Archive pour la catégorie 'biblique: étude'

VA ET MANGE LE LIVRE (APOCALYPSE 10, EZECHIEL 3)

21 février, 2017

https://www.eretoile.org/Archives-Reflexions/va-et-mange-le-livre.html

VA ET MANGE LE LIVRE (APOCALYPSE 10, EZECHIEL 3)

L’idée qu’il faille manger la Bible, se nourrir de la parole de Dieu, est extrêmement fréquente dans l’Ecriture. Elle est même l’un des fondements de notre pratique chrétienne, puisque le Christ, qui est, d’après l’Evangile de Jean, l’incarnation humaine de la Parole de Dieu, nous a dit : Je suis le pain vivant descendu du Ciel, et aussi : celui qui me mange vivra éternellement. C’est encore ce qu’il dira d’une manière plus imagée, lorsque, lors de son dernier repas, il a invité les disciples à se nourrir d’un pain en disant : prenez et mangez, ceci est mon corps. De même, chaque fois que nous participons à une Sainte Cène, nous répétons devant tous et pour nous-mêmes que le Christ, la Parole de Dieu, est la nourriture essentielle de notre vie.
Or, affirmer que la Bible est comme une nourriture, c’est affirmer beaucoup de choses très justes à son égard.
D’abord qu’elle est source de vie, de force, et de tout ce dont nous avons besoin pour vivre. Il est certain que nous ne sommes pas que des corps, et un être humain digne de ce nom ne peut se contenter de se nourrir physiquement. Nous devons donc manger la Bible, comme l’on dit que l’on dévore un roman, ou que l’on boit les paroles d’un discours qui nous passionne.
Or manger cette Parole, ce n’est pas la regarder de loin, ce n’est pas la lire d’un oeil distrait et rapide, mais vraiment s’en imprégner, la mettre en soi, au plus profond de son âme pour qu’elle devienne en nous une source interne de vie. La grande tradition mystique chrétienne parlait de la manducation de la Parole, c’est-à-dire de l’art de manger, de mâcher la Parole pour en extraire tout le suc nourrissant. Autant que possible, pour être bien nourri, cette Parole de la Bible ne doit pas être mangée comme un sandwich sur le coin d’un bar. Il faut prendre son temps, lire doucement, par petites bouchées, en dégustant chaque phrase, chaque mot et en mâchant bien, tournant et retournant les mots dans notre tête, laissant à chaque affirmation le temps d’exhaler en nous tout son parfum.
De plus, pour être bien nourris, l’idéal n’est pas de ne rien manger pendant un mois puis de tenter de tout rattraper en une fois. Il est bien plus profitable de manger un peu tous les jours. Le même conseil pourrait être donné d’ailleurs à tous ceux qui veulent apprendre à faire de la musique, ou faire du sport, la régularité, et la fréquence sont les seuls moyens de vraiment progresser. Hors de cela, la pratique est difficile, pénible, décevante et peu profitable.
De toute façon, l’action de la lecture de la Bible sur notre vie ne peut (en général) que se voir sur le long terme. On ne devient pas un sportif accompli en courant tout d’un coup un marathon sans avoir rien fait avant. De même, quand on lit la Bible, l’on n’est pas forcément transformé immédiatement. Il ne faut pas croire que l’on y trouve immédiatement ou à chaque fois le texte extraordinaire qui nous peut nous bouleverser, ce n’est que petit à petit que la Bible nous construit, nous transforme, sans qu’il y ait nécessairement de choc, et sans que l’on ait l’impression qu’à vue immédiate cela nous apporte grand chose.
De même, quand nous mangeons, tout n’est pas immédiatement utile. Nous ne pouvons pas dire que telle bouchée, tel repas a constitué telle partie de notre corps, tel muscle, ou telle zone de notre cerveau. Pourtant, physiquement nous ne sommes constitués que de ce que nous avons mangé un jour ou l’autre. Chacune des molécules de notre corps a été un jour ou l’autre dans notre assiette, et est passée par notre bouche. Mais comment et quand ? Nous ne pouvons le dire. Cette parole que nous mangeons agit de même en nous, c’est elle qui nous donne les éléments essentiels à notre construction humaine et spirituelle. C’est elle qui, finalement, nous constitue, nous fait, nous modèle et nous transforme, et cela petit à petit, sans choc, et sans que nous soyons nécessairement bouleversé par tel ou tel passage ou verset.
La comparaison peut d’ailleurs être prolongée utilement par l’idée que quand nous mangeons, en fait, une grande part est rejetée dans quelque lieu secret pour parler comme l’Evangile (Matt 15 :17), ce qui n’est effectivement utile n’est qu’une très infime part que nous ne pouvons discerner à l’avance. Or, celui qui lit la Bible régulièrement sait que souvent le texte ne lui dit rien, qu’il l’ennuie (voire l’agace s’il est un peu indigeste). Mais ce n’est pas grave, il faut le savoir et persévérer, lire beaucoup sans chercher la rentabilité totale pour qu’il reste l’infime part qui, sans que nous nous en rendions compte, va construire et constituer petit à petit en nous une vie nouvelle.
Le lecteur de la Bible est un peu comme l’orpailleur qui doit traiter une immense quantité de gravier pour trouver finalement les quelques infimes paillettes d’un grand prix… mais pour nous c’est encore plus difficile parce que nous ne pouvons même pas toujours désigner où se trouvent les paillettes pour les séparer du reste. Le travail se fait en nous, et il est certain qu’il se fait. Celui qui lit et relit la Bible est petit à petit transformé par elle et trouve dans ce compagnon de son existence une vraie source de force, de joie, de paix et de vie.
Pourquoi pesez-vous de l’argent pour ce qui ne nourrit pas? Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas? Écoutez-moi donc, et vous mangerez ce qui est bon, votre âme se délectera de mets succulents. Prêtez l’oreille, et venez à moi, Écoutez, et votre âme vivra. (Esaïe 55)

Luis Pernot

LES QUATRE LIMITES DU PAYS

21 avril, 2016

http://www.centre-biblique.ch/echanges/1999/1999-4-a.htm

LES QUATRE LIMITES DU PAYS

Canaan est en vue quand Moïse meurt sur le Mont Nebo. De ce sommet, l’éternel lui a fait voir le pays dans lequel il ne peut pas entrer. Tout le livre du Deutéronome est consacré à cette vision dans le but de stimuler chacun, et particulièrement Josué auquel est confiée la mission de faire entrer Israël en Canaan. « Fortifie-toi et sois ferme », telle est l’injonction que Moïse répète à son successeur (Deut. 31. 7, 23). Cette exhortation est assortie d’une promesse répétée elle aussi : « L’éternel est celui qui marche devant toi ; lui, sera avec toi ; il ne te laissera pas et ne t’abandonnera pas… et moi (dit l’éternel), je serai avec toi » (Deut. 31. 8, 23). A l’ouverture du livre de Josué, Dieu lui-même s’adresse à son serviteur avec les mêmes promesses et les mêmes injonctions (Jos. 1. 5, 7, 9). Le pays qu’Israël doit conquérir est vaste et ses habitants puissants. Il faut encourager le conducteur et le peuple entier et l’avertir des dangers auxquels ils vont devoir faire face. Le pays leur est donné, encore doivent-ils en prendre possession et respecter ses limites. Dieu sait que le risque d’outrepasser ces limites est faible, alors que celui de ne pas les atteindre est évident. C’est pourquoi il dit à Josué : « Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous l’ai donné » (Jos. 1. 3). Les limites données ensuite à Josué (v. 4) étaient connues depuis longtemps. Dieu avait défini pour Abraham le pays par les peuples qui l’habitaient alors et en mentionnant deux frontières : le fleuve (ou torrent) d’égypte (pas le Nil, mais un cours d’eau au sud de Gaza) et le fleuve Euphrate (Gen. 15. 18-21). Quand le peuple est encore au Sinaï, Dieu indique à Moïse les quatre limites qui borderaient le pays promis (Ex. 23. 31). Moins précises que celles données à Josué, elles incluent la péninsule du Sinaï. La mention de la mer Rouge est donc abandonnée lorsque l’éternel s’adresse à Josué. Considérons la signification de ces frontières pour nous aujourd’hui. La promesse de Josué 1. 5 est citée en Hébreux 13. 5 ; elle s’applique donc à nous, chrétiens. Ce n’est pas forcer l’écriture que de voir un enseignement moral dans les limites de Canaan précisées en Jos. 1. 4. Josué les a reçues pour qu’il cherche premièrement à les atteindre. Il en est ainsi pour nous, quoique le danger de passer outre soit évident. « Qui renverse une clôture, un serpent le mord » (Ecc. 10. 8). Si Dieu impose des limites au domaine qu’il nous donne, il y a des raisons pour qu’on s’y tienne, et aussi pour qu’on les atteigne. Quelles sont ces limites ? Le désert : c’est le monde dans son aridité, un lieu où l’âme du croyant ne peut pas trouver de satisfaction. Prenons garde à ne pas nous y complaire, quoique nous y demeurions. Moralement, nous sommes des étrangers dans le désert, même si notre devoir est d’y honorer notre Maître. Dépasser cette limite, c’est s’intégrer à ce système que le Seigneur condamne et dont Satan est le chef. Par contre, rester en deçà, c’est se réfugier dans une tour d’ivoire en se désintéressant des problèmes de l’entourage. Dans les deux cas, notre témoignage n’est pas crédible. Le Liban : c’est la gloire du monde, la recherche des honneurs éphémères. Une telle démarche chez le croyant nuit à sa prospérité spirituelle. Le Seigneur Jésus nous en avertit avec l’exemple des chefs du peuple juif qui n’osaient pas le confesser, car, dit-il, « ils ont aimé la gloire des hommes plutôt que la gloire de Dieu » (Jean 12. 43). Cependant, les cercles fermés de la haute société ont aussi besoin de l’évangile. Des croyants s’y trouvent, et Dieu ne leur demande pas obligatoirement de s’en retirer. Le critère pour savoir si nous nous trouvons là où le Seigneur nous veut, c’est la possibilité d’y témoigner. Le fleuve Euphrate : c’est le monde sous le pouvoir de Satan, là où se manifestent la corruption, la violence et tout le domaine occulte, un interdit pour le chrétien racheté ; c’est le monde en opposition totale avec Dieu. Prenons garde à l’avertissement souvent répété dans la parole de Dieu, si la curiosité nous entraîne dans ce territoire défendu (voir Deut. 18. 10-12) : on ne s’y engage pas impunément. Le Seigneur Jésus a fermé la bouche à Satan en lui citant les écritures. C’est aussi par elles que nous pouvons faire front aux insinuations de l’Ennemi. Le nom de Jésus peut toujours être invoqué pour mettre Satan en déroute et l’obliger à délivrer sa proie. Et rappelons-nous qu’aucun de ses agents humains n’est exclu d’emblée de l’offre du salut. La grande mer : c’est l’agitation continuelle des peuples, c’est la politique du monde qui a fait tant de ravages, même en temps de paix. Le rôle du croyant n’est pas de s’activer dans ce domaine si trouble. Son service est dans la prière et l’intercession (1 Tim. 2. 1, 2). La grâce de Dieu permet parfois que de grands politiciens soient amenés à la foi. Ils ont affaire avec le Seigneur, même là où il est difficile de témoigner. Dieu leur montrera quelle est la limite qu’on ne peut pas dépasser sans compromettre le message de l’évangile. A quelque niveau qu’on se trouve, la limite à atteindre, mais à ne pas franchir, est difficile à établir. Un critère absolu ne peut pas être fixé ; chaque situation demande réflexion pour faire le bon choix et prendre la bonne décision. Le Seigneur donne la sagesse nécessaire à celui qui se confie en lui. Les Israélites n’ont jamais atteint les limites assignées. Qu’en est-il des chrétiens ? Des témoins courageux de l’évangile se sont aventurés dans des zones dangereuses, et Dieu les a gardés. Si le Seigneur nous demande comme à ésaïe : « Qui enverrai-je, et qui ira pour nous ? » quelqu’un est-il prêt à répondre : « Me voici, envoie-moi » (Es. 6. 8) ? En contemplant la gloire du Seigneur, ésaïe réalise sa totale indignité. Dieu lui fait comprendre que plus rien ne subsiste de son iniquité. N’en est-il pas ainsi du croyant ? Il n’est pas nécessaire de se rendre aux antipodes pour trouver un champ missionnaire : il est dans le voisinage de chacun. Ayons une vision étendue du domaine où Dieu désire que nous soyons ses témoins. Demandons-lui un esprit de bon sens et un sain discernement pour que notre témoignage soit efficace pour le bien de ceux que nous côtoyons. Le croyant est appelé « le sel de la terre » et « la lumière du monde ». Le sel conservé dans un bocal n’a aucune efficacité, pas plus que la lampe mise sous le « boisseau ». La séparation du mal à laquelle le croyant est appelé ne signifie pas isolement total. Il est vrai qu’il est tentant de s’isoler pour se mettre à l’abri. Dieu nous fera alors comprendre que le mal caché dans nos cœurs souille davantage que celui que nous côtoyons dans le monde. Nous trouvons dans la nature des animaux dont l’instinct les pousse à un certain comportement pour s’abriter : Le hérisson se met en boule pour n’offrir aucune chance au prédateur, Beaucoup de chenilles prennent la couleur de leur support pour échapper au danger, Le putois répand une odeur infecte qui fait fuir ses ennemis. Ce sont des exemples à ne pas imiter comme chacun peut facilement le comprendre. Par contre, la Parole cite d’autres animaux, sages entre les sages, dont nous devons imiter la conduite (Prov. 30. 24-28). Ajoutons quelques exemples : L’araignée fait la morte quand on la touche. Sommes-nous vraiment « morts avec Christ aux éléments du monde » (Col. 2. 20) ? Beaucoup d’animaux à fourrure épaississent leur toison à l’approche de l’hiver. Il y a une pièce du vêtement moral à revêtir quand l’adversité survient, c’est le survêtement de l’amour (Col. 3. 14). Le chameau gonfle d’eau la partie graisseuse de son organisme pour pouvoir traverser le désert. Puisons assez de réserve dans la Parole avant d’affronter une situation périlleuse. La sagesse est nécessaire pour savoir comment nous conduire dans ce monde. Dieu a fixé des limites pour que nous restions fidèles dans le témoignage qu’il nous confie. Elles doivent être atteintes, c’est pourquoi Dieu nous donne des promesses comme à Josué. Les avertissements de la Parole, eux, sont là pour nous aider à ne pas les dépasser. Dieu nous montrera le chemin à suivre dans la mesure où nous demeurerons dans la proximité de Jésus et la dépendance de son Esprit.

F. Gfeller

BENOÎT XVI – « (EN COMMUNION AVEC LE CHRIST NOUS POUVONS CONNAÎTRE DIEU COMME PÈRE VÉRITABLE (CF. MT 11, 27) »

9 mars, 2016

https://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2012/documents/hf_ben-xvi_aud_20121003.html

BENOÎT XVI – « (EN COMMUNION AVEC LE CHRIST NOUS POUVONS CONNAÎTRE DIEU COMME PÈRE VÉRITABLE (CF. MT 11, 27) »

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre

Mercredi 3 octobre 2012

Chers frères et sœurs,

Dans la dernière catéchèse j’ai commencé à parler de l’une des sources privilégiées de la prière chrétienne : la sainte liturgie, qui — comme l’affirme le Catéchisme de l’Église catholique — est « participation à la prière du Christ, adressée au Père dans l’Esprit Saint. En elle toute prière chrétienne trouve sa source et son terme » (n. 1073). Je voudrais aujourd’hui que nous nous demandions : dans ma vie, est-ce que je réserve une place suffisante à la prière et, surtout, quelle place a dans ma relation avec Dieu la prière liturgique, en particulier la Messe, comme participation à la prière commune du Corps du Christ qui est l’Église ? En répondant à cette question, nous devons nous rappeler tout d’abord que la prière est la relation vivante des fils de Dieu avec leur Père infiniment bon, avec son Fils Jésus Christ et avec l’Esprit Saint (cf. ibid., n. 2565). La vie de prière consiste donc à être de manière habituelle en présence de Dieu et à en avoir conscience, à vivre en relation avec Dieu comme nous vivons les relations habituelles de notre vie, celles avec les membres les plus chers de notre famille, avec nos vrais amis ; c’est même cette relation avec le Seigneur qui donne la lumière à toutes nos autres relations. Cette communion de vie avec Dieu, Un et Trine, est possible car à travers le baptême nous avons tous été insérés dans le Christ, nous avons commencé à être un avec Lui (cf. Rm 6, 5). En effet, ce n’est qu’en Christ que nous pouvons dialoguer avec Dieu le Père comme des fils, autrement cela n’est pas possible, mais en communion avec le Fils nous pouvons nous aussi dire, comme Il l’a dit : « Abbà ». En communion avec le Christ nous pouvons connaître Dieu comme Père véritable (cf. Mt 11, 27). C’est pourquoi la prière chrétienne consiste à nous tourner constamment et de manière toujours nouvelle vers le Christ, à parler avec Lui, à demeurer en silence avec Lui, à l’écouter, à agir et à souffrir avec Lui. Le chrétien redécouvre sa véritable identité en Christ, « premier-né de toute créature », dans lequel toute chose subsiste (cf. Col 1, 15sq). En m’identifiant à Lui, en étant un avec Lui, je redécouvre mon identité personnelle, celle de véritable fils qui regarde Dieu comme un Père plein d’amour. Mais n’oublions pas : nous découvrons le Christ, nous le connaissons comme Personne vivante, dans l’Église. Celle-ci est « son Corps ». Cette corporéité peut être comprise à partir des paroles bibliques sur l’homme et sur la femme : les deux seront une seule chair (cf. Gn 2, 24 ; Ep 5, 30sq ; 1 Co 6, 16s). Le lien indissoluble entre le Christ et l’Église, à travers la force unifiante de l’amour, n’annule pas le « toi » et le « moi », mais les élève au contraire à leur unité la plus profonde. Trouver sa propre identité en Christ signifie parvenir à une communion avec Lui, qui ne m’annule pas, mais qui m’élève à la plus haute dignité, celle de fils de Dieu dans le Christ : « L’histoire d’amour entre Dieu et l’homme consiste justement dans le fait que cette communion de volonté grandit dans la communion de pensée et de sentiment, et ainsi notre vouloir et la volonté de Dieu coïncident toujours plus » (Enc. Deus caritas est, n. 17). Prier signifie s’élever à la hauteur de Dieu, à travers une transformation progressive nécessaire de notre être. Ainsi, en participant à la liturgie, nous faisons nôtre la langue de la mère Église, nous apprenons à parler en elle et pour elle. Naturellement, comme je l’ai déjà dit, cela a lieu de manière progressive, peu à peu. Je dois me plonger progressivement dans les paroles de l’Église, avec ma prière, avec ma vie, avec ma souffrance, avec ma joie, avec ma pensée. C’est un chemin qui nous transforme. Je pense alors que ces réflexions nous permettent de répondre à la question que nous nous sommes posée au début : comment puis-je apprendre à prier, comment puis-je grandir dans ma prière ? En regardant le modèle que nous a enseigné Jésus, le Notre Père, nous voyons que le premier mot est « notre » et le deuxième est « Père ». La réponse est donc claire : en apprenant à prier je nourris ma prière, en m’adressant à Dieu comme Père et en priant-avec-les-autres, en priant avec l’Église, en acceptant le don de ses mots, qui deviennent peu à peu familiers et riches de sens. Le dialogue que Dieu établit avec chacun de nous, et nous avec Lui, dans la prière inclut toujours un « avec » : on ne peut pas prier Dieu de manière individualiste. Dans la prière liturgique, surtout l’Eucharistie, et — formés par la liturgie — dans toute prière, nous ne parlons pas uniquement en tant qu’individus, mais nous entrons dans le « nous » de l’Église qui prie. Et nous devons transformer notre « moi » en entrant dans ce « nous ». Je voudrais rappeler un autre aspect important. Dans le Catéchisme de l’Église catholique nous lisons : « Dans la liturgie de la Nouvelle Alliance, toute action liturgique, spécialement la célébration de l’Eucharistie et des sacrements, est une rencontre entre le Christ et l’Église » (n. 1097) ; donc c’est le « Christ total », toute la Communauté, le Corps du Christ uni à son Chef qui célèbre. La liturgie n’est alors pas une sorte d’« auto-manifestation » d’une communauté, mais c’est en revanche une manière de sortir du simple « être-soi-même », être enfermés en soi-même, et d’accéder au grand banquet, d’entrer dans la grande communauté vivante, dans laquelle Dieu lui-même nous nourrit. La liturgie implique universalité et ce caractère universel doit entrer toujours à nouveau dans la conscience de tous. La liturgie chrétienne est le culte du temple universel qu’est le Christ ressuscité, dont les bras sont ouverts sur la croix pour attirer tous les hommes dans l’accolade d’amour éternel de Dieu. C’est le culte du ciel ouvert. Ce n’est jamais seulement l’événement d’une communauté singulière, ayant une place particulière dans le temps et dans l’espace. Il est important que tout chrétien se sente et soit réellement inséré dans ce « nous » universel, qui fournit le fondement et le refuge au « moi », dans le Corps du Christ qu’est l’Église. En cela, nous devons avoir à l’esprit et accepter la logique de l’incarnation de Dieu : il s’est fait proche, présent, en entrant dans l’histoire et dans la nature humaine, en se faisant l’un de nous. Et cette présence se poursuit dans l’Église, son Corps. La liturgie n’est alors pas le souvenir d’événements passés, mais la présence vivante dans le Mystère pascal du Christ qui transcende et unit les temps et les espaces. Si dans la célébration n’émerge pas la place centrale du Christ, nous n’aurons pas une liturgie chrétienne, totalement dépendante du Seigneur et soutenue par sa présence créatrice. Dieu agit par l’intermédiaire du Christ et nous ne pouvons agir que par son intermédiaire et en Lui. Chaque jour doit croître en nous la conviction que la liturgie n’est pas notre « action », mon « action » mais l’action de Dieu en nous et avec nous. Par conséquent, ce n’est pas l’individu — prêtre ou fidèle — ou le groupe qui célèbre la liturgie, mais elle est avant tout action de Dieu à travers l’Église, qui a son histoire, sa riche tradition et sa créativité. Cette universalité et ouverture fondamentale, qui est propre à toute la liturgie, est l’une des raisons pour laquelle elle ne peut pas être conçue ou modifiée par une communauté singulière ou par des experts, mais elle doit être fidèle aux formes de l’Église universelle. L’Église tout entière est toujours présente même dans la liturgie de la communauté la plus petite. C’est pourquoi il n’y a pas d’« étrangers » dans la communauté liturgique. L’Église tout entière, le ciel et la terre, Dieu et les hommes participent ensemble à chaque célébration liturgique. La liturgie chrétienne, même si elle est célébrée dans un lieu et un espace concret, et exprime le « oui » d’une communauté déterminée, est par sa nature catholique, provient du tout et conduit au tout, en unité avec le Pape, avec les évêques, avec les croyants de toutes les époques et de tous les lieux. Plus une célébration est animée par cette conscience, plus se réalise en elle de façon fructueuse le sens authentique de la liturgie. Chers amis, l’Église est visible de nombreuses façons : dans l’action caritative, dans les projets de mission, dans l’apostolat personnel que chaque chrétien doit réaliser dans son milieu. Mais le lieu où l’on en fait pleinement l’expérience en tant qu’Eglise est dans la liturgie: elle est l’acte par lequel nous croyons que Dieu entre dans notre réalité et nous pouvons le rencontrer, nous pouvons le toucher. C’est l’acte par lequel nous entrons en contact avec Dieu: Il vient à nous, et nous sommes illuminés par Lui. C’est pourquoi, lorsque dans les réflexions sur la liturgie, nous concentrons notre attention uniquement sur la façon de la rendre attrayante, intéressante et belle, nous risquons d’oublier l’essentiel: la liturgie se célèbre pour Dieu et non pour nous-mêmes; c’est son œuvre; c’est Lui le sujet; et nous devons nous ouvrir à Lui et nous laisser guider par Lui et par son Corps qui est l’Eglise. Demandons au Seigneur de nous enseigner chaque jour à vivre la sainte liturgie, en particulier la Célébration eucharistique, en priant dans le «nous» de l’Eglise, qui porte son regard non pas sur elle-même, mais sur Dieu et en sentant que nous sommes une partie de l’Eglise vivante de tous les lieux et de tous les temps. Merci.

L’EAU DE LA VIE

2 février, 2016

http://www.bible-et-histoire.com/leau-de-la-vie.html

L’EAU DE LA VIE

I. L’EAU SYMBOLE DE VIE
1. L’eau est le premier élément créé dans notre monde
2. Un fleuve dans le jardin d’Eden

II. L’EAU SYMBOLE DE MORT
1. Les eaux du déluge
2. Les torrents de destruction et de mort
3. Le fleuve cherchant à détruire la femme symbolisant le peuple de Dieu persécutée

III. UN RITUEL PERMETTANT D’ÉCHAPPER À LA MORT

IV. DIEU NOUS INVITE À PASSER DE LA MORT À LA VIE
Le baptême est une association à la mort de Jésus
Le baptême est une association à la résurrection de Jésus pour que nous vivions une vie nouvelle

V. L’EAU DU BAPTÊME ET L’ACTION DU SAINT-ESPRIT

L’EAU DE LA VIE
I. L’EAU SYMBOLE DE VIE :
1. L’eau est le premier élément créé dans notre monde :
« La terre était informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. » (Genèse 1.2)
Dès le deuxième verset de la Bible, l’eau est mentionnée. Sa présence précède l’organisation de notre monde par les 7 jours de la création. Elle est déjà associée à l’Esprit de Dieu, une image qu’il faut retenir car souvent la Bible unit l’eau et l’Esprit. De leur association naît la vie.
2. Un fleuve dans le jardin d’Eden :
« Un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras. » (Genèse 2.10)
La présence de ce fleuve dans le jardin d’Eden paraît tellement naturelle, que l’on pourrait facilement passer à côté de l’évocation symbolique qui s’y rattache et qui a été soulignée par d’autres textes de la Bible :
Dans sa vision, Ezéchiel voit un torrent sortir du temple. Ce torrent et son environnement ressemblent au fleuve du jardin d’Eden (Cf. les versets 12). Les eaux de ce torrent ont plusieurs propriétés :
Elles assainissent les eaux de la mer Morte (verset 8).
Notons que les eaux sortent du temple, donc de Jérusalem, pour rejoindre la mer Morte, elles traversent le désert de Judée (Verset 1, 12).
Elles apportent la vie partout où elles passent et transforment le désert en un verger (Versets 7, 9, 10, 12).
Sur les bords du torrent, des arbres fruitiers pousseront en abondance, leurs fruits seront sans fin et serviront de nourriture, leurs feuillages ne se flétriront pas et serviront de remède (Verset 12).
Ces eaux ont toutes ces propriétés parce que le torrent sort du sanctuaire (verset 12). Ce torrent symbolise donc l’œuvre de Dieu qui redonne vie au désert et qui transforme les eaux de la mer Morte (sans vie) en des eaux grouillantes de vie. Par cette image symbolique, le prophète annonce la nouvelle création que Dieu veut faire vivre à l’humanité.
1 « Il me ramena vers la porte de la maison. Et voici, de l’eau sortait sous le seuil de la maison, à l’orient, car la face de la maison était à l’orient ; l’eau descendait sous le côté droit de la maison, au midi de l’autel…3 Lorsque l’homme s’avança vers l’orient, il avait dans la main un cordeau, et il mesura mille coudées ; il me fit traverser l’eau, et j’avais de l’eau jusqu’aux chevilles. 4 Il mesura encore mille coudées, et me fit traverser l’eau, et j’avais de l’eau jusqu’aux genoux. Il mesura encore mille coudées, et me fit traverser, et j’avais de l’eau jusqu’aux reins. 5 Il mesura encore mille coudées ; c’était un torrent que je ne pouvais traverser, car l’eau était si profonde qu’il fallait y nager ; c’était un torrent qu’on ne pouvait traverser. 6 Il me dit : As-tu vu, fils de l’homme ? Et il me ramena au bord du torrent. 7 Quand il m’eut ramené, voici, il y avait sur le bord du torrent beaucoup d’arbres de chaque côté. 8 Il me dit : Cette eau coulera vers le district oriental, descendra dans la plaine, et entrera dans la mer ; lorsqu’elle se sera jetée dans la mer, les eaux de la mer deviendront saines. 9 Tout être vivant qui se meut vivra partout où le torrent coulera, et il y aura une grande quantité de poissons ; car là où cette eau arrivera, les eaux deviendront saines, et tout vivra partout où parviendra le torrent. 10 Des pêcheurs se tiendront sur ses bords ; depuis En-Guédi jusqu’à En-Eglaïm, on étendra les filets ; il y aura des poissons de diverses espèces, comme les poissons de la grande mer, et ils seront très nombreux…12 Sur le torrent, sur ses bords de chaque côté, croîtront toutes sortes d’arbres fruitiers. Leur feuillage ne se flétrira point, et leurs fruits n’auront point de fin, ils mûriront tous les mois, parce que les eaux sortiront du sanctuaire. Leurs fruits serviront de nourriture, et leurs feuilles de remède. » (Ezéchiel 47.1,3-10,12)
La vision d’Ezéchiel sert de support à la déclaration de Jésus rapportée par l’Evangile de Jean (7.38). Cette déclaration est en parfaite harmonie avec la vision d’Ezéchiel puisque Jésus s’est présenté comme le nouveau temple (Jean 2.19-21) :
« Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Ecriture. » (Jean 7.38)
L’apôtre Jean explique le sens de cette déclaration :
« Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. » (Jean 7.39)
Avec cette interprétation donnée par l’apôtre, nous pouvons comprendre que la nouvelle création évoquée par Ezéchiel sera le résultat de l’action du Saint-Esprit.
Nous retrouvons le même symbole lié à la fois au jardin d’Eden et à la prophétie d’Ezéchiel que l’on vient de mentionner dans la vision de la nouvelle Jérusalem (Apocalypse 21.10-27), symbole du royaume de Dieu :
« Et il me montra un fleuve d’eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l’Agneau. Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des nations. » (Apocalypse 22.1, 2)

II. L’EAU SYMBOLE DE MORT :
1. Les eaux du déluge :
« La terre était corrompue devant Dieu, la terre était pleine de violence. Dieu regarda la terre, et voici, elle était corrompue ; car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre. Alors Dieu dit à Noé : La fin de toute chair est arrêtée devant moi ; car ils ont rempli la terre de violence ; voici, je vais les détruire avec la terre. Fais-toi une arche de bois de gopher… Et moi, je vais faire venir le déluge d’eaux sur la terre, pour détruire toute chair ayant souffle de vie sous le ciel ; tout ce qui est sur la terre périra. » (Genèse 3.11-14, 17)
2. Les torrents de destruction et de mort :
« Les liens de la mort m’avaient environné, et les torrents de la destruction m’avaient épouvanté. » (Psaumes 18.4)
3. Le fleuve cherchant à détruire la femme symbolisant le peuple de Dieu persécutée :
« Et, de sa gueule, le serpent lança de l’eau comme un fleuve derrière la femme, afin de l’entraîner par le fleuve. Mais la terre secourut la femme, elle ouvrit sa bouche et engloutit le fleuve que le dragon avait lancé de sa gueule. » (Apocalypse 12. 15, 16)
Les eaux du déluge, les torrents et le fleuve peuvent être des agents apportant la destruction et la mort.

III. UN RITUEL PERMETTANT D’ÉCHAPPER À LA MORT :
« Tu feras approcher Aaron et ses fils de l’entrée de la tente de la Rencontre et tu les laveras dans l’eau. » (Exode 29.4 Bible du Semeur)
La traduction de la Bible en français courant traduit l’expression « tu les laveras dans l’eau » par « tu leur feras prendre un bain rituel ».
Aaron et ses fils devaient rappeler ce bain rituel en se lavant les mains et les pieds à chaque fois qu’ils entraient dans le sanctuaire ou lorsqu’ils offraient un sacrifice, afin de ne pas mourir :
« Tu feras une cuve en bronze avec son support en bronze, pour les ablutions ; tu la placeras entre la tente de la rencontre et l’autel et tu y mettras de l’eau. Aaron et ses fils s’y laveront les mains et les pieds. Quand ils entreront dans la tente de la rencontre, ils se laveront à l’eau pour ne point mourir ; ou bien quand ils approcheront de l’autel pour officier, pour faire fumer un mets consumé pour le SEIGNEUR, ils se laveront les mains et les pieds pour ne point mourir. Ce sera pour eux une loi immuable, pour lui et sa descendance, d’âge en âge. » (Exode 30.18-21 TOB)

IV. DIEU NOUS INVITE A PASSER DE LA MORT A LA VIE
Comme les sacrificateurs devaient être lavés pour échapper à la mort lorsqu’ils allaient à la rencontre de Dieu en offrant des sacrifices ou en entrant dans le sanctuaire, les croyants d’aujourd’hui sont invités à faire la même démarche pour rencontrer Dieu :
19 « Ainsi donc, frères, nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire 20 par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair, 21 et nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu ; 22 approchons-nous donc avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure. » (Hébreux 10.19-22)
Dans l’épître à Tite, l’apôtre Paul explique que nous sommes sauvés (nous échappons à la mort éternelle) par le bain de la nouvelle naissance, ce qui rejoint le thème de nouvelle création annoncée par le prophète Ezéchiel :
« Mais lorsque la bonté de Dieu, notre Sauveur, et son amour pour les humains se sont manifestés – non pas parce que nous aurions fait des œuvres de justice, mais en vertu de sa propre compassion – il nous a sauvés par le bain de la nouvelle naissance et du renouvellement procédant de l’Esprit saint. » (Tite 3.4, 5)
Pour parler de cette expérience, les premiers chrétiens ont utilisé des expressions ou des mots du langage quotidien : « le corps lavé », « le bain », « immerger ». En grec le mot « immerger » se dit « baptizo ». Ce mot grec n’a pas été traduit dans notre langue mais seulement francisé donnant le mot « baptiser ».
L’expérience du baptême permet au croyant de vivre toute l’expérience qui a été préfigurée par le sens symbolique de l’eau. L’apôtre Paul en fait une éloquente démonstration dans l’épître aux Romains :
3 « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? 4 Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. 5 En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection, 6 sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit réduit à l’impuissance, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché ; 7 car celui qui est mort est libre du péché. » (Romains 6.3-7)
Le baptême est une association à la mort de Jésus :
« Nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés » (Verset 3)
« Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort » (Verset 4)
« Si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort » (Verset 5)
« Notre vieil homme a été crucifié avec lui » (Verset 6)
Le baptême est une association à la résurrection de Jésus pour que nous vivions une vie nouvelle :
« Comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie » (Verset 4)
« Si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection. » (Verset 5)
Jésus est mort pour mettre fin au règne du péché. En acceptant d’être baptisés en conformité à la mort de Jésus, nous manifestons le désir de mettre fin au péché dans notre vie afin d’être libres du péché « car celui qui est mort est libre du péché. » (Verset 7)
Notre association à la résurrection de Jésus en devenant un nouvelle plante avec lui est une invitation à vivre une vie où nous ne sommes plus sous la domination du péché : « Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, et n’obéissez pas à ses convoitises. » (Romains 6.12)
Pour parler de cette expérience du passage de la mort à une vie nouvelle, l’apôtre Paul utilise l’expression « nous avons donc été ensevelis », ce qui donne une bonne illustration de ce que signifie « être baptisé », c’est-à-dire immergé, plongé dans l’eau. Seul le baptême par immersion total du croyant est en adéquation avec l’ensei-gnement fondamental présenté par ce texte de l’apôtre Paul. Le baptême est une synthèse du symbolisme de l’eau tel qu’il est présenté par les textes de la Genèse, de l’Exode, d’Ezéchiel et de l’Apocalypse, que nous avons vu dans les points précédents.
Pour confirmer ce qu’Ezéchiel avait déjà exprimé concernant l’œuvre de Dieu symbolisée par le torrent qui sort du temple provoquant une nouvelle création, l’apôtre Paul a fait une déclaration similaire à propos de notre union au Christ rendue possible par l’expérience du baptême :
« Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. » (Corinthiens 5.17)

V. L’EAU DU BAPTÊME ET L’ACTION DU SAINT-ESPRIT :
Dieu avait déjà annoncé par l’intermédiaire du prophète Ezéchiel, que l’œuvre du Saint-Esprit, symbolisé par l’eau, nous permettrait de vivre en conformité avec ce qu’il attend de nous :
« 25 Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; je vous purifiera de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. 26 Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. 27 Je mettrai mon Esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois. » (Ezéchiel 36.25-27)
Dans le prolongement de cette déclaration, Jean Baptiste et Jésus ont apporté un éclairage sur la manière dont le Saint-Esprit pouvait intervenir dans notre vie. Voici ce que Jean-Baptiste a déclaré : « Moi, je vous baptise d’eau, pour vous amener à la repentance ; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. » (Matthieu 3.11)
Le baptême pratiqué par Jean-Baptiste n’était pas suffisant, il fallait que Jésus vienne pour que le Saint-Esprit soit associé au baptême. Lorsque Nicodème est venu à Jésus, celui-ci lui a montré que le don de l’Esprit était pleinement associé au baptême d’eau, ce qui est en parfait accord avec la déclaration de Dieu faite à Ezéchiel :
« Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » (Jean 3.5)
Cette double expérience de la naissance d’eau et de l’Esprit est indispensable pour entrer dans le royaume de Dieu.
Pourquoi cette insistance sur le baptême d’eau ? Pierre apporte la réponse :
« Cette eau était une figure du baptême, qui n’est pas la purification des souillures du corps, mais l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu, et qui maintenant vous sauve, vous aussi, par la résurrection de Jésus-Christ » (1 Pierre 3.21)
Le baptême est un engagement de la part de celui qui est baptisé, l’engagement à vivre en se laissant guider par l’Esprit de Dieu. C’est la raison pour laquelle le baptême permet notre salut.
De tout temps la Parole de Dieu a associé l’eau et l’Esprit parce que l’eau et l’Esprit procurent la vie. Comme il est impossible de vivre sans eau, la Bible nous enseigne qu’il est impossible de vivre la vie nouvelle que Dieu nous propose sans le Saint-Esprit. Dieu nous invite à recevoir le Saint-Esprit en acceptant de s’engager avec lui par les eaux du baptême.
Un eunuque était venu au Temple de Jérusalem pour adorer et pour rencontrer Dieu. Ce n’est qu’après avoir approfondi les Ecritures avec Philippe qu’il rencontra véritablement Dieu en s’engageant par le baptême, confessant ainsi pleinement sa foi en Jésus-Christ son Sauveur :
« Comme ils continuaient leur chemin, ils rencontrèrent de l’eau. Et l’eunuque dit : Voici de l’eau ; qu’est-ce qui empêche que je ne sois baptisé ? Philippe dit : Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible. L’eunuque répondit : Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Il fit arrêter le char ; Philippe et l’eunuque descendirent tous deux dans l’eau, et Philippe baptisa l’eunuque. » (Actes 8.36-38)
« Qu’est-ce qui empêche que je ne sois baptisé » avait dit l’eunuque ! Et vous qu’est-ce qui empêche que vous soyez baptisé à votre tour ?

JESUS EST LA LUMIERE

25 décembre, 2015

http://www.info-bible.org/legrand/1.5.htm

JESUS EST LA LUMIERE

Le premier verset de la Bible nous présente Dieu, le Père, dans la création de l’univers.  » Au commencement Dieu créa les cieux et la terre « . Le deuxième verset présente Dieu, le Saint Esprit, dans son travail silencieux au sein des ténèbres.  » La terre était informe et vide et il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme et l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux « . Le troisième nous présente Dieu, le Fils, dans sa victoire sur les ténèbres.  » Dieu (la Parole) dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut « . Ces trois premiers versets nous expliquent déjà, dans un raccourci saisissant l’histoire d’un monde déchu et l’annonce de son rétablissement. Dieu n’a pas créé la terre pour qu’elle soit couverte de ténèbres, ni informe  » ni pour être vide « , c’est ce que dit Esaïe 45:18. Le mot hébreu est  » Tohu-Bohu « , qui se retrouve en littérature et qui veut dire le chaos. Je conseille à ceux qui le peuvent de lire les commentaires Scofield de la Bible qui porte son nom ; ils donnent un éclairage intéressant sur le sujet. Pourquoi le verset 2 parle-t-il de chaos, de ténèbres, de vide et d’abîme ? Parce que entre le verset 1 et le 2 aurait eu lieu la tragédie de l’intrusion du péché dans l’univers. Et le jugement de Dieu sur le péché fut un cataclysme qui plongea notre globe dans un état chaotique. Et à partir de ce moment on trouve les trois personnes de la Trinité à l’œuvre pour créer sur la terre des conditions favorables à la vie. Les mêmes trois personnes, la même puissance créatrice sont à l’œuvre aujourd’hui pour produire le même résultat, c’est-à-dire faire passer des hommes perdus des ténèbres de leurs péchés à la lumière de l’Evangile. De même que Dieu n’a pas créé la terre informe, vide, ténébreuse et chaotique, il n’a pas non plus créé l’homme pécheur. Il l’a créé innocent, libre de ses mouvements et responsable de ses décisions. C’est ce que dit la Bible dans Ecclésiaste 7 : 29: » Dieu a fait les hommes droits mais ils ont cherché beaucoup de détours « . Dieu par sa Parole avait dit à l’homme :  » Le jour où tu pécheras, tu mourras certainement « , mais en couple ils ont préféré la parole de l’adversaire qui leur a soufflé le contraire :  » Vous ne mourrez pas mais vous serez comme des dieux…  » Et depuis lors la situation de l’homme est sans espoir, d’où une cascade de textes dont en voici deux :  » …le dieu de ce siècle a aveuglé leur intelligence afin qu’ils ne voient pas briller la splendeur de l’Evangile …  » (2 Cor.4:4) ;  » …ils se sont égarés dans leurs pensées et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres  » (Romains 1:21). Mais si l’homme, quant à son âme, est séparé de la source naturelle de la lumière qu’est Dieu, il voudra de la lumière à tout prix et il remplacera celle qu’il a perdue par de l’artificielle comme le soir nous suppléons le manque de soleil par de la lumière électrique. Mais quelque utile que soit cette dernière, qui voudrait vivre constamment dans la lumière artificielle ? Qui voudrait vivre sous un ciel noir que trouerait seulement la lumière du projecteur ? Qui voudrait vivre 24 heures sur 24 dans une ville lumière, dans un palais éblouissant de clarté fabriquée ? Personne ne le voudrait et personne d’ailleurs ne le pourrait ; le monde dépérirait rapidement comme une plante qui s’étiole. Dans le domaine spirituel les mêmes lois sont en vigueur. Notre âme a été créée pour vivre dans la lumière de son Créateur et hors de sa clarté elle s’étiole et dépérit et aucun substitut ne la remplacera. Des millions d’hommes aujourd’hui laissent se faner leur âme sous un ciel d’encre. La nuit de leurs péchés les séparent du jour vivifiant et ils n’ont pour toute lumière que le réverbère papillotant de la raison, le projecteur fascinant des richesses, le néon spasmodique du plaisir, le flambeau fumeux du savoir, les cierges fondants de la religiosité, les allumettes éphémères de la célébrité et avec ces pauvres luminaires, ils s’acheminent en tâtonnant vers le sombre tombeau où les attend l’obscurité plus opaque de ce que Jésus appelait les ténèbres du dehors. La situation de l’homme coupé de Dieu est sans issue, et elle le resterait si Dieu n’intervenait pas en sa faveur. La clarté dont nous avons besoin pour nos âmes ne viendra pas d’une illumination intérieure quelconque mais de Dieu qui a dit :  » Que la lumière soit ! Et la lumière fut « , et de Jésus-Christ dont il est dit :  » Sur ceux qui étaient assis dans la région de l’ombre et de la mort, la lumière s’est levée  » (Matthieu 4 :16).

La Lumière fait trois choses.

Elle dissipe les ténèbres. Elle donne la vie. Elle reflète la lumière. I. La lumière dissipe les ténèbres.

La lumière que Dieu donne n’est pas simplement une puissance de rayonnement, pas plus que la résurrection n’est qu’une date dans l’histoire ou que le chemin qui mène à Dieu n’est qu’un code à appliquer. Non, la Lumière, comme la Résurrection et le Chemin, c’est une Personne. Jésus a dit  » Je suis la lumière du monde « . Et si vous voulez voir la vraie lumière, celle de Dieu, c’est à Christ et à Christ seul qu’il faut aller car le prologue de l’évangile de Jean dit :  » Cette lumière est la véritable lumière qui en venant dans le monde éclaire tout homme  » (Jean 1 :9). Mais ici, une question capitale se pose : Comment voir cette lumière, les hommes sont aveugles ! ! C’est ce que dit le texte que je vous ai déjà cité :  » …l’Evangile est encore voilé pour ceux qui périssent…dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’intelligence pour qu’ils ne voient pas briller la splendeur de la gloire de Christ qui est l’image de Dieu « . (2 Cor 4 :4) Or, un aveugle ne peut pas voir la lumière. Un des prodiges de la science médicale est la greffe de la cornée transparente qui maintenant rend la vue chaque année à des milliers de personnes. La cécité peut survenir par l’obscurcissement de la cornée ; la chirurgie savait comment enlever une section de la cornée opaque et insérer à sa place un morceau de la cornée d’un œil sain. Mais rarement on trouvait le tissu vivant nécessaire à l’opération. Il devait venir d’une personne dont l’œil accidenté devait être enlevé ou de l’œil d’une personne décédée qui avait au préalable fait don de ses yeux à la science. Une banque des yeux a ainsi été créée, vers laquelle sont acheminées les cornées enlevées immédiatement après la mort et elles doivent être employées dans les deux jours. Un chirurgien dans une grande maternité eut le devoir d’annoncer à un homme la mort de son enfant qui n’avait vécu que quelques heures. Cet homme répondit qu’il avait lu le récit de la greffe de la cornée et il a demandé si les yeux de son enfant pouvaient être employés pour redonner la vue à un autre. Après formalité, les yeux de l’enfant furent mis dans une solution stérile et le lendemain employés dans deux opérations qui rendirent la vue à un père d’une grande famille aveuglé dans un accident d’usine, et l’autre à une jeune mère aveuglée par l’explosion d’un réchaud à alcool. Ainsi, par la générosité de cet homme et par les yeux de cet enfant deux personnes recouvrèrent la vue. Pourquoi est-ce que je vous raconte cette histoire ? Parce qu’il y a 20 siècles, un autre enfant est né dans ce monde de ténèbres et de péché. Il est venu apporter la lumière du ciel car il était la lumière du monde. Il est venu nous faire voir le Père. Il a dit de lui-même, celui qui m’a vu a vu le Père. Hélas, les hommes étaient aveugles. Il fallait plus qu’une lumière qui resplendit, il fallait une opération divine, une greffe céleste que la Bible appelle la nouvelle naissance ou la conversion. Christ a donné sa vie ; encore fallait-il qu’il nous ouvre les yeux de la foi pour en saisir la signification. Quand une vitre sale ne laisse plus passer qu’une lumière diffuse, il ne suffit pas d’augmenter l’éclairage, il faut une opération de nettoyage, il faut laver la vitre. Et pour nous, il faut aussi une opération de nettoyage, il faut l’opération intérieure du Saint Esprit que la Bible appelle la nouvelle naissance. C’est ce que Jésus a dit au théologien Nicodème :  » Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut pas voir le royaume de Dieu  » et s’il ne peut même pas le voir, combien moins encore y entrer (Jean 3 :3). Quand ce petit garçon, à la demande de sa mère lava la vitre de la cuisine, il nettoya l’extérieur avec soin mais il oublia l’intérieur jusqu’à ce que sa mère lui fit remarquer qu’il avait beau frotter le dehors, c’était aussi le dedans encrassé par les vapeurs d’huile de cuisine qu’il fallait récurer. Bon nombre de personnes se revêtent d’un extérieur de respectabilité ; leur savoir-vivre est parfait, leur politesse exquise, leur mine avenante et leur mise soignée. Ils sont honorables quant au dehors, mais la lumière de l’évangile n’a jamais pénétré au dedans ; le sang de Jésus-Christ qui purifie de tout péché n’est jamais passé à l’intérieur de leur vie ; et le résultat c’est que la vitrine est engageante mais l’arrière-boutique est crasseuse. A Londres, à Hyde Park, il y a un endroit de ce parc très fréquenté qui est appelé le coin des prédicateurs où n’importe qui peut s’exprimer librement et publiquement. Un évangéliste venait de terminer son message, quand un homme profitant de la place libre sortit de la foule, monta sur la caisse qui servait d’estrade et s’adressa à elle en ces mots :  » Ladies and Gentlemen, Mesdames et Messieurs, vous venez d’entendre cet homme vous parler de Dieu, du ciel, de Jésus-Christ ; il a aussi beaucoup parlé de la mort, du péché du diable et de l’enfer. J’espère que vous n’en croyez rien ; je refuse de croire à ce que je ne vois pas. Sur ce ton il continua de ridiculiser le christianisme dans ses articles de foi. Mais il n’allait pas s’en tirer si tirer si facilement. Comme il terminait sa harangue, un autre homme se frayait un passage à travers la foule et il s’adressa à elle en ces termes : Chers amis, j’entends dire que près d’ici coule une rivière, je n’en crois rien ! Beaucoup disent que l’herbe des alentours est d’un beau vert tendre, je n’en crois rien ! Certains disent que le long de ces promenades il y a de beaux buissons fleuris qui plaisent à l’œil ; je le déclare à nouveau, je n’en crois rien ! Je sais que vous tous ici qui m’écoutez, vous pensez : Cet homme parle comme un insensé ! Et pourtant je suis sérieux ; je n’ai jamais vu la rivière, je n’ai jamais vu l’herbe verte, je n’ai jamais regardé les belles fleurs car je suis aveugle-né. Et plus je vous parle de ces choses, plus il vous devient évident qu’à moins que ma vue soit restaurée, je ne verrai jamais les choses dont je parle. Mais cela ne justifie pas mon insistance à ne pas croire en ce que je ne vois pas, certainement pas. Se tournant alors dans la direction de celui qui avait parlé il dit : Monsieur, par vos dénégations vous ne démolissez pas ce qui est. La seule chose à laquelle vous êtes arrivés, c’est à prouver que vous étiez aveugle – aveugle spirituellement – et qu’en cela est la raison de votre incompréhension de ce que d’autres savent être la vérité. Ce que l’aveugle que Jésus a rencontré sur le chemin avait besoin, ce n’était pas un plus haut standing de vie, ni un autre vêtement, ni aucune autre chose sinon recouvrer la vue. Il le demanda à Jésus et il fut exaucé à l’instant. Un monde nouveau qu’il n’avait jamais soupçonné s’ouvrait devant ses yeux émerveillés. Ce dont le monde a besoin aujourd’hui, c’est que les yeux de sa foi s’ouvrent pour voir. Celui qui dit :  » Je suis la lumière du monde et celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres « . Si je transpose cela dans ma vie personnelle, cela veut dire que le jeune homme que j’étais à l’époque vivait dans les ténèbres ; je cherchais ma voie à tâtons comme un aveugle, je tournais en rond comme dans une partie de colin-maillard, le diable avait mis sur mon âme le bandeau des péchés qu’il m’avait poussés à commettre. Mais maintenant les choses ont changé : comme Dieu fait briller la lumière dans les cœurs et sépare la lumière d’avec les ténèbres, il m’a séparé des choses qui m’aveuglaient et me perdaient, il m’a séparé de certains amis dont la compagnie ne pouvaient m’être profitable, il m’a séparé de certaines habitudes négatives, d’un certain langage déplacé, de certaines passions qui dominaient sur moi et dont je n’avais pas le contrôle, de certains spectacles mondains autant que frivoles et légers qui souillaient mon âme, de certains regards que je posais sur les autres, de la concupiscence ambiante comme des propos scabreux et des histoires grivoises et d’une kyrielle d’autres choses plus obscures les unes que les autres. Et il a mis dans mon cœur de nouveaux sentiments, de nouvelles aspirations, une autre dimension de vie, il me fait fuir les miasmes de l’enfer et respirer l’air pur des sommets de la communion avec lui. Mais, me direz-vous, cette joie, cette paix, ce bonheur, cette lumière, c’est pour plus tard, pour l’après-vie ? Mais pas du tout, si vous continuez la lecture, de 2 Corinthiens 4 que j’ai abondamment citée, l’apôtre Paul sur sa lancée dit au verset 7 :  » Ce trésor, nous le possédons dans des vases de terre « . C’est une réalité présente, cette glorieuse lumière supra-terrestre brille dans le cœur de tout racheté, non pas une heure par semaine le dimanche matin, mais tous les jours, à chaque instant parce que le Seigneur est venu faire son habitation dans les cœurs. Vous nous mettez l’eau à la bouche mais, demandera quelqu’un, comment puis-je moi aussi être pénétré de cette lumière qui donnera un sens à ma vie ? Voilà, quand vous rentrerez ce soir chez vous, vous trouverez la maison plongée dans l’obscurité, pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas d’installation électrique chez vous ? Non. Parce qu’il y a une coupure générale de courant ? Non. Parce qu’il n’y a pas de lampe chez vous ? Non. Mais parce qu’en quittant la maison, vous avez éteint les lumières en actionnant l’interrupteur, vous avez ainsi mis l’installation hors circuit. Eh bien ça, c’est notre état spirituel. Je vous l’ai dit, nous sommes coupés de Dieu, nous sommes hors circuit avec Dieu et même en court-circuit avec lui, Nous avons perdu le contact avec lui. La Bible dit :  » Ce sont vos péchés qui ont fait séparation entre vous et votre Dieu  » (Esaïe 59 :2). Le résultat c’est qu’on est dans l’obscurité comme lorsqu’on a tout éteint en quittant l’appartement. Que faut-il faire pour retrouver la lumière ? Trois choses : Savoir où est l’interrupteur. Croire que si vous appuyez sur le bouton la lumière reviendra Appuyer sur le bouton. De même pour retrouver la lumière de l’âme il faut : Reconnaître que vous êtes hors circuit avec Dieu et coupé de lui par vos péchés. Croire que si vous en appelez à Jésus-Christ, la lumière du pardon vous illuminera. Passer à l’acte (pousser sur le bouton si vous préférez) c’est-à-dire le recevoir dans votre cœur comme votre Sauveur personnel et en un éclair la lumière jaillira dans votre vie. Nous venons de voir le premier point : la lumière dissipe l’obscurité. Voici le deuxième.

II. La lumière donne la viePortez les yeux partout et vous verrez que la lumière et la vie sont indissociables. La lumière appelle la vie. La graine de haricot que l’on enfouit dans le jardin ne s’enfonce pas dans la terre, il monte en surface vers la lumière. Les fleurs se ferment la nuit et s’ouvrent à la clarté du matin. Les enfants qui vivent aux grand air sont roses et joufflus, ceux qui sont séquestrés sont pales et falots. Des pommes de terre de conservation tenues dans l’obscurité de la cave poussent des germes blancs de plus d’un mètre vers le soupirail d’où filtre un rayon de lumière. L’aspiration à la lumière est universelle. Au chapitre 9 du livre des Actes des apôtres, on rencontre un nommé Saul de Tarse qui respire la haine et le meurtre contre les premiers chrétiens. Muni de lettres qui lui donnent plein pouvoir, escorté de la troupe, il monte vers Damas pour ravager l’Eglise naissante qu’il considère comme une secte qu’il faut faire disparaître. Partout où il passe, le tigre cruel qui avait donné son suffrage au meurtre d’Etienne le premier martyr chrétien, emmène d’innocentes victimes liées vers les prisons. A Jérusalem comme à Damas on tremble mais on prie. Et tandis que Saul de Tarse brûle les étapes, dans le ciel un événement stupéfiant se prépare, le branle bas de combat sonne ; ce n’est pas un ange puissant qui se prépare à défendre des agneaux sans défense, ni un archange, ni les armées des cieux, mais c’est Jésus lui-même qui se lève alors qu’il vient à peine de rentrer dans le ciel après son ascension. Stupeur dans le ciel, étonnement sur la face des anges. Celui qui est la lumière du monde descend avec gloire sur le chemin de Damas. L’intense rayonnement de son apparition éclipse celle du soleil, plaque Saul de Tarse au sol et la voix du Seigneur tonne :  » Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?  » Frappé d’aveuglement on le conduira dans une maison à Damas où pendant trois jours il va se mettre à prier. Ces longues heures de tête à tête avec le Seigneur sont un terrain sacré. C’est pendant qu’il était là aveugle que la lumière douce de l’Evangile fit son chemin dans son cœur endurci et que des écailles lui tombèrent des yeux, lui prouvant à quel point il était aveugle. Ce que je veux que vous voyiez, c’est que dans la maison où on l’a conduit : il est entré aveugle, il en est sorti voyant clair ; i est entré tigre, il en est sorti agneau ; il est entré fils du diable, il en est sorti enfant de Dieu ; il est entré pharisien orgueilleux, il en est sorti humble esclave de Jésus-Christ ; il est entré Saul de Tarse, il en est sorti Paul le prince des apôtres, il est entré mort dans ses péchés, il en est sorti vivant pour Dieu, la vie et la lumière de Christ étaient en lui. Ces trois jours ont marqué sa vie et façonné son ministère au point que plus tard dans sa défense devant une cour royale composée du roi Agrippa, de Bérénice et du gouverneur Festus il redira les paroles qu’il avait entendues de la bouche du Seigneur à cette occasion :  » Je t’ai choisi du milieu de ce peuple et du milieu des païens, vers lesquels je t’envoie, pour que tu leur ouvres les yeux, pour qu’ils passent des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu, pour qu’ils reçoivent par la foi en moi, le pardon des péchés et l’héritage avec les sanctifiés « . Nous en arrivons ainsi à notre troisième point.

III. La lumière reflète la lumière. Recevoir Christ comme lumière de vie, c’est recevoir la responsabilité qu’il nous transmet lorsqu’il dit :  » On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau (on dirait aujourd’hui sous un capuchon), mais on la met sur un chandelier et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux  » (Matt.5 :14,15). Chaque jour le soleil descend sur l’horizon et disparaît. Le désespoir nous éteindrait s’il ne devait plus réapparaître le lendemain. Ce serait pour le monde entier une lente agonie. En peu de temps notre globe se figerait au zéro absolu. Mais Dieu nous a laissé un signe irréfutable qui nous prouve que, même absent, il continue de briller et que bientôt l’astre de vie sera de nouveau là. Nous tournons les regards vers une autre partie du ciel et nous voyons cette oblongue capsule, la blonde amie de Cyrano de Bergerac qui nous fait un clin d’œil complice pour nous dire qu’il est toujours là et que bientôt Chantecler avec le frère d’or du haut de son clocher pourra chanter son hymne au soleil ! La lune est un astre mort en lui-même qui n’a pas de lumière propre mais qui fidèlement reflète la lumière du soleil disparu et nous garanti que quoique invisible à nos yeux, il brille toujours du même éclat. De même, pendant l’absence de son Seigneur, le chrétien est appelé à refléter dans sa vie l’éclat lumineux de ses perfections comme la lune reflète l’éclat du soleil. Bien sûr qu’on n’aura jamais un coup de soleil en regardant la lune ! Mais un chrétien authentique par sa vie atteste que le Seigneur est toujours là et que bientôt il va revenir. Lorsque le Seigneur a guéri les dix lépreux, il ne les a pas envoyés prêcher un sermon, il les a envoyés vivre un sermon en leur disant :  » Allez vous montrer aux sacrificateurs (prêtres)  » (Luc 17 :14). Avez-vous déjà entendu la Bonne Nouvelle demanda un jour un missionnaire à un Chinois qui lui répondit : Non, mais je l’ai vu ! Je connais un homme qui était une terreur dans tout le district. Il était parfois féroce comme un animal sauvage et il fumait l’opium. Quand il accepta la religion de Jésus-Christ, il fut tout changé. Maintenant il est humble, il n’est plus mauvais et il a abandonné son opium. J’ai vu par là que la Bonne Nouvelle de l’évangile et le service de Jésus-Christ sont bons. Un prédicateur termina son message par un appel pressant. Dans la bonne vingtaine de personne qui répondirent ouvertement à l’appel, se trouvait une dame riche et distinguée. Elle demanda la permission de dire quelques mots à l’auditoire :  » Je veux que vous sachiez pourquoi je me suis avancée avec les autres pour me convertir à Jésus-Christ. Ce n’est à cause d’aucune parole prononcée par le prédicateur. Je me tiens ici par l’influence d’une pauvre femme assise devant moi. Ses doigts sont devenus calleux par la rudesse des tâches. Le travail de bien des années l’a courbée ; elle n’est qu’une pauvre et obscure femme de peine qui a travaillé chez moi pendant de nombreuses années. Je n’ai jamais vu en elle de mouvements d’humeur ou dire un mot désagréable ou faire une action déshonnête. Je connais ses nombreux petits gestes d’amour désintéressés qui ornent sa vie. Avec honte je dois dire que je me suis ouvertement moquée de sa foi et que j’ai ri de sa fidélité envers Dieu. Mais quand ma petite fille mourut, ce fut cette femme qui m’a fait regarder par delà la tombe et qui m’a fait verser ma première larme d’espérance. Le doux magnétisme de sa vie m’a amenée à Jésus-Christ. A la demande du prédicateur cette humble femme fut conviée à venir devant et il la présenta en ces termes :  » Je vous présente le vrai prédicateur de ce soir !  » L’audience toute entière se leva dans un silence respectueux non exempt de quelques larmes. Les lampes ne parlent pas, elles éclairent ; les phares ne font pas de bruit ils illuminent ! Vous donc mes amis qui ne connaissez pas encore Christ comme votre Sauveur personnel mais qui en ce moment assistez à la prédication de sa Parole, tandis que la lumière de l’Evangile parcours encore le monde, tournez-vous vers lui avant que ne vienne les jours sombres prophétisés par le Seigneur :  » Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde, mais la nuit vient où personne ne peut plus travailler  » (Jean 9.5,4). Nous terminons par une courte prière que je vous invite à suivre et même à vous approprier en la redisant silencieusement de tout votre cœur à Dieu :  » Dieu, merci pour ta Parole qui a été méditée aujourd’hui ; je m’y suis reconnu, surtout dans les zones d’ombre ; j’ai souvent tourné le dos à la lumière de ton Fils et ma propre ombre était là devant moi, à mes pieds ; je n’ai aucune excuse à te présenter ; j’ai presque toujours préféré les ténèbres à ta lumière parce que mes œuvres étaient mauvaises. J’acquiesce à ton diagnostic, je me repens et je te demande pardon. Je me range à tes raisons, je fais demi-tour et je m’expose pleine face à la lumière de ton salut; je veux marcher à ta lumière et je te reçois dans mon cœur ; je veux rester fidèle à l’engagement que je prends solennellement aujourd’hui. Seigneur aide-moi à le tenir jusqu’au bout. Amen.

CHAPITRE 21 – JÉSUS RÉVÈLE LA “ SAGESSE VENANT DE DIEU ”

15 décembre, 2015

http://wol.jw.org/fr/wol/d/r30/lp-f/1102002045

CHAPITRE 21 – JÉSUS RÉVÈLE LA “ SAGESSE VENANT DE DIEU ”

(Je ne sais pas qui a écrit l’article)

1-3. Comment les anciens voisins de Jésus ont-ils accueilli son enseignement, et que n’ont-ils pas compris le concernant ? LES gens dans la synagogue n’en reviennent pas. Le jeune homme qui est en train de les enseigner n’est pas un inconnu. C’est Jésus : il a grandi dans leur ville et y a exercé le métier de charpentier pendant des années. Peut-être même a-t-il participé à la construction de leur maison ou fabriqué de ses mains les charrues et les jougs avec lesquels ils travaillent leur terre*. Mais comment réagissent-ils à l’enseignement de cet ancien charpentier ? 2 C’est la stupéfaction générale : “ D’où cet homme tient-il cette sagesse ? ” Mais on fait également remarquer : “ C’est le charpentier, n’est-ce pas, le fils de Marie ? ” (Matthieu 13:54-58 ; Marc 6:1-3). Autrement dit, ‘ ce charpentier n’est qu’un des nôtres ’. Malgré la sagesse de ses paroles, les anciens voisins de Jésus le dédaignent. Ce qu’ils ignorent, c’est que la sagesse qu’il transmet n’est pas la sienne. 3 De qui Jésus tenait-il cette sagesse ? “ Ce que j’enseigne n’est pas de moi, a-t-il reconnu, mais de celui qui m’a envoyé. ” (Jean 7:16). L’apôtre Paul expliquera que Jésus “ est devenu pour nous sagesse venant de Dieu ”. (1 Corinthiens 1:30.) Jéhovah nous a donc révélé sa sagesse à travers son Fils. À tel point que celui-ci a pu dire : “ Moi et le Père, nous sommes un. ” (Jean 10:30). Considérons trois domaines dans lesquels Jésus a manifesté la “ sagesse venant de Dieu ”.

Le contenu de son enseignement 4. a) Quel message Jésus prêchait-il, et qu’avait-il de fondamental ? b) Pourquoi les conseils de Jésus étaient-ils toujours pratiques et bien intentionnés ? 4 Arrêtons-nous tout d’abord sur le contenu de son enseignement. Jésus prêchait “ la bonne nouvelle du royaume ”, message fondamental compte tenu du rôle que jouerait le Royaume dans la justification de la souveraineté de Jéhovah et le bonheur éternel de l’humanité (Luc 4:43). Son enseignement consistait aussi en conseils d’une grande sagesse et utiles au quotidien. Jésus fut vraiment le “ Conseiller merveilleux ” qu’annonçait la prophétie (Isaïe 9:6). Comment aurait-il pu en être autrement ? Il connaissait intimement la Parole et la volonté de Dieu, possédait une intelligence aiguë de la nature humaine et portait un profond amour aux hommes. En conséquence, ses conseils étaient toujours pratiques et bien intentionnés. Il avait “ des paroles de vie éternelle ”, des paroles qui mènent véritablement au salut. — Jean 6:68. 5. Citez quelques-uns des sujets traités par Jésus dans le Sermon sur la montagne. 5 Le Sermon sur la montagne est particulièrement représentatif de l’incomparable sagesse des enseignements de Jésus. Ce discours consigné en Matthieu 5:3–7:27 n’excéderait guère une vingtaine de minutes, mais les conseils qu’il renferme sont éternels, aussi valables aujourd’hui qu’au moment où ils ont été donnés. Jésus y a abordé toutes sortes de sujets, depuis les relations avec autrui (5:23-26, 38-42 ; 7:1-5, 12) jusqu’à la pureté morale (5:27-32), en passant par la façon dont on peut donner un sens à sa vie (6:19-24 ; 7:24-27). Mais il ne s’est pas contenté de dire à ses auditeurs ce qu’était une conduite sage ; il le leur a aussi montré en donnant des explications, en les faisant raisonner et en présentant des preuves. 6-8. a) Quelles excellentes raisons de ne pas nous inquiéter Jésus a-t-il données ? b) Qu’est-ce qui prouve que les conseils de Jésus étaient empreints de la sagesse d’en haut ? 6 Voyez, par exemple, en Matthieu chapitre 6, ce qu’il a conseillé pour surmonter l’inquiétude touchant aux choses matérielles. “ Cessez de vous inquiéter au sujet de vos âmes, quant à ce que vous mangerez ou à ce que vous boirez, ou au sujet de votre corps, quant à ce que vous mettrez ”, a-t-il recommandé (verset 25). La nourriture et l’habillement sont nécessaires, et il est normal de s’en soucier. Mais Jésus nous invite à ‘ cesser de nous inquiéter ’ à leur propos*. Pourquoi ? 7 Écoutez son argumentation ; elle est convaincante. Tout d’abord, puisque Jéhovah nous a donné la vie et un corps, n’est-il pas capable de nous fournir aussi la nourriture indispensable à cette vie et de quoi vêtir ce corps (verset 25) ? S’il nourrit les oiseaux et habille magnifiquement les fleurs, combien plus prendra-t-il soin des humains qui l’adorent (versets 26, 28-30) ! Par ailleurs, à quoi bon s’inquiéter ? Ce n’est pas cela qui allongera un tant soit peu notre existence (verset 27)*. Mais comment ne pas s’inquiéter ? Jésus donne ce conseil : continuez à accorder la priorité au vrai culte, et vous pouvez être sûr que tout ce dont vous avez besoin quotidiennement ‘ vous sera ajouté ’ par votre Père céleste (verset 33). Et de conclure par un dernier conseil des plus pratiques : vivez au jour le jour. Pourquoi, aux inquiétudes d’aujourd’hui, ajouter celles de demain (verset 34) ? Pourquoi, même, s’en faire inutilement pour ce qui n’arrivera peut-être jamais ? En suivant ces sages conseils, nous nous épargnerons certainement bien des tracas dans ce monde stressant. 8 Bien qu’ils remontent à près de 2 000 ans, les conseils de Jésus n’ont manifestement pas pris une ride. N’est-ce pas la preuve qu’ils étaient empreints de la sagesse d’en haut ? Fût-il le meilleur, il n’y a pas un conseil donné par des hommes qui ne se déprécie et ne soit rapidement révisé ou abandonné. Ceux de Jésus ont passé l’épreuve du temps. Mais cela n’a rien pour nous surprendre. Le Conseiller merveilleux ne disait-il pas “ les paroles de Dieu ” ? — Jean 3:34.

Sa manière d’enseigner 9. Qu’ont dit des soldats à propos de l’enseignement de Jésus, et pourquoi n’était-ce pas exagéré ? 9 Jésus manifestait également la sagesse divine par sa manière d’enseigner. “ Jamais un autre homme n’a parlé de cette façon ”, ont déclaré des soldats qui n’avaient pu se résoudre à l’appréhender (Jean 7:45, 46). Ils n’exagéraient pas. Jésus était “ des régions d’en haut ” ; aucun humain ayant jamais vécu ne possédait une telle somme de connaissance et d’expérience où puiser (Jean 8:23). Il enseignait véritablement comme personne. Arrêtons-nous sur deux de ses méthodes. “ Les foules étaient frappées de sa manière d’enseigner. ” 10, 11. a) Pourquoi ne peut-on que s’émerveiller de la façon dont Jésus se servait d’exemples ? b) Qu’est-ce qu’une parabole, et quel exemple montre l’efficacité pédagogique des paraboles de Jésus ? 10 Des exemples marquants. “ Toutes ces choses, lisons-nous, Jésus les dit aux foules par des exemples. En effet, il ne leur parlait pas sans exemple. ” (Matthieu 13:34). Comment ne pas s’émerveiller de la virtuosité avec laquelle Jésus utilisait les situations du quotidien pour enseigner des vérités profondes ! Des agriculteurs semant des graines, des femmes faisant du pain, des enfants jouant sur une place de marché, des pêcheurs tirant leurs filets, des bergers cherchant une brebis perdue : autant de scènes bien connues de ses auditeurs. Quand des vérités importantes sont associées à des situations familières, elles s’impriment facilement dans l’esprit et le cœur. — Matthieu 11:16-19 ; 13:3-8, 33, 47-50 ; 18:12-14. 11 Jésus racontait souvent des paraboles, petites histoires dont il tirait des leçons morales ou spirituelles. Plus faciles à comprendre et à retenir que des idées abstraites, elles facilitaient la conservation de son enseignement. Dans nombre d’entre elles, Jésus a donné de son Père des portraits frappants, inoubliables. Comment, par exemple, ne pas saisir la morale de la parabole du fils prodigue : Jéhovah éprouve de la compassion envers l’égaré qui se repent sincèrement, et il l’accueille avec tendresse. — Luc 15:11-32. 12. a) Quel usage Jésus faisait-il des questions dans son enseignement ? b) Comment a-t-il réduit au silence ceux qui contestaient son pouvoir ? 12 Des questions habiles. Jésus se servait de questions pour amener ses interlocuteurs à tirer des conclusions, à considérer leurs mobiles ou à prendre des décisions (Matthieu 12:24-30 ; 17:24-27 ; 22:41-46). Aux chefs religieux qui contestent l’origine divine de son pouvoir, il pose celle-ci : “ Le baptême de Jean était-il du ciel ou des hommes ? ” Interloqués, ils raisonnent entre eux : “ Si nous disons : ‘ Du ciel ’, il nous dira : ‘ Pourquoi donc ne l’avez-vous pas cru ? ’ Et si nous disons : ‘ Des hommes ’, nous avons à craindre la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. ” Finalement, ils répondent : “ Nous ne savons pas. ” (Marc 11:27-33 ; Matthieu 21:23-27). Une simple question a suffi à Jésus pour les réduire au silence et révéler la traîtrise de leurs cœurs. 13-15. En quoi la parabole du bon Samaritain témoigne-t-elle de la sagesse de Jésus ? 13 Jésus combinait parfois les méthodes, associant exemples et questions percutantes. Un jour, un légiste juif lui demande ce qu’il doit faire pour obtenir la vie éternelle. Il le renvoie à la Loi mosaïque qui commande d’aimer Dieu et d’aimer son prochain. Voulant se montrer juste, l’homme demande alors : “ Qui donc est mon prochain ? ” Jésus lui répond par une histoire : Un certain Juif voyageant seul est agressé par des bandits qui le laissent à demi mort. Deux Juifs viennent à passer, un prêtre d’abord, puis un Lévite, qui font tous deux comme s’ils ne l’avaient pas vu. Arrive alors un Samaritain. Ému de pitié, il soigne les blessures de l’homme et, avec bonté, le conduit dans une auberge pour qu’il s’y rétablisse. “ Lequel de ces trois te semble s’être fait le prochain de l’homme qui était tombé parmi les bandits ? ” demande finalement Jésus à son interlocuteur. Le légiste ne peut que répondre : “ Celui qui s’est montré miséricordieux envers lui. ” — Luc 10:25-37. 14 En quoi cette parabole montre-t-elle la sagesse de Jésus ? À l’époque, les Juifs n’appliquaient le terme “ prochain ” qu’à ceux qui gardaient leurs traditions — surtout pas aux Samaritains, donc (Jean 4:9). Si Jésus avait raconté l’histoire d’un Juif secourant un Samaritain, aurait-il renversé ces préjugés ? C’est pourquoi, avec sagesse, il a fait en sorte que ce soit un Samaritain qui s’occupe tendrement d’un Juif. Notez également la question qu’il a posée à la fin, inversant le sens habituel du mot “ prochain ”. Ce que le légiste voulait savoir, c’était qui devait bénéficier de son amour du prochain. Mais en lui demandant : “ Lequel de ces trois te semble s’être fait le prochain ? ” Jésus a attiré l’attention, non sur celui qui avait bénéficié de la bonté, la victime, mais sur celui qui avait témoigné de la bonté, le Samaritain. Le vrai prochain, c’est donc celui qui prend l’initiative de témoigner de l’amour aux autres, quelles que soient leurs origines ethniques. Jésus n’aurait pu le faire comprendre de façon plus claire. 15 Dès lors, faut-il s’étonner que les gens aient été frappés de sa “ manière d’enseigner ” et qu’ils se soient sentis attirés vers lui (Matthieu 7:28, 29) ? En une certaine occasion, “ une grande foule ” est restée trois jours près de lui, sans même avoir quelque chose à manger. — Marc 8:1, 2.

Sa conduite 16. Comment Jésus a-t-il ‘ prouvé dans la pratique ’ que la sagesse divine le guidait ? 16 Troisième domaine dans lequel Jésus reflétait la sagesse de Jéhovah : son mode de vie. La sagesse a un caractère pratique ; elle produit de bons résultats. “ Qui est sage parmi vous ? demandait le disciple Jacques. Qu’il le prouve dans la pratique par sa belle conduite. ” (Jacques 3:13, The New English Bible). Par sa conduite, Jésus a ‘ prouvé dans la pratique ’ que la sagesse divine le guidait. Sa façon de vivre comme sa façon de traiter autrui respiraient le bon sens. Voyons comment. 17. Qu’est-ce qui indique que Jésus menait une vie parfaitement équilibrée ? 17 Avez-vous remarqué que le manque de bon sens se traduit souvent par des comportements extrémistes ? L’équilibre réclame de la sagesse. Manifestant la sagesse divine, Jésus était parfaitement équilibré. Sa priorité allait aux choses spirituelles. Il se consacrait totalement à la proclamation de la bonne nouvelle. “ C’est pour cela que je suis sorti ”, disait-il (Marc 1:38). Les biens matériels n’étaient donc pas sa préoccupation majeure ; il semble d’ailleurs qu’il ne possédait pas grand-chose (Matthieu 8:20). Mais il n’était pas non plus un ascète. Comme son Père, le “ Dieu heureux ”, c’était quelqu’un de joyeux, et il contribuait à la joie des autres (1 Timothée 1:11 ; 6:15). Un jour qu’il assistait à un festin de mariage, le type même d’événement marqué par la musique, les chants et les réjouissances, il n’a pas du tout joué les trouble-fêtes. Le vin étant venu à manquer, il a changé de l’eau en un excellent vin, en une boisson “ qui réjouit le cœur du mortel ”. (Psaume 104:15 ; Jean 2:1-11.) Il a d’ailleurs accepté de nombreuses invitations à des repas, qu’il a souvent mises à profit pour enseigner. — Luc 10:38-42 ; 14:1-6. 18. En quoi Jésus a-t-il fait preuve d’un jugement sans faille en ce qui concerne ses disciples ? 18 Jésus faisait preuve d’un jugement sans faille dans ses relations avec les autres. Sa connaissance éclairée de la nature humaine lui permettait de voir en ses disciples. Derrière leur imperfection, il discernait leurs qualités. Il percevait les capacités de ces hommes que Jéhovah avait attirés (Jean 6:44). Aussi était-il disposé à leur faire confiance malgré leurs manquements, ce qu’il a montré en leur déléguant la lourde responsabilité de prêcher la bonne nouvelle. Il ne doutait pas qu’ils seraient capables de mener cette tâche à bien (Matthieu 28:19, 20). Le livre des Actes confirme qu’ils s’en sont acquittés fidèlement (Actes 2:41, 42 ; 4:33 ; 5:27-32). Jésus avait donc été sage de leur faire confiance. 19. Qu’est-ce qui montre que Jésus était “ doux de caractère et humble de cœur ” ? 19 Comme nous l’avons vu au chapitre 20, la Bible associe l’humilité et la douceur à la sagesse. Jéhovah est, bien sûr, l’exemple suprême dans ce domaine. Mais que dire de Jésus ? Il est rassurant de constater l’humilité avec laquelle il traitait ses disciples. Bien qu’il leur fût supérieur de par sa perfection, il ne les méprisait pas. Jamais il ne cherchait à leur faire sentir qu’ils étaient inférieurs ou incapables. Il tenait compte au contraire de leurs limites et supportait patiemment leurs manquements (Marc 14:34-38 ; Jean 16:12). Même les enfants se sentaient à l’aise en sa compagnie. N’est-ce pas révélateur ? Sans doute se plaisaient-ils avec lui parce qu’ils le devinaient “ doux de caractère et humble de cœur ”. — Matthieu 11:29 ; Marc 10:13-16. 20. Comment Jésus s’est-il montré raisonnable avec une Gentile dont la fille était démonisée ? 20 Jésus imitait l’humilité de Dieu d’une autre manière importante. Il était raisonnable, conciliant, si la miséricorde le commandait. Rappelez-vous, par exemple, le jour où une Gentile le supplie de guérir sa fille fortement démonisée. Dans un premier temps, Jésus lui indique de trois façons qu’il ne l’aidera pas : d’abord, en ne lui répondant pas ; ensuite, en lui disant clairement qu’il n’a pas été envoyé vers les Gentils mais vers les Juifs ; enfin, en le lui répétant — avec ménagement — au moyen d’un exemple. Mais la femme insiste, témoignant d’une foi peu ordinaire. Que fait Jésus dans cette situation exceptionnelle ? Exactement le contraire de ce qu’il vient de dire : il guérit la fille de cette femme (Matthieu 15:21-28). Remarquable humilité, n’est-ce pas ? Et n’oublions pas que l’humilité est à la base de la vraie sagesse. 21. Pourquoi devrions-nous chercher à imiter la personnalité, la façon de parler et la conduite de Jésus ? 21 Ne sommes-nous pas heureux de savoir, grâce aux Évangiles, ce qu’a dit et fait l’homme le plus sage de tous les temps ? Rappelons-nous que Jésus fut l’image parfaite de son Père. Chercher à imiter sa personnalité, sa façon de parler et sa conduite, c’est donc cultiver la sagesse d’en haut. Dans le chapitre suivant, nous allons voir comment manifester nous aussi la sagesse divine. Aux temps bibliques, les charpentiers participaient à la construction des maisons, confectionnaient des meubles et fabriquaient des instruments agricoles. À propos de Jésus, Justin a écrit au IIe siècle de notre ère : “ Tandis qu’il était parmi les hommes, il fabriquait ces ouvrages de charpentiers : des charrues et des jougs. ” Le verbe grec traduit par “ s’inquiéter ” signifie “ avoir l’esprit distrait ”. Tel qu’il est utilisé en Matthieu 6:25, ce mot désigne la peur mêlée d’inquiétude qui distrait ou divise l’esprit, ôtant toute joie à l’existence. En fait, des études ont montré qu’une inquiétude ou une tension excessive augmente les risques de maladies cardiovasculaires et de nombreux autres troubles susceptibles d’abréger la vie. Éléments de méditation Proverbes 8:22-31 Quels rapprochements peut-on établir entre cette description de la sagesse personnifiée et ce que la Bible nous apprend sur le Fils premier-né de Jéhovah ? Matthieu 13:10-15 Avec quelle efficacité les exemples de Jésus révélaient-ils la condition de cœur de ses auditeurs ? Jean 1:9-18 Pourquoi Jésus était-il à même de révéler la sagesse de Dieu ? Jean 13:2-5, 12-17 À quelle démonstration Jésus s’est-il livré, et quelle leçon a-t-il donnée ainsi à ses apôtres ?

 » MIS À PART DÈS LE SEIN DE MA MÈRE  » – JÉRÉMIE ET PAUL

30 septembre, 2015

http://www.bible-service.net/extranet/current/pages/1319.html

 » MIS À PART DÈS LE SEIN DE MA MÈRE « 

Théologie

Approfondir

Choisis par Dieu pour une mission divine, Jérémie et Paul sont « mis à part dès le sein maternel » : pour quels enjeux ?
Parmi les personnages bibliques choisis par Dieu pour une mission divine, Jérémie et Paul sont  » mis à part dès le sein maternel ». Si l’expression n’est pas utilisée pour Samson, Jean-Baptiste ou Jésus, les parallèles sont pourtant nombreux. Quels sont les enjeux de cette mise à part ? Comment éclaire-t-elle la mission donnée à l’élu ? Et quelle liberté réserve-t-elle à l’appelé ?
L’expression « mis à part » (ou « consacré » selon les traductions), signifie « choisi parmi un groupe pour être institué dans une mission ». Elle sous-entend une délimitation, une définition et une séparation. Dans l’Ancien Testament, elle qualifie la distinction entre le pur et l’impur, entre le profane et le sacré. Elle désigne également la mission confiée au peuple élu (Cf. Lv 20,26).

• Le choix de Dieu
La mise à part s’inscrit dans le mouvement de l’appel de Dieu. Pour Jérémie, Paul, Samson ou Jean-Baptiste, choisis dès le sein de leur mère, l’initiative du choix revient à Dieu de manière absolue. La perception d’un Dieu qui façonne sa créature dans le sein maternel, qui en connaît d’emblée toute l’existence (Cf. Ps 139), est placée ici au cœur de la vocation. Cette tradition est complétée dans le Psaume 51 (50) où l’élu de Dieu se reconnaît pécheur dès le sein de sa mère, et donc déjà placé sous le regard de Dieu. On peut parler d’une « prédestination » de la part de Dieu qui raisonne comme un appel à orienter et engager toute sa vie sur la voie qu’il nous ouvre.
La mise à part est liée aussitôt à une mission. C’est là son fondement et son but. Jérémie est mis à part dès le sein maternel car Dieu « fait (de lui) un prophète pour les nations « . De même, Paul est mis à part pour voir se révéler le Fils et l’annoncer aux païens. Jean-Baptiste, lui, reçoit la mission d’être prophète du Très-Haut, de marcher devant, sous le regard du Seigneur, et de préparer ses chemins (Lc 1,16.76).

• La réponse de l’élu
Pour accomplir sa mission, l’élu est supposé avoir une vie intime avec le Seigneur, une connaissance particulière. L’assurance de la présence du Seigneur avec lui ou de l’Esprit en lui, le rendra fidèle à sa mission. Sa fidélité ne lui vient pas d’une qualité personnelle qu’il détiendrait mais de sa capacité à accueillir la grâce de Dieu. Ainsi Jérémie se considère trop jeune ou incapable d’assumer sa mission au point de maudire le jour de sa naissance. Mais le Seigneur lui confirme son choix à plusieurs reprises pour lui ôter ses doutes. L’élu devient comme l’instrument du Seigneur.
La consécration réduirait-elle la liberté de l’élu, puisque sa mise à part a lieu dès le sein de sa mère ? Le Seigneur appelle et suscite une réponse de l’élu. Celui-ci accepte d’accueillir sa grâce, son Esprit, devenir son mandataire et rester fidèle en dépit de l’adversité rencontrée. Les réticences de Jérémie à l’encontre de l’appel divin montrent qu’entre Dieu et son envoyé, s’instaure un dialogue. La liberté de l’élu se situe non pas du côté de l’appel, mais du côté de sa réponse et de son consentement à faire la volonté de Dieu. L’appelé ne connaît pas d’emblée la mission qui lui est confiée. Il la découvrira progressivement, se laissera modeler par elle, et aura à l’accepter librement (ou y renoncer) à chaque instant. Elle s’inscrit dans le dessein de Dieu, lequel échappe à l’élu. C’est dans ce oui à la volonté de Dieu que se dit la liberté de l’appelé.
Jésus accomplit pleinement cette adhésion libre à la volonté du Père. Sa mise à part et sa mission sont exprimées dès l’Annonciation : le fruit du sein de Marie est saint et béni, recevra le nom de Jésus, sera grand et appelé fils du Très-Haut, recevra le trône de David son père et régnera pour toujours (Lc 1,31-32). Sa conception mystérieuse par l’action de l’Esprit Saint manifeste la volonté de Dieu. Sa mission accueillie et assumée, Jésus la vivra dans la connaissance intime du Père. Il priera pour la partager avec ceux que le Père lui a donnés et qu’il lui demande de consacrer alors (Jn 17). Mis à part et consacré pour la mission, Jésus vient accomplir et donner sens à toute vocation.

Christophe Raimbault.

Jean Paul II – Le pouvoir royal du Messie – Lecture: Ps 71, 1-3.7.10-11

1 septembre, 2015

http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/audiences/2004/documents/hf_jp-ii_aud_20041201.html

JEAN-PAUL II

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 1er décembre 2004

Le pouvoir royal du Messie – Lecture: Ps 71, 1-3.7.10-11

1. La Liturgie des Vêpres, dont nous commentons progressivement les textes tirés des Psaumes et les cantiques, propose en deux étapes l’un des Psaumes les plus chers à la tradition juive et chrétienne, le Psaume 71, un chant royal que les Pères de l’Eglise ont médité et réinterprété dans une optique messianique.
Nous venons à présent d’écouter le premier grand mouvement de cette prière solennelle (cf. vv. 1-11). Il s’ouvre par une intense invocation chorale à Dieu, afin qu’il accorde au souverain le don qui est fondamental pour le bon gouvernement, la justice. Celle-ci est en particulier rendue aux pauvres qui, en revanche, sont généralement les victimes du pouvoir.
On remarquera l’insistance particulière avec laquelle le Psalmiste place l’accent sur l’engagement moral de diriger le peuple selon la justice et le droit: « O Dieu, donne au roi ton jugement, au fils de roi ta justice, qu’il rende à ton peuple sentence juste et jugement à tes petits. Il jugera le petit peuple » (vv. 1-2.4).
De même que le Seigneur dirige le monde selon la justice (cf. Ps 35, 7), le roi qui est son représentant visible sur la terre – selon l’antique conception biblique – doit se conformer à l’action de son Dieu.
2. Si l’on viole les droits des pauvres, on n’accomplit pas seulement un acte politique incorrect et moralement injuste. Pour la Bible, on commet également un acte contre Dieu, un délit religieux, car le Seigneur est le protecteur et le défenseur des pauvres et des opprimés, des veuves et des orphelins (cf. Ps 67, 6), c’est-à-dire de tous ceux qui n’ont pas de protecteurs humains.
Il est facile de comprendre comment la tradition a remplacé la figure souvent décevante du roi David – déjà à partir de l’effondrement de la monarchie de Juda (VI siècle av. J.C.) – par la figure lumineuse et glorieuse du Messie, dans le sillage de l’espérance prophétique exprimée par Isaïe: « Il jugera les faibles avec justice, il rendra une sentence équitable pour les humbles du pays » (11, 4). Ou, selon l’annonce de Jérémie, « Voici venir des jours – oracle de Yahvé – où je susciterai à David un germe juste; un roi régnera et sera intelligent, exerçant dans le pays droit et justice » (23, 5).
3. Après cette imploration vive et passionnée du don de la justice, le Psaume élargit son horizon et contemple le royaume messianique-royal dans son déploiement le long des deux coordonnées, celles du temps et celle de l’espace. D’un côté, en effet, l’on exalte sa durée dans l’histoire (cf Ps 71, 5.7). Les images de type cosmique sont très évocatrices: on trouve l’écoulement des jours rythmé par le soleil et par la lune, mais également celui des saisons avec la pluie et la floraison.
Un royaume qui est donc fécond et serein, mais toujours placé à l’enseigne des valeurs qui sont capitales: la justice et la paix (cf. v. 7). Tels sont les signes de l’entrée du Messie dans notre histoire. Dans cette perspective, le commentaire des Pères de l’Eglise, qui voient dans ce roi-Messie le visage du Christ, roi éternel et universel, nous éclaire.
4. Ainsi, saint Cyrille d’Alexandrie, dans son Explanatio in Psalmos, observe que le jugement, que Dieu donne au roi, est celui dont parle saint Paul, « le dessein [...] de ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ » (cf. Ep 1, 10). En effet, « lorsque viendront ses jours, fleurira la justice et abondera la paix », comme pour dire que « lorsque viendront les jours du Christ, grâce à la foi surgira pour nous la justice, et alors que nous nous tournons vers Dieu surgira pour nous l’abondance de la paix ». Du reste, c’est précisément nous qui sommes les « pauvres » et les « fils des pauvres » que ce roi secourt et sauve: et si, tout d’abord, « il appelle « pauvres » les saints apôtres, car ils étaient pauvres en esprit, c’est ensuite nous qu’il a sauvés en tant que « fils des pauvres », en nous justifiant et en nous sanctifiant dans la foi au moyen de l’Esprit » (PG LXIX, 1180).
5. D’autre part, le Psalmiste décrit également le cadre géographique dans lequel se situe la royauté de justice et de paix du roi-Messie (cf. Ps 71, 8-11). C’est ici qu’entre en scène une dimension universaliste, qui va de la Mer Rouge ou de la Mer Morte jusqu’à la Méditerranée, de l’Euphrate, le grand « fleuve » oriental, jusqu’aux frontières extrêmes de la terre (cf. v. 8), évoquées également en citant Tarsis et les îles, les territoires occidentaux les plus reculés selon l’ancienne géographie biblique (cf. v. 10). Il s’agit d’un regard qui s’étend sur toute la carte du monde alors connu, qui comprend les Arabes et les nomades, souverains d’Etats éloignés, et même les ennemis, dans une étreinte universelle souvent chantée par les Psaumes (cf. Ps 46, 10; 86, 1-7) et par les prophètes (cf; Is 2, 1-5); 60, 1-22; Ml 1, 11).
Le sceau idéal de cette vision pourrait alors précisément être formulé par les paroles d’un prophète, Zaccharie, des paroles que les Evangiles appliqueront au Christ: « Exulte avec force, fille de Sion! Crie de joie, fille de Jérusalem! Voici que ton roi vient à toi, il est juste… Il retranchera d’Ephraïm la charrerie et de Jérusalem les chevaux; l’arc de guerre sera retranché. Il annoncera la paix aux nations. Son empire ira de la mer et du fleuve aux extrémités de la terre » (Zc 9, 9-10; cf. Mt 21, 5)

QU’EST-CE QUE LA SAGESSE ?

18 août, 2015

http://www.bible-service.net/extranet/current/pages/210.html

QU’EST-CE QUE LA SAGESSE ?

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La sagesse est avant tout un art de vivre, une façon de concevoir l’existence individuelle, familiale et sociale.
La sagesse est avant tout un art de vivre, une façon de concevoir l’existence individuelle, familiale et sociale.
La sagesse est populaire : l’expérience des anciens, transmise par les générations, est souvent condensée en phrases sentencieuses, dictons ou proverbes. Mais elle est aussi savante : elle suppose une certaine habitude de manier les idées; elle s’apprend dans les écoles et elle est souvent le fait de personnages importants (courtisans, par exemple), des scribes, plus que des travailleurs manuels.

Un art universel
C’est peut-être ce qui frappe le plus quand on aborde cette littérature : elle ne connaît pas de frontières. On a retrouvé bien des écrits de sagesse en Égypte comme en Mésopotamie. Les thèmes abordés – les grandes questions humaines – se retrouvent en ces différentes civilisations comme en Israël. On y traite du problème de la mort, de la souffrance, de la sanction, de l’amour, mais aussi des humbles réalités quotidiennes, de l’éducation des enfants, des qualités pour réussir dans la vie…

La sagesse en Israël
Comme chez les autres civilisations, la sagesse a du naître avec le peuple. Mais, au sein d’Israël, certains se révèlent particulièrement comme des sages, sans doute à cause de l’éducation qu’ils ont reçue.
Selon le livre des Juges, Abimélek réussit à s’imposer, pendant quelque temps, comme roi à Sichem (vers 1100 av. J.-C. ?). Un sage, Yotam, met alors ses compatriotes en garde contre toutes les injustices qui risquent d’être le fait des rois ; il le fait par une fable mettant en scène des arbres qui élisent comme roi… un buisson d’épines ! (Jg 9,7-20). C’est peut-être un des plus vieux exemples de la sagesse israélite.
Salomon (972-933 av. J.-C.) a laissé une grande réputation de sage. Selon la Bible (légendaire sur ce point ?), il aurait été en contact avec la cour égyptienne, ayant épousé une fille du pharaon, et il a certainement dû former des sages pour ses transactions commerciales avec les royaumes voisins. Un certain nombre de proverbes (dans le livre portant ce nom) lui sont attribués. Sa réputation était si grande que l’auteur du livre de la Sagesse, vers 50 avant J.-C., mettra son œuvre sous son patronage.
Durant toute l’époque royale, il y eut des sages. Un certain nombre de proverbes ont pu être composés a cette époque. Mais il reste que le grand moment de la sagesse se situe après le retour d’exil, de la fin du 6e siècle au 1er siècle av. J.-C. L’enseignement des sages d’Israël est d’emblée universel, reprenant les mêmes thèmes que leurs voisins. Mais si leur enseignement repose sur l’expérience, il se fonde avant tout sur leur foi en Dieu, maître de Sagesse.

Prophétisme et sagesse : deux voies vers Dieu
En simplifiant un peu, on pourrait voir dans le prophétisme et la sagesse deux voies différentes pour découvrir Dieu et, pour le chrétien, deux modes d’approche de l’Incarnation.
Chez les prophètes, la Parole de Dieu se présente, d’emblée, comme venant de Dieu. Moïse nous est présenté comme recevant cette Parole sur la montagne, au milieu des tonnerres. La Parole de Dieu s’empare des prophètes, elle les violente, ils ne peuvent lui résister (cf. Jr 20,7-9). En langage imagé, on pourrait parler d’un mouvement descendant. La Parole de Dieu descend du ciel; elle vient sur terre, parmi les hommes.
Pour les sages, la parole, la sagesse sont très clairement, au départ, parole d’hommes, sagesse très humaine. Le mouvement est ici ascendant : on comprendra peu à peu que cette sagesse qui est nôtre est aussi et d’abord Sagesse de Dieu, Quelqu’un partageant le trône de Dieu. Si nous sommes sages, c’est que Dieu a déposé un petit grain de « sagesse » à notre naissance : « le commencement de la sagesse, c’est la crainte du Seigneur, pour les fidèles, elle a été créée avec eux dès le sein maternel » (Si 1,14). Ce sont donc tout l’effort humain, toute l’expérience des hommes, toute leur science qui se révèlent être venus de Dieu.
Pour le Nouveau Testament, présenter Jésus comme Parole, Verbe de Dieu, c’est insister sur son origine divine; cet être divin est vraiment devenu l’un d’entre nous. Le présenter comme Sagesse de Dieu, c’est peut-être d’abord nous montrer que toute la vie humaine est assumée en lui pour être divinisée.

Service Biblique catholique Evangile et Vie

L’EAU CHEZ SAINT JEAN – FRÉDÉRIC MANNS

14 juillet, 2015

http://www.interbible.org/interBible/ecritures/symboles/2010/sym_100528.html

L’EAU CHEZ SAINT JEAN – FRÉDÉRIC MANNS

PREMIÈRE PARTIE : LE SYMBOLE BIBLIQUE DE L’EAU

Le quatrième évangile [2] ne pouvait pas ignorer ce symbole fondamental associé d’une part au Jourdain et à la mer de Galilée, d’autre part aux piscines de Béthesda et de Siloé. En effet il apparaît dans huit chapitres du livre des signes, et une fois dans le livre de l’heure. L’ajout du chapitre 21 le mentionne une fois. Une progression caractérise ce symbole : dans les chapitres 1 et 5 l’eau signifie ce qui est préparation; dans les chapitres 4-12 l’eau est élevée au rang de symbole christologique; dans les chapitres 9-19 elle signifie le salut eschatologique apporté par Jésus.
Au chapitre 1 Jésus est baptisé dans les eaux du Jourdain. L’eau du baptême de Jean est opposée au baptême de Jésus dans l’Esprit. Je suis venu baptiser dans l’eau, affirme Jean et plus loin : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint. Et moi j’ai vu et je témoigne que celui-ci est l’Élu de Dieu (1,33-34). La scène se passe à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain! Le baptême dans l’eau évoque sans doute la purification précédant la nouvelle alliance annoncée par les prophètes Jérémie et Ézéchiel. C’est le Baptiste et ses disciples qui introduisent le symbole de l’eau dans le quatrième évangile.
Au chapitre 2, dans la scène des noces de Cana en Galilée, l’eau des jarres de purification [3] est opposée au vin. Le maître du repas ne sait pas d’où vient l’eau changée en vin. La scène est localisée en Galilée. L’eau devient un symbole qui annonce une réalité sacramentelle [4]. Le vin, œuvre du travail de l’homme, est symbole de justice et de joie eschatologique, tandis que l’eau, don gratuit de Dieu, exprime la piété divine. L’eau a une double fonction : elle permet la manifestation de la gloire de Jésus et transforme les disciples qui voyant ce signe croient en Jésus.
Au chapitre 3, dans le dialogue avec Nicodème, un maître en Israël, il est question à nouveau de la naissance de l’eau et de l’Esprit. À moins de renaître d’eau et d’Esprit nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu (3,3). Le chapitre se termine par une mention du baptême de Jésus. L’entretien de Jésus avec Nicodème se situe à Jérusalem. Ici encore l’eau, associée à l’Esprit, est un symbole sacramentel [5].
Au chapitre 4, le dialogue avec la Samaritaine oppose l’eau du puits de Jacob à l’eau vive que donne Jésus. Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui l’aurais prié et il t’aurait donné de l’eau vive (4,10). C’est à Sycar en Samarie que la scène se situe. Après l’entretien de Nicodème avec Jésus la nuit, Jésus rencontre la Samaritaine en plein jour. Généralement les femmes venaient puiser l’eau le matin et le soir. Ici c’est en plein jour que la femme vient étancher sa soif. C’est auprès des puits que de nombreuses alliances furent scellées dans le premier Testament. Jésus fatigué révèle sa propre faiblesse. L’évangéliste comme d’habitude joue sur le double sens des expressions qui atteste le vocabulaire distinct de la communauté. Le dialogue débouche sur le problème du culte authentique qui doit être un culte en Esprit et en Vérité. Le salut qui vient des Juifs passe par la loi et les prophètes, mais également par la soif de connaître la révélation.
Au chapitre 5, lors de la guérison du paralytique à la piscine de Béthesda, il est question de l’eau agitée qui guérit. Le premier à entrer dans l’eau après qu’elle avait été agitée se trouvait guéri, quel que fût son mal (5,4). C’est à Jérusalem que la scène a lieu. L’eau a une vertu thérapeutique.
Au chapitre 6, après le signe de la multiplication des pains, Jésus marche sur les eaux du lac de Galilée. La scène évoque le passage de la mer Rouge qui dans la tradition juive symbolisait le baptême des Pères (1 Co 10,2).
Au chapitre 7, dans le contexte de la fête des Tentes, il est question de l’eau qui étanche la soif et de l’eau vive qui sortira du sein du Christ ou du croyant. Si quelqu’un a soif qu’il vienne et qu’il boive celui qui croit en moi. Selon le mot de l’Écriture : de son sein couleront des fleuves d’eau vive. Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui (7,37-38). C’est au temple, dans le contexte de la fête des Tentes, après la procession qui remontait de la piscine de Siloé où l’eau avait été puisée, que Jésus fait cette déclaration. Plusieurs textes de l’Écriture trouvent ici leur accomplissement [6]. La Tosephta Succot admettait que l’eau de Siloé qui était versée en libation sur l’autel résumait toutes les eaux du monde, depuis les eaux de la création jusqu’aux eaux qui devaient jaillir de sous le Temple selon la prophétie de Zacharie. À l’eau de Siloé était associé l’Esprit du sanctuaire.
Au chapitre 9, dans la scène de la guérison de l’aveugle-né à Jérusalem, il est question de l’eau de Siloé. Or ce dernier terme devient un titre christologique. Les deux piscines de Jérusalem sont situées par rapport au Temple de Jérusalem [7].
Dans le livre de l’heure, l’eau associée au sang jaillit du côté du Christ en croix. Certains exégètes y ont vu la réalisation de la prophétie d’Éz 47, d’autres de la scène de Moïse qui frappe le rocher. Dans les deux hypothèses il s’agit d’eau vive que donne le Christ.
Au total des références sont faites à l’eau dans dix chapitres de l’Évangile de Jean. Les chiffres dix et un sont symboliquement identiques. Dans la dizaine le multiple revient à l’unité. Il est plus parfait que tous les nombres parfaits. La création avait été faite avec dix paroles. Noé apparaît à la dixième génération et était parfait parmi ceux de sa génération (Gn 6,9). Les dix plaies d’Égypte attestent la puissance de Dieu. Moïse avait reçu les dix paroles de Dieu au Sinaï.
Jésus fut baptisé par Jean, il fut immergé dans le Jourdain. On peut en déduire que l’humanité n’était pas encore totalement immergée et renouvelée ni en Noé, ni en Moïse et son peuple. Jésus, par contre, l’homme nouveau, (Jr 31,31-32) est capable de réaliser les prophéties de Jérémie et d’Ézéchiel, en créant une humanité régénérée par le bain du baptême, renouvelée avec un cœur et un esprit nouveau (Ez 36,26). Jésus est totalement purifié par l’eau vive. Son œuvre est de faire une nouvelle création.
En marchant sur les eaux Jésus manifeste sa puissance par rapport au cycle des eaux qui reconduisent sans cesse au préforme et au déluge. Il maitrise aussi les forces hostiles qui habitent la mer (Ap 13,1). Il est aussi capable d’apaiser la tempête (Lc 8,22-25) et les forces du mal qui habitent la mer. Avec le Christ on passe par la mort : c’est le sens du baptême (Rm 6,4-6). On se dépouille du vieil homme définitivement et on revêt l’humanité nouvelle du Christ ressuscité. La mort physique est la réalisation plénière et concrète du rite de l’immersion baptismale. D’où l’importance du rite d’immersion totale au baptême car lui seul symbolise vraiment la plénitude du symbole de renaissance par la mort. On ne peut pas rester immergé sous l’eau sans mourir. Le Christ fera disparaître les forces hostiles, la mer (Ap 21,1), mais, par contre, il donne de devenir en lui source jaillissante de vie éternelle (Jn 4,14).
Origène aborde dans ses Homélies sur la Genèse le thème privilégié du puits où les bergers des Patriarches abreuvaient leurs troupeaux. Il souhaite que l’eau du puits se transforme en source d’intelligence spirituelle pour tout homme, le juif et le chrétien :
L’outre est la lettre de la loi dont boit le peuple charnel pour en tirer quelque intelligence; cette lettre lui fait souvent défaut et ne peut avoir d’explication car en bien des points l’interprétation historique n’en peut. L’Église, elle, boit aux sources évangéliques et apostoliques qui ne tarissent jamais et qui se répandent sur les places publiques car elles sont abondantes et coulent toujours dans la largeur de l’interprétation spirituelle… Nous sommes souvent à côté du puits d’eaux vives, c’est-à-dire des divines Écritures, nous trompant sur elles. Nous possédons les livres et nous les lisons, mais nous n’allons pas jusqu’au sens spirituel. C’est pourquoi il faut des larmes et des prières incessantes pour que le Seigneur nous ouvre les yeux.

[2] Jones, L.P., The symbol of water in the Gospel of John. Sheffield 1977.
[3] Sur l’aspect historique de ces jarres de purification, voir Y. Magen-O. Rimon, Purity’ Broke Out in Israel. Stone Ves­sels in the Late Second Temple Period, University of Haifa : Haifa, 1994.
[4] O. Cullmann, Les sacrements dans l’Évangile johannique : la vie de Jésus et le culte de l’Église primitive (Études d’histoire et de philosophie religieuses 42), Presses universitaires de France : Paris 1951.
[5] O. Cullmann, Les sacrements dans l’Évangile johannique : la vie de Jésus et le culte de l’Église primitive (Études d’histoire et de philosophie religieuses 42), Presses universitaires de France : Paris, 1951.
[6] G. Bienaimé, « L’annonce des fleuves d’eau vive en Jean 7,37-39 », Revue théologique de Louvain 21 (1990) 281-310; 417-454.
[7] L. Devillers, « Une piscine peut en cacher une autre : à propos de Jean 5,1­9a. », Revue biblique 106 (1999) 175-205.

Source : La Terre Sainte 603 (septembre-octobre 2009).

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