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BENOÎT XVI : LES RELATIONS AVEC LE JUDAÏSME

9 octobre, 2017

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Jerusalem, old city

BENOÎT XVI : LES RELATIONS AVEC LE JUDAÏSME

Favoriser des relations plus étroites encore

18 juillet 2008: Benoît XVI et le Rabbin Jeremy LAWRENCE à g., chef de la Grande Synagogue de Sydney, lors de la rencontre interreligieuse organisée, Sydney, Australie, Océanie.


Depuis toujours, comme théologien, le cardinal Ratzinger s’est intéressé au judaïsme. C’est donc tout naturellement que le nouveau pape s’est inscrit dans la continuité de l’œuvre si importante de son prédécesseur dans ce domaine.
Dès le surlendemain de son élection, le 22 avril 2005, le pape Benoît XVI adressait un message au Grand Rabbin de Rome dans lequel il affirmait sa ferme intention de « poursuivre le dialogue et renforcer la collaboration avec les fils et les filles du peuple juif ». Dès le mois de juin 2005, la première rencontre du nouveau pape avec les représentants d’une religion non-chrétienne sera avec une délégation de l’International Jewish Committee for Interreligious Consultations.
Cet engagement, il le réaffirmera lors de sa visite à la synagogue de Cologne en août 2005 et dans la lettre adressée au cardinal Walter Kasper le 26 octobre 2005 à l’occasion du 40e anniversaire de la Déclaration Nostra Aetate du concile Vatican II. Il y affirmait notamment que « Le dialogue entre juifs et chrétiens doit continuer à enrichir et à renforcer les liens d’amitié qui se sont développés » et, regardant vers l’avenir, il exprimait son espoir que « aussi bien dans le dialogue théologique que dans la collaboration et les contacts quotidiens, les chrétiens et les juifs donnent un témoignage toujours plus convaincant du Dieu unique et de ses commandements, de la sainteté de la vie, de la promotion de la dignité humaine, des droits de la famille et de la nécessité de construire un monde de justice, de réconciliation et de paix pour les générations futures ».
Le pape Benoît XVI, en paroles et en actes, manifeste son attention à la communauté juive
Au Vatican, Benoît XVI a reçu en septembre 2005 les deux Grands Rabbins d’Israël Shlomo Moshe Amar, et Yona Metzger et en janvier 2006 le Grand Rabbin de Rome Riccardo Di Segni. En recevant ce dernier il affirmait avec force : « L’Eglise catholique est proche de vous et est une amie. Oui, nous vous aimons, et nous ne pouvons pas ne pas vous aimer, à cause des Pères : par eux, vous nous êtes des frères très chers et préférés ».
Ariel Sharon, premier ministre d’Israël, lui avait écrit dès après son élection et l’avait invité à venir en Israël. Le président de l’Etat d’Israël Moshe Katsav lui a rendu une visite d’Etat en novembre 2005. Shimon Peres, en septembre 2007, à son tour est venu à Castel Gandolfo. Il a renouvelé l’invitation faite au pape à venir en Israël. Benoît XVI a également reçu M. Ehoud Olmert, en décembre 2006.
Lors de ses voyages à l’étranger il n’a pas manqué de poser des gestes à l’intention de la communauté juive ou de la rencontrer aussi souvent que possible.
Lors de sa sa visite à la synagogue de Cologne, il fit un important discours à la synagogue de Cologne dans lequel il invitait chacun des partenaires à poursuivre le dialogue de façon sincère et confiante permettant ainsi « de parvenir à une interprétation commune des questions historiques encore discutées et, surtout, de faire des pas en avant dans l’évaluation, du point de vue théologique, du rapport entre judaïsme et christianisme ».

Le 28 mai 2006, il s’est rendu au camp d’Auschwitz-Birkenau.
En Autriche (septembre 2007), il est allé prier quelques instants à la Juden Platz de Vienne pour rendre hommage aux victimes de la Shoah.
En chaque occasion, il ne manque pas de dénoncer et condamner toute forme d’antisémitisme.
Lors de son voyage aux Etats-Unis en juin 2008, le Saint-Père a adressé un message à la communauté juive qui fêtait Pessah (Pâque juive) et s’est rendu dans deux synagogues à Washington et New-York.
Le 12 septembre 2008, en France, Benoit XVI a reçu les représentants de la communauté juive à la nonciature apostolique. Il a rappelé à cette occasion que « Par sa nature même, l’Église catholique désire respecter l’Alliance conclue par le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ».
Lors de l’affaire Williamson, le pape réaffirme son attachement au peuple juif et sa condamnation de l’antisémitisme.
Le 21 janvier 2009, le pape signe le décret levant l’excommunication de quatre évêques ordonnés par Mgr Marcel Lefebvre en 1988, décision qui est rendue publique le 24 janvier. Entre-temps, le 22 janvier, la télévision suédoise révèle les propos négationnistes tenus par Mgr Williamson, l’un des quatre évêques, lors d’une interview enregistrée quelques semaines plus tôt.
Le mercredi suivant, 28 janvier, lors de l’audience générale, le pape explique sa décision de lever l’excommunication des évêques de la Fraternité Saint Pie X et réaffirme son attachement au peuple juif : « La Shoah doit être pour tous un avertissement. On ne saurait l’oublier, la nier ou la redimensionner, d’autant que la violence contre un seul être humain est une violence contre l’humanité entière (…) Renouvelant avec affection ma totale et indiscutable solidarité envers nos frères destinataires de la Première Alliance, j’espère que le souvenir de la Shoah pousse l’humanité à méditer sur l’imprévisible puissance du mal lorsqu’il a conquis le cœur de l’homme… La Shoah enseigne à tous, et aux jeunes en particulier, que seul une patiente poursuite de l’écoute et du dialogue, de l’amour et du pardon, peut conduire peuples, cultures et religions vers la fraternité et la paix dans la vérité » que nous attendons tous.
Le 10 mars suivant, dans sa lettre aux évêques de l’Eglise catholique sur la levée des excommunications, le Saint-Père remercie en particulier « les amis juifs qui ont aidé à dissiper rapidement le malentendu et à rétablir l’atmosphère d’amitié et de confiance, qui – comme du temps du Pape Jean-Paul II – comme aussi durant toute la période de mon pontificat a existé et, grâce à Dieu, continue à exister ».
Finalement, à l’issue d’une audience à Rome le 12 mars dernier, le rabbin David Rosen, directeur international des affaires interreligieuses du comité Juif américain (American Jewish Committee), observe qu’il n’y a « aucun compromis de la part du Saint-Siège avec l’antisémitisme et la négation de l’Holocauste, et il n’y a aucun affaiblissement de nos relations. La chose est résolue ».