Archive pour le 29 juillet, 2015

Jesus the carpenter

29 juillet, 2015

Jesus the carpenter dans images sacrée

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SANCTIFIER LE TRAVAIL, SE SANCTIFIER DANS LE TRAVAIL, ET SANCTIFIER PAR LE TRAVAIL

29 juillet, 2015

http://www.fr.josemariaescriva.info/article/sanctifier-le-travail2c-se-sanctifier-dans-le-travail2c-et-sanctifier-par-le-travail

SANCTIFIER LE TRAVAIL, SE SANCTIFIER DANS LE TRAVAIL, ET SANCTIFIER PAR LE TRAVAIL

FR. THIERRY-JOSEPH DE MARIE MÈRE DE DIEU

Il faut «sanctifier le travail, se sanctifier dans le travail, et sanctifier par le travail», affirmait le fondateur de l’Opus Dei, saint Josémaria Escriva que Jean-Paul II a canonisé le 6 octobre 2002. En affirmant que le baptême est le fondement de l’appel universel à la sainteté, saint Josémaria a donné à des millions de fidèles à travers le monde une façon de vivre – un savoir vivre – qui fait du travail humain un pivot de la sanctification. «Elever le monde vers Dieu et le transformer de l’intérieur : voici l’idéal que le saint fondateur vous indique1». Nous voudrions faire notre cet enseignement.

Sanctifier le travail.
Le travail humain apparaît comme une réalité omniprésente dans toute l’Ecriture, à commencer par les deux récits de la Création. Dans le texte le plus ancien nous lisons : «Au temps où le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, il n’y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n’avait encore poussé, car le Seigneur Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol» (Gn 2,4-5). La Création, sans la pluie – symbole du don de Dieu – et le travail de l’homme, n’est qu’un désert. La vie ne se développe que par l’alliance du don de Dieu et du travail humain. Le thème de l’Alliance par le travail précède la chute originelle à la suite de laquelle le travail sera marqué d’une malédiction. Comme le souligne le Catéchisme, «le travail n’est pas une peine, mais la collaboration de l’homme et de la femme avec Dieu dans le perfectionnement de la création visible (CÉC n° 378)». Notons simplement en passant que cette Alliance est rappelée à l’offertoire de la Messe – sacrement de la vie – «Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes ; nous te le présentons: il deviendra le pain de la vie». Ce récit de la Création souligne également la confiance que Dieu accorde à l’homme : «Le Seigneur Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder» (Gn 2,15). Au cœur de l’ouvrage de l’homme il y a la responsabilité de celui-ci vis-à-vis de la Création que Dieu lui confie, ce que souligne le second récit : «Dieu les bénit et leur dit ‘soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la (…)’ Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon» (Gn 1,28;31).
Parce qu’il est signe de l’Alliance et de la confiance entre Dieu et l’homme, le travail est marqué par la rupture originelle. «C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie (…). C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris» (Gn 3,17-19). L’Alliance n’est plus une évidence pour celui qui peine à la tâche et le travail humain devient un lieu de combat où l’homme doit retrouver la confiance en son Créateur. «Même s’il est associé à la fatigue et à l’effort, le travail ne cesse pas d’être un bien, en sorte que l’homme se développe en aimant son travail2». Mais ce combat n’aurait aucun sens si le Seigneur lui-même n’était venu assumer cette réalité de la vie humaine non seulement pour la rétablir dans l’ordre originel mais plus encore pour lui donner une valeur nouvelle dans l’ordre de la Rédemption. Parce qu’il a embrassé le travail humain, le Christ lui confère une valeur dans l’œuvre du Salut. Sanctifier le travail c’est comprendre que tout labeur, qu’il soit intellectuel ou manuel, professionnel ou familial, toute peine laborieuse vécue dans l’amour de Dieu, peut être uni au travail rédempteur de la Croix. Il s’agit de vivre le travail comme le Christ en son Incarnation, mais plus encore de le vivre AVEC le Christ afin de «Lui être comme une humanité de surcroît en laquelle Il puisse perpétuer sa vie de réparations, de sacrifices, de louanges et d’adoration3 » au cœur de toute activité humaine. Sanctifier le travail c’est désirer se sanctifier dans le travail.
Se sanctifier dans le travail.
Au cœur de la spiritualité de saint Josémaria il y a l’appel universel à la sainteté. Si le travail est pour lui comme le pivot de la sainteté c’est parce qu’il est une activité humaine commune à tous. La valeur première et fondamentale du travail c’est l’homme qui l’accompli. Non pas ce qu’il fait, mais la façon dont il le fait. «En fin de compte, le but du travail, écrit Jean-Paul II, de tout travail exécuté par l’homme fût-ce le plus humble service, le travail le plus monotone selon l’échelle commune d’évaluation, voire le plus marginalisant reste toujours l’homme lui-même 4». La référence à la Croix maintient le baptisé dans un réalisme spirituel, marque de toute spiritualité chrétienne. Quel que soit son travail, tout homme connaît un jour ou l’autre, une lassitude qui lui fait éprouver sa misère. C’est là que le Seigneur l’appelle à poser un acte de foi et d’amour pour unir cette souffrance à celle du Christ Rédempteur. «Tu me demandes : pourquoi cette Croix de bois ? Écrit saint Josémaria, (…) En levant les yeux du microscope, le regard tombe sur la Croix noire et vide. Cette Croix sans Crucifié est un symbole. Elle a un sens que les autres ne verront pas. Et celui qui, fatigué, était sur le point d’abandonner la tâche, se remet à l’oculaire et poursuit son travail, parce que la Croix vide appelle des épaules qui la portent5». Le travail n’est jamais un but en lui-même, il est un moyen en vue de notre sanctification, elle-même finalisée par la Gloire de Dieu. Ce qui sanctifie ce n’est pas le travail effectué, mais l’union d’amour avec Dieu recherché au travers de ce travail. «Notre sanctification, écrit le frère Laurent de la Résurrection, dépend, non du changement de nos œuvres, mais de faire pour Dieu ce que nous faisons ordinairement pour nous-mêmes6». Tout baptisé est appelé à cette conversation continuelle avec le Bien-Aimé. Un cœur à cœur que rien ne peut interrompre si la volonté est orientée vers Dieu. «Quand on l’aime, les choses extérieures ne peuvent distraire du Maître», écrit Elisabeth de la Trinité 7. Cette présence continuelle à Dieu au sein même du travail est rendue possible par la pratique de temps particuliers réservés uniquement à la prière dans le silence du cœur. La lettre apostolique Dies Domini8 rappelle également l’importance fondamentale du repos dominical et de la sanctification de ce premier jour de la semaine qui la colore toute entière (cf. n°64-68).
Sanctifier par le travail.
La joie qui naît pour le chrétien de se savoir à chaque instant sous le regard plein de tendresse de Dieu, fait de lui un apôtre. La valeur de son apostolat dépend d’abord de sa vie et non de ses paroles. Vase d’argile, lampe brillant d’un feu qui le dépasse, le chrétien qui cultive sa relation amoureuse avec Dieu devient, pour ceux qui le côtoient, un témoin du Ressuscité. Quel que soit son travail, il le vit pleinement, tout entier présent à Celui qui est sa Vie. «Quel que soit votre travail, faites-le avec âme, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, sachant que le Seigneur vous récompensera en vous faisant ses héritiers. C’est le Seigneur Christ que vous servez» (Col 3,23-24). Que de temps perdu pour celui qui travail la semaine dans l’attente du week-end, l’année dans l’attente des vacances… la vie dans l’attente de la retraite ! Le travail peut être vécu comme une parenthèse absurde dans une vie sans but surnaturel, toute orientée vers le vide et l’illusion de plaisirs éphémères. Il peut aussi être vécu comme une drogue abrutissante, servi comme une idole capricieuse qui demande toujours plus de sacrifices : repos dominical, famille, loisir, etc…
Plus que jamais le chrétien doit être dans son travail le levain dans la pâte. L’apostolat, pour être vrai, n’a pas besoin de foules immenses à convertir, mais de cœurs à toucher simplement par une présence, une bonne parole, un encouragement, une façon de regarder sans mépris et de travailler avec l’amour de l’ouvrage bien fait. «Inutile de t’empresser à tant d’œuvres extérieures, s’il te manque l’Amour. – C’est coudre avec une aiguille sans fil. Quel dommage si, en fin de compte, tu avais fait ‘ton’ apostolat au lieu de ‘son’ Apostolat!9». La fécondité surnaturelle du travail est le fruit de la vie théologale de celui qui œuvre simplement là où Dieu l’appelle : dans son humble quotidien. Et cela commence toujours par la prise au sérieux de la grâce baptismale. Une grâce entretenue par une vraie vie théologale : dans une prière de simple présence à Dieu, dans une écoute quotidienne de sa Parole, dans les sacrements reçus régulièrement et avec foi. Mais aussi dans une étude proportionnée aux capacités de chacun, avec un vrai désir de connaître Celui avec qui l’on converse dans la prière. Tout chrétien doit nourrir son cœur et son intelligence de ce que l’Eglise donne à chacun pour porter des fruits dans l’amour de Dieu et du prochain.
Quelle grâce pour le monde qu’une mère de famille simplement enracinée dans l’Amour du Christ, qu’un artisan ou un ouvrier aimant Dieu par le travail de ses mains, qu’un chercheur contemplant la sagesse de Dieu au travers de l’intelligence de l’homme ! Laisser s’épanouir la grâce baptismale c’est apprendre à vivre son travail en communion amoureuse avec ce Dieu qui a assumé, en son Incarnation, toutes les réalités humaines à l’exception du péché. Vécu ainsi, le travail humain peut retrouver sa dimension d’Alliance. Au cœur de cette spiritualité, il y a un grand désir d’unification de toute l’existence chrétienne, comme le rappelait le Saint Père dans son homélie lors de la canonisation de saint Josémaria Escriva :
«En fait, il ne se lassait pas d’inviter ses fils spirituels à invoquer l’Esprit Saint pour faire en sorte que leur vie intérieure, c’est-à-dire la vie de relation avec Dieu, et leur vie familiale, professionnelle et sociale, faite de petites réalités terrestres, ne soient pas séparées, mais constituent une seule existence sainte et pleine de Dieu».

Article paru dans la revue de spiritualité carmélitaine Vives Flammes* (septembre 2004 / n°256).
* les Editions du Carmel – 33 avenue Jean Rieux – 31500 Toulouse

LA CROIX : ÉCHEC DE LA SAGESSE HUMAINE, SCANDALE ET FOLIE

29 juillet, 2015

http://www.bible-service.net/extranet/current/pages/200227.html

LA CROIX : ÉCHEC DE LA SAGESSE HUMAINE, SCANDALE ET FOLIE 

Approfondir

« Eh bien nous, nous proclamons un Christ crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les Grecs », affirme saint Paul

Échec de la sagesse humaine
La première étape met en crise toutes les prétentions humaines à la sagesse pour leur opposer la croix. Le verset 21 offre une expression condensée de l’échec de la sagesse : « puisque plongé dans la sagesse de Dieu, le monde n’a pas reconnu Dieu grâce à la sagesse de Dieu… ». Ni les œuvres de la création, ni la raison accordée à l’être humain lui-même n’ont conduit les hommes à reconnaître Dieu créateur ; ils n’ont su, dit la Lettre aux Romains, ni le glorifier ni lui rendre grâce ! Au contraire, les hommes ont fait des œuvres la création et de leur propre sagesse un objet d’idolâtrie sur lequel ils ont refermé la main. Aussi la sagesse des hommes affolée de son propre pouvoir s’est-elle recourbée sur elle-même et s’est-elle affaissée.
Dès lors, Dieu a choisi l’antithèse, l’opposé absolu de la sagesse, « la folie de la proclamation » qui appelle les hommes à la foi : « c’est par la folie de la proclamation que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient ». Folie qui renvoie dos-à-dos toutes les grandes traditions philosophiques et religieuses que l’humanité avait jusqu’alors parcourues : « Puisque les Juifs demandent des signes et les Grecs recherchent une sagesse… ». Les Grecs et les Juifs, dans la bouche du juif Paul, sont les deux parties constitutives de l’humanité. Or, les uns sont en quête de sagesse : la recherche de la connaissance et de la vérité occupe la philosophie grecque depuis des siècles, la raison y cherche une maîtrise du monde ; les autres réclament des signes : les Juifs attendent que la puissance de Dieu qui s’est manifestée jadis dans un acte spectaculaire de délivrance « à main forte et à bras étendu » se déploie à nouveau dans une intervention décisive, sauvant le peuple élu que distinguent les marques dans la chair.
« Eh bien nous, nous proclamons un Christ crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les Grecs ». Toutes les tentatives humaines pour s’assurer un pouvoir sur le monde et sur l’être humain, les tentations symétriques et opposées que sont pour les uns la recherche d’une sagesse supérieure qui sauve, pour les autres la certitude d’une élection qui les sépare pour leur donner la terre, tout cela revient à mettre la main sur Dieu et sur l’avenir de l’humanité. Tout cela, dit Paul, Dieu le balaie au nom d’une folie qui est celle de la croix et qu’il est chargé de proclamer.

Le scandale et la folie
Les deux mots sont lourds de sous-entendus, l’un dans le monde juif, l’autre dans le monde grec.
Nous avons réduit le scandale soit à son étymologie (la pierre que le pied heurte et qui fait tomber), soit à sa dimension sociale (ce qui heurte les représentations communes). Mais la croix est d’abord pour le monde juif un scandale d’ordre religieux. Dans la Lettre aux Galates, où Paul se bat contre la tentation judaïsante, il explicite le scandale : « Christ est devenu pour nous malédiction, car il est écrit : « maudit quiconque est pendu au bois »» (Ga 3,13). La citation de Dt 21,23 rappelle que pour la loi juive la pendaison est malédiction de Dieu : un Messie pendu au bois, un Messie crucifié est plus qu’une contradiction dans les termes, l’expression s’apparente au blasphème, et atteint l’image même de Dieu.
Symétriquement, pour le monde grec, la croix est objet d’horreur, moins par la cruauté du supplice que par l’ignominie de la condition sociale qu’elle évoque : c’est le supplice des esclaves et des criminels, le supplice humiliant par excellence. Un Messie crucifié est l’inverse de tout ce que la sagesse grecque dans sa quête de connaissance et d’intelligence peut rechercher. C’est une folie, et Paul n’emploie pas le terme grec de mania, cette folie envoyée par les dieux, qui peut caractériser le poète, voire le sage ou même le philosophe ; non, il choisit la môria, le contraire de l’intelligence spéculative ou pratique, la stupidité de la bête brute. Si la violence des termes et des représentations nous échappe largement, elle n’échappait pas aux Corinthiens : tout ce qu’ils avaient espéré comme avancée vers le monde de la connaissance, vers la seigneurie grecque de la raison, tout est balayé et renvoyé à la stupidité brute de la croix !

© Roselyne Dupont-Roc, Cahier Évangile n° 166, Le mystère de la croix, p. 11-12.