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BELLE FÊTE DU SAINT NOM DE MARIE ! – 12 SEPTEMBRE 2017

12 septembre, 2017

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BELLE FÊTE DU SAINT NOM DE MARIE ! – 12 SEPTEMBRE 2017

12 septembre : Mémoire facultative du Saint Nom de Marie (Sanctissimi Nominis Mariæ)

Ce Nom vénérable était déjà honoré depuis longtemps par un culte spécial dans quelques parties du monde chrétien, lorsqu’une insigne victoire* fut remportée à Vienne en Autriche, par le secours de la Sainte Vierge Marie, sur le cruel sultan des Turcs, qui menaçait avec insulte de soumettre les peuples chrétiens à sa tyrannie mahométane.
Après une fête accordée en 1683 par Sa Sainteté le Pape Innocent XI en action de grâce, Sa Sainteté le Pape Innocent XIII voulu perpétuer la mémoire d’un tel bienfait en ordonnant que cette fête soit célébrée chaque année dans l’Église universelle en 1721. Le Pape Saint Pie X fixa la fête au 12 septembre lors de la réforme du Bréviaire romain.
Il était bien juste que le nom de Marie trouvât sa place, dans nos fêtes catholiques, à côté du nom de Jésus ; le nom de Marie est un nom glorieux, un nom tout aimable, un nom salutaire. Les saints se sont essayés à l’envi à retracer les merveilles du nom de Marie. La première gloire de ce nom béni, c’est qu’il fut inspiré par Dieu aux parents de la Vierge naissante et que l’archange Gabriel le prononça d’une voix pleine de respect ; et depuis, toutes les générations chrétiennes le redisent à chaque instant du jour: « Je vous salue Marie… »

+ LITANIE du Saint Nom de MARIE
Seigneur, ayez pitié de nous. –> Seigneur, ayez pitié de nous
Jésus-Christ, ayez pitié de nous. –> Jésus-Christ, ayez pitié de nous
Seigneur, ayez pitié de nous. –> Seigneur, ayez pitié de nous

Fils de Marie, –> écoutez-nous.
Fils de Marie, –> exaucez-nous.

Père céleste, dont Marie est la fille, –> ayez pitié de nous.
Verbe éternel, dont Marie est la Mère, –> ayez pitié de nous.
Saint-Esprit, dont Marie est l’épouse, –> ayez pitié de nous.
Trinité divine, dont Marie est la Servante, –> ayez pitié de nous.

Mère du Dieu vivant, –> priez pour nous
Marie, fille de la Lumière éternelle, –> priez pour nous
Marie, notre lumière, –> priez pour nous
Marie, notre sœur, –> priez pour nous
Marie, fleur de Jessé, –> priez pour nous
Marie, la question des rois, –> priez pour nous
Marie, la bien-aimée de Dieu, –> priez pour nous
Marie, vierge immaculée, –> priez pour nous
Marie, très juste, –> priez pour nous
Marie, de la lumière dans les ténèbres, –> priez pour nous
Marie, notre repos sûr, –> priez pour nous
Marie, maison de Dieu, –> priez pour nous
Marie, sanctuaire du Seigneur, –> priez pour nous
Marie, autel de la divinité, –> priez pour nous
Marie, vierge mère, –> priez pour nous
Marie, qui englobe Dieu votre enfant, –> priez pour nous
Marie, repose avec la Sagesse éternelle, –> priez pour nous
Marie, océan d’amertume, –> priez pour nous
Marie, étoile de la mer, –> priez pour nous
Marie, qui avez souffert avec votre Fils unique, –> priez pour nous
Marie, percée par une épée de douleur, –> priez pour nous
Marie, déchirée par une cruelle blessure, –> priez pour nous
Marie, triste jusqu’à la mort, –> priez pour nous
Marie, privée de toute consolation, –> priez pour nous
Marie, soumis à la loi de Dieu, –> priez pour nous
Marie, debout par la Croix de Jésus, –> priez pour nous
Marie, Notre-Dame, –> priez pour nous
Marie, notre Reine, –> priez pour nous
Marie, Reine de la gloire, –> priez pour nous
Marie, gloire de l’Eglise triomphante, –> priez pour nous
Marie, bienheureuse Reine, –> priez pour nous
Marie, Avocate de l’Eglise militante, –> priez pour nous
Marie, Reine de miséricorde, –> priez pour nous
Marie, Consolatrice de l’Eglise souffrante, –> priez pour nous
Marie, au-dessus des anges, ,–> priez pour nous
Marie, couronnée de douze étoiles, –> priez pour nous
Marie, brillante comme le soleil, –> priez pour nous
Marie, distinguée au dessus de tout, –> priez pour nous
Marie, assise près de Jésus, –> priez pour nous
Marie, notre espoir, –> priez pour nous
Marie, notre douceur, –> priez pour nous
Marie, la gloire de Jérusalem, –> priez pour nous
Marie, la joie d’Israël, –> priez pour nous
Marie, l’honneur de notre peuple, –> priez pour nous

Agneau de Dieu, qui enlevez les péchés du monde,–> pardonnez nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui enlevez les péchés du monde, –> exaucez nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui enlevez les péchés du monde, –> ayez pitié de nous.

Fils de Marie, –> écoute nous
Fils de Marie, –> exauce nous.

Prions : O Dieu tout-puissant, qui bénissez vos serviteurs sincèrement désireux de se placer à l’ombre du Nom et de la protection de la Très Sainte Vierge Marie, nous vous en supplions, que par son intercession, nous soyons délivré de tout mal sur la terre et que nous puissions arriver aux joies éternelles dans le ciel, par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

QUE LE SAINT NOM DE MARIE NOUS BENISSE TOUS !

Thierry Fourchaud

« Le Nom seul de Marie met en fuite tous les démons »
(Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l’Eglise)
* Le calendrier romain de l’an 2002 (Editio tertia) a en effet réinscrit la fête en l’honneur du Saint Nom de Marie à cette date. La fête était très chère au Souverain Pontife Jean-Paul II. Elle est liée à l’histoire de la Pologne et de l’Europe, comme en témoignent les fresques de la « Chapelle polonaise » de la basilique de la Sainte Maison de Lorette. Elles représentent en effet la victoire du roi de Pologne, Jan Sobieski, Vienne, sur les troupes turques.
Un siècle après la défaite de Lépante (1571), les turcs tentaient de passer en Europe occidentale par voie de terre. Mahomet IV avait remis l’étendard de Mahomet à Kara Mustapha au début de 1683, en lui faisant jurer de le défendre au prix de sa vie si nécessaire. Le grand vizir était fort de 300.000 hommes et se promettait de prendre Belgrade, Buda, Vienne, de déboucher en Italie et d’arriver à Rome, à l’autel de saint Pierre.
En août 1683, le Capucin italien et grand mystique, Marco d’Aviano, que Jean-Paul II vient de béatifier, était nommé grand aumônier de toutes les armées chrétiennes. C’est lui qui redonna courage à Vienne et réussit à convaincre le roi de Pologne de venir secourir la ville avec ses 40.000 hommes. La ville était assiégée depuis le 14 juillet et sa reddition était une question d’heures. Le rapport de force n’était pas en faveur des troupes chrétiennes, mais Vienne se confiait à l’intercession de la Vierge et l’image de la Vierge était sur tous les étendards. Sur le Kahlenberg qui domine la ville au nord, le P. Marco célébra la messe, servie par le roi Sobieski devant l’armée disposée en demi-cercle. Le Capucin prédit une victoire inouïe. Et au lieu de terminer en disant les paroles liturgiques : « Ite missa est », il cria : « Ioannes vinces ! » « Jan vaincra » !
La bataille commença à l’aube du 11 septembre. Un soleil splendide éclairait les deux armées dont dépendait le sort de l’Europe. Les cloches de la ville sonnaient depuis le matin. Les femmes et les enfants priaient dans les églises, implorant l’aide de la Vierge Marie. Et le soir, l’étendard du grand vizir était tombé aux mains de Sobieski. Le lendemain, il fit son entrée dans la ville en liesse, et vint assister à la messe et au Te Deum en l’église de la Vierge de Lorette à laquelle il attribuait la victoire.

HOMÉLIE DU 23E DIMANCHE ORDINAIRE A

8 septembre, 2017

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Mt 18, 15-20

HOMÉLIE DU 23E DIMANCHE ORDINAIRE A

Ez 33, 7-9 ; Rm 13, 8-10 ; Mt 18, 15-20

Dans un ouvrage écrit conjointement par des chercheurs croyants, chrétiens et musulmans, on peut lire que le Nouveau Testament « est digne de l’estime du musulman, car il est une voie qui mène à Dieu et à l’amour du prochain, c’est-à-dire à l’essentiel au regard de l’islam »… Et cela, même si « cette voie est différente de la sienne à maints égards » (1).
Juifs et chrétiens peuvent aussi se retrouver sur la même longueur d’onde, puisqu’ils reconnaissent par Moïse ou par Jésus que le premier et le deuxième commandement sont inséparables. La déclaration de Paul aux Romains le rappelle : « L’accomplissement parfait de la Loi, c’est l’amour ».
Mais l’amour de Dieu et du prochain ne peut rester cloîtré dans la zone sereine des principes et des nobles abstractions. Pour exister, il doit naître au monde de la réalité et donc s’incarner. c’est ici que commencent aussitôt les difficultés, les tensions et les oppositions à propos des moyens utilisés, des interprétations choisies, et de l’intervention toujours perverse des intérêts personnels, vices et passions. C’est ainsi que les instruments deviennent des idoles, le secondaire prend rang d’absolu et des formes ou traditions passagères sont déclarées « de toujours ». C’est le règne de la violence, des intégrismes et fanatismes, du légalisme et du pharisaïsme, où Dieu et l’être humain, inséparablement, sont sacrifiés sur l’autel de l’orgueil ou de la bêtise, dont chaque religion a ses temples, ses grands prêtres et sa part de fidèles.
Il est vrai que la pratique de l’amour de Dieu et des autres n’est pas synonyme de facilité ni de tranquillité. Ezéchiel souligne bien la rude et difficile tâche des prophètes qui ont à dénoncer le mal, rappeler les exigences de l’Alliance, indiquer le juste chemin, réconcilier les adversaires, maintenir l’unité et la communion… Et toujours au risque de déplaire, de froisser des susceptibilités et de mettre en péril des intérêts par trop humains.
Ardu et quotidiennement exigeant que d’exercer au sein des communautés chrétiennes, ou de l’Eglise universelle, le devoir de « correction fraternelle » qui relève du souci d’unité et de communion, de la fidélité et du pardon, sans tomber dans la démission du silence, l’orgueil janséniste ou l’arbitraire de l’inquisition.
En passant du singulier au pluriel et de Pierre à tous les disciples, Jésus a confié à son Eglise, et à chacun de ses membres, l’admirable mission et la lourde responsabilité de la réconciliation et de l’unité. Tous ceux et celles qu’il nous arrive d’enchaîner et de paralyser par notre méfiance ou notre orgueil, les éloignant ainsi, et de nous, et de Dieu, nous pouvons aussi les délier par l’amour et la patience, la délicatesse et le respect.
Chaque communauté, si petite soit-elle, a même reçu l’incroyable pouvoir de rendre Jésus présent et agissant. Il « suffit » pour cela d’être ré-unis en son nom et de « se mettre d’accord »… Il faut cependant beaucoup plus que la simple présence physique de deux ou trois personnes. C’est bien l’unité, la communion entre elles, qui est exigée pour refléter et témoigner quelque peu de la vie même de Dieu, où les diversités culminent dans l’harmonie des échanges.
Pour être Eglise, re-présenter le Christ, faire des miracles et révéler Dieu au monde, il faut que ceux et celles qui se rassemblent s’aiment et collaborent, s’éclairent et s’entraident, se corrigent et s’encouragent, cultivant chacun et ensemble « l’exigence permanente du mieux » et le souci prioritaire du royaume de Dieu.
Ces communautés familiales, paroissiales ou religieuses, les réunions pastorales, les rassemblements eucharistiques, tout comme le dialogue entre les époux, ont sans cesse besoin d’une nouvelle évangélisation. Ne sommes-nous pas excessivement en dette de l’amour mutuel, au risque de conduire tout droit à la faillite, plans et projets, et même la construction du royaume de justice et de paix ?

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)
1925 – 2008

SAINT BONAVENTURE (1217-1274)

6 septembre, 2017

http://philosophie-marseille.com/textes-et-videos/textes-gratuits-les-philosophes-medievaux/saint-bonaventure.html

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(Dieu dit: « Que la lumière soit » et la lumière fut)

SAINT BONAVENTURE (1217-1274) -

Conférence par Brigitte Boudon

Bonaventure et Thomas d’Aquin, l’un franciscain et l’autre dominicain, sont nommés ensemble maîtres de l’Université de Paris en 1257, lorsque est créé le Collège de la Sorbonne. En dépit d’une complémentarité de leurs perspectives, leurs visées demeurent cependant profondément divergentes en raison d’intuitions fondatrices différentes : saint François et saint Dominique.

I – la Vie de Bonaventure
1217 : naissance de Jean Fidanza en Italie centrale.
1226 : guérison miraculeuse (légende du 0 Buona Ventura !)
1235 – 1242 : Etudes à la Faculté des arts à Paris ( trivium et quadrivium ; trivium (méthode) : grammaire, dialectique, rhétorique ; quadrivium ( contenus ) : arithmétique, géométrie, astronomie, musique)
1243 : entrée de Bonaventure à l’âge de 26 ans chez les Frères Mineurs à Paris
1243 – 1248 : Bonaventure est étudiant en théologie à Paris, sous la régence du maître augustinien Alexandre de Halès
1248 – 1252 : Bonaventure devient bachelier et obtient sa licence de professeur
1252 – 1257 : Bonaventure est maître de théologie à l’Ecole des Frères mineurs. Il écrit le Breviloquium et d’autres traités théologiques.
Le 12 août 1257 : Bonaventure (40 ans) est nommé Maître de la Faculté de théologie de Paris.
1257 : Bonaventure est élu Ministre général de l’ordre des Franciscains. Activité pastorale intense (visites, sermons …) jusqu’à sa mort en 1274. Pendant deux années, 1259 et 1260, retour aux sources et expérience mystique. Il écrit l’Itinerarium mentis in Deum, ou Itinéraire de l’esprit vers Dieu.
1267 – 1273 : deux séjours de Bonaventure à Paris et querelles doctrinales entre Franciscains et Dominicains sur l’entrée d’Aristote à l’Université et le problème du statut de la théologie face à la philosophie.
1273 : Bonaventure cardinal, évêque d’Albano
15 juillet 1274 : mort de Bonaventure au concile de Lyon
1482 : canonisation de Bonaventure
1588 : Saint Bonaventure, Docteur de l’Eglise

Ses œuvres :
. le Breviloquium (traités de théologie) , L’itinerarium ou Itinéraire de l’esprit vers Dieu, Conférences sur les dix commandements, Conférences sur les sept dons de l’Esprit saint, Conférences sur les 6 jours de la création, l’Hexaëmeron.
II – Ce qui le distingue de Saint Thomas
A partir des visions de Bonaventure et de Thomas d’Aquin, deux voies distinctes peuvent se dégager : la voie mystique et la voie spéculative.
. Le Christ comme figure de l’intériorité
Il s’oppose à la théologie positive afin de préserver l’irréductibilité de Dieu et de ce fait, la théologie de Bonaventure débouche sur l’intériorité. La connaissance de Dieu que l’on peut avoir est fonction de l’homme que l’on est. Ce lien mystique entre l’homme et Dieu met en évidence pourquoi le Christ apparaît comme le « prince des philosophes » et le maître par excellence.
Correspondance entre Dieu fait homme de la révélation chrétienne et le fait de devoir passer par l’homme intérieur pour accéder à Dieu. La médiation par le Christ n’est pas l’expression d’une contrainte empêchant de se relier immédiatement et directement à Dieu, mais elle est en réalité l’expression du fait que rien ne peut se faire sans la médiation de l’homme intérieur. Sans le Christ donc, pas d’homme intérieur réalisé.
Bonaventure s’oppose à la théologie rationnelle de Thomas, à laquelle il reproche d’être un intermédiaire superflu entre l’homme et Dieu.
Il opère une refonte complète de la problématique théologique en situant comme enjeu majeur de celle-ci non plus de savoir si Dieu existe ou pas, mais de faire exister l’homme intérieur à travers la figure du Christ. A l’opposition croyance – incroyance, saint Bonaventure substitue le couple intérieur-extérieur, en ayant l’audace de rabattre une certaine forme de théologie spéculative sur le plan de l’extériorité.
. Il s’oriente vers Saint Augustin et le néoplatonisme.
Selon lui, Aristote aurait manqué l’essentiel parce qu’il n’a pas reconnu la théorie des Idées platoniciennes et, de ce fait, a ignoré l’existence d’archétypes de tous les êtres dans l’esprit de Dieu. Il développe une métaphysique de la lumière.
C’est la multiplicité des créatures qui permet de louer Dieu. Le monde sensible est une trace ou un vestige de Dieu. Dieu se reflète dans le monde sensible. Le corps humain est le lieu de la manifestation de l’amour de Dieu. Il est l’expression de Dieu. Saint François reçoit les stigmates de Dieu : l’amour de Dieu imprègne tellement l’âme de Saint François qu’il l’imprime sur son corps.
L’ontologie de la pauvreté : devenir soi-même pauvre et pas seulement aider les pauvres. La classe des pauvres est une 4ème classe, en plus des guerriers, des prêtres et des marchands. La pauvreté constitue l’être franciscain. Elle est le don de soi et l’imitation du Christ. C’est le sens de l’abandon, le don du don. Etre pauvre, c’est être comme Dieu, qui, toujours s’abandonne.
Pour Bonaventure, la pauvreté est l’être de Dieu et pas seulement un idéal mystique.
L’étude n’a qu’un seul but : la mise en pratique de la foi. L’étude confirme et conforte la foi.
Pour Bonaventure, la théologie est une sagesse, une sapience (sapientia, vient de sapor, c’est ce qui donne goût, piment à la vie). Alors que pour Thomas, la théologie est une science.
III – Les deux voies ascendante et descendante de l’Itinerarium
Bonaventure se rend en 1259 au Mont Alverne, là où Saint François reçut les stigmates, grande expérience mystique. Il écrit l’Itinerarium, ouvrage mystique et théologique : la vie chrétienne est un itinéraire ou une voie ; le texte va expliquer la structure du chemin, de l’itinéraire de l’Amour et de la charité.
L’auteur souhaite décrire les chemins de la sagesse chrétienne et montrer comment l’esprit peut s’élever à Dieu, se préparer à l’union mystique. La création est une échelle pour s’élever vers Dieu. Les trois principaux moyens d’élévation à Dieu sont :
. la méditation sur le monde sensible
. la réflexion de l’âme sur elle-même
. la contemplation du Transcendant.
Ces trois degrés se dédoublent en six manières de rejoindre Dieu : par le monde sensible, dans le monde sensible, par notre âme, dans notre âme, par l’idée de l’Etre, dans les processions du Bien.
Exemple de la 1ère étape :
l’homme s’élève à Dieu par lui-même (mouvement ascendant appelé « par ») : il utilise alors les sens extérieurs. Mais les cinq sens ne suffisent pas pour voir Dieu dans le monde, car ils sont trompeurs. Il faut donc un second mouvement qui est descendant, appelé « dans ».
Dieu descend jusqu’à l’homme : ce sont les sens intérieurs et notamment l’imagination. Ce sont les sens charnels convertis par la lumière de Dieu. Quand, par les sens, l’homme s’élève vers Dieu, alors Dieu intervient pour convertir les sens.
L’Itinerarium est composé de sept chapitres :
. les deux premiers parlent de Dieu en fonction du monde sensible, vestige du Créateur ; en dehors de nous : sens extérieurs et sens intérieurs ; corps ou substance corporelle.
. le troisième et le quatrième parlent de Dieu en fonction de l’âme, image de la Trinité ; en nous ; conscience : raison et intellect.
. le cinquième et le sixième parlent de Dieu en fonction de la ressemblance ; au dessus de nous ; substance divine ; intelligence et esprit ; double nom divin : l’Etre et le Bien.
Le dernier en parle comme du terme de l’ascension mystique, dans la ferveur de l’extase

Titres des 7 chapitres de l’Itinerarium :
I. Degrés d’élévation à Dieu et contemplation de Dieu par ses vestiges dans l’univers.
II. Contemplation de Dieu dans ses vestiges à travers le monde sensible.
III. Contemplation de Dieu par son image gravée dans nos facultés naturelles.
IV. Contemplation de Dieu dans son image réformée par les dons de la grâce.
V. Contemplation de l’unité divine par son premier nom : l’Etre
VI. Contemplation de la bienheureuse Trinité dans son nom : le Bien
VII. De l’extase mystique, où notre intelligence se tient en repos, tandis que notre ferveur passe tout entière en Dieu.
Le but ultime de l’Itinéraire est que la volonté humaine s’unisse à la Volonté de Dieu.
La pensée de l’Itinerarium est d’inspiration multiple. Cette pensée est toute franciscaine, puisqu’elle est une mystique d’amour et de paix. Elle est augustinienne, voire platonicienne, puisqu’elle admet un primat du bien, qu’elle adhère aux Idées éternelles, qu’elle n’admet comme vraie philosophie que celle des causes exemplaires. Elle est néo-platonicienne par sa théorie de l’image ou du vestige qui tient lieu de participation.
On peut dire que Bonaventure réinvente le platonisme à partir de son expérience franciscaine. Il s’agit d’une reconstruction personnelle. L’Itinerarium est cette réussite : l’œuvre d’un franciscain qui, fort librement, réécrirait le Banquet, de Platon, l’œuvre d’un mystique qui philosophe.
Saint Bonaventure distingue trois modes de théologie :
. la théologie symbolique ou du bon usage du sensible
. la théologie spéculative ou science.
. la théologie mystique ou sagesse,
d’où les trois étapes : purification (symbolique), méditation (spéculatif),) et contemplation (mystique).

Conclusion
Les différences d’intention et la complémentarité des philosophies de Saint Bonaventure et de Saint Thomas d’Aquin
Ce sont deux philosophies chrétiennes et chaque menace contre la foi les trouve unies pour faire front contre elle.
L’une et l’autre enseignent la création ex nihilo et maintiennent une distance entre l’être en soi et l’être participé. Elles nient formellement que Dieu puisse être vu par la pensée humaine dès cette vie. L’une et l’autre coordonnent l’effort de l’intelligence à l’acte de foi.
Mais elles n’en restent pas moins deux philosophies, l’une se présentant comme une sagesse à la manière augustinienne (platonicienne) et l’autre comme une science (à la manière aristotélicienne). Et c’est sans doute pourquoi dès 1588 Sixte V proclamait, et en 1879 Léon XIII rappelait, qu’ils furent deux à construire la synthèse de la pensée scolastique au Moyen Age et qu’aujourd’hui encore, ils restent deux à la représenter. Deux nourritures et deux lumières. Elles se complètent comme les deux interprétations les plus universelles du christianisme, et c’est parce qu’elles se complètent qu’elles ne peuvent ni s’exclure, ni coïncider.

PAPE FRANÇOIS – HYMNE À LA JOIE

4 septembre, 2017

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soyez joyeux

PAPE FRANÇOIS – HYMNE À LA JOIE

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Lundi 23 mai 2016

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 22 du 2 juin 2016)

« La carte d’identité du chrétien est la joie » : l’« étonnement » face à la « grandeur de Dieu », à son « amour », au « salut » qu’il a donnés à l’humanité, ne peut que conduire le croyant à une joie que même les croix de la vie ne peuvent érafler, car dans l’épreuve aussi existe « la certitude que Jésus est avec nous ». La méditation du Pape François a été un véritable hymne à la joie. L’inspiration est venue de la liturgie du jour. Le Souverain Pontife a en particulier voulu relire l’incipit du passage de la première Lettre de Pierre (1, 3-9) qui — a-t-il dit — en raison de son « ton d’exultation », de sa « joie », de la manière de l’apôtre d’intervenir « de toute sa force » rappelle le début « de l’Oratorio de Noël de Bach ». Ce sont des mots dans lesquels on perçoit « l’étonnement devant la grandeur de Dieu », devant la « régénération que le Seigneur — “en Jésus Christ et pour Jésus Christ” — a faite en nous ». Et c’est « un étonnement plein d’allégresse, de joie » : immédiatement après, on trouve le mot-clé dans le texte de la lettre, c’est-à-dire : « C’est pourquoi vous êtes comblés de joie ». La joie dont parle l’apôtre est durable. Voilà pourquoi il ajoute dans l’épître que, même si pendant quelques temps, on est obligé d’être « affligés par les épreuves », cette joie du début « ne sera pas ôtée ». En effet, celle-ci naît de « ce que Dieu a fait en nous : il nous a régénérés dans le Christ et nous a donné une espérance ». À partir de tout cela, on comprend que la joie est vraiment la « vertu du chrétien ». Un chrétien « est un homme et une femme qui a la joie dans son cœur ». Encore plus : « Il n’existe pas de chrétien sans joie ». C’est pourquoi « la carte d’identité du chrétien est la joie, la joie de l’Evangile, la joie d’avoir été élus par Jésus, sauvés par Jésus, régénérés par Jésus ; la joie de cette espérance que Jésus nous attend ». Et également « dans les croix et les souffrances de cette vie », le chrétien vit cette joie, en l’exprimant d’une autre manière, c’est-à-dire avec la « paix » qui vient de la « certitude que Jésus nous accompagne, qu’il est avec nous ». Servant de contrepoint à cet hymne à la joie, la liturgie du jour propose « un autre mot », celui qui est lié à l’épisode de l’Évangile de Marc (10, 17-27) dans lequel on raconte l’histoire du jeune « qui s’était approché de Jésus pour le suivre ». Jésus fait la proposition suivante à ce jeune : « Une seule chose te manque : va, ce que tu as, vends-le et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens, suis-moi » ; mais à ces mots, il « s’assombrit et il s’en alla contristé ». Ce jeune « n’a pas été capable d’ouvrir son cœur à la joie et il a choisi la tristesse ». Mais pourquoi ? La réponse est claire : « Car il avait de grands biens. Il était attaché à ses biens ». Du reste, Jésus avait averti « que l’on ne peut pas servir deux maîtres : ou tu sers le Seigneur ou tu sers les richesses ». En revenant sur ce thème, déjà affronté dans une homélie il y a quelques jours, le Pape a expliqué : « Les richesses ne sont pas mauvaises en elles-mêmes », ce qui est mauvais, c’est de « servir la richesse ». Et la tâche de chacun est d’aider les gens « à trouver Jésus, à ôter cette tristesse, afin qu’ils puissent se réjouir de l’Évangile, qu’ils puissent avoir cette joie qui est propre à l’Évangile ». François a encore voulu approfondir ce concept central et lier la joie à l’étonnement qui naît — comme le rappelle saint Pierre dans sa lettre — « devant la révélation, devant l’amour de Dieu, devant les émotions de l’Esprit Saint ». C’est pourquoi on peut bien dire que « le chrétien est un homme, une femme d’étonnement ». C’est pourquoi « nous demandons aujourd’hui au Seigneur qu’il nous donne d’être étonnés devant lui, devant les nombreuses richesses spirituelles qu’il nous a données ; et qu’avec cet étonnement, il nous donne la joie, la joie de notre vie et de vivre avec la paix dans notre cœur les nombreuses difficultés ; et qu’il nous garde de rechercher le bonheur dans tant de choses qui, à la fin, nous attristent : elles promettent beaucoup, mais elles ne nous donneront rien ! ». Voilà la conclusion : « Rappelez-vous bien : un chrétien est un homme et une femme de joie dans le Seigneur, un homme et une femme d’étonnement ».

 

HOMÉLIE DU 22E DIMANCHE ORDINAIRE A

1 septembre, 2017

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HOMÉLIE DU 22E DIMANCHE ORDINAIRE A

Jr 20, 7-9 ; Rm 12, 1-2 ; Mt 16, 21-27

Bâtir sur le roc, c’est construire solide. Une assurance pour la vie, un succès assuré. « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise… ». Il est vrai qu’avant cette solennelle affirmation de Jésus, Simon-Pierre, au nom des disciples, avait merveilleusement affirmé sa foi au « Fils du Dieu Vivant ». « Tu es le Messie ! ». Hélas, placé sur la route, le roc peut devenir obstacle et faire trébucher les plus forts. De même, les credos les plus convaincants, les certitudes les plus profondément ancrées, gardent la fragilité des vases d’argile, si ce n’est l’illusoire sécurité de l’orgueil.
Claironner sa foi devant un public admiratif, suivre Jésus sous les applaudissements, les flashes et l’œil des caméras de la télévision, c’est une chose qui peut être grisante. Mais suivre inconditionnellement un prophète non-conformiste et son programme toujours dérangeant, essuyer quolibets, railleries et menaces, sacrifier ses illusions, renoncer aux rêves de succès et prendre de nombreux risques, c’est tout autre chose.
A peine Jésus a-t-il mis cartes sur table que Pierre-la-Fondation devient pierre d’achoppement, un piège sur la route du Seigneur. Hier, le fils de Yonas avait laissé parler en lui la voix de Dieu. Aujourd’hui, il l’étouffe et laisse s’exprimer la voix de la chair et du sang. Effrayé par les sombres perspectives d’avenir subitement entrevues, et déçu de voir menacées ses visions oniriques, Pierre passe de la louange aux vifs reproches, jusqu’à gommer la révélation et l’espérance de la résurrection. Non, Seigneur ! Tu n’auras pas à souffrir de la part des autorités religieuses, ni des garants de la Loi. Et tu n’as rien à craindre des scribes qui connaissent et conservent fidèlement « la tradition des anciens ». « Dieu t’en garde, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas. » Peut-on imaginer le Messie, le Fils du Dieu Vivant, mis à mort par le Grand Conseil ? C’est totalement inconcevable… Simon, « baptisé » Pierre, devient Satan. Et le « Suis-moi » d’hier se transforme en « Va-t-en loin de moi, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes ».
La leçon a certes porté, mais aucune leçon n’est définitive. C’est chaque jour qu’il nous faut méditer l’oracle du Seigneur : « Vos pensées ne sont pas mes pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins » (Is 55, 8). C’est chaque jour aussi qu’il nous faut, comme le dit Paul, nous transformer en renouvelant notre façon de penser, pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu, au lieu de prendre pour modèle le monde présent.
On retrouvera Pierre à la dernière Cène, bien éveillé, au Jardin des Oliviers, profondément endormi. Dans la cour du palais du Grand Prêtre, le « Roc » trahit son Maître pour « sauver sa vie »… Et l’on vit même les disciples, après la résurrection, poser cette étonnante question : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le Royaume pour Israël ? ». Leur foi était encore encombrée et perturbée par des idées triomphalistes.
Preuve éclatante d’authenticité, les évangélistes n’ont pas cédé aux tentations de la publicité et de la propagande, avec des portraits idéalisés et toujours angéliques, pour nous présenter les colonnes de l’Eglise. Des êtres humains, des croyants, mais qui portent le trésor de Jésus Christ et de l’Evangile « dans des vases d’argile » (2 Co 4, 7).
Tout chrétien qui ne se laisse pas modeler par le monde, la pression des majorités et celle des idéologies, et qui ne cède pas aux « envoûtements de l’argent et de la puissance », perd sa vie à cause du Christ, et la gardera.
Aujourd’hui encore, la Parole et les Béatitudes du Seigneur attirent, comme sur Jérémie, « l’injure et la moquerie », et même des menaces de mort.
Nous avons nous aussi, à offrir notre personne et notre vie en sacrifice et rendre ainsi à Dieu l’adoration et le culte véritable. Tout cela se vit et s’expérimente dans l’eucharistie. Par sa Parole, le Christ se fait connaître tel qu’il est, sans masque. Comme Pierre, nous sommes invités ensuite à affirmer notre credo en ce Jésus-là. Mais ce credo de la tête ou du cœur, qui s’exprime toujours en paroles, doit se traduire aussitôt en dispositions à le suivre. C’est le sacrifice saint, comme nous le rappelle Paul, qui nous permet vraiment de communier à celui de Jésus, toujours disponible pour faire la volonté de son Père, même au risque de sa vie. La qualité et l’authenticité de l’eucharistie se mesurent et se prouvent après la célébration, quand notre conduite est conforme au credo proclamé et à la communion exprimée. Quand la messe est finie, tout commence.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 – 2008

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