Archive pour juin, 2014

LA VISITE DE BARTHOLOMEOS Ier À ROME – FÊTE DES SAINTS APÔTRES PIERRE ET PAUL (2004) -

25 juin, 2014

http://www.30giorni.it/articoli_id_4022_l4.htm

LA VISITE DE BARTHOLOMEOS Ier À ROME – FÊTE DES SAINTS APÔTRES PIERRE ET PAUL (2004) -

L’unité que nous souhaitons voir de nos yeux durant notre vie sur terre

Le Patriarche œcuménique de Constantinople a défini, dès son premier discours du 29 juin, les bases de cette unité que les Églises doivent demander «fixant les yeux sur Jésus, le chef de notre foi qui la mène à la perfection, sans lequel nous ne pouvons rien faire»

par Gianni Valente

«C’est avec des sentiments mêlés de tristesse et de joie que nous venons à vous en ce jour important de la fête des saints apôtres Pierre et Paul». L’exorde ambivalent de l’homélie prononcée par Bartholomeos Ier durant la messe du soir du 29 juin sur le parvis de Saint-Pierre, où était réunie une foule de cardinaux et d’archevêques catholiques attendant de recevoir le pallium des mains tremblantes du Pape, représente comme l’emblème de la façon dont s’est déroulée la visite du patriarche œcuménique de Constantinople à l’Église de Rome et à son Évêque, à l’occasion de la fête patronale de la Ville éternelle. Une sincérité sans calcul, peu accoutumée aux schémas préfabriqués des habituelles et vaines courtoisies dans les rapports du monde œcuménique. Une grande loyauté qui lui fait dire: «Tout en nous réjouissant avec vous, nous regrettons que manque ce qui aurait rendu totale notre joie à tous deux à savoir le rétablissement de la pleine communion entre nos Églises».
Bartholomeos connaît bien Rome. Il y a poursuivi ses études pendant quelques années au temps du Concile. C’est la troisième fois qu’il vient dans la Ville sainte en tant que patriarche, mais cette fois-ci sa visite a donné lieu à des attentes particulières. À la suite de la lettre que, le 29 novembre dernier, Bartholomeos avait envoyée au Pape pour manifester l’hostilité de toute l’Orthodoxie à la reconnaissance – dont il était question – du patriarcat pour les catholiques ukrainiens de rite oriental, il était nécessaire de dissiper les malentendus et de mettre fin aux mauvaises humeurs. Il fallait célébrer le réouverture de l’église romaine San Teodoro al Palatino qui a été confiée, sur décision du Pape, pour usage liturgique, aux grecs-orthodoxes de Rome. Et puis tombent cette année des anniversaires importants d’événements liés à l’histoire des rapports entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe: le schisme d’Orient (1054), la quatrième Croisade avec le sac de Constantinople (1204) et l’accolade que se sont donnée à Jérusalem le pape Paul VI et le patriarche Athênagoras (1964), après des siècles d’hostilité entre évêques de la Première et de la Seconde Rome.
Les gestes et les mots de Bartholomeos, dans ses journées romaines, sont passés comme une brise fraîche au milieu des manières obséquieuses et formalistes des représentants de l’Église. Sans s’engager dans les impasses des querelles brûlantes sur le prosélytisme et l’uniatisme (seule une allusion dans la rencontre finale avec des journalistes pour réduire toute la question au zèle «excessif, incompréhensible et inacceptable» de «certains prêtres polonais»), Bartholomeos a défini, dès son premier discours du 29 juin, les bases de cette unité que les Églises doivent demander «fixant les yeux sur Jésus, le chef de notre foi qui la mène à la perfection, sans lequel nous ne pouvons rien faire». Une unité que pourtant», a-t-il dit, «nous souhaitons de tout notre cœur voir de nos yeux durant notre vie sur terre ».
L’accolade de Jean Paul II et du patriarche Bartholomeos Ier sur la place Saint-Pierre, à la fin de la messe dans la solennité des apôtres saint Pierre et saint Paul, le soir du 29 juin
L’accolade de Jean Paul II et du patriarche Bartholomeos Ier sur la place Saint-Pierre, à la fin de la messe dans la solennité des apôtres saint Pierre et saint Paul, le soir du 29 juin

Unité de l’Église et alliances mondaines
Il y a une façon de comprendre l’unité souhaitée entre les Églises qui se fonde sur des catégories et des interprétations «mondaines». Bartholomeos, dans les discours qu’il a prononcés à Rome, a utilisé plusieurs fois cet adjectif pour décrire le modus operandi qui conçoit cette unité comme une «soumission des Églises et de leurs fidèles à un unique schéma administratif» ou comme une «alliance idéologique ou une alliance d’action pour atteindre un but commun», une unité égale «aux unions des États, aux corporations de personnes et de structures avec lesquelles se crée une union d’organisation plus élevée».
Cette conception n’a rien à voir avec «l’expérience qui vient d’une telle communion de chacun avec le Christ que l’unité se fait dans le vécu du Christ». Une unité dans laquelle «on ne cherche pas à niveler les traditions, les usages et les habitudes de tous les fidèles», mais on demande seulement de vivre «la communion dans le vécu de l’incarnation du Logos de Dieu et de la descente de l’Esprit Saint dans l’Église ainsi que dans le vécu commun de l’événement de l’Église comme Corps du Christ». Le seul dialogue intéressant, «le plus important de tous», a lieu à l’intérieur de cet horizon.
Si n’existe pas cette insertion gratuite dans le «vécu du Christ», le risque est que l’on se serve du nom du Christ pour couvrir ses propres prétentions de pouvoir ecclésiastique. «Il est arrivé bien des fois», a expliqué Bartholomeos dans son homélie de la place Saint-Pierre, que «des fidèles, au cours des siècles, aient demandé au Christ d’approuver des œuvres qui n’étaient pas en accord avec son esprit». «On a encore plus souvent», poursuit-il, «attribué au Christ ses propres opinions, son propre enseignement en prétendant que les unes et l’autre étaient l’expression de l’esprit du Christ. De là sont nées des discordes entre les fidèles».
Le patriarche Bartholomeos Ier dépose un bouquet de fleurs sur la tombe de Paul VI, dans les Grottes du Vatican, le matin du 29 juin
Le patriarche Bartholomeos Ier dépose un bouquet de fleurs sur la tombe de Paul VI, dans les Grottes du Vatican, le matin du 29 juin

Défis et gestes concrets
Jean Paul II a lui aussi situé la rencontre avec Bartholomeos dans la perspective historique qui va des déchirures de 1054 et de 1204 au “revirement” de l’accolade entre Athênagoras et Paul VI et à la reprise du dialogue théologique entre les Églises d’Orient et d’Occident. Le matin du 29 juin, dans le discours qu’il a adressé à la délégation venant du Phanar, il s’est arrêté en particulier sur les événements de la IVe croisade, époque où «une armée partie pour récupérer pour la chrétienté la Terre Sainte se dirigea vers Constantinople pour prendre et saccager la ville, versant le sang de nos frères dans la foi». Dans l’homélie qu’il a prononcée durant la messe du soir, il a rappelé la rencontre entre Paul VI et Athênagoras comme «un défi pour nous», rappelant que l’engagement à marcher vers l’unité «pris par l’Église catholique avec le Concile Vatican II est irrévocable». Mais plus que les discours et les homélies, ce sont certains gestes concrets qui ont donné la mesure du peu qui sépare les Églises catholique et orthodoxe. Un peu qui les empêche pourtant de manifester et de vivre dans toutes ses conséquences la pleine communion visible. Des gestes comme le Credo que le Pape et le Patriarche ont récité ensemble en langue grecque, dans la formulation originale nicéo-constantinopolitaine, durant la messe du 29 juin. Ou comme l’hymne à l’apôtre Pierre, entonné par Bartholomeos devant le sépulcre de l’apôtre Pierre, le matin du 29 juin, quand le Patriarche est descendu dans les Grottes du Vatican pour réciter une prière et déposer un bouquet de fleurs sur la tombe de Paul VI.
L’Orthodoxie dans le cœur de Rome
Les Turcs appellent la résidence de Bartholomeos sur la Corne d’Or, à Istanbul, Rum Patrikhanesi, Patriarcat “Romain”. Dans le jargon local, le Patriarcat et sa cour sont aujourd’hui encore les Rum, les “Romains”, autrement dit les descendants de la tradition byzantine, laquelle se considérait comme l’héritière exclusive de la civilisation romaine impériale. Mis à part sa visite au Vatican, les trajets accomplis par Bartholomeos durant ses journées romaines ont tous été compris dans le triangle formé par le Capitole, le Palatin et l’île Tibérine, au cœur de Rome. Trajets qui ont consolidé le lien qui unit le patriarcat œcuménique à la réalité ecclésiale et civile de la Ville éternelle.
Dans l’après-midi du 30 juin, le Patriarche et toute la délégation (dont faisaient partie le métropolite Chrysostome d’Ephèse, Jean de Pergame et Gennadios de l’archidiocèse d’Italie) ont été accueillis par le maire de Rome, Walter Veltroni, dans la Salle des Drapeaux, au Capitole. Recevant la décoration de la Louve de Rome, Bartholomeos a souligné que «c’est l’idée de la réconciliation et de la collaboration entre les peuples européens qui a fait naître justement, ici, à Rome, l’Union européenne». Il a encore rendu hommage à la Cité éternelle, en tant que point concret de fusion des trois éléments constitutifs de la civilisation européenne: «La démocratie, la philosophie, l’art», a-t-il dit, «sont issus de l’ancien esprit grec. La suprématie du droit, l’organisation de l’État, la paix comme effet de la domination sur le monde expriment le réalisme de l’esprit romain. Le respect du faible, de la femme, de l’enfant, la diffusion de la charité, l’adoucissement de la cruauté et la clémence sociale expriment l’esprit chrétien […]. Souhaitons que l’esprit chrétien, partant de Rome, la ville qui cultive et mêle depuis des siècles les principes de ces trois civilisations, imprègne de son parfum la vie de tous les habitants de l’Europe».
La rencontre avec le maire Walter Veltroni , au Capitole, l’après-midi du 30 juin
La rencontre avec le maire Walter Veltroni , au Capitole, l’après-midi du 30 juin
La rencontre de la délégation patriarcale avec la Communauté de Sant’Egidio, qui s’est déroulée dans l’église san Bartolomeo, sur l’Île Tibérine, a confirmé les liens d’amitié qui existent depuis longtemps entre le Patriarche et le groupe ecclésial romain. Bartholomeos a loué les membres de la communauté «de poursuivre le dialogue interreligieux dans un esprit de paix», à un moment où des «heurts réciproques survenus au nom de la religion, ont répandu parmi les hommes l’idée erronée que la haine et l’extrémisme religieux plaisent à Dieu». Une idée qui attribue ainsi à Dieu un reniement pervers «de sa sagesse et de son amour, c’est-à-dire de lui-même».
Le matin du 1er juillet, les progrès accomplis par les Églises de la Première et de la Seconde Rome sur la voie de la pleine communion se sont manifestés de façon stable et concrète par la remise de l’église San Teodoro Tirone al Palatino (dédiée au martyr du même nom), qui a été confiée par le diocèse de Rome, sur décision de son Évêque, à l’archidiocèse orthodoxe d’Italie et qui est destinée à devenir la paroisse romaine des orthodoxes de langue grecque. Une église à plan circulaire, lieu de culte dès le VIe siècle, restaurée dans les deux dernières années selon les exigences de la liturgie byzantine, aux frais de Mme Fotini Livanos, qui appartient à une riche famille d’armateurs grecs. C’est dans cette église que Bartholomeos a présidé, pendant plus de deux heures, le thyranixion, célébration solennelle d’inauguration de l’usage liturgique de la part de la communauté grecque-orthodoxe, en présence de nombreux ecclésiastiques catholiques dont le cardinal vicaire Camillo Ruini, le cardinal Walter Kasper et l’archevêque substitut de la Secrétairerie d’État, Leonardo Sandri. Dans la petite église, avant-poste orthodoxe dans le cœur de l’aire archéologique de Rome, Bartholomeos a exprimé sa gratitude au Pape et à ses collaborateurs et a situé la concession de l’usage de l’«ancien temple» dans la perspective souhaitée de «l’accord qui plaît à Dieu sur les points importants, accord qui portera à l’union sacramentelle désirée».

Rendez-vous à Istanbul (via Ankara?)
L’annonce-surprise, Bartholomeos la réserve pour les dernières heures de son séjour romain. Après avoir été reçu par le Pape pour le déjeuner d’adieu et avoir souscrit avec lui la Déclaration conjointe rituelle, le soir du jeudi 1er juillet, il confie à un groupe de journalistes qu’il a profité de cette occasion pour inviter le Pape à Istanbul pour la fête de Saint Andréa, le 30 novembre prochain. «Et comme le Pape», ajoute-t-il, «est un chef d’État, il ira d’abord à Ankara, la capitale, puis il viendra chez nous». Bartholomeos évoque aussi la possibilité que, dans cet hypothétique voyage au Phanar, le Pape puisse rapporter sur la Corne d’Or les précieuses reliques des patriarches saint Jean Chrysostome et saint Grégoire de Naziance qui ont disparu de Constantinople, dans le sac de 1204. «Selon nos recherches», fait savoir Bartholomeos, «elles devraient se trouver à Saint-Pierre. On nous a dit au Vatican que l’on ferait des recherches. Quand elles auront été retrouvées, j’enverrai une lettre pour demander qu’elles nous soient restituées».
L’activisme politico-ecclésial de Bartholomeos (quelques heures avant de voir le Pape, il avait rencontré à Istanbul le président des États-Unis George W. Bush) suscite souvent des réserves dans les milieux ecclésiaux. Le caractère élevé du point de vue doctrinal de ses interventions (et ceux de Rome en sont un exemple) s’accorderait mal, au dire de certains, avec la faiblesse institutionnelle du patriarcat œcuménique qui conserve une juridiction directe sur quelques millions de fidèles, dont quelques milliers seulement sont en Turquie. M. Andrea Riccardi, fondateur de Sant’Egidio, a parlé du patriarcat œcuménique comme d’une «force faible dans le sens indiqué par l’apôtre Paul, qui dit: quand je suis faible, c’est alors que je suis fort». En ce sens, le rôle assumé par Barholomeos dans la partie qui se joue pour l’entrée du pays anatolien dans l’Union européenne est encore plus intéressant.
Dans la rencontre avec les journalistes, le Patriarche a fait l’éloge des pas accomplis par le gouvernement d’Erdogan pour aligner son pays sur les normes législatives européennes («certains députés kurdes ont été libérés, des émissions de télévision en langue kurde ont été créées, la peine de mort, qui est encore en vigueur aux États-Unis, a aussi été abolie»). Il a confié qu’il avait insisté pour que, dans la déclaration commune qu’il a souscrite avec le Pape, il y eût une allusion au dialogue nécessaire entre l’Europe et l’islam, en pensant précisément à la Turquie. Il a aussi annoncé que le gouvernement turc, guidé par des musulmans modérés, avait autorisé la réouverture de l’École de Théologie patriarcale de Halki, l’académie orthodoxe fermée dans les années Soixante-dix par le laïcisme rigide de la législation inspirée de Mustapha Kémal («nous comptons la remettre en fonction à la prochaine rentrée universitaire»).
Une rencontre entre le Pape et Erdogan orchestrée par Bartholomeos, un mois avant le Conseil de l’Europe qui devra se prononcer sur l’épineuse question de l’entrée de la Turquie dans l’Europe (et passer éventuellement outre les nombreuses objections à cette entrée, dont certaines viennent de l’Église et mettent parfois en avant les racines chrétiennes de l’Europe), serait pour le moins un coup magnifique.

 

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – Mercredi 18 juin 2014

25 juin, 2014

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2014/documents/papa-francesco_20140618_udienza-generale.html

(la traduction française n’arrive pas bientôt, il ya quelques jours plus tard, donc aujourd’hui je mets que le 18 Juin)

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre

Mercredi 18 juin 2014

Chers frères et sœurs, bonjour.

Je vous fais mes compliments parce que vous avez eu du courage, avec ce temps où on ne sait pas s’il va pleuvoir, s’il ne va pas pleuvoir…. Bravo! Espérons finir l’audience sans pluie, que le Seigneur aie pitié de nous.

Aujourd’hui, je commence un cycle de catéchèses sur l’Eglise. C’est un peu comme un fils qui parle de sa propre mère, de sa propre famille. Parler de l’Eglise signifie parler de notre mère, de notre famille. En effet, l’Eglise n’est pas une institution finalisée à elle-même ou une association privée, uneong, et nous devons encore moins restreindre notre regard au clergé ou au Vatican… «L’Eglise pense…». Mais nous sommes tous l’Eglise! «De qui parles-tu». «Non, des prêtres…». Ah, les prêtres font partie de l’Eglise, mais nous sommes tous l’Eglise! Il ne faut pas la restreindre aux prêtres, aux évêques, au Vatican… Ce sont des parties de l’Eglise, mais nous sommes tous l’Eglise, nous appartenons tous à la famille, tous à la mère. Et l’Eglise est une réalité beaucoup plus vaste, qui s’ouvre à toute l’humanité et qui ne naît pas dans un laboratoire, l’Eglise n’est pas née dans un laboratoire, elle n’est pas née à l’improviste. Elle est fondée sur Jésus, mais elle est un peuple qui a une longue histoire derrière lui et une préparation qui commence bien avant le Christ lui-même.
Cette histoire, ou «préhistoire», de l’Eglise se trouve déjà dans les pages de l’Ancien Testament. Nous avons entendu le Livre de la Genèse: Dieu choisit Abraham, notre père dans la foi, et lui demanda de partir, de quitter sa patrie terrestre et d’aller vers une autre terre, qu’Il lui indiquerait (cf. Gn 12, 1-9). Et dans cette vocation, Dieu n’appelle pas Abraham tout seul, comme individu, mais il interpelle dès le début sa famille, sa parenté et tous ceux qui sont au service de sa maison. Ensuite, une fois en chemin — oui, c’est ainsi que commence à marcher l’Eglise —, Dieu élargira encore l’horizon et comblera Abraham de sa bénédiction, en lui promettant une descendance nombreuse comme les étoiles du ciel et comme le sable sur la rive de la mer. Une première donnée importante est précisément celle-ci: en commençant par Abraham, Dieu forme un peuple pour qu’il apporte sa bénédiction à toutes les familles de la terre. Et Jésus naît à l’intérieur de ce peuple. C’est Dieu qui fait ce peuple, cette histoire, l’Eglise en chemin, et Jésus naît là, dans ce peuple.
Un deuxième élément: ce n’est pas Abraham qui constitue autour de lui un peuple, mais c’est Dieu qui donne vie à ce peuple. C’était habituellement l’homme qui s’adressait à la divinité, en cherchant à combler la distance et en invoquant son soutien et sa protection. Les gens priaient les dieux, les divinités. Dans ce cas, en revanche, on assiste à quelque chose d’inouï : c’est Dieu lui-même qui prend l’initiative. Ecoutons cela: c’est Dieu lui-même qui frappe à la porte d’Abraham et lui dit: pars, quitte ta terre, commence à marcher et je ferai de toi un grand peuple. Et cela est le début de l’Eglise et dans ce peuple naît Jésus. Dieu prend l’initiative et adresse sa parole à l’homme, en créant un lien et une relation nouvelle avec lui. «Mais, père, comment se fait-il? Dieu nous parle?». «Oui». «Mais nous pouvons avoir une conversation avec Dieu?». «Oui». Cela s’appelle la prière, mais c’est Dieu qui a fait cela dès le début. Ainsi Dieu forme un peuple avec tous ceux qui écoutent sa Parole et qui se mettent en chemin, en se fiant à Lui. Telle est l’unique condition: avoir confiance en Dieu. Si tu as confiance en Dieu, tu l’écoutes et tu te mets en chemin, cela signifie faire l’Eglise. L’amour de Dieu précède tout. Dieu est toujours le premier, il arrive toujours avant nous, Il nous précède. Le prophète Isaïe, ou Jérémie, je ne me souviens pas bien, disait que Dieu est comme la fleur de l’amandier, car c’est le premier arbre qui fleurit au printemps. Pour dire que Dieu fleurit toujours avant nous. Quand nous arrivons, Il nous attend, Il nous appelle, Il nous fait marcher. Il est toujours en avance par rapport à nous. Et cela s’appelle l’amour, car Dieu nous attend toujours. «Mais père, je ne crois pas à cela, car si vous saviez, père, ma vie a été si affreuse, comment est-ce que je peux penser que Dieu m’attend?». «Dieu t’attend. Et si tu as été un grand pécheur, il t’attend encore plus, et il t’attend avec beaucoup d’amour, car Il est le premier. Cela est la beauté de l’Eglise, qui nous conduit à ce Dieu qui nous attend! Il précède Abraham, il précède aussi Adam».
Abraham et les siens écoutent l’appel de Dieu et se mettent en route, bien qu’ils ne sachent pas bien qui est ce Dieu et où il veut les conduire. C’est vrai, car Abraham se met en chemin en se fiant à ce Dieu qui lui a parlé, mais il ne possédait pas de livre de théologie pour étudier qui était ce Dieu. Il se fie, il se fie à l’amour. Dieu lui fait sentir l’amour et il a confiance. Cela ne signifie pourtant pas que ces personnes soient toujours convaincues et fidèles. Au contraire, dès le début, il y a des résistances, le repli sur elles-mêmes et sur leurs propres intérêts et la tentation de marchander avec Dieu et de résoudre les choses à leur propre manière. Ce sont là les trahisons et les péchés qui marquent le chemin du peuple au cours de toute son histoire de salut, qui est l’histoire de la fidélité de Dieu et de l’infidélité du peuple. Mais Dieu ne se lasse pas, Dieu a de la patience, il a beaucoup de patience, et dans le temps il continue à éduquer et à former son peuple, comme un père avec son propre fils. Dieu marche avec nous. Le prophète Osée dit: «J’ai marché avec toi et je t’ai enseigné à marcher comme un père enseigne à marcher à son enfant». Comme cette image de Dieu est belle! Et il fait de même avec nous: il nous enseigne à marcher. Et c’est la même attitude qu’il conserve à l’égard de l’Eglise. Nous aussi, en effet, malgré notre intention de suivre le Seigneur Jésus, nous faisons chaque jour l’expérience de l’égoïsme et de la dureté de notre cœur. Mais quand nous nous reconnaissons pécheurs, Dieu nous remplit de sa miséricorde et de son amour. Et il nous pardonne, il nous pardonne toujours. Et c’est précisément cela qui nous fait grandir comme peuple de Dieu, comme Eglise: ce n’est pas notre bravoure, ce ne sont pas nos mérites — nous sommes peu de chose, ce n’est pas cela —, mais c’est l’expérience quotidienne de combien le Seigneur nous aime et prend soin de nous. Et cela nous fait sentir que nous lui appartenons véritablement, que nous sommes entre ses mains, et cela nous fait croître dans la communion avec Lui et entre nous. Etre Eglise signifie se sentir entre les mains de Dieu, qui est père et qui nous aime, nous caresse, nous attend, nous fait sentir sa tendresse. Et cela est très beau!
Chers amis, cela est le projet de Dieu; quand il a appelé Abraham, Dieu pensait à cela: former un peuple béni par son amour et qui porte sa bénédiction à tous les peuples de la terre. Ce projet ne change pas, il est toujours à l’œuvre. Il a eu son accomplissement en Christ et aujourd’hui encore, Dieu continue à le réaliser dans l’Eglise. Demandons alors la grâce de rester fidèles à la sequela du Seigneur Jésus et à l’écoute de sa Parole, prêts à partir chaque jour, comme Abraham, vers la terre de Dieu et de l’homme, notre véritable patrie, et à devenir ainsi une bénédiction, signe de l’amour de Dieu pour tous ses fils. Il me plaît de penser qu’un synonyme, un autre nom que nous pouvons avoir, nous chrétiens, serait celui-ci: nous sommes des hommes et des femmes, nous sommes des personnes qu’il bénit. Par sa vie, le chrétien doit toujours bénir, bénir Dieu et bénir tous. Nous, chrétiens, sommes des personnes qui bénissent, qui savent bénir. Il s’agit-là d’une belle vocation!
Je suis heureux de saluer les pèlerins de langue française, en particulier l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale, avec le Cardinal Jean-Pierre Ricard. Chers amis, le projet de Dieu est de former un peuple béni par son amour, qui porte cette bénédiction à tous les peuples de la terre. Je vous invite à demeurer fidèles à l’Église, pour devenir signe de l’amour de Dieu pour tous les hommes. Bon pèlerinage ! 

What Does the Bible Say about Dance?

24 juin, 2014

What Does the Bible Say about Dance? dans images sacrée

http://homeshalom.blogspot.it/2012/06/what-does-bible-say-about-dance.html

LA CROISSANCE SPIRITUELLE – LECTURE : EPHÉSIENS 4:11/16

24 juin, 2014

http://www.pasteurweb.org/Etudes/Meditation/CroissanceSpirituelle.htm

LA CROISSANCE SPIRITUELLE

LECTURE : EPHÉSIENS 4:11/16

Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ,
jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ,
afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction,
mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ.
C’est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans la charité.
La pensée centrale de ce passage est que « nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ. »
Ensuite nous remarquons que les ministères donnés par le Seigneur Jésus-Christ ne sont pas une fin en eux-mêmes, mais des moyens qu’il accorde à son église pour son édification et sa croissance spirituelle.
Enfin ceux qui ont cru en Christ et sont sauvés entrent dans un processus de perfectionnement Jusqu’à ce que tous parviennent à :
? l’unité de la foi.
Ce sujet doit faire à lui seul l’objet d’une réflexion approfondie, tellement il est urgent pour l’église locale et les églises en général de prendre conscience des divisions, des rivalités, des « options » diverses, différentes et opposées. L’Eglise de Christ sur la terre ressemble à un puzzle dont les pièces sont dispersées et incapables de se rassembler. Cependant, il est nécessaire que dans une église locale tous aient un mêle esprit, un même langage, une même sentiment, un même amour, un même foi, selon que l’écrit l’apôtre Paul aux églises dont il avait le souci.
? la connaissance du Fils de Dieu
Nous, vous et moi, avons besoin de grandir dans la connaissance intime et réelle de notre Sauveur, notre Seigneur, notre Maître, notre Berger, notre Avocat auprès du Père, notre Ami, etc. Nous avons besoin d’une révélation de la personne du Seigneur Jésus-Christ, afin que notre amour pour lui et notre attachement grandissent, pour que notre relation personnelle, intime avec lui, devienne de plus en plus réelle et quotidienne.
? la maturité spirituelle
C’est le thème de cette réflexion : croître jusqu’à la mesure de la stature parfaite de Christ.
Lorsque nous observons les enfants, ils sont tous bien mignons et gentils, mais nous devons les éduquer afin qu’ils grandissent et deviennent des adultes capables de vivre leur vie convenablement au sein d’une société difficile, d’un monde sans concession, mais aussi dans des églises fidèles. Leur éducation est la tâche et la responsabilité des parents. Cela fait partie de l’enseignement de la Parole de Dieu.
Une des caractéristiques de la petite enfance, c’est la crédulité d’un esprit simple. Or la crédulité ce n’est pas la foi.
L’homme simple croit tout ce qu’on dit, Mais l’homme prudent est attentif à ses pas. Proverbes 14:15
Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal. Hébreux 5:14
Le résultat de notre croissance spirituelle c’est d’acquérir la maturité spirituelle qui rend capable :
- rester ferme dans la foi en se gardant des faux enseignements, de la tromperie et de la ruse des hommes dans leurs moyens de séduction, pour pratiquer la charité dans la vérité.
- de servir, être utiles dans le corps de Christ, l’Eglise : « en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ ».
L’apôtre Paul a résumé en une phrase le sens de la vie chrétienne, dans le témoignage qu’il rend aux disciples de Thessalonique :
On raconte, à notre sujet, quel accès nous avons eu auprès de vous, et comment vous vous êtes convertis à Dieu, en vous détournant des idoles pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère à venir. 1 Thessaloniciens 1:9/10
Nous sommes sauvés pour servir et nous le ferons d’autant mieux que nous quitterons le stade de l’enfance, c’est à dire l’état charnel, pour entrer dans le monde des chrétiens spirituellement adultes.
Il y a deux domaines de la croissance spirituelle :
- Chacun en particulier
- L’église ensemble
Les deux sont étroitement liés et dépendent l’un de l’autre
Des chrétiens qui grandissent et deviennent des adultes spirituels seront une richesse pour l’église et une grâce pour leur entourage : famille, voisins, vie professionnelle.
Une église qui s’édifie selon les principes spirituels enseignés par le Seigneur sera une bénédiction pour tous ceux qui y vivront et dans la région où elle est implantée.
Pour répondre à l’appel (ou la vocation) que Dieu nous adresse, nous devons aspirer à grandir spirituellement afin d’atteindre la taille idéal : la stature parfaite de Christ.
Il faut sortir de l’enfance afin de devenir des adultes en Christ.
… afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction, mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ. Ephésiens 4:14/15
Trop souvent nous nous contentons du minimum : être sauvés et bénis. Alors nous restons des enfants, c’est à dire des chrétiens charnels, comme l’a écrit l’apôtre Paul aux disciples de Corinthe :
Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants en Christ. 1 Corinthiens 3:1
Paul précise les caractéristiques de ces chrétiens charnels :
En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n’êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l’homme? 1 Corinthiens 3:3
Si le Seigneur a fait des dons à son Eglise et accordé des ministères c’est pour la croissance de son corps et celle de chacun de ses membres, afin qu’ils deviennent spirituels :
Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ. Ephésiens 4:11/13
La stature parfaite de Christ
Dieu a pour nous un grand projet : Il veut que nous devenions semblables à son Fils Jésus-Christ.
Romains 8:29 Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères.
Un jour, l’Eglise, c’est à dire tous les enfants de Dieu rassemblés en un seul corps, aura atteint la perfection :
1 Jean 3:2 Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est.
C’est pour cela que le Seigneur s’est offert en sacrifice et qu’il accorde son Esprit avec les dons spirituels et les ministères.
Afin de faire paraître devant lui cette Eglise glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. Ephésiens 5:27
Le véritable modèle c’est Jésus. Il y a des personnages remarquables dans la Bible et dans l’histoire de l’Eglise, mais la mesure qui nous est proposée c’est celle de Jésus. : sa stature parfaite.
Pour cela nous devons le découvrir, parvenir à une plus grande connaissance du Fils de Dieu :
- ses sentiments d’humilité, de douceur, de compassion, de bonté. Philippiens 2:5
- sa foi et son attachement aux Ecritures
- son esprit d’obéissance dans une parfaite soumission à son Père
- ses paroles, ses préceptes, ses instructions. Colossiens 3:16
- sa nature sainte et juste. 1 Jean 2:6
- ses œuvres. Jacques 3:13
Nous sommes premièrement appelés à considérer Jésus, en fixant nos regards sur lui :
Courons avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est l’auteur de la foi et qui la mène à la perfection. Hébreux 12:1
Ensuite aspirer à lui ressembler. Ce serait une grave erreur de croire que nous avons atteint le but.
Enfin nous devons nous laisser transformer à son image., jusqu’à ce qu’il soit formé en nous. Galates 4:19
Croitre en Jésus-Christ, c’est une croissance qui produit la nature de Christ en nous. C’est le fruit de l’Esprit du Seigneur
Nous n’avons pas à nous faire croître nous-mêmes. Beaucoup de gens pensent qu’il nous faut acquérir une personnalité forte, positive, émergeante …Mais la Bible dit que notre nature est charnelle et quelle doit laisser la place à une nature nouvelle, créée selon Dieu.
Ephésiens 4:20 Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris Christ, si du moins vous l’avez entendu, et si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c’est en lui que vous avez été instruits à vous dépouiller, eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses, à être renouvelés dans l’esprit de votre intelligence, et à revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité.
Ayons toujours à l’esprit que la croissance spirituelle dépend de Christ :
C’est de lui … . Ephésiens 4:16
Par sa puissance glorieuse … Colossiens 1:9/11
Fortifiés par sa puissance glorieuse.
C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle,
pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu,
fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients. Colossiens 1:9/11
Sans le Seigneur Jésus-Christ nous ne pouvons rien faire
Moi, je suis le cep ; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, comme moi en lui, porte beaucoup de fruit, car sans moi, vous ne pouvez rien faire. Jean 15:5
Il y a un principe fondamental, simple et incontournable pour notre croissance personnelle et celle de l’église c’est la qualité de notre relation avec le Seigneur Jésus-Christ, le chef de l’Eglise, l’autorité souveraine et la source de toute croissance, de toutes force, de tout don, de tout ministère, de toute fonction.
Sans lui ou en dehors de Lui nous ne pouvons rien faire de réellement spirituel et édifiant. C’est ce que nous rappelle cette parole :
C’est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans la charité. Ephésiens 4:16
Chacun de nous et l’Eglise toute entière, sont dépendants de Christ. Il faudra revenir sur la nécessité d’être fortifiés par le Seigneur et de nous fortifier en Lui, par sa force toute-puissante selon ce qui est écrit :
afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur. Ephésiens 3:16 (lire jusqu’au verset 21)
Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. Ephésiens 6:10
Nous devons retenir cette parole de Dieu, qui est un puissant encouragement :
Dieu peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au delà de tout ce que nous demandons ou pensons.
A lui soit la gloire dans l’Eglise et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles! Amen! Ephésiens 3:20
Il est essentiel de ne jamais oublier que la source de notre croissance spirituelle est le Seigneur Jésus-Christ lui-même et qu’elle dépend de notre relation avec Lui, le cep.
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui–même porter du fruit, s’il ne demeure sur le cep, de même vous non plus, si vous ne demeurez en moi. Jean 15:4
Le plus important ce n’est pas ce que nous faisons, c’est ce que nous sommes en Jésus-Christ et cela c’est le produit de notre communion avec Lui. La qualité de nos œuvres, de notre service, du fruit que nous porterons, en sera le résultat.
La réalité de la vie chrétienne c’est Christ vivant en nous. Colossiens 1:27
Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Jean 15:4
Jean Baptiste disait : Il faut qu’il croisse et que je diminue.
En fait la croissance spirituelle de chaque enfant de Dieu, c’est la croissance de la vie de Christ en lui. C’est notre vocation, l’appel que Dieu nous adresse et aussi l’œuvre qu’il veut accomplir en nous
Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à la communion de son Fils, Jésus–Christ notre Seigneur. Il vous affermira aussi jusqu’à la fin, (pour que vous soyez) irréprochables au jour de notre Seigneur Jésus–Christ.1 Corinthiens 1:8,9
Celui qui vous a appelés est fidèle, et c’est lui qui le fera. 1 Thessaloniciens 5:24
L’apôtre Paul dit qu’il courait vers ce but :
Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix, ou que j’aie déjà atteint la perfection; mais je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi j’ai été saisi par Jésus-Christ.
Frères, je ne pense pas l’avoir saisi; mais je fais une chose: oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ. Philippiens 3:12
Nous sommes aussi exhortés à courir cette course :
Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est l’auteur de la foi et qui la mène à la perfection. Hébreux 12:1
Le Seigneur est celui qui mènera notre foi à la perfection, non seulement celle de chacun en particulier, mais celle de l’Eglise entière, dont la croissance spirituelle dépend de la croissance de chacun de ceux et celles qui la composent. Si les membres sont faibles, l’église sera faible, s’ils sont charnels elle sera charnelle, s’ils sont spirituels et forts l’église le sera aussi.
La croissance spirituelle des églises
On a beaucoup dit et écrit sur la croissance des églises, mais trop souvent uniquement ce qui concerne le nombre de membres. Que ne ferait-on pas, dans certains endroits, pour gagner des membres, quitte à se compromettre avec les solutions et les chemins faciles du laisser faire ou de ce qui plait. Dans ce domaine on peut toujours mettre en place des programmes attractifs.
Lorsque nous parlons de la croissance de l’église, nous pouvons considérer deux éléments : la qualité et la quantité.
Les bergers qui ont la responsabilité de paître le troupeau du Seigneur ont la tâche de conduire ceux dont ils ont la charge vers leur perfectionnement, leur édification et leur croissance spirituelle en Christ. Nous l’avons vu plus haut, la qualité spirituelle d’une église dépend de celle de ceux qui la composent.
L’église, selon le modèle divin, est construite avec des matériaux spirituels pour former une maison spirituelle dans laquelle le Seigneur habite :
… et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ. 1 Pierre 2:5
Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire.
En lui tout l’édifice, bien coordonné, s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur.
En lui vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit. Ephésiens 2:20
Nous l’avons compris, il ne s’agit pas de faire « du nombre » une priorité, mais de veiller à la qualité spirituelle de l’église, sachant que l’architecte et le constructeur en est le Seigneur lui-même. Nous sommes ouvriers avec Dieu et chacun est responsable de la manière dont il travaille.
Jésus construit son Eglise avec ses rachetés, ceux qui sont sauvés :
Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés. Actes 2:47
Il y a trois éléments dans la croissance spirituelle d’ne église :
. La paix qu’on y trouve
. La sanctification
. Et le nombre
C’est l »œuvre du Saint-Esprit et le nombre vient en troisième position, dépendant des deux premiers points.
L’Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; elle s’édifiait, marchait dans la crainte du Seigneur et progressait par l’assistance du Saint–Esprit. Actes 9:31
Nous remarquons que lorsque les églises ou ceux qui annoncent et enseignent la Parole de Dieu sont fidèles, non seulement les chrétiens s’édifient spirituellement, mais le nombre des disciples augmentent.
Les multitudes d’hommes et de femmes qui croyaient au Seigneur augmentaient toujours plus. Actes 5:14
Car c’était un homme bon, plein d’Esprit Saint et de foi. Et une foule assez nombreuse se joignit au Seigneur. Actes 11:24
Les païens se réjouissaient en entendant cela, ils glorifiaient la parole du Seigneur, et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent. Actes 13:48
Je lisais dernièrement un passage de la Bible qui ne regarde pas les églises directement, mais dont le principe est valable pour elles :
2 Chroniques 15:9 De nombreux Israélites des tribus d’Éfraïm, Manassé et Siméon s’étaient ralliés au roi Asa et vivaient dans son royaume depuis qu’ils avaient vu que le Seigneur son Dieu était avec lui.
Croyez moi ! Les gens sérieux et ceux dont le Seigneur touche le cœur seront heureux de trouver un endroit où il est honoré, un lieu où la sainteté est enseignée et pratiquée, une église ou le Seigneur manifeste sa présence d’une manière évidente, car ceux qui la dirigent et la composent cherchent à lui plaire en priorité.
En conclusion je vous laisse cet extrait d’une réflexion parue sur pasteurweb, à partir du passage du psaume 107: 2 à 9 :
« Une ville habitable »
Louez l’Eternel, car il est bon, Car sa miséricorde dure à toujours!
Qu’ainsi disent les rachetés de l’Eternel, Ceux qu’il a délivrés de la main de l’ennemi,
Et qu’il a rassemblés de tous les pays, De l’orient et de l’occident, du nord et de la mer!
Ils erraient dans le désert, ils marchaient dans la solitude, Sans trouver une ville où ils pussent habiter.
Ils souffraient de la faim et de la soif; Leur âme était languissante.
Dans leur détresse, ils crièrent à l’Eternel, Et il les délivra de leurs angoisses;
Il les conduisit par le droit chemin, Pour qu’ils arrivassent dans une ville habitable.
Qu’ils louent l’Eternel pour sa bonté, Et pour ses merveilles en faveur des fils de l’homme!
Car il a satisfait l’âme altérée, Il a comblé de biens l’âme affamée.
Premièrement, nous devons édifier des assemblées afin qu’elles soient des lieux de grâce, des villes haitables, dans lesquelles les brebis du Seigneur ne se déchirent pas, mais trouvent le repos, la guérison, la bénédiction, le salut, la joie et la paix.
Des assemblées qui ne servent pas l’ambition et les intérêts de quelques uns, mais au bien être de ceux qui les fréquentent.
J’avais préparé un texte intitulé « Irrité et furieux ». Mais réflexion faîte, je me suis dit que j’étais plutôt triste et malheureux lorsque je vois des personnes qui errent à la recherche d’une église dans laquelle ils seraient rassasiés et heureux.
Je ne pense pas avoir un ministère de prophète, mais il m’arrive de ressortir d’un culte irrité et furieux, tellement on est éloigné de la pensée de Christ. Tellement c’était pauvre concernant l’Esprit et la Parole de Dieu.
Il y a eu une prédication convenable, une heure de louange très exaltante pour ne pas dire extravagante. Et quelques uns s’en retournent contents d’avoir passé un bon moment, tandis que d’autres repartent avec leurs problèmes sans solution, leurs souffrances et leurs plaies ni pansées, ni guéries. Les uns sont rassasiés et les autres ont faim. 1 Corinthiens 11.21
Alors je me culpabilise d’être irrité, mais mon irritation ne se calme pas, jusqu’à ce que je tombe sur ce texte d’Ézéchiel :
L’esprit m’enleva et m’emporta. J’allais, irrité et furieux, et la main de l’Eternel agissait sur moi avec puissance. Ezéchiel 3:14
En relisant le psaume 107, je comprends mieux la miséricorde et la bonté du Seigneur en faveur de ceux qui sont dans la détresse, même lorsqu’ils en sont responsables.
Les insensés, par leur conduite coupable Et par leurs iniquités, s’étaient rendus malheureux.
… Dans leur détresse, ils crièrent à l’Eternel, Et il les délivra de leurs angoisses;
Il envoya sa parole et les guérit, Il les fit échapper de la fosse.
Qu’ils louent l’Eternel pour sa bonté, Et pour ses merveilles en faveur des fils de l’homme! Psaumes 107:17
Vous retrouverez le texte complet avec ce lien : Une ville habitable
Prions afin que les églises de Dieu deviennent des maisons où il y a une nourriture spirituelle saine et abondante, un breuvage désaltérant, une ville habitable.
C’est alors que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tirera son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifiera lui-même dans la charité.

L’ANCIEN TESTAMENT : UN PEUPLE, UN PAYS, DES ÉCRITS…

24 juin, 2014

http://www.saintloup-cathisere.cef.fr/spip.php?article349

L’ANCIEN TESTAMENT : UN PEUPLE, UN PAYS, DES ÉCRITS…

Un peu de géopolitique pour commencer…

L’ANCIEN TESTAMENT : UN PEUPLE, UN PAYS, DES ÉCRITS... dans biblique carte-MO-600

L’histoire se déroule autour du pays de Canaan, dans le Moyen Orient Ancien. C’est un petit pays (à peine plus grand que le département de l’Isère) coincé entre la mer et le désert – et en ces temps là, on ne traversait pas les déserts, on les contournait. Au sud-ouest, l’Afrique, berceau de l’humanité, et l’Égypte, une des plus anciennes civilisations. Au nord-est, la Mésopotamie, une région irriguée par deux grands fleuves, le Tigre et l’Euphrate, que l’on appelle aussi « croissant fertile ». C’est dans cette région que l’agriculture est apparue pour la première fois, au 9ème millénaire Av JC, ainsi que l’écriture vers -3300. Là aussi de grandes civilisations vont se développer : l’Assyrie, la Babylonie, et plus loin à l’est la Perse. Au Nord-Ouest, d’autres civilisations apparaîtront plus tard : la Grèce, puis Rome…
C’est un pays au climat sec, composé d’une zone côtière, de collines, de montagnes, de zone arides au sud et de la profonde dépression du Jourdain : à près de 400m au dessous du niveau de la mer, la mer morte est l’endroit le plus bas de la terre. Dans ce pays, on va voir passer du monde… et souvent des armées qui parfois se livrent bataille. Ce n’est sans doute pas un hasard si c’est sur ce territoire ouvert à toutes les cultures de l’époque que Dieu a choisi un peuple pour se révéler aux hommes…

Un peuple et son histoire…
L’histoire du peuple Israélite nous est connue essentiellement par la Bible, mais il s’agit de livres religieux, qui n’ont pas prétention à être historiques : ils sont une relecture des événements à portée essentiellement théologique. Pour les historiens, il y a donc beaucoup de points d’interrogation, parce-que l’histoire du peuple israélite telle qu’elle est racontée dans la Bible n’est pas vérifiée selon les méthodes scientifiques qui sont les leurs – ce qui ne veut pas forcément dire qu’elle soit fausse.
Quoi qu’il en soit, c’est l’histoire d’un petit peuple – même si certains passages de la Bible donnent l’image d’une grande puissance comme on peut la concevoir aujourd’hui : le territoire d’un des royaumes dont il est question ne représente tout au plus qu’un canton français ! C’est l’histoire d’un peuple nomade, qui s’est libéré de la servitude en Egypte, qui s’est sédentarisé et a dû lutter pour obtenir un territoire, puis a dû encore lutter pour préserver sa liberté. Parfois, il s’agit de guerres tribales, et parfois de se défendre face à l’hégémonie des grandes puissances de l’époque. C’est une histoire pleine de violences, qui remonte à une époque dure, où on accordait peu de valeur à la vie humaine.
Mais c’est aussi l’histoire d’un peuple auquel Dieu s’est révélé. Une révélation progressive, qui a grandi au fil des épreuves que ce peuple a connu, plus que de ses succès. L’exil à Babylone sera une étape essentielle de cette découverte, et la religion juive ne sera vraiment fondée qu’au retour de l’exil.
L’élément essentiel reste en tout cas du domaine de la foi : l’intervention de Dieu dans l’histoire de ce peuple. Une alliance proposée par Dieu à son peuple, sans cesse rompue par ce peuple, mais sans cesse renouvelée par Dieu ! En passant par le grec, puis le latin, ce mot d’alliance a été traduit par « testament », mais lorsque l’on parle d’Ancien ou de Nouveau Testament, c’est bien ce sens d’alliance qu’il faut retenir !

Des écrits…
Le mot Bible est un mot pluriel : il vient du grec biblia, qui signifie les livres. La Bible est une bibliothèque : l’Ancien Testament comporte 46 livres, d’auteurs et de styles bien différents.
La Bible est elle la Parole de Dieu ? Ce n’est pas un texte descendu du ciel… ou dicté par des anges… Elle a été écrite par des hommes, qui – comme nous le dit le concile Vatican II [1].
– ont agi en vrais auteurs, inspirés par l’Esprit Saint. Elle contient la Parole de Dieu, mais ne s’identifie pas avec elle : on peut trouver la Parole de Dieu dans la Bible si on se met aussi à l’écoute de l’Esprit Saint…

Quand ces livres sont ils écrits ?
Peu d’écrits remontent au delà du 7ème siècle avant Jésus Christ : quelques parties du livre de Samuel, ou des proverbes. Mais il y a aussi des traditions, longtemps transmises oralement, puis fixées par écrit. A partir du 7ème siècle, on commence à voir la rédaction de quelques livres : les prophètes Amos, Osée, Isaïe (le premier Isaïe), Jérémie ; des psaumes, les livres de Josué, des Juges, de Samuel, des Rois.
La grande période d’écriture de la Bible va commencer durant l’exil à Babylone, entre 587 et 538. Ce fut une période de remise en question, où les Israélites découvrent que leur religion est bien différente des autres : ils croient en un Dieu bon, unique, universel, créateur, qui a fait alliance avec son peuple. C’est un Dieu proche, qui réside au milieu de son peuple. Et les autres dieux ne sont rien ! Cette période verra deux prophètes : le second Isaïe, et Ézéchiel.
Après 538, le retour de l’exil verra la rédaction de nombreux écrits : rédaction finale du Pentateuque ; les prophètes Aggée, Malachie, Zacharie, le 3ème Isaïe ; les proverbes, le Cantique des cantiques, le livre de Job. Enfin, à partir du 3ème siècle, on verra l’écriture des livres d’Esdras et de Néhémie, des Chroniques, des Macchabées, du Qohéleth, des Psaumes, du Siracide, de Daniel, et enfin de la Sagesse, quelques décennies avant notre ère.

Les livres et leur transmission
Les livres sont sous forme de rouleaux [2] On écrit sur du papyrus, bon marché mais fragile, ou sur du parchemin, résistant, mais coûteux. La plus grande partie de la Bible est écrite en hébreu. Seules les consonnes sont écrites : celles-ci donnent la racine des mots, leur forme exacte est donnée par les voyelles. Il n’y a pas de ponctuation, ni d’espace entre les mots… La transmission et la compréhension du texte reposent donc beaucoup sur une transmission de maître à élève !
Après l’exil, le peuple ne parle plus l’hébreu : en Palestine, on parle araméen. On va donc avoir des traductions en araméen, les targoums, qui sont en fait plutôt des interprétations, assorties de paraphrases et de commentaires. A partir du 3ème siècle, il y a des communautés juives en Égypte où l’on parle Grec. La Bible sera donc traduite en grec par des rabbins d’Alexandrie : cette traduction est appelée la Septante (LXX en abrégé) [3]. Ce sera la version de référence des premières communautés chrétiennes.
Vers 90 après J.C. Le judaïsme est en crise, après la destruction du temple de Jérusalem (70) et la montée du christianisme. Un groupe de pharisiens se réunit à Jamnia, et définit la liste officielle (ou canon) des livres de la Bible hébraïque : ils retiennent 39 livres, tous écrits en hébreu : les 5 livres du Pentateuque (encore appelé la loi, ou la Torah), les livres prophétiques (incluant les livres de Josué, des Juges, de Samuel et des rois), et enfin, « les autres écrits ».
Entre le 7ème et le 10ème siècle de notre ère, des érudits juifs, les massorètes « vocaliseront » le texte hébraïque pour en pérenniser la transmission, c’est à dire qu’ils ajouteront des voyelles au texte écrit. Ceci donnera naissance au texte massorétique qui est, jusqu’à aujourd’hui le texte hébraïque de référence utilisé par toutes les traductions de la Bible. Le plus ancien texte complet de la Bible hébraïque à ce jour remonte au 10ème siècle. Ce n’est qu’avec la découverte des manuscrits de Qumrân (dits de la mer morte) en 1947 que l’on pourra disposer de textes antérieurs à notre ère.
Les catholiques et les orthodoxes ont adopté le canon grec de la Bible (les livres de la LXX), avec un ordre des livres et un découpage un peu différent du canon hébraïque, et qui contient en plus les livres deutérocanoniques qui n’ont pas été retenus dans le canon hébraïque, car écrits en Grec. Après la réforme, les protestants retiendront le canon hébraïque.
Aujourd’hui, on dispose de centaines de manuscrits de la Bible. Malgré les multiples copies et traductions, les textes sont remarquablement proches les uns des autres. Désormais, les traductions de la Bible utilisent l’ensemble des documents disponibles [4].

En conclusion
Nous retiendrons en conclusion que l’ancien testament est une histoire d’amour entre un peuple et son Dieu… C’est un petit peuple, qui devait souvent lutter pour sa survie ou pour sa liberté. Ce peuple, progressivement, a découvert Dieu, et il nous a transmis sa découverte dans un texte qui a traversé des millénaires. Ce texte prend parfois des libertés avec l’histoire : l’essentiel aux yeux de ses auteurs n’était pas l’histoire qu’il transmet, mais ce qu’il dit de la relation de Dieu avec son peuple.

[1] Constitution dogmatique sur la révélation divine (Dei Verbum), sections 11 et 12
[2] La forme que l’on connait aujourd’hui, ou codex, n’apparaîtra qu’au 2ème siècle de notre ère.
[3] Selon la légende, cette traduction est l’œuvre de 70 rabbins.
[4] Sur certain passages, le texte de la LXX semble plus fiable que le texte massorétique.

S. Jean-Baptiste (nativité de) – 24 juin

23 juin, 2014

S. Jean-Baptiste (nativité de) - 24 juin dans images sacrée 6124855

http://mariavaltorta.myblog.it/2012/06/23/nativita-di-san-giovanni-battista-solennita/

S. JEAN-BAPTISTE (NATIVITÉ DE) – 24 JUIN

23 juin, 2014

http://www.cassicia.com/FR/Vie-de-saint-Jean-Baptiste-Nativite-fete-le-24-juin-Sanctifie-des-le-sein-de-sa-mere-sainte-Elisabeth-par-la-Visitation-de-Notre-Dame-L-hymne-celebre-composee-par-Paul-diacre-est-l-origine-des-notes-de-la-gamme-musicale-du-moine-Guy-d-Arezzo-No_467.htm

S. JEAN-BAPTISTE (NATIVITÉ DE) – 24 JUIN

RÉSUMÉ :
« Prophète du Très-Haut », saint Jean est figuré par Isaïe et Jérémie ; mieux qu’eux encore, il fut consacré dès le sein de sa mère pour annoncer Jésus et préparer les âmes à Sa venue.
L’Évangile nous retrace les prodiges qui marquèrent sa naissance. Zacharie impose à son enfant le nom que saint Gabriel lui a apporté du Ciel et qui signifie : Le Seigneur a fait grâce. Il recouvre aussitôt la voix et, rempli de l’Esprit-Saint, il prédit les grandeurs de son fils : « Il ira devant la face du Seigneur pour donner au peuple la connaissance du salut ».
L’Ange Gabriel avait annoncé à Zacharie que « beaucoup se réjouiraient de la naissance de saint Jean-Baptiste ». Ce ne furent pas seulement, en effet, « les voisins et les parents d’Élisabeth », qui fêtèrent cet événement, mais chaque année, au jour de l’anniversaire, l’Église toute entière convie ses enfants à partager cette sainte joie. Elle sait que la nativité « de ce Prophète du Très-Haut » en cette Noël d’été est intimement liée à l’avènement du Messie.
À partir de la fête de la Nativité de saint Jean, les jours décroissent, car le soleil ayant atteint le point culminant de sa course annuelle, se remet à descendre. Au contraire, la fête de la Nativité du Sauveur, dont celle-ci est le prélude, marque l’époque où le soleil recommence à monter sur son orbite.
Le Précurseur doit s’effacer devant Jésus qui est la vraie lumière des âmes. « Il faut qu’il croisse, dit saint Jean, et que je diminue ». Les solstices étaient l’occasion de fêtes païennes où l’on allumait des feux pour honorer l’astre qui nous donne la lumière. L’Église christianisa ces rites en y voyant un symbole de saint Jean qui était « une lampe ardente et brillante ». Aussi « encouragea-t-elle ce genre de manifestation qui correspondait si bien au caractère de la fête. Les feux de la Saint-Jean complétaient heureusement la solennité liturgique ; ils montraient unies dans une même pensée l’Église et la cité terrestre » (Dom Guéranger).
Le nom du Précurseur est inscrit au Canon de la Messe en tête de la 2e liste. On célébrait autrefois, au jour de sa fête, trois messes en son honneur, et nombreuses étaient les églises qui lui étaient dédiées. Les parents aimaient de même à donner son nom à leurs enfants.
Paul diacre, moine du Mont-Cassin et ami de Charlemagne, avait composé en l’honneur de saint Jean-Baptiste l’hymne : « Ut queant laxis ».
Au XIIIe siècle, le moine bénédictin Guy d’Arezzo remarqua que les notes chantées sur les syllabes initiales formaient la série des six premiers degrés de la gamme. Il désigna chaque degré par la syllabe correspondante : (Ut, ré, mi, fa, sol, la, si) et facilita beaucoup par là l’étude des intervalles musicaux.
Ut queant laxis (do)
resonare fibris. (ré)
Mira gestorum (mi)
famuli tuorum. (fa)
Solve polluti (sol)
labii reatum. (la)
Sancte Johannes. (si)
« Afin que vos serviteurs puissent chanter à pleine voix les merveilles de vos œuvres, purifiez leurs lèvres souillées, ô saint Jean ».
Zacharie, faisant savoir qu’il voulait appeler son fils Jean, avait aussitôt retrouvé l’usage de la parole ; et voici qu’une hymne composée en l’honneur du Prophète dont la voix retentit au désert, devient l’instrument d’un nouveau progrès dans l’art musical.
Saint Jean-Baptiste (Triptyque de Saint Pierre Martyr) Fra Angelico, musée Saint-Marc à Florence (1425-1428).
Saint Jean-Baptiste (Triptyque de Saint Pierre Martyr)
Fra Angelico, musée Saint-Marc à Florence (1425-1428).
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L’Église, dit saint Augustin, célèbre ordinairement la vie des Saints au jour de leur mort, qui est, à proprement parler le jour de leur naissance, de leur naissance à la vie éternelle. La Nativité de saint Jean-Baptiste a été exemptée de cette règle générale, parce qu’il fut sanctifié avant de naître, dans le sein de sa mère, par la présence de Jésus-Christ, dans la visite que fit la très sainte Vierge à sainte Élisabeth.
La naissance de saint Jean-Baptiste, l’an -1, Octave Auguste étant empereur et Hérode roi de la Judée, fut une grande joie pour la terre, puisqu’elle lui annonçait l’approche de sa Rédemption. La puissance divine était intervenue d’une manière extraordinaire dans la naissance de quelques Prophètes, de Samuel et Jérémie, par exemple ; mais elle éclata bien davantage dans celle du saint Précurseur, que la dignité de son ministère futur et le degré éminent de grâce et de sainteté auquel il était élevé rendaient, selon la parole de Jésus-Christ Lui-même, bien supérieur à tous les Patriarches et à tous les Prophètes : « Parmi les enfants des femmes, il n’en est point apparu de plus grand que Jean-Baptiste. »
Le message d’un Ange à saint Zacharie pour lui annoncer la naissance de saint Jean-Baptiste, la maternité d’Élisabeth à un âge très avancé, le mutisme subit de saint Zacharie depuis l’annonce de l’Ange jusqu’à la circoncision de l’enfant, et sa guérison miraculeuse, qui lui permit d’entonner le beau cantique Benedictus : tout est merveilleux dans l’apparition du Précurseur en ce monde. Il ne fallait pas moins, pour écarter les dernières ombres à travers lesquelles devait se montrer bientôt le Sauveur promis et attendu depuis quatre mille ans.
Parmi les récits évangéliques, il en est peu d’aussi intéressants ni d’aussi touchants que celui de la naissance de saint Jean-Baptiste. Les miracles s’ajoutaient aux miracles autour du berceau de l’enfant, les habitants du voisinage furent saisis d’une crainte respectueuse, et le bruit de ces merveilles se répandit dans toutes les montagnes de la Judée, de sorte que tous se disaient les uns aux autres : « Que pensez-vous de l’avenir de cet enfant ? » Il était évident, en effet, que la main du Seigneur dirigeait cet événement.
Saint Jean-Baptiste occupe dans l’histoire de l’humanité une place incomparable : il sert de trait d’union entre les deux mondes, il résume en lui tout l’Ancien Testament et prépare le Nouveau ; il ferme la mission des Prophètes et ouvre celle des Apôtres. « Prophète, apôtre, docteur, solitaire, martyr, il est plus que tout cela, parce qu’il est tout cela en même temps. Il réunit tous les titres à la sainteté, et, rassemblant en lui seul tout ce qui constitue les différentes classes des saints, il forme au milieu d’eux une classe particulière. » (Cardinal La Luzerne). Le culte de saint Jean-Baptiste a toujours joui d’une immense popularité.

 

BENOÎT XVI : L’ANNÉE DE LA FOI. QU’EST-CE QUE LA FOI ?

23 juin, 2014

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2012/documents/hf_ben-xvi_aud_20121024_fr.html

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre

Mercredi 24 octobre 2012

L’ANNÉE DE LA FOI. QU’EST-CE QUE LA FOI ?

Chers frères et sœurs,

Mercredi dernier, avec le début de l’Année de la foi, j’ai commencé une nouvelle série de catéchèses sur la foi. Et aujourd’hui je voudrais réfléchir avec vous sur une question fondamentale : qu’est-ce que la foi ? La foi a-t-elle encore un sens dans un monde où science et technique ont ouvert des horizons encore impensables il y a peu ? Que signifie croire aujourd’hui ? En effet, à notre époque est nécessaire une éducation renouvelée à la foi, qui comprenne certes une connaissance de ses vérités et des événements du salut, mais qui naisse surtout d’une véritable rencontre avec Dieu en Jésus Christ, du fait de l’aimer, de lui faire confiance, afin que toute notre vie s’en trouve impliquée.
Aujourd’hui, à côté de nombreux signes de bien, croît aussi autour de nous un certain désert spirituel. Parfois, on a comme la sensation, en apprenant chaque jour certains événements, que le monde ne va pas vers la construction d’une communauté plus fraternelle et plus pacifique ; les idées mêmes de progrès et de bien-être montrent elles aussi leurs ombres. Malgré la grandeur des découvertes de la science et des succès de la technique, aujourd’hui l’homme ne semble pas devenu vraiment plus libre, plus humain ; tant de formes d’exploitation demeurent, de manipulation, de violence, de vexation, d’injustice… Un certain type de culture, par ailleurs, a éduqué à agir uniquement dans l’horizon des choses, du faisable, à croire uniquement à ce que l’on voit et ce que l’on touche de ses propres mains. D’autre part, toutefois, grandit également le nombre de ceux qui se sentent désorientés et, dans la recherche d’aller au-delà d’une vision uniquement horizontale de la réalité, sont disposés à croire à tout et à son contraire. Dans ce contexte refont surface certaines questions fondamentales, qui sont bien plus concrètes qu’elles n’apparaissent à première vue : quel sens cela a-t-il de vivre ? Y a-t-il un avenir pour l’homme, pour nous et pour les nouvelles générations ? Dans quelle direction orienter les choix de notre liberté pour un résultat bon et heureux de la vie ? Qu’est-ce qui nous attend au-delà du seuil de la mort ?
De ces questions, qu’on ne peut ignorer, il apparaît combien le monde de la planification, du calcul exact et de l’expérimentation, en un mot le savoir de la science, bien qu’important pour la vie de l’homme, à lui seul ne suffit pas. Nous avons besoin non seulement du pain matériel, nous avons besoin d’amour, de sens et d’espérance, d’un fondement certain, d’un terrain solide qui nous aide à vivre avec un sens authentique même dans la crise, dans les ombres, dans les difficultés et dans les problèmes quotidiens. La foi nous donne précisément cela : c’est une manière confiante de s’en remettre à un « Toi », qui est Dieu, qui me donne une certitude différente, mais non moins solide de celle qui me vient du calcul exact ou de la science. La foi n’est pas un simple accord intellectuel de l’homme avec des vérités particulières sur Dieu ; c’est un acte à travers lequel on s’en remet librement à un Dieu qui est Père et qui m’aime ; c’est l’adhésion à un « Toi » qui me donne espérance et confiance. Bien sûr, cette adhésion à Dieu n’est pas privée de contenus: avec elle, nous sommes conscients que Dieu lui-même s’est montré à nous dans le Christ, a fait voir son visage et s’est fait réellement proche de chacun de nous. Plus encore, Dieu a révélé que son amour pour l’homme, pour chacun de nous, est sans mesure: sur la Croix, Jésus de Nazareth, le Fils de Dieu fait homme, nous montre de la manière la plus lumineuse à quel point arrive cet amour, jusqu’au don de soi-même, jusqu’au sacrifice total. Avec le mystère de la Mort et de la Résurrection du Christ, Dieu descend jusqu’au fond de notre humanité pour la ramener à Lui, pour l’élever à sa hauteur. La foi c’est croire à cet amour de Dieu qui ne fait pas défaut face à la méchanceté de l’homme, face au mal et à la mort, mais qui est capable de transformer toute forme d’esclavage, en donnant la possibilité du salut. Avoir foi, alors, c’est rencontrer ce « Toi », Dieu, qui me soutient et m’accorde la promesse d’un amour indestructible qui non seulement aspire à l’éternité, mais la donne ; c’est m’en remettre à Dieu avec l’attitude d’un enfant, qui sait bien que toutes ses difficultés, tous ses problèmes sont à l’abri dans le «toi» de la mère. Et cette possibilité de salut à travers la foi est un don que Dieu offre à tous les hommes. Je pense que nous devrions méditer plus souvent — dans notre vie quotidienne, caractérisée par des problèmes et des situations parfois dramatiques — sur le fait que croire chrétiennement signifie m’abandonner ainsi avec confiance au sens profond qui me soutient et soutient le monde, ce sens que nous ne sommes pas en mesure de nous donner, mais uniquement de recevoir en don, et qui est le fondement sur lequel nous pouvons vivre sans peur. Et cette certitude libératrice et rassurante de la foi, nous devons être capables de l’annoncer avec la parole et de la montrer avec notre vie de chrétiens.
Mais autour de nous, nous voyons chaque jour que beaucoup restent indifférents ou refusent d’accueillir cette annonce. A la fin de l’Evangile de Marc, aujourd’hui, nous avons des paroles dures du Ressuscité qui dit : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; celui qui refusera de croire sera condamné » (Mc 16, 16), il se perd lui-même. Je voudrais vous inviter à réfléchir à cela. La confiance dans l’action de l’Esprit Saint, doit nous pousser toujours à aller et à prêcher l’Évangile, au courageux témoignage de la foi ; mais, outre la possibilité d’une réponse positive au don de la foi, il y a aussi le risque d’un refus de l’Évangile, du non- accueil de la rencontre vitale avec le Christ. Déjà saint Augustin posait ce problème dans son commentaire à la parabole du semeur : « Nous parlons — disait-il —, nous jetons la semence, nous répandons la semence. Certains nous méprisent, certains nous blâment, certains nous moquent. Si nous les craignons, nous n’avons plus rien à semer et le jour de la moisson nous nous retrouverons sans récolte. Aussi vienne la semence de la bonne terre » (Discours sur la discipline chrétienne, 13, 14 : PL 40, 677-678). Le refus ne peut donc pas nous décourager. Comme chrétiens nous sommes le témoignage de ce terrain fertile : notre foi, malgré nos limites, montre qu’il existe la terre bonne, où la semence de la Parole de Dieu produit des fruits abondants de justice, de paix et d’amour, de nouvelle humanité, de salut. Et toute l’histoire de l’Église, avec tous les problèmes, démontre aussi que la terre bonne, que la bonne semence existe, et qu’elle porte du fruit.
Mais demandons-nous : d’où l’homme puise-t-il cette ouverture du cœur et de l’esprit pour croire dans le Dieu qui s’est rendu visible en Jésus Christ mort et ressuscité, pour accueillir son salut, de sorte que Lui et son Évangile soient le guide et la lumière de l’existence ? Réponse : nous pouvons croire en Dieu parce qu’il s’approche de nous et nous touche, parce que l’Esprit Saint, don du Ressuscité, nous rend capables d’accueillir le Dieu vivant. La foi est donc avant tout un don surnaturel, un don de Dieu. Le Concile Vatican II affirme : « Pour exister, cette foi requiert la grâce prévenante et adjuvante de Dieu, ainsi que les secours intérieurs du Saint-Esprit qui touche le cœur et le tourne vers Dieu, ouvre les yeux de l’esprit et donne “à tous la douce joie de consentir et de croire à la vérité” » (Const. dogm. Dei Verbum, n. 5). À la base de notre chemin de foi se trouve le baptême, le sacrement que nous donne l’Esprit Saint, en nous faisant devenir des fils de Dieu en Christ, et qui marque l’entrée dans la communauté de la foi, dans l’Église : on ne croit pas par soi-même, sans la venue préalable de la grâce de l’Esprit; et l’on ne croit pas tout seul, mais avec ses frères. À partir du baptême, chaque croyant est appelé à revivre et à faire sienne cette confession de foi, avec ses frères.
La foi est un don de Dieu, mais également un acte profondément libre et humain. Le Catéchisme de l’Eglise catholique le dit avec clarté : « Croire n’est possible que par la grâce et les secours intérieurs du Saint-Esprit. Il n’en est pas moins vrai que croire est un acte authentiquement humain. Il n’est contraire ni à la liberté ni à l’intelligence de l’homme » (n. 154). Au contraire, il les implique et les exalte, dans un enjeu de vie qui est comme un exode, à savoir sortir de soi-même, de ses propres certitudes, de ses propres schémas mentaux, pour se confier à l’action de Dieu qui nous indique sa voie pour obtenir la véritable liberté, notre identité humaine, la véritable joie du cœur, la paix avec tous. Croire signifie se remettre en toute liberté et avec joie au dessein providentiel de Dieu dans l’histoire, comme le fit le patriarche Abraham, comme le fit Marie de Nazareth. La foi est alors un assentiment avec lequel notre esprit et notre cœur prononcent leur « oui » à Dieu, en confessant que Jésus est le Seigneur. Et ce « oui » transforme la vie, il lui ouvre la voie vers une plénitude de signification, il la rend nouvelle, riche de joie et d’espérance fiable.
Chers amis, notre époque demande des chrétiens qui aient été saisis par le Christ, qui grandissent dans la foi grâce à la familiarité avec les Saintes Ecritures et les sacrements. Des personnes qui soient comme un livre ouvert qui raconte l’expérience de la vie nouvelle dans l’Esprit, la présence de ce Dieu qui nous soutient sur le chemin et qui nous ouvre à la vie qui n’aura jamais de fin.

Un ange aide Peter à s’échapper, peint Sebastiano Ricci, 1710, Trescore Balneario, Chiesa di San Pietro

21 juin, 2014

Un ange aide Peter à s'échapper, peint Sebastiano Ricci, 1710, Trescore Balneario, Chiesa di San Pietro dans images sacrée 640px-Sebastiano_Ricci_010

http://it.wikipedia.org/wiki/Pietro_apostolo

L’ANCIEN TESTAMENT DANS L’ÉGLISE DU NOUVEAU TESTAMENT

21 juin, 2014

http://stranitchka.pagesperso-orange.fr/VO24/Ancien%20Testament1.html

L’ANCIEN TESTAMENT DANS L’ÉGLISE DU NOUVEAU TESTAMENT

par le protopresbytre Michel Pomazansky

[Première partie]

De nombreux siècles nous séparent du temps où les livres de l’Ancien Testament ont été écrits, particulièrement les premiers. Et il n’est plus facile pour nous de retourner en pensées dans les conditions de vie dans lesquelles ces livres inspirés ont été créés et qui sont décrites dans les livres eux-mêmes. Cela a donné naissance à de nombreuses interrogations qui peuvent troubler l’homme moderne. De telles interrogations surgissent particulièrement lorsque les gens essayent de concilier la vision scientifique contemporaine avec la simplicité des idées bibliques sur le monde. Des questions d’ordre général s’élèvent quant à savoir jusqu’à quel point la vision vétérotestamentaire peut correspondre à la vision néotestamentaire. Et souvent les gens se demandent : “À quoi bon l’Ancien Testament? Les enseignements et les écritures néotestamentaires ne sont-elles pas suffisantes?”
Pour ce qui est des ennemis de la chrétienté, leurs polémiques contre la foi chrétienne commencent de longue date par des attaques dirigées sur l’Ancien Testament. L’athéisme militant contemporain considère les récits de l’Ancien Testament comme un matériau le plus facilement utilisable pour parvenir à ses fins. Ceux qui sont passés par une période de doute religieux, voire de négation de la religion (particulièrement ceux qui sont passés par le système éducatif soviétique avec sa propagande antireligieuse), disent habituellement que la première pierre d’achoppement à leur foi a précisément surgi à ce niveau.
Le rapide survol des Écritures de l’Ancien Testament que nous proposons, ne peut pas répondre à toutes les questions qui se présentent à cet égard; mais nous pensons qu’il peut indiquer les principes de base devant permettre de résoudre nombre de ces interrogations.

Selon les Commandements du Sauveur et des Apôtres
L’Église chrétienne primitive résidait constamment en esprit dans la Cité Céleste, dans l’attente des choses à venir, mais elle organisait également l’aspect terrestre de son existence; en particulier, elle accumulait et prenait grand soin des trésors matériels de la Foi et en tout premier lieu des documents écrits concernant la Foi. Les plus importants des Écrits étaient les Évangiles, le récit sacré de la vie terrestre et des enseignements de notre Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu. Venaient ensuite tous les autres écrits des Apôtres. Puis venaient les livres sacrés des Hébreux, que l’Église garde précieusement comme des écrits sacrés.

Qu’est-ce qui rend les Écritures de l’Ancien Testament précieuses pour l’Église? Le fait que:
a / elles nous enseignent à croire en un Dieu Unique, Véritable, et à accomplir les commandements de Dieu
b/ elles parlent du Sauveur. Le Christ Lui-même le fait remarquer : “Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, or ce sont elles qui rendent témoignage de Moi.”, /Jn, V,39/dit-Il aux scribes Juifs. Dans la parabole sur le riche et Lazare, le Sauveur met ces paroles dans la bouche d’Abraham à propos des frères du riche: “Ils ont Moïse et les prophètes; qu’ils les écoutent” /Luc, XVI, 29/. “Moïse” signifie les cinq premiers livres de l’Ancien Testament; “les prophètes” – les seize derniers. En parlant avec Ses disciples, le Sauveur a encore mentionné le Psautier comme autre livre : “Tout ce qui est écrit de Moi dans la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes doit être accompli” /Luc, XXIV,44/. Après la Sainte Cène, “quand ils eurent chanté une hymne, ils allèrent sur le Mont des Oliviers”, dit l’Évangéliste Matthieu /XXVI,30/: cela fait référence aux chants des psaumes. Les paroles du Sauveur et Son propre exemple sont suffisants pour que l’Église se comporte avec le plus grand respect à l’égard de ces livres – la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes -, qu’elle les préserve et y puise son enseignement.
Dans le code hébraïque, c’est-à-dire le cycle des livres reconnus comme sacrés par les Juifs, il y avait, et il y reste encore, deux autres catégories de livres : les livres didactiques, dont seul le psautier a été mentionné, et les livres historiques. L’Église les a acceptés puisque les Apôtres en avaient ainsi décidé. Saint Paul écrit à Timothée: “Depuis l’enfance, tu connais les Saintes Écritures qui peuvent te donner la sagesse pour le salut par la foi en Christ Jésus” /II Tim., 3,15/. Ce qui veut dire que si on les lit avec sagesse, alors on peut trouver en elles la voie qui nous fortifie dans la foi chrétienne. L’Apôtre parlait de tous les livres de l’Ancien Testament, ce qui est rendu évident par ce qu’il dit ensuite : “Toute l’Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour reprendre, pour redresser, pour instruire dans la droiture.” (II Tim., 3,15-16).
L’Église a reçu les livres sacrés des Juifs dans la traduction grecque de la version des Septante, qui a été faite bien avant la Nativité du Christ. Cette traduction a été utilisée par les Apôtres, et c’est en grec qu’ils écrivaient leurs propres épîtres. Le canon contient aussi des livres sacrés d’origine hébraïque, qui cependant n’existaient qu’en grec, car ils avaient été composés après l’établissement de la liste officielle des livres sacrés juifs, sanctionnée en son temps par la Grande Synagogue. L’Église chrétienne Orthodoxe les inclut dans la collection des livres de l’Ancien Testament (dans la science biblique, on les a appelés livres “deutéro-canoniques”). Les Juifs n’utilisent pas ces livres dans leur vie religieuse.
En acceptant les Saintes Écritures de l’Ancien Testament, l’Église a montré qu’elle est l’héritière de l’Église de l’Ancien Testament qui s’est éteinte : non pas de l’aspect national du Judaïsme, mais du contenu religieux de l’Ancien Testament. Dans cet héritage, certaines choses ont une signification et une valeur éternelles, d’autres ont cessé d’exister et ont un sens uniquement comme souvenir du passé comme, par exemple, les règlements concernant le tabernacle, les sacrifices et les prescriptions pour la conduite journalière des Israélites. Par conséquent, l’Église utilise son héritage vétérotestamentaire de façon parfaitement indépendante, en accord avec sa compréhension du monde qui est plus complète et supérieure à celle de l’Ancien Israël.

Degré d’utilisation de l’Ancien Testament dans l’Église
Tout en admettant une totale reconnaissance de principe à la dignité des livres de l’Ancien Testament, l’Église chrétienne n’a pas eu en pratique l’opportunité de les utiliser toujours, partout et intégralement. Cela apparaît évident étant donné la quantité de ces textes qui occupent, dans la Bible, quatre fois plus de pages que le Nouveau Testament. Avant que les livres ne soient imprimés, ce qui veut dire durant les 1500 premières années de l’ère chrétienne, copier les livres, les collectionner et se les procurer était en soi une entreprise difficile. Seules quelques rares familles pouvaient en avoir une collection complète, mais certainement pas toutes les communautés chrétiennes. Comme source d’instruction de la Foi, comme guide de la vie du chrétien dans l’Église, le Nouveau Testament occupe, bien sûr, la première place. Le Psautier est le seul livre de l’Ancien Testament dont on puisse dire que l’Église l’a utilisé constamment, et l’utilise toujours pleinement, tant liturgiquement que pour accompagner la vie de chaque chrétien. Il en est ainsi depuis le temps des Apôtres jusqu’à nos jours et elle continuera de l’utiliser jusqu’à la fin des temps. Des autres livres de l’Ancien Testament, elle s’est limitée à des lectures choisies extraites de certains livres. En particulier, pour ce qui est de l’Église Russe, et bien qu’elle ait atteint une splendeur certaine dès le XI -XII ème siècles, avant l’invasion des Tatares, que cette plénitude de vie se fût exprimée dans la création liturgique, dans l’iconographie et dans l’architecture religieuse russes, qu’elle ait exercé son influence sur les monuments de la littérature de l’ancienne Russie, elle ne disposait cependant pas d’une collection complète des livres de l’Ancien Testament. Il n’y avait que des traductions de certains des livres les plus importants. C’est seulement à la fin du 15ème siècle que l’Archevêque Guennady de Novgorod a pu, avec beaucoup de difficultés, réunir les traductions slavonnes des livres de l’Ancien Testament. Et encore, ce ne fut que pour un seul archevêché, pour la cathédrale d’un seul évêque! Ce n’est qu’avec l’avènement de l’imprimerie que les Russes purent obtenir leur première Bible complète, publiée à la fin du XVI ème siècle, et connue sous le nom de Bible d’Ostrog. De nos jours, l’acquisition d’une Bible est devenue très accessible. Cependant, en pratique, l’utilisation purement liturgique des livres de l’Ancien Testament est restée identique à celle qui avait été établie originellement par l’Église.

“ Comprends-tu ce que tu lis ?”
Conformément au récit des Actes des Apôtres, lorsque l’Apôtre Philippe a rencontré un des eunuques de la Reine Candace sur la route avec le livre du prophète Isaïe dans sa main, il a demandé à l’eunuque : “Comprends-tu ce que tu lis?” Il lui répondit : “Comment le pourrais-je, si quelqu’un ne me guide ?” (Actes, VIII,31). Et Philippe l’instruisit si bien dans la conception chrétienne de ce qu’il lisait, que cette lecture de l’Ancien Testament fut immédiatement suivie, sur la route elle-même, du baptême de l’eunuque. L’Apôtre avait interprété à la lumière de la foi chrétienne ce que l’eunuque lisait. De même, c’est en nous fondant sur la Foi chrétienne que nous devons approcher la lecture de l’Ancien Testament, qui doit être compris dans le sens du Nouveau Testament, dans la lumière qui procède de l’Église. À cette fin, l’Église nous offre les commentaires patristiques des Saintes Écritures, préférant que ce soit par eux que nous assimilions le contenu des livres sacrés. Il est nécessaire de garder en mémoire que l’Ancien Testament est “l’ombre des biens à venir” (Heb., X,1). Sinon le lecteur pourrait ne pas recevoir l’édification nécessaire, comme nous en avertit l’Apôtre Paul. À propos des Juifs, il écrit : “jusqu’à ce jour, quand ils lisent Moïse, un voile est étendu sur leurs coeurs” (2 Cor., III,15). Chez eux, ce voile “reste non-levé quand ils font la lecture de l’Ancien Testament“ (ibid, 14), ce qui veut dire qu’ils ne sont pas éclairés spirituellement par la foi. Cependant, “dès que leurs cœurs se seront tournés vers le Seigneur” , poursuit l’Apôtre, “le voile sera ôté” (ibid.). Nous devons donc nous aussi lire ces livres d’un point de vue chrétien. C’est à dire qu’il convient de toujours garder les paroles du Seigneur à propos des Écritures : “elles rendent témoignage de Moi” (Jn, V,39). En effet, elles requièrent non seulement une lecture, mais une recherche. En elles se trouvent la préparation à la venue du Christ, les promesses, les prophéties, les préfigurations et les présages du Christ. C’est conformément à ce principe que sont choisis les extraits des lectures de l’Ancien Testament durant les offices liturgiques. Et même si l’Église nous les offre en édification, elle choisit des passages qui semblent écrits à la lumière de l’Évangile et qui parlent, par exemple, de la “vie éternelle”, des justes, de la “droiture selon la foi”, de la grâce. Si nous abordons les livres de l’Ancien Testament avec cet éclairage, alors nous pouvons y trouver une énorme richesse pour l’édification des chrétiens. Tout comme les gouttes de rosée sur les plantes brillent de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel lorsque la lumière du soleil vient les frapper, tout comme les brindilles des arbres couvertes de givre irisent de toutes les teintes lorsqu’elles reflètent le soleil, de même ces Écritures reflètent-elles ce qui est prédestiné à apparaître plus tard: les événements, les actes et l’enseignement de l’Évangile. Mais dès lors que le soleil se couche, ces mêmes gouttes de rosée et la pellicule de givre des arbres ne caressent plus nos yeux, bien qu’elles restent identiques à ce qu’elles étaient lorsque le soleil brillait. Il en est de même avec les Écritures de l’Ancien Testament. Sans la lumière des Évangiles elles deviennent caduques, “vieillies”, comme le dit l’Apôtre, et c’est ainsi que l’Église les appelle : “Ce qui est devenu ancien, ce qui est vieilli, est prêt de disparaître” (Héb., VIII,13). Le Royaume du peuple élu est arrivé à sa fin, le Royaume du Christ est apparu : “Jusqu’à Jean, c’était la Loi et les prophètes; depuis lors, le Royaume de Dieu est annoncé” (Luc, XVI,16).

Pourquoi faut-il connaître l’Ancien Testament ?
Nous écoutons les hymnes et les lectures à l’Église, et deux séries d’événements se révèlent à nos yeux : l’Ancien Testament et le Nouveau, en tant que sa préfiguration et son image, comme l’ombre et la vérité, comme la chute et le relèvement, comme la perte et l’acquisition. Dans les écrits patristiques et dans les hymnes liturgiques, cette comparaison entre l’Ancien et le Nouveau Testaments revient en permanence : Adam et le Christ, Ève et la Mère de Dieu. Là, le paradis terrestre, ici, le paradis Céleste. Par la femme vient le péché, par la Vierge le salut. Goûter le fruit mène à la mort, participer aux Saints Dons mène à la vie. Là, l’arbre interdit, ici, la Croix salvatrice. Là, il est dit : “par la mort tu mourras”, ici : “aujourd’hui tu seras avec Moi au paradis”. Là, le serpent flatteur, ici, Gabriel annonciateur de la bonne nouvelle. Là, il est dit à la femme : “dans la douleur tu enfanteras”; ici, on dit aux femmes près du tombeau : “réjouissez-vous”. Le parallèle est mené tout au long de l’intégralité des deux Testaments. Le salut des eaux dans l’arche, le salut dans L’Église. Les trois pèlerins chez Abraham, la vérité des Évangiles sur la Sainte Trinité. L’offrande d’Isaac en sacrifice, la mort du Sauveur sur la Croix. L’échelle que Jacob a vu en songe, la Mère de Dieu, échelle de la descente du Fils de Dieu sur terre. La vente de Joseph par ses frères, la trahison du Christ par Judas. L’esclavage en Egypte, l’esclavage spirituel de l’humanité au Malin. La sortie d’Egypte, le Salut en Christ. La traversée de la Mer Rouge, le Saint Baptême. Le buisson inconsumé, la virginité perpétuelle de la Mère de Dieu. Le Sabbat, le jour de la Résurrection. Le rite de la circoncision, le mystère du Baptême. La manne, la sainte Cène néotestamentaire du Seigneur. La loi de Moïse, la loi des Évangiles. Le Sinaï, le Sermon sur la Montagne. Le tabernacle, l’Église du Nouveau Testament. L’Arche de l’Alliance, la Mère de Dieu. Le serpent sur le bâton, le péché cloué par le Christ sur la Croix. Le bâton d’Aaron qui fleurit, la renaissance en Christ. Et nous pourrions continuer d’énumérer bien d’autres comparaisons.
Notre compréhension du Nouveau Testament exprimée dans nos hymnes, donne encore plus de relief aux événements vétérotestamentaires. Par quelle puissance Moïse a-t-il partagé les eaux de la mer ? Par le signe de la Croix : “En traçant devant lui le signe de la Croix avec son bâton, Moïse ouvrit la mer Rouge à Israël qui la passa à pied sec”. Qui conduisit les Juifs à travers la Mer Rouge ? Le Christ : “Le Christ, à bras étendu, précipita cheval et cavalier dans la mer Rouge, mais Il sauva Israël”. Le retour de la mer à sa forme première, après le passage des Israélites, était une préfiguration de l’incorruptible pureté de la Mère de Dieu. “Jadis, dans la mer Rouge, fut esquissée l’image de l’Épouse inépousée”. ( Dog. Théotokion, 5ème ton).
Durant la première et la cinquième semaines du Grand Carême, nous nous réunissons à l’église pour le canon de pénitence et de componction de saint André de Crète. Dans une longue séquence, passent devant nous des exemples de droiture et des exemples de chutes qui traversent tout l’Ancien Testament, puis viennent des exemples tirés du Nouveau Testament. Mais ce n’est qu’à la condition de connaître l’histoire sacrée de l’Ancien Testament, que nous pouvons profiter pleinement du contenu de ce canon.
C’est pourquoi une connaissance de l’histoire biblique n’est pas seulement nécessaire aux adultes. En instruisant nos enfants à l’Ancien Testament, nous les préparons à une participation plus consciente et à une meilleure compréhension des offices liturgiques.
Mais il est d’autres raisons encore plus importantes.
Dans les paroles du Sauveur, et dans les écrits des Apôtres, il est souvent fait référence à des personnages, à des événements et à des textes de l’Ancien Testament : Moïse, Elie, Jonas, au témoignage du prophète Isaïe et ainsi de suite.
Dans l’Ancien Testament sont données les raisons pour lesquelles le salut par la venue du Fils de Dieu était essentiel pour l’humanité.
Mais nous ne devons cependant pas perdre de vue tout ce que l’Ancien Testament apporte pour l’édification purement morale. “Le temps me manquerait” , écrit l’Apôtre Paul, “pour parler de Gédéon, et de Barac, et de Samson, et de Jephté, de David, de Samuel et des prophètes : par la foi ils ont conquis des royaumes, exercé la justice, obtenu l’effet des promesses, fermé la gueule des lions, éteint la violence du feu, échappé à la lame de l’épée, triomphé de la maladie, déployé leur vaillance au combat, mis en déroute des armées ennemies … eux dont le monde n’était pas digne; ils ont erré dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et dans les antres de la terre” (Heb., XI,32 -34;38). Nous devons également en tirer profit pour notre édification. L’Église place constamment devant les yeux de notre esprit l’image des Trois Enfants dans la fournaise de Babylone.
Avec et sans L’Église comme guide
Dans L’Église tout est à sa place. Dans L’Église toute chose a son poids spécifique et son éclairage adéquat. Cela s’applique également aux Écritures de l’Ancien Testament. Nous connaissons par coeur les Dix Commandements qui nous ont été donnés sur le Mont Sinaï, mais nous les comprenons bien plus profondément que ne le pouvaient les Juifs, parce que pour nous ils sont éclairés et approfondis par le Sermon du Sauveur sur la Montagne. Une législation morale et rituelle abondante nous est présentée par la loi de Moïse, toutefois, les mots : “Tu aimeras le Seigneur Ton Dieu de tout ton coeur, de tout ton être et de toute ton âme” et : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même”, que l’on trouve au milieu de la masse des autres instructions de Moïse, n’ont commencé à briller pour nous de leur plein éclat que grâce à l’Évangile.
Ni le tabernacle, ni le temple de Salomon n’existent plus désormais; pourtant, nous étudions leur structure, parce que beaucoup de symboles du Nouveau Testament sont contenus dans leur institution. Dans L’Église nous entendons des lectures tirées des prophètes, mais ils ne nous sont pas offerts afin que nous puissions connaître le destin des peuples qui entouraient la Palestine, mais parce que ces lectures contiennent des prophéties sur le Christ et sur les événements de l’Évangile.
Mais voilà qu’un jour (c’était au 16e siècle, en Europe occidentale), une branche nombreuse de la chrétienté ne voulut plus être guidée par la Tradition ecclésiastique et rejeta toute la richesse de la Tradition de l’Église antique, décidant de ne garder que les Saintes Écritures, l’Ancien et le Nouveau Testaments, comme source unique et guide dans la foi. C’est ce que fit le Protestantisme. Rendons lui cette justice : il s’était enflammé du désir de la parole vivante de Dieu, il se mit à aimer la Bible. Mais il ne tint pas compte du fait que les Saintes Écritures avaient été collectées par L’Église, et qu’elles appartenaient à L’Église de par son héritage historique et apostolique. Il ne tint pas compte du fait que la Foi de L’Église est illuminée par la Bible, tout comme la Bible l’est par la Foi de L’Église, et qu’elles sont mutuellement nécessaires l’une à l’autre. Restés seuls avec les Saintes Écritures, ces chrétiens se sont mis à les étudier avec frénésie, dans l’espoir qu’en suivant leur chemin pas à pas, ils le verraient si clairement qu’il ne pourrait plus y avoir de différends à propos de la foi. La Bible, dont les trois quarts en terme de volume sont constitués de l’Ancien Testament, devint une référence constante. Ils l’étudièrent dans ses moindres détails, la contrôlèrent avec différents textes hébreux anciens, comptèrent combien de fois tel ou tel mot revenait dans les Saintes Écritures. Mais, ce faisant, ils commencèrent à perdre le juste rapport des valeurs. L’Ancien et le Nouveau Testaments leur apparurent comme deux sources équivalentes de la foi, se complétant mutuellement, comme deux aspects parfaitement égaux. Chez certains groupes de protestants, la prédominance quantitative des livres de l’Ancien Testament, comme le fait qu’ils sont placés avant dans la Bible, les amènent à penser que l’Ancien Testament occupe de même la première place en importance. C’est ainsi qu’apparurent les sectes judaïsantes. Ils se mirent à considérer le monothéisme (la foi en un seul Dieu) de l’Ancien Testament, comme étant supérieur au monothéisme du Nouveau Testament avec sa vérité divinement révélée d’un Seul Dieu dans la Sainte Trinité; les commandements donnés sur le Mont Sinaï devinrent plus importants que la doctrine des Évangiles; le sabbat, plus important que le jour de la Résurrection.
D’autres, s’ils n’ont pas suivi cette voie des judaïsants, ont cependant été incapables de discerner l’esprit de l’Ancien Testament de celui du Nouveau, l’esprit de l’esclavage de celui de la filiation, l’esprit de la loi de celui de la liberté. Sous l’influence de certains passages de l’Ancien Testament, ils ont rejeté la plénitude de la vénération divine telle qu’elle s’exprime dans l’Église chrétienne sous différentes formes impliquant l’esprit et le corps en même temps, ils ont rejeté les modes extérieurs d’expression de cette vénération et, en particulier, ils ont dédaigné ce symbole de la Chrétienté – la Croix – et autres représentations sacrées, se mettant ainsi d’eux-mêmes sous la condamnation de l’Apôtre : “Toi qui as les idoles en abomination, tu commets des sacrilèges” (Rom., II,22).
Un troisième groupe, troublé soit par la simplicité avec laquelle les anciens récits sont relatés, soit par la cruauté de l’antiquité, notamment telle qu’elle s’est manifestée dans les guerres, le nationalisme exacerbé des Juifs et d’autres aspects de l’ère pré-chrétienne, se sont mis à avoir une attitude critique à l’égard de ces récits, puis de la Bible elle-même dans son intégralité.
De même qu’il est impossible de ne manger que du pain sans eau, même si le pain est l’aliment le plus essentiel pour l’organisme, il est tout autant impossible d’être nourri spirituellement par les seules Écritures, sans le rafraîchissement de la grâce fourni par la vie dans l’Église. Les facultés théologiques protestantes, qui prétendent assurer la garde du christianisme et de ses sources en travaillant sur l’étude de la Bible, se retrouvent avec un goût amer dans la bouche. Ils se sont passionnés pour l’analyse critique des textes des Écritures, initialement de l’Ancien Testament, puis du Nouveau et, ce faisant, ils ont progressivement cessé de sentir la force spirituelle des Écritures et ont abordé les livres sacrés comme de simples documents de l’antiquité, en leur appliquant des méthodes et des techniques positivistes du 19ème siècle. Certains de ces théologiens se sont mis à rivaliser entre eux, inventèrent des théories sur l’origine de différents livres au mépris de l’antique tradition sacrée. Dans le but d’expliquer des cas de prophéties d’événements survenus ultérieurement et qui se trouvent inscrits dans les livres sacrés, ils se sont mis à dire que ces livres étaient en fait écrits à une date bien plus tardive, à l’époque même où ces événements se seraient produits. Les théories ont pu varier, mais la méthode elle-même ne pouvait que saper l’autorité des Saintes Écritures ainsi que la Foi chrétienne. Il est vrai que les simples croyants protestants ignoraient tout de cette prétendue “critique biblique” et, dans une certaine mesure, continuent à le faire. Mais comme les pasteurs sont passés par ces écoles théologiques, il n’est pas rare qu’ils aient eux-mêmes été les vecteurs de cette pensée critique au sein de leurs communautés. La période de cette critique biblique connaît maintenant un déclin certain, mais ce bouleversement a amené un grand nombre de sectes à perdre la foi dans les dogmes, à reconnaître uniquement l’enseignement moral de l’Évangile, oubliant qu’il est inséparable de la doctrine dogmatique.
Il arrive souvent que même les meilleures entreprises connaissent des aspects regrettables.
Ainsi, la traduction de la Bible en langues contemporaines a été un grand événement dans le domaine de la culture chrétienne. Nous devons admettre que dans une grande mesure, cette tâche a été accomplie par les Protestants. Cependant, nous devons aussi admettre que le souffle de la sainte et profonde antiquité des Écritures vétérotestamentaires est plus difficilement perceptible dans nos langues contemporaines. Lorsqu’on lit les Écritures dans ces langues, il est plus malaisé de prendre en compte l’immense distance qui sépare les deux époques, l’apostolique et la nôtre, et il s’ensuit une incapacité à comprendre et apprécier la simplicité des récits bibliques. Ce n’est pas sans raison que les Juifs préservent l’ancienne langue hébraïque des Écritures, et évitent même d’utiliser pour les prières et les lectures dans les synagogues des Bibles imprimées, préférant se servir de copies manuscrites de l’Ancien Testament sur parchemins.
Diffuser la Bible sur tous les continents par millions d’exemplaires fut également une grande œuvre. Mais là encore, pareille distribution massive n’a-t-elle pas amoindri, parmi les masses humaines, le respect dû au Livre des livres ?
Ce que nous venons de dire se rapporte à l’activité à l’intérieur du christianisme. Mais voilà que des circonstances externes sont apparues. La Bible s’est trouvée confrontée à des recherches scientifiques multiples : géologie, paléontologie, archéologie. Des profondeurs de la terre a surgi le monde du passé, jusqu’alors pratiquement inconnu, que la science contemporaine a daté d’un nombre vertigineux de millénaires. Les ennemis de la religion n’ont pas manqué d’utiliser ces données de la science comme armes contre la Bible, la mettant sur le banc des accusés en paraphrasant Pilate : “N’entends-Tu pas de combien de choses ils T’accusent ?” (Marc, XV,4).
Dans ces conditions nouvelles, nous devons nous renforcer dans l’idée de la sainteté de la Bible, de sa vérité, de sa valeur, de sa nature exceptionnelle et de sa grandeur comme Livre des livres, authentique livre de l’humanité. Notre devoir est de nous protéger nous-mêmes de tout trouble. Ce sont principalement les Saintes Écritures de l’Ancien Testament qui sont confrontées aux théories scientifiques contemporaines. Aussi, approchons-nous de plus près de l’Ancien Testament. Regardons-le pour ce qu’il est. En ce qui concerne la science, nous pouvons être pratiquement certains que la science objective et authentique rendra toujours témoignage de la Vérité de la Bible. Saint Jean de Cronstadt enseigne : “Lorsque tu doutes de la véracité d’une personne ou d’un événement décrits dans les Saintes Écritures, souviens-toi alors que “toute Écriture est inspirée de Dieu”, comme le dit l’Apôtre (2 Tim., III,16), et par conséquent est vraie, et ne peut contenir de personnages imaginaires, de fables, ou contes, bien qu’elle comprenne des paraboles dont n’importe qui peut voir que ce ne sont pas des récits authentiques, mais qu’elles sont écrites dans un langage figuré. Toute parole de Dieu est vérité une et indivisible; et si tu admets pour mensonge un récit, une phrase ou un simple mot, alors tu pécheras contre la vérité de toutes les Saintes Écritures, dont la Vérité première est Dieu Lui-même” (Saint Jean de Cronstadt, Ma Vie en Christ, Monastère de la Sainte Trinité, Jordanville N.Y. 1971, Vol I, p77).

L’inspiration divine des Écritures
En slavon et en russe nous qualifions habituellement les “Écritures” de “sacrées” (en grec : teroV, iera). “Sacré” signifie “sanctifié”, possédant la grâce, reflétant le souffle du Saint Esprit. Le terme “Saint” n’est systématiquement appliqué qu’aux Évangiles (en grec : ~agioV, agia, agion), et avant la lecture de l’Évangile, nous sommes appelés à prier afin d’être digne de l’entendre : “Et pour que nous soyons jugés dignes d’écouter le Saint Évangile, prions le Seigneur notre Dieu”. De plus, nous sommes obligés de l’écouter debout : “Sagesse ! Debout ! Écoutons le Saint Évangile !”, alors que lorsque nous écoutons les lectures de l’Ancien Testament, les Parémies, L’Église orthodoxe nous autorise à nous asseoir. Et même lorsque les psaumes sont lus, pas en tant que nos propres prières, mais lorsqu’ils sont plutôt offerts en méditation, pour notre édification, comme par exemple les cathismes des Matines, nous sommes aussi autorisés à nous asseoir. Ainsi, nous pouvons employer les paroles de l’Apôtre Paul en les appliquant aux Livres sacrés, et dire : “Une étoile diffère en éclat d’une autre étoile” (I Cor., XV, 41). Toutes les Écritures sont divinement inspirées, mais en fonction de l’objet traité, certains livres sont élevés au-dessus d’autres : là, les Juifs et la loi de L’Ancien Testament; ici, dans le Nouveau Testament, le Christ notre Sauveur et Son Enseignement Divin. Qu’est-ce qui confère aux Écritures leur inspiration divine ? Le fait que ces auteurs sacrés se trouvaient sous cette ombre et cette conduite qui, dans des moments de suprême spiritualité, devient illumination et, dans certains cas même, divine révélation. En ce qui concerne ce dernier point, ils disent habituellement d’eux-mêmes, “j’ai reçu la révélation du Seigneur”, ainsi que nous pouvons le lire dans les prophètes et chez les Apôtres Paul et Jean (dans l’Apocalypse [1] ). Mais par ailleurs, les auteurs utilisaient les moyens habituels d’acquisition du savoir. Ainsi, pour connaître le passé, ils s’en remettaient à la tradition orale. “Ô Dieu, ce que nous avons entendu de nos oreilles, ce que nos pères nous ont raconté, les œuvres que Tu as accomplies de leur temps, nous ne les cacherons pas de leurs enfants et proclamerons aux générations à venir la gloire et la puissance du Seigneur” (Ps 43). “Ô Dieu, de nos oreilles nous avons entendu, nos pères nous ont raconté, l’oeuvre que Tu as accompli dans les temps du passé” (Ps 77,2-3). Saint Luc, qui n’était pas du nombre des douze Apôtres, décrit les événements de l’Évangile “après avoir fait avec soin des recherches sur toutes ces choses depuis leur origine” (Luc, I,3). Les auteurs sacrés utilisent des documents écrits, des recensements de personnes, des généalogies familiales; ils citent des récits avec des indications de dépenses de construction, de quantités de matériel, de poids, de prix, etc. Dans les livres historiques de l’Ancien Testament nous trouvons des références à d’autres livres comme sources d’information ainsi, par exemple, dans le livre des Rois et des Chroniques : “Le reste des actions d’Achazia et ce qu’il a fait, cela n’est-il pas écrit dans le livre des Chroniques des rois d’Israël?” (2 Rois I,18). “Le reste des actions de Joatham, et tout ce qu’il a fait, cela n’est-il pas écrit dans le livre des Chroniques des rois de Juda” (2Rois, XV,36; 2 Chron. XII,15; XIII,22 et autres endroits). Les documents originaux sont également cités : le premier livre d’Esdras reproduit mot pour mot toute une série d’ordres et de rapports liés à la restauration du Temple de Jérusalem. Il ne faut pas croire que les auteurs sacrés étaient omniscients. Cette qualité n’est pas même donnée aux anges : elle n’appartient qu’à Dieu seul. Mais ces auteurs étaient saints. “Les fils d’Israël ne pouvaient fixer leurs regards sur la face de Moïse à cause de la gloire de son visage”, rappelle saint Paul (2 Cor,III,7). Cette sainteté des rédacteurs, la pureté de leur intelligence, de leur cœur, la conscience de la grandeur de leur mission et leur responsabilité à la remplir, étaient directement exprimés dans leurs écrits : dans la sainteté, la pureté et la droiture de leurs pensées, dans la vérité de leurs paroles, dans la distinction claire entre vérité et mensonge. Ils commençaient leurs récits portés par l’inspiration venue d’en haut et ainsi inspirés ils les poursuivaient. A certains moments, leur esprit était illuminé par des révélations particulières de la grâce d’en haut, et par une vision mystique dans le passé, comme chez le prophète Moïse dans le Livre de la Genèse, ou dans le futur, comme chez les prophètes plus tardifs ou les Apôtres du Christ. Il s’agit, comme nous pouvons naturellement le supposer, d’une vision comme dans un brouillard, une sorte de percée à travers un rideau. “Maintenant, nous voyons dans un miroir, d’une manière obscure; mais ensuite [dans l’âge à venir], nous verrons face à face” témoigne saint Paul (1 Cor., XIII,12). Que l’attention soit dirigée vers le passé ou le futur, dans la vision le temps n’est pas pris en compte; les prophètes voient “les choses éloignées comme si elles étaient proches”. C’est pourquoi les Évangélistes décrivent deux événements futurs, prédits par le Seigneur, la destruction de Jérusalem et la fin du monde, de façon telle qu’ils se fondent dans une seule perspective à venir : “Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de Sa propre autorité”, dit le Seigneur (Actes I,7).
L’inspiration divine n’appartient pas aux seules Écritures Saintes. Comme nous le savons, la Sainte Église reconnaît la Sainte Tradition comme une source de foi égale aux Saintes Écritures. Car cette Tradition, qui exprime la voix de l’Église toute entière, est aussi la voix du Saint-Esprit vivant dans l’Église. Tous nos offices liturgiques sont également divinement inspirés, ainsi que la sainte Église le chante : “Honorons dignement les témoins de la vérité et les hérauts de la piété dans des hymnes divinement inspirées” (Kondakion aux saints Zenobius et Zénobia, Oct. 30) et tout particulièrement la Liturgie eucharistique, étant divinement inspirée, porte l’appellation plus élevée de “Divine Liturgie”.

Archiprêtre Michel Pomazansky,
L’Ancien Testament dans l’Église du Nouveau Testament, Jordanville, 1961, 38 p.
Traduction: C. Savykine

[1] Selon saint André de Césarée, dans ses commentaires sur L’Apocalypse, les révélations apparaissent pendant l’illumination de l’esprit, ou en visions envoyées pendant le sommeil ou dans un état de réveil au moyen de l’illumination divine. Évêque Dimitri, L’Apocalypse dans la perspective du 20ème siècle, Harbin, p.11.

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