Archive pour le 27 mars, 2015

DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION

27 mars, 2015

DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION dans images sacre Entry_Into_Jerusalem1

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LE DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION

27 mars, 2015

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LE DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION

Evangile de Jsus-Christ selon saint Marc 14,1-72.15,1-47
La fte de la Pque et des pains sans levain allait avoir lieu dans deux jours. Les chefs des prtres et les scribes cherchaient le moyen d’arrter Jsus par ruse, pour le faire mourir. Car ils se disaient : Pas en pleine fte, pour viter une meute dans le peuple. Jsus se trouvait Bthanie, chez Simon le lpreux. Pendant qu’il tait table, une femme entra, avec un flacon d’albtre contenant un parfum trs pur et de grande valeur. Brisant le flacon, elle le lui versa sur la tte. Or, quelques-uns s’indignaient : A quoi bon gaspiller ce parfum ? On aurait pu le vendre pour plus de trois cents pices d’argent et en faire don aux pauvres. Et ils la critiquaient. Mais Jsus leur dit : Laissez-la ! Pourquoi la tourmenter ? C’est une action charitable qu’elle a faite envers moi. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, et, quand vous voudrez, vous pourrez les secourir ; mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. Elle a fait tout ce qu’elle pouvait faire. D’avance elle a parfum mon corps pour mon ensevelissement. Amen, je vous le dis : Partout o la Bonne Nouvelle sera proclame dans le monde entier, on racontera, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire. Judas Iscariote, l’un des Douze, alla trouver les chefs des prtres pour leur livrer Jsus. A cette nouvelle, ils se rjouirent et promirent de lui donner de l’argent. Ds lors Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer. Le premier jour de la fte des pains sans levain, o l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jsus lui disent : O veux-tu que nous allions faire les prparatifs pour ton repas pascal ? Il envoie deux disciples : Allez la ville ; vous y rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le. Et l o il entrera, dites au propritaire : ‘Le matre te fait dire : O est la salle o je pourrai manger la Pque avec mes disciples ? ‘ Il vous montrera, l’tage, une grande pice toute prte pour un repas. Faites-y pour nous les prparatifs. Les disciples partirent, allrent en ville ; tout se passa comme Jsus le leur avait dit ; et ils prparrent la Pque. Le soir venu, Jsus arrive avec les Douze. Pendant qu’ils taient table et mangeaient, Jsus leur dclara : Amen, je vous le dis : l’un de vous, qui mange avec moi, va me livrer. Ils devinrent tout tristes, et ils lui demandaient l’un aprs l’autre : Serait-ce moi ? Il leur rpondit : C’est l’un des Douze, qui se sert au mme plat que moi. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est crit son sujet ; mais malheureux celui qui le livre ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas n. Pendant le repas, Jsus prit du pain, pronona la bndiction, le rompit, et le leur donna, en disant : Prenez, ceci est mon corps. Puis, prenant une coupe et rendant grce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, rpandu pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’ ce jour o je boirai un vin nouveau dans le royaume de Dieu. Aprs avoir chant les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. Jsus leur dit : Vous allez tous tre exposs tomber, car il est crit : Je frapperai le berger, et les brebis seront disperses. Mais, aprs que je serai ressuscit, je vous prcderai en Galile. Pierre lui dit alors : Mme si tous viennent tomber, moi, je ne tomberai pas. Jsus lui rpond : Amen, je te le dis : toi, aujourd’hui, cette nuit mme, avant que le coq chante deux fois, tu m’auras reni trois fois. Mais lui reprenait de plus belle : Mme si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. Et tous disaient de mme. Ils parviennent un domaine appel Gethsmani. Jsus dit ses disciples : Restez ici ; moi, je vais prier. Puis il emmne avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence ressentir frayeur et angoisse. Il leur dit : Mon me est triste mourir. Demeurez ici et veillez. S’cartant un peu, il tombait terre et priait pour que, s’il tait possible, cette heure s’loigne de lui. Il disait : Abba. . . Pre, tout est possible pour toi. loigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! Puis il revient et trouve les disciples endormis. Il dit Pierre : Simon, tu dors ! Tu n’as pas eu la force de veiller une heure ? Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible. Il retourna prier, en rptant les mmes paroles. Quand il revint prs des disciples, il les trouva endormis, car leurs yeux taient alourdis. Et ils ne savaient que lui dire. Une troisime fois, il revient et leur dit : Dsormais vous pouvez dormir et vous reposer. C’est fait ; l’heure est venue : voici que le Fils de l’homme est livr aux mains des pcheurs. Levez-vous ! Allons ! Le voici tout proche, celui qui me livre. Jsus parlait encore quand Judas, l’un des Douze, arriva avec une bande arme d’pes et de btons, envoye par les chefs des prtres, les scribes et les anciens. Or, le tratre leur avait donn un signe convenu : Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrtez-le, et emmenez-le sous bonne garde. A peine arriv, Judas, s’approchant de Jsus, lui dit : Rabbi ! Et il l’embrassa. Les autres lui mirent la main dessus et l’arrtrent. Un de ceux qui taient l tira son pe, frappa le serviteur du grand prtre et lui trancha l’oreille. Alors Jsus leur dclara : Suis-je donc un bandit pour que vous soyez venus m’arrter avec des pes et des btons ? Chaque jour, j’tais parmi vous dans le Temple, o j’enseignais ; et vous ne m’avez pas arrt. Mais il faut que les critures s’accomplissent. Les disciples l’abandonnrent et s’enfuirent tous. Or, un jeune homme suivait Jsus ; il n’avait pour vtement qu’un drap. On le saisit. Mais lui, lchant le drap, se sauva tout nu. Ils emmenrent Jsus chez le grand prtre, et tous les chefs des prtres, les anciens et les scribes se rassemblent. Pierre avait suivi Jsus de loin, jusqu’ l’intrieur du palais du grand prtre, et l, assis parmi les gardes, il se chauffait prs du feu. Les chefs des prtres et tout le grand conseil cherchaient un tmoignage contre Jsus pour le faire condamner mort, et ils n’en trouvaient pas. De fait, plusieurs portaient de faux tmoignages contre Jsus, et ces tmoignages ne concordaient mme pas. Quelques-uns se levaient pour porter contre lui ce faux tmoignage : Nous l’avons entendu dire : ‘Je dtruirai ce temple fait de main d’homme, et en trois jours j’en rebtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme. ‘ Et mme sur ce point, ils n’taient pas d’accord. Alors le grand prtre se leva devant l’assemble et interrogea Jsus : Tu ne rponds rien ce que ces gens dposent contre toi ? Mais lui gardait le silence, et il ne rpondait rien. Le grand prtre l’interroge de nouveau : Es-tu le Messie, le Fils du Dieu bni ? Jsus lui dit : Je le suis, et vous verrez le Fils de l’homme siger la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nues du ciel. Alors, le grand prtre dchire ses vtements et dit : Pourquoi nous faut-il encore des tmoins ? Vous avez entendu le blasphme. Quel est votre avis ? Tous prononcrent qu’il mritait la mort. Quelques-uns se mirent cracher sur lui, couvrirent son visage d’un voile, et le rourent de coups, en disant : Fais le prophte ! Et les gardes lui donnrent des gifles. Comme Pierre tait en bas, dans la cour, arrive une servante du grand prtre. Elle le voit qui se chauffe, le dvisage et lui dit : Toi aussi, tu tais avec Jsus de Nazareth ! Pierre le nia : Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu veux dire. Puis il sortit dans le vestibule. La servante, l’ayant vu, recommena dire ceux qui se trouvaient l : En voil un qui est des leurs ! De nouveau, Pierre le niait. Un moment aprs, ceux qui taient l lui disaient : Srement tu en es ! D’ailleurs, tu es Galilen. Alors il se mit jurer en appelant sur lui la maldiction : Je ne connais pas l’homme dont vous parlez. Et aussitt, un coq chanta pour la seconde fois. Alors Pierre se souvint de la parole de Jsus : Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras reni trois fois. Et il se mit pleurer. Ds le matin, les chefs des prtres convoqurent les anciens et les scribes, et tout le grand conseil. Puis ils enchanrent Jsus et l’emmenrent pour le livrer Pilate. Celui-ci l’interrogea : Es-tu le roi des Juifs ? Jsus rpond : C’est toi qui le dis. Les chefs des prtres multipliaient contre lui les accusations. Pilate lui demandait nouveau : Tu ne rponds rien ? Vois toutes les accusations qu’ils portent contre toi. Mais Jsus ne rpondit plus rien, si bien que Pilate s’en tonnait. A chaque fte de Pque, il relchait un prisonnier, celui que la foule demandait. Or, il y avait en prison un dnomm Barabbas, arrt avec des meutiers pour avoir tu un homme lors de l’meute. La foule monta donc, et se mit demander Pilate la grce qu’il accordait d’habitude. Pilate leur rpondit : Voulez-vous que je vous relche le roi des Juifs ? (Il se rendait bien compte que c’tait par jalousie que les chefs des prtres l’avaient livr. ) Ces derniers excitrent la foule demander plutt la grce de Barabbas. Et comme Pilate reprenait : Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? , ils crirent de nouveau : Crucifie-le ! Pilate leur disait : Qu’a-t-il donc fait de mal ? Mais ils crirent encore plus fort : Crucifie-le ! Pilate, voulant contenter la foule, relcha Barabbas, et aprs avoir fait flageller Jsus, il le livra pour qu’il soit crucifi. Les soldats l’emmenrent l’intrieur du Prtoire, c’est--dire dans le palais du gouverneur. Ils appellent toute la garde, ils lui mettent un manteau rouge, et lui posent sur la tte une couronne d’pines qu’ils ont tresse. Puis ils se mirent lui faire des rvrences : Salut, roi des Juifs ! Ils lui frappaient la tte avec un roseau, crachaient sur lui, et s’agenouillaient pour lui rendre hommage. Quand ils se furent bien moqus de lui, ils lui trent le manteau rouge, et lui remirent ses vtements. et ils rquisitionnent, pour porter la croix, un passant, Simon de Cyrne, le pre d’Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs. Et ils amnent Jsus l’endroit appel Golgotha, c’est--dire : Lieu-du-Crne, ou Calvaire. Ils lui offraient du vin aromatis de myrrhe ; mais il n’en prit pas. Alors ils le crucifient, puis se partagent ses vtements, en tirant au sort pour savoir la part de chacun. Il tait neuf heures lorsqu’on le crucifia. L’inscription indiquant le motif de sa condamnation portait ces mots : Le roi des Juifs . Avec lui on crucifie deux bandits, l’un sa droite, l’autre sa gauche. Les passants l’injuriaient en hochant la tte : H ! toi qui dtruis le Temple et le rebtis en trois jours, sauve-toi toi-mme, descends de la croix ! De mme, les chefs des prtres se moquaient de lui avec les scribes, en disant entre eux : Il en a sauv d’autres, et il ne peut pas se sauver lui-mme ! Que le Messie, le roi d’Isral, descende maintenant de la croix ; alors nous verrons et nous croirons. Mme ceux qui taient crucifis avec lui l’insultaient. Quand arriva l’heure de midi, il y eut des tnbres sur toute la terre jusque vers trois heures. Et trois heures, Jsus cria d’une voix forte : lo, lo, lama sabactani ? , ce qui veut dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonn ? Quelques-uns de ceux qui taient l disaient en l’entendant : Voil qu’il appelle le prophte lie ! L’un d’eux courut tremper une ponge dans une boisson vinaigre, il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait boire, en disant : Attendez ! Nous verrons bien si lie vient le descendre de l ! Mais Jsus, poussant un grand cri, expira. Le rideau du Temple se dchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas. Le centurion qui tait l en face de Jsus, voyant comment il avait expir, s’cria : Vraiment, cet homme tait le Fils de Dieu ! Il y avait aussi des femmes, qui regardaient de loin, et parmi elles, Marie Madeleine, Marie, mre de Jacques le petit et de Jos, et Salom, qui suivaient Jsus et le servaient quand il tait en Galile, et encore beaucoup d’autres, qui taient montes avec lui Jrusalem. Dj le soir tait venu ; or, comme c’tait la veille du sabbat, le jour o il faut tout prparer, Joseph d’Arimathie intervint. C’tait un homme influent, membre du Conseil, et il attendait lui aussi le royaume de Dieu. Il eut le courage d’aller chez Pilate pour demander le corps de Jsus. Pilate, s’tonnant qu’il soit dj mort, fit appeler le centurion, pour savoir depuis combien de temps Jsus tait mort. Sur le rapport du centurion, il permit Joseph de prendre le corps. Joseph acheta donc un linceul, il descendit Jsus de la croix, l’enveloppa dans le linceul et le dposa dans un spulcre qui tait creus dans le roc. Puis il roula une pierre contre l’entre du tombeau. Or, Marie Madeleine et Marie, mre de Jos, regardaient l’endroit o on l’avait mis.

Mditation
La liturgie de ce dimanche est exceptionnelle, puisqu’elle porte un double titre : dimanche des Rameaux et de la Passion, et comporte deux lectures d’vangile. C’est donc un double vnement et un double mystre que nous vivons en ce dernier dimanche avant Pques, en ce jour o nous entrons dans la sainte semaine des passions du Christ.

La clbration des Rameaux
Quelques jours avant la fte de la Pque. Surprise : cette indication chronologique que nous trouvons dans notre missel au dbut de l’vangile des Rameaux ne figure pas dans la Bible. Elle a t ajoute pour tablir un lien plus troit entre la clbration pascale et l’entre de Jsus Jrusalem, alors que dans la Bible beaucoup d’vnements et d’enseignements (qui occupent les chapitres 21-25 de Matthieu) suivent l’entre Jrusalem. Quoi qu’il en soit, Jsus entre Jrusalem dans un climat d’allgresse populaire : on brandit des feuillages coups aux arbres. Ici encore, il y a de libres traductions : selon les climats, on coupe de vraies palmes, signes de victoire, ou des branches d’olivier, symboles de paix, ou encore de modestes rameaux de buis toujours vert, qui ce titre sont considrs comme un symbole d’immortalit et sont placs dans les maisons mais aussi sur les tombes. En beaucoup d’glises, on offre aujourd’hui les trois sortes de branchages : choisirons-nous un signe de victoire, de paix ou d’immortalit ? Jrusalem autrefois comme dans nos glises aujourd’hui, la procession s’accompagne de l’acclamation Hosanna au plus haut des cieux , dont nous ignorons l’origine prcise, mais qui voque le chant des anges Nol : Gloire Dieu au plus haut des cieux. Il est bon qu’avant de clbrer l’abaissement de la Passion, nous chantions dj l’exaltation du Christ, et qu’ainsi nous donnions le ton toute la liturgie de ce jour. Aussi bien, l’vangile s’achve par une de ces questions d’identit chres Matthieu, dj rencontres dans les vangiles de la Samaritaine au quatrime dimanche et de l’aveugle-n au cinquime dimanche. Alors qu’on vient de faire un triomphe Jsus, quelques ignorants ou quelques trangers demandent : Qui est-ce ? Ne serions-nous pas, nous aussi, de ceux qui posent des questions lgitimes ?

La clbration de la Passion
Toute la clbration est marque par la lecture ou le chant de la Passion selon saint Matthieu, qui commence avec les prparatifs du repas pascal et l’institution de l’eucharistie pour s’achever avec la dposition du corps du Christ dans un tombeau, dposition accompagne d’allusions non anodines l’annonce de sa Rsurrection. Aprs l’entre triomphale Jrusalem, vient donc la route des douleurs, la via dolorosa, le chemin du mpris et de la drision qui se prolonge par le chemin de croix. Dans ce long rcit, Matthieu et Marc sont les seuls nous transmettre l’appel au secours du Christ en croix : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonn ? Un cri, un sentiment d’abandon, qui reste mystrieux pour nous, mais qui est relay aujourd’hui par tant d’hommes, de femmes et d’enfants : Mon Dieu, o es-tu, m’as-tu abandonn ? Et peut-tre est-ce le monde entier, en proie tant de conflits, de violences et d’incertitudes, qui demande Dieu : O es-tu, nous aurais-tu abandonns ? Ce rcit dramatique, qui a mu toute l’assemble et chacun de nous, qui fait couler souvent des larmes d’motion et de compassion, ne doit pas rester sans rponse. En certaines glises, on chante nouveau et plusieurs reprises le Hosanna au plus haut des cieux , en montrant ainsi que l’on voit dans un regard de foi l’aboutissement et donc le sens de toutes ces alles et venues relates avec insistance par l’vangliste. En reprenant ce chant de la procession des Rameaux, on exprime aussi le lien entre les deux parties de la clbration. Que dire du mystre de la Passion ? En franais comme en d’autres langues occidentales, le mot passion a deux sens : la souffrance, mais aussi l’intrt ou l’amour passionn pour une science, pour un art, pour une personne. Certes, notre dimanche de la Passion du Seigneur voque et clbre la souffrance endure et accepte par le Christ, mais il contemple et clbre aussi, de faon plus intrieure, l’amour passionn du Christ pour Dieu son Pre et pour nous les hommes, qui il donne sa vie. Amour passionn du Christ pour son Pre lorsqu’au jardin des Oliviers il lui dit : Non pas ma volont, mais ta volont ; amour dchir lorsque sur la croix il s’crie : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonn ? ; amour de totale confiance lorsqu’il s’abandonne : Entre tes mains je remets mon esprit. Et de l’autre ct, amour passionn du Christ pour ses disciples et pour tous les hommes lorsqu’il institue l’eucharistie : Ceci est mon corps donn pour vous, ceci est mon sang rpandu pour la multitude en rmission des pchs ; amour trahi pour Judas lorsqu’il l’appelle ami : Mon ami, fais ta besogne ; amour infini pour Pierre le rengat lorsqu’ la fin de la Cne il lui dit : J’ai pri pour toi afin que ta foi ne sombre pas , et qu’aprs son reniement il pose son regard sur lui, et Pierre pleure amrement ; amour plein de piti pour ses bourreaux lorsqu’il demande : Pre, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. Nous rappeler les deux sens du mot passion, c’est nous rendre plus attentifs la richesse des mystres clbrs en ce dimanche : victoire de la vie sur la mort, que symbolisent les rameaux printaniers ; souffrance indicible : Mon me est triste jusqu’ la mort ; amour passionn du Christ pour son Pre et pour les hommes, qui lui donne la force de surmonter les preuves et d’aller jusqu’au bout du chemin. Hosanna au plus haut des cieux : ce chant li au dimanche des Rameaux et l’entre de Jsus Jrusalem, nous le reprenons chaque messe dans le chant du Sanctus. Il y a beaucoup de faons de chanter cet Hosanna. Et Bach et d’autres compositeurs ont crit une Passion selon saint Matthieu. nous de donner, par notre vie, une interprtation personnelle de l’Hosanna aussi bien que de la Passion.
P. Philippe Rouillard O.S.B.

Prire
Seigneur, aujourdhui commence la Semaine Sainte. Je ne veux pas que cette semaine ressemble nimporte quelle autre semaine de lanne. Je ne veux pas demeurer indiffrent aux mystres de ta passion et de ta mort. Ainsi je viens toi dans la prire pour mditer et rflchir sur ce qui sest pass les derniers jours de ta vie sur terre. Chaque jour de cette semaine je veux prendre le temps pour contempler ces mystres. Aujourdhui, dimanche des rameaux, tu entres triomphalement Jrusalem, accompagn des acclamations de la foule. Aide-moi en ces quelques minutes de prire pntrer plus profondment dans la signification de cette clbration.

HOMLIE DU DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION, B

27 mars, 2015

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HOMLIE DU DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION, B

Mc 11, 1-10 (ou Jn 12, 12-16) ; Is 50, 4-7 ; Ph 2, 6-11 ; Mc 14, 1 – 15, 47

Dieu semble bien souvent absent. Surtout peut-tre quand on en aurait le plus besoin. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonn ? » (1). Voil les seules paroles de Jsus en croix que Marc a retenues dans sa prdication de la Bonne Nouvelle. C’taient d’ailleurs des paroles semblables que devaient crier dans les geles romaines ou murmurer dans leurs curs dsempars tant de chrtiens victimes d’une perscution croissante.
Comment rendre confiance ces enthousiastes dus, ces nouveaux convertis, juifs ou paens, qui ont reconnu dans le prophte de Nazareth le librateur de tous les esclavages, l’lu de Dieu, btisseur d’un monde nouveau ?
On ne peut vraiment connatre le Christ qu’en passant par o il est pass, rpond Marc. On ne peut dcouvrir en lui la divinit qu’en acceptant sans rserve son humanit.
La vie du Christ n’a pas t constamment adoucie et embellie par des interventions miraculeuses. Trahi par les siens, injustement accus par ses opposants, condamn mort, le tmoin de la vrit, l’irrprochable, ne sera pas sauv in extremis par une « lgion d’anges ».
Ses dceptions seront intgralement humaines, l’angoisse ne lui sera pas pargne et il sera rong et tortur lui aussi par le doute lancinant jusqu’ laisser chapper une prire qui frise le dsespoir.
La ralit est brutale mais on ne peut la gommer. Dieu « fait chair » n’a pas t bien accueilli. « Il est venu parmi les siens et les siens ne l’ont pas reu » Bien des prophties avaient voqu trs crment la figure d’un messie, serviteur et souffrant, objet d’outrages de tous genres, maudit et malmen par les adorateurs du vrai Dieu Prophties oublies au profit d’une image plus fidle aux vanits humaines Un messie royal et triomphant, politique et nationaliste, vainqueur de tous les ennemis et venu confirmer la religion officielle et ses adeptes les plus fervents.
Ds ses premires interventions, Jsus s’est heurt tous les pouvoirs en place. La vrit de Dieu n’a pas plu la vrit des hommes. La Bonne Nouvelle de la paternit divine et de la fraternit humaine, celles de l’amour et du pardon, de la justice et de la paix, ont t aussitt censures. Il faut faire taire ce blasphmateur !
La Parole aurait pu se prvaloir de ses origines divines et, comme l’crit Paul, « revendiquer son droit d’tre trait l’gal de Dieu ». Le Verbe n’a pas suivi la logique de l’esprit du monde. Il aurait pu se drober la spirale de la violence et du mal, blouir ses adversaires et mme se faire proclamer roi. Il a prfr la folle logique de l’amour et servir plutt que d’tre servi. Parfaitement homme, il a rvl un Dieu plus humain que l’homme, pour nous apprendre tre parfaitement et totalement homme ou femme.
Jsus n’a pas chapp aux preuves de l’ingratitude et au supplice de la solitude. Son extraordinaire Bonne Nouvelle s’est constamment heurte l’incomprhension de ses proches et mme de ses disciples. Marc nous fait toucher du doigt l’isolement progressif du miroir mme de Dieu Alliance des jalousies, des intgrismes et des fanatismes, piges hypocrites et complots taills sur mesure Il faut relire la trahison de Judas, l’assoupissement des disciples, la fuite de la dernire garde et l’ultime et horrible blessure du reniement de Pierre.
A l’heure des miracles, il entendit les applaudissements de la foule. Condamn mort au nom de Dieu et au nom de l’Empereur, c’est entour de sarcasmes et de cris de haine qu’il trana sa croix.
Progressivement, la Parole tait devenue silence et c’est le silence de Dieu qui accompagna Jsus au calvaire. Y a-t-il plus grande solitude que celle du gibet ? L’esprance cependant n’est pas morte, car l’angoisse s’accompagne d’un cri : « Mon Dieu, mon Dieu ».
Point d’orgue inattendu, c’est un soldat paen qui dnonce l’aveuglement des hommes et entonne le credo : « Vraiment cet homme tait Fils de Dieu ».
Aujourd’hui encore, nous pouvons tre Pierre ou Judas, Hrode, Caphe, Pilate ou le Centurion. Nous pouvons trahir la Parole en l’coutant sans la mettre en pratique. Nous pouvons emprisonner Jsus dans la solitude quand nos credo ne changent rien notre vie. La Passion du Christ continue. Il est chaque jour re-crucifi, non par des juifs et des paens, mais par des baptiss qui « s’attaquent la vie du juste et dclarent coupable l’innocente victime ». (Ps 93, 21)
L’ami et le fidle, au contraire, est celui qui « se laisse rveiller chaque matin par la Parole, pour l’couter comme celui qui se laisse instruire ».

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 – 2008

(1) « Pourquoi m’as-tu abandonn ? », Chiara Lubich, Nouvelle Cit.