maux du peuple énumérés dans cette diatribe sont maintenant endossés par le serviteur. Pourtant il ne se trouve en lui ni cette  » violence  » si caractéristique des fils d’Adam (Gn 6,11-13), ni la  » fraude  » dont font preuve Jacob et ses fils (Gn 27,35 ; 34,13).
C’est pourquoi, contrairement à ce qui arrive à Ézéchias, figure royale imparfaite, le serviteur se voit assurer par Dieu non seulement  » une prolongation de ses jours  » mais aussi  » une descendance « . Les fondements d’une nouvelle dynastie sont ainsi posés en remplacement de la dynastie davidique incapable de mettre en œuvre le plan de YHWH.

Sion et les fils-serviteurs
Sion est invitée à accueillir cette nouvelle dynastie dans la joie (54,1). Ézéchias se lamentait, comparant Jérusalem assiégée à une femme en travail :  » Des fils se présentent à la sortie du sein maternel et il n’y a pas de force pour enfanter  » (37,3). Le groupe du  » nous  » confessait :  » Nous avons été dans les douleurs mais nous avons enfanté du vent  » (26,18). Ici,  » celle qui n’a pas enfanté… qui n’a pas été dans les douleurs  » est invitée à accueillir  » une descendance  » si nombreuse qu’elle doit  » élargir l’espace de sa tente et distendre les toiles de ses demeures « .
La paire  » tente, demeure  » évoque l’époque précédant la construction du premier temple à propos de laquelle YHWH déclarait par la bouche du prophète Nathan :  » Est-ce toi qui me bâtiras une maison pour que j’y habite ?… jusqu’à ce jour, j’ai cheminé sous une tente et à l’abri d’une demeure  » (2 Sm 7,6). La situation est ici la même que lorsque Nathan rendit visite à David : on parle certes de construire (54,12), mais ce qui compte c’est d’abord d’établir une maison de chair, une dynastie.
Comme au ch. 50, YHWH se présente comme l’époux de Sion : un temps il l’avait abandonnée, mais il veut maintenant renouveler son alliance avec elle. Il est le père de ses fils et, paradoxalement, ces  » fils  » sont aussi la descendance promise au Serviteur puisque pour la première fois dans le livre le mot  » serviteurs  » apparaît au pluriel pour les désigner (54,17). Enfin, ces fils sont des  » disciples « , comme le Serviteur (50,4) et comme ceux en qui le prophète avait  » enfermé l’attestation  » et  » scellé l’instruction  » (8,16). Mais qu’en est-il du groupe du  » nous  » constitué autour du prophète au ch. 8 ?

Renouvellement de l’alliance
C’est précisément au groupe du  » nous  » – groupe qui inclut les disciples, les serviteurs et même, potentiellement, les lecteurs – que s’adresse l’invitation de YHWH :  » O vous tous qui êtes assoiffés venez vers les eaux !  » Et voici que ces invités deviennent les destinataires inattendus d’un renouvellement radical des promesses faites à David ( » ta maison et ta royauté seront stables pour toujours  » [2 Sm 7,16]) :  » Je conclurai avec vous une alliance de toujours, selon les bienfaits stables accordés à David  » (Is 55,3).
Ainsi une réponse commence à être donnée à la douloureuse question de la fidélité de YHWH à ses promesses, et le lecteur découvre combien  » les pensées (de YHWH) sont hautes par rapport aux pensées (des hommes)  » (55,8). Bien que la maison de David se soit révélée incapable de servir le plan de YHWH, celui-ci réussit néanmoins à être fidèle. En effet, rien n’empêche que la maison du Serviteur puisse inclure celle de David (c’est bien pourquoi Sion est invitée à élargir l’espace de sa tente). Il est jusqu’au lecteur qui est convié à en faire partie puisque l’exhortation faite ici à  » rechercher YHWH  » (55,6) redouble celle présente dans le diptyque d’ouverture de la seconde partie :  » Cherchez dans le livre de YHWH et lisez !  » (34,16).

La fidélité de Dieu se lit à travers les  » signes « 
Se retournant, le lecteur peut effectivement retracer tout le développement de la question davidique à travers les occurrences du mot  » signe  » :
• Is-7,11.14 : Achaz refuse de demander un signe, il en est donné un à la maison de David : l’annonce de l’enfantement de l’Emmanuel.
• Is-37,30 : des signes sont donnés à Ézéchias indiquant la délivrance de la ville et sa guérison miraculeuse, mais lorsqu’il demande un signe pour monter à la maison de YHWH (38,22), il ne lui est fait aucune réponse si ce n’est la venue des Babyloniens.
• Is-55,13 : la descendance d’Israël procure à YHWH un  » nom  » et cela constitue  » un signe perpétuel qui ne sera jamais retranché « .

Maintenant que la nouvelle dynastie est ainsi solidement établie, il peut à nouveau être question du temple (qui avait disparu du livre depuis le faux pas d’Ézéchias) selon l’ordre de priorités que Dieu avait déjà imposé à David (2 Sm 7).

Dominique Janthial, Cahier Évangile n° 142 (décembre 2007) pages 42-44

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