EMILE BESSON. JUILLET 64 – LE FONDEMENT DE LA CERTITUDE

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EMILE BESSON. JUILLET 64

LE FONDEMENT DE LA CERTITUDE

Je ne sais pas si cet homme est un pécheur, mais je sais une chose: c’est que j’étais aveugle et que maintenant je vois. (Jean IX, 25)
Le fait est bien connu. Le Christ avait guéri un aveugle de naissance qui mendiait au bord du chemin et celui-ci était retourné, tout heureux, dans, sa maison. Ses voisins et ceux qui jusqu’alors le voyaient mendier l’interrogèrent sur sa guérison « Jésus, leur répondit-il, a fait de la boue avec sa salive, l’a étendue sur mes yeux et m’a envoyé me laver au réservoir de Siloé ; quand je suis revenu, je voyais ».
Or c’était un jour de sabbat que Jésus avait guéri l’aveugle-né. Les voisins le conduisirent donc aux pharisiens et ceux-ci déclarèrent : « Cet homme n’est pas de Dieu, car il n’observe pas le sabbat ».
Les Juifs n’ont jamais blâmé le Christ de guérir des malades ; ils Lui en ont fait le reproche lorsque ces guérisons étaient faites le jour du sabbat.
En hébreu le mot sabbat signifie repos ; on le donnait au septième jour de la semaine, au samedi. Selon la Genèse, Dieu, ayant créé le monde en six jours, s’était reposé le septième jour. La Loi de Moïse faisait une interdiction formelle de travailler le jour du sabbat et les Israélites ne faisaient absolument rien ce jour là. Les rabbins distinguaient 39 espèces de travaux interdits au jour du sabbat, parmi lesquels le soin des malades, la consolation des affligés, l’aumône(1). La violation du sabbat pouvait entraîner la peine de mort (Nombres XV, 35).
Le Christ S’est constamment soumis à la Loi ; mais, lorsqu’il s’est agi pour Lui d’aider, de soulager, Il ne S’est jamais demandé si l’on se trouvait ou non un jour de sabbat. Il n’a pensé qu’aux créatures dolentes, Il les a secourues, Il les a guéries. Mais, en agissant de la sorte, Il S’est attiré de la part des Juifs une réprobation puis une haine de plus en plus féroce.
L’aveugle guéri avait reconnu dans le miracle dont il avait été l’objet le signe d’une mission divine et il avait dit aux pharisiens « Cet homme est un prophète ».
Mais eux lui déclarèrent « Nous savons que cet homme est un pécheur ».
Les pharisiens détenaient le savoir théologique, la doctrine sacro-sainte ; ils étaient les représentants de la Tradition, les savants, les directeurs ; ils étaient revêtus de l’autorité. Eux seuls avaient le droit de dire: Nous savons. Le pauvre mendiant ignorant reconnaît son incompétence dans les questions de la théologie ; il sait qu’il n’a pas qualité pour discuter avec les docteurs d’Israël, qu’il ne peut être juge de la sainteté d’autrui. Il reste à sa place. Mais à ceux qui du haut de leur savoir décrètent : « Nous savons que cet homme est un pécheur » il répond par un fait : « Je sais une chose, c’est que j’étais aveugle et que maintenant je vois ».
Les pharisiens ne trouvèrent rien à répondre à cet ignorant et ils se laissèrent aller à la colère et à l’injure.
Et le Christ tira la conclusion de cet événement
« Je suis venu dans ce monde pour exercer un jugement : que ceux qui ne voient pas voient et que ceux qui voient deviennent aveugles ».
En guérissant l’aveugle né, le Christ voulait assurément lui rendre la vue, mais Il voulait surtout lui donner l’illumination spirituelle. C’est pourquoi, l’ayant rencontré, Il’ lui demanda : « Crois-tu au Fils de l’homme ?». L’aveugle né était prêt pour la grande certitude ; il confessa sa foi et se prosterna devant son Sauveur.
Cette histoire peut être la nôtre. A tout être le Christ posera un jour la question dont la réponse fait la séparation entre Ses disciples et ceux qui ne le sont pas : Crois-tu au Fils de l’homme ?
Ni l’intelligence ni le raisonnement ne donneront jamais la certitude. A un raisonnement pourra toujours s’opposer un raisonnement. La certitude n’est pas une doctrine, elle n’est pas un programme, c’est un fait, un fait indiscutable, c’est une vie, et cette vie, c’est celle du Christ en nous.
Le fondement de notre certitude, c’est la Loi que Dieu a mise dans le coeur de l’homme, la loi non écrite qui fait reconnaître ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, ce qui est bien et ce qui est mal. Le fondement de notre certitude, c’est l’Amour de Dieu. ce sont les bienfaits dont Il remplit notre vie, c’est la mansuétude, la miséricorde qu’Il nous témoigne malgré les fautes constamment répétées. Mais tant que le Christ n’aura pas ouvert les yeux de l’esprit, nous pourrons avoir de belles théories, de nobles sentiments, nous n’aurons pas la certitude. Il l’a dit « Nul ne vient au Père que par moi, hors de moi vous ne pouvez rien faire ».
Ce qui importe, ce n’est pas d’avoir une opinion sur le Christ ; ce qui importe, c’est que le Christ soit en nous l’inspiration, la source de la vie, qu’Il soit notre vie. « Ce n’est plus moi qui vis, écrivait saint Paul, c’est le Christ qui vit en moi ».
De notre attitude en face du Christ dépend toute notre vie, la vie de notre esprit, la vie de notre coeur, la vie dans notre présent, notre vie éternelle. A la question : Crois-tu au Fils de l’homme ? heu-reux ceux qui, à l’exemple de l’aveugle guéri, redi-sent la déclaration de l’apôtre Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » ! Heureux sont-ils en vérité, car aux questions, aux négations, aux incertitudes des grands parmi les hommes ils peu-vent opposer l’affirmation victorieuse de leur foi, le témoignage irréfutable devant lequel il faut bien que la polémique se taise : Je sais une chose, c’est que j’étais aveugle – et que maintenant je vois.

(1). Après le retour de la captivité de Babylone les juifs s’appliquèrent à l’observation de ce précepte avec la plus extrême rigueur. Ainsi 2.000 d’entre eux, au temps de Matthias ayant été attaqués un jour de sabbat par les soldats du roi Antiochus, aimèrent mieux se laisser massacrer que de violer le repos sacré en se défendant.

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