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HOMÉLIE POUR LE 4E DIMANCHE DE PÂQUES ANNÉE C « MES BREBIS ÉCOUTENT MA VOIX ; MOI, JE LES CONNAIS »

10 mai, 2019

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HOMÉLIE POUR LE 4E DIMANCHE DE PÂQUES ANNÉE C « MES BREBIS ÉCOUTENT MA VOIX ; MOI, JE LES CONNAIS »

Textes : Actes 13, 14.43-52, Apocalypse 7, 9.14b-17 et Jean 10, 27-30

Nous avons ce matin un extrait de l’évangile de saint Jean qui reprend une image bien connue celle du bon pasteur ou bon berger. Dans cet extrait de l’évangile de saint Jean c’est Jésus lui-même qui nous explique ce que cette image signifie pour les relations mutuelles entre les brebis et le pasteur, entre nous et lui.

I – Le choix de l’image du bon pasteur
On est habitué à retrouver dans la bouche de Jésus des images de toutes sortes qui donnent lieu souvent à des histoires ou des paraboles comme celle de la semence ou celle du levain dans la pâte.
Ici, l’image du bon pasteur qu’emploie Jésus dans cet évangile est plus qu’une image. Jésus le précise d’entrée de jeu en disant « Je suis le bon pasteur », il ne dit pas « je suis comme le bon pasteur », mais « je suis le bon pasteur ». Puis il se charge lui-même de décrire ce que cela signifie pour lui.
Suivons-le.

II –Trois traits de la relation de Jésus, bon pasteur, avec nous
Le premier trait retenu par Jésus c’est celui de la réciprocité. « Moi, je les connais, et elles me suivent ».
Les deux, le pasteur et les brebis, ne peuvent se ficher de l’autre. Leur sort est lié à celui de l’autre. Les brebis ne peuvent partir sans le pasteur. Le pasteur ne peut s’éloigner d’elles et les laisser à elles-mêmes. Il est ainsi amené à développer une sollicitude continuelle de tous les instants. Même la nuit il dort avec une œil ouvert, comme on dit, comme le font les parents de jeunes enfants.
Quelle belle image du lien que Jésus a et veut développer avec chacun et chacune d’entre nous. Sa présence auprès de nous, n’est pas une présence intellectuelle et distante. Elle est une présence de tous les instants qui rejoint notre vie concrète. Il le promet lorsqu’il apparaît aux apôtres en Galilée avant l’Ascension : «Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.» (Mathieu 28, 20)
Puisque nous sommes des brebis, nous sommes invités quant a nous à vivre avec notre pasteur une proximité et une intimité de tous les instants. Nous pouvons nous tourner vers lui en tout temps car il est toujours là. Nous sommes liés à lui, car sans lui nous ne pouvons par nos seules forces réaliser ce que nous devons faire pour répondre à l’appel de Dieu dans nos vies. Comme brebis nous sommes dépendants de notre pasteur. Le lien mutuel entre le pasteur et les brebis, entre Jésus et nous, est un lien serré et inviolable, ce qui fera dire à saint Paul dans sa Lettre aux Galates « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi ». (Galates 2, 20)
Le deuxième trait retenu par Jésus pour décrire ce qu’il est comme pasteur, c’est la relation affectueuse avec les brebis. « Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main ».
Jésus, le bon pasteur, est tellement proche des brebis qu’il prend même sur lui leurs péchés. Il a été à la recherche de la brebis perdue et il l’a portée sur ses épaules pour la ramener au bercail. Pour Jésus les brebis sont sa vie. Il a donné sa vie pour qu’elles vivent de la vie même de Dieu. Il les a réunies autour de lui pour les offrir au Père comme un sacrifice agréable et leur donner la vie éternelle.
Le troisième trait qui s’applique au pasteur qu’est Jésus, c’est la relation de communion des brebis avec lui et avec le Père : « personne ne peut les arracher de la main du Père ».
Ce lien de chaque brebis avec Jésus et avec le Père la fait entrer dans une communion de coeur et d’esprit avec Jésus et son Père dans laquelle il les entraîne, car comme il le dit : « Le Père et moi, nous sommes UN ».
La brebis que nous sommes vivra l’amour qui vient du Dieu-Amour (l’agapè). Elle entrera ainsi dans la communion entre Jésus et son Père. Le disciple de Jésus est appelé à partager cette communion du Père et du Fils avec ses frères et soeurs. Elle se reflétera dans le « aimons-nous les uns les autres » qui est un impératif incontournable pour le chrétien et pour toute communauté chrétienne. C’est ainsi que s’exprime la communion entre le pasteur et les brebis.

III – Application
Vous pouvez constater que l’image du pasteur a une belle résonance dans les paroles de Jésus aujourd’hui. Ces paroles de Jésus nous permettent d’aller plus loin dans la compréhension et l’expérience de nos relations avec Lui.
Le temps de Pâques est une belle occasion de nous laisser entraîner derrière le bon pasteur qu’est Jésus. Apprenons à être et à devenir de vraies « bonnes brebis ». Nous saurons éviter les chemins de traverses si nous prenons le temps de regarder celui qui se présente comme le bon pasteur, le bon berger. Celui-ci aime ses brebis. Son amour n’est pas un amour commandé, mais c’est un amour qui vient du cœur, qui le fait se pencher vers chacune des brebis avec sollicitude et avec attention.
Le texte de saint Jean nous a mis sur la piste de trois traits essentiels au pasteur qui ressortent des paroles mêmes de Jésus : réciprocité, affection et communion. Ces trois traits sont une invitation à les développer nous aussi dans nos vies à l’image du bon pasteur, du bon berger, Jésus qui est notre modèle et notre inspiration. En effet, nous sommes toutes et tous envoyés vers nos frères et soeurs pour les soutenir, les accompagner et les aimer comme le pasteur aime ses brebis poursuivant ainsi la mission d’annoncer « le salut jusqu’aux extrémités de la terre » comme le font Paul et Barnabé au début de l’Église dans le reportage coloré qu’en fait la première lecture.

Conclusion
Que l’Eucharistie que nous célébrons comme à chaque dimanche nous permette d’aller plus loin dans notre suite de Jésus, le bon pasteur, en tout temps, dans les moments plus difficiles et dans les moments joyeux, et que notre marche à sa suite nous conduise à la bergerie où il nous attend pour toujours. C’est ce que je nous souhaite à toutes et à tous.
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec