Archive pour le 4 mai, 2015

Sant’Atanasio

4 mai, 2015

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https://oca.org/saints/all-lives/2009/05/02

BENOÎT XVI: SAINT ATHANASE – 2 AVRIL

4 mai, 2015

http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20070620.html

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 20 juin 2007

SAINT ATHANASE – 2 AVRIL

Chers frères et sœurs,

En poursuivant notre évocation des grands Maîtres de l’Eglise antique, nous voulons aujourd’hui tourner notre attention vers saint Athanase d’Alexandrie. Cet authentique protagoniste de la tradition chrétienne, déjà quelques années avant sa mort, fut célébré comme « la colonne de l’Eglise » par le grand théologien et Evêque de Constantinople Grégroire de Nazianze (Discours 21, 26), et il a toujours été considéré comme un modèle d’orthodoxie, aussi bien en Orient qu’en Occident. Ce n’est donc pas par hasard que Gian Lorenzo Bernini en plaça la statue parmi celles des quatre saints Docteurs de l’Eglise orientale et occidentale – avec Ambroise, Jean Chrysostome et Augustin -, qui dans la merveilleuse abside la Basilique vaticane entourent la Chaire de saint Pierre.
Athanase a été sans aucun doute l’un des Pères de l’Eglise antique les plus importants et les plus vénérés. Mais ce grand saint est surtout le théologien passionné de l’incarnation, du Logos, le Verbe de Dieu, qui – comme le dit le prologue du quatrième Evangile – « se fit chair et vint habiter parmi nous » (Jn 1, 14). C’est précisément pour cette raison qu’Athanase fut également l’adversaire le plus important et le plus tenace de l’hérésie arienne, qui menaçait alors la foi dans le Christ, réduit à une créature « intermédiaire » entre Dieu et l’homme, selon une tendance récurrente dans l’histoire et que nous voyons en œuvre de différentes façons aujourd’hui aussi. Probablement né à Alexandrie vers l’an 300, Athanase reçut une bonne éducation avant de devenir diacre et secrétaire de l’Evêque de la métropole égyptienne, Alexandre. Proche collaborateur de son Evêque, le jeune ecclésiastique prit part avec lui au Concile de Nicée, le premier à caractère œcuménique, convoqué par l’empereur Constantin en mai 325 pour assurer l’unité de l’Eglise. Les Pères nicéens purent ainsi affronter diverses questions et principalement le grave problème né quelques années auparavant à la suite de la prédication du prêtre alexandrin Arius.
Celui-ci, avec sa théorie, menaçait l’authentique foi dans le Christ, en déclarant que le Logos n’était pas le vrai Dieu, mais un Dieu créé, un être « intermédiaire » entre Dieu et l’homme, ce qui rendait ainsi le vrai Dieu toujours inaccessible pour nous. Les Evêques réunis à Nicée répondirent en mettant au point et en fixant le « Symbole de la foi » qui, complété plus tard par le premier Concile de Constantinople, est resté dans la tradition des différentes confessions chrétiennes et dans la liturgie comme le Credo de Nicée-Constantinople. Dans ce texte fondamental – qui exprime la foi de l’Eglise indivise, et que nous répétons aujourd’hui encore, chaque dimanche, dans la célébration eucharistique – figure le terme grec homooúsios, en latin consubstantialis: celui-ci veut indiquer que le Fils, le Logos est « de la même substance » que le Père, il est Dieu de Dieu, il est sa substance, et ainsi est mise en lumière la pleine divinité du Fils, qui était en revanche niée par le ariens.
A la mort de l’Evêque Alexandre, Athanase devint, en 328, son successeur comme Evêque d’Alexandrie, et il se révéla immédiatement décidé à refuser tout compromis à l’égard des théories ariennes condamnées par le Concile de Nicée. Son intransigeance, tenace et parfois également très dure, bien que nécessaire, contre ceux qui s’étaient opposés à son élection épiscopale et surtout contre les adversaires du Symbole de Nicée, lui valut l’hostilité implacable des ariens et des philo-ariens. Malgré l’issue sans équivoque du Concile, qui avait clairement affirmé que le Fils est de la même substance que le Père, peu après, ces idées fausses prévalurent à nouveau – dans ce contexte, Arius lui-même fut réhabilité -, et elles furent soutenues pour des raisons politiques par l’empereur Constantin lui-même et ensuite par son fils Constance II. Celui-ci, par ailleurs, qui ne se souciait pas tant de la vérité théologique que de l’unité de l’empire et de ses problèmes politiques, voulait politiser la foi, la rendant plus accessible – à son avis – à tous ses sujets dans l’empire.
La crise arienne, que l’on croyait résolue à Nicée, continua ainsi pendant des décennies, avec des événements difficiles et des divisions douloureuses dans l’Eglise. Et à cinq reprises au moins – pendant une période de trente ans, entre 336 et 366 – Athanase fut obligé d’abandonner sa ville, passant dix années en exil et souffrant pour la foi. Mais au cours de ses absences forcées d’Alexandrie, l’Evêque eut l’occasion de soutenir et de diffuser en Occident, d’abord à Trèves puis à Rome, la foi nicéenne et également les idéaux du monachisme, embrassés en Egypte par le grand ermite Antoine, à travers un choix de vie dont Athanase fut toujours proche. Saint Antoine, avec sa force spirituelle, était la personne qui soutenait le plus la foi de saint Athanase. Réinstallé définitivement dans son Siège, l’Evêque d’Alexandrie put se consacrer à la pacification religieuse et à la réorganisation des communautés chrétiennes. Il mourut le 2 mai 373, jour où nous célébrons sa mémoire liturgique.
L’oeuvre doctrinale la plus célèbre du saint Evêque alexandrin est le traité Sur l’incarnation du Verbe, le Logos divin qui s’est fait chair en devenant comme nous pour notre salut. Dans cette œuvre, Athanase dit, avec une affirmation devenue célèbre à juste titre, que le Verbe de Dieu « s’est fait homme pour que nous devenions Dieu; il s’est rendu visible dans le corps pour que nous ayons une idée du Père invisible, et il a lui-même supporté la violence des hommes pour que nous héritions de l’incorruptibilité » (54, 3). En effet, avec sa résurrection le Seigneur a fait disparaître la mort comme « la paille dans le feu » (8, 4). L’idée fondamentale de tout le combat théologique de saint Athanase était précisément celle que Dieu est accessible. Il n’est pas un Dieu secondaire, il est le vrai Dieu, et, à travers notre communion avec le Christ, nous pouvons nous unir réellement à Dieu. Il est devenu réellement « Dieu avec nous ».
Parmi les autres œuvres de ce grand Père de l’Eglise – qui demeurent en grande partie liées aux événements de la crise arienne – rappelons ensuite les autres lettres qu’il adressa à son ami Sérapion, Evêque de Thmuis, sur la divinité de l’Esprit Saint, qui est affirmée avec netteté, et une trentaine de lettres festales, adressées en chaque début d’année aux Eglises et aux monastères d’Egypte pour indiquer la date de la fête de Pâques, mais surtout pour assurer les liens entre les fidèles, en renforçant leur foi et en les préparant à cette grande solennité.
Enfin, Athanase est également l’auteur de textes de méditation sur les Psaumes, ensuite largement diffusés, et d’une œuvre qui constitue le best seller de la littérature chrétienne antique: la Vie d’Antoine, c’est-à-dire la biographie de saint Antoine abbé, écrite peu après la mort de ce saint, précisément alors que l’Evêque d’Alexandrie, exilé, vivait avec les moines dans le désert égyptien. Athanase fut l’ami du grand ermite, au point de recevoir l’une des deux peaux de moutons laissées par Antoine en héritage, avec le manteau que l’Evêque d’Alexandrie lui avait lui-même donné. Devenue rapidement très populaire, traduite presque immédiatement en latin à deux reprises et ensuite en diverses langues orientales, la biographie exemplaire de cette figure chère à la tradition chrétienne contribua beaucoup à la diffusion du monachisme en Orient et en Occident. Ce n’est pas un hasard si la lecture de ce texte, à Trèves, se trouve au centre d’un récit émouvant de la conversion de deux fonctionnaires impériaux, qu’Augustin place dans les Confessions (VIII, 6, 15) comme prémisses de sa conversion elle-même.
Du reste, Athanase lui-même montre avoir clairement conscience de l’influence que pouvait avoir sur le peuple chrétien la figure exemplaire d’Antoine. Il écrit en effet dans la conclusion de cette œuvre: « Qu’il fut partout connu, admiré par tous et désiré, également par ceux qui ne l’avaient jamais vu, est un signe de sa vertu et de son âme amie de Dieu. En effet, ce n’est pas par ses écrits ni par une sagesse profane, ni en raison de quelque capacité qu’Antoine est connu, mais seulement pour sa piété envers Dieu. Et personne ne pourrait nier que cela soit un don de Dieu. Comment, en effet, aurait-on entendu parler en Espagne et en Gaule, à Rome et en Afrique de cet homme, qui vivait retiré parmi les montagnes, si ce n’était Dieu lui-même qui l’avait partout fait connaître, comme il le fait avec ceux qui lui appartiennent, et comme il l’avait annoncé à Antoine dès le début? Et même si ceux-ci agissent dans le secret et veulent rester cachés, le Seigneur les montre à tous comme un phare, pour que ceux qui entendent parler d’eux sachent qu’il est possible de suivre les commandements et prennent courage pour parcourir le chemin de la vertu » (Vie d’Antoine 93, 5-6).
Oui, frères et soeurs! Nous avons de nombreux motifs de gratitude envers Athanase. Sa vie, comme celle d’Antoine et d’innombrables autres saints, nous montre que « celui qui va vers Dieu ne s’éloigne pas des hommes, mais qu’il se rend au contraire proche d’eux » (Deus caritas est, n. 42).

ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT MARC 14,12-16.22-26.

4 mai, 2015

http://www.jardinierdedieu.com/article-mc-14-12-16-22-26-prends-nos-vies-seigneur-106598868.html

(Je choisis un commentaire à cet épisode parce que ces jours je méditais à moi-même)

 ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT MARC 14,12-16.22-26. 

Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour ton repas pascal ? » Il envoie deux disciples : « Allez à la ville ; vous y rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le. Et là où il entrera, dites au propriétaire : ‘Le maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ? ‘Il vous montrera, à l’étage, une grande pièce toute prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. » Les disciples partirent, allèrent en ville ; tout se passa comme Jésus le leur avait dit ; et ils préparèrent la Pâque. Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit, et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, répandu pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce jour où je boirai un vin nouveau dans le royaume de Dieu. » Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible -

Nous sommes maintenant pleinement revenus dans le temps ordinaire. La Parole de Dieu retentit sur le fond de notre quotidien. L’enjeu pour nous est de savoir vivre cet « aujourd’hui » dans la perspective de la Pâque du Seigneur, Pâque à laquelle nous pouvons participer, comme nous l’a montré tout le déploiement du temps pascal. Nous en connaissons le terme : l’entrée dans la vie trinitaire. Aujourd’hui, nous en revisitons le moyen privilégié, celui de notre communion à l’offrande eucharistique que le Seigneur a fait et fait de lui-même. Aussi nous considérerons dans notre commentaire d’évangile notre propre position, nous prenons la place des disciples…
« Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour ton repas pascal ? » Voilà la question que nous pouvons adresser au Seigneur en considérant notre propre vie, où veux-tu que ta présence vienne prendre, porter notre existence… Ce lieu en nous où nous éprouvons le besoin ou le désir de ta présence, pour qu’il croisse, pour qu’il résiste, pour qu’il devienne le lieu d’un plus grand amour, pour que je passe à toi parce que je m’y éprouve trop attaché à moi-même ou à des choses qui ne sont pas vraiment vivantes… Je ne puis rencontrer le Seigneur si je ne vais pas à lui avec ce qui me constitue… alors je te dis où je désire que se prépare ton repas pascal en ma vie sans peur de ton jugement.
« Jésus prit du pain » Le Seigneur s’est offert et nous donne la possibilité en toutes nos situations, d’entrer nous-mêmes dans ce mouvement. Le Seigneur, au terme de son existence terrestre, a posé ce geste commun à l’humanité : prendre de sa nourriture pour l’offrir, pour signifier son existence, et aussi pour se donner à nous, nous pénétrer, nous nourrir, nous animer. Le premier de ses gestes est celui de la bénédiction : dire du bien, reconnaître ce qui est. Le Seigneur reprend ce que nous lui apportons, accuse réception du don que nous lui faisons, en dit toute la valeur, le poids d’humanité, que cela nous semble beau ou moins beau à offrir… Depuis le temps du sang versé, nous savons bien que nous pouvons nous adresser à lui pleinement pour toute notre existence… Ce qu’il reçoit, ce qu’il prend, il nous le redonne… et nous le recevons, porté de lui, nous pouvons le prendre différemment, entrer nous-mêmes dans une nouvelle offrande, une nouvelle manière de recevoir ce que nous avons offert… nous entrons dans la vraie liberté, celle qui considère la relation entre le Seigneur et nous…
« Je ne boirai plus du fruit de la vigne » Il y a cette rupture, ce moment ne retombera pas dans le quotidien, il monte vraiment vers Dieu, il s’arrache, il quitte… En chacun de nos moments de vie, il y a une partie caduque qui retourne à la terre et il y a une partie appelée à subsister, à devenir étoffe de notre être. C’est celle qui passe avec le Seigneur, c’est celle qui a valeur. Jésus nous donne de passer à lui, dans le quotidien de nos jours, il nous propose, il nous appelle à son passage, à nous rapporter justement à notre vie, à faire que tout soit ordonné à la relation avec Lui, à l’ouverture à l’amour, jour après jour. Il nous aide à voir autrement, à choisir à partir de ce qui compte vraiment, à ce qui va subsister, cette capacité de relations avec Lui, avec tous les autres vivants, tous ceux qui sont appelés… Nous aussi nous sommes appelés au banquet. Chaque instant, selon la manière dont nous le vivons, nous oriente vers le banquet. Comme le dit une oraison de l’avent, se forme la manière dont nous t’aimerons toujours « Fais fructifier en nous l’Eucharistie qui nous a rassemblés : c’est par elle que tu formes dès maintenant, à travers la vie de ce monde, l’amour dont nous t’aimerons éternellement »… Ce mystère est grand qui nous fait passer à Dieu dans l’épaisseur de nos jours… Chaque jour est appel pour vivre ce passage, chaque jour le Seigneur vient épouser nos vies pour les aider à passer en Eux. Et pour cela, il s’agit pour nous d’offrir le lieu du repas, du passage, de quitter ce qui doit être quitté, il fera le reste, n’en doutons pas…

Père Jean-Luc