Archive pour le 30 juillet, 2015

Rueil-Malmaison – Église Saint-Pierre Saint-Paul – Statue de Saint Pierre

30 juillet, 2015

 Rueil-Malmaison - Église Saint-Pierre Saint-Paul - Statue de Saint Pierre dans images sacrée

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Rueil-Malmaison_-_%C3%89glise_Saint-Pierre_Saint-Paul_-_Statue_de_Saint_Pierre.JPG

NOTRE RÉDEMPTEUR VIT, IL A UN VISAGE ET UN NOM: JÉSUS-CHRIST – PAR LE CARDINAL JOSEPH RATZINGER

30 juillet, 2015

http://www.30giorni.it/articoli_id_4379_l4.htm

DOCUMENTS Tiré du n° 09 – 2004

NOTRE RÉDEMPTEUR VIT, IL A UN VISAGE ET UN NOM: JÉSUS-CHRIST

Nous publions l’homélie que le cardinal Ratzinger a prononcée durant la messe en mémoire des Souverains Pontifes défunts Paul VI et Jean Paul Ier Chapelle papale, 28 septembre 2004

PAR LE CARDINAL JOSEPH RATZINGER

Paul VI avec le patriarche de Venise Albino Luciani durant la visite du Pape à Venise, en septembre 1972
Paul VI avec le patriarche de Venise Albino Luciani durant la visite du Pape à Venise, en septembre 1972
Chers frères et chères sœurs !
La liturgie nous offre dans la collecte et dans la prière après la communion une interprétation du ministère pétrinien, qui apparaît également comme un portrait spirituel des deux Papes Paul VI et Jean-Paul Ier, que nous commémorons à travers la célébration de cette Messe. La collecte dit que les Papes ont «dans l’amour du Christ… présidé [son] Église» et la prière après la communion implore le Seigneur de concéder aux Souverains Pontifes, ses serviteurs, «d’entrer… en pleine possession de la vérité, dans laquelle, avec un courage apostolique, ils confirmèrent leurs frères». Amour et vérité apparaissent ainsi comme les deux pôles de la mission confiée aux successeurs de saint Pierre.
Présider l’Église dans l’amour du Christ – ces paroles font naturellement penser à la lettre de saint Ignace à l’Église de Rome, à laquelle le saint martyr, qui vient d’Antioche, le premier siège de Pierre, reconnaît la «présidence dans l’amour»; sa lettre continue en disant que l’Église de Rome «est dans la loi du Christ»; il fait ici référence aux paroles de saint Paul dans l’Épître aux Galates: «Portez les fardeaux les uns des autres et accomplissez ainsi la loi du Christ» (Ga 6,2). Présider dans la charité, c’est avant tout précéder «dans l’amour du Christ». Rappelons-nous ici le fait que la remise définitive de la Primauté à Pierre après la résurrection est liée à la demande trois fois répétée par le Seigneur: «Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci?» (Jn 21,15sq). Paître le troupeau du Christ et aimer le Seigneur sont la même chose. C’est l’amour du Christ qui guide les brebis sur la bonne voie et édifie l’Église. Ici, nous ne pouvons pas manquer de penser au grand discours par lequel Paul VI inaugura la deuxième session du Concile Vatican II. «Te, Christe, solum novimus», furent les paroles déterminantes de ce sermon. Le Pape parla de la mosaïque de Saint-Paul-hors-les-Murs, avec la grandiose figure du Pantocrator et, prosterné à ses pieds, le pape Honorius III, de petite stature et presque insignifiant devant la grandeur du Christ. Le Pape poursuivit: cette scène se répète ici dans toute sa réalité à l’occasion de notre réunion. Telle fut sa vision du Concile, sa vision également de la Primauté: nous tous aux pieds du Christ, pour être des serviteurs du Christ, pour servir l’Évangile. L’essence du christianisme est le Christ – non pas une doctrine, mais une personne, et évangéliser, c’est conduire à l’amitié avec le Christ, à la communion d’amour avec le Seigneur, qui est la véritable lumière de notre vie.
Présider dans la charité signifie – répétons-le – précéder dans l’amour du Christ. Mais l’amour du Christ implique la connaissance du Christ – la foi – et implique la participation à l’amour du Christ: porter les fardeaux les uns des autres, comme le dit saint Paul. La Primauté, dans son essence intime, n’est pas un exercice de pouvoir, mais c’est «porter les fardeaux des autres», c’est la responsabilité de l’amour. L’amour est précisément le contraire de l’indifférence à l’égard de l’autre, il ne peut admettre que s’éteigne dans l’autre l’amour du Christ, que l’amitié et la connaissance du Seigneur puissent s’atténuer, que «le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent cette parole» (Mt 13,22). Et enfin: l’amour du Christ est l’amour pour les pauvres, pour les personnes qui souffrent. Nous savons combien ces Papes étaient engagés avec force contre l’injustice, pour les droits des opprimés, de ceux qui n’ont aucun pouvoir: l’amour du Christ n’est pas quelque chose d’individualiste, d’uniquement spirituel – il concerne la chair, il concerne le monde et doit transformer le monde.
Christ en majesté, détail de la mosaïque de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs
Christ en majesté, détail de la mosaïque de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs
Présider dans la charité concerne enfin l’Eucharistie, qui est la présence réelle de l’amour incarné, présence du Corps du Christ offert pour nous. L’Eucharistie crée l’Église, crée ce grand réseau de communion, qui est le Corps du Christ, et crée ainsi la charité. Dans cet esprit, nous célébrons, avec les vivants et avec les défunts, la Messe – le sacrifice du Christ, d’où jaillit le don de la charité. L’amour serait aveugle sans la vérité. Et c’est pourquoi celui qui doit précéder dans l’amour reçoit du Seigneur la promesse: «Simon, Simon… mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas» (Lc 22,32). Le Seigneur voit que Satan cherche «pour vous cribler comme le froment» (Lc 22,31). Alors que cette épreuve concerne tous les disciples, le Christ prie en particulier «pour [lui]» – pour la foi de Pierre et sur cette prière est fondée la mission «Confirme tes frères». La foi de Pierre ne vient pas de ses propres forces – l’indéfectibilité de la foi de Pierre est fondée sur la prière de Jésus, le Fils de Dieu: «J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas». Cette prière de Jésus est le fondement sûr de la fonction de Pierre pour tous les siècles et la prière après la communion peut, à juste titre, dire que les Souverains Pontifes Paul VI et Jean-Paul I ont «avec un courage apostolique» confirmé leurs frères: à une époque où nous voyons comment Satan «crible comme le froment» les disciples du Christ, la foi imperturbable des Papes, fut de façon visible le roc sur lequel repose l’Église.
«Je sais que mon Rédempteur est vivant», dit dans la première lecture de notre liturgie le texte de Job – il le dit à un moment d’épreuve extrême; il le dit alors que Dieu se cache et semble être son adversaire. Couvert par le voile de la souffrance, sans connaître son nom ni son visage, Job “sait” que son Rédempteur est vivant, et cette certitude est sa grande consolation dans les ténèbres de l’épreuve. Jésus a levé le voile qui couvrait pour Job le visage de Dieu: oui, notre Rédempteur est vivant, «et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image» dit saint Paul (2Co 3,18). Notre Rédempteur est vivant – il a un visage et un nom: Jésus-Christ. Nos «yeux le contempleront» – c’est cette certitude que nous donnent les Papes défunts et ils nous guident ainsi «vers la pleine possession de la vérité», en nous confirmant dans la foi de notre Rédempteur. Amen.

 » MIS À PART DÈS LE SEIN DE MA MÈRE  » – (Jérémie et Paul)

30 juillet, 2015

http://www.bible-service.net/extranet/current/pages/1319.html

 » MIS À PART DÈS LE SEIN DE MA MÈRE « 

THÉOLOGIE

Approfondir

Choisis par Dieu pour une mission divine, Jérémie et Paul sont « mis à part dès le sein maternel » : pour quels enjeux ?
Parmi les personnages bibliques choisis par Dieu pour une mission divine, Jérémie et Paul sont  » mis à part dès le sein maternel ». Si l’expression n’est pas utilisée pour Samson, Jean-Baptiste ou Jésus, les parallèles sont pourtant nombreux. Quels sont les enjeux de cette mise à part ? Comment éclaire-t-elle la mission donnée à l’élu ? Et quelle liberté réserve-t-elle à l’appelé ?
L’expression « mis à part » (ou « consacré » selon les traductions), signifie « choisi parmi un groupe pour être institué dans une mission ». Elle sous-entend une délimitation, une définition et une séparation. Dans l’Ancien Testament, elle qualifie la distinction entre le pur et l’impur, entre le profane et le sacré. Elle désigne également la mission confiée au peuple élu (Cf. Lv 20,26).

• Le choix de Dieu
La mise à part s’inscrit dans le mouvement de l’appel de Dieu. Pour Jérémie, Paul, Samson ou Jean-Baptiste, choisis dès le sein de leur mère, l’initiative du choix revient à Dieu de manière absolue. La perception d’un Dieu qui façonne sa créature dans le sein maternel, qui en connaît d’emblée toute l’existence (Cf. Ps 139), est placée ici au cœur de la vocation. Cette tradition est complétée dans le Psaume 51 (50) où l’élu de Dieu se reconnaît pécheur dès le sein de sa mère, et donc déjà placé sous le regard de Dieu. On peut parler d’une « prédestination » de la part de Dieu qui raisonne comme un appel à orienter et engager toute sa vie sur la voie qu’il nous ouvre.
La mise à part est liée aussitôt à une mission. C’est là son fondement et son but. Jérémie est mis à part dès le sein maternel car Dieu « fait (de lui) un prophète pour les nations « . De même, Paul est mis à part pour voir se révéler le Fils et l’annoncer aux païens. Jean-Baptiste, lui, reçoit la mission d’être prophète du Très-Haut, de marcher devant, sous le regard du Seigneur, et de préparer ses chemins (Lc 1,16.76).

• La réponse de l’élu
Pour accomplir sa mission, l’élu est supposé avoir une vie intime avec le Seigneur, une connaissance particulière. L’assurance de la présence du Seigneur avec lui ou de l’Esprit en lui, le rendra fidèle à sa mission. Sa fidélité ne lui vient pas d’une qualité personnelle qu’il détiendrait mais de sa capacité à accueillir la grâce de Dieu. Ainsi Jérémie se considère trop jeune ou incapable d’assumer sa mission au point de maudire le jour de sa naissance. Mais le Seigneur lui confirme son choix à plusieurs reprises pour lui ôter ses doutes. L’élu devient comme l’instrument du Seigneur.
La consécration réduirait-elle la liberté de l’élu, puisque sa mise à part a lieu dès le sein de sa mère ? Le Seigneur appelle et suscite une réponse de l’élu. Celui-ci accepte d’accueillir sa grâce, son Esprit, devenir son mandataire et rester fidèle en dépit de l’adversité rencontrée. Les réticences de Jérémie à l’encontre de l’appel divin montrent qu’entre Dieu et son envoyé, s’instaure un dialogue. La liberté de l’élu se situe non pas du côté de l’appel, mais du côté de sa réponse et de son consentement à faire la volonté de Dieu. L’appelé ne connaît pas d’emblée la mission qui lui est confiée. Il la découvrira progressivement, se laissera modeler par elle, et aura à l’accepter librement (ou y renoncer) à chaque instant. Elle s’inscrit dans le dessein de Dieu, lequel échappe à l’élu. C’est dans ce oui à la volonté de Dieu que se dit la liberté de l’appelé.
Jésus accomplit pleinement cette adhésion libre à la volonté du Père. Sa mise à part et sa mission sont exprimées dès l’Annonciation : le fruit du sein de Marie est saint et béni, recevra le nom de Jésus, sera grand et appelé fils du Très-Haut, recevra le trône de David son père et régnera pour toujours (Lc 1,31-32). Sa conception mystérieuse par l’action de l’Esprit Saint manifeste la volonté de Dieu. Sa mission accueillie et assumée, Jésus la vivra dans la connaissance intime du Père. Il priera pour la partager avec ceux que le Père lui a donnés et qu’il lui demande de consacrer alors (Jn 17). Mis à part et consacré pour la mission, Jésus vient accomplir et donner sens à toute vocation.

Christophe RAIMBAULT.