Archive pour le 6 mai, 2015

Catacombes de Commodilla; Rome, buste du Christ

6 mai, 2015

Catacombes de Commodilla; Rome, buste du Christ dans images sacrée Christ_with_beard

http://it.wikipedia.org/wiki/Catacombe_di_Commodilla

ANTOINE BLOOM – LA PRIÈRE DE JÉSUS

6 mai, 2015

http://www.meditation-chretienne.org/mediter_priere_jesus.htm

ANTOINE BLOOM

 » Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur  » – méditer avec la prière de Jésus

LA PRIÈRE DE JÉSUS

Ceux qui ont lu les Récits d’un pèlerin russe connaissent bien cette courte prière : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur », indéfiniment répétée.
Les Récits d’un pèlerin russe sont l’histoire d’un homme qui voulait apprendre à prier sans cesse (1 Th 5, 17). Comme l’homme dont l’expérience nous est relatée est un pèlerin, une grande partie de ses caractéristiques psychologiques ainsi que la manière dont il a appris et pratiqué la prière sont conditionnées par un certain genre de vie, ce qui ôte à cet ouvrage une partie de l’universalité qui aurait pu être la sienne ; et, pourtant, il demeure la meilleure introduction possible à cette prière qui est l’un des plus grands trésors de l’Église orthodoxe.
La prière en question est profondément enracinée dans l’esprit de l’Évangile, et ce n’est pas en vain que :es grands maîtres de l’Orthodoxie y ont toujours vu le résumé de tout l’Évangile. C’est pourquoi la Prière de Jésus ne peut être utilisée avec tout son sens que par celui qui appartient à l’Évangile, qui est membre de Église du Christ.
Tout le message, et plus encore toute la réalité de l’Évangile, sont contenus dans le nom, dans la personne de Jésus.
Si vous prenez la première moitié de la prière, vous verrez comment elle exprime notre foi au Seigneur : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu. » Au coeur de cette formule nous trouvons le nom de Jésus ; c’est le nom devant qui tout genou doit fléchir (Is 45, 23), et quand nous le prononçons, nous attestons l’événement historique de l’incarnation. Nous affirmons que Dieu, le Verbe de Dieu, co-éternel au Père, s’est fait homme, et que la plénitude de la divinité a habité parmi nous, corporellement, en sa personne.
Pour reconnaître en cet homme de Galilée, en ce prophète d’Israël, le Verbe de Dieu fait chair, Dieu fait homme, nous devons être guidés par l’Esprit, car c’est l’Esprit de Dieu qui nous révèle à la fois l’incarnation et la seigneurie du Christ. Nous l’appelons Christ, et nous affirmons par là qu’en lui furent accomplies les prophéties de l’Ancien Testament. Affirmer que Jésus est le Christ implique que toute l’histoire de l’Ancien Testament est nôtre, que nous l’acceptons comme la vérité de Dieu. Nous l’appelons Fils de Dieu parce que nous savons que le Messie attendu par les Juifs, l’homme qui fut appelé « fils de David » par Bartimée, est le Fils de Dieu incarné. Ces mots résument tout ce que nous savons, tout ce que nous croyons au sujet de Jésus-Christ, par l’Ancien comme par le Nouveau Testament et par l’expérience de l’Église à travers les âges. En ces quelques mots, nous faisons une profession de foi complète et parfaite.
Mais il ne suffit pas de faire cette profession de foi, il ne suffit pas de croire. Les démons aussi croient, et tremblent (Je 2, 19). La foi ne suffit pas à assurer le salut, elle doit conduire à une relation vraie avec Dieu ; ainsi, après avoir professé, dans son intégrité, avec précision et clarté, notre foi en la seigneurie et en la personne, en l’historicité et en la divinité du Christ, nous nous plaçons en face de lui, dans le juste état d’esprit « Aie pitié de moi, pécheur. »
Ces mots « aie pitié » sont utilisés dans toutes les Églises chrétiennes et, dans l’Orthodoxie, ils sont la réponse du peuple à toutes les demandes suggérées par le prêtre. Notre traduction moderne « aie pitié » est courte et insuffisante. Le mot grec que nous trouvons dans l’Évangile et dans les liturgies primitives est eleison.
Eleison est de la même racine que elaion, qui signifie à la fois olivier et huile d’olive. Si nous cherchons dans l’Ancien et le Nouveau Testament les passages se rapportant à ce thème fondamental, nous le trouverons présent dans nombre de paraboles et d’événements qui nous aideront à nous faire une idée plus juste de sa signification plénière. Nous trouvons l’image de l’olivier dans la Genèse. Après le déluge, Noé désireux de savoir s’il y a quelque part une terre émergée, envoie successivement plusieurs oiseaux ; l’un d’eux, une colombe – et il est significatif que ce soit une colombe – rapporte un petit rameau d’olivier. Ce rameau d’olivier apprend à Noé et à tous ceux qui sont avec lui dans l’arche que la colère de Dieu a cessé, que Dieu offre à l’homme une deuxième chance. Tous les occupants de l’arche pourront s’établir de nouveau sur la terre ferme, et tenter de vivre ; et jamais plus peut-être, s’ils font ce qu’il faut pour cela, ils ne subiront la colère divine.
Dans le Nouveau Testament, dans la parabole du bon Samaritain, l’huile d’olive adoucit et guérit. Dans l’onction des rois et des prêtres de l’Ancien Testament, c’est également de l’huile que l’on verse sur leur tête, image de la grâce de Dieu qui descend et se répand sur eux (Ps 133, 2), leur donnant une force nouvelle pour accomplir ce qui est au-delà des capacités humaines. Le roi est appelé à se tenir sur le seuil, entre la volonté des hommes et la volonté de Dieu, et il est appelé à conduire son peuple vers l’accomplissement de la volonté divine ; le prêtre également se tient sur ce seuil, pour y proclamer la volonté de Dieu, et plus encore pour agir au nom de Dieu, prononcer les décrets de Dieu, appliquer la décision de Dieu.
L’huile évoque donc d’abord la fin de la colère divine, la paix que Dieu offre à ceux qui s’étaient dressés contre lui ; elle nous parle ensuite de cette guérison que Dieu opère en nous afin de nous rendre capables de vivre et de répondre à notre vocation ; et comme il sait que nous ne sommes pas capables, par nos propres forces, d’accomplir ni sa volonté ni les lois de notre propre nature de créatures, il répand sur nous sa grâce avec abondance (Rm 5, 20). Il nous donne la faculté de faire ce que nous ne pourrions faire sans lui.
Les mots slavons milost et pomiluy ont la même racine que ceux qui expriment la tendresse, l’affection, et lorsque nous prononçons les mots eleison, « aie pitié de nous », pomiluy, nous ne demandons pas seulement à Dieu d’éloigner de nous sa colère, nous demandons l’amour.
Si nous revenons au texte de notre prière « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur, nous constatons que les premiers mots expriment avec exactitude et pureté la foi évangélique au Christ, en l’incarnation historique du Verbe de Dieu ; et que la fin de la prière exprime toute la complexité et la richesse des relations d’amour entre Dieu et ses créatures.
La Prière de Jésus est connue d’innombrables orthodoxes pour qui elle représente soit une méthode habituelle de prière, soit une dévotion surérogatoire, une invocation brève qui peut être utilisée à tout moment et en toute situation.
De nombreux auteurs ont mentionné les aspects physiques de la prière, les exercices respiratoires, l’attention accordée aux battements du coeur et autres traits secondaires. La Philocalie est pleine d’instructions détaillées sur la prière du coeur, et comporte même des références à la technique soufite. Des Pères, anciens et modernes, ont traité du sujet, et sont toujours arrivés à la même conclusion : ne vous risquez jamais aux exercices physiques sans être guidés de façon stricte par un père spirituel.
Ce qui est d’usage général, ce qui nous a été donné par Dieu, c’est la véritable prière, la répétition de mots sans effort physique – pas même les mouvements (le la langue – et dont on peut user systématiquement en vue d’aboutir à une transformation intérieure. Plus que toute autre prière, la Prière de Jésus vise à nous situer en présence de Dieu sans autre pensée que celle du miracle consistant en ce que nous soyons là et Dieu avec nous, car dans l’usage de cette prière il n’est rien ni personne que Dieu et nous.
L’usage de la prière est double, c’est un acte d’adoration comme toute prière, et, au niveau ascétique, c’est un objet qui nous permet de concentrer notre attention sur la présence de Dieu.
C’est une prière de bonne compagnie, amicale, toujours à notre disposition, et très personnelle en dépit de ses répétitions monotones. Dans la joie comme dans la douleur elle est, lorsqu’elle est devenue habituelle, un stimulant de l’âme, la réponse à tout appel de Dieu.
Les mots de saint Syméon le Nouveau Théologien, s’appliquent à tous ses effets possibles en nous : « Ne vous souciez pas de ce qui viendra ensuite, vous le découvrirez quand cela viendra. »

Antoine Bloom
Prière vivante, Cerf

PAPE FRANÇOIS – («Dieu créa l’homme à son image: … homme et femme il les créa» (1, 27).)

6 mai, 2015

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2015/documents/papa-francesco_20150422_udienza-generale.html

PAPE FRANÇOIS – («Dieu créa l’homme à son image: … homme et femme il les créa» (1, 27).)

(La traduction de la catéchèse du Pape viennent toujours après deux semaines)

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre

Mercredi 22 avril 2015

Chers frères et sœurs,

Dans la précédente catéchèse sur la famille, je me suis arrêté sur le premier récit de la création de l’être humain, dans le premier chapitre de la Genèse, où il est écrit: «Dieu créa l’homme à son image: à l’image de Dieu il le créa; homme et femme il les créa» (1, 27).
Aujourd’hui, je voudrais compléter la réflexion par le second récit, que nous trouvons au deuxième chapitre. Nous lisons ici que le Seigneur, après avoir créé le ciel et la terre, «modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant» (2, 7). C’est le sommet de la création. Mais il manque quelque chose: Dieu établit ensuite l’homme dans un très beau jardin afin qu’il le cultive et le garde (cf. 2, 15).
L’Esprit Saint, qui a inspiré toute la Bible, suggère pour un moment l’image de l’homme seul — il lui manque quelque chose —, sans la femme. Et il suggère la pensée de Dieu, presque le sentiment de Dieu qui le regarde, qui observe Adam seul dans son jardin: il est libre, il est seigneur,… mais il est seul. Et Dieu voit que cela «n’est pas bon»: c’est comme l’absence de communion, il lui manque la communion, un manque de plénitude. «Cela n’est pas bon» — dit Dieu — et il ajoute: «Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie» (2, 18).
Alors Dieu présente à l’homme tous les animaux; l’homme donne à chacun d’eux son nom — et cela est une autre image de la seigneurie de l’homme sur la création —, mais il ne trouve dans aucun animal son semblable. L’homme continue seul. Quand finalement Dieu présente la femme, l’homme reconnaît débordant de joie que cette créature, et seulement elle, fait partie de lui: «c’est l’os de mes os et la chair de ma chair» (2, 23). Il y a enfin un reflet, une réciprocité. Quand une personne — c’est un exemple pour bien comprendre cela — veut donner la main à une autre, elle doit l’avoir face à elle: si quelqu’un tend la main et qu’il n’a personne, la main demeure là…, il lui manque la réciprocité. C’est ainsi qu’était l’homme, il lui manquait quelque chose pour parvenir à sa plénitude, il lui manquait la réciprocité. La femme n’est pas une «réplique» de l’homme; elle provient directement du geste créateur de Dieu. L’image de la «côte» n’exprime pas du tout l’infériorité ou la subordination, mais au contraire que l’homme et la femme sont de la même substance et sont complémentaires et qu’ils ont aussi cette réciprocité. Et le fait que — toujours dans la parabole — Dieu modèle la femme pendant que l’homme dort, souligne précisément le fait qu’elle n’est en aucune façon créature de l’homme, mais bien de Dieu. Cela suggère aussi une autre chose: pour trouver la femme — et nous pouvons dire pour trouver l’amour dans la femme —, l’homme doit d’abord en rêver et ensuite la trouver.
La confiance de Dieu dans l’homme et dans la femme, auxquels il confie la terre, est généreuse, directe et pleine. Il a confiance en eux. Mais voilà que le malin introduit dans leur esprit la suspicion, l’incrédulité, la méfiance. Et enfin, arrive la désobéissance au commandement qui les protégeait. Ils sombrent dans ce délire de toute-puissance qui pollue tout et détruit l’harmonie. Nous aussi nous le ressentons en nous très souvent, nous tous.
Le péché engendre la méfiance et la division entre l’homme et la femme. Leur relation sera menacée par mille formes d’abus et d’assujettissement, de séduction trompeuse et de domination humiliante, jusqu’aux plus dramatiques et violentes. L’histoire en porte les traces. Pensons, par exemple, aux excès négatifs des cultures patriarcales. Pensons aux multiples formes de machisme où la femme était considérée comme étant de deuxième classe. Pensons à l’instrumentalisation et à la marchandisation du corps féminin dans la culture médiatique actuelle. Mais pensons également à la récente épidémie de méfiance, de scepticisme, et même d’hostilité qui se diffuse dans notre culture — en particulier à partir d’une méfiance compréhensible des femmes — à l’égard d’une alliance entre l’homme et la femme qui soit capable, à la fois, d’affiner l’intimité de la communion et de conserver la dignité de la différence.
Si nous n’avons pas un sursaut de sympathie pour cette alliance, capable de mettre les nouvelles générations à l’abri de la méfiance et de l’indifférence, les enfants viendront au monde toujours plus déracinés de celle-ci dès le sein maternel. La dévaluation sociale de l’alliance stable et générative d’un homme et d’une femme est certainement une perte pour tous. Nous devons remettre à l’honneur le mariage et la famille! La Bible dit une belle chose: l’homme trouve la femme, ils se rencontrent et l’homme doit quitter quelque chose pour la trouver pleinement. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère pour aller chez elle. Cela est beau! Cela signifie commencer une nouvelle route. L’homme est tout pour la femme et la femme est toute pour l’homme.
La sauvegarde de cette alliance de l’homme et de la femme, même s’ils sont pécheurs et blessés, confus et incertains, est donc pour nous croyants une vocation exigeante et passionnée, dans la situation actuelle. Le récit même de la création et du péché, dans son final, nous en donne une très belle icône: «Yahvé Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit» (Gn 3, 21). C’est une image de tendresse envers ce couple pécheur qui nous laisse sans voix: la tendresse de Dieu pour l’homme et la femme! C’est une image de protection paternelle du couple humain. Dieu lui-même prend soin de son chef-d’œuvre et le protège.