Archive pour le 10 février, 2017

Beginning of the Gospel of Matthew

10 février, 2017

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HOMLIE DU 6E DIMANCHE ORDINAIRE A

10 février, 2017

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HOMLIE DU 6E DIMANCHE ORDINAIRE A

Si 15, 15-20 ; 1 Co 2, 6-10 ; Mt 5, 17-37

Quand il y a de la pagaille dans un groupe ou dans la socit, il y a des risques de drives, de laisser-aller, de laisser-faire. L’un des premiers rflexes de scurit c’est de vouloir rtablir l’ordre. Par les menaces ou la persuasion. Il s’agira en priorit d’en revenir aux rgles et principes de base. Aux dix commandements, dirions-nous en langage biblique. C’est ce que nous pouvons constater dans les trois situations voques ce dimanche.
La premire se situe prs de deux sicles avant Jsus Christ. Le trs religieux professeur de sagesse Jrusalem, Jsus Ben Sirac, est inquiet de voir ses contemporains, surtout les jeunes, s’enticher des nouvelles ides venues de Grce o fleurissent les religions, sagesses et sectes paennes. Consquence : les commandements de Dieu sont de plus en plus ngligs et les multiples rglementations de la loi de Mose mises au rancart. Ben Sirac va ragir en publiant un ouvrage de foi et d’exprience, pour montrer combien la sagesse biblique est suprieure toutes les soi-disant sagesses la mode.
Paul, un demi-sicle aprs Jsus, est bien conscient que les jeunes communauts sont confrontes aux cultes paens, au supermarch des sectes et aux sagesses venues d’Orient. Mais aussi des tensions intrieures. Une partie des baptiss vient du judasme et une autre partie des religions paennes et des philosophies laques. Ce qui provoque des discussions intellectuelles sans fin, au risque d’en oublier le trsor de sagesse qu’est l’Evangile. Il vaudrait mieux vous comporter comme des adultes dans la foi, leur crit Paul. Laissez-vous former et recycler pour faire travailler votre foi et votre raison. C’est indispensable afin de mieux saisir les richesses de la sagesse vanglique et en vivre. Retour aux sources !
Matthieu, lui aussi, est confront des communauts o les judasants majoritaires veulent imposer les traditions de leur enfance aux baptiss venus du paganisme et minoritaires. Pour les premiers, il s’agit de respecter la lettre toutes les prescriptions de la loi de Mose, et mme de la manire qui leur a t enseigne par les scribes et les pharisiens qui, eux, avaient fait de la loi un code fig, constitu de rgles intangibles, dfinitives et donc irrformables.
Dans les trois cas, il s’agit, pour le prophte et les disciples, d’en revenir aux sources de la loi, son auteur, et plus prcisment l’esprit et donc l’intention de celui qui a inspir les dix commandements.
Au mot de « commandement », on a peut-tre envie de se mettre au garde vous. Mais les commandements de Dieu ne sont pas du tout de type militaire. Mme si, dans l’Eglise, l’arme a t plus d’une fois cite en exemple. Un modle qui n’est vraiment pas celui choisi par le Christ. L’histoire nous apprend ainsi que le quatrime pape, St. Clment, a pris l’arme romaine comme modle. C’est mme la communaut de Corinthe qu’il crivait avec enthousiasme : « Considrons les soldats qui servent sous vos chefs : quelle discipline, quelle docilit, quelle soumission pour excuter les ordres ! ». Et il clturait sa missive par un trs pieux mais ferme commandement : « Dressons nos femmes au bien ! ».
Dans la Bible, les commandements proclams par Mose sont surtout appels « les dix paroles d’amour », car c’est dans une perspective d’amour que la loi a t promulgue. « Soyez saints, car moi le Seigneur votre Dieu je suis saint » (Lv. 35 et 19, 2). Tout comme Jsus dira : « Vous donc, soyez parfaits comme votre Pre cleste est parfait » (Mt 5, 48).
Cependant, ces grands principes de base doivent ncessairement se monnayer, s’expliquer et donc s’interprter, pour pouvoir tre traduits et incarns dans les situations concrtes de la vie quotidienne. C’est l que s’opposent la lettre et l’esprit. Ainsi, le lgalisme ne voit que l’nonc matriel de la loi et mconnat l’intention de Dieu, auteur de la loi. Ce qui conduit une justice et une conduite purement lgales et extrieures, formalistes. Et finalement une mentalit illres
C’est pourquoi Jsus va critiquer radicalement, non pas la loi de Mose, mais l’interprtation troite, rigide et dfinitive qu’en donnaient les scribes et les pharisiens. Une loi surcharge d’une quantit de prceptes, provenant souvent de traditions qu’ils dcrtaient eux-mmes. Tandis que Jsus, lui, est venu accomplir la loi la perfection, en conformit l’Esprit. Il s’agit d’un retour aux sources, un retour l’esprit, comme l’avaient dj fait des prophtes avant lui.
Ainsi, Ben Sirac le sage disait dj ses contemporains : C’est trs bien de venir au Temple pour offrir des sacrifices, ils sont utiles et mme ncessaires. C’est d’ailleurs la loi. Mais si l’agneau, la colombe ou le taureau que tu sacrifies sur l’autel est pris sur les biens des pauvres, par exemple, c’est exactement comme si tu immolais un fils sous les yeux de son pre. »
L’exemple semblable donn par Jsus sur le mme thme est, lui aussi, trs exigeant. Ainsi, dirions-nous aujourd’hui, c’est trs bien de venir la messe pour accomplir son devoir dominical, rciter le Notre Pre et sa demande de pardon, communier la Parole, au Corps et au Sang du Christ. Mais si, te souvenant que quelqu’un a quelque chose contre toi, tu ne commences pas par te rconcilier, au moins dans ton cur, avec celui ou celle qui est coupable envers toi, tu n’auras pas accompli l’esprit de la loi, mais seulement la lettre d’une pratique purement extrieure. Il manque en effet l’essentiel, c’est--dire un dsir, une volont de pardonner.

Voici un beau thme de mditation.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 – 2008