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Echos du monde – Visite du pape Benoît XVI en France…

24 mai, 2007

du site:

http://www.pelerin.info/theologia/article.jsp?rubId=16594&docId=2303852

Echos du monde

Visite du pape Benoît XVI en France…

Benoît XVI devrait se rendre en France à la fin du mois de mai 2008. Ce voyage, motivé par le 150e anniversaire des apparitions de la Vierge à Lourdes, pourrait aussi comporter une étape à Paris, ainsi qu’à Strasbourg.

Selon des sources concordantes rassemblées par I.MEDIA, partenaire de l’agence Apic à Rome, le président de la Conférence épiscopale française, le cardinal Jean-Pierre Ricard, a invité Benoît XVI à venir à Lourdes autour du 31 mai 2008, à l’occasion de la fête mariale de la Visitation. Le pape aurait répondu positivement. L’organisateur des voyages pontificaux, Alberto Gasbarri, s’apprête à se rendre au sanctuaire marial de Lourdes pour une première visite de préparation en vue de ce déplacement du pape. Quant à l’évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Jacques Perrier, il vient d’effectuer un bref séjour à Rome du 18 au 21 mai.

A Lourdes, sur les traces de Jean Paul II qui y a effectué le dernier voyage de son pontificat en août 2004, Benoît XVI pourrait participer à une veillée mariale, présider une messe et rencontrer l’ensemble de l’épiscopat français. Ce séjour à Lourdes comporterait une prière devant la grotte des 18 apparitions de la Vierge Marie à sainte Bernadette, entre février et juillet 1858. La visite du pape, à la fin du mois de mai, viendrait clore ce mois traditionnellement dédié à la Vierge.

Benoît XVI a aussi un lien privilégié avec Lourdes, puisque lorsqu’il récite son chapelet dans les jardins du Vatican, il fait presque chaque jour une pause devant la reproduction de la célèbre grotte de Massabielle.

Outre ce déplacement à Lourdes, une étape à Paris est à l’étude pour de ce premier voyage en France de Benoît XVI. Il pourrait ainsi y rencontrer le président de la République, Nicolas Sarkozy. A l’occasion de son bref passage dans la capitale française, avant de se rendre à Lourdes, le pape pourrait aussi faire étape à la cathédrale Notre-Dame. Par ailleurs, membre associé étranger de l’Académie des Sciences morales et politiques depuis 1992, il a aussi été invité à se rendre sous la célèbre coupole de l’Institut de France.

Discours devant le Conseil de l’Europe

Enfin, Benoît XVI a été invité à intervenir à la fois devant le Conseil de l’Europe et le Parlement européen, à Strasbourg. Le pape aurait également accepté cette invitation.

Lorsqu’il avait présenté ses lettres de créance au pape, le 19 décembre 2005, l’ambassadeur de France près le Saint-Siège, Bernard Kessedjian, avait invité Benoît XVI à venir en France. En 2005, dans ses voeux de début d’année adressés au pape, Jacques Chirac avait officialisé cette invitation, en formule de politesse, à la fin de sa lettre. Néanmoins, après la récente élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République française, c’est au nouveau locataire de l’Elysée d’inviter officiellement le pape.

Au cours de son pontificat, Jean Paul II s’était rendu à huit reprises en France, faisant de l’hexagone le pays le plus visité par ce pape avec son pays natal, la Pologne. Sa première visite officielle a eu lieu à Paris et à Lisieux les 30 mai et 1er juin 1980. Le pape est ensuite revenu en France, à Lourdes, les 14 et 15 août 1983.

Son troisième voyage l’a conduit à Lyon, Taizé, Paray-le-Monial, Ars et Annecy, en octobre 1986. Deux ans plus tard, il s’est rendu à Strasbourg en octobre 1988. Il s’était alors exprimé devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, ainsi que devant la Cour européenne des Droits de l’Homme et le Parlement européen. Il s’était aussi rendu ainsi à Metz, Nancy, Mulhouse et au Mont Sainte-Odile.

En outre, en se rendant à Madagascar ,les 1er et 2 mai 1989, il avait fait escale sur l’île de la Réunion. Du 19 au 22 septembre 1996, il avait visité Reims et l’ouest de l’hexagone, en se rendant à Tours, à Saint-Laurent-sur-Sèvre et au sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray en Bretagne. Il s’était rendu à Paris du 21 au 24 août 1997 pour les 12e Journées mondiales de la jeunesse. C’est en août 2004 qu’il avait effectué à Lourdes son dernier voyage à l’étranger.

2008 : 150e anniversaire des apparitions de Lourdes

En 2008, Lourdes fêtera le 150e anniversaire des apparitions de la Vierge à Bernadette Soubirous. Les organisateurs de ce jubilé organisé du 8 décembre 2007 au 8 décembre 2008 veulent « valoriser la mission de Lourdes » tout en se démarquant des précédents jubilés qui avaient vu, en 1908, un défilé des « miraculés » et, en 1958, la construction de la basilique souterraine Saint-Pie X. Douze « missions » de Lourdes ont été définies – comme les malades, les handicapés, les jeunes, la spiritualité mariale, l’œcuménisme ou les bénévoles – et chacune sera illustrée par un ou deux pèlerinages durant l’année jubilaire de 2008.

Rome, 21 mai 2007 (Apic)

Le pape présente le livre « L’ultima veggente di Fatima », écrit par le cardinal Bertone

23 mai, 2007

du site:

http://www.zenit.org/french/

2007-05-21 

Le pape présente le livre « L’ultima veggente di Fatima », écrit par le cardinal Bertone 

Recueil des entretiens entre le Cardinal et Sœur Lucie 

ROME, Lundi 21 mai 2007 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte de la présentation de Benoît XVI du livre « L’ultima veggente di Fatima – I miei colloqui con Suor Lucia » (La dernière voyante de Fatima – mes entretiens avec sœur Lucie) , écrit par le Cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’Etat (ed. Rai Eri – Rizzoli, 2007 – pages 196; 16,50 euro), en collaboration avec Giuseppe De Carli.

L’auteur a voulu dédier son livre « à Jean-Paul II, le pape de Fatima », et « à Benoît XVI, le pape de la Vierge Noire d’Altötting ».

A Monsieur le Cardinal
TARCISIO BERTONE
Secrétaire d’
Etat

Dans les pages de votre livre « L’ultima veggente di Fatima » (la dernière voyante de Fatima) vous avez voulu confier tous vos souvenirs, Vénéré frère, pour qu’ils ne demeurent pas simplement un précieux bagage d’émotions personnelles, mais, traitant d’événements qui ont marqué l’Eglise à la fin du XXème siècle, pour qu’ils soient confiés à la mémoire collective en tant que traces possédant une riche signification, dans son histoire séculaire.

En réalité, nous avons vécu ensemble le chapitre qui traite de la publication de la troisième partie du secret de Fatima, lors de ce temps mémorable que fut le Jubilé de l’An 2000 : moi, en qualité de préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, et vous, comme secrétaire de ce même dicastère. Le grand pape qui m’a précédé, Jean-Paul II, fécond en inspirations prophétiques et personnellement convaincu que « la main maternelle » de la Vierge avait dévié la balle qui aurait pu lui être fatale, vit que le temps était venu de lever le voile de mystère qui entourait la dernière partie du secret que la Vierge avait confié aux trois pastoureaux de Fatima. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui conservait le précieux document écrit par sœur Lucia, fut chargée de cette tâche.

Ce fut un temps de lumière, non seulement parce que le message put ainsi être connu de tous, mais aussi parce qu’ainsi était révélée la vérité dans le contexte de confusion des interprétations et des spéculations d’ordre apocalyptique qui circulaient dans l’Eglise, jetant le trouble parmi les fidèles au lieu de les inviter à la prière et à la pénitence. Mais on pouvait par ailleurs constater un regain de piété mariale, source authentique de la vie chrétienne, autour de l’imposant sanctuaire qui avait vu le jour à Fatima, et partout à travers le monde où la dévotion à la Vierge, sous l’influence des apparitions de Fatima, s’enracinait profondément dans la foi du peuple, invitant hommes et femmes à se consacrer au Cœur Immaculé de Marie.

Le pape vous a envoyé, en qualité d’évêque, vous entretenir avec la voyante, dernière survivante des trois pastoureaux. Ces entretiens n’ont pas seulement constitué une vérification importante de l’authenticité des faits, mais surtout ils ont été l’occasion de connaître la fraîcheur limpide de l’âme de sœur Lucie, l’intelligence de son cœur, typique de sa féminité, transformée en une solide foi chrétienne. A travers l’expérience de cette humble religieuse transparaît également le rôle de la Vierge Marie qui, d’une main maternelle, prend le chrétien par la main et l’accompagne dans les difficultés de la vie.

Je me suis personnellement chargé de rédiger le commentaire théologique des faits. [http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20000626_message-fatima_it.html, ndlr.], après avoir intensément prié et profondément médité les paroles authentiques de la troisième partie du secret de Fatima, contenues dans les écrits de sœur Lucie. Je porte en moi le souvenir très vif, comme une synthèse et un précieux sceau, de la promesse réconfortante que leur fit la Très Sainte Vierge: « Mon cœur Immaculé triomphera ». Ainsi que j’ai pu l’écrire: « Le fiat de Marie, la parole de son cœur, a changé l’histoire du monde, parce qu’elle a introduit de cette manière le Sauveur dans le monde – parce que, grâce à son ‘oui’, Dieu pouvait devenir homme dans notre monde et désormais demeurer ainsi pour toujours ». Mais encore: « Depuis que Dieu lui-même a un cœur d’homme et a de ce fait tourné la liberté de l’homme vers le bien, vers Dieu, la liberté pour le mal n’a plus le dernier mot ». Le message de Fatima en constitue une nouvelle confirmation.

Alors même que j’invoque la protection de la Très Sainte Vierge de Fatima sur tous ceux qui, à travers ce livre, voudront prendre connaissance de ce témoignage, je vous donne de tout mon cœur, à vous Monsieur le Cardinal et à vous Monsieur Giuseppe de Carli, qui avez partagé les efforts de la rédaction de ces souvenirs, ma bénédiction apostolique.

Du Vatican, 22 février 2007

Les « embryons chimères » sont une offense à la dignité humaine

22 mai, 2007

2007-05-21 

Les « embryons chimères » sont une offense à la dignité humaine 

Déclaration de Mgr Elio Sgreccia, président de l’Académie pontificale pour la vie 

ROME, Lundi 21 mai 2007 (ZENIT.org) – Jeudi 17 mai, le gouvernement britannique a approuvé une proposition de loi autorisant la création d’embryons hybrides, humains et animaux, en vue de la recherche.

Selon le président de l’Académie pontificale pour la vie, Mgr Elio Sgreccia, cette décision est une « offense » à la dignité humaine.

« La création d’un hybride homme-animal est une frontière que tout le monde – et pas seulement les associations religieuses – avait jusqu’ici bannie du domaine des biotechnologies. Et cela, justement parce que la dignité humaine est compromise, offensée, et qu’on peut ensuite créer des monstruosités des monstres à travers ces fécondations », a dit Mgr Sgreccia.

« Il est vrai que ces embryons sont ensuite supprimés, que les cellules sont prélevées, mais dans tous les cas, la création d’un être homme-animal, représente une grave violation, la plus grave, des lois de la nature », a-t-il expliqué au micro de « Radio Vatican ».

« La condamnation morale doit donc être totale, au nom de la raison et au nom même de la justice et de la science qui doivent rester au service de l’homme et respecter la nature humaine », a-t-il ajouté.

Mgr Sgreccia souhaite que
la Communauté scientifique internationale confirme sa ligne de défense en faveur de « la conservation » et du « respect des espèces ».

« Jusqu’à présent, l’individu humain n’a pas été respecté, dans la mesure où les embryons sont immolés et sacrifiés de plusieurs manières et dans ces mêmes fécondations artificielles – a-t-il relevé –. Mais la frontière entre une espèce et l’autre était respectée. Or aujourd’hui, même cette barrière-là est abattue et les conséquences n’ont pas été calculées ».

Pour Mgr Sgreccia il n’y avait, par ailleurs, aucun besoin de prendre cette décision. « Si l’on cherche des cellules souches capables de soigner des maladies comme la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson, il est absolument inutile de créer un hybride homme-animal, car il existe des cellules souches adultes, celles du cordon ombilical, celles de l’homme adulte, pour pouvoir faire face – en toute confiance – à ces frontières », a-t-il précisé.

Le président de l’Académie pontificale pour la vie regrette que « les scientifiques ne considèrent que l’avancée de leurs recherches » au détriment « d’éléments anthropologiques et philosophiques tels que le respect de la nature et le respect de l’ordre naturel ».

« La soif du savoir a ses limites – a poursuivi Mgr Sgreccia – , s’il n’est pas contrôlé par un sens de l’équilibre et par la raison humaine, toute cette soif d’expériences risque de bouleverser le sens moral du chercheur ». 

 

« L’hypothèse la meilleure »: l’humble proposition de l’Eglise de Ratzinger et Ruini

21 mai, 2007

comme il arrive  je poste l’article de de Sandro Magister il est, comme souvent, un peu le long de, mais comme toujours, il semble à moi, est intéressant et compétent 

 

http://chiesa.espresso.repubblica.it/dettaglio.jsp?id=142423&fr=y

 

 

« L’hypothèse la meilleure »: l’humble proposition de l’Eglise de Ratzinger et Ruini


Le cardinal vicaire du pape adresse de nouveau cette proposition au monde laïc guidé par les phares de la raison critique et de la liberté scientifique illimitée. En échange, il souhaite que cette raison renonce à prétendre à la domination exclusive et s’ouvre aux questions clés de toute théologie et toute culture: Dieu et l’homme

par Sandro Magister 

ROMA, le 21 mai 2007 – Le jour même où, à São Paulo, Benoît XVI adressait aux évêques brésiliens le discours clé de son voyage, en Italie, son cardinal vicaire Camillo Ruini traçait les lignes directrices d’une rencontre positive entre le christianisme et les traits dominants de la culture contemporaine.

C’était le 11 mai. Et les deux discours, celui du pape et celui de son vicaire, aussi éloignés fussent-ils géographiquement, étaient en réalité tout proches.

Dans une société mondialisée, en effet, des tendances telles que le relativisme et le nihilisme, la domination des sciences et, de l’autre côté, le réveil public des religions n’ont plus de frontières et de domaines réservés. Ils marquent la vie de tous, sur tous les continents.

Une Eglise à dimension universelle comme l’Eglise catholique ne peut donc pas ne pas relever le défi. Elle l’a fait depuis ses origines, comme l’explique le cardinal Ruini dans la première partie de son discours, qui retrace les grandes lignes d’une histoire de la rencontre entre la théologie chrétienne et les cultures, depuis l’empire romain jusqu’à l’âge moderne, pour ensuite concentrer particulièrement son attention sur la période qui va du Concile Vatican II jusqu’à aujourd’hui.

Le cardinal Ruini décrit les interprétations divergentes qu’a reçu le Concile au sein de la pensée catholique: des interprétations « qui ont divisé la théologie catholique et fortement influencé la vie de l’Eglise ».

Il consacre aussi un passage à la théologie de la libération qui s’est développée en Amérique latine dans les années Soixante-dix et Quatre-vingt, au choc qu’elle a subi en 1989 avec l’effondrement du système marxiste pour ensuite aboutir à la théologie des religions considérées comme des voies de salut « extra Ecclesiam » nombreuses et valables: un aboutissement ponctuellement confirmé par les critiques adressées à Benoît XVI à la suite de son voyage au Brésil par les représentants des théologies « indigénistes ».

Mais il ne se contente pas de décrire l’état des choses. Son discours s’achève par des propositions positives et se rattache au grand magistère de Joseph Ratzinger.

L’image que l’on retient des deux – du pape théologien et de son vicaire philosophe – n’est pas celle d’une Eglise retranchée derrière ses murailles et assiégée.

Ce n’est pas davantage l’image d’une Eglise qui se consacrerait uniquement à dire le paradoxe et la beauté de la vérité chrétienne, advienne que pourra.

Mais au contraire:

« Pour que cette richesse et cette beauté restent vivantes et qu’elles parlent à notre temps, il est nécessaire qu’elles dialoguent avec la raison critique et la recherche de liberté qui le caractérisent, de manière à ouvrir cette raison et cette liberté, pour ainsi dire ‘de l’intérieur’, et à faire entrer dans la foi chrétienne les valeurs qu’elles contiennent ».

Ainsi s’exprime le cardinal Ruini dans un passage clé de son discours du 11 mai, retranscrit dans son intégralité ci-dessous.

Il a prononcé ce discours en un lieu et devant un public non ecclésiaux mais laïques: à Turin, lors de
la Foire Internationale du Livre.

Théologie et culture, à la frontière l’une de l’autre

par Camillo Ruini

1. Les racines historiques

Le rapport entre théologie et culture a été fondamental dans le passé, tant pour la théologie, et plus largement pour le christianisme et son expansion missionnaire, que pour la culture, ou plutôt pour les différentes cultures et civilisations où le christianisme s’est introduit et qu’il a lui-même modelées en grande partie ou même engendrées.

Cela avait déjà eu lieu à la période néotestamentaire, lorsque la foi en Jésus Christ est née dans le monde culturel judaïque et s’est introduite tout de suite après dans le monde gréco-romain et qu’elle a commencé à transformer ces deux cultures, qui n’étaient d’ailleurs pas séparées strictement mais déjà très entremêlées.

Par la suite, ce processus a caractérisé toute l’époque patristique, au travers d’une confrontation soutenue entre la théologie des Pères (et pas seulement les Apologètes) et la philosophie et les modes de vie alors dominants. Cela s’est produit parallèlement à l’affirmation de la mission chrétienne et en a même constitué une dimension essentielle. Au terme de cet itinéraire, la foi chrétienne était devenue le facteur le plus influent et déterminant de cette culture, qui conservait néanmoins ses aspects spécifiques et, naturellement, son dynamisme d’évolution historique.

Pendant longtemps, ce rôle central du christianisme dans la culture a perduré et s’est, sous différents aspects, étendu et institutionnalisé, au travers de phases successives et complexes liées aux grands mouvements de population qui ont eu lieu entre l’Antiquité et le Moyen âge puis des phases d’expansion missionnaire du christianisme entre les peuples germaniques et slaves. On peut trouver une formulation classique et exemplaire de cette centralité dans la première question de la « Summa Theologiae » de saint Thomas d’Aquin, consacrée à la « Sacra doctrina ». Il y est affirmé que non seulement cette doctrine est science, dans un sens supérieur, et savoir, mais que, étant une en elle-même, elle s’étend à tout ce qui appartient aux diverses sciences philosophiques, spéculatives et pratiques. En même temps, cette doctrine a par rapport à elles une dignité qui les transcende et un primat fondamental. Et pourtant, selon le principe qui affirme que la grâce ne supprime pas la nature mais la perfectionne, elle doit se servir d’elles.

Nous savons bien que cette suprématie mais aussi le rapport entre christianisme et culture, entre théologie et culture, a connu progressivement une crise depuis le tout début de l’époque moderne. Cette crise a débuté à partir de ce que l’on a appelé « le tournant anthropologique », qui a placé l’homme au centre, parallèlement à l’apparition de la science dite « galiléenne » et aux guerres de religion en Europe. Il était alors en quelque sorte nécessaire de concevoir et gérer la sphère publique « etsi Deus non daretur », comme si Dieu n’existait pas.

Il n’a pas lieu de s’arrêter ici sur ces questions bien connues. Je voudrais plutôt rappeler que la distinction et, une fois affirmée cette distinction, le rapport entre raison et foi, entre philosophie et théologie, a fait l’objet d’un approfondissement systématique dans la théologie médiévale, et sous une forme éminente chez saint Thomas. Comme l’a très bien montré É. Gilson dans une étude, publiée en 1927, sur les raisons pour lesquelles saint Thomas a critiqué saint Augustin (« Pourquoi saint Thomas a critiqué saint Augustin », dans AHDLM, 1, pp. 5-127), la base théorique de cet approfondissement se trouve dans la gnoséologie et l’ontologie de matrice aristotélicienne, qui a justement permis une distinction plus claire et systématique entre les capacités cognitives intrinsèques à l’homme et la lumière qu’il reçoit par la présence divine en lui.

Une thèse historico-religieuse largement diffusée, développée principalement par un auteur d’envergure comme H. de Lubac, sur les traces de M. Blondel, estime que l’insistance unilatérale à propos de cette distinction, qui s’est affirmée à travers la “deuxième scolastique“ c’est-à-dire justement au tout début de la période moderne, a contribué à écarter le christianisme et la théologie des développements de la culture, en leur donnant involontairement une légitimation théologique.

Personnellement, je peux partager cette thèse, à condition de ne pas exagérer son poids historique concret. Je veux cependant souligner qu’elle ne doit pas conduire à porter un jugement négatif sur la validité intrinsèque et sur la nécessité et la fécondité historique de cette distinction systématique.

En dernière analyse, cette distinction naît de la reconnaissance du caractère divin et transcendant de la révélation chrétienne, avant tout en son centre que constitue Jésus-Christ mais aussi en ce qui concerne la vocation de l’humanité à participer gratuitement, dans l’Esprit Saint, au rapport filial qui lie le Christ au Père.

D’autre part, elle émerge de la reconnaissance de la consistance interne des créatures, justement parce qu’elles sont œuvre de Dieu (cf. « Gaudium et spes », 36).

De plus, c’est seulement sur la base de cette distinction qu’il est possible d’établir un rapport avec la raison moderne et contemporaine et avec la revendication de liberté qui envahit notre culture, en respectant et en valorisant leur dynamisme qui a permis d’obtenir des résultats extraordinaires au cours des derniers siècles.

2. La période moderne

Dans la crise des rapports entre le christianisme et la culture occidentale il faut en tout cas distinguer au moins deux périodes historiques principales.

La première reconnaît encore la valeur et l’importance de la foi chrétienne et cherche, à sa façon, à en garder aussi la vérité. Cette attitude est encore, en quelque sorte, celle de Hegel, même s’il est clair que, pour lui, la vérité et la validité du christianisme sont subordonnées à la primauté de la philosophie, ce qui implique en réalité que le christianisme est vidé de l’intérieur, c’est-à-dire son « transcendement » philosophique.

Mais déjà avant Hegel, l’illuminisme, surtout en France, avait fait émerger une critique radicale de l’Eglise et de la foi chrétienne. Cette critique, qui aboutit à la négation de la divinité du Christ et de l’existence même de Dieu, puisqu’elle ramène l’homme à un simple être du monde, connaît cependant son développement le plus significatif du point de vue culturel en Allemagne, dans la parabole historique qui va de Hegel jusqu’à Nietzsche et qui a été décrite par K. Löwith avec une rare profondeur (« De Hegel à Nietzsche. La fracture révolutionnaire dans la pensée du XIXe siècle, ed.Einaudi).

C’est aussi au XIXe siècle que le christianisme occidental a pris pleinement conscience de la gravité de cette menace et a cherché à y faire face, selon deux grands axes dont on peut dire, pour simplifier, que l’un se rattache principalement au protestantisme et l’autre surtout au catholicisme.

Le premier est caractérisé par la tentative de reformuler le christianisme de manière à le rendre acceptable dans le nouveau contexte culturel et apte non seulement à y survivre mais aussi à se positionner comme sa dimension la plus élevée: c’est la ligne du protestantisme libéral, de Schleiermacher à Harnack, qui a certainement eu une importante influence y compris dans le milieu catholique, notamment lors de la crise du modernisme. En réalité cet axe a conduit à une disparition du centre vital du christianisme, c’est-à-dire de son contenu de foi, de ce que nous pouvons appeler le »christianisme croyant ».Du point de vue historique il a disparu, en réalité d’une façon provisoire, avec la première guerre mondiale et avec la forte affirmation de la foi lancée surtout par K. Barth.

En revanche l’autre axe, qui a trouvé son expression la plus significative et influente au Concile Vatican I, particulièrement dans la constitution dogmatique « Dei Filius » sur la foi catholique, a consisté à proposer de nouveau ces vérités fondamentales du christianisme qui paraissaient niées ou mises en doute par les formes de pensée alors prédominantes. L’approche de ces formes de pensée a cependant été très dialectique, marquée par la contestation et la critique bien plus que par un effort pour valoriser les aspects positifs qu’elles pouvaient contenir. Un engagement de ce genre n’a certes pas fait défaut au catholicisme du XIXe siècle − il suffit de penser à l’école théologique catholique de Tübingen ou à deux penseurs comme J.H. Newman et Antonio Rosmini − mais l’axe prédominant a été différent. Je voudrais cependant éviter les caricatures ou les simplifications sommaires: en réalité le travail théologique et philosophique qui a sous-tendu le Concile Vatican I et s’est poursuivi ensuite par le néo-thomisme a eu une grande vigueur culturelle, qui s’est exprimée d’une part par la mise en évidence des limites et des contradictions présentes dans la pensée moderne, de l’autre par la reprise et l’adaptation du grand héritage de la théologie médiévale, en dialogue avec les problèmes de notre temps.

3. Concile et après-Concile

Dans l’entre-deux-guerres, le christianisme occidental, aussi bien catholique que protestant, a connu une période globalement plus favorable, en termes de vitalité religieuse interne et d’accueil dans le contexte général de la culture. C’est justement à cette période qu’est intervenu ce tournant à l’intérieur de la théologie et de la philosophie néothomiste et, en même temps une œuvre de réappropriation et de valorisation des grandes richesses bibliques, patristiques et liturgiques, qui ont constitué la plateforme du décisif et par plusieurs côtés inattendu développement représenté par le Concile Vatican II.

Avec ce concile, l’approche de la culture de notre temps a profondément changé, passant d’une attitude essentiellement critique à la recherche d’un terrain d’entente, à un dialogue caractérisé par la bienveillance et l’estime, ce qui n’a cependant pas signifié une acceptation unilatérale et sans esprit critique, en ce qui concerne la position centrale de l’homme, fondement du tournant anthropologique de l’époque moderne, l’autonomie des réalités de la terre, la liberté religieuse et le jugement favorable sur la démocratie et l’Etat de droit. La force de Vatican II a été d’avoir réalisé cette ouverture justement à partir du centre vital du christianisme, réexaminé dans son extraordinaire fécondité humaine mais aussi culturelle.

Tout de suite après le fin de Vatican II et non sans rapport avec cet événement historique et culturel qui fait référence à 1968, le problème de l’interprétation du Concile s’est posé d’une façon aiguë, avec l’apparition de lignes divergentes qui ont divisé la théologie catholique et influencé fortement la vie même de l’Eglise.

Ainsi, alors qu’il y avait ceux qui, en substance mais aussi de façon ouverte et frontale, refusaient le Concile en tant que rupture avec la tradition catholique, d’autres, beaucoup plus nombreux et influents, estimaient que la nouveauté apportée par Vatican II devait conduire à une ouverture radicale vers la culture de notre époque, ainsi qu’au dépassement à tout prix des différences entre les religions chrétiennes, jusqu’à ce qui à mon avis aurait représenté une rupture de la « forme catholique »du christianisme. On pense bien sûr, à ce propos, au livre « Infaillible? Une question » de H. Küng, paru en 1970, mais ce qu’écrivait le théologien O.H. Pesch dans le neuvième tome du « Mysterium Salutis », publié en allemand en 1973 et en italien en 1975, est également significatif: « Par rapport au concept courant d’orthodoxie on doit dire aujourd’hui que personne ne peut ignorer la quantité d’hérésie, non seulement matérielle mais aussi ‘formelle’, qui existe actuellement dans l’Eglise » (pp.388-389 dans l’édition italienne).Il s’agit pour lui d’une situation positive, qui permet en particulier d’affirmer enfin, y compris à l’intérieur de l’Eglise catholique, la primauté de la foi personnelle qui sauve par rapport à toute norme ou condition ecclésiale.

En effet, tout de suite après le Concile, une interprétation assez désinvolte, réductrice et évasive des vérités essentielles de la foi, a vu le jour et s’est répandue rapidement. Une fracture s’est ainsi créée inévitablement entre les théologiens qui avaient le plus contribué à faire mûrir les prémices du Concile et à son déroulement.

Au cours des dernières décennies cette situation est en train de se recomposer, malgré les difficultés: pour arriver à colmater cette fracture pleinement et positivement, ce qui ne signifie en aucun cas la suppression de la juste et indispensable liberté de recherche ni celle d’un sain pluralisme théologique, la ligne d’herméneutique de Vatican II proposée par Benoît XVI dans son discours à la curie romaine du 22 décembre 2005,qu’il a lui-même qualifiée d’ »herméneutique de la réforme »,est très importante.

Comme le dit très clairement le pape dans ce discours, le grand projet du Concile d’un « oui » fondamental à l’époque moderne, tout en n’étant pas dénué d’esprit critique, ne doit pas être abandonné. Il faut au contraire le développer et le concrétiser dans ses divers aspects, que ce soit celui des rapports avec les sciences expérimentales ou historiques ou celui des relations entre l’Eglise et les institutions politiques. Benoît XVI relève qu’il y a des développements positifs sur ces aspects, comme la conscience accrue que les sciences expérimentales ont des limites intrinsèques de leurs méthodes ou comme la diffusion de l’idée qu’exclure de la vie sociale et publique la contribution apportée par la religion est dommageable pour la société et finit par être anachronique.

4. Pour un discernement du temps que nous sommes en train de vivre

Pour avancer dans ce chemin, il faut tenter un discernement, toujours difficile et risqué, du temps que nous sommes en train de vivre. Celui qui était alors le professeur W. Kasper, dans son livre « Introduction à la foi », paru en 1972 (pp.27-31), parlait de notre temps comme d’un « deuxième illuminisme », c’est-à-dire une « révélation de l’illuminisme à lui-même », d’une « métacritique » de la critique illuministe, qui s’exerce à l’égard des deux grandes révélations de l’illuminisme, la raison et la liberté, dans la mesure où la critique elle-même a montré comment elle sont, toutes les deux, largement conditionnées et chargées de nombreux présupposés, donc à la fin très problématiques.

Ainsi nous nous sommes redevenus conscients de la finitude fondamentale de l’homme, de l’historicité et de la réalité irréductibles de l’univers dans lequel nous vivons et du provisoire de nos schémas de pensée et de nos projets de vie, personnelle et publique. Dans une telle situation, selon Kasper, deux chemins possibles s’ouvrent aux Occidentaux.

Le premier, c’est de rester à l’intérieur de ses propres limites, en se satisfaisant d’elles en quelque sorte et en les considérant comme infranchissables; on refuse ainsi, comme dépourvues de sens, les questions religieuses et métaphysiques.

Le second c’est de reconnaître ses propres limites, où même sa profonde misère, tout en restant aussi ouvert aux interrogations et aux aspirations que l’homme continue à porter en lui et, en dernière analyse au besoin de salut, à la nécessité de chercher une existence heureuse et accomplie ainsi qu’une réponse aux questions sur le sens de sa propre vie et sur l’origine de la réalité.

A mon avis, ce diagnostic de W. Kasper, en avance sur son temps – il suffit de se rappeler à quel point était alors répandue la conviction de la primauté culturelle du marxisme – reste encore en grande partie valable 35 ans plus tard.

Entre-temps des nouveautés importantes sont intervenues, non seulement dans les attitudes de l’esprit mais dans les faits de l’histoire.

Je me réfère à l’émergence de la nouvelle « question anthropologique » et des questions d’ »éthique publique » qui lui sont liées, suite aux développements des sciences et des biotechnologies qui ont rendu possible des interventions directes sur la réalité physique et biologique de l’être humain, suite aussi aux grands changements des scénarios mondiaux, qui ont comme date emblématique le 11 septembre 2001 mais qui concernent aussi, plus largement, la rapide apparition de grandes nations et civilisations, de moins en moins disposées à accepter la prédominance de l’Occident.

Quand aux attitudes de l’esprit, au cours des décennies qui ont suivi ce diagnostic de W. Kasper, la prétention du relativisme de se positionner comme critère insurpassable, et paradoxalement « absolu », de la vérité et du bien moral est devenue toujours plus évidente. Il en est de même pour sa parenté avec le phénomène, peut-être encore plus ample et profond, du nihilisme, qui semble presque confirmer historiquement la thèse de Nietzsche et Heidegger selon laquelle il constituerait le destin de notre temps, en étroite association avec la « mort de Dieu ». Un exemple tout récent de l’influence envahissante du nihilisme dans un domaine comme celui du droit est représenté par le livre de N. Irti « Il salvagente della forma [La bouée de la forme] » (ed.Laterza) et par le dialogue entre Irti et Claudio Magris publié dans le « Corriere della Sera » du 6 avril dernier.

Cependant les formes à travers lesquelles la « mort de Dieu » se fraie un chemin dans la culture occidentale de nos jours sont variées.

L’une d’elles est l’affirmation de l’athéisme qui est motivée surtout sur la base d’une absolutisation de l’interprétation évolutionniste de l’univers, comme si celle-ci était, plus qu’une théorie scientifique, « une théorie universelle de tout le réel au delà de laquelle les questions supplémentaires sur l’origine et la nature des choses ne sont plus autorisées ni nécessaires »(J. Ratzinger, « Foi, vérité, tolérance. Le christianisme et les religions du monde », ed.Cantagalli, pp. 189-190).

L’affirmation de l’athéisme est cependant considérée par beaucoup comme trop contraignante par rapport aux limites de nos connaissances. C’est pourquoi les positions agnostiques, qui se rattachent à cette idée, ou à cette attitude de l’esprit, selon laquelle « latet omne verum », chaque vérité est cachée, sont beaucoup plus répandues (voir ci-dessus, pp.184-186).

On pourrait dire que le nihilisme acquiert ainsi un visage relativiste, en apparence plus bienveillant et tolérant, et peut-être, en fin de compte, plus cohérent avec sa nature profonde. Mais, en tout cas, nous nous éloignons radicalement du contenu essentiel et de l’horizon même du christianisme, parce qu’un Dieu dont on ne peut rien savoir n’est certainement pas le Dieu qui nous parle et entre dans notre histoire.

Au cours des dernières décennies il y a eu aussi des développements dans des directions très différentes, avec une forte reprise du sens religieux et le déclin de l’idée qui consiste à croire que la sécularisation est un processus irréversible conduisant à la perte d’importance, pour ne pas dire à la disparition, de la religion, au moins en Occident et à un niveau public. La raison intrinsèque de ce déclin se trouve essentiellement dans l’incapacité de répondre, de la part d’une culture séculière, aux interrogations fondamentales et concrètement impossibles à éluder sur le sens et la direction de notre existence.

Surtout à partir du 11 septembre 2001 une autre motivation s’est rajoutée. Elle est liée à la perception très répandue de la menace qui semble venir de la dérive fondamentaliste de l’islamisme: cette perception a amené le réveil du sens religieux à prendre plus nettement un profil identitaire chrétien et, dans un pays comme l’Italie, catholique. Il s’agit d’un phénomène très présent et fortement ressenti par les populations, mais qui est également en train de prendre de l’ampleur sur le plan de la culture publique.

Entre le réveil religieux et les tendances relativistes et nihilistes, il y a objectivement une profonde opposition : c’est la raison essentielle pour laquelle, en Italie comme dans beaucoup d’autres pays, la religion, et en particulier le christianisme – et à d’autres points de vue l’Islam – est désormais, dans la culture et dans la société, un des principaux terrains de confrontation et même de polémique, rendu encore plus concret et motivant par l’émergence de la nouvelle question anthropologique, avec ses implications sur l’éthique publique.

5. Tentatives de réponse théologique

Dans une situation de ce genre la place, ou mieux la nécessité de l’apport de la théologie, est très grande. Pour définir la physionomie que cet apport pourrait avoir, il nous parait utile de rappeler avant tout les limites de certaines tentatives déjà effectuées et, au moins dans certains cas, encore en cours.

L’une de ces tentatives, désormais dépassée à cause des limites apparues dans les processus de sécularisation, est ce que l’on a appelé « théologie de la sécularisation », de matrice essentiellement protestante mais présente aussi dans un contexte catholique. Elle ratifiait, comme le résultat de la dynamique interne du christianisme, la séparation croissante entre foi et culture et confiait la médiation entre elles seulement à la revendication de l’origine chrétienne de ce processus. Ainsi reste ouvert le chemin vers la marginalisation progressive du christianisme, au fur et à mesure que les processus de sécularisation se développent et s’éloignent de leur origine, comme il advient normalement dans l’histoire.

Une autre approche théologique, aujourd’hui assez répandue, même si elle a été frappée à la racine par les événements de 1989, qui ont mis en évidence le caractère intenable, d’un point de vue non seulement politique et économique mais aussi anthropologique et éthique, des modèles de vie associative qui se réfèrent au marxisme, est celle des théologies de la libération et des théologies politiques. Elles ont comme fondement l’intention, largement compréhensible, de récupérer, en vue de l’avenir, le rôle historique du christianisme. Leur limite essentielle consiste cependant à confier ce rôle principalement à la pratique politique, mettant ainsi à la charge de la politique le problème même du salut de l’homme et du sens de l’existence, ce qui entraîne fatalement une absolutisation fausse et destructive de la politique elle-même.

La profonde désillusion produite dans le milieu des théologies de la libération par les événements du 1989 a poussé plusieurs de leurs représentants vers des positions marquées par le relativisme. Ils ont ainsi convergé, avec un bon nombre d’autres théologiens, dans cette orientation, qui prend des appellations différentes, parmi lesquelles celle de la théologie des religions, selon laquelle le christianisme, mais aussi les nombreuses autres religions du monde, ainsi que les peuples et les cultures qui s’y rattachent – et qui auraient été souvent l’objet de la part des chrétiens d’un impérialisme et d’un colonialisme non seulement politique mais religieux – constituent en réalité, à coté du christianisme historique, une voie de salut autonome et légitime.

On abandonne ainsi cette vérité de la foi, fondamentale et vraiment primordiale, très évidente dans le Nouveau Testament et source primordiale du dynamisme missionnaire de l’Eglise des premiers siècles, selon laquelle Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui est devenu concrètement homme et qui a vécu dans l’histoire, est le seul Sauveur du genre humain, et même de tout l’univers.

La déclaration « Dominus Jesus » de la congrégation pour la doctrine de la foi, réaffirmant avec force cette vérité, n’a fait que formuler la mission essentielle de l’Eglise. L’ouvrage, que j’ai déjà cité, de celui qui était alors le cardinal Ratzinger montre comment agit, dans certaines formes de théologie des religions, de principe du « latet omne verum » qui associe à certains points de vue le relativisme actuellement répandu en Occident et l’approche du divin qu’on trouve dans les grandes religions orientales et dans la pensée de la fin de l’antiquité qui s’opposait, précisément en ces termes, au christianisme. Chez différents théologiens ce tournant relativiste est accompagnée par la revendication, non abandonnée, d’une primauté de la pratique: c’est-à-dire que la pratique pourrait arriver là où la connaissance ne le peut pas, elle seule serait décisive pour le salut et le dialogue et même l’unité entre les religions devrait être obtenue grâce à elle.

6. Des contributions qu’il faut valoriser davantage

Naturellement, il existe dans chacune des ces trois approches théologiques des questions que l’on ne peut négliger: la volonté de dépasser une vision “catastrophiste“ de la modernité, ou le rapport que la foi chrétienne ne peut pas ne pas avoir avec l’humanisation du monde, ou encore la nécessité d’une perspective véritablement universelle qui donne concrètement une place, au sein du christianisme, à la pluralité des cultures et des civilisations.

De ce point de vue, celui qui était alors le cardinal Ratzinger a avancé (op. cit., pp. 57-82) une proposition très innovante par rapport aux hypothèses théologiques les plus répandues aujourd’hui et selon moi vraiment convaincante: abandonner l’idée de l’inculturation d’une foi culturellement dépouillée en soi, qui se transposerait dans différentes cultures indifférentes du point de vue religieux ; et se référer à la rencontre des cultures (ou “interculturalité“) ,qui s’appuie sur deux leviers.

Le premier est que la rencontre des cultures est possible et se produit continuellement parce que, malgré toutes leurs différences, les hommes qui produisent ces cultures ont en commun la même nature et que leur raison est pareillement ouverte à la vérité.

Le second est que la foi chrétienne, née de la révélation de la vérité elle-même, produit ce que nous pouvons appeler la “culture de la foi“ dont la caractéristique est de ne pas appartenir à un peuple unique et déterminé mais de pouvoir exister dans tout peuple ou sujet culturel, en entrant en relation avec sa culture spécifique par une rencontre et une interpénétration. Voilà, concrètement, l’unité ainsi que la multiplicité et l’universalité culturelle du christianisme.

Une contribution encore très significative à l’accomplissement des devoirs qui incombent aujourd’hui à la théologie peut venir, à mon avis, de ce grand mouvement de rénovation qui a parcouru la théologie elle-même au cours des années qui ont précédé Vatican II et aussi de l’héritage de la théologie néo-thomiste, malgré ses limites. Celles-ci sont d’une part la sous-évaluation de la distance historique qui sépare saint Thomas et la grande scolastique de notre époque et, concrètement, des grands développements, théoriques et pratiques, qui ont été réalisés au cours des siècles et d’autre part la tentative de démontrer la vérité des bases du christianisme (les “praeambula fidei“) au moyen d’une raison rigoureusement indépendante de la foi elle-même.

Cette tentative a globalement échoué, comme le faisait remarquer le cardinal Ratzinger dans son ouvrage déjà cité (pp.141-142) et d’éventuelles tentatives analogues paraissent destinées à échouer, parce que les grandes questions de l’homme et de Dieu (ainsi que la question de Jésus-Christ), concernant et impliquant inévitablement le sens et la direction de notre vie, nous mettent nous-mêmes en jeu et donc, tout en faisant appel à toute la rigueur et à toute la capacité critique de notre intelligence, ne peuvent être résolues indépendamment des choix selon lesquels nous orientons notre existence.

Mais, réciproquement, la tentative opposée de K. Barth, tendant à présenter la foi comme un pur paradoxe a échoué, à peu près pour la même raison.

A ce propos, on peut observer, en ce qui concerne non seulement Barth mais tout le filon, pourtant très important, de la “théologie kérygmatique“, que, s’il est fondamental et inévitable, mais pas suffisant, de présenter l’énorme richesse et la beauté du mystère chrétien, telles qu’elles proviennent des sources bibliques, patristiques et liturgiques et qu’elles se sont peu à peu enrichies au cours de l’histoire.

Pour que cette richesse et cette beauté restent vivantes et qu’elles parlent à notre temps, il est en effet nécessaire qu’elles dialoguent avec la raison critique et la recherche de liberté qui le caractérisent, de manière à ouvrir cette raison et cette liberté, pour ainsi dire “de l’intérieur“, et à faire entrer dans la foi chrétienne les valeurs qu’elles contiennent.

7. Une théologie christocentrique et donc vraiment théologique et anthropologique

Au centre et au cœur d’une approche théologique mieux adaptée aux interrogations du temps qui est devant nous, il reste selon moi cette forme de théologie radicalement christologique et christocentrique – et, justement pour cette raison, aussi radicalement théologique et anthropologique – qui est implicitement proposée dans le n° 22 de “Gaudium et Spes“: Le mystère de l’homme ne trouve sa vraie lumière que dans le mystère du Verbe incarné … C’est justement par la révélation du Père et de son amour pour nous que [le Christ] révèle aussi, pleinement, l’homme à l’homme et lui fait connaître sa très haute vocation“.

Voilà pourquoi l’attention du théologien doit se concentrer surtout sur Jésus-Christ et réunir sa réalité historique et la profondeur de son mystère. Dans son livre “Jésus de Nazareth“ Benoît XVI nous a indiqué un chemin et une méthode de travail qui peuvent s’avérer très féconds pour le développement de la théologie, spécialement sur cette frontière inéluctable qui est représentée par la jonction entre les exigences de la critique historique et celles d’une herméneutique authentiquement théologique.

A la lumière de la réalité et du mystère de Jésus-Christ, on peut examiner les deux pôles essentiels du discours théologique, Dieu et l’homme, qui sont d’ailleurs, de manière explicite ou implicite, les vrais nœuds de la culture de notre temps.

En ce qui concerne ces deux nœuds le contexte culturel actuel – dans lequel les sciences expérimentales, avec leur forme de rationalité et avec la mentalité qu’elles génèrent, jouent un rôle moteur et par bien des côtés hégémonique – engage la théologie dans une confrontation avec ces sciences qui est beaucoup plus approfondi que ce qui a été fait jusqu’à présent: confrontation qui ne peut d’ailleurs se passer d’une dimension philosophique authentique et non réductrice.

C’est dire l’importance particulière, en ce qui concerne Dieu, de cette réflexion qui se concentre sur la structure et les présupposés de la connaissance scientifique pour montrer que c’est en partant d’eux que l’on se pose à nouveau la question de l’intelligence créatrice.

De la même manière, en ce qui concerne l’homme, la confrontation avec la théorie de l’évolution comme avec les neurosciences est décisive pour montrer que l’homme, surtout en raison de ses capacités exclusives de produire de la culture, émerge de la nature, non pas au sens où il en provient mais où il la transcende véritablement. Seule cette base anthropologique rend possibles et cohérentes la promotion et la défense de la dignité humaine auxquelles la théologie est appelée, particulièrement aujourd’hui sur le plan de l’éthique publique.

C’est là le sens du programme “d’élargissement des espaces de rationalité“ que Benoît XVI propose avec insistance et qui concerne à la fois la raison scientifique et la raison historique.

Ce programme implique la double conviction que la révélation de Dieu en Jésus-Christ offre à la raison un appui précieux pour poursuivre son chemin, de plus en plus détaillé, complexe et spécialisé, sans perdre de vue son horizon global et les questions de fond et d’autre part que c’est justement à travers la confrontation avec la raison contemporaine que la foi et la théologie sont incitées à approfondir davantage cette nouveauté concernant le mystère de Dieu et de l’homme qui nous est parvenue en Jésus-Christ.

En participant à un tel programme, la théologie ne doit pas avoir la prétention rationaliste de démonstrations coercitives, comme je l’indiquais déjà à propos des “praeambula fidei“ mais plutôt être consciente des limites de son propre discours: à propos du Logos créateur J. Ratzinger affirme que celui-ci reste, du point de vue rationnel, “la meilleure hypothèse“, une hypothèse qui demande, de la part de l’homme et de sa raison, de renoncer à son tour à une position de domination et de prendre le risque d’une position d’humble écoute (“L’Europe de Benoît dans la crise des cultures“, éd. Cantagalli, pp. 115-124).

8. Révélation, Eglise, théologie

Au fond, ce qui nous est ainsi proposé, c’est de faire courageusement sortir la théologie des propos autoréférentiels, provenant de ses propres fonds, et qui peuvent subsister sans que l’on s’en rende compte, même lorsque l’on s’adresse à des interlocuteurs “externes“, plutôt étrangers aux vrais problèmes du jour.

Cette ouverture coïncide en réalité avec la pleine cohérence de la théologie chrétienne et catholique avec elle-même et elle se nourrit de cette cohérence. Nous en avons eu un grand exemple dans la dynamique spirituelle, culturelle et historique du pontificat de Jean-Paul II et nous en avons maintenant un exemple aussi significatif et plus directement théologique dans le pontificat de Benoît XVI.

Je conclus en cherchant à expliquer le sens et la base théologique de cette cohérence et aussi, de cette manière, à indiquer comment surmonter de l’intérieur cette fracture qui s’est manifestée dans la théologie catholique immédiatement après le Concile Vatican II.

Je le fais en me référant à l’analyse de la nature de la révélation divine que J. Ratzinger avait élaborée dans l’étude sur saint Bonaventure grâce à laquelle il espérait obtenir l’habilitation à l’enseignement académique et qui est proposée à nouveau, sous une forme synthétique dans son livre “Ma vie“ (éd. San Paolo, pp. 72 et 88-93). La révélation est donc surtout l’acte par lequel Dieu se manifeste, non le résultat objectivé (écrit) de cet acte. Par conséquent le sujet qui reçoit la révélation et la comprend fait partie du concept même de révélation – concrètement il s’agit du peuple de Dieu de l’Ancien et du Nouveau Testament – étant donné que si personne n’avait perçu la révélation, rien n’aurait été dévoilé, aucune révélation n’aurait eu lieu.

C’est pourquoi la révélation précède l’Ecriture et se reflète en elle, mais elle ne lui est pas simplement identique et l’Ecriture elle-même est liée au sujet accueille et comprend à la fois la révélation et l’Ecriture, c’est-à-dire. Concrètement l’Ecriture naît et vit à l’intérieur de ce sujet.

Cela donne la signification essentielle de la tradition et aussi la raison profonde du caractère ecclésial de la foi et de la théologie, ainsi que la base de la validité d’une approche de l’Ecriture qui soit à la fois historique et théologique.

C’est donc avec bonne conscience et avec un esprit critique que nous pouvons accueillir, en tant que théologiens, cette relation intime de l’Ecriture et de la tradition avec toute l’Eglise et avec son magistère dont nous parle le n° 10 de la constitution conciliaire “Dei Verbum“. 

Les évêques font pression sur le G8 pour qu’il respecte ses engagements en faveur des pauvres

19 mai, 2007

du site: 

http://www.zenit.org/french/

2007-05-18

Les évêques font pression sur le G8 pour qu’il respecte ses engagements en faveur des pauvres

ROME, Vendredi 18 mai 2007 (ZENIT.org) – Ce qui détermine l’ordre du monde aujourd’hui c’est la réalité des riches et des pauvres, et non les frontières géographiques, estime l’archevêque d’Abuja (Nigeria), Mgr John Olorunfemi Onaiyekan.

Mgr Onaiyekan fait partie de la délégation des onze cardinaux et évêques provenant d’Afrique, d’Amérique latine, des Etats-Unis d’Amérique et de quelques pays européens, qui effectue une série de rencontres avec les autorités politiques et ecclésiales du Royaume-Uni, d’Allemagne et d’Italie en vue de la prochaine réunion du G8 (les pays les plus industrialisés) qui aura lieu le mois prochain en Allemagne. La délégation de cardinaux et d’évêques a été reçue la semaine dernière par le pape Benoît XVI .

Avec Caritas-Italie et la Coopération internationale pour le développement et la solidarité, la délégation veut faire pression sur les chefs d’Etat et de gouvernement afin qu’ils respectent les promesses faites durant les divers sommets précédents, d’augmenter leurs aides aux nations pauvres et en voie de développement.

Les leaders mondiaux accordent une grande attention à la visite des évêques, a déclaré l’archevêque d’Abuja. « Beaucoup n’ont jamais vu un groupe comme le nôtre et sont intéressés et curieux. Le discours que nous tenons est différent de celui que tiennent les hommes politiques ».

« Au delà de ce que nous savons sur les riches et les pauvres, la dette et le crédit, il y a la connaissance basée sur notre foi chrétienne », a-t-il dit.

« Réaliser les objectifs du millénaire n’éliminera jamais la pauvreté mondiale, mais nous devons éliminer la pauvreté extrême. Tant que cette pauvreté extrême existe, il ne pourra y avoir de paix mondiale », estime-t-il.

En faisant référence au 40° anniversaire de l’encyclique de Paul VI « Populorum progressio » et au 16° anniversaire de l’encyclique de Jean-Paul II « Centesimus annus », Mgr Onaiyekan a rappelé que ces textes mettaient en évidence les problèmes particuliers qui dérivent de la mondialisation et leurs antidotes.

Pour l’évêque nigérian, le message de l’encyclique de Paul VI est un message radical, encore plus prégnant aujourd’hui : « Lorsqu’une nation possède plus de biens qu’il ne lui en faut, elle n’a pas le droit de les garder pour elle, mais elle a le devoir d’être généreuse avec les pauvres ».

« La mondialisation a uni le monde. Le plan de Dieu, lui, est le suivant : formons une seule et unique famille. Il n’est pas possible de créer une île de bien-être ».

« Nous devons trouver de nouvelles solutions à ce cycle infernal de la dette et de la pauvreté qui crée des disparités toujours plus grandes entre nations riches et nations pauvres », a poursuivi Mgr Onaiyekan.

« Les systèmes en vigueur doivent être corrigés » ; « les problèmes de gouvernance et de pauvreté en Afrique sont urgents ».

« Mon pays regorge de ressources. Et c’est le cas de tant d’autres nations africaines. Et pourtant beaucoup de gens souffrent d’une pauvreté extrême », a-t-il dénoncé.

Tout en étant d’accord sur le fait que l’aide destinée aux nations sous-développées n’arrive pas toujours jusqu’aux pauvres à cause de la corruption gouvernementale, Mgr Onaiyekan a toutefois dénoncé la complicité des nations riches et des multinationales : « Il est plus facile de corrompre un gouvernement corrompu que de changer le système ».

« Etre pauvre n’est pas une honte », a-t-il dit. « Mais la corruption de notre gouvernement pose un réel problème ».

« Toute l’Europe travaille à son intégration, et ceci pour le bien de tous ; mais nous avons besoin de devenir une seule et même famille, pas seulement au niveau économique mais aussi en matière de justice et de politique », a conclu l’archevêque d’Abuja.

Fête de l’Ascension en Vatican :

17 mai, 2007

du site du «  Radio Vaticana » (traduction) : 

http://www.radiovaticana.org/it1/Articolo.asp?c=134205  

Fête de l’Ascension en Vatican :  

 Jésus, en salant en Ciel, affirme le Pape, il nous a rouvert la voie du Paradis qui en continue à rester près de nous vers le Paradis  Aujourd’hui en Vatican on célèbre la solennité de l’Ascension des Seigneur au Ciel, que dans quelques Pays, entre lesquels l’Italie, sera fêtée dimanche prochaine. Avec cette fête il se rappelle de la conclusion de la permanence visible de Dieu entre les hommes qui a porté à la diffusion du christianisme dans le monde.  Le service de Tiziana Campisi : Une manifestation de le congédie nécessaire : ceci a été l’Ascension de Jésus, reviens au Père qui a complété les Rédemption. « Si je ne vais pas ne viendra pas à vous les Paraclet, si par contre je vais vous l’enverrai », a dit Jésus aux Apôtre, selon combien il réfère Jean : « Dans cette fête
la Communauté chrétienne est invitée à tourner le regard au à Celui, que quarante jours après ses résurrection, entre la stupeur des Apôtres ` fut élevée en haut sous leurs yeux et un nuage le soustraire à leurs regard’. En salant au Ciel, Il a rouvert  la voie vers notre patrie définitive, qui est le Paradis. Maintenant, avec la puissance de son Esprit, il nous soutient dans le quotidien pèlerinage sur la terre « . 

 Avec ces mots, le 8 mai, il y à de deux ans, Benoît XVI s’est rappelé du sens de l’Ascension. « Après quarante jours de lorsque il s’était montré aux Apôtres sous les traits d’une humanité ordinaire, qui voilaient sa gloire de René – il explique le Catéchisme de l’Église Catholique – Christ salles au ciel et s’assied à la droite du Père. Il est le Seigneur qui règne avec son humanité  maintenant dans la gloire éternelle de Fils de Dieu et il intercède dans notre service sans cesse près du Père. Il nous envoie son Esprit et il nous donne l’espoir de lui atteindre un jour, en nous ayant prêt une place »: « En salant vers les ‘haute’, Il révèle en mode sans équivoque sa divinité : il revient là dont il est venu, c’est-à-dire en Dieu, après avoir accompli sa mission sur la terre. En outre Christ monte au Ciel avec l’humanité qui a assumé et qu’il a ressuscitait des morts : cette humanité est la nôtre, transfiguré, divinisé, devenue éternelle : et il reste homme dans eternel. L’Ascension, par conséquent, révèle la ‘très haute vocation ‘de chaque personne humaine : elle est appelée à la vie éternelle dans le Règne de Dieu, Règne de amour, de lumière et de paix « . Il est combien a spécifié le Pape pendant
la Reine Caeli du 21 mai de l’an passé, pendant que quelque mois après, en célébrant à Monaco les Vesprée, les 10 septembre, a précisé que Jésus « dans l’Ascension n’est pas allé dans quelque lieu lointain de nous ». « Le sien le tende, même avec son corps – il a dit le Pape – reste entre nous comme un de nous. Nous pouvons lui donner de Toi et parler avec Lui. Il nous écoute, et si nous sommes attentifs, nous sentons même qu’il répond « . 

Défis de l’Eglise du Brésil : sectes, jeunes, progrès social et spirituel, et justice

17 mai, 2007

 du site:

http://www.zenit.org/french/

2007-05-16 Défis de l’Eglise du Brésil : sectes, jeunes, progrès social et spirituel, et justice 

Le climat de ferveur à Aparecida, par le P. Lombardi ROME, Mercredi 16 mai 2007 (ZENIT.org) – Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi évoque au micro de Radio Vatican le climat de ferveur qui régnait à Aparecida lors de la visite de Benoît XVI, et les priorités de l’engagement de l’Eglise du Brésil : sectes religieuses, jeunesse, progrès humain, social et spirituel, et justice.Le P. Lombardi évoquait « un climat extrêmement cordial et enthousiaste » dans cette « capitale religieuse catholique du Brésil », le sanctuaire étant « immense par ses dimensions, mais très grand aussi par l’afflux » des pèlerins et pour leur « dévotion » étant donné qu’il attire des personnes de tout le pays.

Le P. Lombardi souligne aussi « le grand enthousiasme » qui a marqué la prière du rosaire, samedi soir, avec les personnes consacrées, les séminaristes et les familles, et pressentait que dimanche serait « le sommet spirituel et émotif de cette visite », car le peuple brésilien avait eu l’occasion les jours précédents de « connaître le Saint-Père à travers les rencontres, les rendez-vous du voyage et les transmissions des radios et des télévisions » : « On sent que grandit d’heure en heure cette affection et cette intensité de prière et de fête ».

Pour ce qui concerne la visite de Benoît XVI à la « Fazenda da Esperança », le P. Lombardi relève que « le cœur du discours, de l’attitude du pape, a été l’annonce de l’amour chrétien, celui de Deus Caritas Est, « Dieu est Amour », le thème de l’encyclique de Benoît XVI. Un thème qui se traduit en gestes concrets et se manifeste dans l’expérience chrétienne, dans la créativité de l’Eglise qui affronte les grands problèmes de la société d’aujourd’hui et en particulier les besoins de la jeunesse lorsqu’elle se trouve en difficulté, à travers une motivation d’amour gratuit qui est immensément plus efficace que toute organisation sociale ou sanitaire privée de cette force intérieure de l’amour ».

« Le message de la « Fazenda da Esperança » s’est adressé non seulement aux jeunes, ajoute le P. Lombardi, mais comme le disait le pape lui-même, à toutes les organisations, à toutes les initiatives qui – avec un esprit analogue – tentent d’affronter et de résoudre avec confiance, en ouvrant à nouveau l’avenir, les graves problèmes de la société d’aujourd’hui. Certes, il y a eu un avertissement, mais ce qui a dominé, a été l’esprit d’amour et la confiance dans la possibilité qu’a l’amour de recréer un avenir ».

A propos du discours du pape aux évêques du Brésil, à Sao Paulo, le P. Lombardi a fait remarquer: « C’était un discours très long, qui doit donc être relu et re-médité, aussi par les évêques eux-mêmes : j’en ai parlé avec le nouveau président de la conférence épiscopale, dom Geraldo, qui désire en faire l’objet d’une réflexion et de discussion avec ses confrères. Un des thèmes mis en relief est celui d’une annonce renouvelée capable d’arriver jusqu’aux gens et de les attirer, également comme une alternative à la diminution des adhésions à l’Eglise en faveur des sectes : c’est une chose très sensible ici. Au Brésil, on voit des chaînes de télévision animées aussi par des télé-prédicateurs de différentes sectes évangéliques, et ceci troubble certainement la foi du peuple. Je crois donc que cela est un des points importants, ainsi que, naturellement l’engagement chrétien pour la solution des graves problèmes sociaux des inégalités, et de la pauvreté : un domaine dans lequel l’Eglise du Brésil a une grande et belle tradition d’engagement. Pour résumer, je dirais : sectes religieuses, jeunesse, progrès humain, social et spirituel, et justice sont les grandes pistes sur lesquelles l’Eglise du Brésil avancera ». 

Regina Caeli du Dimanche 13 mai

14 mai, 2007

du site:

http://www.zenit.org/french/

2007-05-13

Regina Caeli du Dimanche 13 mai

Texte intégral

ROME, Dimanche 6 mai 2007 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte de la méditation que le pape a prononcée à l’occasion de la prière du Regina Caeli, ce dimanche, sur la place située devant le sanctuaire d’Aparecida, à l’issue de la messe d’inauguration de la Ve Conférence générale de l’épiscopat latino-américain et des Caraïbes.

AVANT LE REGINA CAELI

[En portugais]
Je salue vous salue avec une grande affection vous tous qui êtes venus des quatre coins du Brésil, d’Amérique latine et des Caraïbes, ainsi que ceux qui m’écoutent à travers la radio et la télévision. Au cours de la célébration de la messe, j’ai invoqué l’Esprit Saint lui demandant de rendre féconde la Ve Conférence générale de l’épiscopat latino-américain et des Caraïbes que j’aurai tout à l’heure l’occasion d’inaugurer. Je vous demande à tous de prier pour les fruits de cette grande assemblée qui ouvre à l’espérance l’avenir de la famille latino-américaine. Vous êtes les acteurs du destin de vos nations. Que Dieu vous bénisse et vous accompagne.

[En espagnol]

Je salue avec affection les groupes et les communautés de langue espagnole ici présents, ainsi que tous ceux qui, en Espagne et en Amérique latine, s’unissent spirituellement à cette célébration. Que la Vierge Marie vous aide à maintenir vive la flamme de la foi, de l’amour, et de la concorde, afin que par le témoignage de votre vie, et de la fidélité à votre vocation de baptisés, vous soyez la lumière et l’espérance de l’humanité. Prions aussi pour que la célébration de cette Ve Conférence générale de l’épiscopat latino-américain et des Caraïbes donne beaucoup de fruits d’authentique renouveau spirituel et d’inlassable évangélisation. Que Dieu vous bénisse.

[En anglais]

Je salue chaleureusement tous les groupes de langue anglaises présents ici aujourd’hui. Les familles sont au centre de la mission d’évangélisation de l’Eglise puisque c’est au foyer que notre vie de foi se manifeste en premier et est nourrie. Cher parents, vous êtes pour vos enfants les premiers témoins des vérités et des valeurs de la foi : priez avec et pour vos enfants, enseignez-les par l’exemple de votre fidélité et de votre allégresse ! En vérité, chaque disciple, stimulé par la parole et fortifié par les sacrements, est appelé à la mission. Il s’agit d’une tâche à laquelle personne ne devrait renoncer, puisque rien n’est plus beau que de connaître le Christ, et de faire en sorte que les autres le connaissent ! Que Notre Dame de Guadalupe soit votre modèle et votre guide ! Dieu vous bénisse tous.

[En français]

Chères familles et groupes de langue française, je vous salue de tout cœur, vous qui vivez sur le Continent sud-américain, notamment en Haïti, en Guyane française et dans les Antilles. Puissiez-vous édifier, avec tous, une société toujours plus solidaire et plus fraternelle, avec le souci de faire découvrir aux jeunes la grandeur des valeurs familiales

[En portugais]

C’est aujourd’hui le 90e anniversaire des apparitions de Notre Dame de Fatima. Avec un fort appel à la conversion et à la pénitence, elle est, sans aucun doute, la plus prophétique des apparitions modernes. Demandons à la Mère de l’Eglise, à celle qui connaît les souffrances et les espérances de l’humanité, de protéger nos foyers et nos communautés. Nous lui confions de façon spéciale les peuples et les nations qui ont des besoins particuliers, et nous le faisons avec la certitude qu’elle ne laissera pas inexaucées les supplications que nous lui adressons avec une dévotion filiale.

Je pense en particulier à ces frères et soeurs qui souffrent de la faim, et pour cela, je désire rappeler la « Marche contre la faim » promue par le Programme alimentaire mondial, organisme des Nations unies chargé de l’aide alimentaire. Cette initiative a lieu aujourd’hui dans de nombreuses villes du monde, parmi lesquelles ici, au Brésil, à Ribeirão Preto. Nos prières se tournent aussi vers la communauté afro-brésilienne qui commémore ce dimanche l’abolition de l’esclavage au Brésil.

Puisse ce souvenir stimuler la conscience évangélisatrice de cette réalité socio-culturelle de grande importance dans la Terre de la Sainte Croix. J’adresse également une salutation cordiale ainsi que des sincères remerciements, à tous les groupes et associations qui se sont recueillis ici. Que Dieu vous récompense et vous garde forts dans la foi.

Proclamons avec joie le commencement de notre salut.

© Copyright du texte original plurilingue : Librairie Editrice Vaticane
Traduction réalisée par Zenit

P. Cantalamessa : Le remède contre la peur et l’angoisse est la confiance en Dieu

11 mai, 2007

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2007-05-11

P. Cantalamessa : Le remède contre la peur et l’angoisse est la confiance en Dieu

Evangile du Dimanche 13 mai

ROME, Vendredi 11 mai 2007 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le commentaire de l’Evangile du Dimanche 13 mai, proposé par le père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale.

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 14, 23-29

Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. Celui qui ne m’aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.
C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit toutes ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.

© AELF

« C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne ». De quelle paix Jésus parle-t-il dans ce passage de l’Evangile ? Il ne parle pas de la paix extérieure dans le sens de l’absence de guerre et de conflits entre personnes ou nations diverses. En d’autres occasions il parle également de cette paix-là ; par exemple lorsqu’il dit : « Heureux les artisans de paix car ils seront appelés fils de Dieu ». Ici, il parle d’une autre paix, la paix intérieure, du cœur, de la personne avec elle-même et avec Dieu. On le comprend en lisant ce qu’il ajoute immédiatement après : « Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés ». Ceci est la paix fondamentale, sans laquelle aucune autre paix ne peut exister. Des milliards de gouttes d’eau sale ne font pas une mer propre et des milliards de cœurs inquiets ne font pas une humanité en paix.

La parole utilisée par Jésus est shalom. C’est celle qu’utilisaient – et qu’utilisent toujours – les Juifs pour se saluer ; c’est la parole avec laquelle il a lui-même salué les disciples le soir de Pâques et avec laquelle il ordonne de saluer les personnes : « Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison’ ». (Lc 10, 5-6).

Nous devons partir de la Bible pour comprendre le sens de la paix que donne le Christ. Dans la Bible, le mot shalom signifie davantage qu’une simple absence de guerre et de troubles. Il indique de manière positive le bien-être, le repos, la sécurité, le succès, la gloire. L’Ecriture parle même de la « paix de Dieu » (Ph 4, 7) et du « Dieu de la paix » (Rm 15, 32). Le mot Paix n’indique donc pas seulement ce que Dieu donne, mais également ce que Dieu est. Dans l’un de ses hymnes, l’Eglise appelle la Trinité « océan de paix ».

Ceci signifie que l’on ne peut jamais obtenir totalement et de manière stable cette paix du cœur que nous désirons tous, sans Dieu, en dehors de lui. Dante Alighieri a synthétisé tout cela dans un vers que certains considèrent comme le plus beau de toute la « Divine Comédie » : « Dans sa volonté, notre paix ».

Jésus fait comprendre ce qui s’oppose à cette paix : l’inquiétude, l’angoisse, la peur : « Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés ». Facile à dire ! rétorqueront certains. Comment calmer l’angoisse, l’inquiétude, la nervosité qui nous dévorent tous et nous empêchent de jouir d’un peu de paix ? Certaines personnes sont plus exposées que d’autres à cela. S’il existe un danger, elles lui donnent des proportions gigantesques, s’il y a une difficulté, elles la multiplient par cent. Tout devient motif d’angoisse.

L’Evangile ne promet pas de panacée pour ces maux ; dans une certaine mesure ils font partie de notre condition humaine, exposés comme nous le sommes à des forces et des menaces qui nous dépassent. Mais il indique un remède. Le chapitre d’où est tiré le passage de l’Evangile d’aujourd’hui commence ainsi : « Que votre cœur cesse de se troubler ! Croyez en Dieu, croyez aussi en moi » (Jn 14, 1). Le remède est la confiance en Dieu.

Après la dernière guerre, un ouvrage intitulé Dernières lettres de Stalingrad a été publié. Il s’agissait de lettres de soldats allemands faits prisonniers lors du sac de Stalingrad, parties dans le dernier convoi avant l’assaut final de l’armée russe au cours duquel tous les soldats périrent. Dans l’une de ces lettres retrouvées à la fin de la guerre, un jeune soldat écrivait ceci à ses parents : « Je n’ai pas peur de la mort. Ma foi me donne cette belle sécurité ! »

Maintenant, nous savons ce que nous nous souhaitons les uns les autres, lorsqu’en nous serrant la main, au cours de la messe, nous échangeons un vœu de paix. Nous nous souhaitons les uns les autres le bien-être, la santé, de bonnes relations avec Dieu, avec nous-mêmes et notre prochain. Nous nous souhaitons en somme d’avoir le cœur rempli de la « paix du Christ qui dépasse toute intelligence ».

Amérique latine : Pour relever le défi des sectes, une Eglise plus « accueillante »

11 mai, 2007

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2007-05-10

Amérique latine : Pour relever le défi des sectes, une Eglise plus « accueillante »

Analyse du cardinal Bertone

ROME, Jeudi 10 mai 2007 (ZENIT.org) – Le cardinal Bertone recommande une Eglise « plus accueillante et plus proche des gens » comme réponse au développement des sectes en Amérique latine. Il annonce la préparation d’un accord fondamental entre l’Eglise et l’Etat au Brésil.

Benoît XVI a célébré la messe en privé ce jeudi matin, à Sao Paulo, dans la chapelle du monastère Saint-Benoît, assiégé par les foules qui guettent ses déplacements pour pouvoir le saluer.

Le pape s’est ensuite rendu au « Palacio dos Bandeirantes » où il a rencontré le président Luis Ignacio Lula da Silva, qui a attendu le départ de la voiture du pape avant de rentrer au palais

Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat a fait le point sur les premières heures du voyage au micro de Radio Vatican.

« On respire un climat très positif de la part des évêques, comme de la part de la conférence épiscopale du Brésil et du Saint-Siège, a constaté le cardinal Bertone. Le nonce apostolique, Mgr Baldisseri, est un témoin et aussi protagoniste et acteur de ces rapports positifs entre l’Eglise et le grand Etat brésilien. On est aussi en train d’élaborer un accord, une sorte d’accord global et fondamental que l’on espère pouvoir conclure cette année, et que tous désirent, pour pouvoir orienter l’Eglise et l’Etat, l’Eglise et la communauté politique à l’intérieur de ce que le concile appelle ‘une saine collaboration’ pour le bien de chaque personne et aussi pour la résolution des problèmes qui peuvent encore être à l’ordre du jour ».

Pour ce qui est du message du pape aux jeunes, le cardinal Bertone disait : « Rappelons que statistiquement, le continent latino-américain et le Brésil en particulier a une grande majorité de jeunes et est donc le continent des jeunes. Le pape a voulu, également bien sûr à la demande des évêques du Brésil, et d’Ampérique latine, rencontrer les jeunes, ces jeunes enthousiastes des Journées mondiales de la jeunesse, les jeunes enthousiastes des rencontres et des activités des associations ecclésiales, mais aussi les jeunes marqués par une histoire personnelle tragique comme la dépendance de la drogue. Le pape demande aux jeunes d’être des protagonistes de la transformation du continent, protagonistes de leur histoire, d’être des acteurs, naturellement sans débrancher la prise des traditions des pères, des traditions chrétiennes, et donc, de l’exemple des pères. Donc, un rapport entre générations qui est positif, un rapport qui est demandé aux familles, aux adultes, aux personnes âgées, avec les jeunes : les adultes pour les jeunes, parce que les jeunes sont l’avenir de la société, l’avenir de l’Eglise. Mais en même temps, le pape lancera aussi le grand message qu’il a déjà lancé aux jeunes à Cologne : être eux-mêmes des apôtres des jeunes, être des êtres pleins de joie et apporter et transmettre une joie contagieuse, la joie d’être des mis de Dieu, et des amis de Jésus, la joie de reconnaître une Dieu ami, un Dieu proche ».

Pour ce qui concerne la réponse à apporter au phénomène des sectes, le cardinal Bertone disait : « Hélas, le phénomène des sectes représente un phénompène qui afflige non seulement le continent latino-américain, mais aussi le Nord de l’Amérique, et nos pays aussi. L’Eglise est appelée, comme l’a dit le Seigneur et comme nous l’entendons répéter par l’Evangile, à un processus continu de conversion à son Seigneur, c’est un processus de purification et de renouvellement. L’abandon d’une portion notable du Peuple de Dieu, l’abandon de l’Eglise catholique de la part de personnes qui vont chercher d’autres communautés dans lesquelles elles espèrent satisfaire leur recherche religieuse et aussi un peu pour une soif d’esprit de famille, d’esprit de communauté, pose de sérieuses questions à l’Eglise, pose l’obligation d’une vérification de la qualité de son œuvre d’évangélisation, de l’éducation à la foi, et de l’édification de ses communautés. Cela pose le problème – cela je le répète toujours aux évêques et aux prêtres – de la capacité d’accueil et d’écoute des personnes de la part des évêques, de la part des prêtres. Les grands évêques nous ont enseigné cela : être proches des personnes, être accueillants. C’est ce que le pape Jean-Paul II a tracé aussi dans son autobiographie lorsqu’il dit : « J’ai cherché et je cherche à être accueillant, à être proche des personnes », et ce que le pape Benoît XVI nous enseigne par sa capacité d’écoute, de proximité, et spontanéité. Les gens qu’il rencontre même seulement « à vol d’oiseau » durant les audiences se sentent transfigurés parce qu’ils ont presque la sensation d’être traités comme des amis, comme s’il s’agissait d’une rencontre entre vieux amis. C’est vraiment une chose très belle, c’est un enseignement. Il me semble que c’est aussi un moyen simple, mais efficace pour empêcher cet exode de nos chrétiens catholiques ».

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