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CHAPELLE PAPALE POUR L’ORDINATION ÉPISCOPALE DE SIX NOUVEAUX ÉVÊQUES ET FÊTE DES TROIS ARCHANGES

29 septembre, 2016

https://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/homilies/2007/documents/hf_ben-xvi_hom_20070929_episc-ordinations.html

CHAPELLE PAPALE POUR L’ORDINATION ÉPISCOPALE DE SIX NOUVEAUX ÉVÊQUES ET FÊTE DES TROIS ARCHANGES

HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

Basilique Vaticane

Samedi 29 septembre 2007

Chers frères et sœurs,

Nous sommes rassemblés autour de l’autel du Seigneur en une circonstance dans le même temps solennelle et heureuse: l’ordination épiscopale de six nouveaux Evêques, appelés à exercer différentes tâches au service de l’unique Eglise du Christ. Il s’agit de Mgr Mieckzyslaw Mokrzycki, Mgr Francesco Brugnaro, Mgr Gianfranco Ravasi, Mgr Tommaso Caputo, Mgr Sergio Pagano, Mgr Vincenzo Di Mauro. J’adresse à tous mon salut cordial avec un baiser fraternel. Un salut particulier va à Mgr Mokrzycki qui, avec l’actuel Cardinal Stanislaw Dziwisz, a servi pendant de nombreuses années le Saint-Père Jean-Paul II comme secrétaire et qui ensuite, après mon élection comme Successeur de Pierre, a également été mon secrétaire avec une grande humilité, compétence et dévouement. Avec lui, je salue l’ami du Pape Jean-Paul II, le Cardinal Marian Jaworski, à qui Mgr Mokrzycki apportera son aide en tant que Coadjuteur. Je salue en outre les Evêques latins d’Ukraine, qui sont ici à Rome pour leur visite « ad limina Apostolorum ». Ma pensée va également aux Evêques grecs-catholiques – j’ai rencontré certains d’eux lundi dernier -, et à l’Eglise orthodoxe d’Ukraine. Je souhaite à tous les bénédictions du Ciel pour leurs efforts qui visent à garder active dans leur terre la force guérissante et corroborante de l’Evangile du Christ et à la transmettre aux futures générations.

Nous célébrons cette ordination épiscopale en la fête des trois Archanges qui sont mentionnés par leur nom dans l’Ecriture: Michel, Gabriel et Raphaël. Cela nous rappelle à l’esprit que dans l’antique Eglise – déjà dans l’Apocalypse – les Evêques étaient qualifiés d’ »anges » de leur Eglise, exprimant de cette façon un lien intime entre le ministère de l’Evêque et la mission de l’Ange. A partir de la tâche de l’Ange, on peut comprendre le service de l’Evêque. Mais qu’est-ce qu’un Ange? L’Ecriture Sainte et la Tradition de l’Eglise nous laissent entrevoir deux aspects. D’une part, l’Ange est une créature qui se trouve devant Dieu, orientée de tout son être vers Dieu. Les trois noms des Archanges finissent par le mot « El », qui signifie Dieu. Dieu est inscrit dans leurs noms, dans leur nature. Leur véritable nature est l’existence en vue de Lui et pour Lui. C’est précisément ainsi que s’explique également le deuxième aspect qui caractérise les Anges: ils sont les messagers de Dieu. Ils apportent Dieu aux hommes, ils ouvrent le ciel et ouvrent ainsi la terre. C’est précisément parce qu’ils sont auprès de Dieu, qu’ils peuvent être également très près de l’homme. En effet, Dieu est plus intime à chacun de nous que nous ne le sommes à nous-mêmes. Les Anges parlent à l’homme de ce qui constitue son être véritable, de ce qui dans sa vie est si souvent couvert et enseveli. Ils l’appellent à rentrer en lui-même, en le touchant de la part de Dieu. Dans ce sens également, nous qui sommes des êtres humains devrions toujours à nouveau devenir des anges les uns pour les autres – des anges qui nous détournent des voies de l’erreur et qui nous orientent toujours à nouveau vers Dieu. Si l’Eglise antique appelle les Evêques « anges » de leur Eglise, elle entend dire précisément cela: les Evêques eux-mêmes doivent être des hommes de Dieu, ils doivent vivre orientés vers Dieu. « Multum orat pro populo » – « Prie beaucoup pour le peuple », dit le Bréviaire de l’Eglise à propos des saints Evêques. L’Evêque doit être un orant, quelqu’un qui intercède pour les hommes auprès de Dieu. Plus il le fait, plus il comprend également les personnes qui lui sont confiées et il peut devenir un ange pour eux – un messager de Dieu, qui les aide à trouver leur véritable nature, elles-mêmes, et à vivre l’idée que Dieu a d’elles.

Tout cela devient encore plus clair si nous regardons à présent les figures des trois Archanges dont l’Eglise célèbre la fête aujourd’hui. Il y a tout d’abord Michel. Nous le rencontrons dans l’Ecriture Sainte, en particulier dans le Livre de Daniel, dans la Lettre de l’Apôtre saint Jude Thaddée et dans l’Apocalypse. Dans ces textes, on souligne deux fonctions de cet Archange. Il défend la cause de l’unicité de Dieu contre la présomption du dragon, du « serpent antique », comme le dit Jean. C’est la tentative incessante du serpent de faire croire aux hommes que Dieu doit disparaître, afin qu’ils puissent devenir grands; que Dieu fait obstacle à notre liberté et que nous devons donc nous débarrasser de Lui. Mais le dragon n’accuse pas seulement Dieu. L’Apocalypse l’appelle également « l’accusateur de nos frères, lui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu » (12, 10). Celui qui met Dieu de côté, ne rend pas l’homme plus grand, mais lui ôte sa dignité. L’homme devient alors un produit mal réussi de l’évolution. Celui qui accuse Dieu, accuse également l’homme. La foi en Dieu défend l’homme dans toutes ses faiblesses et ses manquements: la splendeur de Dieu resplendit sur chaque individu. La tâche de l’Evêque, en tant qu’homme de Dieu, est de faire place à Dieu dans le monde contre les négations et de défendre ainsi la grandeur de l’homme. Et que pourrait-on dire et penser de plus grand sur l’homme que le fait que Dieu lui-même s’est fait homme? L’autre fonction de Michel, selon l’Ecriture, est celle de protecteur du Peuple de Dieu (cf. Dn 10, 21; 12, 1). Chers amis, vous êtes vraiment les « anges gardiens » des Eglises qui vous seront confiées! Aidez le Peuple de Dieu, que vous devez précéder dans son pèlerinage, à trouver la joie dans la foi et à apprendre le discernement des esprits: à accueillir le bien et à refuser le mal, à rester et à devenir toujours plus, en vertu de l’espérance de la foi, des personnes qui aiment en communion avec le Dieu-Amour.
Nous rencontrons l’Archange Gabriel, en particulier dans le précieux récit de l’annonce à Marie de l’incarnation de Dieu, comme nous le rapporte saint Luc (1, 26-39). Gabriel est le messager de l’incarnation de Dieu. Il frappe à la porte de Marie et, par son intermédiaire, Dieu demande à Marie son « oui » à la proposition de devenir la Mère du Rédempteur: de donner sa chair humaine au Verbe éternel de Dieu, au Fils de Dieu. Le Seigneur frappe à plusieurs reprises à la porte du cœur humain. Dans l’Apocalypse, il dit à l’ »ange » de l’Eglise de Laodicée et, à travers lui, aux hommes de tous les temps: « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (3, 20). Le Seigneur se trouve à la porte – à la porte du monde et à la porte de chaque cœur en particulier. Il frappe pour qu’on le laisse entrer: l’incarnation de Dieu, son devenir chair doit continuer jusqu’à la fin des temps. Tous doivent être réunis dans le Christ en un seul corps: c’est ce que nous disent les grands hymnes sur le Christ dans la Lettre aux Ephésiens et dans celle aux Colossiens. Le Christ frappe. Aujourd’hui aussi, Il a besoin de personnes qui, pour ainsi dire, mettent à sa disposition leur propre chair, qui lui donnent la matière du monde et de leur vie, servant ainsi à l’unification entre Dieu et le monde, à la réconciliation de l’univers. Chers amis, votre tâche est de frapper au nom du Christ aux cœurs des hommes. En entrant vous-mêmes en union avec le Christ, vous pourrez également assumer la fonction de Gabriel: apporter l’appel du Christ aux hommes.
Saint Raphaël nous est présenté, en particulier dans le livre de Tobie, comme l’Ange auquel est confiée la tâche de guérir. Lorsque Jésus envoie ses disciples en mission, la tâche de l’annonce de l’Evangile s’accompagne également toujours de celle de guérir. Le Bon Samaritain, en accueillant et en guérissant la personne blessée qui gît au bord de la route, devient sans paroles un témoin de l’amour de Dieu. Cet homme blessé, qui a besoin d’être guéri, c’est chacun de nous. Annoncer l’Evangile signifie déjà en soi guérir, car l’homme a surtout besoin de la vérité et de l’amour. Dans le Livre de Tobie, on rapporte deux tâches emblématiques de guérison de l’Archange Raphaël. Il guérit la communion perturbée entre l’homme et la femme. Il guérit leur amour. Il chasse les démons qui, toujours à nouveau, déchirent et détruisent leur amour. Il purifie l’atmosphère entre les deux et leur donne la capacité de s’accueillir mutuellement pour toujours. Dans le récit de Tobie, cette guérison est rapportée à travers des images légendaires. Dans le Nouveau Testament, l’ordre du mariage, établi dans la création et menacé de multiples manières par le péché, est guéri par le fait que le Christ l’accueille dans son amour rédempteur. Il fait du mariage un sacrement: son amour, qui est monté pour nous sur la croix, est la force qui guérit et qui, au sein de toutes les confusions, donne la capacité de la réconciliation, purifie l’atmosphère et guérit les blessures. La tâche de conduire les hommes toujours à nouveau vers la force réconciliatrice de l’amour du Christ est confiée au prêtre. Il doit être « l’ange » qui guérit et qui les aide à ancrer leur amour au sacrement et à le vivre avec un engagement toujours renouvelé à partir de celui-ci. En deuxième lieu, le Livre de Tobie parle de la guérison des yeux aveugles. Nous savons tous combien nous sommes aujourd’hui menacés par la cécité à l’égard de Dieu. Comme le danger est grand que, face à tout ce que nous savons sur les choses matérielles et que nous sommes en mesure de faire avec celles-ci, nous devenions aveugles à la lumière de Dieu! Guérir cette cécité à travers le message de la foi et le témoignage de l’amour, est le service de Raphaël confié jour après jour au prêtre et, de manière particulière, à l’Evêque. Ainsi, nous sommes spontanément portés à penser également au sacrement de la Réconciliation, au Sacrement de la Pénitence qui, au sens le plus profond du terme, est un sacrement de guérison. En effet, la véritable blessure de l’âme, le motif de toutes nos autres blessures, est le péché. Et ce n’est que s’il existe un pardon en vertu de la puissance de Dieu, en vertu de la puissance de l’amour du Christ, que nous pouvons être guéris, que nous pouvons être rachetés.
« Demeurez dans mon amour », nous dit aujourd’hui le Seigneur dans l’Evangile (Jn 15, 9). A l’heure de l’ordination épiscopale, il vous le dit à vous de manière particulière, chers amis! Demeurez dans cette amitié avec Lui, pleine de l’amour qu’en cette heure, Il vous donne à nouveau! Alors, votre vie portera du fruit – un fruit qui demeure (Jn 15, 16). Chers frères, afin que cela vous soit donné, prions tous pour vous en cette heure. Amen.

ORIGINE ET NATURE DES ANGES

25 juillet, 2016

http://www.info-bible.org/articles/anges.htm#2. ORIGINE ET NATURE DES ANGES

ORIGINE ET NATURE DES ANGES

Dieu a donné aux anges plus de connaissance, de puissance et de mobilité qu’à nous. Les anges sont des messagers de Dieu dont la tâche principale est de transmettre ses ordres au monde. Ils font fonction d’ambassadeurs. Leur gloire dans le ciel est intimement liée à celle du Père et du Fils (Luc 9.26).

2.1 Les anges ne sont pas des hommes L’homme, en vertu de sa création, est inférieur aux anges (Héb. 2.7) mais, sur la base de la rédemption, l’homme racheté devient supérieur aux anges puisque c’est lui qui jugera les anges déchus (1 Cor 6.3), qui règnera avec Christ sur le monde à venir (Héb 2.5 ; 2 Tim 2.12) et qui sera, pendant l’éternité, dans une proximité telle que les anges de Dieu ne sauraient la connaître (Apoc 3.21).

2.1.1 Les anges n’ont jamais péché Les anges, n’ayant jamais fait le mal, ne peuvent comprendre pleinement ce que signifie la libération du péché ni les sentiments d’amour reconnaissant éprouvés pour Jésus par un homme ayant trouvé dans la mort et la résurrection de Christ la paix, le pardon, la vie éternelle.

2.1.2 Les anges ne connaissent pas Dieu comme leur Père Hébreux 1.5 : « Auquel des anges Dieu a-t-il jamais dit : ‘Moi, je lui serai pour père, et lui me sera pour fils?’ » Dieu est le Père de toute créature, mais le terme de Père au sens plein est réservé par les Ecritures aux pécheurs rachetés. Le croyant a accés à des grâces inaccessibles aux anges : la joie du salut et la communion avec Dieu. Quand les anges voient un homme accepter le don de la vie éternelle de Dieu par Jésus Christ, ils font carillonner toutes les cloches du ciel en chantant leur allégresse devant l’Agneau de Dieu.

2.1.3 Les anges sont incorporels Intrinsèquememt, ils ne possèdent pas de corps physique ; ils sont appelés des « esprits » (Héb 1.7,14) ou des « vents » ou des « souffles », mais ils se manifestent souvent à l’homme sous une forme corporelle. La Bible ne parle pas de la nécessité pour les anges de manger pour se maintenir en vie. Elle dit pourtant qu’à certaines occasions les anges, sous forme humaine, ont mangé de la nourriture (Gen 18.1-5 et Gen 19.3). Les murs ou les portes de prisons ne les arrêtent pas (Act 12) ; ils peuvent se tenir au milieu des flammes sans brûler (Dan 3.25).

2.1.4 Les anges ne sont pas une race La Bible parle d’eux comme d’une armée (Ps 148.2) mais ni ils se marient, ni ne se reproduisent, ni ne meurent (Matt 22.30 ; Marc 12.25 ; Luc 20.34-36). En 1 Rois 22.19, les anges et les démons sont appelés ensemble « l’armée des cieux » et ils sont vus à la droite et à la gauche de Dieu.

2.2 Ils n’ont pas les attributs divins Il y a 4 attributs qui caractérisent la divinité. Le Père, le Fils et l’Esprit Saint possèdent pour eux-mêmes ces attributs. Il n’en est pas de même des anges.

2.2.1 L’éternité Plusieurs passages nous indiquent de façon précise que Jésus Christ a créé tout ce qui existe, les choses visibles et les choses invisibles (Jean 1.3 ; Col 1.16 ; Eph 6.12). Les anges ont donc un commencement, ce sont des êtres créés. Satan, décrit en Ezéchiel 28 sous les traits du roi de Tyr, est une créature (v. 15). Leur création est antérieure à la création du monde physique (Job 38.4-7).

2.2.2 L’omniscience  Ils ont plus de connaissance que l’homme… Les anges, ne l’oublions pas, suivent de très près tout ce qui se passe sur la terre. Leur connaissance des affaires de la planète dépasse celle des hommes. 2 Samuel 14.20 : « Mon seigneur est sage comme la sagesse d’un ange de Dieu, pour savoir tout ce qui se passe sur la terre. » Gabriel est capable d’expliquer à Daniel la vision qu’il avait eue concernant les temps de la fin (Dan 8.16; 9.22). Même les anges déchus ont une connaissance bien plus grande que celle des croyants ; par exemple, ils savaient qui était Jésus bien avant que Pierre ne le confesse comme le Fils du Dieu vivant (comparer Marc 3.11 et Matt 16.15-17).  … mais pas l’omniscience : Matthieu 24.36 : personne ne connaît le jour où Dieu interviendra en jugement, pas même les anges de Dieu. 1 Pierre 1.11,12 : ils cherchent à apprendre quelque chose des merveilles du salut. Il est certain que les anges savent beaucoup de choses inconnues aux hommes mais, comme toutes les créatures, ils sont limités, ils n’ont pas la pleine connaissance de tout.

2.2.3 L’omnipotence  Ils sont plus puissants que les hommes… Paul parle des anges et de la puissance de Dieu (2 Th 1.7) et Pierre nous dit qu’ils sont supérieurs aux hommes en force et en puissance (2 Pi 2.11). Le mot grec utilisé dans ce texte est celui dont nous avons tiré le nom d’un explosif : la dynamite. En quelque sorte, les anges sont la dynamite de Dieu. Un seul ange extermina tous les hommes forts et vaillants de l’armée de Syrie, assemblée contre Ezéchias (2 Chr 32.21). Un seul ferma la gueule des lions au temps de Daniel (Dan 6.22). Un ange roule la pierre du sépulcre de Jésus sans difficulté (Matt 28.2). Un ange ouvre les portes des prisons et libère les apôtres (Act 5.19) et Pierre (Act 12.7). Un seul ange prendra Satan et l’enfermera dans l’abîme (Apoc 20.2).  … mais pas omnipotents : Ni Michel (Jude 1.9), ni Satan (Job 1.12 ; 2.6) n’ont une puissance illimitée. Le chef de Perse résiste 21 jours à l’envoyé de Dieu qui doit être aidé par Michaël (Dan 10.13). En Apocalypse 12, il y a un combat entre les bons et les mauvais anges.

2.2.4 L’omniprésence  Ils sont plus rapides que les hommes… Ils parcourent la terre et s’y promènent (Job 1.7 ; Zach 1.11 ; 1 Pi 5.8) passant d’un endroit à un autre (Dan 9.21-23). Ils sont capables, semble-t-il, de changer leur aspect extérieur et de faire la navette en un clin d’oeil entre la gloire du ciel et la terre. Les anges volent avec rapidité (Dan 9.21).  … mais non omniprésents : Aucun ange ne peut être dans plus d’un endroit à la fois : Satan est obligé de parcourir la terre (Job 1.7; 2.2) ; il rôde, cherchant qui il pourra dévorer (1 Pi 5.8) ; les anges aussi parcourent la terre (Zach 1.11).

2.3 Conclusion Nous n’avons jamais le droit d’adorer un ange ; ce serait adorer la créature au lieu du Créateur (Rom 1.24-25). Nous ne prions pas les anges. Nous ne devons pas nous engager dans un culte volontaire à leur égard (Col 1.23).

LES ARCHANGES GABRIEL, MICHAËL ET RAPHAËL – 29 SEPTEMBRE

28 septembre, 2015

http://www.bible-service.net/extranet/current/pages/1537.html

LES ARCHANGES GABRIEL, MICHAËL ET RAPHAËL – 29 SEPTEMBRE

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Que peut-on dire de ces trois archanges ?
Si on demande à un chrétien le nom d’un ange, il cite spontanément Gabriel en premier. Celui-ci a l’avantage d’être plus connu parce qu’il apparaît dans un Évangile, et qu’il est associé aux très populaires récits de l’enfance de Jésus. Il est loin cependant d’être celui que l’Écriture nomme le plus souvent et celui sur lequel elle nous fournit le plus d’informations.

Michaël ou Michel
Dans l’Ancien Testament le nom de Michaël,ou Michel, n’apparaît que dans le Livre de Daniel. Michel signifie « Qui est comme Dieu ? » La finale du mot, que l’on retrouve dans beaucoup de noms bibliques, est le nom de la divinité « El ». Il est bon de se souvenir que nous en gardons une trace dans le nom d’Allah.

On sait par ailleurs que le nom biblique exprime la personne et sa fonction dans la vie. Michel ne fait pas exception. Dans la première mention qui en est faite, en Daniel 10,13, il est présenté comme « l’un des princes de premier rang ». Un peu plus loin dans le même passage, au verset 21, l’homme mystérieux qui parle à Daniel l’appelle « votre Prince ». Comme il s’agit d’une révélation divine, on comprend que Michel est Prince de premier rang à la cour de Dieu – le langage du texte est oriental et royal – et aussi qu’il est le Prince particulier du peuple de Daniel, donc d’Israël. Au temps tragique des persécutions dont parle Daniel en termes codés, Michel symbolise la vraie et seule puissance capable de protéger le peuple de Dieu. Il prête « main forte contre  » les princes terrestres lorsque ceux-ci s’en prennent à ce peuple. Son nom, « Qui est comme Dieu ? », rappelle en lui-même le Dieu unique, fort et fidèle. I1 se tient, comme Dieu, auprès des fils de son peuple qui est aussi le peuple de Daniel (Dn 12,1).

Dans le Nouveau Testament
Deux passages du Nouveau Testament. reprennent la figure de Michel. L’Apocalypse parle de lui à propos d’un combat dans le ciel. Comme dans le livre de Daniel, ce combat reflète les événements de la terre que l’on ne peut alors évoquer en termes clairs. « Michaël et ses anges combattirent contre le dragon » qui, bien sûr, n’eut pas le dessus et fut « précipité sur la terre » ( Ap 12, 7-8 ). Cette lutte a beaucoup inspiré les artistes chrétiens et l’on en voit un peu partout l’image rassurante. Un autre texte très peu connu, la lettre de Jude, précise que Michel est un archange et le cite en exemple pour son respect, même vis-à-vis du diable, parce qu’il laisse au Seigneur le soin de le juger ! (Jude 9)

Raphaël
Raphaël ne nous est connu que par le Livre de Tobit. Mais il joue un rôle majeur dans ce récit et son nom y est mentionné quatorze fois, sans parler des cas où il est appelé Azarias, un nom d’homme. Le mot Raphaël veut dire « Dieu guérit » et il résume toute l’histoire de Tobit. Raphaël est envoyé sur terre en réponse à la prière de deux fidèles du Seigneur injustement frappés par le malheur, en deux pays différents.

L’un des sept anges
Tobit est le type même du juste souffrant : il a toujours partagé son pain et tous ses biens avec les pauvres et pris des risques pour enterrer dignement les morts de son peuple en exil. Or il est devenu aveugle. Sara, elle, a été donnée sept fois en mariage et, chaque fois, l’homme est mort « avant même de s’être uni à elle ». Tobie et Sara sont l’objet de sarcasmes de la part de leur entourage et se sont tournés vers le Seigneur. Leur prière a été entendue « en présence de la gloire de Dieu, et Raphaël est envoyé comme signe qu’ils sont exaucés. Il s’offre pour accompagner Tobias, le fils unique de Tobit, dans un voyage en Médie. Il fait réussir ce voyage au-delà de toute espérance. Grâce à lui, la route est sûre, et le but très facilement atteint. Il transforme en remèdes le coeur, le foi et le fiel d’un poisson dangereux. Le coeur et le foie seront brûlés, et la fumée va chasser le démon qui tue les fiancés de Sara. Le fiel va servir pour guérir les yeux de Tobit. Raphaël récupère l’argent déposé par Tobit chez un frère de Médie. Tobias épouse Sara. Le retour se passe sans histoires. Comme dans un conte, tout finit bien. Au moment de recevoir son salaire, Raphaël dévoile son mystère: « Je suis Raphaël, l’un des sept anges qui se tiennent devant la gloire du Seigneur et pénètrent en sa présence ».
Le texte donne Raphaël pour « l’un des sept anges » admis devant la face de Dieu. La tradition et des textes apocryphes en font un archange. Dans la foi populaire, il est devenu le type de l’ange gardien qui guide, conseille, écarte les dangers, pare à tous les maux de la vie et veille au bonheur.

Gabriel
Il est nommé pour la première fois dans le livre du prophète Daniel, tout comme Michel. « Gabriel » se traduit par « homme de Dieu », ou  » Dieu s’est montré fort ». On le voit dans le rôle d’interprète en deux passages du livre de Daniel. Chaque fois, Daniel se trouve devant une énigme indéchiffrable. C’est d’abord la vision étrange d’un bélier et d’un bouc dont l’apparence et les évolutions défient le sens commun (Daniel 8). Daniel cherche à comprendre. Alors, dit-il, « se tient devant moi comme une apparence d’homme ». Une voix crie : « Gabriel, fais comprendre la vision à celui-ci !  » Et Gabriel explique ce qui doit arriver avant « le temps de la fin ».
La deuxième intervention de Gabriel est du même ordre. Daniel s’interroge désespérément sur une parole de Jérémie concernant les soixante-dix ans que doivent les ruines de Jérusalem et la servitude d’Israël (Jr 25, 11-12). Il prie, confessant son péché et celui du peuple, et suppliant en faveur de la « montagne sainte de Dieu ». De nouveau, Gabriel vient pour l’instruire. C’est la révélation des soixante-dix septénaires d’années qui vont s’écouler avant « la fin », une révélation avec une bonne part d’obscurité et qui a prêté à bien des suppositions.
Quand Gabriel parle de Gabriel dans l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste et de Jésus, il le présente davantage comme messager que comme interprète. C’est cette figure de messager que les chrétiens ont retenu. Mais Luc connaissait manifestement les textes de Daniel, et ce n’est pas par hasard qu’il a fait intervenir l’ange Gabriel dans son récit. La tradition l’avait depuis longtemps déjà rangé parmi les archanges et en avait fait l’un des sept « de premier rang ».

LES ARCHANGES MICHEL, GABRIEL ET RAPHAËL – BENEDICTO XVI

28 septembre, 2015

http://www.fr.josemariaescriva.info/article/les-archanges-michel-gabriel-et-raphael

TEXTES DE SAINT JOSÉMARIA ESCRIVA

LES ARCHANGES MICHEL, GABRIEL ET RAPHAËL

BENEDICTO XVI

Nous célébrons la fête des trois Archanges qui sont mentionnés par leur nom dans l’Ecriture: Michel, Gabriel et Raphaël. Mais qu’est-ce qu’un Ange? L’Écriture Sainte et la Tradition de l’Eglise nous laissent entrevoir deux aspects.
D’une part, l’Ange est une créature qui se trouve devant Dieu, orientée de tout son être vers Dieu. Les trois noms des Archanges finissent par le mot « El », qui signifie Dieu. Dieu est inscrit dans leurs noms, dans leur nature. Leur véritable nature est l’existence en vue de Lui et pour Lui. C’est précisément ainsi que s’explique également le deuxième aspect qui caractérise les Anges: ils sont les messagers de Dieu. Ils apportent Dieu aux hommes, ils ouvrent le ciel et ouvrent ainsi la terre. C’est précisément parce qu’ils sont auprès de Dieu, qu’ils peuvent être également très près de l’homme. En effet, Dieu est plus intime à chacun de nous que nous ne le sommes à nous-mêmes.
Les Anges parlent à l’homme de ce qui constitue son être véritable, de ce qui dans sa vie est si souvent couvert et enseveli. Ils l’appellent à rentrer en lui-même, en le touchant de la part de Dieu. Dans ce sens également, nous qui sommes des êtres humains devrions toujours à nouveau devenir des anges les uns pour les autres – des anges qui nous détournent des voies de l’erreur et qui nous orientent toujours à nouveau vers Dieu.
Si l’Eglise antique appelle les Evêques « anges » de leur Eglise, elle entend dire précisément cela: les Evêques eux-mêmes doivent être des hommes de Dieu, ils doivent vivre orientés vers Dieu. « Multum orat pro populo – « Prie beaucoup pour le peuple », dit le Bréviaire de l’Eglise à propos des saints Evêques. L’Evêque doit être un orant, quelqu’un qui intercède pour les hommes auprès de Dieu. Plus il le fait, plus il comprend également les personnes qui lui sont confiées et il peut devenir un ange pour eux – un messager de Dieu, qui les aide à trouver leur véritable nature, elles-mêmes, et à vivre l’idée que Dieu a d’elles.

Saint Michel : ouvrir un espace à Dieu dans le monde
Tout cela devient encore plus clair si nous regardons à présent les figures des trois Archanges dont l’Eglise célèbre la fête aujourd’hui. Il y a tout d’abord Michel. Nous le rencontrons dans l’Ecriture Sainte, en particulier dans le Livre de Daniel, dans la Lettre de l’Apôtre saint Jude Thaddée et dans l’Apocalypse. Dans ces textes, on souligne deux fonctions de cet Archange. Il défend la cause de l’unicité de Dieu contre la présomption du dragon, du « serpent antique », comme le dit Jean. C’est la tentative incessante du serpent de faire croire aux hommes que Dieu doit disparaître, afin qu’ils puissent devenir grands; que Dieu fait obstacle à notre liberté et que nous devons donc nous débarrasser de Lui.
Mais le dragon n’accuse pas seulement Dieu. L’Apocalypse l’appelle également « l’accusateur de nos frères, lui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu » (12, 10). Celui qui met Dieu de côté, ne rend pas l’homme plus grand, mais lui ôte sa dignité. L’homme devient alors un produit mal réussi de l’évolution. Celui qui accuse Dieu, accuse également l’homme. La foi en Dieu défend l’homme dans toutes ses faiblesses et ses manquements: la splendeur de Dieu resplendit sur chaque individu.
Le chrétien a la mission de faire place à Dieu dans le monde contre les négations et de défendre ainsi la grandeur de l’homme. Et que pourrait-on dire et penser de plus grand sur l’homme que le fait que Dieu lui-même s’est fait homme?
L’autre fonction de Michel, selon l’Ecriture, est celle de protecteur du Peuple de Dieu (cf. Dn 10, 21; 12, 1). Chers amis, vous êtes vraiment les « anges gardiens » des Eglises qui vous seront confiées! Aidez le Peuple de Dieu, que vous devez précéder dans son pèlerinage, à trouver la joie dans la foi et à apprendre le discernement des esprits: à accueillir le bien et à refuser le mal, à rester et à devenir toujours plus, en vertu de l’espérance de la foi, des personnes qui aiment en communion avec le Dieu-Amour.

Saint Gabriel: Dieu appelle
Nous rencontrons l’Archange Gabriel, en particulier dans le précieux récit de l’annonce à Marie de l’incarnation de Dieu, comme nous le rapporte saint Luc (1, 26-39). Gabriel est le messager de l’incarnation de Dieu. Il frappe à la porte de Marie et, par son intermédiaire, Dieu demande à Marie son « oui » à la proposition de devenir la Mère du Rédempteur: de donner sa chair humaine au Verbe éternel de Dieu, au Fils de Dieu.

Le Seigneur frappe à plusieurs reprises à la porte du cœur humain. Dans l’Apocalypse, il dit à l’ »ange » de l’Eglise de Laodicée et, à travers lui, aux hommes de tous les temps: « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (Ap 3, 20). Le Seigneur se trouve à la porte – à la porte du monde et à la porte de chaque cœur en particulier. Il frappe pour qu’on le laisse entrer: l’incarnation de Dieu, son devenir chair doit continuer jusqu’à la fin des temps.
Tous doivent être réunis dans le Christ en un seul corps: c’est ce que nous disent les grands hymnes sur le Christ dans la Lettre aux Ephésiens et dans celle aux Colossiens. Le Christ frappe. Aujourd’hui aussi, Il a besoin de personnes qui, pour ainsi dire, mettent à sa disposition leur propre chair, qui lui donnent la matière du monde et de leur vie, servant ainsi à l’unification entre Dieu et le monde, à la réconciliation de l’univers.
Chers amis, votre tâche est de frapper au nom du Christ aux cœurs des hommes. En entrant vous-mêmes en union avec le Christ, vous pourrez également assumer la fonction de Gabriel: apporter l’appel du Christ aux hommes.

Saint Raphaël : recouvrer la vue
Saint Raphaël nous est présenté, en particulier dans le livre de Tobie, comme l’Ange auquel est confiée la tâche de guérir. Lorsque Jésus envoie ses disciples en mission, la tâche de l’annonce de l’Evangile s’accompagne également toujours de celle de guérir. Le Bon Samaritain, en accueillant et en guérissant la personne blessée qui gît au bord de la route, devient sans paroles un témoin de l’amour de Dieu. Cet homme blessé, qui a besoin d’être guéri, c’est chacun de nous. Annoncer l’Evangile signifie déjà en soi guérir, car l’homme a surtout besoin de la vérité et de l’amour.

Dans le Livre de Tobie, on rapporte deux tâches emblématiques de guérison de l’Archange Raphaël. Il guérit la communion perturbée entre l’homme et la femme. Il guérit leur amour. Il chasse les démons qui, toujours à nouveau, déchirent et détruisent leur amour. Il purifie l’atmosphère entre les deux et leur donne la capacité de s’accueillir mutuellement pour toujours. Dans le récit de Tobie, cette guérison est rapportée à travers des images légendaires.
Dans le Nouveau Testament, l’ordre du mariage, établi dans la création et menacé de multiples manières par le péché, est guéri par le fait que le Christ l’accueille dans son amour rédempteur. Il fait du mariage un sacrement: son amour, qui est monté pour nous sur la croix, est la force qui guérit et qui, au sein de toutes les confusions, donne la capacité de la réconciliation, purifie l’atmosphère et guérit les blessures. La tâche de conduire les hommes toujours à nouveau vers la force réconciliatrice de l’amour du Christ est confiée au prêtre. Il doit être « l’ange » qui guérit et qui les aide à ancrer leur amour au sacrement et à le vivre avec un engagement toujours renouvelé à partir de celui-ci.
En deuxième lieu, le Livre de Tobie parle de la guérison des yeux aveugles. Nous savons tous combien nous sommes aujourd’hui menacés par la cécité à l’égard de Dieu. Comme le danger est grand que, face à tout ce que nous savons sur les choses matérielles et que nous sommes en mesure de faire avec celles-ci, nous devenions aveugles à la lumière de Dieu!
Guérir cette cécité à travers le message de la foi et le témoignage de l’amour, est le service de Raphaël confié jour après jour au prêtre et, de manière particulière, à l’Evêque. Ainsi, nous sommes spontanément portés à penser également au sacrement de la Réconciliation, au Sacrement de la Pénitence qui, au sens le plus profond du terme, est un sacrement de guérison. En effet, la véritable blessure de l’âme, le motif de toutes nos autres blessures, est le péché. Et ce n’est que s’il existe un pardon en vertu de la puissance de Dieu, en vertu de la puissance de l’amour du Christ, que nous pouvons être guéris, que nous pouvons être rachetés.
« Demeurez dans mon amour », nous dit aujourd’hui le Seigneur dans l’Evangile (Jn 15, 9). A l’heure de l’ordination épiscopale, il vous le dit à vous de manière particulière, chers amis! Demeurez dans cette amitié avec Lui, pleine de l’amour qu’en cette heure, Il vous donne à nouveau! Alors, votre vie portera du fruit – un fruit qui demeure (Jn 15, 16 )
Benoît XVI, extraits de l’homélie prononcée le 29 septembre 2007

PAPE BENOÎT XVI – FÊTE DES TROIS ARCHANGES (2007)- 29 septembre

30 septembre, 2014

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/homilies/2007/documents/hf_ben-xvi_hom_20070929_episc-ordinations_fr.html

CHAPELLE PAPALE POUR L’ORDINATION ÉPISCOPALE DE
SIX NOUVEAUX ÉVÊQUES

HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI – FÊTE DES TROIS ARCHANGES

Basilique Vaticane

Samedi 29 septembre 2007

Chers frères et sœurs,

Nous sommes rassemblés autour de l’autel du Seigneur en une circonstance dans le même temps solennelle et heureuse: l’ordination épiscopale de six nouveaux Evêques, appelés à exercer différentes tâches au service de l’unique Eglise du Christ. Il s’agit de Mgr Mieckzyslaw Mokrzycki, Mgr Francesco Brugnaro, Mgr Gianfranco Ravasi, Mgr Tommaso Caputo, Mgr Sergio Pagano, Mgr Vincenzo Di Mauro. J’adresse à tous mon salut cordial avec un baiser fraternel. Un salut particulier va à Mgr Mokrzycki qui, avec l’actuel Cardinal Stanislaw Dziwisz, a servi pendant de nombreuses années le Saint-Père Jean-Paul II comme secrétaire et qui ensuite, après mon élection comme Successeur de Pierre, a également été mon secrétaire avec une grande humilité, compétence et dévouement. Avec lui, je salue l’ami du Pape Jean-Paul II, le Cardinal Marian Jaworski, à qui Mgr Mokrzycki apportera son aide en tant que Coadjuteur. Je salue en outre les Evêques latins d’Ukraine, qui sont ici à Rome pour leur visite « ad limina Apostolorum ». Ma pensée va également aux Evêques grecs-catholiques – j’ai rencontré certains d’eux lundi dernier -, et à l’Eglise orthodoxe d’Ukraine. Je souhaite à tous les bénédictions du Ciel pour leurs efforts qui visent à garder active dans leur terre la force guérissante et corroborante de l’Evangile du Christ et à la transmettre aux futures générations.
Nous célébrons cette ordination épiscopale en la fête des trois Archanges qui sont mentionnés par leur nom dans l’Ecriture: Michel, Gabriel et Raphaël. Cela nous rappelle à l’esprit que dans l’antique Eglise – déjà dans l’Apocalypse – les Evêques étaient qualifiés d’ »anges » de leur Eglise, exprimant de cette façon un lien intime entre le ministère de l’Evêque et la mission de l’Ange. A partir de la tâche de l’Ange, on peut comprendre le service de l’Evêque. Mais qu’est-ce qu’un Ange? L’Ecriture Sainte et la Tradition de l’Eglise nous laissent entrevoir deux aspects. D’une part, l’Ange est une créature qui se trouve devant Dieu, orientée de tout son être vers Dieu. Les trois noms des Archanges finissent par le mot « El », qui signifie Dieu. Dieu est inscrit dans leurs noms, dans leur nature. Leur véritable nature est l’existence en vue de Lui et pour Lui. C’est précisément ainsi que s’explique également le deuxième aspect qui caractérise les Anges: ils sont les messagers de Dieu. Ils apportent Dieu aux hommes, ils ouvrent le ciel et ouvrent ainsi la terre. C’est précisément parce qu’ils sont auprès de Dieu, qu’ils peuvent être également très près de l’homme. En effet, Dieu est plus intime à chacun de nous que nous ne le sommes à nous-mêmes. Les Anges parlent à l’homme de ce qui constitue son être véritable, de ce qui dans sa vie est si souvent couvert et enseveli. Ils l’appellent à rentrer en lui-même, en le touchant de la part de Dieu. Dans ce sens également, nous qui sommes des êtres humains devrions toujours à nouveau devenir des anges les uns pour les autres – des anges qui nous détournent des voies de l’erreur et qui nous orientent toujours à nouveau vers Dieu. Si l’Eglise antique appelle les Evêques « anges » de leur Eglise, elle entend dire précisément cela: les Evêques eux-mêmes doivent être des hommes de Dieu, ils doivent vivre orientés vers Dieu. « Multum orat pro populo » – « Prie beaucoup pour le peuple », dit le Bréviaire de l’Eglise à propos des saints Evêques. L’Evêque doit être un orant, quelqu’un qui intercède pour les hommes auprès de Dieu. Plus il le fait, plus il comprend également les personnes qui lui sont confiées et il peut devenir un ange pour eux – un messager de Dieu, qui les aide à trouver leur véritable nature, elles-mêmes, et à vivre l’idée que Dieu a d’elles.
Tout cela devient encore plus clair si nous regardons à présent les figures des trois Archanges dont l’Eglise célèbre la fête aujourd’hui. Il y a tout d’abord Michel. Nous le rencontrons dans l’Ecriture Sainte, en particulier dans le Livre de Daniel, dans la Lettre de l’Apôtre saint Jude Thaddée et dans l’Apocalypse. Dans ces textes, on souligne deux fonctions de cet Archange. Il défend la cause de l’unicité de Dieu contre la présomption du dragon, du « serpent antique », comme le dit Jean. C’est la tentative incessante du serpent de faire croire aux hommes que Dieu doit disparaître, afin qu’ils puissent devenir grands; que Dieu fait obstacle à notre liberté et que nous devons donc nous débarrasser de Lui. Mais le dragon n’accuse pas seulement Dieu. L’Apocalypse l’appelle également « l’accusateur de nos frères, lui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu » (12, 10). Celui qui met Dieu de côté, ne rend pas l’homme plus grand, mais lui ôte sa dignité. L’homme devient alors un produit mal réussi de l’évolution. Celui qui accuse Dieu, accuse également l’homme. La foi en Dieu défend l’homme dans toutes ses faiblesses et ses manquements: la splendeur de Dieu resplendit sur chaque individu. La tâche de l’Evêque, en tant qu’homme de Dieu, est de faire place à Dieu dans le monde contre les négations et de défendre ainsi la grandeur de l’homme. Et que pourrait-on dire et penser de plus grand sur l’homme que le fait que Dieu lui-même s’est fait homme? L’autre fonction de Michel, selon l’Ecriture, est celle de protecteur du Peuple de Dieu (cf. Dn 10, 21; 12, 1). Chers amis, vous êtes vraiment les « anges gardiens » des Eglises qui vous seront confiées! Aidez le Peuple de Dieu, que vous devez précéder dans son pèlerinage, à trouver la joie dans la foi et à apprendre le discernement des esprits: à accueillir le bien et à refuser le mal, à rester et à devenir toujours plus, en vertu de l’espérance de la foi, des personnes qui aiment en communion avec le Dieu-Amour.
Nous rencontrons l’Archange Gabriel, en particulier dans le précieux récit de l’annonce à Marie de l’incarnation de Dieu, comme nous le rapporte saint Luc (1, 26-39). Gabriel est le messager de l’incarnation de Dieu. Il frappe à la porte de Marie et, par son intermédiaire, Dieu demande à Marie son « oui » à la proposition de devenir la Mère du Rédempteur: de donner sa chair humaine au Verbe éternel de Dieu, au Fils de Dieu. Le Seigneur frappe à plusieurs reprises à la porte du cœur humain. Dans l’Apocalypse, il dit à l’ »ange » de l’Eglise de Laodicée et, à travers lui, aux hommes de tous les temps: « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (3, 20). Le Seigneur se trouve à la porte – à la porte du monde et à la porte de chaque cœur en particulier. Il frappe pour qu’on le laisse entrer: l’incarnation de Dieu, son devenir chair doit continuer jusqu’à la fin des temps. Tous doivent être réunis dans le Christ en un seul corps: c’est ce que nous disent les grands hymnes sur le Christ dans la Lettre aux Ephésiens et dans celle aux Colossiens. Le Christ frappe. Aujourd’hui aussi, Il a besoin de personnes qui, pour ainsi dire, mettent à sa disposition leur propre chair, qui lui donnent la matière du monde et de leur vie, servant ainsi à l’unification entre Dieu et le monde, à la réconciliation de l’univers. Chers amis, votre tâche est de frapper au nom du Christ aux cœurs des hommes. En entrant vous-mêmes en union avec le Christ, vous pourrez également assumer la fonction de Gabriel: apporter l’appel du Christ aux hommes.
Saint Raphaël nous est présenté, en particulier dans le livre de Tobie, comme l’Ange auquel est confiée la tâche de guérir. Lorsque Jésus envoie ses disciples en mission, la tâche de l’annonce de l’Evangile s’accompagne également toujours de celle de guérir. Le Bon Samaritain, en accueillant et en guérissant la personne blessée qui gît au bord de la route, devient sans paroles un témoin de l’amour de Dieu. Cet homme blessé, qui a besoin d’être guéri, c’est chacun de nous. Annoncer l’Evangile signifie déjà en soi guérir, car l’homme a surtout besoin de la vérité et de l’amour. Dans le Livre de Tobie, on rapporte deux tâches emblématiques de guérison de l’Archange Raphaël. Il guérit la communion perturbée entre l’homme et la femme. Il guérit leur amour. Il chasse les démons qui, toujours à nouveau, déchirent et détruisent leur amour. Il purifie l’atmosphère entre les deux et leur donne la capacité de s’accueillir mutuellement pour toujours. Dans le récit de Tobie, cette guérison est rapportée à travers des images légendaires. Dans le Nouveau Testament, l’ordre du mariage, établi dans la création et menacé de multiples manières par le péché, est guéri par le fait que le Christ l’accueille dans son amour rédempteur. Il fait du mariage un sacrement: son amour, qui est monté pour nous sur la croix, est la force qui guérit et qui, au sein de toutes les confusions, donne la capacité de la réconciliation, purifie l’atmosphère et guérit les blessures. La tâche de conduire les hommes toujours à nouveau vers la force réconciliatrice de l’amour du Christ est confiée au prêtre. Il doit être « l’ange » qui guérit et qui les aide à ancrer leur amour au sacrement et à le vivre avec un engagement toujours renouvelé à partir de celui-ci. En deuxième lieu, le Livre de Tobie parle de la guérison des yeux aveugles. Nous savons tous combien nous sommes aujourd’hui menacés par la cécité à l’égard de Dieu. Comme le danger est grand que, face à tout ce que nous savons sur les choses matérielles et que nous sommes en mesure de faire avec celles-ci, nous devenions aveugles à la lumière de Dieu! Guérir cette cécité à travers le message de la foi et le témoignage de l’amour, est le service de Raphaël confié jour après jour au prêtre et, de manière particulière, à l’Evêque. Ainsi, nous sommes spontanément portés à penser également au sacrement de la Réconciliation, au Sacrement de la Pénitence qui, au sens le plus profond du terme, est un sacrement de guérison. En effet, la véritable blessure de l’âme, le motif de toutes nos autres blessures, est le péché. Et ce n’est que s’il existe un pardon en vertu de la puissance de Dieu, en vertu de la puissance de l’amour du Christ, que nous pouvons être guéris, que nous pouvons être rachetés.
« Demeurez dans mon amour », nous dit aujourd’hui le Seigneur dans l’Evangile (Jn 15, 9). A l’heure de l’ordination épiscopale, il vous le dit à vous de manière particulière, chers amis! Demeurez dans cette amitié avec Lui, pleine de l’amour qu’en cette heure, Il vous donne à nouveau! Alors, votre vie portera du fruit – un fruit qui demeure (Jn 15, 16). Chers frères, afin que cela vous soit donné, prions tous pour vous en cette heure. Amen.

LES CHÉRUBINS BIBLIQUES

17 septembre, 2014

http://mieville.chez-alice.fr/cherubins/memoire_ch5.html

LES CHÉRUBINS BIBLIQUES

CHAPITRE V – SYNTHESE ET CONCLUSION

1. Synthèse : que sont les chérubins ?

Au terme de notre étude il est temps de faire une synthèse de tous les éléments que nous avons recueilli, en particulier dans notre chapitre sur les textes bibliques. Cette synthèse nous permettra de répondre à la question qui fait l’objet de notre travail : que sont les chérubins ? Nous reprendrons les trois mêmes caractéristiques qui ont présidé à notre étude des textes bibliques : l’apparence, la fonction et la nature des chérubins.

a. l’apparence des chérubins
Les textes bibliques nous montrent que l’apparence des chérubins est variable. Il s’agit soit de quadrupèdes (p.ex. dans le temple) soit de bipèdes (p.ex. dans le tabernacle), avec pour ces derniers une variante complexe dans les visions d’Ezéchiel. Le chérubin biblique ne peut donc pas être assimilé au seul sphinx ailé.
Malgré ces différences notables, nous pouvons relever deux constantes dans l’apparence des chérubins bibliques. Tout d’abord, il s’agit toujours d’êtres hybrides, mêlant des traits humains à des traits animaux. De plus, les chérubins ont toujours des ailes. Les ailes peuvent d’ailleurs être le seul attribut animal du chérubins (c’est probablement le cas des chérubins du tabernacle).
Il est à noter que ces deux caractéristiques distinguent les chérubins des anges. En effet, dans la Bible les anges apparaissent sous une forme humaine (cf. p. ex. Gn 18:2) et n’ont jamais d’ailes. Daniel 9:21 semble toutefois attribuer à l’ange Gabriel la capacité de voler. L’expression mou’aph bî’aph est habituellement traduite « d’un vol rapide » (Colombe, TOB, Français courant…). Mais on peut aussi analyser cette expression en faisant dériver les deux termes du verbe ya’aph, « être fatigué ». Le sens de l’expression serait donc « fatigué de fatigue » ou « tout essoufflé » (Rabbinat français). La fatigue peut être la conséquence d’un vol ou d’une course. L’expression n’implique pas nécessairement la présence d’ailes sur l’ange Gabriel.
Voici donc tout ce que l’on peut dire de l’apparence des chérubins bibliques : ce sont des êtres hybrides mêlant des traits humains à des traits animaux, et toujours munis d’ailes.

b. la fonction des chérubins
Il apparaît que les chérubins bibliques ne remplissent pas toujours la même fonction. On en distingue deux principales : (1) une fonction protectrice, de gardien (les chérubins en Eden et au-dessus de l’arche, dans le tabernacle et le temple) ; (2) une fonction de porteurs de Dieu, de son trône (le chérubin que Dieu chevauche et ceux des visions du trône d’Ezéchiel). Il est à noter que ces deux fonctions ne dépendent pas de l’apparence des chérubins. En effet, la même fonction de gardien est remplie par des chérubins anthropomorphes (dans le tabernacle) et par des chérubins quadrupèdes (dans le temple). De même pour la fonction de porteurs de Dieu (anthropomorphes dans les visions d’Ezéchiel et quadrupèdes dans le Psaume 18).
A ces deux fonction vient s’ajouter une fonction plus générale, celle de manifester la présence de Dieu : là où sont les chérubins, là aussi se trouve l’Eternel. C’est ce que nous avons appelé la fonction « théophanique ». Elle est liée en particulier à l’expression yoshev hakerouvîm, mais aussi aux chérubins brodés et gravées dans le tabernacle et le temple. On pourrait même, de manière plus indirecte, appliquer cette dernière fonction à tous les cas de figure. De cette façon, les fonctions de gardiens et de porteurs de Dieu sont deux aspects de la fonction « théophanique » générale. Ainsi, les chérubins gardiens de l’arche protègent l’endroit où Dieu se manifeste de manière toute particulière. Il en va de même pour les gardiens du jardin d’Eden. Quant aux chérubins porteurs du trône de Dieu, par leur fonction ils manifestent la présence de celui qui est assis sur le trône.
En résumé, les chérubins ont tous une fonction « théophanique » générale, ils manifestent la présence de Dieu. De plus, deux fonctions plus précises leur sont attribuées parfois : celle de gardiens et celle de porteurs de Dieu ou de son trône.

c. la nature des chérubins
Le problème de la nature des chérubins est plus indécis. Dans aucun des textes bibliques nous n’avons trouvé d’indication claire sur cette question. Les chérubins bibliques pourraient être de réelles créatures célestes ou de simples êtres symboliques. S’il existe vraiment des êtres célestes qui répondent au nom de chérubins, les images du tabernacle et du temple, ou celles des visions d’Ezéchiel, ne sont certainement pas l’exacte représentation des chérubins célestes. Il y a sans doute des éléments symboliques dans ces descriptions.
Sans pouvoir trancher d’une manière absolue, il nous semble tout de même qu’une compréhension toute symbolique des chérubins s’accorde mieux aux données bibliques. La grande variété des apparences des chérubins, l’étroite association aux nuages d’orage (peut- être même est-ce la trace de leur origine comme personnification de ces nuages), l’utilisation fortement symbolique d’Ezéchiel, reprise en partie et remaniée dans l’Apocalypse, tous ces éléments font plutôt pencher la balance en faveur d’une compréhension symbolique des chérubins. A notre avis, seule une interprétation assez littérale de Genèse 3 permettrait d’inverser la tendance. En effet, si l’on considère le récit de la chute comme un écrit historique stricte, où tous les éléments doivent être compris dans son sens premier, littéral, alors il doit en être de même pour les chérubins qui doivent être des êtres réels. Mais pour notre part, nous considérons que le langage utilisé dans ce récit emprunte au langage mythologique et use du symbolique pour relater le fait historique de la chute de l’homme. Selon cette interprétation, les chérubins gardiens de l’arbre de la vie peuvent très bien être des symboles.
Si les chérubins sont des êtres symboliques, il faut en comprendre le sens. La signification du symbole est lié à la fonction qui est attribuée aux chérubins, celle de manifester la présence de Dieu. Ainsi, par les chérubins, c’est Dieu qui interdit à l’homme le retour à l’arbre de la vie. Les chérubins du tabernacle et du temple manifestent la présence particulière de Dieu en ces lieux. L’expression yoshev hakerouvîm désigne le lieu de résidence céleste de Dieu. Et c’est dans le cadre d’une théophanie que les chérubins portent Dieu ou son trône. Nous proposons donc de voir dans les chérubins des symboles de la présence de Dieu.
Pour terminer cette synthèse nous proposons une définition des chérubins bibliques : il s’agit d’êtres symboliques, représentés sous la forme de créatures hybrides ailées et dont la fonction est de manifester la présence de Dieu, en étant porteurs de Dieu ou gardiens.

2. Conclusion
En guise de conclusion, nous suggérerons quelques idées de prolongements possibles à notre travail. Il va de soi que nous ne développerons pas ces idées qui, chacune, mériterait une étude approfondie.
Une réflexion sur l’art pourrait être menée à partir des chérubins. Y a-t-il un art « religieux », opposé à un art « profane » ? Les chérubins gravés ou sculptés qui ornaient le tabernacle et le temple de Salomon étaient des oeuvres d’art. C’est un art que l’on pourrait qualifier de « religieux » puisqu’il est lié au domaine cultuel. Or, en particulier pour le temple, Salomon fit appel aux talents d’artistes tyriens. Comme nous l’avons vu, nul doute que la forme des chérubins fut fortement influencée par le style habituel de ces artistes. Et plus globalement, nous avons vu combien l’apparence des créatures mythologiques du Proche- Orient ancien eut une forte influence sur celle des chérubins bibliques.
Sans entrer dans le débat, il nous semble que ces quelques remarques permettent de mettre en doute une distinction religieux/profane trop radicale dans l’art. A l’instar de Salomon avec Hiram de Tyr, il est tout à fait concevable que les chrétiens fassent appel à des artistes non-chrétiens (musiciens, architectes, peintres…) pour enrichir leur culte à Dieu. Sans doute à cause de la grâce commune, des artistes incroyants sont également capables de créer des oeuvres qui puissent glorifier le Seigneur.
Les prophètes sont-ils des artistes ? Cette question un peu lapidaire concerne en fait le processus d’élaboration des visions prophétiques. Le prophète est-il aussi actif dans ce processus, son imagination est-elle mise en oeuvre, est-il une sorte de poète dirigé par l’Esprit de Dieu ? Les visions d’Ezéchiel, en particulier ses chérubins, avaient pour origine des objets (les statues du temple) ou des phénomènes réels (nuage d’orage). La touche personnelle du prophète est sensible. Et nous avons sans doute là la marque de la composante humaine dans le processus de révélation de la Parole de Dieu.
Notre étude sur les chérubins permet donc de percevoir que l’expression artistique est un moyen particulièrement adéquat pour l’homme de parler du divin, et pour Dieu de se révéler à l’homme.

 

LES ANGES DU SEIGNEUR

28 septembre, 2013

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Huan/lesanges.html

LES ANGES DU SEIGNEUR

« Considérons, non les choses visibles, mais celles qui sont invisibles ». (II, Cor., IV, 18).

     Sainte Françoise Romaine nous apprend, dans ses visions, que le 20 janvier 1432 la Divinité lui fut montrée tout d’abord, avant qu’aucune créature n’existât : « elle vit donc sur un vide aériforme un cercle immense et tout splendide qui se soutenait par soi-même et qui avait dans son centre une blanchissime Colombe ». En continuant de regarder, elle aperçut, au premier moment de la création, « les Anges floconner comme la neige et se diviser en choeurs ». Sainte Mechtilde se sert, dans ses Révélations, d’une autre image et compare les hiérarchies célestes à un psalterion à dix cordes « du corps divin sortit un instrument mélodieux c’était un psaltérion à dix cordes. Neuf de ces cordes représentaient les neuf choeurs des Anges parmi lesquels est rangé le peuple des saints. La dixième corde représentait le Seigneur lui-même, Roi des Anges et sanctificateur des Saints. » (2 èmepartie, ch. XXXV).
     Le nombre des Anges nous est, évidemment incalculable. Le livre de Daniel (7-10) nous décrit leur multitude comme « un fleuve de feu coulant et sortant de devant l’Éternel. Mille milliers le servaient et dix mille millions se tenaient en sa présence ». Le Psaume 67, dit que « le char de Dieu, ce sont des milliers et des milliers d’Anges : le Seigneur est au milieu d’eux ». Citons enfin ce passage de l’Apocalypse (V, 11) : « je vis et j’entendis autour du Trône, autour des animaux et des Vieillards, la voix d’une multitude d’Anges, et leur nombre était des myriades de myriades et des milliers de milliers ». N’est-ce pas déclarer que leur nombre est vraiment incommensurable ? Notons cependant que des rabbins cabalistes, tel Isaac Loriah, l’ont évalué à soixante myriades (1).
     Les Anges ne forment évidemment pas une foule indistincte et confuse : une hiérarchie, dont l’ordre a été éternellement fixé par Dieu, les répartit en choeurs subordonnés les uns aux autres. L’Ancien Testament fait mention à plusieurs reprises des Séraphins et des Chérubins (Isaïe, 6, 1-4 et 6-7 ; Isaïe, 37, 16 ; Ezéchiel, 1, 7 et suiv. ; Psaumes 17, 1l ; 79, 2 ; 98, 1). A toutes les pages de la Bible il est parlé des Anges et des Archanges. Saint Paul, dans ses Epitres, mentionne à son tour les Principautés, les Puissances, les Vertus, les Dominations (Ephès. 1, 21), et, ailleurs, les Trônes, les Dominations, les Principautés, les Puissances (Coloss. 1, 16). Il dit à Coloss 11, 10 que le Christ est « le chef de toute Principauté et de toute Puissance » ; à Rom. VIII, 38, il fait allusion aux Anges, aux Principautés et aux Puissances. Enfin la première Épître de Pierre déclare qu’au Christ sont soumis les Anges, les Principautés et les Puissances (111, 22). Au total neuf choeurs angéliques que la tradition énumère dans l’ordre suivant : Séraphins, Chérubins, Trônes, Dominations, Vertus, Puissances, Principautés, Archanges, Anges et qu’elle divise en trois séries hiérarchiquement subordonnées.
     Cette subordination hiérarchique des choeurs angéliques les uns aux autres, n’est-ce point précisément l’échelle mystérieuse que Jacob vit en songe ? « Et, voici, une échelle était appuyée sur la terre et son sommet touchait au Ciel. Et les Anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle » (Genèse, 28, 12). De ce texte il convient de rapprocher celui de l’Evangile de jean (1, 51) : « en vérité, en vérité, vous verrez désormais le Ciel ouvert et les Anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme ».
     Qu’est-ce maintenant que ces Etres singuliers et merveilleux, qui n’apparaissent jamais à l’homme que revêtus de robes éclatantes de blancheur et tout resplendissants de la lumière de l’Eternel ? Le Psaume 103 enseigne que Dieu a fait « des Esprits ses Anges, des flammes de feu ses serviteurs ». D’autre part le pseudo-Denys rappelle qu’« ils sont spécialement et par excellence honorés du nom d’Anges, parce que la splendeur divine leur est départie tout d’abord et que la révélation des secrets surnaturels est faite à l’homme par leur intermédiaire » (2).
     Leur intervention dans les affaires humaines est considérable et incessante ; on peut dire qu’ils sont les instruments privilégiés de la Providence divine à l’égard de l’humanité. Dès les premiers Livres de l’Ancien Testament il est question des Anges comme d’Êtres supérieurs et puissants à qui Dieu confie des missions spéciales soit pour encourager les mortels ou les diriger dans la voie du salut, soit pour les punir et les frapper selon l’ordre de la justice suprême. Ce sont des Chérubins armés d’une épée flamboyante que l’Éternel met à l’orient du jardin d’Éden, d’où Adam vient d’être chassé, pour garder le chemin de l’Arbre de vie (Genèse, 3, 24). Un Ange apparaît à Agar qui fuit dans le désert ; un autre à Abraham qui va sacrifier son fils Isaac ; un autre lutte avec Jacob toute la nuit et le blesse au nerf de la cuisse. Devant le camp des Israélites sortis d’Égypte marche un Ange de Dieu portant la colonne de fumée (Exode 14, 19). Rappelons encore l’Ange qui fait reculer l’ânesse de Balaam (Nombres, 22, 22 et suiv.), celui qui se manifeste à Gédéon, fils de Joas ; puis à la femme de Manoach (Juges, 6, Il et 13, 3-17). Notons au premier livre des Rois (19, 5), l’Ange qui apporte sa nourriture à Elie fuyant devant la colère de jezabel ; au second livre de Samuel (24, 16) l’Ange qui étend la main sur Jérusalem pour la détruire ; au premier livre des Macchabées, l’Ange qui frappa de mort dans le camp des Assyriens 185.000 hommes. Isaïe nous parle du Séraphin qui vola vers lui tenant à la main une pierre ardente qu’il avait prise sur l’autel avec des pincettes et qui lui en toucha les lèvres pour le purifier de son iniquité (Isaïe, 6, 6, 7).
     Le livre de Daniel renferme les deux épisodes de Daniel et de ses trois compagnons dans la fournaise et de Daniel dans la fosse aux lions, où la soudaine intervention d’un Ange les protège contre le feu et contre les fauves.
     Le Nouveau Testament n’est pas moins fertile en renseignements sur le rôle missionnaire des Anges. C’est un Ange dit Seigneur qui apparaît en songe à Joseph pour lui révéler la conception miraculeuse de Jésus (Matth. I, 20) ; c’est encore un Ange du Seigneur qui apparaît à Joseph pendant son sommeil pour l’inviter à fuir en Égypte la colère d’Hérode (Matth. II, 13) ; c’est enfin un Ange du Seigneur qui prescrit à Joseph de quitter la terre d’exil et de rentrer à Nazareth (Matth. II, 9). Des Anges nourrissent Jésus après son jeûne dans. le désert de la quarantaine ; ce sont eux qui annoncent aux deux Maries, le matin de Pâques, la résurrection du Sauveur (Matth. IV, II et XXVIII). L’Évangile de Matthieu décrit enfin avec quelques détails les fonctions que rempliront les Anges à la fin des Temps pour le jugement dernier : l’Apocalypse développera avec l’ampleur que l’on sait le rôle eschatologique des Anges dans les événements grandioses qui prépareront la parousie ; mais elle nous. donnera aussi de la Jérusalem céleste cette magnifique vision où le Trône de Dieu apparaît entouré de myriades d’anges comme d’un arc en ciel de la couleur de l’émeraude…..« et sept lampes ardentes brûlent devant le trône, ce sont les Esprits de Dieu » (IV, 3 et suiv.).
     De ces sept Esprits, trois nous sont plus particulièrement connus, car l’Écriture nous entretient à plusieurs reprises de leur personnalité : Ce sont Saint Michel, Saint Gabriel et Saint Raphaël, dont le nom, d’après l’hébreu, signifie : « qui est semblable à Dieu » – « la force de Dieu » – « le remède de Dieu ». Il est question, dans le livre de Daniel, de Saint Michel comme du Prince des milices célestes : « en ce temps-là se lèvera Micaël, le grand chef, le défenseur des enfants de ton peuple, et ce sera une époque de détresse… » (12, 1) ; et ailleurs : « le chef du royaume des Perses m’a résisté vingt-et-un jours ; mais voici, Micaël, l’un des principaux chefs, est venu à mon secours ».(10, 13). Nous lisons dans le livre de Josué (5, 13-14) : « Comme Josué était près de Jéricho, il leva les yeux et regarda : voici, un homme se tenait debout devant lui, son épée nue dans la main. Il alla vers lui et lui dit es-tu des. nôtres ou de nos ennemis ? Il répondit non, mais je suis le chef de l’armée de l’Éternel ». Une tradition très ancienne veut que l’Ange qui consola le Christ en agonie au jardin des Olives (Luc., XXII, 43) fût Saint Michel. L’Apocalypse décrit le combat que l’Archange livra, dans le ciel, avec ses Anges, contre le Dragon et les Anges rebelles : « et le Dragon et ses Anges combattirent, mais ils ne purent vaincre et leur place même ne fut plus trouvée dans. le ciel. » (XII, 7, 9). Signalons enfin ce curieux passage de l’Épître de Jude : « l’Archange Michel lui-même, lorsqu’il contestait avec le diable et lui disputait le corps de Moïse, n’osa pas porter contre lui une sentence d’exécration, mais il se contenta de dire : que le Seigneur te punisse » – allusion à une vieille légende juive se rattachant au Deutéronome (34, 5-6) : « Moïse, le serviteur de Yaweh, mourut là dans le pays de Moab, selon l’ordre de Yaweh. Et il l’enterra dans la vallée du pays de Moab, en face de Beth-Phogor. Aucun homme n’a connu son sépulcre jusqu’à ce jour ».
     Il est déjà question de saint Gabriel dans le livre de Daniel (8, 15-16 et 9, 21) : c’est lui qui est chargé d’expliquer au prophète le sens de sa vision. Mais son rôle dans l’Évangile de Luc est plus important. Voici d’abord l’annonce à Zacharie que sa femme, la stérile, va concevoir : « Un ange du Seigneur lui apparut debout à droite de l’autel de l’encens… je suis Gabriel, qui nie tiens devant Dieu, j’ai été envoyé pour te parler et t’annoncer l’heureuse nouvelle » (1. 11 et 19). Voici surtout l’annonce à Marie : « l’Ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth auprès d’une Vierge … » (1. 26).
     Saint Raphaël remplit de sa personne et de ses actes le livre de Tobie : « le Saint-Ange du Seigneur, Raphaël, fut envoyé pour guérir Tobie et Sara dont les prières avaient été prononcées en même temps en présence du Seigneur » (3, 25). C’est lui qui guide le jeune Tobie dans son voyage pour aller chercher l’argent jadis confié à Gabelius ; et, lorsque sa mission est achevée, il révèle son identité : « je suis l’Ange Raphaël, un des sept qui nous tenons en présence du Seigneur ». En entendant ces paroles, ils furent hors d’eux-mêmes et tout tremblants, ils tombèrent la face contre terre. Et l’Ange leur dit : que la paix soit avec vous. Ne craignez point, car, lorsque j’étais avec vous, j’y étais par la volonté de Dieu, bénissez-le donc et chantez ses louanges. Il vous a paru que je mangeais et buvais avec vous mais je me nourrissais d’un aliment invisible et d’une boisson que l’oeil de l’homme ne peut atteindre. Il est donc temps que je retourne vers Celui qui m’a envoyé ; mais vous, bénissez Dieu et publiez toutes ses merveilles. Après avoir ainsi parlé, il fut dérobé à leurs regards et ils ne purent le voir. » (12, 15 et suiv.).
 *
     Quelle que soit la splendeur propre à chacun de ces Êtres invisibles que nous appelons les Anges, il ne faudrait pas croire que, tous, ils participent, au même titre et dans la même mesure, à la lumière de gloire qui environne le trône du Tout-Puissant : par cela seul qu’ils forment une hiérarchie, s’il est vrai de dire avec le pseudo-Denys que les dons de la purification, de l’illumination et de la perfection leur sont communs, il ne s’ensuit pas qu’ils les possèdent tous également au même degré. L’ordre hiérarchique exige en effet « que les uns soient purifiés et que les autres purifient, que les uns soient illuminés et que les autres illuminent, que les uns soient perfectionnés et que les autres perfectionnent, de façon que chacun ait son mode propre d’imiter Dieu… qui est la pureté, la lumière, et la perfection. absolues » (3).
     Si donc tous les Anges reçoivent la lumière de Dieu, les uns la reçoivent immédiatement et en premier lieu ; les autres immédiatement et à un degré inférieur. Et comme, dans toute institution hiérarchique, ce sont les ordres supérieurs qui possèdent les dons et les facultés des ordres inférieurs, sans que ceux-ci puissent réciproquement prétendre à la perfection de ceux-là, il faut conclure que dans la hiérarchie céleste « les ordres inférieurs des pures intelligences sont instruits des choses divines par les ordres supérieurs, et les esprits du premier rang à leur tour reçoivent directement de Dieu la communication de la science. » (4).
     De là viennent les dénominations spéciales attribuée à chaque choeur angélique. Régi par le suprème Initiateur lui-même, le premier ordre est un embrasement de lumière brûlante (Séraphins), une plénitude de science qui déborde en fleuves de sagesse (Chérubins), une immutabilité à jamais fixée dans le centre divin (Trônes). Le second ordre, purifié, illuminé, perfectionné par les splendeurs qui émanent du premier ordre, possède cette sublime spiritualité qui demeure affranchie de toute entrave (Dominations), cette force invincible dont aucun obstacle ne peut suspendre l’élan (Vertus), cette autorité calme qui accomplit son oeuvre dans la stabilité d’une paix assurée (Puissances). Le troisième ordre, s’il reçoit avec moins de clarté les dons d’en haut, n’en manifeste pas moins à son rang les attributs de la majesté infinie : au troisième ordre est échu le secret divin de commander à soi-même et aux autres dans le parfait équilibre d’une justice indéfectible (Principautés) ; il reçoit aussi les lumières spéciales qui lui sont nécessaires pour exercer les missions dont il est investi (Archanges) ; enfin il sert d’intermédiaire immédiat et habituel entre le Créateur et ses créatures raisonnables (Anges).
     Quel que soit le rang qu’ils occupent dans la hiérarchie céleste, les Anges, sont qualifiés par les théologiens d’intelligences séparées, d’esprits purs, et par cette expression il faut entendre que les Anges sont, par nature, des êtres incorporels, c’est-à-dire libres de toute matière et par conséquent immatériels. Et ceci n’exclut pas seulement le corps de matière grossière, mais aussi le corps de matière subtile. Sans doute, l’opinion des théologiens a varié sur ce point au cours des âges : certains Pères de l’Eglise prêtaient aux Anges des « corps spirituels » ; Saint Bonaventure enseignait qu’ils ont une matière à eux, spéciale et d’un ordre plus relevé que la matière corporelle. Mais, s’il est vrai que la vie de l’esprit consiste pour nous autres hommes, ici-bas, à aimer Dieu beaucoup plus qu’à le connaître, la vie éternelle, dit saint Jean, est proprement et essentiellement de connaître Dieu. (Jean, XVII, 3). Or, dans le processus de cette connaissance, l’opération de la substance intellectuelle demeure évidemment étrangère à toute matière ; donc, à fortiori, la substance intellectuelle doit-elle être, en elle-même et par elle-même, indépendante de toute matière : elle est forme pure. Toutefois, si les esprits angéliques n’ont pas de corps qui leur soit naturellement uni, ils peuvent, selon la volonté ou la permission divine, s’en former un à leur gré par un procédé dont la disposition nous échappe nécessairement (5).
      Ajoutons que, par cela même qu’il n’est pas uni à un corps, l’Ange ne possède pas d’autre connaissance que la connaissance intellectuelle, connaissance qui a d’ailleurs son objet toujours en acte, parce que les idées représentatives des choses lui sont innées, « connaturelles » selon le terme thomiste, au même titre que sa propre essence : c’est donc une connaissance directe, immédiate, intuitive. Mais, si l’Ange a reçu de Dieu, dès le premier moment de sa création, la connaissance de toutes choses par les Idées que Dieu a déposées en lui et qui font ainsi partie de sa propre nature, c’est seulement après l’épreuve, à laquelle un grand nombre succomba, que Dieu donna à l’Ange, outre cette connaissance naturelle de toutes choses par les Intelligibles, la connaissance surnaturelle de la nature divine elle-même, en laquelle consiste la vision béatifique et qui comprend : a) la connaissance de Dieu face à face, c’est-à-dire dans son essence, par une union immédiate et sans fin ; b) la connaissance des oeuvres de Dieu en Dieu lui-même et non plus seulement dans les idées représentatives des choses. Par cette union avec Dieu, l’Ange, confirmé dans la grâce surnaturelle, participe désormais à la vie divine elle-même, de sorte que c’est Dieu même qui devient en lui la vie de son esprit.
      Du fait qu’ils sont incorporels, les Anges ne peuvent être localisés suivant la quantité dimensive ; mais on peut admettre qu’ils occupent un lieu de la création en ce sens qu’ils appartiennent au Ciel de gloire. « L’Ange, dit très bien saint Thomas dans son Commentaire sur les sentences, étant une substance intellectuelle, a pour opération propre la contemplation. Il s’ensuit que tous les Anges ont été créés dans le lieu le plus en harmonie avec cet acte de la contemplation. D’autre part, la vie de la gloire ne diffère de la vie de nature pour eux que selon une différence de degré, comme le parfait diffère de l’imparfait. Ce sera donc le même lieu qui conviendra aux Anges, soit qu’on les considère au moment de leur création, soit qu’on les considère dans leur état de gloire ». Mais, si les Anges n’ont pas été créés dans l’état de gloire, puisque, tous, ils ont eu besoin de la grâce pour se tourner vers Dieu comme objet de leur béatitude par la vision de son essence, si même l’on estimait qu’ils n’ont pas été créés dans l’état de grâce sanctifiante, mais dans l’état de. nature pure, et qu’ils ont dû mériter comme une récompense cette béatitude qui demeure dans tous les cas une fin improportionnée à leur nature propre, néanmoins le fait qu’ils ont tous été créés dès le principe dans un lieu qui n’est pas différent de celui où ils sont maintenant à jamais fixés dans leur état de gloire, implique évidemment que la nature angélique n’a pas seulement été créée bienheureuse, mais qu’elle a été faite par Dieu pour la grâce et la béatitude, les divers degrés de cette nature étant d’ailleurs préordonnés par la Sagesse divine aux divers degrés de la grâce et de la gloire. Et la question se pose de savoir comment parmi les Anges un certain nombre a pu déchoir de ce haut état de nature ou de grâce.
     Si les Anges ont pu pécher, c’est qu’ils étaient des créatures, car c’est seulement par un don de la grâce et non en vertu de la nature qu’on ne peut pas pécher. Or le péché de la créature consiste principalement à désirer comme fin dernière de sa béatitude ce à quoi elle peut atteindre par la seule vertu de sa nature propre et, par conséquent, à refuser le don de cette fin surnaturelle qui est la vision béatifique, ou tout au moins à nier la nécessité de la grâce divine pour obtenir la vision béatifique. Et ce refus ou cette négation sont la marque distinctive de l’orgueil. L’essence du péché réside dans l’orgueil de la créature qui, pleine de sa propre suffisance, veut se soustraire à toute dépendance à l’égard de Dieu, et, pour se soustraire à cette dépendance, veut fixer son bien suprême dans l’ordre de la nature, alors que Dieu l’a fixé dans l’ordre surnaturel de la grâce. Créés bons dans leur nature, des Anges ont péché, parce que, suivant un acte de leur libre choix, ils n’ont pas voulu suivre le mouvement de la grâce qui les emportait vers Dieu et, détournant sur eux-mêmes leur propre désir, se sont arrogé une excellence qui ne leur appartenait pas.
     Et ce péché des Anges était possible, même dans le Ciel où ils avaient été placés dès l’origine, parce que, si la volonté de l’Ange était nécessairement fixée dans l’amour de Dieu considéré comme principe de l’ordre naturel, il fallait, pour que cette volonté fût également fixée dans l’amour de Dieu considéré comme principe et fin de l’ordre surnaturel, la confirmation gratuite dans le bien par la vision face à face ; et cette confirmation, l’Ange devait la mériter en correspondant humblement à la grâce qu’il avait reçue de Dieu dès le premier instant de son être.

« Qu’il vienne vers nous, Saint-Michel, l’Ange de la paix ; qu’il nous donne 
« cette paix et relègue en enfer la guerre, source de larmes ;
« que Saint-Gabriel, l’Ange de la force, repousse nos ennemis et qu’il visite les 
« temples aimés du Ciel qui se sont élevés sur la terre après la triomphante «mission qu’il vînt y remplir ;
« qu’il nous assiste du haut du Ciel, Saint-Raphaël, médecin de notre salut, afin «qu’il guérisse tous les malades et dirige 
« vers la vraie vie nos pas incertains » (6). GabrielHUAN.
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(1) cf. aussi la Didascabie des douze apôtres, trad. Nau., 1). 170.
(2) De la hiérarchie céleste, ch. IV, 2.
(3) Pseudo-Denys, la hiérarchie céleste, ch. III, 2.
(4) Op. Cit., ch. VII,-3.
(5) Citons ce passage caractéristique du livre des Juges (13, 3-17) : après la prophétie de l’Ange a la femme de Manoach, pour lui annoncer qu’elle, la stérile, enfanterait un fils (Samson) qui serait consacré à Dieu : Manoach dit à l’Ange de l’Éternel. : « quel est ton nom afin que nous te rendions gloire, quand ta parole s’accomplira ? » L’Ange de l’Éternel lui répondit : « Pourquoi demandes-tu -mon nom ? il est merveilleux ». Manoach prit le chevreau et l’offrande et fit un sacrifice à l’Éternel sur le rocher. Il s’opéra un prodige pendant que Manoach et sa femme regardaient : comme la flamme montait de dessus l’autel vers le Ciel, l’Ange de l’Éternel monta dans la flamme de l’autel. »
(6) Hymne de Raban Maur.

29 SEPTEMBRE: SAINTS ARCHANGES

27 septembre, 2013

http://missel.free.fr/Sanctoral/09/29.php

(Est ma fête , parce que je célèbre l’Archange depuis que je suis toute petite, une prière pour moi?, merci!)

29 SEPTEMBRE: SAINTS ARCHANGES

Sommaire :
  Les textes commentés de la messe
  Homélie (Saint Grégoire le grand)
  Regina Coeli (24/04/1994)
  Prière à St Michel
  Historique
homélie XXXIV sur les péricopes évangéliques.

Chaque fois qu’il est besoin d’un déploiement de force extraordinaire, c’est Michel qui est envoyé : son action et son nom font comprendre que nul ne peut faire ce qu’il appartient à Dieu seul de faire. L’antique ennemi, qui a désiré par orgueil être semblable à Dieu, disait : J’escaladerai les cieux, par-dessus les étoiles du ciel j’érigerai mon trône, je ressemblerai au Très-Haut. Or, l’Apocalypse nous dit qu’à la fin du monde, lorsqu’il sera laissé à sa propre force, avant d’être éliminé par le supplice final, il devra combattre contre l’archange Michel : Il y eut un combat contre l’archange Michel.
Saint Grégoire le Grand

Regina Cæli du 24 avril 1994
Puisse la prière nous fortifier pour ce combat spirituel dont parle la lettre aux Ephésiens : « Rendez-vous puissants dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force » (Ephésiens, VI, 10). C’est à ce même combat que se réfère le Livre de l’Apocalypse, nous mettant devant les yeux l’image de Saint Michel Archange (cf. Ap 12, 7). Le pape Léon XIII avait certainement bien présente cette image quand, à la fin du siècle dernier, il introduisit dans l’Église toute entière une prière spéciale à Saint Michel : « Saint Michel Archange, défends-nous dans le combat contre le mal et les embûches du malin, soit notre rempart…. »
Même si aujourd’hui on ne récite plus cette prière à la fin de la célébration eucharistique, je vous invite tous à ne pas l’oublier mais à la réciter pour obtenir d’être aidés dans le combat contre les forces des ténèbres et contre l’esprit de ce monde.
Jean-Paul II

Prière à Saint Michel
Glorieux Archange ! que votre fidélité et votre soumission aux or-dres de Dieu attachent si constamment au maintien de sa gloire et aux intérêts des hommes, employez, en ma faveur, ce crédit inséparable du bonheur dont vous jouissez. Portez au trône du Saint des Saints tous les vœux que je confie aujourd’hui à votre puissante protection. Ayez égard aux besoins d’un Royaume dont vous avez été si longtemps le patron spécial, et qui depuis n’a été dévoué à votre Reine, que pour vous accroître, par votre médiation auprès d’elle, nos ressources et notre défense. Bannissez, écartez de nos contrées tout ce que le dérèglement des moeurs, l’hérésie et l’impiété s’efforcent d’y répandre de contagieux. Vainqueur des attentats de Lucifer contre la majesté du Très-Haut, ne permettez pas qu’il triomphe de votre héritage et qu’il l’enlève au Rédempteur qui l’a conquis au prix de son Sang. Chargé, enfin, de présenter nos âmes au Tribunal de Dieu, dans l’instant de notre mort, remplissez, en faveur de la mienne, un ministère de charité pour toute ma vie, et de sauvegarde pour l’instant qui la terminera. Ainsi soit-il.
Madame Louise France, fille de Louis XV, en religion Mère Thérèse de Saint-Augustin.

Historique
Rien n’est assurément plus mystérieux que le culte des anges dont les origines plongent dans la nuit des temps. Nous savons que si les anges se présentèrent aux hommes comme des messagers de Dieu, ils sont avant tout, de purs esprits qui se déploient dans une dimension étrangère à notre espace, sans être soumis à la durée ni au rythme du temps. L’ordinaire de la vie immortelle de ces créatures personnelles, pour parler comme Jésus, est de contempler sans cesse la face du Père qui est aux cieux1, bonheur dont ils s’éloignent par amour de Dieu et des hommes, pour porter la parole de l’un aux autres. « Ange, dit saint Augustin, désigne la fonction non pas la nature. Tu demandes comment s’appelle cette nature ? Esprit. Tu demandes la fonction ? Ange. D’après ce qu’il est, c’est un esprit, d’après ce qu’il fait, c’est un ange.2 »
Tout au long de l’Ancien Testament, les anges sont présents pour instruire, protéger, réconforter et conduire les hommes. Après l’expulsion de nos premiers parents, l’ange à l’épée flamboyante interdit l’entrée du Paradis terrestre3. Un ange consola Agar dans le désert4. C’est un ange qui arrêta le bras d’Abraham prêt à immoler Isaac5. Avant que Sodome fût détruite par le feu du ciel, un ange fit sortir Loth et sa famille de la ville6. Le patriarche Jacob vit en songe des multitudes d’anges monter et descendre l’échelle qui allait de la terre au ciel7. Dieu envoya un ange pour conduire à travers le désert les Hébreux vers la Terre Promise8. Elie fut réconforté dans le désert par un ange9.
Le Nouveau Testament est aussi tout rempli du ministère des anges. L’ange Gabriel fut le messager du mystère de l’Incarnation auprès de Zacharie10 et de Marie11. Un ange fut préposé à instruire saint Joseph de ce mystère12 et à l’assister dans sa vocation de père nourricier13. Un ange annonça la naissance du Messie aux bergers de Bethléem et des multitudes d’anges chantèrent dans le ciel de Noël14. Des anges servirent Jésus après sa victoire sur la triple tentation, après le jeûne au désert15, et un ange le réconforta lors de son Agonie, dans la nuit du jardin des Oliviers16. Des anges furent envoyés par Dieu pour annoncer la Résurrection du Sauveur aux saintes femmes17, à Marie-Madeleine18. Des anges, enfin, introduisirent les Apôtres après l’Ascension19. Dans son enseignement, Jésus parla souvent des anges comme les auxiliaires à la fin du monde20, et il parla des anges gardiens21.
L’Eglise primitive, comme le Seigneur, est assistée par les anges dont l’un fait échapper les Apôtres des mains des Saducéens22, et dont un autre délivre saint Pierre de la prison d’Hérode23. Un ange conduisit le centurion Corneille vers saint Pierre24, un autre sauva saint Paul d’un naufrage25. Saint Paul, dans ses épîtres, et saint Jean, dans l’Apocalypse, enseignèrent bien des choses sur les anges.
Or, l’Ecriture ne nous a révélé les noms que de trois d’entre les anges26 : Gabriel qui veut dire « la force Dieu », Raphaël « Dieu guérit », et Michel « Qui est comme Dieu ? » L’Eglise les célèbre aujourd’hui tous les trois ensemble, mais, traditionnellement, le 29 septembre est la fête de saint Michel archange. En effet, le martyrologe hieronymien27 célèbre, au 29 septembre, « à Rome, au sixième mille, sur la voie Salaria, dédicace de la basilique de saint Michel. »
La seule signification du nom du saint archange Michel nous indique le rôle qui lui est échu depuis le commencement jusqu’à la fin des temps. A la tête des armées célestes, il rejeta Lucifer des cieux, au moment de ce grand déchirement où s’ouvre le porche tragique de l’histoire ; Lucifer qui, oubliant son état de créature, ne veut pas servir les desseins de Dieu, est repoussé par la victorieuse question de Michel : Qui est comme Dieu ?
La force de saint Michel archange ne procède pas de la cuirasse ou des armes étincelantes que notre impuissance à représenter les réalités spirituelles lui attribue, mais de son amour de Dieu qu’il proclame. Cet amour que les bons anges ont pour Dieu ne consiste pas seulement à vouloir l’adorer, le servir et lui plaire, mais aussi, et peut-être surtout, à se mettre au service de l’homme, en sachant que, par le mystère de l’Incarnation du Verbe divin, cette créature moins parfaite que lui, lui deviendra supérieure. Il faut en convenir, même si l’on peut considérer que les anges sont membres du Christ, qu’ils ne le sont pas aussi parfaitement que les hommes, puisqu’ils n’ont pas avec lui cette identité d’espèce et cette solidarité en vertu desquelles la grâce s’écoule du Christ en nous, d’un mouvement en quelque sorte naturel28. De plus, n’ayant pas péché, ils n’ont pas eu besoin de la Rédemption et la grâce leur a été conférée indépendamment du sacrifice du Sauveur. Dieu nous dit, affirme saint Jean Chrysostome : « Je commande aux anges, et toi aussi par les prémices (le Christ). Je suis assis sur le trône royal, et toi aussi par les prémices. ‘Il nous a ressuscités avec lui, est-il écrit, et assis avec lui à la droite du Père.29’ Les chérubins et les séraphins et toute l’armée céleste, les principautés, les puissances, les trônes et les dominations t’adorent à cause des prémices.30 »
Si, à la seule question de saint Michel, les cieux s’ouvrirent pour laisser choir Lucifer et ses démons éternellement maudits, la lutte, bien loin de se terminer, devint comme le moteur de l’histoire et saint Paul, dans un texte fameux, nous rappelle ces combats terribles que ne cessent de se livrer les puissances invisibles autour de nos âmes. Si saint Michel archange fut, avant l’origine des temps, le chef des cohortes célestes, il est raisonnable de croire qu’il est encore et jusqu’à la fin du monde, le stratège de cette guerre implacable où nous sommes engagés. « Toutes les fois, dit saint Grégoire le Grand, qu’il s’agit d’une œuvre de merveilleuse puissance, c’est Michel que l’on nous dit envoyé, pour que son intervention même et son nom nous donnent à entendre que personne ne peut faire ce que Dieu seul a le privilège de faire. L’antique ennemi, qui a désiré par orgueil être semblable à Dieu, disait : J’escaladerai les cieux, par-dessus les étoiles du ciel j’érigerai mon trône, je ressemblerai au Très-Haut. Or, l’Apocalypse nous dit qu’à la fin du monde, lorsqu’il sera laissé à sa propre force, avant d’être éliminé par le supplice final, il devra combattre contre l’archange Michel : Il y eut un combat contre l’archange Michel.31 »
Si vous pensez que les temps sont mauvais et que nous sommes affrontés à de formidables systèmes qui, s’arrogeant le droit de réviser la Loi divine, veulent emprisonner les âmes pour les rendre incapables de vivre avec Dieu en esprit et en vérité, qui pourriez-vous mieux appeler à votre secours que saint Michel archange ? La sublime question qui nomme l’Archange, Qui est comme Dieu ? ne s’adresse pas au seul Lucifer, ni même à ses seuls anges, elle s’adresse aussi à chaque homme et, singulièrement, aux chefs des peuples.
Si l’affreuse bête de l’Apocalypse dont les exploits funèbres remplissent les derniers temps, recule devant l’archange saint Michel, ce n’est point seulement parce qu’il crie sa formidable question, mais parce qu’il est lui-même cette question. Vous aussi, à son imitation, devenez cette question redoutable qui terrasse les démons ; criez-la aux ténèbres répandues sur le monde, par votre attention à la parole de Dieu, par votre stricte observance et par  votre pratique cultuelle. Criez-la en appliquant votre intelligence à la vérité révélée que l’Eglise vous enseigne, en soumettant votre volonté aux commandements divins que l’Eglise vous rappelle, en nourrissant vos vies des grâces que le Seigneur vous a préparées et que l’Eglise vous distribue.
Vous demandez que saint Michel vous protège et vous voulez gagner avec lui le combat contre les puissances démoniaques, alors battez-vous avec ses armes en étant, à la face du monde de ceux qui proclament que nul n’est comme Dieu. Sachez-le bien, vous ne vous battez pas, quoi qu’il puisse vous en paraître, contre des hommes, sous leurs systèmes immondes qui offensent la face du Tout-Puissant ; ce sont les démons qui agissent et ceux-là, vous n’en serez pas vainqueurs par des discours, par des suffrages électoraux, par des finesses diplomatiques ou par les armes du monde, mais par la pénitence, la prière, le sacrifice et l’observance.
Puissent vos cœurs s’ouvrir largement au mystère de l’archange saint Michel de sorte qu’il vous aide à devenir plus droits, plus forts et plus purs, témoins incorruptibles de la vérité divine qui demande notre aveu.

Notes sur le site

Les Archanges: Saint Michel, Gabriel, Raphaël

28 septembre, 2012

http://lesbonsanges.free.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=3&Itemid=30

Les Archanges: Saint Michel, Gabriel, Raphaël

Les Archanges
Tous les ministères des ordres angéliques se rapportent à la gloire de Dieu et à la déification de l’homme. les hommes font l’objet particulier de la sollicitude des anges. Entre eux et nous existe un commerce perpétuel, figuré par l’échelle de Jacob. (Génèse 28, 10-15) Descendre les degrés de cette échelle mystérieuse et venir, dans les occasions solennelles, remplir auprès de l’homme des missions importantes, telle est la fonction des Archanges, dont le nom signifie ange supérieur.
Bien que ces esprits célestes forment un ordre distinct, composant le deuxième chœur de la troisième hiérarchie ; bien que l’office, par conséquent, d’ambassadeur extraordinaire convienne et appartienne à ceux d’une même famille, étant semblables entre eux par les dons de la nature et de la grâce, Dieu peut cependant, tout en laissant leur mission ordinaire, qui est d’être ambassadeurs extraordinaires, se choisir et désigner dans les autres chœurs angéliques des envoyés ; ils prennent alors le nom d’archanges. C’est ainsi que nous appelons archanges les saints Michel, Gabriel, Raphaël, bien qu’ils appartiennent à l’ordre des chérubins ou des séraphins, ou qu’ils soient du nombre de ceux qui se tiennent immédiatement devant Dieu. Ils sont archanges, de ce qu’ils sont des envoyés extraordinaires.

d’après Jean de Sainte-Eulalie, 1845-1924, franciscain
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Le culte des Archanges donne beaucoup de consolations et de courage. Ils sont, eux aussi, répartis en divers ordres. La couleur de leurs vêtements est différente également. C’est au chœur des Archanges qu’appartiennent les sept esprits bienheureux qui se tiennent devant le trône de Dieu, prêts sans cesse à exécuter les ordres du Très-Haut.

SAINT MICHEL
Le nom de ce grand Archange signifie  » Qui est comme Dieu »
C’est Saint Michel qui est le plus près de Dieu le Père. Equipé comme un guerrier, il allie à une beauté sublime une grande puissance. Les anges de son ordre sont équipés comme lui.
On fête Saint Michel le 8 Mai et le 29 Septembre.
Ces archanges-là assistent les martyrs dans leurs tourments; ils assistent de même ceux qui ont à souffrir persécution pour Dieu. Le Dieu de miséricorde envoie alors, par l’intermédiaire de Saint Michel, un archange pour aider l’ange gardien de celui qui est persécuté. Que d’actes héroïques d’abnégation, de mortification ; que de force de volonté chez ces âmes ! Et pourtant, elles ne pensent nullement qu’elles sont redevables à leur ange du secours reçu. Les anges sont assidus au service des hommes, mais que les hommes sont ingrats à l’égard des anges!

SAINT GABRIEL
Gabriel en Hébreu signifie « Force de Dieu ». C’est l’ange de l’annonciation. Saint Gabriel est plus près de Jésus.
On célèbre sa fête le 24 Mars.
Saint Gabriel porte un vêtement sacerdotal: une aube et une étole. Il est spécialement le messager du Saint-Esprit. Ses privilèges le placent au même rang que S. Michel. Il est l’ange des «fils du Saint-Esprit», des prêtres, de toutes les âmes qui ont une ardente dévotion au Saint-Esprit, ou qui désirent pouvoir le bien servir. C’est encore le patron de la prière fervente. Les prêtres ne devraient pas laisser passer un seul jour sans l’invoquer, spécialement quand ils ont à annoncer la Parole de Dieu. Ceux qui se trouvent aux prises avec de grandes souffrances physiques ou morales doivent l’invoquer eux aussi. Il nous obtient un ardent amour pour la Mère de Dieu. Il viendra saluer à l’heure de la mort et conduire à leur Reine les âmes qui l’auront souvent salué. La beauté de l’archange Gabriel a quelque chose de plus séduisant, de plus irrésistible; elle parle davantage au cœur elle n’est pas aussi imposante que celle de Saint Michel.
C’est Saint Gabriel qui transmit de la part de Dieu aux trois Rois mages, qui étaient païens, l’ordre de partir pour Bethléem. Quand sonne l’Angélus, saluons aussi Saint Gabriel. Quel délice il dut éprouver, quand il entendit ces mots: «Voici la servante du Seigneur!» Et comme il s’est incliné, au moment où le Verbe s’est fait chair!
Saint Gabriel est également l’ange gardien de la sainte Humanité de Jésus. Ce fut lui qui, le premier, annonça aux bergers la naissance du Sauveur; lui qui fut l’ange gardien de la Sainte Famille, au cours de la fuite en Egypte; lui qui, au jardin des Oliviers, réconforta le Christ; lui encore qui, à la quatrième station sur le chemin du Calvaire, prêta assistance à la Mère de Dieu; lui enfin qui, au moment où Jésus mourut sur la croix, assista notre Rédempteur. Il fut aussi l’ange de la Résurrection, l’ange de l’Ascension. Quiconque honore Saint Gabriel sera, à l’heure de la mort, réconforté et pacifié par lui, car c’est lui qui a assisté le Seigneur quand Il est mort en croix.

SAINT RAPHAËL, L’ARCHANGE SECOURABLE
Raphael signifie « Médecine de Dieu ». Raphael est l’archange du Saint Esprit.
On fête saint Raphael le 24 Octobre.
Saint Raphaël est le patron des confesseurs et des pénitents. Quiconque l’honore fidèlement aura toujours de bons directeurs de conscience. Saint Raphaël est l’ange consolateur dans les difficultés présentes; il est notre secours dans la détresse. Il s’occupe tout spécialement de ceux qui administrent le sacrement de Pénitence et de ceux qui le reçoivent.
Les personnes engagées dans l’état du mariage ne doivent pas l’oublier non plus. Le vêtement de Saint Raphaël est retroussé et ceint d’une ceinture. De la main droite, il tient un bâton en forme de sceptre, tandis que Saint Gabriel, lui, porte un lis, Saint Michel un bouclier et une épée. Les sept dons du Saint-Esprit sont représentés par des archanges dont la beauté défie toute expression. L’archange de la patience porte un habit vert. Son visage est tourné vers le ciel, ses mains sont jointes en une fervente prière. Il y a, dans sa beauté, quelque chose d’émouvant, je dirais presque de mélancolique. Là où Dieu l’envoie pénètrent dans les âmes la résignation et la patience. Il est des personnes auprès desquelles il demeure sans cesse: natures privilégiées, qui supportent tout, même des choses qui paraissent incroyables. Partout où il jette les yeux, il y a une croix. Cet archange aide celui qui souffre avec courage à la supporter avec patience. Moi aussi, j’ai besoin de toi, aujourd’hui, archange secourable! Je ne suis pas digne de demander ta visite, mais viens, pour l’amour de Dieu, afin que le n’offense pas la patience divine par des pensées de lâcheté et d’impatience. Je médite davantage, maintenant, sur les privilèges des anges. Oh! que le ciel doit être beau!

D’après Mechtild von Thaller

Lc 2 : les anges de Noël (biblique, texte et commentaire)

5 janvier, 2012

http://www.bible-service.net/site/533.html

Lc 2 : les anges de Noël

(LE TEXTE)

2, 1 Or, en ce temps-là, parut un décret de César Auguste pour faire recenser le monde entier. 2 Ce premier recensement eut lieu à l’époque où Quirinius était gouverneur de Syrie.
3 Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville; 4 Joseph aussi monta de la ville de Nazareth en Galilée à la ville de David qui s’appelle Béthléem en Judée, parce qu’il était de la famille et de la descendance de David, 5 pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte.
6 Or, pendant qu’ils étaient là, le jour où elle devait accoucher arriva; 7 elle accoucha de son fils premier-né, l’emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle d’hôtes.
8 Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau. 9 Un ange du Seigneur se présenta devant eux, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d’une grande crainte. 10 L’ange leur dit :  »Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : 11 Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur; 12 et voici le signe qui vous est donné: vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ».
13 Tout à coup il y eut avec l’ange l’armée céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu et disait : 14  »Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés ».
15 Or, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, les bergers se dirent entre eux:  »Allons donc jusqu’à Béthléem et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître ». 16 Ils y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire.
17 Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant. 18 Et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers. 19 Quant à Marie, elle retenait tous ces événements en en cherchant le sens. 20 Puis les bergers s’en retournèrent, chantant la gloire et les louanges de Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, en accord avec ce qui leur avait été annoncé.

Au fil du texte de Lc 2

(COMMENTAIRE)

L’enfant, les bergers et les anges
Voici donc le récit de la naissance de Jésus. La naissance elle-même occupe peu de place dans le texte. Elle est évoquée en un seul verset : Marie accouche d’un bébé, l’emmaillote et le couche dans une mangeoire. C’est tout.
Extrême sobriété, pas un mot de trop. Rien de spectaculaire : une mère et son bébé. On aimerait en savoir un peu plus. Où sont les autres personnages ? Où est Joseph ? Que fait-il ? L’auteur ne s’y intéresse pas. Il est pressé de nous emmener ailleurs, là où se déroule l’essentiel de son récit.
La scène principale se passe en effet dans un lieu indéterminé, mais à quelque distance de l’endroit qui a vu naître Jésus. Comme dans un théâtre, la scène s’éclaire d’une lumière venue d’en haut.

L’ange du Seigneur
Un Ange du Seigneur apparaît à des bergers. L’apparition de l’Ange du Seigneur n’est pas une nouveauté dans la Bible. Tout se déroule en effet selon un schéma classique : l’Ange du Seigneur arrive subitement, sa venue suscite le trouble, le messager divin annonce la naissance d’un enfant et il donne un signe. Luc connaît bien la Bible et les interventions de l’Ange du Seigneur.
Dans l’évangile de Luc c’est la troisième apparition de l’Ange du Seigneur. Il s’est déjà adressé à Zacharie, dans le Temple de Jérusalem, et à Marie dans sa maison de Nazareth. Dans les deux cas il s’agissait de Gabriel celui qui, dans le livre de Daniel, annonçait la venue du temps du salut. Ici, l’Ange du Seigneur n’est pas nommé pas plus que les destinataires du message. Ce sont des bergers anonymes.

L’enfant est pour vous
Le récit comporte une nouveauté. Tout ne se déroule pas selon le schéma convenu. L’annonce de la naissance, cette fois-ci, n’est pas destinée à de futurs parents, mais à des tiers. « Il ‘vous’ est né », dit l’Ange. Dieu donne cet enfant aux bergers, mais également à tout un peuple qui sera comblé de joie à l’annonce de la bonne nouvelle.
L’enfant, par ailleurs, n’est plus à venir, il est déjà là : « Il vous est né aujourd’hui », dit l’Ange. Nous entendons pour la première fois ce mot si important dans l’évangile de Luc que nous retrouverons lors du baptême de Jésus, lors de sa prédication inaugurale à Nazareth, lors de sa visite à Zachée et sur la croix, adressée à un des deux bandits : le mot « aujourd’hui ». Le temps du salut n’est plus à venir. Il est là, inauguré par la naissance de Jésus.

Les titres royaux
Le messager divin attribue maintenant l’enfant qui vient de naître une surabondance de titre royaux. Il est Christ, Seigneur et Sauveur.
Christ : c’est la traduction grecque du mot « Messie » qui désigne le roi attendu par le peuple juif issu de la descendance de David. Jésus justement est né dans le même village que David, à Béthléem.
Seigneur : autre terme royal utilisé pour désigner l’empereur. Mais c’est aussi le terme utilisé par la Bible grecque pour désigner Dieu.
Sauveur : encore un titre royal ou impérial. Les potentats de l’époque aimaient s’attribuer ce titre. Ils voulaient qu’on les appelle « bienfaiteurs » ou « sauveurs » de leur peuple. C’est également le mot que le livre des Juges emploie pour désigner les personnages providentiels que Dieu envoyait pour sauver son peuple en péril. C’est enfin un des mots qui désigne Dieu lui-même. Marie l’a employé dans son Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit s’est rempli d’allégresse à cause de Dieu, mon Sauveur. »

Le hérault du roi
Dans le récit de Luc, l’Ange du Seigneur apparaît comme un hérault qui parcourt le royaume pour énumérer les titres d’un l’enfant royal destiné à monter sur le trône. Le texte n’indique pas le lieu où apparaît l’Ange. Il précise seulement que c’est « dans le même pays », celui de Marie et de Joseph, le descendant de David. Il s’adresse à la population du pays, qui attend un roi envoyé par Dieu. Ce roi vient de naître. Les bergers, qui font partie des basses classes de la société, sont les premiers à en être avertis. C’est normal, le roi vient plus particulièrement pour eux. Plus tard le Seigneur Jésus dira : « Heureux, vous les pauvres : le Royaume de Dieu est à vous. » et également : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout petits. »

Une intrigue qui se noue
Le lecteur de l’évangile est intrigué par cette déclaration solennelle. Que signifient tous ces titres ? Comment l’enfant va-t-il régner ? À la manière de César Auguste et de son représentant Quirinius que le texte vient d’évoquer ? À la manière du roi David, ancêtre de Joseph ? Comment va-t-il monter sur le trône ?
D’une façon plus pratique, le lecteur se demande comment les bergers vont trouver l’enfant. L’Ange du Seigneur ne répond à aucune de ces questions, mais, comme dans tous les autres récits d’annonces de naissances, il donne un signe. Il parle d’un enfant couché dans une crèche. Le signe donné par l’Ange est ambigu. Il semble en totale contradiction avec le message qui vient d’être donné. Comment la pauvreté et la faiblesse de l’enfant peuvent-elles être des signes royaux ?
Placé au début de l’évangile, ce message angélique joue un grand rôle. Il intrigue et invite à lire la suite du texte. Quelle va être la destinée de cet enfant royal couché dans une mangeoire ? La lecture de l’évangile, et plus particulièrement le récit de la longue marche de Jésus vers Jérusalem permettra petit à petit de comprendre le paradoxe. Mais le sens ultime de la royauté de Jésus ne pourra être comprise qu’après sa mort et sa résurrection.

Le choeur de l’armée céleste
Le récit continue avec l’arrivée d’un groupe nombreux qui occupe tout l’espace : l’armée céleste . Son rôle est semblable à celui d’un choeur dans un théâtre antique qui intervient à la fin d’une scène pour en tirer la leçon. L’armée céleste chante la louange de Dieu et la paix pour « les hommes de bienveillance ». Nouvelle expression ambiguë. De quelle bienveillance s’agit-il ? De celle des hommes ou de celle de Dieu ? S’agit-il des hommes de bonne volonté (selon les traductions anciennes) ou des hommes objets de la bonne volonté de Dieu (selon les traductions récentes) ? Pour formuler les choses différemment : Qu’est-ce qui est premier : la bonne disposition du coeur des hommes pour accueillir le salut de Dieu ou l’amour gratuit de Dieu pour les hommes ? Autres questions : de quels hommes s’agit-il ? Du peuple élu, objet de la promesse ou de tous les hommes de la terre ? Et enfin : en quoi consiste cette paix ? Est-elle intérieure ou extérieure, pour aujourd’hui ou pour demain ?
La suite de l’évangile apportera progressivement des réponses à ces questions. Comme le message de l’Ange du Seigneur, le chant de l’armée céleste s’adresse au lecteur pour susciter son intérêt. Il formule les questions essentielles, celles que la communauté chrétienne des origines se pose, celles qui continuent à se poser à notre foi.

Les nouveaux « anges »
Quand les anges sont partis, les bergers, qui jusqu’à présent semblaient figés comme des santons, s’animent à leur tour. Ils s’encouragent mutuellement et vont voir ce qui vient de s’accomplir. Ils y vont en hâte et annoncent ce qui leur a été révélé. Ceux qui les entendent sont étonnés. Nous retrouverons ce même étonnement chez Pierre, à la fin de l’évangile, quand, au matin de Pâque, les femmes lui transmettront le message des anges.
Les bergers maintenant s’en retournent pleins de joie. Ils ont pu constater que les paroles de Dieu se réalisaient. Ils sont devenus des « anges » à leur tour, c’est-à-dire des messagers et des célébrants. Comme l’Ange du Seigneur, ils ont annoncé un message de bonheur. Comme l’armée céleste, ils chantent maintenant les louanges de Dieu. Ils préfigurent le rôle de la communauté chrétienne chargée d’annoncer à tous les hommes la bienveillance de Dieu qui s’exerce par le Seigneur Jésus, notre seul Sauveur.

Joseph STRICHER
Article paru dans Les Dossiers de la Bible n° 70 (novembre 1997) p. 4-6

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