27 AOÛT – SAINTE MONIQUE MÈRE DE SAINT AUGUSTIN – CONFESSIONS LIVRE IX

http://www.augustinus.it/francese/confessioni/index2.htmAoût.

imm fr e en

Monique et Augustin a Ostia (Ostia est le Lido de Rome)

27 AOÛT – SAINTE MONIQUE MÈRE DE SAINT AUGUSTIN – CONFESSIONS

La contemplation d’Ostie.

10. 23. Or, le jour était imminent où elle allait quitter cette vie, jour que tu connaissais, toi, mais que nous, nous ignorions. Il se trouva, par tes soins j’en suis sûr, par tes secrètes dispositions, que nous étions seuls, elle et moi, debout, accoudés à une fenêtre; de là, le jardin intérieur de la maison où nous logions se présentait à nos regards: c’était à Ostie, près des bouches du Tibre, à l’écart des agitations, après les fatigues d’un long voyage; nous y refaisions nos forces pour la traversée. Donc, nous parlions ensemble dans un tête-à-tête fort doux. Oubliant le passé, tendus vers l’avenir 99, nous nous demandions entre nous, en présence de la Vérité que tu es 100, toi, ce que pourrait être cette vie éternelle des saints que ni l’œil n’a vue, ni l’oreille entendue, ni le cour de l’homme senti monter en lui 101. Mais nous tenions grande ouverte la bouche de notre cour vers les eaux qui ruissellent d’en haut de ta source, de la source de vie qui est près de toi 102, afin d’en être arrosés selon notre capacité, et de pouvoir de quelque façon concevoir une si grande réalité.
10. 24. Et l’entretien nous amenait à cette conclusion: le plaisir des sens charnels, si grand qu’on le veuille, si baigné de lumière corporelle qu’on le veuille, placé en face de la félicité de l’autre vie, ne supportait aucune comparaison, et même ne paraissait pas digne de mention. Alors, nous élevant d’un cœur plus ardent vers « l’être même » 103, nous avons traversé, degré par degré, tous les êtres corporels, et le ciel lui-même, d’où le soleil, la lune et les étoiles jettent leur lumière sur la terre. Et nous montions encore au-dedans de nous-mêmes, en fixant notre pensée, notre dialogue, notre admiration sur tes œuvres. Et nous sommes arrivés à nos âmes; nous les avons dépassées pour atteindre la région de l’abondance inépuisable 104 où tu repais Israel 105 à jamais dans le pâturage de la vérité. C’est là que la vie est la sagesse par qui sont faites toutes les choses présentes et celles qui furent et celles qui seront; la sagesse, elle, n’est pas faite mais elle est comme elle fut, et ainsi elle sera toujours. Et même plutôt, 1′« avoir été» et le « devoir être» ne sont pas en elle, mais 1′« être » seulement, puisqu’elle est éternelle, car «avoir été » et le « devoir être », ce n’est pas de l’éternel. Et pendant que nous parlons et aspirons à elle, voici que nous la touchons, à peine, d’une poussée rapide et totale du cœur. Nous avons soupiré, et nous avons laissé là, attachées, les prémices de l’esprit 106; et nous sommes revenus au bruit de nos lèvres, où le verbe et se commence et se finit. Mais quoi de semblable à ton Verbe, notre Seigneur, qui demeure en soi sans vieillir, et renouvelle toutes choses 107.
10. 25. Nous disions donc: Si en quelqu’un faisait silence le tumulte de la chair, silence les images de la terre et des eaux et de l’air, silence même les cieux, et si l’âme aussi en soi faisait silence et se dépassait ne pensant plus à soi, silence les songes et les visions de l’imagination si toute langue et tout signe et tout ce qui passe en se produisant faisaient silence en quelqu’un absolument – car, si on peut les entendre, toutes ces choses disent: « Ce n’est pas nous qui nous sommes faites mais celui-là flous a faites 108 demeure à jamais 109 », – cela dit, si désormais elles se taisaient puisqu’elles nous ont dressé l’oreille vers celui qui les a faites, et s’il parlait lui-même, seul, non par elles mais par lui-même, et qu’il nous fît entendre son verbe non par langue de chair, ni par voix d’ange, ni par fracas de nuée 110, ni par énigme de parabole 111, mais que lui-même, que nous aimons en elles, lui-même se fît entendre à nous sans elles, – comme à l’instant nous avons tendu nos êtres et d’une pensée rapide nous avons atteint l’éternelle sagesse qui demeure au-dessus de tout -si cela se prolongeait et que se fussent retirées les autres visions d’un ordre bien inférieur, et que celle-là seule ravît et absorbât et plongeât dans les joies intérieures celui qui la contemple, et que la vie éternelle fût telle qu’a été cet instant d’intelligence après lequel nous avons soupiré… n’est-ce pas cela que signifie « Entre dans la joie de ton Seigneur » 112 ? Et pour quand, cette joie ? N’est-ce pas pour le jour où nous ressusciterons tous sans être tous changés 113 ?
Monique a le pressentiment de sa mort.
10. 26. Je disais des choses de ce genre, sinon de cette façon et en ces termes. Du moins, Seigneur, tu sais 114 que ce jour-là, comme nous parlions ainsi et que ce monde pour nous au fil des paroles perdait tout intérêt avec tous ses plaisirs, ma mère dit alors: «Mon fils, en ce qui me concerne, plus rien n’a de charme pour moi dans cette vie. Que pourrais-je faire encore ici-bas ? Pourquoi y serais- je? Je ne sais; je n’ai plus rien à espérer de ce siècle. Une seule chose me faisait désirer de rester assez longtemps dans cette vie : te voir chrétien catholique avant ma mort. Je suis plus que comblée dans ce que mon Dieu m’a accordé: tu es allé jusqu’à mépriser les félicités de la terre et je te vois son serviteur. Qu’est-ce que je fais ici?».
Maladie de Monique.
11. 27. Que lui ai-je répondu? Je ne m’en souviens pas bien, d’autant que sur ces entrefaites, dans les cinq jours à peine ou ce ne fut guère plus, la fièvre la mit au lit. Et pendant sa maladie, un jour, elle subit une défaillance et son esprit perdit un instant conscience de ce qui l’entourait. Nous accourûmes, mais elle eut vite repris ses sens; elle nous vit, mon frère et moi, debout près d’elle, et nous dit avec l’air de quelqu’un qui cherche quelque chose : «Où étais-je ? » Puis, arrêtant ses regards sur nous que la tristesse consternait : « Vous enterrez ici votre mère », dit-elle. Moi, je me taisais et maîtrisais mes larmes; mais mon frère lui dit quelque chose pour souhaiter, comme un sort plus heureux, qu’elle ne finît pas ses jours en terre étrangère, mais dans la patrie. Dès qu’elle entendit cela, son visage devint anxieux, et ses yeux lui lançaient des reproches parce qu’il avait de tels sentiments. Et puis, le regard fixé sur moi «Vois ce qu’il dit ! » me dit-elle; et presque aussitôt, elle ajouta pour tous les deux : «Enterrez ce corps n’importe où! Ne vous troublez pour lui d’aucun souci! Tout ce que je vous demande, c’est de vous souvenir de moi à l’autel du Seigneur, où que vous soyez. » Elle expliqua sa pensée en s’exprimant comme elle pouvait, puis se tut; la maladie qui s’aggravait la faisait souffrir.
11. 28. Mais moi, qui songeais à tes dons, ô Dieu invisible 115, à ce que tu sèmes dans le cœur de tes fidèles et d’où proviennent des moissons admirables, je me réjouissais et te rendais grâces 116, me rappelant ce que je savais, l’inquiétude si grande qui l’avait toujours agitée au sujet de la sépulture, qu’elle avait prévue et préparée pour elle près du corps de son mari. Oui, parce qu’ils avaient vécu en parfaite concorde, elle voulait encore, tant l’âme humaine a de peine à comprendre les choses divines, ajouter à ce bonheur et faire dire à son sujet par la postérité il lui fut accordé, après un long voyage outre-mer, qu’une terre conjointe couvrît la terre des deux conjoints. Mais à quel moment cette vanité, par la plénitude de ta bonté 117, avait-elle cessé d’occuper son cœur ? Je l’ignorais et j’étais dans la joie, tout surpris que ma mère me fût apparue ainsi. Déjà cependant, lors de notre entretien à la fenêtre, elle avait dit: « Que fais-je encore ici ? » et rien n’avait laissé voir qu’elle désirait mourir dans sa patrie. De plus, je l’appris plus tard, à peine étions-nous à Ostie que quelques-uns de mes amis, avec qui en toute confiance maternelle elle s’entretenait un jour sur le mépris de cette vie et le bienfait de la mort, en mon absence, furent stupéfaits d’une telle vertu dans une femme c’est toi qui la lui avais donnée – et lui demandèrent si elle ne redoutait pas de laisser son corps si loin de son pays. «Rien n’est loin pour Dieu, répondit-elle, et il n’y a pas à craindre qu’il ne sache point où me retrouver à la fin du monde pour me ressusciter ».
Mort de Monique.
Ainsi donc, au neuvième jour de sa maladie, à la cinquante-sixième année de son âge, à la trente-troisième de mon âge, cette âme religieuse et pieuse se détacha du corps.
Efforts d’Augustin pour refouler ses larmes.
12. 29. Je lui fermais les yeux, et dans mon cœur s’amassaient les flots d’une immense tristesse qui allait s’écouler en flots dc larmes, mais au même instant mes yeux, sur un ordre violent de mon âme, résorbaient la source de leurs pleurs jusqu’à la dessécher; et pareille lutte me faisait très mal. Or, au moment où elle avait exhalé le dernier soupir, l’enfant qu’était Adéodat avait poussé des cris de douleur et puis, sur notre intervention unanime, il les avait refoulés et s’était tu. De la même manière, ce qui restait en moi de l’enfance et qui allait glisser dans les larmes, sur l’intervention de la voix virile du cour, se laissait refouler et se taisait. Oui, nous estimions qu’il ne convenait pas de célébrer un deuil comme celui-là par des plaintes, des larmes et des gémissements, parce que le plus souvent, eu agissant ainsi, on a coutume de déplorer en ceux qui meurent une espèce de misère ou comme une disparition totale. Mais pour ma mère, ce n’était ni une mort misérable, ni une mort totale. Nous en avions la certitude, et par le témoignage de ses vertus et par une foi sans feinte 118 et par des raisons certaines.
12. 30. D’où venait donc qu’au-dedans de moi la douleur fût si lourde, si ce n’est de l’habitude de vivre ensemble, habitude très douce et très chère dont la rupture soudaine ouvrait une blessure ? Je pouvais sans doute me féliciter de son témoignage : au cours même de cette dernière maladie, répondant à mes attentions par des caresses, elle m’appelait «bon fils», elle mentionnait avec un immense sentiment de tendresse qu’elle n’avait jamais entendu sortir de ma bouche un trait dur décoché contre elle, ni une parole où résonnât l’injure. Et pourtant, quelle ressemblance, ô mon Dieu, toi qui nous as faits 119, quelle comparaison y avait-il entre le respect que je lui portais, moi, à elle, et le dévouement qu’elle avait, elle, pour moi ? Ainsi, parce que j’étais privé en elle d’une si grande consolation, mon âme était blessée et ma vie était comme mise en pièces, ma vie qui n’avait fait qu’un avec la sienne.
12. 31. Donc, une fois refoulées les larmes de cet enfant, » » Evodius saisit le psautier et se mit à chanter un psaume. Toute la maison lui répondait. C’était «Ta miséricorde et ta justice, je te la chanterai Seigneur» 120. Or, à la nouvelle de l’événement, il vint un grand nombre de frères et de pieuses femmes. Pendant que, selon la coutume, ceux qui en avaient l’office s’occupaient des soins funéraires, moi, à l’écart, dans un endroit où je pouvais le faire décemment, avec ceux qui estimaient de leur devoir de ne pas me laisser seul, je m’entretenais de sujets adaptés à la circonstance. Et par ce baume de la vérité, j’adoucissais le tourment que tu connaissais; eux l’ignoraient et ils m’écoutaient attentivement, en croyant que je ne ressentais aucune douleur. En réalité, moi, dans tes oreilles, là où aucun d’eux ne m’entendait, je grondais contre l’attendrissement de ma sensibilité. J’essayais de contenir les flots de ma tristesse. Ils reculaient à. peine sous mes efforts, et de nouveau leur élan les emportait, sans aller cependant jusqu’à l’éruption des larmes, ni jusqu’à l’altération du visage; mais moi je savais bien ce que je refoulais dans mon cœur. J’éprouvais un violent déplaisir, en voyant quel grand pouvoir prenaient sur moi ces accidents humains qui, suivant l’ordre obligé et le sort de notre condition, doivent nécessairement arriver; et ainsi ma propre souffrance me faisait souffrir une nouvelle souffrance, et une double tristesse me minait.
Les obsèques.
32. Mais voici que la levée du corps1 s’est faite : nous partons, nous revenons, sans une larme. Car, même pendant ces prières que nous avons épanchées en toi, tandis que l’on offrait pour elle le sacrifice de notre rachat devant son cadavre déjà posé près de la tombe2 avant qu’on l’y déposât selon la coutume locale, donc même pendant ces prières, je n’ai pas pleuré! Mais toute la journée, je fus accablé secrètement par la tristesse; et dans le trouble de mon esprit, je te priais, comme je pouvais, de guérir ma souffrance; et tu ne le faisais pas. Sans doute voulais-tu confier à ma mémoire, fût-ce par cet unique exemple, que toute habitude est une chaîne, même pour un esprit qui ne se nourrit plus de parole trompeuse. Je crus bon encore d’aller prendre un bain, car j’avais entendu dire que les «bains» tirent leur nom du mot grec «ßa?a?eî?? », c’est-à-dire qu’ils chassent l’angoisse de l’âme. Mais voilà cela aussi je le confesse à ta miséricorde, ô Père des orphelins 121, je pris mon bain et j’étais exactement le même qu’avant de le prendre; non, de fait, la sueur amère de ma tristesse ne sortit pas de mon cour. Ensuite je m’endormis; à mon réveil, je trouvai en grande partie ma souffrance adoucie, et, dans la solitude de mon lit, je me rappelai les vers si vrais de ton

Ambroise : Oui, c’est toi,
Dieu créateur de toutes choses,
qui règles les cieux, qui revêts
le jour de seyante lumière,
la nuit des grâces du sommeil,

afin qu’aux membres détendus
le repos rende aisé l’ouvrage,
qu’il soulage l’esprit lassé
et des deuils qu’il dénoue l’angoisse 122.

Augustin laisse enfin couler ses larmes.
12. 33. Puis, peu à peu, je revenais à mes sentiments antérieurs sur ta servante; je revoyais sa conduite et sa piété envers toi, et envers nous sa sainte et complaisante tendresse, dont j’étais tout à coup privé. Je pris plaisir à pleurer devant toi 123, sur elle et pour elle, sur moi et pour moi. Je lâchai les larmes que je retenais, pour les laisser couler autant qu’elles voudraient et en faire un lit sous mon cour. Il y trouva son repos, car tu étais là prêtant l’oreille, toi, et non pas quelque homme qui eût avec superbe interprété mes pleurs. Et maintenant, Seigneur, j’écris cette confession pour toi. Lise qui voudra! qu’on interprète comme on voudra! Et si quelqu’un trouve que j’ai péché en pleurant ma mère durant quelques minutes, cette mère qui était morte pour un temps à mes yeux, mais qui avait pleuré durant de nombreuses années pour me faire vivre à tes yeux, qu’il ne se moque point; mais plutôt, s’il est homme de grande charité, qu’il pleure lui-même pour mes péchés, devant toi, le Père de tous les frères de ton Christ.
Prière pour l’âme de Monique.
13. 34. Quant à moi, le cour enfin guéri de cette blessure où l’on pouvait blâmer une faiblesse de la chair, je répands devant toi, ô notre Dieu, pour celle qui fut ta servante, des larmes d’un tout autre genre; elles coulent d’un esprit fortement ébranlé au spectacle des dangers de toute âme qui meurt en Adam. Sans doute, une fois vivifiée dans le Christ 124, même avant d’être délivrée des liens de la chair, elle a vécu de manière à faire louer ton nom dans sa foi et sa conduite; et pourtant, je n’ose dire qu’à partir du moment où tu la régénéras par le baptême 125, aucune parole contraire à ton précepte n’est sortie de sa bouche. Or, il a été dit par la Vérité, par ton fils 126: « Si quelqu’un dit à son frère « fou », il sera passible de la géhenne du feu » 127. Malheur à la vie de l’homme, fût-elle louable, si pour la passer au crible tu mets de côté ta miséricorde! Mais, parce que tu ne recherches pas les fautes avec acharnement, c’est avec confiance que nous espérons une place auprès de toi. Quiconque d’ailleurs t’énumère ses vrais mérites, que t’énumère-t-il sinon tes propres dons ? Oh ! s’ils se reconnaissaient hommes, les hommes et si celui qui se glorifie, se glorifiait dans le Seigneur 128!
13. 35. Pour moi donc, ô ma louange 129 et ma vie, ô Dieu de mon cour 130, laissant un instant de côté ses bonnes actions, pour lesquelles je te rends grâces dans la joie 131, maintenant c’est pour les péchés de ma mère que je t’implore. Exauce-moi 132 par celui qui fut le remède de nos blessures suspendu au bois 133, et qui, siégeant à ta droite, t’interpelle pour nous 134! Je sais qu’elle a pratiqué la miséricorde, et de tout cour remis leurs dettes à ses débiteurs. Remets-lui toi aussi ses dettes 135, si elle-même eu a contracté durant tant d’années après l’ablution du salut! Remets, Seigneur, remets-les, je t’en supplie 136! N’entre pas en justice avec elle 137! Que la miséricorde passe par-dessus la justice 138, puisque tes paroles sont vraies et que tu as promis la miséricorde aux miséricordieux 139! S’ils le furent, c’est à Toi qu’ils l’ont dû, toi qui auras pitié de qui tu voudras avoir pitié, et qui accorderas miséricorde à qui tu voudras faire miséricorde 140.
Foi de Monique pour le sacrifice eucharistique.
13. 36. Mais, je le crois, tu auras, déjà fait ce que je te demande. Pourtant, ces vœux spontanés de ma bouche, agrée-les, Seigneur 141! Et, de fait, à l’approche du jour de sa délivrance 142, elle n’eut point la pensée de faire envelopper somptueusement son corps ou de le faire embaumer dans les aromates, ni le désir d’un monument de choix, ni le souci d’un tombeau dans sa patrie. Non, ce n’est pas cela qu’elle nous recommanda mais seulement de faire mémoire d’elle à ton autel; ce fut son désir. Car, sans manquer un seul jour, elle avait servi cet autel, sachant que là se distribue la victime sainte qui a aboli l’arrêt porté contre nous et triomphé de l’ennemi 143, celui qui suppute nos fautes en cherchant de quoi nous inculper, mais ne trouve rien en Celui en qui nous sommes vainqueurs 144. Qui lui reversera à son compte son sang innocent ? Le prix dont il nous acheta, qui le lui remboursera pour nous enlever à lui 145? A ce mystère du prix de notre rachat, ta servante attacha son âme par le lien de la foi. Que personne ne l’arrache à ta protection! Que ne s’interpose ni par violence ni par ruse le Lion et Dragon 146! Car elle ne répondra pas qu’elle ne doit rien, de peur que l’accusateur captieux ne la confonde et ne l’obtienne: mais elle répondra que ses dettes lui ont été remises par Celui à qui personne ne restituera ce qu’à notre place il a restitué sans en avoir la dette.
Conclusion.
13. 37. Qu’elle soit donc dans la paix avec son mari: avant lui personne, après lui personne ne l’eut comme épouse 147; elle l’a servi en t’offrant le fruit de sa patience 148, afin de le gagner à toi, lui aussi 149! Et puis inspire, mon Seigneur, mon Dieu 150, inspire à tes serviteurs mes frères, à tes fils mes seigneurs, au service de qui je mets et mon cour et ma voix et mes écrits, à tous ceux d’entre eux qui liront ces lignes, de se souvenir à ton autel de Monique ta servante, et de Patrice qui fut son époux, ceux par la chair de qui tu m’as introduit dans cette vie, sans que je sache comment. Que dans un sentiment de piété ils se souviennent d’eux, mes parents dans cette lumière passagère, mes frères en toi notre Père et dans l’Église catholique notre Mère, mes concitoyens dans la Jérusalem éternelle vers laquelle soupire ton peuple en pérégrination, depuis le départ jusqu’à la rentrée ! De la sorte, le vœu suprême qu’elle m’adressa sera plus abondamment rempli par les prières d’un grand nombre, grâce à ces confessions, que par mes seules prières.

Laisser un commentaire

De la vie à la Vie |
aadelforest |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Pourquoi suis-je sur terre
| la confrerie des playdébils
| Pueri Cantores de la Resurr...