Archive pour décembre, 2015

LA PORTA SANTA DELLA BASILICA DI SAN GIOVANNI

7 décembre, 2015

 LA PORTA SANTA DELLA BASILICA DI SAN GIOVANNI dans images sacrée

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HOMMAGE DU PAPE À LA VIERGE SUR LA PLACE D’ESPAGNE – PRIÈRE DU PAPE JEAN-PAUL II

7 décembre, 2015

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HOMMAGE DU PAPE À LA VIERGE SUR LA PLACE D’ESPAGNE

PRIÈRE DU PAPE JEAN-PAUL II

Solennité de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie

Lundi 8 décembre 2003

1. Reine de la paix, prie pour nous!

En la fête de ton Immaculée Conception je reviens te vénérer, ô Marie, aux pieds de cette statue qui, de la Place d’Espagne, permet à ton regard maternel d’étendre la vue sur cette antique ville de Rome, qui m’est si chère.

Je suis venu ici, ce soir, pour te rendre l’hommage de ma dévotion sincère. C’est un geste à travers lequel s’unissent à moi, sur cette Place, d’innombrables Romains, dont l’affection m’a toujours accompagné au cours de toutes les années de mon service au Siège de Pierre. Je suis ici avec eux pour commencer le chemin vers le cent-cinquantième anniversaire du Dogme que nous célébrons aujourd’hui avec une joie filiale.

2. Reine de la paix, prie pour nous!

C’est vers Toi que se tourne notre regard avec la plus grande anxiété, à Toi que nous avons recours avec une confiance plus insistante en ces temps marqués par de nombreuses incertitudes et craintes pour le destin présent et à venir de notre planète.

Vers Toi, source de l’humanité rachetée par le Christ, finalement libérée de l’esclavage du mal et du péché, nous élevons ensemble une supplication pressante et confiante:  Écoute le cri de douleur des victimes des guerres et de tant de formes de violence, qui ensanglantent la terre. Dissipe les ténèbres de la tristesse et de la solitude, de la haine et de la vengeance. Ouvre l’esprit et le coeur de tous à la confiance et au pardon!

3. Reine de la paix, prie pour nous!

Mère de Miséricorde et d’espérance, obtiens pour les hommes et les femmes du troisième millénaire le don précieux de la paix:  la paix dans les coeurs et dans les familles, dans les communautés et entre les peuples; la paix en particulier pour ces nations où l’on continue chaque jour à se battre et à mourir.

Fais que chaque être humain, de toute race et de toute culture, rencontre et accueille Jésus, venu sur la Terre dans le mystère de Noël pour nous donner « sa » paix. Mère, Reine de la paix, donne-nous le Christ, véritable paix du monde!

HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II MESSE POUR LA JOURNÉE DU PARDON DE L’ANNÉE SAINTE 2000

7 décembre, 2015

http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/en/homilies/2000/documents/hf_jp-ii_hom_20000312_pardon.html  

HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II MESSE POUR LA JOURNÉE DU PARDON DE L’ANNÉE SAINTE 2000

Dimanche 12 mars 2000

1. « Nous vous en supplions au nom du Christ:  laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’avait pas connu le péché, Il l’a fait péché pour nous, afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu » (2 Co 5, 20-21). Ce sont des paroles de saint Paul, que l’Eglise relit chaque année, le Mercredi des Cendres, au début du Carême. Au cours du Carême, l’Eglise désire s’unir de façon particulière au Christ, qui, mû intérieurement par l’Esprit Saint, entreprit sa mission messianique en se rendant dans le désert et là, jeûna pendant quarante jours et quarante nuits (cf. Mc 1, 12-13). Au terme de ce jeûne, il fut tenté par satan, comme le rapporte de façon synthétique, dans la liturgie d’aujourd’hui, l’évangéliste Marc (cf. 1, 13). Matthieu et Luc, au contraire, évoquent plus amplement ce combat du Christ dans le désert et de sa victoire définitive sur le tentateur:  « Retire-toi, Satan! Car il est écrit:  C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à Lui seul tu rendras un culte » (Mt 4, 10). Celui qui parle ainsi est Celui « qui n’avait pas connu le péché » (2 Co 5, 21), Jésus, « le Saint de Dieu » (Mc 1, 24). 2. « Celui qui n’avait pas connu le péché, Il [Dieu] l’a fait péché pour nous » (2 Co 5, 21). Il y a peu de temps, au cours de la seconde Lecture, nous avons écouté cette affirmation surprenante de l’Apôtre. Que signifient ces paroles? Elles semblent un paradoxe, et effectivement, elles le sont. Comment Dieu, qui est la sainteté même, a-t-il pu « faire péché » son Fils unique, envoyé dans le monde? Et pourtant, c’est précisément ce que nous lisons dans le passage de la seconde Epître de saint Paul aux Corinthiens. Nous nous trouvons face à un mystère:  mystère à première vue déconcertant, mais inscrit en lettres claires dans la Révélation divine. Déjà dans l’Ancien Testament, le Livre d’Isaïe en parle avec une prévoyance inspirée dans le quatrième chant du Serviteur de Yahvé:  « Tous, comme des moutons, nous étions errants, chacun suivant son propre chemin, et Yahvé a fait retomber sur lui nos fautes à nous » (Is 53, 6). Le Christ, le Saint, tout en étant absolument sans péché, accepte de prendre sur lui nos péchés. Il accepte pour nous racheter; il accepte d’assumer nos péchés, pour accomplir la mission reçue du Père, qui – comme l’écrit l’évangéliste Jean – « a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui [...] ait la vie éternelle » (Jn 3, 16). 3. Face au Christ qui, par amour, a assumé nos fautes, nous sommes tous invités à un profond examen de conscience. L’un des éléments caractéristiques du grand Jubilé réside dans ce que j’ai qualifié de « purification de la mémoire » (Bulle Incarnationis mysterium, n. 11). Comme Successeur de Pierre, j’ai demandé que « en cette année de miséricorde, l’Eglise, forte de la sainteté qu’elle reçoit de son Seigneur, s’agenouille devant Dieu et implore le pardon des péchés passés et présents de ses fils » (ibid.). Ce premier dimanche de Carême m’a semblé une occasion propice afin que l’Eglise, recueillie spirituellement autour du Successeur de Pierre, implore le pardon divin pour les fautes de tous les croyants. Pardonnons et demandons pardon! Cet appel a suscité dans la communauté ecclésiale une réflexion approfondie et utile, qui a conduit à la publication, ces jours derniers, d’un document de la Commission théologique internationale, intitulé:  « Mémoire et réconciliation:  l’Eglise et les fautes du passé ». Je remercie tous ceux qui ont contribué à l’élaboration de ce texte. Celui-ci est très   utile   pour   une   juste   compréhension et application de la véritable demande de pardon, fondée sur la responsabilité objective qui unit les chrétiens en tant que membres du Corps mystique, et qui pousse les fidèles d’aujourd’hui à reconnaître, avec les leurs, les fautes des chrétiens d’hier, à la lumière d’un discernement historique et théologique attentif. En effet, « en raison du lien qui, dans le Corps mystique, nous unit les uns aux autres, nous tous, bien que nous n’en ayons pas la responsabilité personnelle et sans nous substituer au jugement de Dieu qui seul connaît les coeurs, nous portons le poids des erreurs et des fautes de ceux qui nous ont précédés » (Incarnationis mysterium, n. 11). Reconnaître les déviations du passé sert à réveiller nos consciences face aux compromis du présent, ouvrant à chacun la voie de la conversion. 4. Pardonnons et demandons pardon! Tandis que nous rendons grâces à Dieu qui, dans son amour miséricordieux, a suscité dans l’Eglise une récolte merveilleuse de sainteté, d’ardeur missionnaire, de dévouement total au Christ et au prochain, nous ne pouvons manquer de reconnaître les infidélités à l’Evangile qu’ont commises certains de nos frères, en particulier au cours du second millénaire. Demandons pardon pour les divisions qui sont intervenues parmi les chrétiens, pour la violence à laquelle certains d’entre d’eux ont eu recours dans le service à la vérité, et pour les attitudes de méfiance et d’hostilité adoptées parfois à l’égard des fidèles des autres religions. Confessons, à plus forte raison, nos responsabilités de chrétiens pour les maux d’aujourd’hui. Face à l’athéisme, à l’indifférence religieuse, au sécularisme, au relativisme éthique, aux violations du droit à la vie, au manque d’intérêt pour la pauvreté de nombreux pays, nous ne pouvons manquer de nous  demander  quelles  sont  nos  responsabilités. Pour la part que chacun d’entre nous, à travers ses comportements, a eue dans ces maux, contribuant à défigurer le visage de l’Eglise, nous demandons humblement pardon. Dans le même temps, tandis que nous confessons nos fautes, nous pardonnons les fautes commises par les autres à notre égard. Au cours de l’histoire, en d’innombrables occasions, les chrétiens ont dû subir des vexations, des violences et des persécutions en raison de leur foi. L’Eglise d’aujourd’hui et de toujours se sent engagée à purifier la mémoire de ces tristes événements de tout sentiment de rancoeur ou de revanche. Le Jubilé devient ainsi pour tous une occasion propice pour une profonde conversion à l’Evangile. De l’accueil du pardon divin jaillit l’engagement au pardon des frères et à la réconciliation réciproque. 5. Mais que signifie pour nous le terme « réconciliation »? Pour en saisir le sens et la valeur exacte, il faut d’abord se rendre compte de la possibilité de la division, de la séparation. Oui, l’homme est la seule créature sur terre qui puisse établir une relation de communion  avec  son  Créateur,  mais elle est également l’unique à pouvoir s’en séparer. Malheureusement, l’homme s’est effectivement souvent éloigné de Dieu. Heureusement, de nombreuses personnes, comme le fils prodigue, dont parle l’Evangile de Luc (cf. Lc 15, 13), après avoir abandonné la maison paternelle et dilapidé l’héritage reçu, touchent le fond, se rendent compte de ce qu’ils ont perdu (cf. Lc 15, 13-17). Ils entreprennent alors la voie du retour:  « Je veux partir, aller vers mon père et lui dire:  Père, j’ai péché … » (Lc 15, 18). Dieu, bien représenté par le père de la parabole, accueille chaque fils prodigue qui retourne vers Lui. Il l’accueille à travers le Christ, dans lequel le pécheur peut redevenir « juste » de la justice de Dieu. Il l’accueille, parce qu’il a fait péché en notre faveur son Fils éternel. Oui, ce n’est qu’à travers le Christ que nous pouvons devenir justice de Dieu (cf. 2 Co 5, 21). 6. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Telle est, en synthèse, la signification du mystère de la rédemption du monde! Il faut se rendre compte jusqu’au bout de la valeur du grand don que le Père nous a fait en Jésus. Il faut que devant les yeux de notre âme se présente le Christ – le Christ du Gethsémani, le Christ flagellé, couronné d’épines, portant la Croix, et à la fin, crucifié. Le Christ a pris sur lui le poids des péchés de tous les hommes, le poids de nos péchés, afin que nous puissions, en vertu de son sacrifice salvifique, être réconciliés avec Dieu. Saul de Tarse, devenu saint Paul, se présente aujourd’hui devant nous comme témoin:  il a ressenti de façon singulière la puissance de la Croix sur la route de Damas. Le Ressuscité s’est manifesté à lui dans toute sa puissance aveuglante:  « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?… Qui es-tu, Seigneur?… Je suis Jésus que tu persécutes » (Ac 9, 4-5). Paul, qui ressentit si fortement la puissance de la Croix du Christ, s’adresse aujourd’hui à nous à travers une fervente prière:  « Nous vous exhortons à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu ». Cette grâce nous est offerte, insiste saint Paul, par Dieu lui-même, qui nous dit aujourd’hui:  « Au moment favorable, je t’ai exaucé; au jour  du  salut,  je  t’ai  secouru »  (2 Co 6, 1-2). Que Marie, Mère du pardon, nous aide à accueillir la grâce du pardon que le Jubilé nous offre avec abondance. Qu’elle fasse que le Carême de cette extraordinaire Année Sainte soit pour tous les croyants et pour chaque homme qui recherche Dieu, le moment favorable, le temps de la réconciliation, le temps du salut!

Prophète Baruch – lacunaire de l’église de Saint-Jean de Gemona del Friuli.

4 décembre, 2015

Prophète Baruch - lacunaire de l'église de Saint-Jean de Gemona del Friuli. dans images sacrée Amalteo_-_Profeta_Baruch

https://it.wikipedia.org/wiki/Pomponio_Amalteo

HOMÉLIE – 2E DIMANCHE DE L’AVENT – 6 DÉCEMBRE 2015

4 décembre, 2015

http://www.homelies.fr/homelie,,4407.html

HOMÉLIE -  2E DIMANCHE DE L’AVENT – 6 DÉCEMBRE 2015

Famille de Saint Joseph

Nous sommes en l’an 28 de notre ère. L’empereur Tibère règne sur l’immense empire romain, qui va des rivages de la mer du Nord aux confins du désert saharien, et de la Palestine au détroit de Gibraltar. La méditerranée est un lac romain. D’emblée St Luc énumère les régions où Jésus va exercer son ministère ainsi que les princes qui les gouvernent. Il termine en nommant les chefs religieux de l’époque en Judée. Cette précision très solennelle du temps, du lieu et du contexte historique, souligne que les événements dont il va être question ne sont pas un mythe, mais une réalité plus décisive pour l’histoire universelle, que les faits et gestes des empereurs et roitelets se disputant indéfiniment le pouvoir. Car Jean, fils d’un inconnu nommé Zacharie, ne parle pas en son nom propre, ni au nom de son père ou de son clan, ni même au nom d’un pouvoir politique : il est porteur d’un message venu du Très-Haut : par lui, « la parole de Dieu fut adressée » aux hommes de toutes races, langues, peuples et nations. Le Précurseur va donner vie à une parole préfigurée dans les prophéties d’Israël, et qui attendait son heure dans les Ecritures. Le lieu où surgit cette parole est également significatif : le désert, espace hostile où on évite de passer, lieu à distance des territoires occupés par les hommes, où le silence appelle à l’aventure de l’intériorité. La discrétion avec laquelle St Luc décrit le Baptiste contraste avec celle qu’en donnent les autres évangélistes : aucune allusion à la pauvreté de son vêtement ni à sa nourriture frugale. Cette sobriété permet de focaliser toute l’attention du lecteur sur la Parole que Jean est chargé de transmettre. Ce n’est pas le Précurseur qui fait face aux grands hommes politiques et religieux cités, mais la Parole dont il est porteur, et devant laquelle ils auront à se situer. Cette Parole continuera à interpeller les hommes même lorsqu’ils auront éliminé la voix qui l’a fait résonner à leurs oreilles ; car à défaut d’entendre le Précurseur, « tout homme verra le salut de Dieu ». C’est donc que la Parole que Jean annonce, se manifestera de manière visible, et que le salut qu’elle apporte sera perceptible par tout homme de bonne volonté. Tel est l’inouï de la Bonne Nouvelle : la parole de salut vient comme quelqu’un que l’on pourra voir et entendre, toucher et aimer. On ne peut plus clairement annoncer sa portée universelle et son dynamisme : elle se diffusera comme une flamme courant dans un chaume, annonçant partout son message de paix, de joie et de réconciliation à tous les hommes sans exception. Les enfants de Dieu dispersés par une triste nuit de péché, seront enfin « rassemblés du levant au couchant par la Parole du Dieu Saint ; ils se réjouiront parce que Dieu se souvient » (1ère lect.) « de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais » (Lc 1, 55). Ils les « conduira dans la joie, à la lumière de sa gloire, leur donnant comme escorte sa miséricorde et sa justice » (1ère lect.). La mission prophétique qui lui échoit, pousse Jean à s’approcher du fleuve, où il proclame un « baptême » que l’on pourrait aussi traduire par « une plongée » ou « un plongeon de conversion ». Pour se rendre au fleuve qui coule en bordure du désert et pour s’y plonger, les Juifs de l’époque devaient quitter leurs routes et leurs comportements habituels, et consentir à l’initiative d’un autre ; ce qui suppose qu’ils fassent confiance à ce Jean et à « la Parole de Dieu qui lui fut adressée ». Pour eux comme pour nous, la conversion commence lorsque nous consentons à sortir de nos ornières pour nous exposer dans la confiance aux appels de l’Esprit, qui nous parle par les prophètes. La référence au livre d’Isaïe est incertaine, car il n’y est pas question de baptême pour la rémission des péchés. Le prophète de la première Alliance pressentait la nécessité pour l’homme de se préparer à accueillir une intervention divine imminente, mais c’est avec le Baptiste, que nous sont révélés les mots et les gestes qui conviennent. L’interprétation d’une prophétie se fait toujours rétrospectivement : c’est l’intervention concrète de Dieu dans l’histoire qui éclaire son annonce, car l’accomplissement dépasse toujours la prédiction. Ce processus culmine en Jésus : c’est à partir de lui qu’il faut désormais lire les Ecritures, puisque c’est en lui qu’elles trouvent leur plénitude de sens. « A travers le désert, une voix crie » : c’est le volume sonore de la voix de Jean qui appelle, qui atteste et conteste, plus que les paroles articulées et la signification qu’on peut leur donner. Le cri s’élance comme une flèche, il file droit devant vers celui-qui-vient et dont il faut préparer la route ; elle traverse toutes les palissades que nous avons érigées pour nous protéger de Dieu et des autres. Les ravins, montagnes, collines figurent autant d’obstacles sur la route du désir éveillé par la voix du Précurseur, mais c’est celui-qui-vient qui les enlèvera : « car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu’Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu » (1ère lect.). C’est en ces termes qu’au cœur de la liturgie de ce second dimanche de l’Avent, résonne l’appel à la conversion. Celle-ci ne consiste pas dans l’observance scrupuleuse d’un ensemble de règles rituelles. La conversion réside dans la reconnaissance de notre pauvreté et de notre impuissance à nous amender, et dans l’accueil de l’intervention du Dieu tout-autre qui seul peut sauver l’homme. Se convertir, c’est accepter que Dieu fasse la vérité sur le triste sort de notre humanité, à la lumière de son amour rédempteur. Aussi la conversion n’est-elle rien d’autre que la levée des obstacles qui nous empêchent de recevoir « le Salut de Dieu », en nous empêchant d’accéder au Sauveur, de lui livrer notre vie. Quant à l’urgence de la conversion, elle est motivée par l’imminence de l’intervention divine, et donc par la perspective de la rencontre prochaine avec le Dieu vivant. Le thème de la conversion sera également au cœur de la prédication de Jésus ; là encore, elle ne sera liée à aucune pratique pénitentielle particulière : la voie royale que propose Jésus est celle du dépouillement de toute suffisance, condition sine qua none pour pouvoir prendre conscience de notre état de pécheur, et donc de notre besoin de salut ; et pour pouvoir reconnaître la véritable identité du Rabbi de Nazareth, Seigneur et Sauveur. Seule une telle conversion peut libérer en nos vies la puissance de l’amour, entendu comme « caritas in veritate » : l’amour du Christ, et l’amour concret de tous nos frères, quelle que soit leur race, leur condition sociale et même leur identité spirituelle, au nom de notre commune appartenance au Père : c’est en « progressant de plus en plus dans l’amour, que nous marcherons sans trébucher vers le jour du Christ » (cf. 2nd lect.). L’Eglise, peuple de convertis unis dans la charité, a précisément pour mission de faire entrer l’humanité toute entière dans la voie d’un amour sans frontières, qui brise le carcan de tous les particularismes clos. L’Eucharistie est le lieu par excellence où s’exprime ce caractère universel de la Bonne Nouvelle ; elle constitue le rassemblement où tout homme peut voir le salut de Dieu, et peut entrer dans la joie de son Seigneur. C’est ici autour de la table où le Père lui-même nous nourrit du Pain des Anges, qu’après nous avoir « dépouillé de notre robe de tristesse et de misère, il nous revêt de la parure de la gloire de Dieu ; qu’il met sur notre tête le diadème de la gloire de l’Eternel » (1ère lect.), le diadème de l’Epouse, toute parée pour son Epoux-qui-vient.

Père Joseph-Marie

BENOÎT XVI – SAINT JEAN DAMASCÈNE, 4 DÉCEMBRE (2009)

4 décembre, 2015

http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090506.html

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 6 mai 2009

SAINT JEAN DAMASCÈNE, 4 DÉCEMBRE

Chers frères et sœurs,

Je voudrais parler aujourd’hui de Jean Damascène, un personnage de premier plan dans l’histoire de la théologie byzantine, un grand docteur dans l’histoire de l’Eglise universelle. Il représente surtout un témoin oculaire du passage de la culture chrétienne grecque et syriaque, commune à la partie orientale de l’Empire byzantin, à la culture de l’islam, qui s’est imposée grâce à ses conquêtes militaires sur le territoire reconnu habituellement comme le Moyen ou le Proche Orient. Jean, né dans une riche famille chrétienne, assuma encore jeune la charge – remplie déjà sans doute par son père – de responsable économique du califat. Mais très vite, insatisfait de la vie de la cour, il choisit la vie monastique, en entrant dans le monastère de Saint-Saba, près de Jérusalem. C’était aux environs de l’an 700. Ne s’éloignant jamais du monastère, il consacra toutes ses forces à l’ascèse et à l’activité littéraire, ne dédaignant pas une certaine activité pastorale, dont témoignent avant tout ses nombreuses Homélies. Sa mémoire liturgique est célébrée le 4 décembre. Le Pape Léon XIII le proclama docteur de l’Eglise universelle en 1890. En Orient, on se souvient surtout de ses trois Discours pour légitimer la vénération des images sacrées, qui furent condamnés, après sa mort, par le Concile iconoclaste de Hiéria (754). Mais ces discours furent également le motif fondamental de sa réhabilitation et de sa canonisation de la part des Pères orthodoxes convoqués par le second Concile de Nicée (787), septième Concile œcuménique. Dans ces textes, il est possible de retrouver les premières tentatives théologiques importantes de légitimer la vénération des images sacrées, en les reliant au mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu dans le sein de la Vierge Marie. Jean Damascène fut, en outre, parmi les premiers à distinguer, dans le culte public et privé des chrétiens, l’adoration (latreia) de la vénération (proskynesis):  la première ne peut être adressée qu’à Dieu, suprêmement spirituel, la deuxième au contraire peut utiliser une image pour s’adresser à celui qui est représenté dans l’image même. Bien sûr, le saint ne peut en aucun cas être identifié avec la matière qui compose l’icône. Cette distinction se révéla immédiatement très importante pour répondre de façon chrétienne à ceux qui prétendaient universel et éternel l’observance de l’interdit sévère de l’Ancien Testament d’utiliser des images dans le culte. Tel était le grand débat également dans le monde islamique, qui accepte cette tradition juive de l’exclusion totale d’images dans le culte. Les chrétiens, en revanche, dans ce contexte, ont débattu du problème et trouvé la justification pour la vénération des images. Damascène écrit:  « En d’autres temps, Dieu n’avait jamais été représenté en image, étant sans corps et sans visage. Mais à présent que Dieu a été vu dans sa chair et a vécu parmi les hommes, je représente ce qui est visible en Dieu. Je ne vénère pas la matière, mais le créateur de la matière, qui s’est fait matière pour moi et a daigné habiter dans la matière et opérer mon salut à travers la matière. Je ne cesserai donc pas de vénérer la matière à travers laquelle m’a été assuré le salut. Mais je ne la vénère absolument pas comme Dieu! Comment pourrait être Dieu ce qui a reçu l’existence à partir du non-être?… Mais je vénère et respecte également tout le reste de la matière qui m’a procuré le salut, car pleine d’énergie et de grâces saintes. Le bois de la croix trois fois bénie n’est-il pas matière? L’encre et le très saint livre des Evangiles ne sont-ils pas matière? L’autel salvifique qui nous donne le pain de vie n’est-il pas matière?…. Et, avant tout autre chose, la chair et le sang de mon Seigneur ne sont-ils pas matière? Ou bien tu dois supprimer le caractère sacré de toutes ces choses, ou bien tu dois accorder à la tradition de l’Eglise la vénération des images de Dieu et celle des amis de Dieu qui sont sanctifiés par le nom qu’ils portent, et qui, pour cette raison, sont habités par la grâce de l’Esprit Saint. N’offense donc pas la matière:  celle-ci n’est pas méprisable; car rien de ce que Dieu a fait n’est méprisable » (Contra imaginum calumniatores, I, 16, ed; Kotter, pp. 89-90). Nous voyons que, à cause de l’incarnation, la matière apparaît comme divinisée, elle est vue comme la demeure de Dieu. Il s’agit d’une nouvelle vision du monde et des réalités matérielles. Dieu s’est fait chair et la chair est devenue réellement demeure de Dieu, dont la gloire resplendit sur le visage humain du Christ. C’est pourquoi, les sollicitations du Docteur oriental sont aujourd’hui encore d’une très grande actualité, étant donnée la très grande dignité que la matière a reçue dans l’Incarnation, pouvant devenir, dans la foi, le signe et le sacrement efficace de la rencontre de l’homme avec Dieu. Jean Damascène reste donc un témoin privilégié du culte des icônes, qui deviendra l’un des aspects les plus caractéristiques de la théologie et de la spiritualité orientale jusqu’à aujourd’hui. Il s’agit toutefois d’une forme de culte qui appartient simplement à la foi chrétienne, à la foi dans ce Dieu qui s’est fait chair et s’est rendu visible. L’enseignement de saint Jean Damascène s’inscrit ainsi dans la tradition de l’Eglise universelle, dont la doctrine sacramentelle prévoit que les éléments matériels issus de la nature peuvent devenir un instrument de grâce en vertu de l’invocation (epiclesis) de l’Esprit Saint, accompagnée par la confession de la foi véritable. Jean Damascène met également en relation avec ces idées de fond la vénération des reliques des saints, sur la base de la conviction que les saints chrétiens, ayant participé de la résurrection du Christ, ne peuvent pas être considérés simplement comme des « morts ». En énumérant, par exemple, ceux dont les reliques ou les images sont dignes de vénération, Jean précise dans son troisième discours en défense des images:  « Tout d’abord (nous vénérons) ceux parmi lesquels Dieu s’est reposé, lui le seul saint qui se repose parmi les saints (cf. Is 57, 15), comme la sainte Mère de Dieu et tous les saints. Ce sont eux qui, autant que cela est possible, se sont rendus semblables à Dieu par leur volonté et, par l’inhabitation et l’aide de Dieu, sont dits réellement dieux (cf. Ps 82, 6), non par nature, mais par contingence, de même que le fer incandescent est appelé feu, non par nature mais par contingence et par participation du feu. Il dit en effet:  Vous serez saint parce que je suis saint (Lv 19, 2) » (III, 33, col. 1352 A). Après une série de références de ce type, Jean Damascène pouvait donc déduire avec sérénité:  « Dieu, qui est bon et supérieur à toute bonté, ne se contenta pas de la contemplation de lui-même, mais il voulut qu’il y ait des êtres destinataires de ses bienfaits, qui puissent participer de sa bonté:  c’est pourquoi il créa du néant toutes les choses, visibles et invisibles, y compris l’homme, réalité visible et invisible. Et il le créa en pensant et en le réalisant comme un être capable de pensée (ennoema ergon) enrichi par la parole (logo[i] sympleroumenon) et orienté vers l’esprit (pneumati teleioumenon) » (II, 2, PG, col. 865A). Et pour éclaircir ultérieurement sa pensée, il ajoute:  « Il faut se laisser remplir d’étonnement (thaumazein) par toutes les œuvres de la providence (tes pronoias erga), les louer toutes et les accepter toutes, en surmontant la tentation de trouver en celles-ci des aspects qui, a beaucoup de personnes, semblent injustes ou iniques (adika), et en admettant en revanche que le projet de Dieu (pronoia) va au-delà des capacités cognitives et de compréhension (agnoston kai akatalepton) de l’homme, alors qu’au contraire lui seul connaît nos pensées, nos actions et même notre avenir » (II, 29, PG, col. 964C). Du reste, Platon disait déjà que toute la philosophie commence avec l’émerveillement:  notre foi aussi commence avec l’émerveillement de la création, de la beauté de Dieu qui se fait visible. L’optimisme de la contemplation naturelle (physikè theoria), de cette manière de voir dans la création visible ce qui est bon, beau et vrai, cet optimisme chrétien n’est pas un optimisme naïf:  il tient compte de la blessure infligée à la nature humaine par une liberté de choix voulue par Dieu et utilisée de manière impropre par l’homme, avec toutes les conséquences d’un manque d’harmonie diffus qui en ont dérivées. D’où l’exigence, clairement perçue par le théologien de Damas, que la nature dans laquelle se reflète la bonté et la beauté de Dieu, blessées par notre faute, « soit renforcée et renouvelée » par la descente du Fils de Dieu dans la chair, après que de nombreuses manières et en diverses occasions Dieu lui-même ait cherché à démontrer qu’il avait créé l’homme pour qu’il soit non seulement dans l’ »être », mais dans le « bien-être » (cf. La foi orthodoxe, II, 1, PG 94, col. 981°). Avec un enthousiasme passionné, Jean explique:  « Il était nécessaire que la nature soit renforcée et renouvelée et que soit indiquée et enseignée concrètement la voie de la vertu (didachthenai aretes hodòn), qui éloigne de la corruption et conduit à la vie éternelle… C’est ainsi qu’apparut à l’horizon de l’histoire la grande mer de l’amour de Dieu pour l’homme (philanthropias pelagos)… ». C’est une belle expression. Nous voyons, d’une part, la beauté de la création et, de l’autre, la destruction accomplie par la faute humaine. Mais nous voyons dans le Fils de Dieu, qui descend pour renouveler la nature, la mer de l’amour de Dieu pour l’homme. Jean Damascène poursuit:   » Lui-même, le Créateur et le Seigneur, lutta pour sa créature en lui transmettant à travers l’exemple son enseignement… Et ainsi, le Fils de Dieu, bien que subsistant dans la forme de Dieu, abaissa les cieux et descendit… auprès de ses serviteurs… en accomplissant la chose la plus nouvelle de toutes, l’unique chose vraiment nouvelle sous le soleil, à travers laquelle se manifesta de fait la puissance infinie de Dieu » (III, 1. PG 94, coll. 981C-984B).  Nous pouvons imaginer le réconfort et la joie que diffusaient dans le cœur des fidèles ces paroles riches d’images si fascinantes. Nous les écoutons nous aussi, aujourd’hui, en partageant les mêmes sentiments que les chrétiens de l’époque:  Dieu veut reposer en nous, il veut renouveler la nature également par l’intermédiaire de notre conversion, il veut nous faire participer de sa divinité. Que le Seigneur nous aide à faire de ces mots la substance de notre vie.

 

Andrea della Robbia (1435-1525), la Crucifixion, le sanctuaire de La Verna, Chapelle de la Stigmata

3 décembre, 2015

Andrea della Robbia (1435-1525), la Crucifixion, le sanctuaire de La Verna, Chapelle de la Stigmata dans images sacrée crocefissione
http://duomocasalmaggiore.it/documenti/ritrovarci/archivio/2006/1/index.shtml

VIE DE JESUS CHRIST – DISPUTE ENTRE LA MISÉRICORDE ET LA JUSTICE, LA VÉRITÉ ET LA PAIX.

3 décembre, 2015

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/bonaventure/index.htm

VIE DE JESUS CHRIST – DISPUTE ENTRE LA MISÉRICORDE ET LA JUSTICE, LA VÉRITÉ ET LA PAIX.

S. BONAVENTURE DE L’ORDRE DES FRÈRES MINEURS, CARDINAL-ÉVÊQUE D’ALBANE,

CHAPITRE II. Dispute entre la Miséricorde et la Justice, la Vérité et la Paix.   A ces mots, la Miséricorde, ayant avec soi la Paix, ébranlait les entrailles du Père et le portait à nous secourir; mais la Justice accompagnée de la Vérité, s’y opposait; et il y eut une ardente contestation entre elles, selon que le raconte saint Bernard dans un long et magnifique discours. Je vais l’abréger le plus succinctement que je pourrai, et comme je me propose de citer souvent les paroles si pleines de douceur de ce Saint, ce sera pour l’ordinaire en y retranchant, pour éviter la trop grande longueur.   11 Voici donc en peu de mots ce qu’il dit sur ce sujet : « La Miséricorde criait au Seigneur : « Eh quoi ! Seigneur, détournerez-vous éternellement vos regards et oublierez-vous de faire miséricorde (1)? » Et il y avait longtemps qu’elle murmurait ce langage à ses oreilles. Le Seigneur répondit : « Que vos soeurs soient appelées, vous savez qu’elles vous sont opposées ; écoutons-les à leur tour ». « Après qu’on les eut appelées, la Miséricorde commença en ces termes : « La créature raisonnable a besoin de la pitié de Dieu, car elle est devenue malheureuse; elle est tombée dans l’excès de la misère; et le temps d’avoir pitié est arrivé, il est déjà passé. » La Vérité de son côté s’écriait : « Il faut, Seigneur, que la parole que vous avez prononcée, s’accomplisse; il faut qu’Adam meure tout entier, qu’il meure avec tous ceux qui étaient en lui, quand en prévariquant il mangea le fruit défendu. » — « Et pourquoi donc, Seigneur, m’avez-vous créée? reprit  la Miséricorde. La Vérité sait bien que c’en est fait de moi , si vous êtes toujours sans pitié. » — « Si le prévaricateur, dit la Vérité, échappe à votre sentence, votre vérité s’anéantit également et ne demeure plus éternellement. » 1 Ps. 73.   12 « Cette affaire fut donc déférée au Fils, et la Vérité et la Miséricorde apportèrent les mêmes raisons en sa présence. La Vérité ajoutait : « J’avoue, Seigneur , que la Miséricorde est poussée par un zèle qui est bon ; mais il n’est pas selon la Justice, car elle veut que l’on épargne le pécheur de préférence à sa soeur. » — « Et toi, s’écriait la Miséricorde, tu ne pardonnes ni à l’un ni à l’autre, et tu sévis avec tant d’indignation contre les prévaricateurs, que tu enveloppes ta soeur dans le même châtiment. » — Néanmoins la Vérité reprenait avec force : « Seigneur , c’est contre vous que cette dispute est dirigée, et il est à redouter que la parole de votre père n’y trouve sa ruine. » — La Paix dit alors : « Mettez fin à de semblables disputes : toute contemplation est messéante aux vertus. » « Vous voyez que c’était une question grave, et que, de part et d’autre, on alléguait des raisons fortes et concluantes. Il ne semblait pas que l’on pût conserver et la Miséricorde et la Vérité dans ce qui concernait l’homme. Or, le Roi écrivit une sentence qu’il donna à lire à la Paix, qui se tenait plus proche de lui; et cette sentence était ainsi conçue : L’une dit : « Je péris si Adam ne meurt pas. » L’autre ajoute : « C’en est fait de moi s’il n’obtient miséricorde. Que la mort devienne donc un bien, et qu’il soit fait ainsi selon la   13  demande de l’une et de l’autre. » Toutes restèrent dans l’étonnement à cette parole de la sagesse, et consentirent à la mort d’Adam, pourvu qu’il obtint miséricorde. « Mais comment, demanda-t-on , la mort peut-elle devenir un bien, lorsque son nom seul fait frémir à entendre?» Le roi répondit : « La mort du pécheur, il est vrai, est un mal effroyable (1) ; mais la mort des saints est précieuse (2) : elle est la porte de la vie. Que l’on trouve quelqu’un qui consente à mourir par charité, sans être soumis naturellement  à la mort : elle ne pourra retenir un innocent sous son empire; mais il y fera une brèche par où s’échapperont ceux qui auront été délivrés. » « Ce discours acquit l’assentiment de tous. « Mais où trouver un tel homme? » répondit-on. La Vérité revint donc sur la terre, et la Miséricorde demeura au ciel. Car selon le prophète : « Votre miséricorde, Seigneur, est dans les cieux, et votre vérité s’élève jusqu’aux nues (3)» Celle-ci parcourut l’univers entier ; mais elle ne vit aucun homme exempt de tache, pas même l’enfant qui ne compte qu’un jour sur la terre (4). La Miséricorde, de son côté, parcourut le ciel ; mais elle ne trouva personne dont la charité pût aller jusque-là. Car nous sommes tous serviteurs, et lors  1 Ps. 33. — 2 Ps. 115. — 3 Ps. 35. — 4 Job., 25.   14  même que nous avons fait tout bien, nous devons dire ces paroles de l’Evangile de saint Luc : « Nous sommes des serviteurs inutiles (1). » « Il ne se rencontra donc personne qui eût assez de charité pour livrer sa vie en faveur de serviteurs inutiles. Or, les deux vertus reviennent au jour marqué pleines d’une anxiété profonde. La Paix, voyant qu’elles n’avaient pas trouvé ce qu’elles désiraient, leur dit : « Vous êtes sans intelligence et sans pensée aucune (2). Il n’est personne qui fasse le bien, il n’en est pas un seul (3); mais que celui qui a donné le conseil nous vienne lui-même en aide. » Le Roi comprit ce que cela signifiait, et il répondit : « Je me repens d’avoir fait l’homme (4); c’est pourquoi il me faut faire pénitence pour l’ouvrage de mes mains. » Et, ayant appelé Gabriel, il lui dit : « Allez et dites à la fille de Sion : Voici votre Roi qui vient (5). » Ainsi parle saint Bernard. Vous voyez dans quel grand péril nous a jetés et nous jette encore le péché; quelles difficultés se présentent pour lui trouver un remède. Les Vertus consentirent donc à cette proposition, principalement dans la personne du Fils ; car la personne du Père ne semble en quelque sorte que terrible et puissante, et ainsi la 1 Luc., 18. — 2 Joan., 15. — 3 Ps. 13. — 4 Gén., 7. — 5 Zach., 9.   Miséricorde et la Paix auraient pu encourir quelque soupçon. La personne du Saint-Esprit étant toute pleine de bénignité, la Justice et la Vérité auraient pu également être soupçonnées d’avoir sacrifié quelques-uns de leurs droits. C’est pourquoi la personne du Fils fut acceptée, comme tenant le milieu, pour apporter ce remède. Mais il faut comprendre tout cela, non dans un sens propre, mais seulement figurée. Ce fut donc. alors que s’accomplirent ces paroles du Prophète : « La Miséricorde et la Vérité sont venues à la rencontre l’une de l’autre ; la Justice et la Paix se sont donné le baiser de réconciliation (1). » Voilà ce que nous pouvons méditer sur ce qui est arrivé dans les cieux.  1 Ps. 84.  

DIEU FRAPPE À LA PORTE DE LA VOLONTÉ DE MARIE – SAINTE CATHERINE DE SIENNE, O.P.

3 décembre, 2015

http://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20010904_caterina-siena_fr.html  

DIEU FRAPPE À LA PORTE DE LA VOLONTÉ DE MARIE

DES ORATIONS DE SAINTE CATHERINE DE SIENNE, O.P.

 (Ecrite pour le jour de l’Annonciation 1379)

« O Marie, tu deviens le livre dans lequel aujourd’hui est écrite notre règle. En toi, aujourd’hui, est écrite la sagesse du Père éternel; en toi, aujourd’hui, se manifeste la force et la liberté de l’homme. Si je considère, Trinité éternelle, ton grand dessein, je vois que dans ta lumière tu as vu la dignité et la noblesse de la race humaine; et ainsi, comme l’amour te contraignit à tirer l’homme de toi-même, ce même amour te contraint à le racheter, car il s’était perdu. Tu as montré de façon admirable ton amour pour l’homme avant méme que celui-ci n’existât, quand tu as voulu le tirer de toi-même uniquement par amour; mais tu lui as montré un plus grand amour en te donnant toi-même, en t’enfermant aujourd’hui dans la fragilité de son humanité. Que pouvais-tu lui donner de plus que te donner toi-même? C’est donc en toute vérité que tu peux lui dire: «Qu’aurais-je dû ou qu’aurais-je pu faire pour toi que je ne l’aie fait? ». Ainsi, je vois que ce que ta sagesse, en ce grand et éternel dessein, a vu devoir être fait pour le salut de l’homme, ta clémence a voulu le faire et, aujourd’hui, ta puissance l’a réalisé. Quelle façon as-tu trouvée, Trinité éternelle, pour que, fidèle à ta vérité, tu fis miséricorde à l’homme et que toutefois ta justice fût satisfaite? Quel remède nous as-tu donné? Oh, le voici, le remède adapté: tu as déterminé de nous donner le Verbe, ton Fils unique; tu as voulu qu’il prit le poids de notre chair qui t’avait offensé, pour que, en souffrant dans cette humanité, il satisfasse à ta justice, non en vertu de l’humanité, mais en vertu de la divinité qui lui est unie. Et ainsi fut accomplie ta vérité et furent satisfaites la justice et la miséricorde. O Marie, je vois ce Verbe qui t’est donné être en toi et néanmoins il n’est pas séparé du Père, de même que la parole que l’homme a dans l’esprit, bien que proférée et communiquée aux autres, ne le quitte pourtant pas et n’est pas séparée de son coeur. En tout cela se manifeste la dignité de l’homme, pour qui Dieu a fait de si grandes choses. En toi, Marie, se manifestent aussi, en ce jour, la force et la liberté de l’homme, puisque, après la décision de réaliser un si grand dessein, un ange t’est envoyé pour t’annoncer le mystère du dessein divin et chercher l’approbation de ta volonté; et le Fils de Dieu ne descend pas en toi avant que tu n’y consentes par un acte de ta volonté. Il attendait à la porte de ta volonté que tu lui ouvres parce qu’il voulait venir en toi; et il n’y serait jamais entré si tu ne lui avais pas ouvert en disant: Voici la setvante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. O Marie, la divinité éternelle frappait à ta porte; mais, si tu n’avais pas ouvert la porte de ta volonté, Dieu ne se serait pas incarné en toi. Honte à toi, ô mon âme, qui vois qu’aujourd’hui Dieu, en Marie, a établi avec toi des liens de parenté. Aujourd’hui il t’est montré que bien que tu aies été créée sans toi, tu ne seras pas sauvée sans toi. O Marie, mon doux amour, en toi est écrit le Verbe qui nous donne la doctrine de vie; et toi, tu es le livre qui nous présente cette doctrine. »

Préparé par l’Institut de Spiritualité: Université Pontificale Saint Thomas d’Aquin

The Holy Family, by El Greco

2 décembre, 2015

The Holy Family, by El Greco dans images sacrée 22-851x1024
http://www.churchpop.com/2014/08/10/31-beautiful-paintings-of-mary-nursing-the-baby-jesus/

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