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COMMENTAIRES DE MARIE-NOËLLE THABUT – PREMIERE LECTURE – ISAÏE 6, 1…

5 février, 2016

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COMMENTAIRES DE MARIE-NOËLLE THABUT, DIMANCHE 7 FÉVRIER 2016

PREMIERE LECTURE – ISAÏE 6, 1…8

1 L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple. 2 Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. 3 Ils se criaient l’un à l’autre : « Saint ! Saint ! Saint ! le SEIGNEUR de l’univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire. » 4 Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée. 5 Je dis alors : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures ; et mes yeux ont vu le Roi, le SEIGNEUR de l’univers ! » 6 L’un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel. 7 Il l’approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. » 8 J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Et j’ai répondu : « Me voici : envoie-moi ! »

La semaine dernière, nous lisions le récit de la vocation de Jérémie, aujourd’hui, celle d’Isaïe ; deux très grands prophètes à nos yeux. Et pourtant, l’un comme l’autre avouent leur petitesse : Jérémie se sent incapable de parler, mais puisque Dieu a pris l’initiative de le choisir, c’est Dieu aussi qui l’inspirera et lui donnera la force nécessaire. Isaïe, lui, est saisi par un sentiment d’indignité ; mais là encore, puisque c’est Dieu qui l’a choisi, c’est Dieu aussi qui le purifiera. Jérémie était prêtre et nous ne savons pas où il a reçu l’appel de Dieu ; curieusement, c’est Isaïe qui n’était pas prêtre, qui situe sa vocation au Temple de Jérusalem : « L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ». Quand Isaïe nous dit « je vis », cela veut dire qu’il s’agit non pas d’un récit, mais d’une vision ; ne cherchons donc pas dans son évocation un déroulement logique d’événements. Les livres prophétiques sont émaillés de visions fantastiques : à nous de décoder ce langage extrêmement suggestif, même s’il surprend notre mentalité contemporaine. Isaïe nous dit qu’en ce qui le concerne, cela s’est passé « l’année de la mort du roi Ozias » : c’est une indication précieuse. Il est rare que nous puissions évoquer des dates avec autant de précision ; cette fois, nous le pouvons car on sait que le roi Ozias a régné à Jérusalem de 781 à 740 av J.C. Depuis la mort du roi Salomon (en 933, c’est-à-dire depuis près de deux cents ans), le royaume de David et de Salomon est divisé : il y a deux royaumes, deux rois, deux capitales : au Sud, Ozias est roi de Jérusalem, au Nord, Menahem est roi de Samarie. On sait également que Ozias était lépreux et qu’il est mort de cette maladie à Jérusalem en 740. C’est donc cette année-là qu’Isaïe a reçu sa vocation de prophète : ensuite, il a prêché pendant environ quarante ans (là on est moins précis) et il est resté dans la mémoire collective d’Israël comme un très grand prophète et en particulier le prophète de la sainteté de Dieu.1 « Saint, Saint, Saint le SEIGNEUR, Dieu de l’univers. Toute la terre est remplie de sa gloire » : vous avez reconnu le Sanctus de nos messes. Il date donc au moins du prophète Isaïe. (Peut-être cette acclamation faisait-elle déjà partie de la liturgie au Temple de Jérusalem, mais on n’en a pas la preuve ; on a seulement retrouvé des expressions équivalentes plus anciennes en Egypte). Dire que Dieu est « Saint », au sens biblique, c’est dire qu’il est Tout Autre que l’homme. Dieu n’est pas à l’image de l’homme ; bien au contraire, la Bible affirme l’inverse : c’est l’homme qui est « à l’image de Dieu » ; ce n’est pas la même chose ! Cela veut dire que nous devrions rester très modestes et très prudents chaque fois que nous parlons de Dieu ! Parce que Dieu est le Tout Autre, il nous est radicalement, irrémédiablement impossible de l’imaginer tel qu’il est, nos mots humains ne peuvent jamais rendre compte de lui. 2 La première partie de la vision d’Isaïe dit bien cette prise de conscience fondamentale ; et ce qu’il nous décrit ressemble étrangement à d’autres évocations des grandes manifestations de Dieu dans la Bible : Dieu est assis sur un trône très élevé, une fumée se répand et remplit tout l’espace, une voix tonne… elle tonne si fort que les lieux tremblent… Isaïe ne peut pas s’empêcher de penser à ce qui s’était passé pour Moïse sur la montagne du Sinaï, au moment où Dieu avait fait alliance avec son peuple et donné les tables de la Loi ; c’est le livre de l’Exode qui raconte : « Le mont Sinaï n’était que fumée, parce que le SEIGNEUR y était descendu dans le feu ; sa fumée monta, comme la fumée d’une fournaise, et toute la montagne trembla violemment. La voix du cor s’amplifia : Moïse parlait et Dieu lui répondait par la voix du tonnerre. » (Ex 19, 18-19). L’homme Isaïe mesure alors sa petitesse et il ressent comme une sorte de crainte : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures ; et mes yeux ont vu le Roi, le SEIGNEUR de l’univers ! » Cette « crainte », comme découverte de notre petitesse, du fossé infranchissable qui nous sépare de Dieu si Dieu lui-même ne le comble pas, est une première étape indispensable dans notre relation à Dieu. Mais Dieu n’en reste pas là. D’ordinaire, dans la Bible, il y a toujours cette parole de la part de Dieu : « ne crains pas »… Ici, la parole n’est pas dite mais elle est remplacée par un geste très suggestif : un des séraphins, un de ceux qui, justement, proclament la sainteté de Dieu, va accomplir le geste qui purifie l’homme, qui comble le fossé, qui permet à l’homme d’entrer en relation avec Dieu : « L’un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel. Il l’approcha de ma bouche… » Manière de dire que c’est Dieu qui prend l’initiative de se faire proche de l’homme ; ce fossé qui nous sépare de Dieu, c’est Dieu lui-même qui le comble. Quand Isaïe parlera de Dieu, plus tard, il lui arrivera souvent de l’appeler « Le Saint d’Israël » : cette expression dit bien que Dieu est le Saint, le Tout-Autre, mais aussi qu’il s’est fait proche de son peuple, puisque celui-ci peut aller jusqu’à revendiquer une relation d’appartenance (Dieu est « Le Saint d’Israël »). La merveille, c’est que ce qui est vrai pour le peuple d’Israël l’est désormais pour notre Eglise et pour chacun d’entre nous.

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Notes 1 – Le livre qui porte le nom d’Isaïe comporte soixante-six chapitres : ce n’est pas l’œuvre d’un seul homme, mais un ensemble de trois recueils. Les chapitres 1 à 39 sont l’œuvre du prophète qui nous relate ici sa vocation ; les chapitres 40 à 55 sont l’œuvre d’un prophète qui prêchait pendant l’Exil à Babylone (au sixième siècle avant notre ère) ; les chapitres 56 à 66 rapportent la prédication d’un troisième prophète, contemporain de la période du retour de l’Exil. 2 – La sainteté n’est pas une notion morale, ni même un attribut de Dieu, elle est sa nature même ; car l’adjectif « divin » n’existe pas en hébreu, il est remplacé par le mot « Saint » qui signifie Tout-Autre (sous-entendu Tout-Autre que l’homme), celui que nous ne pouvons jamais atteindre par nous-mêmes, celui qui nous dépasse infiniment, à tel point que nous n’avons aucune prise sur lui. Ce que le prophète Osée traduisait : « Je suis Dieu et non pas homme, au milieu de toi je suis Saint. » (Os 11, 9). Pour cette raison, dans la Bible, aucun humain n’est jamais considéré comme saint, tout au plus peut-on être « sanctifié » par Dieu et, de ce fait, refléter son image, ce qui est de tout temps notre vocation ultime. Et, bien évidemment, nous ne pouvons pas imaginer quelqu’un qui est Tout-Autre que nous-mêmes. D’où la réaction d’effroi du prophète Isaïe : « Je ne suis qu’un homme aux lèvres impures et mes yeux ont vu le roi, le SEIGNEUR de l’univers ».

CONDUITS PAR DIEU DANS LE CHEMIN DE SA VOLONTÉ Le peuple d’Israël conduit par la nuée…

4 février, 2016

http://www.bible-notes.org/article-1734-conduits-par-dieu-dans-le-chemin-de-sa-volonte.html

CONDUITS PAR DIEU DANS LE CHEMIN DE SA VOLONTÉ

Le peuple d’Israël conduit par la nuée
Des exemples de serviteurs conduits par le Seigneur
« Si le Seigneur le veut »

Après avoir chanté : « Oui, le souverain bien-être, le vrai bonheur ici-bas, c’est d’avoir Jésus pour Maître, de le suivre pas à pas », nous proposons de lire plusieurs passages de l’Ecriture mentionnant la nuée qui conduisait le peuple d’Israël dans le désert, et ensuite quelques versets du Nouveau Testament montrant l’importance de rechercher la volonté du Seigneur et la direction du Saint Esprit.

Le peuple d’Israël conduit par la nuée
Exode 13 : 20-22
L’Eternel allait devant son peuple, le jour dans une « colonne de nuée, et la nuit dans une « colonne de feu ». N’avons-nous pas besoin de la direction du Saint Esprit tout au long de notre vie – de sa direction dans notre vie individuelle, et dans la vie collective ? Le peuple ne se déplaçait pas « au hasard » ; il suivait la nuée, qui, elle, était bien visible : on ne pouvait pas se tromper !

Exode 40 : 34-38
« La nuée couvrit la tente d’assignation » (v. 34) ; c’était le lieu de la présence de Dieu. « Et quand la nuée se levait de dessus le tabernacle, les fils d’Israël partaient » (v. 36). Et si elle ne se levait pas, ils ne partaient pas (v. 37). De même pour nous, si le Saint Esprit nous montre le chemin, nous pouvons avancer ; s’Il ne nous le montre pas, il nous faut attendre. Manquer de patience et ne pas attendre la direction de l’Esprit est la cause de beaucoup de misères – que ce soit pour une personne ou pour l’assemblée. C’est un échec certain que de vouloir faire sa propre volonté. Beaucoup se sont ainsi trompés et sont allés à la catastrophe en confondant leur volonté personnelle avec celle de l’Esprit.
En plus de cette ressource du Saint Esprit pour discerner la volonté de Dieu, il y a le Seigneur : Il se présente comme le bon Berger : « Quand il a fait sortir toutes ses brebis, il marche devant elles ; et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix » (Jean 10 : 4).

Nombres 9 : 15- 23
A nouveau les choses sont répétées : « Selon que la nuée se levait de dessus la tente, après cela les fils d’Israël partaient » (v. 17). Quand Dieu insiste sur un point de doctrine, c’est pour répondre à notre besoin d’assimiler ce qu’Il nous dit. Est-ce que je demande au Seigneur sa direction chaque jour dans les « détails » de ma vie ? Ou seulement pour les choses qui sont importantes à mes yeux ? N’est-ce pas le désir de Dieu que nous fassions sa volonté et non la nôtre ? Il faut avoir affaire au Saint Esprit à chaque pas du chemin. C’est cela la dépendance. On ne fait pas ce qu’on a envie, on consulte Dieu et on cherche à Lui obéir. Si nous agissions ainsi dans nos vies individuelles et en assemblée, tout serait clair !
Nous voyons dans ce chapitre que toutes les tribus suivaient la nuée. Aucune ne restait sur place en refusant de partir ! Non, toutes suivaient la nuée, de jour et de nuit. On peut penser que parfois c’était difficile de partir ; par exemple, quand ils campaient près d’une oasis, c’était plutôt déplaisant de retourner dans le désert. Et pour nous aussi, ce n’est pas facile de repartir dans ce monde ou au travail, après de bons moments passés autour du Seigneur, ou dans les différentes occasions où Il nous accorde des oasis. Mais nous devons être prêts aussi à marcher à nouveau si le Seigneur nous montre le chemin. Maintenant que je lui appartiens, Il désire que je lui obéisse. Le serviteur doit faire la volonté de son maître !
Parfois la nuée restait immobile durant un mois ou plus : il fallait attendre. Ce qui nous est très difficile ! Saül a été impatient, il n’a pas su attendre ; il a fait sa propre volonté et il a perdu la royauté ! Le Seigneur veut notre bien, Il a un chemin à suivre pour chacun. Quand on voit combien il y a de naufrages spirituels ou d’ordre moral, on sent combien le sujet que nous abordons est important. Tirons leçon de ce qui est arrivé au peuple durant les étapes de son voyage au désert (1 Cor.10 : 1-13).

Nombres 10 : 11-27 ; 29-36
On peut remarquer que six tribus se mettaient d’abord en marche, puis c’était au tour de l’arche et ensuite, les six autres tribus suivaient ; l’arche se trouvait donc au milieu du peuple. Nous comprenons qu’ici Moïse a manqué – ce qui nous arrive aussi souvent ! Il demande à son beau-frère de leur servir d’yeux (v. 29, 31).
« Tu nous serviras d’yeux » : nous aimons nous appuyer sur des frères ou des sœurs, mais Dieu désire que nous nous appuyions sur Lui. Moïse doute, pourtant Dieu leur avait donné la nuée ! Dieu avait-Il manqué de soins à leur égard ? Les soins du Seigneur nous ont-ils manqué ? Non, et pourtant nous cherchons souvent des appuis humains, des solutions…
Dieu ne donne pas Sa gloire à un autre. L’arche, figure de Christ, va passer devant et les douze tribus suivront. Il faut que nous comprenions que le Seigneur seul doit nous diriger.

Deutéronome 32 :10-12
« L’Eternel seul l’a conduit » (v. 12). Ce verset est très beau. A la fin de notre vie, dira-t-on : Le Seigneur seul l’a conduit. Un jour, Dieu nous dira-t-Il lui-même : « Tu as fait ta propre volonté », ou bien : « Tu as fait la mienne » ? Il y a des aveugles, conducteurs d’aveugles, mais dans notre vie, nous devons nous attendre aux soins du Seigneur.
Les versets 10 et 11 nous touchent car ils montrent les soins du Seigneur. Nous pouvons parfois nous sentir « seuls » dans le désert de ce monde, mais, comme l’aigle étend ses ailes, prend ses petits et les porte, Dieu prend soin de nous.
Dans le Psaume 32, nous lisons : « Je t’instruirai, et je t’enseignerai le chemin où tu dois marcher ; je te conseillerai, ayant mon œil sur toi. Ne soyez pas comme le cheval, comme le mulet, qui n’ont pas d’intelligence, dont l’ornement est la bride et le mors, pour les refréner quand ils ne veulent pas s’approcher de toi… mais l’homme qui se confie en l’Eternel, la bonté l’environnera » (v. 8-10). Le cheval est fougueux, il faut parfois le calmer pour l’obliger à se diriger vers le lieu où l’on veut qu’il aille ; le mulet, lui, ne veut pas avancer et il faut le tirer, le pousser. Nous pouvons, nous aussi, soit avancer trop vite, et alors nous avons besoin d’être modéré, soit refuser de faire ce que le Seigneur nous demande – il faut alors nous tirer en avant ! C’est le côté de la « répréhension » que ces versets nous présentent. Ils sont très encourageants pour les jeunes. Comment savoir si je suis vraiment conduit par le Saint Esprit – qu’il s’agisse de décisions à prendre dans ma vie, ou d’une action dans l’assemblée ?
Le Seigneur est toujours prêt à nous instruire, à nous conseiller, « ayant son œil sur nous ». Il est notre grand Conseiller, l’Ami le plus fiable et Il veut nous faire connaître Sa volonté. Il faut prier, être dépendants. Il se peut qu’Il nous fasse attendre, mais Il a certainement une réponse qu’Il nous communiquera à son heure. « L’homme qui se confie en l’Eternel, la bonté l’environnera » : le Seigneur n’est jamais redevable à qui que ce soit, Il entoure de bonté celui qui se confie en Lui. Un jour notre cœur sera rempli de joie, en voyant comment le Seigneur a tout dirigé en notre faveur !

L’exemple du peuple conduit par la nuée est très intéressant. Les fils d’Israël étaient – hélas, seulement au début – d’un seul cœur pour la suivre. Quand elle se levait, ils se levaient ; quand elle demeurait immobile, ils le restaient aussi. Suivons le Seigneur, et sachons attendre quand Il nous le demande.

Des exemples de serviteurs conduits par le Seigneur

Actes 16 : 6-12
Voilà un exemple surprenant. Nous aurions pu penser que pour de tels serviteurs, dévoués, souvent à genoux, et cherchant à vivre pour le Seigneur, tout allait se passer de façon aisée ! Non, le Seigneur sait que nous pouvons nous habituer à ce que tout soit facile et que nous pourrions ne plus Lui demander sa direction. Paul et ses compagnons pensaient qu’ils devaient évangéliser la région d’Éphèse, à l’ouest de l’Asie, mais ils en sont empêchés « par le Saint Esprit » (v. 6) ; puis ils essaient de se rendre en Bithynie, « mais l’Esprit de Jésus ne leur permit pas » (v. 7). Ils sont alors appelés par l’Esprit à aller en Macédoine, de l’autre côté de la mer Égée. La volonté divine sera révélée là, de façon inattendue, par cet homme macédonien. Seule cette volonté du Seigneur est décisive et, lorsque des portes se ferment, le serviteur qui veut obéir à son Maître doit se garder d’insister, mais attendre que la direction à suivre lui soit clairement montrée.

1 Thessaloniciens 2 :18
L’apôtre Paul désirait ardemment revoir les Thessaloniciens dont il avait été séparé « de visage mais non de cœur » (v. 17), ayant dû fuir précipitamment de chez eux (Act. 17 : 10). Ils étaient ses enfants spirituels et il pensait au jour où ils seraient sa joie et sa gloire à la venue du Seigneur. Paul leur dit que Satan l’a empêché de retourner vers eux (v. 18). Cependant, « le méchant fait une œuvre trompeuse » (Prov. 11 : 18). Malgré tous les efforts de l’Ennemi pour maintenir l’apôtre séparé physiquement des croyants de Thessalonique, Dieu a fait tourner son chemin en bien. Il a conduit l’apôtre à Athènes (v. 15), puis à Corinthe, où Il avait un « grand peuple » (18 : 1, 10).
Le Seigneur veut nous conduire mais Satan est toujours en activité, cherchant à entraver la marche de ses serviteurs, là où Dieu les envoie travailler. Nous sommes du côté du vainqueur, mais nous avons besoin que le Seigneur nous garde. Il veut nous apprendre la dépendance ; or nous avons de la difficulté à attendre. Mais Il nous conduit dans un sûr chemin, le meilleur ; alors pourquoi en chercher un autre ?

« Si le Seigneur le veut »
L’apôtre Jacques montre le caractère éphémère et transitoire de notre vie : « elle n’est qu’une vapeur qui paraît pour un peu de temps et puis disparaît » (4 : 14). Puis il nous exhorte à marcher dans la dépendance du Seigneur et à subordonner nos projets aux deux réserves suivantes : « Si le Seigneur le veut, et si nous vivons » (v. 15).
Nous sommes appelés à vivre « pour la volonté de Dieu » (1 Pier. 4 : 2), et exhortés par sa Parole à « discerner » cette volonté « bonne, agréable et parfaite » ; cela implique de ne pas nous conformer au monde, et d’être renouvelés dans notre intelligence spirituelle (Rom. 12 : 1-2). En nous nourrissant de la Parole de Dieu, en ayant nos pensées occupées de Christ et des choses célestes, en Le contemplant dans sa gloire (2 Cor. 3 : 18), nos cœurs seront remplis de Lui et nous jouirons de sa communion.
Ne soyez pas sans intelligence, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur », dit Paul aux Ephésiens (5 : 17). Comprendre la volonté du Seigneur exige un état spirituel qui nous fait souvent défaut, mais, si nous désirons sincèrement faire ce que Dieu nous demande, Il nous enseignera et nous guidera. Pour chacun de nos projets, sachons examiner devant Lui la valeur des motifs qui nous font agir. Gardons-nous de prendre nos décisions et de chercher ensuite seulement l’approbation et la caution du Seigneur.
Ces différents versets sont un encouragement à faire entrer le Seigneur dans toutes nos circonstances. C’est une attitude de cœur. On aimerait bien voir une nuée se lever ; ce serait facile de la suivre, semble-t-il ! Mais le Seigneur ne nous parle plus ainsi. Il se sert de son Esprit. Nous pouvons faire des « projets », mais ce qui est fondamental c’est l’attitude du cœur, c’est de savoir les remettre au Seigneur, et attendre pour savoir si c’est sa volonté ; c’est aussi être prêt à accepter « de cœur » ce que le Seigneur voudra. Nous sommes si vite contrariés lorsque ce que nous avions prévu ne se réalise pas ! Que nous puissions dire : le Seigneur l’a voulu ainsi, c’était bien à mes yeux mais c’est Lui qui l’a choisi ainsi. Et après le Seigneur peut nous faire la grâce de savoir « pourquoi » et nous dire : Tu vois, c’était mieux de la sorte.
Que tous nos projets soient dominés par cette disposition de cœur : « si le Seigneur le veut ».
D’après des notes prises lors d’une méditation – 22-06-14
Partout avec Jésus ! Lui seul est mon appui.
Sans le quitter jamais, que je reste avec lui !
Que, pour suivre ses pas, nul effort ne me coûte :
Partout avec Jésus qui m’a frayé la route.

Partout avec Jésus ! Conduit par mon Sauveur,
Que ce soit la fournaise ou la sombre douleur ;
Dans les jours de repos, de travail, ou de peine,
Partout avec Jésus, où son amour me mène !

LE BAISER VIENT DE DIEU

28 janvier, 2016

http://www.parolevivante.net/article-19115400.html

LE BAISER VIENT DE DIEU

Publié le 28 avril 2008 par louis trifault   Le cantique des Cantiques nous présente la Sulamithe comme la fiancée. Nous avons dit qu’elle symbolise l’Épouse de l’agneau, c’est-à-dire de Jésus. Rappelons que l’Épouse c’est chacun d’entre nous, croyants nés de nouveau. L’histoire de la Sulamithe représente notre histoire, notre croissance spirituelle, notre intimité avec Jésus.  La durée de ce cantique des Cantiques varie d’une personne à l’autre. Certains deviennent matures rapidement d’autre, il leur faudra des années pour être guéris, délivrés, et accepté de s’engager dans les œuvres que Dieu a préparées pour chacun d’entre nous. Dans notre langage occidental nous employons plus facilement le terme fiancée, plutôt que épouse avant le mariage et épouse après le mariage. Lors de l’étude du mariage juif, nous avons retenu que le jeune homme et la jeune fille, qui promettent de s’épouser, sont considérés comme mariés à partir du jour où ils ont bu le vin de la coupe d’alliance. Jésus nous offre, depuis le dernier repas prit avec ses disciples, cette même coupe. Nous sommes dans ce temps d’attente et de préparation qui s’écoule entre le jour où la jeune fille accepte de boire la coupe alliance et le jour où le mari (ou époux) vient la chercher, pour l’emmener dans la demeure préparée dans la maison de son père. L’épouse ignore le jour de la venue de son époux.    Cantique des Cantiques 1 : 2 Qu’il me baise des baisers de sa bouche. Car ton amour vaut mieux que le vin.  Bible du semeur : Ah ! Que ta bouche me couvre de baisers, car ton amour est plus exaltant que le vin. Bible parole de vie : Couvre-moi des baisers de ta bouche, ta tendresse est plus délicieuse que le vin.   Dans ce désir de recevoir des signes de la manifestation de l’amour de Jésus, nous nous reconnaissons. Quand nous venons devant Jésus nous parlons les premiers. Nous ignorons presque totalement ce que notre venue provoque dans son cœur. Nous ne nous posons même pas la question. Nous nous voyons si souvent inclus dans une masse de croyant, comme un anonyme parmi tous les croyants du monde ou de la terre. Nous désirons recevoir de Jésus, l’assurance qu’il nous connaît réellement par notre nom. Aussi nous lui disons, dans notre démarche vers lui : Toi Jésus l’être aimé couvre moi de tes baisers, manifeste moi ton amour, car nous, nos baisers nous les accordons à ceux ou celles que nous aimons. Et nous nous attendons à la même attitude de la part de Jésus envers nous. Surtout après un échec ou un faux pas, nous désirons nous assurer que nous sommes encore aimés de Jésus, aimés du Père. Aussi nous lui disons : Jésus couvre moi de tes baisers encore et encore. Embrasse moi ! Équivaut aux paroles de ce chant quand nous le proclamons vers Jésus : Attire moi à toi, ne me laisse pas. je veux tout abandonner, oh restaure notre amitié. (Jésus ne cherche pas des amis ou une amie, mais une épouse). Ces paroles révèlent notre maturité ou notre immaturité. Dans sa parole Jésus nous dit : je ne t’abandonnerai pas. Croyons-le. Jacques 4 :8 nous dit : Approchez vous de Dieu et il s’approchera de vous ! L’initiative nous appartient. Lors de la nouvelle naissance, nous déclarons avoir trouvé Jésus. En réalité c’est lui qui nous a trouvé le jour où nous nous sommes laissé rencontrer.   Baiser : embrasser beaucoup, embrasser tendrement en signe d’affection. Le baiser représente le premier signe de la manifestation d’amour des parents envers un nouveau né. Ses parents aiment le couvrir de baisers. Ceci équivaux à lui dire : bienvenue dans notre famille. Tu es unique pour nous, même s’il a déjà des frères et sœurs.   Le baiser vient de Dieu  Ce n’est pas une manifestation trouvée par les hommes ou soufflée par le diable. Le baiser vient de Dieu, c’est lui qui en est l’auteur. Toute manifestation de l’amour, de la tendresse vient de Dieu. Le baiser est une effusion de vie, c’est pourquoi il s’exprime par la bouche, et la bouche révèle le contenu du cœur, nous le voyons avec Judas qui trahit Jésus par un baiser. Luc 22 : 47 b : (Judas) s’approche de Jésus, pour lui donner un baiser. Verset 48 et Jésus lui dit : Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ! Le premier baiser a été donné par Dieu à Adam. Genèse 2 :7 L’Éternel Dieu forma de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devient une âme vivante. Imaginons cette masse d’argile étendue sur le sol. Cette masse d’argile vient d’être façonnée, sculptée par l’Éternel avec beaucoup d’imagination, de soin, d’amour, mais qui est encore inerte. Tous les membres sont en places ainsi que tous les organes, le cerveau, les yeux ; la bouche etc. Le cœur ne bat pas encore. La poitrine ne se gonfle pas encore. Dieu contemple son œuvre. La suite est confiée au Saint-Esprit. Le Saint-Esprit se penche vers celui qui va devenir Adam. Il lui donne un baiser, un saint baiser, un baiser qui communique la vie, la zoé, un baiser par lequel le Saint-Esprit insuffle Dieu lui-même : l’Esprit. Adam, par ce baiser reçoit le souffle de Dieu et devient une âme vivante. La salive commence à humidifier ses lèvres, sa bouche. Le cœur donne se premiers battement. Le sang circule et devient chaud. La poitrine se gonfle. Maintenant Adam se lève sous l’œil admiratif du Père et de Jésus. Par ce baiser du Saint-Esprit, Adam devient éternel. Et Dieu voit que cela est bon. Dans ce baiser que donne le Saint-Esprit, Adam reçoit la vie de Dieu, l’amour de Dieu, le feu de Dieu, la gloire de Dieu. Maintenant, celui qui va ressusciter Christ du tombeau, habite Adam c’est-à-dire le Saint-Esprit. Maintenant il est prêt, s’il le veut et le temps qu’il le vaudra, a vivre en communion, dans une relation d’amour avec son Dieu et créateur.  Le baiser de Jésus n’est pas l’union de deux bouches, mais l’union de Jésus avec chaque chrétien, à travers sa parole et la manifestation du Saint-Esprit qui l’accompagne. Le baiser de Jésus se manifeste en baiser d’affection, d’amour éternel, de miséricorde, baiser de pardon, de réconciliation, de feu, par sa parole révélée. Luc 24 :32 : Et ils se dirent l’un à l’autre : Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les écritures ? Oui le feu de la révélation doit brûler dans nos cœurs. C’est le signe d’un baiser de Jésus donné par le Saint-Esprit. Luc 16 : 19-20 Nous révèle la profondeur du baiser de Jésus ici dans cette histoire qui relate le retour du fils prodigue. Nous voyons la puissance de vie manifestée par le père. Jésus est dans le Père et le Père est en Jésus. Jésus a reçu le baiser du Père. Quand le Père embrasse Jésus, il lui communique les profondeurs de son amour infini. Quand Jésus m’embrasse, son baiser, par sa parole accompagnée de la puissance de vie du Saint-Esprit me transmet la même profondeur d’amour que celle donnée par le Père. Le Fils prodigue dit à son père : je ne suis plus digne d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes serviteurs. Il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et l’embrassa. Souvenons nous que le fils vient de quitter « ses cochons ».  Croyez vous que le père a simplement posé ses bras autour du cou de son fils ?  Non il se jeta au cou de son fils et le couvrit tendrement d’une multitude de baisers pour lui transmettre la vie, la vraie vie. Le père couvre son fils de saints baisers. Romains 16 : 16  Saluez-vous les uns et les autres par un saint baiser. Qu’est-ce qu’un saint baiser ? Un baiser qui est saint c’est-à-dire venant du Saint-Esprit et donné dans l’Esprit. Nous constatons combien le baiser est galvaudé, dévalué dans notre monde. Posons-nous cette question : Nous arrive-t-il de nous éloigner du royaume de Dieu, vers un « pays lointain » ? Et dépenser ou gaspiller notre héritage ?  Quelle est notre attitude quand nous revenons à la maison. Attendons nous les baisers de Jésus ? Ou sommes-nous de ceux qui pensent : ce serait mieux si j’étais un serviteur plutôt qu’un fils.   – Ta tendresse est plus délicieuse que le vin. (Parole de vie)               – Ton amour m’enivre plus que le vin. (Bible en français courant)     Ce sont les paroles et les choix émis par l’Épouse adressé à Jésus. Psaume 104 : 15 Le vin qui réjouit le cœur de l’homme et fait resplendir, plus que l’huile, son visage. L’Épouse sait que les réjouissances libérées par le vin sont passagères. Aussi elle préfère, choisit, apprécie, les tendresses et l’amour de Jésus. Car l’un et l’autre sont éternels, ne s’épuisent jamais et communiquent la vraie vie. Les tendresses et l’amour d’une personne nous révèlent sa proximité, sa présence, sa fidélité, son attention, son attachement, son attouchement. Recevoir un baiser de Jésus implique de se tenir tout proche de lui. La tendresse de Jésus et son amour sont plus agréables que les parfums. Comme le vin, les parfums les plus délicats donnent une satisfaction éphémère. Cantique des Cantiques 1 : 3 Tu plais comme un parfum délicat, c’est pourquoi les jeunes filles sont amoureuses de toi (parole de vie). (Bible en français courant) Tu es séduisant comme un parfum raffiné, il n’est pas étonnant que toutes les filles soient amoureuses de toi. Notre Dieu, l’Éternel est le créateur des parfums. Arrêtons-nous un instant et pensons à toutes les variétés de fleurs qui existent à travers le monde. A chaque variété de fleurs Dieu a crée un parfum particulier, différent. Le parfum de la rose n’est pas le même que celui de la violette.  Chaque parfum exerce une influence sur nos vies : agréable ou désagréable, une influence qui attire ou repousse. L’industrie des parfums sait très bien tirer profit de cette influence ou attirance pour les parfums, le diable aussi. D’ailleurs beaucoup de nom de parfum sont évocateur : Sortilège, Hypnose etc. Dans  beaucoup de religion, des parfums et notamment de l’encens sont offerts soit en signe de reconnaissance ou pour apaiser la colère des dieux. – (Bible Segond) Cantique des Cantiques 1 :3 Tes parfums ont une odeur suave, ton nom est un parfum qui se répand, c’est pourquoi les jeunes filles t’aiment. Suave : d’une douceur délicieuse, délicieux, doux, exquis. Le nom de Jésus dégage un parfum délicieux, un parfum délicat, un parfum raffiné qui rend amoureuse l’Épouse et les jeunes filles c’est-à-dire les chrétiens. Le nom de Jésus répand un parfum qui réveille notre esprit, nos émotions, nos sentiments. Le nom de Jésus fait monter un parfum d’une agréable odeur vers le père, un parfum d’obéissance. 2 Corinthiens 2 :14-17 Grâce soit rendue à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tout lieu l’odeur de sa connaissance. Nous sommes en effet, pour Dieu le parfum de Christ parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui périssent : aux uns, une odeur de mort donnant la mort, aux autres une odeur de vie donnant la vie, et qui est suffisant pour ces choses. Voilà 2000 ans, les soldats Romains célébraient leurs victoires en ovationnant les chefs militaires victorieux. Ce jour était déclaré férié afin que la foule soit présente pour applaudir le chef militaire ou les chefs militaires ennemis qui étaient enchaînés et traînés. Ce jour était annoncé de la manière suivante : Des hommes, avec un flambeau ou une torche à la main marchaient dans les rues. Ce flambeau dégageait une odeur de résine que le vent répandait dans les maisons, prisons. Le peuple reconnaissait une odeur de vie, de fête par contre les prisonniers, dans leur prison recevaient ce parfum en odeur de mort. Il leur annonçait qu’ils allaient mourir le jour même. Ce passage des écritures que nous venons de lire nous montre que le nom de Jésus dégage un parfum de vie, de victoire pour l’Épouse, pour les croyants ou les chrétiens ou un parfum de mort pour ceux qui le refusent. Car ils attirent la colère de Dieu sur leur vie. Personne ne peut se présenter devant Dieu s’en dégager le parfum de Christ. Aimons le parfum de Jésus. Répandons le parfum qui se dégage du nom de Jésus, il diffuse la vie, la délivrance, le salut ou soulève l’hostilité pour ceux qui le refusent. Pour bien comprendre cela, il faut se situer sur le plan spirituel. Pour l’enfer, de la croix se dégage un parfum de mort, de feu éternel et pour nous chrétiens un parfum de vie. Mais dans les deux cas, Dieu est glorifié car dans l’un il s’agit de l’odeur de sa grâce, dans l’autre celle de sa justice. Le parfum de Christ s’exalte dans toute la bible. Exode 30 :34-38 L’Éternel dit à Moïse : prends des aromates, du stacté, de l’onglé odorant, du galbanum et de l’encens pur en parties égales. Tu feras avec cela un parfum composé selon l’art du parfum, il sera salé, pur et saint. Tu le réduiras en poudre, tu le mettras devant le témoignage, dans la tente d’assignation, où je me rencontrerai avec toi. Ce sera pour vous une chose très sainte. Vous ne ferez point pour vous de parfum semblable, dans les mêmes proportions ; vous le regarderez comme saint, et réservé pour l’Éternel. -          Le stacté : gomme ou résine aromatique utilisée dans l’encens. -          Ongle : ingrédient utilisé dans l’encens qui provient d’un coquillage de mollusque dont le parfum s’exhale par le feu. -          Galbanum : ingrédient utilisé dans l’encens saint. Ces différents composant de l’encens symbolise les différentes qualités de Jésus, et représentent le caractère ineffable de Jésus. Ce parfum devait être brûlé sur l’autel des parfums, chaque jour avec le feu descendu du ciel. Ce feu symbolise, le Saint-Esprit et le parfum de Christ. Il devait être offert dans le lieu très saint avant l’entrée du souverain sacrificateur dans le lieu très saint. Ceci nous montre : 1)   Combien nous avons besoin du feu du Saint-Esprit dans chacune de nos vies pour répandre le parfum de Christ. 2)   Combien nous sommes dépendants du Saint-Esprit pour connaître Jésus et l’aimer. Connaître implique une action intime de pénétration : c’est-à-dire pour que Jésus soit en nous et nous en Jésus. Souvenons-nous de l’attente de Jésus envers chacun de nous : la maturité spirituelle. Il veut une épouse mature qui puisse propager l’évangile, et régner avec lui. Il veut l’élever à son niveau. Pour cela elle doit l’accepter et renoncer à elle-même, mourir à elle-même comme Jésus est mort à lui-même.

COMMENTAIRES DE MARIE-NOËLLE THABUT – NÉHÉMIE 8, 2-4A. 5-6. 8-10

22 janvier, 2016

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COMMENTAIRES DE MARIE-NOËLLE THABUT, DIMANCHE 24 JANVIER 2016

3ÉME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

1ère lecture Psaume 2ème lecture Evangile

PREMIERE LECTURE – NÉHÉMIE 8, 2-4A. 5-6. 8-10

En ces jours là, 2 le prêtre Esdras apporta la Loi en présence de l’assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C’était le premier jour du septième mois. 3 Esdras, tourné vers la place de la porte des Eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu’à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi. 4 Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès. 5 Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout. 6 Alors Esdras bénit le SEIGNEUR, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant le SEIGNEUR, le visage contre terre. 7b Les Lévites expliquaient la Loi au peuple, pendant que le peuple restait debout sur place. 8 Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les Lévites traduisaient, donnaient le sens, et l’on pouvait comprendre. 9 Néhémie, le gouverneur, Esdras, qui était prêtre et scribe, et les Lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au SEIGNEUR votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi. 10 Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du SEIGNEUR est votre rempart ! »

Nous qui n’aimons pas les liturgies qui durent plus d’une heure, nous serions servis ! Debout depuis le lever du jour jusqu’à midi ! Tous comme un seul homme, hommes, femmes et enfants ! Et tout ce temps à écouter des lectures en hébreu, une langue qu’on ne comprend plus. Heureusement, le lecteur s’interrompt régulièrement pour laisser la place au traducteur qui redonne le texte en araméen, la langue de tout le monde à l’époque, à Jérusalem. Et le peuple n’a même pas l’air de trouver le temps long : au contraire tous ces gens pleurent d’émotion et ils chantent, ils acclament inlassablement « AMEN » en levant les mains. Esdras, le prêtre, et Néhémie, le gouverneur, peuvent être contents : ils ont gagné la partie ! La partie, l’enjeu si l’on veut, c’est de redonner une âme à ce peuple. Car, une fois de plus, il traverse une période difficile. Nous sommes à Jérusalem vers 450 av. J.C. L’Exil à Babylone est fini, le Temple de Jérusalem est enfin reconstruit, (même s’il est moins beau que celui de Salomon), la vie a repris. Vu de loin, on pourrait croire que tout est oublié. Et pourtant, le moral n’y est pas. Ce peuple semble avoir perdu cette espérance qui a toujours été sa caractéristique principale. La vérité, c’est qu’il y a des séquelles des drames du siècle précédent. On ne se remet pas si facilement d’une invasion, du saccage d’une ville… On en garde des cicatrices pendant plusieurs générations. Il y a les cicatrices de l’Exil lui-même et il y a les cicatrices du retour. Car, avec l’Exil à Babylone on avait tout perdu et le retour tant espéré n’a finalement pas été magique, nous l’avons vu souvent. Je n’y reviens pas. Le miracle, c’est que cette période fut terrible, oui, mais très féconde : car la foi d’Israël a survécu à cette épreuve. Non seulement ce peuple a gardé sa foi intacte pendant l’Exil au milieu de tous les dangers d’idolâtrie, mais il est resté un peuple et sa ferveur a grandi ; et cela grâce aux prêtres et aux prophètes qui ont accompli un travail pastoral inlassable. Ce fut par exemple une période intense de relecture et de méditation des Ecritures. Un de leurs objectifs, bien sûr, pendant les cinquante ans de l’Exil, c’était de tourner tous les espoirs vers le retour au pays. Du coup, la douche froide du retour n’en a été que plus dure. Car, du rêve à la réalité, il y a quelquefois un fossé… Le grand problème du retour, nous l’avons vu avec les textes d’Isaïe de la Fête de l’Epiphanie et du deuxième dimanche du temps ordinaire, c’est la difficulté de s’entendre : entre ceux qui reviennent au pays, pleins d’idéal et de projets et ceux qui se sont installés entre temps, ce n’est pas un fossé, c’est un abîme. Ce sont des païens, pour une part, qui ont occupé la place et leurs préoccupations sont à cent lieues des multiples exigences de la loi juive. Depuis le retour, le problème est autre. On sait que ce sont des païens, pour une part, qui se sont installés à Jérusalem pendant la déportation de ses habitants. Et leurs préoccupations sont à cent lieues des multiples exigences de la loi juive. On se souvient que la reconstruction du Temple s’est heurtée à leur hostilité, et les moins fervents de la communauté juive ont été bien souvent tentés par le relâchement ambiant. Ce qui inquiète les autorités, c’est ce relâchement religieux, justement ; et il ne cesse de s’aggraver à cause de très nombreux mariages entre Juifs et païens ; impossible de préserver la pureté et toutes les exigences de la foi dans ce cas. Alors Esdras, le prêtre, et Néhémie, le laïc, vont unir leurs efforts. Ils obtiennent tous les deux du maître du moment, le roi de Perse, Artaxerxès, une mission pour reconstruire les murailles de la ville et pleins pouvoirs pour reprendre en main ce peuple. Car on est sous domination perse, il ne faut pas l’oublier. Esdras et Néhémie vont donc tout faire pour redresser la situation : il faut relever ce peuple, lui redonner le moral. Car la communauté juive a d’autant plus besoin d’être soudée qu’elle est désormais quotidiennement en contact avec le paganisme ou l’indifférence religieuse. Or, dans l’histoire d’Israël l’unité du peuple s’est toujours faite au nom de l’Alliance avec Dieu ; les points forts de l’Alliance, ce sont toujours les mêmes : la Terre, la Ville Sainte, le Temple, et la Parole de Dieu. La Terre, nous y sommes ; la ville sainte, Jérusalem, Néhémie le gouverneur va en achever la reconstruction ; le Temple, lui, est déjà reconstruit ; reste la Parole : on va la proclamer au cours d’une gigantesque célébration en plein air. Tous les éléments sont réunis et on a soigné la mise en scène : c’est très important. La date elle-même a été choisie avec soin : on a repris la coutume des temps anciens, une grande fête à l’occasion de ce qui était alors la date du Nouvel An, « le premier jour du septième mois ». Et on a construit pour l’occasion une tribune en bois qui domine le peuple : c’est de là que le prêtre et les traducteurs font la proclamation. Quant à l’homélie, bien sûr, elle invite à la fête. Mangez, buvez, c’est un grand jour puisque c’est le jour de votre rassemblement autour de la Parole de Dieu. Le temps n’est plus aux larmes, fussent-elles d’émotion. Retenons la leçon : pour ressouder leur communauté, Esdras et Néhémie ne lui font pas la morale, ils lui proposent une fête autour de la parole de Dieu. Rien de tel pour revivifier le sens de la famille que de lui proposer régulièrement des réjouissances !

GN 2-3 : LE RÉCIT DU JARDIN

19 janvier, 2016

http://www.bible-service.net/extranet/current/pages/195.html

GN 2-3 : LE RÉCIT DU JARDIN  – Le jour où le SEIGNEUR Dieu fit la terre et le ciel, il n’y avait encore sur la terre aucun arbuste des champs…

Gn 2, 4 b Le jour où le SEIGNEUR Dieu fit la terre et le ciel, 5 il n’y avait encore sur la terre aucun arbuste des champs, et aucune herbe des champs n’avait encore germé, car le SEIGNEUR Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol ; 6 mais un flux montait de la terre et irriguait toute la surface du sol. 7 Le SEIGNEUR Dieu modela l’homme avec de la poussière prise du sol. Il insuffla dans ses narines l’haleine de vie, et l’homme devint un être vivant. 8 Le SEIGNEUR Dieu planta un jardin en Eden, à l’orient, et il y plaça l’homme qu’il avait formé. 9 Le SEIGNEUR Dieu fit germer du sol tout arbre d’aspect attrayant et bon à manger, l’arbre de vie au milieu du jardin et l’arbre de la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. 10 Un fleuve sortait d’Eden pour irriguer le jardin ; de là il se partageait pour former quatre bras. 11 L’un d’eux s’appelait Pishôn ; c’est lui qui entoure tout le pays de Hawila où se trouve l’or 12 – et l’or de ce pays est bon – ainsi que le bdellium et la pierre d’onyx. 13 Le deuxième fleuve s’appelait Guihôn; c’est lui qui entoure tout le pays de Koush. 14 Le troisième fleuve s’appelait Tigre; il coule à l’orient d’Assour. Le quatrième fleuve, c’était l’Euphrate. 15 Le SEIGNEUR Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour cultiver le sol et le garder. 16 Le SEIGNEUR Dieu prescrivit à l’homme: «Tu pourras manger de tout arbre du jardin, 17 mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance de ce qui est bon ou mauvais car, du jour où tu en mangeras, tu devras mourir». 18 Le SEIGNEUR Dieu dit: «Il n’est pas bon pour l’homme d’être seul. Je veux lui faire une aide qui lui soit accordée». 19 Le SEIGNEUR Dieu modela du sol toute bête des champs et tout oiseau du ciel qu’il amena à l’homme pour voir comment il les désignerait. Tout ce que désigna l’homme avait pour nom «être vivant»; 20 l’homme désigna par leur nom tout bétail, tout oiseau du ciel et toute bête des champs, mais pour lui-même, l’homme ne trouva pas l’aide qui lui soit accordée. 21 Le SEIGNEUR Dieu fit tomber dans une torpeur l’homme qui s’endormit; il prit l’une de ses côtes et referma les chairs à sa place. 22 Le SEIGNEUR Dieu transforma la côte qu’il avait prise à l’homme en une femme qu’il lui amena. 23 L’homme s’écria: «Voici cette fois l’os de mes os et la chair de ma chair, celle-ci, on l’appellera femme car c’est de l’homme qu’elle a été prise». 24 Aussi l’homme laisse-t-il son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et ils deviennent une seule chair. 25 Tous deux étaient nus, l’homme et sa femme, sans se faire mutuellement honte. Gn 3, 1 Or le serpent était la plus astucieuse de toutes les bêtes des champs que le SEIGNEUR Dieu avait faites. Il dit à la femme: «Vraiment! Dieu vous a dit: Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin 2 La femme répondit au serpent: «Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin, 3 mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas afin de ne pas mourir». 4 Le serpent dit à la femme: «Non, vous ne mourrez pas, 5 mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux possédant la connaissance de ce qui est bon ou mauvais». 6 La femme vit que l’arbre était bon à manger, séduisant à regarder, précieux pour agir avec clairvoyance. Elle en prit un fruit dont elle mangea, elle en donna aussi à son mari qui était avec elle et il en mangea. 7 Leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils surent qu’ils étaient nus. Ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des pagnes. 8 Or ils entendirent la voix du SEIGNEUR Dieu qui se promenait dans le jardin au souffle du jour. L’homme et la femme se cachèrent devant le SEIGNEUR Dieu au milieu des arbres du jardin. 9 Le SEIGNEUR Dieu appela l’homme et lui dit : «Où es-tu»? 10 Il répondit: «J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur car j’étais nu, et je me suis caché». 11 – «Qui t’a révélé, dit-il, que tu étais nu? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais prescrit de ne pas manger»? 12 L’homme répondit : «La femme que tu as mise auprès de moi, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé». 13 Le SEIGNEUR Dieu dit à la femme: «Qu’as-tu fait là»! La femme répondit: «Le serpent m’a trompée et j’ai mangé». 14 Le SEIGNEUR Dieu dit au serpent: «Parce que tu as fait cela, tu seras maudit entre tous les bestiaux et toutes les bêtes des champs; tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. 15 Je mettrai l’hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance. Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon». 16 Il dit à la femme: «Je ferai qu’enceinte, tu sois dans de grandes souffrances; c’est péniblement que tu enfanteras des fils. Ton désir te poussera vers ton homme et lui te dominera». 17 Il dit à Adam: «Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais formellement prescrit de ne pas manger, le sol sera maudit à cause de toi. C’est dans la peine que tu t’en nourriras tous les jours de ta vie, 18 il fera germer pour toi l’épine et le chardon et tu mangeras l’herbe des champs. 19 A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes au sol car c’est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras». 20 L’homme appela sa femme du nom d’Eve – c’est-à-dire La Vivante, – car c’est elle qui a été la mère de tout vivant. 21 Le SEIGNEUR Dieu fit pour Adam et sa femme des tuniques de peau dont il les revêtit. 22 Le SEIGNEUR Dieu dit: «Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. Maintenant, qu’il ne tende pas la main pour prendre aussi de l’arbre de vie, en manger et vivre à jamais»! 23 Le SEIGNEUR Dieu l’expulsa du jardin d’Eden pour cultiver le sol d’où il avait été pris. 24 Ayant chassé l’homme, il posta les chérubins à l’orient du jardin d’Eden avec la flamme de l’épée foudroyante pour garder le chemin de l’arbre de vie.

 

PREMIERE LECTURE – Isaïe 62, 1-5 – COMMENTAIRES DE MARIE-NOËLLE THABUT

15 janvier, 2016

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COMMENTAIRES DE MARIE-NOËLLE THABUT, DIMANCHE 17 JANVIER 2016

PREMIERE LECTURE – Isaïe 62, 1-5

1 Pour la cause de Sion, je ne me tairai pas, et pour Jérusalem, je n’aurai de cesse que sa justice ne paraisse dans la clarté, et son salut comme une torche qui brûle. 2 Et les nations verront ta justice ; tous les rois verront ta gloire. On te nommera d’un nom nouveau, que la bouche du SEIGNEUR dictera. 3 Tu seras une couronne brillante dans la main du SEIGNEUR, un diadème royal entre les doigts de ton Dieu. 4 On ne te dira plus « Délaissée ! », A ton pays, nul ne dira « Désolation ! » Toi, tu seras appelée « Ma Préférence ! » cette terre se nommera « L’épousée ». Car le SEIGNEUR t’a préférée, et cette terre deviendra « L’Epousée ». 5 Comme un jeune homme épouse une vierge, ton Bâtisseur t’épousera. Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu.

Le prophète Isaïe ne manquait pas d’audace ! A deux reprises, dans ces quelques versets, il a employé le mot « désir » (au sens de désir amoureux) pour traduire les sentiments de Dieu à l’égard de son peuple. Les mots « ma préférée » et « préférence » sont trop faibles ; il faudrait traduire : On ne t’appellera plus « la délaissée », on n’appellera plus ta contrée « terre déserte », mais on te nommera « ma désirée » (littéralement mon désir est en toi), on nommera ta contrée « mon épouse », car le SEIGNEUR met en toi son désir et ta contrée aura un époux. Car ce que nous avons entendu ici est une véritable déclaration d’amour ! Un fiancé n’en dirait pas davantage à sa bien-aimée. Tu seras ma préférée, mon épouse… Tu seras belle comme une couronne, comme un diadème d’or entre mes mains… tu seras ma joie… Et pour cette déclaration, vous avez remarqué la beauté du vocabulaire, la poésie qui émane de ce texte. On y retrouve le parallélisme des phrases, si caractéristique des psaumes. « Pour la cause de Jérusalem je ne me tairai pas / pour Sion je ne prendrai pas de repos… Tu seras une couronne resplendissante entre les doigts du SEIGNEUR / (tu seras) un diadème royal dans la main de ton Dieu… on te nommera « ma préférée » / on nommera ta contrée « mon épouse ». Cinq siècles avant Jésus-Christ, déjà, le prophète Isaïe allait donc jusque-là ! Car on pourrait vraiment appeler ce texte le « poème d’amour de Dieu ». Et Isaïe n’est pas le premier à avoir cette audace. Il est vrai qu’au tout début de la Révélation biblique, les premiers textes de l’Ancien Testament n’emploient pas du tout ce langage. Pourtant, si Dieu aime l’humanité d’un tel amour, c’était déjà vrai dès l’origine. Mais c’était l’humanité qui n’était pas prête à entendre. La Révélation de Dieu comme Epoux, tout comme celle de Dieu-Père n’a pu se faire qu’après des siècles d’histoire biblique. Au début de l’Alliance entre Dieu et son peuple, cette notion aurait été trop ambiguë. Les autres peuples ne concevaient que trop facilement leurs dieux à l’image des hommes et de leurs histoires de famille ; dans une première étape de la Révélation, il fallait donc déjà découvrir le Dieu tout-Autre que l’homme et entrer dans son Alliance. C’est le prophète Osée, au huitième siècle av.J.C., qui, le premier, a comparé le peuple d’Israël à une épouse ; et il traitait d’adultères les infidélités du peuple, c’est-à-dire ses retombées dans l’idolâtrie. A sa suite Jérémie, Ezéchiel, le deuxième Isaïe et le troisième Isaïe (celui que nous lisons aujourd’hui) ont développé ce thème des noces entre Dieu et son peuple ; et on retrouve chez eux tout le vocabulaire des fiançailles et des noces : les noms tendres, la robe nuptiale, la couronne de mariée, la fidélité, mais aussi la jalousie, l’adultère, les retrouvailles. En voici quelques extraits, par exemple chez Osée : « tu m’appelleras mon mari… je te fiancerai à moi pour toujours… dans l’amour, la tendresse, la fidélité. » (Os 2,18.21). Et chez le deuxième Isaïe « Ton époux sera ton Créateur… Répudie-t-on la femme de sa jeunesse ?… dans mon amour éternel, j’ai pitié de toi. » (Is 54, 5…8). Le texte le plus impressionnant sur ce sujet, c’est évidemment le Cantique des Cantiques : il se présente comme un long dialogue amoureux, composé de sept poèmes ; pour être franc, nulle part les deux amoureux ne sont identifiés ; mais les Juifs le comprennent comme une parabole de l’amour de Dieu pour l’humanité ; la preuve, c’est qu’ils le lisent tout spécialement pendant la célébration de la Pâque, qui est pour eux la grande fête de l’Alliance de Dieu avec son peuple, et, à travers son peuple, avec toute l’humanité. Pour revenir au texte d’aujourd’hui, l’un des passe-temps préférés, apparemment, du bien-aimé est de donner des noms nouveaux à sa bien-aimée. Vous savez l’importance du Nom dans les relations humaines : quelqu’un ou quelque chose que je ne sais pas nommer n’existe pas pour moi… Savoir nommer quelqu’un, c’est déjà le connaître ; et quand notre relation avec une personne s’approfondit, il n’est pas rare que nous éprouvions le besoin de lui donner un surnom, parfois connu de nous seuls. Dans la vie des couples, ou des familles, les diminutifs et les surnoms tiennent une grande place. Quand nous choisissons le prénom d’un enfant, par exemple, c’est très révélateur : nous faisons porter sur lui beaucoup d’espoirs ; souvent même, si on y regarde bien, c’est tout un programme. La Bible traduit cette expérience fondamentale de la vie humaine ; et le nom y a une très grande importance ; il dit le mystère de la personne, son être profond, sa vocation, sa mission : très souvent, on nous indique le sens du nom des personnages principaux. Par exemple, l’ange annonçant la naissance de Jésus précise aussitôt que ce nom veut dire : « Dieu sauve » ; c’est-à-dire que cet enfant qui porte ce nom-là sauvera l’humanité au nom de Dieu. Et parfois Dieu donne un nom nouveau à quelqu’un en même temps qu’il lui confie une mission nouvelle : Abram devient Abraham, Saraï devient Sara, Jacob devient Israël et Simon devient Pierre. Ici donc, c’est Dieu qui donne des noms nouveaux à Jérusalem : la « délaissée » devient la « Préférée », le pays de « désolation » devient « L’épousée » ; effectivement, le peuple juif pouvait avoir l’impression d’être délaissé par Dieu. Ce chapitre 62 d’Isaïe a été écrit dans le contexte du retour d’Exil. On est rentré de l’Exil (à Babylone) en 538 et le Temple n’a commencé à être reconstruit qu’en 521 : c’est dans ce délai que la morosité s’installe et l’impression de délaissement. Si Dieu s’occupait de nous, pense-t-on, les choses iraient mieux et plus vite (il nous arrive bien de dire exactement la même chose : « s’il y avait un Bon Dieu, ces choses-là n’arriveraient pas » …). C’est pour combattre cette désespérance qu’Isaïe, inspiré par Dieu, ose ce texte magnifique : non, Dieu n’a pas oublié son peuple et sa ville de prédilection ; et dans peu de temps cela se saura ! « Comme un jeune homme épouse une vierge, ton Bâtisseur t’épousera. Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu. »

COMMENTAIRES DE MARIE-NOËLLE THABUT – Isaïe 40, 1-5. 9-11

8 janvier, 2016

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COMMENTAIRES DE MARIE-NOËLLE THABUT, DIMANCHE 10 JANVIER

PREMIERE LECTURE – Isaïe 40, 1-5. 9-11

1 Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. 2 Parlez au coeur de Jérusalem. Proclamez que son service est accompli, que son crime est expié, qu’elle a reçu de la main du SEIGNEUR le double pour toutes ses fautes. 3 Une voix proclame : « Dans le désert, préparez le chemin du SEIGNEUR ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu. 4 Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! Que les escarpements se changent en plaine. et les sommets en large vallée ! 5 Alors se révélera la gloire du SEIGNEUR et tout être de chair verra que la bouche du SEIGNEUR a parlé. » 9 Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Elève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Elève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu. » 10 Voici le SEIGNEUR Dieu ! Il vient avec puissance ; son bras lui soumet tout. Voici le fruit de son travail avec lui, et devant lui, son ouvrage. 11 Comme un berger, il conduit son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son coeur, il mène brebis qui allaitent.

C’est ici que commence l’un des plus beaux passages du Livre d’Isaïe ; on l’appelle le « Livret de la Consolation d’Israël » car ses premiers mots sont « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu ». Cette phrase, à elle toute seule, est déjà une Bonne Nouvelle extraordinaire, presque inespérée, pour qui sait l’entendre ! Car les expressions « mon peuple »… « votre Dieu » sont le rappel de l’Alliance (un peu comme dans un couple, un surnom affectueux redit au moment d’un désaccord, vient rassurer sur la tendresse encore présente). Or c’était la grande question des exilés. Pendant l’Exil à Babylone, c’est-à-dire entre 587 et 538 avant J.C. on pouvait se le demander : Dieu n’aurait-il pas abandonné son peuple, n’aurait-il pas renoncé à son Alliance…? Il pourrait bien s’être enfin lassé des infidélités répétées à tous les niveaux. Tout l’objectif de ce Livret de la Consolation d’Isaïe est de dire qu’il n’en est rien. Dieu affirme encore « Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu », ce qui était la devise ou plutôt l’idéal de l’Alliance. Je prends tout simplement le texte dans l’ordre : « Parlez au coeur de Jérusalem et proclamez que son service est accompli » dit Isaïe ; cela veut dire que la servitude à Babylone est finie ; c’est donc une annonce de la libération et du retour à Jérusalem. « Que son crime est expié et qu’elle a reçu de la main du SEIGNEUR le double pour toutes ses fautes. » D’après la loi d’Israël, un voleur devait restituer le double des biens qu’il avait volés (par exemple deux bêtes pour une). Parler au passé de cette double punition, c’était donc une manière imagée de dire que la libération approchait puisque la peine était déjà purgée. Ce que le prophète, ici, appelle les « fautes » de Jérusalem, son « crime », ce sont tous les manquements à l’Alliance, les cultes idolâtres, les manquements au sabbat et aux autres prescriptions de la Loi, et surtout les nombreux manquements à la justice et, plus grave encore que tout le reste, le mépris des pauvres. Le peuple juif a toujours considéré l’Exil comme la conséquence de toutes ces infidélités. Car, à l’époque on pensait encore que Dieu nous punit de nos fautes. « Une voix proclame » : nulle part, l’auteur de ce livret ne nous dit qui il est ; il se présente comme « la voix qui crie de la part de Dieu » ; nous l’appelons traditionnellement le « deuxième Isaïe ». « Une voix proclame : Préparez à travers le désert le chemin du SEIGNEUR ». Déjà une fois dans l’histoire d’Israël, Dieu a préparé dans le désert le chemin qui menait son peuple de l’esclavage à la liberté : traduisez de l’Egypte à la Terre promise ; eh bien, nous dit le prophète, puisque le Seigneur a su jadis arracher son peuple à l’oppression égyptienne, il saura aujourd’hui, de la même manière, l’arracher à l’oppression babylonienne. « Tracez dans les terres arides une route aplanie pour notre Dieu. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées, les passages tortueux deviendront droits et les escarpements seront changés en plaine. » C’était l’un des plaisirs du vainqueur que d’astreindre les vaincus à faire d’énormes travaux de terrassement pour préparer une voie triomphale pour le retour du roi victorieux. Il y a pire : une fois par an, à Babylone, on célébrait la grande fête du dieu Mardouk, et, à cette occasion, les esclaves juifs devaient faire ces travaux de terrassement : combler les ravins… abaisser les collines et même les montagnes, de simples chemins tortueux faire d’amples avenues… pour préparer la voie triomphale par laquelle devait passer le cortège, roi et statues de l’idole en tête ! Pour ces Juifs croyants, c’était l’humiliation suprême et le déchirement intérieur. Alors Isaïe, chargé de leur annoncer la fin prochaine de leur esclavage à Babylone et le retour au pays leur dit : cette fois, c’est dans le désert qui sépare Babylone de Jérusalem que vous tracerez un chemin… Et ce ne sera pas pour une idole païenne, ce sera pour vous et votre Dieu en tête ! « Alors se révélera la gloire du SEIGNEUR et tout être de chair verra que la bouche du SEIGNEUR a parlé. » : on pourrait traduire « Dieu sera enfin reconnu comme Dieu et tous verront que Dieu a tenu ses promesses. » « Monte sur une haute montagne, toi qui portes la Bonne nouvelle à Sion. Elève la voix avec force, toi qui portes la Bonne nouvelle à Jérusalem. » Au passage, vous avez remarqué le parallélisme de ces deux phrases : parallélisme parfait qui a simplement pour but de porter l’accent sur cette Bonne Nouvelle adressée à Sion ou Jérusalem, c’est la même chose : il s’agit évidemment du peuple et non de la ville. Le contenu de cette Bonne Nouvelle suit immédiatement : « Voici votre Dieu. Voici le SEIGNEUR Dieu : il vient avec puissance et son bras est victorieux. Le fruit de sa victoire l’accompagne et ses trophées le précèdent. » « Comme un berger, il conduit son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son coeur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits. » Nous retrouvons ici chez Isaïe l’image chère à un autre prophète de la même époque, Ezéchiel. La juxtaposition de ces deux images (un roi triomphant, un berger) surprend peut-être, mais l’idéal du roi en Israël comprenait bien ces deux aspects : le bon roi, c’est un berger plein de sollicitude pour son peuple, mais c’est aussi un roi triomphant des ennemis, pour protéger son peuple justement… Comme un berger utilise son bâton pour chasser les animaux qui menaceraient le troupeau. Ce texte, dans son ensemble, résonnait donc comme une extraordinaire nouvelle aux oreilles des contemporains d’Isaïe, au sixième siècle av.J.C. Et voilà que cinq ou six cents ans plus tard, lorsque Jean-Baptiste a vu Jésus de Nazareth s’approcher du Jourdain et demander le Baptême, il a entendu résonner en lui ces paroles d’Isaïe et il a été rempli d’une évidence aveuglante : le voilà celui qui rassemble définitivement le troupeau du Père… Le voilà celui qui va transformer les chemins tortueux des hommes en chemins de lumière… Le voilà celui qui vient redonner au peuple de Dieu sa dignité… Le voilà celui en qui se révèle la gloire (c’est-à-dire la présence) du SEIGNEUR. Fini le temps des prophètes, désormais Dieu lui-même est parmi nous !

JESUS ANNONCE PAR LES PROPHETES

21 décembre, 2015

http://paroissedurtal.free.fr/jesus-prophetes.htm

JESUS ANNONCE PAR LES PROPHETES

Que l’on soit croyant ou pas, il est troublant de voir que la naissance de Jésus, ses actes et sa passion ont été annoncés par des hommes (qui étaient prophètes) bien avant sa venue. Ces faits nous sont racontés dans un des plus vieux livres du monde : la Bible (traduction : les livres) D’un point de vue historique, quel crédit accorder à la Bible ? On a trouvé à Qumran (en 1947) ou en d’autres lieux des parties entières de textes de l’ancien testament (ou ancienne alliance) qui correspondent encore à ce que nous connaissons aujourd’hui. On est donc en droit de penser qu’au travers des âges les textes de la Bible ont été rapportés sans de grandes modifications (autres que celles inhérentes à la traduction); et ce, en dépit du mode de propagation, d’abord oral, de ces textes. Ceci pouvant s’expliquer par la valeur que représentait leur contenu pour ceux qui nous les ont transmis. Ainsi donc, le Messie (traduction : bénis ou oint du Seigneur), celui par qui devait se réaliser la promesse : libérer Israël, a été annoncé bien avant sa venue. Dans un ordre chronologique, quelques textes qui nous permettent de le croire :

Abraham (-2000) J’instituerai mon Alliance entre moi et toi, et après toi avec ta descendance, de génération en génération ; ce sera une Alliance perpétuelle par laquelle je serai ton Dieu, et celui de ta descendance après toi (Genèse 17v7). On peut voir dans la venue du Christ la réalisation de la promesse de Dieu de donner un salut éternel. De même Abraham, qui offre son fils Isaac en sacrifice, Genèse 22v8 :  » C’est Dieu qui pourvoira à l’agneau pour l’holocauste « , préfigure le sacrifice du Christ, fils de Dieu.

Moïse (-1250) La tradition reconnaît dans Moïse sauvant le Peuple de Dieu (Le buisson ardent Ex3v10 : Va sauver mon Peuple), la préfiguration du Christ, sauveur des hommes. On trouve ainsi un parallèle, entre le massacre des Saints innocents (Mt 2v16) et la mise à mort des enfants des hébreux par pharaon (Ex1v16), entre le serpent de bronze élevé par Moïse qui sauvait les hébreux (Nb21v4) et le Christ sur la croix (Jean 3 v 14) et entre Moïse et Jésus (promesse d’un prophète semblable à toi Dt18v15). Dans le rite de la prescription pour la Pâque (Exode 12v46), il est dit : Vous n’en briserez aucun os. Le Christ, comme l’agneau de la Pâques juive, n’a eu aucun de ses os brisé, alors que c’était l’habitude pour les romains de briser les jambes des crucifiés pour mettre fin à leur souffrance (Jésus était mort avant qu’ils ne veuillent lui briser les jambes). Les romains sans le savoir ont donc accompli cette prophétie.

Nathan (-1040) 2S7v12 Je te donnerai un successeur dans ta descendance, qui sera né de toi, et je rendrai stable sa royauté. C’est lui qui construira une maison pour mon nom et j’affermirai pour toujours son trône royal. Ainsi, un messie issu de la descendance de David (par Joseph) était annoncé.

David (-1040) On retrouve dans beaucoup de psaumes (pour moitié attribués au roi David) le zèle et les attitudes de Jésus (la pierre d’angle Ps 118v16, le zèle de ta Maison me dévore Ps 69v17). On trouve à plusieurs reprises l’annonce d’un messie issu de la lignée de David, attendu comme un nouveau David, roi de la Jérusalem céleste, Sion. Psaume 89v2-5.  » J’ai fait une alliance avec mon élu, j’ai juré à David mon serviteur. A tout jamais j’ai fondé ta lignée, je te bâtis d’âge en âge un trône.  » Mais on trouve surtout, l’annonce d’un messie serviteur souffrant connaissant la passion et la souffrance connues par Jésus lors de la crucifixion : Psaume 31v25. Ils ont tenu conseil contre moi, ils s’accordent pour m’ôter la vie. Comme le raconte jean 19v12 dans la condamnation à mort de Jésus. Psaume 22, 17-20.22-24. Ils me percent les mains et les pieds (crucifixion); je peux compter tous mes os. Ces gens me voient, ils me regardent. Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement. A mettre en parallèle avec le récit de Jean (19v23) Quand les soldats eurent crucifié Jésus,…  » Ne la déchirons pas, tirons au sort celui qui l’aura.  » Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement.

Osée (-750) Osée 11v1. D’Egypte, j’ai appelé mon fils. Jésus, alors qu’il venait de naître dut aller se réfugier en Egypte pour échapper à Hérode car celui-ci cherchait à le faire périr (Mt 2v13). Os 6 v 2. Après deux jours il nous fera revivre, le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons en sa présence. Ceci préfigure les trois jours passés au tombeau et la résurrection du Christ.

Michée (-736) Michée 5v1. Et toi, (Bethléem) Ephrata, le moindre des clans de Juda, c’est de toi que naîtra celui qui doit régner sur Israël. Dans Luc 2, on apprend en fait que c’est un édit de César Auguste qui amena Jésus à naître à Bethléem ainsi que l’annonçait Michée.

Isaïe (-700) Le prophète Isaïe plus que tous les autres a annoncé la venue du messie, l’élu de Dieu. Isaïe 7-14. C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici, la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel (Dieu avec nous) Mt 1v23. Isaïe 55v3. Je conclurai avec vous une alliance éternelle, réalisant les faveurs promises à David. Et aussi le texte emblématique sur l’élu d’Israël : Isaïe 42 v 1. Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j’ai mis toute ma joie. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ; devant les nations, il fera paraître le jugement que j’ai prononcé. Isaïe 49,6. Je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » Isaïe 42 v 7 … tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et de leur cachot ceux qui habitent les ténèbres. En parallèle avec Lc 7v22 …. les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent… A nouveau de manière forte, la passion du messie était annoncée : Isaïe 50 v 6. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats. Isaïe 52 v13 53 v 12. Or ce sont nos souffrances qu’il portait et nos douleurs dont il était chargé. … Mais lui, il a été transpercé a cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui et dans ses blessures nous trouvons la guérison. … Maltraité, il s’humiliait, il n’ouvrait pas la bouche, comme l’agneau qui se laisse mener à l’abattoir, comme devant les tondeurs une brebis muette, il n’ouvrait pas la bouche … A la suite de l’épreuve endurée par son âme, il verra la lumière et sera comblé. Par sa connaissance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes en s’accablant lui-même de leurs fautes.

Zacharie (-500) Za 9 v9. Exulte avec force, fille de Sion ! Crie de joie, fille de Jérusalem ! Voici que ton roi vient à toi : il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. Cette prophétie annonce un messie entrant dans Jérusalem sur un âne (comme David), acclamé par la foule; C’est ainsi que Jésus est entré à Jérusalem pour les rameaux Mt21v1. Za 12 v10. Mais je répandrai sur la maison de David et sur l’habitant de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils regarderont vers moi. Celui qu’ils ont transpercé, ils se lamenteront sur lui comme on se lamente sur un fils unique; A nouveau, on retrouve la crucifixion, source de vie.

Jésus annonçant sa mort Il peut être intéressant de voir dans le nouveau testament, comment Jésus lui-même affirmait être le messie, et annonçait sa mort et sa résurrection prévue par les écritures. Jean 5v39. Vous scrutez les écritures parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage. Mt 5v17. N’allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes, mais accomplir. Car je vous le dis en vérité ; avant que ne passe le ciel et la terre, pas un iota ne passera de la Loi, que tout ne soit réalisé. Jésus est venu accomplir la Loi en étant crucifié comme cela était annoncé. En offrant sa vie, il a tout accompli. Jean 6v14. A la vue du signe que Jésus avait accompli (la multiplication des pains), les gens disaient :  » C’est vraiment lui le grand Prophète, celui qui vient dans le monde.  » Mt 17v22.  » le fils de l’homme va être livré aux mains des hommes, et ils le tueront, et le troisième jour, il ressuscitera « . Marc 14,1. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, et, quand vous voudrez, vous pourrez les secourir ; mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. Elle a fait tout ce qu’elle pouvait faire. D’avance elle a parfumé mon corps pour mon ensevelissement. Amen, je vous le dis : Partout où la Bonne Nouvelle sera proclamée dans le monde entier, on racontera, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire. Marc 15. Jésus leur déclara :  » Amen, je vous le dis : l’un de vous, qui mange avec moi, va me livrer.  » Jean 12,24 et 33. Maintenant je suis bouleversé. Que puis-je dire ? Dirai-je : Père, délivre-moi de cette heure ? Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom !  » … ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes.  » Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir. Jean 18, Pilate leur dit :  » Reprenez-le, et vous le jugerez vous-mêmes suivant votre loi.  » Les Juifs lui dirent :  » Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort.  » Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir (crucifié par les romains). Luc 24. Il leur dit alors :  » Vous n’avez donc pas compris ! Comme votre coeur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ?  » Luc 24,35-48. Puis il déclara :  » Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.  » Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures. Il conclut :  » C’est bien ce qui était annoncé par l’Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d’entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés (du mal) à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. C’est vous qui en êtes les témoins. Certes nous sommes libres de croire ou pas, Dieu ne nous force pas, il nous interpelle. Il ne demande que notre foi, notre recherche pour se révéler comme il l’a fait aux prophètes. Il est possible de le rencontrer, de le connaître, en écoutant sa parole dans les livres : la Bible. Bien que n’étant pas un livre d’histoire, la Bible nous éclaire sur la vie de tout un peuple à différentes époques. Il ne faut pas toujours chercher à voir dans les histoires qui y sont rapportés des faits historiques, notamment dans l’ancien testament. Bien des textes de style poétique sont à comprendre comme une réflexion des hommes et il convient avant tout d’y voir leur portée spirituelle. On y observe, comme dans tout livre aussi ancien, des styles différents, fruit de la réflexion d’époques différentes et de préoccupations différentes.

Ce texte n’est pas exhaustif (voir aussi Dt 22v22, Jn 19v38, Ps22v7 et 15, Ps31, Ps 69v17/ Jn 19v28, Ps 118v16, Ps 132v11, Sg 2v1.12, 2v20, Is 8v10 et 14, 11v1, 49v6, 50v6 Jr 11v18, Ez37v21, Mt 5v17, Lc 12v49, Mt 21v38 …) On pourrait y ajouter encore bien d’autres citations de la Bible, mais il contient les plus marquantes.

MARIE-NOËLLE THABUT – PREMIERE LECTURE – PREMIER LIVRE DES ROIS 17,10-16

6 novembre, 2015

http://www.eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/le-dimanche-jour-du-seigneur/commentaires-de-marie-noelle-thabut/408892-commentaires-du-dimanche-8-novembre-2/

LES COMMENTAIRES  DE MARIE-NOËLLE THABUT

PREMIERE LECTURE – PREMIER LIVRE DES ROIS 17,10-16

En ces jours-là, 10 le prophète Elie partit pour Sarepta, et il parvint à l’entrée de la ville. Une veuve ramassait du bois ; il l’appela et lui dit : « Veux-tu me puiser, avec ta cruche, un peu d’eau pour que je boive ? » 11 Elle alla en puiser. Il lui dit encore : « Apporte-moi aussi un morceau de pain. » 12 Elle répondit : « Je le jure par la vie du SEIGNEUR ton Dieu : je n’ai pas de pain. J’ai seulement, dans une jarre, une poignée de farine, et un peu d’huile dans un vase. Je ramasse deux morceaux de bois, je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste. Nous le mangerons, et puis nous mourrons. » 13 Elie lui dit alors : « N’aie pas peur, va, fais ce que tu as dit. Mais d’abord cuis-moi une petite galette et apporte-la moi ; ensuite tu en feras pour toi et ton fils. 14 Car ainsi parle le SEIGNEUR, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra, jusqu’au jour où le SEIGNEUR donnera la pluie pour arroser la terre. » 15 La femme alla faire ce qu’Elie lui avait demandé, et pendant longtemps, le prophète, elle-même et son fils eurent à manger. 16 Et la jarre de farine ne s’épuisa pas, et le vase d’huile ne se vida pas, ainsi que le SEIGNEUR l’avait annoncé par l’intermédiaire d’Elie.

LE PROPHETE ELIE, LE PASSIONNE DE DIEU Pourquoi le prophète Elie est-il ici, loin de son pays ? Il est prophète du royaume du Nord, et cela se passe ailleurs, à Sarepta, une ville de la côte phénicienne, une région qui, à l’époque, fait partie du royaume de Sidon et pas du tout du royaume d’Israël. En clair, le grand prophète a quitté sa patrie qui est le lieu de sa mission pour se réfugier à l’étranger : il est en exil volontaire, pourrait-on dire. Que se passe-t-il donc dans sa patrie ? Nous sommes au neuvième siècle av.J.C., puisqu’il s’agit du grand prophète Elie, et, plus précisément sous le règne du roi Achab et de la reine Jézabel (vers 870). Or Jézabel n’est pas une fille d’Israël, elle est la fille du roi de Sidon ; en l’épousant, Achab a pratiqué une politique d’alliance (ce que les rois font souvent) mais il a pris un risque ; car le mariage avec une étrangère (donc païenne) est le premier pas vers l’apostasie, on le sait bien. Voici le palais, la ville, bientôt le peuple, ouverts à l’idolâtrie. Car la jeune reine païenne a apporté avec elle ses coutumes, ses prières, ses statues, ses prêtres ; désormais quatre cents prêtres de ce culte idolâtre paradent au palais et prétendent que Baal est le vrai dieu de la fertilité, de la pluie, de la foudre et du vent. Quant au roi Achab, trop faible, il laisse faire, pire, il trahit sa propre religion et il a poussé l’apostasie jusqu’à construire un temple de Baal dans sa capitale, Samarie. Pour le prophète Elie et les fidèles du Seigneur, c’est la honte ! Car le premier des commandements était : « Tu n’auras pas d’autres dieux que moi ! » C’était le B.A. BA en quelque sorte de l’Alliance avec le Dieu de Moïse : Dieu seul est Dieu, toutes les idoles ne servent à rien. Evidemment, si Elie jouait son rôle de prophète, il ne pouvait que s’opposer à la reine Jézabel, ce qui n’a pas manqué. Mais comment prouver que les idoles ne sont rien que des statues impuissantes ? C’est à ce moment-là qu’intervint en Israël une grande sécheresse ; Elie saisit l’occasion : vous prétendez que Baal est le dieu de la pluie ? Eh bien moi, Elie, je vais vous montrer que le Dieu d’Israël est l’Unique et que tout, pluie ou sécheresse, vient de lui et de personne d’autre. On va voir ce qu’on va voir. Notre texte d’aujourd’hui se situe à ce moment-là ; prévenu par Dieu, Elie a déclaré solennellement : « Par la vie du SEIGNEUR, le Dieu d’Israël au service duquel je suis, il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie sinon à ma parole », traduisez Dieu est le seul maître des éléments, vos Baals n’y peuvent rien. Puis il est parti se mettre à l’abri car Dieu lui a dit : « Va-t-en d’ici, dirige-toi vers l’orient et cache-toi dans le ravin de Kerith, qui est à l’est du Jourdain. Ainsi tu pourras boire au torrent, et j’ai ordonné aux corbeaux de te ravitailler là-bas. » (1 R 17, 3-4). La sécheresse persistant, le torrent cesse de couler et Dieu envoie Elie un peu plus loin, à Sarepta, près de Sidon : « La parole du SEIGNEUR lui fut adressée : Lève-toi, va à Sarepta qui appartient à Sidon, tu y habiteras ; j’ai ordonné là-bas à une femme, à une veuve, de te ravitailler. » Bien sûr, Elie obéit et le voilà à Sarepta.

OSER LA CONFIANCE Voici donc le grand prophète, mendiant, (téléguidé par Dieu, c’est vrai, mais mendiant quand même) et réduit à demander à une inconnue : « Apporte-moi un morceau de pain » ; la femme, elle aussi, est une pauvre, le texte le dit assez : « Je le jure par la vie du SEIGNEUR ton Dieu : je n’ai pas de pain. J’ai seulement, dans une jarre, une poignée de farine, et un peu d’huile dans un vase. Je ramasse deux morceaux de bois, je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste. Nous mangerons, et puis nous mourrons. » (Sous-entendu ce sera notre dernier repas, puisque ce sont mes dernières provisions). Mais puisque Dieu a parlé, il faut oser la confiance ; c’est bien le rôle du prophète de le rappeler : « N’aie pas peur, va, fais ce que tu dis. Mais d’abord cuis-moi un petit pain et apporte-le moi, ensuite tu feras du pain pour toi et ton fils. Car ainsi parle le SEIGNEUR, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra, jusqu’au jour où le SEIGNEUR donnera la pluie pour arroser la terre. » On sait la suite magnifique, sur le plan théologique autant que littéraire : « Et la jarre de farine ne s’épuisa pas, et le vase d’huile ne se vida pas, ainsi que le SEIGNEUR l’avait annoncé par la bouche d’Elie. » Mais pour cela, il a fallu que la veuve de Sarepta qui est une païenne joue sa vie (puisqu’elle donne la totalité du peu qui lui reste) sur la parole du Dieu d’Israël. L’intention de l’auteur du texte est claire : le peuple bénéficiaire de toutes les sollicitudes de Dieu ferait bien de prendre exemple sur certains païens ! Alors que le peuple élu crève de faim et de malheur, sur sa terre retombée dans l’idolâtrie, des païens peuvent bénéficier des largesses de Dieu, simplement parce qu’ils ont la foi. Et la femme de Sarepta a même entendu Dieu lui parler (lui ordonnant de ravitailler son prophète) : ce qui revient à dire : la parole de Dieu, mes frères, résonne aussi en terre païenne, qu’on se le dise ! Plus tard, Jésus ne fera pas plaisir à ses compatriotes en leur rappelant cet épisode (Lc 4, 25-26). Dans les textes tardifs de l’Ancien Testament (et le premier livre des Rois en fait partie), des païens sont souvent donnés en exemple : on avait bien compris que le salut de Dieu est promis à l’humanité tout entière et pas seulement à Israël. La grande leçon de ce passage, enfin, c’est la sollicitude de Dieu pour ceux qui lui font confiance : le prophète qui fait assez confiance pour tenir tête à Achab et Jézabel… la veuve qui prend le risque de se dépouiller du peu qui lui reste… L’un et l’autre sont dans la main de Dieu. L’un et l’autre seront comblés au-delà de leur attente.

LE MYSTÈRE DU TEMPS. COMMENTAIRE DE QOHÉLETH 3,1-15

26 octobre, 2015

http://www.bible-service.net/extranet/current/pages/409.html

LE MYSTÈRE DU TEMPS. COMMENTAIRE DE QOHÉLETH 3,1-15

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Voilà peut-être la réflexion biblique la plus développée sur le mystère du temps. Les premiers mots du livre de Qohélet donnent le ton : Tout est vanité ! (Qo 1,2). La vie de l’être humain se déploie sans qu’il puisse peser sur son devenir. Que lui reste-t-il ? Dans la vie, bonheur et malheur se côtoient, à part égale. Pour ne pas subir, l’homme doit agir, mais Qohélet prévient : Quel profit y a-t-il pour l’homme de tout le travail qu’il fait sous le soleil ? (Qo 1,3). Aucun, puisque Dieu a fixé un temps pour tout. Une des conséquences logiques serait de profiter de la vie comme elle vient en prenant soin d’éviter chagrin et souffrance. Ce pessimisme est compensé par l’affirmation répétée que Dieu est la providence du monde et des hommes. Le bien-être de l’être humain est un don de Dieu. Pour aujourd’hui. Le poème de Qohélet 3 se déroule dans cette perspective : réflexion sur la dualité du temps (v.2-8), puis application au travail de l’homme (v.9-15)

Le temps de l’être humain Les v. 2 à 8 déclinent la constatation de départ : Il y a un temps pour tout et un moment pour chaque chose sous le ciel. Qohélet développe 28 termes descriptifs des actes de la vie humaine. A première vue, il s’agit d’oppositions : l’un des termes exprime une action positive : enfanter, planter, guérir… ; l’autre une action négative : mourir, arracher le plant, tuer… Quelle est la logique de ces balancements ? Parfois, le premier des termes décrit une action positive, embrasser, chercher, enfanter, planter, parfois, une action négative, tuer, saper, pleurer… Ainsi, plutôt que d’opposition, il vaudrait mieux parler d’alternance. Il y a comme une fatalité du temps vécue dans une alternance. L’énumération prend en compte de multiples dimensions de la vie humaine. Toutes ? Une interprétation symbolique de ces 28 actions répondrait positivement (cf. encadré). A-t-on là l’expression d’une totalité : la vie et la mort, et tout ce qui existe entre ces deux pôles extrêmes ? On pourrait le penser s’il n’y avait des manques importants : par exemple, pas question de « jeûner » ou de « se marier ». Ainsi, il y a une totalité sans qu’il y ait totalité. C’est l’alternance qui compte, le fait de basculer d’une chose dans l’autre, plus que l’opposition. Cette alternance qui défile donne l’impression de l’inutilité de l’effort humain : pourquoi amasser des pierres si c’est pour les jeter ensuite ? Pourquoi planter si c’est pour arracher ? C’est comme si on n’avait rien fait. La mort pèse de tout son poids sur la vie, alors à quoi bon se remuer ? Contre ce pessimisme, remarquons que la litanie est encadrée par deux mots ouverts sur la vie et l’avenir : « enfanter » et « paix  » ! L’alternance des actions humaines n’aurait-elle pas simplement pour objectif de montrer l’importance du moment présent, de l’aujourd’hui ? Et le temps de l’homme ne serait-il pas autre chose que le balancement d’une action à l’autre ?

Le don de Dieu Au v. 9, nouvelle étape. Une question interrompt la litanie : Quel profit a l’artisan du travail qu’il fait ? Ou, pour le dire autrement : que reste-t-il de tout ce qui précède ? On a là presque une reprise du début du Livre (Qo 1,3). Mais intervient un nouveau personnage : Dieu. A travers le « faire » de Dieu, on va retrouver le « faire » de l’être humain. Une recherche s’élabore dont la conclusion est au v. 14 : Je sais tout ce que fait Dieu, cela durera toujours. Ainsi face à l’alternance, face à ce qui va et vient, il y a le « toujours » de Dieu, un temps différent dans lequel rien ne se perd. Le temps de Dieu donne sens au temps de l’homme. Que reste-t-il du travail humain ? Réponse : pour Dieu, tout. Une réponse qui ne peut être qu’en Dieu, même si l’homme l’a oubliée. Qohélet rapporte ce qu’il voit (v. 10-11). Il fait état de son expérience personnelle. Il voit un don de Dieu aux hommes : l’activité. C’est le don de vivre, d’appréhender la durée pour maîtriser le moment présent, mais apparemment, cela non plus ne sert à rien puisque l’homme est incapable de comprendre le sens de la vie. Qohélet ne rapporte pas seulement ce qu’il voit, il rapporte aussi ce qu’il sait (v. 12-15). Il met l’accent maintenant sur la confiance. Le savoir de Qohélet concerne le bonheur de l’homme et l’œuvre de Dieu. Avec une conviction forte : manger, boire, se réjouir, travailler, ce sont des dons de Dieu. Dieu veut donc le bonheur de l’homme. La joie dans la vie de tous les jours, n’est-ce pas un chemin pour trouver Dieu ? N’est-il pas vain de spéculer sur l’avenir ? Devant ce don de Dieu, la réaction juste de l’homme, c’est de craindre devant sa face. Finalement, chercher à comprendre le sens de sa vie, n’est-ce pas c’est se mettre à chercher Dieu ?

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