Archive pour la catégorie 'Approfondissement'

« Sans l’amour de Dieu pour les pauvres, la science est inutile », par le card. Dias

10 octobre, 2007

du site: 

http://www.zenit.org/article-16374?l=french

« Sans l’amour de Dieu pour les pauvres, la science est inutile », par le card. Dias

Inauguration de l’année académique de l’Université pontificale urbanienneROME, Mardi 9 octobre 2007 (ZENIT.org) – « Sans la compassion et l’amour de Dieu pour les pauvres toute science est inutile », a déclaré le cardinal Ivan Dias qui a présidé la concélébration eucharistique pour l’inauguration de l’année académique de l’Université pontificale urbanienne, comme l’indique l’agence vaticane Fides.

« Nous venons de nombreux pays, mais nous sommes une famille unique. Beaucoup portent les blessures de chaque pays, guerre, faim, problèmes sociaux, et nous sommes ici non pour nous lamenter mais pour nous préparer comme missionnaires : des hommes et des femmes cultivés et remplis du Seigneur, pour annoncer le Seigneur », a souligné, le 8 octobre, le cardinal préfet de la congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, qui est aussi le grand chancelier de l’Université pontificale.

Le cardinal Dias, commentait un passage de l’évangile de Luc (10, 25-37) en disant : « Devant la demande ‘Qui est mon prochain ?’ Nous ne devons pas être trop sûrs, surtout dans un monde plein de doutes. L’Evangile ne dit pas la condition de celui qui a été assailli par les brigands, s’il était riche ou pauvre : il était comme quelqu’un que nous trouvons aujourd’hui sur nos routes. Les ‘religieux’ passent mais n’ont pas le temps de l’aider, le samaritain passe, a de la compassion pour lui et s’arrête. Voilà, la compassion fait la différence. Dans les évangiles synoptiques, la compassion est le propre de Jésus. La distance avec les pauvres est devenue un abîme et la compassion est le chemin pour arriver aux autres. Le disciple est celui qui se fait proche… Sans la compassion et l’amour de Dieu pour les pauvres toute science est inutile…. Cela nous aide à orienter nos études. Aujourd’hui que tout est mis en question, nous devons devenir missionnaires de l’amour de Dieu ».

La messe a été suivie par le rapport de Mgr Ambrogio Spreafico, Recteur de l’Université, et par le discours inaugural de l’évêque Velasio de Paolis, secrétaire du Tribunal suprême de la Signature apostolique, sur le thème « La mission entre universel et particulier ».

Encore une fois : François d’Assise et le dialogue interreligieux.

2 octobre, 2007

du site:

http://198.62.75.4/opt/xampp/custodia/?p=2581

Encore une fois : François d’Assise et le dialogue interreligieux.

SBF Dialogue
Le pape voulut convoquer au Vatican prélats et experts pour trouver une solution aux nombreux problèmes du monde globalisé.

Les experts avaient élaboré de nombreux instruments de travail. Les principaux dossiers étaient prêts: Ils portaient en plus de la mention secret pontifical les titres suivants:
« Les limbes
»
«
Les prêtres pédophiles
»
«
La lectio divina
»
«
Le dialogue interreligieux
»
«
Justice et paix »
.Les Monsignori s

affairaient plus que jamais dans les coulisses du Vatican. Cest à qui se montrerait plus brillant pour faire carrière et mériter de lavancement à peine le synode terminé. Les grands théologiens avaient été interrogés et avaient fait le tour dhorizon de tous les problèmes pastoraux.

La veille de louverture du synode, contrairement à ses habitudes, le pape demanda au général des franciscains de préparer lhomélie de la messe, compte tenu des dossiers préparés.A la surprise des cardinaux le g

énéral des franciscains se mit à réciter une prière de François dAssise: Loué sois-tu Seigneur pour notre soeur leau qui est si utile et si modeste, si précieuse et si pure. Ces franciscains sont toujours à côté de la plaque, murmura un expert. Impossible de les changer.

Mais le général ne se laissa pas impressionner. Sainteté, Eminences, Excellences : Des événements climatiques extrêmes se multiplient sur notre planète. En Italie le plus grand fleuve, le Pô, affaibli par le manque de précipitations et le pompage pour lagriculture et lindustrie, dépérit. En Inde du sud certains des fleuves les plus importants ont disparu, engloutis par le sol brûlant. A linverse le Bangladesh a connu un déluge et des villages ont été engloutis par les eaux. LAngleterre et lEurope centrale ont été frappées par des inondations jamais connues depuis un siècle. La plupart des nappes phréatiques européennes sont polluées et de nombreux lacs sont transformés en égouts en plein air. Or, lunivers et lhomme sont constitués largement par l’élément liquide.L

eau ne manque pas, continua le général franciscain. Survolez les villes de Milan et de Rome et vous verrez un immense échiquier de piscines dispersées dans les villas des banlieues. Chaque bassin contient 300 à 400 mètres cubes deau. Si cette eau était versée dans le Tibre une véritable crue se provoquerait.

Ces derniers temps, jai vu des dizaines de documentaires sur la crise de leau et des combustibles, mais personne na le courage de dénoncer la cause du cataclysme actuel. Je veux parler de leffet de serre. Certains scientifiques disent que cest la faute du réchauffement climatique. Personne ne met en avant le concept fondamental du réchauffement excessif de la terre. Doù vient cette chaleur catastrophique qui nous a valu des incendies spectaculaires? Ceux qui gèrent le monde de l’économie et des affaires trafiquent la réponse: cest nous qui sommes responsables de cette catastrophe. En continuant sur ce chemin d’égoïsme nous arriverons à un tel désastre. Les hommes politiques ont touché des commissions fabuleuses dans la vente de combustibles polluants. Ils débloquaient des fonds afin que les constructeurs automobiles puissent expérimenter de nouvelles voitures vertes. Mais la plupart de ces industries nen ont rien fait: elles ont utilisé ces milliards pour implanter de nouvelles usines dans des pays sous-développés, où lon paie la main-doeuvre le moins possible, où les chaînes de montage sont conçues pour fabriquer des voitures et des camions fonctionnant au pétrole. Lavantage dune telle politique a eu pour seul résultat de percer la couche dozone jusqu’à la troposphère en détruisant l’équilibre thermique de la terre. La fonte des calottes glaci

ères polaires provoquera une augmentation du niveau de la mer au point que les côtes de lAdriatique seront englouties.

Une catastrophe écologique est imminente. Des populations entières dAfrique et dAsie sont contraintes dabandonner leurs terres. Celles-ci transformées en désert ne produisent plus rien qui puisse nourrir. Des maladies quon pourrait vaincre facilement ne sont même pas prises en compte, car ces populations nont pas dargent pour acheter les vaccins indispensables. Le cynisme des laboratoires pharmaceutiques est devenu monstrueux. On trouve toujours de largent pour acheter des armes sophistiquées et les pays riches vendeurs darmes senrichissent encore plus.L

humanité est un bateau battu par la tempête, dérivant vers des rochers acérés comme des lames de couteau et sur le bateau les marins et les passagers sentre-tuent et se poussent les uns et les autres à la mer. Plutôt que dopposer le concept « Dieu mesure de tout » à celui de « lhomme mesure de tout », il nous faut rappeler que celui qui touche à lhomme touche à Dieu. Respecter la création cest rendre gloire à Dieu.

Laissons de côté les discussions sur les limbes et la pédophilie. Il y a des problèmes plus urgents. Il ne suffit pas de prier. Le silence est dans certains cas synonyme dabsence. Il nous faut défendre la vie des faibles et réapprendre à réciter le cantique des créatures de St François en vérité. Le synode sera celui de St François dAssise ou ne sera pas. De là dépendra le véritable dialogue entre les nations, les cultures et les religions.

La musique, Parole de Dieu prononcée par des voix humaines

26 septembre, 2007

du site:

http://www.inxl6.org/article2070.php

Réflexions

Deuxième volet du dossier sur la liturgie.

La musique, Parole de Dieu prononcée par des voix humaines

Dans un ancien numero de la revue Voix Nouvelles le Cardinal Jean Marie Lustiger livre, dans un entretien avec Jean-Michel Dieuaide, ses convictions sur la musique en rapport avec la liturgie.

Jean-Michel Dieuaide
12/08/2007

Voix Nouvelles : Partout où vous avez eu des responsabilités pastorales, vous avez laissé des traces dans le domaine des arts plastiques en particulier ; je pense à cette grande croix de cuivre barrant la nef de Chartres, le réaménagement de Sainte- Jeanne de Chantal ou de Notre-Dame ou encore récemment la grande croix de Toussaint 2004 décorée par Damon Pourquoi cet appel constant à des plasticiens reconnus ?

Cardinal Lustiger : La liturgie est une action sacrée de l’Église et, dans le domaine des arts, jai toujours rencontré par providence des interlocuteurs avec qui jai pu discuter et réfléchir.

V.N. : Dans le dialogue avec les artistes, il faut avoir soi-même une attente. Quest-ce qui a forgé votre propre sensibilité ?

J.-M.L. : Je ne veux pas vous raconter ma vie! Il se trouve que, jeune enfant, mes parents mont mis devant un piano avec un professeur ; il avait été question que je poursuive dans cette voie et puis, dans ma vie d’étudiant, jai été plutôt sensible à la littérature et à la poésie. Jai tourné autour de la grande révolution du début du XXe siècle, dans cette espèce de subversion, de réinvention des normes, la crise de lart contemporain et cest dans ce contexte que jai rencontré des personnalités fortes qui mont appris à écouter, à voir, à sentir, à percevoir, simplement en les regardant regarder ou en les entendant écouter.
L
action liturgique mest apparue dès le début comme un acte symbolique extrêmement puissant qui demandait dignité et justesse qu
on ne pouvait rabaisser au niveau des comportements les plus vulgaires.

V.N. : Le Concile définit la liturgie comme « source et sommet de la vie chrétienne ». Quel rôle voyez-vous pour la musique dans laction liturgique ?

J.-M.L. : La musique doit toujours être considérée dans son lien à la parole. La parole humaine retentit toujours dans un inter espace : celui qui parle, comme celui qui écoute ou qui répond, est toujours placé dans un espace et lespace liturgique est tout à fait décisif et original : la musique y agit dans des conditions d’écoute et dattention très spécifiques. Car le public nen est pas un : il participe ! et les musiciens ne sont pas là pour se produire; les acteurs ne sont pas des acteurs : tout cela ressemble comme deux gouttes deau à une représentation et ce nest pas une représentation, étant donné lattitude et la convocation de ceux qui y participent. Il y a là une originalité absolue !
Dans le lien indissoluble entre espace et son/musique, l
irruption des techniques de sonorisation ne fait quajouter à la complexité des rapports : sous prétexte des possibilités de sonorisation, il ne faut pas oublier ce facteur espace/son et espace/temps qui forme la nature même de laction liturgique : par exemple, diffuser un enregistrement dans une célébration peut être « intéressant » mais reste un procédé artificiel ; il faut donc bien réfléchir à la convenance des genres, des styles ou des modes d
expression.
La musique est
à mettre dans le registre de la parole ; car, si la musique est faite de sons inarticulés, ils ne sont pas pour autant un cri indistinct ! Loreille humaine nest-elle pas capable même de transformer du bruit en musique ? Les vagues de la mer, loreille de lhomme les perçoit dans leur rythme et leur musicalit
é…
La musique est parole, comme la liturgie est Parole : non pas des mots et des mots, mais Parole de Dieu prononcée par des voix humaines. Intégrée à la Parole, la musique nest donc pas un supplément, un ornement ou une sorte de dé
cor.

V.N. : Dans le contexte de notre société où toutes les musiques sont contemporaines les unes des autres, de quelle musique parle-t-on pour la liturgie ? Y aurait-il une musique qui lui soit propre et que fait-on du « trésor de la musique sacrée » dont parle le Concile ?

J.-M.L. : Sur la question du patrimoine, on est très dépendant des conditions culturelles dune époque ou dun pays. La mémoire culturelle dune assemblée peut faire quune célébration eucharistique avec une messe de Mozart intégralement jouée ne soit pas perçue comme un concert. Jai vécu cela à Aix-la-Chapelle avec une assemblée dont la sensibilité et l’éducation faisaient que la messe de Mozart fonctionnait fondamentalement dans laction liturgique sans que la beauté de la musique et son esthétique ne distraient les uns ou les autres de la pensée de Dieu et de laction que nous étions en train de mener. Je crains que cela ne marche pas en dautres circonstances !

V.N. : Il y a donc un lien entre la proposition musicale et la sensibilité et la culture de lassemblée

J.-M.L.

: Il mest arrivé dinviter des chorales africaines à Notre-Dame : le contraste entre la manière spontanée de ces témoins de leur culture et la froideur, la retenue peut-être excessive dune population française moyenne était frappant, voire choquant pour certains.

V.N. : Mais, pour répondre à la sensibilité dune assemblée, faut-il pour autant que la musique liturgique réponde à une forme de marketing ?

J.-M.L. : Cest là un grand problème. Si on prend comme seul critère ce qui plaît, on voit bien dans le patrimoine des musiques de cour ou des musiques complaisantes ! Mais il est essentiel de faire la différence entre une musique qui obéit dabord à ce qui plaît et une musique qui obéit à cette nécessité intérieure du musicien qui porte la parole : Écoutez les Passions de Bach dans le texte allemand ! Il ny a pas une note qui ne soit au service de cette Parole ! La musique ny est pas une sur-interprétation, ou même un ornement; par ses moyens propres et sa complexité, elle dit la Parole.

V.N.: Quest-ce que cela serait pour aujourdhui ?

J.-M.L. : Il se trouve que jai été très touché par la musique de Messiaen. Jy entends ce que la Parole peut inspirer à un musicien et ce quun musicien peut exprimer dune Parole reçue ; jy ai trouvé, dans la méditation exprimée du musicien, des aspects qui mont aidé à comprendre la Parole neuve quil commentait

V.N.: Mais il sagit là de musique non-articulée : Messiaen na jamais écrit de musique liturgique pour lassemblée ! Dans le cas où une assemblée doit sapproprier le chant, nourrir sa propre mémoire, il se pose bien un problème de langage !

J.-M.L. : Il y a dabord le problème de la langue. Beaucoup de musiciens (polonais ou allemands) continuent dutiliser le latin pour leurs créations. Pour ce qui concerne la francophonie, nous sommes devant plusieurs types de difficultés : tout dabord, la musicalité même de la langue avec ses nasales, les syllabes muettes, laccent tonique, les liaisons, etc. Et puis, notre langue a subi depuis quelques décennies un véritable martyr du fait même de certains traitements musicaux (musique électronique, rythmée’…) Tout cela peut égarer notre jugement sur la langue qui conviendrait à la liturgie.
Une autre difficult
é tient au contenu des textes. Une des meilleures solutions serait de prendre l’Écriture elle-même conformément à la tradition du grégorien dont la souplesse permettait précisément de ne pas enfermer le texte dans une musique mesurée (étant à part le cas de lhymnodie). Nous navons pas comme nos voisins anglo-saxons une tradition de textes en langue vernaculaire héritée de la Réforme. Il a fallu, aujourdhui en une génération, tout inventer ! Or, on ninvente pas, comme cela sur commande, des œuvres dart. Parce que la liturgie repose sur la mémoire, nous sommes dans une situation de pauvreté tragique : sil ny a pas de mémoire acquise de lassemblée, il ny a pas de liturgie possible. Lassemblée ne peut pas être en état permanent dapprentissage, sauf à prendre les musiques les plus faciles et les plus vulgaires qui sont les seules quon puisse retenir instantanément, lespace dun soupir. Par nécessité, nous sommes pour le moment renvoyés à la pauvreté la plus médiocre. Leffort des musiciens et des liturgistes devrait être de ne pas laisser sombrer dans loubli le patrimoine de dix siècles de créations, sans tomber non plus dans le faire-valoir ou ce qui flatte : le problème est toujours de jouer entre ce qui plaît et ce qui est convenable. Il y faut du flair et du discernement. Et puis il faudrait espérer que la Providence envoie, sur un siècle, les artisans capables dinscrire une permanence textuelle et mélodique indépendante des modes, dans un contexte où tout (la langue, la sensibilité, les modes musicales
) va continuer de bouger rapidement.

V.N. : Vous évoquiez tout à lheure les chants de la Réforme. Ny trouve t-on pas des objets musicaux obéissant à des critères objectifs dun chant adoptable par une assemblée, hors des critères de mode ou dune subjectivité personnelle ?

J.-M.L. : Nous sommes effectivement dans un contexte de hit-parade, de coup de cœur’… Il nous faut poursuivre un travail de fond systématique, patient et respectueux (cest-à-dire à labri des marchands et des coteries) avec des musiciens et des poètes désireux de servir dabord la liturgie. Il y a eu, dès avant le concile une tentative de maîtriser ce travail entre les musiciens, les poètes et les liturges; au fond, on ny est pas arrivé. On est aussi tributaire de l’état littéraire dun peuple: la création poétique est aujourdhui à la marge de la création littéraire ; ce nest plus un art socialement partagé.

V.N. : Mais la liturgie na t-elle pas déjà en partie ce quil lui faut en matière de textes ? Je pense aux psaumes qui sont des poèmes que les assemblées se sont peu à peu appropriés.

J.-M.L. : Oui, bien sûr, cest un immense progrès quil ne faut pas sous-estimer! Mais il faudrait aller plus loin. Je vois avec satisfaction des lieux où on a pris la peine de faire psalmodier lassemblée sur des psaumes entiers, au-delà même de ce que la liturgie prévoit, et en prenant soin daccorder la couleur musicale à ce que dit le psaume, lui conférant ainsi une véritable identité musicale.

V.N. : Dans ce cas, il sagit bien dune démarche artistique de création, dépassant la production quasi-mécanique de musiques « faites davance ».

J.-M.L. : Mais plus encore, la conception même dun programme musical est du ressort de la démarche artistique. La démarche de celui qui conçoit une programmation musicale liturgique ne peut pas être celle du consommateur qui, dans un supermarché, au hasard des rayons prend les articles qui le tentent. Sur le temps dune célébration, on ne peut pas soumettre lassemblée à une série de chocs résultants de choix musicaux hasardeux ou non maîtrisés. Au contraire, la musique peut et doit conduire lassemblée dans sa démarche de prière, respectueusement et dans la cohérence. Cest une question de sensibilité (ou de formation) pour les responsables. En cette matière, comme en architecture, il y a une grammaire, des lois de proportion, des règles de construction qui font que, même si l’édifice nest pas génial, il ne seffondre pas.
La c
élébration liturgique est comme une symphonie, où chacun des intervenants (de lassemblée au président en passant par les musiciens) doit entrer dans lintelligence fine de la construction commune ; cette construction qui a son rythme général, ses intensités, ses repos, ses modalités denchaînement des actions, etc Les choix musicaux doivent entrer dans ce mouvement et tenir compte de ce déploiement organique de la liturgie. Même un chant, bon en lui-même, peut ne pas convenir à telle action ou ne pas avoir sa place à tel moment de cette action mais plutôt à tel autre

Propos recueillis par Jean-Michel Dieuaide pour la revue Voix Nouvelles

Qui sont les catholiques chaldéens, et ce qui leur arrive – Les persécutions du monde

25 septembre, 2007

du site:

http://www.30giorni.it/fr/articolo.asp?id=14841

Qui sont les catholiques chaldéens, et ce qui leur arrive
Les persécutions du monde

par Giovanni Cubeddu

Combien d’églises reste-t-il à Bagdad? Et combien de chrétiens reste-t-il en Irak? Avant la funeste guerre qui sest abattue sur le pays en 2003, la capitale irakienne était connue comme la capitale des cinquante églises, ce qui voulait dire que chacun des rites chrétiens avait une ou plusieurs églises où il lui était possible de célébrer. Aujourdhui, de ces cinquante églises, il nen reste que trente en activité. Mais tout a changé. On vit dans la peur.

Même dans les périodes de troubles qui sont survenues dans lhistoire du pays, les mosquées et les églises ont toujours observé un respect réciproque, parce que les musulmans eux mêmes savent bien à la différence de nombreux analystes occidentaux de géopolitique et de stratégie militaire, qui ont poussés comme de champignons auxquels la guerre a fourni un humus fort lucratif que les chrétiens irakiens ne représentent pas une minorité de néo-immigrés, mais quils sont, tout simplement, lIrak lui-même, parce quils habitent la Mésopotamie depuis les toutes premières manifestations du christianisme, six cents ans avant la naissance de lislam.
Pour les chr
étiens de cette Église dOrient, le passage de lapôtre Thomas et la prédication de lapôtre Thaddée sur leur terre est un motif dorgueil national. En outre, les juifs irakiens eux-mêmes rappellent que le recueil local d’écrits rabbiniques, connu sous le nom de Talmud babylonien et commencé en 70 après Jésus Christ, comprend entre autre une des premières citations non chrétiennes de la crucifixion de Jé
sus.
En d
épit de toutes les dramatiques tensions de lhistoire récente de lIrak, et bien quil y ait une majorité chiite à côté dun fort groupe sunnite qui a gouverné jusqu’à la chute de Saddam, la minorité chrétienne a toujours été fière de se savoir et de se dé
clarer avant tout irakienne.
Du million de chr
étiens recensés avant la guerre, il en reste peut-être aujourdhui 600.000 selon des sources qualifiées du patriarcat chaldéen, et ceux-ci sont subdivisés entre Église chaldéenne, assyrienne, syriaque, arménienne, melchite, latine, copte et communautés protestantes. Les chaldéens sont catholiques et ils représentent un bon 80% de tous les chrétiens irakiens, qui suivent en proportion le triste choix de leurs concitoyens musulmans de devenir des réfugiés: il y en a deux millions à lintérieur du pays, et autant en dehors, selon les données officielles. Chaque mois, entre 40 et 50.000 personnes quittent lIrak devant ce Moloch de guerre et de litiges sectaires qui nest jamais rassasié
de vies humaines.
Dans son interview, le patriarche Delly explique que depuis plusieurs mois, les chr
étiens sont entrés comme victimes innocentes dans le vertigineux règlement de comptes entre chiites et sunnites. Par rapport aux attentats contre les églises chrétiennes qui avaient déjà commencé en été 2004, il sagit de quelque chose qui est à la fois plus férocement dans la même ligne et différent. Ceci arrive aujourdhui en particulier à Bagdad, dans le quartier dal-Dora, et à Mossoul, dans le nord du pays, mais aussi ailleurs. Le paiement dune al-jezia, une taxe, est ce que ces bandes criminelles exigent des familles chrétiennes si elles nacceptent pas la conversion à lislam, à moins quelles ne leur donnent en gage une jeune fille de la famille. Autrement, la seule alternative à la mort est la fuite, avec les seuls vêtements quon porte sur soi: il faut abandonner la maison sur le champ. Il existe à Bagdad le phénomène des réfugiés de quartier, des gens qui cherchent un refuge près de leur ancienne habitation et le trouvent éventuellement dans la salle paroissiale quon a arrangée comme abri: au moment où nous écrivons, cest le cas de centaines de familles à al-Dora. Ces gens continuent à aller à la messe, dans des églises souvent endommagées, et à sadresser aux prêtres, en risquant souvent de nouvelles rétorsions de la part des bandes qui ont parfois arraché les crucifix des coupoles des églises et menacé les prêtres. Certaines paroisses ont dû être fermées et cela na fait quaugmenter le découragement des fidèles qui ne trouvaient un peu de soulagement que là. Les amis du père Ragheed Ganni, par exemple, affirment quil a payé de sa vie le fait de ne pas avoir voulu céder à ces règles du désespoir, en se prodiguant au contraire publiquement pour arriver à aider le plus grand nombre de personnes possible. Mais un pasteur protestant et un prêtre syro-orthodoxe avaient déjà connu le même sort, le mê
me martyre en Irak.
Et puis il y a le ph
énomène des extorsions. Des enlèvements de membres dune famille: des rançons payées par exemple par des familles qui sont dans la gêne et qui apprennent ensuite que leur parent a déjà été exécuté. Des enlèvements de prêtres: des requêtes exorbitantes à l’Église chaldéenne, auxquelles succèdent des tractations pendant lesquelles on espère que les bandits comprendront quils ne pourront jamais obtenir le million de dollars quils demandent dhabitude, mais peut-être seulement quelques milliers ou quelques centaines de dollars. Dernièrement sept prêtres chaldéens avec quelques-uns de leurs collaborateurs sen sont tirés de cette façon. Cest largent, pas lislam, qui semble le mobile de ces groupes, et ce nest pas par hasard quon retrouve dans leurs rangs les criminels que Saddam Hussein avait fait sortir en masse des prisons quand le conflit a éclaté
.

Et les libérateurs? Racontons, à titre dexemple, un épisode qui montre l’éclatante et dangereuse insensibilité des forces militaires américaines. Il y avait un séminaire à Bagdad. Plus maintenant, car il a été transféré au nord pour des raisons de sécurité objectives. Il y avait la Faculté Pontificale Babel, de Philosophie et de Théologie. Elle ny est plus, elle a été transférée au nord, parce quune caserne américaine sest installée dans ses locaux sans le consentement du patriarcat . Il na servi à rien denvoyer dans la zone verte de Bagdad lauxiliaire du patriarche pour négocier avec les autorités américaine; et le fait davoir demandé lintercession du gouvernement irakien na eu jusquici aucun effet: les militaires sont restés, au mépris du dommage causé à une Église déjà si pauvre et surtout, du danger supplémentaire que ce geste si symbolique crée pour les chrétiens (encore plus coupables aux yeux des bandes de fanatiques pour avoir hébergé loccupant). En mai, après un long silence, le patriarche s’était adressé aux autorités militaires américaines en exprimant un jugement global (à partir de son site qui sappelle st-Adday.com, cest-à-dire saint Thaddée, lapôtre qui est considéré comme le père de l’Église chaldéenne): «Vous êtes entrés sans notre consentement en Irak, qui na jamais connu une période aussi sombre. Dieu napprécie pas ce que vous avez fait et ce que vous faites à notre pays».
En d
éfinitive, il ny a jamais eu de période aussi sombre pour les chrétiens dans lhistoire récente de lIrak (entre autre, la Charte constitutionnelle du nouvel Irak les expose désormais au risque de la sharia, ce qui n’était pas le cas sous Saddam). Le vieux patriarche Delly comprend. Il a tout vu de près. Sa vie de pasteur a coïncidé avec lexode de ses fidèles commencé autour des années Soixante qui quittaient ce berceau de la foi. Avant d’être élu en décembre 2003 à la fin dun Synode tourmenté qui ne fut pas le seul, il est vrai, dans l’Église chaldéenne , Emmanuel Delly avait été depuis 1962 et donc pendant 41 ans auxiliaire puis auxiliaire émérite du patriarche chaldéen, dabord Paulus II Cheikho puis Raphaël Bidawid. Delly a toujours été un point de référence pour les chaldéens, il les a suivis dans ces décennies de tourments, de guerre, dembargo et encore de guerre, et maintenant de persécution. Il a été placé à la tête de cette Église dOrient comme défenseur de la tradition, de la chaldéité”. Et aussitôt élu, il a dit: «Mon programme est de témoigner de Jésus-Christ devant le monde et dapporter à tous le message despérance de l’Évangile». Les fidèles nont pas de difficultés à laimer.

L’ART EST PROPHÉTIQUE.

17 septembre, 2007

du site:

http://www.spcm.org/Journal/spip.php?article2077

L’ART EST PROPHÉTIQUE

Si cette liberté est « la glorieuse liberté des enfants de Dieu », si l’artiste est -comme tout chrétien pourrait l’être- un véritable disciple de Jésus-Christ, son expression artistique témoignera de la Vie qu’il a reçue. mercredi 12 avril 2006, par BRUNO LEROY Bref, qu’il soit devant le peuple chrétien à témoigner au monde, dedans pour faire grandir l’Église ou derrière pour préserver des traces, l’artiste, par son art sera le prophète de son Dieu.Mais nous sentons bien que l’art n’est pas le produit unilatéral d’un artiste. L’art est dialogue. Il l’est déjà dans l’esprit et le cœur du créateur, dans ce rapport entre le JE, dans sa solitude, et le NOUS qui l’unit à d’autres. En tant que créateur je me refuse à l’isolement, à la fermeture, à « l’étanchéité », je suis donc uni à d’autres par d’innombrables liens. Ce que je vais dire par mon geste artistique sera donc le produit de ce dialogue entre moi-le-solitaire et moi-parmi-d’autres. Je ne témoignerai pas de « moi » seulement, mais de « moi qui se pense NOUS ». Mais le dialogue ne s’arrête pas à cette recherche intérieure, il est aussi bien concret dans le résultat de ma création. Je propose mon art, je le donne à voir, à toucher, à entendre etc. Va t’on accueillir cette proposition ? Que va-t-on en faire ? Quelles seront les réactions ? Dialogues multiples avec les destinataires de la création artistique.

L’art peut-il être au service du témoignage ? Ne risque-t-on pas de « purger » l’art en l’enrégimentant, en lui donnant mission ? Oui, il ne peut s’épanouir que dans la liberté ; Mais si cette liberté est « la glorieuse liberté des enfants de Dieu », si l’artiste est -comme tout chrétien pourrait l’être- un véritable disciple de Jésus-Christ, son expression artistique témoignera de la Vie qu’il a reçue.

Alors, que l’artiste soit ce sculpteur du XIe siècle juché en haut d’une église romane qui crée une œuvre que seul verra un photographe acrobate du XXe siècle ; qu’il soit ce compositeur au nom oublié mais dont on chante et joue l’œuvre pendant des générations ; qu’il soit ce peintre dont une couleur de la toile résonne curieusement en moi et me parle. Bref, qu’il soit devant le peuple chrétien à témoigner au monde, dedans pour faire grandir l’Église ou derrière pour préserver des traces, l’artiste, par son art sera le prophète de son Dieu. Il sera prophète, « porte-parole », comme chaque chrétien doit l’être, et l’art sera alors un merveilleux reflet de l’Espérance que nous accueillons sans cesse et qui se renouvelle sans cesse.

Bruno LEROY.

L’expérience de la prière de Adrienne von Speyr (1902-1967)

13 septembre, 2007

je mets ce reportage sur Adrienne von Spyre parce que, j’ai trouvé, aujourd’hui, en article sur ce personnage sur le journal « Avvenire » et alors je ai pensé de mettre quelque réflexion ancre sur le Blog français pour la richesse spirituelle de sa vie contemplative;

http://www.spiritualite2000.com/Archives/meditation/meditation_novembre2001.htm

L’expérience de la prière
de Adrienne von Speyr (1902-1967)

Née à La Chaux-de-Fonds (Suisse). Fille d’un médecin protestant. Médecin elle-même, mariée , mère de famille, elle se convertit au catholicisme en 1940, suite à sa rencontre avec le père Hans, Urs von Balthasar. Avec la collaboration de ce dernier, pendant vingt-sept ans, elle fonde un institut séculier et publie une ouvre théologique considérable (environ soixante volumes) d’une grande richesse spirituelle et biblique. Elle meurt à Bâle en 1967.8 (+ 17 september 1967)

Quand sur la terre le Fils prie en contemplant le Père, il n’a besoin ni de chercher ses mots, ni de réfléchir à ce qu’il veut dire : ce lui est déjà donné. Pourtant, c’est bien comme Fils incarné qu’il se présente au Père, comme l’envoyé du Père, celui que le Père aime et qui aime le Père. Il doit en être ainsi puisque le Fils se présente en même temps comme le Fils unique du Père. Lui, le Fils éternel, et lui, le Fils incarné parmi nous, il est la même personne. Il ne veut souffrir aucune distance entre les deux : il est l’Un. Cette unité, il la tire de celle qu’il a au sein de la Trinité : de ce qu’il représente Dieu. Mais il la tire également de ce qu’il représente les hommes : il est Un de par son unité avec les hommes.

Chacune de ses prières est dite au Père avec nous. Même quand nous ne l’entendons pas, quand nous n’en avons aucune idée, elle s’adresse à Dieu en notre nom, renferme ce qui fécondera la nôtre, ne peut se réduire à une prière isolée, privée. Les limites qu’il a assumées en tant qu’homme, et qui concerne son temps et son espace, sont un avec l’illimité de sa divinité. Comme Dieu, il est la source de l’illimité; comme homme, la source de la limitation; en tant que source, il unit en lui l’un et l’autre. Les limites que nous connaissons et sur lesquelles nous achoppons partout dans notre être, participent en lui à l’infini et ont, dans sa prière -et à travers lui dans la nôtre-, accès au Dieu infini. Nous sommes comme des invités à une fête à laquelle nous pensons ne rien comprendre, la fête se passe entre les trois Personnes divines; or entre les trois Personnes divines revient toujours à dire à l’intérieur de la divinité une, unique.

Lorsque nous conversons avec d’autres hommes, beaucoup de nos paroles disent notre intention d’aider, de conseiller. Mais souvent les paroles restent sans effet. Il arrive toutefois que notre interlocuteur, après un certain laps de temps, suive notre conseil et nous en remercie. Dans ce cas, notre parole a porté, elle l’a empoigné . Il l’a gardée en lui et elle l’a changé, elle a déclenché quelque chose. Bien d’autres paroles sont perdues sans que nous puissions d’avance en calculer la perte – ou, comme nous venons de le dire, l’effet. Quand une parole porte, cela paraît être un accident, Nous y sommes, au fond, si peu habitués que nous nous étonnons chaque fois qu’une parole produit son effet.

Entre Dieu le père et Dieu le Fils, aucune parole ne se perd. L’effet que produit une parole du Fils sur son Père est toujours clair ; l’effet d’une parole du Père sur le Fils l’est tout autant. Or, à cette efficacité de la parole, le Fils nous invite à participer. Il ne réitère pas cette invitation à chacune des prières qu’il fait, à chacun des instants où il contemple le Père, à chacune des pensées qu’il a pour son Père, à chacune des réponses qu’il lui donne; une fois pour toutes il nous l’adresse. Aussi corrélativement sommes-nous une fois pour toutes dans sa prière, non en nous y plaçant, mais en raison de la plénitude de sa grâce. Cette grâce s’attache à chacune de ses prières, elle englobe toute parole qu’il profère.

De sa part, il s’agit d’une invitation sans artifice, dans laquelle il ne cache aucune exception : c’est pour tous, en effet, qu’il est venu dans le monde, et tout homme, croyant ou non, pourrait, s’il consultait l’écriture, affirmer : je suis concerné. Ce ne serait là présomption ni de la part du Juif ni de la part du Gentil. Dans l’espace qu’ouvre cette invitation, se situent toute conversion, toute orientation vers le Fils, tout retour à la maison du Père, pour le plus éloigné aussi bien que pour le plus proche déjà à l’abri dans l’église. Au cours des siècles cet espace ne perd rien de son actualité. Aussi, pouvons-nous, avec un regard toujours neuf, contempler le Fils en prière pour nous remettre à sa prière, nous confier à sa parole, marcher sous son regard sur le chemin qui mène au Père, accueillir, comme ses invités, le don de son dialogue au sein de la Trinité et nous en nourrir comme du fruit qu’il nous partage, que nous le recevions tout simplement comme prière ou comme Eucharistie. Une Eucharistie qui ne serait pas participation au dialogue du Père et du Fils dans l’Esprit n’en serait pas une. Car dans le corps eucharistique du Seigneur est incluse la signification de son corps terrestre, qui est d’être présent devant le Père, de converser avec lui, de le connaître par l’Esprit -Saint. Ces trois choses font un dans le Fils et constituent pour nous aujourd’hui la vie chrétienne. église, sacrements, prière, tout est déjà dans le Fils, participant de sa prière, pleinement accompli.

Adrienne von Speyr. L’expérience de la prière, préface de H.U. von Balthasar, Editions Lethielleux, Paris, 1978.

Éloge de l’ordinaire

5 septembre, 2007

du site: 

http://www.spiritualite2000.com/page.php?idpage=1543

Éloge de l’ordinaire

Caroline Pinet

 

Entre eux deux fume le café. Autour d’eux dans la cuisine, fusent les cris des enfants qui se poursuivent. Imperturbables, ils boivent leur café avec un calme étonnant ! C’est leur rendez-vous yeux dans les yeux. Rien ne saurait les en distraire… Les tâches du quotidien ne s’y prêtent pourtant pas. Il leur faut arracher ce rendez-vous sacré comme un temps de prière que l’on réserve à Dieu. La relation conjugale ressemble étrangement à celle que l’on vit avec Dieu. Il faut y consacrer du temps quotidiennement. On conseille souvent aux couples de se réserver du temps ensemble. Reviennent en exemple les sorties au restaurant, la fin de semaine passée sans les enfants ou mieux, le voyage annuel réservé au couple. Cela laisse dubitatif. Non pas que ce soit de mauvais conseils en soi. Mais c’est nettement insuffisant pour nourrir sa vie matrimoniale ! Réserverions-nous nos rencontres avec Dieu uniquement à la messe dominicale, ou à la visite exceptionnelle d’une abbaye, ou encore à une retraite annuelle au monastère ? Notre relation à Dieu a besoin de plus que de rencontres extraordinaires. Il nous faut la nourrir essentiellement de l’ordinaire de nos jours. C’est la nourriture privilégiée de Dieu. Se réveiller en Lui offrant notre journée. Réciter un Notre Père en pensant à un ami malade. Demander sa lumière avant un coup de fil important. Le remercier pour la vie qui bat dans nos bras en tenant notre enfant. Le soir, s’endormir en Lui confiant nos soucis. Il nous faut parfois beaucoup de discipline pour Lui réserver du temps à travers nos occupations. Et souvent, la concentration n’y est pas. Pourtant, nous sommes là. Et Dieu aussi. Il se plaît à se revêtir d’ordinaire. Il en est de même pour la relation entre les époux. Leur amour se tisse en filigrane dans la trame du quotidien. Le baiser au saut du lit. Le petit coup de fil en mi-journée à partir du travail. La contemplation le temps d’un café. L’étreinte en se retrouvant le soir sur le pas de la porte. Des fils qui s’entrelacent d’ordinaire ! Mais sans tous ces petits gestes banals, fidèles et répétés, l’amour conjugal aura peine à prendre de l’étoffe.

Lorette : Près de 350 000 jeunes attendus, mobilisation des familles

22 août, 2007

du site: 

http://www.zenit.org/article-15985?l=french

Lorette : Près de 350 000 jeunes attendus, mobilisation des familles

Pour la rencontre avec Benoît XVI

ROME, Mardi 21 août 2007 (ZENIT.org) –

Les familles de Lorette s’apprêtent à accueillir des milliers de jeunes les 1er et 2 septembre pour la rencontre avec Benoît XVI au sanctuaire de la Sainte Maison de la Vierge Marie. « Un grand événement requiert une énorme préparation qui retombe en particulier sur les épaules de chacun », a souligné le président de la conférence des évêques d’Italie (CEI), Mgr Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes.

Mgr Bagnasco a salué, hier, les volontaires de l’accueil des participants de l’Agora des jeunes, les 1er et 2 septembre.

« Les jeunes, a dit l’archevêque, sont un talent et non un problème à résoudre ».

Mgr Bagnasco a exprimé que le voeu que les paroles du pape marquent profondément leur vie. Le président de la CEI a en effet rencontré, le chef du département de la Protection civile Bertolaso, et les autorités locales, et il a ensuite visité l’esplanade de Montorso où se déroulera la veillée avec Benoît XVI.

A cette occasion, Lorette s’apprête à accueillir environ 350 000 jeunes de toute l’Italie.

Le responsable des journées d’accueil précédant la rencontre avec Benoît XVI, Giorgio Minella, a confié à Radio Vatican : « Aux familles nous ne pouvions pas demander plus de générosité que celle qu’elles ont manifesté. Toutes, sans exception, ont ouvert leur maison sans rien demander aux jeunes et elles se sont déclarées disponibles auprès de la paroisse pour organiser la fête d’accueil, le 29 août. Elles ont dit également, dans certains cas, leur disponibilité à accompagner les jeunes lors des rencontres communes. Les familles et les paroisses ont manifesté un esprit d’accueil difficile à trouver, surtout en ces temps où l’on a peur de la délinquance ».

Les familles, disait-il, ont dû surmonter « les peurs initiales, le sentiment d’être inadéquat pour ce grand nombre de personnes ». Il est spectaculaire de voir comment dans ces cas-là la foi (…) est aussi un élément d’union dans les moments de difficulté. Le fait de savoir que nous nous trouvons tous ici pour une expérience d’Eglise aplanit les difficultés ».

« Cette expérience nous enseigne un peu à tous que l’Eglise est vraiment une grande famille qui reconnaît en Dieu son Père. C’est aussi ce que nous demande le Seigneur : témoigner de la foi par l’hospitalité, un accueil gratuit ».

Pour ce qui est de la visite de Mgr Bagnasco, il ajoutait: « L’Eglise ne nous laisse pas seuls. La figure de l’archevêque Bagnasco nous rappelle qu’il n’y a pas seulement le travail de « l’Agora », mais que c’est une expérience de foi et que l’Eglise italienne est proche de nous ».

Il concluait : « Je souhaite que chaque jeune trouve dans cette expérience sa dimension et aussi le motif de sa croissance sur le chemin de la foi ».

Les pierres de la maison de Lorette, abritée par la grande basilique, viendraient, selon la tradition, de la maison de la Vierge à Nazareth : elles auraient été emportées par les croisés. La basilique de l’Annonciation de Nazareth abrite la grotte de l’annonciation sur laquelle s’appuyaient les trois murs de la maison. La trace archéologique des murs manquants est visible. La faille des pierres et les graffitis attestent la provenance des pierres ainsi que différents détails de la reconstruction des murs de Lorette.

Le vêtement dans la liturgie

17 août, 2007

du site:

http://www.inxl6.org/article515.php

Voici le premier volet du dossier consacré à la liturgie

Le vêtement dans la liturgie

Il arrive que, dans les célébrations eucharistiques, les personnes qui proclament les lectures, donnent la communion, animent l’assemblée, soient vêtues d’une manière qui n’est pas en harmonie avec la liturgie (par exemple short, mini-jupe, chemise largement ouverte). Il ne s’agit pas là seulement d’une affaire de bonne tenue. Ce qui est en jeu, c’est le symbolisme du vêtement dans la vie humaine et dans la liturgie.

+ Mgr Raymond Bouchex
04/08/2007

Dans la vie humaine, le vêtement tient une place de premier plan. Il est la caractéristique de l’être humain. Les animaux ne s’habillent pas. Le vêtement est fait pour protéger du froid, des intempéries, de la chaleur (les habitants des pays très chauds utilisent des vêtement longs et amples pour se protéger du soleil). Outre ce rôle utilitaire, le vêtement est un signe de l’honneur et du respect que l’homme et la femme se portent à eux-mêmes et qu’ils portent aux autres. On fait honneur à quelqu’un en revêtant des habits soignés pour le rencontrer. Dénuder de force quelqu’un en public c’est porter atteinte à sa dignité. Les déportés sont revêtus de tenues dégradantes. Si Adam et Eve, remarquant qu’ils sont nus après leur péché, se cachent de Dieu, ce n’est pas d’abord par pudeur,- Dieu n’est pas gêné par leur nudité-, mais parce qu’ils ont brutalement conscience d’avoir perdu leur dignité de créatures. En les habillant d’une tunique de peaux, Dieu leur rend dès cet instant leur dignité.

Dans toutes les sociétés, le vêtement est un signe d’appartenance à un groupe social, une manière d’affirmer son identité, de se faire reconnaître, de manifester sa place et son rôle dans la société : homme ou femme, policiers, gendarmes, militaires, magistrats, membres du barreau, sportifs de telle spécialité ou de telle nationalité, etc. Tel est le sens des signes que doivent porter les prêtres, les religieux et religieuses. Les jeunes affirment leur originalité par leurs tenues. Des adultes, pour paraître jeunes, les imitent. La multiplication des tenues uni-sexes nivelle la population et favorise l’anonymat. Le vêtement marque l’appartenance, non seulement à une catégorie de population, mais aussi à une époque donnée. Etre à la mode est une manière d’être de son temps. Personne n’aime avoir des vêtements démodés. Le vêtement marque aussi dans le temps certains moments privilégiés. On parlait autrefois des habits du dimanche. On parle encore de la robe de mariée, des vêtements de deuil, des habits de fête, des déguisements du carnaval. On achète très cher des vêtements portés par des vedettes. On admire les costumes portés par de grands artistes, comme c’est le cas à la Maison Jean Vilar à Avignon.

Le vêtement ne fait pas que manifester une identité et un temps donnés. Il crée cette identité et ce temps. Contrairement à ce que dit le proverbe, l’habit contribue à faire le moine. La tenue crée un état d’esprit commun chez ceux qui la portent. Tous les rites d’initiation religieuse ou ésotérique comportent des prises d’habit. L’ordination diaconale ou sacerdotale comporte la vêture. Le vêtement est un élément éminemment personnel. Les enfants plus petits n’aiment pas porter toujours les vêtements des plus grands. Porter les vêtements donnés par d’autres est ressenti comme une non-reconnaissance de sa personne.

Le vêtement est comme un prolongement du corps, une manifestation sociale du corps. Il crée chez celui qui le porte et chez celui qui le voit un comportement donné. Selon que le vêtement fait ressortir tel ou tel aspect du corps, il modifie celui qui le porte comme celui qui le voit. Les danseurs et les danseuses de l’opéra ou les patineurs et patineuses artistiques manifestent par leurs habits la beauté presque aérienne du corps. Les habits des prostituées ou des travestis mettent en valeur son aspect charnel. Il n’est pas de fête humaine, joyeuse ou douloureuse, sans le vêtement. Par lui s’expriment le plaisir et le bonheur d’être ensemble ou la douleur partagée. Il crée la fête et les sentiments qui y correspondent. Il aide à faire le travail de deuil. Est-il possible d’imaginer une fête nationale, une compétition sportive, un deuil national, sans que les vêtements manifestent l’événement et créent les sentiments adaptés’ Ils font de toute fête une sorte de célébration.

Voilà pourquoi, du plus profond des âges, toute célébration religieuse a partie liée avec le vêtement. Il n’est aucune religion qui n’accorde une grande place au vêtement. Pour ne retenir que ce qui nous concerne directement, les Ecritures de l’Ancien Testament décrivent avec précision les vêtements du Grand Prêtre, des prêtres, des lévites. Les vêtements sales sont le symbole d’une vie séparée de Dieu et les vêtements de fête d’une vie réinsérée dans l’Alliance avec Dieu et purifiée de tout péché(cf. Za 3, 3-5 ; Ez 16, 9-14).

Le vêtement en dit long sur l’identité de Jésus et sa mission. A sa naissance, Jésus est emmailloté de langes, montrant qu’il est un bébé au milieu des bébés de son peuple. Il porte la longue robe bordée de franges, qui l’identifie comme fils du peuple d’Israël et rabbi (Lc 8, 44). A la transfiguration, ses vêtements resplendissants manifestent sa gloire de Fils bien-aimé du Père. Au calvaire, il est dénudé totalement comme tous les crucifiés. Les soldats partagent ses vêtements, le dépouillant de ce qui lui est le plus personnel. Ils tirent au sort sa tunique sans couture, ne lui laissant que son corps torturé. Il est mis au tombeau, entouré du linceul et du suaire attestant la réalité de sa mort. Dans l’Apocalypse le Christ se présente à Jean comme « un fils d’homme, vêtu d’une longue tunique, une ceinture d’or lui serrant la poitrine » (Ap 1, 13 ; cf. aussi 19, 11-16).

Sa résurrection est annoncée par des messagers dont le vêtement blanc atteste qu’ils viennent de la part de Dieu. Le père demande que le fils prodigue soit immédiatement revêtu du vêtement de fils de la maison (Lc 15). Pour entrer au banquet du Royaume, il faut la robe nuptiale. Les martyrs et les saints de l’Apocalypse sont vêtus de robes blanches. L’espérance de Paul est de se dévêtir du vêtement de la vie charnelle pour revêtir le vêtement de la vie éternelle. La vie du chrétien est dépouillement du vieil homme et revêtement de l’homme nouveau. Finalement la vie chrétienne consiste à revêtir le Christ lui-même, comme cela est manifesté par le vêtement blanc du nouveau baptisé.

II va dès lors de soi que les évêques et les prêtres, premiers ministres de la liturgie eucharistique, soient revêtus des vêtements longs et amples de l’aube et de la chasuble, manifestant qu’ils tiennent la place du Christ, seul Grand-Prêtre de la liturgie chrétienne. Les diacres quant à eux revêtent l’aube et la dalmatique, vêtement du serviteur. Ces vêtements veulent harmoniser la liturgie de la terre à la beauté de la liturgie du ciel. Plus encore, ils mettent l’homme tout entier, âme et corps, intérieur et extérieur, au service du Christ crucifié et glorieux, unique Président de la liturgie et unique serviteur. Y a-t-il plus beau témoignage au sens du vêtement liturgique que l’ingéniosité avec laquelle des déportés de Dachau ont fabriqué, avec leurs moyens pauvres et en se cachant de leurs gardiens, les vêtements épiscopaux de Monseigneur Piguet pour l’ordination dans le camp d’un jeune prêtre allemand’

Cette importance du vêtement vaut aussi pour ceux et celles qui assurent un office particulier dans la liturgie: les servants d’autel qui sont heureux de porter l’aube; le lecteur ou la lectrice; celui ou celle qui donne la communion quand cela est nécessaire; celui ou celle qui anime l’assemblée, ce qui est un vrai service liturgique ; et traditionnellement les membres du choeur de chant ou de la maîtrise. En attendant que soient trouvés des vêtements liturgiques pour ceux qui sont chargés de tels services dans l’assemblée, il est nécessaire qu’ils portent des vêtements corrects et dignes, manifestant que la Parole proclamée est la Parole de Dieu, que l’Eucharistie est le sacrement du Corps du Christ, que l’assemblée est le Corps ecclésial du Christ.

Loin de gêner la participation de l’assemblée, les vêtements favorisent l’écoute de la Parole et la réception du Corps du Christ. Ils invitent ceux qui les portent à préparer et à accomplir leur service avec une attitude intérieure accordée à la fonction qu’ils assurent. Il faut donc proscrire la pratique qui consiste à dire au moment des lectures: « Est-ce que quelqu’un veut venir lire la première lecture’ », ou au moment de la communion: « Je demande un volontaire pour venir donner la communion avec moi ». Cette façon de faire aboutit parfois à des résultats catastrophiques. Elle n’est en tout cas pas accordée à la grandeur du service de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie.

Mgr Raymond Bouchex est Archevêque émérite d’Avignon
Texte paru dans le Bulletin Religieux du Diocèse d’Avignon du 11 Mai 2002

Le chrétien n’est pas possessive, né du monde né de l’histoire

13 août, 2007

du site de la Radio Vaticana, (traduit per Babelfish et puis corrigé):

 

http://www.radiovaticana.org/it1/Articolo.asp?c=149480

13/08/2007 14.00.23

Le chrétien n’est pas possessive, né du monde né de l’histoire : ainsi, le théologien père Rupnik commente l’Angélus de Benoît XVI hier à Castel Gandolfo.

Vivre avec le regard vers le haut, dépenser son existence en mode sage et prévoyant, en considérant attentivement les nôtre destine : il est les exoration tournée de le Pape aux fidèles, hier à l’Angélus à Castel Gandolfo. Benoît XVI s’est ainsi rappelé de que sur la terre « nous sommes seulement de passage » et devons donc nous préparer à rencontrer Jésus, avec une constante tension vers le ciel. Sur les mots de le Pape, Alexandre Gisotti a interviewé le théologien jésuite, le père Marko Ivan Rupnik :

R. – Elle me semble que le point de départ soit la vérité du chrétien, c’est-à-dire son identité. Nous recevons la vie dans le Baptême. Nous n’avons aucune autre vie si pas cette reçu du Baptême. Et dans le Baptême, nous recevons la vie qui est de Dieu. Donc, la vocation du chrétien est la communion avec Dieu et cette vie reçue de Dieu, qui est justement la communion. Même cette vie, en effet, nous ne la recevons pas individuellement, mais nous la recevons dans le sein de l’Église. Je pense que simplement considérer sérieusement l’identité du chrétien, sa vérité, il signifie savoir que nous avons la patrie dans la communion mystérieuse de un amour qu’il ne s’épuise jamais, que ne se scrute jamais jusqu’au bout et que nous ou vivons de cette source, ou nous ne vivons pas.

D. – la joie vraie ne dérive pas des biens matériels qui sont des biens illusoires : voilà, l’avertissement des Pontifie est particulièrement urgent aujourd’hui, dans une société – nous savons – ainsi pénétrée de tendances matérialiste et que parfois il tend à élever à style de vie le consumation.

R. – Nous n’arriverons jamais à vivre la plénitude de ce communion qui Dieu réserve et nous garde pour l’eschatologie, pour les temps accomplis et la fin du monde… nous n’y arriverons jamais si nous ne la vivons pas déjà aujourd’hui, dans notre dimension historique. Je pense que les choses possédées, ceci prendre les choses et les tenir pour si mêmes, ceci signifie vraiment faire mourir les choses. Les choses deviennent immédiatement des mortes, muettes, ne parlent pas plus, ne communiquent plus rien. Il suffit de penser nouveau au Baptême et à tous des Sacrement. Comme ils disent tant de Pères de l’Église, surtout les Pères syrien des orientaux, est dans les Sacrement qui la matière deviennent vraiment ainsi comme il est dans la volonté du Créateur.

D. – le Pape a rappelé à l’Angélus que les premiers chrétiens vivaient et on considérait des forestiers ici, sur la Terre, et vient aux menthes la Lettre à Diognète dans lequel des chrétiens on dit que « ils habitent le monde mais ils ne sont pas du monde ». Pourtant, celle-ci n’est pas une invitation à tourner les épaules aux souffrances du monde… Même hier le Saint Père, après l’Angélus, a lancé affligé appel pour les populations du Sud-est asiatique

frappez des terribles inondations de ces jours…

R. – Et vraiment celle-ci est vraiment l’attitude du chrétien. Ce désintéressement, dans un certain sens, que le chrétien a pour le monde, a à faire avec la question de la possession du monde. Le chrétien n’est pas possessif, né du monde né de l’histoire parce que l’histoire ne va pas selon ce qui pense le chrétien, parce que Christ même s’est manifesté à l’intérieur du tourment de l’histoire. Le chrétien ne possède, n’est pas possessif même pas dans les relations. La vocation du chrétien est – comme il dit San Paul – « vivre les choses comme si pas », les qu’il ne veut pas dire laisser perdre choses mais veut dire de toute façon savoir que le dernier mot est des Seigneur. Il ne faut pas avoir une attitude agressive même vers l’histoire, comme si nous savions comme il serait beau si l’histoire allait dans un sens que nous voulons et ainsi nous nous forçons qu’il doit aller ainsi : celui-ci n’est pas chrétien ! Parce que Christ même n’a pas fait ainsi ! Toutefois, à l’intérieur de n’importe quel scénario historique, le chrétien trouve la situation idéale pour révéler ce qu’il est : communion avec Dieu et avec les hommes.

 

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