QU’EST-CE QU’UNE ICÔNE. (UNE PRIÈRE EN COULEURS)

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QU’EST-CE QU’UNE ICÔNE. (UNE PRIÈRE EN COULEURS)

Un sujet qui a maintes fois été traité par de nombreuses personnes. Je vais essayer de traduire ce que j’ai pu retenir de toutes ces lectures.
Icône vient d’un mot grec « Eikon » (Eikon) qui signifie : image, ressemblant, figuratif, similitude.
Pour les chrétiens orientaux, ce mot a un sens beaucoup plus restrictif. Il ne se rapporte qu’aux images Saintes du Christ, des Saints, des scènes bibliques.
L’Icône serait donc une image pieuse ? Non ! L’Icône n’est pas seulement une image pieuse, elle a une valeur spirituelle, une valeur liturgique, elle obéit à tout un art de la symbolique où les réalités de la foi sont figurées.
Aussi ne peut-on pas regarder une icône comme l’on regarderait un tableau impressionniste, uniquement en seul objet d’art. Il faut faire l’effort de la replacer dans son contexte, dans la vie spirituelle de ceux qui lui offrent un culte. Les iconodules, les Chrétiens.
C’est un art chrétien, une théologie visuelle, une catéchèse par l’image.
L’icône chante par ses moyens propres la gloire de Dieu.
L’icône est une vision de la foi. Elle est un support pour la prière. La contemplation orante traverse, pour ainsi dire, l’icône et ne s’arrête qu’au contenu visuel qu’elle traduit.
Cet art des premiers Chrétiens n’est pas sorti de rien, il est le résultat d’une évolution qui s’est produite au contact des cultures des régions de l’ancien monde :

En Palestine le judaïsme,
En Grèce l’hellénisme,
En Rome l’esprit romain et sa conception de l’image.

À la fin du II e siècle apparaissent des symboles d’une inspiration typiquement chrétienne : Multiplication des pains comme représentation du banquet eucharistique. Adoration des mages comme symbole de l’admission des païens à la foi. Résurrection de Lazare. La vigne mystère de Dieu dans les baptisés. Le poisson, symbole le plus important.
Le début de la chrétienté est profondément imprégné par l’Ancien Testament. Celui-ci tout au long de son histoire est une lutte contre les idoles sous forme de sculptures, d’images, bien entendu, les fausses images, en l’attente de la vraie Image.
L’interdiction du Pentateuque : « Tu n’auras pas d’autres dieux que moi. Tu ne feras aucune image sculptée, rien qui ressemble à ce qui est dans les cieux, là-haut ou sur la terre ici-bas ou dans les eaux, au-dessous de la terre », pourraient sembler condamner les Icônes. Mais l’Exode 20,23 et Deutéronome 27,15 semblent aussi limiter cette interdiction à la seule représentation de dieux sous forme d’idole et au culte qu’on leur rendait.
En effet, on trouve dans l’Ancien Testament la demande de la représentation d’un serpent d’airain, les ordonnances concernant la représentation des chérubins de l’Arche d’Alliance. Ézéchiel (597 avant J.C) mentionne des palmiers ornant le Temple en plus des chérubins à face d’homme et de lion.
La loi de l’Ancien Testament prohibait les images car elles ne pouvaient pas traduire la pureté du Dieu invisible.
On peut cependant lire dans la Genèse 1 : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance ». Dieu créa l’homme à son image.
Malheureusement avec le péché d’Adam, l’homme s’est dangereusement écarté de la ressemblance initiale avec Dieu pour s’enfoncer dans la dissemblance. Par contre, les Anges ont gardé intacte leur nature de seconde lumière ce qui pourrait expliquer leur représentation sur l’Arche.
Ainsi avant la naissance de Jésus, l’incarnation du Verbe, par crainte d’idolâtrie, toute expression céleste est limitée au monde des Anges.
Tout ce passé a certainement incité les premiers Chrétiens à ne rester que dans le symbolisme, du moins pour certaines communautés. La vénération des Images remonterait cependant à l’époque des apôtres. Un texte apocryphe relate que le portrait de Saint-Jean était exposé dans la maison d’un disciple.
Ce texte apocryphe, partie de la Bible dont l’authenticité n’a pas été établie, est rejetée par l’Église Chrétienne. Ce texte n’aurait pas tendance à nous surprendre, sachant que cette période, fortement imprégnée d’hellénisme, avait de très bons artistes.
Les artistes, les peintres ont toujours aimé représenter ce qu’ils voyaient. Saint
Luc, considéré comme le patron des médecins et des peintres, aurait peint le visage de la Vierge (I e siècle). Il aurait donc la paternité d’une icône de la Vierge dite Madone de Saint Luc. Cet original qui aurait servi de modèle aurait été détruit au XV e siècle. Un panneau de Sainte Marie Majeure de Rome en serait la copie. Que ce modèle, le prototype, soit attribué à Saint Luc est aussi apocryphe. Une copie de celui-ci, la Vierge de Cambrai a un troublant témoignage.
Relisons « la Tête d’Obsidienne » de Malraux ou le texte revu et corrigé de la « Corde et les Souris » et arrêtons-nous quelques instants sur l’échange de propos entre Malraux et Picasso. Nous y découvrons que Bernadette, celle de Lourdes, n’a jamais voulu reconnaître la physionomie de Marie dans les expressions que les fabricants ont données aux statues de N.D. de Lourdes. Un jour qu’elle s’en plaignait à un éminent religieux, celui-ci, possédant un album des madones les plus connues, le lui fit voir. Elle s’arrêta sur ce qui lui parut le plus ressemblant : N.D. de Cambrai ! La conclusion de Picasso fut : « Que les byzantins l’aient inventée c’est étonnant tout de même ».
Le prototype est-il vraiment apocryphe ?
L’Incarnation, le Christ délivre les hommes de la mythologie et des idoles non pas négativement en supprimant l’image, mais positivement en révélant la vraie nature humaine de Dieu. Image visible de l’invisible. Dieu révèle son visage humain, la Parole devient objet de contemplation : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez », « celui qui m’a vu, a vu le Père ».
C’est à partir de l’Incarnation que les artistes chrétiens commenceront à représenter d’abord les martyrs et ensuite le Christ. Les plus anciennes icônes concernent les stylites ; ces ermites, qui vivaient sur des colonnes, jeûnant et priant, étaient plus ou moins assimilés à des anges

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