Archive pour le 15 mai, 2015

Ascension du Seigneur

15 mai, 2015

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http://en.wikipedia.org/wiki/Ascension_of_Jesus

SERMON DE SAINT LÉON LE GRAND POUR L’ASCENSION

15 mai, 2015

http://www.paris.catholique.fr/sermon-de-saint-leon-le-grand-pour.html

SERMON DE SAINT LÉON LE GRAND POUR L’ASCENSION

Ce qui était visible chez notre Rédempteur est passé dans les mystères sacramentels. Et pour rendre la foi plus pure et plus ferme, la vue a été remplacée par l’enseignement : c’est à l’autorité de celui-ci que devaient obéir les cœurs des croyants, éclairés par les rayons du ciel… C’est alors que la foi mieux instruite se rapprocha, par une démarche spirituelle, du Fils égal au Père ; elle n’avait plus besoin de toucher dans le Christ cette substance corporelle par laquelle il est inférieur au Père. Le corps glorifié gardait sa nature, mais la foi des croyants était appelée à toucher, non d’une main charnelle mais d’une intelligence spirituelle, le Fils unique égal à celui qui l’engendre. »
Dans la solennité pascale, la Résurrection du Seigneur était la cause de notre joie ; de même, sa montée au ciel nous donne lieu de nous réjouir, puisque nous commémorons et vénérons comme il convient ce grand jour où notre pauvre nature, en la personne du Christ, a été élevée plus haut que toute l’aimée des cieux, plus haut que tous les chœurs des anges, plus haut que toutes les puissances du ciel, jusqu’à s’asseoir auprès de Dieu le Père. C’est sur cette disposition des œuvres divines que nous sommes fondés et construits. La grâce de Dieu devient en effet plus admirable lorsque les hommes ayant vu disparaître ce qui leur inspirait de l’adoration, leur foi n’a pas connu le doute, leur espérance n’a pas été ébranlée, leur charité ne s’est pas refroidie.
Voici en quoi consiste la force des grands esprits, telle est la lumière des âmes pleines de foi : croire sans hésitation ce que les yeux du corps ne voient pas, fixer son désir là où le regard ne parvient pas. Mais comment une telle piété pourrait-elle naître en nos cœurs, comment pourrait-on être justifié par la foi, si notre salut ne consistait qu’en des réalités offertes à nos yeux ?
Ce qui était visible chez notre Rédempteur est passé dans les mystères sacramentels. Et pour rendre la foi plus pure et plus ferme, la vue a été remplacée par l’enseignement : c’est à l’autorité de celui-ci que devaient obéir les cœurs des croyants, éclairés par les rayons du ciel.
Cette foi, augmentée par l’Ascension du Seigneur, et fortifiée par le don du Saint-Esprit, n’a redouté ni les chaînes, ni les prisons, ni l’exil, ni la morsure des bêtes, ni les supplices raffinés de cruels persécuteurs. Dans le monde entier, c’est pour cette foi que non seulement des hommes, mais des femmes et aussi de jeunes enfants et de frêles jeunes filles, ont combattu jusqu’à répandre leur sang. Cette foi a chassé des démons, écarté des maladies, ressuscité des morts.
Les saints Apôtres eux-mêmes, fortifiés par tant de miracles, instruits par tant de discours, avaient cependant été terrifiés par la cruelle passion du Seigneur et n’avaient pas admis sans hésitation la réalité de sa résurrection. Mais son Ascension leur fit accomplir de tels progrès que tout ce qui, auparavant, leur avait inspiré de la crainte, les rendait joyeux, Ils avaient dirigé leur contemplation vers la divinité de celui qui avait pris place à la droite du Père. La vue de son corps ne pouvait plus les entraver ni les empêcher de considérer, par la fine pointe de leur esprit, qu’en descendant vers nous et qu’en montant vers le Père, il ne s’était pas éloigné de ses disciples.
C’est alors, mes bien-aimés, que ce fils d’homme fut connu, de façon plus haute et plus sainte, comme le Fils de Dieu. Lorsqu’il eut fait retour dans la gloire de son Père, il commença d’une manière mystérieuse à être plus présent par sa divinité, alors qu’il était plus éloigné quant à son humanité
C’est alors que la foi mieux instruite se rapprocha, par une démarche spirituelle, du Fils égal au Père ; elle n’avait plus besoin de toucher dans le Christ cette substance corporelle par laquelle il est inférieur au Père. Le corps glorifié gardait sa nature, mais la foi des croyants était appelée à toucher, non d’une main charnelle mais d’une intelligence spirituelle, le Fils unique égal à celui qui l’engendre.

Saint Léon le Grand, pape de 440 à 461
Sermon sur l’Ascension, 2,1-4

HOMÉLIE DU 7ÈME DIMANCHE DE PÂQUES: DES TÉMOINS UNIS

15 mai, 2015

http://preparonsdimanche.puiseralasource.org/

HOMÉLIE DU 7ÈME DIMANCHE DE PÂQUES

17/05/2015

DES TÉMOINS UNIS

Jeudi dernier, nous avons fêté l’Ascension de Jésus ressuscité. C’était sa dernière apparition à ses disciples. Il disparaît à leur regard. Sa mission terrestre est terminée. C’est celle des apôtres qui commence. Ils sont envoyés dans le monde entier pour annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile. Le message a été transmis de génération en génération. Il nous appartient de prendre le relais pour le communiquer autour de nous dans nos familles, nos villages, nos quartiers. Rien ne doit arrêter l’annonce de la Parole de Dieu. Elle est pour le monde entier.
La première lecture nous montre que ce témoignage a besoin d’une communauté organisée. Judas n’est plus là. Il faut le remplacer par un témoin de la résurrection de Jésus. Le choix de ce nouvel apôtre ne se fait pas par élection mais par appel à l’Esprit Saint. L’Église de Jésus Christ ne saurait être considérée comme un groupe humain. Sa mission est de retransmettre au nom de Dieu l’Évangile du Christ. C’est donc à l’Esprit Saint qu’il appartient de désigner Matthias. Il est toujours présent dans la vie de son Église. Il ne cesse d’éclairer notre route pour faire de nous des hommes et des femmes de foi.
La seconde lecture est extraite de la première lettre de Saint Jean. Au moment où elle est écrite, des sectes viennent semer la zizanie en proposant des interprétations fausses de Jésus. Jean intervient pour rappeler une vérité fondamentale : Pour que notre témoignage soit crédible, il nous faut être en communion avec Dieu. On ne peut pas aimer Dieu sans aimer tous nos frères. Le message de l’Évangile ne peut être transmis que par des chrétiens unis par les liens de l’amour. Il nous faut donc rejeter les rivalités, les rancunes qui sont un contre-témoignage pour l’Église. Des chrétiens divisés qui n’arrêtent pas de se critiquer les uns les autres ne peuvent être crédibles. C’est à nos gestes d’amour, de partage et de solidarité que nous serons reconnus comme disciples.
Dans l’Évangile, nous avons entendu la grande prière de Jésus au moment de passer de ce monde à son Père. Sa grande préoccupation n’est pas de savoir comment l’Église sera organisée ni comment les sacrements seront célébrés. Il sait que ce qu’ils vont mettre en place ne sera pas parfait, mais ce n’est pas cela qui le préoccupe le plus. Son grand souci, c’est qu’ils restent unis : « Qu’ils soient un comme nous-mêmes. » Comprenons bien, la grande mission des disciples du Christ, notre mission de chrétiens, c’est d’être les témoins authentiques de Dieu parmi les hommes.
Nous sommes envoyés par Jésus pour communiquer au monde l’amour qui est en Dieu. Sa grande priorité, c’est les petits, les pauvres, les exclus, tous ceux et celles qui sont rejetés à cause de leur passé. A travers nous, c’est Dieu qui est là pour leur annoncer la bonne nouvelle et leur redonner joie et espérance. Comme Jésus, nous aurons à pardonner et à témoigner de l’amour de Dieu pour le monde. Cette mission ne pourra être accomplie que par des chrétiens unis.
Pour parvenir à cette unité, il n’est pas question de chercher des compromis entre les idées des uns et des autres. Ce qui nous est demandé c’est de nous rassembler autour du Christ et de nous unir à sa prière. N’attendons pas d’être parfaits pour nous tourner vers lui. Lui-même nous invite à nous associer à sa prière pour l’unité de ses disciples. Nous connaissons bien nos fragilités, notre péché. Nous vivons dans un monde qui nous regarde vivre et qui ne pardonne pas les scandales dans l’Église. Alors, plus que jamais, nous nous unissons à la prière pour l’unité et la fidélité des siens. Nous accueillons l’amour qui est en Dieu pour qu’il transforme toute notre vie. Lui-même a prié pour que nous devenions l’amour.
Cet appel nous rejoint aujourd’hui dans un monde qui souffre de la violence. Des hommes, des femmes et des enfants y sont persécutés et massacrés à cause de leur foi au Christ. Quand ils vont à la messe, le dimanche, ils ne savent pas s’ils reviendront vivants. Mais rien ne peut les séparer de cet amour qui est en Dieu.
En ce dimanche, nous te prions Seigneur pour la réconciliation des peuples, la progression de la justice. Donne-nous force et courage pour travailler à la construction d’un monde plus juste, plus fraternel, un monde rempli de l’amour qui est en toi.
Sources : Revues Signes, Feu Nouveau, Homélies du dimanche (Mgr Léon Soulier), Guide Emmaüs des dimanches et fêtes.

Jean Compazieu, prêtre de l’Aveyron ( 17/05/2015)