Archive pour le 6 août, 2014
BENOÎT XVI, ANGÉLUS 2011 – TRASFIGURATIONS DU SEIGNEUR
6 août, 2014BENOÎT XVI
ANGÉLUS – TRASFIGURATIONS DU SEIGNEUR
Place Saint-Pierre
Dimanche 20 mars 2011
Chers frères et sœurs!
Je rends grâce au Seigneur qui m’a donné de vivre ces derniers jours les Exercices spirituels, et je suis également reconnaissant à ceux qui ont été proches de moi par la prière. Ce deuxième dimanche de carême est appelé dimanche de la Transfiguration, parce que l’Evangile raconte ce mystère de la vie du Christ. Après avoir annoncé sa passion à ses disciples, Jésus «prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière» (Mt 17, 1-2). Pour les sens, la lumière du soleil est la plus intense que l’on connaisse dans la nature, mais pour l’esprit, les disciples virent, pendant un bref moment, une splendeur encore plus intense, celle de la gloire divine de Jésus, qui éclaire toute l’histoire du salut. Saint Maxime le Confesseur affirme que «les vêtements devenus blancs portaient le symbole des paroles de l’Ecriture Sainte, qui devenaient claires et transparentes et lumineuses» (Ambiguum 10: PG 91, 1128 B).
L’Evangile dit qu’aux côtés de Jésus transfiguré, «apparurent Moïse et Elie, qui s’entretenaient avec lui» (Mt 17, 3); Moïse et Elie, figures de la Loi et des prophètes. Ce fut alors que Pierre, en extase, s’exclama: «Seigneur, il est heureux que nous soyons ici! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie» (Mt 17, 4). Mais saint Augustin commente en disant que nous avons une seule demeure: le Christ; lui, «est la Parole de Dieu, Parole de Dieu dans la Loi, Parole de Dieu dans les Prophètes» (Sermo De Verbis Ev. 78, 3: PL 38, 491). En effet, le Père lui-même proclame: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour; écoutez-le!» (Mt 17, 5). La Transfiguration n’est pas un changement de Jésus, mais elle est la révélation de sa divinité, «l’intime compénétration de son être de Dieu, qui devient pure lumière. Dans son être un avec le Père, Jésus lui-même est Lumière née de la Lumière» (Jésus de Nazareth, 2007). En contemplant la divinité du Seigneur, Pierre, Jacques et Jean sont préparés à affronter le scandale de la Croix, comme on le chante dans un hymne ancien: «Tu t’es transfiguré sur la montagne, et, autant qu’ils en étaient capables, tes disciples ont contemplé ta Gloire, Christ Dieu afin que lorsqu’ils Te verraient crucifié, ils comprennent que ta passion était volontaire et qu’ils annoncent au monde que Tu es vraiment le rayonnement du Père» (Liturgie byzantine, Kontakion de la fête de la Transfiguration).
Chers amis, nous participons nous aussi à cette vision, et à ce don surnaturel, en faisant place à la prière et à l’écoute de la Parole de Dieu. En outre, spécialement en ce temps de carême, je vous exhorte, comme l’écrit le serviteur de Dieu Paul VI, à «répondre au précepte divin de la pénitence par quelque acte volontaire en dehors des renoncements imposés par le poids de la vie quotidienne» (Constitution apostolique Pænitemini, 17 février 1966, III, c: AAS 58 [1966]). Invoquons la Vierge Marie, afin qu’elle nous aide à écouter et à suivre toujours le Seigneur Jésus, jusqu’à la passion et la croix, pour participer aussi à sa gloire.
TRANSFIGURATION DU SEIGNEUR
6 août, 2014TRANSFIGURATION DU SEIGNEUR
MERCREDI 6 AOÛT 2014
FAMILLE DE SAINT JOSEPH
HOMÉLIE – MESSE
La Transfiguration se présente comme un mystère de lumière ; mais plus largement, c’est l’incarnation toute entière qui, dès le premier moment de la conception du Fils de Dieu dans le sein de la Vierge Marie, est un mystère de lumière. Saint Jean ouvre son Prologue par la révélation solennelle du Verbe : « En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée » (Jn 1, 4-5). Saint Luc proclame la même Bonne Nouvelle par la voix de Zacharie qui nous annonce la visite « de l’Astre d’en haut, venu illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort » (Lc 1, 79).
La lumière révèle, elle fait entrer dans la visibilité les objets et les personnes qu’elle illumine, en les faisant apparaître à notre regard. Dans le mystère de l’Incarnation, Jésus vrai lumière vient éclairer le monde, les hommes, les événements, pour les faire apparaître à nos yeux dans leur perspective d’éternité. « Tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son Nom, il leur a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12), c’est-à-dire de devenir à leur tour des fils de lumière.
La naissance de l’Enfant est annoncée par une lumière divine qui luit au cœur de la nuit de Palestine – « les bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux, son enveloppés de la lumière de la gloire du Seigneur » (Lc 2, 8-9) – et cette même gloire lumineuse resplendit sur les Messagers de la Bonne Nouvelle de la Résurrection au matin de Pâques – « L’Ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. Il avait l’aspect de l’éclair et son vêtement était blanc comme la neige » (Mt 28, 2-3). Aujourd’hui, sur le Thabor, ce ne sont pas des Anges qui reflètent la gloire du Très-Haut, mais c’est la très Sainte humanité de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui laisse transparaître quelques instants la gloire divine dont elle est saturée.
Or « au moment d’introduire le Premier-né dans le monde à venir, Dieu dit : “Que tous les Anges se prosternent devant lui”. Ainsi donc la gloire qui resplendit sur la visage des Anges n’est que le reflet de celle qui illumine le Verbe éternel. Resplendissement de la gloire du Père, expression parfaite de son être, ce Fils est élevé bien au-dessus des Anges, car il possède par héritage un nom bien plus grand que le leurs, lui qui, après avoir accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté divine au plus haut des cieux » (cf. He 1, 1-3). Il règne désormais « bien au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir » (Eph 1, 21). Scrutant l’invisible, le voyant de Patmos précise : « Sa voix est comme la voix des océans ; dans sa main droite, il tient sept étoiles, et de sa bouche sort un glaive acéré, à deux tranchants. Son visage resplendit, tel le soleil dans tout son éclat » (Ap 1, 15-16).
Alors que le soleil estival réjouit notre cœur, la fête de la Transfiguration nous rappelle qu’il est un autre Soleil qui devrait bien davantage encore être pour nous source d’allégresse, d’émerveillement, de reconnaissance. Un soleil qui ne nous est plus extérieur, réchauffant seulement notre corps, mais un soleil intérieur : la présence lumineuse de Jésus qui par son Esprit, habite au fond de nos cœurs. Dieu en effet « lui a tout soumis et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l’Eglise qui est son corps, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude » (Eph 1, 22-23).
C’est en Jésus, « pierre vivante éliminée par les hommes, mais choisie par Dieu parce qu’il en connaît la valeur » (1 P 2, 4), que nous sommes devenus « le sacerdoce royal, chargé d’annoncer les merveilles de Celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (1 P 2, 9) ; car « autrefois nous n’étions que ténèbres, mais maintenant, dans le Seigneur, nous sommes devenus lumière » (Ep 5, 8).
Certes, ce n’est qu’au-delà de la mort que nous nous rassasierons de la vision de cette présence divine ; sur cette terre la gloire de Dieu nous demeure voilée, nous invitant à une vie de foi. Mais la foi est déjà participation bien réelle à cette gloire ; aussi, dès à présent, « vivons donc comme des fils de la lumière » (Ibid.) puisque nous le sommes.
La foi est le seul chemin pour entrer dans la gloire ; or « nous n’avons que cette vie pour vivre de foi » (Ste Thérèse de l’Enfant Jésus) : sachons discerner le véritable enjeu de notre pèlerinage sur Terre, et pénétrons nous aussi dans la « nuée lumineuse » de la foi !
« Vierge Marie, aide nous à entrer dans la nuée lumineuse de la foi théologale et à y demeurer tous les jours de notre vie, “fixant notre attention sur la parole de ton Fils comme sur une lampe brillant dans l’obscurité jusqu’à ce que paraisse le jour et que l’étoile du matin se lève dans nos cœurs” (1ère lect.). Que dans la contemplation des saints mystères, nous puissions nous laisser approcher par Jésus, nous laisser toucher par lui et l’entendre nous dire comme aux trois apôtres sur le Thabor : “Relevez-vous et n’ayez pas peur !”. Fortifiés dans l’Esprit, nous pourrons alors “proclamer sa justice et révéler à tous les peuples sa gloire” (Ps. 96). »
Père Joseph-Marie