Archive pour le 26 juin, 2014

Le Sacré-Cœur de Jésus

26 juin, 2014

Le Sacré-Cœur de Jésus dans images sacrée DSC_15112

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ORIGINE ET DEVELOPPEMENT DU CULTE DU SACRE-COEUR

26 juin, 2014

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ORIGINE ET DEVELOPPEMENT DU CULTE DU SACRE-COEUR

[d'après une petite brochure éditée par le monastère de la Visitation de Paray-le-Monial]

Les choix de Dieu
« O abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles ! Qui, en effet, a jamais connu la pensée du Seigneur ? Qui en fut jamais le conseiller ?  » (Rm 11, 33-34).
Les voies de Dieu, les choix de Dieu sont souvent déconcertants aux yeux des hommes : ils sont généralement à l’opposé des leurs. Pour l’accomplissement de ses plus grands desseins, ne voit-on pas Dieu, dans l’Ancien Testament, tirer d’un pays inconnu des êtres plus ignorés encore ? Son Fils unique lui-même, Jésus, Sauveur du monde, naîtra à Bethléem. Sa mère sera Marie, épouse de Joseph, modestes artisans dont il n’était rien dit :  » Les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur  » (1S 16, 7).
 » Nul n’a jamais vu Dieu, le Fils unique qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître « , affirme saint Jean. En effet :  » Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique « . Ecoutons-le. Un jour, prenant la parole, il dit :  » Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir « . Ces mystères cachés, révélés aux petits, quels sont-ils ?

La Révélation principale
L’essentielle révélation du Christ qu’il importe à tout homme de connaître et de ne jamais oublier, trois petits mots, en quelques traits de feu, suffisent à l’énoncer :  » DIEU EST AMOUR « . Ces trois mots ont jailli du cœur de l’apôtre bien-aimé, seul près de Marie, avec Marie-Madeleine et quelques femmes, à l’heure où le Christ expirait, donnant aux hommes la preuve du « plus grand amour « .
Il écrira :  » Un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et, aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, afin que vous croyiez vous aussi « . Au véritable Agneau pascal s’applique la parole :  » Pas un os ne lui sera brisé « . Il est dit encore :  » Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé « .
Très tôt, les mystiques et les saints ont contemplé la plaie du côté du Christ, pénétrant jusqu’au cœur de celui qui a versé son sang pour le salut du monde et répandu l’eau vive de l’Esprit.

Le choix du  » cher Paray « 
Au XVIIè siècle, la France sort meurtrie des guerres dites  » de religion « , qui ont opposé violemment des frères chrétiens. Le jansénisme, de son côté, insuffle dans l’Eglise plus de crainte que d’amour. Plus que jamais, il est nécessaire de redécouvrir l’Evangile, Bonne Nouvelle de Dieu. Amour.
Paray possède, depuis longtemps déjà, un prieuré bénédictin, rattaché à l’Abbaye de Cluny, dont les moines ont bâti l’admirable basilique d’aujourd’hui. Il existe aussi, depuis 1618, une  » Mission  » des Jésuites. Mais, en 1626, cette ville, où l’on prie, désire encore et obtient, avec l’accord de sainte Jeanne de Chantal, des moniales de la Visitation Sainte-Marie, ordre fondé à Annecy, en 1610. – Le fondateur, saint François de Sales (décédé en 1622), avait écrit :  » Vraiment, notre petite congrégation est un ouvrage du cœur de Jésus et de Marie. Le Sauveur mourant nous a enfantés par l’ouverture de son sacré Cœur « . Il avait même été inspiré de donner pour emblème à l’ordre :  » Un unique cœur percé de deux flèches « , surmonté d’une croix, entouré d’une couronne d’épines et gravé des noms de Jésus et Marie. -
Entre Paray et Cluny, un petit village : Verosvres. C’est là que sera baptisée, le 25 juillet 1647, Marguerite Alacoque, née trois jours plus tôt, en la fête de sainte Marie Madeleine.
Dès son enfance, elle a horreur du péché, aime prier et rester près du saint Sacrement. Vers l’âge de quatre ans, au cours d’une Messe entendue à genoux, elle se sent pressée, entre les deux élévations, de se consacrer totalement à Dieu. Le Seigneur lui dira plus tard :  » C’est moi qui te pressais de le faire… Et puis, je te mis en dépôt au soin de ma sainte Mère, afin qu’elle te façonnât selon mes desseins « .
Prédestinée, elle connaît très tôt la souffrance : elle n’a que huit ans à la mort de son père. Chargée de la tutelle de ses cinq enfants, sa mère reste peu au logis. Marguerite est mise dans un pensionnat, où elle communie à neuf ans et désire imiter les religieuses. Mais la maladie la terrasse : durant quatre ans, il lui est impossible de marcher. Elle prie la Vierge Marie et se trouve guérie dès qu’elle lui fait vœu d’être  » un jour l’une de ses filles « . La santé retrouvée, elle se sent portée  » à la vanité et à l’affection des créatures « . D’un naturel aimable et gai, elle oublie ses promesses et va jusqu’à se déguiser, au temps du carnaval : ce qu’elle se reprochera amèrement.
Elle aime les pauvres, partage avec eux ce qu’elle a, leur apprend le catéchisme. Sa charité est remarquable : elle appellera  » chères bienfaitrices  » de son âme les trois personnes de la famille paternelle qui exercent, sur la veuve et sa fille, une autorité exagérée.
De toute leur affection, les siens pressent Marguerite de se marier. Elle lutte. Non. Dieu le veut : elle sera religieuse. Aux Sainte-Marie.  » Dès qu’on me nomma Paray, écrit-elle, mon cœur se dilata de joie « . Son frère la conduit donc au  » cher Paray « , le 25 mai 1671. Là, au parloir de la Visitation, elle entend intérieurement :  » C’est ici que je te veux « . Quittant tout le 20 juin, elle reçoit l’habit religieux et le nom de Marguerite-Marie, le 25 août 1671.
Eprise de vérité, elle saisit très vite – et on le lui dit – que l’esprit de l’Ordre ne veut rien d’extraordinaire. Les responsables s’interrogent. Elle craint son renvoi. Le Seigneur la rassure :  » Dis à ta supérieure qu’il n’y a rien à craindre pour te recevoir, que je réponds pour toi… « .
En 1672, elle fait dix jours de retraite en compagnie de son Souverain Maître, avant d’émettre ses vœux le 6 novembre. Le bosquet du jardin lui devient alors  » un endroit de grâce « , surtout par les lumières qu’elle y reçoit sur le mystère de la Passion.  » Mais, précise-t-elle, c’est ce qui m’a donné tant d’amour pour la croix « .
Objet de grâces spéciales, un 1er juillet, pendant le Te Deum des Matines, une lumière divine vient reposer sur ses bras, sous  » la figure d’un petit enfant « , et elle est guérie d’une extinction de voix.

Les principales Révélations de Paray
On est au 27 décembre 1673, fête du  » disciple que Jésus aimait « , celui qui, à la Cène, reposa sur son cœur. Et le Seigneur choisit ce jour pour se révéler à celle qu’il va nommer :  » la disciple bien-aimée de mon sacré Cœur « .
Marguerite-Marie est en prière devant le saint Sacrement quand elle se sent plus fortement investie que de coutume de la présence divine. Oubliant tout, elle s’abandonne à la force de l’Esprit d’amour. Le Christ la fait  » reposer fort longtemps sur sa divine poitrine  » où, écrit-elle,  » il me découvrit les merveilles de son amour et les secrets inexplicables de son sacré Cœur, qu’il m’avait toujours tenu cachés jusqu’alors qu’il me l’ouvrit pour la première fois. Mais d’une manière si effective et sensible qu’il ne me laissa aucun lieu d’en douter.  » Il lui dit :  » MON DIVIN CŒUR EST SI PASSIONNE D’AMOUR POUR LES HOMMES ET POUR TOI EN PARTICULIER QUE NE POUVANT PLUS CONTENIR EN LUI-MEME LES FLAMMES DE SON ARDENTE CHARITE, IL FAUT QU’IL LES REPANDE PAR TON MOYEN, ET QU’IL SE MANIFESTE A EUX POUR LES ENRICHIR DE SES PRECIEUX TRESORS QUE JE TE DECOUVRE… « 
Ce divin Cœur lui est ensuite spécialement représenté les premiers vendredis du mois  » comme un soleil brillant d’une éclatante lumière « .  » Une fois entre les autres, écrit-elle sans autre précision, que le saint Sacrement était exposé… Jésus-Christ, mon doux Maître, se présenta à moi tout éclatant de gloire, avec ses cinq plaies brillantes comme cinq soleils « . Des flammes sortaient de toute part,  » mais surtout de son adorable poitrine qui ressemblait à une fournaise « . Il lui découvre alors  » son tout aimant et tout aimable Cœur qui était la vive source de ces flammes « , et lui redit l’excès de sa tendresse pour les hommes, dont il ne reçoit  » que des ingratitudes et des méconnaissances « . Il en souffre et ajoute :  » S’ILS ME RENDAIENT QUELQUE RETOUR D’AMOUR, J’ESTIMERAIS PEU TOUT CE QUE J’AI FAIT POUR EUX ET VOUDRAIS, S’IL SE POUVAIT, EN FAIRE ENCORE DAVANTAGE « . La Sainte devra suppléer à ces ingratitudes : communier souvent, en plus des premiers vendredis du mois, et veiller une heure avec lui tous les jeudis, de onze heures à minuit.
Eprouvée en sa santé, elle s’unit à la croix et Dieu la visite. Les trois Personnes de la Sainte Trinité lui apparaissent une fois  » sous la forme de trois jeunes hommes vêtus de blanc, tous resplendissants de lumière, de même âge, grandeur et beauté « .
L’apparition la plus célèbre est celle de juin 1675. Un jour de l’octave de la Fête-Dieu, le saint Sacrement est exposé : Marguerite-Marie l’adore. Lui découvrant  » son divin Cœur « , Notre Seigneur lui dit :  » VOILA CE CŒUR QUI A TANT AIME LES HOMMES, QU’IL N’A RIEN EPARGNE JUSQU’A S’EPUISER ET SE CONSOMMER POUR LEUR TEMOIGNER SON AMOUR. ET, POUR RECONNAISSANCE, JE NE RECOIS DE LA PLUPART QUE DES INGRATITUDES, PAR LEURS IRREVERENCES, ET PAR LES FROIDEURS ET LES MEPRIS QU’ILS ONT POUR MOI DANS CE SACREMENT D’AMOUR… C’EST POUR CELA QUE JE TE DEMANDE QUE LE PREMIER VENDREDI D’APRES L’OCTAVE DU SAINT SACREMENT SOIT DEDIE A UNE FETE PARTICULIERE POUR HONORER MON CŒUR, EN COMMUNIANT CE JOUR-LA ET EN LUI FAISANT REPARATION D’HONNEUR… « 
Le Christ avait promis à Marguerite-Marie de lui envoyer  » un sien serviteur « . Or, au début de 1675, le P. La Colombière était arrivé à la Résidence des Jésuites. Dès sa première conférence aux Visitandines, ignorant tout, il l’avait distinguée. Interrogeant ensuite la supérieure, il l’assura que c’était  » une âme de grâce « . A ce guide éclairé, Marguerite-Marie a tout confié et, le vendredi suivant la grande révélation, 21 juin, en union avec elle, le Père se consacre lui-même au Cœur de Celui qui le nommait son  » fidèle et parfait ami « . Dans la ferveur de leur don total, offrant souffrances et humiliations rencontrées, tous deux cherchent alors à faire connaître la nouvelle dévotion. Mais en septembre 1676, le religieux, envoyé en Angleterre, quitte Paray – où il reviendra mourir en 1682.

La paix du soir
 » Ne te suffis-je pas ?  » dit le Seigneur à sa  » disciple bien-aimée « , restée seule. Toute sa force est au saint Sacrement et en la Vierge Marie. Travaillant un jour dans une petite cour proche de la chapelle, « l’aimable Cœur  » de Jésus lui est représenté  » plus brillant qu’un soleil « , environné de Séraphins qui désirent souffrir en sa personne et la réjouir en la leur.
Grâces particulières, épreuves particulières continuent de tisser sa vie, mais sa vertu a fini par éclater aux yeux de ses compagnes qui ne lui mesurent plus leur affection. En mai 1684, elle est élue assistante de la Communauté et, en fin d’année, elle est nommée Maîtresse des novices. Elle leur fera connaître le Cœur du Christ.
Le jour de sa propre fête, 20 juillet 1685, tombant un vendredi, elle les invite à honorer ce Cœur sacré, dont elle leur a donné une  » image tracée avec une plume  » sur un papier. – Cette  » première image du sacré Cœur  » n’est visiblement qu’un symbole d’amour : celui du Cœur qui nous  » aima jusqu’à l’extrême « . En effet, les tableaux qui ont ravi la Sainte de Paray représentent la Sainte Trinité : le Père sous un visage humain, le Fils sous la figure d’un cœur et l’Esprit Saint sous la forme d’une colombe. Elle n’écrit pas  » le Sacré-Cœur « , mais bien :  » le sacré Cœur de N.S.J.C.  » ou encore :  » ce sacré… ce divin Cœur  » car elle n’a jamais séparé le Cœur du Christ de sa personne humano-divine. -
Aux premiers hommages rendus par les novices, aucune autre sœur n’a voulu s’unir. Mais, l’année suivante, le vendredi après l’octave de la Fête-Dieu, 21 juin, toute la Communauté répond elle-même au désir du Cœur divin en l’honorant pour la première fois. Elle s’engage alors à lui faire faire un tableau, puis à lui bâtir sa première chapelle dans le jardin. Celle-ci sera bénie solennellement le 7 septembre 1688.
Quelques messages pour Louis XIV sont donnés par le Christ à sa disciple en 1689 : elle essaie de les transmettre. Mais, en 1690, le jour de ses quarante-trois ans et fête de sainte Madeleine, elle commence à se préparer à la mort qu’elle sent approcher. Le culte nouveau se répand désormais : sa tâche est finie. Malade, elle s’alite au début d’octobre et meurt le 17, après avoir dit :  » Je n’ai plus besoin que de Dieu seul et de m’abîmer dans le Cœur de Jésus-Christ « . Le lendemain matin, on se redit dans la ville :  » La Sainte est morte « . De nombreuses grâces lui sont de suite attribuées et, le 13 mai 1920, l’Eglise elle-même la proclame  » Sainte « .

Paray : source inépuisable
La Sainte n’est plus. Son message demeure. Avant 1690, le culte du Sacré-Cœur — déjà éveillé dans les esprits, avec celui du Cœur de Marie, par saint Jean Eudes — s’étendait surtout par le moyen des Confréries. On désire plus. Dès 1692, l’institution d’une fête est en vain sollicitée du Saint-Siège. En France, plusieurs évêques autorisent, dans leurs diocèses, la célébration de messes du Sacré Cœur (à Paray, en 1721). Enfin, sur les instances de son roi, de l’évêque de Cracovie et de tout son épiscopat, la Pologne, la première, obtient de Rome, en 1765, la concession avec messe et office propres. La même année, à la demande de la reine Marie Leczinska, les évêques de France adoptent la fête et, en 1856, ils en obtiennent l’extension à toute l’Eglise.
En 1873, commence à Paray l’ère des grands pèlerinages. Le 29 juin, on y voit un groupe de députés français. Ce même jour, perdue dans la foule, Mlle Emilie Tamisier a l’inspiration de lancer les Congrès Eucharistiques Internationaux. Lille organise le premier en 1881. – Lourdes est choisie pour le centenaire de cette œuvre voulue pour remercier le Christ du don le plus précieux de son Cœur : l’Eucharistie. -
En 1875, est posée à Montmartre la première pierre de « la basilique du Vœu National « , qui rayonne désormais sur Paris. A l’aube du XXè siècle, en 1899, le genre humain est consacré au Cœur de Jésus par Léon XIII, qui appelait Paray : la  » cité chérie du ciel « .
Jean XXIII aimait aussi cette cité qu’il a visité cinq fois. En 1959, première année de son Pontificat, en la fête de Marguerite-Marie, il envoyait spontanément un long télégramme disant à tous son union. Six ans plus tard, le bicentenaire du décret de 1765 unit la Pologne à la France : l’archevêque de Cracovie vient à Paray en  » simple pèlerin « . Nul ne pressentait alors qu’en 1978 cette même fête nous donnerait en lui le pape Jean-Paul II…
Nombreux sont les pèlerins de tous pays qui, chaque année, viennent prier en la Chapelle de la Visitation où le Christ a voulu rappeler aux hommes son amour. Lui seul peut satisfaire leur soif de tendresse. Depuis 1975, des groupes de  » Renouveau  » tiennent, à Paray, leurs sessions d’été. L’année précédente, étant à Vézelay, où l’on vénère Marie Madeleine, la première à connaître l’infinie miséricorde de son Seigneur, ils ont compris qu’ils devaient rencontrer eux-mêmes ce divin Cœur. Au cours de leurs sessions, ils passent chaque nuit des heures d’adoration près du saint Sacrement exposé au lieu des apparitions. Ils y puisent force, lumière et joie. On vient et revient en ce lieu choisi : pourquoi ne pas le faire aussi ? Le Christ nous y invite :  » Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et, moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger  » (Mt 11, 28-30).

[imprimatur : Paray, 1er mai 1981, Mgr Gaidon, év.-aux. d'Autun]
Cette petite brochure, que l’on peut encore se procurer aisément, est fort bien faite et nous introduit facilement dans la spiritualité propre au Sacré-Cœur de N.S.J.C.
Depuis 1981, date de sa parution, Paray n’attire pas moins de pèlerins. Nombreux toujours sont ceux qui, du monde entier, viennent s’y ressourcer. Le pape Jean-Paul II lui-même y vint en 1986 y vénérer sainte Marguerite-Marie et se recueillir sur le lieu des apparitions. Paray est aussi aujourd’hui un centre important de la Communauté de l’Emmanuel, qui y attire beaucoup de jeunes, et puise la force de poursuivre sa mission.
Car l’esprit du Sacré-Cœur est un esprit missionnaire : il s’agit d’accomplir le règne social de N.S.J.C. en ce monde.
Historiquement, le développement du culte du Sacré-Cœur est aussi étroitement lié à celui du sentiment national, plus particulièrement en France. Il nous faut rappeler que, durant la Révolution Française et les années qui suivirent, les Vendéens, révoltés face au régime anticlérical et antichrétien, et autres chouans prirent pour insigne un cœur surmonté d’une croix, tous deux rouges sur fond blanc, avec cette devise :  » Dieu et le Roy « . C’est ce même Sacré-Cœur que l’on retrouva accolé aux couleurs tricolores sur nombre de poilus français durant la  » Grande Guerre « . La Visitation de Nantes l’avait déjà brodé au XIXème siècle, et s’il se développa alors il n’apparut donc pas pour la première fois durant cette  » Grande Guerre « . Plus près de nous, qui n’a pas remarqué les nombreux drapeaux français ornés du Sacré-Cœur en leur milieu brandis par maints jeunes lors des Journées Mondiales de la Jeunesse à Paris en 1997 ? En fait, c’est toute la France chrétienne qui se retrouve derrière un culte né chez elle, dans une petite ville de province, culte riche de sens et de foi nous l’avons vu !
On oublie malheureusement bien souvent les origines  » visitandines  » du culte du Sacré-Cœur, on oublie bien souvent aussi que saint François de Sales voyait déjà l’Institut de la Visitation Sainte-Marie comme un  » ouvrage du cœur de Jésus et de Marie « , de nombreuses années avant les apparitions donc. Il est par conséquent important de le rappeler ici.

LE BIG BANG DE LA NOUVELLE CRÉATION, RACONTÉ PAR LE PAPE BENOÎT XVI

26 juin, 2014

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LE BIG BANG DE LA NOUVELLE CRÉATION, RACONTÉ PAR LE PAPE BENOÎT XVI

« Avec la résurrection de Jésus, Dieu a dit de nouveau: Que la lumière soit! ». L’homélie de la veillée pascale dans la nuit du 7 avril 2012, à la basilique Saint-Pierre

par Benoît XVI

Chers frères et sœurs !

Pâques est la fête de la nouvelle création. Jésus est ressuscité et ne meurt plus. Il a enfoncé la porte vers une vie nouvelle qui ne connaît plus ni maladie ni mort. Il a pris l’homme en Dieu lui-même. « La chair et le sang ne peuvent hériter du royaume de Dieu » avait dit Paul dans la première lettre aux Corinthiens (15, 50). L’écrivain ecclésiastique Tertullien, au III siècle, en référence à la résurrection du Christ et à notre résurrection avait l’audace d’écrire : « Ayez confiance, chair et sang, grâce au Christ vous avez acquis une place dans le Ciel et dans le royaume de Dieu » (CCL II 994). Une nouvelle dimension s’est ouverte pour l’homme. La création est devenue plus grande et plus vaste. Pâques est le jour d’une nouvelle création, c’est la raison pour laquelle en ce jour l’Église commence la liturgie par l’ancienne création, afin que nous apprenions à bien comprendre la nouvelle. C’est pourquoi, au début de la Liturgie de la Parole durant la Vigile pascale, il y a le récit de la création du monde.
En relation à cela, deux choses sont particulièrement importantes dans le contexte de la liturgie de ce jour. En premier lieu, la création est présentée comme un tout dont fait partie le phénomène du temps. Les sept jours sont une image d’une totalité qui se déroule dans le temps. Ils sont ordonnés en vue du septième jour, le jour de la liberté de toutes les créatures pour Dieu et des unes pour les autres. La création est donc orientée vers la communion entre Dieu et la créature ; elle existe afin qu’il y ait un espace de réponse à la grande gloire de Dieu, une rencontre d’amour et de liberté. En second lieu, durant la Vigile pascale, du récit de la création, l’Église écoute surtout la première phrase : « Dieu dit : ‘Que la lumière soit’ ! » (Gen 1, 3). Le récit de la création, d’une façon symbolique, commence par la création de la lumière. Le soleil et la lune sont créés seulement le quatrième jour. Le récit de la création les appelle sources de lumière, que Dieu a placées dans le firmament du ciel. Ainsi il leur ôte consciemment le caractère divin que les grandes religions leur avaient attribué. Non, ce ne sont en rien des dieux. Ce sont des corps lumineux, créés par l’unique Dieu. Ils sont en revanche précédés de la lumière par laquelle la gloire de Dieu se reflète dans la nature de l’être qui est créé.
Qu’entend par là le récit de la création ? La lumière rend possible la vie. Elle rend possible la rencontre. Elle rend possible la communication. Elle rend possible la connaissance, l’accès à la réalité, à la vérité. Et en rendant possible la connaissance, elle rend possible la liberté et le progrès. Le mal se cache. La lumière par conséquent est aussi une expression du bien qui est luminosité et créé la luminosité. C’est le jour dans lequel nous pouvons œuvrer. Le fait que Dieu ait créé la lumière signifie que Dieu a créé le monde comme lieu de connaissance et de vérité, lieu de rencontre et de liberté, lieu du bien et de l’amour. La matière première du monde est bonne, l’être même est bon. Et le mal ne provient pas de l’être qui est créé par Dieu, mais existe en vertu de la négation. C’est le « non ».
A Pâques, au matin du premier jour de la semaine, Dieu a dit de nouveau : « Que la lumière soit ! ». Auparavant il y avait eu la nuit du Mont des Oliviers, l’éclipse solaire de la passion et de la mort de Jésus, la nuit du sépulcre. Mais désormais c’est de nouveau le premier jour – la création recommence entièrement nouvelle. « Que la lumière soit ! », dit Dieu, « et la lumière fut ». Jésus se lève du tombeau. La vie est plus forte que la mort. Le bien est plus fort que le mal. L’amour est plus fort que la haine. La vérité est plus forte que le mensonge. L’obscurité des jours passés est dissipée au moment où Jésus ressuscite du tombeau et devient, lui-même, pure lumière de Dieu. Ceci, toutefois, ne se réfère pas seulement à lui ni à l’obscurité de ces jours. Avec la résurrection de Jésus, la lumière elle-même est créée de façon nouvelle. Il nous attire tous derrière lui dans la nouvelle vie de la résurrection et vainc toute forme d’obscurité. Il est le nouveau jour de Dieu, qui vaut pour nous tous.
Mais comment cela peut-il arriver ? Comment tout cela peut-il parvenir jusqu’à nous de façon que cela ne reste pas seulement parole, mais devienne une réalité dans laquelle nous sommes impliqués ? Par le sacrement du Baptême et la profession de foi, le Seigneur a construit un pont vers nous, par lequel le nouveau jour vient à nous. Dans le Baptême, le Seigneur dit à celui qui le reçoit : « Fiat lux » – que la lumière soit. Le nouveau jour, le jour de la vie indestructible vient aussi à nous. Le Christ te prend par la main. Désormais tu seras soutenu par lui et tu entreras ainsi dans la lumière, dans la vraie vie. Pour cette raison, l’Église primitive a appelé le Baptême « photismos » – illumination.
Pourquoi ? L’obscurité vraiment menaçante pour l’homme est le fait que lui, en vérité, est capable de voir et de rechercher les choses tangibles, matérielles, mais il ne voit pas où va le monde et d’où il vient. Où va notre vie elle-même. Ce qu’est le bien et ce qu’est le mal. L’obscurité sur Dieu et sur les valeurs sont la vraie menace pour notre existence et pour le monde en général. Si Dieu et les valeurs, la différence entre le bien et le mal restent dans l’obscurité, alors toutes les autres illuminations, qui nous donnent un pouvoir aussi incroyable, ne sont pas seulement des progrès, mais en même temps elles sont aussi des menaces qui mettent en péril nous et le monde. Aujourd’hui nous pouvons illuminer nos villes d’une façon tellement éblouissante que les étoiles du ciel ne sont plus visibles. N’est-ce pas une image de la problématique du fait que nous soyons illuminés ? Sur les choses matérielles nous savons et nous pouvons incroyablement beaucoup, mais ce qui va au-delà de cela, Dieu et le bien, nous ne réussissons plus à l’identifier. C’est pourquoi, c’est la foi qui nous montre la lumière de Dieu, la véritable illumination, elle est une irruption de la lumière de Dieu dans notre monde, une ouverture de nos yeux à la vraie lumière.
Chers amis, je voudrais enfin ajouter encore une pensée sur la lumière et sur l’illumination. Durant la Vigile pascale, la nuit de la nouvelle création, l’Église présente le mystère de la lumière avec un symbole tout à fait particulier et très humble : le cierge pascal. C’est une lumière qui vit en vertu du sacrifice. Le cierge illumine en se consumant lui-même. Il donne la lumière en se donnant lui-même. Ainsi il représente d’une façon merveilleuse le mystère pascal du Christ qui se donne lui-même et ainsi donne la grande lumière. En second lieu, nous pouvons réfléchir sur le fait que la lumière du cierge est du feu. Le feu est une force qui modèle le monde, un pouvoir qui transforme. Et le feu donne la chaleur. Là encore le mystère du Christ se rend à nouveau visible. Le Christ, la lumière est feu, il est la flamme qui brûle le mal transformant ainsi le monde et nous-mêmes. « Qui est près de moi est près du feu », exprime une parole de Jésus transmise par Origène. Et ce feu est en même temps chaleur, non une lumière froide, mais une lumière dans laquelle se rencontrent la chaleur et la bonté de Dieu.
Le grand hymne de l’Exultet, que le diacre chante au début de la liturgie pascale, nous fait encore remarquer d’une façon très discrète un autre aspect. Il rappelle que ce produit, la cire, est du en premier lieu au travail des abeilles. Ainsi entre en jeu la création tout entière. Dans la cire, la création devient porteuse de lumière. Mais, selon la pensée des Pères, il y a aussi une allusion implicite à l’Église. La coopération de la communauté vivante des fidèles dans l’Église est presque semblable à l’œuvre des abeilles. Elle construit la communauté de la lumière. Nous pouvons ainsi voir dans la cire un rappel fait à nous-mêmes et à notre communion dans la communauté de l’Église, qu’elle existe afin que la lumière du Christ puisse illuminer le monde.
Prions le Seigneur à présent de nous faire expérimenter la joie de sa lumière, et prions-le, afin que nous-mêmes nous devenions des porteurs de sa lumière, pour qu’à travers l’Église la splendeur du visage du Christ entre dans le monde. Amen.