Archive pour décembre, 2019

BENOÎT XVI – AUDIENCE GÉNÉRALE – préparation de la Naissance du Sauveur 23.12.09

9 décembre, 2019

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fr Greccio il borgo deove è nato il presepio

La crèche de Greccio, le Borgo où est né le berceau

BENOÎT XVI – AUDIENCE GÉNÉRALE – préparation de la Naissance du Sauveur 23.12.09

Mercredi 23 décembre 2009

Chers frères et sœurs,

Avec la neuvaine de Noël, que nous célébrons ces jours-ci, l’Eglise nous invite à vivre de manière intense et profonde la préparation de la Naissance du Sauveur, désormais imminente. Le désir, que nous portons tous dans le cœur, est que la prochaine fête de Noël nous offre, au milieu de l’activité frénétique de notre époque, une joie sereine et profonde pour nous faire toucher du doigt la volonté de notre Dieu et de nous donner un courage nouveau.
Pour mieux comprendre la signification du Noël du Seigneur je voudrais évoquer brièvement l’origine historique de cette solennité. En effet, l’année liturgique de l’Eglise ne s’est pas développé au commencement en partant de la naissance du Christ, mais de la foi en sa résurrection. C’est pourquoi la fête la plus ancienne de la chrétienté n’est pas Noël, mais Pâques; la résurrection du Christ fonde la foi chrétienne, elle est à la base de l’annonce de l’Evangile et elle fait naître l’Eglise. Etre chrétiens signifie donc vivre de manière pascale, en se laissant prendre dans la dynamique qui voit le jour avec le baptême et qui conduit à mourir au péché pour vivre avec Dieu (cf. Rm 6, 4).
Le premier à affirmer avec clarté que Jésus naquit le 25 décembre a été Hippolyte de Rome, dans son commentaire au Livre du prophète Daniel, écrit vers l’an 204. Certains exégètes remarquent ensuite que, ce jour-là, était célébrée la fête de la Consécration du Temple de Jérusalem, instituée par Judas Maccabée en 164 avant Jésus Christ. La coïncidence de dates signifierait alors qu’avec Jésus, apparu comme lumière de Dieu dans la nuit, se réalise véritablement la consécration du temple, l’Avènement de Dieu sur cette terre.
Dans la chrétienté, la fête de Noël a pris une forme définitive au IVe siècle, lorsqu’elle prit la place de la fête romaine du « Sol invictus », le soleil invincible; ainsi fut mis en évidence que la naissance du Christ est la victoire de la vraie lumière sur les ténèbres du mal et du péché. Toutefois, l’atmosphère spirituelle particulière et intense qui entoure Noël s’est développée au Moyen-Age, grâce à saint François d’Assise, qui était profondément amoureux de l’homme Jésus, du Dieu-avec-nous. Son premier biographe, Thomas de Celano, dans la Vita seconda raconte que saint François « plus que toutes les autres solennités, célébrait avec un ineffable soin le Noël de l’Enfant Jésus, et il appelait fête d’entre les fêtes le jour où Dieu, s’étant fait petit enfant, avait pris la tétée à un sein humain » (Sources franciscaines, n. 199, p. 492). C’est à cette dévotion particulière au mystère de l’Incarnation que doit son origine la fameuse célébration de Noël à Greccio. Elle fut probablement inspirée à saint François par son pèlerinage en Terre Sainte et par la crèche de Sainte-Marie-Majeure à Rome. Ce qui animait le Poverello d’Assise était le désir de faire l’expérience, de manière concrète, vivante et actuelle, de l’humble grandeur de l’événement de la naissance de l’Enfant Jésus et d’en communiquer la joie à tous.
Dans la première biographie, Thomas de Celano parle de la nuit de la crèche de Greccio de manière vivante et touchante, en offrant une contribution décisive à la diffusion de la plus belle tradition de Noël, celle de la crèche. La nuit de Greccio, en effet, a redonné à la chrétienté l’intensité et la beauté de la fête de Noël, et a éduqué le Peuple de Dieu à en saisir le message le plus authentique, la chaleur particulière, et à aimer et adorer l’humanité du Christ. Cette approche particulière de Noël a offert à la foi chrétienne une nouvelle dimension. La Pâque avait concentré l’attention sur la puissance de Dieu qui vainc la mort, inaugure la vie nouvelle et enseigne à espérer dans le monde qui viendra. Avec saint François et sa crèche étaient mis en évidence l’amour désarmé de Dieu, son humilité et sa bonté qui, dans l’Incarnation du Verbe, se manifeste aux hommes pour enseigner une nouvelle manière de vivre et d’aimer.
Thomas de Celano raconte que, en cette nuit de Noël, la grâce d’une vision merveilleuse fut accordée à François. Il vit couché immobile dans la mangeoire un petit enfant, qui fut réveillé du sommeil précisément par la proximité de François. Et il ajoute: « Cette vision n’était pas discordante des faits car, par l’œuvre de sa grâce qui agissait au moyen de son saint serviteur François, l’Enfant Jésus fut ressuscité dans le cœur de beaucoup de personnes qui l’avaient oublié, et il fut profondément imprimé dans leur mémoire pleine d’amour » (Vita prima, op. cit., n. 86, p. 307). Cette évocation décrit avec beaucoup de précision ce que la foi vivante et l’amour de François pour l’humanité du Christ ont transmis à la fête chrétienne de Noël: la découverte que Dieu se révèle sous la tendre apparence de l’Enfant Jésus. Grâce à saint François, le peuple chrétien a pu percevoir qu’à Noël, Dieu est vraiment devenu l’« Emmanuel », le Dieu-avec-nous, dont ne nous sépare aucune barrière et aucune distance. Dans cet Enfant, Dieu est devenu si proche que nous pouvons le tutoyer et entretenir avec lui une relation confidentielle de profonde affection, de la même façon que nous le faisons avec un nouveau-né.
En effet, dans cet Enfant se manifeste Dieu-Amour: Dieu vient sans armes, sans la force, parce qu’il n’entend pas conquérir, pour ainsi dire, de l’extérieur, mais il entend plutôt être librement accueilli par l’homme; Dieu se fait Enfant sans défense pour vaincre l’orgueil, la violence, la soif de possession de l’homme. En Jésus, Dieu a assumé cette condition pauvre et désarmante pour nous vaincre par l’amour et nous conduire à notre véritable identité. Nous ne devons pas oublier que le titre le plus grand de Jésus Christ est précisément celui de « Fils », Fils de Dieu; la dignité divine est indiquée par un terme, qui prolonge la référence à l’humble condition de la mangeoire de Bethléem, bien que correspondant de manière unique à sa divinité, qui est la divinité du « Fils ».
En outre, sa condition d’Enfant nous indique comment nous pouvons rencontrer Dieu et jouir de sa présence. C’est à la lumière de Noël que nous pouvons comprendre les paroles de Jésus: « Si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux » (Mt 18, 3). Celui qui n’a pas compris le mystère de Noël, n’a pas compris l’élément décisif de l’existence chrétienne. Celui qui n’a pas accueilli Jésus avec le cœur d’un enfant, ne peut pas entrer dans le royaume des cieux: tel est ce que François a voulu rappeler à la chrétienté de son époque et de tous les temps, jusqu’à aujourd’hui. Nous prions le Père pour qu’il accorde à notre cœur cette simplicité qui reconnaît le Seigneur dans l’Enfant, précisément comme le fit François à Greccio. Il pourrait alors aussi nous arriver ce que Thomas de Celano — se référant à l’expérience des pasteurs dans la Nuit Sainte (cf. Lc 2, 20) — raconte à propos de ceux qui furent présents à l’événement de Greccio: « Chacun s’en retourna chez lui empli d’une joie ineffable » (Vita prima, op. cit., n. 86, p. 479).
Tel est le vœu que j’adresse avec affection à vous tous, à vos familles et à ceux qui vous sont chers. Bon Noël à vous tous!

HOMÉLIE POUR LE 2E DIMANCHE DE L’AVENT ANNÉE A « CONVERTISSEZ-VOUS, CAR LE ROYAUME DES CIEUX EST TOUT PROCHE »

6 décembre, 2019

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HOMÉLIE POUR LE 2E DIMANCHE DE L’AVENT ANNÉE A « CONVERTISSEZ-VOUS, CAR LE ROYAUME DES CIEUX EST TOUT PROCHE »

Textes de l’Écriture : Isaïe 11, 1-10, Romains 15, 4-9 et Mathieu 3, 1-12.

Les lectures d’aujourd’hui ont du souffle, en particulier la première tirée du prophète Isaïe. Ces lectures sont la Parole de Dieu en œuvre. Comme le dit saint Paul dans la deuxième lecture, elles ont été écrites à l’avance dans les Livres saints pour nous instruire, « afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance ».

I – Un cadre paradisiaque
Commençons par la première lecture. Celle-ci décrit avec une touche poétique un univers paradisiaque réconcilié avec Dieu. « Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira…La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main. Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ».
Au-delà de la poésie des descriptions, il est juste de penser que rien de la réalité créée n’échappe à notre Dieu. Il est Celui qui ramène à lui tout l’univers qui s’en est éloigné de diverses façons. Il l’a créé beau et bon et il le veut toujours ainsi. Dans le contexte d’aujourd’hui le ton que donne Isaïe à notre démarche de l’Avent peut s’inscrire dans une perspective écologique où comme le souhaite le pape François la préoccupation pour la terre, notre maison commune, fait partie de l’annonce du Salut (cf. Encyclique Laudato si’ nos 13,14,15). Le salut pour le prophète Isaïe, se manifestera à travers un envoyé qui est décrit comme un rejeton de la racine de Jessé qui est le père du roi David, image de Jésus Sauveur.
Retenons de ce passage de l’Écriture que dans notre monde réside une force et une puissance qui sont au-delà de ce que nous voyons et qui révèlent l’amour du Créateur pour ses créatures.

II – Un long chemin et un précurseur
Depuis la chute d’Adam et Ève qui a entraîné une dérive du beau et du bon créés par Dieu, l’histoire humaine s’est déroulée sur une longue période de temps avant de voir poindre une lumière que la foi des anciens comme Abraham, Isaac et Jacob, a reconnue et qu’ils ont partagée avec leur descendance dont nous sommes les héritiers. Cette lumière a dirigé leurs pas et les a inspirés. Elle a illuminé l’histoire du Peuple choisi, le peuple d’Israël qui a vécu des hauts et des bas, mais en qui l’action de Dieu s’est faite sentir tout le temps, car Dieu a fait alliance avec ce peuple et il ne l’abandonne pas. Par lui ce sont toutes les nations qui sont rejointes. Isaïe le présente ici « comme un étendard pour les peuples, les nations le chercheront, et la gloire sera sa demeure ». Le Dieu de l’Alliance offre ainsi le salut à tous les peuples.
Au terme d’un long temps de préparation et d’attente éclateront l’amour et la miséricorde de Dieu. C’est ce mystère que nous fêtons à Noël : un Dieu qui s’incarne et habite avec nous pour toujours en Jésus Sauveur. Jean-Baptiste est présenté comme celui qui annonce cette Bonne nouvelle de la venue du Sauveur. On l’a appelé le Précurseur. Il reprend à son compte les oracles des prophètes. Jean-Baptiste, constate saint Luc, « est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ». Sa mission est de préparer la venue de Celui qui est attendu, du Sauveur donné par Dieu qu’annonçaient les prophètes et qui est maintenant sur le point de se manifester.
Jean-Baptiste dans le passage d’évangile qui qui vient d’être lu en est encore au début de sa prédication. Il invite les personnes qui l’entendent à changer leur cœur, à se convertir. « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche ». Il prépare le terrain. Son baptême, lorsqu’il leur offre de les plonger dans l’eau du Jourdain, est un moment de purification qui ouvre à l’accueil de Celui qui doit venir. Lui, comme il dit, « les baptisera dans l’Esprit Saint ».

III – Application
À deux mille ans de distance, le temps de l’Avent, fait de nous des personnes qui se mettent en était d’écoute et d’attente de Celui qui est venu, qui vient et qui viendra. Les ans qui nous séparent de sa venue historique en Palestine que nous fêterons à Noël ne sont pas un obstacle à sa rencontre. Nous pouvons comme les personnes qui entendaient Jean-Baptiste nous tourner vers Dieu qui nous purifiera et qui nous enverra son Esprit.
Chaque année le temps de l’Avent nous est donné pour entrer dans cet esprit de préparation et d’attente, attente qui ne se juge pas sur le résultat mais sur l’intensité et les sentiments qui l’accompagnent. Soyons de plus en plus des femmes et des hommes qui savent développer une attente qui se traduit en une espérance tenace et confiante appuyée sur la Parole de Dieu.
Nous avancerons dans notre attente – notre Avent – cette année si nous prenons le temps de nous arrêter un peu, de temps à autre. Bien sûr, les préparatifs des Fêtes nous occupent. Ayons à cœur cependant de réserver quelques moments pour relire la Parole de Dieu, pour présenter au Seigneur nos prières ou pour offrir un geste de partage. Il n’y a pas de recette. Chacune et chacun peut le faire à sa façon.

Conclusion
En terminant, redisons avec foi cette prière traditionnelle de l’Avent tirée du prophète Isaïe qui est reprise au Bréviaire :

« Vienne la rosée sur la terre,
Naisse l’espérance en nos cœurs.
Brille dans la nuit la lumière.
Bientôt va germer le Sauveur.
Au désert un cri s’élève :
Préparez les voies du Seigneur ».
(Hymne du Bréviaire pour le temps de l’Avent : « Rorate caeli desuper et nubes pluant Justum »)

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE 15 mars 2017 (…nous sommes appelés à l’amour, à la charité)

5 décembre, 2019

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PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE 15 mars 2017 (…nous sommes appelés à l’amour, à la charité)

Mercredi 15 mars 2017

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous savons bien que le grand commandement que nous a laissé le Seigneur Jésus est celui d’aimer: aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre esprit et aimer notre prochain comme nous-mêmes (cf. Mt 22, 37-39), c’est-à-dire que nous sommes appelés à l’amour, à la charité. Et cela est notre vocation la plus élevée, notre vocation par excellence: et à elle est liée également la joie de l’espérance chrétienne. Qui aime a la joie de l’espérance, d’arriver à rencontrer le grand amour qu’est le Seigneur.
L’apôtre Paul, dans le passage de la Lettre aux Romains, que nous venons d’écouter, nous met en garde: il existe le risque que notre charité soit hypocrite, que notre amour soit hypocrite. Nous devons alors nous demander: quand a lieu cette hypocrisie? Et comment pouvons-nous être certains que notre amour est sincère, que notre charité est authentique? De ne pas faire semblant de faire la charité ou que notre amour ne soit pas comme un feuilleton télévisé: un amour sincère, fort…
L’hypocrisie peut s’insinuer partout, même dans notre façon d’aimer. Cela a lieu quand notre amour est un amour intéressé, mû par des intérêts personnels; et combien d’amours intéressés y a-t-il… quand les services caritatifs dans lesquels il semble que nous nous prodiguions sont accomplis pour nous faire valoir nous-mêmes ou nous sentir satisfaits: «Comme je suis bon!» Non, cela est une hypocrisie! Ou encore quand nous visons à des choses qui ont une «visibilité» pour montrer notre intelligence ou nos capacités. Derrière tout cela, il y a une idée fausse, trompeuse, c’est-à-dire que, si nous aimons, c’est parce que nous sommes bons; comme si la charité était une création de l’homme, un produit de notre cœur. La charité, en revanche, est avant tout une grâce, un cadeau: pouvoir aimer est un don de Dieu, et nous devons le demander. Et Il le donne avec plaisir, si nous le demandons. La charité est une grâce: elle ne consiste pas à faire transparaître ce que nous ne sommes pas, mais ce que le Seigneur nous donne et que nous accueillons librement; et elle ne peut pas s’exprimer dans la rencontre avec les autres si elle n’est pas engendrée auparavant par la rencontre avec le visage doux et miséricordieux de Jésus.
Paul nous invite à reconnaître que nous sommes pécheurs, et que notre façon d’aimer est marquée par le péché. Dans le même temps, toutefois, il se fait porteur d’une annonce nouvelle, une annonce d’espérance: le Seigneur ouvre devant nous une voie de libération, une voie de salut. C’est la possibilité de vivre nous aussi le grand commandement de l’amour, de devenir instruments de la charité de Dieu. Et cela a lieu quand nous nous laissons guérir et renouveler notre cœur par le Christ ressuscité. Le Seigneur ressuscité qui vit parmi nous, qui vit avec nous est capable de guérir notre cœur: il le fait, si nous le demandons. C’est Lui qui nous permet, même dans notre petitesse et notre pauvreté, de faire l’expérience de la compassion du Père et de célébrer les merveilles de son amour. Et l’on comprend alors que tout ce que nous pouvons vivre et faire pour nos frères n’est autre que la réponse à ce que Dieu a fait et continue de faire pour nous. C’est d’ailleurs Dieu lui-même qui, demeurant dans notre cœur et dans notre vie, continue de se faire proche et de servir tous ceux que nous rencontrons chaque jour sur notre chemin, en commençant par les derniers et les plus indigents, dans lesquels Il se reconnaît en premier.
A travers ces paroles, l’apôtre Paul veut alors moins nous réprimander que nous encourager et raviver en nous l’espérance. En effet, nous faisons tous l’expérience de ne pas vivre pleinement ou comme nous devrions le commandement de l’amour. Mais cela aussi est une grâce, parce que cela nous fait comprendre que nous ne sommes pas capables d’aimer véritablement par nous-mêmes: nous avons besoin que le Seigneur renouvelle constamment ce don dans notre cœur, à travers l’expérience de sa miséricorde infinie. Alors, nous pourrons apprécier à nouveau les petites choses, les choses simples, ordinaires; nous apprécierons à nouveau ces petites choses de tous les jours et nous serons capables d’aimer les autres comme Dieu les aime, en voulant leur bien, c’est-à-dire qu’ils soient saints, amis de Dieu; et nous serons contents de la possibilité de nous faire proches de celui qui est pauvre et humble, comme Jésus le fait avec chacun de nous quand nous sommes loin de Lui, de nous pencher sur les pieds de nos frères, comme Lui, le Bon Samaritain, le fait avec chacun de nous, à travers sa compassion et son pardon.
Chers frères, ce que l’apôtre Paul nous a rappelé est le secret pour être — je reprends ses termes — c’est le secret pour être «avec la joie de l’espérance» (Rm 12, 12): avec la joie de l’espérance. Avec la joie de l’espérance parce que nous savons qu’en toute circonstance, même la plus adverse et également à travers nos propres échecs, l’amour de Dieu ne manque pas. Et alors, le cœur visité et habité par sa grâce et par sa fidélité, nous vivons dans la joyeuse espérance de rendre à nos frères, dans la mesure de nos faibles moyens, tout ce que nous recevons aujourd’hui de lui. Merci.
Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier l’association Chemins d’Humanité avec Mgr Jean Luc Brunin, évêque du Havre. Soyons pleins d’espérance sur notre route de Carême, certains que, même à travers nos échecs, l’amour de Dieu est le plus fort et nous donne l’occasion de renouveler notre cœur pour être à son service et au service de nos frères. Que Dieu vous bénisse!
J’adresse une pensée spéciale aux employés de «Sky Italia», et je souhaite que leur situation professionnelle puisse trouver une solution rapide, dans le respect des droits de tous, en particulier des familles. Le travail nous confère de la dignité, et les responsables des peuples, les gouvernants, ont l’obligation de tout faire afin que chaque homme et chaque femme puisse travailler et garder ainsi la tête haute, regarder les autres en face, avec dignité. Qui, pour des manœuvres économiques, pour réaliser des affaires peu claires, ferme des usines, ferme des entreprises et supprime le travail de personnes, commet un péché très grave.

 

PAPE FRANÇOIS – Le ministère est un don, pas une fonction ou un contrat de travail – 19 septembre 2019

4 décembre, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2019/documents/papa-francesco-cotidie_20190919_ministere-don.html

9 Pour te rappeler Que chaque jour Est un cadeau de Dieu .

PAPE FRANÇOIS – Le ministère est un don, pas une fonction ou un contrat de travail – 19 septembre 2019

(Sur le site du Vatican il n’y a toujours pas de catéchèse d’aujourd’hui traduite en français)

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°040 du 1er octobre 2019)

Le ministère ordonné est un don du Seigneur, «qui nous a regardés et nous a dit “Suis-moi”», avant d’être un service, et certainement pas «une fonction» ou «un contrat de travail». Le Pape François a invité tout le monde à réfléchir sur la première lettre de saint Paul à Timothée, proposée par la liturgie, en l’axant sur le mot «don», sur le ministère comme don à contempler, suivant le conseil de Paul à un jeune disciple: «Ne néglige pas le don de la grâce en toi». «Ce n’est pas un contrat de travail “Je dois faire”, l’agir est au deuxième plan; je dois recevoir le don et le conserver comme un don et tout naît de là, dans la contemplation du don». Quand nous oublions cela «nous nous approprions du don et le transformons en fonction, on perd le cœur du ministère, on perd le regard de Jésus qui nous a tous regardés et nous a dit: “Suis-moi”, on perd la gratuité».
Il met donc en garde contre un risque: «De ce manque de contemplation du don, du ministère comme don, naissent toutes les déviations que nous connaissons, des plus affreuses, qui sont terribles, à celles plus quotidiennes, qui nous font concentrer notre ministère sur nous-mêmes et non sur la gratitude du don et sur l’amour envers Celui qui nous a fait ce don, le don du ministère».
Un don, rappelle le Pape en citant l’apôtre Paul, «conféré au moyen d’une parole prophétique par l’imposition des mains de la part des prêtres» et qui vaut pour les évêques, mais aussi «pour tous les prêtres» car «il a été un don de la communauté presbytérale». François souligne donc «l’importance de la contemplation du ministère comme don et non comme fonction». Faisons ce que nous pouvons avec bonne volonté, intelligence, «aussi avec ruse», mais toujours pour conserver ce don, «pour ne pas le négliger».
Oublier la centralité d’un don est quelque chose d’humain, et François donne l’exemple du pharisien qui, dans l’Evangile de Luc, accueille Jésus dans sa maison, en négligeant «de nombreuses règles d’accueil», en négligeant les dons. Jésus le lui fait remarquer, en indiquant la femme qui donne tout ce que l’hôte a oublié: l’eau pour les pieds, alors qu’elle «m’a baigné les pieds de ses larmes et les a séchés avec ses cheveux», le baiser d’accueil, «elle, en revanche, depuis que je suis entré n’a pas cessé de m’embrasser les pieds», et l’onction de la tête avec l’huile.
«Il y a cet homme qui était bon, un bon pharisien, mais il avait oublié le don de la courtoisie, le don de la coexistence, qui est aussi un don». «On oublie toujours les dons quand il y a un intérêt derrière, quand je veux faire cela, faire, faire… Nous les prêtres, nous tous devons faire des choses et la première tâche est d’annoncer l’Evangile, mais il faut conserver le centre, la source, d’où naît cette mission, qui est précisément le don que nous avons reçu gratuitement du Seigneur».
La prière finale au Seigneur est pour «qu’il nous aide à conserver le don, à voir notre ministère tout d’abord comme un don, ensuite comme un service», pour ne pas l’abîmer «et ne pas devenir des ministres entrepreneurs, affairistes», et tant d’autres choses qui éloignent de la contemplation du don et du Seigneur». Une grâce que le Pape demande pour tous.

 

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