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Selon le P. Heyndrickx, « l’Eglise de Chine a besoin d’une nouvelle Pentecôte

3 avril, 2007

du site Zenith: 

2007-04-02

Selon le P. Heyndrickx, « l’Eglise de Chine a besoin d’une nouvelle Pentecôte »

ROME, Lundi 2 avril 2007 (ZENIT.org) Selon le P. Jeroom Heyndrickx, « lEglise de Chine a besoin dune nouvelle Pentecôte », indique « Eglises dAsie », lagence de missions étrangères de Paris (EDA 460, eglasie.mepasie.org).

A quelques semaines de la publication de la lettre que le pape Benoît XVI a rédigée à lintention des catholiques de Chine, le P. Jeroom Heyndrickx sest rendu en Chine populaire où il a, notamment, rencontré Mgr Francis An Shuxin, l’évêque auxiliaire du diocèse de Baoding, dans la province du Hebei, qui a accepté, après onze années de détention, dexercer son ministère au grand jour (1). Selon le P. Heyndrickx, directeur du Centre Ferdinand Verbiest à luniversité de Louvain, en Belgique, et observateur attentif des réalités de lEglise de Chine, les catholiques chinois attendent avec impatience de prendre connaissance de la lettre du pape. Cet événement devrait ouvrir une nouvelle page de lhistoire de leur Eglise et seule « une nouvelle Pentecôte » permettra aux « officiels » comme aux « clandestins » de dépasser les blessures nées du passé et de parvenir à lunité. Cest par une lettre du 22 mars dernier, diffusée en chinois et en anglais, que le P. Heyndrickx a fait connaître son point de vue.

A lissue de la rencontre à haut niveau qui a eu lieu au Saint-Siège en janvier dernier, le pape a annoncé quil rédigeait une lettre à ladresse de lEglise de Chine. Ce texte, qui sera rendu public en chinois, en anglais et en italien, devrait paraître quelque temps après Pâques. Le P. Heyndrickx rappelle lenjeu de cette lettre. Il nest pas tant diplomatique quecclésial. Lenjeu diplomatique est connu : labsence de relations diplomatiques rend problématique la nomination des évêques, à lheure où près de la moitié des sièges épiscopaux en Chine sont vacants. Lenjeu ecclésial, souligne le P. Heyndrickx, est sans doute aussi, sinon plus important : il consiste à apporter des réponses à des questions que les catholiques chinois se posent et, par les réponses que le pape apportera dans sa lettre pastorale, cest « une nouvelle phase de lEglise de Chine » qui souvrira.

Sil est question dunité dans lEglise de Chine, le P. Heyndrickx met en avant le fait que la question la plus urgente à résoudre est celle de la participation des catholiques « officiels » et des catholiques « clandestins » à la même table eucharistique. Le débat est ancien, rappelle le prêtre belge, et, depuis les années 1980, des avis divergents existent sur le fait de savoir si des catholiques chinois peuvent ou non prendre part à une célébration eucharistique présidée par un membre « officiel » du clergé. Des anathèmes ont été échangés au sein des communautés catholiques de Chine et, aujourdhui encore, des prêtres « clandestins » interdisent à leurs fidèles de recevoir les sacrements des mains du clergé « officiel ». Ils justifient leur position en citant la « Directive en huit points » publiée en 1988 par le cardinal Josef Tomko, texte où il est écrit que « la communion sacramentelle » (communicatio in sacris) avec les évêques (ou le clergé) membres de lAssociation patriotique des catholiques chinois doit être évitée (2). Ce texte nayant jamais été contredit par les autorités de lEglise, « relativement peu de catholiques clandestins ont répondu positivement aux appels répétés du pape Jean-Paul II à la réconciliation ». Le P. Heyndrickx fait part du désarroi de Mgr Francis An, qui lui a expliqué avoir accepté de « faire surface » par fidélité aux appels à la réconciliation de Jean-Paul II mais qui se trouve aujourdhui vigoureusement critiqué par une partie de ses prêtres. « Après des décennies de dispute à lintérieur de lEglise de Chine au sujet des célébrations eucharistiques communes, seul le pape a lautorité nécessaire pour apporter une réponse libératoire » aux questions posées par ces divisions, écrit le P. Heyndrickx.

La lettre du pape portera un appel à lunité, mais dans quelle mesure lEglise de Chine est-elle capable dentendre cet appel et dy apporter une réponse positive, sinterroge le P. Heyndrickx. Aujourdhui, chacun attend du pape une confirmation de lattitude quil a choisie. Les « officiels » pour s’être engagés sur la voie de la collaboration avec les autorités et les « clandestins » pour être demeurés fidèles envers et contre tout. Au sein de chacun de ces groupes, « nombreux sont ceux qui sont prêts pour la réconciliation, mais dautres ne le sont pas », écrit le P. Heyndrickx.

Au sein de nombreuses familles et communautés, les blessures du passé sont encore à vif. Les souffrances et les humiliations des années de persécution remontent aujourdhui à la surface et les sites Internet de catholiques de Chine sont pleins de documents et de témoignages à ce sujet. Le P. Heyndrickx cite des « clandestins » qui entendent les appels à la réconciliation, mais qui se sentent proches des ouvriers de la première heure qui ont souffert le feu des persécutions alors que, désormais, lEglise préférerait les ouvriers de la onzième heure (Matthieu 20). La réconciliation est lattitude à laquelle les appelle lEvangile, mais ils ressentent comme une injustice terrible le fait que leurs souffrances pourraient passer aux « poubelles de lhistoire ».

Dans les communautés « officielles », poursuit le P. Heyndrickx, les catholiques peuvent être enclins à percevoir les appels à la réconciliation comme un appel adressé aux « clandestins » pour les rejoindre « au grand jour ». Ils perçoivent les « clandestins » comme le fils prodigue qui retourne vers la maison du père, sans voir que ces mêmes « clandestins » considèrent que ce sont les « officiels » qui sont comme le fil prodigue qui doit faire le pas de revenir vers le père. Pourtant, estime le P. Heyndrickx, ce nest pas la parabole du fils prodigue qui est adaptée à la situation présente. LEglise de Chine est plutôt comparable à la communauté des apôtres après la Résurrection. « Chaque apôtre a réagi à sa manière lorsque Jésus a été arrêté, condamné, puis crucifié. Certains ont sans doute continué à croire dans le secret de leur cœur. Dautres ont douté et n’étaient pas fiers davoir fui. Beaucoup ne disaient rien, réunis au Cénacle, et je suppose que Pierre ne disait rien du tout », écrit le missionnaire belge.

Sachant le Christ ressuscité, les apôtres prient avec Marie au Cénacle, dans lattente de lEsprit-Saint, le souffle qui leur permettra d’être unis et de dépasser leurs faiblesses passées. Les communautés chrétiennes en Chine sont aujourdhui dans le même état desprit ; la lettre pastorale que le pape finit de mettre au point leur rappellera la présence du Christ ressuscité dans leur Eglise, conclut le P. Heyndrickx. « Une nouvelle Pentecôte unira ceux qui sont divisés et guérira ceux qui sont blessés. » Quant aux autorités chinoises, leur responsabilité est grande. Elles ont autant sinon plus dintérêts que les catholiques à voir les divisions perdurer, écrit en substance le P. Heyndrickx, mais il est possible de les prendre au mot, elles qui promeuvent sans cesse « une société harmonieuse ».

Il semble que ces mêmes autorités chinoises attendent avec une certaine nervosité la publication de la lettre du pape. Si Rome insiste sur la dimension pastorale de cette lettre, le gouvernement chinois ne lenvisage pas du même angle. Des informations concordantes indiquent que des ordinations épiscopales qui devaient avoir lieu au début de cette année ont été reportées à une date ultérieure, le gouvernement chinois attendant la publication de cette lettre pour décider de sa réaction.

(1) Voir EDA 447, 453
(2) Voir EDA 56. Le 3 octobre 1988, à l’issue d’un travail de deux années, le cardinal Tomko, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, a rédigé un document confidentiel destiné à tous les évêques et supérieurs du monde entier. Comportant huit points, ce texte, tout en conseillant d’entretenir avec l’Eglise de Chine des relations de charité fraternelle, précisait que le Saint-Siège ne reconnaissait pas l’Association patriotique. Les directives demandaient clarté et charité dans les relations avec l’Eglise de Chine. Clarté : il ne peut y avoir d’Eglise catholique sans le pape, successeur de saint Pierre. Charité : les personnes adoptant des positions erronées sont souvent victimes de pressions insurmontables et demandent à être comprises. Tout en étant fermes doctrinalement, ces directives tenaient compte pour la première fois d’un groupe intermédiaire de chrétiens fidèles qui acceptent une certaine collaboration avec l’Association patriotique. Elles précisaient ainsi qu’il était autorisé d’envoyer des candidats dans les séminaires « officiels » en l’absence d’autre moyen satisfaisant de les préparer au sacerdoce. Les responsables de l’Association patriotique réagirent à ce texte en signifiant à leurs visiteurs que Rome devait l’annuler. Les « clandestins » y trouvèrent un réconfort moral (voir le Dossier publié en avril 1990 en supplément d’EDA 85).

Cause de béatification de Jean-Paul II : De très nombreux « miracles »

29 mars, 2007

 article du Zenith:

2007-03-27

Cause de béatification de Jean-Paul II : De très nombreux « miracles »

Conférence de presse avec Mgr Slawomir Oder et Mgr Mauro Parmeggiani

ROME, Mardi 27 mars 2007 (ZENIT.org) Le postulateur de la cause de Jean-Paul II, Mgr Slawomir Oder déclare avoir eu « lembarras du choix » pour le « miracle » permettant le poursuivre la cause de béatification de Jean-Paul II

Lenquête diocésaine pour le procès de béatification et de canonisation de Jean-Paul II se conclura le 2 avril au Latran au cours dun acte juridique précédé par la prière de loffice de sexte. A Cracovie, lenquête a été conclue lan dernier, le 2 avril également. Une conférence de presse a eu lieu aujourdhui au Latran à ce sujet.

Paternité et maternité
Parmi les miracles attribu
és à lintercession de Jean-Paul II, Mgr Oder a souligné de nombreuses guérisons de tumeurs, de cancers, quil na pas retenues pour la béatification, étant donné les délais que demandent ces maladies pour vérifier quil ny a pas de récidive : la commission ecclésiale est à ce sujet très « sévère » a-t-il souligné. Il a également fait état de nombreux cas de paternité et maternité « miraculeuses »
.

Mgr Oder a cité notamment le cas dun couple de Polonais qui sont venus lui présenter, lan dernier, à lissue de la conclusion de lenquête de Cracovie, leur petite fille née après un pèlerinage, difficile, mais plein despérance, sur la tombe de Jean-Paul II.

Un autre cas est celui dune grossesse difficile au cours de laquelle la maman a perdu les eaux. Lenfant a continué cependant à se développer, puis le liquide amniotique sest reformé, à la surprise des médecins, et la petite fille est née à terme, sans césarienne, et sans séquelles.

Un journaliste des Etats-Unis a fait remarquer, au cours de la conférence de presse, que la prière de Jean-Paul II a obtenu des guérisons de tumeurs et de la maladie de Parkinson, maladies dont il a lui-même souffert, et des naissances inespérées, lui qui est considéré aussi comme le « pape » de la famille.

Ce nest pas un « simple hasard » ou « coïncidence » reconnaissait Mgr Oder, en rappelant que le pape Jean-Paul II a été le pape de « lEvangile de la Vie », soucieux de la personne humaine, de sa dignité », et pas seulement le pape des grands événements de lhistoire et de lEglise.

Pour sa part, Mgr Parmeggiani rappelait que lorsque le pape est tombé, il a fait observer, en substance : « Cette souffrance du pape était nécessaire pour sauver la famille ».

Une guérison en France
La gu
érison retenue pour le procès de béatification est la guérison dune religieuse française, qui souffrait de la maladie de Parkinson : le procès sur le miracle sest achevé dans un diocèse de France vendredi dernier, 23 mars en présence de la religieuse, de la mère générale de sa congrégation et de quelques sœurs. L’évêque local en donnera la nouvelle officielle dans son diocè
se dimanche prochain, dimanche des Rameaux.

La religieuse a raconté elle-même lan dernier, dans la revue de la cause de Jean-Paul II, « Totus Tuus » (numéro de mai 2006), comment la guérison est advenue.

Mgr Oder a souligné notamment limportance de lexpertise graphologique. Avant sa guérison, la religieuse a écrit, à la demande de sa supérieure, le nom de Jean-Paul II, dune écriture « quasi illisible », a souligné le postulateur, comme signe de supplication adressée au défunt pape. En revanche, son écriture le lendemain était tout à fait restaurée comme avant le début de sa maladie.

La guérison est survenue le 3 juin 2005 alors que la religieuse priait, la nuit, à genou, devant le Saint-Sacrement. Le lendemain, après la messe, elle a constaté que les symptômes de la maladie avaient disparu et elle a elle-même écrit le récit de sa main.

Mgr Oder soulignait que le procès français sest déroulé avec « diligence, compétence et sérieux ». Il a souligné notamment comment lesprit « critique » français a été particulièrement « utile », assurant le sérieux de lexamen des médecins et des théologiens. La conclusion de ce procès sur le miracle sest déroulé en « public » dans la mesure où se trouvaient présentes les « personnes informées des faits », mais l’évêque se réserve lannonce au diocèse.

La religieuse a accepté de se soumettre également, bien que cela fût pénible, à une expertise psychiatrique, « difficile mais rassurante » pour le sérieux de lenquête, a souligné Mgr Oder.

Elle sera présente à Rome avec plusieurs de ses consoeurs pour la conclusion du procès au Latran, le 2 avril, et la messe de « suffrage » présidée par Benoît XVI au Vatican dans laprès-midi.

Le chapelet des jeunes en direct à la télévision
Le soir, une centaine de jeunes du dioc
èse du pape et dItalie iront se recueillir sur la tombe du pape, pour prier le chapelet à 21 h 37, lheure du décès de Jean-Paul II. Ils réécouteront les paroles murmurées par Jean-Paul II à loreille de Sr Tobiana, une des religieuses polonaises qui lentouraient de leurs soins : « Laissez-moi men aller vers le Père »
.

La prière du chapelet sera retransmise en direct par la télévision de la conférence des évêques dItalie, « Sat 2000 » qui donnera le « signal » aux autres télévisions.

Mgr Oder a souligné que partout où il est allé dans le monde, il a constaté lamour dont est entouré le souvenir de Jean-Paul II. Le mensuel , « Totus Tuus » édité par la postulation est dailleurs publié actuellement en français, italien, polonais, anglais, espagnol, portugais, avec un tirage de 10.000 exemplaires.

En russe
Il a annonc
é une 7e édition en russe, et espère-t-il, en chinois et en arabe. Pour Mgr Oder cest une « joie » de voir que lenseignement de Jean-Paul II est ainsi diffusé après sa mort dans des Nations où il aurait voulu se rendre sans que cela puisse se ré
aliser de son vivant.

De passage à Moscou, récemment, dans la communauté catholique latine, Mgr Oder a pu constater le « grand intérêt » et « lamour » que suscite le nom de Jean-Paul II : il parle dune « présence vivante » et pas seulement dun « souvenir » du pape Wojtyla dans cette petite communauté catholique.

Pour ce qui est des opposants à la cause de béatification de Jean-Paul II, Mgr Oder a cité un manifeste de théologiens, soulignant que les contestations qui se sont exprimées touchent certains aspects de lenseignement de Jean-Paul II et non pas sa personne. Dans ce sens, elles ont été entendues mais nont pas dincidence sur le procès.

Un édit, affiché dans à lentrée du palais du Latran, dans lespace réservé aux tribunaux diocésains invitait en effet toute personne désirant témoigner à se présenter, pour les différentes causes en cours, celle de Jean-Paul II mais aussi du cardinal Pironio, dun évêque, Mgr Guigliemo Giaquinta, ou un laïc, Aldo Michisanti.

Les témoignages entendus volontairement sont environ une centaine, et les témoins convoqués doffice, une trentaine, pour préciser certains points, à Rome et à Cracovie.

Le procès a examiné les écrits non publiés de Jean-Paul II et de Karol Wojtyla, ou à caractère privé, ou davant son élection, mais non pas le magistère.

Les textes publiés ont été examinés par deux théologiens. Les textes non publiés (prises de notes, retraites, conférences, etc) ont été examinés par la commission historique, en deux groupes, à Cracovie et à Rome, ainsi que des textes écrits sur Karol Wojtyla. A luniversité de Varsovie, par exemple, on dénombre plus de 3.000 thèses sur des thèmes wojtyliens.

Les relations finales rejoindront les témoignages et seront transmis sous scellés, le 2 avril, à la congrégation romaine pour les Causes des saints.

Aucune autre dispense
Enfin, lors de cette conf
érence de presse, Mgr Mauro Parmeggiani, prélat secrétaire du Vicariat de Rome, et directeur de la pastorale des jeunes, a pour sa part souligné que la cause avait été particulièrement « rapide ». Il rappelait la dispense des 5 ans dattente entre le décès dun serviteur de Dieu et le début dune cause, accordée par Benoît XVI le 13 mai 2005 : le pape lavait annoncé lors dune rencontre avec le clergé
de Rome, au Latran.

Pendant le « pré-conclave » déjà, des cardinaux avaient souhaité la mise en route rapide de ce procès, rappelait-il.

Et il ajoutait aussi que les fidèles lont demandé lors des funérailles du pape polonais, le 8 avril 2005, place Saint-Pierre, ainsi que le jour de louverture de la cause, le 28 juin 2005, au Latran : la foule des fidèles avait scandé « Santo Subito », « Saint tout de suite ».

Enfin, soulignait Mgr Parmeggiani, le 2 avril 2006, lenquête était conclue à Cracovie, et le 2 avril 2007, elle le sera dans le diocèse de Rome.

Mgr Oder a dit partager la hâte exprimée aussi par le cardinal Stanislas Dziwisz, que Jean-Paul II soit saint bientôt, mais il a ajouté quil fallait respecter « toutes les normes » prévues par le droit canon.

Il soulignait que « rapidité » et « sérieux » ont été deux qualités de lenquête sur lhéroïcité des vertus du serviteur de Dieu Jean-Paul II, qui a avancé de pair ce qui nest pas toujours le cas avec lenquête sur le miracle.

Mgr Oder a rappelé en outre que la béatification nengage pas le magistère du pape au même niveau dautorité que la canonisation qui engage linfaillibilité pontificale. Dans le premier cas, il sagit d’établir la réalité dune « réputation de sainteté » et dautoriser un culte local.

Surtout, le postulateur soulignait quil ny a pas eu « dautre dispense » que la dispense initiale des 5 ans dattente.

Thaïlande : Une école pour les enfants des travailleurs immigrés sans papiers

29 mars, 2007

article du Zenith: 

2007-03-28

Thaïlande : Une école pour les enfants des travailleurs immigrés sans papiers

Dans la salle de gymnastique d’une paroisse

ROME, Mercredi 28 mars 2007 (ZENIT.org) En Thaïlande, une école informelle vient en aide aux enfants des travailleurs immigrés sans papiers, indique lagence de missions étrangères de Paris (EDA 459, eglasie.mepasie.org).

Travailler comme matelot sur un chalutier thaïlandais est en soi un travail éreintant, mais Saw, âgé de 15 ans, doit également faire face à la difficile situation d’être un étranger sans papiers. Ce jeune birman, qui na pas souhaité donner son vrai nom, ne pense qu’à une chose : passer son samedi après-midi dans la salle de gymnastique de la paroisse Sainte-Anne. Dans le port de pêche de la ville de Samut Sakhon, cette salle paroissiale est un havre de paix après des journées dun travail quotidien harassant. Le samedi, quand il nest pas à bord du bateau qui lemploie dans le golfe de Thaïlande, Saw est content de retrouver ses amis, dapprendre à lire, à écrire et de jouer au football.

« L’école informelle » de la salle de gymnastique de la paroisse accueille une vingtaine denfants, âgés de 2 à 15 ans, arrivés clandestinement de Birmanie avec leur famille. Un séminariste catholique, le curé de la paroisse et deux enseignantes bouddhistes soccupent deux, grâce au soutien financier de la paroisse et de larchidiocèse de Bangkok. Wattana Sornnuchart, 27 ans, étudiant au grand séminaire national de Sam Phran, passe tous ses samedis à soccuper de ces jeunes. Séminariste en troisième année, il leur enseigne larithmétique et le thaïlandais, tout en abordant également la morale et la culture générale. Il joue avec eux au foot, au volley-ball et au badminton et les accompagne pour des activités de plein air et des pique-niques.

Le P. Peter Theeraphol Kobvithayakul, curé de la paroisse Sainte-Anne, explique quil souhaiterait également rencontrer de jeunes adultes migrants birmans, « mais ils nont pas le temps de suivre nos activités parce quils travaillent. Nous avons donc décidé daider les enfants, comme Saw ». Saw et sa famille vivent en vase clos. Les autorités connaissent leur présence mais, officiellement, ils nexistent pas. Ils font partie des immigrés clandestins, sans aucun droit ni permis de travail et ils ne sont tolérés que parce que les entreprises et les employeurs ont besoin dune main-d’œuvre bon marché (1).

Selon le ministère du Travail, deux millions de migrants clandestins, essentiellement originaires du Cambodge, du Laos et de Birmanie, sont présents dans le pays. En Thaïlande comme ailleurs, les travailleurs étrangers sans papiers se situent au bas de l’échelle sociale.

Daprès les enseignantes de la paroisse, lindustrie de la pêche est particulièrement connue pour ses conditions de travail dangereuses et difficiles. Les travailleurs clandestins prennent en effet les emplois que les Thaïlandais ne veulent pas faire ou pour lesquels ils exigent d’être mieux payés. Les statistiques du ministère du Travail estiment le nombre de travailleurs clandestins entre 300 000 et 400 000 dans la province de Samut Sakhon, principalement sur les chalutiers ou dans les conserveries, où les clandestins trient les crevettes.

Confrontés à des vies difficiles et à la discrimination, beaucoup de migrants birmans tombent dans la drogue ou lalcool, rapportent les enseignantes qui sefforcent de les aider à sortir de la dépendance. Dès quils arrivent, « nous les aidons en leur enseignant le thaïlandais, un peu de morale et dautodiscipline », explique Thitimaphorn Chaisamut. Ces deux jeunes bouddhistes travaillent auprès des jeunes depuis trois ans. Beaucoup arrivent en ne sachant parler que la langue de leur ethnie natale.

« Saw est un bon garçon, explique Thitimaphorn Chaisamut. Il ne boit pas et ne fume pas. » Assis en train de recopier des caractères thaïs, ladolescent birman confie : « Je donne tout ce que je gagne à ma mère. » Ses parents sont venus en Thaïlande il y a quelques années pour trouver un emploi. Son père travaille sur un bateau et sa mère dans une usine. Saw raconte quil travaille de longues heures pour 4 700 bahts (81 euros environ) par mois. Pour la région de Bangkok et de Samut Sakhon, le ministère du Travail a fixé à 191 baths le salaire minimum journalier. Saw et ses parents vivent à l’étroit dans une petite pièce dun immeuble habité par des dizaines de travailleurs migrants venus de Birmanie.

Le P. Theeraphol Kobvithayakul confie que beaucoup de gens de sa paroisse ne voient pas dun bon œil le fait quil soccupe des enfants de travailleurs migrants. « Nous naimons pas ces gamins morveux », disent-ils. Le prêtre explique que les habitants de la région craignent que des migrants mieux formés exigent des salaires plus importants et quainsi ils finissent par gagner davantage que les travailleurs thaïlandais. Quant à lui, précise-t-il, il souhaite seulement que les enfants grandissent et deviennent des adultes responsables. « Nous aimerions les voir grandir et devenir de bons citoyens », cest pourquoi « nous essayons de faire ce que nous pouvons pour eux », a-t-il conclu.

(1) Au sujet de l’exploitation des travailleurs migrants en Thaïlande, voir EDA 399, 411 et 441

Racines chrétiennes et rôle de la religion : les mots d’ordre de la nouvelle Europe

27 mars, 2007

du site Zenith:

2007-03-26

Racines chrétiennes et rôle de la religion : les mots d’ordre de la nouvelle Europe

Thèmes soulevés au congrès de la COMECE pour les 50 ans des Traités de Rome

ROME, Dimanche 25 mars 2007 (ZENIT.org) L’Europe doit prendre conscience de ses propres racines chrétiennes et du rôle public de la religion: tel est le message issu du congrès organisé par la Commission des Conférences épiscopales de la Communauté européenne (COMECE) qui a réuni à Rome, du 23 au 25 mars, plus de 400 participants.

Les évêques de la COMECE ont profité des célébrations du 50° anniversaire de la signature des Traités de Rome (25 mars 1957), à lorigine du processus dunification européenne, pour réunir des personnalités politiques, des représentants de divers épiscopats européens, des communautés religieuses, des organisations et des mouvements catholiques, afin de débattre des valeurs et des perspectives de lEurope de demain.

Ce congrès, qui entre dans le cadre des célébrations marquant lacte de naissance de la Communauté économique européenne (CEE) et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (EURATOM), a été loccasion de mesurer le chemin parcouru par lUnion européenne, marquée par un moment de doutes et dinsatisfaction après l’échec de la ratification du Traité devant instituer une Constitution pour lEurope (approuvé par la plupart des pays membres, mais rejeté par la France et les Pays-Bas lors dun référendum en 2005).
« Les valeurs communes ne sont pas un bien personnel. Ce sont des valeurs universelles qui appartiennent à lhumanité entière et qui habitent lEurope depuis longtemps » a déclaré Mgr Adrianus Herman van Luyn s.d.b., évêque de Rotterdam et Président de la COMECE, dans son discours douverture aux travaux du congrès europé
en le 23 mars dernier.

Dans un message adressé aux participants du congrès et lu à louverture des travaux, le Président de la République italienne, Giorgio Napolitano a mis en avant « le caractère stimulant et la contribution » de ces célébrations, estimant que « lEglise et les associations dinspiration religieuse (…) sont appelées à participer à la relance de Union européenne en apportant le témoignage des valeurs les plus profondes placées à la base de la construction dune Europe unie ».

Le Président de la Conférence épiscopale italienne, Mgr Angelo Bagnasco, est intervenu ensuite pour appeler lEurope « à dépasser sa vocation économique originelle » et pour réaffirmer la nécessité dune reconnaissance des racines chrétiennes et des « principes éthiques qui – a-t-il dit – font partie intégrante et fondamentale de son patrimoine spirituel ».
Sans
« nier les exigences dune juste et saine laïcité à ne pas confondre avec le laïcisme idéologique des institutions européennes », Mgr Bagnasco a souligné lintérêt que lEglise porte à « à la promotion et à la sauvegarde de la dignité de la personne, à la défense de son caractère éthique central » doù découle également son engagement à défendre le « droit fondamental à la liberté religieuse »
.

Le Ministre de lIntérieur allemand et Représentant de la Présidence allemande de lUnion européenne, Wolfgang Schäuble, a souligné aussi limportance des racines chrétiennes « à un moment où a-t-il dit le nombre de musulmans est en augmentation et quil faut quils se rendent compte par eux-mêmes de limportance de la tolérance ».

« L’unité dans la multiplicité fait aussi partie de lhistoire de lislam. Et nous espérons quun équilibre sera trouvé, dans cette multiplicité, car nous avons besoin dun partenariat avec l’islam », a-t-il ajouté.

Lors de son intervention, le Vice-président de la Commission européenne, Franco Frattini, a mis laccent sur la nécessité dun « sentiment profond qui, en partant des racines chrétiennes profondes de lEurope, soit encore capable de motiver les consciences, capables daborder avec davantage de courage la question des droits niés et celle de la solidarité, à lintérieur et en dehors des frontières de lUnion ».

La nouvelle Europe ne peut oublier ses « propres valeurs à protéger et à promouvoir; tout comme elle ne peut oublier sa propre histoire de religiosité’ ». « Je pense que la laïcité des Etats et la religiosité des peuples sont des éléments importants qui, loin de se contredire, simbriquent entre eux ».

LEurope a choisi le silence sur la religiosité, « mis à part en en affirmant tièdement la défense lorsque lon aborde des thèmes, qui sont assurément graves comme lantisémitisme ou lislamophobie », a observé Franco Frattini.

Le Vice-président de la Commission européenne a ensuite relevé le caractère « plutôt aride du cœur des institutions européennes dans sa réponse à lappel de Benoît XVI qui a rouvert avec le monde laïc le débat sur le rapport entre religion et raison ».

« Le thème des racines chrétiennes doit retrouver sa place dans lagenda de lEurope, car cela signifie pouvoir affirmer et affronter le nœud de notre identité européenne, dans la perspective dun univers religieux qui recommence à saffirmer », a-t-il souligné.

« Le thème des racines chrétiennes met au premier plan la question dun christianisme qui ne soit pas nostalgique du passé, mais qui soit une pensée vivante. Un christianisme qui, posant avec le Pape Jean-Paul II le thème des droits, et avec le pape Benoît XVI, le thème de la liberté comme voie de dialogue, constitue une partie de cette promesse, de ce rêve européen et donc de notre avenir », a ajouté Franco Frattini.

Le 23 mars après-midi, les travaux du Congrès européen ont été marqués par lintervention de Mgr Dominique Mamberti, Secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les Etats qui, en évoquant l’éventuel traité constitutionnel européen, a rappelé l’appel du pape Benoît XVI demandant que le patrimoine chrétien du Vieux continent soit reconnu.

« Telle reconnaissance ne signifie pas donner un caractère confessionnel à lEurope, et ne soppose en rien sa laïcité », a dit Mgr Mamberti.

Le 23 mars, après laudience du pape avec tous les membres du congrès, le président du Parlement européen, Hans-Gert Poettering a pris la parole devant lassemblée, déplorant, à titre personnel, que la déclaration de Berlin ne fasse mention ni de Dieu, ni de la tradition judéo-chrétienne dans le Traité constitutionnel européen.

Evoquant les prochaines élections du Parlement européen qui se tiendront en juin 2009, le Président estime quil est urgent de mettre la question des valeurs, « dont la plupart reflètent et embrassent les valeurs et la philosophie chrétiennes », sur la table des discussions.
Le 24 mars, le Pr
ésident du Conseil italien, Romano Prodi, a fait part d’« un souvenir personnel jamais rendu public jusquici », qui remonte à l’époque où il était le président en charge de la Commission europé
enne.

Romani Prodi a confessé « avoir longuement et silencieusement essayé dintroduire la référence aux racines chrétiennes dans la Constitution européenne. Mais ne pas y avoir réussi ne veut pas dire que le texte les désavoue. Cest une difficulté héritée du passé ».
Les participants
à la rencontre du 24 mars ont voulu adresser un message aux chefs dEtat et de gouvernement des Etats membres de lUnion européenne, au président du Parlement européen et au président de la Commission européenne, réunis le 25 mars 2007 à Berlin pour une réunion solennelle du Conseil europé
en.

Dans ce message, la COMECE envisage une solution commune qui permette de dépasser « lactuelle période de réflexion en Europe ». Elle souhaite que la solution institutionnelle qui sera atteinte sauvegarde « la liberté religieuse dans toutes ses dimensions, les droits institutionnels des Eglises et des communautés religieuses » et reconnaisse explicitement « le patrimoine chrétien de notre continent ».

Le Congrès européen sest achevé dimanche par la célébration dune messe en la Basilique Saint-Pierre et la participation à la prière mariale de lAngélus avec Benoît XVI.

L’Europe a besoin de penseurs capables de traduire les convictions de la foi dans le langage du monde

23 mars, 2007

du site Zenith:

22.3.07

L’Europe a besoin de penseurs capables de traduire les convictions de la foi dans le langage du monde Déclaration du président de l’Association pour la Fondation européenne

ROME, Jeudi 22 mars 2007 (ZENIT.org)

– A l’occasion du Congrès organisé par la Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE) pour le cinquantième anniversaire des Traités de Rome, qui se déroulera dans la capitale italienne, du 23 au 25 mars, l’Association pour la Fondation européenne (AFE), a présenté un document dans lequel elle propose un avenir chrétien pour le Continent européen.

L’AFE, dont le logo représente les six saints patrons de l’Europe – sainte Catherine de Sienne, sainte Brigitte de Suède, sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, saint Benoît, saint Cyrille et saint Méthode –, soutient « la nécessité de penseurs capables de traduire les convictions spécifiques de la foi chrétienne dans le langage du monde sécularisé pour les rendre efficaces dans un monde nouveau ».

Le président de l’AFE, Giorgio Salina, a expliqué à Zenit que ce document intitulé « Citoyens, fidèles laïcs et l’avenir de l’Europe » part de la conviction, comme l’a affirmé le pape Benoît XVI dans son message pour la Journée mondiale de la Paix 2007, qu’en « construisant la paix on pose les conditions d’un authentique humanisme intégral… préparant ainsi un avenir serein pour les générations à venir ».

« Rappelant et partageant les espoirs et les idéaux des Pères fondateurs – poursuit Giorgio Salina – nous espérons que le processus d’ « européisation » se poursuive avec courage et énergie, fournissant une réponse effective aux attentes de millions d’hommes et de femmes qui se savent liés par une histoire commune et qui espèrent en un destin d’unité et de solidarité ».

Selon le président de l’AFE « l’idéal européen » de réunification doit être atteint « non seulement comme réunification géographique et culturelle, mais aussi au niveau de l’efficience interne et de l’efficacité sur le plan international afin d’accomplir notre mission historique ».

Le document souligne que « dans une adhésion libre et cordiale au magistère du pape et de nos évêques » nous sommes conscients que « l’homme porteur de ‘sens religieux’ apporte une proposition spécifique à l’amélioration de la société ».

Giorgio Salina précise qu’en « nous situant dans la ligne de pensée des Pères fondateurs de l’Europe qui s’en sont inspirés, il nous faut avant tout mentionner de façon particulière le principe de subsidiarité, qui prend sa source dans le droit naturel ».

Concernant la présence de l’Europe sur l’échiquier international, l’AFE se demande « s’il ne faudrait pas procéder à un examen de conscience : l’Europe est-elle réellement présente là où le monde l’attend ? ».

Dans nos efforts à « rendre notre vie commune conforme aux droits fondamentaux de l’homme », le document de l’AFE réaffirme que « les valeurs chrétiennes, représentent le ‘facteur d’unité’ le plus important et le plus évident ».

A ce propos Georgio Salina estime que « marginaliser une culture et une tradition, comme la culture chrétienne, un patrimoine qui a largement contribué à modeler l’Europe des nations et l’Europe des peuples, en la présentant aujourd’hui comme un fait de l’histoire, est une blessure portée à la liberté et mine le destin d’unité et de solidarité ».

Le document de l’AFE souligne que les chrétiens peuvent « apporter une contribution significative à l’édification d’une société civile et politique européenne plus démocratique et accueillante pour tous » parce que, comme l’a relevé le cardinal Angelo Scola, patriarche de Venise, « ce sont les citoyens moraux souvent inspirés par la religion qui favorisent la démocratie ».

En conclusion, le document de l’AFE réaffirme les recommandations du philosophe Jürgen Habermas, qui montre « la nécessité de penseurs capables de traduire les convictions spécifiques de la foi chrétienne dans le langage du monde sécularisé pour les rendre efficaces dans un monde nouveau » et renouvelle ses espoirs en un nouvel élan afin que « la grande tradition chrétienne du continent » puisse se réaliser.

Chercher un sens à sa vie c’est « accorder sans cesse son cœur au cœur de

22 mars, 2007

du site Zenith:

2007-03-21

Chercher un sens à sa vie c’est « accorder sans cesse son cœur au cœur de Dieu

Entretien avec le P. N. Buttet, invité au festival « Chercheurs de sens » à Lausanne

ROME, Mercredi 21 mars 2007 (ZENIT.org) A loccasion du festival Chercheurs de sens » organisé pour les jeunes, les 17 et 18 mars à Lausanne, en Suisse par Fondacio et le Chemin Neuf, deux communautés catholiques à vocation œcuménique, Zenit a demandé à lun des intervenants, le père Nicolas Buttet de commenter le thème de cette rencontre.

La manière dont Dieu conduit une personne « à la découverte dun sens de sa vie, est dune ingéniosité complètement folle qui ne cesse de nous émerveiller », affirme le fondateur de la Fraternité « Eucharistein ».

Zenit : Tous les jeunes sont à la recherche de quelque chose. Mais quel est le déclic qui fait qu’il prend un jour conscience que ce qu’il recherche est finalement de donner un ‘vrai’ sens à sa vie. Vous-même étiez promis à une belle carrière d’avocat en Suisse, et c’est finalement à Dieu que vous avez choisi de consacrer votre vie. Comment ce déclic se manifeste-t-il ?

P. Buttet : Je pense quil peut se manifester de plusieurs manières. La manière dont Dieu veut rejoindre une âme et la reconduire à lui, ou la conduire à la découverte dun sens de sa vie, est dune ingéniosité complètement folle qui ne cesse de nous émerveiller.

Il y a de grands classiques. Ce sont dabord des insatisfactions, que ce soit dun point de vue négatif : on se dit par exemple ma vie est vide, ne me comble pas je cherche à la remplir et puis ça reste creux devant tant de faux plaisirs, de faux substituts quon essaie de me donner ; mais ça peut venir aussi de façon plus positive, plus lumineuse, par des témoins que Dieu place sur notre route et qui deviennent véritablement des signes, des balises sur le chemin de la quête de sens, au début, au milieu ou à la fin dun chemin. De manière plutôt interrogative dabord, de manière incitative ensuite, de manière définitive, dans une sorte de capitulation qui amène à accueillir le signe prophétique du témoignage. Et puis, troisièmement, il y a lEsprit Saint qui va guider les cœurs, et qui va donner la lumière et la force dans la liberté de la personne.

Je pense que ce sont ici les trois manières dont une personne peut, petit à petit, se rendre compte quil y a autre chose et quil faut réorienter sa vie par le primat de l « être » sur le « faire », sur lavoir, sur le savoir, et que l « être » seul est capable de combler un cœur.

Zenit : Ceux qui accompagnent les jeunes dans cette recherche de sens sont-ils ou doivent-ils eux-mêmes être en recherche continue ?

P. Buttet : Il est clair que ce nest jamais acquis. Cest une quête permanente, une nécessité permanente dajustement, comme on accorderait un instrument de musique : accorder sans cesse notre cœur au cœur de Dieu ! Il faut avoir aussi une crédibilité personnelle, communautaire. Jaime beaucoup cette phrase de Jean-Paul II qui disait : « Nous sommes tous appelés des évangélisateurs parce que nous-mêmes nous sommes évangélisés, joyeux d’être pour les autres limage irradiante de Jésus Christ ». Je pense que là on peut parler dune exigence permanente du cœur de lhomme, de vérité et de charité, aussi de pouvoir goûter toujours plus le Christ. Donc, le sens on la découvert, cest Jésus Christ, mais on nen a jamais fait le tour.

Ceci demande un travail de conversion, dillumination, et puis de bonheur. Cest laventure permanente. Je crois que cette soif daventure qui habite le cœur des jeunes, qui habite le monde daujourdhui, nest vraiment comblée que dans le Christ. Nous organisons chaque été des voyages avec les jeunes, en Chine, au Tibet, au Vietnam, en Inde, ou plus près de nous, sur les chemins de Saint Jacques et de Rome, à pied, et finalement nous voyons bien que Christ donne un autre sens au voyage sur cette terre.

Ce nest pas une doctrine, ce nest pas une théorie : cest une personne avec qui je chemine, et comme toute personne elle reste un mystère : plus je la connais, plus jai envie de laimer, et plus je laime plus jai envie de la connaître. Et plus jaborde ce mystère et plus il est insondable, plus en même temps il se révèle à moi. Cest le paradoxe de la rencontre.

Zenit : Quels types de repères apportez-vous aux jeunes pour les aider dans leur discernement ?

P. Buttet : Lun des repères déterminants est le réalisme profond car je crois que lon vit dans un monde virtuel, idéaliste, où les gens sont enfermés dans leur tête et dans leurs rêves, dans des projets souvent irréalisables ou utopiques, dans des souvenirs blessés du passé. Mais comment revenir à un réalisme non pas seulement à laujourdhui, qui est capital, car cest à partir du présent que je bâtis mon avenir et que jassume mon passé, mais à un réalisme anthropologique ? Cest-à-dire, quelle est la vision de la personne humaine, du monde ? Et là je crois quune clef de formation est absolument indispensable pour avoir une approche profondément réaliste dabord humaine, ensuite philosophique puis théologique.

Il y a des docteurs ou des professeurs pour aborder cela. Cest du réalisme basic expérimental, mais que lon a tellement oublié face à toutes les idéologies et toutes les caricatures de lhomme que lon peut nous donner aujourdhui. Lautre chose indispensable cest lhumilité, lhumilité de se laisser enseigner. Ce cœur d’écoute dont il est question dans lEcriture sainte. Je crois que cest une attitude essentielle.

Zenit : Un nombre croissant de personnes se tournent vers les psychologues pour tenter de faire face à des situations difficiles sur le plan familial, sur le plan du travail, etc.. Le coaching est également très à la mode. Il y a donc des spécialistes qui s’intéressent à ce ‘mal d’âme’ comme ils disent. Croyez-vous au bénéfice d’expériences cliniques ? Vous y intéressez-vous ?

P. Buttet : Tout ce qui est humain nous intéresse. Il faut bien comprendre lhomme dans ses différentes dimensions : physique, corporelle, psychologique, affective, émotionnelle et spirituelle. Il va falloir aborder les trois dimensions sans les séparer, en les distinguant, mais pour mieux les unir, avec lintelligence et la volonté situées au sommet de tout et qui doivent être les critères déterminants. Je pense que des demandes comme celles-ci peuvent aider, mais dans la mesure où il existe une anthropologie réaliste derrière, et ça cest peut-être la plus grande difficulté dans ces démarches qui sont certainement sincères et honnêtes, mais qui manquent assez régulièrement dune vision objective de la personne humaine. Une vision qui ne soit pas subjective ou idéologique, mais qui permette simplement de remettre lhomme debout, de reconstruire l’être humain dans son unité profonde et dans son intériorité. Il y a probablement des dérives réductionnistes de la personne humaine à une seule dimension.

Plusieurs dimensions de la personne humaine réapparaissent et je crois quaujourdhui on assiste à une redécouverte, y compris dans le milieux de la psychologie, à la nécessité dun au-delà de la psychologie. La psychanalyse a été beaucoup critiquée. Ce sont des réductions de l’être humain à la seule psychologie. Et le grand danger cest justement de réduire !

Lune des confusions qui me paraît importante aujourdhui est la confusion entre la santé et le salut. Les personnes en mal d’être, en mal de vivre un état qui résulte souvent dun mal penser cherchent désespérément la santé, mais en fait cest plus profond, cest celle du salut et cet ordre somato-psycho-spirituel de l’être humain qui doit être retrouvé avec ce qui ordonne tout, cest-à-dire la vie spirituelle. Je côtoie des coach qui me disent limportance quils ont dans la vie des personnes, mais je remarque quil y a comme une démission de la liberté chez certains, quils se remettent entièrement dans les mains dautres personnes. Ce nest pas le but officiel du coaching mais cest parfois lattitude psychologique que lon voit. Or, la grande question est finalement : Comment amener la personne à une grande maturité humaine authentique, à une liberté intérieure authentique ?

La Fraternité Eucharistein, dont le père Nicolas Buttet est le fondateur, a été reconnue officiellement dans l’Eglise catholique et érigée en Association publique de fidèles en juin 2003. Elle offre à des jeunes la possibilité de vivre une année sabbatique de réflexion, de service et de prière, après leur formation professionnelle ou leur maturité. Elle accueille aussi de nombreux jeunes ayant été confrontés à des problèmes de drogue, d’alcool ou de dépression, pour un temps de reconstruction personnelle.
Le père Buttet est également l’inspirateur du projet de l’Institut
Philanthropos
, institut européen d’études anthropologiques, à Bourguillon, en Suisse.

Record de ventes de l’exhortation de Benoît XVI « Sacrement de l’amour »

22 mars, 2007

du site Zenith: 

Record de ventes de l’exhortation de Benoît XVI « Sacrement de l’amour »

ROME, Mercredi 21 mars 2007 (ZENIT.org) Le deuxième grand document de Benoît XVI, son exhortaiton apostolique post-synodale « Sacrement de lamour », publiée mardi 13 mars est dores et déjà un succès de libairie, indique la Librairie éditrice vaticane (LEV, cf. www.vatican.va, et diffusione@lev.va ).

Plus de 220.000 exemplaires ont déjà été vendus en quelques jours, indique l’éditeur.

« Sacramentum caritatis » est le 19e volume de la collection « Magistère de Benoît XVI » et il est disponible au prix de 2 euro.

Le pape, explique l’éditeur, « a voulu redire une fois encore limportance de la célébration eucharistique en tant que source et sommet de la vie et de la misison de lEglise ».

C’était là en effet le thème du synode doctobre 2005, convoqué par Jean-Paul II pour clore lannée de lEucharistie, et confirmé et mené à bien par Benoît XVI.

« Benoît XVI, souligne le communiqué, exhorte tout le peuple des fidèles à approfondir la relation entre le Mystère eucharistique, laction liturgique et le nouveau culte spirituel découlant d elEucharistie, en tant que sacrement de la charité ».

Béatification de Jean-Paul II : Guérison d’une religieuse française

21 mars, 2007

du site Zenith: 

Béatification de Jean-Paul II : Guérison d’une religieuse française

Fin du procès « sur le miracle »

ROME, Mardi 20 mars 2007 (ZENIT.org) Le miracle dû à lintercession de Jean-Paul II, après sa mort, et qui ouvrira la porte à sa béatification, concerne bien une religieuse française atteinte auparavant de la maladie de Parkinson, comme nous lavions annoncé (cf. Zenit du 31 janvier 2006).

Un communiqué du postulateur de la cause de béatification et canonisation de Jean-Paul II, Mons. Slawomir Oder a confirmé mardi matin cette nouvelle quil avait alors évoquée comme une possibilité.

Rappelons quun autre miracle sera nécessaire, après sa béatification pour la canonisation.

Procès « sur le miracle »
Le postulateur annonce que le proc
ès sur le miracle présumé post-mortem, « Super Miro » se conclura vendredi prochain 23 mars, et quelques précisions pourraient être données à cette occasion sur le cas par l’évêque local chargé de lenquê
te.

Et à ce propos le postulateur confiait déjà il y a plus dun an : « Je suis ému, disait-il, en pensant que c’était la même maladie qui a détruit le Saint-Père et qui empêchait cette pauvre sœur de faire son travail (…). Pour moi, cest un autre signe de la créativité de Dieu ».

Il sagirait, avait alors précisé le postulateur, dune religieuse « relativement jeune » travaillant au service « de nouveaux-nés » et la guérison serait advenue en octobre 2005.

Le postulateur avait évoqué lan dernier lexistence de trois autres miracles, dAmérique du Sud, des États-Unis, et de Chine.

Réputation de sainteté
Mons. Oder a pr
écisé que « le matériel rassemblé par le tribunal sera remis à la congrégation pour les Causes des saints »
.

« Il sagit, précisait-il, des déclarations des témoins proposés par le postulateur et des témoins cités doffice par le tribunal lui-même. On transmettra en outre à la congrégation les documents liés au rapport de la commission historique ».

« Les témoignages spontanés que lon a fait parvenir au bureau du postulateur seront utiles pour vérifier la réputation de sainteté’ qui, avec la vie et lexercice héroïque des vertus, constituent lobjet de lenquête diocésaine », a précisé le postulateur.

« Ces témoignages contiennent surtout, ajoutait-il, des opinions sur la sainteté du candidat ou concernent les grâces que les personnes considèrent avoir reçues par lintercession du serviteur de Dieu. Il sagit de différentes grâces matérielles et spirituelles ».

Pour ce qui est de la date éventuelle de la béatification, Mons. Oder dit être dans lincapacité de donner une date de clôture du procès qui souvrira ensuite au Vatican, précisant que ce nest dailleurs pas de sa compétence.

Mais, souligne-t-il, ce temps dattente est précieux et doit être utilisé pour mieux connaître « la vie, lenseignement et la spiritualité » de Jean-Paul II.

Les « voix contraires »
Pour ce qui est de l
existence de la « voix contraire » dans le procès, Mons. Oder souligne quil sagit dun « fait évangélique »
.

« Jésus, explique-t-il, a dit, Heureux serez vous lorsque lon dira toute sorte de mal contre vous…’. On ne doit pas s’étonner de lexistence de voix qui ne se situent pas dans la ligne de lopinion qui prévaut à propos de la sainteté du Serviteur de Dieu. La figure du pape est riche. Il a été présent dans la vie de lEglise et dans lhistoire pendant longtemps. Les réactions différentes des personnes vis-à-vis de lui sont donc compréhensibles ».

Mons. Oder rappelle que « dans son édit, le cardinal vicaire a appelé tous ceux que cela intéresse à porter à la connaissance de la Postulation le matériel concernant le procès ».

« Le Délégué épiscopal qui a effectué lenquête a pris en considération la possibilité de convoquer doffice les personnes qui expriment des doutes sur le procès », a encore précisé Mons. Oder.

Un acte juridique public
Rappelons que la session de cl
ôture de lenquête diocésaine sur la vie, les vertus et la renommée de sainteté du Serviteur de Dieu Jean-Paul II aura en effet lieu publiquement en la cathédrale du pape, la basilique Saint-Jean du Latran, lundi 2 avril, à midi. Cest un acte « strictement juridique » mais public, et qui se déroulera dans un climat de prière, après la célébration de l
office de sexte.

Cest en cette même basilique quavait eu lieu louverture de la cause, le 28 juin 2005, à moins de trois mois de la mort de Jean-Paul II, grâce à la dispense accordée par Benoît XVI dès le 13 mai 2005.

Le cardinal vicaire du pape pour Rome, Camillo Ruini a invité les catholiques du diocèse de Rome à participer à la session de clôture et surtout « à participer à la messe de requiem du souverain pontife Jean-Paul II » que Benoît XVI présidera en la basilique vaticane laprès-midi même de ce 2 avril, à 17 h 30.

Le pape constate une perte du « sens du péché » et une augmentation des « complexes de culpabilité »

17 mars, 2007

du site Zenith:

Le pape constate une perte du « sens du péché » et une augmentation des « complexes de culpabilité » 

Discours à un groupe de prêtres récemment ordonnés 

ROME, Vendredi 16 mars 2007 (ZENIT.org) – Le pape Benoît XVI constate que la perte du « sens du péché » qui caractérise la société actuelle, est accompagnée d’une augmentation des « complexes de culpabilité ».

Ce phénomène, explique Benoît XVI, montre que l’homme a besoin de recevoir le pardon de Dieu, ce qui se réalise à travers le sacrement de la confession.

Le pape a reçu ce matin les participants au cours sur le for interne offert par le Tribunal de la Pénitencerie apostolique, à des prêtres récemment ordonnés.

Analysant la société actuelle, le pape a décrit une « humanité qui voudrait être autosuffisante, où de nombreuses personnes sont presque convaincues de pouvoir se passer de Dieu pour bien vivre ».

Et pourtant, a-t-il constaté « combien de personnes semblent tristement condamnées à faire face à des situations dramatiques de vide existentiel, combien de violence y a-t-il encore sur la terre, quelle solitude pèse sur l’âme de l’homme de l’ère de la communication ! ».

« Il semble aujourd’hui que l’on ait perdu le ‘sens du péché’ mais en contrepartie les ‘complexes de culpabilité’ ont augmenté », a-t-il affirmé.

« Qui pourra libérer le cœur des hommes de ce joug de mort, sinon Celui qui, en mourant, a vaincu pour toujours la puissance du mal par la toute puissance de l’amour divin ? » s’est interrogé le pape.

Dieu, a-t-il répondu, qui « est amour ».

« Dans le sacrement de la confession, le prêtre est un instrument de cet amour miséricordieux de Dieu », a expliqué Benoît XVI.

« L’engagement du prêtre et du confesseur est principalement celui-ci : conduire chaque personne à faire l’expérience de l’amour du Christ pour elle, en le rencontrant sur la route de sa propre vie », a-t-il ajouté.

« Que le prêtre, ministre du sacrement de la Réconciliation, sente toujours le devoir de manifester, à travers ses paroles et la manière d’approcher le pénitent, l’amour miséricordieux de Dieu », a conclu le pape. 

« Sacramentum caritatis »: tous à la messe le dimanche

15 mars, 2007

 du site « La Chiesa.it, l’Espresso »

« Sacramentum caritatis »: tous à la messe le dimanche


Un chr
étien ne peut vivre sans lEucharistie, écrit Benoît XVI. En elle, « le Seigneur se fait nourriture pour lhomme assoiffé de vérité et de liberté« . Doù le devoir qui en découle aussi dans le champ politique: « donner un témoignage public de sa propre foi »

par Sandro Magister

ROME, le 15 mars 2007
Benoît XVI a rendu publique lexhortation apostolique « Sacramentum caritatis » il y a deux jours, en conclusion du synode des évêques qui s’était déroulé à Rome en octobre 2005 sur le thème de lEucharistie.

Le document a limportance dune encyclique. Il a dailleurs beaucoup en commun avec lencyclique « Deus caritas est », à commencer par le mot-clé du titre. Benoît XVI lui-même l’écrit en introduction: « J’entends mettre la présente exhortation en relation avec ma première encyclique Deus caritas est ».

Lexhortation apostolique « Sacramentum caritatis » doit être lue dans son intégralité. Dune part parce quelle reprend les sujets abordés au cours du synode, dautre part parce quelle porte lempreinte fédératrice de la vision de Benoît XVI. Une vision où « la célébration eucharistique apparaît ici, dans toute sa force, en tant que source et sommet de l’existence chrétienne ».

Au lecteur de savourer cette vision fédératrice, appréciable uniquement par une lecture ininterrompue et complète:

> « Sacrement de l’amour, la sainte Eucharistie… »

Voici en revanche un abrégé plus modeste regroupant les nombreuses questions, approfondies ou à peine évoquées page après page par Benoît XVI dans son exhortation apostolique:

* * *

MISSEL DE SAINT PIE V

Benoît XVI le cite au paragraphe 3, rappelant avec admiration et gratitude « le développement, ordonné dans le temps, des formes rituelles » selon lesquelles la messe a été et est célébrée, jusqu’à la réforme liturgique du Concile de Vatican II et ses « richesses qui n’ont pas été pleinement explorées ». Il ajoute: « Concrètement, il s’agit de lire les changements voulus par le Concile à l’intérieur de l’unité qui caractérise le développement historique du rite lui-même, sans introduire de ruptures artificielles ».

Le refus des « ruptures artificielles » avait été évoqué par le pape dans son discours cité en note à la curie du 22 décembre 2005 au sujet de la juste interprétation du Concile. Cest lune des raisons qui justifient selon Joseph Ratzinger la pratique du rite tridentin encore à lheure actuelle.

LA DERNIÈRE CÈNE

Au paragraphe 11, après avoir retracé le dernier repas partagé par Jésus avec les apôtres selon le rite juif de l’époque, Benoît XVI prévient: « Pour nous chrétiens, il n’est plus nécessaire de répéter ce repas », car lEucharistie marque un changement radical par rapport à ce repas, et cest à ce changement que Jésus fait référence lorsquil dit : « Vous ferez cela en mémoire de moi ».

Lavertissement du pape sadresse à ces communautés par exemple les néocatéchumènes qui persistent à célébrer la messe comme un banquet, imitant le dernier repas.

TRANSSUBSTANCIATION

Le terme apparaît au paragraphe 13, accompagné dun appel aux fidèles à avoir « une conscience plus claire » de la richesse des mots prononcés lors de la consécration et de « l’épiclèse », à savoir linvocation « au Père pour qu’il fasse descendre le don de l’Esprit afin que le pain et le vin deviennent le corps et le sang de Jésus-Christ ».

ORTHODOXES ET PROTESTANTS

Au paragraphe 14, Benoît XVI souligne que cest lEucharistie qui bâtit lEglise. Et dailleurs, au paragraphe suivant, il appelle « Eglises » lEglise catholique et les Eglises orthodoxes du fait quelles « ont conservé la nature authentique et entière du mystère de l’Eucharistie », à la différence des simples « Communautés » nées de la Réforme protestante, avec lesquelles le « caractère ecclésial de l’Eucharistie  » est davantage matière à un dialogue œcuménique.

CONFIRMATION ET PREMIÈRE COMMUNION

Au paragraphe 18, le pape explique quil faut faire attention à lordre dans lequel il convient dadministrer les sacrements de linitiation: baptême, confirmation, Eucharistie. En effet, dans de nombreuses paroisses et de nombreux diocèses du monde entier, la confirmation est donnée en dernier. Pour Benoît XVI, cette pratique est à « vérifier », car elle risque de faire perdre à lEucharistie la place qui lui revient, « comme réalité vers laquelle tend toute l’initiation ».

COMMUNION ET CONFESSION

Au paragraphe 20, ainsi quau paragraphe 55, Benoît XVI met en garde contre une communion systématique, par automatisme, « comme si par le seul fait de se trouver dans une église durant la liturgie on avait le droit ou peut-être même le devoir de s’approcher de la table eucharistique ». Ce « comportement superficiel », écrit-il, sexplique notamment par un sens du péché de plus en plus en perte de vitesse. Pour communier, il faut être « dans la grâce de Dieu ». Dans le paragraphe suivant, le pape encourage les fidèles à se confesser régulièrement et rappelle que la confession individuelle doit prévaloir en temps normal, « en réservant la pratique de l’absolution générale exclusivement aux cas prévus ».

VIATIQUE

Au paragraphe 22, le pape recommande dapporter lEucharistie aux infirmes: une pratique qui risque de tomber en désuétude dans de nombreux endroits.

ORDINATION SACERDOTALE

Au paragraphe 23, Benoît XVI condamne sévèrement ceux qui considèrent quil suffit d’être baptisé pour pouvoir célébrer la messe et agissent en conséquence en se passant de prêtre: La doctrine de l’Eglise fait de l’ordination sacerdotale la condition indispensable pour la célébration valide de l’Eucharistie ».

Tout de suite après, le pape met cependant en garde les prêtres à ne pas se substituer à Jésus. Il les exhorte à célébrer avec humilité, « en évitant tout ce qui pourrait donner l’impression d’une initiative personnelle inopportune ».

CÉLIBAT DES PRÊTRES

« Il n’est pas suffisant de comprendre le célibat sacerdotal en termes purement fonctionnels », écrit Benoît XVI au paragraphe 24. « Le fait que le Christ lui-même, prêtre pour l’éternité, ait vécu sa mission jusqu’au sacrifice de la croix dans l’état de virginité constitue le point de référence sûr pour recueillir le sens de la tradition de l’Eglise latine sur cette question ».

« Tout en respectant les pratiques différentes et la tradition orientale », le pape confirme donc « le caractère obligatoire pour la tradition latine » du célibat des prêtres, « comme signe exprimant le don de soi total et exclusif au Christ, à l’Eglise et au Règne de Dieu ».

Pour attirer de vraies vocations, déclare le pape dans le paragraphe suivant, « il faut surtout avoir le courage de proposer aux jeunes la radicalité de la vie à la suite du Christ, en en montrant l’attrait ».

POLYGAMIE

Au paragraphe 28, Benoît XVI évoque brièvement le problème posé par les hommes qui, « provenant de cultures où se pratique la polygamie », deviennent chrétiens Pour eux, la communion eucharistique sera autorisée uniquement quand ils seront arrivés « à la pleine vérité de l’amour » avec une seule femme, « passant à travers les renoncements nécessaires ».

DIVORCÉS REMARIÉS

Benoît XVI écrit au paragraphe 29: « Il s’agit d’un problème pastoral épineux et complexe, une vraie plaie du contexte social actuel, qui touche de manière croissante les milieux catholiques eux-mêmes. Par amour de la vérité, les pasteurs sont obligés de bien discerner les diverses situations, pour aider spirituellement de la façon la plus appropriée les fidèles concernés. Le synode des évêques a confirmé la pratique de l’Eglise, fondée sur la Sainte Écriture (cf. Mc 10, 2-12), de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés, parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l’union d’amour entre le Christ et l’Eglise, qui est signifiée et mise en œuvre dans l’Eucharistie. Toutefois, les divorcés remariés, malgré leur situation, continuent d’appartenir à l’Eglise, qui les suit avec une attention spéciale, désirant qu’ils développent, autant que possible, un style de vie chrétien, par la participation à la messe, mais sans recevoir la communion, par l’écoute de la Parole de Dieu, par l’adoration eucharistique et la prière, par la participation à la vie de la communauté, par le dialogue confiant avec un prêtre ou un guide spirituel, par le dévouement à la charité vécue et les œuvres de pénitence, par l’engagement dans l’éducation de leurs enfants.

« Là où surgissent des doutes légitimes sur la validité du Mariage sacramentel qui a été contracté, il convient d’entreprendre ce qui est nécessaire pour en vérifier le bien-fondé. Il faut aussi s’assurer, dans le plein respect du droit canonique, de la présence sur le territoire de tribunaux ecclésiastiques, de leur caractère pastoral, de leur fonctionnement correct et rapide. Il importe qu’il y ait, dans chaque diocèse, un nombre suffisant de personnes préparées pour le bon fonctionnement des tribunaux ecclésiastiques. Je rappelle que c’est une obligation grave que le travail institutionnel de l’Eglise réalisé dans les tribunaux soit rendu toujours plus proche des fidèles. Il est cependant nécessaire d’éviter de comprendre la préoccupation pastorale comme si elle était en opposition avec le droit. On doit plutôt partir du présupposé que le point fondamental de rencontre entre le droit et la pastorale est l’amour de la vérité: cette dernière en effet n’est jamais abstraite, mais elle s’intègre dans l’itinéraire humain et chrétien de tout fidèle. Enfin, là où la nullité du lien matrimonial n’est pas reconnue et où des conditions objectives rendent de fait la vie commune irréversible, l’Eglise encourage ces fidèles à s’engager à vivre leur relation selon les exigences de la loi de Dieu, comme amis, comme frère et sœur; ils pourront ainsi s’approcher de la table eucharistique, avec les attentions prévues par la pratique éprouvée de l’Eglise. Un tel chemin, pour qu’il soit possible et qu’il porte du fruit, doit être soutenu par l’aide des pasteurs et par des initiatives ecclésiales appropriées, en évitant, dans tous les cas, de bénir ces relations, pour que ne surgissent pas chez les fidèles des confusions autour de la valeur du mariage.

« Vu la complexité du contexte culturel dans lequel vit l’Eglise dans beaucoup de pays, le synode a aussi recommandé d’avoir le plus grand soin pastoral pour la formation des fiancés et pour la vérification attentive de leurs convictions concernant les engagements prescrits pour la validité du sacrement de mariage. Un sérieux discernement à ce sujet pourra éviter que des élans émotifs ou des raisons superficielles conduisent les deux jeunes à assumer des responsabilités qu’ils ne sauront ensuite honorer. Le bien que l’Eglise et la société tout entière attendent du mariage et de la famille fondée sur lui est trop grand pour qu’on ne s’engage pas totalement dans ce domaine pastoral spécifique. Mariage et famille sont des institutions qui doivent être promues et garanties de toute équivoque possible quant à leur vérité, parce que tout dommage qui leur est causé constitue de fait une blessure pour la convivialité humaine comme telle ».

BEAUTÉ

Le paragraphe 35 est consacré à la beauté de la célébration et de lart liturgique: « Ce nest pas de lesthétisme pur, mais un moyen à travers lequel la vérité de lamour de Dieu dans le Christ nous parvient, nous fascine et nous transporte ». Et encore: « Ce nest pas un élément décoratif de laction liturgique; il sagit plutôt dun élément constitutif, parce quil est lattribut de Dieu lui-même et de sa révélation. Tout cela doit nous rendre conscients de lattention quil faut porter pour que laction liturgique resplendisse selon sa nature propre ».

ART SACRÉ

Au paragraphe 35, après avoir invité au respect des livres liturgiques en vigueur, le pape souligne contre les abus fréquents que « la simplicité des gestes et la sobriété des signes, effectués dans l’ordre et dans les moments prévus, communiquent et impliquent plus que le caractère artificiel d’ajouts inopportuns ».

Il ajoute au paragraphe suivant: « Une connaissance approfondie des formes que l’art sacré a produit tout au long des siècles peut être d’une grande aide pour les personnes qui, face aux architectes et aux artistes, ont la responsabilité de la commande d’œuvres artistiques liées à l’action liturgique. Il est donc indispensable que dans la formation des séminaristes et des prêtres soit incluse, comme discipline importante, l’histoire de l’art, avec une référence spéciale aux édifices du culte à la lumière des normes liturgiques. En définitive, il est nécessaire qu’en tout ce qui concerne l’Eucharistie, on ait le goût de la beauté« .

MUSIQUE SACRÉE

Au paragraphe 42, Benoît XVI met en garde contre la mauvaise musique qui a envahi trop de célébrations et défend le chant grégorien:

« L’Eglise, dans son histoire bimillénaire, a créé et continue de créer des musiques et des chants qui constituent un patrimoine de foi et d’amour qui ne doit pas être perdu. En réalité, dans la liturgie nous ne pouvons pas dire qu’un cantique équivaut à un autre. À ce sujet, il convient d’éviter l’improvisation générale ou l’introduction de genres musicaux qui ne sont pas respectueux du sens de la liturgie. En tant qu’élément liturgique, le chant doit s’intégrer dans la forme propre de la célébration. Par conséquent, tout dans le texte, dans la mélodie, dans l’exécution doit correspondre au sens du mystère célébré, aux différents moments du rite et aux temps liturgiques. Enfin, tout en tenant compte des diverses orientations et des diverses traditions très louables, je désire que, comme les pères synodaux l’ont demandé, le chant grégorien, en tant que chant propre de la liturgie romaine, soit valorisé de manière appropriée ».

LITURGIE DE LA PAROLE ET HOMÉLIE

Au paragraphe 45, le pape exhorte à ce « que dans les liturgies, on porte une grande attention à la proclamation de la Parole de Dieu par des lecteurs bien préparés » et que les fidèles soient formés pour « apprécier les trésors de la Sainte Écriture » en la lisant et en priant avec elle.

Dans le paragraphe suivant, il demande aux prêtres de préparer soigneusement les homélies, en évitant quelles soient « générales et abstraites ». Et pour sexprimer sur les fondements de la doctrine catholique il leur suggère le Catéchisme de lEglise Catholique comme référence.

OFFERTOIRE

Le geste de loffre des dons sur lautel, écrit le pape au paragraphe 47, « pour être vécu dans sa signification authentique, n’a pas besoin d’être amplifié par des complications inopportunes ». On pense à certaines formes théâtrales et folks du rite, en vogue au cours des voyages de Jean-Paul II.

ÉCHANGE DE LA PAIX

Au paragraphe 49, Benoît XVI rappelle que « durant le synode des évêques, il a paru toutefois opportun de modérer ce geste, qui peut prendre des expressions excessives, suscitant un peu de confusion dans l’assemblée juste avant la communion ». Dans une note en pied de page, le pape ajoute avoir « demandé aux dicastères compétents d’étudier la possibilité de placer le geste de paix à un autre moment, par exemple avant la présentation des dons à l’autel »: ce qui est déjà le cas, par exemple, dans la messe célébrée selon le rite ambroisien, dans larchidiocèse de Milan.

PAS DE COMMUNION POUR TOUS

Au paragraphe 50, Benoît XVI retient lattention sur la présence répétée à la messe de non-pratiquants, de visiteurs étrangers, de non-catholiques, de personnes appartenant à dautres religions, mais aussi de personnes « qui peut-être se trouvent dans une situation de vie qui ne permet pas l’accès aux sacrements ». Dans ces cas, il encourage à trouver « des moyens brefs et incisifs pour rappeler à tous le sens de la communion sacramentelle et les conditions de sa réception ». Au cas où il ne serait pas possible de garantir « une clarté nécessaire sur la signification de lEucharistie », le pape suggère de substituer à la messe « une célébration de la Parole de Dieu ».

ITE, MISSA EST

Au paragraphe 51, en sappuyant sur la formule finale de la messe en latin, Benoît XVI encourage à en extraire un appel aux chrétiens à être des missionnaires du monde, avec de nouveaux textes « dûment approuvés » pour loraison et la bénédiction finale, qui en expliciteraient le sens.

INTERCOMMUNION

Avec les chrétiens appartenant à des Eglises et des communautés non-catholiques, Benoît XVI réitère au paragraphe 56 linterdiction de célébrer ensemble lEucharistie. « Il reste vrai toutefois qu’en vue du salut éternel, il est possible d’admettre des chrétiens non catholiques individuellement à l’Eucharistie, au sacrement de la pénitence et à l’onction des malades. Cela suppose cependant de vérifier qu’il s’agit de situations déterminées et exceptionnelles selon des conditions précises. Elles sont clairement indiquées dans le Catéchisme de l’Eglise catholique ».

LANGUE LATINE

Au paragraphe 62, Benoît XVI écrit que lorsque des fidèles appartiennent à des nations différentes, il ne faut pas hésiter à célébrer la messe en latin avec des chants grégoriens. Il ajoute: « De façon plus générale, je demande que les futurs prêtres, dès le temps du séminaire, soient préparés à comprendre et à célébrer la Messe en latin, ainsi qu’à utiliser des textes latins et à utiliser le chant grégorien; on ne négligera pas la possibilité d’éduquer les fidèles eux-mêmes à la connaissance des prières les plus communes en latin, ainsi qu’au chant en grégorien de certaines parties de la liturgie ».

MESSE EN GROUPE

Au paragraphe 63, le pape met en garde contre les risques des célébrations en groupes restreints, comme il en est en particulier pour le Chemin Néocatécuménal: « Tout en reconnaissant la valeur formatrice sous-jacente à ces choix, il est nécessaire de préciser qu’ils doivent être harmonisés avec l’ensemble de la proposition pastorale du diocèse. En effet, ces expériences perdraient leur caractère pédagogique si elles donnaient l’impression d’être en opposition ou en parallèle avec la vie de l’Eglise ».

ADORATION EUCHARISTIQUE

Benoît XVI consacre quatre paragraphes de 66 à 69 à ladoration de lhostie consacrée. Il rappelle que dans les premiers jours suivant le concile, certains objectaient à ladoration que « le pain eucharistique ne nous serait pas donné pour être contemplé, mais pour être mangé« . Une critique infondée selon le pape. En effet, à plusieurs reprises, Benoît XVI a manifesté sa volonté de redonner un rôle central à ladoration eucharistique. Il demande aussi à ce que le tabernacle soit disposé dans un endroit de l’église bien visible et digne, « en évitant que le siège du célébrant ne soit placé devant ».

PRÉCEPTE DOMINICAL

Du paragraphe 72 au paragraphe 74, le pape réaffirme lobligation daller à la messe le dimanche. Déjà, au premier siècle, Ignace dAntioche définissait les chrétiens « iuxta dominicam viventes », ceux qui vivent selon le dimanche. Ne pas sanctifier ce jour « est le symptôme d’une perte du sens authentique de la liberté chrétienne, la liberté des fils de Dieu ».

ABSENCE DU PRÊTRE

Dans les contrées où la messe dominicale ne peut pas être célébrée faute dun nombre suffisant de prêtres, Benoît XVI exhorte malgré tout dans le paragraphe 75 les communautés chrétiennes à se réunir, pour lire les Ecritures et pour prier: « Cela devra cependant se réaliser dans le cadre d’une instruction appropriée sur la différence entre la messe et les assemblées dominicales en absence de prêtre ».

COHÉRENCE ENTRE EUCHARISTIE ET POLITIQUE

Au paragraphe 83, le pape écrit: « Il est important de relever ce que les pères synodaux ont appelé cohérence eucharistique, à laquelle notre existence est objectivement appelée. En effet, le culte agréable à Dieu n’est jamais un acte purement privé, sans conséquence sur nos relations sociales: il requiert un témoignage public de notre foi. Évidemment, cela vaut pour tous les baptisés, mais s’impose avec une exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu’ils occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d’éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. Ces valeurs ne sont pas négociables. Par conséquent, les hommes politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave responsabilité sociale, doivent se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par les valeurs fondées sur la nature humaine. Cela a, entre autres, un lien objectif avec l’Eucharistie (cf. 1 Co 11, 27-29). Les évêques sont tenus de rappeler constamment ces valeurs; cela fait partie de leur responsabilité à l’égard du troupeau qui leur est confié« .

AU PRIX DE LA VIE

Au paragraphe 87, Benoît XVI écrit que dans certains pays, aller à la messe exige beaucoup de courage: « Les régions du monde dans lesquelles célébrer ou se rendre à l’Eglise constitue un témoignage héroïque, qui expose la vie de celui qui le fait à l’exclusion et à la violence, ne manquent pas. A ce propos, je veux aussi réaffirmer la solidarité de toute l’Eglise avec ceux qui souffrent de l’absence de liberté de culte. Là où manque la liberté religieuse, nous le savons, manque en définitive la liberté la plus significative, puisque dans la foi l’homme exprime son intime décision quant au sens ultime de son existence ».

« SINE DOMINICO NON POSSUMUS »

En conclusion, au paragraphe 95, Benoît XVI revient sur limportance vitale daller à la messe. Il rappelle: « Au commencement du quatrième siècle, le culte chrétien était encore interdit par les autorités impériales. Certains chrétiens d’Afrique du Nord, qui se sentaient poussés à célébrer le Jour du Seigneur, défièrent l’interdiction. Ils furent martyrisés alors qu’ils déclaraient qu’il ne leur était pas possible de vivre sans l’Eucharistie, nourriture du Seigneur: Sine dominico non possumus ».

Il poursuit: « Nous non plus, nous ne pouvons pas vivre sans participer au Sacrement de notre salut et nous désirons être iuxta dominicam viventes, c’est-à-dire traduire dans notre vie ce que nous célébrons dans le Jour du Seigneur. Ce jour, en effet, est le jour de notre libération définitive. Faut-il s’étonner si nous désirons que chaque jour soit vécu selon la nouveauté introduite par le Christ dans le mystère de l’Eucharistie? ».

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